la crise actuelle de l`euro

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la crise actuelle de l`euro
LA CRISE ACTUELLE DE L’EURO
Nada MALLAH BOUSTANI - Maître de conférences à la FGM
Les idées maîtresses de cet article se résument principalement au traitement du
problème de manque de confiance dans le système économique européen
d’autant plus que l’effet de contagion a mené beaucoup de pays à faire face à
des problèmes financiers et économiques en commençant par le Portugal,
l’Espagne, l’Italie, la Grèce et plus récemment Chypre. De plus, on traitera la
notion de gouvernance économique et l’obligation de contrôle et de surveillance
par le CERS et le SESF dans les 27 pays membres de l’Union Européenne afin
d’éviter la répétition du scenario grec.
Notre problématique étant axée principalement sur l’avenir de l’Euro et les
multitudes de crises. Cet article vient étayer notre idée de base en traitant en
particulier des points concernant la crise actuelle de l’Euro : est-elle une crise
financière, une crise économique, une crise des finances publiques, une crise
monétaire ? Est-ce qu’elle est en train de remettre en question l’avenir de l’Euro
et la confiance en l’Europe ? La crise italienne, la crise grecque posent-elles le
problème particulier de la gouvernance économique et de la forme politique de
l’Union Européenne ?
INTRODUCTION
La création d’une monnaie unique européenne figurait sans doute parmi les objectifs les
plus ambitieux, mais aussi les plus controversés de l’intégration européenne. Lors du
sommet de La Haye en décembre 1969, les chefs d’État ou de gouvernement des six
États membres de l’époque décident de charger Pierre Werner1 d’étudier différents
moyens pour progresser sur la voie de l’union économique et monétaire.
1
né le 29 décembre 1913 et mort le 24 juin 2002 à Luxembourg, président du gouvernement et ministre des
Finances luxembourgeois
1
Le plan Werner est rendu public le 8 octobre 1970 et propose la création d'un centre de
décision pour la politique économique ainsi qu’un système communautaire des banques
centrales. Mais désormais, la crise économique mondiale de 1973 ralentit l’application
de ce plan qui reçoit une nouvelle impulsion en 1979 avec la création du système
monétaire européen (SME) et de l'unité monétaire européenne (ECU). L’introduction
d’une monnaie unique souhaitée par Pierre Werner aboutit enfin en 1999 avec la
naissance de l’euro.
La zone Euro (ou Union économique et monétaire - UEM) est une zone monétaire qui
regroupe les pays de l'Union Européenne qui ont adopté l'euro (EUR, €) comme
monnaie unique. L'Union Européenne compte vingt-huit États membres de tailles
différentes et aux modes d'organisation institutionnelle variés. L'Union européenne
compte au total plus de 500 millions d'habitants et couvre une superficie de 3 930 000
km2.
Elle a été créée en 1999 par onze pays : Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne,
Finlande, France, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal, rejoints par la Grèce
en 2001.D’autres pays y ont adhéré depuis 2007 jusqu’à cette date, à savoir : la
Bulgarie, Chypre, la Croatie, le Danemark, l'Estonie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie,
Malte, la Pologne, la République tchèque, la Roumanie, le Royaume-Uni, la Slovaquie,
la Slovénie et la Suède. Les billets et les pièces circulent depuis le 1er janvier 2002.
Désormais, parmi les 28 pays actuels, seuls la Grande-Bretagne, le Danemark, la
Suède, la Hongrie, la Roumanie, la Bulgarie, la République tchèque, la Pologne, la
Lituanie, et la Lettonie ne font pas partie de la zone euro.
Dès la création de l’Euro en 1999, les pays membres ont essayé de minimiser les
problèmes d’hétérogénéité des économies nationales. Comme le prédit le prix Nobel
américain d’économie Joseph Stiglitz2, “l’avenir de l’Euro sera peut-être bref”, pour cela
nous espérons en premier faire un aperçu sur la crise de la dette dans la zone euro et
les différents plans d’austérité et de sauvetage adoptés, passer par la suite aux
différents indicateurs économiques tels que le PIB, le taux de chômage et l’endettement
privé et enfin présenter certaines recommandations en conclusion à cet article.
