N°4 / supplément module optionnel
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N°4 / supplément module optionnel
DE LA SERINGUE A LA PLUME Module optionnel : La place de l’écrit dans la profession infirmière Édito : « Écrire pour penser ou penser pour écrire ?... »* Chers lecteurs, Ce supplément est le résultat du module optionnel « La place de l’écrit dans la profession infirmière ». Les formatrices responsables sont Mme FAOA et Mme RIGAUDON. C’est la première année qu’il a été instauré à l’IFITS, c’est donc une découverte pour chacune d’entre nous. Nous avons voulu partager cette expérience unique et riche avec vous au travers des différents articles rédigés par les étudiantes. En effet, ce module a pour but de favoriser l’envie d’écrire et la créativité des étudiants, et de mettre de coté les craintes, les préjugés et le coté« fastidieux » de l’écriture. Il en ressort de ces quinze jours que les infir- mier(e)s écrivent peu alors qu’ils auraient plusieurs raisons d’écrire. Est-ce par peur de la vision des autres ? Est-ce par manque de temps ? « La place de l’écrit dans la profession infirmière » a pour objectif de démontrer qu’il est parfois moins compliqué que l’on croit d’écrire. Il s’agit pour nous, futurs professionnels, de montrer l’intérêt de l’écriture dans les soins infirmiers. Ce module n’a pas été le choix de toutes, mais néanmoins, nous sommes toutes agréablement surprises. La richesse des interventions proposées a permis à chacune de nous de découvrir la « fibre littéraire » ; fibre que nous étions bien loin de penser avoir en nous. Les temps forts de ces deux semaines sont l’intervention de Mme LEVY qui nous a permis d’écri- re nos ressentis et celle de Mme PRIOLLAUD pour les dessiner sous forme d’un « carnet de voyage ». La finalisation du module a donc été la construction des articles de ce journal sur le vécu, les ressentis et les observations qu’ont les étudiants envers leur future profession. Nous espérons avoir stimulé votre curiosité à l’écriture. Et si la seringue laissait quelques fois place à la plume, qu’en pensez-vous ? SORRES Gisèle PEKAM Nadine Étudiantes infirmières Promotion 2007-2010 * C. CHARRASSE, R. SCHULLER, P. SCHINDELHOZ, infirmiers Notre enquête démarre par ces novices. Ils n’ont pas encore mis un pied à l’école qu’ils sont déjà stressés ! Mais par quoi ? Ils s’époumonent à nous dire qu’ils sont heureux d’intégrer LA formation, tant attendue. Leur ressenti est à la fois mêlé d’impatience, de joie, de nervosité et d’inquiétude… Ils sont assez réalistes, ils ont eu des échos !!! Ils se délectent à penser que la formation leur apporte des connaissances théoriques et la pratique n’en sera que plus facile. Ceci dit, ils ont presque conscience du travail à fournir et de l’aspect enrichis- à la vie familiale. C’est une fois les choses finies que l’on se sant de ces trois années. rend compte de leur importanDe l’avis de nos confrères et ce et du bonheur procuré. Vous consœurs déjà en formation, le me rétorquerez que la charge cheminement diffère et l’évolude travail est gigantesque. Mais tion est en marche ! Bien sûr, ces moments de fous rires, ces les attentes sont plus ou moins joies partagées, ces instants de atteintes. Ils sont bouleversés doute, cette force qui nous a par les valeurs humaines, une unis pendant trois ans rend disponibilité accrue des formaquelque peu nostalgique ! Malteurs, des stages intéressants et gré tout, les professionnels des modules clairs et accessiressentent un peu d’appréhenbles. Elle leur permet de prension devant des soins non apdre conscience de leurs responpris, ou de l’administratif omsabilités, ce qui en effraie plus niprésent… Quant à la prise de d’un !!! Bien que la formation conscience des responsabilités, soit stressante, et que les proelle est à son paroxysme. Pour motions soient trop grandes, autant, il y a un soulagement et elle n’en est pas moins riche « une fierté d’être arrivé jusd’enseignements et de découqu’au bout ». vertes. Ils