etude descriptive du code de la sante publique
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Article original ETUDE DESCRIPTIVE DU CODE DE LA SANTE PUBLIQUE APPLICABLE A LA PROFESSION PHARMACEUTIQUE EN COTE D’IVOIRE Auteurs Résumé L’objectif général de notre travail était de mettre en évidence les éléments constitutifs du code de la santé publique applicable à la pharmacie en Côte d’Ivoire, cinquante ans après l’accession de ce pays à la souveraineté. Tous les textes relatifs à la pharmacie et au médicament ont été analysés. Il ressort qu’entre 1893 et 1954, le domaine pharmaceutique Service en Côte d’Ivoire était réglementé par la métropole via les 1-Pharmacien, Docteur es- administrateurs français installés sur le territoire. C’est en Sciences Pharmaceutiques 1954 qu’un tout premier Code de la Pharmacie fut rendu (spécialité : Droit Pharma- applicable en Côte d’Ivoire, par la loi française n°54-418 ceutique), Enseignantdu 15 avril 1954. Si cette loi de 1954 et ses modifications Chercheur en Législatoin ultérieures constituent l’essentiel du code de la santé publique pharmaceutique à l’UFR applicable à la pharmacie en Côte d’Ivoire, il faut néanmoins Sciences Pharmaceutiques souligner que ce dispositif juridique s’est enrichi d’autres et Biologiques de l’Univertextes adoptés par la Côte d ’Ivoire qui se sont émancipés de sité de Cocody-Abidjan l’héritage colonial. AMARI A.S.G*1, AMONKOU-NGUESSAN AC2, KABLAN B.J3 2- Pharmacien, interne des hôpitaux, en service à la pharmacie centrale du Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Cocody 3- Pharmacien, Professeur agrégé de pharmacologie, chef de service des départements de pharmacologie, Galénique et législation pharmaceutique à l’UFR des Sciences Pharmaceutiques et Biologiques de l’Université de Cocody-Abidjan. Correspondance Dr AMARI ASG 23 BP51 Abidjan 23 [email protected] A cela, il faut ajouter les réglementations communautaire et internationale qui complètent aujourd’hui le corpus législatif de la pharmacie et du médicament en Côte d’Ivoire. Aussi, une mise à jour de ces dispositions et un rassemblement sous un seul volume du Code de la Santé Publique applicable à la Pharmacie et des autres textes réglementant la Pharmacie devrait être envisagée, dans l’optique d’élaborer un Code de la Santé Publique propre à la Côte d’Ivoire. Mots-Clés : Code de la Santé Publique – Pharmacie – Médicament – Côte d’Ivoire SUMMARY A DESCRIPTIVE STUDY OF THE PUBLIC HEALTH CODE APPLICABLE TO PHARMACY IN CÔTE D’IVOIRE The overall objective of our work was to highlight the elements of the public health code applied to pharmacy in Côte d’Ivoire, fifty years after the country’s accession to sovereignty. All the texts concerning pharmacy and drugs were analyzed. It appears that from 1893 until 1954, the domain of Pharmacy and Medicine Cah. Santé Publique, Vol. 9, n°2- 2010 © EDUCI 2010 in Côte d’Ivoire was regulated by the French administrators who settled on the territory, through colonial decrees, notes, letters and telegrams from the metropolis or the colonial administration. It was in 1954 that a very first code of pharmacy was made applicable in Côte d’Ivoire under French law n° 54-418 of 15th April 1954. Although this law and its further amendments were the main frame of the public health code that is applicable to pharmacy in Côte d’Ivoire, we must, however emphasize on the fact that other texts were adopted and set free from colonial inheritance and added to this legal operation by the country. To this we must also add community and international regulations that complete today the legislative body about pharmacy and drugs in Côte d’Ivoire. So, an update of these texts and their publication under a single volume as a public health code applicable to pharmacy and other pharmacy regulation texts should be