Le verre : longue conservation des produits, facilité de

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Le verre : longue conservation des produits, facilité de
Spécial matériaux
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Le verre : longue conservation
des produits, facilité de recyclage
Le verre est un matériau d’emballage très ancien. Apprécié pour ses
qualités de conservation et son aptitude au recyclage, il est utilisé
depuis plus de 3.000 ans. Poussés par des impératifs économiques,
les verriers n’ont cessé d’optimiser le processus de fabrication du
verre, y compris d’un point de vue environnemental. Les emballages
en verre sont aujourd’hui omniprésents pour les produits viticoles et
brassicoles. Producteurs et consommateurs continuent à l’apprécier.
Fusion à température élevée, moulage en deux phases
Le verre est constitué de 70% de sable, 15% de soude afin
d’abaisser la température de fusion et 10% de chaux pour
accroître la résistance du produit et le stabiliser. “Pour obtenir un état vitreux, ces composants sont mélangés et fondus
à 1.000 °C”, explique Jean-Pierre Delande, directeur de Filglass.
“Une fois vitrifié et homogène, le mélange devient visqueux
comme du miel. Il est mis en forme dans des machines de formage comportant un jeu complexe de moules.”
nique des bouteilles en obstruant
les microfractures provoquées par
le contact avec les parois du moule. Enfin, le verre est aspergé d’un
lubrifiant destiné à améliorer son
coefficient de frottement et à fluidifier son cheminement dans les
lignes de conditionnement.
Les avantages du verre
Le verre est le matériau de prédilection des producteurs de vins, de boissons alcoolisées et de parfums, ainsi
que de produits alimentaires en bocaux. Le verre procure en effet les avantages suivants :
• Il permet de conserver
longtemps le produit emballé
• Le verre est inerte : aucun
de ses constituants n’est
susceptible de migrer vers le
contenu de l’emballage, ce qui
évite toute altération de qualité.
• Il protège de la lumière : le
verre, en particulier coloré, limite
l’entrée des rayons UV.
Il est facile à
réutiliser et
est recyclable
indéfiniment.
Le verre fondu est
malléable : il peut
être moulé en de
nombreuses formes et
coloré dans un grand
nombre de teintes.
Parution : juin 2010 • E.R. : J. Goossens • Fost Plus asbl • Rue Martin V 40 • BE-1200 Bruxelles.
Imprimé sur papier recyclé • Ne pas jeter sur la voie publique.
Le moulage s’opère en deux phases, quel que soit le procédé
utilisé : ‘soufflé-soufflé’ ou ‘pressé-soufflé’ (voir ci-après). Le verre
passe ensuite dans une arche de recuisson. À la sortie de l’arche,
un traitement superficiel permet d’accroître la résistance méca-
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Le verre : longue conservation
des produits, facilité de recyclage
Des flacons égyptiens aux modélisations sur PC
Le verre est le premier matériau de synthèse réalisé par l’homme. Les premiers flacons et bijoux en verre datent de l’ancienne
Égypte, quelque 1.000 ans avant J-C.
Le soufflage du verre apparaît aux environs de 50 ans avant
J-C. Il permet la multiplication des formes pouvant être obtenues. Le recours à cette technique augmente considérablement
les domaines d’application du verre. On voit apparaître les premiers emballages en verre. Son utilisation se généralise et se
démocratise.
La fabrication du verre s’industrialise au deuxième quart du
XIXe siècle avec l’arrivée de machines de formage. Le procédé
soufflé-soufflé est inventé en 1924 et a été constamment
modernisé depuis. Dans ce procédé, une goutte de verre fondu est soufflée par air comprimé dans deux moules successifs.
Seule la surface extérieure est en contact avec le moule, ce
qui limite les possibilités d’allègement du verre. Il s’agit de la
technique usuelle pour le formage d’objets comportant un col
étroit, comme les bouteilles.
Le procédé pressé-soufflé se développe plus tard, principalement pour la production de jarres et de bocaux. Lors de la première étape, à la différence du procédé soufflé-soufflé, l’ébauche est formée par pressage dans le moule, sans utilisation d’air
comprimé. Ce procédé assure une meilleure répartition du verre
dans le moule. Il permet ainsi d’obtenir un verre plus mince et
donc un emballage plus léger.
