Notes sur les technologies de la santé en émergence
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Notes sur les technologies de la santé en émergence Traitement à ondes de choc extracorporelles de l’épicondylite latérale chronique (épicondylite des joueurs de tennis) numéro 96 • 2e partie janvier 2007 Sommaire et la densité énergétique définissent l’énergie totale d’un traitement. 9 Les appareils électrohydrauliques, électromagnétiques ou piézoélectriques servent à transformer l’énergie en ondes acoustiques pendant le traitement à ondes de choc extracorporelles (TOCE) de l’épicondylite latérale chronique (ÉLC) du coude (tendinite du coude ou épicondylite des joueurs de tennis). Ces ondes peuvent accélérer le processus de guérison par un mécanisme inconnu. Les méthodes électrohydrauliques, électromagnétiques ou piézoélectriques peuvent servir à la génération et à la transmission d’ondes de choc. Ces méthodes comportent la transformation de l’énergie électrique en énergie mécanique par la génération d’ondes de choc dirigées sur une région tissulaire précise et transmises au patient par l’entremise d’un gel de couplage. On croit que ce procédé produit une analgésie et stimule le processus de guérison2. 9 Les résultats d’essais cliniques contrôlés et randomisés sont contradictoires. En effet, la moitié des études a démontré une atténuation statistiquement significative de la douleur dans le groupe traité et l’autre moitié n’a pas révélé d’avantages par rapport au placebo pour aucun des critères évalués. L’épicondylite latérale chronique (ÉLC) est un trouble professionnel ou lié à la pratique d’un sport qui est causé par la surutilisation des muscles de l’avant-bras et entraîne une inflammation et une douleur des tendons extérieurs du coude3,4. Le diagnostic d’ÉLC est simple, mais on ne sait pas encore quel est le traitement le plus efficace. 9 Peu de données indiquent que le TOCE est moins coûteux que la chirurgie arthroscopique, la chirurgie ouverte et les autres traitements conservateurs, telles les infiltrations d’un stéroïde et la physiothérapie, qui durent plus de six semaines. Le TOCE est administré en externe contre la douleur associée à l’ÉLC lorsque les traitements conservateurs ont échoué. 9 L’absence de données convaincantes sur son efficacité pratique ne plaide pas en faveur de l’usage du TOCE contre l’ÉLC. La technologie Les ondes de choc sont des ondes acoustiques caractérisées par une augmentation rapide de la pression. Elles sont produites au moyen d’une génératrice puis dirigées sur le tissu cible au moyen d’un réflecteur elliptique ou d’une lentille acoustique1. L’énergie qui se trouve au foyer, appelée densité énergétique, se mesure en joules par unité de surface (mJ/mm2). Une basse densité énergétique est inférieure à 0,2 mJ/mm2, tandis qu’une haute densité énergétique est d’entre 0,2 mJ/mm2 et 0,4 mJ/mm2. Le nombre d’impulsions Stade de la réglementation Santé Canada a autorisé la commercialisation de SONOCUR® Basic (Siemens), de Epos Ultra® (Dornier MedTech) et de OrthospecMC (Medispec) au Canada en juillet 1999, juillet 2004 et mars 2005, respectivement5. Groupe cible La prévalence de l’ÉLC est de 1 % à 3 % dans la population générale. Le taux passe à 19 % chez les personnes de 30 à 60 ans6-9. Les associations du domaine des ondes de choc extracorporelles en orthopédie proposent d’utiliser le TOCE contre l’épicondylite chez les patients qui en souffrent depuis plus de 6 mois, chez ceux qui n’ont pas répondu au traitement normal administré depuis trois mois et en cas d’échec de la chirurgie10. L’Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé (ACMTS) est financée par les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux canadiens. (www.acmts.ca) Pratique courante La prise en charge de la douleur latérale du coude comporte des traitements conservateurs et effractifs. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) oraux ou topiques et les corticostéroïdes (administrés par voie orale ou par injection locale) procurent un soulagement à court terme de la douleur, quoiqu’on s’interroge sur l’efficacité pratique de l’injection d’un corticostéroïde. Les traitements à long terme comprennent traitement au laser, acupuncture, renforcement des muscles, massage, écharpes du coude et stimulation galvanique haute tension. Les patients qui ne peuvent toujours pas fonctionner malgré des traitements conservateurs sont des candidats à la chirurgie. Le TOCE, que l’on propose pour les patients qui n’ont pas répondu aux traitements conservateurs classiques, est le dernier choix des