Evaluation des risques auprès des BOUCHER CHARCUTIER
Transcription
Evaluation des risques auprès des BOUCHER CHARCUTIER
CONSERVATOIRE NATIONAL DES ARTS ET METIERS _______________________________________ MEMOIRE Présenté en vue d’obtenir le DIPLÔME de licence professionnelle « Intervenant en Evaluation et Gestion des risques pour la santé/sécurité dans les entreprises » Par Marie Thérèse PINON « Evaluation des risques auprès des BOUCHER CHARCUTIER TRAITEUR » 1 REMERCIEMENTS Je tiens à remercier l’ensemble des professeurs que j’ai rencontré tout au long de mon cursus pour le contenu et le professionnalisme des cours. C’est vraiment avec un très grand plaisir et un vif intérêt que j’ai suivi leurs enseignements. Je souhaite également remercier mon tuteur, Madame Florence Thorin, pour la confiance qu’elle m’a accordée et le soutien apporté tout au long de ce parcours. Je remercie également notre documentaliste du service, Madame Nathalie TERRAND, pour l’aide apportée au niveau des recherches documentaires et de son soutien. Enfin, je remercie mes amies et ma famille pour le soutien apporté depuis le début de cette aventure. 2 « EVALUATION DES RISQUES PROFESSIONNELS AUPRES DES BOUCHER CHARCUTIER TRAITEUR » SOMMAIRE INTRODUCTION __________________________________________________________ 4 LA DEMANDE : ORIGINE ET ANALYSE _______________________________________________ 4 PROBLEMATIQUE __________________________________________________________________ 5 OBJECTIFS ________________________________________________________________________ 5 DONNEES CHIFFREES ______________________________________________________________ 6 I - ASPECT REGLEMENTAIRE ______________________________________________ 8 II - METHODOLOGIE ______________________________________________________ 9 PREPARATION DE LA DEMARCHE__________________________________________________ 11 EVALUATION DES RISQUES _______________________________________________________ 12 • RISQUES PROFESSIONNELS _________________________________________________ 12 • RISQUE CHIMIQUE _________________________________________________________ 15 ELABORATION ET MISE EN PLACE D’UN PLAN D’ACTION ___________________________ 18 REEVALUATION DES RISQUES SUITE AUX ACTIONS MENEES ________________________ 18 III - PRESENTATION DES ENTREPRISES ___________________________________ 18 ENVIRONNEMENT DE TRAVAIL ____________________________________________________ 19 ACTIVITE de BOUCHER ____________________________________________________________ 19 ACTIVITE de CHARCUTIER _________________________________________________________ 20 ACCIDENT DU TRAVAIL – MALADIE PROFESIONNELLE _____________________________ 20 IV - RESULTATS / ANALYSE _______________________________________________ 22 RISQUES D'ACCIDENTS PREPONDERANTS __________________________________________ 23 RISQUE CHIMIQUE ________________________________________________________________ 25 RISQUE INFECTIEUX ______________________________________________________________ 27 RISQUES PHYSIQUES ______________________________________________________________ 28 RISQUES LIES AUX CONTRAINTES DE TRAVAIL ____________________________________ 28 RISQUES LIES AUX FACTEURS PSYCHOSOCIAUX ___________________________________ 32 V – SYNTHESE ___________________________________________________________ 32 VI - ACTIONS / PROPOSITIONS ___________________________________________ 33 CONCLUSION____________________________________________________________ 33 REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES _______________________________________ 35 GLOSSAIRE _____________________________________________________________ 37 LISTE D’ABRIEVIATION __________________________________________________ 39 LISTE SIGLES ___________________________________________________________ 40 INDEX DES ILLUSTRATIONS ______________________________________________ 41 ANNEXES _______________________________________________________________ 42 EXEMPLE D’UN DOCUMENT UNIQUE ETABLI PAR UNE ENTREPRISE _________________ 42 OUTIL d’EVRP ADAPTE A L’ACTIVITE ______________________________________________ 42 FICHE D’ENTREPRISE _____________________________________________________________ 42 3 INTRODUCTION Aujourd’hui, les salariés font face à un changement permanent des conditions de travail, les confrontant à des situations nouvelles d’ordre organisationnel, technique, managérial… auxquelles bien souvent ils doivent s’adapter. Ces modifications de travail associées à un climat économique difficile peuvent tendre sur le court terme à une augmentation du nombre d’accidents du travail et, sur le long terme, à une explosion des maladies professionnelles. Si l’on veut inverser ce processus, la prévention dans les entreprises doit devenir un atout majeur afin d’améliorer les conditions de travail et réduire ainsi le nombre et/ou la gravité des accidents du travail ainsi que prévenir les maladies professionnelles. Bien souvent cette démarche est vécue par les entreprises comme une contrainte ou une formalité, imposée par la réglementation, Pourtant, la prévention avec la mise en place de l’évaluation des risques est une étape essentielle qui permet à l’entreprise de se positionner dans une démarche dynamique de maîtrise des risques avec la mise en place d’un dialogue social. Si cette démarche existe dans les grandes entreprises bénéficiant de moyens humain et technique avec la mise en place d’une culture de prévention, quid des petites structures qui semblent souvent bien démunies pour réaliser l’évaluation de leurs risques ? LA DEMANDE : ORIGINE ET ANALYSE La demande a pour origine la sollicitation du service par le Président du syndicat des bouchers du Cher. Certains membres avaient fait part de leurs difficultés à la mise en place de l’évaluation des risques et demandaient une aide pour la rédaction du document unique. Aide d’autant plus utile que des cabinets d'expertise, profitant de cette obligation réglementaire, démarchaient les artisans pour tenter, coûte que coûte, de facturer une prestation d'élaboration du document unique. Cette demande concerne donc des très petites entreprises (TPE - artisans boucher-charcutier/traiteur) où il n’y a ni délégué du personnel ni Comité d’Hygiène et de Sécurité des Conditions de Travail (CHSCT). Les caractéristiques du métier sont la préparation, fabrication, transformation, vente au détail de la viande, ainsi que des plats cuisinés. Ces 2 activités étant souvent liées. L’analyse de cette demande permet de mettre en avant le désarroi de ces petites entreprises face à l’évaluation de leurs risques et l’aide que peut leur apporter un service de santé au travail. Elle permet également de travailler avec une branche professionnelle et donc de sensibiliser une plus large population. 4 PROBLEMATIQUE Cette démarche est d’autant plus intéressante que ces petites entreprises semblent peu sensibilisées à l’importance de l’évaluation des risques et que le Document Unique d’Evaluation des Risques (DUER) est rarement existant. Lorsque celui-ci existe, c’est bien souvent suite à l’intervention de l’Inspection du Travail. Cela est dû notamment au manque de connaissances concernant les obligations de l’employeur visà-vis de ses salariés et/ou au manque de ressources humaine, organisationnelle, et financière. C’est un secteur qui de plus emploie des apprentis. Elle répond également aux axes d’interventions identifiés du Plan Santé au Travail 2010-2014 c’est à dire « renforcer l’accompagnement des entreprises dans leurs actions de prévention en s’attachant tout particulièrement aux entreprises de 11 à 49 salariés, souvent dépourvues de représentation du personnel, mieux les informer des enjeux de la prévention et leur procurer des outils indispensables » . Elle permet aussi de renforcer nos actions auprès des TPE/PME définie comme un des axes du plan de service et de répondre à une volonté de travailler avec les branches professionnelles. Cette analyse de la problématique nous a amenée à définir des objectifs. OBJECTIFS Ceux-ci sont multiples. Cette action aidera à mettre en place un outil d’aide à l’évaluation des risques qui servira de trame pour les entreprises voulant mettre en place cette démarche de prévention. Elle a pour but in fine de : • Proposer des pistes d’actions afin d’améliorer les conditions de travail, de limiter la survenue d’accident du travail et de maladie professionnelle, • Sensibiliser les apprentis afin qu’ils acquièrent les bonnes pratiques en toute sécurité et préserver leur santé tout au long de leur vie active en mettant en place des savoir-faire de prudence, et que plus tard ils puissent à leur tour transmettre ce savoir et savoir faire, • Contribuer à la réalisation des fiches d’entreprise (FE) que chaque médecin doit établir pour les entreprises qu’il a en charge. Cette démarche, comme celle du DUER, s’appuie également sur l’analyse des risques en rapport avec les conditions de travail. Pour l’employeur, la FE peut l’aider dans l’évaluation des risques de son entreprise. 5 Figure 1 : Processus d’EVRP - AIPST 18 DONNEES CHIFFREES L’analyse des données statistiques AT/MP entre 2005 et 2009, établie par la branche AT/MP du Régime Générale de Sécurité Sociale pour le secteur « Services, commerces et industries de l’alimentation», montre une baisse significative du nombre d’accident du travail (4,2%) mais avec une augmentation du nombre d’incapacité permanente (1%) et du nombre de décès (16,7%). Pour 2008, le secteur viandes de boucherie compte 110 accidents avec arrêt pour 1000 salariés et 83 avec arrêt pour 1000 salariés pour le secteur viandes de volailles. Figure 2 : statistiques 2009 –Nombre d’accidents du travail - CNAMTS – Services, commerces et industries de l’Alimentation : BOUCHERIE-CHARCUTERIE 6 Les éléments matériels à l’origine de ces accidents du travail sont principalement les outils individuels à main, les accidents de plain-pied, les objets en cours de manipulation. Le nombre d’accident lié à la conduite de véhicules est faible mais représente dans ce secteur la 1ère cause de mortalité. Globalement, le secteur alimentaire est l’un des secteurs où le nombre d’accident du travail est élevé (après le BTP et l’activité de services II). Figure 3 : statistiques 2009 –– Eléments matériels en cause - CNAMTS Services, commerces et industries de l’Alimentation : BOUCHER Figure 4 : statistiques 2009 – Eléments matériels en cause - CNAMTS Services, commerces et industries de l’Alimentation : CHARCUTIER 7 Quant aux maladies professionnelles, nous constatons une augmentation moyenne de 14,9% sur les 3 dernières années (2007-2009), avec majoritairement le tableau des maladies professionnelles n°57 (affections péri-articulaires) déclaré. I - ASPECT REGLEMENTAIRE La base de l’hygiène et sécurité est définie par la directive cadre n° 89/391 du 12 juin 1989 qui pose les grands principes de la protection des travailleurs. C’est un texte fondateur qui promeut l’amélioration de la sécurité et de la santé des travailleurs, fixe le cadre général de la prévention dans l’entreprise, pose le principe de la responsabilité de l’employeur, du salarié et son obligation à l’objectif de sécurité ainsi que l’obligation d’évaluer les risques dans l’entreprise. La loi du 31 décembre 1991, applicable au 31/12/1992, permet de transposer dans le droit français la directive cadre européenne du 12/06/1989, avec principalement : L’obligation pour l’employeur d’assurer la santé et sécurité des travailleurs, La mise en œuvre des principes généraux de prévention des risques, L’obligation de procéder à l’évaluation des risques. L’employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs de l’établissement, y compris les travailleurs temporaires. Ces mesures comprennent des actions de prévention des risques professionnels, d’information et de formation ainsi que la mise en place d’une organisation et de moyens adaptés. Il veille à l’adaptation de ces mesures pour tenir compte du changement des circonstances et tendre à l’amélioration des situations existantes. L’article L 4121-2 du Code du Travail qui définit les principes généraux de prévention : 1° Eviter les risques ; 2° Evaluer les risques qui ne peuvent pas être évités ; 3° Combattre les risques à la source ; 4° Adapter le travail à l'homme, en particulier en ce qui concerne la conception des postes de travail ainsi que le choix des équipements de travail et des méthodes de travail et de production, en vue notamment de limiter le travail monotone et le travail cadencé et de réduire les effets de ceux-ci sur la santé ; 5° Tenir compte de l'état d'évolution de la technique ; 6° Remplacer ce qui est dangereux par ce qui n'est pas dangereux ou par ce qui est moins dangereux ; 8 7° Planifier la prévention en y intégrant, dans un ensemble cohérent, la technique, l'organisation du travail, les conditions de travail, les relations sociales et l'influence des facteurs ambiants, notamment les risques liés au harcèlement moral, tel qu'il est défini à l'article L. 1152-1 ; 8° Prendre des mesures de protection collective en leur donnant la priorité sur les mesures de protection individuelle ; 9° Donner les instructions appropriées aux travailleurs. Le décret du 5 novembre 2001 donne l’obligation à l’employeur de retranscrire les résultats de l’évaluation des risques sur un document unique comportant un inventaire des risques dans chaque unité de travail ou dans l’établissement. La mise à jour doit s’effectuer chaque année ou lors de toute décision d’aménagement important modifiant les conditions d’hygiène et de sécurité ou les conditions de travail, ou lorsqu’une information supplémentaire concernant l’évaluation d’un risque dans une unité de travail est recueillie. Le décret du 17 décembre 2008 donne obligation à l’employeur d’informer les salariés sur les risques auxquels ils sont exposés ainsi que sur l’accès au document unique. II - METHODOLOGIE L’EVRP est réalisée suivant les principes de la circulaire DRT n°6 du 18 avril 2002 pris en application du décret n° 2001-1016 portant création d’un document relatif à l’évaluation des risques pour la santé et la sécurité des travailleurs. Celle-ci s’inscrit dans une démarche continue tenant compte de l’évolution dans l’entreprise des facteurs humains, organisationnels et techniques. C’est une démarche d’évaluation à priori ou l’accident n’a pas eu lieu. Elle se fait sur la base d’observation du travail réel avec analyse et évaluation des risques potentiels, suivi d’un plan d’actions afin que l’évènement ne se produise pas. Il s’agit d’un diagnostic en amont. 9 Elle s’effectue en 5 étapes : 1-Préparation de la démarche 2-Evaluation des risques Démarche continue 5-Réévaluation des risques suite aux actions menées 3-Elaboration d’un plan d’action 4-Mise en œuvre des actions Figure 5 : Démarche d’évaluation des risques professionnels 10 PREPARATION DE LA DEMARCHE Au préalable, une étude bibliographique a été réalisée afin de mieux connaître ce métier et de pouvoir identifier les sources de dangers et risques associés. Un certain nombre de documents, /brochures, principalement issus de l’INRS, de l’ANACT et de l’IRSST ont permis d’identifier et d’analyser les risques présents dans ce secteur d’activité. Ils concernent les métiers des commerces alimentaires de proximité, de la restauration traditionnelle et ceux de la filière viandes de boucherie/abattoirs et des boucherscharcutiers/traiteurs. Cette démarche a été mise en place dans les entreprises à leur demande afin d’établir le document unique ou sur sollicitation du médecin du travail pour l’aider dans l’établissement de la F.E. Toutefois, notre intervention s’est principalement faite sur demande du médecin du travail. Une communication a été réalisée auprès des entreprises afin de leur donner les informations concernant la démarche sur : l’objectif de l’évaluation des risques, le contexte réglementaire, les différentes étapes mises en place. Une étude des indicateurs dans chacune d’elles a été faite et concerne : accident du travail/maladie professionnelle/Temps de travail/origine des accidents du travail/mouvement du personnel permettant, dans un premier temps, de repérer et d’évaluer les situations à risques. Une recherche des données et informations disponibles dans l’entreprise a été menée et concerne les documents suivants : DUER – fiches de données de sécurité (FDS) – registre de sécurité contenant les rapports des différents organismes de contrôle– fiche d’entreprise. 11 EVALUATION DES RISQUES RISQUES PROFESSIONNELS Nous avons procédé à l’identification des unités de travail que nous définissons comme un groupe de salariés situé dans un même lieu géographique exposés à des risques similaires. Le critère de métier a été retenu pour l’évaluation : il s’agit des bouchers et des charcutiers / traiteurs puisque la distinction est faite entre ces 2 fonctions. L’évaluation s’est construite à l’aide d’un outil se présentant sous la forme d’une grille d’analyse. Celle-ci sert d’aide mémoire et a été construite à partir de documents issus de plusieurs sources (INRS, méthode Renault…) : il s’agit d’une liste la plus exhaustive possible des sources de dangers. A chacune d’elles sont liées des informations permettant le repérage des risques. Pour exemple : le risque coupure RISQUE D'ACCIDENT PREPONDERANT RISQUES LIES AUX DEPLACEMENTS RISQUES LIES A LA CIRCULATION D'ENGIN DE LEVAGE RISQUES DE COLLISION, HEURT, CHUTE DE PERSONNE PLAIN PIED RISQUES DE CHUTE DE PERSONNE TRAVAIL EN HAUTEUR RISQUES DE CHUTE D'OBJET, D'EFFONDREMENT RISQUES D'ORIGINE MECANIQUE LIES AUX MACHINES, OUTILS RISQUES DE COUPURE OU PIQURE PAR MANIPULATION RISQUES DE PROJECTION RISQUES DE BRULURE OU GELURE RISQUES D'ORIGINE ELECTRIQUE RISQUES D'ECLATEMENT RISQUES D'INCENDIE / EXPLOSION RISQUE CHIMIQUE RISQUES CHIMIQUES RISQUE INFECTIEUX RISQUES INFECTIEUX RISQUE PHYSIQUE RISQUES SPECIAUX RAYONNEMENTS, ULTRASONS ECLAIRAGE AMBIANCES THERMIQUE ET CLIMATIQUE BRUIT VIBRATIONS AERATION - ASSAINISSEMENT RISQUE LIE AUX CONTRAINTES DE POSTURES TRAVAIL EFFORT / MANUTENTION RISQUES LIES AU TRAVAIL SUR ECRAN Tableau 1 : EVRP - Liste des items – Outil AIPST 18 12 Tableau 2 : EVRP – Situation à risque – Outil AIPST 18 Avec l’aide de cette grille nous procédons à l’inventaire des risques avec : Identification des sources de dangers et des risques associés Identification des mesures de prévention et de protection existantes Cotation des risques. Celle-ci est à la charge de l’employeur pour l’élaboration du document unique. La cotation est basée sur la probabilité d’exposition des salariés aux risques et la gravité des dommages en tenant compte des protections collectives et/ou individuelles existantes. Celle-ci va permettre de prioriser les actions de prévention/protection à mettre en place. Un exemple d’outil, utilisé pour notre cotation, figure ci-dessous. 