les expositions : lille
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les expositions : lille
1 Le Festival Transphotographiques fête ses dix ans 26 mai - 26 juin 2011 La programmation - NORD[S] À l’occasion du dixième anniversaire des Transphotographiques, le thème choisi par les deux commissaires d’exposition est celui du regard porté sur la région du Nord, au sens le plus large du terme comme le signale le pluriel du titre. Le programme sera consacré à la valorisation de notre territoire, lieu privilégié de la promotion de la photographie, rendue accessible à tous les publics. Un programme d’avantage ancré dans la région – avec notamment la participation de nouveaux lieux –, mais aussi élargi à plusieurs villes de la métropole lilloise et dans les lieux culturels principaux de la ville de Lille. Au-delà du programme d’expositions, cet anniversaire sera l’occasion de fêter un premier cycle de 10 ans de photographie dans notre région, à travers des Transphotographiques exceptionnelles : des soirées rétrospectives, un magazine spécial avec des portraits et interviews de tous ceux qui ont contribué à l’aventure, des rencontres avec les artistes, des stages, des lectures de portfolios … Pendant un mois, le Festival battra son plein, mettra en valeur les artistes et donnera à voir et à réfléchir à un public large, diversifié et fidèle. Et quelques surprises alliant photo, vidéo et musique seront réservées aux visiteurs … « Le programme se construit sur une pluralité de sujets : société, culture, paysage, histoire, patrimoine, traités par des photographes d’origines, de sensibilités et de générations différentes. Sur le modèle des éditions précédentes, la manifestation présente des œuvres photographiques très diverses, tant par leur style que par la période qu’elles concernent. Un éclairage particulier sera porté sur un photographe dont l’œuvre occupe une place majeure dans la photographie contemporaine, celle de l’italien Gabriele Basilico qui, entre autres, a travaillé dans le cadre de la mission de la Datar sur le paysage de la côte, entre Dunkerque et le Tréport. À ses côtés figurent dans le programme des noms tels que Jean-Philippe Charbonnier et Jean Marquis qui ont réalisé des reportages sur la région au cours des années 50, JS Cartier qui a arpenté à partir de 1990 les paysages de la Grande Guerre, Claude Mollard qui porte aujourd’hui un regard très personnel sur la ville de Lille. Des photographes contemporains, parmi lesquels Jürgen Nefzger, Bogdan Konopka, Patrick Tourneboeuf et Jean-Christophe Béchet composent également ce programme, ainsi que des missions sur la région confiées à Marie Amar et aux photographes du quotidien La Voix du Nord qui s’associe à la manifestation. À cela s’ajouteront deux grandes expositions collectives construites sur le thème du Nord et impliquant des photographes de la région. Quant au patrimoine, il n’est pas négligé puisque seront mises en valeur les collections des archives de l’Hospice Comtesse à travers, le fonds Pasquero, et celles de la Bibliothèque municipale de Lille avec des photographies de la Deûle au XIXe siècle. La thématique de cette dixième édition des Transphotographiques est aussi l’occasion pour le public de revisiter des projets de création qui ont été menés dans la région au cours de ces dernières années. Donner la possibilité de revoir certaines expositions dans d’autres lieux est une façon de valoriser les initiatives de qualité qui ont été prises dans le Nord en matière de photographie et ont entre autres associé Florence Chevallier, Jacqueline Salmon et Anne-Marie Filaire. » Commissariat général des expositions : Françoise Paviot et Gabriel Bauret Contact Presse : Gaëlle Vaillant [email protected] TRANSPHOTOGRAPHIQUES 18, rue Frémy - Lille - 03 20 05 29 29 2 SOMMAIRE INTRODUCTION : Programmation à lille Programmation métropole LES EXPOSITIONS LES COMMISSAIRES EN PERIPHERIE DU FESTIVAL 3 LES EXPOSITIONS : LILLE Tri Postal Expositions Individuelles : JS Cartier, Traces de la Grande Guerre Anne Favret et Patrick Manez, B comme Bruxelles Jürgen Nefzger, Spielzeug En collaboration avec le Musée des Beaux-Arts de Dunkerque. Valérie Broquisse, Après En collaboration avec Renting-Art / Eric Lévy. Jean-Christophe Béchet, France Nord Jacqueline Salmon, Sangatte En collaboration avec la Galerie Michèle Chomette. Florence Chevallier, Toucher Terre Patrick Tourneboeuf, Les Stèles, (en partenariat avec l’Historial de la Grande Guerre de Péronne) Marie-Noëlle Boutin, Territoire de Jeunesse Anne-Marie Filaire, Transfrontalières avec la collaboration du Centre régional de la Photographie. Expositions collectives : Dix ans, Dix photographes : les héritiers d’un contexte favorable Jean-Marie Dautel (commissaire d’exposition), Philippe Bazin, Philip Bernard, Franck Bernard, Olivier Despitcht, Rémy Guerrin, Gilles Decavel, Bertrand Gadenne, Gerald Garbez, Jean-Philippe Materne, Hervé Robillard, Antoine Petitprez. Appel à projet : Gabriel Bauret (commissaire d’exposition) Gilles Cruypenynck, Hervé Dorval, Nicolas Fussler, Frédéric Lecloux, Boris Rogez Palais Rameau Ericka Weidmann (commissaire d’exposition), Nord(s) : Regards Croisés 79 photographes Palais des Beaux-Arts Invité d’honneur : Gabriele Basilico, DATAR 1984 - 1985, Rétrospective Claude Mollard, Origènes de Lille et Grafogènes Hospice Comtesse Jean-Philippe Charbonnier, Le Nord Jean Marquis, Voyage au long de la Deûle Pasquero, Un atelier de photographie industrielle à Lille au début du siècle dernier Sélection de photographies du fonds Pasquero. Bibliothèque municipale de Lille, La Deûle, un patrimoine photographique John Bulmer, Le Nord de John Bulmer Galerie New Square Giacomo Brunelli, The Animals galerie la Sécu Vincent J. Stoker et Fabien Swyngedauw Hétérotopia Maison de la photographie Patrick Tourneboeuf, Les Cheminées, Nulle part Alexa Brunet, Journal de Nuit, 2010 Michal Szlaga Une histoire photographique des chantiers navals Maison de l’Architecture et de la Ville Bogdan Konopka, Résonance Véra Cardot et Pierre Joly, Photographies d’Architecture Galerie raison d’art vieille bourse Salle du conclave du palais rihour Fred, sans titre galerie hollevout Photographes de la Voix du Nord, [Émotions !]. Multiples artistes, Badgofoto 4 EXPOSITIONS LILLE MÉTROPOLE et REGION Mouvaux : Grand boulevard Bastien Defives : Des rives littoral Mer du Nord et Manche Mouvaux : Salons de l’ancien hôtel de ville club des cinéastes et photographes amateurs de Mouvaux (CCPAM), Exposition collective La Madeleine : Le Millénaire Damien Peyret : Swim & Steam Roubaix : La Plus Petite Galerie du Monde (ou PRESQUE) La Madeleine : Galerie Rezeda (Commissaires d’exposition : Caroline Robe) Phil Barth, François Daumerie, Patrice Deregnaucourt, K-Poon Dubus, Eric Keller, Alan Marsh, Perlimpinpin, Fabrice Poiteaux, Caroline Robe, Jacques Van Roy, Exposition Collective : Toy’s camera Annabelle Folliet : La mémoire du caméléon # 2 Roubaix : Ankama Restaurant & l’OEIL Photographique Michel Lagarde : Dramagraphies Ronchin : Club de photographie de Ronchin, Nord, terre de contraste Roubaix : Manufacture des Flandres, Musée atelier Anna Solé : Poses et dé-poses Foncquevillers : La Brasserie Villeneuve d’Ascq : École d’Architecture Maxime Brygo : Newland Tourcoing : Galerie Nadar Ronchin : Hall de l’Hôtel de Ville Gérald Deflandre, Les frontaliers Marie Amar, La Brasserie Nicolas Bluche, sans titre Nicolas Kowalski, sans titre Houplin-Ancoisne : Jardin Mosaïc charles delcourt, Tout in haut de ch’terril Daniel Lienard & Bruno Delannoy, Vide-grenier 5 LES EXPOSITIONS 6 LES EXPOSITIONS : LILLE PALAIS DES BEAUX - ARTS Exposition du 26 mai au 26 juin Vernissage de l’exposition le mercredi 25 mai à 19h Entrée rue de Valmy – accès auditorium – Lille Tel. 03 20 06 78 00 Le lundi de 14h à 18h Et du mercredi au dimanche de 10h à 18h Entrée Libre Invité d’honneur : Gabriele Basilico, « DATAR 1984 - 1985 » « RÉTROSPECTIVE » « Rétrospective » 16 tirages noir et blanc et couleurs, encadrés sous-verre, formats de 60 x 80 cm à 100 x 200 cm Collection de l’artiste Le rapport de l’œuvre de Gabriele Basilico avec la région du nord est lié à une mission qui aura profondément marqué la photographie des années quatre-vingt en France. Il s’agit d’une commande de la Délégation à l’aménagement du territoire et à l’action régionale, la Datar, qui, sur une idée de Bernard Latarjet et François Hers, lance en 1984 une campagne photographique sur le territoire français, demandant à quinze photographes de différentes nationalités de dresser chacun à leur manière un inventaire des divers aspects du paysage. À la fin de l’année 1985, un premier état des travaux est présenté au Palais de Tokyo à Paris et donne la mesure de chaque approche. Parmi les quinze photographes invités à collaborer à ce projet figure Gabriele Basilico. Il opère sur les paysages du bord de mer, de la frontière belge au Mont-Saint-Michel et produit, ainsi que l’écrit Bernard Latarjet, « un des résultats les plus exemplaires ». Son travail ne consiste pas seulement à décrire le paysage tel qu’il est, mais à permettre, grâce à la photographie méticuleuse qu’il met en oeuvre, de dresser un état des lieux qui associe la nature au bâti, de comprendre certaines mutations, certains désordres, de détecter de possibles évolutions. Cette mission constitue pour Gabriele Basilico un moment de sa carrière et un repère essentiels : il a cerné une méthode, précisé les enjeux de sa photographie, affirmé un style qui va de pair avec le rythme imposé par l’usage de chambre. En France, Gabriele Basilico est l’un des photographes italiens les plus réputés, son travail sur l’architecture et le paysage fait autorité. Il semblait donc logique dans le cadre d’une édition des Transphotographiques consacrée au nord de revisiter ces paysages tels qu’il les avait arpentés au cours des années quatre-vingt, mais sans toutefois se limiter géographiquement. Il y a, dans le cheminement du photographe sur le bord de mer, une évidente continuité qu’il est difficile de rompre. S’arrêter par exemple au Tréport, sous prétexte que l’on quitterait le nord de la France, n’aurait guère de sens, d’autant plus que les lumières et les architectures ne changent pas fondamentalement. Quant au regard du photographe, il ne diffère pas non plus, entre le début et la fin de sa mission. Il fallait donc présenter une restitution de l’ensemble de cette mission. Dans le même esprit, et en référence aux différents projets qui composent l’œuvre de Gabriele Basilico, un peu comme on réserve une place à la biographie d’un artiste dans l’espace d’un ouvrage ou d’une exposition, il semblait intéressant de contextualiser ce travail pour la Datar et de porter un éclairage sur ce qui allait suivre cette mission. L’autre volet de l’exposition permet ainsi de mieux cerner une vision du paysage urbain à travers des travaux sur quelques métropoles européennes, entre autres Lille, qu’il photographie en 1995, ainsi qu’une œuvre de jeunesse : les « portraits d’usines » de Milan, antérieurs à la Datar. Gabriele Basilico a toujours associé à son travail des ouvrages d’édition. Même si ses expositions sont très visitées, même si ses tirages sont entrés dans de nombreuses collections en Europe, le livre demeure l’une des traces les plus durables et reste accessible une fois les œuvres décrochées du mur. Gabriele Basilico a presque toujours publié un livre à l’occasion de chacune de ses missions importantes et collaboré avec des éditeurs européens de très grande qualité. La quantité de publications est telle que l’idée lui est venue récemment de concevoir une exposition dont la matière était uniquement constituée de ses différentes monographies publiées depuis 1978. Il fallait rappeler cette réalité du travail de Gabriele Basilico et montrer en regard de chaque pièce de la rétrospective un ouvrage auquel elle se réfère. Gabriel Bauret Rencontre avec Gabriele Basilico, accompagnée d’une projection, Vendredi 10 juin,17h00, la Maison de la Photographie 7 LES EXPOSITIONS : LILLE PALAIS DES BEAUX - ARTS Exposition du 26 mai au 26 juin Vernissage de l’exposition le mercredi 25 mai à 19h Entrée rue de Valmy – accès auditorium – Lille Tel. 03 20 06 78 00 Du mercredi au dimanche de 10h à 19h Entrée Libre Claude Mollard, Origènes de Lille et Grafogènes « Origènes » et « Graphogènes », ces termes exigent quelques explications quant à la réalité de la pratique photographique à laquelle ils renvoient. Avant d’être photographe, Claude Mollard est homme de culture ; il est curieux et voyageur, les deux vont ensemble. Le travail qu’il mène depuis plusieurs années et réuni sous le titre « Origènes » est étroitement lié à ces qualités. Quant à sa photographie proprement dite, elle se conjugue avec un sens aigu de l’observation : c’est dans la réalité matérielle, par différence avec une réalité humaine qui concerne un tout autre domaine de la photographie, qu’il cherche son sujet. Un sujet qui n’existe pas en soi : c’est le cadrage et la composition qui le révèle et le met en valeur. Claude Mollard explore les paysages de la nature, parcourt les villes, les sites historiques avec l’idée de repérer ce qui va faire sens dans la matière, qu’elle soit minérale ou végétale. À propos du travail sur Lille qu’il présente aujourd’hui, il écrit : « J’ai longuement erré dans les rues de la vieille ville, j’ai frôlé ses murs, j’ai raclé ses chaussées, j’ai photographié avec mes souliers! ». Explorant méthodiquement les formes des arbres, les reliefs des pierres, le sol des rues, les détails d’un bâti, voire d’une œuvre d’art, il s’en approche au plus près et c’est également dans ce geste qui consiste à changer la dimension de la réalité que se révèle la figure anthropomorphique. Laissons parler le photographe : « La captation des Origènes a d’abord été une manière d’exercice du regard, une forme d’art de la perception ». Mais il ne s’agit pas seulement de cerner dans la matière un visage, parfois très expressif - le photographie grossissant ici certains traits, à la manière de la caricature -, Claude Mollard établit aussi des liens entre l’image qu’il réalise et le contexte, le territoire partiuclier dans lequel il opère. Dans le mot « Origènes », il y a à la fois l’idée d’origine et celle de la transmission. L’image est en quelque sorte une pièce d’une enquête sur une identité culturelle, historique. On ne citera qu’un exemple parmi d’autres : « Les briques de Lille ont des regards noirs. Regards noirs de peur, noirs de fatigue, noirs d’ivresse, noirs de colère, noirs des combats du rouge et du noir. L’Origène de brique rouge et noir : Origène révolutionnaire des combats ouvriers. » L’exposition est complétée ici par une série qui s’inscrit dans le prolongement des « Origènes », à la différence que celle-ci porte sur ce qui est déjà en soi une représentation, une écriture visuelle : Claude Mollard cadre ces compositions issues d’un mode d’expression très contemporain - le tag qui envahit aujourd’hui le paysage urbain - et crée ainsi les conditions d’une rencontre avec une figure humaine d’un autre type. Avec les « Origènes », Claude Mollard nous parle des profondeurs, avec ces « Graphogènes », il interroge la surface du monde actuel. Mais il nous remet aussi en mémoire les photographies de Brassaï et réactualise les travaux que celui-ci avait réalisés sur les graffitis. « Un art de la révélation sous une autre forme, un art de l’ouverture, un art qui renforce la communication, voulue et refusée, du fait de son caractère marginal et réservé, par le seul graffiti » écrit Claude Mollard. Si cet ensemble qu’il nous présente aujourd’hui au Musée des Beaux-arts est en phase avec le thème des Nord(s) de cette nouvelle édition des Transphotographiques, il entre également en résonance avec différentes pratiques artistiques telles que l’art brut initié par Jean Dubuffet. Gabriel Bauret 8 LES EXPOSITIONS : LILLE TRI POSTAL Exposition du 28 mai au 26 juin Vernissage le samedi 28 mai à 17h00 Avenue Willy Brandt – Lille Tel. 03 20 14 47 60 Du mercredi au dimanche de 10h à 19h Entrée Libre JS Cartier, Traces de la Grande Guerre Expositions Personnelles Guerre si lointaine et si proche à la fois ... Qui, pour les jeunes d’aujourd’hui, prend place dans la nuit des temps. En 1914, on écoutait des disques, il y avait déjà des téléphones, des avions, des courses automobiles, des cinémas et à Paris, on prenait le métro. En Allemagne une ligne aérienne reliait les grandes villes, par dirigeables. Quand le conflit éclate, la Belgique et le Nord de la France sont parmi les premières régions envahies. Tout au cours de la“guerre des tranchées“ de la fin 1914 au printemps 1918, les zones les plus “chaudes“, celles où eurent lieu les combats les plus meurtriers sont le Nord, le Pas-de-Calais, la Flandre belge et Verdun. Il y a encore denombreux vestiges, souvent laissés en l’état. A Pérenchies, dans le Nord, des bunkers marqués “1915“ occupent encore les rues ; les faire sauter aurait détruit les maisons alentour. A Aubers, il existait encore 95 abris allemands en 1995. Seules les colonnes d’une église ont survécu à Méricourt, dans le Pas-de-Calais. A “Hill 60“ (cote 60) à Zillebeke en Belgique les combats furent si acharnés que la terre reste une “carte en relief de souffrances oubliées“ (Robert Cowley). De nombreux soldats gravèrent leur nom sur des murs d’église, pour s’assurer de la postérité et d’un salut éternel, ayant eux-mêmes de fortes chances de disparaître. Le projet “Front Ouest“ a débuté dès 1984 et s’est poursuivi au cours de dix années. Le but était de créer une sorte de “monument photographique“, démontrant par les vestiges encore visibles sur les champs de bataille, que cette guerre qui a pris une dimension mythique avait été bien réelle puisqu’il y a encore des “pièces à conviction“ pour le prouver. L’auteur-photographe, de formation plasticienne, a voulu créer des “œuvres d’art“ ayant en même temps une valeur documentaire, dans la tradition des photographes américains des années 1860 célébrant le Grand Ouest, de l’Anglais Francis Frith en Egypte et en France celles d’Eugène Atget, des frères Seeberger et des frères Bisson parmi bien d’autres. Ce projet a notamment reçu le soutien financier des Conseils généraux du Nord et du Pas-de-Calais, de la Leverhulme Foundation (Londres) ainsi que les conseils des Archives départementales du Pas-de-Calais. 