Evénement formation - juin 2016 355.33 ko | PDF
Transcription
Evénement formation - juin 2016 355.33 ko | PDF
JUIN 2016 N°68 BRETAGNE L’ÉVÉNEMENT FORMATION ÉDITO AU SOMMAIRE ÉDITO 1 DOSSIER 2 Être conscient du cadre de sa mission et veiller au respect de ses obligations Le sujet vu par… LA RESPONSABILITÉ PLURIELLE DANS LA FONCTION PUBLIQUE HOSPITALIÈRE > Dr Stéphanie Chantel, coordonnateur de la gestion des risques associés aux soins, et Gaëlle Chesnais, directrice de la qualité et de la gestion des risques des centres hospitaliers de Vitré et de La Guerche-de-Bretagne (35) > Carmen Le Borgnic, coordonnatrice générale des soins et Fabienne Dubois, directrice des soins du Centre hospitalier Bretagne Atlantique de Vannes-Auray (56), Véronique Lorre, directrice des soins et Véronique Croizer, cadre de santé formatrice, IFSI Vannes (56) > Denis Martin, directeur EPSM de Caudan (56) > Philippe Chevalier, responsable cuisine à l’EHPAD Les Jardins du Castel, Châteaugiron (35) FOCUS 4 > Retour sur la journée gérontologie 2016 : intimité et sexualité des personnes âgées en EHPAD > Objectif, l’accès aux savoirs de base > Agenda L’Événement Formation est édité par l’ANFH Bretagne Le Magister 6, cours Raphaël-Binet, CS 94332 35043 Rennes Cedex Directeur de la publication Thierry Lhote Nicolas Mével, Magali Millot, Maryvonne Rumeur Coordinatrice Marie-Annick Le Filous Design graphique Atelier Marge Design Comité de rédaction Nathalie Bodineau, Franck Jégoux, Valérie Jouvet, Hélène Le Nezet, Pierre Loisel, Bernard Mahé, Leila Metarfi, Illustrations Manu Boisteau Impression IME – 72 500 ex. N° ISSN 0768-570X Mai 2016 Chaque professionnel de santé peut être amené à répondre de ses actes ou de ses omissions en toute circonstance, ainsi chacun doit pouvoir analyser et évaluer les risques liés à ses pratiques et appréhender les mécanismes des responsabilités civile, administrative, pénale, déontologique et disciplinaire. Nous devons tous être conscients de la nature spécifique des responsabilités dans le cadre des soins à la personne et devons pouvoir réussir à concilier les conditions de prise en charge mises en place par l’établissement de santé et les impératifs des soins prodigués. Les textes réglementaires ne sont évidemment pas toujours adaptés aux situations que connaissent les soignants au quotidien qui pensant « bien faire » peuvent vite se retrouver en situation d’exercice hors champ réglementaire sans en mesurer toutes les conséquences dramatiques qui peuvent en découler. Pour les aider, des protocoles d’un côté, des procédures de l’autre, permettent d’éviter une trop grande tolérance aux dépassements de fonction qui trop souvent encore restent une aubaine pour se décharger de tâches qualifiées moins nobles sans toujours en évaluer le risque. De nouvelles technologies font actuellement irruption dans le quotidien des agents. Elles sont encadrées par une démarche d’établissement, l’intranet, le dossier patient informatisé en sont des exemples, en revanche d’autres outils dits de communication (réseaux sociaux de toutes sortes) risquent fort, s’ils ne sont pas bien maîtrisés de vite devenir dangereux en termes de confidentialité. L’association ANFH, au travers de formations adaptées au contexte, est là pour répondre aux besoins des agents afin d’appréhender au mieux le nouvel environnement numérique sans en limiter pour autant l’usage, comme elle en informe sur la responsabilité liée à la traçabilité des écrits. Pierre Loisel, membre des instances de l’ANFH Bretagne DOSSIER ÊTRE CONSCIENT DU CADRE DE SA MISSION ET VEILLER AU RESPECT DE SES OBLIGATIONS ARTICLE RÉALISÉ PAR… STÉPHANIE RENARD Maître de conférences en droit public à la faculté de droit, des sciences économiques et de gestion de l’Université de Bretagne-Sud, membre du Copil « Cercle éthique » du Centre hospitalier BretagneAtlantique (Vannes). LE SUJET VU PAR… DR STÉPHANIE CHANTEL Coordonnateur de la gestion des risques associés aux soins GAËLLE CHESNAIS Directrice de la qualité et de la gestion des risques des centres hospitaliers de Vitré et de La Guerche-de-Bretagne (35). Au-delà de la pratique quotidienne, la responsabilité des praticiens s’exerce à différents niveaux de pilotage : dès l’élaboration de la politique d’amélioration de la qualité et de la sécurité des soins, à laquelle la CME contribue, jusqu’à 2 Le sentiment d’une judiciarisation continue de la santé(1) a très largement contribué au regain d’intérêt porté au droit de la responsabilité médicale et hospitalière. Ce droit reste toutefois éminemment complexe et, souvent, peu accessible au