etude de quelques regimes politiques
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ETUDE DE QUELQUES REGIMES POLITIQUES 15 décembre 2013 LECON 7 LA MONARCHIE - Définir : monarque, monarchie, absolutisme, centralisme, tyran, tyrannie, dictateur, dictature ; Dégager les caractères généraux d’un régime monarchique ; Identifier les types de monarchie ; Etablir la différence entre : monarchie et dictature, monarchie et démocratie ; Relever les atteintes aux libertés et aux droits de l’Homme dans certaines monarchies. INTRODUCTION Le régime politique est un «sous ensemble du système politique. Il représente (…) les modes d’organisation (des rapports entre le législatif, l’exécutif et le judiciaire) et d’exercice du pouvoir politique ». La classification des régimes politiques se fonde sur les types de rapport entre le gouvernement et le parlement. Parmi eux, la monarchie. I- DEFINITION ET TYPES La monarchie (du grec monos = seul, et arkhéin = commander) est le mode de gouvernement où le pouvoir suprême est déposé dans les mains d'un seul individu (le monarc ou souverain), qui porte ordinairement le titre de roi ou d'empereur, et qui règne sur un Etat ou territoire, le plus souvent pour la vie. La monarchie peut être élective ou - le plus souvent - de droit héréditaire. La monarchie (du grec mono « seul », arke « pouvoir » : « pouvoir d'un seul ») est un système politique où l'unité du pouvoir est symbolisée par une seule personne, appelée « monarque ». Elle n'est ni nécessairement une royauté, ni nécessairement héréditaire : il a toujours existé des monarchies électives, par exemple chez les Gaulois. Selon la définition de Montesquieu, une monarchie se définit par le gouvernement absolu d'un seul, mais ce pouvoir est limité par des lois. La monarchie, au sens strict, est un système dans lequel l’autorité politique réside pleinement ou en partie, mais par représentation, dans une personne physique en vertu d’un droit propre de celle-ci, sans pour autant que le principe même de l’autorité ait un fondement qui tienne à la personne. A- Types de monarchie d’après le pouvoir du monarque Les régimes monarchiques peuvent varier selon les pouvoirs détenus par le monarque : 1) Monarchie de droit divin : son pouvoir émane, "par la grâce de Dieu", de la volonté d'une divinité. Page 1 sur 7 ETUDE DE QUELQUES REGIMES POLITIQUES 15 décembre 2013 Dans la monarchie de droit divin, le pouvoir est légitimé par un lien spirituel qu'entretiendrait le tenant du pouvoir avec la ou les divinités. 2) monarchie absolue : ses pouvoirs ne sont limités que par les "lois fondamentales" (voir plus bas) et les lois divines. La monarchie est dite absolue lorsque le monarque détient tous les pouvoirs. Certains parlent alors de régime despotique alors qu'il n'en est rien car le roi se doit de respecter les Lois Fondamentales du Royaume tandis qu'un despote ou un tyran n'est limité par aucun pouvoir supérieur2. C'est ainsi que Louis XIV s'est vu refuser par le Parlement de Paris l'enregistrement du traité d'Utrecht sur la partie où le roi renonçait au trône de France pour son petit-fils Philippe (devenant roi d'Espagne) et sa descendance. Le Parlement de Paris a rappelé au « roi Soleil » que personne, même lui, ne peut disposer de la dévolution de la Couronne qui se fait indépendamment de lui selon un ordre prévu par les Lois fondamentales du Royaume (loi salique de primogéniture mâle pour la France). En France, dans l'Ancien Régime, la monarchie est absolue. Il n'y a pas de constitution écrite, mais des "lois fondamentales" de type coutumier, supérieures à toutes les autres lois et que le roi ne peut changer. La plus connue d'entre elles est la loi "salique" qui excluait les femmes de la succession au trône. Le monarque absolu, à la différence du monarque constitutionnel, représente au sens propre du mot la « monarchie » en ce sens que tout le pouvoir repose sur un seul être : le roi, qui regroupe les trois pouvoirs de l'État : législatif, exécutif et judiciaire. S'il dirige le royaume lui-même avec ses ministres et « en ses conseils », il rend la justice par le biais de tribunaux et de cours (c'est la justice « distributive », chaque sentence étant écrite « de par le roi », et édicte tous les textes législatifs que l'assemblée des trois ordres (Clergé, Noblesse et TiersÉtat) préconise quand le roi les regroupe lors des États-généraux. Mais à bien regarder, cela perdure encore