9 LES EXPOSITIONS : LILLE TRI POSTAL Exposition du 28 mai au 26 juin Vernissage le samedi 28 mai à 17h00 Avenue Willy Brandt – Lille Tel. 03 20 14 47 60 Du mercredi au dimanche de 10h à 19h Entrée Libre Anne Favret et Patrick Manez, B comme Bruxelles «Ces images s’inscrivent dans un travail au long cours, «Europe - le plan B», que nous menons sur les villes européennes dont le nom commence par la lettre B. Une contrainte qui inscrit dans notre démarche une part d’arbitraire qui va dans le sens de la neutralité à laquelle nous aspirons. Cette série sur Bruxelles constitue l’un des chapitres de cet ensemble le plus vaste où les villes sont vues à travers un prisme chaque fois différent. Ce qui nous intéresse c’est d’envisager la ville exclusivement à partir de l’espace public, non d’un point de vue extérieur mais en tant qu’usager. Retrouver à travers ces images l’intimité que soit disant les grandes villes ne permettent plus. Le choix d’un éclairage «entre chien et loup» a été fait à priori. C’est pour nous la lumière qui joue le rôle principal de ces photographies. Ce moment de basculement entre le jour et la nuit permet de dégager de la complexité urbaine ces petites échoppes sans que toutefois elles n’occupent une surface trop importante dans l’image. Nous tenions à prendre une distance suffisante pour «faire paysage», rendre visible l’organisation des différents éléments et offrir un espace au sein duquel on puisse circuler. Cependant le sujet principal reste dominant car c’est finalement lui qui éclaire la scène.» Anne Favret et Patrick Manez «Parce qu’ils s’arrêtent devant ce que l’on croise sans un regard, qu’ils se penchent sur une situation triviale dont on se détourne, parce qu’enfin ils renoncent à toute hiérarchie dans l’ordre des informations que nous classons sans cesse par ordre de priorité dans notre esprit, Anne Favret et Patrick Manez nous font prendre conscience de ce qui nous entoure. Il n’y a plus alors de « sujet », car nous ne sommes ni devant un reportage et encore moins un tableau classique. Nous sommes face à la construction d’un réel sculpté par le regard.» Michel Poivert 10 LES EXPOSITIONS : LILLE TRI POSTAL Exposition du 28 mai au 26 juin Vernissage le samedi 28 mai à 17h00 Avenue Willy Brandt Lille Tel. 03 20 14 47 60 Du mercredi au dimanche de 10h à 19h Entrée Libre Jürgen Nefzger Spielzeug, en collaboration avec le Musée des Beaux-Arts de Dunkerque. C’est au cours d’une commande passée par le Musée des Beaux-Arts de Dunkerque que Jürgen Nefzger a eu l’occasion de rencontrer un personnage marginal, vivant dans la banlieue dans un espace précaire où il rassemble une multitude d’objets hétéroclites, un peu à la façon d’une collection d’art brut. Intéressé par les jouets, des portants à roulettes pour enfants de deux à quatre ans entassés en plein air et ayant subis diverses intempéries, il les a empruntés pour les photographier en studio dans une approche toute documentaire. Pour conforter son point de vue, il a ensuite rassemblé ces images, quinze au total, dans une grille qui en approfondit la lecture et apporte aussi la pointe d’ironie qu’il affectionne souvent. Cette allégorie du progrès, le progrès réduit à sa vérité profonde, justifie pleinement le rôle de la photographie. Sur ces jouets, joyeux ou tragiques, les lichens ont le temps de pousser comme un memento mori d’aujourd’hui. Très poignants dans leur dépouillement, ils sont d’autant plus efficace qu’il s’agit d’enfants. Ils sont cependant préservés de tout pathos par la rigueur esthétique du traitement alliée au côté guilleret des couleurs que le gris du temps qui a passé fait ressortir et par les signes d’une généreuse ré-assimilation naturelle. Pour paraphraser Cézanne, on pourrait dire : faire du jouet en plastique quelque chose de solide comme l’art des musées. 11 LES EXPOSITIONS : LILLE TRI POSTAL Exposition du 28 mai au 26 juin Vernissage le samedi 28 mai à 17h00 Avenue Willy Brandt Lille Tel. 03 20 14 47 60 Du mercredi au dimanche de 10h à 19h Entrée Libre Valérie Broquisse, Après En collaboration avec Renting-Art / Eric Lévy. De septembre à décembre 2010, j’ai remonté la côte, de Cabourg à la frontière belge -6.000 km d’allers retours de Paris-, méthodiquement, plage après plage, station balnéaire après station balnéaire, pour y saisir le vide qui suit la marée estivale. Un travail sur l’absence et le passage du temps. 12 LES EXPOSITIONS : LILLE TRI POSTAL Exposition du 28 mai au 26 juin Vernissage le samedi 28 mai à 17h00 Avenue Willy Brandt – Lille Tel. 03 20 14 47 60 Du mercredi au dimanche de 10h à 19h Entrée Libre Il y a quelques années, une radio avait interrogé ses auditeurs en leur demandant: « D’après vous où commence le Nord ? « La plupart des Marseillais rejoignaient les Avignonnais pour situer le Nord au-delà de Montélimar. Bien évidemment à Montélimar, Lyon et même Dijon, personne ne pensait vivre au Nord. Non, le Nord, c’est plus haut, vers Paris ! Jean-Christophe Béchet, France Nord Je suis né à Marseille. Quand je suis venu vivre à Paris, je croyais m’installer dans le Nord. Or, à ma grande surprise, aucun Parisien ne pense vivre au Nord. Là encore, le Nord c’est plus loin, plus haut. Pourtant sur la carte Michelin 918, Paris mais aussi Bourges, Nantes, Brest, Caen, Dijon, Strasbourg ou Metz sont bien dans le Nord de la France. Alors qui croire ? En 2007, j’ai loué une voiture et je suis parti à la recherche du Nord, dans un road movie géographique, en suivant la carte Michelin nommée France Nord. En Alsace et Lorraine, on m’a dit être à l’Est. A Nice, on est au Sud-Est, mais à Strasbourg, on n’est pas au Nord Est. Dont acte. A Brest ou Rennes, on habite à l’Ouest, pas au Nord-Ouest. Et pourtant les villes de Biarritz ou Bordeaux sont, elles, bien au Sud-Ouest. Il est vrai que les Côtes du Nord sont devenus les Côtes d’Armor... Même réaction à Cherbourg ou Dieppe : nous sommes en Normandie et pas dans le Nord. Pourtant, cette fois, plus haut, plus loin c’est... l’Angleterre ! Bref, si le Sud couvre une vingtaine de départements, le Nord lui se résumerait à un seul ? Etrange conception de la géographie nationale, non ? A l’évidence, en France le mot « Nord » est perçu comme négatif. Même en Corse, l’île est divisée entre la Corse du Sud et... la Haute Corse ! La Corse du Nord n’existe donc pas... Ce rejet du Nord me semble être une particularité française. En Italie, la Ligue du Nord revendique la supériorité des « Nordistes » et le tiers-monde est aussi souvent assimilé aux « Pays du Sud » quand les riches pays industrialisés sont nommés les « Pays du Nord »... J’ai fini par comprendre qu’en France on avait donné le nom de « Nord » à un département pour permettre à tous les autres de pas être au Nord ! J’ai donc eu envie d’aller scruter photographiquement, « boîtier au poing », cette réalité française qu’est le déni du Nord. Moi qui suis du Sud, je me suis mis à aimer les lumières grises du Nord, ses plaines, ses rivages tristes et ses marées, sa brique rouge, ses carnavals, ses châteaux d’eau, ses baraques à frites... Parcourant « ma » France du Nord, j’ai parfois eu le sentiment d’être dans un autre pays. Certains m’ont dit, après coup, que mes photos du Nord ressemblaient aux images que je fais aux Etats Unis. Ce n’est pas faux. Mais ce fut inconscient. J’ai fui le folklore ch’ti, même s’il m’a parfois rattrapé. J’ai aussi évité le piège du climat, refusant d’associer le Nord avec le froid, la pluie ou la neige. J’ai au contraire rencontré de magnifiques lumières et des ciels d’un bleu limpide qui me rappelait les jours de mistral à Marseille... Au final, « mon » Nord déborde largement du seul département 59, et même de la région Nord-Pas de Calais. Mon Nord commence à la sortie de Paris pour s’étendre à l’Est jusqu’à Thionville et s’achever à l’Ouest vers Cherbourg. Dans ce territoire personnel, j’ai saisi quelques empreintes de cette sensation du Nord. Pour rendre la matière de cet espace imaginaire, j’ai mêlé différents formats et plusieurs matières photographiques (Polaroid et diapositives). Afin de ne rien affirmer mais de laisser ma proposition géographique ouverte... Car, la photographie doit toujours contester les réalités « administratives » pour faire émerger des territoires intimes... JCB 2011. 13 LES EXPOSITIONS : LILLE TRI POSTAL Exposition du 28 mai au 26 juin Vernissage le samedi 28 mai à 17h00 Avenue Willy Brandt Lille Tel. 03 20 14 47 60 Du mercredi au dimanche de 10h à 19h Entrée Libre Jacqueline Salmon, Sangatte En collaboration avec la Galerie Michèle Chomette. Choisir de traiter un sujet comme celui du Hangar de Sangatte, c'est assembler dans un projet, mon souci d'historienne, mon désir d'artiste et mon émotion de citoyenne. C'est à Paul Virilio, avec qui je venais de réaliser le livre "Chambres précaires " sur les lieux du SAMU social à Paris, que je dois l'énergie qu'il a fallu pour me lancer dans ce travail, et à l'Université d'Arras associées à la Maison des arts de Sallaumines l'intérêt immédiat qui a rendu possible une première exposition. La Croix rouge française en la personne de Michel Derr directeur du centre de Sangatte, m'a accueillie chaleureusement; le sujet n'était pas encore à la une de l’actualité. Paul Virilio disait que l'on était au début d'un phénomène qui caractériserait le 21ème siècle et qui était celui d'une grande vague de migration des pays pauvres vers les pays riches ; et moi, je pensais en imaginant le hangar : à quoi cela ressemble-t-il ? Qu’a mis en œuvre la société ou je vis face à un tel problème ? Car je suis bien de cette époque et de ce monde-là, en parti responsable, et si je ne suis pas aujourd'hui contrainte à l’exil, ce n'est que par une succession de hasard. Jacqueline Salmon, 2001 14 LES EXPOSITIONS : LILLE TRI POSTAL Exposition du 28 mai au 26 juin Vernissage le samedi 28 mai à 17h00 Avenue Willy Brandt – Lille Tel. 03 20 14 47 60 Du mercredi au dimanche de 10h à 19h Entrée Libre Florence Chevallier, Toucher Terre Le paysage s’ouvre à moi dans toute sa variété, ses transformations, ses multiples facettes. Les maisons posées sur le sol offrent au voyageur que je suis l’éclat pimpant de leurs façades colorées, de leurs jardins entretenus. Villes, villages, campagnes se présentent joliment à moi avec la netteté inévitable des choses vues pour la première fois. Car si j’ai longtemps voyagé, la mélancolie m’aveuglait et les lieux, les êtres rencontrés, et les situations traversées, apparaissaient sous le voile de l’illusion et de l’inquiétude. Voici enfin des objets et des gens aux contours distincts, des lieux bien ancrés, identifiés par leur couleur, leur ligne, leur construction dans une présence claire. Le monde est bâti : c’est du solide. Un père et son fils construisent leur maison qui s’ouvre sur un paysage agricole et au loin l’architecture monumentale de la minoterie, un homme se penche vers sa récolte avec tendresse, des lycéens vont par deux à l’âge des amitiés en miroir, un vieil homme nettoie les fenêtres de sa maison et regarde la rue qui s’anime. Une belle jeune femme habillée avec style regarde sur le côté ce qui arrive vers elle depuis la route. Que l’on voit les choses de près ou de loin- la chair ondulante d’un champ de blé – la lisière de la ville ou des jardins maraîchers - le monde se dessine avec la même simplicité, la même évidence, comme « rafraîchie », lavée dans la conscience de celui qui le regarde et de celle qui le donne à voir. Florence Chevallier 2010. 15 LES EXPOSITIONS : LILLE TRI POSTAL Exposition du 28 mai au 26 juin Vernissage le samedi 28 mai à 17h00 Avenue Willy Brandt – Lille Tel. 03 20 14 47 60 Du mercredi au dimanche de 10h à 19h Entrée Libre Patrick Tourneboeuf, Les Stèles En partenariat avec l’Historial de la Grande Guerre de Peronne. À l’aube du centenaire de la déclaration de la première guerre mondiale (2014), que reste-il comme symbole de cette période douloureuse et sensible? Les monuments aux morts, lieux de mémoire en devenir. Dans chaque commune, une trace du conflit est préservée en l‘honneur des disparus de la Grande Guerre : les Monuments aux morts sont devenus des stèles au cœur même de la cité. Ces premières traces de commémoration témoignent de cette histoire reliant l’intime à l’universel. Elles préservent de l’oubli. Commandées à des artistes, ces sculptures ont été dressées là, telles de hautes stèles élevées contre le temps. Aujourd‘hui, ces sculptures ou statues témoignent d‘un passé, en célèbrent le souvenir, le statut social et politique de la commune. Elles seront parmi les seuls et derniers signes de mémoire de ces hommes, de notre Histoire ... 16 LES EXPOSITIONS : LILLE TRI POSTAL Exposition du 28 mai au 26 juin Vernissage le samedi 28 mai à 17h00 Avenue Willy Brandt – Lille Tel. 03 20 14 47 60 Du mercredi au dimanche de 10h à 19h Entrée Libre Marie-Noëlle Boutin, Territoire de Jeunesse « Territoire de jeunesse » est un travail photographique sur la représentation des jeunes dans l’espace urbain. Pendant un mois, je suis allée à la rencontre de jeunes et d’adolescents à Grande-Synthe. J’ai observé leurs déplacements dans la ville, je me suis intéressée à la manière dont ils investissent des lieux de vie dans l’espace public, j’ai regardé les attitudes qu’ils adoptent lorsqu’ils se retrouvent en groupe. Au travers leurs déambulations dans la ville, les jeunes s’inventent leur propre territoire à l’écart du regard des adultes. Ce territoire est celui aussi de leur jeunesse, un territoire aux contours flous et incertains que représente la période de l’adolescence. Leurs gestes, leurs postures, de même que leurs codes vestimentaires ou les accessoires qu’ils utilisent comme le baladeur MP3 ou le téléphone portable, sont autant de traits qui caractérisent leur jeunesse et leur lieu de vie. MN Boutin. Le projet « Territoire de jeunesse » a été réalisé en janvier 2009 dans le cadre d’une résidence d’artiste mise en œuvre par l’école d’arts plastiques Constant Permeke avec le soutien du service culturel de la Ville de Grande-Synthe. 17 LES EXPOSITIONS : LILLE TRI POSTAL Exposition du 28 mai au 26 juin Vernissage le samedi 28 mai à 17h00 Avenue Willy Brandt – Lille Tel. 03 20 14 47 60 Du mercredi au dimanche de 10h à 19h Entrée Libre Anne-Marie Filaire, Transfrontalières Avec la collaboration du Centre régional de la Photographie. Comment parler de cette frontière, de cette expérience, de ce parcours entre le Nord Pas-de-Calais et la Belgique? L’envie d’explorer cette région, de me placer dans l’espace de cette frontière qui n’existe plus, qui n’est plus matérialisée, qui est ouverte ; là où aucune trace évidente n’existe pour nous dire : ici c’est la frontière. De fait cette frontière est partout. Je l’ai cherché car c’était le but de mon travail, le lieu où je me situe pour réfléchir et tenter d’exprimer une relation au paysage. Parcourir cette frontière c’est s’y perdre, s’y découvrir. Je me suis retrouvée dans un no man’s land. Anne-Marie Filaire Commande « Photographie et Territoire » 2008, du Centre Régional de la Photographie Nord Pas-de-Calais. 