Etudes de Médecine à l`étranger - Etat des Lieux et
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Etudes de Médecine à l`étranger - Etat des Lieux et
Etudes de médecine à l’étranger Etat des lieux et propositions de l’ANEMF Avril 2013 Sommaire Introduction 1 Application du processus de Bologne 2 Organisation générale du cursus pré internat 6 Statut de l’externe 14 Accès aux études médicales 16 Le numerus clausus 22 La sélection pendant les études médicales 24 Les modèles pédagogiques d’enseignement 26 L’accès à l’internat 30 Exercer avant l’internat 36 L’internat et après 37 Les différentes réformes des études médicales 40 Le poids et les revendications des organisations étudiantes 42 Conclusion 44 Bibliographie 46 Contacts 49 Contribution études de médecine à l’étranger - ANEMF Avril 2013 INTRODUCTION A l’heure où la réforme du DFASM bat son plein, où les Epreuves Classantes Nationales informatisées s’organisent, où toutes les possibilités sont ouvertes concernant les modalités d’entrée dans les études de médecine, l’ANEMF a souhaité enquêter à l’international afin d’acquérir l’expérience d’étudiants étrangers et leurs témoignages. Mobilisant le réseau de la Fédération Internationale des Associations d’Etudiants en Médecine (IFMSA) pendant les mois de décembre 2012 et janvier 2013 via une enquête (disponible en annexe), l’ANEMF a réuni une centaine de réponses de 52 pays différents. L’IFMSA est reconnue comme une organisation non gouvernementale par l’Organisation des Nations Unies, travaille en collaboration avec l’Organisation Mondiale de la Santé et l’UNESCO. Elle compte dans son réseau 117 associations nationales membres, représentant ainsi 2 000 000 étudiants en médecine des cinq continents. Cette enquête s’est attachée à l’évaluation de l’application du Processus de Bologne dans les pays européens d’abord, mais aussi au statut de l’externe ou équivalent, aux conditions de travail des étudiants, aux modèles pédagogiques d’enseignement, ainsi qu’à l’entrée dans les études de médecine, dans l’internat, et la validation du deuxième cycle (ou équivalent). Enfin, le déroulement de l’internat sera brièvement traité. Dans une dernière partie, l’ANEMF fait un état des lieux de la représentation étudiante nationale lors de la prise de décisions concernant la réforme de nos études, et des revendications portées par les organisations carabines nationales. Ce vaste état des lieux se clôt par un rappel des positions de l’ANEMF concernant la réforme des études de médecine en France, et la proposition de développement de certaines pistes de réflexions découlant des informations apportées par ces recherches. Des témoignages d’étudiants quant à leur formation ont été inclut dans ce documents, sous forme d’encadrés. 1 Contribution étude de médecine à l’étranger - ANEMF Avril 2013 L’application du processus de bologne Présentation du processus de bologne Q uarante sept pays européens ont signé depuis 1999 le processus de Bologne, qui a permis la création d’un Espace Européen de l’Enseignement Supérieur. Ce processus de Bologne comprend 10 grandes lignes directrices, qui sont les suivantes : - La lisibilité des diplômes : Chaque diplôme doit pouvoir être lisible et compris, quelque soit le pays d’obtention de ce dernier. - Un système à 3 cycles d’études : Le fameux LMD (Licence - Master - Doctorat), avec une Licence en 3 ans, un Master en 2 ans et un Doctorat en 3 ans. - Création du Système de Crédits Européens Accumulables et Transférables : Les ECTS. Un ECTS, ou crédit européen, correspond a environ 25/30h de travail, dont ⅓ en présentiel. Ces crédits sont attribués à des Unités d’Enseignement et la validation des UE permet leur capitalisation. En général, il est attribué 60 ECTS à une année d’étude (180 ECTS pour la Licence, 120 ECTS pour le Master...) - Promotion de la mobilité : Le processus de Bologne doit permettre la simplification des démarches pour la mobilité des étudiants mais également des enseignants et des personnels des universités à l’étranger. - La démarche qualité : Chaque formation doit faire l’objet d’une évaluation par un organisme extérieur et indépendant de l’Etat et des universités. - Promotion de la dimension européenne de l’Enseignement Supérieur : Création de l’Espace Européen de l’Enseignement Supérieur, pour que les diplômes européens puissent faire concurrence aux plus grandes universités américaines. Contribution études de médecine à l’étranger - ANEMF Avril 2013 - L’apprentissage tout au long de la vie : Notion de formation continue des étudiants et futurs professionnels. - La participation étudiante : Intégration des étudiants dans tous les processus décisionnels - Promotion de la Recherche dans l’espace européen de l’enseignement supérieur. Ce processus de Bologne a donc bouleversé l’ensemble du schéma de l’enseignement supérieur européen, en visant principalement une harmonisation des formations et des diplômes, afin de concurrencer les universités Nord-Américaines. L’application aux différents cursus de l’enseignement supérieur a été plus ou moins rapide selon les pays. Pour les études médicales, la transformation n’a pas encore eu lieu totalement à l’heure actuelle, mais les évolutions sont en cours dans de nombreux pays. Cependant, ces évolutions doivent prendre en compte un autre cadre européen : la directive 2005/36/CE. Quarante sept pays européens ont signé depuis 1999 le processus de Bologne 2 Rappel directive 2005/36/CE L a directive européenne 2005/36/CE, relative à la reconnaissance des qualifications professionnelles, comporte un chapitre entier destiné aux médecins et à leur formation. Ce chapitre comprend les articles 24 à 30 de cette présente directive. La formation spécialisée doit se faire à temps plein, dans des postes reconnus par les autorités compétentes de l’Etat. L’étudiant en formation spécialisée doit participer aux activités médicales et aux gardes, contre une rémunération dite appropriée. La dénomination des spécialités diffère selon les pays, et est explicitée en annexe de la directive. La première partie du chapitre (article 24) concerne la formation médicale de base. Elle doit ainsi comprendre au total 6 années d’études ou 5500 heures d’enseignements théoriques et pratiques, organisées dans une université ou un établissement agréé par l’université. La formation médicale de base doit permettre l’acquisition de connaissances et compétences liées aux sciences de base fondant la médecine, liées à la structure et au fonctionnement de l’être humain (anatomie, physiologie, psychologie), et liées au raisonnement clinique (prévention, diagnostic, thérapeutique...). La partie suivante (article 25, 26 et 27) concerne les médecins spécialistes. Pour accéder à la formation spécialisée, l’étudiant doit avoir accompli 6 années d’études (la formation médicale de base). Cette formation doit comprendre un enseignement théorique et pratique dans une université et un centre hospitalier universitaire. La durée de la formation dépend de la spécialité et est fixée en annexe de la directive. Trois parties ayant attrait aux qualifications professionnelles La troisième et dernière partie (article 28 à 30) s’intéresse aux médecins généralistes. Pour accéder à la formation en médecine générale, les étudiants doivent également accomplir les 6 années de formation médicale de base. Depuis 2006, cette formation doit avoir une durée d’au moins 3 ans à temps plein. Elle comprend une formation pratique en établissement hospitalier agréé pour la formation en médecine générale ou dans un centre dispensant des soins primaires (pour une durée maximale d’un an dans la formation). Elle doit être de nature plus pratique que théorique. Il est nécessaire d’effectuer au moins 6 mois de stage dans un centre de soins primaires pour obtenir le diplôme. Evaluations du Processus de Bologne A ucun des représentants nationaux ayant répondu au sondage n’est au fait d’un rapport officiel évaluant la mise en place du processus de Bologne et son adaptation aux études de médecine. La France devra présenter une évaluation de l’application du processus de Bologne à tout l’enseignement supérieur en 2015 pour la prochaine conférence minis3 tèrielle sur l’Espace Européen d’Enseignement supérieur. En Estonie, il n’y a pas d’évaluation, l’heure est plutôt à une implantation du processus de Bologne dans les changements du cursus. Il y a plusieurs objectifs que les facultés souhaitent atteindre, et ils prennent en compte le Processus de Bologne. Le processus de Bologne n’est pas Contribution étude de médecine à l’étranger - ANEMF Avril 2013 une fin en soi, mais il est utilisé comme outil pour leur réforme. l’enseignement supérieur en général et l’implantation du processus de Bologne, dont les conclusions n’ont pas été accessibles en anglais (seulement en néerlandais). En revanche, une évaluation de l’application du processus pour tout l’enseignement supérieur est réalisée en Estonie, et les conclusions ont été retranscrites en un livre (mais il n’est pas centré sur les études médicales). Au Portugal, le processus de Bologne a été implanté en 2007 dans toutes les facultés de médecine portugaises. Jusqu’à maintenant, aucun rapport d’évaluation national n’est connu. En revanche, certaines facultés ont fait leur propre rapport d’évaluation interne dans le but d’améliorer le cursus. La réforme du cursus dans ces facultés n’est pas directement liée au processus de Bologne mais a un but de refonte pédagogique et structurelle. Partielle Plannifiée Non abordé Abordée mais décision de ne pas le développer Cette enquête reprend les objectifs du processus de Bologne : Complète Aux Pays Bas, Le système BA-MA/ ECTS était un consensus national. Il y a quelques publications de programme type master que l’on peut faire après avoir obtenu le grade licence de médecine, bien que la plupart soient dans le secteur de la biomédecine ou de la recherche, concentrés sur les sciences médicales ou la santé publique. Il existe un rapport national concernant L’IFMSA a réalisé un sondage en janvier 2013 (...) permettant de se rendre compte de l’application du processus de Bologne L’IFMSA a réalisé un sondage en janvier 2013 permettant aux étudiants de rendre compte de l’application du processus de Bologne dans leurs facultés, auquel 23 pays ont répondu ( 2 facultés d’Autriche, 4 facultés de Belgique, 4 facultés de Bulgarie, 3 facultés de Croatie, 3 facultés République Tchèque, 1 faculté d’Estonie, 17 facultés de France, 1 faculté de Georgie, 10 facultés d’Allemagne, 6 facultés de Grèce, 3 facultés de Hongrie, 7 facultés d’Italie, 1 faculté de Lithuanie, 1 faculté du Luxembourg, 1 faculté de Malte, 10 facultés de Pologne, 7 facultés du Portugal, 4 faculés de Roumanie, 1 faculté de Russie, 5 facultés d’Espagne, 1 faculté de Suisse, 3 facultés des Pays bas, 2 facultés de Turquie), totalisant 97 réponses, une réponse évaluant l’implantation du processus de Bologne dans une faculté (pas de doublon), soit 97 facultés différentes représentées, donc 17 françaises. Life long learning (formation continue) 14 37 15 19 14 Employabilité 12 34 16 27 10 Education, recherche et innovation 17 53 10 12 7 Apprentissage centré sur l’étudiant et la mission d’enseignement dans l’enseignement supérieur 13 41 15 22 8 Lisibilité et équivalence des diplômes 35 33 8 19 5 Mobilité 26 44 9 10 10 Ouverture à l’international 19 40 10 21 10 Dimension sociale, accès équitable et validation 22 41 11 22 4 Modèle en trois cycles (LMD) 31 23 8 31 7 Assurance qualité 25 35 15 22 3 Implantation (% dans les facultés) Objectifs Contribution études de médecine à l’étranger - ANEMF Avril 2013 4 A propos de l’implantation du modèle Licence – Master – Doctorat, o Cursus en deux cycles : • premier cycle principalement composé de sciences médicales fondamentales, suivi d’un deu xième cycle clinique pour 41% des facultés • modules intégrés (sciences médicales basiques et médecine cliniques couplées sur les deux cycles) pour 25% des facultés • autre modèle : 8% o Alternatives présentées à l’étudiant suite à la validation du premier cycle • second cycle des études médicales dans la même faculté pour 53% des facultés • second cycle des études médicales dans une autre faculté de médecine pour 53% des facultés • continuer ses études dans une autre filière non médicale pour 24% des facultés • recherche d’emploi après la licence dans 18% des facultés ENQA A u niveau Européen, on retrouve une agence évaluant les agences d’évaluation nationales. Il s’agit de l’European Network of Quality Assurance in Higher Education (ENQA). Cette agence évalue et accrédite en son nom les agences nationales. Elle permet l’évaluation de l’indépendance des agences d’évaluation. Seuls quelques pays ont été évalués par des agences accréditées par l’ENQA : le Montenegro, Portugal, Espagne, Pays Bas. Les conclusions de ces évaluations ne nous ont pas été communiquées. Graduations D ’après le questionnaire envoyé aux associations adhérentes à l’IFMSA (Fédération Internationale des Associations d’Etudiants en Médecine), en Europe le premier et deuxième cycle des études médicales ont une durée homogène de six ans. En fonction des pays interrogés, plusieurs schémas d’études sont définis à l’intérieur de ces six années : - En Belgique, Portugal, Pays Bas et Turquie, il y a une licence individualisable puis un master en trois ans. Cependant, en Belgique, au Portugal, les étudiants peuvent s’orienter vers un master en sciences médicales sans avoir validé une licence complète en sciences médicales, c’est à dire qu’ils peuvent accéder au master avec une licence autre qu’ayant pour thème les sciences médicales. Alors qu’aux Pays Bas, la validation d’une licence spécifique est obligatoire pour pouvoir intégrer le master. 