REPUBLIQUE FEDERALE ISLAMIQUE DES COMORES BUREAU
Transcription
REPUBLIQUE FEDERALE ISLAMIQUE DES COMORES BUREAU
REPUBLIQUE FEDERALE ISLAMIQUE DES COMORES BUREAU INTERNATIONAL DU TRAVAIL ETATS GENERAUX DU SECTEUR PRIVE (Moroni, 24 - 26 janvier 1994) VOLUME 1 RAPPORT FINAL Centre d'Appui au Secteur Privé Projet PNUD/BIT/COI/91/003 « Appui au Secteur Privé » 40071 TABLE DES MATIERES INTRODUCTION GENERALE A. Organisation et déroulement des travaux B. Séance plénière d'ouverture C. Allocutions d'ouverture 1. PROBLÉMATIQUE GÉNÉRALE DU SECTEUR PRIVÉ 2. PROBLÉMATIQUES SPÉCIFIQUES DU SECTEUR PRIVÉ 2.1 Organisation, structures et mécanismes de promotion du secteur privé 2.1.1 Introduction au thème 2.1.2 Travaux de la commission 2.1.3 Recommandations 2.2 Le secteur productif et les choix technologiques 2.2.1 Introduction au thème 2.2.2 Travaux de la commission 2.2.3 Recommandations 2.3 Les ressources humaines 2.3.1 Introduction au thème 2.3.2 Travaux de la commission 2.3.3 Recommandations 2.4 Les aspects financiers liés au développement des entreprises 2.4.1 Introduction au thème 2.4.2 Travaux de la commission 2.4.3 Recommandations 2.5 L'environnement juridique, judiciaire, fiscal et social 2.5.1 Introduction au thème 2.5.2 Travaux de la commission 2.5.3 Recommandations 2.6 Les transports 2.6.1 Introduction au thème 2.6.2 Travaux de la commission 2.6.3 Recommandations CONCLUSION GÉNÉRALE A. Suivi des travaux B. Mise en oeuvre des recommandations C. Allocutions de clôture ANNEXES N° 1 Liste des personnalités présente aux séances d'ouverture et de clôture N° 2 Liste des participants inscrits aux séances plénières N° 3 Liste des participants aux commissions N° 4 Liste des organisateurs N° 5 Calendrier de travail 8 3 INTRODUCTION GÉNÉRALE A. ORGANISATION ET DÉROULEMENT DES TRAVAUX La République Fédérale Islamique des Comores traverse une période de profonde mutation économique. Elle s'est en effet engagée depuis plusieurs années, avec le soutien des institutions financières internationales (Banque Mondiale, Fonds monétaire International), dans un Programme d'Ajustement Structurel - PAS - dont l'objectif essentiel vise à créer les conditions nécessaires à une relance de l'activité économique. Or, cette dernière, pour être réelle et durable, doit impérativement s'appuyer sur une re-dynamisation du secteur privé. Pour cette raison, le Gouvernement Comorien, dans le cadre du libéralisme économique, appuie le secteur privé dans sa recherche d'orientations qui lui soient propres. Cette recherche est rendue difficile par l'existence de nombreuses contraintes qui freinent la création et le développement des entreprises. Au titre de ces contraintes figurent notamment: _ la faiblesse ou l'inexistence de structures et de mécanismes de promotion du secteur privé; _ l'inadaptation technologique; _ la faiblesse de l'entrepreneuriat et du savoir-faire et l'inadéquation formation-emploi; _ la restriction de l'accès au financement pour les micro- et petites entreprises; _ un cadre juridique, judiciaire, fiscal et social inadéquat; _ un coût très élevé de certains services publics essentiels dont les transports. Afin de conforter le secteur privé dans sa volonté de fixer des objectifs et de choisir une démarche qui lui soient propres, le principe d'Etats Généraux a été retenu. Ces Etats Généraux du Secteur Privé (EGSP) ont été organisés conjointement par le Centre d'Appui au Secteur Privé (CASP), l'Organisation du Patronat Comorien (OPACO) et l'Union des Chambres de Commerce, d'Industrie et d'Agriculture (UCCIA). Le projet PNUD/BIT COI/91/003, qui intervient dans le cadre du CASP a pour l'ensemble des travaux préparatoires ainsi que le déroulement des Etats Généraux. Cette action s'inscrit dans la logique des activités du projet qui vise à sensibiliser tous les opérateurs économiques au développement du secteur privé. Les principaux objectifs fixés aux Etats Généraux étaient les suivants: Prendre la mesure du rôle du secteur privé dans l'économie du pays; Identifier les problèmes et les besoins prioritaires du secteur privé; Spécifier l'interface entre les activités du secteur privé et la responsabilité des pouvoirs publics; 4 Renforcer la responsabilité des institutions représentatives du secteur privé dans le redressement socio-économique; Dessiner des perspectives et identifier des actions en faveur du développement du secteur privé; Définir et adopter un système régulier de mise en oeuvre et de suivi des recommandations des Etats Généraux du Secteur Privé. Ces objectifs étaient ambitieux mais ils traduisent la volonté de prise en main du secteur privé par lui-même et notamment dans sa relation avec les pouvoirs publics. Les Etats Généraux du secteur privé se sont déroulés à Moroni du 24 au 26 janvier 1994, au Palais du Peuple. Ils ont regroupé de très nombreuses personnalités représentant le secteur privé, le secteur public, des organisations professionnelles, des syndicats, des ONG, des bailleurs de fonds, des agences de coopération, etc. La liste des participants figure en annexe. Les travaux se sont déroulés essentiellement en commissions de travail, précédées d'une séance plénière et suivies d'une séance de clôture à l'occasion de laquelle les recommandations des commissions ont été présentées et approuvées à l'unanimité. Les thèmes retenus pour les six commissions de travail étaient les suivants: _ Organisation, structures et mécanismes de promotion du secteur privé; _ Le secteur productif et les choix technologiques; _ Les ressources humaines; _ Les aspects financiers liés au développement du secteur privé; _ Environnement juridique, judiciaire, fiscal et social; _ Les transports. Dans le cadre de la problématique générale du secteur privé comorien, chaque commission a mis en lumière la problématique spécifique à son thème. Les travaux de commission, denses et riches, ont abouti à la formulation d'un ensemble de recommandations qui constituent le noyau d'une stratégie de développement du secteur privé. Il est prévu que cette stratégie soit précisée et approfondie après les Etats Généraux de telle sorte qu'elle puisse servir de base et de cadre de référence pour les actions futures en faveur de la promotion du secteur privé. Le présente volume 1 rend compte des travaux des Etats Généraux du Secteur Privé. Il est complété par un volume 2 qui regroupe l'ensemble des textes préparés et diffusés à l'occasion des Etats Généraux. 5 B. SÉANCE PLÉNIÈRE D'OUVERTURE Le Directeur du Centre d'Appui au Secteur Privé, Monsieur Mohamed Ahmed, souhaite la bienvenue aux participants et fournit des indications sur l'organisation des travaux. Le Président de l'Assemblée Plénière est élu à l'unanimité en la personne de Monsieur Mohamed Ahmed, Directeur général des Etablissements Mohamed Ahmed. Après avoir souhaité à son tour la bienvenue aux participants, le Président ouvre la séance et passe la parole à Monsieur Holleweg dit Wegman, Conseiller Technique Principal du Projet PNUD/BIT "Appui au Secteur privé". Celui-ci introduit les débats en présentant brièvement le thème général des Etats Généraux et les thèmes qui seront traités en commission. D'une manière générale, le secteur privé est handicapé par de nombreuses contraintes mais il convient d'en relativiser certaines et de prendre aussi conscience des atouts existants, tel que l'existence d'une zone économique exclusive, maritime, s'étendant sur 160.000 km2. L'isolement du pays, souvent dénoncé, doit être restitué en tenant compte du développement régional et de l'existence de nouvelles technologies de communication. Quant à l'absence de structure professionnelle, également déplorée, il convient de prendre en compte la dynamique d'organisation qui, bien qu'embryonnaire dans de nombreux secteurs, commence à apparaître ou à se développer. Il n'en reste pas moins que la faible assise financière des entreprises, les problèmes liés aux transports, dont le coût, les difficultés de financement sur le marché financier forme la faiblesse de la formation, un environnement peu porteur, sont autant de freins à l'expansion d'un secteur privé qui dispose, aux Comores comme dans tous les pays, d'une capacité entrepreneuriale réelle. Encore convient-il de valoriser cette capacité et d'élargir la base sociale des entrepreneurs. C'est précisément ce à quoi s'attache le Centre d'Appui au Secteur Privé - CASP - en terme d'appui et de formation et le Fonds d'Assistance au Secteur Privé, en terme de financement. Le CASP a pour mission de contribuer à la création et au renforcement des conditions et des perspectives d'une croissance économique par la promotion des micro, petites et moyennes entreprises - MPME. Le développement du secteur privé, le partenariat entre secteur privé et secteur public, la mobilisation de l'épargne au profit du système productif, l'augmentation du potentiel de gestion des entreprises, sont autant d'axes officiels dans lesquels s'inscrit l'action du CASP, notamment par la création du Centre de Facilités Communes. Les problèmes que rencontre le secteur privé et les perspectives envisageables doivent être examinées en détail dans le cadre des six commissions de travail, chacune s'appuyant sur une problématique spécifique qu'il convient de traiter, à savoir: l'organisation, les structures et les mécanismes de promotion du secteur privé, le secteur productif et les choix technologiques. Les ressources humaines, les aspects financiers liés au développement des entreprises, l'environnement juridique, judiciaire, fiscal et social, les transports. A la demande du Président de séance, Monsieur Jean-Claude Woillet, consultant du BIT, intervient pour préciser le rôle essentiel que jouent les micro, petites et moyennes entreprises dans tous les pays, qu'il s'agisse des pays en développement ou des pays développés, où elles représentent généralement plus de 90% du nombre total d'entreprises. 6 Le Président de séance ouvre le débat et passe la parole à différents intervenants. Les principales questions et remarques formulées sont les suivantes: _ Des rencontres ont déjà eu lieu et des rapports élaborés concernant le secteur privé, qui sont resté sans suite. Les paroles doivent être suivies d'actes et des délais doivent être fixés pour la mise en oeuvre de recommandations. Le secteur privé attend des décisions. La création du CASP en a été une. Il est indiqué qu'une procédure précise de suivi des travaux des Etats Généraux est prévue par les organisateurs. _ Le problème de la récente dévaluation doit être évoqué lors des Etats Généraux. Les opérateurs économiques n'ont pas été informés par les pouvoirs publics des différentes conséquences possibles. A défaut de créer une commission supplémentaire, le principe est retenu de discuter de la dévaluation au sein des commissions prévues. Cela n'exclut pas qu'une réunion technique (gouvernement, syndicats, patronat) se tienne par ailleurs; _ L'administration, défenseur de l'intérêt public, doit servir et appliquer la loi et reconnaître les droits que peut faire valoir ajuste titre le secteur privé. Les pratiques parallèles doivent disparaître. Il est indiqué qu'en fin d'année 1994 et suite aux travaux des Etats Généraux, un livre blanc élaboré par le secteur privé, sera présenté aux pouvoirs publics. _ Le CASP doit étendre ses activités aux autres îles, notamment à Anjouan. Cette extension est prévue très prochainement à Anjouan où existe déjà un embryon et où une quinzaine de projets sont en passe d'être réalisés. _ Le secteur privé comorien est essentiellement fondé sur l'activité commerciale. Un secteur privé productif doit se développer grâce notamment aux investissements des commerçants. _ Les Etats Généraux du Secteur Privé ont une importance capitale pour l'avenir du pays d'une part car ils se déroulent à un moment privilégié, dans le cadre du Programme d'Ajustement Structurel, d'autre part car le secteur privé représente la seule chance de développement. Encore convient-il de renforcer les organisations professionnelles car c'est au secteur privé lui-même de s'organiser et de défendre ses intérêts. _ L'intégration économique, au niveau de la région (Commission de l'Océan Indien) est essentielle et cette préoccupation devrait être prise en compte au sein de chaque commission. _ Le développement du secteur privé repose plus sur les femmes que sur les hommes mais la place qui est accordée à ces dernières est insuffisante. Le CASP, pour sa part, doit intervenir pour favoriser la promotion des femmes. Des financements sont d'ailleurs prévus à cet effet. _ Les analphabètes doivent être pris en compte comme les autres porteurs de projets, ce que fait le CASP; 7 _ Le financement des entreprises soulève de nombreux problèmes, notamment en terme de taux d'intérêt et de garantie, dans le même temps que les investissements étrangers se heurtent à trop d'obstacles. Après les différentes interventions, le Président lève la séance plénière et convie les participants à rejoindre les commissions. C. ALLOCUTIONS D'OUVERTURE Allocution d'ouverture du Secrétaire Général de l'UCCIA Honorable assistance, Assalamou Alaikoum C'est un grand plaisir et un honneur pour moi de vous voir parmi nous et par là nous soutenir dans les efforts accomplis par les uns et les autres, pour la survie et le développement du Secteur Privé. Permettez-moi de vous exprimer mes sincères remerciements et mon entière satisfaction. Mes remerciements s'adressent plus particulièrement au Premier Ministre, d'avoir bien voulu accepter de procéder à l'ouverture de cette importante réunion, au Président de l'Assemblée pour sa présence et son accueil dans ce prestigieux Palais, et à tous les bailleurs de fonds notamment la Banque Mondiale, le PNUD et les agences des Nations Unies (BIT, ONUDI) pour la confiance et le soutien accordés à la promotion du Secteur Privé Comorien, sans oublier le personnel du CASP et de l'UCCIA dans leurs efforts d'organisation de cet important rassemblement. De façon solennelle, je souhaite la bienvenue à tous les participants et confirme la détermination de l'UCCIA à oeuvrer pour la réussite de ces assises. Les problèmes que traversent le Secteur Privé sont nombreux; vous les connaissez très bien, je ne m'y attardera pas ici. Ces assises sont d'ailleurs conçues pour les étudier à fond et commencer peu à peu à leur trouver des solutions conformes naturellement aux exigences de l'heure. Il est vrai que l'UCCIA doit se doter de cadres et textes organiques fiables qui privilégient, dans cette période de vaches maigres, le respect des engagements pris par notre Gouvernement à l'égard de nos partenaires économiques nationaux et internationaux. Honorable Assistance, A cela est venu aujourd'hui s'ajouter la question de la dévaluation de notre monnaie. Permettez-moi, honorable assistance, de saluer ici le courage et la disponibilité des opérateurs économiques privés qui n'ont cessé de nous épauler durant toute cette période difficile où une mutation culturelle s'opère dans nos activités économiques car cette dévaluation marque la fin d'une époque. Mais loin de nous démobiliser elle doit, en principe, faire naître en nous une prise de conscience collective, une sorte d'union sacrée à la nécessité d'orienter nos efforts vers des activités de nature à promouvoir la compétitivité des productions nationales. J'ose espérer qu'avec le concours moral et financier de tous nous parviendrons à dégager des solutions viables. 8 Je tiens seulement, à vous assurer, pouvoirs publics et bailleurs de fonds que l'UCCIA jouera pleinement son rôle de vecteur du Secteur Privé en encourageant, certes, le dialogue avec l'ensemble des opérateurs économiques tout en restant ferme aux objectifs définis en commun accord avec notre Gouvernement, nos bailleurs de fonds et avec tous ceux qui oeuvrent matin et soir pour le redressement économique et social des Comores. Vive le partenariat pouvoirs publics/secteur privé. Vive la coopération internationale. 9 Allocution d'ouverture du Président de l'OPACO Bismillahi Rahmani Rahim Monsieur le Premier Ministre, Monsieur le Président de l'Assemblée Fédérale, Messieurs les Ministres, M. le Gouverneur de N'Gazidja, Messieurs les Députés, Messieurs les Représentants des Corps Diplomatiques et des Organismes Internationaux, Messieurs les Représentants des Organisations Professionnelles et Syndicales, Mesdames et Messieurs, C'est pour l'Organisation Patronale des Comores, co-organisatrice de ces Etats Généraux avec l'Union des Chambres de Commerce d'Industrie et d'Agriculture et le Centre d'Appui au Secteur Privé, un réel plaisir que de nous trouver dans cette illustre maison qu'est le Palais du Peuple, pour enfin entamer l'important travail qu'est l'évaluation de la situation du Secteur Privé National dans l'économie du pays. Cet exercice indispensable s'inscrit dans le mouvement général de redressement de la situation économique du pays et de la nécessaire libéralisation de la vie économique. Monsieur le Premier Ministre, Votre présence parmi nous ainsi que celle d'un bon nombre des membres de votre Gouvernement nous confirme votre engagement à faire de ces Etats Généraux, le point de départ d'une nouvelle ère dans les relations entre le Secteur Privé et le Secteur Public. Notre disponibilité vous est acquise car selon nous, opérateurs économiques, entrepreneurs, artisans, agriculteurs, pêcheurs, en un mot tous les acteurs de la vie économique de ce pays, rien n'est possible dans ce monde en crise aggravée encore plus par la dépréciation de notre monnaie, sans la concertation et l'engagement de tous, de contribuer à la recherche de solutions, face aux défis auxquels nous sommes confrontés. Qu'il me soit permis ici de saluer 1/ Le courage de notre Président, Son Excellence Monsieur Saïd Mohamed DJOHAR et de ses Conseilleurs, l'un des Présidents réticents à la dévaluation, qui sans sa ferme détermination n'aurait pu obtenir un traitement de faveur pour notre pays, sauvant ainsi de l'agonie de notre économie déjà malade. 2/ La volonté de négociation manifestée par Messieurs le Premier Ministre, le Ministre de l'Economie, le Ministre des Finances et de leurs experts nationaux dans les rencontres avec le secteur privé pour trouver les solutions aux problèmes immédiats posés par la dévaluation. C'est une première et il en résulte que les choix ne sont pas nombreux: concertation, respect des engagements pris, discipline des différents agents économiques, voilà trois mots qui décrivent la seule ligne de conduite possible du comorien aujourd'hui 10 L'apport, ô combien important, des Bailleurs de Fonds à qui nous tenons ici à renouveler nos remerciements et notre gratitude, ne peut jouer véritablement son rôle sans notre détermination à tous à vouloir redresser notre économie. L'Organisation du Patronat Comorien a toujours été animée par l'idée forte de jouer pleinement son rôle dans la résolution des problèmes économiques de notre pays; cette ambition que nous mesurons très grande, ne peut se réaliser avec efficacité sans situer exactement les contours de nos responsabilités. C'est pourquoi, au travers de ces Etats Généraux, nous espérons clarifier avec le concours de tous, les questions suivantes qui en constituent les objectifs généraux: 1/ Prendre la mesure du rôle du Secteur Privé dans l'économie du pays Investissements, emplois, équilibre de la balance commerciale, etc. quelles responsabilités reviennent aujourd'hui au secteur privé comorien? 2/ Identifier les problèmes et les besoins prioritaires du Secteur Privé 3/ Spécifier l'interface entre les activités du Secteur Privé et la responsabilité des pouvoirs publics Trop d'Etat ou pas assez d'Etat dans l'économie? L'idéal étant beaucoup d'Etat dans la création d'un environnement favorable au développement des MPME (Micro, petites et moyennes entreprises) et la libéralisation totale du secteur économique! 