cours de rhumatologie
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RHUMATOLOGIE COURS DE RHUMATOLOGIE SOMMAIRE DU POLYCOPIES DE RHUMATOLOGIE, 286 pages I - CLASSIFICATION DES AFFECTIONS OSTEO-ARTICULAIRES A - D'ORIGINE DEGENERATIVE B - D'ORIGINE " INFLAMMATOIRE C - D’ORIGINE " INFECTIEUSE " D- D'ORIGINE MYCOSIQUE OU PARASITAIRE E - D’ORIGINE METABOLIQUE F - D'ORIGINE NEUROLOGIQUE : H- D'ORIGINE ENDOCRINIENNE I - D'ORIGINE POST-TRAUMATIQUE J - D'ORIGINE HÉMATOPOÏÉTIQUE K - D'ORIGINE VASCULAIRE L - D'ORIGINE TUMORAL N - D'ORIGINE JUXTA-ARTICULAIRE O- SECONDAIRES A DES MALFORMATIONS P - PAR INTOXICATION METALLIQUE Q - RELEVANT DE CAUSES PHYSIQUES R - D'ORIGINE INCONNUE II - SÉMIOLOGIE DES ARTICULATIONS A - ARTHRITE B - ARTHROSE III - OSTÉOSE DÉCALCIFIANTE BÉNIGNE A - OSTÉOPOROSE B - OSTÉOMALACIE C - HYPERPARATHYROIDISME D - HYPERCALCÉMIES IV - MALADIE DE PAGET A - DIAGNOSTIC CLINIQUE B - DIAGNOSTIC RADIOLOGIQUE C - DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE D - COMPLICATIONS E - DIAGNOSTIC DIFFERENTIEL F - PRINCIPES DU TRAITEMENT V - TUMEURS DES OS ET DES ARTICULATIONS A - TUMEURS PRIMITIVES DES OS 1) DIAGNOSTIC POSITIF 2) TUMEURS BÉNIGNES 3) TUMEURS MALIGNES B - CANCERS SECONDAIRES DES OS Collège International de Médecine Ostéopathique Page 1 RHUMATOLOGIE VI - POLYARTHRITE RHUMATOÏDE (Polyarthrite chronique évolutive) A - ÉTIOLOGIE B - ANATOMO-PATHOLOGIE : C - CLINIQUE CHEZ LA JEUNE FEMME (25-30 ANS) E - RADIOGRAPHIE F- EXAMENS COMPLEMENTAIRES G- ÉVOLUTION H- DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL et TRAITEMENT VII - PELVISPONDYLITE RHUMATISMALE A - ÉTIOLOGIE B - LESIONS ANATOMO-PATHOLOGIQUES C - DIAGNOSTIC D - DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL E - ÉVOLUTION F - PRONOSTIC G -COMPLICATIONS H- FORMES CLINIQUES I - PRINCIPES DU TRAITEMENT VIII - PSEUDO-POLYARTHRITE RHIZOMÉLIQUE ET MALADIE DE HORTON A - DIAGNOSTIC B – FORMES CLINIQUES. C- DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL D - ÉVOLUTION E - TRAITEMENT IX - SYNDROME DE FIESSINGER-LEROY-REITER (F.L.R.) A - ÉPIDÉMIOLOGIE B – ANATOMOPATHOLOGIE C - CLINIQUE D - BIOLOGIE E - RADIOGRAPHIE F - DIAGNOSTIC POSITIF G - DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL H- TRAITEMENT X - RHUMATISME ARTICULAIRE AIGU (Maladie de Bouillaud) A - CLINIQUE B - ÉVOLUTION C - FORMES CLINIQUES D - DIAGNOSTIC POSITIF E- DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL F - TRAITEMENT XI - MONOARTHRITE RHUMATISMALE SUBAIGUË OU CHRONIQUE A - ETIOLOGIE B - CRITÈRES DU DIAGNOSTIC POSITIF : C - DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL. XII - LUPUS ERYTHEMATEUX DISSEMINE (L.E.D.) A - FORME TYPIQUE, COMPLETE B - FORMES CLINIQUES Collège International de Médecine Ostéopathique Page 2 RHUMATOLOGIE C - DIAGNOSTIC D - TRAITEMENT XIII - RHUMATISME PSORIASIQUE A - FREQUENCE ET ETIOLOGIE B - CLINIQUE C - RADIOLOGIE D - BIOLOGIE E - ÉVOLUTION F - DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL G - TRAITEMENT XIV - LA PERIARTERITE NOUEUSE (P.A.N.) OU MALADIE DE KUSSMAULMAÏER A - ANATOMOPATHOLOGIE B - CLINIQUE C - BIOLOGIE D - DIAGNOSTIC DIFFERENTIEL E - PRONOSTIC F - TRAITEMENT XV - SYNDROME DE GOUGEROT-SJOGREN A - CLINIQUE B - SYNDROME BIOLOGIQUE C - LA BIOPSIE D - ÉVOLUTION E - FORMES CLINIQUES F - DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL G - TRAITEMENT XVII - DERMATOPOLYMYOSITE A - CLINIQUE B - ÉVOLUTION C - FORMES CLINIQUES D - DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL E - TRAITEMENT XVIII- INFECTIONS OSSEUSES A - ARTHRITES SEPTIQUES B - SPONDYLODISCITES MICROBIENNES C - TUBERCULOSE VERTÉBRALE (MAL DE POTT) XIX - GOUTTE A - ÉTIOLOGIE B -PHYSIOPATHOLOGIE C - ANATOMOPATHOLOGIE D - SIGNES CLINIQUES E - RADIOGRAPHIE F - BIOLOGIE G -DIAGNOSTIC POSITIF H - DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL I - ÉVOLUTION J - PRONOSTIC K - TRAITEMENT Collège International de Médecine Ostéopathique Page 3 RHUMATOLOGIE XX - CHONDROCALCINOSE ARTICULAIRE A - ÉTIOLOGIE. B - ASPECTS CLINIQUES C - SIGNES RADIOLOGIQUES. D - ANOMALIES BIOLOGIQUES E – FORMES CLINIQUES F - DIAGNOSTIC G - TRAITEMENT XXI - LES RHUMATISMES DEGENERATIFS : L’ARTHROSE A – L’ARTHROSE VERTEBRALE : 1) DORSARTHROSE 2) HYPEROSTOSE ENGAINANTE DORSALE 3) ARTHROSE CERVICALE 4) SYNDROME DIT SYMPATHIQUE CERVICAL POSTÉRIEUR OU DE BARRÉ-LIÉOU 5) MÉDULLOPATHIES CERVICARTHROSIOUES B - COXARTHROSE C - GONARTHROSE D - ARTHROSE DE LA CHEVILLE E - HALLUX RIGIDUS F - ARTHROSE SACRO-ILIAQUE G - ARTHROSES DE LA MAIN H - ARTHROSE DU POIGNET I - ARTHROSE DU COUDE J - ARTHROSE DE L'ÉPAULE XXII - LES OSTEOCHONDRITES : A - DYSTROPHIE ÉPIPHYSAIRE VERTÉBRALE DE CROISSANCE (MALADIE DE SCHEUERMANN) B - OSTÉOCHONDRITE DISSÉQUANTE DU GENOU : MALADIE DE KÖNIG C - OSTÉOCHONDRITE DISSÉQUANTE DE LA HANCHE. D - OSTÉOCHONDRITE DISSÉQUANTE DU COUDE OU MALADIE DE PANNER E - OSTÉODYSTROPHIES DE CROISSANCE MINEURES XXIII- LES OSTEO-NECROSES A - OSTÉONÉCROSE DITE PRIMITIVE DE LA TÊTE FÉMORALE (O.N.P.T.F.) B - OSTÉONÉCROSE DE LA TÊTE HUMÉRALE. C - OSTÉONÉCROSE DU CONDYLE FÉMORAL D - OSTÉONÉCROSE DE L'ASTRAGALE. E - OSTÉONÉCROSE DU SCAPHOÏDE TARSIEN (MALADIE DE MULLERWEISS). F - OSTÉONÉCROSE DU SEMI-LUNAIRE (MALADIE DE KIENBOCK). XXIV - PÉRIARTHRITES SCAPULO-HUMÉRALES A – TENDINITES EPAULE DOULOUREUSE SIMPLE B - TENDINO-BURSITE AIGUË. EPAULE HYPERALGIQUE C - RÉTRACTION CAPSULAIRE (CAPSULITE RÉTRACTILE) D - RUPTURE DE LA COIFFE DES ROTATEURS XXV - AUTRES RHUMATISMES ABARTICULAIRES A - TENDINITES DU COUDE Collège International de Médecine Ostéopathique Page 4 RHUMATOLOGIE 1) ÉPICONDYLITE. 2) ÉPITROCHLÉITE. 3) BURSITE RÉTRO-OLÉCRÂNIENNE. B - TENDINITES DE LA MAIN 1) MALADIE DE DUPUYTREN. 2) TÉNOSYNOVITE CHRONIQUE : 3) TENDINITE CRÉPITANTE : 4) TENDINITE AIGUË CALCIFIANTE : 5) TÉNOSYNOVITE STÉNOSANTE DE QUERVAIN : 6) TÉNOSYNOVITE PIGMENTAIRE : 7) KYSTE SYNOVIAL DU POIGNET 8) DOIGT À RESSORT. C -TENDINITES DE HANCHE 1) PÉRIARTHRITES DE LA HANCHE. 2) TENDINITE DU PSOAS ILIAQUE 3) TENDINITE DES ADDUCTEURS 4) BURSITE DE L'OBTURATEUR 5) HANCHE À RESSAUT : D - TENDINITES DU GENOU 1) TENDINITE DE LA PATTE D'OIE. 2) MALADIE DE PELLEGRINI-STIEDA. 3) TENDINOPATHIE DU LIGAMENT ROTULIEN 4) TENDINOPATHIE QUADRICIPITALE 5) SYNDROME DE LA BANDELETTE ILIO-TIBIALE ("SYNDROME DE L'ESSUIE GLACE") 6) KYSTES POPLITÉS. E - TENDINITES DU PIED : RUPTURE DU TENDON D'ACHILLE. F- GENERALITES SUR LE TRAITEMENT DES TENDINITES ET TENOSYNOVITES XXVI - SYNDROMES CANALAIRES A - CARACTÈRES GÉNÉRAUX B - DEFILES DU MEMBRE SUPÉRIEUR 1) NERF MÉDIAN a) Syndrome du canal carpien. b) Autres atteintes canalaires du nerf médian. 2) NERF CUBITAL a) Syndrome de la gouttière épitrochléo-olécranienne. b) Syndrome du canal de GUYON : c) Syndromes localisés ou parcellaires : 3) NERF RADIAL D - DEFILES DE LA CEINTURE SCAPULAIRE 1) Syndrome de l'échancrure coracoïdienne : 2) Syndrome du défilé costo-claviculaire/côte cervicale et syndrome des scalènes E - DEFILES DU MEMBRE INFÉRIEUR 1) NERF SCIATIQUE ET SES BRANCHES a) Syndrome du col du péroné (Syndrome du SPE). b) Syndrome du canal tarsien. 