Psaume 133 : Célébration de l`amitié
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Psaume 133 : Célébration de l`amitié
Psaume 133 : Célébration de l’amitié Introduction L’unité Berlin – Jesse Owens semblait sûr de pouvoir gagner le saut en longueur aux jeux de 1936. L'année précédente, il avait sauté 8,13 m – un record qui devait rester inégalé pendant 25 ans. Alors qu'il se rendait vers l'aire de saut, Owens vit un grand allemand blond, aux yeux bleus, s'entraînant à sauter dans la zone des 7,92 m. Owens se sentit nerveux. Il était parfaitement au courant de la volonté des Nazis de prouver la « supériorité Arienne », particulièrement par rapport aux noirs. L'allemand élancé vint alors se présenter. Il s'agissait de Luz Long. « Vous devriez être capable de vous qualifier les yeux fermés ! » dit-il à Owens, se référent à ses deux précédents records. Pendant quelques instants, le fils noir d'un métayer et le modèle blanc de la virilité Nazie discutèrent ensemble. Long fit alors une suggestion. Puisque la distance de qualification n'était que de 7,15 m, pourquoi ne pas faire une marque plusieurs pouces avant l'aire de saut et sauter depuis cette marque, afin que la partie soit équitable ? Owens accepta et se qualifia facilement. Finalement, Owens établit un record olympique et gagna la seconde de ses quatre médailles d'or. La première personne à le féliciter fut Luz Long – devant Adolf Hitler. Owens ne revit jamais Long, qui fut tué pendant la seconde guerre mondiale. « Vous pourriez fondre toutes les médailles et toutes les coupes que j'ai gagné » écrivit-il plus tard, « elles ne vaudraient pas grand'chose comparée à l'amitié en 24 carats que j'ai éprouvé pour Luz Long. » David Wallechinsky in The Complete Book of the Olympics. La Bible l’annonce, le jour vient où le monde entier sera uni. Plusieurs versets évoquent l’unité du monde à venir : • Il semble que l’antichrist arrivera à fournir une paix et une unité, certes très brève, mais très réelle. Paul écrit « quand les hommes diront ‘paix et sécurité’… », et c’est au moment où, selon Dan 9, il signera une alliance de paix. Bien entendu, le monde se polarisera entre les partisans de Christ, et ceux de l’antichrist — les derniers tuant les premiers. • À la fin de cette période, il y aura une seconde unité, parfaite et internationale : Sophonie 3:9-10 : « Alors je rendrai pures les lèvres des peuples, Pour qu’ils invoquent tous le nom de l’Éternel En lui rendant un culte unanime. D’au–delà des fleuves de l’Éthiopie Mes adorateurs, mes dispersés m’apporteront l’offrande. » C’est le début du Millenium. • Cette paix durera 1000 ans, et Christ règnera de Jérusalem avec un sceptre de fer, en sorte qu’aucune dissension ne sera possible. Les enfants qui naîtront parmi les survivants de la Tribulation seront unis de force, mais leur cœur ne sera transformé que par leur conversion. Et c’est ainsi qu’à la fin du Millenium, beaucoup seront séduits lorsque Satan sera de nouveau libre. • Cette ultime rébellion sera détruite et suivie du règne éternel de Dieu avec ses enfants. C’est l’éternité, la nouvelle terre, et les nouveaux cieux, que décrivent Apoc. 20 à 22. L’Eglise quant à elle, devrait être l’antichambre du ciel, l’image même du paradis. Si je lisais un psaume, je dirais… pause !! Car il faut reconnaître que l’église n’est pas toujours à la hauteur des attentes du Christ. Ni à la hauteur de nos attentes. • On est souvent désireux de l’unité dans l’église. De chaleur, de proximité, de compassion, de soutien. • Mais on est aussi souvent le destructeur de cette unité. Car dès qu’on se plaint de ne pas être un avec les frères, on a déjà été l’acteur de la désunion ! Les Psaumes Psaume 133 Page 2 Le psaume 133 est une célébration de l’amitié. Elle la définit, et elle en note les résultats. Et par ce psaume, j’espère que nous aurons un désir renouvelé d’exprimer l’amitié, d’agir dans l’unité. De poursuivre