famille recomposée

Transcription

famille recomposée
Yvonne Poncet-Bonissol
Stéphanie Assante
Vivre heureux dans une
famille recomposée
Les clés pour bâtir des relations sereines
et positives entre parents,
beaux-parents et enfants
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Chapitre 1
Les problématiques propres
aux parents biologiques
L’argent, le nerf de la guerre ?
Les problématiques en jeu
L’argent, dans le cadre du divorce, fait souvent ressortir tous les ressentiments des ex-conjoints. Il devient un
moyen de « régler ses comptes » au sens propre comme
figuré. La séparation donne lieu à de fermes négociations pour savoir comment partager les biens, qui garde
quoi, quel sera le montant de la pension alimentaire, et
ainsi de suite.
Remporter la victoire devient un enjeu de « vengeance » :
on fait payer au sens propre pour faire payer émotionnellement.
Tous les affects sont cristallisés dans les biens matériels
dont la revendication par l’autre est prise comme une
provocation, un ultime acte de non-amour. Ce n’est
pas œil pour œil, c’est souffrance pour souffrance.
Chaque « coup » est rendu un peu plus durement.
L’argent devient souvent l’enjeu d’une possible
reconstruction. Il constitue une réparation morale, et
la condition indispensable pour assurer des moyens de
subsistance décents pour soi-même, pour ses enfants,
pour une nouvelle famille à venir. Il est donc au cœur
de bien des conflits.
La clé est de calmer son propre émotionnel pour être
capable de ressentir de la compassion à l’égard de celui
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de l’autre. Celui qui s’accroche désespérément aux biens
matériels est en fait en détresse morale. La possession
de biens agit comme un pansement.
L’important est de garder sa dignité et de ne pas en
arriver à se battre pour une petite cuillère. Le film La
Guerre des Rose (précité) montre l’escalade possible de la
violence. Les époux commettent les pires actes possibles,
comme tuer le chien de l’autre. La surenchère de violence
les conduit finalement tous les deux à la mort. Humiliations, coups bas, mesquineries, horreurs en tous genres,
voilà ce qui guette les couples qui ne lâchent pas prise.
En premier lieu, et chaque fois que c’est possible, l’excouple essaiera de privilégier la communication pour
parvenir à gérer raisonnablement et pacifiquement la
séparation dans ses enjeux financiers.
Plusieurs choses peuvent aider. Tout d’abord, prendre
conscience de la souffrance de l’autre derrière le
masque de l’agressivité permet de mieux la supporter.
Ensuite, offrir à l’autre un véritable espace de parole
permet d’apaiser les conflits. Cette ouverture suppose
une réelle écoute et une attention active à ce qui a été
exprimé. La reformulation sincère des propos permet de
le faire : « J’entends que tu es très en colère parce que…,
que tu aurais eu besoin de…, que tu ressens de la tristesse
lorsque… » Ce n’est pas évident à mettre en œuvre seul.
C’est pourquoi le recours à un tiers (médiateur, psychothérapeute, coach…) peut être très utile, au moins au début.
Enfin, si les conflits persistent, il faut savoir dire
« STOP » à un moment. Ne pas entrer dans le jeu.
Accepter de renoncer au fait d’avoir le dernier mot, et
abandonner certains biens pour vivre en paix.
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Les problématiques en jeu
Au-delà des enjeux émotionnels liés au partage se situent
les réelles difficultés à boucler son budget lorsqu’on se
retrouve seul(e) à payer au lieu d’être deux.
La séparation engendre un grand sentiment de frustration et d’impuissance à cause du gâchis qu’elle cause.
Devoir tout recommencer, tout reconstruire, tout payer
en double là où l’on partageait les frais… Pour certains,
c’est juste insupportable ! Soudain, tout est multiplié
par deux. Chacun doit avoir son propre logement, son
propre mobilier, ses charges et assumer de payer ses
factures seul.
Souvent, la pension alimentaire ne suffit pas à couvrir
toutes les dépenses du parent qui a la garde, car c’est
majoritairement la femme. Or, celle-ci a généralement
une situation professionnelle moins lucrative. Elle peut
s’être arrêtée de travailler pour élever ses enfants, ou
avoir mis sa carrière entre parenthèses.
