l`étude complète - Direction territoriale Ouest du Cerema
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1 2 Historique des versions du document Version Auteur Commentaires Juillet 2009 Marie Douet Version provisoire soumise à l'INRETS/SPLOTT Juillet 2010 Marie Douet Version définitive après relecture INRETS/SPLOTT Affaire suivie par Marie Douet ERA FRET Division Villes et Territoires, groupe Intermodalité, Tél. : 02 40 12 84 87/ fax : 02 40 12 84 44 Courriel : [email protected] Adresse postale : CETE de l'Ouest MAN – Rue René Viviani BP 46223 44262 NANTES cedex 2 Référence Intranet http:// 3 Résumé Plusieurs événements récents susceptibles de modifier (ou ayant déjà modifié) les organisations logistiques dans le secteur des boissons retiennent l'attention des logisticiens. En premier lieu, les conditions météorologiques inhabituelles observées depuis le début des années 2000, qui perturbent les flux et provoquent des ruptures en linéaires lors de certains pics de chaleur, détériorent le taux de service et bouleversent les plannings de production. La contraction de l'offre de transport ne facilite pas les choses. Les faillites d'entreprises routières, la pénurie structurelle et saisonnière (congés des périodes estivales) de conducteurs routiers, conduisent à ne pas négliger la constitution des stocks. Les bouleversements dans l'offre ferroviaire, notamment le délaissement du wagon isolé par la SNCF, modifient également les demandes de transport de la part des chargeurs. Enfin, toutes ces difficultés d'ajustement de l'offre à la demande s'accompagnent d'un changement majeur dans les rôles des acteurs impliqués dans la distribution des boissons, à cause de modifications législatives concernant les pratiques de la grande distribution. Le champ d'analyse retenu concerne les boissons non alcoolisées et les bières. Il est caractérisé par une concentration des lieux de production, un éventail relativement restreint de références, une densité élevée des produits, des variations saisonnières de la demande importantes, des envois massifiés et une pertinence du transport ferroviaire pour de nombreux trajets. L'Etat, qui impose l'embouteillage des eaux de source sur le lieu même du captage, prédétermine la localisation des industriels de l'eau et les longueurs des trajets menant aux consommateurs finals, scellant par là même la première contrainte logistique de cette activité. En contrôlant la formation des prix dans la grande distribution, il laisse son empreinte -indirecte- sur des choix organisationnels. Or, l'influence économique et géographique de la grande distribution s'avère très structurant pour la logistique des activités analysées; néanmoins, le rôle des grossistes spécialisés s'avère toujours indispensable: il convient donc de les considérer comme deux acteurs complémentaires. Les industries des boissons ne restent pas à l'écart de la mondialisation de l'économie : de nombreuses activités localisées sur le territoire français, qu'il s'agisse de brasseries ou d'embouteilleurs d'eaux de source, appartiennent à des sociétés multinationales. Quant aux flux du commerce extérieur, bien que non négligeables, ils ne doivent cependant pas être surestimés. L'étude vise à caractériser les spécificités des organisations logistiques du secteur des boissons, en fonction des exigences des produits, des contraintes de la production et des particularités de la demande. La méthodologie utilisée s'appuie sur trois éléments : ➢ ➢ ➢ une recherche bibliographique des entretiens ciblés avec des acteurs et des organisations professionnelles une exploitation de la base de données ECHO de l'INRETS, qui résulte d'une enquête auprès des chargeurs, et qui permet de caractériser les envois des entreprises. 4 ORGANISATIONS LOGISTIQUES DANS LE SECTEUR DES BOISSONS Juillet 2010 Depuis quelques années, le marché des boissons d'une part, et le marché du transport de boissons d'autre part, doivent s'ajuster à certains bouleversements. Les conditions météorologiques inhabituelles observées depuis le début des années 2000 perturbent les flux logistiques de certains biens de consommation. Parmi ceux-ci, les boissons, le textile, les articles de sport, et les glaces sont les plus touchés. Pour les boissons, le problème est d'autant plus complexe que le nombre des références se multiplie. « Un hypermarché compte environ 1200 références d'eaux, de jus de fruits, de boissons gazeuses et de bières contre 300 il y a seulement 7 ans ».1 De fréquentes ruptures en linéaires ont été constatées lors de certains pics de chaleur, qui détériorent le taux de service et bouleversent les plannings de production ; en effet, pour pallier les ruptures les plus importantes, certains industriels délaissent la fabrication des références les moins demandées. La contraction de l'offre de transport ne facilite pas les choses. Les faillites d'entreprises routières, la pénurie structurelle et saisonnière (congés des périodes estivales) de conducteurs routiers, conduisent à ne pas négliger la constitution des stocks. Les bouleversements dans l'offre ferroviaire, notamment le délaissement du wagon isolé par la SNCF, modifient également les demandes de transport de la part des chargeurs. Enfin, toutes ces difficultés d'ajustement de l'offre à la demande s'accompagnent d'un changement majeur dans les rôles des acteurs impliqués dans la distribution des boissons, à cause de modifications législatives concernant les pratiques de la grande distribution. Depuis 2005, utilisant le cadre législatif de la loi en faveur des PME, dite loi Dutreil II, les industriels prennent en charge la logistique des boissons précédemment assumée par les distributeurs. Le passage du prix départ usine au prix franco a sensiblement modifié les organisations logistiques. Quelles nouvelles solutions apparaissent ? Comment la demande de transport et de surface d'entreposage est-elle affectée ? L'importance du rôle de la grande distribution ne doit pas occulter celui des grossistes spécialisés, toujours indispensable: il convient donc de les considérer comme deux acteurs complémentaires. L'étude vise à caractériser les spécificités des organisations logistiques du secteur des boissons, en fonction des exigences des produits, des contraintes de la production et des particularités de la demande. La méthodologie utilisée s'appuie sur trois éléments : ➢ ➢ ➢ une recherche bibliographique, qui malheureusement a donné, en nombre, peu de résultats malgré l'intérêt des documents trouvés des entretiens ciblés avec des acteurs et des organisations professionnelles une exploitation de la base de données ECHO de l'INRETS, qui résulte d'une enquête auprès des chargeurs, et qui permet de caractériser les envois des entreprises. L'analyse s'organise au sein de deux grandes parties. La première partie présente les produits et leurs marchés; la deuxième partie présente les organisations logistiques mises en œuvre. 1 Source: Livre Service Actualités, n° 2007, 5 juillet 2007, page 21 5 PREMIERE PARTIE : LES PRODUITS ET LEURS MARCHES I. Les produits retenus Nous choisissons d'exclure de notre champ d'analyse les boissons alcoolisées autres que les bières. En effet, les caractéristiques de la consommation et de la logistique des boissons alcoolisées diffèrent de celles des boissons non alcoolisées et des bières sur deux points importants : la consommation subit peu de variations saisonnières, et les envois ne sont pas des envois de masse comme pour les eaux et la bière, qui, par ailleurs, constituent un exemple intéressant à analyser d'un point de vue du choix modal par les acteurs. En outre, les eaux (et, dans une moindre mesure, les bières et les jus de fruits) constituent un produit de substitution qui peut être vital, dans certaines circonstances, en cas de pollution de l'eau du robinet. Certaines boissons rafraîchissantes sans alcool peuvent être fabriquées à partir d'eaux de source. Ces considérations nous conduisent à retenir pour notre analyse les produits suivants : ➢ ➢ ➢ ➢ Eaux de source et eaux minérales : plates, gazeuses, qu'elles soient aromatisées ou non Bières Boissons Rafraîchissantes Sans Alcool : sodas, colas, boissons aux fruits, limonades et tonics, sirops, etc. Jus de fruits et nectars de fruits. I.1 Les eaux Indépendamment de son caractère d'eau plate ou d'eau gazeuse, l'eau peut être une eau de source ou une eau minérale, être aromatisée ou non, être naturelle ou non. Le tableau ci-dessous résume les différents cas de figures envisageables. Eaux Segment de marché Goût Origine Traitement Eaux plates Eaux gazeuses Nature Aromatisées Eaux de source Eaux minérales Naturelles Traitées L'eau de source et l'eau minérale proviennent de nappes d'eaux souterraines microbiologiquement saines et protégées des rejets dus aux activités humaines. L'eau de source provient d'une source souterraine reconnue. Microbiologiquement saine, elle doit répondre aux mêmes critères de potabilité et de qualité que les eaux du robinet. Elle est protégée contre les risques de pollution, apte à la consommation humaine sans traitement ni adjonction autres que ceux autorisés. Elle est exploitée par une ou plusieurs émergences naturelles ou forées. Elle doit être introduite à la source dans des récipients destinés à la livraison au consommateur. Elle peut également être commercialisée sous une forme pétillante dénommée « eau de source gazéifiée ». Contrairement à l'eau minérale naturelle, sa composition physico-chimique n'est pas systématiquement stable. 6 Par ailleurs, une marque commerciale peut recouvrir plusieurs sources distinctes et donc correspondre à des compositions physico-chimiques différentes. L'exemple le plus connu est celui de la marque Cristaline qui commercialise une vingtaine de sources réparties dans toute la France. Dans ce cas, le nom de la source est également indiqué sur l'étiquette. L'eau minérale provient d'une source souterraine approuvée. Elle posséde un ensemble de caractéristiques qui sont de nature à lui apporter ses propriétés favorables à la santé2. Elle doit garantir sa composition ainsi que la constance de l'ensemble des critères de qualité (débit, température de l'eau, composition minérale, aspect visuel, goût). L'appellation «eau minérale naturelle» est accordée après constitution d'un dossier complet accepté par l'Académie de Médecine et le Ministère de la Santé. Elle doit subir des contrôles réguliers réalisés par des laboratoires agrées par ce ministère. Elle contient plus de minéraux et d'oligoéléments que l'eau de source. Comme l'eau de source, elle est embouteillée sur place et transportée dans des récipients destinés au consommateur final. Une eau n'ayant subi aucun traitement est dite «naturelle», et ce terme figure sur l'étiquette. Pour être qualifiée de naturelle, une eau embouteillée doit : ➢ ➢ ➢ ➢ ➢ provenir d'une source reconnue être embouteillée près du point d'émergence de la source contenir les mêmes sels minéraux qu'à la source d'origine garantir la pureté bactériologique originale ne pas avoir subi de traitements autres que l'élimination de constituants instables par décantation et/ou filtration par aération. Une eau «naturelle» doit être commercialisée sans traitement microbiologique. Les eaux naturelles sont désormais soumises aux mêmes limites de concentration que l'eau du robinet pour une dizaine de substances toxiques telles que le fluor, l'arsenic, les nitrates, les métaux lourds. C'est pourquoi certaines eaux minérales peuvent être traitées pour rester dans les limites réglementaires3. Une eau traitée a subi plusieurs opérations pour éliminer bactéries, virus, et parasites ; et/ou retirer certaines matières solides, certaines odeurs ou certains composés organiques. Une autre catégorie d'eau embouteillée ne doit pas être confondue avec les eaux de source: l'eau rendue potable par traitement. En pratique, il n'existe pas d'eau de cette catégorie en France4. 2 Décret 6 juin 1989 3 Source: www.affsa.fr 4 Source: Syndicat des eaux de source, 2008 7 Tableau n° 1 Principales caractéristiques des eaux en France Emballage Origine Eaux rendues potables Eaux de source (non Eaux minérales) conditionnées origine souterraine Caractère Commercialisation Traitées Naturelles Traitées Commentaires Aucune en France actuellement Marques de distributeurs (exemple eau de source Laqueuille, Leclerc) Autres marques/noms de sources Protection naturelle obligatoire Parfois mention spéciale : «eau de montagne» Pas de conditionnement Eaux (de source) minérales origine souterraine Naturelles Traitées Eau du robinet (rendue potable) origines multiples : lacs, rivières, nappes phréatiques, ... traitée Noms des sources Protection naturelle obligatoire Transport par conduites Hors du champ de l'étude Composition minérale variable Les eaux incluses dans le champ de cette étude sont les eaux de source conditionnées minérales et non minérales. I.2 Bières La France est un terroir adapté à la culture des orges de brasserie. Producteur et deuxième exportateur mondial de malt, mais aussi 5ème producteur européen de houblon5, elle produit et exporte de la bière; elle en importe également, au point que le solde commercial est déficitaire 6. Selon les statistiques des Douanes en effet, les exportations 2006 s'élèvent à 1,7 millions d'hectolitres et les importations à 5,9 millions d'hectolitres7. 5 Selon l'association Brasseurs de France, www.brasseurs-de-france.com 6 Voir tableau 4 7 Cité par l'association Brasseurs de France 8 Les principales régions de culture sont le Centre, les Pays de la Loire, la Champagne et la Bourgogne. Le houblon, qui confère à la bière son amertume, est cultivé dans l'Est et le Nord de la France. Outre le malt et le houblon, la bière nécessite pour sa fabrication eau et levure. L'eau entre à 98% dans la composition de la bière; près de 95 % des eaux brassées dans le monde le sont avec une eau sans sels minéraux. Quant à la levure, c'est l'ingrédient qui reste secret chez les brasseurs. I.3 Les autres boissons sans alcool Les autres boissons sans alcool se divisent en trois familles : ➢ ➢ ➢ les boissons gazeuses: colas, tonics/bitters, boissons aux fruits, boissons au thé, limonades, eaux aromatisées, les boissons plates: boissons aux fruits, boissons au thé, boissons de l'effort, boissons au lait, .... Jus de fruits et nectars de fruits. Les jus de fruits et nectars de fruits sont habituellement considérés à part des boissons rafraîchissantes sans alcool. Pour ceux-ci, la directive européenne 2001/112/CE du Conseil du 20 décembre 2001 conduit à distinguer les catégories suivantes : ➢ ➢ ➢ ➢ le pur jus frais, non pasteurisé dont la durée de conservation est très brève et qui nécessite le maintien de la chaîne du froid le pur jus, obtenu par pressurage, et pasteurisé; le jus à base de concentré (ABC): c'est sur ce marché que l'on trouve la majeure partie des produits d'importation les nectars constitués de jus ou de purées de fruits, additionnés d'eau de sucres ou d'édulcorants. Les importations liées à cette consommation/fabrication augmentent, grâce au développement des jus et concentrés originaires du Brésil, du Maroc et d'Israël. En 2006, le marché des boissons rafraîchissantes sans alcool était de 3,17 milliards de litres pour un chiffre d'affaires de 3,27 milliards d'Euros (source: EAE 2006), dont environ 75 % pour les boissons gazeuses. II. La consommation Nous pouvons analyser la consommation des boissons non alcoolisées et des bières au niveau national; la consommation des boissons françaises à l'étranger se trouve dans les statistiques d'exportation, et la consommation nationale de boissons importées se trouve dans les statistiques d'importation. La connaissance de ces données permet de mieux apprécier la nature et l'importance des flux à transporter. 9 II.1 Le marché national Le graphe n° 1 compare les évolutions de consommations, en France, pour 6 types de boissons, en litres par personne et par an. Graphe n°1 Consommations de quelques boissons, en litres par personne (INSEE) 200 180 160 Nombre de litres 140 120 100 80 60 40 20 0 Lait frais Vins courants Vins AOC 1970 1990 Total vins 2005 Bières Eaux minérales et eaux de source 2006 Seule, la consommation d'eaux embouteillées enregistre une forte croissance de 1970 à 2006. Les chiffres de l'année 2008 et 2009 seront certainement en retrait du niveau atteint en 2006. II.1.1 Les eaux embouteillées En France, selon l'INSEE, la consommation annuelle moyenne des eaux (eaux minérales et eaux de source) a plus que quadruplé entre 1970 (39,90 litres par personne) et 2006 (plus de 173,61 litres par personne). En France, les ventes d'eau minérale s'élevaient à 6,4 milliards de litres en 2004 contre 6,7 milliards en 2003 (année de canicule). Les ventes d'eau de source s'accroissent régulièrement depuis 1979. 