Livret 5-10-2011 version 1 - Mairie du 14e

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Livret 5-10-2011 version 1 - Mairie du 14e
Étrangers célèbres et anonymes
du 14e arrondissement
« Tous Parisiens, tous citoyens »
Mairie du 14e arrondissement
Octobre 2011
À l’initiative du Conseil des citoyens parisiens extra communautaires du 14e.
Synopsis .....................................................................................................2
Le 14e, arrondissement international ..........................................................4
L’Observatoire de Paris ..............................................................................6
« L’art, c’est le plus court chemin de l’homme à l’homme » Ionesco .........7
Hommage à un géant de la spiritualité indienne,
l’universaliste réformateur indien Swami Vivekananda (1863-1902) ..........9
La révolution bolchévique se prépare… du côté du parc Montsouris .......10
« Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant…
Vingt et trois qui criaient la France en s’abattant » Aragon ......................11
La Cité internationale universitaire et l’Alliance internationale .................13
Hommage à Abdelkaber Khatibi (1938-2009),
penseur et écrivain marocain ...................................................................14
Les foyers de travailleurs migrants ...........................................................15
Toute la richesse d’une vie au pluriel ........................................................15
« Je préfère le couscous à la citrouille » .................................................16
d’éligibilité des résidents étrangers ....................16
Pour le droit de vote et d’
Étrangers célèbres et anonymes du 14e arr.
-1-
2011
Synopsis
À l’heure où l’Europe se replie,
« se citadellise »1, Paris et son
14e arrondissement s’affirment
encore et toujours « ville ouverte ».
« Étrangers célèbres et anonymes
du 14e arrondissement », se veut
une réponse, un antidote contre
ce « désir d’apartheid qui s’est
saisi de ce pays et de sa culture…
désir... qui repose sur un fantasme… d’une communauté sans
étrangers » 1.
Oui, au contraire de ce fantasme, Paris est riche d’une très
grande diversité de talents, de
cultures, de langues, portés par
plus d’un habitant sur 7, étranger, soit près de 20 000 personnes dans le 14e.
Le chanteur Renaud, citoyen de
l’arrondissement, chantait « je
suis le séparatiste du 14e arrondissement ». Il ne nous en voudra
pas de le paraphraser : tous,
soyons « les internationalistes du
14e arrondissement ».
Oui l’étranger est une richesse,
comme en témoignent les panneaux de cette exposition.
La statue de Thomas Paine, dans
le parc Montsouris face à la fondation des États-Unis de la Cité
internationale, donne le ton. Sur
son socle est écrit :
« Anglais de naissance, Américain
d’adoption et citoyen français par
décret de 1792 ».
« Mon pays est le monde ».
Elle relie le 14e à cette Cité Internationale créée après la première guerre mondiale afin que
la connaissance des peuples entre eux soit la voie d’un monde
de paix.
par Louis XIV avec l'astronome
italien Cassini, s’est développée
très largement autour des années 1900 quand « les artistes
expulsés du vieux Montmartre
investissent les bars, cafés et restaurants de Montparnasse » 2,
notamment le Dôme, créé en
1897 et la Coupole, inaugurée
30 ans plus tard. Picasso, Modigliani, Soutine, Fujita, Hemingway,
Man Ray, Maïakowski, pour ne
citer que quelques-uns des
étrangers les plus célèbres, sont
alors habitants, travaillent ou
fréquentent le 14e.
Grâce à ces sacrifices des résistants, des soldats français, dont
beaucoup venaient d’Afrique, et
des puissances alliées étrangères,
la France a pu participer à la
victoire et se reconstruire dans
la liberté.
Au-delà des artistes, « Paris est la
capitale philosophique du monde »
écrit en 1900 le grand penseur
religieux hindou, Swami Vivekananda, qui habite alors rue Gazan.
« La cathédrale de Chartres estelle française, beauceronne ou
turque ? »3 écrivait Jean Genet.
Nous pouvons ajouter : la gare
Montparnase ou la ZAC Didot
est-elle française, parisienne ou
internationale ? La longue grève
des travailleurs « sans papier »,
dont plusieurs habitent le 14e,
rappelle cette présence nombreuse de travailleurs étrangers
sur les chantiers urbains, et dans
de nombreux métiers.
Quelques années plus tard, dans
la rue Beaunier voisine, puis rue
Marie-Rose, Lénine séjourne
jusqu’en 1912 où « la création de
la Pravda le rappelle en Russie »2.
Trosky, Zinoviev, Kamenev habitent aussi le 14e. Paris, alors aussi
capitale politique ?
Pour peu de temps. Viennent les
heures sombres de la guerre, du
nazisme et de l’Occupation.
« Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant, vingt et trois amoureux de vivre à en mourir, vingt et
trois qui criaient la France en
s’abattant »
(Strophes pour se souvenir. Aragon).
Cette vocation internationale du
14e, déjà présente depuis la création en 1667 de l'Observatoire
Parmi ces « vingt et trois », Missak Manouchian, responsable
militaire FTP-MOI, organisation
de résistance des étrangers
communistes, habitait avec sa
femme Mélinée 11 rue de Plaisance, jusqu’à son arrestation et
son exécution par les Allemands
le 21 février 1944.
Étrangers célèbres et anonymes du 14e arr.
-2-
Elle s’est reconstruite alors avec
l’apport d’une multitude de travailleurs migrants, qui continuent
à jouer un rôle très important
dans la vie économique et sociale française, comme européenne, et notamment dans
Paris et le 14e.
Un siècle après le Paris « capitale du monde », ce monde a
bien changé, et sa « nouvelle géographie… passe par New Delhi,
Brasilia, Pékin, Shanghaï… Il y a
une créativité qui vient de là-bas
qui est tout à fait neuve »1
(A. Mbembe précité).
Paris donne et il reçoit. Les
étrangers de 2011, anonymes ou
célèbres, citoyens du 14e, partagent avec le reste de la ville
cette créativité neuve qu’ils apportent des 5 continents.
La Cité Internationale, comme la
Maison des Étudiantes de la Fondation Robert de Sorbon boulevard Raspail, accueillent des milliers d’étudiants de tous les pays.
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De même, le FIAP Jean Monnet,
rue Cabanis, Centre international de séjour, ouvert en 1968,
accueille en priorité des jeunes
de toutes nationalités, la vocation de l’association étant une
Europe ouverte sur le monde,
luttant contre le racisme et favorisant les échanges culturels entre jeunes du monde entier.
Plusieurs foyers de travailleurs
migrants rassemblent des hommes qui exercent de nombreux
métiers dans la ville et font vivre
leur famille restée « au pays ».
Des associations proposent l’apprentissage du français, notamment à beaucoup de femmes
étrangères. D’autres accompagnent les personnes dans leurs
démarches pour l’obtention du
bon titre de séjour.
Extraits d’un entretien de
Médiapart avec A. Mbembe,
par Jade Lindgaard, publié
le 29 décembre 2010, à l’occasion de la sortie de son
livre Sortir de la grande nuit ... J'observe une citadélisation de
l'Europe occidentale. Elle est perverse parce qu'à son fondement,
se trouve un désir d'apartheid. Je
suis désolé, mais j'ai vécu ici un
certain nombre d'années, je reviens chaque année, et je sens qu'il
y a quelque chose qui change. Je
ne peux pas le nommer, mais je
sens qu'il y a un gros désir d'apartheid qui s'est saisi de ce pays et
de sa culture. Un désir qui n'est
pas sans résistance, puisqu'il y a
des groupes qui s'y opposent. Ce
désir d'apartheid repose sur un
fantasme assez primordial qui est
celui d'une communauté sans
étrangers. L'idée qu'au XXIe siècle
on pourrait refonder la cité politique sur la base d'une absence de
l'étranger.
C'est quand même un fantasme
assez particulier. Cela se traduit
Étrangers célèbres et anonymes du 14e arr.
De nombreux restaurants, enfin,
nous invitent au voyage.
La vie du 14e est ainsi une vie au
pluriel : langues diverses parlées.
« Dans Paris, il y a autant de villes
que de suggestions… autant de
villes que de groupes d’étrangers,
autant de quartiers que d’autres
quartiers » écrit le romancier
marocain Abdelkébir Khatibi,
habitant un temps le 14e, dans
son livre La mémoire tatouée
(1971).
Revenons pour finir au temps de
Thomas Paine où la Constitution
de 1793 donnait le droit de vote
« à tout étranger de 21 ans qui,
domicilié en France depuis une
année, y vit de son travail… ou
épouse une Française… »
par des pratiques dans le domaine
du droit, la constitution de sujets
qui n'ont pas droit à des droits. Ils
sont mis au ban. Et leur bannissement est alimenté par des institutions nouvelles qui sont mises en
place pour effectuer ce travail. Une
extension des frontières du dicible.
Des choses qui étaient réprouvées,
il est normal maintenant d'en parler. Plus on est dans l'excès, mieux
c'est. Toute cette économie symbolique linguistique institutionnelle
qui se met en place et qui banalise
les choses qui deviennent ordinaires, qui inoculent la société contre
la protestation sur des choses absolument affreuses. C'est ce que
j'appelle le désir d'apartheid. On
en devient cynique : « On y peut
rien. C'est comme ça. » Ça devient
normal.
Vous parlez de la « provincialisation » de la France…
La France et l'Europe ne disparaîtront pas, ce seront de jolis musées. On peut toujours visiter ces
beaux musées, mais l'avenir ne se
-3-
Aujourd’hui, malgré les recommandations du Conseil de l’Europe, et les exemples donnés par
17 pays de l’Union européenne,
la France ne reconnaît plus ce
droit. Ainsi plus de 10 % de la
population ne peuvent pas participer aux choix démocratiques
pour la gestion de la ville et de la
région.
Cette exposition participe au
combat politique pour qu’enfin
par une citoyenneté de résidence reconnue dans la Constitution, nous puissions dire « Tous
Parisiens, tous citoyens ».
