Le salon du patrimoine immatériel marocain au Festival

Transcription

Le salon du patrimoine immatériel marocain au Festival
Le salon du patrimoine immatériel marocain au Festival international des contes. Les visiteurs du Salon du patrimoine culturel immatériel à Rabat, organisé dans le cadre du
9ème Festival international des contes, ont été séduits par les senteurs, les couleurs et la
vivacité émanant des stands marocains qui, comme un conte de fées/faits, transmettent un
message fort sur la richesse et la diversité d'une culture ancestrale.
Le Maroc, qui a ratifié en 2006 la convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel
immatériel, jouit d'un legs immémorial qu'il a réussi à préserver tant bien que mal. En vertu de
cette convention, on entend par +patrimoine culturel immatériel+ les pratiques, représentations,
expressions, connaissances et savoir-faire - ainsi que les instruments, objets, artefacts et
espaces culturels qui leur sont associés - que les communautés, les groupes et, le cas échéant,
les individus reconnaissent comme faisant partie de leur patrimoine culturel.
Ainsi, en est-il du stand de l'artisanat marocain qui se dresse avec fierté dans l'espace de la
Place de Djeddah (centre-ville) et n'échappe pas aux regards curieux et admiratifs des visiteurs
venus en couple ou en famille admirer un savoir-faire qui remonte à l'époque néolithique.
Patrimoine culturel immatériel enchante les visiteurs.
Dès l'entrée, un salon traditionnel marocain, où authenticité et modernité se mélangent avec
dextérité, accueille les pèlerins méditerranéens épuisés par le périple. Confort et convivialité
sont les signes de ce salon qui n'a rien à envier aux salons européens ou asiatiques. Des
bancs d'un bois noble et odorant sculptés avec habileté meublent l'espace. Ces sculptures
donnent une forme et une vie à la matière brute.
Le rembourrage des banquettes avec la mousse ferme explique la double fonction du salon
marocain qui sert à recevoir les invités et aussi leur permettre d'y dormir la nuit. Ces banquettes
habillées de tissus dorés avec le fameux brocard d' El bahja (un nom en arabe qui signifie la
joie) et les coussins faits du même tissu rajoutent du charme du salon marocain.
La table de coin fait la particularité du salon marocain, qui prend souvent la forme de L ou de U.
Elle permet de faire la jonction entre deux banquettes comme elle sert de table de rangement
ou de décoration.
1/2
Le salon du patrimoine immatériel marocain au Festival international des contes. Des guéridons octogonaux et des tables basses en harmonie avec les banquettes enchantent
le quotidien, donnant un signal fort sur une générosité héréditaire. Tapis, lanternes, coffrets de
rangement en bois, armoires et autres articles traduisent la créativité et le pragmatisme de
l'artisan marocain, qui a su adapter son talent et les matériaux humbles utilisés aux besoins de
l'époque.
A quelques pas du stand de l'artisanat, des voix tendres envahissent le lieu et transportent le
visiteur au Moyen Atlas, fief des tribus berbères réputées pour leur bravoure dans la lutte contre
le colonisateur: Ce sont les chants (izlan) d'Ahidous accompagnés des rythmes du bendir et
des danses souples d'hommes et de femmes se mettant en demi-cercle, épaule contre épaule.
Avec leurs pas diaphanes et leurs jolis accoutrements traditionnels en blanc qui chatoient leurs
tailles élancées et formes pulpeuses, ces chanteurs/danseurs habiles renvoient à l'esprit
collectif qui caractérise les tribus du Moyen Atlas.
Les populations du Moyen Atlas partageaient joie et tristesse et chantaient lors des fêtes
familiales, des moussems et à la moisson. Au milieu des hommes qui jouent au tambourin, se
trouve le chef d'orchestre, le meneur d'hommes et de femmes qui veille sur l'harmonie de la
troupe folklorique.
Pas loin du stand d'Ahidous, la troupe hassanie, venue du Sahara marocain, hypnotise les lieux
et les personnes avec une musique rythmique et la danse suave de la Guedra (du chaudron).
Avec leurs tambours en bois et instruments anciens, les membres de la troupe assis à genoux
chantent des poèmes inspirés du quotidien des populations de Trab El Beidane. Une femme se
présente au milieu du cercle et accomplit avec talent et grâce des danses qui laissent deviner
les courbes pudiquement cachés sous son voile et ses vêtements.
Les traditions orales et le patrimoine culturel du Maroc font sa fierté et il faut faire des pieds et
des mains pour les préserver et les transmettre aux générations montantes.
2/2