TITRE 1 : CRISE DE LA DETTE EN EUROPE
Dans ce travail nous allons surtout essayer de cerner les contours et les conséquences
des crises politiques et économiques européennes et de faire un aperçu sur la crise
financière américaine et les crises géopolitiques arabes et donc de contourner certaines
idées principales telles que :
2
Stiglitz donne son avis sur l’EURO- le Figaro 16/08/2011.
2



La non-réaction face à la crise européenne mènera à l’éclatement de la zone euro et
en résultera un choc financier mondial.
Le Triple A français : l’ex-président français Nicolas Sarkozy en fait sa priorité ; tout
faire pour que la France garde sa notation.
Et il faudra survoler les notions suivantes :
o Conséquences des dettes souveraines sur la survie des banques
européennes.
o Le problème de la dégradation continue du dollar est relégué au second plan
à cause de la crise européenne.
o Les différentes révolutions politiques arabes ont des conséquences sur les
politiques pétrolières et donc sur l’économie mondiale.
Actuellement la zone euro est fragilisée à cause de multiples crises économiques et
financières.
Le fait des différences en termes de croissance économique entre les pays de la
zone contribue à cette fragilité. De plus les investisseurs ayant le choix d’achat des
dettes souveraines d’un Etat ou d’un autre de la zone, créent une forte concurrence
entre eux. Pour éviter l’éclatement de la zone qui aura un impact au niveau mondial, les
pays en difficulté (tels que la Grèce, l’Italie, Chypre…) doivent régler le problème de
leur endettement. Ceci se fait soit par le biais de la rigueur budgétaire et salariale soit
par le retour à la monnaie nationale. La dernière option peut mener à une inflation pour
les pays en difficulté et à une déflation pour les pays puissants.
Une crise française vient s’ajouter aux problèmes des pays du Sud de la zone. En
effet, à cause de la charge de la dette dans le budget de l’Etat qui devient très élevée,
la France perd son triple A. L’ex-président de la république Nicolas Sarkozy en avait fait
la priorité de sa fin de mandat ; garder cette notation en appliquant deux plans de
rigueur. Si la France venait à perdre son triple A et que ses nouvelles dettes ne sont
pas bien contrôlées, six milliards d’euros devront être consacrés uniquement au service
de la dette. Mais selon Jean-François Bauer membre du think tank Ifrap, « il ne faut pas
oublier que le principal risque d’une explosion du coût de la dette est la hausse des taux
sur l’euro en cas d’explosion de la zone »3.
De plus, le système bancaire mondial est également en difficulté. D’une part, les
investisseurs perdent confiance en la solvabilité des banques européennes à cause du
risque de perte sur les dettes souveraines. De plus, pour ramener les ratios financiers
des banques aux normes de Bâle III, il faudrait mobiliser plus de 30 milliards d’euros.
3
Atlantico-revue d’analyses (financieres)-18 octobre 2011-« le mythe du grand soir fiscal prend l’eau » Dominique
Trenet
3
Ceci sans compter les montants à payer en cas de faillite désordonnée de la Grèce4.
D’autre part, les banques chinoises, brésiliennes et indiennes qui accordent
énormément de crédits courent un risque de non remboursement de ces crédits. Mais
ceci n’est pas très inquiétant puisque les banques de ces pays détiennent des réserves
de change.
Alors pouvons-nous présumer que la zone euro est en danger d’explosion ? Certains
pays sont en risque de faillite, mais des pays puissants comme la France rencontrent
également des difficultés financières.
Pour que l’euro survive et pour éviter un choc mondial, il faut essayer le plus vite
possible de trouver des solutions à ces problèmes. Considérons certaines solutions
probables :


Le retour aux devises nationales tel qu’au Franc en France représente-t-il une
solution au problème ? Ce scenario est peu probable mais reste envisageable
par quelques personnes à cause du malaise économique que rencontre la zone
euro actuellement.
