CONDUITE A TENIR DEVANT UNE EPAULE DOULOUREUSE 1 I
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CONDUITE A TENIR DEVANT UNE EPAULE DOULOUREUSE 1 I
CONDUITE A TENIR DEVANT UNE EPAULE DOULOUREUSE 1 I. INTRODUCTION * Environ 80 % des scapulalgies sont d’origine abarticulaire. La description de ces atteintes se regroupent sous le terme de périarthrites scapulo humérale (PSH). Leur diagnostic et surtout les indications thérapeutiques adaptées à chaque type de PSH sont l’aboutissement d’un examen clinique soigneux, aidé d’éléments paracliniques simples à mettre en oeuvre. En outre, ces investigations doivent pouvoir préciser les autres étiologies articulaires et éliminer les causes extra-articulaires. En effet, deux données anatomiques viennent élargir le champ des scapulalgies. La première est d’ordre articulaire car les mouvements de l’épaule intéressent l’acromioclaviculaire et la sternoclaviculaire en plus de la glénohumérale et des atteintes de ces deux articulations peuvent retentir au niveau scapulaire. La seconde est d’ordre neurologique. Le métamère sensitif de l’épaule est C5-C6 et celui-ci se recoupe avec celui du nerf phrénique (C3-C4-(C5)) expliquant certaines irradiations aberrantes des atteintes organiques. II. Savoir examiner une scapulalgie * A. L’anamnèse rigoureuse - Les caractéristiques de la scapulalgie la topographie et surtout ses irradiations * cervicale surtout brachiale (volontiers radiale) parfois aberrante : fosses sous-épineuses, pointe de l’omoplate, sternale etc...) Reproduit pour l’ÉSO RHUMATOLOGIE / CONDUITE A TENIR DEVANT UNE EPAULE DOULOUREUSE 2 le caractère mécanique ou inflammatoire et le contexte général l’intensité l’ancienneté et le mode évolutif : aigu, progressif, intermittent, déclenché par des mouvements, la prise alimentaire etc... - Les antécédents traumatiques ou micro-traumatiques les injections intra ou péri-articulaires les maladies reconnues de type rhumatismal (autre localisation articulaire) ou de type lésions d’organes (coeur, vésicule biliaire etc...). * B. L’examen de l’épaule s’intègre dans un examen somatique complet. Il comporte un temps systématique de débrouillage qui doit permettre d’orienter le diagnostic, puis un temps de manoeuvre plus orientée. 1. L’examen de débrouillage Il est réalisé patient torse nu. L’inspection recherchera une asymétrie et on demandera au patient de préciser avec son index controlatéral le siège et les irradiations de la douleur. Puis, on étudiera la mobilisation en trois temps. Les mouvements scapulaires : ils vont explorer les articulations, rechercher des lésions tendineuses de la coiffe des rotateurs et dépister éventuellement une paralysie d’un des nerfs assurant la motricité de l’atriculation. Reproduit pour l’ÉSO RHUMATOLOGIE / CONDUITE A TENIR DEVANT UNE EPAULE DOULOUREUSE 3 On mesurera la mobilité passive de l’épaule et on notera les éventuelles limitations par rapport au côté controlatéral de l’antépulsion, des rotations ou de l’abduction. On demandera ensuite au patient de réaliser activement une abduction, des rotations et une antépulsion. On note la douleur décrite et surtout l’éventuelle limitation. La recherche passive et active de ces mouvements se recherche suivant une méthodologie précise: L’élévation du bras : elle se réalise dans le plan sagittal (antépulsion à 180° FLEXION ) puis frontal abductio n (180°). L’examinateur étudiera passivement les mouvements. Si l’actif est impossible ou limité, il recherchera alors le ou les arcs douloureux en notant l’angulation d’apparition. La rotation externe : elle se recherche passivement, le patient coude au corps sur la ligne axillaire moyenne. Elle est d’environ 80°. On notera alors sa limitation éventuellement d ouloureuse. L’exploration active consiste à placer passivement l’épaule à 80° et à demander au patient de garder l’attitude : le retour à la position de