La friche et la ville
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La friche et la ville
Meryl Moine La friche et la ville: institution d'une relation équilibrée? Le cas du Collectif 12 – Friche A. Malraux à Mantes-la-Jolie Note de synthèse Politiques culturelles - Emmanuel Wallon Master de Conduite de Projets Culturels – Connaissance des publics Année 2007- 2008 Sommaire Sommaire................................................................................................2 Introduction.............................................................................................3 I- Un projet commun, garantie du « contrat de confiance »....................................4 A- La Friche A. Malraux : un lieu de rencontre................................................4 B- Population et territoire: centres d'intérêts communs.....................................5 C- La Convention: formulation d'objectifs communs..........................................5 II- Persistance des démarches respectives et possibilités de divergences....................6 A- Espace public ou lieu public?..................................................................6 B- Création artistique innovante ou aménagement culturel du territoire?................7 C- Équilibre du processus décisionnel ou évaluation et régulation?........................8 III- Ajustements réciproques des comportements et création d'une valeur ajoutée........8 A- Structuration de l'équipe artistique..........................................................8 B- La recherche d'un accompagnement adaptée à une nouvelle conception de la production artistique...............................................................................9 C- Diffusion et résistance face à un nouveau modèle.......................................10 Conclusion.............................................................................................10 Index des annexes....................................................................................12 Bibliographie et Sources.............................................................................19 Introduction Les friches artistiques recouvrent des origines et des réalités très diverses. Héritières en partie des mouvements de décentralisation théâtrale, des initiatives d'artistes des années 70 de lieux uniques et du mouvement contestataire de la fin des années 70 1, elles tirent une synthèse originale de cette histoire et ouvrent « une nouvelle époque de l'action culturelle ». Cette nouveauté n'est pas toujours consensuelle, et il n'est pas rare que les acteurs des friches soient en conflit avec les acteurs publics. Le cas du Collectif 12- Friche A. Malraux est un peu à part à cet égard. Né d'une concertation entre un collectif artistique pluridisciplinaire et la mairie de Mantesla-Jolie, ce lieu de création s'est installé au confluent de trois quartiers de la commune de Mantes. Soucieux de travailler auprès de la population, le Collectif 12 travaille sur des projets qui mêlent professionnels et amateurs, il propose des ateliers et des formations, il donne des représentations des nouvelles créations, accueille des artistes étrangers en résidence... et construit ainsi une action complète et complexe2. Il est utile de se pencher plus précisément sur la relation établie entre un acteur culturel local et un pouvoir public municipal, précisément parce qu'elle est une relation de proximité et qu'elle suppose un dialogue réel et régulier sur une réalité commune. Si l'exemple de Mantes-laJolie mérite notre intérêt, c'est à la fois pour la nature de son projet mais plus encore pour les rapports qu'il entretient avec la municipalité. L'apparente relation de dialogue laisse présager qu'il est possible d'en analyser les rouages sans se heurter trop rapidement à des situations de blocage et de confrontation. L'enjeu est de comprendre ici dans quelle mesure le projet du Collectif 12 - Friche A. Malraux est un projet commun. En d'autres termes, la bonne entente entre les deux acteurs estelle une apparence ou participe-t-elle réellement à la création d'un nouveau rapport entre ces deux types d'acteurs? Notre hypothèse de départ laisse présager que le projet commun n'est pas sans masquer quelques divergences entre les deux acteurs. Nous étudierons d'abord les fondements de ce projet commun pour comprendre quelles sont les conditions de cette entente. Nous tâcherons ensuite d'analyser dans les discours des acteurs la persistance de démarches propres que le projet commun ne peut annuler. Enfin, nous comprendrons, qu'au delà de l'ambivalence de cette relation, les interactions sont productrices de sens; elle créent une valeur ajoutée qui participe à instituer un nouveau rapport. 1 2 Fabrice Lextrait, Friches, laboratoires, fabriques, squats, projets pluridisciplinaires... Une nouvelle époque de l'action culturelle. Rapport au secrétaire d'Etat au patrimoine et à la décentralisation culturelle, juin 2001. Pour plus de précisions, on pourra se référer à l'annexe 1, fiche descriptive du Collectif 12. 