Prise en charge diagnostique et thérapeutique des infections à
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Prise en charge diagnostique et thérapeutique des infections à
Prise en charge diagnostique et thérapeutique des infections à Aspergillus SP. et Candida SP. chez : Première partie, version 4, novembre 2004 Le patient immunocompetent Seconde partie, version 2, décembre 2003 Le patient immunocompetent Le patient de pneumologie Chaque partie se compose de : Un argumentaire Des logigrammes Des modèles d’ordonnances nominatives Taille totale : 103 pages, 453 Ko 1 PRISE EN CHARGE DIAGNOSTIQUE ET THERAPEUTIQUE DES INFECTIONS A ASPERGILLUS SP. ET CANDIDA SP. CHEZ LE PATIENT IMMUNODEPRIME Date limite de validité de la version 4: 30 septembre 2005 Version 4 : Novembre 2004 Version 3 : Avril 2004 - Version 2 : Décembre 2003 - Version1 : Décembre 2002 Version 1 Validée par : La Commission des Antiinfectieux du CHRU de Lille le 2 décembre 2002 La Commission du Médicament et des Dispositifs Médicaux du CHRU de Lille le 4 mars 2003 La Commission Médicale d’Etablissement du CHRU de Lille le 11 mars 2003 Groupe de travail du CHRU de Lille Coordination : Gilles Beaucaire, infectiologie, CHRU de Lille ALFANDARI Serge, infectiologie, CH de Tourcoing, rédacteur du chapitre concernant le patient immunodéprimé LEROY Olivier, réanimation et maladies infectieuses, CH de Tourcoing, rédacteur du chapitre concernant le patient immunocompétent TILLIE Isabelle, pneumologie, CHRU de Lille, rédactrice du chapitre concernant le patient de pneumologie AJANA Faïza, infectiologie, expert bibliographe CAMUS Daniel, mycologie DEI-CAS Eduardo, mycologie D’HAVELOOSE Annie, pharmacie DUROCHER Alain, réanimation, expert méthodologiste GRANDBASTIEN Bruno, épidémiologie POULAIN Daniel, mycologie ARBON Germain, anesthésie – réanimation, chirurgie viscérale DE BOTTON Stéphane, hématologie DEBROUCKER Vincent, réanimation, brûlés DECLERCK Nicole, anesthesie – réanimation, greffe d’organe HEBBAR Mohamed, cancérologie FOURRIER François, réanimation LEROY Bernard, réanimation chirurgicale MATTHIEU Daniel, réanimation MAZINGUE Françoise, pédiatrie PUISIEUX François, gérontologie YAKOUB -AGHA Ibrahim, hématologie Liste des lecteurs au CHRU de Lille CASTANER Michel, urologie GIRARDIE Patrick, réanimation Liste des lecteurs extérieurs au CHRU de Lille CAILLOTDenis, hématologie, CHU de Dijon CORDONNIER Catherine, hématologie, Hôpital Henri Mondor DUPONT Bertrand, infectiologie, Hôpital Necker FALLER Jean Pierre, réanimation, Centre Hospitalier de Belfort GUERIN Jean Claude, réanimation, Croix Rousse, Lyon HERBRECHT Raoul, hématologie, CHU de Strasbourg LORTHOLARY Olivier, infectiologie, Hôpital Avicenne S TAHL Jean Paul, infectiologie, CHU de Grenoble TIMSIT Jean François, réanimation et maladies infectieuses, Hôpital Bichat – Claude Bernard WOLFF Michel, réanimation et maladies infectieuses, Hôpital Bichat – Claude Bernard Un grand merci à vous tous pour votre formidable travail et votre enrichissante contribution 2 Avertissement 1. 2. 3. 4. 5. 6. Le référentiel proposé pour la prise en charge diagnostique et thérapeutique des infections fongiques est le fruit d’une réflexion et d’un travail consensuel de longue haleine qui a débuté il y a environ une année. Ce sont plus de 150 heures qui ont été passées individuellement ou collectivement en réunion, en rédaction, en relecture, en mis e en forme. L’objectif de ce référentiel est de permettre une meilleure utilisation des thérapeutiques antifongiques systémiques au CHRU de Lille. Pour ce faire les stratégies diagnostiques ont également été rediscutées et mises à niveau, car l’utilisation inadaptée des antifongiques peut être liée en partie à des stratégies diagnostiques non performantes. Aucun référentiel ne permet à lui seul de modifier significativement et durablement les pratiques de prescriptions. Il faut impérativement lui adjoindre de nouveaux modes de dispensation. C’est pour cette raison que la dispensation de certains antifongiques ne se fera que sur ordonnance nominative à durée limitée à 7 jours maximum. Mais pour que ce nouveau mode de dispensation remplisse également un rôle pédagogique, les ordonnances proposées sont dites « renseignées », permettant ainsi pour le prescripteur de prendre connaissance des indications respectives des différents antifongiques. Toutes les situations cliniques nécessitant la prescription d’un antifongique systémique ne peuvent être prises en compte dans un référentiel. Il s’agit alors de situations rares mais complexes qui nécessitent le plus souvent l’avis d’un expert. les coûts de traitements journaliers (CTJ) théoriques ont été calculés à partir des posologies moyennes recommandées dans le référentiel La durée de validité de ce référentiel est limitée, compte tenu de l’évolution attendue des connaissances en terme de diagnostic et de traitement des infections fongiques. Pour cette raison, la date limite de validité de ce référentiel a été fixée par le groupe de travail au 30 septembre 2005. Tout nouvel élément objectif apparaissant avant cette date, et améliorant de façon significative la stratégie diagnostique et/ou thérapeutique, fera l’objet d’une information Le document se présente en 3 parties : Ø un argumentaire précisant, lorsque cela était possible, le niveau de preuve ; Ø un recueil des référentiels avec une présentation sous forme de texte et de logigrammes, et des modèles d’ordonnance renseignées correspondantes Ø un recueil de fiches d’informations sur les modalités de reconstitution / dilution, modes d’administration, conditions de conservation, effets indésirables, contre indications et interactions médicamenteuses, coûts journaliers de traitement des antifongiques à dispensation contrôlée, qui ne dispensent pas en cas de besoin d’information exhaustive de consulter les monographies existantes (VIDAL). Enfin, les membres du groupe de travail ont émis un certain nombre de recommandations d’actions à mettre en œuvre rapidement : Ø création au CHRU de Lille d’un registre des infections fongiques ayant conduit à la prescription d’un traitement antifongique ; Ø évaluation prospective de la PCR (aspergillus ou candida) dans le cadre d’un protocole de recherche, car cette technique ne peut être actuellement recommandée en routine devant l’absence de standardisation et de reproductibilité des résultats obtenus à ce jour ; Ø réalisation d’un essai d’évaluation des associations d’antifongiques en première intention dans le traitement des aspergilloses prouvées ou probables chez le patient immunodéprimé. 3 SOMMAIRE Introduction........................................................................................................................................... 4 Identification des informations :........................................................................................................... 4 Gradation des informations ................................................................................................................. 4 Définitions des types de traitement ...................................................................................................... 4 I-A. Epidémiologie................................................................................................................................. 5 I-A-1. Aspergillose............................................................................................................................ 5 I-A-2. Candidoses............................................................................................................................. 5 I-B. Diagnostic....................................................................................................................................... 6 I-B-1. Définition des mycoses invasives.............................................................................................. 6 • Infection prouvée :.................................................................................................................. 6 • Infection probable (tableau I-3) .............................................................................................. 6 • Infection possible (tableau I-3) ............................................................................................... 6 I-B-2. Techniques biologiques en cours d’évaluation........................................................................... 6 I-B-3. Explorations invasives et imagerie............................................................................................. 7 I-B-4. Stratégies diagnostiques........................................................................................................... 8 I-B-4-a. Aspergillose..................................................................................................................... 8 I-B-4-b. Candidose ....................................................................................................................... 8 I-C. Traitement ...................................................................................................................................... 8 I-C-1. Traitement prophylactique ....................................................................................................... 8 I-C-2. Traitement probabiliste............................................................................................................ 9 I-C-3. Traitement documenté.......................................................................................................... 10 I-C-4. Stratégies thérapeutiques ....................................................................................................... 13 I-C-4-a. Traitement probabiliste................................................................................................... 13 I-C-4-b. Aspergillose................................................................................................................... 14 I-C-4-c. Candidose ..................................................................................................................... 15 Références bibliographiques ................................................................................................................. 18 Figures et ordonnances......................................................................................................................... 22 Figure 1 : diagnostic d’aspergillose pulmonaire invasive chez le patient immunodeprimé ...................... 22 Figure 2 : diagnostic de candidose chez le patient immunodeprimé ..................................................... 23 Figure 3 : traitement probabiliste des mycoses invasives chez le patient immunodeprime ..................... 24 Figure 4: traitement prophylactique de l’aspergillose invasive chez le patient immunodeprime .............. 25 Figure 5 : traitement documente de l’aspergillose invasive chez le patient immunodeprime................... 26 Figure 6: traitement prophylactique des candidoses chez le patient immunodeprime ............................ 27 Figure 7: traitement documenté des candidoses chez le patient immunodeprime.................................. 28 Ordonnance : Traitement probabiliste de l’immunodéprimé................................................................ 29 Ordonnance :Aspergillose de l’immunodéprimé................................................................................. 30 Ordonnance : Candidose de l’immunodéprimé .................................................................................. 31 Coûts théoriques des traitements journaliers antifongiques 2004-2006 ................................................... 32 4 INTRODUCTION AVERTISSEMENT Ce texte doit être considéré comme un “ work in progress ” : • Des articles majeurs sur les infections fongiques invasives de l’immunodéprimé sont publiés régulièrement pouvant aboutir à des modifications substantielles des recommandations. • L’arrivée de nouvelles molécules susceptibles d’être utilisées en association risque de modifier, à court terme, la conduite pratique du traitement. Des mises à jour, au moins annuelles, de ce texte sont indispensables. IDENTIFICATION DES INFORMATIONS : Ce travail repose sur une analyse critique de la littérature. Les bases de données consultées sont le medline “ pubmed ” et la base “ inist ”. La recherche d’articles s’est faite en utilisant les mots clés, en français et en anglais, de 1966 à 2004 pour le medline, et de 1990 à 2004 pour l’inist: • “ aspergillus ”, “ aspergillosis ”, “ candida ”, “ candidosis ” en catégories “ clinical trial ”, “ practice guidelines ”, “ metaanalysis ” ou “ randomized controlled trials ” • en croisant “ aspergillus ”, “ aspergillosis ”, “ aspergillose ”, “ candida ”, “ candidosis ”, “ candidose ”, avec “ amphotericin/e ”, “ azoles ”, «posaconazole» , “ itraconazole”, “ caspofungin/e ”, «micafungin/e», «anidulafungin/e», “ voriconazole”, “ therapy ”, “ treatment ”, “ traitement ”, “ leukemia ”, “ leucémie ”, “ bone marrow transplant/ation ”, “ greffe de moelle ”, “ transplantation ”, “ organ transplant ”, “ lung transplant/ation ”, “ liver transplant/ation ”, “ renal transplant/ation ”, “ hiv ”, “ aids ”, “ vih ”, “ sida ”, “ intensive care ”, “ réanimation ”, “ intra-abdominal surgery ”, chirurgie abdominale ”, “ pcr ”. Parmi les documents cités, figurent des conférences de consensus ou des réunions d’experts nationaux et internationaux. Les conclusions de ces documents sont rapportées sans remonter aux différents argumentaires qui y sont largement commentés. GRADATION DES INFORMATIONS L'ensemble des recommandations formulées par les experts et le niveau de preuves sur lesquelles elles s'appuient ont été classés en fonction des règles suivantes : Society of Critical Care Medicine Rating System for Strength of Recommendation and Quality of Evidence Supporting the References, 1997. • Score d’évaluation des références ♦ A : études prospectives, randomisées, contrôlées ♦ B : études non randomisées, comparaisons simultanées ou historiques de cohortes ♦ C : mises au point, revues générales, éditoriaux, séries substantielles de cas publiés dans des revues à comité de lecture et révisées par des experts extérieurs ♦ D : publications d’opinions publiées dans des journaux ou livres sans comité de lecture • Score de recommandations ♦ Niveau 1 : recommandations justifiées par des preuves scientifiques indiscutables ♦ Niveau 2 : recommandations justifiées par des preuves scientifiques et le soutien consensuel des experts ♦ Niveau 3 : recommandations ne reposant pas sur des preuves scientifiques adéquates mais soutenues par des données disponibles et l’opinion des experts. DEFINITIONS DES TYPES DE TRAITEMENT En 1994, les experts britanniques ont proposé les définitions suivantes [1] : • Traitement prophylactique : traitement appliqué à une population de patients sans prise en compte des risque individuels dans le but de prévenir la survenue d’une mycose invasive. • Traitement pré-emptif (pre-emptive therapy) : traitement préventif appliqué à un patient donné qui présente des risques élevés de développer une mycose invasive. • Traitement empirique : traitement appliqué à un patient suspect de présenter une mycose invasive, mais sans aucune confirmation microbiologique, histologique ou sérologique. • Traitement curatif : traitement instauré chez un patient qui présente une mycose invasive prouvée. L’une des premières constatations faites lors de la revue de la littérature est celle d’une certaine confusion dans les termes utilisés pour dénommer les divers traitements antifongiques appliqués au patient. Dans un but de simplicité et de meilleure compréhension eu égard à la terminologie couramment employée, nous utilisons dans ce rapport les définitions suivantes. • Traitement prophylactique : traitement antifongique appliqué à un patient présentant des facteurs de risque de développement d’une mycose invasive dans le but de prévenir la survenue d’une infection. • Traitement probabiliste : traitement antifongique appliqué à un patient donné qui est suspect de présenter cliniquement une mycose invasive alors qu’il n’existe aucune confirmation microbiologique, histologique ou sérologique, soit, en particulier, la majorité des situations chez l’immunodéprimé entrant dans la catégorie des « mycoses possibles » définies dans ce document.. 5 • Traitement documenté : traitement antifongique appliqué à un patient présentant une mycose invasive prouvée ou probable sur des arguments cliniques, radiologiques, histologiques et/ou microbiologiques. PRISE EN CHARGE DIAGNOSTIQUE ET THERAPEUTIQUE DES INFECTIONS A ASPERGILLUS SP. ET A CANDIDA SP. CHEZ LE PATIENT IMMUNODEPRIME Les infections fongiques invasives sont une cause majeure de morbidité et de mortalité chez l’immunodéprimé (A1). Il existe, dans la littérature, de multiples critères diagnostics, variant largement selon les études rendant difficile toute comparaison entre études. Cette confusion est en partie responsable des larges variations dans les critères et modalités d’utilisation des antifongiques. Ce document analyse les principaux articles publiés (articles originaux, conférences d’experts, revues générales) et fournit des propositions de stratégie diagnostique et thérapeutique des infections fongiques invasives de l’immunodéprimé en se limitant aux aspergilloses et candidoses. Le diagnostic et les indications thérapeutiques des infections à Candida sp. étant largement envisagés par le sous groupe “ réanimation-chirurgie viscérale ”, il ne seront évoqués que dans le cadre des manifestations spécifiques aux situations d’immunodépression. I-A. EPIDÉMIOLOGIE I-A-1. ASPERGILLOSE I-A-1-a. Facteurs de risques d’acquisition et fréquence L’aspergillose invasive est une des plus sévères complications infectieuses de l’immunodéprimé [1-4]. Le facteur de risque le mieux documenté est la durée de neutropénie (A1), particulièrement < 500/mm3. Au cours des allogreffes de moelle, la réaction chronique du greffon contre l’hôte de grade 3-4 est un facteur de risque également bien documenté (A1). D’autres facteurs de risque sont incriminés avec une relation moins largement documentée : corticothérapie générale (au moins égale à l’équivalent de 1 mg/k/j de prednisone), et traitement par immunosuppresseurs. La porte d’entrée est dans la majorité des cas pulmonaire expliquant la grande fréquence des atteintes pulmonaires radiologiques. Une infection disséminée, en particulier au système nerveux central peut survenir. L’incidence de l’aspergillose invasive varie selon le type d’immunodépression (tableau I-1) [5-18]. L’aspergillose invasive est rare au cours des tumeurs solides [19,20]. I-A-1-b. Mortalité Deux revues générales ont évalué la mortalité de l’aspergillose. Denning [21], en 1996, a inclus 1223 cas provenant de séries de plus de 4 patients fournissant les données individuelles de chaque patient. Lin et coll. [22], en 2001, reprennent 1941 cas provenant d’études incluant au moins 10 patients y compris des données agrégées. Le tableau I-2 présente la mortalité par pathologie. La mortalité en cas d’aspergillose disséminée ou cérébrale est le plus souvent supérieure à ces chiffres qui sont principalement basés sur des aspergilloses pulmonaires. I-A-2. CANDIDOSES I-A-2-a. Facteurs de risques d’acquisition et fréquence Certains facteurs de risque de candidose invasive apparaissent communs à toutes les populations de patients : présence d’un cathéter veineux central avec ou sans alimentation parentérale, antibiothérapie à large spectre, mucite et longue durée de neutropénie (A1). Parallèlement, certains facteurs de risque sont plus particulièrement retrouvés chez certaines catégories de patients : • En hématologie : un haut niveau de colonisation par Candida (plus de 10 colonies sur au moins 2 sites) est associé a un risque élevé de candidose invasive [23]. Chez les patients allogreffés, la colonisation mais également la survenue d’une bactériémie et d’une infection à CMV sont des facteurs de risque de candidémie en analyse multivariée [24]. De même certaines techniques de transplantation médullaire et l’utilisation d’antiviraux à large spectre [2] sont incriminées comme facteurs de risque. • En transplantation hépatique : la technique chirurgicale, le nombre de réinterventions, et la survenue d’une infection à CMV sont incriminés [25]. Le taux de CD4 joue un rôle déterminant chez les patients infectés par le VIH. Il faut noter en pratique que ces facteurs spécifiques, par l’amélioration des techniques de conditionnement, des techniques chirurgicales, des traitements antirétroviraux et/ou les réductions de doses de corticoïdes se traduisent par une baisse du nombre de candidoses invasives dans ces populations [2]. L’espèce la plus fréquemment rencontrée est Candida albicans mais d’autres espèces sont également observée à des fréquences variables selon les centres [2]. En particulier Candida krusei est fréquemment retrouvé dans les centres utilisant largement le fluconazole en prophylaxie [2]. I-A-2-b. Mortalité La mortalité globale des candidoses invasives est proche de 60% dont 15 à 38% de mortalité attribuable à Candida. Outre cette mortalité immédiate, les patients sont exposés au risque de dissémination sous forme d’endophtalmie ou de 6 candidose hépatosplénique. Ces atteintes surviennent à distance de la candidémie initiale et souvent après correction de la neutropénie. I-B. DIAGNOSTIC I-B-1. DEFINITION DES MYCOSES INVASIVES I-B-1-a. Etat de la littérature La méthode de référence pour le diagnostic des mycoses invasives est l’étude histologique. Celle ci nécessite des gestes invasifs et est rarement employée chez les patients immunodéprimés. Des critères moins spécifiques associant des données cliniques, biologiques et d’imagerie sont le plus souvent employés. Plusieurs groupes ont ainsi proposé des critères classant les mycoses invasives en “ prouvée ”, “ probable ”, “ suspecte ”, “ possible ”… . Les définitions de ces catégories sont rarement similaires entre différents groupes conduisant à une impossibilité de comparaison directe. A l’initiative de l’EORTC (European Organization for Research and Treatment of Cancer) et du NIAID (National Institute of Allergy and Infectious Diseases) un consensus international vient de proposer une classification en trois catégories “ prouvée ”, “ probable ”,et “ possible » [26] . Cette définition a par ailleurs été proposée antérieurement par la conférence de consensus sur la prévention de l’aspergillose invasive, menée à l’initiative de la Société Française d’Hygiène Hospitalière [27]. Elle concerne spécifiquement les patients atteints de cancer (traités ou non) et les receveurs de cellules souches hématopoïétiques. Cet article a servi de base à ce paragraphe et, seuls les articles publiés après la date de soumission de cet article (novembre 2000) ont été par ailleurs analysés. Le type et la qualité du prélèvement mycologique sont particulièrement importants. Une souche isolée d’un site habituellement stérile et cliniquement évocateur d’infection aura plus de valeur que si elle est isolée d’un site pouvant être colonisé (ECBC, LBA, sinus..). Cette classification n’utilise à aucun moment le dosage des anticorps anti-aspergillus. Elle est de plus très restrictive quant à l’interprétation des résultats du dosage d’antigénémie aspergillaire. A noter que le texte ne précise pas que les 2 antigénémies aspergillaires doivent être consécutives. Il n’est pas fait référence à l’étude de la colonisation fongique. I-B-1-b. Définitions Nous proposons d’utiliser à partir de maintenant cette classification au CHRU de Lille (A1) [26,27]. L’opinion du groupe de rédaction est que ces définitions peuvent être adaptées à toutes les catégories de patients immunodéprimés (greffés d’organe, patients sous immunosuppresseurs ou patients infectés par le VIH…) (C3). • Infection prouvée : • Aspergillose : − soit présence de filaments de type moisissure et/ou tête aspergillaire à l’examen histo- ou cytologique d’une biopsie ou aspiration à l’aiguille ET signe d’une atteinte tissulaire (soit au microscope, soit en cas d’absence de doute par imagerie) − soit culture positive d’un prélèvement obtenu de manière aseptique d’un site stérile ET anomalies cliniques ou radiologiques évoquant une infection (excepté les urines et les muqueuses). • Candidose : − soit présence de levures ou filaments de type levure à l’examen histo- ou cytologique d’une biopsie ou aspiration à l’aiguille à l’exception des prélèvements muqueux − soit culture positive d’un prélèvement obtenu de manière aseptique d’un site stérile ET anomalies cliniques ou radiologiques évoquant une infection (excepté les sinus, les urines et les muqueuses). • Infection probable (tableau I-3) Présence d’au moins un critère lié à l’hôte ET d’un critère microbiologique ET d’un critère clinique majeur (ou 2 mineurs) d’un site évoquant une pathologie infectieuse • Infection possible (tableau I-3) Présence d’au moins un critère lié à l’hôte ET d’un critère microbiologique OU d’un critère clinique majeur (ou 2 mineurs) d’un site évoquant une pathologie infectieuse I-B-2. TECHNIQUES BIOLOGIQUES EN COURS D’EVALUATION Les techniques d’amplification génique sont en cours d’évaluation dans cette indication. I-B-2-a. Aspergillose Le dosage du galactomannane plasmatique et dans le LBA faisant partie des critères diagnostiques EORTC/MSG, il ne sera fait mention que du risque de faux positif de ce test chez certains patients recevant de la piperacilline-tazobactam [28-30]. Les techniques d’amplification génique sont en cours d’évaluation dans cette indication : Plusieurs méthodes développées par différentes équipes sont proposées dans le sang et/ou le liquide de LBA. Des études récentes rapportent des résultats prometteurs, particulièrement en PCR nichée ou quantitative. Toutes ces études utilisent des critères diagnostiques de l’aspergillose assez différents entre eux et de ceux du consensus. Buchheidt et coll. [31] ont développé une PCR permettant d’obtenir dans le LBA une sensibilité, une spécificité, une valeur prédictive positive (VPP), et une valeur prédictive négative (VPN) respectivement de 100%, 92.6%, 76.5%, et 100%. Sur des prélèvements sanguins, les valeurs étaient respectivement de 91.7%, 81.3%, 49.3%, et 98%. La même équipe, lors 7 d’une comparaison de trois méthodes conclut à une supériorité d’une PCR nichée (sensibilité et spécificité de 63,6 et 63,5%) sur la détection de galactomannane (33,3% et 98,9%)[32]. Kami et coll. [33] rapportent leurs résultats de PCR sanguine en temps réel qui présente l’intérêt de fournir un résultat quantitatif. Ils obtiennent une sensibilité, une spécificité, une VPP, et une VPN respectivement de 79%, 92%, 79%, et 92%, à comparer aux valeurs de 58%, 97%, 86%, et 86% pour un dosage d’antigénémie faite en parallèle par ELISA. Kawasu et al [34] comparent une détection du galactomannane, une PCR en temps réel et une détection du beta-dglucanne. Les valeurs prédictives positives étaient respectivement de : 55, 40 et 40% et les valeurs prédictives négatives de : 100, 96 et 96%. Lass-Florl et al [35] ont évalué une PCR sur les prélèvements sanguins et pulmonaires profonds chez des patients sous traitement antifungique pour aspergillose prouvée, probable ou possible. En cas d’infection prouvée, la sensibilité était de 100% pour les prélèvements pulmonaires et 40% dans le sang soit une valeur prédictive négative de 44%. I-B-2-b. Candidose Lin et coll. [36] évaluent une PCR nichée pour le diagnostic des candidémies. Il n’est pas présenté de résultats statistiques mais chez quatre patients chez lesquels sera porté un diagnostic de candidose hépato splénique, la PCR était positive et les hémocultures stériles. Remarques du groupe de travail La PCR (aspergillus ou candida) ne peut être recommandée en routine devant l’absence de standardisation et de réplicabilité des résultats obtenus à ce jour (C3). Il est recommandé de l’évaluer prospectivement dans le cadre d’un protocole de recherche. I-B-3. EXPLORATIONS INVASIVES ET IMAGERIE I-B-3-a. Aspergillose La plupart des études récentes reconnaissent le peu d’intérêt de la radiographie standard qui ne se positive que tardivement. Malgré le peu d’études méthodologiquement indiscutables, les données actuelles permettent de promouvoir le scanner thoracique comme examen de première intention pour le diagnostic d’aspergillose pulmonaire (B2). Les images les plus évocatrices d’aspergillose sont le signe du halo, relativement précoce et le signe du croissant, plus tardif. Deux études récentes illustrent l’intérêt de nouvelles stratégies. Caillot et coll. [37] ont comparé deux périodes, l’une sans scanner thoracique systématique, l’autre avec scanner systématique. La réalisation de ce dernier raccourcit le délai entre signes et diagnostic de 7 +/- 5,5 à 1,8 +/- 1,3 jours et permet un traitement plus précoce. Sa sensibilité est évaluée à 94%. La mortalité attribuable à l’aspergillose passe de 50 à 21%. Une étude japonaise [38] portant sur 30 aspergilloses retrouve que, sur les 10 patients ayant une radiographie standard normale le scanner est anormal dans 9 cas. Les anomalies sont observées au scanner plus précocement (n=22), simultanément (n=7) ou plus tardivement (n=1) que sur la radiographie standard. En ne considérant comme significatifs que les signes du halo et du croissant, la sensibilité et la spécificité sont respectivement à 44% et 98%. En incluant les nodules multiples, la sensibilité passe à 94% (spécificité non précisée). La réalisation précoce d’explorations scannographiques permet la mise en route plus rapide de mesures diagnostiques et thérapeutiques. Le lavage broncho-alvéolaire (LBA), dirigé selon le résultat des explorations, peut avoir jusqu’à 60% de sensibilité en ne considérant que l’examen direct ou la culture et près de 80% en y ajoutant la recherche d’antigène aspergillaire [37]. Cette prise en charge plus agressive permet d’entraîner une amélioration du pronostic (C3) [15,39,40]. I-B-3-b. Candidose La principale particularité des patients immunodéprimés, hors VIH, est la candidose hépatosplénique ou candidose disséminée qui s’accompagne d’une hyperthermie et d’un syndrome inflammatoire majeur [41]. Une surveillance fréquente des phosphatases alcalines et la réalisation en cas d’anomalies d’une exploration par scanner ou IRM permet de mettre en route un traitement précoce (C3). Chez le patient infecté par le VIH, la pathologie invasive la plus fréquente est la candidose oesophagienne qui est, au mieux, diagnostiquée par une fibroscopie digestive (A1) [42]. 