4/ Renforcer la responsabilité des institutions représentatives du Secteur Privé dans le redressement socio-économique du pays 5/ Dessiner des perspectives et identifier des actions en faveur du développement du Secteur Privé 6/ Définir et adopter un système régulier de mise en oeuvre et de suivi des recommandations des Etats Généraux du Secteur Privé Ces questions seront examinées en commissions et en séance plénière. Au cours de ces Etats Généraux, les problèmes posés par la dévaluation de notre monnaie seront rapidement étudiés car une adaptation à cette nouvelle situation sera indispensable; il faudrait identifier rapidement les secteurs qui subiront les hausses de ceux qui resteront constants pour juguler la flambée des prix inéluctable. Au cours de ces trois journées de travaux intenses, je suis convaincu que nous arriverons à esquisser des solutions véritables à nos problèmes et poser les bases d'une nouvelle dynamique pour le développement du Secteur Privé National. Je lance un appel à vous tous ici présents, en particulier aux membres de la communauté des affaires, à prendre une part active aux travaux des différentes commissions, pour assurer la réussite des Etats Généraux. Je vous remercie. 11 Message du siège du BIT présenté par M. Holleweg dit Wegman Monsieur Pierre Hidalgo, Chef du Service du Développement et de la Gestion des Entreprises du Bureau International du Travail m'a demandé de vous lire la communication suivante: Monsieur le Premier Ministre, Monsieur le Président de l'Assemblée Fédérale, Messieurs les Ministres du Gouvernement de la R.F.I. des Comores, Excellence Monsieur l'Ambassadeur de France aux Comores, Monsieur le Représentant Résident du PNUD, Messieurs les Représentants du Corps Diplomatique, Monsieur le Délégué de l'Union Européenne, Messieurs les Présidents de l'UCCIA et de l'OPACO, Messieurs les Représentants d'Organisations Professionnelles et des Organisations syndicales, Mesdames et Messieurs les représentants des ministères techniques, les autorités régionales, des structures de développement des organismes internationaux, des institutions financières des organisations non gouvernementales, des entrepreneurs, Chers Amis, Qu'il me soit tout d'abord permis, au nom de M. Michel Hansenne, Directeur Général du Bureau international du Travail, en mon nom personnel et celui de l'ensemble de l'équipe du projet d'appui au secteur privé de féliciter les autorités et partenaires économiques comoriens de la décision de tenir les premiers états généraux du secteur privé, afin de réfléchir ensemble sur l'important problème du devenir de ce secteur, de sa place et contribution au développement économique et social de la République Fédérale Islamique des Comores. Je suis d'autant plus heureux d'avoir été étroitement associé à la préparation de cet important Forum que le BIT, avec l'appréciable concours financier notamment du Programme des Nations Unies pour le Développement et de la Caisse Française de Développement, de l'Union Européenne, du Canada, de la Banque Mondiale et du Centre pour le Développement Industriel, est pleinement engagé au côté du gouvernement et des partenaires économiques dans des actions multiformes visant, à terme, à la mise en oeuvre d'une véritable politique de promotion du secteur privé comorien, élément vital de l'économie du pays. La totale adhésion de tous à ce processus et singulièrement des entrepreneurs euxmêmes renforcée par l'appui des plus hautes autorités de l'Etat vont grandement faciliter cet effort commun de réflexion et de concrétisation d'une Charte du Secteur Privé prolongement naturel du processus de démocratisation des institutions politiques aujourd'hui en cours et de libéralisation des mécanismes économiques. En effet et au-delà de l'apport technique ponctuel du BIT dans le cadre du présent programme c'est, avant tout, aux responsables et techniciens nationaux à tous les niveaux, aux représentants de ce secteur, aux entrepreneurs, aux donateurs que nous devons les modestes mais prometteurs succès de l'année qui vient de s'écouler. Ce travail de longue haleine ne fait que commencer. Beaucoup reste encore à faire pour donner à l'initiative privée la place économique et sociale qui doit légitimement être la sienne dans le strict respect de l'environnement et de la tradition propre à l'archipel. 12 C'est pourquoi la tenue des présents états généraux du secteur privé sont particulièrement opportuns pour l'ensemble des partenaires de ce pays. Il est à espérer que ces travaux aboutiront à la mise en place d'une concertation permanente avec l'apport de tous, afin que cet exercice puisse être répété périodiquement. Il ne fait aucun doute que la concertation étroite qui s'est concrétisée et progressivement renforcée cette année entre tous les acteurs et qui se poursuit aujourd'hui au sein des E.G.S.P., permettra notamment au gouvernement de concrétiser les grandes options économiques favorables au secteur privé et aux opérateurs de contribuer plus efficacement au développement du pays. Dans la tourmente de la crise structurelle qui secoue le monde d'une manière générale et les Comores en particulier, l'Etat providence est appelé irrémédiablement à évoluer et à rechercher le concours actif des partenaires naturels du développement que sont les opérateurs économiques. Monsieur le Premier Ministre, Messieurs les Ministres, Mesdames et Messieurs, Chers Amis, Le Bureau International du Travail pour ce qui le concerne ne faillira pas à son mandat d'appuyer les COMORES dans cette généreuse entreprise. Permettez-moi pour finir de souhaiter, au nom du Directeur Général du BIT, plein de succès aux E.G.S.P. et de vous remercier de votre aimable attention. 13 Allocution d'ouverture du Ministre de l'Economie, du Plan, de l'Industrie et de l'Artisanat Monsieur le Président de l'Assemblée Fédérale, Messieurs les Ministres, Monsieur le Gouverneur de Ngazidja, Messieurs les Députés, Messieurs les Représentants des Corps diplomatiques, Messieurs les Représentants des Organisations internationales, Messieurs les Représentants des ONG, Messieurs les Représentants du Secteur Privé, Messieurs les séminaristes, Mesdames, Messieurs, C'est un grand plaisir et un honneur pour moi que d'être avec vous ce matin pour procéder à l'ouverture des Etats Généraux du Secteur Privé, les premiers du genre dans notre pays. Au nom de Monsieur le Président de la République, Son Excellence Said Mohamed Djohar, du Chef du Gouvernement, Monsieur Mohamed Abdou Madi, et en mon nom personnel, je voudrais vous exprimer mes voeux de bonheur, de réussite pour la nouvelle année et adresser aussi mes félicitations et mes sincères remerciements à tous ceux qui ont contribué à la tenue de cette importante réunion. La tenue de cette réunion est le fruit des efforts conjugués de l'Union des Chambres de Commerce et d'Agriculture, de l'OPACO, du PNUD, du BIT et de l'ONUDI qu'ils soient tous remerciés pour leur contribution. Mes remerciements s'adressent plus particulièrement aux organisations du Secteur Privé et notamment le CASP qui a été le promoteur de ces assises. Enfin, mes remerciements s'adressent aux bailleurs de fonds qui soutiennent financièrement le CASP: Caisse Française de Développement, Fonds Canadien d'Investissement Local, la Communauté Economique Européenne, la Banque Mondiale, etc. Honorables invités, Durant ces trois jours, vous allez examiner avec soin des questions aussi importantes que les mécanismes et structures d'appui et de promotion du Secteur Privé, son rôle dans l'économie du pays, les liens entre les activités du Secteur Privé et la responsabilité des pouvoirs publics en matière de développement, les grandes lignes d'un plan de développement du Secteur Privé, l'édification d'un environnement propice au développement harmonieux des entreprises sur le plan social et juridique, etc. A cela s'ajoutent les contraintes au développement qui sont presque connues puisque recensées à travers les multiples expertises réalisées à cet effet. Notons, entre autres, la faible assise financière des entrepreneurs potentiels et la performance limitée des institutions de promotion et de financement du Secteur Privé, la situation énergétique, les transports et les communications insuffisants et extrêmement coûteux. 14 A tous ces problèmes s'ajoute aujourd'hui la dévaluation du franc comorien, qui n'arrange en rien ces difficultés déjà existantes, mais qui, j'en suis sûr, sera présente dans vos discussions. Des réponses seront apportées à ces questions qui permettront au Gouvernement de mieux appréhender l'enjeu de notre développement économique et social ainsi que les relations devant exister entre les pouvoirs publics et le Secteur Privé. Pour ma part, j'ai toujours estimé que le développement d'une économie ne peut se faire qu'avec la concertation de tous les opérateurs économiques (Etat, entrepreneurs, syndicats, etc.) Je ne peux ici que vous réaffirmer la ferme volonté politique du Gouvernement comorien de renforcer les liens de partenariat avec le Secteur Privé et le promouvoir en tant qu'élément moteur du développement. Grâce à vos réflexions et suggestions, le Gouvernement prendra les mesures nécessaires pour créer un climat économique affranchi de toutes restrictions, et à encourager le développement des petites et moyennes entreprises privées se livrant aux cultures d'exportation traditionnelles et non traditionnelles, à la pêche. D'ores et déjà, les formalités administratives de création d'entreprises ont été simplifiées avec l'ouverture d'un guichet unique au CASP. Les réglementations qui régissent encore les prix, les importations, l'emploi et les salaires vont être abolies pour permettre une meilleure concurrence, cependant, le Gouvernement restera vigilant pour éviter le dérapage. Le Code des Impôts sera révisé de manière à encourager l'investissement privé national et étranger. Ces actions destinées à améliorer la compétitivité viendront compléter les influences modératrices exercées par les mesures macro-économiques et monétaires. Le Développement du Secteur Privé doit être en harmonie avec le Programme d'Ajustement Structurel et selon les axes ci-après: _ la croissance économique soutenue du Secteur Privé grâce à la politique libérale du Gouvernement; _ le partenariat franc entre opérateurs; _ le transfert de l'épargne vers les investissements productifs par le truchement d'un système bancaire; _ l'augmentation du potentiel de gestion des PME/PMI; _ l'accès au crédit et le transfert du savoir-faire. Dans le cadre de ses efforts tendant à promouvoir l'activité du Secteur Privé, le Gouvernement, avec l'appui de la Banque Mondiale, a procédé à une étude afin de rendre le contexte législatif et réglementaire plus propice au développement du Secteur Privé. Cette étude devra déboucher sur un plan d'action destiné à modifier la législation commerciale et la législation du travail dans trois directions: 15 _ suppression de toute restriction à la création d'entreprises; _ rapidité de réalisation des contrats et garanties; _ mobilité de la main-d'oeuvre et pratiques salariales liées à la productivité. En outre, les pouvoirs publics appuieront la création des groupements professionnels visant à accroître la production et à améliorer sa qualité. J'ajoute aussi qu'une réforme du Code des Investissements s'impose de façon urgente. Le Code des Investissements doit comporter trois axes de mesures: _ la libéralisation de l'investissement; _ la sécurité des investissements; _ l'incitation à l'investissement. Ceci doit tenir compte aussi de la conjoncture internationale y compris la politique menée par les pays de la région de l'Océan Indien. Mesdames, Messieurs, Ce n'est qu'une esquisse des questions que vous aurez à débattre tout au long de ces trois journées. Je reste persuadé qu'en réunissant nos efforts, pouvoirs publics, opérateurs économiques avec l'aide des organismes internationaux, nous bâtirons une économie solide, base du développement économique de ce pays. Je déclare ouverts les Etats Généraux du Secteur Privé. Plein succès à vos travaux! Vive la coopération internationale! Je vous remercie de votre aimable attention. 16 1. PROBLÉMATIQUE GÉNÉRALE DU SECTEUR PRIVÉ Au secteur privé, qui est appelé à devenir le moteur du développement des Comores, correspond une problématique générale, laquelle se retrouve sous des formes variables dans tous les pays. Il y a lieu toutefois d'opérer des distinctions selon qu'il s'agit de pays en développpment our de pays développés. Il y a lieu également de distinguer le secteur privé marchand du secteur privé non marchand dont les logiques sont différentes bien qu'ils se distinguent tous deux du secteur public. 1.1. Si l'on tient compte des leçons du passé, des évolutions en cours dans les pays en développement, de la situation dans les pays industrialisés, le secteur privé marchand, est appelé à jouer un rôle essentiel dans l'économie comorienne. C'est d'ailleurs là le sens des réorganisations en cours, dans le cadre de l'ajustement structurel, viant à redéfinir les rôles respectifs du secteur public et du secteur privé. Au secteur privé marchand correspond un vaste ensemble composé d'entreprises de production, de biens et de services, et d'entreprises, commerciales. Ces entreprises peuvent être de taille micro, petite, moyenne ou grande. Aux Comores, comme dans tous les pays similaires, les micro, petites et moyennes (MPME) jouent un rôle essentiel. Généralement les entreprises de moins de 10 salariés représentent près de 95% du nombre total d'entreprises. La majorité d'entre elles relèvent du secteur informel. L'ensemble des entreprises constitue un résequ, une trame, d'autant plus dense que le pays est économiquement développé. Cette trame existe aux Comores, mais elle est encore trop lâche et incomplère. Par rapport aux entreprises de productions, de biens et de services, les commerces jouent, ou doivent jouer, un rôle fondamental en terme de fournisseurs d'équipements, de matières premières, de matière d'oeuvre ainsi qu'en terme d'écoulement et de consommation des produits et services. En regard des types d'activités et des besoins des entrepreirses, les commerces peuvent aussi 'être de taille variable, de la petite boutique, au grossiste, et plus oumoins spécialisés, du fournisseur d'équipments particuliers au représentant/importateur d'une large gamme d'équipments et de matériaux. Le secteur privé marchant, par sa diversité, son extension géographique, son dynamisme, est la clé du développement économique. La situation varie toutefois selon les pays. Dans les pays industrialisés, le secteur privé marchand forme un réseau dense et diversifé capable de répondre aux besoins de consommation intermédiaires et de consommation finale. En matière de technologie, les besoins s'expriment sous forme: d'information, de matériel et d'équipements, d'organisations, de productivité, de qualité... Pour chacun de ces besoins, des réponses sont apportées selon des modalités variées: foires, expositions, entreprises et commerces spécialisés, bureaux de recherche, de conseil, de formation... 17 Dans le domaine du financement, les divers besoins des entreprises (investissement initial, équipement, modernisation, extension, fonds de roulement, pré-financement de marchés...) trouvent une réponse essentiellement auprès du système d'intermédiation financière, lui-même très diversifié. Le réseau bancaire notamment est suffisamment dense pour que des relations nombreuses existent avec les entrepreneurs. Les besoins des entreprises en matière d'information technique économique, juridique sont couverts par une large éventail de services et de supports privés. Les entreprises et les commerces conduisent elles-mêmes des politiques d'information pour la promotion de leurs ventes, fondées sur les médias, des réseaux technico-commerciaux... Le secteur privé intervient également en réponse à des besoins de formation, qu'il s'agisse de formation initiale (apprentissage, formation professionnelle, formation technique) ou de formation permanente. Les centres d'enseignement privés, les cabinets de foramtion, les sessions organisées par les entreprises et les sociétés commerciales jouent un rôle important. L'approvisionnement des entreprises est relativement aisé en raison de la diversité des fournisseurs ainsi que de la régularité du système d'approvisionnement. La commercialisation des produits et services des entreprises se fait soit directement soit via le système commercial. D'autres besoins en termes de gestion, d'organisation... sont couverts par des sociétés privées spécialisées. Dans les pays industrialisés, le secteur privé marchand répond donc à l'essentiel des besoins. Dans les pays en développement, le secteur privé marchand est bien moins important et diversifié, même s'il est essentiel, dans le même temps que l'environnement général est moins favorable. En matière de technologie, les besoins de MPME existent en terme d'information et de matériels, mais leur équipment initial souvent rudimentaire et leur faible pouvoir d'achat les conduisent à rechercher des reprises peu coûteuses et des solutions relevant de technologies simples, lorsqu'elles ont le choix, ce qui n'est pas souvent le cas. Les entreprises locales capables de fabriquer les équipements appropriés sont rares, voire inexistantes, ce qui oblige à se tourner vers l'étranger et à privilégier ainsi les commerce d'importations. Ces derniers sont par ailleurs localisés uniquement dans les principlaes zones urbaines. Dans ces conditions le sous-équipement, ou le mauvais équipement des MPME est général. L'information technologique disponible est rudimentaire. Les besoins en technologies adaptées à l'environnement technique général et à des petites échelles de produciton sont difficilement satisfaits en raison de l'absence de recherche-développement national d'une part et du relatif désintérêt des pays industrialisés dans ce domaine, d'autre part. Par ailleurs, le secteur privé marchand ne joue qu'un rôle limité en matière de formation technologique. 