analyse du pavillon rietveld au musée kröller
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analyse du pavillon rietveld au musée kröller
ENSAM S7 2007-2008 STUDIO ARCHITECTURE ET PATRIMOINE - LAURENT DUPORT 01 ANALYSE DU PAVILLON RIETVELD AU MUSÉE KRÖLLER-MÜLLER À OTTERLO AGNES MAZOYER / RAPHAELA SCHRACK / CARMEN FRERICH / JEAN-YVES DEMUYTER / GRENIER DEMIAN Gerrit Thomas Rietveld LE PAVILLON DANS SON CONTEXTE Naissance à Utrecht le 24 juin 1888. Ce pavillon a été conçu en 1955 pour le Sonsbeek Park, à Arnhem (Pays-Bas), à l’occasion d’une exposition de plein air consacrée à des petites sculptures. Après avoir été démoli l’année suivante, le pavillon a été reconstruit en 1965 dans le jardin des sculptures du Kröller-Müller Museum, sur un site que RIETVELD a lui-même choisi. Fils d’un menuisier d’art, RIETVELD semble avoir un talent très précoce. La légende veut qu’il ait commencé à imaginer du mobilier dès l’âge de 12 ans. A 23 ans, RIETVELD lance sa propre entreprise d’ameublement en parallèle de ses études en architecture. En 1918, il obtient son diplôme d’architecture et dessine la chaise Rouge et bleue sous l'influence du mouvement De Stijl (qu’il intégrera en 1919). Il y rencontrera MONDRIAN. L’édifice a la simplicité et les qualités géométriques du groupe d’architecture DE STIJL. Autour d’un espace central carré (12x12m), RIETVELD a aménagé 3 corridors, galeries ouvertes sur l’extérieur. Il organise le plan comme le volume selon une trame de 2,40m. On retrouve des subdivisions de cette trame dans les menuiseries (0,60 et 1,20m). En 1924, il construit à Utrecht la maison Schröder pour Madame Schröder, architecte d’intérieur. Elle souhaitait une maison sans murs. RIETVELD propose une maison légère, lumineuse et ouverte, en privilégiant de larges fenêtres toute hauteur. Cette maison est aujourd'hui reconnue comme l’un des premiers symboles du mouvement moderne en architecture. Elle a été inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO en 2000. Gerrit Thomas Rietveld RIETVELD quitte le mouvement DE STIJL en 1928 et se tourne vers le Nieuwe Zakelijkheid (Nouvelle Objectivité). La même année il rejoint les CIAM. Le mur principal offre une surface linéaire qui se retourne à angle droit. Peu à peu, des volumes se forment selon les plis des murs. Une communication autant visuelle que réelle s’établit avec la nature, au travers de larges baies. Au final, intérieur et extérieur se mélangent sans jamais créer d’espace totalement clos. En 1932, il commence les esquisses du musée Van Gogh à Amsterdam. Il reprendra le projet en 1963, mais la réalisation ne verra le jour qu’après sa mort... Le parc naturel rattaché au Musée Kröller-Müller s’étend sur plus de 25 hectares. Ce parc, l’un des plus grands d’Europe, a été ouvert au public dans les années 1940. Plus d’une centaine de sculptures sont à découvrir au fil d’un parcours pédestre de 42 kilomètres. Intéressé dans la production industrielle du meuble et la réalisation de produits en tubes d’acier, il conçoit en 1934 sa fameuse chaise Zigzag, qu’il déclinera ensuite dans des formes différentes. Le pavillon RIETVELD est situé à un emplacement stratégique dans le parc. Il est proche du musée, situé sur une petite boucle du parcours. Des sculptures permanentes sont exposées dans la galerie du musée donnant sur le parc. Il y a donc une relation thématique avec le pavillon. Après une période « creuse » entre 1940 et le milieu des années 50, RIETVELD livre en 1955 le pavillon d’exposition du parc Sonsbeek à Arnhem. Ce projet lui permet de concrétiser sa conception de l’architecture pure, uniquement délimitation spatiale. Construit en parpaings de béton, le pavillon fut démonté après l’exposition. Il sera remonté en 1965 dans le jardin du musée Kröller-Müller, peu après la mort de RIETVELD (meurt à Utrecht le 26 juin 1964). Esquisse de la Maison SCHRODER (1923) MOBILIER Les matériaux de construction sont clairement exprimés : briques de béton, verre, poteaux et poutres en bois, toiture en canisse. Les briques de béton sont réglées sur la trame, puisqu’elles font 40cm de long (1/8ème de la trame) pour 20cm de haut comme de large. Un autre pavillon se trouve dans le parc, celui conçu par Aldo VAN EYCK. Il a été construit pour la première fois en 1965, et a été reconstruit en 2005 au même endroit. PLAN DE MASSE 1/1000 Chaise Rouge et bleue (1918) Cet objet constitue l’une des premières explorations du mouvement artistique De Stijl dans les trois dimensions. Conçue initialement avec une finition en bois naturel, la chaise a gagné en couleur vers 1921, date à laquelle RIETVELD a rejoint officiellement le mouvement et rencontré Piet MONDRIAN. Le procédé de fabrication se