consider in the perspective of developing a specific public health code in Côte d’Ivoire. Key words: Public health code, Pharmacy, Drugs, Côte d’Ivoire INTRODUCTION Un Code de la Santé Publique regroupe l’ensemble des dispositions régissant les professions de santé d’un pays. Il définit les procédures à suivre, les responsabilités, le cadre réglementaire, les objectifs à atteindre dans le but de la santé des populations. La Côte d’Ivoire, ancienne colonie française, a gardé plusieurs procédés de l’administration de la métropole même après les indépendances y compris les procédés de gestion du domaine de la santé. Aussi le Code de la Santé publique applicable en Côte d’Ivoire, notamment en ce qui concerne la pharmacie, se trouve-t-il être une émanation du Code de la Santé publique de la République française (JORF, décret n°53-1001 du 5 octobre 1953). Après le 7 août 1960, un grand nombre de textes ont été adoptés par la Côte d’Ivoire pour permettre une meilleure prise en compte des réalités du système de santé ivoirien et les conditions de vie de ses populations ; c’est le cas de la loi n°60-272 du 2 septembre 1960 instituant un Ordre national des pharmaciens en République de Côte d’Ivoire, de la loi n°62-249 du 31 juillet 1962 instituant un code de déontologie pharmaceutique et bien d’autres. Aujourd’hui, ces textes, ainsi que le Code de la Pharmacie hérité de la colonisation, sont disponibles mais dispersés dans diverses structures et institutions ivoiriennes. Il convient donc de faire un bilan de la réglementation de la Pharmacie et du médicament aujourd’hui en Côte d’Ivoire. L’objectif général de ce travail est donc de décrire le Code de la Santé Publique applicable à la profession pharmaceutique en Côte d’Ivoire, cinquante ans après son indépendance. Cah. Santé Publique, Vol. 9, n°2- 2010 © EDUCI 2010 8 METHODOLOGIE Notre démarche méthodologique a consisté dans un premier temps à identifi er puis regrouper les textes qui défi nissent et délimitent le Code de la Santé Publique applicable à la profession pharmaceutique en Côte d’Ivoire. Nous avons ensuite procédé à une analyse des éléments constitutifs du Code de la Santé publique relatif à la pharmacie pour mettre en évidence le champ d’application de ce dernier. Notre matériel d’étude était essentiellement constitué des textes juridiques que nous avons collectés au niveau des structures et établissements visités à savoir le Journal Officiel de la République de Côte d’Ivoire (JORCI), le service de documentation de l’Assemblée Nationale, les services juridiques du cabinet du Ministère de la santé et de la Pharmacie de la Santé Publique (PSP), l’inspection générale de la santé, le Centre National de Documentation juridique (CNDJ), l’Ordre National des Pharmaciens, le Programme National de Développement des Activités Pharmaceutiques (PNDAP) et le Conseil Supérieur de la Publicité (CSP) et de la Direction de la Pharmacie et du Médicament (DPM). Il s’agit de lois, décrets, arrêtés, décisions, avis, directives, règlements, datant de l’année 2010 et des années antérieures, et, tout document en relation avec le sujet de notre étude. Dans cette même optique, nous avons examiné des conventions et traités communautaires, régionaux ou internationaux, les règlements, directives, avis, recommandations communautaires relatifs à la réglementation de la profession pharmaceutique en Côte d’Ivoire. Nous avons analysé l’ensemble de ces législations ce qui nous a permis de décrire les grandes articulations du droit positif concernant la règlementation pharmaceutique en Côte d’Ivoire. RESULTATS 1- ELEMENTS CONSTITUTIFS DU CODE DE LA SANTE PUBLIQUE APPLICABLE A LA PHARMACIE L’origine du Code de la Santé Publique applicable à la profession pharmaceutique en Côte d’Ivoire remonte à 1954. Dans les colonies françaises, et