La découverte de l`Amérique : les voyages des portugais vers l`ouest

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La découverte de l`Amérique : les voyages des portugais vers l`ouest
Ija découverte
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1)lImR~ ll'AltU
et CIIRISTOPIŒ COf,OIlIt
PAR
P¡'ofesselll'
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Lycée
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1.913
Librairie FranQa Amado -- Coïmbre
LA DÉCOUVERTE DE LIAMÉRIQUE
Ex t.l'aÍt. de la Revista de ¡listâT/a
(Avril-Juin
Composto
H)J3l
e impt"esso na Tipogt"liÜ'ia del Coopel'Elti\lEl MimElt"
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I~adécouverte
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PAR
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Lycée de Coïmbre
i913
Li.brairie França Amado -- Coïmbre
La découverte de l'Amérique
-
Pierre d'Ailly et Christophe Colomb
Les voyages des Portugais vers l'ouest pendant le Xvo siècle
:\Ion ami, :\1. ['abbé Louis Salembier, le savant professeur et secrelall'e général
des facult¿s catholiqucs de Lille, a publié récemment une rcmarquablc brochure,
dans laquelle il refond ses recherches antérieures sur l'influence que put avoir sur
Christophe Colomb un célèbre écrit de Pierre d'Ailly l. Dès 1886, dans sa thèse
de doctorat, :\1. Salembier abordait ce sujet 2. A l'occasion du centenaire de la
découverte de l'Amérique, il y revenait dans une brochure contenant de noU\'eaux
et très appréciables renseignements 3. Aujourd'hui, le mème auteur nous donne sur
cette question un travail remanié et élargi oÙ, à l'aide de textes étudiés avec un parfait esprit de critique, il se maintient bien en dehors de ce que nous pourrions
appeler la légende de Christophe Colomb.
En remerciant :\1. Salembier de m'avoir communiqué son ouvrage, je lui
demande la permission de lui soumettre quelques témoignages et quelques faits de
l'histoire portugaise relatifs à l'entreprise de Colomb. C'est parce qu'ils ne connaissent pas suftisamment ces différents textes que je vais rappeler que les écrivains
étrangers ne rendent pas à notre épopée maritime tout l'honneur auquel elle a droit.
Je m'empresse d'ajouter que ce tel n'est pas le cas de :\1. Salembier qui n'avait pas
cette question en vue et, à l'occasion, signale les renseignements fournis à Colomb
par la famille de son beau-père Bartholomeu Perestrello.
Pierre d'.\i1ly, hèque de Cambrai depuis 139i, cardinal Jepuis le 6juin I4II,
joua un raIe très important dans les affaires ecclésiastiques de son époque et devint
aussi célèbre par ses écrits qui non seulement résument ses idées personnelles, mais
sont aussi ~la reproduction exacte de tout ce que l'on savait et de tout ce que l'on
enseignait de son temps. C'est une encyclopédie qui comprend les textes de l'antiqUité mèlés à ceux du xvc siècle." Dans son livre de l'Imago 1Ilzmdi Pierre d'Ailly
expose ainsi ses idées géographiques:
e La terre est sphérique, écrit-il, et l'Océan occidental est relativement petit.
.-\ristote prétend, contre Ptolémée, que plus du quart de l'univers est habité, et Averroès soutient la mème opinion. Le Stagyrite affirme encore que la mer est petite,
.entre la cote d'Espagne et l'Occident et les rivages de l'Inde à l'Orient. Il ne s'agit
pas ici, continue d'Ailly, de l'Espagne actuelle, mais de l'Espagne ultérieure, qui
I
2
J
I'ierre d'Ailly el la decoTtverlc de l'AmdrÙ¡ue, Paris, Letott~ey â Aué,
Petrus de Al/iaco, Lille, 1886.
Ull évêqlte de Gambmi et la découverte de I'Amé1'iquc, Lille, 1892.
1912.
fi
LA DÉCOUVERTE
DE
l.'A~lt~RIQUE
est l'Afrique. Sénèque assure ~ue l'on peut traverser cette mer en peu de joU!'~, ~i
le vcnt est favorable. I De plus, Pline nous enseigne que les navires pourraient
arriver en peu de temps du golfe d' Arabie à Gadès, au sud de l'Espagne. D'oÙ ['on
conclut que la mer n'est pas assez grande pour couvrir les trois quarts de la terre.
Esdras affirme, en son livre quatrième, que six parties de la terre sont habitabks et
habitées et que la septième partie seule est couverte par les eaux. L'autorité Je cet
ouvrage a été reconnue par les saints qui s'en sont servis pour confirmer les verités
sacrées. ~ Au delà de 'l'J'le ('Thal/), dernière ile de l'Océan, après une navigation
d'une journée, la mer est congelée et engourdie, pigrum et concrdu1Il t'st 1Ilarc,.
Il ajoute:
<Aux pÔles habitent de grands fantÔmes et des bêtes féroces
ennemies des hommes. L'eau y abonde, parce que ces lieux sont froids et que le
froid multi¡:olie les humeurs. ~ 11emprunte encore à :\ ristote cette remarque: (La cùte
occidentale d'Afrique ne sau!"ait être fort éloignée de la cÔte oricntale de l'Inde,
puisque dans les deux pays on rencontre des éléphants.» 3
Au chapitre suivant, il écrit: < Certainemcnt
la distance de I'Es~~agne il l' ¡nde,
par terre, en se dirigeant vers l'est, représente beaucoup plus dc la moitié du périmètre de la ten·e.» 4 II faudrait donc en conclure, que la distance Ù parcollrii' par
mer, en faisant voile vers l'ouest, est beaucoup moins considerable. Le tour de la
terre est, d'après d'Ailly, de 10.200 lieues.
Le cardinal admet l'existence des antipodes:
«Cette partie de la terr~, dit-il,
est semblable il notre hémisphère quant fi. l'éloignement
du soleil et des pó1cs, quant
il l'habitation
et il la quantité des eaux. Ces contrées ont l'hiver quand nous avons
l'été, et elles ne sont pas couvertes d'cau, comme IL: croit le vulgaire.» ;,
Dans un autre passage de l'Imago 11lu1zdi, il ajoute: ,Ainsi j'eau court J'un
pÔle à l'autre en formant line mer qui s'étend entre J'extrémité de l'Espagne ct le
commencement
de I'InJe sLlr line petite laígeur, de sorte que le commencemcll t de
l'Inde occupe par deliL de la moitié de la ligne équinoxiale (c'est-Ù-dire sur l'autre
hémisphère) une situation très rapproché<.: de celle qu'occupe la fln de notre hémisphère.» 6
Dans un chapitre du Compendium coslIlograplziae, qui fut composé probablell1ent Jeux ans après l'Imago lIlzmdi, d',\illy re\'Ïent sur les mêmes idées: ,D'après
les philosophes, dit-il, l'Océan qui s'étend depuis l'extrémité de l'Espagne ultérieure,
c'est-à-dire
l'Afrique, du cÔté de l'occident,
et cntrc la 11n de l'Inde, du cót-: Je
l'orient n'a pas une grande largeur, car il est prouvé par l'expérience qu'on peLlt le
lw/ttr.,
V.·- Cf. COLO>lIl, /fis/vrie,
Veni,(', 1571, XII, p. 14; \'1 ;X\I::>. Ifi.llvire
de la grande
en/reprise
de Colomh, L 315; D.: 1.01.1.18, RelCCVl!a cV!Omhielll<l, f','sti.'le
,Ii
di P. d'Ailly,
note 23.