Ultime progrès, depuis les années 1990, les verriers recourent à
des outils de modélisation sur ordinateur. Ces logiciels, qui
permettent de réaliser des simulations quant à la forme et à
l’épaisseur du verre, optimisent l’emballage final, notamment en
termes de poids et de profil.
“Un emballage plus léger améliore la productivité des verriers,
limite l’utilisation de matières premières et d’énergie, et accroît le confort
du consommateur”.
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Préoccupations écologiques et économiques se rejoignent
“Le coût énergétique lié à la fabrication du verre est très
élevé”, note Jean-Pierre Delande. “Par conséquent, les fabricants ont, dès l’Antiquité, cherché à réduire leur consommation
d’énergie. Ainsi, le recyclage et la refonte de verre permettaient
aux premières officines d’économiser du combustible en évitant de devoir fondre des matières premières vierges.” Au fil
des ans, les verriers ont amélioré les performances des fours en
les rendant plus étanches et en améliorant les techniques de
récupération de la chaleur. Mais c’est la fusion du verre recyclé
qui représente l’économie d’énergie la plus importante.
“Il faut savoir que le verre présente la particularité de pouvoir
être recyclé indéfiniment, sans perte de qualité”, poursuit JeanPierre Delande. “La production de verre à partir de matières
premières minérales vierges nécessite une température de
fusion plus élevée, et est donc plus énergivore que la fonte de
verre recyclé.”
Le verre est facile à recycler,
quelle que soit sa forme ou
son épaisseur. En revanche,
les verriers font face à la question du poids de leur produit.
“C’est là que réside le plus grand
potentiel de gain écologique”,
précise Jean-Pierre Delande. “Le
poids des emballages en verre,
et des bouteilles en particulier,
a toujours été une préoccupation majeure des verriers. À titre
d’exemple : un allègement de
10% engendre une augmentation de cadence d’environ 3%, et
donc une meilleure productivité. Le poids moyen d’une bou-
teille de bière est ainsi passé de 160 g en 1990 à 133 g en 2009.
Un verre plus léger est en outre plus facile à transporter et à
stocker, ce qui engendre des gains au niveau de la logistique
et du maniement par le consommateur.”
Dans certains cas toutefois, le poids de l’emballage en verre est
un impératif. C’est le cas pour les bouteilles de champagne, qui
doivent résister à une pression interne importante.
Parution : juin 2010 • E.R. : J. Goossens • Fost Plus asbl • Rue Martin V 40 • BE-1200 Bruxelles.
Imprimé sur papier recyclé • Ne pas jeter sur la voie publique.
Un verre de plus en plus léger
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Au-delà de l’optimum
Aujourd’hui, les verriers sont arrivés à un palier en matière de poids des emballages. “Avec les technologies actuelles, amincir davantage la paroi des emballages accroîtrait le
risque de casse en cours de transport et lors du maniement par
le consommateur”, estime Jean-Pierre Delande. “Cela fragiliserait
en outre le processus d’embouteillage. Une certaine résistance
mécanique est en effet requise pour éviter les casses sur les lignes de conditionnement, notamment lorsque le bouchon ou
le couvercle est apposé par machine. Si une bouteille ou un bocal casse à ce stade, il faut arrêter toute la ligne de production,
ce qui est extrêmement coûteux.”
Par ailleurs, d’autres raisons freinent aujourd’hui la course à l’allègement des emballages en verre. Il importe de garder à l’esprit
que la réutilisation de bouteilles consignées exige un verre plus
épais, étant donné les manipulations plus rudes et plus fréquentes de ces emballages.
Alléger davantage les emballages en verre nécessite de nouvelles approches technologiques. La voie consistant à améliorer la
résistance mécanique des bouteilles par l’application d’un film
superficiel irait cependant à l’encontre de l’aptitude au recyclage du verre.
Filglass
Filglass est une organisation indépendante qui sert de centre d’expertise à Fost Plus pour la collecte et le recyclage
des emballages en verre.
www.fostplus.be
Pour en savoir plus
• “Quelques pages de l’histoire du recyclage du verre”, Verre magazine, Vol. 15 no. 1, février 2009.
• “Le poids des bouteilles : une optimisation complexe”, Verre magazine, Vol. 15 no. 4, septembre 2009.