L’idée de former une union économique est sans doute le moteur de l’Europe. Si
un des membres quitte cette organisation afin de devenir indépendant et ainsi
revenir à son ancienne monnaie, les conséquences seront non seulement
désastreuses pour l’Etat en question mais aussi pour tous les membres à cause
de la forte position et valeur de l’Euro. La motivation majeure qui justifierai cet
acte serait de pouvoir être plus libre et plus flexible sur sa propre politique
budgétaire afin d’être plus compétitif sur le marché extérieur comme tel est le cas
du Royaume-Uni.
Mais le grand problème de l’Europe auquel il faut trouver une solution reste désormais
dans sa gouvernance, elle se dit être fédérale mais les décisions sont prises non pas
par un organisme central mais par les grandes puissances ce qui laisse à croire que
l’Europe est une organisation composée d’une part de quelques Etats principaux et le
reste d’Etats secondaires.
En somme, l’Union Européenne doit revenir à ses valeurs de départ, c'est-à-dire une
union d’Etats avec des décisions collectives afin de former une seule et grande entité
appelée : l’Europe5.
La gouvernance et la cohérence des politiques nationales causent aussi un grave
problème, une bonne gouvernance implique la cohérence entre les politiques menées,
4
Dossier de presse réalisé par Les échos- “Pour comprendre la crise grecque ”- Anne Bauer et Massimo Prandi- 06
octobre 2011- 5 pages
5
Iris Passy- « le retour au franc ou l’aggravation de la crise économique »-Le taurillon- 7/11/2011
4
l’interaction des politiques nationales devient donc un bien commun. Pour une
gouvernance efficace il faut avoir une interaction entre les politiques, on parle alors de
«multi level governance ».
Un de ses buts serait de faire une coordination entre les politiques budgétaires
autonomes. Mais pour avoir une gouvernance qui gouverne il faut que le solde des
échanges de biens et de services entre les pays membres devienne un indicateur clé
pour la commission européenne. Dès lors que les déséquilibres, surplus ou déficit,
excédent 3% du PIB, la commission devra étudier la situation et faire des préconisations
de politique économique.
L'Europe n'échappera pas à la crise de ses marchés financiers si elle ne
redresse pas son secteur bancaire. Malheureusement, les responsables
politiques ont par deux fois adopté des points de vue erronés sur la crise parce
que ça leur convenait sur le plan politique : la première fois en 2007-2008 ils ont
déclaré que la crise financière venait des Etats-Unis, et aujourd'hui ils attribuent
la crise à une politique budgétaire peu responsable des pays du sud de la zone
euro (la Grèce).
Mais le véritable problème réside dans l'insuffisance dramatique de capitalisation
du système bancaire de l'UE qui de ce fait ne peut supporter aucune perte6. Or le
niveau d'interconnexions est tel qu'un problème dans un pays peut rapidement
mettre en danger tout le système7.
Plusieurs analystes font le rapport entre la crise des subprimes8 et la crise des
dettes souveraines, les causes directes de ces deux crises ne sont pas
identiques mais les effets sont identiques. Comme les subprimes, la crise de la
dette souveraine a créé un problème à l’échelle mondiale, elle risque de créer un
effet domino et risque de modifier la structure de l’état Européen. Cette crise
n'aurait pas dû être un drame à l'échelle mondiale, en réalité c'est encore
l'instabilité du système financier qui a permis à cette crise de se propager. Les
établissements financiers Européens font face à des problèmes majeurs, la
SOCIETE GENERALE (SG) figure parmi les importants établissements les plus
affectés par cette crise. Les raisons du problème aggravé de la SG, sont à la fois
6
Les banques européennes, cause de la crise financière européenne-les échos- 09/07/2010 -Daniel Gros -Autres
auteurs
7
Recapitaliser les banques européennes n’est ni dramatique ni facultatif- 7 septembre 2011, par Georges UgeuxDémystifier la finance- Ethiques et marchés-M Blog
8
La crise des subprimes touche le secteur des prêts hypothécaires à risque aux États-Unis à partir de juillet 2007,
déclenchant la crise financière de 2007 à 2011.
