proktos, la lettre de colo-proctologie de JOHNSON
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proktos, la lettre de colo-proctologie de JOHNSON
LA LETTRE DE COLO-PROCTOLOGIE DE JOHNSON & JOHNSON SANTÉ BEAUTÉ FRANCE PROKTOS PROCTOLOGIE I Juillet 2016 I N° 34 ASCRS 2016, Los Angeles. Vos reporters - Emilie Duchalais, Nantes, Jérôme Loriau, Paris, François Pigot, Bordeaux - ont noté pour vous les meilleures et les plus originales des communications présentées lors de ce congrès. Bonne lecture HPV et anus Incontinence Constipation Maladie diverticulaire p. 3 p. 4 p. 6 ColoProctologie Syndrome post résection rectale Suppurations anales Hémorroïdes Cancérologie Divers p. 7 p. 8 p. 9 p. 9 p. 11 p. 19 ASCRS 2016, Los Angeles Vos reporters, Emilie Duchalais, Nantes, Jérôme Loriau, Paris, François Pigot, Bordeaux ont noté pour vous les meilleures et les plus originales des communications présentées lors de ce congrès. LA LETTRE DE COLO-PROCTOLOGIE DE JOHNSON & JOHNSON SANTÉ BEAUTÉ FRANCE Lettre n°34 I HPV et anus par le Docteur François Pigot (Bordeaux) Another look at incidental findings after hemorrhoidectomy: should we send all hemorrhoid specimens for routine histologic examination? L. M. Larson, Wichita, KS, USA. (oral RF7) Faut-il faire une analyse systématique des pièces d’hémorroïdectomie ? La question semblait réglée et les RPC validées par l’HAS de 2001 avaient jugé cette stratégie inutile. Mais depuis, un travail français récent a réveillé le débat en montrant des lésions de dysplasie de haut grade sur 4,4% des pièces d’hémorroïdectomie (Bauer et al. Dis Colon Rectum 2015; 58: 692-7). Les recommandations américaines actuelles sont les mêmes qu’en France. Ce travail les réévalue avec l’idée sous-jacente que les changements récents dans l’épidémiologie de deux virus (HIV et HPV) pourraient avoir une influence. Les résultats histologiques colligés durant 20 ans (1995-2005) dans ce centre ont été étudiés. L’analyse microscopique de tissu hémorroïdaire macroscopiquement “normal” de 1284 malades a montré de la dysplasie de bas grade (0,7 %), de haut grade (1,2 %), un cancer anal à petites cellules (0,1 %), et un adénocarcinome (0,1 %). Plusieurs anomalies étaient présentes chez 5 malades. Les auteurs concluent que ces chiffres, non différents de ceux qui étaient déjà connus aux USA, ne justifient pas de changer la recommandation actuelle : pas d’analyse des pièces d’hémorroïdectomie en l’absence d’anomalie macroscopique. Toutefois avant de conclure formellement, ils suggèrent que l’on évalue les résultats du suivi des malades ainsi dépistés Condyloma acuminatum, ain and anal cancer in the setting of hiv: do we really understand the risk? E. A. Fazendin, Philadelphia, PA, USA. (oral GS3) Le dépistage des lésions dysplasiques anales est recommandé chez les sujets HIV+. Le rythme et la technique de dépistage sont encore discutés. Dans ce centre le dépistage est fait par un examen macroscopique avec biopsie des zones anormales, +/- typage viral, puis traitement localisé par excision ou fulguration. L’analyse rétrospective des dossiers des malades HIV+ suivis entre 2007 et 2014 sur une durée d’au moins un an a permis de déterminer le délai d’apparition d’une nouvelle lésion anormale en fonction de la lésion initiale traitée. Sur les 94 hommes qui avaient une lésion (condylome ou dysplasie), 73 ont été suivis en moyenne 40 mois (12-108). Ont développé une dysplasie de haut grade, selon leur lésion initiale : PROKTOS 3 -4/7 des malades avec condylomes (57 %) et 6/19 des AIN 1 (32 %), en moyenne 7-65 mois après le traitement initial. - 5/34 des malades avec AIN 2 (15 %), en moyenne 6-38 mois après le traitement initial Ont développé un cancer invasif : 2/34 des AIN 3 (6 %), ce qui représente 2 % de la cohorte totale. L’analyse du profil viral chez les 52 malades qui en ont bénéficié a montré un risque de progression vers de la dysplasie sévère chez 2/17 (12 %) des porteurs d’un virus à bas risque, 7/26 (27 %) pour les virus à haut risque, et 5/12 (42 %) pour les virus négatifs. La conclusion de cette série est que l’intervalle maximum entre deux contrôles doit être de 6 mois (6-12 mois dans la communication orale), quel que soit l’histologie de départ ou le résultat du typage viral. Il serait intéressant de savoir si cet intervalle peut être allongé en fonction du mode de dépistage (anuscopie haute résolution notamment). La stratégie adoptée par ce centre (recherche et traitement des seules lésions visibles macroscopiquement) a ses défenseurs et elle est probablement la plus fréquemment adoptée. Insister sur un contrôle serré de ces malades est donc important, quel que soit la nature de la lésion traitée initialement ou le typage viral LA LETTRE DE COLO-PROCTOLOGIE DE JOHNSON & JOHNSON SANTÉ BEAUTÉ FRANCE 4 PROKTOS I Lettre n°34 S. E. Goldstone, San Francisco, CA, USA. (poster P178) moins de 50 % du canal anal, et sur au maximum deux quadrants contigus (logique vu le principe de l’appareil). Poster présenté par S.E Goldstone lui-même, grand prêtre de l’anuscopie haute résolution : sa dernière trouvaille technique. Une anuscopie de haute résolution était répétée tous les 3 mois pendant un an après la première séance de traitement. Dans ce centre les lésions dysplasiques anales sont dépistées par anuscopie haute résolution (confirmées par biopsie) et le traitement guidé par ses résultats. Etant donné que la surface anormale ainsi visualisée est souvent étalée, le traitement peut-être fastidieux. M Goldstone a inventé une sonde de radiofréquence qui traite en une fois une hémicirconférence du canal anal. Attention, pas d’application sur la marge anale car la peau nécessiterait une « cuisson » trop importante. 21 malades ont été inclus et traités sur l’hémicirconférence pathologique. Une récidive a été constatée chez 10 (48 %) : 6 fois (29 %) sur la zone traitée et 7 fois (33 %) sur un autre quadrant. Dans cette étude de faisabilité ont été inclus des maladies HIV- ayant de la dysplasie de haut grade sur La survie sans récidive sur la zone traitée était de 81 % à 6 mois et 76% à un an. Radiofrequency ablation treatment (rfa) of anal highgrade dysplasia: a pilot study. La récidive sur la zone traitée était à nouveau détruite par radiofréquence, les récidives en dehors étaient électrocoagulées. Un an après une séance (ou deux en cas de rechute), 4 (19 %) malades ont rechuté, dont 2 dans le quadrant initial. Inspirée du traitement de l’endobrachyœsophage cette Aucun effet secondaire n’est raptechnique est tout à fait porté. La douleur était de 3/10 adaptée au traitement des (0-8) sur 5 jours. lésions découvertes en anuscopie de haute résolution qui sont souvent étalées, voire même débordent en dehors des zones microscopiquement anormales. Toutefois elle ne va pas avec la stratégie consistant à ne traiter que ce qu’on voit à l’œil nu. Cette stratégie différente a une efficacité peutêtre comparable pour la prévention du cancer et elle est moins agressive pour le malade. La confrontation de ces deux écoles n’a pas eu lieu cette année, mais on se souvient de la discussion animée en 2014 entre Crawshaw et Goldstone (cf lettre Proktos 2014). Crawshaw a publié son étude (Dis Colon Rectum 2015 ;58 :53-9) dans laquelle autant de malades développaient un cancer invasif qu’ils soient surveillés à l’œil nu ou par anuscopie de haute résolution. Un caillou dans la chaussure de Goldstone ! Incontinence par le Docteur François Pigot (Bordeaux) Percutaneous nerve evaluation versus staged sacral nerve stimulation for fecal incontinence. T. Rice, Cincinnati, OH, USA (oral S13). La mise en place d’une neuromodulation sacrée aux USA ne suit pas les mêmes procédés qu’en France. Notamment outre Atlantique la majorité des équipes font une période test avec une électrode transitoire posée sous anesthésie locale au cabinet plutôt qu’une pose en 2 temps avec d’emblée une électrode définitive. L’argument économique mis en avant est évident, existe-t-il d’autres différences ? Etude rétrospective de 86 dossiers de patients ayant bénéficié de la pose d’une électrode temporaire (41) ou permanente d’emblée (45). L’électrode temporaire est posée sous anesthésie locale sous scopie, au cabinet. Les malades étaient comparables. Le taux de succès de la période test était de 80 % (électrode temporaire) vs 90 % (électrode tempo- LA LETTRE DE COLO-PROCTOLOGIE DE JOHNSON & JOHNSON SANTÉ BEAUTÉ FRANCE Lettre n°34 I raire) n.s. Le taux d’implantation permanente au décours est de 90 % ( !) dans les deux groupes. A 3 mois la baisse du score de Wexner est identique dans les deux groupes. Par contre le taux de complications infectieuses est de 0 % vs 10 % dans le groupe implantation en deux temps. Des résultats limités par le caractère rétrospectif de l’enquête, mais qui donnent un avantage indiscutable à l’implantation d’une électrode test en termes économique et de complications infectieuses sans perte d’efficacité. Fautil revoir nos recommandations et les données qui les justifient ? Magnetic anal sphincter augmentation in patients with severe fecal incontinence– results after 28 implantations and a follow-up of 4 years. F. Pakravan, Duesseldorf, Germany. (oral S17) Les résultats d’une importante série monocentrique de ce nouveau sphincter artificiel magnétique. L’évaluation prospective des 28 malades implantés de 2012 à 2015 montre sur un suivi de 843 jours : 3 (11 %) explantations pour une mise à nu du sphincter lors d’une chirurgie rectale ultérieure, une érosion, et une infection. Le score de Wexner moyen est passé de 17,5 à 7,8. Des résultats très favorables dans ce