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SPECIAL REPORT RECHERCHE ÉCONOMIQUE 17 juillet 2015- N°51 Lucie Boyer Sylvain Broyer La croissance indienne va-t-elle dépasser celle de la Chine en 2015 ? En Asie, l’année 2015 s’ouvre sur une première historique: le PIB indien a crû plus vite qu’en Chine au T1 (+7,5% contre +7,0% en GA). Bien que ce rattrapage soit en partie lié au changement de la méthode d’estimation du PIB par le Centre de Statistique Officiel (CSO), des signes montrent une dynamique positive de l’économie indienne pendant que la Chine ralentit. Quels sont les déterminants de ce rattrapage de la Chine par l’Inde ? Nous revenons ici sur les raisons de ce dépassement. Inde et Chine : des trajectoires de croissance qui se croisent En 2014, l’économie chinoise reste le moteur en Asie émergente avec une croissance à 7,4%. Néanmoins, l’Inde la rattrape: son PIB a progressé de +7,3% au cours de l’année fiscale 2015 (AF2015). En janvier 2015, la nouvelle méthode d’estimation du PIB est appliquée. Dès lors, la croissance indienne fait un bond au premier trimestre et dépasse la Chine (graphique 1). On observe donc un différentiel de croissance entre les deux géants émergents en faveur de l’Inde. Avant de comparer ces deux puissances émergentes, il convient de garder en tête qu’en plus d’être bâties sur des modèles de croissance différents (centré sur les exportations auparavant en Chine et sur la consommation privée en Inde), la Chine ne concourt pas dans la même catégorie en terme de poids économique que l’Inde dont le PIB représente ème 1/5 de celui de la Chine. Nous passons en revue les explications de ce dépassement. indiens ont donc une influence primordiale sur l’activité économique indienne. Les derniers chiffres de la croissance montrent une dynamique tout aussi positive en Inde qu’en Chine avec respectivement une augmentation de 7,9% et 7,7% en GA de la consommation privée au T1/15. Revenons sur les facteurs influençant la consommation privée afin d’en dégager la tendance pour 2015. Du point de vue de l’inflation, la situation extérieure en 2014 et 2015 est favorable aux importateurs nets de pétrole. Le faible prix du Brent avantage particulièrement l’Inde dont le pétrole, qu’elle importe, représente 22% de son mix énergétique. De plus, les pressions inflationnistes se sont encore plus relâchées en Inde (graphique 2) grâce à la diminution du prix de l’or. Forme de patrimoine et d’épargne, l’or constitue le deuxième poste d’importations du pays après le pétrole brut. Les prix alimentaires ont également beaucoup diminué contribuant au ralentissement de l’inflation. Graphique 2: IPC (% GA) 12 12 Graphique 1: PIB (% GA) 18 Inde Chine Corée du Sud Inde Indonésie Malaisie 15 12 18 15 12 9 9 6 6 3 3 0 10 10 Chine 8 8 6 6 4 4 2 2 0 0 0 Sources : MOSPI, NBS -2 Sources : Instituts de Statistiques nationaux -3 -3 01 02 03 04 05 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 La consommation indienne, plus robuste que la consommation chinoise Le moteur de la croissance indienne, contrairement au modèle chinois traditionnel, est la consommation privée. Elle représente environ 60% du PIB en Inde contre 40% en Chine. Les variations de la consommation des ménages -2 08 09 10 11 12 13 14 15 En résumé, on anticipe que la faiblesse des prix des matières premières sera plus favorable à la consommation en Inde qu’en Chine. Concernant la dynamique des emplois et des salaires, elle est plus favorable à l’Inde qu’à la Chine à court terme. En Chine, l’emploi a fortement chuté récemment mais le salaire moyen reste stable en dépit d’un léger ralentissement sur la période récente (graphique 3). SPECIAL REPORT Graphique 3 : Salaire moyen et emploi en Chine ( %GA) La tendance récente montre que la part du revenu disponible brut des ménages consacrée à l’épargne a globalement diminué depuis 2010. La Chine a devancé l’Inde en terme de ratio d’épargne (graphique 5). 