Étude qualitative du marché 2011 des pompes à chaleur
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Étude qualitative du marché 2011 des pompes à chaleur
Étude qualitative du marché 2011 des pompes à chaleur individuelles en France E-‐mail : observ.er@energies-‐renouvelables.org Décembre 2012 Étude qualitative du marché Méthodologie de l’étude Cette étude sur des interviews réalisées auprès de professionnels de la filière des pompes à chaleur individuelles intervenant sur le marché français. Ces interviews, d’une durée de 60 minutes environ, ont été réalisées par téléphone suivant un guide préétabli. Ce guide d’entretien portait sur les thèmes suivants : -‐ la perception du marché français au cours des deux dernières années (2011 et 2010). Plus précisément, l’évolution des ventes d’équipements en 2010, la structuration du marché, les tendances de vente actuelles et les axes de développement ; -‐ la perception du label QualiPAC ; -‐ la perception de l’action des pouvoirs publics Les contacts identifiés proviennent de la base de données d’Observ’ER. Ils ont été sélectionnés de façon à couvrir une variété de profils sur les critères suivants : type de structure, champ d’activité, taille et ancienneté sur le marché du solaire thermique. I. Evolution de la perception du marché 1 – 2011, une année sans grand changement par rapport à 2010, marquée par un léger recul des pompes à chaleur aérothermiques et une diminution toujours plus importante des ventes de pompes à chaleur géothermiques L’année 2011 ne restera pas dans les annales de l’histoire du marché français des pompes à chaleur. Bien que de façon atténuée par rapport à 2010, l’année 2011 aura été caractérisée par les mêmes tendances : une quasi-‐stagnation du marché des pompes aérothermiques, insuffisante pour empêcher le recul global du marché entraîné par la diminution plus importante des ventes de pompes à chaleur géothermiques. « En 2010, le marché était en forte baisse par rapport à 2009 dont le 1er trimestre avait été anormalement exceptionnel. 2011 est une année à peu près stable, sans grande évolution par rapport à 2010, avec les mêmes tendances, toujours à la baisse pour la géothermie et relativement stable pour l’aérothermie. » « En 2011, nous avons subi une chute des ventes de la partie géothermie, partiellement compensée par la vente des PAC aérothermie, plus faciles à installer.» « Pour ce qui nous concerne, nous avons enregistré une baisse de nos ventes de PAC en 2011 par rapport à 2010 et les baisses successives sur les crédits d’impôts n’ont certainement pas aidé ». « 2011, c’est l’amortissement de la chute de 2010 ». « Pour ce qui nous concerne, les volumes de ventes ont stagné en 2011 par rapport à 2010 et semblent très légèrement en progression en 2012 par rapport à 2011 ». « Depuis 2010 nous sommes en progression, surtout dans le neuf avec les petites puissances et notre progression se confirme en 2012 mais nous sommes encore loin d’être un acteur de référence. Nous débutons et partons donc de pas grand-‐chose même si nous avons élargi notre offre en quatre ans. ». 2 -‐ 2012, en phase de stabilisation suite à la chute initiée fin 2009 pour l’atteinte d’un niveau de croisière du marché D’ici à la fin de l’année 2012, les fabricants projettent, pour les uns une très légère baisse de l’activité par rapport à l’année 2011, pour les autres une stabilisation des ventes, voire une infime progression. Mais tous sont unanimes, les deux grands bénéficiaires de cette quasi-‐stagnation sont le secteur du neuf et le split encore appelé bi-‐bloc1. 1 Une pompe à chaleur peut se présenter sous la forme de deux entités distinctes : l’une est située à l’extérieur et capte les calories tandis que l’autre, située à l’intérieur, diffuse la chaleur. C’est ce qu’on appelle pompe à chaleur « En 2012, nous observons la même tendance qu’en 2011, c’est-‐à-‐dire une très légère progression de l’aérothermie et une baisse de la géothermie mais avec une accélération de la chute de la géothermie. » . « En 2012, c’est un peu mieux que 2011. Nous pensons terminer l’année avec une progression d’environ 5% ». « En ce qui nous concerne, nous avons eu un peu plus d’activité en 2012 qu’en 2011, notamment avec les petites pompes à chaleur air/eau basse température». « En 2012, le marché [des PAC air/eau] se repositionne doucement sur un rythme de croisière de 50 000 à 60 000 pièces. On est en phase de stabilisation de la chute initiée fin 2009 ». « En 2012, je pense que nous finirons l’année avec une petite baisse de 2 % par rapport à 2011 alors que le début d’année avait plutôt bien commencé jusqu’à juillet/août mais est en diminution depuis. L’année aura été marquée par une forte domination du split et du neuf au détriment du monobloc2 et de la rénovation » « Mêmes tendances chaque année : une perte importante pour le monobloc, relative pour la géothermie et une progression de la petite pompe à chaleur dans le neuf, portée par les maisons BBC mais nous ne devons tout de même pas oublier que la France est toujours le premier marché européen pour la pompe à chaleur, et ce depuis trois ans ! » « Depuis deux ou trois ans, le marché de la pompe à chaleur diminue pour plusieurs raisons : parce que les aides du Gouvernement ont baissé et qu’on est sur un produit qui demeure plus cher qu’une chaudière à condensation gaz en matière d’investissement de départ, que malgré les qualifications et l’organisation de la filière, il reste encore quelques contre-‐références et que le prix du produit reste globalement trop élevé. C’est pourquoi, nous travaillons beaucoup pour accélérer et simplifier la rapidité d’installation des pompes à chaleur et réduire ainsi leur coût installé chez le client ». . 3 – Qu’en est-‐il des prévisions d’évolution du marché des PAC à court et moyen termes ? bibloc. Contrairement à la PAC monobloc, la pompe à chaleur bibloc a son condenseur à l’intérieur de l’habitation. 