13 Niveaux de Probabilité/Exposition : Terme Niveau de Probabilité Surveillance permanente et contrôles périodiques. Improbable Phénomène jamais rencontré et peu vraisemblable. Protection collective adaptée et efficace toujours en fonctionnement. Exposition épisodique ou nulle. Surveillance fréquente et contrôles périodiques (mais pas toujours respectés). Peu Probable Phénomène peu fréquent survenant moins d’une fois par an. Protection collective avec ses limites ou EPI adaptés et toujours portés. Exposition peu fréquente, moins d’une fois/semaine. Surveillance et contrôle occasionnels, non programmés. Phénomène plus ou moins fréquent survenant en moyenne 1 fois/an. Probable EPI mais pas toujours portés. Exposition plus ou moins fréquente, en moyenne une fois/semaine. Aucune surveillance et aucun contrôle. Phénomène répétitif survenant plus d’une fois/an. Très Probable Exposition régulière, une à plusieurs fois /jour. Pas de protections (ni individuelles, ni collectives) ou quasiment jamais utilisées pour différents motifs (inadaptés, pas de formation, de sensibilisation…) Tableau 3 : EVRP – Cotation de la probabilité/exposition – Outil AIPST 18 Niveaux de Gravité : Terme Niveau de Gravité Blessure légère sans arrêt de travail Minime Petite coupure, ecchymose, irritation légère des yeux… Dommage traité en interne par un SST ou l’infirmière Dommage négligeable et ne touchant qu’une infime partie de l’établissement. Accident avec arrêt de moins de 15 jours. Peu Grave Blessures type lacération, brûlure, commotion, entorse, fracture mineure… Dommage nécessitant l’intervention d’un médecin mais pas forcément des secours d’urgence externe. Dommage non négligeable pour une petite partie de l’établissement. Accident avec plus de 15 jours d’arrêt, sans incapacité permanente. Grave Membre cassé, Maladie Professionnelles (TMS, surdité…) mais ne pouvant entraîner le décès. Intervention des secours externes (sapeurs-pompiers, S.A.M.U., médecins). Dommage non négligeable pour une partie de l’établissement. Accident très grave avec ou sans incapacité permanente. Coma, décès, tétraplégie… Très Grave Intervention des secours externes. Destruction de la totalité ou quasi-totalité de l’établissement ou risque de fermeture définitive de celuici. Tableau 4 : EVRP – Cotation de la gravité – Outil AIPST 18 Ainsi, pour chaque risque identifié, apparaîtra le niveau de probabilité/exposition, la gravité et le niveau de risque (Faible, Moyen, Important) évalué en croisant le niveau de probabilité/exposition avec le niveau de gravité. 14 Très grave Grave Risques Forts Risques Faibles Peu grave Risques Faibles Minime Risques Faibles Improbable Risques Forts Risques Forts Risques Forts Risques Modérés Risques Modérés Risques Faibles Risques Forts Risques Forts Peu probable Risques Risques Modérés Modérés Risques Faibles Risques Faibles Probable Très probable Tableau 5 : EVRP – Grilles de Cotation Probabilité/Gravité – Outil AIPST 18 L’évaluation des risques est basée sur l’observation du travail réel des salariés et d’entretiens avec les opérateurs. Elle comprend l’étude de la situation du poste de travail dans l’entreprise, de l’organisation spatiale du poste de travail. Ces éléments permettent de fournir les premières informations relatives aux contraintes physiques et mentales. Pour que l’évaluation soit pertinente, la prise en compte des situations concrètes de travail doit être faite par observations de l’activité exercée pour réaliser le travail. Ces observations permettent d’identifier les contraintes subies, les postures contraignantes requises pour certaines opérations, les communications, les relations entre collègues, les différentes tâches effectuées et leur répartition, les mesures de prévention et de protections existantes dans l’entreprise et utilisées (ou non) par les salariés. Ces observations sont accompagnées : d’échanges avec les opérateurs expliquant pourquoi et comment ils réalisent certaines tâches, de prises de photos et de films permettant de montrer des postures pénalisantes, des situations à risques, de recherche de facteurs structurants l’activité (organisationnels, techniques, humains) en utilisant la méthode ITAMAMI. Les commentaires, les illustrations (photo..) donneront des précisions, des idées de solutions… indispensables pour mener le plan de prévention. RISQUE CHIMIQUE Lorsqu’un danger lié au risque chimique était identifié pendant l’évaluation des risques en entreprise, nous avons utilisé un outil spécifique permettant d’analyser la dangerosité des produits et composants, de les hiérarchiser et d’évaluer le risque par inhalation et par contact cutanée. 15 La démarche et les outils L’outil de hiérarchisation du risque chimique de l’APST Centre, EvRChim, a été utilisé comme support de travail. Il a été construit d’après la méthode INRS (ND 2233-200-05) modifiée. Cette méthode de hiérarchisation des risques chimiques est basée sur l’exploitation d’un nombre limité d’informations facilement accessibles sur les dangers des produits (à partir de la FDS), les quantités utilisées et les fréquences d’utilisation. La combinaison de ces informations va permettre de déterminer un risque potentiel selon le schéma ci-dessous : FDS Quantité relative de produit Fréquence d’utilisation Exposition potentielle Danger RISQUE POTENTIEL Chacun de ces paramètres "danger", "fréquence", "quantité" est ensuite classé suivant une échelle de priorité comprenant 5 échelons. Les classes de danger : Elles sont définies grâce aux phrases de risques présentes sur la F.D.S. (§ 15). Les classes de fréquence : Elles sont définies à partir d’un référentiel temporel (jour, semaine, mois, année) et des fréquences d’utilisation du produit en fonction des indications suivantes : Les classes de quantité : Elles sont déterminées en fonction du référentiel temporel en prenant la quantité consommée (Q i) de l’agent chimique considéré rapportée à la quantité de l’agent le plus consommé (Q Max). Les classes d’exposition potentielle : Elles sont obtenues en combinant les classes de fréquence et de quantité. Globalement, plus la quantité et la fréquence d’utilisation d’un agent chimique sont élevées, plus la probabilité d’exposition des salariés est importante. 16 Le score de risque potentiel : Le risque potentiel résulte de la combinaison des classes de danger et de l’exposition potentielle. Il traduit la probabilité d’observer un risque, compte tenu des conditions générales d’utilisation (quantité, fréquence) d’un agent chimique et de sa dangerosité intrinsèque. La hiérarchisation du risque potentiel permet de déterminer une priorité d’action par la caractérisation de 3 catégories : Score HRP / Produit Priorité ≥ 10 000 Forte 100 – 10 000 Moyenne < 100 Faible L’évaluation du risque chimique est réalisée en plusieurs étapes : Un recueil d’informations lors des visites en recherchant les produits utilisés, leur utilisation, les quantités et fréquences d’utilisation, l’état du produit, les FDS, Une recherche de mises à jour et de complément d’informations des FDS par rapport au règlement REACH, Une vérification des FDS avec recherche de n° CAS, manquant sur la FDS, sur internet ou sur le site INRS, Contrôle de la classification des composants par n° CAS dans le règlement CLP et sa 1ère ATP, et dans la liste du CIRC, Recherche des valeurs limites réglementaires (VL) des composants. Dans le cas ou les VL inscrites dans la FDS (paragraphe 8) ne correspondent pas à celles françaises, nous recherchons ces VL dans : Le code du travail R4412-149 pour les VL réglementaires contraignantes, L’ arrêté du 30 juin 2004 pour les VL réglementaires indicatives et bientôt la directive 2009-161/UE établissant une nouvelle liste de valeurs réglementaires indicatives dont la transposition est prévu en décembre 2011 au plus tard. L’ED 984 de l’INRS Utilisation de l’outil APST Centre, avec hiérarchisation des risques potentiels (détaillé ci-dessus). 17 ELABORATION ET MISE EN PLACE D’UN PLAN D’ACTION L’évaluation des risques ne constitue pas une fin en soi. Elle doit permettre de déboucher sur des pistes d’actions à mener afin d’améliorer les conditions de travail et de réduire la fréquence et/ou la gravité des accidents dans l’entreprise. Les commentaires, des illustrations (photo..) donneront des précisions, des idées de solutions… indispensables pour mener le plan de prévention. Notre rôle en tant de préventeur d’un service de santé au travail est de conseiller et de préconiser des solutions à mettre en place sur les problématiques rencontrées conformément aux principes généraux de prévention. Le choix des actions et des moyens de prévention se fera par l’employeur en fonction de la faisabilité, de la fiabilité, de l’application de ces mesures par les salariés. REEVALUATION DES RISQUES SUITE AUX ACTIONS MENEES La mise en place d’un plan d’action peut faire apparaître de nouveaux risques ou augmenter le niveau de risque de ceux qui persistent. Par conséquent, une réévaluation des risques doit être mise en place pour évaluer l’atteinte des objectifs et vérifier l’efficacité des actions menées. Celle-ci s’inscrivant dans une démarche dynamique, elle doit être réactualisée régulièrement ou lorsque se produit un changement important avec les différents acteurs. Elle est retranscrite et mise à jour dans un document unique tenue à la disposition du personnel. III - PRESENTATION DES ENTREPRISES Sur le département du Cher, 82 boucheries ou boucherie/charcuterie sont recensées avec en moyenne un effectif de 3 salariés. Les entreprises ayant participées à cette étude sont principalement des entreprises artisanales et concernent 6 artisans ayant entre 3 et 11 salariés : 5 bouchers/charcutiers et 1 charcutier ainsi que 2 rayons boucherie/charcuterie de supermarchés composés respectivement de 7 et 5 salariés. Nous notons une sédentarité de ces entreprises, seule une, possédant un magasin, fait également les marchés 3 fois par semaine. Ce sont des TPE avec une forte représentativité d’apprentis ; en effet 29% de l’effectif de ces entreprises est en apprentissage. L’apprentissage par le CFA se fait soit par voie traditionnelle soit par stage de 9 mois pour les + de 25 ans. Sur les 8 entreprises, 7 ont réalisé leur document unique et la fiche d’entreprise doit être effectuée pour chacune d’elles. Pour les entreprises artisanales, le DUER a bien souvent fait suite à un contrôle de l’inspection du travail. 18 Tableau 6 : Tableau récapitulatif des entreprises participantes ENVIRONNEMENT DE TRAVAIL L’activité observée est pratiquée soit dans un commerce artisanal soit dans un rayon spécialisé de moyenne surface. Systématiquement, nous retrouvons un espace vente avec une ou plusieurs vitrines suivant l’importance du commerce, un laboratoire boucherie et/ou un laboratoire charcuterie suivant l’activité du commerce, une chambre froide. Pour des raisons d’hygiène et de conservation des produits, les locaux ne sont pas chauffés. ACTIVITE de BOUCHER Le Boucher est un artisan chargé de la préparation et de la vente de la viande. Il travaille principalement les viandes de bœuf, de veau, de cochon, de mouton, et de porc ; il vend également de la volaille. Le travail de la viande s’exerce soit au magasin pour répondre à la demande des clients soit dans le laboratoire pour découper, désosser et préparer la viande. L’activité est caractérisée par les tâches suivantes : o Réception des marchandises, contrôle qualité/hygiène/traçabilité, o Découpe, désossage, triage, hachage et préparation de la viande, o mise en vitrine, affichage des prix, o relevé des besoins en rayon/vitrine et réassort, o accueil et vente aux clients, o téléphone : prise des commandes, renseignements, fournisseurs…, o nettoyage des locaux, matériels, outils 19 Photos 1 & 2 : activités en boucherie : découpe et mise en vitrine ACTIVITE de CHARCUTIER L’environnement de travail est similaire à celui du boucher. Cependant, le commerce des viandes de porc est plutôt réservé aux charcutiers. Le charcutier-traiteur travaillera également le gibier et le poisson. Les tâches sont semblables à celles du boucher avec toutefois quelques particularités : o réception de la marchandise : contrôle qualité/hygiène/traçabilité, o préparation, fabrication, transformation de la charcuterie, de tartes sucrées / salées et de plats cuisinés, o mise en vitrine, affichage des prix, o accueil et vente aux clients, o téléphone : prise des commandes, renseignements, fournisseurs… o nettoyage des locaux, machines, outils, o filmage des produits entamés, o mise en barquette des produits élaborés, o cuisson de la volaille et nettoyage de la rôtisserie, o livraison chez le client. Photos 3 & 4 : activités en charcuterie : mise en boyau des saucisses et émincage ACCIDENT DU TRAVAIL – MALADIE PROFESIONNELLE 20 Les indicateurs relevés au niveau des 8 entreprises, pour l’année 2010, montrent qu’aucune déclaration de maladie professionnelle (MP) n’a été faite. Cependant quelques plaintes ont été formulées concernant notamment le mal de dos en fin de semaine. Cinq entreprises sur huit sont concernées par des AT en lien avec des coupures ; celles-ci sont principalement dues à l’utilisation de couteaux pendant la transformation du produit ; soit 60% des cas. D’autres causes sont répertoriées : il s’agit de coupures avec une vitrine ébréchée ou de la lame de la trancheuse pendant le nettoyage. Le siège des lésions correspond exclusivement au membre supérieur et à la main. Nous pouvons noter une correspondance entre les statistiques nationales et les chiffres relevés lors de l’étude. En effet, les chiffres nationaux montrent que le membre supérieur et les mains sont atteints dans 49% des AT pour les bouchers, et dans 63% des AT pour les charcutiers. AT 2009 1 2 3 1 - coupure 4 5 6 7 ? - coupure (découpe 8 roti) AT2010 1 - coupure (tendon sectionné) tomate/arrêt 1 - coupure (en nettoyant vitrine ébréchée) 1 - coupure (doigt)coupant steak /arret 0 0 0 0 1 - coupure (biceps - lors de la découpe carcasse suspendu dans frigo) 1 - avec trancheuse non remise à 0 lors du nettoyage MP 0 0 0 0 0 0 0 0 Tableau 7 : Tableau des AT/MP dans les entreprises visitées Figure 6 : statistiques 2009 –Eléments matériels en cause - CNAMTS Services, commerces et industries de l’Alimentation : Bouchers – Charcutiers 21 IV - RESULTATS / ANALYSE Nous trouvons ci-dessous les résultats, compilés sous forme de tableau, de l’évaluation des risques. Toutefois, la cotation n’a pas été prise dans la synthèse puisque le niveau de risque est spécifique à chaque entreprise ; donc seul le constat ou non du risque est noté. Nous pouvons constater une similitude entre les 2 métiers. Ressortent majoritairement les risques liés aux contraintes de travail, le risque biologique, le risque chimique et le risque d’accident prépondérant avec notamment le risque de chute de plain pied, de coupure, de projection et de brûlures mais avec des niveaux de risque différents suivant la profession. En ce qui concerne les risques physiques, seuls les risques d’ambiance thermique et d’aération/climatique apparaissent. RISQUE D'ACCIDENT PREPONDERANT BOUCHER CHARCUTIER/TRAITEUR RISQUES LIES AUX DEPLACEMENTS RISQUE RISQUE RISQUES LIES A LA CIRCULATION D'ENGIN DE LEVAGE RISQUES DE COLLISION, HEURT, CHUTE DE PERSONNE PLAIN PIED RISQUES DE CHUTE DE PERSONNE TRAVAIL EN HAUTEUR RISQUE RISQUE RISQUES DE CHUTE D'OBJET, D'EFFONDREMENT RISQUE RISQUE RISQUE RISQUE RISQUE RISQUE RISQUES DE PROJECTION RISQUE RISQUE RISQUES DE BRULURE OU GELURE RISQUE RISQUE RISQUES D'ORIGINE MECANIQUE LIES AUX MACHINES, OUTILS RISQUES DE COUPURE OU PIQURE PAR MANIPULATION RISQUES D'ORIGINE ELECTRIQUE RISQUE RISQUES D'ECLATEMENT RISQUE RISQUES D'INCENDIE / EXPLOSION RISQUE RISQUE CHIMIQUE RISQUES CHIMIQUES RISQUE RISQUE RISQUE INFECTIEUX RISQUES INFECTIEUX RISQUE RISQUE RISQUE RISQUE RISQUES SPECIAUX RAYONNEMENTS, ULTRASONS ECLAIRAGE RISQUE PHYSIQUE AMBIANCES THERMIQUE ET CLIMATIQUE BRUIT VIBRATIONS AERATION - ASSAINISSEMENT RISQUE LIE AUX CONTRAINTES DE TRAVAIL RISQUE POSTURES RISQUE RISQUE EFFORT / MANUTENTION RISQUE RISQUE RISQUES LIES AU TRAVAIL SUR ECRAN Tableau 8 : Tableau récapitulatif des risques – Secteur boucher & charcutier 22 L’étude met en avant les risques suivants : RISQUES D'ACCIDENTS PREPONDERANTS Risque routier concerne l’ensemble des salariés puisqu’il prend en compte aussi bien les accidents de mission que les accidents se produisant sur le trajet domicile/travail ou lieu de restauration. Ce risque expose le personnel réalisant les activités de livraison ou de vente sur le marché, ainsi que les apprentis possédant des moyens de locomotion variables. L’employeur met en place des mesures pour maitriser ce risque : à un entretien régulier des véhicules, un respect des règles de conduite, et des distances de déplacement faibles, une sensibilisation des jeunes à la prudence. Risque de chute de plain pied dû à la présence de gras, de gelée, de sang au sol. Il est également présent suite au nettoyage des sols. Toutefois, il est limité par la présence de chaussures antidérapantes chez les charcutiers, et des sols antidérapants avec présence de siphons et d’une légère pente dans les laboratoires pour l’évacuation des eaux/liquides. On note la présence de sciure alimentaire agréée par les services vétérinaires pour réduire ce risque dans certains commerces. Risque de chute d’objet Celui-ci est caractérisé par des chutes de carcasses et morceaux suspendus dans la chambre froide qui peuvent se déchirer si suspendus dans une partie tendre, chute des couteaux lors de leur utilisation ou des esses/crochets avec le décrochage des carcasses. Risque lié aux machines/outils Il est principalement lié au nettoyage du trancheur. Nous notons également que le pousse talon est bien souvent inutilisé. Plusieurs raisons ont été données pour justifier : sa conception fait qu’il est inadapté à certains types de produit (jambon cru par exemple), qu’il altère la qualité du jambon et enfin la difficulté de nettoyage des pics ; ce qui génère un risque de contamination. Risque de coupure Celui-ci est important avec les couteaux qui sont l’outil de travail principal des bouchers/charcutiers. Les tâches de découpe et de désossage exposent particulièrement les salariés à ce risque mais également au risque de TMS en raison de la difficulté et de l’effort à fournir, ainsi que du choix et de l’état du couteau. Ces risques seront d’autant plus importants que le couteau sera peu ou mal entretenu. Le pouvoir de coupe de celui-ci s’obtient par l’affutage et l’affilage. L’affutage n’est pas enseigné au CFA mais par le maître d’apprentissage dans l’entreprise. De la qualité de cet enseignement dépendront la compétence et l’autonomie de l’apprenti. Nous avons pu noter que l’affutage est parfois été effectué par une entreprise extérieure, ce qui semble très préjudiciable pour 23 les salariés. En effet, la perte de savoir faire et de la reconnaissance des compétences du salarié peuvent survenir à terme. D’autre part, l’entretien du couteau ne se fera pas de façon régulière ni en temps souhaité ce qui peut majore le risque de coupure. Il faut mettre en place une organisation permettant ainsi d’avoir toujours à disposition des couteaux affutés. Cela implique d’avoir plusieurs jeux de couteaux pour les salariés et une intervention régulière de l’affuteur. Figure 7 : démarche du couteau qui coupe - INRS Afin de se préserver de toute contamination, un nettoyage de plaie est fait systématiquement avec utilisation de gants jetables. Risque de projection Il existe principalement chez les charcutiers ; ceux-ci sont exposés au projection d'huile chaude ou liquide chaud pendant la préparation des produits ou le vidage des plats. Risque de brûlure Il est particulièrement présent chez les charcutiers/traiteurs et les différents types d’expositions sont multiples : par contact, projection, ou vapeur (ex : projection d'huile, d'eau chaude en vidant les ustensiles, à l'ouverture du four pour la mise/sortie des produits du four ou des marmites, lors de la manipulation des marmites/daubières, de l’utilisation de chalumeau, de l'ouverture du four vapeur, de la mise en rôtissoire des poulets ou de leur retrait des broches, avec un retour de flamme ou en prenant les plats à proximité de la thermoscelleuse). Ce risque existe également avec l’utilisation de produit corrosif pour le nettoyage/désinfection des sols ou des fours. Risque d’incendie/d’explosion Il est observé dans les laboratoires de charcuterie puisque ce sont des installations à gaz qui sont utilisées. Les contrôles et vérifications sont faits de façon aléatoire, bien souvent suite à un contrôle de l’Inspection du Travail. 24 RISQUE CHIMIQUE Seule une entreprise possède et affiche les fiches de données de sécurité aux postes de travail; il s’agit d’un hyper marché. Pour les autres entreprises, ce risque n’a pas été évalué. Les FDS ont pu être fournies pour 6 des 8 entreprises évaluées. Peu de produits sont employés dans les laboratoires. Il s’agit de produits désinfectants/nettoyants/dégraissants principalement pour les sols et matériels. Nous trouvons 18 produits utilisés. De l’étude des FDS, il ressort : • aucun usage de produit Cancérogène, Mutagène ou Reprotoxique (CMR) ou ayant des composants CMR, • 4 produits sont corrosifs. Il s’agit de 2 produits désinfectant/bactéricide utilisés pour les sols, 1 produit décapant et 1 produit pour le nettoyage de four : o en lien avec la présence de sodium hydroxide. Nous trouvons 1 produit dégraissant/désinfectant pour les murs et sols et un désinfectant classé R35 (provoque de graves brûlures) ; et un produit désinfectant/bactéricide pour toutes surfaces classé R34 (provoque des brûlures). La différence de classification provient du pourcentage de concentration différent dans la composition des produits. NETTOYAGE DES SOLS et MURS : EXPOSITION : CONTACT CUTANE - RESPIRATOIRE Centrale de nettoyage – dilution automatique nettoyage des sols et syphons transvasement Pulvérisé - temps d’attente – brossage – Rinçage à l’eau clair - utilisation d’une raclette Pas de port pour l’évacuation des eaux d’EPI Pompe : raccordement du bidon à la centrale de lavage Un contact cutané peut exister lors de la pulvérisation en cas d’éclaboussures sur l’opérateur. Les ports de gants et de lunette sont préconisés. o En lien avec la présence de potassium hydroxide. Ce composant est présent dans un produit utilisé pour nettoyer les fours. Celui-ci en classé R35 (provoque de graves brûlures). 25 NETTOYAGE DU FOUR : EXPOSITION : CONTACT CUTANE - RESPIRATOIRE Nettoyage du four Pulvérisé - temps d’attente – Rinçé à l’eau Gants utilisés Le risque cutané existe lors de la pulvérisation mais reste limité avec l’usage des gants. Les avants bras doivent rester également protégés. o En lien avec la présence d’acide phosphorique. Ce composant est présent dans un produit utilisé pour décaper les sols. Celui-ci en classé R34 (provoque des brûlures). NETTOYAGE DES SOLS et MURS : EXPOSITION : CONTACT CUTANE nettoyage des Centrale de nettoyage – dilution automatique sols, syphons et Pulvérisé - temps d’attente – brossage – bac inox Rinçage - utilisation d’une raclette Nettoyage des sols et surfaces Utilisation pure – 1/semaine puis rincé Gants latex inox transvasement Pompe : raccordement du bidon à la centrale de lavage Le risque cutané existe lors de la pulvérisation mais reste limité avec l’usage des gants imperméables, adaptés et utilisés. Toutefois, ce risque est majoré lors de son utilisation à l’état pur. Les avants bras doivent rester également protégés. A préciser que le latex peut engendrer des allergies. Un contrôle annuel de la centrale de nettoyage est réalisé par le fournisseur. • 2 produits sont classés R41 (risque de lésions oculaires graves) et R36 (irritant pour les yeux) pour l’un et R38 (irritant pour la peau) pour l’autre. Il s’agit de produits utilisés pour le nettoyage des couteaux, ou vaisselle, plans de travail : o .en lien avec la présence d’Alcool alkyl éthoxylé et de Chlorure d'alkyl diméthyl benzyl ammonium. o en lien avec la présence de oxyde de lauryldimethylamine et de ethoxylat d'isotridecanol 26 NETTOYAGE DE LA VAISSELLE ET PLANS DE TRAVAIL : EXPOSITION : CONTACT CUTANE Bidon doseur – produit dilué dans nettoyage des couteaux nettoyage de la vaissellle/matériel/table/billot transvasement • eau (2 pompes pour 10l) – trempage – nettoyage avec brosse ou grattoir – rinçage à l’eau claire Sans gants Pompe : 2 coups de pompes pour 10l d’eau Le risque cutané existe lors du nettoyage puisque réalisé sans protection. Le port des gants est préconisé. Choix de gants appropriés : RISQUE INFECTIEUX Ce risque est lié à la présence de germes ou micro organismes pouvant provoquer des maladies telles que bacilles tuberculeux, mycobactéries, verrues des doigts et des paumes des la main, mycoses… Ceux-ci peuvent provenir du contact avec les produits alimentaires notamment d’origine animale et des ambiances de travail avec l’exposition en milieu humide (plonge, nettoyage pour la désinfection, lavage fréquent des mains). Toutefois, ce risque est principalement présent dans les abattoirs lors de l’abattage et l’équarrissage des bêtes et donc expose peu l’artisan boucher/charcutier qui n’exerce plus ces tâches. Par ailleurs un certain nombre de mesures sont appliquées afin de réduire le risque biologique aussi bien pour les salariés que pour les clients : des tests sont faits à l’abattage afin de contrôler si la viande est saine, mise en place d’un guide de Bonnes Pratiques d’Hygiène et d’Application de l’HACCP (« Hazard Analysis Critical Control Point » qui signifie en français : Analyse des Risques - Points Critiques, système qui identifie, évalue et maîtrise les dangers significatifs au regard de la sécurité des aliments), ce guide devant être accompagné d’une formation, 27 une procédure est mise en place chez les bouchers concernant la découpe de bovins de +30 mois considérés comme Matériaux à Risque Spécifique (MRS) comprenant : • Utilisation d’outils exclusivement réservés pour ces opérations de découpe, • Poubelle spécifique et traitement par entreprise spécialisée pour ces déchets, • Coloration des déchets au bleu de méthylène pour qu’ils ne soient pas réutilisés mais détruits, • Protocole de lavage des mains, nettoyage/désinfection du matériel, respect d’une logique de découpe afin d’éviter toutes contaminations croisées, une prévention est mise en place, au niveau des super marchés, avec la livraison de carcasses dévertébrées. 2 tableaux de maladies professionnelles concernent les bouchers/charcutiers : • Tableau n° 88 (rouget de porc – érysipèloïde de Backer Rosenbach) • Tableau n° 40 (maladies dues aux bacilles tuberculeux et à certaines mycobactéries atypiques – mycobactérium avium/intracellulare, mycobactérium kansasii, mycobactérium xenopi, mycobacterium marinum, mycobacteriul fortuitum). RISQUES PHYSIQUES Ambiance thermique et climatique Les bouchers sont exposés à des températures ambiantes froides dans les locaux. Ce froid positif est nécessaire pour la conservation et la qualité des produits. Ils travaillent au contact de produits froids, désossent dans la chambre froide ou sont exposés aux intempéries sur les marchés. Ils sont également exposés à des écarts de température entre chambre froide et laboratoires puisque les produits doivent être conservés en chambre froide et que le travail de préparation se fait en laboratoire ou en magasin. Le froid peut développer une perte de dextérité au niveau des doigts et favoriser l’apparition du syndrome de Reynaud. D’autre part, l’activité de charcuterie ou de traiteur expose les salariés à travailler à proximité de sources de chaleur. Aération/assainissement concerne les charcutiers exposés à des odeurs / condensation/ d'humidité pendant la transformation et préparation de la viande/charcuterie et à des élévations de température. RISQUES LIES AUX CONTRAINTES DE TRAVAIL Postures Nous pouvons observer de nombreuses postures contraignantes au niveau du tronc (flexion du dos pouvant être associée à une inclinaison latérale ou légère rotation) et des membres supérieurs (épaule rehaussée, flexion/extension des poignets, doigts en pince…) pour le boucher et le charcutier/traiteur : 28 • lors de la préparation de la viande sur table notamment lors du désossage. Le degré de pénibilité de cette activité est proportionnel à l’expérience de l’opérateur. Nous notons une grande différence (photos 5 & 6) dans le positionnement du salarié par rapport au plan de travail et à la pièce travaillée. En effet, un salarié ayant de l’expérience prendra de la distance, gardera le dos droit pour réaliser la découpe ou le désossage, et quelques coups de couteaux ou de feuilles lui suffisent pour réaliser son travail, alors qu’un apprenti sera couché sur son plan de travail et mènera « une lutte » avec la pièce de viande favorisant une manutention plus importante pour retourner/soulever/abaisser ainsi que des efforts conséquents pour enlever, par exemple, le périoste, gage d’une qualité de travail et d’économie... L’observation de l’usage des gants maille acier montre une lourdeur supplémentaire et une réduction de la flexibilité des doigts si celui-ci est mal ajusté ; ce qui induit une difficulté supplémentaire pour la main. Photo 5 :Découpe de morceaux de viandes Photo 6 & 7: désossage d’une côte de bœuf • lors de la mise au sel, ou de l’éminçage/ciselage des légumes… Photo 8 : mise au sel Photo 9: émincage d’oignons o lors de la séparation en plusieurs parties des pièces suspendues au crochet dans le frigo : maintien d'une main le bas de la carcasse pour la retenir en détaillant de l'autre main. Des 29 savoir faire ont été mis en place telle que l’utilisation d’une chaine formée d’esses pour retenir la pièce prête à être coupée, ou l’utilisation d’une table roulante, Photo 10: Carcasse partiellement découpée et suspendues avec des esses • Lors du décrochage/accrochage des pièces ou carcasses sur les esses/crochets, tâche plus difficile pour une personne de « petit gabarit », Photo 11 : Posture pénible (bras levé, épaule rehaussée) • Lors de la mise et/ou prise en vitrine des articles pour servir un client, Photo 12 : Mise en vitrine des produits Ces postures contraignantes seront d’autant plus présentes que les couteaux seront mal entretenus car un effort supplémentaire devra être fourni pour découenner/découper/désosser/éplucher… Ce sont des postes où les opérateurs sont toujours debout avec de nombreux piétinements. 30 Effort/manutention Ce risque existe dans les 2 professions mais est lié à des paramètres différents. • Le boucher y est exposé avec la manipulation de ½ carcasses ou morceaux de viandes qui peuvent varier entre +/- 100 kg pour un globe, +/- 65 kg pour un ½ veau, +/- 50 kg pour un ½ porc. Toutefois, elle est occasionnelle. Les pièces sont livrées et mises au frigo par le chauffeur/livreur. Seuls 3 magasins dont un artisan boucher/charcutier sont équipés de réseau de rail. La découpe de ces ½ carcasses est réalisée en chambre froide alors qu’elles sont suspendues aux esses. La mise en place d’un savoir faire réduit le port de charges puisque les pièces sont retenues et non maintenues. La découpe diminue le poids de ces morceaux qui sont ensuite manipulés pour la préparation. Le billot est situé à proximité de la chambre froide limitant ainsi le déplacement sous port de charge. Nous pouvons noter que dans les super marchés, la viande arrive conditionnée en morceaux, emballée pesant entre 10 et 20 kg. • Le charcutier travaille essentiellement le porc qui pèse moins lourd que les autres produits. Il est confronté à une manutention de petits poids (ex : produits coupés pour la préparation de terrines) de façon répétitive puisque la fabrication se fait en série (ex : 100 andouillettes fabriquées le même jour, 5 terrines de pâté) ainsi qu’à une multitude de tâches imposant une manutention : préparation de charcuterie (morceaux de viandes emballés à découper, seau d’oignons, mise au frigo de daubière pesant jusqu’à 50 kg, pesée de préparation, mise en vitrine de plateau contenant plusieurs terrines pesant +/- 15 kg, port de caisse de vaisselle (+/50kg) lors du service traiteur…). La mise en rôtissoire des poulets sur broche est une tâche qui implique également des efforts non négligeables (7 kg/broche) associés à des postures pénalisantes des membres supérieurs pour la pose et dépose des broches. Une observation de la charge manutentionnée a été réalisée lors de la préparation d’une terrine et préparation d’une pièce de bœuf sur une période d’une heure : le poids manutentionné est de 176,5 kg : - prise de sac de foie de porc de 30 kg et dépose sur plan de travail, -découpe des morceaux de foie soit 26 kg répartis dans 2 bacs, -prise et transfert des 2 bacs pour la pesée, chacun pesant 15 kg, -prise et dépose des bacs sur fourneau pour la mise au sel, -prise d’un seau oignon/échalote et épluchage, -pesée des ingrédients, -mise au sel, -transfert en chambre froide de la daubière, -prise d’une pièce de bœuf de 10 kg mise sur table pour le désossage. 31 RISQUES LIES AUX FACTEURS PSYCHOSOCIAUX C’est également un risque non évalué par les entreprises dans le DUER, alors que la réglementation en matière de santé au travail renforce la responsabilité de l’employeur dans la prise en compte de ces risques en élargissant le devoir de protection à la santé mentale et non plus seulement physique. L’étude concernant des TPE, ce risque est traité s’il y a alerte. A ce jour, aucune alerte n’a été faite par le médecin du travail ou par les salariés. Cependant, il ressort des entretiens : • une charge de travail avec de fortes exigences qualitatives et/ou quantitatives par rapport aux produits élaborés, • une pression au travail suivant les saisons, Noël étant une période très chargée ainsi que les fins de semaines, • des tâches fréquemment interrompues pour servir les clients ou pour prendre les appels téléphoniques, puis reprises plus tard afin d’être achevées, • une pression liée au contact d’une clientèle exigeante et qui peut montrer une agressivité verbale ou comportementale. V – SYNTHESE Nous avons été confrontée à 2 problématiques pour réaliser l’intervention dans les entreprises. La 1ère correspond à la peur des employeurs de voir intervenir dans leurs entreprises des intervenants extérieurs. Cette démarche est ressentie comme une intrusion dans leur activité avec un sentiment de perte de contrôle et d’autonomie dans les prises de décision. Un dialogue sur nos missions et notre rôle de conseiller en prévention doit s’établir pour vaincre les réticences perçues. Ceci explique le fait que les interventions se sont faites en majorité sur la demande des médecins du travail et non des entreprises. La 2ème difficulté concerne le document existant utilisé pour l’évaluation des risques. Il s’agit d’une grille synthétique, basée sur un catalogue de risques issus des différents documents de travail et prenant en compte des situations diverses mais non adaptées aux artisans. En effet c’est un document trop générique où figurent des items et situations à risque auxquels les bouchers/charcutiers ne sont pas exposés. Il nous a semblé intéressant de mettre en place un outil centré sur la profession et adapté à leur activité. L’utilisation d’un support simple pourrait permettre d’autonomiser les employeurs dans leur démarche d’évaluation des risques. 