18 Dans le domaine du financement, le secteur privé marchand peut jouer un rôle important mais dans des formes qui diffèrent de celles des pays industrialisés. Le marché financier informel y est souvent prépondérant notamment sous la forme de réseaux de proximité. Le marché financier formel n'est pas adapté aux besoins des MPME, mais des évolutions se produisent et des formules novatrices se mettent en place, notamment dans le cadre de la coopération internationale. Concernant l'information, technique, économique, juridique... les besoins des entreprises ne sont pas toujours clairement exprimés et lorsqu'ils le sont, la faible solvabilité des MPME en limite la satisfaction sur une base marchande. Dans ces conditions, les mécanismes et structures privées d'information sont rares. La sous-information est générale. L'imitation reste le moyen le plus courant de diffusion de l'information. Dans le domaine de la formation, l'apprentissage est au centre du dispositif. Les formations professionnelles et techniques privées peuvent jouer un rôle plus ou moins important selon les pays. L'approvisionnement des entreprises est assuré par le secteur privé marchan via un réseau de petits commerçants et de grossistes. Le réseau est souvent mal organisé et connaît des ruptures de stock. Les MPME s'approvisinnent en petites quantités et irrégulièrement et dans ces conditions, un réseau commercial spécialisé éprouve des difficultés à se mettre en place. La commercialisation pose également de sérieux problèmes. Souvent les MPME commercialisent elles-mêmes leurs produits ou services dans le cadre de petits marchés de proximité. Cette commercialisation dépend directement du pouvoir d'achat des clients, qui est majoritairement faible. L'amélioration de la commercialisation passe notamment par une augmentation générale des revenus. Pour les autres besoins, le secteur privé marchand n'apporte pratiquement pas de réponses. Pour toutes les raisons évoquées, le secteur privé marchand ne peut donc jouer pleinement son rôle. Il reste qu'il doit à terme assurer l'essentiel de la vie économique et répondre aux besoins des entreprises qui le constituent. En attendant des solutions transitoires doivent être apportées sous forme de projets de coopération par exemple: 1.2. Le secteur privé non-marchand, est lui essentiellement composé d'organisation professionnelles et d'associations sans but lucratif. Elles peuvent apporter un appui aux entreprises, dans plusieurs domaines: recherche-développement, technologie, formation, commercialisation, financement... En général, pour ce qui concerne les associations, dont les Organisations Non Gouvernementales (ONG), leur présence témoigne de besoins non satisfaits par le secteur privé marchand ou le secteur public. La volonté de développement dont elles témoignent et leur action en vue d'une autonomisation des opérateurs économiques ne sauraient toutefois masquer les limites de leur appui direct aux entreprises. D'une manière générale l'orientation sociale des actions des associations font souvent passer au second plan le développment économique. Elles sont conduites à privilégier des groupes cibles défavorisés plus que des entrepreneurs performants. Les associations peuvent jouer un rôle d'appoint ou transitoire, elles ne sauraient se substituer au secteur privé marchand. 19 Il en va autrement pour les organisations professionnelles qui sont appelées à jouer un rôle déterminant dans la défense des intérêts des entreprises, dans l'organisation du secteur privé marchand et dans le dialogue avec les pouvoirs publics. De plus les organisations professionnelles doivent être à même, seules ou en collaboration avec l'Etat de prendre progressivement en charge de grandes fonctions nécessaires à la promotion des entreprises: information, formation, recherche-développement. Même s'il doit se constituer et se développer d'une manière autonnome et responsable, le secteur privé est appelé à un dialogue permanent avec le secteur public, qui lui-même à un rôle important à jouer en faveur des entreprises. Ce rôle doit se décliner en terme d'amélioration de l'environnement: politique économique générale, politiques sectorielles, législation et cadre législatif, réglementation fiscale (code des impôts), douanière (code douanier), financière (code des investissements), sociale (code du travail), etc. Cette amélioration de l'environnement doit être entreprise en étroite concertation avec le secteur privé et ses organisaitons représentatives. Si dans le passé, les insuffisances du secteur privé ont conduit l'Etat dans une voie interventioniste qui a finit par devenir nuisible, il en va désormais autrement. Le secteur privé doit retrouver toute ses marges de manoeuvre et assurer les nouvelles responsabilités qu'exige la situation économique nationale et internationale. La logique économique privée doit devenir la règle mais l'Etat est là pour que la dimension sociale et collective n'en soit pas absente. 20 2. PROBLÉMATIQUES SPÉCIFIQUES DU SECTEUR PRIVÉ 2.1 ORGANISATION, STRUCTURES ET PROMOTION DU SECTEUR PRIVÉ MÉCANISMES DE 2.1.1 INTRODUCTION AU THÈME Compte tenu du rôle essentiel que jouent les micro, petites et moyennes entreprises comme éléments du tissu socio-économique constitutif du secteur privé, il est fondamental de s'intéroger sur le soutien qu'il est souhaitable d'apporter à ces entreprises afin qu'elles deviennent des partenaires performants d'une économie moderne, ce qu'elles ne sont pas encore. Ce soutien peut prendre la forme soit d'un appui direct aux entreprises, soit d'une amélioration de l'environnement au sein duquel elles évoluent. Dans les deux cas, une organisation, des mécanismes et des structures de promotion doivent exister, répondant réellement et en permanence aux besoins des MPME. Par mécanisme il convient d'entendre toute organisation assumant une fonction régulière et s'appuyant pour cela sur des structures appropriées. Les mécanismes doivent donc fonctionner régulièrement afin d'assurer une promotion continue des entreprises. Ils se différencient des projets et des programmes ayant, par nature, vocation à cesser lorsque leurs objectifs spécifiques sont atteints. Pour les MPME, confrontées à de très nombreux problèmes, l'existence de mécanismes de promotion est vitale. Sans eux, elles en sont réduites, pour la plupart, à la survie ou, au mieux, à une reproduciton simple exclant toute expansion ou renforcement. L'intégration progressive des MPME dans le cadre d'une économie formelle performante, base d'un secteur privé dynamique, suppose l'existence de tels mécanismes. Ce sont eux qui permettent aux payx modernes de se constituer un réseau dense d'entreprises. La promotion des MPME est un impératif et cet impératif repose pour l'essentiel sur l'existence de mécanismes et de structures. Encore convient-il de bien identifier ces derniers, qui doivent être diversifiés, car les caractéristiques et les besoins des entreprises sont très variés, et doivent pouvoir s'adapter à des situations générales appelées à évoluer de manière important. Diversification, adaptation, évolution doivent guider la réflexion, ce qui exclut toute approche simpliste (les recettes), uniforme (une seule structure), statique (pas de project sur l'avenir). Aux mécanismes et structures à mettre en place ou renforcer, doivent correspondre des dynamiques fondées sur des besoins réels ou des pratiques déjà engagées. Il s'agit donc, sur la base de la solution existante aux Comores de s'interroger sur les lacunes existantes, notamment en terme d'organisation générale du secteur privé, de mesurer les dynamiques des mécanismes et structures existantes, tout particulièrement des organisations professionnelles, et de faire des propositions qui permettent d'organiser solidement l'avenir. 21 2 TRAVAUX DE LA COMMISSION La commission a d'emblée insisté sur le rôle capital que doit jouer le secteur privé dans le développement économique du pays. Compte tenu de ce rôle, la commission a jugé nécessaire que le secteur privé soit doté des structures appropriées et opérationnelles susceptibles d'assurer sa promotion et de favoriser son développement. En premier lieu la commission a longuement évoqué la question du devenir du projet PNUD/BIT COI/91/003 Centre d'Appui au Secteur Privé. Ce projet, qui pourrait prendre fin en mai 1995, doit être poursuivi et prolongé jusqu'en 1997, afin de mieux répondre aux multiples attentes des entrepreneurs. Les Etats Généraux devraient faire un recommandation spéciale allant dans ce sens. Par ailleurs, la commission a inisté sur le renforcement du tripartisme: Gouvernement, Patronat, CASP. En second lieu les débats ont porté sur le rôle des structures représentatives du secteur privé. La Chambre de Commerce, d'Industrie et d'Agriculture, conçue comme instrument de promotion et de soutien au développement du secteur privé, doit jouer un rôle de facilitateur pour l'ensemble du secteur privé (facilités douanières, formation, emploi). Toutefois, la situation actuelle de la Chambre ne lui permet pas de jouer pleinement son rôle. Trop liée aux pouvoirs publics, malgré son statut d'autonomie, ses possibilités sont fortement limitées par des interventions politiques. Il est donc important qu'une réflexion sérieuse et approfondie soit menée afin de parvenir à une réelle réorganisation ce qui suppose de nécessaires adaptateurs. La commission a souligné la nécessité de poursuivre le processus de privatisation déjà entamé afin de permettre à l'UCCIA de jouer son vrai rôle qui est de servir plus efficacement le secteur privé. En troisième lieu, la commission s'est penchée sur le rôle de l'OPACO et sur son nécessaire renforcement. L'OPACO doit évoluer de telle sorte qu'elle devienne une institution patronale véritablement représentative de tous les opérateurs économiques et des associations entrepreneuriales (UPEC, APPC, OCOVA...) En quatrième lieu, les débats ont souligné la nécessité de mettre en place, au niveau de l'Etat, une véritable politique sectorielle de soutien actif et opérationnel au secteur privé. Pour cela, il est indispensable qu'une coordination étroite existe entre le Gouvernement (via la Direction des Affaires Economiques, responsable des entreprises), le CASP et l'OPACO renomé. Une étroite coopération entre les services publics concernés par le secteur privé, doit également exister afin que soient définies les grandes orientations macro-économiques de soutien à l'entreprise privé. La commission a enfin mis l'accent sur la nécessité de réduite certaines contraintes telles que l'accès au crédit où le coût élevé des services publics essentiels (énergie, transports, communications) et de procéder à une réforme du code des investissements, qui doit devenir plus incitatif. 22 2.1.3 RESOLUTIONS ET RECOMMANDATIONS 2.1.3.1 Résolution générale Réunis ce mercredit 26 janvier 1994 en séance plénière au Palais du Peuple, au terme des travaux des Etats Généraux du Secteur Privé. Considérant l'importance unanimement reconnue du secteur privé dans le développment du pays, notamment en matière de création d'emplois, de promotion de l'autoemploi, d'apports complémentaires en revenus non négligeables au profit des populations, de satisfaction immédiate des besoins essentiels adaptée au pouvoir d'achat des populations rurales et urbaines, de sa contribution essentielle dans la politique de résorption du chômage et du sous-emploi et de son adaptation à la crise économique actuelle. Considérant la détermination de l'ensemble des opérateurs économiques de contribuer plus efficacement au développment du pays, notamment en se groupant sur une base librement consentie. Considérant la complexité et les difficultés de mise en oeuvre de la promotion du secteur privé. Considérant la volonté politique affirmée des pouvoirs publics de s'atteler sans retard et avec détermination à la promotion socio-économique authentique du secteur privé. Nous, séminaristes, représentants de tous les départements ministériels concernés par le secteur privé, représentatnts des opérateurs économiques, des autorités décentralisées, organismes de développement, institutions financières, ONG, organismes d'assistance. Demandons 1. L'élaboration et la mise en exécution d'une politique globale du secteur privé inspirée des recommandations des présents travaux des Etats Généraux du Secteur Privé. 2. L'articulation de cette politique avec les options fondamentales du pays, le plan de développement et les polituqes sectorielles. 3. La mise en place sans retard de structures véritablement adaptées et dignes de l'importance de cette politique, dotées des moyens humains et matériels indispensables à sa concrétisation. 4. La mobilisation de tous les partenaires, notamment le renforcement des structures organisées par les opérateurs économiques pour la mise en application effective de cette politique. 5. La reconnaissance pleine et entière du secteur privé à tous les niveaux et par toutes les structures, de son rôle éminent dans le développment du pays. 6. La création d'une banque agricole. 23 7. La sensibilisation et l'information de la population par la presse écrite et la radio nationale. 8. L'assouplissement des conditions d'accès au crédit auprès de la banque. 9. La poursuite de ce débat à travers un comité de suivi des travaux du présent séminaire dont la mise en place et le soutien serront assurés par le CASP avec un calendrier bien déterminé. Remercions Chaleureusement les autorités comoriennes, le Programme des Nations Unies pour le Développement et le Bureau international du Travail d'avoir permis ce large débat national. Souhaitons Que le Bureau international du Travail continue et amplifie son intervention en faveur du Secteur Privé au delà de programme prévu. 2.1.3.2 Résolution sectorielle Réunis ce mercredit 26 janvier 1994 en séance plénière au Palais du Peuple au terme des travaux des Etats Généraux du Secteur Privé. Considérant l'importance toute particulière que les séminaristes attachent à la mobilisation de toutes les énergies indispensables à la réussite de cette politique de promotion du secteur privé Considérant le potentiel inestimable des opérateurs économiques et leur volonté de contribuer concrètement au développement du pays. Nous, séminaristes: Demandons que les autorités nationales prennent toutes les mesures concrètes afin de réaliser la privatisation de l'UCCIA en particulier par le vote des textes statutaires à l'Assemblée Fédérale et le renforcement de l'OPACO en tant qu'institution représentative de tous les opérateurs économiques. 2.1.3.3 Première recommandation Réunis ce mercredi 26 janvier 1994 en séance plénière au Palais du Peuple au terme des travaux des Etats Généraux du Secteur Privé. Considérant l'importance unanimement reconnue du secteur privé. Considérant l'absence de dispositif pertinent de concertation entre l'Etat et les partenaires sociaux. 24 Considérant la nécessité de rechercher et conforter les synergies indispensables entre les différents acteurs du développement. Nous, séminaristes, Recommandons: la mise en place d'un comité national consultatif du secteur privé ad hoc dans lequel devront siéger les représentants des opérateurs économiques. Ce comité sera également chargé du suivi des recommandations des EGSP. 2.1.3.4 Deuxième recommandation Réunis ce mercredi 26 janvier 1994, en séance plénière au Palais du Peuple au terme des travaux des Etats Généraux du Secteur Privé. Considérant l'importance toute particulière et la nécessité d'appuyer la mise en place de mécanismes et de structure de promotion du Secteur Privé. Considérant le rôle bénéfique de facilitateur déjà joué par le Centre d'Appui au Secteur Privé - CASP. Considérant que le CASP est naturellement appelé à devenir le point focal des programmes d'assistance futurs au secteur privé. Nous, séminaristes, Recommandons: - que le CASP soit doté des moyens suffisants afin qu'il puisse amplifier ses activités d'assistance au développement du secteur privé de manière intégrative, notamment par la découverte de novuelles possibilités de création d'emploi, tout en accentuant son autonomie structurelle et financière. - que le CASP continue de bénéficier de l'appui du Bureau International du Travail, notamment pour l'exécution des programmes périphériques, au delà du projet en cours. 2.1.3.5 Troisième recommandation Réunis ce mercredi 26 janvier 1994, en séance plénière au Palais du Peuple au terme des travaux des Etats Généraux du Secteur Privé. Encouragé par la clairvoyante décision du Gouvernement d'élaborer une politique cohérente de développment du secteu privé. Convaincus de la pertinence des réflexions et recommandations issues des présents Etats Généraux du Secteur Privé. Les participants des E.G.S.P. recommandent La commémoration à la date du 24 janvier de chaque année, par tous les partenaires sociaux, d'une Journée Nationale du Secteur Privé. 25 2.2. LE SECTEUR PRODUCTIF TECHNOLOGIQUES ET LES CHOIX 2.2.1 INTRODUCTION AU THEME Le développement technologique est directement lié au développement économique général dans le même temps qu'il est l'une des composantes de ce développement. La technologie n'est en effet pas neutre et les choix qui sont opérés à ce niveau influences les autres grandes variables que sont: l'emploi, la recherche, la formation, les finances...Les choix technologiques ont des conséquences importantes sur les entreprises, en particulier les micro, petites et moyennes entreprises. Ils peuvent favoriser les MPME ou au contraire les freiner jusqu'à entraîner leur disparition. Promouvoir le secteur productif suppose que des choix technologiques cohérents soient faits. Cela implique de prendre en compte tous les éléments constitutifs de la technologie, à savoir: les équipements et matériels, les techniques, les savoirs et les savoir-faire, ce qui renvoie à: la recherche-développement, l'information, la formation, l'approvisionnement et la commercialisation, le soutien et le suivi technique. Toute amélioration technologique doit permettre: d'augmenter la production, sous réserve de l'existence d'un marché capable d'absorber cette augmentation; de modifier ou diversifier la production, de manière à fournir de nouveaux produits que redonne le marché ou à remplacer des produits importés; d'améliorer la qualité des produits existants, de manière à occuper de nouveaux segments de marché ou renforcer la position sur le marché existant; d'augmenter la productivité, en diminuant la coût par unité produite, permettant ainsi soit de baisser le prix, soit d'améliorer les résultats d'exploitation de l'entreprise. Il convient d'être prudent dans les choix technologiques opérés, beaucoup de technologies s'étant révélées, dans les pays en développement et plus particulièrement pour les MPME, inadaptés et néfastes. La modernisation technologique doit être progressive et appropriée, c'est à dire appropriée au contexte et appropriable par les entrepreneures euxmêmes. Il ne saurait être question de transférer, sans précaution, des technologies des pays industrialisés vers les pays en développement, comme les Comores. Des adaptations, parfois importantes, sont nécessaires et une recherche-développement doit en toute hypothèse être poursuivie, ce qui rencoie aux rôles respectifs du Gouvernement et du secteur privé dans ce domaine. Pour sa part, la cooération internationale peut appuyer les efforts des uns et des autres. Aux Comores, les choix technologiques interviennent aussi bien au niveau de la production, que de celui de la commercialisation. Choix de matériels, technologies endogènes, formation technologique, politique énergétique, conservation, stockage, distribution sont autant de facettes de la problématique technologique comorienne. Cette problématique appelle des réponses nouvelles et un cadre institutionnel adéquat. 26 2.2.2 TRAVAUX DE LA COMMISSION La commission a dévatu autour des trois principaux sous-thèmes suivants: Technologie et production; Technologie liée à la commercialisation; Le secteur productif et le cadre institutionnel. 2.2.2.1 Technologie et Production Le problème de la production, aussi bien agricole (dont la pêche) qu'industrielle a fait l'object d'un large débat au cours duquel le choix de la technologie appropriée pour une production optimale a été largement évoqué. Cette production optimale se heurte depuis longtemps a un ensemble de contraintes qui sont autant d'handicaps. 