le programme 2016 - Festival international du film documentaire en

Transcription

le programme 2016 - Festival international du film documentaire en
Jusqu’où supporterons-nous l’inacceptable ? On s’offusque après chaque drame humanitaire mais les
victimes ne cessent d’augmenter, venant mourir aux portes d’une Europe incapable d’être solidaire.
Les observateurs internationaux s’accordent à dire que l’accueil de 30 000 réfugiés n’est pas un chiffre
à la hauteur d’un pays comme la France. En 2015, la violence a pénétré nos frontières et nous lui avons
répondu par l’état d’urgence et la discrimination de nos concitoyens d’origine arabo-musulmane, tombant
dans le piège qui nous avait été tendu par ceux qui nous ont attaqués. En France, nos gouvernants, asservis
à la finance, désintègrent peu à peu les acquis sociaux qui, rappelons-le, ont été obtenus au prix de longues
luttes depuis le Front Populaire en 1936 ! Tous ces maux ont pour dénominateur commun la peur qui
produit une société déshumanisée. Et René Char de nous interpeller avec ces vers : « De quoi souffres-tu ?
/ De l’irréel intact dans le réel dévasté ».
C’est donc cela le 21e siècle ? Un retour en force et sans alternative des « Temps Modernes » ? L’histoire
récente a déjà connu un tournant de ce genre. En 1936 Charlie Chaplin, en a dénoncé les dérives et son cri
d’alarme est, hélas, à nouveau d’actualité. Le thème de notre édition 2016, est donc, tout à la fois, un
hommage et un rappel de l’enjeu qui s’impose à nous : le droit à la justice, au bonheur et à la liberté.
Le changement ne viendra que d’en bas, à la manière des « rhizomes » définis par Deleuze, en tissant
souplement des liens toujours renouvelés et en nous nourrissant de nos divergences. Dans cette
démarche, la culture est essentielle car, pour citer Umberto Eco, « c’est à travers la culture que l’on parvient
à apprivoiser la différence ».
Notre festival reflète cette volonté, en s’engageant depuis 15 ans aux côtés de celles et ceux qui relatent
des catastrophes autant que des alternatives. Il s’agit d’une nécessité de témoigner, en laissant la parole
aux réalisateurs qui racontent la condition humaine.
DOC-Cévennes est au service de la connaissance et poursuit sa mission citoyenne de transmission, la plus
large possible à travers toutes les Cévennes. Le festival offre un regard critique ouvert à la réflexion et
l’intelligence, préalable indispensable à la prise de responsabilité.
Ce rendez-vous participe pleinement à notre résistance face à la passivité et à l’oubli.
Mais cette piqûre de rappel annuelle peut-elle entretenir en nous le désir de construire un monde meilleur ?
Marion Blanchaud,
vice-présidente de champ-contrechamp
02
RENDEZ-VOUS AVEC
Katerina Banoviez / assistante réalisation
Jean-Noël Cristiani / Formateur Ateliers Varan
Nadine Beaudet / réalisatrice
Françoise Davisse / réalisatrice
séance : Rencontre avec l’équipe d’EL PATIO
séance : LE CHANT DES ÉTOILES
Adeline Boit / réalisatrice (Master Pro Varan UPVM Lasalle)
séance : LA FONTAINE DE L’AMOUR
Levent Beskardes / artiste, interprète chant-signe
séance : J’AVANCERAI VERS TOI AVEC LES YEUX D’UN SOURD
Arnaud Bouquet / réalisateur / Liaison Skype
séances : ATELIERS VARAN
séance : COMME DES LIONS
Eliane de Latour / réalisatrice, anthropologue
séance : LITTLE GO GIRLS
Elvira Diaz / réalisatrice
séances : Y VOLVERE & VICTOR JARA N°2547
rencontre : EL PATIO
séance : LES DERNIERS HOMMES ÉLÉPHANTS
Porfirio Diaz / poète, protagoniste du film :
séance : L’AUTRE CÔTÉ
Victor Diaz / musicien, protagoniste du film :
séance : PAULINE S’ARRACHE
Bill Drummond / compositeur
Isabelle Bourgueil / réalisatrice (Master Pro Varan UPVM Lasalle)
Emilie Brisavoine / réalisatrice
séance : Y VOLVERE
séance : Y VOLVERE
Présentateur du focus Québec
séance : IMAGINE WAKING UP TOMORROW
AND ALL MUSIC HAS DISAPPEARED (Projet the 17)
& Rencontre
séance : LES DEUX MAISONS DE CRISTINA
séance : THE LONGEST RUN
Richard Brouillette / réalisateur - Producteur
Elodie Buisson / réalisatrice (Master Pro Varan UPVM Lasalle)
Ludovic Bunuel / assistant réalisation
séance : Rencontre avec l’équipe d’EL PATIO
Victor Catalan / réalisateur (Master Pro Varan UPVM Lasalle)
séance : L’APPRENTI
Mariam Chachia / réalisatrice
séance : ECOUTER LE SILENCE
Etienne Chaillou / réalisateur
Marianna Economou / réalisatrice / Liaison Skype
Saeed Taji Farouky / réalisateur / Liaison Skype
séance : TELL THE SPRING NOT TO COME THIS YEAR
Malene Flindt Pedersen / productrice
séance : THE CIRCUS DYNASTY
Sarah Franco-Ferrer / réalisatrice
séance : LA LIBERTÉ NOUS AIME ENCORE
table ronde : LE RETOUR DE LA GUERRE
séance : LA SOCIOLOGUE ET L’OURSON
Nicolas Frize / compositeur, réalisateur
séance : LES HÉRITIERS
Mags Gavan / productrice
séances : WEBDOC - CHAMP ACIER & Y VOLVERE
Youssef Gebran / réalisateur (Master Pro Varan UPVM Lasalle)
François Chambe / chef opérateur
Youssef Charifi / producteur
Elisabeth Claverie / Anthropologue,
table ronde : LE RETOUR DE LA GUERRE
Directrice de recherches émérite au CNRS.
Nathalie Combe / productrice
séance : Rencontre avec l’équipe d’EL PATIO
Corinne Cartillac / productrice
séance : WEBDOC - CHAMP ACIER
séance : AU TEMPS
séance : SATUDARAH : ONE BLOOD
séance : REPEINDRE LE MONDE
Claude Gérard / exploitant / Espace St Michel (Paris)
séance : LA SOCIALE
Simon Gillard / réalisateur
séance : YAAR
George Gittoes / réalisateur / Liaison Skype
séance : SNOW MONKEY
Arturo González Villaseñor / réalisateur / Liaison Skype
séance : LLEVATE MIS AMORES
Patricio Guzmán / réalisateur / Liaison Skype
Pierre-Julien Quiers / réalisateur
séance : LE CHOIX DES AUTRES
table ronde : LE RETOUR DE LA GUERRE
séance : LE BOUTON DE NACRE
Anders Rii Hansen / réalisateur
séance : AI WEI WEI - THE FAKE CASE
Frédéric Rousseau / professeur d’université et directeur de la MSHM
séance : COMME DES LIONS
Emmanuel Roy / réalisateur
séance : LORO DI NAPOLI
Michka Saäl / réalisatrice
Andreas Johnsen / réalisateur
Philippe Julien / syndicaliste, protagoniste du film :
Pierfrancesco Li Donni / réalisateur
Guillaume Llong / réalisateur (Master Pro Varan UPVM Lasalle)
séance : EN MARCHE
Raymond Macherel / distributeur
séances : COMME DES LIONS & LA SOCIALE
Lionel Marchand / réalisateur (Cinéfacto)
séance : SÉANCE LASALLOISE
Iphigénie Marcoux-Fortier / réalisatrice
séances : LES INDIENS, L’AIGLE ET LE DINDON
Michael McEvoy / réalisateur / Liaison Skype
séance : TELL THE SPRING NOT TO COME THIS YEAR
Jean-François Naud / réalisateur
séance : LES RÉSISTANCES DU MASSIF CENTRAL À LA MÉDITERRANÉE
Camilla Nielsson / réalisatrice
séances : DEMOCRATS
Cécile Orfila / monteuse
séances : YAAR
Ionela Padure / éducatrice, protagoniste du film :
séance : TOTO ET SES SŒURS
Jean-Gabriel Périot / réalisateur
séance : UNE JEUNESSE ALLEMANDE
Stéphane Perriot / monteur
séance : LA SOCIALE
Magali Pettier / réalisatrice, photographe
séance : ADDICTED TO SHEEP
Yvan Prat / producteur
séance : ANAY NY LANANA
séance : THE CIRCUS DYNASTY
table ronde : LE RETOUR DE LA GUERRE
séance : CHANT ACIER
séance : SPOON
Andreï Schwartz / réalisateur
séances : OUTSIDE & JAILBIRDS
Rino Sciarretta / producteur
séance : DUSTUR
table ronde : LE RETOUR DE LA GUERRE
Sonia Sejourné / réalisatrice (Master Pro Varan UPVM Lasalle)
séance : LES FRÈRES FAYET
Alyssa Symons-Bélanger / artiste et activiste québécoise,
séance : PIPELINES, POUVOIR ET DÉMOCRATIE
protagoniste du film :
Marie-Claude Treilhou / Formatrice Ateliers Varan
séances : ATELIERS VARAN
Hemal Trivedi / réalisatrice, productrice / Liaison Skype
séance : AMONG THE BELIEVERS
Joost van der Valk / réalisateur
séance : SATUDARAH ONE BLOOD
Maria Van Munster / réalisatrice (Master Pro Varan UPVM Lasalle)
séance : LA BEAUTÉ DEVANT MOI FASSE QUE JE MARCHE
Séverine Vanel / réalisatrice
séance : LE CHOIX DES AUTRES
table ronde : LE RETOUR DE LA GUERRE
Catalina Villar / réalisatrice
séance : NUEVA MEDELLIN
Frédéric Violeau / chargé de diffusion, Lumière du monde
séance : Rencontre avec LUMIÈRE DU MONDE & MARIAM CHACHIA
Maxence Voiseux / réalisateur
séance : LES HÉRITIERS
04
LASALLE
/ MERCREDI 4 MAI
/ FILATURE
/ TEMPLE
10h15
TEMPLE
14h
16h
18h
FILATURE
21h
18h30
THÉÂTRE : CHIC MODERNE !
/ JEUDI 5 MAI
21h
RENCONTRE
avec Nicolas Frize & Bill Drummond
Entrée libre & gratuite
LE CHANT DES ÉTOILES
/p.15
THE CIRCUS DYNASTY
/p.18
NUEVA MEDELLIN
/p.20
Nadine Beaudet
Anders Riis-Hansen
Catalina Villar
SPOON
Michka Saäl
FOYER
/p.24
ADDICTED TO SHEEP
/p.14
16h
LES HÉRITIERS
/p.17
Magali Pettier
Maxence Voiseux
LA LIBERTÉ NOUS AIME ENCORE
(Work in progress)
/p.19
Sarah Franco Ferrer
SÉANCE LASALLOISE
/p.27
14h
TOTO ET SES SŒURS
/p.32
16h
LES INDIENS
L’AIGLE ET LE DINDON
/p.34
17h15
COMME DES LIONS
/p.37
21h
VICTOR JARA N° 2547
/p.41
21h
14h
PIPELINES,
POUVOIR ET DÉMOCRATIE /p.30
10h15
16h
18h15
/p.26
21h
10h30
LE CHOIX DES AUTRES
/p.10
10h30
13h
SNOW MONKEY
/p.12
TELL SPRING NOT
TO COME THIS YEAR
/p.16
LORO DI NAPOLI
/p.22
LLEVATE MIS AMORES
/p.25
16h
18h
21h
Séverine Vanel & Pierre-Julien Quiers
George Gittoes
Saeed Taji Farouky & Michael McEvoy
Pierfrancesco Li Donni
Arturo González Villaseñor
11h
SÉANCE ATELIERS VARAN
14h
AU TEMPS
16h
IMAGINE WAKING UP
TOMORROW AND ALL MUSIC
HAS DISAPPEARED
Stefan Schwietert
/p.8
18h
21h
Les frères Fayet / Sonia Séjourné
La beauté devant moi fasse
que je marche / Maria Van Munster
Nicolas Frize
LA SOCIALE
Gilles Perret
LE CHANT D’UNE ÎLE
Joaquim Pinto & Nuno Leonel
14h
/p.21
/p.23
Alexander Nanau
Françoise Davisse
Elvira Diaz
Olivier D. Asselin
J’AVANCERAI VERS TOI AVEC
LES YEUX D’UN SOURD
/p.36
Laetitia Carton
DUSTUR
/p.39
DEMOCRATS
/p.40
RENCONTRE
/p.28
Marco Santarelli
Camilla Nielsson
avec l’équipe d’EL PATIO
Entrée libre & gratuite
WEB DOC/
LES RÉSISTANCES
/p.33
16h
Y VOLVERE
/p.35
18h
THE LONGEST RUN
/p.38
21h
Elvira Diaz
Marianna Economou
LES DERNIERS HOMMES
ÉLÉPHANTS
Daniel Ferguson & Arnaud Bouquet
11h
/p.11
/p.13
Entrée libre & gratuite
Iphigénie Marcoux-Fortier & Karine van Ameringen
UNE JEUNESSE
ALLEMANDE
21h
Jean-Gabriel Périot
CHAPELLE
/p.9
14h
17h30
/ VENDREDI 6 MAI
IMAGINE WAKING UP TOMORROW AND ALL MUSIC HAS DISAPPEARED
Stefan Schwietert
/p.42
SÉANCE ATELIERS VARAN
Repeindre le monde / Youssef Gebran
Les deux maisons
de Cristina / Elodie Buisson
10h15
14h
RENCONTRE
avec Lumière du monde & Mariam Chachia :
ÉCOUTER LE SILENCE
Entrée libre & gratuite
/p.31
16h
REDIFFUSION
18h
REDIFFUSION
21h
REDIFFUSION
Consultez le mode d’emploi du festival (Cf. Page 59)
TABLE RONDE
Entrée libre & gratuite
/p.43
ANAY NY LALANA /Nantenaina Fifaliana
YAAR / Simon Gillard
BESOS FRIOS / Nicolás Rincón Gille /p.48
OUTSIDE
/p.50
LA SOCIOLOGUE
ET L’OURSON
/p.53
LITTLE GO GIRLS
/p.56
14h
THE CHINESE MAYOR
/p.46
15h30
PAULINE S’ARRACHE
/p.49
17h30
AI WEIWEI THE FAKE CASE
/p.52
10h30
JAILBIRDS
/p.44
14h
WEB DOC/
CHANT ACIER
/p.47
16h
18h
Andrei Schwartz
Etienne Chaillou & Mathias Théry
Eliane de Latour
Zhou Hao
Émilie Brisavoine
Andreas Johnsen
16h
18h
21h
Andrei Schwartz
SATUDARAH
ONE BLOOD
Joost van der Valk & Mags Gavan
/p.54
LE BOUTON DE NACRE
/p.55
Hemal Trivedi & Mohammed Ali Naqvi
Patricio Guzmán
SÉANCE ATELIERS VARAN
14h
REDIFFUSION
16h
18h
21h
/p.51
AMONG THE BELIEVERS
11h
/p.29
14h
/ SAMEDI 7 MAI
L’apprenti / Victor Catalan
La fontaine de
l’amour / Adeline Boit
L’autre côté / Isabelle Bourgueil
/p.45
REDIFFUSION
REDIFFUSION
REDIFFUSION
Les films rediffusés
sont affichés à la billetterie
Bon Festival !
06
M E R C R E D I 4 M A I / FILATURE / 18h 30
CHIC MODERNE !
Paroles, essais, bribes, scènes, Chic Moderne ! propose quelques
moments de jeu à partager très directement avec le public, au
plus près des questions actuelles.
Rions un peu de nos désillusions, de nos maladresses, de notre
désarroi face au système, du décalage avec cette « société du
spectacle » qui nous saoule, nous embrouille entre réel, fictif et
virtuel.
Quelle articulation entre l’intime et le politique ?
Qu’est-ce qui est en train de changer, non seulement dans la
communication avec les autres, mais aussi dans notre façon de
sentir et de penser ?
Josiane Fritz Pantel, metteuse en scène
1 heure
Conception & mise en scène : Josiane Fritz Pantel
Jeu : Hélène Hoos /David Martin / Michel Proc
Célia Rosner / Fred Roustand
Lumières : Jean-Luc Derlon
Musique : Thibaut Chagnard
Le spectacle est le mauvais rêve de la société moderne
enchaînée, qui n’exprime finalement que son désir de dormir.
Le spectacle est le gardien de ce sommeil.
Guy Debord
[Imaginez que vous vous réveillez un matin et que toute
la m u s i q u e a it d i s p a r u e ]
IMAGINE WAKING UP TOMORROW
AND ALL MUSIC HAS DISAPPEARED
(Projet the 17) I Stefan Schwietert
2015 | 1h24mn | Suisse - Allemagne | Maximage GmbH, Flying Moon Filmproduktion, SRF, SSR
Sesterce d’argent, Meilleur long-métrage suisse, toutes sections compétitives confondues, Festival Visions du réel 2015, Nyon (Suisse).
Stefan Schwietert, né en Allemagne, grandit cependant en Suisse. Il réalise ses premiers films pour Videogenossenschaft Basel puis s’installe au Brésil où
il est assistant réalisateur sur des films musicaux de
TV Globo. En 1982, il obtient une bourse d’étude à
l’Art Institute of California de San Francisco et intègre
ensuite la Deutsche Film- und Fernsehakademie de
Berlin (DFFB) avant de fonder « Neapel Film » en
1991. Depuis plus de quinze ans, le cinéaste suisse
Stefan Schwietert excelle dans l’art du documentaire
musical. Musique yiddish, yodel, cumbia, accordéon…
il sillonne la planète « musique » pour mettre en relation les instruments, les voix et les êtres humains qui
en sont les dépositaires. Ses films ont été couronnés
de nombreux prix.
Filmographie partielle :
2012 - Balkan Melodie
2007 - Heimatklange (Echoes of home)
2007 - Big Band poésie / 2004 - Accordion Tribe
2003 - Alphorn (Le cor des Alpes)
Devenez membre
du groupe de
Bill Drummond « The17 »
C’est l’expérience ultime qui clôt le film :
Drummond nous invite à devenir membres
de « The17 », en créant les dernières
minutes de l’œuvre avec nos propres notes,
basées sur le rythme de notre pouls.
Celle-ci est répétée chaque fois
que le film est projeté.
Les spectateurs-trices / participant-e-s
ont la possibilité d’ajouter leur nom
au générique à travers le site officiel
de ce documentaire qui est peut-être
l’exemple ultime du work in progress.
Une expérience interactive à ne pas rater,
qu’on s’intéresse ou non à l’avenir
de la musique.
http://www.imaginewakinguptomorrowandallmusichasdisappeared.com
Vous souvenez-vous de Bill Drummond ? Il fut le fondateur du KLF (Kopyright
liberation Front) un des groupes de transe, électro, novateur de la fin des années 80 qui,
en pleine gloire, quitta de façon spectaculaire (la destruction filmée d’un million de
livres sterling) l’industrie de la musique pour explorer d’autres pistes. Bien que musicien, producteur du Label Zoo Records, Drummond n’a jamais cessé de contester le
courant dominant et conventionnel de la création musicale.
Vingt cinq ans plus tard, Stefan Schwietert le suit pas à pas dans la création d’une œuvre
conceptuelle, une chorale improbable, planétaire et éphémère pour une œuvre qui
n’appartiendra qu’à ceux qui l’ont interprétée. Des badauds, des enfants, des ouvriers,
des chauffeurs de taxi, une famille, des jeunes... que le musicien entraîne, presque
malgré eux à chanter : « A quoi ça sert, la musique ? ».
Les partitions sont des concepts : il écrit les 60 premières. Ensuite, il crée un site où
chacun peut déposer son idée. Le personnage arpente le monde pour mettre en œuvre
son projet, récolte les idées, va à la rencontre des gens, laisse son empreinte par de
grands panneaux intrigants, des graffitis géants reprenant la phrase « Imagine », dans
toutes les langues, ou des petits pochoirs de The17 qu’il va peindre dans la neige.
Ainsi Bill Drummond positionne la création artistique dans la vie.
La bande son du film de Stefan Schwietert nous entraîne dans cette musique concrète : le
moteur de sa voiture qui fut le point de départ du projet, le vent, le rasoir sur une peau,
les bruits de vaisselle, la mer, les cris d’animaux dans une transe qui était déjà présente
dans des morceaux de KLF comme « Chill Out ».
Quelques partitions chaînent le film : « Tendre l’oreille »; « Choisir » « Consider ». Certaines assez simples : une ou 2 notes que l’on répète pendant 3 minutes, d’autres plus
complexes comme « Consider » ou « Surround ». En effet, « Surround » est une véritable
performance, réalisée en Angleterre, à Berlin, à Pékin, réunissant à chaque fois une centaine
de personnes qui se transmettent un appel sans fin dans un cercle de 5 kilomètres.
Seule la partition « Pouls » fait appel à l’individu, et enjoint aux spectateurs de chanter
au rythme de leur pouls et ainsi de rejoindre le groupe de The17 car « Pour pouvoir
entendre The17, il faut en faire partie ». Alors, tentons l’aventure !
Claire Rivière
M E R C R E D I 4 M A I / TEMPLE / 21h & J E U D I 5 M A I / CHAPELLE / 16h
en présence de
En présence de Bill Drummond
SÉANCE LE VIGAN 3 mai /21h15
Bill Drummond
08
Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles
sous l’égide de
l’association REAL
Réalisateurs, Expérimentateurs
et Auteurs du Languedoc-Roussillon
deux compositeurs atypiques, hors normes
Frize, Drummond,
Rencontre avec
ou quand la composition musicale devient lien social.
En bref,
Bill Drummond :
« Farouchement antisystème, fils de presbytérien écossais, ex leader punk,
il a bâti sa légende sur des performances subversives et des choix de carrière nihilistes.
S’il fallait définir son parcours hallucinant, ce serait « happening permanent ».
Nicolas Frize :
« Il crée depuis quarante ans de façon à la fois très ludique et très savante,
avec le sérieux de la recherche et l’appétit des trublions,
des concerts improbables de baisers, de locomotives ou de porcelaine,
et des compositions pour orchestre ou pour la voix »
Ces deux compositeurs glanent des voix au détour des champs, des usines, des écoles,
traquent les sonorités des machines et composent des musiques, créent des chorales gigantesques, expérimentales.
Récolter des sons c’est surtout pour eux deux, créer des rencontres improbables !
Plusieurs films documentaires dévoilent leur travail, leur recherche, leur « obsession passionnelle »
pour le son, pour la composition musicale.
Les faire se rencontrer à Lasalle, c’est questionner deux approches singulières
et comprendre comment le son souvent négligé dans les films documentaires
devient avec leur présence le centre de la démarche documentaire.
Comment ces rencontres sonores auxquelles ils nous invitent,
deviennent musicales et permettent d’explorer une autre manière de regarder la vie, d’entendre le monde.
Le Collectif REAL
En écho à cette rencontre, nous avons le plaisir de diffuser
« Au Temps » de Nicolas Frize (Cf. page 13)
&
« Imagine Waking Up Tomorrow And All Music Has Disappeared (Projet the 17) »
de Stefan Schwietert, avec Bill Drummond (Cf. page 8)
J E U D I 5 M A I / TEMPLE / 10h15
LE CHOIX DES AUTRES
I Séverine Vanel & Pierre-Julien Quiers
2016 | 59mn | France | Cantarane Production
Meilleur film « Droits de l’Homme», TMC London Film Festival - TheModCon - Mars 2016
TheModCon est une plate-forme multimédia qui accueille des festivals de films en ligne afin de promouvoir et de mettre en
évidence les cinéastes et les personnes qui œuvrent pour un monde meilleur.
Séverine Vanel, s’est particulièrement intéressée depuis 15
ans, à des films sur les Droits de l’Homme et sur les questions
humanitaire. Filmographie partielle :
2008 - Quand le train passe, la nature défile (court-métrage)
2005 - Derrière la Palissade / 2005 - Traversée (court-métrage)
Pierre-Julien Quiers, est journaliste, cameraman et a beaucoup
travaillé pour le compte de l’ONU en Asie, et Afrique. Il a réalisé des
courts-métrages dont Les derniers maos (2003), Le rêve Olympique
des Timorais (2000). Il est l’auteur de « Histoires Tibétaines » Editions Actes Sud et « Un bel amour en Châtaigneraie » - Editions
Créer
Le choix des autres est son premier long-métrage documentaire.
LA SITUATION
Zaatari [ camp ouvert en août 2012 et situé en
Jordanie à l’est de Mafraq, composé de réfugiés
syriens fuyant la guerre civile syrienne ],
c’est plus de 100.000 personnes, qui s’entassent
dans des tentes, des containers et qui voient défiler
les jours dans l’inactivité. Après avoir été éclipsée
dans les média, la question des réfugiés
est à nouveau au centre des préoccupations
et de l’urgence internationale.
Ce que nous voulons dire dans ce film, c’est que
Selim, Leila, ainsi que tous les autres réfugiés,
ne sont pas des statistiques, qu’ils ne peuvent pas
être résumés à des visages et des corps anonymes.
Ils ont comme nous, un long passé, une histoire
riche…. Le film est un porte voix.
Zaatari c’est pour nous, une volonté de continuer
à faire exister la question Syrienne à travers
le regard de cette famille.
Séverine Vanel et Pierre-Julien Quiers ont réalisé un film très original
sur les réfugiés syriens.Il ne s’agit pas ici d’en parler en termes statistiques. Il ne
s’agit pas de cultiver le misérabilisme ou de surjouer la compassion. Il ne s’agit
pas de proposer de nouvelles analyses géopolitiques sur la crise migratoire.
