F08-00 pages Bureau

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F08-00 pages Bureau
CONTRIBUTION DE PATRICK DE STAMPA
CHAMBRE RÉGIONALE DE COMMERCE ET D'INDUSTRIE
Reprise de l’activité
Selon les entreprises interrogées par les CCI d’Aquitaine, la situation s’est améliorée au deuxième
semestre 2007. On attendait une relance de l’activité après la pause du premier semestre 2007 marqué
par les deux périodes électorales. Les résultats en matière de chiffre d’affaires témoignent de cette
reprise : les soldes d’opinions ont progressé de 8 points par rapport au premier semestre 2007.
De bons résultats dans l’industrie
Le secteur de l’industrie se caractérise depuis 2006 par une conjoncture favorable. Le second
semestre 2007 est encore mieux orienté que le premier. Le chiffre d’affaires de 57% des entreprises
aquitaines interrogées a augmenté. Les soldes d’opinions sur le chiffre d’affaires sont au plus haut
depuis deux ans. Ils s’améliorent dans tous les domaines par rapport au semestre précédent : effectifs,
investissements, carnets de commandes, délais de paiement. La situation reste cependant fragile : en
dehors du secteur de l’industrie, les opinions positives sur le chiffre d’affaires et les carnets de
commandes n’ont pas retrouvé leur niveau de 2006. La pression sur les marges est partout croissante
en raison de la flambée des prix des matières premières.
La conjoncture est toujours porteuse dans la grande distribution : plus de 60% des grandes surfaces
ont enregistré des progressions de chiffre d’affaires.
Le commerce de proximité traverse toujours une conjoncture difficile.
Dans les services à la personne, après un coup de frein en début d’année 2007, l’activité retrouve un
niveau satisfaisant.
L’emploi décroche
Le fait marquant de ce deuxième semestre 2007 est le décrochage de l’emploi par rapport au niveau
d’activité : les recrutements se sont tassés dans quasiment tous les secteurs, même ceux
traditionnellement employeurs comme le bâtiment et les travaux publics ou les services aux
entreprises. Seule l’industrie résiste.
Les entreprises ont en revanche investi davantage qu’elles ne le prévoyaient, atteignant parfois des
niveaux record dans les services aux entreprises (42% des entreprises dans les services
opérationnelles, 39% dans le secteur du conseil et assistance) ou le commerce de gros (24% des
entreprises).
Début 2008 sous haute incertitude
Les carnets de commandes restent bien garnis dans l’industrie, le commerce de gros, et le secteur de
la construction. L’appréciation continue de l’euro face au dollar conduit cependant les entreprises à
réduire leurs anticipations de commandes export par rapport au marché domestique.
Les entreprises se montrent relativement réservées pour le début de l’année 2008. Très peu pensent
recruter (seulement 13%). 20% comptent investir : ce coup de frein s’explique par le fort niveau
d’investissement passé, le durcissement des conditions de financement et le ralentissement de l’export.
Dans l’industrie, les anticipations des chefs d’entreprises pour le début d’année 2008 sont également
mieux orientées qu’à la période précédente. La situation de l’emploi devrait s’améliorer : 18%
comptent recruter alors que seulement 1% des chefs d’entreprise envisage de réduire leur effectifs.
Dans les services à la personne, les entreprises prévoient la poursuite du bon niveau d’activité début
2008, marqué cependant par une chute nette des investissements pour près d’un tiers des entreprises.
L’emploi et le panier moyen connaissent une situation plus favorable que dans la plupart des autres
secteurs de la région
Dans les services aux entreprises, les niveaux d’incertitude sur le court terme sont assez faibles, mais
les entreprises se montrent toujours plus prudentes en matière de recrutement qu’en terme
d’investissements.
Ce niveau d’incertitude pour l’avenir atteint en revanche un record dans le commerce de gros : 24%
des entreprises ne savent pas si elle recruteront du personnel dans les prochains mois.
Les grandes entreprises s’en sortent mieux : quel que soit l’indicateur (chiffre d’affaires, marges,
effectifs, investissement) et quel que soit le secteur, elles enregistrent toujours de meilleurs résultats
que les petites.
