Thème I, leçon 1 – La mondialisation : processus, acteurs et

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Thème I, leçon 1 – La mondialisation : processus, acteurs et
Thème I, leçon 1 – La mondialisation : processus, acteurs et territoires.
La mondialisation est le processus de mise en relation et en interdépendance de la quasi-totalité des pays du
monde dans une sorte de vaste marché unique, de système-monde grâce à l’extension et à l’intensification des
échanges économiques et culturels à l’échelle de la planète. Elle est le fruit d’un processus d’extension du
capitalisme occidental dans l’espace mondial en trois temps : Après les Grandes Découvertes de la
Renaissance, les grands empires coloniaux ont couvert les ¾ de la planète à la fin du XIXe siècle. A partir des
années 50, l’économie internationale devient globale, multinationale avec la croissance des investissements
directs à l’étranger. La mondialisation renforce les concurrences à différentes échelles suscitant à la fois
attirance et rejet.
Qu’est-ce que la mondialisation ? Quelles sont ses conséquences ? Quelles sont ses limites ?
Dans une première partie, nous étudierons l’explosion des flux mondiaux, à l’origine de la mondialisation
actuelle. Puis, dans une deuxième partie, nous présenterons les acteurs et les lieux de la mondialisation. Enfin,
dans une dernière partie, nous nous intéresserons aux autres logiques d’organisation du monde.
I.
Le processus de mondialisation.
La planète est affectée de plus en plus par un processus de mondialisation : les marchandises et les services,
les informations et les capitaux, les hommes n’ont jamais autant circulé.
A.
La diffusion du capitalisme.
La mondialisation constitue un processus d’extension progressive du capitalisme à l’ensemble du monde. Il
débute au XVIe siècle avec les Grandes Découvertes qui mettent en relation l’Ancien monde et le Nouveau
monde. L’Espagne et le Portugal construisent de vastes empires, Madrid et Lisbonne deviennent les centres du
monde et l’Océan Atlantique remplace la Méditerranée comme lieu essentiel des échanges. Cette première
mondialisation est celle du capitalisme marchand, c’est-à-dire que les échanges commerciaux s’effectuent à
l’échelle mondiale et non plus à l’échelle régionale. Par la suite, au XIXe siècle, en lien avec la colonisation et
l’industrialisation européennes, débute la deuxième phase de la mondialisation qui est celle de la mondialisation
du capitalisme industriel. Londres et le Royaume-Uni deviennent le centre d’une première économie-monde.
Les échanges augmentent en volume et se met en place une première division internationale du travail entre les
pays colonisés fournissant les matières premières et les pays industrialisés transformant ces matières premières
en produits manufacturés qu’ils commercialisent ensuite dans le monde. Enfin, après 1945, débute une
troisième phase, celle de la mondialisation financière, c’est-à-dire que le secteur financier domine les autres
secteurs de l’économie. Le centre du monde se déplace vers les Etats-Unis qui deviennent la nouvelle
économie-monde. Après 1990, cette mondialisation financière s’accélère avec l’effondrement du bloc
soviétique et l’affirmation de puissances émergentes dans une économie-monde devenue multipolaire. Le
développement de la mondialisation est dû à différents facteurs.
Tout d’abord, les trois phases de la mondialisation ont bénéficié de révolutions dans les transports et dans les
moyens de communication qui ont progressivement contracté l’espace-temps et l’espace-coût. Au XVe siècle,
c’est l’invention de la caravelle qui permet les voyages transatlantiques puis, au XIX e siècle, l’apparition de la
navigation à vapeur facilite une première maîtrise des routes transocéaniques. Enfin, au XXe siècle, la
conteneurisation et la spécialisation des navires favorisent les échanges maritimes (3/4 du volume et 2/3 de la
valeur). Le transport aérien connaît une évolution similaire avec la généralisation des moteurs à réaction puis la
construction d’avions à grande capacité et, enfin, la multiplication des compagnies à bas prix. La diffusion du
télégraphe au XIXe siècle, du téléphone fixe au XXe siècle, d’Internet et de la téléphonie mobile au XXIe siècle
(plus de 2 milliards d'internautes contre 500 millions en 2000 et près de 6 milliards de téléphones portables en
circulation en 2011), démocratise l’accès aux télécommunications et relie la quasi-totalité du monde de plus en
plus rapidement. Ensuite, la mondialisation est soutenue par la diffusion de politiques libérales. Les Etats, en
effet, adoptent des politiques favorisant la libre-circulation des marchandises, des capitaux et des hommes par
exemple en abaissant les tarifs douaniers ou en créant des paradis fiscaux et des zones de libre-échange. Par la
conjonction de ces facteurs, la mondialisation a organisé le monde.
1/8
B.
Des échanges de marchandises de plus en plus actifs.