Paris 14e, le 7 octobre 2011
1
2
3
Achille Mbembe, historien et politiste camerounais dans Interview à Médiapart 3112-2010.
dans Le 14e arrondissement D. Simon. Arcadia Editions - 2004.
dans Cathédrale de Chartres, vue cavalière Humanité 30-06-1977).
construit pas avec eux. La conclusion du livre, et Fanon le disait,
c'est que si on veut créer quelque
chose de neuf, d'original, qui fasse
signe à l'humanité, alors il faut
tourner le dos à l'Europe. Si l'Europe veut se fermer sur elle-même,
il faut l'encourager à le faire, et se
tourner vers autre chose. Le moment est venu, me semble-t-il. Si le
désir d'apartheid se confirme
comme tendance longue de l'avenir européen, je dirais qu'une des
réponses ce serait celle-là : regarder ailleurs, en commençant par
soi-même, se constituer soi-même
sa propre force. Cela se voit déjà
de toute façon. La nouvelle géographie du monde ne passe plus
par Paris, Londres ou Berlin... À
mon avis, c'est dommage, mais
c'est comme ça. Elle passe par
New Delhi, Brasilia, Pékin, Shanghai... Il y a une créativité qui vient
de là-bas qui est tout à fait
neuve… ◀
2011
Le 14e, arrondissement international
Lieux et institutions
(non mentionnés ultérieurement)
➤ La Comédie Italienne
17 rue la gaité,« seul théâtre italien
en France »
➤ La Fondation Robert de Sorbon et sa Maison des Étudiantes
214 bd Raspail
accueillent annuellement des milliers d’étudiants venus du monde
entier (135 nations y sont représentées) pour Les Cours de Civilisation
Française de la Sorbonne.
•
Samuel Beckett, 1906-1989,
écrivain et dramaturge irlandais,
•
César Vallejo, 1892-1938, poète
péruvien
•
Julio Cortazar, 1914-1984, écrivain argentin
•
Constantin Brancusi, 18761957, sculpteur roumain
•
Tristan Tzara, 1896-1963, poète
•
Tatiana Rachewskaïa
« Tanioucha », jeune étudiante
russe, s’est suicidée le 5 décembre 1910 pour un amour
malheureux avec un médecin
roumain. Celui-ci fit placer sur
sa tombe un chef-d’œuvre de on
ami Brancusi, Le baiser
•
Simon Petlura, 1879-1926, président ukrainien
•
Gyula Brassaï, 1899-1984, photographe d’origine hongroise,
« l’œil de Paris » dira de lui
Henry Miller
➤ Centre d'accueil International
9, rue du Moulin Vert. Établissement de la Société philanthropique
(association laïque à but non lucratif, fondée en 1780), il accueille
85 étudiant(e)s de toutes nationalités, leur permettant de poursuivre
des études et de découvrir Paris
tout en leur assurant un cadre de
vie convivial, rassurant, propre à
favoriser les échanges multiculturels.
➤ Les Catacombes
« Arrêtes ! C’est ici l’empire de la
mort » 257 000 visiteurs par an à
80 % étrangers, place Rol Tanguy
et sortie rue Rémy Dumoncel, de ce
fait « la rue la plus métaphysique du
monde ! »
➤ Le lycée municipal d’adultes
132 rue d’Alésia et ses 450 élèves
étrangers
•
Clara Haskil, 1895-1960, pianiste roumaine et suisse
•
Jorge Cedron, 1942-1980, cinéaste argentin
•
Man Ray, 1890-1976, peintre et
photographe
•
Eugène Ionesco, 1912-1994,
dramaturge
•
Jean Seberg, 1938-1979, actrice américaine
•
Émile Cioran, 1911-1995, philosophe roumain
•
Pierre Lavrof, 1823-1900,
révolutionnaire russe, mathématicien et philosophe
•
Chaïm Soutine, 1892-1943,
peintre né en Russie
➤ Le FIAP Jean Monnet (foyer
international d’accueil de Paris)
30 rue Cabanis
ouvert en 1968. Sa vocation : participer à la construction d’une Europe
ouverte sur le monde, lutter contre
le racisme et favoriser les échanges
culturels entre jeunes du monde
entier.
➤ La Fondation Cartier
261 bd Raspail, construit par Jean
Nouvel en 1994, au lieu et place de
l’ancien Centre culturel américain,
incluant le cèdre du Liban planté en
1823 par Chateaubriand. Plus de
1 000 œuvres d’artistes de tous les
continents.
Cèdre du Liban
Étrangers célèbres et anonymes du 14e arr.
➤ Cimetière du Montparnasse
• Alekhine, 1892-1946, champion
d’échecs russe
Rues, places, jardins, collège, statues et plaques,
ayant un nom évoquant un
lieu ou un personnage
étranger
➤ place de Séoul,
➤ place de Catalogne,
•
Porfiro Diaz, 1830-1915, président mexicain
➤ Collège Giacometti,
•
Chapour Bakthiar, 1914-1991,
homme politique iranien
➤ Place Pablo Picasso,
•
Ossip Zadkine, 1890-1967,
sculpteur d’origine russe
➤ villa Soutine,
•
Joris Ivens, 1898-1989, cinéaste
néerlandais
➤ allée Samuel Beckett,
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➤ jardin Giacometti,
➤ place Brancusi,
➤ terrasse Modigliani,
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➤ square du Cardinal Wyszinsky,
➤ rue Huygens,
➤ rue Cassini,
➤ rue Maurice Loewi,
➤ rue de l’Empereur Julien,
➤ rue de l’Empereur Valentinien,
➤ allée Henri Dunant 1828-1910
Genevois, fondateur de la CroixRouge
➤ rue Giordano Bruno 1548-1600
philosophe italien. Montre la pertinence d’un univers infini. Accusé
d’hérésie, il est brûlé vif par L’Inquisition.
➤ place Mohamed Bouazizi
➤ avenue de la Tunisie
➤ allée du Bardo, conduisait au
Palais du Bardo, réplique d’une partie
du palais du Bey de Tunis, reconstruite dans le Parc Montsouris, après
l’exposition universelle de 1867. Détruit par un incendie en 1991.
qu'on ait jamais vue ou verra » disait d’elle Ernest Hemingway.
Récompensée par la Croix de
Guerre et la Rosette de la Résistance pour sa participation à la résistance française pendant la seconde guerre mondiale, nommée
Chevalier de la Légion d’honneur
par le Général de Gaulle, elle fut
aussi un membre actif de la National Association for the Advancement of Colored People (NAACP),
et la première artiste de scène à
dénoncer la ségrégation raciale en
Amérique.
Les numéros de Baker étaient excentriques, enjoués, courageux et
exotiques. Elle devint un des symboles de la libération sexuelle, aussi
son influence s’étendit-elle au-delà
de la scène : elle était une muse
pour les écrivains, les peintres, les
créateurs de mode et les sculpteurs, dont Langston Hughes,
F. Scott Fitzgerald, Hemingway,
Pablo Picasso, Colette et Christian
Dior.
Née à St Louis dans le Missouri,
issue d’une famille pauvre ayant
l’esclavage en mémoire, Baker vécut dans les bas quartiers d’un
monde ségrégationniste.
(source site internet American Center
France, extraits)
L’arrivée de Josephine Baker à Paris coïncida avec l’Exposition des
Arts Décoratifs de 1925 (l’exposition
qui donna naissance à l’appellation
« Art Déco »).
Elle devint citoyenne française en
1937 quand elle épousa son troisième mari, le Français Jean Lion.
Ironiquement, sa célébrité lui offrit
une sécurité pendant la seconde
guerre mondiale. Les Nazis, conscients de sa popularité, hésitèrent
à lui nuire. Sa personne publique et
privée lui permit de servir la France
de plusieurs manières: elle joua
pour les troupes, fut une correspondante pour la Résistance Française (elle dissimulait des messages secrets sur des partitions de
musique), et fut sous-lieutenant
dans le British Women’s Auxiliary
Air Force.
Josephine Baker (3 juin 190612 avril 1975), Américaine expatriée, s’est fait un nom en France en
tant qu’artiste de cabaret et actrice « la femme la plus sensationnelle
Lorsque Baker retourna aux ÉtatsUnis, dans les années 1950 et
1960, sa lutte contre le racisme
s’intensifia avec force. Elle refusait
de jouer devant des publics racia-
➤ rue des Suisses, sentier qui
conduisait à Bagneux, où des Gardes Suisses étaient cantonnés au
XVIIIe siècle.
Au numéro 19, immeuble de la
RIVP construit en 1997 par Herzog
et de Meuron, architectes suisses,
auteurs du Tate Modern Museum à
Londres, du Young Museum de San
Francisco, du Stade olympique de
Pékin.
➤ place Joséphine Baker
Étrangers célèbres et anonymes du 14e arr.
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lement séparés, et lorsque le Stork
Club de New York l'interdit de
scène, elle provoqua une polémique médiatique dans un face à face
avec le journaliste pro-ségrégationniste Walter Winchell. La NAACP
choisit le 20 mai comme « Jour de
Joséphine Baker » pour honorer
ses efforts. En 1963, portant un
uniforme décoré de la Légion
d’Honneur, elle fut la seule femme à
prendre la parole lors de la Marche
sur Washington aux côtés de Martin
Luther King.
Elle adopta 12 enfants qu’elle éleva
avec son quatrième mari, le chef
d’orchestre Jo Bouillon. Elle appelait sa famille « la Tribu Arc-enciel », parce que ses enfants venaient du monde entier: Finlande,
Côté d’Ivoire, Colombie, Japon,
Algérie, entre autres. Elle voulait
prouver que « des enfants de différentes ethnies et religions pouvaient
être frères ».
Son dernier show eut lieu le 8 avril
1975 au Théâtre Bobino à Paris.
Elle mourut quatre jours plus tard.