repos en " battant de porte de saloon " signe une atteinte de la coiffe soit dégénérative, soit nerveuse (paralysie du nerf sus scapulaire). La rotation interne s’effectue passivement en cherchant à mettre le poignet dans le dos du patient (celle-ci est de 90°). Sa limitation assez rare se mesure en notant la position extrême du poignet (poignet EIAS, poignet EIPS, poignet D12..D4.) La capsulite limite la rotation interne et externe. Les contractions isométriques : elles terminent l’examen de débrouillage et sont indispensables pour explorer les 6 groupes agonistes de l’épaule Abduction contrariée manoeuvre de Job: elle consiste à demander au patient de résister à une pression réalisée par l’examinateur au niveau des coudes du patient; celui-ci maintenant ses bras en abduction à 90° l’avant bras en supination et 30° d’antépulsion. La douleur au niveau de l’épaule signe une souffrance tendineuse ( en particulier du sus épineux) tandis que l’impossibilité de tenir la Reproduit pour l’ÉSO RHUMATOLOGIE / CONDUITE A TENIR DEVANT UNE EPAULE DOULOUREUSE 4 position fait suspecter une rupture du tendon du sus épineux. Si l’épaule est très algique, la manœuvre n’est plus spécifique. palm-up test: elle consiste à demander au patient de réaliser une antépulsion à 90°, en pronation.Un appui sur la fac e antérieur des poignets est alors réalisé par l’examinateur. La douleur à l’épaule (mais aussi dans le bras) fait suspecter une tendinite du long biceps tandis que l’impossibilité de tenir la position fait évoquer la rupture du tendon. Rotation interne contrariée : sous scapulaire Rotation externe contrariée : sous épineux, petit rond Flexion du coude contrariée : biceps, brachial antérieur, long supinateur Extension coude contrariée : triceps L’examen neurologique attentif recherchera le déficit moteur ou la douleur à l’effort. 2. Au terme de cet examen clinique de débrouillage, le clinicien peut compléter son examen par un bilan radiologique minimum... qui comprend un cliché de face en rotation neutre, interne et externe.Éventuellement profil de Lamy, abduction contrariée de Leclercq . Une échographie étudie les tendons et les bourses séreuses. Dans le cadre d’un examen clinique général, l’analyse sémiologique d’une douleur de l’épaule permet dans 90% des cas, d’établir immédiatement le diagnostic étiologique que l’on présente en fonction des données de l’examen de l’épaule. On distingue les épaules douloureuses à amplitude normale avec une mobilisation passive identique à l’active et les épaules douloureuses à amplitude diminuée. III. Les épaules à amplitude normale ou subnormale passif = actif ± Reproduit pour l’ÉSO RHUMATOLOGIE / CONDUITE A TENIR DEVANT UNE EPAULE DOULOUREUSE 5 A. avec signes isométriques cohérents si intensité douloureuse faible ou modérée penser à tendinite si intensité douloureuse forte et signes isométriques déficitaires penser à rupture de coiffe partielle. La palpation de points spécifiques, la recherche d’un accrochage sous acromial permettra d’étayer l’un ou l’autre diagnostic. On peut aussi s’aider de tests thérapeutiques : infiltration de 2-5 ml de xylocaïne qui supprime en cas de tendinite ou de rupture partielle la limitation douloureuse. En cas de doute, on poussera les investigations (voir tableau de PSH). B. avec signes isométriques indolores 1. Le conflit antérieur sous acromial de Neer au début: Il s’agit d’une lésion tendineuse du sus épineux sous l’arche acromio-coracoïdienne responsable de crises douloureuses de l’épaule de quelques jours aux mouvements d’abduction vers 4060°. La lésion peut évoluer vers la rupture de coif fe. Le bilan radio est normal au début mais s’aggrave avec l’apparition d’ostéophytes sous acromial et la perte du cintre gléno-huméral qui signe la rupture du tendon. L’infiltration de xylocaïne en sous acromial antérieur fait disparaître la douleur à l’abduction. 