Pierre Tiby Montée de balle
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Pierre Tiby Montée de balle
Actes 5ème colloque des entraîneurs Pierre TIBY du 25 au 28 octobre 2007 La montée de balle : tendances et évolutions Stéphane VAN CHUNG (stagiaire Niveau 4) Daniel DEHERME (CTS) 5ème colloque des entraîneurs P. TIBY / 2007 1 Sommaire Page 1. Présentation du colloque 3 2. Les évolutions et principes généraux de la montée de balle Daniel COSTANTINI 4 3. Les tendances de la montée de balle de la D1 au niveau européen Patrice CANAYER 8 4. La construction de la montée de balle au jeu de transition Stéphane IMBRATTA 10 5ème colloque des entraîneurs P. TIBY / 2007 2 1. Présentation du colloque L’Equipe Technique Régionale a proposé pour cette 5ème édition le thème de la montée de balle. Nous avons proposé une organisation en 3 temps : a. matin : observation des entraînements (préparation des matches) et retour avec les entraîneurs (Pologne, Espagne, France) b. après midi : Interventions de 3 entraîneurs référents du Haut niveau sur le thème du colloque avec 3 approches différentes c. soir : observation des matches + conférences Nous avons souhaité traverser ce thème avec des référents du Haut niveau qui ont traité lors de leurs interventions trois problématiques différentes. Des questions ont été formulées en amont du colloque pour orienter et articuler les interventions. Patrice CANAYER - Jeudi 25 octobre de 14h30 à 17h00 (ouverture du 5ème colloque). Thème : tendances de la D1 au niveau Européen de la montée de balle. Quelle est ton analyse du jeu sur Grand espace en D1 ? Quelles différences dans ce domaine fais-tu entre les oppositions en D1 et les oppositions européennes ? Quels sont les projets de jeu dynamiques dans ce domaine en D1 ? Quelles sont les équipes en Europe qui présentent de vraies particularités dans ce domaine ? Dans le cadre de la formation du jeune joueur, quels sont les axes de travail que tu préconises aux formateurs de jeunes du club de Montpellier ? Daniel COSTANTINI - Vendredi 26 octobre 2007 de 14h00 à 16h30. Thème : Evolutions et principes généraux de la montée de balle. Peux-tu nous faire partager ton analyse de l’évolution du jeu sur grand espace depuis que tu entraînes ? Quelles seraient les périodes, les équipes, les joueurs, les projets qui t’ont marqué voir influencé en tant qu’entraîneur ? Quels sont les grands principes didactiques que tu retiens dans ce domaine ? A travers ton expérience d’entraîneur de pôle, quels axes de travail préconises-tu en direction des formateurs de jeunes ? Stéphane IMBRATTA - samedi 27 octobre 2007 de 13h30 à 16h00. Thème : construction de la montée de balle au jeu de transition. De manière générale, comment construis-tu un projet de jeu sur grand espace, de la récupération de balle au jeu de transition ? Quelles ont été les particularités que tu as retenues pour construire celui d’Ivry ? Avec les blessures dans ton équipe quels changements as-tu opérés ? Dans le cadre de la formation du jeune joueur, quels sont les axes de travail retenus à Ivry ? 5ème colloque des entraîneurs P. TIBY / 2007 3 2. Les évolutions et principes généraux de la montée de balle - Daniel COSTANTINI -texte rédigé par D. COSTANTINI pour préparer son exposéAnalyse de l’évolution du jeu sur grand espace : (les périodes, les équipes, les joueurs, les projets qui ont marqué le handball) La contre-attaque peut être définie comme une tentative de prise de vitesse du repli défensif pour obtenir une occasion manifeste de tir, dans le moins de temps possible. Cette séquence de jeu suppose : - Un état d’esprit - Des qualités de vitesse - Une technique appropriée au « jeu en courant ». - Une organisation collective. Historiquement, on ne relève que très peu d’utilisation de cette phase de jeu dans le hand à onze, du fait de la présence systématique de défenseurs devant le but à défendre. La notion de « contre-attaque » est donc apparue avec le jeu à sept, dans la mesure où, l’ensemble des joueurs de champ participant à « l’attaque placée », pouvaient être pris de vitesse lors de leur repli défensif. Dès le début du développement des techniques offensives, on a pu relever deux catégories de contre-attaquant : - Les « conjoncturels » décidant de cette possibilité en fonction de signaux précis tels que la qualité de l’arrêt de leur gardien ou la nécessité de revenir rapidement au score ou, enfin, la présence dans la défense de