Et maintenant, place aux combines... - L`Orient

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Et maintenant, place aux combines... - L`Orient
ABONNEMENT
Analyse
Ukraine
Magistrature suprême :
pour un sursaut avant
qu’il ne soit trop tard
La Russie menace
d’intervenir si ses
intérêts sont menacés
Page 2, l’article de Michel TOUMA
jeudi 24 avril 2014 | N°14025
Page 11
Quotidien libanais d’expRession française
www.lorientlejour.com | 2000 L.L.
Perspective Page 5 / Fady NOUN
Grille des salaires Page 8 / Marisol RIFAÏ
Le point Page 10 / Christian MERVILLE
Jean XXIII et Jean-Paul II, ou l’assurance
d’une Église « bien guidée »
Le corps enseignant au
bout du rouleau
La paix, au gré de
l’humeur du moment
Présidentielle 2014
Et maintenant, place
aux combines...
• 48 voix pour Geagea, 16 pour • Le 8 Mars se retire pour
Hélou et 52 bulletins blancs éviter un second tour
• Le chef des FL salue « une victoire pour la démocratie,
grâce au 14 Mars » Pages 2 et 3, nos informations et l’article de Scarlett HADDAD
Commémoration
Erdogan adresse ses
Un président
condoléances aux
en noir et blanc
Arméniens, une première
par Fifi Abou Dib
Pages 5 et 11
Syrie
Intensification
des violences contre
les civils à Alep Page 10
Proche-Orient
Les Palestiniens scellent
leur réconciliation au
grand dam d’Israël Page 10
Le président de la Chambre a convoqué à une nouvelle séance, mercredi 30 avril. Samedi 26 avril
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Photo Sami Ayad
Impression
Depuis le début de cette semaine fleurissent sur les murs de
Beyrouth de curieuses aff iches en noir et blanc réclamant
Fouad Chéhab pour président. Fouad Chéhab est mort en
1973. C’est un peu comme si, toutes proportions gardées,
les Français, en plein scrutin présidentiel, rêvaient
du retour de De Gaulle, ou les Américains de celui
d’Eisenhower. Par delà la boutade, on peut s’interroger
sur le sens d’une telle campagne, à l’heure où se déroulent
les premières phases de cette élection dans une ambiance,
du moins à ce stade, étonnamment tiède, pour ne pas
dire quasi dépassionnée. Que représente donc ce portrait
suranné d’un homme en frac et pantalon rayé, cravate
blanche sur chemise blanche et rosette à la boutonnière
? Droit dans ce cliché en pied, Fouad Chéhab, comme
raidi par les innombrables garde-à-vous de sa carrière
militaire, n’a pas ce regard de visionnaire, perdu dans
un horizon lointain, que les photographes des années
50 et 60 conféraient aux hommes politiques. Il regarde
simplement devant lui, sans émotion particulière. Il
a l’air satisfait. De fait, il géra la patrie en bon pater
familias de son époque, modernisant les infrastructures
et les services sociaux tout en développant un redoutable
appareil sécuritaire qui savait tout sur tous. Autant dire
que son mandat n’avait pas qu’un parfum de violette à ce
moment de l’histoire où, indépendants de fraîche date, les
Libanais n’étaient pas rassasiés de liberté.
La question est de savoir si les auteurs de cette campagne
d’aff ichage – que l’on suppose jeunes – souhaitent
vraiment un président ayant le prof il de Chéhab, ou s’ils
ne font qu’exprimer leur nostalgie d’une époque qui leur
semble idéale. Veulent-ils vraiment être gouvernés par
cette statue du Commandeur, ou rêvent-ils plutôt du décor
qui l’accompagne, ces maisons à arcades avec leurs petits
jardins que rafraîchit un bassin, les troquets du port,
la faune des souks, les belles Américaines à ailerons, les
actrices au regard humide, taille corsetée et seins bombés
sur les aff iches géantes d’un cinéma aujourd’hui démoli ?
Hier, tandis que les députés ouvraient leurs jeux, place
de l’Étoile, le monde célébrait la Journée de la Terre.
Dans l’état où se trouve aujourd’hui la terre, il s’agissait
plutôt d’une commémoration. On a encore planté des
arbres. Allez savoir si la terre est contente qu’on lui
plante tous ces arbres, elle qui n’aura bientôt plus assez
d’eau à leur donner. Un vieil arbre, pourtant, est une
chose magnif ique à enlacer. On pose la joue à l’écorce. On
écoute monter la sève. On s’emplit d’énergie tellurique.
Dans notre pays à bout de souffle et de ressources, nous
n’arrivons plus à envisager l’avenir autrement que sur
le modèle d’un certain passé. Enlacer un vieux chêne ou
placarder Chéhab, en noir et blanc, sur les murs lépreux
de Beyrouth, un même et pathétique combat.
2
Liban
jeudi 24 avril 2014
Analyse
Présidentielle : pour un sursaut
avant qu’il ne soit trop tard
Michel TOUMA
« Être ou ne pas être »... Le
choix devant lequel se trouve
aujourd’hui le Liban est aussi simple, dans sa formulation, que cette célèbre petite
phrase lancée par Hamlet
dans la pièce de Shakespeare.
Bien au-delà des personnes,
ces quelques mots résument
l’enjeu véritable de la bataille présidentielle de 2014.
Le déroulement du scrutin
d’hier, place de l’Étoile, a
confirmé dans les chiffres,
quantitativement et médiatiquement, une réalité qui
n’échappe depuis longtemps
à personne : la confrontation
entre une vaste coalition,
le 14 Mars, dont le projet
souverainiste – un projet de
paix civile – a été à nouveau
clairement exposé dans le
programme présidentiel du
leader des Forces libanaises,
Samir Geagea ; et une nébuleuse, dont l’élément moteur
est le Hezbollah, avec ses
aventures guerrières qui dépassent largement les frontières du pays et de la région
; et entre les deux, un bloc,
celui de Walid Joumblatt,
qui a lancé dans la bataille
l’un des ténors du 14 Mars,
Henri Hélou, un bloc qui
tient, pour l’essentiel, le discours du 14 Mars, mais qui
évite de brandir l’étendard
« quatorzemarsiste », par
manœuvre et pour renforcer
son rôle de faiseur de roi.
Ce que le décompte des
voix a mis en relief, c’est
que l’enjeu aujourd’hui, à la
faveur de cette bataille présidentielle, c’est la présence
ou non d’une République,
c’est la réédification ou non
d’un État, la sauvegarde ou
non de la formule libanaise,
du Liban-message, de ce qui
a fait la raison d’être du pays
du Cèdre depuis la proclamation du Grand-Liban, en
1920.
Le mérite du programme
présidentiel de Samir Gea-
gea, c’est qu’il a posé, dans
le fond, les bonnes questions, que nous ne répèterons jamais suffisamment :
les Libanais désirent-ils
que le pays soit géré par un
État digne de ce nom, ou
veulent-ils
s’accommoder
du fait accompli de l’autorité milicienne paraétatique
(celle du Hezbollah) qui
gangrène l’État ? Les Libanais désirent-ils mettre tout
leur poids dans la balance
afin de tenter (au moins) de
tenir leur pays à l’écart de la
politique des axes régionaux,
d’établir (enfin) un climat
de paix civile, de ne plus se
laisser entraîner dans des
aventures militaristes dont
ils n’ont cure, ou veulent-ils
assister passifs à l’entreprise
d’instauration d’une société
(d’une culture) guerrière, au
bénéfice de grands projets
régionaux qui ne les concernent ni de près ni de loin ?
Les Libanais souhaitent-ils
consolider l’élan populaire
souverainiste
transcommunautaire qui caractérise
la révolution du Cèdre, ou
préfèrent-ils, au contraire,
relancer le phénomène de
repli communautaire et de
renforcement des courants
extrémistes fondamentalistes, aussi bien sunnite que
chiite, sous l’effet de l’ancrage du Hezbollah à un projet
géopolitique transnational
? Les Libanais désirent-ils
mettre un terme à l’effondrement socio-économique
du pays, ou n’ont-ils d’autre
choix que se résigner au fait
accompli hezbollahi qui paralyse systématiquement le
pouvoir et plonge de plus en
plus le pays dans l’abîme de
la déroute financière ?
Bien au-delà des personnes, tels sont les défis que le
prochain président se doit
impérativement de relever.
À défaut, la crise politique,
institutionnelle,
sociale,
économique, sécuritaire et
morale qui mine le Liban
se prolongera et s’aggravera
à un rythme exponentiel,
et l’ensemble des Libanais
continueront à être les otages du projet transnational
du Hezbollah. L’enjeu de
cette bataille présidentielle
est de permettre d’élire un
président qui ait suffisamment d’envergure, de courage et de détermination pour
créer une situation politique
nouvelle dans le pays, pour
rétablir un équilibre au niveau du pouvoir – comme l’a
souligné le Premier ministre
Tammam Salam – afin de
freiner la descente aux enfers. Face à l’ampleur d’un tel
enjeu, les demi-mesures, les
calculs politiciens mesquins,
les considérations d’ordre
sectaire, les règlements de
comptes personnels, les attitudes frileuses et les louvoiements ne sauraient être
admissibles.
D’aucuns prônent « le dialogue », la « concorde » et
la « politique d’ouverture »
pour atteindre ce même objectif. Soit... Mais à condition que la partie d’en face
comprenne réellement le
concept de dialogue et d’entente cordiale et qu’elle ne
perçoive pas le dialogue
et l’ouverture comme un
moyen d’imposer son diktat.
Quel type de « dialogue »
est-il possible d’engager avec
un parti : qui avalise la déclaration de Baabda et la renie d’une manière effrontée
quelques jours plus tard ; qui
prend l’engagement solennel
au cours de la conférence
arabe de Doha (en 2008) de
ne pas provoquer la chute
du gouvernement d’union
nationale et qui fait chuter
quand même ce gouvernement ; ou, pis encore, qui
efface d’un coup de main,
sous l’effet des menaces et
de l’intimidation milicienne,
les résultats d’élections législatives ?
Quelle voie suivre face
à cette déplorable réalité ?
Précisément, l’élection d’un
président qui ait suffisamment de détermination et de
courage pour rétablir l’équilibre politique perdu dans
le pays, passage obligé pour
initier un redressement institutionnel, économique, social et sécuritaire. Et dans ce
cadre, les blocs parlementaires qui sont conscients d’un
tel enjeu mais qui craignent
d’agir clairement en conséquence ont une responsabilité historique à assumer
devant l’histoire... Et les Libanais.
L’enjeu n’est d’ailleurs pas
uniquement local. Il est aussi
occidental et arabe. Certains
pays se sont prononcés sans
détours pour un candidat
« consensuel ». En clair, cela
à prendre le risque d’une
défaite au deuxième tour de
scrutin. »
tentative de bloquer l’échéance et de ramener les scénarios
qui prévalaient précédemment », a-t-il encore ajouté.
Néanmoins, « ce sont de
vraies élections présidentielles qui se tiendront cette
fois-ci », a-t-il insisté. « Nous
refusons catégoriquement le
recours éventuel à certains
pays du Golfe, qui se réuniront à cette fin sous l’influence
de rapports de force, comme
c’est le cas en Syrie, en Irak
ou ailleurs... Ce scénario n’est
point envisageable, en ce qui
nous concerne », a lancé le
leader des FL.
Il a encore insisté sur la
continuité du processus
électoral « jusqu’à son aboutissement normal, à savoir
l’élection d’un président de
la République libanaise, et
non d’un président choisi
par des forces extérieures ».
« L’épreuve du compromis
de Doha ne doit pas être
rééditée, et nous n’irons pas
vers un compromis du même
genre une nouvelle fois. »
Il a précisé en outre qu’il
maintenait « d’office » sa candidature. Il a réaffirmé en
outre « son ouverture à toutes
les parties, mais s’il y en a qui
refusent de communiquer avec
moi, je n’y peux rien ». L’enjeu
reste d’éviter le vide présidentiel et la séance d’hier n’aura
été « qu’un essai et non une
manœuvre », a-t-il précisé.
Parmi les figures politiques
et civiles du 14 Mars réunies
autour de Samir Geagea hier,
le coordinateur du 14 Mars
Farès Souhaid a tenu à prendre la parole, à l’ouverture de
la conférence, afin de critiquer « la réouverture des blessures de guerre ». « Certaines
forces politiques insistent à
ouvrir les blessures du passé
et les dossiers de la guerre civile, alors que la date du 14
Mars 2005 avait scellé notre
unité par le sang de Rafic
Hariri, et tourné la page de
la guerre grâce à une réconciliation islamo-chrétienne,
populaire et spontanée, sur la
place des Martyrs ». « Nous
continuons d’appeler à la
paix civile et de coopérer avec
les forces ayant pris part à la
guerre et en sont sorties avec
dignité, à l’instar des Forces
libanaises », a-t-il conclu.
Les Charognards
Qu’un citoyen lambda à la
culture politique limitée se livre
à une réaction primaire et épidermique, cela est compréhensible. Ce qui est, par contre,
grave et dégradant pour un
pays qui s’enorgueillit de ses
traditions démocratiques, c’est
qu’une telle attitude primaire
provienne de députés qui se
posent en élite politique de la
nation.
Les parlementaires qui ont cru
faire preuve de malice lors du
scrutin présidentiel, hier, en
déposant des bulletins au nom
de responsables et de civils assassinés durant la guerre, dans
des conditions, de surcroît,
douteuses et non élucidées,
ont vite fait d’oublier qu’ils font
partie d’une coalition dont les
principales composantes et les
alliés ont un passé (et présent !)
très riche en assassinats, liquidations et massacres. Faut-il
rappeler, à titre indicatif – sans
vouloir remonter à Riad elSolh – les meurtres de : Kamal
Joumblatt, le mufti Hassan
Khaled, Nazem Kadri, Sobhi
Saleh, Béchir Gemayel, Riad
Geagea salue « une victoire pour
la démocratie, grâce au 14 Mars »
Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, a qualifié de « grande victoire » la
séance électorale qu’il a suivie en direct hier à partir de
Maarab. « C’est une grande
victoire pour la démocratie,
même si d’aucuns ont tenté
de la dénaturer par des actes irresponsables. » Il s’est
désolé en effet du comportement « répugnant » de
certains députés, ayant voté
pour des personnalités assassinées pendant la guerre.
Il a également critiqué implicitement les députés du
bloc aouniste qui se sont
retirés de la séance après le
premier tour, « comme s’ils
étaient étrangers au Liban,
et comme si le scrutin ne les
concernait pas ».
« Il n’empêche que nous
avons franchi un grand pas
en avant », a-t-il ajouté.
Il a relevé en effet le
contraste entre la séance
électorale d’hier et la tradition d’une présidentielle
soumise aux consignes de
l’étranger. Il est revenu dans
ce cadre sur les circonstances
de la prorogation du mandat
du président Élias Hraoui
en 1995, « survenue au lendemain de la déclaration
de l’ancien président syrien
Hafez el-Assad, à partir du
Caire, donnant à penser que
le peuple libanais semblait
préconiser la prorogation du
mandat Hraoui ».
La percée démocratique telle que Samir Geagea
l’a perçue hier serait surtout une réussite pour le 14
Mars. « Cette fois-ci, les
forces du 14 Mars ont réalisé une grande réussite en
réactivant le mécanisme des
élections présidentielles ».
« Ce dont nous avons témoigné aujourd’hui (hier)
à l’hémicycle est à l’image
du 14 Mars qui défend de
toutes ses forces le projet de
la patrie et de l’État, parce
qu’il croit en l’impossibilité
pour le Liban d’exister sans
État véritable. » « C’est cette
croyance que le 14 Mars a
voulu traduire en se rendant
au Parlement, avec sincérité et persévérance, quitte
« Le 8 Mars ne veut
pas la tenue de la
présidentielle »
Déclarant que « le 14 Mars
a pavé la voie à des élections
sérieuses et purement libanaises », Samir Geagea s’est
interrogé en contrepartie sur
les raisons pour lesquelles
le 8 Mars n’a nommé aucun
candidat. Selon lui, « non
seulement le camp opposé
ne veut pas la tenue de la
présidentielle, mais il a commis des actes répugnants en
ramenant d’outre-tombe les
noms de martyrs dans le seul
but de remporter la bataille et
non par amour pour ces martyrs ». « J’aurais souhaité que
le camp opposé recoure à des
moyens honorables. Dans ce
cas un président aurait peutêtre été élu et j’aurais été le
premier à le féliciter, alors
que d’autres, incapables de
supporter cette idée, ont
choisi de se retirer au deuxième tour de scrutin. »
« Il s’agit clairement d’une
De gauche à droite : cheikh Michel el-Khoury, Élias Abou Assi et Farès Souhaid, présents hier à
Maarab, en guise de solidarité avec Samir Geagea.
Photo Aldo Ayoub
condamne le nouveau président à se contenter de gérer
la crise et le Liban à rester
l’otage des jeux régionaux
qui le dépassent. Les défenseurs de l’option du candidat « consensuel » oublient
cependant un peu trop vite
que la perpétuation du fait
accompli paraétatique imposé par le Hezbollah ne
peut avoir pour conséquence, à plus ou moins brève
échéance, que de renforcer,
par réaction, les courants
jihadistes, au Liban et en
Syrie. Et ces mouvances extrémistes finiront tôt ou tard
par déborder du cadre libanais et syrien pour traverser
les océans. Pour les services
occidentaux et arabes, il sera
alors trop tard ...
Taha, Salim Lawzi, les cadres
et militants communistes (au
nombre d’une vingtaine) du
Front national de la résistance
libanaise, René Moawad, Dany
Chamoun et sa famille (de
l’aveu même de Michel Aoun,
lors de son exil parisien),
Rafic Hariri, Bassel Fuleihan,
Samir Kassir, Georges Haoui,
Gebran Tuéni, Pierre Gemayel,
Walid Eido, Antoine Ghanem,
François el-Hajj, Wissam
Eid, Samer Hanna, Wissam
el-Hassan et, plus récemment,
Mohammad Chatah, sans
compter les attentats manqués
contre Marwan Hamadé, Élias
Murr, May Chidiac, Samir
Chehadé, Samir Geagea et
Boutros Harb. Peut-on aussi
passer outre aux dizaines de
victimes de l’expédition punitive du 7 mai 2008 et aux
centaines de civils syriens tués
sous les coups de l’aventure
guerrière du Hezbollah en
Syrie ?
« Que celui d’entre vous qui
n’a jamais péché lui jette la
première pierre... »
M.T.
Salam a salué le déroulement
du premier tour de la présidentielle
Le Premier ministre, Tammam Salam, a salué, hier
dans un communiqué, le
déroulement du premier
tour de la présidentielle qui
reflète, selon lui, « la démocratie libanaise, abstraction
faite des résultats. »
« La séance parlementaire a eu lieu dans le cadre
du consensus politique qui
prévalait dans le pays de-
puis la formation du cabinet », a précisé M. Salam.
Il a en outre souhaité que
cette atmosphère positive
se poursuive, espérant que
le « Parlement pourra aboutir à l’élection du meilleur
président de la République
pour le Liban dans les circonstances actuelles tout
en respectant l’échéance
conformément aux délais
constitutionnels ».
Lors de sa visite au Grand
Sérail, le vicaire patriarcal,
Mgr Samir Mazloum, a invité M. Salam à un colloque
qui aura lieu les 12 et 13 mai
sur « la charte nationale de
Bkerké ». Il a en plus souhaité que « la prochaine session parlementaire aboutisse à un résultat satisfaisant
pour tous les Libanais ».
Michel Eddé craint une vacance
à la première magistrature
Le président de
la
Fondation
maronite dans le
monde, l’ancien
ministre Michel
Eddé, a exprimé
hier sa crainte
d’une vacance
à la présidence
de la République,
rendant
hommage à « la
modération »
du Premier ministre Tammam
Salam, dont la
présence « rassure tout le
monde en cas
de vacance présidentielle ».
« Tout le
monde adopte des positions modérées et fait preuve
d’ouverture, mais je ne m’attends pas à ce qu’il y ait un
président. Notre situation
est tout à fait différente de ce
qu’elle était auparavant. La
peur du vide est bien là », a
noté hier M. Eddé, dans le
cadre d’un entretien télévisé.
« Le président des Forces
libanaises, Samir Geagea,
et le chef du bloc du Changement et de la Réforme,
Michel Aoun, peuvent tous
les deux accéder à la présidence », a-t-il indiqué. « Samir Geagea a la place qui lui
revient. Ce qui s’est produit
aujourd’hui est fondamental
concernant le fait de tourner
la page du passé et le choix
des sunnites de voter en sa
faveur à la Chambre », a-t-il
souligné.
« Les interventions étrangères au Liban ne sont pas
nées d’hier. Mais la situation
est différente aujourd’hui. Il
y a des courants politiques
différents, et tout le monde
veut tenter sa chance. Le
général Aoun, par exemple,
a la possibilité d’accéder à la
présidence en cas d’accord
entre l’Arabie saoudite et
l’Iran », a noté Michel Eddé.
« L’échéance présidentielle
libanaise aujourd’hui n’intéresse pas la communauté
internationale comme cela
était le cas par le passé », a-til relevé.
« Le président consensuel est celui qui est accepté
par tous et qui entretient de
bonnes relations avec tout le
monde. Ses positions ne sont
pas conflictuelles. C’est sur
cette base que le président
Michel Sleiman a fait son
chemin », a poursuivi l’ancien
ministre de la Culture.
M. Eddé a par ailleurs
rendu un vibrant hommage
au gouverneur de la Banque
du Liban, Riad Salamé, saluant « ses qualités morales »,
et estimant qu’il s’agit, de
l’aveu de tous, du « meilleur
gouverneur que le monde ait
connu ». « Du point de vue
constitutionnel, il existe une
divergence de points de vue
sur la question de son accession à la présidence de la République. Ce point nécessite
un débat parce qu’il n’est pas
clair », a-t-il indiqué. Selon
lui, le commandant en chef
de l’armée, le général Jean
Kahwagi, ainsi que le gouverneur de la BDL ont la place
qui leur revient, leur popularité et leurs chances.
Liban
jeudi 24 avril 2014
Vote sans surprise hier
au Parlement
Fatfat insiste sur le soutien de la rue
sunnite à Geagea
Place de l’Étoile C’est presque sans surprise que la séance parlementaire consacrée à
l’élection présidentielle s’est déroulée hier avec, face à face, le vote blanc du 8 Mars (52) et les
voix en faveur du chef des Forces libanaises du 14 Mars (48). Entre les deux, le centrisme de
Walid Joumblatt avait un nom, celui du député Henri Hélou qui a quand même obtenu 16
voix, alors que sept bulletins ont été annulés et que Amine Gemayel a obtenu une seule voix.
Mais, comme l’a dit le ministre Élias Bou Saab, le feuilleton ne fait que commencer.
Scarlett HADDAD
La séance parlementaire d’hier
consacrée à l’élection d’un
nouveau président de la République a été courte mais riche
en émotions. C’est d’abord
l’une des rares fois que l’hémicycle affichait presque complet
avec 124 députés présents sur
128, les absents étant Saad
Hariri et Okab Sakr à l’étranger, Élias Aoun à l’hôpital et
Khaled Daher refusant de voter pour Samir Geagea. Les
ténors étaient donc là : Michel Aoun, Walid Joumblatt,
Sleimane Frangié, sans oublier
bien sûr Nabih Berry et Fouad
Siniora. Du côté du gouvernement, les rangs étaient quelque
peu clairsemés, mais tous ceux
qui ont la double casquette de
député et de ministre étaient
là pour voter, avec à leur tête
le Premier ministre Tammam
Salam.
D’emblée, la tension semblait grande. Les députés (et
les journalistes) avaient beau
connaître le scénario à l’avance, il y avait quand même une
pointe d’angoisse sur d’éventuelles surprises, mauvaises
pour les uns, heureuses pour
les autres. D’ailleurs, tout au
long de la séance, l’atmosphère binaire était claire et
perceptible : ce qui plaisait à
un camp déplaisait à l’autre et
vice-versa, exposant ainsi au
grand jour la grande division
des députés et, à travers eux,
celle des Libanais. Mais le
plus évident encore était la division dans les rangs chrétiens,
le Hezbollah, Amal et même
le courant du Futur et les druzes se faisant discrets face aux
députés chrétiens, toutes tendances confondues, lesquels
multipliaient les déclarations
« à fleurets mouchetés ». Au
point qu’on croyait presque
vivre un nouvel épisode de la
« guerre fratricide » des années 90, sans fusils ni canons
cette fois, mais avec des mots
cinglants et des phrases la-
pidaires. L’arrivée de Tracy
Dany Chamoun pour assister
à la séance et y annoncer sa
candidature a encore ravivé les
mémoires, en rappelant aux
présents un des plus tragiques
épisodes de la guerre libanaise
et surtout en réveillant cette
sorte de « malédiction chrétienne » qui n’en finit plus de
poursuivre le pays.
Soignant leurs entrées, les
députés ont commencé à affluer place de l’Étoile à partir
de 10h30, soucieux de saluer
les journalistes. Avec une
pointe d’humour, Ghassan
Moukheiber a lancé : « Les
députés sont aujourd’hui
comme les cardinaux lorsqu’ils
élisent le pape, le Saint-Esprit
en moins », alors que le viceprésident de la Chambre, Farid Makari, a ostensiblement
clamé que son candidat est
aujourd’hui Samir Geagea,
mais qu’il le sera aussi pour la
prochaine séance et pour toutes celles qui suivront...
Ce n’est qu’à midi dix que la
séance a été déclarée ouverte
par Nabih Berry, avec un quorum de 124 présents. Le président de la Chambre énumère
les candidats, Samir Geagea
bien sûr, mais aussi Henri
Hélou et Tracy Chamoun,
Nadine Moussa et Béchara
Abou Younès. Ce qui fait dire
à Serge Torsarkissian que ces
derniers devraient présenter
leur CV pour que les députés
sachent à qui ils ont affaire.
M. Berry a ensuite rappelé aux
députés qu’ils doivent mettre
le nom de leur candidat sans
rajout faute d’annulation du
bulletin et l’opération de vote
s’est déroulée en quelques minutes, chaque député restant
sagement assis à sa place. Une
fois le devoir accompli, les députés du bloc du Changement
et de la Réforme et ceux du
bloc de la Résistance ont commencé à se retirer. Le chef du
législatif leur a demandé de
revenir, mais toujours prompt
à riposter, Serge Torsarkissian
Joumblatt : Henri Hélou restera
notre candidat
Le député Henri Hélou, candidat
à la présidence au nom de la
Rencontre démocratique, a
estimé à l’issue de la séance
parlementaire que le scrutin
était « démocratique ». « Le scrutin était démocratique et libanais
par excellence, sans ingérence
étrangère, et je poursuis ma
course, soutenu par mon bloc,
à la présidence », a déclaré M.
Hélou qui a obtenu le vote de
16 députés au Parlement. « La
seule solution aux crises au Li-
ban est l’élection d’un candidat
modéré qui rassemblerait tout le
monde. À travers la modération et la participation de tous,
on peut briser les alignements
politiques et la paralysie des institutions pour sauver le pays »,
a-t-il dit.
Le chef du rassemblement,
le député Walid Joumblatt, a
pour sa part affirmé que « nous
n’avons d’autre candidat que
Henri Hélou et il restera notre
candidat ».
Le Liban face à une « grave »
alternative : le consensus
ou le vide
La Campagne civile pour la réforme électorale, relevant de la
LADE (Association libanaise pour
la démocratie des élections) a
relevé dans un communiqué
que « les députés qui se sont
rendus aujourd’hui au Parlement
n’avaient pas l’intention d’élire
un nouveau président de la République en assurant le quorum
nécessaire pour la tenue de la
séance électorale. Leur intention
réelle était uniquement de se
libérer de la responsabilité d’un
éventuel vide présidentiel ». « Or
c’est un défaut de quorum qui a
finalement été provoqué lorsque
certains députés ont décidé de
se retirer de la séance à l’issue
du premier tour de scrutin,
empêchant ainsi la tenue du
second tour. »
« La gravité de cette démarche est liée à la douloureuse
réalité qui la motive : le défaut
de quorum a été provoqué faute
d’un consensus sur un nouveau
président de la République »,
poursuit le communiqué. Ce
qui signifierait, selon la même
logique, que « les députés ne
se présenteront aux prochaines
séances électorales qu’en étant
certains de l’inaptitude d’aucun
candidat à recueillir la majorité
absolue des voix ». Le Liban
serait pris entre deux alternatives : « le consensus ou le vide,
d’une part, le consensus ou les
élections, d’autre part ». Mettant
ainsi en garde contre l’équation
susceptible de conduire à un
vide présidentiel, la Campagne
civile pour la réforme électorale
a estimé que rien ne justifierait,
en tout état de cause, l’abstention des députés à se rendre au
Parlement.
3
Le député Ahmad Fatfat
(membre du bloc parlementaire du Futur) a annoncé hier,
avant le début du premier tour
de l’élection présidentielle, que
la rue sunnite est avec la candidature du leader des Forces
libanaises Samir Geagea à la
présidence de la République.
Il a souligné que les députés de Tripoli soutiennent le
leader des FL, notamment
Samir el-Jisr, Badr Wannous
et Mohammad Kabbara qui
« n’a soulevé aucune objection lors de la réunion qui a
adopté la candidature de M.
Geagea ».
Cette déclaration vise à ré-
pondre à la position des partisans de l’ancien Premier ministre Omar Karamé qui ont
organisé mardi une marche à
Tripoli, au Liban-Nord, en
guise de protestation contre
la candidature de M. Geagea
à la présidence de la République.
M. Fatfat a rappelé que l’ancien Premier ministre Omar
Karamé avait « transcendé les
blessures du passé dans l’intérêt du Liban » et qu’il avait
lui-même nommé Samir Geagea ministre dans son gouvernement, après l’accord de
Taëf. M. Fatfat a notamment
souligné à ce propos : « Dans
une déclaration au Nahar, M.
Karamé avait alors lui-même
souligné à cette époque qu’il
dépassait la blessure dans
l’intérêt national. Cet intérêt
national n’est-il de mise que
lorsqu’on est à la présidence
du Conseil ? » Et M. Fatfat
d’ajouter dans ce cadre : « En
ce qui concerne les jugements
émis contre M. Geagea, ils
font tous l’objet de points
d’interrogation car ils ont été
émis à l’époque de la présence
syrienne. S’ils veulent soulever ce problème et reprendre
les jugements, il faudrait alors
juger tous les chefs de guerre,
sans exception. »
l Samir el-Jisr, député de
de la Békaa et chef du PSNS,
avant la séance : « Il ne faut
pas qu’un assassin devienne
président. »
Koura (FL), sur son compte
Twitter, en réponse aux votes
portant les noms de Rachid
Karamé, Jihane Frangié ou
Dany Chamoun : « Si nous
devons leur rappeler les noms
de ceux des nôtres qui ont été
victimes de leur criminalité
(au 8 Mars), tous les députés
du 14 Mars ne suffiraient
pas. (...) Le 8 Mars n’a pas de
candidat en attendant le mot
d’ordre de l’extérieur. Ce sont
les services de renseignements
d’Assad qui ont tué les leaders
libanais. Leurs acolytes à
Tripoli brandissent des calicots
mensongers. Ils ne pourront
pas créer de scission entre
Tripoli et les FL. »
l Omar Karamé, ancien
l Talal Arslane, député
Il ont dit :
l Marwan Hamadé, député
Le 8 Mars ayant choisi de voter blanc, Walid Joumblatt a préféré voter pour Henri Hélou, qui a
soutiré quelques voix du 14 Mars à Samir Geagea hier.
s’est écrié : « Ils sont partis
sans espoir de retour »...
Le dépouillement des bulletins est ensuite entamé,
alors que le silence se fait dans
l’immense salle, jusque sur
les bancs réservés aux journalistes et aux diplomates – où
d’ailleurs s’est installé l’ambassadeur de France Patrice
Paoli avec une délégation de
l’ambassade. C’est le directeur
général du Parlement qui s’est
chargé d’ouvrir les enveloppes
pour remettre leur contenu à
Marwan Hamadé qui lisait
les noms d’une voix haute et
solennelle. Pendant toute la
durée du dépouillement, le silence était quasiment total et
il est devenu opaque et lourd
lorsque, dans la salle qui retenait son souffle, ont retenti
les noms de Rachid Karamé,
Tarek Dany Chamoun, Jihane
Tony Frangié et Élias Zayeck.
Certes, cette mention n’était
pas de nature à renverser les résultats annoncés ni à modifier
la donne. Mais pour ceux qui
ont mis ces noms, il s’agissait
de rappeler le passé du candidat Samir Geagea, qui, depuis
la fin de sa détention en 2005,
dans le cadre d’une loi d’amnistie, n’a cessé, selon eux, de
vouloir l’effacer des mémoires.
À ce propos, il faut préciser
qu’une fois dehors, Sethrida
Geagea, tout de rouge vêtue, a déclaré aux nombreux
journalistes qui cherchaient à
obtenir sa réaction qu’elle est
probablement la seule femme
au monde à avoir voté la loi
d’amnistie libérant son époux
pour ensuite voter en faveur de
sa candidature à la présidence
de la République...
Le dépouillement achevé,
les résultats sont lus par Nabih
Berry : 48 voix pour Geagea,
52 bulletins blancs, 16 voix
pour Henri Hélou, une voix
pour Amine Gemayel et sept
votes annulés. Constatant qu’il
n’y avait plus que 78 députés
dans la salle (il en faut 86 pour
le quorum), le président de la
Chambre a levé la séance pour
fixer un autre rendez-vous
mercredi prochain.
Ce fut aussitôt la ruée vers
les portes, les journalistes
voulant interroger les députés avant qu’ils ne quittent le
Parlement. L’objectif était
d’abord de connaître l’identité de ceux qui ont mélangé
les cartes, puisque la veille, les
pronostics étaient de 50 à 52
voix pour Geagea, 57 bulletins blancs et 11 pour Henri
Hélou. Il est donc clair que
des députés non membres du
bloc de Walid Joumblatt (qui
a retrouvé ses trois membres
perdus depuis la chute du
gouvernement de Saad Hariri)
ont voté en faveur de Hélou.
Les confidences des uns et des
autres ont permis de savoir
que Nicolas Fattouche a voté
pour Hélou, ainsi que Nayla
Tuéni et Michel Murr, et encore Nagib Mikati et Ahmad
Karamé. Le seizième bulletin
reste imprécis. On parle du
Premier ministre Tammam
Salam. Par contre, le député
de Tripoli membre du courant
du Futur Mohammad Kabbara aurait mis le nom de Rachid Karamé. Certains disent
aussi que le député du bloc
du Changement et de la Réforme Farid el-Khazen aurait
voté pour Henri Hélou du
fait d’une longue amitié entre
eux. Ce qui voudrait alors dire
que Mohammad Safadi aurait
voté blanc. Ziad Assouad du
bloc du Changement et de la
Réforme a révélé avoir mis le
nom de Jihane Tony Frangié
et il est probable que les autres
bulletins annulés aient été déposés dans l’urne par des députés du même bloc. En tout
cas, Nabil Nicolas et Abbas
Hachem ont affirmé avoir
voté Tarek Dany Chamoun.
Ces votes, qui étaient destinés
à rappeler le passé de Samir
Geagea, ont d’ailleurs fait dire
à Sethrida Geagea qu’ils sont
l’indice « d’une faillite politique totale ». Mme Geagea a
quand même qualifié la séance
de « noces démocratiques »...
Ces votes étaient en tout
cas la seule surprise de cette
séance destinée à sonder les
intentions. En dépit du ton
victorieux des députés des
Forces libanaises, du profil bas
des députés Kataëb, du silence
des députés du Hezbollah et
de l’air narquois des députés
du bloc du Changement et de
la Réforme qui semblaient dire
« rira bien qui rira le dernier »,
chaque camp va désormais revoir ses calculs en prévision de
la prochaine séance qui a été
résumée par Michel Aoun :
« Il est encore trop tôt pour
parler d’un candidat consensuel. »
Le 8 Mars n’a témoigné d’aucune absence hier parmi ses rangs.
Photos Sami Ayad
second tour ». À la question de
savoir s’il se portait candidat
pour les autres séances parlementaires, le général Aoun a
affirmé que « nous attendons
toujours le consensus jusquelà ». Concernant les votes
accordés à des personnes
défuntes, soupçonnées d’avoir
été tuées par le chef des Forces
libanaises Samir Geagea, M.
Aoun a déclaré : « A-t-il été
accusé de ces crimes ou a-t-il
fait l’objet d’une condamnation ? Moi je ne me base pas
sur les accusations. Les gens
ont une mémoire, et elle est
encore influencée par cette
situation. Ces gens ont fait part
de leurs sentiments et de leurs
pensées. » Enfin, à la question
de savoir s’il accepterait un
candidat consensuel autre que
lui-même, le général Aoun a
estimé qu’il est encore tôt pour
se prononcer sur ce sujet.
Sethrida Geagea surprise du vote blanc et
du retrait des députés du 8 Mars de la séance
La députée Sethrida Geagea
a tenu hier une conférence de
presse place de l’Étoile, à l’issue
de la séance parlementaire,
remerciant d’abord l’ancien
Premier ministre Saad Hariri
pour sa « fidélité à ses engagements ». « En ce jour, on ne
peut que se rappeler les martyrs
Rafic Hariri et Bachir Gemayel,
ainsi que tous les martyrs
de la révolution du Cèdre »,
a-t-elle déclaré, estimant que
les personnes défuntes qui ont
obtenu des voix au scrutin sont
« mortes lors d’une période que
nous connaissons tous et d’une
manière que nous connaissons
tous ». « Ce vote-là constitue une
faillite politique par excellence »,
l Nouhad Machnouk,
ministre de l’Intérieur et député
de Beyrouth (bloc du Futur) :
« Nous restons attachés à la
candidature de Geagea. Nous
avons été témoins aujourd’hui
d’une expérience démocratique
dont il ne faut pas sousestimer
l’importance. (...) Que Dieu
ait l’âme de Rachid Karamé.