Leur projet est tout autre. Il vise tout simplement à vivre le quotidien d’une
famille dans l’immense camp de Zaatari en Jordanie. Ils ont choisi de la filmer
en partageant son intimité durant plus d’un an.
Il y a Leïla, mère de 9 enfants (dont 2 sont nés au camp), et ses beaux-parents.
On assiste même à la naissance du petit dernier, Abdallah. Leïla est le pivot de
la famille. Elle assure, avec ses plus grandes filles, toutes les tâches du quotidien
dans les conditions difficiles du camp. Elle le fait avec l’espoir toujours présent
de revenir au pays, l’angoisse des bombardements et des combats vécus, toujours chevillée au corps.
Il y a aussi son mari, Selim. C’est un paysan. Il regrette amèrement le temps où
il pouvait partir dans les champs, avec son tracteur et son fils. L’homme vit une
crise existentielle. Avec ses amis, il affiche une volonté farouche de retourner se
battre aux côtés de l’Armée Syrienne Libre contre Bachar El Assad. Pourtant il
reste là. Il passe ses journées devant la télévision qui, elle-même, multiplie les
appels à s’engager. Il se lamente de ne pouvoir rien à faire, même quand un
recruteur de combattants vient visiter le camp. Il fume cigarette sur cigarette.
Les enfants ne connaissent pas l’école. Elle existe pourtant. Mais dans ce camp,
un enfant sur trois n’est pas scolarisé.
En arrière plan, on admire l’organisation du camp. Les humanitaires distribuent
vivres et vêtements, répartissent l’eau et l’électricité, surveillent, soignent et
accompagnent... Ils réussissent même à remplacer les toiles de tentes par des
abris préfabriqués en dur. On est étonné de ne jamais entendre un petit mot
de reconnaissance pour cette aide vitale. Mais c’est ainsi. Les réalisateurs ont
le grand mérite de nous montrer un échantillon d’humanité confronté à des
moments très difficiles. Sans rien enjoliver. On en apprend beaucoup sur les
autres et sur nous-mêmes.
Gérard Feldman
Pierre-Julien Quiers
J E U D I 5 M A I / FOYER / 10h30
en présence de
Séverine Vanel & Pierre-Julien Quiers
10
Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles
ATELIERS VARAN / LASALLE 2016
Le Master 2 « Documentaire de création avec les ateliers VARAN » est une formation inédite
dans le paysage universitaire européen, fruit d’un triple partenariat entre
l’Université Paul-Valéry, la commune de Lasalle en Cévennes et les Ateliers Varan.
Cette formation, uniquement ouverte à la formation continue (salariés et demandeurs d’emploi)
bénéficie du soutien financier de la Région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées.
Durant 3 mois, en immersion totale, chacun des 8 stagiaires de la première promotion a réalisé
un documentaire tourné à Lasalle en Cévennes.
Les stagiaires étaient invités à s’engager personnellement dans le choix de leur sujet
et à montrer leur capacité à construire une relation avec les personnes,
groupes, etc… qu’ils décident de filmer.
Responsables de la formation : Maryse Baute & Guillaume Boulangé
Les frères Fayet I Sonia Séjourné
I 42mn I
Jean et Claude Fayet, castanéiculteurs,
sont les héritiers d’un savoir-faire et d’un savoir être aujourd’hui menacés.
Ils se consacrent chaque jour, avec passion et dévotion à leurs terres et à leurs animaux.
Le temps s’arrête l’espace d’un instant
quand ils trient et enlèvent méticuleusement les peaux des châtaignons.
On parle alors de l’histoire de la famille, de politique agricole, des souvenirs d’enfance.
La beauté devant moi fasse que je marche
I Maria Van Munster
I 33mn I
Récemment installés à Lasalle en Cévennes, Natacha et Florent se construisent un avenir à leur image.
Ces jeunes amoureux épris de poésie et de beauté,
jardinent en collectif et dessinent une autre manière de vivre,
cherchant les clefs pour le présent et l’avenir.
J E U D I 5 M A I / CHAPELLE / 11h
réalisateurs (trices)
Marie-Claude Treilhou & Jean-Noël Cristiani,
en présence des
Les frères Fayet / 29 avril / 18h30
En présence de la réalisatrice
SÉANCE PONT DE MONTVERT
de
formateurs Ateliers Varan
SNOW MONKEY I George Gittoes
2015 | 2h29mn | Australie | Snow Monkey SPV Pty Ltd
Quand le générique de fin s’affiche, on reste sous le choc. Ames
sensibles s’abstenir.
George Gittoes nous plonge dans la vie d’une grande ville afghane d’aujourd’hui : Jalalabad. Soutenu par le gouvernement australien, le documentariste réalise l’exploit de vivre dans cette ville durant de nombreuses années en
créant un collectif appelé « La Maison Jaune ». Cette équipe produira des films
de qualité en langue pachtoune.
Pour se protéger, le réalisateur s’est habillé afghan, il a parlé afghan, il a multiplié
les relations dans tous les milieux. En un mot, il est devenu un afghan presque
comme les autres. C’est ainsi qu’il a échappé aux enlèvements et à la mort.
Nous voyons Jalalabad par l’intermédiaire de trois bandes d’enfants des rues.
George Gittoes, est un artiste et réalisateur australien. En 1970,
il fonde le Yellow House Artist Collective à Sydney et, à partir de
1986, il commence à travailler dans un grand nombre de pays et
dans les zones de conflits.Durant les 40 dernières années,
George Gittoes a eu recours à la peinture, à la photographie et
au film pour documenter les guerres en Afrique, Asie, au MoyenOrient et en Europe, couvrant des affrontements majeurs comme
le Cambodge, la Bosnie et le Rwanda. La Sydney Peace Foundation a salué le courage, l’audace et l’effronterie de l’artiste qui
travaille actuellement en Afghanistan où il forme les artistes locaux et a établi un collectif à Jalalabad.
Filmographie partielle :
2015 - Snow Monkey (réalisateur et scénariste)
2013 - Love City, Jalalabad (réalisateur et scénariste)
2009 - The Miscreants of Taliwood (réalisateur et scénariste)
2006 - Rampage (réalisateur)
2005 - Soundtrack to War (réalisateur et directeur de la photographie)
1987 - Las balas de las poetas (réalisateur et producteur)
1982 - Tracks of the Rainbow (réalisateur et directeur de la photographie)
Il y a les « snow monkeys », des vendeurs de glaces qui parcourent les rues
avec leurs petits chariots, les « chasseurs de fantômes » qui agitent des boîtes
de conserves d’où s’exhale une fumée parfumée à l’encens, censée chasser les
fantômes malveillants. Une troisième bande beaucoup plus violente rackette
les autres. Celle-ci répond au doux nom de« blade razors » (lames de rasoirs).
Toutes ces bandes sont bien sûr dirigées et encadrées par des adultes qui empochent la plus grande partie des bénéfices qu’elles procurent.
Ces gamins perçoivent l’école comme un rêve inaccessible. Ils ne peuvent se
permettre d’y aller même gratuitement car ce serait un manque à gagner.
Aucun ne connait son âge exact. Seul le présent compte. Le plus petit pense
avoir 3 ou 4 ans. Ils vivent sans famille. Leurs parents sont décédés, en prison,
handicapés, drogués ou très malades. Ils sont incapables de s’occuper de leur
progéniture. Pire, la survie des parents dépend de leurs enfants.
La projection suscite une émotion intense. C’est bien plus qu’un film, c’est un
projet de vie qui s’inscrit totalement dans le quotidien de tous. La caméra est
utilisée comme un outil thérapeutique. Les masques et les jeux aussi. Cela
permet de distancier la brutalité ambiante sans la laisser vous submerger.
Cet effet recherché est bel et bien obtenu par la participation très active des
enfants comme acteurs et cameramen.
Les images ne cachent rien de la violence dans tous ses états. Elles ne cachent
rien de la guerre, des attentats, de la misère, des enrôlements d’enfants soldats...
Elles montrent les compromissions, les doubles jeux des uns ou des autres,
notamment au détour d’une rencontre avec un musicien soufie persécuté par
les mêmes talibans qui viennent assurer le cinéaste de leur protection.
Concurrence avec Daesh oblige.
Gittoes est sensible et rigoureux, il a des tripes
et ne juge pas. Il pénètre dans des zones de guerre
avec rien de plus qu’une caméra […]
et une foi totale dans le pouvoir de l’art.
Au début du film on ne voyait dans le regard des enfants que tristesse et
dureté. A la fin du film, on y voit s’ajouter la fierté d’avoir su émerger du
cloaque, soutenus par la joviale sérénité de leur mentor. Un espoir. Un espoir
pour toute l’humanité.
Gérard Feldman
Elizabeth Fortescue - The Daily Telegraph / Novembre 2015
J E U D I 5 M A I / FOYER / 13h
en présence de
George Gittoes / Liaison Skype
12
AU TEMPS I Nicolas Frize
2000 | 52mn | France | Les Musiques de la boulangère
Ce film est une tentative de compilation poétique, en 52 minutes,
d’un colloque/création d’une durée de 2 jours que le compositeur a organisé
à la centrale pénitentiaire de Saint-Maur en 1998.
Ce colloque, préparé pendant un an par 3 détenus, 3 surveillants et 3 universitaires faisait le pari d’alterner de façon dynamique des communications
parlées commandées à des intellectuels divers, philosophe, anthropologue,
neurologue, astronome, mathématicien… et des extraits musicaux très divers,
de Bach à la musique répétitive américaine, en passant par la techno, la chanson
à l’orgue de barbarie, la musique médiévale ou contemporaine…
SéANCE SPéCIALE
C’est avec plaisir, que nous diffusons
Au Temps de Nicolas Frize,
en écho à sa présence à la
« Rencontre professionnelle »
organisée en partenariat
avec l’association REAL
(Réalisateurs, Expérimentateurs
et Auteurs du Languedoc-Roussillon)
(Cf. page 9).
Chaque séquence n’excédait pas 15 minutes et traitait d’un rapport spécifique
au Temps, toutes ces alternances s’imbriquant autour de trois approches
distinctes du sujet : le temps comme construction (la science-fiction, le
chaos, le temps perdu, le travail, les durées externes et internes du corps),
le temps quantifié (les calendriers du monde, les formes de comptage et instruments de mesure, temps cyclique, temps linéaire, chronologie et historicité,
répétition, habitude et dépendance…), le temps vécu (simultanéité, immédiateté, la contemporanéité, la notion d’événement).
Les choix de tournage de Nicolas Frize sont parfois radicaux, mouvements
errants de caméras, très gros plans, et le montage resserre les 2 jours en
enchevêtrant les séquences les unes dans les autres, parfois même en les superposant, en les tuilant - comme fait le temps dans nos vies. Ce tuilage est
bien sûr sonore et musical, le montage n’étant lui, que séquentiel.
Les Musiques de la boulangère
Je n’ai pas honte d’être ludique, mais j’espère bien que tout cela
amène de la poétique et du politique, de l’intime et de « l’extime ».
Nicolas Frize
Bernard Baudin
Nicolas Frize crée depuis quarante ans
de façon à la fois très ludique et très savante,
avec le sérieux d’un pape et l’appétit des trublions,
des concerts improbables de baisers
pour 150 participants,
de locomotives dans la gare de Lyon,
de pierres, d’outils, de haine…
Des concerts gratuits, dans des lieux du quotidien.
Laurent Carpentier - Le Monde / Novembre 2015
J E U D I 5 M A I / CHAPELLE / 14h
en présence de
Nicolas Frize
Film traduit et sous-titré pour DOC-Cévennes par Coralie Coiffard, Morgane Sergent & Camille Perrat.
ADDICTED TO SHEEP
I Magali Pettier
2013 | 1h26mn | Royaume-Uni | Provenance Films Ltd
Les fermiers Tom et Kay Hutchinson ainsi que la réalisatrice Magali Pettier ont conjointement reçu le prix de « champion
agricole de l’année 2015 » aux Farmers Weekly Awards, sponsorisés par l’Union Nationale des Fermiers (NFU).
La réalisatrice Magali Pettier nous propose une immersion, pendant
une année, dans le quotidien d’une famille locataire d’une ferme reculée du
nord-est de l’Angleterre. Comme l’indique le titre du film, elle voue une véritable addiction pour les moutons, pour ces bêtes qui régissent leur vie au fil
des saisons.
Le spectateur suit Tom et Kay dans leurs tâches quotidiennes à travers la
sélection des saillies, l’entretien des béliers, les agnelages, les pertes occasionnelles mais souvent inévitables et les concours annuels minimes mais
décisifs. Quant à leurs enfants, ils grandissent à la campagne et côtoient, à
l’école, d’autres enfants de fermiers. Et c’est un dur labeur.
Ce qui fait la singularité du film, c’est le caractère résolu des parents qui,
peut-être contre toute attente, ne s’apitoient pas sur leur sort et se satisfont
de la moindre victoire sur les difficultés de la vie. La lucidité des enfants sur
l’avenir et sur le quotidien de leurs parents leur donne une certaine maturité
pour leur âge. Pourtant, ils rêvent de travailler à la ferme quand ils seront
plus grands. Dans ce monde rural relativement fermé sur lui même, la vocation
de fermier apparaît comme une destinée : l’amour des bêtes et de la campagne
se transmet de génération en génération.
Magali Pettier,photographe, est fille d’agriculteur breton. Elle
a créé il y a plus de 10 ans, dans le Nord-Est de l’ Angleterre,
Provenance Films Ltd. Cette société de production de films indépendants gère tout le processus, de la création à la postproduction et s’intéresse aussi aux films participatifs.
Addicted to Sheep est son premier long-métrage.
La narration alterne entre moments d’intimité au sein de la famille et
longues journées de labeur, qui très souvent se rejoignent et fusionnent pour
donner des scènes émouvantes de transmission de savoir et d’amour du métier.
Une ambiance dans laquelle nous sommes plongés par une succession de plan
de grands espaces, à la fois paisibles et sauvages. Une variation de couleurs
vient rappeler le fil des saisons et les aléas de la vie à la ferme. Ce rapport
intégral à la terre nous fait toucher du doigt cette « addiction. »
Coralie Coiffard & Morgane Sergent
Ce récit intime d’une courageuse famille
de fermiers capture toute la beauté
du changement des saisons,
et révèle avec sensibilité le dur labeur des éleveurs,
et l’âpre réalité de l’économie rurale.
David Parkinson - Empire / Août 2015
J E U D I 5 M A I / FILATURE / 14h
en présence de
Magali Pettier
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Focus sur le cinéma québecois / Soutenu par la SODEC
LE CHANT DES ÉTOILES
I Nadine Beaudet
2016 | 1h16mn | Québec | Les Vues du Fleuve
Le chant des étoiles se déguste comme un album de famille, avec toute la
lenteur nécessaire au souvenir. Mais, ici, les souvenirs se conjuguent au présent
car ils sont aussi une arme de combat contre la maladie.
Gilles Beaudet, astrophysicien, est atteint par la maladie d’Alzeimer. Les « détails »
du quotidien s’effacent inexorablement, mais il lutte par toutes sortes de
moyens pour freiner le processus.
Surtout, il reste les pieds sur terre et la tête dans les étoiles.
Les pieds sur terre, car il continue – autant qu’il le peut – à travailler son jardin.
Il aime se promener et jouer de l’accordéon dans cette magnifique nature
canadienne.
La tête dans les étoiles il n’a rien oublié de sa science qu’il adore partager. Il
parvient même à se rappeler des formules mathématiques très sophistiquées.
Il répète comme une prière que nous n’avons rien à craindre : le soleil ne
s’éteindra que dans 5 milliards d’années. Restons calmes.
Nadine Beaudet, née sur la Côte-Nord canadienne, possède une
maîtrise de recherche en sciences appliquées (aménagement et
environnement), qui l’a amenée à découvrir le cinéma documentaire en collaborant à deux films réalisés par Lucie Lambert. Elle
a réalisé Le cosaque et la gitane (2012), primé aux Rendez-vous
du cinéma québécois (RVCQ), 2013.
Le chant des étoiles, est son deuxième long-métrage.
Sa femme Margo, chef d’un chœur d’enfants, s’efforce de le soutenir autant
qu’elle le peut. Elle vit la musique comme une thérapie essentielle de l’âme et
s’y plonge avec passion.
Bernard Malenfant, l’opérateur en titre du télescope, partage ce territoire avec
sa fille de 5 ans. Ils peuvent observer, mesurer, mais aussi profiter de l’immense
espace alentour. Il fait bon y glisser sur la neige.
Ce scientifique nous démontre notre communauté d’existence avec les astres.
Même s’ils paraissent très éloignés de nous dans le temps et dans l’espace,
ils nous ressemblent étonnamment. Comme dans la vie des gens, nous ditil, il y a chez les étoiles des naissances, des jeunes et des vieux. Elles sont aussi
touchées par la mort. Comme chez les gens, certaines étoiles sont instables, il
emploie l’expression « presque délinquantes ». D’autres sont plus tranquilles
et ne perturbent pas le cosmos.
Nous regardons les étoiles comme elles-mêmes nous regardent.
Tout cela nous ramène à l’unité de l’univers, à l’unité des univers, cette unité
qui nous rassemble et nous dépasse.
Un bain de sérénité dans un océan tumultueux.
Gérard Feldman
Ce film porte un regard universel
sur nos rapports au temps et à la mémoire.
Les Films du 3 Mars
J E U D I 5 M A I / TEMPLE / 14h
en présence de
En présence de la réalisatrice
SÉANCE GANGES
2 mai /16h
Nadine Beaudet
A partir de 16 ans
TELL SPRING NOT TO COME
THIS YEAR [Dis au printemps de ne pas venir cette année ]
I Saeed Taji Farouky & Michael McEvoy
2015 | 1h24mn | Royaume-Uni | Ponda, NHK Cosmomedia, Tourist With A Typewriter
Ce film, a obtenu en 2015, de nombreux prix, dont : Prix Amnesty International du film sur les droits de l’Homme et Prix du
public du meilleur documentaire, Festival international du film de Berlin - Berlinale - Berlin (Allemagne) / Premier film et
Prix des Bibliothèques, Cinéma du réel 2015 (Paris).
A la suite du départ des troupes de l’OTAN, l’Armée Nationale Afghane
(A.N.A.) est livrée à elle-même pour résoudre un problème de guerre civile là où
les armées russe, puis américaine ont échoué depuis plus de 30 ans. Après ce qu’on
devine être un trop bref entraînement, une compagnie d’une centaine d’hommes,
dont beaucoup de jeunes recrues, sous la conduite éclairée d’un jeune capitaine, est
envoyée mener des opérations de contreguérilla contre les Talibans à partir d’une
base militaire de l’A.N.A.
Saeed Taji Farouky est cinéaste et photographe. Né au
Royaume-Uni, il a grandi entre Londres et Bahreïn avant
de se rendre aux États-Unis où il étudie à l’Université Tufts
puis à Boston, à l’École du Musée des Beaux-Arts. En
2004, il crée avec Gareth Keogh, Tourist With A Typewriter
Ltd., une société de production documentaire indépendante, « dédiée à des films créatifs qui traitent des thèmes
des droits l’Homme et de la la justice sociale ».
Filmographie partielle :
2015 - Tell Spring Not to Come This Year
2013 - The Runner
2005 - Je vois les étoiles à Midi
Michael McEvoy a travaillé pendant 9 mois dans la province d’Helmand comme officier de liaison par l’armée afghane. Il s’est vu remettre un prix et a reçu les félicitations
du commandement interarmées pour son travail en Afghanistan et sa participation à « l’amélioration des relations
entre les forces britanniques et afghanes ».
Tell Spring Not to Come This Year est son premier film.
Engagé volontaire pour 3 ans, autant pour des raisons économiques que pour servir
son pays, chacun de ces hommes s’interroge sur ce qui l’a poussé à risquer sa vie.
Peu à peu la défiance s’installe vis-à-vis de l’institution militaire qui n’a pas versé
les salaires depuis 9 mois, comme vis-à-vis de l’Etat et des autorités politiques et
administratives jugés incapables de résoudre le conflit.
L’enchevêtrement des problèmes place les soldats dans une position délicate vis-àvis de la population civile coincée entre deux feux. Ce qui frappe, c’est l’humanité
des relations. Pas de sévice, pas de torture, pas d’exécution sommaire, la population
civile fait valoir ses droits, l’officier discute avant de décider.
Faut-il menacer de représailles ce notable suspecté de verser de l’argent de tous
les côtés, ce paysan qui cultive un champ d’opium à côté de son champ de céréales
beaucoup moins rentable, intimer l’ordre à son propriétaire de déclarer cette culture
illicite ? Que faire de ce jeune homme soupçonné d’appartenir à la mouvance
Taliban, mais qui par ailleurs est cousin d’un notable dans l’administration ?
Sur la base militaire, on rompt la monotonie du quotidien en soignant un oiseau
affamé, on récite un poème de Khaliullah Khalili. Mais sur le terrain, l’ennemi
invisible surgit au cours d’une opération et ce qui paraissait presque au début
une promenade, tourne à la tragédie.
Face aux membres des Talibans aguerris par des décennies de lutte, pour qui le
combat a une raison d’être, ce bataillon de l’armée nationale va perdre une trentaine de soldats durant le tournage du film. L’espoir chez ces hommes de faire œuvre
utile cède peu à peu la place à la désillusion, à l’angoisse et à la peur.
Pierre Verneuil
Un documentaire puissant,
magnifiquement filmé.
Peter Bradshaw - The Guardian / Novembre 2015
Ce film bouleversant, révèle une solidarité
et un courage qui forcent le respect.
David Parkinson - Movie Empire / Novembre 2015
Ils [ Saeed Taji Farouky & Michael McEvoy ]
sont allés où peu de réalisateurs osent s’aventurer.
Jordan Mintzer- The Hollywood Reporter / Février 2015
J E U D I 5 M A I / FOYER / 16h
en présence de
Saeed Taji Farouky & Michael McEvoy / Liaison Skype
16
LES HÉRITIERS I Maxence Voiseux
France | 2016 | 1h | Zeugma films
Prix du Patrimoine de l’immatériel, Festival du Réel 2016 (Paris)
Une entreprise familiale d’élevage bovin, dans le Nord de la France.
Maxence Voiseux est un jeune réalisateur français. Après des
études de sciences, il a réalisé dans le cadre d’un master documentaire un court-métrage intitulé Des hommes et des bêtes
(2014), qui a inspiré Les Héritiers, en compétition internationale
premier film au Festival Cinéma du Réel. Entre temps, il a également réalisé un court-métrage de fiction, Cliché brûlé (2015).
Il travaille actuellement sur l’adaptation d’un livre autour du parcours d’un jeune boucher breton. Ce prochain projet sera la
suite d’un travail de réflexion et de cinéma commencé avec
Des hommes et des bêtes autour des personnages du monde
de la viande.
Les trois frères Jourdel se sont réparti les tâches : Hubert est marchand de
bestiaux, Dominique, boucher et Thierry, éleveur. Au marché comme à la
ferme ou à l’abattoir, les journées commencent au petit matin. A la ferme,
des nuits souvent abrégées – surtout aux changements de lune, avec les
vaches qui vêlent… Chaque bête est l’objet d’âpres négociations. Les trois
hommes font montre de solidarité, et prennent leur travail à cœur, qu’ils
œuvrent davantage du côté de la vie ou de la mort. Ils se soucient de transmettre valeurs et savoir-faire hérités de leurs parents à leurs enfants, tout
jeunes adultes. Et la transmission opère déjà, plusieurs jeunes – filles comme
garçons – travaillant auprès de leur père. Même Gabin, encore enfant, en
connaît un rayon sur les vaches.
Bien que le film n’entende pas gommer l’aspect rude de ces professions qui
envahissent la vie, il donne à voir une exploitation fonctionnant plutôt harmonieusement, loin, semble-t-il, de la crise et des polémiques que traverse
actuellement le monde agricole.
En revanche, lorsqu’il s’agit de réfléchir au devenir de chacune des branches,
les divergences sont palpables. Tandis que, pour le benjamin, Thierry, « faut
que ça plaise », le cadet raisonne davantage en termes de chiffres et de rentabilité : il souhaiterait diversifier la production, « monter en agneaux ».
Leurs enfants prendront-ils la relève ? S’éloigneront-ils du giron familial ?
Gabin, le fils du boucher se verrait bien « vendre du blé » ou « faire les
deux » mais affirme « qu’il faut savoir se décider ». Puis il revient à la
charge : « Ça te dérangerait que je sois fermier ? » Plus largement, se pose la
question du rapport au travail pour les nouvelles générations : les enfants
vont-ils « accepter de payer de leur vie comme les ancêtres l’ont fait », ou
plutôt « prendre le temps de vivre » ?
Marianne Ginsbourger
Les Héritiers étend sous nos yeux
un modèle que l’on a cru éteint, ringard, oublié :
celui d’une transmission d’une même activité
entre générations. […]
Avec son esthétique léchée, ses cadres toujours
parfaitement composés, sa narration
toute en fluidité, le film semble surtout être,
volontairement ou non, la restitution d’un mythe.
[…] Filmer la lumière, parier sur la beauté,
voici des volontés assez rares cette année
pour être signalées, qui n’empêchent pas
pour autant le film de nous livrer sur un plateau
un récit parfaitement brodé.