Mais l’homme peut tout aussi bien connaître lui
aussi des difficultés financières. La séparation détruit
souvent ses efforts de construction d’un patrimoine
commun. Il faut non seulement payer ses charges, mais
aussi subvenir aux besoins de ses enfants et parfois de
son ex-femme.
Le train de vie des deux ex-époux est fréquemment
diminué. Et cette situation peut durer des années.
Communiquer apaise la souffrance, mais ne règle pas
les problèmes concrets matériels.
Comment boucler ses fins de mois ? Souvent, il s’agit
ni plus ni moins que de tout remettre en question dans
sa vie : changer de travail, en reprendre un, modifier
ses habitudes de consommation, réduire ses loisirs, se
priver, etc.
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Pour ne pas s’enliser dans la situation, il faut mobiliser une bonne dose de courage et de volonté de s’en
sortir. Or, ce sont justement des périodes où l’énergie
est plutôt basse. Tous les soutiens sont bons pour faire
face. Il ne faut pas hésiter à les mobiliser, et ne pas rester
seul à tout prendre sur ses épaules.
Un travail sur soi permet de rebondir, de soigner ses
blessures (psychothérapie), ou de mettre en place des
actions et des stratégies pour le futur (en coaching).
Vivre heureux dans une famille recomposée
Les peurs communes
Après la séparation, les ex-époux se regardent en chiens de
faïence, et guettent les faux pas de l’autre. Chacun développe une « survigilance » dont l’enfant est le premier objet.
Au nom de son bien-être, les ex-conjoints entretiennent
une méfiance exacerbée l’un envers l’autre, et partagent la
même peur de perdre les liens avec leur enfant.
J’ai peur de perdre l’amour de mon enfant.
La séparation implique de moins voir son enfant,
surtout pour le parent qui n’a pas la garde. La menace
ressentie est que celui-ci « oublie » le parent qui n’est
pas là tous les jours, ou « l’aime moins ». Cette frayeur
que le lien se distende est encore plus forte si la rupture
s’est mal passée et que l’enfant la vit mal. Le parent
craint alors que la rancœur remplace l’amour dans son
cœur.
Lorsque l’enfant est tout petit, on redoute qu’il n’ait tout
simplement pas la capacité à se souvenir de son parent
absent. Lorsque l’enfant est plus grand, on appréhende
qu’il ne prenne parti contre soi.
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Cette peur de perdre l’amour de son enfant dissuade
souvent des couples de se séparer. Pourtant, les parents
ont besoin d’être heureux pour que les enfants le soient...
Il n’empêche que cette inquiétude d’être moins aimé
peut conduire des adultes à adopter des c­ omportements
irraisonnés comme gâter exagérément son enfant. C’est
souvent pour compenser son absence que le parent
tombe dans ce travers. Celui-ci va même parfois jusqu’à
reproduire exactement le même décor chez lui que
chez son ex-conjoint afin que l’enfant ne sente pas de
transition entre les deux environnements ! Les peurs
se manifestent fréquemment sous la forme d’autres
émotions comme la colère ou l’agressivité dirigée
contre l’ex-conjoint, considéré comme responsable de
la rupture.
Elles conduisent à maintenir les conflits, à vivre entre
culpabilité et angoisse. C’est un cercle vicieux à briser
absolument, car il ne peut qu’engendrer encore plus de
souffrance à la fois chez les adultes et les enfants.
Le parent qui a la garde craint aussi que l’enfant ne
décide un jour d’aller vivre avec l’autre, ne donne plus
de nouvelles, ou que les liens se distendent. Cette
peur revient en quelque sorte à celle de perdre l’amour
de son enfant, évoquée plus haut.
Quand l’avis de l’enfant est demandé devant le tribunal, et qu’il est assez grand pour indiquer sa préférence,
on ne peut pas faire grand-chose pour le dissuader (et
ce, même si l’on estime qu’il a été manipulé par l’autre
parent).