5, 3 milliards de litres ont été vendus en 20048. Le graphe n° 2 montre l'évolution de la consommation moyenne par habitant des eaux de source, de 1992 à 2008 : 44 litres en 2008, 48 litres en 2007 contre 27 litres en 1992, soit une augmentation de 78 % sur la période 1992-2007. 8 Source : Panorama IAA 2006, EAE 2004, Ministère agriculture et pêche 10 Graphe n° 2 Evolution de la consommation totale des eaux de source en France 60 50 Nombre de litres par habitant 40 30 20 10 0 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 Source : d'après le syndicat des eaux de source En valeur, les eaux de source représentent environ 45 % du marché français des eaux embouteillées contre seulement 11,5 % en 1979. Cette progression s'explique essentiellement par les prix9. Dans l'Union Européenne10, la comparaison des consommations révèle la part de marché écrasante, exprimée en millions de litres, des eaux minérales naturelles par rapport à celle des eaux de source: 85% contre 12 % en 2006. 9 Source: Ministère de l'agriculture et de la pêche, Panorama des IAA 2006, EAE 2004 10 Malte, Chypre et Luxembourg exclus 11 Tableau n° 2 Consommation totale d'eaux embouteillées dans l'Union Européenne 2001 42065,9 2002 43736,7 2003 48131 2004 47276,4 2005 48829 2006 51075,2 Eaux minérales naturelles Eaux de source Eaux de table 84,70% 11,30% 4,10% 100,00% 84,50% 11,50% 4,00% 100,00% 84,50% 11,60% 3,90% 100,00% 84,80% 11,60% 3,60% 100,00% 84,60% 11,90% 3,50% 100,00% 84,80% 11,70% 3,40% 100,00% Eaux plates Eaux gazeuses 53,8 46,2 100,00% 54,6 45,4 100,00% 54,5 45,5 100,00% 54,6 45,4 100,00% 55,6 44,4 100,00% 56,1 43,9 100,00% 484,18 86,88 485,63 90,06 486,91 98,85 488,09 96,86 489,41 99,77 490,16 104,2 Consommation totale (millions litres) (1) Population en millions d'habitants Consommation totale par habitant Source: EFBW (1): à l'exception de Chypre, Malte et Luxembourg (1): chiffres CANADEAN II.1.2 Les bières En France, selon l'INSEE, de 1970 à 2006, la consommation annuelle de bière régresse sensiblement, contrairement à l'évolution de la consommation des eaux pendant la même période, passant de 41, 43 litres par personne à 32,06 litres par personne, soit une réduction de 23%. Cette consommation française, décroissante depuis plusieurs années, reste modeste comparativement aux quantités consommées dans d'autres pays de l'Union. L'association Brasseurs de France compare les consommations moyennes dans 8 pays européens (tableau n° 3): Tableau n° 3 Consommation de bière en Europe Pays Consommation/an/habitant (litres) 2006 Irlande 124,8 Allemagne 121,5 Royaume-Uni 100,6 Danemark 96,7 Belgique 96 Espagne 73,4 Portugal 58,6 France 33 Source: Brasseurs de France 12 En France, la production ne suffit pas à couvrir les besoins du marché, comme l'indique le tableau n° 4. Tableau n° 4 : Marché français de la bière, en millions d'hectolitres vendus Années Production Exportations Importations Total marché 2005 16,4 1,8 5,8 20,3 2006 16,03 1,7 5,9 20,2 2007 15,1 1,8 6,3 19,6 Source : Brasseurs de France II.1.3 Autres boissons En 2007, la production de boissons rafraîchissantes sans alcool s'élève à 3, 650 milliards de litres, et la consommation par personne à 59,7 litres par an par habitant en 2007 11. Bien que cette dernière progresse sensiblement, c'est encore l'une des plus faibles de l'Union Européenne puisque certains pays ont des consommations unitaires deux à trois fois plus élevées12. La répartition des ventes de jus de fruits et nectars présentée dans le graphe n° 3 montre que les jus de fruits représentent environ 78% du total. Les jus de fruits à base de concentrés (ABC) sont notamment à l'origine d' importations. Les nectars réclament souvent une température dirigée, ce qui complique la logistique de cette catégorie de produits. Graphe n° 3 Répartition des ventes annuelles de jus de fruits et nectars pour l'année 2007 (France et exportations), en pourcentages des litres, d'après Unijus. 21,58% 41,15% 0,15% 37,12% Jus f ruits Jus f ruits ABC Jus légumes 11 Source: Syndicat national des boissons rafraîchissantes, mai 2009 12 Source: Ministère de l'agriculture et de la pêche, panorama des IAA 2006 Nectars 13 II.2 Le commerce extérieur La situation des échanges varie d'un produit à l'autre. En ce qui concerne les eaux embouteillées, la France est essentiellement exportatrice. En ce qui concerne les bières et les jus de fruits, elle est essentiellement importatrice. II.2.1 Les échanges extérieurs d'eaux embouteillées et de bières Les importations d'eaux ne représentent que 15% des exportations de l'année 2007, en pourcentage du nombre de litres. La France est donc massivement exportatrice d'eaux embouteillées, ce qui génère des flux terrestres intraeuropéens vers les autres pays de l'UE, et des flux massifiés (et massifiables) vers les ports maritimes. Tableau n° 5 Comparaison des flux du commerce extérieur, en nombre de litres, pour l'année 2007 Eaux gazeuses Exportations Importations 223 165 771 Eaux plates 2 383 832 482 Total exportations (nombre de litres) 2 606 998 253 Eaux gazeuses 157 430 372 Eaux plates 211 104 287 Total importations (nombre de litres) 368 534 659 Source: Douanes Les exportations contribuent au développement des eaux minérales. Outre l'Union Européenne, les destinations concernent l'Amérique du nord et l'Asie (essentiellement l'ExtrêmeOrient), comme l'indique le graphe n° 4. 14 Graphe n° 4 Exportations eaux minérales, nombre de litres, 2007 (Douanes) 2500000000 Nb litres, eaux plates Nb litres, eaux gazeuses Nombre de litres 2000000000 1500000000 1000000000 500000000 0 Europe Asie Amérique Proche/M oyen Orient Afrique Divers Les principaux pays destinataires en Europe sont l'Allemagne, la Belgique, le Royaume-Uni, et, dans une moindre mesure, la Suisse. Graphe n° 5 Exportations d'eaux vers l'Europe, en nombre de litres, 2007 (d'après Douanes) 800000000 700000000 600000000 500000000 400000000 300000000 200000000 100000000 0 Belgique Suisse Luxembourg Russie Allemagne Royaume-Uni Espagne Pays-Bas Eaux gazeuses Eaux plates Italie Tchéquie Lettonie Malte Autriche Irlande 15 Les principaux fournisseurs sont l'Italie, le Luxembourg et la Belgique. Le tableau n° 4 ci-dessus donne les statistiques du commerce extérieur de la bière. En 2007, la France a importé 6,3 millions d'hectolitres de bières, soit 32% de la consommation nationale, en provenance d'Allemagne, de Belgique, des Pays-bas et du Royaume-Uni; en contrepartie, elle n'a exporté qu'1,8 millions d'hectolitres. D'une façon générale, les échanges extérieurs de bière sont peu développés. En général, les sociétés ouvrent une brasserie dans le pays de consommation13. Une partie importante des échanges extérieurs de boissons transite par les ports français. II.2.2 Les trafics portuaires de boissons Les grands ports français expédient et réceptionnent des boissons. Parmi les grands ports maritimes, Marseille se distingue avec un tonnage élevé de boissons, dont un tonnage élevé d'eaux minérales en sortie, comme le montrent les graphes n° 6 et n° 7 . Graphe n° 6 Trafics de boissons (tous types, y compris vins) dans les principaux ports français en 2007, en milliers de tonnes 1000 Entrées Sorties 900 800 700 Milliers tonnes 600 500 400 300 200 100 0 Dunkerque Le Havre Rouen Source : d'après MEEDDAT 13 Source :http://panorama.agriculture.gouv.fr Nantes Bordeaux Sète Marseille 16 Graphe n° 7 Principaux trafics de boissons dans les ports français, en 2006 (tonnages), d'après données portuaires 600000 500000 T onnes 400000 300000 200000 100000 0 Marseille eaux minérales Le Hav re bières Le Hav re f ruits en jus Nantes eaux minérales Marseille bières Marseille jus f ruits Le Hav re eaux minérales Dunkerque Nantes jus de f ruits Entrées 2006 Sorties 2006 Le trafic du port de Marseille domine largement celui des autres ports français: les sorties d'eaux minérales ont représenté, en 2006, 521 800 tonnes, et, en 2007, 587 926 tonnes; on observe une croissance nette de 2005 à 2007. L'entrepôt spécialisé de Distriport, géré par SDV, sur le site de Fos sur mer, dédié aux exportations d'eaux du groupe Danone (notamment bouteilles d'Evian vers le Moyen-Orient), explique l'importance de ces flux. Toutefois, d'autres chargeurs du sud de la France contribuent aussi à ce trafic. Les statistiques décrivant les trafics de boissons au port du Havre révèlent la part importante des eaux minérales dans le tonnage total (bières, eaux minérales, jus de fruits) embarqué: 171 858 tonnes en 2006, soit 84% du total embarqué, dont plus de 45 % à destination du Japon, et plus de 29 % à destination du Canada et des Etats-Unis. Les bouteilles voyagent en conteneurs maritimes. Les expéditions d'eaux minérales, de jus de fruits, et de bières à destination des Antilles françaises et de la Guyane sont à noter. Des entrées d'eau minérale en provenance de Turquie, bien que faibles encore, mériteraient d'être examinées en détail. D'autres flux existent, beaucoup plus dispersés, comme par exemple, des expéditions d'eau minérale à destination du Sénégal. 17 A Dunkerque, les trafics de boissons sont beaucoup plus modestes qu'au Havre; les eaux minérales et les jus de fruits totalisaient 42 000 tonnes en 2006, au total, dont 30 000 tonnes avec les Antilles françaises (y compris des entrées de jus de fruits antillais). Le trafic dunkerquois le plus important est le transit des eaux du groupe Nestlé destinés à la Grande Bretagne, qui arrivent au port par trains, passent par un entrepôt, et sont expédiées sur camions ou remorques via les navires de la Norfolk Line. La production de l'usine Coca Cola de Dunkerque génère très peu de trafic portuaire, car elle est majoritairement destinée au marché européen. A Nantes/ Saint Nazaire, le tonnage le plus élevé du domaine des boissons non alcoolisées/bières concerne l'exportation de jus de fruit, chargé en conteneurs : 14 632 tonnes en 2006 et 14 555 tonnes en 2007. Si la France importe des jus de fruits embouteillés d'Allemagne et d'Espagne (agrumes et citrons), elle importe aussi des concentrés14 de jus de fruits du Brésil, de la Floride (orange) et de la Thaïlande (ananas) via les ports belges et néerlandais comme Gand, Zeebrugge, Amsterdam et Rotterdam. Ces concentrés sont acheminés par voie routière vers les usines productives. Au total, les importations sont estimées à environ 250 à 300 millions de litres (sur les 1,5 milliards de litres consommés). Compte tenu des nomenclatures douanières utilisées, il est impossible de distinguer les flux importés comme matières premières, (concentrés de jus d'orange par exemple), et les flux de produits finis (jus d'orange embouteillés). Globalement, l'image d'une eau minérale « produit français » que des étrangers aisés peuvent s'offrir est confirmée au travers des flux d'exportation. Nous pourrons à ce sujet nous interroger sur la part du coût de transport dans le prix du litre d'eau vendu. Il est possible de calculer, grâce aux données douanières, les valeurs moyennes FAB des litres exportés. Tableau n° 6 Valeur moyenne franco à bord (FAB) d'un litre exporté, en 2007, en Euros Eau minérale plate Eau minérale gazeuse Europe 0,199 0,402 Asie 0,478 0,660 Amérique 0,366 0,569 Proche/Moyen Orient 0,529 1,018 Afrique 0,352 0,506 Divers 0,433 0,436 Total 0,247 0,513 Source: d'après douanes, 2007 14Le concentré est un produit duquel on a extrait l'eau, et mis sous vide: cela réduit le volume à transporter. L'eau est ajoutée au concentré sur le site de production français. 18 Malheureusement, nous n'avons pu obtenir des données sur les taux de fret maritimes correspondants. Nous pouvons seulement remarquer que les eaux destinées aux plus lointaines destinations (Asie, Amérique) et celles destinées aux contrées plus difficiles à desservir (Proche et Moyen -Orient, avec moins de fréquences, et probablement des transbordements), ont des valeurs supérieures aux autres. Nous pouvons aussi supposer que la riche clientèle du Golfe Persique préfère consommer des eaux minérales gazeuses de grandes marques. L'annexe n° 1 complète ces statistiques de trafics portuaires. III. La production III.1 Panorama des activités Le tableau n° 7 permet de situer, en 2006, les quatre segments du marché que nous retenons les uns par rapport aux autres. En quantités, les eaux de table dominent ce marché, avec, en 2006, 12,237 milliards de litres vendus, qui représentent presque 4 fois la quantité produite par le segment des boissons rafraîchissantes (auquel appartient, entre autres, la fabrication du Coca-Cola). En valeur, le chiffre d'affaires 2006 le plus important est celui des eaux de table ; cela peut varier selon les années : en 2004 par exemple, le chiffre d'affaires le plus important était celui de la brasserie. Compte tenu des effectifs salariés par entreprise, les 88 entreprises appartiennent à la catégorie des PME, mais il ne faut pas oublier que certaines d'entre elles appartiennent à des grandes multinationales de l'industrie agro-alimentaire. La brasserie est l'activité la plus capitalistique, tandis que le segment des jus de fruits et légumes se caractérise par une part très élevée de la valeur des matières premières dans le chiffre d'affaires. Tableau n° 7 Extraits de l'enquête annuelle d'entreprise 2006 Industries eaux de table 15.9 S Production boissons rafraîchissantes 15.9T Brasserie 15.9 N Jus fruits et légumes 15.3C Chiffre d'affaires Valeur ajoutée Effectifs Nombre d'entreprises Effectifs par entreprises Matières premières/CA Immobilisations par personne Frais de personnel/VA Résultats nets/EBE 3754,3 millions euros 965,9 millions euros 8678 42 206,62 20,60% 248,9 milliers euros 46,10% 4,40% 3232,8 millions euros 558 millions euros 5154 18 286,33 43,90% 202,6 milliers euros 47,10% 3,50% 2079,5 millions euros 806,9 millions euros 4362 10 436,2 21,00% 378,2 milliers euros 30,10% 5,90% 1032,2 millions euros 144,9 millions euros 2286 18 127 58,20% 146 milliers euros 69,00% 0,00% Production totale 12,237 milliards litres 3,1709 milliards litres 1,342 milliards litres 0,912 milliards litres vendus Solde commercial Taux exportation +354,517 milliards euros 17,80% -483,39 milliards euros 11,70% -52,655 milliards euros 4,70% -188,419 milliards euros 16,10% NAF Remarque : l' EAE s'intéresse aux entreprises de plus de 20 salariés ; les données ne tiennent donc pas compte des plus petites entreprises, parmi lesquelles les brasseries artisanales, et peut-être également, certaines eaux de source régionales. Source : Ministère de l'agriculture et de la pêche, panorama des IAA 2008 19 Les quatre segments exportent une partie de leur production ; toutefois, seul le segment des eaux de table a un solde commercial positif, et se caractérise par un taux d'exportation important : 17,8 %; les jus de fruits et légumes progressent à l'exportation : 16,1% contre 12,5 % en 200415 ; les trois segments autres que les eaux, bien qu'exportateurs, ont un solde commercial négatif. Le tableau n° 8 indique, à titre indicatif, et sans exhaustivité, les noms des principales sociétés ou des principaux groupes producteurs de boissons présents en France. Sont indiqués en rouge les noms figurant dans plus d'une catégorie. Tableau n° 8 Segments de marché et sociétés Segment Eaux de table Boissons rafraîchissantes Brasseries Jus de fruits Société/groupe Groupe Danone, Groupe Nestlé (Nestlé Waters) Groupe Alma Coca-Cola Beverages Sa Pepsico Orangina Schweppes Unilever Bestfoods France Danone Eaux France Nestlé Waters Kronenbourg (groupe Carlsberg) Heineken In Bev France Brasserie Météor Brasserie de Gayant Joker SA Tropicana Les Vergers d'Alsace (groupe Eckes Granini) EMIG France JFA Pampryl SA (groupe Cadburry Schweppes) Cidou SA (groupe Calsberg) Groupe Meunier Antarctic (groupe Intermarché) Fruival Laiterie de St Denis de l'Hôtel Sill Coca-Cola Source: d'après www.panoramaiaa.agriculture.gouv.fr 15 Source : EAE 2004, ministère de l'agriculture et de la pêche 20 III.2 Les eaux de source et les eaux minérales III.2.1 Le captage et l'embouteillage III.2.1.1 Le captage La production d'eaux embouteillées utilise peu de matières premières: l'eau, captée par forage en général, des bouteilles de verre (neuves ou consignées), du plastique (préformes pour les bouteilles d'une part, bouchons), étiquettes. La réglementation impose que l'embouteillage soit effectué sur le site de la source. Le volume embouteillé obéit au débit maximal défini par l'hydrogéologue, repris dans le texte de l'autorisation préfectorale. L'industrie est donc soumise aux contraintes d'exploitation d'une ressource naturelle soumise à protection. Les eaux de source sont captées à l'intérieur d'un périmètre de protection. La zone de protection des ressources est définie au cas par cas. Selon le droit français, le propriétaire du sol est le propriétaire du sous-sol pour ce qui concerne l'eau. Quiconque a un terrain peut faire un forage. C'est une exemption par rapport au droit minier. En effet, l'Etat français est propriétaire des ressources minières et pétrolifères au delà de 5 ou 6 mètres de profondeur. L'autorisation de forage d'eau n'est pas sans problème dans l'agriculture, car les agriculteurs peuvent irriguer. Chaque propriétaire doit donc protéger sa ressource, par des acquisitions de terrains si nécessaire ou par d'autres moyens. Lorsque les forages sont très profonds, les captages d'eau sont « naturellement » protégés, donc la surface nécessaire est moindre. Un hydrogéologue agrée détermine la zone de protection, que ce soit pour l'eau de source ou l'eau minérale. Le préfet autorise le captage, au cas par cas. En moyenne, un forage d'eau de source est de 150 mètres. La profondeur des forages a augmenté, à cause des pollutions en surface croissantes. En percentiles, 95% des forages font de 80 à 150 mètres. A moins de 80 mètres, il n'y en a pratiquement pas. A la moindre pollution, le préfet peut ordonner la fermeture. Ceci est vrai pour toutes les eaux embouteillées. (Le problème est différent pour les eaux du réseau, qui peuvent être traitées.) Pour l'eau de source, les traitements autorisés sont ceux qui enlèvent le fer, le manganèse, et l'arsenic. D'ici quelque temps, l'Union Européenne devrait autoriser le traitement contre le fluor. Le stockage de l'eau de source sortant du forage peut se faire dans des réservoirs en acier inoxydable; en général cela correspond à 24 heures ou 48 heures de production. L'hydrogéologue détermine le débit maximum à ne pas dépasser, par exemple, 40 mètres cubes par heure. Le débit maximum autorisé est précisé dans l'arrêté d'exploitation. Les variations saisonnières de production sont sensibles; au printemps et en été, lorsque la production augmente, l'eau peut être embouteillée jour et nuit. En prévision de la hausse saisonnière, les industriels commencent à stoker les eaux embouteillées dès le printemps. Les stocks des régions du sud de la France sont les premiers à être approvisionnés. En septembre, la demande ralentit, sauf dans le sud de la France; et en octobre, la production ralentit. 