avec réalisme et tendresse aujourd’hui cette harmonie que nous vivrons plus tard. Constat : l’amitié fraternelle est un bonheur (133.1) « 1 Cantique des montées. De David. Voici qu’il est bon, qu’il est agréable pour des frères d’habiter unis ensemble ! » Ce psaume est l’un des 15 « cantiques des montées » (les psaumes 120 à 134). Ils sont courts, facilement mémorisables et ils étaient chantés par les pèlerins se rendant à Jérusalem lors des trois fêtes juives principales. Ces psaumes se nomment cantiques des montées parce que Jérusalem était la ville la plus haute du pays (moins de 800 m, ce qui reste modeste). Ces trois fêtes étaient : • La fête de la Pâques, le 14 du mois de Nisan (Mars-Avril), suivie de la fête des pains • La fête de la Pentecôte, en mai-juin • La fête des tabernacles, du 15 au 22 du mois de Tishri (Sept.-Oct.). Des familles entières faisaient le voyage, et cela avait un côté jovial. Vous imaginez la joie des enfants qui devaient camper parfois plusieurs jours pour rejoindre la destination, avec les cousins, les cousines. Vous imaginez les parents qui préparaient leur bagage. Ces fêtes avaient un côté joyeux, et elles étaient centrées sur Dieu — c’est lui qu’on allait célébrer, adorer. Le seul bémol était le danger de la route, avec le risque des brigands et des animaux sauvages. Parmi ces « cantiques des montées » on retrouve certaines affirmations ou promesses qui leur rappelaient que Dieu prend soin des voyageurs. On ne sait pas quand David a rédigé ce psaume. Peut-être à l’occasion de l’unification du royaume, décrite en 2 Sam 5 & 1 Chron 11. Pendant plusieurs années, les familles d’Israël était plutôt divisées. Il y avait des divisions géographiques, sociales, et même le leadership était contesté entre les partisans de Saul et ceux de David. Et puis vint le moment où finalement tous se rallièrent auprès de David : 1 Tout Israël se rassembla auprès de David à Hébron en disant : Voici que nous sommes tes os et ta chair. 2 Naguère déjà, même lorsque Saül était roi, c’était toi qui conduisais et qui ramenais Israël. L’Éternel, ton Dieu, t’a dit : Tu feras paître mon peuple, Israël, et tu seras le conducteur de mon peuple, Israël. 3 Ainsi tous les anciens d’Israël vinrent auprès du roi à Hébron, et David conclut une alliance avec eux à Hébron, devant l’Éternel. Ils donnèrent l’onction à David comme roi sur Israël, selon la parole de l’Éternel, prononcée par Samuel. 4 David marcha avec tout Israël sur Jérusalem, qui est Yebous. C’est là qu’étaient des Yebousiens, habitants du pays. 5 Les habitants de Yebous dirent à David : Tu n’entreras pas ici. Mais David s’empara de la forteresse de Sion : c’est la cité de David. 6 David avait dit : Quiconque battra en premier les Yebousiens sera chef et prince. Joab, fils de Tserouya, monta le premier et il devint chef. 7 David habita dans la forteresse ; c’est pourquoi on l’appela cité de David. Cela a dû être un moment enthousiasmant dans la vie de David ! Après des années de difficultés, où il avait souvent fui à cause de la haine de son beau père, le roi Saul, le voici montant sur Jérusalem, acclamé comme roi, vivant pour la première fois l’unité du royaume d’Israël. David fait un constat. « Voici » est une interpellation qui nous convie à réfléchir, à observer combien ce qui est dit est vrai. • 1èremt cette unité est bonne. C’est une réalité objective, une affirmation théologique. • 2èment cette unité est agréable. Un terme qui évoque le charme physique de deux amoureux (Cant 1.16) ou encore la bonté, la douceur, ou la beauté d’une musique. Agréable ou plaisant décrivent bien ce que dit ce psaume. © Un poisson dans le net/Florent Varak http://www.unpoissondansle.net/psaumes Les Psaumes • • Psaume 133 Page 3 3èment cette unité est familiale et spirituelle. Il s’agit de frères. Une belle image familiale qui explique aussi pourquoi ce n’est pas facile. Il est notoire que depuis CaÏn et Abel, Joseph et ses frères, et bien d’autres encore, les frères et les sœurs ne sont pas que des copains ! 