Évolution de la fonction approvisionnement dans le secteur de la
Transcription
Évolution de la fonction approvisionnement dans le secteur de la
Évolution de la fonction approvisionnement dans le secteur de la santé : synthèse de la littérature par Martin BEAULIEU et Sylvain LANDRY Cahier de recherche no 99-02 Mai 1999 ISSN : 1485-5496 Cette étude a été rendue possible grâce à une subvention de recherche de la société Source médicale Copyright École des Hautes Études Commerciales. Tous droits réservés pour tous pays. Toute traduction et toute reproduction sous quelque forme que ce soit est interdite. Les textes publiés dans la série des Cahiers de recherche du Groupe Chaîne n’engagent que la responsabilité de leurs auteurs. Publié par le Groupe de recherche Chaîne sur l’intégration et l’environnement de la chaîne d’approvisionnement, École des HEC, 3000 chemin de la Côte Sainte-Catherine, Montréal, Québec, H3T 2A7. Évolution de la fonction approvisionnement dans le secteur de la santé : synthèse de la littérature Introduction1 Tant au Québec, au Canada qu’aux États-Unis, le secteur de la santé est en pleine transformation. Après avoir œuvré dans un environnement de relative abondance, les décideurs du secteur de la santé sont de plus en plus imputables de leurs résultats financiers. Plusieurs d’entre eux s’éveillent aux coûts de gestion des stocks d’un établissement de santé, ce qui met en évidence les activités du service des approvisionnements (ou gestion du matériel)2 (Kowalski, 1993). D’un autre côté, la fusion d’établissements amène le responsable du service de gestion du matériel (SGM) ou du service des approvisionnements (SA) à gérer des budgets de plus en plus considérables (Seigfried, 1993). Dans ce contexte, les gestionnaires du SGM ou du SA se retrouvent devant plusieurs options possibles quant aux développements futurs de leur service (Kowalski, 1993, Landry et al., 1998). Le SGM doit-il prendre une plus grande responsabilité dans les opérations quotidiennes de gestion des biens et des services de l’établissement de santé? Au contraire, doit-il jouer le rôle de conseiller auprès des utilisateurs pour que ces derniers améliorent la gestion du flux des matières? Le SGM doit-il conserver toutes ses responsabilités ou certaines pourraient être imparties à d’autres acteurs (par exemple, la gestion des activités logistiques des fournitures médicales dans un centre hospitalier pourrait être confiée à un distributeur)? Les réponses offertes à ces questions devraient conduire à une redéfinition de la structure et du rôle du service des approvisionnements. Ce texte entend décrire l’évolution de la fonction approvisionnement dans le secteur de la santé tout en précisant les tendances futures. Pour être en mesure de mettre en perspective l’évolution vécue dans le secteur de la santé, nous décrirons d’abord l’évolution de la fonction approvisionnement dans le secteur manufacturier. Cette comparaison entre les secteurs de la santé et manufacturier est d’autant plus pertinente que l’on assiste depuis près de 30 ans à une industrialisation du secteur des services : ce dernier ayant recours à des concepts (techniques ou approches de gestion) développés par le secteur manufacturier (Landry et Nollet, 1992). Nous pourrons ainsi constater si la fonction approvisionnement a emprunté des chemins distincts dans les deux secteurs ou si, au contraire, le secteur de la santé s’est inspiré des pratiques du secteur manufacturier. Évolution de la structure des services des approvisionnements dans le secteur manufacturier Nous avons recensé des écrits qui abordent la place occupée par la fonction approvisionnement dans les entreprises manufacturières. L’analyse de cette littérature nous a permis de classer ces études selon trois grandes catégories : 1° les études qui évaluent le statut organisationnel du service des approvisionnements, 2° celles qui traitent de l’influence organisationnelle du service des approvisionnements et 3° celles qui évaluent la contribution de la fonction approvisionnement à la performance de l’organisation. Les deux premières catégories constituent les fondations des actions 1 2 Les auteurs tiennent à remercier Monsieur Jean Nollet pour ses commentaires qui ont permis de bonifier ce texte. Prenez note qu’aux États-Unis, l’on parle habituellement de materiel management ou gestion du matériel alors qu’au Québec on conserve généralement l’appellation service des approvisionnements. À ce stade-ci du document, nous utiliserons indistinctement les deux appellations. Cependant, dans les sections ultérieures, nous introduirons les nuances appropriées. ________________________ Copyright École des HEC 2 Évolution de la fonction approvisionnement dans le secteur de la santé : synthèse de la littérature performantes du service des approvisionnements. À travers ces trois regroupements, nous pourrons évaluer l’ampleur des changements survenus dans les services des approvisionnements au cours des quarante dernières années. Cette analyse mettra également en évidence l’émergence du concept de gestion des matières. Le service des approvisionnements Le statut organisationnel d’un département et le service auquel l’on se rapporte envoient un message psychologique au reste de l’organisation (Bloom et Nardone, 1984). D’abord, un département prestigieux ou de haut niveau hiérarchique