2 Une pompe à chaleur monobloc regroupe condenseur et évaporateur au sein d’une seule entité située à l’extérieur de la maison. La PAC réchauffe l’eau qui va ensuite circuler dans le réseau de chauffage. « Nous misons sur un redémarrage réel fin 2013, début 2014 grâce à la RT 2012 car il faut toujours prendre en compte un temps d’inertie entre l’entrée en vigueur d’une réglementation et ses premiers effets ». « C’est le coût de l’énergie qui compte et le retour sur investissement. Le coût de l’électricité a aussi une incidence. Du coup, on attend une reprise de la PAC plutôt vers 2014-‐2015. 2013 sera une année de gestion et d’attente ! » . « La reprise de la pompe à chaleur, notamment du monobloc et de la géothermie, nous ne l’attendons pas avant qu’il y ait l’adoption d’une réglementation qui concerne le secteur de la rénovation, que nous sortions de la crise économique et à condition que le prix du baril soit toujours élevé. Autrement dit, nous n’escomptons pas de réelle progression de ces deux types de pompes à chaleur avant 2015/2016. » 4 – Des évolutions plus spécifiques à chaque type de marché Les PAC géothermiques : les fabricants ne peuvent que confirmer les mauvais chiffres de ces trois dernières années et ils expliquent la baisse des ventes de pompes à chaleur géothermiques par trois facteurs principaux : − Le coût d’investissement plus élevé (malgré un bon temps de retour permis par la performance des PAC géothermiques), − La diminution des superficies de terrains disponibles autour des maisons, − La plus grande complexité d’installation de ces machines (par rapport aux PAC aérothermiques). « Les PAC géothermiques souffrent d’une moins bonne visibilité que les PAC aérothermiques qui bénéficient, elles, d’une communication plus importante. Certaines personnes ne connaissent même pas l’existence de la géothermie. En outre, cette technologie subit peut être également un retrait en raison du rétrécissement des terrains liés à l’augmentation du prix du m2 et aux contraintes de mise en place. Enfin, il y a aussi sans doute l’aspect économique puisque la main d’œuvre et le coût d’installation des PAC géothermiques est plus élevé. En période de crise plus encore qu’en temps normal, même si les rendements des PAC géothermiques sont meilleurs que ceux d’autres équipements de chauffage, les consommateurs focalisent sur le coût d’investissement et non sur le coût de fonctionnement ! ». « Le Service Après-‐Vente est très lourd sur les pompes à chaleur géothermiques à cause de tous les éléments extérieurs que nous ne maîtrisons pas, nous fabricants mais qui sont de la responsabilité de l’installateur. Techniquement, nous pensons que cette solution n’a pas d’avenir et c’est la raison pour laquelle nous ne nous sommes jamais engagés dans cette voie ». « Les ventes de pompes à chaleur géothermiques s’effondrent selon nous pour deux raisons principales : parce qu’elles sont plus coûteuses en investissement de départ et par manque de place sur les terrains mais nous croyons qu’à moyen-‐terme, c’est-‐à-‐dire à l’horizon 2015-‐2016, ce type de pompes à chaleur pourrait avoir une seconde vie car elles peuvent être particulièrement performantes et intéressantes pour des maisons groupées et pour le secteur tertiaire. En outre, et c’est plutôt une bonne chose, beaucoup d’aides semblent s’annoncer pour le développement de cette filière. Il est même question d’une « stratégie de développement de la géothermie » dans l’article n° 713 de ThermPress du 19 novembre dernier. » « Les contraintes d’installation et les coûts expliquent pourquoi le marché des PAC géothermiques diminue, même si cette technologie est efficace. » Les PAC aérothermiques : la domination écrasante des splits, du neuf et des PAC air/eau. « En aérothermie, le split a vraiment pris le pas sur le monobloc tandis que le basculement des grosses puissances vers des plus petites est bien confirmé. Le marché de la PAC est actuellement soutenu par le résidentiel neuf et les maisons BBC ». « En 2011, le volume des ventes de PAC aérothermiques a diminué comme c’est le cas depuis fin 2008 surtout à cause de la baisse des PAC air/air non compensée par la légère augmentation des ventes de PAC air/eau que nous avons enregistrée. Quant à 2012, le marché semble atteindre son niveau de croisière et stagner autour de 50 000 pompes air/eau ». « Le marché a clairement pris l’orientation du neuf grâce à la BBC et à la RT 2012, d’où une baisse générale des puissances unitaires des PAC. La RT 2012, ça va être essentiellement des chaudières à condensation gaz mixées avec des ENR, type solaire thermique ou bien des pompes à chaleur.» . « A court terme, l’aérothermie est plus adaptée à la situation économique que nous connaissons aujourd’hui que la géothermie car ses coûts d’installation sont moins élevés, surtout dans le résidentiel individuel » . « Ce qui est notable ces dernières années, c’est la très forte progression du split surtout au détriment du monobloc, et, dans une moindre mesure, au détriment de la géothermie qui reste aux alentours de 12 % à 13 % du marché. « Ce que l’on constate depuis déjà trois ou quatre années, c’est la progression importante du bi-‐bloc au détriment du monobloc. Les bi-‐blocs sont nettement plus efficaces et performants et l’installation des monoblocs présente un inconvénient supplémentaire puisqu’il faut glycoler les réseaux d’eau » 5 -‐ Quid de l’évolution des prix ? Comme les années précédentes, les fabricants ne partagent pas tous le même avis sur l’évolution du prix des PAC mais globalement, la tendance semble être à la baisse, même si certains pensent qu’il existe encore des possibilités de réduction supplémentaires dans les années à venir. « Les prix des PAC en 2011 et 2012 ont baissé, pas seulement à cause de la baisse du crédit d’impôt mais parce que tous les prix ont baissé, que la concurrence a augmenté et que le marché s’est durci. Dans les catalogues, les prix des PAC ont suivi l’inflation (+ 1 à 2 %) mais au global, les prix ont diminué grâce aux promotions de -‐25 % par ci et aux remises de 700 € par là ! Et puis, l’on constate une augmentation des achats de produits « entrée de gamme » donc moins chers, et ce quels que soient les produits, y compris les voitures et les écrans plats. » « Il n’y a pas eu de variations des prix importantes. C’est le statut quo sur les deux dernières années. . « Aujourd’hui, le prix du matériel