Le Mexique face à la globalisation: les politiques audiovisuelles

Transcription

Le Mexique face à la globalisation: les politiques audiovisuelles
Le Mexique face à la globalisation:
les politiques audiovisuelles pour promouvoir
et protéger sa diversité culturelle
Laura Márquez Elenes
.
L’article analyse les politiques audiovisuelles
Le Mexique face à la globalisation
adoptées au Mexique pour préserver, promouvoir et
protéger sa diversité culturelle. Le point de départ est
La diversité culturelle est un fait, la discussion présente est
la position du Mexique face à la globalisation, la
de savoir comment respecter et préserver la culture de
diversité culturelle et l’impact des industries
chaque pays. L’économie de marché, l’échange de produits,
culturelles sur le marché. C’est dans ce but qu’ont été
de biens et de services affecte jour après jour notre
approfondis des thèmes fondamentaux comme les
quotidien. Chaque pays vit le phénomène dans ses
traités commerciaux, dans lesquels se posent les
institutions, dans les individus. Les échanges commerciaux
problèmes du Mexique face à des accords
ont pris une grande importance ainsi que les symbolismes
commerciaux depuis l’inégalité économique et
qui sont attribués et concrétisés au moment d’acquérir ces
technologique. Une autre question d’une grande
biens ou services. Dans ces dynamiques de marché se
importance au sujet de la diversité culturelle est celle
trouvent les mouvements migratoires des individus d’une
des mouvements sociaux comme le EZLN (Armée
région à l’autre, que ce soit à l’intérieur d’un même pays ou
Zapatiste de Libération Nationale). En effet, le EZLN
en s’en éloignant.
souhaite aborder le besoin d’intégrer ses groupes
Le développement technologique et l’accès aux moyens
ethniques à l’ensemble de la nation mexicaine et en
de communication et aux informations, comme la radio, le
même temps, affronter la globalisation des marchés
cinéma, la télévision et Internet, sont des facteurs qui ont un
internationaux de façon participative, respectueuse et
impact et modifient soit les conduites et les sentiments, soit
plurale. Tout cela dans un entrelacement d’accords
également les manières de penser et les aspirations de
commerciaux internationaux (OMC et TLC), dans
ceux qui consomment et utilisent les messages des moyens
lesquels apparaissent comme figures principales ce
audiovisuels. Tous ceux-ci et leurs contenus sont des
que l’on appelle les industries culturelles.
produits culturels qui circulent d’un endroit à l’autre de
différentes façons. Ils ont à leur tour un impact différent tant
dans le pays qui les produit qu’à l’étranger.
À partir de là, se posent les questions suivantes: quel
cadre de la culture d’un pays devons-nous entretenir et
préserver, et immédiatement après, comment les Étatsnations contribuent-ils à la régulation de leurs industries
audiovisuelles face au monde globalisé? Et enfin, dans
quelle mesure l’État-nation serait-il obligé de s’occuper de
Laura Márquez Elenes
Professeur à l’Institut Technologique et d’Études
Supérieures de Monterrey
cela?
Dans le présent article, sont exposés des points
fondamentaux pour comprendre ce qui se passe au
Mexique quant à ses politiques audiovisuelles, face à la
[email protected]
diversité culturelle nationale et la globalisation du marché.
Monographique: Le Mexique face à la globalisation: les politiques audiovisuelles pour promouvoir et protéger sa diversité culturelle
57
Le Mexique possède une diversité culturelle dérivée de
contradictoire et anti-éthique. Il ajoute que les nations
son histoire pré-hispanique, avec ses ethnies qui sont
perdent un peu du pouvoir économique qu’elles ont eu,
toujours présentes, leurs traditions, leurs langues et leurs
mais cela a également l’effet contraire. La globalisation fait
formes d’organisation sociale. Cette diversité culturelle a été
non seulement pression vers le haut, mais également vers
redessinée par des circonstances historiques concrètes: la
le bas, créant de nouvelles pressions pour l’autonomie
conquête et la colonisation par le royaume de Castille.
