Festival du Film de Femmes de Salé : une 10ème édition empreinte

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Festival du Film de Femmes de Salé : une 10ème édition empreinte
Festival du Film de Femmes de Salé : une 10ème édition empreinte de réalisme social
Le Festival du Film de Femmes de Salé a fait sa place au soleil. Il s'est, d'année en année,
depuis 10 ans maintenant, installé dans le paysage cinématographique marocain en mettant en
lumière les oeuvres de réalisatrices marocaines et étrangères méritant qu'on leur porte une
attention particulière, ou les films de réalisateurs dont le propos a choisi d'explorer la condition
des femmes.
Cette dixième édition confirme le caractère particulièrement attachant de ce festival amené à
sonder avec finesse et sensibilité des thèmes sur lesquelles les réalisatrices apportent, selon
leur culture, un regard et un traitement singulier, tout en révélant à travers les oeuvres des
réalisateurs invités la vision que ces hommes ont eu envie de livrer, de leur côté, sur certaines
problématiques contemporaines. Une sélection d'où semble ressortir, au final, la mise en
perspective d'une galerie de portraits de femmes fortes, héroïnes bravant courageusement le
quotidien, parce que nourries de rêves et porteuses de combats farouches.
Un forum appelé à débattre autour du “corps des femmes dans le cinéma”
Chaque édition visant à faire connaître et à célébrer le cinéma d'un pays, ce sera au tour de la
France, cette année, car, comme s'accordent à le dire les organisateurs, le FIFFS a choisi la
France comme invité d’honneur “pour tenter d’apporter quelques nouvelles lumières sur la
nature complexe des rapports multidimensionnels qui unissent le Maroc et la France grâce et
par le truchement du cinéma”.
Mais c'est le thème choisi cette
année dans le cadre du forum associé à ce festival qui présente un intérêt tout particulier. Il ne
manquera pas de rassemblera des échanges fructueux et des confrontations de regards
inédits. En effet, c'est autour de la thématique
“Le corps au cinéma/le corps des femmes dans le cinéma”
que les débats porteront. Le regard croisé d'un homme et d'une femme sur la question du genre
au cinéma sera à ce sujet abordé, et une sélection d'ouvrages traitant du cinéma et de la
femme seront par ailleurs présentés.
Des femmes, il y en aura également dans le jury pour juger du travail de leurs pairs. Présidé par
la productrice anglaise Denise O’Dell, le jury de cette édition sera donc composé de 6 femmes
de la profession : la réalisatrice Chus Gutiérrez (Espagne), la journaliste et critique de cinéma
Houda Ibrahim (Liban), la réalisatrice et scénariste Licia Eminenti (Italie), et les actrices Rania
Youssef (Egypte), Flonja Khodeli (Allemagne) et Noufissa Benchehida (Maroc).
Lors de la cérémonie d'ouverture, 6 courts-métrages marocains réalisés par des cinéastes
marocaines seront projetés. Il s'agit de “Murmures de Venus” de Ghizlane Assif, “Aya va à la
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plage”
de
Maryam Touzani,
“Wafaa”
de Ilhame El Alami,
“Traces”
de Majida Benkirane et
“Obsession”
de Hanane El Wardi. Des hommages seront rendus par ailleurs dans cette édition aux actrices
égyptienne Ilham Shahine et marocaine Bouchra Ahrich, ainsi que de manière posthume à
Solveig Anspach, réalisatrice française et amie du festival.
Concernant la compétition officielle, parmi les 12 films de fiction sélectionnés, représentant
l'Europe, l'Afrique, l'Amérique du nord, l'Amérique du sud et l'Asie, figurent, dans des registres
très différents, les très attendus“Wolf and sheep” de Shahrbanoo Sadat (Afghanistan), “D'une
pierre deux coups”
de Fajria Deliba (France),
“
Burn Burn Burn”
de Chanya Button (Grande-Bretagne),
“The New Classmate”
de Ashwiny Iyer Tiwari (Inde), ou encore
“Toni Erdman”
de Maren Ade (Allemagne).