Les problématiques en jeu
J’ai peur que l’enfant demande un jour à
aller vivre chez l’autre.
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Vivre heureux dans une famille recomposée
Le piège pour le parent est de se soumettre au chantage
affectif, ou de céder à tous les caprices de l’enfant par
peur de le perdre, et par culpabilité de lui infliger cette
séparation parentale.
Paradoxalement, s’accrocher désespérément à son
enfant, à tout prix, ne lui fait pas forcément du bien.
Certes, il a besoin de se sentir aimé, mais il a aussi
besoin de faire ses expériences, de se forger son opinion.
Chercher à empêcher un enfant de vivre quelque
temps avec son autre parent, c’est prendre le risque de
le perdre durablement. L’enfant peut alors développer
une attitude de rejet, se braquer.
La meilleure solution est donc de rester aussi calme
que possible, d’avoir confiance en ses enfants, en soi, en
la vie, en une certaine forme de justice et de vérité.
J e tremble que l’autre ne ramène pas l’enfant
après un droit de visite, ou ne l’amène pas
à un droit de visite.
Le parent qui n’a pas la garde de ses enfants peut obtenir
du juge un droit de visite et d’hébergement. Le fait
de refuser indûment de présenter l’enfant mineur à la
personne qui a le droit de le réclamer est puni par la loi.
Quand le cas se présente, ce peut être très déstabilisant
pour le parent qui en est victime et qui se sent impuissant. Avant de porter plainte, effectuer une déclaration
en main courante1 peut avoir un effet dissuasif.
Il faut espérer que cela suffise à remettre l’ex-conjoint
dans le droit chemin…
1. Consigner une déclaration en main courante, c’est faire consigner des faits sans déposer plainte. C’est une simple déclaration.
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Je doute que mon ex soit capable de
s’occuper de l’enfant, ou je redoute qu’il ne
s’en occupe pas de la même façon.
Les problématiques en jeu
Évidemment, avant la séparation, chacun avait son rôle
dans la famille. À présent, chacun doit être autonome et
capable de gérer toutes les situations.
Or, les tâches les plus anodines peuvent être compliquées quand on ne les a jamais faites : changer un bébé,
habiller un enfant, préparer à manger, consoler, écouter,
border, faire faire les devoirs, soigner une blessure, etc.
De plus, chacun a ses propres habitudes et il n’est pas
toujours facile d’accepter que l’autre n’ait pas les mêmes.
Les mamans sont les premières touchées par cette peur.
En effet, ce sont elles la plupart du temps qui assurent
l’essentiel du temps de présence auprès des enfants.
Elles doutent donc en général des aptitudes masculines à prendre en charge ce qui relève habituellement
de leur domaine.
Mais l’inverse existe aussi. Et les papas peuvent se révéler être très inquiets de la façon dont leur ex-compagne
va s’occuper de leur progéniture en leur absence.
Cette difficulté du conjoint à s’occuper de l’enfant a été
remarquablement illustrée dans le film Kramer contre
Kramer (précité). Lorsque Dustin Hoffman se retrouve
seul avec son fils et qu’il doit lui faire son petit déjeuner, il n’arrive pas à faire cuire le pain perdu correctement (en tout cas, ce n’est pas la même méthode
que Maman !) ; on sent que son fils boude, et que cette
maladresse le rend plus triste encore.
Néanmoins, la grande leçon de ce film, c’est qu’on peut
tout apprendre, et que rien n’est jamais perdu. À la fin,
le père maîtrise parfaitement la fameuse recette.
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Ne faut-il pas laisser sa chance à chacun, et faire le tri
entre inquiétude justifiée et affabulations ?
Les risques de dérives qui menacent les
parents biologiques
Vivre heureux dans une famille recomposée
S e servir de l’enfant pour être consolé ou
régler ses comptes
Lorsque la séparation est mal assumée, l’adulte peut
parfois se retrouver lui-même dans une posture infantile
où l’enfant est malheureusement contraint à endosser
un rôle de médecin, et de consolateur.