La mondialisation se traduit par une diffusion accrue des marchandises et des services à l’échelle planétaire
(en 2000, les flux internationaux portent sur 28% de la production mondiale). Le commerce international s’est
considérablement accru depuis le milieu du XXe siècle, la valeur des exportations passant de 9% du PIB en
1950 à 26% en 2002. La libéralisation des échanges, la révolution des transports (hausse des trafics aériens et
maritimes de 40% depuis 90) et des communications (hausse du trafic téléphonique de 500%, satellites de
communication, fibres optiques) ainsi que l’interdépendance de plus en plus poussée entre les différents pays du
globe en sont les trois moteurs essentiels.
La structure des échanges a longtemps été marquée par la prépondérance des matières premières et des
sources d’énergie. Ces flux sont toujours aussi importants en volume (2 milliards de tonnes de pétrole, 100
millions de tonnes de blé échangés en 2002) mais, en valeur, ils ne réalisent plus aujourd’hui qu’environ 10%
du commerce international.
C’est le flux des produits manufacturés qui progresse le plus, pour représenter les 3/4 des échanges
mondiaux. Pour ces produits, ce sont les pays riches qui dominent car une très large part du commerce des pays
développés résulte des échanges que ces pays font entre eux (80% du commerce international). Le commerce
des marchandises a progressé de 6% entre 1990 et 2000.
Les échanges de services dans le monde progressent très rapidement depuis un quart de siècle (en 2002, 1
500 milliards de dollars de services échangés soit 21% de la valeur du commerce mondial). Cette progression
est liée au développement technologique qui facilite la diffusion des services.
Ils concernent pour l’essentiel les pays développés à travers les firmes multinationales, la tertiarisation des
activités et le degré de développement des sociétés.
Dès la première mondialisation, les flux de marchandises n’ont cessé de progresser. Avec le développement
technologique, d’autres flux se sont développés, en particulier les flux informels.
C.
L’explosion des flux informels.
L’effet de la mondialisation est le plus sensible dans le domaine des flux informels. L’information et les
capitaux circulent de plus en plus vite – plus facilement que les hommes et les biens matériels – et sur des
distances de plus en plus grandes.
L’information est devenue un outil de travail, un facteur de production aussi important que la main-d’œuvre
et les capitaux, notamment pour les firmes multinationales ou les grands organismes bancaires internationaux.
Mais elle influence aussi très largement la stabilité des gouvernements et des états-majors militaires ainsi que
les sociétés du monde entier. Aujourd’hui, chacun peut émettre une information que le monde entier peut
recevoir de manière quasi instantanée.
Les flux de capitaux, licites ou illicites, circulent dans un espace financier international bien balisé.
S’appuyant sur les progrès dans les technologies d’informatique et de communication, permettant un
fonctionnement du marché 24 heures sur 24, les flux financiers sont devenus colossaux (de 1 500 à 3 200
milliards de dollars sont échangés quotidiennement ce qui représente cent fois les besoins du marché
commercial et des services). Parmi ces flux, on distingue pour l’essentiel des investissements directs à
l’étranger (IDE) et les capitaux purement spéculatifs.
La circulation de plus en plus rapide des flux informels dans le cadre de la mondialisation s’accompagne
d’un renforcement de la mobilité des hommes.
D.
La mobilité des hommes.
Les flux de travailleurs migrants sont alimentés par les inégalités socio-économiques croissantes entre les
pays : essentiellement Nord-Sud, ils sont passés de 75 à 175 millions entre 1965 et 2003, auxquels s’ajoute
entre 25 et 40 millions d’illégaux. Longtemps cantonnées dans une logique Sud-Nord (Mexicains aux EtatsUnis, Asiatiques du Sud-Est au Japon…), ces migrations se sont complexifiées avec l’appel de main-d’œuvre
de certains pays émergents, la chute du communisme et la fermeture des frontières dans les pays développés (ou
le tri de la main-d’œuvre en fonction de leurs besoins). Si des migrations Sud-Sud se développent, toutefois, les
migrations Sud-Nord restent dominantes. Leur effet est complexe : les pays de départ voient des forces vives et
jeunes les quitter mais ils reçoivent en échange des sommes considérables qui maintiennent leur économie sous
perfusion ; les pays d’accueil profitent d’une main-d’œuvre bon marché mais ils ont de plus en plus de mal à
intégrer ces populations soit du fait de leurs particularismes, soit du fait des réactions hostiles des autochtones.