8 I-B-4. S TRATEGIES DIAGNOSTIQ UES I-B-4-a. Aspergillose • Patients à haut risque (allogreffe médullaire [dans les 12 mois suivant la greffe, y compris en l’absence de neutropénie], induction de LAM ou de LAL, ATCD d’aspergillose possible, greffe pulmonaire) ET 2 antigénémies aspergillaires positives 2 jours de suite (B2) OU symptomatologie pulmonaire OU fièvre persistante malgré une antibiothérapie de 72 h OU fièvre débutant plus 10j après le début de la neutropénie : ♦ scanner thoracique en coupes fines (B2) ♦ si anomalies : LBA pour examen direct, culture et antigène aspergillaire(C3) • Patient à faible risque (autogreffe médullaire, lymphome, LLC, LMC, greffe d’organe solide, Sida) ET symptomatologie pulmonaire : ♦ scanner thoracique en coupes fines (C3) ♦ si anomalies : LBA pour examen direct, culture et antigène aspergillaire ET mesure de l’antigène aspergillaire dans le sang (C3) I-B-4-b. Candidose • • Dosage des phosphatases alcalines 2 fois par semaine en sortie de neutropénie (C3) ♦ si élévation : imagerie abdominale (scanner ou IRM) (C3) Hémocultures en cas d’hypothermie ou d’hyperthermie (C3) I-C. TRAITEMENT L’analyse de la littérature est limitée par les facteurs suivants : • existence d’une certaine confusion dans l’emploi des termes “ prophylaxie, pré-emptif et empirique ”. • études hétérogènes, regroupant des patients ayant des pathologies sous-jacentes variées et ne présentant que rarement les résultats en les stratifiant par pathologie. • critères diagnostiques non standardisés. • critères de jugement variés et parfois exotiques. Les études dont l’analyse est effectuée en intention de traiter (ITT) ou en ITT modifiée (limitée aux patients ayant reçu au moins un dose du produit évalué) sont signalées. I-C-1. TRAITEMENT PROPHYLACTIQUE Trois recommandations récentes sont particulièrement à considérer. La conférence de consensus SPILF-SRLF-SFAR n’évoque une prophylaxie primaire de l’aspergillose, par itraconazole, que pour les allogreffes de cellules souches hématopoïétiques ayant une corticothérapie prolongée. [43]. La conférence de consensus sur la prévention de l’aspergillose invasive, menée à l’initiative de la Société Française d’Hygiène Hospitalière ne recommande pas de prophylaxie primaire de l’aspergillose [27]. La recommandation est identique chez le transplanté médullaire pour les Sociétés Américaines de Maladies Infectieuse et de Transplantation Médullaire [44]. Les trois recommandations reconnaissent l’utilité de la prophylaxie secondaire sans prendre position sur des modalités précises (C3). Les études de prophylaxie sont généralement contradictoires, portent sur des petits nombres de patients, comportent des modalités et des durées de traitement très variables. Les plus récentes sont détaillées ci dessous. I-C-1-a. Hématologie Une méta-analyse de 24 études dont 21 de prophylaxie chez le neutropénique, publiée en 1997 fournit quelques indications [45]. Quatorze études concernaient les leucémies aiguës et 10 la greffe médullaire. Dans l’analyse globale, la prophylaxie réduisait le nombre d’infections fongiques mais pas la mortalité. Les études utilisant de l’amphotéricine réduisaient les infections et la mortalité, mais sur ces 7 études, 1 comportait de l’amphotéricine per os et 3 étaient des études de traitement empirique. Les 5 études comportant du fluconazole montraient une réduction des infections mais pas de la mortalité. Parmi les études plus récentes, celle de Schwartz et coll. en 1999 [46] conclue a l’inefficacité des aérosols d’amphotéricine B. Une étude randomisée suggère une efficacité de l’itraconazole solution sur la réduction des mycoses invasives [47]. Une méta-analyse récente non encore publiée retrouve également une efficacité de l’itraconazole solution mais pas de l’itraconazole gélules [48]. En prophylaxie secondaire, une étude de 1998 [49] démontre la possibilité de procéder à une allogreffe médullaire sans surmortalité chez des patients ayant des antécédents d’aspergillose invasive. Sur 48 patients, 30 étaient considérés guéris au moment de la greffe. La durée médiane entre résolution de l’aspergillose et greffe était de 3 mois. Une prophylaxie 9 secondaire était administrée chez 41 patients (amphotéricine B : n=16, itraconazole: n=6, amphotéricine liposomale : n=6). Une rechute aspergillaire a été observée chez 33% des patients. I-C-1-b. Greffe d’organe En cas de transplantation pulmonaire, le principal risque fongique est l’aspergillose. Un des principaux facteurs de risque reconnu est une coinfection par le CMV [6]. Des données limitées suggèrent l’efficacité d’une prophylaxie par itraconazole [14], ou d’une association fluconazole et aérosols d’amphotéricine B [50]. Une étude a évalué en ouvert un traitement par fluconazole ou itraconazole des transplantés pulmonaires, en cas d’isolement de champignons dans les prélèvements respiratoires, et selon l’espèce isolée [51], mais cette attitude est controversée en raison du faible nombre de patients colonisés qui développent ultérieurement une infection [1]. En cas de transplantation hépatique, le risque fongique majeur est la candidose, en particulier en présence de facteurs de risque (retransplantation, insuffisance rénale, colonisation, cholédoco-jéjunostomie). Le fluconazole, 100 ou 400mg/j, ou l’amphotéricine B liposomale (Ambisome), 1 mg/kg/j, ont démontré une efficacité [25,52]. Les résultats de l’amphotéricine B sont contrastés [16,25]. Les transplantations pancréatiques semblent similaires en terme de risque de candidose. Pour les autres greffes d’organes le risque semble trop faible pour justifier une prophylaxie [53]. I-C-1-c. Prophylaxie et résistance La prescription en prophylaxie primaire d’azolés, que ce soit le fluconazole ou l’itraconazole est associée à l’émergence de souches résistantes aux azolés, ce d’autant que la posologie employée est faible [54]. L’impact sur la mortalité globale reste discuté [24,55-57]. Cela doit avoir un impact sur la stratégie thérapeutique en cas de traitement empirique ou curatif. Les patients ayant été exposés aux azolés doivent être considérés comme suspects d’être porteurs de souches résistantes imposant le choix d’autres familles thérapeutiques. A l’inverse, un patient n’ayant jamais reçu d’azolés peut bénéficier d’un azolé en première intention, s’il n’est pas à haut risque de présenter une aspergillose [53]. I-C-1-d. Avenir L’amélioration des techniques biologiques (antigénémie et PCR quantitative) devraient permettre de définir des seuils individualisés de mise en route de prophylaxie à l’instar de ce qui est réalisé pour les infections à CMV. I-C-2. TRAITEMENT PROBABILISTE C’est une situation fréquente chez le neutropénique que celle de la fièvre résistant à une antibiothérapie à large spectre. Seule une minorité des ces patients présente une infection fongique invasive. Un critère important dans le choix de la thérapeutique, outre l’efficacité, sera donc la tolérance [58]. I-C-2-a. Amphotéricine B deoxycholate (AmB-D, Fungizone) C’est la thérapeutique pour laquelle on possède la plus grande expérience. Le taux de réponse global est de 37% [21] pour une posologie de 0,5 à 1 mg/kg/j. Cette formulation a une toxicité rénale notable et entraîne des réactions d’hypersensibilité. I-C-2-b. Formulations lipidiques d’amphotéricine B : amphotéricine B liposomale (AmB-L, Ambisome) ; amphotéricine B lipid complex (AmB-LC, Abelcet) Trois produits sont disponibles dont 2 commercialisés en France : l’amphotéricine B liposomale (AmB-L) et l’amphotéricine B lipid complex (AmB-LC). Il n’existe que 5 études randomisées comparant ces formulations à l’amphotéricine B ou entre elles. Les autres publications sont sans comparateur ou comparent des séries historiques. Prentice et coll. [59], dans le premier essai randomisé, ont évalué chez 338 patients 2 doses d’AmB-L à 1 ou 3 mg/kg/j, comparé à l’AmB-D à 1mg/kg/j (étude de supériorité en ITT). Le critère de jugement principal était la tolérance. Les effets secondaires étaient moins fréquents dans les groupes AmB-L (36% et 43% pour 1 et 3 mg/kg/j) versus 64% pour l’AmB-D (p<0.01). Les chiffres de néphrotoxicité étaient respectivement de 10%, 12%, et 24% (p<0.01). La réponse au traitement était de 58%, 64%, et 49% p=0.03). Walsh et coll. [60] ont comparé l’AmB-L à 3 mg/kg/j, à l’amphotéricine B à 0,6 mg/kg/j, chez 687 patients (étude d’équivalence en ITT modifiée). Le succès était composé de 5 critères (survie 7 jours après introduction de l’antifongique, apyrexie obtenue pendant la neutropénie, traitement efficace d’une éventuelle mycose documentée à l’initiation du traitement, pas d’émergence d’une mycose documentée sous traitement ou dans les 7 jours suivant la fin du traitement et absence d’arrêt de traitement pour toxicité ou inefficacité). Le taux de succès était similaire pour l’AmB-L et l’AmB-D, respectivement 50.1% et 49.4% . Une réduction des réactions lors de la perfusion était notée pour l’AmB-L (20.6% contre 50.2%, p<0.001) ainsi qu’une moindre néphrotoxicité (12% contre 26%, p<0.001) Wingard et coll. [61] ont publié la seule étude randomisée en double aveugle comparant l’AmB-L à 3 et 5 mg/kg/j, et l’AmB-LC à 5 mg/kg/j, chez 244 patients (étude de supériorité en ITT modifiée). Le critère de jugement principal était la présence de frissons à J1. Les réactions lors de la perfusion étaient moins fréquente sous AmB-L (21% et 24.3% pour 3 et 5 mg/kg, ) que sous AmB-LC (50.7%, p<0.001), y compris après J1. La néphrotoxicité était également réduite, respectivement 29.4%, 25.9%, et 62.8%, p<0.001. L’efficacité était similaire, respectivement 40%, 42%, et 33.3%, NS. White et coll. [62] ont comparé l’AmB-LC à 4 mg/kg/j à l’AmB-D à 0,8 mg/kg/j chez 196 patients dans une étude randomisée en double aveugle (étude de supériorité). Le critère principal de jugement semblait être la tolérance. Le taux de réponse (basé sur un indice composite) était de 50% pour les patients sous AmB-LC contre 43.2% pour ceux sous AmB-D (p=0.31). La néphrotoxicité était moins importante sous AmB-LC, 19.6% vs 51%, p<0.0001. 10 Fleming et coll. [63], dans une étude randomisée portant sur 82 épisodes fébriles chez 75 patients ont comparé l’AmB-L à 3 à 5 mg/kg/j, et l’AmB-LC à 3 à 5 mg/kg/j. Le critère de jugement principal était le taux de réponse en ITT. La prescription était probabiliste dans 80% des cas et documentée dans 20%. La majorité des épisodes de fièvres d’origine inconnue (12/16) et de candidoses (7/9) recevaient de l’AmB-LC. Le taux de réponse global était de 63% pour l’AmB-LC contre 39% pour l’AmB-L (p=0.03). Pour les infections fongiques documentées, les taux de réponse respectifs étaient de 30% et 29%, p=0.95. I-C-2-c. Fluconazole (Triflucan) Le fluconazole a une activité anti-Candida mais n’est pas actif sur Aspergillus sp. Il a été évalué à 400 mg/j dans cette indication en comparaison à l’AmB-D à 0,5 mg/kg/j [64]. Trois cent dix sept patients ont été inclus (étude de supériorité en ITT modifiée). Le critère de jugement était composite (apyrexie, pas de signes cliniques ou biologiques de mycose, pas de nécessité d’un traitement antifongique). Le taux de réponse était de 68 et 67% pour le fluconazole ou l’AmBD, p=0.9. I-C-2-d. Itraconazole (Sporanox) Une étude randomisée récente a comparé l’itraconazole en IV suivi d’un relais PO à l’AmB-D [65]. Le critère de jugement principal était l’efficacité (apyrexie et sortie de neutropénie) dans une étude d’équivalence. Les taux de réponse globaux étaient de 47% pour l’itraconazole et 38% pour l’AmB-D (intervalle de confiance à 95% pour la différence : -0.8 à 19.5). Le nombre d’effets secondaires était moins important dans le groupe itraconazole (5% vs 54% , p=0.001). I-C-2-e. Voriconazole (Vfend) Il a été comparé à l’amphotéricine B liposomale (ambisome®) dans un essai randomisé ouvert portant sur 837 patients [66]. L’étude de non infériorité en intention de traitement modifiée (MITT : analyse des patients ayant reçu au moins une dose du produit randomisé) comparait voriconazole 6 mg/kg/12h à J1 puis 4 mg/kg/12h à l’ambisome® 3 mg/kg/j. Le critère de jugement principal de l’essai était un critère composite, fréquemment employé pour évaluer les antifongiques. Le succès était défini par les 5 critères suivants : pas d’émergence d’une mycose documentée sous traitement et survie 7 jours après arrêt de l’antifongique, absence d’arrêt prématuré de traitement, apyrexie obtenue pendant la neutropénie, traitement efficace d’une éventuelle mycose documentée à l’initiation du traitement. Plus de la moitié des patients dans chaque groupe recevaient une prophylaxie par antifongiques systémiques (molécules non précisées dans l’étude). La médiane d’administration du traitement a été de 7 jours dans les deux groupes. Les taux de réponse étaient proches, 26% pour le voriconazole et 30,6% pour l’Ambisome® (intervalle de confiance à 95% pour la différence : -10.6 à 1.6). Or, le seuil de significativité de la différence était fixé à -10. Le voriconazole n’a pas démontré qu’il n’était pas inférieur à l’ambisome pour le critère composite. Un seul des 5 composants du critère de jugement était significatif, l’émergence d’une mycose documentée sous traitement, moins fréquente dans le groupe voriconazole (1.9% vs 5%, p=0.02). La présentation des résultats ne permet pas d’évaluer le nombre d’arrêt de traitements liés à une toxicité des produits. Il n’a pas obtenu d’AMM dans cette indication. I-C-2-f. Caspofungine (Cancidas) Elle a été comparée à l’ambisome® dans un essai randomisé en double aveugle portant sur 1095 patients [67]. L’étude de non infériorité en MITT comparait caspofungine, dose de charge de 70mg à J1 puis 50 mg /j à l’ambisome® 3 mg/kg/j. Le critère de jugement principal de l’essai était le même critère composite que l’étude précédente. Plus de la moitié des patients dans chaque groupe recevaient une prophylaxie par antifongiques systémiques. Les taux de réponse ont été similaires, 33,9% pour la caspofungine et 33,7% pour l’Ambisome®. L’essai a démontré la non infériorité de la caspofungine à l’ambisome® (IC95 pour la différence: -5.6 à 6). Une différence significative en faveur de la caspofungine était observée pour 3 éléments de l’indice composite : efficacité sur une mycose invasive présente à l’inclusion (51,9 vs 25,9% ; p = 0.004), survie 7 jours après l’arrêt de l’antifongique (92,6 vs 89,2% ; p=0,05) et absence d’arrêt du traitement pour toxicité ou inefficacité (89,7 vs 85,5% ; p=0,03). I-C-3. TRAITEMENT DOCUMENTE Cela correspond au traitement d’une infection fongique invasive. Compte tenu de la létalité extrêmement importante de ces infections, la priorité thérapeutique sera l’efficacité, la tolérance pouvant passer au second plan. I-C-3-a. Aspergillose • Amphotéricine B deoxycholate (AmB-D, Fungizone) C’est le produit pour lequel l’expérience est la plus grande [4]. Il devrait être prescrit à la dose maximale tolérée de 1 à 1,5 mg/kg/j, mais sa toxicité est importante. • Formulations lipidiques d’amphotéricine B (AmB-L, Ambisome ; AmB-LC, Abelcet) Leenders et coll. [68], dans une petite étude sur 66 patients [dont seuls 26 avaient une infection prouvée], ont comparé l’AmB-L à 5 mg/kg/j à l’AmB-D à 1 mg/kg/j. Il s’agissait d’une étude de supériorité dont le critère de jugement principal était les taux de réponse en ITT. Le taux de réponse complète en fin de traitement était de 44% pour l’AmB-L contre 18% pour l’AmB-D (p=0.03) avec une mortalité non diminuée (22% vs 38%, p=0.19). Ellis et coll. [69], dans un essai de l’EORTC sur 87 patients, ont évalué 2 posologies d’AmB-L à 1 et 4 mg/kg/j (étude de supériorité). Les critères de jugement étaient le taux de réponse et la survie. Les taux de réponse étaient de 64 et 48% dans les groupes 1 et 4 mg respectivement (p=0.144). Il faut ajouter que les groupes n’étaient pas strictement comparables avec plus d’immunodépressions sévères et d’aspergilloses prouvées dans le groupe 4 mg. Des données fragmentaires suggèrent que des posologies plus élevées d’AmB-L, jusqu'à 15 mg/kg/j, peuvent être plus efficaces [70] mais cela demande à être confirmé par des essais cliniques. 11 Bowden et coll. [71] a comparé l’amphotéricine B en dispersion colloidale (Amphotec), non disponible en France, à 6 mg/kg/j à l ‘ AmB-D à 1-1.5 mg/kg/j dans une étude randomisée en double aveugle récemment publiée. Il s’agissait d’une étude d’équivalence dont le critère de jugement principal était les taux de réponse en ITT modifiée. L’étude a été arrêtée après 4 ans en raison des difficultés de recrutements après avoir inclus 174 patients (sur 346 prévus). Les taux de réponse étaient identiques dans les deux groupes : 35% (p=0.5). • Formulation liposomale de nystatine. Une étude récente [72] rapporte l’utilisation en sauvetage de nystatine liposomale chez 24 patients réfractaires et 2 intolérants à l’amphotéricine. La posologie était de 4 mg/kg/24h. Le taux de réponse global était de 28% (7/25; IC95 : 12 à 49%). Une seule réponse complète a été observée. • Itraconazole (Sporanox) L’itraconazole PO souffre d’une absorption digestive variable et particulièrement mauvaise chez les patients ayant une symptomatologie digestive, en particulier les GVH digestives. L’utilisation de la forme solution permet d’améliorer l’absorption. Quelle que soit la forme galénique, l’itraconazole est susceptible d’interagir avec de multiples molécules, en particulier la ciclosporine . La forme PO à 400 mg/j a fait l’objet d’un petit essai randomisé (32 patients) contre l’AmB-D seule à 0.6 mg/kg/j ou associée à 0.3 mg/kg/j à la flucytosine [73]. Les taux de réponse étaient de 62.5% pour l’itraconazole contre 56.2% pour l’AmB-D (p=0.72). La formulation IV, non disponible hors essais cliniques, a fait l’objet d’une étude ouverte récente portant sur 31 patients [74]. Apres 14 jours IV à 400 puis 200 mg/j, sous couvert de dosages sériques, les patients recevaient de l’itraconazole PO à 400 mg/j. Le taux de réponse complètes ou partielles a été de 48%. • Voriconazole (Vfend) Une étude multicentrique européenne [75] a évalué le voriconazole en traitement de première intention (n=60) ou de seconde intention (n=56) d’aspergilloses invasives prouvées (n=48) ou probables (n=68). Une réponse complète ou partielle a été observée dans 14% et 34% des cas respectivement dont 60% pour les atteintes pulmonaires et 16% pour les cérébrales. Le voriconazole a été comparé à l’amphotéricine B déoxicholate dans une étude randomisée ouverte [76]. L’étude, de non infériorité, a évalué en MITT, 277 patients qui recevaient voriconazole 6 mg/kg/12h à J1 puis 4 mg/kg/12h ou amphotéricine B, 1 à 1,5 mg/kg/j. Elle retrouvait un meilleur taux de réponse (52,8% vs 31,6%, IC95 : 10,4 à 32,9). Statistiquement, cela indiquait une supériorité du voriconazole. Cette meilleure réponse était retrouvée dans les sous groupes des patients allogreffés (32,4 vs 13,3%) ou chez les patients d’hématologie neutropéniques (63 vs 38,1%). Une amélioration globale de la survie à 12 semaines (70,8% vs 57,9%, Risque relatif : 0,59 ; IC95 : 0,4 à 0,88 ; p=0,02) était observée dans le groupe voriconazole. Le voriconazole a obtenu l’AMM en France en traitement de première intention des infections fongiques invasives pouvant menacer le pronostic vital chez les patients immunodéprimés. • Caspofungine (Cancidas) Une étude, issue du dossier d’AMM mais très récemment publiée est à ce jour disponibles [77]. La caspofungine a été prescrite, en ouvert, en cas d’aspergillose prouvée ou probable, réfractaire ou d’intolérance aux autres traitements. Une évaluation a pu être menée chez 83 patients ayant reçu au moins une dose du produit parmi les 90 inclus. La majorité (80%) était en échec d’un traitement préalable. Seuls 23% étaient neutropéniques à l’inclusion. 25% étaient allogreffés. Le taux de réponse global était de 44,6% dont 39,4% en cas d’atteinte réfractaire et de 75% en cas d’intolérance (p = 0,3). La réponse était de 41,7% pour les hémopathies malignes contre 14,3% chez les allogreffés (p<0,1), 26,3% chez les neutropéniques et 50% chez les non neutropéniques. • Associations d’antifongiques Il n’existe pas d’études randomisées démontrant l’intérêt des associations d’antifongiques dans l’aspergillose invasive. Elles ne sont pas recommandées par la conférence de consensus et n’ont pas d’AMM. Plusieurs études ouvertes suggèrent l’intérêt d’une association entre échinocandines, actives sur la paroi et azolés ou polyènes, actifs sur la membrane. Des travaux expérimentaux suggèrent une synergie entre la caspofungine et l’AmB-D [78], un effet additif entre la caspofungine et le voriconazole [79] et une absence d’antagonisme entre nouveaux triazolés et polyènes [80]. Sur un plan conceptuel, par analogie à la synergie bêtalactamine - aminoside sur les cocci à Gram positif, il est tentant d’imaginer une synergie entre la caspofungine et les azolés. Quelques données préliminaires portant sur plus de 150 patients suggèrent une efficacité de ces associations en traitement de sauvetage d’aspergilloses extensives [81-86]. L’association caspofungine - ambisome®, utilisée en première ligne ou en sauvetage d’une aspergillose a été évaluée rétrospectivement. Seuls les patients ayant eu au mo ins 7 jours de traitement ont été évalués. Sur 48 aspergilloses dont 5 prouvées ou 18 probables et 25 possibles, 65% ont reçu l’association après échec d’au moins 7 jours d’ambisome®. Le taux de réponse global a été de 42% [87]. Les éléments associés à un échec étaient aspergillose prouvée ou probable (p = 0,03), et durée de l’association < 14 j (p = 0,01). Seul 18% de réponse était observé chez les patients ayant une aspergillose prouvée ou probable progressive. L’association de caspofungine et voriconazole a été évaluée chez des patients ayant une aspergillose prouvée ou probable. Elle était évaluée en ouvert, en relais d’un échec ou d’une intolérance à au moins 7 jours d’amphotéricine B (déoxicholate ou lipidique) chez 16 patients suivis depuis février 2001 qui ont été comparé à 31 patients, suivis en 1997 et 12 2001 et qui n’avaient reçu que du voriconazole. La survie à 3 mois chez les patients ayant, en sauvetage, une association caspofungine – voriconazole [88] était améliorée (10/16 vs 10/31 ; p=0,048). L’effet de l’association sur la réduction de mortalité persistait en analyse multivariée incluant les autres facteurs de risque de mortalité (hazard ratio 0,27 ; IC 95 : 0,090,78 ; p = 0,008). Dans le sous groupe des patients ayant eu au moins 5 jours de traitement, il existait une différence en faveur de la caspofungine 80,7 vs 64,9% de succès, p=0,03. Des résultats, pour l’instant anecdotiques, ont été publiés avec le posaconazole ou la micafungine. • Chirurgie Les indications chirurgicales en cas d’aspergillose pulmonaire invasive peuvent être de 2 types [89,90]. En cas d’atteinte pulmonaire menaçant un vaisseau sanguin, l’intervention peut éviter une hémoptysie cataclysmique. Celle ci est particulièrement à craindre en période de sortie d’aplasie. D’autre part, chez des patients devant bénéficier d’autres cures de chimiothérapie et/ou d’une greffe médullaire ultérieure, la résection de masses résiduelles peut diminuer le risque de récidive de l’aspergillose. Une dernière indication rarissime est celle de la biopsie pulmonaire pour confirmation diagnostique. Pour d’autres localisations (aspergilloses invasives sinusiennes, atteintes cérébrales uniques et/ou accessibles) une discussion multidisciplinaire est souhaitable. • Durée La durée optimale de traitement n’est pas connue mais devrait être suffisamment longue pour permettre la régression complète des anomalies scannographiques, la négativation des cultures et la correction de l’anomalie immunologique [4]. I-C-3-b. Candidose • Amphotéricine B deoxycholate (AmB-D, Fungizone) C’est la encore l’antifongique de référence. La posologie recommandée par l’AMM est de 0,5 à 1 mg/kg/j [91]. Les recommandations les plus récentes conseillent une posologie minimum de 0,6 mg/kg/j [4] même si de plus faibles doses pourraient être efficaces [92]. L’association à la flucytosine est recommandée dans les formes sévères [91] mais cette molécule a une toxicité hématologique notable. • Formulations lipidiques d’amphotéricine B (AmB-L, Ambisome ; AmB-LC, Abelcet) Peu de données sont disponibles dans cette indication hormis une étude ouverte de l’AmB-LC chez l‘enfant [93]. • Fluconazole (Triflucan) Des études randomisées montrent des taux de réponse similaires à l’AmB-D dans les candidoses invasives aiguës du neutropénique soit près de 66% [94]. Un panel d’experts internationaux recommande d’utiliser le fluconazole à 400 mg/j en l’absence de traitement antérieur par fluconazole et l’AmB-D dans les autres cas [91]. De plus, en cas d’isolement de Candida sp. autre que C. albicans, ils choisissent l’AmB-D. En cas de candidose chronique disséminée, le fluconazole semble plus adapté en raison de la longueur prévisible du traitement. • Caspofungine (Cancidas) Deux études randomisées récentes [95] ont évalué la caspofungine à 35, 50 ou 70 mg/j contre l’AmB-D à 0,5 mg/kg/j dans le traitement de candidoses oro-pharyngées et/ou oesophagiennes [96]. Les taux de réponse sous caspofungine ont été de 74-90% (50 mg), 82-89% (70 mg) et 65% (35 mg) comparé à 57-63% pour l’AmB-D (non significatif). Le nombre d’effets secondaires imposant l’arrêt du traitement étant moins important sous caspofungine (2-7% contre 3-24%). Dans les candidoses invasives, une étude randomisée en double aveugle, a comparé la caspofungine à l’AmB-D [97]. 224 patients sont évaluables en ITT modifiée. Les infections étaient pour l’essentiel des candidémies (83%) ou des péritonites (10%). Le taux de réponse en ITT modifiée étaient de 73.4% pour la caspofungine contre 61.7% pour l’AmB-D (IC95 : -0.7 à 26). • Voriconazole (Vfend®) Une étude randomisée à comparé voriconazole et fluconazole dans les candidoses oesophagiennes [98]. Les taux de succès, 98,3 et 95,1% étaient similaires. Il a été employé en traitement de sauvetage de candidoses invasives [99]. Le voriconazole dispose d’une AMM pour le traitement des infections invasives graves à Candida (y compris C. krusei) résistant au fluconazole. • Durée La durée de traitement pour les candidémies devrait être d’au moins 15 jours après la dernière hémoculture positive et la négativation des signes d’infection [53]. Pour les candidoses hépato-spléniques, elle doit être maintenue jusqu'à disparition ou calcification des lésions. 