2. rechercher une épaule instable Le plus souvent ATCD de luxation. Sensation de luxation imminente à la manoeuvre de l’armé de bras. Déclenchement d’une douleur à la rétropulsion horizontale. Mobilité anormale de la tête de l’humérus mobilisée d’avant en arrière Omoplate bloquée (signe du piston) C. avec signes isométriques incohérents Dans ces tableaux où les douleurs d’épaules sont associées à une mobilité passive douloureuses alors que la mobilisation active et les manoeuvres isométriques sont négatives, on recherchera les lésions articulaires : sterno-claviculaire et acromio- Reproduit pour l’ÉSO RHUMATOLOGIE / CONDUITE A TENIR DEVANT UNE EPAULE DOULOUREUSE 6 claviculaire (arthrose et luxation) qui sont douloureuses en fin de mouvement. On se méfiera aussi de la tendinite du long biceps particulièrement trompeuse . IV. Les épaules dissociées actif/passif : passif normal, actif limité Elles se rencontrent essentiellement dans les suites de tableaux aigus neurologiques ou traumatiques: La paralysie du trapèze: (15-25° à l’antepulsion) La fracture de côte ou des dernières épineuses La rupture aigue de coiffe V. Les épaules limitées passif = actif = limité si unilatérale : la chiffrer comparativement ;évoquer épaule gelée qui est beaucoup plus fréquente que l’épaule arthrosique si bilatérale : la chiffrer par rapport aux mesures d’amplitude connues et penser à arthrose CCA vieillie , etc... A ce stade, l’orientation du diagnostic étiologique est déjà prise. Les examens complémentaires doivent : assurer le diagnostic (radio simple, biologie inflammatoire) confirmer à examens spécialisés (arthro-scanner, EMG, IRM ) Au terme du bilan, on va différencier : l’épaule douloureuse de la « périarthrite scapulohumérale » l’épaule douloureuse en dehors de la périarthrite scapulohumérale Reproduit pour l’ÉSO RHUMATOLOGIE / CONDUITE A TENIR DEVANT UNE EPAULE DOULOUREUSE 7 A. L’épaule douloureuse de la « périarthrite scapulohumérale » Elle représente à elle seule 80 % des motifs de consultation. Anatomiquement elle regroupe toutes les atteintes de la coiffe des rotateurs, que ce soit les simples tendinites, les ruptures partielles (voir paragraphe épaule douloureuse à mobilisation normale), les ruptures sévères ou les bursites sous acromiales calcifiées ou non. Il faut se rappeler que son diagnostic repose essentiellement sur un bon examen clinique où dominent les manoeuvres isométriques. Le recours à des examens complexes comme l’arthroscanner ne se justifie que dans le cas d’un bilan d’extension en vue d’une intervention chirurgicale. La bonne compréhension de l’atteinte du défilé sous acromiocoracoïdien doit permettre l’adaptation des traitements. Les infiltrations sous acromiales de corticoïdes sont à manier avec parcimonie car elles favorisent la rupture de la coiffe. La mésothérapie et l’ostéopathie sont très complémentaires. B. L’épaule douloureuse en dehors de la périarthrite scapulohumérale On peut les classer artificiellement en causes locales (pathologie de l’articulation glénohumérale) et causes à distance. 1. Les causes locales L’épaule traumatique La douleur fait suite à un traumatisme direct ou indirect de l’épaule et le sujet peut se présenter en attitude du traumatisé du membre supérieur et se plaindre de manifestations plus tolérables. L’examen clinique sera toujours complété d’un bilan radiologique. On distingue alors très schématiquement : - Les fractures de l’extrémité supérieure de l’humérus surviennent chez l’adulte ou la personne âgée, intéressent le col chirurgical ou anatomique. Reproduit pour l’ÉSO RHUMATOLOGIE / CONDUITE A TENIR DEVANT UNE EPAULE DOULOUREUSE 8 L’impotence fonctionnelle totale, l’empâtement ou la déformation du moignon (coup de hache), l’hématome brachio-thoracique d’Henrique, le raccourcissement feront facilement suspecter le diagnostic. On cherchera à éliminer une complication vasculonerveuse