Ressources essentielles pour un programme efficace de prévention
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Ressources essentielles pour un programme efficace de prévention
Ressources essentielles pour un programme efficace de prévention et de lutte contre les infections : Assurer la sécurité des patients Document de travail Section des infections nosocomiales et professionnelles Division de l’hémovigilance et des infections acquises en milieu de soins de santé Centre de prévention et de contrôle des maladies infectieuses Agence de santé publique du Canada Ottawa, Canada K1A 0K9 Table des matières 1.0 Résumé.................................................................................................................... 1 1.1 Ressources et activités recommandées pour un programme efficace de prévention et de lutte contre les infections ..................................................................... 2 2.0 Introduction............................................................................................................. 4 3.0 Les infections liées aux soins de santé sont un grave problème. ............................ 5 3.1 Vue d’ensemble des répercussions des infections liées aux soins de santé........ 5 3.2 Coûts et taux d’infections liées aux soins de santé ............................................. 6 3.2.1 Soins actifs .................................................................................................. 7 3.2.2 Soins de longue durée ............................................................................... 10 3.2.3 Soins ambulatoires .................................................................................... 12 3.2.4 Soins à domicile........................................................................................ 12 3.2.5 Microorganismes résistants aux antimicrobiens ....................................... 12 4.0 L’évolution du système de santé et ses répercussions sur les programmes de prévention et de lutte contre les infections ....................................................................... 13 4.1 Besoins de populations particulières en matière de santé................................. 13 4.2 Plus grande complexité des cas......................................................................... 14 4.3 Plus grande complexité des traitements............................................................ 14 4.4 Remodelage du continuum des soins................................................................ 14 4.5 Changements dans les modalités de financement de la santé ........................... 15 4.6 Conséquences pour les programmes de prévention et de lutte contre les infections....................................................................................................................... 15 4.7 Ressources limitées des Programmes de prévention et de lutte contre les infections....................................................................................................................... 18 5.0 Importance des programmes de prévention et de lutte contre les infections ........ 20 5.1 Évolution de ces programmes........................................................................... 20 5.2 Les programmes de prévention des infections et la sécurité des patients......... 21 5.3 Preuves de l’efficacité des programmes de prévention et de lutte contre les infections....................................................................................................................... 22 5.3.1 Soins actifs ................................................................................................ 23 5.3.2 Soins de longue durée ............................................................................... 25 5.3.3 Soins ambulatoires .................................................................................... 25 5.3.4 Soins à domicile........................................................................................ 26 6.0 Ressources nécessaires à l’efficacité d’un programme de prévention des infections 27 6.1 Recommandations............................................................................................. 27 7.0 Conclusion ............................................................................................................ 31 Avant-propos et remerciements Le document que voici, Ressources essentielles pour un programme efficace de prévention et de lutte contre les infections: assurer la sécurité des patients, a été préparé sous la direction du Comité directeur chargé de l’élaboration du guide de prévention des infections, qui relève de l’Agence de santé publique du Canada. Il vise avant tout à décrire aux administrateurs et aux planificateurs de soins de santé les ressources dont les professionnels de la prévention des infections ont besoin pour instaurer des programmes efficaces de prévention et de lutte contre les infections afin d’améliorer la qualité et la sûreté des soins. L’information présentée dans ces pages pourra faciliter l’élaboration de politiques, de modalités et de mécanismes d’évaluation susceptibles de garantir les meilleurs soins possibles de même que la sécurité tant des patients que du personnel. L’Agence de santé publique du Canada a invité des experts à former un groupe de travail pour rédiger ce document. Il s’agissait d’infectiologues travaillant auprès d’enfants ou d’adultes, d’épidémiologistes hospitaliers, d’un médecin microbiologiste, de praticiens de la prévention des infections dans des établissements de soins actifs pour enfants et pour adultes, d’éducateurs sanitaires, d’administrateurs et de praticiens de la prévention des infections dans les centres de soins de longue durée et les soins à domicile. Au cours de plusieurs réunions et téléconférences, ce groupe de travail a déterminé le contenu de ce document et formulé les recommandations qui y figurent. Le Comité directeur de l’Agence de santé publique du Canada chargé de l’élaboration du guide de prévention des infections tient à remercier sincèrement les nombreux professionnels de la santé d’expérience qui l’ont conseillé et lui ont communiqué de l’information pendant la réalisation de cette tâche. L’Agence tient à remercier tout particulièrement les membres du Comité pour leur travail et leur expertise, ainsi que le Dr Dick Zoutman qui a bien voulu présider le Comité. L’information contenue dans ce document était à jour au moment de sa publication. Toutefois, les connaissances et la technologie médicale évoluent rapidement. Nous invitons les professionnels de la santé à communiquer avec l’Agence de santé publique du Canada pour obtenir les renseignements les plus à jour. Les professionnels qui consulteront ce document pourront trouver plus d’information sur la prévention et la lutte contre les infections dans les différents Guides de prévention des infections publiés par Santé Canada et l’Agence de santé publique du Canada : Prévention de la pneumonie associée aux soins de santé (sous presse) La maladie de Creutzfeldt-Jakob classique au Canada (2002) Addenda révisé (2007) La prévention et la lutte contre les infections professionnelles dans le domaine de la santé (2002) i Pratiques de base et précautions additionnelles visant à prévenir la transmission des infections dans les établissements de santé (1999) (en révision) Pratiques de prévention des infections dans les services personnels – tatouage, perçage des oreilles, perçage corporel et électrolyse (1999) Lavage des mains, nettoyage, désinfection et stérilisation dans les établissements de santé (1998) Prévention des infections à entérocoques résistants à la vancomycine (ERV) au Canada (1997) Soin des pieds à l’intention des dispensateurs de soins dans la collectivité (1997) Prévention des infections liées aux dispositifs d’abord intravasculaire à demeure (1997) Prévention des infections transmissibles par le sang dans les établissements de santé et les services publics (1997) Plan canadien d’intervention d’urgence en cas de fièvres hémorragiques virales et autres maladies connexes (1997) Lignes directrices pour la lutte antituberculeuse dans les établissements de soins et autres établissements au Canada (1996) Établissements de soins prolongés (1994) L’utilisation des antimicrobiens dans les établissements de santé (1990) Prévention des infections des plaies opératoires (1990) Prévention des infections des voies urinaires (1990) Organisation des programmes de prévention des infections dans les établissements de santé (1990) Soins périnatals (1988) Une autre publication de la Section des infections nosocomiales et professionnelles vient compléter la série des guides de prévention des infections : Infections nosocomiales chez les patients d’établissements de santé liées aux travaux de construction : Atténuer le risque d’aspergillose, de légionellose et d’autres infections, RMTC 2001, 27S2. ii On peut obtenir plus d’information au sujet de ces publications de l’Agence de la santé publique du Canada à l’adresse suivante : Section des infections nosocomiales et professionnelles Division de l’hémovigilance et des infections acquises en milieu de soins de santé Centre de prévention et de contrôle des maladies infectieuses Agence de la santé publique du Canada 100, prom. Églantine, IA 0601E2 Ottawa (Ontario) K1A 0K9 Téléphone : 613-952-9875 Télécopieur : 613-946-0678 iii Comité directeur chargé de l'élaboration du guide de prévention des infections Dr John Conly, MD FRCPC Professeur et chef, Service de médecine Foothills Medical Centre 9th floor, North Tower 1403 29th St. NW Calgary (Alberta) T2N 2T9 Dr Charles Frenette Épidémiologiste hospitalier Directeur médical, Prévention des infections Centre de santé de l’Université McGill Université McGill Montréal (Québec) Mme Colleen Hawes, RN BScN MAOM Chef, Prévention des infectioins Royal Columbian Hospital/Fraser Health Authority 330 E Columbia Street New Westminster (Colombie-Britannique) V3L 3W7 Dre B. Lynn Johnston, MD FRCPC Épidémiologiste hospitalière et professeure agrégée de médecine Queen Elizabeth II Health Science Centre Room 5-014 ACC, 1278 Tower Road Halifax (Nouvelle-Écosse) B3H 2Y9 Dre Dorothy Moore, MD PhD Division des maladies infectieuses Hôpital de Montréal pour enfants 2300, rue Tupper, pièce C-1242 Montréal (Québec) H3H 1P3 Dre Lindsay Nicolle, MD FRCPC (présidente) Professeure de médecine Service de médecine interne Centre des sciences de la santé de l'Université du Manitoba 820 rue Sherbrooke, bur. GC 430 Winnipeg (Manitoba) R3A 1R9 Deborah Norton, RN BEd MSc CIC Consultante en prévention des infections c/o CRI Program 1440 - 14th Ave. 4E Room 25, CRI Clinic Regina (Saskatchewan) S4P 0W5 Laurie O'Neil, Conseillère en prévention des infections 1819 Cayuga Cres. N.W. Calgary (Alberta) T2L 0N7 Filomena Pietrangelo, BScN Chef, Santé et sécurité au travail Centre de santé de l’Université McGill 2155, rue Guy, Bureau 313 Montréal (Québec) H3H 2R9 Dr Geoffrey Taylor, MD FRCPC Faculté de médecine Division des maladies infectieuses Université de l’Alberta 2E4.11 Walter Mackenzie Centre Edmonton (Alberta) T6G 2B7 iv Dr Dick Zoutman, MD FRCPC Professeur de pathologie et de médecine moléculaire Chef, Service de microbiologie médicale KGH Directeur médical, Service de contrôle des infections Hôpital général de Kingston 76, rue Stuart, Kingston (Ontario) K7L 2V7 v Agents de liaison du Comité directeur chargé de l’élaboration du guide de prévention des infections Sandra Boivin, RN BScN CIC Association des infirmiPres en prévention des infections (AIPI) 520, boul. Arthur-Sauvé Saint-Eustache (Québec) J7R 5B1 Nan Cleator RN (BNc) Infirmières de l'Ordre de Victoria du Canada Consultante, Pratiques nationales – Services aux clients 2-110 Main Street East Huntsville (Ontario) P1H 1K6 Dr John Embil, BSc, Hon, MD FRCPC Association canadienne des soins de santé Directeur, Unité de contrôle des infections Centre des sciences de la santé 820, rue Sherbrooke Winnipeg (Manitoba) R3A 1R9 Dre Anne Matlow, MD FRCPC Association pour la prévention des infections à l'hôpital et dans la communauté-Canada Directrice de la prévention des infections Physician Liaison, Patient Safety Hospital for Sick Children 555 University Ave. Toronto (Ontrario) M5G 1X8 Jessica Peters, Spécialiste, Recherche et conception de produits Agrément Canada 1730, boul. St-Laurent, Bureau 100 Ottawa, ON K1G 5L1 Hélène Sabourin, RN BScN MHA Association des infirmières et infirmiers du Canada Conseillère, Politique de soins infirmiers 50, rue Driveway Ottawa (Ontario) K2P 1E2 JoAnne Seglie, RN COHN-S Chef, Santé au travail Office of Environmental Health and Safety