TRANSPORT - CHIFFRES CLES
Trafic aérien
Sources : Aéroports
Traitement C.R.C.I. Aquitaine
Bordeaux - Mérignac
Biarritz - Anglet - Bayonne
Pau - Pyrénées
Bergerac
Nombre de passagers 2007
3 463 205
930 880
763 018
254 429
Évolution 2007/ 2006
+ 6,3 %
+ 7,5 %
-0,1 %
-5,7 %
En 2007, avec 3,4 millions de passagers, le trafic total de l’Aéroport de Bordeaux a enregistré, pour
la 3e année consécutive, une hausse de +6,3%, soit 205.000 passagers supplémentaires. Cette 3ème
année consécutive de forte croissance (+5,7% en 2005, +5,2% en 2006) résulte d’un trafic
international en constante progression (+16,5 %) et des multiples ouvertures de lignes –pas moins de
25 nouvelles liaisons régulières depuis fin 2004,
L’aéroport de Biarritz enregistre aussi de très bons résultats, avec une hausse de +7,5% par rapport à
2006. Ces résultats sont liés à l’ouverture de nouvelles lignes low-cost vers Shannon et Francfort
notamment. Les trafic international représente près d’un tiers du trafic total.
Avec 763 000 passagers, l’aéroport de Pau maintient son niveau de trafic par rapport à l’année
précédente. La modification des programmes de vols low-cost (moins de vols par semaine) s’est
traduite par une diminution du trafic vers Londres et Amsterdam.
L’aéroport de Bergerac enregistre une baisse du trafic de 5,7 % liée à une baisse du nombre de vols sur
la période hivernale.
Les aéroports de Périgueux et Agen étaient fermés en 2007 ; une ligne vers Paris devrait rouvrir en
2008.
Trafic maritime
Sources : Ports
Traitement C.R.C.I. Aquitaine
Port de Bordeaux
Port de Bayonne
2007 (tonnes)
8 306 838
4 375 458
Évolution 2007/2006
+0,9 %
+ 8,5 %
Le Port de Bordeaux, avec un trafic de plus de 8 millions de tonnes enregistre un trafic en hausse
de 0,9 % par rapport à 2006, et confirme ainsi la tendance à la hausse constatée depuis cinq ans. Le
trafic des hydrocarbures, qui représente près de la moitié du trafic total, a connu en 2007, une forte
baisse (- 10,3 %). A l’inverse, le trafic conteneurisé a battu tous les records établis en 2006,
enregistrant un taux de croissance à deux chiffres aussi bien au plan du tonnage global (+18%) que du
nombre de boîtes manutentionnées (+19,4%).
Les résultats du Port de Bayonne sont d'autant plus remarquables (4,4 millions de tonnes, +8,5 % par
rapport à 2006) qu'ils sont obtenus malgré le recul de deux trafics "historiques" du port : le maïs (12,11%) et le soufre (- 28,87%). Ce qui confirme la reconversion de l'activité portuaire commencée
dans les années 80 avec l'arrivée des produits chimiques liquides (+9,45%) et poursuivie en 95 avec
celle de la sidérurgie (+14,4%). A noter également une progression remarquable des engrais
(+22,71%).
Même si l'annonce récente de l'arrêt du dépôt pétrolier de Raffineries du Midi fait craindre un recul du
trafic global en 2008, la dynamique de développement du Port de Bayonne ne devrait pas s'en trouver
affectée (annonces récentes d'investisseurs espagnols et italiens séduits par le potentiel de l'estuaire).
Trafic ferroviaire
Source : SNCF
Traitement C.R.C.I. Aquitaine
Expéditions
Arrivages
TOTAL
2007 (tonnes)
3 674 336
5 392 446
9 066 782
Évolution 2007/ 2006
+4%
+3 %
+3%
CONTRIBUTION DE MICHEL TISSINIER
CONSEILLERS DU COMMERCE EXTÉRIEUR
LE POINT SUR LE COMMERCE INTERNATIONAL DE L’AQUITAINE
Il est encore un peu tôt pour avoir une vue complète de la situation en Aquitaine pour l’année
2007 dont nous n’avons qu’une tendance à partir des données du premier semestre 2007 et des
sources fournies par la Direction Régionale du Commerce Extérieur.
Nous reprendrons en annexe les informations disponibles pour toute l’année 2006 avec une étude
effectuée par Aquitaine International sur le profil des exportations de la région.
Au préalable il convient de préciser que bon nombre des exportations du secteur aéronautique et
aérospatial sont en fait masquées par les livraisons effectuées aux assembleurs d’avions ou de fusées
extérieurs à l’Aquitaine. De même le militaire n’est pas toujours pris en compte par les statistiques
douanières et les avions produits en Aquitaine n’apparaissent que pour partie dans nos statistiques.
Au premier semestre 2007, les exportations Aquitaine ont continué sur leur lancée avec 6 604 M€
enregistrés, soit une hausse de 3,6% par rapport au semestre précédent, le triple du taux de croissance
national (+1,03%). Les importations ont représenté 5 181 M€ rendant un solde excédentaire de
1 423 M€.
La tendance 2006 semble donc se poursuivre.