centre. Long-term experience of magnetic anal sphincter augmentation in patients with fecal incontinence. J. Sugrue, Chicago, IL, Nantes, France, Minneapolis, MN, Spokane, WA, Aarhus, Denmark. (oral S64) Les résultats de l’étude pilote internationale (4 centres) du sphincter artificiel magnétique. Inclus 35 malades (34 femmes) d’âge moyen 65 ans. Sur les 25 malades encore implantés et suivis à 3 ans, 17 succès (68 %) (défini par la diminution de la fréquence des épisodes > 50 %), fréquence qui passe de 14 à 3 accidents par semaine. En intention de traiter sur les 35 malades inclus 49 % de succès (8 échecs cliniques, 7 explantations, 1 décès, 2 perdus de vue). Effets secondaires 30 % : dont 3 érosions 11 %, 3 infections 11 %. Réintervention/explantation en tout chez 8 malades (23 %). Des résultats encourageants, plus réalistes que dans le centre de Dusseldorf. Le cap de la première année est décisif, ensuite l’efficacité se maintient avec peu d’effets secondaires. Une option à retenir pour des malades bien sélectionnés et bien informés Correlating incontinence scores to patient’s perception of successful surgical outcome after a sphinceteroplasty. PROKTOS 5 B. Gurland, Cleveland, OH. (poster P444) L’efficacité des traitements des troubles fonctionnels est aujourd’hui jugée objectivement sur l’évolution de scores. L’évaluation subjective par les malades est en général parallèle, mais dans quelle mesure ? Parmi les 61 malades ayant eu une réparation sphinctérienne entre 2009 et 2012, 32 ont pu être contactés par téléphone. L’évolution du score d’incontinence de Wexner est comparée à l’appréciation du changement évaluée par le malade en trois catégories de « pas de changement » à « bien mieux ». Sur un suivi moyen de 50 mois (29-65) le score de Wexner moyen est passé de 12,6 à 7,9. Les malades ayant estimé ne pas avoir de changement ont vu leur score de Wexner augmenter de 5,1, ceux un peu améliorés ont vu leur score diminuer de 2 et ceux bien améliorés l’ont vu diminuer de 9,1 points. Aucune donnée n’est disponible sur la dispersion des résultats, mais on peut retenir qu’une baisse d’environ 9 points du score de Wexner est un résultat appréciable pour les malades. Mais en sont-ils satisfaits, cela correspond-il à leurs attentes ? Une bonne idée de départ, mais pas aboutie LA LETTRE DE COLO-PROCTOLOGIE DE JOHNSON & JOHNSON SANTÉ BEAUTÉ FRANCE 6 PROKTOS I Lettre n°34 Constipation par les Docteurs Emilie Duchalais et François Pigot Staged total colectomy with initial loop ileostomy for slow transit constipation may prevent unnecessary colectomy. E. K. Fitz, et al. Indiana University School of Medecine, Indianapolis, IN (P61) L’iléostomie latérale pour sélectionner les bons candidats à une colectomie totale pour constipation de transit sévère ? La colectomie totale a été proposée pour constipation de transit sévère et réfractaire aux traitements conservateurs. Le taux d’échec élevé de la colectomie totale dans cette indication, ainsi que sa morbidité élevée a fait progressivement abandonner cette alternative thérapeutique. Les échecs étaient en grande partie liée à la difficulté de différencier une constipation de transit sévère et un trouble globale de la motilité intestinale. Afin d’anticiper le bénéfice de la colectomie totale, les auteurs de cette étude ont proposé une iléostomie latérale avant la réalisation de la colectomie totale. Leur étude comparait rétrospectivement 35 patients constipés opérés d’iléostomie latérale dans l’intention de réaliser la colectomie totale et 15 patients opérés d’emblée de colectomie totale. Dans le groupe iléostomie préalable, seulement 63 % ont finalement été opérés de colectomie totale et ont été améliorés sur le plan fonctionnel. Parmi les 13 patients restants, 5 n’ont pas été améliorés par l’iléostomie, 7 ont déclinés la colectomie totale et 1 a été perdu de vue. Les résultats fonctionnels en termes de fréquence des selles étaient similaires avec ou sans iléostomie préalable. Le taux d’échec de la colectomie (recours à l’iléostomie définitive) était de 4 % après iléostomie préalable et 13 % sans iléostomie préalable. Ainsi, leur stratégie d’iléostomie latérale avant colectomie totale ne permet d’éviter complètement les échecs de la colectomie totale. Néanmoins, la stratégie de débuter par l’iléostomie permet à 1/3 des patients d’éviter la morbidité d’une colectomie totale Emilie Duchalais (Nantes) Assessment of defecation disorders with defecography, ultrasound, and manometry in patients with rectocele. A. Zeni, Columbus, OH, USA (poster P445) Cela fait du bien de le lire à nouveau : la corrélation entre les résultats des explorations physiopathologiques et les symptômes fonctionnels anorectaux est mauvaise. La corrélation entre les symptômes de dyschésie (score d’Altomare) avec la défécographie, la manométrie et l’échographie endoanale a été étudiée chez une petite centaine de patients. La taille de la rectocèle, l’épaisseur de la cloison recto-vaginale n’étaient pas corrélés au score d’Altomare. La taille de la rectocèle et l’épaisseur du noyau périnéal n’étaient pas corrélés au score d’incontinence (FISI). La présence d’une rupture sphinctérienne était corrélée au score FISI, mais pas au score d’Altomare. La rupture sphinctérienne était corrélée à une baisse de la pression de repos. C’est dit ! François Pigot (Bordeaux) LA LETTRE DE COLO-PROCTOLOGIE DE JOHNSON & JOHNSON SANTÉ BEAUTÉ FRANCE Lettre n°34 I PROKTOS 7 Maladie diverticulaire par le Docteur Emilie Duchalais (Nantes) Should elective colectomy be performed after an acute diverticular abscess? C.T. Aquina, et al. University of Rochester Medical Center, Rochester, NY (oral S29) Récidives après diverticulites sigmoïdiennes abcédées : Tout se joue dans la première année. Après l’évolution favorable d’un abcès diverticulaire sous traitement conservateur, l’indication d’une sigmoïdectomie élective reste débattue. Une meilleure connaissance de l’histoire naturelle de ces diverticulites abcédées guéries permettrait d’orienter l’indication d’un geste prophylactique. Les auteurs ont donc inclus 8359 patients ayant présenté un abcès diverticulaire entre 2003 et 2010, à partir d’une base de données prospective nationale. Parmi eux, 33% ont échoué au traitement conservateur initial, 15 % ont été opérés à froid dans les 6 mois suivants l’épisode d’abcès et 52 % ont été suivis sans chirurgie élective. La majorité des récidives de diverticulite (58%) survenaient dans la première année, avec un risque cumulée de diverticulite compliquée estimée à 13 % dans la première année et moins de 6 % dans les 4 années suivantes. Par contre, la chirurgie élective après un premier épisode augmentait significativement le taux de stomie, la durée et le coût total d’hospitalisation. Ces résultats sont en faveur d’une surveillance pendant l’année qui suit l’abcès diverticulaire, plus qu’une chirurgie élective systématique Observation of nonoperative management of diverticular abcess. T.P. Nickerson et al. Mayo Clinic Rochester, Rochester, MN (poster P66) Le drainage des diverticulites sigmoïdiennes abcédées pour prévenir les récidives ? Cette étude rétrospective unicentrique de plus faible effectif a également évalué le risque de récidive après diverticulite sigmoïdienne abcédée. Dans leur série, 47 patients ont présentés une diverticulite abcédée traitée de manière conservatrice sans chirurgie élective à distance. 23 % des patients étaient immunodéprimés et 79 % présentaient des comorbidités significatives. Parmi eux, 34 % ont été drainés par voie percutanée sous contrôle scannographique. Après un suivi de 41 mois, seuls 15 % des patients avaient récidivé sans aucune récidive compliquée. Le seul facteur de risque significatif de récidive était l’absence de drainage initial (0 % vs 24 %). Ces résultats encourageants pour une attitude conservatrice après diverticulite sigmoïdienne rejoignent l’étude précédemment décrite. Néanmoins, l’absence de récidive compliquée après une diverticulite abcédée est contradictoire avec l’étude précédente et peut être expliquée par le faible effectif étudié LA LETTRE DE COLO-PROCTOLOGIE DE JOHNSON & JOHNSON SANTÉ BEAUTÉ FRANCE 8 PROKTOS I Lettre n°34 Syndrome post résection rectale par le Docteur François Pigot (Bordeaux) Sacral nerve stimulation is an effective treatment for low anterior resection syndrome. S. M. Eftaiha, Chicago, IL, USA (oral, GS4) La neuromodulation des racines sacrées semble améliorer les troubles fonctionnels anorectaux d’origines diverses. Et pourquoi pas le syndrome post résection rectale ? Pour évaluer leurs résultats les auteurs (dont quelques grands noms comme Mellgren) ont adopté le « LARS score » qui prend en compte les différents troubles potentiellement induits par ce geste chirurgical. Douze malades suivis dans deux centres ont été évalués prospectivement. Ils avaient une anastomose colo-anale ou colo-rectale. Neuf ont été opérés pour cancer (4 avec RCT préopératoire), et 3 avaient eu une résection + rectopexie pour un prolapsus ( !). Dix sur les douze ont répondu positivement au test temporaire. Ils ont été implantés en médiane 16 (5-108) mois après la résection rectale. Après un suivi médian de 17,5 (3-42) mois le LARS score et le score d’incontinence de Wexner étaient améliorés, passant respectivement de 34 à 22, et de 18 à 4. Des résultats très encourageants, mais il s’agit d’une population très hétérogène, notamment pour l’antécédent de radiothérapie. L’étude qui suit tempère cet optimisme Sacral nerve stimulation for treatment of fecal incontinence following proctectomy. I. Mizrahi, Cleveland