Naissance babychou

Transcription

Naissance babychou
Dimanche soir.
Ma maman est tranquillement installée dans le canapé et décide de se lever pour se servir un verre d'eau.
Elle fait deux pas puis se retrouve trempée et se dit, tient je perd déjà les eaux... avant de regarder son
pantalon clair, devenu en partie rouge. Elle appelle tout de suite mon papa, tout en composant le 15. Elle a
eu peur de me perdre et papa aussi, mais ils sont restés très calme et personne ne l'a dit. Mon papa a
rassuré ma maman en disant que si je devais naitre ce soir ce n'était pas grave, qu'ils venaient tout juste de
faire l'échographie du 3ème trimestre et que j'avais un bon poids.
Les pompiers sont arrivés très vite et une fois sur place ont dû faire appel à une équipe médicalisée du
Samu car ma maman perdait trop de sang de façon continue.
Ils l'ont ensuite emmenée dans la camionnette du Samu car elle est plus médicalisée que celle des
pompiers. Ma maman était rassurée car au 4ème mois de grossesse on l'a fait changer de maternité pour
une de niveau 3 où la Chef de clinique assurait son suivi.
Malheureusement, malgré les 3400 naissances annuelles, ce dimanche soir l'établissement n'avait pas de
place et n'a pas pu nous accueillir. A ce moment, l'équipe du Samu a regretté de ne pas avoir mis ma
maman dans la camionnette des pompiers car ils sont prioritaires partout et leurs patients ne peuvent être
refusés dans aucun service d'urgence. Pour le Samu, le protocole est différent puisque leur centrale doit
d'abord trouver une place et obtenir un accord de l'établissement visé avant de pouvoir transférer le patient.
Nous avons attendu 1 heure dans la camionnette, au pied de chez nous, avant d'obtenir une place au
Franco-Britannique de Levallois-Perret.
Dès l'annonce de l'établissement, papa a prit la voiture pour nous suivre.
A partir de là, tout a été très très vite...
Arrivée directement en salle de gynécologie au service des urgences, une jeune-femme a posé un
monitoring sur maman (d'habitude je m'amusais à donner des coups de pieds dedans, mais pas cette foisci). Elle a soulevé la couverture posée sur les jambes de ma maman et lui a demandé de quelle couleur
aurait dû être ses sous-vêtements et est sortie, pour ne pas revenir. Un monsieur est arrivé, a rapidement
mis du gel sur son ventre et en regardant l'écran a demandé à ce qu'on appelle l'anesthésiste. Ma maman
a juste eu le temps de demander ce qui se passait. On lui a répondu "un hématome* ", puis l'anesthésiste
est arrivé immédiatement et lui a demandé si elle avait mangé. Elle a dit oui, donc il lui a donné un cachet
pour qu'elle ne régurgite pas. Elle a pu lui demander si ce serait une anesthésie générale ou locale et
l'anesthésiste lui a répondu "Madame, c'est général, on n'a pas le temps, il faut aller très vite". Ma maman a
dit que mon papa arrivait et a demandé à le voir avant, mais il lui a dit que ce n'était pas possible et qu'il
n'aurait pas accès au bloc. Ils ont alors emmené ma maman et entre les deux pièces, elle et mon papa se
sont croisés. elle était rassurée, il savait que j'allais naître !
Papa était là quant on m'a fait passer une radio des poumons. Ils ont dit qu'ils n'étaient pas matures et il a
fallu me transférer en niveau 3. J'ai ainsi été envoyé à Clamart, au service réanimation de néonatalogie
d'Antoine Béclère. J'étais intubé et en couveuse. De là mon état s'est très vite amélioré : j'ai été mis sous
masque à oxygène, puis on me l'a enlevé 2 jours plus tard. On a dû m'alimenter par sonde gastrique car je
ne prenais pas le biberon. J'avais quand même le reflexe de succion alors mes infirmères tenaient de
temps en temps une tétine de biberon dans ma bouche avec du papier dedans pour le conserver.
Ma maman, elle, a été transférée le lundi à Louis Mourier, à Colombes, où elle était suivie. Dès que mon
état l'a permis et qu'une place s'est libérée j'ai moi aussi pu être transféré. Nous avons donc pu nous
rencontrer au bout de 3 jours, au service de soins intensifs de la néonatalogie.
Les scotchs transparents, c'étaient pour protéger ma peau quand j'avais le masque à oxygène.
On lui a ensuite expliqué que si j'étais en soins intensifs c'était parce qu'il n'y avait pas de place ailleurs.
Nous avons pu faire du peau à peau en tête à tête, en attendant que papa nous rejoigne.
J'étais encore alimenté par sonde, mais en voyant ma maman j'ai accepté de boire au biberon. C'était ma
petite surprise.
J'ai ensuite été transféré dans le service classique de néonatalogie, où on m'avait préparé mon box. Car,
comme à Clamart, j'avais ma petite chambre, avec ma baignoire individuelle, un fauteuil pour mes parents
et en plus on a pu décorer la chambre.
Mon poids de naissance m'a bien aidé parait-il. Maman s'est dit que finalement le diabète gestationnel, s'il
l'a contrainte au régime puis à se piquer 4 fois par jour à l'insuline, avait été une bonne chose. A la
maternité j'étais déjà très sage, je ne pleurais que lorsqu'il était l'heure de manger, parfois il fallait même me
réveiler. Ce que je n'ai pas aimé, ce sont les lampes bleues sous lesquelles on m'a mis à cause de la
jaunisse. Quand ma température s'est mieux régulée, on m'a mis sur une table chauffante et papa et
maman sont allés me chercher des vêtement préma chez vertbaudet, 45 cm pour le vêtement et 40 cm
pour le bonnet.
Au bout de 2 semaines on a pu rentrer à la maison en famille. La loi ne m'autorisait pas à rentrer plus tôt et
mes infirmières ont dit que c'était la seule raison de ma présence en néonatalogie car j'allais parfaitement
bien.Ma maman a refusé toutes les aides à domicile. Elle n'en ressentait pas le besoin et trouvait cela
intrusif. Exit donc la PMI, l'HAD et tout le reste. Aujourd'hui je vais parfaitement bien et je suis un bébé très
heureux.
* Le mercredi soir, la chef de clinique ayant récupéré le dossier de l'accouchement, est venu expliquer à ma
maman ce qui s'était passé et pourquoi un soignant lui avait dit le matin que c'était une situation à risque
pour elle et moi, sans plus d'explication.
: https://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9matome_r%C3%A9troplacentaire
On sait maintenant que ma maman risque de reproduire ce problème lors d'une prochaine grossesse donc
elle aura un traitement en amont et sera bien surveillée, comme ça tout ira bien.
Tristan