Etude de Filière Boissons 2012
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Etude de Filière Boissons 2012
filiEre boissons EN AlgErie 2012 Période de l’étude : Mars-juillet 2012 L’étude a été réalisée dans le cadre du programme PMEII par Messieurs Mohammed KACI, et Abdenour ABTROUN. «Le contenu de la présente publication relève de la seule responsabilité des auteurs et ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant l’avis de l’Union européenne ou des Autorités algériennes». © PMEII, Alger - Juin 2013 LA LETTRE DE PME II L e Programme d’Appui aux PME-PMI et à la Maîtrise des Technologies d’Information et de Communication (PME II), cofinancé par l’Algérie et l’Union européenne, est un instrument mis en place pour apporter une assistance technique hautement qualifiée dans des domaines spécifiques. L’approche de travail adoptée se caractérise par des interventions directes au niveau de certaines filières pilotes en s’appuyant particulièrement sur le tissu associatif. C’est dans ce cadre qu’une collaboration étroite a été initiée et mise en œuvre avec l’Association des Producteurs Algériens de Boissons (APAB) dont l’implication et la réactivité nous ont permis de réaliser avec succès un certain nombre d’actions. Je saisis cette occasion pour remercier ses dirigeants ainsi que tous leurs collaborateurs. Ce partenariat a permis la réalisation de plusieurs missions d’assistance technique et de formation au profit des entreprises de la filière : mise en place du système qualité ISO 22000, élargissement de la gamme de produits, • additifs alimentaires, • etc. • • Des actions institutionnelles sont venues renforcer la portée de ces missions par la dissémination des bonnes pratiques à toute la filière boissons : • production d’un guide sur la traçabilité dans la filière boissons, • édition d’un guide sur les Bonnes Pratiques d’Hygiène pour l’industrie des jus de fruits, • mise en place d’une cellule de veille normative et réglementaire au sein de l’APAB. Ce dispositif sera complété prochainement par un nouveau guide sur les additifs alimentaires. La présente étude de filière vient parachever l’intervention du Programme PME II avec une mise en perspective qui permet de concevoir, dans le cadre de la nouvelle politique industrielle nationale, un plan de développement concerté ciblant les différents leviers de croissance identifiés. Abdeldjalil Kassoussi Directeur du Programme 2 / la filiere boissons EN Algerie 2012 LA LETTRE DE L’APAB C e propos s’adresse, en premier lieu, au Programme PME II, auquel nous exprimons notre totale reconnaissance pour le soutien précieux apporté à l’élaboration de cette étude et pour avoir cru en son utilité pour l’ensemble des acteurs de la filière Boissons, en mobilisant toutes les ressources nécessaires. Nous rendons également hommage aux efforts fournis par les experts qui, malgré des contraintes pratiques, ont su préserver à cette analyse toute sa substance. Enfin, nous saluons l’esprit de coopération dont nos membres ont fait preuve, en partageant des informations clés pour des besoins d’exactitude et de la fiabilité des conclusions apportées par ce document. Un facteur de succès très important de l’analyse de filière est l’implication des acteurs à tous les stades du processus de recherche. Les acteurs habituels concernés sont les associations représentatives de la filière de production traitée, les producteurs, les fournisseurs d’intrants, les représentants de structures administratives à caractère économique et autres observatoires et centres de collecte des données économiques. Cette analyse vise à caractériser les activités de la filière Boissons et à comprendre comment la valeur est créée et partagée entre les différents acteurs. Elle a également pour but d’évaluer sa performance et de déterminer ses perspectives, tendances, opportunités et obstacles éventuels à son développement. Ainsi, elle constitue un outil aidant les parties prenantes et les décideurs à définir des mesures correctives et à favoriser le développement des zones et des activités où un potentiel de croissance a été identifié. Une analyse correctement réalisée peut également contribuer à créer une vision partagée au sein de la filière des défis et opportunités auxquels elle est confrontée et faciliter ainsi le développement de collaborations. Enfin, une analyse de filière peut être utilisée à d’autres fins, telles que la promotion du développement des entreprises, l’amélioration de l’environnement des affaires, le développement de la qualité et de la sécurité alimentaire, la promotion des liens entre les différents maillons de la chaîne, etc. La performance de notre filière est déterminée par le résultat de l’impact combiné de plusieurs facteurs exerçant une influence sur l’organisation et le fonctionnement de la filière. Ces facteurs sont qualifiés par les spécialistes d’« inducteurs de performance ». Il s’agit notamment de : l’environnement des affaires ; les investissements et la technologie ; • la structure de marché (intérieur et extérieur) ; • la ressource humaine et le management des entreprises ; • les intrants. • • Ainsi, nous invitons l’ensemble des acteurs à prendre la pleine mesure des éléments d’analyse contenus dans cette étude et de relever, chacun pour ce qui le concerne, les défis qui s’imposent en matière de compétitivité, de qualité et de performance et ce dans l’intérêt de notre gouvernance économique, de la pérennité de nos outils de production, de la préservation de nos effectifs et de la satisfaction de nos consommateurs. Ali Hamani Président de l’APAB /3 Sommaire 7INTRODUCTION 11PROBLEMATIQUE-METHODOLOGIE 15LE SOUS-SECTEUR DES BOISSONS 21LA BRANCHE DES BOISSONS EN ALGERIE 27LES SOUS-FILIERES 39LE MARCHE INTERIEUR 47LE COMMERCE EXTERIEUR 55 ANALYSE ECONOMIQUE & FINANCIERE 69 ENVIRONNEMENT NATIONAL 75 POSITIONNEMENT STRATEGIQUE 83 PERSPECTIVES ET RECOMMANDATIONS 89ANNEXES 107SYNTHESE DE L’ETUDE Votre attention Une synthèse de la présente étude est disponible en fin de document après les Annexes. /5 ABREVIATIONS & ACRONYMES ANDI Agence Nationale du Développement Industriel ANDPME Agence Nationale de Développement de la Petite et Moyenne Entreprise ANGEM Agence Nationale de Gestion du Microcrédit ANIREF Agence Nationale d’Intermédiation et de Régulation Foncière ANSEJ Agence Nationale de Soutien à l’Emploi des Jeunes APAB Association des Producteurs Algériens de Boissons BOAL Bulletin Officiel des Annonces Légales BRSA Boissons Rafraîchissantes Sans Alcool C.I.T.I Nomenclature Internationale type CALPIREF Comité d’Assistance à la Localisation et à la Promotion des Investissements et de Régulation du Foncier CEAI Centre d’Expertise de l’Appui Institutionnel (PME2) CEE Communauté Economique Européenne CNAC Caisse Nationale de Chômage CNIS Centre National de l’Information Statistique CNRC Centre National du Registre de Commerce CSP Catégories Socioprofessionnelles EDPME Euro-Développement Petites et Moyennes Entreprises FAO Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture GIZ Agence de développement allemande HACCP Hazard Analysis Critical Control Point IAA Industrie Agroalimentaire IDE Investissements Directs Etrangers INAPI Institut National Algérien de la Propriété Industrielle MIPMEPI Ministère de l’Industrie, de la PME et de la Promotion de l’Investissement NAA Nomenclature Algérienne des Activités NACE Nomenclature des Activités dans la Communauté Européenne. NAP Nomenclature Algérienne des Produits O.M.C. Organisation Mondiale du Commerce O.M.S. Organisation Mondiale de la Santé ONS Office National des Statistiques PME II Programme d’Appui aux PME-PMI et à la Maîtrise des Technologies de l’Information et de la Communication SWOT Strengths, Weaknesses, Opportunities and Threats UE Union européenne ZALE Zone Arabe de Libre-Echange 6 / la filiere boissons EN Algerie 2012 INTRODUCTION Pour une vision actualisée de la filière /7 1. INTRODUCTION Les études de filières sont d’une grande utilité pour les acteurs économiques. Les entreprises clientes en aval, les fournisseurs en amont, les banques qui financent les investissements, les fabricants d’équipements de production, les laboratoires de contrôle et d’analyse, les bureaux d’études, les institutions d’appui et les administrations participent, de près ou de loin, à la mise au point du produit, à sa fabrication et à sa mise sur le marché. L’ensemble de ces acteurs a besoin d’informations actualisées sur la filière et de son marché. Le grand intérêt de ces études réside dans la lisibilité qu’elles peuvent offrir aux entreprises et aux investisseurs. La compétitivité des entreprises de la filière dépend en grande partie de la crédibilité des informations disponibles nécessaires aux acteurs de la filière pour l’élaboration de leurs stratégies. De plus, en fournissant une base de référence précise et commune, elles nourrissent la concertation des associations professionnelles avec les pouvoirs publics et permettent une meilleure identification des axes de développement de la filière. La filière des boissons est une des plus dynamiques de l’industrie agroalimentaire en Algérie. L’importance économique qu’elle a prise, la croissance qu’elle connaît, les progrès qu’elle a enregistrés au plan de la diversification et de la qualité des produits en font une filière particulière. Elle se distingue également par la présence d’entreprises «major » et par l’organisation de la profession sous la forme d’une association structurée et active, l’APAB (Association des Producteurs Algériens de Boissons). La filière a fait l’objet, en 2005, d’une première étude sur son positionnement stratégique. Dans ce cadre, des recommandations ont été formulées et, notamment, la nécessité d’un accompagnement à la mise à niveau des entreprises et de leur environnement. En 2007, cette étude a fait l’objet d’une actualisation, focalisée sur les entreprises bénéficiaires du programme de mise à niveau réalisé avec l’EDPME1. L’étude de 2005 a mis en évidence les progrès réalisés par la filière depuis l’ouverture du marché à l’investissement privé national et aux Investissements Directs Etrangers (IDE). Durant les années 1970 et 1980, la filière des boissons était dominée par le secteur public et les entreprises privées ne présentaient généralement qu’une dimension locale ou régionale. En outre, le marché national était protégé de la concurrence internationale. Dans ce contexte contraignant, très peu de progrès avaient pu être enregistrés du point de vue de la diversité et de la qualité des produits, de même qu’en matière de performances économiques. Cette situation a été fortement modifiée par l’ouverture de l’économie engagée à partir de la fin des années quatrevingts. Progressivement, le marché a impulsé une très forte dynamique d’investissement, reconfigurant ainsi la structure concurrentielle nationale. Des franchises internationales sont apparues, introduisant de nouveaux modèles de production s’appuyant sur une pratique du marketing. Le secteur public a décliné tandis que de nombreuses entreprises privées ont intégré cette nouvelle dynamique d’investissement permettant à certaines d’émerger en tant que majors de la filière. Cette dynamique entrepreneuriale s’est accompagnée d’un développement remarquable de la consommation. L’étude de 2005 avait situé le niveau de consommation à 40,6 litres/tête/an, toutes boissons confondues. Elle a mis en évidence, également, des perspectives de croissance prometteuses avec près de 9% par an en hypothèse moyenne. L’étude avait préconisé une stratégie d’accompagnement de cette croissance, centrée sur des actions prioritaires : • promotion de la filière et de ses produits ; • création d’un système d’information sur le marché et son évolution ; • création d’un Centre Technique Interprofessionnel de la boisson ; • développement des outils et instruments financiers d’aide à la capitalisation des entreprises ; • mise en œuvre d’analyses de marché ; • mise en œuvre d’une politique d’innovation adaptée ; 1. L’étude et sa mise à jour ont été diffusées à travers les sites de l’Association des Producteurs Algériens de Boissons (APAB) et de l’Agence Nationale de Développement de la Petite et Moyenne Entreprise (ANDPME). 8 / la filiere boissons EN Algerie 2012 • amélioration de la gestion des achats et approvisionnements ; • généralisation du système HACCP et du Guide des bonnes pratiques ; • recours accru aux formations qualifiantes intra et hors entreprises ; • participation active aux dispositifs de gestion des déchets ; • ise en conformité impérative aux nouvelles réglementations en vigueur dans les zones ou pays les plus m avancés (UE, USA). En 2007, une fiche sectorielle, établie par le programme Euro-Développement PME, à la suite du programme de mise à niveau des entreprises du secteur, avait fait ressortir les caractéristiques et contraintes suivantes : • le secteur privé est désormais dominant dans la production ; • la consommation nationale est couverte en quasi-totalité par la production locale ; • des exportations étaient réalisées mais restaient marginales ; • le secteur est caractérisé par une structure oligopolistique et une multitude d’opérateurs locaux ; • le système d’information sur les activités du secteur est insuffisant ; • la réglementation est insuffisante et, en même temps, peu appliquée ; • l’accompagnement bancaire demeure insuffisant ; • l’imposition est excessive et les relations avec les services des douanes difficiles ; • la filière est caractérisée par une concurrence déloyale et un marché informel important. Cette fiche a, par ailleurs, identifié une structure concurrentielle avec, d’un côté, quelques entreprises de grande taille avec une influence nationale et, de l’autre, de nombreuses entreprises de taille moyenne limitées aux marchés locaux et régionaux. La tendance de cette structure indiquait, en outre, le développement d’un phénomène de concentration. Depuis, une consolidation a été observée avec le rachat de certains petits producteurs par des entreprises plus importantes. L’actualisation de ces différentes études va permettre de situer cette évolution aujourd’hui et de reposer éventuellement la problématique de cette industrie. En conséquence, cette présente mise à jour vise à : • la mise à disposition d’une étude stratégique de cette filière en mesure de guider dans leurs stratégies et décisions les entreprises, leur association professionnelle et les institutions concernées, de près ou de loin, par le développement de cette industrie, alors qu’une période de consolidation s’y amorce ; • l’élaboration des principaux chiffres clés globaux du secteur ; • l’actualisation des chiffres de l’étude 2005 et des chiffres clés de l’étude 2007 relatifs aux boissons alcoolisées. /9 10 / la filiere boissons EN Algerie 2012 PROBLEMATIQUE-METHODOLOGIE Produire un outil de réflexion et d’action /11 2. PROBLEMATIQUE ET METHODOLOGIE 2.1 Problématique de l’étude Les termes de référence de l’étude ont défini la problématique de la filière à travers quatre questions principales : • uelle est la compétitivité-prix des entreprises de la filière des boissons dans le cadre de la mise en œuvre des Q accords de libre-échange (UE et ZALE) ? • uels sont les « gisements » de productivité à explorer pour les PME ? Et quelle est la marge possible de Q progression ? • u plan de la compétitivité hors coût, les entreprises sont-elles équipées pour développer l’innovation-produit A et la qualité ? • Quelles sont les niches possibles pour des acteurs secondaires ? L’étude inclura, par ailleurs, des données sur l’importance et la rentabilité du secteur et constituera ainsi un outil de réflexion et d’action pour les entreprises. La problématique s’appuie sur des hypothèses dégagées à la fois des conclusions de l’étude 2005 et de la fiche technique 2007, des conclusions tirées suite aux visites que les experts du Centre d’Expertise « CE Appui aux PME » du Programme PME II ont effectuées aux entreprises de la filière durant le 1er semestre 2011 et de celles ressorties des échanges entre l’APAB et le Centre d’Expertise « CE Appui aux PME ». Hypothèses : • u ne tendance à la restructuration du secteur des boissons est constatée. Des opérations d’absorption des petites unités sont réalisées dans le secteur privé, devenu dominant. Cette évolution est à même de renforcer le caractère oligopolistique du secteur ; • u ne diversification des entreprises des eaux embouteillées par la production des sodas et des jus est constatée. Elle répond au souci de conforter les marges, l’Industrie des eaux embouteillées se caractérisant par une surcapacité d’exploitation ; • des pratiques propres à l’économie informelle sont constatées ; • les PME sont fragilisées par ce contexte de concurrence déloyale, la pesanteur des contrôles étatiques, une concurrence exacerbée dans les segments de marché à bas prix, des difficultés de répercuter la hausse des prix des inputs ; • l’entrée des marques internationales sur le marché a stimulé l’innovation et impacté l’amélioration de la qualité et les prix des produits ; • la distribution constitue le maillon faible de la chaîne de valeur de la filière. Le pouvoir des grossistes est très élevé et est souvent à l’origine des pratiques de l’informel comme la non-facturation ; • les entreprises de production sont contraintes d’immobiliser des capitaux importants dans la logistique et notamment le transport. 2.2 Méthodologie générale Sur la base du modèle de M. Porter des cinq forces concurrentielles, l’analyse stratégique est à même de traiter la problématique de la filière et de dégager des recommandations permettant aux acteurs de concevoir leur stratégie. Cette approche pose également la problématique de l’avantage compétitif national (modèle des 5 + 1 forces, qui intègre notamment l’action des pouvoirs publics), ce qui permet d’éclairer les politiques publiques pour améliorer la compétitivité de l’Industrie nationale. 12 / la filiere boissons EN Algerie 2012 La fiche technique présente l’avantage d’aborder l’analyse en se basant sur le système d’information national (nomenclature des activités et produits) et l’information capitalisée par le programme de mise à niveau. Elle permet de soulever la question du système d’information sur l’Industrie et les marchés de consommation. En outre, l’analyse SWOT (forces et faiblesses, menaces et opportunités) permet de synthétiser les analyses et de dégager des recommandations. ITEMS RETENUS ET SOURCES Un certain nombre d’items pertinents à analyser ainsi que leurs sources sont portés en Annexe de ce document. Ils portent sur l’environnement des entreprises et l’environnement de la filière, tant au niveau national qu’international. MÉTHODES DE COLLECTE DE L’INFORMATION La collecte de l’information s’est effectuée à travers cinq types d’investigations : • Enquêtes administratives : collecte de données officielles et professionnelles. • Recherches documentaires pour l’analyse des publications se rapportant au secteur. • Enquête « producteurs » via un questionnaire administré conjointement par le CEAI et l’APAB. • eux panels de discussions, organisés par l’APAB, qui ont regroupé des responsables de structures des D entreprises du secteur et ont débattu respectivement de la qualité des produits et du marketing dans la filière. • Des interviews des dirigeants d’un panel d’entreprises situées dans les régions Centre, Est et Ouest. /13 14 / la filiere boissons EN Algerie 2012 LE SOUS-SECTEUR DES BOISSONS Définitions, nomenclatures et normes /15 3. PRESENTATION DU SOUS-SECTEUR DES BOISSONS La présente étude concerne la filière des boissons et des jus de fruits. Dans le langage courant, une boisson (ou breuvage) est un liquide destiné à la consommation. Le terme couvre les boissons rafraîchissantes sans alcool (BRSA) et les boissons alcoolisées. 3.1 Nomenclature des activités et produits La filière des boissons est classée par les nomenclatures internationales dans les Industries Agroalimentaires (IAA). La NAA (Nomenclature Algérienne des Activités) distingue onze sous-branches des IAA : lait, viande, pêche, fruits, légumes, boissons, huiles et graisses, céréales, tomate industrielle, sucres et tabac. Ces sous-branches coïncident pour l’essentiel avec le classement de premier niveau de la nomenclature internationale (CITI) et de la NACE (Nomenclature des Activités dans la Communauté Européenne). Des tables de correspondance sont néanmoins établies entre la NAA et la NACE. Au plan de la statistique nationale algérienne, l’ONS identifie la filière « Boissons » et ses sous-filières au travers de la Section D «Produits Manufacturés» et de la Division 15 «Produits des Industries Alimentaires». Le sous-secteur des Boissons et des jus est très hétérogène et se trouve constitué par de nombreux segments différenciés. Boissons contenues dans cette étude : • Les boissons gazeuses, y compris les boissons à pulpe, carbonatées type Orangina. • L es boissons plates (assimilées à des jus en Algérie) : Boissons aux fruits, boissons aromatisées, sirops, boissons énergétiques, boissons à base de lait. • Les jus de fruits et nectars. • Les bières. • Les vins. 3.2 Les produits des BRSA BOISSONS GAZEUSES1 Ce sont des boissons non alcoolisées, non fermentées ou ne comportant pas, à la suite d’un début de fermentation, de traces d’alcool supérieures à 0,5% degré d’alcool. On retrouve dans cette catégorie : • Les limonades : L’appellation « limonade » est réservée aux boissons gazéifiées, sucrées, limpides et incolores, additionnées de matières aromatiques ou sapides, provenant du citron et, éventuellement, d’autres hespéridés, acidulées au moyen d’acides citriques, tartriques ou lactiques. L’emploi de sucre et de sirop de glucose comme édulcorants, ainsi que d’acides ascorbiques et phosphoriques sont autorisés. • L es boissons aux fruits carbonatées ou gazeuses : La dénomination est réservée aux boissons préparées à partir d’eau potable et de jus de fruits, jus de fruits concentrés, fruits ou un mélange de ces composants dans une proportion comprise entre 10% à 25% de jus. • Les sodas : Dans la famille des sodas, nous retrouvons les boissons à base d’extraits naturels de fruits ou de plantes et qui contiennent du gaz carbonique et du sucre, mais également des édulcorants ou faux sucres. 1. Industrie des boissons et des jus de fruits. EDPME 2007 16 / la filiere boissons EN Algerie 2012 Cette dernière catégorie comprend : • Les colas : Ils sont caractérisés par la présence de cola, de caramel comme colorant, d’acide ortho-phosphorique et de caféine. • L es tonics et bitters : Ils sont caractérisés par la présence d’extraits amers et de quinine ou sels. Ils peuvent être limpides (comme Schweppes) ou troubles (comme Gini). JUS DE FRUITS Les jus de fruits sont définis par le Codex Alimentarius. Le terme désigne un liquide non fermenté, mais fermentescible, tiré de la partie comestible de fruits sains, parvenus au degré de maturation approprié et frais ou de fruits conservés dans de saines conditions par des moyens adaptés et/ou par des traitements de surface post-récolte. Dans la catégorie des jus de fruits, on retrouve 5 familles : • L es pur jus obtenus à partir de fruits : Ce sont des jus obtenus à partir de fruits par des procédés mécaniques, fermentescibles mais non fermentés, possédant la couleur, l’arôme et le goût caractéristiques du ou des jus de fruits dont ils proviennent. Les jus de fruits frais ne subissent pas de traitement thermique. • Les pur jus obtenus à partir de concentrés : C’est le produit obtenu à partir de jus de fruits concentrés, par : -Restitution de la proportion d’eau extraite du jus lors de la concentration. L’eau ajoutée représentant les caractéristiques appropriées, notamment des points de vue chimique, microbiologique et organoleptique, de façon à garantir les qualités essentielles du jus. -Restitution de son arôme au moyen de substances aromatiques récupérées lors de la concentration du jus de fruits concerné, ou de jus de fruits de la même espèce, et qui possèdent des caractéristiques organoleptiques équivalentes à celles du jus obtenu à partir des fruits de la même espèce. • L es jus de fruit concentrés : C’est le produit obtenu à partir de fruits par élimination physique d’une partie déterminée de l’eau de constitution. Lorsque le produit est destiné à la consommation directe, la concentration est d’au moins 50%. • L es nectars de fruits : C’est le produit non fermenté mais fermentescible, obtenu par addition d’eau et de sucres au jus de fruits concentré, à la purée de fruit concentrée ou à un mélange de ces produits, et dont la teneur minimale en jus, éventuellement en purée, et l’acidité minimale sont fixés comme suit : 25% à 50% en teneur minimale en jus et 4 à 9 g/l. en acidité (exprimé en acide tartrique). • L es jus de fruits déshydratés : C’est le produit obtenu à partir de jus de fruits par élimination physique de la quasi-totalité de l’eau de constitution. La restitution des composants aromatiques est obligatoire. BOISSONS PLATES Traditionnellement incluses, en Algérie, dans la famille des jus de fruits, les boissons plates intègrent les boissons aux fruits ne respectant pas les caractéristiques des jus de fruits. Sont comprises dans cette classe les boissons aux fruits, les boissons aromatisées, ainsi que les sirops, thés glacés, boissons énergétiques et produits à base de lait : • L es boissons aux fruits : La dénomination est réservée aux boissons préparées à partir d’eau potable et de jus de fruits, jus de fruits concentrés, fruits ou un mélange de ces composants dans une proportion égale ou supérieure à 10% de jus. Dans le cas des boissons plates, cette teneur est supérieure à 25%. (Pour les boissons aux fruits carbonatées ou gazeuses, la proportion est égale ou supérieure à 10% de jus et inférieure à 25%). • L es boissons aromatisées : Cette dénomination est consacrée aux boissons ne comprenant pas de jus de fruits. Elle est composée d’eau, sucre, émulsion, arôme naturel ou artificiel, antioxydant, conservateur, colorants, acide, épaississant… Cette catégorie est, de par sa composition et les besoins satisfaits, plus proche des sodas (sans le gaz) ou des mélanges eau + sirop que des jus de fruits. • Les sirops : La dénomination sirop est réservée aux produits concentrés et aromatisés obtenus par dissolution de matières sucrantes glucidiques dans de l’eau, thés glacés … • L es boissons énergétiques : Ces boissons sont constituées d’eau, de sucre, de vitamines (C, B1, B2), de caféine, d’acides aminés (L-Phénylalanine). /17 • Les boissons à base de lait : Ces boissons sont constituées de lait (en général écrémé), de sucre, de stabilisant, d’aromatisant et de fruits. EAUX EMBOUTEILLEES / EAUX DE TABLE On y distingue trois familles de produits : • Les eaux minérales naturelles : Il s’agit d’eaux possédant des caractéristiques de nature à apporter des propriétés favorables à la santé. L’eau minérale naturelle se distingue par sa composition physico-chimique (teneur en minéraux, oligoéléments ou autres constituants) et ses conditions hydrogéologiques, qui font que ses caractéristiques sont constantes dans le temps, en garantissent sa qualité et la différencient des Eaux de Source. Les deux caractéristiques sont conservées intactes en raison de l’origine souterraine de cette eau qui est – en principe – à l’abri de toute pollution. Elle provient d’une nappe ou d’un gisement souterrain exploité – en principe également – à partir d’une seule émergence. Elle témoigne, dans le cadre des fluctuations naturelles connues, d’une stabilité de ses caractéristiques essentielles, notamment de composition et de température à l’émergence qui ne sont pas affectées par le débit de l’eau prélevée. • L es eaux de source : Il s’agit d’eaux d’origine souterraine, microbiologiquement saines et protégées contre les risques de pollution, propres à la consommation humaine, sans traitement, ni adjonction autres que ceux autorisés. L’eau de source se différencie de l’eau minérale par son absence de propriétés physiologiques particulières. Les eaux minérales comme les eaux de sources peuvent être carbonatées (gazeuses) ou non carbonatées (plates). Le gaz provient des failles profondes de l’écorce terrestre, et se dissout dans l’eau en remontant vers la surface. Dans certains cas, le gaz peut être enlevé au moment de l’exploitation puis rajouté par la suite, ou bien introduit dans une eau à l’origine non carbonatée. • Les eaux aromatisées : Elles sont fabriquées par adjonction d’arômes de fruits à base d’essences sans sucre. 3.3 Les produits des boissons alcoolisées VINS Le vin2 est le produit résultant exclusivement de la fermentation du raisin frais ou du jus de raisin frais. C’est un produit très complexe, ce qui explique que sa production reste en grande partie artisanale. Mais, à l’instar de toute l’industrie agroalimentaire en Algérie, le secteur vitivinicole s’est modernisé ces dernières années, sous l’impulsion des progrès de l’œnologie et de la recherche toujours plus importante de qualité, se rapprochant ainsi toujours davantage du secteur industriel. la segmentation de l’offre en matière de vins peut se faire selon différents critères : • la couleur (rouge, blanc, rosé, gris) ; • la qualité (vins de table, vins de qualité) ; • le titre en alcool ; • le type (mousseux, non mousseux, vin de liqueur) ; • le conditionnement ; • la région d’origine. BIERES La bière3 est une boisson alcoolisée obtenue par fermentation, fabriquée à partir d’eau, de malt (céréale germée, principalement de l’orge, parfois additionné à d’autres céréales) de houblon. Plus généralement, il s’agit d’une boisson alcoolisée obtenue par transformation de matières amylacées par voies enzymatiques et microbiologiques. 2. Analyse Filière BOISSONS. Rapport Général APAB / EDPME. 2005 3. D’après le Codex Alimentarius Austriacus. 18 / la filiere boissons EN Algerie 2012 La couleur constitue une différenciation dans les bières et résulte des types de malts de spécialité utilisés. Les couleurs les plus répandues sont : • l es blondes brassées avec des malts blonds très pâles, donnant l’amertume et des arômes fruités et floraux avec une mousse abondante. La plupart des lagers sont des bières blondes ; • les brunes résultent généralement de l’emploi d’un malt caramélisé, de couleur foncée, variant du brun acajou au noir ébène. Leur goût est un équilibre entre l’amertume des sucres caramélisés et celle du houblon. 3.4 Réglementation du secteur des boissons La réglementation a, en fait, peu évolué par rapport à 2005. Il y a lieu cependant de noter la promulgation de textes régissant les eaux embouteillées (2006) et la révision, en 2009, de la loi sur la protection des consommateurs. Les textes suivants sont cités4 (voir Annexe pour plus de détails) à titre d’illustration de la réglementation régissant la filière des boissons et un parallèle avec la législation européenne et le CODEX Alimentarus est établi afin de mesurer le gap à combler par la législation et la réglementation nationales. REGLEMENTATION NATIONALE • activités réglementées : activités liées aux eaux embouteillées sont particulièrement réglementées. • réglementation régissant les débits de boisson et la distribution de gros. • réglementation régissant les matières premières dans la fabrication des boissons. • réglementation régissant les additifs aux produits alimentaires. REGLEMENTATION EUROPEENNE • directive établissant des critères de pureté spécifiques pour les édulcorants pouvant être utilisés dans les denrées alimentaires. Le dioxyde de carbone, en tant qu’ingrédient, peut être utilisé. • directive concernant les additifs alimentaires autres que les colorants et les édulcorants. • d irective relative aux arômes et à certains ingrédients alimentaires possédant des propriétés propres à aromatiser qui sont destinés à être utilisés dans et sur les denrées alimentaires. CODEX ALIMENTARIUS Le Codex Alimentarius est un programme commun de l’Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS.) consistant en un recueil de normes, codes d’usages, directives et autres recommandations relatifs à la production et à la transformation agroalimentaires qui ont pour objet la sécurité sanitaire des aliments, soit la protection des consommateurs et des travailleurs des filières alimentaires, et la préservation de l’environnement. Même si les recommandations ne sont pas contraignantes pour les Etats Membres, les normes du Codex servent souvent à l’élaboration des législations nationales. Elles constituent une référence pour le Ministère du Commerce algérien dans ses actions de contrôle de qualité des produits alimentaires. Deux normes sont particulièrement indiquées pour l’industrie alimentaire : • La norme codex csx/stan 192-1995 (Rév. 2010) Norme générale pour les additifs alimentaires. • La norme codex cac/gl 75-2010, directives sur les substances utilisées en tant qu’auxiliaires technologiques. 4. Le site de l’APAB www.apab-algerie.org présente un répertoire plus complet de la réglementation et des normes du Codex Alimentarus. L’APAB dispose pour ce faire, d’une Cellule de veille réglementaire et normative. /19 20 / la filiere boissons EN Algerie 2012 LA BRANCHE DES BOISSONS EN ALGERIE Un poids notable dans l’agro-alimentaire /21 4. BRANCHE DES BOISSONS EN ALGERIE 4.1 Poids économique des IAA Les IAA constituent un secteur des plus diversifiés, comprenant des industries lourdes et des activités de type artisanal. Cette diversité génère inévitablement des modes de fonctionnement divers et des contraintes tout aussi diverses. CONTRIBUTION AUX RESULTATS DE L’INDUSTRIE Les IAA sont une industrie à base de matières premières agricoles ou d’origine agricole dont la contribution est établie par les comptes de branches, publiés par l’ONS1. Leur poids relatif dans le secteur industriel en Algérie est prépondérant. En 2010, ces industries représentaient 52% de la production, 41% de la valeur ajoutée, 57% de l’excédent net d’exploitation du secteur industriel. Le poids des IAA est aussi manifeste au niveau des consommations intermédiaires avec 58% du total de l’industrie. L’importance des IAA est liée à la place qu’elles occupent dans la couverture des besoins de la population. En effet, elles couvrent plus de 40% des dépenses privées des ménages. Le poids est encore plus significatif lorsqu’on ajoute celui de la distribution des produits agroalimentaires et de la restauration. Le poids de la branche des IAA tient à la taille du marché national, tirée par la démographie et le coefficient budgétaire des ménages. Structure de la production des branches industrielles 52% Structure de la production des branches industrielles 20% 10% 10- Industries AgroAlimentaires. 06- I.S.M.M.E 09- Chimie, Caoutchouc, Plastique. 9% 07- Matériaux de construction. 4% 3% 3% 14- Industries Diverses. 11- Textiles, Confection 13- Bois, lièges et papiers. 