joueurs, particulièrement, rapides. - Les « systématiques » intégrant dans leurs stratégies la proposition d’anticipation de la contre-attaque par des joueurs déterminés à l’avance en fonction de critères tels que leur position au moment d’une possible récupération de balle (défenseur dans l’aile à l’opposé du tir) ou défenseur avancé non concerné par la récupération du ballon. Aujourd’hui, des modifications du règlement devraient inciter à cette pratique. La règle du « jeu passif » constitue un signal privilégié pour son utilisation conjoncturelle. L’engagement rapide offre, également, la possibilité de systématiser, après un but encaissé, des comportements de contre-attaquant. D’où vient la contre-attaque ? De la capacité de certains handballeurs à courir plus vite vers le but à attaquer que le repli défensif. On doit rappeler à cet effet, qu’à l’origine du jeu à 7, les dimensions du terrain étaient « variables » ! Ainsi, dans un club cher à mon cœur, opérant sur une surface en plein air faite de cendrée, le terrain était tracé, à la chaux, le jour du match, en fonction des caractéristiques de l’adversaire : - une équipe visiteuse expérimentée mais vieillissante imposait un tracé de 44m/24m. - une équipe plus véloce devant s’exprimer sur un 36/18… 5ème colloque des entraîneurs P. TIBY / 2007 4 Plus sérieusement, on doit se souvenir que les premiers pratiquants du handball étaient, aussi, des athlètes, et qu’il était « courant » de placer les plus rapides dans les ailes pour contreattaquer. A nos origines, il n’y avait, pratiquement, pas de limite à la « conservation du ballon ». La contreattaque était, de ce fait, une prise de risque ! Quel technicien de « l’époque » ne disait-il pas : « Tant qu’on a la balle, en attaque, on ne risque pas de prendre de but » ! On pouvait donc reconnaître les comportements suivants : - Après un but encaissé, aucune possibilité, jusqu’à la règle de l’engagement rapide. - Après un arrêt de son gardien, soit la balle était « négociée » proprement et on assistait à une tentative de contre-attaque, le plus souvent directe ; soit la récupération de balle était « problématique » et l’on procédait par une progression prudente du ballon vers la cible. Dans l’histoire du handball, la 1ère équipe à « anticiper » sur le déclenchement de la contreattaque fut la CSSR, confortée par 2 atouts : - La qualité de ses gardiens (JICHA, ARNOST…) - La vitesse et l’habileté de MARES. On constatait, également, que les équipes défendant en 1-5, affectaient à leur défenseur avancé, la mission de courir, le plus rapidement possible, vers le but à attaquer, sans forcément attendre le résultat d’un tir de l’adversaire. C’est seulement dans les années 70, qu’on assiste à la mise en place de défenses très favorables à la contre-attaque : - La 3.2.1 yougoslave, par son agressivité et sa profondeur était une excellente « rampe de lancement ». - La défense alignée (6.0) donna l’opportunité à certaines équipes de « monter », systématiquement, la balle rapidement, chaque joueur restant dans son couloir. - La défense en entonnoir inversé des soviétiques, de 1976 à 1986, plaçait ses défenseurs n° 1 en excellente position de départ. Enfin, la défense alignée des suédois de 1988 à 2002, alliait les capacités d’anticipation d’ailiers très rapides : HAJAS, THORSSON, PETERSSON, avec la montée rapide en dispositif aligné, accompagnée d’une progression du ballon par passes traversant, à chaque fois, l’axe médian du terrain. Dans le même temps, l’explosion du handball scandinave au féminin, a mis en évidence l’importance de la contre-attaque dans « l’arsenal » offensif. La règle semble être : « Dès qu’une probabilité de tir est détectée chez l’adversaire, le défenseur n°1, à l’opposé du tir, anticipe son départ en contre-attaque ». Les partenaires en sont informés et doivent s’organiser pour récupérer le ballon. Hier, encore, la grande majorité des équipes envisageaient une organisation de la contreattaque en 3 plans : - 1ère vague constituée du défenseur avancé et (ou) du défenseur « anticipant ». Dans le cas où ils seraient 2, ils devront, chacun, occuper un côté du terrain. - La 2ème vague est constituée, en général, des 2 joueurs qui ont pu se libérer, assez vite, des tâches concernant la protection du but et la récupération du ballon. - La 3ème se compose des joueurs restant qui vont devoir assurer le soutien de la contreattaque, en se répartissant, équitablement, sur la largeur. 