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24 heures | Lundi 11 avril 2011
Economie vaudoise
Véhicules tout-terrain
Roi des motoneiges,
Polaris s’installe à Rolle
Fanny Giroud
Près de 50 emplois
Les fonctions occupées dans les
bureaux vaudois seront celles habituellement présentes dans un
siège de multinationale: marketing, vente, logistique et management de produit. Une quinzaine
d’employés viennent d’intégrer
ces locaux tout neufs, dont cinq
Suisses, et le groupe espère compléter son équipe d’une vingtaine
de postes d’ici à fin 2011. A terme,
Truls Tvete, directeur général de la filiale EMEA, récemment installée à Rolle. GEORGES MEYRAT
la société devrait employer une
cinquantaine de personnes, dont
une trentaine de Suisses.
«Les expatriés et leur famille
bénéficieront des services d’un
professeur de français», se réjouit
Truls Tvete, qui lui-même ne parle
pas la langue de Molière. En train
de s’installer, l’homme d’affaires
norvégien devrait faire venir sa
En chiffres
Chiffre d’affaires 2 milliards
de dollars (1,8 milliard de francs).
Chiffre d’affaires EMEA
250 millions de dollars
(200 millions de francs).
Activités Véhicules tout-terrain,
motos et motoneiges, pièces
détachées, vêtements
et accessoires.
Ventes EMEA 20 000 unités
en 2010.
Employés (monde) 3500.
Employés (Suisse) 14 à cette
date, mais avec 50 collaborateurs
supplémentaires en prévision
d’ici à fin 2012.
Présence 120 pays.
famille dans le courant de l’année
prochaine.
Succès mitigé en Suisse
«En Suisse, le succès des motoneiges, quads et véhicules tout-terrain n’est pas très important», explique Truls Tvete. C’est en Russie, en Amérique du Nord et dans
les pays nordiques que Polaris fait
un carton. Mais la marque est tout
de même présente chez plusieurs
concessionnaires helvétiques,
dont deux Vaudois et huit Valaisans.
Pour un usage essentiellement
récréatif, le distributeur indépendant de Sion IPS SA, vend tout de
même une centaine de véhicules
hors routes et une cinquantaine
de motoneiges par année. «Le
profil type des clients: des hommes de plus de 40 ans», ajoute le
directeur général du groupe.
Parmi ses clients, la société
compte notamment de nombreuses stations de ski vaudoises et
valaisannes (Villars-Gryon, Vercorin, Crans-Montana, Les Diablerets). Les communes sont également preneuses de véhicules toutterrain pour les travaux d’entretien, comme Nyon ou Genève.
«Le profil type
des acheteurs
de tout-terrain:
des hommes
de plus de 40 ans»
Truls Tvete, directeur général
Polaris propose d’ores et déjà
un modèle de petit 4x4 électrique,
et planche sur la conception
d’une version hybride. La société
a racheté une partie du motoriste
Swissauto Wenko AG, acquisition
qui lui permettra de développer
une offre de véhicules électriques
ainsi que des carburants alternatifs.
Cet été, la compagnie lancera
en Suisse sa gamme de motos Victory, au look Harley-Davidson.
Malgré un prix de départ tournant
autour des 25 000 francs, Truls
Tvete se dit confiant quant au succès de ces motos haut de gamme:
«Les Suisses aiment la technologie
et les produits de qualité. En plus,
ils ont les moyens nécessaires
pour s’acheter ce genre de motos.»
L’attractivité vaudoise est menacée, s’alarme la CVCI
L’organisme vaudois
a débattu de la situation
tendue du canton lors
de son assemblée générale
«C’est le rôle d’une Chambre du
commerce de tirer la sonnette
d’alarme», clamait jeudi Bernard
Rüeger, en tant que président de la
Chambre vaudoise du commerce et
de l’industrie (CVCI), mais aussi en
tant que directeur de l’entreprise
Rüeger SA. En cause, l’attractivité
menacée du canton de Vaud suite à
la forte croissance économique et
démographique de ces dernières
années. À l’occasion de son assemblée générale traditionnelle, la CVCI
a débattu de la pénurie d’infrastructures du canton, tant elle pourrait
remettre en cause l’exceptionnel
développement économique de la
région.