University of Alberta Rm 107, 11390- 87 Ave. Edmonton (Alberta) T6G 2R5 Dr Pierre St-Antoine, MD FRCPC Association des médecins microbiologistes infectiologues du Québec (AMMIQ) Centre hospitalier de l'Université de Montréal Pavillon Notre-Dame 1560, rue Sherbrooke Est Montréal (Québec) H2L 4M1 Dre Mary Vearncombe, MD FRCPC Association canadienne de microbiologie clinique et des maladies infectieuses Épidémiologiste hospitalière Sunnybrook and Women's College Health Sciences Centre 2075, avenue Bayview, bureau B130 Toronto (Ontario) M5S 1B2 vi Membres d’office Judith Morrison, RN BScN MN Infirmière-conseil Infections nosocomiales et professionnelles Centre de prévention et de contrôle des maladies infectieuses Agence de santé publique du Canada 100, prom. Églantine, IA: 0601E2 Ottawa (Ontario) K1A 0K9 Shirley Paton, RN BScN MN Chef, Infections nosocomiales et professionnelles Centre de prévention et de contrôle des maladies infectieuses Agence de santé publique du Canada 100, prom. Églantine, IA: 0601E2 Ottawa (Ontario) K1A 0K9 Jennifer Kruse, RN BScN Infirmière-conseil, Guide de prévention des infections Infections nosocomiales et professionnelles Centre de prévention et de contrôle des maladies infectieuses Agence de santé publique du Canada 100, prom. Églantine, IA: 0601E2 Ottawa (Ontario) K1A 0K9 vii Groupe de travail: Ressources essentielles pour les programmes de prévention et de lutte contre les infections Cathy Anderson Epidémiologiste Saskatoon District Health Public Health Services #203 – 310 Idylwyld Dr. N. Saskatoon (Saskatchewan) S7L 0Z2 Clare Barry, BN MSc CIC Direction de la planification stratégique et de la mise en œuvre Division de la santé publique Ministère de la santé et des soins de longue durée 1075 Bay Street, 8th Floor Toronto (Ontario) M5S 2B1 Judith Morrison, RN BScN MN Infirmière-conseil, Sécurité des patients Infections nosocomiales et professionnelles Centre de prévention et de contrôle des maladies infectieuses Agence de santé publique du Canada 100, prom. Églantine, IA: 0601E2 Ottawa (Ontario) K1A 0K9 Colleen Hawes, RN BScN MAOM Chef, Prévention des infections Royal Columbian Hospital/Fraser Health Authority 330 E Columbia St. New Westminster (Colombie-Brittanique) V3L 3W7 Linda Kingsbury, RN BScN CIC Infirmière-conseil, Guide de prévention des infections Infections nosocomiales et professionnelles Centre de prévention et de contrôle des maladies infectieuses Agence de santé publique du Canada 100, prom. Églantine, IA: 0601E2 Ottawa (Ontario) K1A 0K9 Mary Leblanc, RN BN CIC Coordonnatrice Infection Prevention and Control Carewest 3504 29th St. SW Calgary (Alberta) T3E 2LE Heather Lee, RN BN Corporation des sciences de la santé de l'Atlantique Case postale 2100 Saint-Jean (Nouveau-Brunswick) E2L 4L2 Janis Leiterman, RN BScN MPA CCHN(C) Directrice des Services cliniques Infirmières de l'Ordre de Victoria du Canada 110, avenue Argyle Ottawa (Ontario) K2P 1B4 viii Dre Lindsay Nicolle, MD FRCPC Professeure de médecine Faculté de médecine interne Centre des sciences de la santé, Université du Manitoba 820, rue Sherbrooke, bureau GG443 Winnipeg (Manitoba) R3A 1R9 Deborah Norton, RN BEd MSc CIC Conseillère en prévention des infections c/o CRI Program 1440 - 14th Ave. 4E Room 25, CRI Clinic Regina (Saskatchewan) S4P 0W5 Pat Piaskowski, RN HBScN CIC Coordonnatrice régionale, Northwestern Ontario Infection Control Network 289 Munro Street, Thunder Bay (Ontario) P7A 2N3 Ramona Rodrigues, MSc(A) CIC Directrice, Prévention et contrôle des infections Centre de santé de l’Université McGill Hôpital général de Montréal 1650, avenue Cedar Montréal (Québec) H3G 1A4 Dr Geoff Taylor, MD FRCPC Department of Medicine Division of Infectious Diseases 2E4.11 Walter McKenzie Centre Edmonton (Alberta) T6G 2B7 Dr Dick Zoutman, MD FRCPC (président du groupe de travail) Professeur de pathologie et de médecine moléculaire Chef, Service de microbiologie médicale KGH Directeur médical, Service de contrôle des infections Hôpital général de Kingston 76, rue Stuart, Kingston (Ontario) K7L 2V7 ix Glossaire : termes, abréviations et sigles Soins ambulatoires Services médicaux offerts aux patients/clients qui ne sont pas hospitalisés. Pour les fins de ce document, sont considérés comme des milieux de soins ambulatoires les salles d’urgence, les cliniques situées dans un hôpital et les centres externes de diagnostic et de traitement (p. ex. salles d’endoscopie, laboratoires d’évaluation de la fonction pulmonaire ou centres de soins chirurgicaux ambulatoires). Événement indésirable Lésion ou complication non souhaitée causée par les soins administrés plutôt que par la maladie du patient(1). MRA Microorganisme résistant aux antibiotiques/antimicrobiens. Il s’agit de microorganismes ayant développé une résistance aux antibiotiques courants. Les infections qu’ils causent sont généralement plus difficiles à traiter(2). Continuum de soins Terme qui désigne la gamme complète des soins prodigués dans divers milieux, notamment les soins actifs, les soins ambulatoires, les soins à domicile et les soins de longue durée. ILSS Infection liée aux soins de santé. Il s’agit des infections contractées par un patient au moment de recevoir des soins, peu importe l’endroit où ces soins lui sont prodigués, qui peut être un hôpital, un établissement de soins de longue durée, un centre de soins ambulatoires ou son domicile. Ce terme a en bonne partie remplacé le terme « infection nosocomiale » et traduit la nouvelle réalité où l’hôpital n’est plus le principal lieu d’administration des soins de santé. Soins à domicile Soins prodigués à domicile aux patients/clients de tout âge souffrant de maladies aigues ou chroniques. Ces services sont très divers, par exemple : aide dans les activités quotidiennes, physiothérapie, ergothérapie, soins des plaies opératoires, traitement intraveineux ou dialyse péritonéale chronique en mode ambulatoire. Épidémiologiste hospitalier Personne ayant une connaissance approfondie des principes de l’épidémiologie ainsi que de la mise en œuvre et de l’évaluation de programmes de prévention et de lutte contre les infections. C’est généralement un médecin. x Prévention des infections Terme initialement utilisé pour désigner le programme hospitalier axé sur la surveillance et la prévention des infections nosocomiales. PPI Professionnel de la prévention des infections. Professionnel de la santé (p. ex. infirmière ou technologue de laboratoire médical) responsable des activités de prévention et de lutte contre les infections. Cette personne doit avoir reçu une formation dans ce domaine et elle porte le titre de spécialiste ou professionnel de la prévention de des infections. PPLI Programme de prévention et de lutte contre les infections. Ensemble des activités relevant de l’épidémiologiste hospitalier, des praticiens et du personnel de soutien et visant à prévenir les infections chez les patients, les professionnels de la santé et les visiteurs de l’hôpital. SLD Soins de longue durée. Soins prodigués aux pensionnaires de différents milieux allant des établissements pour les personnes ayant une déficience développementale aux centres d’hébergement pour personnes âgées, en passant par les établissements de soins pour enfants atteints de maladies chroniques. Les centres d’hébergement pour les personnes âgées sont les plus nombreux dans cette catégorie. Les établissements de soins de longue durée diffèrent des autres milieux de soins parce qu’ils sont en quelque sorte le « domicile » de la plupart de leurs pensionnaires et qu’une ambiance communautaire y règne, des salles communes étant réservées aux repas, aux activités courantes et aux loisirs. SARM Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline. Souches d’une bactérie commune (S. aureus) résistantes aux antibiotiques de la famille des bêta-lactamines. Elles sont à l’origine de nombreuses flambées infectieuses survenues au cours des 20 dernières années. Infection nosocomiale Infection transmise au patient pendant l’administration de soins de santé. Comme ce terme a désigné jusqu’ici les infections contractées à l’hôpital, il faut désormais parler d’infection liée aux soins de santé (ILSS- voir la définition plus haut) pour indiquer plus clairement que le terme s’applique à tous les types de soins. xi Restructuration Refonte de la structure d’un système de santé. Par exemple, la régionalisation suppose le regroupement de nombreux établissements dans un centre urbain ou dans une région géographique, sous une seule administration. Toutefois, une « région » peut être dotée d’un continuum de soins complet tandis qu’une autre peut n’offrir qu’un type de soins, p. ex. les soins actifs. A cause de cette disparité, il est parfois difficile de définir le mandat et le champ de responsabilité des programmes de prévention et de lutte contre les infections. ERV Entérocoque résistant à la vancomycine. Souche d’une bactérie commune (entérocoque) devenue résistante à de nombreux antibiotiques courants, y compris à la vancomycine. xii 1.0 Résumé Ce document vise à décrire, à l’aide d’une approche fondée sur des données probantes, les ressources nécessaires aux programmes de prévention et de lutte contre les infections dans divers contextes : soins actifs, soins de longue durée, soins ambulatoires et soins à domicile. La valeur intrinsèque et explicite de tels programmes est analysée et décrite à la fois du point de vue humain et du point de vue économique. Les responsables des politiques et les administrateurs s’efforcent d’offrir à tous les Canadiens des services de santé de grande qualité qui sont complets, accessibles et abordables. Les changements apportés au système de santé canadien et l’évolution démographique de la population ont eu d’importantes répercussions sur la disponibilité, la qualité et finalement la sûreté des services de santé au Canada. Tout programme de prévention et de lutte contre les infections vise à prévenir et à endiguer les infections liées aux soins de santé. On peut penser, par exemple, aux bactériémies ou aux infections de plaies opératoires, des voies urinaires, des poumons, de la peau et des tissus mous. D’autres maladies infectieuses sont aussi considérées comme associées aux soins de santé. C’est le cas, entre autres, de certaines infections respiratoires (comme le syndrome respiratoire aigu sévère ou SRAS, la grippe et la tuberculose) ou gastro-intestinales (p. ex. colite à Clostridium difficile, norovirus) et des infections causées par des microorganismes résistants aux antibiotiques (p. ex. Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline, entérocoque résistant à la vancomycine) qui sont transmises dans le cadre des soins de santé. Beaucoup de facteurs propres au patient accroissent le risque de contracter une infection liée aux soins de santé : grand âge, prématurité et modalités de traitement de plus en plus complexes en milieu hospitalier et ailleurs. Tout comme les États-Unis et l’Europe, le Canada a restructuré son système de santé. Les changements survenus dans le nombre et la composition des effectifs infirmiers à la suite de cette restructuration ont entraîné une augmentation des risques d’infection liée aux soins de santé et ont contribué à la détérioration de la qualité et de l’issue des traitements donnés aux patients partout en Amérique du Nord et en Europe. L’émergence de nouveaux agents infectieux comme le coronavirus à l’origine du syndrome respiratoire aigu sévère (CoV-SRAS) et la recrudescence de maladies transmissibles d’origine extra-hospitalière comme l’infection à streptocoque du groupe A, l’infection par le Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline et la tuberculose multirésistante sont d’autres facteurs dont doivent tenir compte les programmes de prévention et de lutte contre les infections. Ces programmes visent aussi à prévenir les infections causées par de l’eau potable contaminée (comme E. coli O157:H7), les infections d’origine alimentaire (comme la salmonellose), les zoonoses (comme la peste) et les agents pathogènes pouvant servir à perpétrer des attentats bioterroristes. 