Dossier d`information Le clown
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Dossier d`information Le clown
Dossier d’information Le clown Dossier réalisé par les enseignants missionnés auprès de la Scène nationale Equinoxe, Karine Tanneau et Frédéric Duhon. 1 LE CLOWN A TRAVERS L’HISTOIRE . Étymologiquement, le terme clown provient du terme anglais clod (motte de terre), ce qui souligne l'origine terrienne du personnage : il signifie à la fois paysan, rustre, paillasse, grotesque. Les premiers clowns anglais furent souvent, avant d'accéder au cirque, des conteurs populaires fort appréciés dans leurs villages respectifs. Nous considérerons le clown à partir de 1769, date à laquelle fut inauguré le cirque d'Astley. Cet écuyer, militaire de formation, construisit à Londres une piste de cirque à ciel ouvert. L'emploi du terme cirque, tel que nous le concevons aujourd'hui, pour décrire celui d'Astley, est abusif : son cirque servait en fait d'hippodrome. Les compétitions équestres qui y avaient cours étaient ponctuées d'intermèdes : démonstrations d'hommes forts, jonglerie, élaboration de pyramides humaines et pitreries. Une soirée complète de divertissements à l'hippodrome pouvait durer de cinq à six heures. La programmation comprenait également des extraits de vaudeville, des pantomimes, des mimodrames et des sketches burlesques. Les clowns, des écuyers ou de simples garçons de piste, assuraient les intermèdes entre chaque numéro, en exécutant des performances équestres acrobatiques, ou en contant fleurette à l'écuyère qui effectuait son tour de piste. Chaque cirque eut bientôt son comique maison ; et Astley recruta de véritables artistes. L'apport de ce dernier est capital dans l'évolution de l'art clownesque; pour la première fois, des artistes de toutes provenances furent logés à la même enseigne : artistes de foire, comédiens ambulants ou de vaudeville, conteurs de village prirent part aux représentations. Astley entraîna soigneusement ses histrions et homogénéisa leur style. Mais surtout, il comprit l'avantage indéniable qu'offrait, dans ses dimensions relativement restreintes, la piste de l'hippodrome. Le clown pouvait d'emblée y évoluer à l'aise, sans que le public ne perde la portée de sa mimique. Cette nouvelle formule de divertissement devint rapidement très populaire. Astley entreprit des voyages à travers toute l'Europe, et les premières vedettes de l'hippodrome ne tardèrent pas à étendre leur influence jusqu'aux États-‐ Unis. Un employé d'Astley, un certain Charles Hugues, sortit le cirque de l'hippodrome et en fit un genre distinct. Il devint ainsi le rival d'Astley, en inaugurant le Royal Circus. Le cirque, dans sa facture actuelle, supplanta 2 rapidement l'hippodrome dans la faveur du public. Cependant, la piste demeura, dans ses proportions idéales, la composante essentielle du cirque. En 1763, Hugues se rendit en Russie pour y faire connaître le cirque. Jacques Tourniaire le développa et l'introduisit également en Allemagne et en Scandinavie. L’auguste et le clown blanc. L'auguste et le clown blanc forment un couple emblématique du cirque. Les deux sont indissociables : sans l'auguste, il n'y aurait pas eu de véritable clown blanc. L'origine de l'auguste est sujet à des débats. Le premier auguste aurait été un écuyer anglais, répondant au nom de Tom Belling travaillant au cirque Renz à Berlin en 1869. Le terme « auguste » dériverait d'ailleurs d'une expression berlinoise utilisée pour désigner un idiot. Les versions de ce qui s'est réellement passé sont très nombreuses. Ce dont on est sûr, c'est que l'auguste est né par hasard, à la suite d'un incident provoqué par Tom Belling (une chute à cheval pendant un numéro, une course poursuite sur scène avec un M. Loyal rouge de colère) et que cet incident était la conséquence directe d'une consommation d'alcool peu raisonnable. D'où deux caractéristiques de l'auguste : c'est un « pochtron » notoire avec un joli nez rouge, pour le petit côté aviné, doublé d'un grand maladroit devant l'éternel. Face au succès que rencontre le personnage, il devient récurrent dans les spectacles et, comme le monde des clowns est très efficace quand il s'agit d'imiter ce qui marche sous les autres chapiteaux, l'auguste