a tendance à baisser et le prix d’installation à stagner » . « Il y a eu une baisse des prix des PAC pour le client final au cours de ces dernières années. » « On observe une diminution des prix et un retour à des prix plus raisonnables avec des promotions de la part des installateurs dont les fabricants sont à l’origine. « Sur les deux dernières années, la crise à tout de même engendré une stagnation des prix des PAC mais je trouve que les prix demeurent encore assez élevés au regard de ce qu’il y a dedans ! . « Les prix sont stables, voire ont légèrement baissé. Les distributeurs ont repris un peu de marge mais les fabricants ont concédé de fortes baisses. » 6 – Structuration du marché • Des acteurs français spécialistes des pompes à chaleur en difficulté, notamment face à une concurrence forte des sociétés asiatiques et des acteurs de la climatisation « Ces deux -‐ trois dernières années, le marché a surtout été marqué par la disparition de France géothermie et les restructurations lourdes d’Avenir Energie-‐Danfoss » « C’est évident qu’il va y avoir d’autres disparitions que France Géothermie, Airmat, etc., notamment chez ceux qui ne font que de la pompe à chaleur. C’est une filière sur le fil au regard des investissements à réaliser ! On gagne très peu et on a des mastodontes en face de nous : Daikin, Atlantic et Mitsubishi ! » « Ce sont les acteurs historiques, c’est-‐à-‐dire les Européens tels que Ciat ou Technibel qui souffrent le plus face à la concurrence des asiatiques et plus particulièrement des japonais ». . « Je ne pense pas qu’il y ait eu vraiment de nouveaux arrivants sur le marché mais plutôt une re-‐concentration des principaux fabricants avec des forces de frappe importantes ». « Au cours de ces trois ou quatre dernières années, on note surtout l’arrivée en force des entreprises du froid et de la climatisation, c’est-‐à-‐dire les japonais tels qu’Hitachi, Panasonic et, dans une moindre mesure de LG et la disparition des petits fabricants français qui n’ont pas été rachetés par de grands groupes (Airpac et Amzair en redressement judiciaire, Climasol en difficulté, France Géothermie en cessation d’activité) ». . « Beaucoup de gens étaient dans le domaine de la climatisation comme Panasonic, Hitachi et Toshiba et s’affirment aujourd’hui de façon de plus en plus agressive dans les pompes à chaleur. LG, le Coréen est aussi présent depuis trois ou quatre ans même s’ils ont un peu plus de mal que les trois précédents. » « Ce qui est frappant depuis 2011 c’est de voir la guerre que se livrent les deux principaux acteurs du marché, Daikin et Atlantic, avec pour le dernier, une dépense de moyens considérables, notamment en marketing et publicité. » • Les canaux de distribution privilégiés : grossistes et installateurs non exclusifs Exception faite d’un fabricant qui fabrique et installe lui-‐même les PAC qu’il vend chez ses clients, tous les autres passent soit par la vente à des grossistes, majoritairement plombiers-‐chauffagistes, soit par la vente directe à des installateurs non exclusifs. « En termes de vente, sur le marché du résidentiel, nous vendons 60 % de nos pompes à chaleur à des grossistes de la climatisation et/ou de la plomberie et 40 % à des installateurs tandis que sur le marché tertiaire, toutes nos PAC sont vendues directement aux installateurs ». « L’entreprise vend 100 % de ses PAC à des grossistes du chauffage tel que Richardson » « Le Groupe réalise 98 % de ses ventes à des grossistes chauffagistes du type Excel, Sonepar, Brossette, etc ». « Nous vendons 70 % de nos pompes à chaleur à des grossistes (Brossette, St Gobin, Rexel, Sonepar, GFF, IDClim et FRT) et les 30 % restants représentent de la vente directe à des réseaux d’installateurs structurés (type Le Gazel, Climaticiens de France, etc.) ». « Nous pratiquons majoritairement la vente directe aux installateurs (à 60 %) mais nous continuons de vendre environ 40 % de nos PAC à des grossistes ». . « Au cours de ces deux dernières années, l’on constate plutôt un effet purge avec l’épuration d’abord des distributeurs qui avaient jusqu’à quatorze offres différentes, puis des installateurs. Aujourd’hui le marché s’est assaini avec des distributeurs dont le nombre moyen d’offres est plutôt autour de trois et les installateurs opportunistes ont disparu ». • Cependant, de plus en plus de gros fabricants développent des réseaux de partenaires (distributeurs et/ou installateurs) privilégiés. « Nous vendons les PAC que nous assemblons à des grossistes, libres de les revendre à n’importe quels installateurs. Cependant, nous avons un club d’installateurs Chauffagistes Experts De Dietrich que nous formons et signataires d’une charte d’engagement Expert » « La distribution traditionnelle rencontre des difficultés aujourd’hui car elle comprend trop de généralistes qui ont trop de produits à vendre et n’ont donc plus de valeur ajoutée à apporter aux clients. Ils ne sont plus capables d’apporter le service et le support technique nécessaire et s’ils n’évoluent pas vite, je leur prédis de gros problèmes, surtout sur le marché résidentiel où il y a vraiment besoin de support technique pour les installateurs. C’est la raison pour laquelle nous avons fait le choix de passer par des distributeurs exclusifs ». « Côté distribution, nous avons l’impression que cela marche mieux pour les distributeurs chauffagistes qui assurent le matelas d’activité dans les pompes à chaleur que pour les distributeurs frigoristes qui ont une palette de produits tellement large qu’ils ne mettent aucun effort particulier sur les PAC et que pour les distributeurs électriciens pour lesquels c’est plus compliqué. » « Bien que nous vendions une majorité de nos PAC à des grossistes, nous avons, comme plusieurs autres gros fabricants, créé un label « Pro-‐confort » pour nos clients VIP les plus fidèles et la formation annuelle d’installateurs à nos produits » . « De notre côté, nous faisons de la vente directe à 100 %. On fabrique et on installe chez le client » • L’émergence de nouveaux débouchés est à noter : avec la progression du neuf, les constructeurs de maisons deviennent des acteurs qui comptent « Nous travaillons