2/8
Le tourisme de masse a remplacé le tourisme de classe. Il est né de la conjoncture des congés payés, de la
hausse du niveau de vie, de la révolution des transports et de la société des loisirs dans les pays développés. Le
tourisme de masse est passé de 25 millions de touristes, en 1950, à près de 850 millions de touristes, en ce début
de XXIe siècle. De plus, le tourisme dispose d’une marge de progression encore fabuleuse puisque 8%
seulement de la population mondiale est actuellement concernée. Le poids économique du secteur touristique
correspond à environ 500 milliards de dollars annuels et des millions d’emplois directs ou induits (un actif sur
dix dans le monde). Le tourisme reste cependant une activité fragile et sensible : cataclysmes, attentats peuvent
tout remettre en question. D’autres effets négatifs apparaissent également : défiguration des sites naturels,
pollution, dépendance économique, acculturation. Toutefois, certains pays du Sud profitent du tourisme pour
maintenir et promouvoir leurs traditions et spécificités mais aussi pour asseoir des politiques de développement.
Les réfugiés (plus de 30 millions dans le monde) prennent également de l’importance. La multiplication des
conflits entraîne des déplacements forcés et des fuites de populations souvent chez les pays voisins (notamment
en Afrique et en Asie mais également en Europe à la suite du conflit yougoslave). Les Afghans constituent
actuellement le groupe de réfugiés le plus important dans le monde avec près de 4 millions de personnes
déplacées.
La mondialisation est un processus qui s’est mis en place progressivement à partir du XVe siècle. Il se
manifeste par une intensification et une extension des flux qu’ils soient marchands, informels ou humains. Ce
développement renforce les liens entre les acteurs de la mondialisation.
II. Les acteurs de la mondialisation.
La mondialisation ne se réduit pas aux flux et aux réseaux. Elle doit se comprendre comme l’interaction
d’acteurs de plus en plus nombreux, aux intérêts parfois contradictoires, agissant à des échelles différentes.
Ces acteurs participent à l’élaboration d’une nouvelle répartition des pôles moteurs de l’économie mondiale.
A.
Les Etats-nations face à la mondialisation.
Pendant longtemps, les Etats géraient leurs affaires dans un cadre national aux frontières délimitées: ils
intervenaient pour soutenir leurs économies (protectionnisme, nationalisations...) ou en définir les priorités à
travers des politiques de planification plus ou moins incitatives, pour organiser une certaine redistribution des
fruits de la croissance à travers les avantages sociaux de l’Etat-Providence. Ils sont aussi à l’origine de la
mondialisation. Ce sont eux qui ont mené la colonisation aux XVIe et XIXe siècles ou qui ont favorisé une
libéralisation des économies à partir de 1945. Cependant, la mondialisation réduit aussi leurs pouvoirs en
faisant disparaître les frontières et en facilitant l’émergence de nouveaux acteurs non soumis au pouvoir des
Etats (FMN, ONG).
Par conséquent, les Etats doivent trouver une nouvelle place dans le contexte de la mondialisation. Ils
assurent aussi un rôle de régulateur de la mondialisation en défendant les intérêts de leur population et de leurs
entreprises. Dans ce cadre, l’Etat réhabilite, une forme d’interventionnisme à travers l’idée d’attractivité ; pour
attirer investissements et emplois, les Etats se doivent de créer un environnement politique, économique, social,
culturel favorable (les zones franches ou, à l’extrême, les paradis financiers). Les Etats restent aussi des acteurs
importants en matière de négociations commerciales et économiques avec les autres Etats, mais aussi avec les
organisations supranationales spécialisées (OMC, FMI, Banque mondiale...). Enfin, face à tous ces pouvoirs
supranationaux (les multinationales, le marché, les décideurs...), de plus en plus de citoyens réclament de l’Etat
davantage de régulation, de transparence, de justice. La mondialisation suscite le besoin accru d’un Etat
protecteur. Par exemple, des Etats résistent parfois à la mondialisation dès que les priorités nationales sont en
jeu : c’est le cas de la France avec son exception culturelle. Ce nouveau rôle de l’Etat reste encore largement à
définir : la mise en place d’une vraie société civile internationale l’y aidera peut-être.
Les Etats-nations sont donc contraints de recherche une nouvelle utilité dans le cadre de la mondialisation.
Pour cela ils ont tendance à se regrouper dans des organisations internationales ou régionales.
B.
Un rôle grandissant des organisations internationales et régionales.
Issues pour la plupart des lendemains de la Seconde Guerre mondiale (FMI, Banque mondiale, OMC, FAO,
UNESCO...) ou d’autres formes moins institutionnalisées (G8, Forum économique mondiale de Davos, mais
aussi les associations altermondialistes), les organisations internationales ont été mises en place afin d’établir
une gouvernance mondiale et voient leur rôle se renforcer dans le cadre de la mondialisation. Ces institutions
3/8
peuvent avoir une vocation universelle (ONU) ou présentées des compétences spécifiques : aide au
développement (CNUCED, FAO), éducation (UNESCO), justice (TPI), finance (Banque mondiale, FMI). Dans
le cadre de la mondialisation, trois organismes jouent un rôle important : l’OMC (Organisation mondiale du
commerce) qui encourage les échanges mondiaux en limitant le protectionnisme et en arbitrant les différents
entre Etats, le FMI (Fonds monétaire internationale) qui surveille la stabilité financière mondiale et la Banque
mondiale qui accorde des prêts aux pays en difficulté afin de permettre leur développement en échange de la
mise en place de réformes structurelles libérales. Le contexte de mise en place de ces institutions explique une
domination totale des pays riches à l’intérieur de ces organisations (Belgique plus puissante que l’Inde ou PaysBas deux fois plus influents que le Brésil, duopole Etats-Unis / Europe…). Dans le cadre d’une économie
devenue multipolaire, les organisations internationales sont de plus en plus contestées et doivent se réformer.