5ème colloque des entraîneurs P. TIBY / 2007 5 Pour l’anecdote, l’organisation de l’équipe de France, en contre-attaque, de 1985 à 2001, fut celle-ci : - Niveau 1, l’ailier à l’opposé du tir, dans son secteur et le défenseur avancé, de l’autre côté. - Niveau 2, les défenseurs en position 2. - Niveau 3, l’ailier du côté du tir et le défenseur central. Cette occupation de l’espace se voulant équilibrée en profondeur et en largeur. La Contre-Attaque d’aujourd’hui ? Récemment, l’évolution des règles a apporté (beaucoup) d’eau au moulin des partisans de l’utilisation de la contre-attaque : Dès 1997, le jeu passif, en attaque, sera sanctionné. Cette sanction sera un nouvel argument pour la contre-attaque… Après 2000, l’engagement rapide, après but un encaissé, va être, progressivement, facilité… Ce sont donc des tentatives réglementaires tendant à une « accélération du jeu ». Beaucoup d’équipes intègrent l’anticipation sur tir probable, voire possible. On se trouve dans une configuration où la prise de vitesse du repli défensif peut devenir systématique sauf quand il est avéré qu’il faille gagner du temps. La stratégie de la plupart des équipes est donc d’automatiser, par l’entraînement, tous les comportements individuels et collectifs permettant de maîtriser ces intentions de jeu en pleine vitesse. Il faut donc, idéalement, maîtriser cette construction en plusieurs plans en fonction des conditions concrètes de la récupération du ballon. Certains entraîneurs préfèrent spécialiser les joueurs en fonction de leurs savoir-faire : - Le plus rapide court devant… - Les plus lents seront en couverture… - Les plus lucides porteront le ballon. N’oublions pas le rôle majeur dévolu au GB. Selon l’expression consacrée, il est « le dernier défenseur et le 1er attaquant ». Reconnaissons que les possibilités offertes par l’engagement rapide ont développé, chez le GB, sa disponibilité systématique pour relancer. La difficulté, pour les entraîneurs d’aujourd’hui est de devoir faire acquérir tous les savoir-faire, de les mener au stade de l’automatisation, sans que pour autant ils soient utilisés à toute force. L’équipe doit être « capable de … », mais elle doit agir collectivement, c'est-à-dire « avoir la même lecture, au même moment de la situation». La Contre-Attaque de demain ? Demain vous appartient ! Ceci dit, il est probable que le jeu va continuer à s’accélérer et que la contre-attaque sera, de plus en plus, « l’arme fatale » ! - Parce que c’est l’un des éléments majeurs pour rendre le jeu attrayant, à la fois pour les acteurs et les spectateurs. - Parce qu’elle garantit l’utilisation de « tout le terrain », tordant le cou à un reproche qui nous était, souvent, fait de « n’user le parquet que devant les zones » ! Pour que les joueurs en soient convaincus, il faut les doter des armes physiologiques pour s’adapter à un effort par intervalle où les temps de repos seront de plus en plus courts. 5ème colloque des entraîneurs P. TIBY / 2007 6 Lors d’un symposium international, il y a quelques années, j’avais envisagé la directive suivante : « Faire en sorte que le handballeur court plus qu’il ne marche » ! Il faudra, ensuite, les persuader que leur potentiel physiologique doit être « utilisé » ! J’ai la certitude que l’on s’entraîne plus et mieux mais en voyant certains matches je ne comprends pas « à quoi cela sert-il »? On a, parfois, l’impression que les joueurs ont peur de ne pas tenir la distance, alors qu’il est rarissime de voir un de nos athlètes demander à sortir parce qu’il est épuisé ! Donc, si c’était de mon ressort, je vous engagerai à : - Anticiper, par 1 joueur, sur tir probable de l’adversaire. - A partir de l’arrêt du GB et du ballon récupéré, s’organiser pour amener le ballon, le plus vite possible, dans les 9 mètres adverses. - A ce moment, si le repli a été actif, enchaîner en transition (mouvements obligatoires) pour rechercher un espace libre ou une relation à 2 qui vous rappelle quelque chose ! - Si vous avez encaissé un but, votre joueur anticipant deviendra réceptionneur de la passe de votre gardien et verra, aussitôt, tous ses partenaires lui proposer des solutions de passe. Dans cet esprit, la phase d’attaque placée, à laquelle vous accordez tant de temps, lors de vos entraînements et qui vous le rend si mal, deviendra contingente, voire accessoire ! Votre handball sera fait de courses, de réceptions et de tirs. Vous ne vous plaindrez plus de ne pas avoir de gaucher de 2 mètres ; votre gardien oubliera le but encaissé pour s’appliquer à faire la plus belle passe de relance ; les salles se rempliront… J’en connais, si vous faites cela, qui vont vous haïr : les arbitres et le réalisateur télé, devinez pourquoi ? Les axes de travail en direction des formateurs 1) Rôle capital du gardien de but qui est le dernier défenseur ET le premier attaquant 2) Anticipation d’un joueur excentré à l’opposé du tir à condition que le n° 2 vienne fermer si la balle n’est pas contrôlée par le GB 3) S’organiser pour amener la balle dans le camp adverse le plus vite possible en occupant l’espace en largeur et en profondeur 4) Si on ne trouve pas de solution, on enchaîne par un jeu de transition 5) Automatiser, répéter les enchaînements de tâches 6) Construire le tir toujours avec un gardien et un défenseur 5ème colloque des entraîneurs P. TIBY / 2007 7 3. Les tendances de la montée de balle de la D1 au niveau européen - Patrice CANAYER Analyse du jeu sur grand espace en D1 et au niveau Européen Le nombre de buts encaissés pendant un match de handball a presque doublé ces dernières années (de 20 à plus de 30 buts). Le nombre de possession de balle a augmenté par la nécessité de jouer de plus en plus vite. Cela ne veut pas dire que le handball ne se jouait pas vite auparavant, c’est juste que ce jeu rapide sur grand espace n’était pas courant, il était pratiqué que par quelques équipes (ex : JO de Séoul Corée contre Russie) D’ailleurs le handball français y ait venu bien plus tard que nos voisins Européens. Si on compare les championnats suivants : - Espagne - Danemark - Allemagne (Bundesliga) - France On s’aperçoit que le championnat français est de loin celui qui marque le moins de buts mais qui en prend le moins. En France, nous ne nous sommes pas construits sur ce modèle, notre référent a toujours été la défense. Dans le championnat de France, nous marquons 30% environ de buts en moins que dans la Bundesliga et 15% de moins que dans le championnat d’Espagne et du Danemark. Il ne faut pas remettre en cause la qualité défensive de ces équipes, la différence se fait uniquement au niveau du nombre de ballons joués vite durant le match. Pourquoi un jeu rapide ? 1) La notion de professionnalisme impose de : - S’entraîner plus Gagner des matches Produire du spectacle (spectateurs, TV) 2) Evolution des règles du jeu : - Remise en jeu rapide après le but Les consignes données aux arbitres (jeu passif) Dés l’apparition de ces règles, les scandinaves se sont penchés sur ce jeu rapide. Bien plus tard, l’équipe de Dunkerque l’a pratiquée et ensuite Ivry, Chambéry, Tremblay et Montpellier jouent comme cela actuellement. 5ème colloque des entraîneurs P. TIBY / 2007 8 Le projet de jeu de l’équipe de Montpellier (Illustrations vidéo) Nous insistons sur : 1) La vitesse et l’anticipation du changement de statut. 2) Le déclenchement de la contre-attaque à partir de repères et de signaux tout en tenant compte du contexte du match favorable ou non. 3) L’importance d’une relance du GB rapide et de qualité tant techniquement que dans sa pertinence. De même, l’encaissement d’un but ne doit pas être vécu comme un échec pour le GB. 4) L’organisation de la montée de balle - Aller dans la zone adverse le plus vite possible et pour aller vite, il faut que l’équipe soit organisée (automatisation, répétition) - donner le ballon vers l’avant et du côté ou le repli est le moins bien organisé (vision périphérique) - Avancer en triangle avec deux appuis et un soutien et éviter l’alignement qui facilite le travail défensif - Faire avancer les deux vagues en même temps tout en conservant une occupation du terrain rationnelle : profondeur et étagement, notamment les ailiers au point de corner - Privilégier une occupation stratégique de l’espace (préparer avant le match) en fonction du repli de l’adversaire - Se démarquer et se positionner dans une zone de jeu pour recevoir le ballon - Garder les appuis au sol pour passer - Maîtriser la passe en course et armer du bras haut pour choisir de passer au près ou au large - Orienter les appuis vers le but (et ligne de touche vers le but pour les arrières) 5) Fin de montée de balle - Occupation latérale et en profondeur du terrain : o Soit avec 2 dedans et 4 autour (former un petit triangle côté ballon et un triangle plus large à l’ opposé) o Soit avec 1 dedans et 5 autour (avec un écartement maximal) - Savoir passer du jeu en profondeur au jeu sur le côté