locale. Il continue en expliquant que la globalisation est la
Actuellement, la situation est déterminée par la situation
raison de la réapparition d’identités culturelles locales dans
géographique du Mexique, au sud des États-Unis et du
différentes parties du monde. Les nationalismes locaux
Canada, puissances industrielles et technologiques. C’est
surgissent pour répondre à des tendances globalisatrices, à
dans ce contexte qu’en 1994 est signé le Traité de Libre
mesure que le poids des États-nations plus anciens
Échange (TLC ou NAFTA), dans le but d’intégrer une zone
diminue. Dans ce sens, Dávila (2002 p-45,46) écrit à ce
de libre échange qui, au début, est formalisée à partir de
sujet que la situation de l’État-nation face à l’”intégration
l’inégalité dans le développement technologique et
économique globale” implique un engagement politique,
économique. Cela a pour conséquence une série
mais en contre-partie, cela représente une cession de
d’inconvénients dans l’échange des productions des
souveraineté qui se voit compensée face aux éventuels
industries culturelles audiovisuelles.
bénéfices d’une intégration économique.
Pour commencer à explorer ce phénomène actuel
Dans le cadre de la globalisation, (Sinclair 2000 p-
complexe, diverses définitions de la globalisation sont
146,147) il existe des gouvernements qui ont choisi de
exposées. Nous détaillerons la problématique à laquelle fait
protéger leurs industries culturelles et d’autres, non. D’une
face le Mexique pour préserver et diffuser la culture
part, ce sont des pays comme les États-Unis, avec des
mexicaine en matière audiovisuelle face au marché global.
avantages comparatifs énormes face à d’autres nations et
qui n’ont pas à protéger leur marché. D’autre part, ce sont
des pays qui ne bénéficient même pas d’une industrie
La globalisation et les traités commerciaux
culturelle propre à protéger. Les pays qui se sont
préoccupés de la protection de leurs industries culturelles,
58
L’idée de globalisation, écrit Francisco R. Dávila (2002 p-28,
parmi lesquels se trouve le Mexique, ont fait face à de
29) se dégage de la théorie générale de l’intégration
nombreuses pressions. Après la seconde guerre mondiale,
économique et souligne le besoin d’articuler l’économie
a été établi l’Accord Général sur les Tarifs Douaniers et le
mondiale en un tout harmonieux. L’instrument juridique pour
Commerce, mieux connu sous le nom de GATT (General
une telle intégration est les traités internationaux sur les
Agreement on Trade and Tariffs). Cette organisation
échanges commerciaux. Dans ce sens, il faut signaler que
internationale fut créée pour la coordination mondiale du
le Mexique participe à deux grands accords de cette nature:
commerce de façon ordonnée: mais cet accord n’inclut
le Traité de Libre Échange (TLC ou NAFTA) entre le
jamais les industries culturelles. Nous comprenons le terme
Canada, les États-Unis et le Mexique, et participe à
“industries culturelles” comme cela est défini dans l’étude
l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC).
critique et empirique de la production et consommation des
La théorie générale de l’“intégration” globale ou
produits audiovisuels, visant à la réception culturelle ainsi
“globalisation” assimile des éléments importants de la
que les structures de la production et de la distribution.
théorie du commerce et en particulier des échanges à
Cependant, ajoute Sinclair (2000 p-145), l’intervention de
échelle internationale. De cette façon, ils ont tendance à se
l’État-nation dans le cadre des industries culturelles est due
développer avec une plus grande efficacité et rapidité,
au fait que ces industries traitent des idées et des images,
entraînant avec eux des modifications dans le domaine
c’est-à-dire de la culture, et que non seulement c’est la
socio-politique et culturel. De son côté, Giddens (2000 p-25)
légitimité du gouvernement lui-même qui est en jeu mais le
définit la globalisation comme une série complexe de
contrôle social, sur des terrains comme le sexe ou la
processus, et pas seulement un seul, qui opèrent de façon
religion, et sa capacité de développer une culture nationale,
Quaderns del CAC: Numéro 14
de protéger la variété des groupes ethniques, les variations
nombreuses lacunes et confusions sur la façon dont les
régionales et les influences historiques.
bases culturelles et communicatives de notre société vont
se voir affectées par le Traité de Libre Échange (Esteinou
1995 dans Comunicación y Globalización “Los procesos de
Globalisation et industries culturelles
Comunicación ante la Integración trilateral“ p-177,178).