En attendant d’éventuels changements, la gouvernance économique mondiale évolue vers un pilotage informel
par de grands sommets internationaux du G8 (Etats-Unis, Canada, Royaume-Uni, France, Allemagne, Italie,
Japon, Russie) mais surtout du G20 (G8 + Afrique du Sud, Arabie saoudite, Argentine, Australie, Brésil, Chine,
Corée du Sud, Inde, Indonésie, Mexique, Turquie, Union Européenne).
Pour peser dans la mondialisation, les Etats se rassemblent dans des associations régionales plus ou moins
ambitieuses (projet politique d’intégration économique et territoriale comme l’UE, intégration purement
économique comme l’ALENA, le MERCOSUR ou l’ASEAN). Les organisations régionales jouent également
un rôle croissant dans le développement des échanges. Le commerce intrarégional renforce, en effet, le poids
des blocs régionaux qui se sont constitués. Ainsi, plus de 70% des échanges extérieurs de l’Union européenne
se font entre ses membres. Des accords interrégionaux accélèrent, par ailleurs, les échanges mondiaux. Ces
organisations se conçoivent comme des remparts de protection d’un marché élargi face aux dangers réels ou
supposés d’un monde sans frontières, mais aussi comme des tremplins nécessaires pour s’imposer dans la
compétition internationale.
La remise en cause du pouvoir des Etats a conduit au développement du rôle d’organisations internationales
et régionales. Mais, à côté du pouvoir politique, un nouvel acteur s’est imposé : les firmes multinationales.
C.
Le rôle fondamental des firmes multinationales.
Les 80 000 firmes multinationales ou transnationales (FMN/FTN – entreprises au chiffre d’affaires supérieur
à 500 millions de $ et effectuant plus du quart de ses activités de production et d’échanges dans des filiales
présentes dans au moins 6 pays) sont les principaux agents de la mondialisation : avec 800 000 filiales à
l’étranger, elles réalisent les 2/3 du commerce mondial pour 25% du PIB mondial et emploient 77 millions de
salariés, soit 4% de la main-d’œuvre mondiale. Leur production a été multipliée par six en 20 ans pour atteindre
1/3 de la production mondiale. Il en résulte qu’une part de plus en plus grande des échanges commerciaux (2/5
en 2002) correspond à du commerce captif, c’est-à-dire du commerce entre entreprises d’un même groupe.
Leur puissance économique et financière dépasse celle de certains Etats et en fait de puissants groupes de
pression dans le cadre de la gouvernance économique mondiale. Ces entreprises, bien qu’elles maintiennent un
fort ancrage national (siège social, contrôle du capital, dirigeants), s’organisent selon trois logiques : l’accès aux
matières premières, l’accès aux marchés et l’exploitation des avantages comparatifs des territoires. Elles sont
aussi à l’origine d’une nouvelle division internationale du travail qui recherche les meilleures conditions de
conception et d’élaboration de leurs productions. Toutefois, elles conservent un ancrage national décisif : si les
cent premières FTN réalisent 51% de leurs ventes à l’étranger, 60% de leurs effectifs sont dans leur pays
d’origine. Pour exploiter au mieux cette division internationale du travail, elles doivent réaliser en permanence
des arbitrages territoriaux en fonction des risques géopolitiques, des réglementations nationales, de la culture
des consommateurs et des résistances éventuelles des Etats et des citoyens.
La troisième phase de la mondialisation a fait des FMN les acteurs essentiels de la mondialisation.
Pourtant, de nombreux acteurs transnationaux non-gouvernementaux jouent aussi un rôle croissant dans la
mondialisation.
D.
Les autres acteurs de la mondialisation.