néophyte. Dans son acception la plus large, la responsabilité renvoie à l’obligation de chacun d’assumer les conséquences de ses actes et de ses abstentions envers la victime ou la société. Dans certains cas, est recherchée la sanction de l’auteur d’une faute qui peut être pénale (responsabilité pénale), professionnelle (responsabilité disciplinaire) ou déontologique (pour les professions organisées en ordres professionnels). Dans d’autres, c’est plutôt la réparation des conséquences d’un fait générateur de dommages qui est demandée, soit l’indemnisation des préjudices. l’engagement dans la démarche de certification. Ainsi, au centre hospitalier de Vitré, chaque thématique d’évaluation, comme la prise en charge médicamenteuse ou la sécurité au bloc opératoire, est pilotée par un médecin. Par ailleurs, le CH a choisi de désigner le coordonnateur de la gestion des risques associés aux soins parmi les praticiens et a confié aux sous-commissions de la CME le pilotage opérationnel de la démarche : définition des orientations stratégiques et élaboration du programme d’actions « qualité - sécurité des soins ». Ce dispositif favorise ainsi l’appropriation de ce programme par la communauté médicale. D’une manière générale, il convient donc de distinguer deux grandes catégories de responsabilité, selon que sa mise en jeu a pour but de sanctionner une faute ou d’indemniser la victime d’un dommage. DEUX GRANDES CATÉGORIES DE RESPONSABILITÉ Dans le premier cas, la vocation punitive de la responsabilité justifie que seul l’auteur direct de la faute puisse être condamné : c’est le principe dit de « personnalité des peines ». Dans le second cas, il revient normalement à l’établissement de santé (ou à son assureur) d’assumer la charge de l’indemnisation, y compris lorsqu’une faute a été commise par un membre du personnel, clairement identifié. Dans le secteur public, une faute commise à l’occasion du CARMEN LE BORGNIC Coordonnatrice générale des soins FABIENNE DUBOIS Directrice des soins Centre hospitalier Bretagne Atlantique de Vannes-Auray (56) VÉRONIQUE LORRE Directrice des soins VÉRONIQUE CROIZER Cadre de santé formatrice IFSI Vannes (56) Au CHBA, la direction des soins et l’IFSI s’inscrivent dans une démarche collaborative qui favorise l’autonomie progressive de l’étudiant en stage, tout en garantissant la sécurité et la qualité des soins dispensés. Une attention particulière est portée sur le champ de la responsabilité de chaque acteur impliqué dans le processus d’apprentissage. Pour cela, le dispositif de formation n’a qu’un seul objectif, à savoir la combinaison de la formation théorique et pratique qui se traduit par une pédagogie intégrative : analyse des pratiques, simulation en santé, e-learning, etc. Les départs en stage sont aussi l’occasion de rappeler que le statut d’étudiant ne confère pas une atténuation de la responsabilité engagée en stage. Les responsabilités de chacun sont précisées dans la charte de l’encadrement : le maître de stage est responsable de l’organisation et du suivi en relation avec le tuteur en charge de l’encadrement pédagogique et de l’évaluation. Leurs interlocuteurs directs et permanents sont les formateurs correspondants de pôle. Les directrices des soins, du centre hospitalier et de l’IFSI partagent la responsabilité de l’accompagnement. DENIS MARTIN Directeur EPSM de Caudan (56) Le directeur d’hôpital doit veiller à se prémunir contre le risque judiciaire, plus particulièrement pénal. La pénalisation croissante d’affaires opposant des patients ou leurs familles à l’établissement de santé et à son représentant légal oblige le directeur à intégrer la gestion du risque judiciaire comme une composante du management hospitalier. Outre sa responsabilité administrative, civile ou professionnelle, le directeur d’hôpital peut voir engager sa responsabilité pénale si des agissements délictuels ont été observés, ANFH BRETAGNE | L’ÉVÉNEMENT FORMATION | JUIN 2016 service engage donc la responsabilité administrative de l’établissement, que cette faute relève d’une faute médicale, d’un défaut de surveillance et de soins, d’un manquement aux obligations de service public, d’une méconnaissance des droits des patients, d’un défaut d’organisation du service, d’un dysfonctionnement administratif ou de toute autre défaillance. CUMUL DE RESPONSABILITÉS Cette garantie n’est cependant ni générale ni absolue. Tout d’abord, la protection de l’employeur cesse de s’appliquer lorsqu’un agent commet une faute personnelle détachable du service, tel qu’un acte volontaire accompli avec l’intention de nuire (un acte de maltraitance, par exemple). Ensuite, une telle garantie n’empêche pas la mise en cause personnelle principalement dans le domaine des infractions dites d’imprudence ou de négligence, par exemple : homicide ou blessure involontaire par non-respect des normes et consignes de sécurité ; mise en danger de la vie d’autrui en raison d’un défaut de surveillance ; délit de favoritisme à l’occasion d’une procédure de marché public… Le directeur peut également faire l’objet d’une mise en cause à l’occasion de faits qui ont le caractère d’un agissement individuel personnel constitutif d’une infraction pénale : harcèlement, violation du secret professionnel, prise illégale d’intérêt… C’est pourquoi la bonne connaissance des conditions d’engagement de la responsabilité pénale du directeur et la mise en place de procédures constituent les fondements d’une politique de prévention. Signalons enfin que le directeur bénéficie, comme tout fonctionnaire, de la protection juridique (les frais d’avocat et de justice ne sont pas à sa charge), en l’absence de toute faute personnelle détachable de l’exercice de ses fonctions. de l’agent sur le plan disciplinaire, ordinal et/ou pénal. N’étant pas exclusives les unes des autres, les différentes responsabilités peuvent, en effet, se cumuler. L’engagement de la responsabilité administrative de l’établissement pour une faute de service n’empêche donc pas la sanction disciplinaire de l’auteur de la faute si celle-ci correspond à un manquement à ses obligations professionnelles. Il peut, en outre, faire l’objet de poursuites judiciaires et d’une condamnation pénale lorsqu’une telle faute est constitutive d’une infraction. Il importe donc que chacun soit bien conscient du cadre et des conditions d’exercice de ses missions, en veillant au respect de ses obligations. En la matière, comme en de nombreuses autres, le savoir et la réflexion sont très certainement mères de sûreté. PHILIPPE CHEVALIER Responsable cuisine à l’EHPAD Les Jardins du Castel, Châteaugiron (35) En quoi consiste votre rôle de responsable cuisine ? Je gère les menus, les plannings et les commandes de la cuisine, ainsi que l’équipe, composée de cinq personnes. Je suis garant de la bonne organisation et de la qualité des quelque 250 repas que nous préparons chaque jour, pour les 121 résidents et les personnes en accueil de jour, répartis en six pôles de restauration. Pourquoi avoir choisi la restauration en liaison chaude ? Pour les résidents en EHPAD, le repas est un moment privilégié et attendu, voire l’un des ANFH BRETAGNE | L’ÉVÉNEMENT FORMATION | JUIN 2016 derniers plaisirs qu’ils apprécient encore. Tout est “fait maison” ici et les repas chauds leur rappellent ce qu’ils mangeaient chez eux. Cela fait quinze ans que j’exerce ma fonction, et travailler pour les satisfaire, ainsi que leurs familles, me tient toujours autant à cœur. De plus, l’ambiance au sein de l’équipe est excellente. Quels sont les risques inhérents à la restauration en liaison chaude et quelles sont les responsabilités du cuisinier vis-à-vis des normes d’hygiène ? Durant les deux heures qui séparent la préparation des plats et leur distribution, il est impératif de maintenir la liaison chaude au-dessus de 65 °C, qui est la température seuil de prolifération microbienne. C’est le défi principal ! Pour cela, des contrôles sont effectués en continu. Pour ce qui relève de l’hygiène en général, toute l’équipe est formée et respecte les protocoles HACCP* et le Plan de maîtrise sanitaire rédigé en 2008, afin de servir des repas en toute sécurité. 1. Anne Laude, Jessica Pariente et Didier Tabuteau, La judiciarisation de la santé, Paris, 2012, Éditions de Santé, 367 p. À noter, les différents contrôles sanitaires que nous avons subis ont toujours été satisfaisants. Pouvez-vous nous donner quelques exemples de précautions prises ? En cuisine, nous passons plus de la moitié du temps à nettoyer (plans de travail ustensiles, etc.) ! Avec un principe de base : celui qui salit nettoie, et le note. Autre précaution, en lien à la traçabilité des produits : nous prenons en photo toutes les étiquettes des ingrédients, et le tout est classé. Comment être au fait des normes d’hygiène en vigueur ? J’ai suivi il y a quinze ans une formation de base HACCP, et je bénéficie tous les deux ans d’une journée de rappel. En 2008, j’ai suivi une formation de trois jours : “Construire son plan de maîtrise sanitaire”, et tous les ans, je suis audité sur ce sujet par le qualiticien de l’établissement. * Hazard Analysis Critical Control Point 3 ACTUS AGENDA VENDREDI 2 