Ananlyse stylistique de Wes Anderson
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Ananlyse stylistique de Wes Anderson
! Jeanne Chauvin L1 / Grpe 3 — Statut des images 2 Département Communication-Hypermédia Université de Savoie ! ! ! 18 avril 2014 ! Chère Jeanne Chauvin, Voici l’analyse stylistique de Wes Anderson. ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! Moonrise Kingdom, Wes Anderson, 2012 1 Sommaire ! INTRODUCTION ! ASPECTS SCÉNARISTIQUES - GENRE Genre filmique Caractéristique filmique (scène d’introduction, de rencontre, rythme donné, présentation des personnages, informations pour le spectateur, ambiance graphique) ! ASPECTS PLASTIQUES, ESTHÉTIQUE Aspect esthétique lLumière naturelle et artificielle, les filtres) L’atmosphère (la forme, les couleurs) L’utilisation de la typographie ! MOUVEMENTS DE CAMÉRA Cadrage Plan fixe (effets donnés) Image en mouvement (effets des mouvements, type de mouvements, fonctions rythmiques) NARRATION Séquences (ensemble de plans constituant une unité narrative définie selon l’unité de lieu ou d’action) Découpage du film en séquences ! MUSIQUE ET SON Genre musical Rapport son / histoire « diégèse » (sons diégétiques ou extra-diégétiques) Son / image ! DÉCORS Objets Costumes Personnages ! 2 ! ! INTRODUCTION Wes Anderson est un cinéaste américain né en 1969 à Houston (Texas), considéré comme un des maîtres de la nouvelle comédie américaine. Il a à son actif plusieurs films et courts-métrages notables tels que : Rushmore (1998), La Famille Tenenbaum (2001), La vie aquatique (2004), À bord du Darjeeling Limited (2007), Fantastic Mr. Fox (2010), Moonrise Kingdom (2012), The grand Budapest Hotel (2014), Castello cavalcanti (court-métrage 2013), Hotel Chevalier (court-métrage 2007). Dans chacun de ses films Wes Anderson nous fait découvrir un monde rigide, carré, symétrique où rien n’est laissé au hasard. La précision et l’esthétique sont les notions de bases de son univers bien particulier, où ses personnages, à l'esprit gentiment dérangé et aux pensées excentriques, évoluent. Il allie couleurs vives et joviales à un univers froid et décalé. ASPECTS SCÉNARISTIQUES // GENRE Le genre de Wes Anderson est un mélange de comédie et de tragédie, dans un univers coloré et décalé où chaque détails a une signification et chaque image est parfaitement cadrée et symétrique. Dans ses films émane une douceur qui fait face à un fond plus sérieux, voire tragique : une tentative de suicide (La Famille Tenenbaum), la mort d’un enfant (The Darjeeling Limited), ou bien un amour impossible et des situations familiales compliqués (Moonrise Kingdom). 3 Cette douceur est apportée par les couleurs et le rythme que donné par Wes Anderson, mais aussi par la légèreté de ses personnages. Dans ces décors sur-cadrés, le jeu des acteurs vient mettre le chaos et permet au spectateur de s’échapper de ce cadre où tout est trop bien rangé. Ce qui caractérise Wes Anderson : des acteurs (exemple : les frères Wilson, Bill Murray), des costumes impayables, l’utilisation de l’écrit (Moonrise Kingdom), des regards caméras et des ralentis en abondance, mais surtout l’utilisation récurrente de musiques qu’elles soient anglaises, américaines, indiennes, françaises, pop, rock, punk ou de variété (ex : Joe Dassin, Cat Steven, Devo, The Beach Boys etc.). Paradoxalement, sa filmographie est habitée par les thématiques de l’enfance et de la f a m i l l e q u i e s t s y n o n y m e d e d é s o r d re , d e c o n f l i t s , d’apprentissage, d’erreurs. Et, pour développer ces thèmes il choisit un style calculé où aucun détail n’est laissé au hasard. Le fond et la forme sont en contradiction ce qui permet d’appuyer d’autant plus le sujet traité. Il présente chaque début de film comme une pièce de théâtre avec une ouverture des rideaux. Son style permet aux spectateurs une immersion totale dès les premières scènes. On commence par une course effrénée sur une musique indienne dans À bord du Darjeeling Limited, ou par jeu de rideau dans Moonrise Kingdom. Puis, il nous présente une description très détaillée de chacun de ses personnages principaux. Les bases de l’histoire sont posées, le rythme installé - Action ! ! A S P E C T S P L A S T I Q U E S / E S T H É T I Q U E // L ‘ A T M OSPHÈRE ! Dans tous ces films Wes Anderson nous plonge dans un climat ultra coloré. Les lumières artificielles sont saturées sans pour autant être agressive, et les lumières naturelles sont adoucies, tamisée pour créer une atmosphère rétro. Ces jeux de lumières sont en échos avec les filtres qui durcissent le coté saturé des images. 