Tout d’abord, plus de deux milles Organisations non gouvernementales (ONG - Greenpeace, Médecins du
monde, Amnesty International, Attac...), d’origine privée et à caractère non lucratif, ont été créées avant le
processus de la mondialisation. Cependant, avec celui-ci, elles deviennent de véritables contre-pouvoirs dans la
mobilisation d’une « opinion mondiale » sur des grandes causes internationales (environnement, pollution,
droits de l’homme...) et notamment pour s’élever contre la mondialisation ou pour réclamer qu’elle soit plus
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respectueuse des hommes. Leurs objectifs sont principalement la protection des individus, le développement et
la défense de l’environnement. Elles mobilisent pour cela l’opinion publique mondiale, en particulier les
donateurs des pays riches, par l’intermédiaire des médias et disposent d’un certain ascendant sur les territoires
laissés-pour-compte. Toutefois, les ONG ne représentent que leurs adhérents, souvent originaires des pays
développés du Nord ; elles ne diffusent ainsi qu’une certaine vision du monde pas forcément partagée par tous
et ne sont pas présentes sur les lieux de décision.
Les réseaux criminels et illégaux sont à l’origine d’une mondialisation parallèle marquée par des flux entre
les espaces d’approvisionnement et de consommation et les pôles financiers. Ces mafias conservent une base
nationale et s’appuient sur une diaspora. Des régions entières vivent de cette économie illégale, sous le contrôle
d’organisations criminelles (plateaux andins, rif marocain, Afghanistan, triangle d'or), tandis que les Etats
hésitent entre répression et complicité.
Une multitude d’autres acteurs transnationaux jouent aussi un rôle : agences de notation financière, réseaux
universitaire ou associatif, diasporas, réseaux sociaux, associations syndicales… Enfin, chaque individu par sa
consommation, ses déplacements touristiques ou professionnels, son projet de vie dans son pays ou un autre
pays, sa présence sur la toile… participe à ce système-monde.
La mondialisation est donc le fait de très nombreux acteurs : Etats, organisations multinationales, firmes
transnationales, ONG... Leur importance est souvent liée à leur situation géographique.
III. Les territoires de la mondialisation.
La mondialisation intègre très inégalement les différents territoires du monde. Cette inégalité est
parfaitement visible à travers les flux qui opposent le Nord et le Sud, ainsi que les Nords et les Suds.
A.
Les flux polarisent les activités des grands acteurs de la mondialisation.
Les flux de marchandises se concentrent dans les pôles offrant les infrastructures les plus performantes.
Ainsi, les grands ports mondiaux sont concentrés dans les façades maritimes de la Triade (Nord-Est des EtatsUnis, Nord-Ouest de l’Europe et Japon) ainsi que dans quelques pays émergents en Asie du Sud-Est (Chine,
Hong Kong et Singapour). 15 Etats réalisent 70% des transports mondiaux. Les flux aériens se rassemblent
dans quelques grands hubs présents aux Etats-Unis (Atlanta, Chicago, Los Angeles…), en Asie orientale
(Pékin, Tokyo, Hong Kong…) ou en Europe occidentale (Londres, Paris, Francfort…).
Il en est de même pour les flux informels. La chaîne informative est contrôlée par un oligopole de grandes
entreprises situées dans la Triade (Microsoft, AOL-Time Warner, Sony, Philips, R. Murdoch...). A l’inverse,
certaines régions sont tenues à l’écart. Si 1,1 milliards de personnes ont accès à Internet et 3,3 milliards à la
téléphonie mobile, 1/4 de la population mondiale n’a pas accès à l’électricité et la moitié aux lignes
téléphoniques. La fracture technologique renforce ainsi les disparités spatiales planétaires. Les flux financiers
s’articulent autour de quelques grandes places financières à l’échelle internationale (New York, Tokyo,
Londres, Paris...), interdépendantes et fonctionnant de manière quasi permanente. Les paradis fiscaux sont une
autre destination très prisée par les capitaux. Moins du quart des IDE parvient aux pays du Sud. Des circuits
parallèles très complexes assurent, par ailleurs, le blanchiment de l’argent des trafics illicites de la drogue, des
armes ou des faux papiers. Ces flux illicites équivalent à 15% du commerce mondial
Enfin, les flux humains rendent compte de ces inégalités. L’Europe et les Etats-Unis sont à la fois les
principaux émetteurs et récepteurs de touristes (80% des mouvements). Les touristes mondiaux se retrouvent
dans quelques dizaines de lieux privilégiés : grandes métropoles mondiales, hauts lieux culturels, stations
balnéaires ou de ski, îles ou archipels, grands parcs d’attraction. Mais les pays du Sud attirent également plus de
clientèle notamment l’Asie et la Chine en particulier. Le tourisme profite surtout aux grandes nations émettrices
et réceptrices du Nord (Etats-Unis, France, Espagne, Italie...) mais l’impact économique est devenu vital pour
de nombreux pays du Sud (40 millions de personnes employées dans le Tiers-monde, des rentrées d’argent
équivalentes à celles de l’aide au développement).