Imago 11tll1ldi, VII, Cet ouvrage
a (~té terrnin(~ l(~ 12 aoùt 1410, tr¡:~ pr"balJlcllll'l¡t
;'(
I ()¡¿aes/.
c,.itique
tratta/i
2
Cambrai, - Cc quatrii:me livre d'Esdras n'est pas can"ni'lllc. mais Colomb en rait ~ral\d <:dS
et y revienl il plusieurs reprises dans ses <~crits. - Cf. Dl: LUI.LIS, Raccvlta colombialle/, Sen'lli,
II, p. :;9.
3 Imago lIlundi, c. XLIX. Cf. f)ilJglts
1lt<lppac IIlltluti qui fait suite ;'¡ l' [magv. C. De Ille/ri,
Albert le Grand et Saint Thomas insistent ~ussi sur cd argument. Cf. ~IAlmox.s>.T, I-c.r /lvmilticaf1ls el la dÙouperte
de l' ..lmé,.ir¡lIe, p. -'9 l't (,1.
~ Chap. XLI.
:, Rpilogus
mappae 1Il1tndi, e. J)¡- fi~/{r,¡ /(J'r,,( ,.¡ lie lJIari, Cr. VIC1NAI;O, I/isloiu
cri/il/I¿e,
l, p. 319.
, Imago TIllmdi, c. XL VIII.
LA DECOl:VERTE DE L'A:I!ERIQl:E
7
tra"crser cn très peu de jours si le "ent est favorablc et, par conséquent, ce commcncemcnt de l'Inde en Orient ne peut pas ètre bien eloigné du bout de I'Afrique.,1
D'Ailly ne fit qUfl reproduire à peu près les idées qu'il trouvait dans les
aut~urs anciens et qui étaient passées dans quelques-uns
du moyen-âge;
il en
accepta tout ce qui elles avaient de raisonnable et aussi de faux et de fantastique.
Aristote avait dit dans son traité De coe/o: cLa terre est une sphère peu
grande. Ceux qui croient que la région des colonnes d'Hercule est proche des lndes
ne paraissent pas admettre une chose trop invraisemhlable.»
~ Sénèque décrit, dans
une de ses tragédies, un monde nouveau situé au delà des mers connues: «Un
temps viendra, au cours des siècles, où l'Océan élargira la ceinture du globe pour
découvrir à l'homme une terre immense et inconnue, la mer nous révélera de nouveaux mondes et Thulé ne servira plus de bornes à l'univers.> :1 Colomb a copié
deux fois de sa main ces vers fameux de la Médée et il les a traduits.
Platon avait emprunté aux t<:gyptiens la fiction mervcilleuse ùe l'Atlantide, ¡Ic
fabuleuse plus grande '1uc l' Asi~ et r Afrique, placée au delà des colonnes d'Hercule,
mai:; en deçà d'Un grand continent. Les habitants en étaient belli-l.ueux et riches,
mai:; leur prospérité les aveugla. Ils dégénérèrent et Dieu les punit. En un seul jour
et en une nuit fatale, ils furent engloutis au sein des flots avec l'île qui les portait.
:\. sa place les navigateurs ne rencontraient
plus qu'um limon fangeux qui les empèchait d'aller plus loin. ~ Cette fiction s'était répandue
dans toutes les parties de
l'Ancien :\londe.
Albert le Grand et saint Thomas admettent
la théorie de la sphéricité de la
terre, l'existence des antipodes
et ils donnent à l'argumentation
du Stagyrite une
ampleur plus grande. c. Ils présscntent déjà - dit M. Salembler - comme hypothèse,
la théorie de la formation du monde à laquelle est resté attaché le nom de Laplace.
Dans toute l'école ùurninicaine du moyen age, le dogme scientifique de la sphericité terrestre resta universellement
aJopté et tous les traités de la sphère composés
par les auteurs qui appartiennent
à cet ordre en sont les échos.5 Ce principe était
généralement professé, en Espagne, au xvc siècle G.})
Certes, Christophe
Colomh n 'a pas eu connaissance
directe des textes des
auteurs anciens, ni même de quelques-uns
du moyen âge; mais le grand navigateur
a-t-il connu les textes si suggestifs et si curieux de l'évêque de Cambrai? "Ouirépond ~l. Salembier - les preuves abondent, tous les auteurs qui se sont occupés
\ COlllpmdi/lm cosll1ograplticzc, c. XIX. Ce second ouvrage, qui est le complément de
fut compos(~ en 1412, dit ~I. Salembier, d'apri:s les biographes les mieux informés du
~avant cardinal.
2 De cadc!. 1. 11, XIV. Cc trait,\'
dit i\1. Salembier, passe pou r apocryphe, mais il a été
s,)\Ivcnt comment<~ pendant tout le cours du moyen-âge. Cf. VIG",,¡;O, ¡lis/aire critique de la
grande m/nprise
de Colomb, t. l. p. 223.
3 ,llédée. acte II. sc. III. Catains
ç:ritiques, comme H nmboldt. placent l'antique Thul,~
dans les îles Shetland. D'autres, comme Elisée Reelus, en Islande ou dans le groupe des FeroŒ
(L ',llI1érique bo,..:ale. p, 10). Il est certain que pOUl' Colomb l'/tltuna TItUle était l'I~lande. II se
vante d'avoir navigué une centail1~ d~ lieucs au del;\ de cette île. Cf. VI(;"Al;V,J~'tltdts criti'Iucs JIIr la ,cie dc CO/c!lJlb, 1905. p. 375 et 380.
