La Taxe Professionnelle unique
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La Taxe Professionnelle unique
Direction Départementale de l'Equipement de l'Oise Les zones d'activitésde l'Oise et la TPU C’est un changement important de culture de gestion pour les élus du département de l’Oise et leurs équipes administratives. Il s'accompagne du transfert des charges les plus évolutives vers le groupement intercommunal sous peine de risquer l'asphyxie budgétaire. Cependant, l’ensemble des communes de l’Oise ainsi groupées aura, en quelque sorte, « sécurisé » ses recettes et sera moins à la merci du départ d'une grande entreprise, comme c’est le cas depuis quelques années. A l’inverse, « la chasse aux entreprises » change ainsi d’échelle. Les pessimistes diront que cela profitera aux secteurs privés qui recherchent des implantations au prix les plus bas du marché. Les optimistes pourront toujours s’appuyer sur le fait que nombre d’entrepreneurs recherchent des cadres de vie et d’implantation de qualité. Pour ces néo-investisseurs, encouragés par les différents systèmes d’aides (ADEME, …), c’est alors un véritable choix d’aménagement durable du territoire respectueux de son environnement. Quitte à payer plus cher au départ, et au-delà de l’aspect marketing, la perspective à long terme est bien de faire des économies en synergie avec d’autres partenaires en matières de ressources (énergies, eau,…) ou de gestion des déchets pour atteindre de nouveaux gains de productivité tout en respectant la législation en matière de protection environnementale. n°25 - novembre 2005 La Taxe Professionnelle unique Le département de l'Oise compte, au 1er janvier 2005, 361 groupements de communes dont 273 syndicats à vocation unique (SIVU), 47 syndicats à vocation multiple (SIVOM), 14 syndicats mixtes, 25 communautés de communes et 2 communautés d'agglomération. Les 27 établissements publics de coopération intercommunale à fiscalité propre, communautés de communes et communauté d'agglomération, regroupent 684 communes pour une population totale de 748.712 habitants. La taille moyenne des groupements est de 26 communes regroupant une population de 28 154 habitants. Plus les communautés d'agglomérations autour de Beauvais, Creil et Compiègne. Les autres structures intercommunales, quant à elles, dépassent souvent l'échelle cantonale. Il s’agit aujourd’hui pour elles de s'organiser autour des compétences essentielles de l'aménagement du territoire et du développement économique afin de constituer un maillage du territoire de l’Oise fort et organisé autour des villes ou des bourgs-centres. Mais comment fédérer ces communes sans instaurer la Taxe Professionnelle Unique (TPU) ? Quels sont ses avantages ? Bibliographie : La Lettre du Financier Territorial – articles de M. Philippe LAURENT Revue Française de Finances Publiques Leçons de finances locales Economica Paris, 2002 Site Internet : www.oise.pref.gouv.fr Directeur de la publication : Alain DE MEYERE Réalisation – impression : DDE de l’Oise Bld Amyot d'Inville BP 317 - 60021 Beauvais Cx ml : dde-oise @equipement.gouv.fr Réalisation Groupe Geovision Service de l’Aménagement, de l’Urbanisme et de l’Environnement France Poulain Cellule Prospective Fabienne Clairville (03 44 06 50 81) ml : [email protected] Les mécanismesde la TPU La mise en place de la TPU La TPU, créée par la loi d’orientation du 6 février 1992 a été relancée par la loi du 12 juillet 1999, loi dite Chevènement. Elle a consisté à adopter progressivement sur l'ensemble du territoire d'un groupement un seul taux de taxe professionnelle (TP). La fiscalité est donc partagée entre les communes et le groupement auxquelles elles appartiennent. Le taux retenu est dégagé à partir du taux moyen pondéré des taux de TP des différentes communes membres du groupement. Disposer d'un taux unique permet d'avoir une politique économique plus rationnelle. La TPU a connu, jusqu'à aujourd'hui, un succès croissant en France. En 2001, elle a été adoptée par 515 Etablissements Publics de Coopération Intercommunale (EPCI), dont 90 communautés d'agglomération, soit 20,7 millions d'habitants contre 4,2 millions en 1999. C'est une multiplication par cinq en moins de deux ans. Ce choix répété des groupements pour la TPU n'est pas sans raison. La TPU présente différents avantages au niveau du développement économique du territoire qu'elle rend optimal et ce, sans affecter ni les ressources, ni l'autonomie des communes membres. La TPU au servicedu développementéconomiquedu territoire. La TPU permet d'avoir une gestion plus homogène du territoire par l'harmonisation progressive des taux de taxe professionnelle. La convergence des différents taux vers une valeur moyenne peut s'étaler sur douze ans afin d'éviter des variations trop brusques. Cette unicité présente plusieurs avantages concernant le développement économique du territoire : - en dépassant les concurrences entre les communes et ainsi en permettant d'éviter la création de trop nombreuses zones d’activités disséminées. De fait chaque commune n’est plus obligée de créer sa propre zone d’activités. Un maillage pertinent est alors possible. Une spécialisation des zones source de synergies et d'économies des ressources est également envisageable. Ceci