4ement cette unité est intentionnelle. Ces frères demeurent ensemble (un mot plus large que le fait d’habiter). Le Nouveau Testament parle de l’Eglise en ces termes : nous sommes unis, rassemblés dans un même corps, avec des devoirs et des privilèges communs. Là aussi, la communion est bonne. Si cette communion fraternelle est si belle, si précieuse, si importante, comment se fait-il qu’elle ne soit pas si connue dans le quotidien ? Il n’est pas rare que des chrétiens s’isolent d’une assemblée. On trouve plusieurs raisons à cela. • Lorsqu’on pense que l’église doit veiller sur nous, plutôt que nous sur elle ! Lisons Hébreux 10.24-25 : « Veillons les uns sur les autres pour nous inciter à l’amour et aux oeuvres bonnes. 25 N’abandonnons pas notre assemblée, comme c’est la coutume de quelques–uns, mais exhortons–nous mutuellement, et cela d’autant plus que vous voyez le Jour s’approcher. » • Lorsque nous nous jugeons sur des choses secondaires ! Lisons Rom 14.13ss : « Ne nous jugeons donc plus les uns les autres ; usez plutôt de votre jugement pour ne pas mettre devant votre frère une pierre d’achoppement ou une occasion de chute. 14 Je sais et je suis persuadé dans le Seigneur Jésus, que rien n’est impur en soi ; mais si quelqu’un estime qu’une chose est impure, alors elle est impure pour lui. 15 Si, pour un aliment, ton frère est attristé, tu ne marches plus selon l’amour. Ne cause pas, par ton aliment, la perte de celui pour lequel Christ est mort. » • Lorsqu’on écoute ceux qui créent des divisions ! Rom 16.17 : « je vous exhorte frères, à prendre garde à ceux qui causent des divisions et des scandales, contrairement à l’enseignement que vous avez reçu. Eloignez-vous d’eux. » • Lorsqu’on baisse les bras devant la difficulté d’aimer ! Gal 6.9 « Ne nous lassons pas de faire le bien ; car nous moissonnerons au temps convenable, si nous ne nous relâchons pas. 10 Ainsi donc, pendant que nous en avons l’occasion, pratiquons le bien envers tous, et surtout envers les frères en la foi. » • Lorsqu’on se laisse aller ! Rom 12.9 : « que l’amour soit sans hypocrisie. Ayez le mal en horreur ; attachez-vous fortement au bien. 10 par amour fraternel, ayez de l’affection les uns pour les autres ; par honneur, usez de prévenances réciproques. » • Lorsqu’on se plaint constamment des autres ! Jac 5.9 nous demande de pas se plaindre les uns des autres, et le danger c’est de créer une atmosphère de critique, défaitiste. • Lorsqu’on ne met pas l’accent sur l’amour ! Galates 5:13 « Frères, vous avez été appelés à la liberté ; seulement ne faites pas de cette liberté un prétexte pour (vivre selon) la chair, mais par amour, soyez serviteurs les uns des autres. 14 Car toute la loi est accomplie dans une seule parole, celle–ci : Tu aimeras ton prochain comme toi–même. 15 Mais si vous vous mordez et vous dévorez les uns les autres, prenez garde de ne pas être détruits les uns par les autres. 16 Je dis donc : Marchez par l’Esprit, et vous n’accomplirez point les désirs de la chair. » Finalement, au centre de l’unité, doit se trouver l’amour qui pardonne, qui patiente, qui donne, etc. Trop souvent, on croit observer que les frères sont inférieurs, et que l’église est trop imparfaite. Ou bien on voit le frère comme un problème à résoudre. Un commentateur observe que la Bible nomme « frère » des gens qui ne seraient pas les meilleurs compagnons de société. Par exemple ceux qui sont endettés, ceux qui se sont vendus en tant qu’esclave, ceux qui sont des criminels convaincus (Deut 15.3, 15.12, 25.3). On ne choisit pas sa famille. © Un poisson dans le net/Florent Varak http://www.unpoissondansle.net/psaumes Les Psaumes Psaume 133 Page 4 Il y aurait de nombreuses exhortations à tirer du Nouveau Testament. Les exemples donnés montrent que l’amitié fraternelle n’est pas nécessairement