4 ! Cette atmosphère est renforcée par les formes qui ont une place omniprésente chez Wes Anderson, dont l’obsession pour la symétrie. En effet, que ce soit le cadrage des scènes, les travellings, l es éléments du décor, l’emplacement des personnages… tout a son importance et tout est à un endroit bien précis. Par exempl e, l es coul eurs des vêtements sont systématiquement assorties au fond, ainsi que les objets et les accessoires (sac, lunettes bandeaux…) reflétant ainsi la personnalité des personnages et s’accordant au reste du décors. Pour les couleurs, elles sont très vives, acidulées voire criardes. Le rouge et le jaune sont les couleurs les plus présentes dans ses films. W. Anderson respect une palette de couleurs très spécifique dans chacun de ses films. Chaque élément de par sa couleur est visuellement lié aux autres. Il y aura toujours une touche de couleur très coloré dans chacun de ses plans. 5 ! Enfin, la typographie est un élément identitaire des longs métrages d’Anderson. On note la présence récurrente de la police « Futura », mais aussi de typographies calligraphiques plus élégantes à consonance retro. La typogragrayhie de Moonrise Kingdom a été conçu par l’artiste Jessica Hische. Les couleurs des typographies sont choisi en fonction des images, toujours dans le même style. ! MOUVEMENTS DE CAMÉRA À l'écran, l'équilibre est sans failles. Dans toutes ses oeuvres les plans peuvent être scindés en deux par une ligne droite verticale. De part et d'autre de ce trait invisible, l'image de droite ressemble beaucoup à celle de gauche et vice-versa. ! Comme Tarantino avec son fameux plan «Vue de coffre», Wes Anderson a lui aussi certains tics visuels qui deviennent symboliques. Il filme souvent les objets d'un point de vue aérien : la lecture d'une missive, la consultation d'une carte... Ces positions contribuent à rendre le contexte plus lumineux. ! Les plans de Wes Anderson ont toujours une signification précise. Il exprime à travers ses cadrages et son regard de caméra les sentiments de ses personnages. En respectant évidemment la symétrie de l’image ! Parfois ces personnages se tiennent debout au centre de l’image comme si ils voulaient les isoler. Et parfois il joue avec la focalisation interne nous faisant rentrer dans l’esprit du personnage. 6 Ces plans fixes ont parfois un air de photo de famille. Ce qui est très reconnaissable au style d'Anderson sont les plans très rapproché sur les visages de ses personnages. À travers ses plans il exprime une idée, un sentiment, ou une découverte d'un personnage. Lorsque la caméra est statique, elle crée une impression de non-profondeur qui tend à annuler la distance, séparant figure et décor dans le plan. Anderson joue de cette particularité en questionnant en permanence ce rapport entre la figure et le fond,comme si le personnage devenait un objet de décors. Mais cet effet de non-profondeur se brise dès que la caméra n'est plus statique. ! Ces plans fixes symétriques sont souvent suivis par des travellings. Les travellings avants, arrières, et latéraux agissent comme un moyen de se libérer de la toute-puissance de ce cadre rigide. Mais ils nous permettent aussi d’explorer le décors et de d’accompagner les personnages et ce qui donne un rythme aux séquences. Très souvent, il commence une séquence par un plan fixe et termine de la même manière. De cette façon le spectateur a l’impression de décrypter le film comme un livre d’images. Les travellings latéraux de gauche à droite renforcent cette idée de lecture. Comme avec les plans rapprochés, les moments importants sont aussi renforcés par des ralentis. Par exemple, lors du mariage des enfants dans Moonrise Kingdom le travelling arrière au ralenti transmet un sentiment de liberté, exprimant le passage de l’enfance au monde des adultes. Il a une fonction rythmique et accompagne les personnages. Ou encore, dans La Famille Tenenbaum lorsque Margot marche vers Richie à l’aéroport, on comprend qu’entre eux les sentiments sont plus forts qu’avec d’autres personnes de la famille. ! ! NARRATION Dans la lignée de ses films à l'univers "mélancolique", Anderson s'intéresse en particulier aux relations familiales (le désir d’intégrer une famille, puis dénonce les difficultés de communication…). 7 ! Tout d’abord, ses films sont découpés en de nombreuses séquences qui vont du prologue à l’épilogue. Comme dans La Famille Tenenbaum le projet narratif de Wes Anderson est clair, on distingue une clé de lecture pour l’ensemble du film : présentation des personnages, les retrouvailles, et la résolutions des vieux conflits. Ce procédé est typique du cinéma que l’on pouvait voir chez Orson Welles dans Citizen Kane. Le découpage de ses films se fait par chapitrage régulier. Les transitions sont des cartons annonçant le prochain chapitre de l’histoire. Dans La Famille Tenenbaum l’histoire commence avec un gros plan sur un livre, en forme d’« il était une fois ». La voix off est là en tant que conteur omniscient. Ce procédé va permettre de scander le film et de la rythmer. Les musiques et les bruitages jouent un rôle important dans le changement