devient rapidement une des grandes figures du cirque. Un tel camarade est une véritable aubaine pour le clown qui l'engage afin de se décharger de tout le grotesque de son personnage. Il quitte son masque bariolé de clown acrobate et se transforme en clown blanc, plus pragmatique, plus autoritaire, plus méchant. L'auguste devient son souffre douleur, un personnage naïf, innocent, rêveur, qui récupère le maquillage coloré du clown blanc et porte des vêtements de plus en plus dépareillés, à mesure que le costume du clown blanc se pare de paillettes. Le duo s’impose à la fin du XIX siècle, début de l'âge d'or du cirque. Il est basé sur l'idée du rapport dominant/dominé, certains y verront d'ailleurs des relations bourgeois/ouvrier. C'est le clown blanc qui détient le pouvoir et se joue de la naïveté de l'auguste, cette situation se retrouvant à la fois sur et en 3 dehors de la piste. C'est lui qui est le premier sur l’affiche, qui négocie les contrats, engage l'auguste et fixe son salaire. C'est encore lui qui décide du déroulement du numéro et du nombre de coups de pieds que l'auguste recevra. Footit et Chocolat, un des duos les plus connus à l'époque, était la parfaite illustration de ce fonctionnement : leur duo était basé sur les relations esclave/maître, Chocolat était noir. Footit le considérait comme un serviteur et se comportait avec lui comme tel. Ce fonctionnement témoigne également du racisme de l’époque, le tournant entre le XIXème et le XXème siècle en pleine période coloniale. Footit et Chocolat. Le clown traditionnel. Le clown, à ses débuts, se contentait d'exécuter quelques cabrioles: la nécessité d'un dédoublement du clown initial en ses composantes que sont l'auguste (la victime) et le clown blanc (le bourreau) se fit rapidement sentir. Et tous deux furent bientôt soumis aux tyranniques exigences d'un troisième personnage, monsieur Loyal, le maître de cérémonie du cirque, le patron des clowns. 4 Monsieur loyal. Monsieur Loyal s'affirme en piste comme le maître incontesté des clowns. Il joue auprès d'eux son propre rôle. Le premier Loyal du nom occupait la double fonction de directeur et d'écuyer. Il était l'objet de la considération unanime de ses employés, et ses interventions auprès des palefreniers vaguement maquillés, exécutant quelques pitreries entre deux exercices équestres, normèrent ce nouveau personnage. Le nom de monsieur Loyal est resté, et l'on nomme désormais ainsi quiconque s'acquitte de cette fonction. Gougou, Monsieur Loyal, au festival de cirque de monte Carlo en 2012. Mais il manquait un intermédiaire entre Monsieur Loyal et l'Auguste, un contremaître, qui s'incarna dans le personnage du clown blanc. 5 Le clown blanc. Le clown blanc doit son nom à son maquillage. Il devint, au fur et à mesure que son rôle se précisa, le faire-‐valoir du sympathique, de l'inénarrable, de l'ineffable auguste. Alberto Caroli au Cirque d’Hiver Bouglione. Le clown évolua différemment en France où il fut soumis aux rigueurs de la censure napoléonienne, en Russie où il fut maintes fois pourchassé à cause de son engagement politique, et aux États-‐Unis où il fut noyé dans le cirque à trois pistes... L'histoire des clowns n'en est pas une de tout repos. Le clown de piste effectua une réelle percée au théâtre en France, dans les années 1920, et il sut s'adapter à la scène, malgré tout fort différente de la piste de cirque : le face à face avec le public le mettait mal à l'aise -‐ comme l'aurait été un comédien lancé dans une arène. Pourtant, plusieurs clowns passèrent brillamment la rampe : les Fratellini, clowns de piste aussi bien que clowns de scène, en sont un bon exemple. Par ailleurs, le jeu clownesque, inscrit dans la corporalité, influença tout le mouvement du renouveau théâtral français, que l'on pense à l'influence qu'exercèrent les clowns sur l'oeuvre de Jacques Copeau ou de Jean Cocteau. Le maquillage du clown blanc constitue un véritable masque blafard, aux lèvres rougies, le sourcil couronné par la «signature», trait noir différent d'un clown à l'autre, permettant à chaque clown blanc de se singulariser. Cette restriction de pouvoir confère à son jeu une couleur intéressante. Le clown blanc se voit obligé, à l'occasion, de faire front