tend à attirer du personnel plus qualifié. Par ailleurs, dans ses relations quotidiennes avec les autres services d’une organisation, un département n’ayant pas un statut organisationnel de haut niveau peut avoir de la difficulté à obtenir la collaboration des autres départements ou obtenir des changements de comportements. Si l’on regarde l’évolution historique de la fonction approvisionnement dans le secteur manufacturier, l’on constate des transformations appréciables au cours des quarante dernières années. Ainsi, durant les années 1950, la fonction approvisionnement se rapportait à la direction du service de la production (Bloom et Nardone, 1984). Par la suite, la position hiérarchique du SA aurait évolué au cours des années 1970 pour relever directement du directeur général. Par ailleurs, comme le rappellent Pettigrew et McNulty (1995), l’influence organisationnelle des acteurs est limitée non seulement par leur position dans les structures dont ils font partie, mais aussi par la conscience partielle de la manière dont ces structures fonctionnent (p. 54). Ainsi, en l’absence d’autorité formelle dévolue par la position hiérarchique, un individu peut tout de même parvenir à produire des changements organisationnels en recourant à une connaissance intime du fonctionnement de l’organisation et de ses individus. La mobilisation de ressources limitées peut surmonter un manque de pouvoir officiel et se traduire par une influence significative dans l’organisation (Pettigrew et McNulty, 1995). Ainsi, limiter l’analyse du pouvoir organisationnel à la simple position hiérarchique est une perspective restreinte. À notre connaissance, il n’y a pas d’étude liant la notion d’influence et les actions des gestionnaires en approvisionnement. Par contre, quelques études traitent de la perception du rôle de la fonction approvisionnement. Les professionnels dans le domaine des approvisionnements perçoivent les achats comme une fonction service qui supporte les autres départements de l’entreprise, soit le client interne1 (Leenders et al., 1994; Supply Management, 1997). Cette vision a le désavantage d’isoler les activités d’approvisionnement; ces dernières ne sont pas influencées par les autres fonctions de l’organisation mais elles ne les influencent pas non plus. Selon Leenders et al. (1994), l’orientation service réduit la nécessité de personnel hautement qualifié puisqu’on met l’attention sur les activités routinières d’approvisionnement (Leenders et al., 1994). Finalement, le dernier point d’analyse concerne la contribution de la fonction approvisionnement à la performance de l’organisation. La haute direction des entreprises évalue la contribution de la fonction approvisionnement par sa capacité à obtenir les biens et services, à limiter le coût des achats et à conserver des relations éthiques (Bales et Fearon, 1993). Jusqu’à maintenant, on n'envisage pas la fonction approvisionnement comme un participant actif à une stratégie d’innovation, par exemple. 1 Précisons que tous ne sont pas d’accord avec cette notion de client interne. Lorino (1995) apporte quelques mises en garde : une entreprise peut avoir des clients internes unanimement satisfaits et perdre tous ses clients réels. Pour cet auteur, il n’y a pas de relation client-fournisseur interne, il n’y a que des coopérations au sein d’un même processus pour maximiser la création de valeur et la satisfaction du client (Lorino, 1995). ________________________ Copyright École des HEC 3 Évolution de la fonction approvisionnement dans le secteur de la santé : synthèse de la littérature L’étude de Johnson et al. précise les cinq fonctions se rapportant au service des approvisionnements : la gestion des surplus et des rebuts, la recherche de fournisseurs et de matières, la gestion des aires de réception, le contrôle des stocks et l’entreposage. Ce résultat tend à démontrer que les activités associées au service des approvisionnements demeurent encore les mêmes. Ammer (1974) soutient que la haute direction d’une entreprise ne peut faire la différence entre un bon et un mauvais achat, que le service des approvisionnements tend à prendre davantage d’importance lorsque l’entreprise a des problèmes financiers et que ce service est évalué sur sa capacité à gérer efficacement les activités de son département et non sur le résultat des négociations ou de son apport à l’organisation. Une enquête plus récente produite par Bales et Fearon (1993) indique que la haute direction des entreprises reconnaît l’importance de la fonction approvisionnement mais du même souffle, elle considère négativement son niveau de performance. Le service de gestion des matières Au début des années 1960 émerge le concept de gestion des matières (materials management) (Pooley et Dunn, 1994). Ce dernier a pour objectif de confier à un professionnel la responsabilité des approvisionnements, de la planification de la production ainsi que du transport et de la distribution (Miller et Gilmour, 1979; Zenz, 1981). Cette approche a pour but d’attaquer l’ensemble des problèmes pouvant survenir dans le contrôle des matières et des produits, et cela au niveau des fournisseurs, en passant par la production, jusqu’aux canaux de distribution (Miller et Gilmour, 1979, Zenz, 1981)1. Selon Zenz (1981), la gestion des matières permet de dégager les bénéfices suivants : ! ! ! ! Réduction des délais dans la résolution des problèmes Minimisation des conflits entre sous-fonctions Amélioration des relations avec les fournisseurs Réduction du niveau des stocks (principalement les stocks tampons) Cette structure a crû en popularité au cours des années 1970 alors que les coûts des matières et du transport connaissaient une progression importante. Alors qu’en 1967 seulement 3% des firmes indiquaient adopter la structure de gestion des matières, en 1979 ce pourcentage atteignait la moitié des répondants (Miller et Gilmour, 1979). Toutefois, l’enquête de Pooley et Dunn (1994) tend à démontrer que la structure gestion des matières n’a pas connu de hausse de popularité au cours des années 1980. 