Le gouvernement français l’honora
d’une salve de 21 coups de canon,
faisant de Josephine Baker la première Américaine enterrée en
France avec les honneurs militaires. ➤ Statue de Thomas Paine
1737-1809 Parc Montsouris face à la Maison
des États-Unis de la Cité internationale
Auteur de Le sens commun, célèbre pamphlet en faveur de l’indépendance américaine, The crisis,
Rights of man 1791, Le siècle de la
raison 1793-1794 écrit en prison, où
il est emprisonné 10 mois pendant
La Terreur (il était soupçonné d’être
proche des Girondins), Agrarian
Justice où il introduit l’idée d’un
revenu minimum.
Anglais de naissance, Américain
d’adoption, citoyen français par
décret du 24 août 1792. Élu à la
Convention, opposé à la peine de
mort, il ne vote pas la mort du roi. Il
propose son exil aux États-Unis.
Citations écrites sur le socle de la
statue :
« Mon pays est le monde »
2011
« Quand les opinions sont libres,
qu’il s’agisse de gouvernement ou
de religion, la vérité dans sa puissance finit par prévaloir »
« L’arme la plus redoutable contre
les erreurs de toutes sortes est la
raison. Jamais je n’en ai utilisée et
n’en utiliserai d'autres. »
Cette statue, fondue à Paris par
Alexis Rudier, est l’œuvre de John
Gutzon Borglum en 1934, sculpteur
célèbre pour son œuvre grandiose
du Mont Rushmore dans le Dakota
du Sud représentant dans la roche
les portraits de 4 grands présidents
américains.
« Don d’un comité international à la
nation française, inaugurée le ?
1948, président Édouard Herriot,
Secrétaire Joseph Lewis » est-il
inscrit sur le socle de la statue.
Quel est ce comité international ?
Pour quelle raison ce don à la nation française ? La statue placée
face à la Fondation des États-Unis
fut elle installée dés 1934 (ou peutêtre en 1937, à l’occasion du bicentenaire de sa naissance ?) ou
seulement en 1948 ?
avis de recherche lancé sur ces
questions.
➤ Statue de José de San Martin,
1778-1850
Parc Montsouris face à la Maison
de l’Argentine de la Cité internationale
« Libertador de Argentine, Chile y
Peru »
Homme politique et militaire argentin, José de San Martín est, avec
Simon Bolivar, l'un des principaux
artisans de l'indépendance de plusieurs pays d'Amérique du Sud,
alors possessions espagnoles.
Après avoir servi dans l'armée espagnole, il rentre en Argentine en
1812 et intègre le mouvement indépendantiste. Il participe alors en
1816 à l'unification des provinces
du Rio de la Plata (future Argentine).
En 1817, à la tête d'une armée de
5 000 hommes, il libère le Chili dont
l'indépendance est proclamée le
12 février 1818. Fort de cette victoire, le Libertador marche sur Lima
en 1820, en ayant sous ses ordres
une armée de 4 000 hommes, Argentins et Chiliens. Son combat
aboutit à l'indépendance du Pérou
le 28 juillet 1821. Nommé "protecteur" du Pérou, il gouverne alors
pendant un an. En 1822, il démissionne et s'exile peu après en Europe.
➤ Mouvement Macédonien, plaque 206 boulevard Raspail
Ici, le 5 avril 1902 est fondé le
1er journal en français Mouvement
macédonien défendant l’idée d’un
État indépendant face à l’Empire
ottoman. ◀
L’Observatoire de Paris
9 astronomes de l’Observatoire ont
donné leur nom à une voie du 14e,
dont 3 étrangers :
Entouré des
jardins des
communautés religieuses, l’horizon
était dégagé
de tous côt é s . M o n tmartre plus
élevé n’avait
pas été retenu, du fait de
sa position
au nord de la
ville, défavorable aux observations des objets
du système solaire aux latitudes de
la France.
Qui sont les 6 autres ?
(réponse en fin de ce chapitre)
L’Observatoire de Paris est le berceau de travaux qui marquent l’histoire des sciences, menés par les
plus grands astronomes, et parmi
eux 3 étrangers qui ont laissé leur
nom à une rue du 14e :
Vocation à l’échelle de l’univers,
l’Observatoire créé dés 1667 par
Louis XIV, 2 siècles avant la naissance du 14e.
• Jean-Dominique Cassini
(1625-1712), Italien, puis Français,
son fondateur et directeur pendant
45 ans.
J. B. Cassini,
C. Huygens,
M. Loewi.
Étrangers célèbres et anonymes du 14e arr.
-6-
• Christian Huygens
(1629-1695), Hollandais, qui travaille comme lui sur Saturne.
La sonde lancée en 1997 vers Saturne et Titan porte leurs 2 noms
associés.
• Maurice Loewi
(1833-1907), de Vienne en Autriche-Hongrie, Français en 1863, qui
crée avec Pierre Puiseux « L’Atlas
photographique de la Lune ». Un
cratère sur la lune porte son nom.
Autre astronome étranger célèbre,
Olaüs Roemer (1644-1710), Danois. Il met en évidence en 1676 le
caractère fini de la vitesse de la
lumière, lui donnant 10 minutes (de
nos jours 8.5 min) pour venir du
soleil.
Espace et temps : l’Observatoire
s’illustre également avec le Bureau
international de l’heure (19191988), la création du temps atomique international (le TAI créé entre
1955 et 1967), le Bureau central de
« l’international Earth Rotation Service » créé en 1988.
2011
Aujourd’hui, l’Observatoire participe
à un projet d’université de recherche de dimension mondiale. Citons
pour la « beauté » du langage
scientifique un des domaines retenus, le calcul haute performance
qui s’appuiera sur « L’Équipement
d’excellence de calcul intensif de
Mesocentres coordonnés », tremplin vers le calcul à l’échelle pétaflop ou de l’exaflop, capable d’effectuer un million de milliards, voire un
milliard de milliards d’opérations à
virgule flottante par seconde !
(Communiqué du 4-7-2011 - Site
internet de l’Observatoire)
Les 6 astronomes français ayant
donné leur nom à une voie du 14e
sont :
Jérome Lalande,
Charles Messier,
Pierre Méchain,
Joseph Delambre,
François Arago,
l’Amiral Mouchez. ◀
« L’art, c’est le plus court chemin de l’homme à l’homme »
Ionesco
Montparnasse, le « nombril du monde de l'esprit » (Tristan Tzara), lors
des années folles
Quand le peintre Fujita débarqua du
Japon en 1913, il rencontre, pratiquement la même nuit, Soutine que
son ami russe Krémègne a fait venir
de Lituanie, Modigliani le peintresculpteur italien, Pascin le peintre
bulgare, et en quelques semaines, il
devient ami avec Pablo Picasso.
Tous ces artistes étrangers habitent
ou ont leur atelier dans le 14e.
Montparnasse, quartier encore relativement en friche, offre des ateliers
à loyers modiques et des cafés bon
marché.
Les « Montparnos » vont rapidement y instaurer une atmosphère
créative et libertaire. Dans cette
communauté mondialisée qui formera l’école de Paris, chaque nouvelle arrivée est accueillie comme la
promesse d'un renouvellement artistique.
Le carrefour de l’univers des arts et
des lettres est alors au croisement
du boulevard Montparnasse et du
boulevard Raspail, l’actuelle Place
Pablo Picasso, où l’on se retrouve
notamment dans les brasseries du
Dôme, de la Coupole, rue Delambre
également, au Dingo Bar, aujourd’hui « Auberge de Venise ». Ce fut
le QG des auteurs américains de la
« Lost Generation » : Ernest Hemingway, auteur du roman Paris est
une fête, Francis Scott Fitzgerald,
Henry Miller, Sinclair Lewis, John
Dos Passos, Ezra Pound…
À quelques pas, au coin du boulevard Raspail et de la rue Campagne
Étrangers célèbres et anonymes du 14e arr.
première, l’hôtel Istria accueillit de
nombreux artistes et écrivains, Man
Ray, Tristan Tzara, Rainer Maria
Rilke, Brassaï, Vladimir Maïakovski,
Elsa Triolet que Louis Aragon rejoignait là, et bien d’autres.
Depuis les années folles, mises à
mal par la grande crise puis la
guerre, Montparnasse et l’ensemble
du 14e restent toujours riches de la
présence d’un très grand nombre
d’artistes de tous pays.
➤ La Coupole
(Georges Viaud, chargé du Patrimoine historique des brasseries
Flo)
Au Moyen-Âge, Le Mont Parnasse
était appelé Les Poulygnys, hauteurs culminant à 64 mètres. Puis
au temps du règne d’Henri IV vinrent les « Escholiers » du Quartier
Latin et de La Sorbonne qui y lutinaient, y brettaient et y déclamaient
des vers. Inspirés, ils nommèrent
Les Poulygnys, Le Mont Parnasse.
C’est aussi en Grèce, la plus haute
montagne de la Phocide dominant à
2 536 mètres d’altitude, le Mont
Parnasse était le Nombril de l’Univers dans l’Antiquité. Ces deux
sommets sont illustres, l’un dédié à
Apollon et aux Neufs Muses et l’autre à Dionysos. Le baptême des
« Escholiers » fut judicieux car l’histoire du Montparnasse de Paris est
à la fois apollinienne, dionysienne
et même dionysiaque incarnant
ainsi le rêve de la création, l’ivresse
de l’esprit et la fête.
Sur l’ancien chantier de charbon
Juglar, La Coupole fut inaugurée le
20 décembre 1927, Curnonski,
Prince des Gastronomes, dira que
la date était de bon augure puisque
« le vin dissipe la tristesse ». Deux
mille cinq cents invités y vinrent et
-7-
on y but mille deux cents bouteilles
de champagne jusqu’à minuit. Les
c r é a t e u r s d e l a m a i s o n , E rnest Fraux et René Lafon, firent
aussitôt rechercher des boissons
alcoolisées. Au petit matin, le peintre André Warnod est retourné chez
lui, à quatre pattes à cause du verglas. Aragon fut, avec d’autres,
transporté en car de Police et le
6 novembre 1928 à 18 heures, il
rencontrera les « Yeux d’Elsa… un
soir au bar de La Coupole ».