0,5% 12- Cuirs et Chaussures Ordonnée : Contribution du secteur industriel à la production globale de l’Industrie (en %) Abscisse : Les secteurs industriels, selon la NSA Source : ONS Les Assises nationales des IAA, organisées par le MIPMEPI en 2010, ont souligné les faibles performances de l’Industrie nationale et ce, malgré le potentiel du marché national et la situation macroéconomique du pays. Le rapport y relatif explique cet état par : • la faiblesse des investissements des entreprises publiques, restés en « berne depuis 1986 avec la chute des prix du pétrole ». • la faible compétitivité des entreprises privées s’expliquant essentiellement par « leurs faibles compétences managériales et les contraintes multiples qu’elles rencontrent dans l’environnement ». 1. Cf. Annexe, tableau 5 22 / la filiere boissons EN Algerie 2012 • la faible attractivité de l’Algérie pour les IDE, s’expliquant par le climat des affaires qui demeure un « frein aux opportunités de l’investissement direct étranger». Cependant, la situation globale des IAA doit être nuancée par la dynamique des investissements enregistrée dans certaines industries. Un mouvement important est constaté en particulier dans l’industrie des boissons, la transformation des céréales, le lait et produits laitiers et les corps gras. Dans certaines sous-branches, des IDE d’envergure ont été réalisés. Le potentiel de croissance du marché des IAA – ou du moins de ces sous-branches – a été pris en considération par les investisseurs et a pondéré les contraintes globales signalées ci-dessus. CONTRIBUTION A L’INVESTISSEMENT INDUSTRIEL La contribution des IAA aux investissements, mesurés par la consommation des fonds fixes (CFF), reste modeste en raison du caractère peu capitalistique de cette industrie. Elle constitue néanmoins la deuxième contribution à l’accumulation du capital industriel. Le secteur des IAA a enregistré, en 2010, une CFF de 16.835 MDA sur un total pour l’industrie de 75.583 MDA, soit une contribution de 22%. Consommation des fonds fixes Ordonnée : Contribution du secteur industriel à la consommation des fonds fixes de l’industrie (en %) Abscisse : Les secteurs industriels, selon la NSA Source ONS CONTRIBUTION A LA DISTRIBUTION DES REVENUS Le secteur des IAA a distribué, en 2010, une rémunération aux salariés de 33.656 MDA sur un total de l’industrie de 136.876 MDA, soit une contribution significative de 25%. Il occupe ainsi la deuxième position du secteur Industriel. 31% Contrbution à larémunération rémunération desdes salairiés industriels Contribution à la salariés industriels 25% 17% 12% 7% 06- I.S.M.M.E 10- Industries 07- Matériaux de Agro-Alimentaires. construction. 09- Chimie, Caoutchouc, Plastique. 13- Bois, lièges et papiers. 5% 11- Textiles, Confection 4% 14- Industries Diverses. 1% 12- Cuirs et Chaussures Ordonnée : Contribution du secteur industriel aux salaires industriels (en %) Abscisse : Les secteurs industriels, selon la NSA Source : ONS /23 4.2 Poids économique de l’industrie des boissons POIDS DANS LES IAA La nomenclature des activités retient 10 sous-branches industrielles. Il s’agit d’activités très diversifiées, tant par les matières premières transformées que par les procédés de fabrication. La branche des boissons fait partie de la catégorie des industries à contribution modeste, avec 7% de la production des IAA. L’importance relative de la sous-branche dépend de considérations qui tiennent aux volumes produits ainsi qu’au système de prix relatifs. Productionbrute brute (2010) Production (2010) 300 000 000 33% 250 000 000 32% 200 000 000 150 000 000 100 000 000 8% 7% 50 000 000 7% 5% 4% 2% 2% 0 Produits de Viandes et Corps gras Tabacs et Boissons Autres Laits et Conserve Fab. travail des conserve de allumettes Produits produits de fruits et Aliments grains viandes et alimentaires laitiers légumes bétail Ordonnée : Production brute en valeur (KDA) ; le % représente la part relative par rapport aux IAA poissons 1% Sucres Abscisse : Les secteurs industriels selon la NSA. Source : ONS EVOLUTION DES PRINCIPAUX AGREGATS Sur la période 2005-2010, l’industrie des boissons a enregistré des croissances significatives de ses principaux agrégats. En moyenne annuelle, l’évolution a été de : • 14% pour la production ; • 15% pour les consommations intermédiaires ; • 13% pour la valeur ajoutée. Deux constats méritent d’être soulignés : • Même si l’on intègre les indices des prix de la période, les accroissements demeurent élevés, signifiant une amélioration des volumes produits ; la croissance de l’industrie des boissons (14%/an) est de l’ordre du double de celle des IAA (7.1%). • L e taux de valeur ajoutée s’est détérioré, passant de 42% en 2005 à 39% en 2010 ; ceci signifie que l’industrie est confrontée à des hausses des prix des inputs (essentiellement importés) qu’elle n’a pu répercuter sur les prix de vente en raison de la faiblesse du pouvoirs d’achats des consommateurs. 60 000 000 Agrégats en KDA 50 000 000 40 000 000 30 000 000 Production Brute Consommations Intermédiaires Brute 20 000 000 Valeur ajoutée 10 000 000 0 2005 2006 2007 2008 Année 24 / la filiere boissons EN Algerie 2012 2009 2010 FORMATION DE LA VALEUR L’industrie des boissons est caractéristique des IAA par la structure de sa valeur. Elle est à base de consommations intermédiaires qui représentent 61% de la valeur des produits. Cette caractéristique a une double conséquence : • l’industrie exerce des effets d’entraînement importants sur son amont (service des eaux, matières et consommables et notamment le conditionnement). • la valeur des produits est tributaire des fluctuations des cours des inputs. Structure de la valeur de l’industrie des boissons VA; 39% CI; 61% Structure de Ajoutées ; la valeur l'industrie Intermédiaires des boissons VA : Valeurs CI de : Consommations REPARTITION DE LA VALEUR AJOUTEE La répartition de la valeur ajoutée constitue une autre caractéristique de cette industrie. La VA se répartit en parts significatives pour le facteur travail et le capital, mais aussi pour l’Etat sous forme d’impôts, et les actionnaires, sous forme de dividendes. Répartition de la valeur ajoutée ENE; 56% RS; 21% ILP; 3% CFF; 19% Répartition de la valeur ajoutée CFF: Consommations de fonds fixes (Amortissements) ILP: Impôts Liés à la Production RS : Rémunérations des Salariés; ENE : Excédent Net d’Exploitation (revenu primaire de l’entreprise). /25 4.3 Structure de l’industrie des boissons LE POIDS DES SEGMENTS L’industrie des boissons se décompose en deux segments principaux : les BRSA (boissons rafraîchissantes non alcoolisées) et les Boissons Alcoolisées. En considérant la part respective de ces deux segments (BRSA et boissons alcoolisées), on peut constater que les BRSA dominent la production et la valeur ajoutée de la filière boissons avec des poids respectifs de 91% et 93%. Evolution de la production en valeur Evolution de la production en valeur 60000000 50000000 40000000 30000000 20000000 10000000 0 2002 2003 2004 2005 Boissons alcoolisées 2006 2007 2008 2009 2010 Boissons non alcoolisées Ordonnée : Production brute en valeur (KDA) Abscisse : Années Source : ONS STRUCTURE JURIDIQUE Le secteur privé désormais dominant La domination du secteur public dans l’agroalimentaire a disparu. Aujourd’hui, le secteur privé domine avec plus de 80% de la production brute industrielle et 86% de la valeur ajoutée ; ce progrès considérable résulte de la forte dynamique d’investissement enclenchée à partir des années 1990 et de la privatisation des entreprises publiques. Secteur public Secteur privé La privatisation des entreprises publiques a, en effet, renforcé le poids du secteur privé. Cette privatisation a été totale pour les eaux embouteillées et les jus et partielle pour les bières2. L’ONCV demeure la seule entreprise publique qui active dans la filière vitivinicole. 2. Les trois sociétés publiques sont en phase de liquidation. 26 / la filiere boissons EN Algerie 2012 LES SOUS-FILIERES Une remarquable diversification /27 5. ETAT DES LIEUX DES SOUS-FILIERES DE PRODUCTION L’industrie des boissons fabrique un ensemble de produits concourant à une même fonction d’usage. Il s’agit de produits rafraîchissants, en substitut à l’eau et, parfois, aux fruits grâce à leur goût. Cet ensemble de produits connaît cependant une segmentation sur deux niveaux, repérable dans les pratiques industrielles et confirmée par la réglementation. Le premier niveau de segmentation distingue les BRSA et les boissons alcoolisées. En Algérie, les BRSA sont des boissons de large consommation alors que les secondes ne sont consommées que par une partie limitée de la population, en raison, essentiellement, de l’interdit religieux. Le second niveau de segmentation s’établit à l’intérieur de chacune des deux catégories. On distingue ainsi dans les BRSA : • les eaux embouteillées (eau minérale, eau de source, gazéifiée ou non). • les boissons gazeuses (limonades, colas, etc.). • les jus de fruits. • les boissons fruitées qui sont, en quelque sorte, des dérivés des boissons précédentes. Les boissons alcoolisées renferment un large éventail de produits, mais les plus consommés sont : • la bière. • le vin. • les « alcools forts ». 5.1 Gammes de produits et marques commerciales L’état des lieux des gammes des produits distribués en Algérie est dressé grâce à l’enquête du Ministère du Commerce sur les prix. Cette enquête nationale, dont les résultats sont portés en Annexe, a été réalisée par les Directions du Commerce des wilayas et a touché tout le territoire national. La période retenue (janvier 2012) est intéressante dans la mesure où elle renseigne sur les entreprises en activité tout au long de l’année. L’enquête a répertorié plus de 280 marques commerciales dont les produits sont commercialisés essentiellement au niveau de leurs marchés locaux. Des marques de notoriété nationale et des marques de franchise internationale sont commercialisées au niveau national. Toutes les grandes marques distribuée à Alger sont aussi présentes sur l’ensemble du territoire national, y compris dans les wilayas du Sud et des Hauts Plateaux où l’on note la particularité d’une prépondérance des grandes contenances (1L; 1,5L; 2L), tandis que dans les wilayas du Nord, ces marques commercialisent tout l’éventail des conditionnements et contenances. En dépit de la notoriété nationale qu’elles ont acquise et de la distribution de leurs produits à travers toute l’Algérie, ces grandes marques n’ont cependant pas réussi à faire disparaître les marques locales. Le marché algérien n’a pas encore atteint le niveau de concentration observé dans les pays européens, même s’il en présente des prémices. 28 / la filiere boissons EN Algerie 2012 5.2 Conditionnement des produits Le conditionnement des boissons s’est diversifié en suivant les standards internationaux. Aussi le marché algérien présente-t-il une gamme de conditionnements similaire à celle de l’industrie mondiale : TYPES DE CONDITIONNEMENT Produits PET Eau Proche de 100% BG 60% Jus conditionné en bouteille 60% Carton Verre 5% 35% 15% Bière Vin Cannette 25% 70% Non déterminé 30% Dominante Source : Selon les estimations du panel Marketing. Il semble que la tendance est au PET pour les sodas et les jus. Cette tendance a amené certains producteurs à intégrer l’industrie de la préforme à l’image notamment de la marque « Ifri ». Le conditionnement en carton rencontre aussi un certain succès pour les jus. Pour tous les conditionnements, la contenance s’est considérablement diversifiée, aussi bien pour ce qui a trait de la petite contenance pour consommation individuelle que de la grande contenance familiale. CAS DE L’EMBALLAGE EN VERRE L’utilisation du verre a beaucoup reculé en raison de son coût et des contraintes de gestion du « verre retournable ». La faible qualité du verre local est aussi avancée par les entreprises comme un facteur décourageant. Les grandes entreprises qui opèrent sur des rayons élargis ont opté pour le PET. Le verre est cependant maintenu par les petites unités qui font une distribution de proximité et qui ont gardé leurs conditionneuses, bien que souvent très usagées1. TENDANCES MONDIALES DE L’EMBALLAGE Les conditionnements dominants au niveau mondial sont : • boîtes (Canettes) : 50% ; • carton (bricks) : 13% ; • plastique (PET) : 30% ; • verre : 7%. Cette répartition est liée à la dynamique des produits, aux législations qui les entourent, mais aussi aux coûts respectifs des types d’emballages. Le développement de la restauration hors foyer et les modes de consommation dominants chez les jeunes ont entraîné un développement de la cannette. Le plastique s’est aussi beaucoup développé grâce à son coût plus adapté à l’eau embouteillée. Le carton se développe pour ses qualités de conservation du produit (jus). Le seul conditionnement qui a beaucoup régressé est le verre, en raison de son coût et de la lourdeur de la logistique qui lui est attachée. 1. Le conditionnement en verre reprend aussi chez certains grands fabricants, mais semble encore limité. /29 5.3 Les entreprises de production DEMOGRAPHIE DES ENTREPRISES L’étude de 2005 avait noté un nombre de 1.400 entreprises enregistrées au CNRC. Cependant, une grande partie d’entre elles n’activant pas ou ne travaillant qu’une partie de l’année, l’étude avait estimé à 430 le nombre d’entreprises réellement actives. La population des entreprises activant dans l’industrie des boissons a fortement régressé. Le nombre d’entreprises enregistrées au CNRC (2012)2 était de 748, dont 695 dans l’industrie des BRSA. Le recensement économique réalisé par l’ONS en 20113 indiquait un nombre d’entreprises plus élevé. Selon cette source, 810 entreprises activaient dans l’industrie des boissons. Les statistiques sur la démographie des entreprises dégagent ainsi une tendance à la restructuration industrielle par des fermetures d’entreprises et un mouvement de concentration qui résulte essentiellement des fermetures de petites entreprises, la restructuration par fusion-absorption demeurant marginale. STRUCTURE JURIDIQUE DES ENTREPRISES Dans l’industrie manufacturière, le secteur privé est désormais dominant en termes d’entreprises, avec 96% des implantations. L’importance du secteur privé résulte essentiellement de l’ouverture économique des décennies 1990 et 2000 et de l’encouragement des investissements. Tableau 08 : Répartition des entités économiques, selon la section et le secteur juridique Code Section Public Privé Autres Total C Industrie Manufacturière 1.590 90.424 1.888 93.902 Source : ONS Les IAA ont suivi la même dynamique puisque le poids du secteur privé y est prépondérant, avec 96.5% des entreprises. L’industrie des boissons est dominée par le secteur privé qui représente 94.6% des entreprises. Tableau 09 : Répartition des entités économiques, selon la division et le secteur juridique Code Division Public Privé Autres Total 10 Industries alimentaires 370 21.953 422 22.745 11 Fabrication de boissons 19 766 25 810 Source : ONS Une fois finalisé, le recensement constituera une source pertinente pour une meilleure connaissance de l’importance du secteur industriel, en général, et de la branche des IAA, en particulier. Il permettra de situer aussi la répartition spatiale et la taille des entreprises. REPARTITION GEOGRAPHIQUE DES ENTREPRISES La répartition géographique des entreprises est réalisée à partir du fichier du CNRC (2012) dont les statistiques démontrent un phénomène de concentration régional prononcé : 39% des wilayas abritent 80% des entreprises ; • 20% des wilayas abritent 60% des entreprises ; • 80% des entreprises sont localisées dans les wilayas nord du pays ; • la wilaya d’Alger se distingue nettement avec 26% des implantations ; • trois bassins d’implantation industrielle se distinguent par la densité d’implantation industrielle. • 2. Le fichier du CNRC est établi sur la base de l’objet social du registre du commerce. Il peut englober par exemple des entreprises activant dans l’industrie du lait, mais qui ont étendu leur registre à la fabrication des boissons. 3. Ce résultat est provisoire, puisque le fichier du recensement est encore en cours d’épuration. 30 / la filiere boissons EN Algerie 2012 Bassin Bassin de l’algérois (39%) de l'algérois (39%) Bassin Bassin de l’oranais (18%) de l'oaranais (18%) TIPAZA TLEMCEN TIZI OUZOU MOSTAGANEM SIDI BEL ABBES BOUMERDES AIN TEMOUCHENT BLIDA MASCARA ALGER ORAN 0 50 100 150 200 0 Nombre d'entreprises 10 20 30 40 50 60 Nombre d'entreprises Bassin de l’axe Béjaïa-Sétif (12%) Bassin de l'axe Béjaia-Sétif (12%) BBA SETIF BEJAIA 0 10 20 30 40 50 Nombre d'entreprises EMPLOI DANS L’INDUSTRIE DES BOISSONS Les statistiques sociales qui situent l’emploi industriel total ne sont pas assez fines pour une observation au niveau des sous-branches. Les assises nationales des IAA (2010) avaient estimé à 17.140 le nombre d’entreprises et à 120.000 les emplois directs de la branche des IAA. Mais aucune statistique n’a pu être fournie sur la structure par sous-branches. Sur la base de l’Annuaire des entreprises agroalimentaires MIPMIPI 2009, on peut estimer que l’emploi dans l’industrie des boissons (hors Office National de la commercialisation du vin) s’élève à près de 14.800 emplois directs et environ 37.000 emplois indirects. La grande majorité des entreprises présente des effectifs de moins de 10 employés. Un répertoire des entreprises agroalimentaires, établi en 2009 par l’ex-Ministère de la PME et de l’Artisanat, a renseigné de façon partielle les effectifs. Sur les 598 entreprises répertoriées, 315 avaient renseigné les effectifs employés, soit un taux de 53%. 5.4 Situation économique des entreprises L’ECHANTILLON DE L’ENQUETE Une enquête auprès des producteurs des boissons a été réalisée dans le cadre de cette étude. Un échantillon par choix raisonné a permis de dégager une soixantaine d’entreprises. L’enquête réalisée auprès de ces entreprises a permis de renseigner 20 questionnaires. L’analyse effectuée a posteriori, à partir du taux de réponse et du poids des entreprises ayant répondu, a permis de situer la « représentativité » de l’échantillon. Le chiffre d’affaires de l’échantillon est équivalent à 79% de la production brute de la branche. Les entreprises ayant répondu constituent les plus grandes contributrices en termes de niveau d’activité. De plus, l’échantillon couvre les filières de l’eau embouteillée, des boissons gazeuses, du jus, et de la bière et se trouve localisé dans 13 wilayas du pays. /31 Le statut des entreprises est à dominante SARL (60%) et SPA (30%). L’échantillon renferme aussi une entreprise individuelle et une EURL. Du point de vue du statut juridique, l’échantillon est représentatif de la moyenne et grande entreprise. Les résultats couvrent l’ensemble des items renseignés. Pour les besoins de l’illustration des graphiques, les entreprises enquêtées sont désignées par des lettres représentant les codes des questionnaires renseignés. MIX PRODUITS DES ENTREPRISES Les entreprises se caractérisent par des gammes de produits étendues. Elles se caractérisent par une forme de diversification par produits liés déclinable en : • entreprises de la filière « eaux embouteillées » se diversifiant vers les boissons plates ou gazéifiées, aromatisées ; • entreprises de sodas se diversifiant vers les eaux fruitées et/ou les jus. Sur les 65% des entreprises qui ont répondu à l’item relatif à la diversification, 54% ont opté pour cette forme de diversification. L’exportation est une option forte, puisque sur les 65% de l’échantillon, 46% déclarent exporter. Il s’agit des sodas, des jus et de l’eau embouteillée. Cependant, cette proportion n’est représentative que des entreprises ayant le profil de l’échantillon, soit les moyennes et grandes entreprise. TAILLE DES ENTREPRISES Trois critères permettent de déterminer la taille des entreprises du secteur : le capital social, l’effectif employé et la capacité installée. Le CA n’est pas retenu, compte tenu de la dispersion des données le concernant. Le capital : En moyenne, le capital initial a été multiplié par 8.2, dénotant un développement de la taille des Lecapital capital :EnEnmoyenne moyennelelecapital capital initiala aété été multiplié par8.2, 8.2,dénotant dénotant développement tailledes des Le multiplié par développement dedeentreprises lalataille entreprises suite à: des investissements de initial capacité. Cette augmentation du capitalunun a concerné 85% des entreprises suite à des investissements de capacité. Cette augmentation du capital a concerné 85% des entreprises suite à des investissements de capacité. Cette augmentation du capital a concerné 85% des de l’échantillon. entreprisesdedel’échantillon. l’échantillon. entreprises Entreprise de moinsmoins de 1Md 11Md Mddede Dinars Entreprisededemoins deDA DA Entreprise Entreprise de plus de 1 Md de Dinars Entreprisede deplus plus1Md 1Mdde deDA DA Entreprise 1000000 1000000 6000000 000 6000 800000 800000 5000000 000 5000 4000000 000 4000 600000 600000 3000000 000 3000 400000 400000 2000000 000 2000 200000 200000 1000000 000 1000 00 00 NN GG F F B B I I DD R R J J OO K K Capitaldépart départ(KDA) (KDA) Capital Capitalactuel actuel(KDA) (KDA) Capital QQ T T AA E E P P MM HH C C L L Capitaldépart départ(KDA) (KDA) Capital Capitalactuel actuel(KDA) (KDA) Capital Abscisse: entreprises : entreprisesayant ayantrenseigné renseignél’item, l’item, Abscisse Ordonnée: capital : capitalsocial social Ordonnée Abscisse : Entreprises ayant renseigné l’item Ordonnée : Capital social Lacapacité capacitéde deproduction production: :L’item L’item« «capacité capacité» »n’est n’estrenseigné renseignéque quepar par55% 55%des desentreprises, entreprises,etetce, ce, La La capacité de production : L’item « capacité » renseigné que par 55% des entreprises, et ce probablement probablement raison difficultéà n’est àcerner cerner cettevariable. variable. aussi, répartition est inégale, probablement enenraison dedelala difficulté cette LàLàaussi, lalarépartition est inégale, avec, côté,des entreprises grande taillela(plus (plus d’unmillion million d’hl)et etdes des entreprises depetite petite de avec, côté, entreprises dedegrande taille d’un d’hl) entreprises en raison ded’un lad’un difficulté àdes cerner cette variable. Là aussi, répartition est inégale avec, d’un côté, desde entreprises taille (moins 5000 hl). dede5000 hl). grandetaille taille(moins (plus d’un million d’hl) et des entreprises de petite taille (moins de 5 000 hl). Capacité(hl) (hl) Capacité KK LL BB EE TT 32 / la filiere boissons EN Algerie 2012 GG 00 200000 000 400 400000 000 600 600000 000 800 800000 000 1000 1000000 0001200 1200000 0001400 1400000 000 200 Abscisse: Capacité : Capacitédedeproduction productionenenhlhl Abscisse La capacité de production : L’item « capacité » n’est renseigné que par 55% des entreprises, et ce, probablement en raison de la difficulté à cerner cette variable. Là aussi, la répartition est inégale, avec, d’un côté, des entreprises de grande taille (plus d’un million d’hl) et des entreprises de petite taille (moins de 5000 hl). Capacité (hl) Capacité (hl) K L B E T G 0 200 000 400 000 600 000 800 000 1000 000 1200 000 1400 000 Abscisse : Capacité de production en hl Abscisse : Capacité de production en hl Ordonnée : Code des entreprises ayant renseigné l’item Ordonnée : Code des entreprises ayant renseigné l’item Les effectifs : L’effectif global des entreprises de l’échantillon est de 5.217 agents. La répartition est Les effectifs : L’effectif global des entreprises de l’échantillon est de 5.217 agents. La répartition est inégale, sans inégale, sans pour autant dégager une forte concentration. En effet, 45% des entreprises emploient pour autant dégager une forte concentration. En effet, 45% des entreprises emploient 81% des travailleurs et 35% 81% des travailleurs et travailleurs. 35% emploient moins de 100 travailleurs. emploient moins de 100 H L C Q T A J D N S H L C Q T A J D N 0S 200 0 200 Abscisse : Effectifs employés 400 400 600 600 Effectifs 800 800 1 000 1 000 7 1 200 1 200 Effectifs Abscisse : Effectifs employés Abscisse : Effectifs employés Ordonnée : Code des entreprises ayant renseigné l’item, Ordonnée : Code des entreprises ayant renseigné l’item, Ordonnée : Code des entreprises ayant renseigné l’item, NIVEAU D’ACTIVITE NIVEAU D’ACTIVITE NIVEAU D’ACTIVITE Le d’affaires : Le:niveau d’activité, mesuré par le chiffre d’affaires (CA), a progressé 80% des entreprises. LeChiffre Chiffre d’affaires Le parlelechiffre chiffred’affaires d’affaires (CA), a pour progressé Le Chiffre d’affaires : Leniveau niveaud’activité, d’activité, mesuré mesuré par (CA), a progressé pour pour Le taux d’accroissement moyen de 16%. Ces accroissements sont soutenus par la dynamique du marché et celle 80% des entreprises. Le taux d’accroissement moyenest estdede16%. 16%.Ces Ces accroissements soutenus 80% des entreprises. Le tauxest d’accroissement moyen accroissements sontsont soutenus des la dynamique marchéetetcelle celledes desinvestissements. investissements. parinvestissements. lapardynamique du du marché 8000 8000 000000 7000 000 7000 000 6000 000 6000 000 5000 000 5000 000 4000 000 2011 3000 000 20102011 4000 000 2010 3000 000 2000 000 2000 000000 1000 1000 000 0 H I T P B J E S F D K O Q C M N A L R G 0 Abscisse : Code des entreprises ayant renseigné l’item H I T P B J E S F D KAbscisse O Q C: Code M NdesAentreprises L R G ayant renseigné l’item, Ordonnée : Chiffre d’affaires en KDA Ordonnée : Chiffre d’Affaires en KDA Abscisse : Code des entreprises ayant renseigné l’item, Ordonnée : Chiffre d’Affaires en KDA L’analyse du chiffre d’affaires est reprise en détail dans le chapitre 8, grâce à un échantillon d’une plus grande taille. L’analyse du chiffre d’affaires est reprise en détail dans le chapitre 8, grâce à un échantillon d’une plus Le taux grande taille.d’utilisation des capacités de production : L’item n’est renseigné que par 50% des entreprises, ce qui peut dénoter l’absence de pratique de la mesure des performances dans plusieurs d’entre elles. /33 L’analyse du chiffre d’affaires est reprise en détail dans le chapitre 8, grâce à un échantillon d’une plus grande taille. Le taux d’utilisation des capacités de production : L’item n’est renseigné que par 50% des entreprises, ce qui peut Endénoter moyenne, le taux d’utilisation des capacités, de l’ordre de 66%,d’entre est plutôt l’absence de pratique de la mesure des performances dans plusieurs elles. soutenu, relevant également que 50% des entreprises ont réalisé des taux supérieurs à la moyenne et 40% des taux En moyenne, le taux d’utilisation des capacités, de l’ordre de 66%, est plutôt soutenu, relevant également que 50% supérieurs à 80%. des entreprises ont réalisé des taux supérieurs à la moyenne et 40% des taux supérieurs à 80%. Ce niveau des taux d’utilisation est de nature à inciter à des investissements de capacité. Cela a été Ce niveau des taux d’utilisation est de nature à inciter à des investissements de capacité. Cela a été corroboré par nos corroboré par nos constats lors des visites sur les sites des entreprises leaders ou d’envergure. constats lors des visites sur les sites des entreprises leaders ou d’envergure. TauxTaux d'utilisation des d’utilisation descapacités capacités Entreprises T M I K E 0% 20% 40% 60% 80% 100% TUC Abscisse : Taux d’utilisation des capacités Abscisse : taux d’utilisation des capacités Ordonnée : Code des entreprises ayant renseigné l’item Ordonnée : Code des entreprises ayant renseigné l’item PRODUCTIVITE PRODUCTIVITE La productivité est mesurée par deux ratios : La productivité est mesurée par deux ratios : • la productivité commerciale mesurée par le CA/effectif, la productivité commerciale mesurée par le CA/effectif, physique mesurée par production/effectif. • lalaproductivité productivité physique mesurée par production/effectif. Productivité commerciale : Le ratio CA/Effectif reflète le profil inégal mis en évidence pour la répartition de la taille Productivité Commerciale ratio CA/Effectif reflète profil misavec en une évidence pour et des effectifs. En moyenne,: laLeproductivité commerciale est de le 6.626 KDA inégal par agent, dispersion allantla répartition de ladetaille et des moyenne, la productivité est de KDA d’un minimum 827 KDA à un effectifs. maximumEn de 16.421 KDA/agent. La différencecommerciale reflète la différence de 6.626 productivité parphysique agent, duavec une dispersion allant d’un minimum de 827 KDA à un maximum de 16.421 travail et celle du mix produits. KDA/agent. La différence reflète la différence de productivité physique du travail et celle du mix produits. Productivité physique du travail : La moyenne des entreprises ayant répondu au questionnaire se situe à 1.675 hl/ agent. A ce niveau également, la productivité est très variable. Cette variation exprime des différences importantes dans les équipements rendements. Productivité physique et duleurs travail : La moyenne des entreprises ayant répondu au questionnaire se situe à 1.675 hl/agent. A ce niveau également, la productivité est très variable. Cette variation exprime des différences importantes dans les équipements et leurs rendements. 34 / la filiere boissons EN Algerie 2012 9 CA/Effectif CA/Effectif CA/Effectif 20000 20000 CA/Effectif 20000 2000 2000 15000 15000 1500 1500 15000 10000 10000 1500 1000 1000 10000 5000 5000 1000 500 500 5000 00 500 00 I I HHSS TT PP EEBBKK FF JJ AADDGGOONNM MLL CCRRQQ 0 675 67511 438 43811 2000 675 1 438 1 GG SS EE II M TT KK BB LL M Production/effectifen enHL HL 0 Production/effectif G l’item S E I B L ayant renseigné I H S T P E B K FAbscisse : J A D G OCode N Mdes L Centreprises RQ Production/effectif en HL Ordonnée : Ratio de productivité M T K SITUATION SITUATIONSOCIALE SOCIALEDES DESENTREPRISES ENTREPRISES Structure Structure des des effectifs effectifs par par CSP CSP : :L’item L’itemest estrenseigné renseignépar par%70 %70des desquestionnés. questionnés.IlIlressort ressortdes desdonnées données SITUATION SOCIALE DES ENTREPRISES SITUATION SOCIALE DES ENTREPRISES recueillies recueilliesque que: : Structure despetites effectifs par CSP : L’item est renseigné paretet70% des questionnés. ressort des •• Les Les petites entreprises entreprises sont sont faiblement faiblement encadrées encadrées fonctionnent fonctionnent avec avec des desIl exécutifs exécutifs et et ladonnées la Structure des effectifs par CSP : L’item est renseigné par %70 des questionnés. Il ressort des données recueillies que : maîtrise maîtrise; ;c’est c’estlelechef chefd’entreprise d’entreprisequi quiassure assurel’encadrement. l’encadrement. recueillies que : •• petites Les Les entreprises entreprises d’envergure d’envergure adoptent adoptent un un profil profil d’entreprise d’entrepriseavec bien bien structurée structurée et etladisposant disposant d’un le chef entreprises sont faiblement encadrées et fonctionnent des exécutifs et maîtrise ; d’un c’est •• Les Lesencadrement petites entreprises encadrement de dequalité. qualité.sont faiblement encadrées et fonctionnent avec des exécutifs et la d’entreprise qui assure l’encadrement. maîtrise ; c’est le chef d’entreprise qui assure l’encadrement. •• LLes entreprises d’envergure adoptent un profil d’entreprise bien structurée eteffectifs disposant es entreprises d’envergure adoptent undu profil d’entreprise bien structurée et disposant d’un encadrement Organisation Organisationdu dutravail travail: :L’organisation L’organisation du travail travail en encollectifs collectifs montre montre l’importance l’importance des des effectifs de de d’un de encadrement de qualité. production, production, ce ce qui qui correspond correspond bien bien à à cette cette Industrie. Industrie. qualité. Le Le cas cas des des entreprises entreprises ayant ayant un un fort fort taux taux d’effectifs d’effectifs de de soutien soutien mérite mérite d’être d’être souligné. souligné. IlIl reflète reflète une une Organisation du travaildes : L’organisation du travail enintègrent collectifs l’importance des effectifs dede option option stratégique stratégique des grandes grandes entreprises entreprises qui intègrent lamontre la logistique logistique de de des distribution distribution (flotte (flotte de Organisation du travail : L’organisation du travail enqui collectifs montre l’importance effectifs de production, ce transport transport et et plateformes plateformes de de dépôts). dépôts). production, ce qui correspond bien à cette Industrie. qui correspond bien à cette industrie. Le cas des entreprises ayant un fort taux d’effectifs de soutien mérite d’être souligné. Il reflète une option stratégiqueayant des intègrent logistique distribution (flotte de Le cas des entreprises ungrandes fort tauxentreprises d’effectifs dequi soutien mérite la d’être souligné.deIl reflète une option stratégique %100 %100 transport et plateformes de dépôts). des grandes entreprises qui intègrent la logistique de distribution (flotte de transport et plateformes de dépôts). %90 %90 %80 %80 %70 %100%70 %60 %60 %90 %50 %50 %80 %40 %40 %70 %30 %30 %60 %20 %20 %50 %10 %10 %40%0 %0 %30 %20 %10 %0 Effectif Effectifsoutien soutien Effectif Effectifcommercial commercial Effectif Effectifproduction production Effectif soutien Effectif commercial I I PP TT JJ BB FF M M LL RR KK GG SS CC AA Effectif production Abscisse Abscisse: :Code Codedes desentreprises entreprisesayant ayantrenseigné renseignél’item, l’item, Ordonnée Ordonnée: :Poids Poidsen en% %des descollectifs collectifsde detravail travail I P annuel T J Bavoisine F M L 604 R KKDA, G S avec C A une Salaires Salaires: : Le Le salaire salaire moyen moyen annuel avoisine 604 KDA, avec une forte forte variation, variation, allant allant de de 139 139 KDA KDA àà l’item: Code des entreprises ayant renseigné l’item, 1440 1440KDA KDApar parAbscisse : agent. agent. Code des entreprises ayant renseigné Abscisse Ordonnée : Poids en % des collectifs de travail Ordonnée : Poids en % des collectifs de travail Salaires : Le salaire moyen annuel avoisine 604 KDA, avec une forte variation, allant de 139 KDA à Salaires : Le salaire moyen annuel avoisine 604 KDA, avec une forte variation, allant de 139 KDA à 1440 KDA 1440 KDA par agent. ۱۰ ۱۰ par agent. La disparité des salaires dans l’industrie des boissons résulte de l’absence d’une convention collective de branche et peut avoir, pour conséquence, une concurrence pour les profils critiques. Les grandes entreprises qui assurent des salaires relativement élevés vont exercer un attrait pour ces profils. ۱۰ /35 La disparité des salaires dans l’Industrie des boissons résulte de l’absence d’une convention collective de branche et peut avoir, pour conséquence, une concurrence pour les profils critiques. Les grandes entreprises qui assurent des salaires relativement élevés vont exercer un attrait pour ces profils. MS en KDA MS moyen en KDA 1 600 1 400 1 200 1 000 800 600 400 200 0 H P T E B F J K M A S Q L R C Entreprise Abscisse : Code des entreprises ayant renseigné l’item Ordonnée : Ms = Masse salariale Abscisse : Code des entreprises ayant renseigné l’item, Ordonnée : Ms = Masse salariale 5.5 Distribution etet logistique 5.5. Distribution logistique La distribution se pratique de manière différente, selon que l’entreprise est un grand groupe industriel ou une La distribution manière différente selon que l’entreprise est un grand groupe Industriel entreprise se de pratique plus petitedetaille. ou une entreprise de plus petite taille. Pour les grandes entreprises, la distribution s’effectue de trois manières : • vers le commerce de détail directement : L’entreprise approvisionne directement les détaillants, généralement Pour les grandes la distribution trois manières dans entreprises, les grands centres de la Wilayas’effectue où se situede l’entreprise et ceux :des wilayas limitrophes. Les commerçants Vers commerce de dedétail directement : L’entreprise approvisionne directement les sontlelivrés par des flottes camions et fourgons appartenant aux entreprises ou par recours à une grande entreprisegénéralement de transport. dans les grands centres de la Wilaya où se situe l’entreprise et ceux détaillants, des wilayas limitrophes. Les commerçants sont livrés par des flottes de camions et fourgons • vers le commerce de détail via les grossistes : L’entreprise assure la mise à disposition de ses produits dans les appartenant aux entreprisespas oudirectement par recours à une de transport. zones qu’elle n’approvisionne à travers ungrande réseau deentreprise grossistes agréés qui sont approvisionnés Vers le commerce de détail via les grossistes : L’entreprise assure la mise à disposition de par les moyens de l’entreprise ou qui viennent s’approvisionner directement à l’usine. ses produits dans les zones qu’elle n’approvisionne pas directement à travers un réseau de • vers les grandes surfaces : L’évolution de la distribution en Algérie a vu apparaître les centrales d’achat des grossistes agréés qui sont approvisionnés par les moyens de l’entreprise ou qui viennent chaînes de supermarché (ARDIS, UNO, etc.) qui distribuent une part de plus en plus importante de la production. s’approvisionner directement à l’usine. Pour Vers grandes surfaces : L’évolution la distribution les les petites entreprises, la distribution s’effectuede d’une seule manière :en Algérie a vu apparaitre les centrales d’achat par desdes chaines de et supermarché quidedistribuent une part • achats effectués détaillants semi-grossistes(ARDIS, avec leursUNO, propres etc.) moyens transport et, directement, de plus plus sur lesenlieux deimportante production. de la production. On constate une évolution de la tendance dans les parts de chiffres d’affaires réalisés par la méthode de distribution. Pour les petites entreprises, la distribution s’effectue d’une seule manière : La filière se dirige vers la constitution de grands réseaux de distribution s’appuyant sur de grandes flottes de transport ainsi achats effectués des détaillants et qui semi-grossistes avec leurs propres moyens de que vers la créationpar de grands dépôts par wilaya viendront, à terme, se substituer aux grossistes. Une telle transport et, directement, sur les lieux de production. évolution permettra notamment des économies de marge, une meilleure offre de prix et une amélioration de la force de vente grâce à une meilleure écoute-client. On constate une évolution de la tendance dans les parts de chiffres d’affaires réalisés par la méthode Le secteur de l’informel (sans factures) continue cependant à polluer le système de distribution. La constitution de de distribution. La filière se dirige vers la constitution de grands réseaux de distribution s’appuyant grands réseaux et leur ouverture à des producteurs de tailles plus modestes permettrait, à défaut de supprimer ces sur de grandes flottes de transport ainsi que vers la création de grands dépôts par wilaya qui pratiques, d’en atténuer l’importance et l’effet sur le marché. viendront, à terme, se substituer aux grossistes. Une telle évolution permettra notamment des économies de marge, une meilleure offre de prix et une amélioration de la force de vente grâce à une meilleure écoute-client. 