¡ Oeuvres
dc Platon, Timée, trad. Cousin. t. xrr, p. 1 II ; Crilias c!/¿ I'Atlcwlide, ¡bid., p
274. Cit. par:'ll. S,\L»IIlIEI:,
¡'¡are d'Ailly et la d/couve/le de I'Amériqlte, p. JO,
o Cf. :\I.Nl)oNNET, I.cs !Jominicaills et la découverte de I'AmérÙJlte, p. 40 et 87; ,Jl)¡:RDAIN,
De l'influence d'Aristote el de ses Í1lterprètcs Sllr la découvelte dit ","cuveau J1lolldt, Paris, 1861.
6 VIGNAUD,
¡Iis/oire critique, t. I, p. 722. - ~AI.F.:.lBlER, op. cit., p. II.
l' [/IIago,
8
LA DÉCOUVERTE
D~; L'AMÉRIQL'E
de la question l'affirment et Colomb lui-même ne fait pas difficulté de I'a\'ouúr.» I
Pour corroborer son affirmation, 1\1. Salembier cite d'abord les documents cxistants à la bibliothèque du chapitre de Séville, dont les livres les plus curieux Sllnt
ceux qui ont appartenu à Colomb et qu'il a couverts de ses notes. Parmi ses auteurs
lin'oris, il préfère Pierre d'Ailly. «Le volume qui contient sa principale œuvre cosmographique,
l'Imago mltndi, 2 ainsi que plusieurs autres traités, est enrichi de huit
cent quatre-vingt-dix-huit
notes, écrites soit de la main de l'amiral, soit surtout de
celle de son frère Barthélemy 3, à qui appartenait
l'exemplaire. > 4
La plupart de ces notes sont très courtes. S'il y en a plusieurs de grande
valeur, les autres ne sont souvent qu'un simple rappel, un memento sommaire; elles
témoignent
cependant
des préoccupations
de Colomb et de la haute estime qu'il a
professée JUSqU'il la fin de sa vie pour les opinions de Pierre d'Ailly.
Au bout de quelques pages d'Un grand intérêt historique, ~I. Salembier arrive
à la partie la plus délicate de sa tâche. «Quand et comment Christophe Colomb
connut-il les œuvres du cardinal Pierre d' Ailly? A quelle époque se mit-il au courant des idées cosmographiques
de l'évêque de Cambrai? Dans quelle mesure profita-t-il de l'Imago mundi 5 ?"
;\1 Salembier examine successivement
les traditions historiques bas6cs SUI' les
livres de Ferdinand Colomb, fils de l'amiral, et de Las Casas, et les théories émises
par des écrivains modernes s'appuyant sur des documents et des raisons historiqucs.
D'après les traditions colombiennes,
l'amiral a conçu a priori son projet et a youlu
dès le commencement
arriver à Cypango (Japon) ou au Cathay (Chine). C'est aussi
la tradition que J'historien portugais Joào de Barros nous a conservée, en racontant
les démarches de Colomb auprès du roi dom Joào II; Barros attribuait les idées du
navigateur
génois sur le Cypango et le Cathay à l'inlluence de ~Iarco Polo, JOl1t
le livre avait été apporté en Portugal par l'infant dom Pedro, \'ers 1414 ou 14166•
D'après I'hYFothèse moderne, exposée surtout par M. Vignaud, le nu\'igateur
ne s'est d'abord proposé pour but que de découvrir certaines îles qu'il croyait eXIster
dans l'ouest. <Il était aussi sûr, dit un de ses biographes, de trouver ce qu'il cherchait que s'il l'avait tenu sous clef dans sa propre chambre i.» «Sur quoi s'appuyait
cette conviction?
D'abord sur les indications de Perestrello, père de sa femme et
sur Jes données fournies par un pilote dont le nom est resté inconnu que les vents
et les éourants avaient poussé jusqu'aux
Antilles 8. Sa persuasion se basait cn~ore
sur ses \'oyages personnels le long des cotes de l'Afrique, sur les épaves que reje-
Op. cit., p. 18.
Imago mundi, c. VIII, De quantitate tenae Itabitabi/is. La sphéricité de la terre '1 vait
été ~iée par Anaximandre, Leucippe et Homère, qui Jo comparaient soit il un cylindre, soit il
un disque.
3 De ces notes,
plusieurs ont étt~ reproduites en fac·similé par le savant biblíogr;¡ phe
franco-américain
1\1. Harrisse, dans ses Notes 011 Colombus, New-York, 1864-1866. Cf. i::tudes
,'etigieuses, 1876, t. JI, p. 24.
4 M. LOl:ld SUEMBlER,
op. cit., p. 19.
~ ~1. SALE3IBIER, op. cit., p. 25.
1; JOAO
DE BARROB,
Década primeÙ'a, Lishonrw, ,6~>\, p. 57: VICOMTE DR SANTAII~.M, Rrc/¡Cf.
citeS Itistoriquu, critiqlles et bib/iograpllir¡lIr." .wr AmÙi •. ¡'c."pllceetsfs voyages, Paris, s, ci" [/.111/.
, LAS
CABAS,
flistorie, lív. l, chap. XIV, vol. l, p. 106. Cr. VJG~AUD, ¡l,stoile .-riti.
r¡ue, t. II, p. 205 et :1.27.
~ VIGNAU!',
Jlistoire cfitit/ue, t. II, 212 et 592.
t
2
LA D~;CúUVERTE DE L'A~ltRIQt;E
tait sans cesse l'Atlantique
et qui venaient de terres ignorées, et sur le voisinag~
même de cette mer ténébreuse
dont les flots mystérieux semblaient solliciter les
navigateurs
et les exciter aux courses aventureuses.
Toutes ces prémisses avaient
été cont1rl11ées, non point par Toscanelli, dit ~1. Vignaud, mai., par les affirmutions
d'Alonzo Pinzon, dont l'expérience nautique était fort grande f. "
.:\ous revienJrons bientôt sur ce point, qui est du plus grand intérèt historique
et sur lequel les documents portugais portent une lumière assez éclatante pour rermettre des inductions de la plus grande importance; nous verrons alors qu'il y avait
dans ['esprit de Colomb des raisons un peu plus fortes que celles que lui attribue
~l. Vignaud, suivi de près par M. Salembier.
La date .:iu premier \'oyage de Colomb est l'année 1492. L' Imago mlt1ldi fut
imprimée à Louvain, chez Jean de Westphalie,
vers 1487. «II est peu probable
qu'un livre obscur, publié dans une ville lointaine dll Brabant, ait été connu en si
peu de temps au fond de l'Andalousie '!.> Les critiqucs modernes admettent yL1e
Colomb ne l'aurait connu qu'après son premier voyage. Et comment put-il en prendre connaissance?