5 - En Allemagne, il n’existe pas de grade intermédiaire, il y a deux ans de formation théorique et quatre années de formation dite principale. D’après tous les pays (Belgique, Suisse, Portugal, Pays Bas, Allemagne, République Tchèque, Estonie) ayant répondu à ce questionnaire, le grade de doctorant est obtenu à la fin de la sixième année excepté l’Estonie où les étudiants obtiennent un grade doctorant à la fin de la quatrième année. Le grade doctorant signifie que les étudiants préparent leur doctorat. Plusieurs schémas sont définis (dans) ces six années - En Suisse, désormais il existe une différenciation bachelor (licence)/master. - En France, le grade licence est obtenu en 3 ème année (DFGSM3) et le grade master en 6 ème année (DFASM3) Contribution étude de médecine à l’étranger - ANEMF Avril 2013 Organisation générale du Cursus pré internat World Federation of Medical Education W orld Federation of Medical Education est l’organisation internationale représentant tous les professeurs de médecine et les institutions enseignant la médecine. WFME a développé une trilogie des standards globaux pour l’amélioration de la qualité des études médicales depuis 1998. Cette trilogie a été publiée en 2003, puis révisée en 2011 puis re-publiée en 2012. Ce projet est approuvé par l’Organisation Mondiale de la Santé et l’Association Médicale Mondiale. Les trois buts de ce projet sont : - encourager les facultés de médecine à créer leurs propres projets pour changer et améliorer la qualité des études de médecine en accord avec les recommandations médicales internationales ; - établir un système d’évaluation et d’accrédiation national et/ou international des facultés de médecine pour assurer des standards de qualité minimum pour les programmes d’études médicales ; - pour sauvegarder la pratique en médecine et l’utilisation de la main d’œuvre médicale et augmenter l’internationalisation, par des standards des études médicales internationaux bien definis. WFME a développé une trilogie des standards globaux pour l’amélioration de la qualité des études médicales depuis 1998 Contribution études de médecine à l’étranger - ANEMF Avril 2013 Ces standards internationaux, d’après la WFME, peuvent être utilisés globalement comme un outil pour assurer la qualité et le développement des études médicales de base. Cela peut se faire de différentes manières comme : - auto évaluation de l’institution et des programmes des facultés de médecine - évaluation externe ou par les paires - combinaision d’auto évaluation et d’évaluation par les paires - reconnaissance et accréditation Ces standards sont formulés comme une combinaison de processus, contenu, et réseultats/compétences standards, utilisant deux niveaux d’accomplissement (standards basiques et standards pour le développement de la qualité), et pas seulement des minimums requis. Un standard basique doit être appliqué par toutes les facultés de médecine et la résussite démontrée pendant l’évaluation de la faculté. Un standard pour développer la qualité est en accord avec le consensus international à propos des meilleures pratiques des facultés de médecine et l’éducation médicale de base. En tout, les recommandations de la WFME réunissent 100 standards basiques et 91 standards de développement de la qualité. Ces recommandations couvrent 9 parties avec un total de 36 sous parties. 6 1 : Mission et résultats - Déclaration de mission - Participation dans la formulation de la mission - Autonomie instiutionnelle et liberté universitaires - Résultats éducatifs 2 : Programme éducatif - Modèle de curriculum et méthodes d’instruction - Méthode scientifique - Sciences biomédicales basiques - Sciences sociales et comportementales et éthique médicale - Science clinique et compétences - Structure du curriculum, composition et durée - Gestion du programme - Liaison entre la pratique médicale et le secteur de la santé 3 :Evaluation des étudiants - Méthodes d’évaluation - Relations entre l’évaluation et l’apprentissage 4 : Etudiants - Politique d’admission et sélection - Capacités d’accueil - Conseil et soutien aux étudiants - Ceprésentation étudiante 5 : Equipe/faculté universitaire - Recrutement et politique de sélection - Activité de l’équipe et politique de développement 6 : Ressources éducatives - Installations physiques - Ressource d’entrainement clinique - Technologie d’information - Recherche médicale et bourse d’étude - Expertise éducative - Echanges d’étudiants Etudiants en médecine, infirmières et chirurgien en Guinée Crédit photo : www.wfme.org 7 : Evaluation des programmes - Mécanisme pour controler les programmes et évaluation - Professeur et retour des étudiants - Performances des étudiants et diplomes - Investissement des parties prenantes 8 : Gouvernance et administration - Gouvernance - Direction universitaires - Budget éducatif et attribution de ressources - Equipe administrative et management - Interaction avec le secteur santé 9 : Renouvellement continuel Pour plus de détails, voir le document annexe. 7 Contribution étude de médecine à l’étranger - ANEMF Avril 2013 En europe F ORMATION DU PREMIER CYCLE La durée de formation uniquement théorique des études médicales en Europe varie entre deux ans (Allemagne, Malte, Suède), trois ans (Pays Bas, Grèce, Bulgarie, Pologne, Montenegro, République Tchèque, Espagne, Danemark) et quatre ans (Suisse) Dans certains pays comme la Croatie, les étudiants commencent leurs stages à partir de la sixième année. Par ailleurs, de nombreuses particularités propres aux pays sont intéressantes à noter : En Allemagne, la formation de base qui dure deux ans est une formation pré-clinique qui comprend des enseignements théoriques et pratiques en physique, chimie, biologie, physiologie, biochimie, anatomie, psychologie et sociologie appliquées à la médecine. Les étudiants doivent faire 3 mois de stage en soins hospitaliers et une formation de secourisme avant l’examen de fin de 2ème année. La durée de formation (...) varie en Europe entre deux, trois et quatre ans. En Suisse, les étudiants apprennent pendant la première année les sciences fondamentales (physique, chimie, biologie), l’anatomie et l’introduction à la médecine psychosociale. Pendant les deuxième et troisième années, ils étudient les sciences médicales de base (morphologie, physiologie, pathologie), et l’introduction à la médecine clinique (sémiologie). Et pendant la quatrième année, ils abordent la médecine clinique (par catégories : médecine interne, chirurgie, pédiatrie, gynécologie et obstétrique). En France, les étudiants ont deux ans de cours uniquement théoriques, avec un stage d’initiation aux soins infirmiers entre la première et la deuxième année et un stage de sémiologie en fin de deuxième année. La troisième année varie en fonction des facultés : dans certaines les étudiants commencent les stages en temps plein ou mi temps en parallèle à des cours théoriques, et dans certaines les étudiants n’ont que des cours théoriques, avec parfois quelques semaines de stages. En Pologne, pendant les deux premières années, les enseignements sont uniquement théoriques, soit le matin soit l’après midi. Pendant la troisième année il y a des enseignements cliniques le matin, et cours théoriques l’après midi. Aux Pays-Bas, avant de commencer leur pratique clinique, les étudiants doivent mener un projet de recherche. En Bulgarie, les étudiants ont des enseignements pré-cliniques mais aussi pratiques avant de commencer leur externat. En Estonie, la théorie et la pratique sont mal différenciées. Les étudiants ont des enseignements à l’hôpital, cela s’appelle la classe pratique. Contribution télémédecine - ANEMF Avril 2013 8 Témoignage de BULGARIE : « Il y a assez de cours théoriques mais pas assez de stage. Environ 1 étudiant diplomé sur 10 obtient une spécialité à la fin de ses études, il y a un serieux problème dans notre système de santé. Beaucoup de jeunes diplomés partent se spécialiser à l’étranger » « Il n’y a pas assez de pratique et le système d’enseignement est trop vieux » F Au Portugal, en Pologne et en Autriche, les étudiants sont en stage à mi-temps le matin durant leurs quatrième et cinquième années, et en cours l’après midi. Durant leurs sixième année, les étudiants ont uniquement stage. En Bulgarie, l’organisation est la même mais les stages commencent en 3ème année. ORMATION DU DEUXIEME CYCLE Après avoir démarré leurs stages cliniques, les études de médecine en Europe gardent une part d’enseignement théorique. Le rapport théorie/pratique est très hétérogène entre les pays et intra-pays. Aux Pays-bas, les étudiants ont une semaine de préparation théorique puis 5 à 10 semaines de stages, durant lesquels, pendant quelques jours, l’étudiant retourne à l’université pour des présentations (1 jours toutes les deux semaines). Le reste du temps, il est à plein temps à l’hôpital. En Croatie, la notion d’externat n’existe pas. On pourrait l’assimiler à la septième année où les étudiants sont en stage en permanence, de 7h à 14h environ. Les stages sont cependant très courts, de 2 semaines à un mois environ par service, avec une “maquette” à respecter selon l’orientation voulue. En Suède, les étudiants en médecine effectuent sept semestres, ils sont à l’hôpital dès la 3ème année (dont un semestre en chirurgie). Ensuite, ils font 18 mois de stage en tant qu’interne Témoignage de POLOGNE : « Il y a un tout petit peu trop de cours théoriques. A mon avis nous devrions avoir plus de stages, et travailler plus à l’hôpital » 9 Témoignage d’ALLEMAGNE : « Globalement les études sont bien, mais très théoriques. L’accès et les restrictions (numerus clausus) sont injustes. » En Allemagne, les étudiants font quatre mois de stage («Famulatur») en hôpital ou cabinet médical entre l’examen de fin de 2ème année et la fin de la 5ème année (hors période de cours) et une année de stage pratique en 6ème année. La première des 4 années de formation clinique (la troisième - cf supra) est consacrée à un enseignement médical général, les 2ème et 3ème années aux différentes disciplines cliniques. La 4ème année de clinique («Praktisches Jahr») comprend une formation pratique de 48 semaines, à raison de 16 semaines en médecine interne («InnereMedizin»), 16 semaines en chirurgie et 16 semaines à choisir dans une des spécialités médicales. En France, le deuxième cycle des études de médecine est organisé avec, selon les facs : les étudiants sont en stage le matin et en cours l’après midi de la quatrième à sixième année, avec une durée de stage de trois mois, ou des stages de six semaines en temps plein suivi d’une periode de cours théoriques de six semaines. C’est la période dite d’externat. En Suisse, pendant les 5ème et 6ème années les étudiants sont uniquement à l’hôpital pendant 11 mois. Contribution télémédecine - ANEMF Avril 2013 Témoignage d’ESTONIE : « Pas assez de pratique. Nous n’avons pas de vision claire de toutes les choses qu’une personne qui étudie doit savoir. » Témoignage du DANEMARK : « nous n’avons pas assez d’expérience clinique et trop de théorie inutile. A Copenhague, nous avons des examen intégrés, ce qui est aussi très mauvais. » Témoignage d’Espagne : « à mon avis, nous avons trop de cours théoriques : bien plus que ce que nous pouvons intégrer et utiliser. (Tu n’as pas besoin d’être un expert en lymphome génique pour être hématologue..) et nous pourrions avoir beaucoup plus de (en fait de bien meilleurs) stages. Nous avons trés peu de compétences et celles ci doivent être apprises pendant l’internat (quand, à mon avis, c’est trop tard, car on est déjà légalement responsable de notre patient). De plus, il faudrait être plus formé sur la résolution de problèmes et la prise de décision, capacités qui sont inconnues pour nous. » Témoignage de Georgie : « les cours théoriques sont bien mais il n’y a pas assez d’enseignements pratiques. Peut être à cause des cliniques, ou des professeurs ou des étudiants mais c’était pas bien pour moi. » Témoignage d’ITALIE : « Il n’y a pas assez de stages ni de professeurs qui acceptent de nous enseigner comment être médecin. » « Je pense qu’il y a trop de théorie, pas de pratique, et c’est vraiment trop cher (nous ne sommes payés qu’au début de l’internat). » Témoignage de MALTE : « Je pense que notre salaire est trop pauvre comparé à d’autres programmes universitaires et sachant que nous faisons beaucoup d’heures supplémentaires, et même des