avant de proposer un traitement qui reste le plus souvent orthopédique. de la clavicule : c’est une des fractures les plus fréquentes (15 % de la totalité). On les décrit en 1/3 moyen, 1/3 externe et 1/3 interne. Les fractures du 1/3 externe peuvent donner le change avec la luxation acromioclaviculaire. Traitement orthopédique dans 95 % des cas. de l’omoplate : à l’inverse, elles sont exceptionnelles (moins de 1 % des fractures). On oppose la fracture de la glène aux autres modalités. Les fractures de la glène peuvent s’associer aux luxations et sont souvent très difficile à voir (recour au scanner) - Les luxations Les luxations de la glènohumérale sont dominées par la luxation antéro interne dont le tableau clinique est bien connu. Il faut savoir éliminer une fracture du trochiter et surtout bien les connaitre eu égard aux signes d’évolution vers l’épaule instable. Les autres luxations sont beaucoup plus rares. La luxation postérieure est trompeuse car les reliefs musculaires dorsaux empêchent la palpation correcte. Elles peuvent passer inaperçues surtout pour celles qui entrent dans le cadre des subluxations. Les luxations acromioclaviculaires réalisent une IFP ( impotence fonctionnelle partielle) douloureuse avec une instabilité de haut en bas (signe de la touche de piano). Tous les degrés existent et le traitement peut aller de la technique orthopédique (entorse acromioclaviculaire) jusqu’à la chirurgie. Les entorses acromio-claviculaires sont à rechercher de principe, elles passent volontiers inaperçues. Reproduit pour l’ÉSO RHUMATOLOGIE / CONDUITE A TENIR DEVANT UNE EPAULE DOULOUREUSE 9 L'épaule infectieuse Les arthrites à pyogène La localisation scapulaire est le plus souvent iatrogène (6O à 70 % des cas). Elle aboutit rapidement à une IFT avec altération de l’état général. La ponction articulaire est le geste essentiel dans 80 % des cas et elle assure le diagnostic. Le staphylocoque est responsable dans 6O % des cas. Le traitement antibiotique contrôlé en efficacité et tolérance doit être poursuivi au moins 3 semaines par voie parentérale et 6 mois par voie entérale. Bien entendu la mise au repos du membre supérieur est la règle. Les arthrites tuberculeuses. Il s’agit d’une ostéoarthrite. Le tableau clinique réalisé est celui d’une scapulalgie trainante sur terrain débilité ou après infiltration mais qui étonne par éventuellement une amyotrophie remarquable des adénopathies axillaires un terrain tuberculeux L’aspect radiologique associant d’importants defects articulaires à des géodes osseuses La ponction et éventuellement la biopsie synoviale sont les éléments majeurs du diagnostic. L’épaule inflammatoire L’atteinte de l’épaule est courante en rhumatologie inflammatoire. Dans la PR, les spondylarthropathies séronégatives : elle s’inscrit dans un contexte d’extension du rhumatisme. Parfois elle peut être inaugurale et posera des problèmes diagnostiques. A terme le pincement articulaire diffus, l’érosion des rebords de la tête et du Reproduit pour l’ÉSO RHUMATOLOGIE / CONDUITE A TENIR DEVANT UNE EPAULE DOULOUREUSE 10 trochiter, l’ostéoporose ponctuée enlèveront finalement la certitude. Dans les rhumatismes métaboliques, seule la chondrocalcinose articulaire est très fréquente. Elle peut présenter des poussées évolutives et certains auteurs la tiennent responsable d’arthrose rapidement destructrice de l’épaule. « L’épaule hyperalgique » : bursite sur-aigüe, calcifiée. La dissolution des cristaux d’hydroxyapatite réalise une crise hyperalgique. L’épaule dégénérative L’arthrose de l’épaule est une des localisations les plus rares, 1 à 2 % du total. Elle n’a aucun caractère clinique particulier, encore qu’elle puisse en imposer pour une PSH à son début. Le bilan radiologique permettra de redresser le diagnostic : pincement global, ostéosclérose, ostéphytose marginale donnant un aspect en tête d’éléphant