11 36 / la filiere boissons EN Algerie 2012 5.6 Marketing Le secteur a enregistré une évolution remarquable dans ce domaine. Les entreprises leaders et les grandes entreprises ont développé des pratiques intégrant les outils modernes du marketing : • le suivi des marchés par le recours, aussi, à des cabinets d’études ; • le Mix produit et conditionnement (très forte diversification et innovation) ; • la publicité sur tous les supports disponibles et notamment audiovisuels ; • le sponsoring et les actions caritatives ; • les campagnes de promotion. L’effort marketing des grandes entreprises a donné à la filière des boissons non alcoolisées une grande visibilité sur le marché et a permis une meilleure valorisation des produits auprès des consommateurs. Notons que la filière des boissons alcoolisées ne peut recourir à la publicité du fait de son interdiction par la réglementation. Les budgets promotionnels n’ont pu être cernés, l’item n’ayant pas été renseigné par les entreprises enquêtées. Cependant, selon le panel marketing, les grandes entreprises disposent de budgets promotionnels conséquents. /37 38 / la filiere boissons EN Algerie 2012 LE MARCHE INTERIEUR Une forte tendance à la progression /39 6. Marché intérieur 6.1 Généralités sur la consommation alimentaire La consommation alimentaire constitue le premier poste de dépense des ménages en Algérie. Le cœfficient budgétaire de l’alimentation était de 52% (enquête 2001) et demeure une constante mise en évidence par toutes les enquêtes de consommation. Ce taux caractérise les économies moyennement développées. A titre de comparaison, les dépenses alimentaires des ménages représentent 41.3% des dépenses totales au Maroc, 34.8% en Tunisie et 13.4% en France1. Les dépenses de consommation individuelle des ménages en Algérie ont fortement augmenté depuis 2005, avec un accroissement moyen de 13.5%/an. Le niveau de dépenses par habitant demeure cependant modeste (1.600 $US/ an/hab)2. Le niveau de consommation demeure cependant très inférieur comparé aux pays du nord de la Méditerranée et légèrement inférieur à celui des pays voisins. Cependant, un rapport de la FAO (2009) situe l’Algérie bien au-dessus de la moyenne mondiale, soit à la 44e place sur 184 pays, avec 3095 calories/personne/jour. Le niveau de consommation a enregistré une croissance globale de 7,30 % entre les périodes 1990-1992 et 2006-2008. Consommation alimentaire par personne Local / jour 3500 3000 2500 2000 1500 L’Algérie se distingue par la consommation du lait et dérivés avec 112 l/an, plus élevée que celle de pays comme le Maroc (47,2 l/an), la Tunisie (100 l/an), l’Egypte (56 l/an) mais deux fois plus faible que celle de l’Europe (223 l/an). Le groupe des fruits mérite d’être signalé. En effet, la consommation des fruits est un indicateur d’un bon régime alimentaire et les fruits présentent, par ailleurs, des formes d’interdépendance avec les boissons. Selon les dernières données disponibles (2005), l’Algérie présente sur ce plan un niveau de consommation inférieur à celui des pays Consommation des Fonds Fixes voisins avec 63,40 kg/an, soit plus faible que celui du Maroc (74,20 kg), de la Tunisie (82,40 kg), de l’Egypte (98,30 kg) 48% et, bien sûr, de l’Europe (126 kg). L’autre caractéristique intéressante à souligner est le caractère inégal des dépenses de consommation des ménages. Les enquêtes de consommation, réalisées périodiquement par l’ONS, ont toujours mis en évidence cette inégalité repérable à deux niveaux : 22% • entre les strates urbaines et les strates rurales. • entre les déciles de dépense. 16% 8% Dans les zones urbaines, les 10% des ménages les plus riches du pays consomment 30% de la consommation urbaine 06 - I.M.M.E - Industrie Argo- Matériaux de les09 - Chimie, Caoutchouc, Autres industries globale de produits alimentaires10tandis que les 10% 07 des ménages plus pauvres n’en consomment que 3%. Alimentaire. construction. Plastique. (11 ,12 ,13 ,14) Cette inégalité, par ailleurs confortée par la courbe de GINI de répartition des revenus, met en évidence l’existence d’un marché pour des produits réputés chers ou nouveaux tels que les jus de fruits. 1. Sources : Maroc : http://www.hcp.ma; Tunisie http://www.ins.nat.tn; France : http://www.insee.fr 2. Le niveau des dépenses des ménages, libellé en $US, était d’un peu plus de 57 M$US en 2009 (données ONS). 40 / la filiere boissons EN Algerie 2012 Part des défauts de conformité 6.2 Les boissons dans la consommation alimentaire La consommation des boissons est intégrée depuis longtemps dans les habitudes de consommation des Algériens. L’Algérie a une longue histoire dans le domaine des boissons gazeuses, du vin et de la bière. Durant la période coloniale, les habitants des villes avaient introduit dans leurs habitudes de consommation les boissons (sodas dans les ménages, boissons alcoolisées hors foyers). Un fait historique mérite d’être rappelé : la création de la marque Hamoud Boualem en 1889 qui a connu un succès rapide auprès des populations musulmanes d’Alger. Les Algériens, tout en imitant le consommateur européen, se démarquaient ainsi par l’adoption d’une marque « communautaire ». Ce succès a impulsé le développement de marques locales dans d’autres villes. Cependant, jusqu’à l’indépendance du pays, la consommation des boissons est demeurée longtemps un usage urbain essentiellement réservé aux classes aisées. Pour les couches de population à faible revenu, la boisson était considérée comme un produit festif. A partir de 1962, la consommation a connu un développement prodigieux, tirée par l’accroissement des populations urbaines et le développement de l’industrie. Cependant, durant plus de trois décennies, l’offre des produits est demeurée limitée en raison de la faiblesse de l’investissement privé. La libéralisation de l’activité et l’ouverture du marché ont entraîné à la fois une diversification de l’offre et un accroissement des volumes. L’étude de 2005 a situé la consommation à 33,6 litres/tête/an, marquant ainsi un progrès considérable par rapport à la période précédant l’ouverture économique puisque l’enquête « niveau de vie de 1995 », réalisée par l’ONS, avait situé la consommation à 19 litres/tête/an. Actuellement, le modèle de consommation algérien s’apparente de plus en plus au modèle international, en raison d’une offre de produits transformés par les IAA. Les analystes de la consommation ont mis en évidence cet aspect par la théorie du « continuum », par le passage du modèle rural au modèle urbain et une tendance vers le modèle nord-méditerranéen. Cette tendance s’observe également pour les boissons, mais avec cependant une particularité cultuelle et culturelle liée à l’interdit religieux des boissons alcoolisées. Les consommateurs algériens recherchent des produits plus sophistiqués (eaux aromatisées, jus multi-arômes, multi-vitamines…) à la place des produits traditionnels (limonade, lait…). Notons que tout choix de consommation alimentaire, particulièrement pour les boissons, a pour ressorts des besoins : • physiologiques, • nutritionnels (calcium, magnésium…). • de plaisir (goût, satisfaction…). • d’image (faire partie d’un groupe…). 6.3 Modes de consommation des boissons Les modes de consommation se différencient avec l’urbanisation, les modes de vie et l’offre de l’industrie des boissons. BOISSONS GAZEUSES Après une période de « structuration qualitative de la demande », signalée par l’étude 2005, les besoins s’affinent et se diversifient. La première diversification est réalisée par les colas à partir des franchises « Coca Cola » et « Pepsi Cola » dont les sodas ont été adoptés par les consommateurs algériens (marques Fanta, Miranda, 7UP, etc.). La deuxième vague de diversification est introduite par les produits diététiques. Les produits « light » sont adoptés dès leur introduction sur le marché. On les retrouve aussi bien dans les sodas que les colas et les jus. /41 L’autre évolution, qui illustre cette tendance pour les produits « santé », réside dans le développement des boissons aromatisées à base d’eau minérale ou de source. L’expérience de la marque « Ifri », qui a capitalisé une image de pureté de son eau minérale en lançant des jus et des boissons plates, mérite d’être observée. Ce modèle est repris par d’autres producteurs. Enfin, en liaison avec les modèles de consommation des jeunes, l’introduction des produits énergisants constitue la dernière innovation relevée sur le marché. Pour les boissons gazeuses, le consommateur algérien a adopté les marques des franchises internationales tout en gardant son attachement aux marques locales considérées comme des produits de « terroir ». Des marques comme « Hamoud Boualem » ou « Mami » profitent toujours de leur prestige ancré dans un passé. JUS DE FRUITS ET BOISSONS PLATES Depuis longtemps, les jus de fruits font partie des habitudes de consommation des Algériens. Les jus de fruits industriels se sont progressivement substitués à la tradition pourtant fortement ancrée des préparations à domicile et leur consommation progresse vigoureusement grâce à la qualité des produits et à l’étalement, tout au long de l’année, de ce type de consommation. La consommation des jus s’est également fortement diversifiée par le produit et le conditionnement. Le produit s’est diversifié par les nectars et les fruits exotiques. Quant au conditionnement, il s’est diversifié par le conditionnement en carton et les petites contenances. Les boissons plates sont souvent assimilées aux jus. Dans plusieurs régions, la même appellation est utilisée par les consommateurs. La réglementation établit cependant une nette distinction entre les deux, en fixant la teneur en extrait. La consommation augmente fortement pour ces produits car elle est ancrée dans des habitudes de consommation du sirop mélangé à de l’eau. EAUX EMBOUTEILLEES Les eaux embouteillées constituent une nouvelle tendance dans la consommation des boissons. La première marque remonte aux années 1940, mais la consommation est demeurée limitée jusqu’à la fin du siècle. C’est dans les années 1990 que la consommation a pris un grand essor. La première marque privée, « Ifri », a constitué une innovation par son conditionnement et l’image d’un produit de qualité. Depuis, l’offre des eaux embouteillées s’est fortement diversifiée avec la présence, actuellement, de pas moins d’une quarantaine de marques sur le marché. Le produit est recherché pour la qualité de l’eau avec des attributs « thérapeutiques ». Le petit conditionnement (33 cl) connaît un grand succès et se développe grâce à la restauration hors foyer et son réseau particulièrement dense en milieu urbain. BOISSONS ALCOOLISEES Les boissons alcoolisées sont frappées par l’interdit religieux et des restrictions imposées par le système de valeurs morales du pays, ainsi que le renforcement des peines encourues pour la conduite en état d’ivresse dans le nouveau Code de la route et, enfin, par la limitation des agréments d’ouverture et d’exploitation des débits de boissons. Néanmoins, le marché des boissons alcoolisées demeure actif. Au niveau mondial, la bière est la boisson alcoolisée la plus répandue. C’est une boisson rafraîchissante mais aussi « enivrante ». La consommation de la bière s’est développée en Algérie grâce, notamment, à la qualité des produits offerts et à l’introduction de la canette, plus adaptée à une consommation hors débits de boissons. Un produit dérivé « bière sans alcool » a fait son apparition, mais sa consommation demeure marginale. La production vitivinicole est encouragée par la politique agricole avec des plantations importantes de renouvellement, voire d’extension des superficies. L’argument d’exportation motive cette politique, mais les volumes exportés régressent en raison de la forte concurrence sur les marchés internationaux. Le marché intérieur devient donc stratégique. Dans ce cadre, l’ONCV fournit divers efforts pour écouler sa production : amélioration de la qualité 42 / la filiere boissons EN Algerie 2012 par l’introduction de nouveaux cépages, conditionnement en carton pour le marché national et fabrication de jus de raisin. Il faut noter, par ailleurs, l’entrée de producteurs privés avec une offre de vins de qualité. 6.4 Niveaux de consommation NIVEAUX DE CONSOMMATION 2005 ET PROJECTIONS Pour rappel, l’’étude de 2005 avait situé la consommation dans une moyenne s’établissant entre 33,6 et 40,6 l/tête/an. Se basant essentiellement sur le facteur démographique et le pouvoir d’achat, les experts avaient construit un modèle de projection de la consommation décliné en une variante basse et une variante haute. Les projections, alors établies, situaient la consommation moyenne comme suit : Tableau 14 : Hypothèse moyenne Boisson gazeuse Boisson plate Jus Bières Vins Eaux Total Consommation L/tête/an 21.5 0,5 5,1 4,3 1,4 22,5 55,3 Volumes totaux en hl 7 388 000 161 000 1 770 000 1 475 000 485 000 7 730 000 19 009 000 Source : Op cité. ACTUALISATION A 2011 L’actualisation du niveau de consommation est réalisée par la combinaison de deux approches : • u n modèle de projection intégrant les élasticités de la demande des produits par rapport aux dépenses de consommation des ménages. • les estimations d’un panel d’entreprises qui ont situé la croissance du marché des différentes filières. L’approche par un modèle d’élasticité-revenu : Le fondement de l’approche repose sur la fonction de demande des boissons. Dans une économie de marché, la demande par tête de ces produits est fonction du revenu. La relation entre les deux variables est établie par l’élasticité de la demande par rapport au revenu qui mesure le rapport entre le pourcentage de variation de la demande du bien et le pourcentage de variation du revenu (ici, la dépense des ménages). Comme tous les biens n’ont pas la même élasticité-revenu, l’augmentation du revenu change la structure de la consommation. Selon la classification définie par Ernst Engel3, on distingue trois catégories de biens : • les biens inférieurs : le cœfficient budgétaire de ce bien diminue quand le revenu augmente (élasticitérevenu négative), et augmente quand son revenu baisse. Il s’agit de biens de qualité « inférieure » auxquels les consommateurs préfèrent substituer de nouveaux biens lorsque leur revenu le leur permet. c’est le cas de certains produits alimentaires, tels que le pain, mais aussi le vin que plusieurs enquêtes de consommation dans les pays de l’OCDE ont mis en évidence ; • les biens normaux : le coefficient budgétaire de ce bien stagne ou varie peu quand le revenu augmente dans une proportion inférieure ou égale à 1 (élasticité-revenu comprise entre 0 et 1). On parle également de biens nécessaires. C’est le cas de la nourriture (prise dans son ensemble) et des biens de première nécessité ; • les biens supérieurs : le cœfficient budgétaire de ce bien augmente quand le revenu augmente (élasticitérevenu strictement supérieure à 1). C’est le cas de nombreuses dépenses de loisirs, de transport, de culture ou de santé. Nous avons appelé ces biens supérieurs « biens de luxe ». Les élasticités sont calculées sur la base des données de consommation de l’étude de 2005 (période 2005-2008) et les données des comptes ressources et emplois de l’ONS. 3. Ernst Engel (1821 - 1896 ) est un statisticien et économiste allemand connu pour la courbe et la loi qui portent son nom. /43 Tableau 15 : Tableaux des élasticités-revenu des boissons Boisson gazeuse Boisson plate Jus Bière Vin Eau embouteillée Total 0.39 0.3 2.06 0.22 0.1 0.48 0.49 Elasticité-revenu Le modèle classe les produits en deux catégories : • le jus comme bien « supérieur » ; • les autres boissons comme bien dits « normaux ». Il ya lieu de noter la faiblesse des élasticités-revenu de la bière et du vin qui s’explique en partie par le statut de ces produits dans la consommation des ménages. Elles demeurent cependant positives. Tableau 16: Evolution de la consommation par tête Année référence 2008 2009 2010 2011 BG 21,5 21,7 21,9 22,2 BP 0,5 0,5 0,5 0,5 Jus 5,1 5,3 5,7 6,0 Bière 4,3 4,3 4,3 4,4 Vin 1,4 1,4 1,4 1,4 Eaux 22,5 22,7 23,1 23,4 Total boisson 55,3 55,9 56,7 57,4 Tableau 17: Niveau de consommation par type de produit pour l’année 2011 Boissons gazeuses Boissons plates Jus Bières Vins Eaux Total Consommation L/tête/an 22.2 0,5 6,0 4,4 1,4 23,4 57,4 Volumes totaux en hl 7 977 000 185 000 2 146 000 1 574 000 508 000 8 407 000 2066 000 Estimation du panel d’entreprises : Le panel des entreprises interrogées dans le cadre de cette étude a permis de situer la croissance du marché actuel. La plupart des interviewés se sont référés aux estimations d’un cabinet d’étude et de suivi du marché, leur prestataire en matière de suivi du marché4. Les taux de croissance présentés dans ce rapport résultent de l’échange de points de vue entre les membres du panel. Boissons rafraîchissantes sans alcool (BRSA) : Les taux de croissance du marché dégagés par le panel peuvent être considérés comme légèrement surestimés car reflétant la vision d’entreprises leaders qui progressent plus vite que la moyenne du marché. Les trois filières des BRSA connaissent des taux de croissance élevés. Elles corroborent les résultats du modèle qui a dégagé des élasticité-revenus positives. Combiné à la croissance démographique des populations urbaines, ces résultats entraînent des croissances élevées du marché. Boissons alcoolisées : Concernant la bière, le marché est perçu comme stable mais avec un avenir incertain, en raison des restrictions imposées à la commercialisation (nombre limité des points de vente). On estime la demande à 1,2 million d’hl, dont 5 à 7% couverts par les importations. 4. La qualité des estimations du cabinet en question est différemment appréciée par les entreprises du panel. 44 / la filiere boissons EN Algerie 2012 S’agissant du vin, ce marché présente un profil proche de celui de la bière, du fait des mêmes contraintes de l’environnement commercial. La demande est estimée à 4 millions de litres et les importations sont négligeables (170 millions de dinars en 2010, soit un peu plus de 2 millions de $US). Pour ces filières, les résultats du panel corroborent les données du modèle. Les élasticités-revenus sont faibles mais positives, imprégnant au marché la stabilité constatée par le panel. 6.5 Volume des ventes en valeur NIVEAU ATTEINT EN 2011 L’estimation du marché en valeur est déterminée à partir d’une approche combinant les estimations du marché en volume (cf. 6.4) et les prix moyens des produits qui sont déterminés à partir de deux sources : • relevé des prix (départ usine) du Ministère du Commerce pour les boissons gazeuses et les jus (2011). • l’enquête « producteur » pour les produits boissons gazeuses, eau embouteillée et bière5 (2011). Estimation du marché par sous-filière S/T S/T Boissons gazeuses Jus & boissons fruités Eaux embouteillées BRSA Volumes totaux en hl 7.977.000 2.331.000 8.407.000 1.574.000 508.000 20.666.000 Valeur des ventes en MDA* 18.046 7.918 12.131 38.095 - - Vins Boissons alcoolisées *Au prix départ usine HT ; **Hors vin NIVEAU ATTEINT EN 2010 L’estimation du marché pour 2010 a pu être réalisée grâce aux indices des prix à la production des IAA, publiés par l’ONS. Cette estimation ne donne cependant qu’un ordre de grandeur des BRSA. Boissons gazeuses Jus & boissons fruités Eaux embouteillées S/T BRSA Volumes totaux en hl 7 879 182 2 050 746 8 310 918 18 240 846 Valeur des ventes en MDA 17 439 6 816 11 710 35 966 CROISSANCE 2010-2011 La croissance moyenne du marché des BRSA sur la période récente (2010-2011) a été de l’ordre de 5.9%. ESTIMATION DU MARCHE A L’HORIZON 2015 Les projections des niveaux de consommation des boissons visent à donner plus de visibilité aux investisseurs potentiels. Les projections sont réalisées à l’aide d’un modèle et de quelques hypothèses socioéconomiques. On dispose de trois approches de base pour établir des prévisions de la demande d’un bien de consommation alimentaire : • l’approche économétrique : elle consiste dans la détermination de la fonction de demande, c’est-à-dire d’une relation mathématique entre la demande (variable expliquée) et la (les) variable(s) explicative(s) comme le revenu, le prix, etc. L’approche consiste ensuite à prévoir la demande future en fonction de l’évolution probable de la variable explicative. La fonction est déterminée, soit à partir d’une série temporelle, soit d’une « coupe instantanée » donnée par une enquête de consommation ; 5. Dans l’exploitation de l’enquête « producteur », des cœfficients ont été utilisés afin de tenir compte du poids des produits des entreprises ayant un mix produit diversifié. Les cœfficients ont été calculés sur la base d’un panel d’entreprise fourni par l’APAB. /45 • l’approche par les séries temporelles : ici, la variable explicative est le temps qui intègre tous les facteurs déterminants. L’approche consiste dans la décomposition de la série pour dégager la tendance et la projeter dans le temps ; • l’approche par les comparaisons internationales : elle consiste à trouver un ou des pays « références » ayant un niveau de développement plus avancé puis à calquer la structure de consommation de ce pays. Le PPA (parité de pouvoir d’achat) par habitant est un critère de classification utilisé. Pour les boissons les deux premières approches peuvent être recommandées, elles sont néanmoins exigeantes en informations. La troisième approche poserait le problème de la différence des modèles de consommations avec les pays développés où les boissons alcoolisées occupent une place importante. Aussi, l’approche préconisée dans cette étude procède des premières. C’est celle utilisée pour l’estimation de la consommation pour l’année 2011. Les projections de la demande par produits impliquent les hypothèses suivantes : • évolution du PIB/hab6 (prévision de croissance de la Banque Mondiale ; 2012, 2013) ; • évolution démographique (projection de l’ONS) ; • structure des consommations inter produits (constante de la structure). Le modèle de projection retenu dégage une tendance forte et situe le niveau de consommation par tête à 62.2 l/an et un volume global de 2394,7 millions de litres. 6. Prévision de croissance par la BM (2012, 2013). 46 / la filiere boissons EN Algerie 2012 LE COMMERCE EXTERIEUR Une évolution prometteuse des exportations /47 7. COMMERCE EXTERIEUR DES BOISSONS L’analyse du commerce extérieur des boissons a pour buts de : • situer les échanges ainsi que l’évolution depuis 2005. • établir la balance commerciale. • approcher de EXTERIEUR la compétitivité deDES l’industrie nationale. 6. la problématique COMMERCE BOISSONS Les statistiquesL’analyse traitéesdudans ce chapitre sont issues de la base de données du Centre National de l’Information commerce extérieur des boissons a pour but de : Statistique des Douanes Algériennes. Ellesquesont établies selon la ; nomenclature douanière qui a permis un situer les échanges ainsi l’évolution depuis 2005 regroupement des l’industrie des boissons en cinq catégories : produits établir la de balance commerciale ; approcher la problématique de la compétitivité de l’industrie nationale. • jus ; • Les statistiques traitées dans ce chapitre sont issues de la base de données du Centre National de eaux minérales (et autres) ; • boissonsdouanière gazeuses ;qui a permis un regroupement des produits de l’industrie des boissons en cinq catégories : l’Information Statistique des Douanes Algériennes. Elles sont établies selon la nomenclature jus ; eaux minérales (et autres) ; boissons gazeuses ; • vin (et autres alcools). bière ; vin (et autres alcools). • bière ; 7.1 Les échanges globaux de 2005 à 2010 de 2005 à 2010 7.1. Les échanges globaux La filière des boissons joue un rôle relativement dynamique dans le commerce extérieur de l’Algérie, comme le La filière des boissons joue un rôle relativement dynamique dans le commerce extérieur de l’Algérie, montre l’analyse des échanges commerciaux sur les six dernières années. comme le montre l’analyse des échanges commerciaux sur les six dernières années. Les tableaux etLes graphes suivants permettent de disposer d’une vision des échanges commerciaux liés à la filière des tableaux et graphes suivants permettent de disposer d’une vision des échanges commerciaux liés boissons et comparés ceuxboissons de l’ensemble du secteur agroalimentaire : à la filièreà des et comparés à ceux de l’ensemble du secteur agro-alimentaire : DES IMPORTATIONS EVOLUTION DESEVOLUTION IMPORTATIONS La part des importations de importations boissons, comparée à celle des produits pratiquement insignifiante La part des de boissons, comparée à agro-alimentaires, celle des produitsest agro-alimentaires, est pratiquement (moins de 1% sur 6 ans). insignifiante (moins de 1% sur 6 ans). 300 000 250 000 200 000 IAA 150 000 BOISSONS 100 000 50 000 0 2005 2006 2007 2008 2009 2010 EVOLUTION DESEVOLUTION EXPORTATIONS DES EXPORTATIONS La part des boissons y est plus importante que dans les importations et les volumes en valeur exportés sont croissants La part des boissons y est plus importante que dans les importations et les volumes en valeur pour s’être multipliés 5 en six ans.pour s’être multipliés par 5 en six ans. exportéspar sont croissants . 30000 25000 20000 IAA 15000 BOISSONS 10000 5000 0 2005 2006 2007 2008 2009 2010 BALANCE COMMERCIALE Une analyse des échanges par catégorie de boissons fait ressortir les évolutions suivantes sur la 48 / la filiere période boissons EN Algerie considérée : 2012 Boissons non alcoolisées : Pour les boissons non alcoolisées, on constate la très faible valeur des importations laquelle, comparée à la valeur plus importante et croissante des exportations, permet BOISSONS 10000 5000 0 2005 2006 2007 2008 2009 2010 BALANCE COMMERCIALE BALANCE COMMERCIALE Une analyse des échanges par catégorie de boissons fait ressortir les évolutions suivantes sur la Une analyse des échanges période considéréepar : catégorie de boissons fait ressortir les évolutions suivantes sur la période considérée : Boissons Boissons non alcoolisées : Pour les boissons non alcoolisées, on constate la très faible non alcoolisées : Pour les boissons non alcoolisées, on constate la très faiblevaleur valeurdes des importations importations à la valeuretplus importante croissante despermet exportations, permet une balance laquelle, comparée à lalaquelle, valeurcomparée plus importante croissante desetexportations, de dégager dégager positive surdece poste.une balance positive sur ce poste. 2500 2000 1500 Importations en MDA Exportations en MDA 1000 500 0 2005 2006 2007 2008 2009 2010 Boissons alcoolisées : La situation pour les boissons alcoolisées est inversée par rapport aux boissons non alcoolisées. Ainsi, sur ce type de boissons, la balance est déficitaire en matière Boissons alcoolisées : La situation pour les boissons alcoolisées est inversée par rapport aux boissons non alcoolisées. d’échange avec, de plus, des exportations en baisse. Ainsi, sur ce type de boissons, la balance est déficitaire en matière d’échange avec, de plus, des exportations en baisse. 2500 2500 2000 2000 1500 IMPORTATIONS EXPORTATIONS IMPORTATIONS 1500 1000 EXPORTATIONS 1000 500 500 0 2005 2006 2007 2008 2009 2010 0 2005de boissons: 2006 La balance 2007 des échanges 2008 Tous types des 2009 boissons est2010 globalement déficitaire sur la période en raison du volume des importations de boissons alcoolisées, et ce, en dépit des efforts Tous typesréalisés de boissons : La d’exportation balance des échanges desnon boissons est globalement déficitaire sur la période en raison en matière de boissons alcoolisées quiest leurglobalement ont permis,déficitaire en 2007 etsur2010, Tous types de boissons: La balance des échanges des boissons la du volume des importations de boissons alcoolisées, et ce en dépit des efforts réalisés en matière d’exportation de d’établirenune balance positive.des importations de boissons alcoolisées, et ce, en dépit des efforts période raison du volume boissons réalisés non alcoolisées quid’exportation leur ont permis, en 2007non et 2010, d’établir positive. en matière de boissons alcoolisées qui une leur balance ont permis, en 2007 et 2010, d’établir une balance positive. 2005 2005 2006 2006 2007 2007 2008 2008 2009 2009 2010 2010 7.2. Analyse par sous-filières BOISSONS NON par ALCOOLISEES 7.2. Analyse sous-filières Ce sont celles qui réalisent les meilleures performances en matière de commerce extérieur. Elles BOISSONS NON ALCOOLISEES représentent en moyenne, sur la période observée précédemment, 6% des importations de boissons et sont 76% celles des exportations. d’importation, et pour les années 2009 et 2010, l’analyse des Ce qui réalisentEn lesmatière meilleures performances en matière de commerce extérieur. Elles statistiques données en Annexe, fait ressortir les points suivants : 6% des importations de boissons représentent en moyenne, sur la période observée précédemment, et 76% des exportations. En matière d’importation, et pour les années 2009 et 2010, l’analyse des statistiques données Annexe, fait ressortir lesenpoints suivantsde : 28 pays, en 2009, et de 25, en 2010, Importation de Jusen: Les importations de Jus provenance sont passées d’environ 1 milliard à 1,4 milliard de DA. En 2009, 90% des importations provenaient de 10 pays avec,deenJus tête, le Brésil, l’Espagne qui représentaient de 60 et % de du 25, total. Importation : Les importations de et Jusl’Egypte en provenance de 28 pays,près en 2009, en 2010, sont passées d’environ 1 milliard à 1,4 milliard de DA. En 2009, 90% des importations provenaient de /49 7.2 Analyse par sous-filières BOISSONS NON ALCOOLISEES Ce sont celles qui réalisent les meilleures performances en matière de commerce extérieur. Elles représentent en moyenne, sur la période observée précédemment, 6% des importations de boissons et 76% des exportations. En matière d’importation, et pour les années 2009 et 2010, l’analyse des statistiques données en Annexe fait ressortir les points suivants : Importation de jus : Les importations de jus en provenance de 28 pays, en 2009, et de 25, en 2010, sont passées d’environ 1 milliard à 1,4 milliard de dinars. En 2009, 90% des importations provenaient de 10 pays avec, en tête, le Brésil, l’Espagne et l’Egypte qui représentaient près de 60% du total. En 2010, 90% des importations provenaient de 10 pays avec le Brésil, l’Italie et l’Egypte qui en représentaient près de 60%. Ce trio de tête s’est maintenu avec une substitution de l’Espagne par l’Italie sur la deuxième provenance. Importation des boissons (2009) Importation des boissons (2010) AUTRES 40% BRESIL 30% AUTRES 42% ESPAGNE 15% EGYPTE 15 % BRESIL 42% ITALIE 8% EGYPTE 8% Le Brésil devient le principal pays exportateur de jus vers l’Algérie en 2010. Le poids de ce pays est dû à la place des inputs dans les importations algériennes. En effet, 96% des importations de 2009 sont constitués de la classe 20 (préparations de légumes, fruits ou d’autres parties des plantes). Exportations de jus : Les exportations de jus viennent en troisième place dans les exportations de boissons et passent de 33 Millions de dinars en 2009, sur 11 pays, à 29,5 millions de dinars en 2010 vers 6 pays. La liste des pays fluctue et 6 pays en 2009 représentent plus de 90% des exportations contre 3 pays en 2010. 