Culture

Transcription

Culture
EDICIÓN ESPAÑOLA
Revista núm. 9 de Agromillora Catalana S.A. · Julio 2005
Exploitations
Première plantation superintensif à Sfax (Tunisie)
Culture
Plantation expérimentale en Californie
Expérimentation
Développement d'une plantation d'oliviers en Australie
2
Sommaire
Foto portada: Implantación de superintensivo en
Túnez. Foto: Jordi Mateu.
5
Éditorial
Nouveaux horizons
6
Exploitations
La propriété du Dr Hamadi Achicha
10
Revue des plantations
superintensives d’oliviers
Adresse: Oriol Franco Cabré
E-mail: [email protected]
http://www.olint.com
Périodicité Semestrielle
Édition:
Culture
Plantation expérimentale d’une culture superintensif
au « Santa Rosa Junior College » SRJC. Californie
14
Machines
Nouveaux systèmes d’application d’herbicides
dans les plantations d’oliviers
16
Agromillora Catalana, S.A.
El Rebato, s/n
08739 T.M. Subirats
Barcelone - Espagne
Tél. : 93 891 21 05
Fax 93 818 39 99
E-mail: [email protected]
http://www.agromillora.com
Design, photolithes et impression :
Gràfiques Kerpe, SL
Pere El Gran, 16
08720 Vilafranca del Penedès
D. L. 14.068/2000
Interview
Joan Tous, Docteur Ingénieur Agronome à l’IRTA Mas Bové
20
Expérimentation
Développement d’une plantation d’oliviers en Australie
24
Infos
3
4
Editorial
Nouveaux horizons
Depuis les débuts de cette publication, nous avons
essayé de faire parvenir à nos lecteurs, et ce de
manière transparente, tout type d’expériences et
d’informations liées à la culture superintensif
de l’olive, dans le monde entier.
Aujourd’hui, après quelques temps sans éditer
Olint, nous revenons avec de nouvelles idées,
de nouvelles sections et une nouvelle image,
en vue d’élaborer une revue rénovée. Nous en
avons également profité pour actualiser notre
site Internet.
La nouvelle Web de Olint, en même temps que
le portail du monde de l’olive (www.olint.com),
prétend devenir avec le temps, le site de référence
indispensable de tous les oléiculteurs et non
oléiculteurs à la recherche de solutions et de
conseils concernant la culture, mais aussi celle de
tous ceux qui souhaitent partager leurs expériences
ou souhaitent tout simplement rentrer dans le
monde de la culture superintensif de l’olive.
L’autre nouveauté importante de cette nouvelle
étape de Olint, consiste en la possibilité de
télécharger la revue en format digital, gratuitement
et depuis le site Web de Olint. Nous espérons
avec tout cela, faire arriver Olint à beaucoup
plus de lecteurs et impliquer un plus grand
nombre de personnes dans ce projet, en vue de
créer un espace de débat, d’exposition d’idées et
d’informations capable de nous aider à développer
un secteur plus compétent.
Mais ce qui n’a pas changé cependant, c’est
notre intérêt pour publier une information claire
et impartiale, contribuant à la diffusion d’un
système de culture de l’olive dans lequel nous
croyons fermement.
Dans cette édition de Olint, nous vous présentons
différentes expériences et projets de cultures
superintensives de l’olive, dans divers endroits
du monde, tels que la Tunisie,- où s’est implantée
la culture superintensif en remplacement d’une
culture traditionnelle très enracinée dans la
région-, l’Australie, -où nous verrons point
par point comment développer une plantation
superintensif d’oliviers-, et la Californie, -où l’olive
promet d’être la principale candidate en terme de
culture alternative de cette zone. Dans la section
interview, nous aurons l’opportunité de découvrir,
au travers du Dr en Ingénierie Agronome, M. Joan
Tous, comment fonctionne depuis l’intérieur, un
institut de R et D tel que l’IRTA Mas Bové de
Constantí (Tarragona). En définitive, des projets
et initiatives d’avenir pour une revue s’ouvrant sur
de nouveaux horizons.
5
Exploitations
Plantation traditionnelle d’oliviers de Sfax, à 24x24 mètres de distance.
Première plantation superintensif
à Sfax. Tunisie
Le Dr Hamadi Achicha est chirurgien et issu d’une famille de grande tradition
oléicole de Sfax (Tunisie). Dans cette interview, il nous parle des motivations qui
l’ont amené à devenir celui qui allait introduire les plantations superintensives
dans la zone oléicole la plus importante du pays.
L
a Tunisie est le troisième pays producteur d’huile du monde, avec 200.000
Tm/an et le second en terme de surface, avec 1 650 000 ha d’oliviers. À l’intérieur de ce pays, la région de Sfax est la
plus importante en matière d’oléiculture.
C’est aussi la région la plus traditionnaliste en matière d’agronomie; avec
une seule variété cultivée, la «Chem-lali»
et un cadre de plantation de 24 x 24 m,
à savoir 17 plants/ha, la plus grande
partie, cultivés en culture sèche.
té Chemlali, à 24 x 24 mètres de distance
en culture sèche. Beaucoup de nos arbres
ont déjà plus de 120 ans.
Votre propriété est-elle d’origine
familiale?
Effectivement, nous avons hérité de
cette propriété de 70 ha, totalement
plantée d’oliviers centenaires de la varié-
Comment se gère une plantation
traditionnelle de ces caractéristi-ques
à Sfax?
D’une manière très extensive. La pluviométrie est très faible, inférieure à
6
En tant que variété, comment est la
Chemlali ?
Pour nous, il s’agit de la meilleure variété
du monde, évidemment. Son huile est
douce et très suave. C’est une variété
exposée à des conditions climatiques
locales très dures et qui bien sûr, lorsqu’il
ne pleut pas, alterne beaucoup.
200 mm/an. La culture sèche, sur des
densités de 17 plants/ha, nous amène
parfois à connaître 4 ou 5 ans sans une
seule bonne récolte. D’un autre côté, les
coûts ne sont pas non plus très élevés,
de fait, nous pouvons même appliquer
un système de culture écologique de
manière totalement naturelle, sans traitement et sans pratiquement aucun
travail, car aucune mauvaise herbe ne
pousse.
Quelles peuvent-être vos productions,
qu’en est-il de cette culture dans ces
conditions?
La meilleure année dont je me souvienne, nous avons réussi à récolter
1.000 Tm d’olives sur toute la propriété,
« La culture sèche,
sur des densités de
17 plants/ha, nous amène
parfois à connaître 4 ou 5
ans sans une seule
bonne récolte »
Le Dr Achicha (à droite) et son ami et collaborateur Patrice.
c’est à dire, quelques 5.800 Kg/ha.
Mais j’insiste, cela reste cependant très
exceptionnel. Comme je l’ai déjà dit
avant, nous sommes parfois jusqu’à 3
ans sans pratiquement rien récolter.
Quand avez-vous décidé de ce changement?
Il y a 3 ans, nous avons creusé un puits,
et nous avons trouvé une eau bonne et
abondante à 600 mètres de profondeur.
Cela nous a encouragé à améliorer
l’exploitation. Un ami intime français,
Patrice, disposant d’une expérience
agricole beaucoup plus importante que
la nôtre, m’a parlé de cette nouvelle
technologie d’exploitation d’olives, qu’il
connaissait déjà pour l’avoir déjà vue
en Provence.
Le fait d’être une région si traditionaliste en terme d’oléiculture, n’avezvous pas douté de l’introduction de
cette nouvelle technologie tellement
différente?
En réalité, cette période coïncida avec
celle durant laquelle les premières plantations superintensives qui avaient été
faites dans le Nord de la Tunisie, ont
commencé à donner. En novembre
2002, nous avons visité la propriété
de SADIRA à Mornag et nous avons vu
personnellement la machine travaillant
à la récolte, ainsi que l’extraordinaire
production de ces arbres, pourtant
si jeunes. Ces petits arbres de 2 ans
et demi produisaient par hectare,
plus d’olives que mes vieux arbres
centenaires lors de la meilleure année
de leur histoire. Je suis resté admiratif.
Cependant, lorsque vous avez commencé la nouvelle plantation, vous
avez procédé d’une manière un peu
particulière, non?
Très particulière, en effet. À Sfax,
il existe une loi selon laquelle il est
interdit d’arracher les oliviers adultes,
c’est pourquoi nous nous sommes vus
obligés de planter au milieu des autres
arbres. Au cours de la première année,
en février 2003, nous avons planté
7000 plants d’Arbequine i-18, sur 4
rangées séparées de 4 mètres, les unes
des autres, en laissant 2 mètres entre
les plants, et le tout, au milieu des
Détail d’un plant d’Arbequine i-18
planté en avril 2003.
arbres d’origines plantés, pour leur
part, à 24 x 24 mètres.
Comment avez-vous poursuivie la
plantation?
En 2004, nous avons planté 93 000
plants de plus et, en 2005 nous venons
juste de planter 50 000 plants. Il reste
encore 50.000 plants à planter l’année
prochaine. 85% d’entre eux seront d’Arbequina et le reste sera constitué à parts
égales, d’Arbosana et de Koroneiki.
Continuez-vous à planter entre les
arbres d’origine?
Non, nous avons ultérieurement
présenté à l’Administration Locale un
projet en vue d’expliquer en détail
notre projet et ainsi pouvoir justifier
l’arrachage des plants d’origine. Ce
projet a été accepté et, en alléguant
le fait qu’il s’agissait essentiellement
d’une substitution, ils nous ont exceptionnellement autorisés à arracher
les arbres d’origine. Quelque chose
de jusque-là tout à fait inédit, dans
notre région. Aujourd’hui, ils nous
permettent d’arracher les vieux arbres
avant d’en planter de nouveaux.