Les États-Unis sont repassés en tête des pays destinataires avec 19% des exportations à 1 250 M€
devant l’Espagne à 1 145 M€ puis l’Allemagne légèrement devant le Royaume Uni.
Globalement l’Union Européenne arrive en tête avec 57,5% des exportations puis l’Amérique du Nord
20% et ensuite l’Asie Océanie 6%, en progression sensible par rapport à 2006.
Par produit, la construction aéronautique et spatiale arrive toujours en tête (avec en plus le correctif
cité plus haut sur les exportations masquées) avec un record de 1 284 M€, devant les boissons pour
716 M€ et les produits pharmaceutiques pour 701 M€. L’automobile a continué à régresser et occupe
désormais la sixième place devancée par l’industrie chimique à 504 M€.
Les départements les plus exportateurs sont la Gironde avec 59% du total, suivie des PyrénéesAtlantiques et des Landes.
Les chiffres cumulés des trois premiers trimestres confirment cette tendance avec un solde
excédentaire de 2 126,8 M€.
Tous ces chiffres seront confirmés lorsque nous aurons les résultats de l’année 2007 que nous
communiquerons plus en détail au CESR.
Annexes :
- ventilation des exportations Aquitaine 2006 (source Aquitaine International)
profil des exportations par secteur d’activité (source Aquitaine International)
PRÉVISIONS 2008
L’expérience professionnelle nous a montré que les prévisions étaient toujours aléatoires et que les
éléments positifs ou négatifs arrivent toujours de là où l’on ne les attendait pas. Nous serons donc
assez réservés sur cette année 2008.
Certains facteurs nous semblent, toutefois porteurs de risques graves pour l’Europe, la France et notre
région :
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le taux de l’euro, bien sûr, tout en considérant qu’il contribue à abaisser le prix de revient de
nos importations. Toutefois si la France accuse un déficit grandissant de son commerce
extérieur, l’Allemagne, en même temps annonce un excédent supérieur de 5 fois à notre
déficit ;
les conséquences de la crise monétaire commencée aux États-Unis et pouvant avoir un effet
domino sur l’ensemble des secteurs liés à la construction et par extension à l’ensemble de
l’économie mondiale ;
la plus faible compétitivité des entreprises françaises ne recourrant que dans une trop faible
mesure à la sous-traitance extérieure pour ne privilégier que leur cœur de chauffe à l’instar des
entreprises allemandes dont la valeur ajoutée est supérieure à la majorité des entreprises
françaises ;
les problèmes liés a deux entreprises majeures de notre région : Ford, Flextronic et plusieurs
opérateurs aéronautiques qui pourraient entraîner bon nombre de fournisseurs et sous-traitants
dans la tourmente.
D’autres facteurs nous semblent porteurs de valeurs positives :
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l’image de la France en terme d’innovation tant dans l’aérospatiale et l’aéronautique (bien que
beaucoup d’étrangers pensent qu’Airbus soit une marque allemande) que du nucléaire ou des
transports ferroviaires ;
les besoins alimentaires de l’ensemble de la planète liés à l’augmentation du niveau de vie
chez certains pays à forte population avec toutefois une concurrence subventionnée provenant
de grands pays producteurs du reste du monde. La région devrait largement profiter de cette
situation ;
le tourisme qui est une forte valeur d’exportation et pour lequel nous avons encore un long
chemin à parcourir en particulier vers les deux extrêmes : le low-cost et le haut de gamme
avec les grands congrès aujourd’hui concentrés sur Paris et la région PACA. L’amélioration
constatée en 2007 devrait se conforter en 2008 sauf nouvelle dégradation monétaire de la livre
ou du dollar ;
le vin issu de notre région ne devrait pas poser problème en 2008 en raison de la
diversification grandissante des marchés et la hausse des ventes enregistrée en 2007 qui
devrait se poursuivre.
Les Conseillers du Commerce Extérieur partenaires de la Région, des Chambres consulaires et de tous
les acteurs du Commerce International vont continuer à s’impliquer dans l’aide aux PME régionales.
Cela sous forme de parrainage d’entreprises, d’accompagnement de missions vers des destinations
abordables pour des PME débutantes ou peu exportatrices et vers la formation des étudiants en
commerce international pouvant apporter l’enthousiasme de leur jeunesse au tissu économique local.
Les Conseillers du Commerce Extérieur vont réfléchir à une information et à des propositions
régulières pour améliorer l’efficacité de l’aide au commerce international de l’Aquitaine.