de plus en plus en direct avec les constructeurs de maisons individuelles neuves, grâce au BBC » . « Le neuf ayant pris beaucoup d’importance, il y a de plus en plus d’opérations où le constructeur de maisons devient le client direct du fabriquant de pompes à chaleur avec un système de prix très verrouillé et transparent, sans négociation commerciale du distributeur ni de l’installateur. » • La grande distribution toujours absente du réseau de distribution des PAC « La vente de pompes à chaleur par la GSB, cela marche de moins en moins. Avant il y a eu quelque temps la tentative de distribution de pompes à chaleur chinoises via ce canal mais cela n’a jamais vraiment pris ». « La Grande Distribution ne va certainement pas progresser en matière de distribution de pompes à chaleur avec la nouvelle loi d’attestation sur la manipulation des fluides. ». II – Nouveaux modèles de PAC sur le marché et tendances en matière de R&D Exception faite d’un fabricant, les efforts de Recherche & Développement semblent rester importants, malgré la crise économique. « La R&D continue d’augmenter sur les PAC car on croit à ce marché-‐là et on veut se positionner dessus rapidement, surtout dans le résidentiel et, on espère un peu plus avec les PAC air/air. » « Je pense que nos efforts de R&D continuent de progresser. On travaille sur les PAC haute-‐température pour la rénovation, sur les économies d’énergie, sur la diminution des coûts et sur la réduction des niveaux sonores des machines. » « Bien que récemment arrivés sur ce marché, force est déjà de constater que d’importants progrès ont été réalisés sur les machines en quelques années, avec une meilleure prise en compte des déperditions d’énergie et un meilleur dimensionnement des pompes à chaleur ». « La R&D va de plus en plus vite. Les fabricants sont de plus en plus sur le grill et doivent s’adapter aux évolutions réglementaires, sans compter le nombre de plus en plus important de nouveaux arrivants reconnus (de type Panasonic) et la RT 2012 qui redistribue les cartes en permanence. Résultat : on a besoin de plus en plus de réactivité en matière de R&D. Les efforts de R&D que nous avons fait ces dernières années sur le comptage énergétique pour permettre aux particuliers consommateurs de savoir ce que leurs pompes à chaleur consomment, sont évidemment liés à la RT 2012 ! ». « La R&D, c’est le credo de notre Groupe et c’est aussi un de nos plus gros budgets puisque, au niveau Groupe, le budget R&D représente environ 6 % de notre chiffre d’affaires mondial » « La R&D demeure importante chez nous ». « Chez nous, les efforts en matière de R&D m’apparaissent stables, ni plus, ni moins importants ces deux -‐ trois dernières années que les précédentes. Nous n’avons pas réellement lancé de nouvelles machines sur le marché mais nous avons fait deux déclinaisons de PAC achetées à l’extérieur, une avec boîtier de contrôle plus perfectionné et l’autre avec eau chaude sanitaire. Nous prévoyons de lancer deux nouvelles gammes pour 2014 et continuons de travailler sur la mise au point de nouvelles fonctionnalités pour les PAC petites puissances, sur la régulation ainsi que sur la diminution des niveaux de bruit ». « En matière de R&D, je trouve que les performances ont assez peu évolué ces dernières années, sauf à très basse température et les gaz utilisés sont tous les mêmes, il s’agit quasiment toujours du R 410 ». « Je dirais que chez nous, la tendance est à une légère baisse des efforts de R&D et à une concentration sur les produits existants. Il faut dire aussi que nous sommes un petit acteur dans un grand groupe et que nous avons été très occupés avec les conséquences de la RT 2012 qui a un peu « cannibalisé » nos efforts pour être positionnés et référencés dans les modules de calcul ». Concernant les principaux axes de recherche, on retrouve sans surprise un certain nombre de sujets évoqués les années passées, tels que l’amélioration des performances et la diminution des coûts car les efforts de R&D sont des investissements sur le moyen-‐long terme mais certains sujets, étroitement liés aux exigences réglementaires, semblent apparaître. Des axes influencés par les réglementations « Chez nous, nous sommes essentiellement concentrés sur ce qui va nous servir par rapport aux réglementations les plus récentes, à savoir deux axes principaux : l’amélioration des performances des machines et une optimisation de la régulation, beaucoup plus adaptée à une utilisation « chauffage » et non plus à un usage détente directe. En faisant des évolutions au niveau du compresseur Inverter, nous sommes parvenus à sortir la PAC avec le meilleur COP certifié du marché à 5,04 avec maintien des performances à températures négatives ». « Le point commun entre nos trois grands pavés stratégiques ces dernières années en matière de R&D est qu’ils visent tous à l’adéquation avec toutes les réglementations thermiques » Le développement de machines haute température « Pour la rénovation, d’ici quelques années, on devrait voir progresser les PAC hautes températures de 10 à 20 kW de puissance pour remplacer des chaudières à eau très chaude pour les circuits. Nous venons d’ailleurs de sortir une PAC de 20 kW haute température qui va simplifier le travail des installateurs. » . « Bien que cela puisse paraître aller à contre-‐courant de la tendance de ces dernières années, nous avons aussi chez nous un axe privilégié de recherche dans le domaine des pompes à chaleur géothermiques car nous y croyons, même si ce n’est pas encore pour tout de suite ! » . « La PAC haute température c’est un peu l’usine à gaz à installer car il y a un double circuit frigorifique et donc plus de risque sur le service après-‐vente, et puis ce sont des PAC plus chères.» . La recherche d’une installation plus rapide des PAC pour une diminution du coût global « Un autre axe de R&D sur lequel nous investissons pas mal ces dernières années est celui de la rapidité et de la simplification de l’installation des PAC, notamment avec la mise en place des émetteurs dans les maisons, dans un but évident de réduction des coûts (installation et service après-‐vente). » « Nous travaillons sur tous les axes