Votre proposition a en effet provoqué un certain trouble au sein de
l’Administration Locale?
Pert-être, oui. Mais il faut aussi reconnaître que par la suite, ils se sont investis
avec nous et pour notre projet. Dans ils
nous soutiennent beaucoup. L’institut
de l’Olivier, qui est l’organisme public le
plus important de Tunisie, nous assure
un suivi régulier par l’intermédiaire de
ses techniciens.
7
Qu’en est-il de la situation en ce qui
concerne la disponibilité de la main
d’œuvre?
En principe, nous disposons de main
d’œuvre. Le problème c’est de pouvoir
compter sur un personnel qualifié.
Quel est le coût de cette main
d’œuvre?
Environ 5€ par personne et par jour.
Détail de
la plantation
initiale intercalée.
Vue générale des
premiers oliviers
plantés en 2003.
Le Dr Achicha
parmi ses vieux et
jeunes oliviers.
«Nous avons planté 7000
plants d’Arbequine i-18,
au milieu des arbres
d’origine, plantés pour leur
part, à 24x24 mètres»
8
Quelles attentes se sont créées
autours de vous?
Au début nous recevions beaucoup
de visites Témoignant d’une certaine
réticence. Ensuite, nous avons observé
que les gens, voyant que nous continuions à planter chaque année, ont
commencé à montrer un peu plus d’intérêt qu’auparavant. Aujourd’hui nous
pensons que beaucoup de gens nous
suivent et, si en effet, les productions
nous accompagnent, la répercussion sur
notre région Peut être très importante.
Avec de tels coûts de main d’œuvre,
quelle a été votre motivation
principale pour planter vos oliviers
en superintensif?
En premier lieu, la rapide entrée en
production. Pour nous, ici, dans notre
pays c’est assez extraordinaire, car nous
sommes habitués à devoir attendre
parfois jusqu’à 15 ans, avant d’y
arriver. La mécanisation est une autre
motivation importante. Au moment
de la récolte, il est beaucoup plus
difficile de trouver de la main d’œuvre,
d’autant plus avec ce rendement
faible de récolte qui existe ici et qui
est équivalant à 60 kg/personne/jour
dans la région. Dans notre exploitation,
il nous serait impossible de faire une
récolte dans des conditions nous
permettant de produire un produit de
qualité maximum. Par exemple, pour
pouvoir récolter les olives à point,
nous devrions récolter quelques 50
tonnes/jour, de manière à pouvoir faire
la récolte de toute l’exploitation en 40
jours. Cela représenterait entre 600 et
800 personnes travaillant tous les jours
pendant 40 jours. Ce serait de la folie!
Je suppose qu’en plus vous valoriserez
aussi la haute productivité et la
solidité productive du système ?
Bien sûr, et d’autant plus dans
les conditions qui sont les nôtres,
l’alternance très élevée à laquelle
nous sommes soumis et les faibles
productions régulières que nous
obtenons. Nous considérons que si
tout va bien, d’ici 2 ans, une fois la
reconversion terminée, nous pourrons
obtenir 2000 tonnes d’olives de
notre exploitation, et ce de manière
régulière. Ce qui suppose pour nous de
doubler les résultats obtenus lors de la
meilleure année de toute l’histoire de
notre exploitation.
Pensez-vous boucler la boucle et
construire votre propre moulin à
huile?
Bien sûr, si tout va bien, nous espérons
bien en construire un, en vue d’obtenir
cette qualité supérieure que le système
permet, tout en nous permettant dans
le même temps, de contrôler toute la
traçabilité du processus.
Cosechadora
de aceitunas
– intensivo –
Gregoire G167:
Calidad y Rentabilidad
¿Quiere verla trabajar?, Contacte con nosotros:
Kverneland Group Ibérica, S.A.
Tel: 93.264.90.50, Fax: 93.336.19.63
e-mail: [email protected]
http//www.gregoire.fr
Culture
Plantation expérimentale d’une culture
superintensif au «Santa Rosa Junior
College» SRJC. Californie
Paul Vossen - Lenard Diggs - Laura Mendes
Université de Californie - SRJC
Sur la côte Nord de la Californie, la
surface de vignobles s’est étendu durant
les vingt dernières années, laissant de
côté d’autres cultures alternatives telles
que celle de l’olive, aujourd’hui, depuis
le SRJC, a été lancé un projet visant à
convaincre les agriculteurs locaux de la
iabilité et de l’opportunité que représente
la culture superintensif de l’olive
L
’objectif de cette plantation d’oliviers est d’améliorer
la diversité des cultures dans le conté de Sonoma et
sur la côte Nord de la Californie, tout en démontrant
l’existence d’un potentiel de culture alternatif, à savoir l’olive, pour la production d’huile d’olive, récolté à l’aide d’un
système de très haute densité de plantation. Le système
de production sera ici la clé du succès de cette plantation
d’oliviers qui se caractérise par le fait qu’elle inclut des
variétés uniques, concerne une densité de plantation très
déterminée, une faible main d’œuvre et l’application des
pratiques de cultures écologiques permises, un système de
recirculation de l’eau ainsi que le développement de nouveaux marchés et la mécanisation de la récolte des olives.
Arbres d’Arbequine i-18 en mars 2003. Plantés en octubre.
La couverture des feuillages est en toile de serpillière recyclée.
10
Au cours des vingt dernières années, la majeure partie de
l’agriculture du Nord de la Californie, -où se trouve précisément le Conté de Sonoma-, a été dominée par la prolifération des vignobles, au détriment d’autres cultures qui,
elles ont été réduites. Il existe aujourd’hui, dans le conté
de Sonoma, environ 20 234 hectares de vignobles. D’une
manière générale, l’industrie viticole a eu un effet plutôt positif sur l’économie de la région, même s’il existe dans cette
zone quelques motifs de préoccupation concernant le fait de
peut-être trop miser sur un seul produit
agricole. La monoculture est plus encline à souffrir n’importe quel type de
«fléau » susceptible d’avoir des effets
dévastateurs sur la survie de la récolte,
produisant ainsi une rapide diminution
de la production. L’industrie doit encore faire face au moustique vert, à la
Xylella fastidiosa (Maladie de Pierce),
au psylle, au phylloxéra ainsi qu’à des
possibilités de surproduction.
La surface consacrée à l’huile d’olive
en Californie, tourne autour de 1214
hectares de différentes variétés d’huile. Dans les divers contés de la côte, il
existe quelques nouvelles plantations
d’entre 15 et 30 hectares consacrées à
différentes variétés (Frantoio, Lechin,
Maurino, Pendolino, Coratina, Arbequine, Aglandau, Picual, etc.) mais leur
développement s’est vu limité par les
prix des terrains, les coûts de main
d’œuvre des collecteurs et la demande
de terres destinées aux vignobles. Toutes sont des plantations de faible densité, asées sur des méthodes de production traditionnelles. En Californie,
les cultures de faible densité tardent
entre 7 et 10 ans avant d’atteindre
une pleine production (5-6 tonnes
par hectare). Le processus annuel
de culture, de récolte, de traitement,
de mise en bouteille, d’étiquetage et
autres coûts indirects, suppose plus de
7 euros environ, pour chaque outeille
d’un demi-litre. La récolte annuelle
absorbe une grande partie des coûts
de production.
Dans le cas des olives, la tendance
la plus moderne consiste en un système de production superintensif
qui a connu un grand succès auprès
d’autres cultures de vivaces. Pour ce
qui est des cultures européennes, elle
concerne des variétés telles que l’Arbequine, l’Arbosana et la Koroneiki, dans
le cadre de plantations d’entre 1.22 m
x 3.66 m et 1.52 m x 3.96 m (entre
2 200 et 1 600 arbres par hectare).
Les fruits sont récoltés au moyen de
techniques de récolte mécanique. Ce
système réduisant les coûts de récolte
jusqu’à un dixième de moins que ceux
occasionnés par la récolte manuelle,
tout en permettant de récupérer immédiatement l’investissement réalisé,
grâce à un rendement rapide. L’huile
ainsi produite est de plus d’une excellente qualité. En conséquence de
quoi, la réduction des coûts permet
de produire une bouteille d’un demilitre pour moins de 3,5 euros environs
ou pour même la moitié de ce qu’elle
coûterait avec le système commun de
faible densité de plantation.
La plantation du SRJC Shone Farm
dispose d’un système de recirculation
d’eau. L’eau arrive jusqu’aux arbres au
moyen d’un système d’irrigation goutte à goutte. Cette plantation d’oliviers
offre la possibilité unique d’observer
les conséquences de l’usage de l’eau
recyclée. De plus, cette plantation
d’oliviers sera cultivée écologiquement, conformément aux directives
de certification de l’U.S Department
of Agriculture, de manière à ce que
le système de contrôle des mauvaises
herbes et des nutriments ainsi que
celui du contrôle des fléaux soient
absolument incomparables. Cette
plantation d’oliviers fournira également des informations concernant les
conditions du terrain, aux agriculteurs
de la zone. En Californie, il existe un
intérêt certain pour tout ce qui a trait à
la production de l’huile d’olive, intérêt
qui se matérialise par une importante
assistance aux cours de production
d’huile, séminaires concernant l’analyse sensorielle et autres rencontres
en la matière. Il reste néanmoins encore beaucoup de questions quant au
système d’exploitation des arbres de
manière à ce que ces derniers restent
de petite taille, mais aussi quant à la
longévité d’une plantation d’oliviers,
dans le cadre de possibles techniques
de culture écologique.