20 20 15 15 10 10 32 5 5 30 30 0 0 28 28 emploi -5 salaires Graphique 5: Taux d'épargne (% revenu disponible brut) -5 26 Sources : NBS,NATIXIS -10 26 -10 Chine Inde (base 2004-05) Inde (base 2011-12) 01 02 03 04 05 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 On peut expliquer cette situation par le fait que les perspectives de croissance de l’activité perçues par les employeurs sont moroses. Dans le secteur manufacturier surtout, la demande aussi bien domestique qu’externe est atone. En conséquence, l’activité manufacturière chinoise perd son élan ce qui explique le ralentissement de l’emploi et des salaires. Les hausses de salaires dans les Services ne parviennent pas à compenser la dépression des salaires dans le secteur manufacturier. Même si l’on devrait observer un léger rebond de l’activité en Chine sous l’effet des stimulus monétaire et budgétaire, la dynamique des salaires ne sera pas aussi forte car la reprise devrait être modérée. Graphique 4 : indice de confiance des consommateurs et entreprises en Inde ( de 0 à100) 75 75 24 70 70 65 65 60 60 55 55 confiance des consommateurs 50 Confiance des entreprises (perpectives d'emploi à 3 mois) Sources : Thomson Reuters,NATIXIS 45 45 10 11 12 13 14 15 L’Inde ne publiant pas les données de l’emploi et des salaires en mensuel, nous prenons comme proxy le Consumer Sentiment Index et le Business Sentiment Index. Le premier est un indice de confiance des ménages qui contient entre autre des questions sur la sécurité de l’emploi, les intentions d’achat et les perspectives de revenu. Le graphique 4 montre que la confiance des ménages est élevée et assez stable sur la période récente. De plus, on constate que les perspectives d’emploi sont optimistes d’après les enquêtes de confiance réalisées auprès des entreprises. 24 Sources : CSO, NBS,NATIXIS 22 22 02 03 04 05 06 07 08 09 10 11 12 13 14 Ce rattrapage de la Chine est la conséquence d’une diminution de l’épargne en Inde qui s’explique en grande partie par la baisse du prix de l’or. En effet, on peut voir que c’est l’épargne en valeur sous forme de capital physique (or, biens immobiliers) qui a le plus contribué à cette baisse en Inde. (tableau 1) Tableau 1: Taux d'épargne en Inde selon le type d'actif ( % RDB, base 2011-12) T a ux d'é pa rgne - t o t a l - e n c a pit a l phys ique 50 32 - e n é pa rgne f ina nc iè re 2 0 12 2 0 13 2 0 14 28,4 25,3 23,2 18,9 16,1 13,6 9,1 8,7 9,2 Source: CSO, NATIX IS Inversement, l’épargne financière fait preuve de résilience et a légèrement augmenté en 2014. Cette tendance devrait se poursuivre en 2015 avec un programme lancé par le Premier Ministre Modi afin de fournir un compte bancaire à chaque indien. En Inde, le surplus de revenu devrait donc être plutôt alloué à la consommation. La trajectoire de l’épargne en Chine se caractérise également par une baisse à partir 2012 mais une hausse du ratio d’épargne en 2014. En 2015, on peut penser qu’une hausse de revenu disponible chinois se répercutera sur la consommation mais dans une moindre mesure au regard de l’augmentation de l’épargne. De plus, l’effondrement récent des marchés boursiers chinois contribuera au ralentissement de la consommation des ménages en Chine. En résumé, les conditions plus favorables sur le marché du travail ainsi que le ralentissement de l’épargne laissent présager une consommation plus vigoureuse en Inde à court terme. A cela se rajoute un contexte extérieur surtout favorable à l’Inde avec des prix de l’or et du pétrole faibles. Néanmoins, on peut penser que la diminution de l’épargne et la bancarisation encore faible des ménages pourront avoir un impact négatif sur l’investissement domestique en Inde. La question est de savoir si ce gain de revenu servira la consommation, l’épargne ou les deux ? N° 51 I 2 SPECIAL REPORT L’investissement public en soutien à l’investissement total En Chine, l’investissement est morose : la FBCF contribue de moins en moins à la croissance depuis 2009 et la tendance s’est récemment accentuée (graphique 6). L’investissement public devrait soutenir la FBCF en 2015 grâce au plan d’investissement en infrastructures qui s’élève à 1 100 mds de USD. Ces fonds sont alloués aux infrastructures d’énergie, de transport et de santé. L’objectif premier de ce mini-stimulus est d’atténuer les risques financiers et non de redonner un coup d’accélérateur