2.2.2.1.1 Mauvais choix du matériel de production Dans la plupart des cas, le choix du matériel, et par conséquent du processus de production, n'est pas fait par le promoteur. L'impossibilité de recourir à plusieurs alternatives techniques contraint le promoteur à limiter son choix à un seul matériel, dont il ignore généralement les caractéristiques. De nombreux cas, dans les différents secteurs productifs, sont bien connus. Les plus frappants sont ceux des machines utilisées dans l'industrie. Le plus souvent, les machines utilisées dans l'industrie comorienne sont soit sous- soit sur-dimensionnées et par conséquent inadaptées aux spécificités du pays. Dans ces conditions, la capacité optimale de production n'est jamais atteinte, ce qui engendre des pertes considérables. Il a ainsi été considéré que la productivité des industries du pays se situe à 30% environ. Est-il besoin de rappeler que les machines utilisées dans l'industrie du pays proviennet de l'extérieur et représentent un investissement lourd, difficile à rentabiliser. En outre, ces machines nécessitent une maintenance et un entretien adéquats qui dépassent le plus souvent les possibilités des promoteurs. Ceux-ci n'ont pas de service d'entretien et de maintenance et il est très difficile de recourir aux services de spécialistes étrangers. Certains industriels se heurtent aussi au problème de l'obsolescence des machines, ce qui réduit la productivité et complique l'entretien et la maintenance. C'est par exemple le cas des distilleries. Les mêmes problèmes ont été soulignés pour ce qui est du secteur agricole. Les outils de production utilisés dans ce secteur proviennent aussi de l'extérieur et présentent l'inconvénient d'être difficiles à entretenir. Les possibilités de diversifier l'approvisionnement en intrants et outils agricoles n'ont jamais été offertes aux producteurs qui se sont toujours retrouvés devant un seul choix technologoique, avec les conséquences que cela implique, en terme d'entretien et de maintenance des matériels. Manque de services d'entretien et de maintenance, difficultés d'approvisionnement en pièce de rechange sont le lot quotidien. La commission a porté une attention particulière au secteur de la pêche. Appelé à jouer un rôle majeur dans l'économie du pays, le secteur de la pêche semble omis lors des grands débats sur le développement. 27 Les pêcheurs comoriens ont le choix entre deux voies technologiques: la voie traditionnelle et la voie moderne. La technologie traditionnelle fondée sur l'utilisation de pirogues, d'appâts vivants... est pénible et moins productive que la technologie moderne, utilisant des vedettes à moteur. Cependant, cette technologie moderne n'est pas accessible à tous les pêcheurs en raison du coût élevé du matériel, par ailleur difficile à entretenir. En outre les pêcheurs se trouvent dans l'impossibilité de diversifier les sources d'approvisionnement en outils et matériels de pêche. Il s'ajoute à cela le problème de la sécurité en mer, lié aussi à la technologie, et plus précisémment aux moyens de communication, qui n'existent pas dans le cas de la pêche traditionnelle. 2.2.2.1.2 Technologie endogène: non explorée et non valorisée A l'instar des autres pays, les Comores disposent d'une technologie endogène mise en oeuvre dans les différents secteurs productifs. Cette technologie n'a toutefois jamais fait l'objet d'un inventaire ou d'une analyse, ce qui condamne les producteurs à utiliser des technologies exogènes, dès lors que des changements se produisent. Certaines technologies endogènes pourraient cependant remplacer ou réduire les coûts des technologies exogènes utilisées, ou bien encore des améliorations "in-situ" pourraient être apportées aux technologies exogènes. Il y aurait dans ce dernier cas, complémentarité entre technologie endogène et technologie exogène. Un champs d'application pertinent pourrait être celui du bâtiment. En effet, le ciment et le fer, qui sont importés, grèvent fortement les coûts de construction. La technologie de la terre stabilisée utilisant des matières premières locales, et économisant le ciment pourrait être expérimentée. Dans le secteur agricole, l'utilisation du bois local pour la fabrication d'outils pourrait aussi être envisagée, de même que la traction animale pour certains travaux agricoles. D'une façon générale, les technologies endogènes devraient être inventoriées en vue d'une éventuelle valorisation. 2.2.2.1.3 Le problème de la formation des promoteurs Les promoteurs comoriens ignorant, dans la plupart des cas ce qu'est la technologie, il n'y a pas lieu de s'étonner qu'ils n'opèrent aucun choix dans ce domaines. Non seulement ils ne sont pas informés des différentes alternatives technologiques existantes mais de plus ils maîtrisent mal la technologie qu'ils utilisent. Nombreux sont les promoteurs auxquels échappent les notions de capacité de production, de productivité moyenne...Les promoteurs ne maîtrisent pas, ou mal, leur propre processus de production et cela s'étend à leurs ouvriers, qui ne bénéficient d'aucune formation technique. Le cas est particulièrement net pour les agriculteurs qui, n'ayant reçu aucune formation relative à la fertilisation ou aux traitement phytosanitaires, utilisent de façon anarchique les intrants agricoles, ce qui peut avoir de graves conséquences sur l'environnement, outre l'influence sur la production agricole. Une telle ignorance de la technologie utilisée, qui n'est pas uniquement utilisation de matériel mais aussi savoir-faire permettant d'optimiser l'usage de ce matériel, conduit à des gaspillages et des erreurs. 28 2.2.2.1.4 Le problème de l'énergie L'énergie est la principale contrainte à l'optimisation de la production. Les producteurs comoriens sont contraints d'utiliser l'unique source d'énergie existance dans le pays - l'énergie électrique - dont le coût est particulièrement élevé. La possibilité d'utiliser d'autres sources d'énergie n'est pas offerte aux producteurs (ex.: énergie renouvelable) non plus que la possibilité de s'adresser à un autre fournisseur, EEDC ayant le monopole de l'énergie électrique. De nombreux témoignages soulignent la part importante que représente l'énergie dans les charges d'exploitation des entreprises. Une réduciton de coût de l'énergie améliorerait les résultats d'exploitation et stimulerait les entreprises, en particulier industrielles. 2.2.2.2 Technologie et Commercialisation Le système de commercialisation de produits comoriens fondé sur le recours à des technologies, est dans l'ensemble défaillant, faute de structures technologiques appropriées. C'est le cas pour les systèmes de conservation, de stockage, de distribution. Dans le secteur agricole, les structures d'appui notamment en terme de vulgarisation, ne sont plus opérationnelles. Les produits agricoles, généralement saisonniers, ne sont pas écoulés régulièrement sur le marché intérieur et leur exportation est très faible. Il en va de même pour les produits de la pêche. Cette situation est renforcée par l'insuffisance des points de vente et la médiocrité des services de transport terrestres, maritimes, aériens. La promotion des produits locaux et leur protection contre la concurence des produits étrangers, qui est de la responsabilité du Gouvernement, ne sont pas assurées. Il n'existe pas de système de normalisation des produits nationaux. Faute d'écoulement correct, la vente des produits liés aux cultures de rente à considérablement baissé. Le système de conservation des produits est le plus souvent inadapté et rares sont les producteurs capables de se doter d'une chambre froide en raison de son coût excessif. L'étroitesse et l'insuffisance du réseau routier allié à la quasi absence de véhicules adaptés au transport des marchandises handicapent lourdement le secteur productif. Le transport maritime, peu développé, rend difficile l'acheminement des produits agricoles et industriels entre les îles cependant que la manutention portuaire témoigne d'une faible efficacité. Par manque de politique d'encouragement de l'Etat, les produits comoriens apparaissent peu dans les marchés publics. Ce pourrait cependant être le cas sur le marché de Galawa. La plupart des producteurs comoriens importent leurs matières premières faute d'un code des investissements suffisamment incitatif favorisant la transformation des productions locales et renforçant le système productif national. 29 Une formaiton sérieuse des entrepreneurs et de leur personnel est indispensable dans les domaines de la gestion financières, de la gestion du matériel, de la gestion du personnel, des choix technologiques. Il n'existe malheureusement pas de centres spécialisé dans ces domaines, aux Comores. La Recherche-Devleoppment orientée vers l'amélioration de la technologie, qui est essentielle à la résolution durable des problèmes que connaît le système productif comorien, est pratiquement absente aussi bien en agriculture qu'en industrie. Peutêtre le CASP, en collaboration avec le CNDRS et l'Etat pourrait-il lancer cette RechercheDéveloppement. 2.2.2.3 Le Secteur Productif et le Cadre Institutionnel Les débats ont mis en lumière le manque d'encadrement que devraient assurer les différentes institutions du pays. L'absence d'une politique d'orientation du secteur productif est notamment liée à la faible liaison et concertation entre les institutions publiques et les acteurs du secteur productif privé. Ces derniers doivent par ailleurs pouvoir se retrouver dans des institutions professionnelles indépendantes garantissant la défense de leurs intérêts. Il est fondamental qu'un interface soit exploité entre les pouvoirs publics et les organisations professionnelles. L'émergence anarchique d'unités de production est la conséquence logique d'une absence de stratégie globale des choix technologiques au niveau national, appuyée sur des structures adaptées (ex.: une cellule directrice, un bureau de normalisation). Cela explique aussi l'échec de bon nombre de projets agricoles et industriels. Le développement des entreprises industrielles pèse aussi par la mise au point d'une politique énergétique appropriée aux micro, petites et moyennes entreprises (arrêt du système de primes fixées instauré par EEDC, mise en place de tarifs industriels préférentiels, comme dans la plupart des autres pays, réduction du coût du personnel et de l'entretien qui représentent 60% du coût de l'énergie délivrée par EEDC). 2.2.2.4 Conclusion Le secteur productif comorien est actuellement à la recherche de son identité, en rupture avec un passé peu satisfaisant. D'avantage qu'un manque de volonté des autorités, cette insatisfaction découle d'un manque d'organisation générale. Conscient du rôle capital que joue le secteur productif privé dans l'économie de tous les pays, y compris aux Comores où 80% de la population n'attend rien du secteur administratif, les producteurs comoriens souhaitent ardemment suivre une voie fondée sur une méthodologie plus fiable de manière à se hisser à la hauteur de leurs homologues des pays voisins, mauriciens et malgaches. Une restructuration générale de la politique de développement, le choix d'une technologie appropriée à la réalité comorienne, et la redéfinition du cadre institutionnel, conditionnent la mise en place de solutions durable en vue d'un véritable développement du secteur productif. 30 2.2.3 RECOMMANDATIONS 2.2.3.1 Première recommandation Considérant la méconnaissance des technologies endogènes, Considérant les difficultés d'acquisitions, d'utilisation et de maintenance des équipements et outillages importés, Considérant l'absence de politique d'orientation, de vulgarisation et de formation sur les technologies, Nous, séminariste réunis ce mercredit 26 janvier 1994 en séance plénière au palais du peuple au terme des travaux des Etats Généraux du Secteur Privé, Recommandons, De procéder à un inventaire exhaustif des technologies existantes en particulier les technologies endogènes, d'en évaluer l'efficacité et d'en tirer la meilleure combinaison possible; De développer la coopération Sud-Sud en vue d'un meilleur échange et transfert des technologies adaptables, De procéder à une approche systématique des problèmes et d'élaborer une stratégie globale comportant: Diagnostic, Objectif, Programme et Projet; D'élargir la concertation avec l'extérieur par l'adhésion de la RFIC à l'organisation mondiale de la propriété intellectuelle; De s'appuyer sur les associations interprofessionnelles existantes pour véhiculer les technologies appropriées; De favoriser l'autonomie de la production et l'utilisation des différentes sources d'énergie. 2.2.3.2 Seconde recommandation Considérant le rôle décisif des organisations du secteur privé dans la recherche et le développement; Considérant l'absence d'une politique de promotion du travail scientifique, Nous, séminaristes réunis ce mercredi 26 janvier 1994 en séance plénière au palais du peuple au terme des travaux des Etats Généraux du Secteur Privé, 31 Recommandons: De clarifier le rôle de chaque structure existante grâce à des directives précises; De définir et de créer des institutions de développements adaptées au secteur productif en encourageant le partenariat entre les institutions de secteurs publics et privés; De planifier et d'organiser la recherche; De développer les liens entre les institutions du secteur privé national avec celles de la région et du reste du monde. 32 2.3 LES RESSOURCES HUMAINES 2.3.1 INTRODUCTION AU THEME Les ressources humaines jouent un rôle fondamental dans le développement du secteur privé et dans celui des entreprises, mais faute d'une utilisation efficace et adaptée de ces ressources, on assiste à un gaspillage et une pénalisation de la main d'oeuvre, donc de l'homme. Cette mauvaise utilisation des ressources humaines imputable à de nombreuses causes au nombre desquelles figurent les carences du système éducatif, une inadéquation formation-emploi, une faible formation technique et professionnelle, des procédures d'apprentissage insuffisantes, une intervention trop discrète des organisations professionnelles dans la formation, etc. Une analyse approfondie de ces situations doit être entreprise et des propositions d'amélioration, à court, moyen et long terme doivent être formulées rapidement. Cela implique une étroite collaboration entre tous les partenaires concernés, entre le secteur public et le secteur privé, entre les institutions de formation et les entrepreneurs organisés. Il est de la responsabilité des Etats Généraux du Secteur Privé et de la commission de dégager les orientations nécessaires à une valorisation des ressources humaines et de cerner les actions qui doivent être engagées rapidement dans ce sens. 2.3.2 TRAVAUX DE LA COMMISSION Les débats ont porté sur plusieurs points relatifs à la valorisation des ressources humaines dans le secteur privé. Le problème de la réforme du système éducatif n'a pas manqué de retenir l'attention de la commission. En effet, la question de la valorisation des ressources humaines et de son adaptation aux choix technologiques ne peut être traitée efficacement si par ailleurs n'est pas posé la question des réformes devant être entreprises au niveau du système éducatif. C'est ainsi que l'inadéquation formation-emploi, l'organisation et la réorientation du système éducatif, la scolarisation des filles, la faiblesse des systèmes de formation existants, rendent nécessaires une réflexion en profondeur conduite par les responsables de l'Education Nationale. Cette reflexion pourrait prendre la forme d'Etats Généraux de l'Education et pourrait se tenir dans les plus brefs délais, les acteurs du secteur privé y étant associé. La commission s'est prononcée dans ce sens. La problématique de la langue ou des langues à utiliser dans le cadre des formations a retenu l'attention de la commission. La plupart des travailleurs en entreprise ne parlent pas français, faut-il opter pour une formation en langue nationale pour assurer l'apprentissage dans une langue internationale? La commission a formulé deux recommandations en faveur de la formation de la langue comorienne, en terme d'amélioration de sa performance et de place dans réduction de base. Le problème de la valorisation des ressources humaines a également été analysé sous l'angle de la faiblesse du secteur privé comorien. La commission a relevé en préalable le fait qu'il n'existe pas, pour l'instant de définition précise du secteur privé comorien et des ses constituants. Cette situation est préjudiciable car il est difficile dans ces conditions de déterminer les besoins en formation. Quel type de main d'oeuvre pour quel type de secteur, par exemple. Il est souhaitable qu'une étude sur la mobilisation de la force de travail soit faite dans les plus brefs délais, par le CASP. 33 Il n'est pas possible de former des hommes de manière anarchique et ce d'autant moins que les moyens dont dispose le pays sont rares. Pour ce qui concerne la formation des responsables et des cadres d'entreprise, il est important de s'appuyer sur les potentialités dont ces derniers témoignent. Aux Comores peu de personnes possèdent une culture entrepreneuriale en raison de contraintes sociales et notamment du modèle éducatif utilisé. Il conviendrait donc, dès l'école primaire, de favoriser une ouverture d'esprit, de telle manière qu'elle leurs permette de s'insérer plus facilement dans la vie professionnelle. L'école doit fournir des informations sur tous les métiers. La commission a insisté sur la nécessité de renforcer et d'améliorer les systèmes de formation et d'apprentissage existants, formels ou non formels. Dans cette perspective, la formation devrait recourir à des outils modestes adaptés aux personnes ayant l'esprit d'entreprise, ces personnes ayant été identifiées par les structures existantes. Cette formation souple et adaptée devrait reposer sur un partenariat avec le secteur privé. Le changement des mentalités et la nécessité d'adopter de nouveaux comportements plus positifs, repose en grande partie sur les organisations professionnelles qui ont en charge l'ensemble des changements qui doivent intervenir dans le secteur privé, y compris le suivi et la mise en oeuvre des recommandations des Etats Généraux du Secteur Privé. Cela ne diminue pas pour autant la nécessaire participation, multiple, du Gouvernement, dans la mise en place d'un système viable et fiable de formation et d'apprentissage. Compte tenu de l'état embryonnaire du secteur privé comorien, cette participation du Gouvernement devrait se traduire par des actions précises de soutien et d'appui. En guise de conclusion des travaux, la commission a réitéré l'importance capitale qui doit être accordée à la valorisation des ressources humaines et à son adaptation aux nouveaux choix technologiques. Cette adéquation formation-emploi, ne pourra se faire que grâce à une concertation permanente entre les différentes institutions chargées de ces questions. C'est la raison pour laquelle la commision souhaite que soit mise en place, par le CASP, un cadre de concertation permanent, permettant d'étudier, de proposer et de mettre en oeuvre toute proposition ou recommandation en faveur de la valorisation des ressources humaines au sein du secteur privé. 2.3.3 RECOMMANDATIONS Réunis le mercredi 26 janvier 1994 en séance plénière au Palais du Peuple, au terme des travaux des Etats généraux du secteur privé : Considérant le rôle essentiel que jouent les ressources humaines dans le développement en général et dans le secteur privé en particulier, Considérant la nécessité d'aboutir en une bonne adéquation formation - emploi. Nous séminaristes, Recommandons L'organisation des Etats Généraux de l'éducation et demandons la participation de tous les acteurs du secteur privé notamment celui de la production. Une orientation nouvelle du système éducatif en liaison étroite avec les potentialités et les perspectives économiques du pays. D'améliorer et de renforcer les systèmes d'apprentissage et de formation technique et professionnels existants. De promouvoir la langue comorienne afin de la rendre performante dans la formation. Qu'une réflexion soit menée sur le choix de la langue ou des langues nécessaires à l'éducation de base et aux formations initiales et continues. Que l'Etat contribue à l'effort de formation engagée par les entreprises. La mise en place de structures de formation adaptables aux réalités de l'entreprise comorienne, à la diversité des demandes de formation et qui accompagnent les formés dans leurs efforts d'insertion. Que l'école et tous les milieux éducatifs, soient ouverts à la promotion d'idées nouvelles sur la culture entrepreneuriale afin que de nouveaux comportements favorables à l'entreprise puissent se développer. 