Ces flux sont souvent contrôlés par les FMN dont la localisation et l’organisation traduisent l’inégale
participation des territoires à la mondialisation. Parmi les 500 premières FTN, la majorité (81%) provient de
pays du nord mais, dans la dernière décennie, les FTN du Sud ont vu leur part progresser de 54% entre 2006 et
2010, en particulier celle de Chine et d’Inde (Sinopec 16e, State Grid 24e, China National Petroleum 25e,
Arcelor Mittal 39e) du fait du gigantisme de leur marché intérieur. Aujourd’hui, environ 15% des 500 premières
FTN se situe dans un pays émergent et attire un quart des IDE en 2011. L’apparition de ces nouveaux
concurrents transforme les rapports de force mondiaux. Le cœur des centres décisionnels et productifs, la
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recherche et l’innovation, les productions à haute valeur ajoutée sont maintenues dans les pays d’origine de la
FTN ou dans les pays de la Triade. A l’inverse, les activités de fabrication et d'assemblage sont souvent
délocalisées dans des pays du Sud. Les choix d’investissement des FTN déterminent l’insertion ou non des
territoires dans la mondialisation.
Les flux se concentrent dans les pays du Nord, laissant de côté ceux du Sud.
B.
L’opposition Nord – Sud
La mondialisation a permis l’enrichissement de la planète : le PIB mondial a été multiplié par cinq au cours
du XXe siècle et la pauvreté a reculé passant de 40% de la population mondiale en 1981 à 18% en 2007 vivant
avec moins de 1 $ par jour. Cependant, cet enrichissement reste relatif car les écarts de revenus se sont, dans le
même temps, creusés. Le rapport entre les quinze pays les plus riches et les quinze pays les plus pauvres est
passé de 11,6 en 1960 à 46,2 en 2001. Le PIB par habitant s’étend entre 113 044 $ au Luxembourg et 138 $
pour le Burundi. Les 20% les plus pauvres de la planète vivent avec 1,1 % du RNB mondial en 2001 contre
2,3% en 1960. Aujourd’hui, près de 3 milliards d’habitants vivent avec moins de 2 $ par jour dont 1,2 avec
moins de 1 $. Cependant, ces chiffres restent à nuancer car les statistiques officielles ne prennent pas en
compte, principalement dans ces pays pauvres, les revenus du secteur informel et des activités illicites (vente
d’armes, trafic de drogues ou d’êtres humains). Pour affiner l’analyse des inégalités planétaires, les conditions
de vie sont encore plus révélatrices d’où l’utilisation de l’IDH (indice de développement humain) et de l’IPH
(indice de pauvreté humaine).
Dans ce domaine, la situation d’ensemble semble s’améliorer : l’IDH moyen est passé de 0,580 en 1975 à
0,740 en 2008 mais les écarts restent très forts, allant de 0,971 pour la Norvège à 0,340 pour le Niger. Ces
écarts se manifestent dans les conditions de vie des populations : l’espérance de vie moyenne est de 63 ans,
allant de 82,5 ans pour le Japon à 43,4 ans pour le Zimbabwe dans les pays pauvres. 32% de la population
urbaine mondiale, le quart de la population urbaine en Inde, 40% de la population urbaine du Brésil vit dans des
bidonvilles. 20% de la population mondiale de plus de 15 ans est analphabète, ce chiffre atteint plus de 50%
dans les pays du Sud. En 2006, selon l’OMS, 57 pays manquent gravement de personnels de santé, tous sont
des pays du Sud et 36 se situent en Afrique subsaharienne.
Concernant l’IPH, il est calculé à partir de la probabilité à la naissance de mourir avant 40 ans, du taux
d’illettrisme des adultes, de l’absence d’accès à l’eau potable et du pourcentage d’enfants en deçà des normales
pondérales pour leur âge. Il varie de 0 à 100. L’ONU classe les 135 nations en développement selon ce critère.
Les pays présentant l’IPH le plus élevé, supérieur à 40%, sont pour les 2/5 des PMA (Afghanistan avec 60,2%,
Mali avec 56,3% ou Tchad avec 56,2% par exemple). A l’inverse, les PECO présentent un IPH très faible
inférieur à 5% (République Tchèque avec 1,7%, Croatie avec 2,1% ou Hongrie avec 2,4% par exemple).
Ces éléments montrent une fracture entre le Nord et le Sud, fracture qui reste stable car seuls Singapour, la
Corée du Sud et Taïwan ont réussi à passer du Sud au Nord. En 2006, le Nord réalisait environ 78% du RNB
mondial avec 1,3 milliards d’habitants. Il se caractérise par un développement important, une forte richesse, un
bon niveau des systèmes d’éducation et de santé, une faible mortalité infantile et une espérance de vie élevée.