gardes. » Témoignage du Montenegro : « Nous avons trop de cours théoriques et pas assez de stages. » Témoignage de SUISSE : « Je pense que c’est bien. Ils essayent vraiment de bien nous éduquer. Nous avons un bon mélange d’exercices pratiques, théoriques et de formations de communication. » Le tableau ci-contre récapitule les données sur les stages pratiques équivalents à notre externat ainsi que les gardes. Il manque certaines informations, cela correspond aux NC (non communiqué) On peut voit à travers ce tableau, que le rôle de l’étudiant en médecine est assez homogène entre les différents pays : observation, examen clinique, quelques actes médicaux ou infirmiers. Les étudiants sont toujours sous la responsabilité du médecin, mais ils restent en général avec l’interne. Dans certains pays, comme en Italie et en Espagne, Norvège les études de médecine dépendent beaucoup des universités, il n’y a pas de cadrage national, il est donc impossible d’y définir des schémas généraux d’organisation des études médicales. Contribution études de médecine à l’étranger - ANEMF Avril 2013 10 Pays Durée des études pré-internat Année de début des stages d’externat Temps (T) Rôle - responsabilité Année de début des gardes Allemagne 6 ans 3ème Temps plein observation, examen Non Autriche 6 ans 3ème ou 4ème Mi-temps observation, examen Non Bulgarie 6 ans 7ème Mi-temps observation, examen 6ème, non payées (NP) Croatie NC 7ème Temps plein observation NC Danemark 6 ans 4ème Temps plein observation, examen, actes NC Espagne 6 ans 3ème ou 4ème Mi-temps observation 3ème, pas de nuit, NP Estonie 4 ans 3ème et demie Temps plein Georgie 6 ans 3ème Mi-temps Grèce 6 ans 4ème Temps plein observation, examen 5ème - NP Italie 6 ans 3ème ? observation stricte Non Malte 5 ans 3ème Temps plein Interrogatoire, examen 5ème - NP Montenegro 6 ans 4ème NC observation, examen, papier 6ème - NP Norvège NC Université dépendant NC université dépendant NC Pays Bas 6 ans 4ème Temps plein observation, examen, actes oui - NP Pologne NC 4ème Mi-temps examen non Portugal 6 ans 4ème ? observation, examen, papier 6ème - NP Russie 6 ans 3ème ou 4ème selon l’université Mi-temps observation NP République Tchèque 6 ans 4ème NC observation non Suède NC 3ème Temps plein observation, examen NC Suisse 6 ans 5ème Temps plein Turquie 6 ans 4ème selon les services 11 observation, examen, papier observation, examen, actes Facultatif Facultatif - NP dépend des services, varie de l’observation 4ème et payées unisimple jusuq’au rôle des quement en 6ème internes Observation, examen, papier et parfois plus, 6ème dû au manque de médecins Contribution étude de médecine à l’étranger - ANEMF Avril 2013 Hors europe Au Chili, les premières années permettent l’acquisition de connaissances médicales et la familiarisation au milieu de la santé. Puis les stages à mi-temps débutent en troisième année et se poursuivent durant les quatrième et cinquième années. les étudiants sont simplement observateurs. Ils n’ont pas un rôle précisément défini, et ce jusqu’à la fin de la cinquième année (études pré-internat). Durant les sixième et septième années, les étudiants deviennent « internos », un équivalent de l’externe en France. Au Mexique, les études médicales sont organisées de la manière suivante : « Carrera » 4 à 5 ans avec presque uniquement de la théorie, « Interna » de 1 an durant laquelle l’interne est toujours à l’hôpital avec des stages en médecine ou chirurgie de 2 mois, « Servicio de salud », 1 an ou l’interne est affecté à un village en général isolé, il doit cette année à l’État. Au Maroc, l’externat débute en troisième année. Il dure quatre ans. En Jamaïque, le cursus est composé de trois ans théoriques suivi de deux ans de stages pratiques. Durant les 6ème et 7ème années, ils sont «Internos», équivalent de l’externe En Thaïlande, les études se font en trois années théoriques et trois années de pratique avec une transition progressive des responsabilités jusqu’au poste d’interne. En Equateur l’externat dure cinq ans. Il est suivi d’un internat d’un an, puis d’une période d’exercice rural obligatoire de deux ans. Ensuite, l’étudiant a accès à la spécialisation. En Uruguay les étudiants ont 6 ans de théorie et de stages d’observation (très peu de responsabilités), un an de pré internat (la ‘résidence’, autonomie possible sous l’œil d’un interne ou d’un senior) puis spécialisation (internat) ou exercice libéral non spécialisé. Témoignage d’ARGENTINE : « le temps est bien réparti entre la théorie et la pratique basique et clinique. Le point faible serait le manque d’intégration, particulièrement dans la partie pré clinique. » Témoignages de République Dominicaine : « Il devrait y avoir plus de supervision à l’hôpital durant nos stages. » « Je pense que nous avons assez de pratique avec plus qu’un an et demi de stage. Mais je pense que nous pourrions avoir plus de cours théoriques. » Témoignage du Pakistan : « Il y a trop de cours. Il y a suffisamment de stages mais très peu de supervision. » Témoignage du Pérou : « Je pense que nous avons trop de cours théoriques, je veux dire qu’en Inde par exemple ils ont seulement 4 ans d’études de médecine, idem au Japon, et nous c’est six ans ! je pense que c’est trop théorique, et ça coûte trés cher, bien que ce soit bon marché comparé, par exemple aux études de médecine aux USA. Mais c’est cher pour nous les péruviens. » Témoignage de Russie : « il y a trop de théorie, pas assez de pratique. » Témoignage des Etats-Unis « Ce serait mieux d’avoir moins de cours pendant les deux premières années et plus de temps pour les stages et la pratique/enseignement intégrés à l’hopital/ pendant les années cliniques. » Contribution études de médecine à l’étranger - ANEMF Avril 2013 12 13 Contribution étude de médecine à l’étranger - ANEMF Avril 2013 STatut de l’externe En europe D ans la suite du questionnaire, nous nous sommes intéressés au statut et à la rémunération des étudiants en médecine européens. La plupart n’ont pas de statut spécifique et ne sont pas rémunérés. Concernant la rémunération, seuls les étudiants allemands, croates, français maltais, russes et suisses reçoivent un salaire. Tandis que, pour le statut, ce sont les autrichiens, les hollandais et les suisses qui ont un statut spécifique. Les autres sont soit considérés comme des étudiants soit n’ont pas de statut. Il est à noter cependant, que les conditions de travail diffèrent aussi selon les pays. En Suisse par exemple, les externes effectuant des gardes doivent payer leur chambre à l’hopital 300 euros.. Pays Statut Salaire mensuel (€) SMIC brut 2012 (€) Allemagne Etudiant 400, hôpital dépendant none Autriche Particulier Pas de salaire NC Bulgarie Etudiant Pas de salaire 138,05 Croatie NC 100 - 250 373,36 Danemark NC Pas de salaire NC Espagne Etudiant Pas de salaire 748,30 Estonie Absent Pas de salaire 290 France Etudiant-Employé 128 à 277 1430,22 Georgie Etudiant Pas de salaire NC Grèce Absent Pas de salaire 876,62 Italie Etudiant NC NC Malte Etudiant 80 679,87 Montenegro Etudiant Pas de salaire NC Pays Bas Particulier Pas de salaire 1446,60 Pologne Etudiant Pas de salaire 336,47 Portugal Etudiant Pas de salaire 565,83 République Tchèque Etudiant Pas de salaire 161,91 Russie Etudiant - Employé 0 à 42 NC Suisse Particulier 500 à 1000 région dépendant NC Turquie Absent 127 en 6ème année 362,84 Contribution études de médecine à l’étranger - ANEMF Avril 2013 14 Hors Europe E n dehors de l’Europe, nous avons recensé seulement trois pays qui rémunèrent leurs externes : le Mexique (30€/mois) le Maroc (11€/mois) et l’Iran. Tout les autres dont nous avons les réponses (le Chili, la Bolivie, le résil, l’Indonésie, l’Equateur, le Japon, le Nigéria, Panama, le Pérou, le Canada, le Rwanda, les USA,et Taiwan) ne versent pas de rémunération à leurs externes Contribution sur le statut de l’Externe français Document de l’ANEMF Janvier 2013 15 Contribution étude de médecine à l’étranger - ANEMF Avril 2013 accès aux études médicales G en europe Pays râce à ce questionnaire, nous avons pu voir que les façons d’accéder aux études de médecine sont diverses. La grande majorité des pays interrogés ont choisi de sélectionner les étudiants avant leur entrée à l’université. Ils peuvent être sélectionnés sous forme de concours écrit, d’entretien, ou sur dossier : Note du Concours secondaire écrit / dossier Examen écrit puis entretien Sélection pendant ou en Pas de fin de première sélection année Allemagne Autriche Bulgarie Croatie Danemark Espagne Estonie France Grèce Islanade Italie avant P1 Malte Montenegro Norvège Pays Bas Portugal Suède Suisse République Tchèque Turquie Contribution études de médecine à l’étranger - ANEMF Avril 2013 16 Tirage au sort Argent hors europe Pays Note du Concours secondaire écrit / dossier Examen écrit puis entretien Sélection pendant ou en Pas de fin de première sélection année Tirage au sort Argent Algérie Australie Bangladesh Bolivie Brésil Canada Costa Rica Chili Egypte Equateur (public) Equateur (privé) Ethiopie Hong Kong Indonésie Iran Israël Jamaïque Japon Jordanie Kenya Liban Maroc Mexique Népal Nigéria Pakistan Panama Pérou Portugal Rwanda Soudan Taiwan Tunisie Etats-Unis Uruguay 17 Contribution étude de médecine à l’étranger - ANEMF Avril 2013 P : lusieurs pays méritent que l’on s’attarde sur leur façon de sélectionner les étudiants en médecine Au Canada (Québec inclus), les étudiants sont tout d’abord sélectionnés en fonction de leurs notes dans l’enseignement secondaire. Puis, ils passent des entrevues standardisées (mises en situation). Certaines universités demandent également aux étudiants de remplir un questionnaire par écrit avant la tenue des entrevues. D’autres universités demandent le CV et une lettre de motivation. Au Danemark, les étudiants sont sélectionnés sur les notes du lycée et des entretiens avant la première année. Cependant, 5 à 10% des étudiants peuvent accéder à la filière médecine par des passerelles. Les étudiants étrangers sont systématiquement classés dans la catégorie C Témoignage du CANADA - QUEBEC : « J’aime la double sélection entrevue + notes. » En Norvège, l’entrée en faculté de médecine se fait sur dossier, avec un barème de points. Ces points peuvent provenir des notes obtenues au baccalauréat, de la participation au service militaire, ou encore être attribués en fonction de l’âge. En Suisse, le mode de sélection est différent selon les facultés : - Pour les universités non francophones, il est nécessaire d’avoir un certificat gymnasial ou fédéral de maturité (équivalement du baccalauréat). - Les facultés francophones n’ont pas d’examen d’admission. Cependant, les examens en première année ont un taux d’échec élevé. Contribution études de médecine à l’étranger - ANEMF Avril 2013 - Les facultés alémaniques et celle de Fribourg ont un numerus clausus et un examen d’aptitude (tests psychotechniques). La réussite de cet examen permet d’entrer en première année mais ne garantit pas la réussite des études par la suite. Aux Pays Bas, tous les étudiants sont classés en fonction de leurs notes à l’examen équivalent au baccalauréat. Selon leurs notes, ils sont rangés dans une catégorie (A → note > 8/10, B, C). Plus basse est la note, moins ils ont de chance d’entrer en médecine. Les étudiants étrangers sont systématiquement classés dans la catégorie C. Il y a deux tours à la loterie : le premier permet de savoir si l’étudiant a accès aux études de médecine, et le deuxième permet de choisir l’université en fonction des choix fait par l’étudiant lors de son inscription à la loterie. Les étudiants de catégorie A (note supérieure ou égale à 8) peuvent automatiquement entrer en faculté de médecine et choisir leur université En dehors de la loterie, il y a une procédure de sélection dite « décentralisée ». Cette sélection est différente selon les universités, mais la plupart du temps elle consiste en un entretien, CV et différents examens. La sélection décentra- Témoignages des PAYS-BAS : « Les études de médecine sont accessibles à n’importe qui, mais seulement pour un nombre limité de personnes. Les universités sont autorisées à sélectionner leurs étudiants, donc les étudiants les plus expérimentés, avec les meilleures notes auront plus de chances. » « La sélection n’est pas purement basée sur les notes de l’école, il a été prouvé par beaucoup de recherches que ce n’est pas le facteur le plus important pour être un bon médecin. La sélection décentralisée gagne de plus en plus d’importance, sélectionnant les étudiants par des mini entretiens et leur CV et motivation, au lieu des notes. » « Ça s’améliore, le système de loterie craint, et ils essayent de le changer en faisant passer un examen écrit. » lisée a un rôle de plus en plus important dans l’admission en médecine. L’année prochaine (2013-2014) elle concernera 80% des étudiants. En Espagne, les étudiants sont sélectionnés en fonction de leurs notes de concours final du lycée (à 40%) et de leur notes de lycée (à 60%), c’est la Selectividad. En Belgique, cela dépend des universités. Par exemple, en Flandres, il existe un examen centralisé (bases scientifiques, test de personnalité et lecture de textes), alors qu’en Wallonie, tout le monde peut entrer en première année. La sélection se fait après le premier semestre (janvier). En fonction de la note, l’étudiant a trois options : continuer le cursus de base médical, arrêter ou suivre un programme spécial. Si l’étudiant valide les examens du programme, il peut continuer en médecine. A partir de 2013, les étudiants doivent faire un test “de compétence” non obligatoire avant de commencer leur cursus médical de base. Les étudiants qui n’ont pas fait leur lycée en français doivent passer un examen de langage. En Allemagne, une moyenne de 1 à l’Abitur (le bac allemand), soit l’équivalent de 16 à 20/20 en France est requise pour être admissible en première année dans une université allemande. Cette barrière est difficile à franchir pour les candidats qui n’ont plus qu’à prendre leur mal en patience. En effet, le système prévoit que chaque année d’attente améliore d’un dixième la moyenne obtenue à l’Abitur. Face à l’inflation de moyennes excellentes (le nombre de bacheliers détenant un 1 est ainsi passé pour le seul Land de Rhénanie du Nord Westphalie de 386 en 2004 à 795 en 2009), ainsi aucune admission en médecine n’est plus garantie même pour les meilleurs des élèves. Le temps d’attente peut être long. 19 Une moyenne (...) de 16 à 20/20 est requise pour être admissible en première année. En Turquie, les étudiants passent un examen au niveau national. Pendant la 4ème année de lycée, les étudiants font un examen classant pour toutes les universités et les programmes de leur choix. La première étape est un examen avec des questions à choix multiples en mars appelé YGS, elle consiste en 160 questions, 40 pour les Mathématiques, 40 pour les Sciences, 40 en Science sociale, et 40 en Turc pour avoir accès à l’enseignement supérieur. Il faut avoir 180 points pour avoir accès à la deuxième étape (apparemment facile pour quelqu’un qui veut étudier la médecine). La deuxième étape se compose de 5 examens : mathématiques, sciences, turc, sciences sociales et anglais. Il faut valider les mathématiques et la science pour entrer en médecine. Les étudiants peuvent valider autant d’autres matières qu’ils veulent mais ça ne facilitera pas leur entrée en médecine. Les résultats tombent un mois après. Il y a 575 points : 200 dépendent de la première étape, 300 de la deuxième, et 75 des notes du lycée. Pour accéder à la médecine l’étudiant doit avoir au moins 530 points, ce qui est trés difficile à obtenir Après avoir obtenu ces points, l’étudiant doit envoyer une liste de préférences des universités et des programmes. Cette sélection est aussi dépendante des résultats et du classement Au Luxembourg, pour s’inscrire dans la filière Médecine, l’étudiant doit pouvoir prouver au moment de la date limite d’inscription un bilinguisme Témoignage de l’ALLEMAGNE : « C’est le débat en cours et les facultés de médecine choisissent un peu comment ils sélectionnent les étudiants en médecine. Mais en général ils sont trés influencés par les notes du Level-A (équivalent du baccalauréat). A notre avis, cela ne reflète pas la capacité à devenir un médecin. » Contribution étude de médecine à l’étranger - ANEMF Avril 2013 franco-allemand (certificats de langues C1 ou cursus scolaire dans le système luxembourgeois). La sélection sur dossier d’au maximum 100 étudiants. L’enseignement dispensé en filière médecine dans le cadre d’une 1ère année du Bachelor Académique en Sciences de la Vie correspond aux exigences de la 1ère année des facultés de médecine des universités avec lesquelles l’Université du Luxembourg a des accords d’équivalence. Après l’examen-classant de cette fin de 1ère (et unique) année à Luxembourg, où l’attribution des places se fait par ordre de mérite en fonction de la moyenne générale, la poursuite des études de médecine en 2ème année universitaire est possible en France, Belgique et éventuellement Allemagne, dans la limite des places disponibles dans ces pays. Témoignage d’EGYPTE : « L’accès à la faculté de médecine est trés sélectif à cause du haut GPA que l’on doit obtenir pour s’inscrire. La faculté de médecine elle même est surpeuplée (une année peut accueillir jusqu’à 1000 étudiants). Les connaissances cliniques sont facilement accessibles cependant les méthodes d’évaluation ont besoin d’être réactualisées et améliorées. » « Le problème est que vous pouvez candidater en faculté de médecine si vous avez un minimum GPA au lycée. Ce GPA dépend généralement du nombre d’heures passées au secondaire à étudier et mémoriser, et ne prends pas vraiment en compte le sens critique et les compétences. Je suggère d’avoir une année de “pré-médecine” pour tout le monde qui s’inscrit en médecine, et le développement des méthodes d’évaluation pendant cette année pour filtrer et sélectionner les étudiants aptent à devenir étudiant en médecine. » Témoignage d’Algérie : « c’est JUSTE : les étudiants sont classés après l’examen de fin du secondaire (baccalauréat) et les études de médecine sont gratuites (2/an) donc il n’y a pas d’inéquité entre les régions et les étudiants riches/pauvres. Mais : la sélection est basée sur les résultats d’un examen qui inclut les notes de certains cours non liés aux études de médecine comme la philosophie, géographie, sport !!! donc les compétences des étudiants en médecine ne sont pas testées avant l’entrée en faculté de médecine. » Témoignage d’Autriche : « Je pense que la manière dont c’est organisé n’est pas la bonne, comme le nombre d’étudiants été radicalement restreint depuis 2006, et d’un autre côté l’Autriche s’attend à un manque de médecins en périphérie dans les prochaines années. » Témoignage de République Dominicaine : « Je pense qu’il n’y a pas d’équité pour l’accès à la carrière médicale : il y a seulement une faculté de médecine publique, donc principalement ceux qui peuvent payer les frais d’inscription de l’université sont ceux qui peuvent y accéder. Je n’aime pas ça, je préfèrerais un système publique avec les mêmes possibilités pour tout le monde. Pour l’accès, peut être j’implanterais un système où on pourrait valoriser les notes du secondaires, et après ça, un entretien personnel ou un examen d’entrée. » Témoignage de Jordanie : « L’accès aux études médicales est un peu trop simple avec seulement les notes du secondaires pour jugement. » Témoignage du Kenya : « La sélection peut être organisée nationalement, les études médicales peuvent être standardisées au niveau national. » Témoignage du Mexique : « C’est un peu difficile car il y a seulement une université publique par état et les frais de scolarités sont vraiment trés chers pour beaucoup de gens. Pour les gens qui ont peu de moyens c’est trés difficile d’y accéder. » Contribution études de médecine à l’étranger - ANEMF Avril 2013 20 Témoignages du Brésil : « Peut être un examen pratique devrait être requis dans chaque sélection, en plus de juste un examen écrit. » « L’accès aux études médicales se fait par “vestibular”, un examen qui, à mon avis, priorise la mémorisation de données plutot que les compétences du candidat. » « C’est plutot juste, mais il devrait analyser les aspects humains des étudiants, évaluer la manière dont ils traitent les patients. De cette façon, on sélectionnerait les étudiants avec de meilleurs critères. » « La manière d’entrer dans l’université est en train de changer au Brésil. Le gouvernement travaille pour faire un examen pour toutes les universités afin qu’après avoir fait le test, avec les résultats en main, les étudiants aient juste à choisir leur université et voir s’ils sont acceptés ou pas (comme le système des USA). Je préfère l’autre manière (l’ancienne) parce que je pense que la sélection est meilleure. Le nouveau système a beaucoup de problèmes... » « J’aime la manière dont les étudiants peuvent accéder aux études de médecine et à l’internat. Ils peuvent le faire via examens écrits, pratiques et entretiens. Je pense que de cette manière on sélectionne les étudiants qui travaillent le plus. » « C’est difficile et seulement ceux qui ont la possibilité de payer une formation complémentaire peuvent passer. » « C’est exclusif. Seulement la partie la plus riche de la population, qui a accès à une bonne éducation de base, peut obtenir les notes pour entrer en faculté de médecine. Le reste de la population parfois ne sait même pas ce qu’est l’université. Cette situation est en train de changer, mais c’est toujours trés fort au Brésil. Avec l’internat, il a proliféré parmi les facultés de médecine les organismes dis “med-cursos”, cours qui préparent les étudiants en médecine pour avoir de bonnes notes aux tests d’admission à l’internat. Ce sont des cours payants, et trés chers (avec un cout total de 10 000$ brésiliens, ou 4000 euros). Je rejette totalement le “vestibular” qui permet d’accéder aux études de médecine, et la manière dont sont fait les examens d’entrée à l’internat. Nous avons besoin d’une évaluation permanente ici au Brésil, qui stimule les étudiants et les poussent à rechercher des connaissance tout le temps, et pas juste étudier pour passer un examen ponctuel. » Témoignage de Colombie : « Pour moi c’est un autre point névralgique car le système publique est corrompu. Pour accéder aux études de médecine il faut passer un examen, et avec cette qualification on peut payer pour s’inscrire dans une université, mais il y a des gens au gouvernement qui vendent les réponses de l’examen. » Témoignage d’Espagne : « Accès aux études de médecine : il devrait être changé. C’est un non sens d’être classé par un examen de philosophie et d’histoire de l’art si l’on veut faire médecine (on devrait être testé sur des matières scientifiques, ce qui n’est pas toujours le cas). Je pense qu’un entretien personnel serait important aussi, puisque l’aspect humain en médecine est trés important, bien que cet examen sujectif soit trés compliqué à mettre en place. De plus, cet examen de fin du secondaire est différent dans toutes les régions d’Espagne. Il faut passer cet examen dans la région d’origine, mais pourtant on peut aller à l’université dans une autre région qui pourrait avoir un examen plus difficile (ce qui est clairement le cas entre certaines régions) et cela créer une situation injuste quand quelqu’un d’une “région facile” peut prendre la place d’un étudiant dans une “région difficile”. » Témoignage du Nepal : « Très bonne modalité d’entrée dans les études médicales. Tous les étudiants après le secondaire doivent faire face à un examen national avant l’entrée en faculté de médecine. Mais ceux qui peuvent payer n’ont pas à se préoccuper de leur position sur la liste des méritants. » Témoignages des Etats-Unis : « En général, ça marche bien concernant l’accès. Cependant, il y a constamment des améliorations à faire. Nous travaillons sur les critères d’admission en faculté de médecine, plus de places d’internat pour les internes en soins primaires, et étudions les aspects éthiques et le professionnalisme dans le choix des candidats appropriés pour les programmes d’internat. » 21 Contribution étude de médecine à l’étranger - ANEMF Avril 2013 le numérus clausus Pays Numérus Clausus Population (hab) Instance décisionnelle Algérie 3500/an 37 100 00 Ministère de l’enseignement supérieur Autriche 356/an 8 460 390 Bulgarie 500 à 600/an1 7 364 570 Québec 3 700/an 8 080 550 Colombie 60/an ou par semestre/fac 46 591 147 Danemark 500/semestre 5 592 888 Estonie 140/an 1 282 963 Espagne 6900/an2 46 754 784 France 7492/an 65 436 552 Géorgie 1000/an 4 585 874 Hong Kong 420/an 7 071 576 Italie 9000/an 60 626 442 Israël 80 à 150/facultés3 7 956 000 Japon 8900/an 127 368 088 Montenegro 40/an 661 807 Népal 600/an 29 890 686 Pologne 5192/an 38 501 000 Pays Bas Supprimé en 20134 16 733 727 Portugal 1350 à 1800/an 10 561 614 Suisse 1000/an5 7 952 600 Salvador Que pour le public 7 066 403 Soudan 6000/an 34 206 710 Tunisie 1000/an 10 777 500 Taïwan 1300/an 23 061 689 Ministère de la santé Universités MESR et MASS Ministère : sauf s’ils payent 7 000€ (pour les étrangers) ou 3 500€ (pour les Bulgares) : en augmentation tous les ans, de même que le nombre de faculté, principalement privées, passé de 28 à 39 entre 2009 et 2011 3 : pour 2 000 candidats 4 : Avant suppression : 2 400 à 2850/ans pour les 8 facultés 5 : pour 4 000 demandes 1 2 Contribution études de médecine à l’étranger - ANEMF Avril 2013 22 D ans une vingtaine de pays (minimum), le numerus clausus n’existe pas : Australie, République Tchèque, Russie, Turquie, Bangladesh, Brésil, République Dominicaine, Equateur, Ethiopie (actuellement les facultés de médecine acceptent un total de deux milles étudiants, mais l’objectif est d’arriver à 10 000/an d’ici 3-4 ans), Indonésie, Kenya, Corée, Malaisie, Malte, Pérou, Philippines, St Kitts and Nevis, USA, Allemagne, Chili Lors d’un enquête menée en août - septembre 2012 au sein du réseau de l’IFMSA par l’ANEMF (cf. Contribution “Démographie Médicale, l’expérience internationale” publiée le 16 décembre 2012), la liste des pays ayant mis en place un numérus clausus avait été établie. Il était alors clair qu’il n’y avait aucun lien direct entre la mise en place ou non de cette mesure et les problèmes de répartition et de manque de médecin sur le territoire qu’ils déclaraient avoir : - la République Tchèque, Turquie, Bangladesh, Brésil, République Dominicaine, Indonésie, Pérou, Philippines, Chili le numerus clausus n’existe pas, et pourtant ils déclarent ne pas avoir suffisamment de médecins exerçant sur leurs territoires (soit en zone sous dense, soit en zone sur dense, soit les deux) - il en va de même pour l’Autriche, Allemagne, Bulgarie, Canada, Colombie, Danemark, Estonie, Georgie, Israel, Nepal, Pays Bas, Portugal et Soudan qui eux sont soumis à un numerus clausus - enfin, le Montenegro est soumis à un numerus clausus, et pourtant il fait partie des rare pays (avec la Suède et la région Catalogne) à déclarer ne pas avoir de problème de démographie médicale. - aucun pays recensé par les différentes enquêtes menées par l’ANEMF au sein du réseau IFMSA n’a déclaré n’avoir ni problème de démographie médicale ni numerus clausus 23 Dans une vingtaine de pays, le numérus clausus n’existe pas Contribution étude de médecine à l’étranger - ANEMF Avril 2013 La sélection pendant les études de médecine La sélection par concours 17% des pays interrogés ne nécessitent de passer un concours durant les études de médecine que pour accéder à la première année de médecine (Autriche, Israel, Tunisie, Taiwan, Corée, Libye, Panama, Soudan, Montenegro). 