35 2.4 LES ASPECTS FINANCIERS LIES AU DEVELOPPEMENT DES ENTREPRISES 2.4.1 INTRODUCTION AU THEME Le financement est une variable essentielle de l'entreprise privée. Il se trouve que dans ce domaine, comme dans d'autres, l'entreprise doit souvent se tourner vers l'extérieur, ses ressources propres étant insuffisantes. Ce faisant, elle se trouve confrontée à toute une série de problèmes et à une autre logique que la sienne : la logique financière, elle-même liée à une logique monétaire, plus large. La logique de l'entreprise, en particulier de la micro, petite et moyenne entreprise ne fait pas toujours bon ménage, au point que les entreprises éprouvent souvent de grandes difficultés à obtenir des crédits. En fait, la logique financière s'exerce dans deus sphères différentes, n'ayant dans le passé, entretenues que par des liens entre elles et qui correspondent d'une part au marché financier informel (y compris les réseaux de proximités composés de parents et d'amis de l'entrepreneur), d'autre part au marché financier formel. L'articulation entre les MPME et le marché informel se fait souvent mieux qu'entre les MPME et le marché financier formel, mais le premier connaît des limitations telles qu'il ne peut satisfaire qu'une partie des besoins des MPME. Quant au marché formel, les difficultés d'accès pour les MPME sont bien connues : procédures lourdes et longues, accent exagéré mis sur les garanties, faible gamme de crédits, repli sur le court terme, personnel non qualifié en matière de MPME, frais d'approche élevés, éloignement des agences, par ailleurs, peu nombreuses, etc. Le rôle croissant des MPME dans l'économie comorienne oblige à surmonter les obstacles et à trouver, ou renforcer, de nouvelles approches et de nouveaux modes de résolution des problèmes. A ces nouvelles approches doivent correspondre une redistribution des rôles, en particulier entre les pouvoirs publics et le secteur privé, dans ne perspective de plus grande efficacité et de meilleure collaboration. A terme, les institutions financières, existantes, à créer, ou à renouveler dans leurs pratiques, doivent pouvoir fournir à un grand nombre de MPME des moyens financiers spécifique dont elle a besoin, dans le cadre d'une logique de marché. C'est, ce faisant, favoriser la mise en page d'une trame d'unités économiques qui constituent la base du développement donc celle des organismes d'intermédiation financière eux-mêmes. Il convient donc de s'interroger sur la situation actuelle aux Comores, concernant le financement des entreprises et sur les expériences en cours afin de dégager des propositions d'action capables de dynamiser l'environnement financier. Il s'agit aussi d'associer les efforts des pouvoirs publics et du secteur privé. L'Etat doit envoyer un signal clair aux opérateurs économiques concernant sa volonté de conduire une politique monétaire et de crédit stimulante pour les entreprises, en particulier les MPME cependant que le secteur privé et les organisations professionnelles doivent s'organiser pour valider les dispositifs nouveaux à mettre en place. 36 2.4.2 TRAVAUX DE LA COMMISSION Les systèmes de financement des micro, petites et moyennes entreprises (MPME) relèvent soit du secteur formel soit du secteur informel. Dans le domaine des financements formels, la commission a entendu les représentants des institutions financières de la place. La Banque Centrale des Comores(BCC) dispose de ressources financières non utilisées qui proviennent des ressources propres dégagées par la BIC. Elle consent des avances à l'Etat pour le paiement des salaires de la fonction publique et assure le réescompte, en fonction de ses disponibilités. La question est posée du financement des MPME pour leur création et leur développement, en se fondant sur des mécanismes de reversement liés à une augmentation de points. La Banque de Développement des Comores (BDC) reçoit des financements extérieurs (BEI, BM, FMI...) à des conditions avantageuses (ex: 5%) mais prête à des taux relativement élevés (qui peuvent aboutir en final à 13% par exemple) ainsi que l'exigent l'Etat et les bailleurs de fonds. Suivant l'importance et la nature de l'investissement, les taux d'intérêt varient normalement de 9 à 11 % dans le secteur productif. Les intérêts moratoires sont exigées, la mise en place de crédit pour ne pas alourdir les échéances des emprunteurs. Selon ses dires, la BDC connaît de très graves problèmes depuis 1983, liés à : une mauvaise formulation des projets, la faible capacité de gestion des entrepreneurs, la mise sur le marché de produits techniquement instables et vulnérables à la concurrence des produits importés, l'absence d'un système de suivi et d'accompagnement des promoteurs, l'absence d'un cadre juridique fiable et efficace pour appuyer les recouvrements. Actuellement 525 millions de Francs comoriens sont bloqués en Trésor, et la dette publique de l'Etat grossit de mois en mois, en liaisons avec les remboursement des prêts de fonctionnaires ( 7,6 million de F.C./mois) . En raison des restrictions des bailleurs de fonds( ex.: CFD ) la BDC n'est plus en mesure de financer les MPME. Le plancher de financement a été relevé à hauteur de 17/18 millions de F.C. si la situation des impayés s'améliore, la BDC pourrait reprendre ses activités en matière de petit financement ( 0 , 5 millions F.C et plus ). Aux yeux de la BDC les taux d'intérêt élevés, contrairement à ce qui laisse entendre la presse, ne constituent pas un frein au développement des MPME, lesquels ont un taux interne de rentabilité ( TIR ) élevé. La BDC est prête à étudier les possibilités de consolidation tout au long du prêt, des intérêts moratoires. La BIC intervient essentiellement dans le domaine des prêts au secteur commercial et dans celui concernant le secteur productif. En ce qui concerne la Caisse Nationale d'Epargne ( CNEP ), il semble qu'elle verse ses avoirs à la BIC, pour des raisons de sécurité. La CNEP octroierait des crédits court terme correspondant à cinq fois le montant déposé dans l'année par mensualités fixes et régulières. 37 Le CASP/FASP a suscité un vif intérêt de la part des membres de la commission et des éclaircissements ont été apportés concernant les mécanismes mises en place. Le CASP, association à but non lucratif a pour objectif, entre autre, d'élargir la base sociale des entrepreneurs. Maie comprise au départ, de la part des membres de la commission, les procédures contraignantes de mise en place des crédits, du suivi des projets ainsi que la logistique fournie, ont finies par être appréciées au point que cette logistique a été recommandée, au profit de la BDC. Le CASP instrument technique bien constitué au service du secteur privé, pourrait devenir l'organe de conseil et d'appui aux projets soumis à la BDC. L'annonce de la mise à disposition du FASP, de crédit FED de 500. 000 Ecus ( 220/240 millions de F.C ) a soulevé une série d'interrogations concernant le devenir du FASP, ainsi que les modalités d'obtention du crédit, notamment les types de garanties envisagés. Grâce à son système de suivi comptable dans les entreprises, le CASP initie les promoteurs à de nouvelles méthodes de recouvrement, ce qui devrait atténuer les problèmes de trésorerie néfastes à la survie des entreprises. Au delà du terme du projet CASP, le FASP en tant qu'institution constituée d'organismes privés nationaux ( UCCIA,OPACO ), est appelé à se pérenniser, ce qui est indispensable pour le remboursement des prêts consenties. Si cette pérennité n'était pas assurée alors le taux de remboursement risquerait d'être très bas, comme cela a été le cas avec le crédit agricole affecté au CEFADER ( taux inférieur à 10% ). Les institutions financières du secteur formel ne sont pas aptes dans les conditions actuelles, à couvrir les besoins de financement des MPME. Il faut donc innover et notamment permettre au FASP, par dérogation temporaire sans modification de la loi bancaire, de financer directement le MPME. En outre et compte tenu du contexte économique soumis aux pressions du PAS et de la dévaluation, la commission recommande qu'à la prochaine session parlementaire une loi soit votée pour promouvoir les MPME. _ En ce qui concerne le financement du secteur informel, les Comores, contrairement à de nombreux pays africains ou asiatiques, ne dispose pas de circuits efficaces, du type Grameen Bank, Caisse Des jardins... Une expérimentation est néanmoins en cours ( projet SANDUK ) reposant sur la mise en place des caisse villageoises, qui pourraient appuyer les micro-entreprises. _ La situation générale est rendue d'autant plus difficile que le niveau de la dette intérieure est élevé. D'un montant total de 11 milliards de F.C dont 7 pour le trésor et 4 pour le Ministère des finances, la dette intérieure pourrait être réduite à 6-7 milliards de F.C.par le jeu des compensations et des règlements différés dans le cadre du PAS. Il est urgent qu'un tableau exacte du montant net compensé et redressé soit dressé, ce qui suppose des décisions politiques. Pour l'instant cette dette se traduit par : un gel des fonds particuliers, des dettes croisées, la non solvabilité de certains opérateurs économiques,etc. _ Les problèmes de recouvrement des créances étant sérieux, la commission a suggéré la création d'une cellule capable de racheter les créances, moyennant des rémunérations, de manière à fournir un ballon d'oxygène aux trésoreries des opérateurs économiques. 38 _ D'une manière générale les institutions financières formelles existantes ne sont pas véritablement adaptées aux besoins des MPME. Les systèmes de financement sont trop complexes pour des petit entrepreneurs qui par ailleurs ont peu de moyens( personnel, matériel...)- Or, il apparaît clairement que la promotion des MPME, seule capable de résoudre le problème du chômage, passe par la mise en place de mécanismes de financements souples et rapides, tels que préconisés par le CASP. Des fonds doivent également être rapidement mobilisés pour financer les dossiers en instance et résoudre les problèmes que rencontre la BDC avec ses débiteurs. L'aide du FED( 500.000ECUS), bien qu'insuffisante doit permettre de débloquer rapidement la situation concernant des dossiers en instance depuis un an. En accord avec la BDC, le FASP pourra atténuer les conditions de prêt, l'existence d'un suivi technique diminuant les risques. _ Le développement du secteur privé est freiné en particulier par les pratiques générales liées au non remboursement. C'est ainsi que le trésor est endetté auprès de certains opérateurs économiques et auprès des banques et ne s'acquitte pas de ses dettes. A l'inverse, des opérateurs économiques sont endettés auprès du trésor et de l'AGI et ne paient pas. Pour leur part, les administrations continuent d'émettre des chèques au trésor et des mandats qui ne sont honorés que partiellement. Quant aux opérateurs économiques entre eux, ils ne règlent pas leurs dettes pour les raisons évoquées ci-dessus. En finale, le tribunal de commerce n'est pas opérationnel. Tout cela se traduit par un blocage des flux monétaires et à des conséquences désastreuses pour l'économie du pays en général et pour de nouveaux promoteurs en particulier. Il conviendrait, outre le règlement d'ensemble de cette situation, que les opérateurs économiques, en particulier du secteur productif, puissent bénéficier du créditrelai permettant d'améliorer la situation des fonds de roulement. Peut-être une institution financière nouvelle, dont la mise initiale serait fournie par des bailleurs de fonds, pourrait-elle racheter ou gager des créances, publiques ou privées. Une telle institution devrait avoir des prérogatives telles qu'elle puisse rapidement faire place aux débiteurs récalcitrants et solvables. Cela implique aussi une mise en oeuvre rapide et efficace des procédures judiciaires. Cela implique aussi un engagement effectif, législatif, de l'Etat dans la promotion des MPME. 2.4.3 RECOMMANDATIONS 2.4.3.1 Première recommandation Réunis ce mercredi 26 janvier 1994 en séance pleinière au palais du peuple, au terme des travaux des Etats-Généraux du secteur privé. Considérant le rôle des aspects financiers dans la promotion du secteur privé d'une manière générale et des MPME en particulier. Considérant l'intérêt manifesté par les bailleurs de fonds pour le développement d'un secteur privé dynamique et authentique. 39 Considérant l'importance de l'existence des mécanismes de financement opératoires pour le développement des MPME, Nous séminaristes Recommandons qu'une table ronde sur le financement du secteur privé comorien se tienne à Moroni au cours de l'année 1994. Souhaitons dans cette perspective que les autorités nationales prennent sans retard les dispositions pratiques pour l'organisation de cette table ronde. Recommandons que le projet d'appui au secteur privé soit le point focal pour l'organisation de cette table ronde. 2.4.3.2 Deuxième recommandation Réunis ce mercredi 26 janvier 1994 en séance plénière au palais du peuple, au terme des travaux des Etats-Généraux du secteur privé. Considérant le rôle des aspec'ts financiers dans la promotion du secteur privé d'une manière générale et des MPME en particulier. Considérant l'intérêt manifesté par les bailleurs de fonds pour le développement d'un secteur privé dynamique et authentique. Considérant l'importance de l'existence des mécanismes de financement opératoires pour le développement des MPME, Nous, séminaristes Recommandons la mise en place dans le Fonds d'Assistance au Secteur Privé( FASP ) d'un tiroir pour financement d'urgence selon les modalités de mise en oeuvre qui restent à définir. Recommandons que le FASP puisse mener à bonne fin une opération pilote pour le financement des MPME en étroite collaboration avec la BDC. 2.4.3.3 Troisième recommandation Réunis ce mercredi 26 janvier 1994 en séance plénière au Palais du Peuple, au terme des travaux des Etats Généraux du Secteur Privé. Considérant le rôle des aspects financiers dans la promotion du secteur privé d'une manière générale et des MPME en particulier. Considérant l'intérêt manifesté par les bailleurs de fonds pour le développement d'un secteur privé dynamique et authentique. 40 Considérant l'importance de l'existence des mécanismes de financement opératoires pour le développement des MPME, Nous séminaristes, Souhaitons que l'Etat généralise le règlement des dettes croisées au Trésor et trouve les moyens de débloquer le règlement de la dette intérieure. Recommandons que les chèques et mandats du Trésor émis soient honorés immédiatement. Considérant que la BDC est la seule institution financière capable de promouvoir le développement des MPME, recommandons que toutes leurs créances au Trésor, échues et à échoir, lui soient rapidement réglées en vue de débloquer les financements devant permettre des activités des MPME et que les affaires contentieuses de la BDC soient jugées et finalisées dans les meilleurs délais. 2.4.3.4 Quatrième recommandation Réunis ce mercredi 26 janvier 1994 en séance plénière au Palais du Peuple, au terme des travaux des Etats Généraux du Secteur Privé. Considérant le rôle des aspects financiers dans la promotion du secteur privé d'une manière générale et des MPME en particulier. Considérant l'intérêt manifesté par les bailleurs de fonds pour le développement opératoires pour le développement des MPME, Nous, séminaristes, Demandons à l'Etat de favoriser l'épanouissement d'institutions financières ayant une vocation industrielle, agricole et artisanale. Recommandons une participation active de la banque commerciale existante aux activités de développement. Recommandons à l'Etat et aux instituions financières existantes d'encourager, favoriser et faciliter la mobilisation de l'épargne des nationaux émigrés. Souhaitons la création d'une institution ayant pour vocation la mobilisation ou le rachat de créances privées ou publiques. Recommandons la mise en place d'un service spécialisé dans l'évaluation des terrains et constructions pouvant servir de gages hypothécaires. Recommandons, compte tenu de la dévaluation du franc comorien, de réviser les taux d'intérêt bancaires de manière à favoriser le développement des MPME. 41 2.4.3.5 Cinquième recommandation Réunis ce mercredi 26 janvier 1994 en séance plénière au Palais du Peuple, au terme des travaux des Etats Généraux du Secteur Privé. Considérant le rôle des aspects financiers dans la promotion du secteur privé d'une manière générale et des MPME en particulier. Considérant l'intérêt manifesté par les bailleurs de fonds pour le développement d'un secteur privé dynamique et authentique. Considérant l'importance de l'existence des mécanismes de financement opératoires pour le développement des MPME, Nous, séminaristes, Recommandons l'adoption d'une loi visant à promouvoir la création et le développement des MPME. 42 2.5 L'ENVIRONNEMENT JURIDIQUE, JUDICIAIRE FISCAL ET SOCIAL 2.5.1 INTRODUCTION AU THEME Pour que l'environnement au sein duquel évoluent les entreprises du secteur privé soit favorable à leur développement et à leur épanouissement, un certain nombre de conditions doivent être remplies, dont les principales sont les suivantes. la situation économique générale doit être suffisamment bonne pour qu'une demande globale existe et se renforce, créant ainsi les conditions d'un marché actif et en expansion dont peuvent profiter les MPME. C'est dans ce sens que l'ajustement structurel est censé agir en s'appuyant particulièrement sur le secteur privé ; une politique de développement du secteur privé et des entreprises qui le composent doit être formulée et mise en oeuvre, destinée à servir de cadre de cohérence et de référence pour l'ensemble des actions de promotion du secteur privé. Les pouvoirs publics et le secteur privé, via les organisations professionnelles sont les partenaires naturels d'une telle politique. une sécurisation des affaires doit s'exercer sans faille ce qui suppose que les conditions juridiques soient réunies à commencer par l'existence de textes clairs, connus et appliqués et que de bonnes conditions judiciaires en termes d'indépendance et de cadre institutionnel approprié, existent. la fiscalité doit être adaptée à la réalité du secteur comorien et en particulier à ses MPME de telle sorte que sans pour autant léser l'Etat, elle constitue un encouragement et une stimulation. la législation du travail doit être garantie du droit des travailleurs à bénéficier de conditions de travail satisfaisantes tout en prenant en compte la préoccupation des employeurs de développer leurs entreprises. Toutes ces conditions ne sont pas encore réunies aux Comores et il y a lieu de dresser un état des lieux de manière à définir des orientations et des programmes d'action. Beaucoup de chemin reste, semble-t-il, à faire et il est de la responsabilité du secteur public en collaboration avec le secteur privé, de créer cet environnement favorable. 2.5.2 TRAVAUX DE LA COMMISSION Trois idées maîtresses se sont dégagées après que les membres de la commission aient pris connaissance des documents préparatoires : la dispersion et la méconnaissance des textes applicables aux Comores ; la non-publication des textes au journal officiel ; l'insécurité juridique. L'un des participants a proposé une quatrième idée : l'indépendance de la magistrature. 