1 Plusieurs études publiées militent en faveur de programmes efficaces de prévention et de lutte contre les infections. D’après l’étude phare intitulée Study on the Efficacy of Nosocomial Infection Control (SENIC), on pourrait prévenir le tiers des infections nosocomiales si les hôpitaux mettaient en place les principales composantes d’un programme de prévention des infections. Des études récentes sur de tels programmes au Canada (plus précisément au Québec et en Ontario), au Royaume-Uni, en Italie, en Belgique, en Australie et aux États-Unis, ont fait état d’un manque de ressources et de composantes essentielles dans les programmes actuels de prévention et de lutte contre les infections. Pour que ces programmes puissent atteindre leur objectif de prévenir et d’endiguer les infections, certaines exigences doivent être satisfaites au chapitre de la dotation, de la formation et de l’infrastructure. Or, les administrateurs peuvent être tentés de réduire le budget des programmes de prévention et de lutte contre les infections puisque ces activités consomment des ressources et ne génèrent pas de revenus. La prévention des infections est cruciale pour la sécurité des patients, car les infections nosocomiales sont – et de loin – la complication la plus fréquente chez les malades hospitalisés. L’énorme fardeau humain et économique que représentent ces infections pour les Canadiens et leur système de santé fait ressortir l’importance d’un programme efficace de prévention et de lutte contre les infections. 1.1 Ressources et activités recommandées pour un programme efficace de prévention et de lutte contre les infections 1. Les programmes de prévention et de lutte contre les infections doivent être dotés d’effectifs suffisants pour pouvoir réaliser leurs objectifs. 2. Ces programmes doivent avoir accès à des experts, dont un infectiologue et/ou un médecin microbiologiste. Ces consultants doivent être rémunérés pour leur temps et leur expertise. 3. Pour soutenir leurs activités de surveillance, pour détecter les éclosions et pour les endiguer, les programmes de prévention et de lutte contre les infections doivent avoir librement accès aux services diagnostiques de laboratoires de microbiologie et de virologie, y compris à des laboratoires de référence capables de procéder rapidement au typage moléculaire. 4. Les responsables d’un programme efficace de prévention des infections doivent consulter des partenaires internes (p. ex. sécurité des patients, assurance-qualité, retraitement, santé au travail) et externes (p. ex. autres établissements et 2 organismes de santé locaux, provinciaux/territoriaux et nationaux) et collaborer avec eux pour favoriser la communication et l’échange d’information. 5. Les organismes de soins de santé doivent surveiller les modalités de prévention et de lutte contre les infections de même que leurs résultats, sur le plan des infections liées aux soins de santé. Ils doivent veiller à ce que les données soient correctement analysées, transmises au personnel de première ligne, aux chefs des services cliniques et aux administrateurs, et à ce qu’elles servent à surveiller et à améliorer les résultats pour les patients. 6. Les programmes de prévention et de lutte contre les infections doivent offrir une formation continue aux soignants (y compris les bénévoles, les membres de la famille des patients et les étudiants) pour renforcer les règles de prévention des infections en vigueur, en insistant sur l’importance de se laver les mains. 7. Les programmes de prévention et de lutte contre les infections doivent avoir accès aux plus récentes publications (articles, ouvrages didactiques, revues scientifiques, normes ou lignes directrices) sur la prévention des infections, en plus d’avoir accès à Internet. 8. Ces programmes doivent disposer de locaux appropriés et de services de secrétariat, de saisie des données et de dépannage informatique. 9. Les organismes de soins de santé doivent se doter d’un personnel infirmier suffisant et qualifié pour prendre des mesures de prévention au moment de soigner les patients. Les professionnels de tous les autres domaines de la santé (p. ex. inhalothérapeutes, physiothérapeutes) doivent eux aussi avoir les compétences voulues pour prendre des mesures de prévention des infections dans leurs contacts avec les patients. 10. Les organismes de soins de santé doivent s’assurer d’avoir assez de personnel d’entretien ménager ayant reçu la formation nécessaire pour pouvoir offrir aux patients un milieu propre et sécuritaire. 3 2.0 Introduction Ce document décrit le fardeau humain et économique qu’entraînent les infections liées aux soins de santé (ILSS), de même que les ressources et activités nécessaires à la mise en place d’un programme efficace de prévention et de lutte contre les infections, capable de réduire la fréquence et l’issue défavorable de telles infections. Les récentes éclosions du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) et de diarrhée causée par Clostridium difficile ont mis en évidence les effets néfastes des ILSS et en montrant qu’elles compromettent la santé des patients, perturbent les soins et se répercutent défavorablement sur l’économie nationale. Les programmes de prévention et de lutte contre les infections (PPLI) visent à atténuer ces effets et d’autres conséquences négatives de la façon suivante : • Ils contribuent à la sécurité des patients en les protégeant contre les infections(1;3-8); ils protègent aussi les travailleurs de la santé et les visiteurs dans les établissements de soins contre les infections(3;4;6); et • Ils réalisent ces objectifs de la façon la plus économique(4;6), atténuant par le fait même les conséquences financières des ILSS sur les établissements de santé, les régimes de soins de santé et le secteur de la santé dans l’ensemble du pays. Ce type d’infections peut être lié à différentes interventions de nature diagnostique, chirurgicale, effractive ou médicale. Les infections liées aux soins de santé englobent, entre autres, les bactériémies et les infections de plaies opératoires, des voies urinaires, des poumons, de la peau et des tissus mous. Est également considérée comme une ILSS la transmission au patient, dans un milieu de soins, de maladies infectieuses comme le SRAS, la tuberculose, la grippe ou d’agents pathogènes comme Clostridium difficile (C. difficile), le norovirus et les microorganismes résistants aux antibiotiques (p. ex. le SARM [Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline] ou l’ERV [entérocoque résistant à la vancomycine]). Les premiers programmes de prévention et de lutte contre les infections ont vu le jour au cours des années 1950. D’abord appelés programmes de prévention des infections, ils étaient offerts en milieu hospitalier et ciblaient les infections contractées à l’hôpital, c’est-à-dire les infections nosocomiales. Comme les soins médicaux se sont complexifiés et perfectionnés au fil des ans et qu’ils ne se limitent plus aux soins actifs, le mandat des PPLI aurait dû être élargi aux infections contractées dans tous les milieux de soins. Cependant, bien au contraire, les ressources de ces programmes n’ont pas augmenté et ont parfois diminué; elles n’ont donc pas permis de répondre aux besoins engendrés par l’élargissement du mandat de ces programmes. Les infections liées aux soins de santé entraînent une importante morbidité et mortalité, en plus d’alourdir le fardeau financier(9-12); on observe par ailleurs une augmentation du risque de contracter une infection nosocomiale(13;14), la complication la plus fréquente chez les malades hospitalisés(8). De bons programmes de prévention et de lutte contre les infections réduisent d’au moins 30 % le nombre d’infections nosocomiales(10) et nombre 4 d’études ont montré leur efficacité pour ce qui est d’endiguer les flambées infectieuses en milieu hospitalier. Pour être efficaces et contribuer à la sécurité des patients canadiens, ces programmes doivent disposer des ressources appropriées, tant sur le plan quantitatif que qualitatif. 3.0 Les infections liées aux soins de santé sont un grave problème. En 1985, on évaluait à 2,1 millions le nombre d’infections nosocomiales aux États-Unis, et à 80 000 le nombre de décès attribuables à ces infections(15;16). Les infections liées aux soins de santé étaient la quatrième cause de mortalité(15). En se fondant sur ces données publiées sur l’incidence des ILSS et le nombre de malades ayant reçu leur congé de l’hôpital au Canada, Zoutman et ses collaborateurs(17) évaluent à 220 000 le nombre d’infections nosocomiales au Canada chaque année, et à 8 000 le nombre de décès qui en découlent. Les infections liées aux soins de santé sont extrêmement coûteuses. Bien qu’aucune donnée sur leur coût total n’ait été publiée au Canada, les infections causées par le SARM coûteraient à elles seules de 42 à 59 millions $ chaque année aux hôpitaux canadiens(18). Aux États-Unis, on estime à 5 milliards $ par année le coût total de ces infections(19) et, au Royaume-Uni, la facture aurait dépassé les 930 millions £ en 1994-1995(12). Rien ne permet de croire que les coûts relatifs de ces infections au Canada soient inférieurs à ceux enregistrés aux États-Unis ou au Royaume-Uni. De plus, ces évaluations correspondent strictement aux coûts directs et n’incluent pas les énormes coûts indirects des ILSS. 3.1 Vue d’ensemble des répercussions des infections liées aux soins de santé Toute la société pâtit des conséquences des ILSS(9;12;20). Ces infections, de même que leur recherche et leur traitement, ont des effets immédiats et futurs à la fois sur le patient, le système de santé et les collectivités locales, nationales et mondiales. Malgré la rareté des données sur les effets sociaux des ILSS(21), certains exemples peuvent en illustrer toute l’étendue et la gravité : • Ces infections nécessitent l’administration d’antibiotiques, ce qui a des effets à longue échéance sur la santé dans le monde entier(22-25). • Les soins médicaux contribuent sensiblement à la pollution de l’environnement et à la consommation de ressources naturelles limitées(3). • Beaucoup s’inquiètent de la sécurité des maladies dans les établissements de santé. Les ILSS sont une cause majeure d’événements indésirables graves dans le système de santé(1;7;8;26-31) et sont à l’origine d’entre 3,18 % et 19,73 % des 5 hospitalisations au Canada(32). Au moins le tiers des événements indésirables (y compris les ILSS) sont considérés comme évitables(10;28;29). • L’épidémie de SRAS à Toronto et ailleurs a grandement hypothéqué le système de santé. • Le système de soins de santé se ressent encore des effets qu’ont eus les infections par le VIH et l’hépatite C sur le système d’approvisionnement en sang. Les conséquences des ILSS pour les patients sont bien connues : • hausse de la morbidité et de la mortalité(4;9;33-37); • perte de bien-être et souffrance accrue(9;38); • effets psychosociaux résultant de l’isolement(39), particulièrement dans les établissements de soins prolongés où beaucoup de gens habitent en permanence(40-42); • lacunes au niveau de la sécurité, notamment de l’attention portée par les professionnels de la santé aux patients isolés(43) (les effets de l’isolement sont un facteur important car, d’après des données canadiennes récentes, 92 % des patients infectés par l’ERV ont été mis en isolement et 22 % d’entre eux ont été isolés pendant plus de 28 jours)(44); • prolongement de la durée des hospitalisations entraînant une augmentation des coûts directs et une diminution du nombre de lits disponibles (avec pour corollaire l’allongement des délais d’attente pour les patients qui doivent subir une arthroplastie). Tout comme l’ensemble des patients ayant contracté une ILSS, ceux qui sont infectés par des microorganismes résistants aux antibiotiques (MRA) en souffrent les effets. Il peut s’agir d’effets peu tangibles comme le sentiment que son bien-être est menacé ou l’érosion du sentiment de sécurité(2;45). La personne perd confiance à l’endroit du système de santé et se sent plus malade à cause de l’allongement du traitement, de l’isolement social et de la perte de contact avec son travail ou sa famille(2;22;46). Les conséquences des microorganismes résistants se feront sentir non seulement sur notre génération mais aussi sur les générations futures(22). 