Dans le courant de l’année suivante, le Curry d’agneau fut servi
par un Indien en somptueux costume tamoul, tout comme aujourd’hui. On disait que les gouvernements se faisaient chez Lipp et ce
défaisaient à La Coupole et que le
dancing était la plus grande agence
matrimoniale de France. Haut lieu
de la vie artistique et intellectuelle,
On y croisa depuis entre autres
personnalités : Jane Birkin, Coluche, Giacometti, Ionesco, Yves
Klein, Matisse, Mistinguett, Serge Gainsbourg, Sartre, Warhol…
La légende raconte que les artistes
des peintures des piliers et des
pilastres furent payés en « liquide
de bar ». En fait, la facture nous
rappelle qu’ils se partagèrent
23 000 francs de l’époque, en 1928,
de quoi s’acheter une belle Bugatti…
Renouant avec la tradition en 2008,
La coupole de La Coupole a été
peinte par quatre artistes de renommée internationale. Ils ont été
placés aux quatre points cardinaux
en direction de leur continent d’origine. La Française Carole Benzaken est située plein nord, le Marocain, plein sud, le Chinois Xiao-Fan,
plein est, et l’Argentin Ricardo
2011
Mosner, plein ouest. La Coupoleen-Montparnasse demeure « Nombril de L’Univers, Centre du Monde
et Tour de Babel » des Arts et des
Lettres.
Artistes et écrivains
Nous ne pouvons citer que quelques artistes et écrivains célèbres
d’hier ayant habité ou travaillé dans
les 4 quartiers de l’arrondissement.
À travers eux hommage est rendu à
tous les autres, très nombreux,
français et étrangers, d’hier et aujourd’hui.
➤ Edward Munch,
1863-1944, peintre norvégien
32 rue de la Santé
➤ Constantin Brancusi,
1876-1957, sculpteur roumain
47,54 rue du Montparnasse
➤ Alfred Döblin,
1878-1957, écrivain allemand
5 square Delormel (plaque)
➤ Pablo Picasso,
1881-1973, peintre, dessinateur et
sculpteur espagnol. Son nom de
naissance est Pablo Diego José
Francisco de Paula Juan Nepomuceno María de los Remedios Cipriano de la Santísima Trinidad
Ruiz y Picasso (source Wikipédia)
242 boulevard Raspail 1912-1913,
5 bis rue Schölcher de 1913 à 1916
➤ Conrad Kickert,
1882-1965, « le peintre hollandais
de Montparnasse »
33 rue Boissonnade
➤ Marie Vassilieff,
1884-1957, peintre russe
37 rue Froidevaux
➤ Jules Pascin,
1885-1930, peintre bulgare puis
Américain, « le prince de Montparnasse »
(E. Hemingway dans « Paris est
une fête » )
6 rue Sévero
➤ Aquilo Ribeiro,
1885-1963, romancier portugais,
élève de Durkheim, photographie la
Seine en crue. Il écrit en 1928 sur
l'évolution du quartier de Montparnasse.
rue Hallé puis rue Dareau (19131914). Il loge ensuite souvent à
l'Hôtel Nouvel Orléans, av. du général Leclerc.
➤ Fujita,
1886-1968, peintre japonais
5 rue Delambre, de 1917 à 1924,
3 rue Vercingétorix, puis 3 square
Montsouris
➤ Marc Chagall,
1887-1985, peintre né en Biélorussie
110 avenue du Général Leclerc
➤ Alexander Calder,
1888-1976, sculpteur- peintre américain
7 villa Brune , 7 rue Cels
➤ Chana Orloff,
1888-1968, sculptrice, née en
Ukraine
7 bis villa Seurat
➤ Pinchus Kremègne,
1890-1981, peintre né en Biélorussie
3 rue Liard
➤ Henry Miller,
1891-1980, romancier américain, a
écrit Tropique du Cancer
18 villa Seurat
➤ Max Ernst,
1891-1976 peintre allemand
26 rue des Plantes
➤ Michel Kikoïne
1892-1968 peintre né en Russie
7 rue Brézin
➤ Vladimir Maïakowski,
1893-1930, poète russe
hôtel Istria
➤ Chaïm Soutine,
1893-1943, peintre né en Russie
25 av. Gal Leclerc, 26-28 bd Edgar
Quinet, 9 bd Edgar Quinet,
35 av. René Coty, rue de l’Aude,
8 rue du St-Gothard, 17 villa Seurat,
26 rue des Plantes
➤ Elsa Triolet,
1896-1970, écrivain née en Russie
et résistante française
hôtel Istria
« Ne s’éteint que ce qui brilla…
Lorsque tu descendais de l’hôtel
Istria, Tout était différent Rue Campagne Première, En mil neuf cent
vingt neuf, vers l’heure de midi...»
Louis Aragon (Il ne m’est Paris que
d’Elsa). Citation inscrite sur la plaque apposée sur la façade de l’hôtel.
➤ Apel-les Fenosa,
1899-1988, sculpteur catalan
45 rue Boissonnade où autour d’un
petit jardin plusieurs artistes espagnols ont leur atelier
(source Le peintre Werner
Hartmann J. Bouret M. Huggler
1979),
45-47 bd Saint-Jacques
➤ Amedeo Modigliani,
1884-1920, peintre et sculpteur
italien
3 rue Campagne-Première
➤ Zinaïda Sérébriakova,
1884-1967, peintre russe
31 rue Campagne première
«Peintre juif» photo Archives Ateliers
Chana Orloff
➤ Man Ray,
1890-1976, peintre et photographe
américain
hôtel Istria et 31bis rue Campagne
Première
➤ Gyula Brassaï,
1899-1984, photographe d’origine
hongroise, « l’œil de Paris » dira de
lui Henri Miller
16 rue du Saint-Gothard
➤ Alberto Giacometti,
1901-1966, sculpteur et peintre
suisse
atelier 46 rue Hyppolite Maindron
photo Wikipédia
Étrangers célèbres et anonymes du 14e arr.
-8-
2011
➤ Daria Gamsaragan,
1902-1986, sculptrice et romancière
égyptienne d’origine arménienne
4 square Delormel
➤ Werner Hartmann
1903-1981, peintre suisse
26 rue des Plantes, 39 rue Boissonnade
➤ Eugène Ionesco,
1909-1994 auteur dramatique et
écrivain roumain et français, auteur
de la « Cantatrice chauve »
96 boulevard du Montparnasse
➤ Gáll Ferenc
1912-1987, peintre-sculpteur d’origine hongroise
8 villa Brune
➤ Salvador Dali,
1904-1989, peintre, sculpteur espagnol
17 villa Seurat
➤ Carl Walter Liner,
1914-1997 peintre suisse
Villa Adrienne (plaque)
➤ Pol Bury,
1922-2005, sculpteur belge « maître de la lenteur » à qui l’on doit
Les fontaines à boule du Palais
Royal (1985)
236 bd Raspail
➤ Aboud Chafik,
1926-2004, peintre libanais
2 rue du Parc Montsouris
➤ Samuel Beckett,
1906-1989, écrivain, poète et dramaturge irlandais. Résistant-Croix
de guerre
38 bd Saint-Jacques
➤ Roy Adzak,
1927-1987 peintre, graveur, photographe et sculpteur britannique
3 rue Jonquoy
➤ Maria Elena Vieira da Silva,
1908-1992, peintre portugaise
34 rue de l'Abbé Carton (atelier)
➤ Kateb Yacine,
1929-1989, écrivain algérien, auteur
de Nedjma
rue Pernety ◀
Photo Eugénie, Marie-Lize Gall
Hommage à un géant de la spiritualité indienne,
l’universaliste réformateur indien Swami Vivekananda
(1863-1902)
bel de littérature 1915, composant
son Essai sur la mystique et l’action
de l’Inde vivante.
Swami Vivekananda propose le
message immémorial de l’Inde aux
peuples d’occident, message d’ouverture, dans la tradition des Védas
« La Vérité est Une, les Sages en
parlent de manière différente ».
Il s’impose et fait sensation au Parlement Mondial des Religions, réuni
à Chicago en 1893.
En 1900, il vient à Paris, invité au
Congrès de l’Histoire des Religions,
tenu à la Sorbonne, dans le cadre
de l’Exposition universelle.
« Chacun des grands systèmes de
foi, « religieuse » ou « laïque »,
représente une portion de la Vérité
Universelle… J’accepte toutes les
religions dans le passé, et j’adore
Dieu avec toutes. Je laisse mon
cœur ouvert à toutes celles de
l’avenir… Salut à tous les prophètes
du passé, à tous les grands du présent, et à tous ceux qui vont venir ! »
extraits de La vie de Vivekananda
et l’évangile universel, un des trois
livres de Romain Rolland, prix No-
Étrangers célèbres et anonymes du 14e arr.
Il habite chez l’écrivain, journaliste
Jules Bois, dans un immeuble construit 3 ans plus tôt au 19 rue Gazan
(devenu 39 rue Gazan après la
renumérotation de la rue en 1904),
tout près des fortifications, à la
place desquelles la Cité Internationale sera édifiée.
Du 5e étage, où « comme il n’y a
pas d’ascenseur dans ce pays,
comme il y en a en Amérique, on
devait monter et descendre à
-9-
pied », écrivait-il le 1er septembre
1900, il voyait « un très joli parc
public autour de la maison », le
jeune parc Montsouris ouvert
22 années plus tôt en 1878.
Il est frappé de l’importance intellectuelle et sociale de Paris : « Paris
est le foyer de la liberté, il a infusé
une vie nouvelle à l’Europe ».