avec trompe inférieure à l’évolution ( tête + ostéophytose inférieure en goutte). Le traitement est identique. L’ostéochondromatose : c’est la 3e localisation de cette arthropathie. Elle est le plus souvent asymptomatique et ne nécessite d’un traitement médical. L’épaule de la maladie hyperostosante : l’hyperostose peut toucher aussi l’épaule et être responsable de raideur et de douleur. Sur les clichés de face, un " acromion barbu ", une enthésopathie trochitérienne, un épaississement de la coulisse bicipitale sont pathognomoniques. L’épaule sénile : son tableau clinique (douleur, raideur) est l’aboutissement de PSH vieillie et non traitée. Sur le plan radiologique, on assiste à une ostéosclérose de la facette sous acromiale en regard de la tête de l’humérus ascensionnée. Ce sont ces entités qui développent l’état d’hémorragie à répétition. L’épaule neurotrophique. Algodystrophie. Le tableau clinique est celui d’une épaule douloureuse progressivement impotente par une limitation de tous les mouvements de l’articulation. Celle-ci peut s’intégrer dans un Reproduit pour l’ÉSO RHUMATOLOGIE / CONDUITE A TENIR DEVANT UNE EPAULE DOULOUREUSE 11 tableau clinique plus complet et réaliser le syndrome épaule-main qui associe à des douleurs irradiées, des troubles vasomoteurs. On retrouve dans les ATCD, un traumatisme modéré, la prise d’anticonvulsivants ou la survenue récente d’un infarctus myocardique ou d’une chirurgie thoracique. Le diagnostic est assuré par la scintigraphie ou l’IRM. Son évolution est longue, 6 mois à 2 ans mais se caratérise classiquement par une restitution ad intégrum. L’ostéonécrose de la tête humérale : c’est une localisation peu fréquente. Elle est souvent associée à l’ONA de hanche et plus rarement bilatérale. Elle présente les mêmes étiologies. Elle réalise au début un tableau de PSH assez facilement contrôlable. Son évolution vers l’arthrose est lente. Les arthropathies diverses : de nombreuses causes rares peuvent être rendues responsables d’atteinte de l’articulation les tumeurs synoviales la syringomyélie l’hémophilie etc... * 2. Les causes à distance d’origine cervicale 1O-15% des NCB s’accompagnent de douleurs scapulaires. Mais l’examen passif et actif est normal alors que la mise en tension des nerfs cervicaux accentue la symptomatologie. Attention à la tendinite du long biceps de voisinage La paralysie du sus scapulaire est la plus fréquente. Elle est généralement la conséquence de microtraumatismes répétés, soit directs, soit par le jeu de surfonctionnement de l’épaule. Il associe des douleurs du moignon de l’épaule irradiées à la face externe et postérieure, apparues progressivement. L’amyotrophie n’est pas toujours évidente et on recherchera les déficits moteurs de l’abduction et de la rotation interne. L’EMG confirme l’atteinte. Reproduit pour l’ÉSO RHUMATOLOGIE / CONDUITE A TENIR DEVANT UNE EPAULE DOULOUREUSE 12 L’atteinte du grand dentelé : exceptionnelle, elle est consécutive à un traumatisme du nerf sur la K2. Elle aboutit à une période algique brève, suivie d’un déficit plus ou moins important de la stabilisation de l’épaule lors des mouvements d’antepulsion et d’adduction. Le bord spinal de l’omoplate pointe en ailerons. L’atteinte du nerf circonflexe : a côté de son cisaillement ou étirement traumatique, il a été décrit récemment un syndrome canalaire : la compression du quadrilatère de Velpeau. Il associe une douleur profonde de l’épaule, mal localisée, avec paresthésie éventuelle dans le bras. L’antepulsion, l’abduction et la rotation externe aggravent ces signes, tandis que la palpation postérieure de l’épaule met en évidence un point douloureux électif. Le diagnostic peut être confirmé par l’EMG et l’artério circonflexe comprimé aux manoeuvres d’abduction. Le traitement est le plus souvent chirurgical. Le Pancoast Tobias : la tumeur de l’apex à son début peut être responsable