car ils sont tous importants, la réduction des coûts, les systèmes de contrôle et la régulation, l’amélioration des performances des machines et la simplification de leur installation » . « Nos trois grands axes de R&D concernent : - L’amélioration des performances des produits de moins en moins puissants, - L’anticipation de la réglementation sur les fluides, - La facilité d’installation des pompes à chaleur. » La gestion intelligente des PAC « Nous cherchons toujours à progresser dans les fonctionnalités pour avoir des machines plus intelligentes avec une régulation optimisée permettant à la fois plus de confort (eau chaude sanitaire et chauffage) et plus d’économie avec des systèmes de détection d’absence ou de fenêtres ouvertes. De façon générale, nous travaillons sur l’optimisation des consommations de nos machines dans l’environnement dans lequel elles sont installées.» « Toute la partie « prise en main à distance » des pompes à chaleur, depuis une tablette ou un téléphone reste un axe privilégié de recherche et il reste encore quelques années de travail (peut-‐être quatre ou cinq) pour atteindre nos objectifs. L’intégration visuelle et acoustique des équipements « Outre le comptage énergétique, nous avons également travaillé sur un produit de moins de 5 kW pour le neuf, sur des produits hybrides pour la rénovation ainsi que l’intégration visuelle et acoustique de la PAC dans son environnement. ». III – Qualipac Tous les organismes de qualification ont signé une Charte Reconnue Grenelle de l’Environnement qui a conduit Qualit’ENR à caler sa qualification au dispositif RGE depuis le 1er novembre 2012. Concrètement, la qualification QualiPAC est désormais délivrée pour quatre années avec, chaque année, le contrôle de quelques points parmi lesquels l’assurance de l’entreprise. Alors qu’avant des entreprises pouvaient être qualifiées uniquement sur la base d’un certain nombre de références dans le domaine, seules les entreprises qui auront suivi la formation QualiPac pourront être dorénavant qualifiées. Elles devront en outre présenter deux références de moins de vingt-‐quatre mois tandis que les entreprises n’ayant aucune référence ne seront dotées que d’une qualification probatoire de deux années et seront auditées sur leurs réalisations au cours de ces deux premières années. Les contrôles de réalisation comprennent quatre niveaux : « Excellent » pour zéro défaut, « Satisfaisant » pour quatre écarts mineurs maximum, « Insuffisant » pour une non-‐conformité majeure ou plus de quatre non-‐conformités mineures et « Défaillant » à partir de 2 non-‐conformités majeures. En cas de notes « Insuffisante » ou « Défaillante » l’entreprise doit corriger les défauts observés et une contre-‐visite obligatoire est systématiquement réalisée. Enfin, il a toujours été demandé un minimum d’un référent technique par site d’implantation de l’entreprise mais Qualit’ENR a ajouté une seconde obligation qui consiste à ne pas tolérer un niveau de sous-‐traitance supérieur à 30 % sur les chantiers concernés par la qualification. Le taux de demande des qualifications est en progression de 2011 à 2012. Le nombre de qualifié est ainsi passé de 553 à 733 sur la même période. Qualit’ENR reste un dispositif volontaire de formation sur cinq journées comprenant obligatoirement des travaux pratiques de validation. Il demeure un dispositif encore relativement récent, en permanente amélioration. Comme chaque année, les avis sur QualiPAC divergent mais les avis positifs semblent plus nombreux cette année. Un point commun est rappelé de façon récurrente : la nécessité de faire progresser les compétences des installateurs. « Je suis favorable à la certification QualiPAC, c’est un pré-‐requis dans une profession qui a connu les contre-‐références dont nous souffrons encore aujourd’hui. La question qui demeure est de savoir si cette certification représente de la valeur pour les consommateurs ?». « Concernant les certifications pour les installations, nous pensons qu’elles devraient être davantage exigées par les clients-‐consommateurs car l’on entend encore trop souvent parler de contre-‐références qui font mal à la filière ! Je pense qu’il y a un manque de connaissance ou de reconnaissance de Qualipac ! Les certifications c’est ce qui nous semble le plus important pour redonner confiance mais ce n’est pas un réflexe de la part des clients. Alors que NF PAC est devenu incontournable, QualiPAC n’est vraiment pas systématique !». « Toute certification est bonne à prendre mais il faut un suivi derrière parce que le marché et les machines évoluent ! Trois jours de cours seulement pour être certifié QualiPac, ce n’est pas suffisant. Il faut faire des piqûres de rappel et des contrôles inopinés des chantiers et sanctionner plus sévèrement en cas de malfaçon ». « J’entends parler de Qualipac et la remarque qui revient le plus c’est le coût et le temps passé par les installateurs à se qualifier mais je suis plutôt favorable à la montée en compétence des installateurs car lorsqu’il y a un problème avec les pompes à chaleur, c’est toujours un problème d’installation » . « Qualipac, je l’ai repassé en 2012 avec QualiENR. Après quelques heures de formation et un QCM, tout le monde l’a eu, même ceux qui n’avaient jamais touché à une PAC avant de venir (un charpentier et un piscinier). C’est une telle escroquerie que je n’affiche nulle part que je suis « Qualipac ». Les assureurs se sont rendus compte que les installateurs Qualipac n’avaient pas moins de sinistres que les autres non certifiés, le Conseil Général de mon département n’octroie plus ses aides uniquement aux seules installations Qualipac…il n’y a plus que les fabricants qui y croient encore ! D’ailleurs, c’est triste mais les seuls qui continuent d’afficher leurs logos « Bleu Ciel et/ou Qualipac », ce sont les moins scrupuleux ! Quand vous pensez qu’il suffit qu’une seule personne au sein d’une entreprise de 50 salariés soit Qualipac pour que toute la société affiche le logo ! » « La vérité sur ce sujet c’est que je pense que, comme dans tous les métiers, vous pouvez parfois tomber sur un installateur Qualipac incompétent et un bon installateur non