formation - CH La Chartreuse Dijon
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formation formation dossier Déclarer les actes de violence, une nécessité La Direction qualité et gestion des risques du Centre hospitalier de Poissy Saint-Germainen-Laye a adopté des mesures de lutte contre les violences à l’encontre de son personnel. Les agents sont encouragés à adopter les bons comportements face à la violence et à déclarer tout incident. Un plan de prévention est également à l’étude. L’ hôpital, ouvert sur la cité, lieu de soins accessible à tous, est devenu aussi un lieu de violence. Toutes les formes de violence exercées sur les professionnels de santé se multiplient et sont de plus en plus souvent banalisées par les agents eux-mêmes, peu enclins à en parler. Inciter les victimes d’agression à déclarer ces événements est indispensable pour pouvoir adapter une politique de lutte contre la violence. Identifier les situations de violence Face aux manifestations de violence à l’encontre du personnel hospitalier, un dispositif d’accompagnement est en cours de rédaction au Centre hospitalier de Poissy Saint-Germain-en-Laye (78). La prise en charge des agents agressés peut être de nature somatique, psychologique, administrative, sociale, juridique ou institutionnelle. Une prise en charge collective de l’équipe doit être associée. La multiplicité des formes de violence, de leurs origines et de leurs conséquences, la diversité des personnes ou instances impliquées et l’importance des moyens à engager complexifient le traitement de ces situations. La “procédure du Dr Violette” Depuis plus de 15 ans, le Centre hospitalier de Poissy Saint-Germain-enLaye applique la “procédure du Dr Violette” face aux situations de travail se déroulant dans un climat d’agressivité et/ou de violence non contrôlable. Un simple appel au standard indiquant « Docteur Violette » déclenche l’intervention sans délai de personnels formés à ce type d’intervention qui viennent apporter leur aide au service demandeur. Cette procédure vise à protéger les personnes. Elle est une réponse à certaines typologies de violence nécessitant une prise en charge médicale d’un patient agité. Elle est inadaptée lorsque l’intervention relève des missions des forces de l’ordre ou pour tout désordre constaté en dehors de l’enceinte de l’établissement. Créée par le chef de service des urgences, la “procédure du Dr Violette” a fait ses preuves et a été reconnue comme action exemplaire par la Haute Autorité de santé lors de la visite d’accréditation en 2006. Une bonne connaissance des faits de violence s’impose pour une analyse pluridisciplinaire dans le cadre de la gestion des risques. L’obligation de signalement à l’Observatoire national de la violence hospitalière (ONVH) a incité la Direction qualité et gestion des risques (DQGDR) à créer une fiche de déclaration d’événement indésirable (EI) spécifique aux actes de violence dans le logiciel de déclaration d’EI. Cet outil, accessible à l’ensemble des professionnels via l’intranet de l’hôpital, est plébiscité par les paramédicaux qui y voient l’engagement de la DQGDR à soutenir des projets d’amélioration impliquant l’ensemble de la communauté hospitalière. Les EI ainsi tracés sont transmis instantanément aux destinataires chargés de les traiter. Impliquer tous les acteurs Le projet d’accompagnement du professionnel victime d’agression est conduit par la DQGDR, porté par son directeur et par le cadre supérieur chargé du suivi des déclarations d’EI. Interviennent tout particulièrement, en apportant leurs compétences spécifiques : les deux qualiticiennes pour le suivi méthodologique de la démarche et la réalisation des modifications fonctionnelles du logiciel, la juriste pour la veille réglementaire, la chargée de communication proposant les messages adaptés aux différents canaux d’information et le webmaster chargé de leur mise en ligne sur intranet. Après une agression, l’agent est contacté par le cadre supérieur de la DQGDR et reçoit un courrier personnalisé du directeur qualité. En cas d’incident grave, le gestionnaire de risques de l’établissement peut être amené à faire une analyse des causes et un retour d’expérience à visée préventive. Impliquer les victimes pour déclarer les faits de violence Établir un rapport détaillé rapportant des faits précis (date, heure, circonstances de l’agression, identité du ou des agresseur(s) et témoin(s) éventuels) est indispensable pour engager toute démarche d’accompagnement individualisé. Si l’acte de violence est identifié La revue de l’infirmière Ř Novembre 2010 Ř n° 165 © 2014 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 20/01/2014 par CH La Chartreuse - (314578) 29 formation formation dossier et reconnu, la mobilisation des acteurs impliqués dans la prise en charge de la victime est facilitée. La coordination des moyens engagés devient plus efficiente. L’agent suffisamment renseigné et conseillé peut demander réparation voire dédommagement pour le préjudice subi. Informer et sensibiliser Une campagne de sensibilisation à la lutte contre la violence doit être prochainement lancée dans l’établissement. Une procédure de prise en charge et d’accompagnement des situations de violence sur agent sera diffusée. Une plaquette de sensibilisation sera remise à chaque professionnel et sera mise à disposition dans les salles d’attente appropriées (services de santé au travail, assistante sociale du personnel, local du Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), direction des ressources humaines, direction des soins). Face à une situation violente, tout membre du personnel peut appeler le standard et dire simplement « Docteur Violette », ce qui déclenche une intervention d'urgence. Une conférence d’information et de sensibilisation La DQGDR prévoit une conférence ouverte à tous sur le thème de la violence à l’hôpital. Les médecins de santé au travail, les représentants des forces de l’ordre, le travailleur social du commissariat de police et d’autres intervenants extérieurs seront présents pour définir les différents types de violence, les niveaux de gravité, les réponses apportées et ouvrir le débat sur les actions de prévention souhaitables. À cette occasion seront évoquées les actions déjà entreprises par la direction des travaux en charge de la sécurité dans l’établissement (pose de digicodes et de visiophones, organisation des rondes de l’équipe de sécurité, etc.). Le partenariat entre l’établissement et les forces de l’ordre sera également rappelé. En effet, un numéro d’appel abrégé a été créé par les téléphonistes de l’établissement pour permettre l’accès au 17 sur tous les postes. Cette information est relayée par intranet sur un tableau recensant les numéros d’appel d’urgence (police, pompiers, équipe médicale mobilisable en cas d’arrêt cardiorespiratoire). Enfin, l’aspect juridique sera évoqué par la direction des affaires juridiques pour préciser les modalités de la prise en charge, par l’assureur, des frais engendrés pour toute action en justice, au titre de la protection juridique. Projet de plan de prévention À terme, un groupe pluridisciplinaire de réflexion et de proposition sera conduit par la DQGDR. Un plan de prévention pourra être construit dès lors que l’établissement sera en mesure de réduire les événements pouvant favoriser la violence par des actions structurelles, organisationnelles et humaines. L’enjeu de ce projet est double : l’amélioration des conditions de travail par la diminution du sentiment d’insécurité des professionnels et surtout l’amélioration de la qualité de l’accueil et de la prise en charge des patients. Ř Françoise Griveau cadre supérieur de santé Direction de la qualité et de la gestion des risques Centre hospitalier de Poissy Saint-Germain-en-Laye (78) © BSIP/Laurent [email protected] 30 © 2014 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. - Document téléchargé le 20/01/2014 par CH La Chartreuse - (314578) L'auteur n'a pas déclaré de conflit d'intérêts. La revue de l’infirmière Ř Novembre 2010 Ř n° 165