CONTRIBUTION DE JOËL MARCHAIS
FÉDÉRATION BANCAIRE FRANÇAISE
COMITÉ RÉGIONAL DES BANQUES DE L'AQUITAINE
Après plusieurs années de forte croissance économique, l’économie mondiale est confrontée
actuellement à de sérieux défis en termes de maintien du rythme d’expansion observé ces dernières
années. La fin de la bulle immobilière aux États-Unis, la crise du crédit, le déclin du dollar américain
vis-à-vis des autres monnaies, la persistance tant de larges déséquilibres mondiaux que de prix élevés
du pétrole mettront en péril la croissance économique mondiale dans les années à venir.
La croissance se modérera légèrement, passant de 3,9% en 2006 à 3,7% en 2007, qui, au demeurant,
reste robuste. Les projections de base pour l’année 2008 indiquent que la croissance mondiale se
ralentira davantage atteignant 3,4%, et de sombres nuages liés aux risques à la baisse se profilent à
l’horizon.
•
Aux États-Unis, les perspectives pour 2008 s’assombrissent au fur et à mesure que la crise
financière se poursuit. La croissance ralentira nettement, à 1,8% en 2008 après 2,2% en
2007 ; l’entrée en récession nécessiterait un rationnement prononcé du crédit.
•
Au Japon, les perspectives d’activité se dégradent et l’inflation, tirée par l’énergie et les
produits alimentaires, est de retour. Les banques connaissent une baisse sensible de leurs
résultats par suite de la crise des subprimes ; néanmoins, l’impact sur le système financier
nippon apparaît limité.
•
Dans la zone euro, la crise de liquidité sur le marché monétaire s’est renforcée depuis minovembre. Par ses opérations hebdomadaires de refinancement, la BCE parvient à
contenir les tensions sur l’Eonia. Au-delà, ses interventions se révèlent insuffisantes.
La BCE continue de se montrer très ferme concernant les risques pour la stabilité des prix.
L’inflation va rester durablement au-dessus de 2,5%, alimentant les craintes de dérive
inflationniste via la boucle prix-salaires. Le statu-quo monétaire est donc appelé à durer
plusieurs mois.
•
La croissance économique des pays en développement demeure robuste et atteint 6,9% en
2007. La croissance s’est accélérée dans les économies en transition à un rythme de 8%,
poussée par la hausse des produits de base et une forte demande intérieure. Plusieurs pays
en développement et les économies en transition ont été touchés par les effets de la
tourmente financière mondiale, principalement à travers une plus forte volatilité sur leurs
marchés domestiques de valeurs mobilières et un élargissement des écarts de rendements
sur leurs dettes extérieures. Mais aucun de ces effets ne semble avoir persisté.
ÉVOLUTIONS CONSTATÉES EN AQUITAINE
(encours au 30 juin 2007, évolution sur M-3) :
LES PARTICULIERS :
Dépôts à vue : en progression de 3,8%.
Épargne : l’épargne à vue des ménages poursuit son évolution avec une progression de 8,7%.
Les encours PEL se réduisent encore (-2%) toujours du fait de l’impact de la fiscalisation des PEL de
plus de 10 ans.
Crédits : globalement, les encours poursuivent leur progression, à +4,5%, essentiellement du
fait du maintien de la progression des crédits à l’habitat (+4,8%).
LES ENTREPRISES ET ENTREPRENEURS INDIVIDUELS :
Dépôts à vue : on constate une bonne progression (+7,7%) par rapport à M-3.
Crédits : les encours de crédits progressent très légèrement +1,4%, soutenus aussi bien par
l’évolution des crédits d’investissements à +1,3% que des encours de crédits de trésorerie et
découverts (+2%).
Globalement, en prenant l’ensemble des acteurs (particuliers, entreprises et collectivités), les dépôts à
vue ont progressé de +10,2% (quand le total des collectes est stable +0,15%), et les crédits quant à
eux, affichent une progression de +2,8%.
L’activité industrielle marque une pause en novembre mais se situe à un niveau sensiblement supérieur
à celui atteint un an auparavant. Les biens d’équipement et dans une moindre mesure les industries
agroalimentaires enregistrent une croissance de leur activité, alors que les biens intermédiaires et les
biens de consommation s’inscrivent en retrait, malgré des performances positives à l’export.
Les carnets de commandes se sont infléchis à la baisse, excepté dans le secteur agro-alimentaire, mais
restent à un niveau jugé élevé.
L’exportation s’est mieux tenue que le marché français plus particulièrement dans les biens
intermédiaires et d’équipement.
Les prévisions tablent sur un maintien de l’activité au niveau actuel.
De la crise du subprime ...
Un cercle vicieux se développe aux États-Unis, entraînant le marché immobilier résidentiel dans une
spirale baissière. Celle-ci ne s’interrompra que quand l’excès de logements invendus sera résorbé. À
cela, deux conditions, qui ne seront sans doute pas remplies avant la fin 2008 : que la construction
neuve continue de s’ajuster à la baisse ; que les prix des logements soient suffisamment bas pour que
des ménages solvables se décident à rentrer sur le marché.