3 I- Un projet commun, garantie du « contrat de confiance » Si le Collectif 12 constitue un cas d’étude intéressant, c’est avant tout parce qu’il se trouve à la confluence d’une initiative publique et d’un désir artistique et civique 3. D’apparence, le projet Collectif 12 – Friche A. Malraux est le fruit du travail commun des deux acteurs. En analyser les origines, et comprendre plus précisément la convergence d’intérêt de ces acteurs nous permet de saisir les rouages de cette réussite. Cette réciprocité initiale apparaît aujourd'hui comme la condition sine qua non pour la garantie d’une relation de confiance indispensable à la pérennisation du projet. Les motivations, qu’elles soient d’ordre matériel ou qualitatif, sont la base d’une relation contractuelle précise qui participe à la garantie d’un « contrat de confiance ». A- La Friche A. Malraux : un lieu de rencontre L’éventualité d’un projet commun se construit autour de besoins croisés. Dans le cas de Mantes, c'est la friche qui cristallise d'abord la convergence d’intérêts des deux acteurs. En effet, l’espace qui porte désormais le nom du premier Ministre de la Culture français est né d’une volonté partagée de donner une utilité à cet espace. D'un coté, le Collectif 124 est animé par des motivations d'ordre pragmatique. Les artistes réunis en son sein cherche un lieu pour développer un projet artistique commun. Compte tenu de l'importance donnée au rapport à la population, l'espace que propose la mairie mantoise est intéressant parce qu'il n'est pas institutionnel: une friche industrielle, bien qu'elle soit un endroit très précaire pour les débuts, est une occasion de proposer une autre image du lieu culturel et ainsi de mobiliser de nouveaux publics. Sans en faire un usage patrimonial, le Collectif 12 entend trouver dans ce lieu un espace original pour proposer « une conception nouvelle de l'action culturelle »5. De l'autre coté, la mairie de Mantes-La-Jolie dispose dès 1996 d’un lieu vacant dont il devient urgent de proposer une utilisation. A l'époque, le service des Affaires Culturelles met en avant une double motivation: « lancer une lieu de création sur le territoire de la commune, tout en proposant un projet cadre pour réhabiliter une friche »6. Avant de faire appel au Collectif 12, la mairie a exploré plusieurs autres possibilités: du cirque en résidence à la caserne des pompiers, la friche aurait pu connaître un tout autre destin. Finalement, la rencontre avec le Collectif 12 a été fructueux. Si la base du projet est aussi solide, c'est avant tout parce que les deux interlocuteurs se sont trouvés des besoin communs. Offre et demande se sont rencontrées. Mais cet élément n'est pas 3 4 5 6 Dans le rapport Lextrait, l'auteur a tenté d'établir une typologie de ces espaces en friche. A propos des espaces physiques investis, l'auteur explique qu'il existe tantôt des situations de commandes publiques, tantôt des initiatives civiles. Il souligne un peu plus loin que le cas de Mantes-la-Jolie est à part puisqu'il a bien été élaboré par le binôme services des Affaires Culturelles de Mantes / Collectif 12. in Fabrice Lextrait, Opus cit. A l'époque le projet du Collectif 12 est encore très jeune mais la place du rapport à la population dans le travail artistique est déjà central. Voir en annexe 1, l'histoire du Collectif 12. Christian Ruby et David Desbons, Des friches pour la culture? EspacesTemps.net, 1er mai 2002. Propos recueillis au cours de l'entretien avec l'actuelle adjointe aux Affaires culturelles et au patrimoine à la mairie de Mantes-la-Jolie. 4 suffisant pour expliquer la solidité de cette relation de collaboration. B- Population et territoire: centres d'intérêts communs La population occupe une place centrale dans le projet artistique du Collectif 12. A la recherche d'un rapport renouvelé entre art et société, les artistes membres actifs du collectif se démarquent d'une approche événementielle de la production de spectacle vivant. « Les projets sont à vocation artistique et ne se limitent pas à de l'accompagnement artistique ou de l'animation culturelle »7. Remettant en question l'autonomie de l'art dans la société, cette démarche se concrétise par un fort ancrage dans un territoire spécifique et par la permanence des relations entretenues entre publics et artistes dans la cité8. Que la municipalité porte aussi sont intérêt sur territoire et population est moins surprenant. Mais il est intéressant de voir comment la décentralisation a contribuer à développer les initiatives culturelles en la matière. Le volontarisme de l'adjointe aux affaires culturelles de l'époque a certainement été essentiel. Mais les dispositifs mis en place pour favoriser les projets culturels ont été indispensables pour sensibiliser le personnel politique local au lien qu'il existe entre développement urbain et développement culturel9. Chacun s'accorde à reconnaître les spécificités de Mantes-La-Jolie. Agir entre le centre-ville et la cité du Val Fourré est nécessairement emprunt d'enjeux culturels, sociaux et territoriaux. Cette idée trouve sa concrétisation dans la localisation même de la friche. Située entre ces deux zones urbaines antagonistes, le lieu est pensé pour créer des liens entre les populations et