qualifié et vice et versa. Mais globalement, je suis favorable au développement de la qualification des installateurs car je crois que cela fait progresser la qualité globale des installations de pompes à chaleur ». Les fabricants insistent sur le fait que les centres de formation doivent suivre les évolutions technologiques des équipements sous peine de perdre en crédibilité. « Ce que j’entends de Qualipac ces derniers mois c’est que les formations sont réalisées sur des machines qui ont 10 ans et plus alors que les technologies ont beaucoup changées ces dernières années. Il faudrait que cela évolue si la certification veut être crédible ». « Sur le principe, on est évidemment favorables à Qualipac si la qualification permet réellement de faire progresser le niveau des installateurs et à faire diminuer le nombre d’installations défaillantes mais il ne faudrait pas que les installateurs soient formés sur des machines en ON/OFF totalement dépassées et il convient d’être vigilant à ce que le contenu soit adapté aux réalités de terrain. Attention à ce que les supports ne soient pas obsolètes ». IV – Les actions des pouvoirs publics 1-‐ Un crédit d’impôt dont les fabricants acceptent la baisse Aujourd’hui, les baisses successives du crédit d’impôt sur les PAC sont assimilées et provoquent moins de réactions négatives des fabricants. Cependant, beaucoup reviennent sur un procédé jugé globalement positif pour lancer la filière mais qui aurait gagné à être moins important au départ et plus long à décliner pour permettre de créer les fondations d’un marché solide. « Le crédit d’impôt a aidé toute la profession au démarrage de la technologie ainsi qu’à sa promotion mais il ne fait pas tout car c’est le prix du fioul qui demeure le facteur le plus impactant. » « Selon nous, l’impact du crédit d’impôt a été et reste très variable. Il a été à la fois positif car il a contribué à lancer la filière mais il a aussi fortement perturbé l’activité qui reste encore aujourd’hui difficile à gérer (fortes fluctuations des ventes et diminutions des taux trop rapides à absorber pour une petite entreprise comme la nôtre). ». « Le crédit d’impôt c’est bien mais cela a été trop d’un coup et sans contraintes suffisantes derrière d’où l’apparition d’un peu n’importe qui pour faire n’importe quoi dans les années 2008. Le crédit d’impôt a contribué au développement d’un marché mais sans réelle fondation. Beaucoup d’installateurs ont déposé le bilan, de nombreuses contre-‐références ont abîmé l’image du secteur. Il aurait mieux valu des aides moins importantes mais qui durent dans le temps avec davantage de contraintes car l’on a avant tout besoin de continuité. Le rattachement du crédit d’impôt à Qualipac va d’ailleurs dans le sens de plus de contraintes ». La profession évoque des pistes pour relayer le crédit d’impôt : l’intégration possible du rafraîchissement dans la RT 2012, une subvention des planchers hydrauliques, une collaboration avec les promoteurs de maisons groupées. « On arrive progressivement à un tarissement progressif du crédit d’impôt qui, selon moi, n’est pas trop mal vécu par la profession. En revanche, ce qui est mal vécu c’est la que RT 2012 est polarisée sur des calculs de consommation mais très peu sur le confort des gens. Il y a un véto absolu sur la notion de rafraichissement. Au final, on risque de finir par vivre dans des maisons neuves hyper bien isolées où le froid ne rentrera pas mais desquelles la chaleur ne sortira pas non plus ! Le risque, c’est que les occupants ayant trop chaud, se ruent sur l’achat de climatiseurs bas de gamme ! Le COP mesuré à +7°C et à -‐ 7°C, c’est-‐à-‐dire à plusieurs températures, c’est un progrès mais il y a de réelles aberrations liées à la non-‐prise en compte du rafraîchissement dans le calcul de performance des PAC. » « Entre 2004 où il n’y a avait pas encore de crédit d’impôt et 2008, on ne peut dire que le crédit d’impôt n’a pas eu d’impact mais désormais, il faut faire mieux avec moins d’argent ! Il pourrait être intéressant de subventionner les planchers chauffants hydrauliques car les planchers chauffants électriques représentaient encore 75 % des planchers installés en 2011 » « Ce qu’il va falloir, c’est intégrer la PAC dans la maison de demain et pour ce, la rendre la plus réactive possible et donc envisager différents scenarii en fonction des régions et des différents fabricants de matériaux. Ce qui serait utile c’est que les pouvoirs publics trouvent des moyens de faire travailler ensemble les constructeurs de maisons et les fabricants d’équipements pour une vision plus mutualisée de leur travail respectif et éviter les trucs chacun dans son coin pour l’intérêt du client final. » 2-‐ D’autres pistes de soutien des pouvoirs publics à la filière PAC française suggérées par les acteurs interviewés • Retour de la demande d’aide à la filière en matière de communication et soutenir l’AFPAC « L’année dernière, nous avions eu un espoir d’avoir une communication positive, forte et globale sur les pompes à chaleur, de la part de notre syndicat professionnel ou de l’ADEME mais nous ne l’avons pas vu, c’est un peu décevant ! Certes, le battage médiatique à l’encontre des PAC a cessé mais il n’y a toujours pas assez de communication positive pour mettre en avant le confort et les atouts que peuvent apporter les PAC au grand public. On est encore trop dans une technologie confidentielle et technique ! ». « Il ne faut tout de même pas oublier que le syndicat professionnel Uniclima est le syndicat des métiers du chauffage, fabriquants de chaudières et gaziers compris ! Le seul organisme qui défende à 100 % l’intérêt des fabriquants de pompes à chaleur, c’est l’AFPAC qui a énormément de mérite mais n’a strictement aucun moyen ! L’ADEME pourrait peut-‐être apporter des moyens financiers à l’AFPAC qui en a grandement besoin et qui œuvre dans le même sens que l’ADEME, ne serait-‐ce que pour davantage communiquer en faveur des pompes à chaleur !». • Renforcer les aides pour soutenir le marché de la rénovation « La rénovation c’est du cas par cas, du diffus, c’est plus complexe mais c’est un ENORME potentiel et c’est là que le Gouvernement