3.2 Coûts et taux d’infections liées aux soins de santé La prise en charge des ILSS accélère la hausse des coûts de la santé, même si on ne connaît pas avec précision les coûts qu’elle impose à la société(21). Ces infections ont différentes conséquences financières : allongement du temps passé à l’extérieur du foyer pour la personne infectée(20) et, si elle travaille, la personne subit une perte de revenu et de salaire(47;48) ou elle prend à tout le moins plus de congés de maladie. Aux coûts directs 6 liés à l’augmentation des ressources utilisées(12;21;47;49) viennent s’ajouter des coûts indirects, comme la perte de revenu des membres de la famille qui doivent s’absenter de leur travail pour prendre soin de la personne malade, même si ces coûts n’ont pas été quantifiés avec précision. D’une façon générale, les ILSS minent la qualité de vie de la personne touchée(38;47;48) et coûtent très cher. On a évalué le fardeau financier que ces infections imposent au système de santé en mesurant un certain nombre d’indices : • nombre de réadmissions à l’hôpital(4;9;20); • durée de l’hospitalisation(9;18-20;33;34;49;50); • consommation d’antibiotiques(18;20;45;50;51); • surveillance et isolement des personnes porteuses de microorganismes résistants aux antibiotiques(18;51-56); • épreuves de laboratoire(18;50;51) et examens radiologiques(20) visant à diagnostiquer et à soigner les ILSS; • ensemble des coûts directs ou indirects(4;9;19;20;33;35-37;49;57); • coûts attribuables aux éclosions(53;58). Les tableaux 1 à 4 résument des rapports sur la fréquence des ILSS et le fardeau financier qu’elles supposent pour le continuum de soins dans différents pays. Bien que la situation des établissements de soins actifs ait été le plus étudiée, l’attribution d’une infection à un milieu particulier est de plus en plus arbitraire parce que les limites des différents secteurs de soins sont moins évidentes qu’auparavant à cause du changement opéré dans le niveau de soins offerts dans différents milieux(4). À titre d’exemple, de plus en plus de « soins actifs » (comme la ventilation assistée) sont maintenant offerts au domicile du patient. 3.2.1 Soins actifs L’augmentation des coûts financiers des ILSS résulte principalement de l’allongement du séjour du malade à l’hôpital. D’après des données publiées aux États-Unis pour l’année 2000, le nombre de jours supplémentaires d’hospitalisation attribuables à ces infections était de 4 jours pour une infection urinaire, de 7 ou 8 jours pour l’infection d’une plaie chirurgicale, de 7 à 21 jours pour une bactériémie et de 7 à 30 jours pour une pneumonie. Le coût du traitement de ces infections variait de 600 $ pour une infection des voies urinaires à plus de 50 000 $ pour une bactériémie(19). 7 Tableau 1 : Taux d’ILSS en milieu de soins actifs, coûts attribuables et allongement du séjour à l’hôpital Milieu P* Taux d’infection** Toutes les infections liées aux soins de santé USI(59) USI(60) Gyn. et ortho.(61) USIN(34) Hôpital entier(62) Hôpital entier(21) Chirurgie(63) Pédiatrie(64) Pédiatrie(65) 21,6 36,0 5,9 5,5 ↑Coûts ↑Séjour 10 440 $ US 5,2 20,3 6,3 5,7–6,9 13 973 $ US 15 7,7 5,7 10,6 Bactériémie Médecine(66) USI(59) 4,5 Gyn. et ortho.(61) 0,12 Hôpital entier (36) Hôpital entier (67) 1,22–1,36 4,2 2 836 $ US et + 4 420 – 7 229 $ US 38 703 $ US 0,7–1,1 Hôpital entier (21) Bactériémie liée à un cathéter veineux central Hôpital entier(68) USI(59) 4,8 USI(69) 1,0–4,7 8,9 3,8 1,6–7,6 Infection de plaies opératoires Gyn.et ortho.(61) Chirurgie(20) 2,0 1,96 Chirurgie(33) 3 937 $ – 4 228 $ Can 53 000 $ US 10,2 676 $ US 1–2 12 Infection des voies urinaires USI(59) 7,8 Gyn. et ortho.(61) 3,3 Hôpital entier(36) 8,5 Pneumonie Hôpital entier(21) 17 677 $ US Pneumonie avec ventilation assistée USI(59) 9,6 9,4 (70) USI 19,5-21,7 Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline Hôpital entier(21) Chirurgie(71) 5,4 (71) Orthopédie 1,4 Médecine(66) 1,93-2,19 35 367 $ US 8 Entérocoque résistant à la vancomycine Adultes Oncologie(72) 0,45-2,1 (bactériémie) Remarques : * Infections pour 100 patients ** Infections pour 1 000 patients ou jours-dispositif *** Jours d’hospitalisation 9 3.2.2 Soins de longue durée Le taux d’infection liée aux soins de santé dans les établissements de longue durée est évalué à 5-6 pour 1 000 jours/résident, ce qui avoisine le taux d’ILSS en milieu hospitalier(41). Les infections des voies urinaires sont les plus fréquentes dans les établissements de soins de longue durée(41;73;74). La grande disparité des taux d’infection dans ces établissements s’explique en bonne partie par l’utilisation de définitions et de méthodes de recensement des cas différentes(4;75), de même que par la diversité des milieux de soins de longue durée(74;75). Néanmoins, il est particulièrement important de connaître la fréquence des ILSS dans les établissements de soins de longue durée compte tenu de l’augmentation de la morbidité, des coûts et des répercussions défavorables sur la qualité de vie qu’entraînent ces infections chez les personnes âgées(74). Outre la souffrance émotive et psychologique, elles entraînent des coûts de transport et de traitement supplémentaires si le pensionnaire d’un centre de soins de longue durée doit être transféré à un hôpital de soins actifs pour recevoir son traitement. 10 Tableau 2 : Taux d’infection liée aux soins de santé dans les milieux de soins de longue durée, coûts et hospitalisation No de la référence Taux d’infection* ↑Coûts ↑Jours d’hospitalisation** Toutes les infections liées aux soins de santé (75) (41) 3,82 5,0–6,0 2,0–6,7 (76) Bactériémie (75) (76) 0,06 0,02 Infection des voies urinaires (75) (76) 1,51 0,18 Infection respiratoire (75) (4) 1,15 0,7 – 4,4 Pneumonie (77) 0,27 – 2,5 10 000 $ US Infection de la peau et des tissus mous (75) (4) (76) 0,86 0,1–2,1 0,55 Infection gastro-intestinale (75) (76) 0,27 0,40 Entérocoque résistant à la vancomycine (78) 12 061 $ US Remarques : *Infections pour 1 000 jours/résident ** Jours dans un hôpital de soins actifs 11 3.2.3 Soins ambulatoires Les coûts des ILSS contractées en milieu extra-hospitalier n’ont pas été évalués, ce qui s’explique entre autres par l’absence ou la rareté de programmes de prévention et de lutte contre les infections (PPLI), y compris de leurs activités de surveillance, dans ces milieux(4;41;79-84). Dans une étude canadienne, le taux d’infection des plaies chirurgicales était de 1,4 à 3,1 % après une réparation d’hernie chez les patients ayant reçu des soins ambulatoires. 3.2.4 Soins à domicile Malgré l’augmentation spectaculaire du nombre de patients soignés à domicile, dont environ 10 % ont besoin de dispositifs médicaux effractifs, on ignore généralement le taux d’infection chez ces patients(80;81). Cependant, les Centers for Disease Control and Prevention d’Atlanta, aux États-Unis(19), citent une étude récente selon laquelle le taux d’infection était de 16 % chez 5 148 patients soignés à domicile; les CDC estiment que la clientèle des soins à domicile risque de contracter les mêmes infections que les patients hospitalisés(79). Tableau 3. Taux d’ILSS chez les bénéficiaires de soins à domicile, par étude Infection associée aux soins de santé Toutes No de la référence Infections* (85) 5,1 % Taux d’infection** Bactériémie associée à un cathéter veineux central (86) 0,3 – 1,4 1,1 (87) Infection urinaire associée à une sonde (87) 4,5 Remarques : *Infections pour 100 patients ** Infections pour 1 000 patients ou jours-dispositif 3.2.5 Microorganismes résistants aux antimicrobiens L’émergence des MRA vient encore aggraver les effets des ILSS. On a calculé de façon rudimentaire les coûts de la résistance aux antimicrobiens(88) en se fondant sur les éléments suivants(2;45) : • allongement des séjours à l’hôpital; • nécessité d’investigations additionnelles (p. ex. analyses de laboratoire et services de radiologie); 12 • cycles supplémentaires d’antibiothérapie étant donné qu’un patient porteur d’un MRA est moins susceptible de répondre aux premiers antibiotiques administrés pour traiter l’infection; • hausse des coûts en raison des modalités d’isolement. D’après de récentes évaluations considérées comme prudentes, les infections causées par les MRA feraient grimper de 39 à 52 millions $ par année les coûts directs et indirects de l’hospitalisation au Canada(45). 4.0 L’évolution du système de santé et ses répercussions sur les programmes de prévention et de lutte contre les infections Par suite de la réforme qu’il a subie au cours des dernières décennies, le système de santé d’aujourd’hui est très différent de celui qui existait au siècle précédent(89). Les administrateurs du régime et les responsables des politiques de santé ont dû procéder à des réformes sans pouvoir asseoir leurs décisions sur de solides données empiriques(90-92). D’autres facteurs ont également contribué aux changements du système de santé, notamment le vieillissement et la diversification de la population, le caractère de plus en plus complexe des maladies et des interventions cliniques, le remaniement voire la restructuration du système de soins de santé et de nouvelles modalités de financement. Chacun de ces changements nécessite l’élargissement du rôle des PPLI(17;93-95) à une époque caractérisée par l’émergence et la recrudescence de maladies infectieuses, des préoccupations mondiales en matière de santé et des ressources limitées. 4.1 Besoins de populations particulières en matière de santé Les patients très jeunes et très âgés ont besoin de soins de santé spécialisés. Au tout début de la vie, les bébés prématurés ont un meilleur taux de survie, ce qui entraîne une augmentation correspondante du coût de leurs soins. À l’autre extrémité de la vie, on observe une augmentation du nombre de personnes âgées fragilisées et une hausse appréciable de l’incidence et de la prévalence de maladies chroniques comme les affections cardio et cérébrovasculaires, le diabète, la démence et l’insuffisance rénale terminale(89;96). Le traitement de ces maladies chroniques est de plus en plus efficace, ce qui prolonge la vie. En 1997-1998, les patients de plus de 65 ans comptaient pour plus de 52 % des journées d’hospitalisation, mais représentaient moins de 12 % de la population(96). Comme on prévoit une augmentation de la population âgée de plus de 65 ans au cours des 20 ou 30 prochaines années, la part du financement du système de santé allant à la clientèle âgée continuera à augmenter. Certaines clientèles ont des besoins particuliers en matière de santé; c’est le cas des enfants, des Premières Nations, des immigrants et des réfugiés, des habitants de zones rurales ou éloignées(89), des pauvres et des sans-abri. Ces particularités ont des 13 conséquences pour la prévention et la lutte contre les infections chez tous ces groupes. Il est bien établi, par exemple, que le taux de tuberculose multirésistante est plus élevé chez les sans-abri que chez l’ensemble des Canadiens(97-101) et il y a eu des éclosions de tuberculose multirésistante dans des établissements correctionnels(101). 4.2 Plus grande complexité des cas Depuis la fin des années 1970, les hôpitaux canadiens doivent prendre en charge des cas de plus en plus lourds, quel que soit l’âge du malade, tandis que la durée des hospitalisations diminue(13;96;102). Ce phénomène ne s’observe pas seulement dans les hôpitaux de soins actifs. Des patients qui présentent des problèmes de santé multiples et qui ont des besoins physiques et psychologiques complexes sont de plus en plus souvent traités ailleurs que dans des centres de soins actifs(81;90;103). Dans le domaine des soins à domicile, le nombre et la lourdeur des cas ont tous les deux augmenté(79;81;86;87). Par ailleurs, comme les malades reçoivent leur congé plus tôt de l’hôpital, cela présente des défis pour les fournisseurs et les organismes de soins à domicile(104). 4.3 Plus grande complexité des traitements Les traitements médicaux d’aujourd’hui sont complexes et font appel à une panoplie de services de santé et de soignants(89). On utilise de plus en plus des dispositifs médicaux effractifs comme des tubes de trachéotomie, des respirateurs, des sondes d’alimentation, des cathéters veineux centraux, des seringues pour l’injection quotidienne de médicaments, des sondes urinaires à demeure et des cathéters de dialyse péritonéale pour le traitement de l’insuffisance rénale chronique(42;74;105). Ces instruments sont couramment utilisés dans le contexte des soins ambulatoires(82;106), des soins de longue durée(42;103;107) et des soins à domicile(79;81;86;87;90;108). L’antibiothérapie administrée à des patients externes dans le cadre de soins ambulatoires est bien connue et a des résultats favorables tant sur le plan médical que sur le plan financier(109-113). La structure des soins a également subi d’importants changements. Les avancées de la technologie, notamment la télésanté et la télémédecine, permettent désormais aux professionnels de la santé d’offrir des services poussés de prévention, de diagnostic et de traitement à distance(89). On ignore encore les effets que ces nouvelles modalités de prestation des services auront sur les ILSS. 4.4 Remodelage du continuum des soins D’après les données de l’Institut canadien d’information en santé (ICIS)(96), le taux de congés des hôpitaux (une mesure de l’hospitalisation) a diminué de 14 % de 1994 à 1998. Pendant la même période, la durée moyenne des séjours à l’hôpital est passée de 7,4 à 7 jours et le nombre de chirurgies pratiquées dans des hôpitaux de soins actifs a diminué de 15 % tandis que le nombre de chirurgies pratiquées sur des patients non hospitalisés a 14 augmenté d’autant. Au cours de la décennie actuelle, on s’attend à une diminution constante du nombre de lits d’hôpital(82). D’après les prévisions d’analystes canadiens(103) et américains(82;92), la plupart des soins médicaux passeront du milieu hospitalier au milieu des soins ambulatoires d’ici la fin du siècle. Ce serait le cas d’environ 75 à 80 % des interventions chirurgicales(82;114) et des services d’oncologie(82), qui seraient désormais offerts en externe. Les Centers for Disease Control and Prevention signalent que le nombre de patients soignés à domicile est à la hausse; ils notent au passage que le budget des soins à domicile aux États-Unis est passé de 2 milliards $ en 1998 à environ 25 milliards en 1999. En 1996, huit millions d’Américains ont reçu des soins médicaux à leur domicile(79). L’Association canadienne des soins de santé(89;103) fait état de la même tendance générale au Canada. Des données sur l’emploi émanant de l’ICIS(115) et d’autres sources(102) montrent une migration des infirmiers et infirmières des hôpitaux de soins actifs vers des milieux de soins extra-hospitaliers. Le pourcentage d’infirmières diplômées travaillant dans les hôpitaux a diminué de 1994 à 1999 (66,4 %-62,5 %), mais il a augmenté dans les organismes de santé communautaire (6,0 %-8,1 %), les centres d’hébergement (10,8 %-11,7 %) et les organismes de soins à domicile (3,5%-4,0 %)(116). 