2) NERF FÉMORO-CUTANÉ : SYNDROME DU TUNNEL CRURAL : 3) SYNDROME DU CANAL LOMBAIRE ÉTROIT XXVII - RADICULALGIES A - CRURALGIE COMMUNE B - NÉVRALGIE FÉMORO-CUTANÉE (méralgie paresthésique) C - NÉVRALGIE OBTURATRICE Collège International de Médecine Ostéopathique Page 5 RHUMATOLOGIE D – LOMBOSCIATIQUE E - PROBLÈMES DIAGNOSTIQUES POSÉS PAR LES RADICULALGIES COMMUNES 1) LES ALGIES QUI NE SONT PAS D'ORIGINE NEUROLOGIQUE 2) LES RADICULALGIES SYMPTOMATIQUES 3) SYNDROMES DE LA QUEUE DE CHEVAL D'ORIGINE DISCALE 4) TRAITEMENT DES RADICULALGIES COMMUNES F - NEVRALGIE CERVICO-BRACHIALE XXVIII -SYNTHESES DES DOULEURS ARTICULAIRES A - HANCHES B - GENOUX C - ÉPAULES D - INFLAMMATION ET ÉPANCHEMENT ARTICULAIRE DU GENOU E - DOULEUR RACHIDIENNE 1) LOMBALGIE 2) DORSALGIE 3) CERVICALGIE 4) LOMBOSCIATIQUE XXX - ANTI-INFLAMMATOIRES STÉROÏDIENS A - PRÉSENTATIONS USUELLES B - INCIDENTS ET ACCIDENTS C - CONTRE-INDICATIONS D - UTILISATION XXXI - ANTI-INFLAMMATOIRES NON STÉROÏDIENS A - CLASSES D'AINS B - EFFETS SECONDAIRES C - CONTRE-INDICATIONS XXXII – COLCHICINE A - PHARMACOLOGIE B - PRÉSENTATIONS USUELLES C - INDICATIONS D - INCIDENTS ET ACCIDENTS E - CONTRE-INDICATIOS F – UTILISATION XXXIV - INHIBITEURS DE LA SYNTHÈSE DE L'ACIDE URIQUE A - PHARMACOLOGIE B - PRÉSENTATIONS USUELLES C - INDICATIONS D - INCIDENTS ET ACCIDENTS E - CONTRE-INDICATIONS F - UTILISATION XXXV - URICOSURIQUES A - PHARMACOLOGIE B - PRÉSENTATIONS USUELLES C - INDICATIONS D - INCIDENTS ET ACCIDENTS E - CONTRE-INDICATIONS F - UTILISATION Collège International de Médecine Ostéopathique Page 6 RHUMATOLOGIE XXXVI - URICOLYTIQUES XXXVII - VITAMINES D A - PHARMACOLOGIE B - PRÉSENTATIONS USUELLES C - INDICATIONS D - INCIDENTS ET ACCIDENTS E - CONTRE-INDICATIONS F - UTILISATION XXXVIII - D-PÉNICILLAMINE A - PHARMACOLOGIE B - PRÉSENTATIONS USUELLES C - INDICATIONS D - INCIDENTS ET ACCIDENTS E - CONTRE-INDICATIONS F - UTILISATION G - SURVEILLANCE H - AUTRES DÉRIVÉS SOUFRÉS XXXIX - SELS D'OR A - PHARMACOLOGIE B - PRÉSENTATIONS USUELLES C - INDICATIONS D - INCIDENTS ET ACCIDENTS E - CONTRE-INDICATIONS F - UTILISATION XXXX- ANTIMALARIQUES DE SYNTHÈSE A - PHARMACOLOGIE B - PRÉSENTATIONS USUELLES C - INDICATIONS D - INCIDENTS ET ACCIDENTS E - CONTRE-INDICATIONS F - UTILISATION I - CLASSIFICATION DES AFFECTIONS OSTEO-ARTICULAIRES Les affections rhumatismales peuvent intéresser non seulement les articulations mais aussi les parties molles et notamment le tissu conjonctif. La symptomatologie engendrée doit toujours être rapportée au contexte général. A - D'ORIGINE DEGENERATIVE 1) L'arthrose peut être soit : Collège International de Médecine Ostéopathique Page 7 RHUMATOLOGIE a) Diffuse : on peut alors l'appeler polyarthrose ou maladie arthrosique. Localisée : et réaliser selon les cas : - - Une coxarthrose (hanche) Une gonarthrose (genou) Une omarthrose (épaule) Une rhizarthrose (articulation métacarpo-phalangienne) Des nodosités d'Heberden (arthrose interphalangienne distale) Des nodosités de bouchard (arthrose interphalangienne proximale) Une cervicarthrose (arthrose cervicale pouvant intéresser isolément ou non : le disque intervertébral, l'articulation uncovertébrale, les articulaires postérieures. Dans ce dernier cas si cette atteinte est isolée, on l'appelle arthrose cervicale postérieure). Une dorsarthrose (arthrose du rachis dorsal) Une lombarthrose (arthrose du rachis lombaire). Il est à remarquer que l'arthrose tibio-tarsienne est exceptionnelle et rarement primitive. 2) Les " rhumatismes " dégénératifs sont caractérisés par : a) Leur pathogénie commune : La lésion primitive serait la dégénérescence du cartilage d'encroûtement par surmenage, microtraumatismes, troubles statiques ou sénescence. b) Certains éléments anatomo-pathologiques : Le cartilage, de lisse et brillant, devient rugueux, jaunâtre, dépoli puis s'érode et s'ulcère. Il s'ensuit une mise à nu de l'os sous-chondral. Ce cartilage a tendance à se reformer mais d'une façon très imparfaite avec constitution de bourgeons à partir de l'os sous-chondral donnant un aspect en "clous de tapissier". - L'ostéophytose qui se forme toujours en dehors des zones de pression résulterait d'un processus d'ossification enchondrale par prolifération conjonctivo-vasculaire. L'ostéophyte a une structure semblable à celle de l'os spongieux. - L'ostéocondensation qui est présente sur plusieurs millimètres d'épaisseur voire plusieurs centimètres selon les localisations. Elle se rencontre dans les zones d'hyperpression et réalise une sorte de réaction de défense. Collège International de Médecine Ostéopathique Page 8 RHUMATOLOGIE - Les géodes qui réalisent des cavités pseudo-kystiques. Leur mécanisme de survenue est peu connu. Il est sans doute en relation avec une hyperpression intra-osseuse. Ces géodes sont remplies de tissu fibreux parfois de néo-cartilage. - La synoviale enfin qui est souvent infiltrée par des éléments pseudo-inflammatoires et scléro-adipeux. Cette inflammation serait provoquée par la présence de fragments cartilagineux disséminés dans l'articulation du fait de la destruction progressive du cartilage de recouvrement. c) Leur symptomatologie clinique : Le tableau clinique est dominé par un certain contraste résultant de l'absence habituelle de signes généraux, au profit de signes fonctionnels et physiques parfois importants. La douleur est de type mécanique. C'est une douleur de fatigue et de mobilisation, souvent augmentée le matin au "dérouillage" mais pas plus de 30 mn. Elle est maximum en fin de journée et calmée par le repos. Elle peut cependant réapparaître la nuit aux changements de position. A l'examen : - La peau est froide et sèche au palper. Il existe parfois une augmentation de volume de l'articulation par réaction des parties molles ou "épanchement - On constate à la mobilisation des craquements ou des frottements qui témoignent de la rugosité du cartilage. - La limitation des mouvements articulaires n'est observée qu'à un stade plus tardif. Elle est fonction de l'importance des lésions ostéoarticulaires et de l'exubérance de l'ostéophytose. d) Leurs signes radiographiques : L'examen radiographique met en évidence des signes qui apparaissent à des degrés divers selon le stade évolutif et aussi selon la localisation. Ces signes sont les suivants : - Pincement articulaire Condensation osseuse des surfaces Ostéophytose marginale Parfois géodes de nécrobiose osseuse. e) Leurs signes biologiques : La biologie est normale. En particulier la vitesse de sédimentation. Collège International de Médecine Ostéopathique Page 9 RHUMATOLOGIE Le liquide articulaire, quand il y en a, est de type mécanique. Examen Normal Physique Chimique Visqueux comme du blanc d'œuf Cru Poids spécifique 1011 pH environ 8,3 Cytologique Glucose : l g/1 Protides : 15 à 20 g/1 sous forme d'albumine surtout Mucine qui précipite avec l'acide acétique Mécanique Plus clair et moins Pas Peu de ou fibrinogène