L`empire américain est

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L`empire américain est
L’empire américain
est-il en déclin ?
Pierre Martin
En 2009, les États-Unis sont embourbés dans des conflits apparemment
insolubles en Irak et en Afghanistan et ils sont plongés dans la pire crise
économique depuis la Grande Dépression. Pour plusieurs, il ne fait aucun
doute que les États-Unis sont engagés dans un déclin inéluctable. N’est-ce
pas le sort que l’histoire réserve à tous les empires ?
Il est permis de douter d’une conclusion si rapide. D’une part, à force
d’annoncer depuis des décennies le déclin de l’empire américain, alors
que les États-Unis ont toujours su rebondir après les crises et garder leur
position prédominante dans le monde, la thèse du déclin a perdu en
crédibilité. D’autre part, l’élection de 2008 signale, au minimum, que le
progrès social va encore de l’avant dans un pays si récemment marqué
par la ségrégation raciale. De plus, l’accueil favorable réservé à Barack
Obama dans le reste du monde, après des années de rejet de l’approche
de George W. Bush, laisse croire à un possible renouvellement du leadership des États-Unis. La réponse n’est donc pas si simple.
Si l’histoire nous enseigne que la position de tête dans le système
international est extraordinairement difficile à tenir, la science politique
contemporaine nous garde contre les prédictions catastrophistes et
parfois péremptoires qui marquent l’imaginaire populaire. L’objectif de
ce chapitre n’est donc pas d’annoncer une fois de plus le déclin de l’empire
américain, mais plutôt d’offrir un survol des instruments analytiques qui
permettent de comprendre la signification et les effets de la prédominance des États-Unis sur le système international. De quoi parle-t-on au
juste quand il est question de la place prépondérante occupée par les
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États-Unis dans le monde ? Que signifie cette prépondérance ? Quelles
sont les forces qui la mettent en cause, et comment jauger leur impact ?
Prépondérance, empire, leadership ou hégémonie ?
Les spécialistes des relations internationales utilisent une variété de
termes pour désigner la place qu’occupent les États-Unis dans le monde :
empire, hégémonie, unipolarité, primauté ou, selon l’ancien ministre
français des Affaires étrangères, Hubert Védrine, « hyperpuissance ».
Tous ces termes font référence à certaines réalités incontournables du
système international d’aujourd’hui : aucun autre État n’approche le
niveau de puissance économique ou militaire des États-Unis, aucun État
ne peut jouer le rôle structurant qui est le leur et aucun État n’est en voie
de le faire dans un avenir prévisible.
Pour les théoriciens des relations internationales, le nombre d’États
qui peuvent jouer ce rôle structurant est une variable clé pour la compréhension du système international. Dans cette optique, pendant la
guerre froide, une structure bipolaire prévalait, où chacun des deux
principaux protagonistes cherchait à mobiliser ses ressources et à consolider sa position en fonction d’une menace claire qui éclipsait toutes les
autres. L’effondrement de l’empire soviétique a fait passer le monde à une
structure unipolaire où une seule puissance est prépondérante, mais où
la nature et la provenance des menaces auxquelles elle fait face sont
multiples et moins prévisibles. On est loin du monde multipolaire qui
caractérisait le « Concert de l’Europe » du xixe siècle, quand les alliances
se faisaient et se défaisaient entre puissances de tailles comparables, au
rythme des guerres qu’entrecoupaient de grands congrès menant à des
pactes fragiles.
Un monde unipolaire
Le monde d’aujourd’hui est unipolaire et les indicateurs de la prépondérance des États-Unis ne manquent pas, sur le plan tant militaire
qu’économique. En 1985, peu avant son démembrement, les dépenses
militaires de l’Union soviétique se comparaient à celles des États-Unis.
Aujourd’hui, même si les États-Unis consacrent une part moins élevée
de leur PIB aux dépenses militaires qu’en 1985, aucun autre État n’arrive
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à leur cheville à ce chapitre. En 2006, les dépenses militaires américaines
de 529 milliards de dollars représentaient près de la moitié du total
mondial (46 %) et près des deux-tiers (65 %) des dépenses des sept plus
grandes puissances. Selon les chiffres cités dans un numéro récent de la
revue World Politics sur le thème de l’unipolarité, les dépenses militaires
de la Chine (50 milliards $) représentaient moins du dixième de celles
des États-Unis, moins que celles de la France ou du Royaume-Uni, mais
plus que la Russie, loin derrière avec 35 milliards $. Bien sûr, la Chine
possède un plus grand nombre de militaires, mais leur capacité de
déploiement ne se compare en rien à celle des Américains.