5
intérieures (propre à la SG) et extérieures (l’effet de l'instabilité du système
financier international).
De plus cette crise de la dette dans la zone euro intervient dans un contexte
général de crise de la dette dans les pays occidentaux. C'est également une
crise de confiance où se jouent les intérêts des deux premières monnaies de
réserve au monde : le dollar et l'euro. C'est ainsi que dans certaines revues9, une
campagne médiatique aurait vu le jour annonçant la fin de la zone euro. Certains
médias européens pointent également du doigt une possible volonté des ÉtatsUnis de peser sur le cours de l'euro pour conserver la suprématie du dollar après
avoir vu leur notation financière abaissée par l'agence américaine Standard &
Poor's. D'autres médias mettent en évidence la responsabilité plus ancienne de
la Chine du fait de sa politique consistant à sous-évaluer sa monnaie, le yuan,
pour soutenir son économie au détriment des économies occidentales10.
Une multitude de problèmes et de causes pour justifier l’existence de cette crise
dont on ne peut pas renier l’importance du point de vue mondial. Le titre 2
traitera des exemples des crises relatives à certains pays européens tels que
l’Italie, la Grèce…
TITRE 2 : APERCU DE CRISES DANS CERTAINS PAYS DE LA ZONE
EURO
La crise de la dette dans la zone Euro a commencé au début de 2010 ce qui était
la cause de plusieurs crises financières dans les pays de l’Union européenne. La
crise a commencé en Grèce puis en Italie, a passé par l’Espagne, le Portugal et
plus actuellement par Chypre.
A- La crise italienne
Les causes notables de cette crise étaient variées et parmi ces causes :
L’augmentation du taux d’intérêt, l’augmentation du déficit public, l’absence de
9
Cinq scénarios pour la fin de l'euro- Sébastian SEIBT-France 24
Une chute de l'Italie serait "la fin de l'euro" selon Sarkozy et Merkel- L'Expansion.com avec AFP - publié le
25/11/2011
10
Chronique de Camille Sari Président, IEMEP Le dollar face à l’euro : les limites des accords de Maastricht27/11/2012
Devises : Le Yuan chinois progresse de 10 % face à l'Euro en 1 an ! Par CCO le samedi 13 octobre 2012
6
plan de relance après le subprime, le fait d’avoir une gestion gouvernementale
inefficace, ainsi que le travail illégal qui représente 35% du PIB de l’Italie11.
Ces causes ont en réalité stimulé le gouvernement italien pour prendre un pas
en avant le lendemain de la constatation de la crise du pays à travers des
mesures locales et internationales bien efficaces aptes à résoudre partiellement
ou totalement les problèmes du pays. Ce plan de relance adapté par le
gouvernement italien a commencé à être appliqué, mais peut-on dire que ces
mesures sont suffisantes pour faire sortir l’Italie de sa crise et peuvent-elles
constituer le point de départ pour l’amélioration de l’union entre les pays de
l’Union Européenne ?
B- La Grèce
Il est clair que la culture Grecque reste différente du reste de l'Europe. Il est clair
que les Grecs doivent modifier leurs modèles économiques en profondeur mais
la crise touchant ce pays peut toucher tous les autres pays Européens si le taux
d'intérêt de leur dette venait à augmenter significativement (d'où les cris
d'alarmes pour l'Espagne, L'Irlande et l'Italie par exemple). Mais les politiques
d'austérité vont probablement réduire voire même annuler ces risques à terme.
Entre 2009 et 2011, les travailleurs et les étudiants grecs se sont manifestés
contre des réductions de pensions touchant les services publics et les
dépenses d'éducation en raison des mesures d'austérité du gouvernement.
Ces mesures sont critiquées, de nombreuses plaintes peuvent se porter sur ces
mesures étant «anti-développement», «autodestructrices », et « elles ont
tendance à avoir un impact négatif sur les segments les plus pauvres de la
population »12.