18 LES EXPOSITIONS : LILLE TRI POSTAL Exposition du 28 mai au 26 juin Vernissage le samedi 28 mai à 17h00 Avenue Willy Brandt – Lille Tel. 03 20 14 47 60 Du mercredi au dimanche de 10h à 19h Entrée Libre Association Fetart François-Xavier Gbré, «Tracks» Laure Geerts, «Out of Wallonia» Yann Mirada, «Racines» Charles Paulicevich, «Bruxelles Capitales» Thomas Vanden Driessche, «Welcome to Fight Club» Sébastien Van Malleghem, «Police» Hélène Jayet, Projection #2 «Nous sommes (d’)ici» Cap au Nord ! Mais pas n’importe lequel : celui de la France et de sa voisine, la Belgique. Pour sa première participation aux Transphotographiques, Fetart est heureux de mettre en avant de jeunes photographes issus de ces régions, qui nous proposent leurs visions du Nord(s). Ainsi, du ressenti de Yann Mirada sur le Lille de son enfance et de son adolescence au quotidien de la police belge capturé par Sébastien Van Malleghem, plusieurs écritures photographiques émergent, du journal intime au reportage brut. Chez Laure Geerts, les images sont si parlantes qu’on entend presque la fanfare du Cramignon, cette fête estivale et typiquement wallonne des environs de Liège, tandis que chez François-Xavier Gbré, l’usine Unilever d’Haubourdin est ressuscitée le temps d’une série de clichés. Le photographe a su saisir les derniers instants de ce symbole lillois : l’usine a été rasée quelques semaines après son passage. Devant le kaléidoscope bruxellois de Charles Paulicevich et les adeptes du Fight Club de Thomas Vanden Driessche, on ressent la même énergie contenue, la force mais aussi une certaine la douceur. Et des moments de poésie pure, comme dans la Petite Œuvre Multimedia (POM) d’Hélène Jayet. Débarquant en terre inconnue, en Somme, la photographe l’a parcourue, humée, écoutée. Elle a tendu son micro et offert son appareil photo. La somme de ses rencontres donne une œuvre vraie et tendre. Nous voilà à la croisée de ces différents souffles du Nord. Rafraîchissant. Projection #1 Cap au Nord, six photographes Projection #2 «Nous sommes (d’)ici» d’Hélène Jayet Texte-film (28’) Portraits d’habitants de la Somme. Avril-août 2010. Commande du Conseil Général de la Somme en collaboration avec les photographes Mikael Troiveaux, Bertrand Meunier, le collectif La Forge et l’atelier de graphistes Nous Travaillons Ensemble. Fetart Association loi 1901 reconnue d’intérêt général, Fetart a pour objectif de faire la promotion des photographes émergents en leur donnant une première occasion d’exposer leur travail. Véritable tremplin pour lancer la carrière des photographes, l’association a permis de révéler de nombreux talents et de leur fournir un premier ancrage dans le marché de l’art. La plupart de ces photographes sont aujourd’hui exposés dans des galeries, suivis par des agents ou présents dans des foires internationales. Depuis sa création en 2005, l’équipe de Fetart, qui regroupe une dizaine de passionnés de photographie, tous bénévoles, a organisé plus de 40 expositions et présenté une centaine d’artistes français mais aussi européens. Le succès rencontré par ces événements a permis de montrer à un large public, la vitalité de la scène photographique contemporaine. Le nombre de visiteurs présents lors des manifestations et la venue de nombreux professionnels (galeristes, agents d’artistes...) témoignent de la réussite de cette démarche. Au fil des ans, Fetart a noué avec des collectifs, des organisateurs de festivals, des galeries, des revues et des écoles de photographies, un véritable réseau de contacts afin de créer une véritable dynamique autour de la photographie européenne. La volonté d’ouverture de l’association sur l’Europe s’est traduite par la création en 2009 des « Entrevues », un regard croisé entre deux photographes européens visible sur le site internet de Fetart (www.fetart.org) et en 2011 par l’organisation, à Paris, de la première édition de Circulation(s), premier festival de la jeune photographie européenne. Dans le prolongement de l’action de l’association pour faire émerger les talents de demain, le festival Circulation(s) a proposé un regard croisé sur l’Europe en réunissant 42 photographes européens. 19 LES EXPOSITIONS : LILLE TRI POSTAL Exposition du 28 mai au 26 juin Vernissage le samedi 28 mai à 17h00 Avenue Willy Brandt – Lille Tel. 03 20 14 47 60 Du mercredi au dimanche de 10h à 19h Entrée Libre Exposition Collectives : Dix ans, dix photographes : Hervé Robillard, Olivier Despitcht, Philip Bernard, Franck Bernard, Philippe Bazin, Gilles Decavel, Rémy Guerrin, Jean Philippe Materne, Gerald Garbez, Antoine Petitprez les héritiers d’un contexte favorable, Jean-Marie Dautel (commissaire d’exposition) Dans la région Nord-Pas-de-Calais, la photographie n’est ni le fruit d’une génération spontanée ni une causalité hasardeuse. Elle est, dès le début, une résultante de multiples conjonctures et interrogations, elle est le produit génétique de concordances, de rencontres, de curiosités mais également d’opportunités géographiques. Peu de temps après l’annonce, par Arago, de la naissance du daguerréotype – Août 1839 -, ce procédé est déjà livré à la curiosité des lillois, point de naissance de sociétés regroupant des « amateurs » éclairés qui vont, très vite, du moins pour certains, opter pour une voie commerciale de ce nouveau médium. La proximité, tant de Paris que de Bruxelles, va créer une émulation créatrice – ne parlons pas encore de recherches artistiques – et ce dès le milieu du XIXème siècle. Il n’est pas anodin que la première société du Nord – une des toutes premières de France - voit le jour à Boulognesur-Mer, lieu d’ouverture, de transit et d’importation direct depuis les îles britanniques – pays réel de naissance de la photographie telle que nous la connaissons encore aujourd’hui -. Il n’est pas anodin, non plus, que ce soit précisément un lillois – Blanquart-Evrad – qui optimise, perfectionne et divulgue le procédé de Fox Talbot. Avec fortune, et malgré les aléas historiques belliqueux que connut la région durant les deux conflits mondiaux du XXème siècle, le Nord a su conserver une constante productive et artistique, qui, de l’épiphénomène du début s’ancrera dans une constante de création, sachant ainsi, de génération en génération, poser durablement les bases d’une « école » régionale. La proximité du courant pictorialiste belge a, sans nul doute, été déterminant pour la vision esthétisante des photographes régionaux ; il n’est qu’à regarder le travail d’un Pierre Dubreuil (1872 – 1944), lillois d’origine, que l’on peut aisément, de par la thématique et la technique, mettre en relation avec ceux de Philip Bernard ou de Rémy Guerrin. Si on ne peut parler de ligne esthétique récurrente, chaque photographe suit sa propre voie, poursuit ses démarches et projets, on peut cependant en dégager deux traits communs : une vision plasticienne maîtrisée – savamment apprise dans les écoles des beaux-arts qui maillent notre eurorégion (Valenciennes, Tourcoing, Dunkerque, Tournai...)- et un regard posé sur le territoire en tant que géographie, certes, mais également vivant, social, sociétal et habité. Notre choix propose d’explorer tous ces aspects sans omettre certaines thématiques comme la nature-morte, notre propos est de mettre en évidence un territoire d’image – dans son acceptation artistique - tout à la fois réel et irréel. Notre choix se porte, bien évidemment, sur des photographes dont le quotidien est la relation privilégiée avec la région (naissance, vie, travail, regard). Jean-Marie Dautel, Attaché de Conservation. 20 LES EXPOSITIONS : LILLE TRI POSTAL Exposition du 28 mai au 26 juin Vernissage le samedi 28 mai à 17h00 Avenue Willy Brandt – Lille Tel. 03 20 14 47 60 Du mercredi au dimanche de 10h à 19h Entrée Libre Gilles Cruypenynck, Travelling Escaut : De la source à la mer Un projet de Gilles Cruypenynck, raconté par France Billand (écrivain, sémiologue). Ça fait longtemps qu’il avait envie de rendre hommage à l’Escaut, le fleuve des industriels, des industrieux et des poètes. Quand j’ai fait sa connaissance, il y a vingt-cinq ans, sur une prise de vue publicitaire, il m’a parlé du poème d’Henri Michaux. Cet automne, je lui parlai de celui de Franck Venaille. Et voilà, à son tour, il s’est mis à descendre l’Escaut. Mais je ne crois pas que ce soit l’Escaut des poètes qui l’émeuve le plus. Je dirais que c’est le fleuve des industrieux — quand on n’a pas à dire ce qu’on vit, juste à continuer. Les industrieux ne possèdent souvent que le paysage où ils travaillent : l’Escaut des jours ouvrés et des jours désœuvrés, l’Escaut des usines, des pique-niques d’été, des guerres perdues et des kermesses gagnantes. Demain dure longtemps, de drapiers anversois en usines désaffectées. Le blé et le lin continuent de pousser. Gilles Cruypenynck photographie cette chair de l’Escaut, la chair de tous les industrieux qui halent leurs vies le long de ses rives, les yeux de temps à autre allumés par le ciel. Au bout du bout, un container, des grues, l’Europe mélancolique en son grand port. Photos vides de gens : ne pas le croire. Le photographe a bien tiré le portrait des industrieux. Chaque paysage est l’un d’eux qui file son chemin, qui part au boulot, qui rentre au chaud, qui rentre au froid. Chaque paysage est en chemin. Vers la supérette, le bistrot, l’école, le chantier, les docks. Et c’est l’hiver. Avec un ciel qui ne se lève pas. Un autre qui bat la campagne. Un grand bleu qui carillonne le soir. On se gèle un peu. Froid mouillé ou vent. Photos vides d’action : ne pas le croire. Chaque paysage est au travail. Les lumières racontent tout : le diesel d’une péniche au loin, la vie comme elle va. Les jours où le ciel plombe l’Escaut, et les jours inverses où l’Escaut s’évapore au ciel. Les matins où il n’y a qu’à attendre que ça passe et les soirs glorieux qui donnent envie de larguer les amarres. Gilles dit que son approche photographique est «bicéphale». Visage de l’Escaut en ciel, visage de L’Escaut en terre. Et visages qui se dédoublent, route en ciel, ciel contre terre… Contre, dedans, avec. Il dit aussi que ce n’est ni un documentaire ni de la poésie. Un entre-deux intuitif, un vieux rêve à lui. Moi, je dis que c’est l’Escaut, corps et âmes. La série a été réalisée, au cours d’une douzaine de visites rendues au fleuve, entre novembre 2010 et janvier 2011, avec une préparation documentaire préalable au hasard. C’est une création qui n’a encore jamais été exposée. Même si aucun tirage n’a encore pu, à l’heure actuelle, être réalisé, – les pixels ne sont pas encore secs ! – les premiers essais de tirage se feront dans des dimensions variant entre 40 x 60 et 80 x 120 cm. La présentation suivra l’ordre géographique. 21 LES EXPOSITIONS : LILLE TRI POSTAL Exposition du 28 mai au 26 juin Vernissage le samedi 28 mai à 17h00 Avenue Willy Brandt – Lille Tel. 03 20 14 47 60 Du mercredi au dimanche de 10h à 19h Entrée Libre Hervé Dorval, Les mutations du paysage L’architecture est le reflet et l’héritage d’une société, d’une culture, d’une civilisation. Une trace d’un passé plus ou moins lointain dont l’état de conservation, de délabrement ou même parfois la disparition programmée permet de mesurer l’intérêt d’une génération pour celles qui l’ont précédée et celles qui lui succèderont. Mes photographies sont une mise en lumière d’un patrimoine voué à l’oubli et à la destruction ou, une manière de restituer dans son contexte originel un site défiguré par une rénovation trop moderne ou aseptisé par une destination utilitaire ou touristique.. Le noir et blanc, qui donne à l’image un caractère intemporel, se prête bien à cette intention. D’autant que je m’attache à ce que mes images soient vides de toute présence humaine, véhicules, panneaux ou publicités. En privant le spectateur de ces repères temporels qui marquent son quotidien, je l’invite à entrer dans une dimension plus sensuelle, à imaginer l’histoire des lieux et bâtiments photographiés, à ressentir l’empreinte de toutes celles et ceux qui, par le passé, les ont construits, habités, utilisés ou fréquentés. Opposée au courant conceptuel, plus émotionnelle et sensuelle qu’intellectuelle, ma photographie, issue d’une rencontre hasardeuse avec une lumière, une ambiance, oscille entre réalité et illusion. Très attaché à ma région natale, le Nord-Pas-de-Calais constitue mon thème de prédilection. 22 LES EXPOSITIONS : LILLE TRI POSTAL Exposition du 28 mai au 26 juin Vernissage le samedi 28 mai à 17h00 Avenue Willy Brandt – Lille Tel. 03 20 14 47 60 Du mercredi au dimanche de 10h à 19h Entrée Libre Frédéric Lecloux, Brumes à venir À la recherche de la Belgique Belge expatrié en France depuis 2001, il est temps pour moi d’examiner la question de savoir ce que cela veut dire. C’est une question double : une histoire d’identité d’abord : quel est ce pays que j’ai quitté ? existe-t-il encore ? – et une histoire d’exil ensuite : pourquoi l’ai-je quitté ? Qu’y ai-je laissé ? Voilà pour le fond. Quant à la forme, il s’agit surtout d’une histoire de distance, de lenteur et de poésie. Je n’aurais pu entreprendre ce travail sans la conviction que cette notion de belgitude a existé, a un jour signifié quelque chose. Si Jacques Brel peut prétendre en 1971 que des gens « jouent à ne pas être belges », être belge devait donc avoir un sens, même s’étiolant déjà… La recherche de ce sens, en fuyant le cliché résumant la belgitude à la bière, aux baraques à frites et à une idée de la jouissance plus aiguë qu’ailleurs, a constitué le fil premier que j’ai voulu suivre. Je suis donc parti. Ce travail a commencé en novembre 2008. Je me suis mis à sillonner le pays, tentant de cerner les contours de cette géographie humaine et physique, interrogeant ses frontières, le hasard pour guide bien souvent, de ville en village, de Courtrai à Stavelot, d’Arlon à Knokke-le-Zoute, des paysages industriels du bassin carolorégien à l’enclave surréaliste en terre hollandais de Baarle-Hertog, de la brillance de la Flandre contemporaine à la rigueur bourgeoise de la périphérie bruxelloise, de la Thiérache déjà un peu française aux grottes de Hansur-Lesse, de la mer du Nord à Liège... Je me suis efforcé de travailler ce matériau Belgique au moyen d’une écriture photographique que je structure patiemment depuis plusieurs années. Mon langage, la transparence pour intention fondamentale, vise à laisser à la poésie le temps de transmettre au réel une forme qui transcende son état transitoire de sujet d’actualité potentiel – sans le figer pour autant dans un simulacre exotique indécent. J’ai longtemps cru n’avoir pas fui la Belgique, être parti vers du neuf en fermant la porte derrière moi. Pauvre certitude, qui n’a pas résisté à l’initiation de ce travail. De sorte que ma question sagement documentaire s’augmenta d’une dimension autobiographique : est-ce bien un pays que j’ai quitté, et qu’y ai-je laissé ? Dès lors seulement je pus assumer ma subjectivité, et ma photographie peut prendre ses distances d’avec le mythe de représentation de la réalité pour devenir un acte intime d’interprétation servant un mobile thérapeutique de délestage. Cette série s’inscrit ainsi dans la continuité de mon questionnement sur la perte – en l’occurrence de mon pays – et sur ce besoin pour faire le deuil du passé de le mettre en images. Dans mon esprit, ces deux questions, intime et identitaire, sont forcément liées. Ce travail ne peut être exclusivement documentaire car je ne suis ni journaliste ni historien, mais il serait vain de croire que ma perception de la Belgique – et en réalité une bonne partie de ce que je suis –, se soient construites indépendamment de la réalité politique, climatique, morale, historique … du pays. Frédéric Lecloux 23 LES EXPOSITIONS : LILLE TRI POSTAL Exposition du 28 mai au 26 juin Vernissage le samedi 28 mai à 17h00 Avenue Willy Brandt – Lille Tel. 03 20 14 47 60 Du mercredi au dimanche de 10h à 19h Entrée Libre Comment écrire le Nord, les Nords en photographie? Boris Rogez, Klasma De ce vaste territoire aux blessures profondes, aux plaies encore ouvertes, j’ai voulu esquisser une géographie personnelle et fragmentaire de laquelle émane le territoire d’une génération qui se débat avec ses doutes, ses illusions, ses obsessions et ses désirs et dont les excès, les déviances tracent les contours d’un univers aussi vaste que clos. Car la vision d’un Nord comme territoire défini et délimité me renvoie à la hantise d’ un monde clos. Le choix d’une écriture fragmentaire permet de rendre compte de l’état d’un monde éclaté et d’en cerner des comportements singuliers dont témoigne le regard du photographe au même titre que le chien qui erre dans les rues. La forme brève du fragment introduit une rupture, le fragmentaire est violence c’est une blessure, une fracture, une déchirure. D’un point de vue étymologique « fragment » dérive du latin frangere : briser, rompre, fracasser, mettre en pièces, en poudre, en miettes, anéantir. En grec le fragment correspond, selon Pascal Quignard, au «klasma, l’apoklasma, l’apospasma : le morceau détaché par fracture, l’extrait, quelque chose d’arraché, de tiré violemment.» Violence qui heurte, rompt , nous laisse fragiles et désemparés face à ce qui nous renvoie à notre propre condition. C’est un cheminement discontinu qui en appelle à un nouveau mode de lecture, à un nouveau mode de perceptions. A partir de fragments photographiques piochés aux détours des routes du Nord et de la Belgique, je crée un espace, un tableau photographique où les images suturées les unes aux autres entrent en collision, en résonance afin de créer leur propre dialogue. Boris ROGEZ Boris ROGEZ est originaire du nord (né à Roubaix en 1983). Il a réalisé les photographies qui composent Klasma entre 2006 et 2011. Diplômé de l’Ecole Nationale de la Photographie d’Arles en 2010, il co-fonde en 2011 le collectif Tangente. 24 LES EXPOSITIONS : LILLE HOSPICE COMTESSE Exposition du 26 mai au 26 juin Vernissage de l’exposition le jeudi 26 mai à 19h 32, rue de la Monnaie – Lille Tel. 03 28 36 84 00 Le lundi de 14h à 18h Du mercredi au dimanche de 10h à 12h30 et de 14h à 18h Entrée Libre Jean-Philippe Charbonnier, Le Nord Jean-Philippe Charbonnier fut le photographe phare de « Réalités », mensuel d’information des années 1950-1960 qui occupe une place importante dans l’histoire de la photographie d’aprèsguerre. Avant de parcourir le monde, (la Mongolie extérieure en 1955, l’Afrique Equatoriale Française en 1951, Moscou, le Koweït, le Canada, les USA, l’Alaska...) il sillonne la France et l’Europe, notamment la Belgique en 1949. « Anvers fut mon premier grand reportage. Je décortiquais tout, jour et nuit...J’adorais la ville, les gens, la vie vorace, cet exotisme robuste, cosmopolite, cet art flamand partout. L’Escaut inhabité sur une rive comme le Gange à Bénarès. Ce fut mon premier Noël au loin. Il y en aurait bien d’autres, moins gais. J’avais aimé Anvers, on avait aimé mes photos... Je fus engagé au magazine « Réalités » mon rêve d’alors. J’y suis resté 25 ans ». Il repartira en reportage en Belgique en 1954 à Namêche. Cette même année il ira à Marcq-enBarœul, Linselles, Lens, puis Roubaix et Tourcoing en 1958-1959. Son travail sur les mineurs est publié dans « Les enfants de Germinal » aux Editions Hoëbeke en 1993. Jean-Philippe Charbonnier va à la rencontre des gens dans une démarche humaniste et lucide. Ses photographies témoignent du quotidien des hommes : marinier, capitaine, lainière, mineur... C’est la vie de famille, les enfants dans les courées, leurs jeux, le travail, les sorties du dimanche, le café, le bal, la foire, la fête foraine, le marché... Ce sont des tranches de vie qui témoignent de la condition humaine. Jean-Philippe Charbonnier aurait eu 90 ans cette année. 