4.5 Changements dans les modalités de financement de la santé Trois grandes tendances observées dans le financement des services de santé toucheront tous les programmes de santé. La première a trait à la proportion des dépenses correspondant aux différents secteurs des soins de santé. Bien que, selon les données de l’ICIS, les soins hospitaliers soient à l’heure actuelle la principale dépense du système de santé(117), la proportion du budget total de la santé au Canada attribuée aux hôpitaux diminue depuis le milieu des années 1970(102;117). La deuxième tendance consiste en une modification constante – quoique graduelle – du rapport entre le financement public et privé de la santé, le financement public diminuant par rapport au financement privé(117). Enfin, la troisième tendance, soit l’absence d’un financement soutenu pour la santé(89), est probablement la plus importante des trois pour la mise en place de programmes de santé. 4.6 Conséquences pour les programmes de prévention et de lutte contre les infections L’évolution des besoins en santé se répercute sur les programmes de prévention et de lutte contre les infections. L’interaction entre les maladies chroniques et les changements physiologiques liés au vieillissement favorise l’apparition d’infections chez les personnes âgées(42). Le grand âge est également associé à un risque accru de pneumonie à cause de la diminution de la capacité pulmonaire et du réflexe tussigène et de la plus grande fréquence de maladies concomitantes(77). L’utilisation de dispositifs effractifs comme des tubes de trachéotomie, des respirateurs, des sondes d’alimentation, des cathéters intraveineux, des seringues pour des injections quotidiennes (p. ex. d’insuline), des sondes urinaires à demeure et des cathéters péritonéaux pour le traitement de maladies 15 chroniques, alliée à une mobilité réduite, à l’incontinence urinaire et fécale et à une mauvaise nutrition, augmente le risque d’infection(42;74). Le fait de vivre en établissement accroît encore davantage le risque de contracter une infection pour les personnes âgées(24;74). Le fait que des cas plus lourds soient traités à domicile et le recours à des dispositifs effractifs pour donner des soins augmentent aussi le risque d’infection chez les patients(79). Malgré le manque de données épidémiologiques et la sous-déclaration des infections liées aux soins à domicile(4;24;81;83;118;119), on a signalé chez les bénéficiaires de soins à domicile différentes éclosions, notamment de bactériémie(86;120) et d’infections génito-urinaires liées à des sondes(84), dont des éclosions de candidémie(121). Le personnel infirmier qui soigne des patients à domicile s’est toujours heurté à la difficulté d’adapter les méthodes de prévention des infections qui s’appliquent aux milieux de soins actifs au contexte des soins à domicile(122). Par le passé, on estimait faible le risque d’infection chez la clientèle des soins ambulatoires. Cependant, à l’heure actuelle, à cause de l’état de santé extrêmement variable des patients (qui peuvent être bien portants ou gravement malades) et des interventions effractives, la gestion des risques d’infection chez cette clientèle est de plus en plus complexe. Trois aspects des soins ambulatoires revêtent une importance particulière pour la prévention et la lutte contre les infections : les chirurgies externes, les perfusions en soins ambulatoires et les centres de dialyse(4). Herwaldt et coll.(82) énumèrent les facteurs de risque suivants pour les soins ambulatoires : • plus grand risque de manipulation et d’élimination non sécuritaires de déchets infectieux; • mauvaise ventilation (recirculation d’air non filtré et absence de chambres à pression négative); • lacunes dans le groupement des patients (une seule entrée, salle d’attente unique); • connaissance insuffisante des mesures de prévention des infections chez les membres du personnel en raison d’un fort taux de roulement et de l’absence de formation à ce sujet; • méthodes déficientes de désinfection du matériel; • recours inapproprié de la stérilisation rapide (méthode Flash); • espace insuffisant pour séparer les activités propres des activités sales. Le remaniement des services de santé à l’intérieur d’un établissement nécessite souvent des travaux de construction et de rénovation. Or, ces travaux ont entraîné des éclosions documentées de légionnellose(82;123) et d’aspergillose(123). Il faut donc que les 16 responsables de la prévention des infections interviennent pendant les projets de construction et de rénovation pour prévenir les éclosions que ces travaux risquent de provoquer(124-127). Santé Canada (2001)(123) et l’Association canadienne de normalisation (2003)(128) ont tous deux publié des recommandations sur la prévention des infections pendant la réalisation de travaux de construction et de rénovation dans un établissement de santé. D’après certaines études, la restructuration du système de santé contribuerait à l’augmentation du risque d’ILSS(123;124;126;129) et de transmission de MRA(13). Des chercheurs de l’hôpital de l’Université de l’Alberta(130) ont signalé que les changements apportés au système de santé s’étaient répercutés sur le taux d’infections nosocomiales. De 1993–1994 à 1996–1997, le nombre de lits (↓10%), d’admissions (↓19%) et de jours/patients (↓17%) a sensiblement diminué . Or, pendant la même période, le nombre de cas de bactériémie a grimpé de 31 % et le taux de bactériémie, de 60 %. La pénurie d’effectifs(131-134) , la baisse du niveau et des compétences des professionnels de la santé(135), le manque de personnel et le surpeuplement(136), de même que l’absence d’éducation en prévention et en lutte contre les infections(13) sont associés à la transmission de microorganismes et aux ILSS. Fait important, on a signalé une détérioration de la qualité et de l’issue des soins donnés aux patients.(26;91;137-139) . Depuis dix ans, la surveillance, la prévention et la lutte contre les MRA sont des composantes primordiales des PPLI(17;51;93;140). La résistance aux antibiotiques suppose l’émergence de bactéries, de parasites, de virus et de champignons pharmacorésistants(141). La prévalence de plus en plus grande des MRA(46), leur émergence rapide(140) et la multirésistance de bon nombre de ces microorganismes(142) viennent encore aggraver le problème. Les antimicrobiens qu’un médecin peut prescrire pour traiter une infection à MRA sont assez limités, voire inexistants dans certains cas(46;141143) . À cela vient s’ajouter un ralentissement dans la mise au point de nouveaux antimicrobiens(22;142). D’après certaines données, des microorganismes résistants aux antibiotiques comme le SARM et l’ERV allongeraient la durée des hospitalisations, augmenteraient la morbidité et feraient grimper les coûts(144). La résistance aux antibiotiques, naguère cantonnée aux unités de soins intensifs, s’observe maintenant dans tous les secteurs des hôpitaux de soins actifs(142) et des établissements de soins de longue durée (73;105;145-147). Une étude américaine sur le SARM a fait état de taux de colonisation pouvant atteindre les 53 % chez les pensionnaires de certains établissements de soins de longue durée(140). En raison, entre autres, de la circulation croissante des patients entre différents secteurs de soins (ainsi, les patients peuvent recevoir des traitements de dialyse ou de chimiothérapie à l’hôpital ou en clinique externe)(140), on a détecté des MRA dans tous les milieux de soins(46;142;148) et dans la communauté(149-153). Des données révèlent que, tandis que de nouvelles souches apparaissent en milieu communautaire(154), les souches du SARM transmises à l’hôpital se propagent à l’extérieur(149). Les logements où s’entassent de nombreuses personnes, comme il y en a encore beaucoup dans les communautés des Premières Nations et des Inuits, contribuent 17 fortement à la propagation d’agents pathogènes(155), dont les MRA, à l’extérieur des hôpitaux(149). D’après les données du Programme canadien de surveillance des infections nosocomiales, les taux de colonisation et les infections liées au SARM n’ont cessé de s’accroître dans les hôpitaux canadiens. On trouvera plus d’information à ce sujet sur Internet à l’adresse suivante : http://www.phac-aspc.gc.ca/nois-sinp/projects/mrsafra.php. Cette situation expose les patients à des risques et peut devenir un fardeau financier pour les ressources en santé. Le Programme canadien de surveillance des infections nosocomiales, entre autres(93;156-158), recommande aux responsables de PPLI d’exercer une surveillance active pour identifier les patients infectés par des MRA et de prendre d’autres mesures de prévention pour éviter la transmission croisée de ces pathogènes. L’émergence ou la recrudescence de maladies transmissibles extra-hospitalières [( p. ex. les infections envahissantes à streptocoque du groupe A(159), les infections à SARM acquises dans la collectivité, la tuberculose multirésistante(160;161), C. difficile(14;162), les infections d’origine alimentaire et hydrique (comme E. coli 0157:H7), les zoonoses (comme la salmonellose(163)), la peste(164), les MRA(42;142;165-168)], la multiplication des vols internationaux(141) et les risques d’attentat bioterroriste(169) sont autant de facteurs qui contribuent à l’apparition et à la transmission d’infections(40;72;170). La situation préoccupe les milieux de la santé non seulement au Canada mais partout dans le monde(23;171). Tous ces facteurs font ressortir l’urgence d’étendre les PPLI. 4.7 Ressources limitées des Programmes de prévention et de lutte contre les infections Les changements apportés au système de santé ont élargi la portée des activités de PPLI(93;95;172). Ils nécessitent une augmentation des ressources consacrées à la prévention et à la lutte contre les infections pour assurer l’efficacité de ces programmes dans le système de santé actuel et pour en préserver les éléments essentiels dans les établissements de soins actifs, éléments décrits par Haley(10) voilà presque trente ans. L’émergence de nouvelles maladies infectieuses comme le SRAS a montré qu’il faut être en mesure d’amplifier rapidement les mesures de prévention et de lutte anti-infectieuses de même que d’autres services médicaux. Cette idée d’une hausse rapide de la capacité repose sur la nécessité d’avoir des ressources suffisantes pour assurer le fonctionnement courant et de pouvoir réaffecter les ressources lorsque la situation l’exige(173). Or, même si l’efficacité des programmes de prévention et de lutte contre les infections dépend de l’augmentation des ressources et de la capacité de réagir rapidement à une hausse subite des besoins, une enquête menée par l’Association for Professionals in Infection Control and Epidemiology aux États-Unis a montré que les ressources humaines consacrées aux PPLI avaient diminué de 1994 à 1997(95;174). À preuve, les exemples suivants cités dans l’étude : • Soixante-seize pour cent des praticiens interrogés ont déclaré que leur charge de travail avait augmenté. 