entre les espaces de cette zone intermédiaire peu active10. Ces enjeux touchant les deux acteurs ont contribué à la consolidation d'un projet commun. C- La Convention: formulation d'objectifs communs De ces convergences de besoins et centres d'intérêts est née une convention de mise à disposition des lieux qui lie les deux acteurs dans une relation contractuelle stable, texte juridique qui a permis de concrétiser et formuler de manière formelle la réalité du projet commun. Cette convention triennale permet un travail sur le long terme. Les objectifs définis dans cette convention formulent ceux définis au préalable par les deux parties: lieu de création pluridisciplinaire, Collectif 12- Friche A. Malraux est un lieu de résidence et d'accueil d'artistes étrangers; le Collectif 12 s'engage à mener un travail avec la population sous forme d'ateliers ou de création mêlant professionnels et amateurs; le collectif s'engage aussi à développer des partenariats avec les autres acteurs culturels et sociaux locaux, et peut être amené à collaborer ponctuellement 7 8 9 10 Propos recueillis lors de l'entretien avec le directeur artistique du Collectif 12. Jean-Louis Tornatore et Sébastien Paul, Publics ou populations? La démocratie culturelle en question; de l'utopie écomuséale aux « espaces intermédiaires ». in Olivier Donnat et Paul Tolila (sous la direction de), Le(s) public(s) de la culture. Politiques publiques et équipements culturels. Presse de Sciences Po, Paris, 2003. Volume 2, p.299-308. Les objectifs des contrats de villes (2000- 2006) désormais nommés Contrat Urbain de Cohésion Sociale (2007- 2013) incluent une dimension culturelle et mettent en évidence le lien entre cohésion sociale et présence culturelle. A ce propos, voir annexe 3. Idée développée par Fabrice Raffin, interviewé sur le site Cultureterritoires en Ile-de-France, le 13 octobre 2007. 5 à des manifestations organisées par la mairie11. On remarquera au passage que les objectifs fixés par la convention correspondent à ceux définis dans les statuts de l'association Collectif 1212. Il ne suffit toutefois pas de signer une convention pour que le projet se pérennise. Au delà du contrat écrit, c'est un « contrat de confiance » qui s'est instauré au fil des années et de l'évolution du projet. L'année de préfiguration a permis de tester l'autre. A propos de « Mantes se raconte », premier projet mené par le Collectif 12 sur l'ensemble de la commune, « on s'est rendu compte que c'est là qu'ils allaient nous tester »13. De son côté également, l'adjointe au maire affirme que « le contrat a toujours été respecté »14. Les engagements respectifs ont toujours été tenu et ont fait progressivement évoluer la relation de la méfiance à la confiance réciproque. Le projet du Collectif 12 – Friche A. Malraux est né et a été mis en œuvre dans des conditions qui ont favorisées son épanouissement. Contraintes matérielles, sujets de prédilection communs et volontarisme partagé ont permis de mener à bien cette ambition de créer un lieu de création original sur ce territoire spécifique de Mantes-la-Jolie. II- Persistance des démarches respectives et possibilités de divergences En revanche, que les deux acteurs partagent un projet ne signifie pas pour autant qu'ils l'abordent de la même manière. La relation de confiance mutuelle instaurée permet de détecter chez chacun d'eux une logique d'intervention bien spécifique à sa fonction. Chacun reste avec ces prérogatives. Cela nous permet de mettre en évidence quels peuvent être les points de confrontation entre membres du collectifs et personnel politique municipal. A- Espace public ou lieu public?15 Sans que cela provoque de désaccord fondamental ou de conflits déclarés, le lieu est sujet à des conceptions différentes, propres à la nature et à la fonction des acteurs et qui ne sont pas sans présenter quelques complexités et paradoxes. Le Collectif 12 détient l'utilisation exclusive de cet espace. En effet, bien que les locaux soient la propriété de la mairie, il souligne que les autres acteurs culturels et sociaux n'ont pas à utiliser ce lieu. Par ailleurs, mairie comme collectif soulignent avec force que la programmation est 11 12 13 14 15 Nous n'avons pas pu disposer d'une copie de la convention mais ses objectifs nous ont été énumérés lors de l'entretien avec l'administrateur du Collectif 12. Voir un extrait des statuts dans l'annexe 2. Propos extraits de l'entretien avec le directeur artistique du Collectif 12. Propos extraits de l'entretien avec l'adjointe des affaires culturelles et du patrimoine à la mairie de Mantes-la-Jolie. Catherine Grout s'appuie sur les réflexion d'Hannah Arendt pour distinguer espace public et lieu public. Pour elle, l'espace public est associé à la polis, à la cité, non pas dans son sens physique mais bien en ce qu'elle désigne la relation, les échanges entre les citoyens. A l'opposé, le lieu public est un espace concret inscrit dans la cité, accessible et régi par l'instance publique. Il est important de bien distinguer les deux notions. Catherine Grout, Nouveaux lieux, nouveaux liens, contribution pour l'Institut des Villes le 24 juin 2004. 