«L’industrie viticole a eu
des effets plutôt positifs
sur l’économie, même
si dans cette région, il
existe encore quelques
motifs de préoccupation
sur le fait de peut-être
trop miser sur la culture
d’un seul produit agricole»
Arbres de Koroneiki en mai 2003. Plantés en octobre.
Le feuillage est couvert d’un tissu en Lumite.
11
«Le processus annuel de culture, de récolte, de
traitement, de mise en bouteille, d’étiquetage et
autres coûts indirects, suppose plus de 7 euros
environ pour chaque bouteille d’un demi-litre»
Paul Vossen observe
la floraison des oliviers.
Cette plantation a été en partie financée par le CF-3 (Fondation Kellogg) en
vue d’atteindre les objectifs suivants:
1. Développer un projet d’entreprise
d’avant-garde, basé sur une plantation
oliviers de quelques 8.000 m2 et des
olives cultivées écologiquement, afin
de mener à bien certaines recherches
et expériences, au sein de la SRJC
Shone Farm. Les variétés qui y ont été
plantées sont les suivantes: Arbequine
i-8 (1.064 oliviers), Arbosana i-34 (426
oliviers), Koroneiki i-38 (344 oliviers),
Arbequine standard (62 oliviers) et
15 de Frantoio, Lechin, Manzanille et
Mission. La distance entre les arbres
était de 1.22 m x 3.66 m. Pour éviter
les mauvaises herbes, on y utilisera
des copeaux de bois, des toiles de
serpillière et des couvertures en tissu
de type Lumitec.
2. Justifier les frais d’établissement et
le développement de la culture écologique des oliviers. Toute manipulation
de culture sera menée à bien conformément aux normes du Ministère de
l’Agriculture américain et aux processus écologiques permis.
3. Conjuguer des éléments tels que:
l’utilisation de variétés de port compact, la faible distance séparant les
oliviers, l’irrigation à base d’eau recyclée et l’exploitation écologique de la
plantation d’oliviers dans le processus
de plantation. On y établira une com-
12
paraison avec les variétés standards.
étudiants concernés par le projet.
4. Établir les effets à court termes de
l’irrigation des oliviers à l’aide d’eau
recyclée, lors de la phase d’établissement de la plantation d’oliviers. On y
étudiera de même, les effets à long
terme, au-delà de 2005.
9. Élaborer un plan d’études consistant,
pour les cours impartis par le SRJC
ainsi que pour un nouveau cours concernant la production de l’huile d’olive,
basé sur l’information btenue à partir
de l’exploitation de cette plantation
d’oliviers et des conclusions d’autres
institutions éducatives. Le cours concernant la production d’huile inclura
des travaux pratiques mettant en jeu le
traitement de l’huile, l’analyse organoleptique et d’attraction cynégétique,
avec l’aide du Département Culinaire
du SRJC.
5. Créer un espace de démonstration
pour les consommateurs, en vue de les
familiariser avec les produits cultivés
à partir d’eau recyclée et pour que
les agriculteurs locaux onnaissent les
méthodes existantes applicables aux
plantations superintensives.
6. Offrir une information précise
concernant les pratiques de production écologique des olives, aux producteurs. Une information qui inclura
un comparatif des différents modes de
contrôle des mauvaises herbes.
7. Diffuser plus largement la culture
agricole auprès des étudiants et ce,
depuis une perspective pratique à laquelle s’ajouterait l’aspect économique
du projet du fait de son éveloppement
au sein d’une entreprise dégageant des
bénéfices.
8. Développer une solide relation professionnelle de collaboration entre la
faculté Santa Rosa Junior College et
l’université de Californie, dans le but
de réunir des données de echerche
sur le terrain et de former ainsi les
10. Établir un modèle durable de
production alimentaire ainsi qu’une
formation concernant la production
alimentaire au travers de la diversité
des cultures. Un modèle en somme,
satisfaisant, capable de donner lieu
au développement de cultures sur la
plantation du SRJC, tout en constituant une sorte de stimulant pour
d’autres institutions éducatives.
11. Promouvoir le changement social
et les connaissances dans le cadre de
la communauté rurale et urbaine au
travers de démonstrations agricoles à
petite échelle. Chaque année, aura lieu
une démonstration sur le terrain, afin
d’informer les producteurs locaux et le
public en général, des progrès réalisés
quant au développement de la plantation d’oliviers.
13
Machines
Nouveaux systèmes
d’application
d’herbicides sur les
plantations d’oliviers
Aujourd’hui, la
majorité des systèmes
d’application
d’herbicides existants
sur le marché,
présentent des
limites du fait de
leur affectation par
la dérive de produit
phytosanitaire produite
par l’air. Ces limites
font qu’il ne soit pas
toujours possible de
traiter une plantation
lorsque cela s’avère
pourtant nécessaire.
I
l existe déjà actuellement sur le marché
un nouveau modèle pourl’application
d’herbicide, qui réduit considérablement le problème de la dérive produite
par l’air. Il s’agit de nouveaux modèles
de barres pour l’application d’herbicide
sur les plantations d’oliviers, d’arbres
fruitiers, d’arbres à citriques, les vignes,
les amandiers, etc.
Ces machines s’accouplent à la partie
avant du tracteur, ce qui permet une ample et totale vision de ce que l’on est en
train de faire. À l’arrière est fixé le réservoir d’application d’herbicide. Le réglage
de la largeur de travail de la barre se fait
par régulation hydraulique, au moyen
de cylindres qui permettent de régler les
différents cadres de plantation
en quelques secondes seulement et de
manière totalement indépendante, qu’il
s’agisse du côté droit ou gauche.
Application d’herbicides à l’aide d’une cloche anti-dérive de 90.
14
Ce système s’adapte parfaitement aux
différents cadres de plantation de chaque culture. Modèles disponibles pour les
vignes de 2 m à 3,5 m. pour les oliviers
et les arbres fruitiers de 3 à 5 m et autres
«Ces machines
s’accouplent sur
la partie avant du
tracteur, ce qui permet
d’avoir une ample et
totale vision de ce
que l’on est en train
de faire»
Culture d’olives 1 semaine
après l’application
de l’herbicide à l’aide
du système anti-dérive.
Protection anti-dérive
pour écran
de traitement.
types de cultures, comme peuvent l’être les citriques ou les
amandiers, jusqu’à 7 m de travail. Le réglage de la hauteur
de traitement, est également hydraulique. Il existe également
un modèle sur lequel il est possible de régler de manière indépendante, l’inclinaison de l’écran de traitement de 90º pour
la partie supérieure à 45 º pour la partie inférieure, ce qui est
idéal pour les types de plantations sur plateaux ou à flanc de
coteaux, collines ou montagnes. L’actionnement des cylindres
hydrauliques peut se faire par distributeur hydraulique ou au
moyen d’une commande électrohydraulique.
Grâce à ce système de protection totale, il est possible d’obtenir un traitement d’un excellent niveau dans les plantations
d’oliviers de type intensives et les jeunes plantations d’arbres
fruitiers.
Chaque écran de traitement est équipé d’un ressort rétractile
de sécurité, en cas de collision de l’écran avec le tronc du plant.
Le ressort dans ce cas recule, et une fois le plant passé
revient dans sa position initiale, sans l’endommager.
-Commodité d’utilisation: Grâce aux systèmes de réglage hydraulique, on obtient une qualité d’application optimale ainsi
qu’une position de travail moins fatiguante pour l’opérateur,
qui peut ainsi travailler toujours de face.
Il existe deux types d’écran d’application, en vue de s’adapter
au mieux, aux besoins de chaque client:
-Qualité de traitement: Les systèmes anti-dérive de dernière
génération permettent y compris de travailler lorsqu’il y a du
vent, en plus des gains en sécurité que présentent les applications de printemps-été, avec les traitements appliqués sur
les plants jeunes, de manière sélective, évitant ainsi le contact
de l’herbicide avec le plant.
Protection anti-dérive pour écran de traitement : Protection
en fibres de polypropylène, située autour de l’écran d’application, qui réduit considérablement la dérive produite par l’air.
Disponible en quatre dimensions; 35 cm, 60 cm, 80 cm et 1
m. Il est possible de monter en option, une toile de protection
totale pour une sécurité maximum.
Cloche anti-dérive de 90: Cloche d’application en polyéthylène
de haute densité, avec protection latérale en fibres plastiques.
Les avantages de ces nouveaux systèmes, sont les suivants:
-Réduction des coûts: L’application d’herbicide sur les deux
côtés, permet de réduire considérablement le temps employé
mais aussi le combustible utilisé.
-Polyvalence de la machina: Possibilité de montage sur le
propre châssis de la machine, dé différents autres outils, tels
qu’une balayeuse / alignieuse de restes de tailles ou un disque de coupe équipé de lames tranchantes pour la coupe des
mauvaises herbes, dans les plantations de type écologique.
15
Interview
Joan Tous est
Docteur en
Ingénierie
Agronome,
il réalise son
travail au sein
de l’IRTA Mas
Bové (Constanti,
Tarragona) et
est coordinateur
du groupe de
travail appelé
AGRONOMIA
qui travaille sur
des thèmes tels
que les cultures
méditerranéennes:
olivier, amandier,
caroubier, pistache
et noisetier.