18 • Le nombre d’endroits dont les intervenants en prévention et en la lutte contre les infections devaient s’occuper avait augmenté de 63 %. • Quarante-cinq pour cent de ces intervenants avaient d’autres fonctions en plus de leurs responsabilités de prévention et de lutte contre les infections. • Les effectifs en prévention des infections étaient restés les mêmes ou avaient diminué, d’après 83 % des répondants. • Quatre-vingt trois pour cent des répondants ont déclaré que, malgré l’augmentation de la charge de travail, les fonds alloués à la prévention des infections n’avaient pas augmenté ou avaient diminué. D’après un rapport récent couvrant une période de 20 ans, les activités de prévention des infections auraient augmenté de 145 %, mais les ressources consacrées aux PPLI seraient loin d’avoir suivi(175). L’insuffisance des effectifs était la raison la plus souvent citée pour expliquer le non-exercice des responsabilités liées à la prévention et à la lutte contre les infections. Comme les intervenants devaient s’acquitter d’autres fonctions que la prévention des infections, ils n’avaient pas assez de temps pour exercer une surveillance(94), même si on sait que la surveillance est indispensable à l’efficacité des PPLI(10;176-178). Dans un sondage de 2003 portant sur les PPLI au Canada, 23 % des hôpitaux qui ont répondu effectuaient moins de la moitié des activités de surveillance recommandées(17). Les responsables de PPLI ailleurs au Canada ont signalé que les activités de surveillance visent principalement les MRA(179;180), si bien que d’autres ILSS sont négligées(179;180). Et pourtant, ces infections sont moins fréquentes dans les hôpitaux canadiens qui exercent une surveillance rigoureuse des ILSS(181). En 1999, on a évalué les ressources humaines dont disposaient les PPLI en Ontario. Des questionnaires de sondage ont été postés à tous les hôpitaux de soins actifs de la province. Les résultats ont révélé que le nombre d’heures travaillées par les intervenants en prévention des infections était bien inférieur aux recommandations formulées en 1985, soit un équivalent temps plein pour 250 lits(179). De plus, ce ratio avait été calculé avant l’apparition des MRA, du bioterrorisme, des infections émergentes et des problèmes liés à la sécurité des patients, et avant l’extension de la prévention des infections à toutes les composantes du continuum de soins(95;172). Les auteurs ont indiqué que les intervenants en prévention des infections de l’Ontario consacraient environ 20 % de leur temps à surveiller, prévenir et combattre les infections causées par des microorganismes résistants aux antimicrobiens, ce qui grugeait encore davantage les ressources du programme dans la province(179). Une étude canadienne subséquente(181) a montré que les investissements dans la surveillance réduisaient sensiblement les taux d’infection par des microorganismes résistants aux antibiotiques. 19 5.0 Importance des programmes de prévention et de lutte contre les infections 5.1 Évolution de ces programmes Le problème des ILSS est apparu dès que des personnes malades ont commencé à se faire soigner à l’hôpital(182), mais la création de programmes de prévention des infections (PI) pour surveiller ces infections ne remonte qu’au milieu des années 1950. Ils ont vu le jour à la suite d’une pandémie d’infections nosocomiales à staphylocoques(182-184). Les premiers programmes de prévention des infections étaient appliqués par des infirmières dont la principale fonction était de recueillir des données en surveillant l’environnement et en recensant les éclosions dans tout l’hôpital(185). Au cours des années 1960, l’infectiologie est devenue une spécialité clinique(184) et, grâce à l’appui de l’épidémiologie et de la microbiologie(185), les programmes de PI sont devenus de plus en plus axés sur les résultats. Le terrain était désormais fertile pour la définition des meilleures pratiques fondées sur des données probantes, et les premières bases scientifiques formelles de la prévention des infections ont été jetées. Pendant les années 1970, les responsables de la prévention des infections se sont attaqués à de nouveaux problèmes liés à la désinfection et à la stérilisation de même qu’aux nouveaux risques d’infection nosocomiale posés par le recours de plus en plus répandu à des dispositifs médicaux effractifs (comme les cathéters de dialyse péritonéale ou les cathéters centraux utilisés pour l’alimentation parentérale totale)(185). Vers la même période, les responsables de la prévention des infections se sont arrêtés au risque de transmission d’infections (comme la tuberculose ou l’hépatite B) entre les travailleurs de la santé et les patients, et à des questions de santé et sécurité au travail(185). En 1972, l'Association of Practitioners in Infection Control a été créée à Toronto et en 1976, l’Association canadienne pour la prévention des infections dans les hôpitaux, qui compte aujourd’hui de plus de 1000 membres, a vu le jour. Au Québec, l’Association des infirmières en prévention des infections a été fondée en 1978 et compte aujourd’hui plus de 150 membres. Ces associations professionnelles offrent formation et soutien aux professionnels de la prévention des infections partout au Canada. L’adoption d’exigences d’agrément pour les programmes de PI et la désignation de professionnels de la prévention des infections (PPI) chargés de les gérer ont été d’importants jalons de l’évolution de ces programmes au cours des années 1970(182-184). Toutefois, c’est une étude publiée par les Centers for Disease Control and Prevention des États-Unis qui a été l’événement le plus marquant de cette décennie pour la prévention des infections: l’étude SENIC, échelonnée sur 10 ans, portait sur l’efficacité des mesures de lutte contre les infections nosocomiales(182;185). Les soins de santé consommant un pourcentage sans cesse croissant du produit national brut, on craignait que les pressions qui s’exerçaient sur les hôpitaux pour les inciter à réduire leurs coûts ne mènent à l’abolition des programmes de prévention dont la valeur n’avait pas été prouvée(183). Le rapport SENIC, paru en 1985, a démontré non seulement que les programmes de PI 20 étaient efficaces, mais aussi qu’ils étaient rentables(10). Ainsi, la valeur des PPLI structurés a été clairement démontrée il y a plus de vingt ans(10). En 1980, on a mis sur pied le Bureau de la prévention des infections au Laboratoire de lutte contre la maladie de Santé Canada. Il avait pour mandat d’énoncer des recommandations nationales sur la prévention des infections, dont les provinces et territoires pourraient s’inspirer pour déterminer leurs pratiques locales. En 1985, l’Association canadienne de prévention des infections dans les hôpitaux a été rebaptisée Association pour la prévention des infections à l’hôpital et dans la communauté-Canada; on voulait ainsi souligner le rôle de la prévention des infections tant dans les établissements de santé (de soins actifs ou de soins de longue durée) qu’en milieu extrahospitalier (soins ambulatoires ou soins à domicile). Pendant toute la décennie des années 1980, les ressources de prévention des infections ont été lourdement grevées par l’apparition du syndrome d’immunodéficience acquise (SIDA)(182;185) et de microorganismes résistants aux antibiotiques(185). Au début des années 1990, la prise de décisions en matière de prévention des infections est devenue plus difficile à cause de plusieurs facteurs : les soins n’étaient plus donnés seulement dans les milieux médicaux traditionnels, on faisait une place de plus en plus grande à la gestion des connaissances et certaines considérations morales et juridiques complexes devaient être prises en compte(95;183) alors que les ressources stagnaient ou diminuaient(9;95;186) . Une pléthore de recommandations visant à encadrer et à promouvoir l’utilisation rationnelle des antimicrobiens(2;46;187) n’avaient pas réussi à enrayer le fléau de la résistance aux antibiotiques(140;142). De surcroît, malgré le fait qu’une bonne hygiène des mains réduit les risques d’infection(188) et de résistance aux antibiotiques(189), les pratiques de lavage des mains dans les hôpitaux n’étaient toujours pas optimales(189). Vers la fin de la décennie, les experts ont préconisé un rôle plus directif pour les PPLI au sein des organismes de la santé (140;186;190-192) afin de réaliser le but de ces programmes, soit de réduire le plus possible la fréquence des infections liées aux soins de santé. Depuis le début du nouveau millénaire, des équipes de prévention et de lutte contre les infections participent à la planification des mesures à prendre en cas de pandémie de grippe. Elles sont intervenues lors de l’épidémie de SRAS à Toronto(173), ont revu les pratiques visant à prévenir la transmission d’infections respiratoires à la lumière de l’expérience du SRAS(193) et ont réagi aux éclosions d’infections graves causées par C. difficile.(14;162). Aujourd’hui, les PPLI doivent prouver leur valeur(9;185;194) et évaluer le rapport coût-efficacité de leurs politiques et modalités(21;47;49), dans un système de santé complexe aux prises avec des difficultés financières. 5.2 Les programmes de prévention des infections et la sécurité des patients La prévention des ILSS améliorera la sécurité des patients dans le système de santé canadien.(1;7;28-30). Les infections liées aux soins de santé sont l’effet indésirable le plus fréquent chez les malades hospitalisés(8). D’après la Harvard Medical Practice Study, 21 l’infection de plaies opératoires vient au deuxième rang des effets indésirables le plus souvent observés(195). La mise en place d’un PPLI efficace permettrait d’éviter plus de 30 % des ILSS(10). De bons PPLI réduisent le fardeau financier et humain des ILSS(4;6;9-11;177;196) et font partie intégrante d’une stratégie globale de sécurité des patients. La campagne canadienne Des soins de santé plus sécuritaires maintenant! et sa contrepartie états-unienne, 100,000 Lives, reconnaissent l’efficacité des PPLI. Elles ont pour but de réduire les taux de mortalité et de morbidité évitables associés aux soins de santé. Trois des six stratégies initiales prônées par la campagne Des soins de santé plus sécuritaires maintenant! visent à prévenir des ILSS : l’infection d’un cathéter central, l’infection d’une plaie opératoire et la pneumonie associée au respirateur(197). Le Conseil canadien d'agrément des services de santé reconnaît lui aussi la contribution majeure de la prévention des infections à la sécurité des patients(198). Cet organisme est voué à la réduction des risques d’ILSS et de leurs répercussions sur tous les services de santé. Les organismes de la santé doivent: • suivre les lignes de conduite en matière de prévention des infections émanant du gouvernement fédéral ou des provinces; • offrir à leur personnel, à leurs bénévoles et aux autres intervenants une formation sur le lavage/l’hygiène des mains; • surveiller les taux d’infection et diffuser cette information dans toute l’organisation; • examiner et améliorer au besoin les méthodes de stérilisation du matériel médical. Les études ont démontré sans équivoque l’efficacité des PPLI et les organismes comme Conseil canadien d'agrément des services de santé comptent sur ces programmes pour améliorer la sécurité des patients; toutefois, ces programmes ne sont efficaces que lorsqu’ils sont dotés de ressources suffisantes(35). 5.3 Preuves de l’efficacité des programmes de prévention et de lutte contre les infections Les avantages des programmes de prévention et de lutte contre les infections doivent l’emporter sur leurs coûts(199). Or, ces programmes sont considérés comme une des activités les plus rentables du système de santé parce qu’ils réduisent les coûts tout en améliorant la qualité des soins(9;11;35;38;47;171;191;196). On leur doit entre autres les économies considérables engendrées par les résultats suivants : • réduction du coût des soins hospitaliers (62) et de la durée des hospitalisations; 22 • réduction de la fréquence et du coût des infections de plaies opératoires(200;201), y compris dans le cas de césariennes (202) et de chirurgies cardiaques(203); • réduction de 19 à 22 % du coût des antibiotiques sans effet défavorable sur l’issue du traitement(204); • projet d’amélioration des processus qui a rehaussé la responsabilisation des intervenants et amélioré le respect des précautions liées à l’isolement des malades pour prévenir la transmission du SARM. Ce projet a permis de réduire de 30 % la fréquence des infections à SARM sur une période de deux ans, malgré l’augmentation du nombre de jours/risque et d’éviter des coûts de plus de deux millions de dollars(205). On trouve différents types d’analyses des coûts dans la littérature médicale (49). Par exemple, en 1995, Wenzel(38) a comparé le rapport utilité/coût (coûts rajustés/années de qualité de vie gagnées) des PPLI et constaté qu’ils engendraient des économies de 1 786 $ à 7 143 $, comparativement à 5 100 $ dans le cas d’un pontage à l’artère coronaire gauche principale. D’autres études ont évalué la faisabilité de mesures de prévention et de lutte contre les infections à l’aide d’une analyse coûts-avantages. D’après les données du projet SENIC, on a établi le rapport coûts-avantages des PPLI à 1:5(16), en divisant les sommes consacrées au programme par la valeur des avantages qui en découlent. Pour un hôpital de 250 lits, on a évalué le coût d’un PPLI à 60 000 $ US en 1985(16) et à 200 000 $ en 1995(38). Ces différentes analyses de coûts ont démontré l’efficacité des PPLI. Ainsi, on a voulu déterminer les avantages et les coûts nets de l’utilisation de blouses d’hôpital pour prévenir la transmission de l’ERV. L’analyse a révélé que, bien que le port de blouses augmente les coûts, les avantages de prévenir la transmission d’ERV l’emportent sur ceux-ci.