commun avec l'auguste, dans un jeu de renversement des alliances dont monsieur Loyal fait les frais. Le 6 clown blanc devient alors tout gentil, dans le but avoué de se concilier les bonnes grâces de «Monsieur Auguste». Cette gentillesse est exceptionnelle. Généralement, le clown se comporte vis-‐à-‐vis de l'auguste avec un cynisme condescendant et un autoritarisme sans réplique. Il est insupportable : il rappelle au spectateur Mais le jeu clownesque n'est pas de l'ordre de la tragédie, bien que les rapports de force qu'il illustre n'aient en soi rien de comique au sens littéral du terme. Cependant, le côté parodique des interventions permet au rire de s'infiltrer en évacuant la tension dramatique, ce qui n'exclut pas la possibilité d'une réflexion a posteriori de la part du spectateur. L’Auguste. L'auguste est fondamentalement un entêté, tour à tour bel ahuri, doux inconscient, grand naïf, irresponsable, malgré tout capable de ruse. Dans son habit métaphorique, taillé à la démesure de son personnage, il tente de préserver une dignité menacée par les interventions intempestives du clown blanc et de monsieur Loyal. L'auguste répond à leurs provocations d'une manière toute personnelle. Il paraît toujours très occupé, alors qu'il ne fait strictement rien : la dynamique du jeu de l'auguste repose sur ce fragile équilibre. Aux problèmes les plus simples, il apporte des solutions ahurissantes. L'auguste est incohérent, anarchique. Son ego n'est ni structuré ni fonctionnel. Son essence est le paradigme de la vulnérabilité. Achille Zavatta. 7 Le clown blanc, qui avait régné en maître incontesté sur la piste, se vit bientôt retirer sa suprématie par un auguste de plus en plus drôle. Le rôle de clown blanc se réduisit à celui d'un faire-‐valoir. Le clown blanc, alors considéré trop facilement comme l'artiste du tandem, s'était enlisé progressivement dans la paresse et la routine : il ne fit plus de recherches pour améliorer son personnage, reléguant toutes les besognes d'entretien à son employé, l'auguste. Celui-‐ci était effectivement à la solde du clown blanc qui allait le recruter dans les campagnes et lui faisait la vie très dure, reproduisant hors-‐ piste les conditions qui lui étaient réservées sur la piste. Les augustes acquirent ainsi beaucoup d'expérience et surent en tirer le meilleur parti possible. Tous les artistes se devaient de revêtir, avant et après leur numéro, la tenue de garçon de piste, prêts à empêcher les chevaux de regagner les coulisses avant la fin des numéros équestres. Volontiers sentimental, il manifeste bruyamment ses états d'âme jusqu'à la démesure, ce qui en abstrait la charge émotive. Il jongle avec les émotions : ce chef-‐d'oeuvre de métamorphose passe sans transition du désespoir le plus profond à la joie la plus exubérante. Cette alternance rapide génère des situations galvanisantes, provoque le comique de situation. L'auguste est joyeusement inconséquent. Il a du monde une vision qui ne relève en rien de la logique cartésienne. Il n'est soumis à aucun déterminisme, non plus que les autres protagonistes; il vit dans l'instantanéité de la piste. Ainsi, de cette confrontation entre le pouvoir et l'imagination, il ressort une relation où il n'y a, finalement, ni vainqueur ni vaincu. Le clown blanc ne résoudra jamais l'énigme que représente pour lui la sempiternelle renaissance de l'auguste. L'Auguste de soirée. L'auguste humanise avec un art consommé la piste de cirque du poids de toute la maladresse humaine. Découlant de cette fonction de l'auguste protagoniste des entrées apparurent les augustes de soirée, réminiscence des premiers clowns qui assuraient les intermèdes dans l'hippodrome. Les augustes de soirée ont envahi la piste de cirque pour assurer le charivari l'entrée clownesque proprement dite. L’entrée des augustes de soirée qui est essentiellement composée de cascades et de gifles sonores, sans sketch. Le charivari repose sur le comique de geste et sur l'impression de désordre. En réalité réglé comme un ballet, le charivari donne une telle impression mais est très ordonné. Il permet aux garçons de 8 piste d'installer le matériel du numéro suivant mais il sert aussi d'entrée au spectacle. Les entrées ou canevas clownesques