1 À de nombreux égards, le concept de gestion des matières et celui de logistique possèdent des définitions similaires. Ainsi, selon le dictionnaire de la gestion de la production et des stocks, la gestion des matières est l’ensemble des activités de planification, de coordination et de contrôle relatives au flux des matières depuis les acquisitions jusqu’à l’entreposage et la distribution du produit fini. Pour sa part, la logistique est la gestion systémique du processus d’acheminement, de production, de distribution des matières et des produits nécessaires à l’exploitation d’une entreprise (Dictionnaire de la gestion de la production et des stocks, 1993). Tant pour le concept de gestion des matières que pour celui de la logistique, l’objectif demeure une meilleure gestion des arbitrages entre les différentes décisions liées au flux des matières (approvisionnement, planification de la production et distribution). Au cours des années 1970, on semble retenir le concept de gestion des matières car il était plus facile à réaliser, les systèmes d’information n’étaient pas suffisamment performants pour permettre une intégration d’informations provenant de divers points de l’organisation (Fearon, 1973). Par ailleurs, les similitudes dans les définitions peuvent provenir de l’élargissement du concept de logistique. En effet, les premières définitions du terme remontent aux années 1960 et elles n’abordaient que les aspects d’entreposage et de distribution alors qu’aujourd’hui on associe la logistique à un processus de maximisation de la valeur en vue de satisfaire le consommateur (Holcomb, 1994). Ainsi, le concept de logistique a évolué pour intégrer le volet gestion des matières comme le présentent aujourd’hui les auteurs Nollet et al. (1994) où la gestion des matières devient une composante de la logistique. ________________________ Copyright École des HEC 4 Évolution de la fonction approvisionnement dans le secteur de la santé : synthèse de la littérature Pour Bloom et Nardone (1984), le concept de gestion des matières n’accroît pas nécessairement l’importance de la fonction approvisionnement dans l’entreprise mais il peut améliorer les communications en créant un pont avec les niveaux supérieurs de décisions. Le concept de gestion des matières peut être vu comme une centralisation de l’ensemble des activités liées aux flux des matières qui sont alors regroupés sous un même chapeau ou, au contraire, ce service de gestion des matières n’est peut-être qu’un service des approvisionnements auquel on a décidé de greffer de nouvelles activités. À cet effet, Johnson et al. (1998) soutiennent que la fonction approvisionnement requiert une centralisation de certains éléments pour faciliter son rôle stratégique dans l’organisation. Gestionnaire de la chaîne d’approvisionnement (Supply Chain Manager) Après le développement de concepts visant une intégration interne des activités liées au flux des matières, l’on traite d’une intégration externe, soit une gestion de la chaîne d’approvisionnement. Dans cette perspective, l’approvisionnement peut acquérir un caractère plus stratégique en développant des relations plus étroites avec les fournisseurs (Morgan, 1987). Cette intégration de la chaîne ne vise pas uniquement une réduction des coûts mais également le développement d’avantages concurrentiels pour l’entreprise (Leenders et al., 1994). Une poignée de très grandes entreprises ont créé le poste de Supply Chain Manager. Pour Jean-Claude Thury du cabinet de conseil CSC Ouroumoff, ce poste vise la gestion de l’information : c’est un métier de tour de contrôle et de capteur permanent auprès des fournisseurs, des clients, pour redistribuer l’information et pour que tout le monde ait la même ligne de fonctionnement (Van Deinse, 1998, p. 54). Si l’on résume maintenant les principaux éléments concernant la fonction approvisionnement dans le secteur manufacturier, on retrouve les points suivants : ! ! ! ! ! La fonction approvisionnement, bien que considérée importante par la haute direction, n’occupe généralement pas un rôle stratégique dans l’organisation tant par sa position organisationnelle que par sa participation aux décisions à long terme de l’entreprise. Les responsables en approvisionnement tendent à considérer leur département comme une fonction service qui répond aux besoins des clients internes. On assiste à une volonté d’intégration de la fonction approvisionnement à l’intérieur de structures qui permettent une meilleure coordination des décisions liées au flux des matières. Cette intégration peut être interne en adoptant la structure de gestion des matières, ou externe avec le concept de