pas modifié (arthrose) visqueux 400 à 1000 cellules/mm3 (surtout mononuclées) Inflammatoi Encore moins re (ex : P.R.) visqueux que dans le liquide de type mécanique Parfois clair ou trouble Glucose diminué Protides 50 g/I Mucine : diminution du précipité au test de l'acide acétique > à 2000 cellules mm3 (surtout polynucléaires non altérés) Infectieux Protides 50 g/l à 2000 cellules (un peu moins dans mm3 (surtout les arthrites polynucléaires tuberculeuses)> altérés) Diagnostic presque certain si > à 100.000. Très trouble surtout dans les arthrites septiques aiguës. < à 200 cellules mm3 (surtout monocluées) Particularités La composition chimique est comparable à celle du liquide synovial normal. le taux du complément Taux du complément est normal. hémolytique diminué par rapport au sérum. Le facteur rhumatoïde est présent parfois dans le liquide articulaire avant le Détermination du sérum. germe soit directement, soit après culture. Figure. Liquide articulaire normal et pathologique f) Leurs modalités évolutives : L'évolution est lente, parfois par poussées comme dans les coxarthroses destructrices rapides (CDR). g) Leur traitement qui comporte : - Pendant les poussées aiguës "congestives" des antalgiques, voire des anti-inflammatoires majeurs. - En dehors de ces poussées un traitement de fond comprenant de l'acide salicylique, de l'iode, du Soufre, des hormones stéroïdes, des massages et de la rééducation à sec, en piscine ou en milieu thermal. B - D'ORIGINE " INFLAMMATOIRE 1) Les principaux rhumatismes inflammatoires sont les suivants : - La polyarthrite rhumatoïde (P.R.), ancienne polyarthrite Collège International de Médecine Ostéopathique Page 10 RHUMATOLOGIE - - chronique évolutive (P.C.E.) Le rhumatisme inflammatoire chronique de l'enfant R.I.C.E. (ou polyarthrite chronique de l'enfant dans laquelle est inclus le syndrome de Wissler-Fanconi). La pelvispondylite rhumatismale (P.S.R.), ancienne spondylarthrite ankylosante (SPA). Le rhumatisme psoriasique Le rhumatisme palindromique Les connectivites dans lesquelles on distingue : Le lupus érythémateux disséminé (LED) La périartérite noueuse (PAN) La sclérodermie La dermatomyosite et la polymyosite La maladie de Horton (artérite temporale). 2) Les rhumatismes inflammatoires sont caractérisés par : a) Leur pathogénie commune : La lésion primitive se situe au niveau de la synoviale qui prolifère et peut atteindre les éléments articulaires et para-articulaires sousjacents. b) Certains éléments anatomo-pathologiques : La "synovite" inflammatoire ne touche pas l'os au début. Dans la P.R. par exemple, les lésions cartilagineuses périarticulaires sont provoquées par une hypertrophie des franges synoviales ou "pannus". Les bourses et les tendons sont atteints secondairement par ces franges hypervascularisées. Certains tissus conjonctifs sont atteints avec prédilection selon l'affection causale. C'est ainsi que l'on observe la formation de : - Lésions vasculaires dans la P.R. Lésions oculaires dans la P.S.R. c) Symptomatologie clinique Leur symptomatologie clinique qui réalise un tableau d'arthropathies aiguë avec des signes généraux parfois importants : La douleur articulaire ou para-articulaire est de type inflammatoire. C'est une douleur qui augmente ou réapparait au milieu ou en fin de nuit obligeant souvent le malade à se lever ; elle est améliorée par l'activité en fin de matinée mais elle est le plus souvent augmentée le soir. Le "dérouillage" matinal est supérieur à 45 mn. Collège International de Médecine Ostéopathique Page 11 RHUMATOLOGIE Une asthénie, une fébricule sont souvent notées, parfois un amaigrissement. Les signes locaux sont symétriques mais inconstamment. Il existe en plus de la douleur : un gonflement, une rougeur de la peau, une hyperthermie locale, mais pas toujours. L'épanchement liquidien est fréquent. d) Les signes radiographiques qui associent : - Une décalcification épiphysaire, isolée au début Un pincement articulaire sans ostéophytose Des géodes à la jonction cartilage et os. Figure. Les signes radiologiques de l'arthrite 1 - Décalcifications épiphysaires (isolée au début.) 2 - Pincement articulaire sans ostéophytose 3 - Géodes à la jonction cartilage et os 4 - Opacité des parties molles (cul de sac sous quadricipital). e) Des signes biologiques : Certains ne sont pas spécifiques. Il en est ainsi de la vitesse de sédimentation mais son augmentation est souvent en rapport avec l'intensité de l'inflammation. Il en est de même de l'augmentation des alpha 2 globulines. D'autres sont plus spécifiques : Le liquide articulaire est de type inflammatoire. Collège International de Médecine Ostéopathique Page 12 RHUMATOLOGIE Le Latex et le Waaler-Rose sont positifs dans la majorité des PR ainsi que les anticorps anti-DNA pour le LED. Le test de la Rosette rhumatoïde est souvent positif en particulier dans les formes encore séronégatives. f) Des modalités évolutives : Les rhumatismes inflammatoires évoluent par poussées. g) Des ressources thérapeutiques communes : Aspirine, sels d'or, (sauf pour le LED), antipaludéens de synthèse, phénylbutazone, corticoïdes et la plupart des autres antiinflanunatoires. C - D’ORIGINE " INFECTIEUSE " 1) Certaines sont d’origines virales telles : - Le syndrome de Fiessinger-Leroy-Reiter (FLR) entrant dans le cadre des oculo-urétro-synovites. La maladie de Behçet (aphtose) Les arthrites de la rubéole, des hépatites épidémiques... 2) D’autres sont d'origine bactérienne tels : - - Les rhumatismes streptococciques : le rhumatisme articulaire aigu (RAA), le rhumatisme scarlatin, le rhumatisme subaigu postangineux. Les arthrites gonococciques Les arthrites tuberculeuses. 3) Ces " rhumatismes " infectieux sont caractérisés par : a) Leur pathogénie, qui distingue : L'action directe des germes sur la synoviale ou l'épiphyse des os, comme dans la tuberculose, puis destruction ostéo-articulaire. L'action indirecte, peut-être d'origine allergique ou dysimmunitaire, par le même mécanisme que celui qui est invoqué pour les lésions de type inflammatoire. b) Des éléments anatomo-pathologiques qui distinguent également : L'action directe où les différents éléments articulaires sont détruits par contigüité. Collège International de Médecine Ostéopathique Page 13 RHUMATOLOGIE L'action indirecte, du même type que les lésions observées dans les rhumatismes "inflammatoires", mais à degré moindre. Dans la grande majorité des cas, il existe seulement une réaction réversible de la synoviale comme dans le RAA. c) Une symptomatologie clinique qui réalise : - Soit un tableau d'arthrite aiguë purulente Soit un tableau de RAA mais avec un contexte variable selon le germe en cause Soit un tableau d'arthrite chronique. d) Des signes radiographiques qui associent : En cas d'action directe, des images de destruction ostéo-articulaire débutant par une décalcification osseuse diffuse dés le 10-13e jour pour les arthrites septiques, mais beaucoup plus tardivement en cas d'atteinte par