Sur le plan économique, la domination des États-Unis est moins
écrasante, mais néanmoins très nette. Selon le Fonds monétaire international (FMI), le pays comptait en 2008 pour 20,8 % du PIB mondial (en
parité des pouvoirs d’achat), après avoir oscillé entre 20 % et 24 % depuis
1980. En comparaison, le plus proche rival en 2008, la Chine, quatre fois
plus peuplée, représentait 12 % du total mondial, en nette progression par
rapport au niveau de 2 % atteint en 1980. Même en soutenant son rythme
élevé de croissance, la Chine mettra encore plusieurs années à rattraper
les États-Unis, qui conserveront encore longtemps, malgré tout, leurs
avantages en termes de science, de technologie et de productivité du
travail. Un autre indicateur de la prépondérance des États-Unis dans
l’ordre économique mondial est le rôle clé du dollar américain comme
principale devise internationale. Depuis 1995, la part du dollar dans les
réserves officielles de devises étrangères tenue par l’ensemble des pays
s’est située entre 60 % et 70 %. La part de l’euro est en hausse, mais peu
d’analystes prédisent que celui-ci puisse supplanter le dollar à brève
échéance.
Que cela plaise ou non, les États-Unis sont toujours loin en tête au
palmarès des grandes puissances. La question est donc de savoir ce que
signifie cette prédominance et quelles sont les forces qui pourraient
l’ébranler.
L’empire mène-t-il au déclin ?
Il ne fait aucun doute que les États-Unis sont une puissance dominante.
Mais sont-ils une puissance impériale ? D’une part, la notion d’empire
est politiquement délicate et la charge émotive qu’elle porte fait parfois
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obstacle à la clarté de l’analyse. D’autre part, s’il est indéniable que certains
aspects de la politique d’expansion du territoire et de la sphère d’influence
des États-Unis au xixe siècle peuvent s’apparenter à une volonté impériale,
il est hasardeux de dire que la politique étrangère américaine contemporaine est fondée sur l’intention manifeste de s’imposer globalement par
la force. La prépondérance de la puissance militaire et économique des
États-Unis ne signifie pas qu’ils peuvent s’imposer par la force ou la
menace partout à la fois. Il est clair, par exemple, qu’il leur serait impossible de mener simultanément deux opérations de l’ampleur de l’intervention actuelle en Irak. Donc, si les États-Unis ne sont pas, à proprement
parler, un « empire », le concept d’empire et celui, plus limité, de stratégie
impériale peuvent être utiles pour comprendre la position structurelle
des États-Unis et, dans une certaine mesure, sa fragilité.
Au sens strict, le terme d’empire se rapporte à l’expansion ou au
maintien de la zone d’influence d’un État à des peuples différents par le
biais de la force militaire ou toute autre forme de contrainte. On peut
aussi étendre la portée du terme à toute domination structurelle du
système international, au risque d’en diluer le sens. De l’Antiquité à
aujourd’hui, historiens et politologues ont noté une tendance récurrente
des États dominants à chercher l’expansion pour assurer leur sécurité ou
leur prospérité, pour ensuite chercher à maintenir cette zone d’influence
même lorsque les coûts de ce maintien viennent à surpasser les bénéfices.
C’est la dynamique décrite, entre autres, par Paul Kennedy dans son
ouvrage classique, Naissance et déclin des grandes puissances. Une contribution marquante de la science politique à la compréhension de cette
récurrence historique est celle de Robert Gilpin, avec War and Change
in World Politics. Selon Gilpin, la tendance à l’expansion inhérente à la
logique impériale entraîne une augmentation des coûts de contrôle, qui
finissent presque inévitablement par dépasser les bénéfices qu’une puissance dominante tire de son statut. Le maintien de la domination impériale devient donc un fardeau qui mine les ressources internes du cœur
de l’empire et peut mener, au mieux, à la marginalisation de la grande
puissance déchue ou, au pire, à l’effondrement pur et simple de l’État
affaibli.
Ces auteurs, comme bien d’autres avant eux, donnent une tournure
très pessimiste à leurs prédictions. Ils notent en effet que, à chaque fois
où le déclin d’une grande puissance a occasionné un changement majeur
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de la structure du système international, la transition a été accompagnée
de guerres majeures. Le problème de ce genre d’interprétation est qu’il
ne permet pas de comprendre comment l’effondrement de l’Union soviétique, qui a fait basculer le monde d’un système bipolaire à un système
unipolaire, ne s’est pas soldé par une conflagration à portée globale.
Néanmoins, qu’on les qualifie d’empire ou non, les États-Unis dominent
l’économie mondiale depuis plus de soixante-quinze ans et leur domination s’est étendue bien au-delà de l’économie au cours des vingt dernières
années. Cette position « hégémonique » a-t-elle été un fardeau ?