6 un rôle réservé au collectif. Cette exclusivité fait davantage penser à la définition d'un espace privé. Pourtant, il s'agit plus pour le Collectif 12 de faire de ce lieu un moyen de visibilité sociale : la friche permet d'identifier le collectif et son travail. Le Collectif 12 identifié, il est plus simple de développer des projets avec la population16. Le projet artistique global que défend le collectif participe à une fusion entre création et action culturelle; la notion de public est toujours relative aux spécificités de chaque projet mis en œuvre et c'est plus dans la nature même du projet que dans le lieu que le Collectif 12 crée un espace public. Dans le discours de l'acteur public, on trouve de façon plus prégnante la notion de propriété. Sans remettre en question la mise à disposition gracieuse du lieu, la municipalité aime à ce que les deux termes (de Collectif 12 et de Friche A. Malraux) soient visibles. Il est important de rappeler que la friche est un lieu public. Consciente aussi que la première mission du Collectif 12 est la création, elle accorde pourtant une place centrale au public, terme plus sélectif que celui de population et qui laisse le spectateur passif, dans un lieu public qui lui offre une nouvelle création. Ce rapport différencié au lieu et aux individus qui le fréquente laisse apparaître des divergences et quelques incompréhensions quant à la nature même du projet artistique du Collectif 12. B- Création artistique innovante ou aménagement culturel du territoire? Une des raisons qui a motivé la démarche de la municipalité de Mantes est la carence en espace de création/diffusion sur le territoire de la commune. Ainsi, cette démarche s'ancre largement dans une volonté d'aménagement culturel du territoire. En outre, la mairie a à cœur que le Collectif 12 travaille avec les autres acteurs culturels et sociaux, pour permettre un maillage et une cohésion culturels territoriaux. Ces analyses tendent à inscrire le Collectif12 dans une réponse à une mission de service public. Loin de ces considérations, le Collectif 12 conçoit la friche A. Malraux comme « un lieu créé par des artistes, pour des artistes »17 et l'ensemble des projets s'articule moins sur des considérations structurelles que sur la recherche artistique. Ainsi, le travail avec les acteurs locaux s'inscrit dans une démarche qui s'inscrit plus à la territorialité qu'au territoire18. Cette ambiguïté se concrétise parfois dans des malentendus avec les acteurs locaux, qui voient dans la friche un lieu public qui vient palier une carence en salle de spectacle: de cette ambiguïté naît un sentiment de concurrence matérielle alors que les partenariats que proposent le Collectif 12 sont d'ordre symbolique et immatériel. 16 17 18 Il est intéressant de comparer la récurrence du mot « population » et du mot « public » dans les deux entretiens. Avec les membres du Collectif 12, c'est celui de « population » qui domine tandis que l'adjointe aux affaires culturelles répète plus souvent celui de « publics ». Propos extraits de l'entretien avec l'administrateur du Collectif 12. La territorialité désigne le rapport vécu au territoire tandis que le territoire signifie plus la réalité géographique, démographique et organisationnelle d'une espace. Distinction mise en évidence par Alain Lefebvre dans La culture entre territoire et territorialité. Contribution au colloque Les nouveaux territoires de la culture, Marseille, juin 2003. 7 C- Équilibre du processus décisionnel ou évaluation et régulation? Le Collectif 12 tient à garder à l'esprit sa liberté d'action, mais aussi sa liberté de ne pas renouveler la convention qui le lie à la mairie de Mantes-la-Jolie. Il met en avant une relation de parfaite égalité entre les deux contractuels. Le bilatéralisme de la décision est clairement signifié lors des réunions de renouvellement de la convention. « On est sur le même pied d'égalité, c'est pas un contrat où ils nous disent ‟vous pouvez continuer”; c'est aussi ‟on choisit de continuer, nous” »19. La commune, comme tout organisme public de subvention, s'enquiert du respect de la convention avant de décider de la renouveler. Si elle refuse d'évaluer le processus mis en œuvre par le travail du Collectif 12, elle ne se donne pas moins le droit d'évaluer « la pertinence de ce qu'ils font »20. Cette pertinence se donne à voir dans l'adhésion que suscite le projet, le public qu'il peut attirer, l'utilité du travail qu'il accomplit. Ainsi, ce qui est négocié dans la relation contractuelle fait consensus; en revanche, la configuration des acteurs et de leur pouvoir dans cette négociation est plus complexe et problématique. Ces éléments de divergences ne sont pas nécessairement facteurs de conflits entre les deux acteurs mais ils permettent de mettre en évidence que le projet commun ne suffit pas à gommer des démarches propres aux acteurs. Cependant, on peut se demander si le projet commun, bien que ne modifiant pas les logiques d'intervention spécifiques, ne provoque pas une influence réciproque des acteurs dans leur fonctionnement. III- Ajustements réciproques des comportements et création d'une valeur ajoutée Si les