21 Graphe n° 8 Production française totale d'eaux de source, en milliers de litres 4000 3500 3000 2500 2000 1500 1000 500 0 1975 1977 1979 1981 1983 1985 1987 1989 1991 1993 1995 1997 1999 2001 2003 2005 2007 1974 1976 1978 1980 1982 1984 1986 1988 1990 1992 1994 1996 1998 2000 2002 2004 2006 2008 Adhérents SES Autres (estimation) Total Source : d'après syndicat des eaux de source III.2.1.2 L'embouteillage Au XIXème siècle, l'eau minérale était conditionnée dans des cruchons en terre cuite expédiés dans des voitures attelées. Plus tard, les bouteilles en verre furent transportées dans des caisses en bois, protégées par de la paille. L'embouteillage d'une eau de source (minérale ou non) doit être réalisée sur le lieu même du captage. Actuellement, les embouteilleurs utilisent soit du verre, soit du plastique. Certains fabricants spécialisés dans le verre d'emballage fournissent les sociétés en bouteilles de verre vides; des bouteilles de verre peuvent être réutilisées. La fabrication des bouteilles en plastique est plus complexe. La première bouteille en polyvinyle de chlorure (PVC) apparaît à la fin des années 1960. Puis, au début des années 1990, le polyéthylène téréphtalate (PET) remplace le PVC16. Plus léger, flexible et résistant, il réduit le poids des bouteilles. La recherche continue actuellement autour des possibilités du PET. Le passage du PVC au PET a permis aux industriels de réduire d'environ un tiers le poids total de la bouteille. Des progrès supplémentaires ont permis de réduire le poids d'une bouteille vide d'1,5 litre (qui représente plus de 85% du marché) à 35,2 grammes en 2006 17. Nestlé Waters utilise même une bouteille de 29 grammes pour l'eau minérale Valvert. 16 1968, première bouteille en PVC (Vittel); 1992, première bouteille en PET (Valvert). 17 Chambre syndicale des eaux minérales, livre blanc, janvier 2008, pages 27-29. 22 L'année 2008 a vu l'arrivée de la « nobottle » développée par Sidel, spécialiste de la machine à souffler la bouteille: 9 grammes la bouteille de 50 cl contre 13 grammes auparavant, la « nobottle » permet d'économiser environ 6% du coût de fabrication, à partir du PET. La « nobottle » n'est pas encore utilisée en France18. Malgré cette évolution concernant la bouteille de plastique, les bouteilles en verre n'ont pas disparu, notamment des tables des restaurants. L'eau gazeuse exige un contenant plus résistant que l'eau plate; le poids d'une bouteille destinée à l'eau gazeuse est plus élevé que celui d'une bouteille destinée à l'eau plate. En 2006, une bouteille plastique d'un litre d'eau gazeuse pèse 41, 5 grammes alors qu'une bouteille en verre pèse 252 grammes, et le verre ne représente plus que 5% des bouteilles d'eau gazeuse contre 47% en 199719. La fabrication des granulés de PET, complexe, a lieu dans des usines spéciales. En Europe, les fabricants, qui sont des grands groupes chimiques, se trouvent en Allemagne (Bayer, Hoechst, ICI,..) , en Italie, en Grande Bretagne. Les fabricants PET hors Europe se trouvent en Chine, en Inde, aux Etats-Unis. Depuis que l'Union Européenne a imposé une taxe à l'entrée en Europe sur ce produit il y a environ 10 ans, les acheteurs achètent en Europe. On peut utiliser depuis mars 2008 du PET recyclé. La qualité exigée est celle de la matière PET vierge. Les bouteilles vides alimentaires issues du tri sont récupérées, lavées broyées, réduites en copeaux, et séparées du polyéthylène des bouchons. Les granulés sont envoyés chez les transformateurs, dans des sacs d'une tonne ou dans des containers. Ces transformateurs ont des presses à injection pour fabriquer les préformes, et ils stockent ces préformes. Il y a une préforme par format de bouteille. Parfois, les embouteilleurs d'eau minérale (Evian, Vittel) fabriquent eux-mêmes leurs préformes. Cristaline en fabrique ellemême une partie. La souffleuse forme la bouteille; la mireuse, autre machine, vérifie le niveau d'eau dans la bouteille, la hauteur de la bouteille; certaines mireuses décèlent les défauts de fabrique des bouteilles. En général, une personne alimente en étiquettes et en bouchons. Des entreprises spécialisées fabriquent les bouchons, qui ne sont pas en PET, et qui sont livrés dans des cartons. Les embouteilleurs exigent des fournisseurs une stérilité des bouchons et arrivent à contrôler la qualité. Les bouteilles d'eau sont intégralement recyclables, de la bouteille en PET à son bouchon en polyéthylène haute densité (Pehd). Le taux de recyclage de la bouteille en plastique a progressé de 9 % à 51% sur la période 1997-2006 ; le recyclage réduit l'impact écologique et présente un gisement important de matière première pour l'industrie20. Une autre initiative pour la commercialisation de l'eau est celle de l'embouteillage dans un « bag in box ». Saint Amand a lancé ce format en 2007, mais les habitudes des consommateurs n'ont pas changé. De plus, cet emballage ne résiste pas aux conditions du stockage extérieur21. III.2.2 Les industriels L'industrie des eaux minérales naturelles est très concentrée en France. Trois groupes dominent ce marché: ➢ ➢ ➢ 18 19 20 21 Nestlé Waters Danone Alma Source: LSA, Les boissons pensent au développement durable, n°2049, 12 juin 2008 Chambre syndicale des eaux minérales, livre blanc, janvier 2008, page 29 Source ; Chambre syndicale des eaux minérales, livre blanc, janvier 2008, page 29. Source: LSA, Les boissons pensent au développement durable, n°2049, 12 juin 2008 23 Des entreprises de dimension régionale ou locale assurent l'exploitation des eaux de source: une trentaine en France métropolitaine et six dans les DOM/TOM. Elles sont généralement contrôlées par la Compagnie Générale des Eaux de Source ou la société Roxane (groupe Alma) qui se partagent la moitié du marché22. La concentration des industriels dans l'activité des eaux de source est moindre que pour les eaux minérales. Tableau n° 9 Principaux industriels des eaux en France Groupe ou société Nestlé Waters Danone Eaux minérales naturelles Eaux de source Vittel, Contrex, Hepar, Perrier, Quézac, les Abatilles23, Plancoët Sfer: Nestlé Aquarel, Carola, Ste Alix, Saint Lambert Evian, Badoit, Volvic, La Salvetat, Arvie, Mont Roucous24 Societé des Eaux du Mont Dore25 Neptune: Saint Yorre, Vichy Celestins, Thonon, Chateldon, La Vernière Compagnie Générale des Eaux de Sources: Cristaline, Neyrolles, Pierval, St Cyr en Val, Sainte Cécile, Grands Bois, Saint Médard Alma Roxane: Arline, Aurelle, Cristaline, Cristal Roc, Roxane, Mérignies, St Jean Baptiste, Isabelle St Léger, Valon San Benedetto Européenne d'embouteillage: Terres de Flein, Oliviers Ogeu Ogeu, Pyrénea, Beaupré Diverses sociétés Intermarché Chambon, Hydroxydase, Parot Sail les Bains, St Alban, Soultzmatt Sources du Pestrin, Sources du Vernet, Wattwiller Antartic: Saint Benoît Sources: d'après sites internet des sociétés, entretiens, livre blanc de la CSEM, Ministère de l'agriculture et de la pêche, panorama des industries agroalimentaires 2006 Danone importe son eau italienne, Ferrarel; Nestlé importe son eau italienne, San Pellegrino. 22 23 24 25 Source: Ministère de l'Agriculture et de la Pêche, Panorama des Industries Agroalimentaires 2006. En 2008, Nestlé Waters se désengage de la source des Abatilles ((LSA, n°2081, 12 mars 2009) En 2008, Danone se désengage d'Arvie et de Mont Roucous (LSA, n°2081, 12 mars 2009) Vendue à Cristaline en 2008 24 III.3 Les bières III.3.1 La fabrication La fabrication de la bière requiert malt, eau, houblon et levure. L'eau, qui entre à 98% dans la composition de la bière, est un élément indispensable de la fabrication. Elle est utilisée également comme agent de refroidissement, de nettoyage et de stérilisation des cuves ; la fabrication d'un litre de bière nécessite la consommation de 5 litres d'eau. Le houblon donne une note d'amertume ; 100 à 200 grammes de houblon suffisent à aromatiser 100 litres de bière. La levure est l'ingrédient qui reste secret dans la fabrication de la bière ; le type de levure déterminera le type de bière. La fabrication suit quatre grandes étapes : ➢ le maltage ➢ le brassage ➢ la fermentation ➢ la garde : après la maturation, qui peut durer 3 à 6 semaines, on filtre une dernière fois, on soutire, et on conditionne la bière. Puis la pasteurisation stabilise et permet une conservation prolongée du produit. Compte tenu des caractéristiques de cette fabrication, des stocks de matières premières (orge -les brasseurs préfèrent l'orge de printemps26-, houblon), de produits semi-finis (pendant la garde) et de produits finis sont inévitables. A cela s'ajoutent les variations saisonnières de la consommation, qui rendent indispensable le recours à l'entreposage. III.3.2 Les contenants La bière est un produit fragile, qui a pour ennemi la lumière et l'oxygène. Aussi le choix du conditionnement doit répondre à certaines exigences. Les matériaux utilisés pour le conditionnement de la bière sont le verre, et le métal. Le matériau le plus utilisé pour la bière est le verre, qui est parfaitement neutre vis-à-vis du produit. Les Brasseries Kronenbourg disent utiliser le verre recyclé dans une proportion de 60 %. La bière est conditionnée également en boîte de métal: légère, solide, opaque, elle est en acier ou en aluminium de format 33 cl ou 55 cl. Pour des raisons de corrosion, le couvercle d'une canette est toujours en aluminium, quel que soit le matériau. La bière destinée aux cafés, hôtels, restaurants ( CHR) peut être livrée en fûts métalliques de 30 ou 50 litres. Sur les 5,2 millions d'hectolitres vendus pour la consommation hors domicile en 2007, 4,65 millions ont été livrés en fûts, soit 89 % du total ; le reste, 0,55 millions d'hectolitres, soit 11 %, l'a été en petites bouteilles consignées. L'acier et l'aluminium ont l'avantage d'être totalement recyclables. En 1998, Heineken a voulu lancer l'utilisation de PET pour la bière, notamment pour la marque 33 Export. Un matériau composé de 5 couches de PET était prévu, capable de résister aussi à la pression du gaz contenu dans la bouteille, et d'assurer une qualité constante à la bière pendant 6 mois. Cela permettrait de charger 26 palettes au lieu de 22. Mais finalement, ce projet n'a pas été durablement concrétisé27. Actuellement, la bière n'est pas commercialisée en plastique. 26 L'orge de printemps, récoltée en juillet, est conservé « en dormance » jusqu'à la fin du mois de septembre. 27 Source : LSA, n°1605, 5 novembre 1998 25 III.3.3 Les industriels L'association Brasseurs de France regroupe 67 sociétés brassicoles, de tailles très inégales. A côté des trois grandes sociétés que sont Heineken Enterprise, Kronenbourg et InBev France, on trouve un grand nombre de brasseries artisanales et microbrasseries, dispersées sur le territoire. En France, le secteur est dominé par des grands groupes internationaux : ➢ Kronenbourg, appartient au groupe danois Carlsberg depuis avril 2008 ➢ Heineken, groupe néerlandais ➢ InBev, groupe belgo-brésilien, qui après le rachat du groupe Anheuser-Busch (Saint Louis, Missouri) en 2008, a considérablement conforté sa position de premier brasseur au monde. Selon le ministère de l'agriculture, ces trois groupes réalisent ensemble 80% des volumes28. 28 Source : http://panoramaiaa.agriculture.gouv.fr 26 Tableau n° 10 Principaux industriels de la bière en France Groupe ou société Caractéristiques Kronenbourg (Strasbourg) CA net en 2008: 829 millions d'Euros (groupe Carlsberg) site: Obernai (Bas Rhin) Capacité production: 7,5 millions hl Part de marché 2008 en France: 34% du nombre d'hectolitres vendus Heineken France CA net en 2008: 914 millions Euros (Heineken Holding NV) Production 2008: 5, 1 millions hl 4 sites: Mons en Baroeul (Nord) Marseille Schiltigheim (brasserie Fisher et brasserie de l'Espérance) 90 centres de distribution en France France Boissons est une filiale Principales marques commercialisées en France Kronenbourg 1664 Kanterbräu Gold Wel Scotch Wilfort Force 4 Grimbergen Carlsberg San Miguel Guinness Heineken Pelforth Affligem Panach Amstel Buckler George Killian's Inbev France (Armentières) CA: 454 millions d'Euros Premier brasseur mondial Siège social: Belgique (Louvain) 2,298 millions hl vendus Sites fabrication: 0 en France, 40 en Europe, 151 dans le monde 3ème position sur le marché français: 10% 29 Autres réparties sur tout le territoire français 64 autres sociétés brasseries artisanales, microbrasseries Sources: Brasseurs de France, sociétés 29 Source: Inbev (% des hectolitres). Leffe Hoegaarden La Bécasse Stella Artois Boomerang 27 III.4 Les autres boissons Selon la directive européenne 2001/112/CE du Conseil du 20 décembre 2001 relative aux jus de fruits et à certains produits similaires destinés à l'alimentation humaine, les jus de fruits et les nectars de fruits correspondent à des critères très précis. Un jus de fruit additionné de colorant ne doit pas s'appeler jus de fruit, mais boisson. Il y a donc deux catégories de boissons à prendre en compte : ➢ les jus de fruits et nectars, dont les producteurs sont représentés par l'Union Nationale Interprofessionnelle des jus de fruits, Unijus. Ils sont fabriqués à partir de fruits ou de jus de fruits concentrés; les ingrédients et les traitements autorisés sont précisés dans la directive citée. ➢ les boissons autres, dont les producteurs sont représentés par le Syndicat National des Boissons Rafraîchissantes. III.4.1 La production La production de jus de fruits n'est pas très concentrée sur le territoire français, mais plusieurs régions ont une production importante : ➢ la vallée du Rhône, avec l'axe Mâcon-Avignon, ➢ la région de Strasbourg ➢ la région d'Orléans ➢ la Bretagne, avec la société Sill. On trouve également un ensemble de petites sociétés dans le sud-ouest. III.4.2 Les contenants Une grande diversité caractérise les contenants des autres boissons: tous les matériaux, et de nombreuses tailles sont représentées. Pour les jus de fruits et nectars, les emballages de cartons supérieurs à 33 cl sont actuellement majoritaires, suivis de loin par le plastique, puis le verre. 28 Tableau n° 11 Conditionnements des jus et nectars vendus en 2007 (France et exportation) Boîtes métalliques inférieures à 33 cl Bouteilles verre inférieures à 33 cl Bricks inférieurs à 33 cl Autres emballages inférieurs à 33 cl Total conditionnements inférieurs à 33 cl Bouteilles verres supérieures à 33 cl Emballages cartons supérieurs à 33 cl Plastique, supérieur à 33 cl Autres emballages, supérieurs à 33 cl Total conditionnements supérieurs à 33 cl Total ventes 2007 Litres 30,74 41,28 70,4 14,48 156,91 171,17 671,52 243,8 8,64 1095,12 1252,04 % 2,46% 3,30% 5,62% 1,16% 12,53% 13,67% 53,63% 19,47% 0,69% 87,47% 100,00% Source : Unijus Les bidons dans lesquels les sirops sont conditionnés peuvent être recyclés. Le bidon d'acier est en effet recyclable à l'infini, et la filière de retraitement de ce matériau est bien organisée. Récemment, Joker a remplacé la bouteille en verre par la bouteille en PET. Orangina Schweppes envisage la possibilité d'utiliser du PET recyclé. Les contenants utilisés pour les boissons autres que les jus de fruits et nectars sont les suivants30: PET.................................................... 70 % Boîtes de métal.................................. 