pourrait désormais faire quelque chose, en proposant des aides qui s’inscrivent dans le temps. » . « Il faudrait des actions incitatives fortes en faveur de la rénovation, par exemple en rehaussant massivement les seuils de crédit d’impôt en cas d’association de travaux d’isolation, de pose de fenêtre double ou triple vitrage et d’équipement en pompe à chaleur. Les aides devraient concerner l’association de ces actions simultanées faute de quoi il ne serait pas sensé d’installer des PAC dans de véritables passoires énergétiques ». • Inscrire les mesures de soutien dans la durée « Le fait de mettre un marché sous « super-‐perfusion » abîme le marché ! Il faut bonifier les bons produits moins fort mais plus longtemps et être vigilant à ce que certains ne détournent pas les aides à leur profit au détriment, toujours et encore du client final ! ». • Garder de la cohérence dans les décisions réglementaires « On est sur un marché de plus en plus réglementé : inspections pour les climatiseurs, Ecodesign, ERP3, Réglementations Thermiques, etc. mais il y a un vrai manque de cohérence dans tout ça ! En matière de réglementation relative aux fluides gaz, on est le pays d’Europe avec le plus de contraintes ! Alors que la RT 2012 nous parle de COP [coefficients de performance], la future réglementation européenne ERP sera basée sur les S-‐COP (Seasonal COP) ! N’était-‐on pas capable d’utiliser tous le même référentiel de performance des machines, en l’occurrence le S-‐COP !? Les réglementations sont utiles mais elles doivent être plus cohérentes les unes avec les autres ! » . « Il faut arrêter de vouloir toujours tout changer. Trop de normes, de certifications, de réglementations tuent les normes ! En Allemagne ils sont déjà sur les maisons passives alors qu’en France, on parle, on légifère mais pendant ce temps il ne se passe rien. L’Allemagne anticipe les réglementations, nous les subissons ! » « Pour nous, toutes ces dernières réglementations c’est à la fois bien car on a besoin d’avoir un cadre mais c’est aussi particulièrement compliqué car nous sommes trop petits, y compris au sein de notre syndicat Uniclima pour être représentatifs et écoutés et l’on a pas d’autre choix que de suivre les « gros ». Les certifications de machines nous coûtent cher, les délais d’obtention des certificats sont longs parce que l’on manque de structures de certification en France et les référentiels ne prennent pas en compte la totalité de nos offres de sorte que l’on sera pénalisés dans les moteurs de calcul mais nous sommes trop petits pour faire du lobbying ». « Lorsque l’on parle de performance des machines l’on devrait penser globalement à ce que peut apporter une technologie. Certaines machines peuvent avoir un bon COP mais pas un bon Seasonal COP (S-‐COP). Le mode de calcul le plus juste est le S-‐COP or les certificats d’économie d’énergie et la RT 2012 font référence au COP et non au S-‐COP ! » « Dans la RT 2012 qui va définitivement dans le bon sens, il est tout de même assez dingue que dans le bouquet d’énergies possibles, la valorisation par les 3 Directive européenne ErP (Energie related Products) 2009/125/CE, qui détermine de nouvelles exigences en matière d'écoconception applicables aux produits liés à l'énergie et notamment aux pompes à chaleur. émissions de gaz à effet de serre ne soit absolument pas prise en compte ! Il n’y a pas une seule ligne dans la RT 2012 qui fasse référence aux atouts et faiblesses des différentes technologies en matière d’émissions de CO2 ! Aujourd’hui, à lire cette réglementation, le gaz est considéré comme la super énergie, comme s’il dégageait moins de CO2 que l’électricité ! Le lobby gazier est ENORME dans les choix qui ont été pris dans le cadre de la RT 2012 et c’est d’autant plus étonnant que les prix du gaz ont augmenté de 30 % en quatre ans et que le bon sens voudrait que l’on encourage plutôt des solutions de bâti isolé et d’énergies locales. » • Améliorer les processus de certifications des machines « Il serait nécessaire d’assouplir le processus de qualification des pompes à chaleur tout en densifiant les structures habilités à certifier les produits, de façon à accélérer les procédures d’obtention de certificats, à introduire davantage de concurrence entre organismes certificateurs et à diminuer les coûts. » • Reconnaître les formations longues « Plutôt que d’accorder autant d’importance à Qualipac, ce serait bien que les formations longues, de type DUT, CAP, BEP et BTS soient enfin reconnues » • S’intéresser davantage aux systèmes mixtes « En terme de réglementation, il y a encore beaucoup à faire, comme par exemple s’intéresser davantage aux systèmes mixtes de PAC associées au solaire thermique car actuellement ces systèmes sont encore assez bâclés et pourraient consommés moins si leur montage hydraulique était différent. Nous travaillons d’ailleurs nous-‐même au développement d’un système qui consiste à récupérer les calories d’un chauffe-‐eau solaire pour les redonner au chauffage (PAC ou autre système de chauffage).» • Augmenter l’expertise technique sur les PAC au sein de l’ADEME et du gouvernement « Il faudrait qu’il y ait davantage de connaissance et d’expertise technique sur les pompes à chaleur au sein de l’ADEME et du Gouvernement car aujourd’hui, on a trop souvent l’impression que les décideurs se laissent trop facilement convaincre de contre-‐vérités par les différents lobbys par manque d’autonomie et de connaissance réelle du sujet ». « Ces derniers temps, la situation devient inégale et parfois injuste car ce sont les plus « gros » acteurs du marché de l’énergie et des syndicats professionnels qui font la réglementation (Cf. GDF et la RT 2012) et nous, les plus petits, il ne nous reste qu’à nous adapter ! Le Gouvernement et l’ADEME ne sont pas des spécialistes de notre secteur et manquent d’experts techniques ayant une vision exhaustive et objective des différentes technologies de PAC. Résultat : ils se laissent trop souvent influencer vers de mauvaises orientations pour revenir en arrière deux ou trois années après ». « Les Pouvoirs Publics devraient essayer de consulter davantage les professionnels et d’échanger plus