Clinic, Florida, USA (oral, S14) Même question que précédemment dans ce centre renommé, mais réponse centrée uniquement sur les troubles de la continence. Et plus de détails sur l’influence de la résection rectale dans la réponse à la neuromodulation sacrée. Les malades traités par neuromodulation pour une incontinence post résection rectale pendant 10 ans ont été appariés à des malades sans résection rectale, ayant un même niveau d’incontinence. Douze malades ont été traités pendant cette période pour une incontinence post résection rectale (6 cancers, 3 prolapsus rectaux, 1 suppuration anale, 1 AIA, 1 postHartman), 5 avaient reçu une RCT préopératoire. Ils sont comparés à 12 malades aux caractéristiques cliniques et démographiques identiques traités pour incontinence anale sans résection rectale. Malades avec proctectomie : globalement le score de Wexner passe de 18 à 14 et 6 malades sont explantés. Dans ce groupe moins d’explantations et meilleur résultat clinique pour les malades traités pour pathologie bénigne (donc sans RCT). Malades sans proctectomie : globalement le score de Wexner passe de 17 à 4, amélioration significativement plus importante que chez les malades avec proctectomie. Les auteurs (et pas qu’eux) se posent la question de l’utilité de la neuromodulation sacrée pour les syndromes post résection rectales chez les malades ayant reçu une irradiation. Plus d’études avant de conclure qu’il ne s’agit peut-être pas d’une bonne indication… LA LETTRE DE COLO-PROCTOLOGIE DE JOHNSON & JOHNSON SANTÉ BEAUTÉ FRANCE Lettre n°34 I PROKTOS 9 Suppurations anales par le Docteur François Pigot (Bordeaux) Identifying predictors of success of the lift procedure in the treatment of fistula-in-ano: does location matter? S. Chadi, Cleveland Clinic, Weston, Floride, USA. (oral S11) Grosse série de ce grand centre avec une étude rétrospective de données colligées prospectivement. 107 LIFT, maladie de Crohn exclue, effectuées entre 2010 et 2015. Age moyen 46 ans, 64 % hommes, BMI 28 kg/m2, déjà opérés au moins une fois pour 36 %. Après un suivi médian de 107 jours le fistule postérieure le taux de cica- taux de succès était 54 %, sans différence selon la complexité du trajet, le tabagisme, les données démographiques, les chirurgies anales antérieures, l’antibiothérapie… seule la localisation postérieure de l’orifice interne était un facteur d’échec : 66% vs 35%, en étude multivariée (OR 3,5). trisation après lambeau était plus de deux fois supérieur à la LIFT. Ces malades ont été comparés à ceux ayant eu un lambeau rectal durant la même période. En cas de Un taux global de succès de la LIFT (maladie de Crohn exclue) comparable à ce qui est constaté dans notre pratique. Cette grosse série permet de mettre en évidence un seul facteur de risque : la localisation postérieure. Dans ce cas préférer un lambeau rectal… Un message clair Hémorroïdes par le Docteur François Pigot (Bordeaux) Transanal hemorrhoidal dearterialization (thd) for hemorrhoidal disease: 1000 consecutive cases. P. Campennì, Rome, Italie (oral S62a). Une grande série émanant de l’unité dirigée par C Ratto. 2 centimètres au-dessus de la ligne pectinée. En postopératoire immédiat : 2,3 % de rétentions urinaires, 1,4 % d’accidents hémorragiques. De 2005 à 2015, 1000 malades ont été opérés avec la technique de ligature artérielle guidée par Doppler +/- anopexie. Prolapsus grade 3 pour 80 %. Association de ligatures artérielles et d’une anopexie pour 93 %. Ablation de marisques pour 14 %. Après un suivi moyen de 44 mois (6-124) guérison de 90 % des malades. Réintervention pour récidive des symptômes chez 7 %. Le taux de récidive était de 8 % pour les hémorroïdes grade 2 et 18 % pour les grades 4, récidives survenant plus de 2 fois sur 3 dans la première année. A partir de 2009 la ligature artérielle n’est plus faite au-dessus des hémorroïdes mais dans les Les facteurs de risque de récidive étaient : âge jeune, grade 4, ligature artérielle haute. Des résultats très intéressants pour cette technique peu agressive. Un message sur l’indication : privilégier les grades 2 et 3, et un message technique : faire la ligature artérielle assez basse, ce qui est concordant avec les travaux anatomiques montrant que les artères alimentant les hémorroïdes sont plus souvent des perforantes basses que cheminant depuis le haut rectum dans l’espace sousmuqueux LA LETTRE DE COLO-PROCTOLOGIE DE JOHNSON & JOHNSON SANTÉ BEAUTÉ FRANCE 10 PROKTOS I Lettre n°34 Long-term functional results after open hemorrhoidectomy: extended follow-up of a randomized trial. J. Lehmann, Uppsala, Suède. (Poster P28) Qui a oublié l’article de Konsten (Dis Colon Rectum 2000 ;43:503-6) rapportant le suivi à 17 ans des maladies inclus dans une étude randomisée comparant dilatation de Lord vs hémorroïdectomie ? 26 % de récidive des symptômes dans le groupe hémorroïdectomie, réopérés presque une fois sur deux, mais pas d’apparition de troubles de la continence. Nous ne rappellerons pas les résultats des malades qui eurent la malchance de « bénéficier » de la dilatation. Des messages importants à donner à nos malades ! Bien que ces techniques chirurgicales soient le plus souvent efficaces à long terme, elles ne sont pas définitives, et loin de là. La sensation de rétrécissement anal (bien que non associée à une dyschésie) est fréquente et mériterait d’être signalée systématiquement. On attend avec curiosité (et impatience) les résultats avec autant de recul des techniques récentes « économes »… Dans le même esprit cette équipe a revu après un suivi de 10 ans les malades inclus dans une étude randomisée comparant Milligan vs Ferguson. The effect of patient positioning on rubber band ligation of internal hemorrhoids. 151 des 199 malades initiaux ont pu être évalués. Une récidive des symptômes est notée chez 27 % des malades du groupe Ferguson et 36 % après Milligan (n.s.). Une sensation de sténose est rapportée globalement par 20 %, plus élevée après résection de 4 paquets (33 %) qu’après un paquet (14 %). Les troubles de la continence et la dyschésie ont diminué par rapport à l’évaluation préopératoire. Le proctologue doit-il travailler allongé ? Le résultat est globalement évalué par les malades comme excellent pour 38 %, bon pour 37 %, indépendamment de la récidive des symptômes. L’évaluation rétrospective a porté sur 152 dossiers inclus entre 2012 et 2013. J. M. Downs, Dallas, TX, USA. (poster P34) Est-ce que la position en décubitus latéral (préférée par les malades) influence la qualité des gestes instrumentaux ? Ce chirurgien est le seul de son équipe à installer ses malades en décubitus latéral, curieux il a évalué l’efficacité de la ligature élastique chez ses malades et chez ceux de ses collègues plus rétrogrades quant à l’installation de leurs malades… Une seule ligature était posée par séance. Au total 280 ligatures ont été posées, 255 en genu-pectoral, et 25 en décubitus latéral. Pour que les symptômes soient résolus il a fallu moins de ligatures en décubitus latéral (1,13 vs 1,47, p=0,007). Après la première ligature plus de maladis “allongés” étaient soulagés (38 % vs 9 %, p=0,011). En décubitus latéral les ligatures étaient moins souvent posées en arrière. Peut-on conclure qu’on voit mieux le paquet postérieur en genu-pectoral, que l’on est plus tenté de le ligaturer, mais que l’on est moins efficace car il est moins symptomatique ? On critiquera facilement la puissance de cette étude (groupes de taille ridiculement différente), mais… LA LETTRE DE COLO-PROCTOLOGIE DE JOHNSON & JOHNSON SANTÉ BEAUTÉ FRANCE Lettre n°34 I PROKTOS 11 Cancérologie par les Docteurs Jérôme Loriau, Emilie Duchalais Should we “eat” the cost of doughnuts? no clinical benefit from routine histologic exami nation of doughnuts at low anterior resection for rectal cancer. J. Sugrue et al. University of Illinois, Chicago, IL (oral GS1) Doughnuts ou pas doughnuts ?!! Ou comment montrer l’inutilité d’un geste fait en routine ! Il est habituel en cas de chirurgie colorectale avec anastomose circulaire mécanique de faire réaliser un examen anatomopathologique des deux collerettes circulaires (semblables aux célèbres beignets américains) que « fabrique » la pince automatique utilisée pour l’anastomose. Mais ce que l’on fait tous les jours est-il vraiment utile ? C’est la question que s’est posée cette équipe de Chicago qui a examiné rétrospectivement de manière multicentrique les dossiers de 486 patient opérés avec anastomose mécanique circulaire entre 2000 et 2015. 85% des patients soit 412 avait eu un examen anatomopathologique des « doughnuts ». Seuls 2 patients parmi ceux-ci étaient porteurs de cellules cancéreuses sur ces collerettes, mais ces 2 patients était également porteurs de cellules cancéreuses au niveau de l’extrémité distale de la résection principale. 