reconnaissent que les ateliers sont enrichissants, Alors, chers étudiants, ne baistout comme la formation et sez pas les bras, rappelez vous qu’ils sont utiles pendant le les motivations qui vous ont soin. Certains n’y trouvent pas poussées à entrer dans cette d’ intérêt. formation. Après avoir quitté les bancs de l’IFSI, le raisonnement évolue encore. Cette formation a demandé une implication de tous les instants. Il est d’ailleurs pénible d’allier la vie étudiante Sommaire Edito 1 « Écrire pour penser ou penser pour écrire?... » Vivre à l’IFITS Planet’ IFITS 1 De la résistance au plaisir… 2 Les infirmiers à l’Université Planet’ IFITS Alors, Étudiants, venez suivre avec nous, les aventures de nos confrères et consœurs… Vous êtes prêts ? Venez ! Septembre 2010 Vers une nouvelle ère VIVRE A L’IFITS Nous nous sommes interrogées sur la vie estudiantine pendant une formation. Nous avons rondement mené notre enquête, en voici l’essence même. Sans nul doute, il apparaît que les attentes et le ressenti ne sont pas les mêmes, suivant qu’ils aient intégré la formation, qu’ils soient en cours ou qu’ils aient fini… Numéro spécial réalisé par les étudiants Carine DOR Marie BEAUQUIER Étudiantes infirmières Promotions 2007-2010 et 2008-2011 2 L’accueil, un ingrédient 3 à ne pas rater Actualités de la profession Du crayon au clavier 3 Le beau et la dignité 4 A travers les regards… 4 De la résistance au plaisir... Aujourd'hui, c'est avec un sourire que nous nous rappelons de la surprise générale qui nous saisit l'an dernier, quand les ateliers nous furent présentés comme un projet institutionnel faisant partie de la vie de L'I.F.S.I. depuis de nombreuses années. La question qui nous taraudait tous l'esprit était : «mais quel est l'intérêt de ces ateliers dans notre formation d'infirmière ?». De nos regards de novices empreints de représentations, nous étions loin de nous douter du bénéfice que nous pourrions tirer de ces activités. Les ateliers de première année tous axés sur le corps, offrent un véritable temps d'échange de qualité au sein du groupe, de connaissance de son propre corps, un moment où l'on peut lâcher prise par rapport au rythme soutenu des modules, évaluations et stages. Après l'atelier hip-hop, salsa, ou danse africaine on pouvait assister à de mini répétitions de chorégraphies dans les halls de l'IFITS, tandis que d'autres se sentaient envahis de plénitude, de sérénité après une heure trente de yoga ou de toucher massage. pouvoir utiliser cet enseignement demain tion. comme support de médiation lors des Tout d'abord, «l'atelier retour de stage» soins auprès du patient. constitue un partage d'expérience, un vériD'ailleurs, en cette occasion, les étudiants table temps d'échange entre étudiants et de l'atelier toucher-massage mirent à profit formateurs, afin de mettre à plat les diffileurs acquisitions en cultés rencontrées lors des stages. offrant une demi-journée axée sur le bien-être en Puis «l'atelier soignant-soigné», proposant des massages groupe de parole identique de la aux résidents de la Rosepremière à la troisième année, est raie à Neuilly-surorganisé avec un psychologue. Marne. L'anonymat y est maintenu et le C'est avec beaucoup mot d'ordre est la libre circulation d'humilité et d'émotion de la parole. que nous reçûmes à la En dernier lieu, nous est présenté Atelier danse fin de cette matinée l'ul«l'atelier corps» axé sur la time gratification: connaissance du corps, la gestion du «les visages s'étaient illuminés de sourires, stress avec des séances de sophrologie, de les langues s'étaient déliées, des moments relaxation, de massages et de musicothéraforts de la vie furent confiés et même cer- pie pour dépasser les tabous et entrer en taines douleurs selon les contact avec autrui. dires s'étaient évanouies». Sans compter l'invitation à Théodoriens et théodoriennes soyons fiers réitérer l'expérience, nous et reconnaissants du panel d'enseignegarderons à jamais gravé ments, ô combien bénéfique qui nous est dans