naturelle. Elle exige un investissement personnel. Toute relation humaine tend à mourir si elle n’est pas cultivée. Ceux qui sont mariés le savent. Il faut investir dans un couple pour que ce dernier avance. Sans cela c’est l’indifférence qui s’installe. Il en va de même dans une église. David le sait, car s’il chante le bienfait de l’unité, c’est qu’il a connu l’amertume de la division, et de la discorde et des disputes. Après avoir observé le bien fondé de l’unité, David relève trois fruits ou résultats de cette unité : Résultat 1 : consécration (133.2) « 2 C’est comme l’huile la meilleure qui, (répandue) sur la tête, Descend sur la barbe, sur la barbe d’Aaron, Qui descend sur le bord de ses vêtements. » L’image de l’huile échappe un peu au lecteur contemporain. Elle est empruntée à la consécration des prêtres décrite en Exode. Un parfumeur devait réaliser un parfum spécial : • Il y avait « 23 cinq kilos de myrrhe liquide, deux kilos et demi de cinnamome, deux kilos et demi de cannelle de bonne odeur, 24 et cinq kilos de casse. Prends aussi six litres d’huile d’olive. … 30 Tu verseras cette huile sur Aaron et ses fils, et tu les consacreras pour qu’ils me servent comme prêtres. » (Exode 30) • La myrrhe est une des essences les plus anciennes, avec l'encens, offerte par les Mages à l'enfant Jésus. Cette gomme produite par des arbustes épineux se retrouve en Somalie, en Ethiopie, au Soudan et dans la péninsule arabique. Cet arbre, le balsamier, peut atteindre jusqu'à 6 mètres. Fin août, des fleurs blanches et vertes apparaissent et des nœuds se forment dans le tronc de l'arbre. Il est alors incisé et une résine jaune s'écoule qui va sécher sur l'arbre. Elle deviendra brune et sera alors recueillie pendant les mois secs de l'été. Appelée aussi baume de La Mecque, cette résine est encore utilisée lors de cérémonies religieuses, souvent accompagné de l'encens. Les Arabes l'enferment dans des sachets qu'ils disposent dans les armoires. Elle est entrée dans la composition des embaumements égyptiens et sert encore comme ingrédient médicinal. Son huile essentielle a des propriétés apaisante, antiseptique et cicatrisante. Son odeur très aromatique est utilisée dans quelques rares parfums comme Parfum Sacré de Caron • Les autres écorces sont difficilement identifiables. Mais ce que l’on voit c’est que ce n’était pas un vaporisateur. On parle de 22 kg dans un containeur qu’on répandait sur les cheveux d’Aaron. Cette huile descendait sur lui, coulait sur ses vêtements. Et répandait une odeur inoubliable autour de lui. C’est intéressant que l’amitié fraternelle soit l’image de la consécration. C’est comme s’il y avait une énergie spirituelle, un mouvement puissant, associé à l’amitié fraternelle. • Ce qui évoque la prêtrise de tous les croyants. L’huile qui était réservée aux prêtres'est ainsi répandue sur le peuple tout entier, rappelant ce que disait Exode 19.6 « Quant à vous, vous serez pour moi un royaume de sacrificateurs et une nation sainte. Voilà les paroles que tu diras aux Israélites » et que l’on retrouve dans le Nouveau Testament : 1 Pie 2.9 « Vous, par contre, vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple racheté, afin d’annoncer les vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière ; 10 vous qui, autrefois, n’étiez pas un peuple et qui, maintenant, êtes le peuple de Dieu ; vous qui n’aviez pas obtenu miséricorde et qui, maintenant avez obtenu miséricorde. » • Ce qui fait penser aussi à l’Eglise d’Antioche. Lisons ensemble Actes 13.1-3 : 1 Il y avait, dans l’Église qui était à Antioche, des prophètes et des docteurs : Barnabas, Siméon appelé Niger, Lucius de Cyrène, Manaën qui avait été élevé avec Hérode le tétrarque, et Saul. 2 Pendant qu’ils célébraient le culte du Seigneur et qu’ils jeûnaient, le Saint–Esprit dit : Mettez–moi à part Barnabas et Saul pour l’oeuvre à laquelle je les ai appelés. 