20% Carton................................................ 7% Verre.................................................. 3% Il semble que le plastique ait durablement gagné la confiance des industriels et des consommateurs. III.4.2 Les industriels La production française de jus de fruits, issue de petites unités, est presque totalement passée sous la contrôle de groupes étrangers, avec notamment le groupe allemand Eckes Granini, qui domine le marché avec plusieurs marques telles Rea, Joker, Granini et des marques de distributeurs. Andros reste l'un des industriels français importants. 30 Source: Syndicat National des Boissons Rafraîchissantes 29 Entreprises (groupes) Marques Joker SA (Ekes Granini) Joker Tropicana (Pepsico) Tropicana, Pampryl, Banga Les Vergers d'Alsace SA (Ekes Granini) Rea EMIG France SAS Marques distributeurs et premiers prix JFA Pampryl SA (Cadbury Schweppes) Pampryl, Banga ?? Cidou SA (Carlsberg) Cidou Groupe Meunier : Bricfruit, Unisource, Vergers de Savoie Fruité Antartic (Intermarché) Marques distributeurs Fruival (Andros) Fruival Laiterie de Saint Denis de l'Hôtel Marque de distributeur Sill Sill Coca Cola Minute Maid Sources : www.panoramaiaa.agriculture.gouv.fr, entreprises La production des boissons rafraîchissantes autres que les jus de fruits provient de grandes entreprises multinationales telles que Coca Cola, Pepsico, Orangina Schweppes, Unilever Bestfoods France, Danone Eaux France, Nestlé Waters France. Pour certaines productions comme la production de limonade, il s'agit encore de PME. Pour les départements d'outremer, il s'agit aussi de PME locales. Entreprises (groupes) Marques Coca Cola Coca cola, Fanta, Sprite, Nestea, Aquarius Pepsico Pepsi, Pepsi Max, Seven Up Orangina Schweppes (Cadbury Schweppes, Canada dry, Gini, Oasis, Orangina, Schweppes) Energade, Brut de Pomme, Pulco, Pampryl, Champomy, Banga, Sirop Sport Unilever Bestfoods France Lipton Ice tea, Liptonic Danone Eaux France Volvic Fruits, Touche de fruit Nestlé Waters France Vitalitos, Contrex et fruits, Perrier Mix Sources : www.panoramaiaa.agriculture.gouv.fr entreprises 30 DEUXIEME PARTIE LES ORGANISATIONS LOGISTIQUES IV. Les circuits logistiques IV.1 Les contraintes logistiques des envois Dans la catégorie «produits d'épicerie», les boissons présentent quelques caractéristiques. IV.1.1 La densité Elles appartiennent à la catégorie des produits d'épicerie les plus denses. Les eaux, la bière et les jus de fruit sont considérés de la même façon, en raison de leur densité comparable. La charge utile d'un camion, 24,6 tonnes, est atteinte avant le remplissage du volume: la quantité habituelle chargée est de 24 palettes d'un mètre sur un mètre vingt centimètres dans un camion de PTAC de 40 tonnes. Une unité de charge (palette plus palettée) pèse environ une tonne. Les industriels et les distributeurs souhaiteraient pouvoir utiliser des camions de 44 tonnes de PTAC31. Un PTAC de 44 tonnes permettrait de charger trois palettes supplémentaires. La réduction du poids des emballages, grâce à l'utilisation du polyéthylène téréphtalate (PET), a permis des gains de productivité. 90 grammes de PET aujourd'hui permettent de fabriquer 3 bouteilles d'1,5 litre au lieu de 90 grammes de PVC pour 2 bouteilles il y a environ 10 ans. 32 Le design des bouteilles et l'emballage des packs sont aussi susceptibles d'engendrer des économies. Le PET est facilement recyclable. Une bouteille d'eau actuellement pèse 35 grammes contre 42/43 grammes précédemment. Le PET ayant un poids moindre, on a pu augmenter le coefficient de remplissage du camion. IV.1.2 Les autres contraintes Les distances à parcourir sur le territoire national sont fréquemment très longues. Par exemple, en France, la distance moyenne pour le transport de l'eau minérale est de 682 kilomètres33 Les principaux industriels sont plutôt localisés à l'est de l'axe Seine/Loire, où la population est nombreuse; l'approvisionnement des populations de l'Ouest pose un réel souci logistique, ce qui conduit à la mise en oeuvre de solutions spécifiques. Le stockage nécessite des conditions d'entreposage relativement peu exigeantes, comparées à d'autres produits. Les boissons peuvent être stockées plusieurs jours, contrairement aux produits frais. L'eau doit être stockée dans un endroit sec, à l'abri de la lumière. Les eaux gazeuses sont plus sensibles que les autres: la chaleur et le froid peuvent altérer le produit. En revanche, les variations saisonnières imposent une flexibilité et gestion des stocks rigoureuse et concertée entre producteurs et distributeurs. En effet, les pics saisonniers de consommation, de mai à septembre, obligent à constituer des stocks chez les producteurs et /ou les distributeurs. Les pics saisonniers dépendent des variations météorologiques et de l'afflux de touristes dans certaines zones géographiques. 31 Des études menées au sein du club Demeter ont révélé que cela pouvait réduire de 100 000 le nombre de véhicules utilisés pour les livraisons de Volvic. 32 Source: Nestlé Waters 33 D'après la Chambre syndicale des eaux minérales, livre blanc, janvier 2008, page 27 31 Le contexte industriel de la brasserie est celui d'une concentration des unités de production, qui facilite les départs massifiés, mais complique la distribution finale. On s'attend à ce qu'il ne subsiste que 2 ou 3 groupes brassicoles en Europe d'ici quelques années 34. Cet aspect influence également le choix du nombre et de la localisation des entrepôts régionaux. Le débit de certaines sources et la nécessité de préserver la ressource (quantités captables maximales autorisées) peuvent conduire à certaines ruptures de livraison en haute saison; c'est par exemple, le cas de la source Perrier. Les quantités consommées sont élevées, particulièrement pour l'eau et la bière, comme nous l'avons indiqué dans la première partie. Les quantités expédiées sont donc importantes, ce qui, a priori, joue en faveur du recours au transport ferroviaire. Malheureusement, pour ces envois de forte densité en grandes quantités, l'offre de transport ferroviaire est insuffisante. La pénurie de wagons, la fermeture des installations terminales embranchées, et la pénurie saisonnière de véhicules/ conducteurs routiers, s'ajoutent aux contraintes logistiques des produits eux-mêmes. Les industriels ont dû rechercher des solutions à ces problèmes. La part relativement élevée du coût de transport dans le prix de vente final explique la vigilance des logisticiens dans l'examen des solutions possibles: la fourchette varie de 10 à 25 % selon les références. IV.1.3 Les principaux circuits Graphe n° 9 Circuits de distribution, eaux embouteillées, bières, Centrales d'achat spécialisées Production Exportation Grossistes Centrales d'achat Entrepôts, platesformes Restauration collective Restauration, autres commerces alimentaires GMS D'après www.aquamania.net, les GMS commercialisent environ 80 % des volumes d'eaux embouteillées, la restauration (collective et autre) commercialise les 20% restants. 34 Source: Libre Service Actualités, n° 1949, 20 avril 2006, page 25 32 IV.2. Les circuits de distribution : domination de la grande distribution. Les points de vente sont les magasins de la grande distribution, ceux des circuits dits alternatifs, et ceux de la restauration hors domicile. Par ailleurs, les importations et les exportations de boissons génèrent également des flux de transport et de l'entreposage. Les principales caractéristiques des circuits sont les suivantes : Grandes et moyennes surfaces : approximativement, 65 % des ventes de boissons en France35. Il n'y a pas d'intermédiaires entre l'industriel et le distributeur. Distributeurs automatiques et stations services : circuits dits alternatifs, ou longs, car ils font intervenir les grossistes. Par ailleurs, l'assortiment n'obéit pas exactement aux mêmes règles qu'en GMS. Autres : restauration hors domicile, dont les cafés hôtels restaurants. Dans ce circuit, le rôle des grossistes brasseurs est important, avec des sociétés comme France Boissons et C 10/Elidis/Distriboissons, organisés autour de réseaux nationaux d'entrepôts. Les flux d'exportations et d' importations. ➢ ➢ ➢ ➢ Selon les comptes du commerce de détail publiés par l'INSEE, la part des boissons dans le total des ventes alimentaires de détail (ventes assurées par le commerce de détail et les activités artisanales), en France, est de 14% en 2007, dont 8,76 % pour les vins, liqueurs et apéritifs, et 5,45% pour les autres boissons, objet de cette étude. La part des ventes de ces « autres boissons » assurées par les grandes surfaces alimentaires s'élève à 71% en 2007; c'est donc un circuit de distribution fondamental pour les boissons non alcoolisées. Graphe n° 10 Ventes de boissons au détail, d'après INSEE comptes commerce 2006 et2008 16000 14000 Millions d'euros courants 12000 10000 8000 6000 4000 2000 0 Vins, liqueurs, apéritifs 2007 Autres boissons 2007 Vins, liqueurs, apéritifs 2006 Autres boissons 2006 Commerce détail et activités artisanales 35 Source: entretien club Demeter Vins, liqueurs, apéritifs 2005 Autres boissons 2005 Dont grandes surfaces alimentaires Vins, liqueurs, apéritifs 2004 Autres boissons 2004 33 Pour un hypermarché, l'approvisionnement en boissons représente en moyenne deux semiremorques par semaine, soit 24 à 50 palettes. En grande distribution, la capacité de stockage d'un entrepôt correspond à 25/30 hypermarchés, et à 100 supermarchés. L'entrepôt « boissons » est multiformat, et dessert aussi bien les hypermarchés que les supermarchés et les magasins Cash. L'entreposage de boissons est généralement associé à celui de l'épicerie sèche. Pour la bière, on considère qu'un entrepôt de 400 000 palettes est satisfaisant. En GMS, l'emballage est perdu. Les bouteilles en verre sont minoritaires, comme celles de Perrier. En Allemagne, le retour d'expérience sur la consigne est mitigé. En RHD, où l'image de marque du verre compte, l'emballage est consigné. L'évolution des ventes de bières par circuits de distribution montre une légère décroissance de la consommation hors domicile. Graphe n° 11 Evolution des ventes de bière par circuits de distribution 25000 20000 Milliers hectolitres 15000 10000 5000 0 1997 1998 1999 2000 2001 2002 Consommation hors domicile 2003 2004 2005 2006 2007 Achats alimentaires Source : d'après Brasseurs de France Les grossistes, majoritairement filiales des brasseurs, sont relativement bien répartis sur le territoire français. Environ un millier d'entrepôts dessert la clientèle. Le détail des ventes de bières dans le commerce alimentaire est donné dans le tableau n°12. 34 Tableau n° 12 Détail de ventes de bières dans le commerce alimentaire, en millions d'hectolitres Commerce alimentaire 2007 % 2007 Hyper/supermarchés 7 950 55% Hard discount 2 400 17% Magasins de proximité 1 000 7% Autres : CHD, foires et fêtes, stations services 3 050 21% 14 400 100% Total Source : marchés alimentaires Nielsen, cité par Brasseurs de France Le tableau n° 13 indique la répartition des ventes de jus de fruits et nectars, selon les points de vente, et permet de souligner la part des quantités exigeant désormais une température dirigée. Tableau n° 13 Répartition des ventes de jus et nectars, en France (2007) selon les circuits de distribution et les contraintes de conservation Circuit dist/conservation GMS ambiant GMS réfrigéré GMS total Hard discount ambiant Hard discount réfrigéré Hard discount total CHD ambiant CHD réfrigéré CHD total Total ambiant Total réfrigéré TOTAL ventes France Source : Unijus Millions litres 838,09 113,4 951,49 403,53 8,19 411,72 145,9 15 160,9 1387,52 136,59 1524,59 % par segment 88,08% 11,92% 100,00% 98,01% 1,99% 100,00% 90,68% 9,32% 100,00% 91,01% 8,96% 100,00% % par circuit distribution 62,41% 27,01% 10,55% 99,97% 35 La grande distribution joue donc un rôle majeur dans la distribution finale des boissons. L'autre point important à souligner est l'atomicité des détaillants dans les zones urbaines; en effet, les derniers kilomètres de la distribution de boissons relèvent souvent de la logistique urbaine, particulièrement pour la consommation hors domicile, avec tous les problèmes qui y sont liés, notamment les contraintes horaires de livraison. IV.3. Les motivations et stratégies des acteurs de la logistique IV.3.1. Le contrôle des industriels sur la distribution Historiquement, les liquides étaient enlevés chez l'industriel, avec la pratique des achats « départ ». Depuis 2005, utilisant le cadre législatif de la loi en faveur des PME, dite loi Dutreil II, qui modifie le calcul du seuil de revente à perte, les industriels ont pris le contrôle de la distribution des boissons. Les ventes des industriels aux grands distributeurs se font maintenant en « franco presté »; les industriels contrôlent le transport des boissons grâce à des ventes « franco », mais le confient aux distributeurs (devenus prestataires de transport), distributeurs qui autrefois contrôlaient directement le transport et enlevaient eux-mêmes la marchandise avec des contrats « départ ». Les distributeurs avaient les équipements et l'expérience nécessaire pour devenir prestataires de ce service là. IV.3.2 La constitution des stocks « saisonniers » Les fournisseurs produisent toute l'année, et constituent des stocks pour faire face aux variations saisonnières de la demande. Les distributeurs constituent également des stocks. Par exemple, Casino, majoritairement présent dans le sud est de la France, augmente ses stocks entre mai et août de chaque année. Pour illustrer l'importance de ces variations, la consommation pendant un été caniculaire comme l'été 2003 est multipliée par 5 par rapport à la consommation habituelle. Les eaux aromatisées voient leur consommation multipliée par 20 en période estivale. La saisonnalité de la consommation de bières est moins sensible que celle des eaux; le rapport n'est que de 1 à 2. De plus, on constate que si la canicule dure un certain temps (plus d'une semaine), la consommation de bières cesse de progresser, et plafonne. L'entrepôt de Casino situé à Toulon, qui expédie environ 1000 à 1500 palettes de boissons par jour, peut en expédier jusqu'à 5000 en saison estivale. Pour répondre à la hausse saisonnière de la demande, il faut donc augmenter les stocks, et pratiquer ce que les professionnels des boissons appellent « l'écrêtage ». Il s'agit pour les industriels d'expédier une partie de leurs productions dans les entrepôts des distributeurs, tout en restant propriétaires des liquides. Et puis, à partir d'une date donnée, le 1er juillet par exemple, les distributeurs deviennent propriétaires; c'est le principe de l'écrêtage. Contractuellement, une entreprise comme Casino est livrée en avance, dès fin janvier début février; la marchandise arrivée dans les entrepôts de Casino reste la propriété du fournisseur. Si un besoin particulier apparaît, Casino puise dans ce stock pour vendre la marchandise, et à ce moment là, paie la facture au fournisseur. S'il n'y a pas de problème, et si la marchandise reste inutilisée, Casino doit « libérer » cette couche d'écrêtage en la vendant ensuite; cela ralentit donc la passation de nouvelles commandes auprès des fournisseurs (qui eux aussi ont constitué des stocks). 