13 I-C-4. STRATÉGIES THÉRAPEUTIQUES I-C-4-a. Traitement probabiliste Situation clinique déclenchante : fièvre chez le neutropénique débutant après 7 jours de neutropénie < 500 PNN/mm3 et persistant 72h après le début d’une antibiothérapie à large spectre OU fièvre débutant après plus de 10 jours d’une neutropénie < 500 PNN/mm3. • Il n’y a pas d’indication à une association d’antifongiques ♦ en présence d’une fonction rénale normale et chez un patient ne recevant pas de façon concomitante de molécule néphrotoxique ou en l’absence de greffe médullaire programmée (A1) : − AmB-D (Fungizone) à 1 mg/kg/j ♦ en présence d’une insuffisance rénale (créatinine > 25 mg/l ou clairance < 25 ml/min.) ou chez un patient recevant de façon concomitante au moins une thérapeutique néphrotoxique (ciclosporine, foscarnet, glycopeptides, aminosides, colimycine, cisplatine, pentamidine, ...), ou en présence d’une greffe médullaire programmée − Choix prioritaire : formulation lipidique d’amphotéricine B Les posologies sont pour l’AmB-L (Ambisome) de 3mg/kg/j (A1) et pour l’AmB-LC (Abelcet) de 5mg/kg/j [hors AMM]. − Autre choix : Caspofungine (Cancidas) 70mg J1 puis 50mg/j (ou 70 mg/j si > 80 kg), enfant 1mg/kg/j ♦ arrêt du traitement si : − patient apyrétique ET − scanner thoracique en coupes fines normal ET − scanner cérébral ou sinusien normal (si il y avait des signes d’appel clinique) ET − après concertation avec un expert ♦ durée du traitement: − 15 jours si amélioration clinique − à évaluer au cas par cas en l’absence d’amélioration clinique 14 I-C-4-b. Aspergillose ♦ Prophylaxie primaire ♦ Greffe poumon ou cœur - poumons (B3) − Itraconazole (Sporanox) solution orale 400 mg/j (enfant : 5 mg/kg/j) + dosages plasmatiques [hors AMM] durée : 1 mois ♦ Allogreffe de moelle avec GVH et corticothérapie à 2 mg/kg/j − voriconazole (Vfend) PO [hors AMM] − adulte < 40 kg : 200 mg/12 h à J1 puis 100 mg/12h − adulte > 40 kg : 400 mg/12 h à J1 puis 200 mg/12 h − enfant > 2 ans : 6 mg/kg/12 h à J1 puis 4 mg/kg/12h ♦ Prophylaxie secondaire ♦ Patients d’hématologie devant bénéficier d’une nouvelle cure ou d’une greffe (C3) ET antécédents d’aspergillose invasive prouvée ou probable ♦ Voriconazole (Vfend) PO − adulte < 40 kg : 200 mg/12 h à J1 puis 100 mg/12h − adulte > 40 kg : 400 mg/12 h à J1 puis 200 mg/12 h − enfant > 2 ans : 6 mg/kg/12 h à J1 puis 4 mg/kg/12h ♦ itraconazole (Sporanox) solution orale 400 mg/j (enfant : 5 mg/kg/j) + dosages plasmatiques [hors AMM] ♦ Traitement documenté ♦ Traitement initial Choix prioritaire : voriconazole (Vfend) IV : 6 mg/kg/12h à J1 puis 4 mg/kg/12h (A1) Autre choix : AmB-L (Ambisome) 5 mg/kg/j [posologie hors AMM] ou AmB-LC (Abelcet) 5mg/kg/j ou caspofungine (Cancidas ®) 70 mg J1 puis 50mg/j (ou 70 mg/j si > 80 kg), enfant 1mg/kg/j. ♦ Place des associations [hors AMM] - Aspergillose pulmonaire invasive : lésions multiples ET/OU extensives malgré une monothérapie (B3) ∗ caspofungine(Cancidas) : 70 mg à J1 puis 50 mg/j (ou 70 mg/j si > 80 kg), enfant : 1 mg/kg/j ET ∗ AmB-L (Ambisome) 5 mg/kg/j [posologie hors AMM] ∗ OU voriconazole (Vfend) IV : 6 mg/kg/12h à J1 puis 4 mg/kg/12h - Aspergillose cérébrale : (D3) ∗ AmB-L (Ambisome) ET voriconazole(Vfend) (il existe un doute sur la synergie de ces deux produits mais la diffusion cérébrale du voriconazole semble supérieure à celle de la caspofungine) ♦ Traitement chirurgical Concertation médico-chirurgicale précoce (C2) En particulier si lésions proches d’un axe vasculaire et amorce de sortie de neutropénie ♦ Relais oral ∗ Voriconazole (Vfend), en remplacement soit du voriconazole IV, soit d’un autre antifongique type amphotéricine B : − adulte < 40 kg : 200 mg/12 h à J1 puis 100 mg/12h − adulte > 40 kg : 400 mg/12 h J1 puis 200 mg/12 h − enfant > 2 ans : 6 mg/kg/12 h J1 puis 4 mg/kg/12h ∗ Itraconazole(Sporanox) solution orale 400 mg/j (enfant : 5 mg/kg/j) + dosages plasmatiques ♦ Durée du traitement ♦ Durée Le traitement doit être poursuivi jusqu’à la régression complète des anomalies scannographiques, la négativation des cultures et au minimum la correction de l’anomalie immunologique. La durée de l’association est fonction de l’évolution. 15 I-C-4-c. Candidose ♦ Prophylaxie (A2) ♦ indications − allogreffe de moelle, du jour du conditionnement de la greffe à la sortie d’aplasie (PNN > 1000/mm3) − transplantation hépatique, pendant 1 mois ♦ modalités − fluconazole (Triflucan) 6 mg/kg/j − intérêt potentiel de voriconazole (Vfend) PO [hors AMM] si antécédents de portage ou d’infection à Candida résistant au fluconazole: § adulte < 40 kg : 200 mg/12 h J1 puis 100 mg/12h § adulte > 40 kg : 400 mg/12 h J1 puis 200 mg/12 h § enfant > 2 ans : 6 mg/kg/12 h J1 puis 4 mg/kg/12h ♦ Traitement documenté (A2) ♦ Dans l’attente de l’antifongigramme OU espèce résistante au fluconazole : − fonction rénale normale et aucune thérapeutique néphrotoxique • AmB-D (Fungizone) 1 mg/kg/j − atteinte rénale préexistante ou au moins 1 molécule néphrotoxique (aminosides, ciclosporine, cisplatine, colimycine, foscarnet, glycopeptides, pentamidine, ...) • choix prioritaire: AmB-L (Ambisome) 3 mg/kg/j OU AmB-LC (Abelcet) 5 mg/kg/j • autre choix : caspofungine (Cancidas) : 70 mg à J1 puis 50 mg/j (70 mg/j si patient > 80kg ; enfant : 1 mg/kg/j) OU voriconazole (Vfend) IV : 6 mg/kg/12h à J1 puis 4 mg/kg/12h si C. krusei − Relai oral par le voriconazole (Vfend) PO si l’infection est contrôlée : • adulte < 40 kg : 200 mg/12 h J1 puis 100 mg/12h • adulte >= 40 kg : 400 mg/12 h J1 puis 200 mg/12 h • enfant > 2 ans : 6 mg/kg/12 h J1 puis 4 mg/kg/12h ♦ espèce sensible au fluconazole − fluconazole (Triflucan) 12 mg/kg/j puis 6 mg/kg/j, avec rapidement passage à la forme orale ♦ candidose hépato-splénique : fluconazole (Triflucan) 12 mg/kg/j puis 6 mg/kg/j, sauf si arguments contraires ♦ Durée du traitement : − candidémies :15 jours après la dernière hémoculture positive et la négativation des signes d’infection − candidoses hépato-spléniques : jusqu'à disparition ou calcification des lésions, soit 6 mois en moyenne. 16 Tableau I-1 : Incidence de l’aspergillose invasive selon la pathologie sous-jacente (les fourchettes étendues correspondent, pour les bornes hautes, à des situations épidémiques dans un service ou un hôpital). Pathologie Incidence (%) Références Greffe pulmonaire ou cœur - poumon 8.4-26 [7,13,14] Allogreffe de moelle 11-24 [11,15] Leucémie aiguë 7 [12] Sida 1-7 [10,18] Greffe hépatique 5-6 [5,16] Myélome multiple 3.3 [9] Greffe rénale ou cardiaque 3 [17] Autogreffe de moelle 0-0.5 [6,11] Lupus <1 [8] Tableau I-2 : Mortalité de l’aspergillose invasive selon la pathologie sous-jacente (%) Denning [21] Lin et coll. [22] (1972-1994) (1995-1999) Greffe médullaire 90 86.7 Leucémie 77 Leucémie ou lymphome 49.3 Greffe rénale 70 62 Greffe hépatique 93 66 Greffe cardiaque 50 Greffe pulmonaire 77 43 Sida 81 85.7 17 Tableau I-3 : Critères microbiologiques, cliniques ou liés à l’hôte, évoquant une mycose invasive chez le patient immunodéprimé[26]. Type de critère • Hôte • Microbiologie • Clinique ♦ Poumon − Majeur − Mineur ♦ Nez et sinus − Majeur − Mineur ♦ Système nerveux central − Majeur − Mineur ♦ Infection disséminée ♦ Candidose disséminée chronique ♦ Candidémie Critère − Neutropénie (< 500 PNN/mm3, > 10 j) − Fièvre > 96h malgré une antibiothérapie à large spectre appropriée chez un patient à risque élevé − Température >38°C ou < 36°C ET l’un des éléments suivants § neutropénie > 10 j dans les 60j précédants § agents immunosuppresseurs dans les 30 j précédants § mycose invasive prouvée ou probable lors d’une neutropénie antérieure § SIDA symptomatique − réaction du greffon contre l’hôte symptomatique en particulier si sévère (> grade 2) ou GVH chronique extensive − corticothérapie > 3 semaines dans les 60 j précédents − Culture d’Aspergillus sp .à partir d’un ECBC ou d’un LBA − Culture ou cytopathologie évoquant une moisissure dans un prélèvement sinusien − Histo/cytologie d’un ECBC, LBA ou prélèvement d’un site stérile évoquant une moisissure − Antigène aspergillaire positif dans le LBA, LCR ou au moins 2 prélèvements sanguins − Deux urocultures positives à levures en l’absence de sonde urinaire − Présence de Candida sp dans les urines à l’examen direct en l’absence de sonde urinaire − Candidémie Doit être en rapport avec le site du prélèvement positif et l’épisode en cours − Scanner thoracique : signe du halo, du croissant ou cavité au sein d’un infiltrat (hors mycobactérie, legionelle ou Nocardia) − Signe ou symptôme d’infection respiratoire basse, autres anomalies radiologiques, épanchement pleural − Lésions radiologiques évocatrices : érosion des parois du sinus, extension aux structures voisines, destruction de la base crânienne − Obstruction ou écoulement nasal, ulcération ou escarre nasal, épistaxis, œdème peri-orbitaire, sensibilité maxillaire, lésions nécrotiques ou ulcérées du palais − Lésions radiologiques évocatrices : mastoïdite, emp yème extradural, masse intracérébrale ou intraspinale − Signes de localisation, altérations des fonctions supérieures, méningisme, anomalies biochimiques ou cytologiques du LCR, en l’absence d’autres pathogènes et de cellules malignes − Papules ou nodules sans autre explication, choriorétinite ou endophtalmie − Multiples lésions en cocarde, périphériques et de petite taille dans le foie ou la rate retrouvées en écho, scanner ou IRM ET − Elévation des phosphatases alcalines MAIS − Aucun critère microbiologique n’est nécessaire pour cette catégorie − L’hémoculture isolée suffit. Il n’y a pas de candidémie “ possible ” REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES 1 Management of deep Candida infection in surgical and intensive care unit patients. British Society for Antimicrobial Chemotherapy Working Party. Int Care Med 1994; 20: 522-528. Références 1 Mehrad B, Paciocco G, Martinez FJ, et al. Spectrum of Aspergillus infection in lung transplant recipients: case series and review of the literature. Chest 2001;119:169-75. 2 Singh N. Trends in the epidemiology of opportunistic fungal infections: predisposing factors and the impact of antimicrobial use practices. Clin Infect Dis 2001;33:1692-6. 3 Denning DW. Invasive aspergillosis. Clin Infect Dis 1998;26:781-803. 4 Stevens DA, Kan VL, Judson MA, et al. Practice guidelines for diseases caused by Aspergillus. Infectious Diseases Society of America. Clin Infect Dis 2000;30:696-709. 5 Fortun J, Martin-Davila P, Alvarez ME, et al. 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Efficacy and Safety of Caspofungin for Treatment of Invasive Aspergillosis in Patients Refractory to or Intolerant of Conventional Antifungal Therapy. Clin Infect Dis 2004;39:1563-71. Dernière mise à jour : le 9 décembre 2004 78 Arikan S, Lozano-Chiu M, Paetznick V, et al. In vitro synergy of caspofungin and amphotericin B against Aspergillus and Fusarium spp. Antimicrob Agents Chemother 2002;46:245-7. 79 Manavathu EK, Ganesan LT, Cutright JL, et al. In vitro antifungal activity of voriconazole in two-drug combination with micafungin, caspofungin and amphotericin B. [abstract j-125]. In: 41ème ICAAC , 2001 80 Najvar LK, Hernandez S, Bocanegra R, et al. Combination posaconazole and amphotericin b therapy of murine pulmonary acute invasive aspergillosis. [abstract M-1818]. In: 42ème ICAAC , 2002 81 Thiebaut A, Antal D, Breysse MC, et al. Refractory invasive fungal infections in patients with hematologic malignancies: combination of new antifungal agents (voriconazole or caspofungin) with amphotericin b [abstract M-859]. In: 42ème ICAAC , 2002 82 Gentina T, de Botton S, Alfandari S, et al. Combination Antifungals for Treatment of Pulmonary Invasive Aspergillosis (IA) Refractory to Amphotericin B (AmB) in Leukaemia Patients [abstract M-860]. In: 42ème ICAAC , 2002 83 Kontoyiannis DP, Hachem R, Lewis RE, et al. Efficacy and toxicity of the caspofungin/liposomal amphotericin b combination in documented or possible invasive aspergillosis in patients with hematologic malignancies. [abstract M-1820]. In: 42ème ICAAC , 2002 84 Ratanatharathorn V, Flynn P, van Burik JA, et al. Micafungin in Combination with Systemic Antifungal Agents in the Treatment of Refractory Aspergillosis (RA) in Bone Marrow Transplant (BMT) Patients. [abstract 2472]. In: 44th ASH , 2002 85 Lum LR, Turco TF, Leone J. 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Dernière mise à jour : le 9 décembre 2004 FIGURES ET ORDONNANCES FIGURE 1 : DIAGNOSTIC D’ASPERGILLOSE PULMONAIRE INVASIVE CHEZ LE PATIENT IMMUNODEPRIME Patient à haut risque allogreffe médullaire 12 mois suivant la greffe même si absence de neutropénie induction de LAM ou de LAL ATCD d’aspergillose possible greffe pulmonaire patient à haut risque non oui symptomatologie pulmonaire symptomatologie pulmonaire ou fièvre persistante malgré antibiothérapie > 72h ou fièvre débutant au delà de 10 j de neutropénie ou antigénémie aspergillaire + non oui surveillance pas de traitement oui LBA examen direct culture antigène aspergillaire Patient non à haut risque autogreffe médullaire lymphome LLC LMC greffe d’organe solide sida Diagnostic d’aspergillose pulmonaire invasive scanner thoracique en coupes fines scanner thoracique en coupes fines non anomalie oui LBA anomalie s non surveillance pas de traitement LBA examen direct culture antigène aspergillaire oui ou arrêt du traitement LBA et Ag aspergillaire sérique Infection prouvée, probable ou possible Dernière mise à jour : le 9 décembre 2004 FIGURE 2 : DIAGNOSTIC DE CANDIDOSE CHEZ LE PATIENT IMMUNODEPRIME Diagnostic de candidose Hémocultures en cas d’hypothermie ou d’hyperthermie dosage des phosphatases alcalines 2 fois par semaine en sortie de neutropénie et positive(s) non élévation diagnostic de candidémie surveillance oui Imagerie abdominale scanner ou IRM non anomalies surveillance oui diagnostic de candidose hépato - splénique Dernière mise à jour : le 9 décembre 2004 FIGURE 3 : TRAITEMENT PROBABILISTE DES MYCOSES INVASIVES CHEZ LE PATIENT IMMUNODEPRIME S1: situation 1 ufonction rénale normale u et 0 molécule néphrotoxique uet absence de greffe programmée Traitement probabiliste patient fébrile ET neutropénie < 500PNN/mm3 depuis plus de 7 jours ET ATB large spectre depuis plus de 72 h OU patient fébrile ET neutropénie < 500PNN/mm3 depuis plus de 10 j uS2: situation 2 uatteinte rénale prééxistante uou au moins 1 molécule néphrotoxique ou greffe médullaire programmée Si aspergillose suspectée Arrêt du traitement si: upatient apyrétique uET scanner thoracique en coupe fine normal uET scanner cérébral ou sinusien (fonction signes d’appel) normal Si candidose suspectée, Durée du traitement: u 15 jours si amélioration clinique S1 Molécules néphrotoxiques associés: uaminosides uciclosporine ucisplatine ucolimycine ufoscarnet uglycopeptides upentamidine u... Fungizone® 1 mg/kg/j S2 * hors AMM Choix prioritaire: Ambisome ® 3mg/kg/j OU Abelcet ® 5mg/kg/j* Autre choix : Caspofungine 70mg J1 puis 50mg/j (ou 70 mg/j si > 80 kg) Dernière mise à jour : le 9 décembre 2004 FIGURE 4: TRAITEMENT PROPHYLACTIQUE DE L’ASPERGILLOSE INVASIVE CHEZ LE PATIENT IMMUNODEPRIME Prophylaxie oui greffe poumon ou cœur - poumons allogreffe de moëlle avec GVH et corticothérapie à 2 mg/kg/j non Prophylaxie primaire * oui patients d’hématologie ET nouvelle cure ou greffe prévue ET antécédents d’aspergillose Prophylaxie secondaire non Greffe pulmonaire Sporanox R ** solution orale 400 mg/j *** + dosages plasmatiques allogreffe de moëlle avec GVH et corticothérapie à 2 mg/kg/j VfendR PO** Adulte < 40 Kg : 200 mg/12 h J1 puis 100 mg/12h Adulte > 40 Kg : 400 mg/12 h J1 puis 200 mg/12 h Enfant > 2 ans : 6 mg/kg/12 h J1 puis 4 mg/kg/12h Pas de prophylaxie * Durée : greffe poumon ou cœur – poumons : 1 mois ** hors AMM pour Sporanox R en prophylaxie primaire et secondaire, et pour VfendR en prophylaxie primaire *** enfant : 5 mg/kg/j Dernière mise à jour : le 9 décembre 2004 FIGURE 5 : TRAITEMENT DOCUMENTE DE L’ASPERGILLOSE INVASIVE CHEZ LE PATIENT IMMUNODEPRIME Traitement documenté non oui Aspergillose invasive prouvée ou probable Localisation pulmonaire* Pas de traitement ou traitement probabiliste IF 6 non oui Localisation cérébrale non oui lésions multiples ET/OU extensives malgré une monothérapie non Monothérapie Choix prioritaire : VfendR IV 6mg/kg/12h à J1 puis 4mg/kg/12h Autre choix AmbisomeR 5mg/kg/j*** OU Abelcet R 5mg/kg/j OU Cancidas 70mg J1 puis 50mg/j Bithérapie AmbisomeR au moins 5mg/kg/j*** ET VfendR IV 6mg/kg/12h à J1 puis 4mg/kg/12h oui Bithérapie CancidasR 70 mg à J1 puis 50 mg/j** ET VfendR IV 6mg/kg/12h à J1 puis 4mg/kg/12h OU AmbisomeR 5mg/kg/j*** OU Abelcet R 5mg/kg/j Monothérapie VfendR IV 6mg/kg/12h à J1 puis 4mg/kg/12h OU AmbisomeR 5mg/kg/j*** Relais oral dès que possible : VfendR uAdulte < 40 Kg : 200 mg/12 h J1 puis 100 mg/12h uAdulte > 40 Kg : 400 mg/12 h J1 puis 200 mg/12 h uEnfant > 2 ans : 6 mg/kg/12 h J1 puis 4 mg/kg/12h OU SporanoxR [hors AMM] usolution orale 400 mg/j uenfant: 5mg/kg/j u+ dosages plasmatiques Durée de traitement urégression complète des anomalies scanographiques u négativation des cultures ucorrection de l’anomalie immunologique *Concertation médicochirurgicale précoce pour le traitement chirurgical ** (ou 70 mg/j si > 80 kg) enfant : 1 mg/kg/j ***posologie hors AMM Dernière mise à jour : le 9 décembre 2004 FIGURE 6: TRAITEMENT PROPHYLACTIQUE DES CANDIDOSES CHEZ LE PATIENT IMMUNODEPRIME Prophylaxie Allogreffe de moelle Transplantation non oui Antécédents d’infection ou de portage à Candida candidose résistant au fluconazole oui Durée de la prophylaxie: u allogreffe de moelle : du jour du jour du conditionnement de la greffe à la sortie d’aplasie (PNN > 1000/mm 3) utransplantation hépatique : pendant 1 mois. Intérêt potentiel de VfendR per os [hors AMM] Adulte < 40 Kg : 200 mg/12 h J1 puis 100 mg/12h Adulte >= 40 Kg : 400 mg/12 h J1 puis 200 mg/12 h Enfant > 2 ans : 6 mg/kg/12 h J1 puis 4 mg/kg/12h Pas de prophylaxie non TriflucanR 6 mg/kg/j Dernière mise à jour : le 9 décembre 2004 FIGURE 7: TRAITEMENT DOCUMENTE DES CANDIDOSES CHEZ LE PATIENT IMMUNODEPRIME S1 : - fonction rénale normale et 0 molécule néphrotoxique S2 : - atteinte rénale préexistante OU au moins 1 molécule néphrotoxique Molécule néphrotoxique associées : Aminosides Ciclosporine Cisplatine Colimycine Foscarnet Glycopeptides pentamidine, ... Durée du traitement candidémies :15 jours après la dernière hémoculture positive et la négativation des signes d’infection Candidoses hépatospléniques : jusqu'à disparition ou calcification des lésions, soit 6 mois en moyenne Traitement documenté attente de l’antifongigramme OU espèce résistante au fluconazole S1 espèce sensible au fluconazole S2 Triflucan) 12 mg/kg/j J1 puis 6 mg/kg/j* Fungizone 1 mg/kg/j choix prioritaire: Ambisome 3 mg/kg/j OU Abelcet 5 mg/kg/jAutre choix : Cancidas: 70 mg à J1 puis 50 mg/j** OU Vfend IV : 6 mg/kg/12h à J1 puis 4 mg/kg/12h si C. krusei Relai oral par le Vfend PO : adulte < 40 kg : 200 mg/12 h J1 puis 100 mg/12h adulte >= 40 kg : 400 mg/12 h J1 puis 200 mg/12 h enfant > 2 ans : 6 mg/kg/12 h J1 puis 4 mg/kg/12h - enfant :12 mg/kg/j **: 70 mg/j si patient > 80kg Enfant : 1 mg/kg/j) *** : si l’infection est contrôlée Dernière mise à jour : le 9 décembre 2004 PHARMACIE CENTRALE DU CHRU DE LILLE Ordonnance d’antifongiques délivrés pour 7 jours de traitement maximum Service : UF N°: UAM : Date de l’ordonnance : | ___| ___| ___| Date de début du traitement : | ___| ___| ___| Date prévue d’arrêt du traitement : | ___| ___| ___| Ordonnance pour : 7 jours o moins o (en clair) : Poids : kg Insuffisance rénale : oui o non o (créatinine > 25 mg/l ou clairance < 25 ml/min) cocher Traitement probabiliste ** fonction rénale normale ET pas de traitement néphrotoxique concomitant ET pas de greffe médullaire programmée insuffisance rénale OU traitement néphrotoxique concomitant OU greffe médullaire programmée Fungizone N° de poste : Signature du prescripteur : jours A faxer à la pharmacie au 46004 MODELE D’ORDONNANCE VALABLE JUSQU’AU 30/09/2005 Ambisome Abelcet [hors AMM] mg/24h mg/24h Cancidas® mg/24h mg/24h Aucune indication pour : Ancotil, Sporanox, Triflucan, Vfend; MONOTHERAPIE : 1 seule molécule doit être prescrite * relais oral dès que possible pour Triflucan ; **durée : arrêt du traitement si apyrexie ET scanner thoracique en coupes fines normal ET scanner cérébral ou sinusien normal (si il y avait des signes d’appel clinique) ET avis d’expert ; *** durée : 15 jours si amélioration clinique Fungizone IV, 1 adm/j : 1 mg/kg/24h Abelcet IV , 1 adm/j : 5 mg/kg/24h Cancidas IV, 1 adm/j : 70 mg J1, puis 50 mg/24h (70 mg/j si patient >80kg ; enfant : 1 mg/kg/24h) Ambisome IV , 1 adm/j : 3 mg/kg/24h Dernière mise à jour : le 9 décembre 2004 CTJ : ABE=438 €; AMB=600 €; FUN inj=5-10 €; TRI inj=48 €; TRI po=27 € ; CAS 488 € Nom et prénom du prescripteur ORDONNANCE : TRAITEMENT PROBABILISTE DE L’IMMUNODEPRIME Coller ici l’étiquette du patient Observations : Observations : ORDONNANCE :ASPERGILLOSE DE L’IMMUNODEPRIME Nom et prénom du prescripteur Coller ici l’étiquette du patient Service : UF N°: UAM : Date de l’ordonnance : | ___| ___| ___| Date de début du traitement : | ___| ___| ___| Date prévue d’arrêt du traitement : | ___| ___| ___| Ordonnance pour : 7 jours o moins o (en clair) : Poids : kg Insuffisance rénale : oui o non o (créatinine > 25 mg/l ou clairance < 25 ml/min) cocher Prophylaxie primaire* greffe poumon ou cœur - poumons Vfend PO [hors AMM] Vfend IV** N° de poste : Signature du prescripteur : jours A faxer à la pharmacie au 46004 MODELE D’ORDONNANCE VALABLE JUSQU’AU 30/09/2005 Ambisome Abelcet Cancidas Sporanox [hors AMM] mg/24h allogreffe de moëlle avec GVH et corticothérapie à 2 mg :kg/j mg/24h mg/24h autre Prophylaxie secondaire hématologie nouvelle cure OU greffe programmée ET antécédents d’aspergillose invasive prouvée ou probable autre Traitement documenté*** aspergillose pulmonaire invasive **** aspergillose pulmonaire invasive ET lésions multiples ET/OU extensives malgré une monothérapie***** aspergillose cérébrale****** [hors AMM] mg/24h mg/24h mg/24h mg/24h mg/24h mg/24h mg/24h mg/24h mg/24h mg/24h mg/24h mg/24h mg/24h mg/24h mg/24h mg/24h Aucune indication pour : Ancotil, Fungizone, Triflucan * durée : greffe poumon ou cœur – poumons : 1 mois ; ** relais oral dès que possible pour le Vfend; *** durée : jusqu'à régression complète des anomalies scanographiques, négativation des cultures et correction de l’anomalie immunologique ; **** monothérapie ; ***** association Cancidas + Ambisome ou Cancidas + Vfend ; ****** association Ambisome + Vfend. Ambisome IV, 1 adm/j : 5 mg/kg/24h [hors AMM] Abelcet 1 adm/j: 5mg/kg/j Sporanox PO, 1 adm/j : solution orale 400 mg/24h (enfant : 5 mg/kg/24h) Cancidas IV, 1 adm/j : 70 mg J1, puis 50 mg/24h (70 mg/j si patient > 80kg ; enfant : 1 mg/kg/24h) Vfend IV**, 2 adm/j : 12 mg/kg/24h J1 puis 8 mg/kg/24h Vfend PO, 2 adm/j : adulte < 40 kg : 400 mg/24h J1 puis 200 mg/24h adulte > 40 kg : 800 mg/24h J1 puis 400 mg/24h enfant > 2 ans : 12 mg/kg/24h J1 puis 8 mg/kg/24h Dernière mise à jour : le 9 décembre 2004 CTJ : AMB=600 €; CAS=488 €; SPO gél=20 €; VFE inj=451 €; VFE po=86 € PHARMACIE CENTRALE DU CHRU DE LILLE Ordonnance d’antifongiques délivrés pour 7 jours de traitement maximum Nom et prénom du prescripteur ORDONNANCE : CANDIDOSE DE L’IMMUNODEPRIME Coller ici l’étiquette du patient Service : Observations : UF N°: UAM : Date de l’ordonnance : | ___| ___| ___| Date de début du traitement : | ___| ___| ___| Date prévue d’arrêt du traitement : | ___| ___| ___| Ordonnance pour : 7 jours o moins o (en clair) : Poids : kg Insuffisance rénale : oui o non o (créatinine > 25 mg/l ou clairance < 25 ml/min) N° de poste : Signature du prescripteur : jours A faxer à la pharmacie au 46004 MODELE D’ORDONNANCE VALABLE JUSQU’AU 30/09/2005 Cocher Fungizone Abelcet Ambisome Cancidas® Triflucan IV* Triflucan PO Vfend IV* Vfend PO Prophylaxie [hors AMM] allogreffe de moelle** transplantation hépatique*** absence d’antécédent mg/24h antécédents de portage ou d’infection à Candida résistant au fluconazole mg/24h Traitement documenté**** Espèce sensible au fluconazole mg/24h mg/24h Antifongigramme non disponible OU espèce résistante au fluconazole fonction rénale normale ET aucune molécule néphrotoxique mg/24h atteinte rénale préexistante OU au moins 1 molécule néphrotoxique mg/24h mg/24h mg/24h Candida krusei mg/24h Relais oral si infection contrôlée mg/24h Aucune indication pour : Ancotil, Sporanox ,Vfend IV; MONOTHERAPIE : 1 seule molécule doit être prescrite * relais oral dès que possible pour Triflucan; ** durée : du jour du conditionnement à la sortie d’aplasie (> 1000 PNN/mm3) ; *** durée : 1 mois ; **** durée : pour une candidémie, 15 jours après dernière hémoculture positive et négativation des signes d’infection ; pour une candidose hépato-splénique, jusqu'à disparition ou calcification des lésions Fungizone IV, 1 adm/j : 1 mg/kg/24h Abelcet IV, 1 adm/j : 5 mg/kg/24h Ambisome IV, 1 adm/j : 3 mg/kg/24h Triflucan IV, 1 adm/j : 12 mg/kg/24h Triflucan PO, 1 adm/j : pour les 2 formes Cancidas® 70 mg J1 puis 50mg/j (70 mg/j si patient > 80kg ; 1mg/kg/j chez l’enfant) Vfend IV, 2 adm/j : 6mg/kg/12h J1 puis 4 mg/kg/12h Vfend PO, 2 adm/j : adulte < 40 kg : 400 mg/24h J1 puis 200 mg/24h adulte > 40 kg : 800 mg/24h J1 puis 400 mg/24h DernièreJ1mise : le 9 décembre 2004 enfant > 2 ans : 12 mg/kg/24h puisà8jour mg/kg/24h CTJ : ABE=438 €; AMB=600 €; FUN inj=5-10 €; TRI inj=48 €; TRI po=27 €; VFE inj=451 €; VFE po=86 € PHARMACIE CENTRALE DU CHRU DE LILLE Ordonnance d’antifongiques délivrés pour 7 jours de traitement maximum COUTS THEORIQUES DES TRAITEMENTS JOURNALIERS ANTIFONGIQUES 2004-2006 Produit Abelcet (3 mg/kg/j) Ancotil IV (150 mg/kg/j) Ancotil PO (150 mg/kg/j) Ambisome (3 mg/kg/j) Ambisome (5 mg/kg/j) Cancidas (50 mg/j) Fungizone (1 mg/kg/j) Sporanox (400 mg/j) Triflucan IV (400 mg/j) Triflucan PO (400 mg/j) Vfend IV (8 mg/kg/j) Vfend PO (40 mg/j) CTJ Enfant 30 kg 242 107 5 282 525 488 5 12 46 24 316 52 CTJ Adulte 70 kg 438 230 10 600 1225 488 5-10 20 48 27 451 86 CTJ Adulte 70 kg (En flacon) 487 272 10 705 1225 488 10 26 46 27 474 86 Dernière mise à jour : le 9 décembre 2004 1 PRISE EN CHARGE DIAGNOSTIQUE ET THERAPEUTIQUE DES INFECTIONS A ASPERGILLUS SP. ET CANDIDA SP. CHEZ : • LE PATIENT IMMUNOCOMPETENT • LE PATIENT DE PNEUMO LOGIE La partie portant sur les patients immunodéprimés a été mise à jour en novembre 2004. Elle est accessible sur le site à l’adresse : http://www.infectio-lille.com/antibiotiques/fichiers/antifong-ID-Lille.pdf Ce document comporte Un ARGUMENTAIRE : UN REFERENTIEL ET DES MODELES D’ORDONNANCES VERSION 2, DECEMBRE 2003 VERSION 1 : Validée par la Commission des Antiinfectieux du CHRU de Lille le 2 décembre 2002 Validée par la Commission du Médicament et des Dispositifs Médicaux du CHRU de Lille le 4 mars 2003 Validée par la Commission Médicale d’Etablissement du CHRU de Lille le 11 mars 2003 Date limite de validité de la version 4: 30 septembre 2005 Groupe de travail du CHRU de Lille Coordination : Gilles Beaucaire, infectiologie, CHRU de Lille LEROY Olivier, réanimation et maladies infectieuses, CH de Tourcoing rédacteur du chapitre concernant le patient immunocompétent TILLIE Isabelle, pneumologie, CHRU de Lille rédactrice du chapitre concernant le patient de pneumologie ALFANDARI Serge, infectiologie, CH de Tourcoing rédacteur du chapitre concernant le patient immunodéprimé AJANA Faïza, infectiologie, expert bibliographe CAMUS Daniel, mycologie DEI-CAS Eduardo, mycologie D’HAVELOOSE Annie, pharmacie DUROCHER Alain, réanimation, expert méthodologiste GRANDBASTIEN Bruno, épidémiologie POULAIN Daniel, mycologie ARBON Germain, anesthésie – réanimation, chirurgie viscérale DE BOTTON Stéphane, hématologie DEBROUCKER Vincent, réanimation, brûlés DECLERCK Nicole, anesthesie – réanimation, greffe d’organe HEBBAR Mohamed, cancérologie FOURRIER François, réanimation LEROY Bernard, réanimation chirurgicale MATTHIEU Daniel, réanimation MAZINGUE Françoise, pédiatrie PUISIEUX François, gérontologie YAKOUB -AGHA Ibrahim, hématologie Liste des lecteurs au CHRU de Lille CASTANER Michel, urologie GIRARDIE Patrick, réanimation 2 Liste des lecteurs extérieurs au CHRU de Lille CAILLOTDenis, hématologie, CHU de Dijon CORDONNIER Catherine, hématologie, Hôpital Henri Mondor DUPONT Bertrand, infectiologie, Hôpital Necker FALLER Jean Pierre, réanimation, Centre Hospitalier de Belfort GUERIN Jean Claude, réanimation, Croix Rousse, Lyon HERBRECHT Raoul, hématologie, CHU de Strasbourg LORTHOLARY Olivier, infectiologie, Hôpital Avicenne S TAHL Jean Paul, infectiologie, CHU de Grenoble TIMSIT Jean François, réanimation et maladies infectieuses, Hôpital Bichat – Claude Bernard WOLFF Michel, réanimation et maladies infectieuses, Hôpital Bichat – Claude Bernard Un grand merci à vous tous pour votre formidable travail et votre enrichissante contribution 3 Avertissement 1. 2. 3. 4. 5. 