33 autres patients se voyaient découvrir des lésions bénignes sur les collerettes : des inflammations non spécifiques (12), des réactions hyperplasiques (10), trois adénomes et trois séquelles d’irradiation… Dans aucun cas l’examen des collerettes circulaires n’a modifié la prise en charge du patient. En termes de fréquence, les patients ayant une résection avec anastomose basse étaient plus susceptibles d’avoir eu un examen des collerettes circulaires que ceux ayant eu une résection sigmoïdienne. Le surcoût moyen de l’examen anatomopathologique au sein des trois institutions ayant participé à l’étude était de 185 Dollars par spécimen de collerette. Les auteurs concluent que cela fait cher le « doughnut » pour un bénéfice clinique inexistant ! Il s’agit d’une nouvelle publication qui va dans le même sens que les précédentes et qui démontre l’inutilité de cette pratique d’examens anatomopathologiques « de routine » des « collerette d’anastomose ». En l’absence de raison clinique ou peropératoire d’examen de ces collerettes il semble donc que l’on puisse se passer de leur examen systématique. Comme souvent en médecine tous les examens systématiques méritent une bonne réflexion ! Jérôme Loriau (Paris) Appendiceal carcinoid tumors: is there a survival to colectomy over appendectomy? C. Guzman et al, Bassett Medical Center, Cooperstown, NY (P172) La colectomie complémentaire pour tumeur carcinoïde de l’appendice est-elle nécessaire ? Cette étude remet en cause l’indication de la colectomie droite, actuellement recommandée pour les tumeurs carcinoïdes de l’appendice de diamètre supérieur à 2 cm. A partir d’une cohorte prospective, 879 patients opérés d’appendicectomie ou de colectomie ont été inclus. Les patients traités par colectomie avaient une survie spécifique significativement inférieure aux patients traités par appendicectomie. Néanmoins dans cette cohorte, la colectomie droite n’apportait pas d’avantage de survie en comparaison de l’appendicectomie dans les 4 sous-groupes (inférieur vs supérieur à 2 cm, Bas vs Haut grade, N+ vs N0 et M+ vs M0). Ainsi, le pronostic des tumeurs carcinoïdes de l’appendice ne semble pas associé à l’étendue de la résection chirurgicale mais plus aux critères ayant indiqué la colectomie. On regrette que la localisation de la tumeur carcinoïde au sein de l’appendice n’ait pas été inclue dans l’analyse en sous-groupe. Néanmoins, cette étude donne de quoi s’interroger sur le bénéfice de la colectomie droite et du curage ganglionnaire… Emilie Duchalais (Nantes) LA LETTRE DE COLO-PROCTOLOGIE DE JOHNSON & JOHNSON SANTÉ BEAUTÉ FRANCE 12 PROKTOS I Lettre n°34 Anastomotic leak after colorectal resection: a populationbased study of risk factors and hospital variation. V. C. Nikolian, et al., University of Michigan, Ann Arbor, MI (oral S1) Fistule anastomotique après chirurgie colorectale : A qui la faute ? Face à cette complication cruciale en chirurgie colorectale, les auteurs ont essayé dans cette étude d’établir si les caractéristiques du patient ou la structure le prenant en charge était « le plus responsable » de la survenue de fistule anastomotique. Sur les 9376 résections colorectales réalisées dans 59 structures hospitalières du Michigan entre juillet 2012 et juin 2009, 30 critères cliniques de patient et de structure de soins ont été analysés pour établir leurs rôles respectifs dans la survenue de fistule. Le taux de fistule a été de 2,7 % (3,1 pour les anastomoses rectales, 2,6 pour les anastomoses coliques) avec 66 % parmi celles-ci nécessitant une réopération. Le reste des fistules avait été traité par drainage percutané ou antibiothérapie. S’agissant des critères liés au patient de sexe masculin l’indice de masse corporelle > 30 kg/m², le tabagisme actif, la prise de corticoïdes, un taux de plaquettes > 400 000 ou une chirurgie en urgence était indépendamment associé à un risque plus important de fistule. Parmi les structures hospitalières étudiées 5 des structures hospitalières étudiées présentaient des taux de fistule très significativement supérieurs aux autres structures même après ajustement aux case-mix respectif de chacun des hôpitaux. Les auteurs suggèrent de tenir compte bien sûr des critères patient sus cités pour évaluer le risque de fistule mais également de comparer les taux des structures hospitalières afin de permettre des mesures d’amélioration lorsque cela est nécessaire. Il s’agit d’une étude qui est permise par la saisie systématique dans des bases de données des caractéristiques de patient et des résultats des structures hospitalières américaines. Ce type de base de données permet des études sur les aspects médicaux et, comme dans cet exemple, sur les index de performance des hôpitaux. C’est un bon moyen pour identifier l’homogénéité des prises en charge et parfois des écarts qui méritent réflexion et le cas échéant une modification des procédures. C’est en tout cas un outil qui fait défaut dans l’hexagone et qui sans doute pourrait être très utile ici aussi. De très nombreuses études ont été menées et rapportées lors du congrès issues de ces bases de données gigantesques des systèmes de santé américains Jérôme Loriau (Paris) Simvastatin enhances radiation sensitivity of colorectal cancer cells by targeting the EGFR-RAS-ERK axis. G. Karagkounis et al. Cleveland Clinic, Cleveland, OH (oral S25) Traitement néoadjuvant du cancer du rectum : et s’il fallait regarder dans une autre direction ? La question était de savoir s’il était possible d’améliorer la réponse à la radio chimiothérapie préopératoire du cancer du rectum. Sur la base de constatations précédentes des auteurs selon lesquelles la prise de statine en cours de radio-chimiothérapie améliorait la réponse suggérant leur possible rôle de radio sensibilisateur ; cette équipe a mené une étude in vitro pour confirmer ces données et essayer d’en comprendre les mécanismes. Les données expérimentales ont confirmé la sensibilité des cellules de cancer colorectal à l’imprégnation de simvastatine. Les cellules imprégnées de cette molécule ont nécessité des doses de radiothérapie moins importante que les autres lignées pour obtenir le même effet. L’effet de la simvastatine étant annulée par l’adjonction de geranyl diphosphate, ils suggéraient que c’est sa déplétion par la simvastatine qui produisait en partie cet effet. Par ailleurs l’équipe démontrait que dans les cellules imprégnées de simvastatine, il existait une décroissance importante d’autres récepteurs de facteurs de croissance (ERK, AKT…). LA LETTRE DE COLO-PROCTOLOGIE DE JOHNSON & JOHNSON SANTÉ BEAUTÉ FRANCE Lettre n°34 I Enfin certaines cellules initialement radiorésistantes devenaient radiosensibles après l’adjontion de simvastatine. Les auteurs concluaient avoir vérifié in vitro les résultats des données rétrospectives précédemment publiées et annonçaient, grâce à ces résultats, être en bonne voie pour pouvoir bâtir l’essai clinique qui est leur but ultime. Les effets des statines ont déjà été étudiés s’agissant de l’interaction entre cellesci et les antiangiogéniques en cas de mutation K-RAS. Ce n’était pas l’objet de cette étude qui s’intéressaient uniquement à la sensibilisation à la radiothérapie grâce aux statines. Il faut sans doute compte tenu du nombre de publications récentes sur ce sujet garder un œil attentif sur la possible action des statines dans ce domaine même si un certain nombre des études publiées se sont avérées négatives. Simples buzz ? Jérôme Loriau (Paris) Transanal versus robotic total mesorectal excision for rectal carcinoma: a comparative analysis. M. R. Wilson et al., Florida Hospital, Orlando, FL.(oral S54) Exérèse complète du mésorectum : Le robot fait-il mieux que la voie transanale ou l’inverse ? Depuis quelques temps l’élan robotique est « challengé » par la technique d’abord transcanalaire qui permet aussi de faciliter l’abord des cinq derniers centimètres du rectum qui sont, par voie haute cœlioscopique, difficiles d’accès. Ceci notamment pour pratiquer l’exérèse complète du mésorectum chez un patient au pelvis étroit et éventuellement obèse. Les 40 premiers patients de cette équipe opérés par voie transanale ont été comparés en termes de résultat chirurgicaux aux 40 premiers patients qui avait été opérés par voie robotique. Les effectifs de patients étaient comparables sauf pour le score ASA qui était plus élevé dans le groupe transanal, la distance de la marge anale qui était plus courte dans le groupe transanal, ainsi que la radio thérapie néoadjuvante qui était plus fréquemment pratiquée dans ce même groupe. En termes de résultat chirurgicaux le groupe transanal avait plus de résection inter-sphinctérienne 32,5 % contre 7,5 dans le groupe robotique, avait plus d’anastomose manuelle 80 % contre 5 % et avait des opérations plus longues d’en moyenne 1 heure. La pièce était également retirée par voie transanale plus souvent dans ce groupe 32,5 % contre 5 %. En revanche n’existait pas de différence en termes de conversion, de taux de résection R0, de qualité d’exérèse du mésorectum, de morbidité post-opératoire ou de durée de séjour. A deux ans de suivi moyen il n’existait pas de PROKTOS 13 différence en termes de récidive locale mais on observait une récidive systémique plus fréquente dans le groupe exérèse par voie transanale. Les auteurs concluaient à l’équivalence des deux voies d’abord en termes de qualité d’exérèse chirurgicale et de taux de récidive locale. Il proposaient d’expliquer le taux plus important de récidive à distance par l’existence de tumeurs plus basses dans le groupe exérèse transanale et proposaient de poursuivre cette étude pour préciser le suivi oncologique de l’exérèse par voie transanale. Comme le soulignent les auteurs il s’agissait d’une étude non randomisée sur deux périodes de temps différentes avec des tumeurs finalement assez différentes certaines plus basse que d’autres et dont les caractéristiques histologiques décrites pendant la présentation étaient également assez différentes. On peut donc juste conclure une nouvelle fois que les deux techniques d’exérèse présentent dans cette étude des critères de sécurité de la procédure chirurgicale équivalents en termes de qualité d’exérèse du mésorectum et de taux de R0. Les techniques méritent bien sûr un apprentissage spécifique mais ne sont pas équivalentes en termes dedisponibilité puisque pour pratiquer l’exérèse robotique il faut avoir un robot ! Jérôme Loriau (Paris) LA LETTRE DE COLO-PROCTOLOGIE DE JOHNSON & JOHNSON SANTÉ BEAUTÉ FRANCE 14 PROKTOS I Lettre n°34 Towards the adoption of transanal total mesorectal excision (tatme): assessment of a structured training program and the experience of surgeon trainees. A. C. Dubose, et al., Florida Hospital, Orlando, FL.