nos mémoires le souve- offert. Car ailleurs, souvent d'autres n'ont nir de cette riche journée. pas cette chance, et profitons-en encore pendant ces quelques mois qui nous resCurieuses de savoir ce qui se tent. fait ailleurs, nous nous renAtelier hip-hop En deuxième et troisième dons donc dans un autre année nous apprenons, mainteIFSI. Là, nous sommes reçues Hélène GUSTAVE nant que nous sommes conscients de notre par un formateur qui nous présente les Chantal LEMAR corps, à développer le potentiel créatif et trois ateliers desquels les étudiants bénéfiEtudiantes infirmières expressif qui est en chacun de nous afin de cient pendant ces trois années de formaPromotion 2008-2011 VERS UNE NOUVELLE ERE Les infirmiers à l’Université La rentrée 2011 sonnera définitivement la place à 6 unités d’enseignement : fin de l’ancienne réforme du Diplôme d’É- - sciences humaines, sociales et droit, tat Infirmier. Depuis septembre 2009, la - sciences biologiques et médicales, nouvelle réforme a été mise en place dans - sciences et techniques infirmières, fondeles Instituts de Formation de Soins Infir- ments et méthodes, miers, entraînant la cohabitation de deux - sciences et techniques infirmières, interformations différentes pour le même di- vention, - intégration des savoirs et posture profesplôme au sein d’une même institution. Les grands changements passent entre sionnelle infirmière, autre, par la disparition totale des Mises en - méthodes de travail. Situation Professionnelle. Elles laissent Les unités d’enseignement place à une évaluation continue sont continues pendant 3 qui est faite pendant les stages, ans. Elles sont réparties sur plus longs (entre 5 et 15 semai6 semestres de 20 semaines, nes par stage), permettant une dont 4200 heures sur la base évaluation progressive par la de 35 heures par semaine. validation de compétences. Elle Une année scolaire débute est possible grâce à un portfolio donc le premier lundi du qui est remis au début de la formois de septembre et se termation et suit l’étudiant infirmine fin juin. L’ensemble de mier tout au long de ses stages. la formation comprend 2100 C’est un outil qui permet, lors heures de formations clinides stages, de déterminer les Source : - http://www.coordinationques et 2100 heures de forobjectifs et sera rempli par les nationale-infirmiere.org mations théoriques sans infirmiers référents prenant en compter que « le travail percharge les étudiants. Puis il servira de support au jury final, lors du diplô- sonnel complémentaire estimé pour chame d’Etat pour une ultime validation des que étudiant est d’environ 900 heures, soit acquis. C’est donc un support précieux à 300 heures par an »*. conserver pendant la totalité de la forma- Une des grandes nouveautés est l’apparition de l’anglais. Un des buts est d’écrire le tion. Les modules disparaissent pour laisser résumé du Travail de Fin d’Études dans 2 cette langue. La nouvelle réforme est surtout synonyme de nouveau statut. Un diplôme d’Etat infirmier au grade de licence universitaire, ce qui permet par la suite de poursuivre ses études pour un master puis un doctorat. C’est le système universitaire LMD (Licence, Master, Doctorat). Ce système universitaire engendre donc des modifications sur l’aspect théorique et la répartition du temps de travail. Après une enquête réalisée auprès de formateurs, nous ne pouvons pas encore faire de bilan, qu’il soit positif ou négatif. En effet, il est difficile pour eux de se positionner sur ce système universitaire car la nouvelle réforme venant d’être mise en place et n’ayant pas encore aboutie, ne permet pas pour le moment d’établir de comparaison sur la qualité de ce nouveau diplôme. C’est pour cela que nous vous donnons rendez-vous fin 2012 pour un bilan plus approfondi sur les avantages et les inconvénients de cette réforme. Cindy TCHAKMAKDJIAN Thusanthiny BALARAJAH Charlotte LINSALE Promotions 2007-2010 et 2008-2011 * Source : http://www.infirmier.com DE LA SERINGUE A LA PLUME L’accueil, un