2009 2010 FRANCE 31% AUTRES 10% MADAGASCAS 4% ITALIE 6% MALTE 11% ETATS UNIS D’ARMORIQUE 19% CANADA 50 / la filiere boissons EN Algerie 2012 18% FRANCE 72% MALTE 10% ETATS UNIS D’ARMORIQUE 14% CANADA 5% La France reste le plus grand importateur de jus algériens. Importation d’eaux embouteillées : Les importations d’eaux embouteillées sont insignifiantes. En provenance de 3 pays, elles sont passées d’environ 1,5 à 6,5 milliards. Elles provenaient essentiellement de France en 2009 puis, pour moitié, de France et d’Autriche en 2010. Exportation d’eaux embouteillées : Les exportations d’eaux embouteillées sont en très forte hausse puisqu’elles passent de 1,5 millions de DA en 2009 à 3 million de dinars en 2010. Les exportations sur le Niger sont en progression. Exportation des sodas : Les exportations représentent 300 millions de dinars en 2009 et 210 millions en 2010 et représentent donc le premier poste d’exportation dans les boissons. En 2009, 90% des exportations se sont effectués en direction de 3 pays: la France, le Niger et l’Espagne, et en 2010, vers la France, le Canada, la Belgique et la GrandeBretagne. La France occupe largement la première place d’importatrice de sodas algériens. 2009 2010 FRANCE 51% ESPAGNE 36% NNIGER 3% AUTRES 10% FRANCE CANADA 78% 6% BELGIQUE 4% GRANDE BRETAGNE 3% AUTRES 9% 7.3 Les boissons alcoolisées IMPORTATIONS Importations de bières : Les importations de bières en provenance de 9 pays s’établissent à environ un peu plus de 300 millions de dinars sur une moyenne calculée pour la période 2009-2010. En 2009, 90% des importations provenaient de 4 pays: la France, les Pays-Bas, l’Italie et l’Espagne tandis qu’en 2010 ce classement se modifiait ainsi : France, Pays-Bas, Allemagne et Espagne. La France occupe nettement la première place sur les deux années considérées, avec plus de 50% des importations en 2010. 2009 2010 42% FRANCE 56% PAYS BAS 30% PAYS BAS 21% ITALIE ALLEMAGNE11% FRANCE 14% ESPAGNE 7% ESPAGNE 7% AUTRES 7% AUTRES 5% /51 Importations de vins : Les importations de vins en provenance de 17 pays en 2009 et de 14 en 2010 passent de 230 à 170 millions de dinars. L’Espagne et la France représentent 90% des importations de vins. Il s’agit en général de vins mousseux. 2009 2010 FRANCE 53% ESPAGNE 37% AUTRES 10% FRANCE 58% ESPAGNE 34% AUTRES 8% EXPORTATIONS Exportations de bières : Il est à noter qu’aucune exportation de bières n’est constatée. Exportations de vins : Les exportations de vins passent de 109 millions de dinars en 2009 à 105 en 2010, soit environ 8 fois plus que les importations. Le principal client est la France qui absorbe 90% des exportations en 2009 et 70% en 2010. Il est à noter que l’Espagne qui exporte du vin vers l’Algérie n’en importe pas en retour. En valeur, les exportations de vins représentent le second poste derrière celui des sodas. 7.4 Réglementation régissant le commerce extérieur CADRE GENERAL La réglementation régissant le commerce extérieur des boissons a évolué depuis 2005. Sur ce plan, trois aspects principaux méritent d’être signalés : Mode de paiement des importations : La principale évolution a été le fait de la Loi de finances complémentaire de 2009, imposant le CREDOC comme mode de paiement unique des importations et ce, pour l’ensemble des branches d’activités. Révision de l’Accord d’association Algérie-UE : La seconde évolution a trait à la révision du calendrier de démantèlement tarifaire pour les produits industriels et des concessions tarifaires relatives aux produits agricoles et agroalimentaires. Le nouveau calendrier du démantèlement tarifaire accorde un délai supplémentaire de 3 ans dans la mise en place de la zone de libre-échange (2020 au lieu de 2017) ainsi que le rétablissement ou le gel des taux de droits de douane pour 1.058 produits industriels couvrant un grand nombre de filières et branches industrielles. En outre, en application des dispositions des articles 11 et 16 de cet accord, l’Algérie a introduit une demande formelle pour la révision du démantèlement tarifaire pour les produits industriels ainsi que les concessions tarifaires pour les produits agricoles et agroalimentaires. Le compromis auquel sont parvenues les deux parties se présente ainsi : -révision des contingents tarifaires pour les produits agricoles ; -établissement d’un nouveau calendrier de démantèlement tarifaire couvrant 1058 produits industriels. Mise en vigueur de l’accord ZALE : La troisième évolution a trait à la convention de facilitation et de développement des échanges commerciaux entre les Etats arabes, signée en 1981 à Tunis. Cette convention qui a pour objectif l’établissement d’une Zone Arabe de Libre-Echange (ZALE) a été ratifiée par l’Algérie en 20041 et mise en vigueur le 1er janvier 2009. 1. Décret présidentiel du 03 Août 2004 52 / la filiere boissons EN Algerie 2012 Un texte plus récent (Décret exécutif n° 10-89 du 10 mars 2010) fixe les modalités de suivi des importations sous franchise des droits de douane, dans le cadre des accords de libre-échange. Il s’agit d’une franchise qui constitue en fait une licence statistique aux fins de suivi des importations, pour toute personne morale exerçant une activité de production et/ou commerciale qui doit au préalable en faire la demande. Les dispositions de la convention et son programme exécutif sont appliqués aux produits originaires et transportés directement entre les pays arabes pouvant être échangés sous un régime tarifaire préférentiel entre l’Algérie et les Etats arabes, à l’exception d’une liste de 384 produits exclus de l’avantage préférentiel pour des raisons religieuses, sanitaires sécuritaires et environnementales (dont les produits alcoolisés). D’autres listes regroupant 1.260 produits, dont ceux de l’industrie des BRSA, ont été définies. Ces produits sont exclus de la franchise des droits de douane à l’importation en Algérie. LES TARIFS DOUANIERS Les tarifs douaniers ont peu évolué depuis 2005. Les amendements de la Nomenclature, annexée à la Convention sur le Système Harmonisé, entrée en vigueur le 1er janvier 20122, maintiennent les dispositions de l’ordonnance du 20 août 2001 pour les boissons. La structure des tarifs douaniers est toujours structurée en trois paliers : 5%, 15%, et 30% pour les inputs et les produits finis3. Il y a lieu de signaler la suppression de la DAP (droit additionnel provisoire) en janvier 2006. 7.5 Problématique de la compétitivité La filière des boissons joue un rôle moyennement important dans les échanges commerciaux et dégage une balance commerciale contrastée : -bénéficiaire pour les BRSA ; -déficitaire pour les boissons alcoolisées. CAS DES BRSA Des efforts importants sont effectués dans les exportations de sodas et d’eaux embouteillées qui ont fortement progressé depuis 20034, faisant de ces produits le premier poste d’exportation des boissons devant les exportations de vin. Cette évolution atteste d’une compétitivité des prix et même de la qualité. Elle peut être considérée comme durable, en raison des gisements de productivité que recèlent les grandes entreprises. Elle reste cependant valable dans le cadre des tarifs douaniers en vigueur. Leur démantèlement dans le cadre de la ZALE peut constituer une menace. Le poids des taxes intérieures peut constituer un facteur de baisse de la compétitivité5. CAS DES BOISSONS ALCOOLISEES Les exportations des vins ont fortement régressé. De 779,7 MDA en 2003, elles sont passées à 105,4 MDA en 2010. La compétitivité du produit algérien se pose avec acuité. Cette baisse trouve son explication dans le nouveau contexte mondial caractérisé par la baisse de la consommation dans les marchés européens et l’arrivée de nouveaux producteurs (Chili, Australie, Afrique du Sud). Les marchés qui progressent (Asie) sont demandeurs de produits de qualité. Pour les produits bières, le produit local est compétitif par rapport aux produits européens, malgré le poids de la fiscalité. Les progrès réalisés dans la qualité et la réputation des marques (en franchise) ont amélioré la compétitivité du produit local. Les importations sont réalisées pour des qualités non disponibles sur le marché national ou de grande réputation mondiale. 2. www.douane.gov.dz 3. La structure est analysée par l’APAB (Analyse de la pression fiscale sur la filière boissons et élaboration d’un plaidoyer pour la défense des intérêts des industriels- produit : bière. 12 mai 2008). 4. Etude de 2005 5. Les taxes intérieures demeurent élevées, comparés à certains pays arables (cf. Etude APAB 2008, in www.apab-algerie.org. /53 54 / la filiere boissons EN Algerie 2012 ANALYSE ECONOMIQUE & FINANCIERE Forte concentration et grands investissements /55 8. ANALYSE ECONOMIQUE ET FINANCIERE 8.1 Note méthodologique L’analyse économique et financière de l’industrie des boissons a été menée sur la base des informations comptables suivantes : • informations contenues dans les questionnaires de l’enquête réalisée auprès des producteurs de boissons et ; • bilans des entreprises de l’industrie des boissons déposés auprès du CNRC et mis à disposition par l’APAB. L’unité de mesure utilisée pour cette analyse est le KDA = 1 000 DA. L’approche reprend celle développée par l’étude de 2005, mais de façon plus approfondie et sur un échantillon d’entreprises plus large. Un comparatif de cette étude avec celle effectuée en 2005 est donné en Annexe. TYPES D’ANALYSES La démarche méthodologique adoptée est l’approche de haut en Bas (Top-down). Trois niveaux d’analyse sont ainsi réalisés : • analyse globale au niveau branche de l’industrie des boissons ; • analyse au niveau des sous-branches : BRSA, boissons alcoolisées ; • analyse au niveau des sous-filières : -Pour les BRSA : sodas et eaux embouteillées, d’une part, et les jus, d’autre part. -Pour les boisson alcoolisées: bières. Cette segmentation est imposée par les données comptables de l’échantillon ANALYSE DE LA FILIERE Agrégats et ratios retenus : Les agrégats retenus pour l’analyse globale sont le CA (Chiffre d’Affaires) ; le RN (Résultat Net) et les investissements nets. Les ratios suivants sont calculés : Résultat net/chiffre d’affaires et Résultat net/investissements nets. Taille des échantillons : Pour 2009 : 52 entreprises, dont 48 entreprises de BRSA et 4 entreprises productrices de bières. Pour 2010 : 44 entreprises dont 39 de BRSA et 5 entreprises productrices de bière. Représentativité des échantillons : L’échantillon est composé des entreprises ayant déposé leur bilan, complété par un certain nombre de grandes entreprises. Le rapprochement avec les données des comptes de branches de l’ONS a montré que le chiffre d’affaires hors taxes (CAHT) consolidé de 2010 est très proche de la production brute (PB) de la branche. Cela autorise à dire que l’échantillon peut être considéré comme représentatif des entreprises les plus contributives de cette industrie. Comparabilité des résultats des analyses sur 2009 et sur 2010 : La taille des échantillons n’est pas la même, l’échantillon 2009 est plus important. Cependant, 19 entreprises sont communes aux 2 échantillons, soit 37% et 43% des échantillons respectifs pour les années 2009 et 2010. Ces entreprises représentent l’essentiel de l’activité de la filière, la comparaison des résultats des analyses pour les 2 années peut être faite sans grand risque de distorsion. ANALYSE DES SOUS-BRANCHES Agrégats et ratios retenus : • la production en valeur ; • le chiffre d’affaires ; • la valeur ajoutée ; • l’EBE ; 56 / la filiere boissons EN Algerie 2012 • le résultat d’exploitation ; • le résultat net ; • les investissements et les dotations aux amortissements. Ratios de performance retenus sont : • EBE/CA ; • la rentabilité commerciale : Résultat net /chiffre d’affaires : -la rentabilité économique : Rentabilité commerciale x taux de rotation du capital ; -rentabilité financière : Résultat net /fonds propres ; -ratios d’indépendance financière : R1 = Fonds propres/total bilan ; R2 = Dettes financières/fonds propres. Echantillons d’entreprises 2009 2010 BRSA 45 31 Jus 6 3 Sodas et eaux embouteillées 39 28 Boissons alcoolisées 2 3 Vins 0 0 Bières 2 3 8.2 Analyse des principaux agrégats (2009 et 2010) Les agrégats comparés de la filière montrent que : • les ventes augmentent de 7% ; • le résultat croît de 34% ; • le montant des investissements régresse en raison des amortissements sur 10 ans ; • le taux de marge nette (Résultat net/chiffre d’affaires) progresse de 24% ; • le taux de rendement des investissements (RN/INV) croît de 55%. La décomposition de ce tableau par sous-filières permet les appréciations suivantes : -les chiffres d’affaires dans les deux sous-filières progressent à taux comparables. -la stagnation des investissements nets dans la sous-filière boissons alcoolisées traduit un effort d’investissement puisqu’il annule l’effet des dotations aux amortissements. -le résultat net de la sous-filière BRSA progresse de 62% alors que celui de la sous-filière boissons ne progresse que de 19%. -la rentabilité commerciale (RN/CA) de la sous-filière BRSA est de 9% en 2010, en augmentation de 50% par rapport à 2009. Celui de la sous-filière boissons alcoolisées est de 10% pour 2010, en diminution par rapport à celui réalisé en 2009, soit près de 24%. -le taux de rendement des investissements de la sous-filière BRSA est de 14% en 2010 et le double de celui de 2009. Celui de la sous-filière boissons alcoolisées est de 16% en 2010, mais en régression de près de 20% par rapport à 2009. /57 - Le taux de rendement des investissements de la sous-filière BRSA est de 14% en Le taux de rendement des investissements de la sous-filière BRSA est de 14% en 2010 et le double de celui de 2009. Celui de la sous-filière Boissons alcoolisées est 2010 et le double de celui de 2009. Celui de la sous-filière Boissons alcoolisées est de 16% en 2010, mais en régression de près de 20% par rapport à 2009. de 16% en 2010, mais en régression de près de 20% par rapport à 2009. 8.3. 8.3. Répartition Répartition des des parts parts de de marché marché dans dans la la filière filière BRSA BRSA 8.3 Répartition des parts de marché dans la filière BRSA TAUX DE CONCENTRATION DU MARCHE TAUX DE CONCENTRATION DU MARCHE TAUX DE CONCENTRATION DU MARCHE La répartition des parts de marché dans la sous-filière BRSA sur les deux années peut s’illustrer ainsi : La répartition des parts de marché dans la sous-filière BRSA sur les deux années peut s’illustrer ainsi : La répartition des parts de marché dans la sous-filière BRSA sur les deux années peut s’illustrer ainsi : Parts deMARCHE marché BRSA PARTS DE BRSA 20102010 PARTS DE MARCHE BRSA 2010 100% 100% 80% 80% 60% 60% 40% 40% 20% 20% 0% 0% 1 1 2 2 3 3 4 4 5 5 6 6 7 7 8 8 9 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 PARTS DE BRSA 20092009 Parts deMARCHE marché BRSA PARTS DE MARCHE BRSA 2009 100% 100% 80% 80% 60% 60% 40% 40% 20% 20% 0% 0% 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45 46 47 48 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45 46 47 48 Abscisse : numéros d’identification des entreprises ; ordonnée : Fréquence cumulée en % Abscisse : Taux d’utilisation des capacités Abscisse : numéros d’identification des entreprises ; ordonnée : Fréquence cumulée en % Ordonnée : Code des entreprises ayant renseigné l’item Commentaire : Les répartitions montrent une très forte concentration du marché : Commentaire : Les répartitions montrent une très forte concentration du marché : - 23 entreprises (48% de l’échantillon) couvrent 99% des ventes. - 23 entreprises (48% de l’échantillon) couvrent 99% des ventes. - Les 8% des entreprises (soit 4une en 2009forte et 3 en 2010) représentent plus de 50% du chiffre Commentaire : montrent du marché : - 8% répartitions des entreprises (soit 4 en très 2009 et 3concentration en 2010) représentent plus de 50% du chiffre d’affaires réalisé dans le segment. d’affaires réalisé dans le segment. -23 entreprises (48% de l’échantillon) couvrent 99% des ventes. REPARTITION PAR SEGMENTS D’ACTIVITE PAR -8%REPARTITION des entreprises (soit 4 enSEGMENTS 2009 et 3 en D’ACTIVITE 2010) représentent plus de 50% du chiffre d’affaires réalisé dans le segment. Une analyse du chiffre d’affaires de BRSA par segment montre que le segment sodas et eaux Une analyse du chiffre d’affaires de BRSA par segment montre que le segment sodas et eaux embouteillées represente 90% du chiffre d’affaires de la sous-filière. embouteillées represente 90% du chiffre d’affaires de la sous-filière. REPARTITION PAR SEGMENTS D’ACTIVITE Une analyse du chiffre d’affaires de BRSA par segment montre que le segment sodas et eaux embouteillées represente 90% du chiffre d’affaires de la sous-filière. 8.4 Analyse données de 2009 de 2009 8.4. des Analyse des données ANALYSE DES GRANDS AGREGATS ECONOMIQUES ANALYSE DES GRANDS AGREGATS ECONOMIQUES La production : La production totale de l’échantillon est de l’ordre de 41 milliards de dinars. La production : La production totale de l’échantillon est de l’ordre de 41 Milliards de DA. PRODUCTIONCUMULEE CUMULEE 2009 2009 PRODUCTION 100% 90% 80% 70% 60% 50% 40% 30% 20% 10% 0% 33 62 5 34 64 47 4 3 38 63 46 32 9 58 41 10 8 44 11 52 40 31 42 30 43 26 60 12 35 53 29 48 39 17 56 57 50 27 54 24 14 59 25 45 15 61 Abscisse : numéros d’identification des entreprises. Oordonnée : Fréquence cumulée en % Abscisse : Numéros d’identification des entreprises. Ordonnée : Fréquence cumulée en % Commentaire : La filière est très concentrée : 24 entreprises (53% de l’échantillon analysé) réalisent plus de 99% de la production 13 entreprises (29% de l’échantillon analysé) réalisent plus de 90% de la production. Elles se répartissent comme suit - boissons 10 sont des entreprises 58 / la filiere EN Algerie 2012de sodas et eaux embouteillés, 2 sont des entreprises de production de jus 1 est une entreprise de Boissons alcoolisées 67% des entreprises de l’échantillon analysé réalisent chacune moins de 1% de la production N° entreprise Commentaire : La filière est très concentrée : • 24 entreprises (53% de l’échantillon analysé) réalisent plus de 99% de la production • 13 entreprises (29% de l’échantillon analysé) réalisent plus de 90% de la production. Elles se répartissent comme suit : -10 sont des entreprises de sodas et eaux embouteillées, -2 sont des entreprises de production de jus -1 est une entreprise de boissons alcoolisées • 67% des entreprises de l’échantillon analysé réalisent chacune moins de 1% de la production totale. • L a production stockée, de l’ordre de 300 millions de dinars, est très faible, caractéristique d’un secteur qui produit en flux tendu. Le chiffre d’affaires : Le chiffre d’affaires total en 2009 de l’échantillon analysé avoisine les 43 milliards de dinars. Les 2 milliards de dinars supplémentaires à la production proviennent de la revente de marchandises. Les parts de chiffre d’affaires cumulées peuvent être représentées, selon le graphe suivant : Lesde parts de chiffre d’affaires cumulées peuvent être représentées le graphe : Les parts chiffre d’affaires cumulées peuvent être représentées selon leselon graphe suivantsuivant : CHIFFRES D’AFFAIRES CUMULES CHIFFRES D’AFFAIRES CUMULES 20092009 CHIFFRES D’AFFAIRES CUMULES 2009 100% 100% 90% 90% 80% 80% 70% 70% 60% 60% 50% 50% 40% 40% 30% 30% 20% 20% 10% 10% 0% 0% 5 34 4 63 3 32 9 58 8 11 33 62 5 33 34 62 47 64 4 47 3 64 32 38 46 38 9 63 58 46 10 41 44 10 8 41 11 44 40 31 52 40 42 31 30 52 43 42 26 30 60 43 35 26 53 60 12 35 29 53 48 12 39 29 17 48 56 39 50 17 27 56 57 50 24 27 54 57 59 24 14 54 25 59 45 14 15 25 61 45 15 61 Abscisse : numéros d’identification des entreprises. Ordonnée : Fréquence cumulée Abscisse : numéros d’identification des entreprises. Ordonnée : Fréquence cumulée en % en % Abscisse : Numéros d’identification des entreprises. Ordonnée : Fréquence cumulée en % N° entreprise N° entrepriseN° entreprise Commentaire : L’examen du chiffre d’affaires confirme le caractère concentré de la en filière enet2009 et Commentaire : L’examen du chiffre d’affaires confirme le caractère concentré de la filière 2009 Commentaire : L’examen du chiffre d’affaires confirme le caractère concentré de la filière en 2009 et selon les selon les mêmes proportions. selon les mêmes proportions. mêmes proportions. La valeur ajoutée : La valeur en de 2009 de l’échantillon de l’ordre La valeur ajoutée : La valeur ajoutéeajoutée totale totale en 2009 l’échantillon analysé,analysé, est de est l’ordre de 13 de 13 La valeur Milliards ajoutée : La de valeur ajoutée totale end’affaires. 2009 de l’échantillon analysé est de l’ordre de 13 milliards de dinars, Milliards DA, soit du chiffre de DA, soit 30% du30% chiffre d’affaires. soit 30% du chiffre d’affaires. VALEURS AJOUTEES CUMULEES 20092009 VALEURS AJOUTEES CUMULEES VALEURS AJOUTEES CUMULEES 2009 100% 100% 90% 90% 80% 80% 70% 70% 60% 60% 50% 50% 40% 40% 30% 30% 20% 20% 10% 10% 0% 0% 62 33 5 62 34 33 64 54 343 64 32 458 347 32 46 58 38 47 63 469 38 10 638 941 10 31 852 41 11 31 40 52 44 11 43 40 26 44 30 43 60 26 12 30 53 60 42 12 57 53 29 42 39 57 35 29 48 39 54 35 56 48 17 54 50 56 25 17 14 50 59 25 45 14 24 59 15 45 27 24 61 15 27 61 Abscisse : numéros d’identification des Ordonnée : Fréquence cumulée en %. en %. Abscisse : Numéros d’identification desentreprises. entreprises. Ordonnée : Fréquence cumulée Abscisse : numéros d’identification des entreprises. Ordonnée : Fréquence cumulée en %. N° entrepriseN° entreprise Commentaire de la valeur ajoutée confirme le caractère concentré de la en filière enet2009 et Commentaire : L’examen de la valeur ajoutée confirme caractère concentré dedela la filière 2009 Commentaire : L’examen de: L’examen laproportions. valeur ajoutée confirme lelecaractère concentré filière en 2009 et selon les selon les mêmes selon les mêmes proportions. mêmes proportions. Le Résultat d’Exploitation : Le résultat d’exploitation en de 2009 de l’échantillon Le Résultat d’Exploitation : Le résultat d’exploitation en 2009 l’échantillon analyséanalysé est deest de de 3 milliards de dinars, du chiffre d’affaires. l’ordrel’ordre de 3 milliards de dinars, soit 7%soit du 7% chiffre d’affaires. /59 Le Résultat d’Exploitation : Le résultat d’exploitation en 2009 de l’échantillon analysé est de l’ordre de 3 milliards de dinars, soit 7% du chiffre d’affaires. -11 entreprises (24% de l’échantillon analysé) dégagent un résultat d’exploitation déficitaire ; -4 entreprises (8% de l’échantillon analysé) réalisent 100% du résultat d’exploitation total. Ce pourcentage est obtenu en raison de l’existence de résultats d’exploitation déficitaires ; -23 entreprises (50% de l’échantillon analysé) dégagent chacune un résultat d’exploitation inférieur à 1% du résultat total. Le résultat net : Le résultat net global de l’échantillon analysé est de l’ordre de 3 milliards de dinars, soit 7% du chiffre d’affaires.Il se repartit de la même manière que précédemment avec 2 entreprises supplémentaires au résultat net négatif. Les investissements bruts : Les investissements en 2009 de l’échantillon analysé représentent un montant de 64 milliards de dinars en valeur brute et 37 milliards en valeur nette avec un taux d’amortissement moyen cumulé de 42%, ce qui signifie qu’ils sont relativement récents. Répartition de l’investissement total brut : • 24 entreprises (53% de l’échantillon analysé) réalisent 99% du montant total des investissements ; • 12 entreprises (27% de l’échantillon analysé) réalisent 90% du montant total des investissements ; • 67% des entreprises de l’échantillon analysé réalisent chacune moins de 1% des investissements globaux. L’investissement total net d’amortissement : La même observation est à faire en matière d’investissement net puisque le même nombre d’entreprises réalisent des ratios identiques à ceux des investissements bruts. • 12 entreprises (27% de l’échantillon analysé) réalisent 90% de l’investissement total net, comme suit : -10 entreprises de sodas et eaux embouteillées ; -2 entreprises de production de boissons alcoolisées. Il y a lieu de noter, par ailleurs, que les taux d’amortissement cumulés de ces entreprises sont identiques, ce qui permettrait d’inférer que les investissements ont été réalisés à la même période. • Les équipements des entreprises de l’échantillon analysé sont récents : -28 entreprises (60% de l’échantillon analysé) ont des taux d’amortissements inferieurs à 50%, ce qui permettrait d’inférer que les équipements sont récents ; -8 entreprises (18% de l’échantillon analysé) ont des taux inférieurs à 20%, ce qui permettrait d’inférer que les équipements sont très récents pour cette catégorie ; -5 entreprises (10% de l’échantillon analysé) ont des investissements amortis à plus de 70%, ce qui permettrait d’inférer que les équipements sont relativement anciens. L’analyse du financement : Les ratios d’analyse du financement de l’échantillon pour 2009 sont les suivants : R1 Fonds propres /Total Bilan 50% R2 Endettement Financier Net /Fonds propres 14% R1 mesure l’indépendance financière de la filière, il est supérieur à 25%, ce qui dénote d’une bonne indépendance financière pour une activité industrielle. R2 mesure la capacité d’endettement, il est très inférieur à 150% et traduit donc une très forte capacité d’endettement financier de la filière. 60 / la filiere boissons EN Algerie 2012 ANALYSE DES RATIOS DE PERFORMANCE L’EBE/CA 8 entreprises ont des taux supérieurs à 30%. • 21 entreprises ont des taux d’EBE supérieur à 20% • 3 entreprises ont des taux négatifs. • La rentabilité commerciale La rentabilité commerciale ou taux de marge net est mesurée par le ratio résultat net sur chiffre d’affaires. L’analyse montre que : 8 entreprises (18% de l’échantillon analysé) présentent une rentabilité commerciale supérieure à 10%, ce qui dénote d’une bonne rentabilité commerciale. • 4 entreprises (9% de l’échantillon analysé) présentent une rentabilité commerciale supérieure à 7% • 5 entreprises (11% de l’échantillon analysé) présentent une rentabilité commerciale inférieure à 3% • 12 entreprises (27% de l’échantillon analysé) présentent une rentabilité négative. • La rentabilité économique • Rotation des actifs (degré de l’intensité de l’exploitation du potentiel existant) : -22 entreprises (49% de l’échantillon analysé) exploitent leurs installations à plus de 100% et 20 d’entre elles sont des entreprises de sodas et eaux embouteillées ; -9 entreprises (20% de l’échantillon analysé) exploitent leurs actifs économiques à plus de 50% ; -8 entreprises (18% de l’échantillon analysé) exploitent leurs installations à moins de 50%. • Rentabilité économique (taux de marge net * rotation des actifs) : -16 entreprises (36% de l’échantillon analysé) ont une rentabilité économique supérieure à 10% ; -18 entreprises (40% de l’échantillon analysé) ont des rentabilités économiques supérieures à 7% ; -Les entreprises du segment sodas et eaux embouteillées présentent les meilleurs rendements économiques. La rentabilité financière La rentabilité financière est analysée à travers le ratio retour sur fonds propres (Return on Equity) qui représente une mesure de l’attractivité de la filière d’un point de vue économique et financier : 1 1 entreprises (24% de l’échantillon analysé) ont des rentabilités financières de plus de 20%. Ce sont toutes des entreprises de sodas et eaux embouteillées ; • 17 entreprises (34% de l’échantillon analysé) ont des rentabilités financières supérieures à 10% ; • 20 entreprises (44% de l’échantillon analysé) ont des rentabilités financières supérieures à 7% ; • 10 entreprises (22% de l’échantillon analysé) ont des rentabilités inférieures à 3% ; • 9 entreprises (20% de l’échantillon analysé) ont des rentabilités financières négatives. • ANALYSE AU NIVEAU DES SOUS-FILIERES Une analyse comparative des agrégats et des performances peut être menée en classant les entreprises par nature d’activité. Les entreprises ont été classées en 3 segments : les entreprises de production de jus (6) ; les entreprises de sodas et eaux embouteillées (39) ; • les entreprises de production de bières (2). • • /61 Analyse Le chiffre d’affaires (C.A.): En matière de chiffre d’affaires, les entreprises de sodas et eaux embouteillées dominent la filière, et le chiffre d’affaires bières est légèrement supérieur à celui des jus compte tenu notamment du facteur prix : VENTILATION DU CHIFFRE D’AFFAIRES Sodas+eau 79% Bières 11% Jus 10% Rapporté au nombre d’entreprises, on constate que le chiffre d’affaires moyen réalisé dans la production de bières est de plus du double que celui de la moyenne de la filière. Il est suivi de près par celui réalisé dans les entreprises de sodas et eaux embouteillées. La valeur ajoutée : La répartition de la valeur ajoutée est identique à celle du chiffre d’affaires. REPARTITION DE LA VALEUR AJOUTEE Sodas+eau Bières Jus 77% 14% 9% Rapporté au nombre d’entreprises on constate que la valeur ajoutée moyenne réalisée dans la production de bières est de plus du triple de la moyenne de la filière, suivie, pour moitié, par celle réalisée dans les entreprises de sodas et eaux embouteillées. Les valeurs ajoutées réalisées dans les jus sont relativement faibles en raison notamment de la cherté des intrants. 62 / la filiere boissons EN Algerie 2012 L’Excédent Brut d’Exploitation (EBE): les entreprises de sodas et eaux embouteillées dominent la filière et l’Excédent Brut d’Exploitation bières est très inférieur en importance à celui des jus. REPARTITION DE L’EBE Sodas+eau Bières Jus 92% 1% 7% Rapporté au nombre d’entreprises, on constate le très faible EBE réalisé dans les bières qui est à rapporter à l’importance des investissements dans cette filière (voir plus bas B6). Le résultat d’exploitation (REX) : Les entreprises de sodas et eaux embouteillées dominent la filière et le résultat d’exploitation consolidé des bières est négatif. Rapporté au nombre d’entreprises, on constate que le REX moyen réalisé dans les entreprises de sodas et eaux embouteillées est supérieur à la moyenne de la filière et que le REX moyen réalisé dans les bières est négatif. Le résultat net (RN) : Les entreprises de sodas et eaux embouteillées dominent la filière et le résultat net des entreprises de bières est très supérieur à celui des jus en raison de produits hors exploitation important. REPARTITION DU RESULTAT NET Sodas+eau 76% Bières 20% Jus 4% Rapporté au nombre d’entreprises, on constate que le résultat net moyen réalisé dans la production de bières est de plus de quatre fois celui de la moyenne de la filière et que les résultats réalisés dans les jus sont relativement faibles. /63 Les investissements bruts : En matière d’investissements cumulés, les entreprises de sodas et eaux embouteillées dominent largement la filière : REPARTITION DES INVESTISSEMENTS B 6 Les investissements bruts : En matière d’investissements cumulés les entreprises de sodas et eaux embouteillés dominent largement la filière : REPARTITION DES INVESTISSEMENTS Bières; 18% Jus; 5% Sodas+eau 76% Bières 18% Jus 5% Sodas+Eaux; 76% En termes de volumes moyens, on constate que les investissements effectués dans les usines de bières sont plus de quatre fois supérieurs à ceux de la moyenne de la filière, suivis de loin par ceux En termes de volumes on constate que les investissements effectués dans les usines de bières sont plus des entreprises de moyens, sodas et eaux embouteillées. de quatre fois supérieurs à ceux de la moyenne de la filière, suivis de loin par ceux des entreprises de sodas et eaux embouteillées. B 7 L’analyse du financement par segment : Les ratios de financement montent que chaque segment de la filière est très peu endetté financièrement, le financement du développement se faisant donc, en grandedu partie, sur fonds propres. L’analyse financement par segment : Les ratios de financement montrent que chaque segment de la filière est très peu endetté financièrement, le financement du développement se faisant donc, en grande partie, sur fonds propres. 8.5. Analyse des données 2010 LES GRANDS ECONOMIQUES 8.5 Analyse des AGREGATS données 2010 LES GRANDS AGREGATS ECONOMIQUES Le chiffre d’affaires : Le chiffre d’affaires total est de l’ordre de 42 Milliards de DA. Les parts de chiffre d’affaires cumulées être représentées selon suivant qui illustre la très forte d’affaires Le chiffre d’affaires : Le chiffrepeuvent d’affaires total est de l’ordre de le 42graphe milliards de dinars. Les parts de chiffre concentration du secteur. cumulées peuvent être représentées selon le graphe suivant qui illustre la très forte concentration du secteur. CHIFFRE D’AFFAIRES CUMULE 2010 CHIFFRE D’AFFAIRES CUMULE 2010 100% 90% 80% 70% 60% 50% 40% 30% 20% 10% N° entreprise 0% 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 Abscisse : numéros d’identification des entreprises ; ordonnée : Fréquence cumulée en % Abscisse : Numéros d’identification des entreprises ; Ordonnée : Fréquence cumulée en % Ceci montre la concentration estplus encore plus prononcée qu’en 2009 puisque (contre 17 Ceci montre que la que concentration est encore prononcée qu’en 2009 puisque 17 entreprises 24 en entreprises (contre 24 en 2009) réalisent à elles seules plus de 99% du chiffre d’affaires total dont 9 2009) réalisent à elles seules plus de 99% du chiffre d’affaires total dont 9 (contre 13 précédemment) en réalisent plus (contre de 90%.13 précédemment) en réalisent plus de 90%. 