Critikat / Avril 2016
J E U D I 5 M A I / FILATURE / 16h
En présence du réalisateur
SÉANCE PONT DE MONTVERT
29 avril / 21h
SÉANCE VALLERAUGUE
30 avril / 18h
Maxence Voiseux
& François Chambe, chef opérateur
en présence de
Focus sur le cinéma danois / Soutenu par : Danish Film Institute & l’Ambassade du Danemark
THE CIRCUS DYNASTY
I Anders Riis-Hansen
2014 | 1h30 mn | Danemark | Hansen & Pedersen Film og Fjernsyn
Il était une fois deux familles qui se partageaient le même cirque depuis
plus de 20 ans...
Le chapiteau, les caravanes, la musique, les maillots à paillettes... Les
écuyères, les éléphants, les acrobates, les chevaux... Les cuivres, les lumières,
la paille, le crottin... Les plumes, les costumes tirés à quatre épingles, les
franges d’indiens, les sourires éblouissants de dents blanches, assez fendus
pour atteindre le dernier rang des spectateurs. La séance de maquillage, les
assouplissements jamais terminés, l’équilibre, répété dix fois, tous les jours,
pour atteindre le geste juste. Parfois le danger, évité de justesse.
Anders Riis-Hansen est réalisateur et producteur. Il a travaillé
à Radio Danemark (DR) comme chargé des programmes de
2004 à 2011. Il est co-fondateur de la société de production
Hansen & Pedersen Film and Television qui produit, depuis
1997, des documentaires et des séries documentaires qui attirent un large public.
Filmographie partielle :
2012 - 2014 : Cirkusdynastiet (La Dynastie du Cirque)
2007 - 2009 : Blekingegadebanden
2004 - Diplomatiets fortrop / 2003 - Fakse Vandrerhjem
2000 - 2002 : Drengene fra Vollsmose (Les garçons de Vollsmose)
2000 - Musik er liv
Parfois ça casse : la blessure, les dents qu’on serre, l’épaule qu’on masse, on
y va en boitillant, on assure en flageolant et on serre les dents...
Souvent le rire, la légèreté, la « grande famille du cirque », les souvenirs,
les photos du grand-père, de la petite Merrilu, blondinette déjà sur la piste
à quatre ans.
Et une grande confiance dans la caméra à qui on s’adresse comme à une
confidente jusque dans l’alcôve d’une caravane amoureuse.
Ils sont beaux, les jeunes héros du « pas de deux » tout en grâce, muscle,
finesse, aiguisés comme des épées. Mais leur danse acrobatique n’est pas
du genre langoureux : c’est précis, musculeux, dynamique, calculé au quart
de tour. En parfaite harmonie, comme la musique répétitive qui tourne en
rond sur la piste. D’autant qu’ils se connaissent depuis toujours, ils sont
nés dans le cirque, ils y ont grandi. Bien sûr ils s’aiment. Tout est bordé,
carré, ajusté au millimètre. Avec leur union les deux familles n’en feront
bientôt qu’une, on pourra peut-être envisager l’aventure d’une tournée aux
Etats-Unis, et l’héritage sera transmis en toute sécurité.
Mais il y a un grain de sable.
Michelle Sabatier
L’intrigue shakespearienne qui se joue
entre ces personnages passionnés
est d’autant plus fantastique, si l’on se souvient
que tout est réellement arrivé.
Kate Bradford - The Matinee / Avril 2015
Au plus près de cet univers, la musique
de Jonas Colstrup oscille entre mélancolie
et passion.
Leslie Felperin - The Hollywood Reporter / Avril 2015
J E U D I 5 M A I / TEMPLE / 16h
Anders Riis Hansen
& Malene Flindt Pedersen, productrice
en présence de
En présence du réalisateur
SÉANCE LE VIGAN 3 mai / 18h30
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LA LIBERTÉ NOUS AIME ENCORE
I Sarah Franco-Ferrer
Film en cours d’achèvement | Durée de la séance : 2h30mn | Atelier Quetzal
Sarah Franco-Ferrer est de ces réalisatrices que l’on attend,
un rendez-vous que l’on sait pris avec DOC-Cévennes.
C’est pourquoi elle vient partager avec nous son prochain film en cours d’achèvement.
Depuis Help ou visibilité, la réalisatrice s’interroge sur ce que nous faisons du monde
et ce que le monde fait de nous.
Aujourd’hui, son prochain film interroge notre responsabilité face à la barbarie :
« Comment devient-on un bourreau ?
Quel est cet « effet lucifer » « qui incite l’homme à se muer en tortionnaire ? »
Avec ces questions, Patrick Clervoy, général psychiatre des armées, grand témoin de ce film,
nous pousse dans les retranchements intimes de la violence inhérente à l’homme.
C’est aussi une invitation faite au spectateur à l’engagement pour défendre les libertés.
Dès les premières minutes, Albert Camus nous interpelle :
« La vérité est mystérieuse, fuyante, toujours à conquérir.
La liberté est dangereuse, dure à vivre autant qu’exaltante.
Nous devons marcher vers ces deux buts, péniblement, mais résolument,
certains d’avance de nos défaillances sur un si long chemin. »
La narration filmique tire son fil conducteur du livre de Job, dans l’Ancien Testament,
et pose la question de Dieu au cœur du massacre.
Plusieurs témoignages sont imbriqués avec un foisonnement d’images de guerre souvent dures,
parfois insoutenables, émanant de combattants anonymes,
de soldats et de contributions directes à la réalisatrice – avis aux âmes sensibles.
Ce film est une sorte de rite initiatique qui placera le spectateur dans la position de Job,
mis à l’épreuve de son humanité.
Enfin, le film explore la place du combattant, centrale dans ce questionnement car, pour citer Job :
« le sort de l’homme sur la terre est celui d’un soldat. Et ses jours sont ceux d’un mercenaire. »
Guilhem Brouillet
Sarah Franco-Ferrer est réalisatrice, plasticienne et metteuse en scène.
Le cinéma est pour elle un outil de transmission et de recherche artistique valorisant des témoignages,
des sujets, propres à des problématiques sociologiques et politiques d’aujourd’hui,
tout en créant des univers cinématographiques singuliers.
Filmographie partielle :
2013 - Au pays des merveilles (diffusé à Lasalle en 2014) / 2011 - Help ou Visibilité (diffusé à Lasalle en 2012)
2008 - Angels / 2004 - Dialogue (court-métrage) / 2001 - La Traversée des mots
2000 - Citoyens d’une terre à l’autre / 1998 - Mémoire indigène (court-métrage)
1998 - On ne vend pas la terre sur laquelle on marche
1997 - Couleurs : Sans papiers / 1996 - Parole donnée (court-métrage)
J E U D I 5 M A I / FILATURE / 17h30
en présence de
Sarah Franco-Ferrer
NUEVA MEDELLIN
I Catalina Villar
2016 | 1h25mn | France | TS Productions
A l’heure où un accord de paix entre le gouvernement colombien et
les FARC doit intervenir, les parents de Juan Carlos Loaiza, étudiant et
jeune poète – dont les textes hantent le film – tombé neuf ans plus tôt dans
une embuscade, tentent de nouvelles démarches pour que leur fils soit reconnu
comme victime. Ils sont accompagnés par Manuel, Président du Comité
d’action communale, qui, comme eux et tant d’autres, a payé un lourd tribut
au conflit armé.
Ville la plus violente du monde dans les années 1990, Medellin est en pleine
mutation et, à ce titre, est devenue une référence internationale : les gouvernements successifs, quelle que soit leur tendance, s’emploient à éradiquer
le fléau de la violence.
Catalina Villar est réalisatrice. Elle a étudié le cinéma aux Ateliers
Varan, puis à la FEMIS (département réalisation) dont elle est
tutrice en écriture de projets documentaires (2009-2013). Elle
intègre l’équipe des Ateliers Varan en 2000 et organise plusieurs stages au Venezuela, en France, au Portugal, en Albanie
et en Colombie dont elle est originaire. Elle enseigne aussi à
l’Université de Cali (Colombie) depuis 2007, à Barcelone, à
Cuba... Parallèlement, elle est chargée de la sélection internationale du Festival de documentaires de Bogota, en Colombie
2001 et de 100% Colombie Documentaire à Paris.
Filmographie partielle :
2016 - Nueva Medellin / 2005 - Invente moi un pays
2002 - Bienvenidos a Colombia
2001 - Patricio Guzmán, une histoire chilienne
1999 - Toto la Momposina, une voix pour la Colombie
1998 - Cahiers de Medellin / 1995 -Les Parrains de la drogue
Certes, le Metrocable – un téléphérique – relie maintenant les quartiers les
plus défavorisés au centre-ville, créant ainsi un espace public là où il n’en
existait pas. Certes, la Biblioteca España, imposant bâtiment et symbole fort
du progrès, est également achevée (mais déjà en réfection pour malfaçons).
Poudre aux yeux, pour la population, dont les besoins élémentaires ne sont
pas satisfaits… Plutôt que de donner la priorité à de nouvelles infrastructures, les comités de quartiers, eux, privilégient l’éducation, l’insertion dans
le monde du travail. Ils enquêtent sur les besoins de la population mais fournissent également nourriture ou briques et ciment… Ils œuvrent sans relâche
pour reléguer l’époque de « la Violencia » au passé, en « construisant par
l’action quotidienne l’avenir dont ils rêvent ». Soutenus par la Foi, ils font
tout pour enclencher un processus de Pardon, restaurer le « bâtiment invisible, l’édifice social », organisant dans les quartiers des fêtes auxquelles la
Police apporte aussi un soutien actif, dans une relation pacifiée.
Si la mort d’une repentie – qui participait au dispositif de réinsertion en travaillant pour le quartier – ébranle Manuel, d’autres événements attestent que
« le mélange de diagnostic et d’imagination » et le bel élan de la population ne
sont pas vains : « Un jour ce qui est douleur sera musique ».
Marianne Ginsbourger
Parfois, je hais cette ville
qui m’impose son orgueil
Parfois je cherche des regards
qui soient des temples
Des temples de chair et de sang
Je cherche parfois la ville perdue
La ville qu’un Dieu a détruite
à cause de son orgueil.
Juan Carlos - Extrait du film
J E U D I 5 M A I / TEMPLE / 18h
en présence de
Catalina Villar
20
LA SOCIALE I Gilles Perret
2015 | 1h24mn | France | Rouge Production
La Sociale, c’est d’abord le portrait d’Ambroise Croizat, secretaire
général de la CGT, député communiste puis Ministre du travail en 1945, sous
De Gaulle. Il est « raconté » par le militant nonagénaire Jolfred Frégonara,
par sa propre fille, par des historiens et des sociologues ; images d’archives,
interviews et photos de famille sont croisées sur les lieux mêmes qui ont vu
la naissance de la Sécurité Sociale : Haute-Savoie, Ministère de Travail,
Chambre des Députés, maison familiale.
Le spectateur s’engage sur la voie de la mémoire, celle qui nous concerne
tous, celle de la revendication à vivre sans avoir peur du lendemain. L’histoire
de la Sécu, à travers la lutte d’Ambroise Croizat, revêt une dimension qu’il est
nécessaire et urgent de rappeler aujourd’hui.
Au-delà du parcours de l’homme, ouvrier, résistant, syndicaliste, député et ministre, arrêté pour ses idées, le film met en perspective la démarche généreuse,
animée par le souhait de créer une société égalitaire après la Seconde Guerre
Mondiale, qui fut celle de Croizat, épaulé par quelques camarades engagés,
encouragé par Laroque, ministre de De Gaulle.
Gilles Perret est réalisateur. Ses films ont pour lien ce pays qui
est le sien, les Alpes. A s’attarder chez ses voisins de vallée, il
aborde la réalité du monde politique, économique et social. Partir
du local pour raconter le global. C’est ce regard singulier qui a
fait le succès de ses cinq derniers films sortis en salle.
Filmographie partielle :
2015 : La Sociale / 2013 : Les Jours Heureux
2012 : De mémoire d’ouvriers
2009 : Walter, retour en résistance
2006 : Ma Mondialisation / 2005 : Les saisonniers
2004 : 8 clos à Évian / 2004 : L’homme qui revient de haut
2003 : L’envers des Grands/ 2001 : Les sauveteurs des cimes
2000 : Les Alpes en musique / 1999 : Trois frères pour une vie
Mais cet élan de solidarité d’après-guerre est rapidement freiné par des réticences, des résistances et des dissensions. Le film retrace aussi le lent travail de démolition contre la sécurité Sociale, vidée de son idée originelle,
celle d’ « organiser une société juste et solidaire ».
Il était temps qu’un documentaire se penche sur notre Sécu, et renvoie ceux
qui la pourfendent à leur place réelle : le retour au XIXe siècle en matière de
protection sociale, la politique réactionnaire contre la posibilité même d’une
autogestion des travailleurs. La Dr Anne Gervais résume l’enjeu : « on débat
de la place de la Sécurité Sociale dans le paysage économique et non plus de sa
place dans la société et dans la politique » .
La Sociale rend hommage aux hommes comme Croizat, ceux qui l’ont précédé
et ceux qui le suivent, et donne l’espoir que les jeunes générations poursuivent
à leur tour le combat pour ce qui nous est commun et vital : le droit de vivre
dans la dignité.
Marion Blanchaud
La Sociale n’est pas seulement un outil
d’éducation populaire.
C’est aussi une œuvre cinématographique
qui prend son temps pour développer, interroger
et bousculer des protagonistes du film
et par là-même émouvoir et interpeller
le spectateur.
Michel Carré - Cinéma La Turbine
J E U D I 5 M A I / CHAPELLE / 18h
en présence de
En présence de Stéphane Perriot, monteur
SÉANCE LE VIGAN 1er mai / 17h30
Raymond Macherel, distributeur
LORO DI NAPOLI
I Pierfrancesco Li Donni
2015 | 1h10mn | Italie | Own Air
Prix Télérama/Fipa 2016, Festival International de Programmes Audiovisuels, Biarritz (France).
L’Afro Napoli United est un club de football qui a une particularité
unique au monde : il est majoritairement composé d’étrangers et de jeunes
Napolitains nés de parents étrangers mais considérés étrangers ou inexistants puisque l’Italie applique encore le droit du sang. Tel Leilo, né à Naples,
mais apatride parce que son père italien ne l’a pas reconnu.
En attendant la régularisation dont ils rêvent, les gamins peuvent s’entraîner
sans pouvoir jouer les matchs officiels tout en travaillant au black comme leurs
parents, « pour deux euros par jour ».
Pierfrancesco Li Donni, né à Palerme, signe avec Loro di Napoli
son deuxième long-métrage documentaire, après Il secondo
Tempo (2012).
Nous voulions faire un documentaire
d’observation [...] qui comporterait des
éléments de fiction. […]
Nous avons tourné pendant deux ans en suivant
d’abord le cours naturel de l’année, puis,
la deuxième année, en travaillant surtout
l’histoire de Lello.
Nous avons ensuite mélangé les deux et bâti
le scénario autour de ce mélange.
Pierfrancesco Li Donni
Extrait d’un entretien réalisé par Marta Anatra & Florence Chirié
Marseille Université / Janvier 2016
L’entraîneur les encadre sur le terrain du football comme il le fait sur celui de la
vie sociale en les aidant à s’écarter de la drogue, à trouver un travail déclaré par
leur employeur et un lieu de résidence attesté par le propriétaire. Pour être reconnu des autorités et appuyer les demandes de régularisation, le club, sans ressources faute de sponsor, doit gagner ses matchs et franchir les échelons du
championnat. Les joueurs jouent ainsi leur existence sociale et juridique à la fois.
Pour les autorités napolitaines, ce club a l’avantage de prouver à tous que l’intégration est possible.Mais à l’Afro Napoli, il n’est pas question d’intégration.
Le terme fâche : « L’intégration, c’est un sujet actif face à un sujet passif, le
dominant intègre le dominé à sa culture. Non, nous nous parlons d’interaction
des réalités culturelles du tissu parthénopéen » entre les 11 nationalités de
l’équipe des juniors comme de celle des anciens, les « darons », où l’on trouve
aussi bien des Africains que des Sud-Américains.
Pierfrancesco Li Donni a su insuffler à son film une tension dramatique, inhérente au suivi du championnat avec ses défaites et ses succès, tout en traitant
la thématique de l’immigration et de l’intégration.
Loro di Napoli est également un clin d’œil à une comédie italienne, L’oro di
Napoli, l’or de Naples. « Ceux de Naples » personnifient le visage de l’autre
Napoli, celle qui ne connaît pas le Lungomare, le Vomero et le Castel Sant
Elmo.
Pierre Verneuil
Entre passion du sport et prises de tête
administratives, cette chronique [...]
convainc par la justesse de son propos,
comme par ses qualités visuelles et l’habileté
d’une narration qui séduira jusqu’aux
plus allergiques du ballon rond. C’est dire…
Télérama / Janvier 2016
Les ingrédients à faire l’histoire ou bien
la raconter ne manquent pas dans Loro di Napoli
[...]. Pier Francesco Li Donni alterne les plans
de Naples, dans l’ombre et la lumière du Vésuve,
les moments d’entraînement, les terrains boueux
et minables, filmant le foot comme rarement.
Jean-Claude Renard - Politis / Janvier 2016
J E U D I 5 M A I / FOYER / 18h
en présence de
En présence du réalisateur
SÉANCE VALLERAUGUE
30 avril /21h
Pierfrancesco Li Donni
22
LE CHANT D’UNE ÎLE
I Joaquim Pinto & Nuno Leonel
2015 | 1h43mn | Portugal | Presente Edições de Autor Lda
Prix des Editeurs, Cinéma du réel 2015 (Paris).
Rabo de Peixe signifie queue de poisson. Cette petite île des Açores a
reçu ce nom en raison de la forme de ses promontoires qui ressemble paraitil, à une queue de poisson. Ça tombe bien puisque le « Le chant d’une île » va
nous entraîner en mer avec des pêcheurs de morues et d’espadons.
Bien sûr il ne s’agit pas d’un reportage sur la principale activité économique
de l’île, ni d’une incitation au voyage concoctée par l’office local du tourisme.
Le film se voit et s’entend comme un moment d’intimité prolongée entre les
réalisateurs portugais, Joachim Pinto, son amant Nuno Léonel et ce lieu qu’ils
ont choisi pour se mettre en convalescence du monde. Ils y vivent une sorte
de retraite monastique qui les ravit au point de la prolonger durant sept années,
chiffre sacré s’il en est.
Joaquim Pinto, né à Porto, a débuté sa carrière par le mixage
son, en travaillant avec de nombreux cinéastes comme Manoel
de Oliveira, Raúl Ruiz ou André Téchiné. Entre 1987 et 1996, il
produit plusieurs films, et réalise ses premiers longs-métrages de
fiction, Uma Pedra no Bolso (1988), suivi de Onde Bate o Sol
(1989) ; puis Das Tripas Coração. Depuis 1996, Joaquim Pinto
réalise des films documentaires et dirige depuis 2009 une maison
d’édition de musique et de littérature
Filmographie partielle :
2015 - Le Chant d’une Île (Rabo de Peixe Director’s cut)
2014 - Et Maintenant ? (E Agora ? Lembra-me)
2013 - O Novo Testamento De Jesus Cristo Segundo João
2013 - Fim de Citação / 2003 - Rabo de Peixe, 2003
1999 - Cidade Velha / 1997 - Moleque de Rua
1996 - Surfavela / 1992 - Das Tripas Coração
1989 - Une Pierre dans la poche (Uma Pedra no Bolso)
1988 - Où Frappe le Soleil (Onde Bate o Sol)
Nuno Leonel, né à Lisbonne, a commencé à faire des films dès
l’âge de 16 ans. Il a travaillé en tant qu’animateur, chauffeur de
salle, scénographe, ingénieur du son, électricien, acteur, machiniste
et réalisateur. Il fonde en 2009 Presente Lda, société d’édition indépendante de musique, littérature et cinéma, avec Joaquim Pinto.
Filmographie partielle :
2015 - Le Chant d’une Île (Rabo de Peixe Director’s cut),
2014 - Et Maintenant (E Agora ? Lembra-me),
2013 - O Novo Testamento De Jesus Cristo Segundo João,
2013 - Fim de CitaçãoN / 2003 - Rabo de Peixe,
1999 - Cidade Velha / 1996 - Surfavela / 1992 -Santa Maria,
Tout leur plaît. Ils composent leur chant à la gloire de cette culture ancrée
dans son histoire portugaise, depuis la découverte de cet archipel, attribuée à
Diogo de Silves dans le premier quart du XV e siècle. La voix-off lue à deux
ajoute à la dimension presque mystique de l’œuvre.
Cet hymne à la pêche la présente comme le symbole même de la liberté.
Et c’est l’occasion de nous faire admirer de magnifiques paysages atlantiques, marins et sous-marins, et aussi la beauté des hommes qui la font
vivre. Curieusement les femmes et les filles sont totalement absentes.
Pourtant cette idylle en île est menacée. La pêche industrielle et ses gros cargos
ratissent les océans et menacent de mort la pêche artisanale. Là où il n’existait
ni contrats, ni salaires, ni horaires, mais seulement la bonne entente entre petits
patrons et ouvriers, les nouvelles réglementations obligent à respecter des lois.
Les contrôles se font tatillons. Des pêcheurs chevronnés doivent passer des examens pour obtenir leur licence. L’arrivée de l’euro depuis le début des années
2000 embrouille les comptes traditionnels.
Joachim Pinto et Nuno Léonel n’aiment pas ça. Ils voudraient pouvoir continuer à jouir sans entraves de cette contemplation méditative qu’ils nous font
partager.
Gérard Feldman
Il y a quelque chose de Gauguin en Polynésie
dans la façon qu’ont les auteurs de nous faire
ressentir le soulagement existentiel que ce lieu et
ces habitants leur inspirent.
Théo Riberton - Les Inrockuptibles / Octobre 2015
Le cinéma de Pinto et Leonel est un art de vivre,
un moyen de toucher la beauté en accédant
à l’Autre.
Isabelle Regnier - Le Monde / Octobre 2015
J E U D I 5 M A I / CHAPELLE / 21h
Focus sur le cinéma québecois / Soutenu par la SODEC
SPOON I Michka Saäl
2015 | 1h06mn | Québec | Michka Saäl
Condamné à perpétuité à l’âge de 19 ans, Spoon est devenu poète et
écrivain activiste. Dans ce film Michka Saäl lui donne la parole. Ses poèmes
et sa prose s’inscrivent peu à peu au creux des paysages de son enfance : le
désert du Mojave. Comme dit Spoon :« Si je n’écrivais pas, je serais une
ombre boxant la mort. » Ce film ne porte pas sur les prisons mais sur ce
qu’elles font naître de l’absence au monde.
L’histoire de la vie de Spoon s’écrit au fil d’un dialogue avec la réalisatrice ;
leurs deux univers fusionnant à l’image de la trame musicale du film qui allie
jazz des origines pour l’un et mélodies moyen-orientales pour l’autre.
Contrastant avec la poésie de Spoon sur les images en couleurs chaudes du
désert, des chorégraphies en noir et blanc ponctuent le récit, symbolisant
la réalité quotidienne carcérale, la solitude et le désespoir qui guette.
Michka Saäl, d’origine tunisienne, formée en Sociologie et en Histoire de l’art à Jérusalem, en Langues Orientales et en publicité à
Paris et en études Cinématographiques à Montréal, immigre au
Québec au début des années 80.
De film en film, Michka Saäl construit une œuvre inquiète aux accents poétiques qui multiplie les ponts entre l’intime et l’universel,
l’appel du rêve et les contingences du réel.
Filmographie partielle
2015 - Spoon
2013 - China me (diffusé à Lasalle en 2014)
2005 - Les Prisonniers de Beckett (diffusé à Lasalle en 2006 et 2011)
2004 - Zéro Tolérance (diffusé à Lasalle en 2006)
1998 - La position de l’escargot (fiction)
1995 - Le violon sur la toile /1993 - Tragedia (fiction / court-métrage)
1992 - L’arbre qui dort rêve à ses racines
1990 - Nulle part, la mer / 1989 - Loin d’où ? (fiction / court-métrage)
Spoon est un homme que sa différence a « condamné à mort avant la prison »,
comme il le dit lui-même. Dans le seul Etat de Californie, il existe 35 prisons de
haute sécurité, toujours bondées de détenus en majorité afro-américains. Spoon,
incarcéré depuis 38 ans, considère que cet emprisonnement intensif de ses frères
« bruns et noirs » est une nouvelle forme hypocrite d’esclavagisme.
C’est le deuxième film que Michka Saäl réalise autour de détenus. Déjà dans
un précédent film (Prisonniers de Beckett, 2006) les détenus s’échappaient de
la prison par la magie du théâtre. Ici, la prison est tout simplement éclipsée
par l’imaginaire poétique.
Pierre Verneuil
Je voulais aussi poursuivre mon exploration expérimentale,
brouillant les limites entre documentaire et fiction, entre récit et ce que
Spoon appelle: « REALNESS. »
Je vois ce film comme un essai de réponse à des questions que je me pose
toujours : la poésie efface-t-elle les barreaux, défie-t-elle le temps,
justifie-t-elle la survie, en créant l’espace d’une liberté intérieure ?
L’art est-il le seul territoire réel de notre identité ?
Michka Saäl
`
Michka Saäl a fait sa rencontre [avec Spoon]
[...] avec l’idée porteuse que la puissance
et l’impuissance des mots face à la détresse
et à l’absurdité de la condition humaine
étaient plus qu’un sujet de film, mais une question
de responsabilité éthique et politique.