ingrédient à ne pas rater Le stagiaire est acteur de sa formation et de sa réussite. Son investissement contribue à son autonomie professionnelle. Nous avons voulu témoigner sur ce thème d’autant plus qu’il y a peu d'écrit sur l'accueil des étudiants en stage. L’article R4311-5 du décret n°2004-802 du 29 juillet du Code de la santé Publique met en évidence l’importance des stages dans l’acquisition de l’autonomie professionnelle. L'accueil est parfois la vitrine du service, car de l’implication de l'équipe pendant le stage, découle la réussite de l'étudiant dans ses acquisitions et peut déterminer l’orientation des choix professionnels. D’autant plus que les stagiaires sont perçus « comme une charge par l'équipe soignante »*. Les différents moyens mis en place par l’équipe sont la présentation du service le 1er jour par le cadre qui propose un livret d'accueil et le fonctionnement du service, avec les horaires et le planning de l'étudiant, les protocoles de service et la nomination de l’infirmière référente. Ceux utilisés par l'étudiant sont les recherches sur la spécialité du service rencontré, les objectifs de stage personnels à atteindre. Des étudiants en soins infirmiers de 2ème et 3ème année (une dizaine de personnes) ont eu la gentillesse de témoigner sur leur accueil en stage. Leurs remarques sont assez identiques dans l'ensemble, ils soulignent l'importan- ce de ce moment à leur arrivée en stage et insistent surtout sur leur premier jour de stage qui annonce l'ambiance du service. L'amabilité, la disponibilité, l'écoute font que l'étudiant se sent accueilli et lui donne envie de revenir. Parfois un sourire, un encouragement font la différence et ne coûtent rien à celui qui les prodigue. Les éléments qui ressortent le plus sont que certaines infirmières ne souhaitent pas encadrer et le font savoir. Le plus dur, c'est de se retrouver livré à soi-même. Devant le peu d'intérêt que l'équipe lui porte, l'étudiant se recentre sur le patient. En théorie, un bilan de mi-stage est conseillé, pour faire une mise au point sur l’acquisition de nos connaissances. Malheureusement, ce n’est pas toujours mis en pratique. Quand un stage devient bénéfique, c’est un stage où l'étudiant prend de l'assurance. Il s'autonomise pendant son stage grâce au soutien de l'équipe. Celle-ci favorise et véhicule une bonne image de la profession et l'étudiant porte un regard différent et motivé dans son désir de s’améliorer. L’étudiant propose certaines pistes d’amélioration. Côté équipe : - faire le point sur l'acquisition des connaissances, - proposer une mise en situation professionnelle pour évaluer l’étudiant, - développer un esprit critique pour l’ana- lyse de sa prise en charge, - être une équipe motivée, dynamique, impliquée dans la formation de l'étudiant et empathique. Côté étudiant : - demander une plus grande disponibilité pour pouvoir être présent aux soins spécifiques du service. On pointe en tant qu'étudiant en soins infirmiers une prise de conscience sur l'importance de l'accueil de qualité dans tous les services. Il serait judicieux de consacrer un temps d'accueil de qualité. En tant que futures professionnelles de santé, nous sommes déjà sensibilisées aux conditions de stages qui posent parfois des problèmes d'apprentissages aux étudiants. De notre expérience de stagiaire nous saurons être plus attentives à l'accueil afin de désamorcer tout malaise ou tension entre l'équipe et l'étudiant. En participant à des groupes de travail pour un suivi plus personnalisé de l'étudiant et l'aider à trouver sa place et acquérir son autonomie. Christine OFFRETE Ana PEREIRA Étudiantes infirmières Promotion 2008-2011 * Guide du stagiaire 2009-2010, FNESI, Maco Editions, p.10 ACTUALITES DE LA PROFESSION Du crayon au clavier Les transmissions font partie intégrante du médicaux. « Nous n’avons plus à essayer Toutefois, en approfondissant les témoimétier d’infirmier. Si bien qu’elles sont de déchiffrer certaines phrases » se réjouit gnages, nous