S’il était en vie aujourd’hui, il
n’aurait pas tenu les mêmes
propos que certains députés
(...). »
l Nabil de Freige, ministre
chargé du Développement
administratif et député de
Beyrouth (bloc du Futur), à
al-Jadeed : « L’autre camp s’est
retiré de la première séance
parce qu’il a peur de l’élection
d’une personne qui ne lui
convienne pas. »
l Farid Makary, viceprésident de la Chambre
et député de Minié,
avant la séance : « Nous
sommes unis autour de la
candidature d’un candidat
du 14 Mars, aujourd’hui
Samir Geagea, et cela
jusqu’au bout. »
l Mohammad Kabbara,
Aoun ne sait pas encore s’il acceptera
un candidat consensuel autre que lui
Le chef du bloc du Changement et de la Réforme, le général Michel Aoun, a déclaré
à l’issue du premier tour de
scrutin de la séance parlementaire d’hier qu’« il s’est
avéré impossible d’aboutir à
un consensus autour d’un seul
candidat au second tour, c’est
donc pour cela que nous nous
sommes retirés de la séance
en espérant qu’un candidat
fera une sorte d’unanimité au
du Chouf (14 Mars) : « Il y a
ceux qui veulent la République
et ceux qui veulent un État à
l’image du vote blanc qu’ils ont
déposé dans l’urne, c’est-à-dire
le vide. Ceux qui veulent la
persistance du vide souhaitent
monopoliser les armes,
maintenir leur hégémonie sur
l’État, se livrer à des aventures
en Syrie et assassiner de
nouvelles personnalités. Il est
clair qu’ils ont déposé leurs
bulletins blancs avant de se
casser. Quant aux bulletins
annulés, ils sont le fruit d’une
haine dont nous ne voulons pas
au Parlement. »
a-t-elle ajouté, estimant qu’« il
est encore tôt pour évaluer les
faits et voir si des personnes du
14 Mars n’ont pas respecté leur
engagement et n’ont pas élu
Samir Geagea ».
« Il faut nous préparer pour la
seconde séance et rester unis.
C’est un bon début de bataille.
Mais nous avons été surtout surpris aujourd’hui par le fait qu’il
n’y ait pas eu de candidat clair
face à nous, alors que certains
avaient prôné l’élection d’un
président fort. Ils auraient pu
choisir leur candidat fort au lieu
de voter blanc », a-t-elle poursuivi, affirmant ne pas considérer le candidat Henri Hélou
comme étant un candidat fort.
« J’entends par là les candidats
forts tels que le général Michel
Aoun, qui s’est d’abord présenté
comme candidat fort et non
pas consensuel. Je ne sais pas
pourquoi quand Samir Geagea
s’est présenté à la présidentielle,
le général Aoun a transformé
sa candidature en candidature
consensuelle. Henri Hélou est
un candidat naturel que l’on
respecte, mais il n’est pas
considéré comme un candidat
fort », a ajouté la députée qui
s’est déclarée surprise du retrait
de certaines parties de la séance
pour provoquer un défaut de
quorum, « alors qu’ils appelaient
au respect de l’échéance constitutionnelle ».
Tripoli (bloc du Futur), avant
la séance : « Nous sommes
attachés au point de vue
du courant du Futur et à
notre appartenance au 14
Mars. Nous tenons à l’unité
du 14 Mars et du courant
souverainiste. Ce que nous
faisons est dans l’intérêt de
Tripoli, parce que ce courant
souverainiste a en tout temps
défendu cette ville et s’est tenu
aux côtés de ses habitants. »
l Assaad Hardane, député
Premier ministre, après la
séance : « Le bulletin portant
le nom de Rachid Karamé
est une victoire contre les 48
autres qui portaient le nom de
l’assassin. »
l Tracy Chamoun, chef
du Parti des démocrates
libéraux (8 Mars), après la
séance : « Ma candidature
à la présidence de la
République contre Geagea
était symbolique. Il ne doit pas
accéder à la présidence et nous
avons réussi aujourd’hui. Le
sang ne se transforme pas en
eau. Notre candidat est Michel
Aoun. »
l Dory Chamoun, député du
Chouf et chef du Parti national
libéral, après la séance, à la
chaîne al-Jadeed : « Ceux qui
ont mis les noms de Tarek
et Dany Chamoun sur les
bulletins de vote sont des ânes
qui tentent d’exploiter le sang
des martyrs. Je ne suis pas
stupide à ce point (...). Ceux
qui n’aiment pas Geagea ont
tenté aujourd’hui de nuire à sa
réputation. »
député de Tripoli (bloc du
Futur), avant la séance :
« Il existe une spécificité
tripolitaine concernant Samir
Geagea, que je respecterai. Je
n’étais pas d’accord concernant
l’amnistie et je n’accepterai pas
son élection à la présidence.
Il est accusé du meurtre de
Rachid Karamé, jusqu’à preuve
du contraire. »
l Ziad Assouad, député
l Ahmad Karamé, député
l Élie Mahfoud, chef du
de Tripoli, avant la séance :
« Nous allons voter pour Henri
Hélou. Samir Geagea est
accusé du meurtre de Rachid
Karamé. Nous aurions souhaité
que Rachid Karamé puisse
voter aujourd’hui. »
l Hadi Hobeiche, député du
de Jezzine (CPL), après la
séance : « Je ne m’en suis pas
tenu au vote blanc réclamé par
le général Aoun aux députés
du bloc. J’ai voté pour la
martyre Jihane Tony Frangié.
La candidature de Geagea
n’est pas sérieuse et elle est
indigne de la présidence de la
République. »
courant du Changement
(14 Mars), sur son compte
Twitter : « Le 18 mai 2005,
Aoun a affirmé que le tribunal
qui avait jugé Geagea était
soumis à l’influence syrienne.
Ce que ses députés ont écrit
aujourd’hui sur les bulletins de
vote prouve que leur passetemps idéal est d’ouvrir les
sépultures. (...) Geagea a assumé
la responsabilité de la tuerie
d’Ehden, alors que celui qui a
réellement tué Tony Frangié
est devenu ministre durant des
années. Sleimane Frangié a luimême reconnu que c’était Élie
Hobeika qui avait tué son père. »
de Aley et chef du Parti
démocratique libanais,
après la séance : « J’ai voté
blanc (...). La nomination
par Walid Joumblatt de
Henri Hélou constitue une
position audacieuse et claire,
en harmonie parfaite avec
l’intérêt national et l’opération
démocratique (...). Je suis
en coordination totale avec
Joumblatt (...). La mention
de victimes de la guerre au
nom desquels Geagea a été
jugé exprime une souffrance
du niveau de médiocrité qu’a
atteint la politique au Liban. »
l Alain Aoun, député de
Baabda (CPL), avant la séance :
« Nous avons vu que le vote
blanc était le plus approprié,
mais cela sera différent lors
des prochaines séances. (...)
Michel Aoun est un candidat
de consensus, uniquement.
Les duels électoraux ne nous
intéressent pas. »
l Simon Abiramia, député
de Jbeil (CPL), après la
séance, à al-Markaziya : « Le
retrait du CPL de la séance
vise à profiter du temps pour
contacter les différentes parties
libanaises, afin d’aboutir à
un président consensuel. Le
général Aoun ne sera pas un
candidat de conflit et n’entrera
pas dans une course. Il sera soit
un président d’union pour le
salut ou il ne sera pas. »
l Imad el-Hout, député de
Beyrouth (Jamaa islamiya),
avant la séance : « La
candidature de Geagea a donné
un nouveau goût à l’élection
présidentielle. La Jamaa a pris
sa décision : nous ne déposerons
pas un bulletin blanc. »
l Sejaan Azzi, ministre
du Travail (Kataëb) : « La
candidature d’Amine
Gemayel est plus que jamais
d’actualité. »
Akkar (bloc du Futur), avant
la séance : « Je ne comprends
pas ce qui a été dit au sujet
d’une spécificité tripolitaine.
Le Premier ministre Omar
Karamé, frère du martyr
Rachid Karamé, avait désigné
Samir Geagea au sein de son
cabinet. (...) Notre candidat,
aujourd’hui comme demain,
est Samir Geagea. »
l Fady Karam, député du
Bécharré (FL), après la séance :
« La candidature de Geagea
est sérieuse. Il ne s’agit pas
d’une manœuvre tactique. Il
a un programme clair qui vise
à sauver la République et à en
préserver l’indépendance, la
souveraineté et la démocratie. »
Une délégation de six parlementaires français a effectué
une tournée auprès de différents responsables libanais.
Emmenée par le député
Henri Gebrayel, qui préside
la commission parlementaire
de l’Amitié franco-libanaise,
la délégation s’est rendue à
Baabda. L’entretien avec le
président de la République,
Michel Sleiman, a porté sur
la coopération solide entre les
deux pays à tous les niveaux.
Henri Gebrayel a réitéré dans
ce cadre le soutien de la France
au Liban, saluant « les efforts
du chef de l’État pour préserver l’unité et la stabilité, en le
distanciant des crises régionales et des conflits des autres,
surtout en Syrie », selon un
communiqué de Baabda. Il a
également salué la tenue hier
de la séance électorale.
La délégation a ensuite été
reçue par le chef des Kataëb,
l’ancien président de la République Amine Gemayel,
en présence des membres du
bureau politique du parti et
de l’ambassadeur de France
Patrice Paoli. Les échanges
ont porté essentiellement sur
l’échéance présidentielle et les
moyens d’éviter le scénario du
vide. Les répercussions de la
crise syrienne, en l’occurrence
le dossier des réfugiés, ont
également été évoquées, sur
la base de chiffres alarmants
présentés par le ministre Sejaan Azzi. Des solutions possibles à la crise des réfugiés
ont ainsi été examinées, comme l’aménagement de camps
dans les zones syriennes sûres, ou la prise en charge d’un
certain nombre de Syriens
réfugiés au Liban par d’autres
pays ayant une plus grande
capacité d’accueil.
S’exprimant à l’issue de la
visite, Henri Gebrayel a salué
« les positions nationales du
président Gemayel », précisant en outre qu’une unité de
travail commune sera créée
entre les Parlements français
et libanais « en vue de développer le concept de neutralité consacré par la déclaration
de Baabda ». De son côté,
Amine Gemayel est revenu
sur les relations historiques
entre la France et le Liban,
qualifiant la réunion de « familiale ».
Les parlementaires ont
également été reçus par le
ministre des Affaires étrangères, Gebran Bassil.
l Élie Keyrouz, député de
L’échéance présidentielle au cœur d’une
tournée de parlementaires français
4
Liban
jeudi 24 avril 2014
Barrage de Janna : la
polémique s’envenime entre
l’Environnement et l’Énergie
La mémoire des 90 ans
Dans « L’Orient » du 24 avril 1927
Harem !...
Vous avez peut-être ri de
ce juge d’instruction qui
lançait, il y a trois jours,
son mandat d’arrêt contre
« le nommé Béchir ». S’il
avait fallu appréhender
tous les nommés Béchir qui
se promènent sur l’étendue
du territoire libanais, toute
la gendarmerie n’y eût pas
suffi, et y eût-elle suffi qu’il
serait resté à savoir s’il y
avait des prisons à Beyrouth pour contenir tous ces
Béchir-là...
Là où il faut cependant
s’arrêter de rire, c’est à la
Projet Mohammad Kabbani à « L’Orient-Le Jour » : « Ce barrage est un crime. »
Depuis le début des travaux
sur le barrage dit de Janna,
dans la zone de Nahr Ibrahim à Jbeil, la polémique
autour de ce projet ne fait
que s’envenimer.
Les écologistes ont été
les premiers à réagir à cette
nouvelle, évoquant un très
grand nombre d’arguments
environnementaux, techniques, économiques ou encore culturels qui devraient
empêcher la construction
de ce barrage à cet endroit
(voir L’Orient-Le Jour du
17 avril, article intitulé « Le
cri d’alarme du LEM » ). Le
même jour de la publication de ce communiqué, la
surprise venait du ministère
de l’Environnement : le
ministre Mohammad Machnouk envoyait une lettre
à son homologue de l’Énergie, Arthur Nazarian, lui
demandant d’interrompre
les travaux sans délai, étant
donné qu’aucune étude
d’impact environnemental
ne lui a été communiquée.
Sachant que deux grands
rapports, l’un publié par un
bureau allemand et l’autre
par un bureau français, ont
émis des doutes sur la capacité de stockage d’un tel
barrage, en raison de la nature karstique du sol.
Le ministère de l’Énergie
n’a pas tardé à rétorquer à
la lettre de l’Environnement. Dans un communiqué daté de mardi dernier,
le ministère affirme n’avoir
« pas reçu officiellement la
lettre du ministre de l’Environnement ». Il affirme
par ailleurs que « les études
préparatoires pour ce projet avaient été commencées
en 2005, et qu’une étude
d’impact environnemental
a été effectuée en 2006, répondant à tous les critères
qui étaient en vigueur en
ce temps-là, c’est-à-dire
avant la parution du décret
8633 », en 2012, qui réglemente de telles études.
Il souligne également que
l’appel d’offres et l’adjudication avaient tous les
deux eu lieu en mars et avril
2012, « c’est-à-dire avant
l’adoption dudit décret ».
Et le ministère d’ajouter : « Il faut préciser que
les études évoquées dans
la lettre (du ministre Machnouk) avaient alors été
examinées avec minutie.
D’autres études techniques
avaient été effectuées pour
répondre aux points soulevés, menées par des bureaux
de consultants mondiaux, et
elles réfutent les arguments
techniques sur la possibilité de fuites importantes
du barrage vers la grotte
de Jeita, des hypothèses sur
lesquelles s’étaient basées
des études comme celle de
BGR (NDLR : l’Institut
fédéral allemand des géosciences et des ressources
naturelles, dans une étude
sur la protection de la grotte de Jeita). »
Hier, le ministre de l’Environnement a rappelé une
nouvelle fois le ministère
de l’Énergie à l’ordre, demandant l’arrêt des travaux
le temps de présenter une
étude d’impact environnemental. Il a fait remarquer
que la lettre qu’il a envoyée
en date du 22 avril a bien
été enregistrée au ministère
de l’Énergie sous le numéro
de 438/w, en date du 23
avril.
« Les lois (notamment le
code de l’environnement
datant de 2002) qui stipulent la nécessité des études
d’impact précèdent le début du projet de Janna d’au
moins trois ans, et le ministère de l’Énergie aurait
dû les soumettre au ministère de l’Environnement
en vertu du décret 8633 »,
poursuit M. Machnouk.
Il rappelle également que
de telles études avaient été
exigées par son ministère
concernant le projet de Janna, le 9 juillet puis le 18 novembre 2013. Sans résultat.
Et de conclure : « Le ministère de l’Environnement
souhaite que l’étude d’impact environnemental lui
soit soumise pour qu’elle
soit examinée par les personnes compétentes. En
attendant, nous vous demandons de donner vos directives afin que les travaux
soient interrompus sur le
terrain. »
provenance du port de
Beyrouth, ont été saisies
hier au port de Khartoum
au Soudan. Dans un
communiqué, le bureau de
lutte contre les stupéfiants
des Forces de sécurité
intérieure a expliqué que les
pilules étaient dissimulées
dans cinq conteneurs de
maïs. Trois personnes de la
bande de trafiquants ont été
arrêtées.
D’après le communiqué,
cette tentative de trafic
a été avortée grâce à la
collaboration des deux
bureaux de lutte contre les
stupéfiants au Liban et au
Soudan.
cadres des Brigades Abdallah
Azzam, un groupe lié à elQaëda, a échappé hier à une
tentative d’assassinat dans le
camp des réfugiés palestiniens
de Aïn el-Héloué. Ce dernier,
qui revenait vers son domicile
après avoir effectué la prière
de l’aube dans la mosquée
al-Nour, a été attaqué par un
homme armé encagoulé. Des
échanges de tirs ont eu lieu
entre les deux hommes.
Commentant l’incident,
des sources palestiniennes
proches du cheikh Oussama
el-Chéhabi, citées par l’agence
d’informations en ligne Now
Lebanon, ont affirmé que le
camp de Aïn el-Héloué risque
d’être le théâtre d’une nouvelle
série d’attentats.
Selon ces sources, « il
est clair qu’une décision
visant l’assassinat de cadres
islamiques a été prise ».
Le projet le plus onéreux
jamais conçu
Aucun des deux ministres
n’était joignable hier pour
tirer cette polémique au
clair. Mais un avis bien tranché nous a été donné par le
président de la commission
parlementaire de l’Énergie,
des Transports et des Travaux publics, le député Mohammad Kabbani. Ce député, qui suit le dossier depuis
très longtemps, a « donné
raison à 100 % au ministre
de l’Environnement ». Il dit
avoir lui-même envoyé des
lettres dans la même veine
aux présidents de la République, du Parlement et du
Conseil des ministres il y a
un an et demi de cela, exigeant le gel du projet.
Alors que dans son communiqué, le ministère de
l’Énergie prétend que le
barrage de Janna « devra stocker 95 millions de
mètres cubes d’eau potable (NDLR : durant le pic
saisonnier d’alimentation
en eau) dont 65 millions
seront acheminés vers Beyrouth », M. Kabbani avance
des chiffres autrement plus
modestes. « Le rapport de
BGR a montré que le sol
à cet endroit est bien trop
perméable, dit-il. Au lieu
des trente millions de mètres cubes (NDLR : de manière constante) qu’on nous
a promis, l’étude montre
que le barrage pourra stocker au plus 7 à 8 millions, ce
qui en fera le projet le plus
onéreux jamais conçu. Face
aux doutes émis, un bureau
français de renommée internationale, SAFEGE, a
été consulté sur la question.
Il a confirmé les hypothèses
du bureau allemand. »
Mais pour lui, le vrai
scandale est financier. « Des
projets d’envergure nationale tels les barrages, selon les
lois libanaises, devraient être
financés soit par les caisses
de l’État, soit par des dons
étrangers, dit-il. Comment
se fait-il qu’on ait demandé
à l’Office des eaux de Bey-
Brèves
Tirs de roquettes
à l’est de Baalbeck
Quatre roquettes tirées
à partir de Syrie se sont
abattues hier sur des villages
situés à l’est de Baalbeck,
occasionnant des dégâts
matériels. Deux de ces
roquettes sont tombées entre
Tibé et Brital, la troisième
entre Brital et Hour Taala
et la quatrième dans le
cimetière de Aïn Jaouzé.
Les « Brigades des sunnites
libres de Baalbeck », un
groupuscule affilié à elQaëda, ont revendiqué sur
leur compte Twitter le tir
des roquettes sur Brital.
Des pilules de Captagon,
en provenance
de Beyrouth, saisies
au port de Khartoum
Quelque 14 millions de
pilules de Captagon, en
Aïn el-Héloué risque
d’être le théâtre
d’une nouvelle
série d’attentats
Mohammad Jomaa, l’un des
Le ministre de
l’Environnement, Mohammad
Machnouk, a demandé à
deux reprises l’arrêt des
travaux sur le site de Janna
en attendant l’étude d’impact
environnemental...
... alors que le ministre
de l’Énergie, Arthur
Nazarian, affirme que les
études ont bien été faites,
mais avant le décret qui
l’oblige à les soumettre
au ministère de
l’Environnement !
routh et du Mont-Liban
de s’acquitter de ce budget
considérable ? » Il confirme
par ailleurs « qu’aucune étude d’impact environnemental n’a été effectuée, toute
déclaration en ce sens est
erronée ».
« Ce barrage est non
moins qu’un crime »,
conclut-il.
Photo Ibrahim Tawil
S.B.
La Jamaa demande
la fermeture d’une
décharge au Nord
Le responsable de la Jamaa
islamiya au Nord, Hassan
Khayal, a demandé hier « aux
autorités compétentes de fermer la décharge sauvage de
Wadi Jaloul, qui se trouve à
proximité de quartiers résiden-
tiels ». Il a insisté sur la nécessité « de traiter les émanations
toxiques qui se dégagent de
l’incinération des déchets en
plein air, et qui nuisent à la
qualité de l’air tout comme à
la santé humaine ».
Toufayl respire après
l’arrivée des secours
Les habitants du village de
Toufayl, enclavé en territoire
syrien et rendu inaccessible
par les combats dans ce pays,
respirent après avoir reçu
mardi les aides dépêchées par
les autorités libanaises.
Selon le secrétaire général
du Haut Comité de secours,
le général Mohammad Kheir,
deux familles ont été évacuées
de Toufayl vers Beyrouth où
elles logent chez des parents.
Les autres habitants du village, qui en compte près d’un
millier, ont refusé de partir,
selon le général Kheir.
L’initiative de l’État couronne des semaines de tractations avec le Hezbollah
qui soupçonne cette localité
d’abriter des combattants de
l’opposition syrienne, depuis
la victoire des forces du régime syrien, appuyées par ses
combattants dans les montagnes du Kalamoun, ce qui
a pratiquement contribué au
siège du village.
Le député Mouïn Merhebi
(courant du Futur) s’est félicité dans un communiqué du
succès de l’opération d’évacuation des blessés et de la
distribution de secours aux
villageois. Il a de nouveau remercié le Premier ministre,
Tammam Salam, et le ministre de l’Intérieur, Nouhad
Machnouk, ainsi que le Haut
Comité de secours, la CroixRouge libanaise et les forces
militaires et de sécurité pour
leur contribution à ce succès.
Il a cependant exprimé son
étonnement parce que l’armée
et les FSI n’ont pas maintenu
une présence à Toufayl.
L’ambassadrice de Suisse,
Ruth Flint, qui a rendu visite hier à M. Machnouk, a
félicité le ministre « pour les
réalisations enregistrées au
plan de la sécurité, dont dernièrement l’entrée des forces
légales libanaises à Toufayl ».
Celui-ci a répondu en soulignant que le succès des plans
de sécurité appliqués par son
département constitue une
priorité.
Le député Neemetallah Abi
Nasr, qui a salué les propos de
M. Machnouk au sujet des
armes palestiniennes, « injustifiées que ce soit à l’intérieur
ou en dehors des camps », a
mis en garde contre la présence d’armes aux mains des réfugiés syriens. Il a souligné les
problèmes de sécurité que ce
phénomène risque de poser.
deuxième partie du mandat
d’arrêt. Là où il ne faut pas
seulement s’arrêter de rire,
mais où il y a lieu encore de
réfléchir fort sérieusement,
c’est au passage où il est
question, quand on recherche un assassin, de « l’inviolabilité des harems ».
Le harem est sacré ; le
harem est inviolable, c’est
entendu. Mais il ne faudrait
tout de même pas que l’on
en abusât, et il serait peutêtre temps que les légistes
fixent une limite à cette
inviolabilité. Nous avons
vu l’année dernière, dans
des circonstances particulièrement dramatiques, un
assassin filer sous le nez de
la police et tous les agents
immobilisés, au moment
où ils allaient le rejoindre,
par le seul cri de : harem !
poussé derrière une clôture.
Or il n’y avait pas plus de
harem derrière ce mur que
derrière les guichets de la
Banque de Syrie (...)
Source d’avenir
Égypte : le Hezbollah
et le Hamas accusés
d’avoir aidé Morsi
à s’évader en 2011
Deux témoins cités par l’accusation ont affirmé hier,
lors d’une nouvelle audience
du procès du président destitué Mohammad Morsi, que
des membres du Hezbollah
et du Hamas avaient attaqué
des prisons en Égypte durant
la révolte de 2011, pour permettre l’évasion de Morsi.
« Des membres du Hamas,
des Brigades al-Kassam, du
Jihad islamique et du Hezbollah (...) sont entrés en
Égypte via la frontière avec
la bande de Gaza grâce à
l’aide de Bédouins du Sinaï »
le 28 janvier 2011, a indiqué au tribunal Mahmoud
Wagdi, nommé ministre de
l’Intérieur quelques jours à
peine après ces évasions.
Poursuivant son témoignage, l’ex-ministre les a
accusés d’avoir « détruit
des équipements de la police à Rafah, Cheikh Zoueid
et el-Arish », trois villes
du Nord-Sinaï frontalier
de Gaza avant d’attaquer
le lendemain « les prisons
d’Abou Zaabal, d’al-Marg et
de Wadi Natroun où étaient
détenus des membres politiques du Hamas et du Hezbollah ».
Le deuxième témoin,
Atef Chérif Abdel Salam,
chef de l’autorité pénitentiaire de l’époque, a accusé
« des Bédouins du Sinaï » et
« des membres d’el-Qaëda »
d’avoir mené ces attaques.
« Les prisons d’où les détenus ont pu s’évader étaient
celles qui abritaient des
militants politiques », a-til ajouté, précisant qu’une
trentaine de dirigeants des
Frères musulmans de M.
Morsi étaient incarcérés à
Wadi Natroun au moment
des attaques.
M. Morsi, destitué et arrêté par l’armée en juillet,
comparaît actuellement dans
trois affaires et doit répondre de son évasion de prison
à la faveur de la révolte qui
chassa Hosni Moubarak du
pouvoir en février 2011 –
avec 130 coaccusés, dont des
Palestiniens et des Libanais
accusés d’avoir mené des
attaques contre des prisons
pour libérer les détenus islamistes.
La prochaine audience de
ce procès a été fixée au 30
avril.
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ĚŭŭšũťŤŃŴĴŐģēijİĝĸč
‫ﻳﻌﻠﻦ ﻣﺠﻠﺲ ﻧﻘﺎﺑﺔ أﻃـﺒــﺎء ﻟﺒﻨﺎن ﻓــﻲ ﺑـﻴــﺮوت ﻋﻦ‬
‫ ﻋـﻠــﻰ اﻟﺮاﻏﺒﻴﻦ‬.‫إﺳ ـﺘــﺪراج ﻋ ــﺮوض ﻟﻤﻜﻨﻨﺔ اﻟـﻨـﻘــﺎﺑــﺔ‬
‫ﻓﻲ اﻟﺘﻘﺪم ﻟﻠﺤﺼﻮل ﻋﻠﻰ ﻧﺴﺨﺔ ﻣﻦ دﻓﺘﺮ اﻟﺸﺮوط‬
‫اﻟﻤﺘﻮاﻓﺮ ﻓﻲ ﻣﻘﺮ اﻟﻨﻘﺎﺑﺔ – ﺑﻴﺖ اﻟﻄﺒﻴﺐ – ﺗﺤﻮﻳﻄﺔ‬
‫ وذﻟ ــﻚ ﻟ ـﻘــﺎء ﻣـﺒـﻠــﻎ وﻗـ ــﺪره ﺳﺒﻌﻤﺎﻳﺔ‬،‫ﻓ ــﺮن اﻟ ـﺸ ـﺒــﺎك‬
‫ وﻣﻦ ﺛﻢ ﺗﻘﺪﻳﻢ ﻋﺮوﺿﻬﻢ‬،‫وﺧﻤﺴﻮن أﻟﻒ ﻟﻴﺮة ﻟﺒﻨﺎﻧﻴﺔ‬
‫ﺑــﺎﻟـﻈــﺮف اﻟﻤﺨﺘﻮم اﻟـﺴــﺎﻋــﺔ اﻟـﺴــﺎدﺳــﺔ ﻣــﻦ ﻣـﺴــﺎء ﻳﻮم‬
‫ ﻟﻤﺠﻠﺲ اﻟﻨﻘﺎﺑﺔ‬2014 ‫ ﺣﺰﻳﺮان‬17 ‫اﻟﺜﻠﺜﺎء اﻟﻮاﻗﻊ ﻓﻴﻪ‬
‫ﺧﻼل اﺟﺘﻤﺎع ﻫﺬا اﻷﺧﻴﺮ ﻟﻴﺼﺎر اﻟﻰ ﻓﺘﺢ اﻟﻤﻐﻠﻔﺎت‬
.‫ﻣﺒﺎﺷﺮة أﻣﺎم ﻣﻤﺜﻠﻲ اﻟﺸﺮﻛﺎت اﻟﻤﻘﺪﻣﺔ‬
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Liban
jeudi 24 avril 2014
Jean XXIII et Jean-Paul II, ou
l’assurance d’une Église « bien guidée »
5
Perspective Près d’un million de catholiques de toutes
les parties du monde, et notamment des milliers de
Libanais, afflueront dimanche place Saint-Pierre,
pour la cérémonie de canonisation des deux papes
Jean XXIII et Jean-Paul II, une première dans
l’histoire de l’Église.
Fady NOUN
Canoniser ensemble deux
saints, et de plus deux papes,
c’est l’événement unique auquel
le monde entier est convié, ce
dimanche 27 avril, et pour lequel le pape François invite à
prier, où que l’on soit.
Pour les Libanais, Jean-Paul
II (1920-2005) est une figure
populaire. C’est le voyageur infatigable, le second saint Paul.
le farouche défenseur des droits
des petites nations et de la liberté religieuse et « l’une des
forces de dissolution de l’Empire soviétique » – le mot est du
cardinal Poupard. C’est surtout,
pour les Libanais, l’homme qui
nous a consacré un synode, en
1995, et qui a forgé cette formule inoubliable et largement
imméritée : « Le Liban est plus
qu’un pays, c’est un message
de pluralisme pour l’Orient et
l’Occident. »
Jean XXIII (1881-1953), par
contre, est un inconnu pour
beaucoup. Sa canonisation
sort sa figure de l’oubli. Pourtant, nous devons à cet homme
d’origine rurale, que les chauffeurs de taxi romains appelaient
« le bon pape », à ce pur produit de la curie romaine qui fut
nonce apostolique en Bulgarie,
en Turquie, en France et en
Grèce, avant d’être élu pape en
1958, l’événement ecclésial majeur du XXe siècle dans l’Église
catholique, le concile Vatican II
(1962-1965), une consultation
universelle « œcuménique » qui
modifia le visage de l’Église.
À l’ouverture du concile, Jean
XXIII appela sur l’Église une
« Nouvelle Pentecôte » et beaucoup pensent qu’il fut exaucé.
Le troisième âge se souviendra peut-être qu’en 1954, année mariale marquant le centenaire du dogme de l’Immaculée
Conception, le cardinal Angelo
Roncalli, futur Jean XXIII,
foula le sol de notre patrie où
le pape Pie XII l’avait délégué.
Mais ce déplacement ne fit pas
de vagues.
Pour justifier la double canonisation, on a prêté au pape
François l’intention de vouloir
plaire à tous. À l’appui de cette
proposition, on évoque les deux
tempéraments si différents de
Jean XXIII et Jean-Paul II.
On souligne aussi la différence
d’époque qui marque leurs vies.
Tout cela est vrai. Comme il
est vrai aussi que tous les deux
étaient profondément semblables dans leur élan pastoral.
Mais quelles que soient les
similitudes et différences mises
en avant, ces grilles de lectures
restent superficielles. Elles ne
permettent pas d’aller au fond
des choses. Car, aux yeux de la
foi, l’Église n’est pas une institution purement humaine,
mais le fruit d’une synergie
entre Dieu et les hommes, et
que pour rendre compte de sa
vie et de son évolution, une
À son arrivée à Beyrouth en 1997, le Saint-Père bénit un caisson
contenant de la terre du Liban, ce pays « dont la disparition
serait, avait-il dit, l’un des remords du monde ». Photo archives an-Nahar
lecture sociologique ou psychologisante est insuffisante. Il
faut lui superposer une lecture
spirituelle et tenir compte de
cette donnée mystérieuse qui
veut que l’Église est conduite
par l’Esprit Saint.
Aggiornamento
Pour en revenir au concile
Vatican II (1962-1965), c’est
très certainement, historiquement, le grand point commun
des deux pontificats. Lancé par
Jean XXIII, conclu par Paul
VI, Vatican II, qu’il suivit de
très près, fut toujours considéré par Jean-Paul II comme
le principal événement ecclésial
du XXe siècle.
L’esprit du concile fut rendu
par le mot italien « aggiornamento », qui signifie mise à
jour, dépoussiérage, adaptation. Mise à jour de la vérité
de l’Évangile et dépoussiérage
des formes de la religion, dans
le souci de la présentation de
l’Évangile à de nouvelles générations, comme dans le souci
de l’unité et de l’ouverture aux
autres religions du monde. Jean
Guitton, le seul laïc invité par
Jean XXIII au concile comme
observateur, parle d’une « préadaptation » de l’Église aux mutations de tous ordres
qui l’attendaient.
Il y a là, sans doute,
la clé de lecture majeure
de la double canonisation, le pape François
soulignant à la fois la
sainteté
personnelle
des deux pontifes, mais
aussi la continuité entre
les deux pontificats, audelà des différences de sensibilités et d’époque. Cette continuité est celle d’une Église qui,
dit John Newman, « ne change,
ne se transforme, que pour rester fidèle à elle-même » ; d’une
Église qui combat les ténèbres
spirituelles où les trois derniers
siècles ont plongé le monde occidental.
Cette dernière proposition
est de Jean-Paul II. Elle figure
dans l’un de ses ouvrages grand
public, Entrez dans l’espérance.
Le pape y affirme que « le
combat contre Dieu domine,
dans une large mesure, depuis
trois siècles, la pensée et la vie
de l’Occident » (Pocket, page
205).
Ce que Jean-Paul II met en
cause, ce sont les idéologies de
la mort de Dieu et de l’exploitation effrénée de l’homme par
l’homme dont on a vu les ravages au XXe siècle. Écoutons la
voix prophétique de Jean-Paul
II : « L’Église reprend chaque
jour son combat contre l’esprit
de ce monde. Ce n’est rien
d’autre que le combat pour
l’âme de ce monde. En effet, si
d’un côté l’Évangile est présent,
l’évangélisation se poursuit.
D’un autre côté une puissante
anti-évangélisation ne désarme
jamais. Elle dispose de moyens
et de vastes programmes et elle
s’oppose avec détermination
à l’Évangile et à l’évangélisation. Le combat pour l’âme
du monde contemporain est à
son apogée là où l’esprit de ce
monde semble le plus puissant.
C’est en ce sens que l’encyclique Redemptoris missio parle
des aréopages modernes. Ces
accueillent avec enthousiasme
ce que leurs parents semblaient
rejeter. » (Entrez dans l’Espérance pp. 178-179).
On entend presque, dans ces
lignes fortes, les rugissements
de joie des Journées mondiales
de la jeunesse qui, depuis les années 90, rassemblent dans différentes capitales du monde des
jeunes venus du monde entier ;
les jeunes de cette « génération
Jean-Paul II » qui a redécouvert
avec une émotion qui ne passera pas les trésors de l’Église
dédaignés par leurs aînés.
Une morale de
convenance
Le mot structures est un
mot-clé dans le vocabulaire
de Jean-Paul II. Dans le
texte cité plus haut, il parle
des « structures de pouvoir
et de soumission aussi bien
politiques que culturels » dont s’est doté
l’Occident, qui lui ont
permis d’imposer son
hégémonie au monde.
Dans d’autres textes,
il parle des « structures du péché », c’està-dire de systèmes
économiques, sociaux
et culturel qui induisent des conduites contraires
à l’Évangile. Le relativisme
éthique, une espèce de « morale individuelle à la carte »
où toute norme absolue a
disparu, pour céder la place
à une morale de convenance,
est l’un de ces systèmes.
En canonisant Jean XXIII
et Jean-Paul II, l’Église
propose donc aussi bien un
modèle de sainteté qu’un
modèle de pensée pour un
monde livré à de puissants
courants antichrétiens, qu’il
s’agisse du communisme qui
continue de régner en maître
sur un bon quart de l’humanité ; de théories du genre
propagées par une ONU qui
prétend devenir un gouvernement mondial à travers
« Aujourd’hui l’évangélisation
renouvelle sa rencontre avec
l’homme, elle va à la rencontre
des nouvelles générations. »
(Jean-Paul II)
aréopages sont le monde de
la science, de la culture, des
moyens de communication. Ce
sont les milieux où se forment
les élites intellectuelles, c’est la
sphère des écrivains et des artistes.
« Aujourd’hui, l’évangélisation renouvelle sa rencontre
avec l’homme, elle s’adapte au
changement de génération.
Tandis que passent les générations qui se sont éloignées du
Christ et de l’Église, qui ont
accepté le modèle “laïc”, sécularisé de pensée et de vie, ou auxquelles ce modèle a été imposé,
l’Église regarde toujours vers le
futur ; sans jamais s’arrêter, elle
va à la rencontre des nouvelles
générations. Et il semble clair
que ces nouvelles générations
24 avril 1915 : ce jour que les Arméniens n’oublieront jamais
Les victimes cachées du génocide
La foi chrétienne est l’une
des composantes majeures
de l’identité arménienne. Et
pourtant, aujourd’hui, il est
de plus en plus question de
ces Arméniens musulmans,
islamisés de force au cours
des siècles passés et tout particulièrement du génocide de
1915 en Turquie.
La chape de silence commence à se disloquer. L’un
après l’autre, les fantômes prêtent leurs voix à ce « passé qui
ne passe pas ».
Une mémoire vivante et
tourmentée. On les appelle
« les restes de l’épée ». Des enfants rescapés du génocide, essentiellement de belles jeunes
filles, enlevées sur les chemins
de la déportation, pour être
incorporées dans des foyers
musulmans, kurdes ou turcs.
Converties de force à l’islam, épousées légalement ou
restées « secondes femmes »,
elles ont traversé le siècle dans
le silence, « les lèvres scellées »
par la douleur et par la crainte
de remuer les fantômes du
passé.
Elles ont eu des enfants qui,
la plupart du temps, ignoraient cette origine cachée et,
aujourd’hui, c’est à la génération suivante que l’on découvre cette réalité.
« Autant le négationnisme
est difficile à contrer, disentils, autant une grand-mère est
intouchable. »
Objets, visages, images
floues de lieux hantés comme
la petite ville de Dersim, qui
semble paresser au fond d’une
vallée. Tout en bas, au fond
du canyon, les eaux en furie
du fleuve Munzur. Ce cours
d’eau à la force légendaire qui
coule dans la région de Dersim, dans l’est de la Turquie,
a servi de cimetière à des milliers d’Arméniens de l’Empire
ottoman, victimes du premier
génocide du XXe siècle. Du
haut des falaises, des hommes
et des femmes ont été jetés
dans le fleuve.