veut rationnel et simple : des barreaux posés les uns sur les autres ou juxtaposés symétriquement puis fixés par des chevilles de bois. L’assemblage par boulon est destiné aux seules planches du dossier et de l’assise soumises à de fortes charges. RIETVELD démontre ainsi que la construction détermine la forme externe, la fonction. Autrement dit, la technique et l’esthétique sont au même plan. MATIÈRES Chaise Rouge et bleue (1918) BÉTON Chaise de Berlin (1923) Vers 1923, RIETVELD introduit deux nouveaux éléments formels dans son design de mobilier : l’asymétrie et la construction en panneaux plats. Ces deux éléments peuvent être mis en constante réflexion pour créer une structure spatiale. La chaise de Berlin porte ce nom car elle a été spécialement conçue par RIETVELD et HUSZAR pour l'exposition de Berlin de 1923. Cette chaise est fréquemment dénommée "la chaise planche", du fait de son dossier très longitudinal. Chaise de Berlin (1923) KROLLER-MULLER MUSEUM Chaise Zig-zag (1934) Visuellement, la chaise Zig-zag est en contradiction absolue avec l'idée que l'on se fait habituellement d'un siège utilisable. Les différents éléments qui la constituent semblent tenir en équilibre et vouloir se rabattre sur eux-mêmes dès qu'on y prend place. Mais contrairement aux apparences, des assemblages à queues d’aronde entre l'assise et le dossier, ainsi que des pièces de renforcement en bois dans les angles aigus, confèrent à l'ensemble une bonne stabilité. Cette chaise est l'exemple la plus minimaliste d'une forme que RIETVELD voulait fonctionnelle, et qui ne modifie pas l'espace mais l'intègre dans une certaine continuité. Elle est construite à partir de quatre planches (cerisier ou frêne naturel) agencées de sorte à donner l'apparence d'une forme continue en zigzag. MOUVEMENT DE STIJL Chaise Steltman (1963) Cette chaise asymétrique, dessinée pour la bijouterie Steltma à La Hague, possède la composition des horizontales et des verticales si caractéristiques de RIETVELD. Petite particularité, cette chaise est disponible aussi bien pour une assise à gauche que pour une assise à droite, en version blanc délavé ou bois vernis. BLOC D'AGGLOMÉRÉ DE BÉTON Chaise Zig-zag (1934) http://www.meublepeint.com/gerrit-rietveld-chaise-rouge-bleue.htm http://www.bonluxat.com/a/Rietveld_Berlin_Chair.html http://www.objetdeco.com/objet/objet_chaise_zig_zag-1607-designer.html http://www.bonluxat.com/a/Rietveld_Steltman_Chair.html Chaise Steltman (1963) Dès les années 1910, des mouvements d’avant-gardes européens s’engagent dans une recherche nouvelle des formes et des fonctions. Comment vit-on l’espace ? Objets industriels et objets esthétiques sont-ils si opposés ? Pour les avant-gardistes, l’art est dans la vie. Il faut puiser dans les objets de la vie quotidienne qui sont des sources d’émotion, renouveler radicalement leurs formes du fait d’un nouveau rapport du corps à son environnement. Les champs d’application sont vastes : peinture, poésie, mobilier, architecture, arts appliqués, ceci montrant l’étendue d’un nouvel idéal. BLOC D'AGGLOMÉRÉ DE BÉTON Le premier numéro de la revue d’avant-garde DE STIJL, créée par les peintres Piet MONDRIAN et Theo Van DOESBURG, paraît en octobre 1917. MONDRIAN y publie ses théories à savoir que « l’art est un moyen aussi exact que les mathématiques d’atteindre l’état d’harmonie idéal ». L’œuvre doit être intégrée dans toutes les disciplines et conçue comme une synthèse des arts plastiques. Les conceptions du Stijl reposent sur des principes d’adjonction et d’opposition de formes fondamentales que sont le carré ou le rectangle. On ne fait que suggérer les limites car les lignes qui délimitent les formes, peuvent continuer au-delà de ce qu’elles contiennent. La tension s’engage dans ce jeu raffiné des surfaces et des lignes. De la forme élémentaire, accessible à tous, on joue sur les premiers plans et les fonds par un jeu de couleurs. Ces couleurs, choisies dans un répertoire peu étendu, permettent de dissimuler ou de faire apparaître les formes. Le rapport entre surfaces et couleurs introduit le jeu des contrepoids et de l’équilibre. Theo Van DOESBURG prône ainsi « l’usage exclusif de l’angle droit en position horizontale, verticale et des trois couleurs primaires auxquelles se joignent les non-couleurs : blanc, noir et gris ». CANISSE Maison SCHRODER (1924) Maison SCHRODER (1924) Musée Van Gogh Amsterdam (1932- 1963) Le mouvement du Stijl revendique ainsi l’élémentarisme, c’est-à-dire l’emploi minimal d’éléments, de formes simples qui permettent de communiquer au monde des vérités universelles. Cette géométrie radicale s’inscrit entre purisme et mysticisme.
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