comprenons très vite que consultées par pratiquement tous les acteurs intervenant dans la prise en charge globale d’un patient. Cependant, avec l’évolution de la technologie, les transmissions infirmières prennent de nouvelles formes en lien avec de nouveaux supports utilisés tel que l’informatique. Différents logiciels vont alors apparaître. Parmi eux, nous comptons : URQUAL, CORTEX, DOPATI,DX-C@RE ou encore ACTIPIDOS. Mais comment les professionnels appréhendent-ils ce nouvel aspect de leur métier ? Ce processus d’informatisation progresse lentement. Il est soumis à des mesures légales. Ainsi, il existe la loi du 6 janvier 1978 de la Commission National Informatique et Liberté (CNIL) qui exige de tout établissement de leur faire une déclaration pour chaque écrit informatisé afin de « ne pas porter atteinte, ni à l’identité humaine, ni aux droits de l’homme, ni à la vie privée, ni aux libertés individuelles » des personnes. Les systèmes informatiques doivent, également, répondre à des critères spécifiques lors d’une évaluation dans le cadre de l’accréditation d’un établissement. A travers nos enquêtes, nous constatons que le premier véritable atout mis en avant est la lisibilité évidente des dossiers Numéro spécial réalisé par les étudiants une étudiante infirmière. Dessin d’Emilie Clarac D’autre part, les transmissions informatisées sont beaucoup plus précises comme par exemple avec DX-C@RE. Au CHU de Bordeaux, la cadre de santé souligne que « les transmissions sont répertoriées en trois cibles : les complications réelles et potentielles, les pathologies et les réactions humaines ». De plus, certains logiciels proposent des rubriques préétablies, il suffit juste de remplir les cases. Caroline, infirmière scolaire, affirme qu’elle perd moins de temps à compléter la fiche de chaque enfant après chacune de ses interventions. cette nouvelle technologie a des limites humaines et matérielles. Dominique, un étudiant infirmier, déclare « l’informatisation est positive du moment que l’outil informatique est assimilé et bien utilisé par le personnel soignant ». A l’hôpital G. Pompidou, des formations sont organisées régulièrement pour le personnel. Au niveau de la technicité, Alain, infirmier aux urgences d’un hôpital parisien, ne remet pas en cause le logiciel utilisé mais la qualité du matériel : « Les ordinateurs ne sont jamais éteints et chauffent trop. Ils plantent souvent. » Pour conclure, un système informatique a pour but de faciliter et d'alléger le quotidien des professionnels. L'informatisation ne doit pas être une technique supplémentaire qui engendre des contraintes. Pour qu'il soit considéré comme « idéal », il doit permettre une « plus grande disponibilité des soignants pour les soins directs (soins proches aux patients) » et un « meilleur accompagnement des malades et des familles ». Émilie CLARAC Sylvie FAIVRE Étudiantes infirmières Promotion 2008-2011 3 Le beau et la dignité En juin 2001, Marie-Laure Allouis fonde l’association Apima (Apprivoiser son image dans la maladie). Chaque semaine elle se rend dans le service de cancérologie pour conseiller et prendre soin des patients afin de leur redonner confiance et les aider à se revaloriser. Nous avons recueilli son témoignage. Le terme soins esthétiques ne lui convient pas car cela peut faire futile. Elle préfère l’appellation « valorisation de l'image corporelle des patients ». « APIMA fait surtout du conseil en image personnelle avec des connaissances médicales puisque je suis infirmière et que je connais très bien les traitements et leurs effets secondaires. En tous les cas ces soins font partie des soins de supports qui améliorent la qualité de vie des patients en diminuant les effets secondaires des traitements et en agissant sur le moral ». Elle propose aux patients des « conseils couleur, maquillage, perruque, nouage de foulards, adresses pour des chapeaux, rasage cheveux, conseils préventifs sur la peau, les cheveux et les ongles ». Les soins de supports