Pour l’heure, la chute de la demande et la montée des stocks de logements invendus, conjuguées aux
saisies de logements et au retournement des anticipations, poussent les prix à la baisse (-4,9% sur un
an selon l’indice S&P/ Case-Shiller, avec des corrections atteignant -10% dans certaines
agglomérations). D’où une détérioration de la qualité des crédits considérablement amplifiée par le jeu
des resets des taux d’intérêt des crédits à taux ajustable. À cet égard, le plan de l’Administration Bush
visant à ce que, sur la base du volontariat, les institutions gestionnaires des crédits hypothécaires
gèlent sur cinq ans les taux de certains crédits subprime à taux ajustable à partir du début 2008, va
jouer favorablement. Il ne touchera toutefois qu’environ 200 000 foyers sur les 1,8 million de crédits
subprime à taux ajustable qui verront leur taux être réajusté à la hausse d’ici la fin 2009. De plus, la
dégradation de la qualité du crédit va au-delà des subprimes, les taux de défaut des crédits prime à
taux ajustable étant nettement à la hausse.
… au risque de crédit crunch généralisé
Les banques, aux États-Unis en particulier, sont actuellement soumises à un ensemble de facteurs
défavorables.
Premièrement, elles font face à des pertes importantes du fait, notamment, des décotes enregistrées sur
leurs actifs liés au subprime et sur les crédits qui étaient en voie de syndication au moment où la crise
s’est déclenchée ; en outre, leurs revenus de trading ont été atteints et les revenus générés par le
montage de produits structurés réduits. Deuxièmement, elles doivent réintermédier, au moins
transitoirement, des financements (crédits liés à des LBOs en cours, blocage du marché de la
titrisation, réintégration au bilan des SIVs, lignes de trésorerie aux conduits se substituant au papier
commercial que les investisseurs ne souhaitent plus souscrire). D’où une pression à la baisse des ratios
de solvabilité, tant du fait du numérateur (les fonds propres dont la croissance est ralentie) que du
dénominateur (augmentation imprévue des actifs). Par ailleurs, le coût de refinancement des banques a
monté, tant à court qu’à long terme, du fait d’une part de la crise de liquidité affectant les marchés
interbancaires et, d’autre part, de la montée des primes de risque attachées aux obligations émises par
les institutions financières. Enfin, aux États-Unis, le ralentissement de la croissance dû aux effets
directs et indirects de la crise de l’immobilier devrait jouer sur la qualité du crédit. Les pressions
s’exerçant sur les ratios de solvabilité conjuguées à la hausse du coût des ressources sont susceptibles
de provoquer un resserrement marqué des conditions de crédit via une augmentation des taux
d’intérêts débiteurs et, surtout, une plus grande sélectivité des emprunteurs. Un tel resserrement des
conditions de crédit freinerait l’activité économique en pesant sur les achats de logements (c’est déjà
le cas) et de biens durables ainsi que sur l’investissement productif et l’emploi. D’où une détérioration
de la qualité du crédit et une montée des provisions qui pèseraient sur les profits des banques alors
même que la valeur des collatéraux apportés par les emprunteurs baisserait. Un cercle dépressif se
mettrait ainsi en place.
CONTRIBUTION DE JEAN-JACQUES BOISSEROLLE
UNION RÉGIONALE CFTC
La CFTC constate une situation économique mondiale incertaine pour des raisons essentiellement
financières et bancaires, par la crise des « subprimes » notamment. Le récent épisode de la Société
Générale fait froid dans le dos. Quel crédit apporter au sérieux du pouvoir financier ?
La CFTC craint que, comme après le fameux 11 septembre, aucune leçon ne soit tirée de ce qui se
passe : aucune régulation, aucun garde fou n’est sérieusement envisagé, au delà des déclarations
« vertueuses ».
Il est également légitime de s’interroger sur la qualité d’économiste des responsables de la BCE qui
n’ont retenu de leurs cours anciens que la lutte contre l’inflation.
Dans ce contexte, la CFTC craint un accès difficile à l’emprunt qui risque, même en Aquitaine, de
réduire la consommation et les investissements. Cependant, si les États-Unis rentraient en récession,
l’Aquitaine ne serait pas trop touchée en 2008, puisque l’effet USA sur l’Europe ne se produit,
généralement, que 2 ans après ; 2009 serait plus critique. L’effet serait, peut-être, plus immédiat pour
DASSAULT sur le créneau des avions d’affaire haut de gamme.
Un euro fort, conforté par la volonté malthusienne de la BCE, peut aggraver les difficultés de la sphère
productive, même s’il semble que ce prétexte aux délocalisations semble depuis peu relativisé.