deux acteurs restent animés par une démarche qui leur est propre, il n'en demeure pas moins que leur interaction produit des ajustements dans leur comportements et la grille de lecture qu'ils ont du projet. En quelque sorte, l'interférence des deux associés sur un même projet permet à chacun d'influencer la démarche ou les méthodes de travail de son interlocuteur. Cette réciprocité participe en quelque sorte à une création de valeur ajoutée dans la relation, facteur d'une meilleure compréhension mutuelle. A- Structuration de l'équipe artistique Lors des premières entrevues entre Collectif 12 et municipalité, les membres du Collectif étaient plus nombreux que leurs interlocuteurs publics. En plus du déséquilibre numéraire, ceci a 19 20 Propos extraits de l'entretien avec l'administrateur du Collectif 12. Extraits de l'entretien avec l'adjointe des affaires culturelles et du patrimoine de la mairie de Mantes-la-Jolie. 8 pour effet de créer une confusion; en effet, la notion de collectif est une organisation difficile à appréhender pour l'administration publique parce qu'il ne correspond pas au locuteur classique. Cette question de la visibilité a très vite été ressentie par le collectif comme un obstacle au bon déroulement du projet. La mise en pratique est venu confirmer la nécessité de structurer davantage l'équipe. Dès le premier projet, il a été utile à l'équipe du Collectif 12 de s'organiser pour mettre en place cette première création : « ça nous a construit, ça a pérennisé la structure »21. Mais cette structuration n'a pas pour autant dénaturé le projet qui unit les membres actifs du Collectif 12. Elle a plutôt été une source d'invention pour un modèle original. Ainsi, l'organisation est co-dirigée par trois des membres du Collectif 12. De même, si l'équipe du Collectif 12 s'est professionnalisée22, il reste que la place est avant tout faite à l'artistique et qu'en retour les artistes s'investissent dans le fonctionnement du lieu23. Ainsi, une définition plus précise des rôles attribués ne donne pas nécessairement lieu à une division du travail trop rigoureuse. Au contraire, le Collectif 12 a su tirer un modèle personnel en s'adaptant mieux à son interlocuteur. B- La recherche d'un accompagnement adaptée à une nouvelle conception de la production artistique Le projet du Collectif 12 peut aussi poser problème aux administrations publiques parce qu'il défend un projet artistique pluridisciplinaire. Souvent, cette pluridisciplinarité est fruit d'une incompréhension pour des institutions qui fonctionnent de manière très sectorielle 24. Par exemple, le Collectif 12 est identifié théâtre par la DRAC Ile-de-France. Dans cette situation, il a été utile au collectif d'avoir un interlocuteur public plus direct, qui puisse voir le travail réalisé par le collectif et comprendre ainsi l'importance de la pluridisciplinarité. En plus, le fait de travailler ensemble sur un terrain commun permet une adaptation de l'approche des interlocuteurs municipaux. Le travail réalisé par le collectif s'inscrit dans une permanence artistique. Ce processus est difficile à évaluer. Tournant le dos aux méthodes de l'ingénierie culturelle, l'adjointe des affaires culturelles et du patrimoine a bien compris cet enjeu du processus et se refuse d'en faire une évaluation en tant que telle. En revanche, cette prise en compte du temps long permet d'envisager le rapport plus dans l'accompagnement d'un projet de création que dans l'évaluation. Lorsque l'adjointe affirme que le travail du Collectif 12 est « une invention à chaque fois »25, c'est bien avouer qu'il n'est pas question de l'évaluer de façon rigoureuse mais plutôt de l'aider à son épanouissement. Ainsi la relation de proximité qu'il existe entre le Collectif 12 et la mairie de Mantes-la-Jolie permet une meilleure compréhension et une meilleure adaptation à une création artistique 21 22 23 24 25 Propos extraits de l'entretien avec le directeur artistique du Collectif 12. Voir la liste de l'équipe du Collectif 12 qui distingue les « administratifs » des « artistes », annexe 1. Entretien avec avec l'administrateur du Collectif 12. Sabrina Patience, Espaces de projets culturels et artistiques en milieu urbain, mémoire, IEP de Rennes, 2005. Entretien avec l'adjointe des affaires culturelles et du patrimoine de la mairie de Mantes-la-Jolie. 9 nouvelle, qui sort des schémas classiques et met pluridisciplinarité et processus au cœur de son travail. C- Diffusion et résistance face à un nouveau modèle Ces compréhension et adaptation réciproques participent au bon fonctionnement du projet commun. Mais plus encore, cette réussite originale se constitue en modèle. Parce que cette expérience avance, elle devient une référence pour son originalité. Sa réputation va faciliter la diffusion d'acquis sur une plus grande échelle. Toutes les conventions signées avec les partenaires publics sont basées sur celle signée avec la municipalité ce qui suppose que la pluridisciplinarité y est incluse. Au delà de la description du projet, c'est l'ensemble de la démarche qu'il est plus facile de communiquer à plus grande échelle26. S'appuyer sur une relation de