Il est surtout
connu pour avoir
dirigé l’équipe
qui a lancé et
obtenu le clone
d’Arbequine i-18.
Joan Tous. IRTA Mas Bové
Joan Tous. Docteur en Ingénierie Agronome à l’IRTA Mas Bové.
Pouvez-vous nous expliquer ce qu’est l’IRTA?
L’IRTA est une entreprise publique de la Generalitat de Calalogne, qui a été créée en 1985 et
qui se consacre à la recherche et au développement appliqués à la technologie alimentaire.
Nous y développons des projets de recherche ainsi que des projets de transfert technologique
avec des entreprises du secteur.
L’IRTA dispose de 7 centres propres, répartis sur toute la Catalogne et de 6 centres associés
à différentes universités. On y aborde des thèmes aussi divers que les cultures méditerranéennes, l’horticulture, la nutrition animale, la génétique végétale, la génétique animale, la
qualité de la viande, l’aquiculture, les sujets liés à la post-récolte, à la culture des citriques,
aux applications forestières, aux cultures extensives, etc.
Quelles activités réalisez-vous au sein du centre de Mas Bové? Et d’une manière plus
concrète, dans votre département?
Le Centre de Mas Bové est spécialisé dans l’Arboriculture Méditerranéenne, la Nutrition
Animale et la Génétique Avicole.
Dans notre département, c’est sans doute l’oléiculture qui a le plus d’importance. C’est dans
ce domaine que travaille une équipe formée de 3 ingénieurs agronomes, de 2 Ingénieurs
Techniques et de spécialistes en laboratoire. Depuis le Centre de Mas Bové nous assistons,
pour ce qui est de l’oléiculture, d’autres centres de l’IRTA, installés également en Catalogne
et, y compris d’autres entités, installées sur tout le territoire espagnol ainsi qu’à l’étranger.
Au sein du Département d’Oléiculture, quelles activités principales réalisez-vous?
Nous travaillons essentiellement sur 4 grandes aires: Le matériau Végétal, le Design des
16
Plantations, la Qualité des huiles et la
Technologie des Moulins à huile.
Pouvez-vous brièvement nous expliquer
un peu l’activité que vous réalisez dans
chacune de ces aires?
En ce qui concerne le Matériau Végétal,
nous développons plusieurs activités : nous
réalisons notre propre programme d’amélioration génétique en vue de l’obtention
de nouvelles variétés, un programme de
sélection clonale d’Empeltre qui prétend
suivre le chemin de la sélection clonale de
l’Arbequine i-18. Ce travail est réalisé en
collaboration avec 6 communautés autonomes: l’Aragon, la Navarre, Valencia, La
Rioja, les Baléares et la Catalogne. Nous
disposons déjà d’une présélection de 16
clones d’Empeltre, plantés sur 2 essais
différents.
Nous travaillons également sur l’étude de
patrons d’olive. Il s’agit d’un projet novateur à niveau mondial, qui a débuté il y a
4 ans, en collaboration avec l’Andalousie.
Nous travaillons sur 30 potentiels portegreffes de manière à voir quelle incidence
a le patron sur le comportement de la
variété, afin d’adapter cette dernière aux
nouveaux systèmes de culture qui s’imposent actuellement et pour lesquels il est
besoin de plants de moindre vigueur. Les
essais les plus anciens remontent à 5 ans.
Nous travaillons également sur le thème
de la biologie florale. Nous nous sommes
rendu compte qu’il existait un pourcentage
élevé de variétés locales androstériles, c’est
à dire qui ne donnent pas de pollen mais
nécessitent le pollen d’une autre variété
pour pouvoir féconder. Ce n’est pas un
thème mineur, par exemple nous avons
pu mettre en évidence qu’en Catalogne,
environ 40% des variétés autochtones sont
androstériles.
En ce qui concerne le Design des Plantations, nous avons mené différentes
activités. Dans les années 80, nous avons
commencé par l’étude des plantations
intensives (d’environ 300 plants/ha.).
À partir des années 90, on s’est rendu
compte que l’Arbequina, même dans
des densités plus élevées,-environ 400
plants/ha-, donnait des productions plus
intéressantes du fait de sa faible vigueur
et de sa haute productivité. Le début des
années 90 a également coïncidé avec le
lancement, à partir d’une entreprise privée de Catalogne, d’un nouveau modèle,
appelé Superintensif. L’IRTA, à partir de
ce moment-là, et en association avec
ces entreprises, commença un champ de
vérification de variétés à ces densités. Ce
test fut réalisé sur la propriété de La Boella
et fut le premier test à niveau mondial de
vérification de variétés, à être réalisé sur le
modèle Superintensif.
Disposez-vous de quelques résultats
de ce test?
Nous commençons déjà à en tirer des con-
«Depuis 1999, quelques
6 millions de plants ont été
commercialisés. Cela nous
a très agréablement surpris. Surtout si l’on tient
compte du fait qu’au moment de leur lancement,
les aides de l’U.E avaient
déjà cessé d’exister»
clusions. Dans ce test, on a déjà utilisé les
variétés suivantes: Arbequine, Arbosana,
Koroneiki, Canetera, Joanenca, ainsi que la
Fs-17. Après 6 à 7 récoltes acumulées, on
commence à voir apparaître dans ce test,
des différences de productivité comme par
exemple, que la variété la plus productive
est l’Arbequine i-18, ensuite la Arbosana,
suivie de la Koroneiki. Les 3 autres variétés
testées ne s’adaptèrent pas bien à ce mode
de plantation. On observe également des
différences relativement à la capacité de
former l’axe, par exemple, la Arbosana
est une variété plus difficile à guider et, la
Koroneiki est une variété beaucoup plus
alternante, du point de vue productif, mais
c’est aussi celle qui contient le pourcentage
d’huile le plus élevé.
Ce type de nouvelles plantations a stimulé
la recherche de la partdes entreprises qui,
grâce à leurs apports, ont contribué à
l’amélioration de cette culture: formation,
récolte, taille...
Pour en revenir à ce que vous nous disiez à propos du design des plantations,
réalisez-vous quelque autre activité en
plus?
Oui, bien sûr. Nous travaillons actuellement sur un modèle de machine de récolte de traitement latéral permettant de
récolter les variétés qui ne s’adaptent pas
à la culture superintensif et qui présentent
cependant un grand intérêt du point de
vue de la qualité et qui, à une densité d’environ 600-700 plants / ha, pourraient être
employées. Ce qui est par exemple le cas
de l’Empeltre.
En ce qui concerne la Qualité des Huiles
et la Technologie des Moulins à huile,
quelle activité réalisez-vous?
Pour ce qui est de la Qualité des huiles,
nous réalisons essentiellement des études
de Caractérisation chimique et sensorielle
de toutes les huiles, ainsi que des études
relatives aux coupages idéaux mettant en
oeuvre des huiles de variétés différentes.
Pour ce qui est de la Technologie des Moulins à huile, nous avons des contrats de
transfert de technologie avec divers moulins à huile et associations d’oléiculteurs.
Nous réalisons un suivi de campagne en
prélevant des échantillons d’olives, d’huile,
de liquide résiduel du broyage des olives,
etc. Nous procédons à l’analyse sensorielle
des huiles, à des contrôles de température
et d’orientation pour une meilleure manipulation. À la fin de chaque campagne,
nous rédigeons un rapport indiquant les
divers points à améliorer en vue d’un
meilleur maniement.
Quelle estimation faites-vous de la sortie sur le marché du clone Arbequine
i-18?
Pour la première fois, a été mis sur le marché un matériau végétal disposant de tout
un travail de recherche derrière lui et d’un
système d’identification et de commercialisation, basé sur la garantie que peut fournir une étiquette originale. Cela a supposé
un apport de confiance, pour l’oléiculteur.
Dans le même temps, cette contribution a
aidé, au travers des royalties générées, à ce
que la recherche continue à être financée
en vue d’obtenir de nouveaux matériaux
dans le futur. D’une manière indirecte, cela
a également permis de forcer quelques
portes pour ouvoir établir, une fois pour
toute, un programme de Certification des
plants d’oliviers au niveau national.
Tout cela a contribué, d’une certaine
manière à la professionnalisation des
pépinières, à l’amélioration des matériaux
végétaux offerts au secteur, et par voie de
conséquence, a bénéficié, en dernier ressort, mais non le moindre, à l’oléiculteur.
Au niveau commercial, êtes-vous surpris
par le succès du i-18?
Il faut bien admettre que oui. Depuis 1999,
quelques 6 millions de plants ont été commercialisés. Cela nous a très agréablement
surpris. Surtout si l’on tient compte du fait
qu’au moment de son lancement, les aides
de l’UE concernant les plantations d’oliviers, avaient cessé d’exister.
De plus, la diffusion a été très importante,
et ce dans un grand nombre de pays du
monde: L’Espagne, la France, l’Italie, le
Portugal, la Tunisie, le Maroc, les USA, le
Chili, l’Argentine, l’Australie, l’Afrique du
Sud, etc. Cela nous fait très plaisir, car c’est
d’une certaine manière pour nous, la marque de la reconnaissance de notre travail.
L’apparition des plantations Superintensives a beaucoup à voir avec la diffusion
de ces nouveaux matériaux végétaux.
17
«Nous nous trouvons actuellement dans une première phase dans laquelle
les premières plantations
ont déjà 10 ans. Au cours
de cette première phase,
nous avons pu observer que les productions
augmentent à mesure
qu’augmente l’âge de la
plantation, jusqu’à se stabiliser entre les 8-10.000
Kg/ha.»