L’Inde commémore actuellement ce
grand réformateur, qui a fondé la
Mission Ramakrishna, qui dirige
hôpitaux, écoles, dispensaires, centres de développement rural, dans
toutes les parties de l’Inde.
En janvier 2012, à l’initiative de la
Maison de l’Inde de la Cité internationale et du Centre védantique
Ramakrishna de Gretz, une plaque
sera apposée 39 rue Gazan.
Portrait
(source Centre védantique Ramakrishna)
Né en 1863, Vivekananda n’avait
que 18 ans lorsqu’il rencontra Ramakrishna pour la première fois.
Vivekananda était alors un jeune
2011
Indien de son temps, partagé entre
les attraits de la civilisation occidentale de progrès et les attraits de la
civilisation ancestrale de l’Inde,
entre la nécessité de réformes sociales qui demandait de s’engager
dans l’histoire et la nécessité d’une
vie intérieure qui demandait de
considérer l’éternité comme la seule
réalité.
Préoccupé par la question de l’existence de Dieu, Vivekananda cherchait quelqu’un qui pût attester de
son existence, et il allait vers chacun demandant : « avez-vous vu
Dieu ? ». Cette quête s’arrêta lorsqu’à cette question Ramakrishna lui
répondit : « oui, je Le vois comme je
te vois, mais beaucoup plus intensément », et lorsque, par un simple
contact physique, Ramakrishna lui
transmit cette vision.
Alors Vivekananda ne quitta plus
Ramakrishna, et d’autant moins que
Ramakrishna avait reconnu aussitôt
en lui le disciple qu’il attendait.
Avant de quitter ce monde, Ramakrishna confia à Vivekananda la
responsabilité des disciples lequel,
dans les années qui suivirent ce
départ, vécut la vie d’un moine errant et mendiant, traversant toute
l’Inde. Cette étape de sa vie, en
même temps qu’elle accrut sa conscience spirituelle accrut aussi sa
conscience de la misère sociale
dans laquelle se trouvaient ses frères indiens ; de tout cela, il tira plusieurs conclusions qu’on peut résumer ainsi : d’abord nul ne peut
épanouir sa puissance spirituelle s’il
vit dans une misère matérielle – il
faut donc travailler à l’élévation sociale du peuple ; ensuite la prospérité matérielle, qui est la grande force
de l’Occident, n’est une véritable
prospérité que si elle est subordonnée à la prospérité spirituelle – il
faut donc travailler à l’élévation spirituelle de toute l’humanité.
Tel fut dès lors son but, et lorsque
Swami Vivekananda apprit qu’au
cours de l’Exposition universelle de
Chicago (en 1893) était prévu un
Parlement mondial des religions, il
vit là une occasion d’y travailler.
Ses interventions au Parlement
mondial des religions firent une telle
impression qu’il fut invité en de multiples points des États-Unis pour
donner des conférences. Dans les
années qui suivirent, Vivekananda a
eu l’occasion de parcourir l’Europe :
il a pu séjourner en France, en
Suisse, en Angleterre, en Allemagne, en Hollande, et pour son retour
en Inde a traversé le continent en
train de Paris à Istanbul.
tion spirituelle de l’Orient et de l’Occident.
De retour en Inde, Swami Vivekananda, avec d’autres disciples de
Ramakrishna, établit les institutions
qui allaient permettre de développer
ces deux plans.
Swami Vivekananda a quitté ce
monde le 4 juillet 1902.
Enseignements
- Jnana-yoga - Albin Michel - 1936
- Les yogas pratiques - A. Michel 1936
- Mon maître - Maisoneuve - 1937
- Entretiens et causeries A. Michel - 1955
- Lève-toi ! Réveille-toi ! L’originel
2011
Biographie
- Romain Rolland La vie de Vivekananda - Stock - 1930
- Sœur Nivedita Vivekananda tel
que je l’ai vu - A l b i n M i c h e l 1952
- Swami Nikhilananda - La vie de
Vivekananda - De Bartillat - 1956
- Collectif Vivekananda - Rencontre
avec l’Occident - CVR 2007
Étude
Ainsi les deux plans de la Mission
Ramakrishna étaient posés : éducation pour élever socialement ; éléva-
Collectif Swami Vivekananda, pont
entre l’Orient et l’Occident - Collectif
La tolérance (Centenaire) 1964 ◀
La révolution bolchévique se prépare…
du côté du parc Montsouris
(Titre emprunté au site web « Paris
Révolutionnaire » d’A. Rustenholz, avec
l’aimable autorisation de l’auteur )
Dès le début du XXe siècle, les révolutionnaires russes sont contraints à l’exil par les poursuites
qu’exerce contre eux la police politique tsariste.
Le 14e devient alors le centre de la
fraction bolchevique du parti « socialdémocrate » : Vladimir Illich Oulianov, alias Lénine, habite de 1908 à
1912, avec sa femme et sa mère,
24 rue Beaunier puis 4 rue MarieRose ; Zinoviev, rue Leneveux ; Kamenev, Lounatcharsky, 11 rue Roli.
L’imprimerie était 8 rue Antoine
Chantin, puis 110 avenue d’Orléans
(l’actuelle avenue du Général Leclerc) et les réunions avaient lieu
Étrangers célèbres et anonymes du 14e arr.
dans les cafés de cette avenue,
« aux Manilleurs » au numéro 11,
ou au « Puits rouge » en face de
l’église Saint-Pierre de Montrouge.
Le dimanche, tous se retrouvaient
au parc Montsouris.
Ils y fêteront en juillet 1912 sur la
terrasse du « Pavillon Montsouris »
le départ de Lénine, qui écrira « Paris est une ville très incommode
pour y vivre avec des moyens modestes, et très fatiguante. Mais pour
y passer peu de temps, y faire une
visite, il n’y a pas de ville meilleure
ni plus gaie »
Avant Lénine, d’autres révolutionnaires avaient habité le 14e, Rosa
Luxemburg polonaise naturalisée
- 10 -
allemande, fondatrice de la Ligue
Spartakiste en Allemagne, 7 avenue
Reille en 1894 ; Léon Trotski, en
1903, et sa compagne Natalia Sedova, rencontrée rue Lalande,
46 rue Gassendi. « Il nous arrivera
de contempler ensemble le tombeau de Baudelaire que l’on apercevait derrière le mur du cimetière
Montparnasse » écrit-elle dans
« Ma vie avec Trotski ».
➤ Autres époques ou autres
pays, d’autres dirigeants politiques
ont connu le 14e, tels Messali Hadj
1898-1974, père du nationalisme
algérien, fondateur de l’Étoile nordafricaine installée 19 rue Daguerre,
incarcéré en 1934 à la prison de la
Santé, comme le sera Ben Bella,
2011
1er président algérien ; tels Bourguiba 1901-2000, 1er président
tunisien, Senghor 1er président
sénégalais et son successeur Abdou Diouf, qui habitèrent la Cité
internationale.
Citons également Ho chi Minh
1890-1969 fondateur de la République démocratique du Viêt Nam. Il
tint, le 14 janvier 1920 5 rue du
Château, une conférence sur les
revendications de l’ancienne nation d’Annam, le Viêt Nam actuel.
cénotaphe de Baudelaire
➤ Anecdotes sur « Lénine à Paris » (J. Fréville, éd. sociales
1968)
déjà, il y a un siècle, la question du
logement
24 rue Beaunier
« 840 francs, plus les impôts, environ 60 francs, plus encore à peu
près autant à la concierge par an.
Ce serait bon marché pour Moscou,
mais c’est cher pour ici... C’est aussi calme qu’en province. Le centre
est très loin, mais on fera passer
bientôt, à deux pas de chez nous, le
métro, un chemin de fer électrique
souterrain, et d’ailleurs les moyens
de transport ne manquent pas. Pour
l’instant, Paris nous plaît. » Lénine
Oeuvres t. XXXVII p. 415
4 rue Marie-Rose.
page 162... Le propriétaire de l’appartement qu’il occupait, craignant
sans doute de le voir déguerpir
sans payer son terme, lui cherchait
de mauvaises querelles. Lénine
s’en ouvrit à Vladimirov.
Laissez-moi faire, lui répondit le
typographe de l’imprimerie du Comité central, un malin doublé d’un
psychologue.
Vladimirov attendit le propriétaire
devant la loge de la concierge et
engagea la conversation. Les doléances ne se firent pas attendre…
Un drôle de locataire ! il n’a même
pas de quoi meubler son appartement. Je n’en veux plus…
Ne vous fiez pas aux apparences,
rétorqua doucement Vladimirov.
Monsieur Oulianov est un gros propriétaire foncier, il possède un solide compte en banque. Renseignez-vous au Crédit Lyonnais,
19 avenue d’Orléans… Agence Z…
Près du bureau de poste…
L’argent de la fraction bolchévique y
était déposé au nom de Lénine. La
banque dut rassurer l’incrédule sur
la parfaite solvabilité de son locataire. Il changea complètement d’attitude à son égard. Toutes les fois
qu’il le croisait dans l’escalier, il le
gratifiait d’un coup de chapeau res-
pectueux et d’un cordial : « bonjour,
Monsieur Oulianov ! ».
Les filatures de la police tzariste,
l’Okhrana (page 156)
En se dirigeant vers l’imprimerie où
l’on tirait le Prolétari et le SocialDémocrate, Lénine passait d’habitude chez Zinoviev, qui habitait rue
Leneveux. Un agent de l’Okhrana
avait loué, pour mieux surveiller les
allées et venues des bolchéviks,
une chambre dans un hôtel de cette
rue. L’homme les suivait jusqu’à
l’immeuble du 110 avenue d’Orléans, se postait là et guettait la
sortie de Lénine. Quand il pleuvait,
Vladimir Ilitch s’attardait à l’imprimerie, laissant l’espion faire le pied de
grue sous l’averse.