32 VI - ACTIONS / PROPOSITIONS Au vu de l’évaluation des risques réalisée auprès des artisans bouchers/charcutiers, plusieurs actions sont mises ou à mettre en place : Mettre à disposition des entreprises un outil simple. En effet, la grille utilisée est un outil générique évaluant tous les risques pouvant exister en entreprise ; celle-ci est composée de 24 items. Cependant certains risques ne concernent pas ce secteur d’activité (ex : risques liés à la conduite d’engin de levage, risque lié aux vibrations, aux rayonnements, au travail sur écran). Nous recensons 19 facteurs de risques auxquels le personnel peut être exposé. Pour les évaluer, un questionnement est proposé et centré sur l’activité permettant un repérage plus simple, rapide. Les risques non repérés seront toutefois conservés afin de laisser la possibilité aux employeurs de les identifier et de les évaluer si nécessaire. Informer les employeurs de leurs obligations réglementaires, leur présenter l’outil adapté à leur activité et les aider dans la démarche d’évaluation des risques au sein de leur entreprise. Echanger avec le CFA pour intégrer une action de sensibilisation dans leur formation en mettant en place un partenariat entre les 2 organismes. Celle-ci intègrerait notamment les risques majeurs : la manutention et les coupures mais également le port des protections individuelles. Etablir des préconisations auprès des entreprises, adaptées à leur situation et donc répondre à des problématiques au cas par cas, par exemple informer un employeur sur les obligations réglementaires en rapport avec les risques électrique/incendie pour lesquels rien n’a été fait ; sensibiliser sur le risque d’entrainement d’une main lors de l’utilisation du mélangeur avec la possibilité de cartériser la machine, se rapprocher de la CARSAT afin d’étudier les possibilités d’aides financières existantes pouvant leur être proposées quand un projet était évoqué. CONCLUSION Cette démarche a mis en avant la réticence des TPE à s’impliquer dans une démarche d’évaluations de risques car peu sensibles à la prévention. Bien souvent les commentaires entendus font apparaitre que les risques sont inévitables, qu’ils font partis du métier, que les accidents sont souvent dus à l’inattention du salarié…. Or développer une culture d’entreprise basée sur la prévention, identifier et évaluer les risques aux postes de travail permettent à chacun de s’impliquer dans l’amélioration des conditions de travail et donc de réduire les AT/MP. 33 Cette étude a permis de connaître l’activité de l’artisan boucher/charcutier en allant à la rencontre des TPE, qui ne sont pas demandeuses et de vaincre la réserve des employeurs, avec l’aide d’un document type afin de discuter et faire évoluer le regard sur les conditions de travail. L’enjeu étant de pouvoir renforcer nos actions auprès de ces entreprises, de faire évoluer l’outil d’évaluation, de l’adapter et de le déployer auprès de la branche professionnelle, ainsi que faire participer le CFA à la prévention via l’enseignement dispensé auprès des apprentis. Aujourd’hui, cette EVRP va revêtir une importance supplémentaire avec l’application de la loi n°2010-1330 du 9 novembre 2010 portant réforme des retraites. Celle-ci généralise l’obligation de prévention de la pénibilité en complétant les principes généraux de prévention (article L4121-1 du Code du Travail) : « L'employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs. Ces mesures comprennent (…) Des actions de prévention des risques professionnels et de la pénibilité au travail ». La prévention de la pénibilité doit permettre : d’assurer la traçabilité des expositions des salariés via une fiche d’exposition, de permettre un départ à la retraite anticipée sous conditions de : • justifier d’une invalidité d’au moins 10%, • apporter la preuve d’avoir été exposé pendant au moins 17 ans à des facteurs de risques professionnels listés par le décret n° 2011-354 du 30/03/2011, • avec avis d’une commission pluridisciplinaire. de prévenir la pénibilité en mettant en place un accord ou un plan d’actions pour les entreprises d’au moins 50 salariés. Le décret du 30/03/2011 définit 10 facteurs de risques professionnels, pris en compte dans le cadre de la prévention de la pénibilité, et répartis en 3 catégories : Contraintes physiques marquées (manutention manuelle, postures pénibles, vibration), Environnement physique agressif (exposition à des agents chimiques dangereux, milieu hyperbare, bruit, températures extrêmes), Certains rythmes de travail (travail de nuit, travail posté, travail répétitif). Cette démarche d’évaluation permet de faire ressortir chez les bouchers/charcutiers la manutention manuelle, postures pénibles comme facteur de risques professionnels pris en compte dans la pénibilité. 34 REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES ED 925 : Les commerces alimentaires de proximité – aide à l’évaluation des risques – INRS – juin 2004 ED 850 : Aide mémoire – filière viande de boucherie – INRS – mai 2001 ED 898 : Evaluer les risques professionnels en abattoir et atelier de découpe – aide à la rédaction du document unique – INRS - 2003 La prévention en action : les bouchers, charcutiers, traiteurs – Réseaux de veille et de prévention des risques professionnels en PACA (TOSCA 06) – juin 2006 ED 880 : La restauration traditionnelle – Evaluation des risques professionnels Travaillez mieux – Métiers et activités - Boucher DMT : fiche 99TA70 Echos du terrain –– N°7 : « 1 action collective de sensibilisation sur les TMS auprès des bouchers de Corse sud ». ANACT Corse - Février 2009 « Améliorer les modalités d’apprentissage pour mieux intégrer les nouveaux salariés d’un atelier de conditionnement » ; ANACT Bretagne – 03/11/2009 ED 852 : la démarche du couteau qui coupe, un enjeu pour l’entreprise – INRS/CRAM/MSA – 2000 ED 853 : la démarche du couteau qui coupe, pour en savoir plus sur l'affilage – INRS/CRAM/MSA – 2000 ED 854 : la démarche du couteau qui coupe, pour en savoir plus sur l'affûtage - INRS/CRAM/MSA 2000 ED855 : la démarche du couteau qui coupe, pour mieux choisir ses couteaux – INRS/CRAM/MSA – 2000 ED 6075 – la restauration collective – Aide au repérage des rsiquesprofessionnels – INRS – Octobre 2010 ED 939 : Nettoyage et désinfection. Un couteau qui garde son pouvoir de coupe pour réduire les TMS – INRS – 2004 L'approche participative par branche, filière viande de boucherie - - INRS - 2003 R393 : Manutention des quartiers ou carcasses de viande de boucherie – INRS - 2003 ED 858 : maladie animale – pourquoi et comment se protéger en abattoirs – INRS – Novembre 2000 ED 5017 : les prions d’origine animale en milieu du travail – INRS – septembre 2002 ED 986 : le risque routier en mission, guide d’évaluation des risques – INRS – septembre 2006 Dossier : L'approche participative par branche, filière viande de boucherie – INRS – 03/03/2003 « Elaboration d’une formation à l’outillage des couteaux dans 6 usines d’abattage et de transformation du porc : une étude ergonomique » – IRSST - R 243 – Mai 2000, Répertoire des nettoyants à plancher - IRSST - R 230 – Octobre 1999, Protection des mains dans l’industrie de la viande et de la volaille IRSST - PR 10 – Août 1990, 35 « Affiler un couteau : un art qui s’apprend » - IRSST – Hiver 2001 La santé et la sécurité du travail dans les supermarchés – IRSST – Août 1999 : o Un regard sur les supermarchés corporatifs dans le but d’y examiner la santé et la sécurité du travail : R1-223 o L’analyse des lésions professionnelles et un regard sur l’organisation du travail : R2-223 o L’analyse du travail : R3-223 o La santé musculo-squelettique des travailleurs : R4-223 o Intégration des résultats et pistes possibles pour la prévention : R6-223 36 GLOSSAIRE AFFILAGE : action qui permet de garder le plus longtemps possible le fil formé lors de l’affûtage. Elle s’effectue tout au long de la journée. Elle consiste à passer la lame du couteau sur le fusil ou sur l’outil d’affilage. AFFUTAGE : action qui consiste à restaurer la qualité du taillant et du fil du couteau à l’aide d’équipements spécifique. CISELER : c'est couper très finement un ingrédient, c'est aussi faire de petites entailles sur une pièce de viande ou un gros poisson, avec un couteau ou des ciseaux. DANGER : le danger est la propriété ou la capacité intrinsèque d’un équipement, d’une substance, d’une méthode de travail, de causer un dommage pour la santé ou la sécurité des travailleurs. Ce n’est pas parce qu’il y a danger qu’il y a risque. DAUBIERE : récipient de cuisson servant principalement aux longs mijotages (cuisson de la daube) ou pour les longues cuissons au four. DECOUPE : 1ère opération de transformation qui a lieu sur les carcasses, demi carcasses, quartier de viandes. C’est l’opération qui permet de les diviser en plusieurs morceaux de coupe (cuisse, train de côtes…) DENERVER : éliminer les tendons et aponévroses d’une viande DESOSSAGE : action qui permet d’enlever les os des viandes EMINCER : découper en fines tranches ou lamelles, couramment utiliser pour la viande et certains légumes ESSE : c’est un double crochet destiné à la suspension des quartiers de viande FEUILLE : couperet à lame très mince FROID POSITIF : Température de l'air nécessaire pour la conservation des produits frais. (généralement entre 0 et 4 degrés) GLOBE : cuisse de bœuf sans la hanche 37 ITAMAMI : méthode permettant d’obtenir des données dans 4 domaines : I Individu TA Tâche MA Matériel MI Milieu PARAGE : opération de préparation consistant à améliorer la présentation de la pièce de viande, en enlevant les nerfs, les graisses superflues, ou les zones dont l’aspect est dérioré. PERIOSTE : membrane vascularisée, résistante, qui recouvre l'os sur toute sa surface PREPARATION : opération consistant à obtenir un morceau près à la vente (mise en forme, bardage, ficelage…) RISQUE : c’est le résultat de l’étude des conditions d’exposition des travailleurs à ces dangers. Il est lié à la probabilité d’occurrence du dommage, à sa gravité ainsi qu’aux mesures de prévention et moyens de protection qui existent et qui peuvent tendre à réduire la probabilité et/ou la gravité du dommage. 38 LISTE D’ABRIEVIATION AT Accident du Travail CFA Centre de Formation pour apprentis CHSCT Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail CLP Classification, Labelling and Packaging " (classification, étiquetage et emballage des produits CMR Cancérigène Mutagène Reprotoxique EPI Équipement de Protection Individuelle EVRP Evaluation des risques professionnels F.E. Fiche d’entreprise MP Maladies Professionnelles BTP Bâtiment et des Travaux Publics REACH Système intégré d’enregistrement, d’évaluation, d’autorisation et de restrictions des substances chimiques SGH Système général harmonisé de classification et d'étiquetage des produits chimiques (ensemble de recommandations élaborées au niveau international) N° CAS Chemical Abstracts Service 39 LISTE SIGLES AIPST18 Association Interentreprises de Prévention et Santé au Travail du Cher ANACT Association Nationale pour l'Amélioration des Conditions de Travail APST Centre Association de Prévention et Santé au Travail de la région Centre INRS Institut National de Recherche et de Sécurité IRSST Institut de Recherche Robert-Sauvé en Santé et en Sécurité du Travail 40 INDEX DES ILLUSTRATIONS Figure 1 : Figure 2 : Figure 7 : Processus d’EVRP - AIPST 18 statistiques 2009 –Nombre d’accidents du travail - CNAMTS – Services, commerces et industries de l’Alimentation : boucherie-charcuterie Statistiques 2009 –– Eléments matériels en cause - CNAMTS Services, commerces et industries de l’Alimentation : boucher Statistiques 2009 – Eléments matériels en cause - CNAMTS Services, commerces et industries de l’Alimentation : charcutier Démarche d’évaluation des risques professionnels statistiques 2009 –Eléments matériels en cause - CNAMTS Services, commerces et industries de l’Alimentation : Bouchers - Charcutiers Démarche du couteau qui coupe - INRS Tableau 1 : Tableau 2 : Tableau 3 : Tableau 4 : Tableau 5 : Tableau 6 : Tableau 7 : Tableau 8 : EVRP - Liste des items – Outil AIPST 18 EVRP – Situation à risque – Outil AIPST 18 EVRP – Cotation de la probabilité/exposition – Outil AIPST 18 EVRP – Cotation de la gravité – Outil AIPST 18 EVRP – Grilles de Cotation Probabilité/Gravité – Outil AIPST 18 Tableau récapitulatif des entreprises participantes Tableau des AT/MP dans les entreprises visitées Tableau récapitulatif des risques – Secteur boucher & charcutier Figure 3 : Figure 4 : Figure 5 : Figure 6 : Photos 1 & 2 : Activités en boucherie : découpe et mise en vitrine Photos 3 & 4 : Activités en charcuterie : mise en boyau des saucisses et émincage Photo 5 : Découpe de morceaux de viandes Photo 6 & 7: Désossage d’une côte de bœuf Photo 8 : Mise au sel Photo 9: Emincage d’oignons Photo 10: Carcasse partiellement découpée et suspendues avec des esses Photo 11 : Posture pénible (bras levé, épaule rehaussée) Photo 12 : Mise en vitrine des produits 41 ANNEXES EXEMPLE D’UN DOCUMENT UNIQUE ETABLI PAR UNE ENTREPRISE OUTIL d’EVRP ADAPTE A L’ACTIVITE FICHE D’ENTREPRISE 42 EXEMPLE D’UN DOCUMENT UNIQUE ETABLI PAR UNE ENTREPRISE 43 44 GRILLE D’EVALUATION DES RISQUES – SECTEUR BOUCHERIE/CHARCUTERIE DOCUMENT UNIQUE La loi du 31 décembre 1991, applicable au 31/12/1992, permet de transposer dans le droit français la directive cadre européenne du 12/06/1989, avec principalement : L’obligation pour l’employeur d’assurer la santé et sécurité des travailleurs, La mise en œuvre des principes généraux de prévention des risques, L’obligation de procéder à l’évaluation des risques. L’employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs de l’établissement, y compris les travailleurs temporaires. Ces mesures comprennent des actions de prévention des risques professionnels, d’information et de formation ainsi que la mise en place d’une organisation et de moyens adaptés. Il veille à l’adaptation de ces mesures pour tenir compte du changement des circonstances et tendre à l’amélioration des situations existantes. Le décret n° 2001-1116 du 5 novembre 2001 donne l’obligation à l’employeur de retranscrire les résultats de l’évaluation des risques sur un document unique comportant un inventaire des risques dans chaque unité de travail ou dans l’établissement. La mise à jour doit s’effectuer chaque année ou lors de toute décision d’aménagement important modifiant les conditions d’hygiène et de sécurité ou les conditions de travail, ou lorsqu’une information supplémentaire concernant l’évaluation d’un risque dans une unité de travail est recueillie. Le décret n° 2008-1347 du 17 décembre 2008 donne obligation à l’employeur d’informer les salariés sur les risques auxquels ils sont exposés ainsi que sur l’accès au document unique. Les principes généraux de prévention sont définis par l’article L 4121-2 du Code du Travail: Eviter les risques, Evaluer les risques qui ne peuvent pas être évités, Combattre les risques à la source, Adapter le travail à l’homme, en particulier en ce qui concerne la conception des postes de travail ainsi que le choix des équipements de travail et des méthodes de travail et de production, en vue notamment de limiter le travail monotone et le travail cadencé et de réduire les effets de ceux-ci sur la santé, Tenir compte de l’évolution de la technique, Remplacer ce qui est dangereux par ce qui ne l’est pas ou moins dangereux, Planifier la prévention en y intégrant, dans un ensemble cohérent, la technique, l’organisation du travail, les conditions de travail, les relations sociales et l’influence des facteurs d’ambiance, notamment en ce qui concerne les risques liés au harcèlement moral, tel que défini à l’article L. 1152-1, Prendre des mesures de protection collective en leur donnant la priorité sur les mesures de protection individuelle, Donner des instructions appropriées aux travailleurs. Article L4121-1 du Code du Travail : «l'employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs». 