Silvia Steidle, ultime espoir radical

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Silvia Steidle, ultime espoir radical
LE JOURNAL DU JURA / SAMEDI 11 DÉCEMBRE 2010
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● Vie
Bioexpress
BRUNO PAYRARD
BIENNE
privée Silvia Steidle est née le 16 juillet 1972. Elle a grandi à Bienne entourée de deux sœurs et deux frères jumeaux dont
elle est l’aînée. Elle est mariée à Laurent et maman d’une petite fille, Lina.
● Carrière politique Conseillère municipale à titre accessoire depuis le 1er janvier 2009, elle est vice-présidente du Parti radical
romand depuis 2006.
● Profession Politologue de formation, elle a fait un post-grade en marketing. Elle est cheffe de la communication de l’Office fédéral de la statistique depuis 2006. Elle est aussi membre du Conseil des affaires francophones du district bilingue de Bienne, ainsi
que, entre autres, de la Commission bernoise pour l’intégration des étrangers.
SUCCESSION STÖCKLI
Silvia Steidle, ultime espoir radical
Dans une semaine, la
radicale romande Silvia
Steidle sera confrontée au
socialiste Erich Fehr dans la
course au Conseil municipal.
La candidate, qui incarne
désormais tous les espoirs de
la droite biennoise, porte un
regard plein de lucidité sur
ces élections.
ISABELLE GRABER
L
e 28 novembre, 2974 citoyens ont accordé leur
confiance à Silvia
Steidle, la portant ainsi
au deuxième rang de ce premier tour électoral, assez loin
cependant d’Erich Fehr, qui a
raté de peu la majorité absolue
avec ses 5716 suffrages.
Le 19 décembre, la radicale
pourra certainement compter
avec une bonne partie des
voix que s’étaient partagées
Beat Feurer (2648), Alfredo
Piazza (494) et Antonio Cataldo (191). Mais ce potentiel
électoral sera-t-il suffisant
pour permettre à l’actuel conseillère municipale à titre accessoire de prendre en charge
une direction dès le 1er janvier? Interview.
Quel regard portez-vous sur
votre résultat au premier tour
et, plus largement, sur le
score global enregistré par les
partis bourgeois?
Les résultats des élections
du 28 novembre dernier sont
un succès pour le camp bourgeois, et cela sur deux plans.
D’une part, la majorité absolue n’a pas été remportée par
la gauche, majoritaire à
Bienne. Deuxièmement, le
pourcentage des votes obtenu par les radicaux et
l’UDC est égal à celui du
parti
socialiste.
L’UDC
s’étant retirée au second tour
en ma faveur, tout reste ouvert pour les élections du
19 décembre prochain.
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L’initiative UDC sur les
criminels étrangers a sans
doute mobilisé les électeurs le
28 novembre. Pensez-vous que
le taux de participation sera
aussi élevé le 19 décembre?
Conseil de fondation du Centre Hospitalier biennois. J’ai
par ailleurs à mon actif l’expérience de commissions cantonales, comme le Conseil des
affaires francophones, la
Commission bernoise pour
l’intégration des étrangers ou
encore le conseil de fondation
du Groupement bernois en
matière de dépendance.
Le taux de participation sera
plus bas, d’une part parce que
les délais pour voter sont extrêmement courts, mais également parce que les élections
tombent en pleine période de
vacances. Je souligne cependant que même si l’initiative
sur les renvois a passé le cap
au niveau suisse, à Bienne elle
a surtout mobilisé l’électorat
de gauche.
Bienne étant par tradition une
ville de gauche, vos chances
d’être élue au Municipal sontelles réelles?
Bienne a connu par le passé
une répartition plus équitable
entre la gauche et la droite au
sein du municipal. Les bourgeois ont été les grands perdants des élections de 2008.
C’est le moment de renverser
la majorité et peut-être également de mettre fin à une mairie socialiste depuis 1976!
Avec quels arguments
comptez-vous convaincre les
Biennois de se rendre aux
urnes dans une semaine?
L’élection de remplacement
au Municipal et à la mairie est
assez importante en soi pour
que les Biennoises et les Biennois se déplacent aux urnes.
Tout n’est pas joué et c’est une
occasion unique pour opérer
un vrai changement à Bienne,
que ce soit au Municipal ou à
la mairie.
Quels sont les principaux axes
de la campagne que vous
menez actuellement?