Une étude du Credit Suisse évoque le fait que la réserve de terrains
à bâtir devrait s’épuiser à l’horizon
2016 sur une grande partie de l’arc
lémanique (entre Lausanne et Genève), vu la forte démographie atVC1
Contrôle qualité
Trois instituts, trois
politiques monétaires
L
Le groupe américain
s’implante en Suisse
pour renforcer sa
présence en Europe
Dans les hauteurs de Rolle, deux
semaines après l’inauguration des
lieux, les bureaux de Polaris sont
quasi déserts. La plupart des employés sont partis en voyage d’affaires dans un archipel au nord de
la Norvège. Pour se rapprocher de
ses opérations en Europe, la filiale
EMEA du groupe américain (Europe, Moyen-Orient, Afrique) a
trouvé son bonheur dans l’A-One
Business Center, le pôle économique florissant proche de l’A1.
Gros opérateur mondial des
véhicules tout-terrain (les quads)
et les motos, Polaris Industries est
également spécialisé dans le domaine des motoneiges. Le groupe
a été créé lorsque les premiers
modèles voyaient le jour, au milieu des années 1950. En 2010, il a
réalisé un chiffre d’affaires de
1,82 milliard de dollars et emploie
à ce jour près de 3500 personnes
dans le monde.
Avec celle de Rolle, le groupe
possède maintenant six antennes
de ce côté de l’Atlantique. Selon
Truls Tvete, directeur général,
c’est la proximité de l’aéroport de
Cointrin et la position centrale de
la Suisse en Europe qui a convaincu le groupe de s’installer à
Rolle. Car ce nouveau siège s’occupera de représenter non seulement la Suisse, la France, l’Autriche, la Belgique et les pays nordiques, mais aussi de développer les
marchés du Moyen-Orient et de
l’Afrique.
Perspectives
des marchés
Martine Rognon*
Des terrains à bâtir de moins en moins nombreux
Epuisement futur
des réserves
de terrains
à bâtir
Réserves de terrains
à bâtir jusqu’en
< 2016
2016 - 2020
2021 - 2025
2026 - 2030
2031 - 2035
2036 - 2040
> 2040
Croissance démographique
2010 - 2020
> 15%
< 0%
Estimations sur la base
des prévisions démographiques
d'Economic Research, données
réserves de terrains à bâtir: 2007
tendue d’ici là. Du coup, le mot «décroissance» redevient d’actualité.
«La décroissance n’est pas un slogan, elle est une nécessité. Parce
que nous avons déjà épuisé notre
quota de ressources, ici comme
ailleurs. Le problème de l’arc lémanique, c’est qu’il s’est construit sur
une logique de croissance unidirectionnelle», explique Gilbert Rist,
15% - 5%
4,9% - 0%
X.DD / Source: Credit Suisse Economic Research
professeur à l’Institut de Hautes Etudes internationales et du développement (IHEID), dans L’Hebdo du
7 avril, qui titrait son enquête
«Croissance de l’arc lémanique,
ceux qui disent stop!»
«Penser décroissance est un luxe
que seul un pays riche peut se permettre», a expliqué pendant le débat Xavier Bertrand, le directeur gé-
néral d’ATS Medical. Français d’origine, ce dernier représentait jeudi
dernier les entreprises exogènes.
Longtemps saluées, ces sociétés
sont aujourd’hui la cible de toutes
les critiques. Des politiciens,
comme le socialiste Roger Nordmann ou la députée UDC genevoise
Christina Meissner, en viennent à
critiquer l’implantation de nouveaux sièges étrangers et à ne plus
vouloir de l’arrivée d’expatriés qui
s’ensuit.
«Mettre sur off le bouton de la
promotion économique exogène
n’est pas envisageable», affirme le
conseiller d’Etat Jean-Claude Mermoud. Toutefois, comme il l’avait
annoncé lors de la Conférence de
presse du Greater Geneva Berne
aera, l’organisme qui s’occupe de la
promotion économique exogène de
six cantons romands (Vaud, Valais,
Neuchâtel, Fribourg, Berne et Genève), les autorités vaudoises envisagent des mesures (incitations fiscales) pour décharger l’arc lémanique et développer la région du Chablais ou du Nord vaudois.