(206). D’après une enquête réalisée sur dix ans aux Pays-Bas, l’instauration d’une politique rigoureuse de prévention des infections est avantageuse à la fois sur le plan épidémiologique et financier.(55). D’autres études et rapports viennent confirmer l’efficacité des PPLI dans tous les milieux de soins, comme en témoignent les exemples décrits dans les paragraphes qui suivent. 5.3.1 Soins actifs • La réduction des taux d’infection de plaies opératoires, par suite de l’instauration de programmes de surveillance(200;207-210) assortis d’un système permettant de communiquer rapidement aux chirurgiens les taux d’infection(10), a amené l’American College of Surgeons(211) et les Centers for Disease Prevention and Control(212) à appuyer cette pratique. • Un étude sur la surveillance des infections de plaies opératoires chez les malades ayant reçu leur congé de l’hôpital a montré qu’en trois ans, on avait ramené le taux d’infection de 16 à 3 % (213). 23 • La réduction de ≥ 10 % du taux d’infection des plaies opératoires chez tous les patients et de toutes les ILSS recensées dans les unités de soins intensifs entre 1990 et 2000 témoigne des effets durables des PPLI(196). • Les taux d’ILSS ont chuté de plus de 30 % en dix ans, la plus forte baisse étant enregistrée dans les taux de bactériémie chez les malades hospitalisés. Les Centers for Disease Control and Prevention ont félicité les établissements participants d’avoir reconnu l’importance capitale de disposer d’un effectif suffisant de PPI qualifiés, lesquels ont contribué à cette baisse constante et considérable des taux d’infection(196). • Un changement de la politique de dépistage auprès des patients ayant déjà été infectés par C. difficile avant leur réadmission à l’hôpital a permis d’éviter des coûts de 48 500 $ par année et de maintenir le taux d’infection à C. difficile en dessous du seuil(214). • L’amélioration de la politique de prévention des infections a sensiblement réduit le taux jusque-là endémique de C. difficile chez les grands malades âgés et a contribué au maintien d’un plus faible taux de SARM, ce qui a permis d’éviter la fermeture prolongée de certaines unités d’hôpital(215). • La prévention des infections chez les patients neutropéniques a fait baisser de façon appréciable le taux d’aspergillose invasive nosocomiale (cause importante de mortalité et de morbidité) pendant des travaux hospitaliers(216). • Une équipe pluridisciplinaire chapeautée par le PPLI a instauré des pratiques de prévention des infections dans tout l’hôpital, ce qui a permis de stabiliser et de diminuer le taux de pneumonie associée à l’usage d’un respirateur(217). • La mise en place d’un PPLI rigoureux a entraîné une chute rapide du taux d’infections associées à des dispositifs cardiaques(218), évitant ainsi à l’hôpital les coûts énormes du traitement de ces infections. • Quand toutes les recommandations officielles relatives à la prévention et à la lutte contre la tuberculose ont été mises en application, la transmission de souches multirésistantes de Mycobacterium tuberculosis chez les patients séropositifs(219;220) et les travailleurs de la santé(220) a cessé. • Dans un service d’oncologie(72), l’adoption de meilleures méthodes de prévention des infections a sensiblement réduit les taux de colonisation par l’ERV et de bactériémie. • Boyce(157) a montré que les programmes de lutte contre le SARM comportant la surveillance active par mise en culture et la prise de précautions barrière réduisent les taux d’infection par le SARM(157). D’autres chercheurs ont montré que ces stratégies sont rentables(52-56). 24 • L’adoption d’un programme de PI intégré et amélioré, doté d’un volet d’épidémiologie moléculaire, a réduit de plus de 4 368 100 $ en deux ans les coûts réels des soins de santé et de plus de 10 % le taux d’infections nosocomiales (qui est passé de 6,49 cas/1000 jours à 5,79 cas/1000 jours)(62). • Le dépistage à l’admission et l’isolement préventif des malades se sont avérés rentables pour endiguer la propagation du SARM dans 14 unités de soins intensifs en France, d’après les résultats d’une étude échelonnée sur six mois.(56). • D’après une étude décennale des résultats d’une politique stricte de dépistage et d’isolement des malades infectés ou colonisés par le SARM dans un hôpital universitaire hollandais, la politique s’est avérée rentable, compte tenu de la l’augmentation prévue des infections par le SARM et des coûts qu’elles auraient engendrés(55). • Une meilleure politique de prévention et de contrôle des infections a réduit sensiblement le taux d’infection à C. difficile et de colonisation par le SARM chez les malades âgés, ce qui a permis d’éviter la fermeture d’unités et, partant, de disposer de cinq lits supplémentaires par jour pendant les mois d’hiver(215). 5.3.2 Soins de longue durée • La grippe de type A est l’infection la plus coûteuse pour les établissements de soins de longue durée, à cause de son taux de morbidité et de mortalité(221). Si l’administration prophylactique d’antiviraux s’avère efficace pour endiguer une épidémie de grippe(221-225), la vaccination des pensionnaires et des employés contre le virus grippal reste une méthode de prévention plus efficace(226;227). Par ailleurs, un plus fort taux de vaccination est associé à la présence d’un PPI dans l’établissement(222). • Dans une étude interventionnelle(228), les pratiques de confinement ont réussi à ramener de 52 à 2 % le taux de colonisation par le SARM chez les pensionnaires et de réduire à 1,4 % leur taux d’infection, ce qui a permis d’économiser des coûts nets de 429 500 $. Ce montant correspond à 93 infections évitées, dont chacune aurait entraîné l’admission du malade dans un hôpital de soins actifs, au coût de 5 000 $. 5.3.3 Soins ambulatoires • Il incombe aux PPLI de prévenir et d’endiguer les flambées infectieuses. Une enquête menée sur des cas de kératoconjonctivite épidémique dans une clinique de soins ambulatoires(229) a révélé que toutes les infections étaient associées à quatre médecins et 61 % d’entre elles, au même médecin. Ces ILSS ont été attribuées au fait que le lavage des mains n’était pas systématique dans le cabinet de ce médecin et que les instruments médicaux n’étaient pas correctement 25 désinfectés entre les patients. Ces facteurs ont été portés à l’attention du médecin et on a pu éliminer immédiatement l’infection. Dans l’année qui a suivi, une deuxième éclosion de kératoconjonctivite épidémique est survenue et on a conclu que le même médecin en était la cause. La mise en œuvre systématique de pratiques de prévention et de lutte contre les infections a permis d’enrayer rapidement l’éclosion. Le volet surveillance du PPLI a permis de cerner le problème, et des mesures de prévention et de lutte contre les infections ont éradiqué ces ILSS. • En ajoutant l’observation directe des plaies opératoires à son programme de surveillance et en déterminant le taux d’infection des plaies chirurgicales par chirurgien, une clinique externe a ramené de 16 à 3 % le taux d’infection en trois ans(213). • D’après une étude, la présence d’un PPI exclusivement affecté à la prévention des infections dans une centre de soins ambulatoire comptant 62 cliniques associées a contribué à améliorer les pratique de prévention des infections(230). 5.3.4 Soins à domicile • Quatre agences de soins à domicile ont participé à un sondage sur les infections dont les auteurs ont conclu que leurs méthodes de surveillance gagneraient à être adoptées par d’autres agences; on établirait ainsi les balises d’une analyse comparative de la prévention des infections dans différents organismes de soins à domicile(87). • Un des rôles importants du PPLI consiste à évaluer la sûreté des soins dispensés, sur le plan de la prévention des infections. D’après une étude sur la bactériémie(231), le maintien à domicile des enfants recevant une alimentation parentérale totale par cathéter central était plus efficace que l’hospitalisation, réduisant à la fois les taux d’infection liés aux soins de santé et les coûts. • Les programmes de prévention et de lutte contre les infections permettent aussi d’évaluer la sûreté de certains produits. Par exemple, on a commencé à utiliser des systèmes d’accès intravasculaire sans aiguille pour réduire les risques de piqûre accidentelle chez les professionnels de la santé. Ces dispositifs sont le produit de prédilection pour les soins à domicile, d’autant plus que ce sont souvent les membres de la famille qui donnent certains ou tous les soins au malade. Toutefois, une étude de cohorte cas/témoins(232) a mis en évidence un risque accru de bactériémie chez les malades alimentés par voie parentérale au moyen d’un système de perfusion sans aiguille. Une enquête sur la prévention des infections a révélé qu’un dispositif analogue était à l’origine de plusieurs cas de bactériémie chez des patients traités à domicile par perfusion intraveineuse(86). 26 6.0 Ressources nécessaires à l’efficacité d’un programme de prévention des infections Des études publiées décrivent conditions nécessaires à l’efficacité des PPLI - les activités essentielles et l’infrastructure optimale - en milieu hospitalier(6) et extra-hospitalier.(4). Au moment de décider du financement d’un PPLI, il faut tenir compte de la nature intégrée de tels programmes. Par exemple, on n’améliorera pas le programme en achetant des logiciels permettant de recueillir plus de données de surveillance si, par ailleurs, on réduit les sommes allouées aux laboratoires. La conversion des données est une démarche complexe à laquelle beaucoup d’intervenants prennent part : le personnel de laboratoire professionnel et technique doit préparer et interpréter les échantillons; des employés de bureau doivent rédiger les rapports; un épidémiologiste doit les analyser et les interpréter; un infectiologue ou un médecin microbiologiste doit décider des pratiques cliniques indiquées; un nombre suffisant de PPI qualifiés doivent communiquer avec les soignants de première ligne et leur indiquer les mesures à prendre pour prévenir et contenir les infections. Le PPLI doit compter un ou plusieurs PPI dûment formés, un médecin ou un épidémiologiste hospitalier chargé de la prévention des infections, des technologues et des employés de soutien; il doit aussi avoir accès à des spécialistes en microbiologie, en biostatistique, en informatique, en gestion des soins de santé et en éducation des adultes(105;233;234). Les recommandations qui suivent décrivent les ressources nécessaires pour mettre au point et maintenir un PPLI efficace à toutes les étapes du continuum de soins. 6.1 Recommandations Les recommandations suivantes appuient l’objectif des PPLI de prévenir le plus possible les ILSS ainsi que l’incorporation des éléments essentiels d’un tel programme, c’est-à-dire : surveillance, prise en charge des cas, gestion des éclosions et préparatifs, éducation, politique et modalités, vérification et rétroaction, planification et la vérification des travaux de construction et communication des résultats. 