6. Le référentiel proposé pour la prise en charge diagnostique et thérapeutique des infections fongiques est le fruit d’une réflexion et d’un travail consensuel de longue haleine qui a débuté il y a environ une année. Ce sont plus de 150 heures qui ont été passées individuellement ou collectivement en réunion, en rédaction, en relecture, en mise en forme. L’objectif de ce référentiel est de permettre une meilleure utilisation des thérapeutiques antifongiques systémiques au CHRU de Lille. Pour ce faire les stratégies diagnostiques ont également été rediscutées et mises à niveau, car l’utilisation inadaptée des antifongiques peut être liée en partie à des stratégies diagnostiques non performantes. Aucun référentiel ne permet à lui seul de modifier significativement et durablement les pratiques de prescriptions. Il faut impérativement lui adjoindre de nouveaux modes de dispensation. C’est pour cette raison que la dispensation de certains antifongiques ne se fera que sur ordonnance nominative à durée limitée à 7 jours maximum. Mais pour que ce nouveau mode de dispensation remplisse également un rôle pédagogique, les ordonnances proposées sont dites « renseignées », permettant ainsi pour le prescripteur de prendre connaissance des indications respectives des différents antifongiques. Toutes les situations cliniques nécessitant la prescription d’un antifongique systémique ne peuvent être prises en compte dans un référentiel. Il s’agit alors de situations rares mais complexes qui nécessitent le plus souvent l’avis d’un expert. les coûts de traitements journaliers (CTJ) théoriques ont été calculés à partir des posologies moyennes recommandées dans le référentiel La durée de validité de ce référentiel est limitée, compte tenu de l’évolution attendue des connaissances en terme de diagnostic et de traitement des infections fongiques. Pour cette raison, la date limite de validité de ce référentiel a été fixée par le groupe de travail au 30 avril 2004. Tout nouvel élément objectif apparaissant avant cette date, et améliorant de façon significative la stratégie diagnostique et/ou thérapeutique, fera l’objet d’une information Le document se présente en 3 parties : Ø un argumentaire précisant, lorsque cela était possible, le niveau de preuve ; Ø un recueil des référentiels avec une présentation sous forme de texte et de logigrammes, et des modèles d’ordonnance renseignées correspondantes Ø un recueil de fiches d’informations sur les modalités de reconstitution / dilution, modes d’administration, conditions de conservation, effets indésirables, contre indications et interactions médicamenteuses, coûts journaliers de traitement des antifongiques à dispensation contrôlée, qui ne dispensent pas en cas de besoin d’information exhaustive de consulter les monographies existantes (VIDAL). Enfin, les membres du groupe de travail ont émis un certain nombre de recommandations d’actions à mettre en œuvre rapidement : Ø création au CHRU de Lille d’un registre des infections fongiques ayant conduit à la prescription d’un traitement antifongique ; Ø évaluation prospective de la PCR (aspergillus ou candida) dans le cadre d’un protocole de recherche, car cette technique ne peut être actuellement recommandée en routine devant l’absence de standardisation et de reproductibilité des résultats obtenus à ce jour ; Ø réalisation d’un essai d’évaluation des associations d’antifongiques en première intention dans le traitement des aspergilloses prouvées ou probables chez le patient immunodéprimé. Ø évaluation de la stratégie de prise en charge proposée concernant le traitement probabiliste d’une candidose systémique chez le patient de réanimation. Notamment : • un travail portant sur la méthodologie de l’étude de la colonisation fongique (sites de prélèvement, rythme de prélèvement, quantification mycologique...) devra être mis en place. • l’utilité des marqueurs sérologiques des candidoses viscérales avec ou sans candidémie doit être précisé. 4 SOMMAIRE INTRODUCTION....................................................................................................................................................................................5 Identification des informations :......................................................................................................................................................5 Gradation des informations..............................................................................................................................................................5 Définitions des types de traitement................................................................................................................................................5 II. Prise en charge diagnostique et thérapeutique des infections à Candida sp. et Aspergillus sp. chez le patient immunocompétent...................................................................................................................................................................................7 II-A. Infections à Candida sp. ........................................................................................................................................................7 II-A-1. Traitement curatif..................................................................................................................................................................7 II-A-1-a. Traitement documenté.................................................................................................................................................7 Candidémie...............................................................................................................................................................................7 Candidurie ................................................................................................................................................................................9 Isolement de Candida sp. dans l’arbre respiratoire..........................................................................................................10 Isolement de Candida sp. au niveau péritonéal................................................................................................................11 Isolement de Candida sp. au niveau du LCR....................................................................................................................13 Ostéomyélites, arthrites à Candida sp. [9].........................................................................................................................13 Médiastinites à Candida sp. [9] ..........................................................................................................................................14 Péricardites à Candida sp. [9]..............................................................................................................................................14 Endocardites à Candida sp. [9,24] ......................................................................................................................................14 II-A-2-b. Traitement probabiliste .............................................................................................................................................15 II-A-2. Traitement prophylactique ................................................................................................................................................18 II-B. Infections à Aspergillus sp. ..................................................................................................................................................19 III. Prise en charge diagnostique et therapeutique de l'aspergillose bronchopulmonaire allergique.......................................26 III-A. généralités ..............................................................................................................................................................................26 III-B. TRAITEMENT.......................................................................................................................................................................26 Références bibliographiques...............................................................................................................................................................29 Introduction......................................................................................................................................................................................29 Infections à Candida sp. et Aspergillus sp. chez le patient de réanimation médico-chirurgicale et chirurgie viscérale.29 Aspergillose broncho-pulmonaire allergique ...................................................................................................................................30 Candidémie* de l’immunocompétent.......................................................................................................................................35 candidurie de l’immunocompétent...........................................................................................................................................38 candidose respiratoire de l’immunocompetent.....................................................................................................................41 candidose péritonéale § de l’immunocompétent .....................................................................................................................44 candidose péritonéale* de l’immunocompétent ....................................................................................................................45 méningite à candida sp.* de l’immunocompétent.................................................................................................................48 ostéomyélite, arthrite, médiastinite à candida sp * ..............................................................................................................52 de l’immunocompétent ..............................................................................................................................................................52 infection cardiaque à candida sp de l’immunocompetent...................................................................................................56 remarques du groupe d’experts : le suivi sérologique systématique des patients de réanimation, hors ceux présentant un sepsis inexpliqué, ne semble pas justifié......................................................................................................58 traitement probabiliste* d’une candidose systémique.........................................................................................................60 chez le patient immunocompetent............................................................................................................................................60 de réanimation et de chirurgie viscerale..................................................................................................................................60 traitement probabiliste* d’une candidose systémique.........................................................................................................61 chez le patient immunocompetent............................................................................................................................................61 de réanimation et de chirurgie viscerale..................................................................................................................................61 prophylaxie antifongique chez le patient immunocompétent ..............................................................................................64 de réanimation et de chirurgie viscérale..................................................................................................................................64 aspergillose bronchopulmonaire allergique*.........................................................................................................................68 Médicament ...........................................................................................................................................................................................70 5 INTRODUCTION AVERTISSEMENT Ce texte doit être considéré comme un “ work in progress ” : • Des articles majeurs sur les infections fongiques invasives de l’immunodéprimé sont publiés régulièrement pouvant aboutir à des modifications substantielles des recommandations. • L’arrivée de nouvelles molécules susceptibles d’être utilisées en association risque de modifier, à court terme, la conduite pratique du traitement. Des mises à jour, au moins annuelles, de ce texte sont indispensables. IDENTIFICATION DES INFORMATIONS : Ce travail repose sur une analyse critique de la littérature. Les bases de données consultées sont le medline “ pubmed ” et la base “ inist ”. La recherche d’articles s’est faite en utilisant les mots clés, en français et en anglais, de 1966 à 2002 pour le medline, et de 1990 à 2002 pour l’inist: • “ aspergillus ”, “ aspergillosis ”, “ candida ”, “ candidosis ” en catégories “ clinical trial ”, “ practice guidelines ”, “ meta-analysis ” ou “ randomized controlled trials ” • en croisant “ aspergillus ”, “ aspergillosis ”, “ aspergillose ”, “ candida ”, “ candidosis ”, “ candidose ”, avec “ amphotericin/e ”, “ azoles ”, «posaconazole» , “ itraconazole”, “ caspofungin/e ”, «micafungin/e», «anidulafungin/e», “ voriconazole”, “therapy ”, “ treatment ”, “ traitement ”, “ leukemia ”, “ leucémie ”, “ bone marrow transplant/ation ”, “ greffe de moelle ”, “ transplantation ”, “ organ transplant ”, “ lung transplant/ation ”, “ liver transplant/ation ”, “ renal transplant/ation ”, “ hiv ”, “ aids ”, “ vih ”, “ sida ”, “ intensive care ”, “ réanimation ”, “ intra-abdominal surgery ”, chirurgie abdominale ”, “ pcr ”. Parmi les documents cités, figurent des conférences de consensus ou des réunions d’experts nationaux et internationaux. Les conclusions de ces documents sont rapportées sans remonter aux différents argumentaires qui y sont largement commentés. GRADATION DES INFORMATIONS L'ensemble des recommandations formulées par les experts et le niveau de preuves sur lesquelles elles s'appuient ont été classés en fonction des règles suivantes : Society of Critical Care Medicine Rating System for Strength of Recommendation and Quality of Evidence Supporting the References, 1997. • Score d’évaluation des références ♦ A : études prospectives, randomisées, contrôlées ♦ B : études non randomisées, comparaisons simultanées ou historiques de cohortes ♦ C : mises au point, revues générales, éditoriaux, séries substantielles de cas publiés dans des revues à comité de lecture et révisées par des experts extérieurs ♦ D : publications d’opinions publiées dans des journaux ou livres sans comité de lecture • Score de recommandations ♦ Niveau 1 : recommandations justifiées par des preuves scientifiques indiscutables ♦ Niveau 2 : recommandations justifiées par des preuves scientifiques et le soutien consensuel des experts ♦ Niveau 3 : recommandations ne reposant pas sur des preuves scientifiques adéquates mais soutenues par des données disponibles et l’opinion des experts. DEFINITIONS DES TYPES DE TRAITEMENT En 1994, les experts britanniques ont proposé les définitions suivantes [1] : • Traitement prophylactique : traitement appliqué à une population de patients sans prise en compte des risque individuels dans le but de prévenir la survenue d’une mycose invasive. • Traitement pré-emptif (pre-emptive therapy) : traitement préventif appliqué à un patient donné qui présente des risques élevés de développer une mycose invasive. • Traitement empirique : traitement appliqué à un patient suspect de présenter une mycose invasive, mais sans aucune confirmation microbiologique, histologique ou sérologique. • Traitement curatif : traitement instauré chez un patient qui présente une mycose invasive prouvée. L’une des premières constatations faites lors de la revue de la littérature est celle d’une certaine confusion dans les termes utilisés pour dénommer les divers traitements antifongiques appliqués au patient. Dans un but de simplicité et de meilleure compréhension eu égard à la terminologie couramment employée, nous utilisons dans ce rapport les définitions suivantes. • Traitement prophylactique : traitement antifongique appliqué à un patient présentant des facteurs de risque de développement d’une mycose invasive dans le but de prévenir la survenue d’une infection. • Traitement probabiliste : traitement antifongique appliqué à un patient donné qui est suspect de présenter cliniquement une mycose invasive alors qu’il n’existe aucune confirmation microbiologique, histologique ou sérologique, 6 soit, en particulier, la majorité des situations chez l’immunodéprimé entrant dans la catégorie des « mycoses possibles » définies page 9 de ce document.. • Traitement documenté : traitement antifongique appliqué à un patient présentant une mycose invasive prouvée ou probable sur des arguments cliniques, radiologiques, histologiques et/ou microbiologiques. 7 II. PRISE EN CHARGE DIAGNOSTIQUE ET THERAPEUTIQUE DES INFECTIONS A CANDIDA SP. ET ASPERGILLUS SP. CHEZ LE PATIENT IMMUNOCOMPETENT [CETTE PARTIE DE L’ARGUMENTAIRE N’A PAS ENCORE ETE REVISEE. DES RECOMMANDATIONS A JOUR SE TROUVENT PLUS BAS DANS LA PARTIE « REFERENTIEL »] II-A. INFECTIONS A CANDIDA SP. • • • Pour situer l’importance épidémiologique des candidoses viscérales avec ou sans candidémie, il est souhaitable de rapporter les données suivantes : Les grandes enquêtes épidémiologiques, notamment nord-américaines, ont montré que 6 à 11% des hémocultures positives d’origine nosocomiale isolaient un Candida sp. [1-3]. En milieu de réanimation, cette incidence ne semble pas plus élevée. Une étude multicentrique récente a montré que, dans ce milieu, Candida sp. était isolé dans 4,4% des hémocultures positives ayant une origine nosocomiale [4]. Malgré de tels chiffres qui situent ainsi Candida sp. au 4ème rang des micro-organismes isolés dans les hémocultures aux USA [5], il convient de rappeler que les candidoses viscérales avec ou sans candidémie touchent entre 0,2% et 2% des patients admis en réanimation (2% des candidoses viscérales et 0,2% des candidémies) [6,7]. II-A-1. TRAITEMENT CURATIF II-A-1-a. Traitement documenté Dès lors que le diagnostic d’infection viscérale à Candida sp. et/ou de candidémie est établi avec certitude, l’instauration d’un traitement antifongique s’impose. La mise en évidence de Candida sp. dans un prélèvement provenant d’un milieu normalement stérile suffit habituellement au diagnostic. Ainsi, il est logique de proposer l’instauration d’un traitement antifongique documenté dans l’une des conditions suivantes [8] : (I) une hémoculture positive à Candida sp. ; (II) un isolement de Candida sp. dans un site normalement stérile (sauf l’urine) ; (III) un examen microscopique révélant des levures, pseudofilaments ou filaments compatibles avec le genre Candida dans un échantillon normalement stérile (LCR, biopsie osseuse...) ; (IV) un examen histologique révélant Candida sp. dans un échantillon tissulaire. Afin d’être le plus pragmatique possible, il nous est apparu intéressant de suivre le fil conducteur récemment utilisé par les experts de l’Infectious Diseases Society of America, réunis pour élaborer de nouvelles recommandations [9]. Candidémie ♦ Etat de la littérature − Il n’existe actuellement aucun moyen fiable de déterminer parmi les patients avec une candidémie quels sont ceux qui ne requièrent pas de traitement antifongique. Fraser et coll. [10] ont colligé 106 patients atteints de candidémie. Trente patients n’ont pas reçu de traitement antifongique curatif et 19 d’entre eux (63%) sont décédés. Soixante seize patients ont reçu un traitement antifongique et 41 (54%) sont décédés. Bien que la comparaison des patients survivant sans traitement avec l’ensemble des autres patients montre quelques différences significatives entre les 2 populations, des experts ont jugé qu’une décision d’abstention thérapeutique basée sur ces critères serait assortie d’une erreur de l’ordre de 30% [5]. Il est donc couramment admis de traiter tous les patients présentant une candidémie [5,9]. − La nature du traitement antifongique dépend de la sensibilité de Candida sp. et de l’état clinique du patient. L’amphotéricine B deoxycholate (AmB-D) IV, le fluconazole IV ou PO sont les molécules pour lesquelles le plus de données sont disponibles. L’association de flucytosine aux molécules citées doit être considérée en cas d’infection sévère. Les nouvelles formulations lipidiques d’amphotéricine B ont fait l’objet d’études qui ont démontré leur efficacité. Au vu des données de la littérature, les experts nord-américains ont émis les propositions suivantes [9] : § Chez un patient stable et n’ayant pas reçu récemment d’azolés, un traitement par fluconazole IV à au moins 6 mg/kg/j est proposé par la plupart des experts. § Chez un patient instable et/ou infecté par une souche de sensibilité inconnue, l’utilisation initiale d’AmB-D IV est préférée par la plupart des experts en raison de son spectre plus large. La posologie préconisée est, aux USA, d’au moins 0,7 mg/kg/j au vu de la sensibilité usuelle des diverses souches de Candida sp. La caspofungin peutêtre utilisée (AMM du ) § Selon la nature exacte du Candida sp. en cause, les ajustements thérapeutiques éventuels suivants sont proposées par les experts : ∗ Pour C. albicans, C. tropicalis et C. parapsilosis, l’AmB-D à raison de 0,6 mg/kg/j ou le fluconazole (6 mg/kg/j) peuvent être utilisés (A1). ∗ Pour C. glabrata, la plupart des experts proposent le recours à l’AmB-D avec une posologie au moins égale à 0,7mg/kg/j (B3). ∗ Pour C. krusei, l’AmB-D à la posologie de 1 mg/kg/j est le traitement de référence (B3). ∗ Pour C. lusitaniae, souvent résistant à l’AmB-D, l’emploi du fluconazole à raison de 6mg/kg/j est préféré (B3). Dernière mise à jour : le 4 novembre 2004 8 § Les formulations lipidiques d’amphotéricine B ou caspofungine (Cancidas®) semblent devoir ou pouvoir être utilisées, en cas d’échec de l’AmB-D (absence d’amélioration clinique après 7 à 10 jours de traitement à doses appropriées efficaces), d’insuffisance rénale (créatinine sérique > 25 mg/l ou 220 µmol/l ou clairance < 25 ml/min.) ou d’intolérance (élévation de la créatinine au delà de 25 mg/l ou 220 µmol/l, réaction générale toxique). Les posologies recommandées de l’amphotéricine B liposomale (AmB-L) sont comprises entre 3 et 5 mg/kg/j et celles de l’amphotéricine B lipid complex (AmB-LC) de 5mg/kg/j ou caspofungine (Cancidas®) 70mg J1 puis 50mg/j (70 mg/j si patient > 80kg). § Après identification de la souche et détermination de sa sensibilité, le remplacement de l’AmB-D ou de ses dérivés lipidiques par le fluconazole IV ou PO doit être envisagé (B3). § Bien que la flucytosine fasse partie des molécules disponibles, sa posologie optimale semble mal définie [5]. De même sa place exacte, maintenant que sont disponibles les formulations lipidiques d’amphotéricine B, moins toxiques, voire de nouveaux antifongiques tels que la caspofungine ou le voriconazole, est mal codifiée. − La place du voriconazole lors des infections à Candida doit être clarifiée. Le résumé des caractéristiques du produit (RCP) indique : « Traitement des infections invasives graves à Candida ( y compris C. krusei) résistant au fluconazole ». Dans ces conditions l’emploi du voriconazole est une alternative tout à fait acceptable pour les infections à C. krusei et C. glabrata de sensibilité diminuée ou résistant. − Comme pour bon nombre de processus infectieux, la durée optimale du traitement est mal définie. Pour les experts nordaméricains [9], la durée de traitement est d’au moins 2 semaines après la dernière hémoculture positive et la résolution des signes cliniques infectieux (A3). Toutefois, en l’absence d’amélioration le traitement peut être poursuivi plus longtemps [8]... − En cas de localisation viscérale associée, la durée du traitement est accrue et dépend alors de la nature de cette localisation. − A ce traitement antifongique doit s’associer, dans la mesure du possible et dès la connaissance des hémocultures positives, le retrait de tous les cathéters vasculaires qu’ils soient artériels ou veineux, centraux ou périphériques (B2). § Bien que le niveau de preuve retenu par les experts américains soit de niveau B2, une revue récente de type “ evidence-based ” effectuée par Nucci et coll. [11] démontre que l’analyse de la littérature n’est pas aussi formelle et qu’il n’existe en fait aucun argument définitif en faveur du retrait systématique des cathéters vasculaires lors des candidémies. L’éditorial de Walsh et Rex [12], tous deux experts de l’IDSA, souligne toutefois que les risques encourus en l’absence de retrait du cathéter sont bien souvent supérieurs aux risques encourus lors du changement de cathéter. Ils persistent donc dans leur recommandation initiale. § En cas de mise en place d’une nouvelle voie veineuse, celle-ci ne consiste pas en un simple changement de cathéter sur guide [5,13]. − En raison de la possibilité de localisations septiques secondaires d’expression différée (localisations ostéoarticulaires), tous les patients présentant une candidémie doivent être surveillés pendant au moins 3 mois après l’épisode initial [5]. ♦ Stratégie thérapeutique − Indication thérapeutique retenue chez TOUS les patients présentant une candidémie. − Le choix initial de l’antifongique utilisé dépend du patient : § Chez un patient stable ET n’ayant pas reçu récemment d’azolés, le fluconazole (Triflucan) IV à la posologie de 800 mg J1, puis 400 mg/j est préconisé. § Chez un patient instable ET/OU infecté par une souche de sensibilité inconnue ET/OU ayant reçu récemment des azolés ∗ en l’absence d’une insuffisance rénale (créatinine < 25 mg/l ou 220 µmol/l ou clairance > 25 ml/min.) et chez un patient ne recevant pas de façon concomitante une thérapeutique néphrotoxique (aminosides, ciclosporine, cisplatine, colimycine, foscarnet, glycopeptides, pentamidine, ...), l’AmB-D (Fungizone) est proposée à la posologie de 1 mg/kg/j, en l’absence de contre-indications. ∗ En présence d’une insuffisance rénale (créatinine > 25 mg/l ou 220 µmol/l ou clairance < 25 ml/min.) ou chez un patient recevant de façon concomitante au moins une thérapeutique néphrotoxique (ciclosporine, foscarnet, glycopeptides, aminosides, colimycine, cisplatine, pentamidine, ...), une formulation lipidique d’amphotéricine B est préférable. Les posologies sont pour l’AmB-L (Ambisome) de 3mg/kg/j et pour l’AmB-LC (Abelcet) de 5mg/kg/j ou caspofungine (Cancidas®) 70mg J1 puis 50mg/j (70 mg/j si patient > 80kg). − Dès la connaissance de l’espèce de Candida sp. responsable, une première adaptation thérapeutique est envisageable (si il n’y a pas de risque de résistance acquise aux azolés). § C. albicans, C. tropicalis et C. parapsilosis : fluconazole (Triflucan) à 800 mg à J1, puis 400mg/j, ou AmB-D (Fungizone) de 0,6 à 1 mg/kg/j selon que le patient est stable ou instable (A1), ou AmB-L (Ambisome) de 3mg/kg/j et pour AmB-LC (Abelcet) de 5mg/kg/j. ou caspofungin (Cancidas®) 70mg J1 puis 50mg/j (70 mg/j si patient > 80kg ). § C. glabrata, C krusei: AmB-D (Fungizone) à 1 mg/kg/j (B3) ou AmB-L (Ambisome) à 5 mg/kg/j ou AmB-LC (Abelcet) à 5 mg/kg/j, ou voriconazole (Vfend) IV à 6 mg/kg/12h à J1 puis 4 mg/kg/12h. ou caspofungin (Cancidas®) 70mg J1 puis 50mg/j (70 mg/j si patient > 80kg ). Dernière mise à jour : le 4 novembre 2004 9 § C. lusitaniae : fluconazole (Triflucan) à 800 mg à J1, puis 400mg/j (B3). − Dès que la sensibilité de la souche responsable est connue, une adaptation définitive du traitement doit être envisagée. Ainsi, l’AmB-D ou ses formulations lipidiques doivent être remplacées, si cela est possible, par le fluconazole (B3). Le relais oral doit être rapide pour le fluconazole et le voriconazole. − Retrait de tous les cathéters vasculaires, dans la mesure du possible, qu’ils soient artériels ou veineux, centraux ou périphériques (B2). − En cas d’échec du traitement initial (persistance de la fièvre, persistance d’hémocultures positives) lors d’une réévaluation effectuée à la fin de la première semaine de traitement, remplacement de l’AmB-D ou du fluconazole par une formulation lipidique de l’amphotéricine, le voriconazole, la caspofungine, voire utilisation d’une association d’antifongiques. La persistance d’hémocultures positives doit faire rechercher par tous les moyens un foyer profond concomitant une infection liée à un cathéter. Dans tous les cas l’avis d’un expert doit être sollicité. − La durée optimale du traitement est d’au moins 2 semaines après la dernière hémoculture positive et la résolution des signes cliniques infectieux (A3). − Surveillance de tous les patients présentant une candidémie pendant au moins 3 mois après l’épisode initial. Candidurie ♦ Etat de la littérature − La présence de Candida sp. dans les urines peut être le témoin d’une contamination, d’une colonisation, voire d’une infection de l’appareil urinaire, elle même primaire ou secondaire à une dissémination hématogène [5,14]. Bien qu’une candidurie puisse être à l’origine d’une dissémination hématogène ou à l’inverse le témoin de cette dissémination hématogène, l’association candidurie - candidémie est peu fréquente. Une étude prospective et multicentrique réalisée par Kauffman et coll. [15] a colligé en 21 mois, 861 patients présentant une prélèvement urinaire positif à Candida sp. (n = 692) ou à un autre agent fongique. Seuls 7 patients ont développé une candidémie. Chez un patient sondé, la numération des colonies de Candida sp. et la recherche d’une pyurie associée ne permettent pas de différencier une infection d’une colonisation [14]. Une candidurie isolée n’est donc jamais en tant que telle une indication à la mise en route d’un traitement antifongique. − La conduite à tenir dépend donc du terrain et des manifestations cliniques associées à la candidurie. Au vu des données de la littérature [9,14], un traitement documenté s’impose dans les circonstances suivantes : § Pyélonéphrite à Candida sp. [14] Il s’agit d’une pathologie