(oral PD27) Pour populariser la technique d’exérèse du mésorectum par voie transanale, il va falloir l’enseigner L’équipe d’Orlando a mis en place sur une période d’un an entre novembre 2014 et novembre 2015 des programmes d’enseignement de 2 jours sous la direction de quatre chirurgiens expérimentés en exérèse transanale. L’enseignement comportait les visualisations d’opérations en direct ; des séances didactiques et des dissections sur cadavre avec à chaque fois un encadrement par un chirurgien rompu à ces techniques. Les élèves étaient en permanence évalués par leurs maîtres de stage. Les élèves remplissaient en fin d’intervention un questionnaire d’évaluation de l’enseignement en définissant l’impact de cet enseignement sur leur pratique clinique. 81 chirurgiens colorectaux de 51 établissements provenant de six pays on pu assister à cette enseignement. Les temps nécessaires pour réaliser chacune des étapes de la procédure d’exérèse du mésorectum par voie transanale ont été mesurés. 71 % des participants ont réalisé une exérèse complète du mésorectum ; 9,1 % des participants ont réalisé une exérèse partiellement complète alors que 4 % réalisaient des lésions importantes du rectum ou des organes adjacents pendant la procédure. Le gestes inapproprié le plus fréquent était la mobilisation de la prostate lors de la dissection antérieure. Le taux de satisfaction des participants était très élevé puisque 83,8 % trouvaient la formation « très utile » alors que 94,6 % jugeaient la formation indispensable avant de pratiquer une exérèse du mésorectum par voie transanale. À l’issue de cette formation il n’existait pas un nombre significativement plus important de chirurgiens pratiquant ce type de procédure (32,4 contre 51,3 %). En revanche le nombre de chirurgiens se trouvant « très confortables avec cette procédure augmentait significativement de 2,7 à 18,9%, et 70,3 % des interrogés avaient pour projet de continuer à utiliser cette technique dans leur pratique. Les auteurs insistaient sur la nécessité de formation pour réaliser cette technique et de suivi après formation des chirurgiens la pratiquant. L’exérèse par voie transanale facilite la réalisation de l’exérèse complète du mésorectum dans sa partie basse. Il s’agit néanmoins d’un geste technique qui présente certaines difficultés nécessitant un réel apprentissage. Il faut saluer le programme d’enseignement qui est décrit dans cette publication et l’évaluation qui en a été menée. Ce type de « bonnes pratiques » est assez alléchant mais il se pose bien sûr la question de l’organisation et du coût de ce type de formation. Pourtant si l’on veut continuer à s’inspirer de l’industrie ou de l’aéronautique pour appliquer les standards qualité à la chirurgie, ce type de procédure semble être incontournable à l’avenir et ses questions matérielles devront alors impérativement être réglées Jérôme Loriau (Paris) Outcomes of salvage surgery after failure of local excision for rectal cancer: a systematic review. G. Hwang et al. USC, South Pasadena, CA (poster P138) Quels sont les résultats de la chirurgie de rattrapage en cas de récidive locale après exérèse locale d’un cancer le rectum ? L’exérèse locale d’une tumeur limitée du rectum est une technique séduisante mais dont la place reste à préciser. La question est bien sûr celle du résultat des chirurgies de rattrapage en cas de récidive locale après ce type le traitement. L’équipe de l’université de Californie a réalisé une revue de la littérature en recherchant les publications portant sur la chirurgie de rattrapage en cas de récidive locale entre 1986 et 2015. 44 publications ont pu être identifiés regroupant 2683 patients parmi lesquels 2608 étaient éligibles LA LETTRE DE COLO-PROCTOLOGIE DE JOHNSON & JOHNSON SANTÉ BEAUTÉ FRANCE Lettre n°34 I à l’analyses. Parmi ces patients 14,5 % soient 377 ont développé une récidive locale. Les taux de récidive étaient liés au stade initial de la maladie avec des taux respectifs de 12 %, 24 % et 38,6 % pour les T1, T2 et T3. 245 patients parmi les 377 ayant présenté une récidive ont pu avoir une chirurgie de sauvetage soit 65 %. Le plus souvent (65 %) cette récidive était isolée. La réalisation de l’exérèse par TEM diminuait le taux de récidive par rapport à l’exérèse transanale simple (15,6 % contre 26 %). L’étude de la littérature permettait également d’identifier parmi les publications se concentrant sur des chirurgies de rattrapage 152 autres patients dans les études portant sur les suites opératoires. Au total la chirurgie de rattrapage consistait dans 10 % en une nouvelle exérèse locale, dans 80 % une exérèse complète du mesorectum et dans 10 % une pelvectomie. La morbidité globale était de 38 %. Le taux de récidive après chirurgie de rattrapage de 40 % avec dans la majorité des cas des récidives métastatiques (67 %). La survie sans récidive à cinq ans était de 50 % alors que la survie globale était de 58 % sur cette même période. Les auteurs proposaient de conclure qu’en cas de récidive locale les deux tiers des patients pouvaient avoir une chirurgie de rattrapage mais que cette chirurgie avait des résultats défavo- rables en termes de survie du fait du haut risque de récidive locale et métastatique. Si il faut prendre cette analyse globale avec circonspection puisque il s’agit de publications regroupant des malades ayant eu des prises en charge néoadjuvantes ou adjuvantes différentes, on retrouve néanmoins toujours l’idée que l’exérèse locale doit se limiter à des tumeurs de petite taille comme cela a largement déjà été pointé dans la littérature. Néanmoins dans cette étude le taux de récidive après exérèse de tumeurs T1. était de 12 % ce qui est élevé. Comme le suggèrent les auteurs il faut définir précisément le rôle de l’exérèse locale et par quelle technique la réaliser dans les études prospectives randomisées. Ce type d’étude est en cours Jérôme Loriau (Paris) Are we ready for extralevatory abdominoperineal excision? literature review and a metaanalysis. Y. Rui. Et al., West China Hospital, Chengdu, China. (poster P140) Amputation abdominopérinéale classique ou extra-axiale lévatorienne ? Depuis plusieurs années l’amputation abdominopérinéale par voie extralévatorienne est mise en avant afin de diminuer le risque de résection R1 pour les tumeurs du bas rectum adénocarcinomateuses ou les PROKTOS 15 carcinomes épidermoïdes de la marge anale. Il s’agit de pratiquer une exérèse totalement cylindrique qui nécessite pour la majorité des auteurs d’être pratiquée patient en décubitus ventral. Ce poster consistait en une métaanalyse des publications se rapportant à cette technique. 10 études ont été inclues regroupant 2667 patient. Il existait une différence significative d’envahissement des marges circonférentielles en faveur de l’amputation extralévatorienne (14,2 % contre 16,9 % pour la voie classique). Cette différence persistait en analyse de sous-groupe dans les études institutionnelles alors que lorsque l’on regardait des chiffres poolés de manière nationale, il n’existait plus de significativité de cette différence. Aucune différence n’était retrouvée sur les chiffres de perforation des pièces de résection et l’amputation extralévatorienne conduisait à un risque supérieur d’infection de site opératoire (21 % contre 17 %). Le taux de complications urinaires ou sexuels était comparable entre les deux techniques. Les auteurs pointaient donc l’impact anatomopathologique de cette technique mais également sa morbidité supérieure. Il soulignaient que les meilleurs résultats étaient obtenus pour des études dans des centres spécialisés alors que lorsque l’on regardait les chiffres nationaux on n’observait pas les mêmes avantages de la technique. LA LETTRE DE COLO-PROCTOLOGIE DE JOHNSON & JOHNSON SANTÉ BEAUTÉ FRANCE 16 PROKTOS I Lettre n°34 Il suggéraient de poursuivre les investigations avant de proposer la généralisation de l’abord extralévatorien pour toutes les amputations abdominopérinéales. L’équipe de CLEVELAND, a utilisé une base de données nationales pour retrouver les procédures d’amputation abdominopérinéale menées entre 2009 et 2014 toutes voies d’abord confondues. Au cours des dernières années de nombreuses publications se sont intéressées au résultat anatomopathologique en termes d’envahissement de marge et de perforation censés être meilleurs lors de la réalisation d’abord extralévatorien. La morbidité infectieuse du site opératoire a également beaucoup été investiguée. Cette étude retrouve les données déjà publiées à savoir une absence de preuve formelle dès lors qu’on ne s’intéresse pas uniquement à la pratique de centre ultraspécialisés. La réalité n’est donc pas encore en 2016 à la généralisation de l’abord extralévatorien en décubitus ventral (prone position, ou Jack knife position). En l’absence de preuve, difficile aujourd’hui de recommander le pile ou le face ! 