Guillaume Roussel-Garneau - Liberté Art & Politique / N° 309 Automne 2015
J E U D I 5 M A I / TEMPLE / 21h
en présence de
En présence de la réalisatrice
SÉANCE FLORAC 30 avril / 21h
SÉANCE GANGES 2 mai / 21h15
Michka Saäl
24
LLEVATE MIS AMORES
I Arturo González Villaseñor
2014 | 1h30mn | Mexique | Indira Cato
Meilleur film, Festival international de Cabos 2014 (Mexique).
Arturo González Villaseñor, est réalisateur mexicain et critique
de cinéma pour la partie web de la revue mexicaine Proceso.
Après des études en communication sociale à l’Université Autonome Métropolitaine, il a fondé en 2013 la société de production
Acando qui produit des films et événements artistiques.
Llévate mis amores. est son premier long-métrage documentaire.
Quinze femmes occupent l’écran. En dépit des problèmes familiaux,
des soucis quotidiens et des difficultés sociales, elles ont choisi de donner
une autre direction à leur vie : elles aident les hommes qui migrent vers les
Etats-Unis, venus de plusieurs pays d’Amérique du Sud, leur apportant
nourriture et soins. Les images du train en marche avec des grappes d’êtres
humains accrochées aux marchepieds saisissant les sacs de nourriture tendus par les femmes de « Las Patronas » ne sont pas les moins étonnantes.
Le film parcourt la vie quotidienne, celle du travail aux champs et dans les
fermes, de la préparation des repas. Car nous sommes dans un village, que
traversent les rails qui emmènent la jeunesse vers un monde meilleur, ou
moins pire. La vie de ces femmes, marquée par la perte des illusions et des
rêves, brisée par la nécessité, semble faite de résignation. Leur engagement
à rendre quotidiennement le monde moins cruel prouve le contraire. Las
Patronas s’est organisée, les femmes ont appris les législations, elles ont
composé avec les autorités ; à présent reconnues, appréciées et respectées,
elles opposent aux dangers du voyage la joie d’aider.
Film de la grandeur d’âme et du souci d’autrui, qui donne la parole à une
société fondée sur l’entraide, qui bouscule et dérange nos consciences parce
que son propos nous concerne tous. Film qui honore la démarche solidaire
et fraternelle de populations privées souvent de l’essentiel, mais convaincues
de la nécessité de partager pour donner un sens à l’humanité. Film qui met
en regard le récit d’événements dramatiques et récurrents (accidents, enlèvements, trafics, contrôles policiers...) et la volonté inaltérable de ces femmes
qui brisent les frontières. Film qui redéfinit la notion de « topos » : le village,
dans sa pérennité ancestrale, liée au fil des saisons, est également l’endroit
où tout bouge, où le lien entre les êtres humains est quotidiennement repensé ; à
l’inverse, le train en marche « prend racine » à chaque passage, y compris par le
son ; il fait partie du village, il lui donne son tempo, comme le chant des coqs.
Marion Blanchaud
Chaque jour, depuis 1995, « Las Patronas »
ravitaillent les migrants,qui, d’après des sources
officielles, sont presque deux millions à traverser
chaque année la frontière des Etats-Unis
et environ 400.000 à venir du Honduras, Salvador,
Guatemala et Nicaragua.
Au-delà des dangers liés aux conditions
de voyage dans des trains de marchandises,
ils sont victimes de la corruption et des gangs…
Amnesty International estime à 70 000
le nombre de migrants disparus au Mexique
entre 2006 et 2010.
Pour tenter de les retrouver, chaque année,
« La caravane des mères d’Amérique centrale »
part à la recherche de proches disparus.
« Las Patronas » aident ces femmes dans leur quête.
J E U D I 5 M A I / FOYER / 21h
en présence de
Arturo González Villaseñor / Liaison Skype
UNE JEUNESSE ALLEMANDE
I Jean-Gabriel Périot
2015 | 1h33mn | France | Local films
Ce film, a obtenu en 2015 de nombreux prix dans des festival internationaux, dont : Meilleur premier film, Festival du cinéma
indépendant de Lima (Pérou) / Prix SCAM du jury international, Cinéma du réel (France) / Prix du Jury SSA/Suissimage pour
le long-métrage suisse le plus innovant, toutes sections compétitives confondues, Visions du Réel, Nyon, (Suisse) / Prix spécial
du jury, Festival international du film d’Erevan (Arménie) / Mention spéciale du jury, BAFICI, Festival international de
Cinéma indépendant de Buenos Aires (Argentine) / Mention spéciale du jury, DocAviv, Festival international du documentaire
de Tel Aviv (Israël) / Mention spéciale du jury, Festival international de Guanajuato (Mexique).
Les archives filmiques sont la matière première des documentaires de
Jean-Gabriel Périot. Grâce à un travail de montage brillant, il réussit à interpeller notre présent avec le passé. Une jeunesse allemande retrace le parcours de
certains militants de la RAF (appelée aussi « bande à Baader ») mais pas seulement. Ce film nous oblige à revoir la mythologie de l’engagement d’une extrêmegauche radicale, finalement violente, que certains ont appelé « terroriste ».
Jean-Gabriel Périot
Né en France, Jean-Gabriel Périot a réalisé plusieurs courts-métrages à la frontière du documentaire, de l’animation et de l’expérimental. Il développe son propre style de montage qui interroge la
violence et l’histoire à partir d’archives filmiques et photographiques.
Une jeunesse allemande est son premier long-métrage.
2014 : Si jamais nous devons disparaitre ce sera sans inquiétude
mais en combattant jusqu’à la fin
Filmographie partielle :
2014 : We Are Become Death
2013 : L’Optimisme / 2013 : Le jour a vaincu la nuit
2012 : The Devil
2012 : Nos jours, absolument, doivent être illuminés
2011 : Regarder les morts / Looking at the Dead
2010 : Les Barbares / 2009 : L’Art délicat de la matraque
2008 : Entre chiens et loups
2007 : Nijuman no borei (200000 fantômes)
2006 : Under Twilight /
2006 : Eût-elle été criminelle (Diffusé à Lasalle en 2010)
2005 : Dies Irae (Diffusé à Lasalle en 2010)
2005 : Undo / 2004 : We Are Winning, Don’t Forget
2002 : 21.04.02
le film est une immersion au cœur
de ce moment de l’histoire allemande, qui parvient
à saisir l’affrontement à vif entre une société
encombrée et sclérosée par son passé nazi
et une jeunesse sans échappatoire.
John MacDougall - AFP / Février 2015
Le film de Périot est absolument passionnant :
on assiste au dévoiement d’un combat,
à la perversion des valeurs.
Le terrorisme détruit ses propres idéaux. [...]
préservez-nous des gens qui veulent notre bien !
Tenter de comprendre ne signifie pas expliquer. Voilà le tour de force du
réalisateur dans la première partie de son film, lorsqu’il montre les membres
fondateurs de la Fraction armée rouge avant leur « passage à l’acte ». Nous
voyons des archives inédites de Meinhof, Baader, Meins, Hensslin et Mahler,
certes contestataires, mais bien intégrés, selon l’expression consacrée, dans
leur milieu journalistique, artistique, cinématographique. Avant de créer la
RAF, dans les premières années de leur engagement, ils ont énormément produit, réalisé des films, des émissions de télé. Ils ont cru faire la révolution
avec des films : « Nos caméras sont techniquement et chimiquement des outils
d’activisme, ils doivent filmer les actions qui préparent l’effondrement de la
société. » Et J. B. Périot de nous montrer l’ébullition rebelle, l’insolence des
mouvements de jeunesse des années 60, bousculant le consensus allemand de
l’après-guerre…
Les thèmes de la violence (politique) et du pouvoir des images traversent de
bout en bout ce documentaire : peut-on changer le monde avec des images ?
L’escalade de la violence est-elle justifiée ?
Désignés généralement comme des « terroristes sanguinaires », ces intellectuels, qui se sont mis du côté « des opprimés, des humiliés », ont interpellé
leurs parents, leurs enseignants, leurs dirigeants sur leur passé nazi, ont refusé
la violence guerrière des Etat-Unis. Mais ils ont perdu sur le champ de bataille
idéologique des médias.
Les années 70 sont alors celles du basculement quand ils déclarent, comme un
manifeste : « Les films avec des enfants vietnamiens brûlés n’aident pas à lutter
contre le napalm. » La RAF est constituée, passe à la clandestinité. Les images
changent de main… Les archives montrées sont celles du pouvoir et surtout
de la télévision : la répression policière, les interventions brutales des responsables politiques allemands, une presse intoxiquante (Spriegel) créent et
maintiennent une tension, obstruant une sortie de crise satisfaisante.
Ainsi, après avoir vu Une jeunesse allemande, une question reste en suspens : les
dirigeants allemands, enfermés dans leur rigidité idéologique, ne se sont-ils
pas trop opposés à cette fraction insoumise de la jeunesse, devenue rouge et
armée. A trop simplifier la violence politique dite illégitime, on s’aveugle sur
les failles de la société qui génèrent de telles actions désespérées.
Marie-Hélène Klein
Le Nouvel Observateur - Octobre 2015
J E U D I 5 M A I / FILATURE / 21h
en présence de
Jean-Gabriel Périot
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Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles
SEANCE LASALLOISE
ANNÉE APRÈS ANNÉE FILMER EN POINTILLÉS LA VIE COMME À LASALLE
sssssssssss
en partenariat avec
L E PA R C N AT I O N A L D E S C É V E N N E S
Les Cévennes
c’est dans la forêt, moi, j’habite là-bas…
I Lionel Marchand et la classe de l’école primaire de Lasalle : GS / CP de Charlotte Geoffray
| 2016 | 30mn | Cinéfacto, champ-contrechamp
« En Grande Section ou en CP, le regard d’un enfant n’est pas le même que celui d’un adulte,
sa hauteur de vue non plus »
Les Cévennes pour les plus jeunes, ça paraît loin, haut et sauvage.
Et pourtant : c’est ici, c’est chez nous.
Un Mas, un cèpe, un caillou, une chèvre, une source, une faïsse, une fleur ou une bogue de châtaigne :
un senti, un essentiel comme un chromosome qui se rajoute.
Une redécouverte des Cévennes : « et même qu’on a vu un zèbre ! »
Bref, une remise à niveau indispensable réalisée grâce à la participation des élèves de l’école de Lasalle,
des Lasallois et des anciens (sages) de la maison de retraite.
RÉALISÉ DANS LE CADRE DES
ATELIERS VARAN / LASALLE 2016
Un partenariat
(Cf. page 32).
UNIVERSITE PAUL-VALERY MONTPELLIER 3
ATELIERS VARAN
Commune de Lasalle en Cévennes
En marche I Guillaume LIong
| 23mn |
Jeannot, retraité, ancien ouvrier et leader syndical,
a traversé les grandes mutations industrielles des dernières décennies.
Avec ses anciens collègues et amis, ils marchent dans leurs Cévennes natales
en évoquant les épreuves d’hier et les cicatrices d’aujourd’hui.
V E N D R E D I 6 M A I / TEMPLE / 10h15
Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles
s o u s
l ’ é g i d e
d e
EL PATIO
Rencontre avec l’équipe
d’
en présence de
Elvira Diaz, réalisatrice / Nathalie Combe, productrice Ludovic Bunel, assistant réalisation 1 tournage et chargé de production
Katerina Banoviez, assistante réalisation 2 tournage er
e
En 1973, les fossoyeurs du cimetière général de Santiago du Chili
reçurent la mission de faire disparaître les corps de centaines de victimes de la dictature
dans la partie la plus reculée du cimetière, le Patio 29.
Quarante ans plus tard, à travers les souvenirs tourmentés des 5 derniers survivants encore en poste,
Elvira Diaz remet à jour cette part sombre et enfouie de l’histoire du Chili.
« Sous la terre, le silence n’est qu’une apparence. »
Le film est en cours de montage.
A travers cette rencontre et la projection de plusieurs extraits,
nous évoquerons les différentes étapes d’écriture et de fabrication du film
ainsi que le tournage en trois temps au Chili.
Avec les intervenants,
nous reviendrons sur les questions qui touchent à la production et à la réalisation du film.
C’est avec plaisir que nous diffusons les deux premiers films
du tryptique d’Elvira Diaz :
VICTOR JARA N° 2547 (Cf. page 41) et y VOLVERE (Cf. page 35)
EL PATIO
est le troisième volet de cette trilogie documentaire
autour de la mémoire du coup d’État au Chili et de ses conséquences.
V E N D R E D I 6 M A I / FOYER / 10h30
28
Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles
ATELIERS VARAN / LASALLE 2016
Un partenariat
UNIVERSITE PAUL-VALERY MONTPELLIER 3
ATELIERS VARAN
Commune de Lasalle en Cévennes
Repeindre le monde I Youssef Gebran
I 43mn I
Des utopies naissent, d’autres meurent, certains en subissent les conséquences.
Séparée de sa mère à trois ans et demi, Patricia, artiste peintre,
a vu son enfance et son éducation confiées à la communauté sectaire d’Otto Mühl *.
*A.A.O. (Organisation d’Analyse Actionnelle pour une pratique de vie consciente)
a été fondée en 1976 par Otto Mühl, à Friedrichshof en Autriche.
Sa doctrine est basée sur une sorte d’anarchisme.
Les deux maisons de Cristina
I Elodie Buisson
I 37mn I
Cristina se bat seule depuis bien longtemps contre institutions et clichés,
injustices et manque de considération.
Elle trouve enfin sa place dans un lieu de vie « Tentative », auprès de jeunes autistes,
tout en aidant son fils adolescent à trouver la sienne.
Résolument, Cristina trace le chemin.
Les ATELIERS VARAN, plus de trente ans de résistance
Créés sous l’impulsion de Jean Rouch, les Ateliers Varan pratiquent depuis 30 ans une pédagogie active d’initiation
à la réalisation documentaire basée sur le travail pratique et l’échange collectif entre stagiaires.
C’est en réalisant son film que chaque stagiaire s’initie à l’écriture cinématographique, à la prise de son, à la réalisation et au montage.
Réaliser, accélère et inscrit durablement l’apprentissage. Cette école de cinéma unique, qui a formé plus de 1000 professionnels
comme Leonardo Di Costanzo, Claire Simon, Mariana Otero ou Julie Bertuccilli,
développe par ailleurs des ateliers de réalisation pérennes dans différents pays à travers le monde.
V E N D R E D I 6 M A I / CHAPELLE / 11h
réalisateurs (trices)
Marie-Claude Treilhou & Jean-Noël Cristiani, formateurs Ateliers Varan
en présence des
de
Focus sur le cinéma québecois / Soutenu par la SODEC
PIPELINES,
POUVOIR ET DÉMOCRATIE
I Olivier D. Asselin
2015 | 1h30mn | Québec | ONF
Olivier D. Asselin, est diplômé de l’INIS en réalisation, titulaire
d’une maîtrise en média expérimental de l’UQAM et a étudié la
scénarisation. Assistant de Magnus Isacsson - réalisateur de documentaires canadien - pendant plusieurs années, c’est un cinéaste socialement engagé.Il a réalisé et produit une trentaine
de courts et moyens-métrages documentaires, expérimentaux et
de fiction. Parallèlement, il crée du mixage vidéo en direct et fait
partie de plusieurs collectifs de médias indépendants, dont Courts
Critiques, Médi@s Libres et le Journal Ensemble.
Filmographie partielle :
2011 - Le goût du métal / 2009 - Les âmes en friche
2008 - Tout se tient / 2005 - Citoyens INC
la finalité d’une lutte a beau être incertaine,
le fait de l’entreprendre nous garde en vie.
Olivier D. Asselin - Propos recueillis par Ismaël Houdassine
Huffington Post Québec / Décembre 2015
sssssssssss
en partenariat avec
La société TransCanada a décidé de construire un oléoduc de 4 600
km de long pour acheminer le pétrole des sables bitumineux de l’Alberta à la
côte Atlantique du Québec. Olivier D. Asselin, réalisateur québécois engagé
dans les causes sociales, a suivi des militants qui, par des moyens différents,
poursuivent le même objectif qui est de contrer ce projet. Vu des Cévennes,
l’objet de ce film pourrait sembler un peu exotique, voire décalé. Pourtant, les
parallèles sont nombreux avec la situation française. Les ZAD (zones à défendre) se multiplient de Notre Dame des Landes à Sivens. Et les menaces se rapprochent des Cévennes : Total vient de gagner en justice contre l’Etat qui lui
avait retiré, à la faveur de la mobilisation contre le gaz de schiste, le permis de
recherche de Montélimar (4327 km2 qui s’étendent du Sud de Valence à la région de Montpellier). Les multinationales n’hésitent plus à contrer les décisions
politiques d’un pays, au mépris de la démocratie. Au moment où gouvernements
et multinationales préparent en toute opacité le traité de libre-échange transatlantique (TAFTA), les destinées des peuples, que l’Histoire a, un temps, séparées,
sont plus que jamais liées. Ce film prend donc toute son acuité : Est-il encore
possible de changer les choses et comment procéder pour y parvenir ?
Au départ, le tableau est plutôt sombre et asymétrique, au Québe où les gouvernants sont plus sensibles aux retombées économiques liées à la construction
et l’exploitation d’un oléoduc qu’aux cris d’alerte des militants écologistes
dénonçant à la fois l’exploitation dévastatrice des sables bitumineux et le risque
de marée noire pour le patrimoine naturel du Saint Laurent.
C’est donc une véritable guerre d’influence qui commence, depuis les opérations de lobbying dans les couloirs de l’Assemblée Nationale à Québec
aux coups d’éclats médiatiques sur le fleuve Saint-Laurent, en passant par
des interventions théâtrales dans le métro de Montréal.
Le réalisateur met en lumière tout un panel d’actions qui ont permis, par
des mobilisations coordonnées, de réussir à paralyser un système qui se
croyait infaillible et rendre à la démocratie son sens premier.
Guilhem Brouillet
Pipelines, pouvoir et démocratie est un film
captivant et mené de main de maître
par un documentariste qui a le sens du récit.
Nathalie Petrowski - La Presse + / Décembre 2015
Une véritable réflexion sur la fragilité
de nos institutions démocratiques malmenée
par les intérêts financiers.
Ismaël Houdassine - Huffington Post Québec / Novembre 2015
V E N D R E D I 6 M A I / FILATURE / 14h
en présence d’
En présence d’Alyssa Symons-Bélanger
SÉANCE FLORAC 30 avril / 16h
SÉANCE VIALAS 5 mai / 18h
Alyssa Symons-Bélanger,
artiste et activiste québécoise, protagoniste du film
30
Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles
Lumière du monde & Mariam Chachia
Rencontre avec
L’association Docmonde est un organisme de formation spécialisé dans le documentaire de création.
Ses activités se développent sur quatre continents à travers des résidences d’écriture,
des ateliers sur les fondamentaux de la production, des Masters de réalisation et de production.
Lumière du monde est une association regroupant environ 120 producteurs audiovisuels du monde entier
fédérés autour de la Charte de coproduction équitable.
Les deux associations co-organisent des rencontres de coproduction documentaire
qui permettent aux producteurs de Lumière du monde de rencontrer les participants aux formations de Docmonde.
A ce jour, plus d’une centaine de documentaires ont été produits dans les différentes collections Lumière du monde
et une cinquantaine de nouveaux films sont initiés chaque année à la suite des rencontres de coproduction.
Ecouter le silence
Avec la participation de Languedoc-Roussillon Cinéma.
de
Mariam Chachia
s’inscrit dans le programme Eurasiadoc initié par Docmonde en 2012
et qui regroupe des réalisateurs et producteurs du Caucase, de Russie, de Turquie et d’Asie centrale.
Frédéric Violeau - Lumière du Monde
A Tbilissi, un petit monde de silence existe au cœur d’un des quartiers les plus bruyants du centre-ville.
C’est l’école publique n°203, l’école des sourds-muets.
Le seul moyen pour les enfants vivant dans ce petit monde d’être reconnus, c’est de devenir comme nous :
durant neuf mois de l’année scolaire, les élèves de cette école
suivent les cours de danse géorgienne, danse traditionnelle qui concerne à la fois les filles et les garçons
et qui représente dans la société géorgienne une sorte de rite et de passage initiatique :
cette danse, qui est dansée à tous les mariages, représente l’entrée dans le monde adulte.
Nos héros sont deux enfants de neuf ans, Luka et Lika,
qui se préparent au spectacle de danse géorgienne de fin d’année.
Leur professeur, Giorgi, a mis en place une pédagogie novatrice,
où ce sont les enfants qui s’entraident et font une partie du cours,
afin de pouvoir être autonomes lorsqu’ils seront sur la scène et ne pas tout attendre du maître.
Pendant neuf mois de répétitions, ce sont des moments d’attente, d’angoisse,
de déception, de transe, de joie, de confiance retrouvée :
Luka et Lika, en préparant le ballet de la fête de fin d’année,
oublient qu’ils sont abandonnés de la société parce qu’ils sont différents des autres.
Inthemood
V E N D R E D I 6 M A I / CHAPELLE / 14h
en présence de
Mariam Chachia
TOTO ET SES SŒURS I Alexander Nanau
2015 | 1h34mn | Roumanie | HBO Europe, Strada Film, Alexander Nanau
Ce film, a obtenu en 2015, de nombreux prix dont : Grand prix du Festival Premiers plans d’Angers (France) / Meilleur Documentaire
International, Festival de Zurich (Allemagne) / Meilleur Documentaire, Festival de Varsovie (Pologne) / Prix du Public, Festival des
Peuples de Florence (Italie) / Grand Prix, Prix des lycéens, Prix Fleury-Mérogis, Festival des Droits de l’Homme de Paris
Toto et ses sœurs évoque irrésistiblement un autre titre beaucoup plus célèbre :
Rocco et ses frères . Un clin d’oeil d’Alexander Nanau à LuchinoVisconti ?
Les deux synopsis ont comme un air de famille. Rocco et ses frères est un film de fiction d’un réalisme cru. Réalisé en 1960, il raconte le drame d’une famille rurale du
sud de l’Italie confrontée à l’urbanisation forcée dans les banlieues grises de Milan.
Alexander Nanau retrouve la même démarche, mais avec avec une grande originalité. Il ne s’agit plus d’une fiction, mais d’un documentaire construit comme une
fiction. Le réalisateur capte une tragédie avec des acteurs qui jouent leurs propres
rôles. Plus encore, il arrive que ces acteurs se filment eux-mêmes. Le tournage dure
14 mois. C’est un véritable tour de force du réalisateur que d’avoir su gagner leur
confiance pour un tel projet.
Alexander Nanau, né en Roumanie, est un réalisateur, scénariste et directeur de la photographie allemand. Après des
études de réalisation à Berlin, il tourne le film documentaire,
Peter Zadek inszeniert Peer Gynt qui sort en Allemagne et
en Autriche. Il réalise ensuite The World According to Ion B.
qui est récompensé en 2010 d’un Emmy Award et fait le
tour du monde. Toto et ses sœurs est son troisième longmétrage documentaire.
Qui sont-ils ? Deux demi-sœurs Ana et Andréa, (15 et 13 ans au début du film) et
un frère surnommé Totonel (9 ans). Leurs pères ont disparu sans qu’on ne sache
rien d’eux. La mère est en prison pour 7 ans, condamnée pour usage et trafic de
drogue. Leur logement est régulièrement squatté par des oncles maternels et
leurs copains. Ils y viennent pour se piquer. Leur quartier répond au doux nom de
Ferentari, une ancienne zone industrielle de Bucarest. C’est une poubelle à ciel ouvert.
Le documentaire pourrait facilement sombrer dans le misérabilisme plaintif, la
dénonciation ou l’énonciation de prétendues solutions. Il évite totalement ces
trois écueils. C’est au contraire un film plein de vie.
La sensibilité à fleur de peau, l’envie d’apprendre des enfants nous montrent que rien
n’est tracé d’avance. Ils peuvent rencontrer des visages ouverts qui les motivent.
L’écoute et le soutien des services sociaux, des animateurs de quartier et de l’école
sont remarquables. Ils peuvent aussi rencontrer des visages fermés qui les isolent et
les renvoient au désespoir, surtout quand il s’agit des visages de leur propre famille.
Dans un même environnement catastrophique, Andréa à appris à lire et à écrire
et s’occupe avec amour de son petit frère. Totonel s’initie avec succès à la danse
hip-hop. Ana retombe dans la drogue. Rien n’est figé. Rien n’est écrit.
A la fin de la projection, on espère que la participation active d’Ana, d’Andréa et
de Totonel à ce travail les aura aidés à se construire pour la suite de leur vie qu’on
leur souhaite heureuse.
Gérard Feldman
un film extrême qui parvient à effacer
littéralement la frontière entre le documentaire
et la fiction. Un cinéma cru, direct, puissant,
qui sait aussi prendre son envol allégorique ...
Une merveille.
Olivier Beuvelet - Mediapart / Janvier 2016
Porté par un sens du cadre très sûr,
par un instinct remarquable des situations,
Nanau saisit la vie dans sa vibration première.
Isabelle Regnier - Le Monde / Janvier 2016
V E N D R E D I 6 M A I / TEMPLE / 14h
en présence d’
Ionela Padure, éducatrice, protagoniste du film
32
lesresistances.france3.fr
Collection conçue par Jan Vasak
Co-production K’ien Productions
France 3 et l’INA
LES RÉSISTANCES
DU MASSIF CENTRAL À LA MÉDITERRANÉE
Les Résistances est une collection de 8 web-documentaires qui propose de
(re)découvrir l’histoire de la Résistance locale en France à travers les portraits, les
témoignages et les actions de plus de 200 résistants de toutes les régions métropolitaines françaises. Avec plus de 120 minutes cumulées de vidéos réalisées pour chaque
web-documentaire, auxquelles s’ajoutent de nombreux contenus en interactivité, cette
nouvelle forme d’écriture se met au service de la transmission de la mémoire.