36 Le groupe Alma se distingue des autres industriels en ne pratiquant ni stock avancé, ni écrétage. Il ajuste l'offre à la demande, en utilisant au maximum la souplesse de ses outils industriels. IV.3.3 La massification des envois et l'ouverture d'entrepôts régionaux par les industriels Deux événements récents incitent les producteurs d'eaux embouteillées et les brasseurs à massifier leurs envois et à ouvrir des entrepôts régionaux: ➢ ➢ la loi Dutreil II (2005), qui a conduit la grande distribution à accepter des ventes « franco », et à abandonner la maîtrise du transport aux fournisseurs de boissons. Auparavant, les distributeurs considéraient qu'ils achetaient mieux le transport volumineux que les fournisseurs de boissons. la réorganisation de la politique du wagon isolé par la SNCF, qui a conduit à rechercher une massification des transports vers l'aval. Par exemple, Kronenbourg expédiait jusqu'en 2007 environ 10 000 wagons isolés sur les voies ferrées françaises. La raréfaction de l'offre de transport routier et ferroviaire (wagon isolé) conduit les industriels à ouvrir des lieux de stockage régionaux qui leur permettent, à la fois, d'améliorer ou maintenir un bon taux de service en rapprochant les stocks des lieux de vente, et de massifier les transports en utilisant le plus possible le transport ferroviaire, au moyen de trains complets, soit seuls, soit en collaboration avec d'autres industriels. Par exemple, dans l'Ouest de la France, zone relativement éloignée des principaux sites de production, les industriels cherchent des sites de stockage raccordés à la voie ferrée pour livrer les eaux et bières. Des sociétés comme Kronenbourg et Heineken achèvent actuellement toute cette refonte de leur organisation logistique36. La réorganisation des transports au départ de l'usine Kronenbourg d'Obernai vise à réduire la sensibilité aux coûts (gazole, taxe routière envisagée) et à anticiper les exigences écologiques. Quatre entrepôts régionaux ont donc été ouverts près de Bordeaux, Rennes, Paris et Lyon. En matière d'eaux embouteillées, la proximité des sources avec les acheteurs est un atout incontestable, qui simplifie les flux logistiques et réduisent la facture correspondante, surtout en période de crise. La réduction des ventes d'eaux embouteillées provoquée par la crise économique ouverte à l'été 2008 conduit à des changements chez les industriels et les distributeurs. : les grands groupes tels Nestlé Waters et Danone se désengagent de certaines petites sources régionales, tandis que les distributeurs concentrent leurs approvisionnements sur des eaux embouteillées dans leurs propres régions. Il en résulte des modifications de flux de transport. Par exemple, selon le directeur d'un Intermarché de Bretagne : les grandes marques nationales sont livrées en demi-palettes, alors que Plancoët est proposée en palette entière (..) ».37 36 Pour plus de détails: voir en annexes 6 et 7 37 Source : LSA, n°2081, 12 mars 2009, « Les eaux régionales résistent à la déprime » 37 IV.3.4 Les perfectionnements envisagés/testés Sous l'égide de groupements d'industriels et de distributeurs, tels le club Demeter et l'association ECR, la recherche d'économies logistiques est menée depuis plusieurs années. Des solutions sont préconisées, testées. Elles visent à développer la mutualisation des moyens logistiques et à résoudre les problèmes opérationnels que cela peut mettre en jeu. Dans le domaine des boissons, les solutions « multi-enlèvements » et « multi-points de livraisons» semblent a priori impertinentes, compte tenu du caractère suffisamment massif des envois. En revanche, la mutualisation de moyens ferroviaires (pour constituer en commun un train complet) et de moyens de stockage (pour des entrepôts multi-fournisseurs, concernant des produits compatibles), et l'adoption de gestion partagée des approvisionnements mutualisée (et pas uniquement sur une base bilatérale) représentent des solutions propres à réduire considérablement les coûts. Des opérations de mutualisation ont déjà été (ou sont) pratiquées, comme la constitution de trains complets communs entre brasseurs et industriels des eaux embouteillées, entre l'est et l'ouest de la France. Actuellement, Coca-Cola, Danone et Kronenbourg, en partenariat avec le distributeur Carrefour et le prestataire logistique Chevallier, se sont lancés dans un projet pilote visant à mutualiser leurs ressources logistiques pour assurer une livraison directe aux magasins38. IV.4 Les modes de transport et les prestataires utilisés Les modes de transport utilisés sont le transport routier, le transport ferroviaire et la voie navigable. Le transport relève essentiellement du transport public, mais on trouve du transport pour compte propre dans le segment de la livraison de détail des boissons aux clients de la CHD, notamment par l'entreprise France Boissons. IV.4.1 Le transport routier Le transport routier intervient surtout pour les livraisons de détail, et pour les flux des unités fabriquant des jus de fruits, mais joue aussi un rôle dans l'approvisionnement des entrepôts régionaux des grossistes spécialisés. On peut charger plus de 500 bouteilles d'1,5 litre sur une palette, et environ 1600 packs dans un camion; avec 1 Euro le pack de 6 bouteilles (exemple Cristaline), on a une valeur d'environ 1600 Euros dans le camion. La part du coût de transport dans la valeur d'un chargement se situe dans une fourchette allant de 10 à 25 %, ce qui est important, et justifie la recherche des meilleures solutions logistiques. Les camions sont chargés par les côtés; le chargement dure 20 à 25 minutes au total. Un grand chariot charge 4 palettes à la fois sur les côtés. Les « corners » et les petits points de vente sont livrés comme des magasins de proximité ; Quant aux véhicules de livraison, il peut s'agir de porteurs ayant une charge utile de 19 tonnes, avec des capacités de 15, 18, 20 ou 21 palettes, ou, en rolls, 24, 27, 30, et 33 rolls. Parfois, des véhicules de 12 tonnes (21 rolls) ou 3,5 tonnes (6 rolls) sont utilisés. 38 Logistiques Magazine, juillet août 2008, n°230, page 30 38 L'approvisionnement des unités de production de jus de fruits se fait par camions; selon Unifruits, les concentrés de jus sont acheminés par camions citernes alimentaires depuis les ports d'importation, notamment. Le contrat d'achat est un contrat d'achat de la matière première « livrée usine ». La distribution des jus de fruits se fait par camions, après appel aux transporteurs publics. Aucune entreprise ne possède ses propres moyens de transport. La pénurie d'offre de transport peut conduire à des solutions spécifiques. Par exemple, le groupe Alma, pour pallier l'insuffisance d'offre de transport routier, a créé en 2007 sa propre filiale, Arrolog, spécialisé dans le transport et l'affrètement routier; le groupe utilise régulièrement les services de 400 transporteurs routiers, pour assurer quotidiennement 1000 expéditions, sur tout le territoire français. IV.4.2 Le transport ferroviaire Traditionnellement, les boissons empruntaient le mode ferroviaire. La fermeture d'installations terminales embranchées par la SNCF et l'abandon du wagon isolé ont conduit à un recours accru au transport routier. Les industriels sont confrontés à un manque de capacité, à un manque de compétitivité en matière de prix et de qualité de service. Par exemple, la société ferroviaire est parfois incapable de localiser les wagons des industriels (plusieurs centaines de wagons).... Actuellement, la part du transport ferroviaire dans le transport des eaux est estimée à 50 % contre 75 % il y a une vingtaine d'années39 De nouveaux opérateurs ferroviaires transportent des boissons : par exemple, Eurocargo Rail entre les sites d'Evian, de Volvic et la Grande Bretagne. La SNCF a abandonné la desserte de certains sites en wagons isolés, comme les entrepôts de Casino à Montmorillon et à Besançon. Fin 2007, la SNCF a cessé de livrer la Bretagne en wagon isolé. Le club Demeter a mutualisé les flux de plusieurs distributeurs dans un même train, qui circule entre Dijon et l'Ouest de la France. Plusieurs dessertes finales existent en Bretagne. Les sociétés Kronenbourg et Heineken ont très récemment réorganisé leurs circuits de distribution en utilisant des entrepôts régionaux, ce qui leur permet de massifier les expéditions au départ des brasseries par voie ferroviaire : ➢ ➢ Kronenbourg expédie par voie ferroviaire au départ de son usine d'Obernai à destination des entrepôts de Châtres (région parisienne), de Blanquefort (près de Bordeaux), de Saint Quentin Fallaires (près de Lyon) et de Saint Méen le Grand (près de Rennes) Heineken expédie au départ de Strasbourg (deux sites), de Mons (Nord) et de Marseille vers ses 5 entrepôts régionaux40 Un wagon reçoit 36 palettes de boissons (100*120), soit 936 palettes par train complet de boissons, qui compte généralement 26 wagons, parfois 28 wagons, selon la taille de l'embranchement/quai de l'entreprise. Deux wagons transportent 72 palettes, soit l'équivalent de trois camions. 39 Source: ECR France 40 Cf annexes 6 et 7 pour plus de détails 39 Tableau n° 14 Comparaison des capacités techniques du camion et du wagon Nombre palettes (100*120) Camion PTAC 40 tonnes, CU 24,6 tonnes Camion PTAC 44 tonnes 24 palettes généralement, 28 ou 29 palettes dans certains cas 22 palettes pour l'eau d'Evian 3 à 5 palettes de plus que cidessus, selon les eaux et les caractéristiques de la palettée (nombre de couches) Wagon 36 palettes (eaux) Deux wagons 72 palettes (eaux) Train 28 wagons 36 palettes*28 wagons=1008 palettes (bières) Commentaires Environ une tonne par palette sauf exception (exemple: eau Evian, 1,15 tonne par palette) Coca-Cola : 24 palettes de 100*120 Schweppes : 28 à 30 palettes de 80*120 (palette Europe) Eau Cristaline : 33 palettes 80*120 Actuellement non autorisé en France, souhaité par les industriels et les distributeurs Capacité d'1,5 camion. En général, un train complet = 26 wagons, 936 palettes C'est la taille des palettes qui limite le nombre de palettes par wagon. Capacité de 3 camions Exemple du transport de bières Kronenbourg entre Obernai et Saint Méen le Grand L'eau d'Evian (groupe Danone) est acheminée à 30% par la route et 70% par le train. Danone envoie des trains complets (ou des lots d'une dizaine de wagons) de Gevrey vers différents lieux de France. La SNCF expédie un train complet par jour de Gevrey vers l'ouest de la France; ceci a obligé chaque industriel à revoir son organisation. La SNCF travaille actuellement avec les industriels pour mutualiser les envois. Une deuxième étape sera de mutualiser l'utilisation des entrepôts de façon à avoir des approvisionnements par trains complets et des livraisons par camions complets à destination des hypermarchés. Les études sont encore en cours41. En 2006, Nestlé Waters France a ouvert entre les Vosges et le port d'Anvers un trajet pour le transport de ses produits qui s'effectue par voie ferroviaire. Chaque année, 143 trains chargés de palettes d'eaux minérales empruntent cet itinéraire, remplaçant ainsi 6000 trajets de camions allerretour. On considère aujourd'hui que ce choix modal permet de réduire de 80% les émissions de gaz carbonique sur cette liaison42. 41 Membres du club Demeter 42 Source : Chambre syndicale des eaux minérales, livre blanc, janvier 2008, page 28. 40 IV.4.3 Transport fluvial Avant la première guerre mondiale, une grande part des boissons destinées à la région parisienne arrivait par péniches au niveau notamment de la porte de la Villette. Actuellement, Danone Eaux France est le premier utilisateur de barges sur le Rhône. Embarqués à Mâcon ou à Lyon, les conteneurs de bouteilles d'eau minérale destinés à l'exportation sont acheminés jusqu'au port de Marseille/Fos. River Shuttle Containers, la filiale de CMA CGM dédiée au trafic fluvial, qui exploite une ligne Rhône-Saône, transporte les eaux du groupe Danone sur des automoteurs. La durée du trajet Lyon Fos est de 32 heures. Grâce à ce mode, on considère que Danone économise annuellement l'utilisation de 5000 camions. En 2006, le transport fluvial a concerné plus de 100 millions de bouteilles d'eaux minérales43. Le groupe Casino travaille sur un projet de transport par barges sur le Rhône, entre Dijon et le sud de la France, à l'horizon 2015/2020. Tous les enlèvements à l'est d'une ligne Mont Saint Michel/Paris/Dijon/Besançon seraient groupés à Dijon et expédiées en caisses mobiles. Pour Schweppes Orangina, au départ de Lyon, des caisses mobiles seraient acheminées vers Aix et Toulon. Actuellement, 28 à 30 palettes de ces produits sont chargées dans un camion, contre 33 palettes dans une caisse mobile (autorisée à 44 tonnes). La caisse mobile envisagée a les mêmes dimensions qu'un camion: 12, 4 mètres *2,5 mètres *2,4 mètres, mais ne peut être chargée aussi rapidement qu'un camion, car elle ne peut être chargée par les côtés, ce qui reste un inconvénient. La caisse mobile est chargée en 45 à 60 minutes. L'idéal serait une caisse mobile avec deux parois mobiles sur les côtés, permettant de charger aussi rapidement qu'à bord d'un camion. En revanche, la caisse mobile autorise le recours au camion de 44 tonnes. IV.4.4 Les prestataires spécialisés dans la CHD Les livraisons aux détaillants de la consommation hors domicile s'appuient sur les réseaux et le savoir faire de prestataires spécialisés, regroupés (sauf exceptions 44) au sein de la Fédération Nationale de Boissons. Bien que le nombre de cafés diminue depuis plusieurs années, le secteur cafés/hôtels/restaurants demeure la clientèle essentielle de ces prestataires, clientèle pour laquelle la proximité et les relations humaines restent primordiales. Malgré une tendance à la concentration, il reste encore un grand nombre de petites entreprises: les entreprises ayant moins de 50 salariés représentent 89% du total. La clientèle desservie compte 96 000 restaurants, 47 000 cafés, 30 000 hôtels, 20 000 collectivités publiques et privées, et 17 000 établissements de restauration rapide. La livraison à domicile aux particuliers constitue parfois une activité non négligeable pour certains de ces distributeurs45. Nous pouvons distinguer deux types de prestataires: les indépendants, et les filiales de grands groupes, essentiellement des filiales de grands brasseurs. Avant avril 2008, les principaux acteurs de cette distribution étaient France Boissons, puis C10, et Distriboissons, groupements de distributeurs indépendants. En 2008, C10 et Distriboissons fusionnent46, puis rachètent le réseau de distribution pour la CHD de Kronenbourg, c'est à dire les sociétés Elidis47, Alpes et Léodis. La nouvelle organisation C10-Distriboissons résultant de ces changements achève sa mise en place durant l'année 2009, et devient ainsi le premier réseau de distribution pour la consommation hors domicile en France, devant France Boissons. 43 Source : Chambre syndicale des eaux minérales, livre blanc, janvier 2008, page 28 44 En 2009, par exemple, France Boissons n'est pas adhérent 45 Source: www.fnb-info.fr 46 Juridiquement , C 10-Distriboissons est une centrale d'achats alimentaire 47 Elidis dispose, en 2007, d'environ 5000 camions et plus de 5000 chauffeurs livreurs, selon FNB, entretien 5 décembre 2007 41 L'entreprise France Boissons, filiale de Heineken depuis 1987, assure l'entreposage et les livraisons aux détaillants de la consommation hors domicile. Avec 45 filiales régionales, 114 centres de distribution -soit au moins un par département -, dans une année, la société assure 2 millions de livraisons pour 73 000 clients48. France Boissons écoule environ 70% des volumes des brasseurs destinés à la CHD. France Boissons, qui travaille avec environ mille fournisseurs, fut pendant de nombreuses années le premier réseau en France pour la CHD. Des transporteurs nationaux ou régionaux assurent le transport jusqu'à l'un des entrepôts principaux de France Boissons (Paris, Lille, Lyon, Rennes, Bordeaux, Marseille et Caen), puis un transporteur local prend le relais jusqu'à un dépôt de proximité, à partir duquel les chauffeurs-livreurs de France Boissons effectuent les tournées. Pour ces tournées, France Boissons utilise 800 camions en propre, emploie 1036 chauffeurs livreurs et 512 agents d'entrepôts; un chauffeur dessert environ 10 clients au cours d'une tournée. France Boissons aurait environ 22 % du marché Caféin est filiale de In Bev France: environ 5 % du marché49. IV.5 Cas particulier : distribution suite à une catastrophe naturelle L'eau embouteillée constitue une solution de secours pour les populations sinistrées lors de catastrophes naturelles. Elle est alors considérée comme vitale et peut être réquisitionnée. Chaque préfecture dispose d'un plan d'action en cas d'urgence, auquel les industriels collaborent. En France, le gouvernement réquisitionne des boissons en cas d'urgence; un grand distributeur a connu le cas, durant l'été 2003, et lors des inondations de Nîmes. Dans le premier cas, l'ordre de réquisition venait de la Préfecture, et dans le deuxième cas, de la mairie. Pour le cas de l'été 2003, la préfecture avait demandé, un vendredi, l'équivalent de 20 semi-remorques pour le lendemain matin, soit 480 palettes. Comme aucun des entrepôts ne contient une telle quantité, le distributeur avait dû s'organiser en urgence pour aller enlever les eaux chez les fournisseurs. Deux autres exemples, cités dans le livre blanc de la Chambre Syndicale des Eaux Minérales50 illustrent ce rôle essentiel. En août 2005, suite à l'ouragan Katrina qui a provoqué des dégâts considérables sur la côte sud des États-Unis, le groupe Nestlé a fourni plus 1,5 millions de bouteilles d'eau à diverses organisations de secours. Un an plus tard, à l'aube de la saison des ouragans 2006-2007, Nestlé Waters a créé, en partenariat avec AmeriCares, une réserve d'un million de bouteilles d'eau. Et lors du raz de marée asiatique de décembre 2004, le Groupe Danone, bien implanté en Indonésie, a fourni 2,4 millions de bouteilles d'eau minérale aux victimes. V. Les flux observés : analyse des observations d' Echo L'enquête Echo, gérée par l'INRETS51, porte sur les pratiques logistiques et les envois des chargeurs et de l'ensemble des autres opérateurs de la chaîne de transport, d'où son nom : envois/chargeurs/opérateurs. Plusieurs organismes, dont VNF et la SNCF, et plusieurs directions ministérielles, etc...y sont associés. 