Hégémonie et leadership
Les spécialistes de l’économie politique internationale s’entendent généralement pour dire qu’historiquement, la présence d’une puissance
hégémonique a été essentielle au maintien d’un semblant d’ordre dans
l’économie mondiale. Le concept d’hégémonie fait référence à la fois à la
prédominance structurelle et à la capacité de définir et d’appliquer les
règles du jeu d’une économie mondiale capitaliste et libérale.
En bref, l’anarchie du système international fait en sorte que certains
« biens collectifs » nécessaires au bon fonctionnement d’une économie
capitaliste mondiale tendent à être produits de façon insuffisante car, si
leur existence bénéficie à tous, chaque État a tendance à se fier aux autres
pour en payer le prix. Ces biens comprennent : la sécurité collective ; une
devise fiable qui assure la liquidité des échanges ; la disponibilité du
crédit en temps de crise ; et l’ouverture des marchés. Selon les tenants de
la « théorie de la stabilité hégémonique », ces biens ne peuvent être produits que si un seul État assume une part disproportionnée des coûts
pour son propre bénéfice et celui de tous.
Pendant les années de la « Pax Britannica », c’est de Londres que venait
le leadership qui a permis l’essor du capitalisme mondial. Mais ce dernier
a crû plus vite que la capacité de la Grande-Bretagne à le soutenir, et un
système international hérité du xixe siècle n’a pas suffi à contenir les crises
successives de la première moitié du xxe siècle. La Grande Dépression, la
Deuxième Guerre mondiale et la montée de la menace soviétique ont été
les catalyseurs de la « Pax Americana », une économie mondiale libérale
basée sur un compromis entre le laisser-faire international souhaité par
les Américains et l’interventionnisme national exigé par les Européens.
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Les États-Unis acceptaient d’assumer le gros des coûts de la sécurité face
à la menace soviétique, de donner l’impulsion essentielle à la relance des
économies de l’Europe de l’Ouest, notamment avec le Plan Marshall, et
d’exercer le leadership nécessaire au fonctionnement des systèmes financier, monétaire et commercial.
Somme toute, si les États-Unis ont porté plus que leur part du fardeau de la reconstruction de l’après-guerre et de la défense commune,
l’hégémonie qu’ils ont exercée sur l’économie mondiale capitaliste et
ses institutions leur a aussi été favorable. D’abord, l’adoption du dollar
comme devise internationale présentait un avantage pour l’État émetteur, qui pouvait se permettre un déficit chronique de sa balance des
paiements. Ces déficits ont permis de financer une partie du déploiement
des troupes américaines en Europe dans les années 1950. La tentation
pour les États-Unis d’exploiter cette rente monétaire pour détourner vers
l’extérieur les coûts de leurs propres choix politiques s’est manifestée de
nouveau dans les années 1960 et 1970. C’est alors que les administrations
Johnson et Nixon finançaient simultanément une « guerre à la pauvreté »
et une autre guerre, moins noble, au Vietnam, en déversant des dollars
sur les marchés mondiaux, pour ensuite décréter qu’ils ne seraient plus
convertibles en or.
Dans les années 1980, c’est le Japon qui finançait une partie de la
course aux armements et aux réductions d’impôts de l’administration
Reagan en achetant des bons du Trésor américains à fort prix pour se
faire rembourser avec des dollars fortement dépréciés par rapport au yen.
Dans les années 1990, une forte croissance globale axée sur le développement rapide des technologies de l’information et dopée par l’ouverture
du commerce et des marchés financiers permettait aux États-Unis d’afficher une performance économique remarquable. Toutefois, cette décennie a été marquée par la crise financière asiatique de 1997 et s’est terminée
en 2000 par l’éclatement de la bulle des hautes technologies. Finalement,
les années 2000 ont été marquées par la montée de la Chine comme
puissance économique majeure. La croissance des États-Unis pendant
les mandats de George W. Bush a été acquise au prix d’un creusement
du déficit fédéral et elle était largement tributaire d’une bulle spéculative
immobilière qui a éclaté en 2008.
De ce tableau très sommaire, on retient que si la période de l’hégémonie américaine a été marquée par de nombreuses crises, elle a permis à
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l’économie mondiale de croître rapidement, sans empêcher les États-Unis
d’en faire autant. Malgré cela, certains signes suggèrent que les États-Unis
se sont engagés récemment dans une politique étrangère qui s’apparente
à celle d’un empire, tout en perdant le leadership qu’ils ont longtemps eu
sur la politique et l’économie mondiales et en s’exposant au risque d’une
stagnation économique qui minerait leurs capacités et entraînerait leur
chute à plus ou moins long terme. Qu’en est-il ? Cette fois-ci est-elle la
bonne pour la thèse du déclin ?
Périls et promesses de la crise actuelle
Deux dimensions générales sont à prendre en compte pour évaluer le
potentiel de maintien de la position dominante des États-Unis à l’échelle
globale. D’une part, il y a les mesures objectives de la puissance militaire
et économique, dont dépend la capacité d’exercer cette dominance.