chaîne d’approvisionnement. En ce qui concerne la structure de gestion des matières, après avoir été adoptée par un nombre croissant d’entreprises au cours des années 1970, on constate une stagnation de ce nombre depuis les années 1980. Pour ce qui est de la structure de Supply Chain Manager, celle-ci est en émergence et n’est appliquée que par quelques grandes organisations. Évolution de la fonction approvisionnement dans le secteur de la santé : de la gestion des achats à la gestion des ressources ________________________ Copyright École des HEC 5 Évolution de la fonction approvisionnement dans le secteur de la santé : synthèse de la littérature Suite à notre présentation de l’évolution de la fonction approvisionnement dans le secteur manufacturier, nous allons effectuer un exercice similaire mais pour le secteur de la santé. Cette section du document sera composée de deux grands volets, le premier aborde l’évolution du service des approvisionnements jusqu’à celui de gestion du matériel. Le second traitera du concept émergeant de gestion des ressources. Approvisionnement et gestion du matériel Bien que la notion de gestion du matériel soit relativement récente, celle de service central d’approvisionnement était diffusée dès le début des années 1920 par l’American College of Surgeons (États-Unis). Celui-ci avait pour but de préparer, dans un seul endroit, les différents produits nécessaires aux interventions chirurgicales. Par la suite, W.R. Underwood développe, au cours des années 1940, le concept de centralisation de la préparation et de la manutention de tout le matériel médical, soit d’un service ayant pour but de soutenir le travail des professionnels de la santé1. Dans les années 1970, ce service central évolue en intégrant de nouvelles fonctions, il devient le service de gestion du matériel (Thorsfeldt, 1988); l’une de ces fonctions qui a été intégrée au service de gestion du matériel est l’approvisionnement. Avant les années 1950, la majorité des hôpitaux n’avait pas de service centralisé des achats. Chaque département gérait lui-même ses achats et ses stocks. Cette approche pouvait fonctionner tant que la variété des produits demeurait réduite. L’évolution technologique survenue au lendemain de la Seconde Guerre mondiale entraîne une augmentation de la gamme de produits ainsi qu’une hausse des livraisons rendant les activités de gestion plus complexes. Pour éliminer la redondance et les coûts de personnel, des centres hospitaliers commencent à opter pour une approche centralisée des approvisionnements (Burnette, 1994). Ce service des approvisionnements s’occupait des achats, de la gestion de l’entrepôt et du contrôle des stocks. Les achats de biens et services, connaissant une augmentation appréciable au cours des années 1960, ceci attira l’attention des décideurs qui désiraient accorder une importance plus grande à cette fonction. La consolidation du service central et du service des approvisionnements à l’intérieur d’un nouveau service de gestion du matériel répondait à un besoin d’efficacité et de productivité en éliminant le gaspillage et les duplications dans la gestion du flux des matières (Thorsfeldt, 1988). Comme le montre le tableau 1, cette évolution de la gestion des approvisionnements dans le secteur américain de la santé peut être également observée à travers les changements survenus dans les appellations de l’Association for Healthcare Resource & Materials Management (AHRMM). À sa fondation en 1951, l’association mettait l’accent sur le volet approvisionnement. Au milieu des années 1970, l’association intègre la notion de gestion des matières pour finalement délaisser le terme approvisionnement au cours des années 1980 (AHRMM, 1998). Tableau 1 - Historique de l’ARHMM 1951 – Fondation : Department for Hospital Purchasing (À l’époque, l’organisme est lié à l’American Hospital Association (AHA)) 1962 – Association autonome de l’AHA : American Society for Hospital Purchasing Agents 1975 – American Society for Hospital Purchasing and Materials Management 1983 – American Society for Hospital Materials Management 1 Dans le contexte québécois, le service central serait la centrale de distribution et de stérilisation. ________________________ Copyright École des HEC 6 Évolution de la fonction approvisionnement dans le secteur de la santé : synthèse de la littérature 1996 – Association for Healthcare Resource & Materials Management Une enquête réalisée en 1985 indiquait que 80% des centres hospitaliers américains avaient un service de gestion du matériel (Crumling, 1985). Ces SGM gèrent principalement les activités suivantes : réception, achats, magasin et contrôle des stocks (Crumling, 1985). Au moment de cette enquête, les répondants indiquaient qu’ils désiraient prendre le contrôle des activités suivantes : le transport des patients, les produits alimentaires, la buanderie, l’imprimerie et le service central. Cette dernière activité met en lumière une affirmation de Thorsfeldt (1988) et Jackson (1991) voulant qu’il n’y ait pas de structure générique pour les SGM. La figure 1 présente les différentes activités logistiques que l’on retrouve dans un établissement de santé; une partie ou l’ensemble de celles-ci qui peuvent être gérées par un service de gestion du matériel. Par exemple, en France, les activités logistiques des établissements de santé se