Olivier Wurlod
a Banque de Chine a
déjà adopté une
politique monétaire
plus restrictive. Mardi
dernier, elle a
annoncé un nouveau relèvement
des taux directeurs, de 25 points
de base, le quatrième depuis fin
2010. Elle entend ainsi contenir le
volume des prêts bancaires et
maîtriser l’inflation, une lutte
prioritaire pour elle. La hausse
des prix s’est en effet nettement
accélérée. Le taux de renchérissement s’est élevé à 4,9% en
janvier. Et, en février, il était
proche des 5,1% atteints en
novembre 2010, un sommet
depuis vingt-huit mois.
Les regards étaient aussi
tournés vers la Banque centrale
européenne (BCE). A maintes
occasions depuis début mars, son
président, Jean-Claude Trichet,
avait laissé entendre qu’il
procéderait lors de la prochaine
réunion de la BCE à un tour de vis
monétaire, le premier depuis
juillet 2008. C’est fait: jeudi passé,
le taux de refinancement a été
relevé de 25 points de base à
1,25%. Jean-Claude Trichet a en
outre laissé entendre que
d’autres ajustements interviendraient cette année.
Les minutes de la dernière
réunion de la Réserve fédérale
américaine (Fed) et le discours de
son président, Ben Bernanke,
étaient attendus avec une
certaine impatience. On espérait
en savoir un peu plus sur une
politique monétaire américaine
particulièrement généreuse. Il
n’en est sorti aucun signe tangible
d’un prochain resserrement.
Certains membres de la Fed ont
même plaidé en faveur d’une
poursuite de la politique
«D’autres
ajustements
pourraientintervenir
cetteannée»
expansionniste jusqu’en 2012,
alors que d’autres se sont
prononcés pour une politique
moins accommodante, en raison
de la bonne tenue de la reprise.
Ben Bernanke, quant à lui, a
laissé supposer qu’il était décidé à
poursuivre le plan de relance de
600 milliards de dollars jusqu’à
son échéance, en juin prochain.
*Rédactrice financière BCV
Le chiffre de la semaine
Coup de pouce à l’organisme
faîtier des ONG vaudoises
58
C’est le nombre de projets qui
ont été cofinancés en 2010 par la
Fédération vaudoise de coopération (Fedevaco) et ses associations membres. L’organisme
faîtier des ONG du canton
annonce par ailleurs une augmentation des contributions de ses
partenaires des collectivités
publiques, à 2 245 000 francs
environ, soit 10% d’augmentation.
Regroupant une quarantaine
d’ONG, la Fedevaco est également financée par les cotisations
de ses membres. Constituée en
1989, la fédération offre des
services d’expertise aux collectivités, grâce à une trentaine de
bénévoles, leur permettant de
s’assurer que les deniers publics
consacrés à la coopération au
développement sont investis de
façon efficace et utile. Parmi les
bailleurs de fonds figurent l’Etat
de Vaud (Départements de
l’économie, de l’intérieur ainsi que
de la santé et de l’action sociale),
la Confédération (Direction du
développement et de la coopération) et des communes vaudoises.
Ces dernières ont d’ailleurs
financé 14% des contributions aux
projets, dépassant la barre des
300 000 francs. Les programmes
bénéficiant de l’expertise de la
Fedevaco sont menés sur le
continent africain, en Amérique
latine, en Asie, en Europe de l’Est
et au Moyen-Orient. K.G.
Des projets sont financés
en Afrique, notamment. DR
Informatique
Promotion
Neo Technologies Le commerce
se renforce
suisse en chinois
La société de consulting
informatique, basée à Renens,
recrute de nouvelles spécialistes
pour son pôle «efficience
énergétique». Il s’agit d’Elvira
Kaegi, experte dans la technologie des Smart Grids (réseaux
interconnectés permettant de
gérer plusieurs sources d’approvisionnements et de données),
et Nathalie Resin, spécialiste de
l’environnement SAP. K.G.
Les Chambres de commerce
suisses, dont la Chambre vaudoise
du commerce et de l’industrie,
proposent une nouvelle version
du site swissfirms.ch, destiné à
faire la promotion des entreprises
au niveau international. La
plate-forme permet de sélectionner en quelques clics des sociétés
dans une base de données de
15 000 fiches. Avec, depuis mars,
une version en chinois. K.G.