servaient souvent de prétexte à une brillante démonstration des rapports qui prévalaient entre les différentes instances du cirque et, par extension, dans la société en général. Les clowns se gaussaient de leur directeur, de leurs conditions de vie souvent précaires, des autres disciplines du cirque, de leurs loisirs, du sport, de leurs démêlés avec la justice, de l'armée : tout y passait. *f\L Les augustes de soirée exécutent encore aujourd'hui, tout comme les premiers clowns, de brefs intermèdes, mieux connus sous le nom de reprises, sorte de raccords servant à soutenir le rythme entre chaque numéro. Parce qu'ils ne disposent que de très peu de temps pour faire rire leur public, il est primordial que leurs gags soient percutants. Dans un tel contexte, l'importance du geste est irrécusable et prend nettement le pas sur le discours. 9 Le hobo américain. Le hobo est un clown typique des grands cirques américains. Ce personnage est né durant la Grande Dépression, la crise économique mondiale issue du krach boursier de Wall Street en octobre 1929. A cette époque, les Etats-‐Unis sont parcourus par de vagabonds qui ont tout perdu, emploi, logement, famille. Le hobo figure ce personnage de vagabond. Son maquillage le présente mal rasé, le dessin de sa bouche exagère sa tristesse. Ses vêtements sont rapiécés, trop grands, ainsi que ses chaussures démesurées. Il porte parfois un balluchon au bout d’un bâton. Clown de cirque Ringling, Emmett Kelly dans un bain de bulle, photographie par Joseph Steinmetz Janney Charlie Chaplin a créé un personnage de hobo avec Charlot qui répond à tous ces codes : chaussures trop grandes, vêtements rapiécés. Dans « Les 10 Temps modernes », le dernier plan du film montre Charlot et la Gamine reprenant leur errance sur une route dans un paysage désert. Dernier plan des « Temps Modernes », C. Chaplin, 1936. Cette thématique est reprise par la photographe Dorothea Lange, qui dans les années 1930 photographie l’Amérique miséreuse de la crise économique. « Walking toward Los Angeles », Dorothea Lange, 1937 Le clown contemporain. Le clown contemporain participe aussi à la pluralité des valeurs, à l'éclatement des genres, ce qui lui confère un caractère polyvalent : il s'infiltre partout... Mais quel que soit le contexte dans lequel il évolue, le clown ne peut faire abstraction du type de société dans lequel il s'inscrit, ce qui suppose, de sa part, une grande connaissance des composantes structurelles de son environnement. Car l'arme du clown, son mode d'intervention privilégié, s'affirme toujours être la parodie. Son discours outrepasse les frontières de la logique et lui permet d'accéder de plain-‐pied à l'imaginaire. Avec le clown, tout 11 redevient possible. Il n'est pas assujetti aux lois de la temporalité et de la spatialité. Il transcende, grâce à sa mobilité, les lois de la gravitation. Le clod originel se raffine de plus en plus; de la glaise se façonne un personnage nettement axé vers une approche corporelle du jeu, mais également vers un personnage de plus en plus subtil, sensible, raffiné, en perpétuelle recherche de nouveaux modes d'expression. Le clown contemporain, certains clowns y parviennent à merveille, devrait tenir compte des exigences d'un public mieux informé, s'adapter aux courants esthétiques du moment, renouveler les formes de leur pratique. Un pur clown prend aussi en considération l'évolution des mentalités et les préoccupations du public. Car le clown est le passeur, celui qui permet au public d'effectuer une rupture avec le quotidien et d'accéder à une nouvelle vision du monde. Le passage s'effectue par le biais du spectateur. Le clown propose, et le public dispose... Au personnage gentil et naïf, haut en couleur, destiné à amuser la galerie, se greffe un personnage cruel, violent, passionné, ambivalent, à la fois bourreau et victime qui se situe au point de rupture entre le monde rationnel, cohérent, organisé et le monde du chaos. Le clown refuse toute morale préétablie, il incarne l'inlassable conquête de la conscience : il traverse le miroir, en allant au-‐delà des apparences. Il réfléchit alors la longue quête du devenir humain. Il demeure le «fou sage» qui autorise l'espoir. 12 Pistes pédagogiques. 