48 49 50 51 Source: www.france-boissons.fr Source : site web de C10 Livre blanc, janvier 2008, page 22 Une première enquête avait eu lieu en 1988; la deuxième date de 2004 42 V.1 Les données de l'enquête ECHO La structure de l'enquête ECHO repose sur 5 modules principaux : ➢ ➢ ➢ ➢ ➢ le questionnaire « pré-entretien » envoyé aux établissements sélectionnés afin de préparer l'entretien principal. Le questionnaire « établissements » rempli en face à face auprès d'un responsable transport et logistique de l'établissement. Les questionnaires « envois » au nombre de trois par établissement également remplis en face à face Les questionnaires « intervenants » remplis par téléphone auprès des destinataires et des différents intervenants de l'envoi : transporteurs, auxiliaires de transport, prestataires logistiques, confrères chargeurs, .. Les questionnaires « trajets » remplis, au moyen du téléphone, auprès des intervenants ayant effectué un transport. Les questions portent également sur l'organisation du transport et les critères de choix modal. A la fin des questionnaires « envoi », on peut identifier les différents intervenants dans la chaîne, qui sont aussi interrogés à leur tour, par téléphone, sur les modalités du transport. Le champ de l'enquête couvre les établissements de dix salariés et plus appartenant aux secteurs de l'industrie (hors industries d'extraction) et des commerces de gros. Il a été étendu en amont aux coopératives agricoles et en aval, aux secteurs de la vente par correspondance, aux entrepôts (entrepôts prestataires ou possédés en propre) et aux centres de traitement des déchets industriels (seuil abaissé à 6 salariés pour l'ensemble de ces secteurs). La population étudiée représente en 2004 un total d'environ 69 256 établissements (taux de sondage moyen égal à 4%), répartis sur l'ensemble du territoire métropolitain, et un total de 738, 04 millions d'envois. L'enquête ECHO répartit les activités des entreprises étudiées en 39 groupes, à partir de la nomenclature NAF, et de considérations logistiques. Nous allons utiliser, pour cette analyse des flux à partir d'ECHO, le groupe 22, celui des industries des boissons, et le groupe 33, celui du commerce de gros des boissons. Ils ne coïncident pas exactement avec le champ de l'étude que nous avons choisi au paragraphe I : ➢ ➢ d'une part, les jus de fruits et les nectars, qui relèvent de la catégorie APET 153 C « préparation de jus de fruits et légumes » appartiennent au groupe 21 « industries agroalimentaires, produits alimentaires secs, parfumerie, entretien ». Compte tenu du petit nombre d'envois concernés, nous avons finalement décidé de les omettre dans cette dernière partie du rapport. d'autre part, les boissons alcoolisées, bières et toutes les autres, appartiennent au groupe 22. Pour des raisons de cohérence du traitement et de l'interprétation statistiques, il est préférable d' observer l'ensemble des activités de ce groupe; toutefois, nous attirerons l'attention sur les points qui semblent spécifiques aux boissons de notre champ d'étude. Le tableau n° 15 indique les données de base à l'origine des commentaires de toute cette partie. 43 Tableau n° Groupes d'activité ECHO 15 Données ECHO utilisées Code APET Détail des catégories composant les groupes 159 A Productions d'eaux de vie naturelle 10 49 42 233 627 159 B Fabrication de spiritueux 12 68 48 465 185 Industries des boissons 159 D Production d'alcool éthylique fermentation 2 26 6 15 615 159 F Champagnisation 10 54 36 975 961 groupe 22 159 G Vinification 20 198 93 2 105 916 159 J Cidrerie 2 13 6 158 045 159 N Brasserie 4 13 12 181 198 159 Q Malterie 4 32 14 106 828 159 S Industries des eaux de table naturelles 11 47 39 216 582 159 T Production de boissons rafraîchissantes 8 23 27 771 849 83 523 323 4 621 930 878 216 9 119 507 Total industries Commerce de gros des boissons groupe 33 513 J Commerce de gros de boissons Nombre d'établissements interrogés 57 Nombre Nombre d'établis- d'envois sements enquêtés redressé Nombre d'envois redressé Nous puisons donc dans cette base de données pour aborder les caractéristiques de la production dans le paragraphe V.2 et celles des pratiques logistiques dans le paragraphe V.3. Nous avons parfois ajouté les résultats similaires concernant les industries agro-alimentaires, dans la perspective de travaux ultérieurs. Les commentaires concernant chacun des deux groupes, le groupe 22 et le groupe 33, peuvent être considérés comme représentatifs du comportement de la population effective des établissements. En revanche, ceux concernant les activités détaillées (telles que définies par les codes APET) doivent être appréciés avec grande précaution, compte tenu des petits effectifs concernés ; d'une façon générale, nous ne les formulons que dans les cas où cela semble bien confirmer les informations recueillies au cours de nos entretiens, 44 V.2 Le processus de production L'organisation et le fonctionnement de la production expliquent souvent l'essentiel des choix logistiques d'une entreprise. Nous présentons ici les principales caractéristiques de la production. Parmi les 38 groupes d'ECHO autres que les entrepôts de l'industrie, les industries des boissons ont le pourcentage le plus élevé de production en grandes séries. Le tableau n° 16 permet de comparer avec la situation des industries agro-alimentaires. Tableau n° 16 : Modalités de la production, grandes séries ou autres (% tonnage) Industries des boissons (groupe 22) IAA produits frais (groupe 20) IAA autres (groupe 21) Production grandes séries 62,0 54,3 48,0 Production petites séries 20,3 24,4 37,5 Production à l'unité 7,9 5,0 9,9 Le détail des données montre que la part de la production en grandes séries s'élève à 100% dans la brasserie, et à 96 % dans l'activité des eaux de table naturelles. Une part importante de la production est destinée à la constitution de stocks, ce qui confirme bien tout ce que nous avons pu expliquer à propos de l'organisation logistique des boissons de notre champ d'étude; en revanche, la part de production sur commande est relativement élevée pour ces activités, ce qui peut surprendre. Tableau n° 17 : Part de la production sur commande par rapport à l'ensemble de la production (% tonnage) Industries des Commerce de IAA boissons gros boissons produits frais (groupe 22) (groupe 33) (groupe 20) IAA autres (groupe 21) Production pour stocks 54,1 67,8 57,3 46,6 Production sur commande 45,9 32,2 42,7 53,4 45 Le fait que l'activité de malterie se caractérise par une forte proportion de production sur commande (90%) n'explique certainement pas tout. L'importance du stock de produits finis, mesurés en nombre de jours de production, se vérifie à la fois pour les industries des boissons, et pour le commerce de gros : 22 jours en moyenne pour les industries, et 35 jours en moyenne pour le commerce de gros de boissons. Les contraintes saisonnières rendent les stocks de boissons indispensables. Pour comparaison, le nombre moyen de jours de stockage pour l'ensemble des établissements de l'enquête ECHO s'établit à 19 jours; celui des industries agro-alimentaires productrices d'aliments frais s'élève à 18,5 jours, et celui des industries agro-alimentaires autres n'est que de 13,2 jours. L'enquête ECHO pose également aux enquêtés la question suivante: « en quels lieux se font les opérations de différentiation finale des produits tels que le montage, l'emballage, la finition, la pose de logos, ….? ». La réponse à cette question révèle que 52 % des établissements réalisent ces opérations sur leurs propres sites, et que 21% n'ont pas lieu de pratiquer ce type d'opérations. 85% des établissements IAA « produits frais » réalisent ces opérations sur leurs propres sites, et 92% des établissements relevant des autres IAA (groupe ECHO 21) réalisent ces opérations sur leurs propres sites. La gamme des produits et le nombre de références fabriquées/distribuées caractérisent aussi l'activité de production ou de distribution. En ce qui concerne le nombre de gammes, l'examen de l'ensemble du champ de l'enquête ECHO -pour les groupes autres que les commerces de gros et les entrepôts- montre que cette valeur varie entre 3,6 (métaux précieux, joaillerie) et 229,5 (travail des métaux), la moyenne générale étant de 111,3. Tableau n ° 18: Nombre moyen de gammes et de références Industries des Commerce de IAA boissons gros des boissons produits frais (groupe 22) (groupe 33) (groupe 20) IAA autres (groupe 21) Nombre de gammes 16,8 76,9 9,4 62,1 Nombre de références 252,5 969,6 264,0 401,6 Les industries des boissons font partie des établissements dont le nombre de gammes est plutôt faible ; de même, le nombre de références de ces industries est plutôt faible, comparé à celui des 38 autres groupes d'ECHO. Le détail des données montre que les boissons non alcoolisées et les bières produites par un établissement donné se caractérisent par un nombre de gammes et de références particulièrement faible. Par ailleurs, il est normal que le nombre de références et de gammes des grossistes soit beaucoup plus élevé que celui des établissements industriels, ce que montre la troisième colonne du tableau ci-dessus. 46 Production en grandes séries, constitution de stocks importants, nombre de gammes et de références relativement faibles sont les caractéristiques majeures de la production de boissons, qui façonnent une logistique relativement peu complexe, davantage susceptible de perfectionnements que de bouleversements. Si l'on se réfère au rapport du Predit intitulé « Familles logistiques », les bières et eaux se rapprochent plutôt du mode de production industriel, « qui concerne la production de masse pour une demande non différenciée, et (…) ce sont des flux massifs de biens qui caractérisent la circulation dans ce groupe».52 V.3 Les pratiques logistiques Deux aspects principaux illustrent les pratiques logistiques : d'une part, les caractéristiques physiques et économiques de l'envoi, d'autre part, l'organisation des chaînes, avec les partenaires économiques, et les modes de transport utilisés. V.3.1 Caractéristiques physiques et économiques des envois Le poids des envois est globalement élevé: pour les industries, le poids médian est de 860 kilogrammes, pour le commerce de gros, il est de 270 kilogrammes. Pour comparaison, sur l'ensemble du champ couvert par l'enquête ECHO, la valeur médiane est de 30 kilogrammes. Les envois de bières et d' eaux embouteillées se caractérisent par des tonnages particulièrement élevés, correspondant aux charges de camions ou de wagons complets. Le poids moyen d'un envoi d'eaux est de 23 tonnes environ, celui d'un envoi de bières est de 21 tonnes environ. Graphe n° 12 Distribution des poids Dis tribution de s e nvois se lon le ur poids unitaire 100% 159A 90% 159B 80% 159D 70% 159F 60% 159G 50% 159J 40% 159N 30% 159Q 20% 159S 10% 159T 0% 1 10 100 1000 10000 100000 513J tot22 Poids en kilos 52 Buurmeister A, « Familles logistiques, propositions pour une typologie des produits transportés pour analyser les évolutions en matière d'organisation des transports et de la logistique », rapport PREDIT, convention DRAST n° 98, MT 87, octobre 2000, 126 pages. 47 Si l'on considère le volume des envois, 61 % des envois des industries de boissons ont un volume supérieur à 1 m3 ; et 50% des envois des commerces de gros de boissons ont un volume supérieur à 1 m3. Les clients des commerces de gros sont en effet plus dispersés et plus atomisés ; leurs commandes sont plus parcellisées. Tableau n° 19 Volume de l'envoi (pourcentages des réponses effectives) Industries des boissons Commerce de gros IAA produits frais IAA autres Envois inférieurs à 1 m3 39 50 52 39 Envois supérieurs à 1 m3 61 50 48 61 Les envois de gros volumes sont plus nombreux que dans les IAA de produits frais. Tableau n° 20 Distance moyenne terrestre parcourue par un envoi, en kilomètres (selon trajet le plus court) Industries des boissons Commerce de gros IAA produits frais IAA produits autres Total enquête ECHO 311 115 282 309 237 Les distances parcourues par les boissons, au départ des sites industriels, sont relativement importantes; nous avons souligné que les grands producteurs d'eaux et les grands brasseurs étaient plutôt situés dans le grand quart nord-est de la France (sauf exceptions) et que des zones de consommation importantes devaient être desservies à l'ouest et au sud, ce qui explique les longues distances à parcourir. Certaines eaux minérales parcourent en moyenne plus de 600 kilomètres avant d'arriver au lieu de consommation. Les valeurs unitaires varient considérablement selon les produits, les plus élevées correspondant à certains spiritueux. Les valeurs médianes des industries et du commerce de gros sont presque identiques, aux environs de 500. Celles des activités « eaux embouteillées » et « brasserie » ont des valeurs très supérieures. 48 Graphe n° 12 Distribution des valeurs unitaires Dis tribution de s e nvois s e lon le ur vale ur unitaire (e nvois re ns e igné s ) 100% 159A 90% 159B 80% 159D 70% 159F 60% 159G 50% 159J 40% 159N 30% 159Q 20% 159S 10% 159T 0% 1 10 100 1000 10000 100000 513J 1000000 tot22 Valeurs en Euros hors taxes Origines et destinations des envois Les principales destinations sont les régions françaises autres que les régions d'origine des produits, ce qui confirme bien que les zones de production sont parfois éloignées de certains consommateurs. De façon logique, les destinations des envois du commerce de gros sont nettement plus « départementalisées » que les autres. Tableau n°21 Destinations des envois Industries des boissons Commerce de gros Total % nombre envois % tonnage % nombre d'envois % tonnage % nombre d'envois % tonnage Département 10,5 8,6 62,8 37,4 45,2 15,2 Région origine 13,3 4,5 7,3 5 9,3 4,6 Autres régions 64,7 66 28,4 48,8 40,6 62,1 Etranger 11,5 20,9 1,5 8,8 4,9 18,1 Total 100 100 100 100 100 100 Les exportations représentent 4,9 % des envois et 18,1 % des tonnages. Le détail des données confirme que la part des exportations est nettement plus élevée pour les eaux que pour les bières. 49 Secteurs d'activité des destinataires des envois Si l'on considère le nombre d'envois, les principaux destinataires sont les hôtels et les restaurants : 41,4 % du total des envois, et 63,1 % des envois du commerce de gros. Le commerce de gros alimentaire, la grande distribution, et le commerce de détail alimentaire viennent ensuite. Les industriels ont pour destinataires d'autres industriels : cela peut correspondre à la malterie, et aux fabricants de boissons rafraîchissantes qui utilisent parfois de l'eau de source. On peut noter que les envois aux particuliers et la vente par correspondance, bien que faibles, ne sont pas inexistants. Tableau n° 22 Secteurs d'activité des destinataires des envois (% du total des envois renseignés) Total (industries et commerce gros) Industries des boissons Commerce de gros Hôtels et restaurants 41,4 2,4 63,1 Commerce gros alimentaire 13,1 13,9 12,7 Autres services 9,2 16,8 5,0 Hypermarchés, supermarchés 7,7 17,1 2,4 Commerce détail alimentation 5,7 11,1 2,7 Industrie 5,3 14,3 0,2 Simples particuliers 3,8 2,9 4,3 Transports et services auxiliaires 2,2 4,1 1,2 Autres commerce détail ou artisanat 2,0 0,2 3,0 Commerce gros non spécifié 1,8 1,5 2,0 Vente par correspondance 1,8 4,9 0 Autres 6,0 10,8 3,4 100,0 100,0 100,0 Total Le contenu des « autres services » n'est pas détaillé dans ECHO ; on peut supposer qu'il s'agit de services gérés notamment par les collectivités locales, tels les cantines, crèches, ou d'administrations recevant du public et gérant des machines distributrices de boissons. 