3 Alors, après avoir jeûné et prié, ils leur imposèrent les mains et les laissèrent partir. © Un poisson dans le net/Florent Varak http://www.unpoissondansle.net/psaumes Les Psaumes • Psaume 133 Page 5 Parce que l’église marchait dans une même voie, cherchant le Seigneur ensemble, le Seigneur les a conduit à une grande consécration : l’envoi de Paul et Barnabas… L’amitié fraternelle est énergique. Elle apporte de nombreuses occasions de ministère. J.D. Morris observe : Nulle part dans le NT ne trouve-t-on que le mot grec pour la communion fraternelle implique des moments de jeu. Plutôt, il s’agit « service en faveur des saints » (2 Cor. 8.4) comme d’un sacrifice et d’une aide financière (voir par ex. 1 Tim 6.18). Ailleurs, Paul était reconnaissant pour les croyants de Philippe « à cause de la part que vous prenez à l’Évangile » (Phil 1.5), car il savait que « comme dans la défense et l’affermissement de l’Évangile, vous participez [même mot que communion] tous à la même grâce que moi. » Une telle communion peut résulter en la persécution. Nous devons imiter l’humilité de Christ et son amour sacrificiel (Phil 2.5-8), par la communion de l’Esprit (2.1). D’une certaine manière, connue seulement partiellement de nous, nous avons le privilège de le connaître « la communion de ses souffrances, en devenant conforme à lui dans sa mort » (3.10) et même la communion du sang et du corps de Christ (1 Cor. 10.16) Résultat 2 : rafraîchissement (133.3a) « 3 C’est comme la rosée de l’Hermon, Qui descend sur les montagnes de Sion » Une autre image est donnée : celle de la rosée du mont Hermon. Cette montagne culmine au nord d’Israël avec un mont qui s’élève à 2800 m. d’altitude. Elle est connue pour ses prairies verdoyantes, même l’été, grâce à son climat de montagne. Ceux qui ont fait de la randonnée et du camping sauvage savent combien leurs sacs de couchage peut être trempée le matin. Ce qui contraste avec la sécheresse que l’on retrouve dans les plaines Israéliennes. Le rafraîchissement que procure la rosée en montagne, est exactement l’effet d’un thé glacé après l’ascension à pied de la tour Eiffel ! Car de mai à octobre, il ne pleut pas sur Jérusalem. Vous connaissez l’amitié entre David et Jonathan ? Jonathan était le fils de Saul, le roi d’Israël, et Saul cherchait à tuer David. Mais il existait entre David et Jonathan une amitié très forte. Lisons ensemble 1 Samuel 18.1-3 : 1 Dès que David eut fini de parler à Saül, Jonathan s’attacha à David, et Jonathan l’aima comme lui–même. 2 Ce même jour Saül retint David et ne le laissa pas retourner dans la maison de son père. 3 Jonathan conclut une alliance avec David, parce qu’il l’aimait comme lui– même. 4 Il ôta le manteau qu’il portait pour le donner à David, ainsi que ses habits et même son épée, son arc et sa ceinture. Il y a plusieurs remarques intéressantes à faire sur cette amitié : • D’abord, aimer, c’est aimer comme on s’aime — cela reflète le 2e commandement. • Ensuite, aimer se formalise parfois — il y a une alliance qui est formée. • Enfin, cette amitié ne connaît pas de jalousie : en donnant le manteau, Jonathan concède à son ami l’aptitude du règne — il a compris que c’est David le roi, et qu’il ne le sera jamais C’est cette amitié qui sauvera David. Car Jonathan l’informera du complot de son père, permettant à David de fuir et de sauver sa peau. Quel rafraîchissement ! C’est encore un ami, HouchaÏ, conseiller de David, qui a permis l’échec du conseil d’Ahitophel, sauvant encore David de la mort. J’ai regardé tous les passages de la Bible qui parlent d’amitié. L’un des livres qui utilise ce mot le plus de fois, c’est le livre de Job. • Job 2:11 « Trois amis de Job apprirent tous les malheurs qui lui étaient arrivés et partirent chacun de son pays : Éliphaz de Témân, Bildad de Chouah et Tsophar de Naama. Ils se concertèrent pour aller le plaindre et le consoler. » • 1ère leçon (Job 6.14) un véritable ami manifeste sa bienveillance « même quand il abandonnerait la crainte du Tout–Puissant. » © Un poisson dans le net/Florent Varak http://www.unpoissondansle.net/psaumes Les Psaumes • • • Psaume 133 Page 6 2e leçon (Job 12.4 & 16.20) un véritable ami ne se moque pas du malheur d’un homme. 