aujourd'hui puisqu'une loi ne peut être applicable qu'une fois que le décret d'application a été signé par le pouvoir exécutif... L'absolutisme est un système de gouvernement monarchique qui concentre toute l'autorité, le pouvoir législatif aussi bien que le pouvoir exécutif, entre les mains d'un seul individu, affranchi de tout contrôle et responsable seulement envers sa conscience et envers Dieu. C'est le contraire du système constitutionnel et représentatif. L'absolutisme caractérisait, en France , l'Ancien régime, il était également propre au pouvoir impérial en Russie , en Autriche , dans l'empire ottoman , en Chine , etc. 3) Monarchie corporative : le monarque doit obtenir l'approbation des corporations (au Moyen Age). Sous l'Ancien Régime en France, le monarque, de droit divin par le sacre, était défini comme « le roi en ses conseils ». Ces conseils, qui ont beaucoup évolué au fil des temps, permettaient Page 2 sur 7 ETUDE DE QUELQUES REGIMES POLITIQUES 15 décembre 2013 au roi de se faire une idée des choses en écoutant les spécialistes qui s'y trouvaient ou qu'il y invitait avant de prendre ses décisions. Diverses sociétés ou assemblées influaient sur la vie du royaume, les « corps intermédiaires », associations composées des différents éléments formant la société : parlements régionaux, États provinciaux, corps de métiers, bailliage ou échevinage, etc. Ce type d'organisation politique, avec ou sans monarque à sa tête, est dénommé corporatisme. 4) Monarchie constitutionnelle : son pouvoir est limité par une constitution. Est un système de gouvernement dans lequel un monarque est guidé par une constitution dans laquelle ses droits, devoirs et responsabilités sont précisées par la loi ou la coutume. Le Roi constitutionnel n'exerce son pouvoir que par des ministres (qu'il rencontre, influence, de qui il reçoit des informations selon les critères retenus par Bagehot). Ceux-ci sont les seuls à pouvoir poser des actes politiques valables en un régime démocratique, soit dont ils soient responsables, c'est-à-dire dont ils ont à rendre compte devant le Parlement, le Public (ou l'opinion publique), bref le Peuple qui est devenu le vrai Souverain. La monarchie est dite monarchie constitutionnelle lorsque les pouvoirs du monarque sont définis par une constitution qui fixe par écrit des lois fondamentales prévoyant une séparation des pouvoirs1. Il est souvent admis, lorsque l'État est menacé par une guerre étrangère ou civile, qu'une loi martiale lui donne provisoirement tous les pouvoirs : la monarchie devient alors, au sens antique, une dictature (comme l'exerçaient les consuls ou les généraux romains en cas de graves problèmes). 5) Monarchie parlementaire : monarchie constitutionnelle où le gouvernement est responsable devant un parlement. La monarchie est dite parlementaire lorsque le chef du gouvernement, nommé par le roi lorsqu'il y en a un, est responsable devant le Parlement, dans ce cas le monarque est le représentant de l'État au titre de Chef de l'État, un arbitre, et le garant de la continuité des institutions (exemples : Royaume-Uni, Espagne, Belgique). C’est la forme de gouvernement d'un État dirigé par un monarque qui n'est pas activement impliqué dans l'élaboration ou la mise en œuvre des politiques. Le souverain a alors essentiellement des fonctions de représentation. Le pouvoir exécutif est entre les mains d'un cabinet (gouvernement), dirigé par un chef de cabinet (ou un premier ministre), dont les membres sont issus d'un parlement, qui représente le pouvoir législatif. B- Types de monarchies d'après le titre du monarque califat despotat (époque byzantine) duché émirat Page 3 sur 7 ETUDE DE QUELQUES REGIMES POLITIQUES 15 décembre 2013 empire grand-duché imamat landgraviat margraviat papauté principauté royaume sheikhat sultanat Le sultanat est un système politique similaire à une monarchie : gouvernement où le pouvoir suprême est entre les mains d'un sultan (le chef d'un État musulman). Le sultan peut être un monarque absolu ou avec une autorité constitutionnellement limitée. L'Émirat est lui aussi similaire à une monarchie. Le pouvoir est ici entre les entre les mains d'un émir (le dirigeant d'un État musulman); l'émir peut être un monarque absolu ou avec une autorité constitutionnellement limitée. II- DISTINCTION MONARCHIE ET DICTATURE ET ABSOLUTISME ET ATTEINTES AUX LIBERTES A- Distinction entre monarchie absolue et despotisme