peu fréquente que l’on rencontre essentiellement chez les patients diabétiques hospitalisés pour une insuffisance rénale, chez les patients souffrant de nécrose papillaire et chez ceux présentant une uropathie obstructive. Le tableau clinique est identique à celui de la pyélonéphrite bactérienne. L’infection à Candida sp. du haut appareil urinaire est souvent compliquée de suppuration locale. L’utilisation de techniques radiologiques (échographie, scanner) est donc indispensable au bilan lésionnel. Le traitement repose sur un drainage chirurgical et un traitement antifongique prolongé de 2 à 6 semaines basé sur le fluconazole à 6 mg/kg/j ou l’AmB-D à plus de 0,6 mg/kg/j [9]. La présence concomitante ou la survenue d’une insuffisance rénale pourraient conduire le clinicien à diminuer les posologies des antifongiques utilisés. Toutefois, Lundstrom et Sobel [14] demeurent partisans de ne pas réduire les doses des antifongiques, sous peine d’une inefficacité in situ. L’usage des formulations lipidiques d’amphotéricine B peut apparaître comme une alternative séduisante. Toutefois, les auteurs soulignent que ces formes galéniques pourraient avoir une diffusion rénale insuffisante (preuve ou conséquence de leur moindre toxicité rénale) et qu’à l’heure actuelle aucune donnée n’existe sur leur efficacité dans cette indication. § Candidurie asymptomatique chez un patient à haut risque [9,14] Un patient adulte porteur d’un greffon rénal, un patient neutropénique, un patient qui va bénéficier d’une procédure urologique invasive et un l’enfant de petit poids de naissance sont considérés comme des patients à haut risque. Chez eux, une candidurie asymptomatique peut à elle seule être une indication du traitement documenté (B3). Toutefois, aucun traitement optimal n’a été défini dans ces circonstances [14]. − Dans les autres circonstances, les attitudes thérapeutiques suivantes sont proposées : § Candidurie asymptomatique chez un patient n’étant pas considéré à haut risque Les auteurs sont unanimes pour recommander une abstention thérapeutique [5,9,14] (D3). La prise en compte et la modification des facteurs de risque (ablation des sondes urinaires et arrêt des antibiotiques inutiles, équilibration du diabète) sont seules recommandées [14]. Les explorations complémentaires urologiques ne sont utiles qu’en cas de persistance de la candidurie après correction des facteurs de risque [14]. § Fièvre isolée En présence d’un tableau fébrile associé à une candidurie, le clinicien doit rechercher la présence d’une candidémie par la réalisation d’hémocultures et d’une suppuration du haut appareil par les examens radiologiques appropriés. En cas de positivité de ces examens, un traitement spécifique, tel que déjà exposé, doit être instauré. En cas de négativité de ces explorations, seul le diagnostic de colonisation vésicale est retenu. ♦ Stratégie thérapeutique Une candidurie isolée n’est JAMAIS en tant que telle une indication à la mise en route d’un traitement antifongique. Dernière mise à jour : le 4 novembre 2004 10 − Indications thérapeutiques limitées au patient présentant § Une candidémie associée § Une pyélonéphrite à Candida sp. § Une candidurie asymptomatique ET des facteurs de risque (greffon rénal, neutropénie, procédure urologique invasive, enfant de petit poids de naissance) (B3). − Modalités thérapeutiques § Le traitement antifongique initial par voie IV dépend du patient et de l’espèce de Candida sp. en cause ∗ Chez un patient stable ET n’ayant pas reçu d’azolés récemment ET infecté par une souche de C. albicans, C. tropicalis, C. parapsilosis ou C. lusitaniae, le fluconazole (Triflucan) à 800mg à J1 puis 400 mg/j est proposé. ∗ Chez un patient instable ET/OU ayant reçu récemment des azolés ET/OU infecté par une souche de C. krusei ou C. glabrata, l’ AmB-D (Fungizone) à 1 mg/kg/j est impératif. § Dès que la sensibilité de la souche causale est connue, une adaptation définitive du traitement doit être envisagée. Ainsi, l’AmB-D doit être remplacé, si cela est possible, par le fluconazole (Triflucan) IV (B3). § En cas de pyélonéphrite, le traitement IV doit être prolongé de 2 à 6 semaines. Dans les autres cas, la durée du traitement nécessite l’avis d’experts. § Les formulations lipidiques de l’amphotéricine B ne doivent pas être utilisées en pathologie fongique urinaire. § En cas de suppuration collectée un drainage chirurgical est impératif. − candidurie isolée § si asymptomatique, abstention thérapeutique (D3). § si fébrile ∗ toujours rechercher une candidémie ∗ prendre en compte la candidurie en tant que colonisation d’un site, et rechercher un autre site de colonisation. Isolement de Candida sp. dans l’arbre respiratoire ♦ Etat de la littérature − La présence de Candida sp. dans les prélèvements respiratoires, qu’ils soient protégés ou non, est soit le témoin d’une colonisation trachéobronchique, soit celui d’une infection parenchymateuse pulmonaire. Par ailleurs les seuils habituellement retenus pour la significativité des prélèvements obtenus par brosse ou LBA n’ont jamais été validés pour les champignons. Cet isolement n’est donc pas en tant que tel une indication thérapeutique. − Une publication récente d’Azoulay et coll. [16] a fait le point sur la question au vu des données épidémiologiques descriptives de la littérature et des travaux ayant étudié la pertinence d’un prélèvement bronchopulmonaire positif à Candida sp. par corrélation avec les données anatomocliniques. Sans revenir en détail sur l’ensemble des travaux pris en compte par ces experts, il en ressort essentiellement que deux types de pneumopathies à Candida sp. semblent exister : § La vraie pneumonie à Candida sp. qui survient dans un contexte de candidémie. L’atteinte pulmonaire est alors secondaire à celle-ci. Le traitement est celui de la candidémie. § La broncho-pneumonie à Candida sp. survenant chez le malade de réanimation et responsable de prélèvements positifs, au dessus ou au dessous du seuil de significativité. Elle entre alors uniquement dans le cadre de la colonisation trachéobronchique. − Les experts nord-américains, dans leurs recommandations officielles [9], ont eux aussi fait état de ces 2 formes de pneumonies à Candida sp.. Ils ont également souligné qu’en l’absence d’hémoculture positive, un diagnostic de pneumonie à Candida sp. basé seulement sur des données microbiologiques sera souvent incorrect [9,17] (B3). Une confirmation anatomopathologique est indispensable au diagnostic et donc au traitement de certitude. − Cette démarche diagnostique basée sur une biopsie pulmonaire étant assez irréaliste, il nous est apparu intéressant de proposer un algorithme décisionnel basé sur celui rapporté par Azoulay et coll. [16] : soit le prélèvement pulmonaire positif à Candida sp. est associé à une candidémie et il faut alors entreprendre un traitement documenté, soit il n’y a pas de candidémie associée et dans ce cas ce prélèvement positif doit être intégré dans l’index de colonisation. Ainsi, le traitement documenté de la pneumonie à Candida sp. correspond exclusivement aux candidémies avec localisation pulmonaire. Il est alors en tout point identique à celui proposé lors de candidémies. ♦ Stratégie thérapeutique L’isolement d’un Candida sp. dans les prélèvements respiratoires n’est pas en tant que tel une indication thérapeutique. − Présence d’hémoculture(s) positive(s) à Candida sp. : traitement identique à celui d’une candidémie § Le choix initial de l’antifongique utilisé dépend du patient : ∗ Chez un patient stable ET n’ayant pas reçu récemment d’azolés, le fluconazole (Triflucan) IV à la posologie de 800 mg J1, puis 400 mg/j est préconisé. ∗ Chez un patient instable ET/OU infecté par une souche de sensibilité inconnue ET/OU ayant reçu récemment des azolés ⇒ en l’absence d’une insuffisance rénale (créatinine < 25 mg/l ou 220 µmol/l ou clairance > 25 ml/min.) et chez un patient ne recevant pas de façon concomitante une thérapeutique Dernière mise à jour : le 4 novembre 2004 11 néphrotoxique (aminosides, ciclosporine, cisplatine, colimycine, foscarnet, glycopeptides, pentamidine, ...), l’AmB-D (Fungizone) est proposée à la posologie de 1 mg/kg/j, en l’absence de contre-indications. ⇒ En présence d’une insuffisance rénale (créatinine > 25 mg/l ou 220 µmol/l ou clairance < 25 ml/min.) ou chez un patient recevant de façon concomitante au moins une thérapeutique néphrotoxique (ciclosporine, foscarnet, glycopeptides, aminosides, colimycine, cisplatine, pentamidine, ...), une formulation lipidique d’amphotéricine B est préférable. Les posologies sont pour l’AmB-L (Ambisome) de 3mg/kg/j et pour l’AmBLC (Abelcet) de 5mg/kg/j ou caspofungine (Cancidas®) 70mg J1 puis 50mg/j (70 mg/j si patient > 80kg ). § Dès la connaissance de l’espèce de Candida sp. responsable, une première adaptation thérapeutique est envisageable (si il n’y a pas de risque de résistance acquise aux azolés). ∗ C. albicans, C. tropicalis et C. parapsilosis : fluconazole (Triflucan) à 800 mg à J1, puis 400mg/j, ou AmB-D (Fungizone) de 0,6 à 1 mg/kg/j selon que le patient est stable ou instable (A1), ou AmB-L (Ambisome) de 3mg/kg/j et pour AmB-LC (Abelcet) de 5mg/kg/j ou caspofungin (Cancidas®) 70mg J1 puis 50mg/j (70 mg/j si patient > 80kg ). ∗ C. glabrata, C krusei: AmB-D (Fungizone) à 1 mg/kg/j (B3) ou AmB-L (Ambisome) à 5 mg/kg/j ou AmB-LC (Abelcet) à 5 mg/kg/j, ou voriconazole (Vfend) IV à 6 mg/kg/12h à J1 puis 4 mg /kg/12h ou caspofungin (Cancidas®) 70mg J1 puis 50mg/j (70 mg/j si patient > 80kg). ∗ C. lusitaniae : fluconazole (Triflucan) à 800 mg à J1, puis 400mg/j (B3). § Dès que la sensibilité de la souche responsable est connue, une adaptation définitive du traitement doit être envisagée. Ainsi, l’AmB-D ou ses formulations lipidiques doivent être remplacées, si cela est possible, par le fluconazole (B3). Le relais oral doit être rapide pour le fluconazole et le voriconazole. § Les autres modalités thérapeutiques (retrait des cathéters, évaluation du patient, durée de traitement, surveillance à distance) sont en tous points identiques à celles des candidémies. − Absence d’hémoculture positive à Candida sp.: § Prendre en compte l’isolement de Candida sp. en tant que colonis ation d’un site et rechercher un autre site de colonisation. Isolement de Candida sp. au niveau péritonéal. ♦ Etat de la littérature Bien que le liquide péritonéal soit habituellement stérile, l’isolement de Candida sp. au niveau de la cavité péritonéale demeure d’interprétation délicate et les avis des experts sont loin d’être unanimes [5]. Toutefois il semble clair que cet isolement ne doit pas conduire à l’instauration systématique d’un traitement antifongique. La conduite thérapeutique est guidée par la nature du prélèvement, le tableau clinique et le terrain sous-jacent : − La présence de Candida sp. n’est prise en compte que si il s’agit de prélèvements per-opératoires et que si Candida sp. est isolé en culture pure ou dominante [18]. L’isolement de Candida sp. au niveau de prélèvements provenant de drains péritonéaux est considéré par la plupart des experts comme de moindre valeur [5]. − Sur le plan clinique, trois situations sont essentiellement envisagées § Perforation du tube digestif. Dans une étude multicentrique et prospective, Sandven et coll. [19] ont retrouvé, au cours des perforations digestives, une fréquence d’isolement de Candida sp. de 33%. Celle-ci dépendait toutefois de l’origine de la perforation (perforation appendiculaire = 3,5%, perforation gastro-duodénale = 64%, perforation du grêle = 53%, perforation colo-rectale = 24%) et de la nature communautaire (32%) ou hospitalière (45%) de la perforation. Cette présence de Candida sp. au niveau des prélèvements effectués au cours des perforations digestives était statistiquement corrélée avec une durée de ventilation postopératoire prolongée, une durée de séjour en réanimation accrue et une mortalité plus élevée (OR = 11,5). Malgré de telles données, la plupart des experts s’accorde pour réserver un traitement antifongique au patient dont la perforation digestive et l’isolement de Candida sp. au niveau péritonéal correspondent aux situations suivantes : ∗ En cas de perforation survenant chez un sujet sain et traitée de façon précoce, le traitement antifongique n’est instauré qu’après documentation microbiologique et échec du traitement antibactérien usuel [5,9]. ∗ Lorsque la perforation digestive est associée avec les éléments suivants, la plupart des experts recommande l’instauration d’un traitement antifongique : ⇒ lésion néoplasique ⇒ traitement chirurgical tardif (> 24 heures / perforation) ⇒ perforation secondaire ou survenant chez un patient déjà hospitalisé ⇒ altération du terrain sous-jacent (immunodépression, cirrhose, pancréatite) ⇒ patient en situation instable Dernière mise à jour : le 4 novembre 2004 12 Le traitement antifongique repose sur le fluconazole ou l’AmB-D avec les mêmes contraintes de choix et de posologie qu’au cours des candidémies (C3). La durée optimale de traitement est inconnue [9]. Elle ne doit pas, toutefois, être inférieure à 2 semaines et ne doit pas dépasser 3 semaines. § Pancréatite aiguë nécrosante L’isolement de Candida sp. au cours des prélèvements effectués au cours de la chirurgie des pancréatites aiguës nécrosantes est un fait fréquent et de mauvais pronostic [18,20]. Il semble donc nécessaire d’instaurer un traitement antifongique curatif lors d’un tel isolement. Bien qu’il n’existe pas, à notre connaissance, de données formelles sur la conduite à tenir lorsque Candida sp. est isolé lors de prélèvements effectués lors des drainages percutanés, sous contrôle radiologique, des collections intra-abdominales survenant au cours des pancréatites, il y a tout lieu de penser que la même attitude peut être observée. Le traitement de référence repose sur le fluconazole ou l’AmB-D. La posologie optimale, la durée de traitement et la place des formulations lipidiques d’amphotéricine B devront faire l’objet d’études car elles sont actuellement inconnues. § Dialyse péritonéale L’isolement de Candida sp. dans le liquide péritonéal d’un patient porteur d’un cathéter de dialyse péritonéale à demeure nécessite un traitement antifongique si l’isolement de Candida sp. est pur ou dominant et survient chez un patient présentant des signes de sepsis. Dans ce cas, le traitement repose sur l’ablation du cathéter et l’instauration d’une thérapeutique antifongique par voie générale (fluconazole ou AmB-D avec les contraintes usuelles telles qu’exposées pour les candidémies et les contraintes liées à l’insuffisance rénale) (B3). L’instillation intra-péritonéale d’AmB-D est généralement douloureuse et doit donc être évitée [9]. ♦ Stratégie thérapeutique − Indications thérapeutiques : La présence de Candida sp. dans des prélèvements adéquats (prélèvements per-opératoires, ponction sous contrôle radiologique, culture de liquide péritonéal) impose un traitement antifongique dans les circonstances suivantes : § Perforation digestive : L’instauration d’un traitement antifongique est justifiée lorsque la perforation est associée avec l’un des éléments suivants : ∗ lésion néoplasique ∗ traitement chirurgical tardif (> 24 heures / perforation) ∗ perforation secondaire ou survenant chez un patient déjà hospitalisé ∗ altération du terrain sous-jacent (immunodépression, cirrhose, pancréatite) ∗ patient en situation instable ∗ échec d’un traitement antibactérien usuel chez un patient antérieurement sain § Pancréatite aiguë nécrosante § Dialyse péritonéale ∗ isolement pur de Candida sp. et signes de sepsis − Modalités thérapeutiques : § Le choix initial de l’antifongique utilisé dépend du patient : ∗ Chez un patient stable ET n’ayant pas reçu récemment d’azolés, le fluconazole (Triflucan) IV à la posologie de 800 mg J1, puis 400 mg/j est préconisé. ∗ Chez un patient instable ET/OU infecté par une souche de sensibilité inconnue ET/OU ayant reçu récemment des azolés ⇒ en l’absence d’une insuffisance rénale (créatinine < 25 mg/l ou 220 µmol/l ou clairance > 25 ml/min.) et chez un patient ne recevant pas de façon concomitante une thérapeutique néphrotoxique (aminosides, ciclosporine, cisplatine, colimycine, foscarnet, glycopeptides, pentamidine, ...), l’AmB-D (Fungizone) est proposée à la posologie de 1 mg/kg/j, en l’absence de contre-indications. ⇒ En présence d’une insuffisance rénale (créatinine > 25 mg/l ou 220 µmol/l ou clairance < 25 ml/min.) ou chez un patient recevant de façon concomitante au moins une thérapeutique néphrotoxique (ciclosporine, foscarnet, glycopeptides, aminosides, colimycine, cisplatine, pentamidine, ...), une formulation lipidique d’amphotéricine B est préférable (malgré l’absence de données). Les posologies sont pour l’AmB-L (Ambisome) de 3mg/kg/j et pour l’AmB-LC (Abelcet) de 5mg/kg/j. ou caspofungin (Cancidas®) 70mg J1 puis 50mg/j (70 mg/j si patient > 80kg ). § Dès la connaissance de l’espèce de Candida sp. responsable, une première adaptation thérapeutique est envisageable (si il n’y a pas de risque de résistance acquise aux azolés). Dernière mise à jour : le 4 novembre 2004 13 ∗ C. albicans, C. tropicalis et C. parapsilosis : fluconazole (Triflucan) à 800 mg à J1, puis 400mg/j, ou AmB-D (Fungizone) de 0,6 à 1 mg/kg/j selon que le patient est stable ou instable (A1), ou AmB-L (Ambisome) de 3mg/kg/j et pour AmB-LC (Abelcet) de 5mg/kg/j ou caspofungin (Cancidas®) 70mg J1 puis 50mg/j (70 mg/j si patient > 80kg). ∗ C. glabrata, C krusei: AmB-D (Fungizone) à 1 mg/kg/j (B3) ou AmB-L (Ambisome) à 5 mg/kg/j ou AmB-LC (Abelcet) à 5 mg/kg/j, ou voriconazole (Vfend) IV à 6 mg/kg/12h à J1 puis 4 mg/kg/12h ou caspofungin (Cancidas®) 70mg J1 puis 50mg/j (70 mg/j si patient > 80kg ). ∗ C. lusitaniae : fluconazole (Triflucan) à 800 mg à J1, puis 400mg/j (B3). § Dès que la sensibilité de la souche responsable est connue, une adaptation définitive du traitement doit être envisagée. Ainsi, l’AmB-D ou ses formulations lipidiques doivent être remplacées, si cela est possible, par le fluconazole (B3). Le relais oral doit être rapide pour le fluconazole et le voriconazole. § En cas de dialyse péritonéale, l’ablation du cathéter de dialyse est préconisé, dans la mesure du possible. § La durée de traitement est comprise entre 2 et 3 semaines − Autres situations : § Prendre en compte l’isolement de Candida sp. en tant que colonisation d’un site, et rechercher d’autres sites colonisés. Isolement de Candida sp. au niveau du LCR ♦ Etat de la littérature L’isolement de Candida sp. au niveau du LCR doit toujours être considéré comme pathologique. Associé à des anomalies de la composition chimique et cellulaire du LCR, cet isolement définit la méningite à Candida sp. qui peut être secondaire à un acte neurochirurgical ou liée à une dissémination hématogène. Bien que la pénétration de l’AmB-D dans les méninges soit faible, ce traitement à la posologie de 0,7 à 1 mg/kg/j associé avec la flucytosine à raison de 25 mg/kg/6h représente l’association thérapeutique de référence (B3). Bien évidemment en cas de matériels intraventriculaires, ceux ci doivent être ôtés. Malgré sa pénétration méningée satisfaisante et les succès rapportés [21], le fluconazole ne peut pas être préconisé d’emblée [8,9], dans la mesure où la sensibilité de la souche de Candida sp responsable est inconnue. Son utilisation en relais ou en seconde intention est proposé par les experts britanniques [8]. Quelques cas de méningites néonatales ont été traitées avec succès par la forme liposomale de l’amphotéricine B. Sa place exacte chez l’adulte demeure toutefois inconnue. L’administration intraventriculaire d’antifongiques par le biais de shunts ventriculaires ou de réservoirs d’Ommaya n’est pas recommandée [8]. La durée minimale de traitement est de 4 semaines après la résolution des signes et symptômes anormaux [9]. ♦ Stratégie thérapeutique − Instauration impérative d’un traitement antifongique − Le traitement de référence est une association d’AmB-D (Fungizone) à 1mg/kg/j et de flucytosine (Ancotil) à 25 mg/kg/ 6 h (B3). − La sensibilité de Candida sp. à la flucytosine doit être testée. En cas de résistance à la flucytosine, une alternative thérapeutique doit être envisagée nécessitant un avis d’expert. − La durée minimale de traitement est de 4 semaines après la résolution des signes et symptômes anormaux. − La place du fluconazole, des formulations lipidiques d’amphotéricine B ou des nouveaux antifongiques étant mal codifiée, l’avis d’experts est indispensable. Ostéomyélites, arthrites à Candida sp. [9] ♦ Etat de la littérature Le diagnostic repose sur l’isolement de Candida sp. à partir d’un prélèvement chirurgical et/ou d’une ponction adéquats. L’ostéomyélite est traitée au mieux par un débridement chirurgical initial suivi d’un traitement antifongique basée sur l’AmB-D à 0,5 à 1 mg/kg/j pendant 2 à 3 semaines puis sur le fluconazole à 6mg/kg/j pendant 6 à 12 mois (B3). L’arthrite est traitée par un drainage chirurgical adéquat et/ou répété et par une antibiothérapie selon un protocole identique à celui exposé pour les ostéomyélites (molécules, doses et durée) (C3). Si la souche de Candida sp. est résistante au fluconazole, l’avis d’experts est indispensable pour un choix optimal des molécules éventuellement utilisées en relais de l’AmB-D. ♦ Stratégie thérapeutique − Réalisation impérative d’un drainage et/ou d’un débridement chirurgical − Instauration impérative d’un traitement antifongique § traitement initial par l’AmB-D (Fungizone) IV à raison de 1 mg/kg/j pendant 2 à 3 semaines. § puis relais oral par fluconazole (Triflucan) à 800 mg à J1, puis 400 mg/j. § en cas de souche résistante au fluconazole Dernière mise à jour : le 4 novembre 2004 14 ∗ voriconazole (Vfend) PO ⇒ adulte < 40 kg : 200 mg/12 h à J1 puis 100 mg/12h ⇒ adulte > 40 kg : 400 mg/12 h à J1 puis 200 mg/12 h ⇒ enfant > 2 ans : 6 mg/kg/12 h à J1 puis 4 mg/kg/12h ∗ avis d’experts indispensable. − Durée de traitement allant de 6 mois minimum à 12 mois (avis d’expert recommandé pour les traitements prolongés) Médiastinites à Candida sp. [9] ♦ Etat de la littérature Le diagnostic repose sur l’isolement de Candida sp. à partir d’un prélèvement chirurgical et/ou d’une ponction adéquats. La médiastinite est traitée au mieux par un drainage chirurgical avec débridement initial suivi d’un traitement antifongique basée sur l’AmB-D à 0,5 à 1 mg/kg/j pendant 2 à 3 semaines puis sur le fluconazole à 6mg/kg/j pendant 6 semaines en l’absence d’atteinte osseuse documentée [22] (CIII), et de 6 à 12 mois en cas de sternite associée (BIII). Si la souche de Candida sp. est résistante au fluconazole, l’avis d’experts est indispensable pour un choix optimal des molécules éventuellement utilisées en relais de l’AmB-D. ♦ Stratégie thérapeutique − Réalisation impérative d’un drainage et/ou d’un débridement chirurgical − Instauration impérative d’un traitement antifongique § traitement initial par l’AmB-D (Fungizone) IV à raison de 1 mg/kg/j pendant 2 à 3 semaines. § puis relais oral par fluconazole (Triflucan) à 800 mg à J1, puis 400 mg/j. § en cas de souche résistante au fluconazole ∗ voriconazole (Vfend) PO ⇒ adulte < 40 kg : 200 mg/12 h à J1 puis 100 mg/12h ⇒ adulte > 40 kg : 400 mg/12 h à J1 puis 200 mg/12 h ⇒ enfant > 2 ans : 6 mg/kg/12 h à J1 puis 4 mg/kg/12h ∗ avis d’experts indispensable. − Durée de traitement allant de 6 semaines (médiastinite sans sternite) à 12 mois (avis d’expert recommandé pour les traitements prolongés) Péricardites à Candida sp. [9] ♦ Etat de la littérature L’isolement de Candida sp. au niveau du liquide péricardique doit conduire à un drainage chirurgical avec débridement, voire résection, et à un traitement médical basé sur l’AmB-D ou le fluconazole (C3). La durée optimale du traitement est inconnue. Certains auteurs ont préconisé un schéma “court ” de 14 jours associant 7 doses quotidiennes d’AmB-D de 0,6 mg/kg/j suivies de 7 doses journalières de 1,2 mg/kg/j. D’autres sont partisans d’une dose totale de 2 à 4 g, à raison de 0,5 à 1 mg/kg/j, soit un traitement pouvant aller de 25 à 100 jours pour un adulte moyen de 80 kg [23]. ♦ Stratégie thérapeutique − Prise en charge médico-chirurgicale impérative : § Drainage péricardique avec débridement, voire résection § Traitement antifongique ∗ basé sur l’AmB-D (Fungizone) à 1 mg/kg/j ∗ Les indications des dérivés lipidiques de l’amphotéricine B et du fluconazole, voire du voriconazole ne sont pas codifiées. Leur utilisation nécessite l’avis d’experts. − Durée de traitement § 2 à 14 semaines dans la péricardite (avis d’experts requis) § en cas de traitement prolongé, l’utilisation de dérivés lipidiques de l’amphotéricine B ou d’azolés (fluconazole ou voriconazole), après avis d’experts et selon les possibilités microbiologiques, est à envisager. Endocardites à Candida sp. [9,24] ♦ Etat de la littérature A partir d’une revue de la littérature de 270 cas d’endocardites fongiques (Candida sp. = 48% des cas, Aspergillus sp. =24% des cas), les auteurs ont fait les propositions diagnostiques et thérapeutiques suivantes [24] : − le diagnostic doit être évoqué en présence à l’échographie trans-thoracique ou trans-œsophagienne de végétations de grande taille ayant un aspect exubérant. Le diagnostic est confirmé par les données Dernière mise à jour : le 4 novembre 2004 15 microbiologiques (hémocultures, cultures d’emboles périphériques, culture des pièces opératoires) et/ou histologiques (emboles ou pièces opératoires). − le traitement nécessite une prise en charge médico-chirurgicale avec remplacement valvulaire précoce et instauration d’un traitement antifongique basé sur l’AmB-D. La posologie optimale reste à déterminer. Elle doit être au moins égale à celle préconisée dans les candidémies. Un traitement d’au moins 6 semaines postopératoires est requis (C3). Etant donné cette durée et le risque de néphrotoxicité induit par la posologie élevée, les auteurs soulignent l’intérêt potentiel des formulations lipidiques d’amphotéricine B mieux tolérées ce qui permettrait de ne pas interrompre le traitement pour des raisons de tolérance. − le risque de rechute à l’arrêt du traitement a fait proposer aux auteurs [24] un traitement prophylactique secondaire basé sur le fluconazole pendant un minimum de 2 ans pour les endocardites à Candida sp. sensibles et basé sur le voriconazole pour les endocardites à Aspergillus sp. Dans tous les cas, une surveillance postopératoire prolongée (> 2 ans) est requise. ♦ Stratégie thérapeutique − Prise en charge médico-chirurgicale impérative § Remplacement valvulaire précoce § Traitement antifongique ∗ basé sur l’AmB-D (Fungizone) à 1 mg/kg/j ∗ intérêt potentiel des formulations lipidiques de l’amphotéricine B prescrites à la posologie de 5mg/kg/j en raison de la durée importante du traitement. Les indications du fluconazole, voire du voriconazole ne sont pas codifiées. L’utilisation de ces antifongiques nécessite l’avis d’experts. − Durée de traitement § Au moins 6 semaines post-opératoires (C3). § Un traitement prophylactique secondaire d’au moins 2 ans a été proposé. L’utilisation d’azolés (fluconazole ou voriconazole), après avis d’experts et selon les données microbiologiques, est alors à envisager. II-A-2-b. Traitement probabiliste • Etat de la littérature Selon la plupart des experts [5,9], il n’existe à l’heure actuelle aucune indication reconnue de façon formelle par des études prospectives et contrôlées du traitement antifongique curatif probabiliste que l’on pourrait instaurer empiriquement chez un patient suspect de présenter une candidose viscérale et/ou une candidémie. Toutefois, malgré l’absence de preuve microbiologique ou histologique d’infection à Candida sp., il existe des circonstances où un clinicien peut, face à un patient présentant un syndrome fébrile inexpliqué et résistant aux antibactériens utilisés dans des conditions optimales (spectre antibactérien, dose, durée), évoquer le diagnostic de candidose viscérale et/ou de candidémie. Pour étayer sa démarche diagnostique et thérapeutique, le clinicien peut s’appuyer sur 3 types d’arguments : colonisation, facteurs de risque, sérologies. ♦ analyse de la colonisation fongique Un travail publié en 1989 par Wey et coll. [25] a démontré grâce à une analyse cas - témoin que la colonisation fongique était un facteur de risque indépendant (OR = 10,37) de survenue d’une candidémie. Un travail plus récent, réalisé par Pittet et coll. [26] chez 29 patients dont 28 étaient des adultes admis en unité de réanimation chirurgicale, a montré que la colonisation à Candida sp. a toujours précédé l’infection et que l’intensité de cette colonisation (nombre de sites colonisés, index de colonisation [nombre de sites colonisés/nombre de sites prélevés]) était prédictive de la survenue d’une candidémie ou d’une candidose viscérale (tableau II-1). ♦ analyse des facteurs de risque de candidose viscérale et/ou de candidémie On retrouve dans la littérature des données qui démontrent, notamment chez les malades de type chirurgical, qu’outre la colonisation fongique, il existe certains facteurs, dépendants du patient ou de la prise en