25 LES EXPOSITIONS : LILLE HOSPICE COMTESSE Exposition du 26 mai au 26 juin Vernissage de l’exposition le jeudi 26 mai à 19h 32, rue de la Monnaie – Lille Tel. 03 28 36 84 00 Le lundi de 14h à 18h Du mercredi au dimanche de 10h à 12h30 et de 14h à 18h Entrée Libre Jean Marquis, Voyage au long de La Deûle Photoreporter à l’Express, Time-Life, Science et Vie, membre de l’agence Magnum dans les années 1950, Jean Marquis est né en 1926 à Armentières mais il a grandi à Lambersart entre 1936 et 1948. Photographe humaniste, le Nordiste a immortalisé de nombreuses scènes pittoresques, inscrites dans le quotidien ou dans l’Histoire, saisissant dans son objectif une manifestation contre la guerre d’Algérie, mai 1968, les ouvriers de la Ciotat, les mineurs de Merlebach, les quais de Liverpool, les paysages et la vie bucolique de Corrèze, ou encore les visages d’acteurs et de monstres sacrés du cinéma, de Léo Ferré comme de Claude Simon ou Pierre Mendès-France... Qu’il travaille en free-lance ou sur commande, dans un noir et blanc irréprochable, Jean Marquis porte un regard singulier sur son temps et les séismes d’une époque, sans a priori. En dépit de son admiration pour Cartier-Bresson, jamais il ne se conforma à un enseignement. Sa seule esthétique est celle de l’empathie, son intelligence celle de l’homme de média confronté aux chocs de la réalité et réceptif à l’émotion. Rien sans doute ne se serait passé sans ce voyage inaugural le long de la Deûle. Les parents de Jean Marquis avaient repris en 1936 le Pavillon Bleu, auberge des bords de la Deûle, lieu de villégiature des Lillois en goguette et rendez-vous des mariniers et des turfistes. C’est là, au premier étage du Pavillon Bleu qu’il connut sa première expérience du cadrage, la fenêtre de sa chambre d’adolescent tournée vers la Deûle et ses paysages. A partir de cette géographie initiale et intime, le jeune Lambersartois partait à la rencontre du spectacle du monde. Avec la collaboration de François Robichon. 26 LES EXPOSITIONS : LILLE HOSPICE COMTESSE Exposition du 26 mai au 26 juin Vernissage de l’exposition le jeudi 26 mai à 19h 32, rue de la Monnaie – Lille Tel. 03 28 36 84 00 Le lundi de 14h à 18h Du mercredi au dimanche de 10h à 12h30 et de 14h à 18h Entrée Libre Jean Pasquero, Un photographe au service de l’industrie Sélection de photographies du fonds Pasquero de l’Hospice Comtesse. Co-commissariat : Martine N’mili. Le fonds Pasquero retrace l’activité d’un atelier de photographie de la première moitié du XXème siècle. Il provient d’un don effectué en 1972 par René Pasquero. L’atelier de ce photographe, situé au 54 de la rue Saint-Etienne, fondé en 1908 par son père Jean Pasquero, allait être détruit pour la construction du Palais des Congrès. Ce fonds ethnographique comprend une grande quantité de documents imprimés et manuscrits (correspondances, notes de travail, répertoires, documentations sur la photographie...), du matériel photographique (appareils, produits, accessoires de laboratoire...), du mobilier de studio (fauteuils, chaises, sellettes, paravent, meuble...), des négatifs et positifs correspondant à l’ensemble de l’activité professionnelle de Jean et René Pasquero de 1908 à 1969. Ce fonds de plus de 17000 photographies, dont 10433 tirages, compte de nombreux portraits datant de la première moitié du XXème siècle. Il comporte aussi d’importantes séries sur l’architecture, l’activité industrielle et commerciale de la métropole : construction des Grands Moulins de Paris à Marquette de 1920 à 1923, extérieur et intérieur d’usines textiles (filatures de la Société Agaches, La linière de Fives...), foires commerciales (construction des bâtiments et vues des foires de 1935 à 1967). De nombreux secteurs d’activités y sont représentés : la construction mécanique (usine Wauquier à Lille, Sulzer...), la métallurgie (aciérie de Lesquin, la Compagnie des Forges d’Audincourt,...), l’électricité (arcs électriques...), le commerce (façade et intérieur des établissements Félix Potin à Lille...), le bâtiment (constructions en béton armé : œuvres de l’ingénieur Morel et des architectes Cordonnier, Doutrelong et Desmet ou Willoqueaux...). La vie culturelle et sociale est évoquée avec des vues de cinémas (Le Printania, le Caméo à Lille, le théâtre de Denain), de salles des fêtes (Fives-Lille, Gare-délivrance), de lieux d’accueil de la ville de Lille (crèche, asile de nuit). Quelques images sont antérieures à 1908. Elles ont été réalisées par Jean Pasquero durant sa carrière militaire. L’ensemble de ces photographies constitue un fonds documentaire important sur la vie sociale, économique et culturelle de la métropole lilloise et de la région. Ce fonds compte également une série de 196 négatifs réalisés en Afrique. Ces vues ont été prises par le Maréchal des Logis J. De Possel lors d’une mission au Congo effectuée en 1898-1899. 27 LES EXPOSITIONS : LILLE HOSPICE COMTESSE Exposition du 26 mai au 26 juin Vernissage de l’exposition le jeudi 26 mai à 19h 32, rue de la Monnaie – Lille Tel. 03 28 36 84 00 Le lundi de 14h à 18h Du mercredi au dimanche de 10h à 12h30 et de 14h à 18h Entrée Libre Bibliothèque Municipale de Lille, La Deûle, un patrimoine photographique Photographies du Fonds de la Bibliothèque municipale de Lille. Co-commissariat : Isabelle Duquenne On a aujourd’hui peine à imaginer que la Deûle ait été à ce point omniprésente à Lille. Organisant le système défensif de la ville, elle a également facilité la desserte des marchandises jusqu’au cœur de la cité industrieuse et assuré une grande part de sa prospérité économique et de son développement urbain. La rivière et ses multiples bras, son réseau complexe de canaux, ont façonné la ville en favorisant l’installation des artisans puis des industriels du textile, des tanneurs, des brasseurs et des marchands. Les relations entre la ville et la Deûle ne sont cependant pas exemptes d’ambivalence. La couverture des canaux, véhicules de la propagation de maladies endémiques et le déplacement du port de Lille afin d’assurer le développement raisonné du trafic fluvial et l’expansion de la cité, ont progressivement mis fin à la présence de l’eau dans la ville. Née en 1839, la photographie s’est rapidement imposée pour représenter la ville « d’après nature » : elle capte les monuments immobiles, les paysages urbains, la matérialité de l’eau et entend donner une vision objective du réel, en noir et en blanc. Instrument d’une modernité assumée, elle rivalise avec les traditionnels recueils d’estampes ou de lithographies et porte un regard neuf et fidèle sur le monde. Découpant l’espace, elle opère par succession d’images et fait défiler devant le spectateur le paysage reconstitué. Les portefeuilles rassemblés par Léon Lefebvre (1848-1916), imprimeur lillois appartenant au petit cercle des érudits locaux du tournant du siècle et membre de diverses sociétés savantes, gardent la mémoire savamment entretenue d’une époque révolue. La Deûle s’inscrit dans un espace fortement urbanisé où les bâtiments forment autant de stations d’un parcours obligé. Dans un long travelling, qui commence aux faubourgs presque bucoliques et à l’avant-port de Lille, on franchit la porte d’eau et l’enceinte de la ville, on passe le port intérieur du Grand Rivage, on voit défiler l’Hospice général, le Pont Maudit, le Pont Neuf et le Palais de Justice, avant d’amarrer Quai de la Basse Deûle, à moins qu’ayant contourné par la Citadelle on aborde le Petit Rivage ou Quai du Wault. La technique photographique de l’époque ne saisit pas le mouvement. De ces images, les figures sont donc quasiment toujours absentes, tandis que règnent en maîtres la pierre et l’eau, éléments imperturbables du décor. La présence humaine est cependant attestée par les bélandres, les péniches, les grues et les charrettes, témoins de l’activité et du travail à l’œuvre, les cabarets et estaminets représentant eux la part de délassement nécessaire au batelier. On est saisi par la beauté grave de ces images, par la tranquillité qui émane des lieux, par cette attention minutieuse à la lumière et au cadrage, large, généreux, capable de tout englober et de saisir en un instant la forme d’une ville. Isabelle Duquenne, Conservateur, Bibliothèque municipale de Lille. 28 LES EXPOSITIONS : LILLE HOSPICE COMTESSE Exposition du 26 mai au 26 juin Vernissage de l’exposition le jeudi 26 mai à 19h 32, rue de la Monnaie – Lille Tel. 03 28 36 84 00 Le lundi de 14h à 18h Du mercredi au dimanche de 10h à 12h30 et de 14h à 18h Entrée Libre John Bulmer, Le Nord de John Bulmer en collaboration avec la Galerie David Guiraud et sur une proposition de la Galerie Les Lieux La galerie David Guiraud a exposé pour la première fois le travail du photojournaliste anglais John Bulmer au cours du Mois de la Photo à Paris en 2008. Continuant depuis lors à soutenir son travail de façon régulière, la galerie est heureuse de proposer au public une nouvelle facette de l’œuvre de ce grand photographe considéré en Angleterre comme un pionnier du photoreportage en couleur. L’exposition ‘Le Nord de John Bulmer’ comprend une sélection d’images issues du reportage en couleur que le photographe a réalisé dans le Nord en été et en hivers 1966-1967 pour le Sunday Times Magazine. Grâce à ce reportage, John Bulmer nous permet de voir de rares images en couleur sur le nord rural des années 1960. Depuis des séries comme ‘Black Country’ en 1963 ou ‘The North’ en 1965, la fibre sociale de la photographie de John Bulmer n’est plus à démontrer et son regard sur la France se porte naturellement vers le monde du travail. John Bulmer parcourt le nord entre Lille et Arras et se penche sur les conditions de vie des mineurs dans la continuité du travail réalisé dans la région du Black Country en Angleterre. Les similitudes avec les images de la série « The North » sont troublantes. Les paysages, l’architecture, le travail et le mode de vie sont les mêmes. John Bulmer descend au fond des mines en activité mais pour des raisons techniques ne peut réaliser que le portrait des mineurs. Mais l’attention du photographe et ses images se portent rapidement sur la campagne et le monde paysan. Les anglais ont une vision romantique de la France et la voient parsemée de champs et de villages ayant conservés un mode vie traditionnel. La France rurale de cette époque semble leur donner raison. Derrière les couleurs de l’été et des champs, se cachent des conditions de vie difficiles et un mode de production étonnamment très archaïque. Cette époque n’est pas si lointaine et les photographies de John Bulmer nous forcent à constater la rapide mécanisation et industrialisation de l’agriculture française ces trente dernières années. 29 EXPOSITIONS LILLE PALAIS RAMEAU Exposition du 26 mai au 26 juin Vernissage le jeudi 26 Mai, 18h30 39, Bd Vauban Lille Tel. 03 20 30 89 69 Du mercredi au dimanche de 10h à 19h Entrée Libre Anna Solé Tissages de quartier en famille C’est quoi au fond être d’ici ? Pas tant d’y être né, ni d’être (dé)posé là par les circonstances de la vie. Cela, c’est être quelque part mais pas encore faire siens ces murs, ce quartier, ces espaces. Ce n’est pas encore tisser cette relation très particulière avec ce lieu que je nommerai mon endroit. Tout l’intérêt des images d’Anna Solé est dans l’effort d’exhiber l’envers de ce processus par lequel ici me devient intime. « Vous vivez là ? Je vous offre une page blanche, vierge. Habitez là comme vous le souhaitez. » Se décide alors une manière de peuplement. Chaque famille a la sienne. Est-elle en résonance avec ce qui l’entoure ? C’est à l’?il de celui qui regarde de s’en faire une idée. Le plus surprenant, c’est que la photo nous apprend ici qu’un cadre n’est pas une limite mais une proposition riche de mille libertés et que la ville commence comme l’image avec la façon dont on y existe. En cela elle n’est pas un destin mais le partenaire d’une histoire à écrire. De loin et tout près. Le cadre ne cesse de s’inscrire dans un autre plus large, de l’écran blanc à celui de la photo, de son support et plus encore à celui de cet espace où elles sont ici rassemblées. Dans le même temps, je ne quitte pas des yeux ceux des familles, de ceux qui affrontent l’objectif, qui s’alignent ou non, font groupe sans abdiquer de leur singularité. « Nous sommes juxtaposés mais nous ne sommes pas une série » semblent- ils dire. Est-ce de là que surgit leur humanité qui irradie l’ensemble ? C’est de là sans doute que s’élabore un patrimoine d’abord existentiel avant tout autre chose. F. Frimat 30 LES EXPOSITIONS : LILLE PALAIS RAMEAU Exposition du 26 mai au 26 juin Vernissage le jeudi 26 Mai, 18h30 39, Bd Vauban Lille Tel. 03 20 30 89 69 Du mercredi au dimanche de 10h à 19h Entrée Libre L’exposition NORD(S) : REGARDS CROISÉS rassemble 80 photographes de différents profils et de tous horizons. Cette exposition collective propose au visiteur un véritable voyage photographique, au cœur même du Nord. Le Nord, dans sa vision la plus vaste et la plus riche, ne se limite pas uniquement à la région du Nord-Pas-de-Calais, il s’étend incontournablement aux pays voisins comme la Belgique et les Pays-Bas, et s’élargit également jusqu’à l’Islande ou même le Canada. Cet hommage à la région Nord nous offre une vision à 360° de cette région mère du festival des Transphotographiques. À chacun d’établir son propre itinéraire. Ericka Weidmann (commissaire d’exposition), Nord(s) : Regards Croisés Au cœur de l’exposition sont présentés de nombreux sujets sur la région Nord. Tout d’abord, avec son sujet En friche, Antoine Bruy s’est intéressé aux départements du Nord et celui du Pas-de-Calais. Avec ses 4 millions d’habitants, la région est la deuxième plus peuplée de France après l’Île-de-France. Le photographe y saisit des instants de vie du bassin minier. C’est ensuite au tour de Cindy Lelu et Hubert Bouvet de se pencher sur les paysages de terrils avec pour la première, une série de paysages sur le retraitement de l’exploitation post-minière, et pour le second un travail en noir et blanc très contrasté au décor étonnant de ces entassements de déblais. Nous nous arrêtons en chemin, et figeons le temps avec les paysages imaginés par Virginie Maillard : ces lieux abandonnés de toute présence humaine dans lesquels l’artiste incorpore des éléments contemporains, créant ainsi une dimension troublante et fascinante à la fois. Suivi du travail de Pascal de Lattre «maisons closes» : ces images détaillent avec force, les textures décrépites des façades austères de ces habitations, où toute forme de vie semble disparue … Le littoral du Nord est exploré par Bastien Defives et Léopold Guillemin avec des photographies en couleur où l’un dresse le constat de la transformation du littoral par la planification humaine depuis un demi-siècle, tandis que l’autre emprisonne les personnages dans un décor entre continent et mer. François Delebecque, met en valeur les tours de lumière, puissances symboliques, archétypes du chemin à suivre avec ses photographies de phares du Nord. Ensuite, nous partons à la rencontre de l’Humain, avec Pascal Bachelet et ses Vies d’ici, une série de portraits prise dans un petit village de Picardie, au côté d’une seconde série Elle au Pluriel de Magali Delporte. Elle dresse le portrait des habitantes de 7 à 77 ans de la municipalité de Saint-Amand-les-Eaux. Isabelle Alexandra Ricq quant à elle, s’intéresse aux plus belles femmes, aux hommes les plus forts, aux petites filles les plus adorables…. en suivant les concours de beauté qui sont légions dans la région Nord. Lille, surnommée la Capitale des Flandres, et ses alentours est bien entendu présente au sein de cette grande exposition collective avec les pérégrinations urbaines en noir et blanc des travaux de Julien Legrand, Vincent Mayes et Cédric Dubus. Max Lerouge a photographié le chantier d’Euralille : depuis les premiers jalons du géomètre à la réalisation finale d’un quartier qui s’inscrit peu à peu dans la ville. Alexa Brunet explore le monde de la nuit, elle est partie à la rencontre des protagonistes de cette grande insomnie pour ramener des images hautes en couleur figeant les noctambules de Lille et de ses alentours. Poursuivons notre promenade, en passant par notre pays voisin : la Belgique. Tout commence par la frontière franco-belge : Sophie Bridelance a parcouru les 200 km de frontières séparant les deux pays, cette ligne où rien ne se passe, du moins en apparence, afin de définir les zones d’équivalences entre ces deux pays frontaliers. Claire Schneider a suivi une autre frontière : celle qui est invisible, celle qui divise le Belgique du Nord au Sud pour faire un état des lieux, et mettre en valeur la richesse culturelle de ce pays et de ses paysages en pleine mutation. La jeune photographe, Anne-Sophie Costenoble est partie à la rencontre de famille d’agriculteurs pour capter en noir et blanc l’essentiel d’une passion, d’un métier qui tend malheureusement à disparaître… David de Beyter présente un extrait de sa série Edifices, une réflexion, à travers l’habitat, dans son rapport au paysage, sur les liens qu’entretiennent l’imaginaire et la réalité. Ses photographies montrant des toits de maisons émergeant de terre, créent un trouble étrange dans ce paysage imaginaire. Pour finir, le collectif de photographes Transit a parcouru le pays en 7 jours à l’occasion de la fête nationale du 21 juillet et en a ramené des images qui tentent de dresser un portrait de ce territoire politiquement fragile. Pour continuer notre exploration, allons plus au nord, nous perdre dans les images de Régis Feugère où les sombres forêts d’un nord fantasmé nous enveloppent. Merel’t Hart et Luk Vander Plaetse nous présentent une série de photographies réalisées aux Pays-Bas, où les baies vitrées sans rideau nous laisse entrevoir l’intimité des habitant telles des fenêtres ouvertes sur des scènes de vie : une notion de pudeur et une forme de liberté individuelle bien différentes de celles de la France. Pascal Felloneau et Christopher Taylor nous emmènent en Islande : A Akureyri pour le premier, dans la plus grande ville portuaire du nord de l’Islande et sur l’archipel Westmann pour l’autre. Christopher Taylor pose son regard sur une petite île de 10km² qui a la particularité d’avoir des conditions climatiques particulièrement changeantes, balayées par le vent et sculptées par les vagues : ces images sont comme des points fixes autour desquels le monde tournerait. Bon Voyage ... 