En tant que représentante
de l’économie et des milieux
bourgeois, je milite pour le développement des entreprises,
ainsi que l’implantation de
nouvelles firmes, grâce au
soutien de la Promotion économique. Je prône également
le maintien de la quotité d’impôt dans la moyenne régionale, ainsi que l’accroissement
de l’efficacité de l’administration par le biais de la centralisation.
Vos adversaires vous
reprochent votre manque
d’expérience sur la scène
politique biennoise. Que leur
répondez-vous?
CONFIANTE Silvia Steidle sait mieux que personne que, même si elle
échoue dans une semaine, elle lance un signal fort pour 2012. (ARCHIVES)
Mon engagement sur la
scène politique biennoise au
sein de commissions, de conseils et de comités est multiple, mais pas toujours en vue
pour le simple citoyen. Je suis
entre autres membre de la délégation du Municipal auprès
d’Energie Service Bienne
(ESB), membre du Comité de
la Chambre économique
Bienne-Seeland ou encore du
La vie côté jardin
Pour Silvia Steidle, une journée idéale est tout d’abord
ensoleillée: «Elle commence par un bon cappuccino, dégusté
sur une terrasse... et se termine par un verre de Sancerre,
agrémenté de petits fourrés au fois gras. Vous l’aurez compris,
je suis une grande gourmande. Entre les deux verres, j’ai eu le
temps de chiner une vieille bague au marché aux puces, j’ai
souri en visitant l’exposition Felicità au Musée du Pasquart et
j’ai rencontré une amie, qui m’a parlé des projets de
développement de son entreprise.»
Et les vacances? «Je les passe à plonger dans les lagons azur
du bout du monde, je goûte des plats inconnus et m’émerveille
en observant durant des heures des espèces animales qui
m’émerveillaient déjà toute petite, lorsque je feuilletais les
encyclopédies de la bibliothèque.» Les fêtes s’annoncent sous
le signe de la convivialité: «Ce Noël, je le passerai en famille,
avec ma petite fille qui s’intéresse encore plus aux emballages
de cadeaux qu’aux cadeaux eux-mêmes...» /ig
A l’instar de Barbara
Schwickert, qui se présente à
la mairie, vous n’avez guère
mis en avant la «carte femme»
dans votre campagne. Les
milieux féminins, voire
féministes biennois, brillent
aussi par leur silence.
Comment l’expliquez-vous?
L’argument femme séduit
plutôt l’électorat socialiste qui,
présentant un homme à ces
élections, se fait très discret
sur la question de la sous-représentation féminine au gouvernement biennois. Cette
dernière est cependant alarmante, comparée aux autres
grandes villes suisses et aux
capitales européennes. L’argument femme resurgira toutefois lors des prochaines élections de renouvellement du
Conseil municipal, en 2012,
ce que j’encourage fortement.
Si elle vous soutient sans
partage, la droite ne cache
toutefois pas sa sympathie
face à Erich Fehr, qu’elle
souhaiterait voir accéder à la
mairie. Sachant qu’il doit
aussi être élu au Municipal
pour pouvoir y accéder, le
message de votre parti n’est-il
pas un brin paradoxal?
Toute la droite ne soutient
pas le candidat socialiste à la
mairie. L’UDC a par exemple
décidé de ne pas donner de recommandations de vote. Il en
va de même pour les radicaux
et les Verts libéraux. Pour ma
part je suis également soutenue par certains milieux culturels, tendanciellement plus à
gauche.
Si vous êtes élue le
19 décembre et qu’Erich Fehr
enregistre le meilleur score
pour la mairie, les Biennois
devront repasser une troisième
fois devant les urnes le
13 février, et vous serez alors
candidate à la mairie. Que
pensez-vous de ce scénario?
Il est vrai qu’un tel scénario
est possible. Cependant je n’ai
pas encore pris de décision à
ce sujet. Il faudra traiter le cas
s’il se présente et prendre la
meilleure décision, c’est-à-dire
que les bourgeois devront
alors opter pour le candidat ou
la candidate de droite susceptible de l’emporter face à la
gauche.
Que vous gagniez ou non, ces
élections vous auront permis
de mieux vous faire connaître
sur la scène locale. De quoi
vous donner des ailes pour les
élections de 2012?
Ce qui me donne des ailes,
c’est le travail intensif qui a
lieu, indépendamment des
élections, avec les autres partis
et les politiciens qui partagent
mes valeurs libérales. Cette
collaboration s’est intensifiée
cette année et elle sera, je l’espère, couronnée en 2012 par
le succès. En ce sens oui,
c’était une bonne préparation
pour les années à venir. /IG