Que notre mouchard se mouille !
disait malicieusement Lénine. Cela
lui rafraîchira les idées …
Le stipendié de l’Okhrana se gênait
de moins en moins. Il finit par braquer son appareil photographique
sur ceux qu’il filait.
Tout de même, il exagère, gronda
Lénine. Il n’a pas le droit d’accomplir en France sa sale besogne…
Faudra-t-il que nous le conduisions
nous-mêmes au commissariat ?
Comme l’amateur photographe
continuait sur le trottoir à attendre
l’instant d’appuyer sur le déclic, un
camarade à la carrure herculéenne,
bien décidé à suivre le conseil de
Lénine, se précipita pour lui mettre
la main au collet. L’autre détala à
toutes jambes. Il ne devait plus jamais revenir. » ◀
« Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant…
Vingt et trois qui criaient la France en s’abattant »
Aragon
De nombreux étrangers combatticombatti
rent pour la France pendant la première guerre mondiale, puis dans la
Résistance.
Au 11 rue de Plaisance habitaient
Missak et Mélinée Manouchian,
d’origine arménienne.
Missak était responsable pour la
ré gion par is ien n e d e s F ra n c s Tireurs et Partisans - Main-d’œuvre
Immigré, organisation de résistance
des étrangers communistes.
Étrangers célèbres et anonymes du 14e arr.
Il fut fusillé le 21 février 1944 au
Mont Valérien avec 21 de ses camarades. Olga Bancic, membre
du groupe, ouvrière roumaine habitant 114 rue du Château, fut décapitée à Stuttgart le 10 mai 1944.
Entre autres actes de résistance, ils
tuèrent, le 25 septembre 1943, une
sentinelle allemande dans le restaurant Le Moulin Vert, 34 bis rue des
Plantes, restaurant de luxe fréquenté par les officiers allemands et
« les gros bonnets » de la collaboration.
- 11 -
Olga avait rempli sa mission de
récupération des armes près du
métro Pernety.
Le groupe Manouchian devint
célèbre par « l’affiche rouge »
placardée par les Allemands sur les
murs de Paris.
Aragon réécrira en poème la dernière lettre de Missak (lui-même
poète) à Mélinée, poème chanté
ensuite par Léo Ferré :
« ...Bonheur à tous Bonheur à ceux
qui vont survivre
2011
Je meurs sans haine en moi pour le
peuple allemand
Adieu la peine et le plaisir Adieu les
roses
Adieu la vie adieu la lumière et le
vent
Marie-toi sois heureuse et pense à
moi souvent Toi qui vas demeurer
dans la beauté des choses
Quand tout sera fini plus tard en
Erivan
Un grand soleil d'hiver éclaire la
colline
Que la nature est belle et que le
cœur me fend
La justice viendra sur nos pas
triomphants
Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline
Et je te dis de vivre et d'avoir un
enfant... »
Paul Eluard également rendra
hommage par un poème à
« . ..Ces étrangers d’ici qui choisirent le feu
Leurs portraits sur les murs sont
vivants pour toujours
Un soleil de mémoire éclaire leur
beauté... »
Citons un autre jeune étranger du
5 square Delormel, Wolfgang Döblin
(1915-1940), mathématicien allemand, précurseur du calcul des
probabilités. Pourchassé par la
Wehrmacht, il meurt le 21 juin 1940
à l’âge de 25 ans.
Précisions sur Missak Manouchian et Olga Bancic
Né en 1906, Missak Manouchian
perd son père dans le génocide
arménien de 1915, arrive en France
en 1925 sans doute clandestinement, devient tourneur aux usines
Citroën. Licencié lors de la grande
crise, il pose pour des sculpteurs,
écrit des poèmes, fonde des revues, traduit en arménien Baudelaire, Verlaine et Rimbaud. Il est
arrêté une première fois le 2 septembre 1939 en tant que communiste (il habitait alors au 15 rue des
Plantes, en face de la demeure du
préfet Jean Moulin au 26 de la
même rue).
Olga Bancic était arrivée en
France en 1938 et elle y faisait des
études de lettres.
➤ Lettre de Missak à Mélinée
21 février 1944, Fresne
Étrangers célèbres et anonymes du 14e arr.
Ma chère Méline, ma petite orpheline bien aimée, dans quelques
heures je ne serai plus de ce
monde. On va être fusillé cet aprèsmidi à 15 heures. Cela m’arrive
comme un accident dans ma vie, je
n’y ne crois pas, mais pourtant, je
sais que je ne te verrai plus jamais.
Que puis-je t’écrire, tout est confus
en moi et bien clair en même
temps. Je m’étais engagé dans
l’armée de la Libération en soldat
volontaire et je meurs à deux doigts
de la Victoire et du but. Bonheur ! à
ceux qui vont nous survivre et goutter la douceur de la liberté et de la
Paix de demain. J’en suis sûre que
le peuple français et tous les combattants de la Liberté sauront honorer notre mémoire dignement. Au
moment de mourir, je proclame que
je n’ai aucune haine contre le peuple allemand et contre qui que ce
soit. Chacun aura ce qu’il méritera
comme châtiment et comme récompense. Le peuple allemand et
tous les autres peuples vivront en
paix et en fraternité après la guerre
qui ne durera plus longtemps. Bonheur ! à tous ! — J’ai un regret profond de ne t’avoir pas rendu heureuse. J’aurais bien voulu avoir un
enfant de toi comme tu le voulais
toujours. Je te prie donc de te marier après la guerre sans faute et
avoir un enfant pour mon honneur
et pour accomplir ma dernière volonté. Marie-toi avec quelqu’un qui
puisse te rendre heureuse. Tous
mes biens et toutes mes affaires je
lègue à toi et à ta sœur et pour mes
neveux. Après la guerre tu pourras
faire valoir ton droit de pension de
guerre en temps que ma femme,
car je meurs en soldat régulier de
l’Armée française de la Libération.
Avec l’aide des amis qui voudront
bien m’honorer, tu feras éditer mes
poèmes et mes écrits qui valent
d’être lus. Tu apporteras mes souvenirs si possible, à mes parents en
Arménie. Je mourrai avec mes
23 camarades toute à l’heure avec
courage et sérénité d’un homme qui
a la conscience bien tranquille, car
personnellement, je n’ai fait mal à
personne et si je l’ai fait, je l’ai fait
sans haine. Aujourd’hui il y a du
soleil. C’est en regardant le soleil et
la belle nature que j’ai tant aimée
que je dirai adieu à la vie et à vous
tous ma bien chère femme et mes
bien chers amis. Je pardonne à
tous ceux qui m’ont fait du mal ou
- 12 -
qui ont voulu me faire du mal sauf à
celui qui nous a trahis pour racheter
sa peau et ceux qui nous ont vendus. Je t’embrasse bien bien fort
ainsi que ta sœur et tous les amis
qui me connaissent de loin ou de
près, je vous serre tous sur mon
cœur. Adieu. Ton ami Ton camarade
Ton mari Manouchian Michel
P. S. : J’ai quinze mille francs dans la
valise de la Rue de Plaisance. Si tu
peux les prendre rends mes dettes
et donne le reste à Armène. M.M.
➤ Lettre d’Olga Bancic à sa fille
Olga Bancic jeta à travers une fenêtre une dernière lettre, datée du
9 mai 1944, adressée à sa fille,
pendant son transfert à la prison de
Stuttgart, pour y être exécutée.
La note jointe précisait : « Chère
Madame. Je vous prie de bien vouloir remettre cette lettre à ma petite
fille Dolorès Jacob après la guerre.
C’est le dernier désir d’une mère
qui va vivre encore 12 heures.
Merci. »
La lettre adressée par Olga Bancic
à sa fille Dolores (orthographe corrigée) :
« Ma chère petite fille, mon cher
petit amour.
Ta mère écrit la dernière lettre, ma
chère petite fille, demain à 6 heures, le 10 mai, je ne serai plus.
Mon amour, ne pleure pas, ta mère
ne pleure pas non plus. Je meurs
avec la conscience tranquille et
avec toute la conviction que demain
tu auras une vie et un avenir plus
heureux que ta mère. Tu n’auras
plus à souffrir. Sois fière de ta mère,
mon petit amour. J’ai toujours ton
image devant moi.
Je vais croire que tu verras ton
père, j’ai l’espérance que lui aura
un autre sort. Dis-lui que j’ai toujours pensé à lui comme à toi. Je
vous aime de tout mon cœur.
Tous les deux vous m’êtes chers.
Ma chère enfant, ton père est, pour
toi, une mère aussi. Il t’aime beaucoup. Tu ne sentiras pas le manque
de ta mère. Mon cher enfant, je finis
ma lettre avec l’espérance que tu
seras heureuse pour toute ta vie,
avec ton père, avec tout le monde.
Je vous embrasse de tout mon
cœur, beaucoup, beaucoup.
Adieu mon amour.
Ta mère » ◀
2011
La Cité internationale universitaire de Paris
La Cité internationale
universitaire de Paris est née
➤
dans le contexte pacifiste des années vingt pour favoriser le rapprochement intellectuel et moral entre
les peuples, grâce aux échanges
entre étudiants du monde entier.
Fondation privée reconnue d’utilité
publique, elle accueille chaque année 10 000 étudiants, chercheurs,
sportifs et artistes étrangers venant
de plus de 130 pays différents. Le
site compte 40 maisons, créées à
l’initiative d’un pays, d’une école ou
d’un philanthrope et sont inspirées
de courants architecturaux variés.
Dans chaque résidence, 20 à
30 nationalités se côtoient, favorisant ainsi la découverte de l’autre.
Premier acteur de l’hébergement
étudiant de la capitale, la Cité internationale met également à la disposition de ses résidents de nombreux
services : une bibliothèque ouverte 7j/7, un restaurant universitaire, une cafétéria, des studios de
musique, des installations sportives… À cela s’ajoute une programmation culturelle riche et variée, proposée par le Théâtre et
l’ensemble des Maisons.