L’anxiété et les craintes parentales encouragent l’enfant
dans son rôle de soignant. L’enfant devient alors une
sorte de béquille affective du parent quitté.
Il arrive aussi que l’adulte utilise l’enfant comme porteparole de ses ressentiments auprès de son ex : « Tu diras
à ta mère/à ton père que… + (reproches et critiques). »
Il règle alors ses comptes par personne interposée au lieu
de le faire lui-même directement.
Le parent ferait bien alors de s’interroger : « Qu’a-t-il à
apprendre de lui-même, de son passé, pour que le conflit
de la séparation l’engage à ne plus être à sa place d’éducateur qui ne fait plus de sa progéniture un outil ?1 »
Existe-t-il une manipulation inconsciente dans la
communication familiale ? Les échanges entre les
membres de la famille vous épuisent-ils ?
Dès qu’un malaise se fait sentir dans les relations, il
est nécessaire de se demander si un « mauvais » jeu
psychologique n’a pas été installé.
1. Yvonne Poncet-Bonissol, L’Enfant au cœur du conflit familial,
Dangles, p. 105.
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Le triangle de Karpman dans les relations parentsenfants
Pour le comprendre, il est intéressant de connaître le
triangle dramatique, dit aussi triangle de Karpman1, qui
met en évidence un scénario relationnel typique entre
victime, persécuteur et sauveur. C’est un jeu psychologique qui implique généralement trois personnes mais
pas toujours. En effet, une même personne peut changer successivement de rôle.
Examinons ici comment ce mécanisme s’établit dans
le cadre des relations parents-enfants. Nous étudierons
comment se met en place ce schéma dans les relations
de couple un peu plus loin.
Les problématiques en jeu
Illustration d’une relation de Karpman à trois
1. Le triangle de Karpman est une figure d’analyse transactionnelle proposée par Stephen Karpman en 1968.
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Vivre heureux dans une famille recomposée
Voici une petite histoire l’illustrant1 :
La mère, Sauveur : Regarde cette nouvelle chemise que j’ai achetée
pour toi, elle te plaît ?
Le fils, Persécuteur, en colère après sa mère : Tu sais bien que j’ai
horreur du bleu !
La mère, Victime du fils : De toute façon, j’ai toujours tort avec toi.
Le père, Sauveur de la mère et Persécuteur du fils : Comment oses-tu
parler ainsi à ta mère ? Va dans ta chambre sans dîner.
Le fils, Victime puis Persécuteur, boudant dans sa chambre : Ils me
disent d’être franc puis ils me punissent.
La mère, Sauveur du fils, lui amenant un plateau-repas en cachette
du père : Ne le dis pas à ton père. Tu ne devrais pas t’énerver ainsi
pour une chemise.
La mère, Persécuteur du père : Tu es trop sévère avec ton fils. Je parie
qu’il te déteste maintenant.
Le père, Victime de sa femme : Je croyais t’aider et voilà que tu me
disputes. »
Illustrations de comportements d’enfant pris dans
un jeu de Karpman
Dans la famille recomposée, l’enfant peut aussi tour à
tour adopter ces rôles :
Victime : « C’est pas juste, je suis toujours celui à qui tu demandes
d’aller se coucher le plus tôt… Je sais bien que je ne mérite pas d’être
aimé : je suis trop bête et pas intéressant… »
Persécuteur : « Tu es méchante, je te déteste…, c’est de ta faute si
papa est parti… »
Sauveur : « Ne t’inquiète pas, Maman, je serai toujours là pour toi.
Je vais t’aider. On va être heureux ensemble… »
1. Source : www.forme-sante-ideale.com/le-triangle-de-karpmana-quoi-aimez-vous-jouer/.
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Les problématiques en jeu
Illustration de parent adoptant les rôles du triangle
de Karpman
Il arrive que le parent adopte également ce jeu. En tant
que persécuteur, il tient des propos dévalorisants
et destructeurs pour avoir l’impression de dominer
l’autre : « Non seulement tu es sale, mais en plus tu mens.