de séquence. Les premiers plans peuvent ainsi être vus comme une annonce : le film sera la tentative de faire cohabiter ensemble une multitude de personnalités. La famille constitue le lieu typique de l’opposition et du conflit dans lequel s’entrecroisent des enjeux collectifs et tra jectoires personnelles. !! MUSIQUE ET SON ! En ce qui concerne les musiques, Anderson nous ouvre son univers personnel, un univers pop-rock. Il joue avec les effets diégétique et extra-diégétique. En effet, les musiques commencent souvent hors de l’histoire puis deviennent omniscientes. Par exemple, nous pouvons voir dans Moonrise Kingdom lorsque la musique du tourne-disque se transpose en un son extrêmement fort comme si le spectateur assistait à une représentation théâtrale. Il passe d’une musique diégétique à extra-diégétique. En général, on note une forte complémentarité entre images et son. Par exemple, lorsque le son prend le dessus sur l’image, permettant au spectateur de se focaliser sur l’action et d’en appuyer le propos, ou de souligne l’atmosphère qui émane des décors. ! 8 Wes Anderson travaille énormément sur les transitions sonores. Ces transitions lui permette de passer d’un plan à un autre, en utilisant parfois la voix off. On le voit beaucoup dans Moonrise Kingdom dans lequel on entend dans un premier temps une voix décrire ce qui se passe dans le camp des scouts avec pour image un dictaphone puis on voit le chef Scoot kaki entrain de s’enregistrer. En revanche, dans La Famille Tenebaum, on peut constater la présence d’une voix off régulièrement, dans le but est de structurer le long-métrage mais aussi de compléter les informations que peut avoir le spectateur a travers les images car elle fait office de narrateur. ! ! DÉCORS ! En ce qui concerne les décors, ils sont extrêmement symétriques et recherchés. Ils représentent l’essence même du styl e de Wes Anderson. Les éléments de décors sont généralement disposés de façon esthétique et symbolique. Par exemple, dans La Famille Tenenbaum on voit dans les décors de la chambre de Chas ou de son appartement que tout est ranger parfaitement, appuyant la dimension obsessionnelle de sa personnalité. Il y a aussi l’omniprésence de références, de la culture dans les décors, notamment avec la présence de livres, journaux… On note par ailleurs l’importance des couleurs, dont une unité de couleur assez récurrente (marron, orange, jaune, bleu). ! Chez Anderson le style vestimentaire exprime deux choses : le coté complètement loufoque des personnages en reflétant leur personnalité et leur appartenance à un groupe (exemple : Chas et ses fils dans La Famille Tenenbaum, les scouts dans Moonrise Kingdom). Ainsi le style et les couleurs, s’assortissent à la personnalité de chacun des personnages mais aussi au décor. En effet, ils constituent une continuité par une homogénéité des couleurs entre costumes et cadres mais aussi dans la symétrie des images construite par Anderson. On remarque que les hommes portent toujours une vesteblazer ou costard, en velours souvent, ou en tweed. 9 Par ailleurs, Wes Anderson accorde beaucoup d’importance aux accessoires des plus sobres aux plus excentriques. Chacun de ses personnages sont d’une grande originalité. Le spectateur parvient à cerner la personnalité des personnages dès le premier regard grâce aux éléments esthétiques. Wes Anderson en inspire plus d’un ! Le monde de la mode attendant chaque sortie de ses films avec impatience. Prada va même lui demandé de faire la pub de son parfum eau de Candy. ! Les personnages dans les films d’Anderson ont toujours un univers qui leur est propre et très marqué, avec des profils type qui reviennent souvent : l’enfant qui a le mal de vivre, l’abandonné, l’anti-héros… Par ailleurs, leur identité est mise en abime de part leurs costumes, leur environnement mais aussi avec leur rapport à autrui. Comme par exemple, le jeune garçon rejeté par sa famille, ses amis scouts, la famille de son amoureuse dans Moonrise Kingdom ou encore Chas dans La Famille Tenenbaum qui se sent rejeté et abandonné par son père. Aussi, on voit que dans l’univers feutré qu’a construit Anderson une focalisation sur l’enfance. On y voit des enfants réagir de manière mature alors que les adultes eux ont une attitude plutôt enfantine. En ce qui concerne les acteurs, Wes Anderson met un point d’honneur à choisir des personnalités particulières. On retrouve souvent les mêmes acteurs comme Bill Murray, Owen Wilson, cependant la seule femme à revenir régulièrement dans ces films est Anjelica Huston. La femme est souvent représentée comme l’objet de désir. Elle est convoitée par plusieurs des personnages hommes exemple, Margot dans Moonrise Kingdom, la serveuse dans À bord du darjeeling limited etc. ! ! Cordialement, ! Julie Accorsi Morgane Pochat Alice Jumari Aurélie Bédiola Kathrina Frank 10