D’autre part, il y a la dimension plus impondérable du leadership. Pour
exercer un leadership à l’échelle globale, il faut pouvoir, à l’interne,
compter sur la volonté politique d’en porter le fardeau et, à l’externe,
mener le jeu en des termes que les autres sont disposés à suivre. C’est à
cette dimension impondérable que fait allusion le concept de « puissance
douce » (traduction littérale de soft power, qu’on pourrait aussi définir
comme un pouvoir d’attraction) associé au politologue Joseph Nye.
Les États-Unis ont fait la démonstration dans le passé de leur capacité
de rebondir après les crises, et celle entamée en 2008 mettra de nouveau
cette capacité à l’épreuve. Selon la thèse du déclin des empires, c’est la
pression exercée par des politiques expansionnistes sur les ressources
internes qui serait à l’origine d’une tendance au déclin. Est-ce là la source
de la crise actuelle ? S’il est vrai que l’intervention en Irak et l’obsession
sécuritaire ont contribué à creuser le déficit fédéral américain, la combinaison des baisses d’impôts et de l’augmentation des dépenses sociales
pendant l’administration Bush a beaucoup plus contribué à ce creusement, pour des raisons tenant d’abord à la politique partisane. De plus,
il est loin d’être évident que l’intervention en Irak était le produit d’un
réel impératif de positionnement stratégique, comme le soutiendrait une
interprétation structurelle, plutôt que d’un choix résultant d’une convergence entre les idées d’un courant idéologique marginal mais influent (les
néoconservateurs) et l’électoralisme à courte vue du Parti républicain,
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pour qui l’enjeu de la sécurité a fait la différence entre la victoire et la
défaite en 2004. En bref, même si la crise économique actuelle comporte
un risque d’affaiblissement pour les États-Unis, ses causes les plus importantes ne sont pas liées à l’expansionnisme militaire ou au fardeau que
représenterait le maintien d’une puissance hégémonique.
Si les politiques extérieures de George W. Bush ont contribué marginalement à affaiblir les assisses économiques de la puissance américaine,
il en va tout autrement de la dimension subjective du « soft power ». En
vertu du caractère universel des principes sur lesquels ils sont fondés et
de l’attrait non moins universel de leur culture, les États-Unis ont à ce
chapitre un avantage énorme sur leurs concurrents. Dans cette optique,
les Américains disposaient d’une occasion unique de rallier l’opinion
mondiale grâce à l’extraordinaire courant de sympathie dont ils ont
bénéficié au lendemain des événements tragiques du 11 septembre 2001.
Au contraire, la stratégie de l’administration Bush et l’image que celle-ci
a projetée dans le monde par son discours et ses actions ont contribué à
braquer une part importante de l’opinion mondiale contre le leadership
des États-Unis. Malgré tout, comme le démontre la réaction de l’opinion
mondiale à l’élection de Barack Obama à la présidence et à son message
de changement, cette dimension plus intangible de la capacité de son pays
d’exercer un leadership international proportionnel à sa puissance peut
changer pour le mieux, et rapidement. Pour que le changement s’installe
à long terme, cependant, les promesses devront s’accompagner de réalisations durables. De plus, un consensus bipartisan devra s’établir sur le
fait qu’une approche multilatérale est nécessaire à l’exercice à long terme
du leadership américain. Les trois grands défis de l’administration
Obama — la crise économique, la stabilisation des conflits au MoyenOrient et les changements climatiques — mettront ce leadership à rude
épreuve.
Assiste-t-on, donc, au déclin de l’empire américain ? Même si plusieurs
en sont convaincus depuis si longtemps que même une sortie honorable
de la crise actuelle par les États-Unis n’arriverait pas à les faire changer
d’idée, cela est loin d’être démontré. Si déclin il finissait par y avoir, il ne
faudrait sans doute pas en attribuer le blâme au fardeau de l’empire, mais
plutôt en chercher les causes à l’intérieur du pays. Ce qui est certain, c’est
que les conséquences, elles, seraient globales.
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Pour aller plus loin :
Gilpin, Robert, War and Change in World Politics, Cambridge University Press,
1981.
Ikenberry, John G., Michael Mastanduno et William C. Wohlforth (dir.),
« Unipolarity, State Behavior, and Systemic Consequences », numéro special
de la revue World Politics, vol. 61, no 1, 2009.
Kennedy, Paul, Naissance et déclin des grandes puissances, Paris, Payot, 1988.
Kindleberger, Charles P., World Economic Primacy, 1500-1990, Oxford University Press, 1996.
Nye, Joseph S., Soft Power : The Means to Success in World Politics, New York,
PublicAffairs, 2004.
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