le bacille de Koch. En cas d'action indirecte, des images de destruction ostéo-articulaires beaucoup plus rares et toujours très modérées. e) Des signes biologiques qui sont : Soit non spécifiques tels que : - Une augmentation de la vitesse de sédimentation Une leucocytose Une augmentation des alpha2 Soit plus évocateurs tels que : - Une augmentation très nette des antistreptolysines dans le RAA La présence d'inclusions cellulaires de type "virales" dans le FLR La mise en évidence de germes pathologiques à la ponction articulaire. f) Des modalités évolutives qui réalisent : - En cas d'action directe des germes : une destruction ostéoarticulaire complète avec impotence fonctionnelle majeure. En cas d'action indirecte des germes : une atteinte articulaire le plus souvent modérée et réversible. g) Des ressources thérapeutiques communes : Antalgiques, antibiotiques, spécifiques ou non, rééducation après guérison. Collège International de Médecine Ostéopathique Page 14 RHUMATOLOGIE D- D'ORIGINE MYCOSIQUE OU PARASITAIRE À localisation surtout articulaire. E - D’ORIGINE METABOLIQUE 1) A localisation articulaire prédominante : - La goutte, primitive ou secondaire L'alcaptonurie (ochronose) La chondrocalcinose articulaire diffuse L'hémochromatose 2) Diffus : - L'ostéoporose L'ostéomalacie L'ostéodystrophie rénale. F - D'ORIGINE NEUROLOGIQUE : - Le tabès La syringomyélie Le diabète L'acropathie ulcéro-mutilante (maladie de Thévenard) L'algoneurodystrophie décalcifiante diffuse des membres. H- D'ORIGINE ENDOCRINIENNE - L'acromégalie L'hyperparathyroïdie L'hyperthyroïdie Le diabète. I - D'ORIGINE POST-TRAUMATIQUE - Les hydarthroses Les hémarthroses L'arthrose La para-ostéoarthropathie ossifiante post-traumatique Les nécroses post-traumatiques Les ostéoscléroses Le syndrome algo-neuro-dystrophique. J - D'ORIGINE HÉMATOPOÏÉTIQUE Collège International de Médecine Ostéopathique Page 15 RHUMATOLOGIE - Les leucoses La maladie de Hodgkin L'hémophilie Le myélome (maladie de Kahler) K - D'ORIGINE VASCULAIRE 1 - Une ostéonécrose aseptique - Primitive ou Secondaire : Traumatique, ou Barotraumatique 2) Une nécrose épiphysaire de l'adolescence a) Soit du noyau épiphysaire de la hanche. C'est la maladie de LeggPerthes Calvé évoluant vers la coxa-plana. b) Soit de la jonction ostéo-cartilagineuse de la tête fémorale. C'est le glissement épiphysaire ou céphalo-listhésis fémoral ou coxa-rétrorsa. c) Soit l'ostéochondrose vertébrale de croissance ou maladie de Scheuermann appelée à tort "épiphysite vertébrale". d) Soit d'autres localisations épiphysaire dont le genou (maladie de Koenig). L - D'ORIGINE TUMORALE 1) Soit primitives, - Bénignes : ostéome, chondrome, kyste, tumeur à cellules géantes (mixtes) Malignes : sarcome, chondrosarcome, myélome. 2) Soit secondaires : Métastases du sein, de la prostate, du rein, du tube digestif. M - D'ORIGINE PARANÉOPLASIQUE - Les ostéoarthropathies hypertrophiantes pneumiques (maladie de Pierre Marie) Les neuropathies paranéoplasiques Les polyarthrites stéatonécrotiques Les polyarthrites du syndrome carcinoïde. Collège International de Médecine Ostéopathique Page 16 RHUMATOLOGIE N - D'ORIGINE JUXTA-ARTICULAIRE 1) Affections atteignant les tendons et leurs gaines, les bourses séreuses, et les aponévroses : a) A l'épaule : - Une périarthrite scapulo-humérale Une capsulite rétractile 6) Au coude : - Une épicondylite ou une épitrochléite Une bursite olécranienne. c) Au poignet : Une ténosynovite stylo-radiale (de Quervain). d) A la main : - Le phénomène du doigt à ressort La maladie de Dupuytren (rétraction de l'aponévrose palmaire) e) A la hanche : - Une périarthrite Une bursite pré-trochantérienne f) Au genou : - une tendinite de la patte d'oie un kyste poplité une calcification juxta-articulaire (maladie de Pellegrini-Stieda). g) A la cheville : Une tendinite du tendon d'Achille, du tibial postérieur ou antérieur, des péroniers. h) Au pied : - Une maladie de Morton (métatarsalgie entre le 2e et le 3e interosseux) Une ou des épines calcanéennes. Une fascite plantaire 2) Affections touchant les muscles : Collège International de Médecine Ostéopathique Page 17 RHUMATOLOGIE - Les myopathies Les myasthénies Les myosites 3) Affections touchant la peau et les tissus sous-cutanés : - La sclérodermie La cellulite. O- SECONDAIRES A DES MALFORMATIONS 1) D'origine génotypique : - L'ostéopétrose L'ostéopoécilie L'ostéogénèse imparfaite : maladie de Lobstein La chondrodysplasie spondylo-épiphysaire : maladie de Morquio. 2) D'origine génétique : dystrophie d'Albright 3) D'origine congénitale : - Les anomalies du rachis : hémi-vertèbres, blocs congénitaux, scoliose Les anomalies des articulations périphériques : anomalies de la charnière cervico-occipitale ou lombo-sacrée Les anomalies des articulations périphériques : À la hanche : coxa-vara, coxa-valga, dysplasie coxo-fémorale Au genou : genu-valgum, genu-varum, genu-recurvatum Au pied : pied plat, pied creux, pied convexe. P - PAR INTOXICATION METALLIQUE Au fluor, au phosphore, au plomb. Q - RELEVANT DE CAUSES PHYSIQUES Tels que : Le radium, les rayons X, la fracture de fatigue. R - D'ORIGINE INCONNUE - La Maladie de Paget La mélorrhéostose L'hyperostose frontale interne. Collège International de Médecine Ostéopathique Page 18 RHUMATOLOGIE II - SÉMIOLOGIE DES ARTICULATIONS L'examen des articulations doit être bilatéral et comparatif : un de ses buts est d'établir la distinction entre une arthrite et une arthropathie dégénérative. A- LES ARTHRITES Les arthrites sont dues à une inflammation de la synoviale, alors que le cartilage est initialement indemne. 1) L’INFLAMMATION L'inflammation aiguë est essentiellement une réaction microcirculatoire. La vasodilatation est responsable de l'augmentation de la chaleur cutanée et de la rougeur des téguments. L'exsudation plasmatique explique le gonflement et l'épanchement intra-articulaire. Les polynucléaires sont attirés par chimiotactisme. La libération de leurs enzymes lysosomiales aggrave l'inflammation, L'inflammation aiguë envahie une libération de prostaglandines, une activation du complément et de la coagulation. Elle est caractéristique par l'absence de phénomène autoentretenu, l'absence d'infiltration importante par les macrophages et monocytes, l'évolution vers la guérison. Le type en et l'inflammation microcristalline L'inflammation chronique rhumatismale met en jeu les cellules immunes macrophages, lymphocytes er plasmocytes. Les lymphocytes T infiltrent les foyers inflammatoires : les cellules cytotoxiques exercent leur pouvoir pathogène, d'autres contrôlent les lymphocytes B (T helper et T suppresseurs) d'autres libèrent des lymphokines, Les lymphocytes B peuvent élaborer des auto-anticorps à l'origine d'immuno-complexe qui majorent les réactions inflammatoire. Le rôle des prostaglandines est également important. L'inflammation chimique auto-entretenue avec infiltration de la synoviale par des cellules lymphoplasmocytaires et troubles vasculaires peut aboutir à une prolifération synoviale : le pannus. Celui-ci, par l'action des enzymes protéolytiques, peut détruire le cartilage et éroder l'os sous-chondral, aboutissant à des destructions articulaires. Le type en est la polyarthrite rhumatoïde. 