Il y a cette différence entre le gouvernement absolu et le gouvernement despotique, que ce dernier est un fait, tandis que l'autre est un système; que l'un n'est pas violent du moins en principe, se dit lié par les lois qu'il fait lui-même, prétend prendre le bien des peuples pour guide, et peut être paternel, tandis que l'autre est la violence permanente, exercée, selon le bon plaisir et le caprice, par un maître sur des esclaves. La doctrine de l'absolutisme repose sur l'idée du Droit divin; si quelque participation aux affaires de l'État est accordée soit au peuple, soit à une caste, elle est une grâce octroyée par le Prince, et non l'exercice d'un droit. Dans l'Orient, le despotisme a été un gouvernement essentiellement arbitraire. En tout cas, dans un gouvernement despotique, la liberté politique n'existe pas, parce que la nation ne participe pas à l'œuvre de la législation; la liberté civile, fondée sur la loi, peut y exister, mais d'une manière précaire, parce que la loi et son exécution dépendent d'une seule volonté, et qu'il n'existe aucune garantie contre les écarts de cette volonté. Montesquieu, dans son ouvrage De l'esprit des lois, propose une typologie fondée sur les gouvernés : le despotisme est alors un gouvernement qui ne respecte pas les libertés des individus et dont le principe est la crainte. B- Distinction monarchie et dictature Page 4 sur 7 ETUDE DE QUELQUES REGIMES POLITIQUES 15 décembre 2013 La dictature désigne un régime politique dans lequel une personne ou un groupe de personnes exercent tous les pouvoirs de façon absolue, sans qu'aucune loi ou institution ne les limite1. L'origine du terme remonte à la Rome antique, où la dictature désignait un état de la république romaine où un magistrat (le dictateur) se voyait confier de manière temporaire et légale les pleins pouvoirs en cas de troubles graves. Étymologie et historique Le terme vient du latin dictatura qui désignait à l'époque de la République romaine une magistrature exceptionnelle qui attribuait tous les pouvoirs à un seul homme (le dictateur étymologiquement « celui qui parle »). Cette magistrature suprême, assortie de règles de désignation précises et temporaire (six mois maximum), était accordée en cas de danger grave contre la République. Tombée en désuétude à la fin du IIIe siècle av. J.-C., reprise par Sylla et Jules César, la dictature est abolie après la mort de ce dernier. Le mot dictateur désigne aujourd'hui ce que l'on appelait plutôt tyran2 dans l'Antiquité ou despote dans l'Ancien Régime. Cette acception qui s'est développée pendant la Révolution française3 sert surtout pour la période contemporaine. Aristote, dans sa typologie des régimes, fait de la tyrannie une forme corrompue de gouvernement par un seul, la monarchie. La dictature moderne Définitions Encyclopædia Universalis : « La dictature est un régime politique autoritaire, établi et maintenu par la violence, à caractère exceptionnel et illégitime. Elle surgit dans des crises sociales très graves, où elle sert soit à précipiter l'évolution en cours (dictatures révolutionnaires), soit à l'empêcher ou à la freiner (dictatures conservatrices). Il s'agit en général d'un régime très personnel ; mais l'armée ou le parti unique peuvent servir de base à des dictatures institutionnelles. » Dictionnaire de la politique (Hatier) : « La dictature se définit comme un régime arbitraire et coercitif, incompatible avec la liberté politique, le gouvernement constitutionnel et le principe de l’égalité devant la loi. » Dictionnaire culturel (Larousse) : une dictature est une « régime politique dans lequel le pouvoir est détenu par une personne ou par un groupe de personnes (junte) qui l'exercent sans contrôle, de façon autoritaire. », et un dictateur est une « personne qui, à la tête d'un État, détient tous les pouvoirs, les exerçant sans contrôle et de façon autoritaire ; autocrate. » ou « sous la République romaine, magistrat extraordinaire nommé en cas de crise grave par les consuls sur la demande du sénat, et possédant tous les pouvoirs en Italie pour six mois au maximum. » Page 5 sur 7 ETUDE DE QUELQUES REGIMES POLITIQUES 15 décembre 2013 Dictature: régime politique qui se caractérise par une forme de pouvoir arbitraire, autoritaire, entièrement soumis à la volonté de celui ou de ceux qui gouvernent. Les tribunaux, le pouvoir législatif et le pouvoir exécutif sont alors directement liés aux décisions