Dans cette enclave montagneuse, des dizaines de villages portaient des noms arméniens avant 1915.
L’habitant de Dersim, cet
Arménien islamisé, est donc,
si l’on peut ainsi dire, le seul
historien sur place, qui nous
reste des temps antégénocidaires. L’autre volet de l’appartenance nationale, et non
religieuse. Bientôt cent ans !
Aujourd’hui, les Arméniens cachés de la Turquie se
mettent à revendiquer haut et
fort une identité arménienne,
longtemps niée et inavouable.
Et beaucoup reviennent à la
religion et à la culture de leurs
aïeux, enclenchant un mouvement de fond avec lequel
la société turque devra compter à l’avenir. Ces Arméniens
oubliés reviennent hanter les
autorités turques telle une
damnation : ils sont les racines
du pays, ils portent en eux la
mémoire collective du pays de
Massis et d’Ararat.
Sans nous, ils ne sont plus
rien. Sans eux, nous tombons
dans le vide, d’une mémoire
brisée.
Très souvent, l’idée s’empare de notre conscience que
seul un chrétien peut être
considéré comme arménien ;
d’où il ne saurait exister des
notions telles que « Arménien
converti ou Arménien d’autre
religion.
Il faut aborder dans le cadre
de la réalité contemporaine,
plutôt que ce que nous voulons voir ou ce qui est idéal.
L’existence des Arméniens
islamisés de force et de leurs
descendants est un fait, et il
serait pour le moins partial
d’ignorer une population qui
a préservé la mémoire de ses
origines arméniennes, en dépit de difficultés sans nombre.
C’est vrai que nous avons
été le premier peuple à accepter la chrétienté, en 301 après
J.-C., et ces Arméniens catholiques, protestants, païens ou
athées ou islamisés restent des
Arméniens. Notre arménité
exige de donner voix et, partant, mémoire vive aux centaines de milliers de ces victimes
pour qu’elles ne soient pas
précipitées dans les caveaux
de l’oubli. Nous estimons que
la diversité des religions ne
détruit pas l’unité nationale.
Aucune nation civilisée ou
non civilisée sur terre n’adhérerait à une même Église.
Ni le catholicisme, ni le protestantisme, ni même l’islam
n’ont fait que l’Arménien
cesse d’être un Arménien, et
inversement, l’appartenance à
l’Église apostolique ne nous
donne pas le droit d’être appelés arméniens.
Si j’insiste sur ce point,
c’est surtout pour prouver que
« l’identité nationale » n’est
pas une réalité figée, définie
une fois pour toutes, mais un
combat dialectique entre les
En ouvrant le concile, Jean XXIII pria pour l’avènement d’une
nouvelle Pentecôte. Il fut exaucé.
Jean-Paul II : grandeur de vision, courage de décision, limpidité d’expression.
périphéries et le centre, l’ombre et la lumière, le passé et le
présent, les forces du mal et
les forces du bien, le déracinement et l’enracinement.
Il est clair que dès qu’on
rejette le principe de la légitimité religieuse, il n’y a plus,
pour donner une base aux
délimitations d’une nation,
que le droit des nationalités,
c’est-à-dire des groupes naturels, déterminés par la race,
l’histoire et la volonté des populations. Désormais, la question de l’identité nationale
n’est plus seulement, ni même
principalement, un problème
philosophique, n’intéressant
que le petit monde des intellectuels. Elle devient une « affaire d’État ». L’affaire de tous
les Arméniens.
On ne saurait mieux souligner le fait que désormais,
l’identité arménienne nationale est fondée sur une
identification entre le monde
des morts (les Arméniens du
génocide) et le monde des vivants (les Arméniens rescapés
et les Arméniens islamisés).
Approchons-nous de ces
Arméniens oubliés, adoptonsles ! Qu’ils retrouvent leur bercail familial ! Il est temps. Le
temps de la vérité !
Cela signifierait la « déconstruction » de l’État-nation turc, modèle infaillible
comme l’aimait Atatürk, et la
déstabilisation d’Ankara, une
fois pour toutes. Turquie, reconnais le génocide !
Bientôt cent ans !
Jackie DERVICHIAN
Chercheuse
Sainteté et miracles
Pour le bon peuple chrétien,
un saint doit faire des miracles, en général des guérisons.
C’est l’une de ses premières
« fonctions ». C’est un peu ce
que pense l’Église institutionnelle, qui exige deux miracles
pour canoniser un homme ou
une femme réputés pour leur
sainteté. Le premier miracle
pour les déclarer bienheureux, le
second saints. Le socle sur lequel
reposent ces deux titres, toutefois, est l’héroïcité des vertus du
candidat ou de la candidate à la
canonisation. Elle lui vaut, si elle
est confirmée, un premier titre
de vénérable
Des deux miracles retenus pour
la canonisation de Jean-Paul,
le premier est la guérison, en
2005, d’une religieuse française,
Marie Simon-Pierre Normand,
atteinte de la maladie de Parkinson, le même mal qui rongeait
le pape Jean-Paul. Pour sœur
Marie Simon-Pierre, c’était un
véritable calvaire au quotidien :
tremblements, raideurs, douleurs, insomnies. À la mort du
pape, son état empira. Puis, un
jour, sa supérieure, qui n’avait
pas baissé les bras, lui demande
d’écrire « Jean-Paul II ». La
première tentative est illisible,
mais dans la soirée, comme
habitée par une force invisible,
sœur Marie Simon-Pierre réécrit
le nom du pape. À 4 heures du
matin, elle se réveille, stupéfaite
d’avoir dormi. D’un bond, elle
sort du lit, son corps n’était plus
endolori, plus aucune raideur
et intérieurement elle ne se sent
plus la même. Elle est guérie.
Le second miracle attribué à l’intercession de Jean-Paul II est la
guérison totale, en 2011, d’une
Costaricaine Floribeth Mora, une
mère de famille atteinte d’un
anévrisme au cerveau à laquelle
les médecins ne laissaient aucun
espoir, l’artère endommagée
étant logée dans un endroit
inaccessible de son cerveau. La
guérison se produisit pendant
qu’elle suivait, malgré des maux
de tête intolérables, la cérémonie de béatification de Jean-Paul
II à la télévision avec sa famille.
Le soir, dans son sommeil, les
maux de tête disparurent. Le lendemain matin, elle recommença
à marcher, avec l’impression
que « quelque chose s’est
passé ! » Dans une radiographie
ultérieure, il n’y avait plus trace
d’anévrisme.
Pour Jean XXIII, le miracle qui a
ouvert la voie à la béatification
a eu lieu le 25 mai 1966, en
faveur d’une religieuse italienne,
sœur Caterina Capitani, de la
Congrégation des Filles de la
charité. Considérée comme
mourante par les médecins à
la suite d’une opération en vue
de l’ablation d’une tumeur à
l’estomac, elle se rétablit soudainement après en avoir appelé à
l’intercession du pape.
certaines de ses agences ;
ou encore de l’ultralibéralisme économique qui écrase
les pauvres, approfondit le
fossé Nord-Sud et produit ce
que le pape François nomme
aujourd’hui « une culture du
déchet ».
L’Église propose, en
échange, une vérité qui
s’oppose à toute coupure de l’homme avec la
transcendance, à toute
culture bricolée à partir
d’un structuralisme douteux qui considère que
l’être humain est une espèce animale parmi d’autres,
une espèce prédatrice parvenue à dominer le monde,
et qu’il faut modeler avant
qu’elle ne le détruise et se
détruise. Certes, cette destruction est bien réelle, mais
de là à stériliser les hommes
pour contrôler la démogra-
phie, ou à « expérimenter »
des modèles de comportements sur les enfants, il y a
un pas qui, si on le franchit,
projetterait l’homme sur la
planète des singes ou sur l’île
du Dr Moreau.
On le voit bien, l’appel à
élites, aujourd’hui, sont plus
sensibles à la justice qu’aux
miracles. Elles gardent les
yeux ouverts, regardent la
télé, vont sur les réseaux sociaux, épluchent les revues,
créent des observatoires,
s’activent, débattent, demandent des comptes,
descendent dans la rue,
bouillonnent.
En canonisant deux
papes, le signal que
François adresse d’abord
aux catholiques, c’est
que leur combat contre
les ténèbres spirituelles
« doit être inlassablement
repris tous les jours », et que
la sainteté de vie peut faire
une différence. C’est aussi
l’assurance de savoir l’Église
« bien guidée » au milieu
d’une confusion des valeurs
qui semble aller grandissant.
« L’Église ne change, ne se
transforme, que pour rester
fidèle à elle-même. »
(John Henry Newman)
la sainteté de ces deux canonisations s’adresse d’abord
aux élites intellectuelles.
C’est sans doute la raison
pour laquelle aucun miracle
de guérison n’a été réclamé
pour la canonisation de Jean
XXIII, sinon une guérison
qui remonte à 1966. Mais les
Aidez-nous à faire notre deuil
Le 24 avril est une date significative et sombre pour les Arméniens dans le monde entier car
ce jour-là, en 1915, plusieurs
centaines de notables et d’intellectuels (religieux, politiques
et enseignants) sont arrêtés et
ensuite exécutés à Istanbul.
La déportation du peuple
arménien a commencé aussitôt
après d’une manière systématique, lorsque le gouvernement
des Jeunes Turcs (ordre émis
par Talaat Pacha, ministre de
l’Intérieur) a ordonné « le déplacement » des Arméniens. Cela
consistait à les éliminer physiquement.
Depuis, le 24 avril est devenu
la journée commémorative du
génocide des Arméniens partout dans le monde.
Ce génocide représente dans
l’histoire des Arméniens un
moment déterminant de leur
conscience moderne. Cette expérience est si traumatisante
qu’elle semble parfois déterminer le reste. Ce traumatisme
est choquant par sa singularité
et sa spécificité non pas en la
manière unique d’être tué, mais
parce qu’il s’adresse à un peuple
qui est singularisé dans son existence à un moment donné.
Nous ne retrouverons jamais
les vies assassinées, les vies volées que nous commémorons le
24 avril. Et les familles meurtries le resteront à jamais.
Aujourd’hui plus qu’hier nous
devons lutter contre les négationnismes. « Le bourreau tue
toujours deux fois, la seconde
fois par l’oubli ». C’est pour
cela que nous devons respecter
la mémoire des victimes, notre
mémoire à tous.
Près de 99 ans après, les Arméniens de la diaspora souffrent
en silence ou presque ce déni de
justice, jusqu’à ce que, ses 40
dernières années, des résolutions parlementaires et autres
prises de positions officielles
leur ont mis du baume sur le
cœur en leur témoignant enfin
de la sympathie.
On voit bien aujourd’hui,
hélas, que les descendants des
victimes du génocide dérangent
à nouveau. On aimerait qu’ils se
taisent et laissent en paix leurs
bourreaux, les faussaires. Parce
que la mémoire heurte leur susceptibilité. Parce qu’il ne faut
surtout pas les froisser.
Le négationnisme d’État qui
sévit en Turquie a une base
idéologique qui est la même que
celle du génocide de 1915.
Nous revendiquons la justice !
La justice, c’est la reconnaissance ! La justice, c’est la réparation
du crime ! Notre combat est celui de la « vérité ». Ni haine dans
notre message ni vengeance
dans nos aspirations, mais nous
n’avons, en revanche, pas à nous
excuser de ressentir de la colère
pour l’État turc !
Pendant 99 ans, l’État turc
s’est toujours efforcé de nier la
réalité du génocide arménien et
de se dérober à toute action qui
pourrait atténuer les conséquences de 1915. Il a continué à effacer les traces des crimes commis
contre les Arméniens, en détruisant des centaines d’antiques
églises arméniennes et de vieux
monastères, en démolissant des
œuvres d’art culturelles, en récrivant l’histoire.
99 années que les gouvernements turcs successifs endoctrinent leur peuple... Dès l’école
maternelle on leur apprend que
les Arméniens sont des traîtres,
des ennemis de la nation, que le
génocide arménien n’est qu’un
vaste mensonge tiré d’un complot mondial contre la Turquie.
Lorsque la vérité dérange les
ignorants, ce n’est pas à celui qui
sait de se taire mais à l’ignorant
d’apprendre. Nous n’éprouvons
pas de haine contre le peuple
turc, bien au contraire... Nous
menons ce combat également
pour lui, pour que sa société
soit enfin en paix avec ce passé
coupable, pour qu’Arméniens
et Turcs puissent se regarder
non plus avec méfiance, crainte,
mais fraternellement.
Nous essayons de donner
une sépulture symbolique à nos
morts, aidez-nous après 99 ans
à faire notre deuil. Nous luttons
pour la justice...
Les États, en signant le traité
de Lausanne, ont renié leur promesse de justice et ont voué les
survivants à l’oubli !
Sur les sables brûlants du désert de Deir ez-Zor, des silhouettes d’hommes, de femmes et d’enfants s’avancent,
méconnaissables,
titubant.
La petite Gariné, assoiffée,
affaiblie, n’ayant plus la force
d’esquisser le moindre pas,
s’écroule dans les bras de sa
mère, étendue sur le sol, agonisante.
Combien
d’Arméniens,
fautifs de l’être, ont dû subir
le même sort que Gariné ?
Plus d’un million et demi de
citoyens arméniens vivant en
Cilicie ont été forcés à l’exode,
vers l’inconnu, sur le chemin de
la mort. À nos jours, le terme
de « génocide » est banni par
les autorités d’Ankara, alors
que nombre de pays, d’historiens et de parlementaires l’ont
reconnu et dénoncé, ayant été
le premier du XXe siècle mais
demeurant encore irrésolu. Un
génocide bien planifié par la
« Sublime Porte » d’Istanbul
pour exterminer la minorité
arménienne que rien ne présageait à un tel destin, elle qui vivait en parfaite harmonie, dans
l’entente et le respect mutuel,
avec le peuple turc.
Aujourd’hui, la Turquie,
dont la jeunesse se veut à la
hauteur de ses aspirations,
dans un cadre démocratique,
doit renoncer à sa politique de
négation, même si elle accepte
que des erreurs ont été commises à l’encontre de la communauté arménienne. Une fois le
terme de « génocide » reconnu
par les dirigeants actuels, notre
communauté sera prête à tourner une sombre et douloureuse
page de son histoire qui a divisé les deux peuples.
C’était il y a 90 ans...
Joseph MAHDESSIAN
Hilda DADOURIAN
6
Culture
Mona Hatoum et Etel Adnan
à l’honneur au Mathaf de Doha
Expositions Déambulation dans les univers de Mona Hatoum et d’Etel Adnan
au Musée d’art moderne et contemporain de Doha (Mathaf ), qui présente
simultanément deux expositions temporaires consacrées à ces deux importantes
artistes contemporaines issues du Liban.
QATAR, de Zéna ZALZAL
Deux « artistes-femmes » déploient au Mathaf de Qatar
leurs univers respectifs. Absolument opposés et cependant
clairement évocateurs de force,
de singularité, de féminisme et
de sensibilité.
Mona Hatoum vs Etel Adnan ? Plutôt qu’un match, le
musée de Doha, sous la direction de Abdallah Karroum, offre là l’opportunité d’un regard
croisé sur les parcours de ces
deux figures majeures de l’art
du monde arabe. Lesquelles,
bien que de générations différentes, ont développé, chacune
à sa manière, des pratiques artistiques avant-gardistes.
Une œuvre porteuse d’un
message politique, nourrie de
quête identitaire, d’interrogations intimes et d’expérimentations corporelles pour Mona
Hatoum, dont l’exposition
« Turbulence », la plus vaste
qui lui ait été consacrée jusqu’à
ce jour, organisée par le duo
de curateurs Sam Bardaouil et
Till Fellrath, occupe, jusqu’au
18 mai, l’intégralité de l’espace
en rez-de-chaussée du musée.
Et une sorte de rétrospective
(étonnamment non accompagnée de références chronologiques !) pour Etel Adnan, dont
le pluralisme artistique est mis
en lumière par le fameux curateur suisse Hans Ulrich Obrist
dans l’exposition « Etel Adnan
In All Her Dimensions » qui
se tient jusqu’au 6 juillet dans
les grandes salles de l’étage
supérieur.
L’installation « Bourj 2010 /Bunker 2011 » qui ouvre l’exposition de Mona Hatoum au Mathaf...
« Turbulences »
de Hatoum
S’ouvrant par Bourj 2010/
Bunker 2011, une installation*
composée de plusieurs édifices,
en empilement de tubes d’acier
rectangulaires, comparables de
prime abord à une maquette
de préconstruction, mais aux
perforations évoquant les impacts d’obus de la guerre civile
libanaise (dont certaines pièces
baptisées Holiday Inn ou SaintGeorge semblent, d’ailleurs,
directement inspirées), cette
toute première confrontation
du visiteur avec le travail de
Mona Hatoum établit d’emblée la manière d’appréhender
ses œuvres. Par des lectures
successives qui vont au-delà
du regard immédiat pour y
débusquer les jeux souterrains
de tension et de légèreté qui
les irriguent. Ces dichotomies,
contrastes et paradoxes qui
animent toutes choses et que
l’on retrouve toujours dans
le travail de cette artiste sont
provocateurs de turbulences.
D’où l’intitulé de l’exposition,
emprunté à une œuvre de
2012 composée de milliers de
billes de verre transparentes de
différentes tailles dessinant au
sol un carré parfait (4 x 4 m) et
dont le miroitement, évoquant
un bouillonnement de bulles,
contraste avec ses contours
d’une géométrie rigide.
En fait toute l’œuvre de
Hatoum est « turbulente ». À
l’image du parcours de cette
artiste d’origine palestinienne,
née en 1952 à Beyrouth. Et qui
aura doublement expérimenté
le sentiment de déracinement
puisque, en 1975, alors qu’elle
poursuivait des études d’art à
Londres, la guerre civile éclate
l’empêchant de retourner au
Liban avant de nombreuses
années. Depuis, partageant
son temps entre Londres et
Berlin, cette artiste sans frontières explore inlassablement,
sous des formes et pratiques
artistiques variées (photos,
vidéos, performances corporelles, œuvres sur papier,
sculptures, installations cinétiques ou monumentales...), les
thématiques du territoire, de
l’exil, des zones de conflits, de
l’enfermement, de l’instabilité,
de la perte, du cloisonnement
des genres et de la violence de
la condition féminine.
Présentée dans le vaste espace du Mathaf, une sélection
de quelque 70 œuvres réalisées
au cours des trois dernières
décennies révèle l’étendue du
travail de Mona Hatoum. Depuis ses premières performances des années 80 (Negotiating
Table et Roadworks) jusqu’à ce
Hot Spot de 2013 (une mappemonde géante évoquant, par
le retraçage en néons rouges
des frontières des continents,
le danger menaçant l’ensemble de la planète), en passant
par la série d’agrandissements
Cette exposition, qui d’une
certaine façon fait suite à celle
qui lui avait été consacrée en
2012 à la Documenta de Kassel, revient donc sur cinq décades de créations picturales et
littéraires de cette artiste pluridisciplinaire et polyglotte.
Laquelle, née en 1925 à Beyrouth et vivant depuis toujours
entre le Liban, les États-Unis
et la France, développe depuis
les années 60 une œuvre où
textes et peintures, maîtrisés
chacun de manière indépendante, s’associent parfois avec
bonheur.
C’est le cas notamment de
ses « leporellos » (cahiers japonais en accordéon) présentés dans la salle hébergeant les
écrits et vidéos d’Etel Adnan.
Mais ce sont surtout les salles
dédiées aux dessins, peintures
et tapisseries de cette véritable chantre de la couleur pure
qui enchantent le visiteur. Par
la sérénité joyeuse qui irradie
de ses paysages abstraits en
petit format (qui font sa signature personnelle), comme
des tapisseries de plus grand
format. Des œuvres picturales vibrantes d’une solaire
poésie. Souvent marquées
d’un étrange petit rectangle
rouge, point de départ de la
toile en cas de manque d’inspiration, nous révèle-t-on. Et
qui contrebalancent la facette
plus sombre et tourmentée
de ses écrits. Dont le fameux
Sitt Marie Rose, un ouvrage
inspiré des événements du
Liban qui lui a valu le prix
France-pays arabes et qui est
aujourd’hui considéré comme
un classique de la littérature
de guerre.
« Rois et pions », de
l’Inde à l’Espagne...
Une atmosphère lumineuse se dégage des peintures et tapisseries d’Etel Adnan.
monumentaux d’ustensiles de
cuisine, rappeuses, moulins et
broyeuses, transformés ainsi
en objets de torture...
Marqué par son questionnement permanent sur la marche du monde et les ressorts
de l’intime, ainsi que par ses
associations toutes personnelles de matières agressives
(acier, verre brisé, fils barbelé,
cheveux et fluides corporels...)
et de compositions délicates,
son art bien que conceptuel
est largement dispensateur
d’émotions. Fortes. Entre fascination, désir, peur, angoisse,
voire même répulsion !
Nature et poésie d’Etel...
Pratique artistique plus intimiste pour Etel Adnan. Qui
partage, toutefois, avec Mona
Hatoum l’expérience de l’exil
ainsi que des préoccupations
identitaires et une sensibilité
féministe marquée. Sauf que
l’exposition de Hatoum se
place dans le registre
du trouble et de la
gravité, alors que
celle d’Etel
Adnan diffuse une
atmosphère plus sereine. Et
apaisante.
Le curateur suisse, qui présente cette grande artiste libanaise comme « l’une des
personnes les plus sages que
j’ai pu rencontrer, un vivant
trésor d’inspiration », soutient
« qu’autant dans ses poèmes,
ses romans, ses vidéos ou ses
toiles, ce qui importe pour
Etel Adnan, c’est la manière
dont l’homme et le monde se
construisent à partir des éléments de la nature. Je pourrais
dire de ses œuvres plastiques
comme de ses textes qu’ils
forment une architecture
cosmique et, bien qu’elle ne
construise ni pont ni maison, qu’elle est l’une des plus
grandes architectes que je
connaisse. »
Parallèlement à ces deux expositions d’envergure au Mathaf, une troisième intitulée
« Kings and Pawns » (« Rois
et pions ») se tient au Musée
d’art islamique de Doha. Ce
très beau musée (à l’architecture extérieure cubique signée
I.M.Pei, le concepteur de la
pyramide du Louvre à Paris,
et à la scénographie de JeanMichel Wilmotte) propose,
jusqu’au 21 juin, un panel de
figurines, tables, peintures,
manuels d’échecs et manuscrits illustrés représentatifs des
divers jeux de table : échecs,
backgammon, ludo ou encore
serpents et échelles.
À travers les diverses pièces
anciennes exposées, ce sont les
origines, les formes et les esthétismes divers de ces jeux,
toujours très prisés, qui sont
retracés. Du VIIe siècle à nos
jours et depuis leurs provenances initiales indiennes et leur
adoption par les élites perses
jusqu’à leur propagation occidentale, par le biais de l’Espagne suivant ainsi l’expansion
de l’islam.
Fœtus de Damien Hirst
vs araignée de Louise
Bourgeois
« The Miraculous Journey », la série de fœtus de bronze géants de Damien Hirst.
« Maman » de Louise Bourgeois, bronze de 10 m de haut et œufs en marbre blanc.
Parallèlement à ces expositions organisées sous la houlette de l’Autorité des musées
de Qatar (QMA), des œuvres
de très grands artistes de l’art
contemporain ponctuent désormais le paysage urbain de la
capitale. Dont deux à voir absolument : « The Miraculous
Journey », une série de fœtus
de bronze géants de Damien
Hirst faisant face à un hôpital récemment construit et illustrant les différentes étapes
du miracle de la vie depuis la
conception jusqu’à l’enfantement (une œuvre de commande réalisée par le célébrissime
artiste britannique à la demande de cheikha al-Mayassa
bint Khalifa al-Thani, sœur
de l’émir actuel et présidente
de la QMA), et la « Maman »
de Louise Bourgeois, une gigantesque araignée de bronze
et marbre de 10 m de hauteur
installée, depuis 2012, au National Convention Center.
Sculpture emblématique de
la célèbre plasticienne franco-américaine décédée en
2010. Assurément, l’art tisse
de plus en plus fort sa toile au
Qatar...
*« Les Bourj » réalisés en 2010
à Beyrouth dans le cadre d’une
exposition de l’artiste au sein du
BAC sont, d’ailleurs, un prêt du
Beirut Art Center. « Les Bunker »
eux sont prêtés par la fameuse
galerie londonienne White
Cube.
jeudi 24 avril 2014
Des « Miniatures » au « Black-out »,
la danse en miettes...
Bipod Dans tout festival il y a des bémols et des
ratés. Inégalités des spectacles en ce maillon de
l’événement où deux séances se succèdent en un
après-midi. Des « Miniatures » (au Métro) au
« Black-out » (au Madina), émiettement de la
danse dans tous ses états. Et pas forcément les
meilleurs ou les plus convaincants...
« Black-out » de la Cie Saire.
Edgar DAVIDIAN
Moment expérimental et exploratoire de la danse dans ces
deux spectacles, sans lien apparent ou fil conducteur, hormis
ce qui est supposé être la danse.
Et la danse, elle, se fait là rare.
Avec l’éclatement des mesures
et des prosodies de la danse
contemporaine de nos jours,
on pirouette impunément...
D’abord ces Miniatures
(titre emprunté sans doute
à la brièveté des saynètes ou
des tableaux proposés à la
sauvette) groupant trois artistes à l’énoncé et la formulation un peu farfelus et sans
consistance.
Yendi Nammour, visage
caché par une tignasse noire,
godasse à grosse semelle dans
un pied et escarpin rouge à talon aiguille dans l’autre, short
et mousseline de mariée sur les
fesses et les reins, personnage
plus caricatural que mystérieux
ou androgyne, se trémousse
dans la pénombre. Avec une
lampe de poche pour tout
éclairage. Sans queue ni tête.
Un loupé agité de 11 minutes
qui n’arrache même pas un
sourire. Ou une interrogation.
Inutilement provocant. Si l’on
appelle cette mascarade et cette clownerie provocation !
Lui succède Tawfiq Izeddou, un architecte marocain
converti à la danse. Cheveux
hérissés, fessu, ventru, il se
pose en dondon qui se voudrait leste et agile. Il a des
grâces plus pathétiques que
comiques. Treize minutes
de gestuelle en minauderies
agaçantes. Avec un chant qui
déraille dans les notes élevées,
appelant à la patience de Job.
Et le public alors, il devrait invoquer qui ?
Pour compléter le trio,
Arnaud Saury, son jeans, sa
chemise à carreaux, ses baskets, son micro et son « laptop ». Fragment d’un discours
amoureux pour une liberté
sexuelle au partenaire sans
choix de genre... La danse n’a
rien à voir ici. Car personne ne
bouge sur les planches ! Même
si l’interactivité de l’interpellation implique un spectateur,
en l’occurrence ici un Syrien
qui maîtrise l’arabe pour la
traduction du français. Amusant à la rigueur, mais cela ne
dépasse pas l’improvisation
élaborée d’une soirée d’école
en fin d’année...
Changement de cap, de ton
et d’atmosphère avec Blackout de la Cie Saire. Toujours
taillant dans l’expérimental, ce
spectacle suisse a de la poigne
et vire davantage aux préoccupations de l’art plastique
qu’aux mouvements intrinsèques du corps.
Sur la scène, érigée en fosse,
une aire où trois jeunes gens
en tenue de plage (une femme
et deux hommes) se prélassent
avec leur serviette au soleil
des sunlights. Le public est
debout. Nombre limité certes de l’audience, mais quand
même un peu en surnombre
pour rester 40 minutes sur les
jambes. Une spectatrice est
tombée même de cette tribune
d’infortune sans parapet ni
appui ! Vue plongeante sur les
protagonistes. C’est dire, en
terme de vision, l’implacable
d’une destinée et le tragique
d’une création où dominent le
noir et le blanc.
Plaqués contre le sol, le visage caché de leur main, les
trois danseurs sont là, offerts
aux regards. Ils exposent leur
corps, leur peau, leur mouvement, leur inquiétude, leur
angoisse, leur attente. Ils
s’exposent tout court dans un
rectangle d’une dizaine de mètres carrés. Comme des lions
en cage ou des personnages
en vitrine. Le soleil les brûle,
les traque, les met en lumière.
Les tendresses humaines se
nouent. Les corps se délient,
s’enlacent. Les préférences
pointent... Oui l’être vivant
est imprévisible. Comme toute créature et toute création.
Car, sur leur tête, comme des
nuages chargés de pluie, des
baquets déversent des granulés
noirs. Comme du bitume en
pluie. Affolement des corps,
de la peau, des sensualités,
des sensibilités, des mouvements. Et cet espace devient
lieu de collision, d’empoignade, de (dé)structuration et de
glissades.
Se dessinent alors, comme
sur une toile, en empreintes
et traces, des dessins abstraits,
en blanc et noir « soulagien »...
Interaction des lignes et des
corps qui frétillent, s’élancent,
s’arrêtent, fusionnent, se séparent, dérivent... Avec des
corps qui s’habillent, comme
des cambrioleurs, d’une gaine
avec cagoule de mineurs qui
s’identifient au noir du ventre
de la terre.
Sur fond d’une musique aux
vibrations intenses et menaçantes, avec une fanfare qui a
l’allure d’une marche funèbre
joyeuse, avance cette percée
dans un monde qui oscille entre cérémonial de la vie et mise
en terre. Demeure cet éclairage saisissant d’un parterre illuminé, recouvert de granules
noires et où nagent, presque
à contre-courant, trois êtres
vivants à la fluidité des poissons... Baroque et puissante
vision, même si les corps n’ont
pas toute la prééminence de
l’expression.
Dixième édition de « Jabal », pour
la découverte de jeunes artistes
Le Salon Jabal ( Jeunes artistes des beaux-arts du
Liban) fête son 10e anniversaire et présente, du 8
au 10 mai, à l’hôtel Le Gray, plus d’une trentaine
de jeunes artistes libanais ou résidant au Liban.*
Organisé par la Fansabank, le
Salon Jabal est un événement
qui a su parier sur la qualité.
Aujourd’hui, il est devenu un
lieu important pour découvrir
les jeunes artistes du Liban.
« La Fransabank est heureuse d’offrir une tribune
d’expression à cette jeune
création, témoin de son
temps. Les artistes de Jabal
contribuent à l’effervescence
de la création contemporaine
au Liban. La diversité des
tendances représentées est à
l’image du bouillonnement
artistique qui anime le monde
de l’art d’aujourd’hui et de demain », souligne M. Adnane
Kassar, président du groupe
Fransabank.
Chaque année, plus d’une
centaine d’artistes (peintres,
sculpteurs et photographes,
représentant les tendances
artistiques de cette nouvelle
génération) postulent pour
exposer à Jabal et seulement
une trentaine est retenue par
le comité artistique du Salon.
L’objectif de cette initiative
est donc de faire découvrir au
public le potentiel de ces jeunes artistes sélectionnés par
des professionnels, lors d’une
exposition annuelle.
Ce Salon, c’est avant tout
l’accès à la création contemporaine au Liban qui promeut les artistes de demain.
Une façon pour les amoureux
de l’art et les collectionneurs
de découvrir des talents cachés et d’acquérir des œuvres sélectionnées, à des prix
abordables. Reste au public la
possibilité de suivre l’évolution de l’artiste choisi !
À chaque édition de Jabal,
les visiteurs se font de plus en
plus nombreux. En 2013, plus
de 4 500 visiteurs ont visité le
Salon.
Depuis sa création, en 1998,
environ 70 % des œuvres exposées sont vendues et 30 %
des artistes exposés sont approchés par une galerie. Un
bon nombre d’entre eux sont
aujourd’hui exposés dans des
galeries tout aussi bien au
Liban, qu’aux Émirats arabes
unis, mais aussi en Europe et
en Asie.
« Les banques ont de tout
temps accompagné la création artistique. Les Médicis
en sont un illustre exemple.
Aujourd’hui, comme vous le
montrent les dernières éditions de Jabal, la Fansabank
continue cette tradition. La
banque possède une des collections de premier plan au
Liban et par notre mécénat
nous soutenons activement
les artistes, même si d’autres
préoccupations ont récemment vu le jour », déclare Dania Kassar, directrice marketing de la Fransabank.
Dania KASSAR
[email protected]
[email protected]
Carnet
jeudi 24 avril 2014
Pour placer vos annonces Carnet à partir du web :
www.lorientlejour.com, onglet « Carnet ».
Pour les hommages, s’adresser
à Mlle Thérèse SABER. Tél. : 05/956444.
Nécrologie
Rose Gergi Kanaan Hélou
Nicole Hélou
Joëlle, épouse du Dr Ibrahim Orizi, et leur famille (à l’étranger)
Henri Hélou
Dr Charles Hélou
Me Dany Hélou, son épouse Suzanna Rotova et leur famille
Thérèse Ghiyé, Vve Élias Hélou (ancien président de la municipalité
de Baabda), et ses fils : Me Antoine et l’ingénieur Georges
Le fils de feu Joseph Hélou : Dr Antoine Joseph Hélou
Les enfants de feue Renée :
L’ingénieur Antoine Moukarzel et famille
Farès Antoine Moukarzel et famille
Nada, épouse Philippe Khater, et leur famille
L’ingénieur Fady Moukarzel et famille
ainsi que leurs familles et tous les habitants de Baabda
ont la douleur d’annoncer le décès de leur regretté époux, père, beaupère, grand-père et oncle
MICHEL ANTOUN BOU NAJM HÉLOU
frère de feue Yvonne Hélou.
Les obsèques auront lieu aujourd’hui jeudi 24 avril à 15h30, en
l’église Mar Abda et Fawka, à Baabda.
Les condoléances seront reçues aujourd’hui jeudi 24 et demain
vendredi 25 avril, de 11h à 19h, dans le salon de l’église Mar Abda et
Fawka, à Baabda.
z
Martine Chébli, épouse Xavier Côte de Soux, et famille (à l’étranger)
Carine Chébli, épouse Baptiste Desplats, et famille
Nadim Chébli, son épouse Danielle el-Metni et famille
Dr Yves et Simone Laraque et famille (à l’étranger)
Gisèle Laraque-Martinez et famille (à l’étranger)
Micheline Laraque et famille (à l’étranger)
Philippe Laraque et famille (à l’étranger)
ainsi que les familles Chébli, Laraque, Côte de Soux, Desplats et elMetni
ont la douleur de faire part du décès, survenu mardi 22 avril 2014, de
leur regrettée mère, sœur, grand-mère, belle-mère et tante
MYRNA MICHÈLE THÉRÈSE LARAQUE
Vve Samir Chébli
L’absoute sera donnée aujourd’hui jeudi 24 avril à 15h30, en l’église
Saint-Vincent-de-Paul, Naccache.
L’inhumation aura lieu au cimetière de la paroisse.
Les condoléances seront reçues avant l’absoute à partir de 14h, ainsi
que vendredi 25 et samedi 26 avril, de 11h à 18h, dans le salon de
l’église Saint-Vincent-de-Paul, Naccache.
z
Yva Moufarège, née Moutran
Claude Moufarège, née Wakim
David Moufarège
Daisy Boustany, née Moufarège, et famille
Sonia, Vve Gabriel Moufarège, et famille
ont la douleur de faire part du décès, survenu à Paris le 24 mars
2014, de leur bien-aimé fils, époux, père et frère
Dr ALAIN CÉSAR MOUFARÈGE
Un office religieux sera célébré pour le repos de son âme, samedi 26
avril à 11h, en l’église Notre-Dame de l’Annonciation, rue du Liban.
Les condoléances seront reçues après l’office et jusqu’à 18h30, dans
le salon de l’église.
Condoléances
Isabelle Bédros Bahadourian
Joseph Aour, son épouse Aline Rahmé et leurs enfants :
Amine, Isabelle et Toufic
André Aour, son épouse Carole Bassila et leurs enfants :
Karen, épouse John Khabbaz, et leur famille
Anthony et Andrew
Gladys, épouse du député Dr Atef Majdalani, et son fils :
l’émir Tarek Chéhab
La famille de feu Sélim Aour
Toufic Aour et famille
La famille de feu Naaman Aour (à l’étranger)
Hanna Aour et famille
Samih Aour et famille
Les enfants de feue Jaza’, Vve Fouad Mouallem, et leurs familles
ainsi que les familles Aour, Bahadourian, Sadek, Rahmé, Bassila,
Majdalani, Khabbaz, Chéhab, Mouallem, tous les habitants d’Enfé et
leurs alliés au Liban et à l’étranger
ont la douleur de faire part du décès, survenu samedi 19 avril 2014,
de leur regretté époux, père, beau-père, grand-père, frère, beau-frère
et oncle
AMINE GERGÈS AOUR
Les condoléances seront reçues aujourd’hui jeudi 24 et demain
vendredi 25 avril, de 11h à 18h, dans le salon de l’église Saint-Nicolas
des grecs-orthodoxes, à Achrafieh.