Tandis que la compétence cosmographique
de Colomb est loin d'être établie,
sun frère Barthélemy
était un homme intelligent et éclairé. Il avait habité en Portugal et se trouvait à Lisbonne quand Bartholomeu Dias revenait du voy&gc pendant lequel il avait doublé le cap des Tourmentes.
Plus tard il avait voyagé en Angleterre sous Henri VII et en France sous Charles VIII, et il avait proposé à ces
souverains
d'entreprendre
un voyage de découvertes
dans l'Extrème-ouest.
II est
bien remarquable
que ce ne fût qu'après un séjour en Portugal, au milieu des
marins portugais, que Barthélemy, ainsi que son frère Christophe, eut l'idée de faire
des découvertes vers l'ouest. Il savait le latin; il suivait avec. intérêt les nouveautés
cosmogmphiques
et connaissait le globe construit par Béhaim en 1492 3. On nous a
conservé un document de son talent cosmographique.
op. cit., 1. II, p. 35 et 195.
J\il. SÁLEMBŒB, op. cit., p. 35.
3 Nous ignorons
les fondements sur 1esc¡uels s'appuye ~J. Salembier, pour suppo~er
que le globe de Béhaim il été construit d'après les indications de d'Ailly (p. 37). Au contrairr.
Héhaim lui-même nous dit qu'il se servit d'autres sources, et ne cite pas le nom de l'évêque
de Cambrai.
Martim de Béhaim se trouvait en Portugal avant août 1481 (MENDO TRIGOS¡', i11emo'rias de litterattera da Academia Real das .5dblcias, t. VIII, p. 369). En novembre 1484 il s'embarqua dans l'expédition de Diogo Cio au Congo (Op. cit., p. 372 et 375). A son retour à Lisbonne. il apprit que son oncle, qui l'avait élevé comme un père, était mort il :'>Iurember¡.: en
J 486 Ce fut peut-être
eet événement qui le fit prendre la résolution de fixer Sil résidence (en
Portugal. Alors il épousa une fille de Job de Huerter, flamand, que les anciens écrivains portugais appelent ]oz d'Ultra, et qui fut le premier capitaine donataire des îles (le Faial et Pico
(BAl1ItQs,
Década primlÍl'a, 1. nI, chap. XI; ANTÓNIO C,)R ":Plfl. Ills/o'ria ÍllJltlall'1, Lisbonne, 186ó.
t. n, p. 274 suiv.; 'falGoso. op. cit., p. 378 et 387). En 1491 il retourna dans sa patrie et en 14<):',
il était de nouveau à Lisbonne.
Béhaim connaissait done très bien les voyav.es et les idées des Portugais; d ce fut très
probablement
pour cette raison que les magistrats de Nuremberg Je prièrent de c(~nstruire
son globe, où l'on trouve, à la partie inférieure, sous la ligne équinfJxiale, la note suivante:
.11 faut savoir que cette figure du globe représente toute la grandeur de [a terre tant
en longitude qu'en latitude, mesurée géométriquement
d'aprè~ ce que Pto]f:m(e dit nans SOli
livre intitulé Coslltograpltia PtolclJlaei, savoir une partie, et ensuite le reste, d'après le chevalier Marco Polo, qui, de Venise, a voyagé dans l'Orient, l'an 1250, ainsi que d'après ce que le
1 VIGNÁUD,
2
10
LA ntCoUVf:RTE
,
,
DE L A:VI~:¡U\JlJE
Barthélemy
rejoignit sail frère Christophe
pendant la seconde expédition et
demeura ¡\ Espanhola jusqu'cn
1500. D'après
:\1. Salembier, c'cst probablemcnt
il Espùnhola,
dès 1494, que les deux frères ont étuJié ensemble l'Imago IIlltIliÙ.
"L'exemplaire
appartenait à Barthélemy, qui l'avait sans doute aCcJuis pendant sun
séjour en Francc, \'ers 1491 l. JI provenait de:; presses de Jean de vVestphalic il
Louvain; déjil son possesseur ¡'avait couvert J'un grand nombre d'observations,
et
c'est peut-ètre le premier \'olulTIe imprimé qui ait passé j'.-\tlantic1uc. I.es deux frères
complétèrcnt
ces notes qui sont au nornbre de B9B et combinèrent ensemble tout
le plan grandiose dont on leur a fait hunnell" et auquel ils ne pensaient pas aupa¡cl\'.iIlt. Nous voulons parler cil! projet de passer aux ¡ndcs oricntales plI' I'oucst et
J'aller aU le\'ant par le ponant. ~e croyons ['aS cepcndant que Colomb et son frè¡'c
aient lu tous les auteurs qu'ils citent pour appuyer leur syst0me: I'tolém0e, :\larin
Je Tyr, S~nèque, Aristote et les autres. Toute la cunnaissance qu'ils peuvent a\'uir
de ces textes vient de la page de l'IlIla/jo 1Jllt1ldi qu'ils ont citée et commentéc, et
-lue nous avons reproduite plus haut 2.»
Ce n'est i)as notre íntentí,)n de suivre toute I'cx¡:,osition historique de :\1. Salembier, dans laquelle on troU\"~ra Jes détaib très intéressants et des conclusions
fort bien déduitcs. Toutefois nOl'" hésiterions un peu il reconnaîtrc que l'é, ..équc de
Cambrai eÚt exercé "une influcncc décisive» SLlr ¡'esprit Je Colomb, après a\'oil'
aJmis que ce ne fut que vers 1494 que l'amiral l'rit connaissance dc l'/magù mw/di .
.\ près le premier \'oyage ct la conviction de la s~'héricité de la terrc étant générale,
1,:spec(;¡J¡!l'
d"clt'ur
et Chl'V;¡liel ]<';111de ~Ialld("\'ilk
;¡ dit ,." 1.;:2, dal1s UI1 lin"/" sur il's p;')'S
;I1COI1I1I1S;'¡ Ptt)lt~ml~", dan' J'()ril·nl.
a\','c t<Jdt,·S ks i\t-s 'lui ;1\lparti"111lt"nt;'¡
et:s c"1l1n'"",
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diplom,di'/II,
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lt'ec!lod/{:.r s"r /<lI"io¡i/é
,l,' l,¡ dÙ,'I"'l"rÍ/: dcx ¡<ILl" silllés ,ml' ia ¡,J/¿'¡)¡'¡,/dCII/'¡,I,d'.I/i'/'jllr,
Paris,
IS42, l'. Ils sr¡, Le Vicomt.·
d.· :-;anl;l\"'11l :) c1"nll'" dall'; sun ,\tias 1111<"
c"pil' du ;.:llIlw d,.