64 / la filiere boissons EN Algerie 2012 La valeur ajoutée : La valeur ajoutée dégagée est de 13 milliards de dinars, avec 3 entreprises qui dégagent des valeurs ajoutées négatives. VALEUR AJOUTEE CUMULEE 2010 Abscisse : Numéros d’identification des entreprises. Ordonnée : Fréquence cumulée en % La concentration est ici aussi encore plus prononcée qu’en 2009 dans des proportions pratiquement similaires à celles constatées sur les chiffres d’affaires. L’excédent brut d’exploitation : Il est de l’ordre de 9 milliards de dinars, soit 21% du chiffre d’affaires. • 20% de l’effectif des entreprises analysées soit 7 entreprises réalisent plus de 90% de l’excédent brut d’exploitation total ; • 8 entreprises ont des EBE négatifs. Le résultat d’exploitation : Le résultat d’exploitation est de l’ordre de 5 milliards de dinars, soit 11% du chiffre d’affaires. • 2 6% de l’effectif des entreprises analysées (9) réalisent 100% du résultat d’exploitation total. Ce pourcentage est obtenu en raison de l’existence de résultats d’exploitation déficitaires ; • 26% d’entre elles, soit 9 entreprises, dégagent un résultat d’exploitation déficitaire ; • 50% d’entre elles, soit 23 entreprises, dégagent, chacune, un résultat d’exploitation inférieur à 1% du résultat total. Le résultat net : La ventilation de ces résultats est pratiquement identique à celle de 2009 puisque : • 17% de l’effectif des entreprises analysées (6) réalisent 100% du résultat net total ; • 29% d’entre elles, soit 10 entreprises, dégagent un résultat net déficitaire ; • 50% d’entre elles, soit 20 entreprises, dégagent chacune un résultat net inférieur à 1% du résultat total. L’analyse du financement : Les ratios d’analyse du financement de l’échantillon pour 2010 sont les suivants : R1 Fonds propres /Total Bilan 53% R2 Endettement Financier Net /Fonds propres 7% Commentaire : • R1 est supérieur à 25%, ce qui dénote d’une bonne indépendance financière pour une activité industrielle ; • R2 est très inférieur à 150% et traduit donc une très forte capacité d’endettement financier de la filière. /65 LES RATIOS DE PERFORMANCE L’EBE/CA : • 7 entreprises ont des taux d’EBE supérieur à 20%, ce qui est très appréciable. • 8 entreprises ont des taux négatifs. La rentabilité commerciale : Cette rentabilité, mesurée par le ratio résultat net sur chiffre d’affaires, classée par ordre décroissant, se présente comme suit : • 7 entreprises ont des taux de marges supérieures à 10%, ce qui atteste d’une bonne rentabilité commerciale ; • 4 entreprises ont une rentabilité supérieure à 7%, ce qui reste admissible ; • 5 entreprises ont une rentabilité particulièrement médiocre puisqu’inférieure à 3% et on constate même des rentabilités commerciales négatives, soit des pertes, pour 10 entreprises. La rentabilité financière : Le retour sur fonds propres (Return On Equity) mesuré par le ratio résultat net sur fonds propres présente une distribution pratiquement identique, en proportions à celle de 2009 : 19 entreprises (20 en 2009) ont des ROE supérieurs à 7%, dont 15 (pour 17 en 2009) supérieurs à 10%; • 7 entreprises (10 en 2009) ne sont pas suffisamment rentables et 4 (contre 9 en 2009) ne le sont pas du tout ; • les meilleurs taux, qui se situent à plus de 20%, sont réalisés par 8 entreprises de sodas et eaux embouteillées (11 en 2009). • ANALYSE PAR DOMAINE D’ACTIVITE Les entreprises ont été classées en 3 segments : les entreprises de production de jus (3) ; • les entreprises de production de bières (3) ; • les entreprises de sodas et eaux embouteillées (28). • Analyse Le chiffre d’affaires : La tendance de 2009 se confirme et les entreprises de sodas et eaux embouteillées dominent la filière, suivies par les entreprises de production de bières. REPARTITION DU CHIFFRE D’AFFAIRES Jus 10% Bières 14% Sodas+Eaux 76% En termes de chiffres d’affaires moyens, on constate un recul des entreprises de production de bières au profit des autres types d’entreprises de production de la filière et, notamment, par rapport à celui des entreprises de production de jus qui est une fois et demie supérieur au chiffre d’affaires moyen de la filière. 66 / la filiere boissons EN Algerie 2012 La valeur ajoutée : La tendance de 2009 se confirme et les entreprises de sodas et eaux embouteillées dominent la filière, suivies par les entreprises de production de bière : REPARTITION DE LA VALEUR AJOUTEE Jus Bières 8% 18% Sodas+Eaux 72% En termes de valeurs ajoutées moyennes, la répartition est quasiment identique à celles des chiffres d’affaires. L’excédent brut d’exploitation : Les entreprises de sodas et eaux embouteillées dominent la filière. Une analyse des EBE moyens montre que l’EBE moyen réalisé dans les bières est du plus du double de celui de la moyenne de la filière, alors que celui réalisé par les entreprises de sodas, d’eaux embouteillées et de jus est inférieur à cette moyenne. REPARTITION DE L’EBE Jus Bières 7% 20% Sodas+Eaux 72% Le résultat d’exploitation : Les entreprises de sodas et eaux embouteillées dominent ici aussi la filière : REPARTITION DU REX Jus Bières 8% 14% Sodas+Eaux 78% /67 En termes de résultats d’exploitation moyens, la répartition est quasiment identique à celles des chiffres d’affaires. Le résultat net : La tendance de 2009 se confirme et les entreprises de sodas et eaux embouteillées dominent la filière, suivies par les entreprises de production de bière : REPARTITION DU RESULTAT NET Jus Bières 6 16 Sodas+Eaux 78 Rapporté au nombre d’entreprises, on constate, par rapport à 2009, une amélioration du résultat net des entreprises de jus, une stabilité de celui des entreprises de sodas et eaux embouteillées et un recul de celui des entreprises de bières. L’analyse du financement par segment : Comme en 2009, l’endettement reste faible et les investissements se font toujours sur fonds propres. 8.6 Synthèse de l’analyse L’analyse économique et financière nous permet de tirer les conclusions suivantes : ANALYSE ECONOMIQUE ET FINANCIERE / PRINCIPALES CARACTERISTIQUES DE LA FILIERE FORTE CONCENTRATION La filière est fortement concentrée avec une vingtaine d’opérateurs qui représentent 99% du marché. CAPITALISTIQUE Volumes d’investissements importants et récents chez les acteurs dominants qui représentent 90% des investissements de la filière. EXPLOITATION DES ACTIFS Des réserves de productivité existent encore chez les grands acteurs de la filière. RENTABILITE Rentabilité intéressante pour les entreprises de production de sodas et eaux minérales suivies par celles produisant les jus et les bières. 68 / la filiere boissons EN Algerie 2012 ENVIRONNEMENT NATIONAL De nombreuses contraintes /69 9. ENVIRONNEMENT NATIONAL DE L’INDUSTRIE DES BOISSONS L’ouverture de l’économie nationale dans les années quatre-vingt-dix a eu des conséquences importantes sur l’industrie des boissons. Elle a permis un développement prodigieux de l’investissement privé et a entraîné la disparition du secteur public, l’exception de l’ONCV pour la filière vitivinicole. Les réformes structurelles ont aussi entraîné l’ouverture du commerce extérieur. Dans le prolongement de ces réformes, l’Algérie a signé des accords de libre-échange avec l’Union européenne et la Zone de Libre-échange Arabe. Cependant, cette ouverture ne s’est pas accompagnée d’une mise à niveau de l’administration. C’est le cas, en particulier, des administrations des douanes, des impôts et du commerce. Le système bancaire public accuse, lui aussi, un retard par rapport à la dynamique des investissements. Une des conséquences néfastes de ce déséquilibre dans les réformes est le développement de l’économie informelle. 9.1 Principaux partenaires institutionnels Il existe un nombre important de partenaires institutionnels dont une liste non exhaustive est portée en Annexe. Nous nous sommes attachés ici aux types de financements et dispositifs d’aide dont le recensement économique permet de donner un aperçu : • Emprunts bancaires : le recours par les entreprises aux emprunts bancaires n’est pas une pratique courante. Un nombre très limité d’entreprises déclarent utiliser les emprunts bancaires comme principale source de leur financement ; • Autofinancement : la réponse à cette modalité s’impose puisque plus de 88% des entreprises, tous secteurs confondus, déclarent s’autofinancer. • S ubventions de l’Etat : les subventions de l’Etat sont limitées et concernent essentiellement les entreprises publiques. • Dispositifs d’aide à la création de l’entreprise (ANSEJ, CNAC, ANGEM) et à la mise à niveau existent mais demeurent timides. Le financement bancaire reste limité. Il ne joue pas encore le rôle moteur attendu de lui pour le développement industriel. 9.2 Contrôle de la distribution des produits alimentaires FAIBLESSE DU CONTROLE Le système de distribution des produits représente une forte contrainte pour les producteurs qui se retrouvent dépendants de distributeurs-grossistes qui pratiquent des ventes sans factures. Ce maillon est caractérisé par une grande opacité empêchant la collecte et la remontée des informations. Par ailleurs, il arrive que des grossistes imposent leur diktat sur le marché et, notamment, sur les prix. Cette dépendance est évidemment nuisible pour les producteurs. Le dysfonctionnement du système de distribution entraîne des dérives au niveau de la distribution de détail, permettant l’écoulement de produits sans respect des conditions d’hygiène. Ce dysfonctionnement favorise également des pratiques de contrefaçon sur les marques. La dérive de la faiblesse des contrôles touche aussi des produits d’importation (sans facturation, ni délais de péremption), bien que ces malversations soient en baisse. Notons que le contrôle incombe à plusieurs administrations : services du Ministère du Commerce, douanes et administration des impôts. 70 / la filiere boissons EN Algerie 2012 AMELIORATION DU CONTROLE DE LA QUALITE Le contrôle de la qualité des produits est primordial pour les produits alimentaires. Dans ce domaine, un effort est réalisé par les services du Ministère du Commerce. Les contrôles effectués sont de deux types : les contrôles physico-chimiques et les contrôles microbiologiques. Un bilan pour l’année 2011 a été arrêté par le Ministère du Commerce. Au cours de cette année, sur 251.403 interventions des services de contrôle à travers le territoire national, 4,4% d’entre elles (soit 11.025 interventions) se sont effectuées dans le secteur des boissons et eaux embouteillées. La majeure partie des contrôles se sont exercés au niveau du commerce de détail (75%), de la production (14%) et du commerce de gros (9%), les services (3%) venant loin derrière. Il en ressort une forte diminution des cas de nonconformité par rapport aux années passées. En effet, ce bilan a établi que 85% en moyenne des contrôles ont révélé des situations conformes aux normes. Cependant, des cas de non-conformité persitent et constituent une préoccupation pour la santé publique. Des infractions sont constatées, portant sur le défaut d’hygiène et la mise en vente de produits impropres à la consommation. 89% des infractions constatées font l’objet de procès-verbaux, le reste débouchant sur des avertissements. Part des défauts de conformité Selon les producteurs rencontrés, les produits sont, le plus souvent, très mal conservés au niveau des commerces de détail, en particulier durant la période des grandes chaleurs (boissons en PET exposées en plein soleil par exemple). Les entreprises réclament, par ailleurs, une intensification des contrôles au niveau des lieux de production, de manière à lutter contre la concurrence de l’informel. LE SECTEUR INFORMEL Le secteur informel est devenu une préoccupation sérieuse pour les producteurs. Il entrave la concurrence et porte atteinte à la santé des consommateurs. Des pratiques informelles sont régulièrement constatées par les producteurs et portées à l’opinion publique. Les pouvoirs publics reconnaissent l’existence du phénomène mais estiment qu’un effort important de contrôle et de répression est réalisé à son encontre. La contribution des producteurs et de l’association APAB est saluée comme un exemple de concertation avec les services du Ministère du Commerce. Il est toujours difficile de situer l’importance du secteur informel mais un faisceau d’indices permet d’en situer les contours : • pratiques d’imitation de marques ou de conditionnement constatées et, parfois, portées en justice ; • mises sur le marché de produits sans étiquetage ; • préparations de « cherbet » (citronnades traditionnelles) sans respect des règles d’hygiène ; • sous-facturation parfois pratiquée par des distributeurs de gros ; • distribution de produits hors magasins, souvent à même les trottoirs, sans respect des conditions d’hygiène. /71 Bien que combattue par les services des contrôles, cette dernière forme de manifestation des pratiques informelles prend une ampleur particulière durant la période estivale, notamment sur les sites balnéaires, et pendant le mois de Ramadhan dans toutes les régions et agglomérations. L’approche par la répression s’avère insuffisante sans une action de communication et de sensibilisation de la population. Un projet est initié dans ce sens par l’APAB, pour la création d’une marque collective afin d’inciter les consommateurs à la plus grande vigilance sur la sécurité alimentaire des boissons. Politique fiscale La politique des taxes liées à l’industrie des boissons est considérée comme contraignante et ne favorisant pas la compétitivité de cette industrie. L’APAB a réalisé des études pour mesurer l’impact de ces taxes. Elles ont porté sur les boissons gazeuses, les eaux embouteillées et la bière. La nature et la multiplicité de ces taxes exercent une pression élevée sur les entreprises de la filière. Cependant, si elles ne génèrent aucun impact négatif sur la consommation, le projet d’une nouvelle taxe sur les boissons, introduit par le Ministère de la Santé, semble mal venu et pourrait infléchir la demande. Dispositif fiscal lié à quelques sous-filières Fiscalité générale des entreprises Types de taxe Taux Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) 17% du CAHT Taxe sur l’Activité Professionnelle (TAP) 2% du CAHT Impôt sur le Bénéfice des Sociétés (IBS) 25% du bénéfice imposable Charges patronales 26% de la MS Taxe sur la formation et l’apprentissage professionnel 2% de la MS Fiscalité spécifique Eau à la sous-filière BG Environnement 25DA/m3 1 DA (bouteille en PET) ½ DA (bouteille en verre) Fiscalité spécifique Taxe domaniale à la sous-filière Eau Eau Environnement 5% du prix de vente sur chaque bouteille expédiée des ateliers d’emballage Redevance de 2 dinars/litre au profit du « Fond National de l’Eau Potable » 1 DA par kg de plastique et de 0,5 Da par kg de verre 9.3 Dispositifs de mise à niveau des entreprises La politique de mise à niveau des entreprises a, pour la première fois, été mise en œuvre par l’UE à la faveur de l’adhésion de l’Espagne, du Portugal et de la Grèce. Elle est née du souci d’aider les entreprises à subir le choc du démantèlement et à supporter celui de la baisse des prix des produits importés. Elle est considérée comme un instrument d’accompagnement de l’ouverture de l’économie dans le cadre des réformes structurelles. Cette politique s’est, par la suite, généralisée pour toucher les pays du sud de la Méditerranée ayant adhéré à la zone de libre-échange euro-méditerranéenne avec des programmes qui combinent des actions matérielles d’optimisation de la productivité et des actions immatérielles pour l’amélioration de la gestion de l’entreprise. L’Algérie a mis en œuvre plusieurs programmes de mise à niveau : celui du Ministère de l’industrie ainsi que celui appuyé par la Commission européenne (EDPME) avec, comme bénéficiaire, le Ministère de la Petite et Moyenne Entreprise et de l’Artisanat. 72 / la filiere boissons EN Algerie 2012 Deux programmes sont en cours actuellement. Le premier, dit « Plan National de Mise à Niveau », est financé par le gouvernement algérien et sa mise en œuvre a été confiée à l’Agence Nationale du Développement de la PME (ANDPME). Le second, dit « PME II », est réalisé avec le concours de l’UE. Certains organismes de coopération, tels que la GIZ allemande ou l’ONUDI, proposent également leurs propres appuis. Un autre programme, dit de « diversification de l’économie » (DEVICO), concerne aussi l’industrie agroalimentaire et a inscrit dans ses objectifs la création d’un centre technique et un appui à l’organisation professionnelle. Ces programmes devraient permettre une mise à niveau tant des entreprises que des institutions. Cet objectif est d’autant plus important que l’environnement de l’entreprise algérienne demeure une source de surcoûts qui diminue la compétitivité. L’amélioration de la qualité de l’environnement pourrait contribuer à réduire les coûts unitaires. 9.4 Les aides de l’Etat Les aides de l’Etat sont communes à l’ensemble des secteurs d’activité et il n’existe pas d’aide spécifiquement consacrée à la filière. Les aides existantes sont les suivantes : AVANTAGES FISCAUX DU REGIME GENERAL Ils sont accordés au titre de la réalisation de l’investissement et de son exploitation. Au titre de la réalisation de l’investissement, ces avantages sont de trois ordres : • e xonération en matière de droit de douane et franchise de la valeur ajoutée pour les équipements importés entrant directement dans la réalisation de l’investissement (la franchise de TVA est accordée sous réserve d’absence de production locale du même type); • e xemption du droit de mutation à titre onéreux pour toutes les acquisitions immobilières effectuées dans le cadre de l’investissement. • Au titre de l’exploitation de l’investissement, les avantages consistent en exonérations : • de l’impôt sur le bénéfice des sociétés (IBS), • de la taxe sur l’activité professionnelle (TAP). Ces exonérations portent sur des durées maximales de 1 à 3 ans pouvant être portées de 3 à 5 ans pour les investissements créant plus de 100 emplois au démarrage de l’activité. AVANTAGES FISCAUX DU REGIME DEROGATOIRE Ils sont accordés aux projets situés dans des zones dont le développement nécessite un appui de l’Etat ou pour des projets présentant un intérêt particulier (environnement, développement durable, etc.), au titre de la réalisation de l’investissement et de son exploitation et sont relativement attractifs (une liste de ces avantages est portée en Annexe). Le bénéfice de ces avantages pour les projets d’un montant inférieur à 500 millions de dinars est accordé après étude du dossier de création et se matérialise par une décision d’octroi de l’ANDI (Agence Nationale de Développement de l’Investissement), établissement public à caractère administratif (EPA), placé sous la tutelle du Mnistre de l’Industrie, de la Petite et Moyenne Entreprise et de la Promotion des investissements. L’avis favorable du CNI (Conseil Nationale de l’Investissement) est obligatoire pour les investissements d’un montant supérieur au plafond pré-indiqué. Le CNI, en tant qu’organe créé auprès du Ministre de l’Industrie, de la Petite et Moyenne Entreprise et de la Promotion des investissements, est placé sous l’autorité du Chef du Gouvernement qui en assure la présidence. /73 L’APPUI FINANCIER A L’INVESTISSEMENT Cet appui a été institué avec la création du FGAR (Fonds de Garantie des Crédits aux PME), placé sous la tutelle du Ministre de l’Industrie, de la Petite et Moyenne Entreprise et de la Promotion des Investissements. Il vise à faciliter l’accès aux financements bancaires à moyen terme, en accordant des garanties de crédits aux banques commerciales. L’APPUI AU FONCIER (ACCES AU DOMAINE PRIVE DE L’ETAT) L’accès au foncier industriel demeure toujours un handicap à l’investissement pour l’extension comme pour la création de nouvelles capacités. Des règles visant à la facilitation de l’accès au foncier industriel ont été mises en place avec la création de l’ANIREF (Agence Nationale d’intermédiation et de régulation foncière) et du CALPIREF (Comité d’assistance à la localisation et à la promotion des investissements et de régulation du foncier). L’ANIREF a, en particulier, la qualité de promoteur foncier de zone industrielle avec l’acquisition de terrains qu’elle aménage et lotit avant de les rétrocéder aux investisseurs sous forme de concession uniquement. Cette possibilité nécessite une proposition du Calpiref, puis un accord du ministère et, enfin, un arrêté du Wali. La contrainte d’accès au foncier devrait trouver une solution adéquate grâce au programme de réalisation des 42 zones industrielles, projet en cours de réalisation par l’Agence Nationale d’intermédiation et de régulation du foncier (ANIREF). L’APPUI A LA MISE A NIVEAU Il se fait pour les entreprises éligibles à partir des différents programmes nationaux (ANDPME) ou internationaux (UE, GIZ, etc.). 74 / la filiere boissons EN Algerie 2012 POSITIONNEMENT STRATEGIQUE Le rôle crucial de l’innovation /75 10. ANALYSE DU POSITIONNEMENT STRATEGIQUE L’analyse9. de l’environnement l’industrie des boissons est essentielle pour dégager les tendances lourdes de cette ANALYSEdeDU POSITIONNEMENT STRATEGIQUE industrie afin d’imaginer des scenarii d’évolution. L’analyse de l’environnement de l’Industrie des boissons est essentielle pour dégager les tendances Comme lourdes pour l’étude de 2005, trois approches sont des utilisées : de cette industrie afin d’imaginer scenarii d’évolution. • Comme pour l’étude de 2005, trois sont comparables, utilisées : l’analyse Benchmark International avecapproches quelques pays pour situer le degré de développement L’analyse benchmark international avec quelques pays comparables, pour situer le degré de de l’industrie algérienne, développement de l’industrie algérienne, • l’analyse pourSWOT, déterminer lesdéterminer forces et lesles faiblesses les menaces les les opportunités, SWOT, L’analyse pour forces ainsi et lesque faiblesses ainsi etque menaces et les • l’analyse le modèle Porter pour sources des avantages de l’industrie nationale. par L’analyse pardeleM. modèle de M.analyser Porter,les pour analyser les sourcescompétitifs des avantages compétitifs de opportunités, l’industrie nationale. 10.1 Benchmark International 10. I. Benchmark international Le Benchmark est une approche de comparaison qui consiste à choisir des entreprises ou des pays de référence qui vont servir à préconiser des améliorations. La démarche peut être efficace, mais elle est exigeante en informations Le benchmark estdeune approche de comparaison qui consiste à choisir des entreprises ou des pays sur l’entreprise ou le pays référence. de référence qui vont servir à préconiser des améliorations. La démarche peut être efficace, mais elle est exigeante en informations sur l’entreprise ou le pays de référence. Trois domaines d’informations sont privilégiés : Trois domaines d’informations sont privilégiés : • tendances du marché ; Tendances du marché ; Développement et des technologies ; • développement de l’offre etde desl’offre technologies ; Performances économiques et financières. • performances économiques et financières. La comparaison internationale de la consommation est empruntée à la publication du cabinet La comparaison internationale de 1laquiconsommation est algérien empruntée la publication du cabinetmondiales. Euromonitor Euromonitor International situe le marché et leà compare aux tendances 1 Selon qui cette étude, le marché algérien BRSA aux est tendances un marché mondiales. croissant qui diffère la tendance situe le marché algérien et ledes compare Selon cettedeétude, le marché International sur le même rythme croissance que ceux dupositionne Maroc, desur la Tunisie de algérien mondiale des BRSA et estse unpositionne marché croissant qui diffère de ladetendance mondiale et se le mêmeetrythme l’Egypte. Pour les boissons gazeuses, l’Algérie se positionne comme valeur médiane, par rapport à de croissance que ceux du Maroc, de la Tunisie et de l’Egypte. Pour les boissons gazeuses, l’Algérie se positionne d’autres pays. comme valeur médiane par rapport à d’autres pays. En d’autres de la des moitié du ont globeune onttaille une de taillemarché de marché inférieure à cette En d’autres termes, termes, près de près la moitié paysdesdupays globe inférieure à cette position position médiane ; Concernant la consommation par habitant, 20% des autres pays ont une médiane. Concernant la consommation par habitant, 20% des autres pays ont une consommation inférieure à 53,6 consommation inférieure à 53,6 litres. De même, le marché algérien des boissons compte parmi les litres. De9% même, le marché algérien une des croissance boissons compte parmi les 9% de pays qui enregistrent une croissance de pays qui enregistrent supérieure à 7,8%. supérieure à 7,8%. Niveau de consommation en 1099 L Niveau de consommation en 10 L 2,5 2 1,5 1 0,5 0 Boissons gazeuses Eau embouteillée Algérie Maroc Jus de fruits Egypte 1 Euromonitor international est considéré comme un leader mondial dans la recherche sur la stratégie pour les Ces statistiques ont l’avantage du Benchmark, bien que les estimations pour le marché algérien paraissent surfaites. marchés de consommation. Les évaluations réalisées par l’étude de 2005 et son actualisation, situent le niveau de consommation en Algérie à 55.3 l/hab./an pour 2008 et à 57.4 L/hab./an pour 2011. 1. Euromonitor International est considéré comme un leader mondial dans la recherche sur la stratégie pour les marchés de consommation. 76 / la filiere boissons EN Algerie 2012 Il est difficile d’apporter une appréciation sur les estimations du cabinet international précité du fait de la non publication de la méthodologie utilisée. Plusieurs producteurs rencontrés doutent de ces estimations et les trouvent parfois très contestables. DEVELOPPEMENT DE L’OFFRE ET DES TECHNOLOGIES ITEM ALGERIE TENDANCE MONDIALE Sodas Limonades et autres boissons gazeuses, Carbonatés Identique Eaux embouteillées Eau minérale (5 l, 1,5 l, 0,33 l) conditionnement avion Identique + eau de table OFFRE DE PRODUITS Eau minérale gazéifiée (5l, 1,5l, 0,33l) conditionnement avion Eau de source (5 l, 1,5 l, 0,33 l) conditionnement format avion Eaux aromatisées ou fruitées Forte diversification Gamme plus resserrée sur les grandes marques internationales Jus Gamme diversifiée Gamme plus étendue Purs jus Produits de terroir (France, Tunisie etc.) Bière Produit de qualité maïs de base Produit de qualité et produit de terroir Vins Qualité instable Produit de qualité et de terroir Eaux embouteillées PET dominant suivi du verre PET et verre pour la restauration Sodas Verre, PET, cannette Identique Eau x aromatisés et fruitées PET dominant suivi du verre Identique et tendance gobelet grand format en carton Jus Carton, PET, verre Carton, verre Bières Verre jetable, cannette Verre jetable, tonneaux pour pression, cannette Vins Verre, carton Verre, carton Aux normes internationales utilisant des technologies modernes pour les grandes entreprises et obsolètes pour les petites. Aux normes internationales avec des standards élevés de qualité production (normes 22 000) et un très grand degré d’automatisation. CONDITIONNEMENT TECHNOLOGIE Toutes filières PERFORMANCES ECONOMIQUES Le Benchmark réalisé à partir des entreprises françaises montre que les ratios sont beaucoup plus favorables pour les entreprises algériennes en ce qui concerne les taux de valeurs ajoutées et les taux de marge d’exploitation, notamment en raison des consommations intermédiaires moins coûteuses (eau, énergie, services, etc.), à l’exception des entreprises de production de bières qui présentent, dans l’échantillon analysé, des résultats d’exploitation déficitaires pour 2009. L’avantage comparatif reste donc à l’Algérie, qui a d’ailleurs vu, ces dernières années, l’implantation d’un nombre important de sociétés multinationales dans cette filière. /77 10.2 Tableau SWOT par filière L’approche SWOT est largement utilisée dans l’analyse stratégique d’une entreprise ou d’une industrie. Elle combine l’analyse de l’environnement interne, traduit en forces et faiblesses, et l’analyse de l’environnement externe, traduit en menaces et opportunités. Tableau SWOT FORCES FAIBLESSES OPPORTUNITES MENACES • Taille du marché • Concurrence déloyale • Taille et croissance du marché • Insuffisance de contrôle. • Bonne rentabilité • Prolifération des marques • Pyramide des âges favorable • F luctuation du prix du sucre • Coûts des inputs d’origine nationale • Contrôle encore insuffisant • Possibilité d’exportation • Fortes taxations • Coût de la main-d’œuvre • TUC moyenne • Diversification • Maitrise de la distribution pour les majors • Persistance d’une concurrence diffuse • P ersistance d’une économie informelle BRSA Boissons gazeuses • Diversification de la gamme • D umping dans le cadre de la suppression de la liste négative dans le cas de la ZALE • Faiblesse de la force de vente des PME • Coût de l’emballage Eaux embouteillées • Taille du marché • Coût de l’emballage • T aille et croissance du marché • Bonne rentabilité • Faible niveau de développement du circuit de distribution • P ossibilité d’exportation • Risque de la pollution de l’environnement de la source. • G isement important en matière de sources • Fluctuation du prix de la matière première PET. • Qualité • Taxes Jus • Confusion dans les dénominations (eaux fruitées, jus etc.). • T aille et croissance du marché FORCES FAIBLESSES OPPORTUNITES MENACES • Forte rentabilité • Réserve de productivité • Marché important • Perception culturelle du produit • R églementation contraignante • Image de marque reconnue à l’échelle internationale • Prix élevés en raison des charges parafiscales. • Qualité des produits • Innovation • Rentabilité importante • P ossibilité d’exportation • F orte dépendance à l’importation des intrants (extraits et concentrés) Boissons alcoolisées Bières • D ifficulté de recrutement de personnel qualifié • R éduction des centres de consommation et de distribution. • Outil performant • A ugmentation des taxes. VINS • Marques historiquement reconnues et appréciées dans certains pays européens (France) • Perception culturelle du produit • Qualité des cépages • Qualité variable • Absence de recherche développement • Prix élevés en raison du coüt du raisin et des charges parafiscales • P rogramme de renouvellement des cépages • Réduction des centres de consommation et de distribution. • P ossibilités d’exportation • Augmentation des taxes. • Concurrence internationale • Environnement socioculturel • Main d’œuvre difficile à trouver dans ce secteur 78 / la filiere boissons EN Algerie 2012 10.3 L’analyse par le modèle de Porter En matière de concurrence et de compétitivité, le cadre d’analyse microéconomique de Porter est pertinent puisqu’il identifie quatre facteurs qui jouent un rôle dans la détermination de la compétitivité d’une industrie : • les facteurs de production ; • la demande ; • les industries en amont et apparentées ; • la stratégie, la structure et la rivalité des entreprises. Les pouvoirs publics et des événements fortuits jouent également un rôle important dans ce cadre d’analyse. Ils ont en effet un impact considérable sur les quatre facteurs déterminant la compétitivité d’un secteur. Le modèle du losange de Porter ou le processus interactif de création d’avantages compétitifs : Stratégie, Structure et rivalité entre les entreprises Aléa Demande Facteurs de production Pouvoirs publics Industries en amont et apparentées La Figure présente les quatre déterminants de la compétitivité dans un losange symbolisant l’interaction entre ces déterminants. Chaque paramètre, et l’association des quatre, créent le contexte où naissent et s’affrontent les entreprises : • la disponibilité relative des ressources et des compétences indispensables à l’obtention d’un avantage concurrentiel dans une industrie (les facteurs de production), • les informations déterminant les types d’opportunités offertes (la demande et les industries en amont et apparentées) et les directions dans lesquelles ressources et compétences seront déployées (la stratégie), • les objectifs des actionnaires, des dirigeants et des salariés impliqués dans la promotion de la compétitivité (la structure), • la pression incitant les firmes à investir et à innover (la rivalité). • S elon Porter, c’est la spécificité d’un ou de plusieurs de ces quatre déterminants qui fait en sorte qu’un secteur national devance ou non ses concurrents étrangers. • hacun de ces déterminants est ensuite subdivisé par Porter en un certain nombre de facteurs sous-jacents. C Pour mieux comprendre la manière dont les facteurs sous-jacents caractérisant une industrie peuvent influencer sa compétitivité, nous proposons ci-après une analyse succincte des quatre déterminants figurant dans le losange de Porter : la demande, l’offre, les « clusters » ou grappes, la concurrence. /79 LE DETERMINANT DE LA DEMANDE Le potentiel de croissance du marché national est contrasté. Il dégage trois perspectives possibles : • ne évolution incertaine pour les filières des boissons alcoolisées, en raison des restrictions imposées par les U autorités locales dans l’octroi des agréments et d’un marché à l’export de plus en plus difficile. • n marché proche de la maturité pour les filières des boissons gazeuses, ne pouvant être tiré que par U l’accroissement démographique. • n marché potentiel élevé pour les filières des jus et des eaux embouteillées. Pour ces filières, les perspectives U de développement sont certaines. Ce déterminant doit inciter les entreprises à se développer sur les filières à fort potentiel de croissance. Il existe des niches de marché non exploitées par l’industrie nationale : les produits du terroir. La valorisation des ressources agricoles locales peut donner lieu à un développement industriel. Les expériences des pays européens, voire des pays voisins, montrent bien le potentiel de développement de ces niches. La Tunisie a, par exemple, réussi à développer des spiritueux à base de dattes et de figues de Barbarie. LES DETERMINANTS DE L’OFFRE Parmi les facteurs de production, nous distinguons : • les ressources humaines ; • les ressources en savoirs ; • les ressources en capital ; • les ressources naturelles ; • l’infrastructure. Ces facteurs peuvent, à leur tour, être divisés en facteurs complexes et en facteurs élémentaires. Les premiers, tels l’infrastructure de communication, les centres techniques et les laboratoires, les universités et la main-d’œuvre hautement qualifiée, exigent d’importants efforts d’investissements en équipements, formation, recherche et développement. Les facteurs élémentaires tels les ressources naturelles, la localisation géographique ou la maind’œuvre, peu ou non qualifiée, peuvent être obtenus moyennant de faibles investissements privés ou collectifs. Il est clair que les facteurs complexes sont à la base de l’avantage compétitif. Cependant, afin que ces facteurs complexes voient le jour, il est nécessaire de disposer de facteurs élémentaires en quantité et en qualité suffisantes. La dimension internationale pour l’accès aux facteurs est importante. Les facteurs de production que l’on peut facilement acheter à l’étranger peuvent être à l’origine d’un avantage compétitif. Ce dernier est cependant moins durable que les facteurs de production plus spécifiques, disponibles dans le pays, car ces derniers exigent des investissements continus et peuvent difficilement être copiés par d’autres pays. Ces dernières années, la mobilité des facteurs de production s’est globalement accrue. Pour la compétitivité des entreprises, il est important de développer des méthodes de production plus spécifiques en recourant, par exemple, à des économies d’échelle, à la différenciation de produits ou aux connaissances. L’Algérie dispose d’une longue histoire dans le domaine des boissons gazeuses, du vin et de la bière. Ces activités ont été développées industriellement pendant la période coloniale. Le développement de l’industrie des boissons alcoolisées (bière et vin) est également lié historiquement à la présence de la population coloniale. 