2) SÉMIOLOGIE GÉNÉRALE DES ARTHRITES Les signes fonctionnels sont dominés par la douleur inflammatoire à Collège International de Médecine Ostéopathique Page 19 RHUMATOLOGIE début rapidement progressif, de caractère pulsatile, de siège diffus intéressant toute l'articulation, à irradiations multiples, d'horaire nocturne réveillant le malade dans la deuxième partie de la nuit ; d'intensité maximale le matin au réveil, elle cède après une période d'activité (dérouillage matinal), elle est peu ou pas influencée par l'effort et elle est incomplètement soulagée par le repos. La raideur est souvent très importante, contribuant pour une grande part à l'impotence fonctionnelle. A l'examen physique, la tuméfaction est diffuse, régulière, effaçant les reliefs articulaires. Souvent visible, elle est également palpable. Elle est due à l'épanchement intra-articulaire, avec sensation de rénitence, et à l'épaississement de la synoviale. La rougeur est due à l'inflammation des plans superficiels. La chaleur locale est augmentée. La palpation retrouve une douleur diffuse, maximale au niveau des extrémités osseuses, de l'interligne et des insertions tendineuses. L'impotence articulaire se traduit par une limitation des mouvements actifs et passifs, voire par une fixation de la jointure dans sa position de relâchement. A la radiographie : au début de l'évolution, l'image radiographique est normale et ne montre qu'une déminéralisation diffuse avec gonflement des parties molles. Puis la synovite entraîne des lésions ostéocartilagineuses, avec pincement global de l'interligne et érosion des extrémités osseuses. Il n'y a pas d'ostéophytose et l'évolution peut se faire vers l'ankylose ou des destructions épiphysaires majeures avec subluxation ou luxation. Les examens biologiques montrent un syndrome inflammatoire aspécifique constant : augmentation de la vitesse de sédimentation, élévation des alpha 2-globulines ou des bétaglobulines à l'électrophorèse des protides et hyperfibrinémie. En cas d'inflammation chronique, on peut retrouver une diminution du fer sérique avec baisse de la sidérophiline et anémie hypochrome parfois microcytaire. Selon l'étiologie, certains examens biologiques spécifiques sont positifs (latex, Waaler-Rose, facteurs antinucléaires, antistreptolysines). L'analyse du liquide d'épanchement par ponction d'une articulation (genou le plus souvent) montre un liquide synovial clair ou trouble, fluide, car pauvre en mucine, riche en cellules (de 2 000 à 20 000/mm' ou plus), principalement des polynucléaires, riche en protéines (>35 (rappelons que le liquide synovial normal existe en très faible quantité Collège International de Médecine Ostéopathique Page 20 RHUMATOLOGIE et ne peut être obtenu par ponction). La biopsie synoviale montre une synoviale inflammatoire avec congestion vasculaire, oedème, infiltration par des cellules inflammatoires : polynucléaires, lymphocytes et plasmocytes. 3) CLASSIFICATION DES ARTHRITES Les arthrites peuvent être classées en fonction de leurs caractères cliniques ou de leur étiologie. a) Classification clinique - Selon l'intensité des signes inflammatoires, on distingue l'arthrite aiguë, l'arthrite subaiguë et arthrite chronique. L'arthrite aiguë s'installe brutalement et les signes inflammatoires (douleur, rougeur, chaleur, gonflement) sont au maximum. L'arthrite subaiguë est d'installation plus progressive et les signes inflammatoires sont plus modérés. L'arthrite chronique, enfin, a une évolution prolongée (supérieure à 3 mois). - Selon la topographie, on distingue la monoarthrite, l'oligoarthrite avec atteinte de deux à trois articulations et la polyarthrite. b) Classification étiologique • Arthrites infectieuses dues à la présence d'un agent microbien dans l'articulation (germes banals ou BK. • Arthrites réactionnelles. • Arthrites microcristallines : - la goutte, - la chondrocalcinose. • Arthrites rhumatismales : - la polyarthrite rhumatoïde - la spondylarthrite ankylosante. • Arthrites des connectivites : c) Arthrites infectieuses Collège International de Médecine Ostéopathique Page 21 RHUMATOLOGIE Les arthrites infectieuses sont dues à la présence d'un germe dans l'articulation. Il peut s'agir d'un germe banal (staphylocoque, bacille Gram négatif) ou d'une arthrite spécifique (tuberculose). La pénétration du germe dans l'articulation peut se faire par contiguïté à partir d'une ostéite, par voie sanguine au cours d'une septicémie, ou par inoculation directe à la suite d'une plaie ou d'une infiltration. 1. Arthrite à germe banal Elle survient souvent sur un terrain pathologique : diabète sucré, corticothérapie au long cours. Les signes cliniques d'installation brutale ou au contraire torpide associent un syndrome infectieux général à des signes articulaires locaux : l'articulation atteinte est douloureuse, tuméfiée, chaude, en position de relâchement La douleur, souvent intense, rend toute mobilisation active ou passive impossible. L'amyotrophie s'installe rapidement. La ponction de l'articulation ramène un liquide louche, voire franchement purulent, et permet la recherche du germe par examen direct et par mise en culture. La radiographie est normale au début ou montre une simple déminéralisation et un épaississement des parties molles. A un stade tardif, on peut observer des signes de destruction cartilagineuse (pincement) et osseuse (géode). Des complications peuvent émailler l'évolution dislocation articulaire, luxation, abcédation. 2. Arthrite gonococcique Sa présentation clinique et son évolution très favorable la différencient des autres arthrites à germes banals. Elle survient chez un sujet jeune avec une nette prédominance féminine. Elle réalise une oligo ou une polyarthrite aiguë. L'association à des signes cutanés (papulo-pustules) et à une inflammation de la gaine du tendon (ténosynovite) est très évocatrice. La découverte du gonocoque au sein de l'articulation est inconstante. L'évolution très rapidement favorable sous traitement est un argument supplémentaire en faveur du diagnostic. d) Arthrites réactionnelles Il s'agit de rhumatismes inflammatoires aseptiques survenant habituellement chez un homme jeune au décours d'une infection génitale ou digestive. Elles surviennent sur un terrain génétique prédisposé comme en témoigne la présence fréquente de l'antigène HLA Collège International de Médecine Ostéopathique Page 22 RHUMATOLOGIE - B27 (70 % des cas). Cliniquement, elles réalisent un tableau d'oligoarthrite asymétrique évoluant par poussées. Biologiquement, il existe un syndrome inflammatoire. Les germes responsables sont multiples (chlamydia, mycoplasme, yersinia...) et sont identifiés soit par isolement à distance de l'articulation, soit par