charge, indépendamment associés avec la survenue d’une candidémie ou d’une candidose viscérale [27] (tableau II-2). ♦ arguments sérologiques Il existe diverses méthodes de détection des molécules de Candida sp. circulantes [28]. − Les acides nucléiques peuvent être détectés par les méthodes d’amplification génique (PCR). Ces méthodes sont plus sensibles que les hémocultures dans la mesure où elles peuvent détecter la présence d’ADN de Candida sp. dans le sang avant que les hémocultures soient positives [29]. Malheureusement, il s’agit encore de techniques d’exception, non disponibles en routine. − La détection des métabolites tels que le D-arabinitol pourrait être utile mais l’expérience dans notre pays semble limitée. − Deux types de polysaccharides peuvent être détectés : § Les β-1, 3 glucanes peuvent être retrouvés par un test colorimétrique dérivé du Limu lus test. Toutefois ce test n’est pas actuellement disponible en France. Dernière mise à jour : le 4 novembre 2004 16 § Les mannanes sont détectés par un test d’agglutination de particules de latex (Pastorex Candida) et/ou par un test immunoenzymatique (Platelia Candida Antigène). Ces deux tests ont une spécificité très élevée (98% pour le Platelia Candida Antigène), mais une faible sensibilité (20% pour le premier et 40% pour le second) en raison du caractère fugace de l’antigènémies. − Les anticorps, notamment anti-mannane, peuvent être détectés par une technique immunoenzymatique (Platelia Candida Anticorps) dont la sensibilité est de l’ordre de 50% et la spécificité est voisine de 80%. ♦ Analyse critique de ces arguments L’analyse des 3 types d’arguments potentiellement utilisés pour l’instauration d’un traitement antifongique empirique montre que considérés isolément, ils sont largement critiquables. Les facteurs de risque sont trop nombreux pour être réellement utiles. En effet, rares sont les patients admis dans les services de réanimation qui ne présentent aucun de ces facteurs de risque. Les prendre en compte, isolément, conduirait donc à traiter tous les patients fébriles sans discernement. Le risque d’émergence de souches de Candida sp. résistant aux antifongiques tels que le fluconazole est donc majeur. Enfin il faut signaler que l’analyse des facteurs de risque a essentiellement concerné des patients “ chirurgicaux ” : on ne sait pas si de tels facteurs de risque sont transposables aux patients “ médicaux ”... L’analyse de la colonisation, telle que proposée par Pittet et coll. [26], représente une telle charge de travail que nos collègues mycologues lillois ont déjà écrit que “ l’index de colonisation ne sera sans doute pas utilisable comme méthode de routine dans les grands hôpitaux ” [28]. Il faut également noter que dans le travail de Pittet et coll. [26], l’étude “ simple ” de la colonisation fongique n’a pas été très utile pour prédire la survenue d’une infection fongique. Huit des 18 patients présentant plus de 2 sites colonisés n’ont jamais développé d’infection sévère à Candida sp. A l’inverse, 2 patients présentant une colonisation ne touchant que 2 sites ont présenté une candidémie. Ces données ont conduit l’auteur à souligner que le nombre de sites colonisés par Candida sp. n’a pas permis de prédire l’infection fongique de manière fiable. La valeur prédictive positive d’une colonisation touchant plus de 2 sites n’est que de 50%. Ce point semble donc contredire les auteurs qui avaient suggéré qu’une colonisation fongique en plus de 2 sites constituait un critère suffisant pour débuter précocement un traitement antifongique dans une population chirurgicale à haut risque. Les techniques sérologiques et notamment celles basées sur la recherche immunoenzymatique des antigènes et des anticorps anti-mannane ont fait l’objet, de la part de mycologues lillois, de publications dont 2 ont retenu notre attention. Dans une première étude [30], prenant pour référence 43 patients porteurs de candidoses viscérales et/ou de candidémies diagnostiquées sur la foi de prélèvement isolant un Candida sp. dans un milieu normalement stérile (notons toutefois que 13 des 43 prélèvements provenaient de drains...) et 150 sujets témoins supposés sains, les auteurs ont montré que la combinaison des 2 tests immunoenzymatiques avait les valeurs diagnostiques suivantes : Antigène mannane Anticorps antimannane Détection combinée Sensibilité Spécificité 40% 53% 80% 98% 94% 93% Valeur prédictive positive 85% 72% 78% Valeur prédictive négative 84% 87% 93% Malgré ces valeurs annoncées, il faut souligner que, pour leur détermination, les auteurs ont pris en compte tout aussi bien des résultats sérologiques précédant les cultures mycologiques significatives et positives que des résultats sérologiques obtenus après la connaissance de ces prélèvements significatifs. Dans une seconde étude, les auteurs lillois n’ont pris en compte que les résultats de prélèvements sérologiques effectués le jour de la réalisation des hémocultures qui s’avéreront positives à Candida sp. ou effectués dans les 15 jours qui précédent la réalisation de ces hémocultures positives à Candida sp. [31]. Dans ces conditions, la sensibilité de la détection des antigènes est de 53% (24/45), celle de la détection des anticorps est de (44%) et celle des 2 tests combinés est de 69%. Si l’on prend en compte la combinaison des 2 tests et uniquement ceux réalisés avant les hémocultures, seuls 18 des 45 patients avaient un test positif, soit une “sensibilité” de 40%. Il apparaît donc de façon assez nette que la valeur prédictive négative de ces tests combinés, qui aurait pu avoir une énorme valeur pour le clinicien qui aurait décidé de ne pas instaurer un traitement antifongique chez un patient à risque présentant une fièvre inexpliquée, ne soit pas de 93% comme précédemment annoncée [30], mais en réalité beaucoup plus faible puisqu’au moins 31% des patients de la seconde étude avait une enquête sérologique négative, malgré une candidémie ultérieurement prouvée. ♦ Conclusion Au terme de cette revue, il est délicat de définir les indications du traitement antifongique curatif probabiliste. Ce désarroi se traduit nettement dans les recommandations des experts nord-américains qui proposent d’instaurer un tel traitement chez les patients présentant à la fois une colonisation à Candida sp. touchant de multiples sites, de multiples facteurs de risque et une fièvre inexpliquée (recommandation de rang C3). La place de la sérologie dans la discussion thérapeutique n’a pas été évoquée par ces experts. Une revue récente [32] sur le diagnostic des infections fongiques fait état de travaux lillois et souligne que “if such results are replicated in other laboratories, possibly Candida serology testing can be revived”. Dernière mise à jour : le 4 novembre 2004 17 Pour tenter d’avancer dans notre démarche diagnostique et thérapeutique, il apparaît indispensable de prendre en compte le travail du groupe NEMIS (National Epidemiology of Mycosis Survey) [33] qui a rapporté récemment les résultats de la surveillance prospective de 4276 patients admis en 2 ans dans des services de réanimation chirurgicale de 6 hôpitaux. Parmi ces patients, 25% n’ont jamais été traités chirurgicalement. Quarante deux épisodes de candidémies (0,98 pour 100 admissions) ont été notés. Les résultats de l’analyse monovariée des facteurs de risque de survenue de candidémie sont exposés dans le tableau II-3. Il apparaît nettement que les patients non opérés ont une prévalence de candidémie très faible (0,11 pour 1000 jours d’hospitalisation). Etant donné le nombre très faible de candidémie observée dans ce collectif de patients (1/1075), aucune analyse multivariée n’a été réalisée chez ces patients. Chez les patients chirurgicaux, l’analyse multivariée (tableau II-4) a retrouvée comme facteurs de risque indépendants de candidémie, l’insuffisance rénale aiguë (RR = 3,8), l’alimentation parentérale (RR = 2,8) et l’utilisation de cathéters à triple lumière (RR = 5,4). La colonisation urinaire et/ou digestive n’est pas corrélée, même en analyse monovariée, avec le risque de candidémie. L’utilité diagnostique et thérapeutique de ce critère peut donc être sujette à caution. • Stratégie thérapeutique Il s’agit des propositions de traitement curatif de type probabiliste des experts lillois, en l’absence de données convaincantes de la littérature. ♦ Attendu que : − il n’existe dans la littérature aucun élément objectif permettant de dégager les indications précises de ce traitement curatif probabiliste. − les experts américains suggèrent qu’un traitement probabiliste peut être utile chez un patient présentant à la fois une colonisation fongique (de préférence au niveau de plusieurs sites), de multiples facteurs de risque tels que ceux rapportés et une fièvre inexpliquée. − la nature exacte du traitement antifongique probabiliste n’a pas été définie. ♦ Il paraît raisonnable d’adopter la stratégie thérapeutique suivante : − Un traitement curatif antifongique peut être instauré de façon probabiliste chez les patients présentant A LA FOIS : § Une fièvre inexpliquée et résistante à un traitement antibactérien bien conduit § Deux facteurs de risque majeur ou un facteur majeur et deux mineurs ∗ Sont considérés comme majeurs, les éléments suivants ⇒ neutropénie < 500/mm3 pendant plus de 10 jours consécutifs ⇒ antibiothérapie à large spectre ayant duré au moins 6 jours ⇒ perforation digestive persistante ⇒ hémodialyse ∗ Sont considérés comme mineurs les éléments suivants : ⇒ alimentation parentérale ⇒ cathéter veineux central ⇒ corticothérapie § Une colonisation fongique ∗ touchant au moins 2 sites non contigus parmi les sites suivants : bouche, trachée, urines, selles, aisselles. ∗ ces sites doivent faire l’objet d’une recherche de colonisation 1 fois par semaine, en présence d’un sepsis. § la présence d’un taux sérique d’antigène de candida et/ou d’anticorps anti-Candida significativement plus élevé que le taux d’entrée. ∗ Un dosage sérique initial, de référence, à l’admission, des antigènes et anticorps doit être réalisé chez tout patient admis en réanimation pour une durée de séjour prévisible de plus de 48 heures ∗ un nouveau dosage sérique des antigènes et anticorps doit être réalisé en cas de sepsis inexpliqué. − Si le traitement est instauré de façon probabiliste et urgente, le clinicien doit a posteriori faire la preuve du bien fondé de sa démarche. Ainsi, si les prélèvements microbiologiques éliminent une colonisation fongique touchant 2 sites non contigus, ou si le taux sérique d’antigène de candida et/ou d’anticorps anti-Candida n’est pas significativement plus élevé qu’à l’entrée, une désescalade avec arrêt du traitement antifongique s’impose. − Le traitement probabiliste est identique en tous points à celui recommandé pour le traitement documenté des candidémies. § Le choix initial de l’antifongique utilisé dépend du patient : ∗ Chez un patient stable ET n’ayant pas reçu récemment d’azolés, le fluconazole (Triflucan) IV à la posologie de 800 mg J1, puis 400 mg/j est préconisé. ∗ Chez un patient instable ET/OU ayant reçu récemment des azolés ⇒ en l’absence d’une insuffisance rénale (créatinine < 25 mg/l ou 220 µmol/l ou clairance > 25 ml/min.) et chez un patient ne recevant pas de façon concomitante une thérapeutique néphrotoxique (aminosides, ciclosporine, cisplatine, colimycine, foscarnet, Dernière mise à jour : le 4 novembre 2004 18 § § § § glycopeptides, pentamidine, ...), l’AmB-D (Fungizone) est proposée à la posologie de 1 mg/kg/j, en l’absence de contre-indications. ⇒ En présence d’une insuffisance rénale (créatinine > 25 mg/l ou 220 µmol/l ou clairance < 25 ml/min.) ou chez un patient recevant de façon concomitante au moins une thérapeutique néphrotoxique (ciclosporine, foscarnet, glycopeptides, aminosides, colimycine, cisplatine, pentamidine, ...), une formulation lipidique d’amphotéricine B est préférable. Les posologies sont pour l’AmB-L (Ambisome) de 3mg/kg/j et pour l’AmBLC (Abelcet) de 5mg/kg/j. En cas d’identification ultérieure d’une espèce de Candida sp., une première adaptation thérapeutique est envisageable (si il n’y a pas de risque de résistance acquise aux azolés). ∗ C. albicans, C. tropicalis et C. parapsilosis : fluconazole (Triflucan) à 800 mg à J1, puis 400mg/j, ou AmB-D (Fungizone) de 0,6 à 1 mg/kg/j selon que le patient est stable ou instable (A1), ou AmB-L (Ambisome) de 3mg/kg/j et pour AmB-LC (Abelcet) de 5mg/kg/j. ∗ C. glabrata, C krusei: AmB-D (Fungizone) à 1 mg/kg/j (B3) ou AmB-L (Ambisome) à 5 mg/kg/j ou AmB-LC (Abelcet) à 5 mg/kg/j, ou voriconazole (Vfend) IV à 6 mg/kg/12h à J1 puis 4 mg/kg/12h. ∗ C. lusitaniae : fluconazole (Triflucan) à 800 mg à J1, puis 400mg/j (B3). Dès que la sensibilité de la souche responsable est connue, une adaptation définitive du traitement doit être envisagée. Ainsi, l’AmB-D ou ses formulations lipidiques doivent être remplacées, si cela est possible, par le fluconazole (B3). Le relais oral doit être rapide pour le fluconazole et le voriconazole. Retrait de tous les cathéters vasculaires, dans la mesure du possible, qu’ils soient artériels ou veineux, centraux ou périphériques (B2). La durée optimale du traitement probabiliste est de 2 semaines après l’obtention de l’apyrexie (A3). Remarques du groupe de travail Cette stratégie de prise en charge doit faire l’objet d’une évaluation. Notamment : • Un travail portant sur la méthodologie de l’étude de la colonisation fongique (sites de prélèvement, rythme de prélèvement, quantification mycologique...) devra être mis en place. • L’utilité des marqueurs sérologiques des candidoses viscérales avec ou sans candidémie reste à démontrer. En attendant, les résultats des études qui devront être réalisées, le suivi sérologique systématique des patients de réanimation, hors ceux présentant un sepsis inexpliqué, ne semble pas justifié. II-A-2. TRAITEMENT PROPHYLACTIQUE De façon unanime, l’ensemble des experts [5,8,9,34] est opposé à l’utilisation d’une prophylaxie antifongique quelque soit sa nature pour l’ensemble des patients de réanimation. Il n’existe en effet dans la littérature aucune donnée qui pourrait justifier une telle prophylaxie. • Etat de la littérature Le travail de Blumberg et coll. [33] peut amener un élément de réponse mais les résultats de son étude semblent toutefois surprenants : en analyse monovariée, l’utilisation d’un traitement antifongique au cours du séjour en réanimation n’est pas corrélée significativement avec la survenue d’une candidémie (tableau II-3). Par contre, en analyse multivariée (tableau II-4), cette prescription apparaît significativement corrélée avec une diminution de l’incidence des candidémies. De plus, comme le signale lui-même l’auteur, cette analyse comporte, à propos du traitement antifongique instauré au cours du séjour en réanimation, trop de biais pour qu’une conclusion formelle puisse être retenue. Une revue récente sur ce sujet a eu le mérite de poser le problème et de tenter d’apporter des réponses pour le futur [34]. L’incidence des candidoses viscérales avec ou sans candidémie dans la population globale des patients de réanimation est tellement basse (2%) qu’il faudrait au moins 2500 patients dans chacun des deux bras d’une étude randomisée qui voudrait démontrer qu’avec une prophylaxie l‘incidence ne serait plus que de 1%. Cela paraît définitivement irréalisable. De plus, en terme économique, la “ rentabilité ” de la prophylaxie pourrait apparaître totalement absente, eu égard au nombre de patients devant être soumis à une prophylaxie pour éviter 1 infection viscérale ou systémique à Candida sp.. La revue de la littérature a montré que dans certaines populations, où l’incidence des candidoses viscérales et/ou de candidémies est beaucoup plus élevée, un traitement prophylactique peut diminuer significativement leur incidence. Ainsi, Eggimann et coll. [35] ont montré dans une population de 49 patients présentant soit une perforation digestive récurrente, soit un lâchage de sutures, que le fluconazole prescrit à titre prophylactique à raison de 400 mg/j diminuait significativement la survenue de péritonite à Candida sp. (1/23 dans le groupe traité vs 7/20 dans le groupe placebo ; p = 0.02). Il faut toutefois noter que le terme prophylactique n’est peut-être pas approprié puisque les patients de cette étude ont reçu un traitement par le fluconazole à dose curative. Au terme de leur revue, les auteurs ont ainsi retenu, en dehors des patients greffés, comme seule indication prophylactique les perforations digestives persistantes. La molécule de choix et sa posologie restent à définir. • Stratégie thérapeutique Dernière mise à jour : le 4 novembre 2004 19 ♦ En l’absence de données pertinentes pouvant justifier une prophylaxie antifongique systématique en réanimation médico-chirurgicale, la prophylaxie antifongique doit être réservée aux patients présentant une perforation digestive persistante et au moins UN facteur de risque majeur et DEUX facteurs de risque mineur : − Sont considérés comme majeurs, les éléments suivants § neutropénie < 500/mm3 pendant plus de 10 jours consécutifs § antibiothérapie à large spectre ayant duré au moins 6 jours § hémodialyse − Sont considérés comme mineurs les éléments suivants : § alimentation parentérale § cathéter veineux central § corticothérapie ♦ Le fluconazole (Triflucan), à raison de 400 mg/j est proposé. II-B. INFECTIONS A ASPERGILLUS SP. Aspergillus sp. est responsable de 3 grands types de manifestations pathologiques [36] : les aspergilloses invasives, les aspergillomes, les aspergilloses broncho-pulmonaires allergiques. • Pour les aspergilloses invasives, il convient de se référer aux recommandations émises pour les patients immunodéprimés. En effet cette pathologie se rencontrant essentiellement chez les patients immunodéprimés, leur prise en charge en milieu de réanimation ne diffère en rien de leur prise en charge en milieu spécialisé comme les secteurs stériles d’hématologie. • Pour les aspergillomes et les aspergilloses broncho-pulmonaires allergiques les recommandations à appliquer sont celles qui sont appliquées dans les unités de pneumologie, qui prennent habituellement en charge ces pathologies. Dernière mise à jour : le 4 novembre 2004 20 Tableau II-1 : Analyse de la colonisation fongique (d’après Pittet et coll. [26]) > 2 sites colonisés > 3 sites colonisés Index de colonisation > 0,5 Sensibilité Spécificité 100 45 100 22 72 69 Valeur prédictive positive 44 50 66 Valeur prédictive négative 100 68 100 Tableau II-2 : Facteurs de risque de candidose viscérale et/ou de candidémie (d’après Vincent et coll. [27]) Facteurs de risque Neutropénie* Immunodépression Diabète Corticothérapie Cathéters veineux centraux* Cathéters urinaires Transfusion sanguine massive Antibiothérapie à large spectre* Hémodialyse* Ventilation mécanique Durée de séjour en réanimation Alimentation parentérale * facteurs indépendants en analyse multivariée OR des facteurs indépendants en analyse multivariée OR = 7,23 OR = 1,73 / antibiotique reçu OR = 18,13 Dernière mise à jour : le 4 novembre 2004 21 Tableau II-3 : Analyse monovariée des facteurs de risque de survenue d’une candidémie en milieu de réanimation chirurgicale [d’après 33] Paramètres Age 4-24 25-44 45-64 > 64 Sexe Masculin Féminin Score de McCabe Non fatal Ultérieurement fatal Rapidement fatal Score APACHE II 0-11 12-17 18-24 25-47 Score ASA 1-2 3 4-5 Intubation Non Oui Cathéter veineux central Non Oui Cathéter triple lumière Non Oui Hémodialyse Non Oui Alimentation parentérale Non Oui Usage de lipides IV Non Oui Chirurgie Non Oui Chirurgie abdominale Non Oui Pas de chirurgie Chirurgie thoracique Non Oui Pas de chirurgie Chirurgie cardio-vasculaire Non Oui Pas de chirurgie Chirurgie orthopédique Non Nombre de cas Taux de candidémie / 1000 jours RR p 3/331 10/1118 19/1558 10/1269 0,99 0,84 1,27 0,81 0,8 1,5 0,8 NS NS NS 28/2644 14/1632 1,02 0,94 0,9 NS 17/1848 13/1468 12/948 0,96 0,96 1,10 1,00 1,1 NS NS 5/946 6/991 10/1157 21/1159 0,82 0,69 0,83 1,37 0,7 0,8 1,2 NS NS NS 2/600 14/1434 21/947 0,43 1,01 1,65 1,1 1,6 NS NS 2/1021 40/3255 0,3 1,12 2,7 NS 1/1330 41/2946 0,11 1,23 8,1 0,04 3/2050 39/2226 0,21 1,40 5,1 0,01 34/4106 8/170 0,86 2,79 2,6 0,02 12/3376 30/900 0,43 2,04 3,8 <0,001 20/3514 22/762 0,67 1,80 2,2 0,02 1/1075 41/3201 0,11 1,22 8,7 0,03 19/2225 22/976 1/1075 0,89 1,78 0,11 1,8 NS 39/2949 2/252 1/1075 1,26 0,75 0,11 0,6 NS 37/2610 4/591 1/1075 1,3 0,79 0,11 0,7 NS 39/2863 1,3 Dernière mise à jour : le 4 novembre 2004 22 Oui Pas de chirurgie 2/338 1/1075 0,55 0,11 0,4 NS Dernière mise à jour : le 4 novembre 2004 23 Tableau II-3 (Suite) : Analyse monovariée des facteurs de risque de survenue d’une candidémie en milieu de réanimation chirurgicale [d’après 33] Paramètres Neurochirurgie Nombre de cas Taux de candidémie / 1000 jours RR p Non Oui Pas de chirurgie Chirurgie ORL Non Oui Pas de chirurgie Chirurgie gynécologique Non Oui Pas de chirurgie Transplantation Non Oui Pas de chirurgie Autre chirurgie Non Oui Pas de chirurgie Diagnostics au cours du séjour en réanimation n Insuffisance rénale aiguë Non Oui n Choc Non Oui n SDRA Non Oui n CIVD Non Oui n Bactériémie Non Oui Colonisation à Candida sp. - Dans les urines Non Oui - Dans les selles Non Oui - Dans les urines et les selles Non Oui Traitement antifongique Non Oui Amphotéricine B Non Oui Azole Non Oui Nystatine 39/2624 2/577 1/1075 1,47 0,28 0,11 0.2 0.02 34/2795 7/406 1/1075 1,32 0,89 0,11 0,5 NS 41/3180 0/21 1/1075 1,23 0 0,11 - - 41/3103 0/98 1/1075 1,25 0 0,11 - - 38/2844 3/357 1/1075 1,3 0,68 0,11 0,5 NS 19/3848 23/428 0,54 3,09 4,7 <0,001 17/3458 25/818 0,57 2,00 2,9 0,001 25/3728 17/548 0,80 1,55 1,5 NS 23/3675 19/601 0,67 2,31 3,0 <0,001 27/3860 15/416 0,85 1,44 1,2 NS 25/3649 17/627 0,79 1,62 1,6 NS 16/2996 26/1280 0,7 1,34 1,4 NS 30/3823 12/453 0,9 1,35 1,1 NS 26/3222 16/1054 1,06 0,90 0,6 NS 40/4107 2/169 1,05 0,5 0,3 NS 31/3774 11/502 0,98 1,03 1,0 NS Dernière mise à jour : le 4 novembre 2004 24 Non Oui 35/3791 7/485 1,01 0,93 0,7 NS Dernière mise à jour : le 4 novembre 2004 25 Tableau II-4 : Analyse multivariée des facteurs de risque de survenue d’une candidémie [d’après 33] Facteurs de risque RR (95% IC) p Modèle 1 (tous patients non opérés inclus) Traitement antifongique 0,3 (0,1-0,6) < 0,001 Insuffisance rénale aiguë 4,2 (2,1 – 8,3) < 0,001 Nutrition parentérale 3,6 (1,8 – 7,5) < 0,001 Acte chirurgical 7,3 (1,0 – 53,8) 0,05 Modèle 2 (patients opérés uniquement) Traitement antifongique 0,2 (0,1 –0,5) < 0,001 Insuffisance rénale aiguë 3,8 (1,9 – 7,4) < 0,001 Nutrition parentérale 2,8 (1,3 – 5,8) 0,01 Neurochirurgie 0,2 (0,04 – 0,9) 0,02 Chirurgie ORL 0,3 (0,1 – 0,9) 0,02 Cathéter triple lumière 5,4 (1,2- 23,6) 0,03 Dernière mise à jour : le 4 novembre 2004 26 III. PRISE EN CHARGE DIAGNOSTIQUE ET THERAPEUTIQUE DE L'ASPERGILLOSE BRONCHOPULMONAIRE ALLERGIQUE III-A. GENERALITES III-A-1. DEFINITION DE L’ASPERGILLOSE BRONCHO PULMONAIRE ALLERGIQUE (ABPA) Le diagnostic est porté sur l’existence de 7 critères majeurs ou 6 critères majeurs et 1 mineur (tableau III1) [1,2,3]. III-A-2. AGENT PATHOGENE Aspergillus fumigatus est le microorganisme le plus souvent responsable de l’ABPA. D’autres espèces d’Aspergillus sont plus rarement en cause : A. flavus, A. niger, A. nidulans, A. clavatus, A. glaucus, A. terreus, A. oryzae, et A. ochraceus. D’autres agents fongiques peuvent être la cause de symptomatologies similaires appelées mycoses bronchopulmonaires allergiques: Candida sp., Helminthosporium, Stemphylium, Alternaria... . III-A-3. PHYSIOPATHOLOGIE Plusieurs mécanismes physiopathologiques sont impliqués [4,5,6]: • la colonisation bronchique par l’agent fongique • les mécanismes d’hypersensibilité de type I avec présence d’IgE • les mécanismes d’hypersensibilité de type III avec présence d’anticorps précipitants. III-A-4. TERRAIN L'incidence de l’ABPA est plus élevée en Europe du Nord qu'aux Etats-Unis et dans les régions agricoles, [1]. L'âge d'apparition des symptômes varie entre 10 et 40 ans [7]. Les patients porteurs d'ABPA sont pour la plupart atteints d’un asthme allergique avec apparition d’une hyperéosinophilie précédant le diagnostic d'ABPA d'une quinzaine d'années. L'ABPA peut également survenir chez des patients porteurs de mucoviscidose, de fibrose pulmonaire ou d'autres pathologies broncho-pulmonaires. L'ABPA est une complication reconnue de la mucoviscidose avec une incidence variant de 0,6 à 11 % [8]. III-B. TRAITEMENT III-B-1. ETAT DE LA LITTERATURE III-B-1-a. Eviction Lorsqu'un foyer dans l'environnement a été mis en évidence, l'éviction est nécessaire ainsi qu'une demande de réparation et un reclassement lorsqu'il s'agit d'une exposition professionnelle. Cette éviction ne permet toutefois pas d’obtenir une guérison. • • III-B-1-b. Traitement médicamenteux L’objectif du traitement est : de limiter les exacerbations d’éviter l’évolution marquée par la destruction Deux thérapeutiques sont utilisées: la corticothérapie et l’itraconazole : • La corticothérapie par voie orale [9,10] Le traitement de l'épisode aigu ou de l’exacerbation repose habituellement sur l'administration orale de prednisone ou de prednisolone à la posologie de 0,5 à 1 mg/kg/j pendant 15 jours ; ceci est généralement suffisant pour contrôler les lésions radiologiques. Puis cette dose est administrée de façon dégressive avec un suivi de l’éosinophilie, des taux d’IgE totales, de la radiographie de thorax et de la fonction respiratoire. La corticothérapie en cures courtes traite rapidement les infiltrats éosinophiliques et les symptômes associés mais est moins efficace sur les impactions mucoïdes. La fibro-aspiration a son intérêt si l'atélectasie causée par l'impaction persiste plus d'une semaine malgré la corticothérapie, pour confirmer le diagnostic et lever l'obstacle. La corticothérapie au long cours est plus controversée. • L’itraconazole La posologie habituelle est de 200 à 400 mg par jour à adapter en cas d’insuffisance hépatique. Les effets indésirables rapportés les plus fréquents sont des douleurs abdominales, céphalées et dyspepsie en cas de traitement court. Au long cours, des nausées, des épigastralgies, des hypokaliémies, des hypocalcémies et une élévation des enzymes hépatiques dans moins de 5% des cas ont été décrites. Plusieurs études sans placebo ont montrées un bénéfice de l’itraconazole [11-15] (B2). L’étude de référence reste celle de Stevens et coll. [16] (A2). Cette étude randomisée porte sur des patients porteurs d'ABPA (sans mucoviscidose) et teste l'itraconazole en double aveugle contre placebo. La réponse recherchée était définie comme (I) une diminution de 50 % de la dose de corticoïde et une diminution de 25 % des IgE sériques ; (II) et un des critères suivants : amélioration de 25 % de la tolérance à l'exercice, ou de 25 % de la fonction respiratoire, ou la résolution ou l’absence d'infiltrats. Dans la seconde partie de l'étude, tous les patients recevaient 200 mg d'itraconazole en phase ouverte. La réponse positive a été obtenue chez 46 % des patients traités, contre 19 % dans le groupe placebo. Les effets indésirables étaient égaux dans les deux groupes. Lors de la phase ouverte, 12 des 33 patients qui n'avaient pas répondu en phase aveugle, ont répondu. Dernière mise à jour : le 4 novembre 2004 27 L'intérêt de l'itraconazole dans l'ABPA est confirmé. Il reste à préciser le moment auquel il faut débuter ce traitement, la durée du traitement, et la dose, qui pourrait être 200 mg/j au vue de l’étude de Stevens et coll. [16]. Il semble actuellement plus intéressant de débuter ce traitement avant l’apparition de bronchectasies. III-B-1-c. Surveillance, [16-19] Initialement le suivi, la première année, devait essentiellement comporter un dosage des IgE totales et un cliché thoracique mensuel. On privilégie actuellement un suivi de la fonction respiratoire et de l’éosinophilie, couplé à la fréquence des exacerbations. Le patient est considéré en rémission lorsque les symptômes cliniques, fonctionnels ou radiologiques ne sont pas réapparus ou sont restés stables après 6 mois d'arrêt de la corticothérapie. En état stable, un suivi semestriel est suffisant mais doit être prolongé en raison des exacerbations tardives. • • III-B-2. S TRATÉGIE THÉRAPEUTIQ UE [19] • éviction nécessaire • prednisone ou prednisolone par voie orale ♦ à la posologie initiale de 0,5 à 1 mg/kg/j pendant 15 jours ♦ puis dose administrée de façon dégressive avec un suivi de l’éosinophilie, des taux d’IgE totales, de la radiographie de thorax et de la fonction respiratoire. itraconazole (Sporanox) à la posologie de 200 à 400 mg par jour, à adapter en cas d’insuffisance hépatique avis d’expert pneumologue indispensable Dernière mise à jour : le 4 novembre 2004 28 Tableau III-1 : critères diagnostiques de l’aspergillose bronchopulmonaire allergique [d’après 1,2,3] CRITERES MAJEURS Asthme Infiltrats pulmonaires Éosinophilie sanguine >500 élts/mm3 CRITÈRES MINEURS Présence d’Aspergillus fumigatus dans l’expectoration Présence de moules bronchiques dans l’expectoration Test cutané positif envers Aspergillus fumigatus en lecture retardée IgE totales élevées et IgE spécifiques envers Aspergillus fumigatus Tests cutanés positifs envers Aspergillus fumigatus en lecture immédiate Présence d’anticorps précipitants envers Aspergillus fumigatus Présence de bronchectasies proximales Dernière mise à jour : le 4 novembre 2004 29 REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES INTRODUCTION 1 Management of deep Candida infection in surgical and intensive care unit patients. 