Tu es vraiment nul. »
S’il est plutôt sauveur, il court à la rescousse des siens
à la moindre occasion, y compris quand on ne lui a rien
demandé, et finit épuisé et découragé devant leur ingratitude : « Je me charge de tout. Laisse-moi faire. J’irai plus
vite. »
Quant à la victime, elle se plaint des injustices, a l’impression de subir les situations sans rien pouvoir y faire,
et renonce ainsi à sa part de responsabilité : « Ma fille
ne vient jamais me voir. Le monde est cruel. Personne ne
peut m’aider. »
Ces jeux inconscients sont très courants, et existent dans
la plupart des familles. Ils deviennent problématiques
quand ils sont systématiques. Ils fatiguent et font souffrir. Pour en sortir, il faut déjà apprendre à les repérer.
Si le jeu s’est installé, voici quelques pistes utiles pour
sortir de la « mécommunication » :
–– faire des demandes claires et précises sur ce dont
on a besoin ;
–– attendre d’être sollicité pour aider.
Une victime chronique peut aussi aider l’autre à ne
pas tenir son rôle de sauveur en assumant ses responsabilités, et en prenant en charge la satisfaction de
ses besoins. De même, un persécuteur cache souvent
un mal d’amour. S’il réussit à se faire du bien à luimême, il cessera peu à peu de s’en prendre aux autres.
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Chaque rôle sera d’autant mieux désamorcé que les
besoins de chacun seront satisfaits.
Pour savoir si vous avez tendance à adopter un de ces rôles,
vous pouvez réaliser le test inséré en annexe page 133.
Grâce à la connaissance de ces jeux psychologiques,
le parent évitera plus facilement d’instaurer avec ses
enfants une communication manipulatoire, et de se
servir d’eux comme outil de pression, de revanche ou
de soutien.
Vivre heureux dans une famille recomposée
Donner à l’enfant toutes les places
Un autre écueil est de donner à son enfant toutes les
places : celle de l’ami, du confident, du consolateur, etc.
Au lieu de rechercher à l’extérieur de quoi combler ses
besoins, toutes les attentes reposent sur l’enfant.
C’est le cas notamment lorsque le parent parle à son
enfant comme il parlerait à un adulte : il lui confie ses
peines, ses rancœurs, ses problèmes d’argent… L’enfant
sert aussi de « réconforteur » en faisant des câlins, en
séchant des larmes… Parfois, même l’enfant finit par
devenir le parent à la place du parent. C’est ce qu’on
appelle le processus de « parentification ».
La « parentification » est un processus interne à la vie familiale qui amène un enfant ou un adolescent à prendre des
responsabilités plus importantes que ne le voudraient
son âge et sa maturation, et qui le conduisent à devenir
un parent pour ses parents1.
1. Jean-François Le Goff, « Thérapeutique de la parentification :
une vue d’ensemble », Thérapie familiale, vol. 26, n° 3 (2005),
pp. 285-298.
Jean-François Le Goff, L’Enfant, parent de ses parents, Paris,
L’Harmattan, 2000.