15% des pays interrogés sélectionnent les étudiants en médecine à la fin de la première année (Russie, Taiwan, Brésil, Bangladesh, Corée, République Tchèque, Grèce). Dans 62% des pays interrogés, les étudiants en médecine doivent passer un concours en première année et avant l’internat (Mexique, Espagne, Estonie, Algérie, Nepal, Chili, Portugal, Pérou, Bulgarie et Italie) La sélection par les examens annuels ou semestriels D ans certains pays, la formation médicale ne passe par aucun concours. C’est le cas de l’Allemagne et de la Suisse. En Suisse, la proportion des étudiants qui ne terminent pas leurs études est d’environ 25%. La majorité des étudiants sortent après la 1ère ou la 2ème année. Chaque année se solde par un examen qu’il faut réussir pour passer à l’année suivante. En Allemagne, l’examen de la deuxième année est le plus important, le Physikum : si l’étudiant échoue à cet examen, il est exclut des études médicales. Les examens des autres années peuvent être passés au maximum trois fois. En Suisse, chaque examen peut être redoublé une fois, il faut avoir 4/6 pour valider (les notes sont sur 6 et non sur 20); environ 10% des étudiants sont recalés par année. Contribution études de médecine à l’étranger - ANEMF Avril 2013 Témoignages d’AUTRICHE : « Je pense que nous n’avons pas assez de cours pratiques. Dans nos stages nous n’avons pas souvent l’attention des médecins, ils ne se préoccupent pas de nous. J’ai souvent l’impression que je les dérange/ ennuie avec mes questions » « La pire chose dans mes études est que nous n’avons qu’un seul gros examen par an qui comprend 150 à 250 QCM. Cela n’aide pas à comprendre le sujet mais juste à nous faire apprendre par cœur. Heureusement ils essayent depuis peu de se concentrer plus sur les examens pratiques et l’apprentissage de compétences sociales. L’un dans l’autre j’aime beaucoup étudier la médecine et j’ai rencontré de très bons professeurs sur mon chemin, alors tout n’est pas si mal. » Témoignages de JORDANIE : « Les études sont trop chères pour les améliorations faites dans les facultés. Cela fait trés longtemps qu’il n’y a pas eu de révision du système et je pense que cela devrait être fait. Les questions d’examens se concentrent plus sur des items triviaux que sur des problèmes généraux pendant les années basiques. Pendant les années cliniques, les examens sont très subjectifs plutôt que d’être objectifs. Il y a enfin un manque de cours pratiques durant les années basiques (ce n’est pas le cas de toutes les facultés de Jordanie). » En Thaïlande, les études sont jalonnées d’examens nationaux qui déterminent le droit à passer au statut supérieur. Le Panama, les Etats-Unis, l’Equateur, et la Grèce réalisent également une sélection pendant le cursus. Chaque année peut être éliminatoire, via des examens semestriels. La mise en compétition des étudiants par un classement se fait dans les pays suivants : Jordanie (pas d’effet de sélection), Mexique, Brésil, Mexique, Taiwan (chaque semestre), République Tchèque, Grèce, Philippines et Bulgarie, Pérou, Georgie, Malaisie, Equateur, Ethiopie, Japon, Népal, Soudan, Tunisie, Etats-Unis, Géorgie, Pologne, Russie, Hong Kong (par quartiles). Dans certains pays, la formation ne passe par aucun concours Témoignages de TUNISIE : « Les cours théoriques ne sont pas si bien conçus quand il s’agit de combiner les différentes disciplines. Si seulement les différents enseignants et coordinateurs de ces disciplines se réunissaient pour mettre en place une nouvelle organisation de leurs cours afin de pallier au désordre et manque de coordination ! » 25 Contribution étude de médecine à l’étranger - ANEMF Avril 2013 Les modèles pédagogiques d’enseignement Apprentissage par discipline C haque matière est enseignée séparément, sans lien entre chacune. C’est la forme la plus ancienne d’enseignement. On la trouve en Colombie (en majorité sauf dans quelques facs qui enseignent par système), République Dominicaine (ça a changé juste cette année, ils sont passés de l’apprentissage par discipline à l’apprentissage par système, donc toutes les universités ne sont pas encore à jour), Ethiopie, Indonésie, Israel, Kenya, Libye, Malaisie, Pakistan, Pérou, Philippines, St Kitts et Nevis, Soudan, Allemagne (fac dépendant), Pologne, Espagne, Turquie Témoignage du MEXIQUE : « Je pense qu’on est pas assez préparé pour la recherche. Nous avons beaucoup d’opportunités pour assister à des cours pratiques ou théoriques facultatifs supplémentaires. » Apprentissage par système C haque matière enseignée tourne autour d’un organe ou appareil. Il s’agit de l’enseignement en modules intégrés, qui permettent une meilleure acquisition des connaissances. Quelques pays l’ont mis en place : Bangladesh, Jordanie, Georgie, Malte, Suisse, Hong Kong Apprentissage par problème F orme d’apprentissage tournant autour d’un cas clinique, à partir duquel l’étudiant doit rechercher les informations dont il a besoin pour le résoudre. Cette méthode d’apprentissage laisse une grande part au travail personnel, et vient du Canada. Contribution études de médecine à l’étranger - ANEMF Avril 2013 26 Apprentissage par discipline et par système A lgérie, Argentine, Chili (mais c’est université dépendant), Mexique, Panama, Tunisie, USA, République Tchèque, Danemark, Estonie, Grèce, Montenegro, Russie, Bulgarie (par discipline (pré clinique), et les trois dernières par système (clinique)) Témoignage de TUNISIE : « Les cours théoriques ne sont pas si bien conçus quand il s’agit de combiner les différentes disciplines. Si seulement les différents enseignants et coordinateurs de ces disciplines se réunissaient pour mettre en place une nouvelle organisation de leurs cours afin de pallier au désordre et manque de coordination ! » Apprentissage par système et par problème Témoignage d’EQUATEUR : E quateur (cela dépend des facultés. Dans certaines il s’agit d’un apprentissage par système les deux premières années, puis de la 3ème à 6ème de l’apprentissage par problème), Népal « Je pense que nous avons suffisamment de pratique et d’entrainement sur l’aspect psycho social des patients. A la fin de la sixième année nous sommes capables de bien traiter un patient d’une manière holistique (en considérant le patient comme un tout). Je pense que nous avons besoin de plus de cours de génétique, biologie moléculaire, et d’informations actualisées sur les découvertes scientifiques récentes. » Apprentissage par système, par problème et par disciplinaire A ustralie, Brésil, Canada, Costa Rica, Egypte (cela dépend des facultés, certaines font par problèmes mais la majorité commencent par discipline puis progressivement passent en système), Salvador, Japon, Corée, Taiwan, Autriche, Espagne, Italie (de la première à la troisième année c’est apprentissage par discipline, et de la 4 à 6ème année c’est apprentissage par système), Portugal (faculté dépendant), Pays Bas 27 SALVADOR : « Je pense que le programme devrait plus se focaliser sur les capacités d’apprentissage de chaque personne, certaines ont besoin de plus de pratique, d’autres ont besoin de se concentrer sur la théorie... Et bien sur dans le cas de mon pays tout le monde n’a pas accès à ce cursus pour raisons économiques » ITALIE : « Nous sommes un pays qui a un trés vieux programme d’apprentissage à cause de la société médicale qui ne veux rien changer. » PAYS BAS : « Ca dépend de l’université et de la construction du cursus. Personnellement je suis trés heureux de la manière dont le programme est développé, trés focalisé sur le patient et les problèmes (apprentissage par problème). Nous commençons avec beaucoup de théorie les trois premières années, puis au fur et à mesure il y a plus de pratique, jusqu’à la sixième année ou nous pratiquons quasiment commeétude médecin. » à l’étranger - ANEMF Avril 2013 Contribution de médecine Cas du brésil Témoignages du BRESIL : A pprentissage par patient : Il s’agit d’une forme d’apprentissage plus large que l’apprentissage par problème (par exemple : le patient diabétique). Dans certaines universités les étudiants commencent par discipline (deux premières années) puis par problème. La méthode varie en fonction des facultés. « Je pense que nous pourrions avoir plus de professeurs. Nous n’en avons pas assez pour un développement décent de notre méthode d’enseignement, qui est l’apprentissage par problème. » « Le Brésil, en général, a une méthode d’enseignement très conservatrice. Les choses commencent à changer depuis 1996, mais certaines facultés de médecine résistent au changement, et gardent leur cours théoriques basiques. Mon programme, de l’université fédérale Fluminense, était un des premiers à changer, en 1994, abandonnant l’enseignement par discipline et implantant un modèle qui préconise un médecin scientifiquement, humainement et techniquement capable de travailler sur la santé, comme praticien généraliste, aux niveaux primaires, secondaires et tertiaires, considérant les patients comme un individu complet et non comme un tas d’organes et de systèmes travaillant séparément. Nous avons des matières comme morphologie, mécanismes de défense et d’agression, biologie cellulaire et moléculaire, médecine globale de l’adulte et de la personne âgée, médecine globale de l’enfant et adolescent, santé et société, épidémiologie, travail en zone surveillée et autres. Le dernier est celui où l’on commence à pratiquer la médecine, depuis la première année, observant et participant sur le lieu de travail des médecins, puis observant et participant à l’organisation de l’unité de soin, puis participant aux soins primaires, puis secondaires, puis d’urgence. » Témoignage du Kenya : « l’enseignement est trop fragmenté, dépendant de chaque université. Il n’y a pas de flexibilité permettant d’avoir d’autres intérêts, comme l’IFMSA par exemple. » Témoignage du Pakistan : « Les cours nous sont imposés plutôt qu’enseignés. Les universités privées sont trop chères. » Témoignage de Taiwan : « Je pense que l’enseignement des disciplines (anatomie) commence trop tard (en 3ème année). Globalement je pense que les cours sont bons. Cependant les années de base sont longues et un peu ennuyeuses, il y a beaucoup de bachotage avec beaucoup de connaissances qu’un cerveau ne peut pas endurer, nous avons assez d’opportunités d’approcher les patients pendant l’année clinique et les séniors sont prêts à nous diriger. » Contribution études de médecine à l’étranger - ANEMF Avril 2013 28 29 Contribution étude de médecine à l’étranger - ANEMF Avril 2013 Accès à l’internat Entretiens d’embauche (sélection locale) En Autriche, à la fin de la 6ème année, les étudiants candidatent pour toutes les spécialités de leur choix en envoyant leur diplôme et leur CV. Ils sont classés par date de candidature. A titre d’exemple, l’hôpital le plus réputé a un délai de deux ans sur liste d’attente. Dans les hôpitaux privés, la sélection se fait par qualifications. En Allemagne, les étudiants peuvent candidater dans les hôpitaux de leur choix après avoir validé un examen théorique et pratique. Au Brésil, chaque hôpital, ville, état et hôpital privé a son propre test d’admission pour l’internat. Ils peuvent prendre en compte le cursus (notes globales sur tout le cursus, participations en congrès, publication d’articles dans des journaux académiques). L’étudiant peut essayer d’obtenir une place vacante via ce concours. Au Canada, il existe un processus standardisé national (le CARMS). Les étudiants envoient un CV et des lettres de motivation, et indiquent leur trois premiers choix par spécialité (possible à partir