31 LES EXPOSITIONS : LILLE SALLE DU CONCLAVE DU PALAIS RIHOUR Exposition du 26 mai au 26 juin Vernissage le samedi 4 juin, 16h Place Rihour Lille Tel. 08 91 56 20 04 Du lundi au vendredi de 09h à 12h et de 14h à 17h Les samedis et dimanches de 10h à 12h et de 14h à 17h Entrée Libre Bogdan Konopka, Résonance Quelle relation établir entre un portrait et un paysage, une communauté humaine et un territoire ? La lumière, répondent les photographies de Bogdan Konopka, car c’est elle qui façonne le réel, c’est par elle que nous touchons à l’épaisseur du monde. C’est avec cette approche que durant plusieurs semaines le photographe s’est immergé dans ce qui fut le bassin minier du Nord-Pas de Calais et qu’il est parti à la rencontre des descendants de l’immigration polonaise du début du 20ème siècle, et de celle moins nombreuse et plus récente des années 80. Arrivé en France fin 1988, Bogdan Konopka a, dès sa première visite dans la région, humé un air de « là-bas » : connivence avec le paysage - la grisaille qu’il affectionne -, musique familière des patronymes essaimés sur les vitrines des rues, commerces, écoles, églises, cimetières. Etait-ce parce que son grand-père qui avait travaillé à la mine s’était toujours tu sur cette expérience qu’il a photographié le carreau de Loos-en-Gohelle ou bien la cité d’Arenberg à l’abandon ? Quelle lecture faire du portrait de ce jeune homme au fusil photographié dans sa chambre d’enfant ? Les années ont passé et aujourd’hui, grâce à l’invitation et au soutien conjoint du Conseil Général du Pas de Calais et de la communauté d’agglomération Béthune-Bruay, ArtoisComm., l’ouvrage en suspens a repris vie et ce qui était un enjeu personnel est devenu une aventure photographique partagée. Comment se sont opérés les choix de Bogdan Konopka, devenu entre-temps citoyen français? Exit les ruines, la lumière jaillit sur les bâtiments des houillères reconvertis, les chevalements repeints, les cités réhabilitées. Les patronymes polonais ont peu à peu déserté les devantures des petits commerces, les terrains d’exploitation du charbon ont cédé la place à de gigantesques zones industrielles ou commerciales. Mutatis mutandis, sans nostalgie. Cette transformation du paysage va de pair avec celle de la communauté d’origine polonaise, éclatée, hétérogène et en même temps d’une réjouissante vivacité. Bogdan Konopka a pris la décision de mettre en lumière les différences et de les faire partager. Quel est le fil ténu qui relie ceux et celles animés par une culture vue à travers le prisme d’un héritage tantôt transmis, tantôt perdu et qu’on veut retrouver, et l’histoire vive et déchirée de ceux et celles qui pour des raisons économiques ou politiques ont dû s’exiler pour continuer à exister ? En conviant des personnages aussi riches à s’exprimer devant l’objectif, le photographe a peut-être cherché la réponse à sa propre question : qui devenons-nous ? Les années ont passé et aujourd’hui, grâce à l’invitation et au soutien conjoint du Conseil Général du Pas de Calais et de la communauté d’agglomération Béthune-Bruay, ArtoisComm., l’ouvrage en suspens a repris vie et ce qui était un enjeu personnel est devenu une aventure photographique partagée. Comment se sont opérés les choix de Bogdan Konopka, devenu entre-temps citoyen français? Exit les ruines, la lumière jaillit sur les bâtiments des houillères reconvertis, les chevalements repeints, les cités réhabilitées. Les patronymes polonais ont peu à peu déserté les devantures des petits commerces, les terrains d’exploitation du charbon ont cédé la place à de gigantesques zones industrielles ou commerciales. Mutatis mutandis, sans nostalgie. Cette transformation du paysage va de pair avec celle de la communauté d’origine polonaise, éclatée, hétérogène et en même temps d’une réjouissante vivacité. Bogdan Konopka a pris la décision de mettre en lumière les différences et de les faire partager. Quel est le fil ténu qui relie ceux et celles animés par une culture vue à travers le prisme d’un héritage tantôt transmis, tantôt perdu et qu’on veut retrouver, et l’histoire vive et déchirée de ceux et celles qui pour des raisons économiques ou politiques ont dû s’exiler pour continuer à exister ? En conviant des personnages aussi riches à s’exprimer devant l’objectif, le photographe a peut-être cherché la réponse à sa propre question : qui devenons-nous ? 32 LES EXPOSITIONS : LILLE MAISON DE L’ARCHITECTURE ET DE LA VILLE Exposition du 26 mai au 02 juillet Place Rihour Lille Vernissage le 26 mai 2011, 18h00 Tel. 03.20.14.61.16 Du lundi au vendredi de 10h à 12h30 et de 14h à 17h Et le samedi de 11h à 18h Entrée Libre Véra Cardot et Pierre Joly Photographie d’Architecture Le fonds photographique Véra Cardot et Pierre Joly, acquis par le Centre Pompidou en 1997, est conservé à la bibliothèque Kandinsky. Il est constitué de négatifs noir et blanc, d’ektachromes (pour un quart du fonds), de planches contacts et de tirages (réalisés par le laboratoire Picto). Le format est essentiellement 6 x 6, et de façon plus occasionnelle, 4 x 5 et 24 x 36. 55 000 de ces clichés sont consacrés aux arts plastiques et à la sculpture et 15 000 à l’architecture du XXème siècle. Ce projet d’exposition est d’abord un hommage au travail artistique de Véra Cardot et Pierre Joly dont les photographies ont une dimension plastique qui dépasse le caractère documentaire. Pierre Joly, en tant qu’historien, a nourri ses recherches d’une expérience concrète des édifices qu’il commentait. Le filtre du regard photographique avait également comme objectif d’illustrer les projets éditoriaux pour des revues ouvertes à un large public (la revue l’Œil par exemple). Plus généralement, les relations entre photographie et architecture sont au coeur de la série d’images qui est présentée dans cette exposition. Celles-ci permettent d’évoquer le regard singulier du couple de photographes, les pratiques de l’histoire de l’architecture, l’architecture de la deuxième moitié du XXe siècle et ses représentations. Les images sélectionnées correspondent donc à volonté de faire émerger plusieurs niveaux de lectures de ces représentations : Les photographies permettent de découvrir tout un pan de la production architecturale régionale des années 60 à 80 ; des exemples connus, inconnus ou oubliés, à partir de représentations dont les statuts sont documentaires et artistiques. La sélection de photographies est liée non seulement à la nature des édifices concernés, mais elle montre l’étendue des pratiques de la photographie d’architecture : commande, illustrations pour publication, images artistiques... La sélection présente également les types de représentations qui illustrent le mieux les pratiques du couple photographe, Cardot-Joly, leur relation spécifique à la photographie d’architecture, les points de vue : extérieurs lointains, extérieurs, intérieurs, images incarnées, représentations de l’espace, des volumes, de l’ombre et de la lumière, des perspectives, de la matière, des textures, des ouvertures, du détail, le parcours architectural, l’environnement et le paysage. Les années ont passé et aujourd’hui, grâce à l’invitation et au soutien conjoint du Conseil Général du Pas de Calais et de la communauté d’agglomération Béthune-Bruay, ArtoisComm., l’ouvrage en suspens a repris vie et ce qui était un enjeu personnel est devenu une aventure photographique partagée. Comment se sont opérés les choix de Bogdan Konopka, devenu entre-temps citoyen français? Exit les ruines, la lumière jaillit sur les bâtiments des houillères reconvertis, les chevalements repeints, les cités réhabilitées. Les patronymes polonais ont peu à peu déserté les devantures des petits commerces, les terrains d’exploitation du charbon ont cédé la place à de gigantesques zones industrielles ou commerciales. Mutatis mutandis, sans nostalgie. Cette transformation du paysage va de pair avec celle de la communauté d’origine polonaise, éclatée, hétérogène et en même temps d’une réjouissante vivacité. Bogdan Konopka a pris la décision de mettre en lumière les différences et de les faire partager. Quel est le fil ténu qui relie ceux et celles animés par une culture vue à travers le prisme d’un héritage tantôt transmis, tantôt perdu et qu’on veut retrouver, et l’histoire vive et déchirée de ceux et celles qui pour des raisons économiques ou politiques ont dû s’exiler pour continuer à exister ? En conviant des personnages aussi riches à s’exprimer devant l’objectif, le photographe a peut-être cherché la réponse à sa propre question : qui devenons-nous ? 33 LES EXPOSITIONS : LILLE MAISON DE LA PHOTOGRAPHIE Exposition du 26 mai au 26 juin Vernissage de l’exposition le vendredi 10 juin à 18h30 18, rue Frémy – Lille Tel. 03 20 05 29 29 Du mardi au dimanche de 10h à 19h Entrée Libre Patrick Tourneboeuf, Les Cheminées, Nulle part Nulle part A quoi ressemblent les stations balnéaires une fois les vacanciers partis ? Rien ne ressemble plus à une station balnéaire qu’une autre station balnéaire. La distance ne change rien : même si plusieurs centaines de kilomètres les séparent, l’ambiance qui les imprègne reste identique. Remuantes, peuplées et colorées tout l’été, elles révèlent un autre visage quand la bise hivernale est venue. Le ciel bleu azur, les palmiers décoiffés par le vent et l’océan à portée de main sont toujours là. Pourtant, à bien y regarder, une impression de malaise et de solitude s’installe peu à peu. Les volets des maisons se révèlent désespérément clos. Nous sommes partout et nulle part ... Les Cheminées Cette série date de 1989, c’est pratiquement une œuvre de jeunesse réalisée dans les Corons d’Hénin-Beaumont, cité minière du Nord, en Juin 1989. Ces cheminées sont la représentation de tout un pan historique d’une partie du Nord de la France. Elles représentent le symbole de la fonction, de l’usage, du social et de la mémoire des mineurs. Elles fonctionnaient à l’aide du charbon qu’on ramenait du fond, elles permettaient de se rassembler le soir autour du feu, de chauffer les plats, de chauffer la maison et de se laver. A quoi ressemblent les stations balnéaires une fois les vacanciers partis ? Rien ne ressemble plus à une station balnéaire qu’une autre station balnéaire. La distance ne change rien : même si plusieurs centaines de kilomètres les séparent, l’ambiance qui les imprègne reste identique. Remuantes, peuplées et colorées tout l’été, elles révèlent un autre visage quand la bise hivernale est venue. Le ciel bleu azur, les palmiers décoiffés par le vent et l’océan à portée de main sont toujours là. Pourtant, à bien y regarder, une impression de malaise et de solitude s’installe peu à peu. Les volets des maisons se révèlent désespérément clos. Nous sommes partout et nulle part ... Rencontre avec Tourneboeuf, accompagnée d’une projection, Vendredi 10 juin,17h00, la Maison de la Photographie 34 LES EXPOSITIONS : LILLE MAISON DE LA PHOTOGRAPHIE Exposition du 26 mai au 26 juin Vernissage de l’exposition le vendredi 10 juin à 18h30 18, rue Frémy – Lille Tel. 03 20 05 29 29 Du mardi au dimanche de 10h à 19h Entrée Libre Alexa Brunet, Journal de Nuit Bourse à la création 2010. La nuit, partout dans les grandes villes, des gens se déplacent, travaillent, s’ennuient, s’enivrent, font l’amour, participant chacun de leur côté à cette grande insomnie. La nuit brise les tabous et incite à sortir de ses gonds. L’obscurité est trouée par les lumières artificielles. Je fixe sur la pellicule celles des néons et des lampes tamisées, la fumée de cigarette, le mouvement des corps ou leur immobilité devant l’objectif afin de prolonger des instants fugaces. Je suis à l’affût de rencontres improbables. Ce qui m’interpelle chez les gens, c’est leur potentiel à être impudique et à habiter un cadre. Je cherche des personnages qui se distinguent dans l’obscurité. Le jour on ne les voit pas car ils sont quelqu’un d’autre, et me semblent alors terriblement communs. La nuit je m’attache à eux. J’imagine leur histoire, et le décalage entre ce qu’ils sont ce qu’ils ont envie d’exprimer me touche. J’ai la sensation qu’ils me sont familiers, ils incarnent une image qui existait déjà en moi. Mes photographies se construisent à partir de cet imaginaire en se nourrissant de leur personnalité et de leur capacité à exprimer mes obsessions. La photographie me permet de m’exposer à travers eux. S’ils se déshabillent, je me mets à nue, s’ils changent de rôle, je me travesti. Fabriquer des images signifie pour moi une réelle implication physique dans la scène. Chaque image célèbre une forme de plaisir partagé. L’appareil photographique est un outil, un prétexte pour inventer des situations étranges qui n’auraient pas existé autrement. Il crée une magie qui incite les gens à se livrer au sein d’un jeu de mise en scène et de pose. Mes images m’autorisent à garder une trace d’un moment particulier, de raconter une certaine histoire de ces personnages. Je capte dans la folie de la nuit ces rares moments d’abandon et de grâce. 35 LES EXPOSITIONS : LILLE MAISON DE LA PHOTOGRAPHIE Exposition du 26 mai au 26 juin Vernissage de l’exposition le vendredi 10 juin à 18h30 18, rue Frémy – Lille Tel. 03 20 05 29 29 Du mardi au dimanche de 10h à 19h Entrée Libre Michal Szlaga Une histoire photographique des chantiers navals Les chantiers navals de Gdansk en Pologne suggèrent bien davantage qu’une installation industrielle monumentale, dont la splendeur est ancrée dans un passé déjà lointain. Le chantier naval est tout autant une légende, un lieu symbolique, une idée, dont l’ambivalence tient au fait qu’il contient, d’un côté, une part importante de mystère, en tant que lieu qui reste à explorer, et de l’autre, qu’il est considéré par beaucoup de spectateurs comme obsolète, slogan insignifiant, voire vide de sens. Comment expliquer alors ce phénomène presque magnétique, qui attire sur ce site les gens ordinaires et inspire les plus grands artistes ? On pourrait apparenter le chantier naval à une sorte d’organisme vivant. Son squelette est fait d’architecture, de technologies, de machines; son sang est fait des gens qui l’ont habité, son âme de l’idée de liberté et de solidarité qui en a découlé. Cette métaphore est peut – être un indice pour aborder l’œuvre de Michał Szlaga, puisque les photographies de cette série traitent justement de l’espace, des gens et des idées. Michal Szlaga est aujourd’hui reconnu comme le documentariste quasi exclusif des transformations qui ont eu lieu sur le chantier naval de Gdansk. Autrefois, ce lieu était plein de l’énergie et du pouvoir de la productivité, incarnés par les efforts physiques des centaines d’ouvriers qui y travaillaient. Ils furent la force vive d’une industrie manufacturière tout en revendiquant des changements au niveau social et politique, préfigurant en Pologne la chute du communisme, qui allait suivre dans le reste de l’Europe. A l’heure actuelle, et suite à la période d’effondrement, de privatisation rapide puis de stagnation économique causée par la crise mondiale, cette aire post- industrielle subit une transformation lente, presque hésitante. Elle devient ce nouveau quartier de Gdansk où s’installent de riches entreprises, des appartements de luxe, des centres commerciaux bondés et des lieux de divertissement bruyants. Témoins silencieux de ces transformations, les vestiges maussades des entrepôts du 19ème siècle, les grues rouillées, les docks presque déserts, et les travailleurs qui restent. Ce sont ces mêmes gens simples et sympathiques, parmi lesquels le prix Nobel de la Paix Lech Wałęsa, qui furent les initiateurs et les acteurs du changement, à travers la révolution anti- communiste “non -violente”, qui changea irrémédiablement le cours de l’Histoire. Ce sont ces mêmes gens qui sont les protagonistes des photographies de Michał Szlaga. Un simple sableur, un électricien deviennent les figures allégoriques du dur labeur, des bouleversements sociaux et politiques, ou de l’humanité elle- même, dissimulée sous la poussière et les salopettes de chantier. Ces travailleurs de l’ombre, posant solennellement, brandissant les attributs de leur fonction, nous font penser à la célèbre image de la Liberté guidant le peuple, d’Eugène Delacroix. L’architecte Daniel Libeskind explique que l’architecture, tout comme la littérature, la poésie ou la musique, permet de raconter des histoires, car, contre toute attente, les bâtiments sont comparables aux êtres humains – ils vivent, respirent, et ont des aspects à la fois intérieurs et extérieurs (D. Libeskind, Breaking Ground). Szlaga – en tant qu’artiste d’une exceptionnelle sensibilité, a senti l’identité particulière du chantier naval, sans jamais tomber ni dans un sentimentalisme superflu, ni dans un pathos hasardeux. D’autre part, en tant que documentariste, Szlaga créé des photographies qui, comme l’écrit Susan Sontag, révèlent “ le sens de rendre “réel” (ou plus “réel”) des problèmes que le spectateur confidentiel pourrait ignorer” (S. Sontag, Regarding the Pain of Others). Dans quelques années, quand la Nouvelle Ville se sera complètement emparée du chantier naval, et que les grues immenses et fières auront disparues du paysage; quand l’histoire du mouvement de solidarité sociale et libertaire et des grèves des travailleurs sera racontée à travers des expositions modernes au sein du Centre Européen de la Solidarité, actuellement en construction, les images de Michał Szlaga viendront remplir le vide, rendant hommage aux témoins silencieux de la grande Histoire, dont les contours deviennent flous et obscurs, à mesure que le temps passe, pour les générations suivantes. Marta Wróblewska 36 LES EXPOSITIONS : LILLE VIEILLE BOURSE Exposition du 26 mai au 26 juin Vernissage de l’exposition le mardi 31 mai à 19h30 30 place du Général de Gaulle Lille Du mardi au dimanche de 14h à 18h30 Entrée Libre Photographes de la Voix du Nord, [Émotions !] . Vingt-quatre photos grand format au cœur de la Vieille Bourse. Comme autant d’arcades. Comme autant d’heures dans la journée. Comme autant d’émotions. Dans l’exercice quotidien de leur métier, les photojournalistes de La Voix du Nord donnent à voir des gens, des vies, des lieux de la région. Ils ont choisi ici de passer leurs images au prisme des émotions : les rires et les larmes, la douleur et la joie, la colère et la peine... Ils les ont vues sur les visages photographiés, ils les ont ressenties eux-mêmes ... à vous de les partager. 