Le parc de la Cité internationale est
géré selon les exigences du développement durable, sans produits
phytosanitaires ni engrais. Il est
ouvert à tous les Parisiens et aux
habitants des communes alentour.
Grâce à la signature, en 2010, d’un
accord avec la Ville de Paris, la Cité
internationale va pouvoir construire
de nouvelles maisons et accroître
ainsi sa capacité d’accueil de près
de 20 %.
La première opération sera la construction de la Maison de la Région
Île-de-France, première maison à
énergie positive du site et l’extension
de la Maison de l’Inde. D’autres projets sont déjà à l’étude comme les
Maisons de la Russie, de la Colombie, de la Corée et de la Chine.
➤ L’Alliance Internationale,
l’association des anciens et amis de
la Cité internationale universitaire
de Paris, est née en 1948 de la
volonté des premiers résidents de
la Cité internationale de garder contact après leur séjour. Association
reconnue d’utilité publique, elle œuvre au rapprochement des généra-
Étrangers célèbres et anonymes du 14e arr.
tions et des cultures, par l’animation
d’un réseau de près de 200 000 anciens résidents de la Cité internationale, répartis dans le monde entier, et occupant pour beaucoup des
postes à responsabilités dans leurs
pays respectifs.
Toute l’année, l’Alliance Internationale propose une programmation
de manifestations pour animer le
réseau : conférences-débats, concours d’écriture de récits, excursions…
Et tous les deux ans, elle organise
à la Cité internationale des grandes
rencontres internationales entre
anciens résidents venus du monde
entier. Elle développe également
pour les étudiants et chercheurs
étrangers des services solidaires,
animés bénévolement par des anciens et des amis de la Cité internationale : la relecture des thèses et
mémoires en français et l’aide à la
recherche d’emploi.
L’Alliance Internationale rend régulièrement hommage aux anciens
résidents de la Cité internationale
qui ont marqué l’Histoire : Léopold
Sedar Senghor, Costa Gavras, Abdou Diouf, Abdelkébir Khatibi, Miguel Angel Estrella, Seiji Ozawa,
Habib Bourguiba, Aimé Césaire,
Nedim Gürsel, Taha Hussein, Sebastio Salgado...
Encourager les échanges interculturels au-delà des frontières est un
challenge ambitieux. L’Alliance Internationale entend relever ce défi par la
coopération entière des anciens,
célèbres ou anonymes, ici et ailleurs,
et continuer ainsi à porter haut le
message à caractère universel « du
Donner et du Recevoir ».
Précisions sur la naissance de la Cité
➤
(source « La Cité internationale universitaire » Florence Aubray dans Montparnasse et le XIVe arrondissement Action
artistique de la Ville de Paris janvier
2000)
19 mars 1919 : André Honnorat,
député des Basses-Alpes, lors d’un
débat à la Chambre sur le déclassement des fortifications, défend un
amendement stipulant que « sur
l’ensemble des terrains déclassés,
20 ha seront attribués, en toute
propriété, à l’Université de Paris ».
L’amendement est repoussé.
- 13 -
Mai 1920 : Émile Deutsch de la
Meurthe, propriétaire des Pétroles
Jupiter, offre dix millions de francs
au ministère de l’Instruction publique ou à l’Académie de Paris, afin
de créer des logements étudiants
salubres sur un terrain que l’un ou
l’autre mettrait à sa disposition. Il
assortit sa proposition de donation
d’un ultimatum fixant au 30 juin
1921 l’aboutissement des tractations entre l’État et la Ville.
Juin 1921 : une convention « relative à la création d’une cité universitaire… destinée à procurer aux étudiants français et étrangers de
l’Université de Paris des logements
salubres dans les meilleures conditions de vie matérielle, intellectuelle
et morale… » est signée le 7 juin,
approuvée le 8 en séance du Conseil municipal.
Le projet de loi autorisant une dépense de 13 millions cinq cent mille
francs (prix des terrains) afin d’exécuter la convention est adopté le
23 juin à la chambre des Députés,
le 28 par le Sénat, soit deux jours
avant l’expiration du délai fatidique.
Neuf hectares situés à l’emplacement des fortifications et19 ha de
terrains zoniers les bordant sont
affectés à l’Université.Cet emplacement est jugé par certains trop
excentré, le mythe de la Montagne
Sainte-Geneviève ayant ses ardents défenseurs. En revanche, les
tenants des théories hygiénistes
sont favorables à une situation hors
les murs...
1925-1937 : la première fondation
(Deutsch de la Meurthe) est inaugurée en 1925. La Maison Internationale, financée par J.D. Rockefeller,
en 1936. La Cité sera le premier
aménagement réalisé sur les terrains
délaissés des fortifications. Les bastions choisis présentent l’avantage
d’être reliés directement au quartier
Latin par la ligne de Sceaux. La station Sceaux-Ceinture (Cité universitaire) entre en fonction en octobre
1931. La Cité comptera 19 pavillons
avant la seconde guerre mondiale.
1945-1969 : deuxième cycle de
constructions, 12 nouvelles résidences doublent la capacité d’accueil de la Cité internationale. ◀
2011
Hommage à Abdelkaber Khatibi (1938-2009),
penseur et écrivain marocain
« Je partais à Paris sans autre histoire que celle d’un étudiant ombrageux, à la recherche d’une autre
image des autres et de moimême… Inexorablement, Paris
apparaissait comme une inépuisable parole où je devais déchiffrer
ma propre énigme » (La mémoire
tatouée)
Abdelkebir Khatibi écrivit ses premiers poèmes à douze ans, en
arabe, puis en français qui demeurera sa langue d'écriture. Il vient à
Paris, habitant la Maison du Maroc
à la Cité internationale, pour des
études en sociologie et soutient sa
thèse en 1965, la première sur le
roman maghrébin. De retour au
Maroc, il mène une intense activité :
chercheur, écrivain, enseignant,
intellectuel engagé dans la politique.
Il fait paraître en 1971 son premier
roman, La Mémoire tatouée.
Grands Prix de l'Académie française (1994), du Maroc (1998), Prix
de la Société des Gens de Lettres
(2008) attribué pour la première fois
à un auteur arabe... Roland Barthes, en exergue à son œuvre, écrit
« L’originalité de Khatibi est éclatante : sa voix est absolument singulière, et par là même absolument
solitaire. Car ce qu’il propose, paradoxalement, c’est de retrouver en
même temps l’identité et la différence : une identité telle, d’un métal si
pur, si incandescent, qu’elle oblige
quiconque à la lire comme une différence ».
Retenons comme une feuille de
route très actuelle, la conclusion de
son intervention en décembre 2001,
à un Colloque de l’Unesco et de
l’École pratique des hautes études
sur « Les civilisations dans le regard de l’autre » :
Étrangers célèbres et anonymes du 14e arr.
« Géopolitiquement, dans le voisinage arabo-européen, naîtrait peutêtre la nouvelle Méditerranée, cet
espace où, en utopie, chaque partenaire apporterait sa part d’humanité et de civilisation. Encore faudra-t-il bâtir cet espace sur des lois
d’hospitalité qui devraient, au-delà
de l’utilitarisme, frayer un chemin
vers un universalisme polycentrique.
Comme beaucoup d’entre vous, je
suis un étranger professionnel,
c’est-à-dire une personne qui fait de
la question des lieux de passage et
de résistance entre civilisations une
tâche de tous les jours, dans l’exercice de mon travail, dans mon pays
et dans l’ailleurs. Pourquoi ne devrions-nous pas être, comme n’importe quel humain, les hôtes du
futur ? »
Bibliographie
- La Mémoire tatouée, roman, Paris, Denoël, coll. Lettres Nouvelles, 1971 et Poche, Coll.18/18,
1979.
- La Blessure du nom propre, essai, Paris, Denoël, coll. Lettres
Nouvelles, 1974 et 1986.
- Vomito blanco (Le sionisme et la
conscience malheureuse), essai,
Coll. 10/18, 1974.
- Le Lutteur de classe à la manière
taoïste, poésie, Paris, Sindbad,1976.
- Le Livre du sang, roman, Paris,
Gallimard, 1979 et 1986.
- Le Prophète voilé, pièce de théâtre, Paris, L’Harmattan, 1979.
- Le Roman maghrébin, essai, Paris, Maspéro, 1968, rééd. Rabat,SMER, 1979.
- De la mille et troisième nuit, essai, Rabat, SMER, 1980, rééd.
dans Ombres japonaises.
- Amour bilingue, récit, Montpellier,
Fata Morgana, 1983.
- Maghreb pluriel, essai, Paris,
Denoël, 1983.
- Le même livre, Correspondance
avec J. Hassoun, Paris, Éditions
de l’Éclat, 1985.
- Du bilinguisme, Collectif, essai,
Paris, Denoël, 1985.
- Dédicace à l’année qui vient poésie,
Montpellier, Fata Morgana, 1986.
- 14 -
- Figures de l’étranger (dans la
littérature française), essai, Paris,
Denoël, 1987.
- Par-dessus l'épaule, essai, Paris,
Aubier, 1988.
- Paradoxes du sionisme, essai,
Rabat, Al Kalam, 1989.
- Un été à Stockholm, roman, Paris, Flammarion, 1990.
- Penser le Maghreb, essai, Rabat,
SMER, 1993.
- Triptyque de Rabat, roman, Paris,
Noël Blandin, 1994.
- L'Art calligraphique de l'islam,
avec Mohamed Sijelmassi, essai,
Paris, Gallimard, 1994.
- Du signe à l'image, avec Ali Amahan, livre d'art sur le tapis marocain, Casablanca/Milan, Lak International, 1995.
- Civilisation marocaine, sous dir.
de Mohamed Sijelmassi, essai,
Arles, Actes Sud, et Casablan,ca,
Éditions Oum, 1996.