13 454 patients ont été opérés par des procédures cœlioscopiques, ouvertes ou robotiques. Jérôme Loriau (Paris) Rise of the robots: a comparison of outcomes, cost, and trends in utilization for open, laparoscopic, and robotic abdominoperineal resection. S. Langenfeld et al., Western Reserve University, Cleveland, OH. (poster P169) Et dans l’amputation abdominopérinéale le robot coûte-t-il moins cher ? La seule différence d’effectif entre les groupes montrait un score de sévérité plus important dans le groupe de chirurgie ouverte. La comparaison des groupes de chirurgie cœlioscopique et robotique ne montrait pas de différence en termes de morbidité, de durée de séjour, de réadmission à 30 jours, d’infection de site opératoire ou de conversion en chirurgie ouverte. Le coût des procédures robotiques étaient significativement plus important que le coût des procédures cœlioscopiques. Au cours de la période étudiée il existait une augmentation significative de l’utilisation de la procédure robotique passant de 1,7 % à 11,7 %. Le calcul statistique mené montrait qu’en 2017 le nombre de procédures robotiques dépasserait le nombre de procédures cœlioscopiques. Étonnant de constater dans cette étude que pour une procédure qui n’est sans doute pas la procédure phare pour l›utilisation du robot, le robot prenne une place croissante de manière très importante et viennent à dépasser, si les calculs se confirment, la procédure cœlioscopique dans les années à venir. Cela est d’autant plus étonnant que les résultats chirurgicaux du robot dans cette étude ne dépassent pas les résultats de la cœlioscopie pour un coût statistiquement significativement plus important. Mais puisque dans cette étude encore on ne démontre pas les avantages « chirurgicaux » du robot, quelles sont donc les raisons de cette véritable tendance croissante à l’utilisation du robot (et à la dépense) ? Jérôme Loriau (Paris) Robotic versus laparoscopic total mesorectal excision for sphincter-saving surgery: a single-center series of 400 consecutive patients. P. Rouanet et al., Institut régional du Cancer de Montpellier (ICM), Montpellier, France (poster P356) Une évaluation « plus proche de nous » de l’utilisation du robot pour l’exérèse du mésorectum. L’équipe du centre anticancéreux de Montpellier a rapporté son expérience mono centrique de 400 procédures d’exérèse complète du mésorectum entre 2008 et 2015. Il s’agissait de 200 procédures cœlioscopiques jusqu’en décembre 2011 suivies de 200 procédures robotiques à compter de février 2012. En comparant les deux groupes, successifs dans le temps, il n’avait pas été identifié de différences LA LETTRE DE COLO-PROCTOLOGIE DE JOHNSON & JOHNSON SANTÉ BEAUTÉ FRANCE Lettre n°34 I entre ceux-ci en termes de sévérité de la maladie, hauteur de la tumeur, traitement néoadjuvant, type d’anastomose, taux de stomie ou temps opératoire. En revanche il existait une différence en taux d’abord associé transanale qui était plus fréquent dans les techniques cœlioscopiques (13 % contre 5 %) ainsi qu’un taux de conversion moins important dans les procédures robotiques (2 % contre 9,5 %. Cette différence du taux de conversion augmentait encore dans l’analyse du sousgroupe de patients obèses ainsi que pour les tumeurs du bas rectum. En revanche les critères de qualité d’exérèse du mésorectum étaient identiques pour les exérèses cœlioscopiques et robotiques. Les auteurs concluait à l’équivalence de la qualité d’exérèse et du temps opératoire entre les procédures cœlioscopiques et robotiques et l’avantage de la chirurgie robotique en termes de conversion en chirurgie ouverte. Cette étude Française retrouve les données les plus souvent publiées à savoir l’équivalence des résultats oncologiques de l’exérèse par voie robotique à la voie coeliscopique. Il est intéressant de noter que l’abord cœlioscopique a conduit à utiliser plus souvent une exérèse transanale associée et on voit bien que l’utilisation de la double voie abdominale et transanale est sans doute une option valide pour l’exé rèse des tumeurs du très bas rectum. Par rapport à l’utilisation du robot dans cette situation elles n’engendrent pas le même surcoût bien sûr. On aurait bien envie de comparer l’abord robotique à cette double technique pour les tumeurs du très bas rectum chez les patients à pelvis étroit et ou obèse. Il faudra bien sûr prendre en compte dans cette analyse le coût de chacune des techniques. Enfin on retrouve également ce qui n’est pas toujours démontré et notamment pas dans la seule étude randomisée publiée un taux de conversion moins important avec la chirurgie robotique. La question est de savoir l’importance que l’on donne à cette conversion et son impact dans la prise en charge du patient Jérôme Loriau (Paris) Total mesorectal excision: a comparison of laparoscopic, robotic, and transanal approaches for the management of cancers involving the distal rectum. E. A. Myers et al. Lankenau Medical Center & Institute For Medical Research, Wynnewood, PA. (poster P430) Tumeur du bas-rectum : Exérèse robotique ? Exérèse combinée ? Cœlioscopie ? C’est justement au sujet intéressant des tumeurs du très bas rectum avancées que s’est intéressé l’équipe de Pennsylvanie. PROKTOS 17 221 malades opérés dans le centre ont été inclus dans cette étude qui comportait des tumeurs situées à moins de 6 cm de la marge anale ayant toutes reçu un traitement néoadjuvant par radiothérapie. 169 patients ont eu une exérèse cœlioscopique, 23 une exérèse robotique et 29 une approche combinée cœlioscopique et transanale. Il existait un suivi moyen différent entre les groupes : 57 mois pour la cœlioscopie 20 mois pour la robotique et 13 mois pour l’approche combinée. 76% des patients avec une tumeur T3 et 95 % avait reçu une radiochimiothérapie. Il n’existait pas de différence significative de volume tumoral entre les différents groupes mais il faut noter néanmoins une tendance de volume tumoral plus important pour les tumeurs opérées par cœlioscopie et par exérèse combinée. La qualité d’exérèse du mésorectum était supérieure par abord robotique par rapport à la cœlioscopie de même que l’envahissement des marges circonférentielles. Pour l’envahissement des marges distales le robot était supérieur à la cœlioscopie mais équivalant à l’approche combinée. Aucun des patients (quatre) ayant eu une marge distale positive n’a présenté de récurrence locale. Il n’existait pas de différence de morbidité ou de mortalité entre les différents groupes. cc LA LETTRE DE COLO-PROCTOLOGIE DE JOHNSON & JOHNSON SANTÉ BEAUTÉ FRANCE 18 PROKTOS I Lettre n°34 Dans cette étude il existait une différence de suivi des patients ne permettant pas de tirer de conclusions oncologiques solides. Il faut noter que bien que non significatif le volume des lésions opérées par cœlioscopie était supérieur au volume des lésions opérées par d’autres techniques ce qui peut, peut-être, expliquer les différences en termes de marge radiale envahie et de qualité d’exérèse du mésorectum. Néanmoins il faut surtout souligner que si en termes de marge distale le robot fait mieux que la cœlioscopie, l’exérèse transanale procure les mêmes avantages. Là encore on retrouve le match entre robot exérèse combinée cœlioscopique et transanale. Comme les auteurs le disent dans leurs conclusions Il faut bien sûr rester prudent dans l’interprétation de ces résultats puisque la qualité anatomopathologique de l’exérèse locale n’est pas forcément liée au pronostic à long terme des patients et notamment pas en termes de récidive locale Jérôme Loriau (Paris) Effect of a colorectal cancer patient navigator on the completeness of surveillance after colorectal cancer resection. D. Gill, et al. University of British Columbia, Vancouver, Canada (poster P265) Et si le mobile du patient devenait l’un de vos assistants ? Après chirurgie du cancer colorectal la surveillance est une mesure indispensable pour améliorer la survie du patient. La réalisation pratique de cette surveillance est néanmoins inégale c’est la raison pour laquelle cette équipe a proposé d’évaluer l’utilisation de l’informatique pour renforcer l’efficacité de la surveillance. Parmi les patients opérés d’un adénocarcinome colique stade II ou III entre 2012 et 2014 (613 patients), 73 ont fait l’objet d’une surveillance informatisée pendant 18 mois et ont été comparés à 102 présentant les mêmes caractéristiques mais n’ayant pas bénéficié de cette assistance informatique. La comparaison des deux groupes a montré une meilleure compliance globale à la surveillance dans le groupe informatisé (79 % contre 63 %), un meilleur taux de pratique du scanner (97 % contre 87 %) une tendance non significative à une meilleure réalisation de coloscopie (84 % contre 76 %) ainsi qu’au dosage de l’ACE (89 % contre 78 %). En analyse de sous-groupe la surveillance était significativement différente et améliorée pour les stades II mais non pour les stade III. Elle était très significativement améliorée pour les adénocarcinomes rectaux (81 % contre 59 %). Les auteurs concluent à l’utilité de l’outil informatique pour améliorer la surveillance des patients après une opération pour cancer colorectal. Comment ne pas imaginer que dans le domaine de la santé, comme dans de six nombreux domaines, l’utilisation de l’informatique ne viennent prendre toute sa place ? Cette étude et ses résultats indiscutables encouragent à travailler au plus vite avec les sociétés informatiques ayant bien compris tous les enjeux et qui déjà ont développé des applications très efficaces pour assister les patients dans d’autres pathologies chroniques Jérôme Loriau (Paris) Are we still too surgically aggressive in anal melanoma cases: a contemporary analysis of practice patterns? S. Dumitra, et al. City of Hope, Duarte,CA. (poster P359) Le mélanome rectal nécessite-til une grande agressivité chirurgicale ? L’équipe de la City of Hope, s’est intéressée à l’intérêt des amputations abdomino-périnéales encore fréquemment pratiquées pour la prise en charge des mélanome rectaux alors que leur bénéfice à long terme est très discuté dans la littérature. Ils ont analysé les données d’une cohorte large entre 2004 et 2012 ayant inclu 147 patient porteurs de mélanome rectal. Il s’agit de la plus large cohorte actuellement rapportée. Parmi eux 28% ont eu une amputation abdominopérinéale alors LA LETTRE DE COLO-PROCTOLOGIE DE JOHNSON & JOHNSON SANTÉ BEAUTÉ FRANCE Lettre n°34 I que le reste avait été traité par excision locale. 