Comment l’évaluez-vous au bout de 10
ans d’expérience ?
Quand, au début des années 90, quelques
entreprises catalanes ont commencé à faire
des essais, il existait un grand nombre de
doutes concernant sa viabilité. Il faut
cependant admettre que cette technologie s’est perfectionnée au fil du temps
et au cours de cette période, de sorte
qu’aujourd’hui, elle constitue une alternative très intéressante. La preuve en est
que, au début, les premières plantations
Superintensives ont été réalisées par des
personnes non directement liées à l’agriculture, mais davantage au secteur industriel,
et avec le temps les ont rejoint des professionnels de l’agriculture plus dynamiques,
qui sont ceux qui sont les plus nombreux
aujourd’hui.
Nous nous trouvons aujourd’hui dans
une première phase, dont les premières
plantations ont déjà 10 ans. Lors de cette
première phase, nous avons pu observer
que les productions augmentent à mesure
qu’augmente l’âge de la plantation, jusqu’à
se stabiliser entre les 8-10.000 Kg/ha.
À partir de 15-20 ans, nous pensons que
nous entamerons une 2ème phase lors de
laquelle nous devrons nous proposer de
trouver des solutions en vue de rajeunir la
plantation. Il existe déjà des expériences
qui ont été réalisées à la suite des dommages causés lors des gelées 2001. de 2001.
Grâce à ces dernières, on a pu observer
qu’une entaille à la base d’un arbre adulte
peut parfaitement et rapidement rajeunir
l’arbre.
Comme cela a toujours été le cas avec ces
plantations, il est sûr que nous résoudrons
les uns après les autres, les divers problèmes pouvant se présenter à nous.
Les nouvelles plantation sont beaucoup
mieux conçues que les premières. Cela est
tout à fait normal et met en évidence, une
évolution positive de même qu’une amélioration de la culture, obtenue grâce à une
bonne interprétation des erreurs qui ont
été commises, évidemment au début.
Quelle importante aquièrent les plantations Superintensives dans le développement de l’oléiculture du futur?
Les plantations Superintensives ont contribué, de manière très positive, au relancement et au repositionnement de l’oléiculture au niveau mondial, en vue surtout de
pouvoir répondre à la forte augmentation
de la demande en huile, générée. Ce système a clairement apporté une possibilité
de mécanisation pratiquement intégrale,
chose qui, il y a encore quelques années,
était complètement impensable. Cela a
encouragé les producteurs à continuer de
planter, même sans l’aide des subventions,
car le système génère lui-même sa propre
rentabilité.
Ce nouveau modèle productif a ouvert le
chemin à de nombreuses voies de dynamisation du secteur, encore impensables
jusqu’à ce jour. Par exemple: L’utilisation
de nouvelles variétés. Le défi du futur, de
croissance et de compétitivité de l’oléiculture, peut maintenant être aborder avec
davantage de garanties.
Comment voyez-vous le futur de l’oléiculture et de l’huile?
La nouvelle oléiculture est confrontée à
de nouvelles menaces, dont elle doit tenir
compte, comme par exemple, la Verticillose. Nous devons être conscients du fait que
cette maladie va continuer de se développer et notre obligation est de travailler afin
de pouvoir freiner ce problème.
Dans tous les cas, le futur je le vois plutôt
bien à condition que les choses soient bien
faites depuis le début et à tous les points
de vue, notamment celui de la sécurité alimentaire du produit final. Les possibilités
d’une augmentation de la consommation
dans le monde, existent, l’image du produit, actuellement est enviable..., mais si
nous commettons la moindre erreur et
que les médias relient l’huile à quelque
motif d’insécurité alimentaire, alors nous
pouvons voir balayé d’un coup, tout le
travail réalisé en même temps que toutes
les attentes créées. Il fautbien penser que
nos concurrents sont des multinationales
d’huile de graine très fortes, qui n’attendent qu’un faux pas de notre part pour
nous sauter dessus.
En ce qui concerne le modèle agronomique,
je crois que les plantations traditionnelles
devront avoir également pour mission de
préserver l’environnement et que l’oléiculture réelle sera basée sur des plantations
superintensives qui auront pour objectif,
comme n’importe quelle culture du monde,
de produire de la qualité d’une manière
rentable et pour de faibles coûts.
«Les plantations traditionnelles devront avoir pour mission de préserver l’environnement,
et l’oléiculture réelle sera basée sur des plantations superintensives»
18
19
Expérimentatión
Développement d’une plantation
d’oliviers en Australie
Le caractère méthodique et rigoureux des australiens présente
dans une certaine mesure, quelques particularités quant aux
plantations uperintensives développées dans leur pays, ainsi le
manque d’eau et une population
rurale réduite, les obligent à mener à bien un type de culture
dans lequel sont optimisés ces
recours. Plus loin, une proposition de développement complet
d’une plantation dans ce pays.
Introduction
Lors de la phase préliminaire, il est nécessaire de réaliser une
planification détaillée de la plantation, afin de maximiser son
potentiel et d’éviter des erreurs qu’il serait difficile de orriger
par la suite et qui seraient susceptibles de retarder l’entrée en
production et de créer une faible uniformité des plants, tout
en entraînant des coûts élevés.
Dès le début de la plantation, on y monitorise
l’humidité du sol, au moyen d’une sonde à neutrons.
20
1.2.-Divers aspects du design de la plantation
1.2.1.- Planification initiale
Nous détaillons ci-après la liste des activités à réaliser lors de
la phase de développement de la plantation:
Des aspects qu’il convient préalablement d’évaluer et de
définir, avant de mettre en marche la plantation:
- Étude économique. Situation du marché et rapport offredemande.
- Déterminer les objectifs et la magnitude du projet (surface
à planter).
Étude des sols avant
de démarrer la plantation.
«Lors de la phase préliminaire, il est nécessaire de
réaliser une planification
de la plantation afin de
maximiser son potentiel et
d’éviter les erreurs»
Sous-sol profond pour faciliterla
pénétration des racines dans le sol pourvu
de couches imperméables.
- Analyser les tendances actuelles et futures (variétés, styles d’huile).
- Signer un contrat de longue durée avec le moulin à huile.
- Élaborer un plan de développement, incluant un plan sur 3 et 5 ans.
- Élaborer un budget.
- Analyser et arrêter le financement du projet.
- Étude des sols.
- Démanche pour l’obtention de la licence pour l’eau d’arrosage.
- Considérer la nécessite d’installer un système de drainage.
- Historique agricole de la propriété et des cultures antérieures.
- Analyse des variétés les plus adéquates.
- Déterminer les besoins en arrosage et en concevoir le dessin.
- Déterminer le type de structure de support.
- Pré-acquérir les plants.
- Pré-acquérir les piquets ainsi que tout le matériel nécessaire à la structure de support.
- Sous-sol profond (si nécessaire).
- Nivellement du terrain (si nécessaire).
- Application d’engrais de fond, de plâtre, de matière organique, etc. (si nécessaire).
- Travailler le sol.
- Installer le système d’arrosage.
- Appliquer de l’herbicide sur toute la rangée de plantation.
- Plantation des plants.
- Commencer le programme d’engrais, les traitements foliaires et phytosanitaires.
- Appliquer un programme de contrôle des mauvaises herbes.
- Réaliser fréquemment des travaux de formages sur les plants.
1.2.2.- Blocs, orientation et longueur des rangées de plants.
Lors de l’établissement de la plantation, il est nécessaire de considérer le degré de
mécanisation souhaité et de tenir toujours compte des aspects suivants, afin de
maximiser les rendements:
- Planter un minimum de 2 ha de la même variété.
- Planter des rangées d’une longueur minimum de 200 m.
- Prévoir un espace minimum de 6 m à la fin de chaque rangée afin de permettre aux
machines de faire demi-tour.
Les blocs devront être composés d’une seule variété afin de simplifier les tâches. Le
mélange de variété dans un même bloc rend difficile le maniement de ces dernières,
ce qui se répercute automatiquement sur les coûts et la qualité. La sélection de
chaque variété de chaque bloc, dépendra de facteurs microclimatiques. La taille des
blocs est marquée dans une grande mesure, par le maniement des unités prévues
pour l’arrosage.
Pour ce qui est de l’optimisation des machines, il faut savoir que plus les rangées sont
longues, moins l’on perd de temps dans les manœuvres de demi-tour. Cependant, il
convient également de considérer que la longueur des rangées, suppose un temps
de sortie de ces dernières, qui est plus ou moins long (Exemple: plus de produit
phytosanitaire, remorque pleine de la récolteuse, etc.). On peut utiliser des longueurs
de jusqu’à 800 m, si la topographie et le type de sol sont uniformes.
L’orientation des rangées sera, dans une grande mesure, déterminée par le type de
21
« Les rangées plantées
selon une orientation
nord-sud favoriseront une
meilleure captation de la
lumière »
Rangées de 600 m de long
optimisant l’utilisation des machines.
sols, la topographie du terrain et le climat (vents dominants).
Cette orientation doit tenir compte des effets possibles sur
la végétation ainsi que du microclimat. Les rangées plantées
selon une orientation nord-sud favoriseront une meilleure
captation de la lumière.
1.3.- Plantation
Habituellement on procède à la plantation, à la fin de l’hiver,
début du printemps, pour ce qui est des sols bien drainés. Sur
les sols présentant des problèmes de drainage, la plantation
interviendra plus tard.