- L'Alternance et les partis politiques, essai, Casablanca, Eddif,
1999.
- La Langue de l'autre, essai, New
York, Les Mains secrètes, 1999.
- Voœu de silence, essai, Paris, Al
Manar, 2000.
- L'Art contemporain arabe, essai,
Paris, Al Manar, 2001.
- Le Corps oriental, essai, Paris,
Hazan, 2002.
- Pèlerinage d'un artiste amoureux,
roman, Paris, Éditions du Rocher,
2003, Poche, Le Serpent à plumes, coll. Motifs, 2006.
- Aimance, poésie, Paris, AL Manar, 2004.
- Féerie et dissidence, collectif,
Rabat, Institut Univ. de recherche
scientifique, 2003.
- Correspondance ouverte, avec
G. EL Khayat, Rabat, Marsam,
2004.
- Féerie d'un mutant, récit, La Serpent à plumes, 2005.
- Quatuor poétique, essai, Paris, Al
Manar, 2006.
- Oeuvres de Abdelkébir Khatibi,
Tome I : Romans et récits, Tome II : Poésie de l'Aimance, Tome III : Essais, Paris, Éditions de
La Différence, 2008.
- Le scribe et son ombre, Paris,
É d i t i o n s d e L a D i ff é r e n c e ,
2008. ◀
2011
Les foyers de travailleurs migrants
Depuis plus de 30 ans, des travailleurs migrants, principalement
d’Afrique subsaharienne et du Maghreb, habitent dans notre arrondissement et travaillent dans toute
l’Ile-de-France.
Nous sommes là pour Nos familles
« Je suis arrivé en France et au
foyer des Arbustes en mars 1973.
Au pays, j’ai 31 personnes à charge, donc avec ma paie, il faut payer
ici et là-bas ; c’est cela qu’il faut
comprendre. Ici, nous vivons en
communauté, tout le monde se
connaît ; la communauté c’est un ou
plusieurs villages. Mon village c’est
Marena Djomboukou (Mali).
C’est très important pour nous de
ne pas être isolé. On se soutient en
famille. On s’entraide. Celui qui
arrive, il peut venir manger à la cuisine collective (non commerciale).
Lorsqu’il y a un décès, on se cotise
entre nous et on fait un don. Au
foyer, il y a une bonne ambiance,
pas d’histoires, pas de bagarres
violentes, grâce aux anciens. Le
comité de soutien aussi nous a
accompagnés. »
Intervention de M. Bathily Bousseye, trésorier de l’association des
Résidents du foyer des Arbustes à
une réunion le 18 octobre 2010.
Le foyer des Arbustes va être réhabilité en 2012-13 et sera transformé
en « résidence sociale ». Une nouvelle résidence sociale, rue du Saint
Gothard, permettra aussi le relogement dans le 14e de l’ensemble des
résidents des Arbustes. Le foyer de
Gergovie sera transformé à son
tour dans une étape ultérieure.
Ville, État, gestionnaires, et comités
des résidents se réunissent régulièrement dans un comité de pilotage
de cette action.
Bibliographie
« Pour l’élargissement des droits
et l’amélioration de la vie dans
les logements-foyers », Proposition de loi présentée par le COPAF,
comité pour l’avenir des foyers, lors
du Colloque au Sénat du 10 janvier
2010. ◀
Toute la richesse d’une vie au pluriel
Des milliers d’étudiants de tous
pays, des centaines de travailleurs
migrants, des familles et des enfants parlant de multiples langues,
300 mariages entre Français et
étranger ou mixtes (40 % des mariages de l’arrondissement), près de
20 000 personnes étrangères résident dans le 14e.
« Je m’appelle Claudio. J’ai 10 ans
et je viens du Chili. Ce que j’aime
beaucoup en France, c’est Disney
Land, les centres commerciaux et
les Invalides. Ce qui me manque de
mon pays, ce sont mes amis, ma
famille et la mer. Ce que je n’aime
pas en France, c’est le Louvre qui
est trop grand. »
Le regard des « enfants nouvellement arrivés en France », ceux
de Blaise, Claudio, Katariina, Solomiya (école Maurice Rouvier) :
Katariina vient de Finlande. Elle fut
la 1re Lauréate du concours des
Écoles lors du mois de la photo en
novembre dernier, dont le thème
était la publicité.
En fait, ce qui a attiré son attention :
« c’est la Tour Eiffel, Notre Dame,
l’Arc de triomphe, qui m’ont plu sur
le panneau » dit-elle.
« Je m’appelle Blaise. Mon pays
est le Cameroun et j’ai douze ans.
Ce qui me plaît en France, c’est la
Tour Eiffel, la piscine.
Ce qui compte le plus dans ma vie,
ce sont mes amis. Quand j’étais au
Cameroun, je n’avais pas beaucoup
de copains. Mais ici, en France, j’ai
beaucoup de copains. J’aime beaucoup la France. »
Étrangers célèbres et anonymes du 14e arr.
Solomiya, 2e lauréate, a pris 2 photos dans le métro à Alésia, l’une
bien choisie pour un tel concours,
celle appelant à venir voir d’autres
- 15 -
photos, celles de Raymond Depardon montrant la France d’avant…
d’avant l’arrivée conquérante du…
Coca Cola ! Solomiya a 6 ans,
elle vient d’Ukraine, elle n’a pas
pensé à tout cela, elle a vu, et utilisé, très bien, l’appareil jetable du
concours !
Combien de langues sont parlées
dans le 14e : arabe, chinois, soninké, espagnol, anglais, bambara,
portugais, bengali, russe, finnois,
wolof, italien… ?
« Il est beaucoup plus facile d’apprendre une autre langue quand on
a appris la sienne propre et sa
grammaire » fait remarquer l’ instituteur de Basile, Claudio, Katariina,
Solomiya et de leurs camarades.
Les langues sont un des plus
précieux patrimoines de l’humanité. ◀
2011
« Je préfère le couscous à la citrouille »
(lettre d’A. Khatibi à R. Barthes, citée par Barthes)
Les restaurants du 14e permettent
de manger : couscous et citrouille,
sushi, canard laqué, pizza, moussaka, houmous, tandoori, bacalhau,
nem, crumble, churros,kebab, riz
gluant, chakchouka, zakousti, empanada, saumon fumé… grâce à
158 enseignes étrangères de très
nombreuses régions du monde :
Afghanistan, Agadir, Alger, Andes,
Angleterre, Argentine, Buenos Aires,
Brésil, Bruxelles, Cachemire, Cameroun, Chine, Constantine, Corée,
Crète, Espagne, Grèce, Himalaya,
Pakistan, Hong-Kong, Inde, Istambul, Italie, Japon, Kurdistan, Maroc,
Maurice, Portugal, Rajasthan, Russie, Saïgon, Scandinavie, Syrie,
Thaïlande, Tunisie, Turquie, Vietnam.
Citons également les autres enseignes évoquant le monde, dans
d’autres domaines
Artisans du monde, Librairie Tropiques, Tamazgha - Éditions berbères,
Office du tourisme de Cuba, Afrique
Partenaires Services, Communauté
Catholique Coréenne, Desmos Librairie Hellénique, Médecine traditionnelle chinoise, 100 % Brésil. ◀
Pour le droit de vote et d’éligibilité
d’
des résidents étrangers
Appel des Maires lancé à StrasStras
bourg, le 16 octobre 2010 lors du
1er congrès des Conseils des
résidents étrangers de France
de l’Union européenne, qui peuvent
voter aux élections municipales et
européennes. Il s’agit maintenant
de donner les mêmes droits à tous
les étrangers résidents.
« Le concept de citoyenneté contient le droit pour toute personne de
participer aux prises de décision qui
la concernent. Etrangers comme
nationaux sont impliqués dans la
vie de nos cités et le « vivre ensemble » ils participent à la vie économique, sociale et associative et
contribuent déjà à la vie citoyenne
en étant responsables d’associations, délégués syndicaux, représentants de parents d’élèves, électeurs pour la désignation des conseils de prud’hommes. Etc…
L’extension de cette citoyenneté a
déjà eu lieu pour une partie des
étrangers résidents, ressortissants
Aujourd’hui, l’opinion publique est
favorable à l’évolution d’une citoyenneté attachée à la résidence
et non pas seulement à la nationalité.
Aujourd’hui, les résidents étrangers
doivent être considérés comme des
citoyens à part entière.
Beaucoup de nos communes ont
déjà œuvré pour faire avancer ce
droit : commission extra-municipale,
conseil des résidents étrangers, etc.
Il est temps de franchir une étape
supplémentaire !
C’est pourquoi, nous, Maires des
Villes de :
Ajout au chapitre « L’art,
c’est le plus court chemin de l’homme à
l’homme » Ionesco (p 9)
chanteur et guitariste argentin
« ...La terre est vaste comme une
peine indienne… » (Aires Indios
1946). 117-119 rue Raymond Losserand.
Amiens, Angers, Aubervilliers, BèBè
gles, Besançon, Blois, Bourg-lèsValence, Caen Chelles, Clichy-laGarenne, Creil, Dijon, Dunkerque,
Erstein, Fontenay-aux-Roses,
Grand-Quevilly, Grenoble, IllkirchGraffenstaden, le Quesnoy, Les
Ulis, Lille, Metz, Montbéliard, Montreuil, Nantes, Paris, Paris 14e, Paris 19e, Pau, Périgueux, Plérin,
Quimper, Reims, Rennes, Rouen,
Saint-Affrique, Saint-Denis, SaintFons, Strasbourg et Toulouse,
lançons un appel solennel et prenons l’engagement de tout mettre
en œuvre pour que le droit de vote
et d’éligibilité des résidents étrangers aux élections locales soit reconnu »
Tous Parisiens - Tous citoyens ◀
Atahualpa Yupanqui (Héctor Roberto Chavero) 1908-1992 poète,
Étrangers célèbres et anonymes du 14e arr.
- 16 -
2011