Prière de considérer cet avis comme tenant lieu de faire-part
personnel.
z
La direction et les employés de la société Amine Aour SAL
ont la douleur de faire part du décès du regretté
AMINE GERGÈS AOUR
Fondateur et président honoraire
z
Le président et les membres du conseil d’administration de la société
Amine Aour SAL
ont la douleur de faire part du décès du regretté
AMINE GERGÈS AOUR
Fondateur et président honoraire
z
Le groupe des sociétés Amine Aour au Liban et à l’étranger
a la douleur de faire part du décès du regretté
AMINE GERGÈS AOUR
Fondateur et président honoraire
z
Farès Jasser et sa fille
Michel Jasser, son épouse Lamice Hilaneh et famille
Denise Jasser
Agnès, épouse Maroun Chédid, et famille
Nada, épouse de l’ingénieur Élie Chédid, et famille
Samira Khoury, Vve de son frère Jamal Jasser, et famille
Les enfants de sa sœur feue Wardé, Vve Sélim Khoury, et leurs
familles
ainsi que tous les habitants de Saghbine
ont la douleur de faire part du décès de leur regretté père, beau-père,
grand-père, beau-frère et oncle
JAMIL FARÈS JASSER
Les condoléances seront reçues aujourd’hui jeudi 24 avril, de 11h à
19h, dans le salon de l’église Sacré-Cœur, à Badaro.
z
Marcelle, Vve Gebran Sabbagha, et ses enfants
Joy Haddad, son épouse Alida René Jazra et leurs enfants :
Corinne, épouse Grégoire Toussaint, et famille (à l’étranger)
Michel et Hadi
ainsi que les familles Haddad, Bihar, Sabbagha, Jazra, Toussaint,
Afeiche, Farah et leurs alliés au Liban et à l’étranger
ont la douleur d’annoncer le décès, survenu mardi 22 avril 2014, de
leur regretté frère, beau-frère et oncle
RAYMOND MICHEL HADDAD
Les condoléances seront reçues aujourd’hui jeudi 24 avril, de 11h à
18h, dans le salon de l’église Saint-Dimitrios (Mar Mitr) des grecsorthodoxes, Achrafieh.
z
Boulos Chucrallah Abou Jaoudé
Ghazi Abou Jaoudé, son épouse Nathalie Bouchakjian et leur famille
Anne-Marie Abou Jaoudé
Joseph Abou Jaoudé et famille
Michel Abou Jaoudé et famille
Liliane, Vve Antoine Abou Jaoudé, et famille
Sœur Anne-Marie (des sœurs de la Charité)
Nouhad, épouse Paul Aznavourian, et leur famille
Carmel Abou Jaoudé
ont la douleur de faire part du décès de leur regrettée épouse, mère,
belle-mère, grand-mère, sœur, belle-sœur et tante
YVETTE RACHID ABOU JAOUDÉ
Les condoléances seront reçues aujourd’hui jeudi 24 avril, de 11h à
19h, dans le salon de la paroisse, à Jouret el-Ballout.
z
La présidente et les membres du comité du centre Renée Wehbé
ont la douleur de faire part du décès de
YVETTE ABOU JAOUDÉ
Membre active du centre
Quarantième
Pour le quarantième jour du rappel à Dieu du regretté
CÉSAR GERGI NASR
une messe sera célébrée pour le repos de son âme, dimanche 27 avril
à 12h, en l’église du Sacré-Cœur, Badaro, Beyrouth.
La famille du défunt prie les parents et les amis de s’associer à ses
prières.
z
Pour le quarantième jour du décès de la regrettée
JAMALE HELAYEL BOUTAGY
épouse Sélim Boutagy
une messe sera célébrée pour le repos de son âme, samedi 26 avril à
18h, en l’église Saint-Jean-Chrysostome de l’archevêché grec-melkite
catholique, Beyrouth, rue de Damas.
La famille de la disparue prie les parents et les amis de s’associer à
ses prières.
z
Pour le quarantième jour du décès des regrettées
NOHAD IBRAHIM AZAR
et
SAMIRA IBRAHIM AZAR
une messe sera célébrée dimanche 27 avril à 11h30, en l’église SaintÉlie, Kantari.
Une pensée pieuse est demandée à tous ceux qui les ont connues et
aimées.
Commémoration
Il y a un an, nous quittait pour un monde meilleur
PIERRE ABDO SADEK
Une messe sera célébrée pour le repos de son âme, samedi 26 avril à
18h, en l’église Sainte-Rita, Sin el-Fil.
Les condoléances seront reçues après la messe dans le salon de
l’église.
Sonia Antoine Habib à
l’honneur au ministère
du Tourisme
7
Environnement
Journée de pique-nique
samedi à Ramlet el-Baïda
L’ONG Nahnoo, qui œuvre en
faveur du développement d’espaces publics au Liban, organise une journée de pique-nique
à Ramlet el-Baïda, pour sensibiliser la population sur la nécessité de maintenir cette plage
publique, d’autant qu’elle est
la dernière à l’être à Beyrouth.
Le pique-nique est prévu pour
ce samedi 26 avril à 13h. Nahnoo assurera aux visiteurs des
parasols, des matelas, des cerfsvolants et prévoit, pour les
enfants, un spectacle avec des
clowns. Elle demande juste aux
personnes intéressées d’amener
avec elles leurs lunettes de soleil, leurs repas, des instruments
de musique, des jeux... Pour
plus d’informations, appeler au
01-280474 ou au 71-411883
www.facebook.com/BaydaRamletna et www.nahnoo.org
« Théorème », le chefd’œuvre de Pasolini
Au séminaire de Chawki
Azouri, demain jeudi 24
avril 2014 à 19h30, à l’hôpi-
tal Mont-Liban, Hazmieh.
La projection sera suivie d’un
débat.
Semaine de la lecture
Rencontre demain autour de
l’œuvre de Hyam Yared
Dans le cadre de la Semaine
nationale de la lecture, l’association Assabil, qui célèbre
la Nuit des bibliothèques de
Beyrouth, organise une rencontre autour de l’ensemble
de l’œuvre de l’écrivaine libanaise, Hyam Yared, auteure de
nombreux ouvrages dont Sous
la tonnelle, Esthétique de la prédation, Malédiction... demain,
vendredi 25 avril à 19 heures,
à la bibliothèque publique
municipale de Monnot, rue
de l’Université Saint-Joseph,
à côté du théâtre Monnot.
Tél : 01-203026.
Entrée libre.
Conférences
« Perversion et deuil originaire »
à l’USJ
La Société libanaise de psychanalyse (SLP) annonce que
la prochaine conférence publique, « Perversion et deuil originaire », sera donnée par Marie-
Thérèse Khalifé, le mercredi 30
avril, à 19h30, à l’USJ – faculté
des lettres et des sciences humaines, bâtiment A, 3e étage,
amphithéâtre 305.
Aide humanitaire
Centre social du CJC – Cas 4 618
Une femme âgée de 52 ans, mère
de 3 enfants, souffre d’insuffisance rénale, est sous séances de
dialyses. Elle a toujours besoin
d’un traitement coûteux et suivi,
qui n’est pas assuré par le ministère de la Santé. Souhaiterions
réunir une somme de 300 000
LL comme contribution à ce
cas. Le cas 4 617 est couvert.
Merci. Fransabank – Tabaris n° 20.10.0302648.03. Tél. :
01/335844, cell. : 70/145301,
après-midi 01/335750.
Annuaire
Appels d’urgencE
Forces de Sécurité
Intérieure : 112
Pompiers : 175
Défense civile : 125
Croix-Rouge : 140
DOCTORS AT HOME 01/444400
Home Care Lebanon : 01/388344
SERVICES PUBLICS
Communications internationales : 100
Information (télé.) : 1515
Ogero (réparations des lignes téléphoniques) : 139
Aéroport : 150
Électricité du Liban : 01/442720
Office des eaux de Beyrouth :
01/386760
Sonia Habib recevant son écusson des mains du ministre Michel
Pharaon, hier.
Photo ANI
Le ministre du Tourisme,
Michel Pharaon, a organisé
hier une cérémonie en l’honneur de la réalisatrice Sonia
Antoine Habib, à laquelle le
ministre a remis la médaille
nationale de l’appréciation
pour avoir remporté le prix
du Festival international du
cinéma en République tchèque pour son documentaire
Hors des ténèbres, et qui illustre la coexistence au Liban
à travers l’histoire de deux
jeunes Libanais de confessions différentes.
Dans son allocution, M.
Pharaon a applaudi « l’exploit » de la directrice de
production, ajoutant que « le
ciné-tourisme constitue un
facteur important au Liban »
et estimant que « Sonia Habib représente les jeunes qui
croient en leur pays ». De son
côté, le président de l’ordre
des journalistes, Élias Aoun,
a félicité la réalisatrice, qui a
remercié pour sa part le ministre du Tourisme pour son
encouragement et pour son
soutien aux jeunes talents.
« Le tourisme cinématographique mérite le soutien
tout autant que le tourisme
médical ou religieux », a-telle ajouté, espérant que le
Liban devienne la capitale
du cinéma dans le monde
arabe.
Hommage à Abdel
Halim Hafez au profit
d’IDRAAC
M. Élie Rizkallah (voix) et
le Dr John Fayyad (piano)
présenteront une soirée musicale, un hommage à Abdel
Halim Hafez, le mercredi
30 avril à 20h30 à l’amphithéâtre Pierre Abou Khatercampus des sciences humaines-USJ.
Le concert comprendra
des chansons des films et des
enregistrements en studio de
Abdel Halim Hafez des années 1950, 60 et 70.
Pour plus d’informations,
appeler au 76 10 05 76 ou au
01 583 583.
Les bénéfices de ce concert
iront au profit d’IDRAAC,
une ONG dédiée à la sensibilisation à la santé mentale
et au bien-être psychologique.
IDRAAC est spécialisée
dans la conduite des programmes de recherche, de
sensibilisation, de formation
et d’interventions sur le terrain en ce qui concerne la
santé mentale.
Fondée en 1997, elle a été
officiellement enregistrée le
14 mai 2002 (permission n°
63, amendement n° 7848 le
28 mars, 2007). Toutefois, les
membres d’IDRAAC mènent des recherches depuis
1982 et ont été impliqués
dans de nombreuses études
nationales et internationales,
ciblant différents segments
de la population et évaluant
les différents problèmes de
santé mentale.
IDRAAC offre des services communautaires, des
programmes de sensibilisation et de recherche de classe
mondiale en matière de santé
mentale, y compris la toxicomanie et l’abus de substances, notamment l’alcool.
IDRAAC travaille actuellement pour établir une unité
de soutien psychologique aux
enfants et leurs familles touchés par le cancer et autres
maladies chroniques.
Macam Alita à Jbeil jusqu’au 31 mai.
Tél. : 03/271500
Walid Rachid : Miroirs… Les
cheikhs druzes Mowahhedoun
du Liban à l’Institut français de Deir
el-Qamar jusqu’au 24 mai. Tél. :
05/510016
Mohammad al-Ameri : State of
Love à Orjowan Art Gallery à Bir
Hassan imm. Nisrin rue Omar Fahel
face TV Mayadeen jusqu’au 30 avril.
Tél. : 76/703572
Zena Assi : Framing my City à la
galerie Alwane Saifi Village jusqu’au 24
avril. Tél. : 01/975250
Zeina Abi Rached : Paris n’est
pas une île déserte à l’Institut
français de Tripoli jusqu’au 30 avril. Tél. :
06/442590
Persian Maxis à la galerie Artlab
Gemmayzé près Daraj el-Fan jusqu’au
26 avril. Tél. : 03/244577
Rita Saadé : être de lumière à
l’Institut français du Liban jusqu’au 26
avril. Tél. : 01/420200
Fatima Kawtharani : Red
Sunflowers à Art Circle rue Antoine
Gemayel près rue Commodore jusqu’au
3 mai. Tél. : 03/027776
Mounira al-Solh : All mother
tongues are difficult à la galerie
Sfeir Semler imm. Tannous La Quarantaine jusqu’au 19 juillet. Tél. : 01/566550
La nature autrement à l’Institut
français de Zahlé jusqu’au 25 avril. Tél. :
08/821293
Joseph Harb : Under construction à la galerie Janine Rubeiz imm.
Majdalani Raouché jusqu’au 26 avril.
Tél. : 01/868290
Oussama Baalbaki : Shadows and
gloominess à la galerie Tanit imm.
East Village Mar Mikhaël jusqu’au 26
avril. Tél. : 76/557662
Critical Machines à l’AUB Byblos
Bank Art Gallery jusqu’au 26 juin. Tél. :
01/350000 ext. : 4347
Vijai Patchleenan à la galerie
Workshop jusqu’au 25 avril. Tél. :
01/494331
The Petrol Emotion à MAS La Posta
rue Trabaud jusqu’au 27 avril. Tél. :
70/366969
Exposition collective d’artistes
internationaux à la galerie Les
Plumes Achrafieh Tabaris jusqu’au 30
avril. Tél. : 01/333537.
Agenda
Cinéma
Premières visions
★ Brick Mansions de Camille Delamarre. Detroit, 2018. Damien, policier
expert en arts martiaux, est chargé
d’infiltrer le dangereux ghetto de Brick
Mansions. Dernier film de Paul Walker.
CinemaCity (Dora et Beirut Souks), Empire
Dunes/Première/Galaxy, Espace, Planète
Abraj, Vox B.C. Center, Cinemall
★★ Factory
Girl de Mohammad
Khan avec Yasmine Raeis (Muhr au
Festival de Dubaï). Sur fond musical,
une jeune fille de condition modeste
s’amourache du directeur de l’usine.
Un film égyptien à la fois dramatique
et gai. Métropolis Empire Sofil
■ Diplomatie c’est un film de fiction
historique franco-allemand coécrit et
réalisé par Volker Schlöndorff avec
Pour connaître les horaires du
circuit Empire, appeler le 1 269.
Planète Abraj
01/292 192
Grand Cinemas
01/209 109
ABC Achrafieh
Grand Cinemas
04/444 650
ABC Dbayeh Grand Concorde 01/343 143
Grand Las Salinas 06/540 970
Grand Saïda Mall 07/723 026
CinemaCity DORA 01/899 993
CinemaCity BEIRUT
01/995 195
SOUKS
Métropolis Cinéma01/204 080
Vox B.C. Center
01/285 582
À voir absolument À voir
★★★
★★
À voir à la rigueur
★
Ne pas se déranger
❍
Pas vu
■
André Dussolier et Niels Arestrup.
Grand Cinemas ABC Achrafieh/Dbayeh
★ House
of magic film d’animation
belge. Pour enfants. Un chat tombe
sur un manoir abandonné où tout est
magie. Grand Cinemas ABC Dbayeh/Concor-
de/Las Salinas/Saïda Mall, CinemaCity (Dora
et Beirut Souks), Vox B.C. Center, Cinemall
The other Woman de Nick
Cassavetes, avec Cameron Diaz. Trois
femmes trompées se coalisent pour se
venger de l’homme trompeur. Grand
■
Cinemas ABC Dbayeh/Concorde/Las Salinas/
Saïda Mall, CinemaCity (Dora et Beirut
Souks), Empire Dunes/Première/Galaxy,
Espace, Planète Abraj/City Complex Tripoli,
Vox B.C. Center, Cinemall.
En salle
★★ Belle et Sébastien de Nicolas
Vanier. La belle histoire d’amitié entre
un chien et un petit garçon. Remake de
la célèbre série télévisée française des
années 60. Pour enfants et adultes. Mé-
tropolis Empire Sofil, Vox B.C. Center, Cinemall
Captain America de Joe Johnston,
avec Chris Evans et Hayley Atwell.
Plongée dans les premières années du
superhéros de Marvel. Grand Cinemas ABC
■
Dbayeh/Concorde, CinemaCity (Dora et Beirut
Souks), Planète Abraj/City Complex Tripoli, Vox
B.C. Center
★★ CasSe-tête chinois de Cédric
Klapisch, avec Romain Duris et Audrey
Tautou. Vingt ans après l’Auberge
espagnole, que sont-ils devenus ?
Empire Première
Divergent de Neil Burger, avec
Kate Winslet et Shailene Woodley.
Dans une société postapocalyptique,
une jeune fille doit choisir son clan.
❍
CinemaCity (Beirut Souks), Empire Première/
Galaxy, Grand Concorde, Vox B.C. Center
■ Halawet Rouh avec Haïfa Wehbé
et Salah Abdallah. Ce film raconte
l’histoire de Rouh qui vit seule dans un
taudis avec son fils. La Haïfa copieraitelle Monica Bellucci dans Malena.
CinemaCity (Dora et Beirut Souks), Empire
Dunes/Galaxy, Espace, Grand Cinemas ABC
Dbayeh/Concorde/Las Salinas/Saïda Mall,
Cinemall, Vox B.C. Center, Planète Abraj/City
Complex Tripoli
★★ Héritages de Philippe Aractingi.
Questions d’iconographie
funéraire avec Zeina Fani et Nada
Hélou à l’Institut français du Liban à
18h00. Tél. : 01/420200.
★ Tinker bell de Peggy Holmes, avec
CINÉ-CLUB
ABC Achrafieh/Dbayeh
Mae Whitman et Christina Hendricks.
Joli film animé pour enfants sur la fée
Clochette. CinemaCity (Dora et Beirut Souks),
Filmée et interprétée par Aractingi et sa
famille, cette œuvre, où se mêlent fiction et réalité, retrace le portrait d’une
saga, ses allers-retours, évoque les
problèmes de l’exil et du déracinement.
Empire Dunes, Planète Abraj/City Complex
Tripoli, Vox B.C. Center
★ Need for speed de Scott Waugh,
avec Aaron Paul. Dérive du jeu vidéo,
ce film interprété par Aaron Paul
(Breaking Bad) remplacera-t-il la saga
de Paul Walker ? CinemaCity (Dora),
Cinemas ABC Achrafieh/Dbayeh/Concorde,
CinemaCity (Dora et Beirut Souks), Empire
Première/Galaxy, Espace, Planète Abraj, Vox
B.C. Center, Cinemall
Métropolis Empire Sofil, CinemaCity (Dora et
Beirut Souks), Planète Abraj (20h00 et 22h30)
Empire Galaxy, Cinemall, Vox B.C. Center
Noah (3D) de Darren Aronofsky,
avec Russell Crowe et Jennifer Connelly. L’histoire biblique de Noah lorsqu’il
a affronté le déluge. Une vision inédite
de ce sauveur de l’humanité. Grand
■
Cinemas ABC Achrafieh/Dbayeh/Concorde/
Las Salinas/Saïda Mall, CinemaCity (Dora
et Beirut Souks), Empire Première/Galaxy,
Espace, Cinemall, Vox B.C. Center, Planète
Abraj/City Complex Tripoli
★ Rio
2 (3D) film d’animation de Carlos Saldanha, avec Anne Hathaway.
Suite du premier Rio. Grand Cinemas ABC
Achrafieh/Dbayeh/Concorde/Las Salinas/
Saïda Mall, Planète City Complex Tripoli,
Cinemall, CinemaCity (Dora et Beirut Souks),
Empire Dunes/Galaxy, Espace, Vox B.C. Center
★★ Son
of God de Christopher
Spencer, avec Diogo Morgado. L’histoire de Jésus-Christ de sa naissance à
CONFÉRENCE
sa mort. Empire Galaxy, Espace
★★ The Spectacular now de James
Ponsoldt, avec Miles Teller et Shailene
Woodley. L’histoire d’amour de deux
adolescents, simple, pleine d’émotions
mais sans spectaculaire. Grand Cinemas
■ Tokarev thriller de Paco Cabezas,
avec Nicolas Cage. Lorsque la mafia
russe lui enlève sa fille, un ancien criminel rassemble son ancienne équipe
pour appliquer sa propre justice. Grand
■ Transcendance de Wally Pfister,
avec Johnny Depp et Rebecca Hall. Will
et Max sont des génies de l’informatique qui travaillent pour créer un monde
où les ordinateurs pourraient imiter et
dépasser le fonctionnement du cerveau
humain. Leurs recherches sont mises à
mal par un groupuscule de radicaux.
Grand Cinemas ABC Achrafieh/Dbayeh/Concorde/Las Salinas/Saïda Mall, CinemaCity (Dora et
Beirut Souks), Empire Dunes/Première/Galaxy,
Espace, Vox B.C. Center, Cinemall.
N.B. : Les programmes ci-dessus sont
donnés sous toute réserve.
CONCERT
Piano à quatre mains au Centre
culturel et social Jaber à Nabatieh à
17h00. Tél. : 07/762744.
Festival du film de Tripoli
au Centre culturel Safadi Beit el-Fan
jusqu’au 29 avril.
FESTIVALS
Meeting Points 7 au Beirut Art
Center Jisr el-Wati Adlieh jusqu’au 3
mai. Tél. : 01/397018
BIPOD : Beirut international
platform of dance au théâtre
al-Madina à 20h30 jusqu’au 27 avril.
Tél. : 01/343834
Spring festival au théâtre Tournesol
Tayyouneh jusqu’au 26 mai. Tél. :
01/381290.
Expos
Hussein Madi : A Boudless life
au Beirut Exhibition Center front de mer
jusqu’au 1er juin. Tél. : 01/962000
ext. : 2883
Fouad J. Tabet : Mitsou à SV Gallery
Saifi Village rue Anis Kanafani jusqu’au
3 mai. Tél. : 01/975655
Missak Terzian : Timeless
dream à la galerie Hamazkaïne Bourj
Hammoud centre Shaghzoyan jusqu’au
30 avril. Tél. : 01/241262
Antoine Faysal : Arc-en-ciel au Lycée libano-allemand Jounieh jusqu’au
30 avril. Tél. : 09/835572
Anita Toutikian : Exbroideries
à Badguer La Maison rose rue Der-
Melkonian Bourj Hammoud jusqu’au 18
mai. Tél. : 01/240214
Je te salue Marie à la galerie Alice
Mogabgab rue Achrafieh imm. Karam
jusqu’au 13 juin. Tél. : 03/210424
JoËlle Jammal Junk : The inside
da box à The Oddfish Store jusqu’au
3 mai. Tél. : 01/566302
Mohammad Almuazin : To
sources à la galarie Zamaan fin
Hamra rue Sadate jusqu’au 26 avril.
Tél. : 01/745571
Ginane Makki Bacho et
Fathallah Zamroud : Traces
physiques à la galerie Ayyam à côté
de l’hôtel Monroe rue Zeitouni jusqu’au
31 mai. Tél. : 01/374450
Mustapha Azeroual : Reliefs à
la galerie Art Factum jusqu’au 2 mai.
Tél. : 01/443263
Beirut on screen à Plan Bey Mar
Mikhaël rue d’Aménie imm. Geara
jusqu’au 30 avril. Tél. : 01/444110
Frida et Diego à la villa Audi
jusqu’au 30 avril. Tél. : 01/200445
Habib Haddad : Bala Enwen à
LAAPS Verdun jusqu’au 28 avril. Tél. :
01/738522
The last supper à The Venue
Souk el-Arwan jusqu’au 4 mai. Tél. :
78/940941
Haytham Jabbar au souk Jewellery
jusqu’au 10 mai. Tél. : 01/957000
ext. 3601
Rio Com Muito Amor à Brasiliban
rue Mar Mitr jusqu’au 9 mai. Tél. :
01/322905
Joseph el-Khoury au 392 Rmeil
393 rue Gouraud Gemmayzé
Reem Yassouf : Child’s message
à Art on 56th rue Youssef Hayeck
Gemmayzé jusqu’au 3 mai. Tél. :
01/570331
Zaven : The age of bronze à
Théâtre
Kan ya ma kan au théâtre Caracalla à
20h45 jusqu’au 26 avril et le 27 avril à
17h00. Tél. : 01/999666
S’abandonner, dit-elle au Zoukak
Studio à 20h00. Tél. : 70/910339
Come back : Les diseurs à l’Olympia
de Kaslik à 21h00. Tél. : 09/644202-3
– 71/1508501
Psy Carlos trip au théâtre Béryte rue
de Damas à 20h30 jusqu’au 27 avril.
Tél. : 01/218078
Tarik el-Chams de Roméo Lahoud
au théâtre du Casino du Liban
de mercredi à samedi à 20h30 et
dimanche à 17h00 jusqu’au 27 avril.
Tél. : 09/859888
Louna et Cooky Belly de Samer
Abou Rizk à l’Athénée de Jounieh
à 16h00 les samedis et dimanches
jusqu’à fin avril. Tél. : 09/912321
Comedy Night au Playroom à
Zalka près Mobili Top à 21h30. Tél. :
70/757500
Marionnettes : Tine et Zbib présentées par Nayla Khayath et Formula
Fun à la Planète de la découverte rue
Ayass Souks de Beyrouth jusqu’au 30
avril. Tél. : 01/980650.
Économie
8
S&P 500
1 875,4
jeudi 24 avril 2014
Dow Jones
Nasdaq 100
Euro Stoxx 50
CAC 40
–0,07 %
–0,89 %
–0,74 %
–0,74 %
16 501,7
–0,22 %
3 557
Bourse de Beyrouth
Volume
Les valeurs
–
BLOM Stock Index
22 545
Solidere A
23 976
Solidere B
29 965
Solidere - GDR
3 185
Bank Audi - SAL
–
Bank Audi - GDR
88
Bank of Beirut
788
Byblos Bank
–
BEMO Bank
1
496
BLOM Bank
–
BLOM Bank - GDR
–
Rasamny Younis Motor
–
Holcim Liban SAL
Taux de change (L.L.)
Devise
Dollar US
Livre syrienne
Dinar irakien
Dinar koweïtien
Dinar jordanien
Dinar bahreïni
Dirham EAU
Rial qatari
Rial saoudien
Livre égyptienne
Livre sterling
Franc suisse
Yen (100)
Franc CFA (1 000)
Dol. canadien
Dol. australien
Euro
Prix
Var. (%)
Montant
1 207,61
13,06
12,92
13
6,10
6,18
19
1,69
1,82
9
9,20
0
+1,16
+0,16
+0,39
–0,49
0
0
+0,60
0
–0,11
0
–
292 831
309 569
389 499
19 430
N/A
1 672
1 332
N/A
13 464
N/A
3,50
14,82
0
0
N/A
N/A
Vente
1 514
10,47
1,30
5 302,98
2 136,91
4 015,92
412,20
415,82
403,72
217,49
2 543,97
2 521,72
14,81
2,95
1 489,42
2 000,90
2 095,98
Taux croisés
$ USD
£ GBP
CHF
¥ YEN
€ EUR
–
1,67
1,13
0,0098
1,3816
£ Sterling
0,59
–
0,67
0,0058
0,82
CHF Franc suisse
0,88
1,48
–
0,0086
1,22
102,42
171,84
115,97
–
141,50
0,72
1,21
0,81
0,0071
–
Devise
$ Dollar US
¥ Yen
€ Euro
Taux d’intérêt
Devise
2 j.
1 m.
3 m.
6 m.
1 an
$ USD
0,25
0,15
0,22
0,32
0,54
£ GBP
0,50
0,48
0,52
0,62
0,92
CHF
1,00
–0,005
0,01
0,07
0,20
¥ YEN
0,10
0,10
0,13
0,19
0,34
€ EUR
0,25
0,22
0,29
0,39
0,55
Bons du Trésor
Nom
Euro obligations libanaises - 5 ans
Euro obligations libanaises - 10 ans
Obligations américaines - 10 ans
Obligations du Trésor français - 10 ans
Obligations du Trésor allemand - 10 ans
Obligations du Trésor britannique - 10 ans
Obligations du Trésor japonais - 10 ans
Rendement
4,98 %
6,19 %
2,69 %
2,00 %
1,52 %
2,68 %
0,61 %
Les commandes de biens
durables US en amélioration
Comme la maUS : investissement productif et livraisons
jorité des indide biens capitaux (variation en %)
cateurs économiques, les
commandes
de biens durables se sont
révélées plus
faibles
que
prévu au début
2014.
Malgré des commandes totales attendues
en hausse de
2,0 % en mars,
la
variation
trimestrielle
devrait
être
proche de zéro.
Les livraisons de biens ca- entreprises est assez robuste
pitaux hors transport et depuis quelques semaines.
défense ont mieux résisté Quant à la confiance des
(voir graphe ci-dessus) mais entrepreneurs, elle ne peut
signalent malgré tout que qu’être aidée par la stabilila contribution de l’inves- sation de la situation budtissement à la croissance gétaire. Enfin, la demande
du T1 va se modérer. Il y intérieure paraît se raffermir
a tout lieu de penser que avec l’accélération des créace ralentissement n’est pas tions d’emplois et des venpermanent. Dans les enquê- tes au détail reparties fortetes de climat des affaires, les ment à la hausse. Tous ces
entreprises anticipent une facteurs devraient aboutir
hausse des dépenses de ca- cette année à une croissance
pital. De plus, le crédit aux élevée de l’investissement.
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Pétrole WTI
+1,09 %
–0,26 %
14 546,3
101,5
Or
1 284,4
+0,08 %
Argent
Euro
19,4
–0,03 %
1,3816
–0,02 %
Yen
102,5
–0,19 %
Liban
Le corps enseignant au bout du rouleau
Grille des salaires Depuis le début du mouvement mené par le Comité de coordination syndicale
(CCS) pour l’adoption de la nouvelle grille des salaires des fonctionnaires, les enseignants se sont
particulièrement distingués par leur mobilisation massive. Zoom sur une profession qui se sent
méprisée par l’État et menacée dans son existence même.
Marisol RIFAÏ
Achat
1 501
10,38
1,29
5 257,44
2 118,56
3 981,43
408,66
412,25
400,26
215,59
2 522,13
2 500,07
14,68
2,92
1 476,64
1 983,72
2 077,98
4 451,1
3 176
Nikkei
Il y a deux ans et demi,
commençait une timide
bataille qui allait très vite
se transformer en un vaste
et singulier mouvement
populaire, capable de mobiliser des centaines d’enseignants, voire parfois
des milliers dans les rues,
pour défendre leurs droits
et acquis sociaux, sans affiliation politique aucune.
Le Comité de coordination
syndicale (CCS), présidé
par Hanna Gharib, représente tous les travailleurs
concernés par la nouvelle
grille des salaires, c’est-àdire un ensemble d’environ
200 000 personnes, regroupant les fonctionnaires et
les enseignants des écoles
privées. Et ce sont d’ailleurs
les enseignants qui ont été
les plus actifs dans la lutte
pour faire approuver la
grille des salaires dont le
financement continue de
soulever de nombreuses polémiques. Les organismes
économiques libanais, les
institutions internationales
comme la Banque mondiale (BM) et le Fonds monétaire international (FMI)
ou encore le gouverneur de
la Banque du Liban (BDL),
Riad Salamé, ne cessent de
mettre en garde les députés
et l’opinion publique contre
les « dangers de l’adoption
de cette grille de 2 000
milliards de livres pour les
finances et l’économie du
pays ».
Rappelons
brièvement
que le gouvernement Mikati, après de longs mois de
tergiversations, avait finalement transféré, en mars
dernier, le projet de loi au
Parlement. Les commissions parlementaires mixtes, en charge du dossier,
ont entériné le projet de loi
le 11 avril en le retournant
au Parlement pour approbation. Après plusieurs
séances plénières qui n’ont
pas donné de résultats,
le président de la Chambre, Nabih Berry, a décidé
l’ajournement des discussions jusqu’à la fin du mois,
le temps pour les députés
de se mettre d’accord sur les
moyens de financement.
Ces reports à répétition
sonnent comme une provocation ouverte pour les
enseignants qui se perçoivent comme les « laisséspour-compte de la République ». Ils n’ont pas connu
d’augmentation de salaire
depuis 18 ans, alors qu’il y
a deux ans, le secteur privé
se voyait recevoir une majoration salariale et que le
Parlement approuvait par
ailleurs les lois doublant
les revenus des juges et des
professeurs
d’université.
Ainsi, un grand fossé s’est
creusé entre un enseignant
du secondaire et un professeur d’université : au lieu
des six échelons historiques
qui les séparaient, ils sont
aujourd’hui 52, soit l’équivalent de 104 années de
carrière !
Des droits et acquis
menacés
Cependant, ce n’est pas
seulement le temps que met
le Parlement à approuver la
grille qui exacerbe les enseignants, mais également
les modifications qui y ont
successivement été apportées par rapport au texte
de loi initial. La principale
revendication du CCS – la
majoration des salaires de
121 %, correspondant au
taux d’inflation depuis la
dernière hausse en 1996,
sans échelonnement et avec
un effet rétroactif à compter du 1er juillet 2012 –
n’est plus du tout sûre.
Parmi les autres principales revendications des enseignants, il y a celle de la
conservation des six échelons de différence entre les
professeurs du secondaire
et ceux d’université ou encore du fameux « 60 % »,
un droit
acquis il y
a 48 ans.
« L’histoire remonte
à l’année
1966, où
l’État avait
besoin de
plus d’enseignants pour le
secondaire, il a ainsi ajouté
aux enseignants 5 heures
de travail supplémentaires
aux 15 heures réglementaires et leur a naturellement augmenté leur salaire
de 60 % », explique Bahia
Baalbacki,
enseignante
d’arabe au secondaire dans
une école publique depuis
35 ans et responsable des
affaires éducatives dans la
Ligue des enseignants du
secondaire.
Parmi d’autres articles
qui figurent dans la grille
et qui sont spécifiques au
corps enseignant, il y a
l’article 4 dont le CCS demande la suppression car il
ôte 4 échelons et demi aux
enseignants du secondaire,
alors qu’ils les avaient antérieurement obtenus dans la
loi 159. L’article 23 risque
par ailleurs d’être soumis à
de possibles modifications
en n’accordant aux enseignants retraités aucune
réévaluation de leurs éche-
Ce sont les enseignants qui ont été les plus actifs dans la lutte pour faire approuver la grille des salaires.
lons ou bien simplement 3
échelons, contre les 6 proposés par le texte initial. Ils
demandent également la
conservation de la loi sur le
rabattement des
heures de
cours qui
s’applique
selon les
années
d’ancienneté. « Si
la grille, telle qu’elle a été
entérinée par les commissions parlementaires mixtes, est approuvée par le
Parlement, elle aura été
vidée de sa substance et
de son essence même »,
proteste Noha Osseirane,
enseignante de lettres et
de théâtre depuis 19 ans
dans une école privée et
candidate pour une liste
indépendante aux élections
syndicales des enseignants
pour la branche de Beyrouth. « Notre combat ne
se résume pas à une hausse
salariale, mais surtout à une
défense de nos acquis très
durement obtenus depuis
des dizaines d’années et qui
se trouvent aujourd’hui menacés », poursuit-elle.
Concernant la polémique
sur les moyens de financer
la grille des salaires – principal obstacle qui retarde
son approbation – les enseignants somment les députés à ne pas utiliser le prétexte de la grille des salaires
« Nous sommes
les laissés-pour-compte
de la République »
comme moyen d’augmenter
les impôts sur les tranches
les plus défavorisées de la
population. Aux citoyens
partisans d’une diminution
des chiffres de la grille, les
enseignants les avertissent
que « le montant de toute
coupe dans nos droits et
acquis ne sera certainement
pas reversé sur vos indemnisations ou retraites ».
Le cas particulier
des écoles privées
Les enseignants, qu’ils
soient dans le public ou
le privé, sont soumis aux
mêmes lois qui régissent
leurs salaires et c’est pour
cette raison qu’ils font partie de la grille des salaires
des fonctionnaires. « Cette
union nous
protège
contre les
abus
des
administrations
des écoles
privées »,
explique
Luna Sammour, professeur d’arabe
au primaire dans un établissement privé depuis
23 ans. Certains établissements privés se plaignent
aujourd’hui de ne pouvoir
assurer
l’augmentation
des salaires prévue dans la
nouvelle grille et appellent
justement à rompre cette
union. Une étude publiée
par l’économiste Nehmé
« Nos salaires nous
permettent à peine
de tenir jusqu’au
10 du mois »
menace latente les rendrait
par ailleurs moins actifs
dans les luttes syndicales et
la participation aux grèves.
« Sur 30 000 enseignants
dans le privé, à peine 12 %
sont syndiqués », déplore
l’enseignante.
Maysa Mouazen confirme
cette affirmation. À 29 ans,
cette jeune mère enseigne
l’anglais dans une école privée, elle travaille 30 heures
par semaine pour 800 dollars mensuels. « Le salaire
de mon mari ne nous suffit
pas et après avoir été trois
ans au chômage, j’ai été
obligée d’accepter cet emploi, mais je reste très frustrée du fait des conditions
salariales qui nous sont imposées et des libertés dont
l’administration nous prive,
comme celle de manifester
ou de faire grève », raconte-t-elle.
Pour Noha Osseirane,
comme pour sa collègue
Luna Sammour, l’enseignement est une passion,
« d’ailleurs c’est l’élément
qui nous permet de tenir ».
« Nous éduquons les générations futures et en contrepartie nous avons des salaires qui nous permettent à
peine de tenir jusqu’au 10
du mois », soulignent-elles.
Elles sont toutes les deux
d’accord pour ne conseiller
à personne de se lancer dans
cette profession tant que les
conditions ne s’amélioreront pas drastiquement.
Brève
Énergie
Les prix des carburants en hausse
La plupart des prix des carburants
ont augmenté cette semaine, selon les données communiquées
par le ministère de l’Énergie et
de l’Eau. Le prix de l’essence a
notamment augmenté de 400
livres à 35 000 livres pour les 20
Nehmé démonte pourtant
cet argument. « La loi prévoit que les établissements
privés consacrent 65 % de
leur budget aux salaires,
alors que la réalité se situe
aux alentours des 30 % »,
explique-t-il. Bien entendu, il serait injuste de
généraliser cela à toutes les
écoles. « Certains établissements privés gâtent leurs
enseignants avec des primes, des congés maternité
plus longs, la scolarisation
gratuite de leurs enfants ou
des 13e ou 14e mois et sont
les premiers à appliquer les
hausses dues à la cherté de
vie », soutient Noha Osseirane.
Plusieurs autres différences de traitement demeurent entre
le
public
et le privé,
notamment
au niveau
des règlements intérieurs.
« L’article
29 de la
loi 56 régissant le syndicat
des enseignants du privé
permet à l’administration
d’une école privée de licencier un salarié sans avancer
aucun motif, une vraie épée
de Damoclès dont souffrent
les enseignants », poursuit
de son côté Luna Sammour.
Selon elle, ils seraient environ 3 000 par an à subir ces
licenciements abusifs. Cette
litres de 98 octanes et à 34 300
livres pour les 95 octanes.
Le prix du diesel a augmenté pour sa part de 200 livres à
26 200 livres, tout comme les
prix du mazout et du kérosène
domestique, qui ont enregistré
une hausse de 200 livres à 26 000
et 27 300 livres respectivement.
Seule exception, le prix du gaz
a reculé de 100 livres à 17 900
livres et à 21 800 livres pour la
bonbonne de 10 et de 12,5 kilogrammes respectivement.