3e leçon (Job 19.21) un véritable ami manifeste de la pitié, lorsque la main de Dieu frappe par le malheur 4e leçon (Job 42.10) un véritable ami prie pour ses amis quand ses derniers l’ont trahi. Quand on pense à Job, on réalise qu’il n’était pas vraiment entouré d’amis. Ceux qui l’ont accompagné ont été secs, pas rafraîchissants. Dans les autres livres de la sagesse (de Job à Cantique), voici les informations que l’on obtient sur l’amitié : • Un ami pleure avec ceux qui pleurent. Psaumes 35:14 Comme pour un ami, pour un frère, je me traînais lentement ; Comme pour le deuil d’une mère, je me courbais avec tristesse. • Un ami ne rappelle pas le souvenir d’une faute. Proverbes 17:9 Celui qui couvre une faute recherche l’amour, Et celui qui la rappelle dans (ses) paroles divise les amis. • Un ami aime en tout temps, notamment dans la détresse. Proverbes 17:17 L’ami aime en tout temps, Et un frère est là pour (aider dans) la détresse. • Un véritable ami est supérieur à un frère. Proverbes 18:24 Celui qui a des amis peut les avoir pour son malheur, Mais il est tel ami plus attaché qu’un frère. • Un ami sait aussi dire des choses dures parfois. Proverbes 27:6 Les blessures d’un ami sont dignes de confiance, Les baisers d’un ennemi sont trompeurs. • Un ami sait soigner ses amis. Proverbes 27:9 L’huile et le parfum réjouissent le coeur, Et la douceur d’un ami vaut mieux que les conseils qu’on se donne à soi–même. • Un ami n’abandonne pas son ami. Proverbes 27:10 N’abandonne pas ton ami, ni l’ami de ton père, Et n’entre pas dans la maison de ton frère au jour de ta détresse ; Mieux vaut un voisin proche qu’un frère éloigné. Résultat 3 : vie éternelle (133.3b) Car c’est là que l’Éternel donne la bénédiction, La vie, pour l’éternité. Dernière bénédiction associée à l’amitié fraternelle, est surprenante de dimension. Dieu donne la « bénédiction, la vie pour l’éternité. » Rien que ça ! En d’autres termes, c’est avec l’harmonie spirituelle que l’on a le moyen d’évangélisation le plus puissant. C’est là, à Jérusalem (où se rendent les pèlerins), que Dieu donne la vie éternelle à ceux qui sont assemblés avec unité. La vie, la vraie , la vie pour toujours. Cela ne vous rappelle rien ? Jean 13.35 nous dit : « A ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » Une idée que Christ reprend en Jean 17.20-21 : « Ce n’est pas pour eux seulement que je prie, mais encore pour ceux qui croiront en moi par leur parole, 21 afin que tous soient un ; comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi, qu’eux aussi soient un en nous, afin que le monde croie que tu m’as envoyé. » Pour la star du Taekwondo Esther Kim, agée de 20 ans, aller aux Jeux Olympiques était un vieux rêve. Il se réalisa pratiquement lors des épreuves olympiques, lorsqu'elle dût combattre sa meilleure amie Kay Poe, alors numéro un mondiale. Poe s'était blessée au genou pendant les demi-finales et pouvait à peine tenir debout. De façon évidente, Kim allait facilement pouvoir vaincre. Elle considéra que ce match ne serait pas équitable et décida sans délai de déclarer forfait, propulsant de ce fait Poe à la première marche du podium. Quand elle prit cette décision, Kim fut intimement convaincue qu'elle était justifiée. « J'ai pensé : ce n'est pas comme abandonner un rêve, c'est seulement de le transmettre à Kay. » © Un poisson dans le net/Florent Varak http://www.unpoissondansle.net/psaumes Les Psaumes Psaume 133 Page 7 La grandeur d'âme de Kim fut publiquement reconnue quand elle obtint le prix « Citizenship Through Sports Award », qui reconnaît une citoyenne exemplaire, sa sportivité, sa conduite éthique et les services rendus à la communauté. En sus, le