régulièrement avec les syndicats ». • Réhabiliter les pompes à chaleur air/air « Globalement, la RT 2012 est une mesure positive pour les pompes à chaleur mais elle occulte totalement les pompes air/air dans le neuf, ce qui est dommage car elles sont plus réactives donc apportent plus de confort, même à des puissances très faibles. Economiquement, elles sont aussi plus intéressantes, plus faciles à installer et plus performantes que les PAC air/eau avec un échange de moins. Aujourd’hui, il existe un lobbying anti-‐PAC air/air alors que c’est une solution très adaptée au neuf et à la rénovation équipée de convecteurs électriques. C’est vraiment désolant d’écarter ces produits !» . • Viser aussi l’information des utilisateurs pour optimiser le fonctionnement des équipements « En matière de labellisation et de qualification, il y a plusieurs niveaux importants : - Le bâtiment avec les normes HQE, BBC, etc. - Les produits avec NFPAC, RT 2012, ERP, qui vont dans le bon sens, - Les intervenants (bureaux d’études, architectes, installateurs)… …mais ne devrait-‐on pas aussi penser à former, sensibiliser, changer le comportement des occupants des maisons, c’est-‐à-‐dire des utilisateurs des divers équipements ? Ce comportement des utilisateurs devrait être au cœur des préoccupations de l’ADEME car si l’utilisateur met un point de consigne de 23 °C au lieu de 21°C par exemple, ou bien s’il refuse de faire entretenir régulièrement ses équipements par un professionnel, on aura beau concevoir les équipements les plus performants, on aura toujours de mauvais résultats ! » Conclusions de l’étude Le marché 2011 aura été caractérisé par une quasi-‐stagnation du marché des pompes aérothermiques, et un nouveau recul des ventes de pompes à chaleur géothermiques. Cependant, sur ce dernier segment hormis pour les PAC sol-‐sol, les fortes chutes des volumes observées durant les années 2009 et 2010 ont été jugulées. Pour 2012, les fabricants projettent globalement une stabilisation des ventes par rapport à 2011. La grande majorité des industriels interrogés dans le volet qualitatif de l’étude s’accorde sur le fait qu’actuellement le marché est surtout porté par le segment du résidentiel neuf. Les promoteurs et constructeurs immobiliers deviennent d’ailleurs des interlocuteurs importants de la filière car ils peuvent être prescripteurs de solutions à base de pompes à chaleur dans de nouveaux lotissements. Dans un contexte économique difficile, les technologies aérothermiques sont mieux adaptées car elles sont moins chères à l’achat et plus simples à installer que les PAC géothermiques. De plus, ces dernières pâtissent de l’augmentation du prix de l’immobilier qui se traduit par une réduction des surfaces disponibles autour des maisons pour y implanter les sondes géothermiques. A moyen terme, les acteurs espèrent un redémarrage du marché à partir de 2014 notamment grâce à la RT 2012 et à l’augmentation du coût des énergies traditionnelles. 2013 est davantage perçue comme une année de transition. Côté prix des équipements et de la pose, ils sont dans l’ensemble orientés vers de légères baisses. Les industriels ont le sentiment d’avoir sensiblement réduit leurs marges au cours des trois dernières années pour essayer de préserver un niveau d’activité. Par ailleurs, le volet qualitatif fait ressortir que les nouvelles normes énergétiques de la RT 2012 poussent à une réduction des puissances unitaires des PAC installées dans le neuf. Ce phénomène peut aussi participer à terme à la relance du secteur. Sur le plan de la structuration de l’offre, les acteurs industriels retiennent essentiellement l’arrivée d’entreprises du secteur du froid et de la climatisation sur le segment des PAC aérothermiques. Ces nouveaux arrivants sont principalement des entreprises asiatiques qui ont des forces de ventes importantes. Sur le créneau des PAC géothermiques, c’est la disparition de plusieurs entreprises de petites tailles qui a retenu l’attention. Là encore, les petites entreprises se sentent très vulnérables face aux grands groupes qui ont investigué le segment. La distribution des équipements passe majoritairement par le canal des grossistes/distributeurs qui ensuite sont en relation avec des réseaux d’installateurs. Cependant, l’option pour les fabricants de se mettre en relation directement avec des installateurs pour que ces derniers distribuent, de façon exclusive ou non, leur marque progresse. Malgré la crise économique les efforts de R&D sont restés importants. Outre l’amélioration des performances et la gestion intelligente des PAC, les sujets de travail cités cette année sont la rapidité d’installation des PAC pour une diminution du coût global et l’intégration visuelle et acoustique de la PAC dans son environnement. Le dernier volet de l’étude qualitative a concerné l’action des pouvoirs publics. Sur ce point les commentaires sont assez semblables à ceux que l’on a pu voir sur d’autres filières et notamment le photovoltaïque. Sur la mesure de crédit d’impôt qui a largement contribuée à la croissance du secteur entre 2005 et 2009, les industriels regrettent finalement son dosage. Les taux appliqués ont été trop importants trop rapidement alors que le secteur n’était peut être pas totalement prêt à faire face à une telle progression de la demande. Ensuite, le recul du taux de crédit d’impôt, surtout pour les technologies aérothermiques, a été trop rapide. Pour relancer le marché, les acteurs sont nombreux à penser que cela doit passer par une amélioration de leur image qui a été endommagé par l’action d’éco délinquants pendant les années de forte croissance. Cependant, la grande majorité des industriels se tournent vers le gouvernement pour essayer de changer cette image et pas spontanément vers les associations ou les syndicats professionnels de leurs filières. Le rattachement du crédit d’impôt à un label comme quali PAC leur semble aller dans le bons sens pour retrouver la confiance du public. Les industriels demandent plus d’actions de ce type comme notamment le soutien renforcé aux équipements performants (planchers hydrauliques, systèmes mixtes) et aux bouquets de travaux PAC – isolation.