pour ne pas s’écraser contre la défense - Chercher à jouer loin du point de fixation pour exploiter le surnombre 5ème colloque des entraîneurs P. TIBY / 2007 9 4. La construction de la montée de balle au jeu de transition - Stéphane IMBRATTA Les phases sont les suivantes : 1) Anticiper pour contre-attaquer : ailier opposé anticipe (relance direct du GB) 2) Prendre de vitesse sur le repli en jouant la montée de balle 3) Fin de montée de balle (essayer de créer un point de fixation d’un côté pour essayer de trouver la solution de l’autre) 4) Jeu de transition (la défense est en place mais elle n’est pas complètement organisée) Il s’agit de passer d’un temps faible (la balle va vite, mais les joueurs sont à l’arrêt) pour analyser (la balle reste sur la base arrière), de manière à enclencher un mouvement (la balle et les joueurs vont vite) qui va permettre de déstabiliser encore plus la défense. 5) engagement rapide (si le but a été encaissé) Les particularités de l’équipe d’Ivry (illustrations vidéo) : Constat : L’an dernier, 40% des buts ont été mis sur jeu rapide. Peu importe le système défensif employé, l’objectif est de « briser » la préparation de l’attaque adverse avec une volonté de récupérer le ballon, et de jouer vite. Pour pouvoir mener à bien un tel projet, il y a un certain nombre de facteurs à prendre en compte : 1) La reconnaissance des signaux qui vont indiquer le changement de statut (un tir, une faute technique, un jeu passif, etc.) 2) Le temps de réaction de chaque joueur (joueurs de champ + GB) 3) L’occupation et le positionnement des joueurs dans un espace le plus rapidement possible 4) S’organiser en fonction du repli défensif : - 1er cas : Une prise de vitesse : Contre-Attaque / Montée de balle / fin de montée de balle - 2ème cas : On n’a pas pu prendre de vitesse l’équipe adverse : donc jeu de transition = présenter un enclenchement en fonction de « qui défend » et « qui monte la balle » 5ème colloque des entraîneurs P. TIBY / 2007 10 Le gardien de but : Le GB a un rôle très important - Il donne le tempo du match, le temps fort (but ou arrêt) - Il doit relancer en un minimum de temps (c’est son premier objectif) - Il cherche à relancer sur les extérieurs du terrain pour contourner le regroupement des défenseurs dans le secteur central Le joueur de champ : - la variation des rythmes est très importante pour surprendre les tentatives de réorganisation de la défense : • accélérer les courses et les passes jusqu’à la zone pour prendre de vitesse le repli, • ralentir les courses (pour percevoir) et maintenir la vitesse les passes au proche de la zone, • accélérer les courses pour enclencher et surprendre. - Avant de recevoir la balle, le joueur doit prendre l’information pour perdre un minimum de temps - Il faut cadrer et organiser les joueurs par un projet cohérent mais surtout leur laisser une liberté d’action pour favoriser le relâchement (utiliser leurs qualités) : anticipation, dribble de progression, passes en suspension, etc... Comment amener cette philosophie de jeu rapide à l’entraînement ? 1) Le travail du jeu rapide doit être toujours associé au travail défensif 2) « Tant qu’on prend le but, on défend sinon on monte la balle » 3) privilégier les situations avec des enchaînements de jeu sur espace réduit vers du jeu sur grand espace et inversement 5ème colloque des entraîneurs P. TIBY / 2007 11 Dans le cadre de la formation du jeune joueur, quels sont les axes de travail que tu préconises La formation sur Ivry est l’axe prioritaire: 13 joueurs dans le collectif D1 ont été formés complètement ou en partie à Ivry. Il y a une ligne directrice qui lie toutes les catégories de - de 14 ans à senior de telle sorte que lorsqu’un joueur est blessé en équipe première, nous faisons appel à un joueur du même poste en équipe 2 (et pas le meilleur de l’équipe 2) qui elle-même fait appel si besoin à un joueur du même poste en - de 18ans, etc.… Le projet dans le club est le même pour tous : Défense - Montée de balle - Engagement rapide. Après chaque entraîneur avec ses sensibilités propose des projets différents. Enfin, nous travaillons avec beaucoup d’exigence la passe dans toutes ses formes et toutes les situations. Nous préconisons la polyvalence jusqu’en -16 ans et seulement à partir des - de 18 ans, nous cherchons à spécialiser le joueur sur un ou deux postes qu’il pourrait occuper pour jouer en performance. 5ème colloque des entraîneurs P. TIBY / 2007 12