à la croissance. Ce plan a également une portée diplomatique avec un raccordement prévu à la route de la soie. 12,5 10,0 Graphique 6: Contribution de l'investissemement à la croissance (points de pourcentage) Chine Inde 7,5 déposent à la banque centrale. La fonction du CRR est de contrôler la quantité de liquidités dans l’économie alors que le SLR régule la croissance du crédit. Le CRR est à son niveau le plus bas depuis 2013 alors que le SLR a été abaissé en mars 2015 (graphique 8). En théorie, les banques commerciales augmentent alors leur capacité d’octroi de crédit. Graphique 7: Taux repo en Inde (%) 10 10 9 9 8 8 12,5 7 7 10,0 6 6 5 5 7,5 5,0 5,0 Sources : RBI 4 2,5 2,5 0,0 0,0 -2,5 -2,5 Sources : NBS, CSO, NATIXIS -5,0 -5,0 00 01 02 03 04 05 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 En Inde, l’investissement a toujours été moins dynamique du fait de goulots d’étranglements entre autre dans les infrastructures et l’éducation. Néanmoins, on constate une amélioration de l’investissement depuis 2014. L’arrivée au pouvoir de Modi ainsi que le lancement de la campagne Make in India en Septembre ont redonné confiance aux investisseurs. Ce programme est un plan d’investissement public qui vise principalement à bâtir un environnement favorable aux IDE notamment par la construction d’infrastructures. La faible bancarisation des ménages en Inde a longtemps pénalisé l’investissement privé domestique d’où la volonté affichée par Narendra Modi d’attirer les capitaux étrangers. 4 01 02 03 04 05 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 Néanmoins, on constate plutôt une stabilisation du crédit et 1 de l’investissement. Les conclusions d’une étude du FMI sur la transmission de la politique monétaire en Inde donnent une explication possible. La transmission de la politique monétaire par le crédit est asymétrique : le taux d’intérêt interbancaire s’ajuste plus lentement lors d’un cycle d’assouplissement que lors d’un resserrement de la politique monétaire. De même, le taux prêteur des banques commerciales s’ajuste plus vite à la hausse qu’à la baisse du taux repo. A l’inverse, le taux de rémunération des dépôts ne s’ajuste que lors d’un cycle expansionniste. Graphique 8: ratio CRR et SLR en Inde (%) Statutory Liquidity ratio (éch. G) Cash Reserve Ratio (éch.D) 30,0 10 9 8 27,5 7 6 25,0 Un cycle d’assouplissement monétaire, objectifs différents en Inde et en Chine mais 5 des 4 3 22,5 En Inde comme en Chine, la morosité de la demande a jusqu’alors conduit les banques centrales nationales à mener une politique monétaire accommodante. En Inde, le contexte extérieur est favorable du fait de 1) l’amélioration du déficit courant grâce aux faibles prix des matières premières ; et de 2) pressions désinflationnistes. Cela a dégagé une marge de manœuvre pour la RBI afin d’engager un cycle d’assouplissement des conditions de sa politique monétaire. Cela s’est traduit par trois baisses du taux repo (janvier, mars et juin) d’un total 150 pb (graphique 7). Ce relâchement des conditions de la politique monétaire peut également s’observer au niveau des ratios de réserves, le CRR et le SLR. Le Cash Reserve Ratio, l’équivalent du ratio de réserves obligatoires, est la part des dépôts en cash qui doit être déposé à la banque centrale. Le Statutory Liquidity Ratio est la part des dépôts détenus sous la forme d’actifs sûrs (principalement des bons souverains) que les banques 2 1 Sources : RBI 20,0 0 00 01 02 03 04 05 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 Depuis que le nouveau cadre de la politique monétaire a été signé, la stabilité des prix est devenue la priorité de la banque centrale indienne avec un objectif d’inflation à 6% pour janvier 2016. Afin de déterminer l’évolution de la politique monétaire de la RBI, il faut donc anticiper la trajectoire de l’inflation. Les facteurs qui vont jouer à la hausse sur l’inflation en 2015 sont : 1) la sécheresse en défaveur des récoltes 2) la normalisation de la politique monétaire de la Fed et 3 ) la volatilité des prix du pétrole et la présence de tensions géopolitiques. 