Au niveau national et Aquitain, l’inflation officielle de 2,6% en 2007 cache une inflation réelle plus
forte des biens de consommation courante, ce qui, avec la rareté du crédit, risque d’empêcher la
progression de la consommation. D’autant plus, que les augmentations de salaires dans la Fonction
Publique et les organismes assimilés ne sont pas à la même hauteur. Les pensions, également, ne sont
augmentées que de 1,1% ; de même les Prestations Familiales, dont les minima sociaux (AAH et API)
avec un léger plus pour le RMI, sans parler du poids des franchises de la Sécurité Sociale. Ces
décisions vont à l’encontre du maintien de la consommation, alors qu’il conviendrait de l’accroître.
La sphère résidentielle peut en subir le contrecoup.
Le chômage, partout en Aquitaine, continue de baisser et devrait poursuivre cette courbe. Mais, cette
réalité positive est due beaucoup au papy boom, à des sorties des listes parfois discutables et, surtout, à
l’extension des emplois précaires, dont les temps partiels non choisis.
Ainsi, les écarts se creusent davantage entre les plus pauvres, toujours plus nombreux, et les plus
riches.
Les inquiétudes et les incertitudes
Les points négatifs à relever pour 2008 se situent, d’abord, dans la sphère productive. Si la fin
annoncée de FORD n’aura son plein effet que dans les 2 prochaines années, la fermeture de
SOLECTRON pèsera dès 2008. Quelques exemples préoccupants peuvent être soulignés : dans les
Landes, CAPDEVIELLE incertain après un plan de licenciement et le désengagement de SONY ;
FUMEL TECHNOLOGIE en perfusion dans le Lot et Garonne, et CESA à Marmande avec une
centaine d’employés laissés sur le carreau ; le secteur d’Arudy dans les Pyrénées Atlantiques, entre
autres. Mais, aussi, de lourdes incertitudes pour l’avenir d’UPSA dans le Lot et Garonne.
La CFTC s’inquiète, pour la sphère productive, de la difficulté éventuelle à obtenir suffisamment de
financement pour les investissements souhaités, prévus et non encore obtenus, phénomène qui peut
toucher la R&D.
La sphère résidentielle présente des aspects contrastés. Le thermalisme, à Dax, par exemple, est en
perte de vitesse. Une baisse du pouvoir d’achat et la tension sur les crédits peuvent freiner la
consommation, donc toucher les commerces, les services et l’artisanat. Mais, dans quelle mesure et à
partir de quels mois ?
Les espérances
A contrario, le dynamisme démographique de l’Aquitaine, qui ne se dément pas au fil des ans, est une
bonne nouvelle et alimente notre croissance. Les flux migratoires positifs prouvent l’attractivité de
l’Aquitaine.
A cela, il faut ajouter les aspects positifs dans certains secteurs.
En Dordogne, 500 créations d’emplois au total sont annoncées dans les entreprises ISOA, KIMO,
SOBEVA et HERMES. Des investissements dans le secteur des services publics et des maisons
médicales sont envisagées. Les infrastructures achevées pourraient être un facteur de développement.
Dans le Lot et Garonne, CREUZET Aéronautique maintient une forte activité. L’aéroport d’Agen
vient de rouvrir sa ligne sur Paris : c’est, sans doute, un signe positif.
La Gironde, malgré les catastrophes emblématiques, présente un réel dynamisme. Sur la CUB, les
travaux sur les infrastructures, tramway, quais et gare, ajoutent à l’attraction touristique et culturelle.
La Route des Lasers devrait apporter, à terme, de fortes retombées positives. L’Université et les
centres de recherches retrouvent un dynamisme accompagné, voire suscité, par le Conseil Régional.
Les Landes sont toujours dynamiques, mais surtout dans sa partie sud.
Les Pyrénées Atlantiques se développent surtout sur la façade atlantique et dans le bassin Pau, Lacq,
Oloron (hormis Mauléon). NOVATRANS à Mouguerre doit se développer, les secteurs touristiques et
aéronautiques, notamment, sont en bonne santé. Une difficulté semble pointer dans la construction :
exagération des coûts du foncier et difficultés de financement. Dans le Béarn, secteur large, Pau, Lacq,
Oloron, les extensions de TURBOMECA à Bordes, de MESSIER DOWTY à Bidos et du Centre
FEGER TOTAL à Pau auront un effet positif sur l’économie locale. Si la construction, malgré des
investissements encore importants dans le logement « social », risque de stagner, les travaux publics
ont une belle perspective.
A’LIENOR prévoit près de 1000 emplois nécessités par la construction de l’autoroute Pau Langon. Sa
difficulté est de trouver ces employés, ce qui semble prouver que l’immigration nécessaire ne se
résume pas forcément au seul niveau minimum du Bac.