ont été mis en place spécifiquement en cancérologie. On les retrouve également dans d’autres disciplines où l’attention à l’autre est une préoccupation première. Les soins esthétiques sont regroupés dans la socio esthétique, ces soins sont prodigués aux personnes fragilisées par une affection. Ils favorisent le processus de guérison par la communication, le mieuxêtre, le confort du patient dans le cadre d’une meilleure qualité d’hospitalisation. Il ne faut pas oublier que la personne est malade avec des traitements pouvant interagir avec les soins esthétiques (pose de faux ongles). Ainsi l’infirmière est à même d’assurer ces soins et/ou les organiser. Le métier de socio esthéticienne est encore mal connu du grand public et des profesCela répond à un besoin de restauration sionnels de santé. Il figure depuis 2008 de l’image de soi. Le partenariat avec toute seulement au répertoire des métiers de la fonction publique hospitalière. l’équipe soignante est primordial. Une infirmière peut se spécialiser en tant que « conseillère en image personnelle et/ ou esthéticienne et surtout bien connaître les traitements de chimiothérapie, thérapies ciblées avec leurs effets secondaires. Cela peut être mis en place dans les consultations infirmières d'annonce car c'est à ce moment que l'on explique les traitements aux nouveaux patients ». Livres de Marie-Laure Allouis « Faire réapparaître le beau, la diIls sont ressentis comme un moment de gnité et le sourire des patients ». détente, qui leur permet d’oublier la mala- Marie-Laure Allouis die, un moment qui n’appartient qu’à eux. Tout le monde peut ressentir la gêne occaAnne-Charlotte BAUDOUIN sionnée par les marques physiques liées à Louise-Marie BOURNEUF la pathologie et ses traitements. C’est pour Sandie MIELLE cela que Marie-Laure Allouis s’est lancée Etudiantes infirmières dans ce projet. Promotion 2007-2010 A travers les regards La profession infirmière a évolué au Enfants (6 ans) : cours des années, elle est passée de la soumission à l’action. Elle reste toujours très féminisée dans les mœurs. Lorsque l’on évoque la profession infirmière, il est important de relater son histoire ; La reconnaissance sociale entre autre. La profession infirmière est née d’un be« Elle fait des piqûres, soigne soin social, économique et politique. Elle Elle est gentille ». est à l’origine, celle qui s’occupait des infirmes sous la direction des religieuses puis celle des médecins. Un rôle purement Adolescents (14/16 ans) : d'exécutante : soumission et obéissance étaient leurs mots d’ordre. Plusieurs facteurs ont contribué au changement de l’image de l’infirmière à partir de la deuxième moitié du 19ème siècle: D’une part, les années de guerres où elles font preuve de courage tout en restant auxiliaires. Certaines personnalités telle que Florence Nightingale ont fait évoluer la profession infirmière d’une vocation Jolie et disponible Vampire vers une science. Et d’autre part, le mouvement de mai 1968 Adultes : auquel elles ont participé activement, les libère de l’image de «sainte laïque». Pour aborder ce sujet, nous avons recueilli des témoignages auprès d’une population diverse. Nous leur avons demandé de qualifier par des adjectifs l’infirmier. Afin de les rendre plus percutants, nous avons choisi de les illustrer par des images. Personnes âgées : « Courageuse ». les gens. Rassurante et à l’écoute Sympa Pressée, « Vous en faîtes des kilomètres !!! ». 4 Gentille Nous avons constaté suite aux différents témoignages, que l’opinion publique a une image féminine et positive de l’infirmière, mettant en valeur sa proximité avec le patient, sa gentillesse, sa disponibilité et reconnaît la charge de travail qui nous incombe. Aujourd’hui, la profession d’infirmière reste majoritairement féminine, cependant, de par son rôle propre elle est devenue actrice dans la prise en charge du patient. Menouba BENLATRECHE Houria ACHOURI Samia BENKACEMI Etudiantes infirmières Promotion 2007-2010 DE LA SERINGUE A LA PLUME