de la fin de la quatrième année). Si les milieux hospitaliers sont intéressés, il y aura par la suite des entretiens. Au Danemark, la sélection se fait par un entretien et présentation du CV. Au Salvador, après la 8ème année (6 ans d’études, 1 an de stage, puis 1 an de travail social pour le pays), les étudiants candidatent pour l’internat en fonction des spécialités qu’ils ont choisi, et ont des examens écrits, évaluations psychologiques et entretiens. Contribution études de médecine à l’étranger - ANEMF Avril 2013 Témoignage du BRESIL : « Le principal problème ici est que nous pensons que nous devrions diplômer les étudiants en médecine pour prévenir et agir dans le système de santé publique et travailler pour les populations dans le besoin, privilégiant toujours l’équité. » « Je pense que ce n’est pas juste. L’accès ne sélectionne pas les étudiants préparés, et l’examen d’internat n’a pas de partie pratique, priorisant la formation technique. » Au Japon, il existe un système appelé “matching” pendant la sixième année (dernière année de médecine). Les étudiants sélectionnent d’abord l’hôpital dans lequel ils veulent travailler, puis y candidatent. Ils ont alors à passer des examens écrits et des entretiens, puis s’ils sont acceptés, peuvent y travailler comme médecins après avoir été diplômés de l’université. Les notes académiques de la 4ème année sont très importantes, car tous les étudiants de quatrième année passent un examen appelé “CBT” qui est décisif pour l’admission dans l’hôpital de leur choix pour l’internat. Aux Pays-Bas, les étudiants terminent leurs études (6 ans) s’ils ont validé tous leurs modules. Ils peuvent alors pratiquer en hôpital, mais ne peuvent pas ouvrir de cabinet. Pour être médecin généraliste ou exercer une autre spécialité à son compte, il faut faire une formation plus poussée, encadrée par un senior. Le poste est pourvu après un entretien, et les étudiants sont d’avantage sélectionnés sur leur CV (articles publiés, PhD, diplômes 30 d’honneur, activités extra scolaires comme du bénévolat) que sur leurs résultats aux examens. Ils doivent candidater auprès d’un hôpital rattaché à une université. La plupart des ouvertures de postes d’internat de spécialité sont coordonnées régionalement, les plus petites spécialités étant coordonnées nationalement. La plupart du temps, il est organisé deux tours de sélection tous les ans. La compétition est rude car tous les diplômés n’obtiennent pas de place de spécialité. En Suisse : la validation de l’examen de fin d’étude (6 ans) se déroule sur un an avec dix examens oraux et cinq examens en QCM, donne accès au poste d’interne. C’est à l’étudiant de trouver un poste en hôpital où il effectuera sa spécialisation. Il est de son ressort d’établir des contacts durant ses stages d’externe pour se faire connaître des services et trouver son futur lieu de formation. Au Royaume Uni, les études générales durent 5 ans, au bout desquelles l’étudiant doit trouver un poste en hôpital pour faire sa spécialisation. Selon son objectif, il va se plier aux critères de sélection de chaque Collège Royal, un par spécialité (dont la médecine générale). Il postule comme pour une demande d’emploi. Il est jugé sur sa personnalité, mais le dossier scolaire est également très important. La formation dure de 3 à 8 ans, et il faut réussir les examens propres à chaque spécialité pour être accepté dans le Collège Royal Sélection plurirégionale Témoignage des PAYS BAS : « Les internes sont sélectionnés en fonction de leur CV, ce qu’ils ont fait, et sans accorder d’importance aux notes. Là encore, les notes de la faculté de médecine ne sont pas représentatives de qui est un “bon médecin”. » de Chirurgie, de Gynécologie, de Psychiatrie, etc... L’examen est théorique mais juge également beaucoup sur la pratique, avec de multiples entretiens, et entre autres des consultations filmées et commentées. Les autres pays assurant une sélection sur entretiens sont : Egypte, Grèce, Liban, Nigéria, Panama, Suède, USA, Equateur, Israel, Jordanie, Kenya, Pakistan, Hong Kong. Témoignage de la SUISSE : « Nous avons comme problème qu’il n’y a en réalité pas assez de médecins et nous essayons d’obtenir plus de places. En tant qu’association étudiante nous n’avons pas beaucoup de pouvoir (ou de temps) pour aider sur ce sujet. » Concours régional I l s’agit d’une sélection divisée selon les régions (une sélection pour le Nord du pays et une pour le Sud par exemple). L’enquête n’a permis de relever que la Bolivie. 31 S eul le Rwanda a été relevé comme exemple de concours régional. Contribution étude de médecine à l’étranger - ANEMF Avril 2013 Concours national En Algérie, l’examen se déroule à la fin de la 7ème année. Tous les candidats passent trois examens (sciences basiques, pathologies cliniques, dossiers) de 100 QCM chacun. Les étudiants choisissent ensuite leur spécialité et l’hôpital en fonction de leur classement. Chaque faculté organise son propre examen, le même jour, afin d’éviter que des étudiants le passent dans deux villes ou plus la même année. En Argentine, les étudiants passent un examen fait de questions à choix multiples à la fin de la sixième année. Les candidats choisissent l’hôpital et la spécialité qu’ils veulent. Témoignages du Mexique : “Nous manquons de places dans les programmes d’internat. » En Bulgarie, après l’obtention du diplôme en fin de sixième année, l’étudiant passe un examen pour chaque spécialité qu’il veut. En fonction de ses notes, il est classé dans les différents hôpitaux du pays. En République Dominicaine, après la fac de médecine (5 ans et demi), les étudiants ont l’obligation de faire un an de “service national” pour pouvoir obtenir le titre de médecin. Une fois l’année terminée, les étudiants sont éligibles pour accéder à l’examen médical national, requis pour candidater à l’internat. Suite à cet examen, il y a d’autres examens à l’hôpital et des entrevues pour des postes spécifiques En Estonie, à la fin de leur sixième année, les étudiants se présentent à un examen final. Deux semaines après, les étudiants passent un examen d’entrée aux différents programmes d’internat. Un étudiant peut choisir jusqu’à deux programmes pour candidater. À l’examen d’entrée, il y a 40 points : 10 pour l’examen final, 20 pour un examen écrit de base, et 10 points pour Contribution études de médecine à l’étranger - ANEMF Avril 2013 Témoignages de Bulgarie : « Les examens d’entrée ne sont plus nécessaires - il faut définitivement un renouveau ; peut être une implantation du système Français. » « Pas assez de places en spécialité pour les étudiants diplomés. » l’examen oral. Celui qui a le plus de points est sélectionné. La ville est également choisie par celui qui finit le premier. Au Mexique, après la fin de la 7ème année, les étudiants doivent passer le concours de la “residencia” pour se spécialiser (« Residencia » 4-5 ans), appelé ENARM. Ce concours est national. Sinon ils peuvent exercer comme médecin de famille. Cet examen est écrit, teste les connaissances et la capacité analytique, de diagnostic. S’ajoutent à cela des entretiens. Au Portugal, à la fin de la sixième année, il y a un examen national basé sur 5 thèmes des principes de médecine interne de Harrisons (cardiologie, hématologie, Témoignages de République Dominicaine « Il y a tellement peu de places d’internat en République Dominicaine, que souvent un jeune diplômé ne peut pas obtenir un poste dés la première tentative. » néphrologie, pneumologie et gastroenterologie) avec 100 questions, puis les étudiants choisissent l’hôpital où ils veulent faire leur année commune. Après cet examen, tous les étudiants sont classés puis choisissent leurs spécialité (en novembre de l’année de fondation/commune). En cas d’égalité, les notes finales du cursus sont utilisées. L’année après l’examen national et avant l’entrée en spécialité, tous les étudiants (nouvellement diplômés médecins) 32 effectuent une année générale de pratique, « année commune », où ils exercent de la médecine interne, chirurgie, pédiatrie et soins primaires. Cette année commune est payée et sous la responsabilité du ministère de la santé.Tous les étudiants diplômés des études médicales de base ont une place d’interne de spécialité. En Espagne, les étudiants reçoivent le titre de « Licenciado en Medicina y Cirurgica » au bout de six ans d’études, mais s’ils veulent pouvoir travailler en tant que médecin ou pratiquer une spécialité, ils doivent alors affronter le redoutable «Medico Interno Residente», qui est un examen de 250 QCM (théoriques, cas cliniques, statistiques, anatomie, imagerie), et qui offre chaque année environ 6000-7000 places pour 14 000 participants. Contrairement aux ECN, les résultats de cet examen ne sont qu’en partie responsables du classement des étudiants, car l’ensemble des notes obtenues durant le cursus est également pris en compte (10% de la note finale). De plus, comme il y a plus de postulants que de postes, il est possible de passer cet examen autant de fois que souhaité. Cet examen est préparé une année entière. Il n’est pas obligatoire, mais sans celui ci, il est impossible de pratiquer la médecine dans le système national de santé (95% des postes). Le diplôme est obtenu en juin. En fonction du classement l’étudiant choisit sa spécialité et sa ville. En Turquie, les étudiants passent un examen national pour accéder à la spécialité, fait de 240 QCM : 120 pour les sciences fondamentales, 120 de sciences cliniques. Les étudiants sont alors classés, et le premier choisit l’hopital et la spécialité dans la liste. Tous les étudiants passant l’examen n’ont pas la possibilité d’avoir une place en spécialité, mais tous les étudiants sont placés par l’État. En Iran, à la fin du programme de stages cliniques (avec peu ou pas de responsabilités), les étudiants de tout le pays, des universités privées et publiques, doivent participer à un examen national pré externat (rôle à responsabilités, supervisé). 33 Témoignage d’ESPAGNE : « Concernant l’internat, ce n’est pas le meilleur moyen d’évaluer les connaissances médicales (questions à choix multiples) mais c’est juste puisque tout le monde doit passer le même examen et est classé en fonction des mêmes paramètres. Ce serait important d’examiner aussi les compétences pratiques et inclure des entretiens personnels ou une évaluation du CV dans ce processus (à mon avis). De plus, le numerus clausus doit être régulé en fonction de l’internat (ce qui n’est pas le cas) et du futur besoin de médecins spécialistes (ce qui n’est pas non plus le cas). » Il consiste en un examen sous forme de QCM et d’Examens Cliniques à Objectifs Structurés sur toutes les spécialités. Il y a un niveau minimum à obtenir, et l’étudiant devient externe. Les stagiaires passent 18 mois comme membres de l’équipe de soin et travaillent sous la supervision des internes (residents) et ont des responsabilités. Ils assurent différents actes comme l’interrogatoire, quelques gestes, l’évaluation de la progression, etc. Durant ces 18 mois ils ont des stages dans presque toutes les spécialités : médecine interne (4 mois), chirurgie (2 mois), Gynécologie Obstétrique (2 mois), Pédiatrie (3 mois), Chirurgie orthopédique, dermatologie, maladies infectieuses, médecine de communauté, radiologie, psychiatrie, etc. (1 mois). Au Chili, les étudiants ont accès à l’internat selon deux crières : l’équivalent des ECN compte pour 40%, et les notes obtenues durant les 7 années que dure le cursus comptent pour 60%. Les autres pays sélectionnant par concours national sont : Croatie, Taiwan, Nepal, Panama, St Kitts et Nevis, Tunisie, Roumanie Témoignage du CHILI : « Notre ECN craint, il a besoin de beaucoup de modifications et il a été prouvé comme un échec cette année avec le scandale des fuites de questions... » Contribution étude de médecine à l’étranger - ANEMF Avril 2013 Témoignage de Panama : « Je pense que le système d’accès n’est pas mauvais mais le système d’internat peut être amélioré, qu’il devrait se focaliser sur certains domaines. Quelque chose de positif va se mettre en place à l’université de Panama : examens régulés nationalement. » Témoignage de Tunisie : « Je trouve ça juste. Cependant, concernant l’examen national de l’internat, je pense qu’il doit être ouvert pour ceux qui on échoué la première fois! » Notes obtenues pendant le cursus (ou examen final local) Parmi ces pays on trouve : Egypte, Corée, Malte, Pologne, Russie, Hong Kong. Les études de médecine en Belgique durent 7 ans et sont composées de cours théoriques et de stages. Pour accéder à une spécialisation, appelée « master complémentaire », l’étudiant doit présenter sa candidature dans l’institution universitaire qui gère cette spécialité. La sélection est donc locale. Les étudiants sont classés selon une note obtenue comme suit : - Résultats académiques des années de 2e cycle : 50% de la note finale. Ces résultats comprennent les notes obtenues en stage. Chaque année redoublée fait perdre un certain nombre de points, variable entre les différentes universités belges. - Résultats des enseignements