notamment en Côte d’Ivoire, de 1893 et 1954, l’organisation sanitaire était régie par des décrets et des arrêtés coloniaux pris par le Gouvernement français ou les administrateurs coloniaux. Ce n’est qu’en 1954, un an après l’adoption du premier Code de la Santé Publique français, qu’une loi, la loi n°54-418 du 15 avril 1954 rendit applicable une portion dudit code aux colonies donc également en Côte d’Ivoire. Ce Code français de la Santé Publique était lui-même issu du décret n° 53-1001 du 5 octobre 1953 qui permit un accès plus aisé aux textes nombreux et épars qui régissaient le domaine de la Santé en France (figure 1). AMARI A.S.G* & al. : Etude descriptive du code de la santé publique... pp. 7-. 9 9 Décret n°53-100 du 5 octobre 1953 Création du Code de la Santé Publique de France EVOLUTIONS (en France) Loi n°54-418 du 15 avril 1954 Art. 511 à 518, et 549 à 655 du Code de Santé français (relatifs à la Pharmacie) rendus applicables en Côte d’Ivoire Décret 55-512 du 11 mai 1955 Modifications d’articles du Code de la Santé Publique Ordonnance 59-250 du 4 février 1959 Séparation Définition du Médicament / Monopole pharmaceutique Loi n°65-250 du 4 août 1965 Art. 511 à 513, 518, 601 à 610 Loi n°88-686 du 22 juillet 1988 modifiés Art. 626 et 630 abrogés Figure 1 : Historique du code de la santé publique applicable à la pharmacie en Côte d’Ivoire Figure 1 : Historique du code de la santé publique applicable à la pharmacie en Côte d’Ivoire Cah. Santé Publique, Vol. 9, n°2- 2010 © EDUCI 2010 10 1.1- la loi française de 1954 1.1.1- Présentation de la loi française de 1954 La loi française n°54-418 du 15 avril 1954 étendant aux territoires d’Outre-mer, au Togo et au Cameroun certaines dispositions du Code de la Santé Publique relatives à l’exercice de la Pharmacie «JORF, 1954» constitue le texte de base du Code de la Santé Publique applicable en Côte d’Ivoire concernant la profession pharmaceutique. En effet, cette loi dota la Côte d’Ivoire d’un véritable Code de la Pharmacie en rendant applicables les articles 511 à 655 inclusivement, à l’exclusion des articles 520 à 548 inclusivement qui concernaient l’Ordre National des Pharmaciens de France. La loi n°54-418 est relativement brève en ce qui concerne le texte lui-même. Elle comporte cinq articles (1 à 5) qui défi nissent son objet et son étendue géographique. Elle énonce également des dérogations au monopole pharmaceutique en l’occurrence, à l’article 3 et à l’article 4 relatifs aux dépôts de médicaments et aux médicaments vétérinaires. Le livre V du Code de la Santé Publique de France relatif à la Pharmacie, figure en annexe de la loi n°54-418 du 15 avril 1954 et renferme l’essentiel des dispositions du Code de Santé français applicable, en vertu de ladite loi. Ces dispositions sont celles du décret français n°53-1001 du 5 octobre 1953 susmentionné. Le livre V traite notamment des conditions générales d’exercice de la profession de pharmacien, des dispositions particulières aux divers modes d’exercice de la pharmacie. Il traite des restrictions du commerce de certaines substances ou de certains objets. 1.1.2- Evolutions coloniales et postcoloniales de la loi française de 1954 Le domaine de la Pharmacie et du Médicament a été concerné par plusieurs modifications du texte de base de 1954. Les principales évolutions se sont matérialisées par des lois, des décrets et des arrêtés. D’avril 1954 à août 1960, les principales modifications enregistrées furent le décret n°55-512 du 11 mai 1955 (JORF du 12 mai 1955) et l’ordonnance du 4 février 1959 relative à la réforme du régime de la fabrication des produits pharmaceutiques et à diverses modifications du code de la santé publique «JORF, 1959» qui a séparé la définition du médicament du monopole pharmaceutique. Après l’indépendance, certains textes apportèrent également des