Ajoutons que certaines mesures d'austérité ont tendance à freiner la croissance
économique, ce qui va pousser finalement le gouvernement Grec à perdre plus
d'argent des recettes fiscales. De plus, l'austérité peut engendrer une
déflation qui gonfle la dette existante, ce qui peut également provoquer que le
11
12
L'économie souterraine en Italie représente 35% du PIB Le HuffPost 29/03/2012
La Grèce au bord du précipice- 15 juin 2013 -Par Jacques Sapir
7
pays tombe dans une trappe à liquidité, entraînant les marchés du crédit à
geler et le chômage d'augmenter.
Grand nombre de manifestations des opposants à ces plans d’austérité ont été
signalées ces derniers temps. Précisons que des mesures d’austérité
semblables prises en Irlande et en Espagne en 2009 se sont révélées
inefficaces dans la lutte contre la dette publique, et ont placé ces pays dans un
haut risque de défaut à la fin de 2010.
TITRE 3 : LES INDICATEURS ECONOMIQUES DE LA ZONE EURO
Le Traité de Maastricht signé le 7 février 1992, a amendé les traités fondateurs de la
Communauté européenne en ajoutant un chapitre relatif à la politique économique et
monétaire au sein de l'Union européenne en stipulant qu’elle repose sur deux volets : la
coordination des politiques économiques et budgétaires des Etats Membres afin de
réaliser leurs objectifs communs, notamment dans les domaines de la croissance et de
l'emploi, et la création d'une monnaie commune.
En mai 1998, onze des pays souhaitant participer à la monnaie unique sont retenus au
regard des critères de convergence basés sur des indicateurs économiques. Ces
critères fixés dans le Traité de Maastricht sont les suivants :





Le déficit public doit être inférieur à 3 % du PIB;
La dette publique doit être inférieure à 60 % du PIB;
Le taux d'inflation ne dépasse pas de plus de 1,5 point celui des 3 pays
ayant la plus faible inflation ;
Le taux d'intérêt à long terme ne dépasse pas de plus de 2 points celui des
3 meilleurs pays en matière de stabilité des prix ;
La stabilité du taux de change, qui implique le respect des marges
normales de fluctuation de change.
Ces critères de convergence ont pour but d’assurer des évolutions économiques
harmonieuses au sein de l’UEM, ne provoquant pas de tensions entre les États
membres de l’Union. Néanmoins, les divergences persistantes entre les dynamiques
économiques des différents pays de la zone sont, pour une large part, à l'origine des
difficultés actuelles. Donc la déviation des finances publiques d'un pays pourra affecter
la valeur de la monnaie commune et par suite la santé économique de toute la zone.
En effet, des pays, à savoir l’Espagne, l’Irlande, le Portugal, l’Italie, la Grèce et Chypre,
ont opté pour faire part de la Zone Euro, pour faire bénéficier leurs acteurs
8
économiques (Etats, entreprises, ménages) de taux d'intérêt plus bas que ceux
auxquels ils pouvaient prétendre avec leur monnaie nationale.

L’endettement privé
L’Etat Grec s’est extrêmement endetté vu que cela ne lui coûtait pas cher en termes
d’intérêts. C’est en revanche la hausse inconsidérée de l'endettement privé (les
ménages et les entreprises) en Espagne, en Irlande et au Portugal qui les a plongés
dans une crise profonde.
Source Banque Central Européenne-2009
Donc l’ampleur de l’endettement privé a causé une diminution de l’épargne des
ménages qui ont cessé d'épargner et des entreprises qui n’ont pas tenu compte des
effets de levier et se sont mis à consommer plus qu'elles ne produisaient. Avec comme
conséquence le creusement progressif des déficits extérieurs.

La crise de liquidité bancaire qui a envahi initialement les Etats-Unis en 2007 et
s’est propagée à la Zone Euro en 2008, a conduit la Banque Centrale
Européenne (BCE) à injecter de liquidités massives sur le marché interbancaire,
9
donc à financer les établissements financiers à des taux de refinancement
extrêmement élevés et difficilement supportés par ces derniers, ce qui a affecté
l’activité économique en vertu du resserrement des conditions de crédit, pesant
sur la consommation des ménages et l’investissement des entreprises.