de douleurs scapulaires. La présence d’un signe de CL BH, le bilan radiologique redressera le diagnostic. Les arthrites sternoclaviculaires : plus que les origines infectieuses, l’intérêt actuel est orienté vers les hyperostoses sternoclaviculaires. D’origine neurologique, c’est le problème de l’épaule de l’hémiplégique, du parkinsonien, de l’épileptique, du syndrome de Parsonage Turner (Névralgie amyotrophique de l’épaule) D’origine thoracique et abdominale : par l’intermédiaire du phrénique (C3-C4-C5) la nécrose myocardique le pneumothorax la lithiase vésiculaire Reproduit pour l’ÉSO RHUMATOLOGIE / CONDUITE A TENIR DEVANT UNE EPAULE DOULOUREUSE 13 la pancréatite Au terme de ce catalogue, on ne saurait trop insister sur l’importance d’un examen clinique bien conduit, qui à lui seul permet d’apporter un diagnostic étiologique sûr dans plus de 80 % des cas. Mais dans 20 % des cas les examens complémentaires sont indispensables et peuvent révéler des pathologies graves, métastases éventuellement . Donc prudence. Par René-Marc Flipo (Lille) et Eric Hachulla (Lille) Article commenté : Exercises versus arthroscopic decompression in patients with subacromial impingement: a randomised, controlled study in 90 cases with a one year follow up. Haahr JP, Ostergaard S, Dalsgaard J, Norup K, Frost P, Lausen S, Holm EA, Andersen JH. Department of Occupational Medicine, Herning Hospital, DK7400 Herning, Denmark. [email protected] Ann Rheum Dis. 2005 May;64(5):760-4. Le traitement du conflit sous-acromial fait l’objet habituellement, dans un premier temps, d’un traitement conservateur. En cas d’échec du traitement médical, il est de règle de proposer une solution chirurgicale, mais peu de données documentent l’efficacité potentielle notamment de la décompression sous-acromiale par voie arthroscopique. Les auteurs danois ont décidé d’effectuer une analyse comparative rééducation versus décompression sous-acromiale arthroscopique chez des Reproduit pour l’ÉSO RHUMATOLOGIE / CONDUITE A TENIR DEVANT UNE EPAULE DOULOUREUSE 14 patients ayant une épaule douloureuse simple et dont les symptômes douloureux évoluaient depuis 6 mois à 3 ans. La clinique confortait l’hypothèse d’un conflit sous-acromial. 90 patients ont été inclus et 84 ont achevé la période de une année de suivi (41 dans le groupe chirurgie et 43 dans le groupe rééducation). Le critère principal de l’étude était le score de Constant associé à un score de douleur et de gêne fonctionnelle. Les deux groupes étaient comparables au début de l’étude. Le score de Constant initial était de 34,8 en moyenne dans le groupe rééducation et de 33,7 dans le groupe chirurgie. Dans le groupe rééducation, le score de Constant s’est amélioré passant respectivement après 3, 6 et 12 mois de traitement à 54,8, 55,5 et 57,0. Dans le groupe chirurgie, le score de Constant passe à 49,2, puis 53,8 et 52,7 % à 1 an. L’amélioration moyenne du score de Constant dans le groupe rééducation est de 23,0 (IC 95 % = 16,9-29,1). Cette amélioration moyenne est de 18,8 dans le groupe chirurgie (11,5-26,1). Il n’y a pas de différence significative entre les deux groupes à 1 an. Les auteurs ne retrouvent pas non plus de différence significative concernant les critères secondaires (douleur et gêne fonctionnelle). Il s’agit d’une étude contrôlée, randomisée, ayant évalué de façon comparative l’efficacité potentielle d’un protocole de rééducation versus chirurgie arthroscopique de décompression dans le cadre d’épaules douloureuses par conflit sous-acromial. 90 patients ont été inclus dans cette étude de 1 an. A 1 an, les auteurs ne retrouvent aucune différence significative notamment sur le critère principal : score de Constant qui en moyenne passe de 34,8 à To à 57,0 à 1 an dans le groupe rééducation et de 33,7 à To à 52,7 dans le groupe chirurgie. Date de publication : 05-08-2005 Reproduit pour l’ÉSO RHUMATOLOGIE /