modifications aux dispositions du Code de Pharmacie. On peut mentionner la loi n°65-250 du 4 août 1965 portant modification d’articles du Code de la Santé Publique relatifs au régime du médicament «JOFCI, 1960». Cette loi importante a notamment modifié les articles (anciens): L-511 relatif au monopole pharmaceutique, L-512 relatif à l’exclusion des produits pharmaceutique du régime de brevet, L-513 relatif à la préparation et à la délivrance des sérums, vaccins et allergènes, L-518 relatif aux peines en cas d’infractions aux dispositions des décrets pris en application de l’article L-605, L-601 relatif aux spécialités pharmaceutiques, L-602 relatif aux frais d’enregistrement des médicaments, L-603, L-604 et L-605 relatifs aux spécialités originales fabriquées en Côte d’Ivoire. L’on peut également citer la loi n°96-561 du 25 juillet 1996 relative à la pharmacie vétérinaire. AMARI A.S.G* & al. : Etude descriptive du code de la santé publique... pp. 7-. 9 11 Certains décrets importants méritent d’être signalés : le décret n°98-478 du 13 août 1998 relatif à la publicité du médicament et des établissements pharmaceutiques «JORCI, 1998», le décret n°94-33 du 20 janvier 1994 relatif au prix des médicaments et produits vendus en officine de pharmacie, le décret n°94-669 du 21 décembre 1994 relatif à l’enregistrement et à la dispensation des médicaments et produits. 1.2- le champ d’application du code de la sante applicable a la profession pharmaceutique en côte d’ivoire Les aspects réglementés par le Code de la Santé applicable à la Pharmacie sont d’une part l’administration de la pharmacie à savoir l’inspection de la pharmacie, l’enregistrement des médicaments, la réglementation de la publicité et d’autre part l’accès à la profession pharmaceutique et son exercice. L’inspection de la pharmacie et le contrôle de la publicité des médicaments sont entièrement dévolues au ministère de la santé. L’enregistrement des médicaments fait aussi partie des prérogatives dudit ministère qui statue après avis d’un comité spécialisé (qui donnera naissance bien plus tard en 1994 à la commission d’enregistrement des médicaments). Le monopole pharmaceutique est déjà clairement affirmé par la loi de 1954 même si des dérogations sont prévues dans un but de santé publique ; ces dérogations sont relatives à l’exercice de la propharmacie, aux dépôts de produits pharmaceutiques et à la vente de médicaments vétérinaires. Les modes d’exercice de la pharmacie prévus par la loi de 1954 sont la pharmacie d’officine, l’industrie pharmaceutique et les activités de distribution en gros des produits pharmaceutiques et parapharmaceutiques. L’accès à la profession est subordonné à l’obtention du titre de pharmacien. Les autres aspects traités par le Code de la Santé Publique sont relatifs à des dispositions particulières aux sérums, vaccins, et à certains produits d’origine microbienne non chimiquement défi nis (art. 606 à 617), imposant la nécessité d’un agrément préalable ainsi que les dispositions relatives à l’autorisation de débit des spécialités pharmaceutiques, aux produits sous cachets et aux sérums et vaccins pour l’usage des collectivités publiques et des institutions de sécurité sociale. Le code de la santé publique prévoit également des restrictions au commerce de certaines substances ou de certains objets notamment les substances vénéneuses, les radioéléments (art. 631 à 638), les essences pouvant servir à la fabrication des boissons alcoolisées (art. 641 à 642), les médicaments antivénériens (art. 643), anticonceptionnels et abortifs (art. 645) à délivrer uniquement sur prescription médicale, les thermomètres médicaux (art.651 à 655). Certaines de ces dispositions ont connu des évolutions après l’indépendance tandis que d’autres sont appliquées en l’état. D’autres textes ont été adoptés et se caractérisent par leur autonomie vis-à-vis du Code de la Santé de 1954. 