Sur l’économie du Béarn, le résultat positif devrait se sentir dès le deuxième semestre 2008 et, sans
doute, très vite après tout au long du trajet, puisque l’opérateur déclare vouloir commencer les travaux
en plusieurs points, simultanément.
En conclusion
La CFTC aurait été pleinement optimiste pour 2008 en Aquitaine si le pouvoir d’achat des ménages
avait été au moins maintenu et si de lourdes incertitudes ne pesaient sur les possibilités de crédit tant
pour les particuliers que pour l’investissement.
La situation internationale et nationale, le discrédit porté sur la gouvernance financière des banques
depuis le scandale de la Société Générale (après celui un peu trop oublié du Crédit Lyonnais) et
l’entêtement malthusien de la BCE pourraient saboter le dynamisme qui apparaissait.
Les services, le commerce, la construction et l’artisanat pourraient être touchés ; les investissements
futurs partout compromis.
Cependant, les secteurs de pointe, avec l’ASD et la R&D, peuvent se maintenir voire progresser, si le
risque sur le financement s’atténuait.
En positif, au risque de rester dans une conception trop classique, la CFTC constate que les grands
travaux, industriels ou d’infrastructure, peuvent doper l’ensemble de l’économie de l’Aquitaine.
L’attractivité de notre région est un atout supplémentaire.
CONTRIBUTION DU GROUPE
CGT AQUITAINE
En juillet 2007, l’avis du CESR sur la conjoncture 2007 soulignait fortement que la croissance
caractérisée de « molle » était essentiellement tirée par la consommation intérieure des ménages, les
investissements productifs restant faibles, les exportations marquant le pas. La situation de la France
paraissait atypique dans un paysage européen et mondial plus dynamique dans le domaine
économique.
Qu’en est-il aujourd’hui ? Quelles perspectives pour 2008 ?
Il semble qu’en ce début d’année, la perspective d’une stagnation économique accompagnée d’une
inflation n’est plus une hypothèse irréaliste mais une réalité vécue par des millions de salariés :
inflation à 2,6%, croissance de moins de 2%, stagnation, voire baisse, du pouvoir d’achat, des salaires,
des pensions et minima sociaux.
La préoccupation première des salariés en ce début d’année est par conséquent leur pouvoir d’achat
aujourd’hui et demain. Quelles sont les causes de ces inquiétudes fondées sur la dégradation des
conditions de vie quotidiennes vécues des salariés ?
La CGT considère que la faiblesse du pouvoir d’achat des salariés est la conséquence de trois
tendances d’évolution :
1) la faiblesse des salaires , des pensions et minima sociaux ainsi que leur évolution
2) l’augmentation structurelle de la précarité
3) le poids très important que prennent les dépenses incompressibles dans le budget des salariés
1) La moitié des salariés gagne moins de 1 528€ par mois (salaire net médian pour un salarié du
secteur privé à temps plein) : 1 404€ pour les femmes et 1 597 pour les hommes.
Le salaire horaire des salariés à temps partiel est nettement inférieur à celui des salariés à temps
plein : 10 euros contre 12 euros. Et les femmes sont doublement pénalisées, elles gagnent moins et
subissent le temps partiel.
La très modeste augmentation des salaires aggrave la situation des salariés :
a) de 1998 à 2005, 90% des salariés ont “bénéficié” d’une hausse annuelle moyenne de 0,4% ;
b) chaque année le salaire de 40% des salariés diminue, cette diminution est induite par la baisse
de la durée d’occupation dans un emploi (intérimaires, CDD, chômage partiel...), cette situation
risque de s’aggraver avec les futures nouvelles dispositions sur le marché du travail.
De même, chaque année, la mobilité dans l’emploi est très importante : elle concerne 20% des
salariés.
Enfin, n’oublions pas les salariés partant en retraite qui voient leurs revenus chuter brutalement (de
30 à 50%), ce mouvement négatif des revenus devant s’accentuer dans les années prochaines
compte tenu de la pleine application de la Loi FILLION de 2003 et l’accélération du départ de la
génération d’après-guerre.
2) Le développement de la précarité constitue la deuxième source de faiblesse du pouvoir d’achat
salarial. Depuis 1978, la part des salariés à temps partiel, intermittents, intérimaires ou travailleurs
à domicile a quasiment doublé passant de 17% à 31%. Cette évolution touche les femmes et les
hommes mais elle est plus marquée chez les femmes et l’écart entre les deux genres s'accroît.