retrouvent typiquement sous la direction des Services économiques. Ce dernier gère l’ensemble des activités de soutien à la prestation de service de santé : cuisine, entretien, service technique, buanderie, gestion des déchets et les activités d’achats et de réapprovisionnement des unités de soins1. Figure 1 Activités logistiques d’un établissement de santé Stérilisation Achat Pharmacie Lingerie Approvisionnement Contrôle des stocks Production Alimentation Gestion du matériel Imprimerie Courrier Distribution Matériel 1 Déchets Précisons que la gestion des approvisionnement et du réapprovisionnement des unités de soins est fractionnée entre les Services économiques et la direction de la Pharmacie. En France, le pharmacien gère les produits pharmaceutiques et les fournitures médicales stériles. Selon la nature des relations entre les Services économiques et la Direction de la pharmacie, le flux des fournitures médicales stériles et des fournitures médicales non stériles à l’intérieur de l’établissement peut suivre des itinéraires distincts. ________________________ Copyright École des HEC 7 Évolution de la fonction approvisionnement dans le secteur de la santé : synthèse de la littérature Adaptée de Chow et Heaver (1994) Malgré cette volonté de centralisation qui était manifeste au cours des années 1960 et 1970, on retrouve encore aujourd’hui dans de nombreux établissements de santé un éclatement des activités logistiques : éclatement au niveau du nombre de services qui commandent eux-mêmes leurs produits, par exemple la pharmacie (Burnette, 1994); éclatement au niveau de la gestion du flux des matières, par exemple les produits médicaux sont gérés par le SGM de la réception jusqu’à la centrale de distribution et ils sont pris en charge par la direction des Soins infirmiers lorsqu’il s’agit des activités de réapprovisionnement des unités de soins (Chow et Heaver, 1994; Kowalski, 1993). Une situation qui, selon un répondant participant à l’enquête produite par Landry et al. (1998), restreint la capacité d’intervention du SGM qui doit composer avec de nombreux intervenants lorsque ce dernier désire effectuer des changements. Le responsable du SGM est considéré comme un cadre intermédiaire ce qui limite également son autorité (Janson, 1985). En se rapportant au directeur général, le SGM pourrait acquérir une plus grande visibilité et un appui pour implanter des solutions globales (Janson, 1985; Kowalski, 1993). Cependant, aux ÉtatsUnis, dans la moitié des cas, le SGM relève du directeur financier ce qui implique que le responsable du SGM doit négocier avec les autres responsables de service et avec ses propres clients internes (Kowalski, 1993). Chow et Heaver (1994) abondent dans le même sens et précisent que cette situation se traduit d’abord par une incapacité à implanter des solutions qui touchent autant l’établissement de santé que les fournisseurs et ensuite, les activités opérationnelles s’en ressentent puisqu’on laisse au département le soin de trouver leurs propres solutions. Par ailleurs, on assiste à une évolution du rôle du service de gestion du matériel. Initialement, le SGM avait pour principal objectif d’offrir un service de soutien aux utilisateurs et aux patients (Dryan, 1987; Thorsfeldt, 1988). Cependant dans le contexte de réduction des ressources financières, cet objectif n’est plus suffisant, le SGM doit offrir le meilleur service au plus bas coût possible. De plus, au cours des années 1980, par l’émergence de nouvelles techniques et outils de travail, le SGM a acquis une plus grande crédibilité le menant à être considéré comme un professionnel du secteur de la santé (Seigfried, 1993). Ce dernier élément, combiné à un contexte de plus en plus exigeant ont amené des décideurs à recourir à l’expertise des professionnels en gestion des matières pour identifier et dégager des économies potentielles (Jackson, 1991; Thorsfeldt, 1988). À cet effet, Freed (1993) suggère que les décisions d’investissement impliquent le responsable du SGM puisqu’il a l’expertise et les données pour décider de ce type d’acquisitions. Pour des intervenants du secteur de la santé, cette recherche d’économies financières amène plusieurs intervenants à signaler qu’une réelle réduction des coûts passe par une standardisation des produits et par des changements de pratiques (Chapman et al., 1998; Werner, 1993). Cette opération de standardisation ne peut être réalisée dans les conditions actuelles, elle exige de revoir la structure du service de gestion du matériel. En partant du principe que ce dernier n’a pas rempli pleinement son rôle, car il n’était pas clairement défini (Jackson, 1991), Werner (1993) propose une structure centralisée où le SGM aurait le contrôle complet du flux des matières. Cette centralisation implique le diagnostic, le traitement et le paiement sous une seule unité administrative. Cette centralisation doit s’accompagner d’un changement d’orientation où le SGM passe d’une logique de réduction des prix à une réduction des coûts par procédure. D’autres intervenants soulignent qu’une transformation radicale des façons de faire traditionnelles des activités de logistiques hospitalières est une avenue pour obtenir des gains appréciables de réduction des ressources. Par exemple, une partie des activités de réapprovisionnement des unités de soins peuvent être ________________________ Copyright École des HEC 8 Évolution de la fonction approvisionnement dans le secteur de la santé : synthèse de la littérature imparties à des distributeurs via des programmes de distribution au point d’utilisation (stockless) (McFaul, 1996a). De plus, la fusion de centres hospitaliers ou la formation d’Integrated Delivery Networks (IDN) a amené la consolidation de services dont celui de la gestion du matériel. En 1997, on recense près de 22 000 établissements américains liés à un IDN et le nombre s’élèverait à 28 600 en l’an 2000. (IDN Strategies, 1997a). Cette centralisation tend à éloigner les gestionnaire du SGM des utilisateurs ce qui peut réduire le service offert par le SGM (IDN Strategies, 1997b). McFaul (1996a) ajoute que cette consolidation peut se traduire par la gestion de certaines activités qui n’étaient pas dévolues à un SGM, par exemple, gestion des immobilisations, l’évaluation technologique, la gestion des déchets et le contrôle des stocks au niveau des points de service. La gestion des ressources Ces transformations dans le secteur de la santé conduisent certains SGM à impartir ce qui constituait leurs activités traditionnelles et à intégrer de nouvelles responsabilités. Ainsi, le titre même de SGM pourrait évoluer vers celui de Chief Resource Officer ou Responsable de la gestion des ressources (RGR)1. Les quelques expériences documentées de RGR dans des établissements de santé tendraient à démontrer que la réduction des tâches traditionnelles du SGM (achat, réception et distribution) serait le passage permettant la mise sur pied d’un RGR. Ce dernier interviendrait davantage au niveau des activités à valeur ajoutée, par exemple utilisation des produits, analyse de la valeur et la gestion des contrats (Souhrada, 1998). Comme le rappelle, Ed Hisscock, directeur de la gestion des ressources au centre Mercy North, L’automatisation, la fusion et le réaménagement des tâches ont virtuellement éliminé l’acheteur. […] Avant ces changements, nous ne pouvions pas voir les occasions d’économies […] car nous étions trop occupés à préparer des bons de commandes et à traiter des factures (traduction libre, Souhrada, 1998). Au niveau des associations, cette évolution est déjà apparente où l’on parle maintenant de l’Association for Healthcare Resource & Materials Management (voir tableau 1). Pour McFaul (1996b), le poste de RGR permet d’accaparer la gestion des dépenses qui sont traditionnellement décentralisées : pharmaceutiques, tests de laboratoire, rayons-X. Toujours selon McFaul (1996a), le RGR doit être responsable, à tout le moins, des activités suivantes : ! ! ! ! ! ! ! Participation au processus d’impartition (détermination des activités et sélection des partenaires) Standardisation des produits Contrôle de la consommation Contrôle des stocks au point de service Analyse de la valeur Évaluation des niveaux d’utilisation Consultation interne Par ailleurs, le poste de RGR qui se traduit par une augmentation des responsabilités par rapport à un responsable du SGM est situé à un niveau plus élevé de l’administration de l’établissement de santé, ce qui s’accompagne d’une hausse de rémunération (Shimkus, 1998). Tous les gestionnaires des SGM ne 1 Prenez note que cette notion de «gestion des ressources» est déjà apparue dans le secteur de la santé mais sous l’angle des ressources médicales. Ainsi, en 1986, le Département américain de la santé et des services sociaux indiquait que la gestion des ressources devait donner : …a better service to its patients by helping clinicians and other managers to make better informed judgements about how the resources they control can be used to the maximum effect. Selon cette définition, la gestion des ressources implique quatre éléments : l’amélioration de la qualité des soins, intégrer le personnel traitant dans la gestion, améliorer l’information et améliorer le contrôle des ressources (Packwood et al., 1991). ________________________ Copyright École des HEC 9 Évolution de la fonction approvisionnement dans le secteur de la santé : synthèse de la littérature peuvent aspirer à ce poste, la haute direction des établissements de santé recherche des individus ayant démontré du leadership dans des environnements de travail divers, qui ont établi des partenariats et qui possèdent une vision systémique (Shimkus, 1998). En synthèse de cette section, nous identifions les faits saillants suivants concernant l’évolution de la fonction approvisionnement dans le secteur de la santé : ! ! ! ! La naissance des services de gestion du matériel est le résultat de la fusion des activités du service des approvisionnements avec celles du service central. Malgré une volonté d’intégration sous la chapeau de gestion du matériel, les activités d’approvisionnement demeurent extrêmement fragmentées entre de nombreux intervenants de l’établissement de soins de santé. Cette fragmentation des activités d’approvisionnement tend à limiter la contribution du service des approvisionnements. Aux États-Unis, le poste de Responsable de la gestion des ressources est le modèle émergeant de gestion des approvisionnements. Ce modèle semble privilégier une impartition partielle des activités de gestion du flux physique pour privilégier la gestion du flux d’information. Analyse synthèse et conclusion Tant pour le secteur manufacturier que pour celui de la santé, l’évolution