43 Il convient d'y ajouter les difficultés majeures que rencontrent les entreprises en raison du non-fonctionnement de la Direction du Travail qui ne dispose ni de bureau, ni de véhicule, ni de téléphone. Quant à la caisse de prévoyance sociale, elle rencontre de sérieux problèmes au point qu'elle n'existe actuellement que pour les accidents du travail et les maladies professionnelles, délaissant les allocations familiales, le régime vieillesse, etc. En ce qui concerne les accidents de la circulation, par exemple, il convient de noter que le conducteur salarié est exclu de garanties, établies au seul profit des passagers. Cela est rendu possible par l'ambiguïté des textes concernant l'assurance automobile. Il faut toutefois signaler que les assurances ne couvrent pas les chauffeurs dont l'employeur ne cotise pas à la caisse de prévoyance sociale. En ce qui concerne les conditions de séjour des étrangers aux Comores, elles sont telles (lenteurs, multiplicité des démarches, ambiguïtés) qu'elles découragent souvent les investisseurs étrangers venus pour créer des activités. La commission a porté une attention particulière aux conditions de travail des salariés en terme de sécurité, d'hygiène, de santé, de salaire minimum garanti. Bien que des dispositions générales concernant ces domaines figurent dans le Code du Travail, aucun arrêté d'application n'a été pris à ce jour. Cela rend d'autant plus nécessaire un strict contrôle des conditions de travail des salariés. La commission s'est aussi penchée sur les problèmes de fonctionnement que connaît le Tribunal de Commerce et celui du Travail. Le Tribunal de Commerce concernant les commerçants, c'est à eux de choisir les assesseurs chargés de les représenter. Quant au Tribunal du Travail, les assesseurs, employeurs et travailleurs ne viennent plus siéger pour des raisons financières dérisoires. La commission a débattu du problème de l'apprentissage, beaucoup de jeunes étant placés dans les ateliers pour y acquérir un métier. On constate que certains apprentis se déplacent d'atelier en atelier ce qui est un frein à un bon apprentissage. Par ailleurs, certains apprentis, leur formation étant acquise, s'installent à proximité de l'ancien employeur et le concurrencent. Les entrepreneurs qui emploient des apprentis et les forment souhaitent un allégement d'impôts pour compenser, en partie, le temps consacré à l'apprentissage. La multiplication des taxis soulevant des problèmes, il serait souhaitable qu'avant la mise en circulation des véhicules , soit obtenu l'accord du syndicat des taxis, ce qui permettrait de surcroît de recenser au fur et à mesure le nombre de taxis. Il existe de sérieux problèmes relatifs au droit foncier. Il faut plusieurs mois, quand ce n'est pas plusieurs années, pour immatriculer un terrain. A la lenteur de l'administration s'ajoute l'ambiguïté juridique liée à la pratique du " magnahouli " (le débiteur ayant hypothéqué un terrain n'est pas toujours le vrai propriétaire). Il s'y ajoute aussi des problèmes liés à la d'élimination des compétences entre services du domaine et préfecture et des contestations territoriales entre villages. 44 En ce qui concerne le gestion du domaine public, son exploitation devrait faire l'objet de contrats. L'environnement fiscale aux Comores est défavorable en raison notamment de l'ignorance des textes et du taux d'enregistrement élevé. Il convient de trouver une solution urgence pour l'immatriculation des terrains afin qu'ils puissent faire l'objet d'hypothèques. Par ailleurs, il faut réformer le droit foncier dans le sens d'un abaissement des taux d'immatriculation et du renforcement des services topographiques (personnel, logistique) et dans le cadre d'une politique d'urbanisation à définir. A l'issue de l'ensemble des débats, la commission a retenu les points suivants, qui peuvent constituer autant de propositions: Obligation devrait être faite à tous les employeurs de s'affilier à une caisse de prévoyance sociale ; Le travail des enfants doit être interdit ; Une fiche de paie devrait être établie pour tous salarié ; Une juridiction commerciale devrait être créée afin de sécuriser les investissement potentiels ; Le taux d'imposition sur les bénéfices de 50% devrait être révisé ; La notion d'entreprise devrait faire l'objet d'une définition précisé ; Une classification des métiers devrait être mise au point permettant la révision du formulaire d'inscription au registre du commerce, utilisé par le Greffe du Tribunal du Commerce. Une simplification et un allégement des impôts sur les sociétés devraient être étudiés ; Une clarification et une réduction du nombre de taux concernant la taxe de consommation selon la classification des produits (social, économique, fiscal), devraient être entreprises ; La politique tarifaire devrait être évaluée et révisée Une structure de Médecine du Travail devrait être créée ; Une zone franche industrielle devrait être implantée. D'une manière générale, le secteur privé devrait être doté d'une politique générale. Il conviendrait de profiter de la présentation de politique générale pour intégrer les recommandations issues des Etats Généraux du Secteur Privé. Concernant le travail, il est indispensable que des dispositions soient prises pour harmoniser la législation nationale avec les conventions internationales que les Comores ont ratifié auprès de l'Organisation International du Travail (OIT). Parmi les conventions ratifiées figurent celle concernant : L'âge minimum du travail des enfants ; La promotion de l'emploi ; La liberté syndicale ; L'abolition du travail forcé ; Les accidents du travail ; Le droit d'organisation et de gestion collective ; 45 L'égalité de traitement ; Le repos hebdomadaire ; Les congés payés ; L'inspection du travail ; L'égalité de rémunération ; etc Toutes ces conventions ainsi que la législation du travail, en général sont difficilement applicables aux Comores notamment en raison de la pauvreté chronique des services de l'administration du travail. Les inspecteurs du travail, par exemple, en dépit des pouvoirs dont ils disposent, sont dans l'incapacité d'effectuer des visites de contrôle faute de moyens, de toute sorte. Les tribunaux du travail ont également beaucoup de mal à fonctionner. Pour sa part, le Conseil Supérieur du Travail et de l'Emploi qui doit être consulté pour les textes d'application et pour toute question relative au domaine du travail, n'a jamais pu voir le jour. Afin d'éclairer les questions relatives à l'administration du travail, la Directrice Générale du Travail et des Lois Sociales a présenté une note (N°. 93-55/DG) établie le 28 juillet 1993 et qui est reproduite ci-dessous, à titre d'annexé aux travaux de la Commission. 46 NOTE SUR L'ADMINISTRATION DU TRAVAIL I. Place et Rôle de l'administration du Travail L'Administration du Travail joue un rôle d'avant garde dans la politique de développement économique de progrès et de justice sociale que le gouvernement doit entreprendre pour l'intérêt suprême de la nation. L'un des objectifs prioritaires de l'administration du travail est d'assurer la promotion et la protection des droits des travailleurs en vue d'accroître leur participation au développement économique dans un climat de paix sociale. Conscient qu'il ne peut y avoir de paix sociale durable sans justice sociale, les gouvernements du Monde entier par l'intermédiaire de leurs ministères du Travail, de l'Emploi et de la Formation Professionnelle se sont fixés comme objectifs prioritaires l'amélioration des conditions générales de travail des salariés. A cet égard les pouvoirs publics qui les savent exposés à des risques professionnels multiples leur accordant une attention particulière. L'objectif du gouvernement comorien consiste notamment à : Assurer de meilleures conditions de travail; Réduire les risques professionnels tels les accidents du travail et les maladies professionnelles; Améliorer les conditions générales de travail, par la mise en place d'une législation adéquate (durée du travail, repos hebdomadaire, congé annuel, salaire, etc); Améliorer le milieu du travail (hygiène, aération, ambiance du milieu du travail). A. Le Rôle des services du Ministère du Travail 1. La Direction générale du Travail La Direction générale du Travail est chargée de l'élaboration et de la réglementation en matière de Travail. Elle s'occupe de toutes les questions intéressant les conditions et la protection des travailleurs, les rapports professionnels, l'emploi des travailleurs, les mouvements de main d'oeuvre, le placement et la sécurité sociale. Elle anime, coordonne et contrôle les services et organismes concourant à l'application de la législation du Travail. Elle éclaire de ses conseils et de ses recommandations les employeurs et les travailleurs en matière de travail. 47 Elle procède à toute enquête et étude ayant aux différents problèmes sociaux de sa compétence. 2. Les services de l'Inspection du Travail La Direction générale du Travail dispose dans chaque île d'un service d'inspection du Travail dont la mission est de contrôler l'application effective des dispositions législatives et réglementaires en matière de travail, de main d'oeuvre et de protection sociale des travailleurs dans le cadre des régions administratives de leurs ressort et des attributions dévolues aux inspecteurs du travail et des Lois Sociales par le Code du travail. 3. La caisse Nationale de Prévoyance Sociale La Caisse nationale de Prévoyance Sociale est chargée de la gestion du Régime accidents de Travail et maladies professionnelles. A ce titre et grâce aux cotisations versées par les employeurs , elle les travailleurs victimes d'un accident du travail ou d'une maladie professionnelle. De même elle alloue une rente à la veuve et aux enfants d'un travailleur victime d'un accident mortel survenu au cours du travail. De par son rôle, la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale est d'un intérêt capital dans la vie des travailleurs qui sont ainsi protégés contre les aléas des risques professionnels. 4. Tribunaux du Travail Du fait de la priorité accordée au développement des petites et moyenne entreprise, notre pays a assisté à l'extension de sa masse salariale. Il était donc indispensable de créer une juridiction qui allait connaître des différends pouvant naître entre les partenaires sociaux dans le cadre de leurs relations professionnelles. Les Tribunaux du Travail créés donc au niveau de chaque île connaissent des différends individuels nés à l'occasion de l'exécution du contrat de travail entre les travailleurs et leurs employeurs et des différends nés entre travailleurs à l'occasion du travail. Ils connaissent de tous différends individuels relatifs aux lois, aux litiges réglementaires, aux conventions collectives et de tous les litiges relatifs à la réparation des accidents du travail et des maladies professionnelles. IL Les Dossiers Prioritaires de l'Administration du Travail Il va sans dire que pour mettre en oeuvre une politique efficace de réalisations sociales au ministère de l'emploi et du travail, il faut avant tout s'atteler au renforcement des structures existantes. Tant que la Direction générale du travail et de la réglementation ainsi que les services d'Inspection ne seront pas dotés de moyens suffisants qui leur permettront d'intervenir au moment voulu au sein des entreprises comoriennes, tant en ce qui concerne réglementation que l'octroi de conseil auprès des employeurs et des travailleurs l'administration générale du travail ne peut jouer son rôle de moteur de l'évolution sociale. 48 Depuis plusieurs années en effet, un travail de sensibilisation auprès des membres du conseil d'administration de la Caisse a été entrepris, sur la nécessité de la mise en place d'un département de la prévention des risques professionnels aux sein des Inspections du Travail,car il est peu logique que la Caisse engloutisse des sommes énormes dans la réparation des accidents du travail quand ceux-ci peuvent être prévenus par des mesures adéquates. Le régime vieillesse Jusqu'à ce jour, le système de sécurité sociale aux Comores se limite aux régimes d'accidents du travail, et de maladies professionnelles gérées par la Caisse de Prévoyance Sociale. Les Comores sont l'un des rates pays où il n'existe malgré le développement croissant des activités du secteur privé, un régime de protection pour les travailleurs du secteur privé. En effet, les travailleurs sont exclus du système de retraite, et après avoir misé leurs forces au service des entreprises qui les emploient, ils se retrouvent sans aucun moyens de subsistance durant leurs vieux jours. Le Bureau International du Travail qui a cette question à coeur est prêt à aider notre pays en ce qui concerne la mise en place de ce régime à condition que les Comores l'intègrent dans la liste des projets prioritaires pouvant être financés par le programme des Nations Unies. Le Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti (SMIG) Depuis plus de dix ans le texte portant sur la réglementation du salaire minimum interprofessionnel garanti aux Comores n'a guère été réadapté bien qu'il soit largement de deçà du minimum vital. En effet, le dernier texte toujours en application (Arrêté du 13 novembre 1973) fixant le SMIG à 24,60 F de l'heure en première zone et 21,70 F de l'heure en seconde zone pour le manoeuvre ordinaire sans spécialisé soit respectivement 4 263 F et 3 761 F. Pare mois sur la base de 40 heures de travail par semaine. La dégradation de plus en plus croissante du pouvoir d'achat des travailleurs employés dans le secteur privé a conduit certains employeurs à augmenter les salaires de leurs ouvriers et employés en l'absence de toute réglementation officielle pendant que d'autres continuent à se référer aux taux officiels pour offrir des salaires misérablement bas au travailleurs. Plusieurs commissions d'études comprenant des Membres du gouvernement, des employeurs ainsi que des travailleurs ont mené des enquêtes devant déterminer le relèvement du SMIG tout en tenant compte des capacités de notre jeune économie. Des propositions tendant à fixer le SMIG entre 18 000 et 20 000 F ont été examinées en conseil des Ministres. Or, en raison des conditions précaires que connaissent les travailleurs du secteur privé, il est urgent que le conseil des Ministres se prononce sur cette question. Adhésion des Comores au Centre Régional Africain d'Administration du Travail Les Comores restent à l'heure actuelle l'un des rares pays à n'être pas membre du Centre Régional Africain d'Administration du Travail. L'accession de nombreux territoires du continent africain à la souveraineté international a posé vers les années 60 de façon cruciale le problème de la formation des cadres nationaux en qualité et quantité suffisantes pour assurer efficacement le fonctionnement des services des différentes administrations dorénavant tournées vers leur développement économique et social. 49 La création du Centre Régional Africain d'Administration du Travail répond à cette haute préoccupation. Le CRADAT prit naissance en janvier 1965 avec l'assistance financière des programmes d'assistance technique des Nations Unies. Le Centre Régional Africain d'Administration du Travail et une institution régionale africaine commune dont les objectifs sont les suivants : Assurer la formation, la spécialisation, le perfectionnement, et le recyclage des cadres de l'administration du Travail et de la sécurité sociale des Etats Membres. Intensifier la coopération technique mutuelle, en mettant ses experts et ses spécialistes à la disposition des gouvernements des Etats intéressés qui en de raient la demande. Réunir la documentation disponible en matière de travail et de sécurité sociale et se charger de sa diffusion auprès des administrations compétentes concernées. Effectuer les études et les recherches dans les domaines du Travail et de la sécurité sociale en liaison avec l'Organisation international du Travail. Compte tenu de l'isolement de notre pays sur le continent africain du fait de son insularité ainsi que des besoins immenses qui sont les nôtres en matières de formation, il est essentiel que les Comores adhèrent au centre régional africain d'administration du travail. La contribution des Comores à cet organisme pourrait être prise en charge par la Caisse de Prévoyance Sociale. Un rapport détaillé sur la situation de la Caisse de Prévoyance sociale pourrait être établi afin de restructurer cet établissement pour l'orienter vers des activités de prévention des risques professionnels en faveur des travailleurs de notre pays. 2.5.3 RECOMMANDATIONS 2.5.3.1 Première recommandation Réunis ce mercredi 26 janvier 1994, en séance plénière au Palis du Peuple, au terme des travaux des Etats Généraux du Secteur Privé, Considérant l'influence déterminante de l'environnement juridique, judiciaire, fiscal et social sur la promotion du Secteur Privé et de ses entreprises, Nous, séminaristes, recommandons : Que les pouvoirs publics prennent toutes les mesures nécessaires afin d'améliorer cet environnement de telle sorte qu'il offre un cadre favorable à la création et au développement des entreprises. L'application, de la loi N° 88-025 portant modification de la loi N° 82-026 relative aux conditions d'entrée et de séjour des étrangers aux comores. 50 2.5.3.2 Deuxième recommandation Réunis ce mercredi 26 janvier 1994 en séance plénière au Palais du Peuple, au terme des travaux des Etats Généraux du Secteur Privé, Considérant l'importance des textes de droit pour la sécurisation des affaires et des entrepreneurs, Nous, séminaristes, recommandons : La mise au point d'un recueil des textes du droit applicables et la mise en place d'une infrastructure permettant la publication régulière d'un journal officiel ; La codification, la compilation du droit interne comorien et la mise en place d'un centre de documentation permettant sa consulation et sa diffusion ; L'adaptation des principaux textes régissant l'organisation judiciaire à la réalité et aux possibilités comorienne ; La constitution d'un corps judiciaire indépendant et compétent ; L'élaboration d'un droit spécifique comorien (unité du droit coutumier, musulman, français). 2.5.3.3 Troisième recommandation Réunis ce mercredi 26 janvier 1994, en séance plénière au Palais du Peuple, au terme des travaux des Etats Généraux du Secteur Privé, Considérant le rôle très important que jouent les textes de base qui régissent la vie des entreprises, Nous, séminaristes, recommandons : L'abrogation du Code du Commerce du 19 mai 1984 ; Une réforme urgente du Code des Investissements, l'application de la Convention de Washington du 18 mars 1965 et l'adhésion à la Convention MIGA ; La réalisation d'une étude juridique globale du droit foncier en vue d'aboutir à des propositions concrètes et en attendant, l'inscription des droits fonciers au registre du commerce ; Une modification du droit fiscal et douanier en vue d'une meilleure adaptation du Secteur Privé, dans le contexte régional et international actuel. 51 2.5.3.4 Quatrième recommandation Réunis ce mercredi 26 janvier 1994, en séance plénière au Palais du Peuple, au terme des travaux des Etats Généraux du Secteur Privé, Considérant l'importance pour un développement harmonieux du secteur privé et des entreprises, de la législation du travail et de la protection sociale des travailleurs, Nous séminaristes, recommandons : Une harmonisation de la législation nationale avec les conventions internationales ratifiés par la RFIC et la ratification de la convention 144 de l'OIT ; La fixation immédiate du salaire minimum garanti ; La mise en place d'un Conseil Supérieur du Travail et de l'Emploi ; Le contrôle strict des conditions de travail des salariés. L'affiliation de toutes les entreprises (artisans, commerçants, transporteurs) à la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale ; L'application de la législation concernant l'apprentissage ; Le paiement des contributions dues à l'OIT. 2.5.3.5 Cinquième recommandation Réunis ce mercredi 26 janvier 1994, en séance plénière au Palais du Peuple, au terme des travaux des Etats Généraux du Secteur Privé, Considérant le rôle essentiel que doivent jouer les institutions judiciaires pour le respect du droit, Nous séminaristes, Demandons aux autorités nationales d'encourager la formation et le recrutement des magistrats. Recommandons : Une coopération internationale judiciaire afin de soutenir les travaux de haute juridiction ; L'introduction d'une clause d'arbitrage dans tout contrat commercial afin d'accélérer la résolution des contentieux ; La restauration sur place des cours de capacité en droit ; La mise en place d'antennes juridiques auprès des administrations concernées aux fins de faire circuler l'information. 