La séance alternera entre la projection de films du web-documentaire Du Massif central à
la Méditerranée réalisés par Jean-François Naud et une présentation de la conception du
web-documentaire dans sa globalité.
Cet épisode web-documentaire de la collection « Les Résistances » révèle l’engagement
d’hommes et de femmes qui, de Moulins à Perpignan, ont fait le choix de lutter contre
un régime liberticide, xénophobe et collaborationniste : l’Etat français.
Réalisateurs de la collection
Jan Vasak
Julie Perreard
Sandrine Dumas
Erwan Le Guillermic
Marc Toulin
Jean-François Naud
Robin Hunzinger
Régis Latouche
Linda Ferrer Roca
Olivier Besse
Vianney Lambert
Yves Maillard
La Résistance en Auvergne et en Languedoc-Roussillon arbore un visage aussi humain
que combatif. Aux premiers rangs des combattants se trouvent tous ceux que Vichy stigmatise : les Juifs, les communistes, les étrangers et notamment les Espagnols. Ici, quand
les paysans du Chambon-sur-Lignon sauvent la vie de centaines de Juifs, de jeunes
hommes partent au Mont-Mouchet ou sur l’Aigoual, s’engager dans la bataille.
Avec la participation du Centre National du Cinéma et de l’image animée, de la Région Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées,
de la SNCF, de l’Office Nationale des Anciens Combattants et le concours du Réseau Canopé, partenaire pédagogique.
Collection labellisée 70e anniversaire de la Résistance.
Prix du Jury dans la catégorie « Web-documentaire » au Web Program
Festival 2015 / Prix SCAM 2015 des nouvelles écritures pour son
auteur, Jan Vasak.
V E N D R E D I 6 M A I / FOYER / 14h
en présence de
Jean-François Naud
Focus sur le cinéma québecois / Soutenu par la SODEC
LES INDIENS, L’AIGLE ET
LE DINDON I Iphigénie Marcoux-Fortier
& Karine van Ameringen
2015 | 48mn | Québec | Wapikoni mobile
« Autochtones des premières nations » – c’est le vocabulaire officiel
québécois – : Samian, Melissa Mollen Dupuis, Marie-Pier Ottawa, Kevin
Papatie et Raymond Caplin cherchent leur voie entre la société dominante
conforme au modèle nord-américain canadien et la culture ancestrale avec
laquelle le lien est largement rompu.
Iphigénie Marcoux-Fortier, de la réalisation à la production en
passant par la technique, explore, depuis près de 15 ans, les
contours d’un cinéma documentaire empreint d’humanité.
Karine van Ameringen est cinéaste documentaire et pratique le
métier à la fois comme réalisatrice, productrice, directrice de la
photographie et monteuse.
Depuis 2003, elles ont co-réalisé et co-produit plusieurs courts et
moyens-métrages. Leurs films abordent des thèmes aussi variés
que le tourisme ethnique, l’exotisme, l’identité, la rencontre interculturelle, l’exil, l’absence et la mort.
Filmographie partielle :
2014 - Les indiens, l’aigle et le dindon
2013 - Le pas de la porte (long-métrage) / 2010 - Je serai là
2008 - Chère Rosalia / 2005 - Quand reviens-tu ?
À PROPOS DU WAPIKONI MOBILE
Le Wapikoni mobile a été créé en 2004 par la cinéaste
Manon Barbeau, le Conseil de la Nation atikamekw
et le Conseil des jeunes Premières Nations
du Québec et du Labrador.
Depuis sa création, l’organisme à but non lucratif
a offert du mentorat et de la formation
en création audiovisuelle et cinéma documentaire
à 3 800 jeunes Autochtones au Canada,
dans l’espoir de créer des emplois
et des possibilités éducatives dans l’industrie
du cinéma et de contrer les taux élevés de suicide,
de décrochage et de toxicomanie.
Le Wapikoni mobile a produit plus de 870
courts-métrages et 500 enregistrements musicaux,
lors de visites dans 30 communautés appartenant
à neuf Premières Nations différentes.
Grâce à ses ateliers et ses projections
cinématographiques, il accroît la sensibilisation
du public et le renseigne sur les problèmes
auxquels se butent les communautés autochtones.
Pour en savoir davantage, visitez : www.wapikoni.ca.
Mais leur voie c’est ni l’un ni l’autre, plutôt une troisième voix, comme pour
tous les jeunes gens et filles de leur génération... Découvrir ce qu’on veut
faire de sa vie, expérimenter pour savoir ce qu’on aime, s’aventurer dans un
univers de création où on se surprend soi-même. Retrouver la langue oubliée,
le bois qu’on coupe dans la neige, les cheveux rasés comme au pensionnat, la
mémoire orale et le territoire, la danse et le chant sacrés, les rassemblements
qui font se ré-approprier une identité « en brisures »…
Et si on n’était pas plus authentique que les dream-catcheurs (attrape-rêves
traditionnels en plumes) « made in China » qu’on vend à l’aéroport ?
Car prendre la pose, porter les cheveux longs et des vêtements traditionnels,
vouloir plaire en étant conforme à l’image attendue, c’est aussi une aliénation, comme c’en est une, différente, d’être englué dans une société de
consommation... Alors il faut se battre, il faut être fort(e) en ne sachant pas
toujours si ce qu’on défend est une utopie ou quelque chose de concret, qui
portera des fruits.
Chaque personnage est un visage, une voix, un corps, un caractère où s’affirme
une volonté d’être soi et l’étincelle intérieure qui illumine la vie. S’auto-représenter à travers les « capsules » (formats courts) entrecroisées, qui constituent
le film, c’est aussi cheminer dans le processus de décolonisation. Sortir de sa
réserve.
Michelle Sabatier
Est-ce qu’on peut être nous-mêmes sans avoir obligatoirement
des plumes sur la tête ?
[se demande en substance l’un des personnages du film].
V E N D R E D I 6 M A I / TEMPLE / 16h
en présence d’
En présence d’Iphigénie Marcoux-Fortier
SÉANCE FLORAC 29 avril /18h
SÉANCE GANGES 2 mai /18h30
Iphigénie Marcoux-Fortier
34
Soutenu par
La Région Languedoc-Roussillon
en partenariat avec le CNC
Y VOLVERE [Et je reviendrai]
I Elvira Diaz
2013 | 52mn | France | Pages & Images,
Comme l’indique son titre espagnol, Y volveré est l’histoire d’un retour
au pays : celui qu’effectue Porfirio trente ans après avoir fui le Chili au lendemain de l’attaque de la Moneda et de la mort d’Allende. Il est alors non
seulement un opposant au régime de Pinochet mais l’un de ceux qui, pressentant l’imminence du coup d’état et de la lutte qui allait alors s’engager,
s’est formé et a initié d’autres opposants au maniement des armes et des
explosifs.
C’est avec plaisir
que nous diffusons les deux premiers films
– Le troisième, EL PATIO
est en préparation (Cf. page 28) – du tryptique d’Elvira Diaz :
y VOLVERE
et VICTOR JARA N° 2547 (Cf. page 41).
« Deux films reliés par leur sujet
(Le Chili, 11.09.73),
leur forme (le retour),
leur rythme (celui d’une grande marche
à la rencontre des amis d’hier)
et leur humanité, car on y voit
en permanence des bras qui se tendent,
qui s’ouvrent et qui serrent contre soi
des amis de toujours,
en tapant généreusement avec des mains
qui ont vécu et qui se sont battues,
le dos des proches retrouvés,
sonnant comme des battements de cœur,
toujours bien vivants et jeunes ».
Quelques semaines avant le coup d’état, il perd la vue dans un accident survenu pendant une séance d’entraînement. Aveugle il a quitté le Chili en
1973, aveugle il le retrouve en 2003, avec les yeux de sa fille Amalia et de
sa nièce Elvira, qui n’est autre que la réalisatrice. Retrouvailles poignantes
avec les membres de la famille et les amis du quartier, avec la maison et la
rue de Santiago où Porfirio a grandi, le club de foot où il s’entraînait et où il a
commencé à se forger une culture politique, mais aussi nécessaires explications
et dissipation des malentendus qui se sont tissés autour de l’accident et des
raisons de sa fuite, reproches de ceux qui sont restés à celui qui est parti,
douleur de celui qui est parti… Le documentaire fait alterner avec force et pudeur des images chargées de
nostalgie et de poésie, qui expriment l’émotion de l’exilé revoyant sans pouvoir véritablement le revoir le pays qu’il a quitté et des moments politiques
où se donnent à entendre des témoignages aussi simples que bouleversants
sur la vie qui a été celle des Chiliens pendant trente ans et, au-delà, sur la
dimension universelle de la tragédie chilienne.
Bénédicte Louvat-Molozay & Bertrand Molozay
Karim Ghiyati,
Directeur de Languedoc Roussillon Cinéma.
C’est magnifique d’humanité.
Toute la tragédie chilienne est là,
saisie avec une incroyable sensibilité.
Pierre Serre - La Gazette de Montpellier / Septembre 2013
V E N D R E D I 6 M A I / FOYER / 16h
en présence en présence d’
Elvira Diaz,
Porfirio Diaz, poète, protagoniste du film & Victor Diaz, musicien, protagoniste du film
J’AVANCERAI VERS TOI
AVEC LES YEUX D’UN SOURD
I Laetitia Carton
2015 | 1h45mn | France | Kaléo Films
Le « pays » des sourds est encore méconnu voire méprisé. Si nous
avons tous en mémoire Emmanuelle Laborit, actrice primée et directrice de
l’ IVT( International Visual Théâtre) qui explore et enseigne la langue des
signes, on ignore que sur 16000 élèves sourds en France, seule une centaine
reçoit un enseignement complet en langue des signes, la LSF. Laetitia Carton
répare cet oubli et dresse le portrait de sourds-signeurs « bien dans leurs
baskets », de militants de cette cause. Est éclairé l’enjeu fondamental du choix
ou du non-choix posé aux parents : implant ou apprentissage de la LSF. Le
spectateur croise aussi le parcours de Levent Beskadès, poète sourd, mime
et acteur qui rêve d’un monde où sourds et entendants communiqueraient
sans interprètes tout en gardant chacun leur identité.
Laetitia Carton, après des études aux Beaux-Arts de ClermontFerrand, fait un post-diplôme à l’école d’art de Lyon. C’est là, avec
Jean Pierre Rhem, son « tuteur », qu’elle rencontre le documentaire de création. Elle décide alors de faire un Master de réalisation documentaire à Lussas. Son film de fin d’études, D’un chagrin
j’ai fait un repos, a été sélectionné et primé dans plusieurs festivals à travers le monde. En 2009, elle réalise La Pieuvre, documentaire sur une maladie génétique neuro-dégénérative qui
décime sa famille, la maladie de Huntington. En 2014, elle dessine le portrait intime du dessinateur Baudoin, l’auteur de Piero,
Edmond, un portrait de Baudoin, film qui obtient le Grand Prix du
festival « Traces de Vies » à Clermont-Ferrand.
J’avancerai vers toi avec les yeux d’un Sourd est son troisième
long-métrage documentaire.
Une fois le noir fait, il faudrait laisser
un temps, pour que les entendants
acceptent le silence.
Formée à l’école du documentaire de Lussas, la réalisatrice choisit un fil
conducteur épistolaire pour faire partager cette histoire dédiée à son ami
Vincent, mort il a dix ans, qui l’avait initiée à cette langue. On doit la B.O à
la chanteuse Camille, proche de cette culture.
Documentaire sensible, autobiographique mais aussi montage savant d’interviews, de séquences filmées dans les classes bilingues, de témoignages d’acteurs
engagés J’avancerai vers toi avec les yeux d’un sourd est un film choral et militant
de la LSF. 80 % des sourds en France étant en situation d’illettrisme, la cause
revêt un caractère d’urgence. Etre au contact d’un enseignant sourd proposant
un « modèles » adulte, un métier valorisant, permet aux enfants sourds de se
dire : moi aussi je pourrai le faire plus tard ! Le temps long est privilégié pour
voir les enfants grandir et s’épanouir. 10 ans à suivre Erwan, Cheyenne, Eva
et… Marc qui veut devenir cinéaste…
Grâce à une caméra intimiste jamais larmoyante, le pari du film est de mettre
en lumière une communauté et une langue bouleversantes.
Extrait du film
Mireille Rousseau
L’épître à un mort, belle et politique,
au doux rythme des signes dans un royaume
décidément méconnu, celui des Sourds,
que l’on apprend à découvrir avec enchantement.
Frédéric Mignard - avoir-alire.com / Janvier 2016
L’attrait du film tient aussi aux termes singuliers
par lesquels il interroge une idée
du communautarisme : non comme un repli,
mais plutôt la voie d’une inclusion plus harmonieuse
à une société obstinément aveugle
aux caractères particuliers qui la nourrissent.
Julien Gester - Libération / Janvier 2016
V E N D R E D I 6 M A I / FILATURE / 16h
en présence de
Levent Beskardes, artiste, interprète chant-signe
36
COMME DES LIONS
I Françoise Davisse
2015 | 1h55mn | France | Les Films du Balibari
Prix de la RTBF et Prix de la Critique, Festival Filmer à Tout Prix, Bruxelles (Belgique)
Françoise Davisse est réalisatrice et productrice. Elle vit depuis
toujours à Saint-Denis – à quelques kilomètres de l’usine de la
marque au lion – à Aulnay-sous-Bois. Gageons que cette vie en
banlieue, n’est pas étrangère à son choix de centrer ses films sur
la thématique des citoyens face aux institutions, et à son investissement dans l’association Plaine de femmes à Saint-Denis.
Pour la télévision elle a notamment réalisé Des gens comme nous
(2004), Hôpital, le droit d’être parent (2002) Athlètes, des rêves
en or (5x26mn) (2001). Françoise Davisse a produit, au sein de
la société Point du Jour, des documentaires pour la télévision et
le cinéma. Comme des lions est son premier long-métrage.
Comment oublier la double annonce en 2010 des bénéfices de PSA
Peugeot-Citroën et de la fermeture de l’usine d’Aulnay, sous prétexte de « compétitivité », le combat des ouvriers, les images des grévistes ?
Comme des lions filme les mois du conflit qui a opposé une partie des salariés
et des intérimaires à une direction invisible et inaudible. Les ouvriers grévistes
se sont découverts décideurs à la place des responsables ; ils ont rétabli ce qui
fonde le dialogue démocratique : unité, écoute, fermeté et sens de l’honneur.
Leur engagement se traduit par la parole donnée, qui a fait défaut aux actionnaires et au gouvernement. C’est cette parole forte qui les a soudés, parce
qu’elle circulait, libre, parmi les grévistes et en direction des non grévistes,
parce que les mots étaient entendus et pris en considération. On sait que les
grévistes ont été en grande partie licenciés, qu’ils ont dû faire des concessions,
mais ils sont partis la tête haute, obtenant ce que les non grévistes n’ont pas
su exiger. Ceux-ci apparaissent comme les vrais vaincus, écrasés et minés par
une situation pourrissante sur laquelle ils n’ont aucune prise.
Les images scrutent les visages, suivent les mouvements, captent les masses,
tout près des corps, parfois en contrastes saisissants. La réalisatrice a conscience
que le conflit s’inscrit au tableau des luttes historiques pour les droits des
travailleurs.
Les salariés grévistes d’Aulnay ont gagné autant par leur poids dans les
négociations, que par la dénonciation de l’injustice, du mensonge, du mépris, qui font passer des pères de famille pour des délinquants. Leur victoire
est celle d’une aventure exceptionnelle, qui leur donne un sentiment de
fierté inaltérable et pérenne et dont la particularité est aussi la mixité des
ouvriers : Comme des lions est un exemple du vivre ensemble, démontrant que
la lutte permet d’être à la fois soi-même et de se dépasser pour les autres, de
sentir que l’individu est porté par une force capable de faire plier des décideurs
parjures et sans scrupules. Comme des lions resitue l’être humain comme valeur
essentielle.
Marion Blanchaud
Il s’agit d’une véritable œuvre filmique [...]
Un hymne à l’intelligence ouvrière.
Et c’est très beau.
Maryvonne Colombani - Zibeline / Février 2016
Un magnifique documentaire [...]
Une plongée vivifiante dans la chaleur des AG,
dont on ressort avec le sentiment
que la lutte mérite d’être menée.
Mathieu Dejean - Les Inrockuptibles / Février 2016
Un hommage vibrant à tout le monde ouvrier
Thomas Poupeau - Le Parisien / Février 2016
V E N D R E D I 6 M A I / TEMPLE / 17h15
En présence de la réalisatrice
SÉANCE LE VIGAN 1er mai / 20h30
En présence de Philippe Julien
SÉANCE VIALAS
5 mai / 21h
en présence de
Philippe Julien, syndicaliste, protagoniste du film
& Raymond Macherel, distributeur
[ Le d if ficile c he min v e r s l’Eur o p e ]
THE LONGEST RUN
I Marianna Economou
2015 | 1h15mn | Grèce - Finlande | Stefi & Lynx, Taavi Vartia
Mention d’honneur, Concours International long-métrage & Prix Trade Union VER.Di, Festival international du film
documentaire et du film d’animation de Leipzig - Dok Leipzig -2015 (Allemagne).
L’innocence, la jeunesse et la prison. Ali Jasim n’a pas 18 ans lorqu’il
tente de passer le fleuve Evros qui sépare la Turquie et la Grèce. Kurde, il fuit
la guerre en Irak. Accusé d’être lui-même un passeur, il est incarcéré à la prison
de Volos, avec d’autres jeunes migrants. A travers la détresse du jeune homme,
le film raconte celle de la jeunesse brisée dans son espoir d’avenir, se heurtant
à l’incompréhension, aux lois, aux décisions de ceux qui rendent frontières et
décrets infranchissables.
Marianna Economou est réalisatrice. Après ses études en anthropologie (UCL) et Photojournalisme (LCP), elle dirige et produit
depuis 198 9, des documentaires indépendants et des séries TV
documentaires en mettant l’accent sur les questions sociales. Ses
films ont été projetés à la télévision grecque, ARTE, YLE, BBC.
Ils ont également participé à de nombreux festivals internationaux
et ont été primés.
Filmographie partielle :
2015 - The Longest Run
2013 - Food for love / 2011 - A small big idea
2009 - Twelve Neighbors / 2008 - Bells, Threads & Miracles
2008 - Please listen to me / 2006 - My place in the dance
2003 - Faith is rock /2002 - Rockmunkit / 2001 - The school
Marianna Economou traite son sujet avec une grande douceur : respectueuse
de chacun, sensible aux détails, sa présence silencieuse paraît réconfortante.
Le film atteint une dimension symbolique qui fait de ces jeunes hommes un
exemple de toutes les jeunesses foulées aux pieds.
Pourtant, les geôliers ne brutalisent pas, ils encouragent même les détenus ;
ceux-ci bénéficient d’accompagnement juridique, de cours de langue, ils sont
soutenus, aidés. Mais le désarroi s’impose, marquant de son sceau les réactions
de chacun. Ali Jasim ne comprend ni la langue du pays, ni le chef d’accusation,
ni la décision finale. Il est comme une plante placée hors sol, désarmant de
naïveté. Il accepte son sort avec humilité, essaie de saisir le sens de son incarcération, lui qui commence sa vie. Quel est son crime ? Un autre détenu,
guère plus âgé, lui sert de grand frère : Alsaleh, Kurde de Syrie, lui aussi
soupçonné d’être un passeur. Les deux jeunes gens, unis par leurs histoires,
vont se lier d’amitié, le second servant d’interprète au premier, expliquant
avec calme et patience les écueils à éviter.
Ce qui frappe, au-delà du sentiment d’impuissance et d’injustice que nous
pouvons ressentir, c’est cette douceur, proche de la tendresse, qui anime
chaque geste, chaque parole, sensible dans les lumières qui éclairent lieux
et visages. Au téléphone avec la famille, dans la cellule, lors des entretiens,
au moment des départs. Solidarité, fraternité, chaleur humaine, voilà ce qui
reste à ces enfants maltraités, et qu’ils trouvent en eux-mêmes. Et nous, que
leur offrons-nous ? Le déni de vivre.
Marion Blanchaud
The Longest Run stimule les sentiments
et la réflexion.
Ralph Eue - Dok-Leipzig / Novembre 2015
Un portrait déchirant
Le Figaro - Février 2016
On ne traite pas toujours les migrants
avec la même bienveillance. Cela dépend
de l’état émotionnel de l’opinion publique.
Vincent Ostria - Les Inrockuptibles / Janvier 2016
V E N D R E D I 6 M A I / FOYER / 18h
en présence de
Marianna Economou / Liaison Skype
38
DUSTUR [ Constitution ] I Marco Santarelli
2015 | Italie| 1h15 mn | Instituto Luce Cinecittà, Ottofilmaker, Zivago media
Prix du Jury jeune, Cinéma du réel 2016 (Paris)
Dans la bibliothèque pénitentiaire d’une prison de Bologne en Italie,
des détenus musulmans débattent librement de la liberté, de la démocratie, des
croyances religieuses et des règles de comportement en société, avec l’aide d’un
moine catholique fin connaisseur de l’Islam, d’un jeune Marocain étudiant
en droit, ancien détenu, et d’un juriste tunisien issu du printemps arabe en
Tunisie. Un atelier d’écriture a pour objectif de rédiger une constitution
idéale. C’est l’occasion de discuter le sens de chaque mot.
Le concept de liberté est l’occasion d’aborder la liberté d’expression et la liberté
religieuse sous ses deux aspects : la pratique religieuse et le droit de choisir la
religion qui lui convient , ou de n’en choisir aucune, ou d’en changer.
Marco Santarelli est né et vit à Rome. Producteur et réalisateur
de nombreux courts et longs-métrages mais aussi de séries, il
s’est également impliqué dans la nouvelle scène de la musique
électronique. En 2008-2009, il réalise ses deux premiers longsmétrages Genova Tropoli et Interporto.
En 2010, il fonde la société de production, Ottofilmaker et réalise
Scuolamedia puis les années suivantes : Milleunanotte (2012) et
Lettre au Président (2013).
Si l’accord sur des principes généraux ne pose pas trop de problèmes, par
contre des divergences surgissent quant à leur application notamment dans le
domaine des mœurs. Par exemple l’un va accepter la conversion du christianisme vers l’Islam mais pas la réciproque, l’autre va répondre : « Si, je veux la
liberté de croire en ce que je veux, je dois donner la même chose à autrui ; alors
nous sommes quittes, à égalité ».
La Liberté peut-elle se concevoir sans la justice ? Si cette dernière est fondée
sur un attachement à la religion le risque avéré est celui d’une justice sélective
qui exclut, excommunie, soumet une partie de la population. C’est contre ce
danger qu’a été rédigée la constitution tunisienne qui se réfère à une justice
pour tous, fondée sur le Droit, et prône la neutralité des mosquées au nom d’un
Islam de modération et de tolérance.
La mise en scène de Marco Santarelli croise habilement l’exercice pédagogique
et le témoignage intime, l’enfermement et l’ouverture d’esprit. Ce mouvement
est incarné par un jeune Marocain qui après avoir arraché une page du livre
de sa vie (avec le trafic de drogue) cherche à en écrire une nouvelle. Grâce à sa
connaissance du droit acquise en prison, il passe du statut d’ancien détenu, à
celui de médiateur auprès des participants à l’atelier d’écriture comme auprès
des élèves de la faculté de droit de Bologne.
On comprend que l’enjeu est de prévenir la radicalisation des esprits lors de la
détention pénitentiaire, mais ce film offre matière à penser qui va au-delà d’une
simple « déradicalisation ».
Pierre Verneuil
[Un film sur] la parole qui permet une
réflexion poussée, loin des buzz médiatiques,
des certitudes, des idéologies toutes faites,
en interrogeant des concepts millénaires
et actuels.
Cristina Piccino - Il manifesto / Novembre 2015
Marco Santarelli signe un documentaire subtil
sur la liberté et l’enfermement matériel et spirituel
[Avec] entre autres qualités, un très joli travail sur le
son et un montage offrant plusieurs échappées.
Fabien Lemercier -Cineuropa / Mars 2016
V E N D R E D I 6 M A I / FILATURE / 18h15
en présence de
Rino Sciarretta, producteur
Focus sur le cinéma danois / Soutenu par : Danish Film Institute & l’Ambassade du Danemark
DEMOCRATS I Camilla Nielsson
2014 | 1h40mn | Danemark | Upfront Films, ITVS International
Ce film, a obtenu en 2015 de nombreux prix dans des festivals internationaux, dont : Prix du meilleur documentaire, festival
du film de Tribeca, New York (Etats-Unis) / Prix « Savoir et Conscience », Festival international du film documentaire de
Leuven - Docville - (Belgique) / Mention spéciale du jury & prix « Réel talent », Festival international du film documentaire
de Copenhague 2014 - CPH:DOX - (Danemark).
Camilla Nielsson, Camilla Nielsson, après avoir étudié le cinéma
documentaire à la Tisch School of the Arts et obtenu une maîtrise
en anthropologie visuelle de l’ Université de New York, est
consultante Médias pour l’UNICEF et l’UNESCO. De 2003 à
2005, elle réalise une trilogie sur les droits de l’enfant Good
Morning Afghanistan (2003), Durga (2004) et Les enfants du
Darfour (2005). A partir de 2007 elle travaille avec l’artiste israélienne
Yael Bartana, sur le projet socio-artistique Et l’Europe sera
étonnée… (2011). Parallèlement, elle co-réalise avec Frederik
Jacobi Mumbai Disconnected (2009).