1) Etude de l’image. Séquence en Français : le cirque, un monde de rêve (1 h) Niveau 6ème HIDA Support : œuvres de Marc Chagall (une ou plusieurs, au choix) Séance 1 (1 heure) Observation du tableau, et réactions spontanées des élèves -‐ quelques questions orales destinées à organiser l’analyse (noter les remarques au tableau). 1. Quelles formes géométriques reconnaissez-‐vous? 2. Quels éléments du cirque découvrez-‐vous dans ces formes géométriques? 3. Quelles sont les couleurs dominantes? A quoi font-‐elles penser? 4. Quels sont les personnages représentés? 5. Quels sont les métiers du cirque qui sont mis en valeur dans le tableau? 6. Y-‐a-‐t-‐il des personnages qui n’appartiennent pas aux réalités du cirque? Qu’apportent-‐ils au tableau? 7. Qu’est-‐ce qui fait penser à un rêve? 8. Aimez-‐vous ce tableau? Oui/non, pourquoi? Mise en forme commune d’une trace écrite finale. Séance 2 (1h) Travail autonome par groupes en salle informatique, (étude de l’image, histoire des arts, activités écrites). En liaison avec enseignant d’Arts Plastiques et documentaliste. Aller sur le site http://images.google.fr/ Diviser la classe en groupes, chaque groupe étant chargé d’étudier un tableau de Chagall. Groupe 1 : taper dans la fenêtre de recherche : « Chagall le cirque bleu », cliquer sur la photo puis sur « afficher l’image en taille réelle », pour l’agrandir. Groupe 2 : taper dans la fenêtre de recherche : « Chagall le cirque vert », cliquer sur la photo puis sur « afficher l’image en taille réelle », pour l’agrandir. Groupe 3 : taper dans la fenêtre de recherche : « Chagall le cirque rouge et bleu », cliquer sur la photo puis sur « afficher l’image en taille réelle », pour l’agrandir. 13 Groupe 4 : taper dans la fenêtre de recherche : « Chagall le cheval de cirque », cliquer sur la photo puis sur « afficher l’image en taille réelle », pour l’agrandir. Groupe 5 : taper dans la fenêtre de recherche : « Chagall le coq violet », cliquer sur la photo puis sur « afficher l’image en taille réelle », pour l’agrandir. Groupe 6 : taper dans la fenêtre de recherche : « Chagall parade au cirque », cliquer sur la photo puis sur « afficher l’image en taille réelle », pour l’agrandir. Groupe 7 : taper dans la fenêtre de recherche : « Chagall la joie au cirque », cliquer sur la photo puis sur « afficher l’image en taille réelle », pour l’agrandir. Groupe 8 : taper dans la fenêtre de recherche : « Chagall le cirque d’Izis », cliquer sur la photo puis sur « afficher l’image en taille réelle », pour l’agrandir. Groupe 9 : taper dans la fenêtre de recherche : « Chagall le cirque au village », cliquer sur la photo puis sur « afficher l’image en taille réelle », pour l’agrandir. Groupe 10 : taper dans la fenêtre de recherche : « Chagall images du cirque », cliquer sur la photo puis sur « afficher l’image en taille réelle », pour l’agrandir. Groupes 11, 12, 13 et 14 : taper dans la fenêtre de recherche : « Chagall cirque », choisir les photos 9, 10, 11 et 14, cliquer sur la photo puis sur « afficher l’image en taille réelle », pour l’agrandir. Questionnaire de travail : 1. Quelles formes géométriques reconnaissez-‐vous? 2. Quels éléments du cirque découvrez-‐vous dans ces formes géométriques? 3. Quelles sont les couleurs dominantes? A quoi font-‐elles penser? 4. Quels sont les personnages représentés? 5. Quels sont les métiers du cirque qui sont mis représentés? Comment sont-‐ils mis en valeur? 6. Qu’est-‐ce qui fait penser à un monde de rêve? 7. Aimez-‐vous ce tableau? Oui, non, pourquoi? Travail d’écriture: A partir des réponses à ce questionnaire, décrivez d’une façon organisée, le tableau de Chagall que vous avez analysé. Mais aussi : Autre travail possible (oral puis écrit): comparer les représentations des acrobates de cirque dans les tableaux peints par Renoir, Seurat, Toulouse-‐Lautrec, Bernard Buffet, Picabia et Othon Friez. 