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Dernière mise à jour : le 4 novembre 2004 31 Prise en charge diagnostique et thérapeutique des infections à Candida sp. et Aspergillus sp. chez le patient immunocompétent Dernière mise à jour : le 4 novembre 2004 32 IF 11-1 ET IF 11–2 :TRAITEMENT DOCUMENTE D’UNE CANDIDEMIE • • • • • • • • Indication thérapeutique retenue chez TOUS les patients présentant une candidémie. Choix initial avant identification de l’espèce : ♦ Absence de traitement antérieur par azolés : fluconazole (Triflucan) IV à la posologie de 12 mg//jg/j ♦ Traitement antérieur par azolés − absence d’insuffisance rénale (créatinine < 1.5 fois la normale) et de thérapeutique néphrotoxique concomitante (aminosides, ciclosporine, cisplatine, colimycine, foscarnet, glycopeptides, pentamidine, ...) : AmB-D (Fungizone), 1 mg/kg/j, en l’absence de contre-indications. − insuffisance rénale (créatinine > 1.5 fois la normale) ou au moins une thérapeutique néphrotoxique concomitante (ciclosporine, foscarnet, glycopeptides, aminosides, colimycine, cisplatine, pentamidine, ...) : AmB-L (Ambisome), 3mg/kg/j OU AmB-LC (Abelcet), 5mg/kg/j OU caspofungine (Cancidas®), 70mg à J1 puis 50mg/j. Choix dès la connaissance de l’espèce de Candida sp. responsable : ♦ C. albicans, C. parapsilosis, C. lusitaniae : fluconazole (Triflucan) 6mg/kg/j ♦ C. tropicalis, C. glabrata, C krusei: − absence d’insuffisance rénale (créatinine < 1.5 fois la normale) et de thérapeutique néphrotoxique concomitante (aminosides, ciclosporine, cisplatine, colimycine, foscarnet, glycopeptides, pentamidine, ...) : AmB-D (Fungizone), 1 mg/kg/j, en l’absence de contre-indications. − insuffisance rénale (créatinine > 1.5 fois la normale) ou au moins une thérapeutique néphrotoxique concomitante (ciclosporine, foscarnet, glycopeptides, aminosides, colimycine, cisplatine, pentamidine, ...) : AmB-L (Ambisome), 3mg/kg/j, OU AmB-LC (Abelcet), 5mg/kg/j, OU caspofungine (Cancidas®), 50mg/j. Choix dès la connaissance de la sensibilité de la souche responsable ♦ Candida sensible au fluconazole :Triflucan : 6mg//kg/j (B3), avec un relais oral rapide ♦ Candida résistant ou à sensibilité dose dépendante au fluconazole − absence d’insuffisance rénale (créatinine < 1.5 fois la normale) et de thérapeutique néphrotoxique concomitante (aminosides, ciclosporine, cisplatine, colimycine, foscarnet, glycopeptides, pentamidine, ...) : AmB-D (Fungizone), 1 mg/kg/j, en l’absence de contre-indications. − insuffisance rénale (créatinine > 1.5 fois la normale) ou au moins une thérapeutique néphrotoxique concomitante (ciclosporine, foscarnet, glycopeptides, aminosides, colimycine, cisplatine, pentamidine, ...) : AmB-L (Ambisome), 3mg/kg/j, OU AmB-LC (Abelcet), 5mg/kg/j, OU caspofungine (Cancidas®), 70mg à J1 puis 50mg/j. − Relai oral par le voriconazole (Vfend) PO si l’infection est contrôlée : • adulte < 40 kg : 200 mg/12 h J1 puis 100 mg/12h • adulte >= 40 kg : 400 mg/12 h J1 puis 200 mg/12 h • enfant > 2 ans : 6 mg/kg/12 h J1 puis 4 mg/kg/12h Retrait de tous les cathéters vasculaires, dans la mesure du possible, qu’ils soient artériels ou veineux, centraux ou périphériques (B3). En cas d’échec du traitement initial (persistance de la fièvre, persistance d’hémocultures positives) lors d’une réévaluation effectuée à la fin de la première semaine de traitement, remplacement de l’AmB-D ou du fluconazole par une formulation lipidique de l’amphotéricine, la caspofungine. La persistance d’hémocultures positives doit faire rechercher par tous les moyens un foyer profond concomitant une infection liée à un cathéter. Dans tous les cas l’avis d’un expert doit être sollicité. La durée optimale du traitement est d’au moins 2 semaines après la dernière hémoculture positive et la résolution des signes cliniques infectieux (C3). Surveillance de tous les patients présentant une candidémie pendant au moins 3 mois après l’épisode initial. Dernière mise à jour : le 4 novembre 2004 IF 11-1: TRAITEMENT DOCUMENTE D’UNE CANDIDEMIE CHEZ LE PATIENT IMMUNOCOMPETENT 33 Avant identification de l’espèce * S1: situation 1 ufonction rénale normale (créatinine < 1.5 fois la normale) uET 0 molécule néphrotoxique Absence de traitement antérieur par azolé Traitement antérieur par azolé S2: situation 2 u fonction rénale altérée (créatinine > 1.5 fois la normale) uOU 1 molécule néphrotoxique associée S1 TriflucanR IV 12 mg/kg/j Molécules néphrotoxiques associés: uaminosides uciclosporine ucisplatine ucolimycine ufoscarnet uglycopeptides upentamidine u... Fungizone R 1 mg/kg/j S2 AmbisomeR 3mg/kg/j OU AbelcetR 5mg/kg/j OU R Cancidas 70mg J1, puis 50 mg/ j** * Indication chez tous les patients présentant une candidémie ** 70 mg/J si patient >80kg; enfant 1mg/kg/j Dernière mise à jour : le 4 novembre 2004 IF 11-2: TRAITEMENT DOCUMENTE D’UNE CANDIDEMIE CHEZ LE PATIENT IMMUNOCOMPETENT Adaptation définitive du traitement dès que la sensibilité de la souche causale est connue. Relais oral rapide pour le TriflucanR et le VfendR Si possible, retrait de tous les cathéters vasculaires, qu’ils soient artériels ou veineux, centraux ou périphériques En cas d’échec du traitement initial (réévaluation à la fin de la première semaine de traitement) remplacement de la FungizoneR ou du TriflucanR par AmbisomeR ou AbelcetR , Cancidas R , avis d’un expert Durée optimale du traitement: au moins 2 semaines après la dernière hémoculture positive et la résolution des signes cliniques infectieux. Surveillance de tous les patients présentant une candidémie pendant au moins Dès la connaissance de l’espèce C. albicans C. parapsilosis C. lusitaniae C. tropicalis C. glabrata C. krusei TriflucanR IV * 6mg /kg/j Dès la connaissance Dès la connaissance de la sensibilité De la sensibilité Candida résistant ou à sensibilité dose dépendante au fluconazole Candida sensible au fluconazole Triflucan® IV * 6mg/kg/j S2 S1 Fungizone R 1 mg/kg/j Relai oral rapide Relai oral rapide AmbisomeR 5mg/kg/j OU AbelcetR 5mg/kg/j OU Cancidas® 70mgJ1 puis 50mg/j Relai oral par Vfend® PO**, si l’infection est contrôlée 34 S1: situation 1 ufonction rénale normale (créatinine < 1.5 fois la normale) uET 0 molécule néphrotoxique S2: situation 2 u fonction rénale altérée (créatinine > 1.5 fois la normale) uOU 1 molécule néphrotoxique associée Molécules néphrotoxiques associés: uaminosides uciclosporine ucisplatine ucolimycine ufoscarnet uglycopeptides upentamidine u... * enfant : 12 mg/kg/j ** (Vfend) PO si l’infection est contrôlée : • adulte <40kg :200 mg/12h J1 puis 100 mg/12h • adulte >= 40 kg : 400 mg/12 h J1 puis 200 mg/12 h • enfant > 2 ans : 6 mg/kg/12 h J1 puis 4 mg/kg/12h Dernière mise à jour : le 4 novembre 2004 Observations : PHARMACIE CENTRALE DU CHRU DE LILLE Ordonnance d’antifongiques délivrés pour 7 jours de traitement maximum CANDIDEMIE* DE L’IMMUNOCOMPETENT Coller ici l’étiquette du patient Nom et prénom du prescripteur Service : UF N°: Date de l’ordonnance : | ___| ___| ___| Date de début du traitement : | ___| ___| ___| Date prévue d’arrêt du traitement : | ___| ___| ___| Ordonnance pour : 7 jours o moins o (en clair) : Poids : kg Insuffisance rénale : oui o non o (créatinine > 25 mg/l ou clairance < 25 ml/min) cocher Fungizone Abelcet N° de poste : Signature du prescripteur : jours A FAXER A LA PHARMACIE AU 46004 modèle d’ordonnance valable jusqu’au 30/09/2005 Ambisome Cancidas® Triflucan Triflucan IV**** PO Vfend PO souche de sensibilité inconnue ET pas de traitement antérieur par azolés souche de sensibilité inconnue ET traitement antérieur par azolés ET fonction rénale normale ET pas de traitement néphrotoxique associé ** souche de sensibilité inconnue ET traitement antérieur par azolés ET insuffisance rénale OU traitement néphrotoxique associé Identification de C. albicans, C. tropicalis et C. lusitaniae Identification de C. tropicalis, C. glabrata, C. krusei ET fonction rénale normale ET pas de traitement néphrotoxique concomitant*** Identification de C. tropicalis, C. glabrata, C. krusei ET insuffisance rénale OU traitement néphrotoxique concomitant Candida sensible au fluconazole** Candida résistant au fluconazole ou de SDD ET fonction rénale normale ET pas de traitement néphrotoxique concomitant*** Candida résistant au fluconazole ou de SDD ET fonction rénale normale ET pas de traitement néphrotoxique concomitant*** Relai oral mg/24h mg/24h mg/24h mg/24h mg/24h mg/24h mg/24h mg/24h mg/24h mg/24h mg/24h mg/24h mg/24h mg/24h mg/24h mg/kg mg/24h mg/24h CTJ : ABE=438 €; AMB=600 €; FUN inj=5-10 €; TRI inj=48 €; TRI po=27 €; VFE inj=451 €; VFE po=86 € 35 Aucune indication pour : Ancotil, Sporanox ; MONOTHERAPIE : 1 seule molécule doit être prescrite ; SDD = sensibilité dose dépendante durée du traitement : 15 jours après la dernière hémoculture positive et la négativation des signes d’infection ; * Indication thérapeutique retenue chez TOUS les patients présentant une candidémie ;**** relais oral dès que possible par Triflucan ou Vfend selon indication Fungizone IV, 1 adm/j : ** 1 ou *** 0,6 mg /kg/24h Abelcet IV, 1 adm/j : 5 mg/kg/24h Ambisome IV, 1 adm/j : 3 mg/kg/24h Triflucan IV, 1 adm/j et Triflucan PO, 1 adm/j : 12 mg/kg/24h, puis après identification 6mg/kg/j pour les 2 formes Cancidas ® , 1adm/j: 70mg J1 puis 50mg/j (70 mg/j si patient > 80kg) Vfend PO , 2 adm./j : adulte < 40 kg : 400 mg/24 h J1 puis 200 mg/24h adulte > 40 kg :Dernière 800 mg/24mise h J1 puis 400: mg/24 h à jour le 4 novembre 2004 enfant > 2 ans : 12 mg/kg/24 h J1 puis 8 mg/kg/24h 36 IF 12 :TRAITEMENT DOCUMENTE D’UNE CANDIDURIE Une candidurie isolée n’est JAMAIS en tant que telle une indication à la mise en route d’un traitement antifongique. • • • Indications thérapeutiques limitées au patient présentant ♦ Une candidémie associée ♦ Une pyélonéphrite à Candida sp. ♦ Une candidurie asymptomatique ET des facteurs de risque (greffon rénal, neutropénie, procédure urologique invasive, enfant de petit poids de naissance) (B3). Modalités thérapeutiques : ♦ Le traitement antifongique initial par voie IV dépend du patient et de l’espèce de Candida sp. en cause − Chez un patient n’ayant pas reçu d’azolés récemment ET infecté par une souche de C. albicans, C. tropicalis, C. parapsilosis ou C. lusitaniae, le fluconazole (Triflucan) 12 mg/kg/j est proposé. − Chez un patient ayant reçu récemment des azolés ET/OU infecté par une souche de C. krusei ou C. glabrata, l’ AmB-D (Fungizone) à 1 mg/kg/j est impératif. ♦ Dès que la sensibilité de la souche causale est connue, une adaptation définitive du traitement doit être envisagée. Ainsi, l’AmB-D doit être remplacé, si cela est possible, par le fluconazole (Triflucan) IV 6 mg/kg/j (B3). ♦ En cas de pyélonéphrite, le traitement IV doit être prolongé de 2 à 6 semaines. Dans les autres cas, la durée du traitement nécessite l’avis d’experts. ♦ Les formulations lipidiques de l’amphotéricine B ne doivent pas être utilisées en pathologie fongique urinaire. ♦ En cas de suppuration collectée un drainage chirurgical est impératif. candidurie isolée ♦ si asymptomatique, abstention thérapeutique (D3). ♦ si fébrile − toujours rechercher une candidémie − prendre en compte la candidurie en tant que colonisation d’un site, et rechercher un autre site de colonisation. Dernière mise à jour : le 4 novembre 2004 IF 12: TRAITEMENT DOCUMENTE D’UNE CANDIDURIE CHEZ LE PATIENT IMMUNOCOMPETENT ne candidurie isolée n’est AMAIS en tant que telle ne indication à la mise en oute d’un traitement ntifongique. Traitement documenté es formulations lipidiques e l’amphotéricine B ne oivent pas être utilisées n pathologie fongique rinaire. acteurs de risque: greffon rénal neutropénie procédure urologique nvasive enfant de petit poids de aissance rainage chirurgical mpératif en cas de uppuration collectée Adaptation définitive du aitement dès que la ensibilité de la souche ausale est connue. emplacement, si possible e l’amphotéricine B par le riflucanR (IV ou PO). urée optimale du aitement: En cas de pyélonéphrite, aitement IV de 2 à 6 emaines utres cas: avis d’experts 37 candidémie associée OU pyélonéphrite à Candida sp. OU candidurie asymptomatique ET facteurs de risque non oui pas de traitement antérieur par azolé ET infecté par C. albicans C. tropicalis C. parapsilosis ou C. lusitaniae TriflucanR IV 12 mg/kg/j candidurie ET fièvre traitement antérieur par azolé OU infecté par C. krusei C. glabrata oui non Abstention thérapeutique Rechercher une candidémie A considérer comme un site colonisé ET rechercher d’autres sites de Fungizone R 1 mg/kg/j Dernière mise à jour : le 4 novembre 2004 38 CANDIDURIE DE L’IMMUNOCOMPETENT Coller ici l’étiquette du patient Service : Observations : Nom et prénom du prescripteur UF N°: Date de l’ordonnance : | ___| ___| ___| Date de début du traitement : | ___| ___| ___| Date prévue d’arrêt du traitement : | ___| ___| ___| Ordonnance pour : 7 jours o moins o (en clair) : Poids : kg Insuffisance rénale : oui o non o (créatinine > 25 mg/l ou clairance < 25 ml/min) cocher N° de poste : Signature du prescripteur : jours A FAXER A LA PHARMACIE AU 46004 modèle d’ordonnance valable jusqu’au 30/09/2005 Fungizone Triflucan IV* Triflucan PO candidémie associée** CTJ : FUN inj=5-10 €; TRI inj=48 €; TRI vo=27 € PHARMACIE CENTRALE DU CHRU DE LILLE Ordonnance d’antifongiques délivrés pour 7 jours de traitement maximum pyélonéphrite à Candida sp.*** candidurie asymptomatique ET facteurs de risque (greffon rénal, neutropénie, procédure urologique invasive, enfant de petit poids de naissance)**** pas de traitement antérieur par azolés ET infecté par une souche de C. albicans, C. tropicalis, C. parapsilosis ou C. lusitaniae traitement antérieur par azolés ET/OU infecté par une souche de C. krusei ou C. glabrata mg/24h mg/24h mg/24h Une candidurie isolée n’est JAMAIS en tant que telle une indication à la mise en route d’un traitement antifongique. Aucune indication pour : Abelcet, Ambisome, Ancotil, Cancidas, Sporanox, Vfend MONOTHERAPIE : 1 seule molécule doit être prescrite Fungizone doit être remplacée, si cela est possible, par Triflucan, dès que la sensibilité de la souche est connue Un drainage chirurgical est impératif en cas de suppuration collectée. * relais oral dès que possible pour Triflucan ; ** durée : 15 jours après la dernière hémoculture positive et la négativation des signes d’infection ; *** durée : traitement IV prolongé de 2 à 6 semaines ; **** durée : avis d’expert. Triflucan IV, 1 adm/j : 12 mg/kg/24h Triflucan PO, 1 adm/j : après identification 6mg/kg/j pour les 2 formes Dernière mise à jour : le 4 novembre 2004 Fungizone IV, 1 adm/j : 1 mg/kg/24h 39 IF 13 :TRAITEMENT DOCUMENTE D’UNE CANDIDOSE RESPIRATOIRE L’isolement d’un Candida sp. dans les prélèvements respiratoires n’est pas en tant que tel une indication thérapeutique. • • Présence d’hémoculture(s) positive(s) à Candida sp. : traitement identique à celui d’une candidémie (cf IF 11-1 et IF 11-2) Absence d’hémoculture positive à Candida sp.: ♦ Prendre en compte l’isolement de Candida sp. en tant que colonisation d’un site et rechercher un autre site de colonisation. Dernière mise à jour : le 4 novembre 2004 IF 13: TRAITEMENT DOCUMENTE D ’UNE CANDIDOSE RESPIRATOIRE CHEZ LE PATIENT IMMUNOCOMPETENT L’isolement de Candida sp. dans les prélèvements respiratoires n’est pas en tant que tel une indication thérapeutique 40 Traitement documenté oui candidémie associée non Traitement documenté d’une candidémie chez un patient immunocompétent cf IF 11-1 et IF 11-2 A considérer comme un site colonisé ET rechercher d’autres sites de colonisation Dernière mise à jour : le 4 novembre 2004 CANDIDOSE RESPIRATOIRE DE L’IMMUNOCOMPETENT Coller ici l’étiquette du patient Service : Nom et prénom du prescripteur UF N°: Date de l’ordonnance : | ___| ___| ___| Date de début du traitement : | ___| ___| ___| Date prévue d’arrêt du traitement : | ___| ___| ___| Ordonnance pour : 7 jours o moins o (en clair) : Poids : kg Insuffisance rénale : oui o non o (créatinine > 25 mg/l ou clairance < 25 ml/min) cocher Fungizone jours Abelcet N° de poste : Signature du prescripteur : A FAXER A LA PHARMACIE AU 46004 Ambisome Cancidas ® Triflucan IV**** Triflucan PO Vfend PO Isolement de Candida sp. dans l’arbre respiratoire ET candidémie* souche de sensibilité inconnue ET pas de traitement antérieur par azolés souche de sensibilité inconnue ET traitement antérieur par azolés ET fonction rénale normale ET pas de traitement néphrotoxique associé ** souche de sensibilité inconnue ET traitement antérieur par azolés ET insuffisance rénale OU traitement néphrotoxique associé Identification de C. albicans, C. tropicalis et C. lusitaniae Identification de C. tropicalis, C. glabrata, C. krusei ET fonction rénale normale ET pas de traitement néphrotoxique concomitant*** Identification de C. tropicalis, C. glabrata, C. krusei ET insuffisance rénale OU traitement néphrotoxique concomitant Candida sensible au fluconazole** Candida résistant au fluconazole ou de SDD ET fonction rénale normale ET pas de traitement néphrotoxique concomitant*** Candida résistant au fluconazole ou de SDD ET fonction rénale normale ET pas de traitement néphrotoxique concomitant*** mg/24h mg/24h mg/24h mg/24h mg/24h mg/24h mg/24h mg/24h mg/24h mg/24h mg/24h mg/24h mg/24h mg/24h mg/24h mg/kg mg/24h Relai oral**** mg/24h CTJ : ABE=438 €; AMB=600 €; FUN inj=5-10 €; TRI inj=48 €; TRI po=27 €; VFE inj=451 €; VFE po=86 € ; CAS : 488 € Observations : PHARMACIE CENTRALE DU CHRU DE LILLE Ordonnance d’antifongiques délivrés pour 7 jours de traitement maximum 41 Indication thérapeutique UNIQUEMENT si candidémie associée ; *Indication thérapeutique retenue chez TOUS les patients présentant une candidémie. Aucune indication pour : Ancotil, Sporanox ; MONOTHERAPIE : 1 seule molécule doit être prescrite ; SDD = sensibilité dose dépendante durée du traitement : 15 jours après la dernière hémoculture positive et la négativation des signes d’infection ; **** relais oral dès que possible par Triflucan et Vfend Fungizone IV, 1 adm/j : ** 1 ou *** 0,6 mg /kg/24h Abelcet IV, 1 adm/j : 5 mg/kg/24h Ambisome IV, 1 adm/j : 3 mg/kg/24h Triflucan IV, 1 adm/j et Triflucan PO, 1 adm/j : 12 mg/kg/24h, puis après identification 6mg/kg/j pour les 2 formes Cancidas ® , 1adm/j: 70mg J1 puis 50mg/j (70 mg/j si patient > 80kg) Vfend PO , 2 adm./j : adulte < 40 kg : 400 mg/24 h J1 puis 200 mg/24h adulte > 40 kg : Dernière 800 mg/24 mise h J1 puis 400:mg/24 h à jour le 4 novembre 2004 enfant > 2 ans : 12 mg/kg/24 h J1 puis 8 mg/kg/24h 42 IF 14 :TRAITEMENT DOCUMENTE D’UNE CANDIDOSE PERITONEALE • • • Indications thérapeutiques : La présence de Candida sp. dans des prélèvements adéquats (prélèvements per-opératoires, ponction sous contrôle radiologique, culture de liquide péritonéal) impose un traitement antifongique dans les circonstances suivantes : ♦ Perforation digestive : L’instauration d’un traitement antifongique est justifiée lorsque la perforation est associée avec l’un des éléments suivants : − lésion néoplasique − traitement chirurgical tardif (> 24 heures / perforation) − perforation secondaire ou survenant chez un patient déjà hospitalisé − altération du terrain sous-jacent (immu nodépression, cirrhose, pancréatite) − patient en situation instable − échec d’un traitement antibactérien usuel chez un patient antérieurement sain ♦ Pancréatite aiguë nécrosante ♦ Dialyse péritonéale − isolement pur de Candida sp. et signes de sepsis Modalités thérapeutiques : ♦ Le choix initial de l’antifongique utilisé dépend du patient : − Chez un patient n’ayant pas reçu récemment d’azolés, le fluconazole (Triflucan) IV à la posologie de 12 mg/kg/j est préconisé. − Chez un patient infecté par une souche de sensibilité inconnue ET/OU ayant reçu récemment des azolés § en l’absence d’une insuffisance rénale (créatinine < 25 mg/l ou 220 µmol/l ou clairance > 25 ml/min.) et chez un patient ne recevant pas de façon concomitante une thérapeutique néphrotoxique (aminosides, ciclosporine, cisplatine, colimycine, foscarnet, glycopeptides, pentamidine, ...), l’AmB-D (Fungizone) est proposée à la posologie de 1 mg/kg/j, en l’absence de contre-indications. § En présence d’une insuffisance rénale (créatinine > 25 mg/l ou 220 µmol/l ou clairance < 25 ml/min.) ou chez un patient recevant de façon concomitante au moins une thérapeutique néphrotoxique (ciclosporine, foscarnet, glycopeptides, aminosides, colimycine, cisplatine, pentamidine, ...), une formulation lipidique d’amphotéricine B est préférable (malgré l’absence de données). Les posologies sont pour l’AmB-L (Ambisome) de 3mg/kg/j et pour l’AmB-LC (Abelcet) de 5mg/kg/j ou caspofungine (Cancidas®) 70mg J1 puis 50mg/j (70 mg/j si patient > 80kg ; 1mg/kg chez l’enfant). • Choix dès la connaissance de la sensibilité de la souche responsable ♦ Candida sensible au fluconazole :Triflucan : 6mg//kg/j (B3), avec un relais oral rapide ♦ Candida résistant ou à sensibilité dose dépendante au fluconazole − absence d’insuffisance rénale (créatinine < 1.5 fois la normale) et de thérapeutique néphrotoxique concomitante (aminosides, ciclosporine, cisplatine, colimycine, foscarnet, glycopeptides, pentamidine, ...) : AmB-D (Fungizone), 1 mg/kg/j, en l’absence de contre-indications. − insuffisance rénale (créatinine > 1.5 fois la normale) ou au moins une thérapeutique néphrotoxique concomitante (ciclosporine, foscarnet, glycopeptides, aminosides, colimycine, cisplatine, pentamidine, ...) : AmB-L (Ambisome), 3mg/kg/j, OU AmB-LC (Abelcet), 5mg/kg/j, OU caspofungine (Cancidas®), 70mg à J1 puis 50mg/j. − Relai oral par le voriconazole (Vfend) PO si l’infection est contrôlée : • adulte < 40 kg : 200 mg/12 h J1 puis 100 mg/12h • adulte >= 40 kg : 400 mg/12 h J1 puis 200 mg/12 h • enfant > 2 ans : 6 mg/kg/12 h J1 puis 4 mg/kg/12h ♦ En cas de dialyse péritonéale, l’ablation du cathéter de dialyse est préconisé, dans la mesure du possible. ♦ La durée de traitement est comprise entre 2 et 3 semaines Autres situations : ♦ Prendre en compte l’isolement de Candida sp. en tant que colonisation d’un site, et rechercher d’autres sites colonisés. Dernière mise à jour : le 4 novembre 2004 IF 14: TRAITEMENT DOCUMENTE D ’UNE CANDIDOSE PERITONEALE CHEZ LE PATIENT IMMUNOCOMPETENT Facteur(s) associé(s) à la perforation digestive : lésion néoplasique traitement chirurgical tardif (> 24h / perforation) perforation secondaire ou survenant chez un patient déjà hospitalisé altération du terrain sous -jacent (immunodépression, cirrhose, pancréatite) patient en situation instable échec d’un traitement antibactérien usuel chez un patient antérieurement sain Durée optimale du traitement: entre 2 et 3 semaines. 43 Traitement documenté Perforation digestive ET facteurs associés Pancréatite aiguë nécrosante Dialyse péritonéale* ET signes de sepsis non oui Présence de Candida sp. dans des prélèvements adéquats: prélèvements per-opératoires ponction sous contrôle radiologique culture de liquide péritonéal. non oui Traitement documenté identique à celui d’une candidémie chez un patient immunocompétent cf IF 11-1 et IF 11-2 à considérer comme un site colonisé ET rechercher d’autres sites de colonisation *Ablation du cathéter de dialyse, dans la mesure du possible Dernière mise à jour : le 4 novembre 2004 PHARMACIE CENTRALE DU CHRU DE LILLE Ordonnance d’antifongiques délivrés pour 7 jours de traitement maximum CANDIDOSE PERITONEALE§ DE L’IMMUNOCOMPETENT Coller ici l’étiquette du patient Service : 44 Observations : Nom et prénom du prescripteur UF N°: Date de l’ordonnance : | ___| ___| ___| Date de début du traitement : | ___| ___| ___| Date prévue d’arrêt du traitement : | ___| ___| ___| Ordonnance pour : 7 jours o moins o (en clair) : Poids : kg Insuffisance rénale : oui o non o (créatinine > 25 mg/l ou clairance < 25 ml/min) N° de poste : Signature du prescripteur : jours A FAXER A LA PHARMACIE AU 46004 modèle d’ordonnance valable jusqu’au 30/09/2005 oui non Perforation digestive lésion néoplasique traitement chirurgical tardif (> 24 heures / perforation) perforation secondaire ou survenant chez un patient déjà hospitalisé terrain sous-jacent altéré (cirrhose, immunodépression, pancréatite) patient en situation instable échec d’une antibiothérapie bien conduite chez un patient antérieurement sain Pancréatite aiguë nécrosante Dialyse péritonéale** Autre situation* Indication d’un traitement antifongique * absence d’indication thérapeutique ; ** : ablation du cathéter de dialyse préconisée Dernière mise à jour : le 4 novembre 2004 CTJ : ABE=438 €; AMB=600 €; FUN inj=5-10 €; TRI inj=48 €; TRI po=27 €; VFE inj=451 €; VFE po=86 € ; CAS : 488€ Coller ici l’étiquette du patient 45 PHARMACIE CENTRALE DU CHRU DE LILLE Ordonnance d’antifongiques délivrés pour 7 jours de traitement maximum CANDIDOSE PERITONEALE* DE L’IMMUNOCOMPETENT cocher Fungizone Abelcet Ambisome Cancidas® Triflucan Triflucan IV**** PO Vfend PO souche de sensibilité inconnue ET pas de traitement antérieur par azolés souche de sensibilité inconnue ET traitement antérieur par azolés ET fonction rénale normale ET pas de traitement néphrotoxique associé ** souche de sensibilité inconnue ET traitement antérieur par azolés ET insuffisance rénale OU traitement néphrotoxique associé Identification de C. albicans, C. tropicalis et C. lusitaniae Identification de C. tropicalis, C. glabrata, C. krusei ET fonction rénale normale ET pas de traitement néphrotoxique concomitant*** Identification de C. tropicalis, C. glabrata, C. krusei ET insuffisance rénale OU traitement néphrotoxique concomitant Candida sensible au fluconazole** Candida résistant au fluconazole ou de SDD ET fonction rénale normale ET pas de traitement néphrotoxique concomitant*** Candida résistant au fluconazole ou de SDD ET fonction rénale normale ET pas de traitement néphrotoxique concomitant*** Relai oral mg/24h mg/24h mg/24h mg/24h mg/24h mg/24h mg/24h mg/24h mg/24h mg/24h mg/24h mg/24h mg/24h mg/24h mg/24h mg/kg mg/24h mg/24h Aucune indication pour : Ancotil, Sporanox MONOTHERAPIE : 1 seule molécule doit être prescrite ; SDD= sensibilité dose dépendante * durée du traitement : 15 à 21 jours ; **** relais oral dès que possible pour Triflucan IV et Vfend IV Fungizone IV, 1 adm/j : ** 1 ou *** 0,6 mg /kg/24h Abelcet IV, 1 adm/j : 5 mg/kg/24h Ambisome IV, 1 adm/j : 3 mg/kg/24h Triflucan IV, 1 adm/j et Triflucan PO, 1 adm/j : 12 mg/kg/24h, puis après identification 6mg/kg/j pour les 2 formes Cancidas ® , 1adm/j: 70mg J1 puis 50mg/j (70 mg/j si patient > 80kg) Vfend PO , 2 adm./j : adulte < 40 kg : 400 mg/24 h J1 puis 200 mg/24h adulte > 40 kg : 800 mg/24 h J1 puis 400 mg/24 h enfant > 2 ans : 12 mg/kg/24 h J1 puis 8 mg/kg/24h Dernière mise à jour : le 4 novembre 2004 46 IF 15 :TRAITEMENT DOCUMENTE D’UNE MENINGITE A CANDIDA SP. • • • • • Instauration impérative d’un traitement antifongique Le traitement de référence est une association d’AmB-D (Fungizone) à 1mg/kg/j et de flucytosine (Ancotil) à 25 mg/kg/ 6 h (B3). La sensibilité de Candida sp. à la flucytosine doit être testée. En cas de résistance à la flucytosine, une alternative thérapeutique doit être envisagée nécessitant un avis d’expert. La durée minimale de traitement est de 4 semaines après la résolution des signes et symptômes anormaux. La place du fluconazole, des formulations lipidiques d’amphotéricine B ou des nouveaux antifongiques étant mal codifiée, l’avis d’experts est indispensable. Dernière mise à jour : le 4 novembre 2004 IF 15: TRAITEMENT DOCUMENTE D ’UNE MENINGITE A CANDIDA SP CHEZ LE PATIENT IMMUNOCOMPETENT La sensibilité de Candida sp. à la flucytosine doit être testée. En cas de résistance une alternative thérapeutique doit être envisagée et l’avis d’experts est indispensable. Durée minimale du traitement: 4 semaines après la résolution des signes et symptômes anormaux. 47 Traitement documenté impératif Traitement documenté de référence Fungizone R 1 mg/kg/j ET AncotilR 25 mg/kg/6h Dernière mise à jour : le 4 novembre 2004 48 Observations : MENINGITE A CANDIDA SP.