L’Agriculture déclare
la guerre aux ravageurs
de céréales
L’Agence nationale d’information (ANI, officielle) a pronostiqué une poursuite de la
hausse des prix la semaine prochaine, en ligne avec l’augmentation constatée sur les marchés
internationaux.
Le ministère de
l’Agriculture a annoncé
hier dans un communiqué
qu’une opération consacrée
à la lutte contre un insecte
appartenant à la famille des
ravageurs de céréales sera
mise en œuvre samedi dans
la Békaa. En collaboration
avec l’armée, cette initiative
visera à traiter des champs
de blé et d’orge affectés
par la punaise des céréales
(Eurygaster integriceps).
Le ministère a demandé
aux apiculteurs de la région
d’éloigner les ruches situées
à proximité des champs
concernés.
Moyen-Orient
Produits agricoles
Rabat appelle l’UE à « respecter ses engagements »
Le ministre marocain de
l’Agriculture, Aziz Akhannouch, a appelé hier l’Union
européenne « à respecter ses
engagements », jugeant à nouveau « inacceptable » la décision
de Bruxelles de modifier les
conditions d’accès des fruits et
légumes extracommunautaires
au marché européen. Les 28
ont avalisé en avril une mesure
de restriction des méthodes
de dédouanement de produits
extracommunautaires, pour
rendre plus transparent un
système « source de critiques
récurrentes », d’après l’UE. La
décision doit entrer en vigueur
le 1er octobre, et entraînerait
un renchérissement des fruits
et légumes non européens, le
Maroc affirmant être le principal pays impacté. « Nous
avons signé un accord (d’association, en 1996), et à michemin l’UE change les règles
convenues de façon unilatérale. Ce n’est pas acceptable »,
a réaffirmé mercredi devant la
presse M. Akhannouch. « J’ai
discuté avec le commissaire de
l’UE (Dacian Ciolos) et il y
aura d’autres échanges toute la
semaine pour trouver une solution protégeant les intérêts
des deux rives. (...) Je pense
qu’on arrivera à un accord. Il
faut que l’UE respecte ses engagements », a-t-il ajouté. Le
ministre marocain s’exprimait
en marge des assises nationales de l’agriculture à Meknès
(Centre), auxquelles assistent
des ministres européens ainsi
que les présidents guinéen
et malien, Alpha Condé et
Ibrahim Boubacar Keita. Un
responsable de la Commission, Jerzy Plewa, est également attendu à Meknès afin
de participer jeudi à l’ouverture de la 7e édition du Salon
international de l’agriculture
(SIAM), dont l’UE est cette
année l’invitée d’honneur.
Convoqué par le chef du
gouvernement marocain Abdelilah Benkirane, l’ambassadeur de l’UE à Rabat, Rupert
Joy, a récemment souligné
dans un communiqué que la
mesure prise par Bruxelles
s’appliquerait « uniformément
à tous les fruits et légumes importés dans l’UE, de tous les
pays du monde ».
Mais le Maroc fait valoir
qu’il est le principal concerné.
Lors d’une manifestation le 15
avril devant la délégation de
l’UE à Rabat, un responsable
du secteur avait évoqué une
réduction « de moitié » des
exportations. Seul pays à disposer depuis 2008 d’un statut
avancé avec l’UE, Rabat est
étroitement lié économiquement au Vieux Continent et
négocie depuis l’an dernier un
accord de libre-échange complet et approfondi (Aleca) avec
Bruxelles. En 2013, les exportations agricoles vers l’UE ont
atteint plus de 1,2 milliard
d’euros, en premier lieu des
tomates (22 %).
Au Maroc, l’agriculture est
le premier contributeur du
PIB, à hauteur de 15 à 20 %.
(Source : AFP)
Économie 9
jeudi 24 avril 2014
International
Paris promet de respecter
en 2015 son obligation
européenne de 3 % de déficit
Budget Pour convaincre la Commission de Bruxelles, la France
brandit un autre chiffre : 50 milliards d’euros d’économies.
La France a confirmé hier son
intention de ramener en 2015
son déficit public à 3 % du produit intérieur brut (PIB), une
obligation à l’égard de Bruxelles, au prix d’un plan de rigueur
sans précédent en France critiqué par une partie de la gauche.
L’annonce des prévisions
budgétaires jusqu’en 2017 intervient alors que l’exécutif peine à
reconquérir une opinion lassée
de l’impuissance des socialistes
à relancer la croissance et à faire
baisser le chômage.
Le nouveau Premier ministre, Manuel Valls, apôtre du
social-libéralisme, a la difficile
tâche de convaincre sa propre
majorité parlementaire de la
poursuite de la politique de rigueur. Et fait pour cela preuve
d’un grand optimisme.
Le ministre des Finances
Michel Sapin, accompagné
du secrétaire d’État au Budget
Christian Eckert, a ainsi livré le
« programme de stabilité », un
exercice de prévisions pluriannuel auquel se soumettent depuis l’an dernier tous les États
membres de la zone euro.
Il a confirmé hier l’intention
de Paris de ramener le déficit
public à 3 % du PIB en 2015,
mais seulement après une étape
à 3,8 % cette année. Le ministre
des Finances a affirmé que ce
retour à 3 %, seuil de tolérance
en zone euro, n’était « pas une
question de fétichisme ou de
soumission ». En 2013, le déficit public du pays avait atteint
4,3 % du PIB.
Repoussé d’une semaine
en raison du remaniement, le
texte doit être soumis au vote
de l’Assemblée nationale mardi
prochain, avant d’être adressé à
la Commission européenne.
Celle-ci dira d’ici à un mois
si elle croit ou non à cette stratégie, sachant que la France a
été placée début mars sous surveillance, comme l’Espagne et
l’Irlande, après avoir bénéficié
déjà de deux reports pour atteindre l’objectif de 3 %.
Parallèlement, Paris espère
une reprise de la croissance,
au prix d’une l’amélioration de
la conjoncture internationale,
avec notamment une reprise
des exportations, mais aussi
grâce à sa politique d’allège-
En Égypte, les ouvriers ignorés prêts à
en découdre avec le futur président
Dans un pays dont l’économie est en ruine, le futur
président égyptien aura la
lourde tâche de répondre aux
attentes d’une classe ouvrière
délaissée et en colère réclamant plus de justice sociale.
Abdel Fattah al-Sissi, l’exchef de l’armée qui a destitué
en juillet le président islamiste
élu Mohammad Morsi, et véritable homme fort de l’Égypte, est donné largement vainqueur de la présidentielle des
26 et 27 mai, face au leader de
gauche Hamdeen Sabbahi.
Une fois élu, il devra répondre aux revendications de
travailleurs qui n’arrivent pas
à joindre les deux bouts.
Parmi eux, Kamal Fayoumi, ouvrier depuis 30 ans
dans le textile.
Inlassablement, ce militant
de 53 ans a été de toutes les
contestations, dont celle de
2008 : au cours d’une grève
devenue célèbre, les ouvriers
de Mahalla, ville industrielle
de 500 000 habitants à une
centaine de kilomètres au
nord du Caire, arrachaient
alors un portrait géant du
président Hosni Moubarak,
renversé trois ans plus tard
par une révolte populaire
dans la lignée des printemps
arabes.
Les mouvements d’ouvriers
n’ont pas cessé ensuite, sous
la présidence Morsi puis
sous le gouvernement intérimaire installé par l’armée,
qui n’a obtenu qu’une trêve
temporaire.
« Tous les gouvernements
depuis trois ans n’ont cessé de
faire des promesses, jamais tenues », lance M. Fayoumi, attablé à la terrasse d’un café de
Mahalla, le cœur de l’Égypte
ouvrière protestataire.
Alors pour se faire entendre,
dit-il, les ouvriers n’ont trouvé
qu’un seul moyen efficace : arrêter la production.
145 euros par mois
M. Fayoumi ne gagne que
l’équivalent de 145 euros par
mois. Avec ça, « comment offrir une vie digne à ma famille
? » se lamente-t-il. « Si cette
situation perdure, nous reprendrons la grève quel que soit le
futur président, Sissi ou Sabbahi », prévient l’ouvrier.
Les salariés de Masr Spinning, l’usine de Kamal Fayoumi, ont repris le travail en
février après avoir accepté une
trêve de trois mois qui a mis
fin à plusieurs semaines de
grève.
Depuis plus de 50 ans, les
autorités n’ont accepté de négocier qu’avec la Fédération
des syndicats égyptiens, que
l’État, auquel elle est liée,
considère comme seule représentante des travailleurs.
Depuis 2011, de nombreux
syndicats ont été créés mais
les autorités refusent de les
reconnaître et appellent régulièrement l’armée pour casser
Tribune
ments fiscaux et sociaux.
Le gouvernement table ainsi
sur une croissance du PIB de
1 % en 2014. Et prévoit une
progression régulière jusqu’à
2,25 % en 2016 et 2017.
50 milliards d’économies
Pour convaincre la Commission de Bruxelles, gardienne des
engagements budgétaires, la
France brandit un autre chiffre :
50 milliards d’euros d’économies.
« 50 milliards d’économies
sur 2015-2017 par rapport au
rythme naturel d’évolution,
c’est ce qu’il faut pour ramener
la progression de la dépense
publique au rythme de l’inflation, c’est ce qui nous permettra de poursuivre la réduction
des déficits sans augmentation
d’impôt », promet le ministère
des Finances.
Déjà très critiqué dans les
rangs socialistes, ce plan d’économies concerne pour 21 milliards la protection sociale, 18
milliards l’État et 11 milliards
les collectivités territoriales. Il
touche notamment aux prestations sociales, dont les petites
retraites, ainsi que le gel des salaires des fonctionnaires.
Mais ces économies s’« articulent », assure le gouvernement,
avec le pacte de responsabilité
et de solidarité : un allègement
de 30 milliards des cotisations
patronales, auxquels s’ajoutent
plus de 10 milliards de baisse de
la fiscalité (d’ici à 2017) sur les
entreprises et 5 milliards de mesures sociales et fiscales pour les
ménages. Le gouvernement espère que cela générera 200 000
emplois supplémentaires.
Mardi encore, le Premier
ministre Manuel Valls a reçu
des députés socialistes qui, sans
contester l’ordre de grandeur,
veulent modifier la répartition
pour épargner les fonctionnaires et les petites retraites.
Ces mesures de rigueur interviennent après une claque reçue par la gauche aux élections
municipales fin mars qui ont vu
une victoire de la droite et une
percée historique de l’extrême
droite. Le président François
Hollande, au plus bas dans les
sondages et qui a échoué dans sa
promesse d’inverser en 2013 la
courbe du chômage en France,
a déclaré qu’il n’aurait « aucune
raison d’être candidat » à un second mandat en 2017 si le chômage ne baissait pas d’ici là.
(Source : AFP)
Athènes peut prétendre à un
allègement de sa dette
Grèce Excédent budgétaire primaire de 0,8 % du PIB en 2013, une
preuve de progrès après quatre ans d’austérité.
La Grèce pourrait obtenir
avant la fin de l’année un
nouvel allègement du fardeau
de sa dette, l’Union européenne ayant confirmé hier
qu’elle avait dégagé en 2013
un excédent budgétaire primaire et dépassé ses objectifs
en matière de gestion des finances publiques.
Cette annonce intervient
le jour anniversaire de la demande officielle d’aide financière extérieure présentée par
Athènes et deux semaines
après le retour réussi du Trésor grec sur le marché international de la dette avec une
émission d’obligations à cinq
ans.
Le retour à l’excédent budgétaire primaire (soit hors
service de la dette) illustre
les progrès accomplis par
Athènes en matière de remise en ordre de ses comptes
après quatre ans d’une austérité sans précédent sous le
contrôle strict de la « troïka »
(Union européenne, Banque
centrale européenne et Fonds
monétaire
international),
période durant laquelle le
produit intérieur brut (PIB)
a fondu d’un quart et le taux
de chômage a bondi à près de
28 %.
« Le pays et son économie sont aujourd’hui en bien
meilleure situation après
quatre années très difficiles
pour les ménages et les entreprises », a déclaré le ministre
délégué aux Finances Christos Staïkouras.
L’excédent primaire de 1,5
Justice sociale
milliard d’euros (soit 0,8 %
du PIB) réalisé l’an dernier –
avec un an d’avance sur le calendrier prévisionnel – ouvre
la voie à des mesures d’allégement de la part des autres
pays de la zone euro, qui
détiennent aujourd’hui plus
de 80 % des 319 milliards
d’euros de la dette du pays.
Validé par la Commission
européenne, cet excédent, le
premier depuis 2002, exclut
des dépenses et recettes exceptionnelles, notamment les
milliards d’euros consacrés à
la recapitalisation du système
bancaire et la restitution à
Athènes des intérêts perçus
par les Banques centrales de
la zone euro sur les obligations d’État qu’elles détiennent.
La dette culmine à
175 % du PIB
Les discussions sur un éventuel allégement du poids de la
dette débuteront au second
semestre, a précisé Simon
O’Connor, porte-parole de la
Commission européenne.
Cet allégement passerait
très probablement par un report des échéances des prêts
accordés à Athènes, qui pourrait porter à 50 ans la durée
de certains d’entre eux, et par
une réduction simultanée de
leur taux d’intérêt.
L’UE et le FMI ont versé
218 milliards d’euros à la
Grèce depuis quatre ans et
Athènes est censé recevoir
19 milliards supplémentaires
d’ici à la fin de l’année.
Des ouvriers de Mahalla, ville industrielle de 500 000 habitants à
une centaine de kilomètres au nord du Caire.
Mahmoud Khaled/AFP
les piquets de grève.
Car ces arrêts de travail ont
eu un grave impact sur l’économie déjà exsangue du plus
peuplé des pays arabes, déserté par les touristes et qui survit
grâce aux aides ponctuelles de
ses soutiens dans le Golfe.
« Le déficit du budget atteint 20 % selon les estimations pour juin 2014. Si le
gouvernement met en place
le salaire minimum réclamé
par les ouvriers, ce déficit va
s’envoler », estime cependant
Shaheer George, spécialiste
des droits des ouvriers au sein
de l’influente Initiative égyptienne pour les droits de la
personne (EIPR).
Les investisseurs sont également aux abonnés absents,
rendus frileux par l’instabilité
politique, alors que l’inflation
atteint 10 %. Les autorités di-
sent vouloir réduire le déficit de
10 % tout en lançant des projets
pour venir à bout d’un chômage
passé de 9 % avant la révolte de
2011 à près de 14 % l’année
dernière.
Contactée à plusieurs reprises par l’AFP, la ministre du
Travail n’était pas disponible
pour donner plus de détails sur
ces projets mais le gouvernement a annoncé jeudi un projet
de loi créant des tribunaux du
droit du travail.
Mais, prévient le militant
Hamdy Hussein, « le lien entre
les travailleurs et le gouvernement actuel est rompu : dans
une ville comme Mahalla, les
ouvriers soutiennent Sissi, mais
s’il ne parvient pas à réaliser la
justice sociale, alors ils redescendront dans la rue, contre
lui ».
©AFP
Par de Jim YONG KIM*
Dans un monde d’inégalités, nous avons besoin
d’une croissance solidaire
Pendant très longtemps, les
riches ont su dans une certaine
mesure comment les pauvres
vivent dans le monde. La
nouveauté dans le monde
actuel est que le secret le mieux
caché aux pauvres, à savoir, la
manière dont vivent les riches,
est désormais dévoilé. Par la
télévision du village, l’Internet
et les appareils portables que
possède un nombre de pauvres
en augmentation rapide, les
styles de vie des riches et de la
classe moyenne sont révélés
chaque jour et en couleur dans
leurs maisons.
L’an dernier, lorsque je me
suis rendu avec le président
Evo Morales dans un village
bolivien situé à plus de 4 000
mètres au-dessus du niveau de la mer, les villageois
prenaient des photos de notre
arrivée avec leurs téléphones
intelligents. En Uttar Pradesh,
l’État de l’Inde qui compte le
plus grand nombre de pauvres,
j’ai trouvé des Indiens qui
regardaient des feuilletons
coréens sur leurs téléphones
intelligents.
Nous vivons dans un monde
d’inégalités. Mais si les pays
riches peuvent ne pas voir les
souffrances des pauvres, les
pauvres du monde entier savent très bien comment vivent
les riches. Et ils ont montré
qu’ils sont disposés à agir.
Les inégalités nuisent à tout le
monde. La faible participation
économique des femmes crée
des pertes de revenus de 27 %
au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Une croissance
solidaire, en revanche, forge
un contrat social plus solide et
plus robuste entre les popu-
lations et leur gouvernement
– et édifie des économies plus
fortes. Si l’emploi des femmes
était relevé au niveau de celui
des hommes, par exemple, le
revenu moyen augmenterait
de 19 % en Asie du Sud et de
14 % en Amérique latine.
Les personnes qui se trouvent
dans l’extrême pauvreté vivent
avec moins d’un dollar et 25
cents par jour, moins que les
pièces de monnaie que bon
nombre d’entre nous vidons
de nos poches chaque soir. Et
pourtant, plus d’un milliard de
personnes dans les pays à revenu intermédiaire et les pays
pauvres survivent de nos jours
avec moins que ce montant.
Nous savons que les problèmes
fondamentaux qui se posent
actuellement dans le monde
touchent non pas des millions,
mais des milliards d’entre
nous. Près de deux milliards
de personnes n’ont pas accès
à l’énergie. On estime à deux
milliards et demi le nombre de
personnes ne bénéficiant pas
de services financiers de base.
Et nous sommes tous – tous
les 7 milliards d’êtres humains
que nous sommes – sous la
menace d’une catastrophe
imminente causée par le changement climatique si nous
n’agissons pas aujourd’hui en
adoptant un plan à la mesure
de ce défi.
Évidemment, les besoins de
développement dans le monde
dépassent largement la capacité du Groupe de la Banque
mondiale à les satisfaire. Mais
nous pouvons faire beaucoup,
beaucoup plus. Pour répondre à l’accroissement de la
demande que nous voyons se
profiler à mesure que nous
améliorerons notre capacité
à fournir des connaissances
et des solutions à nos clients,
nous renforçons notre capacité financière afin d’accroître
nos revenus et élargir notre
capital.
Nous avons pris récemment
des mesures pour doubler
pratiquement le volume
annuel de nos prêts aux pays
à revenu intermédiaire, qui
passeront de 15 à 28 milliards
de dollars par an. Cela signifie que la capacité de financement de la Banque mondiale
– autrement dit, le montant
des prêts qu’elle peut inscrire
à son bilan – augmentera de
100 milliards de dollars au
cours de la prochaine décennie, pour atteindre environ
300 milliards de dollars. Cela
vient s’ajouter à la plus forte
reconstitution jamais réalisée
des ressources de l’IDA, notre
fonds destiné aux pays les plus
pauvres, qui lui permet de
disposer désormais d’environ
52 milliards de dollars pour
accorder des dons et des prêts
concessionnels.
Parallèlement, nous renforçons également notre appui
direct au secteur privé. La
MIGA, l’agence du Groupe
de la Banque mondiale qui
fournit une assurance contre
le risque politique, prévoit
d’augmenter ses nouvelles
garanties de près de 50 % au
cours des quatre prochaines
années. L’IFC, notre institution chargée des opérations
avec le secteur privé, espère
pratiquement doubler son
portefeuille au cours de la
prochaine décennie pour le
porter à 90 milliards de dollars.
Dans 10 ans, nous croyons que
les nouveaux engagements de
l’IFC atteindront 26 milliards
de dollars par an.
Il est prévu que le total annuel
des engagements du Groupe
de la Banque mondiale, qui se
chiffre aujourd’hui à quelque
45 à 50 milliards de dollars,
augmentera à plus de 70
milliards de dollars au cours
des prochaines années. Cette
capacité financière accrue
représente une progression
sans précédent dans l’histoire
du Groupe. Nous sommes
maintenant en mesure de
mobiliser et de démultiplier
globalement des centaines de
milliards de dollars par an dans
les années à venir.
Nous devons trouver des
moyens plus efficaces de
collaborer avec nos principaux
partenaires, notamment ceux
de la société civile et du secteur
privé. Nous avons besoin de
partenariats, d’institutions
internationales fortes, d’un
secteur privé dynamique et de
dirigeants politiques engagés.
Mais aussi et surtout, nous
devons unir les populations
à travers le monde dans un
mouvement mondial pour
mettre fin à la pauvreté.
Toutes les franges de notre
société mondiale doivent s’unir
pour traduire la vision d’une
économie plus juste et durable
dans des actes résolus qui
seront notre héritage pour les
générations futures.
Le monde nous observe.
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« Le pays et son économie sont aujourd’hui en bien meilleure
situation après quatre années très difficiles pour les ménages
et les entreprises », a déclaré le ministre délégué aux Finances
Christos Staïkouras. Alkis Konstantinidis/Reuters
La BCE a en outre acheté
une quarantaine de milliards
d’euros d’obligations d’État
grecques et Athènes a bénéficié en 2012 d’un allègement
de 170 milliards de l’encours
de sa dette, ce qui a contraint
ses créanciers privés à de lourdes pertes.
Un nouvel allégement du
poids de la dette viserait à
permettre qu’une fois achevé, en 2016, le programme
d’assistance du FMI, le ratio
dette/PIB puisse être ramené
à 124 % en 2020 et nettement
en dessous de 110 % en 2022.
Ce ratio a atteint 175,1 % du
PIB en 2013 contre 157,2 %
en 2012.
Eurostat a par ailleurs annoncé qu’Athènes avait ramené son déficit budgétaire,
hors dépenses exceptionnelles
de soutien à son secteur bancaire, à 2,1 % du produit intérieur brut (PIB) contre 6,2 %
en 2012.
En incluant l’ensemble des
dépenses publiques, le déficit
grec a atteint 12,7 % du PIB
l’an dernier après 8,9 % l’année précédente.
Mais le chiffre 2012 inclut
des dépenses équivalant à
2,7 % du PIB pour soutenir le
secteur financier et en 2013, la
recapitalisation des banques a
représenté 10,6 % du PIB.
(Source : Reuters)
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10 International
Intensification des violences contre
les civils à Alep
Syrie Les organismes humanitaires dénoncent une situation alarmante ; un député ex-communiste
candidat à l’élection présidentielle.
Dans un rapport récent, le Comité international de la CroixRouge (CICR) s’est dit « alarmé
par l’escalade de la violence à
Alep », dans le nord du pays, où
de nombreux témoins font état de
l’utilisation par le régime de barils
explosifs.
« Ces deux dernières semaines,
des quartiers résidentiels ont été
bombardés sans discrimination
partout dans Alep et ils ont fait
des centaines de victimes civiles.
C’est inacceptable, déclare Boris
Michel, chef de la délégation du
CICR en Syrie. Nous appelons
d’urgence toutes les parties à respecter leurs obligations au regard
du droit humanitaire international et à épargner non seulement
les civils, mais aussi les infrastruc-
tures essentielles, canalisations
d’eau, centrales électriques et installations médicales ». Plusieurs
témoins ont en outre confirmé à
L’Orient-Le Jour les violences des
combats et les conditions précaires
et catastrophiques dans lesquelles
ils survivent à Alep. Les combats intenses qui se sont déroulés
dans la deuxième ville du pays ont
coupé de nombreux habitants de
la ville du reste du monde, selon
Hind Akooly, déléguée du CICR
en poste dans cette ville où il n’y
aurait plus que 40 médecins pour
une population de 2,5 millions de
personnes, contre 2 000 avant le
conflit.
De même, les responsables de
cinq agences de l’ONU (Bureau
des Affaires humanitaires de
l’ONU, Unicef, HCR, Programme alimentaire mondial et OMS)
ont lancé hier un appel commun
aux belligérants en Syrie afin qu’ils
lèvent les obstacles à l’aide internationale. Les cinq responsables
exigent entre autres que les sièges imposés par les deux camps
à des civils soient levés dans des
quartiers d’Alep, la vieille ville de
Homs, Yarmouk, l’est de Ghouta,
Moadhamieh, Nubl et Zara.
Pour une aide
saoudienne accrue
Dans ce contexte, le chef de
la Coalition nationale de l’opposition syrienne Ahmad Jarba
a demandé lors d’entretiens avec
des responsables saoudiens une
aide accrue à l’Armée syrienne
Pékin enquête sur le possible usage
de chlore chinois en Syrie
Le ministère chinois des
Affaires étrangères a annoncé
hier l’ouverture d’une enquête
après la diffusion d’une vidéo
tournée en Syrie après ce qui
pourrait être un bombardement chimique montrant une
bonbonne de chlore frappée
du nom du premier fabricant
d’armes chinois Norinco. Les
images en question diffusées sur Internet auraient été
filmées à Kfar Zeïta, village
aux mains des insurgés situé
à 200 km au nord de Damas,
après des bombardements
par hélicoptère survenus les
11 et 12 avril. Par ailleurs, les
membres du Conseil de sécurité de l’ONU ont évoqué hier
l’éventualité d’une enquête
internationale sur ces attaques
présumées, sans prendre de
décision.
libre (ASL), a indiqué Monser
Akbik, un responsable de l’opposition syrienne hier. Il a souligné
que l’accroissement de cette aide
était nécessaire « face à l’augmentation du nombre de mercenaires
du Hezbollah et des milices irakiennes » combattant aux côtés
du régime et à « l’intensification
de l’aide militaire et économique
de la Russie et de l’Iran », alliés du
régime syrien.
M. Jarba a aussi souligné au
cours de ses entretiens que le régime syrien, en fixant la date de
l’élection présidentielle qui devrait
conduire à la réélection de Bachar
el-Assad au 3 juin, « a fermé la
porte à toute solution politique »,
selon un communiqué de la Coalition. À ce sujet, Damas a accusé
hier les Nations unies d’« entraver » les pourparlers entre le régime et l’opposition, les accusant
d’être de « parti pris ».
Un candidat communiste
Concernant la présidentielle
syrienne, Maher Hajjar, un député indépendant qui a longtemps
été membre du Parti communiste
s’est porté candidat hier à l’élection. C’est la première fois depuis
un demi-siècle que plusieurs candidats peuvent se présenter à la
présidentielle. Bachar el-Assad,
comme son père Hafez, a jusqu’à
présent été élu par référendum.
M. Hajjar est originaire d’Alep.
Âgé de 46 ans, il a rejoint au début
de la révolte le « parti de la volonté
populaire » formé par Qadri Jamil,
un opposant toléré qui a rejoint le
gouvernement comme vice-Premier ministre avant d’être démis
de ses fonctions en octobre 2013
et de partir s’installer en Russie.
Pour valider sa candidature, M.
Hajjar doit désormais obtenir le
soutien d’au moins 35 des 250 des
députés. Outre cette condition, les
candidats doivent aussi avoir vécu
en Syrie de manière continue ces
10 dernières années, ce qui exclut
tous les opposants en exil.
(Sources : agences
et rédaction)
France : plan gouvernemental contre
les filières jihadistes
Le gouvernement français a
adopté hier un plan de prévention et de lutte contre les filières
jihadistes qui s’appuie notamment sur l’écoute des familles
de jeunes séduits par des
organisations violentes et sur
la coopération internationale,
selon le ministre de l’Intérieur,
Bernard Cazeneuve. Selon le
compte rendu du Conseil des
ministres, les autorités françaises ont constaté une « hausse
accélérée et préoccupante, depuis plusieurs mois », du nombre de personnes tentées par
l’engagement radical violent.
Sur 740 personnes détectées
dans ces filières, près de 300
se trouvent en Syrie, 130 sont
en transit et 130 sont de retour
après un ou plusieurs séjours
dans ce pays. Une vingtaine y
ont trouvé la mort.
Toujours à ce sujet, les services
secrets néerlandais (AIVD) ont
annoncé hier que plus de 100
Néerlandais se sont rendus en
Syrie en 2013 pour combattre
en tant que jihadistes, précisant qu’au moins 10 d’entre
eux étaient morts sur le sol
syrien.
Grégorios III : Les destructions d’églises à Maaloula, « un crime de guerre »
L’Occident assiste « avec une indifférence criminelle » à la destruction de la Syrie, insiste le chef de
l’Église grecque-catholique.
Fady NOUN
La destruction des églises de
Maaloula a été décrite par le
patriarche grec-catholique Grégorios III comme « un véritable
crime de guerre ». « C’est le
mystère de l’iniquité que l’on
voit à l’œuvre », a-t-il encore
dit, ne trouvant pas de mots assez forts pour traduire ses sentiments devant le spectacle de
désolation qui s’est offert à lui.
Le prélat a rendu visite dimanche au village historique
de Maaloula, repris par les forces gouvernementales syriennes au Front al-Nosra. « C’est
la dévastation du Temple, le
mystère de l’iniquité », a insisté
Grégorios III, interrogé au téléphone à partir de Beyrouth.
Le patriarche grec-catholique
a visité le village en compagnie
du patriarche grec-orthodoxe
Youhanna Yazigi, et de représentants du patriarcat syriaqueorthodoxe, arménien-orthodoxe et syriaque-catholique. Des
journalistes et du personnel de
sécurité les accompagnaient. Il
l’a fait peu après une visite sur
le site du chef de l’État syrien.
« Un spectacle d’apocalypse s’est
offert à nous. D’autres églises
ont été détruites en Syrie, mais
je n’ai jamais vu ça. J’ai pleuré
et cherché vainement un moment de solitude pour prier.
Je suis écœuré », dit encore le
prélat. « Les quatre églises historiques de Maaloula ont été
atteintes, a précisé le patriarche.
Notre église paroissiale, l’église
Saint-Georges, est criblée de
balles. Le sol est jonché de dé-
bris. Les icônes qui n’ont pas
été volées sont éparpillées sur
le sol, souillées. La coupole du
couvent est fissurée en deux endroits. Les murs sont éventrés
par des obus. Certaines parties
du couvent menacent ruine et
doivent être reconstruites. En
l’état, il est absolument inhabitable. » « Dans le couvent des
Saints-Sarkis et Bakhos, l’autel
païen historique reconverti en
autel chrétien, le seul spécimen
archéologique de son espèce, git
au sol, brisé en deux », se désole-t-il.
Le même spectacle de dévastation s’offre aux regards dans
les églises Saint-Élie et SainteThècle, relevant du patriarcat
grec-orthodoxe. Pour Grégorios, la dévastation de Maaloula est « un véritable crime de
guerre ». La charte de Londres
(1946) qualifie notamment de
crimes de guerre « le pillage de
biens publics ou privés, destruction sans motif des villes et des
villages, ou dévastation que ne
justifient pas les exigences militaires ». « Il n’y a aucune justification militaire au vandalisme
qui s’est produit. On a l’impression que c’était un travail commandé », a ajouté le patriarche,
qui s’interroge aussi : « Pourquoi avoir fait de nos églises des
positions retranchées ? »
Sur le plan sécuritaire, la population de Maaloula peut songer à revenir, a affirmé le patriarche, incertain toutefois de l’état
des infrastructures (électricité,
eau, téléphone). Il précise que
certains jeunes sont de retour,
pour inspecter les maisons et
Les Palestiniens scellent leur réconciliation
au grand dam d’Israël
Proche-Orient Des scènes de liesse populaire ont éclaté dans toute la
bande de Gaza.
Les Palestiniens ont signé hier
à Gaza un nouvel accord de
réconciliation, au moment où
le processus de paix est totalement enlisé.
Aux termes de l’accord de
réconciliation, l’OLP (Organisation de libération de la
Palestine), reconnue internationalement comme le seul
représentant du peuple palestinien, et le mouvement islamiste Hamas, au pouvoir à Gaza,
ont convenu de former un
gouvernement de « consensus
national ». Ce gouvernement,
dirigé par le président palestinien Abbas et composé de
personnalités indépendantes,
sera constitué d’ici à cinq semaines, a indiqué un communiqué conjoint lu par le chef
du gouvernement du Hamas
à Gaza, Ismaïl Haniyeh, en
présence d’une délégation de
l’OLP. Aussitôt, des scènes de
liesse populaire ont éclaté dans
toute la bande de Gaza aux cris
d’ « Unité, unité ! ».
Israël a réagi en accusant
M. Abbas d’avoir choisi « le
Hamas et non la paix » et en
annulant une session de négociations avec les Palestiniens
prévue hier soir. M. Abbas a
répondu que les négociations
avec Israël et la réconciliation palestinienne n’étaient
pas contradictoires, affirmant
l’engagement des Palestiniens
en faveur de la paix sur la base
« d’une solution à deux États
conformément aux résolutions du droit international ».
« On ne saurait parvenir à
la paix sans la réconciliation
d’abord », a également rétorqué le négociateur palestinien
Saëb Erakat. « La réconciliation est une priorité nationale
palestinienne. »
L’administration
américaine, qui considère le Hamas
comme une organisation ter-
Selon le négociateur palestinien Saëb Erakat, « la réconciliation est une priorité nationale
palestinienne ».
Ibraheem Abu Mustafa / Reuters
roriste, a de son côté estimé
que l’accord pourrait « sérieusement compliquer » les efforts de paix. « Il est difficile
d’envisager comment Israël
pourrait négocier avec un gouvernement qui ne croit pas à
son droit d’exister », a déclaré
la porte-parole du département d’État, soulignant que
les États-Unis étaient à la fois
« déçus » et « inquiets ».
Raid sur Gaza
Peu après l’annonce de l’accord, l’aviation israélienne a
d’ailleurs effectué une frappe
sur le nord de Gaza, blessant
six civils palestiniens, dont un
très grièvement, selon le ministère de l’Intérieur du Hamas.
L’armée israélienne a, elle,
affirmé avoir mené « une opé-
ration de contre-terrorisme »
mais a reconnu avoir manqué
sa cible. Et en début de soirée,
trois roquettes ont été tirées de
Gaza vers le sud d’Israël, selon
un communiqué militaire.
Sitôt intronisé, le nouveau
gouvernement
palestinien
aura pour mission de préparer des élections législatives
et présidentielle, qui doivent
avoir lieu six mois après que
le Conseil législatif palestinien
(CLP, Parlement) aura voté
la confiance à ce cabinet. Les
dernières législatives dans les
territoires palestiniens remontent à 2006 – elles avaient été
remportées par le Hamas – et
la présidentielle, gagnée par
M. Abbas, en 2005.
Mais ce n’est pas la première
fois que les frères ennemis du
mouvement national palestinien annoncent la formation
imminente d’un gouvernement de consensus. « Les gens
ont déjà entendu la même
chose à moult reprises, mais à
chaque fois l’accord a été violé
par le Fateh ou le Hamas », a
expliqué Samir Awad, professeur de sciences politiques à
l’Université de Birzeit en Cisjordanie. Le Hamas et le Fateh, principal parti de l’OLP,
ont déjà signé des accords de
réconciliation au Caire (avril/
mai 2011) et à Doha (février
2012) pour mettre fin à la division politique entre la bande de
Gaza et la Cisjordanie. Mais
les échéances fixées alors ont
été constamment repoussées.
(Source : AFP)
étudier les possibilités de retour. Mais Grégorios III attire
l’attention sur la difficulté qu’il
y aura à « réparer le lien social »
entre les chrétiens de Maaloula
et la population musulmane.
Certaines familles du village ont
pris fait et cause pour les rebelles
islamistes, et le rétablissement
de la confiance pose en effet
problème. Beaucoup de jeunes
ne veulent pas d’une réconciliation superficielle, « d’embrassades hypocrites ». Mais l’Église a
le devoir d’empêcher que toute
la population musulmane soit
assimilée aux faits de quelquesuns. Elle y tient absolument.
« Les chrétiens ne doivent pas
vive dans un ghetto », assure
Grégorios III.
Pour lui, le véritable complot
est là. Il vise à déchirer le tissu
social de la société syrienne, où
la discorde islamo-chrétienne
ne s’est jamais posée. Il insiste
sur la barbarie de certains comportements, qui ne s’explique à
ses yeux que par cette volonté de
destruction de la Syrie profonde.
Grégorios III dénonce « l’indifférence criminelle avec laquelle
le monde occidental, sous le
faux prétexte d’une défense de la
démocratie, continue d’assister
à ce spectacle de destruction ».
« Il faut absolument empêcher
que le virus de la haine ne se généralise », conclut le patriarche,
après avoir précisé que l’on est
toujours sans nouvelles de six
habitants de Maaloula enlevés,
comme des évêques grec-orthodoxe et syriaque-orthodoxe
d’Alep, portés disparus depuis
plus d’un an.
jeudi 24 avril 2014
Le point La paix, au gré
de l’humeur du moment
– On avait désespéré de voir
intervenir un accord entre
les deux ennemis. C’était mal
les connaître. L’inattendu
s’est produit hier : il y a eu des
instants d’intense émotion, des
embrassades, l’annonce d’un
gouvernement d’union dans
les semaines à venir et même la
promesse de futures élections...
– Donc tout va pour le mieux.
C’est la paix depuis tant de
temps attendue et le ProcheOrient peut enfin souffler ?
– Pas tout à fait. Et pour paraphraser ce facétieux d’Alan
Greenspan, si quelqu’un
prétend avoir compris, c’est
que l’on s’est mal exprimé.
Mais qui a parlé de la région
du Proche-Orient ? En fait,
il s’agit de l’Autorité palestinienne et du Hamas, réconciliés enfin, pour le meilleur. Ou
pour le pire...
Ainsi donc, fatigué de se voir
continuellement berné dans
les pourparlers de paix avec les
Israéliens, Mahmoud Abbas
décide de frapper un grand
coup. Et même deux. Premier
temps : il va adhérer à quinze
traités et conventions, dont
celle de Genève relative aux
lois de la guerre, un geste qui
se veut une réponse au soudain
refus de Benjamin Netanyahu
de libérer un dernier groupe
de 26 prisonniers, une mesure
prévue sous l’égide des ÉtatsUnis, en prélude à la reprise
du processus gelé depuis trois
ans. Second temps : Abou
Mazen met le turbo et charge
une délégation conduite par
Azzam el-Ahmad de rétablir
le contact avec les islamistes,
interrompu depuis 2007,
date à laquelle l’OLP avait
été éjectée hors du territoire.