proximité pour progressivement faire comprendre ou connaître sa démarche n'est pas sans inconvénient. En effet, chaque changement politique demande un travail de réexplication du projet, pour convaincre ses interlocuteurs. Toutefois, au fil des années la confiance qui est accordée à ce projet de Collectif 12 – Friche A. Malraux gagne plus facilement les nouveaux protagonistes. En somme, la construction solide de ce rapport de proximité est un travail conséquent mais qui est utile à la diffusion et la pérennisation d'un modèle original. Le rapport qui s'instaure entre les deux acteurs permet à la fois des ajustements progressifs du fait de leur collaboration mais aussi la constitution d'un modèle. Conclusion L'exemple du Collectif 12 – Friche A. Malraux fait apparaître plusieurs points. D'abord, le projet commun n'a été possible que dans la mesure où les deux acteurs se sont trouvés des points communs (que ces points d'entente soient des besoins ou des centres d'intérêts). Ces éléments de convergence ont été les conditions indispensables à la construction progressive d'une relation contractuelle stable et saine. En revanche, cette confluence n'est pas synonyme de fusion. Acteur associatif artistique et acteur public régulateur gardent leurs prérogatives respectives, leurs logiques d'intervention, la définition propre de leurs activités. Il n'est pas envisageable que le projet commun soit facteur d'une absorption des démarches différentes. Cet aspect peut être source de divergences, d'incompréhension ou de frictions entre les acteurs sur le projet commun. Pourtant, cette interférence entre convergences et divergences s'avère avoir des effets riches de sens. Les interactions des deux acteurs indépendants sur un même projet génèrent des nouveautés dans les comportements respectifs. Tout en maintenant son rôle propre, les acteurs ajustent leur 26 Il suffit d'observer les termes employés dans le dossier de presse de la Communauté d'Agglomération de Mantes en Yvelines (CAMY), tout nouveau partenaire public du Collectif 12, pour en être convaincu. Voir annexe 4. 10 organisation ou mode de conception à leur interlocuteur, si bien que la relation même participe à la définition d'un modèle nouveau. A l'heure où « dans les friches se rejoue l'exploration de la voie de la démocratie culturelle »27, il est intéressant de voir comment la création d'un dialogue et d'une relation équilibrée est importante à l'émergence d'un nouveau modèle. Dans la mesure où les friches bousculent les canons de la démocratie de la culture et de la création artistique, le dialogue de proximité et l'instauration d'une relation de confiance restent sans doute parmi les moyens les plus efficaces pour construire et enrichir les politiques culturelles d'un modèle complémentaire d'action. 27 Jean-Louis Tornatore et Sébastien Paul, Opus cit. 11 Index des annexes Annexe 1: Fiche d'identité du Collectif 12...............................................p.13 Annexe 2: Extrait des statuts de l'association Collectif 12............................p.15 Annexe 3: Article extrait du Courier de Mantes du 3 janvier 2007...................p.16 Annexe 4: Extrait du dossier de presse de la Communauté d'Agglomération de Mantes en Yvelines qui accompagne la signature de convention d'objectifs avec le Collectif 12, le 14 mai 2007..........................................p.17 12 Annexe 1: Fiche récapitulative Collectif 12 Histoire du Collectif 12: Le Collectif 12 s'est constitué autour de la Compagnie ABC et plus particulièrement de sa metteuse en scène, Catherine Boskowitz. La Cie ABC travaillait à Aubervilliers à l'époque, déjà sensible au rapport entre création et population des quartiers. C'est autour de cette problématique que ce sont réuni les membres actifs du Collectif 12, qu'ils soient acteur, metteur en scène, costumier, ou autre... La question du lieu de développement s'est très vite posée au collectif. En 1998, la proposition de Mantes-la-Jolie tombe alors à pic. Une fois le projet négocié, le Collectif 12 s'installe dans l'ancienne vitrerie pour une année de préfiguration. Le lieu est très précaire et inadapté à un projet de spectacle vivant. Des travaux sont prévus mais tarde à venir; il faudra attendre le terme de la première convention triennale pour qu'ensemble, Collectif 12 et municipalité mantoise décident d'un cahier des charges précis. Depuis, le projet se développe dans différents types d'activités. Description des Activités: Le Collectif 12 est un collectif d’artistes pluridisciplinaire (danse, théâtre, cirque, audiovisuel, arts plastiques...), réunis autour d’un projet commun: développer un lieu de fabrication où les publics sont associés à leur démarche de création . En 1998, la ville de Mantes-la-Jolie, a mis à disposition de ces artistes une friche industrielle de 1000m², ancienne vitrerie située au cœur de la ville. Le collectif - réunissant aujourd’hui entre 12 et 25 personnes - travaille à créer des liens entres les formes de création pluridisciplinaires, croisées et autonomes qu’il développe et les publics. La Friche André Malraux que dirige le Collectif 12 est à la fois lieu de création