Cela est dû au fait que dans certains cas, l’État a déclaré
Un moment historique du Mexique fut l’explosion de l’Armée
que les industries culturelles et toutes leurs limites
Zapatiste de Libération Nationale (EZLN) dans les Chiapas,
complexes
au sud-est du pays, où vivent une grande partie des ethnies.
négociations, et dans d’autres cas, il a affirmé que non.
Le mouvement démarra précisément au moment de la
Ainsi, par exemple, lorsque le TLC a été signé, on a entrevu
signature du Traité de Libre Échange en janvier 1994, le
la possibilité que 49% de l’actionnariat de la télévision par
président étant Carlos Salinas de Gortari. À partir de cette
câble soit entre des mains étrangères. Auparavant, cela
date jusqu’à aujourd’hui, la discussion sur les indigènes et
était un secteur réservé aux Mexicains ou à des sociétés
la globalisation est toujours présente dans l’agenda
mexicaines avec une clause d’exclusion des étrangers.
national. Néstor García Canclini (1999 p-45 et 75) dit que la
Dans la cinématographie, il se produit la même chose:
globalisation est une conjonction de changements
avant la signature du TLC, 50% de cote d’écran étaient
technologiques et marchands qui adopte uniquement des
réservés à des films mexicains, cote qui s’est vue réduite à
formes globales lorsque sont établis des marchés
30%.
seraient
vraiment
incluses
dans
les
planétaires des communications et des finances. Il ajoute
L’exemple le plus illustratif fut l’achat le 20 juin 2002 du
que la globalisation comporte des objectifs culturels cachés,
groupe Cimex (Revista Mexicana de Comunicación Sept-
générant des changements symboliques profonds au
Oct. 2002 p- 1 section ”Bitácora”). Les entreprises Onex
travers de processus d’intégration économique régionale,
Corporation, du Canada, et Oaktree Capital Managmement,
tels que le Traité de Libre Échange. C’est pourquoi, pour
des États-Unis ont acquis 100% de Cimex, une des chaînes
comprendre les tendances du Mexique actuel, il faut
leader du cinéma au Mexique qui possède 31 complexes
analyser ce qu’il reste de la conquête et de la colonisation
avec un total de 349 salles. Cinemex gère 25% du marché
de l’Amérique, des relations modernes entre les nations
national et 50% de la Zone Métropolitaine de la Ville de
latino-américaines et européennes après les indépen-
Mexico. L’opération fut évaluée à 286 millions de dollars.
dances du XIXème siècle, et ce qu’il reste des échanges du
XXème siècle ainsi que de la substitution partielle de ces
liens économiques et culturels de la nouvelle dépendance
des États-Unis.
Diversité culturelle, modernité, moyens
communication et télécommunications
de
En général, la présence du Fonds Monétaire International
(FMI) en Amérique latine pour résoudre les déséquilibres
Ce qui est certain est que dans le contexte national
provenant du paiement de la dette extérieure n’était pas
mexicain il existe des indicateurs importants qui annoncent
aussi importante dans le passé qu’actuellement (Ferrer
“modernité”
1999 p-77). Aujourd’hui, le FMI et la Banque Mondiale sont
d’investissement tant dans les télécommunications que
devenus les figures principales permanentes dans la
dans la télévision par câble et la radio. Mais il est également
formulation des politiques économiques de divers pays
certain que dans le contexte national culturel mexicain
d’Amérique Latine. De cette façon, la politique économique
l’intégration de la culture indigène comme partie de la nation
est conditionnée et surveillée depuis l’extérieur. La
mexicaine est présente dans l’agenda, ainsi qu’également
globalisation, en particulier la financière, influe sur tous les
sa place face à l’économie globale.
pays qui intègrent l’ordre global et limite les degrés de
liberté des politiques nationales.