50 Nombre de clients: Le nombre de clients a un impact immédiat sur l'organisation logistique à mettre en place ; plus la clientèle est dispersée, plus la nécessité de dépôts régionaux émerge, et plus la massification des flux est difficile. L'enquête ECHO demande aux établissements combien de clients représentent 80% de leur chiffre d'affaires. En réponse à cette question, le nombre moyen de clients pour l'ensemble du groupe 22 et du groupe 33 s'élève à 644 ; il est de 357 pour les industries des boissons (groupe 22) et de 814 pour le commerce de gros (groupe 33). La brasserie et la production d'eaux embouteillées ont un nombre de clients beaucoup plus faible que les autres producteurs de boissons alcoolisées. Pourcentage moyen du coût de transport : par rapport au prix de vente des produits, le pourcentage moyen du coût de transport sur les envois d'un établissement, est, en moyenne, de 6,1 % pour l'ensemble du groupe 22 et du groupe 33. Tableau n°23 Pourcentage du coût de transport dans le prix de vente Pourcentage moyen du coût de transport dans le prix de vente Industries des boissons 5,9 Commerce de gros des boissons 6,2 Total industries et commerce de gros 6,1 IAA produits alimentaires frais 5,2 IAA produits autres 7,1 Remarque : pour éviter de tenir compte de cas «extrêmes», la moyenne ici calculée ne tient compte que des envois pour lesquels la part du coût de transport ne dépassait pas 66% du prix de vente. Le détail des données d'ECHO indique que la part du coût de transport s'élève à 1,3 % pour la bière, et à 7,6 % pour les eaux ; cela semble faible, comparé aux informations recueillies lors de nos entretiens. L'examen du détail des établissements concernés par la bière semble indiquer que les réponses prises en compte correspondent plutôt à des cas où les destinataires prennent en charge le coût du transport. Il est donc difficile d'en déduire des généralités. Nos entretiens indiquent qu'une fourchette de 10 à 25 % serait plutôt la norme pour les eaux. V.3.2 Les chaînes logistiques Ce sont essentiellement les établissements expéditeurs qui organisent les transports, nettement plus souvent que les autres acteurs tels qu'entreprises ou groupes d'appartenance, prestataires mandatés ou destinataires. Les industriels des boissons expédient majoritairement en envois isolés : 75 % du nombre des envois et 95 % du tonnage expédié. Les grossistes expédient majoritairement grâce aux tournées : 68 % des envois, qui ne représentent pourtant que 29 % des tonnages. 51 Tableau n° 24 Types d'envois (% du nombre d'envois, % des tonnages) Envoi isolé Lot groupé Tournée Industries des boissons 75 (95) 6 (4) 19 Commerce gros boissons 19 (67) 13 (4) 68 (29) IAA produits frais 33 (44) 42 (17) 25 (39) IAA produits autres 62 (89) 17 21 (4) (2) (7) Le détail des données indique une plus grande spécialisation pour les bières et les eaux ; l'activité brasserie et l'activité eaux expédient en grande majorité par envois isolés. Cela correspond bien à l'aptitude de ces produits pour le recours au transport massifié. Le nombre moyen de trajets par envoi varie de 1 à 2 pour les activités qui nous intéressent ; il est de 2,21 sur l'ensemble du champ de l'enquête ECHO. Tableau n°25 Nombre moyen de trajets par envoi Nombre moyen de trajets par envoi Industries des boissons Commerce gros boissons IAA produits frais IAA produits autres 1,8 1,37 1,62 1,8 Le nombre de trajets par envoi est, globalement, faible, puisque 70% de tous les envois des industries des boissons et du commerce de gros des boissons se caractérisent par un trajet unique. 52 Graphe n° 13 Nombre de trajets par envoi Nombre de traje ts par e nvoi 100% 90% 80% NR 70% 6 60% 5 50% 4 40% 3 2 30% 1 20% 10% 0% 159A 159B 159D 159F 159G 159J 159N 159Q 159S 159T 513J Total Le nombre moyen d'opérateurs par envoi est également faible ; cette faiblesse révèle l'existence d'envois massifiés, mais aussi un recours au compte propre. Nombre moyen d'opérateurs par envoi Industries des boissons Commerce gros boissons IAA produits frais IAA produits autres 1,49 0,46 1,08 1,05 Le nombre d'opérateurs par envoi est globalement -sur les deux groupes ECHO 22 (industries des boissons) et EHO 33 (commerce de gros des boissons)-, plutôt faible, avec un pourcentage élevé de compte propre (55%) et d'envois maîtrisés par un seul opérateur. Le pourcentage de compte propre atteint 77 % pour le commerce de gros. En revanche, certaines activités comme la production d'eaux de vie naturelle, la champagnisation, et la brasserie font appel à deux opérateurs ou plus. 53 Graphe n° 14 Nombre d'opérateurs utilisés 100% 90% 80% 70% Grande messagerie >2 operateurs, sous-traitance multiple 60% >2 operateurs, sous-traitance simple ou en ligne 2 operateurs, sous-traitance simple 50% Plusieurs operateurs, sans sous-traitance 1 operateur fret 40% Compte Propre, aucun operateur fret NR 30% 20% 10% 2 To t2 L TO TA 51 3J 15 9T 15 9S 15 9Q 15 9N 15 9J 15 9G 15 9F 15 9D 15 9B 15 9A 0% Le mode de transport routier représente 96 % du nombre d'envois total, et 77,4% du tonnage total, des industries des boissons et du commerce de gros. Il représente 99,6 % des envois du commerce de gros, et 89 % des envois des industries des boissons. Le mode de transport ferroviaire, qui apparaît dans les réponses données par les établissements de la brasserie et des eaux embouteillées, représente 4,4 % des envois expédiés par les industriels, ce qui correspond à une part en tonnage nettement plus élevée : 15,3%. La chaîne maritime et la chaîne aérienne correspondent essentiellement aux exportations d'eaux minérales et de vins. Tableau n° 26 Les modes de transport principaux utilisés (% nombre envois, % tonnages) Industries des Industries boissons des boissons % envois Chaîne routière terrestre % tonnages Commerce de gros Commerce de gros % envois % tonnages 89,2 71,5 99,6 97,3 Chaîne maritime 5,1 13,2 0,3 2,6 Chaîne aérienne 1,3 0 0 0 Chaîne ferroviaire terrestre 4,4 15,3 0 0,1 0 0 0 0 100,0 100,0 100,0 100,0 Chaîne fluviale terrestre Total 54 Dans la première partie, nous avons souligné l'importance du transport ferroviaire pour l'acheminement des eaux embouteillées et de la bière. L'enquête ECHO permet de savoir si les établissements sont embranchés au réseau ferroviaire, et si chaque établissement utilise effectivement son embranchement. Tableau n° 27 Etablissements embranchés au réseau ferroviaire (% des établissements) Industries Commerce des de gros Total boissons boissons Embranchés, actifs IAA produits IAA autres alimentaires produits frais Total champ de l'enquête ECHO 10,5 12,6 11,8 0 1,1 2,6 Embranchés, non actifs 2,3 0,5 1,1 0 1,4 1,5 Non embranchés 87,2 87,0 87,2 100 97,5 95,9 Les producteurs et distributeurs de boissons sont embranchés à la voie ferroviaire nettement plus souvent que les autres activités: au total, 11,8 % des établissements disposent d'un embranchement ferroviaire, contre 0 % pour les industries agro-alimentaires de produits frais, et seulement 2,6 % pour l'ensemble des activités du champ de l'enquête ECHO. Les résultats de l'enquête révèlent que certains grossistes sont également reliés au réseau ferroviaire pour une part non négligeable, ce que les entretiens n'avaient pas laissé apparaître. 55 CONCLUSION Le champ d'analyse défini au paragraphe I de la première partie ne comprend qu'une partie des industries du secteur des boissons, caractérisée par une concentration des lieux de production, un éventail relativement restreint de références, une densité élevée des produits, des variations saisonnières de la demande importantes, des besoins de stockages importants, des envois massifiés et une pertinence du transport ferroviaire pour de nombreux trajets. Les chargeurs tentent de pallier les défaillances de l'offre de transport ferroviaire et routier; ceux qui recourent actuellement au transport ferroviaire mettent en concurrence la SNCF avec les nouveaux opérateurs ferroviaires. L'influence économique et géographique de la grande distribution s'avère très structurante pour la logistique. L'autre partie des industries du secteur des boissons, celle des boissons alcoolisées, obéit à des modalités de fonctionnement distinctes, et correspond à des choix logistiques différents. En revanche, l'activité du commerce de gros, illustrée notamment par des résultats d'ECHO, réunit les influences de ces deux parties. Les expéditions des grossistes relèvent d'une logistique de détail et d'une logistique urbaine, deux traits qui nécessitent un savoir faire et une expérience éprouvée. D'ailleurs, les grands industriels n'ont jamais pu, jusqu'à présent, «intégrer» totalement cette activité ; ils restent au stade du « faire faire », même si parfois cela se réalise au moyen d'une filiale spécialisée. Les organisations logistiques et les pratiques des acteurs du secteur des boissons dépendent aussi du rôle de l'Etat, qui intervient dans les règles de coordination des organisations et les pousse au changement, au moyen de réglementations et de politiques industrielles. En l'occurrence, l'Etat, qui impose l'embouteillage des eaux de source sur le lieu même du captage, prédétermine la localisation des industriels et les longueurs des trajets menant aux consommateurs finals, scellant par là même la première contrainte logistique de cette activité ; en outre, il n'est pas exagéré de penser que les diverses lois et circulaires promulguées par l'Etat français depuis 1996, en bouleversant certains rapports de force entre producteurs et grande distribution, ont refaçonné les organisations logistiques de nombreuses sociétés produisant des eaux ou de la bière. Les industries des boissons ne restent pas à l'écart de la mondialisation de l'économie : nous avons vu que de nombreuses activités localisées sur le territoire français, qu'il s'agisse de brasseries ou d'embouteilleurs d'eaux de source, appartenaient à des sociétés multinationales : Calrsberg, InBev, Nestlé, Danone, …. Les flux du commerce extérieur, bien que non négligeables pour les recettes de certains grands ports (Marseille se distingue pour le grand export), pour la diversification commerciale des industriels des eaux embouteillées, pour l'approvisionnement en bières du marché français, et pour l'approvisionnement en jus de fruits concentrés des fabricants de jus de fruits, ne doivent cependant pas être surestimés. En particulier, les importations d'eaux minérales sont globalement faibles, et, pour l'instant, ne constituent pas une menace commerciale réelle pour les ressources nationales. 56 SIGLES UTILISES ABC ADEME AFFSA APET CE CEPRAMAP CHD CHR CSEM DOM EAE ECHO ECR EFBW FAB GMS GPA IAA ILEC INSEE LSA MEEDDAT NAF Pehd PET PME PREDIT PVC RHD SDV SES SNBR TOM UE A base de concentrés Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie Agence française de sécurité des aliments Activité principale exercée établissement Conseil européen Centre pour la recherche économique et ses applications Consommation hors domicile Cafés hôtels restaurants Chambre syndicale des eaux minérales Département d'outremer Enquête annuelle d'entreprise Enquête envois chargeurs opérateurs Efficient consumer response European Federation of Bottled Water Franco à bord Grandes moyennes surfaces Gestion partagée des approvisionnements Industries agro-alimentaires Institut de liaisons et d'études des industries de consommation Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques Libre Service Actualité Ministère de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de l'aménagement du territoire Nomenclature d'activité française polyéthylène haute densité polyéthylène téréphtalate Petite et moyenne entreprise Programme de recherche et d'innovation dans les transports terrestres Polyvinyle de chlorure Restauration hors domicile Scac Delmas Vieljeux Syndicat des Eaux de Source Syndicat National des Boissons Rafraîchissantes Territoire d'outremer Union européenne 57 Annexe 1 Consommation annuelle d'eau embouteillée par personne Données basées sur l'année 2006 Source: Nestlé Waters, www.nestle-waters.com/fr Zone géographique Europe Afrique Moyen-Orient53 Pays Consommation annuelle (litres) Italie 175,4 Espagne 142,9 France 142,2 Allemagne 140,1 Belgique 138,9 Suisse 126,0 Portugal 105,4 Hongrie 79,2 Grèce 79,0 Pologne 70,7 Grande Bretagne 38,3 Russie 16,7 Algérie 15,6 Egypte 7,6 Nigéria 7,4 Afrique du sud 3,6 Emirats arabes unis 228,8 Qatar 220,6 Bahrein 145,6 Arabie Saoudite 119,9 Liban 94,0 Turquie 42,9 Jordanie 24,0 Ouzbekistan 5,6 Iran 3,7 53 Définition du Moyen Orient propre à Nestlé 58 Zone géographique Amérique Asie/Océanie Pays Mexique Consommation annuelle (litres) 136,2 Etats-Unis 97,5 Argentine 70,0 Canada 61,4 Brésil 44,1 Cuba 2,0 Corée du sud 79,2 Indonésie 44,1 Thaïlande 37,8 Philippines 16,2 Japon 15,2 Chine 12,8 Vietnam 4,7 Pakistan 4,5 59 Annexe 2 Nestlé Waters Chiffres clés 2007: Chiffres d'affaires 100 sites de production 6, 3 millions d'Euros 72 marques d'eau embouteillée vendues dans le monde (dont une quarantaine en Europe) 38 pays producteurs 33 500 collaborateurs Les marques de Nestlé Waters (Europe géographique) Marques Nestlé Nestlé Aquarel Nestlé Pure Life (21 pays) Nestlé Vera (Italie) Marques internationales Acqua Panna Contrex Vittel Perrier San Pellegrino Marques locales France vendues en Europe Hepar, Ste Alix, Plancoët, St Lambert, Carola, Quézac, Abatilles Allemagne 7 marques Belgique Valvert Charmoise Espagne San Narciso Viladrau Grèce 2 marques Hongrie Theodora Italie 7 marques Pologne 3 marques Portugal 1 marque Royaume-Uni 2 marques Russie Saint Springs Source: Nestlé Waters Eaux minérales naturelles, captées en France et en Italie, ayant une très forte notoriété 60 Annexe 3 Danone Activité Eaux Chiffres clés 2007 Chiffre d'affaires eaux sites de production 5,535 milliards d'Euros (28% du chiffre d'affaires de Danone) marques d'eaux embouteillée vendues dans le monde pays producteurs 19, 8 milliards de litres d'eau conditionnée commercialisés (part de marché mondial : 10%) Les marques de Danone Marque Caractéristiques Zone géographique Aqua Géant indonésien de l'eau en bouteille, exploite 11 sources, possède 15 usines La marque représente près de 5 milliards des 8 milliards de litres d'eau commercialisés chaque année par Danone Indonésie Vaste marché et défi pour la distribution: 2 millions de points de vente répartis sur 17 000 îles Evian Distribuée dans 130 pays (1,5 milliard de litres Tous pays par an) leader des eaux plates en Europe Frucor Jus de fruits, eaux aromatisées, soft drinks et boissons fonctionnelles Nouvelle Zélande Ser Boisson plate et boisson gazeuse Argentine Zywec Zdroj Eaux aromatisées Pologne Autres marques dépendant de filiales Bonafont, 1ère marque d'eau embouteillée au Mexique Mexique, appartient au groupe Danone depuis 1996 Font Vella Espagne Lanjaron Espagne Volvic Source: Danone,www.danone.com 61 Annexe 4: Trafics portuaires de boissons (y compris vins) en France, en 2007 Dunkerque Le Havre Rouen Nantes Bordeaux Sète Marseille Total Entrées 5 43 14 42 15 114 71 304 Milliers de tonnes Source: MEEDDAT Sorties 62 198 31 23 59 36 813 1222 Total 68 241 46 65 74 149 884 1527 dont sorties Amérique 47 88 15 11 23 248 432 dont sorties Asie 2 74 0 0 7 380 463 62 Annexe 5: Quelques éléments à propos des réformes dans la grande distribution Dates 1/12/1986 Textes Points essentiels Ordonnance relative à la liberté des prix et de la concurrence Texte fondateur du droit de la concurrence français Modifie la définition du seuil de revente à perte. 1/07/1996 Loi sur la loyauté et l'équilibre des relations SRP= commerciales (loi Galland) prix sur facture d'achat + taxes + transport. 5/07/1996 Loi relative au développement et à la promotion du commerce et de l'artisanat (loi Raffarin) 2001 Loi sur les nouvelles régulations économiques (NRE) 2003 Circulaire Dutreil Visait à protéger le petit commerce et les petits producteurs vis-à-vis de la grande distribution On dit qu'elle a entraîné l'explosion des marges arrière (elles auraient atteint 40% en 2005) et une hausse des prix Abaisse le seuil de déclenchement de Autorisation nécessaire la procédure administrative à partir de 300 mètres d'autorisation de création de carrés nouvelles surfaces de vente Permet aux distributeurs d'inclure Loi en faveur des PME (dite 15%, puis 20% de leurs marges loi Dutreil II) arrière dans le seuil de revente à perte 2005 Commentaires 3/01/2008 Loi pour le développement de la concurrence au service des consommateurs (loi Châtel) Achève la réforme : 100% des marges arrière sont à inclure dans le seuil de revente à perte ; l'ensemble des marges arrière peut donc être répercuté dans les prix de revente aux consommateurs. Février 2008 Rapport de la commission Hagelsteen Concerne la négociabilité des tarifs et les conditions générales de vente 4/08/2008 Loi de modernisation de l'économie Supprime le principe de non discrimination entre enseignes, et modifie, à partir de 2009, le seuil d'autorisation pour les ouvertures de magasins (de 300 à 100 mètres carrés). Les deux lois ont pour effet de réduire le seuil de revente à perte au niveau dit du « triple net », ie au prix réellement payé par les distributeurs aux producteurs, toutes remises et ristournes incluses, avant et arrière Rend plus licite les pratiques de discrimination des producteurs à l'égard des distributeurs ; risque accru d'exclusion des PME fournissant la grande distribution Sources: d'après CEPREMAP, « La loi Galland sur les relations commerciales », et bulletins de l'ILEC (www.ilec.asso.fr) 63 Annexe 6 : La distribution de bières chez Kronenbourg (leader du marché français) L'usine d'Obernai, construite en 1969, emploie 600 personnes (31/12/2008) pour une capacité de production de 7,5 millions d'hectolitres par an. Avec 34 % de part de marché (sur le nombre d'hectolitres vendus) en 2007 et 2008 , Kronenbourg est le leader en France. Le groupe Carlsberg auquel appartient Kronenbourg est le 5ème brasseur mondial54. 