La longue marche du Zimbabwe pour se doter, en mars 2013, d’une
nouvelle Constitution qui donne un cadre éthique à la vie politique passe par
l’engagement du parti d’opposition, le MDC, dirigé par Morgan Tsvangirai,
et de la COPAC, l’organisme chargé de la rédaction du texte, représenté par
Mwonzora, ancien ministre de Mugabe.
Les deux opposants au régime du président Mugabe considèrent que ce sont
les citoyens qui doivent écrire leur Constitution. Ils organisent dans tout le
pays meetings et rencontres, donnant directement la parole aux hommes et
aux femmes. Rapidement, le MDC se heurte à la répression : intimidations,
menaces, violence de la part du ZANU, le parti du président, obligent parfois
les organisateurs à annuler une réunion et discrèditent leur discours ; mais les
mentalités conditionnées depuis des années ont aussi du mal à changer, le système en place interdisant toute remise en question.
Un exemple supplémentaire de dictature ? En réalité, ce que montre le film, c’est
la ténacité et le courage de ceux qui ont voulu changer pacifiquement ce système,
par le biais d’une vraie consultation populaire. La nouvelle Constitution, écrite
par les Zimbabwèens est l’œuvre des deux leaders, Tsvangirai et Mwonzora,
frères pas toujours unis. Leur lutte passe par les aléas de la répression, par la
discussion, voire l’opposition, mais aussi par le partage des responsabilités, par
une volonté sincère de faire changer les choses. Ils sont véritablement au service
de la République et mènent une lutte exemplaire pour que soient reconnus les
droits fondamentaux du citoyen.
On sait que la Constitution, signée par Mugabe, n’a pas été appliquée comme
elle aurait dû l’être. Il reste encore un difficile chemin à parcourir avant que la
parole des Zimbabwèens ait rèellement force de loi. Au-delà du témoignage historique, l’intérêt du film tient à la place donnée à la parole : rencontres, meetings,
réunions, discours, conversations, tous les types de paroles sont convoqués pour
servir un seul et même objectif : la rédaction de la Constitution. Quand la parole
ne ment plus.
Marion Blanchaud
Aucune satire politique ne peut rivaliser
avec ce passionnant documentaire.
Guy Lodge - Variety / Novembre 2014
Democrats est un excellent documentaire sur
les Politiques, comme vous ne les avez jamais vus.
Alan Scherstuhl - The Village Voice / Novembre 2014
V E N D R E D I 6 M A I / FILATURE / 21h
en présence de
En présence de la réalisatrice
SÉANCE GANGES
4 mai/21h15
Camilla Nielsson
40
Soutenu par
La Région Languedoc-Roussillon
en partenariat avec le CNC
VICTOR JARA N° 2547
I Elvira Diaz
2013 | 1h | France | Inthemood
Chili, 11 septembre 1973 : l’attaque du palais présidentiel de la Moneda
met brutalement fin à l’expérience socialiste incarnée par Salvador Allende.
Hector Herrera est alors un jeune fonctionnaire employé au service de l’état
civil ; réquisitionné par le nouveau régime pour relever les empreintes digitales
des centaines de morts qui sont jetées à la morgue, il croit reconnaître, avec
l’un de ses camarades, le corps torturé de Victor Jara, professeur d’université, chanteur engagé et grande figure populaire. Il fait alors des démarches
clandestines pour identifier le corps de Victor Jara, nécessaires pour obtenir
l’établissement d’un certificat de décès et d’une autorisation d’inhumation.
Elvira Diaz est née en France d’une mère française et d’un père
ancien réfugié politique chilien. Son enfance est bercée par les
chansons de Victor Jara et les concerts de soutien à la résistance
chilienne.
Auteure d’un BTS audio-visuel, elle est monteuse intermittente
pour la télévision depuis près de 20 ans.
Habitée par l’histoire de la tragédie chilienne, elle entreprend une
trilogie consacrée à la mémoire du coup d’État de 1973 et de ses
conséquences, en réalisant en 2013 Y volveré – une aventure de
presque 10 ans – et Victor Jara, n° 2547. El patio sera le troisième
volet de cette trilogie chilienne.
Mais Victor Jara n°2547 n’est pas seulement l’histoire singulière et bouleversante du jeune homme qui, au péril de sa vie – et contraint à fuir le Chili
trois ans plus tard –, a identifié le corps de Victor Jara et rendu possible ses
funérailles. C’est aussi celle d’un cas exemplaire, puisque l’identification du
corps de Jara d’une part, la collecte et la conservation des empreintes digitales
des victimes d’autre part, servent depuis quelques années de base aux enquêtes
que mènent familles de disparus et associations pour identifier les morts et
obtenir le jugement de leurs bourreaux.
Le travail d’Elvira Diaz montre avec beaucoup de sensibilité et de justesse
la manière dont le passé continue à hanter les hauts lieux de la dictature
chilienne, ou dont le présent dialogue avec l’Histoire, captant ainsi le moment où le témoignage d’Hector Herrera, enregistré par deux doctorants
au Musée de la mémoire de Santiago, fait entrer le personnage dans la
grande Histoire.
Bénédicte Louvat-Molozay & Bertrand Molozay
C’est avec plaisir
que nous diffusons les deux premiers films
– Le troisième, EL PATIO
est en préparation (Cf. page 28) – du tryptique d’Elvira Diaz :
VICTOR JARA N° 2547
Le troisième acte c’est ce documentaire qui me donne un nouveau
statut. Ni héros ni victime mais juste témoin. Qui m’affranchit enfin
et rend possible le legs de cette histoire à Elvira Diaz, et donc aux autres.
Cette histoire ne m’appartient plus.
Hector Herrera - Extrait d’un entretien réalisé par Stéphane Barbier - Midi Libre / Septembre 2013
et y VOLVERE (Cf. page 35)
Superbement filmé, implacablement construit.
Pierre Serre - La GAzette de Montpellier / Septembre 2015
Criant de vérité […] Un film qui fait honneur
au cinéma documentaire.
M.J Latorre - L’Hérault du Jour / Septembre 2013
Superbe et émouvant documentaire […]
une dimension universelle.
ALgérie News / Décembre 2015
V E N D R E D I 6 M A I / TEMPLE / 21h
en présence d’
Elvira Diaz
Focus sur le cinéma québecois / Soutenu par
LES DERNIERS
HOMMES ÉLÉPHANTS
I Daniel Ferguson & Arnaud Bouquet
la SODEC
2015 | 1h26mn | France - Québec | InformAction Films, La Compagnie des Taxis Brousse
Ce film a obtenu, en 2015, de nombreux prix dans des Festivals internationaux dont : Prix du meilleur long métrage,
Big Sky Documentary Film Festival, Montana (Etats-Unis) / Prix du meilleur documentaire de la catégorie « Portraits »,
Festival International du Cinéma documentaire de Mexico - DocsDF - / Meilleur long-métrage documentaire et Meilleur
montage, Jeevika 2015 : Asia Livelihood Documentary Festival, New Delhi (Inde) / Prix Golden Sun, Meilleur long-métrage
documentaire, Festival international de cinéma de l’environnement de Catalogne - FICMA -, Barcelone (Espagne)
Prix des Meilleures images dans un long-métrage documentaire, Écrans Canadiens - Canadian Screen Award -.
Arnaud Bouquet, globe-trotter, a tourné dans plus de 45 pays.
En 2002, il débute en réalisant les documentaires Buenos Aires
no llores et Si j’avais un chapeau (coréalisés avec Anaïs Barbeau-Lavalette) tournés notamment dans l’Argentine de la crise et dans la
Palestine de la seconde Intifada, interviewant Yasser Arafat peu
de temps avant son décès. Concepteur de séries documentaires,
il parcourt ensuite le monde : Partir pour ses idées, Voyages au
bout de la nuit, Haïti m’a bâti. En 2009, il produit et réalise le courtmétrage documentaire Mohammed Rewind (réflexion sur le bienfondé de l’acte documentaire et la responsabilité du documentariste),
qui suscite la polémique à Montréal et voyage dans de nombreux
festivals.Comme directeur de la photographie, il vient de signer les
images d’un documentaire tourné en Irak , Kurdistan de gré ou de
force réalisé par Julien Fréchette.
Daniel Ferguson est scénariste, réalisateur, et producteur. De
1998 à 2002, il a collaboré avec Primesco Communications à la
production de films IMAX. De 2003 à 2005 il a été co-scénariste
et réalisateur associé du film IMAX Wired to Win: Surviving the
Tour de France. Parmi ses titres récents Voyage à la Mecque,
pour lequel il a été script editor et directeur de production. Il s’agit
de l’une des plus importantes productions documentaires dans
l’histoire de la région du Golfe. De 2010 à 2013 il a écrit, réalisé
et produit le film en IMAX 3D Jérusalem. Diplômé de McGill, Daniel Ferguson est membre du CA de Giant Screen Cinema Association et de la Fondation Alter-ciné qui décerne des bourses à
des cinéastes des pays en développement.
« Un éléphant sait qu’il est arrivé malheur dans le village parce qu’il
le demande à la terre et à l’eau. C’est notre croyance, c’est notre culture ».
Ce sont les propos de Mrey, vieux Bunong réputé pour son habilité à capturer
et à domestiquer les éléphants. C’est à travers ses yeux, et ceux de Mané ; jeune
avocate des droits de la personne et Duol, adolescent apprenant à être cornac
que nous découvrons cette vie des Bunongs en harmonie avec les éléphants,
leurs combats pour leur protection. Dans leur croyance, ces animaux et les
humains sont frères, partagent la même âme. Le lien est spirituel. L’esprit
éléphant est présent, constamment présent.
Ces trois générations de Bunongs luttent aujourd’hui pour sauvegarder ce
mode de vie, s’opposent aux compagnies qui détruisent les forêts pour planter
des arbres à caoutchouc.
Daniel Ferguson et Arnaud Bouquet filment au plus prêt ce lien et cette lutte.
La caméra cadre serré. Hommes et animaux s’imposent par leurs regards, par
leurs gestes. Les éléphants sont dans une proximité constante. La transmission
de ce savoir ancestral dont Mrey est porteur s’impose comme un des principaux axes narratifs du documentaire. « Je crains que les nouvelles générations
ne connaissent pas les éléphants », s’inquiéte Mrey.
Les images délaissent le paysage pour la vie-même dans ce Cambodge loin des
bruits de Phnom Penh. Les réalisateurs laissent les regards de Mrey, de Mané
et de Duol exprimer leurs combats pour leur protection des éléphants domestiqués dont moins d’une quarantaine subsistent et leur stupeur devant la forêt
qui disparaît et cette culture ancestrale qui s’échappe.
Sans jamais juger ni donner de leçons, la caméra reste un regard recueillant la
dignité des Bunongs dans leur combat.
Bruno Canard
La musique, piquée d’accents langoureux
de violoncelle, traduit la plainte, le mal de l’âme
traversant toute l’œuvre.
Images et sons nous séduiront à répétition.
André Duchesne - La Presse / Avril 2015
[Un] regard poétique sur les forces qui menacent
l’homme et son environnement. [Ce film] s’impose
par son portrait sensible d’un monde fragile,
sur le point de disparaître.
MediaFilm / Mai 2015
V E N D R E D I 6 M A I / FOYER / 21h
en présence d’
Arnaud Bouquet / Liaison Skype
42
Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles
TABLE RONDE
LES TEMPS MODERNES
Le retour de la guerre
Marqué par la chute du mur de Berlin, la fin du XXe siècle s’annonçait porteur de paix avec, en garantes,
les grandes institutions internationales. Il en a été tout autrement.
La guerre a fait à nouveau irruption sous des formes variées.
Mais avec un dénominateur commun, la grande violence exercée sur les peuples.
Elle a des conséquences brutales même dans les zones de paix au travers de la crise des réfugiés,
des questions d’intégration aux sociétés occidentales sur des bases laïques et citoyennes,
et elle reste encore visible là où elle s’est arrêtée.
La circulation rapide des armes redoutables, l’irruption des réseaux sociaux,
l’affaiblissement de nombreuxEtats face à la mondialisation de réseaux criminels
et la balkanisation de petits territoires, nous amènent à constater, sur le théâtre des affrontements,
que les guerres prennent le visage du crime, du massacre systématique de grande ampleur.
Elles opposent deux forces asymétriques : des groupes armés contre des populations civiles non armées.
Cette configuration génère des situations d’ultra violence, à deux niveaux :
certaines fractions de la populations s’armant à son tour pour constituer des groupes d’auto défense,
certains pays font de même en se cloîtrant, fermant les frontières, repoussant chez les voisins les victimes civiles,
et se trouvent alors d’une manière ou d’une autre, arraisonnés à leur tour dans les conflits.
Représentée au cinéma, la guerre nous adresse tous ces cas de figure.
Elle est redevenue une des grandes questions de l’époque.
D’une certaine façon, nous aussi, sommes arraisonnés.
Elisabeth Claverie
Débat préparé et animé par
Elisabeth Claverie
Anthropologue, Directrice de recherches émérite au CNRS.
Son sujet de recherche porte sur l’exercice de la justice pénale internationale, et sur l’étude de conflits armés contemporains.
Elle a privilégié ceux dont les acteurs ont été jugés par ces Cours pénales internationales.
Notamment la Bosnie, la Croatie, le Rwanda et le Congo ; et travaille donc sur la guerre comme scène de crimes.
Participants
Frédéric Rousseau
Professeur d’histoire contemporaine spécialiste de la Grande guerre, (membre du CRID 14-18),
Directeur de la Maison des Sciences de l’Homme de Montpellier, co-rédacteur en chef de la Revue En Jeu, Histoire et Mémoires vivantes
(Fondation pour la Mémoire de la Déportation de Paris).
Sarah Franco-Ferrer
Réalisatrice / LA LIBERTé NOUS AIME ENCORE (Cf. page 19)
Pierre-Julien Quiers & Séverine Vanel
Co-réalisateurs / LE CHOIX DES AUTRES (Cf. page 10)
Rino Sciarretta
Producteur / DUSTUR (Cf. page 39)
S A M E D I 7 M A I / TEMPLE / 10h15
Dans le cadre de la table ronde, deux comédiens-clowns de la Cie LE NEZ AU VENT nous proposent la surprise d’un certain regard, sous forme d’improvisation théâtrale.
JAILBIRDS [1m2 pour vivre]
I Andrei Schwartz
2005 | 1h30mn | Allemagne - Roumanie | EIKON Südwest GmbH
Que peut capter la caméra d’un documentariste roumain dans une
prison de haute sécurité près de Bucarest ? Montrer les conditions carcérales
de son pays, nous sensibiliser aux sanctions pénales. Pas forcément…
Andrei Schwartz, né à Bucarest émigre en 1973 vers l’Allemagne
de l’Est. Il étudie l’histoire et l’histoire de l’art ainsi que la communication visuelle à Hambourg et fait une formation de metteur en
scène. Journaliste indépendant, écrivain et metteur en scène il réalise parallèlement des documentaires, notamment sur la vie en
marge de la société, qui suscitent un intérêt international.
Filmographie partielle :
2014 - Outside (Himmelverbot)
2008 - Sur les quais de Sébastopol (Am Pier von Apolonovka)
2005 - Jailbirds (Geschlossene Gesellschaft)
2001 - Tales from Leper Valley (Geschichten aus dem Lepratal)
1997 - Wasteland (Auf der Kippe)
En s’immergeant pendant une longue période dans la prison de Rahova, le
réalisateur de Jailbird, Andrei Schwartz, choisit d’aller à la rencontre
d’hommes et de femmes, dans leur cellule, au parloir, dans les couloirs, pour
comprendre leurs habitudes, la cohabitation plus qu’exiguë, le quotidien.
La vie des détenus est rythmée par le rituel des gardiens : une fouille totale
et minutieuse de leur cellule. Cette intrusion nous fait vite comprendre que
la suppression de liberté est aussi celle de toute intimité. Que reste-t-il alors
à vivre quand on est enfermé, privé de l’affection de ses proches, coupé de
ceux qui sont « dehors » ?
Andrei Schwartz prend le parti de montrer que ce lieu de privation qu’est
une prison n’est pas celui du renoncement. Au contraire, la prison contient,
non pas dans le sens de « renfermer », mais plutôt celui de « compter », des
existences, des projets, des sentiments.
Chaque détenu a ses occupations, ses peines, ses joies. Ainsi les « trafics »
ne sont pas seulement des transgressions au règlement intérieur. Ce sont
des échanges, que ce soient des cigarettes, du café, des lettres, de la musique,
et ils sont intrinsèques à la condition humaine, à la vie…
Néanmoins il n’y a pas d’angélisme dans le film d’Andrei Schwartz : la dureté
de la société roumaine est sous-jacente au récit lorsque certains détenus livrent
leur expérience de vie avant leur arrestation ou sur ce qui les attend après leur
détention. L’espoir ne fait pas partie du Jailbird. Seules comptent l’endurance,
la survie… Une manière subtile de nous rappeler que le monde occidental ne
peut pas se résumer au seul bonheur consumériste, que l’exclusion est pour
beaucoup une réalité et le grand revers de l’économie de ce début de siècle.
Marie-Hélène Klein
C’est avec plaisir que nous diffusons
le dyptique d’Andrei Schwartz :
JAILBIRDS
et OUTSIDE (Cf. page 50)
S A M E D I 7 M A I / FOYER / 10h30
en présence d’
Andrei Schwartz
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Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles
ATELIERS VARAN / LASALLE 2016
Un partenariat
UNIVERSITE PAUL-VALERY MONTPELLIER 3
ATELIERS VARAN
Commune de Lasalle en Cévennes
L’apprenti I Victor Catalan
I 29mn I
Après des études de Lettres à Toulouse, Rémi décide de revenir
dans les Cévennes où il a grandi, près de sa famille et de ses amis de lycée.
Apprenti dans une petite entreprise en écoconstruction, il expérimente un travai manuel
et franchit une nouvelle étape dans sa vie de jeune adulte.
La fontaine de l’amour I Adeline Boit
I 33mn I
A Lasalle en Cévennes, on vient puiser de l’eau à la « Fontaine de l’Amour ».
On s’y rencontre, on y parle d’amour
L’autre côté I Isabelle Bourgueil
I 33mn I
Un quartier d’un petit village des Cévennes.
D’un côté de la rue, le chantier d’un nouveau « Musée d’Arts et traditions populaires »,
restauration d’une ancienne filature de soie, où les ouvriers parlent des changements des conditions de travail.
De l’autre côté, les habitants d’une cité HLM à la dérive. Un mur les sépare.
S A M E D I 7 M A I / CHAPELLE / 11h
réalisateurs (trices)
Marie-Claude Treilhou & Jean-Noël Cristiani, formateurs Ateliers Varan
en présence des
de
THE CHINESE MAYOR I Zhou Hao
2015 | 1h36mn | Chine | Zhao Qi Films
Spécial Prix du jury, Festival du film de Sundance 2015, Utah (Etats-Unis) / Meilleur documentaire, Festival international
du film RiverRun 2015, Caroline du Nord (Etats-Unis) / Meilleur documentaire, Festival du film de Newport Beach 2015,
Californie (Etats-Unis) / Prix « Silver », Festival international, Millenium 2015, Bruxelles (Belgique).
Zhou Hao a commencé sa carrière en tant que photographe pour
Xinhua, l’agence de presse nationale de Chine, et le Nanfang
Zhoumo, l’hebdomadaire le plus influent du pays. Zhou Hao a été
invité en tant que membre du jury lors du Festival international
du film de Chicago en 2007, l’année suivante, il faisait partie
du jury du Festival international du film documentaire de Taiwan
et, en 2009, du Festival international du documentaire de
Guangzhou. Ses films ont remporté de nombreux prix.
Filmographie partielle :
2015 - The Chinese Mayor / 2014 - Cotton
2013 - Emergency Room China / 2009 - The Transition Period
2008 - Using / 2006 - Senior Year / 2001 - Hou Jie Township
Geng yanbo, mi despote éclairé, mi technocrate aux ordres du pouvoir,
est un maire « entrepreneur ». Sa mission : redynamiser la ville de Datong aujourd’hui en déclin. Missionné par le Parti communiste chinois, cet homme du
système jouit d’une forte autorité mais endosse aussi de lourdes responsabilités.
Datong, ancienne capitale impériale, recèle une richesse culturelle accumulée
pendant quatre dynasties. Mais celle-ci a perdu tout son prestige : elle s’est détournée de son patrimoine historique, lui préférant son industrie. L’exploitation massive du charbon en a fait la ville la plus polluée de Chine. Et elle est
maintenant confrontée au ralentissement de la demande en charbon qui la
plonge dans une impasse économique.
C’est dans ce contexte que, Geng, le maire chinois, débarque avec sa vision de
changement radical. Il compte asseoir l’économie de Datong sur la Culture et
en faire un lieu incontournable du tourisme ! Pour relever ce pari fou, ce Néron
chinois entreprend alors la démolition de quelques 140 000 habitations, donnant
lieu à des expulsions parfois violentes. L’anéantissement en quelques mois d’un
mode d’existence bâti sur plusieurs décennies cristallise la contestation. En outre,
la plupart des délogés sont trop pauvres pour pouvoir s’acheter un nouveau
logement et ne se sont pas vus proposer d’appartements à loyers modérés
dans de si brefs délais. Mais ce Maire sait faire feu de tout bois, prescrivant
une transformation durable pour Datong sans tourner le dos à ses habitants.
Nous le suivons dans ses journées de 18 heures, en tournée d’inspection sur
les chantiers et répondant dans la rue aux sollicitations et aux critiques de
la population. Pour lui le temps presse, car il ne sait pas combien de temps
le Parti va lui laisser pour réaliser son grand dessein…
Datong n’est en fait qu’un rouage : d’autres villes de la région connaissent
aussi des transformations radicales, sous l’impulsion de maires, eux aussi issus
du Parti. Geng n’est qu’un pion et il en est conscient. Ce film est donc une descente aussi incroyable qu’improbable, dans les rouages du pouvoir de la Chine
moderne. C’est aussi le parcours d’un individu pris dans un engrenage autant
qu’il en accélère le mouvement, ce qui, par moment, est cocasse.
Marine Mambert
Une histoire et un personnage fascinants,
éclairés à la loupe ; un récit implacable,
sans musique ni fioritures.
Dennis Harvey - Variety / Janvier 2015
S A M E D I 7 M A I / FILATURE / 14h
46
Auteur:François Bon
Réalisé par Emmanuel Roy
CHANT ACIER
Pages & Images/France/2016
Work in progress
Programme transmédia
Une dizaine de salariés d’Arcelor Mittal à Fos-sur-Mer, ouvriers, techniciens, cadres,
ont participé à des ateliers d’écriture, encadrés par l’écrivain François Bon et filmés par
Pages & Images.
Les textes issus de ces ateliers, accompagnés d’un tournage dans l’usine, sont devenus la
matière d’un projet transmédia, composé
• d’un webdocumentaire,
• d’une série d’entretiens avec des grands témoins
• d’un livre numérique sous forme d’abécédaire.
Le webdocumentaire Chant Acier est une invitation à entrer dans l’usine, guidé par les
voix et les textes de ceux qui la font vivre. Dire poétiquement et politiquement l’usine.
Le film suit le mouvement de transformation de la matière, de l’arrivée du minerai à la
bobine d’acier, pour faire éprouver au spectateur l’intensité de ce lieu exceptionnel.
Textes d’ateliers - Extraits
« Sur le sable une usine bâtie sur le sable, au bout de la plaine, à l’aplomb de la mer ; une usine
par la volonté de l’État, quand il s’imaginait commander au marché ; une usine visible de toutes
les collines, monts et montagnettes, l’orgueil de l’industrie. »
Le webdocumentaire est conçu
par Annabel Roux.
Il sera mis en ligne en septembre
2016 sur la plateforme
France Télévisions nouvelles écritures.
« Mon bleu il est lové dans un carton, mélangé à une vieille veste matelassée, une paire de chaussettes
propres, un casque, un nécessaire plastifié d’entretien des protections auditives. La veste d’un côté, le
pantalon de l’autre, c’est mon bleu. Je le trimballe dans son carton, d’un chantier à l’autre, au gré de
mes bureaux de passage, un vestiaire portatif ! J’aime qu’il soit souple d’avoir été porté ; j’aime qu’il
soit marqué de graisse, de poussière, qu’il ait vécu l’usine avec moi. J’aime le sourire qui vient quand
il a fini de dormir dans son carton, quand il devient à nouveau ma seconde peau, sidérurgiste. »
S A M E D I 7 M A I / FOYER / 14h
Emmanuel Roy, réalisateur
Youssef Charifi, producteur & Corinne Cartaillac, chef de projet
en présence d’
ANAY NY LALANA [La rue est à moi]
I Nantenaina Fifaliana
2016 | 11mn | Madagascar | Endemika Films
Prix du Public, concours 2016 « Filme ton travail », Poitier
Premier Prix documentaire, Festival DOCOI, Rencontres du film documentaire de l’Océan Indien, 2016 (Madagascar).
Nantenaina Fifaliana, jeune réalisateur malgache, étudie – faute
d’école de cinéma à Madagascar – la communication à l’Université de Tananarive. Il récupère une caméra Sony HC3 avec
laquelle il s’initie « surtout à la photographie » puis achète son
premier appareil photo. En 2012, son premier court-métrage qu’il
réalise seul en stop-motion, Le pain, est sélectionné aux Rencontres du Film Court de Madagascar (RFC). Anay ny lalana est sa
deuxième réalisation.
Dadakoto, un homme sans âge, persiste à se lever tous les matins,
pourtant rien ne l’y oblige. Pourquoi continuer ?
– Dadakoto, pourquoi tu dis souvent « anay ny làlana » ?