Dans ce cadre des traités et de l’économie, il existe de
et
“globalisation”,
surtout
en
matière
Nous citerons des dates et des données importantes pour
faire le rapprochement entre les politiques culturelles
audiovisuelles du Mexique face à la globalisation.
Monographique: Le Mexique face à la globalisation: les politiques audiovisuelles pour promouvoir et protéger sa diversité culturelle
59
- La population totale du Mexique est de 97.483.412
d’habitants, et la population indigène enregistrée par l’INEGI
:
(Institut National des statistiques Géographie et Histoire) et
Premièrement, la transition à la démocratie, dans laquelle
le CONAPO (Conseil National de Population) est de
les moyens de diffusion ont une grande importance.
12.707.000 d’habitants dont 5.995.636 parlent une langue
Deuxièmement, la globalisation, phase actuelle du système
indigène.
capitaliste mondial, avec la conséquente redéfinition, bien
- Le 12 octobre 1992, dans le cadre de la célébration du
qu’encore non disparition de l’État-nation et de sa
500ème anniversaire de la découverte de l’Amérique, des
souveraineté nationale. Et troisièmement, sur le terrain
organisations indigènes manifestèrent dans la ville de
technologique et entrepreneurial, la convergence entre les
Mexico et à San Cristóbal de las Casas (Chiapas), ainsi que
secteurs de l’informatique et autres technologies de
dans d’autres parties du pays. Cela est considéré comme le
l’information avec les télécommunications et avec le secteur
point de départ du nouveau mouvement indigène.
des industries culturelles.
- Le 16 février 1996, deux ans après le soulèvement
D’autre part, il faut mentionner l’existence de la
zapatiste dans les Chiapas, le Gouvernement Fédéral et le
Commission Fédérale de la Concurrence, créée pendant les
EZLN signèrent les Accords de San Andrés Larráinzar, qui
six ans de présidence de Carlos Salinas de Gortari, qui a
incluent
commencé à exercer certaines actions pour contrôler des
l’engagement
d’approuver
une
réforme
constitutionnelle sur le droit et la culture indigène.
fusions qui pourraient se traduire par des situations de
- Le 1er décembre 2000, Vicente Fox prit les fonctions de
contrôle monopolistique. Et enfin, la Confédération des
président, élu pour la période de 2000-2006. Fox s’engagea
Télécommunications
à envoyer le projet de réforme indigène au Congrès. De
gouvernemental mexicain) a pour mission la défense du
même, il créa le bureau pour le développement des Peuples
droit souverain du Mexique dans la réglementation de ses
Indigènes. D’autre part, Marcos Matías, premier indigène à
télécommunications. La CONFETEL, en coordination
occuper le poste, fut désigné comme directeur de l’Institut
directe avec sa Coordination Générale des Affaires
National des Indigènes (INI).
Internationales, prétend également positionner le Mexique
(CONFETEL,
organisme
- Pour le 15 août 2001, la réforme constitutionnelle sur le
comme l’un des principaux acteurs dans les négociations
droit et la culture indigènes fut publiée dans le Journal
sur les télécommunications internationales, dans le cadre
Officiel. Les zapatistes, qui avaient plaidé devant la
multilatéral, dans le but de profiter de façon opportune des
Chambre des Députés pour le projet de la COCOPA,
progrès technologiques avec qualité et diversité pour le
rejetèrent préalablement le texte approuvé.
bénéfice du pays.
- Il s’ensuivit une réforme de loi en matière audiovisuelle,
Dans le cas concret du secteur audiovisuel, la télévision a
dans le secteur des Milieux et Communautés Indigènes. Le
mis en place un processus de déréglementation et de
24 mars 2002 fut lancée l’initiative de la Loi sur les Voies
privatisation, et s’est ouverte à l’investissement étranger
Générales de Communication et la Loi sur la Radio et la
(Sussman, dans Continental Order? 2001 “Telecommu-
Télévision. Cette double initiative législative a pour objectif
nications after NAFTA México‘s Integration Strategy p-136 à
que les communautés indigènes puissent gérer des stations
138). Selon l’auteur, le Mexique y fut obligé, les États-Unis
de radio sans que cela implique une concession mais la
étant le plus gros fournisseur de technologie du Mexique et
reconnaissance
et
en particulier dans le secteur des télécommunications. C’est
également pour que les communautés indigènes puissent
précisément ce point concret qui sera la clé du triomphe ou
établir des radiodiffusions culturelles.