traitements conservateurs6. Données probantes Des essais contrôlés et randomisés (ECR) publiés entre 2000 et 2006 ont été examinés. Sept des ECR ont comparé le TOCE à un placebo (802 participants)12-18, un a comparé le TOCE à l’injection d’un stéroïde (93 participants)19 et un a comparé le TOCE à une dose minimale d’ondes de choc (75 participants)20. Pour deux de ces ECR, le niveau d’énergie n’était pas indiqué13,20. Parmi les autres, un a porté sur l’utilisation d’un niveau moyen d’énergie18, un sur l’utilisation de multiples niveaux d’énergie15 et les cinq autres sur l’utilisation d’un faible niveau d’énergie12,14,16,17,19. Les principaux critères évalués ont été la douleur au repos (échelle de 100 points), la douleur à l’extension du poignet contre résistance (échelle visuelle analogue de 10 points), l’évaluation fonctionnelle (échelle de la fonction des membres supérieurs), la force de préhension (selon la dynamométrie) et les effets indésirables. Tous ces critères d’évaluation de l’efficacité théorique ont été mesurés trois mois après le traitement. Les essais ont donné des résultats contradictoires pour ce qui est de l’efficacité clinique du TOCE. Quatre essais ont produit des données en faveur du TOCE par rapport au placebo ou une dose minimale d’ondes de choc pour la plupart des critères ayant été mesurés12-14,20. Trois essais12,14-20 ont révélé une atténuation statistiquement significative de la douleur à l’extension du poignet contre résistance dans le groupe traité (p < 0,05) et une hausse statistiquement significative du nombre de patients ayant obtenu une atténuation de la douleur d’au moins 50 % trois mois après le traitement (p < 0,05). L’autre essai de petite envergure13 a révélé qu’il y avait un avantage d’après une échelle de 10 points après six mois dans le groupe traité (10 participants sur 13) par rapport au groupe placebo (1 participant sur 11). Selon quatre essais, le TOCE n’avait pas d’avantage sur le placebo pour aucun des critères d’évaluation mesurés15-18. Au cours de ces essais, il n’y a pas eu de différences significatives entre les groupes traités d’après les scores de l’échelle de la douleur pendant la période de l’étude. Les données d’un des ECR ont révélé que les patients souffrant d’une douleur latérale du coude traités par une injection locale d’un stéroïde étaient plus susceptibles de présenter une atténuation de la douleur de 50 % trois mois après la fin du traitement que les patients recevant le TOCE19. Parmi les neuf ECR dont il est question dans le présent bulletin, quatre ont été financés ou ont reçu un appui quelconque des fabricants12,13,15,16, quatre comptes rendus précisaient qu’il n’y avait pas eu de financement14,17-19 et pour l’autre, la source de financement n’était pas précisée20. La plupart des essais publiés sur le TOCE contre l’ÉLC sont de qualité homogène. La densité énergétique recommandée pour le TOCE en orthopédie varie de 0,01 mJ/mm2 à 0,28 mJ/mm2, mais, parmi les neuf ECR retenus, aucun n’a comparé l’effet de l’utilisation de niveaux d’énergie différents. Aucun essai publié n’a évalué s’il y a un lien entre le niveau d’énergie reçu par un patient et le résultat clinique. Effets indésirables Aucun effet indésirable grave n’a été observé au cours des essais qui ont été retenus. Au cours d’un des essais14, on a signalé des rougeurs temporaires de la région traitée chez tous les patients. Au cours du même essai, 95 % des patients ont signalé une douleur pendant le TOCE, en comparaison à 53 % des patients du groupe placebo, et 21 % des patients du groupe recevant le TOCE ont signalé des nausées. L’Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé (ACMTS) est financée par les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux canadiens. (www.acmts.ca) Au cours d’un autre essai12, 50 % des patients du groupe recevant le TOCE et 22 % de ceux du groupe placebo ont signalé une douleur modérée temporaire et 18 % des patients recevant le TOCE ont présenté des nausées. Administration et coût Les protocoles du TOCE dépendent de la catégorie d’énergie11. Lorsqu’on utilise des appareils à haut niveau d’énergie, il faut habituellement un traitement de 1000 à 1500 impulsions et un traitement supplémentaire facultatif. Avec les appareils à haut niveau d’énergie, il faut pratiquer une anesthésie au moins locale et on cerne la région à traiter au moyen de l’imagerie. Lorsqu’on utilise des appareils à faible niveau d’énergie, il faut trois traitements de 2000 à 3000 impulsions et deux traitements supplémentaires facultatifs. Avec les appareils à faible niveau