sérologie. Cette oligoarthrite peut s'associer à une urétrite et une conjonctivite. La triade réalise alors le syndrome de Fiessinger-Leroy-Reiter. L'évolution à long terme est le plus souvent favorable. L'apparition d'une spondylarthrite ankylosante est néanmoins possible. e) Arthrites microcristallines : la goutte La goutte est la conséquence de l'hyperuricémie. Les accès articulaires dépendent de la durée et de l'importance de l'hyperuricémie. Le bilan de l'acide urique Les entrées sont représentées par : - le catabolisme des purines synthétisées de novo - le catabolisme des nucléoprotéines cellulaires, - le catabolisme des nucléoprotéines alimentaires. Les sorties sont représentées par : - l'élimination urinaire de l'acide urique, l'uricolyse intestinale. L'hyperuricémie peut être due à un excès de production de l'acide urique ou à un défaut d'élimination. C'est ainsi que l'hyperuricémie primitive est due à un excès de la purinosynthèse de novo. Elle est la cause de la goutte idiopathique (vraisemblablement par trouble enzymatique). L'hyperuricémie secondaire par contre, peut être due : - à un excès de catabolisme des nucléoprotéines endogènes (hémopathies), -à un défaut d'élimination rénale de l'acide urique (insuffisance rénale). Elle est à l'origine de la goutte secondaire. Collège International de Médecine Ostéopathique Page 23 RHUMATOLOGIE La symptomatologie de la goutte L'accès goutteux réalise une arthrite aiguë réactionnelle à la précipitation de microcristaux d'acide urique dans la cavité articulaire. Les causes de la précipitation des microcristaux dans l'articulation sont mal connues, mais deux facteurs semblent intervenir : - variations brutales de l'uricémie (en plus : excès alimentaire, ou en moins : traitement hypouricémiant), - facteurs locaux (microtraumatismes). Les microcristaux induisent une réaction inflammatoire aiguë non spécifique au cours de laquelle la phagocytose des cristaux par les polynucléaires et la libération d'enzymes lysosomiales jouent un grand rôle. L'articulation la plus fréquemment intéressée est la métatarsophalangienne du gros orteil. Le début en est brutal, nocturne, les signes inflammatoires sont au maximum avec gonflement rougeur des téguments, élévation de la température cutanée, douleurs vives entraînant une impotence fonctionnelle complète. La température est fréquemment élevée et peut atteindre 39 °C. Le syndrome inflammatoire biologique Il est constant avec parfois une hyperleucocytose. Lorsque le liquide articulaire peut être prélevé (genou), son analyse confirme sa nature inflammatoire avec de nombreuses cellules (10 000 à 30 000/mrn3), en majeure partie constituées de polynucléaires. L'examen microscopique retrouve en outre de nombreux microcristaux d'acide urique en forme d'aiguilles fortement biréfringentes. L'accès inflammatoire régresse en quelques jours avec desquamation cutanée. Après un premier accès, la guérison se fait sans séquelle et la radiographie est normale. Après plusieurs années d'évolution, les accès ont tendance à devenir moins aigus et plus prolongés. D'autres articulations peuvent être touchées et, entre les crises, les articulations restent déformées et douloureuses. C'est le stade des arthropathies chroniques. L'examen clinique retrouve alors fréquemment des dépôts sous-cutanés d'acide urique ou tophus qu'il faut rechercher au voisinage des articulations atteintes, au niveau du pavillon de l'oreille, à la face Collège International de Médecine Ostéopathique Page 24 RHUMATOLOGIE d'extension des coudes, au niveau du tendon d'Achille. f) Arthrites rhumatismales : la polyarthrite rhumatoïde Il s'agit d'une maladie inflammatoire chronique qui touche les articulations des membres, alors que l'axe rachidien est en général respecté. Elle est fréquente et atteint plus souvent la femme que l'homme aux alentours de 30 ans. Les atteintes articulaires sont bilatérales et symétriques avec une prédilection pour les extrémités (mains et pieds). La maladie débute au niveau des métacarpo-phalangiennes des deuxième et troisième doigts de la main, siège d'une arthrite inflammatoire. Elle évolue de façon chronique avec des poussées au cours desquelles se constituent des destructions articulaires génératrices de déformations. La destruction articulaire est la conséquence d'une synovite proliférante, siège d'une inflammation chronique d'origine immunologique. Elle aboutit au terme d'une évolution plus ou moins longue, à des déformations : déviation cubitale des doigts qui sont déformés, tuméfaction des métacarpo-phalangiennes qui peuvent être luxées, tuméfaction du poignet à laquelle participent la subluxation postérieure du carpe et la saillie de la tête cubitale, réalisant la main en « dos de chameau » Les coudes et les épaules sont fréquemment atteints, entraînant une limitation des mouvements dans les gestes de la vie quotidienne. L'atteinte métatarso-phalangienne est précoce, les pieds se déforment plus ou moins rapidement avec effondrement de la voûte plantaire, avant-pied rond, orteils déviés en dehors. Au niveau des genoux, souvent fixés en flexum, l'épanchement articulaire est parfois abondant et permet l'analyse du liquide synovial ainsi que la biopsie de synoviale. L'atteinte des hanches est moins fréquente (coxite), celle de la charnière atloïdo-axoïdienne peut menacer le pronostic vital par compression du tronc cérébral. Biologiquement a) Le syndrome inflammatoire Il est Constant et souvent important. b) Les manifestations immunologiques Collège International de Médecine Ostéopathique Page 25 RHUMATOLOGIE Le sérum des malades atteints de polyarthrite rhumatoïde comporte des auto-anticorps dont le plus caractéristique est le facteur rhumatoïde. 11 s'agit d'immunoglobulines dirigées contre les IgG et qui appartiennent aux trois classes d'immunoglobulines flet IgG, IgA). Seuls les facteurs rhumatoïdes de type IgM (anti-IgG) seront détectés par les tests de routine que sont le test au latex et la réaction de Waaler-Rose. Lors du test au latex, on met en présence des particules de latex recouvertes d'immunoglobulines G humaines avec le sérum du malade. Si ce dernier contient des facteurs rhumatoïdes, ceux-ci provoquent l'agglutination des particules de latex. Le test est considéré comme positif lorsque l'agglutination persiste pour une dilution du sérum supérieure ou égale à l/80. Le principe de la réaction de Waaler-Rose est identique, mais on remplace les particules de latex par des globules rouges de mouton recouverts d'immunoglobulines G de lapin. Il s'agit donc d'une réaction d'hémagglutination qui est positive pour une dilution supérieure ou égale à 1/32. Une dissociation entre les deux méthodes est possible car le test au latex est plus sensible que la réaction de Waaler-Rose ; 70 à 80 % des malades atteints de polyarthrite rhumatoïde ont une sérologie rhumatoïde positive, mais celle-ci n'est pas spécifique et peut se positiver tardivement. c) les caractères du liquide articulaire