de l’échec du TLC. Il convient de souligner que les États-
d’un
droit
humain
fondamental
L’interprétation de la situation du Mexique dans cet
entrelacement de l’audiovisuel, de la politique et de
60
signale qu’au Mexique il existe trois tendances importantes
Unis apportent un investissement proche de 60% du Fonds
International de Développement.
l’économie est résumée par Enrique Sánchez Ruiz (Revue
Pour la télévision, cette déréglementation et privatisation a
Etcétera Juillet 2001 p-50 a 52 ”¡Ah producción!
renforcé le monopole Televisa et en deuxième lieu
Concentración y leyes de la industria audiovisual”) lorsqu’il
Televisión Azteca. Ce sont les deux consortiums privés les
Quaderns del CAC: Numéro 14
plus importants du Mexique, qui optent de façon massive
Mexique, nous trouvons que les canaux à audience
pour des émissions nord-américaines, en particulier pour ce
massive (Televisa et Azteca TV) émettent majoritairement
qui est des séries. On calcule que 40% de la programmation
des contenus de production américaine. Ce panorama
diffusée est d’origine nord-américaine. Ces séries sont
conditionne extrêmement l’identité mexicaine et pose des
doublées en espagnol pour les canaux de télévision
questions sur la culture nationale du pays.
ouverts.
En résumé, tant l’État que l’initiative privée font face à des
Le groupe Televisa se déclare être la société de moyens
dilemmes complexes pour l’intégration de leur diversité
de communication de langue espagnole la plus grande du
culturelle nationale, en plus de leur conservation et
monde. La Fondation Televisa encourage la connaissance
diffusion. John Sinclair (2000 p-101) note que les moyens
de la culture et de l’histoire nationale, et a pour objectif de
de communication qu’ils soient locaux, nationaux ou
renforcer la création artistique dans notre pays, encourager
globaux, ont un rôle clé dans la diffusion des contenus
la connaissance de la langue espagnole, divulguer les arts,
symboliques en accord avec les intérêts dominants. Disons
les humanités et les sciences du Mexique et favoriser le
que les médias au Mexique servent les intérêts
dialogue entre le Mexique et le reste du monde. De son
contemporains de la globalisation, où les grandes et
côté, Televisión Azteca ne possède aucun projet de ce type.
moyennes entreprises se disputent l’entrée sur les marchés
Face à cette privatisation de l’espace médiatique, nous
internationaux.
trouvons des canaux de “service public” qui prétendent
Et dans ce contexte, nous découvrons un entrelacement
compléter l’offre télévisée. Ainsi, le Gouvernement mexicain
d’accords commerciaux internationaux, parfois laby-
octroie
22-Televisión
rinthiques. Au XXIème siècle, les cultures pourront
Metropolitana, gérée par le Conseil National pour la Culture
uniquement survivre et se projeter dans le monde si elles
et les Arts, et par le Secrétariat de l’Éducation Publique. Son
possèdent un marché capable de nourrir une industrie
objectif est de rapprocher l’audience des programmes
propre qui génère des contenus propres. C’est pourquoi les
provenant
une
concession
au
Canal
audiovisuels
politiques culturelles nationales seront de plus en plus liées
internationaux, ainsi que la production de programmes dont
aux engagements du commerce international adoptés par
les thèmes n’avaient pas été suffisamment traités par les
chaque pays. Dans ce sens, si l’on souhaite préserver la
moyens au Mexique. Elle est considérée comme une
capacité de décision sur des questions culturelles qui
télévision publique. Il existe également le Canal 11 de
affectent l’intégration nationale, il faut être très conscients
l’Institut Polytechnique National (Institution éducative de
du fait que la culture doit être traitée non comme une
niveau supérieur universitaire) qui s’auto définit comme
marchandise de plus mais comme un instrument véhiculant
éducatif et culturel. Cependant, ces deux télévisions n’ont
les symboles et les valeurs sociales.
des
principaux
patrimoines
pas la portée similaire sur le territoire national des
principales chaînes de Televisa et de TV Azteca.