et de représentation, d’échanges, de débats et de formation. Nombre d’équipes, notamment venus de l’étranger y sont accueillies en résidence de création. Des échanges sont mis en place avec des équipes artistiques du Liban, d’Australie, de Madagascar. Le Collectif 12 est animé par un projet artistique commun en même temps qu’il soutient et accompagne les projets de chacun. Favoriser le travail de proximité artistique avec les habitants du quartier , être à l’écoute de leurs projets et les accompagner dans la politique de transformation du quartier font partie des prérogatives du Collectif 12. La relation des artistes avec les habitants et le territoire en fait aussi un espace de réflexion sur l’inscription de l’art dans la société, visant à soutenir un art à la fois populaire et exigeant. 13 La Friche André Malraux: Ancien usage : vitrerie Surface du site : 1000 m² Environnement : banlieue Date de fondation: 1998 Type d’occupation : mise à disposition grâcieuse Propriétaire du bâtiment : la ville de Mantes-la-Jolie Espace modulable : hangar 400m² 2 bureaux : 2x150m² 16 chambres : bâtisse annexe pour hébergement Equipe: La différence de couleurs permet de distinguer les « artistes » des « administratifs ». Il convient toutefois de garder à l'esprit que les missions attribuées sont souples. Il ne faut pas faire de lecture trop stricte ou caricatural de cette schématisation. Bayani Ariane Attachée de production à l'action culturelle Boskowitz Catherine Metteure en scène, artiste associée Bourgeois Monique Médiatrice socio-culturelle Chateau Philippe Comédien, artiste associé Fachena Frédéric directeur artistique Dujour Pascal Comédien Mercier Hubert Administrateur Gombert Stéphane artiste Macadoux Aurélie Attachée aux relations publiques Jamet Sabine Danseuse et chorégraphe Vergnaud Laurent Directeur Technique Mankita Marcel comédien Pintaflour Lisa Secrétaire - responsable intendance Garmirian Eric Comédien Lambert Catherine entretien Niorthe Philippe Plasticien Mortley Anna Danseuse et chorégraphe Revelut Marie Comédienne Rousseau Chantal Costumière Mbembo Pierre Comédienne Partenaires publics: Le Collectif 12 est subventionné par: − la ville de Mantes-la-Jolie (cadre du Contrat Urbain de Cohésion Sociale), − la DRAC Ile-de-France, − la Région Ile de France, − le Conseil Général des Yvelines, − la Communauté d’Agglomération Mantes en Yvelines. 14 Annexe 2: Extrait des statuts de l'association Collectif 12 Annexe procès verbal assemblée générale extraordinaire du 15 décembre 2003 STATUTS DE L'ASSOCIATION COLLECTIF 12 Art.1 : Dénomination Il est fondé entre les adhérents aux présents statuts, une Association ayant pour titre Collectif 12, régie par la loi du 1er juillet 1901 et le décret du 16 août 1901. Art.2: Durée Sa durée est indéterminée. Art.3: Siège social Son siège social est fixé : Friche A. Malraux 174, Bd du Maréchal Juin 78200 Mantes la Jolie Il pourra être transféré par simple décision du conseil d'administration ; la ratification par l'assemblée générale sera nécessaire. La Friche A. Malraux étant mise à la disposition du Collectif 12 par convention, une copie de cette convention est annexée aux présents statuts. Art.4:Objet Cette association a pour buts : De développer des activités artistiques dans le domaine des arts de la scène, de l'image et du son, des arts plastiques et de l’écriture, de favoriser l'échange et l'expérimentation entre artistes professionnels ou amateurs, nationaux et internationaux, par la création, la production et la diffusion de spectacles et d’œuvres dans ces domaines, Art.5: Moyens Pour la réalisation de son objet l’association pourra : 5.1 : Développer une activité de formation en direction des différents publics de la ville d'implantation et sa région, mais aussi en direction des professionnels au travers d'ateliers, de stages et autres sessions de formation en lien avec les projets de création et d'accueil prévu. 5.2 : Développer des projets communs avec des structures culturelles ou socioculturelles dans les activités de création, de diffusion et de formation précitées. 5.3 : Faire connaître et circuler les projets du Collectif 12. 5.4 : Rechercher et établir des collaborations avec des partenaires locaux, régionaux, nationaux et/ou internationaux pour la réalisation de ses buts, dans tous les domaines se rapportant à ceux-ci 5.5 : Utiliser tous les moyens en sa possession et mettre en place des rencontres, débats, résidence d’artistes etc.…. 5.6 : Rechercher, percevoir et gérer les aides financières nécessaires à son fonctionnement et à la réalisation de ses buts, qu'elles se traduisent par des subventions des pouvoirs publics (Etat et Collectivités territoriales et locales), des aides semi- publiques ou des fonds privés. 