80 / la filiere boissons EN Algerie 2012 De nouvelles techniques de conservation, apparues au XIXe siècle, des techniques de réfrigération et des possibilités de transport, développées au XXe siècle, ont rendu la production et la distribution à grande échelle possibles et rentables. Les facteurs de production de cette branche de l’industrie existent donc déjà de longue date. Ressources humaines : Le matériel est généralement très récent et a été installé, pour l’essentiel, depuis l’an 2000 par des ingénieries intégrées au fournisseur principal, tels SIDEL ou TETRA / LAVAL. Cependant, il n’y a pas d’intégration de savoir-faire technique permettant localement la maîtrise des outils. Le personnel, de formation correcte, ne possède pas de compétence confirmée dans le domaine des boissons. Le système de formation universitaire et la formation professionnelle ne dispensent pas de formations spécifiques. Pour la formation technique, les entreprises dépendent de leurs fournisseurs de matériel ou d’ingrédients. La contrainte de la main-d’œuvre qualifiée se pose avec acuité pour l’industrie de la bière et du vin. Les entreprises éprouvent des difficultés à renouveler les départs en retraite, d’autant que les jeunes refusent souvent des emplois dans ces secteurs pour des motifs religieux. Une exception est cependant observée pour le personnel de laboratoire. Ressources en savoirs : Les ressources en savoirs sont développées par les entreprises elles-mêmes et varient par conséquent selon la nature de ces entreprises. Les grandes entreprises et les franchises internationales ont la possibilité de développer des savoirs spécifiques à leurs filières. Les PME sont souvent dépourvues en savoirs. Les projets de création d’un centre technique et le programme de mise à niveau peuvent constituer une réponse adéquate à cette contrainte. Ressources en capital : Les enquêtes « producteurs » et l’analyse des bilans ont montré que des opérations d’investissements importants et récents sont réalisées chez les acteurs dominants. Des augmentations de capital sont effectuées pour soutenir ces efforts. Le financement devient un facteur important. Ressources naturelles : La ressource naturelle est importante pour l’industrie des boissons. Elle concerne les ressources en eau qui sont à l’origine du développement prodigieux de la filière des eaux embouteillées. Elles constituent cependant une contrainte pour l’investissement en raison de la difficulté à obtenir les autorisations de forage. La protection des nappes constitue par ailleurs une autre contrainte. Infrastructure : L’infrastructure routière est en nette amélioration. L’autoroute Est-Ouest est une réalisation structurante de l’implantation des investissements. Elle peut aussi favoriser la mobilité de la main-d’œuvre. 10.4 Structure, stratégie et rivalité entre les entreprises La rivalité domestique contraint les entreprises à innover, à abaisser les coûts, à améliorer la qualité et les services, à investir dans des méthodes et des nouveaux produits. En d’autres termes, la rivalité oblige les entreprises à innover en permanence afin de se différencier de leurs concurrentes et répondre le mieux possible aux exigences du marché. La dynamique du modèle de Porter souligne l’importance de ce facteur. Selon Porter, chaque avantage compétitif est en effet prédestiné à être adopté à terme par des concurrents, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Afin de pouvoir rester compétitive, une entreprise se doit donc de perpétuer ses avantages compétitifs, de revaloriser en permanence ses sources de compétitivité. Le fait que les entreprises concurrentes parviendront un jour à copier les sources actuelles de compétitivité signifie également qu’une stratégie tournée vers l’innovation constitue une source de compétitivité plus durable qu’une stratégie axée sur l’imitation. Pendant longtemps, l’industrie des boissons algérienne est demeurée figée avec, d’un côté, des entreprises publiques sans réelle volonté d’innover et, de l’autre, des entreprises privées tentant de se maintenir en développant des stratégies de niche sur des marchés locaux. Il en a résulté une structure industrielle où coexiste une multitude de petites entreprises. /81 L’ouverture du marché et l’arrivée de franchises internationales en Algérie ont profondément transformé la structure de l’industrie des boissons. La disparition rapide des entreprises publiques des BRSA et de la bière a permis aux nouveaux investisseurs de capter des parts de marché importantes. Certaines entreprises privées ont réussi à se mettre à niveau sur les standards des franchisées en innovant dans le conditionnement, les méthodes de distribution et la promotion. Actuellement, le marché est dominé par quelques entreprises leaders dans leurs filières : • ans les eaux embouteillées, une quarantaine de marques sont sur le marché. L’entreprise Ibrahim & Fils, D « Ifri », maintient son leadership, occupant environ 30% des ventes. Cette société bénéficie sur le marché domestique de sa forte publicité et de l’utilisation régulière de promotions sur les prix. La société est présente dans toutes les catégories de produits et offre un large éventail de tailles et de formats d’emballage. Elle a développé une stratégie axée sur l’innovation, la diversification par produits liés, l’accroissement de l’échelle de production et l’intégration amont (emballage) et aval (transport et dépôts). L’entreprise vise, par ailleurs, l’export. La filière s’illustre aussi par la présence de marques réputées à l’image de « Saïda », « Guedila », « Lala Khedidja », « Nestlé », etc. • ans les boissons gazeuses, la structure concurrentielle demeure marquée par le contexte hérité avec D la présence de nombreuses PME. Le nouveau contexte a cependant fait émerger une double tendance : l’installation d’un leader incontesté, « Coca-Cola » qui, grâce à deux franchises – Fruital et les unités appartenant au groupe Castel - assure environ 39% des ventes. Cette marque profite de sa large gamme, cola (60% des ventes) et non-cola (30%). Cette sous-filière est devenue cependant fortement concurrentielle grâce à une autre franchise (Pepsi) mais aussi des marques locales comme Hamoud Boualem, Mami et bien d’autres. • ans les boissons plates aromatisées, la structure concurrentielle est éclatée avec de nombreux acteurs. D Cette sous-filière illustre bien l’effet des stratégies de diversification des entreprises d’eaux embouteillées, de boissons gazeuses et de jus. • ans les jus de fruits, NCA Rouiba reste le principal acteur, assurant un peu plus de 18% de la valeur. Cette D société de production nationale fabrique un large éventail de saveurs et dispose d’une présence à travers tout le territoire national. La société bénéficie également de fortes campagnes de marketing appuyant le lancement régulier de nouveaux produits et des prix abordables pour les consommateurs à revenus moyens et élevés2. Cette entreprise a été pionnière dans l’introduction du carton qui s’est imposé sur le marché. Enfin, il est intéressant de signaler le maintien d’activités de fabrication de jus sur la base de matières premières locales. Deux entreprises traditionnelles continuent à opérer avec succès grâce à la reprise des unités de production de « N’Gaous » et « Tchina » (El KSAR) respectivement par les entreprises privées Trèfle et Cevital. • ans les bières, la structure s’apparente à un oligopole constitué d’une dizaine de brasseries. L’entreprise D publique a pratiquement disparu après la privatisation de deux unités de production et la liquidation d’une troisième (en cours). Il est intéressant de signaler la part marginale des importations (5 à 7%). • ans les vins, la structure demeure dominée par l’ONCV, malgré l’arrivée de producteurs privés. Cette filière D est particulière de par ses fortes relations avec la production vitivinicole nationale. 10.5 Industries en amont et apparentées Les industries situées en amont des activités apparentées jouent un rôle important dans la compétitivité de l’industrie des boissons et ont été à l’origine de son développement. Le conditionnement est « le contenant issu de technologies de plus en plus élaborées qui protège, transporte, met en valeur et favorise la vente du produit ». L’autre élément est le poids de l’emballage par rapport au poids du produit qui peut le rendre plus ou moins pondéreux. Le secteur de l’emballage est de plus en plus perçu par les industriels algériens comme un élément essentiel de l’attractivité de leurs produits, en particulier sur le marché local. La filière, à l’image de celles des pays voisins, est structurellement importatrice, aussi bien en matières premières destinées à la fabrication d’emballages qu’en produits finis 2. Bien qu’il soit parmi les plus élevés sur le marché, ces prix demeurent compétitifs par rapport à ceux des produits importés. 82 / la filiere boissons EN Algerie 2012 PERSPECTIVES ET RECOMMANDATIONS Les voies de l’évolution /83 11.PERSPECTIVES ET RECOMMANDATIONS 11.1 Potentiel et perspectives d’évolution du marché national EAUX EMBOUTEILLEES L’eau en bouteille a enregistré une forte croissance depuis 2005, entraînée par une augmentation des niveaux de revenu des ménages. La faible qualité de l’eau potable dans certaines régions incite les ménages à acheter l’eau embouteillée pour leurs membres vulnérables (malades, personnes âgées, bébés). En outre, l’eau aromatisée en bouteille a été introduite sur le marché et a enregistré une forte augmentation des ventes parmi les consommateurs à revenu élevé et parmi la population urbaine. La demande d’eau embouteillée devrait continuer à croître dans tous les groupes de revenus. La croissance continuera à être entraînée par une plus large disponibilité de l’eau embouteillée et par le développement des pratiques de santé liées à la consommation d’eaux saines et riches en minéraux. SODAS Les boissons gazeuses sont bien ancrées dans les habitudes de consommation. Cependant, on observe un souci croissant des consommateurs en matière de santé, en raison de l’incidence croissante des produits sucrés sur la santé et des ravages du diabète dans la société. Cette tendance n’a pas eu pour l’instant d’impact notable sur la consommation. Elle est cependant à l’origine du développement des boissons à basses calories. Dans le futur, il devrait y avoir un intérêt croissant pour la santé, à la fois chez les consommateurs et chez les producteurs. Les entreprises sont appelées à développer un positionnement de marketing santé pour investir dans les produits à faible teneur en calories au lieu de simplement se concentrer sur le prix et la publicité en vue de soutenir les ventes. JUS DE FRUITS La demande en jus de fruits progresse fortement en bénéficiant, elle aussi, des préoccupations de la santé des consommateurs, ses produits étant considérés comme naturels et sains. Cette tendance, liée à un pouvoir d’achat assez élevé, est particulièrement forte chez les consommateurs citadins et chez les femmes. Parmi les consommateurs à moyen et à revenu élevé, l’augmentation des prix observée n’a pas eu d’incidence négative sur les ventes en volume. Les entreprises sont appelées également à développer le positionnement marketing santé pour les produits à faible teneur en calories. La demande en jus de fruits devrait continuer à profiter de la sensibilisation à la santé des consommateurs. Cela devrait se traduire par l’augmentation des consommateurs qui cherchent des alternatives naturelles, avec jus de fruits susceptibles de bénéficier de l’image saine des fruits et d’attirer les consommateurs à renoncer à la consommation des boissons gazeuses. Cette tendance devrait se poursuivre notamment chez les ménages à revenu moyen et élevé. CONCENTRES DE BOISSON Les boissons sous forme de concentrés se sont développées rapidement auprès de larges couches de population à faibles revenus, en particulier dans les zones rurales. En conséquence, le concentré en général, et les concentrés de poudre en particulier, bénéficient d’une offre à moindre prix que celui des boissons gazeuses. Ces produits ont maintenu une bonne croissance en offrant une alternative abordable aux carbonates et aux jus de fruits, considérés comme trop coûteux pour la consommation régulière de nombreux ménages. La demande en concentrés continuera de bénéficier de son faible prix unitaire. Les ventes vont également bénéficier d’un élargissement de la distribution, en particulier dans les grandes villes où de nombreux consommateurs à faible revenu sont favorables à ce type de produits, également appelé à devenir de plus en plus largement disponible en zones rurales. 84 / la filiere boissons EN Algerie 2012 BIERES La demande en bière est contrastée avec, d’un côté, l’interdit religieux et les restrictions dans la distribution et, de l’autre, l’engouement chez une catégorie de consommateurs des villes qui adoptent des modes de consommation occidentaux. Une incertitude caractérise de ce fait les perspectives d’évolution de ce produit. VINS L’incertitude est encore plus forte pour ce produit, car il souffre de contraintes plus grandes. L’Office national de commercialisation des produits vitivinicoles (ONCV) demeure centré sur l’exportation, malgré un marché européen de plus en plus concurrentiel (baisse de la consommation et émergence des producteurs du Sud : Chili, Australie et Afrique du Sud)1. BOISSONS ENERGISANTES Les boissons énergisantes sont récentes en Algérie mais connaissent une forte croissance dans les pays développés. En Algérie, « Burn » de « Coca-Cola » a été lancé en 2007 et les ventes continuent de croître. L’année 2009 a vu le lancement de la marque à mini-prix « Brune » par « Aquasim », avec une promotion par l’intermédiaire d’affichage et de publicités à la radio. Ce fut le premier mini-prix marque nationale qui rendait accessible ces boissons énergétiques à une large couche de consommateurs. 11.2 Déterminants de l’industrie et perspectives Dégager les perspectives d’une industrie constitue l’aboutissement d’une étude et permet de mettre à la disposition des opérateurs et des pouvoirs publics des éléments utiles à leurs orientations et actions. A ce stade de l’étude, les perspectives dégagées sont le fruit de la réflexion des analystes qui peuvent être enrichies par les acteurs du secteur à l’occasion du séminaire de restitution prévu à l’issue de ce projet. L’étude se place dans un horizon du moyen terme (sur les cinq années à venir). LA CONCENTRATION ET LA CONSOLIDATION ATTENDUES La restructuration de l’industrie des boissons dépend de son contexte concurrentiel, c’est-à-dire du jeu des acteurs, mais aussi de l’impact de l’environnement national et international. Le contexte concurrentiel du secteur des boissons demeure ouvert mais avec une intensité plus ou moins forte, selon les filières. On y remarque ainsi : structure fortement concentrée dans la filière vitivinicole, avec un quasi-monopole de l’Office National de Commercialisation des Vins ; • structure oligopolistique dans la filière de la bière ; • structure concurrentielle ouverte pour la filière des eaux embouteillées et jus, avec une présence nationale de grandes entreprises dominantes ; • structure concurrentielle éclatée pour les sodas avec, d’un côté, des grandes entreprises leaders et, de l’autre, de nombreuses petite et moyenne entreprise à rayonnement local. • La réglementation nationale est peu favorable aux filières des boissons alcoolisées, mais soucieuse de la sauvegarde de la production nationale pour les filières des boissons non alcoolisées. Elle a engagé, par ailleurs, l’ouverture du marché dans le cadre des accords d’association. Dans ce contexte, on devrait s’attendre à un affermissement de la tendance vers une concentration de l’industrie. Il est attendu des entreprises la poursuite des stratégies qui se dessinent déjà : recherche des économies d’échelle et diversification par produits liés. Dans les deux cas, des investissements lourds sont nécessaires. Ils concernent les capacités de production, la chaîne logistique et le marketing. Cependant, cette restructuration ne peut se réaliser qu’à long terme. 1. La demande mondiale est actuellement tirée par les pays asiatiques, notamment la Chine, mais pour les vins de qualité. /85 LE DEVENIR DU SECTEUR INFORMEL L’économie informelle devrait aller en diminution dans le secteur des boissons. La concentration des entreprises, le renforcement des contrôles et la sensibilisation des consommateurs sont des facteurs pouvant favoriser cette tendance. Le rôle essentiel des pouvoirs publics est à même d’accélérer cette tendance. CONSEQUENCES DES ACCORDS D’ASSOCIATION Les accords d’association avec l’UE et la Zone de Libre-Echange Arabe constituent un facteur porteur d’avenir dans la mesure où il change radicalement le contexte concurrentiel de l’industrie nationale. Ces accords sont actuellement perçus par les industriels algériens plutôt comme une menace. On évoque pour cela le déséquilibre de la balance commerciale et la très faible évolution des exportations hors hydrocarbures. L’appréciation est à nuancer pour le secteur des boissons. L’analyse du commerce extérieur du secteur a dégagé une balance positive pour les BRSA et en nette évolution. Les entreprises algériennes ont plutôt profité de l’ouverture des marchés extérieurs et ont fait preuve d’un dynamisme certain. La balance est par contre négative pour les boissons alcoolisées, en raison essentiellement de la faiblesse des exportations de vins. CARACTERISTIQUES DES ENTREPRISES QUI SE MAINTIENDRONT A long terme, les entreprises qui se maintiendront en activité sont celles qui auront la maîtrise des facteurs clés de succès. Parmi ces facteurs, citons la maîtrise des coûts, le respect de la qualité et le développement de la chaîne logistique. La diversification constitue un autre sentier d’expansion des entreprises. Le profil des entreprises qui se maintiendront et se développeront dans le futur sont : • les entreprises à gamme diversifiée ; • les franchises internationales ; • les entreprises de grande taille ; • les entreprises opérant sur le segment des eaux embouteillées. LES AMELIORATIONS DE VALEUR AJOUTEE L’amélioration de la valeur ajoutée est difficile à réaliser. En effet, le renchérissement des coûts des facteurs et la pression sur la baisse des prix de vente laissent peu de manœuvre aux entreprises pour améliorer leur valeur ajoutée. L’amélioration des marges des entreprises ne peut être réalisée que par une baisse des charges fiscales, la rationalisation des coûts étant largement engagée. NOUVEAUX INVESTISSEMENTS PREVUS L’investissement productif est une réalité constatée chez toutes les grandes entreprises. Il concerne : • la mise à niveau technologique, • l’extension de capacité, • l’innovation produits et conditionnement, • la logistique de distribution et production d’emballage (PET), dans certains cas. INNOVATION PRODUITS ET PACKAGING Pour les grandes entreprises, l’innovation constitue un axe fort. Elle traduit le souci de suivre les tendances du marché. Les franchises internationales imposent au reste de l’industrie un rythme d’innovation élevé. PRATIQUE DE LA LOGISTIQUE DE DISTRIBUTION La logistique de distribution est essentielle pour l’approvisionnement des marchés. Les entreprises sont souvent obligées de développer leur propre logistique. Cette pratique devrait s’accentuer à cause du développement de la grande distribution et des centrales d’achat qui émergent. 86 / la filiere boissons EN Algerie 2012 RECOMMANDATIONS 1/ DEVELOPPER LES INSTRUMENTS JURIDIQUES DE CONTROLE Amener les pouvoirs publics à étoffer les instruments réglementaires (textes, décrets, lois) relatifs aux normes et recommandations devant s’appliquer à la filière, notamment en matière de définitions de produits. Ceci permettra aux organismes de contrôle d’exercer leurs missions de manière plus qualitative et efficace mais également d’aboutir à la pénalisation de certaines équivoques qui continuent à être entretenues par certains producteurs sur les qualifications des produits (pur jus, jus, eau de source, eau de table etc.). L’élimination de cette concurrence déloyale permettra de revaloriser les produits de la filière. 2/ INCITATION A LA MISE EN CONFORMITE AUX NORMES ISO Malgré les efforts fournis, un grand nombre d’entreprises ne sont pas encore aux normes et des actions de soutien peuvent être envisagées, notamment dans le cadre du Plan National de Mise à Niveau. Au niveau international, la tendance dans l’industrie alimentaire est la mise en conformité aux normes ISO 22000 qui intègre l’ISO 9001, l’ISO 14000 et la méthode HACCP. 3/ PRODUCTIVITE ET OPTIMISATION DE LA GESTION Elaborer des missions d’appui en termes d’organisation de la production et de maitrise des processus d’ordonnancement et de gestion des stocks. De manière plus générale, appuyer les entreprises dans l’élaboration et la mise en place de procédures de gestion. 4/ DEVELOPPEMENT DE LA MAINTENANCE Elaborer des missions d’appui pour la mise en place d’un système structuré de suivi de la maintenance et organiser des cycles de formation. 5/ DEVELOPPEMENT DE SYSTEMES DE GESTION ASSISTES PAR ORDINATEUR Appuyer les entreprises qui souhaitent mettre en place des systèmes automatisés et intégrés de gestion de type ERP (Entreprise Ressource Planning). 6/ CREATION D’UN OBSERVATOIRE DE VEILLE STRATEGIQUE La veille stratégique est utilisée par les entreprises, les organisations professionnelles et les gouvernements comme un outil de visibilité et d’aide à la décision. Il est d’autant plus indispensable à l’Algérie qui s’est engagée à intégrer l’économie nationale au marché mondial via les adhésions aux zones de libre-échange et, bientôt, à l’OMC. La veille doit revêtir plusieurs dimensions : • réglementaire2: nationale et internationale sur les normes et l’organisation des marchés internationaux, • concurrentielle : contexte concurrentiel mondial et stratégie des firmes internationales, • technologique : innovations des produits et des process, • sociale : évolution des modes de vie et des habitudes de consommation. 2. L’Association APAB dispose d’une cellule veille règlementaire et normative ainsi qu’un portail Web d’information /87 7/ CREATION D’UN CENTRE TECHNIQUE DES BOISSONS Le centre technique est un outil qui permettra aux entreprises l’accès à des ressources immatérielles spécifiques et à moindre coût. Le centre technique devra jouer un double rôle : être une interface entre les entreprises du secteur et les prestataires de services et apporter des prestations directement. Le volet technologique est à privilégier dans le domaine, notamment des contrôles de qualité mais aussi de l’optimisation de l’outil de production. Ce centre technique devrait offrir une gamme complète de services, tels que : interventions de conseil et d’assistance technique ; • formations inter et intra-entreprises ; • animation d’un centre de documentation pour les industriels ; • appui technique aux problèmes technologiques de la profession ; • veille dans le domaine hygiène-HACCP assortie de plans d’alerte et de surveillance. • 8/ ENCOURAGEMENT DES EXPORTATIONS Amener les pouvoirs publics à développer des actions de soutien à l’exportation (défiscalisation, couverture des pertes de change, etc.) et à pérenniser les transactions en les basant sur des contrats pluriannuels. Dans cette optique, un projet de consortium, constitué en centrale d’exportation de la boisson algérienne, et organisé par sous-filières serait une démarche à soutenir. Ce projet va dans le sens des démarches entreprises par l’APAB et le MIPMIPI. Un tel projet est déjà initié par les membres de l’APAB. Un consortium d’exportation boissons est créé au sein de l’APAB et se compose de 11 membres. 9/ ADAPTATION DES PROFILS DE FORMATION AU SECTEUR Développer à tous les niveaux (universitaires, ingénieurs et techniciens supérieurs) en années spéciales ou filières spécifiques des formations adaptées aux métiers de l’agroalimentaire et, particulièrement, aux métiers de l’industrie des boissons. Créer un ou plusieurs centres de formation et de recyclage dans ces domaines. Une action d’appui à l’étude de création (dimensionnement, programmes, gestion, rentabilité, etc.) de ce centre peut être réalisée dans le cadre du Plan National de Mise à Niveau. 10/ AIDES DE L’ETAT Des aides de l’Etat complémentaires au dispositif existant seraient d’un grand apport pour le développement de la filière. Protection de la santé et de l’environnement : -exonération fiscale de toutes les actions visant à l’obtention des diveres certifications qualité et notamment le HACCP ; -exonération fiscale de toutes les actions de traitement des déchets. • Amélioration de la maîtrise des métiers et de l’innovation : En plus de la création des cycles de formation spécialisés dans l’enseignement, participer à la création et au subventionnement d’un centre de recherche dédié aux différents métiers de la filière. • Développer le dispositif d’appui à l’exportation : le dispositif prévu par le FSPE (Fonds Spécial pour la Promotion des Exportations, Ministère du Commerce) constitue une bonne démarche qui demande plus de rapidité dans sa mise en œuvre. Il en est de même du cadre incitatif aux exportations qui prévoit notamment des exonérations fiscales (Code des impôts directs et taxes assimilées modifié par la loi de finances de 2011). • 88 / la filiere boissons EN Algerie 2012 ANNEXES /89 ANNEXE 1 : TEXTES REGLEMENTAIRES Réglementation nationale : • Activités réglementées : les activités liées aux eaux embouteillées sont particulièrement réglementées. -Décret n°86-227 du 2 septembre 1986 relatif à la concession des travaux de recherche et de captage d’eau (JO n° 36/86) -arrêté interministériel du 22 Dhou El Hidja 1426 correspondant au 22 janvier 2006 fixant les proportions d’éléments contenus dans les eaux minérales naturelles et les eaux de source ainsi que les conditions de leur traitement ou les adjonctions autorisées. • Réglementation régissant les débits de boissons et la distribution de gros : -Décret n°75-59 du 29/04/1975 -Décret n°65-139 du 03/05/1965 -Décret n°65-252 du 14/10/1965. • Réglementation régissant les matières premières dans la fabrication des boissons : -arrêté interministériel du 8 janvier 1994 relatif à la qualité et à la présentation des fruits et légumes frais destinés à la consommation ; -arrêté interministériel du 20 Dhou El Hidja 1417 correspondant au 27 avril 1997 fixant les spécifications techniques du sucre blanc et par la directive 93/77 CEE ainsi que par la norme CODEX CAC/STAN 212- 1999, Rév. 1-200. • Réglementation régissant les additifs aux produits alimentaires : -décret exécutif n° 92-25 du 13 janvier 1992 relatif aux conditions et aux modalités d’utilisation des additifs dans les denrées alimentaires. -arrêté interministériel du 7 Ramadan 1420 correspondant au 15 décembre 1999 relatif aux conditions d’utilisation des édulcorants dans les denrées alimentaires. -arrêté interministériel du 2 Dhou El Hidja 1422 correspondant au 14 février 2002 fixant la liste des additifs autorisés dans les denrées alimentaires. -décret exécutif n° 12-214 du 23 Joumada Ethania 1433 correspondant au 15 mai 2012 fixant les conditions et les modalités d’utilisation des additifs alimentaires dans les denrées alimentaires destinées à la consommation humaine. Réglementation européenne : -Directive 2008/60/ ce de la commission du 17 juin 2008, établissant des critères de pureté spécifiques pour les édulcorants pouvant être utilisés dans les denrées alimentaires. Le dioxyde de carbone, en tant qu’ingrédient, peut être utilisé. -Directive 1995/2/ce du Parlement européen et du Conseil du 20 février 1995, concernant les additifs alimentaires autres que les colorants et les édulcorants (31995L0002). -Directive 2008/84/ce de la commission du 27 août 2008, portant établissement de critères de pureté spécifiques pour les additifs alimentaires autres que les colorants et les édulcorants (32008L0084). -2008 du Parlement Européen et du Conseil du 16 décembre 2008 et modifiant le règlement (CEE) no 1601/91 du Conseil, les Règlements (CE) no 2232/96 et (CE) no 110/2008 et la Directive 2000/13/CE, relatif aux arômes et à certains ingrédients alimentaires possédant des propriétés propres à aromatiser qui sont destinés à être utilisés dans et sur les denrées alimentaires (32008R1334). 90 / la filiere boissons EN Algerie 2012 -directive 95/45/ce de la commission du 26 juillet 1995, établissant des critères de pureté spécifiques pour les colorants pouvant être utilisés dans les denrées alimentaires. -directive 2010/67/UE de la commission du 20 octobre 2010 modifiant la directive 2008/84/CE, portant établissement de critères de pureté spécifiques pour les additifs alimentaires autres que les colorants et les édulcorants (32010L0067). -règlement (ce) No 1334/2008 du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 et modifiant le règlement (CEE) no 1601/91 du Conseil, les Règlements (CE) no 2232/96 et (CE) no 110/2008 et la Directive 2000/13/CE, relatif aux arômes et à certains ingrédients alimentaires possédant des propriétés propres à aromatiser qui sont destinés à être utilisés dans et sur les denrées alimentaires (32008R1334). Codex Alimentarius : Le Codex Alimentarius5 est un programme commun de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et de l’Organisation mondiale de la santé (OMS.) consistant en un recueil de normes, codes d’usages, directives et autres recommandations relatifs à la production et à la transformation agroalimentaires qui ont pour objet la sécurité sanitaire des aliments, soit la protection des consommateurs et des travailleurs des filières alimentaires, et la préservation de l’environnement. La Commission du Codex Alimentarius en est l’organe exécutif. Cette organisation internationale, où siègent les représentants de près de 200 pays, a été créée en 1963 par la FAO et l’OMS. Elle est chargée d’élaborer des normes alimentaires, des définitions et des critères applicables aux aliments, de contribuer à leur harmonisation et donc, notamment, de faciliter les échanges internationaux. Elle joue un rôle prépondérant dans la normalisation alimentaire mondiale et a été reconnue à ce titre par les accords de l’Organisation mondiale du commerce (OMC.) en 1994, sous réserve que ses prescriptions n’entravent pas les échanges si elles ne sont pas suffisamment scientifiquement étayées. Les normes du Codex sont élaborées à partir des dernières avancées scientifiques, avec le concours d’organismes internationaux et indépendants d’évaluation des risques ou bien dans le cadre de consultations spéciales organisées par la FAO et l’OMS. Même si les recommandations ne sont pas contraignantes pour les Etats Membres, les normes du Codex servent souvent à l’élaboration des législations nationales. Elles constituent une référence pour le Ministère du Commerce dans ses actions de contrôle de qualité des produits alimentaires. Deux normes sont particulièrement indiquées pour l’industrie alimentaire : -La norme codex csx/stan 192-1995 (Rév. 2010) Norme générale pour les additifs alimentaires. -La norme codex cac/gl 75-2010, directives sur les substances utilisées en tant qu’auxiliaires technologiques. /91 ANNEXE 2 : TABLEAUX DE REFERENCE DE L’ETUDE Sources d’information N° Items 01 Produits/gammes 02 Entreprises Source à interroger NAP, NAA, tables de correspondance (ONS) Nomenclature douanière (CNIS) Répertoire de l’ONS Recensement économique (ONS) Fichier du CNRC, Fichier de l’APAB 03 Production 04 Effectifs 05 Agrégats de gestion Compte de branche (ONS) Entreprises à interroger Bulletin statistique PME (MIPMEPI) Entreprises à interroger Compte de branche (ONS) Base du CNRC (bilans) Entreprises à interroger 06 Politique de distribution 07 Pratique marketing 08 Innovation Entreprises à interroger Publications Entreprises à interroger Publications Entreprises à interroger Publications Entreprises à interroger 09 Certification Publications Institutions Entreprises à interroger 10 Difficultés perçues par les entreprises Publications APAB Entreprises à interroger 11 Services d’appui Publications APAB Institutions 12 Marché de consommation 13 Réglementation 14 Marché informel 92 / la filiere boissons EN Algerie 2012 Publications Entreprises à interroger Textes juridiques Institutions Recherche documentaire ANNEXE 3 : Résultats des enquêtes administratives Organisme Données recueillies -Direction des statistiques du MIPMEPI - données sur la démographie des PME du secteur des boissons. -Direction Générale du Contrôle Economique et de la Répression des Fraudes du Ministère du Commerce - système du contrôle des produits -dispositifs règlementaires -bilan des contrôles (2011). -Office National des Statistiques -données consolidées des branches boissons non alcoolisées et alcoolisées. -CNIS (douanes) -statistiques sur les importations et les exportations. -CNRC -la demande de consultation des comptes sociaux, est demeurée infructueuse. Ces derniers ont été mis à disposition par l’APAB. -études boissons 2005 et 2007, -position tarifaire des produits, -APAB -données du BOAL. -bilans et TCR des entreprises de la filière déposés au CNRC pour 2009 et 2010. -auprès de l’INAPI -textes législatifs régissant la propriété industrielle en Algérie, -données sur les marques déposées. ANNEXE 4 : Nomenclatures Section D : PRODUITS MANUFACTURES Sous-section DA : PRODUITS DES INDUSTRIES AGRICOLES & ALIMENTAIRES Division 15 : PRODUITS DES INDUSTRIES ALIMENTAIRES 15.3 Produits à base de fruits et légumes 15.31 Jus de fruits et légumes 15.9 Boissons 15.91 Boissons alcooliques distillées 15.92 Alcool éthylique 15.93 Vins et champagnes 15.94 Boissons fermentées diverses 15.95 Bières et malt 15.96 Eaux de table 15.97 Boissons rafraîchissantes /93 Annexe 5 : Gamme produite en Algérie Catégorie de produits Produits Fabriqués en Algérie Eau minérale gazéifiée Eau de source gazéifiée Eau de table Oui Non Non Sodas Oui Carbonatés Oui Purs jus des fruits frais Purs jus de concentrés Jus concentrés Oui pour des produits de marques réputées Jus de fruits déshydratés Autres boissons Oui Non Non Non Oui Oui Oui Nectars Boissons fruitées Oui Oui Eaux aromatisées gazéifiées Oui Jus de fruits Oui pour quelques marques de réputation mondiale Oui Eau de source Boissons gazeuses Exportée Oui Eau minérale Eaux embouteillées Importée Oui Oui Non Boissons fruitées Oui Oui Oui Sirops Oui Pas de données Indéterminé Boissons à base de lait Oui Indéterminé Indéterminé Boissons énergisantes Oui Oui Non Thé glacé Non Oui Non ANNEXE 6 : Les comptes économiques des branches. Unité en MDA (2010) PB CI VA CFF RI ILP RS ENE Industrie manufacturière 1 402 568 919 588 482 981 75 583 407 398 25 091 136 876 245 431 IAA 729.835 532 293 197 542 16 835 180 706 7.491 33.656 139 560 Poids des IAA 52% 58% 41% 22% 44% 30% 25% 57% Source : ONS Légendes : PB: Productions Brutes ; CI: Consommations Intermédiaires ; VA: Valeurs Ajoutées ; CFF: Consommations de Fonds Fixes (Amortissements) ; RI: Revenu Intérieur (valeur ajoutée nette); ILP: Impôts Liés à la Production; RS: Rémunérations des Salariés; ENE: Excédent Net d’Exploitation (revenu primaire de l’entreprise). 