52 2.6 LES TRANSPORTS 2.6.1. INTRODUCTION AU THEME Les transports, terrestres, maritimes, aériens, conditionnent pour une part importante le développement du secteur privé et la promotion des entreprises. Ils jouent un rôle d'autant plus important que les Comores, de par leur situation d'archipel, dépendante de la qualité et de la régularité des communications intérieures et extérieures pour leur développement économique. Or, il se trouve que de nombreux problèmes existent aussi bien pour les transports maritimes, qu'aériens ou terrestres, entraînant ainsi de sérieux freins à l'épanouissement des entreprises et compromettant les chances de promotion du secteur privé. Il s'agit donc de prendre l'exacte mesure de la situation actuelle et des insuffisances dont elle témoigne afin de proposer des mesures correctrices ou de procéder à de profonds changements. Les transports doivent devenir un atout. Pour l'instant, ils sont davantage un handicap pour le pays. 2.6.2 TRAVAUX DE LA COMMISSION La commission ayant pris conscience des documents de base établis sur l'activité maritime et sur le transport aérien aux Comores, et suite à une intervention sur le transport routier, a pu engager les débats. Compte tenu de l'usage multiple qui est fait de la mer, il existe un besoin urgent de textes juridiques permettant de maîtriser et de promouvoir les différentes activités maritimes liées : à la navigation et aux communications, à l'exploitation des ressources énergétiques, minérales, biologiques, à la pollution et au déversement des déchets toxiques, à la stratégie de défense, à la recherche, aux loisirs....Les débats ont mis l'accent sur plusieurs points, à savoir : L'importance des télécommunications et des différents moyens de transports dans le développement ; La nécessité d'une articulation entre les modes de transport : maritime, aérien, terrestre ; L'évolution de l'intégration du transport maritime et aérien au niveau régional ; Les problèmes liés à la situation du port de Mutsamudu et à son exploitation ; L'organisation des activités maritimes ; Les rôles respectifs de l'Etat et du secteur privé dans le développement des transports. 53 En ce qui concerne le transport aérien, les débats au sein de la Commission ont abouti aux constats suivants : La société nationale Air Comores est réduite à l'état de simple agence d'Air France ; Air Comores ne s'ouvre pas vers l'extérieur ; Il existe une disposition des tarifs des billets et des taux de fret utilisés à l'extérieur par rapport à ceux utilisé aux Comores, pour les lignes internationales ; Air Comores est incapable de se servir de sa coopération avec l'extérieur pour se développer ; Pour des raisons politiques, il y a détention du monopole d'exploitation des lignes extérieures ; La défaillance de la société en matière de gestion, le met en position de faiblesse auprès des bailleurs de fonds. D'une manière générale, les membres de la commission ont reconnu qu'en matière portuaire, aucune structure n'a été mise en place pour le suivi et l'entretien des infrastructures et des matériels de manutention et qu'en matière de transport maritime, les activités d'armateur et de transporteur sont incompatibles avec les activités de consignation et de représentation devenant ainsi un interlocuteur obligé. Les membres de la commission ont approuvé les principes fondamentaux suivants : L'Etat doit dépasser la notion de " secteur stratégique " et associer le secteur privé pour le développement d'une flotte nationale maritime et aérienne efficace et rentable ; La liberté doit être laissée aux opérateurs économiques d'investir dans le domaine des transports afin de promouvoir les relations de coopération avec les partenaires extérieurs sur la base de l'égalité et du respect mutuels. En ce qui concerne plus particulièrement le transport aérien le développement d'Air Comores est entravé par le non respect de la tutelle (Ministère du Transport et du Tourisme) et par la politique de chantage d'Air-France sur les lignes internationales. Pour ce qui est des infrastructures aéroportuaires, leur gestion et la maintenance laissent à désirer, tout particulièrement pour les aéroports secondaires ne garantissant plus la sécurité. Les participants de la commission ont conclu leurs travaux en souhaitant que le suivi des recommandations des Etats Généraux du Secteur Privé soit assuré par une commission tripartite associant le CASP, le secteur privé et l'Etat. 54 2.6.3 RECOMMANDATIONS 2.6.3.1 Première recommandation Réunis ce mercredi 26 janvier 1994, en séance plénière au Palais du Peuple, au terme des travaux des Etats Généraux du Secteur Privé, Considérant la place essentielle occupée par les transports dans la vie économique et la promotion du secteur privé, Nous, séminaristes, Recommandons : La mise au point d'un plan de transport concerté répondant aux besoins de la population et des entreprises ; La recherche d'une bonne articulation entre les divers modes de transports terrestre, maritime et aérien. 2.6.3.2 Deuxième recommandation Réunis ce mercredi 26 janvier 1994, en séance plénière au Palais du Peuple, au terme des travaux des Etats Généraux du Secteur Privé, Considérant la place essentielle occupée par les transports dans la vie économique et la promotion du secteur privé, Nous, séminaristes, Recommandons : Que la structure actuelle du secteur du transport maritime et portuaire soit révisée pour permettre aux entrepreneurs désireux d'entreprendre d'opérer dans le secteur. 2.6.3.3 Troisième recommandation Réunis ce mercredi 26 janvier 1994, en séance plénière au Palais du Peuple, au terme des travaux des Etats Généraux du Secteur Privé, Considérant la place essentielle occupée par les transports dans la vie économique et la promotion du secteur privé, 55 Nous , séminaristes, Recommandons : A l'Etat de tout mettre en oeuvre pour le développement des lignes aériennes extérieures ; La privatisation et l'ouverture à des privés pour qu'ils puissent opérer sur les lignes aériennes intérieures ; Que les mesures nécessaires soient prises pour l'aménagement des aéroports secondaires. 2.6.3.4 Quatrième recommandation Réunis ce mercredi 26 janvier 1994, en séance plénière au Palais du Peuple, au terme des travaux des Etats Généraux du Secteur Privé, Considérant la place essentielle occupée par les transports dans la vie économique et la promotion du secteur privé, Nous, séminaristes, Recommandations : Que le CASP, représentant le secteur privé, soit le point focal pour le suivi de ces recommandations. 56 A- CONCLUSION GENERALE A.l. SEANCE DE CLÔTURE Le Président de séance, Monsieur Hassane Mohamed Ahmed, ouvre la séance et remercie l'ensemble des séminaristes pour leur participation active aux travaux des Etats Généraux du Secteur Privé, qui ont connu un grand succès. Le Président remercie aussi l'ensemble des bailleurs de fonds, notamment le PNUD, qui apportent un soutien indispensable pour la promotion du secteur privé. Le BIT, agence d'exécution du système des Nations Unies, appui pour sa part les efforts de développement du secteur privé et des micro, petites et moyennes entreprises comoriennes, et l'ensemble des participants a témoigné de l'importance et de la qualité de cet appui. Il conviendra qu'à l'avenir, cet appui se poursuive. Le Président tient également à souligner le rôle essentiel de toute l'équipe du Centre d'Appui au Secteur Privé (CASP) dans la tenue de ces Etats Généraux en particulier, et dans le développement du secteur privé en général. Le Président de séance appelle à tour de rôle chacun des rapporteurs et présidents des six commissions afin que soient présentées, pour adoption en séance plénière, les recommandations des commissions. Les recommandations de la commission " Organisation, structure et mécanismes de promotion du secteur privé " sont présentées et adoptée à l'unanimité. Les recommandations de la Commission " Le secteur productif et les choix technologiques " sont présentés et adoptées à l'unanimité. Les recommandations de la Commission " Les ressources humaines " sont présentées et adoptées à l'unanimité. Les recommandations de la Commission " Les aspects financiers liés au développement des entreprises " sont présentées et adoptées à l'unanimité. Les recommandations de la Commission " L'environnement juridique, judiciaire, fiscal et social " sont présentées et adoptées à l'unanimité. Les recommandations de la Commission " Les transports " sont présentées et adoptées à l'unanimité. Le Président de séance passe la parole aux différentes personnalités afin de clôturer les Etats Généraux du Secteur Privé. 57 A-2 SUIVI DES TRAVAUX ET MISE EN OEUVRE DES RECOMMANDATIONS Comme cela avait été annoncé à la séance d'ouverture, les travaux des Etats Généraux du Secteur Privé seront suivis d'effets puisque les nombreuses recommandations adoptées devront être mises en oeuvre. Pour cela, un dispositif a été retenu par l'ensemble des participants qui s'appuie sur : La création d'un comité de suivi des Etats Généraux du Secteur Privé, composé notamment de représentants des six commissions de travail et de différentes personnalités. Le comité se réunira très rapidement. La mise au point d'un plan d'action, par le comité de suivi, destiné à opérationnaliser les recommandations, dans une perspective de court terme. La définition d'un livre blanc du secteur privé comorien qui devrait pouvoir voir le jour fin 1994. Ce dispositif bénéficiera de l'assistance du CASP et du projet PNUD/BIT de manière à lever les contraintes qui pourraient apparaître dans sa mise en place. En outre, le CASP et le BIT continueront d'apporter un soutien actif en termes de réflexions et de méthodes. Les conditions sont donc réunies pour que la dynamique suscitée par les Etats Généraux du Secteur Privé, se maintienne et se renforce dans un proche avenir. B/ ALLOCUTIONS DE CLÔTURE Allocution du coordonnateur national du projet d'appui au secteur privé Messieurs les Ministres, Messieurs les Députés, Mr. Messieurs les Représentants Messieurs les Représentants Messieurs les Représentants Messieurs les séminaristes, Mesdames, Messieurs le Préfet du Centre des corps diplomatiques, des Organisations Internationales du Secteur Privé, Faire le point des travaux à l'issue de ces premiers Etats Généraux du Secteur Privé, consiste pour l'essentiel à répondre aux trois questions suivantes : . Les Etats Généraux peuvent-ils être considérés comme une réussite ? . Les objectifs fixés au départ ont-ils été atteints ? . Y aura-t-il une suite à ces travaux ? Les Principales indications qui permettent de répondre à la première question sont les suivantes : La participation a été très importante puisque la séance d'ouverture a rassemblée 300 personnes et les travaux en commission ont mobilisé plus de 180 personnes. Il est clair que les Etats Généraux du Secteur Privé ont suscité un vif engouement. 58 Les participants sont venus d'horizons très différents : Secteur Privé, Secteur Publique, branches d'activité variées, statuts et responsabilités divers. Dans les commissions ont travaillé ensemble aussi bien des agriculteurs, pêcheurs, que des élus, des responsables privés ou public cela traduit l'intérêt porté aux Etats Généraux par l'ensemble des acteurs de la vie économique et Sociale. Le travail en commissions a été intense comme en témoigne la participation assidue des séminaristes tout au long des journées, le travail important réalisé par les bureaux des commissions, l'intensité et la qualité des débats qui se sont déroulé autour de chaque thème. Le travail des commissions s'est traduit par un ensemble de recommandations très importantes pour la promotion du secteur privé et que vous venez d'adopter. L'existence de ces recommandations souligne la volonté des séminaristes d'aller de l'avant et de poursuivre le travail entrepris à l'occasion de ces Etats Généraux. Importance de la participation, variété et qualité des participants, intensité et productivité du travail, volonté de poursuivre sont autant d'indications qui permettent de conclure que les Etats Généraux du Secteur Privé sont une réussite. Voilà pour la première question. Répondre à la deuxième question suppose d'examiner chacun des objectifs fixés au préalable afin de vérifier s'ils ont été ou non atteints. L'existence même de ces Etats Généraux, l'important travail préparatoire auxquels ils ont donné lieu, l'abondante documentation mise au point, l'étendue de thèmes traités, le nombre et la variété des recommandations sont autant de témoignages du rôle essentiel que joue le secteur privé dans l'économie du pays. Ce rôle peut aussi se décliner en terme de : poids en matière d'emploi et de revenu, de part dans le PIB, de réseau de base de l'organisation socio économique e t c . . On peut donc considérer que les Etats Généraux ont pris la bonne mesure du rôle du secteur privé et ce rôle est fondamental, ce qui correspond au premier objectif. Le Secteur Privé connaît de nombreux et graves problèmes et ceux-ci ont été bien identifiés dans chaque commission, qu'il s'agisse par exemple de l'insuffisante organisation du secteur privé, de l'inadaptation technologique, des freins à la mobilisation des ressources humaines, de l'inadéquation entre l'offre et la demande de financement, des graves carences de l'environnement juridique judiciaire, fiscal, social, des obstacles aux transports. Sur la base de ce constat, les commissions ont pu dégager les besoins prioritaires du secteur privé. Identification des problèmes et des besoins, tel était le deuxième objectif, et il est atteint. 59 La promotion du secteur privé, si elle implique de résoudre les problèmes identifiés et se cela suppose qu'émerge et se constitue une véritable personnalité du secteur privé, cette promotion ne saurait pour autant laisser ignorer le rôle essentiel que doit jouer le secteur public en tant que défenseur de l'intérêt général, du service public, des biens publics, de la santé publique, de la sécurité publique, etc. L'émergence du secteur privé en tant que partenaire majeur implique aussi l'existence d'un partenaire public fort, ces deux partenaires entretenant entre eux un dialogue permanent. C'est à cette réflexion que se sont notamment livrées les commissions qui ont pu spécifier l'interface entre les activités du secteur privé et la responsabilité des pouvoirs publics. Cet interface peut prendre des formes différentes selon qu'il s'agit d'organisations professionnelles ou syndicales, de recherche développement, de formation, de financement, de cadre légale, de transports - communications. Voilà le troisième objectif. Le renforcement des institutions représentatives du secteur privé dans le redressement socio-économique du pays, indispensable à l'existence d'une véritable concertation avec les pouvoirs public et à une efficacité des actions des opérateurs économiques, a pu être débattu largement tout particulièrement dans le cadre de la première commission. Ces débats ont abouti à des recommandations précises allant dans le sens d'un renforcement. Il convient aussi de rappeler que ces Etats Généraux du secteur Privé ont été co-organisés par l'UCCIA et l'OPACO. Les succès des Etats Généraux est aussi le succès de ces deux organisations, le quatrième objectif a donc été atteint. Les commissions ne se sont pas contentées de dresser un bilan et de procéder à un diagnostic. Elles ont su dessiner des perspectives pour chacun des grands thèmes traités, perspectives accompagnées de propositions d'actions, ce dont témoignent les recommandations adoptées. Loin de l'expression d'un simple mécontentement accompagné d'un catalogue de voeux, les Etats Généraux ont su prendre en main la problématique et les perspectives d'avenir d'ensemble du secteur privé. Le cinquième objectif fixé au début des travaux est largement atteint. Quant au dernier objectif fixé, à savoir la définition et l'adoption d'un système régulier de mise en oeuvre et de suivi des recommandations des Etats Généraux du secteur privé, il correspond à la troisième question : "y aura t-il une suite à ces travaux ? La réponse est clairement oui pour les raisons suivantes : 60 - La volonté existe de poursuivre et cette volonté a été réaffirmé par tous les séminaristes ; - L'ensemble des recommandations constitue une base solide pour un suivi à la fois large et précis ; - Les groupes constitués à l'occasion de commission peuvent constituer le noyau des travaux futurs ; - Un comité de suivi des travaux des Etats Généraux du Secteur Privé a été proposé et adopté qui jouera le rôle central dans la mise en oeuvre des recommandations ; - L'existence du CASP et sa permanence sont la garantie d'un suivi efficace et régulier ; - Un plan d'action découlant de vos recommandations a été mis au point, qui les opérationnalise et qui pourra servir de guide aux travaux futurs ; Pour toutes ces raisons, il y aura donc une suite à nos travaux et je vous annonce que la première réunion du comité de suivi se tiendra au CASP dès le 14 février prochain. Forte participation, qualité des travaux, respect des délais, réalisation de tous les objectifs fixés au préalable, organisations précise du suivi, sont autant de motifs de satisfaction pour nous tous et pour les organisateurs. Permettez-moi de terminer en remerciant tous ceux qui ont contribué à l'incontestable succès de ses premiers Etats Généraux, en R.F.I. des Comores : - Le Gouvernement et ses éminents représentants; Les instances des Nations Unies : le PNUD et le BIT. Les organisateurs : l'UCCIA, l'OPACO et le CASP Vous tous séminaristes qui avez consacré votre temps et votre talent à ces travaux Permettez-moi aussi de remercier en votre nom toute l'équipe du CASP qui, avec efficacité, gentillesse, parfois dans des conditions difficiles, a su oeuvrer pour la bonne tenue de vos travaux. A tous je dis donc : A très bientôt 61 INTERVENTION DE MONSIEUR WILLY HOLLEWEG dit WEGMAN, REPRESENTANT DU BIT Monsieur Willy Holleweg dit Wegman prend la parole au nom du BIT pour remercier l'ensemble des participants aux Etats Généraux du Secteur Privé qui ont témoigné de leur volonté de promouvoir le secteur privé. Ces Etats Généraux ont connu un vif succès et c'est là un pas important pour le développement futur du secteur. Bonne note est prise du souhait exprimé unanimement de voir le BIT appuyer les efforts tant du secteur privé que du secteur public et l'assurance est donnée que le BIT ne se dérobera pas aux demandes qui lui sont formulées. Il appuiera entre autres, et en fonction de ses moyens, la mise en oeuvre des recommandations adoptées par les Etats Généraux du Secteur Privé. Le développement du secteur privé et des micro, petites et moyennes entreprises qui en constituent la trame, représentent pour le BIT un enjeu essentiel pour le développement, dans les années à venir, tout particulièrement en terme d'emploi, de distribution des revenus et d'amélioration des conditions de travail. 