Les pays du Nord ont achevé leur transition démographique et connaissent une lente croissance de la
population. Les pays développés se spécialisant dans les produits à très haute valeur ajoutée qu’ils exportent
surtout entre eux. Mais, derrière cette situation idyllique, on remarque un vieillissement des populations et des
inégalités sociales importantes (existence du « quart monde », 17% de la population américaine vit en dessous
seuil de pauvreté). A l’inverse, les pays du Sud se caractérisent par un faible développement, des systèmes
éducatif et de santé défaillants, des carences alimentaires quantitatives et qualitatives. Au niveau
démographique, les pays du Sud sont soit en cours, soit en fin de transition démographique d’où une croissance
démographique d’environ 2% par an. Cette explosion démographique provoque des densités de population
importante, en particulier dans les villes qui peinent à s’adapter à cet afflux de population. Les pays du Nord
abandonnent les industries de main-d’œuvre aux pays du Sud qui exportent les produits finis ou leurs ressources
naturelles à bas prix pour l’essentiel vers les pays de la Triade.
Derrière cette opposition tranchée, il existe à l’intérieur de chacun de ces ensembles de profondes
différences.
C.
La diversité des Nords et le rôle des villes mondiales.
Le Nord rassemble les pays membres de la Triade, les PID dont les NPIA. Ils ont tous un IDH très élevé,
supérieur à 0,9. A l’opposé, se trouvent les pays en transition se trouvant en Europe de l’Est et dans l’ex-URSS.
6/8
Ces pays connaissent des évolutions variables d’un côté certains intègrent l’Union européenne et disposent
d’un IDH élevé (0,8 à 0,9) tandis que les autres, situés en Europe balkanique, dans la CEI et en Asie centrale,
présentent des IDH moyen (0,65 à 0,797). Ainsi, il y a un facteur 16 entre le PIB par habitant le plus élevé, au
Luxembourg (113 044 $), et le plus faible, en Bulgarie (6 857 $). La Russie constitue un cas particulier car elle
reste une puissance (arme nucléaire, siège permanent, ressources naturelles stratégiques) mais une puissance
pauvre (12% de la population avec moins de 2$ par jour, PIB/hab de 11 807 $, IDH de 0,806 soit moins que le
Brésil ou le Mexique, espérance de vie des hommes de 66,5 ans).
La Triade (Kenichi Ohmae en 1985) constitue, avec les Etats-Unis, l’Europe occidentale et le Japon, le
centre d’impulsion de la mondialisation, un oligopole qui domine le monde. Elle regroupe en son sein les pays
les plus avancés sur le plan technologique (85% des dépenses mondiales de recherche et d’enseignement) et, les
plus riches (86% de la capitalisation boursière, 95% du marché des dettes, 68% du RNB mondial). Ces pays
cumulent encore d’autres atouts majeurs : lieu de naissance des principales firmes transnationales, lieu
d’exercice des grandes bourses mondiales (Wall Street à New York, Kabuto-Cho à Tokyo), lieu d’implantation
des organismes internationaux (ONU, OMC, Banque mondiale, G8...). La Triade organise l’économie mondiale
à son profit : ses membres réalisent à eux seuls plus de 75% du commerce international, 72% de la production
industrielle… Cependant, les trois pôles se livrent une forte concurrence ; chaque centre possède son aire de
puissance et des zones d’influences privilégiées.
Les Etats-Unis apparaissent comme le pôle le plus puissant de la Triade. Leur domination est manifeste dans
les domaines politique, militaire, économique, financier et technologique. Avec 315 millions d’habitants, ils
disposent de plus de 28% du RNB mondial. Les fluctuations de l’activité des pays développés dépendent en
grande partie de celle des Etats-Unis. Leur capacité d’intervention militaire et le rôle joué par le dollar leur
confèrent une certaine hégémonie. L’Union européenne est la zone la plus active du commerce mondial. C’est
le deuxième grand pôle de la Triade (455 millions d’habitants et près de 30% du RNB mondial). Parmi les pays
qui la composent, le Royaume-Uni et la France ont une influence politique et culturelle mondiale. Mais l’Union
européenne manque de cohésion : fragmentée en 27 Etats aux niveaux socio-économiques disparates, elle ne
possède pas, en tant que telle, de véritable pouvoir politique au niveau international. Le Japon a connu après
1945 une réussite économique, financière et technologique éclatante. Il réalisait 3% du RNB mondial en 1960
et 10% en 2002. Ses 128 millions d’habitants disposent de peu d’espace et de maigres ressources naturelles. Ce
géant économique demeure néanmoins un « nain » politique et militaire, sans siège permanent au Conseil de
sécurité de l’ONU. En outre, le Japon a connu plus d’une décennie de langueur à partir de 1991.