Sur les sols de texture argileuse et présentant des problèmes de
drainage, il peut se produire un appauvrissement radiculaire,
si la plantation est réalisée avant que n’ait commencé la
croissance radiculaire. Dans ce cas, il est recommandé de
procéder à la plantation dans le courant du printemps, lorsque
la température du sol est plus élevée et que le développement
radiculaire s’en trouve favorisé.
1.4.- Les soins à apporter lors des phases initiales
L’objectif principal à atteindre, au cours de la première et de la
deuxième année suivant la plantation, consiste en maximiser
la croissance du plant, en réduisant pour ce faire, tout ce qui
pourrait l’empêcher.
1.4.1.- Arrosage
La programmation de l’arrosage variera en fonction du type
de sols, de la masse foliaire et de la climatologie. En règle
générale, ont préférera pratiquer des arrosages courts mais
fréquents (surtout au cours des premiers mois) afin d’obtenir
une croissance rapide. Éviter tout excès d’eau susceptible de
provoquer des inondations, notamment sur sols argileux.
Il est nécessaire de s’assurer que les jeunes plants ne souffrent
pas de stress hydrique, ni d’un excès d’humidité dans leur sol.
Éviter les sols froids et saturés d’eau du début du printemps,
car ces derniers peuvent occasionner des retards de croissance
radiculaire. Maintenir un bon niveau d’humidité du sol,
jusqu’en automne, afin de garantir une croissance végétative
maximum, notamment dans les régions chaudes.
1.4.2.- Fertilisation
Le plant doit avoir accès à tous les macro et micro nutriments,
afin d’assurer son bon développement. Les analyses de sol,
réalisées avant de procéder à la plantation, aideront à corriger
quelques déficiences lors de la préparation du terrain. En
fonction des caractéristiques du sol (exemple: pH alcalin),
22
il peut être recommandé de prévoir une application foliaire
de micronutriments. Bien que la majorité des déficiences
nutritionnelles peut être diagnostiquée visuellement, il est
recommandé de procéder à une analyse foliaire.
Éviter toute fertilisation excessive au nitrogène à la fin
de de la période de croissance végétative, afin d’éviter la
formation d’un bois non lignifié. De hauts contenus en
nitrogène, peuvent également affecter la disponibilité des
micronutriments dans le sol, comme cela peut être le cas avec
le manganèse.
En fonction des analyses de sols initiales, on procèdera à
des applications de phosphore et de potassium après avoir
travaillé un peu le terrain.
Procéder à de fréquentes et légères applications de fertilisants,
mais une fois seulement que les plants auront germé.
Poursuivre l’application durant les mois de printemps et d’été,
à raison d’une fois tous les sept ou dix jours. Il est important
de rappeler qu’une application excessive de fertilisants peut
endommager les plants (brûlures, mort...).
À titre de référence et pour commencer, des applications de
4-8 grammes d’urée par plant et pas semaine (ou tous les
15 jours sur sols fertiles), devraient garantir une croissance
adéquate. Pour ce qui est de l’arrosage au goutte à goutte
et depuis les premiers mois de croissance du plant jusqu’à la
fin de la première année, une importante quantité d’eau et
de nutriments se perdra par percolation, dans les zones sur
lesquelles il n’existe encore aucun système radiculaire. Dans
ce cas, il est recommandé d’augmenter les doses d’engrais.
Appliquer fréquemment des traitements foliaires à base
de zinc, de manganèse, de fer (principalement sur les
sols alcalins) et de nitrogène (urée) notamment en cas
d’observation d’insuffisances liées à ces éléments. (1 kg de
sulfate de zinc, i kg de sulfate de manganèse, 5 kg d’urée,
dilués dans 1000 litres d’eau).
1.4.3.- Mauvaises herbes
Les mauvaises herbes, qui entrent en compétition directe avec
les jeunes plants pour ce qui est de l’eau et des nutriments,
auront un effet négatif sur la croissance de la plantation.
Il est donc recommandé d’appliquer un herbicide de préurgence après avoir procédé à la plantation et de garder la
largeur de toute la rangée de plantations, libre de toutes
mauvaises herbes lors de la phase de croissance.
Les mauvaises herbes doivent être retirées de manière
continue et tant que ces dernières sont encore de petite taille,
afin d’éviter qu’elles n’entrent en compétition avec les plants
et de manière à faciliter leur contrôle, cela permettant de réduire les coûts.
En cas d’utilisation d’herbicides de contact, l’application doit être réalisée les
jours où il n’y a pas de vent et où la pression de travail est moindre. En cas
d’utiliser un herbicide de pré-urgence, les doses devront également être faibles,
notamment sur les sols sablonneux.
1.4.4.- Maladies et Protection
Les pousses récentes sont susceptibles d’être endommagées par certaines
conditions climatiques (vent, grêle…), les maladies, les insectes, les vertébrés
(lapins, lièvres) et les herbicides, entraînant en conséquence, une réduction de
la croissance des plants au cours de leur première année de vie. L’utilisation
de protecteurs pour chaque plant (plastique, carton...), la plantation de haies
coupe-vent ou d’une couverture végétale en automne, sont des mesures qu’il
convient de considérer avant de procéder à la plantation.
Une couverture végétale au milieu des rangées, sur des terrains sablonneux et
dans des zones de vent, peut avoir des effets positifs notamment lorsqu’il s’agit
d’éviter l’érosion éolienne et de protéger les plants contre l’action abrasive des
grains de sable.
Il est recommandé de monitoriser continuellement la présence de maladie et
d’insectes. En cas de besoin, appliquer des fongicides et des insecticides afin
de réduire toute apparition de maladies ou de fléaux lors de la phase initiale
de croissance du plant car ces derniers peuvent provoquer des dommages
significatifs sur les plants, en plus de retarder leur croissance.
Le nombre d’applications de produits fongicides dépend dans une large mesure
de la région et du climat.
Le contrôle des mauvaises herbes au début
de la plantation, est important car il évite
toute compétition en ce qui concerne l’eau
et les nutriments.
«Éviter toute fertilisation excessive au nitrogène à la fin de la période de
croissance végétative, afin d’éviter la formation d’un bois non lignifié»
Utilisation de protecteurs en plastique et d’une couche herbeuse, sur une plantation récemment réalisée.
23
Infos
Contempo et l’UR développent des
projets de R et D sur le comportement
de la culture superintensif dans la Rioja
«Actuellement,
l’exploitation sur laquelle
sont menés à bien ces
projets, abrite 150 ha
d’arbequine, bien qu’en
2008, seront plantés 150
ha de plus de variétés
différentes»
Champ d’essais de la plantation d’oliviers.
L
a Rioja ne possède qu’une seule
grande exploitation oléicole cultivée de manière superintensif.
Il s’agit d’une propriété située sur la
commune de Quel et appartenant à
l’entreprise Contempo S.L. Ledit terrain,
connu sous le nom de El Espartal, s’étend
sur une surface de 450 ha, dont350 sont
consacrés à la culture de l’olive.
Du fait de l’absence d’informations
concernant le comportement de ce
type de culture, sur le sol de la Rioja,
l’entreprise et l’Université de La Rioja
développent actuellement des rojets
de Recherche et de Développement
(R et D) en vue d’obtenir des données
fiables permettant d’élaborer des huiles
24
de haute qualité. Ainsi, ces projets
s’efforcent, d’une part, de déterminer
des paramètres de qualité des olives,
tels que peuvent l’être le poids,
l’humidité et le pourcentage d’huile, en
fonction de l’utilisation différentiée de
l’arrosage et des fertilisants, et d’autre
part, d’étudier les variétés d’olive les
plus appropriées pour l’obtention d’un
aliment de pointe.
Sous la direction du professeur d’Ingénierie Agroforestière de l’UR, M.
José Miguel Peña Navaridas, une
équipe de chercheurs du Département
d’Agriculture et d’Alimentation de
l’Université, mène à bien une série
d’actions préétablies par deux contrats
OTRI. Ces derniers répondent aux
tigres de «Détermination des doses
et des moments d’arrosage pour la
plantation d’oliviers sur sols salins.
Possibilité de fertirrigation» et «Étude
comparative
du
comportement
agronomique et productif des variétés
d’olives Koroneiki, arbonasa et
redondilla, dans les conditions et le
cadre d’une plantation superintensif
dans la Rioja ».
Mécanisation intégrale
Actuellement, l’exploitation sur laquelle
sont développés ces projets, abrite 150
ha d’arbequina bien qu’en 2008, 150
ha de différentes variétés, y seront
plantés en plus. Pour des raisons de
qualité et de rentabilité, les plans sont
disposés de manière à obtenir un type
de culture superintensif, dans un cadre
de plantation de 4 mètres sur 1,5 et
une densité de 1666 exemplaires par
hectare. Chaque arbre n’y dispose que
de 6 m2 de sol et est guidé et soutenu
par des tuteurs, des fils de fer et
des piquets permettant son correct
développement et fructification.
Cette technique permet une mécanisation intégrale des opérations de
taille et de récolte, par ailleurs, l’unique manière actuellement rentable,
de produire des olives de qualité sur
de grandes surfaces de terrain. Dans
un délai non supérieur à quatre ans,
l’entreprise a la prétention de produire
4.500.000 kg d’olives et environ
900.000 litres d’huile d’olive par
campagne.
souhaite entrer sur le marché oléicole
avec une marque propre, portant le
cachet de la DOP Huile de la Rioja.La
commercialisation des premières
bouteilles à récemment commencée,
en utilisant pour ce faire, la marque
Lectus.