– C’est un jeu en fait. Me répond cet homme qui semble être resté un enfant
malgré son grand âge.
En travaillant, il joue parfois, mais en travaillant, il vit surtout.
YAAR I Simon Gillard
2014 | 19mn | Belgique | Réalisé dans le cadre d’un échange avec l’ISIS, l’école de cinéma de Ouagadougou.
Produit par l’Atelier de l’INSAS
Prix du Meilleur film ethno-anthropologique & Prix de l’Université de Syracuse, Meilleur court-métrage, Festival
international du film documentaire de Florence 2015 (Italie) / Prix de la meilleure photographie, Festival international
du Film Francophone de Namur 2015 (Belgique).
Simon Gillard, jeune réalisateur Breton, vit désormais à
Bruxelles où il a suivi durant 5 années une formation en réalisation cinéma à l’INSAS (Institut National Supérieur des Arts du
Spectacle). Yaar est sa première réalisation.
Au cœur de la brousse, au creux des graviers, une civilisation entêtée
cherche son avenir sous la terre. Aveugles ou bien trop voyants, ils creusent,
nuit et jour, poussés par la folie qui guide l’homme jusqu’à sa mort. BESOS FRIOS [Baisers froids]
I Nicolás Rincón Gille
2016 | 15mn | Belgique - Colombie | VOA Films
Nicolás Rincón Gille, né à Bogota, d’un père colombien et d’une
mère belge, fait des études de cinéma à l’Institut national supérieur des arts du spectacle et des techniques de diffusion (INSAS)
à Bruxelles. Il réalise une trilogie documentaire intitulé Campo
hablado qui a pour sujet la tradition orale dans la campagne
colombienne.
2016 - Besos frios (court-métrage)
2015 - Noche Herida (nuit blessée)
2010 - Los Abrazos Del Rio (L’étreinte du fleuve)
2007 - En lo escondido
À la périphérie de Bogota, Les échos de jeunes voix se propagent.
Leonardo, Omar, Jaime, Estiven, Diego et tant d’autres sont toujours là,
malgré leur assassinat par l’armée, il y a six ou sept ans.
Ils viennent visiter leurs mères et les embrassent.
Leurs lèvres sont fraiches comme des glaçons.
Ils sont des âmes bénies, veillant sur ceux qu’ils aiment.
S A M E D I 7 M A I / TEMPLE / 14h
en présence de
Simon Gillard & Cécile Orfila, monteuse
& Yvan Prat, producteur
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PAULINE S’ARRACHE
I Émilie Brisavoine
2015 | 1h28mn | France | Bathysphere productions
Mention spéciale Queer Art, Queer Lisboa, Lisbonne (Portugal).
Pauline s’arrache commence comme un conte de fée : « Il était une fois
dans un pays lointain... ». Les contes de fées sont là pour donner des repères
et de l’espoir. C’est bien ce qu’Emilie Brisavoine paraît rechercher. « Reine
Meaud et le Roi yves », nous dit-elle, « s’aimaient et donnèrent naissance à
deux enfants : la princesse Emilie (notre réalisatrice) et le prince Florian ».
Oui, mais catastrophe, tout dégénère ! Très vite, le Roi et la Reine ne s’aiment
plus. Ils se séparent. Les années passent. La « Reine » tombe sous le charme
d’un jeune « Roi », Frédéric. Ils ont trois enfants Anaïs, Guillaume et Pauline.
Tout s’arrange ?
Pas du tout. On croit même sombrer dans l’enfer des émissions de «télé-réalité » .
C’est bien simple, tout se confond : les sexes se brouillent, les âges se dénient,
pas d’horaires, les parents des parents ne sont pas leurs parents... Personne
n’est ce qu’il est, sans être un autre pour autant. Tout cela dans un délire de
hurlements où les disputes succèdent aux chants et aux danses et inversement...
Émilie Brisavoine, professeur d’arts appliqués, fait des dessins
(sa BD, « Mi-putes, mi-soumises » est disponible à la librairie du
Palais de Tokyo), des textes, du graphisme, des collages, des
photos et de la sociologie. À l’occasion, elle est aussi comédienne, comme dans La Bataille de Solférino (2013) de Justine
Triet. Pauline s’arrache est son premier film.
Ce documentaire parcouru de secousses
rock’n’roll ne regarde pas ses protagonistes
de haut, mais bien en face, dans un dialogue
tourbillonnant, violent et drôle, expiatoire et fécond.
Les trois jeunes enfants essaient chacun de s’en sortir à sa façon. Emilie Brisavoine
a décidé de suivre l’évolution de sa demi-soeur Pauline entre ses 15 et 17 ans. Elle
réalise un montage de prises de vue sur le vif et de documents familiaux.
Mais le film, contrairement à une vulgaire émission de télé réalité, n’invite pas au
voyeurisme. La réalisatrice montre comment sa demi-sœur tente de se différencier
dans cette zone d’indifférenciation morbide. On le perçoit déjà quand Pauline
s’efforce maladroitement d’imposer un minimum de règles à son père : « la loi
oblige qu’on toque à la porte d’un enfant, le respect de la porte, tu vois, ça
existe » . Ellle tentera encore d’y parvenir au travers d’une relation amoureuse.
Sans succès. Après une belle prise de conscience de sa situation, elle ne voit
d’autre solution que de « s’arracher » , à la recherche d’une âme sœur qui lui
ressemblerait à la manière d’un « jumeau ». Peut-être serait-il plus sûr pour
elle de rechercher quelqu’un de très différent ? Mais elle a toute la vie devant
elle pour l’expérimenter.
Ce film peut aider Pauline, et avec elle, celles et ceux, nombreux, qui vivent
des situations semblables. Pour les autres ce peut être un moyen d’approcher
les raisons du malaise d’une partie de la jeunesse actuelle.
Gérard Feldman
Eric Vernay - Première / Décembre 2015
tout à la fois la chronique sensible
d’une famille atypique, une réflexion attachante
sur la transmission et le portrait décoiffant
d’une adolescente.
Roland Hélié - Les Fiches du Cinéma / Décembre 2015
ces images hétérogènes qui dessinent le
parcours d’une adolescente vers son émancipation
sont porteuses au montage d’une représentation
assez aiguë des rapports humains.
Florence Maillard - Cahiers du Cinéma / Décembre 2015
S A M E D I 7 M A I / FILATURE / 15h30
en présence d’
SÉANCE LE VIGAN
30 avril /15h
Émilie Brisavoine
sssssssssss
en partenariat avec Festival Millenium
OUTSIDE I Andrei Schwartz
2014 | 1h27mn | Allemagne - Roumanie | Production Tag-Traum
Prix Dekalog 2015, Fondation Guardini & Fondation de Saint Matthieu, Berlin (Allemagne).
Il était une fois la rencontre hors du commun entre un réalisateur
Andrei Schwartz et un taulard Gavril Hrib.
Ce dernier, surnommé Gavi, apparaît en 2005 dans Jailbird (voir page 44),
réalisé par Andrei Schwartz, dans une prison de haute sécurité à Bucarest.Il
interpellait le réalisateur en tendant un petit miroir au travers des barreaux
de sa petite fenêtre : vaine tentative de voir « le dehors ». Un reflet limité :
un bout de ciel, de mur, lui-même. Impossible d’aller au-delà, déjà… Mais
ils restent en contact.
Sa condamnation à perpétuité pour un double meurtre est commuée en une
libération conditionnelle grâce au changement du code pénal roumain. Au
bout de vingt et un ans passés en détention, Andrei Schwartz et sa famille
retrouvent Gavi à sa sortie avec quelques rides et cheveux blancs en plus.
C’est avec plaisir que nous diffusons
le dyptique d’Andrei Schwartz :
OUTSIDE
et JAILBIRDS (Cf. page 44)
Outside, c’est l’histoire d’un individu qui bute sur un avenir impossible. Le vrai
reflet du miroir de la prison : un extérieur fermé. Malgré son opiniâtreté, peu
de portes s’ouvrent, et parfois, les désillusions s’installent. Accompagné pendant deux ans par le réalisateur, premier témoin de sa quête, Gavi cherche à
s’ancrer dans une société peu accueillante pour les ex-détenus.
Personnage attachant, au passé violent, nous le voyons discutant avec Andrei
Schwartz de ses échecs, de ses espoirs déçus… Pendant le tournage, le temps
d’un cheminement, le réalisateur devient un alter ego. Gavi va ainsi s’ouvrir
et livrer, face caméra, une vérité personnelle que l’on vous laisse découvrir…
Le début d’une vraie libération ? En tout cas, le moment est émouvant et les
faux-semblants tombent.
Dans Jailbird, Gavi déclare avec humour qu’il est emprisonné, mais qu’avec
un film, il peut entrer dans notre vie…
Dans Outside, nous comprenons qu’un certain Gavril Hrib, libre, s’en va.
Mais son histoire inscrite dans ce film se répétera autant de fois que nous –
témoins extérieurs – le verrons. Troublant…
Marie-Hélène Klein
Le paradoxe du portrait : proximité
et distance. Outside est un portrait singulier
car il inclut le portraitiste lui-même.
Wolf siecht fern / Août 2015
Ce double regard, longuement posé sur le retour
d’un criminel dans une société indifférente,
est absolument à voir.
Pas seulement pour la perspective offerte, mais
aussi pour le dénouement.
Zitty Berlin / Août 2015
Outside est un film que vous voudrez voir
une deuxième fois.
Kirsten Kieninger - kino-zeit.de / Août 2015
S A M E D I 7 M A I / TEMPLE / 16h
en présence d’
Andrei Schwartz
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SATUDARAH ONE BLOOD
I Joost van der Valk & Mags Gavan
2015 | 1h23mn | Pays-Bas | De Familie
Le tristement célèbre gang de motards des Satudarah est le plus violent
et le plus craint des Pays-Bas, où il trouve ses origines. Depuis sa création dans
la modeste ville de Moordecht en 1990, il n’a eu de cesse de croître et de s’étendre
jusqu’à devenir un conglomérat international fort de plus de 2000 membres dans
le monde. Les membres du gang des Satudarah sont fréquemment liés au trafic
de drogue, à des extorsions de fonds, au trafic d’armes, à des violences sur personnes, voire aussi des meurtres. Ils ont acquis la réputation d’être encore plus
violents et impitoyables que leurs rivaux d’origine américaine, les Bandidos et les
Hells Angels, sur le modèle desquels ils se sont construits. Cependant, le gang
des Satudarah se distingue aussi des autres par le fait qu’il accueille en son sein
des membres de toutes les origines, en raison de sa fondation par un groupe d’amis
d’origine moluquoise et hollandaise. D’ailleurs Satudarah, en dialecte malais,
signifie : « un seul et même sang » (« one blood »).
Joost van der Valk, néerlandais, est cinéaste, producteur et
anthropologue.
Mags Gavan après avoir travaillé plus de 13 ans à la BBC,
rencontre Joost van der Valk avec qui elle fonde en 2007 «Red
Rebel FILMS». Depuis ils travaillent en binôme sur des films
qui abordent la « subculture » et les thèmes de société et qui
ont remporté de nombreux prix.
Filmographie partielle :
2015 - Satudarah: One Blood
2011 - Wilders : Most Dangerous Man Europe ?
2008 - Saving Africa (2008),
2009 - Crips, Strapped ‘n Forte
Ce documentaire fascinant nous conduit droit au cœur de ce milieu criminel
secret. Il nous présente les rituels stricts et les traditions qui régissent la fraternité. Nous suivons notamment l’ascension d’Ollo, récemment promu au
rang de Kapikane (capitaine), ce qui fait de lui l’un des membres les plus éminents des Satudarah en Hollande. Son ascension est le reflet de ses résultats
sur le terrain. Et cela ne se fait pas sans tensions avec les autres gangs sur les
terres desquels le sien empiète par son expansion en Allemagne notamment,
faisant main basse sur les trafics transfrontaliers mais aussi sur des hôtels de
passe ou sur des bars... Ollo se vante même, face à la caméra, que les Hells
Angels n’ont qu’à bien se tenir car il faut composer avec lui maintenant.
Le spectateur doit presque se pincer pour se dire qu’il est encore bien devant un
documentaire et non un film de Quentin Tarantino, tellement les situations paraissent à peine croyable. L’exubérance des personnages des personnages est totale.
On trouve, par exemple Mickey, la plus jeune recrue du gang, qui se dit déjà prêt
à mourir sans hésiter pour ses frères des Satudarah. Ou encore Barned, qui sort à
peine d’un nième séjour en prison, avant sans doute d’y retourner… Il faut dire
que les Satudarah ne sont pas impressionnés par la justice. Et pour cause : leurs
passages réguliers en prison leur permettent d’y contrôler les trafics. Mais ils ne
sont pas plus intimidés par la caméra, révélant leur nature violente au spectateur.
Guilhem Brouillet
Ce film, intense et passionnant
sur le vrai visage d’un club de Bikers,
est déjà un classique.
NRCDoc / Juin 2015
S A M E D I 7 M A I / FOYER / 16h
en présence de
Joost van der Valk & Mags Gavan
Focus sur le cinéma danois / Soutenu par : Danish Film Institute & l’Ambassade du Danemark
Film traduit et sous-titré pour DOC-Cévennes par Coralie Coiffard & Morgane Sergent.
AI WEIWEI - THE FAKE CASE
I Andreas Johnsen
2013 | 1h26mn | Chine, Royaume, Danemark | Rosforth Films, Danish Documentary Production
Nommé meilleur documentaire de l’ année 2014 par l’ Association des critiques de cinéma Danois.
Andreas Johnsen est producteur (fondateur, en 2002, de la
société de production danoise, Rosforth) et réalisateur.
Son regard se porte sur les « subcultures » (Cultures en avance
sur leur temps et/ou à la marge d’une culture « traditionnelle »
voire, impérialiste). Ses films, ont été sélectionnés dans de nombreux festivals internationaux.
Filmographie partielle :
2015 - BUGSfeed
2013 - Ai Weiwei - The Fake Case
2012 - Vie Kidd (2012) / 2011 - A Kind of Paradise
2011 - Catch This Moment / 2010 - Afrika Sous overfladen
2009 - Murder / 2008 - Natasja (2008)
2008 - Rub-A-Dub / 2007 - Man Ooman (Man Woman)
2007 - Good Copy Bad Copy
2007 - Kombinasi Kreasi / 2006 - Curtain Raising
2005 - Inside Outside / 2004 - M. Catra The Faithful
Le documentaire d’Andreas Johnsen suit Ai Weiwei dans son combat
contre l’Etat chinois depuis sa libération. Il prend la suite d’un premier film,
réalisé par Alison Klayman, Never Sorry, au moment où cet artiste contemporain le plus populaire de Chine a vu son blog fermé et a été emprisonné
pendant 81 jours pour avoir contesté le gouvernement chinois dans sa négligence
des traumatismes des résidents des régions rurales au cours du tremblement
de terre catastrophique de 2008 dans la région du Sichuan. Pendant sa période
probatoire, il est constamment surveillé, ne peut accorder aucune interview,
ne peut plus être présent sur Internet. Johnsen interviewe l’artiste, le suit dans
le quotidien d’un homme que l’on tente de réduire au silence. Le réalisateur
reste au plus près de ce projet captant des images d’un homme brisé qui poursuit le combat avec patience, se reconstruit et retrouve une parole contestataire.
Ai Weiwei reçoit le soutien de l’étranger, des chinois eux-mêmes qui se reconnaissent dans sa lutte pour la liberté d’expression. Son art porte sa
contestation. Nous suivons la création d’une installation qui évoque ses
conditions de détention. Elle fut présentée à la biennale de Venise.
Andreas Johnsen reste au plus près de l’artiste, évacue tout commentaire,
filme le travail avec ses collaborateurs sur l’œuvre en cours, capte les moments en famille, inscrit par les propos de la mère d’Ai Weiwei la rébellion
de l’artiste dans l’histoire familiale où son père s’opposait déjà à l’Etat.
Le film de Johnsen devient un outil de mémoire, une pièce à charge. Il fait
écho ainsi au film de Nick Torrens China 3Dreams diffusé lors de l’édition
2015 où un chinois s’interroge sur la mémoire muselée, dans les familles,
des crimes d’Etat commis de 1957 à 1976. The Fake case propose dans sa
forme même une solution. Une œuvre documentaire qui fera date.
Bruno Canard
«Si je ne fais pas entendre ce que je pense,
alors je suis déjà mort.» [...]
La voix de Ai galvanise plus que jamais.
Andrew Lapin, The Dissolve / Mai 2014
Un haut-fait fondamental de la saga d’Ai Weiwei,
accompli avec toute la puissance de l’art.
Andrew Lapin, The Dissolve / Mai 2014
[Ai Weiwei : the fake case] offre aux spectateurs
le défi et le plaisir de partager l’intimité d’un artiste
complexe, engagé dans la perpétuelle bataille
entre l’imagination et l’Etat.
AO Scott - The New York Times / Mai 2014
S A M E D I 7 M A I / FILATURE / 17h30
en présence de
SÉANCE GANGES
4 mai / 18h30
Andreas Johnsen
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LA SOCIOLOGUE ET L’OURSON
I Etienne Chaillou & Mathias Théry
2015 | 1h18mn | France | Quark Production
Les gendarmes et les voleurs ne sont pas le sujet du film, pourtant
ces marionnettes en peluche mises en scène nous donnent autant de plaisir
que lorsqu’on était enfant.
Étienne Chaillou & Mathias Théry se sont rencontrés dans les
ateliers de l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de
Paris où l’un s’était spécialisé en cinéma d’animation et l’autre en
vidéo. Ils réalisent la plupart de leurs films ensemble depuis 2006,
prenant en charge l’écriture, le tournage, et le montage.
Ils aiment s’appuyer sur une observation du réel et explorer diverses formes de narration, en utilisant notamment le dessin
animé, la photographie, la peinture et la marionnette.
Filmographie partielle :
2016 - La Sociologue et l’Ourson
2014 - L’œil du voisin (web-série documentaire)
2012 - J’ai rêvé du Président (web-série documentaire)
2010 - Les Altans (moyen-métrage)
2008 - Cherche toujours (moyen-métrage)
2008 - Boys in India (moyen-métrage)
Mathias Théry et Etienne Chaillou ont voulu comprendre pourquoi « tout
le monde en France s’est engueulé pendant un an ». Et pour raconter les
débats sur le mariage pour tous, ils ont décidé de partir des conversations
entre Mathias, le réalisateur, et Irène, sa mère, sociologue consultée par
François Hollande pour élaborer le projet de loi qui ouvre la possibilité de
se marier aux couples homosexuels.
De septembre 2012 à mai 2013, la France s’est enflammée autour de ce projet de loi. Pendant ces 9 mois de gestation légilative Irène Théry raconte
par téléphone à son fils ses rencontres, ses affrontements, ses négociations
pour sortir de cette législation sourde et aveugle aux versions contemporaines de la famille.
Par le biais du portrait intime, pudiquement mimé par des peluches, on assiste à tous les épisodes de ce feuilleton national.
Le sujet du film profond et combien sérieux est traité avec humour et légèreté.
Michèle Moens
Nous avons pensé le récit comme des rencontres inattendues
de deux univers : celui du fils et celui de la mère, celui des marionnettes
ludiques et celui de la sociologie sérieuse, celui du présent en couleur
et du passé en noir et blanc, celui de la narration très découpée
des marionnettes, proche de la fiction, et celui du cinéma du réel en plans
séquences caméra épaule. Ainsi le film est devenu un dialogue
Mathias Théry
La Sociologue et l’Ourson demeure un bel
exemple de cet infléchissement du cinéma
de combat qui semble de plus en plus enclin
à faire passer la lutte dans le rire, ou le rire
dans la lutte, aux antipodes de la pesanteur affligée
des anciennes formes militantes.
G.B. - Débordements / Septembre 2015
Une histoire à la fois intime, et universelle,
délicieusement menée.
Le toutim en peluche, époustouflant.
Jean-Claude Renard - Politis / Janvier 2016
S A M E D I 7 M A I / TEMPLE / 18h
en présence d’
Etienne Chaillou
[Pa r mi le s cr oya nts]
AMONG THE BELIEVERS
I Hemal Trivedi & Mohammed Ali Naqvi
2015 | 1h24mn | USA - Pakistan | Changeworx and Manjusha Films
Ce film, a obtenu en 2015 de nombreux prix dans des festivals internationaux, dont :Meilleur long-métrage, Festival
international du film documentaire ALBA - ALBA Human Rights Film Festival -, New-York (Etats-Unis)/ Meilleur film,
Chagrin Documentary Film, Ohio (Etats-Unis) / Prix F:ACT, Festival international du film documentaire de Copenhague
- CPH:DOX- (Danemark) / Meilleur long-métrage documentaire, Hollywood Film Festival 2015 (Etats-Unis) / Meilleur
documentaire international, Festival International du Film d’Oaxaca 2015 (Mexique) Prix du public, Festival international
du film asiatique de Seattle 2015 - SSAFF - (Etats-Unis)
Mohammed Ali Naqvi, né à Montréal, au Canada, est cinéaste.
Ses films, diffusés dans de nombreux festivals internationaux,
mais aussi au Musée d’Art Moderne et à l’Organisation des Nations
Unies à New York, ont été souvent récompensés. En 2004, Il fonde
Mu-Nan Pictures, qui produit des programmes pour, entre autres,
Showtime, Channel 4, NHK, Al Jazeera, SVT, CNN, MTV, Current
TV, New York Times Television, et récemment Oprah Winfrey’s
Harpo Productions.
Filmographie partielle :
The General Goes Home (en production)
2015 - Among the Believers
2014 - Pakistan’s Hidden Shame (série doc)
2013 - Happy Things in Sorrow Times
2012 - Shabeena’s Quest (court-métrage doc)
2006 - Behind the Scenes of ‘Big River’ (video doc) / 2006 - Shame
Hemal Trivedi, réalistrice et productrice, vit entre le Pakistan, à
Mumbai, et New York. Elle a notamment produit plus de 50 courtsmétrages primé pour Odyssey Networks.
Filmographie partielle :
2015 - Among the Believers
2013 - Shabeena’s Quest / 2011 - Beyond Mumbai
Les deux réalisateurs ont mis six ans avant de pouvoir côtoyer l’imam
charismatique de la Red Mosque (Islamabad), Abdul Aziz Ghazi, directeur de
la madrassah associée à la mosquée. Leur caméra suit le parcours des enfants
scolarisés à l’école coranique, en particulier celui de Talha, 12 ans, qui souhaite
devenir un « combattant de l’islam ». Derrière l’enfant, c’est la figure d’Aziz
qui se détache, maître absolu des consciences, garants des règles les plus
strictes, et chef d’une communauté dévouée, proche des Talibans.
Le film raconte la vie des enfants, dominée par l’apprentissage du Coran,
l’organisation du quotidien, et aborde la gestion économique de la madrassah
et de la Red Mosque, devenue le symbole d’un nouvel âge de l’extrêmisme
religieux au Pakistan. En 2007, le gouvernement pakistanais l’a démantelée,
dans des circonstances dramatiques. Ainsi, au-delà de l’ « histoire » des écoliers, c’est une période charnière de l’histoire du Pakistan que rappellent les
réalisateurs.
Le film rend tangible l’omniprésence – même en son absence – de l’imam Aziz,
physicien de formation devenu leader emblématique du fondamentalisme
religieux, qui donne une image débonnaire de grand-père protecteur. Il est
pourtant tenu responsable du massacre de 2007, et se révèle alors sous un autre
jour.
A cette conception d’un islam utopique autant qu’autoritaire s’oppose le
choix d’un maire de village qui défend contre toutes les attaques son école
mixte. La jeune Zarina, qui s’est enfuie d’une madrassah, y est une élève assidue. Là, l’enseignement est ouvert à toutes les disciplines, et son directeur
défend une conception et une interprétation de l’islam à l’opposé de celle
des fondamentalistes. Pourtant, le droit à l’éducation trouve ici, comme partout, ses limites dans l’inégalité sociale, la pauvreté et les traditions, et ses
opposants les plus farouches parmi les religieux réactionnaires.
Un film terrible et passionnant.
Marion Blanchaud
Parmi les croyants met votre foi à l’épreuve […]
un documentaire fascinant […]
magnifiquement réalisé.
Reel News Daily - Liz Whittemore / Avril 2015
Un rare aperçu de la bataille idéologique
qui divise actuellement le Pakistan.
The Express Tribune - Sarah Munir / Mai 2015
S A M E D I 7 M A I / FOYER / 18h
en présence de
Hemal Trivedi / Liaison Skype
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LE BOUTON DE NACRE
I Patricio Guzmán
2015 | 1h22mn | France-Chili-Espagne | Atacama Productions
Ours d’argent du scénario et Prix du Jury Œcuménique, Festival international du film de Berlin 2015- Berlinale - Berlin
(Allemagne) / Prix du meilleur film, Festival de Bologne (Italie) / Grand Prix, Festival de Basse-Silésie (Pologne).
Patricio Guzmán est né à Santiago du Chili. Il a étudié à « l’Ecole
Officielle de l’Art Cinématographique », à Madrid.Il dédie sa carrière
au film documentaire. Ses films, présentés dans de nombreux
festivals, sont reconnus internationalement.
Entre 1972 et 1979, il réalise La Bataille du Chili, une trilogie de
cinq heures sur le gouvernement de Salvador Allende et sa chute.
Ce film fonde les bases de son cinéma. La revue nord-américaine
Cineaste le range parmi « les dix meilleurs films politiques du
monde ». Après le coup d’État de Pinochet, il est arrêté et enfermé pendant deux semaines dans le Stade National, où il est
menacé à plusieurs reprises par des simulacres d’exécution. En
1973, il quitte le Chili et s’installe à Cuba, puis en Espagne et en
France, mais reste très attaché à son pays et son histoire.