1. Les programmes de prévention et de lutte contre les infections doivent être dotés d’effectifs suffisants pour pouvoir réaliser leurs objectifs. Un comité d’experts canadiens a mis au point un modèle qui permet de calculer les ressources humaines nécessaires pour un programme efficace de PPLI. D’après ce modèle, il faut compter au moins trois PPI (équivalents temps plein) pour 500 lits dans les hôpitaux de soins actifs et un PPI pour 15-250 lits dans les établissements de soins de longue durée(235). En 2003, l’Association pour la prévention des infections à l'hôpital et dans la communauté – Canada a présenté la même recommandation au Comité consultatif national sur le SRAS et la Santé publique. Le Québec a décrété un ratio d’un PPI pour 133 lits dans les centres de soins actifs et d’un PPI pour 100 lits 27 dans les établissements de soins actifs dotés de programmes spécialisés (p. ex. greffes ou soins pour les grands brûlés) comme les centres de soins tertiaires et quaternaires(236). Les besoins en effectifs des PPLI ont également été examinés aux États-Unis. Les auteurs du projet Delphi(94) ont recommandé un ratio de 0,8-1 PPI pour 100 lits de soins actifs occupés. Ils ont indiqué que les recommandations relatives aux ressources et aux effectifs à consacrer à la prévention des infections ne devaient pas se fonder exclusivement sur le nombre de lits ou de patients. Il fallait aussi tenir compte des particularités de l’établissement de santé ou du programme de soins, des différents milieux de soins, de la composition de la clientèle et des besoins de la collectivité ou de l’établissement. Dans la structure de l’établissement ou de l’agence, le PPLI devrait être positionné de manière à ce que le PPI ait un accès direct aux décideurs et puisse instaurer sans tarder des mesures capitales de lutte contre les infections. Comme l’expérience récente du SRAS l’a démontré, les PPLI doivent être dotés d’effectifs suffisants pour pouvoir répondre à une augmentation subite des besoins. Table 5. Ratio minimum de PPI en fonction du nombre de lits Norme/Groupe Soins actifs Alliance/CHICA(235;237) Québec(236) Delphi(94) 3:500 1:133 0,8 à 1,0:100 Soins actifs spécialisés Soins de longue durée 1:150-250 1:100 En plus d’être en nombre suffisant, les PPI doivent avoir suivi un cours de base reconnu en prévention et lutte contre les infections, comme ceux qui sont offerts par l’Université de Calgary, l’Université Queen’s à Kingston, l’Université de la Colombie-Britannique et Centennial College, à Toronto. Après avoir travaillé pendant deux ans comme PPI, un professionnel de la santé peut se présenter à l’examen d’agrément en prévention des infections administré par le Comité d’examen sur la prévention des infections. D’après leurs normes professionnelles, les PPI doivent obtenir l’agrément dans les cinq années suivant le début de leur travail dans ce domaine(238). 2. Les programmes de prévention et de lutte contre les infections doivent avoir accès à des experts dont un infectiologue et/ou un médecin microbiologiste. Ces consultants doivent être rémunérés pour leur temps et leur expertise. Voilà plus de 20 ans, l’étude SENIC établissait qu’un médecin qualifié en prévention des infections est un élément essentiel d’un PPLI efficace(10;11). 3. Pour soutenir leurs activités de surveillance, pour détecter les éclosions et pour les endiguer, les programmes de prévention et de lutte contre les infections doivent avoir librement accès aux services diagnostiques de laboratoires de microbiologie et de virologie, y compris à des laboratoires de référence capables de procéder rapidement au typage moléculaire. 28 En plus d’aider à déterminer les traitements possibles, le laboratoire de microbiologie joue un rôle capital dans la détection, l’investigation et la prise en charge des foyers d’infections(239). Les laboratoires à grand volume peuvent jouer le rôle de laboratoires de référence en surveillant les MRA et d’autres phénomènes aussi bien chez des patients individuels que chez la clientèle de différents établissements ou milieux de soins(240). Ces laboratoires peuvent, par exemple, effectuer le typage moléculaire/génétique d’isolats du SARM(241;242) et de C. difficile. 4. Les responsables d’un programme efficace de prévention et de lutte contre les infections doivent consulter des partenaires internes (p. ex. sécurité des patients, assurance-qualité, retraitement, santé au travail) et externes (p. ex. autres établissements, organismes de santé provinciaux/territoriaux et fédéraux) et collaborer avec eux pour favoriser la communication et l’échange d’information. Les PPLI ont la responsabilité de consulter les intervenants d’autres secteurs ou milieux de la santé et de collaborer avec eux. Leurs responsables peuvent, entre autres, travailler avec des intervenants en santé au travail pour prévenir la transmission de maladies infectieuses aux employés, qui pourraient à leur tour infecter des patients, des professionnels de la santé ou des visiteurs(243). Ils peuvent aussi collaborer avec le service de retraitement pour veiller au respect des normes de nettoyage, de désinfection et de stérilisation du matériel destiné aux soins aux patients(244-247). 5. Les organismes de soins de santé doivent surveiller les modalités de prévention et de lutte contre les infections de même que leurs résultats, sur le plan des infections liées aux soins de santé. Ils doivent veiller à ce que les données soient correctement analysées et communiquées au personnel de première ligne, aux chefs des services cliniques et aux administrateurs, et à ce qu’elles soient utilisées pour surveiller et améliorer les résultats pour les patients. La surveillance est une composante essentielle de tout bon PPLI(178). Il est démontré qu’en communiquant les données de surveillance aux principaux intervenants, on réussit à réduire le nombre d’infections nosocomiales(177). Il faut constituer une base de données régionale pour pouvoir déceler et suivre les tendances relatives aux ILSS comme la diarrhée à C. difficile, le SARM et des infections comme le SRAS dans tous les milieux de soins, puisque les patients circulent entre différents établissements de santé et milieux de soins. Cette surveillance exige cependant que des PPLI efficaces coopèrent et communiquent avec les divers établissements et milieux de soins pour uniformiser les méthodes de collecte, d’analyse et d’interprétation des données afin que les taux déclarés d’ILSS et l’évaluation de leurs coûts soient fiables. La surveillance ne doit pas se limiter aux résultats. Les applications industrielles ont montré l’importance de déterminer quels processus influencent les résultats et pourraient avoir besoin d’être améliorés. Il faut surveiller les processus pour pouvoir déterminer leur lien avec le résultat final(178;248). Dans le domaine de la prévention et de la lutte contre les infections, on pourrait, par exemple, mettre en lumière le rapport entre un processus (le moment où on administre une antibiothérapie prophylactique) 29 et le résultat obtenu (la prévention d’une infection de la plaie opératoire) car le choix du moment influence directement les taux d’infection des plaies opératoires(201;249). 6. Les programmes de prévention et de lutte contre les infections doivent offrir une formation continue aux soignants (y compris les bénévoles, les membres de la famille des malades et les étudiants) pour renforcer les règles de prévention des infections en vigueur, en insistant sur l’importance de se laver les mains. Les programmes de prévention et de lutte contre les infections devraient offrir aux soignants une formation de base continue sur les principes de la prévention des infections(250;251)afin de prévenir la transmission de maladies infectieuses émergentes comme le SRAS(252) et la recrudescence d’infections causées par des agents pathogènes comme C. difficile(14). Ces programmes doivent comporter des stratégies globales de réduction des risques afin d’atténuer le plus possible les risques d’ILSS chez les patients, le personnel et les visiteurs(92;253). L’éducation est un outil essentiel pour inciter le personnel soignant et les visiteurs à respecter les politiques des PPLI, ce qui est d’autant plus important que la non-observation des règles élémentaires de prévention des infections, comme de se laver les mains(254;255), est la principale cause de transmission croisée dans les hôpitaux, y compris des MRA(13;140;256). Les programmes éducatifs doivent être régulièrement évalués et inclure la vérification de l’observation des règles de prévention des infections; les résultats de ces vérifications devraient être promptement communiqués aux intéressés, pour que l’on puisse améliorer le programme en conséquence. 7. Les programmes de prévention et de lutte contre les infections doivent avoir accès aux plus récentes publications (articles, ouvrages didactiques, revues scientifiques, normes ou lignes directrices) sur la prévention des infections, en plus d’avoir accès à Internet. Les intervenants du PPLI ont besoin d’information scientifique pertinente pour se tenir au courant des plus récentes normes, lignes de conduite et méthodes de prévention des infections. 8. Les programmes de lutte et de prévention des infections doivent disposer de locaux appropriés et de services de secrétariat, de saisie des données et de dépannage informatique. Divers services sont indispensables aux PPLI : saisie de données, dactylographie de comptes rendus, de documents et de rapports; réception d’appels et organisation de réunions(6) . 9. Les organismes de soins de santé doivent se doter d’un personnel infirmier suffisant et qualifié pour prendre des mesures de prévention des infections au moment de soigner les patients. Les professionnels de tous les autres domaines de la santé (p. ex. inhalothérapeutes ou physiothérapeutes) doivent eux aussi avoir les compétences voulues pour appliquer les règles de prévention des infections dans leurs contacts avec les patients. 30 Toutes les études(13;26;104;130-133;135;137-139;257-260) démontrent le rapport entre la détérioration des soins infirmiers attribuable au manque de personnel et l’augmentation du risque d’ILSS et d’issue défavorable pour les malades. D’où la nécessité de se doter non seulement d’un PPLI efficace mais aussi d’un nombre suffisant de professionnels de la santé ayant les compétences voulues. 10. Les organismes de soins de santé doivent s’assurer d’avoir assez de personnel d’entretien ménager ayant reçu la formation appropriée pour pouvoir offrir aux patients un milieu propre et sécuritaire. Selon une étude parue en 2004(261), le nettoyage rigoureux des lieux aurait grandement contribué à endiguer l’éclosion d’infections à Acinetobacter baumannii qui sévissait depuis 14 mois dans une unité de soins intensifs. Ses auteurs ont attribué les lacunes relevées dans l’observation du protocole de nettoyage aux difficultés qu’on éprouvait à recruter, à garder et à former des préposés à l’entretien; ces lacunes ont semblé exacerber la flambée infectieuse. Les patients ont le droit irréfutable d’être soignés dans un milieu propre et sécuritaire(262;263). Un programme intégré d’entretien et de surveillance, de même qu’une formation de base et des mises à jour régulières à l’intention des préposés à l’entretien, sont des composantes essentielles de tout PPLI efficace(264;265) . Un nouveau rôle est en train d’apparaître dans la lutte contre les ILSS : celui de « responsable clinique de l’entretien »(266). Cette personne aura pour principale responsabilité de prévenir la propagation des infections en veillant au nettoyage du matériel clinique et des locaux(266). 7.0 Conclusion L’utilité des programmes de prévention et de lutte contre les infections n’est plus à démontrer, pour ce qui est d’améliorer la qualité et la sûreté des soins de santé tout en réduisant leurs coûts. De bons PPLI réduisent au minimum les risques d’infection dans tous les milieux de soins et sont importants pour la santé et la sécurité de la population canadienne et de la communauté mondiale. Toutefois, pour que les responsables de ces programmes puissent mettre en application, surveiller et évaluer toutes les mesures de prévention des infections recommandées, ils doivent disposer des ressources nécessaires. Le but ultime des PPLI est de réduire au minimum les risques d’ILSS, et les ressources qui leur sont consacrées doivent leur permettre de le faire. La prévention des infections est une question de santé publique dont on ne saurait surestimer l’importance. Les décideurs doivent reconnaître les composantes essentielles des milieux de soins au Canada et affecter des ressources suffisantes à la prévention des infections. La protection de la santé et de la sécurité de la population canadienne en dépend. 31 32 Références (1) Baker GR, Norton PG. Adverse events and patient safety in Canadian health care. Can Med Assoc J 2004 Feb 3;170(3):353-4. Ref ID: 11868 (2) Health Canada. Controlling antimicrobial resistance: an integrated action plan for Canadians. CCDR 1997;23S7:1-32. 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