37 LES EXPOSITIONS : LILLE GALERIE NEW SQUARE Exposition du 15 mai au 2 juin Vernissage de l’exposition le mardi 17 mai à 18h30 40 rue Voltaire – Lille Tel. 03 20 12 09 00 Du jeudi au Samedi de 11h à 19h Et le 1er dimanche de chaque mois Entrée Libre Giacomo Brunelli, The Animals J’ai travaillé sur ma série consacrée aux animaux pendant cinq ans, et en les prenant en photo, je cherche à photographier ma propre réaction face à leur présence. Quand j’étais petit, je passais mon temps à jouer avec les animaux et je pense que c’est pour ça que j’approche mon appareil au plus près du sujet, en le touchant quasiment et provoquant ainsi la fuite ou l’attaque de l’animal ; c’est à ce moment-là que j’enregistre sa réaction. Tous les animaux que j’ai photographiés se trouvaient dans des jardins, des petits villages, des champs et des fermes, et j’appelle mon procédé « photographie animalière de rue». Dès que je vois un animal que je souhaite photographier, j’essaye tout d’abord de l’ignorer, puis je lui cours après, ce qui provoque généralement une réaction de sa part ; parfois, je l’observe simplement fixement et attends de voir ce qu’il se passera. Leurs réactions sont différentes : ils sont parfois curieux de l’appareil, et parfois le bruit du déclencheur les effraye. Quand il s’agit d’animaux morts, je les ramasse et les place à un endroit qui me semble convenir. Dans ce rapport avec l’animal, je donne ainsi de l’utilité à quelque chose qui n’en a plus. 38 LES EXPOSITIONS : LILLE GALERIE RAISON D’ART Exposition du 25 mai au 26 juin Vernissage du festival le mercredi 25 mai à 17h 153 bis, Bd de la Liberté Lille Tel. 03 20 31 55 70 Du jeudi au samedi de 14h à 19h Entrée Libre Fred Associations d’idées consensuelles, oppositions tranchantes et percutantes, nouvelles dimensions poétiques...son style s’exprime au travers de compositions qui reflètent aussi bien sa vision de la société que du pur plaisir de la représentation visuelle à plusieurs dimensions. Cet art du décalage et du mouvement rendent les compositions de Fred Benoit presque indéfinissables. En effet, de l’endroit où le l’observateur se trouve, il ne voit jamais la même chose et la vision de l’artiste s’ajoute à la sienne. Cette interaction omniprésente, ce pas de deux avec le spectateur rapproche ces œuvres de l’art cinétique, voire de l’anamorphose. D’une apparente simplicité, ses œuvres gardent pourtant leurs secrets et leurs mystères de fabrication. 39 LES EXPOSITIONS : LILLE LA SECU Exposition du 21 mai au 09 juillet Vernissage de l’exposition le vendredi 20 mai à 18h30 26 rue Bourjembois Lille Tel. 03 20 47 05 38 Du vendredi au samedi de 14h à 19h Entrée Libre Vincent J. Stoker, Heterotopia Espaces vacants, friches industrielles, casernes et hôpitaux désaffectés, quand le lieu de travail devient un non-lieu, quand la nature reprend ses droits et vient transformer l’espace industriel, Vincent J. STOKER propose une recherche photographique sur ces paradis fragiles au bord de l’effacement. « Heterotopia » est un spectacle de la ruine ; spectacle que l’on doit principalement au temps, cet ouvrier de génie. Derrière la poussière, la rouille et sous les décombres, on pressent l’ordre et la rigidité géométrique des architectures. En construisant son cadre de façon quasi mathématique et en s’efforçant de montrer la décrépitude, Vincent J. STOKER nous sensibilise au paradoxe de lieux à la fois chaotiques et chargés de sens. Dans le cadre des Transphotographiques, Vincent J. Stoker proposera une série inédite, réalisée spécialement dans la région. Pour l’occasion Fabien Swyngedauw, plasticien travaillant autour de l’univers urbain a investi le jardin de Lasécu pour une création sur mesure : A partir de matériaux de récupération exclusivement Fivois, l’artiste nous propose une ville entièrement dédiée ... aux oiseaux ! 40 LES EXPOSITIONS : LILLE ILUXI Exposition du 02 juin au 02 juillet Vernissage de l’exposition le 02 juin à 19h30 12 rue de Pas, Lille Du mardi au samedi de 9h à 12h et de 14h à 19h Entrée Libre Pascal Dash, Le Nord (le perdre) Le travail de Pascal Dash a quelque chose du journal intime. Chaque jour, où qu’il soit, il essaie de voir le personnage dans ce qui se présente à lui. Que ce soit un paysage, une célébrité, des toilettes, une ville ou un animal, c’est en portraitiste qu’il l’appréhende le sujet et le fixe dans ses images. Dans cette sélection : « le Nord (le perdre) » le point commun à toutes ces photographies est que son regard se fixe en priorité sur un déséquilibre, une perte de référence ou une collision de sens dans ce qui compose l’image. Que ce soit le personnage lui-même, ses pensées qu’on imagine, l’environnement qui est le sien... Il y a toujours un bouleversement des codes usuels. C’est une folie polymorphe. Peut-être celle de toute une société, illustrée par le portrait d’une vache folle, d’une ville dévorée par la pollution, ou d’un homme errant sous un déluge d’eau... Tous ont « perdu le Nord ». (Définition : Etre psychologiquement dans l’embarras le plus profond. Ne plus savoir où aller, s’affoler, se tromper, errer, aller sans suivre un chemin.) 41 LES EXPOSITIONS : LILLE GALERIE HOLLEVOUT Exposition du 26 mai au 26 juin Vernissage de l’exposition Le 2 juin 2011 à 18h30 29 rue royale Lille Tel. 08 99 23 41 60 Du lundi au samedi de 11h à 19h Et le dimanche de 14h à 19h Entrée Libre Multiples artistes, Badgofoto Cette année l’atelier-Galerie Hollevout propose aux nombreux photographes amateurs ou pro un support particulier : Le Badge. Support modeste, le petit disque de métal s’accroche ... aux basques ou à la vie... sur la veste (retournée ou pas)... s’épingle par les autorités...se pique d’être une vedette...se plante là... comme un p’tit clou du spectacle. Le badge informe, signale, conteste, révèle, fête, célébre, manifeste.... et les toutes petites photos s’exposent. 42 EXPOSITIONS LILLE MÉTROPOLE et REGION LA BRASSERIE - FONCQUEVILLERS Exposition du 29 mai au 29 août Vernissage de l’exposition le dimanche 29 mai à 11h 5 rue basse Foncquevillers Du samedi au dimanche de 11h à 18h et sur rdv au : 0687915782 Entrée Libre Marie Amar, La Brasserie Marie Amar s’intéresse à la déclinaison du temps, de l’espace et de la matière. Elle s’approprie l’espace de La Brasserie, il est question de déplacement, de transcription, de codage et de poésie, de dérivation et de mue du territoire. Ces œuvres prennent ainsi en compte à la fois l’architecture et l’expérience d’une traversée. Ces images rencontrent l’esprit du regardeur et il en résulte quelque chose d’exclusif pour chacun où se combinent jeux de matières, textures, reflets, illusions et détournements. L’artiste explore la matérialité et fait surgir des figures subtiles et éphémères par les formes qui les entourent. Du chaos émerge la construction d’un paysage empreint de raffinement. Ce travail initie une réflexion sur le temps et les déformations subies par la mémoire. Le visiteur est porté par la vision de l’écoulement du temps. 43 EXPOSITIONS LILLE MÉTROPOLE et REGION LA BRASSERIE - FONCQUEVILLERS Exposition du 29 mai au 29 août Vernissage de l’exposition le dimanche 29 mai à 11h 5 rue basse basse Foncquevillers Tel. 0687915782 Du samedi au dimanche de 11h à 18h et sur rendez-vous Entrée Libre Nicolas Bluche, sans titre Nicolas Bluche reconstruit des images éparses issues du réel, que notre mémoire visuelle a collectées. Ces images sont ensuite recomposées afin de renoncer aux originaux dont elles sont issues, et ainsi nous placer face à une représentation illusoire, créée de toute pièce. Les oeuvres de NB offrent des images ambiguës, questionnant la perception. L’artiste nous amène à douter par le questionnement constant de notre habilité à observer et à comprendre. Il saisit les espaces, les plans fuyants, reconstitue les strates observées, et les recompose en leur offrant un autre volume. Il bouscule les perspectives et nous incite à rentrer dans l’image en profondeur, comme dans un rêve instantané. Les traces du passé se fixent dans le présent, et nous offrent un parcours de voyage en multiples dimensions. Les œuvres s’interprètent librement au fil du regard de chacun. 44 EXPOSITIONS LILLE MÉTROPOLE et REGION LA BRASSERIE - FONCQUEVILLERS Exposition du 29 mai au 29 août Vernissage de l’exposition le dimanche 29 mai à 11h 5 rue basse, Foncquevillers Tel. 0687915782 Du samedi au dimanche de 11h à 18h et sur rendez-vous Entrée Libre Nicolas Kowalski, sans titre Dans cette série, Nicolas Kowalski s’intéresse ici à la mémoire visible ou invisible des lieux et des personnes. L’artiste attire notamment l’attention sur des objets dont nous considérons rarement les qualités esthétiques. Ses photographies d’objets hétéroclites font référence à des souvenirs que chacun s’approprie. Il s’agit en réalité d’objets abandonnés sur place. L’image a fait franchir à ces objets pour le moins banals la frontière de l’art. Ils deviennent vivants par le simple fait d’avoir été extraits du lieu surchargé auquel ils appartiennent. Aucune mise en scène n’a été nécessaire. Simplement détachés de leur contexte, ils changent de statut, sinon de nature, et apparaissent comme des installations artistiques. Entre documentaire et imaginaire, ces photos placent réalité et fiction dans une sorte d’incertitude. Le regard posé devient point de départ d’un cheminement historique vers une vérité revisitée. 45 EXPOSITIONS LILLE MÉTROPOLE et REGION JARDIN MOSAÏC - HOUPLIN - ANCOISNE Exposition du 26 mai au 31 août Vernissage de l’exposition le samedi 4 juin à 11h 103, rue Guy Moquet – Houplin-Ancoisne Tel. 03 20 63 11 24 Du lundi au samedi de 10h à 19h Le dimanche de 10 à 20h 3€ (tarif réduit) (+1€ le dim.) 5€ (tarif plein) Charles Delcourt, tout in haut de ch’terril Seul relief du Nord, les terrils ponctuent le territoire du bassin minier, d’Est en Ouest, sur quelques cent-vingt kilomètres. Montagnes de schistes, sous-produits de l’exploitation du charbon, les terrils atteignent parfois plus de cent mètres de hauteur et s’imposent au regard, témoins récurrents de l’histoire des lieux. Ce reportage propose un panorama régional, égrainant les sommets et la vie qui s’écoule aux pieds de ces géants minérals. Les terrils possèdent une forte valeur identitaire. Au même titre que les mutations urbaines, sociales et économiques qui ont façonnés le territoire, les terrils se sont intégrés aux aires de la vie quotidienne, appropriés par les habitants autrefois mineurs, désormais “voisins” de ce paysage manufacturé. On les retrouve aujourd’hui bruts et minéraux ; paysagés par l’homme ou reconquis par une végétation spontanée ; convertis en pistes de ski ou en bases nautiques ; ré-exploités, entaillés, aplanis ou même transformés pour accueillir en station d’épuration ... Un parcours dans le bassin minier, entre paysages et portraits, en haut et aux pieds des “montagnes” du plat pays. 46 EXPOSITIONS LILLE MÉTROPOLE et REGION LE MILLENAIRE - LA MADELEINE Exposition du 26 mai au 26 juin Vernissage de l’exposition le mercredi 1er juin à 19h00 35 rue Saint Joseph, La Madeleine Tel. 03 20 55 19 51 Du lundi au samedi de 9h à 12h et de 14h à 19h Entrée Libre Damien Peyret, Swim & Steam Damien Peyret envisage la photographie comme une extension de ses travaux vidéo. Le projet « Swim & Steam » né au cours de la réalisation de son film « Un taxi pour Reykjavik » illustrecette relation créative. Ce dialogue harmonieux n’a pas dénué le travail photographique de son autonomie et souligne l’intérêt commun de l’artiste pour cette frontière ambiguë entre réalité et fiction. « Swim & Steam » est une série d’images prises avec un Polaroid SX70. L’esthétique du polaroid intensifie cette impression de passer la frontière du réel. Ces portraits d’hommes et de femmes baignant dans des piscines fumantes d’eau chaude semblent nous conter une histoire d’un autre monde, pacifique et détaché, où la gravité n’a pas de prise sur la vie des personnes. « Swim & Steam » a été exposé au Musée de la Photographie de Reykjavik, aux Rencontres Photographiques de Montpellier, au Infocus Photography Festival de Vilnius, à Cutlog-Paris, à la Paper garden Gallery de Séoul ainsi qu’à la galerie Spree à Paris. 47 EXPOSITIONS LILLE MÉTROPOLE et REGION GALERIE REZEDA - LA MADELEINE Exposition du 26 mai au 25 juin Vernissage de l’exposition le mercredi 1 juin à 19h 48, rue Saint Joseph, La Madeleine Du mercredi au samedi de 14h à 19h tel. 06.63.57.31.69 Entrée Libre Anabelle Folliet, La Mémoire du Caméléon #2 Les photographies d’Annabelle Folliet, semblent nous inviter à la découverte d’un espace invisible, qui pourrait se nommer « vide ». Mais au travers de ses photographies, dont chaque détail est mis en scène avec une précision quasi obsessionnelle, c’est une très rigoureuse mise en abîme de « l’abscence » qui nous est livré. Univers très intime, où chaque lieu, chaque chose, chaque personne photographiée fait l’objet d’une mise en tension entretenant un équilibre fragile entre un présent qui nous échappe et un passé immuable. Avec un vocabulaire graphique très poétique et un regard d’une extrême douceur, mais sans concession avec les apparences, elle nous invite à combler notre propre absence au monde. Pour les Transphotographiques de Lille 2011, Annabelle Folliet effectuera une résidence à la Galerie Rezeda, pour pouvoir répondre, sur place, au thème de cette année: NORDS. 48 EXPOSITIONS LILLE MÉTROPOLE et REGION GRAND BOULEVARD - MOUVAUX Exposition du 26 mai au 26 juin Vernissage de l’exposition le Jeudi 26 mai à 16h Grand Boulevard – 59420 Mouvaux Entrée Libre Bastien Defives, Des rives, Littoral Mer du Nord et Manche Aucune zone littorale n’échappe désormais à la planification humaine. Présente de manière évidente dans les zones industrielles et les stations balnéaires protégées par les digues, elle l’est jusque dans la délimitation et la gestion des zones naturelles préservées. De fait, depuis un demi-siècle, le littoral subit un afflux de population, d’activités et d’échanges sans précédent. Ce phénomène de littoralisation a transformé les espaces côtiers en « espaces partagés », situés au centre d’intérêts et d’enjeux très variés. Suivre la côte de manière systématique, marcher sac au dos entre terre et mer, dormir sur place et fixer les lumières de l’aube au crépuscule, s’immerger, observer... permet de dresser un état des lieux photographique de cette frontière qui n’a souvent plus de naturelle que le nom. Le choix de la marche permet de constater à hauteur d’homme. En promenant un regard qui ne soit ni complaisant ni agressif, je tente ainsi de faire prendre conscience au spectateur de ses propres responsabilités dans les évolutions du paysage ... Cette série a été réalisée en 2007 entre la frontière Belge et le Mont Saint Michel. Ce travail se poursuit actuellement, et proposera à terme un constat exhaustif et personnel de l’intégralité du littoral français et des activités qu’il abrite. 