Le film “Insoumise”, du réalisateur marocain Jawad Rhalib, fait également partie de la
sélection. Il explore ici sous une nouvelle forme, et dans le cadre de la fiction cette fois, les
dégâts de la globalisation. Un thème récurrent dans son travail, déjà décliné à plusieurs
reprises dans ses documentaires précédents comme
“La loi du Profit” ou “
Les damnés de la mer,
qui racontait les affres de ces pêcheurs marocains obligés de s'exiler vers Dakhla pour
améliorer leur subsistance, mais en souffrant de conditions de pêche très dures.
Une sélection apparemment nourrie d'une veine empreinte de réalisme
social
La réflexion sociale demeure tout aussi présente dans “Insoumise”, qui raconte l'histoire de
Laïla, une jeune informaticienne marocaine sans emploi qui quitte son pays pour un travail de
saisonnière en Belgique, et qui atterrit dans une petite exploitation agricole familiale où elle
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découvre le système profondément injuste réglant les contrats des saisonniers. Un personnage
de femme qui, après une phase de désenchantement initiale, voit se transformer cette prise de
conscience en un sentiment de révolte appelé à bousculer dans son élan l'équilibre sur lequel
reposait jusque-là la vie de l'exploitation.
De cette programmation riche et exigeante tournée vers le réalisme social, on retient, en effet,
l'idée qu'elle offre un beau panorama des problématiques sociales actuelles en mettant en
perspective des portraits de femmes qui témoignent toutes de manière sensible de leur époque.
Preuve de cet attachement à refléter les questionnements du réel, cette programmation a par
ailleurs le mérite d'associer documentaires et fictions à travers l'organisation d'une seconde
compétition officielle.
Réservée aux six documentaires en lice dans la sélection de cette édition, elle permettra de
faire découvrir au public des opus attachants comme “L’arbre sans fruit” de Macky Kidy Aicha, “
Little go girls”
de Eliane de Latour, ou encore
“Tisseuses de rêves”
d’Ithri Irhoudane. Dans ce documentaire remarqué de la jeune réalisatrice marocaine primée à
l'étranger, les femmes sont filmées avec tendresse et admiration comme de véritables héroïnes
ordinaires. Des mères-courages qui, dans un douar isolé et enclavé comme tant d’autres, en
plein coeur du Moyen-Atlas,
“mènent un combat : s’émanciper et offrir un avenir à leurs enfants”,
et le mènent audacieusement au nom de leurs rêves, puisque
“Taaborth et Erkia, les plus frondeuses d’entre elles, franchiront les montagnes, traverseront les
vallées jusqu’aux côtes atlantiques à Essaouira à la rencontre d’autres femmes, semblables à
elles, qui ont créé des coopératives de production d’huile d’Argan et changé leurs vies et celles
de leurs enfants.”
A leurs rêves farouches de combattantes et de libertaires s'ajoutent, dans la même veine, ceux
de la “petite bonne” Aya, incarnation de l'enfance volée des mineurs asservis au travail
domestique, mise en scène dans le court-métrage
“Aya va à la plage” de
Maryam Touzani, ou ceux de Laïla, la chômeuse-saisonnière
“insoumise”
du film de Jawa Rhalib, qui sonne à sa manière le glas de l'injustice. Une injustice à laquelle la
logique faussée du système les confronte, semble-t-il, toutes, quelles que soient les réponses
apportées pour y résister par chacune d'elles.
Le Festival du Film de Femmes de Salé accordant en parallèle beaucoup d'attention à la
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formation et à l'ouverture du cinéma à la création, il intègre dans la vie du festival et en marge
de la compétition un programme proposant également des ateliers d’écriture filmique ainsi
qu'une résidence d'écriture de scénarii. S’agissant de la résidence, elle sera encadrée par des
scénaristes et des professionnels marocains et étrangers sous la direction, notamment, de la
scénariste marocaine Sofia Alaoui, de la réalisatrice iranienne Reza Serkanian et de l’écrivain
marocain Mohamed Arious, dans le cadre de cette édition 2016.
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