de la fonction approvisionnement présente des similitudes. On constate que la notion de gestion des matières ou du matériel a pris son essor sensiblement à la même période. Ainsi, cette notion d’intégration du flux des matières n’est pas propre au secteur manufacturier. Cependant, dans le secteur de la santé, cette intégration ne semble pas aussi poussée que dans le secteur manufacturier, le fractionnement des activités d’approvisionnement entre différents intervenants de l’établissement de santé restreint la capacité d’intervention du service des approvisionnements. Autre point similaire, dans les deux cas, les auteurs nous parlent d’une fonction qui est située au niveau intermédiaire de l’organisation et dont la contribution stratégique est atténuée tant par sa position organisationnelle que par les objectifs qu’elle poursuit. Dans de nombreuses situations, le responsable de la fonction approvisionnement se considère au service des intervenants de l’organisation d’autant plus qu’il fournit les biens et les fournitures qui sont en soutien à la prestation de service. Ainsi, il est intéressant de noter que dans ce secteur, l’on emploie la notion de gestion du matériel et non celle de gestion des matières. Le terme "matériel" désigne un ensemble d’appareils et de fournitures nécessaires à la bonne marche de l’entreprise alors que la matière est un intrant qui entre dans le système de production en vue d’être transformée en extrant. Dans cette définition de matériel, on sous-entend la notion de service. Pour sa part, le concept de gestion des ressources reste à circonscrire. À certains égards, nous pourrions considérer certaines similitudes avec le concept de Supply Chain Manager développé dans le secteur manufacturier, si l’on accepte que les deux postes gèrent avant tout l’information permettant de synchroniser l’offre et la demande. Le poste de RGR pourrait intégrer une partie des activités liées au flux des matières qui sont actuellement fractionnées entre de nombreux intervenants de l’établissement de santé. ________________________ Copyright École des HEC 10 Évolution de la fonction approvisionnement dans le secteur de la santé : synthèse de la littérature En ce qui a trait au secteur québécois de la santé, nous devons apporter certaines précisions aux propos tenus jusqu’à maintenant. Si dans le secteur de la santé, nous avons parlé de service de gestion du matériel, précisons qu’une majorité d’établissements de santé québécois ont conservé l’appellation service des approvisionnements. Cette différence se manifeste par l’ampleur des activités gérées. Au Québec, les SA tendraient à gérer les activités d’achats, de réception et d’entreposage et ils partagent le réapprovisionnement des unités de soins avec une Centrale de distribution qui relève de la Direction des soins infirmiers (Landry et al., 1998) alors que le SGM a une responsabilité complète sur le réapprovisionnement et parfois sur la centrale de stérilisation. Finalement, la transformation récente du réseau québécois de la santé a entraîné un redéploiement des ressources permettant à certaines fonctions d’élargir l’envergure de leurs responsabilités. Des exemples récents tendraient à nous indiquer que des directions comme Ressources humaines ou Finance ont profité de ce redéploiement ce qui n’est pas le cas du service des approvisionnements. Par exemple, dans un établissement de soins de longue durée, la direction de l’hôpital a imparti une grande partie de ses activités logistiques et la direction des finances supervise les activités d’approvisionnement, des ressources humaines et des technologies d’information. Dans cet établissement, on ne retrouve plus d’acheteur professionnel. Précisons que dans certains établissements, le responsable du service des approvisionnements envisage de rapatrier les activités des comptes-à-payer pour ainsi boucler le cycle du flux d’information et avoir un meilleur contrôle sur l’ensemble du processus. Cette discussion tend à démontrer qu’il n’y a pas encore de modèle émergeant de gestion des approvisionnements dans le secteur québécois de la santé. Les responsables des approvisionnements ont amorcé certaines réflexions quant à leur rôle dans les établissements. Cependant, les bouleversements connus ces dernières années ont amené d’autres décideurs de la santé à effectuer un certain nombre de changements qui peuvent avoir des conséquences sur la gestion des approvisionnements et du matériel. Ainsi, compte tenu du contexte actuel, la question est de savoir si les responsables des approvisionnements seront une partie prenante du processus de révision des activités de gestion des stocks? ________________________ Copyright École des HEC 11 Évolution de la fonction approvisionnement dans le secteur de la santé : synthèse de la littérature Bibliographie Dictionnaire de la gestion de la production et des stocks, Montréal, Éditions Québec/Amérique – Presses HEC, 1993, 272 p. «Facilities in IDNs Projected to Grow 28% by Year 2000», IDN Strategies, vol. 1, n° 11, 1997a, p. 128. «Internal Service Issues at IDNs Provide Vendors with Golden Opportunity», IDN Strategies, vol. 1, n° 11, 1997b, p. 121-127. «Reflections on the Future», Supply Management, vol. 2, n° 5, 1997, p. 20-24 AHRMM. History of the Association, http://www.ahrmm.org/about/history/asp, 1998 AMMER, D.S. «Is Your