Le liquide articulaire est inflammatoire (viscosité diminuée, taux des protides supérieur à 40 g/1, taux de mucine abaissé, nombre d'éléments élevé entre 3 000 et 20 000/mm), essentiellement formés de polynucléaires et de cellules mononucléées). Certains polynucléaires présentent des inclusions cytoplasmiques en grains de raisin. Ce sont les ragocytes. Ces inclusions cytoplasmiques sont dues à la phagocytose d'immun-complexes. Le taux de complément normal dans le sang, est diminué dans le liquide articulaire. Les signes radiographiques, qui sont en retard sur la clinique, sont caractérisé% au début par une déminéralisation en bande des mains. Ultérieurement l'interligne articulaire est pincé et la synovite rhumatoïde détruit non seulement le cartilage, mais également l'os épiphysaire avec apparition d'encoches, d'érosions des extrémités osseuses (. La biopsie synoviale est utile au diagnostic. g) Arthrite des connectivites : le lupus Collège International de Médecine Ostéopathique Page 26 RHUMATOLOGIE Les connectivites constituent un groupe hétérogène de maladies atteignant la peau, les muscles, les articulations et d'autres structures riches en tissu conjonctif. Il s'y associe la production d'auto-anticorps. Les anticorps anti-nucléaires sont des auto-anticorps, réagissant avec différentes molécules constitutives du noyau cellulaire. Certains de ces anticorps ont une grande valeur diagnostique clans les connectivites. Ils sont dépistés par technique d'immunofluorescence indirecte. Résultat : L'absence d'anticorps and-nucléaires plaide contre le diagnostic de connectivite. Un résultat positif (exprimé par le titre du sérum >1/100) plaide en faveur d'une connectivite, niais ne permet pas d'en préciser le type. Seule une identification de la spécificité des auto-anticorps permettra de déterminer le type de connectivite. Dans le lupus, les anticorps anti-noyaux sont de type anti-ADN natif (dirigé contre l'ADN double brin), ou anti-Sm (dirigé contre un polysaccharide du noyau). Le lupus érythémateux disséminé (LED) est la plus fréquente des connectivites. Les auto-anticorps sont des anticorps anti-noyaux de type anti-ADN natif, caractéristiques de cette affection et présents dans 90% des lupus, ou anti-Sm, les plus spécifiques mais peu fréquemment retrouvés. Ces anticorps fixent le complément et forment des complexes immuns circulants dont le rôle pathogène est certain, L'atteinte articulaire peut être inaugurale, aiguë, inflammatoire, touchant les grosses articulations mais n'aboutissant jamais à des destructions articulaires. Le plus souvent, il s'agit d'arthralgies. Les autres atteintes sont la peau avec érythème du visage en aile de papillon (loup) révélé ou aggravé par l'exposition solaire. L'atteinte rénale à type de néphropathie glomérulaire avec protéinurie détermine le pronostic. Au niveau du cœur, le péricarde est le plus souvent touché, donnant un tableau de péricardite, voire de tamponnade. Anémie inflammatoire ou hémolytique auto-immune, thrombopénie, Collège International de Médecine Ostéopathique Page 27 RHUMATOLOGIE neutropénie périphérique sont les principales manifestations hématologiques. Plus rares sont les signes neuropsychiatriques. L'évolution du lupus érythémateux disséminé est variable, bénigne ou grave, souvent par poussées plus ou moins bien contrôlées par la thérapeutique. Parmi les autres connectivites, citons : - la sclérodermie où l'atteinte cutanée est prédominante ; - la dermatomyosite où l'atteinte cutanée et musculaire résume le tableau ; - des formes de passages entre ces trois connectivites sont fréquentes ; la mieux individualisée réalise le syndrome de Sharp. B - L'ARTHROSE L'arthrose est liée à des altérations primitives du cartilage articulaire pour lesquelles existent des facteurs favorisants : - la sénescence : cependant l'histologie du cartilage vieilli diffère de celle du cartilage arthrosique ; - les troubles de la mécanique articulaire : c'est le cas de certaines activités professionnelles ou sportives, ou de troubles statiques générateurs d'arthrose dans les articulations surmenées. La réaction synoviale, lorsqu'elle existe, est secondaire à ces lésions cartilagineuses. L'usure du cartilage articulaire entraine une réaction de l'os épiphysaire avec densification sous-chondrale (siégeant dans les zones d'appui), ostéophytose (naissant à la périphérie des surfaces articulaires). 1) SÉMIOLOGIE GÉNÉRALE DE L'ARTHROSE Il s'agit essentiellement d'une douleur de caractère mécanique, d'intensité variable, le plus souvent sourde et permanente, irradiant peu, aggravée par l'utilisation excessive, calmée par le repos, sans recrudescence nocturne ni dérouillage matinal. Elle s'accompagne d'une douleur de mise en route après une immobilisation prolongée. La raideur et l'impotence fonctionnelle apparaissent tardivement au cours de l'évolution. Les craquements sont fréquents, perçus par le malade, généralement peu douloureux, traduisant l'altération du cartilage articulaire. A l'examen clinique, la tuméfaction est irrégulière, due à l'hypertrophie osseuse, à l'hyperplasie généralement modérée de la synoviale et à la lipomatose sous-cutanée fréquemment associée. La coloration des téguments, la chaleur locale sont normales. La palpation est peu douloureuse, la limitation de la mobilité est variable. Des attitudes Collège International de Médecine Ostéopathique Page 28 RHUMATOLOGIE vicieuses peuvent se développer. Les signes radiographiques : la radiographie montre que les lésions cartilagineuses sont précoces : le pincement de l'interligne articulaire est le premier signe d'arthrose. Ce pincement est le plus souvent localisé au niveau de la zone (l'appui, s'accompagne d'une condensation de l'os sous-chondral, due à la réaction osseuse de la zone d'appui soumise à des contraintes mécaniques anormales du fait de la disparition du cartilage. Des images géodiques bien limitées sont parfois visibles au niveau de l'os sous-chondral : ce sont des géodes d'hyperpression. L'ostéophytose est constituée de productions osseuses qui se développent au point de pression de l'interligne. Les signes biologiques sont absents : il n'y a pas de syndrome inflammatoire. L'analyse du liquide articulaire, lorsqu'il existe, montre un épanchement mécanique : le liquide est clair, jaune citrin, visqueux. Il est pauvre en cellules (moins de 2 000/mm3), dont moins de 50 % de polynucléaires. Il est pauvre en protéines (moins de 30 g/l) et riche en mucine. La biopsie synoviale montre une synoviale scléro-atrophique peu vascularisée, résorbant des séquestres ostéocartilagineux, avec réaction inflammatoire locale à corps étranger. 