Le précédent accord conclu
entre les deux parties grâce
à une médiation égyptienne
n’a jamais vu le jour, en raison
de divergences sur le partage
du pouvoir et le dialogue avec
l’État hébreu.
Des deux côtés de la barrière,
on cherche à donner l’impression que cette fois, c’est
la bonne. Ismaïl Haniyeh :
« L’échec nous est interdit. »
El-Ahmad : « Nous voulons
mettre fin à la division. Il y
aura un pays, un peuple et
aucune force au monde ne
prévaudra contre cela. » Sur le
papier, les perspectives paraissent excellentes. Un rabibochage permettrait à l’héritier
de Yasser Arafat d’asseoir
son autorité sur l’enclave et à
cette dernière – victime d’un
impitoyable blocus israélien et
égyptien – de se sentir moins
isolée. Les accords d’Oslo, on
s’en souvient, imposaient à
l’OLP le devoir d’empêcher
toute attaque « terroriste »
La fin de la solution à deux États Les efforts déployés par le
secrétaire d’État des ÉtatsUnis John Kerry pour sauver
le processus de paix israélopalestinien sont sur le point
d’aboutir à un échec. Bien
qu’un règlement définitif du
problème ait toujours tenu
de la gageure, cette nouvelle
déception va rendre les ÉtatsUnis incapables de conserver
ne serait-ce qu’une façade de
« processus de paix », processus qui a souvent été plus
productif par ses discours que
par ses actes.
Les négociations vont
échouer pour plusieurs raisons, à commencer par la
poursuite de la colonisation
israélienne des territoires occupés en 1967, malgré l’opposition de la communauté
internationale, dont celle des
États-Unis. Israël a plutôt
accéléré la construction de
colonies depuis le début du
dernier cycle de pourparlers
et en a même profité pour
renforcer ses exigences, notamment en ce qui concerne
le stationnement de troupes
israéliennes dans la vallée du
Jourdain. La libération de
quelques dizaines de prisonniers palestiniens ne remplace
pas de véritables concessions
sur ces questions litigieuses.
Pire encore, les États-Unis
se sont toujours abstenus
d’utiliser leur forte influence
pour contraindre Israël à
changer de cap, en raison
de la force politique américaine du lobby pro-israélien,
représenté notamment par
l’American Israel Public Affairs Committee. Fait révélateur, Kerry a nommé Martin
Indyk (un citoyen australien
d’origine britannique, qui a
débuté sa carrière politique
aux États-Unis en travaillant
pour l’Aipac dans les années 1980) comme principal
conseiller des États-Unis.
Un autre obstacle à un accord de paix est la division
entre le territoire de Gaza
contrôlé par le Hamas, et
de Christian Merville
l’Économie, Naftali Bennett,
la Cisjordanie contrôlée par
en juillet dernier. Selon lui,
le Fateh. Cela aussi a pour
« le projet de fonder un État
origine l’intransigeance des
palestinien en territoire israéÉtats-Unis et d’Israël, qui ont
lien est dans une impasse. »
refusé de reconnaître la victoiLa chose la plus importante
re du Hamas aux élections de
pour la terre d’Israël est de
2006 et donc de reconnaître
construire, de construire et
ce groupe comme représende construire
tant légitime
encore plus
des Palesti[de colonies
niens. Cette
juives].
politique
a
Paradoxaencouragé le
lement, un
Fateh à ne
observateur
céder aucune
palestinien
autorité face
attentif peut
au Hamas en
trouver
un
Cisjordanie,
certain
réce qui crée
confort dans
une division
l’échec
des
au sein de la
États-Unis
Palestine ocd’empêcher
cupée. PourIsraël d’étentant lors du Mohammad Ayoob est
de relations
dre ses colodernier cycle professeur
internationales à l’Université
nies (et d’ande pourpar- d’État du Michigan et
nexer une part
lers, cette di- chercheur associé à l’Institute
de plus en
vision n’a pas for Social Policy and
plus grande
été un obs- Understanding.
du territoire
tacle majeur,
palestinien),
car le Hamas
car elle met fin à la mascarade
est resté sur le banc de touqui avait institué le processus
che : il n’a ni participé ni cherde paix. Le résultat le plus
ché à jouer les perturbateurs.
probable revient maintenant
Cette décision a peut-être
à fonder un seul pays unifié
découlé de l’hypothèse que les
au sein des frontières de la
pourparlers devaient avorter,
Palestine sous mandat britandiscréditant ainsi l’Autorité
nique, qui s’étend à l’ensempalestinienne dirigée par le
ble du territoire actuel d’Israël
Fatah. Peu importe, la diviet aux territoires occupés. En
sion entre Palestiniens n’est
d’autres termes, Israël et la
cette fois pas responsable de
Palestine évoluent inexoral’échec des pourparlers.
blement vers la création d’un
Cela nous ramène à la
État binational entre le Jourpoursuite de la colonisation
dain et la mer Méditerranée.
israélienne du territoire paUn tel État sera fondé sur
lestinien, qui exclut pratiquel’un des deux principes prament la possibilité d’une sotiquement antagonistes : ou
lution à deux États. Ajoutons
bien l’égalité des droits pour
à cela l’insistance de la droite
tous ses habitants, ou bien
israélienne pour qu’aucune
une forme d’apartheid, caracconcession ne soit possible sur
térisée par une autorité juive
les questions territoriales, sur
et une subordination des PaJérusalem, ou sur le droit au
lestiniens.
retour des Palestiniens, et il
Le problème pour les Pane fait aucun doute que Kerry
lestiniens est que les Juifs isn’a vraiment eu aucune chanraéliens risquent d’avoir plus
ce. Peut-être la preuve la plus
d’influence dans la gestion
claire de l’obstination d’Israël
du développement de cet
est venue de son ministre de
contre Israël. Shimon Peres,
ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement
Rabin, avait alors eu ce mot :
« Pourquoi faire la chasse
désormais au Hamas puisque les Palestiniens vont s’en
charger ? »
Aujourd’hui revenu de ses
illusions après les embrassades
interpalestiniennes, Benjamin Netanyahu ne décolère
pas. À l’issue d’une rencontre
avec le chef de la diplomatie
autrichienne Sebastian Kurz,
il déclarait mardi : « Il (Abbas)
ne saurait faire la paix avec
nous et avec le Hamas. Il lui
faut choisir. » Difficile, sachant
que les possibilités sont presque nulles de voir des miracles
se produire. Pas plus le chef
du gouvernement israélien
que le président de l’Autorité
palestinienne ne sont prêts à
renoncer l’un à faire passer son
adversaire sous ses fourches
caudines, l’autre à ses exigences : relaxe des prisonniers, gel
de la colonisation, délimitation
des frontières du futur État
palestinien. Les Américains
pour leur part ont appuyé
sur le bouton financier pour
écarter le spectre des « mesures
extrêmes » Aucune surprise du
côté de Tel-Aviv, campé sur un
prévisible raidissement et qui
a ressorti le classique : « Pas
question de parlementer sous
la menace. » Surtout quand
elle n’émane pas de l’État
hébreu.
Or c’est précisément ce qui est
arrivé. Abbas ayant (inconsidérément) parlé d’un possible
démantèlement de l’Autorité,
Naftali Bennett a aussitôt fait
donner du gros calibre. « Après
avoir encouragé toutes les
formes de terrorisme, le voici
qui parle de démission, a tonné
le ministre de l’Économie et
chef du mouvement HaBayit
Yehudi. Que pouvons-nous
espérer de mieux ? » Orit
Struk, égérie de ce même parti,
lui a fait chorus, affirmant :
« Cette menace, si elle venait
à être mise à exécution, ferait
d’Abou Mazen un has been
qui devrait payer pour tout ce
qu’il a fait jusqu’à présent. »
L’intéressé a été prié par ses
adjoints de remballer ses effets
de manches et de menton
en attendant que l’infatigable John Kerry reprenne du
service, si la crise ukrainienne
le permet.
À Gaza hier, à Ramallah
demain, on va probablement
recommencer à mettre le
feu au Star spangled banner
et à brûler en effigie Barack
Obama. Il restera que les deux
meilleurs ennemis ne pourront
jamais se passer des bons offices de ce vieil Uncle Sam.
Par Mohammad Ayoob
État unifié. Les Palestiniens
ont donc de faibles chances
de choisir l’égalité unilatéralement. Après tout, conférer
des droits civils et politiques
égaux à tous les citoyens diminuerait le caractère exclusivement juif du pays, renverserait les objectifs et les victoires
sionistes : un résultat que la
majorité de la population juive
d’Israël va probablement rejeter. Appeler le pays « Israël »
risque de ne pas ne suffire à
modérer cette résistance.
La communauté internationale va sans doute répondre à
l’émergence d’un État sous un
régime d’apartheid par l’opprobre et l’ostracisme à l’égard
d’Israël, malgré la protestation
des États-Unis. En outre, les
conflits dans un tel pays vont
forcément empiéter sur ses
frontières. D’où le risque de
déclencher un embrasement
important dans toute cette
région. Cela aurait de graves
conséquences pour les ÉtatsUnis et pour d’autres partisans
occidentaux loyaux envers
Israël, qui ont d’importants
intérêts stratégiques et économiques dans la région.
Il est temps par conséquent
que les États-Unis revoient
leur politique sur le conflit
israélo-palestinien. Au lieu de
poursuivre la chimère d’une
solution à deux États, les
États-Unis devraient utiliser
leur influence dans la région
pour ouvrir la voie à l’émergence d’un État démocratique binational, qui garantisse
l’égalité politique et civile
complète pour tous ses habitants. Cela n’est peut-être
pas une solution idéale pour
toutes les parties prenantes
du conflit israélo-palestinien, mais cela vaut beaucoup
mieux qu’un État sous un régime d’apartheid, susceptible
de déstabiliser encore plus le
Moyen-Orient et de conduire
à un cycle de conflits sans fin
dans la région.
© Project Syndicate, 2014.
International 11
jeudi 24 avril 2014
Erdogan adresse ses condoléances La Russie menace d’intervenir
aux Arméniens, une première
si ses intérêts sont menacés
Commémoration À la veille de la date anniversaire du génocide, le
Premier ministre turc s’est prononcé ouvertement sur les événements
qui ont marqué les dernières années de l’Empire ottoman.
La Turquie a fait un geste en faveur des Arméniens massacrés
sous l’Empire ottoman, adressant hier pour la première fois
ses condoléances aux descendants des victimes de ce drame,
reconnu en tant que génocide
par de nombreux pays. « Nous
souhaitons que les Arméniens
qui ont perdu la vie dans les
circonstances ayant caractérisé
le début du XXe siècle reposent
en paix et nous exprimons nos
condoléances à leurs petits-enfants », a déclaré le Premier ministre islamo-conservateur, Recep Tayyip Erdogan, la veille du
24 avril, considéré comme étant
la date anniversaire du début du
génocide arménien.
C’est la première fois qu’un
responsable turc de ce rang se
prononce aussi ouvertement sur
les événements qui ont marqué
les dernières années d’un Empire ottoman sur le déclin sans
pour autant utiliser le mot « génocide » que la Turquie nie catégoriquement. « C’est un devoir humain de comprendre et
de partager la volonté des Arméniens de commémorer leurs
souffrances à cette époque », selon le communiqué, qui ajoute :
« On ne peut contester que les
dernières années de l’Empire
ottoman aient été une période
difficile, générant des souffrances pour des millions de citoyens
ottomans, turcs, kurdes, arabes,
arméniens et autres, quelle que
soit leur religion ou leur origine
ethnique ».
Le 24 avril 1915 avait donné
le coup d’envoi du premier génocide du XXe siècle. Des centaines de milliers d’Arméniens
de l’Empire ottoman, accusés
de complot avec l’ennemi russe,
avaient été déportés par le gouvernement jeune turc pendant
la Première Guerre mondiale,
nombre d’entre eux ayant été
tués (1,5 million, selon les Arméniens, 500 000 environ, selon les Turcs) et la plupart de
leurs biens confisqués.
Dans son message, M. Erdogan évoque la nécessité d’une
réconciliation entre Arméniens
et Turcs, renvoyant à une initiative de normalisation entre
la Turquie et l’Arménie, lancée
en 2007 mais qui n’a pas abouti,
tout en dénonçant aussi la volonté de saisir le prétexte de ces
massacres pour attaquer la Turquie. « La République de Turquie continuera d’aborder avec
sagesse toutes les idées conformes aux valeurs universelles du
droit. Mais se servir des événe-
ments de 1915 comme un prétexte pour être hostile envers la
Turquie et les transformer en
conflit politique est inacceptable », dit-il.
Pénaliser la négation
« C’est très important. Cette
allusion aux souffrances et ces
condoléances, c’est une première, même si elle est symbolique », a commenté Etyen
Mahcupyan, l’intellectuel turc
d’origine arménienne sur la
chaîne de télévision d’information CNN-Türk. Le chroniqueur du journal Zaman estime par ailleurs que la Turquie
souhaite ainsi tendre la main à
la diaspora arménienne et aux
pays qui accueillent et soutiennent les Arméniens avant la
commémoration du centenaire
du début de leur déportation
en 2015 à travers le monde,
qui risque de mettre la Turquie
dans une situation particulièrement inconfortable sur la scène
internationale.
La France fait partie des pays
qui ont reconnu en tant que génocide (2001) les massacres des
Arméniens. Cette reconnaissance a été suivie en France de
tentatives législatives avortées
pour en pénaliser la négation,
ayant provoqué une nette détérioration des relations franco-turques. Même si l’État turc
refuse d’attribuer toute volonté
génocidaire au gouvernement
ottoman de l’époque, le génocide est timidement commémoré par la société civile turque
depuis quelques années. Cette
année encore, plusieurs organisations non gouvernementales
(ONG) de défense des droits
de l’homme turques ont prévu
de manifester aujourd’hui à
Istanbul, qui sous le nom
Constantinople était la capitale
ottomane. L’année dernière,
pour la première fois, une délégation étrangère, composée
notamment de dirigeants de
la diaspora arménienne, a pris
part aux commémorations en
Turquie, en réponse à un appel
à la solidarité lancé par la société civile turque. Mais pour une
grande partie de la population
turque, même s’il ne représente
plus un tabou, le mot « génocide » provoque le courroux dans
un pays où les victimes turques
des nationalistes arméniens qui
ont profité du démembrement
de l’« homme malade », l’Empire ottoman, se comptent en
milliers dans l’Est anatolien.
(Source : AFP)
« Nous n’avons pas disparu, l’empreinte de nos
ancêtres est là et nous revendiquons nos origines »
Les Ottomans les appelaient
les « restes de l’épée ». Cent ans
après les massacres de 1915,
de plus en plus de Turcs d’origine arménienne, fils et filles de
ceux qui se sont convertis pour
survivre, redécouvrent leur
identité et osent l’assumer au
grand jour.
Berkin est l’un de ces Arméniens « cachés ». En ce jour de
Pâques, le jeune homme de 17
ans a rejoint l’église Surp Vorodman, dans le quartier stambouliote de Kumkapi. Avec
des dizaines d’autres fidèles, il
est venu prier. Naturellement.
Élevé en bon Turc dans la religion musulmane, Berkin vient
à peine de découvrir ses origines chrétiennes. Par hasard, car
jamais ses parents ne lui avaient
confié ce « grand secret ». Au
début du XXe siècle, sa famille
était arménienne. « Quand ma
grand-mère parlait à la maison, je tendais l’oreille. Car ce
n’était ni du turc ni du kurde.
Mon grand-père, c’était pareil », raconte le jeune lycéen.
« Du coup, j’ai commencé à
faire des recherches. Et c’est
comme ça que j’ai appris que
mon arrière-grand-père était
un rescapé de 1915. »
Comme le grand-père de
Berkin, des dizaines de milliers
d’Arméniens se sont convertis
à l’islam pour échapper aux
tueries et ont enfoui leur identité au plus profond de leur
mémoire. Pendant des décennies, le discours officiel turc,
qui exalte un seul peuple, musulman et sunnite, a fait de ces
« dönme », ces « convertis »,
des clandestins. « J’étudie dans
un lycée traditionnel. On nous
désigne toujours comme l’ennemi », regrette Berkin, « on se
Après quelques jours d’espoir d’apaisement nés de la
signature d’un compromis
international à Genève, le ton
est monté de nouveau entre
Moscou et les Occidentaux,
qui s’accusent mutuellement
d’orchestrer les actes de leurs
partisans et déploient leurs
troupes près des frontières
ukrainiennes.
La Russie s’est dit prête
hier à intervenir si ses intérêts étaient menacés dans
l’est de l’Ukraine. « Si nos
intérêts légitimes (...) étaient
attaqués directement, comme
par exemple ils l’avaient été
en Ossétie du Sud (territoire
séparatiste en Géorgie), je ne
vois pas d’autre manière que
de répondre, dans le respect
du droit international », a
expliqué le ministre russe des
Affaires étrangères Sergueï
Lavrov. « Une attaque contre
les citoyens russes est une attaque contre la Russie », a-til martelé. Moscou a ensuite
exigé le retrait des troupes
ukrainiennes de l’Est et jugé
« destructrice » l’organisation
d’une élection présidentielle
le 25 mai, comme prévu actuellement, sans dialogue
avec les prorusses.
Et M. Lavrov d’ajouter :
« Je n’ai aucune raison de ne
pas croire que les Américains
dirigent ce spectacle de la
manière la plus directe. » Les
États-Unis qui accusent Moscou d’être derrière les troubles
dans l’Est ont produit des
photos prouvant la supposée
implication des forces russes sur place. « Des photos
truquées par ordinateur », a
répliqué M. Lavrov. « Tout
le monde utilise des armes
légères russes en Ukraine,
des kalachnikovs et des pistolets Makarov, donc ce n’est
pas très convaincant », a-t-il
ajouté.
Après une brève visite du
vice-président américain Joe
Biden à Kiev, Washington
a d’ailleurs annoncé l’envoi
de 600 soldats en Pologne
et dans les pays baltes, dont
150 hommes de la 173e brigade aéroportée sont arrivés
dès hier à la base polonaise de
Swidwin.
Les habitants incrédules
Le président par intérim
Olexandre Tourtchinov a
justifié de son côté la relance
des opérations antiséparatistes
dans l’Est par la découverte de
deux corps portant des traces
de torture près de Slaviansk.
L’un deux a été identifié
comme appartenant à Volodymyr Rybak, élu local du
parti pro-occidental de Ioulia
Timochenko, Batkivchtchina
(Patrie). Conseiller municipal
de Gorlivka, dont la mairie
est contrôlée par les prorusses,
il avait disparu jeudi dernier
après avoir participé à une manifestation en faveur de l’unité
de l’Ukraine, selon le ministère de l’Intérieur, mettant
en cause les séparatistes de
Slaviansk. « Son corps portait
de multiples coups de couteau.
C’est horrible », a indiqué hier
Olena Rybak, l’épouse de l’élu
qui va être enterré aujourd’hui.
Les services de sécurité (SBU)
ont accusé un haut gradé des
renseignements de l’état-major des armées russes (GRU)
d’avoir commandité le meurtre.
Mais l’« opération antiterroriste », qui avait tourné à la
déroute la semaine dernière,
n’affiche pour l’instant qu’un
succès modeste : la « libération » selon Kiev de Sviatoguirsk, une ville de 5 000
habitants où les habitants
incrédules n’avaient observé
aucune occupation séparatiste.
Car pendant ce temps,
contrôlée par des hommes en
armes, certains cagoulés et
portant des uniformes sans
insigne, Slaviansk, ville de
plus de 100 000 habitants au
nord de Donetsk, est devenue la place forte des séparatistes dans l’est de l’Ukraine.
Son « maire » autoproclamé
Viatcheslav Ponomarev, qui a
demandé à Vladimir Poutine
d’envoyer des troupes russes
pour protéger la population
des nationalistes ukrainiens, y
a décrété un couvre-feu depuis
dimanche.
Une solution de plus
en plus difficile
Un journaliste se trouvant
sur place pour le site américain
Vice News, Simon Ostrovsky, y
est retenu depuis mardi par les
séparatistes. À Washington,
le département d’État s’est dit
« très inquiet » de « l’enlèvement » du journaliste, qui a
travaillé plusieurs années pour
l’AFP en Azerbaïdjan.
Dans ce contexte, « chaque
jour qui passe (...) rend une
solution de plus en plus difficile », a reconnu le chef de la
diplomatie allemande FrankWalter Steinmeier.
De son côté, la société russe
Gazprom a de nouveau brandi
la menace gazière dénonçant
les impayés « intolérables »
de l’Ukraine, qui devraient
atteindre 3,5 milliards de
dollars début mai et risquent
d’entraîner une coupure pure
et simple des livraisons. La
Russie a d’ailleurs proposé
au commissaire européen à
l’Énergie Günther Oettinger d’organiser une rencontre
trilatérale avec l’Ukraine et
l’Union européenne sur le gaz
le 28 avril à Moscou, a indiqué
hier un porte-parole du ministère de l’Énergie russe.
(Source : AFP)
Obama en Asie de l’Est, sur la corde raide
Diplomatie Lors de sa tournée régionale, le président américain doit
éviter de braquer Pékin tout en cajolant des alliés parfois inquiets.
À Istanbul, le 24 avril 2013, des œillets rouges sont déposés sur la date anniversaire du génocide
arménien, dont l’existence est reconnue par de nombreux pays, mais pas par la Turquie.
AFP/Archives
dispute beaucoup pendant les
cours d’histoire parce que nous
leur disons que nous ne sommes pas des traîtres ».
« Connaître la vérité »
Pourtant, depuis quelques
années, la chape de plomb qui
recouvre cette page d’histoire a
commencé à se fissurer. Et le
passé des Arméniens de Turquie à ressurgir. Bien sûr, le
mouvement est lent, difficile.
De nombreux membres de cette communauté, qui se compterait aujourd’hui en millions en
Turquie, selon les historiens,
répugnent encore à s’afficher.
Mais d’autres, comme Berkin,
ont franchi le pas. « Ce jeune a
compris, il sait quel sang coule
dans ses veines, il a compris les
événements du passé », se réjouit Diane Hekibashyan, qui
fréquente la même église d’Istanbul. « Il sait que nous ne demandons pas grand-chose, que
nous ne voulons que la paix. »
Entre autres signes de cette
prudente renaissance, le succès
des cours d’arménien. Comme
celui animé par Talar Silelyan,
qui réunit chaque semaine une
dizaine de personnes à la recherche de leur identité cachée,
comme elle. « Ceux qui ont appris sur le tard qu’ils étaient arméniens commencent d’abord
par apprendre l’arménien », explique cette jeune ingénieur de
formation. « Auparavant, nous
avions peur de parler de ça,
mais maintenant, nous sommes plus courageux, on peut
évoquer certaines choses »,
ajoute Talar Silelyan, « et de
l’autre côté, certains Turcs sont
prêts à en parler aussi, des gens
veulent connaître la vérité ».
Officiellement, la position
des autorités turques n’a pas
changé. Le mot « génocide »
reste prohibé et source de fortes tensions diplomatiques.
Mais, sous la pression de certains intellectuels notamment,
le vocabulaire change, pas à
pas. En décembre, le ministre
des Affaires étrangères Ahmet
Davutoglu a parlé des déportations d’Arméniens comme
d’une « erreur », d’un « acte inhumain ».
Mais l’approche du centenaire des événements de 1915 fait
craindre de nouvelles tensions.
« On n’exige pas de grosses réparations pour ce qui s’est passé, on veut simplement qu’ils
(les Turcs) le reconnaissent »,
assure Berkin. « Nous n’avons
pas disparu, nous sommes ici,
l’empreinte de nos ancêtres est
là et nous revendiquons nos
origines. » Même contre l’avis
de ses parents, le jeune homme
est déterminé à parachever son
retour aux sources. Une fois
majeur, il deviendra chrétien.
(Source : AFP)
Analyse
Seule la communauté internationale
peut mettre fin au carnage au Soudan du Sud
Seule une action ferme de la
communauté internationale
peut désormais empêcher le
Soudan du Sud, la plus jeune
nation du monde, aujourd’hui
de nouveau en guerre, de replonger dans un conflit de longue durée, estiment les experts.
Attaque meurtrière contre
des réfugiés dans une base de
l’ONU à Bor, civils massacrés
dans des édifices religieux et
un hôpital de Bentiu par les
rebelles venant d’en reprendre
le contrôle : la semaine écoulée a été la « plus sombre » de
l’histoire du Soudan du Sud,
selon le responsable de l’action
humanitaire de l’ONU dans le
pays, Tony Lanzer.
La crise est désormais aussi
grave qu’aux jours les plus
noirs de la terrible guerre qui
a opposé, entre 1983 et 2005,
Khartoum à la rébellion sudiste et débouché sur l’indépendance du Soudan du Sud en
juillet 2011, estime Ferdinand
von Habsburg-Lothringen,
Ukraine Moscou juge « destructrice » l’organisation d’une élection
présidentielle sans dialogue avec les prorusses ; Gazprom dénonce
les impayés « intolérables » de Kiev.
ex-conseiller à Juba de l’ONU
puis du gouvernement sudsoudanais et qui travaille depuis 16 ans dans le pays. Selon
lui, depuis que les combats ont
éclaté le 15 décembre à Juba au
sein de l’armée sud-soudanaise
entre troupes fidèles au président Salva Kiir et celles loyales à son ancien vice-président
Riek Machar, le jeune pays « a
été laissé sans surveillance par
une communauté internationale divisée et inefficace » et
l’aide humanitaire, que seul
semble capable d’offrir actuellement l’étranger, « ne sera
qu’un petit pansement sur ses
blessures béantes ».
Selon Casie Copeland, de
l’International Crisis Group
(ICG), la détermination affichée des deux camps de s’investir dans les négociations
censées reprendre d’ici à fin
avril à Addis-Abeba, n’est
qu’une façade et ils n’ont en
fait aucune intention de mettre
fin aux combats. Un cessez-le-
feu péniblement signé le 23
janvier n’a jamais été respecté.
John Prendergast, cofondateur du Projet Enough! de
prévention des génocides,
confirme : seule « une initiative à haut niveau de la communauté internationale » incluant
Washington – soutien historique de la rébellion sudiste
désormais au pouvoir à Juba et
parrain de l’indépendance du
Soudan du Sud – a une petite
chance d’empêcher le pays de
replonger dans un conflit de
longue durée.
Menaces de sanctions
Selon cet ancien directeur
Afrique au Conseil national de sécurité (NSC) sous la
présidence de Bill Clinton,
« quelqu’un doit aller au Soudan du Sud et aux négociations
d’Addis-Abeba, quelqu’un de
très haut placé dans l’administration américaine (...) et faire
passer des messages forts en
continuant de les marteler en-
suite ». Ces « messages forts »
devront inclure des menaces de
sanctions contre les dirigeants
gouvernementaux et rebelles.
« Quand vous commencez à
geler les avoirs, saisir les voitures et les maisons, au Kenya et
en Éthiopie, qui appartiennent
à la plupart des responsables au
gouvernement et dans la rébellion (...) alors on commence à
avoir leur attention », martèle
M. Pendergast.
Outre les États-Unis, apathiques jusqu’ici, la Chine a
également un rôle à jouer, selon
les analystes, car elle a massivement investi – au côté notamment de l’Inde et de la Malaisie – dans le secteur pétrolier
sud-soudanais, aujourd’hui au
bord de l’effondrement. Selon
Casie Copeland, Pékin est
désormais sous pression pour
agir, « afin de protéger ses investissements pétroliers » au
Soudan du Sud.
(Source : AFP)
Le président Barack Obama a
entamé hier par le Japon une
tournée en Asie, sans étape
chinoise, durant laquelle il va
devoir louvoyer entre des écueils
historiques et géopolitiques régionaux qui compliquent singulièrement les ambitions américaines dans la région.
L’avion Air Force One s’est
posé à l’aéroport de Tokyo Haneda. M. Obama en a descendu
les marches avec entrain, avant
d’être accueilli par l’ambassadrice américaine à Tokyo, Caroline Kennedy, et des responsables
japonais. Japon, Corée du Sud,
Malaisie et Philippines sont au
programme de ce voyage compliqué pour le président américain qui avait dû annuler une
précédente tournée en octobre
dernier pour cause de paralysie budgétaire aux États-Unis.
Comment rassurer ses alliés
asiatiques sur l’engagement des
États-Unis sans pour autant
froisser la Chine ? Comment
renforcer la relation vitale avec
le Japon tout en tenant compte
de l’irritation de Pékin ou de la
Corée du Sud ? Pendant une
semaine, le président américain
va d’abord s’efforcer de réaffirmer sa volonté de rééquilibrer la
politique étrangère américaine
vers l’Asie. Mais il débarque au
Japon dans un moment lourd
d’actions symboliques : près de
150 parlementaires sont allés
mardi au sanctuaire Yasukuni
de Tokyo honni par la Chine et
la Corée du Sud. Et la veille, le
Premier ministre, Shinzo Abe,
a fait déposer une offrande dans
ce lieu de culte où sont honorés
2,5 millions de militaires tombés pour le Japon, mais aussi 14
criminels de guerre condamnés par les Alliés après la défaite nippone lors de la Seconde
Guerre mondiale.
Sur le plan bilatéral, Barack
Obama doit aborder à Tokyo
les négociations d’un partenariat trans-Pacifique (TPP, 12
pays), qui prennent beaucoup
de retard essentiellement du
fait du refus japonais d’ouvrir
son marché aux produits agricoles américains. Hier soir, un
dîner dans un grand restaurant
de sushis a eu lieu avec M.
Abe, avant un sommet bilatéral
aujourd’hui dans le cadre de cette visite d’État au Japon. Cette
Un général de la police
antiémeutes, Ahmad Zaki,
a été tué hier par une bombe
placée sous sa voiture dans le
quartier huppé du 6-Octobre
au Caire, dans un nouvel
attentat visant les forces de
l’ordre en Égypte. Deux
conscrits ont également été
blessés. En outre, un officier de
police a été tué lors d’échanges
de tirs avec des « terroristes »
d’Ansar Beit al-Maqdess
recherchés par les autorités
à Alexandrie, a annoncé le
ministère de l’Intérieur.
Dans ce contexte, les
États-Unis vont livrer dix
hélicoptères d’attaque à
l’Égypte, qui doivent servir
à « soutenir les opérations
antiterroristes conduites par
l’Égypte dans le Sinaï », selon
le Pentagone.
Naufrage du Sewol
Des milliers de
personnes se pressent
au mémorial des
victimes du ferry coréen
Une semaine après le naufrage
du Sewol, qui a fait 300 morts
ou disparus au large de la
Corée du Sud, des milliers
de personnes ont afflué au
mémorial érigé au sein du lycée
Danwon d’où venait l’immense
majorité des jeunes victimes.
La Corée du Nord, qui n’a
que peu relayé l’information
sur le naufrage du ferry la
semaine passée, a quant à elle
Billard à sept bandes
Vendredi matin, le président américain est attendu en
Corée du Sud, son autre grand
allié régional qui, lui, est en première ligne face à l’imprévisible
régime nord-coréen qui, selon
des informations sud-coréennes, préparerait un quatrième
essai nucléaire. Mais Séoul est
brouillé avec Tokyo sur fond de
haines historiques et, là aussi, de
conflit maritime. En Malaisie,
où il sera le premier président
américain à se rendre depuis
Lyndon Johnson en 1966, M.
Obama s’entretiendra avec le
Premier ministre, Najib Razak.
Enfin, le 28 avril, il ira aux Philippines parler avec le président
Benigno Aquino, dont le pays
allié des États-Unis est lui aussi
confronté aux prétentions maritimes de la Chine.
Dans cette partie de billard à
sept bandes asiatiques, Barack
Obama est sur la corde raide : il
doit éviter de braquer Pékin, en
disant que la politique régionale
américaine ne vise pas à endiguer la Chine, tout en cajolant
des alliés parfois inquiets. Et
pour calmer d’emblée les tensions, la Chine, les États-Unis,
le Japon et une dizaine d’autres
pays d’Asie et du Pacifique ont
signé un accord naval destiné à
éviter que d’éventuels problèmes de communications entre
navires de guerre ne dégénèrent
en conflits. Ce « code pour les
rencontres imprévues en mer »,
signé mardi dans la ville portuaire chinoise de Qingdao,
doit réduire le risque que « se
produisent des situations pouvant mener à des conflits sur les
voies maritimes très fréquentées », a rapporté le quotidien
d’État China Daily.
(Source : AFP)
Gouvernance de la Toile
Brèves
Égypte
Un général de police tué
dans un nouvel attentat
au Caire
étape japonaise est d’autant plus
délicate que les relations entre
la Chine, important partenaire
politique, commercial et financier des États-Unis, et le Japon,
« protégé » de Washington qui
y dispose de 50 000 soldats, sont
exécrables depuis un an et demi
en raison d’un conflit territorial en mer de Chine orientale
à propos des îles Senkaku, un
archipel inhabité contrôlé par
Tokyo et revendiqué par Pékin
sous le nom de Diaoyu.
envoyé hier ses condoléances,
par l’intermédiaire d’une
ligne de communication
de la Croix-Rouge utilisée
pour les communications
intercoréennes.
Par ailleurs, les enquêteurs
ont perquisitionné plusieurs
sociétés liées à la compagnie
maritime qui possède le
Sewol, la Chonghaejin
Marine Company. Plus de 70
responsables de la compagnie
sont interdits de sortie du
territoire pendant au moins
trente jours.
Afrique du Sud
Desmond Tutu :
« Ne votez pas comme
des moutons ! »
« Ne votez pas comme des
moutons ! » a lancé hier aux
Sud-Africains l’archevêque
Desmond Tutu, à deux
semaines des élections du 7
mai, répétant qu’il ne voterait
plus pour le Congrès national
africain (ANC) de son ami
Nelson Mandela, dont vingt
ans de pouvoir l’ont déçu.
« Nous avons fait des choses
remarquables » depuis 1994,
a-t-il cependant relevé. « On
nous disait que les enfants de
races différentes ne pouvaient
pas aller dans la même école »,
a-t-il rappelé, se réjouissant de
voir maintenant des gamins
de toutes les couleurs de peau
partager les mêmes bancs. Et
Desmond Tutu de souligner
qu’il fallait se réjouir, alors
que la démocratie multiraciale
sud-africaine fête ses vingt ans
dimanche.
À São Paulo, un sommet
pour contester l’hégémonie
américaine sur l’Internet
Dans la foulée du scandale des
écoutes de la NSA, le Brésil
accueille mercredi et jeudi à
São Paulo un sommet international sans précédent voué
à remettre en cause la tutelle
américaine sur la gouvernance
de l’Internet. Dès l’ouverture
des débats, la présidente brésilienne Dilma Rousseff a affirmé hier qu’« aucun pays ne
doit avoir plus de poids que les
autres » dans la gouvernance
de la Toile. Cette gouvernance « doit être multipartite,
transparente et ouverte à tous.
Nous voulons vraiment avoir
des relations qui soient plus
démocratiques », a martelé
Mme Rousseff devant les représentants de plus de 80 pays
réunis dans la mégapole brésilienne.
Le sommet NETmundial
est censé poser les jalons d’une
gouvernance mondiale appelée de ses vœux par Mme
Rousseff devant l’ONU en
septembre 2013. Gouvernements, universitaires, instituts
techniques, acteurs privés et
ONG doivent s’accorder sur
des principes généraux et sur
une feuille de route définissant des objectifs pour le futur
du réseau qui vient de fêter
ses 25 ans. « Notre idée n’est
pas de remplacer ce qui existe,
mais de créer une nouvelle
base pour ce débat », a souligné la présidente brésilienne.
Dans une volonté manifeste
de donner un élan à cette réunion, Mme Rousseff a signé à
l’ouverture du NETmundial
la promulgation du « Cadre
civil » pour l’Internet voté la
veille par le Congrès brésilien. Présenté par le gouvernement comme une véritable
« Constitution de l’Internet »,
le texte garantit la liberté d’expression, mais surtout la protection de la confidentialité
de l’usager contre toute violation et utilisation indue de ses
données, désormais passibles
de sanctions ad hoc.
Affichant sa volonté de
collaborer au NETmundial,
Washington a été associé
à son organisation avec 11
autres pays. Mardi, le département d’État s’est dit « enthousiaste » à l’idée de « développer une vision partagée
pour un modèle multi-acteurs
de la gouvernance d’Internet
en quête d’un système plus
ouvert, participatif et réactif ».
(Source : AFP)
12 Sports
jeudi 24 avril 2014
Football
Ligue des champions : le Bayern domine,
mais s’incline
Tony HAYEK
Le Real Madrid, malgré une possession de balle frisant à peine
les 30 %, s’est imposé hier face
au Bayern de Munich en demifinale aller de la Ligue des champions hier soir au stade Santiago
Bernabeu, dans la capitale espagnole.
Les Madrilènes ont ouvert la
marque à la dix-neuvième minute
de jeu par l’entremise de Karim Benzema (que Beckenbauer
qualifiait avant la rencontre de
joueur le plus dangereux du Real
Madrid) et parvenaient à tenir le
résultat tout au long de la rencontre face à un Bayern qui a dominé
son sujet sans toutefois trouver la
faille au sein d’une défense bien
regroupée et d’un Iker Casillas
qui a répondu présent dès lors
qu’il était sollicité, notamment
sur un tir à bout portant de Gotze
en fin de seconde période.
Le Real préserve ainsi l’essentiel, mais nul doute que le match
retour mardi prochain à l’Allianz
Arena devrait être explosif avec
un Bayern obligé de marquer
pour espérer atteindre la finale de
cette Ligue des champions dont il
est le tenant du titre.
Rappelons que lors de la première demi-finale disputée la
veille, toujours à Madrid, l’Atlético et Chelsea s’étaient quittés
dos à dos sur un match nul et
vierge au terme d’une rencontre totalement insipide et extrêmement pauvre en occasions
de buts. Mourinho, le coach de
Chelsea qui était venu au Vicente-Calderon avec l’objectif de ne
pas perdre, n’a effectivement pas
perdu. Mais ce résultat de 0 à 0 ne
fait pas forcément les affaires des
Blues, qui sont maintenant dans
l’obligation de gagner le match
retour prévu mercredi prochain à
Stamford Bridge.