15 patients ont eu au cours de la prise en charge la biopsie d’un ganglion sentinelle. Au cours de la période étudiée le taux d’amputation abdominopérinéale n’a pas diminué. La survie à cinq ans dans le groupe d’exérèse locale était de 30,6 % sans différence significative avec celui traité par amputation abdominopérinéale périnéale à 30 %. que soit le stade de la maladie, le caractère extensif de la chirurgie n’avait pas d’impact sur la survie et en analyse multivariée, le type de chirurgie n’était pas un critère prédictif de survie. Seul le stade de la maladie était prédictif de survie en analyse univariée ainsi qu’en analyse multivariée. Jérôme Loriau (Paris) PROKTOS 19 On ne peut que rejoindre les auteurs de cette étude pour poser la question de la stratégie chirurgicale à proposer en cas de mélanome rectal. La réalisation de chirurgie large n’est sans doute plus de mise systématiquement pour cette pathologie rare qui nécessite indéniablement une bonne connaissance et une coordination étroite avec les équipes médicales assurant le reste du traitement Divers par les Docteurs François Pigot, Emilie Duchalais, Jérôme Loriau New-onset benign anorectal disorders after bariatric surgery: importance of bowel habit. O. Cano-Valderrama, Madrid, Espagne (oral S12). Nous voyons pour des plaintes proctologiques des malades ayant bénéficié d’une chirurgie bariatrique. S’agit-il de la conséquence de l’augmentation de la fréquence de ces interventions ou d’une relation de cause ? Il s’agit d’une étude rétrospective de dossiers et d’un interrogatoire téléphonique. 196 malades ont bénéficié soit d’un by-pass, soit d’une diversion bilio-pancréatique. Leur BMI préopératoire était en moyenne de 49 kg/m2, et étaient pour 76% des femmes. En préopératoire 26 (33 %) avaient une plainte proctologique. Sur un suivi de 88 (85-91) mois, 91 (37 %), ont développé un nouveau symptôme compatible avec une maladie hémorroïdaire pour 43 %, une fissure 27 %, une suppuration 14 %, autres 16 %. Les facteurs de risque de développer un nouveau symptôme proctologique étaient la durée du suivi, et un trouble du transit (diarrhée ou constipation) avec un OR de 3,2. Plus que la perte de poids, les troubles du transit induits par la chirurgie bariatrique pourraient favoriser l’apparition de symptômes proctologiques François Pigot (Bordeaux) Is non-steroidal anti-inflammatory drug use associated with an increased incidence of anastomotic leak in colorectal surgery? A systematic review and meta-analysis. S. A. Smith, et al. University of Calgary, Canada (oral S6) Les preuves s’accumulent contre les AINS dans la survenue de fistule anastomotique après chirurgie colorectale… Les AINS sont utilisés couramment dans les protocoles de réhabilitation précoce en chirurgie colorectale. Néanmoins, plusieurs études de puissance insuffisante suggèrent que les AINS pourraient être associés à la survenue de fistule anastomotique après chirurgie colorectale. Cette étude comprend d’une part une méta-analyse d’essais comparatifs et d’autre part une méta-analyse d’études observationnelles. LA LETTRE DE COLO-PROCTOLOGIE DE JOHNSON & JOHNSON SANTÉ BEAUTÉ FRANCE 20 PROKTOS I Lettre n°34 L’analyse des 5 essais comparatifs (473 patients) inclus ne permet pas de mettre en évidence d’association entre AINS et fistule anastomotique post-opératoire (RR=1,96 ; 0,74-5,16 ; p=0,814). La puissance de cette première méta-analyse était trop faible. L’analyse des 11 études observationnelles regroupait 20184 patients et obtenait des résultats plus tranchés : il existait une association significative entre l’utilisation d’AINS et la survenue de fistule anastomotique (OR=1,46 ; 95%CI : 1,14-1,86 ; p=0,016). Sans pouvoir apporter de réponse définitive à la question posée, il s’agit d’une nouvelle alerte sur le potentiel risque de fistule anastomotique après prescriptions d’AINS. Une étude comparative dédiée à l’évaluation du risque de fistule anastomotique sous AINS post-opératoire serait la bienvenue pour apporter une réponse définitive à cette question Emilie Duchalais (Nantes) Preoperative immunonutrition and elective colorectal resection outcomes – a propensity score-matched analysis. L. W. Thornblade, et al. University of Washington, Seattle, WA (oral S2) Immuno-nutrition préopératoire et chirurgie d’exérèse colorectale : un bénéfice qui reste à démontrer. Le bénéfice de l’immunonutrition (ajout dans les produits administrés de nutriments spéci- fiques destinés à améliorer les fonctions immunitaires comme la glutamine, arginine…) sur la morbidité après chirurgie colorectale pour cancer est démontré dans plusieurs études. Néanmoins, aucune étude de puissance suffisante n’a étudié son bénéfice dans l’ensemble des indications de chirurgie colorectale (pathologies bénignes et malignes confondues). Cette étude observationnelle est réalisée à partir d’une cohorte prospective nationale de 3366 patients opérés de résection colorectale programmée entre 2012 et 2015. Parmi cette cohorte, 480 patients ayant reçu une immunonutrition ont été matchés à 480 patients n’en ayant pas reçu. Après appariement, les deux groupes étaient comparables. La chirurgie d’exérèse colorectale était réalisée pour cancer, diverticulite, MICI ou une autre indication dans 59 %, 15 %, 14 % et 12 % respectivement. Dans le groupe immunonutrition, la proportion de séjour hospitalier prolongé (>8j) était significativement supérieur (RR= 0,77 ; 95 %CI=0,58-1,01 ; p=0,05) mais le taux de complications était identique au groupe sans immunonutrition (RR=0,76 ; 95 %CI=0,49-1,16 ; p=0,19). Cette étude a les limites d’une cohorte nationale mais ses résultats mitigés posent la question d’un réel bénéfice de l’immunonutrition en chirurgie colorectale bénigne Emilie Duchalais (Nantes) Use of laparoscopy in colorectal reoperative surgery. M. Laporte, et al., Buenos Aires, Argentina. (poster P337) Complication après chirurgie colorectale cœlioscopique ; faut-il persévérer ? Les données de 1400 patients opérés par cœlioscopie et ayant présenté une complication entre 2000 et 2015 ont été analysées. Les données des patients ayant fait l’objet d’une reprise chirurgicale cœlioscopique ont été comparées aux données des patients ayant été réopérés par laparotomie. 111 patients ont été réopérés sur cette période dont 73 par cœlioscopie (66 %). Il n’existait pas de différence entre les groupes selon les caractéristiques des patient hormis pour le taux de conversion de la procédure initiale qui avait été plus fréquente dans le groupe repris par laparotomie. Le groupe de patients repris par laparotomie avait initialement eu également des procédures plus longues. Lors de la chirurgie de reprise il était plus fréquemment mis en évidence des fistules anastomotiques dans le groupe cœlioscopie alors qu’il n’existait pas de différence significative pour les complications pariétales ou les perforations intestinales. Il est intéressant de noter que l’intervalle entre la chirurgie initiale et la reprise était plus court dans le groupe repris par cœlioscopie (4,85 jour contre 6,37). Par ailleurs le nombre de réopérations totales était moins important dans le groupe repris par cœlioscopie, LA LETTRE DE COLO-PROCTOLOGIE DE JOHNSON & JOHNSON SANTÉ BEAUTÉ FRANCE Lettre n°34 I 1,09 reprises contre 1,26 dans le groupe repris par laparotomie. Enfin la durée de séjour était plus courte après reprise cœlioscopique 10,4 jour contre 13,5 jours. Les auteurs concluaient à la sûreté et la faisabilité des reprises cœlioscopique après complication de chirurgie colorectale. On a envie de souligner de cette étude que pour finalement se rendre compte qu’il existe une fistule anastomotique, qui est la complication la plus fréquente mise en évidence, il vaut mieux s’en rendre compte tôt et donc reprendre le malade précocement. C’est ce que semble permettre la cœlioscopie aussi puisque dans cette étude les reprises étaient plus précoces. Si l’on veut forcer un peu le trait, lorsqu’il faut reprendre un patient, finalement, il vaut mieux une re-cœlioscopie précoce qu’une laparotomie tardive Jérôme Loriau (Paris) Robot-assisted versus laparoscopic rectal resection for cancer in a single surgeon’s experience: a cost-analysis, covering the initial 50 robotic cases. L. Morelli et al., University of Pisa, Pisa, Italy (poster P150) Peut-on amortir l’usage du robot dans la chirurgie du cancer du rectum ? Il s’agit d’une question intéres- sante que s’est posée l’équipe Italienne puisque il s’agit d’un des arguments souvent mis en avant pour promouvoir l’usage du robot. Cette étude a donc analysé les données de coût des 50 premières procédures robotiques pratiquées par un seul chirurgien très expérimenté (+ de 500 procédures d’exérèse rectale) dans une seule institution et les a comparées à 25 procédures cœlioscopiques pratiquées par le même chirurgien. Afin d’évaluer la courbe d’apprentissage les patients opérés en chirurgie robotique ont été séparés en trois groupes comportant les 19 premiers puis les 20 suivants et enfin les derniers jusqu’au 50ème opéré. Les procédures