15 Annexe 3: Article extrait du Courrier de Mantes du 3 janvier 2007 Le Contrat de ville a changé de nom Bien sûr, en devenant un Contrat Urbain de Cohésion Sociale, le Contrat de Ville, qui arrivait à échéance au 31 décembre 2006, ne fait pas que changer de nom. Présenté lors du dernier conseil municipal, le CUCS doit permettre une « intervention plus ciblée sur les territoires les plus en difficulté, tel le Val Fourré, » en renforçant les cinq axes stratégiques définis par le Contrat de Ville 2000-2006 et qui étaient : rétablissement des conditions de vie collective positive dans les quartiers, renforcement de la qualité de l’offre éducative et de loisirs, développement de la médiation et de la prévention, promotion de la vie associative et de la participation des habitants, ouverture des quartiers et de leur population sur leur environnement. Les champs d’actions du CUCS deviennent : l’amélioration de l’habitat et du cadre de vie, l’accès à l’emploi et le développement économique, l’action éducative (réussite scolaire, sport, culture), la citoyenneté et la prévention de la délinquance, l’amélioration de la prévention et de l’accès à la santé. Au-delà de ces évolutions politiques, Catherine Vautrin, la ministre de la cohésion sociale, a aussi changé la forme. Elle l’avait présentée à des associations mantaises, lors d’une table ronde le 30 mai dernier. Les associations réclamaient une visibilité de leurs ressources, la contractualisation sera désormais pluriannuelle. Des contrats de trois ans seront signés entre le maire et l’Etat et les modalités de financement vont être simplifiées et sécurisées. Maintenant que les orientations principales ont été fixées, il reste à voir la programmation budgétaire du CUCS, qui doit être soumise au conseil municipal lors du premier trimestre. Ludovic Vincent Article disponible en ligne: URL<http://www.courrierdemantes.com/news/fullstory.php/aid/15188/Le_Contrat_de_ville_a _chang%E9_de_nom.html 16 Annexe 4: Extrait du Dossier de presse de la Communauté d'Agglomération de Mantes en Yvelines qui accompagne la signature de convention d'objectifs avec le Collectif 12, le 14 mai 2007. 17 18 Bibliographie et Sources A propos des friches artistiques en général Ouvrages: − Fabrice LEXTRAIT. Friches, laboratoires, fabriques, squats, projets pluridisciplinaires...Une nouvelle époque de l’action culturelle. Rapport au secrétaire d'Etat au patrimoine et à la décentralisation culturelle, juin 2001. − Jean-Louis TORNATORE et Sébastien PAUL. Publics ou populations? La démocratie culturelle en question; de l'utopie écomuséale aux « espaces intermédiaires ». in Olivier DONNAT et Paul TOLILA (sous la direction de), Le(s) public(s) de la culture. Politiques publiques et équipements culturels. Presse de Sciences Po, Paris, 2003. Volume II, p.299-308 − Emmanuel DE WARESQUIEL (sous la direction de). Dictionnaire des politiques culturelles en France depuis 1959. Paris, Larousse/CNRS éditions, 2001. − Philippe CHAUDOIR et Jacques de MAILLARD (sous la direction de) Culture et politique de la ville: une évaluation. La Tour d'Aigues, Editions de l'Aube, 2004. − Fabrice LEXTRAIT et Frédéric KAHN (coordonné par). Nouveaux territoires de l'art, contributions aux rencontres de Marseille. Paris, Editions Sujet-Objet, 2005. Contributions: − Catherine GROUT. Nouveaux lieux, nouveaux liens. Contribution pour l'Institut des Villes le 24 juin 2003. Disponible sur: URL> http://www.institut-des-villes.org/public/ressource.php? fi_type=&id_thema=&id_fiche=96&arbo=ress_theme&mois=&annee=&mois_lettre=&mois_e= − Alain LEFEBVRE. La culture entre territoire et territorialité. Contribution de l'auteur pour le colloque « Les nouveaux territoires de la culture » organisé au Conseil Général des Bouches-du-Rhône à Marseille les 12 et 13 juin 2003. Disponible sur: URL> http://www.institut-des-villes.org/public/ressource.php? fi_type=&id_thema=12&id_fiche=100&arbo=ress_theme&mois=&annee=&mois_lettre=&mois_e= − Sabrina PATIENCE. Espaces de projets culturels et artistique en milieu urbain. Mémoire, IEP de Rennes, 2005. Disponible sur: URL> http://www.institut-des-villes.org/public/theme.php? id_thema=12&id_fiche=162&arbo=ress_theme&mois=&annee=&mois_lettre=&tp_titre=Expertises &tp_titre_e=Expertise&id_type_publi=5 19 − Christian RUBY et David DESBONS Des friches pour la culture ? Article paru sur EspacesTemps.net, le 1er mai 2002. Disponible sur: URL>http://espacestemps.net/document338.html − Interview de Fabrice RAFFIN Parue sur le site Cultureterritoires en Ile-de-France et réalisée le 13 octobre 2007. Disponible sur: URL>http://culture-et-territoires.fr/Interview-de-Fabrice-RAFFIN.html A propos du Collectif12 – Friche André Malraux Informations sur le Collectif 12: − Statuts de l'association Collectif 12 − Nouvelle dynamique culturelle à Mantes en Yvelines: la Communauté d'agglomération poursuit son engagement aux cotés des acteurs culturels du territoire. Dossier de presse de la Communauté d'Agglomération de Mantes en Yvelines qui accompagne la signature de convention d'objectifs avec le Collectif 12, le 14 mai 2007. − Site internet du Collectif12 – Friche André Malraux: http://www.collectif12.org/ Entretiens: − Entretien avec Frédéric FACHÉNA, directeur artistique et Hubert MERCIER, administrateur du Collectif 12. Entretien réalisé le jeudi 17 janvier à la friche André Malraux. Durée: 1h00 environ. − Entretien avec Sylvie ATCHOUEL, adjointe à la culture de la marie de Mantes-La-Jolie. Entretien téléphonique réalisée le vendredi 25 janvier. Durée: 20 min environ. 20