~1artjm H~h;\Îm, d'aprè,;
cl'!1c 'III" 1l'1I1S a lai.;s"': ll"plll'lm:ly'·
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Il reste
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illcolltl'staj¡¡"
qtle I:,'haim
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des dOllll"<:S dl' l'tul,'m,',·,
du livre
de ;\larco
Pol·"
dt'l"lis
¡on¡.:temps
¡'Ollnu Cil J'ortu:;.,).
du li\T" de Jeall de ;\Iandcvi!k
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~urtnut
d,:s cnnnaiss:lnces
:Icquises
par k,; lI,ivigation,;
(jp,; Portug;\i~.
C,· dernier
point est
•.ncore
prouVl~ pa!' le fait '1lW Fra ~!;¡uro, dall'; ,;a mappemonde
dl' 14(¡O, a termin':
l'Afrique
P;l\' une île, d'après
!t- SYSll:IJ1" de '1'1<'1qlles alltt'ur,;
aralws;
tandis quc \),'haim,
dans J'Afri·
que
(k sa mappemon(!t<I"t,··" d,'
14'j2,
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I't S;I vraie forll1l', d'apri:,o; ]a f;lIll<:lIse d,~elJtJvt'rte
cffcetu",·
jU$qu'au
Ri"
01) Infante,
oans la eiJtt· orientale,
limit<· "lt ,¡'''rr,~ta l'intn'l'ide
navigatt:ur;
maio au del;'l de el'
point la eôt" n"~tant p;,s •.nCl,re d\~Cllll\'t'rtt:
par le,; pl)rtugais
ni par anCllll marin de l'Europe,
J1,~haim e1t>o;sin;1, d'apri'o; les cartes
arabcs.
une gi'anelc langue el•. ter •.•. s';¡va:lçant
vers j'Orient;
et il faut ¡'('marquer
'Ill<" LTtlt: 1;lllgUl' ,h: kiT" dí~pa)";¡Ît ùe ia fameuse
carte d •. .luan de la
ClIsa (1500),
dn'$s"1'
d'''pri's
les cart,·.; portugaises
imm':dia~clllellt
après k rd""r
d •. Vase"
e1a Gama d,' son \'oya¡.:'> c,~li·l¡rt' d,' 1497. Vid Y¡¡:II)ln; ,,~; :'AH'ltnr. Red¡oches .rllr /,[ priorilé
dr la dÙ,)/I,'o!e des I',H.r .<illlés SIl! ,Id ,',)Ii' occ¡'I'~/lltllr d'.l¡Ji'jllf.
p. ; XIX, J~I et 122; <:t dans snn
Atlas \<:s c;¡rtC'.; ,k Fra :\'l"ur" et d,· Co.;;\.
I <:-"st !'aftinn;¡til)t1
d,' Ferdin;lnd
C"]'OI11I1, L'''llVr;¡g''
,~Llit '·''I'L.in<'I11,·nt tini d'impril1H'r
,on 1487.
~ M. SUItIlIlIF.Jl, lIJl. cit., p. 3~.
11
!a grande difñculté était vaincue; et si ce ne fut pas le livre de Pierre d'Ai:!y qui
guilla les premiers pas du marin génoi:; et lui enseigna le chemin de l'ouest, il faut
chercher ailíeurs la source Je ses inspirations.
Et ainsi nous sommes amenés à mettre en lumiere les documents et k,; faits
auxljuels nous faisions allusion au début de cette étude, puisés dans notre histoire
natinna:e et qui. nous le répétons, auraient bien dû ètre connus des auteurs étr&.nger~ l:ui ont traité cette question.
S'il est \"rai, comme le dit l3ossi, que vers la tin du xv" siècle les décoU\'ertes
de~ Portugais a"aient exalté toutes les imaginations, si les sa\'ants, les politiques,
ks commerçants, aussi bien que les marins, aspiraient tous à en tenter de noU\'elles,
ést-il possible que Christophe Colomb, ayant vécu, à l'île de :\Iadère et à Lisbonne,
au milieu des navigateurs portugais, n'ait pas entel1du leurs récits de ,'oyages, connu
leurs projets et rlÍnsi subi leur inOuence? PlutÔt que dans des textes confus ou assez
ntgues qu'il ne connut qu'imparfaitement,
n'est-œ pa,; Jans cette fréquentatioll de
nos compatriotes
navigateurs
qu'il faut voir la genèse des projets de Colomb; :\1.
Salembier lui même, en parlant de l'illustre navigatcur
et de son frère écrit: ,Ils
ont écouté et compris les marins, bien plt;s qu'ils n'ont frequenté les savants et les
philosophes l.>
D'après Humboldt, Las Casas avait en sa possession, en 1502, des lettres Je
Colomb sur les indices des terres occidentales, recueillis par des pilotes portugais t,
\'oilà un témoin précieux de l'inf1uence portugaise sur l'esprit de Colomb. Du reste
œtte inf1uence n'a jamais été sérieusement
contestée; mais il faut lui donner l'importance et l'amplitude
que comportent
les faits, les traditions et les documents
iri'aragables.
En I470, Colomb vint en Portugal, et en compag11ie de marins portllgais il
nt plusieurs voyages encore assez peu connus. Vers I474, il alla à l'ile de :\Iadère,
oÙ l'année suivante il épollsa Philippa :\lonÍs de :\lello, fille du navigateur portll~ais
Rartholomeu Perestrello, capitaine majeur de Porto Santo 3. II Y vécut avec les proches parents de sa femme, qui possédaient des cartes et d'autres papiers de Perestrello. D'après Las Casas, qui dit J'avoir appris du fils de Philippa et de Christophe
Colomb, celui-ci cherchait il connaître pratiquement
le système suivi par les Portugais dans la navigation
de la cote de Guinée, en les acompagnant
plusieurs fois
.Jans leurs voyages, comme s'il était J'un d'eux. Il n'allait pas seulement en Guinée,
car nous sa\'ons qu'en 1477 il nt un voyage \'ers le nord ".. -'insi Christophe
Colomb se trouve en relations intimes avec les navigateurs portugais, et ccux-ci
avaient depuis longtemps la préoccupation
des navigations vers l'OUest. On ré,'ait
toujours la découverte de nouvelles îles. Il y en avait qui paraissaient et disparaissaient, c'est-à-dire,
que l'on supposait avoir ,'ucs une fois mais que ['on ne re"oyait plus. Ces fausses découvertes
ont été l'objet de quelques-unes
de::; donations
royales que nous rappelerons plu::, loin. Elles marquent bien l'état des esprits, qui,
I
Op. cit., p, 39.
E.'tamm
2 HVMBOI,DT,
t, l,
p.
critique
SI¿,.
l'/th/oin
de la geograp/tie
du ""o/l'i)e,/It
C01/tilltllt.