cœlioscopiques était plus courtes significativement que les procédures robotiques 270 minutes contre 312. il n’existait pas, avec le temps, de manière significative de lien (quoi que une tendance) entre le temps opératoire et la situation au cours de la courbe d’apprentissage robotique. Au cours du temps les coûts opératoires de la cœlioscopie restaient inférieurs significativement par rapport au coûts des procédures robotiques. Au cours du temps il existait une diminution des coûts robotiques entre les périodes 1 et 3 mais plus entre les périodes deux et la période trois, ce qui démontrait que l’amélioration des coûts robotiques s’atténuait avec le temps. Les coûts robotiques pour chaque période restaient supérieurs au PROKTOS 21 coûts cœlioscopique de manière significative. En excluant les coûts fixes du robot on ne retrouvait plus de différence significative entre les coûts robotiques de la période trois et les coûts cœlioscopiques. Les auteurs concluaient que même en observant une amélioration des coûts de la période initiale, le robot restait plus cher que la cœlioscopie avec des procédures plus longues. Ils insistaient sur les coûts fixes de cet appareil et proposaient pour atténuer l’impact financier une plus grande sélection des patients opérés avec cet appareil et l’utilisation par des centres ayant un grand volume opératoire et une pratique régulière. La question du coût de la chirurgie robotique est bien sûr centrale dans son évaluation. Alors que les publications s’intéressant aux résultats purement chirurgicaux ou oncologiques ont du mal à démontrer une différence significative en faveur du robot, les publications du surcoût de cette technique. Cette étude est intéressante car elle démontre qu’une fois que l›outil est maîtrisé par le chirurgien, les gains d’économie rapportent maintenant avec des grands volumes et assez constamment, la persistance se lissent contrairement à des arguments employés pour promouvoir la LA LETTRE DE COLO-PROCTOLOGIE DE JOHNSON & JOHNSON SANTÉ BEAUTÉ FRANCE 22 PROKTOS I Lettre n°34 technique. La poursuite et le développement de l’utilisation des robots passe obligatoirement donc par l’étude de ce rapport efficacité-coût dans notre système économique de santé très contraint Sous couvert d’un suivi téléphonique régulier, la sortie précoce après fermeture d’iléostomie est faisable dans une large série sans grever la morbidité post-opératoire. Plus qu’un pas avant la fermeture d’iléostomie en ambulatoire… Jérôme Loriau (Paris) Emilie Duchalais (Nantes) Loop ileostomy closure: is nextday discharge safe and effective? N. G. Berger et al. Medical College of Wisconsin, Milwaukee, WI (poster P371) Vers la fermeture d’iléostomie en ambulatoire… Cette équipe a comparé les résultats d’un protocole de sortie précoce à J1 d’une fermeture d’iléostomie à une prise en charge postopératoire classique. Dans ce protocole, les patients étaient suivis par téléphone et recevaient un programme de réalimentation standardisée à la sortie. La série de 85 patients ainsi pris en charge a été comparée rétrospectivement à 8650 patients issus du registre national de l’American College of Surgeons. La mise en place du protocole de sortie à J1 réduisait de 2 jours la durée d’hospitalisation (2 vs 4 jours médians, p<0,001). Le taux de réadmissions dans les 30 jours postopératoires et le taux de complications n’étaient pas significativement différents. Optimal timing of the first surveillance colonoscopy following curative resection for colorectal carcinoma N. Alhassan et al. McGill University, Montreal, Canada (oral GS6) A quel délai doit-on réaliser la première coloscopie de surveillance après chirurgie colorectal pour cancer ? Les recommandations sur le délai de la première coloscopie de surveillance après chirurgie colorectale pour cancer restent très variables d’une société savante à l’autre. Le but de ce travail était de comparer les résultats des coloscopies réalisées aux différents délais recommandés. Cette étude rétrospective unicentrique regroupait 181 patients opérés de façon curative d’un cancer colorectal. La première coloscopie postopératoire était réalisée à 1 an, 2 ans ou plus dans 26 %, 48 % et 28 % des cas respectivement. La détection de polypes significatifs (adénome≥1cm, villeux ou tubulovilleux, dysplasie de haut grade, ≥3 adénomes, polype festonné sessile≥1 cm ou dysplasique) était de 13 % lorsque la coloscopie était réalisée la première année, 8% la deuxième et 8 % la troisième. Bien que le retentissement sur la survie des patients ne soit pas exploré dans cette étude, le taux de détection de polypes significatifs à 1 an de la chirurgie d’exérèse encourage à réaliser la première surveillance à ce délai Emilie Duchalais (Nantes) Bowel preparation associated with reduced morbidity in elderly patients undergoing elective colon surgery. S. Dolejs et al. Indiana University School of Medecine, Indianapolis, IN (oral S8) La préparation colique chez le sujet âgé avant chirurgie colorectale : Mais de quelle préparation colique parle-t-on exactement? La nécessité d’une préparation colique avant une chirurgie d’exérèse colique est à nouveau discutée depuis l’analyse de la base de données nationale américaine en 2015. Trois études analysant le même registre avaient en effet rapporté un bénéfice de la préparation colique avant chirurgie colique. L’étude présentée ici s’est plus spécifiquement intéressée à la population des plus de 75 ans, plus à risque des complications propres à la préparation colique. Il s’agit d’une analyse rétrospective du registre national de l’American College of Surgeons. LA LETTRE DE COLO-PROCTOLOGIE DE JOHNSON & JOHNSON SANTÉ BEAUTÉ FRANCE Lettre n°34 I Parmi cette cohorte, 2851 patients de plus de 75 ans ont été opérés pour colectomie élective entre 2012 et 2013. Les patients qui n’avaient pas reçu de préparation, ceux qui avait reçu une préparation colique mécanique seule, ou une préparation colique mécanique associée à une préparation colique antibiotique représentaient respectivement 29 %, 42 % et 29 %. La préparation colique mécanique et antibiotique était significativement associée à une réduction de la morbidité, de la mortalité, de la durée d’hospitalisation, du taux de fistule anastomotique et du taux d’infection de paroi, en comparaison au groupe sans préparation. La préparation mécanique seule n’était associée à aucune différence en comparaison du groupe sans préparation. Aucune des deux préparations étudiées n’altérait la fonction rénale des patients concernés. Tout comme les études précédentes, cette étude est en faveur de la préparation colique mécanique et antibiotique avant chirurgie colique chez le sujet âgé. De nombreuses questions restent sans réponse concernant ces études. Quelle antibiothérapie est utilisée ? Le bénéfice de la préparation colique rapporté ici n’est-il pas uniquement dû à la préparation antibiotique ?...A suivre Emilie Duchalais (Nantes) PROKTOS 23 étaient plus souvent candidats à un lambeau. En analyse multivariée, la survenue de complications thrombo-emboliques veineuses, les complications de paroi et les complications infectieuses étaient plus fréquentes chez les patients porteurs de lambeaux. Le coût et la durée de l’hospitalisation étaient significativement supérieurs avec un lambeau. Perineal wounds, perhaps less is more: a nationwide analysis of perineal reconstruction in abdominoperineal resections. N. Lopez, et al. Surgical oncology, UNC, Chapel Hill, NC (GS2) Intérêt des lambeaux vascularisés pour la reconstruction des amputations abdominopérinéales : Apport du big data dans l’évaluation d’une chirurgie peu courante. Les lambeaux vascularisés type lambeaux de grands droits sont de plus en plus pratiqués pour la reconstruction périnéale après amputation abdominopérinéale (AAP). Jusqu’à présent, l’évaluation favorable de ces lambeaux après AAP repose sur des séries de faible effectif. Cette étude ne peut pas apporter de lien de causalité entre la morbidité observée et la confection d’un lambeau et son interprétation doit rester prudente. Néanmoins, les résultats présentés ici divergent des résultats obtenus préalablement dans des séries de petits effectifs et justifient une étude plus approfondie des données obtenues Cette étude rétrospective de registre national a l’avantage de regrouper une série de patients plus conséquente de 14 737 patients. Parmi eux, 3 % ont eu une reconstruction par lambeaux. Les patients fumeurs et ceux présentant une perte de poids récente Emilie Duchalais (Nantes) LA LETTRE DE COLO-PROCTOLOGIE DE JOHNSON & JOHNSON SANTÉ BEAUTÉ FRANCE La référence de l’information des congrès en proctologie Depuis plusieurs années, la lettre PROKTOS est devenue la référence de l’information des congrès en proctologie. En apportant des informations essentielles à la formation continue, les experts en proctologie reviennent sur les 2 événements incontournables de cette année : • Le congrès de l’ASCRS à retrouver à partir de juillet. • Le congrès de l’ESCP à retrouver dès novembre. Publiée en partenariat avec , la lettre PROKTOS est faite par les proctologues, pour les proctologues. Leader dans la catégorie des Voies digestives OTC M16TI006BRO - Juillet 2016 - Johnson & Johnson Santé Beauté France - SAS au capital de 153.285.948 RCS Nanterre : 479 824 724. Siège social : 1, rue Camille Desmoulins - 92130 Issy-les-Moulineaux. Locataire Gérant de Vania Expansion SAS pour les produits Vania, Kotydia, Nett et Tricostéril. (Source : IMS Health, CMA 02/2015 en ventes valeur, voies digestives OTC strict anti hémorroïdaires topiques inclus)