du dictateur. On n'y trouve aucun contrepoids: absence d'une presse libre, absence de partis d'opposition et absence de groupes de pression indépendants dans la société civile. Une dictature peut s'installer de plusieurs manières: par un coup d'État, par une révolution ou par une occupation du territoire au terme d'une guerre. À notre époque, une dictature émerge souvent dans un contexte de crise, là où les institutions sont incapables ou impuissantes à résoudre les problèmes. Une dictature peut être dirigée par une junte militaire, par un individu ou par un parti. Le plus souvent les formes se combinent. Critères contemporains Dans le domaine politique, on appelle « dictature » un régime dans lequel une personne (le dictateur), ou un groupe de personnes, disposant d'un pouvoir absolu, s'y maintient de manière autoritaire et l'exerce de façon arbitraire. Le caractère absolu du pouvoir se caractérise notamment par l'absence de séparation des pouvoirs (exécutif, législatif, judiciaire). Cette confusion des pouvoirs peut l'être au profit de l'exécutif (cas le plus courant) ou au profit du législatif (régime d'assemblée). Il résulte aussi de l'absence de contrôle démocratique et d'élections libres (répression des opposants, le nonrespect de la liberté de la presse). Le caractère arbitraire du pouvoir se traduit par le non-respect de l'État de droit (violation de la Constitution, établissement de lois d'exceptions). Si beaucoup de dictateurs arrivent au pouvoir à la suite d'un coup d'État (en Afrique et en Amérique du Sud notamment) ou d'une guerre civile (Francisco Franco), il arrive qu'un dirigeant parvienne au pouvoir légalement avant de devenir un dictateur (ce fut le cas d'Adolf Hitler ou de Kim Il-sung) ou le soit dans un régime de parti unique (ce fut le cas de Lénine et de Staline). C- Tyrannie Un tyran (du grec ancien τύραννος / túrannos, mot d'origine lydienne appliqué pour la première fois au VIIIe siècle av. J.-C. au roi lydien Gygès par le sophiste Hippias d'Élis 1) est un individu disposant d’un pouvoir absolu. C'est un homme qui s'empare illégalement ou illégitimement du pouvoir, le conserve au mépris des lois et règne par la terreur. De nos jours, le sens du mot est restreint et péjoratif, impliquant que le tyran abuse de son pouvoir et ne recherche pas le bien commun. Le sens plus large du terme se rapproche de la notion d'autocratie ou de dictature. Étymologiquement, il y a une différence entre « tyrannie » et « despotisme » : dans la Grèce antique, un tyran était un homme qui disposait d’un pouvoir acquis de manière illégitime : un Page 6 sur 7 ETUDE DE QUELQUES REGIMES POLITIQUES 15 décembre 2013 esclave qui prenait le pouvoir, un dictateur arrivé au pouvoir après un coup d'État, ou l'un de ses héritiers. Selon Platon d'ailleurs, le tyran est une des quatre catégories d'hommes coupables3. Les tyrans ne prirent jamais le titre de tyran, et il n'y eut pas de titre général et officiel pour les désigner, c'est pourquoi on leur donne le nom dont leurs ennemis les stigmatisaient. III- CARACTERES GENERAUX D’UN REGIME MONARCHIQUE - Désignation à vie du monarque Le caractère héréditaire du pouvoir monarchique. Aujourd’hui, en effet, l’hérédité apparaît comme l’élément distinctif des États qui ont retenu la forme monarchique. En Europe, en particulier, où n’a subsisté aucun régime monarchique au sens pur du terme après 1918, on appelle « monarchie parlementaire » un État doté d’un régime parlementaire dans lequel la succession du chef de l’État est héréditaire. L’hérédité continue d’être ainsi perçue comme l’attribut essentiel d’un État dans lequel règne une dynastie. Toutefois, il existe des monarchies électives. La monarchie élective est celle dans laquelle le collège électoral qui est en droit de désigner le souverain n’intervient que comme un organe de création et non comme une instance de légitimité qui fonderait le pouvoir de celui qu’il élit. - Le caractère généralement dynastique du pouvoir. La dynastie désigne la lignée des monarques ayant un même ancêtre (ex : Mérovingiens, Carolingiens, Capétiens, Bourbons, Grimaldi, Windsor...). Les rois sont des monarques détenant le pouvoir à vie de manière héréditaire ou parfois élective. Certains chefs d'Etat, désignés par leurs pairs (Malaisie, Emirats arabes unis) sont aussi des monarques, de même que les empereurs et, au sens large, tout tyran ou dictateur. CO NCLUSION Page 7 sur 7