Ces mesures, ainsi que d’autres,
permettront de dépasser les limites
ayant surgies lors de la mise en route
de cette idée, en 2002. l’absence de
données concernant le comportement
de l’arbequina dans le cadre d’une
culture superintensif, dans la Rioja,
l’absence d’informations sur le
développement de la redondilla lors
de l’application des techniquesci-avant
mentionnées ou la méconnaissance de
l’influences de certaines méthodes de
culture et de fertirrigation dans la
production de l’olive et du rendement
en huile de cette dernière.
Projets préliminaires
Depuis l’année 2002, l’entreprise Contempo S.L, travaille à la récupération
de ce qui jusqu’à aujourd’hui, n’était
qu’un terrain sec, raviné et constitué
de zones non cultivées. L’installation de
systèmes d’arrosage, l’application de
compost, le labourage et le drainage et
les autres méthodes utilisées, ont réussi
à faire de cette zone saline dont le sol
présentait d’importantes déficiences, la
plus grande exploitation oléicole de La
Rioja.
Pendant ce temps, l’entreprise a
également compté sur le soutien de
l’Université de la Rioja, car afin de
pouvoir mener à bien ces travaux de R
et D, elle a signé deux autres contrats
OTRI, dénommés «Détermination des
doses et moments d’arrosage pour la
plantation d’oliviers sur sols salins.
Possibilités de fertirrigation».
Un nouveau moulin à huile
Parmi les défis immédiats de l’entreprise, figure celui d’adopter un système
de production intégrée au travers
de l’utilisation des ressources et de
s mécanismes naturels, tout en s’en
gageant de manière sérieuse envers
l’environnement. De plus, Contempo
S.L, travaille sur le dessin et la construction d’un moulin à huile, doté
de systèmes modernes d’élaboration
garantissant une huile d’olive
vierge extra présentant des qualités
optimales. En fin, cette entreprise
«Dans un délai
non supérieur à quatre ans,
l’entreprise prétend produire
4.500.000 kg d’olives
et environ 900.000 litres
d’huile par campagne »
Démonstration de la récolteuse.
25
Infos
Le Conseil Oléicole International reconnaît
officiellement l’Échantillonnage
de dégustation issu de Californie
«C’est la première
fois dans l’histoire
du COI qu’un jury
américain se voit
attribuer cette
distinction»
26
L
’Échantillonage de Dégustation du Conseil Oléicole de Californie a été
officiellement reconnu par le Conseil Oléique International (COI). Cette
équipe californienne, formée par des membres bénévoles, parmi lesquels
des chefs, des agriculteurs et des amateurs de gastronomie et de vin, s’entraînait
depuis quatre ans, en vue d’atteindre cet objectif. C’est la première fois dans
l’histoire du COI, qu’un jury américain se voit attribuer cette distinction.
Le COI est une organisation intergouvernementale qui se consacre à maintenir
une unité au sein de l’industrie de l’huile d’olive et Publie chaque hiver sa liste
de jurys sélectionnés. Il existe actuellement 41 jurys dans le monde. Celui de
Californie, est l’un des deux jurys existant en dehors de l’Europe et de l’Afrique
du Nord et le seul du continent américain. C’est aussi l’un des trois jurys ayant
obtenu cette distinction pour la première fois, cette année, face à dix-huit aspirants à ce titre.
Le jury californien, patronné par le Conseil Oléique International (COOC) et
l’Université de Californie, est conjointement dirigé par Paul Vossen et Roberto
Zecca. Paul Vossen est Consultant Agricole auprès de l’Université de Californie
pour les Contés de Marin et Sonoma et est spécialiste en matière de production
d’huile d’olive. Pour sa part, Roberto Zecca est propriétaire du Frantoio Ristorante
et de l’Olive Mill à Mill Valley, (Californie) en même temps que le Président du
Conseil Oléicole de Californie. Tous deux ont été formés par le COI en Europe
et tous les membres du groupe ont assisté au Séminaire sur l’Analyse Organoleptique de l’Huile d’Olive, donné par Juan Ramón Izquierdo, Dégustateur expert
en huile d’olive, et travaillant pour le Ministère de l’agriculture en Espagne.
«Je me sens très fier de tout ce que nous avons réussi » affirme Roberto Zecca,
«Notre groupe a su répondre à des exigences rigoureuses et de grande tradition,
imposées au sein de la communauté internationale et, pour la première fois aux
États-Unis, nos dégustations jouissent du même niveau d’authenticité que celui
dont jouie la communauté européenne depuis des années».
Le jury californien se réunit deux fois par mois afin d’analyser des huiles dans
le cadre du Programme de Certification Vierge Extra, ses membres poursuivant
ainsi leur formation en tant que dégustateurs. Le Label de Qualité du COOC
a été crée en vue de renforcer la confiance des consommateurs, envers l’huile
d’olive de Californie, et pour la première fois aux Etats-Unis, ce Label suppose
un pas de plus sur le chemin de l’obtention d’un étiquetage de qualité pour
les huiles d’olive vierge extra. Seule l’huile obtenue des olives cent pour cent
californiennes, contient moins de 1% d’acides gras libres et est exempte de
défauts, ce qui lui a permis de recevoir le Label de certification du COOC. Face
à l’absence de toute définition légale de l’huile vierge extra aux Etats-Unis, le
Label du COOC constitue la meilleure des garanties pour les consommateurs
qui savent grâce à lui, qu’ils achètent bien une huile de la meilleure qualité
qui soit.
Infos
Les USA approuvent le
fait que l’huile d’olive
soit vendue comme un
aliment bon pour le cœur
La FDA recommande de l’utiliser pour cuisiner,
en replacement des graisses animales.
L
’Agence des Médicaments et
de l’Alimentation américaine (la
FDA), a approuvé le fait que
l’huile d’olive soit vendue en tant que
produit réduisant le risque de maladie
ronarienne. La FDA établie y compris,
une dose optimale: deux cuillérées à
soupe (environ 23 grammes) qui doivent remplacer une quantité similaire
de graisses animales (beurre, lard),
utilisées
pour cuisiner. En Espagne, premier
producteur mondial d’huile d’olive, en
Italie ou en France, les principaux exportateurs vers les États-Unis, il est impossible d’utiliser cette commandation
car l’Union Européenne l’interdit.
«Une évidence scientifique limitée et
non concluante suggère que prendre
quelques cuillérées à soupe d’huile
d’olive tous les jours peut réduire le
risque de maladie coronarienne du
fait de son contenu en graisse monoinsaturée (acide oléique). Pour obtenir
un tel possible résultat, il faut remplacer une quantité similaire de graisse
saturée (d’origine animale) et ne pas
augmenter le nombre total de calories
ingérées dans la journée », précise le
document approuvé par la FDA.
Cette recommandation (technique-
ment appelée allégation sanitaire) est
la troisième qu’émet la FDA concernant les saines propriétés des aliments
complets, après celle sur les fruits secs
en général et les noix en particulier,
lesquelles sont aussi recommandées
pour prévenir les maladies cardiaques. À cette courte liste, il convient
d’ajouter les composants de certains
aliments, tels que les acides oméga- 3
qui se trouvent naturellement dans les
poissons comme le saumon, la truite, le
thon ou la sardine, qui sont donc bons
pour le cœur; l’acide folique, pour le
développement neuronal du fœtus; ou
le sélénium, pour lutter contre certains
types de cancer.
La nouvelle qualification de l’huile
d’olive est une nouvelle «très positive », fruit de deux ans de gestion de
la North American Olive Oil Association, qui regroupe des importateurs
et des exportateurs, expliqua Juan
Vicente Gómez Moya, directeur de
l’Association Espagnole de l’Industrie
et du Commerce de l’Exportation de
l’Huile d’Olive (Asoliva), une organisation faisant partie de l’association
nord américaine.
Les États-Unis ont importé en 2003
quelques 215 000 tonnes d’huile
Source: EL PAÍS
d’olive dont 20% étaient d’origine
espagnole. «Cette quantité constitue
un petit boum, car il y a 15 ou 20 les
États-Unis n’importaient guère plus
de 30 000 tonnes», ajouta M.Gómez
Moya. Asoliva espère que les ventes
augmenteront après le changement
devant intervenir au niveau de l’étiquetage.
Tandi qu’aux États-Unis, la FDA
approuve ce changement d’étiquetage, dans L’Union Européenne, son
utilisation est interdite. Suivant la loi
espagnole sur les médicaments, si
l’on attribue des propriétés curatives
à un produit, celui-ci devient un médicament et ne peut être vendu qu’en
pharmacies. L’Union Européenne révise actuellement cette régulation, qui
pendant ce temps est source de conflit
entre les fabricants des aliments dits
fonctionnels (enrichis ou sains) et les
laboratoires. La cause s’en trouve dans
l’utilisation publicitaire: Une publicité
annonçant une margarine contenant
une substance qui ne fait pas monter
le taux de cholestérol, ne doit pas passer par le contrôle exercé par l’Agence
Espagnole des Médicaments, mais celle
annonçant une pastille ayant la même
composition, oui.