45 Elle s’effectue en 5 étapes : *identifier les unités de travail et analyser le travail réel *identifier les sources de danger et les risques associés *identifier les équipements de protection individuelle et collective *hiérarchiser les risques par cotation Informer le personnel de la démarche, des objectifs 1-Préparation de la démarche 2-Evaluation des risques Démarche continue 5-Réévaluation des risques suite aux actions menées 3-Elaboration d’un plan d’action Analyser et rechercher des solutions 4-Mise en œuvre des actions Transcription des résultats sur le document unique 46 COTATION DES RISQUES Niveau de probabilité (F) Niveau de gravité (G) Terme Terme Niveau de Gravité Niveau de Probabilité Blessure légère sans arrêt de travail Surveillance permanente et contrôles périodiques. Improbable Peu Probable Probable Petite coupure, ecchymose, irritation légère des yeux… Minime Phénomène jamais rencontré et peu vraisemblable. Dommage traité en interne par un SST ou l’infirmière Protection collective adaptée et efficace toujours en fonctionnement. Dommage négligeable et ne touchant qu’une infime partie de l’établissement. Exposition épisodique ou nulle. Accident avec arrêt de moins de 15 jours. Surveillance fréquente et contrôles périodiques (mais pas toujours respectés). Blessures type lacération, brûlure, commotion, entorse, fracture mineure… Phénomène peu fréquent survenant moins d’une fois par an. Peu Grave d’urgence externe. Exposition peu fréquente, moins d’une fois/semaine. Dommage non négligeable pour une petite partie de l’établissement. Surveillance et contrôle occasionnels, non programmés. Accident avec plus de 15 jours d’arrêt, sans incapacité permanente. Phénomène plus ou moins fréquent survenant en moyenne 1 fois/an. Membre cassé, Maladie Professionnelles (TMS, surdité…) mais ne pouvant entraîner EPI mais pas toujours portés. le décès. Grave Exposition plus ou moins fréquente, en moyenne une fois/semaine. Très Probable Dommage nécessitant l’intervention d’un médecin mais pas forcément des secours Protection collective avec ses limites ou EPI adaptés et toujours portés. Intervention des secours externes (sapeurs-pompiers, S.A.M.U., médecins). Aucune surveillance et aucun contrôle. Dommage non négligeable pour une partie de l’établissement. Phénomène répétitif survenant plus d’une fois/an. Accident très grave avec ou sans incapacité permanente. Exposition régulière, une à plusieurs fois /jour. Coma, décès, tétraplégie… Pas de protections (ni individuelles, ni collectives) ou quasiment jamais utilisées Très Grave pour différents motifs (inadaptés, pas de formation, de sensibilisation…) Intervention des secours externes. Destruction de la totalité ou quasi-totalité de l’établissement ou risque de fermeture définitive de celui-ci. Cotation Très grave Risques Forts Risques Forts Risques Forts Risques Forts Grave Risques Faibles Risques Modérés Risques Forts Risques Forts Peu grave Risques Faibles Risques Modérés Risques Modérés Risques Modérés Minime Risques Faibles Risques Faibles Risques Faibles Risques Faibles Improbable Peu probable Probable Très probable 47 RISQUES D’ACCIDENTS PREPONDERANTS RISQUE ROUTIER Définition • • • De nombreux salariés passent une partie importante de la journée au volant d’un véhicule dans le cadre d’une mission qu’ils effectuent pour leur entreprise. Du fait de leur activité professionnelle, ces salariés sont exposés à un risque d’accident sur la route. Un salarié sur la route est une personne au travail. Sont concernés aussi bien les accidents de mission que les accidents sur le trajet domicile - lieu de travail et lieu habituel de restauration. Risques potentiels : Accident de la route – Accident de la voie publique Règlementation • Art.L.411-1 du Code la Sécurité Sociale : « Est considéré comme accident du travail, quelle qu'en soit la cause, l'accident survenu par le fait ou à l'occasion du travail à toute personne salariée ou travaillant, à quelque titre ou en quelque lieu que ce soit, pour un ou plusieurs employeurs ou chefs d'entreprise ». • Art.R4228-2 du Code du Travail : « interdiction d’introduire de l’alcool sur les lieux de travail ». Evaluation des risques Des déplacements peuvent être réalisés dans le cadre de livraison chez les clients ou activité sur les marchés et /ou vente ambulante. Questions à se poser lors de l’analyse de Préconisations F G Cotation Prévention existante (EPC/EPI) l’activité ►rappeler les consignes du code de la Les salariés sont-ils amenés à effectuer des route interdisant le téléphone en livraisons ou des marchés ? conduisant ainsi que l'alcool au volant Possèdent-ils un permis adapté au type de véhicule ►entretenir et équiper camion et conduit ? remorque (gilet réfléchissant, cône de Les remorques sont-elles agencées & équipées pour balisage, ABS, air bag...) le transport des marchandises ? ►autre : Les itinéraires sont-ils connus à l’avance ? Les véhicules sont-ils entretenus ? Les véhicules sont-ils équipés de triangle de signalisation, de gilet fluorescent & d’équipement de sécurité (Airbag, ABS…) ? Y a –t-il sensibilisation des salariés au code de la route et au risque d’utilisation du téléphone portable ? 48 RISQUE DE CHUTE Définition • • Risques d’accident résultant du contact brutal d’une personne avec le sol ou un objet (appareil, meuble, machine…) au cours d’une chute. Les effondrements ou chutes d’objets provenant d’un stockage en hauteur ou suspendus peuvent provoquer des blessures. Risques potentiels : heurts – collision – blessure suite à une chute de plain pied ou de hauteur, ou chute d’objet. Evaluation des risques Des chutes peuvent avoir lieu en fonction de l’état et de la nature du sol. Elles peuvent s’accompagner du heurt d’une machine ou d’un mobilier. Questions à se poser lors de l’analyse de Préconisations F G Cotation Prévention existante (EPC/EPI) l’activité : ►réparer les sols défectueux Le sol est-il en mauvais état ? (ex : trou, carreau ►réaliser un nettoyage régulier pour cassé…) ? évacuer les salissures Le sol est-t-il rendu glissant par la présence de gras, ►mettre à disposition des chaussures de sang, de gelée ou mouillé (nettoyage / plonge) ? de sécurité antidérapantes Les sols sont-ils encombrés après livraison ? les ►à la conception ou lors de la espaces de travail servent-t-ils de lieu de stockage ? rénovation des sols, prévoir un sol Les lieux de passages sont-ils bien éclairés ? antidérapant, avec un pourcentage Les surfaces de travail sont-elles étroites ? Y a-t-il limité de la pente (1,5 à 2%) présence de plusieurs salariés ? ►ranger régulièrement les espaces de Y a-t-il un nettoyage adapté des sols ? avec travail entretien des siphons ? ►sécuriser les accès en hauteur Le sol présente-t-il de trop fortes pentes ? (escabeau stable, pieds antidérapants, Les salariés sont-ils équipés de chaussures main courante au niveau de l’escalier, antidérapantes ? bandes antidérapantes au niveau des Les salariés doivent-ils emprunter un escalier ? marches) Le personnel a-t-il des opérations à réaliser en ►autre : hauteur ? Des chutes d’objets peuvent également être à l’origine d’accident du travail. Les objets sont-ils stockés à hauteur de façon ► mettre en place une méthode de stable ? stockage adaptée au poids et encombrement de la charge Peut-il y avoir chute de crochet/d’esse lors de la ►former le personnel à constituer prise de carcasses ? des chargements stables, dans le Y a-t-il un risque de renversements de chariots ? respect des limites de charges (parce que trop chargés, charge mal équilibrée…) ►s’assurer de l’accroche de la viande Les carcasses ou morceaux de viandes peuvent-ils se décrocher ? 49 RISQUE LIE AUX MACHINES Définition • Extrait de l’article R. 4311-4, R. 4311-5, R. 4311-7 et R. 4311-8 du Code du Travail : « Une machine est un ensemble de pièces ou d'organes liés entre eux dont au moins un est mobile et le cas échéant, d'actionneurs, de circuits de commande et de puissance réunis de façon solidaire en vue d’une application définie telle que notamment la transformation, le traitement ou le conditionnement de matériaux et le déplacement de charge avec ou sans changement de niveau ». Risques potentiels : entrainement, coupure, sectionnement Règlementation : • Les articles L. 4321-1à L. 4321-5 , R4321-1 à 4321-5 du Code du travail stipulent que les équipements de travail doivent être équipés, installés, utilisés réglés et maintenus de manière à préserver la sécurité et la santé des travailleurs et définissent les règles générales d’utilisation. Evaluation des risques Le personnel est amené à utiliser différentes machines (trancheur à jambon, poussoir, scie à ruban, hachoir…) et à en assurer l’entretien. F G Cotation Questions à se poser lors de l’analyse de l’activité Prévention existante (EPC/EPI) Préconisations Les machines récentes sont-elles aux normes CE ? Existe-t-il une sécurité machine sur chacune d’elle ? (bouton d’arrêt d’urgence, carter…) Une maintenance machine est-elle faite par le personnel (ex : contrôle du bon fonctionnement des dispositifs de sécurité) ? Les machines sont-elles utilisées suivant les prescriptions du fournisseur ? Les équipements, antérieurs à la mise en place du marquage CE, ont-ils été mis aux normes ? Le personnel est-il formé aux risques spécifiques de certaines machines ? (ex : trancheur à jambon) ? Le personnel est-il sensibilisé aux précautions à prendre lors de l’entretien des machines ? ►mise en conformité des machines à la réglementation ►information et formation du personnel sur l’utilisation et les précautions à prendre lors de l’entretien ►afficher les procédures d’utilisation et de nettoyage à proximité des machines ►utiliser les machines suivant les recommandations du fabricant ►vérifier l’utilisation, le bon état et le bon fonctionnement ►contrôler régulièrement les arrêts d’urgence ►mettre à zéro la lame du trancheur lors de son entretien ►autre : 50 RISQUE DE COUPURE Définition • Risque d’accident consécutif au contact d’un instrument tranchant. Risques potentiels : coupures – piqures. Evaluation des risques Les couteaux sont les outils de travail les plus utilisés pour la préparation, fabrication, transformation de la viande et des plats cuisinés. Questions à se poser lors de l’analyse de l’activité Les couteaux sont-ils adaptés à la tâche et correctement utilisés ? Le personnel est-il formé à l’affutage et à l’affilage des couteaux ? Un nettoyage des couteaux est-il réalisé avant l’affutage ? Sont-ils correctement rangés ? à proximité des plans de travail ? Sont-ils en nombre suffisant ? Y a-t-il des déplacements avec un couteau ? Les équipements individuels sont-ils à disposition du personnel (gants & tablier en côte de maille) ? Les outils des apprentis sont-ils transportés entre l’entreprise et le CFA ? Ce transport se fait-il dans des conditions sécuritaires ? F G Cotation Prévention existante (EPC/EPI) Préconisations ►utiliser les outils adaptés à la tâche à effectuer ►prévoir suffisamment de couteaux d’office afin d’éviter l’emploi de couteaux inadaptés ►former le personnel aux techniques d’affutage et d’affilage ►affuter et affiler régulièrement les lames de couteaux ►fournir et faire porter les équipements de protection individuelle ►procéder au rangement des outils tranchants (ganse pour couteaux, barre magnétique, tiroirs, mallette…) ►former le personnel aux 1ers secours ►autre : 51 RISQUE DE BRULURE Définition • Risque d’accident consécutif à l’exposition à des sources chaudes. Risques potentiels : Brûlure Evaluation des risques Les salariés peuvent transformer des produits & préparer des plats cuisinés Questions à se poser lors de l’analyse de l’activité Existe-t-il des risques de brûlures (four, marmite, four, friteuse, cuiseur…) ? Y a t-il un risque de brûlure lors de l’utilisation de la friteuse ? de projection d’huile chaude ? Y a-t-il un risque de brûlure lors du vidage des marmites chaudes ? de leur transfert ? Le chargement et déchargement des fours et/ou rôtissoires présentent-ils des risques de brûlures ? Y a-t-il utilisation de chalumeau pour les volailles ou crème brulée ? Y a-t-il un risque d’éclaboussure ou de renversement lors du transport de liquide chaud ? Y a-t-il utilisation d’un four à vapeur ? Existe-t-il un risque de brûlure lors du nettoyage des pianos/fours ? Utilisez-vous des produits étiquetés corrosifs ? F G Cotation Prévention existante (EPC/EPI) Préconisations ►former le personnel aux conduites à tenir encas de contact avec une surface chaude ou de projection de liquide chaud ainsi qu’aux 1ers secours. ►mettre à disposition des équipements de protection appropriés (gants, maniques…) ►rappeler les règles de sécurité qui préconisent la régularité du déversement en évitant les mouvements brusques. ►se placer à distance de toute manière inflammable lors de l’utilisation du chalumeau. ►éteindre le chalumeau entre les opérations de brûlage. ►ne remplacer la cartouche que lorsque celle-ci est complètement vide. ►prendre soin de bien enclencher la cartouche sur le chalumeau. ►laisser refroidir le matériel avant le nettoyage. ►respecter une temporisation lors de l’ouverture du four vapeur. ► informer le personnel sur le risque chimique, sur le respect des règles de dilution et d'utilisation ►autre : 52 RISQUE ELECTRIQUE Définition • Risques d’accident consécutifs à un contact avec un conducteur électrique ou une partie métallique sous tension (le retour se faisant par le sol ou un élément relié au sol), ou avec deux conducteurs de potentiels différents. Risques potentiels : brûlure, électrocution, électrisation Règlementation • Décret n° 88-1056 du 14 novembre 1988 portant sur les installations ne devant en aucun cas présenter de danger pour les personnes ou le public. • Arrêté du 10 octobre 2000 : Les installations électriques de l’ensemble des locaux et emplacements de travail sont soumis à une vérification périodique annuelle. Evaluation des risques Dans l’entreprise, une des principales énergies utilisées est entre autres l’électricité. Questions à se poser lors de l’analyse de l’activité L’installation électrique est-elle aux normes (prise de terre,….) ? Les installations sont-elles vérifiées régulièrement ? Les corrections demandées sont-elles faites ? Avez-vous plusieurs appareils sur un même circuit ? Est-il signalé immédiatement et réparé ou éliminé ? Existe-t-il dans l’entreprise des fils dénudés, sous tension accessibles aux salariés (armoire électrique ouverte) ? F G Cotation Prévention existante (EPC/EPI) Préconisations ► prévoir la mise en conformité de l’installation électrique. ►entretenir et faire effectuer les vérifications périodiques réglementaires des installations électriques par une personne qualifiée. ►vérifier que la puissance globale des équipements raccordés ne dépasse pas la puissance disponible. ►interdire l’accumulation des multiprises. ►mettre le matériel hors tension avant le nettoyage ►autre : 53 RISQUE D’INCENDIE / D’EXPLOSION Définition • Les causes des incendies peuvent être énergétiques : étincelles, réactions chimiques, court-circuit. Les incidents d'origine électrique constituent la majeure partie des risques de départ d'incendie. Le gaz présente également un risque d’incendie. Risques potentiels : brûlures, asphyxie, blessures, explosion. Règlementation • Articles R. 4227-1 à R. 4227-57 du code du travail relatifs aux dispositions concernant la sécurité et la santé applicables aux lieux de travail. • Arrêté du 25 juin 1980 modifié portant approbation des dispositions générales du règlement de sécurité contre les risques d’incendie et de panique dans les ERP (Etablissements recevant du public). Evaluation des risques Dans les cuisines, plusieurs sources à l’origine d’incendie/d’explosion sont utilisées (gaz, friteuse, chalumeau, cuiseur….) F G Cotation Questions à se poser lors de l’analyse de l’activité Prévention existante (EPC/EPI) Préconisations ► mettre les installations en conformité Votre cuisine dispose-t-elle d’un réseau de gaz ? Si l’alimentation en gaz se fait à partir de bouteilles, celles-ci sont-elles stockées dans de bonnes conditions de sécurité ? Utilisez-vous des produits étiquetés inflammable F ou F+, explosif E, comburant O ? Un plan d’évacuation existe-t-il ? a-t-il testé ? Avez-vous des stocks de déchets susceptibles d’alimenter un incendie (carton, papier, huile…) Utilisez-vous un chalumeau, une friteuse ? Effectuez-vous un nettoyage à grande eau ? Y a-t-il des extincteurs adaptés en nombre suffisant ? Sont-ils contrôlés tous les ans ? Le personnel est-il formé à leur utilisation ? Avez-vous des stocks de produits susceptibles d’alimenter un incendie (serviettes en papier, conditionnements jetables, produits emballés sous carton, huile…) ? ► entretenir et faire effectuer les vérifications périodiques réglementaires des installations et équipements gaz par une personne qualifiée ►informer et former le personnel sur les risques liés au gaz, de la conduite à tenir en cas de fuite de gaz, des moyens de coupure générale du gaz ►placer une vanne de coupure de gaz d’accès facile, dans un emplacement connu de tous ►interdire les produits d’entretien inflammables dans les cuisines, les stocker dans des locaux ou zones réservés et dédiés ►stocker les déchets et stocks de produits susceptibles d’alimenter un incendie dans des locaux spécifiques ►prévoir au moins 1 extincteur pour 200m2 de plancher et au minium 1 par niveau ►faire effectuer les contrôles règlementaires de ces équipements ►voir § risque brûlure 54 RISQUE CHIMIQUE Définition • Les produits chimiques peuvent être à l’origine d’accident du travail ou de maladie professionnel le. Risques potentiels : irritation, allergie, brûlure, intoxication, maladie. Règlementation • Les articles R4411-1 à R4412-164 du Code du Travail : Tout travailleur (intérimaire compris) qui transporte, manipule, utilise … des agents chimiques dangereux (définis par pictogrammes réglementaires - phrases de risques ou existence d’une VLE) est soumis à la prévention du risque chimique. Evaluation des risques Les produits utilisés pour le nettoyage et la désinfection peuvent générer des risques d’irritation, de brûlure… par inhalation, ingestion ou par voie cutanée. F G Cotation Questions à se poser lors de l’analyse de l’activité Prévention existante (EPC/EPI) Préconisations ► tenir à jour un classeur de fiches de Les fiches de données de sécurité sont-elles données de sécurité, les transmettre au disponibles ? ont-elles été analysées ? médecin du travail, mettre une copie à Avez-vous des produits classés