1, 5 million de palettes par an quitte l'usine par voie ferroviaire (environ 60 %) et par voie routière (environ 40%). En période estivale, 5 trains de 28 wagons quittent l'usine chaque jour. L'entrepôt de St Méen le Grand reçoit des trains de 26 wagons. Après appel d'offres, c'est la SNCF qui transporte la bière au départ d'Obernai, site unique de production en France. Avant 2008, la filiale Elidis de Kronenbourg gérait la distribution ; cette filiale a été vendue à C 10 en 2008 par le propriétaire de Kronenbourg, le groupe écossais Scottish and Newcastle Kronenbourg, qui souhaite se recentrer sur son métier de brasseur, fait désormais appel à un prestataire de service logistique. Depuis 2008, Kronenbourg utilise les entrepôts de Kuehne et Nagel pour la livraison aux centrales d'achat et aux grossistes livrant les détaillants de la consommation hors domicile. Kuehne et Nagel gère aussi les flux de retour. En aval des entrepôts gérés par Kuehne et Nagel, les livraisons sont effectuées par la voie routière. 54 Source : www.brasseries-kronenbourg.com 64 65 Annexe 7 : la distribution de bières chez Heineken (numéro 2 en France) Heineken a trois sites de production en France: Schiltigheim, (près de Strasbourg), Mons en Baroeul (Nord), et Marseille; la brasserie Fischer sera fermée fin 2009. La société utilise 5 entrepôts. Depuis 2008, Heineken utilise l'entrepôt de Combs la ville, géré par ID logistics : 200 000 palettes y transiteront par an, et 80 trains complets y seront reçus annuellement. Ce cinquième entrepôt vise à mieux desservir la région parisienne et l'ouest de la France. L'ouverture de ce site a permis de massifier par voie ferrée les acheminements entre Strasbourg et Combs grâce à deux navettes hebdomadaires de trains complets. Heineken étudie aussi la possibilité de recourir au train entre Mons et Combs, mais la distance plus courte (200 kilomètres au lieu de 500 kilomètres au départ de Strasbourg) risque de ne pas favoriser le transport ferroviaire. Heineken fait livrer les détaillants spécialisés dans la CHD via sa filiale France Boissons. France Boissons écoule environ 70% des volumes des brasseurs destinés à la CHD. France Boissons, qui travaille avec environ mille fournisseurs, est le premier réseau en France pour la CHD. Des transporteurs nationaux ou régionaux assurent le transport jusqu'à l'un des entrepôts principaux de France Boissons (Paris, Lille, Lyon, Rennes, Bordeaux, Marseille et Caen), puis un transporteur local prend le relais jusqu'à un dépôt de proximité, à partir duquel les chauffeurslivreurs de France Boissons effectuent les tournées. Pour ces tournées, France Boissons utilise 800 camions en propre, emploie 1000 chauffeurs; un chauffeur dessert environ 10 clients au cours d'une tournée. France Boissons assure 2 millions de livraisons pour 73 000 clients55. Heineken souhaite développer la pratique de gestion partagée des approvisionnements pour réduire les stocks. Le responsable logistique, Antonio Marra, espère réduire de 50 % les volumes entreposés d'ici 201256. Chaque brasserie n'élabore pas tous les produits : il y a donc des transferts entre sites pour compléter les commandes. 55 Source: www.france-boissons.fr 56 Logistiques magazine, janvier-février 2009, n°236, page 24 66 67 Annexe 8 Coca Cola en France 1933 Une première usine d'embouteillage s'installe à Paris 1947 Inauguration de l'usine de Clamart (92) Aujourd'hui à Clamart : 800 000 litres par jour ; 7 formats sont embouteillés 1970 Inauguration de l'usine de Pennes Mirabeau (13) Aujourd'hui : 2 000 000 litres par jour, 4 formats embouteillés 1985 Inauguration de l'usine de Grigny (91) Aujourd'hui : 1, 5 millions de litres par jour ; 3 formats embouteillés 1989 Inauguration usine de Socx (près de Dunkerque) Aujourd'hui : 7, 2 millions de boîtes par jour ; 2 formats sont embouteillés 1996 Création de Coca Cola Entreprise, qui devient le principal embouteilleur de The Coca Cola Cy en France 2001 Acquisition de l'usine de Castenet-Tolosan (31) 2002 Création du site de reconditionnement des distributeurs automatiques à Dunkerque Outre les quatre sites cités ci-dessus, un cinquième site de production existe en région lyonnaise La distribution et la logistique s'appuient également sur 7 directions régionales. Source : Coca Cola Entreprise 68 Annexe 9 Production d'eau minérale embouteillée par régions françaises Production d'eau minérale embouteillée d'après ministère de l'économie et des finances 1600 1400 1200 M illions litres 1000 800 600 400 200 0 Aquitaine Alsace Lorraine Auvergne marché français 1996 Exportations 1996 M idi Pyrénées Languedoc Roussillon Rhône Alpes marché français 2004 Autres Exportations 2004 Principales sources: Lorraine: Rhône Alpes: Auvergne Languedoc Roussillon: Contrex, Hepar, Vittel Evian, Thonon, Aix les Bains, Amélie, Saint Yorre, Vichy, Volvic, Arvie, Chateauneuf, Chateldon, …. Perrier, La Salvetat, Vernière, 69 Annexe 10 Contacts et entretiens ➢ Entretiens réalisés: ➢ ➢ ➢ ➢ ➢ ➢ ➢ ➢ ➢ ➢ Entretiens sollicités, sans suite ➢ ➢ ➢ ➢ ➢ ➢ ➢ ➢ ➢ Fédération Nationale des Boissons Club Demeter ECR, Paris Prodim Ouest, Syndicat des Eaux de Source Groupe Casino Un hypermarché Leclerc Groupe Alma (entretien téléphonique) Unijus Nestlé Waters Danone Carrefour (un hypermarché) Système U Ouest Scaouest Chambre syndicale des eaux minérales Syndicat National des Boissons Rafraîchissantes Bricfruit Visite de l'entrepôt dédié à Kronenbourg, St Méen le Grand 70 Bibliographie Ouvrages et rapports Allain M L,Chambolle C, Vergé T, La loi Galland sur les relations commerciales: jusqu'où la réformer ? », Collection du CEPREMAP, Editions ENS Rue d'Ulm, Paris, 2008, 72 pages Chambre syndicale des eaux minérales L'eau minérale naturelle : un produit naturel et protégé, une industrie responsable, un emballage recyclable. Livre blanc, janvier 2008 Code de la santé publique ECR France Optimisations logistiques multi-fournisseurs/multi-clients et intégration des prestataires logistiques, multipick, multidrop, GPA mutualisée, ECR France, 2002, 28 pages Fédération du Commerce et de la Distribution Livre blanc : favoriser le transport durable dans le commerce et la distribution, FCD, juin 2005, 48 pages Orsini Damien La logistique de la grande distribution, note d'information du Sétra, juin 2008, 24 pages Articles « Heineken harmonise production et logistique », in Logistiques Magazine, n° 226, janvier-février 2009, pages 22-27 « Les chargeurs alsaciens massifient leur trafic ferroviaire », Transports Actualités, n° 890, 4 au 17 avril 2008, pages 20-22 « Les boissons pensent doucement au développement durable », Libre Service Actualité, n° 2049, 12/06/2008 71 Sites Internet Http://panoramaiaa.agriculture.gouv.fr www.affsa.fr www.aquamania.net www.brasseries-kronenbourg.com www.brasseurs-de-france.com www.coca-cola-entreprise.fr www.danoneeauxfrance.f www.eaumineralenaturelle.fr www.efbw.eu www.france-boissons.fr www.ilec.asso.fr www.jusdefruits.org www.nestle-waters.fr www.syndicat-ses.fr 72 Table des matières Résumé ................................................................................................................................................3 ORGANISATIONS LOGISTIQUES DANS LE SECTEUR DES BOISSONS.................................4 PREMIERE PARTIE : LES PRODUITS ET LEURS MARCHES.....................................................5 I. Les produits retenus..........................................................................................................................5 I.1 Les eaux......................................................................................................................................5 I.2 Bières .........................................................................................................................................7 I.3 Les autres boissons sans alcool .................................................................................................8 II. La consommation.............................................................................................................................8 II.1 Le marché national ...................................................................................................................9 II.1.1 Les eaux embouteillées.....................................................................................................9 II.1.2 Les bières.........................................................................................................................11 II.1.3 Autres boissons ...............................................................................................................12 II.2 Le commerce extérieur............................................................................................................13 II.2.1 Les échanges extérieurs d'eaux embouteillées et de bières.............................................13 II.2.2 Les trafics portuaires de boissons....................................................................................15 III. La production................................................................................................................................18 III.1 Panorama des activités...........................................................................................................18 III.2 Les eaux de source et les eaux minérales..............................................................................20 III.2.1 Le captage et l'embouteillage.........................................................................................20 III.2.1.1 Le captage...............................................................................................................20 III.2.1.2 L'embouteillage......................................................................................................21 III.2.2 Les industriels................................................................................................................22 III.3 Les bières...............................................................................................................................24 III.3.1 La fabrication.................................................................................................................24 III.3.2 Les contenants................................................................................................................24 III.3.3 Les industriels................................................................................................................25 III.4 Les autres boissons................................................................................................................27 III.4.1 La production.................................................................................................................27 III.4.2 Les contenants................................................................................................................27 III.4.2 Les industriels................................................................................................................28 DEUXIEME PARTIE LES ORGANISATIONS LOGISTIQUES....................................................30 IV. Les circuits logistiques.................................................................................................................30 IV.1 Les contraintes logistiques des envois...................................................................................30 IV.1.1 La densité ......................................................................................................................30 IV.1.2 Les autres contraintes....................................................................................................30 IV.1.3 Les principaux circuits...................................................................................................31 IV.2. Les circuits de distribution : domination de la grande distribution......................................32 IV.3. Les motivations et stratégies des acteurs de la logistique....................................................35 IV.3.1. Le contrôle des industriels sur la distribution...............................................................35 IV.3.2 La constitution des stocks « saisonniers ».....................................................................35 IV.3.3 La massification des envois et l'ouverture d'entrepôts régionaux par les industriels.....36 IV.3.4 Les perfectionnements envisagés/testés.........................................................................37 IV.4 Les modes de transport et les prestataires utilisés.................................................................37 IV.4.1 Le transport routier........................................................................................................37 IV.4.2 Le transport ferroviaire..................................................................................................38 IV.4.3 Transport fluvial............................................................................................................40 IV.4.4 Les prestataires spécialisés dans la CHD.......................................................................40 IV.5 Cas particulier : distribution suite à une catastrophe naturelle..............................................41 73 V. Les flux observés : analyse des observations d' Echo...................................................................41 V.1 Les données de l'enquête ECHO.............................................................................................42 V.2 Le processus de production.....................................................................................................44 V.3 Les pratiques logistiques.........................................................................................................46 V.3.1 Caractéristiques physiques et économiques des envois..................................................46 V.3.2 Les chaînes logistiques....................................................................................................50 CONCLUSION..................................................................................................................................55 SIGLES UTILISES............................................................................................................................56 Annexe 1 Consommation annuelle d'eau embouteillée par personne..............................................57 Annexe 2 Nestlé Waters....................................................................................................................59 Annexe 3 Danone Activité Eaux......................................................................................................60 Annexe 4: Trafics portuaires de boissons (y compris vins) en France, en 2007................................61 Annexe 5: Quelques éléments à propos des réformes dans la grande distribution .................................................................................................................62 Annexe 6 : La distribution de bières chez Kronenbourg ...................................................................63 (leader du marché français)................................................................................................................63 Annexe 7 : la distribution de bières chez Heineken (numéro 2 en France).......................................65 Annexe 8 Coca Cola en France........................................................................................................67 Annexe 9 Production d'eau minérale embouteillée par régions françaises.......................................68 Annexe 10 Contacts et entretiens......................................................................................................69 Bibliographie......................................................................................................................................70 Ouvrages et rapports......................................................................................................................70 Articles...........................................................................................................................................70 Sites Internet..................................................................................................................................71