Dette souveraine de la zone Euro par rapport au PIB (source :EUROSTAT)
A partir de l’année 2008, la dette publique par rapport au produit intérieur brut (PIB) a
augmenté fortement de 66.2% à 93.1% début 2013, ce qui s’explique par le
financement des déficits publics par les emprunts.

Le PIB est défini comme étant un des agrégats majeur sur le territoire national. Il
mesure la somme des valeurs ajoutées réalisées à l'intérieur d'un pays pour une
année donnée, couvrant tous les secteurs économiques et dont les principaux
acteurs sont : les ménages, les entreprises et administrations publiques.
L’éclatement de la crise dans la zone Européenne à partir du 1er trimestre de 2008, a
causé une grave chute de 2320 milliards d’euros pour atteindre presque 2220 milliards
d’euros début 2009.
Le PIB de la Zone Euro 17 (En Milliards d’Euros)
10
Le PIB mesure donc la valeur monétaire des biens et services produits par une nation,
et c’est par sa comparaison relative d’une année à l’autre que l’on apprécie la
croissance ou la récession au sein d’une nation.
Taux de croissance annuelle du PIB dans la zone Euro (source :Eurostat)
La faiblesse de l’activité est principalement due à la forte décélération dans toutes les
branches d’activité. Donc le début de l’année 2008 a été marqué par un ralentissement
de l’activité qui est arrivé à son creux en 2009 à -5,2% du PIB.
11
De plus, l’aggravation de la crise économique en 2008 a marqué un dédoublement du
taux d’inflation qui est passe de 2% jusqu’à 4% en 2009.
Taux D’inflation dans la zone Euro (source :Eurostat)
Pour conclure ce deuxième titre, notons qu’avant l’adoption d’une unité monétaire
unifiée, il suffisait de dévaluer la monnaie nationale du pays surendetté ou bien ayant
des problèmes de compétitivité au sein du continent Européen pour résoudre les
problèmes économiques du pays.
TITRE 4 : SOLUTIONS ET RECOMMANDATIONS
L’Économiste Richard D. Wolff13 a déclaré qu'au lieu de couper les programmes
gouvernementaux et d'augmenter les impôts, l'austérité doit être atteinte par la
collecte d’impôts de sociétés multinationales sans but lucratif, des églises, et de
ne plus exonérer d'impôt les institutions comme les universités, qui ne paient
actuellement aucun impôt.
13
Crise, austérité et mouvements sociaux aux Etats-Unis : De nouvelles perspectives pour la gauche américaine ?
Compte-rendu du Left-Forum, 18-20 mars 2011
12
C’est vrai que la crise est essentiellement une crise financière et une crise de la
dette, mais elle est issue en premier lieu d’un système de corruption politique et
économique et de plus c’est une crise d’appartenance. A un moment donné les
pays membres progressistes n'auront-ils d'autres choix que de prendre une
direction différente de celle de l'UE afin de pouvoir inverser la spirale négative
dans laquelle s'enfonce l'Euro ?
L’union monétaire a réduit la capacité des gouvernements nationaux à définir
leurs propres politiques monétaires et budgétaires ce qui implique que les
adaptations ne peuvent s’opérer qu’au niveau du marché du travail. Les pays de
la zone euro sont entrés dans une logique d’uniformisation qui a favorisé la
flexibilité, l’austérité salariale et le travail à temps partiel.
Les conséquences de la crise financière se traduisent donc par une pénurie
pointue de liquidités pour les banques européennes. La BCE est alors intervenue
en prêtant gratuitement aux banques de manière à leur permettre de faire face à
leurs problèmes immédiats de refinancement mais changea sa politique en 2009,
lorsque les Etats ont commencé à avoir des besoins de financement.
Chaque pays se débrouille seul face aux marchés financiers. La BCE n’a pas
réagi : les taux d'intérêts augmentent, les institutions financières spéculent contre
les Etats.
Plusieurs alternatives existent, mais elles impliquent un changement social et
économique fondamental.
 Une de ces options est de changer la zone euro à travers une détendu de
la politique budgétaire et la mise en lumière d'un budget européen
plus important, un salaire minimum14 garanti et un système
d'assurance chômage15.