Cancérogène, disposition des utilisateurs mutagène, ou reprotoxiques (CMR) ? ► sensibiliser le personnel à la lecture Avez-vous des produits classés irritants Xi, des pictogrammes des dangers corrosifs C, nocifs Xn, toxiques T ? chimiques et le mettre en garde contre les risques d’un mélange de produits Les salariés sont-ils sensibilisés aux dangers du incompatibles (ex : détergent acide + mélange de produits d’entretien ? eau de javel = source d’émanations Les produits sont-ils correctement étiquetés et toxiques) rangés ? ►avoir une zone de stockage des Le personnel est-il sensibilisé au risque « agressif » produits de nettoyage de certains produits ? ►en cas d’utilisation de produits dangereux, chercher un produit de Les salariés sont-ils exposés à ces produits par substitution contact cutané, inhalation ou ingestion ? ►former le personnel aux 1ers gestes de secours Des équipements de protections individuelles ►mise à disposition et port des (gants, lunette…) sont-ils mis à disposition du équipements de protection personnel ? sont-ils utilisés ? ►respecter les règles de dilution et de d’utilisation des produits utilisés 55 RISQUE INFECTIEUX/BIOLOGIQUE Définition • Sous le terme «agent biologique», on regroupe des micro-organismes naturels, bactéries, virus, parasites et champignons, les toxines qu'ils produisent, et les microorganismes génétiquement modifiés. Cependant, certains peuvent être à l’origine de maladies plus ou moins graves chez l’homme : une infection, une intoxication (à partir de toxines produites par des bactéries ou des moisissures), une allergie. Risques potentiels : infections, allergies, maladies professionnelles. Règlementation • Les articles R4421-1 à R4427-5 du Code du travail définissent, classent et déterminent les règles de prévention pour la santé et sécurité des travailleurs exposés aux agents biologiques. Evaluation des risques La présence de produits alimentaires d’origine animale et végétale peuvent engendrer des risques biologiques pour le personnel lorsqu’il porte les mains à la bouche ou par piqure, coupure, petites plaies ouvertes. F G Cotation Questions à se poser lors de l’analyse de l’activité Prévention existante (EPC/EPI) Préconisations ►sensibiliser le personnel au port des gans Les produits travaillés exposent-ils le personnel à lors de la mise en œuvre de produits à des risques biologiques (ex : bacilles tuberculeux, risque. Rouget du porc) ? ►rappeler les règles d’hygiène Les salariés utilisent-ils des allergènes (aliments, ►prévoir des lave-mains à commande non épices, additifs…) manuelle Avez-vous constaté des réactions allergiques chez ►mettre à disposition une trousse de certains salariés ? secours bien approvisionnée (gants jetables, pansements) Le personnel dispose-t-il d’un vestiaire ? L’entreprise est-elle équipée de lave-mains ? Le personnel se lave-t-il régulièrement les mains ? Les plaies aux mains sont-elles nettoyées, protégées par un pansement imperméable et par un gant étanche ? Les salariés sont-ils sensibilisés au risque d’infection respiratoire lié au travail au froid ? ►faire avec le médecin du travail un inventaire des agents sensibilisants utilisés dans les activités. ►identifier les sources d’allergies et les moyens à mettre en œuvre pour les prévenir ►supprimer la source en changeant de produit ou de substance si c’est possible ►mettre à disposition des vêtements chauds, sensibiliser le personnel au risque d’infection respiratoire lié au travail au froid 56 RISQUES PHYSIQUES RISQUE LIE A L’AMBIANCE THERMIQUE ET CLIMATIQUE Définition • Une température trop basse ou trop haute dans les locaux peut provoquer un inconfort et être une source supplémentaire d’atteinte à la santé. Risques potentiels : fatigue, malaise ORL ou pulmonaire, coup de chaleur. Règlementation • • • Article R4213-7 du Code du Travail : « Les équipements et caractéristiques des locaux de travail sont conçus de manière à permettre l'adaptation de la température à l'organisme humain pendant le temps de travail, compte tenu des méthodes de travail et des contraintes physiques supportées par les travailleurs. » Article R4213-8 du Code du Travail : « Les équipements et caractéristiques des locaux annexes aux locaux de travail, notamment des locaux sanitaires, de restauration et médicaux, sont conçus de manière à permettre l'adaptation de la température à la destination spécifique de ces locaux. » Article D4153-18 du Code du Travail : « Il est interdit d'employer des jeunes travailleurs âgés de moins de dix-huit ans aux étalages extérieurs des commerces de détail après vingt heures ou lorsque la température est inférieure à 0º C. » Evaluation des risques Les salariés sont exposés à des températures basses en laboratoire, chambre froide ou sur les marchés et à des températures hautes lors de la transformation des produits. Questions à se poser lors de l’analyse de l’activité Les salariés sont-ils soumis à des variations de températures i importantes ? La température des locaux est-elle adaptée à l’activité (laboratoire, boutique, marché…) Les opérateurs travaillent-ils en milieu réfrigéré ? Le personnel risque-t-il d’être enfermé dans les chambres froides ? Y a-t-il formation de givre au sol dans les chambres froides à températures négatives risquant de provoquer des chutes ? L’ambiance de travail est-elle très chaude autour des appareils de cuisson ? L’activité est-elle exposée aux intempéries sur les marchés ? F G Cotation Prévention existante (EPC/EPI) Préconisations ►privilégier l’installation de portes à ouverture et fermeture rapides pour la séparation de zones de travail à températures différentes ►mettre à disposition des équipements protégeant du froid (gants, vêtements chauds « respirants ») ►mettre en place un système d’ouverture à l’intérieur de la chambre froide ; un dispositif d’avertissement sonore ►éviter les postes de travail à proximité des fours ou rôtissoire. A défaut prévoir un apport d’air tempéré dont la vitesse et la température ne génère pas d’inconfort ►équiper les laboratoires d’une climatisation. ►installer un chauffage d’appoint adapté et bien positionné en respectant les règles de sécurité (marché) ►protéger le stand à l’aide d’auvents et de stores 57 RISQUE LIE A l’AERATION / ASSAINISSEMENT Définition • L’activité peut être source de nuisances olfactives, avec présence de polluants au poste de travail. Risques potentiels : malaise, intoxication, asphyxie. Règlementation : • Article R4222-1 du Code du Travail : « Dans les locaux fermés où le personnel est appelé à séjourner, l'air doit être renouvelé de façon à : 1° Maintenir un état de pureté de l'atmosphère propre à préserver la santé des travailleurs ; 2° Eviter les élévations exagérées de température, les odeurs désagréables et les condensations. » Evaluation des risques Des odeurs / condensation d'humidité sont produites pendant la transformation et préparation de la viande / charcuterie Questions à se poser lors de l’analyse de l’activité Les fumées au dessus des plans de cuisson, friteuse sont-elles évacuées vers l’extérieur ? La hotte aspirante est-elle en bon état ? Les filtres sont-ils nettoyés et changés régulièrement ? L’humidité dans le local est-elle excessive, notamment au poste de plonge ? Les conditions de travail dans le laboratoire imposent-elles un renouvellement d’air ? F G Cotation Prévention existante (EPC/EPI) Préconisations ►prévoir une aspiration à la source avec évacuation complète sans recyclage. ►l’équivalent en air neuf doit être apporté dans le local pour compenser le volume d’air aspiré. ►assurer le nettoyage et la maintenance de la hotte aspirante. ►vérifier régulièrement le bon fonctionnement pour éviter les risques liés à l’inhalation des fumées de cuisson. ►autres Le système de ventilation a-t-il un débit suffisant ? 58 RISQUES LIES AUX POSTURES / EFFORTS / MANUTENTION Définition • • • Manutention manuelle : toute opération exigeant l'effort physique d'un ou plusieurs travailleurs Transport manuel : portage sur une certaine distance d'une charge à une ou plusieurs personnes Manutention manuelle au poste de travail : manutention au poste de travail sans déplacement de l'opérateur avec la charge ou déplacement sur une distance inférieure à deux mètres Risques potentiels : lombalgies, Troubles musculo-squelettique (TMS), coupure, écrasement, troubles veineux. Règlementation Les articles R.4541-6 et R.4541-6 du Code du Travail définissent éléments de référence et autres facteurs de risque à prendre en compte pour l'évaluation préalable des risques et l'organisation des postes de travail lors des manutentions manuelles de charges comportant des risques, notamment dorsolombaires Article D4153-39 du Code du Travail : Il est interdit de laisser les jeunes travailleurs âgés de moins de dix-huit ans porter, traîner ou pousser des charges pesant plus de : 1° 15 kg pour un travailleur masculin de quatorze ou quinze ans ; 2° 20 kg pour un travailleur masculin de seize ou dix-sept ans ; 3° 8 kg pour un travailleur féminin de quatorze ou quinze ans ; 4° 10 kg pour un travailleur féminin de seize ou dix-sept ans. Le transport sur brouettes est également interdit aux travailleurs de moins de dix huit ans pour les charges supérieures à 40 kg, brouette comprise Evaluation des risques Les salariés sont exposés à des ports de charges lourdes, à des gestes répétitifs notamment lors de la transformation et préparation des produits. F G Cotation Prévention existante (EPC/EPI) Questions à se poser lors de l’analyse de l’activité Préconisations Le personnel effectue-t-il des manutentions ►mettre à disposition des outils manuelles ? adaptés et en bon état (couteaux) Certaines charges manutentionnées sont-elles ►évaluer les manutentions manuelles lourdes ? ►privilégier l’utilisation d’aide à la Les plans de travail se trouvent-il à proximité des manutention (rolls, chariot...) chambres froides ? ►organiser l’approvisionnement pour Les charges lourdes sont-elles stockées trop haut ou éviter des déplacements inutiles trop bas ? ►placer les produits lourds à hauteur Des aides à la manutention (rolls, chariot roulant…) de ceinture sont-elles mises à disposition du personnel ? ►prévoir des plans de travail réglables Existe-t-il des situations de travail demandant des en hauteur gestes répétitifs, des efforts importants, des postures ►équiper le local d’un réseau de rails pénibles ? fixe Les postes de travail sont-ils adaptés, aménagés ? Existe-t-il un réseau aérien de rails ? 59 RISQUES LIES AUX RISQUES PSYCHO-SOCIAUX Définition • Les risques psychosociaux comprennent le stress mais aussi les violences externes, les violences internes (dont le harcèlement), la souffrance et le mal être au travail. Risques potentiels : Règlementation • • Art. L4121-1 du Code du Travail : «l'employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs». Art. L1152-4 et L1153-5 du Code du Travail : Les pratiques de harcèlement (moral ou sexuel) sont interdites en entreprise. Le chef d’entreprise doit les prévenir et les sanctionner. Evaluation des risques Des facteurs de risques tels que la qualité du travail à réaliser, les contraintes temporelles (ex : fin de semaine, période de Noël, préparation d’un repas d’entreprise…) peuvent exposer le personnel au stress. Questions à se poser lors de l’analyse de l’activité Existe-t-il une charge de travail élevée (rendement, qualité…) ? Y a-t-il une contrainte temporelle (délai court, rythme, contraintes…) ? Existe-t-il des plannings de travail ? Comment les priorités sont-elles gérées ? Les tâches sont-elles fréquemment interrompues pour être reprises ultérieurement? Y a –t-il des nuisances physiques au poste de travail (bruit, éclairage…) ? Existe-t-il une reconnaissance du travail accompli ? Existe-t-il un risque de violence ou d’agression du salarié à son poste ? F G Cotation Prévention existante (EPC/EPI) Préconisations ►mettre en place une répartition claire des tâches et à une harmonisation du travail entre les personnes ►établir des fiches de postes ►donner les consignes à suivre selon le type d’agression afin que le salarié puisse par sa conduite désamorcer la situation à risque ►adapter le travail à faire aux capacités et ressources des salariés ►valoriser le travail réalisé ►traiter les nuisances physiques repérées ►autres 60 AUTRES RISQUES Préconisations Questions à se poser lors de l’analyse de l’activité : BRUIT Le niveau sonore en provenance des équipements ou de l’activité crée-t-il des nuisances ? ECLAIRAGE L’éclairage des locaux est-il adapté aux différentes tâches réalisées ? VIBRATIONS Existe-t-il des machines émettant des vibrations ? ENGINS DE LEVAGE TRAVAIL SUR ECRAN AMIANTE Des engins de levage sont-ils utilisés ? Existe-t-il un risque lié au travail sur écran ? F G Cotation ►changer les machines responsables ou les cartériser pour diminuer le niveau sonore. ►prévoir un éclairage adapté aux postes de travail, création de fenêtre si besoin ►entretien régulier du matériel de manutention ►former les salariés à la conduite d’engins de manutention ►s’assurer qu’il n’y a pas d’éblouissement ou de reflets sur l’écran, sur la qualité du siège réglable et bureau. ►s’assurer que le diagnostic amiante a bien été fait. ►mise en place des mesures de prévention suite à ce diagnostic. Un diagnostic amiante a t-il été fait pour les bâtiments antérieurs à 1997 ? 61 DOCUMENT UNIQUE D’EVALUATION DES RISQUES Mesures de prévention prioritaires Une fois les risques identifiés et hiérarchisés, un plan d’action doit être mis en place avec la mise en œuvre des actions suivant un échéancier. Risque(s) à traiter en priorité Objectif(s) des démarches Fait le : _______________________________________ A mettre en œuvre Echéances Coût estimé Remis à jour le : ___________________________________ 62 FICHE D’ENTREPRISE Articles du Code du travail réglementant la Fiche Entreprise D4624-37 : Pour chaque entreprise ou établissement, le médecin du travail établit et met à jour une fiche d'entreprise ou d'établissement sur laquelle figurent, notamment, les risques professionnels et les effectifs de salariés qui y sont exposés. D4624-38 : Pour les entreprises adhérentes à un service de santé au travail interentreprises, la fiche d'entreprise est établie dans l'année qui suit l'adhésion de l'entreprise ou de l'établissement à ce service. D4624-39 : La fiche d'entreprise est transmise à l'employeur. Elle est présentée au comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail en même temps que le bilan annuel prévu à l'article L. 4612-16. D4624-40 : La fiche d'entreprise est tenue à la disposition de l'inspecteur du travail et du médecin inspecteur du travail. Elle peut être consultée par les agents des services de prévention des caisses régionales d'assurance maladie et par ceux des organismes professionnels de santé, de sécurité et des conditions de travail mentionnés à l'article L. 4643-1. D4624-41 : Le modèle de fiche d'entreprise est fixé par arrêté du ministre chargé du travail. D4625-15 : Pour l'établissement de la fiche d'entreprise, il n'est pas tenu compte des salariés temporaires. Crée le 07/11/2011 Mise à Jour le / Nom du Médecin du Travail : DR MICHOT RENSEIGNEMENTS CONCERNANT L’ENTREPRISE RAISON SOCIALE : TRIBALLAT ADRESSE : 3 rue de la Liberté 18510 MENNETOU SALON NATURE DE L’ACTIVITE : BOUCHERIE CHARCUTERIE CONVENTION COLLECTIVE : LAQUELLE : BOUCHERIE CHSCT : OUI OUI NON NON DELEGUES DU PERSONNEL : OUI NON EFFECTIF TOTAL (nombre total de salariés liés à l’entreprise par un contrat de travail, quelle qu’en soit la nature ou la durée, au 1er janvier de l’année en cours au moment de l’établissement de la fiche d’entreprise) : 2 1 : Femmes 2 : Hommes APPRECIATION DES RISQUES 1 – FACTEURS DE RISQUES voir ANNEXES FE.doc (annexes jointes) Physiques Chimiques Infectieux Liés aux situations de travail Risques d’accidents prépondérants 2 – CONDITIONS GENERALES DE TRAVAIL 2 – 1 Temps de Travail Travail de nuit Travail posté (3x8) Travail en alternance Travail de jour Effectifs concernés par le / / / 2 Horaire hebdomadaire / / / 8h-16h mardi/samedi 39h sur 5 jours 2 – 2 Installations générales (description sommaire, entretien) ♦ Locaux : intervention sur des chantiers : maisons rénovées habitées ♦ Equipements sociaux Salle de repos Réfectoire Restaurant d’entreprise Distributeurs de boissons Autres : OUI OUI OUI OUI NON NON NON NON ♦ Hygiène générale Aération Ventilation Chauffage Vestiaires Douches Toilettes OUI OUI OUI OUI OUI OUI NON NON NON NON NON NON Commentaires : Equipements de Protection Individuelle : chaussures de sécurité – vêtements de travail, tablier. Organisation des locaux : 1 magasin - 1 chambre froide - 1 laboratoire pour la boucherie - 1 laboratoire pour la charcuterie - 1 bureau 1 pièce réserve/vestiaire. Machines / Outils utilisés : 1 tranche jambon - 1 hachoir - 1 mélangeur - 1 poussoir - 1 robot coupe, couteaux. 