* DE L’IMMUNOCOMPETENT Coller ici l’étiquette du patient Service : Nom et prénom du prescripteur UF N°: Date de l’ordonnance : | ___| ___| ___| Date de début du traitement : | ___| ___| ___| Date prévue d’arrêt du traitement : | ___| ___| ___| Ordonnance pour : 7 jours o moins o (en clair) : Poids : kg Insuffisance rénale : oui o non o (créatinine > 25 mg/l ou clairance < 25 ml/min) N° de poste : Signature du prescripteur : jours A FAXER A LA PHARMACIE AU 46004 modèle d’ordonnance valable jusqu’au 30/09/2005 cocher Fungizone CTJ : FUN inj=5-10 €; ANC inj=230 € PHARMACIE CENTRALE DU CHRU DE LILLE Ordonnance d’antifongiques délivrés pour 7 jours de traitement maximum Ancotil $$ Méningite à Candida sp. mg/24h mg/24h Aucune indication en première intention pour : Abelcet, Ambisome, Cancidas, Sporanox, Triflucan, Vfend Instauration impérative d’un traitement associant les 2 antifongiques * durée du traitement : 4 semaines minimum après la résolution des signes d’infection ; ** en cas de résistance à la flucytosine, avis d’experts indispensable pour une alternative thérapeutique Fungizone IV, 1 adm/j : 1 mg/kg/24h Ancotil IV, 4 adm/j : 100 mg/kg/24h Dernière mise à jour : le 4 novembre 2004 49 IF 16 :TRAITEMENT DOCUMENTE D’UNE OSTEOMYELITE, ARTHRITE A CANDIDA SP. • • • Réalisation impérative d’un drainage et/ou d’un débridement chirurgical Instauration impérative d’un traitement antifongique ♦ traitement initial par l’AmB-D (Fungizone) IV à raison de 1 mg/kg/j pendant 2 à 3 semaines. ♦ puis relais oral par fluconazole (Triflucan) à 800 mg à J1, puis 400 mg/j. ♦ en cas de souche résistante au fluconazole − voriconazole (Vfend) PO § adulte < 40 kg : 200 mg/12 h à J1 puis 100 mg/12h § adulte > 40 kg : 400 mg/12 h à J1 puis 200 mg/12 h § enfant > 2 ans : 6 mg/kg/12 h à J1 puis 4 mg/kg/12h − avis d’experts indispensable. Durée de traitement allant de 6 mois minimum à 12 mois (avis d’expert recommandé pour les traitements prolongés) IF 17 :TRAITEMENT DOCUMENTE D’UNE MEDIASTINITE A CANDIDA SP. • • • Réalisation impérative d’un drainage et/ou d’un débridement chirurgical Instauration impérative d’un traitement antifongique ♦ traitement initial par l’AmB-D (Fungizone) IV à raison de 1 mg/kg/j pendant 2 à 3 semaines. ♦ puis relais oral par fluconazole (Triflucan) à 800 mg à J1, puis 400 mg/j. ♦ en cas de souche résistante au fluconazole − voriconazole (Vfend) PO § adulte < 40 kg : 200 mg/12 h à J1 puis 100 mg/12h § adulte > 40 kg : 400 mg/12 h à J1 puis 200 mg/12 h § enfant > 2 ans : 6 mg/kg/12 h à J1 puis 4 mg/kg/12h − avis d’experts indispensable. Durée de traitement allant de 6 semaines (médiastinite sans sternite) à 12 mois (avis d’expert recommandé pour les traitements prolongés) Dernière mise à jour : le 4 novembre 2004 IF 16: TRAITEMENT DOCUMENTE DES OSTEOMYELITES ET ARTHRITES A CANDIDA SP CHEZ LE PATIENT IMMUNOCOMPETENT La sensibilité de Candida sp. Au fluconazole doit être testée. En cas de résistance une alternative thérapeutique doit être envisagée (place du voriconazole) et l’avis d’experts est indispensable. 50 Prise en charge médico-chirurgicale Traitement antifongique impératif Durée du traitement: de 6 mois minimum à 12 mois (avis d’experts). drainage ET/OU débridement chirurgical Traitement documenté de référence Fungizone R IV 1 mg/kg/j pendant 2 à 3 semaines non Candida sp sensible au fluconazole oui TriflucanR per os* 800mg à J1 puis 400 mg/j VfendR per os Adulte < 40 Kg : 200 mg/12 h J1 puis 100 mg/12h Adulte >= 40 Kg : 400 mg/12 h J1 puis 200 mg/12 h Enfant > 2 ans : 6 mg/kg/12 h J1 puis 4 mg/kg/12h * enfant : 12 mg/kg/j Dernière mise à jour : le 4 novembre 2004 IF 17: TRAITEMENT DOCUMENTE D ’UNE MEDIASTINITE A CANDIDA SP CHEZ LE PATIENT IMMUNOCOMPETENT La sensibilité de Candida sp. Au fluconazole doit être testée. En cas de résistance une alternative thérapeutique doit être envisagée (place du voriconazole) et l’avis d’experts est indispensable. 51 Prise en charge médico-chirurgicale Traitement antifongique impératif Durée du traitement: e 6 semaines (médiastinite sans sternite) à 12 mois (avis d’experts). Traitement documenté de référence Fungizone R IV 1 mg/kg/j pendant 2 à 3 semaines drainage ET/OU débridement chirurgical non Candida sp sensible au fluconazole oui TriflucanR per os* 800mg à J1 puis 400 mg/j VfendR per os Adulte < 40 Kg : 200 mg/12 h J1 puis 100 mg/12h Adulte >= 40 Kg : 400 mg/12 h J1 puis 200 mg/12 h Enfant > 2 ans : 6 mg/kg/12 h J1 puis 4 mg/kg/12h * enfant : 12 mg/kg/j Dernière mise à jour : le 4 novembre 2004 PHARMACIE CENTRALE DU CHRU DE LILLE Ordonnance d’antifongiques délivrés pour 7 jours de traitement maximum OSTEOMYELITE, ARTHRITE, MEDIASTINITE A CANDIDA SP * DE L’IMMUNOCOMPETENT Coller ici l’étiquette du patient Service : Observations : 52 Nom et prénom du prescripteur N° de poste : Signature du prescripteur : UF N°: A FAXER A LA PHARMACIE AU 46004 modèle d’ordonnance valable jusqu’au 30/09/2005 jours cocher Fungizone ** Triflucan PO Vfend PO Ostéomyélite*** Arthrite*** Médiastinite**** Candida sp de sensibilité inconnue mg/24h Candida sp sensible au fluconazole mg/24h Candida sp résistant au fluconazole CTJ : FUN inj=5-10 €; TRI vo=27 €; VFE vo=86 € Date de l’ordonnance : | ___| ___| ___| Date de début du traitement : | ___| ___| ___| Date prévue d’arrêt du traitement : | ___| ___| ___| Ordonnance pour : 7 jours o moins o (en clair) : Poids : kg Insuffisance rénale : oui o non o (créatinine > 25 mg/l ou clairance < 25 ml/min) mg/24h Aucune indication pour : Abelcet, Ambisome, Ancotil, Cancidas, Sporanox, Triflucan MONOTHERAPIE : 1 seule molécule doit être prescrite Relais par forme orale après 14 à 21 jours de Fungizone * Réalisation impérative d’un drainage et/ou d’un débridement chirurgical ; ** durée du traitement : 14 à 21 jours ; *** durée totale de traitement : 6 mois minimum à 12 mois (avis d’experts pour traitements prolongés) ; **** durée totale de traitement : 6 semaine (absence de sternite) à 12 mois (avis d’experts pour traitements prolongés). Fungizone IV, 1 adm/j :1 mg/kg/24h Triflucan PO, 1 adm/j : 800mg J1 puis 400 mg/24h (enfant : 12 mg/kg/24h) Vfend PO, 2 adm/j : adulte < 40 kg : 400 mg/24h J1 puis 200 mg/24h adulte > 40 kg : 800 mg/12h J1 puis 400 mg/24h enfant > 2 ans : 12 mg/kg/24h J1 puis 8 mg/kg/24h Dernière mise à jour : le 4 novembre 2004 53 IF 18 :TRAITEMENT DOCUMENTE D’UNE PERICARDITE A CANDIDA SP. • • Prise en charge médico-chirurgicale impérative : ♦ Drainage péricardique ave c débridement, voire résection ♦ Traitement antifongique − basé sur l’AmB-D (Fungizone) à 1 mg/kg/j − Les indications des dérivés lipidiques de l’amphotéricine B et du fluconazole, voire du voriconazole ne sont pas codifiées. Leur utilisation nécessite l’avis d’experts. Durée de traitement ♦ 2 à 14 semaines dans la péricardite (avis d’experts requis) ♦ en cas de traitement prolongé, l’utilisation de dérivés lipidiques de l’amphotéricine B ou d’azolés (fluconazole ou voriconazole), après avis d’experts et selon les possibilités microbiologiques, est à envisager. IF 19 :TRAITEMENT DOCUMENTE D’UNE ENDOCARDITE A CANDIDA SP. • • Prise en charge médico-chirurgicale impérative ♦ Remplacement valvulaire précoce ♦ Traitement antifongique − basé sur l’AmB-D (Fungizone) à 1 mg/kg/j − intérêt potentiel des formulations lipidiques de l’amphotéricine B prescrites à la posologie de 5mg/kg/j en raison de la durée importante du traitement. Les indications du fluconazole, voire du voriconazole ne sont pas codifiées. L’utilisation de ces antifongiques nécessite l’avis d’experts. Durée de traitement ♦ Au moins 6 semaines post-opératoires (C3). ♦ Un traitement prophylactique secondaire d’au moins 2 ans a été proposé. L’utilisation d’azolés (fluconazole ou voriconazole), après avis d’experts et selon les données microbiologiques, est alors à envisager. Dernière mise à jour : le 4 novembre 2004 IF 18: TRAITEMENT DOCUMENTE D ’UNE PERICARDITE A CANDIDA SP CHEZ LE PATIENT IMMUNOCOMPETENT 54 Prise en charge médico-chirurgicale Durée du traitement: de 2 à 14 semaines (avis d’experts). en cas de traitement prolongé, l’utilisation de dérivés lipidiques de l’amphotéricine B ou d’azolés (fluconazole ou voriconazole), après avis d’experts et selon les possibilités microbiologiques, est à envisager. Traitement antifongique impératif drainage ET débridement chirurgical voire résection Traitement documenté de référence Fungizone R IV 1 mg/kg/j Dernière mise à jour : le 4 novembre 2004 IF 19: TRAITEMENT DOCUMENTE D ’UNE ENDOCARDITE A CANDIDA SP CHEZ LE PATIENT IMMUNOCOMPETENT Intérêt potentiel des formulations lipidiques de l’amphotéricine B prescrites à la posologie de 5mg/kg/j en raison de la durée importante du traitement. Leur utilisation nécessite l’avis d’experts. 55 Prise en charge médico-chirurgicale Durée du traitement: Au moins 6 semaines post-opératoires Remplacement valvulaire précoce Un traitement prophylactique secondaire d’au moins 2 ans a été proposé. L’utilisation d’azolés est à envisager (fluconazole, voriconazole) u après avis d’experts et selon les données microbiologiques. Traitement antifongique impératif Traitement documenté de référence Fungizone R IV 1 mg/kg/j Dernière mise à jour : le 4 novembre 2004 56 PHARMACIE CENTRALE DU CHRU DE LILLE Ordonnance d’antifongiques délivrés pour 7 jours de traitement maximum Observations : INFECTION CARDIAQUE A CANDIDA SP DE L’IMMUNOCOMPETENT Nom et prénom du prescripteur Coller ici l’étiquette du patient N° de poste : Signature du prescripteur : Service : UF N°: jours A FAXER A LA PHARMACIE AU 46004 modèle d’ordonnance valable jusqu’au 30/09/2005 cocher Fungizone §$ péricardite* mg/24h CTJ : FUN inj=5-10 € Date de l’ordonnance : | ___| ___| ___| Date de début du traitement : | ___| ___| ___| Date prévue d’arrêt du traitement : | ___| ___| ___| Ordonnance pour : 7 jours o moins o (en clair) : Poids : kg Insuffisance rénale : oui o non o (créatinine > 25 mg/l ou clairance < 25 ml/min) endocardite**§§$ mg/24h Aucune indication en première intention pour : Abelcet, Ambisome, Ancotil, Cancidas, Sporanox, Triflucan, Vfend MONOTHERAPIE : 1 seule molécule doit être prescrite * drainage péricardique avec débridement, voire résection ; § durée du traitement : 2 à 14 semaines (avis d’experts pour traitements prolongés) ; $ avis d’experts indispensable pour une alternative thérapeutique ; ** remplacement valvulaire précoce ; §§ durée du traitement : au moins 6 semaines post-opératoires. Fungizone IV, 1 adm/j : 1 mg/kg/24h Dernière mise à jour : le 4 novembre 2004 57 IF 20-1 :TRAITEMENT PROBABILISTE D’UNE MYCOSE SYSTEMIQUE Il s’agit des propositions de traitement curatif de type probabiliste des experts lillois, en l’absence de données convaincantes de la littérature. • • Attendu que : ♦ il n’existe dans la littérature aucun élément objectif permettant de dégager les indications précises de ce traitement curatif probabiliste. ♦ les experts américains suggèrent qu’un traitement probabiliste peut être utile chez un patient présentant à la fois une colonisation fongique (de préférence au niveau de plusieurs sites), de multiples facteurs de risque tels que ceux rapportés et une fièvre inexpliquée. ♦ la nature exacte du traitement antifongique probabiliste n’a pas été définie. Il paraît raisonnable d’adopter la stratégie thérapeutique suivante : ♦ Un traitement curatif antifongique peut être instauré de façon probabiliste chez les patients présentant A LA FOIS : − Une fièvre inexpliquée et résistante à un traitement antibactérien bien conduit − Deux facteurs de risque majeur ou un facteur majeur et deux mineurs § Sont considérés comme majeurs, les éléments suivants ∗ neutropénie < 500/mm3 pendant plus de 10 jours consécutifs ∗ antibiothérapie à large spectre ayant duré au moins 6 jours ∗ perforation digestive persistante ∗ hémodialyse § Sont considérés comme mineurs les éléments suivants : ∗ alimentation parentérale ∗ cathéter veineux central ∗ corticothérapie − Une colonisation fongique § touchant au moins 2 sites non contigus parmi les sites suivants : bouche, trachée, urines, selles, aisselles. § ces sites doivent faire l’objet d’une recherche de colonisation 1 fois par semaine, en présence d’un sepsis. − la présence d’un taux sérique d’antigène de candida et/ou d’anticorps anti-Candida significativement plus élevé que le taux d’entrée. § Un dosage sérique initial, de référence, à l’admission, des antigènes et anticorps doit être réalisé chez tout patient admis en réanimation pour une durée de séjour prévisible de plus de 48 heures § un nouveau dosage sérique des antigènes et anticorps doit être réalisé en cas de sepsis inexpliqué. ♦ Si le traitement est instauré de façon probabiliste et urgente, le clinicien doit a posteriori faire la preuve du bien fondé de sa démarche. Ainsi, si les prélèvements microbiologiques éliminent une colonisation fongique touchant 2 sites non contigus, ou si le taux sérique d’antigène de candida et/ou d’anticorps anti-Candida n’est pas significativement plus élevé qu’à l’entrée, une désescalade avec arrêt du traitement antifongique s’impose. Dernière mise à jour : le 4 novembre 2004 58 IF 20-2 :TRAITEMENT PROBABILIS TE D’UNE MYCOSE SYSTEMIQUE ♦ Le traitement probabiliste est identique en tous points à celui recommandé pour le traitement documenté des candidémies. − Le choix initial de l’antifongique utilisé dépend du patient : § Chez un patient n’ayant pas reçu récemment d’azolés, le fluconazole (Triflucan) IV à la posologie de 12 mg/kg/j est préconisé. § Chez un patient ayant reçu récemment des azolés ∗ en l’absence d’une insuffisance rénale (créatinine < 25 mg/l ou 220 µmol/l ou clairance > 25 ml/min.) et chez un patient ne recevant pas de façon concomitante une thérapeutique néphrotoxique (aminosides, ciclosporine, cisplatine, colimycine, foscarnet, glycopeptides, pentamidine, ...), l’AmB-D (Fungizone) est proposée à la posologie de 1 mg/kg/j, en l’absence de contre-indications. ∗ En présence d’une insuffisance rénale (créatinine > 25 mg/l ou 220 µmol/l ou clairance < 25 ml/min.) ou chez un patient recevant de façon concomitante au moins une thérapeutique néphrotoxique (ciclosporine, foscarnet, glycopeptides, aminosides, colimycine, cisplatine, pentamidine, ...), une formulation lipidique d’amphotéricine B est préférable. Les posologies sont pour l’AmB-L (Ambisome) de 3mg/kg/j et pour l’AmB-LC (Abelcet) de 5mg/kg/j. − En cas d’identification ultérieure d’une espèce de Candida sp., une première adaptation thérapeutique est envisageable (si il n’y a pas de risque de résistance acquise aux azolés). § C. albicans, C. tropicalis et C. parapsilosis : fluconazole (Triflucan) à 6mg/kg/j, ou AmB-D (Fungizone) de 0,6 à 1 mg/kg/j selon que le patient est stable ou instable (A1), ou AmB-L (Ambisome) de 3mg/kg/j et pour AmB-LC (Abelcet) de 5mg/kg/j. § C. glabrata, C krusei: AmB-D (Fungizone) à 1 mg/kg/j (B3) ou AmB-L (Ambisome) à 5 mg/kg/j ou AmB-LC (Abelcet) à 5 mg/kg/j, ou voriconazole (Vfend) IV à 6 mg/kg/12h à J1 puis 4 mg/kg/12h. § C. lusitaniae : fluconazole (Triflucan) à 6mg/kg/j (B3). − Dès que la sensibilité de la souche responsable est connue, une adaptation définitive du traitement doit être envisagée. Ainsi, l’AmB-D ou ses formulations lipidiques doivent être remp lacées, si cela est possible, par le fluconazole (B3). Le relais oral doit être rapide pour le fluconazole et le voriconazole. − Retrait de tous les cathéters vasculaires, dans la mesure du possible, qu’ils soient artériels ou veineux, centraux ou périphériques (B2). − La durée optimale du traitement probabiliste est de 2 semaines après l’obtention de l’apyrexie (A3). Remarques du groupe d’experts : le suivi sérologique systématique des patients de réanimation, hors ceux présentant un sepsis inexpliqué, ne semble pas justifié. Dernière mise à jour : le 4 novembre 2004 IF 20-1 et IF 20-2: TRAITEMENT PROBABILISTE D’UNE CANDIDOSE SYSTEMIQUE CHEZ LE PATIENT IMMUNOCOMPETENT DE REANIMATION ET DE CHIRURGIE VISCERALE 59 Facteurs de risque majeurs neutropénie < 500/mm3 pendant plus de 10 jours consécutifs antibiothérapie à large spectre ayant duré au moins 6 jours perforation digestive persistante Hémodialyse facteurs de risque: 2 majeur ou 1 majeur et 2 mineurs ET fièvre inexpliquée résistante à un traitement antibactérien bien conduit ET colonisation fongique d’au moins 2 sites non contigus ET taux sérique d’antigène de candida et/ou d’anticorps anti-Candida significativement > au taux d’entrée* Facteurs de risque mineurs Alimentation parentérale Cathéter veineux central Corticothérapie Sites non contigus : bouche trachée urines selles aisselles Ces sites doivent faire l’objet d’une recherche de colonisation 1 fois par semaine, en présence d’un sepsis. Oui** non Traitement initial identique à celui d’une candidémie chez un patient immunocompetent cf IF 11-1 Évaluation à J7 oui Échec Si possible, retrait de tous les cathéters vasculaires (artériels, veineux, centraux, périphériques). * Un dosage sérique initial, de référence, à l’entrée, des antigènes et anticorps doit être réalisé chez tout patient admis en réanimation pour une durée de séjour prévisible de plus de 48 heures Un nouveau dosage sérique des antigènes et anticorps doit être réalisé en cas de sepsis inexpliqué. non Poursuite du traitement cf IF 11-1 et IF11-2 Abstention thérapeutique Remplacement de Fungizone R IV ou TriflucanR par AmbisomeR , ou AbelcetR, ou VfendR , ou CancidasR, , voire association antifongiques Avis d’un expert ** si le traitement est instauré de façon probabiliste et urgente, le clinicien doit, a posteriori, faire la preuve du bien fondé de sa démarche. Ainsi, si les prélèvements microbiologiques élim inent une colonisation fongique touchant 2 sites non contigus, ou si le taux sérique d’antigène de candida et/ou d’anticorps anti-Candida n’est pas significativement plus élevé qu’à l’entrée, l ’arrêt du traitement antifongique s’impose. Durée du traitement: Au moins 2 semaines après l’obtention de l’apyrexie. Dernière mise à jour : le 4 novembre 2004 60 PHARMACIE CENTRALE DU CHRU DE LILLE Ordonnance d’antifongiques délivrés pour 7 jours de traitement maximum TRAITEMENT PROBABILISTE* D’UNE CANDIDOSE SYSTEMIQUE Nom et prénom du prescripteur CHEZ LE PATIENT IMMUNOCOMPETENT DE REANIMATION ET DE CHIRURGIE VISCERALE Coller ici l’étiquette du patient Service : N° de poste : Signature du prescripteur : UF N°: Date de l’ordonnance : | ___| ___| ___| Date de début du traitement : | ___| ___| ___| Date prévue d’arrêt du traitement : | ___| ___| ___| Ordonnance pour : 7 jours o moins o (en clair) : Poids : kg Insuffisance rénale : oui o non o (créatinine > 25 mg/l ou clairance < 25 ml/min) oui fièvre inexpliquée et résistante à un traitement antibactérien bien conduit facteur de risque majeur neutropénie < 500/mm3 pendant plus de 10 jours consécutifs antibiothérapie à large spectre ayant duré au moins 6 jours perforation digestive persistante hémodialyse facteurs de risque mineurs alimentation parentérale cathéter veineux central corticothérapie colonisation fongique bouche trachée urines selles aisselles présence d’un taux sérique d’antigène de candida et/ou d’anticorps anti- non Observations : jours A FAXER A LA PHARMACIE AU 46004 modèle d’ordonnance valable jusqu’au 30/09/2005 Au total fièvre inexpliquée et résistante à un traitement antibactérien bien conduit 2 facteurs de risque majeurs 1 facteur de risque majeur et 2 facteurs de risque mineurs 1 colonisation fongique de deux sites non contigu taux sérique d’antigène de candida et/ou d’anticorps anti-Candida significativement plus élevé que le taux d’entrée oui non Indication d’un traitement probabiliste Dernière mise à jour : le 4 novembre 2004 61 Coller ici l’étiquette du patient Candida significativement plus élevé que CENTRALE le taux d’entrée. PHARMACIE DU CHRU DE LILLE Ordonnance d’antifongiques délivrés pour 7 jours de traitement maximum CHEZ LE PATIENT IMMUNOCOMPETENT DE REANIMATION ET DE CHIRURGIE VISCERALE cocher Fungizone Abelcet Ambisome Triflucan IV**** Triflucan PO mg/24h mg/24h mg/24h mg/24h Vfend IV**** Vfend PO souche de sensibilité inconnue ET pas de traitement antérieur par azolés souche de sensibilité inconnue ET/OU traitement antérieur par azolés ET fonction rénale normale ET pas de traitement néphrotoxique concomitant** mg/24h souche de sensibilité inconnue ET/OU traitement antérieur par azolés ET insuffisance rénale OU traitement néphrotoxique concomitant mg/24h Identification de C. albicans, C. tropicalis et C. parapsilosis ET absence de traitement antérieur par azolés Identification de C. albicans, C. tropicalis et C. parapsilosis ET traitement antérieur par azolés ET fonction rénale normale ET pas de traitement néphrotoxique concomitant*** Identification de C. albicans, C. tropicalis et C. parapsilosis ET traitement antérieur par azolés ET insuffisance rénale OU traitement néphrotoxique concomitant Identification de C. glabrata et C krusei ET fonction rénale normale ET pas de traitement néphrotoxique concomitant** Identification de C. glabrata et C krusei ET insuffisance rénale OU traitement néphrotoxique concomitant Identification de C. lusitaniae mg/24h mg/24h mg/24h mg/24h mg/24h mg/24h mg/24h mg/24h mg/24h CTJ : ABE=438 €; AMB=600 €; FUN inj=5-10 €; TRI inj=48 €; TRI po=27 €; VFE inj=451 €; VFE po=86 € TRAITEMENT PROBABILISTE* D’UNE CANDIDOSE SYSTEMIQUE mg/24h mg/24h Aucune indication pour : Ancotil, Sporanox MONOTHERAPIE : 1 seule molécule doit être prescrite. Le traitement probabiliste est identique en tous points à celui recommandé pour le traitement curatif des candidémies. Si le traitement est instauré de façon probabiliste et urgente, le clinicien doit a posteriori faire la preuve du bien fondé de sa démarche. Si la colonisation fongique touchant 2 sites non contigus n’est pas prouvée ou si le taux sérique d’antigène de candida et/ou d’anticorps anti-Candida n’est pas significativement plus élevé qu’à l’entrée, l’arrêt du traitement antifongique s’impose. * durée du traitement : 15 jours après l’obtention de l’apyrexie ; **** relais oral dès que possible pour Triflucan et Vfend Fungizone IV, 1 adm/j : ** 1 mg/kg/24h *** 0,6 mg/kg/24h Abelcet IV, 1 adm/j : 5 mg/kg/24h Ambisome IV, 1 adm/j : 3 mg/kg/j Triflucan IV, 1 adm/j : pour les deux formes Triflucan PO, 1 adm/j : 12mg/kg/j après identification 6mg/kg/j Vfend IV*, 2 adm./j : 12 mg/kg/24h J1 puis 8 mg/kg/24h Vfend PO , 2 adm./j : adulte < 40 kg : 400 mg/24 h J1 puis 200 mg/24h à jour le 4 novembre 2004 adulte > 40 kg : Dernière 800 mg/24 mise h J1 puis 400:mg/24 h enfant > 2 ans : 12 mg/kg/24 h J1 puis 8 mg/kg/24h 62 IF 21 :TRAITEMENT PROPHYLACTIQUE DES INFECTIONS A CANDIDA SP. • • En l’absence de données pertinentes pouvant justifier une prophylaxie antifongique systématique en réanimation médico-chirurgicale, la prophylaxie antifongique doit être réservée aux patients présentant une perforation digestive persistante et au moins UN facteur de risque majeur et DEUX facteurs de risque mineur : ♦ Sont considérés comme majeurs, les éléments suivants − neutropénie < 500/mm3 pendant plus de 10 jours consécutifs − antibiothérapie à large spectre ayant duré au moins 6 jours − hémodialyse ♦ Sont considérés comme mineurs les éléments suivants : − alimentation parentérale − cathéter veineux central − corticothérapie Le fluconazole (Triflucan), à raison de 400 mg/j est proposé. Dernière mise à jour : le 4 novembre 2004 IF 21: TRAITEMENT PROPHYLACTIQUE D ’UNE CANDIDOSE SYSTEMIQUE CHEZ LE PATIENT IMMUNOCOMPETENT DE REANIMATION ET DE CHIRURGIE VISCERALE 63 Traitement prophylactique acteurs de risque majeurs neutropénie < endant plus de onsécutifs antibiothérapie pectre ayant moins 6 jours hémodialyse 500/mm3 10 jours à large duré au perforation digestive persistante ET facteurs de risque: 1 majeur et 2 mineurs acteurs de risque mineurs alimentation parentérale cathéter veineux central corticothérapie oui Indication de prophylaxie TriflucanR IV ou per os* 400 mg/j non Pas d’indication de prophylaxie * enfant : 12 mg/kg/j Dernière mise à jour : le 4 novembre 2004 64 PHARMACIE CENTRALE DU CHRU DE LILLE Ordonnance d’antifongiques délivrés pour 7 jours de traitement maximum P ROPHYLAXIE ANTIFONGIQUE CHEZ LE PATIENT IMMUNOCOMPETENT Observations : Nom et prénom du prescripteur DE REANIMATION ET DE CHIRURGIE VISCERALE Coller ici l’étiquette du patient Service : UF N°: Date de l’ordonnance : | ___| ___| ___| Date de début du traitement : | ___| ___| ___| Date prévue d’arrêt du traitement : | ___| ___| ___| Ordonnance pour : 7 jours o moins o (en clair) : Poids : kg Insuffisance rénale : oui o non o (créatinine > 25 mg/l ou clairance < 25 ml/min) N° de poste : Signature du prescripteur : jours A FAXER A LA PHARMACIE AU 46004 modèle d’ordonnance valable jusqu’au 30/09/2005 CTJ : TRI inj=48 €; TRI vo=27 € oui non perforation digestive persistante facteur de risque majeur (au moins 1) neutropénie < 500/mm3 pendant plus de 10 jours consécutifs antibiothérapie à large spectre ayant duré au moins 6 jours hémodialyse facteurs de risque mineurs (au moins 2) alimentation parentérale cathéter veineux central corticothérapie Indication d’une prophylaxie antifongique cocher Triflucan IV* Triflucan PO prophylaxie antifongique mg/24h Aucune indication pour : Abelcet IV Ambisome IV Ancotil, Cancidas, Fungizone IV Sporanox Vfend MONOTHERAPIE : 1 seule molécule doit être prescrite. Triflucan IV, 1 adm/j : 400 mg/24h * relais oral dès que possible pour Triflucan IV Triflucan PO, 1 adm/j : 400 mg/24h enfant : 12 mg/kg/24h pour les 2 formes mg/24h Dernière mise à jour : le 4 novembre 2004 65 Prise en charge diagnostique et thérapeutique des infections à Aspergillus sp. chez le patient de pneumologie • ASPERGILLOSE PULMONAIRE INVASIVE * • ASPERGILLOSE BRONCHOPULMONAIRE ALLERGIQUE. * Le patient de pneumologie présentant une aspergillose pulmonaire (invasive ou aspergillome) doit être pris en charge comme un patient immunodéprimé (cf IF 1 à IF 10). Dernière mise à jour : le 4 novembre 2004 66 IF 22:TRAITEMENT D’UNE ASPERGILLOSE BRONCHOPULMONAIRE ALLERGIQUE • • • • éviction nécessaire prednisone ou prednisolone par voie orale ♦ à la posologie initiale de 0,5 à 1 mg/kg/j pendant 15 jours ♦ puis dose administrée de façon dégressive avec un suivi de l’éosinophilie, des taux d’IgE totales, de la radiographie de thorax et de la fonction respiratoire. itraconazole (Sporanox) à la posologie de 200 à 400 mg par jour, à adapter en cas d’insuffisance hépatique avis d’expert pneumologue indispensable Dernière mise à jour : le 4 novembre 2004 IF 22: PRISE EN CHARGE DE L’ASPERGILLOSE BRONCHOPULMONAIRE ALLERGIQUE 67 Critères majeurs : Asthme Infiltrats pulmonaires Éosinophilie sanguine >500 élts/mm3 IgE totales élevées et IgE spécifiques envers Aspergillus fumigatus Tests cutanés positifs envers Aspergillus fumigatus en lecture immédiate Présence d’anticorps précipitants envers Aspergillus fumigatus Présence de bronchectasies proximales Critères mineurs : Présence d’Aspergillus fumigatus dans l’expectoration Présence de moules bronchiques dans l’expectoration Test cutané positif envers Aspergillus fumigatus en lecture retardée Durée du traitement: avis pneumologique indispensable Diagnostic d’aspergillose bronchopulmonaire allergique 7 critères majeurs OU 6 critères majeurs et 1 mineur non* oui* éviction nécessaire ET prednisone ou prednisolone per os de 0,5 à 1 mg/kg/j pendant 15 jours** ET Sporanox R solution orale 200 à 400 mg/j Abstention thérapeutique * avis pneumologique indispensable **puis dose administrée de façon dégressive avec un suivi de l’éosinophilie, des taux d’IgE totales, de la radiographie de thorax et de la fonction respiratoire. Dernière mise à jour : le 4 novembre 2004 68 PHARMACIE CENTRALE DU CHRU DE LILLE Ordonnance d’antifongiques délivrés pour 7 jours de traitement maximum ASPERGILLOSE BRONCHOPULMONAIRE ALLERGIQUE* Coller ici l’étiquette du patient Service : Observations : Nom et prénom du prescripteur UF N°: Date de l’ordonnance : | ___| ___| ___| Date de début du traitement : | ___| ___| ___| Date prévue d’arrêt du traitement : | ___| ___| ___| Ordonnance pour : 7 jours o moins o (en clair) : Poids : kg Insuffisance rénale : oui o non o (créatinine > 25 mg/l ou clairance < 25 ml/min) N° de poste : Signature du prescripteur : jours A FAXER A LA PHARMACIE AU 46004 modèle d’ordonnance valable jusqu’au 30/09/2005 Sporanox mg/24h Aucune indication pour : Abelcet IV Ambisome IV Ancotil, Cancidas, Fungizone IV, Triflucan, Vfend * durée de traitement : avis pneumologique indispensable Sporanox solution orale : adulte : 400 mg/24h enfant : 5 mg/kg/24h Dernière mise à jour : le 4 novembre 2004 CTJ : SPO gél=20 € cocher Aspergillose bronchopulmonaire allergique 69 COÛTS THEORIQUES DES TRAITEMENTS JOURNALIERS ANTIFONGIQUES 2004-2006 spécialités ABELCET AMBISOME ANCOTIL 2,5g injectable ANCOTIL comprimé CASPOFUNGIN FUNGIZONE injectable FUNGIZONE gélule SPORANOX gélule TRIFLUCAN injectable TRIFLUCAN voie orale VFEND injectable VFEND voie orale C.T.J. (Coûts de Traitement Journaliers) 438 euros (pour une posologie de 5mg/kg/j) 600 euros (pour une posologie de 3mg/kg/j) 230 euros (pour une posologie de 150mg/kg) 10 euros (pour une posologie de 150mg/kg) 488 euros en traitement d’entretien 5-10 euros 1 euro 20 euros 48 euros 27 euros (pour une posologie de 400mg/j) 451 euros 86 euros Dernière mise à jour : le 4 novembre 2004 70 Coût de traitement journalier des antifongiques systémiques chez l’enfant et l’adulte MÉDICAMENT Abelcet Ancotil Ambisome Cancidas Fungizone Sporanox Triflucan IV Triflucan PO Vfend IV Vfend PO CTJ Enfant 10 kg CTJ Enfant 30 kg CTJ Adulte 70 kg CTJ Adulte 70 kg (En flacon) 121 242 438 487 53 107 230 272 141 282 600 705 488 488 488 488 5 5 5-10 10 4 12 20 26 22 46 48 46 8 24 27 27 158 316 451 474 20 52 86 86 Dernière mise à jour : le 4 novembre 2004