Et pour cause, une victoire de
l’Atlético ou un résultat nul sur
n’importe quel score autre que
0-0 propulserait les hommes de
Diego Simeone vers la dernière
marche de cette Ligue des champions pour, qui sait, un remake
de la finale de 1974 qui avait déjà
opposé le Bayern de Munich à
l’Atlético Madrid avec à la clé
une large victoire des Allemands
(4-0) lors du match d’appui alors
que la rencontre initiale s’était
soldée par un match nul 1-1 (les
prolongations n’existaient pas
encore à l’époque).
Le PSG se rapproche du titre
D’autre part, le PSG s’est apparemment remis définitivement
de sa défaite en quarts de finale
de la Ligue des champions. En
effet, et après leur victoire face à
Lyon en finale de Coupe de la Ligue le week-end dernier, les Pari-
siens ont fait un pas de plus vers
le premier doublé de leur histoire
et leur deuxième titre consécutif
en Ligue 1, à l’issue de leur succès
hier (1-0) en fin d’après-midi au
Parc des Princes face à l’équipe
d’Évian Thonon-Gaillard, en
match décalé de la 34e journée,
grâce à un but de Blaise Matuidi
dans la dernière minute de jeu.
Grâce à cette victoire, les Parisiens ont donc pris leur revanche
sur la première formation qui était
parvenue à les battre cette saison
en Ligue 1, le 4 décembre 2013
plus précisément, sur le score de
deux buts à zéro, mais surtout,
ils se sont mis dans une situation
idéale avant le déplacement à Sochaux dimanche prochain pour
le compte de la 35e journée, une
rencontre prévue au stade Bonal
et où ils peuvent être définitivement sacrés champions de France
pour la saison 2013-2014, indépendamment du résultat de l’AS
Foot express
L’interdiction de transfert
pour le Barça suspendue
Monaco qui, avec au moins 10
points de retard et trois journées
encore à disputer, ne peut mathématiquement plus rejoindre ou
dépasser l’équipe de la capitale au
classement général final.
Dans le même temps, l’Olympique lyonnais, qui disputait
aussi son match en retard de la
34e journée pour cause également de finale de Coupe de la
Ligue, a été tenu en échec 0-0
au Stadium municipal de Toulouse. Les Lyonnais ont perdu
une bonne occasion de revenir à
la hauteur de leur ennemi juré,
Saint-Étienne, qui possède toujours deux longueurs d’avance sur
les hommes d’Aulas.
Tout n’est pas perdu pour
autant pour l’OL car la cinquième
place qu’il occupe actuellement
est devenue qualificative pour
les barrages de l’Europa League
après la victoire du PSG en coupe
de la Ligue.
Mourinho a tout cadenassé... derrière, mais aussi devant
Face à l’Atlético Madrid,
José Mourinho a verrouillé
la défense de Chelsea. Avec
succès, mais il a aussi coupé
l’opportunité de marquer
aux Blues.
Le onze de départ mis en
place par José Mourinho n’a
laissé aucune place au doute.
Avec un milieu densifié par
la présence de John Obi Mikel aux côtés de David Luiz
et Frank Lampard, et la titularisation de Ramires sur
l’aile droite, le technicien
portugais a clairement affiché son intention : couper le
chemin du but à l’Atlético.
Les Blues ne sont que très
rarement sortis de leurs 40
mètres, laissant le monopole
du ballon à des Colchoneros qui n’en ont pas l’habitude (43,2 % de possession
moyenne cette saison, 69 %
face à Chelsea).
Face à cette très forte
concentration de joueurs,
les hommes de Simeone ont
multiplié les tirs lointains et
les centres, sans succès. Ils
n’ont en revanche jamais été
inquiétés sur les contres. Les
Blues étaient positionnés
trop bas pour mettre en danger la défense de l’Atlético
par leur jeu direct habituel.
Chelsea n’a eu que cinq tirs,
dont deux cadrés. Trop peu
pour avoir une chance de
marquer à Vicente-Calderon. Mais ce n’était pas l’intention de Mourinho.
Les meilleurs vieux de
Schwarzer
Mark Schwarzer est entré
dans l’histoire quand il a pénétré sur la pelouse de Vicente-Calderon pour remplacer
Petr Cech, blessé, devenant
le joueur le plus âgé à disputer un match à élimination
directe dans cette épreuve. Il
n’en gardera pas un mauvais
souvenir. L’Australien, sans
être repoussé dans ses derniers
retranchements, n’a commis
aucune erreur sur les tentatives madrilènes.
Devant lui, Gary Cahill a
fait bonne garde, notamment
dans le domaine aérien, tandis
que l’impact physique de David Luiz a fait du bien au milieu des Blues. Willian avait
des jambes, mais il n’a fait que
défendre. À l’Atlético, Mario Suarez et Gabi ont tenu
leur rang dans un entrejeu où
Koke n’a pas eu son rendement habituel. Filipe Luis a
tenté d’apporter le surnombre
sur le côté gauche en seconde
période, mais la technique du
Brésilien n’a pas suffi pour
forcer le verrou des Blues.
Le hold-up est passé
tout près
Chelsea a passé le match à
défendre, mais obtient une
belle situation en contre en
toute fin de rencontre. Sevré
de ballons jusque-là, Fernando
Torres parvient enfin à la 89e
minute à créer un mouvement
de panique dans la défense de
l’Atlético et provoque une faute de Miranda, juste à l’entrée
de la surface, quasiment dans
l’axe. Une balle de match inespérée pour les Blues. Mais la
frappe de David Luiz ne trouve pas le cadre. Les Blues ont
manqué l’occasion de réussir le
hold-up parfait. Et le Brésilien
de s’offrir un beau cadeau.
Quel scénario au retour ?
Un 0-0 à l’aller qui laisse le
suspense entier, cela ne veut
pas dire que le match sera débridé à Stamford Bridge. Il est
difficile de ne pas penser que
la qualification se jouera sur
de tous petits détails entre les
deux meilleures défenses de la
compétition, qui ont confirmé
leur rang à Vicente-Calderon.
En revanche, il est d’ores et
déjà acquis que Mourinho ne
pourra pas mettre en place le
même système défensif.
entraîneur Gerardo Martino, conscient que son bilan sur le banc catalan n’est
pas une franche réussite.
Deuxième de Liga derrière
l’Atletico Madrid, éliminé
par les Colchoneros en
quart de finale de Ligue
des champions et battu par
le Real en finale de Coupe
du Roi, le Barça envisage en
effet sérieusement de remplacer son technicien argentin, de plus en plus fragilisé
et qui ne devrait donc pas
passer l’été.
Klopp éteint la rumeur
Pour lui succéder, les dirigeants
barcelonais ont dans un premier
temps ciblé le coach du Borussia
Dortmund Jürgen Klopp. Mais
lié au BVB jusqu’en juin 2017,
Klopp a fait savoir qu’il n’avait
aucune raison de partir. « Personne à Dortmund ne doit s’inquiéter à ce sujet. Nous sommes
tous un peu amoureux de ce club
et de la façon dont les choses
sont faites ici », a ainsi indiqué
matin et présentait des traces de
coups. Plus de 12 heures après
on a réussi à voir son corps. Il
était en position de défense,
avec des blessures partout. Il n’y
avait pas de marque de balles »,
a déclaré sa mère, Maria de Fatima da Silva, une infirmière.
Douglas, qui dansait dans une
émission de la télévision Globo,
était allé voir sa fille de 4 ans
dans la favela, a-t-elle précisé.
Regain de violence
« Ce danseur, c’était un miroir
pour les jeunes. Les jeunes se
sont révoltés. Il y a eu une révolution des jeunes. Quelle Coupe
du monde on va avoir ! Il faut
descendre dans la rue », affirmaient certaines personnes au
cœur du tumulte. Deux grandes
avenues et un tunnel ont été fermés à la circulation, provoquant
de grands embouteillages.
À Ipanema, le quartier voisin, des manifestants qui cherchaient à échapper à la police
ont saccagé une clinique privée.
Sous un pont de Copacabana
à proximité de la favela, une
vingtaine de véhicules de police
étaient garés. De nombreux débris de verre jonchaient le sol,
La Fédération polonaise de
football (PZPN) a annoncé
hier qu’elle se retirait de la
course pour la coorganisation
de l’Euro 2020.
« Nous avons estimé que
nos chances pour obtenir
l’organisation de ce tournoi
étaient minimes », a indiqué
Zbigniew Boniek, le président
de la Fédération. PZPN avait
proposé au départ deux stades
possibles pour l’Euro 2020, à
Varsovie et à Chorzow.
L’Euro 2020 sera disputé
pour la première fois dans 13
villes européennes de 13 pays
différents. La date butoir pour la
soumission des dossiers formels
de candidature a été fixée par
l’UEFA au vendredi 25 avril.
7/22°
14/29°
14/28°
Sous José Mourinho, Chelsea a pris l’habitude de ne pas marquer lors de ses demi-finales de
la Ligue des champions. Avant ce match nul et vierge à Vicente-Calderon, l’équipe du Special
One était restée muette lors de ses deux matches face à Liverpool en demi-finale lors de l’édition
2004/2005 (0-0, 0-1) et n’avait trouvé l’ouverture qu’une fois face aux mêmes Reds en 2006/2007,
par Joe Cole à Stamford Bridge (1-0), avant de s’incliner sans marquer à Anfield (1-0) et de se faire
sortir aux tirs au but (4-1). En cinq matches de C1 à ce stade de l’épreuve avec Chelsea, Mourinho
a donc vu son équipe ne trouver qu’une seule fois les filets. Pour disputer enfin une finale avec les
Blues, il lui faudra corriger le tir à Stamford Bridge. Gérard Julien/AFP
En l’absence plus que probable de John Terry, David
Luiz va vraisemblablement
devoir reculer d’un cran, et
John Obi Mikel ne pourra
pas le remplacer au milieu car
le technicien allemand sur le site
officiel du club.
Garcia sur la liste des
prétendants
Après ce refus, le club catalan
aurait désormais des vues sur
Rudi Garcia, dont les performances aux commandes de l’AS
Rome (2e de série A, demi-finaliste de la Coupe d’Italie) ne sont
pas passées inaperçues. Interrogé
hier au sujet de son avenir, Garcia s’était encore montré mystérieux. « Je l’ai déjà dit, je suis très
il sera suspendu, tout comme
Frank Lampard (et Gabi du
côté de l’Atlético). Même
avec l’option de titulariser
en défense centrale Branislav Ivanovic, de retour de
heureux ici à Rome. J’ai décidé,
en accord avec les dirigeants de
la Roma, de ne parler avec le
club qu’à la fin de la saison. Pas
avant », a-t-il ainsi commenté.
Le technicien français, qui
plairait également au Paris
Saint-Germain et à Arsenal, se
serait vu proposer par le Barça
un salaire d’environ 4 millions
d’euros par an. Mais malgré
cette offre alléchante, ce dernier
ne devrait pas partir cet été et
se voir même récompensé de sa
première saison très réussie sur
suspension, le Portugais sera
contraint d’aligner des éléments plus offensifs. Et ce paramètre peut avoir une grande
influence sur le scénario du
match retour.
le banc romain.
Arrivé de Lille l’été dernier,
le « sergent Garcia » est sous
contrat jusqu’en juin 2015 avec la
Roma, qui préparerait d’ailleurs
une prolongation de deux ans assortie d’une belle augmentation
de salaire (2,5 millions d’euros
par an contre 1,3 plus des bonus
actuellement). Pour s’assurer de
le conserver, le club de la Louve
devrait aussi lui offrir une équipe
compétitive pour faire bonne figure en Ligue des champions la
saison prochaine.
Manchester United de 6 %
Des affrontements ont éclaté entre la police et des jeunes
manifestants, après la mort d’un danseur de 25 ans dans une
favela du quartier touristique de Copacabana.
Christophe Simon/AFP
apparemment des bouteilles de
bière jetées sur la chaussée depuis la favela qui la surplombe.
« Les circonstances de la mort
de Douglas font l’objet d’une
enquête. Le rapport fait sur
place indique que les blessures
de Douglas sont compatibles
avec une mort occasionnée par
une chute. Témoins et habitants seront convoqués pour
témoigner », a indiqué de son
côté la police dans un bref communiqué.
L’électricité est restée coupée
plusieurs heures dans toute la
favela. Des hélicoptères survolaient la zone où un trafiquant
... La Pologne aussi
Liban
Mondial 2014 : à quelques semaines de la Coupe L’éviction de David Moyes
a fait grimper l’action de
du monde, les jeunes se révoltent à Rio
Au moins une personne est
morte au cours de violentes
émeutes qui ont éclaté à Rio
dans une favela du quartier touristique de Copacabana après le
décès d’un danseur professionnel dans des circonstances encore obscures.
Pneus brûlés pour ériger des
barricades, coups de feu et casse : les troubles ont commencé
vers 17h30 locales après que le
corps d’un danseur et DJ de la
favela Pavao-Pavaozinho, Douglas Rafael da Silva Pereira, 25
ans, a été retrouvé mort dans
une crèche locale. Selon les
amis de Douglas, qui travaillait
aussi comme chauffeur de moto-taxi, il aurait voulu échapper
lundi soir à des échanges de tirs
entre policiers et trafiquants
de drogue. Il aurait alors sauté
un mur pour se réfugier dans
la crèche mais aurait été pris
pour un trafiquant et battu à
mort par les forces de l’ordre de
l’Unité de police pacificatrice
(UPP) installée depuis décembre 2009 dans la favela en vue
de la sécurisation de la ville pour
la Coupe du monde de football
(12 juin-13 juillet).
« Il est mort à une heure du
La Fédération tchèque de
football (FACR) a annoncé
via un communiqué le retrait
de sa candidature pour la coorganisation de l’Euro 2020 de
football, en raison du refus de
la municipalité de Prague de
se porter garant du projet qui
inclue la rénovation d’un stade.
« La décision de la mairie
apporte une perte à Prague et
à la République tchèque, mais
surtout à tous les supporters de
football tchèques. »
De son côté, la mairie de
Prague a jugé incomplet le
projet soumis par la FACR,
qui prévoit l’élargissement
du stade d’Eden, où joue
habituellement le Slavia
Prague, pour porter sa capacité
à 30 000 places.
Météo
Barça : après Klopp, place à la rumeur Garcia !
« Nous respectons beaucoup
Tata. Nous lui avons demandé que l’équipe ne se relâche pas. Aujourd’hui nous
devons lui exprimer tout
notre soutien. Laissons-le
travailler pour les cinq prochains matchs, car nous devons retrouver les sommets.
Ensuite, nous parlerons avec
lui », déclarait dimanche le
président du FC Barcelone
Josep Bartomeu.
Des propos qui n’ont pas
dû beaucoup rassurer son
L’interdiction de transfert
imposée au FC Barcelone a
été provisoirement levée par
la Commission d’appel de
la FIFA dans l’attente d’une
décision définitive, a annoncé
hier la plus haute instance du
football mondial.
Le club catalan s’était vu
infliger au début du mois une
interdiction de recrutement
valable jusqu’à la fin de la
saison prochaine pour avoir
enfreint les réglementations sur
le transfert des mineurs. Il avait
fait appel.
La FIFA a accordé au Barça un
effet suspensif pour cet appel,
ce qui signifie qu’il devrait
pouvoir renforcer son effectif
durant la fenêtre estivale.
L’organe dirigeant du football
mondial estime en effet qu’il
est improbable qu’un jugement
soit rendu avant l’ouverture
du marché, le 1er juillet,
compte tenu de la complexité
du dossier et des recours
possibles, notamment devant
le Tribunal arbitral du sport
(TAS).
« Le président de la
Commission d’appel de la
FIFA a considéré que l’appel
déposé par le club devait être
suspensif », écrit la FIFA dans
un communiqué.
Le FC Barcelone, qui a
effectué dix transferts de
mineurs litigieux durant la
période 2009-2013, avait
également écopé d’une
amende de 450 000 francs
suisses (près de 370 000
euros).
(Source : Reuters)
La République tchèque
retire sa candidature
pour l’Euro 2020...
surnommé « Pitbull » était recherché et vers 20h00 heure
locale la situation restait tendue
mais les affrontements avaient
cessé. Depuis 2008, le gouvernement de Rio a installé 39
UPP dans 174 favelas de la ville,
afin d’en chasser les trafiquants.
Dernièrement, il y a eu un
regain de violence : une série
d’attaques d’UPP attribuées au
crime organisé ont eu lieu. Selon des spécialistes en violence,
ces émeutes et attaques récentes
contre les UPP sont une démonstration de force orchestrée
par les trafiquants de drogue qui
avaient perdu du terrain.
L’annonce du limogeage de
l’entraîneur David Moyes a
fait grimper de 6 % l’action
de Manchester United à la
Bourse de New York où est
coté le club anglais. L’officialisation du départ du technicien écossais a ainsi fait monter l’action du club jusqu’à
19,18 dollars, avant qu’elle
ne finisse la journée à 18,78
dollars, son plus haut point
depuis le départ de sir Alex
Ferguson en mai 2013.
Quelque 5,5 % des actions
du club sont cotées sur le marché américain et 57 % d’entre
elles sont actuellement détenues par la société d’investissement Baron Capital. David
Moyes a été limogé 10 mois
à peine après avoir succédé à
Alex Ferguson, dans la foulée
d’une saison catastrophique
pour le légendaire club de
football.
Ferguson va aider
à choisir
D’autre part, et comme
le révélait le Times hier, ce
même Alex Ferguson avait
bien donné son accord pour le
licenciement de David Moyes,
qu’il avait lui-même intronisé
à sa propre succession. Et il va
travailler à lui trouver un remplaçant et aura ainsi son mot
à dire comme chaque membre
du board du club.
À l’heure actuelle, le sélectionneur des Pays-Bas Louis
Van Gaal et l’entraîneur du
Real Madrid Carlo Ancelotti
sont donnés favoris pour rejoindre le club.
Pendant ce temps, l’intérim
a été confié à Ryan Giggs,
emblème d’un club pour lequel il a joué 962 fois depuis
1991 et qui, malgré ses 40 ans,
conciliait cette saison les fonctions de joueur et d’entraîneur
adjoint. Il sera assisté par
l’ancien milieu de terrain des
Red Devils Paul Scholes. Ce
dernier, qui avait brièvement
officié avec le staff technique
en 2011 après son premier départ en retraite, rejoint donc
ses trois autres ex-coéquipiers
déjà au staff technique du
club. Un poste que lui avait
déjà proposé David Moyes à
son arrivée, mais qu’il avait
décliné.
11/32°
11/32°
18/31°
11/32°
14/29°
Vent N-O – 10 à 25
km/h.
Humidité 40 à 65 %.
Visibilité moyenne.
Mer calme, 21°.
Masses d’air chaud sur le BMO jusqu’à demain. Aujourd’hui,
temps partiellement nuageux, accompagné d’une hausse
considérable des températures. Demain, temps nuageux
et baisse des températures. Vent et poussière dans l’aprèsmidi.
Pluviométrie
BEYROUTH-AÉROPORT
• De mardi 8h à mercredi 8h : 0 mm. • Depuis septembre :
431 mm. • Au cours de la même période de l’année dernière : 905,8 mm. • Moyenne sur 30 ans : 801 mm.
BÉKAA-HOCH EL-OUMARA
• De mardi 8h à mercredi 8h : 0 mm. • Depuis septembre :
263,7 mm. • Au cours de la même période de l’année dernière : 802,7 mm. • Moyenne sur 30 ans : 610 mm.
TRIPOLI
• De mardi 8h à mercredi 8h : 0 mm. • Depuis septembre :
456,6 mm. • Au cours de la même période de l’année dernière : 855,6 mm. • Moyenne sur 30 ans : 799 mm.
Moyen-Orient
Abou Dhabi 27/38°
Dubaï 27/39°
Amman 22/34°
Istanbul 12/19°
Ankara 10/26°
Le Caire 19/37°
Bagdad 22/35°
Mascate 30/38°
Damas 21/32°
Nicosie 16/32°
Djeddah 25/33°
Riyad 26/36°
Doha 26/38°
Téhéran 16/24°
International
Alger 14/23°
Marrakech 12/29°
Amsterdam 9/15°
Marseille 12/22°
Athènes 15/22°
Milan 12/25°
Berlin 11/21°
Minsk 0/13°
Bucarest 11/17°
Montréal 1/10°
Budapest 13/23°
Moscou 0/8°
Buenos Aires 11/21°
Munich 8/19°
Bruxelles 8/17°
New York 6/16°
Copenhague 7/11°
Paris 10/18°
Dublin 8/12°
Prague 9/19°
Genève 9/19°
Rio de Janeiro 21/26°
Kiev 3/15°
Rome 12/24°
Lisbonne 11/17°
Tunis 14/24°
Londres 8/18°
Varsovie 8/19°
Madrid 6/20°
Vienne 11/22°
Sports 13
jeudi 24 avril 2014
Basket-ball
Play-offs : menés 2-0, les Bulls
sont en fâcheuse posture
Gregg Popovich élu
coach de l’année
NBA Malgré un bon Joakim Noah, les Bulls ont une nouvelle fois perdu face aux Wizards de
Washington, au United Center. Ils sont mené 0-2 dans leur série. Battus lors du premier match, les
Pacers et les Raptors ont quant à eux égalisé à 1-1 face à Atlanta et Brooklyn.
Les Pacers ont du répondant.
Battus par les Hawks samedi
lors du premier match de la série, Paul George (27 points, 10
rebonds) et consorts ont égalisé
à une victoire partout (101-85).
S’ils ont parfaitement démarré
la partie (7-0), ils n’ont toutefois pas rassuré les habitués de
la Bankers Life Fieldhouse en
première période.
Paul Millsap (19 points) et
compagnie menaient en effet
48-52 à la pause et Luis Scola
(20 points) faisait marcher la
respiration artificielle. Mais Indiana a retrouvé des couleurs et
sa défense au retour des vestiaires pour remporter le troisième
quart-temps 31-13 et attaquer
le quatrième avec 14 longueurs
d’avance, après un tir primé au
buzzer de Paul George (7965). Les leaders de la conférence Est ont passé un 19-0 à
leurs adversaires à cheval sur les
deux derniers quarts pour tuer
le suspense (87-65, puis 101-85
score final). Héros du match 1
avec 28 points, Jeff Teague n’en
a inscrit que 14.
Toronto-Brooklyn 100-95
(égalité, 1-1) :
Les Raptors ont égalisé à une
victoire partout en battant les
Nets, à Toronto, au terme d’un
match serré jusqu’au bout (10095). Les deux équipes étaient
encore à égalité à 3 minutes
de la fin (85-85) et les locaux
n’avaient que deux longueurs
d’avance à 18 secondes du buzzer (94-92). Auteur des quatre
derniers points de son équipe
sur lancers-francs, DeMar DeRozan a inscrit 17 de ses 30
points dans le quatrième quart-
Malgré ce dunk de toute beauté de Taj Gibbson devant Nenê Hilario, les Wizards ont finalement joué un mauvais coup aux Bulls en
s’imposant 101-99 après prolongations. Mike DiNovo/Reuters
temps. Kyle Lowry a quant à
lui marqué 8 de ses 14 unités
lors des 12 dernières minutes.
Décisif au Game 1, Paul
Pierce a été freiné par les fautes
et a terminé avec 7 points à 2/11
aux tirs. Il a surtout manqué
un tir primé qui aurait ramené
Brooklyn à -1 avec 13 secondes
à jouer. À noter que Toronto a
perdu 21 ballons, mais a remporté la bataille du rebond (52-
30). 18 points pour Joe Johnson, meilleur scoreur des Nets,
15 pour Deron Williams et 13
pour Kevin Garnett. 15 points
et 14 rebonds pour le Raptor Jonas Valanciunas. Son coéquipier
Nando de Colo n’a pas joué.
Chicago-Washington
99-101 a.p. (Washington
mène 2-0) :
Les Bulls sont en fâcheuse
posture. Ils se sont de nouveau
inclinés face à Washington, au
United Center, et sont menés
0-2 (99-101 ap). S’ils ont démarré le match à l’envers (1229), Joakim Noah (20 points,
12 rebonds) et compagnie
comptaient 10 points d’avance
avec sept minutes à jouer dans
le temps réglementaire (8777). Bradley Beal, qui a inscrit
11 de ses 26 points lors du dernier quart, a fait le nécessaire
pour ramener les siens dans la
partie. S’il avait rentré ses deux
lancers francs, à 52 secondes
de la fin du temps réglementaire, il aurait même permis à
D.C. de prendre les commandes. Mais il n’en a converti
qu’un aucune des deux équipes
ne parvenait à faire la décision
après cela (91-91).
Nenê (17 points) mettait
la franchise de la capitale fédérale sur orbite en marquant
les six premiers points de la
prolongation (91-97, puis 95101). Noah scorait 4 points
consécutifs (99-101) et Kirk
Hinrich était envoyé sur la
ligne avec 2 secondes à jouer
pour l’égalisation. Un joueur
qui rentre 80,2 % de ses lancers francs en carrière, 76 %
cette saison. Mais il a manqué
le premier. Le deuxième aussi,
intentionnellement. En vain
(99-101 ap).
Les résultats
Indiana-Atlanta
101-85
(égalité, 1-1)
Toronto-Brooklyn 100-95
(égalité, 1-1)
Chicago-Washington 99101 a.p. (Washington mène
2-0).
Équitation
Dabboussy, Sakr, Maytala, Dana et Jabbour
s’imposent au Mechref Club
Voici les résultats du concours
de saut d’obstacles organisé
par le Mechref Club sur son
parcours dans la localité de
Mechref, auquel ont participé
une soixantaine de cavaliers
et cavalières appartenant à la
plupart des clubs affiliés à la
Fédération équestre libanaise,
qui avait d’ailleurs placé cette
compétition sous sa supervision :
Série N (hauteur : 85 cm, 17
participants) :
1- Mouhannad Dabboussy
sur Ghazaly (Club Ghazal)
2- Fady Karamé sur Sahar
(Club Ghazal)
3- Mohammad Sakr sur
Acaccia (Mechref Club).
Série E (hauteur : 105 cm, 20
participants) :
1- Mohammad Sakr sur
Acaccia (Mechref Club)
2- Nayla Jaber sur Angel di
Mare (Mechref Club)
3- Sarah Perol sur Winter’s
tale (Club équestre libanais).
Série D (hauteur : 115 cm, 19
participants) :
1- Marek Maytala sur
Hotesse de Laubry (Dbayeh
Country Club)
2- Marek Maytala sur
Pivano (Dbayeh Country
Club)
3- Joseph Jabbour sur
Un record de plus pour Mercedes
En enfilant les victoires comme
des perles, les flèches d’argent
accumulent les records dans les
statistiques.
Après son écrasant succès en
Chine, Mercedes est en effet
devenue la première écurie de
l’histoire de la formule 1 à avoir
signé la pole position, la victoire, le meilleur tour et bouclé
tous les tours en tête lors des
quatre premiers Grands Prix
d’une saison.
La redoutable W05 fait
jusqu’à présent mieux que ses
prestigieuses aînées, les Ferrari F2004, Williams-Renault
FW14B et autres McLarenHonda MP4/4.
Avec Nico Rosberg sur la
deuxième marche du podium,
l’équipe a enchaîné son troisième doublé consécutif, ce
que l’on n’avait plus vu depuis
les trois doublés de Ferrari en
2004 entre le Grand Prix d’Europe et celui des États-Unis.
Le bonheur des uns fait le
malheur des autres : sur les
quatre premières épreuves,
seuls les pilotes à l’étoile ont
occupé le commandement,
alors qu’ils étaient onze (pour
sept équipes) à avoir mené une
course l’an passé au même stade du championnat...
Record de longévité
Après 2002-2003 et 20112012, c’est la troisième fois
que l’exigeant « Pop », qui a
plusieurs fois fait pleurer Tony
Parker à ses débuts à San Antonio, remporte le prestigieux Red
Auerbach Trophy.
À 65 ans, il rejoint les recordmen en la matière, Don Nelson
(1983, 1985, 1992) et Pat Riley
(1990, 1993, 1997). Pour sa 18e
saison sur le banc des Spurs, Popovich, qui détient le record de
longévité parmi les coaches en
activité dans les sports US (NBA,
NFL, MLB, NHL), a repoussé
encore plus loin les limites de la
franchise du Texas.
Outre le record de victoires déjà
évoqué, cet adepte du turnover est
aussi devenu le premier dans l’histoire de la Ligue à terminer une
saison régulière sans qu’aucun de
ses joueurs ne dépasse les 30 minutes de temps de jeu par match
(29,4 min/match pour Tony Parker, le joueur le plus utilisé).
Un an après avoir échoué de peu face à Miami en finale des
play-offs de la NBA, nul doute que l’ancien militaire Gregg
Popovich échangerait tous ses records personnels contre un
cinquième titre de champion (après 1999, 2003, 2005 et 2007)
en juin prochain.
Le palmarès complet depuis la
saison 1990-1991
2013-14 : Gregg Popovich
(San Antonio Spurs)
2012-13 : George Karl (Denver Nuggets)
2011-12 : Gregg Popovich
(San Antonio Spurs)
2010-11 : Tom Thibodeau
(Chicago Bulls)
2009-10 : Scott Brooks (Oklahoma City Thunder)
2008-09 : Mike Brown (Cleveland Cavaliers)
2007-08 : Byron Scott (New
Orleans Hornets)
2006-07 : Sam Mitchell (Toronto Raptors)
2005-06 : Avery Johnson
(Dallas Mavericks)
2004-05 : Mike D’Antoni
(Phoenix Suns)
2003-04 : Hubie Brown (Memphis Grizzlies)
2002-03 : Gregg Popovich
(San Antonio Spurs)
2001-02 : Rick Carlisle (Detroit
Pistons)
2000-01 : Larry Brown (Philadelphia 76ers)
1999-00 : Doc Rivers (Orlando Magic)
1998-99 : Mike Dunleavy
(Portland Trail Blazers)
1997-98 : Larry Bird (Indiana
Pacers)
1996-97 : Pat Riley (Miami
Heat)
1995-96 : Phil Jackson
(Chicago Bulls)
1994-95 : Del Harris (Los
Angeles Lakers)
1993-94 : Lenny Wilkens
(Atlanta Hawks)
1992-93 : Pat Riley (New York
Knicks)
1991-92 : Don Nelson (Golden State Warriors)
1990-91 : Don Chaney (Houston Rockets).
Le bronze pour Sandy
Karam aux 16es
championnats arabes
Mouhannad Dabboussy.
Formule 1
Derrick Rose.
Athlétisme
Leonardo (Dbayeh Country
Club).
Série C (hauteur : 125 cm, 5
participants) :
1- Joseph Jabbour sur Camelot (Dbayeh Country Club)
2- Michel Sarkis sur Amby
(Dbayeh Country Club)
Série B (hauteur : 135 cm, 1
participant) :
1- Jad Dana sur Heart Breaker (Mechref Club).
À noter que Samir Soubra a
présidé le comité arbitral, assisté par Myriam Maytala et
Rima Fansa, alors que le tracé
du parcours était l’œuvre de
Ahmad Rida et Maroun Méhanna.
Joseph Jabbour.
La distribution des récompenses se poursuit en NBA.
Au lendemain de l’annonce
du titre de meilleur défenseur
de l’année, attribué au Français Joakim Noah (Chicago),
la Ligue professionnelle nordaméricaine a décerné celui
de meilleur entraîneur. Sans
grande surprise, celui-ci revient à Gregg Popovich.
Le technicien d’origine serbo-croate (380 points, 59 fois
cité en tête), qui a mené San
Antonio à la première place
de la saison régulière avec un
bilan historique de 62 victoires (dont 30 à l’extérieur)
pour seulement 20 défaites, a
devancé Jeff Hornacek (339
points, dont 37 premières
places), qui, pour sa première
expérience en tant que coach
principal, a failli qualifier
Phoenix pour les play-offs et
Tom Thibodeau (159 points),
qui a maintenu Chicago à un
haut niveau (4e à la conférence Est) malgré l’absence prolongée de son joueur majeur,
Mohammad Sakr.
Hamilton refuse de penser au titre
Lewis Hamilton estime
qu’il est trop tôt pour penser au championnat, alors
que l’on voit mal comment
le titre pourrait ne pas revenir à un pilote Mercedes
cette année.
Après quatre Grands
Prix, Hamilton, qui concède quatre unités à son
équipier Nico Rosberg,
possède 34 points d’avance
sur son plus proche poursuivant, Fernando Alonso,
qui est au volant d’une
Ferrari nettement inférieure en performance pure
à la Mercedes. « Pour être
franc, je ne souhaite pas
perdre mon temps à penser au championnat pour le
moment », a déclaré Hamilton au site officiel de la
formule 1.
« Je suis heureux d’avoir
remporté ces trois Grands
Prix, sachant que je suis
encore capable de m’améliorer course après course,
que je suis physiquement
et mentalement plus fort
que jamais. Cela est très
important pour moi. Il
y a tellement de guerres
psychologiques dans le
sport. »
Sandy Karam, nouvelle détentrice du record du Liban de la
marche à pied sur 10 kilomètres.
La jeune athlète libanaise
Sandy Karam a remporté la
médaille de bronze dans la
discipline de la marche à pied
sur 10 kilomètres après avoir
parcouru la distance en 59’01’’,
enregistrant au passage un
nouveau record du Liban, lors
des 16es championnats arabes
d’athlétisme qui se déroulent
actuellement et jusqu’au 26
avril en Égypte.
Outre Sandy Karam qui
prendra part également aux
épreuves du 200 m, du 400 m
et du relais 4x400 m, la délégation libanaise qui prendra part
à ces championnats est composée du staff suivant :
Élie Saadé (entraîneur et
chef de la délégation), Alain
Saad (lancer du disque et de
poids), Joëlle Féghali (200 m,
400 m, relais 4x400 m), Joey
Bou-Sleimane (triple saut, saut
en longueur et relais 4x400 m)
et Sarah-Jo Cortbaoui (800 m,
1 500 m et relais 4x400 m).
14 Détente
jeudi 24 avril 2014
Sudoku moyen 338
SU|DO|KU
5 1
8
7
9
7 6
1
3
Moyen
9
9 5
5 2
2
Solution 313
du précédent numéro
ku diabo
7 1 3 5 6 8 9
9 4 2 6 5 3 7
3 8 7 9 2 4 1
8 3 5 1 9 7 6
5 9 6 8 1 2 4
1 7 4 2 8 5 3
6 5 1 3 4 9 2
4 2 8 7 3 6 5
2 6 9 4 7 1 8
4
6
4 9
2
6
8
7 1
Diabolique
Sudoku diabo 315
5 4 9
8
7 1
ACCES
ACCUEIL
ACERE
AGREABLE
AGREER
AIMER
AMENE
ANNUEL
A TORT
5
9
9
UN MOT DE 4 LETTRES : RÉCEPTION
7
4 6
3
1
2
4
8
1 7
1 2
7
Sudoku diabo 314
2 4 5 1 3 8
1 9 6 7 5 2
7 8 3 9 6 4
6 1 8 3 4 5
9 5 4 2 1 7
3 2 7 6 8 9
5 3 2 4 7 6
4 6 1 8 9 3
8 7 9 5 2 1
6
1 2 5
6 7
8 4 3
5 2 1
2 7 9
3 8 6
4 1 5
1 9 8
7 5 2
6 3 4
3 7
9 5 6
2 8 4
7 1 2
5 9 3
4 6 8
8 4 1
3 2 5
6 7 9
1
9 7
8 4
3 2
7 5
1 6
4 8
5 9
2 1
6 3
5
6
1
9
3
2
7
4
8
Sudoku diabo 318
9 1 8 4 7 6
3 2 7 5 1 8
6 5 4 9 2 3
4 7 9 8 6 1
2 8 5 7 3 4
1 6 3 2 9 5
8 9 6 1 4 7
5 3 1 6 8 2
7 4 2 3 5 9
Sudoku diabo 320
1 2 5 7 3 8
6 3 9 4 5 2
4 7 8 6 9 1
9 1 4 2 8 6
7 5 6 3 1 9
3 8 2 5 7 4
8 4 1 9 6 7
5 6 7 1 2 3
2 9 3 8 4 5
5
9
2
1
8
4
7
LASSE
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C O C
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L
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A
R
F
O
E
A
E
E
X
C
T
E
I
J
Solution du précédent mot secret : CALCUL
9 1
8
8 2
Les mots croisés 9
4 7
10
3 8
HORIZONTALEMENT
1. Incitations commerciales toutes
7 nouvelles.
4 - 2. Habitant de
Moscou ou Saint-Pétersbourg.
Met à la porte. - 3. Support de
5 6
balles de golf. Vallée du littoral
breton. Scandium. - 4. Fin d’un
infinitif.
1 Ils5 suivent leur biche. 5. Aussi promptement. Exposé
sommaire de la question. - 6. Il
2 un9 service d’enseigneassure
ment à l’université. Poisson
marin.
6 -37. Déesse grecque de
la Vengeance. Titane. - 8. Ser-
A
longs. Quand vous aurez inséré
tous les mots de la liste, il vous
restera les lettres formant le mot
secret. Pour former un mot, les
lettres peuvent se suivre horizontalement de gauche à droite
Problème n° 14 025
B
C
D
E
F
G
H
I
J
2
Vous aurez bien du mal à vous imposer
une discipline, et cela dans tous les domaines.
Essayez quand même ! Vous ne perdrez rien, bien
au contraire, à vous fixer une ligne de conduite
précise.
4
5
6
GÉMEAUX (21 Mai au 20 Juin) : Une
7
nette amélioration du côté des finances.
Vous aurez des rentrées imprévues qui résoudront
certains problèmes.