3 – INDICATEURS DE RESULTATS 3 –1 Accident du travail Nombre d’accident du travail pour l’année / Incapacités professionnelles permanentes liés à un accident du travail Nombre d’enquêtes sur les accidents de travail / Taux de fréquence des accidents du travail / Taux de gravité des accidents du travail / / Nombre de soins d’infirmerie (par an) / : / avec arrêt 3 – 2 Maladies professionnelles (MP) Nombre de MP déclarée reconnue Nature MP reconnue Numéro du tableau IPP / / / / / / / / / / Sur avis du médecin du travail Sur avis d’autres médecins 3 – 3 Maladies à caractère professionnel Déclarée par Nombre de déclarations Type d’appareil Pathologie Nature Médecin du travail / / / / Autres sources / / / / 3 – 4 Autres pathologies remarquées (précision indiquant la distribution des grandes pathologies, utile pour les entreprises importantes, spécialement lorsque le médecin a les moyens personnels d’une exploitation informatisée des données médicales. Les chapitres retenus en priorité sont ceux qui peuvent concerner éventuellement des pathologies professionnelles) : C – ACTION TENDANT A LA REDUCTION DES RISQUES 1 – RESULTATS DES MESURAGES ET PRELEVEMENTS DISPONIBLES • Risques accidents prépondérants (données chiffrées éventuellement mesurées : RISQUES LIES AUX DEPLACEMENTS Déplacements routiers RISQUES DE COLLISION, HEURT, CHUTE DE PERSONNE PLAIN PIED Présence d'autres opérateurs sol glissant Autre RISQUES DE CHUTE DE PERSONNE TRAVAIL EN HAUTEUR 1 Effectif concerné RISQUE X X X RISQUE Nature du risque Accident de la route Accident de la voie publique déplacement 3/semaine pour faire les marchés Risques potentiels Nature du risque 2 Collision / Heurt Chute de plain pied Travail à plusieurs (coactivité interne) dans les laboratoires 2 Collision / -présence de sang/gras Heurt après livraison, lors du Chute de plain travail de découpe… pied -sol humide après nettoyage 2 Collision / Heurt Chute de plain pied présence d'une marche entre le magasin et le laboratoire boucherie Risques potentiels Nature du risque 2 effectif concerné RISQUE X Risques potentiels effectif concerné EPC : Equipement de protection collective EPI : Equipement de protection individuelle Prévention existante (EPC,EPI)1 *1 remorque agencée récente (produits en vitrine - stocks dans réserve fermé réfrigéré) * pneu crampon * si trop de neige ou verglas : annulation du déplacement * en prévision changement du véhicule Prévention existante (EPC,EPI) Préconisations ->rappel des consignes du code de la route interdisant le téléphone en conduisant ainsi que l'alcool au volant ->camion et remorque entrenus et équipés (gilet réfléchissant, cône de balisage, ABS, air bag...) Préconisations *chaussures anti dérapantes * sol avec léger dénivellé présence de siphons * nettoyage des locaux en fin de poste Prévention existante (EPC,EPI) Préconisations Utilisation de dispositif mobile (échafaudage, escabeau, échelle…) X RISQUES DE CHUTE D'OBJET, D'EFFONDREMENT RISQUE Manipulation d'objets pouvant blesser / sa forme :contendant, coupant, saillant X effectif concerné 2 Chute de personnes utilisation d'un escabeau 2 marches Risques potentiels Nature du risque Prévention existante (EPC,EPI) Heurt Ecrasement couteaux - esses - crochets *chaussures de sécurité anti dérapantes Manipulation d'objets pouvant blesser / son poids X 2 Heurt Ecrasement 1/2 carcasse (ex :porc 50Kg)ou morceaux comme le globe pouvant peser +/*travail à 2 pour manipuler des charges lourdes 100Kg prise au sol et dépose du *utilisation de table roulante poussoir sur la table de travail Objet difficile à manipuler /niveau pose et dépose >1,2m X 2 Heurt Ecrasement carcasse suspendue à un esse dans la chambre froide 2 Heurt Ecrasement carcasse et morceaux suspendus dans la chambre froide qui peuvent se déchirer si suspendus dans une partie tendre Risques potentiels Nature du risque Entraînement / Coupure Sectionnement / Abrasion lors de l'utilisation du mélangeur Objet mal suspendu RISQUES D'ORIGINE MECANIQUE LIES AUX MACHINES, OUTILS Atteinte possible des pièces mobiles des machines X effectif concerné RISQUE X 1 Préconisations *utilisation d'aide à la manutention comme rolls-rail-chariot à roulettes… L’exécution systématique de certaines tâches à deux comme la manutention de carcasses, de marmites, de machine... *s'assurer de la bonne accroche *accrocher dans une partie dure Prévention existante (EPC,EPI) Préconisations mise en place d'un capot/grille de protection Pas de protection efficace d'éléments de machines dont le mouvement peut être à l'origine d'écrasement, sectionnement, coupure, piqure, abrasion de segments corporels Autre RISQUES DE COUPURE OU PIQURE PAR MANIPULATION X X X RISQUES DE PROJECTION RISQUE Projection de pièces, d'outils X Projection de particules liquides (liquide corrosif, huile, eau...) X lors de l'utilisation du mélangeur mise en place d'un capot/grille de protection *Faire vérifier par un organisme spécialisé la conformité et l’adéquation des machines aux règles d’hygiène et de sécurité CE et NF, HSA ; *Contrôler périodiquement le bon fonctionnement des dispositifs de sécurité(arrêt d’urgence, contacteurs…) ; *Former et informer tout nouvel embauché des précautions à prendre (notamment : débrancher les machines lors des opérations de nettoyage) ; *Afficher aux postes de travail les consignes d’utilisation Entraînement / 1 tranche jambon - 1 hachoir Coupure - 1 mélangeur - 1 poussoir - 1 Sectionnement robot coupe / Abrasion couteaux 2 effectif concerné Risques potentiels Nature du risque Prévention existante (EPC,EPI) Coupure Piqure lors de la manipulation des couteaux pour couper, éplucher, désosser, trancher lors du nettoyage des couteaux, trancheuse à jambon lors de déplacement avec un couteau à la main ganse pour ranger les couteaux gant cote de maille - tablier cote de maille Risques potentiels Nature du risque Prévention existante (EPC,EPI) 2 Blessure cutanée Blessure oculaire projection d'os lors de la découpe 1 Blessure cutanée Blessure oculaire projection de bouillon lors du vidage des marmites RISQUE Manipulation d'objets dont la forme ou l'état de surface peut provoquer des coupures, piqures (bavures, arêtes, pointes..) Entraînement / Coupure Sectionnement / Abrasion 1 2 effectif concerné robinet intégré permettant l'écoulement dans un seau Préconisations Préconisations RISQUES DE BRULURE OU GELURE effectif concerné RISQUE Risques potentiels Nature du risque Prévention existante (EPC,EPI) Préconisations *lors de la préparation / cuisson de la charcuterie sur feux *lors de la prise des marmites chaudes, du transfert, du vidage des plats... *lors de l'ouverture du four vapeur * ouverture en 2 temps du four *gants à disposition *utilisation d'ustensiles pour tenir couvercles, presse à jambon… Trousse de secours en cas de brûlure Revoir l’implantation du cuiseur gaz Présence de produits, pièces, déchets, autres éléments pouvant atteindre ou dépasser 65° X 1 Brûlure Gelure Présence de produits corrosif X 2 Brûlure Gelure produit de nettoyage des sols et surfaces utilisation de gants Risques potentiels Nature du risque Prévention existante (EPC,EPI) RISQUES D'ORIGINE ELECTRIQUE Absence de vérification périodique de l’installation RISQUES D'ECLATEMENT Présence de générateurs, compresseurs, enceinte, récipients et canalisations sous pression de vapeur ou de gaz Absence de détection automatique (fuite de gaz, sécurité de flamme, présence d’eau …) effectif concerné RISQUE X effectif concerné RISQUE X X Electrisation / Electrocution Brûlure 2 2 2 Risques potentiels Explosion Explosion Préconisations Réalisation des visites et vérification de rapport Nature du risque bouteille de gaz dans le laboratoire de charcuterie Prévention existante (EPC,EPI) Préconisations *stockage des bouteilles à l'extérieur *en prévision installation prévoyant les bouteilles en service à l'extérieur *Installer une ventilation équipée d’un coup de poing pour un démarrage en urgence *Vérifier la qualité des arrivées de gaz, vérifier les dates des flexibles - contrôle visuel avant chaque utilisation *sécuriser les zones de cuisson (sécurité pour arrêt flamme nue) RISQUES D'INCENDIE / EXPLOSION Utilisation de produits explosifs, inflammables, comburants non identifiables à l'étiquetage (bois, céréales, gaz de ville...) Absence d'extincteur ou inaccessible effectif concerné Risques potentiels Nature du risque 1 Brûlure Explosion bruleur gaz bouteille de gaz dans le laboratoire charcuterie 2 Brûlure Explosion RISQUE X X Prévention existante (EPC,EPI) Préconisations *installer extincteur en nombre suffisant et adapté *Former le personnel à l’utilisation des extincteurs VERIFICATIONS PERIODIQUES • Risques Chimiques : Trois produits sont employés dans le laboratoire. Il s’agit de produits désinfectants/nettoyants/dégraissants principalement pour les sols et matériels. De l’étude des FDS, il ressort : • aucun usage de produit Cancérogène, Mutagène ou Reprotoxique (CMR) ou ayant des composants CMR, • 1 produit dégraissant classé irritant, • Eau de javel ; à rappeler qu’il ne faut pas mélanger de l’eau de Javel avec un produit acide tel qu’un détartrant : il y a alors formation de dichlore (communément appelé chlore), gaz irritant provoquant toux, gêne respiratoire, crises d’asthme Recommandée Nom du produit/fournisseur Utilisation Classe danger Protection collective Phrases de risques Recommandée Protection individuelle Mise en place Portée Masque Ventilation des locaux Eau de Javel 2.6 % Présence de : sodium hypochlorite, solution ... % Cl active C R34 – R31 et de diméthylcocosaminoxide 30% (C12-C14) Xi N R38- 41 -50 Produit de nettoyage pour sol+surfaces Aspiration Gants Utilisation crème protectrice Centrale de lavage Visière Tenue de travail Masque CIF PROFESSIONNEL DEGRAISSANT Ventilation des locaux Produit dégraissant Gants présence de : Aspiration Métasilicate de disodium/dipotassium Et de Alcool alkyl éthoxylé R 36/38 : irritant pour les yeux et la peau Visière Tenue de travail • Risques Infectieux ou parasitaires : / Ce risque est lié à la présence de germes ou micro organismes pouvant provoquer des maladies telles que bacilles tuberculeux, mycobactéries, verrues des doigts et des paumes des la main, mycoses… Ceux-ci peuvent provenir du contact avec les produits alimentaires notamment d’origine animale et des ambiances de travail avec l’exposition en milieu humide (plonge, nettoyage pour la désinfection, lavage fréquent des mains). RISQUES LIES AUX AGENTS BIOLOGIQUES Autre : X • effectif concerné RISQUE Risques potentiels Infection Allergie 2 Nature du risque *rouget avec blessures par piqures d'os lors de la découpe * mycoses cutanées - verrues au contact de la viande fraiche Prévention existante (EPC,EPI) nettoyage /désinfection plan de travail - quotidien - nettoyage/ pansements suite à coupures utilisation de gants Préconisations *information - vaccination - hygiène des mains *utilisation de gant métallique évitant les blessures lors de la manipulation de couteaux et le contact de plaie avec une partie souillée *désinfecter toute plaie et protéger avec pansement ou doigtier *Coloration des déchets au bleu de méthylène et mise en place traitement spécifique des déchets Risques et contraintes liés à des situations de travail : POSTURES Sollicitation excessive du tronc (exemples : flexion >30°, inclinaison latérale >30°, rotation >40°) Sollicitation excessive des membres supérieurs (exemples : main au niveau de la tête, épaule rehaussée, bras tendu en élévation, coup avec la main, utilisation d'outils vibrants ou percutants) effectif concerné Risques potentiels Nature du risque Prévention existante (EPC,EPI) X Lombalgie / TMS Troubles veineux lors du décrochage des morceaux/carcasses de leur esse Plan de travail à hauteur X Lombalgie / TMS Troubles veineux lors du désossage -du travail au billot - de l'accrochage/décrochage - de l'épluchage - de la manipulation des morceaux sur le billot RISQUE 2 Préconisations Sollicitation excessive des membres inférieurs (exemples : déplacements > 14m/mn, escalade d'obstacle >300mm, piétinement, accroupi ou à genoux) EFFORT / MANUTENTION Port de charges lourdes (masse unitaire pour un homme 30Kg, 15 Kg pour une femme) X Lombalgie / TMS Troubles veineux travail debout Risques potentiels Nature du risque 2 Lombalgie / TMS Coupure / Ecrasement manipulation sur le billot (ex : 1/2 carcasse de porc : 50 kg – bovin : 80 kg ) transfert de morceaux de viandes entre chambre froide et billot / vitrine / remorque 2 effectif concerné RISQUE X Déplacements sous port de charge X 2 Lombalgie / TMS Coupure / Ecrasement Hauteur de pose/dépose inadaptée (exemple : position main <500mm ou >1500mm) X 2 Lombalgie / TMS Coupure / Ecrasement prise des morceaux/carcasses suspendus aux esses Mauvaises postures pendant l'exercice de l'effort (prise bout des doigts, bras écarté >1000mm ou tendus éloignement>500mm, position assise..) X Lombalgie / TMS Coupure / Ecrasement si mauvais entretien du couteau (ni affuter ou affiler) xigence simultanée de précision et d'une force élevée X 2 Lombalgie / lors du désossage - de la TMS découpe de carcasse Coupure / suspendue en chambre froide Ecrasement - de la coupe du périoste Prévention existante (EPC,EPI) Billot à proximité de la chambre froide entretien des couteaux Préconisations • Risques Physiques : ECLAIRAGE Non Concerné Poste non concerné par ce risque X AMBIANCES THERMIQUE ET CLIMATIQUE RISQUE Température de l'air anormale en saison chaude Température de l'air anormale en saison froide Autre AERATION ASSAINISSEMENT Présence de polluants au poste de travail X X X RISQUE X effectif concerné Risques potentiels Nature du risque Prévention existante (EPC,EPI) Préconisations Prévention existante (EPC,EPI) Préconisations éclairage naturel et artificiel adapté effectif concerné Risques potentiels Nature du risque 1 Inconfort / Gelure Coup de chaleur / Malaise dans le laboratoire charcuterie porter des vêtements adaptés aux températures 2 Inconfort / Gelure Coup de chaleur / Malaise sur les marchés porter des vêtements adaptés aux températures utilisation d'un petit radiateur d'appoint bâcher pour éviter les courants d'air froids 2 Inconfort / Gelure Coup de chaleur / Malaise écart de température entre chambre froide et laboratoires - Risques potentiels Nature du risque effectif concerné odeurs / condensation Malaise / d'humidité pdt transformation Intoxication et préparation de la Asphyxie charcuterie Prévention existante (EPC,EPI) *hotte installée au dessus des fours/gaz *nettoyage des filtres *VMC au dessus du poste de plonge Préconisations maintenance des conduits à prévoir par entreprise spécialisée • Autres actions : 2 – MESURES DE PREVENTION TECHNOLOGIQUE (collective, individuelle, efficacité, projet) Nature et efficacité de la protection collective : Mise en place de la VMC au poste de plonge Ventilation installée dans le laboratoire Hotte aspirante dans le laboratoire charcuterie Nature et efficacité de la protection individuelle : EPI mis à disposition (gants – chaussures de sécurité antidérapantes, tenue de travail) Fiche de données de sécurité Diffusion des consignes de sécurité Instructions générales de sécurité à établir et afficher Etablissement de mesures en cas d’urgence Organisation des soins d’urgence avec la réglementation, la conduite à tenir en cas d’accident, appel du centre 15, contenu de la trousse de secours et recommandations pour cette trousse. Autres : 3 – ACTIONS SPECIFIQUES CONDUITES PAR LE MEDECIN DU TRAVAIL Etude des produits utilisés dans l’entreprise Remise des documents concernant les mesures en cas d’urgence Conseils sur les consignes de sécurité Convention des Intervenants en Prévention des Risques Professionnels : (Articles R4623-30, R4623-31 et R4623-36 du Code du Travail) 4 – MESURES PARTICULIERES PRISES DANS LE CADRE D’UN CONTRAT DE PREVENTION PASSE EN APPLICATION D’UNE CONVENTION D’OBJECTIFS (article L 422-5 du code de la sécurité sociale) 5 – MESURES CONCERNANT LA FORMATION • Formation à la sécurité : moyens, modalités • Formation des secouristes Former une personne au secourisme 6 – MESURES CONCERNANT LES SOINS ET LES PREMIERS SECOURS Secourisme Nombre de personnes formées Nature de la formation Actualisation de leur formation Fréquence de Date de recyclage recyclage Personnel infirmier : 7 – AMENAGEMENT DE POSTE CONCLUSION : Points positifs : • Mise en place d’un certain nombre de dispositifs pour l’assainissement de l’air, • Utilisation de bacs roulants pour le transport de charges lourdes, Points à améliorer : • • • • Prévoir contrôle périodique de l’installation électrique, Installer un extincteur dans le laboratoire de charcuterie, Revoir l’emplacement du cuiseur à gaz, Mettre en place l’affichage obligatoire. SECOURS EN ENTREPRISE Le Code du Travail fait obligation à l’employeur d’organiser dans son entreprise les soins d’urgence. Pour cela, il peut être conseillé par son médecin du travail. Organisation des secours Article R4224-15 : Un membre du personnel reçoit la formation de secouriste nécessaire pour donner les premiers secours en cas d'urgence dans : 1° Chaque atelier où sont accomplis des travaux dangereux ; 2° Chaque chantier employant vingt travailleurs au moins pendant plus de quinze jours où sont réalisés des travaux dangereux. Les travailleurs ainsi formés ne peuvent remplacer les infirmiers. Remarque : L’INRS (Institut National de Recherche Scientifique) préconise de former 1 SST pour 10 à 15 salariés mais, ce sont les services de prévention des CRAM qui conseillent les entreprises en ce domaine. Ce nombre est à adapter en fonction des effectifs et des risques propres à l’entreprise. Le médecin du travail est associé à la formation de sauveteur secouriste du travail. Le recyclage des secouristes est obligatoire. Depuis la Circulaire 53/2007 du 03/12/2007, le premier recyclage doit avoir lieu dans l'année qui suit la formation initiale. Un recyclage est ensuite nécessaire tous les 2 ans, délai maximum pour conserver la validité de son certificat. Déclaration des accidents bénins : L’employeur peut être dispensé de la déclaration des accidents bénins sous réserve de leur inscription sur un registre spécial ouvert à cet effet. Les conditions de délivrance de ce registre sont examinées par la CRAM. Affichage obligatoire Numéros d’urgence SAMU : 15 Pompiers : 18 Urgences : 112 Médecin du travail : Inspecteur du travail : Article D4711-1 : L'employeur affiche, dans des locaux normalement accessibles aux travailleurs, l'adresse et le numéro d'appel : 1° Du médecin du travail ou du service de santé au travail compétent pour l'établissement ; 2° Des services de secours d'urgence ; 3° De l'inspection du travail compétente ainsi que le nom de l'inspecteur compétent. Matériel de premiers secours Article R4224-14 : Les lieux de travail sont équipés d'un matériel de premiers secours adapté à la nature des risques et facilement accessible. Article R4224-23 : Le matériel de premiers secours fait l'objet d'une signalisation par panneaux. Il appartient au médecin du travail de fixer le contenu de la trousse de secours et/ou de l'armoire à pharmacie, ainsi que les modalités d'utilisation des produits. Article R4412-34 : En présence d'agents chimiques dangereux sur les lieux de travail, des installations de premier secours appropriées sont mises à disposition. Des exercices de sécurité pertinents sont organisés à intervalles réguliers. Local de secours Article R4214-23 : Lorsque l'effectif prévu est au moins égal à deux cents dans les établissements industriels ou à cinq cents dans les autres établissements, un local destiné aux premiers secours, facilement accessible avec des brancards et pouvant contenir les installations et le matériel de premiers secours, est aménagé. Les locaux médicaux dont les caractéristiques sont déterminées par l'arrêté mentionné à l'article (R. 4624-30) peuvent être utilisés comme locaux de premiers secours sous réserve de remplir les conditions prévues au premier alinéa. Le local de premiers secours comporte une signalisation. Emploi d’infirmiers Article R4623-51 : Les établissements industriels de 200 à 800 salariés emploient au moins un infirmier et, au-delà de cet effectif, un infirmier supplémentaire par tranche de 600 salariés. Les autres établissements de 500 à 1 000 salariés emploient au moins un infirmier et, au-delà de cet effectif, un infirmier supplémentaire par tranche de 1 000 salariés. Article R4623-52 : Dans les établissements industriels de moins de 200 salariés et dans les autres établissements de moins de 500 salariés, un infirmier est recruté si le médecin du travail et le comité d'entreprise en font la demande. Lorsque l'employeur conteste la demande, la décision est prise par l'inspecteur du travail après avis du médecin inspecteur du travail. Article R4224-16 : En l'absence d'infirmiers, ou lorsque leur nombre ne permet pas d'assurer une présence permanente, l'employeur prend, après avis du médecin du travail, les mesures nécessaires pour assurer les premiers secours aux accidentés et aux malades. Ces mesures qui sont prises en liaison notamment avec les services de secours d'urgence extérieurs à l'entreprise sont adaptées à la nature des risques. Ces mesures sont consignées dans un document tenu à la disposition de l'inspecteur du travail. Note du Dr Saux, médecin chef de l’inspection médicale du travail, du 13 mars 1998 : « En pratique, ces trousses de secours, utilisées par des salariés ou des secouristes, ne doivent pas contenir de médicaments susceptibles d’effets secondaires graves, ce qui peut être le cas de l’aspirine. La trousse de secours doit être placée si possible sous la responsabilité d un secouriste, qui veillera au renouvellement des produits, et à proximité d’un téléphone, où les numéros d’urgence sont affichés. Les soins délivrés dans le cadre d’un accident du travail doivent être mentionnés dans le registre des accidents bénins. En cas d’accident consécutif à la délivrance de médicaments ou à l’utilisation de produits inadaptés, la responsabilité du médecin peut être engagée, ainsi que celle de l’employeur. » ANNEXES Conduite à tenir en cas d’accident Prévenez le sauveteur secouriste du travail qui doit : 1.PROTEGER 2.EXAMINER 3.FAIRE ALERTER 4.SECOURIR APPELER LE 15 L’évacuation du blessé ou du malade se fera selon les consignes déterminées par les services d’urgence appelés. PRECISER DANS LE MESSAGE D’ALERTE : • • • • Le lieu de l’accident La nature de l’accident Le nombre des victimes L’état de la ou des victime(s) • Ne jamais raccrocher le premier • S’assurer que l’alerte bien été donnée • Envoyer une personne au devant des secours DANS TOUS LES CAS ORGANISER L’ACCES DES SECOURS SUR LE LIEU DE L’ACCIDENT LE PLUS PRES POSSIBLE DE LA VICTIME 86 A.I.P.S.T. 18 8 rue Maurice Roy 18000 BOURGES Docteur MICHOT SECTION D’UN MEMBRE OU D’UN DOIGT PREVENIR LE PLUS RAPIDEMENT LE 15 EN CAS DE SECTION COMPLETE : • Mettre la partie amputée, sans la nettoyer, dans un sac en plastique • Bien fermer le sac • Poser le sac sur de la glace DANS TOUS LES CAS : • • • • • Pas de garrot Pas de coton Pas de produit désinfectant Ne rien donner à boire ni à manger Allonger le blessé …le surveiller jusqu’à l’arrivée des secours 87 A.I.P.S.T. 18 8 rue Maurice Roy 18000 BOURGES Docteur MICHOT CONTENU DE LA TROUSSE DE SECOURS - Une boite de gants jetables pour donner les soins - Une paire de ciseaux - Une pince à écharde - Des bandes Nylex - Des compresses stériles et non stériles - Des pansements auto-adhésifs - Du sparadrap hypoallergénique - Un flacon de désinfectant : dosettes Hibidil ou flacon de Biseptine - Un flacon de Dacryo-sérum (ou dosettes Physiologica) - Un flacon d’alcool à 70° - Un tube d’Hémoclar pour les coups sans plaie - Un tube de Biafine pour les brûlures légères - Une couverture iso thermique - Un coussin hémostatique - Sachets propres en plastique et glaçons dans le réfrigérateur 88 A.I.P.S.T. 18 8 rue Marucie Roy 18000 BOURGES Docteur MICHOT RECOMMANDATIONS CONCERNANT LA TROUSSE DE SECOURS - L’armoire doit être maintenue en bon état et contenir des produits non périmés, propres et bien rangés. - Le soigneur doit se laver les mains et porter des gants jetables. - Le nettoyage des plaies se fera avec des compresses et un désinfectant mais pas de coton hydrophile. - L’Alcool à 70° sert à la désinfection des instruments mais ne doit pas être utilisé sur une plaie. - La Biafine ne sera utilisée que sur de petites brûlures superficielles (sinon, il faut consulter un médecin en ayant préalablement refroidi la brûlure sous l’eau froide). - Le Dacryo-sérum permet le rinçage oculaire en cas d’irritation ou de poussières dans les yeux, mais il ne peut être utilisé lors de projection de produit chimique dans les yeux. - Dans le cas de projection d’un produit chimique dans l’œil, il faut faire un rinçage oculaire sous l’eau pendant 15 minutes en prenant soin de ne pas contaminer l’autre œil lors de cette opération et il faut consulter. - ATTENTION : Toute plaie, toute brûlure peut se compliquer de tétanos. - La trousse de secours n’est à utiliser que par le secouriste formé et recyclé qui veillera également que la trousse soit réapprovisionnée après utilisation. - La trousse de secours ne doit pas contenir d’autres médicaments que ceux cités ci dessus 89 Régime général Tableau 40 Maladies dues aux bacilles tuberculeux et à certaines mycobactéries atypiques (Mycobacterium avium/intracellulare, Mycobacterium kansasii, Mycobacterium xenopi, Mycobacterium marinum, Mycobacterium fortuitum) Date de création : décret du 26 décembre 1957 Désignation des maladies Dernière mise à jour : Décret du 26 juillet 1999 Délai de prise en charge Liste limitative des travaux susceptibles de provoquer ces maladies -A- -A- Affections dues à Mycobacterium bovis : Travaux exposant au contact d'animaux susceptibles d'être porteurs de bacilles bovins ou exécutés dans des installations où ont séjourné de tels animaux. Travaux exécutés dans les abattoirs, les boucheries, les charcuteries, les triperies ou boyauderies, les entreprises d'équarrissage. Manipulation ou traitement du sang, des glandes, des os, des cornes, des cuirs verts. Soins vétérinaires. Travaux de laboratoire de biologie. - tuberculose cutanée ou sous-cutanée ; 6 mois - tuberculose ganglionnaire ; 6 mois - synovite, ostéo-arthrite ; - autres localisations. 1 an 6 mois A défaut de preuves bactériologiques, le diagnostic devra s'appuyer sur des examens anatomopathologiques ou d'imagerie, ou à défaut, par traitement d'épreuve spécifique. -BAffections dues à Mycobacterium tuberculosis, Mycobacterium bovis, Mycobacterium africanum : - primo-infection ; - tuberculose pulmonaire ou pleurale ; - tuberculose extra thoracique. -B6 mois La primo-infection sera attestée par l'évolution des tests tuberculiniques. L'étiologie des autres pathologies devra s'appuyer, à défaut de preuves bactériologiques, sur des examens anatomopathologiques ou d'imagerie, ou à défaut, par traitement d'épreuve spécifique. -CInfections dues à Mycobacterium avium intracellulare, Mycobacterium kansasii, Mycobacterium xenopi : - pneumopathies chroniques dont l'étiologie doit être confirmée par des examens bactériologiques. -C6 mois -DAffections cutanées dues à Mycobacterium marinum et fortuitum : - infection cutanée granulomateuse ulcéreuse prolongée dont l'étiologie doit être confirmée par des examens bactériologiques. Travaux de laboratoire de bactériologie. Travaux effectués par le personnel de soins et assimilé, de laboratoire, d'entretien, de service ou des services sociaux, mettant le personnel au contact de produits contaminés ou de malades dont les examens bactériologiques ont été positifs. Travaux de laboratoire de bactériologie. Travaux effectués par le personnel de soins et assimilé, de laboratoire, d'entretien, de service ou des services sociaux, mettant le personnel au contact de produits contaminés ou de malades dont les examens bactériologiques ont été positifs -D- 30 jours Travaux en milieu aquatique mettant en contact avec des eaux contaminées. Travaux d'entretien des piscines et aquarium 90 Régime général Tableau 65 Lésions eczématiformes de mécanisme allergique Date de création : décret du 2 juin 1977 Dernière mise à jour : décret du 11 février 2003 Désignation de la maladie Délai de prise en charge Liste indicative des principaux travaux susceptibles de provoquer ces maladies Lésions eczématiformes récidivant en cas de nouvelle exposition au risque ou confirmées par un test épicutané positif au produit manipulé. 15 jours Préparation, emploi, manipulation des agents nocifs limitativement énumérés ci-après : A. - Agents chimiques : Acide chloroplatinique ; Chloroplatinates alcalins ; Cobalt et ses dérivés ; Persulfates alcalins ; Thioglycolate d'ammonium ; Épichlorhydrine ; Hypochlorites alcalins ; Ammoniums quaternaires et leurs sels, notamment dans les agents détergents cationiques ; Dodécyl-aminoéthyl glycine ; Insecticides organochlorés ; Phénothiazines ; Pipérazine ; Mercapto-benzothiazole ; Sulfure de tétraméthyl-thiurame ; Acide mercapto-propionique et ses dérivés ; N-isopropyl N'-phénylparaphénylène-diamine et ses dérivés ; Hydroquinone et ses dérivés ; Dithiocarbamates ; Sels de diazonium, notamment chlorure de diéthylaminobenzène diazonium ; Benzisothiazoline-3-one ; Dérivés de la thiourée ; Acrylates et méthacrylates ; Résines dérivées du para-tert-butylphénol et du para-tert-butylcatéchol ; Dicyclohexylcarbodiimide; Glutaraldéhyde. B. - Produits végétaux ou d'origine végétale : Produits d'extraction du pin, notamment essence de térébenthine, colophane et ses dérivés ; Baume du Pérou ; Urushiol (laque de Chine) ; Plantes contenant des lactones sesquiterpéniques (notamment artichaut, arnica, chrysanthème, camomille, laurier noble, saussurea, frullania, bois de tulipier, armoise, dahlia) ; Primevère ; Tulipe ; Alliacées (notamment ail et oignon) ; Farines de céréales. 91 Régime général Tableau 88 Rouget du porc (Érysipéloïde de Baker-Rosenbach) Date de création : décret du 6 mai 1988 Désignation des maladies Forme cutanée simple : placard érysipéloïde (en dehors des cas considérés comme accidents du travail). Forme cutanée associée à une monoarthrite ou à une polyarthrite loco-régionale. Dernière mise à jour : Délai de prise en charge 7 jours 30 jours Formes cutanées chroniques, à rechute. 6 mois Formes septicémiques : complications endocarditiques, intestinales. 6 mois Liste limitative des travaux susceptibles de provoquer ces maladies Travaux exécutés dans les boucheries, charcuteries, triperies, boyauderies, abattoirs, ateliers d'équarrissage, volailleries, pêcheries, poissonneries, cuisines. Travaux exécutés dans les élevages d'ovins, de porcins, de volailles ou de gibiers. Travaux de conditionnement, transport, entreposage, salaison, mise en conserve, réfrigération, congélation, surgélation de produits alimentaires d'origine animale. Fabrication de gélatine, de colles à base d'os. Manipulation et traitement de suints, de cuirs verts. Travaux exécutés dans les parcs zoologiques. Travaux exécutés dans les laboratoires vétérinaires. Travaux de gardes-chasse. 92 Régime général Tableau 57 Affections périarticulaires provoquées par certains gestes et postures de travail Date de création : 9 novembre 1972 Désignation des maladies Dernière mise à jour : décret du 17 octobre 2011 Délai de prise en charge Liste limitative des travaux susceptibles de provoquer ces maladies 30 jours Travaux comportant des mouvements ou le maintien de l'épaule sans soutien en abduction (**) avec un angle supérieur ou égal à 60° pendant au moins 3h30 par jour en cumulé. 6 mois sous réserve d'une durée d'exposition de 6 mois) Travaux comportant des mouvements ou le maintien de l'épaule sans soutien en abduction (**): - avec un angle supérieur ou égal à 60° pendant au moins deux heures par jour en cumulé ou - avec un angle supérieur ou égal à 90° pendant au moins une heure par jour en cumulé. - A - Épaule Tendinopathie aiguë non rompue non calcifiante avec ou sans enthésopathie de la coiffe des rotateurs. Tendinopathie chronique non rompue non calcifiante avec ou sans enthésopathie de la coiffe des rotateurs objectivée par IRM (*). Rupture partielle ou transfixiante dze la coiffe des rotateurs objectivée par IRM (*) 1 an (sous réserve d'une durée d'exposition d'un an) Travaux comportant des mouvements ou le maintien de l'épaule sans soutien en abduction (**): - avec un angle supérieur ou égal à 60° pendant au moins deux heures par jour en cumulé ou - avec un angle supérieur ou égal à 90° pendant au moins une heure par jour en cumulé. - B - Coude Épicondylite. 7 jours Travaux comportant habituellement des mouvements répétés de préhension ou d'extension de la main sur l'avant-bras ou des mouvements de supination et pronosupination. Épitrochléite. 7 jours Travaux comportant habituellement des mouvements répétés d'adduction ou de flexion et pronation de la main et du poignet ou des mouvements de supination et pronosupination. 7 jours Travaux comportant habituellement un appui prolongé sur la face postérieure du coude. - hygroma chronique des bourses séreuses. 90 jours Travaux comportant habituellement un appui prolongé sur la face postérieure du coude. Syndrome de la gouttière épitrochléo-olécrânienne (compression du nerf cubital). 90 jours Travaux comportant habituellement un appui prolongé sur la face postérieure du coude. Hygromas : - hygroma aigu des bourses séreuses ou atteinte inflammatoire des tissus sous-cutanés des zones d'appui du coude ; - C - Poignet - Main et doigt Tendinite. 7 jours Ténosynovite. 7 jours Syndrome du canal carpien. 30 jours Syndrome de la loge de Guyon. 30 jours Travaux comportant de façon habituelle des mouvements répétés ou prolongés des tendons fléchisseurs ou extenseurs de la main et des doigts. Travaux comportant de façon habituelle, soit des mouvements répétés ou prolongés d'extension du poignet ou de préhension de la main, soit un appui carpien, soit une pression prolongée ou répétée sur le talon de la main. - D - Genou Syndrome de compression du nerf sciatique poplité externe. 7 jours Travaux comportant de manière habituelle une position accroupie prolongée 7 jours Travaux comportant de manière habituelle un appui prolongé sur le genou. Hygromas : - hygroma aigu des bourses séreuses ou atteinte inflammatoire des tissus sous-cutanés des zones d'appui du genou ; 93 - hygroma chronique des bourses séreuses. 90 jours Travaux comportant de manière habituelle un appui prolongé sur le genou. Tendinite sous-quadricipitale ou rotulienne. 7 jours Travaux comportant de manière habituelle des mouvements répétés d'extension ou de flexion prolongées du genou. Tendinite de la patte d'oie. 7 jours Travaux comportant de manière habituelle des mouvements répétés d'extension ou de flexion prolongées du genou. 7 jours Travaux comportant de manière habituelle des efforts pratiqués en station prolongée sur la pointe des pieds. - E - Cheville et pied Tendinite achiléenne. Régime général Tableau 98 Affections chroniques du rachis lombaire provoquées par la manutention manuelle de charges lourdes Date de création : 16 février 1999 (décret du 15 février 1999) Désignation de la maladie Sciatique par hernie discale L4-L5 ou L5-S1 avec atteinte radiculaire de topographie concordante. Radiculalgie crurale par hernie discale L2-L3 ou L3-L4 ou L4-L5, avec atteinte radiculaire de topographie concordante. Dernière mise à jour : Délai de prise en charge Liste limitative des travaux susceptibles de provoquer ces maladies 6 mois (sous réserve d'une durée d'exposition de 5 ans). Travaux de manutention manuelle habituelle de charges lourdes effectués : - dans le fret routier, maritime, ferroviaire, aérien ; - dans le bâtiment, le gros œuvre, les travaux publics ; - dans les mines et carrières ; - dans le ramassage d'ordures ménagères et de déchets industriels ; - dans le déménagement, les garde-meubles ; - dans les abattoirs et les entreprises d'équarrissage ; - dans le chargement et le déchargement en cours de fabrication, dans la livraison, y compris pour le compte d'autrui, le stockage et la répartition des produits industriels et alimentaires, agricoles et forestiers ; - dans le cadre des soins médicaux et paramédicaux incluant la manutention de personnes ; - dans le cadre du brancardage et du transport des malades ; - dans les travaux funéraires. 94