Dans ce sens, il faut signaler qu’il n’existe aucune
télévision indigène et aucune télévision communautaire. Ce
même Institut National des Indigènes et le Bureau du
Gouvernement pour les Affaires Indigènes signalent un
retard dans ce domaine. Dans le Programme National des
aménagements Indigènes 2001-2006, dans le chapitre
concernant la Culture et les Droits, il faut noter que la
diversité culturelle mexicaine est absente tant des moyens
publics que commerciaux. On peut observer, par
conséquent, les difficultés que rencontre la diversité
culturelle au Mexique à projeter son identité et forger un
imaginaire propre. Et bien au-delà de la réalité indigène du
Traduit de l’espagnol par Catherine Martin
Monographique: Le Mexique face à la globalisation: les politiques audiovisuelles pour promouvoir et protéger sa diversité culturelle
61
Bibliographie
DÁVILA ALDÁS, F. R. Globalización Integración, América
SINACLAIR JOHN. Televisión:Comunicación global y
Latina, Norteamérica y Europa. 1 éd. Mexique: Fontamara,
regionalización. 1ère éd: Espagne. Gedisa. 2000. ISBN 84 -
2002. ISBN 968-476-393-X.
7432-785-7.
ESTEINOU MADRID, JAVIER.” El Proceso de Comuni-
SUSSMAN GERALD.” Telecommunications after NAFTA:
cación ante la Integración Trilateral”: dans: Comunicación,
México´s Integration Strategy”. Dans: Continental Order?
globalización y Política. Dans Colección Xicaténcatl Nº 4.
Dans: MOSCO V. ; SCHILLER, D., éd. Rowmand and
Universidad Autónoma du Mexique: 1995 p.177.178. ISBN
Littefield Publishers, INC United States of America. 2001
968-835-299-3.
p,136-138. ISBN 0-7425-953-2 et ISBN 07425-0954-0.
FERRER, ALDO. De Cristóbal Colón a Internet; América
MÉXICO INDÍGENA ,”Acervos”. Mexique 1er août 2002
Latina y la globalización. 1ère éd. Argentine: Fonds de
Nueva Época Numéro 1 Éd: Institut National des Indigènes.
Culture Économique,1999. ISBN 950-557-296-4.
P. 66. ISSN 0185-058DX.
GARCÍA CANCLINI NÉSTOR. La Globalización imaginada.
REVISTA MEXICANA DE COMUNICACIÓN. “Bitácora”.
1ère éd. Mexique: Paidós,1999. ISBN 968-853-434-X.
Mexique. Éd: Fondation Manuel Buendía-Universidad de
ère
Occidente, année XII Num. 59 Sept-Oct 2002. p-1.
GIDDENS ANTHONY. Un Mundo Desbocado. Los efectos
de la globalización en nuestras vidas. 1
ère
ISSN 0187-8190.
éd. Espagne:
Taurus, 2000. ISBN 84-306-0385-9.
GÓMEZ VALERO CARLOS. Medios y Comunidades
Indígenas dans la Revue Etcétera. Oct 2002. Num. 24.
Mexique. Éd: Análisis Ediciones y Cultura S.A. de C.,V.
p.12. 04-1999-0311083000-102.
LULL
JAMES.
Medios,
Comunicación
y
Cultura.
Aproximación global. 1ère éd. Argentine: Amorrouortu ,1997.
ISBN 950-518-648-7.
SÁNCHEZ RUIZ ENRIQUE. Concentración y leyes en la
Industria audiovisual. Dans la Revue Etcétera. Juillet 2001.
Mexique. Éd: Análisis Ediciones y Cultura S.A de C,V.
p.50,51. 04 –1999-0311083000-102.
62
Quaderns del CAC: Numéro 14