de 2e cycle directement liés au grade académique de 3e cycle visé : 25% de la note. - Evaluation des capacités et motivations spécifiques de l’étudiant : 25% de la note. Cette évaluation se base sur le C.V. de l’étudiant, des entretiens avec un jury, et un examen (ou non) selon la spécialité. Il y a cependant différents critères pour toutes les facultés. Il peut aussi y avoir un stage de 2 ou 3 mois pour évaluer la motivation. Les notes sont plus ou moins importantes en fonction des spécialités. Contribution études de médecine à l’étranger - ANEMF Avril 2013 Témoignages de RUSSIE : « En Russie nous ne travaillons pas sur l’amélioration de la sélection de nos futurs étudiants en médecine et internes - les meilleurs étudiants, qui étudient bien et valident leurs examens peuvent choisir leur internat. » Le nombre de places pour chaque spécialité est décidé par le Ministère de la Santé (numerus clausus). Pour accéder au poste de médecin généraliste, les critères de sélection varient en fonction des universités, ce sont elles qui gèrent l’accès. Tous les étudiants en médecine n’ont pas accès a une place. A Taiwan, après le diplôme (7ème année), les étudiants candidatent pour la Post Graduate Year (un an de stage post diplôme, où ils commencent les gardes de nuit), puis candidatent pour l’internat. La compétition se fait à différents niveaux : entretiens, examens écrits, CV. C’est faculté et spécialité dépendant. Chaque hôpital met en place son propre examen ou évaluation. Témoignages de TAIWAN : « Pour l’internat, quelqu’un qui a un réseau grâce à sa famille aura toujours une meilleure chance. » 34 Tirage au sort En Norvège, à la fin de la 6ème année, lors d’un rassemblement, chaque étudiant tire un numéro au sort. Celui qui tire le numéro 1 peut choisir dans quel service et dans quelle ville il effectuera son internat, et le dernier prend la spécialité et la ville restante. Ce système est appelé « La Loterie ». Au Pérou, plusieurs critères sont pris en compte : un examen de fin de diplôme, les notes obtenues pendant les études, la place convoitée, les années passées à exercer des soins primaires (stage en zone rurale, SERUM), la place dans le classement de la promotion. Témoignage d’EQUATEUR : « Je pense que c’est bien, mais ça pourrait être mieux si tous les étudiants passaient seulement un examen pour tous les hopitaux, et si tous les étudiants étaient classés en fonction des mêmes paramètres. » Témoignage d’ITALIE : « le processus de sélection est injuste et ne pointe pas les vraies capacités de l’étudiant. Je pense que c’est biaisé par le système de recommendations qui est tellement rependu ici. Il y a quelque chose qui devrait changer et c’est ce que nous essayons de faire en ce moment. » 35 Contribution étude de médecine à l’étranger - ANEMF Avril 2013 Exercer avant l’internat En France, avoir validé son deuxième cycle des études médicales ne permet pas d’exercer la médecine. En revanche, il existe des pays où les étudiants ayant validé leur deuxième cycle (ou équivalent) obtiennent un statut particulier : certains peuvent alors exercer comme médecin de famille ou généraliste diplômés, et d’autres peuvent exercer comme “assistant médecin” : ils ne sont pas autonomes mais exercent la médecine sous la supervision de médecins diplomés. Ce statut leur permet en général de travailler en attendant d’obtenir une place comme interne de spécialité. Au Chili, à la fin de la septième année, ils passent un examen en deux parties (l’une écrite et l’autre orale) qui leur permet de devenir médecin généraliste. En Croatie, à la fin de la 7ème année, les étudiants peuvent exercer en tant que généraliste après avoir validé un examen national. A l’issue de ces 6-7 ans, l’étudiant peut exercer comme médecin de famille Au Maroc, l’internat est facultatif pour les étudiants qui souhaitent exercer autre chose que la médecine générale. Le diplôme de médecine générale est obtenu à la fin de la 7 ème année d’étude. Au Mexique, à l’issue de ces 6-7 ans l’étudiant peut exercer en tant que médecine de famille. Les étudiants sortant du deuxième cyce peuvent ils exercer sans passer par l’internat ? Oui, comme assistant médical Hors Europe Europe Oui, comme médecin de famille / généraliste Non Algérie, Argentne, Bangladesh, Brésil, Chili, Costa Rica, Egypte, Canada, République DoAustralie, Salvador, Indo- Ethiopie, Israël, Jordanie, minicaine, Japon, Saint nésie, Taiwan Kenya, Corée, Libye, MaKitts et Nevis, USA laisie, Mexique, Népal, Pakistan, Hong Kong, Maroc Autriche, Bulgarie, République Tchèque, Danemark Contribution études de médecine à l’étranger - ANEMF Avril 2013 Grèce, Malte, France 36 L’internat et après D ans beaucoup de pays, la validation des deux premiers cycles (ou équivalent) permet d’exercer comme médecin généraliste. En Belgique, devenir médecin généraliste demande 3 ans de spécialisation. L’interne travaille à l’hôpital ou pratique les soins primaires. En Flandres l’interne est obligé de suivre un master de soins primaires. En Wallonie, il n’y a pas de master, mais les internes ont des examens pendant leur internat. Le titre de spécialiste est reconnu par le ministère de la santé et enregistrement à l’ordre des Médecins. Ils sont payés 3250€/mois. Un interne spécialisé peut choisir de travailler 48h à 60h/semaine (gardes incluses). En Algérie, en 7ème année, les étudiants ont 4 stages de trois mois chacun (médecine interne, chirurgie, pédiatrie, gynécologie obstétrique), et à la fin de l’année ils doivent soumettre un rapport des cas de tous les stages pour être diplômé médecin généraliste. Au Chili, à la fin de la 7ème année, si l’étudiant a validé tous ses stages, il est externe/interne pendant les 2 ans. Il est considéré comme externe parce qu’il n’a pas le droit de prescrire ou responsabilité de nos actions, mais aussi interne car il devient praticien généraliste à la fin de l’externat. Au Portugal, les internes effectuent un an de programme de fondation (4 stages obligatoires) et 4 à 6 ans de spécialisation. L’examen final avec un jury est obligatoire pour obtenir un diplôme de spécialité. Le programme de spécialité de l’interne est composé par le Ministère de la Santé en collaboration avec l’Association Médicale Portugaise. L’interne de spécialité doit faire de la recherche pendant son internat de spécialité. Il a des tuteurs. Ils sont payés 1300€/mois durant l’année de fondation, et jusqu’à 3000€/mois après la spécialité. L’interne travaille 42h/semaine et les gardes sont obligatoires. Puis inscription et reconnaissance du diplôme de formation à la médecine par la Portuguese Medical Association responsable de la délivrance du diplôme de spécialiste. En Equateur, à la fin de leur sixième année, ils doivent présenter une thèse et deviennent médecin généraliste. Au Salvador, un étudiant devient médecin généraliste après 8 ans d’études (4 en faculté de médecine, 2 comme observateur à l’hôpital, 1 comme stagiaire et 1 an de service social pour la nation). Au Pérou, après avoir fini les 6 ans d’études et le stage ils peuvent devenir chirurgien général, et pratiquer la médecine. Ils doivent aussi présenter une thèse, pour avoir le “bacheloriat” La durée de l’internat pour tous les pays est extrêmement variable car elle dépend de la spécialité. Globalement, les spécialités médicales demandent 3 à 4 ans d’internat, et les spécialités chirurgicales 5 à 7 ans. La médecine générale demande 2 à 3 ans d’internat 37 L’interne de spécialité doit faire de la recherche pendant son internat Aux Pays-Bas, il n’y a pas de vraie année de fondation. La médecine interne et la chirurgie ont leur propre année de fondation, parce que toutes les spécialités de ce domaine commencent avec le même enseignement. Pour obtenir un titre de spécialité, il faut finir les modules de spécialité et s’inscrire au BIG (registre de professionnels de santé). L’interne de spécialité doit faire des recherches durant son internat. Il a des tuteurs. Le salaire peut aller de 2500€/ mois pendant l’année de fondation à plus que 5000€/mois après la spécialité. Les in- Contribution étude de médecine à l’étranger - ANEMF Avril 2013 ternes travaillent 38h/semaine et c’est obligatoire de faire des gardes supplémentaires. Puis s’inscrire au Royal Dutch Association for Medical Care, au KNMG (équivalent de l’ordre national des médecins) et à l’ordre des médecins spécialistes. Une fois diplômé de la faculté de médecine, l’étudiant est Docteur en Médecine. S’il veut obtenir un titre de PhD, il faut faire 4 ans de recherche à plein temps. Ce n’est pas obligatoire mais ça peut aider à obtenir une place dans certains programmes d’internat. En Turquie, cela dépend mais l’internat dure de 3 à 5 ans. Chaque spécialité a deux programmes : un programme principal et un programme étendu. Le programme principal est le minimum requis des compétences qu’un comité composé de doyens, de représentants du ministère, et de représentants d’associations de médecine détermine. L’interne de spécialité doit faire des recherches et écrire une thèse pendant son internat. Il a des tuteurs. Le salaire est de 1500€/mois et plus (en fonction de la performance), jusqu’à 3000€ comme spécialiste. L’interne doit travailler 40h/semaine et les gardes supplémentaires sont obligatoires. S’il veut obtenir un poste de PhD, 4 ans de recherche à plein temps sont obligatiores. Contribution études de médecine à l’étranger - ANEMF Avril 2013 38 Pays Devenir médecin Algérie Examen national Australie Examen Autriche Thèse et oral Allemagne Examen final, validation de tous les stages et thèse (pour certaines spécialités uniquement) Bulgarie Thèse uniquement pour PH.D Brésil République Tchèque Examens écrits et oral (payants) finaux Canada Examen général final République Dominicaine Validation des cours et des stages, thèse Equateur Espagne Estonie France Thèse et validation des stages Stages validés, publications, validations d’objectifs, thèse non obligatoire Examen final, validation de tous les stages et thèse selon la spécialité Validation des semestes, des stages et thèse Durée de l’internat 3 à 5 ans Thèse en fin de 7ème année donne le grade de “médecin général”, différent de médecin généraliste Statut de consultant à la fin du deuxième cycle Argentine Egypte Informations Diverses 4 à 8 ans 3 à 5 ans Commencent souvent leur thèse pendant le 2e cycle (3 ou 4e année) 3 à 6 ans 3 à 7 ans Certains programmes d’internat requièrent seulement 2 ans (médecine clinique, chirurgie générale) mais ils sont souvent un pré requis pour pouvoir accéder à d’autres spécialités Deux premières années d’internat sont communes 2 à 7 ans 5 à 7 ans 2 à 5 ans Un an de service national obligatoire avant l’internat 3 ans minimum Un an de pratique rurale avant l’internat 3 à 5 ans Le gouvernement souhaite rajouter 2 ans 3 ans 4 à 5 ans Salaire de 1000€/mois 3 à 5 ans 3 à 5 ans Grèce Examen oral Israêl Examen écrit final et projet final Italie Thèse 4 à 6 ans Russie Evaluation finale 2 à 7 ans Suisse Tunisie Examen écrit final et validation des stages dans différents services Thèse (présentable avant l’internat) 39 4 à 6 ans 3 à 5 ans Contribution étude de médecine à l’étranger - ANEMF Avril 2013 Les différentes réformes des études médicales D ans certains pays, les réformes ne sont pas nationales mais propres à chaque université : Argentine, Brésil, Bulgarie, Portugal De même régulièrement dans plusieurs pays le gouvernement publie des directives nationales concernant les études de médecine, que chaque faculté doit adapter à sa situation locale comme au Brésil par exemple. En europe En Allemagne, la dernière réforme date de 2011-2012, Il y a deux formes d’organisation des études médicales en Allemagne : d’une part il y a un vieux système comportant de l’histologie, cardiologie, pédiatrie. D’autre part il y a un système récent basé sur les organes ou les systèmes comme le coeur, les lymphatiques, les poumons. En Autriche, la dernière réforme date d’il y a un an ou deux (l’an dernier à Vienne). L’organisation des stages et la dernière année sont en train de changer pour mieux préparer l’étudiant dans sa pratique. L’examen d’entrée a été changé (il sera pour la première fois organisé en été). Le but est de changer le système post diplôme, mais c’est encore vague. En Bulgarie une réforme est en cours à cause du manque de place à l’internat et de la paye trop peu importante des internes. La réforme du programme d’internat permet que plus de jeunes médecins soient entraînés par un programme financé par l’état. De plus, de nouvelles disciplines ont été introduites En Espagne, depuis 2009 le processus de Bologne a été implanté. Néanmoins peu de changements ont été visibles par les étudiants. Certaines matières ont été réorganisées en plusieurs années, divisées en deux, ou ont vu leur nom changer. Le contenu est resté le même. Les heures d’enseignement ont été beaucoup réduites pour avoir plus de stages, mais les méthodes d’enseignement n’ont pas changé. De fait, les réformes ne sont jamais terminées, et peu de participation des étudiants, etc. L’internat doit également