49 EXPOSITIONS LILLE MÉTROPOLE et REGION SALONS DE L’ HOTEL DE VILLE - MOUVAUX Exposition du 26 mai au 29 mai Vernissage de l’exposition le Jeudi 26 mai à 18h30 42, boulevard Carnot – 59420 Mouvaux De 10h à 12h et de 14h à 18h Club des cinéastes et photographes amateurs de Mouvaux, Exposition collective Un circuit de médiation sera proposé aux visiteurs du 26 au 29 mai entre 10h et 19h. Le circuit remontera l’exposition de Bastien Defives sur le Grand Boulevard et se rendra aux salons de l’ancien hôtel de ville de Mouvaux pour l’exposition collective du CCPAM. En s’associant au Festival, la ville de Mouvaux souhaite créer un événement sur le 8ème art, rassemblant professionnels & amateurs : Bastien Defives et des photographes amateurs. Il s’agit de mettre en place un nouveau rendez-vous culturel à destination des habitants et de proposer un événement de qualité accessible à tous. L’intérêt du projet repose sur la mise en parallèle du travail artistique de professionnels et d’amateurs Ce projet offre un véritable partenariat entre notre municipalité, la Maison de la photographie – proposant les photographies d’un professionnel – et une association culturelle mouvalloise : le CCPAM. Les membres du CCPAM ont lancé un concours amateur sur le thème retenu par Les Transphotographiques. L’idée est de proposer, en marge de ce Festival, une exposition « Off » de photographies réalisées par les amateurs du CCPAM. 50 HALL DE L’HOTEL DE VILLE - RONCHIN Exposition du 26 mai au 26 juin Vernissage de l’exposition le mardi 31 mai à 18h30 650 avenue Jean Jaurès, Ronchin Tel. 03 20 16 60 00 Du lundi au vendredi de 08h à 12h30 et de 13h30 à 17h30 Entrée Libre Ces portraits photographiques ont tous été réalisés sur un même territoire, ancien bassin sidérurgique du nord de la France à l’orée du parc naturel de l’Avesnois, où s’est tissé mon quotidien au fil des années. Gérald Deflandre, Les Frontaliers Dans cette zone géographique, fortement touchée par la crise économique du fait de sa grande activité industrielle, les personnes ont été très affectées par la brutalité de la redistribution des richesses due au changement des secteurs d’activités. Les ambitions et les rêves sont restés identiques au regard d’une réalité toute changeante. En aval de ce bouleversement, les anciens paysages industriels ont été petit à petit réaménagés en espaces verts. Ces nouveaux lieux de détente et de loisirs réorganisés sont venus masquer les vestiges d’une époque toute florissante, sans pour autant réussir à atténuer le souvenir de la violence sociale qu’elle avait engendrée dans sa chute. Cette réhabilitation des sols et des espaces ne retentit que très faiblement sur les hommes. Chacune de ces photographies met en évidence une partie de l’univers personnel, professionnel ou même mental d’individus que je rencontre. Il est primordial pour moi de connaître et de comprendre les chemins empruntés tant physiquement qu’intellectuellement par ces personnes, afin d’être averti au mieux de l’univers dans lequel ils évoluent. Ce travail photographique s’apparente au documentaire et pourtant certains accents apportés à de petites singularités développent un univers fictionnel. Celui-ci permet, presque paradoxalement, de s’approcher au plus près de ces personnes et de leur existence, faite à la fois d’une réalité assez violente et d’un univers fantasmatique et intellectuel plus complexe. Mises en scènes ou documents, le fil sur lequel la démarche s’articule fait naître certaines ambiguïtés et questionne sur le caractère utopique de l’existence. Ce sont des images de lieux et de personnes ordinaires, rien de spectaculaire, rien d’époustouflant, si ce n’est l’arrogante intuition qu’une autre vie pourrait être possible, située entre la réalité et la fiction, à la croisée des chemins du grave et du léger. 51 EXPOSITIONS LILLE MÉTROPOLE et REGION HALL DE L’HOTEL DE VILLE - RONCHIN Exposition du 26 mai au 26 juin Vernissage de l’exposition le mardi 31 mai à 18h30 650 avenue Jean Jaurès, Ronchin Tel. 03 20 16 60 00 Du lundi au vendredi de 08h à 12h30 et de 13h30 à 17h30, Exposition visible du 1er au 26 juin chez les commerçants de la ville partenaires de l’événement, entrée Libre Club de photographie de Ronchin, Nord, Terre de Contraste Le contraste, opposition de deux éléments dont l’un fait ressortir l’autre, trouve en cette mise en scène métaphorique, le reflet d’un autre monde dans une beauté née de l’expression conjointe d’une sensibilité subjective, et d’un ordre objectif où règnent la mesure et la proportion. Contraste des individualités subjectives au sein d’une association où la coopération, le compromis, la recherche négociée d’une unité directrice se fait lumière et ombre. Contraste entre une oeuvre collective et un ouvrage personnel. Contraste entre les signes plastiques des images, entre leurs motifs et entre leurs signes iconiques. Contraste entre leurs signifiances. Contraste enfin du temps unique et instantané de ce qui est pris par le photographe, et du temps prolongé du spectateur face à ce qui est révélé comme la réalité d’un passé Ce nouveau projet d’exposition de photographies dans l’Espace public témoigne ainsi de l’engagement de la ville de Mouvaux dans son action de sensibilisation aux arts visuels. Actions de sensibilisation envisagées : ateliers photos avec les Centres de Loisirs et visite de l’exposition pour les scolaires. Les commerçants de Mouvaux s’associent à l’évènement en accueillant à partir du 1er juin les photos du CCPAM dans leurs boutiques. 52 EXPOSITIONS LILLE MÉTROPOLE et REGION LA PLUS PETITE GALERIE DU MONDE - ROUBAIX Exposition les samedis 11, 18 et 25 juin De 15h à 18h Vernissage de l’exposition le dimanche 5 juin à 11h30 69 rue des arts Roubaix Sur rdv au 03 20 24 35 31 Entrée Libre Phil Barth, François Daumerie, Patrice Deregnaucourt, K-Poon Dubus, Eric Keller, Alan Marsh, Perlimpinpin, Fabrice Poiteaux, Caroline Robe, Jacques Van Roy, Jouer pour Voir « Maturité de l’homme : cela signifie avoir retrouvé le sérieux que l’on mettait dans ses yeux, enfant. » F. Nietzsche –Par-delà le bien et le mal. Dix photographes ont pris le chemin des écoliers munis de « jouets » : de simples boîtes de cartons aux coques de plastique. Ils proposent une vision du Nord au travers d’une photographie aléatoire. Des images réalisées d’une façon ludique dont le résultat est surprenant ! Jouant des accidents, ces photographes se situent à contrecourant. « Poétique du petit trou, le goût saumâtre d’une pupille de plastique pour saisir la lumière du monde ». 53 EXPOSITIONS LILLE MÉTROPOLE et REGION L’ŒIL ET ANKAMA RESTO – ROUBAIX L’OEIL Exposition du 12 mai au 16 juin Vernissage de l’exposition le samedi 14 mai 61rue Henri Lefebvre – Roubaix Tel. 03 20 73 88 07 Le lundi, mercredi vendredi de 18h à 20h Et le samedi de 10h à 12h et de 14h à 18h Entrée Libre ANKAMA RESTO Exposition du 12 mai au 16 juin Vernissage de l’exposition le jeudi 12 mai à 19h 62 boulevard d’Armentières Roubaix Tel. 03 20 46 65 40 Du lundi au mercredi de 12h à 15h Du jeudi au vendredi de 12h à 15h puis de 18h à 23h Entrée Libre Michel Lagarde est né à Cadouin en Dordogne, en 1954. Entre 1973 et 1987, il est comédien et décorateur au sein d’une troupe de théâtre près de Paris. Il participe à l’achat d’une ancienne salle de cinéma et contribue à la transformer en salle de spectacle. En 1988, il quitte la troupe et intensifie son activité de scénographe et de décorateur pour le théâtre mais aussi pour le cinéma, l’événementiel, la scénovision, la haute couture. Il intervient par exemple pour le Centenaire du Crédit Agricole au Palais des Congrès, pour la pièce «Le dernier jour d’un condamné» de Victor Hugo à Paris, pour le défilé Dior au Musée du Jeu de Paume, pour l’opéra Didon et Enée mis en scène par Denis Chabroulet. Michel Lagarde Dramagraphies En parallèle, il mène une recherche artistique personnelle et produit fin 2003 sa première dramagraphie. Il entreprend la réalisation d’un roman photographique, TARABELBÖ. En 2008, il publie un ensemble d’illustrations photographiques sur le texte «Côte d’Azur» de Denis Chabroulet, aux Editions Amandier. En 2011, il publie Dramagraphies, une collection d’autoportraits dont il réalise les décors, aux Editions Ankama. Michel Lagarde ne s’arrête pas aux frontières d’un art ni à celles d’une définition. Ses dramagraphies sont le résultat d’un travail considérable, empruntant au maquettiste et à l’architecte, au décorateur et au comédien, à l’éclairagiste et au peintre. Elles répondent à l’envie de raconter des histoires. Elles croustillent, dans le noir et blanc de la scène, entre le rire jaune et le maintien pincé, entre le grotesque et la solennité. 54 EXPOSITIONS LILLE MÉTROPOLE et REGION MANUFACTURE DES FLANDRES, MUSÉE-ATELIER DU TEXTILE - ROUBAIX Exposition du 28 mai au 26 juin Vernissage de l’exposition le vendredi 3 juin à 18h30 25 rue de la Prudence Roubaix Tel. 03.20.65.31.90 Tel. 03.20.20.98.92 Du mardi au dimanche de 14h à 18h Entrée Libre Anna Solé Poses et dé-poses La danse et l’image arrêtée forment une antinomie évidente. Le mouvement excède le cadre; il n’y a d’image que par le cadre. Que peut alors apporter l’artiste photographe à la danse ? que peut-il en faire au-delà du simple décalque de ce qui se donne à la perception ? comment l’image peut-elle n’être pas reproductrice mais créatrice, à partir d’un donné artistique déjà fort en lui-même ? Anna Solé s’est progressivement posée ces questions au fil de son expérience avec les danseurs de Carolyn Carlson. Si au départ, sa mission était précisément de capter des traces des œuvres conçues par la chorégraphe, son art de portraitiste l’a assez vite rappelée à d’autres exigences. S’approcher du corps au travail, partager l’espace scénique, l’investissement de lieux qui ne prennent identité que par les impulsions et trajets accomplis par les danseurs finissait par faire de l’objectif photographique un témoin, entré comme par effraction dans l’intimité d’un geste dansé naissant. Le vocabulaire de la danse use de la notion de pose mais le danseur ne pose jamais. Le saut se conclura par un retour au sol : comment l’image donnera le sentiment de gravité, de poids ? Ce qu’il s’est agi alors de portraiturer, ce ne fut plus des corps, des expressions, des sujets mais une relation à l’espace, une apesanteur, une énergie et, par l’arrêt du cliché, de donner réalité à un corps morcelé. C’est au final, un irréel imaginaire qui se dépose dans les images comme en hommage à toute démarche créatrice. Alors, on s’éloigne de plus en plus de la simple et belle photographie de plateau. Flirtant avec les lumières et les textures de la peinture classique, Anna Solé orchestre la musique de Carlson en la transposant dans ses problématiques de portraitiste. La danse est aussi un art du souffle. Retenir, ralentir, expirer, accélérer, bloquer, relâcher, etc. Du visage contre une vitre aux sauts contre les murs, les images donnent à entendre ce grand phrasé du mouvement. C’est alors la conscience du geste ou de la posture qui devient lisible, ligne s’il en est du travail de Carolyn Carlson. Un irreprésentable est alors suggéré et la photographie rejoint en toute innocence les préoccupations chorégraphiques les plus difficiles. La photographie ouvre à la découverte d’une source organique dont chacune des images restitue un fragment. Si Maurice Blanchot rappelait avec raison qu’une œuvre n’est là que pour nous conduire à la recherche de l’œuvre, les photographies d’Anna Solé sont là comme invitation à explorer, par d’autres voies que celles du spectaculaire, celle de Carolyn Carlson et au-delà peut-être. François Frimat 55 EXPOSITIONS LILLE MÉTROPOLE et REGION GALERIE NADAR - TOURCOING Exposition du 09 avril au 12 juin Vernissage de l’exposition le samedi 28 mai à 11h30 Médiathèque André Malraux, 26 rue Famelart – Tourcoing Tel. 03 59 63 42 50 Le mardi et le vendredi de 13h à 18h30 Le mercredi et le jeudi de 10h à 18h30 Et le Samedi de 10h à 17h30 Entrée Libre Daniel Lienard et Bruno Delannoy Vide Grenier Nous jetterons tout sur le trottoir. Nos cadeaux de mariage, le portrait des ancêtres, les souvenirs de vacances, le vase de la tante Agathe, la chaise percée du grand-père, le baromètre en coquillage. Tout est bon puisque nous parions sur le mauvais goût du passant, ou la curiosité imprévisible du chineur. Nous oublierons toute pudeur. Tout est à vendre. Vous trouvez ce bric à brac émouvant, scandaleux, tragique, rigolo? Tant mieux pour vous. C’est parce que vous êtes un voyeur, un paparazzi qui s’ignore. 56 EXPOSITIONS LILLE MÉTROPOLE et REGION ECOLE D’ARCHITECTURE - VILLENEUVE D’ASCQ Exposition du 26 mai au 26 juin Vernissage le lundi 30 mai à 18h30 2, rue verte – Villeneuve d’Ascq Tel. 03 20 61 95 50 Du lundi au samedi de 10h à 18h Entrée Libre Maxime Brygo Newland Newland présente des photographies de sites construits ces dernières années au sein de cinq villes nouvelles hollandaises. Ces villes connaissent toutes, chacune à leur échelle, une expansion importante. Leur essor actuel tient pour beaucoup à l’opération V.I.N.E.X. (« Vierde Nota Ruimtelijke Ordening Extra » - Supplément au quatrième rapport sur l’urbanisme). Orchestrée par le Ministère du logement, de l’urbanisme et de l’environnement hollandais, cette opération a pour objectif la création de près d’un million de logements entre 1993 et 2015 sur plusieurs dizaines de nouveaux sites urbains. Cinq villes, situées dans trois provinces, ont servi à l’élaboration du projet photographique Newland. Le projet entrepris ici cherche à questionner la fabrication d’identités de ces villes. Comment a-t-on dessiné et agencé ces villes sans Histoire ? Qu’y a-t-on érigé ? Quels monuments pour quelles célébrations ? De quels mythes ces paysages urbains sont-ils porteurs ? Quelles projections, quels désirs accueillent-ils ? On aurait pu répondre à ces questions par une investigation sociologique ou ethnologique de ces sites urbains récemment construits. Une autre voie a été choisie, celle de la photographie. Les objets convoqués ici appartiennent à un patrimoine contemporain : l’école, la tour d’appartements et le fitness center sont quelques-uns des édifices symboliques de notre temps, mais nous n’avons que très peu de recul sur ces objets pour juger de leur valeur patrimoniale. Absence de recul due à leur récente apparition et à leur fonctionnalité encore insaisissable ? Il semble que la photographie, en figeant les lieux et le temps dans ces espaces, atteste ou fabrique le statut patrimonial de ces objets. Les espaces dessinés s’incarnent par la mise en scène photographique, dont le rôle ici est de créer un moment. Un moment et un monument. Cela dit, une ambiguïté se pose quant à la nature du patrimoine : on parle parfois de ville-pilote, de ville-manifeste. Ce sont en effet des villes dont l’identité semble résider dans la façon dont elles sont dessinées, et surtout dans l’image qu’elles véhiculent. Le patrimoine photographié apparaît donc double, mêlant des objets et des images. Newland est un espace imaginaire, puisqu’il ne traite pas chacune des cinq villes individuellement, mais fusionne leurs paysages. Ces paysages proposent une scénographie de la ville publicitaire, ainsi qu’une exploration de ses imageries. Le patrimoine photographié produit donc un patrimoine photographique. Ici l’approche esthétique a été envisagée comme une théâtralisation de l’espace par la lumière, la couleur et la composition. La subjectivité et la diversité des approches est unifiée par la rigueur de construction des lignes de structure des images. La grande profondeur de champ intègre les bâtiments à leurs sites et la frontalité donne valeur d’archivage au corpus. Le patrimoine photographique tente d’aborder des signes de villes en devenir, modèles qui, demain peut-être, s’exporteront ou seront oubliés. Car c’est bien du statut - a priori paradoxal - d’archives en devenir que se réclame ce corpus photographique. Et si la photographie architecture le réel, par là même, elle le sanctifie. Newland, en produisant ces images aujourd’hui, s’inscrit peut-être dans le processus de production des objets de demain. C’est également la question de la pérennité qui se pose ici, face à des paysages encore à l’état de croquis il y a un demi-siècle et parfois même à des espaces gagnés sur la mer. Au spectateur désormais de questionner l’écart qui s’est joué entre le territoire fantasmé, désormais photographié, et la représentation d’un réel, qui bien souvent se dérobe. 