2) CLASSIFICATION DES ARTHROSES On distingue les arthroses primitives dont on ne connait pas la cause et les arthroses secondaires à un vice architectural de l'articulation ou à une anomalie du cartilage articulaire d'origine métabolique. a) L'arthrose primitive L'arthrose primitive augmente de fréquence avec l'âge, est plus souvent rencontrée chez la femme, intéresse les articulations portantes (hanche, genou) et est favorisée par l'obésité. En général mono-articulaire ou bi-articulaire et symétrique, elle peut également être diffuse, intéressant les genoux, le rachis et les doigts, réalisant alors la maladie arthrosique. b) L'arthrose secondaire L'arthrose secondaire se développe sur une hanche dysplasique ou sur un genou présentant une désaxation frontale (genu varum ou genu valgum). Collège International de Médecine Ostéopathique Page 29 RHUMATOLOGIE Au membre supérieur, l'arthrose du poignet, du coude ou de l'épaule est souvent secondaire à des microtraumatismes professionnels (marteau-piqueur), sportifs ou à une anomalie métabolique (chondrocalcinose). Les arthroses secondaires surviennent à un âge plus précoce que les arthroses primitives ; il n'y a pas de prédominance d'un sexe par rapport à l'autre. Les corps étrangers intra-articulaires Ce sont des corps ostéocartilagineux ou cartilagineux libres dans la cavité articulaire qui sont à l'origine de deux manifestations cliniques : - blocage par coincement du corps étranger : c'est l'impossibilité subite ou inopinée de faire un mouvement articulaire ; il existe essentiellement au genou, sa durée est brève et il peut être douloureux ; - hydarthrose récidivante. Les traumatismes articulaires avec détachement d'un fragment ostéocartilagineux et l'arthrose en représentent les principales causes. Les arthralgies simples L'on réserve l'appellation d'arthralgies ou d'arthralgies simples aux douleurs articulaires sans signes objectifs cliniques ou radiologiques. Les douleurs articulaires des rhumatismes inflammatoires chroniques peuvent être, au début, des arthralgies simples quand l'inflammation articulaire qui les cause est encore très peu marquée. En fait beaucoup d'arthralgies simples représentent l'une des manifestations d'un état névrotique. Collège International de Médecine Ostéopathique Page 30 RHUMATOLOGIE Tableau récapitulatif des arthrites et des arthroses. III - OSTÉOSE DÉCALCIFIANTE BÉNIGNE A - OSTÉOPOROSE Affection caractérisée par une diminution du volume trabéculaire osseux. Il s'agit d'une diminution de la masse osseuse sans trouble de la minéralisation. Les travées osseuses sont grêles, non anastomosées, sans ostéoïdose, ni lacune de résorption. L'ostéoporose est fréquente chez le sujet âgé, en particulier chez la femme après la ménopause. La maladie se révèle par des douleurs osseuses essentiellement vertébro-pelviennes, dues à des microfractures sans signe radiologique OU à des tassements vertébraux qui sont responsables d'une réduction de la taille et d'une augmentation de la cyphose dorsale. La radiographie confirme l'existence des tassements vertébraux qui sont cunéiformes à bords concaves. Le bilan phosphocalcique statique est normal. Après perfusion calcique, le pourcentage de calcium éliminé dans les urines est supérieur à ce qui est observé chez le sujet normal (impossibilité pour le squelette de fixer le calcium injecté). Collège International de Médecine Ostéopathique Page 31 RHUMATOLOGIE 1) ÉTIOLOGIE a) Ostéoporose primitive post-ménopausique La plus fréquente. On lui reconnaît des facteurs de risque : ménopause précoce, absence de traitement substitutif, maigreur, baisse des activités physiques, baisse des apports calciques, tabagisme, alcoolisme, nulliparité, antécédents familiaux. b) Ostéoporose endocrinienne - Hypercorticisme, surtout iatrogène. Hyperthyroïdie. Hypogonadisme (syndrome de Turner, hémochromatose, acromégalie). Scorbut, homocystinurie. c) Hypercalciurie idiopathique Doit être évoquée devant toute ostéoporose du sujet jeune. d) Autres causes Immobilisation prolongée, traitement héparinique prolongé, ostéogenèse imparfaite. 2) PHYSIOPATHOLOGIE L'ostéoporose comporte une perte proportionnelle de la matrice protéique et du minéral. La résorption est augmentée par rapport à la formation. Ce déséquilibre osseux a deux mécanismes : baisse de l'activité des ostéoblastes et accroissement de celle des ostéoclastes. Les causes de ce déséquilibre sont : - Diminution des estrogènes et des androgènes tandis que le cortisol reste au même taux. Carence calcique. Vieillissement cellulaire. Facteur génétique. Réduction néphronique : diminution d'activité de la 1-alphahydroxylase. Collège International de Médecine Ostéopathique Page 32 RHUMATOLOGIE Figure 1. Raréfaction osseuse. 3) DIAGNOSTIC a) Circonstances de découverte - Tassement vertébral : rachialgies intenses et brutales, attitude antalgique, raideur ; absence de signe neurologique. Rachialgies chroniques mécaniques. Fractures de côtes, des os longs. Parfois à l'occasion d'un examen radiologique systématique. b) Examen clinique Noter la taille (critère évolutif), l'état général, les troubles statiques. c) Examens complémentaires • Radiographies : - Hypertransparence diffuse du squelette. Tassements vertébraux, aux contours nets. Fractures. Collège International de Médecine Ostéopathique Page 33 RHUMATOLOGIE Figure 2. Fracture-aplatissement vertébral en cas d’ostéoporose. • Scintigraphie osseuse : hyperfixation des vertèbres tassées récemment seulement. • Autres examens normaux : radiographie du crâne, hémogramme, VS, électrophorèse des protéines, recherche d'une protéinurie de Bence Jones, bilan phosphocalcique sanguin et urinaire, phosphatases alcalines. • Densitométrie osseuse (tomodensitométrie, isotopes) : quantification de la déminéralisation. Elle n'est pas de pratique courante. - DMO : densité minérale osseuse : c'est la masse surfacique de l'os mesurée sur une partie du corps humain. La CMO est exprimée en g/cm2 (grammes par centimètre carré). En anglais, la DMO est nommée BMD : bone mineral density. - CMO : contenu minéral osseux (en anglais BMC : bone mineral content) : c'est la masse de l'os mesurée sur une partie du corps humain, exprimée en grammes. Collège International de Médecine Ostéopathique Page 34 RHUMATOLOGIE Figure3. Densitométrie osseuse du col du fémur Remarque : DMOt et CMOt sont les abréviations utilisées dans les ostéodensitométries du corps entier. - Surface : c'est la surface osseuse d'une partie du corps humain, délimitée par un logiciel de reconnaissance des contours (lignes jaunes sur le document "Résultat d'une ostéodensitométrie du fémur"). Elle est exprimée en cm2. - T-score : le T-score est l'écart, exprimé en DS (déviation standard), entre la valeur de la DMO mesurée chez le (la) patient(e) et la valeur maximale ou pic, de la DMO atteinte à l'âge adulte (entre 30 et 35 ans) par une population de référence. - Z-score : c'est la différence entre la valeur mesurée et la valeur Collège International de Médecine Ostéopathique Page 35 RHUMATOLOGIE moyenne théorique corrigée pour l'âge, le sexe, l'ethnie et exprimée en nombre d'écart type (DS). Figure 4. Densitométrie osseuse vertébrale. Collège International de Médecine Ostéopathique Page 36
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