faire l’objet d’une réforme, sans que son contenu ne soit encore débattu. En Estonie les étudiants parlent de changements constants : réforme des méthodes d’enseignement, des compétences des enseignants. Il y a aussi un nouveau système d’assistants médecins depuis deux ans. Début 2014 tous les programmes d’internat auront une année en plus, qui sera commune. En Italie il y a une réforme globale de l’université. Ils sont en discussion pour éventuellement changer l’accès à la spécialisation. Il y a 5 ans (que) le système licence/ master est implanté Contribution études de médecine à l’étranger - ANEMF Avril 2013 Aux Pays-Bas ces dernières années quelques réformes ont eu lieu. Il y a des directives nationales qui définissent ce qu’un médecin doit savoir, qui datent de 2009. Il y a 5 ans, ils ont implanté un système licence/ master dans leurs facultés. Il y a maintenant un focus sur les compétences (comme au Canada) En Pologne, une réforme a lieu en ce moment qui implique : une diminution du nombre de cours théoriques, une augmentation du nombre de stages, implantation de cours non obligatoires pour ouvrir les horizons des étudiants (ex : langage 40 des signes), possibilité d’étudier en anglais, d’augmenter les contacts avec les patients pendant les stages, une mise en place de cours pratiques sur le principe de l’Evidence Based Medicine (Médecine basée sur les preuves). En Suisse, depuis 5 ans, il y a une réforme dans Fribourg (maintenant le premier cycle se fait en 3 ans avec le Processus de Bologne). Il y a une amélioration constante du système, une adaptation du cursus. Au Portugal, l’internat est adapté pour faire face aux grosses contraintes financières et aux nouveaux praticiens. Certaines facultés réforment leur programme et le gouvernement réactualise et cadre légalement le règlement des stages. Hors Europe En Australie, cette année, ils sont passés de tous les étudiants post-licence avec un MD (doctorat en médecine) à une licence MBBS (licence en médecine ou licence en chirurgie, Medical Bachelor/ Bachelor of Surgery) Au Brésil les réformes en cours ont pour but de : - élargir l’accès aux facultés de médecine en ouvrant plus de places grâce à l’investissement public - Ils demandent le changement du programme, car beaucoup de sujets fondamentaux comme l’anatomie, ou la physiologie ne sont que trop peu enseignés. - adaptation du programme au modèle apprentissage par problème - ajouter des disciplines “sociales” obligatoires : pratique de la santé publique par exemple Au Chili, la dernière réforme qui date de 2002 était la mise en place de l’équivalent de l’ECN. En Indonésie cela a commencé en 2007/2008 pour devenir un programme basé sur les compétences. En ce moment, il y a une accélération de l’obtention des diplômes pour avoir assez de médecins. 41 En Jordanie, peu de modifications ces dernières années, augmentation de la pratique clinique pour les étudiants en année de base. Au Kenya, une année d’études a été ajoutée : ils sont passés de 5 à 6 ans. A Taiwan : la PGY (Post Graduate Year) a été mise en place en 2003. Ils vont bientôt changer l’année de diplôme : cours puis stages puis diplôme (licence) puis stage puis PGY puis internat. Il y a une réforme de l’internat pour augmenter le nombre d’internes. A Hong Kong, leur cursus est en train de passer de 5 à 6 ans d’études. Il y a une réforme (...) pour augmenter le nombre d’internes Contribution étude de médecine à l’étranger - ANEMF Avril 2013 Le poids et les revendications des organisations étudiantes nationales Pays où les étudiants en médecine sont représentés Europe : Allemagne (consultants), Autriche, Bulgarie (rencontres avec le gouvernement), République Tchèque (représentation locale uniquement), Estonie (prennent part aux négociations, qui sont facilement accessibles étant donné qu’il n’y a qu’une faculté), Espagne, Georgie, Italie (observateurs), Jordanie, Malte (représentation en conseil d’université), Portugal (prennent part aux négociations), Pays Bas, Suisse (locale) Hors Europe : Algérie (consultants), Australie (consultants), Brésil, Canada, Chili, Egypte (participent à l’élaboration du cursus), Indonésie, Israel, Corée, Libye, Malaisie, Mexique, Nepal, Taiwan (consultants), Tunisie, USA (lobby) Pays où les étudiants en médecine ne sont pas représentés Europe : Danemark, Grèce, Pologne Contribution études de médecine à l’étranger - ANEMF Avril 2013 Hors Europe : Argentine, Colombie, Costa Rica, République Dominicaine, Equateur, Salvador, Ethiopie, Japon, Kenya, Montenegro, Pakistan, Panama, Perou, Philippines, Russie, St Kitts et Nevis, Soudan, Hong Kong 42 Principales revendications des organisations représentant les étudiants • • • • • • • • • • • • • • • • • • diminution des frais de scolarité des facultés privées (Brésil, Indonésie, USA) amélioration de la couverture sociale des étudiants (Brésil, Indonésie) enseignement médical prenant en compte le patient dans son ensemble (Brésil) respect des professeurs envers les étudiants (Brésil) cohérence entre les enseignements (Brésil) plus de place pour l’aspect social de la médecine (Brésil) méthodes d’évaluation (Brésil, Israel, Jordanie, Taiwan) examens (Brésil, Israel, Jordanie) internat (Brésil, Espagne) accès aux études de médecine (Bulgarie) augmentation du salaire des jeunes médecins (Bulgarie) arrêter l’émigration des médecins en Europe de l’Ouest (Bulgarie) améliorer les conditions de travail et de formation (Bulgarie) augmenter la partie pratique des enseignements (Egypte, Italie, Jordanie, Nepal) diminuer le nombre d’étudiants pour pallier la surcharge des facultés (Jordanie) plus de sécurité (Mexique) éducation à la santé globale, internationalisation (Pays Bas) augmenter l’enseignement des soins primaires (USA) 43 Contribution étude de médecine à l’étranger - ANEMF Avril 2013 Conclusion Cette enquête a pour but d’établir un état des lieux de la formation médicale à l’étranger, afin de développer des axes de travail pour l’amélioration du cursus médical français. D’abord, concernant les modes d’entrée dans les études de médecine, l’ANEMF souhaite voir le numerus clausus maintenu dans son état actuel, sans augmentation ni diminution. Elle se positionne de plus pour le maintien de passerelles entrantes dans une proportion inférieure à 8% du Numerus Clausus. Concernant les modalités d’entrée dans l’internat, l’ANEMF est en faveur d’une réforme docimologique et logistique des Examens Classant Nationaux, via son informatisation pour la session 2016. Suite au groupe de travail mené lors du Conseil d’Administration de l’ANEMF en février 2013, l’Assemblée Générale de l’ANEMF souhaite d’une part explorer la solution de l’accès à l’internat via des candidatures, les notes obtenus durant l’année de DFASM3 étant utilisées pour classer les étudiants. D’autre part, l’ANEMF souhaite acquérir une expertise sur la validation de l’internat. Enfin, l’ANEMF réclame l’élaboration d’un questionnaire d’évaluation de l’adaptation des études de médecine au processus de Bologne en collaboration avec la DGESIP qui sera envoyé aux UFR de médecine de France. Ce questionnaire permettrait de faire un bilan des difficultés rencontrées par les UFR dans la mise en place du LMD et des maquettes. Les résultats seraient ensuite discutés en Sous Commission Médecine de la Commission Pédagogique Nationale des Etudes de Santé pour aboutir à une circulaire de la DGESIP clarifiant les situations problématiques. Contribution études de médecine à l’étranger - ANEMF Avril 2013 44 45 Contribution étude de médecine à l’étranger - ANEMF Avril 2013 Bibliographie questionnaire post stage SCOPE SCORE, questionnaire ayant obtenu 42 réponses de 28 pays différents dont voici les différents intitulés : 1) Dans quel pays êtes vous parti ? 2) Comment se fait l'entrée dans les études médicales ? - sélection à l'entrée (avant la première année) - sélection à la fin de la première année - sélection pendant le cursus (chaque année peut être éliminatoire) - hors partiels - aucune sélection - autre 3) S'il existe une sélection, par quoi se fait elle ? - entretiens - concours écrits - résultats aux examens écrits de fin de lycée - concours écrit avant la première année - autre 4) Quelle est la durée des études médicales pré internat ? 5) Le système LMD (Licence Master Doctorat) est il appliqué ? 6) Comment se fait l'accès à l'internat ? - concours national - concours régional - entretiens d'embauche - sélection plurirégionale - autre 7) S'il existe des frais de scolarité, à combien s'élèvent-ils par an ? 8) S'il existe un système de bourse, comment est-il organisé ? 9) Si les externes reçoivent un salaire, à combien s'élève-t-il ? 10) Existe-t-il des déserts médicaux ? 11) Si oui, des mesures ont-elles été prises pour les enrayées ? - mesures incitatives - mesures coercitives - pas de mesure - ne sait pas 12) Si des mesures ont été prises pour lutter contre les déserts médicaux, quelles sont elles ? 13) A l'inverse, existe-t-il du chômage chez les médecins ? (oui, non, ne sait pas) Contribution études de médecine à l’étranger - ANEMF Avril 2013 46 14) Existe-t-il des modes d'exercice collectifs ? (oui, non, ne sait pas) 15) Existe-t-il une collaboration interprofessionnelle ? (oui, non, ne sait pas) 16) Comment est organisé le système de sécurité sociale ? 17) S'il existe des mutuelles de soin, comment fonctionnent-elles ? 18) Existe-t-il des conventions avec la sécurité sociale/la mutuelle ? (oui, non, ne sait pas) 19) Existe-t-il des professions intermédiaires (oui, non, ne sait pas) 20) S'il existe des professions intermédiaires, quelles sont elles ? 21) Qui assure les soins de proximité ? 22) La télémédecine existe-t-elle, est-elle développée, si oui sous quelle forme ? 47 Contribution étude de médecine à l’étranger - ANEMF Avril 2013 questionnaire IFMSA, Questionnaire ayant obtenu 105 réponses de 52 pays différents, dont voici les intitulés : 1) Vivez vous dans un pays Européen - dans quel pays ? - l'organisation des études médicales dans votre pays respecte-t-elle le processus de Bologne ? 2) Organisation du cursus - à partir de quelle année les stages prennent ils une part importante de votre cursus ? - comment est réparti votre temps entre les stages et les cours théoriques ? - quel est votre rôle pendant les stages, quelles sont vos responsabilités ? - êtes vous payés pendant vos stages ? Si oui, combien ? - à partir de quelle année commencez vous les gardes ? Etes vous payés ? - existe-t-il un cadre légal (charte, loi) qui définit votre statut à l'hopital ? 3) A la fin du deuxième cycle, êtes vous autorisés à pratiquer la médecine ? Si oui, comme assistant médecin ? praticien généraliste ? autre ? 4) Comment se déroule l'accès dans les études médicales : - compétition à la fin de la première année ? - compétition avant la première année ? - examens écrits ? - entretiens ? - loterie ? - autre ? 5) Les étudiants sont ils classés pendant leurs études ? - oui à la fin de la première année - oui pour accéder à la première année - jusqu'à la fin des études - oui pour accéder à l'internat - non - autre 6) Existe-t-il un numerus clausus ? Si oui, quel est le nombre national d'étudiants acceptés ? 7) Quel est le modèle pédagogique d'enseignement utilisés pendant le cursus ? - apprentissage par système - apprentissage par discipline - apprentissage par problème - autre 8) Comment se passe l'accès à l'internat ? 9) En quelle année peut on accéder à l'internat ? 10) Combien de temps dure l'internat ? 11) Quelles sont les modalités de validation de l'internat ? 12) Existe-t-il un programme de sécurité sociale spécifique aux étudiants ? Si non, comment obtenez vous une couverture sociale ? 13) Que pensez vous de vos études de médecine ? (avis personnel) Contribution études de médecine à l’étranger - ANEMF Avril 2013 48 14) Quand vos études ont elles été réformées pour la dernière fois ? 15) Y a-t-il une réforme en cour de vos études, ou prévue prochainement ? Si oui, quelle est la raison de cette réforme ? 16) En tant organisation nationale étudiante, prenez vous part aux discussions concernant les réformes de vos études médicales ? Si oui, quelles sont vos renvendications ? 17) Que pensez vous des modalités d'accès dans les études médicales et dans l'internat de votre pays ? Enquête de l’IFMSA sur l’application du processus de Bologne en Europe Basic Medical Education, WFME globard standards for quality improvement, the 2012 Revision http://www.wfme.org/standards/bme http://lentreprise.lexpress.fr/remuneration/smic-les-salaires-minima-en-europe-en-2012_31440.html directive européenne 2005/36/CE http://ec.europa.eu/internal_market/qualifications/policy_developments/legislation/index_fr.htm contacts presse Marine JOURDAN Mathieu LEVAILLANT Vice-présidente International [email protected] 06 51 19 75 93 Attaché de presse de l’ANEMF [email protected] 06 50 17 14 73 49 Contribution étude de médecine à l’étranger - ANEMF Avril 2013 Association Nationale des Etudiants en International Médecine de France Etudes Médicales Formations Démographie Médicale Santé Publique Publications