Les villes globales ou mondiales sont au cœur du processus de la mondialisation de par leurs multiples
facettes. Capitales politiques, économiques et financières, elles sont des lieux de pouvoir et de décision, des
lieux d’innovations (mode et tendances) et de progrès, d’échanges (ports et aéroports internationaux) et de flux
(marchandises, hommes et informations), d’anticipation et de création. Elles constituent un système de villes
appelé archipel métropolitain mondial. New York, Londres, Paris, Tokyo sont les quatre villes globales au
rayonnement planétaire ; leur action est relayée par des métropoles au rayonnement continental. Leur
regroupement en trois grandes mégalopoles (Nord-Est des Etats-Unis, mégalopole européenne et mégalopole
japonaise) en fait les moteurs premiers de la mondialisation. Les métropoles, fonctionnant en réseaux,
polarisent l’essentiel des flux : 20 d’entre elles gèrent 85% des flux financiers mondiaux, 25 aéroports
polarisent 70% du trafic aérien.
Le Nord est extrêmement divers, c’est aussi le cas du Sud.
D.
La diversité des Suds
De nouveaux espaces de la mondialisation se développent rapidement dans les « Sud » notamment là où les
firmes transnationales relocalisent leurs activités au gré de la recherche de la rentabilité maximale, dans des
zones souvent liées aux littoraux. L’Asie du Sud-Est en constitue le modèle depuis une vingtaine d’années
(« les quatre Dragons » auxquels s’ajoutent maintenant la Chine littorale, l’Indonésie, la Thaïlande, le
Vietnam). D’autres zones se situent aux portes de la Triade comme le Mexique (« maquiladoras »), l’Europe de
l’Est, ou le Brésil (région de São Paulo). La polarisation, rencontrée dans la Triade, touche peu les pays du Sud,
hormis les capitales économiques autour desquelles prennent naissance de nouvelles mégalopoles (Buenos
Aires – Sao Paulo, Séoul – Canton, Main Street America). Les pays émergents connaissent une forte croissance
économique mais leur développement évolue selon des rythmes variables. Les Etats-continents, comme la
Chine, le Brésil ou l’Inde connaissent des rythmes plus lents d’autant plus que la croissance démographique
freine ce développement. Ces pays voient apparaître une classe moyenne (environ 300 millions de personnes en
7/8
Chine, 100 millions en Inde) souhaitant accéder à la société de consommation mais de profondes inégalités
persistent : les 10% plus riches en Inde, Chine et Brésil possèdent 45% du revenu national alors que les 50% les
plus pauvres possèdent moins de 20% du revenu national.
Les pays pétroliers bénéficient de revenus très importants permettant de financer un développement
satisfaisant, bien que la majorité des pétrodollars reste entre les mains d’une petite partie de la population. De
plus, l’avenir de ces Etats est en grande partie lié à l’évolution des ressources. Aussi, certains de ces Etats
tentent de se reconvertir dans la finance et le tourisme. Des espaces de non-droits juridiques, réglementaires ou
sociaux optimisent la production et la gestion financière globalisée des FTN : 15 micro-Etats accueillent 57%
de la flotte mondiale grâce à leurs pavillons de complaisance, 70 paradis fiscaux servent de relais aux flux de
capitaux et 3 000 zones franches productives mobilisent 43 millions de salariés.
Cependant, l’essentiel des pays du Sud se trouvent en situation intermédiaire et forment le groupe des pays
en voie de développement. Ces Etats participent à la mondialisation mais ne sont que des vendeurs de matières
premières dont les prix de vente ne cessent de baisser ou des fournisseurs de main-d’œuvre à bon marché. Ils ne
parviennent pas à atteindre un niveau de développement satisfaisant par manque de moyens financiers.
Beaucoup d’espaces restent cependant en marge de la mondialisation et concernent encore plus du tiers de la
population mondiale et notamment les PMA (pays les moins avancés, pour la plupart (33 sur 48) situés en
Afrique subsaharienne ; les autres sont en Asie et en Océanie), les pays les plus pauvres de la planète. Ces Etats
présentent un IDH inférieur à 0,520 et une espérance de vie inférieure à 50 ans, ils sont souvent dépendants
d’une matière première, victimes de guerres et d’épidémies. Leur surendettement est considérable. Ils sont trop
éloignés des pôles de la Triade, trop pauvres pour constituer un marché intéressant les FMN enclavés à
l’intérieur des terres. Leurs ressortissants alimentent ainsi la plupart des flux migratoires internationaux.
D’autres Etats sont isolés car mis au ban des nations pour des raisons politiques (Cuba, Birmanie, Corée du
Nord…) ou ravagés par l’instabilité politique et les guerres civiles (Somalie).
La mondialisation s’est particulièrement renforcée après la Seconde Guerre mondiale provoquant une
véritable globalisation (mondialisation économique et financière) et un renforcement des échanges. La
mondialisation renforce la position dominante des pays et des entreprises du Nord, particulièrement ceux de la
Triade. A l’inverse, malgré l’apparition de pays émergents, l’essentiel des pays du Sud est soumis au Nord.
Les oppositions entre les dominants et les dominés peuvent aussi être observées à d’autres échelles
régionales ou nationales.
8/8