27
Infos
Le Conseil Oléicole de Californie sollicite auprès
de L’U.S Department of Agriculture de nouvelles
normes de commercialisation de l’Huile d’Olive
Las normes actuelles, en vigueur depuis 1948, ne reconnaissent pas
des termes tels que «Vierge Extra», ni bien d’autres pourtant très utilisés
par les producteurs et les consommateurs
B
ERKELEY, Californie (24 juin
2004). Le Conseil Oléicole de
Californie (le COOC) a fait part
de sa demande auprès de la Section de
Normalisation de l’U.S Department of
Agricultura, pour que soient établies
de nouvelles normes de commercialisation pour les différents types
d’huile d’olive. Le COOC a fait cette
démarche car les normes actuelles, en
vigueur depuis 1948, ne représentent
plus les types d’huile d’olive commercialisés aujourd’hui. Comme le prouve,
actuellement le U.S Department of
Agriculture, il n’existe aucune définition
des termes «huile d’olive vierge extra».
Cela est l’une des modifications que le
COOC prétend voir réaliser en sollicitant des normes de commercialisation
actualisées.
Selon Bruce Molino, président du
Comité Exécutif du Conseil Oléicole
Internacional: «Le langage utilisé
aujourd’hui aux Etats-Unis pour
définir les normes relatives à l’huile
d’olive, est dépassé, voir démodé. Des
termes très communs, utilisés pour
décrire l’huile d’olive, tels que «vierge
extra», ne font pas partie des normes
en vigueur. Ce qui se passe, c’est
que les termes que le consommateur
reconnaît et pour lesquels il est disposé
à payer un prix élevé, sont utilisés pour
décrire l’huile d’olive sans cependant
prêter attention à sa véritable nature.
Nous avons besoin de normes
actualisées constituant un précédent
pour l’industrie oléicole et pour le
consommateur nord américain».
Les normes en vigueur aux Etats-Unis
28
pour établir les diverses catégories
d’huile d’olive sont regroupées sous les
dénominations suivantes : U.S. Fancy,
U.S. Choice, U.S. Standard et U.S.
Substandard. Le COOC a proposé
la création de nouvelles normes qui
reprennent celles utilisées par le
Conseil Oléicole Internacional. La
proposition comprend dix catégories
d’huile d’olive, parmi lesquelles se
trouvent la vierge extra et la vierge,
regroupées sous deux catégories
principales, l’huile d’olive et l’huile de
grignon d’olive. Suivant ces normes,
l’huile d’olive
se définit comme étant l’huile
procédant exclusivement du fruit
de l’olivier, et l’huile d’olive vierge,
se définit comme celle obtenue
uniquement à l’issue de processus
mécaniques et physiques et dans
des conditions thermiques évitant
toute altération de l’huile. L’Huile de
Grignon d’Olive, se définit pour sa
part, comme une huile obtenue à
l’issue du traitement aux dissolvants,
du marc, ou grignon d’olive.
Le plus important de ces normes sera
qu’elles informeront le consommateur
de la qualité et du caractère
authentique de l’huile d’olive. Pour
obtenir la dénomination vierge extra,
l’huile doit subir de strictes analyses
chimiques ainsi qu’une analyse
sensorielle objective, conque en vue
de détecter les saveurs défectueuses
Acquises lors de la récolte et et du
processus de traitement. Dans son
effort pour renforcer la confiance
des consommateurs, en réalisant de
stricts contrôles de qualité, le COOC
a approuvé en 2003, un Accord
d’Affiliation par lequel l’huile d’olive
de tous les associés, étiquetée en
tant que «vierge extra», devra être
pourvue de la Certification du COOC.
Le programme de certification vierge
extra du COOC, reprend les normes
dictées par le COI, dans lesquelles
on oblige les associés à réaliser des
analyses organoleptique sur l’huile
(analyses menées à bien par le Jury des
Dégustateurs certifiés du COI) ainsi
qu’à réaliser des analyses chimiques,
afin de déterminer l’acidité libre.
L’huile issue d’olives cent pour cent
californiennes, ne contenant pas plus
de 0,8% d’acide oléique et exempte
de tous défauts, a reçu le Label de
Certification Vierge extra du COOC.
Ce label, qui figure sur les produits
destinés aux consommateur final,
garantie la qualité de cette huile à ces
derniers.
Le Jury de dégustateurs du COOC a
été choisi à l’issue d’une et minutieuse
période de formation et est le seul a
être officiellement reconnu et certifié
par le COI aux États-Unis. Le Jury de
Dégustateurs se charge de certifier
les défauts et les caractéristiques
souhaitables de l’huile d’olive extra.
Ce jury, formé de 28 membres,
parmi lesquels se trouvent des chefs,
des agriculteurs et des amateurs
de gastronomie et de vin, se réunit
une fois par mois en vue de deux
objectifs: sélectionner des huiles pour
le programme du COOC et poursuivre
la formation de ses membres.
Infos
Le Conseil Oléicole de Californie gagne
la bataille de l’étiquetage des huiles
L
e Conseil Oléicole de Californie
(le COOC) a récemment rendu
publique la décision prise à l’issue
du jugement contre l’entreprise Napa
Valley Trading Compagny, qui avait
débuté en octobre 2004 et lors duquel
avaient été alléguées des anomalies
concernant l’étiquetage des bouteilles
d’huile de marque Napa Valley Naturals. Suite à cette décision, Napa Valley
Trading Compagny s’engage à revoir
ses étiquettes de manière à ce que ces
dernières mentionnent la provenance
de l’huile et obligent ses fournisseurs à
analyser cette huile afin de s’assurer que
celle-ci respecte bien toutes les normes
du Conseil Oléicole Internacional (le
COI) correspondantes à l’appellation
Vierge Extra. De même, le COOC a
reçu une compensation économique à
tigre d’indemnisation, de la part de Napa
Valley Trading Company.
D’après le COOC, le respect de la légis-
lation de l’état et de la législation fédérale, obligeant à révéler la provenance
géographique est particulièrement importante pour les consommateurs d’huile
d’olive vierge extra. «C’est une question
de confiance» a déclaré un porte-parole,
«les consommateurs veulent savoir ce
qu’ils achètent et d’où provient un produit, ils doivent pouvoir être sûrs que le
producteur leur dit la vérité et respecte
la loi». Le COOC est très satisfait de
cette décision, adoptée récemment lors
du cas du vin Bronco, à l’issue duquel le
Tribunal Suprême de l’État de Californie
a conclut que la provenance géographique «constitue un facteur importante
pour les consommateurs du monde
entier, au moment d’évaluer la qualité
escomptée du produit». Juste en regardant l’étiquette, le consommateur devrait immédiatement savoir quelle est la
provenance d’une huile sans avoir pour
cela à deviner si elle vient de Californie,
de Tunisie, d’Espagne ou d’un tout autre
pays producteur. Le COOC est décidé
à adopter des normes strictes visant à
encourager la confiance des consommateurs, envers l’huile d’olive californienne.
Son programme de Certification d’huile
vierge extra reprend ces normes et
oblige à ce que l’huile provenant à cent
pour cent de Californie, soit soumise à
une analyse chimique afin de déterminer
son acidité libre ainsi qu’à une évaluation
sensorielle qui sera réalisée par le Jury de
Dégustateurs, certifié par le COOC.
L’huile issue d’olives cent pour cent californienne, qui contient 0,5% ou moins
d’acides gras libres et qui est exempte
de tout défaut, est récompensée par
le Label de Certification Vierge Extra
du COOC. Les destinataires de cette
reconnaissance, montreront ce Label
sur leurs produits de manière à garantir
aux consommateurs l’authenticité et la
qualité de cette huile.
29
Noticias
CHILI: Les exportations d’huile d’olive
seront multipliées par 10 en 2010
Source: Mercurio
L’objectif est d’arriver à exporter,
à l’issue de cette décade,
pour 10 millions de US$
C
et objectif vise à consolider les exportations d’huile
en tant que produit clé par rapport à l’ensemble des
exportations du pays, dans lequel apparaissent des
produits tels que les avocats, les fraises, les framboises,
etc. Mais, le développement de l’exportation oléicole, n’est
dans ce processus qu’un nouveau-né. Les envois n’ont
commencé qu’en 2001, année où les ventes à l’extérieur,
atteignirent qu’à peine 4 milles US$. Mais la croissance
enregistrée fut rapide puisqu’en 2004, ce chiffre atteignait
déjà les 400 milles dollars.
L’industrie Chilienne de l’huile d’olive, a pour sa part des
objectifs clairs: «Cette année nous espérons atteindre le
million de dollars, car davantage d’entreprises semblent
tentées par l’exportation et parce que de nouveaux marchés s’ouvrent très rapidement, tels que ceux des EtatsUnis, de la Corée ou du Brésil », a déclaré le président de
la récemment fondée Association desProducteurs d’huile
d’olive (ChileOliva), M. José Mingo. Le dirigeant fixe même
à 10 millions de dollars américains, l’objectif à atteindre
pour 2010.
Afin de faire face à cette croissance, le pays connaît actuellement une forte recrudescence de plantations d’oliviers.
De fait, l’industrie de l’huile d’olive, prévoit que la capacité
de production de ce pays se verra multipliée par cinq. en
10 ans seulement.
Alors qu’en l’an 2000, on ne comptait au Chili, que 2000
hectares de plantations d’oliviers, ce chiffre devrait atteindre les 10 000 hectares en 2010.
De toute manière, le Chili se trouve encore à des années
lumière des grands producteurs. Alors qu’en 2004, on y
produisait 1 200 tonnes, l’Espagne produisait pour sa part
rien de moins que 1/4 de million de tonnes.
En ce qui concerne la consommation, les Chiliens ne vont
pas non plus très loin Avec 0,15 litres par tête à l’année,
ce pays se situe loin derrière l’Espagne et la Grèce, qui
consomment respectivement 13 et 21 litres par habitant.
30
31