 Une autre solution qui consiste en la sortie de la zone euro et la
nationalisation des banques16 et d'autres secteurs importants de
l'économie ainsi que la mise en place d'une politique industrielle17.
14
Salaire minimum en Europe : les clefs d'un débat qui revient en force- Les Echos 11 juillet 2012
Indemnisation du chômage en Europe- Publié le 01 sep. 2012-Unedic.
Assurance chômage : tour de vis en Europe-Alternatives economiques-novembre 2012
16
Crise financière : pour ou contre la nationalisation des banques ? Pascal Riché-le nouvel observateur17
Une politique industrielle européenne plus forte pour sortir de la crise -Le Monde- 18.12.2012 Par Michel
Barnier, Antonio Tajani
15
13
Plusieurs problèmes peuvent être soulevés
Le statu quo actuel est intenable, les exigences se font de plus en plus
nombreuses en ce moment de crise. La lenteur des négociations pour aider la
Grèce en début de 2010 est un bon exemple de la faiblesse du système actuel.
Les décisions prises par les différents gouvernements européens se font surtout
en fonction des programmes électoraux... De plus, la primauté du Conseil sur le
Parlement européen relève un souci de légitimité.
Finalement et le plus grave c’est la confiance perdue envers le modèle européen
dû à un leadership faible et disparate.
 Recommandations et suggestions
Il serait recommandable et envisageable d’avoir recours à un débat
démocratique nécessaire pour une réforme fondamentale des institutions
européennes puisque les pouvoirs des différentes institutions européennes étant
inégalement réparties, les chefs d’États étant lents à réagir ou inefficaces et la
confiance en l’Union diminue.
 La sanction des banques par les marchés financiers.
La déroute boursière ne cesse de sanctionner les banques. Les dettes
souveraines surtout issues de la Grèce de l’Italie et du Portugal constituent une
véritable charge pour les banques françaises. La dévaluation des titres grecs est
en cours de discussion c’est pour cela que les banques ne savent pas encore à
quelles pertes elles doivent s’attendre. Cette crise de la dette souveraine donne
lieu à une contraction du marché interbancaire et par la suite la BCE bénéficie
des dépôts et offre aux banques des crédits à court et moyen terme. Bale 3
exige une augmentation de la qualité et de la quantité des fonds propres et
d’améliorer le ratio de liquidité, Bale 3 porte à 7% le ratio des fonds propres avec
un délai jusqu’à 2022. Les besoins des banques européennes sont énormes et
elles assistent à une diminution de leur développement. En définitive, les
banques subissent des pertes remarquables, elles sont les premières victimes
de la déroute boursière et se retrouvent dans une situation totalement
défavorable. La crise est avant tout due aux erreurs du secteur bancaire et
financier avant 2008. Les effets de la crise financière étaient très rigides et
constituent une véritable sanction pour les banques. Il faut penser à réduire
14
l’exposition du secteur bancaire au risque pour éviter une nouvelle crise bancaire
et qu’il y ait une intervention accrue de la BCE.

Le respect des critères de convergence est primordial pour éviter les crises :
Pour vivre avec une monnaie commune, il faut que les Etats membres de la zone Euro
soient capables de maintenir une discipline budgétaire, car la déviation des finances
publiques d'un pays pourrait affecter la valeur de la monnaie commune et donc la santé
économique de toute la zone, sans toutefois adopter des politiques économiques
restrictives ou pratiquer l’austérité qui empêcheront d'ailleurs la croissance économique
en Europe. Egalement il est nécessaire que les taux d'inflation des différents pays
membres soient proches.

Une procédure d’examen et de surveillance mutuelle des politiques
économiques et de l’évolution des finances publiques
Plus de transparence au niveau des chiffres et des dettes dans les pays de la zone
euro.
CONCLUSION
Dans un titre premier nous avons montré la pérennité de la zone Euro en prenant
partie pour l’existence de l’Union Européenne, dans un titre second nous avons fait un
aperçu de la crise et des réactions aux crises dans certains pays de la zone euro, dans
un titre troisième, nous avons regroupé plusieurs indicateurs économiques pour
atteindre au titre quatre des recommandations et des solutions concernant la situation
européenne.