94 / la filiere boissons EN Algerie 2012 ANNEXE 7 : Structure des effectifs de l’échantillon d’entreprises Cadres Nombre Code entreprise Maîtrise Nombre Exécution Nombre Total Nombre Taux d’encadrement 5 22 27 0% I B 1 11 64 76 1% G 43 79 862 984 4% T 2 8 21 31 6% F 6 16 65 87 7% P 2 8 17 27 7% E 9 15 93 117 8% S 37 144 209 390 9% M 33 97 195 325 10% K 36 22 295 353 10% R 77 119 224 420 18% J 9 8 30 47 19% A 177 82 424 683 26% L 116 175 131 422 27% ANNEXE 8 : Consommation de calories, protéines et lipides Calories / personne et / jour Protéines g/personne / jour Lipides g/personne / jour Algérie 3 095 86 67 Maroc 3 194 88 59 Tunisie 3 275 90 93 Égypte 3 317 94 58 Iran 3 102 87 63 Turquie 3 340 96 95 Espagne 3 316 110 150 France 3 585 116 163 ANNEXE 9 : Estimation de la consommation par tête (2005) Variante 1 (hypothèse basse) Boissons gazeuses Boissons plates Jus Bières Vins Eaux Total Consommation L/tête/an 13,7 0,4 3,8 2,9 1,3 11,5 33,6 Volumes totaux en hl 4 390 000 127 000 1 214 000 929 000 428 000 3 670 000 10 760 000 Source : Etude de la filière boissons- 2005. /95 ANNEXE 10 : Estimation de la consommation par tête (2005) Variante 2 (hypothèse haute) Boissons gazeuses Boissons plates Jus Bières Vins Eaux Total Consommation L/tête/an 16,6 0,4 2 3,7 1,3 16,5 40,6 Volumes totaux en hl 5 315 952 128 095 640 476 1 184 881 416 310 5 283 929 13 001 667 Source : Etude de la filière boissons- 2005. ANNEXE 11 : Estimation du marché par sous-filière (2011) Sous-filières Prix moyen en DA/L Volume des ventes en HL Ventes en valeur en MDA Boissons gazeuses 22,62 7 977 000 18 046 Boissons fruitées 33,97 2 331 000 7 918 Eaux embouteillées 14,40 8 407 000 12 131 Bières 175,73 1 574 000 27 660 ANNEXE 12 : Evolution de la consommation Année de base 2011 2012 2013 2014 2015 BG 22,2 22,4 22,7 23,2 23,6 BP 0,5 0,5 0,5 0,5 0,5 Jus 6,0 6,3 6,7 7,4 8,3 Bière 4,4 4,4 4,4 4,5 4,5 Vin 1,4 1,4 1,4 1,4 1,4 Eaux 23,4 23,7 24,0 24,6 25,3 Total boissons 57,4 58,1 59,0 60,6 62,2 ANNEXE 13 : Consommation globale à l’horizon 2015 Demande par habitant en litres Demande globale en millions de litres BG 23,6 908,6 BP 0,5 19,25 Jus 8,3 319,55 Bière 4,5 173,25 Vin 1,4 53,9 Eaux 25,3 974,05 Total boisson 62,2 2394,7 96 / la filiere boissons EN Algerie 2012 ANNEXE 14 : Commerce extérieur agroalimentaire Importations en MDA 2005 2006 2007 2008 2009 2010 Boissons 856 1 194 1 388 1 790 2 396 2 588 Agroalimentaires 144 935 157 616 195 970 233 411 237 202 281 341 Part en % 0,59 0,76 0,71 0,77 1,01 0,92 2005 2006 2007 2008 2009 2010 Boissons 449 736 1 584 2 100 1 828 2 175 Agro-alimentaires 3 141 4 223 4 442 5 556 5 854 21 924 % 14,30 17,42 35,66 37,79 31,22 9,92 Exportations en MDA ANNEXE 15 : Balance commerciale BRSA En MDA 2005 2006 2007 2008 2009 2010 IMPORTATIONS 30 63 123 123 183 177 EXPORTATIONS 199 489 1 193 1 826 1 652 2 041 BALANCE 170 425 1 070 1 704 1 469 1 864 ANNEXE 16 : Balance commerciale des boissons alcoolisées En MDA 2005 2006 2007 2008 2009 2010 IMPORTATIONS 826 1 131 1 265 1 667 2 213 2 411 EXPORTATIONS 250 247 391 273 176 134 BALANCE -576 -884 -875 -1 394 -2 037 -2 277 ANNEXE 17 : Ecarts de la balance En MDA 2005 2006 2007 2008 2009 2010 NON ALCOOLISEES 170 425 1 070 1 704 1 469 1 864 ALCOOLISEE -576 -884 -875 -1 394 -2 037 -2 277 TOTAL -406 -458 196 310 -568 -413 ANNEXE 18 : Importations de jus par pays 2009 Pays Valeur (DA) % BRESIL* 307 731 429 29,37 ESPAGNE 159 535 368 15,23 EGYPTE 158 151 646 15,10 AUTRES 422 283 579 40,31 TOTAL 1 047 702 023 100,00 *Les importations en provenance de ce pays portent essentiellement sur les inputs destinées à la transformation. /97 ANNEXE 19 : Importations de jus par pays 2010 Pays Valeur (DA) % BRESIL* 591 925 674 42,17 ITALIE 115 799 853 8,25 EGYPTE 112 844 473 8,04 AUTRES 583 056 299 41,54 TOTAL 1 403 626 299 100,00 ANNEXE 20 : Exportations de jus Pays en 2009 Valeur (DA) % Pays en 2010 Valeur (DA) % FRANCE 10 207 730 31,16 FRANCE 21 237 801 71,83 ETATS UNIS 6 261 644 19,11 CANADA 4 009 406 13,56 CANADA 6 055 836 18,48 ALBANIE 1 392 294 4,71 MALTE 3 590 674 10,96 AUTRES 2 927 157 9,90 ITALIE 2 117 998 6,46 MADAGASCAR 1 322 505 4,04 AUTRES 3 207 848 9,79 ANNEXE 21 : Importations des eaux par pays Pays en 2009 Valeur (DA) % Pays en 2010 Valeur (DA) % CHINE 102 136 6,85 France 3 946 410 60,71 Malaisie 44 558 2,99 USA 1 941 0,03 France 1 344 906 90,17 Autriche 2 552 256 39,26 TOTAL 1 491 599 100,00 TOTAL 6 500 607 100,00 ANNEXE 22 : Exportations des Eaux par pays Pays 2009 Valeur (DA) % Pays 2010 Valeur (DA) % NIGER 1 170 556 73,80 NIGER 2 205 739 71,57 MALI 328 160 20,69 CANADA 660 606 21,43 CANADA 75 611 4,77 GRANDE-BRETAGNE 196 103 6,36 BELGIQUE 11 726 0,74 BELGIQUE 19 489 0,63 Total 1 586 052 100,00 Total 3 081 937 100,00 ANNEXE 23 : Exportation des sodas par pays Pays en 2009 Valeur (DA) % Pays en 2010 Valeur (DA) % FRANCE 156 232 097 51,07 FRANCE 162 955 089 77,94 ESPAGNE 109 273 853 35,72 CANADA 11 873 841 5,68 NIGER 10 485 267 3,43 BELGIQUE 8 673 918 4,15 AUTRES 29 935 332 9,79 GRANDE BRETAGNE 6 755 501 3,23 TOTAL 305 926 550 100,00 AUTRES 18 829 246 9,01 TOTAL 209 087 596 100,00 98 / la filiere boissons EN Algerie 2012 ANNEXE 24 : Importations de Bières par pays Pays en 2009 Valeur (DA) % Pays en 2010 Valeur (DA) % FRANCE 148 575 086 41,99 FRANCE 174 206 413 56,02 PAYS-BAS 105 150 829 29,71 PAYS-BAS 64 516 254 20,75 ITALIE 50 450 341 14,26 ALLEMAGNE 33 003 684 10,61 ESPAGNE 23 598 320 6,67 ESPAGNE 22 747 514 7,31 AUTRES 26 098 417 7,38 AUTRES 16 519 026 5,31 TOTAL 353 872 993 100,00 TOTAL 310 992 892 100,00 ANNEXE 25 : Importations de vinS par pays Pays en 2009 Valeur (DA) % Pays en 2010 Valeur (DA) % FRANCE 125 695 354 53,03 ESPAGNE 101 031 524 57,81 ESPAGNE 86 892 264 36,66 FRANCE 59 568 302 34,08 AUTRES 24 445 083 10,31 AUTRES 14 169 101 8,11 ANNEXE 26 : Exportation de vins par pays Pays 2009 Valeur (DA) % Pays 2010 Valeur (DA) % FRANCE 98 165 260 89,74 FRANCE 72 432 445 68,73 BELGIQUE 7 670 354 7,01 BELGIQUE 20 114 310 19,09 ALLEMAGNE 2 359 549 2,16 CHINE 11 225 932 10,65 ETATS UNIS 1 190 126 1,09 USA 1 614 356 1,53 Total 109 385 289 100,00 Total 105 387 043 100,00 ANNEXE 27 : Agrégats Echantillons d’entreprises En KDA CONSOLIDE 2009 CONSOLIDE 2010 Croissance % Chiffre d’affaires Chiffre d’affaires moyen 49 847 801 958 612 53 576 501 1 217 648 7 27 Résultat net Résultat net moyen 3 704 417 71 239 4 949 607 112 491 34 58 RN/CA 7% 9% 24 Investissements nets 38 669 796 33 422 963 -14 RN/INV 10% 15% 55 ANNEXE 28 : Structure du CA des BRSA CONSOLIDE 2009 (en KDA) Part % CONSOLIDE 2010 (en KDA) Part % Progression CA Sodas et eaux embouteillées 35 371 075 90 38 453 511 90 -4 CA Jus 4 264 539 11 4 202 468 10 -1 TOTAL BRSA 39 635 613 100 42 655 979 100 8 Segments /99 ANNEXE 29 : Données consolidées par sous-filières En KDA CONSOLIDE 2009 CONSOLIDE 2010 Croissance % BRSA 39 635 613 42 655 979 8 Boissons alcoolisées 10 212 188 10 920 523 7 BRSA 32 166 621 26 938 171 -16 -Boissons alcoolisées 6 503 175 6 484 793 0 BRSA 2 396 406 3 883 928 62 Boissons alcoolisées 1 308 011 1 065 680 -19 BRSA 6% 9% 51 Boissons alcoolisées 13% 10% -23 BRSA 7% 14% 94 Boissons alcoolisées 20% 16% -18 Chiffre d’Affaires Investissements Résultat Net RN/CA RN/INV ANNEXE 30 : Données consolidées En KDA Segments Nombre CA (KDA) % VA (KDA) % RN (KDA) % INV (KDA) % Sodas-eaux 38 34 415 829 79 10 119 217 77 2 204 627 76 49 485 984 76 Jus 6 4 264 539 10 1 185 555 9 114 762 4 3 422 188 5 Bières 2 4 742 842 11 1 836 937 14 567 990 20 11 884 128 18 TOTAL 46 43 423 210 100 13 141 709 100 2 887 379 100 64 792 300 100 Segments Nombre EBE (KDA) % REX (KDA) % Sodas+Eaux 38 6 665 697 92 3 358 638 113 Jus 6 540 919 7 155 507 5 Bières 2 38 454 1 -531 770 -18 TOTAL 46 7 245 070 100 2 982 375 100 ANNEXE 31 : CA moyen par filière En KDA Activité Nombre CA moyen (KDA) % Bières 2 2 371 421 251 Jus 6 710 757 75 Sodas-eaux 38 905 680 96 TOTAL 46 943 983 100 100 / la filiere boissons EN Algerie 2012 ANNEXE 32 : VA moyen par filière En KDA Activité Nombre VA moyen % Bières 2 918 469 321 Sodas-eaux 38 266 295 163 Jus 6 197 593 69 TOTAL 46 285 689 100 Activité Nombre EBE moyen (KDA) % Sodas-eaux 2 175 413 111 Jus 38 90 153 57 Bières 6 19 227 12 TOTAL 46 157 502 100 ANNEXE 33 : EBE moyen par filière En KDA ANNEXE 34 : Résultat d’exploitation global par filière En KDA Segments Nombre REX (KDA) Sodas-eaux 38 3 358 638 Jus 6 155 507 Bières 2 -531 770 TOTAL 46 3 358 638 ANNEXE 35 : Résultat d’exploitation moyen par filière En KDA Activité Nombre REX moyen (KDA) % Sodas-eaux 2 88 385 121 Jus 38 25 918 35 Bières 6 -265 885 -364 TOTAL 46 73 014 100 Activité Nombre RN moyen (KDA) % Bières 2 283 995 452 Jus 6 19 127 30 Sodas-eaux 38 58 017 92 TOTAL 46 62 769 100 ANNEXE 36 : Résultat net moyen par filière En KDA /101 ANNEXE 37 : Investissements moyens par filière En KDA Activité Nombre Investissement moyen (KDA) % Bières 2 5 942 064 422 Jus 6 570 365 40 Sodas-eaux 38 1 302 263 92 TOTAL 46 1 408 528 100 ANNEXE 38 : R1 et R2 (Ratios de financement) par filière En KDA Activité R1 (Fonds propres /Total Bilan) R2 Endettement Financier Net /Fonds propres Sodas-eaux 53% 24 Jus 19% 5 Bières 53% 30 Filière 50% 14 ANNEXE 39 : Agrégats par filière 2010 En KDA Segments Chiffre d’affaires (KDA) Nbr Valeur ajoutée (KDA) Nbr RN (KDA) Sodas-eaux 32 236 643 28 10 053 683 28 2 928 412 Jus 4 202 468 3 1 140 476 3 232 488 Bières 5 939 082 3 2 473 523 3 596 879 TOTAL 42 378 193 34 13 667 682 34 3 757 779 Segments Nbr EBE (KDA) REX (KDA) Sodas-eaux 28 6 488 207 3 819 262 Jus 3 643 740 387 045 Bières 3 1 837 809 666 536 TOTAL 34 8 969 756 4 872 843 ANNEXE 39 : CA moyen par filière 2010 En KDA Segments Nbr CA moyen (KDA) % Sodas+ Eaux 28 1 151 309 92 Jus 3 1 979 694 159 Bières 3 1 400 823 112 TOTAL 34 1 246 417 100 102 / la filiere boissons EN Algerie 2012 ANNEXE 40 : VA moyenne par filière 2010 En KDA Activité Nbr VA moyen (KDA) % Sodas+ Eaux 28 359 060 89 Jus 3 824 508 205 Bières 3 380 159 95 TOTAL 34 401 991 100 Activité Nbr EBE moyen (KDA) % Sodas+ Eaux 2 231 722 88 Jus 38 214 580 81 Bières 6 612 603 232 TOTAL 46 263 816 100 ANNEXE 41 : EBE moyen par filière 2010 En KDA ANNEXE 42 : Résultat d’exploitation moyen par filière 2010 En KDA Activité Nbr REX moyen (KDA) % Sodas+ Eaux 2 136 402 95 Jus 38 129 015 90 Bières 6 222 179 155 TOTAL 46 143 319 100 Activité Nbr RN moyen (KDA) % Sodas+ Eaux 28 104 586 95 Jus 3 198 960 180 Bières 3 77 496 70 TOTAL 34 110 523 100 ANNEXE 43 : Résultat net moyen par filière 2010 En KDA ANNEXE 44 : R1 et R2 par filière 2010 En KDA Activité R1 (Fonds propres /Total Bilan) R2 Endettement Financier Net /Fonds propres Sodas+ Eaux 54 7 Jus 43 5 Bières 55 6 Filière 53 7 /103 Annexe 45 : Comparatif des approches financières 2005 et 20121 Type d’analyse 2005 2012 Observation L’analyse 2005 s’est faite sur la base des questionnaires de l’enquête menée auprès des producteurs, uniquement. Analyse de la filière dans son ensemble L’analyse 2012 est réalisée sur la base des informations comptables suivantes : Oui Oui - informations contenues dans les questionnaires de l’enquête réalisée auprès des producteurs de boissons et, - bilans des entreprises de l’industrie des boissons déposés auprès du CNRC et mis à disposition par l’APAB. Analyse des S/filières BRSA et Boissons alcoolisées Oui Oui L’analyse 2012 est réalisée sur la base des bilans et TCR des entreprises de l’industrie des boissons déposés auprès du CNRC et mis à disposition par l’APAB1. 2005 a limité son analyse au niveau sous-filière Analyse des activités dans les sous-filières Non Segment des vins2 Non Oui L’analyse 2012 est réalisée sur la base des bilans et TCR des entreprises de l’industrie des boissons déposés auprès du CNRC et mis à disposition par l’APAB. Les données mises à dispositions ne faisant pas apparaitre l’affectation de ces dernières par nature d’activité, la segmentation n’a pu être détaillée plus Non Ce segment n’a pas été analysé par 2012 en raison de l’absence d’information sur son activité ANNEXE 46 : Comparaison avec l’étude 20052 2005 2012 Observation CA Oui Oui - Résultat net Oui Oui L’item valeur ajoutée n’ayant été renseigné que dans quelques questionnaires, cet agrégat n’a pas été retenu pour caractériser la filière dans son ensemble ; il est considéré cependant dans l’analyse relative aux sous filières. Agrégats VA Oui Non Investissement net Non Oui Résultat net/CA Oui Oui Résultat courant/CA Oui Non Les informations sur le résultat courant ne sont pas disponibles sur les questionnaires. Ce ratio est considéré dans l’analyse relative aux sous filières. EBE/CA Oui Non Les informations sur l’EBE ne sont pas disponibles sur les questionnaires. Ce ratio est considéré dans l’analyse relative aux sous-filières. RN/Investissement net Non Oui Ratios Légende : CA : Chiffre d’Affaires ; VA : Valeur ajoutée ; EBE : Excédent brut d’exploitation. 1. Une entreprise importante dont on ne disposait que du TCR a été prise en compte pour 2009. L’incidence se fera sur le calcul du ratio résultat net sur investissements. 2. Aucune entreprise productrice de vins n’a renseigné le questionnaire et les bilans issus du CNRC mis à disposition par l’APAB n’incluent aucune entreprise productrice de vins 104 / la filiere boissons EN Algerie 2012 ANNEXE 47 : Principaux partenaires institutionnels de l’Industrie des boissons Ministère de tutelle Objet L’ANDI (le soutien à l’investissement) qui gère le dispositif de soutien à l’investissement. Ministère de l’Industrie de la Petite et Moyenne Entreprise et de la Promotion de l’investissement (MIPMEPI L’ANDPME (mise à niveau) qui gère le programme national de mise à niveau des entreprises. Le CALPIREF (accès au foncier Industriel) qui gère la mise en concession des terrains publics à des fins d’investissement est de ressort des seuls CALPIREF1. Le projet de centre technique de l’agroalimentaire. Contrôle de prix et de la qualité ; Contingentement de certaines importations (notamment le sucre) ; Ministère du Commerce Exportations (cadre incitatif aux exportations et Fonds spécial de promotion des exportations); Mise en œuvre éventuelle de la convention commerciale et tarifaire avec la Tunisie. Taxes douanières. Ministère des Finances Impôts et taxes. Ministère des Ressources en Eau Agréments d’exploitation des sources et la tarification des consommations en eau. Ministère de l’Agriculture et du Renouveau Agricole Soutien à la production agricole, notamment la production vitivinicole et les fruits2. L’ANIREF est chargé de la réalisation des nouvelles zones industrielles Le MADR a mis récemment en concession les fermes pilotes. ANNEXE 48 : Avantages fiscaux du régime dérogatoire Phase Avantages • Exemption du droit de mutation à titre onéreux pour toutes les acquisitions immobilières effectuées dans le cadre de l’investissement ; • Application du droit fixe en matière d’enregistrement au taux réduit de deux pour mille (2 ‰) pour les actes constitutifs et les augmentations de capital de la société bénéficiaire des avantages. • Prise en charge partielle ou totale des dépenses au titre de travaux d’infrastructures nécessaires à la réalisation de l’investissement. INVESTISSEMENT • Franchise de TVA pour les biens et services entrant directement dans la réalisation de l’investissement importés ou acquis localement. • Exonération en matière de droits de douane pour les équipements importés. •Exonération, pendant une période de dix ans d’activité effective, d’impôt sur le bénéfice des sociétés et de taxe sur l’activité professionnelle ; •Exonération, à compter de la date d’acquisition, de la taxe foncière sur les propriétés immobilières entrant dans le cadre de l’investissement pour une période de dix ans ; EXPLOITATION •octroi d’avantages supplémentaires de nature à faciliter la continuité de l’exploitation, tels que le report des déficits. ANNEXE 49 : Benchmark financier Activité VA/CA Algérie France 1 Résultat d’exploitation/CA Algérie France 1 BRSA 42,36% 20,68% 10,25% 6,89% BIERES 38,73% 36,81% 9,75% * Les Résultats d’exploitation dans les bières sont négatives (voir analyse) 1 Source : AGRESTE et INSEE /105 ANNEXE 50 : Les opérations de contrôle Production Distribution gros Distribution détail Services TOTAL 1 495 963 8 217 350 11 025 14% 9% 75% 3% 100% ANNEXE 51 : ventilation des résultats des 1086 contrôles effectués pour les boissons Nature des contrôles Résultats Microbiologique Physico-chimique Conforme Non conforme Conforme TOTAL Non conforme Conforme Non conforme 345 79 578 84 923 163 81% 19% 87% 13% 85% 15% ANNEXE 52 : Les résultats des contrôles Produits non conformes Produits impropres à la consommation Absence d’autocontrôle Défaut d’hygiène Autres Total Nombre de PV 283 181 69 361 143 1037 922 27% 17% 7% 35% 14% 89% ANNEXE 53 : Les Types de SanctionS SAISIE FERMETURE Tonnes Valeur Demandée Prononcée 31,7 4 181 717 50 36 Algérie (milliards de litres) Maroc (milliards de litres) Egypte (milliards de litres) Boissons gazeuses 1,926 1,248 1,796 Eau embouteillée 1,032 0,580 0,370 Jus de fruits 0,239 0,058 0,198 BRSA 3,197 1,886 2,364 ANNEXE 54 : Benchmark international Estimation comparées du marché des BRSA (2010) Source : www.euromonitor.com 106 / la filiere boissons EN Algerie 2012 SYNTHESE DE L’ETUDE /107 Synthèse : La filière des boissons est parmi les plus dynamiques des filières de l’industrie agroalimentaire en Algérie. L’importance économique qu’elle a prise, la croissance qu’elle connait, les progrès qu’elle a enregistrés sur le plan de la diversification et la qualité des produits en font une filière à part. Elle se distingue aussi par la présence d’entreprises « major » et par l’organisation de la profession. Elle a fait l’objet, en 2005, d’une étude sur son positionnement stratégique et d’une actualisation en 2007, focalisée sur les entreprises qui ont bénéficié d’actions du programme de mise à niveau avec l’EDPME. L’étude, objet de ce document, constitue une mise à jour des deux études. Elle vise : • L a mise à disposition d’une étude stratégique de cette industrie qui permettrait de guider dans leur réflexion les entreprises de la filière, leur association professionnelle et les institutions concernées ou intéressées par le développement de cette industrie; • L’élaboration des principaux chiffres clés globaux du secteur. • L’actualisation des chiffres de l’étude 2005 et les chiffres-clé de l’étude 2007 relatifs aux boissons alcoolisées. • La collecte de l’information, pour la réalisation de cette étude s’est effectuée à travers cinq types d’investigations : -enquêtes administratives : collecte de données officielles et professionnelles. -recherches documentaires pour l’analyse des publications se rapportant au secteur. -rnquête « producteurs » via un questionnaire administré conjointement par CEAI et l’APAB. -deux panels de discussions, organisés par l’APAB, qui ont regroupé des responsables de structures des entreprises du secteur et ont débattu respectivement de la qualité des produits et du marketing dans la filière . des interviews des dirigeants d’un panel d’entreprises situées dans les régions Centre, Est et Ouest. LA FILIERE DES BOISSONS, OBJET DE L’ETUDE Elle couvre la production et la commercialisation des boissons et des jus de fruits, le terme « boissons » incluant les boissons rafraîchissantes sans alcool (BRSA) et les boissons alcoolisées. Les boissons comprises dans cette étude incluent les : • boissons gazeuses, y compris les boissons à pulpe, carbonatées, • boissons plates : boissons aux fruits, boissons aromatisées, sirops, boissons énergétiques, eaux embouteillées • jus de fruits et nectars, • bières, • vins. Classifications : Les nomenclatures internationales classent la filière des boissons dans les industries agroalimentaires (IAA). La NAA (Nomenclature Algérienne des Activités) distingue onze sous-branches des IAA, dont les boissons. Au plan de la statistique nationale algérienne, l’ONS identifie la filière « boissons » et ses sous-filières au travers de la Section D «Produits Manufacturés» et Division 15 «Produits des Industries Alimentaires». Réglementation : La réglementation applicable à la filière a peu évolué par rapport à 2005 ; il y a lieu cependant de noter la promulgation de textes régissant les eaux embouteillées (2006) et la révision en 2009 de la loi sur la protection des consommateurs. 108 / la filiere boissons EN Algerie 2012 IMPORTANCE ECONOMIQUE Poids économique des IAA en Algérie En 2010, les industries agroalimentaires en Algérie réalisent 52% de la production, 41% de la valeur ajoutée et 57% de l’excédent net d’exploitation du secteur industriel algérien. Elles couvrent plus de 40% des dépenses privées des ménages. Sa consommation des fonds fixes (CFF) était de 16.835 MDA, soit une contribution de 22% par rapport à toute l’industrie, ce qui reflète le caractère peu capitalistique des IAA. Au plan des salaires, les IAA ont distribué une rémunération de 33.656 MDA, soit une contribution significative de 25% par rapport à toute l’industrie. Les IAA occupent ainsi la deuxième position du secteur Industriel. Place de la filière boissons dans les IAA en Algérie : La contribution de la filière des boissons à la production des IAA en 2010 est de l’ordre de 7%. La croissance de l’industrie des boissons (14%/an) est nettement plus élevée que celle des IAA (7.1%). EVOLUTION DE LA FILIERE BOISSONS EN ALGERIE Sur la période 2005-2010, l’industrie des boissons a enregistré des croissances significatives de ses principaux agrégats. En moyenne annuelle, l’évolution a été de : • 14% pour la production ; • 15% pour les consommations intermédiaires ; • 13% pour la valeur ajoutée. Valeur ajoutée de la filière : • la valeur de l’industrie des boissons est à base de consommations intermédiaires qui représentent 61% de la valeur des produits. Ainsi : • l’industrie exerce des effets d’entraînement importants sur son amont (service des eaux, matières et consommables et notamment le conditionnement) ; • la valeur des produits est tributaire des fluctuations des cours des inputs. Le taux de valeur ajoutée s’est détérioré, passant de 42% en 2005 à 39% en 2010, l’industrie n’ayant pu répercuter les hausses des prix des inputs (essentiellement importés) sur les prix de vente, en raison de la faiblesse du pouvoir d’achats des consommateurs. La Valeur ajoutée de l’industrie des boissons se répartit comme suit, en 2010. • Amortissements : 19% • Impôts liés à la production : 3% • Salaires : 21% • Excédent Net d’exploitation : 56%. La part des segments de la filière Considérant les deux segments principaux de l’industrie des boissons que sont les BRSA et les boissons alcoolisées, les statistiques (2002 à 2010) montrent que les BRSA dominent la production et la valeur ajoutée de l’industrie avec des poids respectifs de 91% et 93%. /109 Les marques commerciales de la filière Les produits de la filière boissons sont commercialisés sous près de 300 marques commerciales, essentiellement au niveau des marchés locaux. Des marques de réputation nationale ou des marques de franchise internationale sont commercialisées au niveau national. Les grandes marques ont acquis une notoriété nationale et sont distribuées sur tout le territoire. Elles n’ont cependant pas réussi à faire disparaître les marques locales. Le marché algérien n’a pas encore atteint le degré de concentration observé dans les pays européens. Le conditionnement des produits Le conditionnement des boissons s’est diversifié en suivant les standards internationaux. On retrouve une gamme de conditionnements similaire à celle de l’industrie mondiale : Types de conditionnements Produits PET Eau Proche de100% BG 60% Jus conditionné en bouteille 60% Carton Verre 5% 35% 15% Bière Vin Cannette 25% 70% Non déterminé 30% Dominante Pour tous les conditionnements, la contenance s’est beaucoup diversifiée aussi bien dans le sens de la petite contenance que de celui de la grande contenance familiale. Le verre a beaucoup reculé en raison de son coût et des contraintes de gestion du « verre retournable ». La faible qualité du verre local est aussi présentée par les entreprises comme facteur limitant. Les conditionnements dominants au niveau mondial sont : • boîtes (Canettes) : 50% • carton (bricks) : 13% • plastique (PET) : 30% • verre : 7% Démographie des entreprises L’étude de 2005 avait observé 1400 entreprises enregistrées au CNRC, dont une grande partie n’activait pas ou travaillait une partie de l’année. L’étude avait estimé les entreprises réellement actives à 430. Le nombre d’entreprises enregistrées au CNRC en 2012 est de 748 dont 695 activent dans l’industrie des BRSA. Le recensement économique réalisé par l’ONS en 2011, indique un nombre de 810 entreprises qui activent dans l’industrie des boissons. Selon ces statistiques, la tendance est à la restructuration par des fermetures d’entreprises et un mouvement de concentration. Ce mouvement résulte essentiellement des fermetures de petites entreprises. La restructuration par fusion-absorption est marginale. 110 / la filiere boissons EN Algerie 2012 Emploi dans l’industrie des boissons Sur la base de l’Annuaire des entreprises agroalimentaires MIPMIPI 2009, on peut estimer que l’emploi dans l’industrie des boissons (hors Office National de la Commercialisation du Vin) s’élève à près de 14.800 emplois directs et environ 37.000 emplois indirects Répartition géographique des entreprises : La répartition géographique des entreprises est réalisée à partir du fichier du CNRC (2012). Les statistiques démontrent un phénomène de concentration régional prononcé : • 39% des wilayas abritent 80% des entreprises ; • 20% des wilayas abritent 60% des entreprises ; • 80% des entreprises sont localisées dans les wilayas nord du pays ; • la wilaya d’Alger se distingue nettement avec 26% des implantations ; • Trois bassins d’implantation industrielle se distinguent par la densité d’implantation industrielle (Algérois, Béjaïa-Sétif, Oranais). Structure juridique des entreprises L’industrie des boissons est dominée par le secteur privé qui représente 94.6% des entreprises. Répartition des entités économiques selon la division et le secteur juridique Code Division Public Privé Autres Total 11 Fabrication de boissons 19 766 25 810 Source : ONS Situation économique des entreprises de l’industrie des boissons Les résultats de l’enquête auprès des producteurs des boissons réalisée dans le cadre de cette étude sont comme suit : le statut des entreprises est à dominante SARL (60%) et SPA (30%) ; les entreprises se caractérisent par des gammes étendues et larges. Elles développent une diversification par produits liés : • les entreprises de la filière « eaux embouteillées » se diversifient vers les boissons plates ou gazéifiées, aromatisées ; • les entreprises de sodas se diversifient vers les eaux fruitées et/ou les jus. • l’exportation est une option forte : 46% déclarent exporter. Il s’agit des sodas, des jus et de l’eau embouteillée ; • en moyenne, le capital initial a été multiplié par 8.2, dénotant un développement de la taille suite à des investissements de capacité ; • leffectif global des entreprises de l’échantillon est de 5217 agents. 45% des entreprises emploient 81% et 35% des entreprises emploient moins de 100 travailleurs. • le chiffre d’affaires (CA) a progressé pour 80% des entreprises. Le taux d’accroissement moyen est de 16% ; • en moyenne le taux d’utilisation des capacités est de l’ordre de 66%. 50% des entreprises ont réalisé des taux supérieurs à la moyenne et 40% des taux supérieurs à 80%. Ce niveau des taux d’utilisation est de nature à inciter à des investissements de capacité ; • en moyenne, la productivité commerciale (CA/Effectif ) est de 6 626 KDA par agent avec une dispersion allant d’un minimum de 827 KDA à un maximum de 16 421 KDA/agent ; • la productivité physique (production/effectif ) se situe à 1675 hl/agent. Cette productivité est très variable dans l’échantillon. La variation exprime des différences importantes dans les équipements et leur rendement ; • • /111 les petites entreprises sont faiblement encadrées et fonctionnent avec des exécutifs et la maîtrise ; c’est le chef d’entreprise qui assure l’encadrement ; • les entreprises d’envergure adoptent un profil d’entreprise bien structurée et disposant d’un encadrement de qualité ; • le salaire moyen annuel avoisine 604 KDA, avec une forte variation, allant de 139 KDA à 1440 KDA par agent ; • la distribution se pratique de manière différente selon que l’entreprise est un grand groupe Industriel ou une entreprise de plus petite taille : • p our les grandes entreprises, la distribution se fait de trois manières : vers le commerce de détail directement, vers le commerce de détail via les grossistes, vers les grandes surfaces ; • pour les petites entreprises, la distribution se fait à partir des achats effectués par des détaillants et des semi-grossistes avec leur propre moyen de transport directement sur les lieux de production. • les entreprises leaders et les grandes entreprises ont développé des pratiques intégrant les outils modernes du marketing : -le suivi des marchés par le recours, aussi, à des cabinets d’études et de suivi du marché ; -le Mix produit et conditionnement (très forte diversification et innovation dans les produits) ; -publicité sur tous les supports disponibles ; -le sponsoring et les actions caritatives ; -les campagnes de promotion. • les budgets promotionnels n’ont pu être cernés, l’item n’ayant pas été renseigné par les entreprises enquêtées. Cependant, selon le panel marketing, les grandes entreprises ont un budget promotionnel conséquent. • LE MARCHE ALGERIEN DES BOISSONS Importance de la consommation alimentaire dans le budget des ménages La consommation alimentaire constitue le premier poste de dépense des ménages en Algérie. Le cœfficient budgétaire de l’alimentation était de 52% (enquête 2001) et demeure une constante qui est mise en évidence par toutes les enquêtes de consommation. Les dépenses de consommation individuelle des ménages ont connu un accroissement moyen de 13.5%/an, sur la période 2005-2010. Le niveau de dépenses par habitant demeure cependant modeste (1600 $ US/an/hab) comparé aux pays du Nord de la Méditerranée et légèrement inférieur à celui des pays voisins. Dans les zones urbaines, les 10% des ménages les plus riches du pays consomment 30% de la consommation globale. Les 10% des ménages les plus pauvres n’en consomment que 3%. Place des boissons dans le modèle de consommation alimentaire La consommation des boissons est intégrée depuis longtemps dans les habitudes de consommation des Algériens. Durant la période coloniale, les habitants des villes avaient introduit dans leurs habitudes de consommation les boissons. La consommation des boissons était pendant longtemps un mode urbain des classes aisées. Pour les couches de population à faibles revenus, la boisson était considérée comme un produit festif. Depuis l’Indépendance, la consommation a connu un développement prodigieux, tirée par l’accroissement des populations urbaines et le développement de l’industrie. L’offre des produits est demeurée, cependant, et pendant longtemps, limitée en raison de la faiblesse de l’investissement privé. La libéralisation de l’activité et l’ouverture du marché ont entraîné à la fois une diversification de l’offre et un accroissement des volumes. L’étude de 2005 a situé la consommation à 33,6 litres/tête/an; l’enquête « niveau de vie de 1995 » réalisée par l’ONS avait situé la consommation à 19 litres/tête/an. 112 / la filiere boissons EN Algerie 2012 Le modèle de consommation algérien s’oriente de plus en plus vers le modèle international en raison d’une offre de produits transformés par les IAA. Cette tendance s’observe aussi pour les boissons, avec cependant une particularité culturelle qui tient à l’interdit religieux pour les boissons alcoolisées. Les consommateurs algériens recherchent des produits plus sophistiqués (eaux aromatisées, jus multi-arômes, multi-vitamines…) à la place des produits traditionnels (limonade, lait…). Modes de consommation des boissons Les modes de consommation se différencient avec l’urbanisation, les modes de vie et l’offre de l’industrie des boissons. Boissons gazeuses Après une période de « structuration qualitative de la demande », signalée par l’étude 2005, les besoins s’affinent et se diversifient. La première diversification est réalisée par les colas grâce aux franchises « Coca Cola » et « Pepsi Cola ». Les sodas des deux franchises ont été adoptés (marques Fanta, Miranda, 7UP, etc.). La deuxième vague de diversification est introduite par les produits diététiques. Les produits « light » sont adoptés dès leur introduction sur le marché. On les retrouve dans les sodas, les colas et les jus. L’autre évolution est le développement des boissons aromatisées à base d’eau minérale ou de source. Le consommateur algérien a adopté les marques des franchises internationales, tout en gardant son attachement aux marques locales considérées comme des produits de « terroir ». Des marques comme « Hamoud Boualem » ou « Mami » profitent toujours de leur prestige. Jus de fruits et boissons plates Les jus de fruits font partie depuis longtemps des habitudes de consommation des Algériens. Les jus de fruits industriels se sont substitués à la tradition fortement ancrée des préparations à domicile. La consommation progresse fortement grâce à la qualité des produits et à l’étalement le long de l’année de la consommation. La consommation des jus s’est aussi fortement diversifiée par le produit et le conditionnement. Le produit s’est diversifié par les nectars et les fruits exotiques. Le conditionnement s’est; quant à lui; diversifié par le conditionnement en carton et les petites contenances. Les boissons plates sont souvent assimilées aux jus. Dans plusieurs régions, la même appellation est utilisée pour ces deux produits par les consommateurs. La réglementation fait cependant une nette distinction, en fixant la teneur en extrait. La consommation augmente fortement pour ces produits car elle est ancrée dans des habitudes de consommation du sirop mélangé à de l’eau. Eaux embouteillées Les eaux embouteillées constituent une nouvelle tendance dans la consommation des boissons par les algériens. La première marque remonte aux années 1940. C’est dans les années 1990 que la consommation a pris un grand essor. La première marque privée « Ifri » a constitué une innovation par son conditionnement et l’image d’un produit de qualité. L’offre des eaux embouteillées s’est fortement diversifiée, avec pas moins d’une quarantaine de marques sur le marché. Le produit est recherché pour la qualité de l’eau avec des attributs « thérapeutiques ». Le petit conditionnement (33 cl) connaît un grand succès et se développe grâce à la restauration hors foyer. Boissons alcoolisées Les boissons alcoolisées sont frappées par les interdits religieux et par des restrictions imposées notamment par le système de valeurs morales du pays, le Code de la route et les agréments d’ouverture et d’exploitation des débits de boissons. Néanmoins le marché des boissons alcoolisées demeure actif. La consommation de la bière s’est développée en Algérie grâce, notamment, à la qualité des produits offerts et à l’introduction de la cannette, mieux adaptée à la consommation hors débits de boissons. Un produit dérivé « bière sans alcool » a fait son apparition mais sa consommation demeure marginale. /113 La production vitivinicole est encouragée par la politique agricole avec des plantations importantes de renouvellement, voire d’extension des superficies. L’argument d’exportation motive cette politique, mais les volumes exportés régressent en raison de la forte concurrence sur les marchés internationaux. Le marché intérieur devient stratégique. L’ONCV fait des efforts pour écouler sa production. Il faut noter, par ailleurs, l’entrée de producteurs privés avec une offre de vins de qualité. Niveaux de consommation L’étude de 2005 a situé la consommation dans une moyenne allant de 33,6 à 40,6 l/tête/an. La présente étude estime la consommation comme suit : Consommation L/tête/an Boisson gazeuse Boisson plate Jus Bières Vins Eaux Total 22.2 0,5 4,4 1,4 23,4 57,4 6,0 La croissance du marché actuel, estimée par un panel d’entreprises, est stable pour les boissons alcoolisées et fortes pour les BRSA : • Jus 9% ; • Eau 5% ; • Boissons gazeuses • Bières stable ; • Vins stable. 