14 Travail personnel complémentaire possible sur les timbres ou les affiches de cirque (en fonction de la classe) à faire en salle informatique ou au CDI : ce travail pourra être intégré dans le dossier sur le cirque. Aller sur le site : http://www.circusnet.info (cliquer dans le colonne de gauche sur « timbres poste » puis sur « affiches »). Choisir un timbre sur le cirque et le décrire. Et/ou choisir une affiche de cirque et la décrire. Ce travail peut donner lieu à une petite exposition présentée dans la classe ou au CDI et permet de valider des items du B2i. Les élèves peuvent également réaliser leurs propres affiches du cirque dans le cadre d’un travail interdisciplinaire avec le professeur d’Arts Plastiques. Travailler sur le lexique du cirque. 2) Etude du texte : le cirque, un monde poétique (2h) en Français (HIDA) en classe de 6 ème En lien avec le professeur d’Education musicale. Etude d’un poème ou d’une chanson au choix : -‐ lecture et / ou écoute de la chanson -‐ faire dégager le thème -‐ faire dégager l’organisation du texte -‐ expliquer le vocabulaire -‐ analyse analytique du texte -‐ faire un bilan écrit régulier avec les mots clefs marqués progressivement au tableau -‐ terminer par un travail comparatif avec les œuvres de Chagall 3) Analyse filmique (s’accompagner des planches de BD de Gotlib, le vocabulaire technique du cinéma) HIDA (collège) Les arts du visuel Le Cirque 1) Présenter l’œuvre. Titre : Le Cirque Auteur / réalisateur : Charlie Chaplin Date : 1928 Principaux personnages et acteurs : -‐ Merna Kennedy : l’écuyère -‐ Charles Chaplin : Charlot, un vagabond Genre : comédie dramatique, burlesque 15 Contexte économique : l’économie américaine commence à se ralentir, même si la Grande dépression n’éclate que l’année suivante. Le chômage augmente, et jette sur les routes des vagabonds, les hobbos, comme le personnage de Charlot Contexte historique : l’entre deux guerres aux Etats-‐Unis Synopsis A la suite d’un quiproquo, "le Vagabond" (Charlie Chaplin) se retrouve sur la piste d’un cirque. Ses étourderies provoquent l’hilarité du public et incitent le directeur de l’établissement à l’embaucher comme clown. Mais faire rire sur commande n’est pas une mince affaire et le petit homme se retrouve rapidement affligé de tâches subalternes. Résigné car nourri et logé, il rencontre une belle et tendre cavalière (Merna Kennedy) dont il tombe follement amoureux… 2) Description : analyse de quelques plans. Séquence 21 : Sur le fil Charlot commence son numéro, en équilibre sur le fil ; mais un singe facétieux jette un fruit dans son chapeau. Il le prend et le jette sans faire attention. Il s’écrase sur le front d’un spectateur. Charlot, retenu par le harnais, accomplit de "véritables" exploits. Il utilise ensuite un balancier, mais ; quand le complice tire un peu trop fort, la ceinture se détache. Il ne s’en rend pas compte au départ, malgré les avertissements de l'accessoiriste en coulisses et, se croyant toujours attaché, garde son équilibre. Quand il découvre le harnais sous ses yeux, il panique mais retrouve l'équilibre. Les singes approchent, s'accrochent à lui ; l'un d'eux lui mord plusieurs fois le nez. Ils lui retirent ses vêtements et Charlot qui a oublié de mettre son collant, se retrouve en caleçon. Son pantalon le gêne dans sa prise d'équilibre et, un trapèze décroché par un singe vient le heurter. Le public commence à s'inquiéter, surtout quand il lâche son balancier. Il continue à avancer mais glisse sur une peau de banane et se rattrape in extremis au fil. Il finit par atteindre tant bien que mal le vélo pour préparer sa sortie de scène mais l'accessoiriste n'arrive pas à l'arrêter. Charlot traverse les coulisses et il termine sa course dans une épicerie voisine. Dans la rue, se croyant sur la piste du cirque, il salue le public. Quand il s'aperçoit de son erreur, il court vers le chapiteau. Photogramme, Le Cirque « Charlot sur le fil » 16 Photogramme, Le Cirque, « Charlot sur le fil 2» a) Analyse technique de la séquence 21 : repérer : -‐ plan fixe ou mouvements de caméra -‐ gros plan / plan américain / plan d’ensemble -‐ plongée / contre-‐plongée -‐ effet de caméra subjective b) Analyse et description des photogrammes « les clowns » ou « Guillaume Tell » : -‐ Présenter : ! Nature ! Source -‐ Décrire le photogramme avec le vocabulaire des plans : ! Composition ! Cadrage -‐ Interpréter : quelles sont les intentions de l’auteur et les justifier avec des éléments de description -‐ Rechercher d’autres œuvres à mettre en lien Photogramme Le Cirque, « Les clowns ». 