Ainsi, plusieurs éminents économistes pensent que la Grèce devrait purement et
simplement abandonner l’Euro et repasser à son ancienne monnaie, la drachme. C’est
notamment le cas de Nouriel Roubini, économiste américain18
D’autres, comme Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie, précisent que l’euro survivrait
mieux à un départ de l’Allemagne qu’à celui des pays fortement endettés tels que le
Portugal ou la Grèce19.
Certains économistes, de manière plus radicale, prônent la fin et le démantèlement total
de l’Union Européenne et de l’Euro. C’est le cas par exemple de Christian Saint-Etienne
18
19
Grèce doit abandonner l’euro, par Nouriel Roubini 17 mai 2012-les crises.fr
Un prix Nobel d'économie conseille à l'Allemagne... de sortir de l'euro ! La tribune 16/08/2011
15
économiste et proche de François Bayrou qui précise «on arrive au bout du tunnel. La
Grèce n'est que le symptôme d'une fracture entre la zone euro sud et nord»20 .
Les avis sont donc clairement partagés, mais ce qui est certain, c’est que la situation
actuelle est intenable, et que ce soit de manière structurelle, ou interne, des
changements doivent avoir lieu ! Enfin, une question fondamentale reste en suspens,
les systèmes monétaires internationaux, la mondialisation et la politique des marchés
libres jouent un rôle positif ou négatif au moment de ces crises ?
Suite au Conseil européen du 9 décembre 2011, vingt-cinq pays de l’Union européenne
(UE), hormis le Royaume-Uni et la République tchèque, ont signé le 2 mars 2012, lors
d’un Conseil européen à Bruxelles, un Traité sur la stabilité, la coordination et la
gouvernance au sein de l’Union économique et monétaire qui instaure plus de discipline
budgétaire dans la zone euro sous réserves de sanctions au pays fautif. Dans son
économie générale, cette approche s’oriente vers une solution intergouvernementale au
détriment de la voie communautaire.
L’Union Européenne est la première économie mondiale, et le principal acteur des
échanges commerciaux internationaux donc nous considérons que le terme “Crise de
l’euro” est abusif.
Nous pouvons conclure que la crise ne remet ni en question la structure ni le concept
même de l’Union Européenne qui est très solide ; c’est son fonctionnement interne qui
est défaillant.
Ce sont les divergences politiques et économiques, et l’absence de leadership clair qui
font défaut. Les engagements des pays européens ont perdu de leur crédibilité.
Le 21 août 1849 lors du Congrès de la paix à Paris, Victor Hugo prononçait déjà ces
paroles : ”Nous aurons ces grands Etats-Unis d'Europe, qui couronneront le vieux
monde comme les Etats-Unis d'Amérique couronnent le nouveau. Nous aurons l'esprit
de conquête transfiguré en esprit de découverte ; nous aurons la généreuse fraternité
des nations au lieu de la fraternité féroce des empereurs ; nous aurons la patrie sans la
frontière, le budget sans le parasitisme, le commerce sans la douane, la circulation
sans la barrière [...]”
150 ans plus tard, l’Union Européenne telle que prédite par Hugo, est confrontée à sa
plus grande crise depuis sa création. Dans cet article nous avons essayé de relancer le
débat d’actualité qu’est celui de la survie et l’existence même de l’Union Européenne.
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Euro : la revanche des francs –tireurs-Le Figaro Magazine-Par Raphaël Stainville-19/09/2011
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BIBLIOGRAPHIE
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L'économie souterraine en Italie représente 35% du PIB Le HuffPost 29/03/2012
Recapitaliser les banques européennes n’est ni dramatique ni facultatif- 7 septembre 2011, par
Georges Ugeux-Démystifier la finance- Ethiques et marchés-M Blog
Une chute de l'Italie serait "la fin de l'euro" selon Sarkozy et Merkel- L'Expansion.com avec AFP publié le 25/11/2011
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