21.
3 Sur 1(' mariage
de Colomb
Jiullzer de Colombo, Lisbunne, 1892.
~ A Nullter de Colombo, p. 58.
avec
Philippa,
vid.
\'
¡', Ul.A!; FI..",t:HllW
(pS('lI(lonymel,
A
12
LA DÉCOUVERTE
DE
L'MM:RIQUE
toujours préoccupés de la découverte de nOllvelles ten'es dans l'océan, renouvellaient
jes légendes que nous trouvons dans les auteurs anciens "
Nous omettons une foule de traditions sur les indices que les Portugais avaient
recueillis de l'existence
de ten'es du coté de ¡'occident; on les trouvera dans les
livres de tous les auteurs qui ont traité ces sujets avec quelque étendue. Les Portugais connaissaient
au sud-ouest les iles de :\ladère et Porto Santo depuis 14 1S-14 [9,
à ¡'ouest les Açores depuis 143 I. l'our quelle raison auraient-ils pris ces îles comme
le terme de leurs voyages de ce coté-Ill? :\u contraire, il y a aux archives portugaises de la Torre do Tambo un certain nombre de diplómes, par lesquels les rois
t'disaient donation de ten'es qlle les donataires
découvriraient
de nouveau, Il ne
s'agissait pas d'iles ou d'autres ten'es Ù découvrit' dans les mers voisines des cotes
occidentales d'Afrique, car queklues-ulls
de <.:esdiplomes, ainsi que nous le verrons
bientôt, excluent de la conces~ion les îles des mers de Guinée. 11 faut donc admettre
que les concessionaires
se proposaient de naviguer vers l'occident.
La première c(Jncession Lie ce genre dont le texte est arrivé jusqu 'il nous fut
faite en 1457 il J'infant dom Fernando, frère du roi dom Affollso V 2. En 1462, -':0
monarque
fIt concc,'ision des Iles de LOI~
et Capraria il Joào \·ügado. La situation de ces iles, que l'on supposait déjil découvertes mais pas encore h'lbitées J, ne
fut jamais fixée; elles appartienncnt
bien probablement au nombrc des z'les perdues
dont nous avuns parlé plus haut. La mème année dom .\tTonso \. donna il j'infant
dom Fernando une ile Llue (~onsalo Fernandes a\'ait \lIC, en retournant de Rio do
Ouro, Ù ouest-nord-ouest
des Canaries et Lje l'ile de :\1ad0re ". En 14ï 3, l<uí (;onsalves da Cámara, en récompense
de ses services en Afriquc, recenÜt donation
d 'une île qu 'il décou\'l"irait ". Le 2~ jalwier 1474, d01\1 ,\ ITonso \' donna il Fernào
Telles toutes les îles que celui-ci décou\Tirait, /1 If(, conditiolt qu'elles ne seraient pas
situées CIl Guinée Ii.
La concession étant faite pour que Telles pzÎt fair¿ peuPler ces Îles, le roi supposait donc qu'elles ne seraient pas habitées. Or, chose importante il remarquer, le
10 novembre 1475, par une déclaration se rapportant à la concession précedente,
le roi disait que ladite donation comprenait aussi bien les Iles habitées que celles
qui ne l'étaient pas, puurvu lju·elles ne tÚssent pas situées dans les mers voisines
de Guinée et n'eussent pas ~té déjÙ d0couvertes par d'autres 7, Pourquoi cette nouvelle déclaration, venant ainsi une vingtaine de mois après la première? :.--Jeserait-cc:
pas parce quc }'cndant ce laps de temps les navires <l\'aient a-:cost¿ une terre peu-
.
I Vid. M. P~:ORO .\
Dl,; A>,E\'E[».
"ls 11{ltlS ['e rdidas, dans 1'Arc/th'v {listdrico por/uguês,
LIsbonne,
1904, vol. H, p. 5:; sc¡.: B~:IlN~RlJINO .JOSI'; D~; SEX.\ Fll,aTAs,
;l/em(J·rÍrt /tis/dl'ica sobre ()
iltfottado dCJcobrimeJlto de l/lila sU/'Jos/a i//t,¡ ao Harte da Jerceira, etc" Lisbonne, 184:'; Triltad.;
das illllls Hoz'as e descobrimento dellas e ,,,,Iras COIlS/IS,.lci/o /,01' Frcwcisca dr ,""ollsa,/ci/or
d'EIRei ¡VOSSO
SCllllor na capi/allia del ádeutc da F/t/ld/(/1. etc., Ponta D."I>.!ilda, 1 SS4: :-;"I."A VITEfl"f'.
TraballlOJ 1láuticos dO.rpor/llglles!'.!', Li,bof1f1(', f~<)8, 1. 1, p. 77. Dans qud'llws·uns
de Ct'S ouvra¡':('S on verra que les lé:,:t>ndes dont il s'agit sont pass\~t's du xv'- si'::clc ¡nI:> siècles suivants.
2 A(v;tms dortllltelllos do A"cltiz'o .\'aciollal da lOlrc do Jom!;o (puhliés à propos dUIVc cen-
tenaire
de la déco\lvt>rte
3
,j
1;
d(' l'Am(~rjqllel,
A/gtl1ls dOCttlllfJlI(lj" rio .,l,dlÍ<JO
.1/gtt1l.1'documcntos rio ArdtÍ<!(l
.l/gUIJ,!' dO(/(n/en/os rio .,l,dli,·'c)
.Ifvm,l' rloO(J1lClllosde) ,l)'('/¡¡",;
.·J(t;UllJ dOC1t'MnloJ do A/Cltiw
Lisbonnc.
1892, p.
.\"¡'¡(lnal d'l
.\'acioJla/ riel
.\'<l¡·i(7){¡t.ld"
.\'a(ÍoJlc11 d,l
N(!âollat da
'/'O)/,c do
lonc do
1"J'I" del
'I~I)'rt do
'l'one do
22.
Tombo.
'Ion/bo,
l~!IIIÙo,
'f'omb",
Jombo,
l" 2b sq.
l'. :;2,
I'.>¡.
l'. :>~
p
40
sq.
LA j)~:COUVERTE
DE
L' A~IJ::RIQ¡;E
13
plée qui ne pouvait être que celle du Nouveau-l\'londe?