17 Photogramme Le Cirque, « Guillaume Tell » 4) Quelques pistes pour pratiquer le clown en classe. a) Petit matériel : -‐ des nez, avec élastique fin (se trouve facilement en magasin de farces et attrapes) -‐ du fil élastique pour réparer b) Déguisements et accessoires : -‐ de vieux sacs à main -‐ écharpes, étoles, boas, chapeaux divers (du bob au vieux chapeau de mariage) -‐ vêtements de toutes natures, vieux costumes, vêtements de travail, tabliers (trop large ou étriqué) -‐ chaussures variées c) Quelques règles de base sur le jeu du clown : -‐ un clown ne met jamais son nez face à quelqu’un, il se tourne -‐ il ne touche jamais son nez en public -‐ si il a besoin de remettre son nez, il se tourne -‐ un clown ne dit jamais non, il dit oui à tout d) Créer son clown : -‐ expérimenter différentes façons de travestir sa voix -‐ modifier sa démarche -‐ associer les deux et travailler sa voix et son déplacement de clown : soit en les opposant (Ex : attitude agressive et voix fluette), soit en les assortissant (clown timide dans son expression physique et grosse voix) -‐ choisir et adapter son déguisement : soit trop grand, soit au contraire trop petit -‐ inventer des tics de langage, des tics physiques e) Quelques exercices pour « apprivoiser » et « développer » son clown : -‐ faire un échauffement traditionnel, mais avec son personnage de clown -‐ organiser un défilé de mode de clown (pour faire travailler la démarche, la posture physique) 18 -‐ l’interview de clown (questionner chaque clown à tour de rôle pour faire travailler et développer la voix, l’élocution, la construction du personnage) -‐ clown télé-‐crochet : chaque clown présente son interprétation d’une chanson avec une chorégraphie clownesque -‐ le combat de boxe : -‐ délimiter un ring (4 chaises, une corde à linge) -‐ 2 combattants, 2 hommes de coin, 1 arbitre -‐ présentation des combattants / 2 à 3 rounds / encouragements des hommes de coin / attention : interdiction de se toucher ! -‐ la vie quotidienne des clowns : par 2, improvisation sur une scène banale du quotidien d’un couple de clown (devant la TV, à table, au lit ) -‐ faire jouer des extraits de textes théâtraux « du répertoire » ou de textes contemporains 19 ANNEXES ANNEXE 1 POEMES ET CHANSONS Texte 1 Le clown, Bobèche, adieu ! bonsoir, Paillasse ! arrière, Gille ! Place, bouffons vieillis, au parfait plaisantin, Place ! très grave, très discret et très hautain, Voici venir le maître à tous, le clown agile. Plus souple qu'Arlequin et plus brave qu'Achille, C'est bien lui, dans sa blanche armure de satin ; Vides et clairs ainsi que des miroirs sans tain, Ses yeux ne vivent pas dans son masque d'argile. I lls luisent bleus parmi le fard et les onguents, Cependant que la tête et le buste, élégants, Se balancent sur l'arc paradoxal des jambes. Puis il sourit. Autour le peuple bête et laid, La canaille puante et sainte des Iambes, Acclame l'histrion sinistre qui la hait. Paul Verlaine Texte 2 « Bravo pour le clown », chanson d’Edith Piaf (1953) Un clown est mon ami Et toi, tu fais l'idiot Un clown bien ridicule Pour ta femme infidèle Et dont le nom s'écrit Bravo! Bravo! En gifles majuscules Et tu fais la vaisselle Pas beau pour un empire Bravo! Bravo! Plus triste qu'un chapeau Il boit d'énormes rires Le cirque est déserté Et mange des bravos Le rire est inutile Mon clown est enfermé Pour ton nez qui s'allume Dans un certain asile Bravo! Bravo! Succès de camisole Tes cheveux que l'on plume Bravos de cabanon Bravo! Bravo! Des mains devenues folles Tu croques des assiettes Lui battent leur chanson Assis sur un jet d'eau 20 Tu ronges des paillettes Tordu dans un tonneau Pour ton nez qui s'allume Bravo! Bravo! Tes cheveux que l'on plume Bravo! Bravo! La foule aux grandes mains S'accroche à ses oreilles Lui vole ses chagrins Et vide ses bouteilles Son coeur qui se dévisse Ne peut les attrister C'est là qu'ils applaudissent La vie qu'il a ratée! Pour ta femme infidèle Bravo! Bravo! Et tu fais la vaisselle Bravo! Bravo! Ta vie est un reproche Qui claque dans ton dos Ton fils te fait les poches Texte 3 “Au cirque” Ah! Si le clown était venu Il aurait bien ri mardi soir: Un magicien en cape noire A tire d’un petit mouchoir Un lapin puis une tortue Puis il les a fait parler En chinois, en grec, en tartare. Mais