57 LES COMMISSAIRES D’EXPOSITIONS 58 Françoise Paviot anime depuis 1995 la Galerie qui porte son nom. Titulaire d’un DEA de lettres, elle a été rédacteur en chef de la revue Interphotothèque Actualités puis du journal interne du Centre Georges Pompidou. De 1975 à 1990, elle a assuré, au sein de la Documentation Française, la direction d’un comité interministériel de liaison et d’information sur l’image qui a mis en place la politique de gestion des fonds photographiques en France. Elle a signé, entre autre, « Analyse de l’Image fixe » et « Adresses utiles pour la photographie » (« Vous avez dit Photographie ? ») Ainsi que de nombreuses notes critiques et articles de presse. Elle est également l’auteur d’ouvrages iconographiques : « Paris en fête » « Le Paris des photographes » et « Les vertiges de l’amour ». Elle a collaboré à plusieurs publications collectives sur la photographie et réalisé de nombreux commissariats d’exposition dont « l’Hommage à René-Jacques » au Musée de la Marine, « Dieter Appelt : Cinema Prisma » à la maison rouge et « Ce qui bouge ne se voit pas » aux Transphotographiques de Lille. Ericka Weidmann est depuis janvier 2010 direc- teur artistique indépendant. De 1999 à 2009, elle occupe cette même fonction au sein du magazine Photographie.com . Au cours de ces dix ans elle organise de nombreuses expositions, telles que l’exposition Unique, Ansel Adams pour Paris Photo en 2002.En charge de la Bourse du Talent (destinée à promouvoir les jeunes photographes), elle organise les expositions rétrospectives des lauréats (expositions à la Bibliothèque Nationale de France en 2007, 2008 et 2009, en Chine dans le cadre du Festival de Lianzhou en 2007 et au festival international de photographie de Pingyao en 2009), réalise les projections des photographes de la Bourse du Talent lors de la Nuit de l’Année dans le cadre des rencontres de Arles en 2008 et 2009, ou encore assure la réalisation d’une collection d’ouvrages en édition limitée. Aujourd’hui, elle s’associe à de multiples projets, expositions (entre autres les 60 ans du laboratoire Picto au Festival des Rencontres d’Arles), livres de photographes, et a rejoint l’équipe des collaborateurs de La Lettre de la Photographie. Gabriel Bauret assure la rédaction du magazine Zoom de 1980 à 1984. Il est jusqu’en 1993 rédacteur en chef de la revue Camera International. Aujourd’hui, il réalise en tant que commissaire indépendant des expositions thématiques et rétrospectives, en France (entre autres à la Maison Européenne de la Photographie à Paris) et à l’étranger (Japon, Etats-Unis, Luxembourg, Espagne, Suisse, Italie, Grèce ...). Il est également auteur de plusieurs livres sur la photographie et a préfacé de nombreuses monographies. Délégué artistique du Mois de la Photo à Paris en 2006, il a également présenté en 2008 plusieurs expositions dans le cadre de cette manifestation. Il a travaillé récemment à des expositions et des livres de photographes et d’artistes aussi différents que Shoji Ueda, Peter Knapp, Lucien Clergue, Roman Cieslewicz, Ilse Frech, Gabriele Basilico, ainsi que Giorgia Fiorio avec qui il anime le masterclass de photographie Reflexions. 59 EN PERIPHERIE DU FESTIVAL AGENDA STAGES CONFERENCES HISTORIQUE DU FESTIVAL LES PARTENAIRES INFORMATIONS PRATIQUES 60 Agenda Vernissages : Ankama Resto : Jeudi 12 mai à 19h00 - 62, boulevard d’Armentières 59100 Roubaix Galerie New Square : Mardi 17 mai à 18h30 - 40, rue Voltaire 59000 Lille Galerie La Sécu : Vendredi 20 mai à 18h30 - 26, rue Bourjembois 59000 Lille Galerie Raison d’Art : Mercredi 25 mai à 17h - 153 bis, boulevard de la Liberté 59000 Lille Palais des Beaux-Arts : Mercredi 25 mai à 19h - 100, boulevard de la Liberté 59000 Lille Grand Boulevard : Jeudi 26 mai à 16h - Grand Boulevard 59420 Mouvaux` Salons de l’ancien Hotel de Ville, Mouvaux : Jeudi 26 mai à 18h - 42, boulevard Carnot – 59420 Mouvaux Maison de L’Architecture et de la Ville : mardi 26 mai à 18h - Place François Mitterrand 59800 Lille Hospice Comtesse : Jeudi 26 mai à 19h - 32, rue de la Monnaie 59800 Lille Palais Rameau : Vendredi 27 mai à 18h30 - 39, Bd Vauban 59800 Lille Galerie Nadar : Samedi 28 mai à 11h30 - 26, rue Famelart 59200 Tourcoing Tri Postal : samedi 28 mai à 17h - Avenue Willy Brandt 59000 Lille La Brasserie : Dimanche 29 mai à 11h - 5, rue basse 62111 Foncquevillers Ecole d’Architecture : Lundi 30 mai à 18h30 - 2, rue verte 59009 Villeneuve d’Ascq Hall de l’Hôtel de Ville : Mardi 31 mai à 18h30 - 650, avenue Jean Jaurès 59790 Ronchin Vieille Bourse : Mardi 31 mai à 19h30 - 30, place du Général de Gaulle 59800 Lille Galerie Rezeda : Mercredi 1 juin à 19h - 48, rue Saint-Joseph 59110 La Madeleine Le Millénaire : Mercredi 1 juin à 19h - 35, rue Saint-Joseph 59110 La Madeleine Gallerie Hollevout : Jeudi 2 juin à 18h30 - 29 rue royale 59800 Lille Magasin Iluxi : jeudi 2 juin à 19h30 - 12 rue de pas 59800 Lille Manufacture des Flandres : Vendredi 3 juin à 18h30 - 25, rue de la Prudence 59100 Roubaix Jardin Mosaïc : Samedi 4 juin à 11h - 103, rue Guy Moquet 59263 Houplin-Ancoisne Salle conclave du Palais Rihour : Samedi 4 juin, 16h - Place Rihour Lille La Plus Petite Galerie du Monde (Ou Presque) : Dimanche 5 juin à 11h30 69, rue des arts 59100 Roubaix Maison de la Photographie : Vendredi 10 juin 18h30 - 18, rue frémy 59000 Lille 61 Agenda Conférence de presse à la Maison de la Photographie : Jeudi 12 mai, à 11h, 18 rue Frémy 59000 Lille 03 20 05 29 29 Autour des expos : RENCONTRES Rencontre avec Michel Lagarde Samedi 14 mai à 18h L’œil, Roubaix Rencontreavec Gabriele Basilico, animée par Gabriel Bauret, commissaire d’exposi tion. Jeudi 26 mai 2011, à 16h30, Palais des Beaux-Arts. Rencontre avec Patrick Tourneboeuf, proposée par Françoise Paviot Vendredi 10 juin à 17h00, la Maison de la Photographie. Rencontre avec Annabelle Folliet, Lundi 25 Juin à 14h, Galerie Rezeda, La Madeleine. CONFERENCES Conférence introductive : « Nord(s) : Visions Contemporaines » Vendredi 27 mai 2011, à 17h Tri Postal Débat-projection autour du thème du festival de cette année : Nord(s), avec plusieurs photographes et les commissaires d’exposition : débat ouvert et illustration plurielle. - Création et Artistes en résidence, 28 mai - Photoreporter en 2011, 18 juin - La protection des oeuvres photographiques, 25 juin Cycle de conférences autour du métier de photographe, Chaque samedi du festival à partir de 16h00 au Tri Postal: 62 Agenda Conférence introductive : Nord(s): visions contemporaines Vendredi 27 mai à 17h Conférence introductive autour de la thématique 2011 du festival, en présence de photographes de la programmation et des commissaires d’exposition, vendredi 27 mai, 17h, Tri Postal Pour sa dixième édition, le festival Transphotographiques organise une conférence introductive autour de sa thématique 2011, intitulée Nord(s): visions contemporaines. Organisée comme une table -ronde, elle fait écho à la conception plurielle du Nord qui a guidé les choix des deux commissaires d’exposition Françoise Paviot et Gabriel Bauret. Trois photographes de la programmation 2011, Jean- Christophe Béchet, Marie-Noëlle Boutin et Rémi Guerrin, viendront illustrer leur démarche artistique par le biais de projections, et enrichir le débat en confrontant leurs visions singulières du Nord aujourd’hui. Jean-Christophe Béchet - France Nord (un road movie français) “Je suis né à Marseille. Quand je suis venu vivre à Paris, je croyais m’installer dans le Nord. Or, à ma grande surprise, aucun Parisien ne pense vivre au Nord. Là encore, le Nord c’est plus loin, plus haut. Pourtant sur la carte Michelin 918, Paris mais aussi Bourges, Nantes, Brest, Caen, Dijon, Strasbourg ou Metz sont bien dans le Nord de la France. Alors qui croire ? (...) J’ai donc eu envie d’aller scruter photographiquement, « boîtier au poing », cette réalité française qu’est le déni du Nord. (...) Au final, « mon » Nord déborde largement du seul département 59, et même de la région Nord-Pas de Calais. Mon Nord commence à la sortie de Paris pour s’étendre à l’Est jusqu’à Thionville et s’achever à l’Ouest vers Cherbourg. Dans ce territoire personnel, j’ai saisi quelques empreintes de cette sensation du Nord. Pour rendre la matière de cet espace imaginaire, j’ai mêlé différents formats et plusieurs matières photographiques (Polaroid et diapositives). Afin de ne rien affirmer mais de laisser ma proposition géographique ouverte… Car, la photographie doit toujours contester les réalités « Marie-Noëlle Boutin - Territoire de jeunesse “« Territoire de jeunesse » est un travail photographique sur la représentation des jeunes dans l’espace urbain. Pendant un mois, je suis allée à la rencontre de jeunes et d’adolescents à GrandeSynthe. J’ai observé leurs déplacements dans la ville, je me suis intéressée à la manière dont ils investissent des lieux de vie dans l’espace public, j’ai regardé les attitudes qu’ils adoptent lorsqu’ils se retrouvent en groupe. Au travers leurs déambulations dans la ville, les jeunes s’inventent leur propre territoire à l’écart du regard des adultes. Ce territoire est celui aussi de leur jeunesse, un territoire aux contours flous et incertains que représente la période de l’adolescence. Leurs gestes, leurs postures, de même que leurs codes vestimentaires ou les accessoires qu’ils utilisent comme le baladeur MP3 ou le téléphone portable, sont autant de traits qui caractérisent leur jeunesse et leur lieu de vie.” Rémi Guerrin - Empreinte et mémoire “L’image photographique enregistre un espace conjoint à un vide sur une étendue réduite. Fractions de paysage. Fragmentations de mémoire : repérer, observer, et cibler la diversité des paysages de notre environnement personnel, proche. Lire ces paysages avec les yeux. Puis les écrire, sédimentation de la lumière. Minéraux, végétaux, matières, formes … Tout ce qui est présent autour de moi élabore avec l’imaginaire une dimension visuelle, une prise de vue, un instantané de l’image, le désir du jeu qui s’inscrit dans la création. La photographie raconte, nous raconte, se souvient. Elle est notre mémoire et notre confidente. (...) Le paysage apparaît dans le territoire dès lors qu’il y a perspective imaginaire. Une fenêtre ouverte, la vue d’un ciel ou d’un arbre, une saison particulière. Ce que je vois et observe se transforme, me parle, m’accompagne dans les gestes quotidiens. L’axe de la photographie demeure fixe ; à l’entour, tout bouge, et demande / cherche à être capté.” 63 Agenda Cycle de conférence sur le métier de photographe Conférence Création et Artistes en résidence, Samedi 28 mai 2011, 16h, Tri Postal en présence des photographe Florence Chevalier et Anne-Marie Filaire et des structures qui les ont accueillies en résidence, respectivement l’Espace 36 et le CRP. Florence Chevalier Résidence 2010, Espace 36, St Omer ADAGP, courtesy Florence Chevallier Anne-Marie Filaire - Transfrontalière Conférence Photoreporter en 2011, par les professionnels du journal la Voix du Nord, Samedi 18 juin 2011,16h, Tri Postal A l’heure d’internet et du numérique, de la perfection technique accessible à tous et du document amateur disponible immédiatement, que veut dire être «photographe de presse» ? En quoi les pratiques professionnelles ont-elles changé depuis quinze ans et dans quel sens vont-elles continuer à évoluer ? Conférence La protection des oeuvres photographiques, avec Laetitia Daucé, Samedi 25 juin 2011, 16h, Tri Postal Le marché de la photo Fine Art se développe sans cesse, et donner une identité unique à chaque tirage est devenu indispensable. Au delà des marques, des procédés, des clans et des chapelles, comment aborder l’unicité des œuvres, comment faire en sorte de «graver» dans l’image sa fiche signalétique ? 64 Agenda Un week-end avec ... Hervé Dorval : Le noir et blanc numérique Samedi 4 Juin 2011 : à la Maison de la Photographie De 9h00 à 12h30 et de 14h00 à 16h30 – Possibilité de prendre le repas ensemble Dimanche 5 Juin : Horaire à déterminer avec les stagiaires le samedi selon leurs possibilités. Le plus tôt serait le mieux pour bénéficier d’une lumière intéressante. (7h00 -14h00 ou 8h00-15h30 ou 9h00-16h30.) Brunch ou repas en milieu de journée de stage Fabrice Poiteau : Sténopé, machine de vision Samedi 11 et dimanche 12 juin 2011 : à l’école nationale supérieure d’architecture et de paysage de Lille, de 9h à 12h puis de 14 à 17h Marc Dubord : Le travail de retouche numérique Samedi 18 juin 2011 : au Tri Postal, de 9h à 12 h et de 14h à 18h Jean-Christophe Béchet : Penser son projet photographique Samedi 28 et dimanche 29 juin 2011 au Tri Postal, de 10h à 17h Samedi 28 : Construire un projet photo, de l’idée à la prise de vue Dimanche 29 : Penser son livre photo, l’approche éditoriale de la photographie Pour plus d’informations : www.transphotographiques.com 65 Evenements Jeudi 27 et 28 mai : Lectures de portfolios Au Tri Postal, av Willy Brandt - LIlle Samedi 28 mai : Les Nuit Transphotographiques - APM001 / ART POINT M, Soirée électro, de 22h00 à 4h00 / 10 ans au Tripostal - Place des buisses, Performance “Nos vies numériques ont de la gueule”. Vendredi 10 juin : - Soirée projection « gens d’image» à 21h30 66 Historique du festival La Maison de la Photographie organise depuis 10 ans les Transphotographiques, festival international de Photographie, situé sur le territoire eurorégional avec pour cœur la ville de Lille et sa métropole. L’objectif est de sensibiliser un public large à la Photographie et ses problématiques artistiques actuelles. Cet évènement se caractérise par un programme de qualité, empreint d’originalité et de diversité, constitué d’expositions, de conférences, de lectures de portfolios, de soirées projections... Les Transphotographiques, diffusent et soutiennent la photographie dans un environnement résolument tourné vers l’International. C’est dans ce contexte que les Transphotographiques ont pris une part reconnue dans le paysage photographique international en devenant un rendez-vous annuel incontournable de découverte et de dialogue autour de la photographie contemporaine, qui valorise le territoire, à la fois en présentant les travaux de ses artistes et aussi en accueillant les plus grands noms de la photographie contemporaine. Les neuf premières éditions des Transphotographiques ont été de vrais succès. L’adhésion au « Photo Festival Union » créé en 2005 qui réunit plus d’une vingtaine de festivals européens de Photographie a amené une dimension nouvelle au festival. La qualité artistique des photographes à l’honneur participe sans aucun doute à cette renommée : Willy Ronis, Sabine Weiss, Peter Lindbergh, William Klein, Raymond Depardon, Lucien Clergue, Karl Lagerfeld, Stanley Greene, Joan Fontcuberta et bien d’autres ont honoré le festival de leur présence. L’idée de donner une thématique au festival, pressentie en 2002 avec un programme dédié aux «femmes photographes», s’est concrétisée en 2004 avec la distinction « festival officiel » et « off ». En effet, à partir de la quatrième édition, la direction artistique est confiée à un commissaire général, chargé de donner un fil conducteur au festival officiel. Jean-Luc Monterosso, directeur de la Maison Européenne de la Photographie à Paris et fondateur du « Mois de la Photo » Pour la cinquième édition, Anne de Mondenard, responsable du fonds de photographies de la médiathèque de l’architecture et du patrimoine, a choisi la notion de Territoires pour une programmation intitulée « hors circuits ». Donner une ligne artistique marque une évolution au sein d’un festival en plein essor : cela renforce l’image et la qualité de l’officiel et, dans le même temps, fait monter en puissance le off qui offre à de jeunes artistes, notamment régionaux, des lieux et des moyens de diffuser leurs travaux. Les Transphotographiques 2007 ont décliné la thématique de la photographie et du cinéma à l’occasion de l’anniversaire des soixante ans du festival de Cannes. La thématique de 2008 a initié une rencontre entre la mode et la photographie. Et cette rencontre était incarnée par l’invité d’honneur des Transphotographiques : Karl Lagerfeld présentant une exposition intitulée « One Man Shown » de plus de 300 tirages au Tri Postal de Lille. Un partenariat de prestige avec le Magazine PHOTO a aussi rythmé cette édition. Le numéro du mois de mai du magazine a consacré une trentaine de pages au Festival lillois, et les Transphotographiques ont réservé au Magazine Photo un espace au Tri Postal pour y exposer les plus belles couvertures du Magazine PHOTO. Les liens et les réseaux tissés au fil des éditions, ont amené naturellement à présenter en 2009, une thématique tournée vers l’Europe de l’Est : regards croisés de photographes russes, polonais, tchèques, roumains, hongrois, français qui confrontent leurs visions de la frontière tant territoriale que sociétale et culturelle. Orchestrée par les commissaires d’exposition Gabriel Bauret et Françoise Paviot, l’édition 2010 a accueilli une cinquantaine d’artistes de multiples nationalités (Polonais, Japonais, Américain, Finlandais...) sur le thème « Une seconde nature ». En effet, au-delà de l’Europe, ce sont les frontières internationales que les « Transphotographiques » ont décidé de franchir. Ainsi, il en résulte une variété féconde de points de vue, d’illustrations et d’univers naturels qui dépassent la conception traditionnelle du paysage. 67 Les partenaires 68 Informations pratiques PLAN ET ITINERAIRES La Maison de la Photographie : En Voiture En venant de l’autoroute (Paris, Dunkerque...) Prendre direction Lille-Centre, puis la sortie 2b (Lille-Fives) Au 2ème feu, prendre le pont à droite Après le 2ème feu, prendre la deuxième rue à droite (rue de Frémy) La Maison de la Photographie est au numéro 18. En Métro : Station Fives Vous êtes rue Pierre Legrand, remonter la rue vers Lille (Grand Palais). La rue Frémy est une perpendiculaire sur la gauche (avant dernière rue avant de passer sous le pont) CONTACTS La Maison de la Photographie 18 rue Frémy 59000 LILLE Tél. 03 20 05 29 29 www.maisonphoto.com www.transphotographiques.com Contact presse nationale : Anne Samson [email protected] Contact presse locale : Martin Van Boxsom [email protected] Gaëlle Vaillant [email protected] 1 Palais des Beaux Arts 5 Palais Rihour - Salle du Conclave 2 Tri Postal 6 Maison de la photographie 10 Gallerie Hollevout 3 Musée de l’Hospice Comtesse 7 Lasecu 11 Illuxi 4 Palais Rameau 8 Maison de l’Architecture et de la Ville 12 Galerie New Square 13 Galerie Raison d’Art 9 La Vielle Bourse 69