2- LES AUTRES TEXTES REGLEMENTANT LA PHARMACIE ET LE MEDICAMENT EN COTE D’IVOIRE Compte tenu des limites objectives du code de la santé publique hérité de la colonisation, un grand nombre de dispositions ont été adoptées par la Côte d’Ivoire dans le domaine Cah. Santé Publique, Vol. 9, n°2- 2010 © EDUCI 2010 12 pharmaceutique. Parmi elles, on distingue celles qui ont une portée nationale de celles qui émanent de mécanismes de régulation supranationaux. 2.1- LES DISPOSITIONS NATIONALES 2.1.1- Les lois instituant l’Ordre National des Pharmaciens de Côte d’Ivoire et le Code de déontologie pharmaceutique Au moment de l’indépendance, la Côte d’Ivoire était dépourvue d’un Ordre des Pharmaciens et les pharmaciens qui y exerçaient étaient rattachés à l’Ordre National des Pharmaciens de France en sa section F. Aussi pour combler ce vide, moins d’un mois après l’accession de la Côte d’Ivoire à l’indépendance, la loi n°60-272 du 2 septembre 1960 portant création d’un Ordre national des Pharmaciens de Côte d’Ivoire [JORCI, 1960] précisant la composition, les prérogatives, l’organisation fut-elle votée. Suivit l’adoption d’un Code de déontologie en 1962 par la promulgation de la loi n°62-249 du 31 juillet 1962 instituant un Code de déontologie pharmaceutique modifi ée par la loi n°94-435 du 16 août 1994 portant modification de la loi n°62-249 du 31 juillet 1962 instituant un Code de Déontologie Pharmaceutique [JORCI, 1962]. 2.1.2- Autorité Nationale de Réglementation Pharmaceutique (ANRP) Elle est représentée par la Direction de la Pharmacie et du Médicament (DPM). La DPM est une Direction Centrale du Ministère de la Santé publique chargée d’appliquer la politique sanitaire du Gouvernement en matière pharmaceutique. L’organisation et le fonctionnement de la DPM sont actuellement régis par l’arrêté n°297 MSP/CAB/DPM du 13 décembre 2006. Ses missions et attributions couvrent donc plusieurs aspects relatifs à la Pharmacie, au Médicament et à d’autres produits soumis à réglementation: le contrôle de l’importation, l’exportation et du commerce des médicaments et de divers produits (cosmétiques, vétérinaires, dispositifs médicaux, alcools, substances psychotropes et substances vénéneuses, denrées alimentaires, …) ainsi que le contrôle en matière d’enregistrement de produit, d’agrément pour l’exploitation d’établissements pharmaceutiques, la pharmacovigilance et la tarification, l’exercice de la Pharmacie. A côté de la DPM, il faut souligner que d’autres structures telles que la Pharmacie de la santé Publique (PSP) et dans une moindre mesure le Programme élargi de vaccination interviennent dans la gestion des médicaments respectivement pour l’approvisionnement des établissements sanitaires publique et les vaccins notamment ceux du Programme Elargi de Vaccination (PEV). Enfin, notons la création récente (arrêté n°308 MSPH/CAB du 11 décembre 2008) du Programme National de Développement de l’Activité Pharmaceutique (PNDAP) chargé de Promouvoir la politique pharmaceutique nationale (PPN). 2.1.3- Règlements concernant divers produits et objets Les textes postcoloniaux prévoient également des règlements concernant d’autres produits et objets notamment la biologie médicale, les produits sanguins et autres substances d’origine humaine, les produits cosmétiques (Décret du n°92-594 du 30 septembre 1992 portant réglementation des produits cosmétiques et des produits d’hygiène corporelle), les réactifs de laboratoire, dispositifs médicaux, dispositifs médicaux de diagnostic in vitro (Arrêté n°284 MSP :DPM du 21 aout 2001 portant réglementation en gros du matériel médicochirurgical, des produits et objets utilisés à des fi ns contraceptives et abortive, AMARI A.S.G* & al. : Etude descriptive du code de la santé publique... pp. 7-. 