le clown était enrhumé! Auguste était bien ennuyé Il dut faire l’équilibriste Tout seul sur un tonneau percé C’est pourquoi je l’ai dessiné Avec des yeux tout ronds, tout tristes Et de grosses larmes qui glissent Sur son visage enfariné. Je suis roi et je règne Bravo! Bravo! J'ai des rires qui saignent Bravo! Bravo! Venez, que l'on m'acclame J'ai fait mon numéro Tout en jetant ma femme Du haut du chapiteau Bravo! Bravo! Bravo! Bravo! Maurice Carême 21 Texte 4 “Clown” Je suis le vieux Tourneboule Ma main est bleue d'avoir gratté le ciel Je suis Barnum je fais des tours Assis sur le trapèze qui voltige Aux petits, je raconte des histoires Qui dansent au fond de leurs prunelles Si vous savez vous servir de vos mains Vous attrapez la lune Ce n'est pas vrai qu'on ne peut pas la prendre Moi je conduis des rivières J'ouvre les doigts elles coulent à travers dans la nuit Et tous les oiseaux viennent y boire Sans bruit Les parents redoutent ma présence Mais les enfants s'échappent le soir Pour venir me voir Et mon grand nez de buveur d'étoiles Luit comme un miroir. Werner Renfer Texte 5 “Saltimbanques”, Apollinaire Dans la plaine les baladins S'éloignent au long des jardins Devant l'huis des auberges grises Par les villages sans églises Et les enfants s'en vont devant Les autres suivent en rêvant Chaque arbre fruitier se résigne Quand de très loin ils lui font signe Ils ont des poids ronds ou carrés Des tambours des cerceaux dorés L'ours et le singe animaux sages Quêtent des sous sur leur passage 22 Texte 6 Clown Un jour. Un jour, b ientôt p eut-‐être. Un jour j’arracherai l’ancre q ui tient m on n avire loin d es m ers. Avec la s orte d e c ourage q u’il faut p our ê tre rien e t rien q ue rien, je lâcherai c e q ui paraissait m ’être indissolublement p roche. Je le trancherai, je le renverserai, je le romprai, je le ferai d égringoler. D’un c oup d égorgeant m a m isérable p udeur, m es m isérables c ombinaisons e t enchaînement « d e fil e n a iguille » . Vidé d e l’abcès d ’être q uelqu’un, je b oirai à n ouveau l’espace n ourricier. A c oup d e ridicules, d e d échéances (qu’est-‐ce q ue la d échéance ? ), p ar é clatement, p ar vide, p ar u ne totale d issipation-‐dérision-‐purgation, j’expulserai d e m oi la forme q u’on c royait s i bien a ttachée, c omposée, c oordonnée, a ssortie à m on e ntourage e t à m es s emblables, s i dignes, s i d ignes, m es s emblables. Réduit à u ne h umilité d e c atastrophe, à u n n ivellement p arfait c omme a près u ne intense trouille. Ramené a u-‐dessous d e toute m esure à m on rang réel, a u rang infime q ue je n e s ais quelle idée-‐ambition m ’avait fait d éserter. Anéanti q uant à la h auteur, q uant à l’estime. Perdu e n u n e ndroit lointain (ou m ême p as), s ans n om, s ans identité. clown, a battant d ans la risée, d ans le g rotesque, d ans l ’esclaffement, le s ens q ue c ontre toute lumière je m ’étais fait d e m on importance. Je p longerai. Sans b ourse d ans l ’infini-‐esprit s ous-‐jacent o uvert à tous ouvert à m oi-‐même à u ne n ouvelle e t incroyable rosée à force d ’être n ul et ras… et risible… Henri M ichaux, « P eintures » (1939,) in L ’espace d u d edans, P ages c hoisies, P oésie / G allimard, 1966, p .249 23 ANNEXE 2 ŒUVRES ICONOGRAPHIQUES Marc Chagall, « Le cheval de Cirque », vers 1964, gouache sur papier, 49,4x 61,8 cm. Collection particulière, Courtesy Hammer Galleries, New York. Marc Chagall, Le Grand Cirque, 1993, Tapisserie, Collection particulière 24 Marc Chagall, Lithographie, Le cirque à clown jaune, 1967 Marc Chagall -‐ Scène de Cirque (1958) 25 Paul Cézanne, Pierrot et Arlequin, 1888, huile sur toile, 102 x 81 cm, Musée Pouchkine, Moscou, Russie. 26 MARC CHAGALL Le Cirque, huile sur toile, 1922-‐1944, Musée national d'Art Moderne en dépôt au Musée d'Art moderne et contemporain de Strasbourg Buffet, Le clown jaune, lithographie. 27 Buffet, Le clown rouge, lithographie. Buffet, Deux clowns bras levés, lithographie. 28 ANNEXES 3 ŒUVRES CINEMATOGRAPHIQUES : AFFICHES DE FILMS Le Cirque, 1928, Charlie Chaplin Sous le plus grand chapiteau du monde, 1952, Cécil B. De Mille 29 Le plus grand cirque du monde, 1964, H. Hatahway Parade, 1974, J. Tati, 30 Les Ailes du désir, 2004, W. Wenders 31