Les vingt mois qui s'étaient
écoulés entre la première concession et la seconde, dit :\'1. Brito Rebello, sufTIsaient
très bien à préparer des navires, à faire un premier voyage et à en disposer un
second, déjà avec une plus grande espérance. Si Telles n'était pas mort, dix-huit
mois après, le 1cr avril 14Ï7, quelles entreprises ne s'en seraient suivies? Et celui
qui, ainsi que quelques auteurs l'ont insinué, consciemment
ou inconsciemment,
avait informé Colomb de la possibilité de trouver des terres en Occident ne serait-il
pas un pilote de Telles? Ce sont là des hypothèses,
mais elles s'appuient sur des
faits qui les rendent bien probables l.
Signalons cet autre fait. C'est en 1475 que Colomb épousa Philippa :\1onís
qui lui donna un fils, né en 1476, le seul que Colomb ait eu de ce mariage. Or, en
14iï, c'cst-à-dire
l'année mëme de la mort de Telles et peut-être peu de temps
après cet événement, nous savons que Colomb partit de :'IIadère pour un long voyage
ùans le nord. 2 On n'a conservé la connaissance
d'aucun projet qui ait précedé ce
voyage ni d'un contrat qui aurait obligé le navigateur à l'entreprendre.
Pourquoi
d'une manière qui semble imprévue Colomb se sépare-t-i1 de sa femme si elle vivait
encore et, en tout cas, de son enfant si jeune et peut-être déjà orphelin de mère 3?
Quelles raisons ont pu le déterminer il partir? Ne serait-ce pas la connaissance des
desseins de Fernâo Telles, mort depuis peu, ou même des résultats que Telles aurait
déjà obtenus? Ces hypothèses nous paraissent bien dignes de mériter notre attention.
Les tentatives
de découvertes
dans l'ouest ne cessèrent jamais. Le 30 juin
1484, le roi dom Joao II concéda à Fernao Rodrigue!> do Arco une île qu'il allait
découvrir.4
Le 3 mars 1486, le même roi donna à Fernao Dulmo (d'Ulm?), capitaine
dans l'île Terceira, une grande île, ou des îles, ou terre ferme, qu'il se proposait de
découvrir et que l'on présumait être l'île de Sete Cidades (Sept Villes), îles ou terres
habitles ou déshabilées. 5 Ces expressions 50nt bien remarquables, surtout par la référence il une terre ferme. Dulmo n'ayant pas les recours sufTIsants pour entreprendre
l'expédition,
le 12 juillet 1486 il fit avec Joào Affonso do Estreito un contrat dont
l'objet était la division entre eux des frais et des avantages de ¡'entreprise. Ce contrat fut approuvé par le roi le 24 du dit mois; et le 4 août suivant le roi accordait
à Joao Affonso do Estreito l'île, ou les îles, ou la terre ferme qu'il découvrirait au
delà de quarante jours de navigation dans le voyage avec Fernâo Dulmo. 6
Nous ignorons les résultats de cette entreprise;
les voyageurs devraient partir
de l'île Terceira en mars 1487; mais depuis cette date nous ignorons absolument
ce que devinrent les deux associés. Peut-être, victimes de leur tentative, turent-ils
M. BRITO REBELLO: Livro de ¡llar'illllaria, Iutl'od1¿cçào, p. XXV-XXVI.
~ A illullw' de Colombo, p. 58.
3 Nous ignorons la date de la mort de Philippa Monís. La seule notice que nous possé-.
dons dit qu'elle sttrvêcut peu à la llaissallce de SOlIjils, - A Mul/ur de Colombo, lac. cit.
I AIgtt1ts docu!1lmtos do Arcltivo ]\Taciollal da Torre do Tombo, p. 56.
~,Dans les cartes du XV" siècle, l'île prétendue de Sete cidades était repn~sentée à l'ouest
des Açores. La légende de l'île de Sept Villes (Sete Cidades) remontait à ¡'antiquité et s'était
maintenue pendant le moyen âge.
Ii Vid. les documents
publiés dans l'Arcltivo dos Açol'es, Ponta Delgada, 1882, vol. IV,
p, 440 sq,: AlgtlllS doClt!1lmtos do Arc/¡¡'vo Nacional da Torre do Tombo, p. 58 sq., 61 sq. Cf. AoosTIXIIO DE ORNELLAS,
illemo'ria sobre a 1'Csidéncia de Cltristovam Colombo na il/la da jl1adeil'a, p. 7
(dans le recueilCmtmário
do descobrimento da América - illemo'rias da Commissào Por'/uguesa, Lisbonne, 1892).
I
14
engloutis dans les flots de l'océan ou périrent-ils sur quelque plage déserte. :'Iais le
projet lui-même est un sÜr indice de l'état d'esprit des navigateurs portugais de
cette époque.
L'entreprise
de Colomb ne fut qu'un épisode de tout ce système de tentnli\'es vers l'ouest. C'est bien là l'opinion de :\1. \ïgnaud,
disant que l'amiral ne s'est
d'abord proposé pour but que de découvrir certaines i1es qu'il croyait exister dans
l'occident. Les Portugais ne songeaient pas seulement aux iles, mais aussi à la terre
ferme, et quelques circonstances
semblent indiquer qu'ils en ont approché. «Christophe était aussi sÜr de trouver ce qu'il cherchait, dit Las Casas, que s'il l':l\'n;t
tenu sous clel dans sa propre chambre .•' D'oÙ lui vint donc cette assurance si ce ne
fut de la connaissance qu'il avait des \'oyages des Portugais?
~ous laissons de côté quelques traditions des auteurs anciens pour nous en
tenir aux documents
ilTéfragables. Ceux-ci nous révèlent encore que les tentatives
des Portugais \'ers l'ouest se sont continuées après que Colomb fut sorti du Portugal.
Deux ans avant que Pedro .\Ivares Cabral [¡'il arrivé au Brésil, en 1500, les
côtes du continent américain avaient été parcourues sur une grande étendue par le
portugais Duarte Pacheco Pereira, qui faisait cette exploration sur l'ordre du roi,
d'après cc qu'il nous raconte lui-même. Il constata l'existence d'Une \'aste terre
terme, avec de grandes et nombreuses ilcs, laC]uelle s'étendait, dit-il, depuis 70° de
latitude nord jusqu'au delà de 28" de latitude sud, si loin qu'il ne fut pas possible
J'en toucher le bout, ni vers le nord, ni vers le sujo Cette ten'e, ajoute Pacheco,
était très peuplée l.
Quelque fondés que soient les doutes sur la décOll\'crte de la Tcrre N Cll\'C par
Joao Vaz Corte Heal avant le premier voyage de Colomb 2, il n'en est pas moins
certain que son fils Gaspar Càrte I~enl In'ait dÓcoU\'ert l'île en qucstion en 1500. Ce
ne fu: pas le fruit d'Un seul \'oyage mais très probablement
le résultat d'une série
de tentatives. En récompense de ses travaux, le roi dom :\Ianuel lui fit donation de
Terre ~euve le 12 mai 1500 3.