Il préside le Festival International de Documentaire à Santiago
du Chili (FIDOCS) qu’il a créé en 1997.
Filmographie partielle :
2015 - Le Bouton de nacre
2010 - Nostalgie de la Lumière (diffusé à Lasalle en 2011)
2005 - Mon Jules Verne
2004 - Salvador Allende (diffusé à Lasalle en 2013)
2001 - Le cas Pinochet
1997 - Chili, la mémoire obstinée (diffusé à Lasalle en 2004 & 2011)
1995 - Les barrières de la solitude/ 1992 - La Croix du Sud
1987 - Au nom de Dieu / 1983 - La Rose des Vents /
1972/1979 - La bataille du Chili (diffusé à Lasalle en 2013)
Patricio Guzmán était venu présenter à Lasalle en 2011 Nostalgie de la
Lumière, premier volet d’une trilogie, révélée par la sortie du Bouton de Nacre.
Comme dans son précédent film, la trame se déroule au Chili, navigant entre
plusieurs niveaux d’exploration, où la dimension historique n’est jamais très
éloignée. Dans « La Nostalgie de la Lumière », partant du désert d’Atacama,
le réalisateur nous faisait voyager à travers l’espace et le temps, dans une
démarche presque métaphysique. Par un tissage minutieux, Patricio Guzmán
reliait entre elles les découvertes astronomiques, les résultats des recherches
archéologiques et celles des proches de disparus sous la junte militaire de
Pinochet. Il utilisait le désert comme catalyseur et le calcium comme clé de
résolution.
Avec Le Bouton de Nacre, le réalisateur nous entraîne à présent au Sud du
pays, en Patagonie. Ce vaste archipel marque véritablement le bout du
monde, le continent américain plongeant dans les profondeurs australes de
l’océan. C’est donc cette fois l’élément de l’eau qui vient naturellement servir
de catalyseur à ce nouveau film. Patricio Guzmán démontre avec une grande
poésie que l’eau est l’origine et l’horizon du Chili qui partage 6000 km de
côtes avec l’océan Pacifique. Comme le désert, l’océan a un secret, et deux
mystérieux « boutons de nacre » en sont la clé.
Le réalisateur réussit, cette fois encore, à tisser un lien entre le cosmos, l’histoire
des populations indigènes, et, celle, plus récente, de la dictature militaire. Mais
n’allez pas croire que ce film soit une répétition du premier ! Plus assumée encore
que dans la Nostalgie de la Lumière, la dimension poétique vient épouser parfaitement la forme du film, tant sur le plan esthétique (avec des plans à couper
le souffle) que sonore (avec une douce narration à la première personne), mais
aussi, comme toujours chez Guzmán, au service de la mémoire.
Guilhem Brouillet
Impressionnant. Voilà le seul mot
qui puisse espérer décrire l’intelligence, la beauté,
et l’humanité profonde du dernier opus
de Patricio Guzmán.
Critikat.com - Nicola Brarda / Octobre 2015
Patricio Guzmán filme avec brio l’histoire
de son pays, dans toute sa violence et sa poésie.
Jacques Mandelbaum - Le Monde / Octobre 2015
Patricio Guzmán livre un nouvel objet
cinématographique magnifiquement filmé
et parfaitement maîtrisé
Juliette Chartier - Les Fiches du Cinéma / Octobre 2015
S A M E D I 7 M A I / FOYER / 21h
en présence de
Patricio Guzmán / Liaison Skype
LITTLE GO GIRLS I Eliane de Latour
2015 | 1h19mn | France | Taggama
Filmer les jeunes prostituées des ghettos d ‘Abidjan ; donner à voir ce qui
reste habituellement hors champ ; mettre à mal au passage nombre d’idées reçues.
Tel est le défi que s’est lancé Eliane de Latour. L’auteur, anthropologue autant
que cinéaste, s’affranchit du dogme selon lequel l’ethnographe devrait s’abstenir
de prendre parti. Elle défend une cause, celle de femmes « invisibles » qui ont
choisi la rue.
Elles ont pour la plupart délibérément fui le milieu familial, bravant le rejet de
leurs proches, la mise au ban de la société. Officiellement elles n’existent pas :
quand l’une d’elles disparaît, il n’y pas lieu d’enquêter ; des marins en bordée les
cassent comme des jouets ; l’image récurrente d’un cargo rappelle la menace.
Éliane de Latour, directeur de recherches au CNRS/EHESS,
porte un regard de l’intérieur sur les mondes fermés de ceux
que l’on repousse derrière une frontière géographique ou
sociale. Elle utilise l’écrit scientifique comme l’écriture romanesque, le documentaire comme la fiction, la photo documentaire comme la photo mise en scène.
Publications sélectives :
2014 - « Go de nuit les belles oubliées », exposition de photo-
vidéo, Maison des métallos (Ville de Paris)
2012 - Huit voisines (Webdoc) / 2011 - Malik Ambar (roman
historique), Editions Steinkis. / 2011 - « Go de nuit, les jeunes
invisibles » (essai), Editions Taama / 2011 - « Go de nuit les
belles oubliées », exposition de photo, Maison des métallos (Ville
de Paris), Cosmopolis (Ville de Nantes).
2009 - Enfants du ballon (doc)
2006 - Après l’Océan (long-métrage)
2000 - Bronx Barbès (long-métrage) /
1996 - Si bleu si calme (doc)
1993 - Contes et Décomptes de la cour (doc)
1986 - Le Reflet de la Vie (doc)
La première démarche d’Eliane de Latour a été de les photographier, non pas
comme une donnée de couleur locale, mais comme une preuve, à leurs propres yeux,
qu’elles sont « quelqu’un » ; les photos leur sont rapportées, le produit de leur vente
réaffecté à des projets visant à leur réinsertion ; une étape de ce processus sera
d’ailleurs l’obtention de papiers d’identité ; de même, la caméra les « détoure »
lorsqu’elles sont filmées à l’intérieur d’un groupe, comme pour souligner qu’elles
sont là par et pour elles-mêmes. Pour autant, n’est pas occultée la réalité d’un quotidien vécu à l’envers, d’un sommeil diurne, intermittent, plombé par les drogues ;
rien de plus éloigné du voyeurisme et du misérabilisme : la caméra qui filme les
endormies, leur bébé dans les bras, rend justice à la beauté des corps, à leur somptueuse sensualité. Elle met l’accent sur leur dignité, leur volonté de se prendre
en charge dans un environnement hostile ; elle souligne aussi leur solidarité,
dans les gestes du quotidien, à se coiffer l’une l’autre, à s’aider à faire bonne figure ;
une séquence fascinante détaille un cérémonial de la parure, où l’une d’elles se fait
belle, avec la lenteur méthodique d’une geisha. L’auteur y insiste d’autant plus
que les associations de bienfaisance, les ONG elles-mêmes, refusent leur
concours, prétextant leur arrogance, leur irréductibilité.
Le film raconte comment l’auteure les aide à monter un projet, la « Casa des Go »,
où certaines trouveront la force de se donner un autre avenir, qui styliste, qui
artiste de scène, comme un défi à l’hypocrisie universelle.
La voix de la chanteuse Marie Ange Coulibaly, sur une musique d’Eric Thomas,
ensorcelante et hors du temps, confère à ce combat la dimension d’une saga.
Elle [ Eliane de Latour ] met en question
avec lucidité son rôle de cinéaste […]
porte une réflexion exigeante sur la responsabilité
de celui ou celle qui tient la caméra
vis-à-vis de ceux ou celles qu’elles capturent.
Claude Leroy
Thomas Sotinel - Le Monde / Mars 2016
Des petites putes filmées comme des reines
de légende. Dans les bas-fonds d’Abidjan,
Eliane de Latour se livre à cette étonnante
opération de magie, aux effets plus étonnants
encore. […] [ Little go Girls est ] porté
par un mouvement intérieur, celui d’un élan vital
dangereux, éphémère, à la fois séduisant
et dérangeant.
Jean-Michel Frodon - blog.slate.fr / Mars 2016
S A M E D I 7 M A I / TEMPLE / 21h
en présence d’
Eliane de Latour
56
courts
métrages
FOCUS
SUR LA JEUNE CRÉATION
Ces films, par leur écriture et leur liberté de réalisation ressemblent
déjà à chacun de leurs auteurs. Ils sont diffusés en première partie
de certaines séances.
Lycée Louis-Feuillade de Lunel
Reviennent les beaux jours du Festival, reviennent les élèves de la section cinéma
du lycée Louis Feuillade de Lunel, pour s’initier à la réalisation documentaire,
échanger avec des professionnels, visionner des films, débattre avec les publics
de tous âges, vivre quatre jours en apnée, loin des sentiers battus et des à priori.
sssssssssss
en partenariat avec
le Lycée Louis Feuillade de Lunel
Le Lycée Louis Feuillade de Lunel propose depuis 20 ans
deux enseignements artistiques : Arts Plastiques et Cinéma-Audiovisuel. Chaque année ce sont plus de 200
élèves qui suivent ces enseignements de la seconde à la
terminale. Les sections artistiques du lycée ont construit leur
force et leur réputation autour de deux axes majeurs :
• une approche culturelle riche et variée.
• une formation en relation avec les pratiques artistiques
contemporaines, notamment au niveau du numérique.
Les Temps modernes ? doivent être pour eux l’occasion de porter un regard neuf
sur le monde, sur les enjeux, les impasses et les espoirs de notre société. Le
Festival leur apporte des pistes de réflexion, car il est un laboratoire dans lequel
chacun des jeunes trouve sa place et le sens à donner à ses choix.
Cette année, nous présenterons le film réalisé l’an passé, dont le titre est tenu
secret…Par les élèves.
Rappelons que l’exercice s’inscrit dans la démarche pédagogique propre à l’enseignement du Cinéma, dont l’étude du « Cinéma du réel » est au programme.
L’équipe est encadrée par les enseignants Amit Bellicha & Marion Blanchaud
et par un intervenant professionnel, Gérard Galès.
éMercredi 4 mai / 21h / Temple
Master Image et Société - Université d’Evry AU-DELÀ DES MAUX I ANNA WISNIEWSKA
I 2015 I 13mn15
Chaque semaine, Brigitte et William se retrouvent dans le cadre d’un atelier d’écriture.
C’est pour eux l’occasion d’y évoquer leurs questionnements sur la maladie et la société,
car tous deux partagent un même trouble nommé : bipolarité.
éJeudi 5 mai / 21h / Filature
ESAV Toulouse NUIT BLANCHE I SARAH MUNRO
I 2015 I 8mn31
Dans la pénombre d’une nuit, deux ouvriers tracent les lignes blanches le long d’une
route. Le travail s’effectue dans le silence de la nuit et le bruit berçant des machines, qui
mélangent la matière et la transforment avant de laisser une trace blanche qui perdurera
au lever du jour...
éJeudi 5 mai / 21h / Temple
Université de Poitiers TOUT AU BORD I BÉRANGÈRE CEREZALES
I 2015 I 7mn09
Le récit poétique d’une dame qui vécut à côté de la mer, dans un immeuble à présent
désaffecté car devenu dangereux. A la fois minimaliste et chargée d’émotion, la narration
vous emmène « tout au bord ».
éSamedi 7 mai / 21h / Foyer
Bordeaux Montaigne
DEUX PORTES I SIMON DUGUET
I 2015 I 12mn55
Un récit écrit, issu d’une rencontre entre une mère et son fils dont la vie a été usée par
l’usine et les réalités d’une vie modeste et difficile. Une réalisation trés maîtrisée qui sert
une forme originale.
éVendredi 6 mai / 21h / Temple
Paris 7
MONDES I LOUIS HOUZARD
I 2015 I 13mn48
Un parcours visuel et sonore dans les mondes du quartier de la Défense à Paris, au cours
duquel le réalisateur tend le micro à des passants et des habitués, de la marée de costumes
aux tréfonds sombres des parkings souterrains.
éVendredi 6 mai / 21h / Filature
Evry - Val d’Essonne LES HURLEUSES I NGUYEN PHUONG LAN
I 2015 I 14mn59
La découverte de deux animatrices radio anciennement incarcérées, de leur parcours,
de leur lutte et des problématiques que soulèvent le système carcéral, et tout particulièrement l’incarcération des femmes.
éSamedi 7 mai / 10h / Foyer
Université Paul-Valéry Montpellier UNE RIPOSTE I MARIE BRÛLÉ & MELODY BRUGÈRE
I 2015 I 6mn33
Pour lutter et se défendre contre le harcèlement de rue, un gang de filles s’organise et
patrouille pour être « une riposte » aux agressions sexuelles dans la rue. Un dispositif
audacieux et une réalisation travaillée.
éJeudi 5 mai / 21h / Foyer
CYRIL I KAYLA KROG & NINA CATELLA
I 2015 I 11mn44
Le portrait de Cyril, un jeune homme à la rue. A la fois empreint d’ironie et d’humour, il
assume ses choix et ses galères, car il a décidé de vivre au milieu des autres.
éSamedi 7 mai / 21h / Temple
L’OREILLE DE LA CAMÉRA I BLANCHE BECKER, CAMILLE LEGRAS
& VALENTIN MALDONALDO
I 2015 I 8mn24
Un groupe de lycéens tourne un film avec des jeunes sourds-muets. Au cours de cet
atelier vidéo qui met en lien entendants et sourds, le film appréhende la surdité en mettant
la caméra à l’écoute des sourds...
éVendredi 6 mai / 21h / Foyer
en présence des
réalisateurs (trices)
58
SOIRÉES MUSICALES
à partir de 22h / Sous les Halles du village
Mercredi 4 mai
Quand le jazz détisse son métissage pour mieux se l’approprier : le tout nouveau groupe Afrobeat de Lasalle … au
groove irrésistible et à la générosité communicative qui
pousse inexorablement le public à l’allégresse !
Jeudi 5 mai
A toutes les oreilles aiguisées : venez découvrir un petit tour
du monde musical, et danser, au son du Rythm’n’Blues,
Soul, Funk, Jazz, Latin, Bossa, Afrobeat, Breakbeat. Avec
une performancxze musicale de Bob Itch, qui vous fait partager, avec générosité, sa culture affirmée de mélomane.
Vendredi 6 mai
Le groupe chilien El Pueblo nous entraîne, au son de
douces et joyeuses mélodies, « des vastes étendues de la
Pampa aux neiges des Andes, de la jungle de Bolivie aux
déserts chiliens. »
Samedi 7 mai
La traditionnelle soirée de clôture avec : Les Fanfarons
de Lasalle qui nous font danser et chalouper avec un
répertoire musical bio-diversifié aux propriétés euphorisantes et stimulantes !
CLOWNS THÉÂTRE /Samedi 7 mai
A l’issue de la table ronde : « Les Temps Modernes /
Le retour de la guerre » (Cf. page 43), la compagnie Le
Nez au Vent, spécialisée dans le clown acteur social,
apportera son regard décalé à l’évènement, sous forme
d’improvisation clownesque.
Radio Escapades, Radio Grille Ouverte et Radio Alliance
Plus sont présentes à Lasalle tout le temps du Festival
pour rendre compte, par des reportages en direct, de la
15e édition.
en partenariat avec
Retrouvez le Festival avec Radio Grille Ouverte
sur le 88.2 et sur 3w.radiogrilleouverte.com : de 12h à
13h, en direct, avec l’émission « Sous les Toiles ».
en partenariat avec
Retrouvez le Festival avec Radio Escapades à Lasalle
(102.0), à St Hippolyte-du-Fort (104.1), à Ganges et au
Vigan (103.3), et sur : 3w.radioescapades.org, en direct.
en partenariat avec
Retrouvez le Festival avec Radio Alliance Plus sur sur 103.1
à Nîmes et aux alentours, et sur www.radioallianceplus.fr.
LES INFOS PRATIQUES
LASALLE
se situe dans la vallée de la Salindrenque en Cévennes, terre protestante, puis terre de résistance, de refuge et de clandestinité, pays qui
demeure celui de la liberté. C’est un village typique des vallées cévenoles, avec son unique rue de 2 km, construit en bordure de la rivière
Salindrenque. Tous les services, commerces et artisans sont à disposition durant toute l’année. La vie associative - culturelle, artistique
et sportive - y est très développée.
Spécialités gastronomiques : pélardon AOC (fromage de chèvre), miel,
oignons doux AOC, châtaignes et produits dérivés....
LES STRUCTURES D’ACCUEIL
Projection
Quatre salles de projection sont attribuées au Festival : le temple, la
salle du foyer, la Filature du Pont-de-Fer et la chapelle.
Restauration
- En complément des structures existantes, le Comité des Fêtes de
Lasalle vous accueille au « Café des P’tits bonheurs », dans la cour
du Foyer, et vous propose petits déjeuners et restauration rapide.
en partenariat avec
LES ÉCLAIREURS & ÉCLAIREUSES
DE FRANCE
Scoutisme laïque
Les Eclaireurs & Eclaireuses de France sont présents sous les Halles
du village tout au long du Festival.
Ils vous proposent crêpes & Délices, les après-midi et une
restauration rapide le soir, afin de financer leurs activités.
HÉBERGEMENT
Lasalle a une très ancienne tradition d’accueil et abrite plus de 1000
habitants et 2000 en période estivale.
Gîtes / Chambres d’hôtes / Campings
Contacter l’Office du Tourisme de Lasalle : 04 66 85 27 27
Camping de la Salendrinque : 04 66 85 24 57
http://www.campinglasalendrinque.fr
Camping de la Pommeraie : 04 66 85 20 52
http://www.la-pommeraie.fr
Pour les enfants
Accueil et hébergement pour les enfants de 4 à 12 ans pendant la
durée du Festival : Les Poneys du Val d’Emeraude :
04 66 85 41 69 - 06 70 72 03 77- http://www.poneydemeraude.com
ACCÈS / TRANSPORTS
En voiture / Lasalle est située à une demi-heure d’Alès, et
La billetterie
une heure de voiture de Nîmes et Montpellier.
Ces deux villes, à environ trois heures de la capital en TGV,
sont connues pour leur dynamisme économique et culturel
- A7 Bollène direction Alès, puis Anduze, Lasalle.
- A9 Nîmes-Ouest direction Le Vigan, puis St Hippolyte-duFort, Lasalle.
- A9 Montpellier-Ouest direction Le Vigan-Ganges, puis St
Hippolyte-du-Fort, Lasalle.
est ouverte dès le mercredi, à partir de 16h,
puis les jours suivants, dès 9h30.
En bus / De Nîmes : gare routière <--> Saint Hippolyte-duFort (casernes) : ligne de bus Edgard D40 (4 bus par jour dans les
deux sens). www.edgard-transport.fr
COVOITURAGE LOCAL
Lasalle / Ganges Alès / Montpellier...
Inscription gratuite sur le site http://www.aganticovoiture.org/
PARTICIPATION AUX FRAIS
6 € / la séance
4,50 € / adhérents ChamP-ContreChamP
étudiants & bénéficiaires des minima sociaux
Sur présentation d’un justificatif
50 € / forfait 10 séances (partageable)
Le forfait est aussi en préachat sur :
http://www.doc-cevennes.org/infos.html
Création théâtrale :
ChIC moDerne !
tarif unique / 12 €
PRÉVOYEZ VOS ACHATS DE BILLETS À L’AVANCE !
PONT DE MONTVERT
VIALAS
- Les billets sont vendus à l’avance pendant
le Festival.
FLORAC
LA GRAND COMBE
VALLERAUGUE
nous souhaitons commencer à l’heure chaque séance
pour favoriser, après la projection, les échanges entre
les intervenants et le public.
LA S A L LE
ST HIPPOLYTE-DU-FORT
LE VIGAN
GANGES
NÎMES
SOMMIÈRES
LODÈVE
MONTPELLIER
NOUVEAU !
Navette Festival unique /quotidienne
de/vers Lasalle
- La billetterie est fermée 15mn avant le début
de chaque séance.
du 5 au 7 mai 2016
- aucune réservation de séance au guichet,
par téléphone ou par Internet n’est possible.
merci de votre compréhension.
Bon Festival !
• Nimes gare routière, Bus D40 à 12h25
--> arrêt « Casernes » de Saint Hippolyte-du-Fort,
navette en correspondance à 13h30 (Lasalle : 13h50).
• Lasalle « Les Halles », navette à 12h25
--> arrêt « Casernes » de Saint Hippolyte-du-Fort,
bus D40 en correspondance à 12h51 (Nîmes : 14h05).
60
Le DVD
(enfin)
en vente !
Un film qui tire les fils d’une intrigue où
tout le monde peut se retrouver et qui devient
universel ; un film qui porte en lui l’esprit
de Résistance, cher aux combattants pour
la Paix et la Liberté.
E.Bessé - RUE89
Une ode à la ruralité.
La Dépêche du Midi
Justes au fond des tripes, ces Lasallois.
Adrien Boudet - Midi Libre
Quarante rôles et pas d’acteur principal.
La tradition d’accueil et l’identité cévenole
questionnées par l’actualité.
Isabelle Jouve - La Marseillaise
Une aventure qui dégage un formidable
élan de solidarité.
Ysis Percq - La Croix
Des professionnels du ciné qui filment
des acteurs amateurs […] Une sorte d’ovni
dans le paysage du 7e Art.
Adrien Boudet - Midi-Libre
To u s l e s a c t e u r s d e c e f i l m
vivent à Lasalle en Cévennes
Un film sur la ruralité, sur la citoyenneté, une réflexion sur
nos sociétés modernes. Un film tourné à Lasalle, au cœur de ce petit
village des Cévennes, véritable personnage du film, avec ses habitants et des professionnels du cinéma, tous embarqués dans cette
belle aventure, forts de l’idée que lorsque l’arbitraire frappe un
individu, réagir devient l’affaire de tous.
monsieur le sous-préfet veut expulser milena et sa fille Pauline
sans-papiers, du village de Lasalle. en quatre jours, le sort de milena
15 €
va changer la vie paisible de la petite vallée de la Salindrenque.
REMERCIEMENTS
LA MAIRIE DE LASALLE et son personnel
Les communes de : COLOGNAC & SOUDORGUES
L’Eglise Protestante Unie (EPU)
L’Eglise Méthodiste de Lasalle
Le Sivom du canton de Lasalle
L’association l’Art Scène
Le Comité des Fêtes
Le Club amitiés Glycines
Les Eclaireurs et Eclaireuses de France
Marie-jo Fuster
Mairie du Pont de Montvert
Mairie de Vialas
SupAgro (Florac)
Médiathèque Lucie-Aubrac (Ganges)
Association La Nouvelle Dimension (Florac)
Association Cosmopolite (Valleraugue)
Cinéco - Cinéma itinérant en Cévennes
Cinéma Arc-en-Ciel (Ganges)
Cinéma Le Palace (Le Vigan)
Cinéma Diagonal (Montpellier)
Ciné Plan (Baillargues)
Hors Phase/Scube Audiolight (St Jean-de-Vedas)
L’association REAL
Festival Images Singulières (Sète)
Festival Itinérances (Alès)
Festivals contributeurs :
Festival Itinérances (Alès)
Les Etats généraux du documentaire de Lussas
Cinéma du Réel (Paris)
FIPA (Biarritz)
Festival Millenium (Bruxelles)
RIDM (Québec, Canada)
Radio France Bleu Gard-Lozère
Radio Escapades
Radio Grille Ouverte
Radio Alliance Plus
La Gazette de Montpellier
Les Amis du Monde Diplomatique
Sauramps Alès
Les traductrices & traducteur bénévoles :
Coralie Coiffard,
Morgane Sergent
& Camille Perrat.
La Cie Le Nez au Vent
Elisabeth Claverie
Aurélie & Pierre ...et
La DRAC Languedoc-Roussillon
Le Conseil régional Languedoc-Roussillon Midi Pyrénées
Le Conseil départemental du Gard
La communauté de communes
Causses, Aigoual, Cévennes - Terres solidaires
La commune de Lasalle
La SCAM (Société civile des auteurs multimédia)
Le Parc National des Cévennes
Les Communes de :
Ganges / Pont de Montvert / Vialas / Valleraugue & Le Vigan
NOS MÉCÈNES
Les Villégiales (Nîmes)
Montpellier Mécènes Méditerranée
Alès Mécénat
TSF (Montpellier)
La Banque Populaire du Sud
Enercoop Languedoc-Roussillon
Le Cabinet Gaxieu Ingénierie
L’Entreprise Michel Alain TP
L’entreprise Benoi
Les Vignerons de Tornac
& Tous nos généreux donateurs
Le Crédit Coopératif
Délégation générale du Québec à Paris
SODEC (Société de développement des entreprises culturelles - Québec)
Danish Film Institute (Institut Danois du Cinéma)
Ambassade du Danemark en France
Les Ateliers Varan (International)
Rectorat de l’Académie de Montpellier
Université Paul-Valéry (Montpellier)
ESAV - École supérieure d’audiovisuel (Toulouse)
Ecole Le Colombier (Lasalle)
Cinéfacto (St Félix de Pallières)
Collège Louise-Michel (Ganges)
Collège André-Chamson (Le Vigan)
Lycée Louis-Feuillade (Lunel)
MÉDIAPART
RUE89
tous les bénévoles !
association champ-contrechamp
DOC-CÉVENNES
festival international du documentaire en Cévennes
58, rue de la Croix - 30460 / 04 66 60 17 99
[email protected]
www.doc-cevennes.org
Un pays sans documentaire
c’est comme une famille sans photo.
Patricio Guzmán, auteur.