5% ; Volume des ventes en valeur : En valeur, le marché des BRSA a atteint en 2011, un CA de plus de 38 Mds DA : Boissons gazeuses Jus & boissons fruitées S/T Eaux embouteillées BRSA Bières Vins S/T Volumes totaux en hl 7 977 000 2 331 000 8 407 000 1 574 000 1 574 000 508 000 20 666 000 Valeur des ventes en MDA* 18 046 7 918 12 131 38 095 27 660 - - Boissons alcoolisées *Au prix départ usine HT ; **hors vin La croissance moyenne du marché des BRSA sur la période 2010-2011 a été de l’ordre de 5.9%. Estimation du marché à l’horizon 2015 L’étude situe le niveau de consommation en 2015 à 62.2 l/tête/an et un volume global de 2 394,7 millions de litres. Le commerce extérieur des boissons La filière boissons joue un rôle relativement dynamique dans le commerce extérieur. Le commerce extérieur des boissons par rapport aux industries agroalimentaires Les échanges commerciaux comparés à ceux de l’agroalimentaire sont les suivants : • la part des importations des boissons comparée à celle des produits agro-alimentaires est pratiquement insignifiante (moins de 1% sur 6 ans) ; • p our ce qui concerne les exportations, les exportations en valeur sont croissantes ; leur valeur a été multipliée par 5 en 6 ans. 114 / la filiere boissons EN Algerie 2012 La filière boissons joue un rôle relativement dynamique dans le commerce extérieur. Le commerce extérieur des boissons par rapport aux industries agroalimentaires Les échanges commerciaux comparés à ceux de l’agro-alimentaire sont les suivants : La part des importations des boissons comparée à celle des produits agro-alimentaires est pratiquement insignifiante (moins de 1% sur 6 ans) ; La balance commerciale : Pour ce qui concerne les exportations, les exportations en valeur sont croissantes ; leur valeur a été multipliée par 5 en 6 ans. La balance commerciale pour les boissons non alcoolisées est positive ; La balance commerciale : La balance commerciale pour les boissons non alcoolisées est positive ; 2500 2000 1500 Importations en MDA Exportations en MDA 1000 500 0 2005 2006 2007 2008 2009 2010 La balance commerciale pour les boissons alcoolisées est déficitaire en raison notamment des exportations en baisse. La balance commerciale pour les boissons alcoolisées est déficitaire en raison, notamment, des exportations en 9 baisse. 2500 2000 2500 1500 IMPORTATIONS 2000 EXPORTATIONS 1000 1500 500 IMPORTATIONS EXPORTATIONS 1000 0 2005 2006 2007 2008 2009 2010 La 500balance des échanges des boissons est globalement déficitaire sur la période, en raison du volume des importations de boissons alcoolisées, cela malgré les efforts réalisés en matière d’exportation de boissons non alcoolisées qui ont permis, en 2007 et 2010, une balance positive. 0 La balance des échanges des boissons est globalement déficitaire sur2009 la période, en raison du volume des importations 2005 2006 2007 2008 2010 de boissons alcoolisées, cela malgré les efforts réalisés en matière d’exportation de boissons non alcoolisées qui ont La balance échanges des boissons permis, en 2007 des et 2010, une balance positive.est globalement déficitaire sur la période, en raison du volume des importations de boissons alcoolisées, cela malgré les efforts réalisés en matière d’exportation de boissons non alcoolisées 2006 qui ont permis,2007 en 2007 et 2010, une balance2009 positive. 2005 2008 2010 Analyse par sous- filières : 2005 2006 Boissons non alcoolisées : 2007 2008 2009 2010 Les boissons non alcoolisées sont celles où sont réalisées les meilleures performances en matière d’échanges commerciaux. Elles représentent en moyenne, sur la période 2005 à 2010, 76% des exportations, mais seulement 6% des importations de boissons. Exportation desfilières sodas: : Les exportations de sodas occupent le premier poste des exportations de Analyse par sousboissons et représentent 300 Millions de DA en 2009 et 210 Millions en 2010. Elles sont essentiellement vers: les pays européens et, notamment, la France. Boissons nonorientées alcoolisées de jus : Les exportations de jus en troisième place et passent de 33 millions LesExportations boissons non alcoolisées sont celles oùviennent sont réalisées les meilleures performances en de matière DA en 2009, sur 11 pays, à 29,5 millions de DA en 2010 vers 6 pays. La France reste le plus d’échanges commerciaux. Elles représentent en moyenne, sur la période 2005 à 2010,grand 76% des /115 importateur. exportations, mais seulement 6% des importations de boissons. Exportation d’eaux embouteillées : Les exportations d’eaux embouteillées sont encore modestes Exportation des sodas : Les hausse exportations de sodas le premier poste de mais enregistrent une forte puisqu’elles passentoccupent de 1,5 million de DA en 2009des à 3 exportations millions de boissons et représentent 300 Millions de DA en 2009 et 210 Millions en 2010. Elles sont Analyse par sous-filières : Boissons non alcoolisées : les boissons non alcoolisées sont celles où sont réalisées les meilleures performances en matière d’échanges commerciaux. Elles représentent en moyenne, sur la période 2005 à 2010, 76% des exportations, mais seulement 6% des importations de boissons. Exportation des sodas : Les exportations de sodas occupent le premier poste des exportations de boissons et représentent 300 millions de dinars en 2009 et 210 Millions en 2010. Elles sont essentiellement orientées vers les pays européens et, notamment, la France. Exportations de jus : Les exportations de jus viennent en troisième place et passent de 33 millions de dinars en 2009, sur 11 pays, à 29,5 millions de DA en 2010 vers 6 pays. La France reste le plus grand importateur. Exportation d’eaux embouteillées : Les exportations d’eaux embouteillées sont encore modestes mais enregistrent une forte hausse puisqu’elles passent de 1,5 million de DA en 2009 à 3 millions de dinars en 2010. Importation de jus : Les importations de jus concernent essentiellement les matières premières et sont de l’ordre de 1 Mds dinars. Importation d’eaux embouteillées : Les importations d’eaux embouteillées sont insignifiantes. Boissons alcoolisées : Bières : Les importations de bières en provenance de 9 pays sont d’environ un peu plus de 300 millions de dinars. Aucune exportation de bières n’est constatée. Vins : Les importations de vins en provenance de 14 pays, en 2010, sont de l’ordre de 170 millions de dinars et enregistrent une baisse par rapport à 2009. Les exportations de vins baissent et se situent à 105 millions de dinars en 2010. Le principal client est la France, qui absorbe 70% des exportations en 2010. Il est à noter que l’Espagne qui exporte du vin vers l’Algérie n’en importe pas en retour. Les exportations de vins représentent le second poste en valeur derrière celui des sodas. Réglementation régissant le commerce extérieur des boissons La réglementation régissant le commerce extérieur des boissons a évolué depuis 2005. Trois évolutions sont à signaler : • la loi de finances complémentaire de 2009, impose le CREDOC comme mode de paiement unique des importations ; • le calendrier de démantèlement tarifaire pour les produits industriels et des concessions tarifaires pour les produits agricoles et agroalimentaires dans sa révision accorde un délai supplémentaire de 3 ans dans la mise en place de la zone de libre-échange (2020 au lieu de 2017) ; • la convention de facilitation et de développement des échanges commerciaux entre les Etats arabes, signée en 1981 à Tunis, et qui a pour objet l’établissement d’une Zone Arabe de Libre-Echange (ZALE), ratifiée par l’Algérie en 2004, a été mise en vigueur le 1er Janvier 2009. Tarifs douaniers Les tarifs douaniers ont peu évolué depuis 2005. La structure des tarifs douaniers est toujours en trois paliers : 5%, 15%, et 30% pour les inputs et les produits finis. Il y a lieu de signaler la suppression de la DAP (droit additionnel provisoire) en janvier 2006. 116 / la filiere boissons EN Algerie 2012 COMPETITIVITE DE L’INDUSTRIE DES BOISSONS : Cas des BRSA Les exportations de sodas et d’Eaux embouteillées ont fortement progressés depuis 2003, ce qui atteste d’une compétitivité prix et même qualité. Cette compétitivité peut être considérée comme durable, en raison des gisements de productivité que recèlent les grandes entreprises. Le démantèlement des tarifs douaniers dans le cadre de la ZALE peut cependant constituer une menace. Le poids des taxes intérieures peut aussi constituer un facteur de baisse de la compétitivité. Cas des boissons alcoolisées Les exportations des vins ont fortement régressé; de 779,7 MDA en 2003, elles sont passées à 105,4 DA en 2010. La compétitivité du produit algérien se pose avec acuité. Cette baisse trouve son explication dans le nouveau contexte mondial caractérisé par la baisse de la consommation dans les marchés européens et l’arrivée de nouveaux producteurs (Chili, Australie, Afrique du Sud). Les marchés qui progressent (Asie) sont demandeurs de produits de qualité. Pour les bières, le produit local est compétitif par rapport aux produits européens, malgré le poids de la fiscalité. Les progrès réalisés dans la qualité et la réputation des marques (en franchise) ont amélioré la compétitivité du produit local ; les importations sont réalisées pour des qualités non disponibles sur le marché national ou de grande réputation mondiale. ANALYSE ECONOMIQUE ET FINANCIERE : L’analyse économique et financière permet de tirer les conclusions suivantes : PRINCIPALES CARACTERISTIQUES DE LA FILIERE FORTE CONCENTRATION La filière est fortement concentrée avec une vingtaine d’opérateurs qui représentent 99% du marché. CAPITALISTIQUE Volumes d’investissements importants et récents chez les acteurs dominants qui représentent 90% des investissements de la filière. EXPLOITATION DES ACTIFS Des réserves de productivité existent encore chez les grands acteurs de la filière. RENTABILITE Rentabilité intéressante pour les entreprises de production de sodas et eaux minérales suivies par celles produisant les jus et les bières. ENVIRONNEMENT DE L’INDUSTRIE : Cadre général : L’ouverture de l’économie nationale dans les années quatre-vingt-dix a permis un développement prodigieux de l’investissement privé et a entraîné la disparition du secteur public dans la filière boissons, à l’exception de l’ONCV pour la sous filière vitivinicole. Les réformes structurelles ont aussi concerné l’ouverture du commerce extérieur. Dans le prolongement de ces réformes, l’Algérie a signé des accords de libre-échange avec l’Union européenne et la Zone de Libre-Echange Arabe. Cependant, cette ouverture n’a pas été accompagnée d’une mise à niveau de l’administration. C’est le cas, en particulier, des administrations des douanes, des impôts et du commerce. Le système bancaire public accuse lui aussi un retard par rapport à la dynamique des investissements. Le financement bancaire reste limité ; il ne joue pas encore le rôle moteur attendu pour le développement industriel. Une des conséquences néfastes de ce déséquilibre dans les réformes est le développement de l’économie informelle. /117 Contrôle de la distribution des produits alimentaires Le système de distribution des produits constitue une forte contrainte pour les producteurs qui se retrouvent dépendants de distributeurs-grossistes qui usent des ventes sans factures. Le dysfonctionnement du système de distribution entraîne des dérives au niveau de la distribution de détail, avec des produits distribués sans respect des conditions d’hygiène. Ce dysfonctionnement favorise aussi des pratiques de contrefaçon sur les marques. Le contrôle incombe à plusieurs administrations : services du Ministère du Commerce, douanes et administration des impôts. Un effort important est réalisé dans le domaine du contrôle de la qualité par les services du Ministère du Commerce. Les contrôles effectués sont de deux types : les contrôles physico-chimiques et les contrôles microbiologiques. En 2011, sur 251 403 interventions des services de contrôle à travers le territoire national 4,4% d’entre elles, soit, 11 025 interventions, ont été consacrées au secteur des boissons et eaux embouteillées (75% au niveau du commerce du détail, 14% au niveau de la production, 9% au niveau du commerce de gros et 3% au niveau des services). 85% en moyenne des contrôles se sont révélés conformes aux normes, en nette amélioration par rapport aux années précédentes. Le secteur informel : Des pratiques informelles sont constatées. Les pouvoirs publics admettent l’existence du phénomène, mais estiment qu’un effort important est réalisé. Il est difficile de situer l’importance du secteur informel, mais un faisceau d’indices révèle ses formes : • d es pratiques d’imitation de marques ou de conditionnement sont constatées, et des affaires sont parfois apportées devant la justice; • des mises sur le marché de produits sans étiquetage ; • des préparations de « charbet » sans respect des règles d’hygiène se pratiquent ; • la sous-facturation est parfois pratiquée par des distributeurs de gros ; • la distribution des produits est réalisée hors magasins, sans respect des conditions d’hygiène notamment en période estivale et pendant le mois de ramadhan. Politique fiscale La politique des taxes liées à l’industrie des boissons est considérée comme contraignante et ne favorisant pas la compétitivité de cette industrie. Ces taxes sont certainement contraignantes dans leur mise en œuvre parce que nombreuses, mais n’ont pas d’impact négatif sur la consommation. Dispositifs de mise à niveau des entreprises Deux programmes sont en cours actuellement, l’un dit Plan National de Mise à Niveau, financé par le gouvernement algérien et dont la mise en œuvre est confiée à l’Agence Nationale du Développement de la PME (ANDPME), et l’autre dit PME II, réalisé avec le concours de l’UE. Certains organismes de coopération, tels la GIZ allemande ou l’ONUDI, proposent aussi leurs propres appuis. Un autre programme dit de diversification de l’Economie (DEVICO) touche aussi à l’industrie agroalimentaire dont la filière boissons, et a inscrit dans ses objectifs la création d’un centre technique, et l’appui à l’organisation professionnelle. Ces programmes visent la mise à niveau tant des entreprises que des institutions. 118 / la filiere boissons EN Algerie 2012 Les aides de l’Etat Les aides de l’Etat sont communes à l’ensemble des secteurs d’activité et il n’existe pas d’aide spécifiquement consacrée à la filière. ANALYSE DU POSITIONNEMENT STRATEGIQUE DE LA FILIERE Benchmark International Selon une étude internationale, le marché algérien des BRSA est caractérisé de marché croissant. Il compte parmi les 9% des pays qui enregistrent une croissance supérieure à 7,8%. Il se positionne sur le même rythme de croissance que ceux du Maroc, de la Tunisie et de l’Egypte. Concernant la consommation par habitant, 20% des autres pays ont une consommation inférieure à 53,6 litres alors que les évaluations réalisées par l’étude de 2005 et son actualisation situent le niveau de consommation en Algérie, à 55.3 l/hab./an pour 2008 et à 57.4 l/hab./an pour 2011. Développement de l’offre et des technologies ITEM ALGERIE TENDANCE MONDIALE Sodas Limonades et autres boissons gazeuses carbonatés Identique Eaux embouteillées Eau minérale (5 l, 1,5 l, 0,33 l) conditionnement avion Identique + eau de table OFFRE DE PRODUITS Eau minérale gazéifiée (5 l, 1,5 l, 0,33 l) conditionnement avion Eau de source (5 l, 1,5 l, 0,33 l) conditionnement format avion Eaux aromatisés ou fruités Forte diversification Gamme plus resserrée sur les grandes marques internationales Jus Gamme diversifiée Gamme plus étendue Purs jus Produits de terroir (France, Tunisie etc.) Bière Produit de qualité mais de base Produit de qualité et produit de terroir Vins Qualité instable Produit de qualité et de terroir Eaux embouteillés PET dominant suivi du verre PET et verre pour la restauration Sodas Verre, PET, cannette Identique Eau x aromatisés et fruités PET dominant suivi du verre Identique et tendance gobelet grand format en carton Jus Carton, PET, verre Carton, verre Bières Verre jetable, cannette Verre jetable, tonneaux pour pression, cannette Vins Verre, carton Verre, carton Aux normes internationales utilisant des technologies modernes pour les grandes entreprises et obsolètes pour les petites. Aux normes internationales avec des standards élevés de qualité production (normes 22 000) et un très grand degré d’automatisation. CONDITIONNEMENT TECHNOLOGIE Toutes filières /119 Performances économiques : Le Benchmark réalisé à partir des entreprises françaises montre que les ratios sont beaucoup plus favorables pour les entreprises algériennes en ce qui concerne les taux de valeurs ajoutées et les taux de marge d’exploitation notamment en raison des consommations intermédiaires moins couteuses (eau, énergie, services, etc.). L’avantage comparatif reste donc à l’Algérie, qui a d’ailleurs vu l’implantation d’un nombre important de sociétés multinationales dans cette filière ces dernières années. Tableau SWOT (forces, faiblesses, menaces, opportunités) par filière FORCES FAIBLESSES OPPORTUNITES MENACES • Taille du marché • Concurrence déloyale • Insuffisance de contrôle. • Bonne rentabilité • Cout de l’emballage • Taille et croissance du marché • Couts des inputs d’origine nationale • Prolifération des marques • Pyramide des âges favorable • Fortes taxations BRSA Boissons gazeuses • Cout de la main d’œuvre • Contrôle encore insuffisant • Possibilité d’exportation • Fluctuation du prix du sucre • P ersistance d’une économie informelle • Diversification. • D umping dans le cadre de la suppression de la liste négative dans le cas de la ZALE. • Taille et croissance du marché • R isque de la pollution de l’environnement de la source. • Possibilité d’exportation • F luctuation du prix de la matière première PET. • Gisement important en matière de sources. • Taxes. • Confusion dans les dénominations (eaux fruitées, jus etc.). • Taille et croissance du marché • Faible niveau de développement du circuit de distribution. • Possibilité d’exportation. • F orte dépendance à l’importation des intrants (extraits et concentrés). • Forte rentabilité • Perception culturelle du produit • Reserve de productivité. • Réglementation contraignante • Marché important • Prix élevés en raison des charges parafiscales. • Maitrise de la distribution pour les majors • Diversification de la gamme. • TUC moyenne • Persistance d’une concurrence diffuse • Faiblesse de la force de vente des PME • Faible niveau de développement du circuit de distribution. Eaux • Taille du marché embouteillées • Bonne rentabilité • Qualité des produits. Jus • Qualité des produits • Innovation • Rentabilité importante. • Cout de l’emballage • Faible niveau de développement du circuit de distribution. Boissons alcoolisées Bières • Image de marque reconnue à l’échelle internationale • D ifficulté de recrutement de personnel qualifié • R éduction des centres de consommation et de distribution. • Outil performant. • Augmentation des taxes. VINS • Marques historiquement reconnues et appréciées dans certains pays européens (France). • Programme de renouvellement des cépages • Augmentation des taxes. • Qualité des cépages • Qualité variable • Possibilités d’exportation. • Environnement socioculturel • Perception culturelle du produit • Absence de recherche développement • Prix élevés en raison du cout du raisin et des charges parafiscales. 120 / la filiere boissons EN Algerie 2012 • Concurrence internationale • R éduction des centres de consommation et de distribution •M ain d’œuvre difficile à trouver dans ce secteur. L’analyse par le modèle de Porter Le déterminant de la demande : Le potentiel de croissance du marché national est contrasté, dégageant trois perspectives possibles : ne évolution incertaine pour les filières des boissons alcoolisées, en raison des restrictions imposées par les U autorités locales dans l’octroi des agréments et d’un marché à l’export de plus en plus difficile. • Un marché proche de la maturité pour les filières des boissons gazeuses ne pouvant être tiré que par l’accroissement démographique. • Un marché potentiel élevé pour les filières des jus et des eaux embouteillées. Pour ces filières, les perspectives de développement sont certaines. • Ce déterminant doit inciter les entreprises à se développer sur les filières à fort potentiel de croissance. Les déterminants de l’offre : a) Ressources humaines Le personnel, de formation correcte, ne possède pas cependant de compétence confirmée dans le domaine des boissons. Le système de formation universitaire et de la formation professionnelle ne dispensent pas de formation spécifique. Les entreprises dépendent de leurs fournisseurs de matériel ou d’ingrédients pour la formation technique La contrainte de la main-d’œuvre qualifiée se pose avec acuité pour l’industrie de la bière et du vin. b) Ressources en savoirs Les grandes entreprises et les franchises internationales ont la possibilité de développer des savoirs spécifiques à leurs filières. Les PME sont souvent dépourvues en savoirs. Le projet de création d’un centre technique et le programme de mise à niveau peuvent constituer une réponse adéquate à cette contrainte. c) Ressources en capital Les enquêtes « producteurs » et l’analyse des bilans ont montré que des opérations d’investissements importants et récents sont réalisées chez les acteurs dominants. Des augmentations de capital sont effectuées pour soutenir ces efforts. Le financement devient un facteur important. d) Ressources naturelles Elle concerne les ressources en eau. Elle est à l’origine du développent prodigieux de la filière des eaux embouteillées. Elle constitue cependant une contrainte pour l’investissement en raison des autorisations de forage. La protection des nappes constitue par ailleurs une autre contrainte. e) Infrastructure L’infrastructure routière est en nette amélioration. L’autoroute Est-ouest est une réalisation structurante de l’implantation des investissements. Elle peut aussi favoriser la mobilité de la main-d’œuvre. Structure, Stratégie et rivalité entre les entreprises : L’ouverture du marché et l’arrivée de franchises internationales ont profondément transformé la structure de l’industrie des boissons. La disparition rapide des entreprises publiques des BRSA et de la bière a permis aux nouveaux arrivants de capter des parts de marché importantes. Certaines entreprises privées ont réussi à se mettre à niveau des standards des franchisées en innovant dans le conditionnement, les méthodes de distribution et la promotion. Actuellement le marché est dominé par quelques entreprises leaders dans leur filière : Industries en amont et apparentées : Le secteur de l’emballage est de plus en plus perçu par les industriels algériens comme un élément essentiel de l’attractivité de leurs produits, en particulier sur le marché local. La filière est structurellement importatrice, aussi bien en matières premières destinées à la fabrication d’emballages qu’en produits finis. /121 PERSPECTIVES : 1. Potentiel du marché national et ses perspectives d’évolution a. L’eau embouteillée : L’eau en bouteille a enregistré une forte croissance depuis 2005. La demande pour l’eau embouteillée devrait continuer à croître dans tous les groupes de revenu. La croissance continuera à être entraînée par la plus large disponibilité de l’eau embouteillée et par un accent sur la santé à travers l’Algérie. b. Sodas : Les boissons gazeuses sont bien ancrées dans les habitudes de consommation. Dans le futur, il devrait y avoir un intérêt croissant pour la santé, à la fois chez les consommateurs et chez les producteurs. Les entreprises sont appelées à développer le positionnement marketing santé pour les produits à faible teneur en calories, en plus de l’accent sur le prix et la publicité en vue de soutenir les ventes. c. Jus de fruits : La demande en jus de fruits progresse fortement, bénéficiant des préoccupations de la santé des consommateurs, les produits sont considérés comme naturels et sains. Cette tendance est particulièrement forte chez les consommateurs et les femmes dans les grandes villes, où le pouvoir d’achat est plus élevé. Cette tendance devrait se poursuivre notamment chez les ménages à revenu moyen et élevé. d. Concentrés de boisson : Les boissons sous forme de concentrés se sont développées rapidement, en raison de l’existence de larges couches de population à faibles revenus, en particulier dans les zones rurales. Le concentré, en général, et les concentrés de poudre, en particulier, bénéficient d’une demande à moindre prix que les boissons gazeuses. e. Bière : La demande pour les bières est contrastée, avec d’un côté l’interdit religieux et les restrictions dans la distribution, de l’autre l’engouement chez une catégorie de consommateurs. Une incertitude caractérise de ce fait les perspectives d’évolution de ce produit. f. Vin : L’incertitude est encore plus forte pour ce produit, car il souffre des contraintes à l’export. g. Boissons énergisantes : Les boissons énergisantes sont récentes mais connaissent une forte croissance, dans les pays développés. En Algérie, Burn de Coca-Cola a été lancé en 2007 et les ventes continuent de croître. 2. Perspectives de la filière boissons: L’étude se place dans un horizon de moyen terme (sur les cinq années à venir). a. La concentration et la consolidation attendues du secteur : On devrait s’attendre à une évolution vers une plus grande concentration de l’industrie. Il est attendu des entreprises la poursuite des stratégies qui se dessinent déjà : la recherche des économies d’échelle, la diversification par produit liés. Dans les deux cas, des investissements lourds sont nécessaires. Ils concernent les capacités de production, la chaîne logistique et le marketing. Cependant, cette restructuration ne peut se réaliser qu’à long terme. b. Le devenir du secteur informel L’économie informelle ira en diminution dans le secteur des boissons. La concentration des entreprises, le renforcement des contrôles et la sensibilisation des consommateurs sont des facteurs pouvant favoriser cette tendance. Le rôle des pouvoirs publics est à même d’accélérer cette tendance. c. Les conséquences de la mise en vigueur de l’accord d’association Les accords d’association avec l’UE et la Zone de Libre-Echange Arabe constituent un facteur porteur d’avenir, dans la mesure où il change radicalement le contexte concurrentiel de l’industrie nationale. Ces accords sont actuellement perçus par les industriels algériens comme plutôt une menace. L’analyse du commerce extérieur de la filière boissons a dégagé une balance positive pour les BRSA et en nette évolution. Les entreprises algériennes ont plutôt profité de l’ouverture des marchés extérieurs et ont fait preuve d’un dynamisme certain. La balance est, par contre, négative pour les boissons alcoolisées. 122 / la filiere boissons EN Algerie 2012 d. Les caractéristiques des entreprises qui se maintiendront en activité Le profil des entreprises qui se maintiendront et se développeront dans le futur sont : • les entreprises à gamme diversifiée ; • les franchises internationales ; • les entreprises de grande taille. e. L’amélioration de la rentabilité L’amélioration souhaitée des marges des entreprises ne peut être réalisée que par une baisse des charges fiscales, en particulier pour les eaux embouteillées ; la rationalisation des coûts étant largement engagée. f. Les nouveaux investissements prévus L’investissement productif est une réalité constatée chez toutes les grandes entreprises. L’investissement concerne : • La mise à niveau technologique, • L’extension de capacité, • L’innovation produits et conditionnement, • La logistique de distribution et production d’emballage (PET), dans certains cas. g. Innovation produits, packaging Pour les grandes entreprises, l’innovation constitue un axe fort. Elle traduit le souci de suivre les tendances du marché. Les franchises internationales imposent au reste de l’industrie un rythme d’innovation élevé. h. La logistique de distribution La logistique de distribution est essentielle pour l’approvisionnement des marchés. Les entreprises sont souvent obligées de développer leur propre logistique. Cette pratique devrait s’accentuer à cause du développement de la grande distribution et des centrales d’achat qui émergent. /123 RECOMMANDATIONS 1/ DEVELOPPER LES INSTRUMENTS JURIDIQUES DE CONTROLE Amener les pouvoirs publics à étoffer les instruments réglementaires (textes, décrets, lois) relatifs aux normes et recommandations devant s’appliquer à la filière, notamment en matière de définitions de produits. Ceci permettra aux organismes de contrôle d’exercer leurs missions de manière plus qualitative et efficace mais également d’aboutir à la pénalisation de certaines équivoques qui continuent à être entretenues par certains producteurs sur les qualifications des produits (pur jus, jus, eau de source, eau de table etc.). L’élimination de cette concurrence déloyale permettra de revaloriser les produits de la filière. 2/ INCITATION A LA MISE EN CONFORMITE AUX NORMES ISO Malgré les efforts fournis, un grand nombre d’entreprises ne sont pas encore aux normes et des actions de soutien peuvent être envisagées, notamment dans le cadre du Plan National de Mise à Niveau. Au niveau international, la tendance dans l’industrie alimentaire est la mise en conformité aux normes ISO 22000 qui intègre l’ISO 9001, l’ISO 14000 et la méthode HACCP. 3/ PRODUCTIVITE ET OPTIMISATION DE LA GESTION Elaborer des missions d’appui en termes d’organisation de la production et de maîtrise des processus d’ordonnancement et de gestion des stocks. De manière plus générale, appuyer les entreprises dans l’élaboration et la mise en place de procédures de gestion. 4/ DEVELOPPEMENT DE LA MAINTENANCE Elaborer des missions d’appui pour la mise en place d’un système structuré de suivi de la maintenance et organiser des cycles de formation. 5/ DEVELOPPEMENT DE SYSTEMES DE GESTION ASSISTES PAR ORDINATEUR Appuyer les entreprises qui souhaitent mettre en place des systèmes automatisés et intégrés de gestion de type ERP (Entreprise Ressource Planning). 6/ CREATION D’UN OBSERVATOIRE DE VEILLE STRATEGIQUE La veille stratégique est utilisée par les entreprises, les organisations professionnelles et les gouvernements comme un outil de visibilité et d’aide à la décision. Il est d’autant plus indispensable à l’Algérie qui s’est engagée à intégrer l’économie nationale au marché mondial via les adhésions aux zones de libre-échange et, bientôt, à l’OMC. La veille doit revêtir plusieurs dimensions : réglementaire1 : nationale et internationale sur les normes et l’organisation des marchés internationaux, • concurrentielle : contexte concurrentiel mondial et stratégie des firmes internationales, • technologique : innovations des produits et des process, • sociale : évolution des modes de vie et des habitudes de consommation. • 1. L’Association APAB dispose d’une cellule veille réglementaire et normative ainsi qu’un portail Web d’information 124 / la filiere boissons EN Algerie 2012 7/ CREATION D’UN CENTRE TECHNIQUE DES BOISSONS Le centre technique est un outil qui permettra aux entreprises l’accès à des ressources immatérielles spécifiques et à moindre coût. Le centre technique devra jouer un double rôle : être une interface entre les entreprises du secteur et les prestataires de services et apporter des prestations directement. Le volet technologique est à privilégier dans le domaine, notamment des contrôles de qualité mais aussi de l’optimisation de l’outil de production. Ce centre technique devrait offrir une gamme complète de services, tels que : interventions de conseil et d’assistance technique ; formations inter et intra-entreprises ; • animation d’un centre de documentation pour les industriels ; • appui technique aux problèmes technologiques de la profession ; • veille dans le domaine hygiène-HACCP assortie de plans d’alerte et de surveillance. • • 8/ ENCOURAGEMENT DES EXPORTATIONS Amener les pouvoirs publics à développer des actions de soutien à l’exportation (défiscalisation, couverture des pertes de change etc.) et à pérenniser les transactions en les basant sur des contrats pluriannuels. Dans cette optique, un projet de consortium, constitué en centrale d’exportation de la boisson algérienne, et organisé par sous-filières serait une démarche à soutenir. Ce projet va dans le sens des démarches entreprises par l’APAB et le MIPMIPI. Un tel projet est déjà initié par les membres de l’APAB. Un consortium d’exportation boissons est créé au sein de l’APAB et se compose de 11 membres. 9/ ADAPTATION DES PROFILS DE FORMATION AU SECTEUR Développer à tous les niveaux (universitaires, ingénieurs et techniciens supérieurs) en années spéciales ou filières spécifiques des formations adaptées aux métiers de l’agroalimentaire et, particulièrement, aux métiers de l’industrie des boissons. Créer un ou plusieurs centres de formation et de recyclage dans ces domaines. Une action d’appui à l’étude de création (dimensionnement, programmes, gestion, rentabilité, etc.) de ce centre peut être réalisée dans le cadre du Plan National de Mise à Niveau. 10/AIDES DE L’ETAT Des aides de l’Etat complémentaires au dispositif existant seraient d’un grand apport pour le développement de la filière. Protection de la santé et de l’environnement : -Exonération fiscale de toutes les actions visant à l’obtention des divers certifications qualité et notamment le HACCP ; -Exonération fiscale de toutes les actions de traitement des déchets. • mélioration de la maitrise des métiers et de l’innovation : En plus de la création des cycles de formation A spécialisés dans l’enseignement, participer à la création et au subventionnement d’un centre de recherche dédié aux différents métiers de la filière. • Développer le dispositif d’appui à l’exportation : le dispositif prévu par le FSPE (Fonds spécial pour la promotion des exportations, Ministère du Commerce) constitue une bonne démarche qui demande plus de rapidité dans sa mise en œuvre. Il en est de même du cadre incitatif aux exportations qui prévoit notamment des exonérations fiscales (Code des impôts directs et taxes assimilées modifié par la loi de finances de 2011). • /125