9 13 des articles et objets de pansement, des alcools, des réactifs de laboratoire et substances vénéneuses destinées à d’autres usages que la médecine humaine et animale). 2.2- LES DISPOSITIONS SUPRANATIONALES Les dispositions des textes ratifiés au niveau communautaire, régional et international par la Côte d’Ivoire contribuent à la réglementation pharmaceutique ivoirienne. Au plan international il s’agit essentiellement de textes relatifs au contrôle international des stupéfiants et des psychotropes notamment la Convention de 1971 sur les substances psychotropes, notamment en son article 12 qui a été rendu applicable en Côte d’Ivoire au travers de la loi n°88-686 du 22 juillet 1988 portant répression du trafic de l’usage illicite des stupéfiants, des substances psychotropes et des substances vénéneuses. Au niveau régional et communautaire la Côte d’Ivoire appartient à deux grands ensembles, la communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) qui mènent des actions propres en vue de l’harmonisation des réglementations pharmaceutiques au sein de ces espaces. Certaines dispositions ont déjà été adoptées ; c’est le cas de la Directive n°06/2008/CM du 26 juin 2008 relative à la libre circulation et à l’établissement des pharmaciens ressortissants de l’Union au sein de l’espace UEMOA [UEMOA, 2008], la Directive n°06/2002/CM/UEMOA du 19 septembre 2002 portant détermination de la liste commune des médicaments, produits pharmaceutiques, matériels et produits spécialisés pour les activités médicales exonérées de TVA au sein de l’UEMOA [UEMOA, 2002]. DISCUSSION ANALYSE STRUCTURELLE ● Dichotomie des textes Au plan structural, l’analyse des dispositions législatives et réglementaires régissant la Pharmacie et le Médicament en Côte d’Ivoire permet de distinguer deux parties essentielles : la première relative aux dispositions héritées de la colonisation en vertu de la loi de 1954 étendant aux territoires d’outre-mer, au Togo et au Cameroun, certaines dispositions du Code de la Santé Publique relatives à l’exercice de la Pharmacie ainsi que leurs évolutions postcoloniales, la deuxième partie étant constituée par l’ensemble des autres textes réglementaires et législatifs qui, sans faire partie du Code de la Santé Publique au sens strict de la loi de 1954, sont fondamentaux pour la réglementation de la pharmacie et du médicament en Côte d’Ivoire. Cette dichotomie et cette dispersion des textes est préjudiciable à une conception globale de la réglementation pharmaceutique en Côte d’Ivoire. Pendant que certains aspects évoqués par la loi de 1954 n’ont pas connu d’évolution notable, de nouveaux textes rendus nécessaires par les nouvelles réalités de la profession se caractérisent par une certaine autonomie vis-à-vis du Code de la santé Publique hérité de la colonisation. Par ailleurs, cette dispersion des textes en Côte d’Ivoire rend difficile leur utilisation. En effet, du fait que ces textes soient dispersés dans diverses administrations étatiques, la recherche des différentes dispositions s’avère très difficile en pratique. Une plus grande centralisation aurait permis une consultation plus aisée et plus efficace. Il s’en suit des Cah. Santé Publique, Vol. 9, n°2- 2010 © EDUCI 2010 14 difficultés pratiques s’agissant de la coordination opérationnelle des actions de santé publique sur le terrain. ● La numérotation des articles La France, pour distinguer les textes législatifs des textes réglementaires a décidé de faire précéder les premiers de la lettre «L», les autres de la lettre «R». Il s’agit en réalité d’une distinction héritée de la révolution française de 1789, puisque depuis cette époque la France a gardé l’habitude de faire précéder par la lettre «L» ce qui relève de l’Assemblée Nationale, donc du législatif et par la lettre «R» ce qui émane de l’exécutif et qui était donc essentiellement réglementaire. Cet héritage de la Révolution a produit ses effets dans les anciennes colonies de la France. Ainsi, des articles du Code de la Santé Publique applicable en Côte d’Ivoire sont aujourd’hui encore précédés de la lettre «L» (essentiellement) bien que d’autres textes adoptés par la Côte d’Ivoire ne fassent plus mention desdites lettres. Dans la perspective de l’élaboration d’un recueil unique portant Code de la Santé Publique en Côte d’Ivoire, il est important d’harmoniser la numérotation des textes juridiques relatifs à la santé par la suppression pure et simple de ces préfixes que plus rien ne justifie. DE L’EFFICACITE DE LA REGLEMENTATION PHARMACEUTIQUE Bien qu’hérité de la colonisation, les dispositions du Code de la Santé Publique, en plusieurs de ses aspects, sont de nature à assurer un exercice de la pharmacie conforme à la déontologie pharmaceutique et aux règles de l’art. Cependant, certaines adaptations semblent nécessaires pour une meilleure gestion de la profession. De plus, le champ d’application du Code de la Santé publique devrait s’élargir pour couvrir d’autres domaines de la profession insuffisamment réglementés. Il s’agit en l’occurrence des aspects relatifs aux pharmacies à usage intérieur, à l’homéopathie, aux dons de médicaments, à la parapharmacie, à la médecine traditionnelle, à la visite médicale ainsi qu’à d’autres aspects tels que la contrefaçon des médicaments, la vente de médicaments sur internet et d’une façon générale tous les aspects liés à l’introduction des technologies de l’information et de la communication (TIC). Par ailleurs, l’inobservation de la législation, plus précisément de la déontologie pharmaceutique, quelques fois par les pharmaciens eux-mêmes et le faible impact du pharmacien sur le système sanitaire amenuise considérablement le rôle réel du Code de la Santé Publique sur les problèmes de Santé Publique. CONCLUSION L’analyse objective des dispositions législatives et réglementaires applicable à la profession pharmaceutique en Côte d’Ivoire permet de s’apercevoir que ledit dispositif juridique ne constitue point un ensemble homogène ; il se compose en effet d’une part d’un héritage colonial (la loi française de 1954) avec ses améliorations et adaptations post coloniales et d’autre part d’un ensemble de textes rendus nécessaires par les circonstances et qui au sens strict, ne feraient pas partie du Code de la santé publique applicable à la profession pharmaceutique en Côte d’Ivoire. A cela il faut ajouter les conventions internationales et la législation communautaire dont l’influence sur la gestion du médicament en Côte d’ Ivoire ne saurait être occultée. Cette hétérogénéité des textes régissant le domaine pharmaceutique en Côte d’Ivoire ne fait que conforter la nécessité d’une législation plus homogène et plus complète. AMARI A.S.G* & al. : Etude descriptive du code de la santé publique... pp. 7-. 9 15 Après cinquante années d’indépendance, il est opportun que la Côte d’Ivoire se dote enfin d’un véritable Code de la Santé Publique adapté aux évolutions des professions de santé et aux mutations sociales ; ce code devra harmoniser les dispositions antérieures à l’indépendance avec celles qui lui sont postérieures et être conformes aux conventions et traités ratifiés par la Côte d’Ivoire. Il s’agira d’un Code de la Santé désormais présenté sous un recueil et non plus composé de textes dispersés. La rationalisation des pratiques dans le domaine de la santé et la promotion de la santé publique sont à ce prix. REFERENCES Journal Officiel de la République de Côte d’Ivoire (JORCI) (1960) Loi n°60-272 du 2 septembre 1960 portant création d’un Ordre National des Pharmaciens de Côte d’Ivoire. 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