permet une allocation optimisée des terrains disponibles pour l'activité économique. L'organisation des services et la planification des équipements en sont d'autant plus efficaces. Le groupement devient économiquement plus puissant grâce à une gestion économique du territoire plus rationnelle. - en mutualisant le risque : la TPU est également un moyen de réduire localement les inégalités entre les communes en favorisant l'équité fiscale. Les communes bénéficieront ensemble de l'enrichissement généré par l'implantation d'une entreprise, et elles assument également ensemble l'appauvrissement provoqué par le départ d'une entreprise. en limitant l’impact fiscal sur les entreprises : si le taux moyen de la taxe professionnelle retenu est plus élevé que celui anciennement perçu par la commune, cet effet de hausse sera atténué par une disparition de la part salariale de la taxe professionnelle. De Les mécanismes de la TPU sont désormais connus. Ils visent principalement à : - faire percevoir la totalité de la taxe professionnelle par le groupement, à un taux progressivement unifié sur l'ensemble du territoire concerné ; - laisser aux seules communes le produit des trois autres impôts directs locaux ; - garantir à chaque commune une recette équivalente au produit de taxe professionnelle qu'elle percevait l'année précédent la mise en place de la TPU. - permettre aux communes de percevoir, selon la décision du groupement, une "dotation de solidarité communautaire" calculée selon des critères fixés presque entièrement librement par le groupement. Très clairement, les mécanismes de la TPU sont, sur le plan budgétaire, totalement neutres le jour de sa mise en œuvre, à la condition expresse que les communes délibèrent pour porter le taux de leurs impôts (c'est-à-dire taxe d'habitation et les deux taxes foncières) au niveau cumulé du précédent taux communal plus le taux du groupement à fiscalité propre. Ces mécanismes font ainsi apparaître un phénomène de « spécialisation » partielle de l'impôt : au groupement, la taxe professionnelle (hors parts départementale et régionale) et aux communes, la taxe d'habitation et les taxes foncières (hors parts départementale et régionale). Cette spécialisation entraîne de nouvelles règles d'évolution des budgets locaux compte tenu des modifications ainsi intervenues dans leur alimentation et dans la composition de leurs dépenses. Ces modifications concernent plusieurs paramètres : d'une part, le poids respectif des différentes recettes et dépenses dans les budgets locaux ; d'autre part, le degré d'évolutivité de ces différentes recettes et dépenses ; enfin, la capacité des élus à faire évoluer, selon leur propre choix, les ressources dont ils peuvent disposer pour mener à bien leurs projets. Particularitéslocales et TPU plus, les entreprises bénéficiant d'un plafonnement de la TP ne subissent aucun effet. Enfin, les taux départementaux et régionaux restent inchangés, seul le taux de la TP perçue antérieurement par la commune varie. Rappelons que les communes ayant un faible taux d'imposition doivent cotiser au fonds national de péréquation. (Le Fonds national de péréquation a été institué en 1995 par le 7° du II de l'article 70 de la loi n° 95-115 du 4 février 1995 d'orientation pour l'aménagement et le développement du territoire afin d'assurer une redistribution de ressources entre les communes). Dans le cas de communes où la taxe professionnelle est importante et à faible valeur locative logements (cas des communes dites « ouvrières »), il est clair que la part des impôts fonciers revenant à la commune sera nettement inférieure au produit de la taxe professionnelle transféré au groupement. Dans ces conditions, la fiscalité directe aura un poids moins important dans les ressources communales, qui seront à la fois plus stables, grâce à l'attribution de compensation, et moins évolutives avec la décision de faire progresser les taux d'imposition. Dans les communes très résidentielles, la situation inverse se produira, et l'on peut aller jusqu'à trouver des communes dont le produit « rapatrié » de taxes foncières est supérieur au produit « abandonné » de taxe professionnelle, auquel cas la commune devrait payer le surplus, là aussi figé à son montant initial, au groupement. Par ailleurs, les communes ne sont pas placées devant les mêmes conséquences en matière de péréquation fiscale. Certaines, richement dotées en taxe professionnelle, sont habituées à de fortes hausses de ressources, dès lors que la conjoncture s'améliore. Elles se sont souvent engagées dans des politiques actives et dynamiques. Elles devront alors les freiner compte tenu du « gel » occasionné par l’intermédiaire de « l'attribution de compensation » d'une part importante de leurs ressources aux autres communes du groupement. D'autres communes, tirant l'essentiel de leurs recettes des taxes foncières, sont habituées à une moins grande évolutivité de leurs budgets. Elles ne verront pas une grande différence entre leur politique financière, forcément plus stable, et la situation précédente. Elles disposeront néanmoins, par l'intermédiaire de leur participation au conseil de communauté, du moyen de se faire entendre et d'obtenir des réalisations et des actions nouvelles sur leur territoire.