1 DAS Sonali (2015), Monetary Policy in India : Transmission to Bank Interest Rates, IMF Working Paper No. 15/129 N° 51 I 3 SPECIAL REPORT À court terme, la remontée de l’inflation se fera donc progressivement. On s’attend donc au maintien du statu quo au S2/2015. En Chine, le cycle d’assouplissement monétaire commence en novembre 2014. L’objectif des 4 baisses du Ratio de Réserves Obligatoires (RRO) et du taux prêteur à un an (graphique 9) est très différent de l’Inde. La finalité en Chine est de contrôler le risque qui pèse sur la sphère financière. Premièrement, le flux des capitaux s’est inversé et on assiste à leur sortie modérée. Deuxièmement, la libéralisation des taux d’intérêt compresse les marges des banques qui rencontrent des difficultés pour financer l’économie réelle. Finalement, la détérioration des conditions de financement réelles pénalisent le crédit notamment dans les secteurs en déclin qui ont été largement abondés en crédit auparavant. Graphique 10 : Part des exportations asiatiques vers le marché japonais (% exportations totales) 30 30 Chine Inde Corée Indonésie Malaisie HK Singapour 20 20 10 10 Sources : FMI, NATIXIS 0 Graphique 9: Taux d'intérêt et de réserves obligatoires en Chine (%) 7,5 22 Taux prêteur 1 an 7,0 20 RRR grandes banques (D) 18 6,5 0 00 01 02 03 04 05 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 Sur le marché européen, les exportations des pays d’Asie se sont globalement stabilisées (graphique 11). Celles de l’Inde et de la Chine sont quasiment à égalité avec une légère avance de cette dernière. Toutefois, on constate qu’aussi bien la situation indienne que chinoise s’est dégradée dernièrement. 16 6,0 14 30 Graphique 11: Part des exportations asiatiques vers le marché de l'UE (% exportations totales) Chine Inde Corée Indonésie Malaisie HK Singapour 12 5,5 10 5,0 25 8 20 Sources : PBoC 4,5 30 25 20 6 00 01 02 03 04 05 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 En définitive, l’assouplissement monétaire en Chine n’a pas pour objectif de relancer la croissance contrairement à l’Inde mais de limiter le risque financier. On s’attend à un maintien du statu quo en Inde alors qu’en Chine, on anticipe un assouplissement supplémentaire sous la forme de baisses de taux directeur et du RRO au S2/15. Commerce extérieur : exportations indiennes regain de compétitivité 15 15 10 10 Sources : FMI, NATIXIS 5 5 00 01 02 03 04 05 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 des La Chine a longtemps basé son modèle économique sur les exportations avant de le réorienter vers des moteurs domestiques. La Chine a un ratio d’ouverture légèrement plus important qu’en Inde (60% vs 50%) et même si le rééquilibrage a déjà montré des résultats, les exportations représentent toujours 30% du PIB (vs. 25% en Inde). Sur le marché japonais tous les pays asiatiques ont vu leurs parts de marché rognées (graphique 10). Le Japon souffre d’une demande domestique déprimée et de délocalisations qui expliquent la contraction de ses importations. À l’inverse, les exportations des pays asiatiques ont globalement gagné des parts de marché aux États-Unis. La Chine puis l’Inde continuent de dominer ce marché: respectivement 17 % et 13% de leurs exportations sont destinées aux US (graphique 12). Néanmoins, depuis le T1/2015 les exportations indiennes et coréennes sont plus dynamiques que celles du reste de l’Asie. Ainsi, la part des exportations indiennes à destination du marché US croît à un taux de croissance à deux chiffres (ie. +15% d’exportations vers les US en Janvier). En Corée, ce gain de part de marché s’explique par l’affaiblissement du won coréen qui a permis un gain de compétitivité. N° 51 I 4 SPECIAL REPORT Graphique 12 : Part des exportations asiatiques vers le marché US (% exportations totales) 30 Chine Corée Malaisie Singapour 25 Graphique 14: Coût salarial unitaire (2005=100) 30 Inde Indonésie HK 25 20 250 Chine Indonésie Malaisie Singapour 200 250 Inde Corée Taiwan Hong Kong 200 20 15 15 10 10 5 5 150 150 100 100 50 50 Sources : EIU, NATIXIS 0 Sources : FMI, NATIXIS 0 0 0 05 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 00 01 02 03 04 05 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 Ces performances des exportations indiennes peuvent s’expliquer par trois facteurs. 