d’énergie, l’anesthésie n’est pas nécessaire et le patient indique au praticien la région la plus douloureuse. Le prix de liste canadien de l’appareil SONOCUR Basic est d’environ 100 000 $CA (Bert Stadler, Siemens Canada, Edmonton; communication personnelle, 8 novembre 2006). L’appareil Orthospec coûte environ 200 000 $CA (Lui Mattiazzi, Osis Medical, Toronto; communication personnelle, 15 octobre 2006). Le coût de l’appareil Epos Ultra n’était pas disponible. Une évaluation du coût effectuée en Autriche en 2000 a révélé que le TOCE est moins coûteux que la chirurgie arthroscopique, la chirurgie ouverte et les autres traitements conservateurs, telles les infiltrations d’un stéroïde et la physiothérapie, qui durent plus de six semaines10. Activités dans le domaine À l’heure actuelle, les autres traitements à l’étude contre l’ÉLC sont la prolothérapie (injection d’une solution de dextrose ou d’une autre solution dans le ligament) et l’iontophorèse à la dexaméthasone (administration cutanée d’un corticostéroïde au moyen d’une charge électrique)21-23. Taux d’utilisation Le TOCE est utilisé en orthopédie depuis dix ans. Les résultats contradictoires au sujet de son efficacité clinique ont limité sa diffusion dans certains pays. La hausse importante du nombre de demandes de remboursement des coûts associés au TOCE pour des indications orthopédiques et l’expansion illimitée des indications de ce traitement ont entraîné une réévaluation du TOCE en Allemagne en 1999 qui a abouti à la conclusion que « ni l’avantage, ni la nécessité médicale, non plus que l’efficience » de ce traitement n’ont été prouvés10. En Suisse, après une évaluation du TOCE effectuée en 1998, la Commission des assureurs médicaux a décidé d’exclure le TOCE de sa liste de coûts10. Questions d’implantation Il n’existe pas de données probantes justifiant l’usage du TOCE contre l’ÉLC24. Les essais de petite envergure randomisés et contrôlés ont donné des résultats contradictoires et il n’existe pas de plan de traitement normalisé pour l’administration du TOCE. De récentes évaluations effectuées par le National Institute for Health and Clinical Excellence (NICE) du Royaume-Uni et la Blue Cross Blue Shield des États-Unis ont aussi conclu que les données probantes actuelles ne justifient pas l’usage du TOCE contre l’ÉLC25,26. Références 1. Liang SM, et al. Biomed Eng Appl Basis Commun 2006;18(1):24-9. Accessible au : http://bme.ntu.edu.tw/abc/18.1/18-1-5.pdf Wang CJ. Chang Gung Med J 2003;26(4):220-32. Kaminsky SB, et al. Sports Med Arthrosc 2003;11(1):63-70. Hume PA, et al. Sports Med 2006;36(2):151-70. Liste des instruments médicaux homologués [base de données électronique]. Ottawa: Bureau des matériels médicaux, Direction des produits thérapeutiques, Santé Canada; 2006. Accessible au : http://www.mdall.ca/ Vicenzino B, et al. Phys Ther Rev 1996;1:23-34. Allander E. 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Ottawa : Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé; 2007. ********************** L'ACMTS assume l'entière responsabilité de la forme finale et du contenu de ce bulletin. Les opinions exprimées dans ce bulletin sont celles de l'ACMTS et ne représentent pas forcément celles de ses examinateurs. L'ACMTS remercie les examinateurs externes qui ont eu l'obligeance de commenter les versions précédentes de ce bulletin. Les examinateurs suivants ont accepté d'être reconnus : Simon Dagenais, DC, PhD, CHEO R.I., Joy C MacDermid, BScPT, MSc, PhD, Université McMastery, Hamilton et Hand and Upper Limb Centre, London ON. La production de ce rapport a été rendue possible par l’apport financier de Santé Canada et des gouvernements d’Alberta, de la Colombie-Britannique, du Manitoba, du Nouveau- Brunswick, de la Terre-Neuve-et-Labrador, des Territoires du Nord-Ouest, de la Nouvelle-Écosse, du Nunavut, de l’Ontario, de la Saskatchewan et du Yukon. L’Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé assume l’entière responsabilité de la forme finale et du contenu de ce rapport. Les opinions exprimées dans ce rapport ne représentent pas forcément celles du Santé Canada ou de gouvernements provinciaux ou territoriaux. ISSN 1488-6332 (en ligne) ISSN 1486-2972 (imprimée) CONVENTION DE LA POSTE-PUBLICATIONS NO 40026386 RETOURNER TOUTE CORRESPONDANCE NE POUVANT ÊTRE LIVRÉE AU CANADA À AGENCE CANADIENNE DES MÉDICAMENTS ET DES TECHNOLOGIES DE LA SANTÉ 600-865 AVENUE CARLING OTTAWA ON K1S 5S8 << >> L’Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé (ACMTS) est financée par les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux canadiens. (www.acmts.ca)