DÉCEMBRE 2016 RENCONTRE RÉGIONALE 2016 RETOUR SUR LA JOURNÉE GÉRONTOLOGIE 2016 INTIMITÉ ET SEXUALITÉ DES PERSONNES ÂGÉES EN EHPAD Près de 400 personnes ont participé à la 25e journée gérontologie à Saint-Brieuc sur le thème de l’intimité et de la sexualité des personnes âgées en EHPAD. Cette question, de plus en plus évidente au sein des établissements et de moins en moins taboue, demeure néanmoins compliquée pour les professionnels au quotidien. Au cours de cette journée, Jean-Jacques Amyot, psycho-sociologue, a démontré que nous restions prisonniers de préjugés associant l’intimité et la sexualité à des stéréotypes de beauté et de jeunesse et rappelé qu’il n’existait pas de réponses standard. Nadine Murat-Charrouf nous a fait part de son expérience de gériatre en tant que médecin coordonnateur et dans le cadre de consultations mémoire au CHU de Rennes, étayée par de nombreux exemples rencontrés au quotidien. Elle a souligné l’intérêt d’une réflexion pluridisciplinaire au cas par cas, tout en gardant une approche éthique et protectrice en cas de troubles cognitifs ou psychiatriques des résidents. En complément de l’approche médicale, Mickaël Balandier, juriste, a développé toute l’importance du principe cardinal du consentement de la personne âgée. Il a également suggéré une série d’adaptations possibles en EHPAD permettant l’expression de cette intimité dans un cadre collectif et dans le respect de la tranquillité d’autrui : adaptation des locaux avec des chambres doubles ou communicantes à destination des couples, possibilité de fermer sa chambre à clef… Dans un deuxième temps, dédié aux expériences de terrain, le docteur Frédéric Munsch, psycho-gériatre, OBJECTIF, L’ACCÈS AUX SAVOIRS DE BASE À l’instar de l’ANFH nationale, l’ANFH Bretagne se donne comme objectif l’accès aux savoirs de base afin d’acquérir les compétences clés en situation professionnelle. Elle s’inspire des préoccupations 4 Thème : L’hôpital magnétique ou l’attractivité de l’hôpital public. médecin chef du pôle EHPAD USLD au CHU de Reims, a dépeint, suite à des expériences concrètes rencontrées par les soignants, comment son établissement avait largement sensibilisé les professionnels à cette thématique avec également un impact organisationnel non négligeable. Ce fut aussi le cas de l’EHPAD de Saint-Riquier dans la Somme, où selon Ingrid Desvignes et Justine Hervet, respectivement psychologue et infirmière, cette sensibilisation s’est appuyée sur la formation de l’équipe pluridisciplinaire. Quatre axes de réflexion ont été retenus : la liberté du résident ; son consentement ; la protection du résident atteint de troubles cognitifs ou psychiatriques ; et enfin la relation à l’entourage et à la famille qui peut parfois se révéler frileuse voire opposée à la poursuite d’une vie intime en EHPAD de son parent âgé, avec un partenaire nouveau. Entre permissivité extrême et surprotection, il importe de ne pas « protocoliser » cette question qui met en jeu l’humanité et la spécificité de chacun. affichées dans la loi 2014-288 du 5 mars 2014 relative à la formation professionnelle. Il s’agit de s’assurer que tous les agents publics soient à même de progresser dans leur travail jusqu’à connaître une promotion professionnelle. Pour cela, il faut permettre à tous de réinvestir le champ des connaissances, c’est-à-dire de maîtriser les huit compétences clés : > Communication dans la langue maternelle. > Communication en langues étrangères. > Compétence mathématique et compétences de base en sciences et technologies . > Compétence numérique. > Apprendre à apprendre. > Compétences sociales et civiques. > Esprit d’initiative et d’entreprise. Lieu : Palais des congrès de Lorient. Public concerné : tout personnel travaillant dans les établissements adhérents de l’ANFH Bretagne. Inscriptions : service formation continue de votre établissement. MARDI 4 AVRIL 2017 JOURNÉE GÉRONTOLOGIE 2017 Thème : Les nouvelles approches pour le maintien de l’autonomie en EHPAD. Lieu : Centre de Congrès Equinoxe de Saint-Brieuc. Public concerné : tout personnel travaillant dans les services de gériatrie y compris médecins. Inscriptions : service formation continue de votre établissement. > Sensibilité et expression culturelles. En lisant cette énumération, on comprend tout de suite l’interdépendance de ces compétences et la nécessité de les posséder pour s’intégrer aux nouveaux modes de travail et aux organi sations qui en découlent. C’est pourquoi l’ANFH proposera en 2017 un dispositif à destination des agents et des cadres. ANFH BRETAGNE | L’ÉVÉNEMENT FORMATION | JUIN 2016