1. Le gain de compétitivité prix en raison des dépréciations réelle et nominale de la roupie. L’INR a subi la plus forte dépréciation en terme nominal depuis 2010. Le taux de change effectif réel s’est également affaibli mais pas autant qu’en Indonésie (graphique 13). Cette dépréciation constitue un gain considérable par rapport au RMB qui est la devise dont le REER a connu la plus forte appréciation depuis 5 ans. Graphique 13: Taux de change réel effectif (jan 2010=100) 3. La composition des exportations de la Chine vers le marché US diffère des produits qu’elle exporte principalement. D’après le tableau 2, on constate que la Chine exporte des marchandises à plus faible contenu technologique aux États-Unis par rapport à ses exportations globales. Les produits primaires, que l’Inde exporte habituellement majoritairement, sont ceux qui ont contribué le moins aux exportations vers les US. La plus forte contribution est attribué aux ressources naturelles et aux biens manufacturiers de plus haute technologie comme les appareils électriques. Graphique 15 : Coût salarial unitaire ( Chine=100) 140 150 130 130 120 110 110 110 110 90 90 100 100 70 70 90 90 50 50 140 CNY INR MYR KRW TWD IDR SPD 130 120 80 80 11 150 Inde Corée Taiwan Hong Kong 130 Sources : EIU, NATIXIS Sources : BIS 10 Chine Indonésie Malaisie Singapour 12 13 14 15 2. L’Inde a gagné en compétitivité coût. Depuis 2005, le Coût Salarial Unitaire en Chine est en constante augmentation : il a doublé en 10 ans. La tendance générale en Asie émergente est à l’augmentation du coût salarial. Néanmoins, l’inde et la Corée ont vu leur CSU se stabiliser (graphique 14). 30 30 00 01 02 03 04 05 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 En définitive, le gain de compétitivité prix et la stabilisation du coût du travail a permis à l’Inde de gagner en compétitivité face à la Chine (graphique 15). L’Industrie, secteur habituellement en retard en Inde, a enregistré une expansion des nouvelles commandes à l’export depuis 2013 alors qu’en Chine le secteur manufacturier est en contraction depuis le début de l’année. N° 51 I 5 SPECIAL REPORT Conclusion deux géants émergents. Les exportations nettes indiennes seront plus dynamiques grâce à un taux de change faible et un coût de la main d’œuvre compétitif. En conclusion, nous anticipons que la croissance indienne sera durablement supérieure à celle de la Chine même si cette dernière conserve une avance considérable en terme de PIB en niveau. Notre prévision de croissance s’élève respectivement à 7,7% pour l’AF2016 en Inde et 6% en Chine en 2015. En définitive, alors que l’investissement ralentira en Chine, il accélèrera en Inde soutenu par le programme d’investissement en infrastructures. Néanmoins, la consommation sera plus vigoureuse en Inde du fait de meilleures perspectives sur le marché de l’emploi. La désinflation ne sera pas un facteur différenciant entre les Tableau 2: Contributions aux exportations vers le marché des Etats-Unis (points de pourcentage, T1/2015) # Chine Principales contributions # Contributions les plus faibles Machines et équipements électriques pp 1 Articles manufacturiers 2,80 1 2 Métaux de base 3 Articles en pierre, ciment et verre 1,00 2 Viande 3 Tabac et boissons -0,10 0,90 4 Graisses/huiles végétales et animales 5 Armes et munitions -0,01 4 Textile 5 Cuir # 0,80 0,70 Principales contributions pp (réacteurs nucléaires et machine électriques) # Contributions les plus faibles -0,60 -0,09 0,00 pp 1 Perles et pierres précieuses 1,48 1 Gommes et résines végétales -0,85 2 Machines et équipements électriques 1,45 2 produits raffinés du pétrole -0,18 3 Fer et acier 0,98 3 Machines et appareils électriques 4 Produits pharmaceutiques 0,83 4 produits à base d'amidon -0,06 5 auto et pièces détachées 0,59 5 fruits 0,00 (Réacteurs nucléaires et machines électriques) Inde pp (machines, appareils et matériels électriques et leurs parties) -0,08 So urce: M inistère du co mmerce indien, département des douanes de Chine, NA TIXIS N° 51 I 6 SPECIAL REPORT N° 51 I 7