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Introduction........................................................... 5
Les problématiques en jeu................... 13
Chapitre 1
Les problématiques propres
aux parents biologiques.................................15
L’argent, le nerf de la guerre ?.............................15
Les peurs communes................................................18
J’ai peur de perdre l’amour de mon enfant.........18
J’ai peur que l’enfant demande un jour à aller
vivre chez l’autre...................................................19
Je doute que mon ex soit capable de s’occuper
de l’enfant, ou je redoute qu’il ne s’en occupe
pas de la même façon..........................................21
Table des matières
Je tremble que l’autre ne ramène pas l’enfant
après un droit de visite, ou ne l’amène pas à
un droit de visite..................................................20
Les risques de dérives qui menacent
les parents biologiques.........................................22
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Se servir de l’enfant pour être consolé ou
régler ses comptes...............................................22
Donner à l’enfant toutes les places.....................26
Surprotéger l’enfant, surcompenser la situation.... 27
Oublier totalement sa vie personnelle pour se
replier sur soi........................................................28
Disqualifier l’autre parent en paroles et
en actes.................................................................29
Le père divorcé : le parent « pauvre » du
divorce..........................................................................31
Se faire écarter de la garde des enfants............31
Vivre heureux dans une famille recomposée
Craindre de ne pas pouvoir garder sa place......34
Chercher à définir la fonction du père dans
la situation............................................................36
La mère divorcée.......................................................38
Assumer le difficile statut de mère divorcée......38
Gérer la culpabilité...............................................40
Chapitre 2
Les problématiques
des beaux-parents..............................................43
Dépasser le mythe de la marâtre.......................43
Gérer les frustrations..............................................45
Trouver sa place........................................................48
Ne pas en oublier le nouveau couple...............49
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Chapitre 3
Les problématiques des enfants du
couple biologique...............................................51
Ne plus se sentir en sécurité................................51
Affronter des émotions violentes en soi..........52
Se sentir investi de missions...............................54
Partager son espace avec les autres
enfants de la fratrie.................................................55
Assumer les bouleversements de l’échiquier
familial .........................................................................56
Chapitre 4
Les problématiques des enfants
du couple recomposé........................................59
Gérer les allées et venues....................................60
Conclusion de la première partie :...........62
Les outils pour gérer
la situation.......................................................... 63
Table des matières
« L’enfant qui reste » : entre culpabilité
et jalousie...................................................................59
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Chapitre 5
Comment vivre avec l’enfant
de l’autre ?...............................................................65
Vivre heureux dans une famille recomposée
Se faire adopter en tant que beau-parent......66
F aire preuve de retenue et de pudeur................66
Ne pas vouloir imposer d’emblée son autorité....67
Accepter que la relation prenne du temps
à se développer...................................................68
Éviter les excès de séduction..............................69
Se positionner en tant que beau-parent
et non en tant que parent...................................70
Être dans l’accueil et dans la perception
des demandes de l’enfant...................................74
Se faire respecter.................................................74
Ne pas tout donner...............................................75
Obtenir le soutien de son conjoint et être
en cohérence dans le couple...............................75
Être aidé pour dépasser ses frustrations
de beau-parent.........................................................76
Les groupes de paroles et associations pour
beaux-parents.......................................................76
Le recours à un thérapeute ou à un coach..........77
Élever au quotidien l’enfant d’un(e) autre......78
Que prévoit la loi à propos des enfants
dont les parents sont séparés ?..........................78
La loi prévoit-elle des droits pour
les beaux-parents ?..............................................80
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Comment être belle-mère sans être mère
soi-même ?............................................................83
Chapitre 6
Comment vivre avec le passé
de l’autre ?...............................................................87
Les ombres du passé...............................................87
L’histoire de l’ex-couple et ses séquelles...........87
Profil des ex qui ne lâchent jamais......................89
Le jeu du triangle dramatique de Karpman
entre les ex-conjoints...........................................90
Stratégies pour couper avec le passé..............93
Comment mettre le mot « fin » à l’histoire du passé ?.............................................................93
L’avenir : séparer clairement la conjugalité
et la parentalité..................................................... 103
Chapitre 7
Polémique : demi/quasi-frères et soeurs...... 107
Héritage : comment désamorcer cette bombe
à retardement aux effets dévastateurs......... 109
Table des matières
Vivre dans une fratrie recomposée....... 107
Quand la venue d’un bébé crée un trait
d’union et légitime la belle-mère.................... 112
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Chapitre 8
Vivre en harmonie avec ses beauxenfants.................................................................... 115
Partager des moments......................................... 115
Accompagner l’enfant sur son chemin............. 116
S’ouvrir aux amis et à l’univers de ses
beaux-enfants......................................................... 117
Cocooner................................................................... 118
Diminuer ses attentes.......................................... 120
Rédiger une charte familiale............................. 121
Vivre heureux dans une famille recomposée
Instaurer des rituels.............................................. 122
Chapitre 9
Et si la situation se dégrade ?................ 125
Les thérapies familiales...................................... 125
La médiation........................................................... 126
Conclusion.......................................................... 131
TEST : adoptez-vous
des comportements du triangle
de Karpman ?...................................................... 133
Bibliographie.................................................. 135
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