8
9
CANCER (21 Juin au 22 Juillet) : Les
10
Solution du n° 14 024
2
3
4
5
6
7
8
9
10
A
B C D
D E P O
E R U P
L U C
D E P O S S E D E R
E R UI P D
T I VEE SE
L U C
E M E T T E
I D R
E E I E N E V
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V E N T R E S
A T A
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T O UTR R I
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A M E N E E
L
T EN
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L E V
E
A
M
E S T I V A L
U E
S E T
E
EE L N
E V EO
S
E S T I
S E E
A
BÉLIER (21 Mars au 19 Avril) : Vous
aurez bien envie de briller et vous imposer
dans votre métier, mais rien ne sera facile et vous
devrez constamment faire du forcing. Épuisant
nerveusement !
TAUREAU (20 Avril au 20 Mai) :
3
1
ou de droite à gauche, verticalement de bas en haut ou de
haut en bas et en diagonale de
droite à gauche ou de gauche
à droite. Une même lettre peut
servir pour plusieurs mots.
L’horoscope
1
6 9
7 8 1
3 5 2
5 7 3
8 2 4
1 9 6
2 3 5
9 4 8
6 1 7
V
1
I H
3 VERTICALEMENT
2 5
A. N’ont rien à voir avec des sor1
ties d’usines. - B. Abri pour le
4 planton. Fait
6 9 face à La Rochelle. 2
- C. Plus portable. Il passe de
3
main, durant le relais.
7 main
1 en8
4
- D. Ville de Côte-d’Or. Creuses un tunnel. - E. Onguent.
5
à respecter. - F. Elle a
3
2
5 Panneau
6
connu l’amour vache. Rapport
de cercle. Facteur rhésus. - G.
7
1 Attaquant
9 6de football. Veuve en
8
Inde. - H. Corps étranger. Appel
- I. Légu8 dumineuse.
4large.7Semblable.
9
Notre mère à tous. 10
concernent certains pans
2 J.de5Quil’activité
3 économique.
9 7 4Solution des mots fléchés
du précédent numéro
6 8 1
4
VACARME
F
Dès que
vous repérez un mot, rayez les
lettres de ce mot dans la grille et
barrez-le dans la liste au-dessus
de la grille. Pour plus de facilité,
commencez par les mots les plus
vice féodal. Crépite en hiver. - 9.
Canton suisse. Partie d’un éventail, en été. - 10. Les étrangers
sont les bienvenus chez eux.
TEMPS
TITAN
TRIMER
RARETE
RENCONTRE
RETOUR
REUSSIR
RICANER
RIRES
INGRATITUDE
INVITATION
7
6
SIROTE
SOMPTUEUSE
SPLENDIDE
STOUT
SUCCES
SURPLUS
PARENT
PASSER
PIANO
PLAIRE
PLAISIR
PREPARATION
PRESENCE
GRONDE
Marche à suivre :
3
RUINE
OCCASION
OFFENSEE
OFFRIR
OUIR
FAIRE
FAMILLE
FEERIE
FETER
FOLIE
FROISSER
6
ku diabo
315
Sudoku diabo 316
Le but est de parvenir à inscrire tous les chiffres de 1 à 9 (sans qu’ils se répètent), dans
un ordre quelconque dans chaque ligne, dans chaque colonne et dans chaque carré de
9 neuf
6 cases.3 7 2 1 8
6 4 5 7 8 2
2 5 9 4 6 7 3
7 1 9 5 4 3
Les mots fléchés
7 1 2 8 9 5 4
8 2 3 6 1 9
8 4 7 5 3 9 1
4 7 2 1 6 5
5 9 6 2 4 8 7
1 5 6 9 3 8
9 3 8 4 2 7
4 8 1 3 5 6 2
6 3 5 1 7 4 9
2 9 4 3 7 6
3 6 7 8 5 1
1 2 4 9 8 3 6
3 7 8 6 1 2 5
5 8 1 2 9 4
MARIAGE
MATIN
MELEE
EMOTION
ENORME
EPATANT
ESSOR
EXCES
EXTRAORDINAIRE
CADRE
CAUSER
CHANTER
CHARMANTE
CIRCONSTANCE
COCKTAIL
CONTENT
CREME
CROITRE
9
Une grille de Su Doku est composée de 9 carrés de 9 cases, soit 81 cases.
ku diabo 319
6 8 3 1
3 5 2 9
9 4 6 7
2 3 1 4
5 2 7 8
7 6 9 5
4 1 8 6
8 7 5 3
1 9 4 2
DEPART
BANQUET
BITURE
BLEUIR
Solution du précédent numéro
Règle du jeu
ku diabo 317
6 9 2 4
1 7 8 3
9 5 6 1
4 6 5 8
7 1 4 2
2 3 9 7
5 2 3 6
8 4 7 9
3 8 1 5
Le mot secret
B C D
E F G H
I J
E F G H
S S E D
T I V E
E M E T
E N E
E N T R
N O U R
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L E
V A L
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R I
L
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(Référence : Petit Larousse 2004)
Au menu
Croquants au chocolat
500 g de beurre ou de margarine, 50
g de sirop d’érable, 125 g de chocolat
à croquer, 75 g de corn flakes, 25 g
de noix de coco en poudre.
Mettez le beurre, le sirop d’érable et
le chocolat dans une casserole jusqu’à
ce qu’ils soient fondus. Ajoutez la noix
de coco, les corn flakes et mélangez
bien. Versez dans un moule beurré de
20 cm de diamètre et mettez à glacer
jusqu’à ce que cela soit pris. Découpez
les parts et servez.
Croquant de 20 cm de diamètre.
Tarte aux poires
Hachez 50 g de fruits confits, mélangez-les avec 1 c. à soupe de confiture
d’abricots diluée avec 1 c. à soupe de
liqueur d’orange.
Remplissez-en le creux de 1 kg de
poires pelées et coupées en deux,
disposez-les dans un plat à pie.
Saupoudrez de 2 c. à soupe de sucre.
Parsemez de fruits confits et de 30 g
de beurre. Recouvrez de pâte brisée,
dorez à l’œuf. Faites cuire 30 mn à
four chaud.
domaines de la recherche et de la création
seront favorisés. Vous pourrez vous faire une place
au soleil dans l’une de ces branches et même acquérir une belle notoriété.
LION (23 Juillet au 22 Août) : Vous
vous sentirez super bien dans votre peau.
Votre charme fait d’un curieux mélange d’espièglerie et de mystère pourra s’exprimer en toute
liberté.
VIERGE (23 Août au 22 Septembre) :
Vous voudrez secouer la routine quotidienne et vous aurez bien raison. Mettez le dynamisme
à l’ordre du jour et l’évolution parmi les priorités.
BALANCE (23 Septembre au 22
Octobre) : Sous prétexte d’exercer vos
activités de façon indépendante, ne vous rebellez
pas contre l’autorité.
SCORPION (23 Octobre au 21 No-
vembre) : Ne renfermez pas dans le
secret de votre cœur toutes les contrariétés de la
journée. Exprimez-les à haute voix pour libérer
votre agressivité.
SAGITTAIRE (22 Novembre au 21
Décembre) : Ne soyez pas trop autoritaire. Prendre des décisions sans consulter personne
n’est pas indiqué pour créer un bon climat de
collaboration.
CAPRICORNE (22 Décembre au 19
Janvier) : Une querelle familiale sera
habilement résolue et pourrait être salutaire pour
tout le monde. Vous réussirez à ménager la chèvre
et le chou.
VERSEAU (20 Janvier au 19 Fé-
vrier) : Aidez un peu le destin au lieu
d’attendre qu’il vous pousse. Vos options peuvent
influencer l’avenir.
POISSONS (20 Février au 20 Mars) :
Abandonnez les lieux communs qui vous
rassurent sans vous faire vraiment progresser et
méditez sur votre propre expérience.
jeudi 24 avril 2014
Entre parenthèses
de Colette KHALAF
« The Hours »
Ce film de Stephen Daldry,
réalisé en 2002, racontait
trois époques différentes,
trois émancipations féminines devant l’ordre masculin,
par le moyen de livres ou
encore par la mort. Sublimes
Julianne Moore, Nicole
Kidman et Meryl Streep
qui offraient des prestations
uniques et cultissimes, et qui
englobaient le sort de toutes
les femmes.
Pourquoi aujourd’hui The
Hours ?
Parce que la femme, par sa
force, sa persévérance, son
honnêteté, son courage et sa
résonance dans le cadre familial demeure partout dans
le monde le pivot, le phare,
l’axe central de la vie.
The Hours ? Parce que seules
des femmes ont gravi le
mont du Golgotha avec
Jésus-Christ, partageant
ses souffrances et portant sa
Croix.
The Hours ? Parce que les
destins de ces femmes
imbriqués l’un dans l’autre
montrent que la vie et la
mort sont également enche-
vêtrées et que, comme dans
un miroir, l’une est la face de
l’autre.
Les Heures (Hores) étaient
des divinités de la mythologie grecque et romaine. Filles de Zeus et de
Thémis, ces jeunes vierges
qui habitaient l’Olympe
remplissaient les fonctions
de ministres du Soleil et
ouvraient les portes du ciel.
Avant de personnifier dans
la mythologie antique les
portions égales de temps entre lesquelles se divise le jour,
les Ôrai ont personnifié les
saisons de l’année et, avant
les saisons, une série de
phénomènes naturels. Il faut
donc remonter tout d’abord
à ces phénomènes pour retrouver l’essence primitive, le
caractère original des heures
grecques. Aujourd’hui, ce
parcours humain, qui est fait
de secondes, de minutes et
d’heures (The Hours), n’est en
fait qu’une éternité infinie,
remontant à l’Antiquité.
« Vienne la nuit sonne
l’heure, les jours s’en vont »
... la vie demeure.
News
Nadine Labaki au Festival
du film de Tribeca
Le Festival international
du film fait revivre Tripoli
Événement Du 24 (ce soir) au 29 avril, six jours de festivités, de films
issus d’une quinzaine de pays, notamment du Liban, de la Grèce, de
la France, de l’Angleterre... Voilà que la ville renaît de ses cendres et
essaye de se placer sur l’échiquier culturel libanais et international.
Une conférence de presse
conduite par Élias Klat à
l’Institut français du Liban a
dévoilé le programme de ce
festival qui démarre ce soir
vers 18h30 au Centre culturel Safadi et se clôture le 29
avril au Centre culturel Azm
avec Sleepless Nights d’Éliane
Raheb. Des projections à
l’intérieur mais aussi à l’extérieur, en plein air là où, il y a
quelque temps, les combats
avaient lieu. Une véritable gageure, destinée à réussir.
Depuis quelques décennies,
la ville de Tripoli, au nord du
Liban, est soumise à une propagande médiatique négative
aux niveaux national et régional. Le climat de pauvreté
et d’insécurité reflète la mauvaise image qui est véhiculée
par la majorité des médias en
quête de « scoops » labélisant
en quelque sorte la ville, comme si elle était marginalisée.
La politique gouvernementale
centralisée, rigide depuis la
fin de la guerre civile, n’a pas
non plus aidé les choses. Mais
Tripoli résiste et elle se veut
100 % libanaise en essayant
de se reconnecter à la scène
culturelle du pays.
Aujourd’hui, le Festival
du film de Tripoli/ Liban
constitue un véritable événement cinématographique
conçu comme une initiative
visant à améliorer l’image
de la ville avec trois objectifs
principaux :
- enrichir l’environnement
culturel local à Tripoli ;
- promouvoir le riche patrimoine culturel de Tripoli et
ses artistes locaux ;
- créer une image de marque propre à Tripoli et sa
région, et sa promotion comme destination touristique
prometteuse.
L’équipe ainsi que le jury,
Vue de la conférence de presse à l’Instiut français du Liban. (Photo Michel Sayegh)
qui sont composés de professionnels reconnus (locaux,
nationaux et internationaux),
se sont chargés de rassembler
et de choisir une sélection de
films et de premières pour
leurs projections durant les
jours du festival. En parallèle,
de nombreux événements
culturels seront organisés pour
ajouter une saveur particulière
au festival tout en restant fidèle à son esprit.
Au programme donc, Red
Hulk de Asimina Proedrou
(Grèce), Ghost Train de Kerry
Hucker et James Fleming
(Australie/France), A Day
out in Paris de Carine May
et Hakim Zouhami (France),
Taram Tarambola de Maria
Castillejo Carmen (Belgique),
Anzouf de Lida Kabbara (Liban), Gaza Calling de Nahed
Awwad (documentaire, Palestine), Endorphin de Reza Gamini (Iran), About their Nights
de Bouchra Ezzahir Ayoub et
d’autres encore.
Pour plus d’infos consulter
le www.tripoli-filmfestival.
org
en Syrie
Si le prix Fifog d’or,
section fiction, a été décerné
au film de Mayar el-Roumi,
Round Trip, c’est Le Journal
de Schéhérazade qui a obtenu
le Fifog d’or pour meilleur
documentaire, alors qu’une
mention spéciale a été décernée au documentaire de
Carole Mansour, Not Who
we are.
LBCI
07:00 Infos
07:30 Familia
08:30 Ahmar Bel Khat el-3arid
10:00 Nharkoum Saïd
11:30 Al-Yanabi3
12:30 Ayyam el-Dirassa
13:30 Aala Marr el-Zamane
14:30 Infos
15:00 Lara’s Choice
16:00 Jouzour
17:00 Loterie libanaise
17:20 Bab el-Hara
18:45 Yassmine
19:25 Loto
19:53 Journal
20:35 Ktir Salbi
21:30 Kalam Ra2iss
23:30 Infos.
07:00 Journal
07:30 Akhbar el-Sabah
08:00 Infos
08:15 Akhbar el-Sabah
09:00 Infos
09:15 Kalam Beyrouth
10:00 Infos
10:15 Aalam el-Sabah
11:00 Infos
11:15 Aalam el-Sabah
12:00 Infos
13:00 Inter-views
15:00 Infos
16:00 Journal arménien
16:40 Journal français
17:00 Souriya el-Yaoum
17:30 Sayyedat el-Mazra3a
18:30 Al-Rou2iya el-Salissa
TF1
19:00 Bienvenue chez nous
20:00 Money Drop
21:00 Journal
21:40 Nos chers voisins
21:55 Série Alice Nevers, le
juge est une femme
23:45 Série Alice Nevers, le
juge est une femme.
France 2
18:00 Dans la peau d’un chef
19:40 N’oubliez pas les
paroles
21:00 Journal
21:40 Parents, mode d’emploi
21:45 Magazine Envoyé
spécial
23:20 Complément
d’enquête.
France 3
de Mohammad Khan
Avec Yasmin Raeis
et Hany Adel
M6
Hiyam est une jeune fille issue
d’une classe pauvre, très pauvre, et qui travaille dans une
manufacture d’habits. Elle
habite un quartier démuni du
Caire avec sa jeune sœur et sa
mère. Lorsque l’usine accueille
un nouveau directeur, Yasmin
tombe immédiatement amoureuse de lui. Naïve, comme le
sont les jeunes filles à cet âge,
elle pense qu’il est lui aussi
amoureux d’elle. Très vite,
les événements se succèdent
et un scandale surgit à l’usine,
on trouve un test de grossesse
dans les poubelles et Yasmin
est accusée. Elle ne s’en défend même pas mais c’est toute sa vie qui sera bouleversée,
18:20 La meilleure boulangerie de France
19:40 100 % Mag
20:45 Le 19.45
21:05 Scènes de ménages
21:50 Série Perception
22:40 Série Perception.
Arte
Yasmin Raeis et Hany Adel, pour que vive la femme !
et elle devra défier le regard
malveillant de l’homme ainsi
que de ses amies à l’usine.
Avec sa femme Wessam
Soliman au scénario, Mo-
Un tableau gai et coloré.
Ciné-club
À l’ALBA
Hijacking,
de Tobias Lindholm
Page réalisée par Colette KHALAF
Chaînes locales
17:10 Des chiffres et des
lettres
18:30 Slam
19:10 Questions pour un
champion
21:15 Plus belle la vie
21:45 Western Open Range.
Deux films libanais primés au FIFOG
La 9e édition de Fifog
(Festival du film oriental
de Genève) s’est clôturée
en beauté avec la remise
des prix et une présence de
plus de 6 500 visiteurs. Au
programme, 112 films en
provenance de 28 pays avec
pour thèmes récurrents le
corps ainsi que la condition
de la femme dans le printemps arabe et la situation
Sélection du jour réalisée par Rania Raad Tawk
Programmes communiqués par les chaînes et publiés sous toute réserve.
Avec Pilou Asbæk
En plein océan Indien, le navire danois « MV Rosen » est
pris d’assaut par des pirates
somaliens qui retiennent en
otage l’équipage et réclament
une rançon de 15 millions de
dollars. Parmi les sept hommes restés à bord, Mikkel, le
cuisinier, marié et père d’une
petite fille. Prisonnier et affaibli, il se retrouve au cœur
d’une négociation entre Peter, le PDG de la compagnie
du cargo, et les pirates. Pour
l’armateur, sauver ses hommes est un devoir. Mais le
sang-froid et les millions suffiront-ils à ramener tous ces
marins dans leur famille ?
Vendredi 25 avril,
19 heures
19:30 Le journal
20:15 DNA
20:30 Ossat Hayat aw Mawt
22:30 Like Hal Haki
23:30 Le journal
00:00 DNA
01:00 Al-Rou2iya el-Salissa
02:00 Ossat Hayat aw Mawt
04:00 Like Hal Haki
06:00 Valet Parking
06:30 Yoga.
OTV
07:00 Yaoum Jdid 11:30 Hiwar el-Yaoum
12:30 Hertakji
14:15 Infos
14:45 What’s Up
16:30 Journal arménien
17:00 Kazadoo
17:45 Aa Nar Latifé
18:45 Daniella
19:45 Le journal
20:30 Maklab Mrattab
21:30 Dohk we Jadd
23:30 Infos.
MTV
07:20 Revue de presse
08:00 Infos
08:20 MTV Alive
14:00 Beyrouth el-Yaoum
16:30 @ MTV
18:00 Aghani, aghani
19:00 Ekhtarab el-Hay
19:52 Le journal
20:45 Ma Fi Metlo
00:00 Infos.
Chaînes câblées
Factory Girl,
les attentats du 11 septembre
2001 du World Trade Center. Des courts-métrages,
documentaires et récits ainsi
que des films familiaux sont
programmés.
Le festival édition 2014,
qui se déroule jusqu’au 27
avril, regroupe plus d’une
trentaine de cinéastes, scénaristes, producteurs et acteurs,
et accueille plus de trois millions de spectateurs du monde entier.
Télévision
Future TV
À l’affiche
La cinéaste libanaise Nadine
Labaki s’est jointe au jury du
Festival du film de Tribeca
aux côtés de Jeff Goldblum,
Dorothy Lyman et Adepero
Oduye. Il s’agit d’un festival
de cinéma indépendant américain créé en 2002, qui se
déroule chaque année à Tribeca, un quartier de Manhattan, à New York. L’événement a été créé en 2002 par
Jane Rosenthal, Robert De
Niro et Craig Hatkoff, après
Cinéma 15
hammad Khan signe un film
à la fois dramatique et gai qui
brosse le portrait de la classe
pauvre et, plus précisément,
du statut de la femme égyptienne. Bien que travaillant
et vivant dans des conditions
précaires, la femme demeure
pour Khan plus forte et plus
endurante que l’homme. Une
héroïne au vrai sens du mot.
C’est donc un hommage qu’il
lui rend dans ce film produit par le jeune producteur
égyptien Mohammad Samir.
Khan avait déjà mis en scène des héroïnes issues de la
classe ouvrière dans Dreams
of Hind and Camelia en 1989
ainsi qu’une héroïne issue de
la classe moyenne supérieure
dans Wife of an Important
Man en 1987.
(DR)
Factory Girl, qui rappelle
les anciennes œuvres cinématographiques égyptiennes
par le naïf qui teinte l’atmosphère, le côté simple et non
noueux de l’intrigue sur fond
musical, les caractères ainsi
que le dénouement, témoigne du désir du réalisateur de
décrire un drame mais de le
sublimer par la joie. Un choix
du cinéma divertissant pour
lequel Mohammad Khan a
opté sans aucun complexe. Il a
remporté le prix Fipresci ainsi
que le Muhr pour la meilleure
actrice, Yasmin Raeis, qui
rappelle beaucoup la grande
et légendaire comédienne disparue Souad Hosni.
MÉtropolis Empire
Sofil
17:20 Rivalité maritime entre
Angleterre et Pays-Bas
20:45 Arte journal
21:05 28 minutes
21:50 Les enquêtes du commissaire Winter
23:50 Real Humans
00:50 Real Humans.
TV5 Monde Europe
08:50 Télématin
09:00 Le journal de
Radio-Canada
09:26 TV5 Monde le journal
09:38 Méditerranéo
10:04 Flash Info
10:06 Les petits plats de
Babette
10:31 Jardins et loisirs
11:00 Flash Info
11:02 Chroniques d’en haut
11:30 Nec plus ultra : la
collection
11:57 Flash Info
11:59 Dans la peau d’un chef
12:43 Plus belle la vie
13:07 Flash Info
13:10 Ricardo
13:32 Tous tatoués !
14:30 Le journal de la RTBF
15:03 Belle baie
15:46 Belle baie
16:30 Vu du ciel par Yannick
Charles
16:45 Dans la peau d’un chef
17:28 Questions pour un
champion
18:00 Flash Info
18:02 Questions à la une
19:00 64’ le monde en français – 1re partie
19:23 Le journal de l’économie
19:31 Melting-pot café
20:18 Melting-pot café
21:10 Salles de spectacle
21:30 Le journal de France 2
22:01 Bienvenue parmi nous
23:30 La passagère
00:00 Le journal de la RTS
00:26 TV5 Monde le journal
Afrique
00:45 L’invité
00:58 La grande librairie
01:59 Streetosphère
02:54 Envoyé spécial, la suite
03:30 TV5 Monde le journal
03:53 Roxy.
TV5 Monde Orient
09:21 Télématin
10:06 TV5 Monde le journal
10:19 Peuples du monde
10:32 Télétourisme
11:00 Flash Info
11:02 Jardins créoles
11:29 Les petits plats de
Babette
12:00 TV5 Monde le journal
12:14 Plus belle la vie
12:38 Mot de passe
13:02 Flash Info
13:05 Des chiffres et des lettres
13:35 Flash Info
13:38 Tout le monde veut
prendre sa place
14:30 Le journal de la RTBF
15:03 Mademoiselle Zazie
15:11 Mily, Miss Questions
15:18 Pok et Mok
15:26 A.R.T. Investigation
15:39 Le ranch
16:01 Zoobabu
16:04 360°, géo
16:59 Questions pour un
champion
17:30 Belle baie
18:15 Belle baie
19:00 Fermier urbain
19:30 64’ le monde en français – 1re partie
19:53 Le journal de l’économie
20:00 64’ le monde en français – 2e partie
20:20 L’invité
20:30 64’ l’essentiel
20:34 Temps présent
21:30 Le journal de France 2
22:01 Le dîner de cons
23:18 Les chiens verts
23:38 La téléformation
00:00 TV5 Monde le journal
Afrique
00:22 Le journal de la RTS
00:53 Le journal de l’économie
00:57 Vestiaires
00:59 Mémoires vives
01:42 Mémoires vives
02:26 Escapade, le magazine
des patrimoines.
Radio Liban 96,2 FM
07:00 RFI En direct
10:00 RL Libre cours
11:00 RL Flâneries matinales
12:00 RL Lunch Time Show
13:00 RL Journal
13:30 RFI En direct
14:00 RL C’est encore mieux
l’après-midi
15:00 RL L’heure blonde
16:00 RFI En direct
16:10 RL Carrefour du jazz
17:00 RL Vous avez dit
musique
18:00 RL Silence on tourne
19:00 RL Journal en français
et en anglais
19:30 RFI En direct
20:00 RL Micro-ondes
21:00 RL The Trip
22:00 RL Programme
arménien
22:30 RFI Le fil musical.
16 Ici et ailleurs
jeudi 24 avril 2014
Tinghir replonge dans son
histoire, le temps d’un film
Le dessin de pinter
Maroc L’œuvre de Kamal Hachkar parle «d’un moment très particulier où juifs
et musulmans ont vécu ensemble sur cette terre berbère ».
Le temps d’un film, la ville de
Tinghir, blottie dans une majestueuse vallée, s’est replongée
dans son passé, lorsque juifs et
musulmans vivaient ensemble,
dans un Maroc qui accueillait la
plus grosse communauté juive
d’Afrique du Nord.
Dans les années 1950, le Maroc comptait près de 300 000
citoyens juifs. Mais les conflits
israélo-arabes successifs et les
appels à l’émigration vers la
Terre sainte ont fini par ramener cette présence à moins de
5 000 âmes. Parmi les villes qui
témoignent de cette histoire figure Tinghir, cité de quelques
dizaines de milliers d’habitants
au pied du Haut-Atlas et au
cœur du Maroc berbère.
Dimanche, à quelques encablures de sa magnifique palmeraie et du mellah, son ancien
quartier juif, près de 400 personnes ont assisté à la diffusion
inédite de Tinghir-Jérusalem,
les échos du Mellah, du réalisateur franco-marocain Kamal
Hachkar. « Mon œuvre parle
d’un moment très particulier
où juifs et musulmans ont vécu
ensemble sur cette terre berbère, au fin fond du sud-est
marocain », explique M. Hachkar, pour qui « cette histoire
parle à tout le monde car elle
développe des thématiques
L’émotion se lisait dans le regard des quelques 400 personnes réunies pour assister à la diffusion
inédite de « Tinghir-Jérusalem, les échos du Mellah », du réalisateur franco-marocain Kamal Hachkar.
Fadel Senna/AFP
universelles sur l’exil, la perte
de l’autre ». L’an dernier, la
projection de ce documentaire
au Festival du cinéma de Tanger avait suscité la polémique :
près de 200 personnes, pour la
plupart islamistes, avaient manifesté, fustigeant une tentative
de « normalisation avec Israël ».
« Certains m’ont accusé de travailler pour le Mossad. Mais la
plupart de ces gens n’ont jamais
vu le film ! » se lamente encore
Kamal Hachkar.
« Dans nos mémoires »
L’Orient : Fondé par Georges Naccache
en 1924
Le Jour: Fondé par Michel Chiha
en 1934
Société Générale de Presse
et d’Édition SAL
Baabda-route de Damas Imm L’Orient-Le Jour
B.P. 45-254 - Hazmieh Tél : 05/956444
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Émilie SUEUR
Directeur financier
Georges CHAMIEH
Informatique
Ghassan KHNAISSER
Département technique
Fady SAAIBY
Yehya HAMDAN
Cette fois, à Tinghir, c’est
l’émotion et non la controverse qui se lit dans le regard des
spectateurs.
Daoud, artisan centenaire,
est de ceux qui peuvent raconter cette histoire commune aux
jeunes générations. « Entre juifs
et musulmans, on s’est toujours
entendu », assure-t-il. « La religion nous séparait, mais le bien,
lui, nous réunissait : le départ
des juifs a provoqué un vide et
ils sont toujours dans nos mémoires. »
Dans le public, quelques juifs,
venus de l’étranger et d’autres
de Casablanca, à plusieurs centaines de kilomètres. « Pour
moi, ce film est le symbole de
l’amour et de la fraternité entre
Marocains, sans distinction »,
juge Jauk Elmaleh, un musicien de Casablanca. « Cette
histoire est la nôtre et continuera à l’être, quels que soient
les enjeux et manipulations »,
renchérit Fanny Mergui. Cette
juive marocaine a émigré à l’âge
de 16 ans en Israël, mais elle
l’assure : « Je suis née avec une
étoile de David et un croissant
de lune sur la tête. Cette terre,
nous la portons en nous pour
l’éternité. »
Fières de cette diversité
Il aura fallu cinq ans à Kamal Hachkar, entre le sud
marocain et Jérusalem, pour
raconter cette petite histoire
dans la grande. En 2011, Nabil Ayouch, un autre réalisateur
franco-marocain, avait traité
du conflit israélo-palestinien à
l’aune de sa propre expérience,
celle d’un enfant né d’un père
musulman et d’une mère juive
tunisienne. Rien de cela a priori
pour Hachkar, marocain musulman et berbère comme il
en existe des millions dans le
pays. « J’ai appris qu’il y avait
des juifs au Maroc par mon
grand-père. Avant je pensais
que tous les Marocains étaient
musulmans. Tout à coup, ça
m’a ouvert l’esprit », commente-t-il. « Moi qui, jeune, me
sentais comme une étrangeté,
à la fois marocain et français,
dans la Normandie profonde,
je me suis identifié à cette autre
étrangeté », poursuit-il.
Au Maroc, les autorités se
disent fières de cette diversité
et reconnaissent la possibilité
aux citoyens de donner des prénoms musulmans, berbères ou
juifs à leurs enfants. Mais dans
le même temps, un débat fait
rage autour de la « normalisation avec Israël ». L’an dernier,
deux propositions de loi visant
à sanctionner tout séjour dans
l’État hébreu ont vu le jour.
L’une d’elle a depuis été retirée. En allusion à ces démarches, le président palestinien
Mahmoud Abbas a exhorté au
contraire les Marocains à visiter
al-Qods (Jérusalem). Le mois
dernier, c’est une liste noire des
« normalisateurs », publiée par
l’« Observatoire marocain pour
la lutte contre la normalisation », qui est venue alimenter
la chronique.
(Source : AFP)
Réseau ferroviaire
Dans le Soudan pauvre et poussiéreux,
un train moderne fait sensation
Dans un Soudan frappé par
la pauvreté et où les trains ont
parfois plus de 40 ans d’âge,
le Nile Train, fuselé et blanc
immaculé, fait un peu figure
d’extraterrestre.
Ce train de voyageurs est
entré en service le 20 janvier,
une première depuis des années, dans le cadre des efforts
pour relancer le réseau ferroviaire du pays. « Ce nouveau
train est vraiment, vraiment
moderne », assure Ahmad
Hussein, le directeur de projets de la Sudan Railways Corporation.
Chaque matin à 09 h 00, le
train composé de quatre voitures, qui fonctionne avec un
moteur diesel, part de Khartoum pour Atbara, à 300 km au
nord. Le trajet dure 6 h 40, soit
deux fois plus de temps qu’en
bus mais bien moins qu’avec
les vieux trains qui desservent
le reste du pays. Si le trajet
est si long, c’est que le train,
capable d’atteindre en théorie
les 100 km/h, doit rouler au
pas en raison du délabrement
de la voie ferrée. Malgré cet
inconvénient, le Nile Train a
rencontré un tel succès qu’en
mars, un deuxième train part le
soir pour faire ce même trajet
Khartoum-Atbara, alors que la
route reliant les deux villes est
chaque jour engorgée par les
bus, les camions et les voitures. Selon M. Hussein, le train
peut transporter 284 passagers
et est chaque fois quasi plein.
Les deux trains en circulation
ont été achetés à la Chine, un
pays avec lequel le Soudan a
des liens économiques étroits,
pour un coût total de 13 millions de dollars, explique M.
Hussein. « Je pense que la
plupart des gens qui voyagent
entre Khartoum et Atbara arrêteront de prendre le bus et
choisiront ce nouveau train »,
estime Hannah Ali Mohammad, 35 ans, s’émerveillant
du fait que, contrairement aux
autres trains, le « Nile Train »
soit climatisé. Sans compter
ses toilettes modernes et ses
sièges confortables.
Ahmad al-Haj Omer, un
étudiant de 23 ans, prend ce
train pour la première fois.
« J’ai aimé », dit-il. « C’est plus
sûr. Il y a beaucoup d’accidents
de bus sur la route KhartoumAtbara. » Plus sûr, mais aussi
plus économique : un billet
coûte six dollars, deux fois
moins qu’un ticket de bus.
Moteurs des années... 70
Le chemin de fer au Soudan
a connu son heure de gloire
dans les années 1960 et 1970,
avant de fortement décliner au
fil du temps. Le manque de
fonds a empêché un entretien
régulier du réseau, mais des
facteurs politiques ont aussi
contribué au déclin, affirme
Le Nile Train offre, outre le confort et le luxe, des prix
imbattables : un billet coûte six dollars, deux fois moins qu’un
ticket de bus. AFP/Getty images
Mahjoub Mohammad Salih,
un éditorialiste connu.
Ainsi, le gouvernement du
président Omar el-Béchir,
redoutant le puissant syndicat
des cheminots, avait renvoyé
des milliers d’entre eux dans
les années 1990. En outre, à
cause de l’embargo imposé par
les États-Unis depuis 1997, les
moteurs de fabrication américaine ne marchent plus faute
de pièces de rechange, explique Mohammad Oro Saliem
Mohammad, responsable des
locomotives au sein de la Sudan Railways Corporation.
Il a fallu maintenir en service
d’anciens moteurs, dont certains datent selon lui des années 1970. L’objectif est donc
de moderniser le réseau, mais
le piteux état des rails reste le
premier obstacle, insiste M.
Hussein.
Des sociétés soudanaises
et chinoises ont commencé à
remplacer le bois des traverses par du béton sur la ligne
Khartoum-Atbara, et des travaux ont également débuté
entre Atbara et Port Soudan,
un centre économique important sur la mer Rouge. Ce
n’est qu’après ces rénovations
qu’un service de trains modernes pourra s’étendre. Or un tel
réseau efficace serait un atout
pour le pays, plongé dans une
crise économique aiguë.
(Source : AFP)
Insolite
Canada
Une lettre arrive à la
nouvelle adresse... 45
ans plus tard
Une résidente de Calgary a eu
l’heureuse surprise de recevoir
dans sa boîte postale une lettre
de sa petite sœur, postée à 200
km de chez elle il y a 45 ans.
La missive avec un timbre de 6
cents, tarif en vigueur en 1969,
était oblitérée avec le cachet
de Lethbridge en Alberta
et adressée à « M. et Mme
R.D Tingle » avec pour seule
destination une rue de Calgary
avec un mauvais numéro et
sans mention de cette ville de
la province de l’ouest canadien,
a raconté cette résidente à la
radio publique CBC.
Mme Tingle a reçu la lettre
sous plastique et accompagnée
d’un mot d’excuses du service
des postes du Canada, non
pas pour le retard mais pour
les dégradations apparentes
sur l’enveloppe. « Chère
cliente, nous regrettons
sincèrement que votre lettre
soit endommagée. Elle a été
trouvée dans cet état dans le
circuit postal », a écrit Poste
Canada à Mme Tingle.
Cette dame, qui avait fait
suivre son courrier après
son déménagement, a donc
enfin reçu les remerciements
adressés, sous forme de poème,
par sa petite sœur de 9 ans
et qui était venue à l’époque
passer quelques jours chez elle.
Grande-Bretagne
Un Britannique
condamné pour avoir
avalé un poisson rouge
vivant
La Société royale de
protection des animaux
(RSPCA) a remporté une
première victoire dans sa
croisade contre ceux qui
s’amusent à ingurgiter des
poissons rouges vivants,
avec la condamnation d’un
jeune Britannique trahi par
la vidéo de son exploit sur
Facebook. Gavin Hope,
un commercial de 22 ans, a
été condamné à 330 livres
d’amende plus frais de justice
portant la facture à près de
1 000 euros. Il s’était fait
filmer lors du réveillon du
Nouvel An en train d’avaler
une pinte de bière épicée de
Tabasco, de tequila, d’un
œuf frais et de nourriture
pour poissons, avant
d’engloutir dans la foulée
l’animal encore frétillant.
La RSPCA a engagé en
début d’année une campagne
contre cette pratique dérivée
du « Neknominate », qui
consiste à lancer des défis
sur le net, invitant des
internautes à imiter leur
geste. Le juge du tribunal de
Gateshead qui a condamné
le jeune homme aux termes
d’une législation sur la
cruauté envers les animaux, a
dénoncé son comportement
« stupide ».
L’inspecteur en chef de la
RSPCA, Michelle Charlton,
a, quant à elle, cité le rapport
d’un vétérinaire établissant
que « l’estomac constitue
un endroit totalement
inapproprié pour un
poisson rouge, condamné
à une mort lente en raison
de l’effet conjugué d’un
manque d’oxygène, d’un
taux d’acidité (pH) élevé et
de l’alcool absorbé ». Elle a
salué le jugement en réitérant
l’exigence de mettre un terme
à une pratique « cruelle » qui
crée le buzz sur Internet, et
a invité le public à dénoncer
ceux qui s’y adonneraient.
Allemagne
Le canon à eau de la
police de Thuringe :
attention, fragile !
La police de l’État allemand
de Thuringe a dû admettre
avoir abîmé son nouveau
canon à eau antiémeute,
un engin de 33 tonnes et
900 000 euros, lors d’un
exercice avec... des œufs,
des balles de tennis et des
bouteilles en plastique. Le
pare-brise en polycarbonate
du WaWe 10, un camion
Made in Austria que l’État
fédéral a commandé à 61
exemplaires, a très mal
supporté la confrontation :
il présente des creux gros
comme le poing. « Jusqu’à
présent il n’est pas survenu
de dommages similaires
au nouveau WaWe 10 »,
a assuré une porte-parole
du ministère fédéral de
l’Intérieur, Pamela MüllerNiese.
L’engin, dont le réservoir
peut contenir 10 000 litres
d’eau, est censé être utilisé
notamment pour calmer
les hooligans, qui jettent
plutôt des pavés que des
balles de tennis. Bonne
nouvelle toutefois : le parebrise « n’est pas détruit », a
assuré à l’agence allemande
le porte-parole de la police
du Land de Thuringe, Dirk
Sauter.
Le 24 avril dans l’histoire
1915 : rafle des
personnalités arméniennes
de Constantinople. Cet
événement marque le début
du génocide des Arméniens
par la Turquie, qui fera de
800 000 à 1,5 million de
morts, selon les estimations.
1942 : naissance de Barbra
Streisand, chanteuse et
actrice américaine.
1955 : fin de la
Conférence de Bandung :
le mouvement des nonalignés condamne le
colonialisme, le racisme et
la guerre froide.
2004 : décès d’Estée
Lauder, pionnière dans la
production de cosmétiques.
2005 : Snuppy, premier
chien conçu par clonage en
Corée du Sud.