comité international olympique lui paya, ainsi qu'à son père (l'entraîneur de Kim et Poe), les frais de déplacements aux jeux de Sydney. Bien que certains critiquèrent son attitude, Kim sut qu'elle avait pris la bonne décision. Elle déclara « même si je n'ai pas eu de médaille d'or autour du cou, pour la première fois de la vie, je me suis sentie être une vraie champione. » Citation: Melissa Parks, editorial coordinator, PreachingToday.com; source: Sharon Raboin, "Forfeiting Dream Made Kim 'Feel Like Champion,'" USA Today (6-27-00), p.11C Esther a grandi dans une famille chrétienne. Vous imaginez la puissance de ce témoignage ? Conclusion Chaque société comprend ce que doit être l’amitié. • Au Rwanda l’amitié est générale, et profonde. • Aux Etats-Unis, l’amitié est générale, rapide mais pas toujours très profonde. • En France, l’amitié est limitée à quelques personnes et assez profonde. Le mot « fraternité » fait partie du slogan français. Nous cherchons cette communion avec d’autres. Nous faisons partie de tribus sociologiques, ayant des activités en commun. Mais en réalité, nous nous isolons : la vie privée est sacrée, et nous la défendons. Les jardins sont clôturés, les transports sont individuels, la compétition divise les employés. L’homme n’a jamais été plus isolé. Malgré son cynisme, cette citation de Bouddha est malheureusement trop vraie : « celui qui aime 50 personnes a 50 problèmes. Celui qui aime 10 personnes a 10 problèmes. Celui qui n’aime personne n’a pas de problème » ! http://www.christianglobe.com/Illustrations/theDetails.asp?whichOne=f&whichFile=friendship Une publication britannique offrit un jour un prix pour la meilleure définition d'un ami. Parmi les milliers de réponses qu'il reçut, se trouvaient : « Quelqu'un qui multiplie les joies, divise les peinnes et dont l'honnêteté est parfaite. » « Quel'qu'un qui comprend nos silences. » .../... La définition gagnante fut : « Un ami, c'est celui qui arrive alors que le monde entier est parti. » Bits & Pieces, July, 1991. Pour conclure, lisons ensemble l’une des longues exhortations de Romains, chapitre 12 : 9 Que l’amour soit sans hypocrisie. Ayez le mal en horreur ; attachez–vous fortement au bien. 10 Par amour fraternel, ayez de l’affection les uns pour les autres ; par honneur, usez de prévenances réciproques. 11 Ayez de l’empressement et non de la paresse. Soyez fervents d’esprit. Servez le Seigneur. 12 Réjouissez–vous en espérance. Soyez patients dans la tribulation. Persévérez dans la prière. 13 Subvenez aux besoins des saints. Tâchez d’exercer l’hospitalité. 14 Bénissez ceux qui vous persécutent, bénissez et ne maudissez pas. 15 Réjouissez–vous avec ceux qui se réjouissent ; pleurez avec ceux qui pleurent. 16 Ayez les mêmes sentiments les uns envers les autres. N’aspirez pas à ce qui est élevé, mais soyez attirés par ce qui est humble. Ne soyez pas sages à vos propres yeux. 17 Ne rendez à personne le mal pour le mal. Recherchez ce qui est bien devant tous les hommes. 18 S’il est possible, autant que cela dépend de vous, soyez en paix avec tous les hommes. 19 Ne vous vengez pas vous–mêmes, bien–aimés, mais laissez agir la colère, car il est écrit : A moi la vengeance, c’est moi qui rétribuerai, dit le Seigneur. 20 Mais Si ton ennemi a faim, donne–lui à manger ; S’il a soif, donne–lui à boire ; Car en agissant ainsi, Ce sont des charbons ardents que tu amasseras sur sa tête. 21 Ne sois pas vaincu par le mal, mais vainqueur du mal par le bien. © Un poisson dans le net/Florent Varak http://www.unpoissondansle.net/psaumes Les Psaumes Psaume 133 Page 8 Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons (http://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/2.0/fr/). Vous êtes libres de reproduire, distribuer et communiquer cette création au public, de modifier cette création. Selon les conditions suivantes : - Paternité. 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