Purchasing Department a Good Buy?», Harvard Business Review, vol. 52, n° 2, 1974, p. 36-42, 154-157. BALES, W.A.; FEARON. H.E. CEOs’/President’ Perceptions and Expectations of the Purchasing Function, CAPS, Arizona, 1993, 38 p. BLOOM, H.; NARDONE, J.M. «Organizational Level of the Purchasing Function», Journal of Purchasing and Materials Management, vol. 20, n° 2, 1984, p. 14-17. BURNETTE, S.W. «Efficient Materiel Handling and Distribution : A Design Perspective», Hospital Materiel Management Quarterly, vol. 16, n° 2, 1994. CHAPMAN, T.L.; GUPTA, A.; MANGO, P.D. «Group Purchasing Is Not a Panacea for US Hospitals», McKinsey Quarterly, n° 1, 1998, p. 160-165. CHOW, G.; HEAVER, T.D. «Logistics in the Canadian Health Care Industry», Canadian Logistics Journal, vol. 1, n° 1, 1994, p. 29-73. CRUMLING, C.A. «Materiel Management : Present and Future Concepts», Hospital Materiel Management Quarterly, vol. 6, n° 3, 1985, p. 4-13. DRYAN, D.J. «Competition in the Materiel Marketplace», Hospital Materiel Management Quarterly, vol. 9, n° 2, 1987, p. 29-31. FEARON, H.E. «Materials Management : A Synthesis and Current View», Journal of Purchasing, vol. 9, n° 1, 1973, p. 28-47. FREED, D.H. «An Investment Perspective for Hospital Managers», Hospital Materiel Management Quarterly, vol. 14, n° 4,1993. FRYER, B. «Resource Management», Computerworld, vol. 28, n° 43, 1994, p. 122. HENNING, W.K. «The Material Manager-Chief Financial Officer Alliance», Hospital Materiel Management Quarterly, vol. 9, n° 1, 1987. ________________________ Copyright École des HEC 12 Évolution de la fonction approvisionnement dans le secteur de la santé : synthèse de la littérature HOLCOMB, M.C. «Logistics : The New Frame of Reference», in Annual Conference Proceedings, Fall Meeting, Council of Logistics Management, Cincinnati, 1994, p. 403-407. JACKSON, K.A. «The New Role of Materiel Managers in Hospital Strategic Planning», Hospital Materiel Management Quarterly, vol. 12, n° 3, 1991, p. 41-46. JANSON, R.L. «Future Trends in Hospital Materiel Management», Hospital Materiel Management Quarterly, vol. 7, n° 1, p. 11-17. JOHNSON, P.F.; LEENDERS, M.R.; FEARON, H.E. «The Influence of Organizational Factors on Purchasing Activities», International Journal of Purchasing and Materials Management, vol. 34, n° 3, 1998, p. 10-19. KLEE, W.B. «For the Times They are a-changin’», Hospital Materiel Management Quarterly, vol. 17, n° 1, 1995, p. 22-27. KOWALSKI, J. Managing Hospital Materials Management, Kowalski Dickow Associates, 1993, 313 p. LANDRY, S. BEAULIEU, M.; BOULAY, Y.; RIVARD-ROYER, H. et collaborateurs. L’intégration de la chaîne logistique dans le secteur québécois de la santé : diagnostic et avenues de solutions, Montréal, Groupe de recherche CHAÎNE, cahier de recherche n° 98-03, 1998, 58 p. LANDRY, S.; NOLLET, J. «On the Concept of Industrialization of Service», Rapport du Congrès Annuel de l’ASAC, ASAC, 1992, p. 63-69. LEENDERS, M.R.; NOLLET, J.; ELLRAM, L.M. «Adapting Purchasing to Supply Chain Management», International Journal of Physical Distribution & Logistics Management, vol. 24, n° 1, 1994, p. 40-42. LORINO, P. «Le déploiement de la valeur par les processus», Revue française de gestion, n° 104, 1995, p. 55-71. McFAUL, W. «Is there Life After Outsourcing and Consolidation?», Hospital Materials Management, vol. 21, n° 11, 1996a, p. 16-17. McFAUL, W. «Take the 50 Pourcent Challenge», Materials Management in Healthcare, août 1996. MILLER, J.G.; GILMOUR, P. «Materials Managers : Who needs them?», Harvard Business Review, vol. 57, n° 4, 1979, p. 143-153. MORGAN, I.P. «The Purchasing Revolution», McKinsey Quarterly, printemps 1987, p. 49-55. NOLLET, J.; KELADA, J.; DIORIO, M.O. et collaborateurs. La gestion des opérations et de la production :, une approche systémique, 2e édition, Montréal, Gaëtan Morin Éditeur, 1994, 682 p. PACKWOOD, T.; KEEN, J.; BUXTON, M. Hospitals in Transition, The Resource Management Experiment, Philadelphia, Open University Press, 1991, 193 p. PETTIGREW, A.; McNULTY, T. «Quelle est l’influence réelle des non-exécutifs?», L’Expansion Management Review, n° 77, 1995, p. 53-61 ________________________ Copyright École des HEC 13 Évolution de la fonction approvisionnement dans le secteur de la santé : synthèse de la littérature POOLEY, J.; DUNN, S.C. «A Longitudinal Study of Purchasing Position : 1960-1989», Journal of Business Logistics, vol. 15, n° 1, 1994, p. 193-213. SEIGFRIED, R.J. «The Materiel Manager’s Role in Executive Management», Hospital Materiel Management Quarterly, vol.14, n° 4, 1993. SHIMKUS, J. «The Big Squeeze», Materials Management in Health Care, vol. 7, n° 10, 1998, p. 18-21. SOUHRADA, L. «Sky’s the Limit», Materials Management in Healthcare, vol. 7, n° 7, 1998, p. 24-26. THORSFELDT, H. «Why Today’s Central Service Is an Integral Part of Materiel Management», Hospital Materiel Management Quarterly, vol. 9, n° 3, 1988, p. 63-70. VAN DEINSE, P. «Supply Chain Manager, une nouvelle fonction clé», L’Usine nouvelle, n° 2648, 1998, p. 54-56. WERNER, C. «Purchasing Differs at Vertically – Integrated Hospital System», Hospital Materials Management, vol. 18, n° 6, 1993. ZENZ, G.J. «Materials Management and Purchasing : Projections for the 1980s», International Journal of Purchasing and Materials Management, vol. 17, n° 1, 1981, p. 15-20. ________________________ Copyright École des HEC 14