I! y a des faits, que nous croyons parfaitement a\'érés et celtains, et qui prouvent non seulement que les tentatives vers l'ouest n'ont pus cessé, mais aussi que
les Portugais sont arrivés au continent américain, an moins quelques mois <t\'ant le
départ de Colomb \'ers son premier voyage.
Les écrivains étrangers
ont formé bien des conjectures sur l'origine du nom
de ln. 'Te11'e du Labrado1', 'lu'ils supposent décoll\'erte par un portugais; et comme
ils ne connaissent pas 1<,.signification du 1110tportugais labrador 4 (forme moderne,
laV1'ador), ils forgent des explications fantastiques, En 1501 cette terre est déjà in,-
t '"
.Por tanto bcmaventurado
Princi¡.J(· - dit Pacheco en s'adressant
au roi dom l\Ianuelternos sabido e visto como no terceiro anno de vosso Reynado do hano de nosso senhor
~Ie mil quatrocentos
noventa e oito donde nos vossa alteza mandou descobrir ha parte mais
',ucidental
passando alcm ha grandeza do mar "ciano h"nùe he hachada e naveguaùa huma
tam grande terra firme corn militas e grandes Ilhas ajaccntes a ella qlle se estcnde a satcnta
~raaos de Ladeza da ¡inha equinocial contra ho polo artico e posto que scja asaz fora he grandemente pavorada, e do mesmo cireolo cquinocial torna outra vez e vay <llelll cm vinte e oito
graaos e meo de ladcza contra ha pollo antratico c tanto sc dilata SU,l grandeza e corre corn
muita longuura que de huma parte nem da outra nern foy visto nem sabido ho tim e cab"
deUa •.. -I)¡;AKU:
PACllF.':O PEREIRA, Esmeraldo. de situ orbis, Lisbonne,
1892, \.1, chap, 11, p. 7·
1 Vid. Arclliw
dos AfOrtJ, vol. IV, p, 4 lO sq. et les soun:cs que l'on y trouvera
cit~ps .
.1 Arc/¡ivo dos .·Irores, vol. IV, p. 404, 497 sq.
j Lab/ado/
IIU
1'71'''<ldo,. est le cl"ti\'ateur,
le fermier qui cultive la tl'rr(".
1 :l
diquée sous les noms de Cabo Laboradore et Insula I,aboradon, ce qui permet de
supposer qu'elle était connue depuis quelques années l. En I 511, dans [e portulan
de Vesconte :\Iaggiolo, elle parait sous le nom de Terre de Lavol'ador d~ l'e)' de Portu/:{aI2• Les auteurs ne se sont pas accordés sur la date de la découverte.
Or M. Ernesto do Canto trouva um document qui éclaircit cette question
d'une manière spéciale :1. En 1506, Pedro de Barcellos, qui plaidait dans un procès
judiciaire à J'ile Terceira, alléguait qu'il avait cultivé dans cette île quelques terres
dont il avait reçu la possession par la lettre royale du J9 octobre 1490; mais que
Ir: roi lui avait ordo1l1léd'aller Jaire des découvertes avec Joào Fernalldes Labradol',
et qu'à SOIlntouy, au bout de bim trois amlles, il avait trouvé ces terres en possession de Jouo ValIadam. Par le même procès, nous savons que Va!1adam a\'ait reçu
les ten'es en question par la lettre royale du 30 janvier 1495. Ce fut donc après
cette date que Barccllos retourna à J'île Terceira; mais il s'y trouvait déjà le 14
aITi\ de mème année, date où il reçut par une autre lettre royale la confirmation
des terres en question. Il faut donc en conclure qu'il partit avec Labrador au commencent de I4~2, l'expression bien trois a121zées
(en portugais, b01lstds a1l11Os)
permettant même de faire reculer le départ jusqu'à la fln de 149I.
Il est donc certain que le roi dom Joao II, en mème temps qu'il faisait continuer les découvertes sur les côtes d'Afrique, ordonnait des voyages vers J'occident:
et un .ie ces voyages a été fait par deux hommes, dont J'un s'appelait Labradol',
ou ce fût le surnom de sa famille, ou un sobriquet, ou encore le nom de sa profession 4.
Ce document est le seul où un portugais nommé Joào Fernandes a le surnom
de Labrador. En 1499, dom :\Ianue[ donnait à Joào Fernandes ['ile ou les iles que
celui-ci découvrirait :'. 1\OUS connaissons un portugais Joào Fernandes, des Açores,
qui en J sOJ s'était associé avec d'autres portugais et trois anglais pour faire des
découvertes 6. Tous les trois seraient-ils des personnages difTérents i?
S'il est permis de faire des conjectures,
il y en a peu d'aussi probables que
celle d'attribuer
à Joào Fernandes Labrador et à Pcdro de Barcellos la decoU\'crte
de la terre qui porte de nom du premier, au commencement
de 1492. L'espace de
trois années, dont parlait Rarcellos, peut faire supposer qu'ils firent plus d'un voyage,
ce qui ne ~hange pas l'importance des faits.
Tout ce que nOLlS venons de dire permet, nous semble-t-il, d'expliquer l'entreprise de Colomb d'une manière raisonnable. Je n'ai, en terminant, qu'il. remercier
mon excéllent ami ~1. Salem bier de m 'avoir donné l'occasion dc Illettre en lumÏl:re
une fois encore une des pages brillantes de J'histoire de mon pays.
1 Dans la carte cie la Bibliothèque
Olivérienne de Pesaro. Vid. R,/colta di lJocltmmti e
Studi dalla Commissiom Colombial1a, Rome, 1892, 1\'e partie, t. II, p. 113, ca rte XXVl\l".
2 HAI1RI~~E,
Jean et Sebastim Cabots, Paris, 1882, p. 166.
J ERNEST"
DO CANTO,
Quem dcu o llome ao Labradol'~, dans l'Arc!riz'o dos Arons, Ponta
Delgada, 1892, vol. XII, p. 353 sq.
4 Les habitants
cles Açores n 'ont jamais considén: la profession de cultivateurs incompatible avec celle de marins.
j Arc/riz'o dos Arores, vol. XII, p. 360.
(; Arc!dvo dos Arores, vol. IV, p. 450 sq.
7 Vid.
lI.~BBldS",
Les Gorte-Real, p. 44; EUNE8TO DO CANTO, Archivo dos Arores, vol. 1\',
p. 463; vol. XII, p. 36 I.
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'l~lJ 'phts.'remarqu:ibl~s jlâ vérité histi>riquès'y
détache, non lH~g"9~Ûlllla
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