62 ALLOCUTION DE CLOTURE PRONONCEE PAR LE MINISTRE DE L'ECONOMIE, DU PLAN, DE L'INDUSTRIE ET DE L'ARTISANAT Monsieur le Président de l'Assemblée Fédérale , Messieurs les Ministres , Monsieur le Gouverneur de Ngazidja, Messieurs les députés, Messieurs les Représentants des Corps Diplomatiques, Messieurs les Représentants des Organisations Internationales, Messieurs les Représentants des O.N.G, Messieurs les Représentants du Secteur Privé, Mesdames, Messieurs. Après trois jours de débats, nous voici au terme de nos travaux des Etats Généraux du Secteur Privé. C'est un pas supplémentaire, certes modestes, néanmoins nécessaire à la réflexion globale et à la mise en oeuvre de la politique du redressement économique et social de notre pays. Au nom du Président de la République, Son Excellence SAID MOHAMED DJOHAR, du Premier Ministre, du Gouvernement et en mon nom personnel, je vous exprime mes chaleureuses félicitations et mes sincères remerciements pour la disponibilité manifestée en vue de la réussite de ces assises Mes remerciements s'adressent en particulier aux cadres des différents départements ministériels, aux opérateurs économiques et aux organisations du Secteur Privé notamment le CASP pour l'action concertée en faveur d'un partenariat franc et dynamique entre pouvoirs publics et opérateurs économiques. Je voudrais ici rendre particulièrement hommage au BIT, qui est l'agence d'exécution du projet " Appui au Secteur Privé ". Malgré les difficultés rencontrées, le Gouvernement apprécie hautement les efforts fournis par cette agence, pour atteindre les objectifs qu'il s'est fixés, et espère ainsi voir le BIT continuer et renforcer son action dans le cadre du développement du Secteur Privé comorien. Honorables invités, Au terme de ces trois jours, vous avez discuté des questions aussi importantes dans le cadre des objectifs suivants : - Prendre la mesure du rôle du Secteur Privé dans l'économie du pays ; - Identifier les problèmes et les besoins prioritaires du Secteur Privé ; - Spécifier l'interface entre les activités du Secteur Privé et la responsabilité des pouvoirs publics ; - Renforcer la responsabilité des institutions représentatives du Secteur Privé dans le redressement socio-économique du pays ; 63 - Dessiner des perspectives et identifier des actions en faveur du développement du Secteur Privé ; - Définir et adopter un système régulier de mise en oeuvre et suivi des recommandations des EGSP. Il est heureux de constater que ces objectifs sont pleinement atteints au regard des résolutions et recommandations adoptées dont je me ferai le plaisir de les suivre et les défendre pour leur pleine réalisation. Que ce soit l'élaboration d'une politique de développement du Secteur Privé, l'amélioration et le renforcement du cadre institutionnel, l'harmonisation et l'adaptation du cadre juridique et judiciaire, l'organisation de la logistique, des transports ainsi que la réduction des coûts des facteurs de production, le transfert rationnel des techniques et de la technologie, la valorisation des ressources humaines en vue de l'adéquation formation emploi, plus encore l'amélioration du système bancaire pour faciliter l'accès au crédit et la mise en place d'un système de financement approprié aux micro, petites et moyennes entreprises. Le diagnostic réalisé à cet effet, les conclusions et les recommandations émises sont de nature à apaiser les esprits, à lever les doutes qui subsistent et à conforter notre optimisme pour la relance de notre économie par l'extension soutenue et mesurée du Secteur Privé. Plus heureux encore vous avez fait preuve d'imagination en matière d'efficacité, en vous dotant des plans d'action et d'un comité de suivi, pour la mise en oeuvre des recommandations adoptées. Je salue hautement cette initiative et vous encourage dans cette voie. L'heure est aux réalisations. La perspicacité de votre démarche démontre encore une fois de plus la ferme volonté et les capacités du Secteur Privé à jouer le rôle de catalyseur du redressement économique et social du pays. Je ne peux ici que vous réaffirmer la ferme détermination politique du Gouvernement comorien à renforcer les liens de partenariat avec le Secteur Privé et à la promouvoir en tant qu'élément moteur du développement. Je déclare clos les Etats Généraux du Secteur Privé. Vive les organisations du Secteur Privé, Vive les entreprises Comoriennes, Vive le partenariat entre pouvoirs publics et Secteur Privé, Vive la Coopération Internationale. Vive le Président de la République ANNEXE1 LISTE DES PERSONNALITÉS PRÉSENTÉES AUX SÉANCES D'OUVERTURE ET DE CLOTURE M. Cheikh Abdou Soimadou Religieux M. Ahmed El-Harif Hamidi Ministre des Finances et du Budget Mme Sittou Raghadat Mohamed Ministre des Affaires Sociales, du Travail et de l'Emploi M. Ahmed Said Issilam Ministre des Transports et du Tourisme M. Ahmed Bourhane Ministre de l'Economie, l'Industrie et de l'Artisanat du Plan, de M. le Préfet du Centre M. Jean Luc Sibiude Ambassadeur de France M. Deprez Consul de Belgique M. Rakotoharimalala Désiré Consul de Madagascar M. Benoît Aubenas Chef de la Délégation de l'Union Européenne M. Mohamed Halifa Gouverneur de la Banque Centrale Mme Ambari Azali Directeur de la BDC Dr. John Wright Représentant Résident de l'OMS M. R. Fornocaldo Représentant Résident Adjoint M. Hassane Ahmed Halidi Chargé de Programme UNICEF ANNEXE2 LISTE DES PARTICIPANTS INSCRITS AUX SÉANCES PLÉNIÈRES Fonction Noms et Prénoms Abdallah Soighir Gérant de la société GASER Abdoulkarim Mzé SYNACO Amina Bacar Chebou Directrice Adjointe de la jeunesse, responsable de la vie associative Amiraux CPT Mvouni Benoît Aubenas Chef de la Délégation de la Commission de la Communauté Européenne Binty Madi Justice Cheikh Salim Said Attoumane Avocat Daoudou Said UCCIA El-Anrifou Mohamed FFDEZI Technologie Goulamaly A. Hadji Mohamed Directeur de l'Energie Harimiya Ahmed Avocat Hoareau Jean Marie Grimaldi Directeur des établissements Grimaldi Ismael Hakim Ismael Ibrahim Pêcheur J.C. Lelyon C.P. IFERE Kamal Eddine S. Directeur Général Laurens Marie Michelle Pharmacien Mme Abdérémane BDC Madi Ahamada Inspecteur Général d'Etat Mohamed Ahmed Halidi Administrateur de Programme UNICEF Mohamed Said Comptable Mohamed Soilih Instituteur Mohamed Youssouf Ministère de l'Economie Noms et Prénoms Fonction Moinaéchat Cheikh Directrice Haut Commissariat Femmes Mouniyat Said Ibrahim C F . finances Moussa Said Gérant entreprise de Fab. de parpaing Msahazi Soilihi Directeur Adjt Formation Professionelle Nafhata Said Ahmed Cheikh S. Entrepreneur Said Mioini Gérant Entreprise S.S.G. Said Mohamed SoidiM Mohamed Entrepreneur Youssouf Mroudjaé Vulgarisateur Abdallah Adinane Abdallah Msa Aboubacar Abdoul-Wahab Gérant de PROCOMIN About Abdourahim Entrepreneur Ahamada Ali Madi Député Ahamda Ali Madi Député Ahmed Abdallah Directeur Relations Extérieures à la Présidence Ahmed M. Alwy Entrepreneur Ali Abdoulhamid Directeur Général ONICOR Ali Mdahoma Menuisier Andjibou Ali DAF UCCIA Antoy Abdou Entrepreneur Bacar Msa Délégué de l'Association Ousoukani Ben Massoundi Rachid Député Bouhar Abdoulwahabi Agriculteur Charif Abdallah Djibaba Soilihi Syndicat des professeurs Fadula Abd Député Noms et Prénoms Fouad Djaé Fonction Menuisier Hachim Abdérémane Hadîdja Ahmada Hadji Houmad Ibouroi Ali Toibib Secrétaire G1, des Syndicats des profs. M Issa Ali Mbaraka Abdallah Secrétaire G' Education Moegni Chakira Directeur TCI Mohamed Ali Coordonateur caisse villageoise FAO Mohamed Rachadi Directeur de la formation technique Moussa Abdallah Directeur de cabinet Ministère Information Nomane Projet Habitat Oubeidillah Charif Conseilleur en développement auprès du Premier Ministre Rahima Abdoulfatah Responsable de la Coopération Ridhioini Djamil Directrice Générale Adjointe du Travail Said Hassan Nourdine Directeur des établissements Dini Charif Said Mzé Bacar Gérant de la Sdacico Said Youssouf Dahalani Electronicien Soualimane Mohamed Directeur Exécutif FADC Youssouf Soilihi Said Ahamad OPC Abadi Omar Maçon Abdallah Ben Rakab Aviculteur Abdou Ali Abdoulahamid Issulahi Directeur Général des Douanes Abdourahamane Ben Ali SYNACO Abdourahim Bacar Instituteur Ahamada Ahmed Said Directeur Général de l'Environnement Noms et Prénoms Fonction Ahmed Said Youssouf Ali Matoire Gérant DIMEF Amirdine Mohamed Charif Abdallah De Lope Maria Jesus VNU Sidogiste Projet Environnement Djoumoi Said Djounaid Djoubeir E.VP.EKA Dr. Aboubacar Secrétaire Général Ministère de la Santé Fouad Djaé Hadji Mohamed Haribou Ousoufa Directeur de l'Industrie Hassan Hamadi Hassane Ahmed Technicien en Bâtiment Ibrahim Miradji Ibrahima Halifa Gérant associé C.N.AC (coop) Issihaka Mahamoud Masseande Allaoui C.N.D.R.S. Directrice Mme Toilal Fatouma Chargée de programme CECI Mme Toyb Zahara SYNAS Mohamed Abdérémane Bijoutier Mohamed Abdérémane Bijoutier Mohamed Maarouf Ingénieur (hydrogeologue) Mohamed Soilihi DAF Moussa Abdallah Moumine Ministère ICB PTT Moussa Asmak Electronicien Mzé Madi M. Nassoro Adame Cultivateur Omar Hamadi Direction Artisanat S. Abdallah Chihabiddine Directeur de la culture Noms et Prénoms Fonction Said Ahmed Mahmaed Chef Service Economique Salim Soulaimane Secrétaire Général du SNIC Soilihi Hamadi S/R du SNPC Anjouan Youssouf Said dit ZICO Abdallah Daoud Directeur de l'Artisanat Abdillah Said Soihili Journaliste Achifafñ Chafiat Allaoui PNAC Altaf Kaderbay Savonnerie SA YACO Bacar Soilihi EMHIRON Bakry Oumouri Directeur du T.M. Barwane Faouzi Directeur du port Chaibou Bédja DAF Ministère de la Santé Chami Mohamed Arkane Menuisier Elarif Minihadji Syndicaliste Elhadji Mohamed Prof, des gestions Idarousse Allaoui Directeur UCCIA Mohéli Jean Paul Robin Gérant du projet cocotier Mamy couture Couturière Maoulida Ahamada Soudure-charpentier Mme Abdoulhakime Directrice de l'Imprimerie Nationale Mme Bonhomme Commerçante Mme Mounira Bourhane Directrice Générale du Travail Mohamed S. Bacar Direct. Collection Intérieur Nasser Eddine Saidali Juriste Paul Ouattara Assistant PAM Said Ahmed Abdallah Gérant C. 2000 Salim Abdallah Entrepreneur Sitty Sagaff Noms et Prénoms Soidic Hachim Fonction Comptable Président des séances plénières; Mohamed Ahmed ANNEXE3 LISTE DES PARTICIPANTS AUX COMMISSIONS COMMISSION: Organisation, structures et mécanismes de promotion du Secteur Privé Fonction Noms et prénoms Adresse Rahimat Said Abdelfatah Ministère des Affaires Etrangères B.P. 428 Moroni Said Youssouf Dahalani Mainfort Electronic B.P. 464 Moroni Youssouf Mroudjaé Encadreur Syndicat Agricole Idjikoudzi Abdallah Soighir Gérant de la Sté GASER Djomani-Mavouna Soiffat Abdoulhakime Directrice Générale Nouvelle Imprimerie Moroni Said Mioini Gérant de l'entreprise SSG B.P. 656 Mdé Mbaraka Abdallah Charif Secrétaire Général MiniEducation B.P. 73 Moroni (tel. 732825) Djibaba Soilihi Professeur EFERE Syndicat des profs. Moroni Bouhar Abdoulwahab Producteur agricole, Syndicat Agricole Démbéni Said Ahamada Cultivateur Chézani Mboikou Youssouf Soilihi Cultivateur, Sundicat agricole Chézani Mboikou Maoulida Amada Soudeur-chrpentier métallique B.P. 502 Moroni Amir Ahamada Foundi Archiviste, documentaliste B.P. 118 Moroni Mohamed El Durit SG Sarumay B.P. 1210 Moroni Haribou Oussoufa Direction Industrie Moroni Mohamed Youssouf Soilihi Direction Générale des Affaires Economiques Moroni Youssoufa Said Amine Gérant Ett Amine fils Mohamed Saïd Boina Promotion du tourisme privé Président: Soiffat Abdoulhakim Rapporteur: Djibaba Soilihi COMMISSION: Le secteur productif et les choix technologiques Noms et Prénoms Fonction Adresse Sitty Sagaf Gérant B.P. 391 Hadji Mohamed Directeur, Eau Energie B.P. 12 Isamel Ben Issa Provende Iconi Ibrahima Halifa Said Gérant Coopérative Agricole B.P. 37 Moroni Ali Mohamed CSG (TSEF) B.P. 1137 Hadji Hamadi Menuisier Koimbani-Oichili Ibrahime Mohamed Soudeur Koimbani Hadidja Ahamada Institutrice N'Tszoueni Moussa Asmak Electronicien B.P. 257 Omar Hamadi Directeur de l'Artisanat Bâcha Soilihi Moindjié SNIC Hadoudja-Moroni Mohamed Abdérémane Bijoutier B.P. 791 Ahmed Mohamed Ali Confection C.I.C B.P. 287 Abdourahim Bacar Instituteur B.P. 644 Hétsa Ahmed Said Attoumane Directeur Elevage B.P. 875 Moroni Youssouf Said Mahazi Secrétaire Général d'APPC Ben Imani Said Expet National (CASP) B.P. 1337 Said AU Construction 2000 CADER de Simboussa About Abdourahim EFC Pimba Fouadi Djaé Abdou Ali Saïd Mzé Bacar Hassane Ahmed Ibrahim Mbélizi Toilal Tatouma Ahmed S. Allaoui Saandi Omar Nassor Adame Mohamed Said Noms et Prénoms Fonction Adresse Ali Mdahoma Chami Mohamed Ackane Ismaël Hakim Said Ahmed Abdallah Nomane (Habitat) Abdallah Adinane Soullimane Mohamed Ahmed Président: Rapporteur: Sitly Sagaf Ben Imani Said COMMISSION: Les Ressources humaines Fonction Noms et Prénoms Darousse Allaoui Directeur CCIA Hachim Abdérémane Adresse Mohéli Vlanga-Ngazidja Ibouroi Soilihi SER M'Vouni Toyb Zahara SYNAS Moroni Achiraffi Chefid UPEC Moroni Lelyon J.C. CTIFERE Moroni Amina Bacar Directrice Adjointe Jeunesse et Sports Moroni Saïd Hachim Charif Expert PME CAST Moroni M.F. Mlanao CAST Moroni Djoumoi Saïd Gérant SOCOPA Ouellah Mits Salim Souléimane S.G. du SNIC Moroni Désiré Rakotovao CAST Moroni Ahamada Mohamed IMPREDOC Moroni Ahmed Mohamed Alwy Artisanat Djouwa Itsandra Mounira Bourhane DG du Travail Moroni Cheikh Mounaecha DG Protection Sociale Promotion de la Femme Moroni Fonction Noms et Prénoms Adresse Soilihi Houmadi Stp Régional SNPC Anjouan Bacar Soilihi EM Hirondelle Moroni Saïd Ahmed Cheikh Soilihi Gérant Service Minute Moroni Elhadji Mohamed Professeur ENG Foumbouni Mohamed Saïd Bacar Ministère Intérieur Moroni Soidiki Mohamed EGT/OPACO Moroni Michel Amiraux CPT M'vouni Moussa Abdallah Mohamed Rachadi Moussa M. Kaïva Abderemani M'vouni Enseignant Président: Idarousse Allaoui Rapporteur; Mounira Bourhane COMMISSION: Les aspects financiers liés au développement des entreprises Fonction Noms et Prénoms Mohamed Madi Moindjié Etudiant, Gestion Said Mohamed Nafhata Commerçante (Secrétaire Gte AFAC), Magasin Chic-Boutique Armiyat Mohamed Charly Artisan, Mwafaka (entreprise) Mohamed Ali Mohamed Conseiller rural, Direction Crédit Rural Mohamed Soilihi Directeur financier, Ministère de l'Equipement Chaïbou Bédja Abdou Directeur Administratif et Financier, Ministère de la Santé Serge Arsenault Conseiller Technique, CASP/CECI Ismael Ibrahim Pêcheur, Entreprise Pêche Saïd Houssein Trésorier du S.N.P.C., Intersyndicale El Anrifou Mohamed Consultant en finances Rajaonarison Mamy Couturière, Atelier de couture et broderie Djounaid Djoubeir Chef d'entreprise, EUREKA Fonction Noms et Prénoms Said Ahmed Mohamed Etudes éco. et financier, BDC Madi Ahamada Inspecteur Général, PRIMATURE Soifwani Houmadi Saïd Comptable informaticien, Ets. Abdallah fils Firosali Dramsi Président OPACO Abdérémane Djamila Dir. Adj. au crédit, BDC Charif AbdaUah Secrétaire Général, Ministère du Plan-Economie Saïd Hassan Nourdine Directeur, Ets. Dini Charif Soulimane Mohamed Directeur Exécutif, FADC Saïd Abdillah Directeur du Crédit, BDC Saïd Ali Abdallah Construction 2000 UPEC Charila Moegni Directeur Technique, AIR COMORES Mamadali Salim S* Comorienne de Commerce Mouayad Saïd Ibrahim Conseiller Technique Ministère des Finances Ali Matoir Co-gérant DIMEF (Mavouna) Thouene Mouhoudhoir Hôtel Moya Plage Anjouan Soudi Abdulatif AFEP Domoni Anjouan Saïd Aboubacar Direction du Trésor Mzé Manama Madi Fatouma Toillal Ben Massonde Rachid Moegne Charkane Abdérimane Elazize Armiyat Saïd Ibrahim Abdou El Aziz Président: Firozali Dramsi Rapporteur: Fatuma Toillal Député COMMISSION: L'environnement juridique judiciaire fiscal et social Fonction Noms et Prénoms Adresses Robin Jean Paul Gérant projet cocotier B.P. 719 Msahazi Soihili Dir. Adjt Ens. technique B.P. 615 Mohamed Yahaia Chigou Gendarme B.P. 47 Ibrahim Abdallah Directeur des PTT B.P. 1007 Nasser Eddine Said Ali Juriste B.P. 430 Abdoulkarim Mzé Commerçant B.P. 1195 Issihaka Mohamed Adjoint aux Affaires Economiques Tel.: 732368 Harimia Ahmed Avocat Tel.: 732281 Binty Madi Magistrat Tel.: 732860 Moussa Abdallah Moumine Adiministrateur civil MICJSPT B.P. 664 Ridhioini Djamil Direction Gfc de Travail B.P. 720 Bacar Moussa D.G. Syndicat des chauffeurs B.P. 766 Ibouroi Ali Tabib Secrétaire G1 du SNPC B.P. 1199 Elarif Minihadji SNIC Saïd Massane Nourdine Ahamada Ali Mmadi Soilihi Ahamadi Mohamed Saïd Bacar Salim Abdallah Altaf Kaderbay Issa Ali Ranimât Abdoulfatah Mohamed Abdoulkader Abdourahim Bacar Instituteur Ismail Ben Issa Entreprise de province Hadji Mohamed Dir. Energie et Resources en Eau Hassane Abdallah Délégué APPC Fonction Noms et Prénoms About Abdourahim EPC Ibrahima Halifa Said Gérant associé Coop. Agricole Nvl. des Comores Adresses Ibrahim Mohamed Fouadé Djaé Soudeur Hadji Hamadi Menuisier Omar Houmadi Direction Artisanat Youssouf Saïd Mahazi SGAPPC Henri Metrat Expert Int. CDI/CASP Ali Mdahomar Abdallah Menuisier Ahmed Saïd Allaoui Direction élevage Mohamed Abdéremane Artisan bijoutier Moussa Asmak Electronicien Soilihi Moindjie Instituteur SNIC Ahmed A.B. Noman Habitat Azou El Aziz Ibrahim Etudiant Ecole N1 de Gestion et de Commerce Mohamed Saïd Conservation produit agricole Ali Amada Ivesi Syndicat National des Instituteurs Ibrahim Mbelizi Organisation des pêcheurs comoriens Saïd Ben Imani Expert PME/PMI CASP Ahmed Mohamed Ali Confection CIC Elariz Mounhadji SNIC Assane Mohamed Ets. Mohamed Ahmed Abdécemane Acherafi Chafie UPEC Saïd Au Abdallah Construction 2000 UPEC Président: Abdoulkarim Mzé Rapporteur: Binty Madi B.P. 287 Tel.:732003 COMMISSION: Les transports Fonction Noms et Prénoms Adresses Daoudou Said UCCIA Moroni Chami Mohamed Arkane UPEC Itsandra-Mdjini Ahmada Ali Mari Député Mohéli Mohamed Msoilihi SNIC Singani-Hambou Abdallah Rakabe Aviculteur Vouvouni Backri Oumouri Ministère de transport Moroni Antoy Abdou BEDI Moroni Said Ali Chahalane ATS Mutsamudu Fadhila Abdallah Député Sima-Anjouan Hamid Abasse CCIA Mutsamudu Anjouan Saïd Hassan Youssouf Mahamamoud Paul Onatara Président; Backri Oumouri Rapporteur: Daoudou Saïd Moroni ANNEXE4 LISTE DES ORGANISATEURS Union des Chambres de Commerce, d'Industrie et d'Agriculture (UCCIA): M. Moussa Saîd, Secrétaire Général Office du Patronat Comorien (OPACO): M. Firozali Dramsi, Président Centre d'Appui au Secteur Privé (CASP): Directeur: Directeur Adjoint: Service d'Appui: Service Extérieur: Assistance: Service Assistance: Secrétariat: Mohamed Ahmed Soilihi Faouzia Mlanao Marie France Kamaiiddine Fatoumia Mohamed Anissat Soihili Faouzia Mohamed Aboubacari Abdallah RouJda Henri Metrat Saîd Ben Imani Idaroussi Hamadi Jamar Michel Saîd Hachim Charif Rakotovao Désiré Soidic Ramlat Sultan Tanyme Saîd Mohamed Charifat Issa Abdou Aîcha Projet PNUD/BIT COM/91/003 "Appui au Secteur Privé": Conseiller technique principal: Consultant international pour les EGSP: Consultant national pour les EGSP: Wilfy Holleweg dit Wegman Jean-Claude Woillet Ahmed Koudsa Abdérimane ANNEXES CALENDRIER DE TRAVAIL Lundi 24 janvier 1994 9h00 Ouverture officielle Discours de l'UCCIA/OPACO Message du BIT Message du Gouvernement lOhOO Pause café 10h30 Séance plénière Adoption de Tordre du jour Organisation des travaux: mise en place du bureau et des Commissions Présentation des thèmes, suivie d'un débat général 13h00 Pause 14h30 Travaux en commissions 16h00 à 20h00 Réunion bureaux des commissions/CASP Mardi 25 janvier 08h00 à 12h00 Travaux en commission (avec pause café à 10h30) 14h00 à 17h00 Travaux en commission 18h00 à 20h00 Réunion bureaux des commissions/CASP Mercredi 26 janvier 08h00 à 12h00 Travaux en commission. Rédaction des recommandations 15h00 Présentation et adoption des recommandations 16h00 Synthèse des travaux Clôture officielle par le présentant du Gouvernement 17h00 Coktail