3) Les dépenses dites incompressibles et pré-engagées sont celles auxquelles tout salarié est contraint
de consacrer en priorité son salaire : il s’agit, par exemple, du loyer ou de la mensualité de crédit,
de toute dépense liée à l’habitat (eau, gaz, électricité, assurance), les frais de transport, de scolarité,
les impôts, l'alimentation. Dans le budget des ménages, 45% en 2006 contre 41% en 2001 sont
consacrés à ce type de dépenses : le logement passant de 17,5 à 20,2, les assurances de 6,8% à
8,8%.
Ces évolutions sont encore plus marquées dans le budget des 20% des ménages les plus pauvres : la
part du logement passe de 31% à 44%, celle des assurances de 9 à 15%.
L’évolution du pouvoir d’achat des salariés est mal traduite par le système statistique français car
les indicateurs de mesure, certes fiables scientifiquement, ne sont pas adaptés ou pas utilisables.
Ainsi, l’indice général des prix INSEE est un indicateur moyen national pondéré utilisable pour des
études à caractère macro-économiques et n’a donc pas pour vocation de mesurer l’évolution du
coût de la vie. Les indicateurs de mesure de la variation des salaires devraient être construits à
partir des strates de revenus salariaux plutôt qu’à partir de moyennes ou de médianes qui, pour une
population salariée de 25 millions de personnes, n’ont guère de signification concrète.
De ce point de vue, dans notre région, les tendances nationales du pouvoir d’achat sont accentuées
par, d’une part l’importance de la sphère résidentielle (prédominance des bas salaires et de la
précarité) et d'autre part, l’accentuation des inégalités de répartition de richesse.
Dans ce contexte constaté pour 2007, les perspectives pour l’année en cours ne paraissent pas être
en mesure de corriger ces inégalités dans les “bénéfices” distribués du développement de la société.
Les dernières études conjoncturelles de l’INSEE (fin décembre 2007 et début janvier 2008)
semblent prévoir une généralisation à l’Europe et aux pays industrialisés et émergents du
ralentissement de la croissance et de la relance inflationniste considérés jusqu’à présent propres à la
situation française.
Et l’Aquitaine n’est pas à l’abri car elle subit et se voit répercuter les décisions économiques et
sociales prises à une échelle nettement plus importante que le territoire régional (France, Europe,
international).
Ainsi, 4 secteurs d’activité aquitains particulièrement porteurs jusqu’à maintenant vont connaître
un ralentissement de leur croissance :
- l’agro-alimentaire : +0,1% pour chacun des deux premiers trimestres 2008 contre +0,2% et
+0,1% aux 1er et 2ème trimestres 2007 ;
- les produits manufacturés : +0,3% et +0% pour la même période contre +1,3% et –0,3% au
premier semestre 2007 ;
- la construction : +1,2% pour le 1er semestre 2008 contre +1,5% en 2007 ;
- les services non marchands : stagnation au premier semestre 2008 qui risque de se transformer
en régression au second par la diminution des fonds publics et sociaux, ressources financières
essentielles pour ce secteur.
(Informations Rapides 15 et 17 janvier 2008 INSEE)
Ces prévisions pourraient être aggravées par les futures décisions prises et mises en œuvre dans le
secteur aéronautique civile (mise en œuvre du plan POWER8, délocalisation dans la zone dollar des
unités de production : EADS, Dassault, MESSIER…), dans l’automobile (fermeture de Ford
Blanquefort) et dans le secteur électronique (Flextronics, équipementiers aéronautiques et de l’espace,
électroménager…). Enfin, pour ce qui concerne l’aéronautique « Défense », l’élaboration du Livre
Blanc est source d’inquiétudes compte-tenu des objectifs de ce livre blanc (libéralisation du secteur
industriel, redéfinition de la politique géostratégique française…) et de l’importance du secteur
« militaire-défense » en Aquitaine (CEV, CELM, CAEPE, CEAM, DASSAULT, AIA et soustraitants).
De plus, tirant la croissance jusque-là, la demande des ménages devrait se tasser dans la mesure où
l’augmentation réelle du pouvoir d’achat n’est pas à l’ordre du jour et par conséquent « puiser dans
son épargne, » quand elle existe !, sera le seul moyen de maintenir son niveau de dépenses pour les
salariés !
Le reversement de 15 milliards d’impôts aux plus hauts revenus risque de se stériliser dans des fonds
spéculatifs et par conséquent ne pas injecter via la demande effective (consommation et
investissement) une dose sérieuse de croissance productive. Ces fonds publics auraient dû permettre
une dépense et un investissement publics nettement plus structurants pour l’économie nationale et
territoriale : infrastructures de toute nature qui répondent prioritairement aux besoins sociaux,
traitements des fonctionnaires pour combler leur perte de pouvoir d’achat et pour impulser la
demande.