Rapport d`Activité 2013
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Rapport d`Activité 2013
Rapport d’Activité 2013 Locaux - 2 rue d’Alger à Strasbourg Assemblée Générale du jeudi 24 Avril 2014 SOMMAIRE HISTOIRE DE L’ASSOCIATION p. 3 L’ASSOCIATION p. 5 LE SIEGE SOCIAL p. 10 Pôle accueil, hébergement et insertion p. 14 Les centres d’hébergement et de réinsertion sociale p. 14 p. 15 p. 26 p. 38 Le CHRS / SARS - Service d’Accueil et de Réinsertion Sociale Le CHRS Jean Millot Le CHRS Prechter et les actions Neuhof et En aval Les services de stabilisation p. 49 p. 50 p. 59 p. 72 L‘Accueil des Deux Rives L’Accueil Koenigshoffen L’AHPF - Accueil et Hébergement provisoire pour familles L’hébergement des demandeurs d’asile p. 81 p. 82 Le service HTA - Hébergement Temporaire Asile L’accompagnement des Roms p. 90 p. 91 L’Espace 16 L’insertion par le logement p. 103 p. 104 p. 114 p. 121 L’Intermédiation Locative L’A.S.L.L - Accompagnement Social Lié au Logement Gestion Locative Adaptée L’action en partenariat avec le SPIP p. 124 p. 125 Le Service Alternative Les Maisons Relais p. 135 p. 136 p. 145 La Maison Relais Thomas Mann La Maison l’ETAPE L’Espace Bayard p. 155 p. 156 p. 180 p. 196 Accueil Printemps RSAvenir Bayard de Nuit Pôle de l’insertion par l’activité économique p. 202 p. 203 SOLIBAT 2 HISTOIRE DE L’ASSOCIATION 1973 Adoption des statuts le 18 décembre 1973 et création de l'Association Horizon Amitié présidée par le Pasteur Jean Chaumien, aumônier de prison. L'Association a été initialement nommée Clair-Horizon Bas-Rhin et souhaitait offrir un toit aux anciens détenus ou délinquants afin "de leur offrir un point de chute où ils pourront trouver une aide complète – logement, repas, soutien moral – afin d'éviter de retomber dans les errements passés…" 1974 Le 1er mars 1974, ouverture du Foyer Prechter, premier Centre d'Hébergement et de Réadaptation Sociale dans le Bas Rhin, dans un bâtiment municipal loué à la Ville de Strasbourg, au n°18 et 20 de la rue Prechter à Strasbourg Centre. 1978 L'Association élargit son action au profit des familles et ouvre une nouvelle structure d'hébergement : le SARS (Service d'Accueil et de Réinsertion Sociale). Il s’agit d’un C.H.R.S. accueillant des familles en logements éclatés. Installation du siège social au 4, rue Brûlée à Strasbourg. 1985 Ouverture du Foyer Jean Millot suite à la première campagne gouvernementale Pauvreté – Précarité de l'hiver 1984. L'Association a ouvert le Foyer Jean Millot dans une ancienne gare désaffectée dans le quartier du Port du Rhin. La structure a permis l'accueil de 25 personnes en situation d'urgence. En 1986 s’y rajoute 10 places pour des personnes SDF cumulant des problématiques sociales et de santé : ce sera la Résidence du Quai. Entre-temps le Foyer Jean Millot deviendra C.H.R.S. pour 27 places. Suivent trois phases de rénovation de 1996 à 2001 dans le but de rendre habitable les locaux. Ø En 1998 l’Abbé Pierre inaugure ces locaux, qui connaitront également la tempête de 1999 qui emporte une partie du toit. 1989 Dès le vote de la Loi instituant le Revenu Minimum d'Insertion, l'Association Horizon Amitié a demandé son agrément comme bureau instructeur des dossiers RMI. L'Antenne RMI a ouvert ses portes au 1, rue St Guillaume en février 1989. 1993 Dans le cadre de la loi Besson et pour faire face au déficit important de logements sociaux dans les communes rurales, l'Association décide d'acquérir un immeuble à Hochfelden. Après rénovation de l'ancienne gendarmerie de Hochfelden, 13 appartements furent disponibles ; 6 logements proposés aux anciens locataires et 7 appartements attribués en lien avec les Services Sociaux de la Ville. Le Service d'Accompagnement Social Lié au logement (A.S.L.L.) a été créé en 1993 dans le cadre du Fonds de Solidarité au Logement également instauré par la Loi Besson. L'Accueil Koenigshoffen a été ouvert le 15 novembre 1993 et géré au départ par Horizon Amitié dans le cadre d'un collectif d'associations ; son objectif a toujours été d'accueillir une population sans domicile ou en errance qui ne trouve pas de lieu pour dormir et se restaurer. 1997 L'Association Horizon Amitié a repris les activités de l'Association Printemps 95 et les a réunies à celles de l'Action Sans-Abri créée en 1990 : le tout est rebaptisé Accueil Printemps. Situé au centre ville, dans le quartier de la gare, il offrait le petit déjeuner (jusqu’en mai 2007), propose des animations, oriente et accompagne les personnes sans abri présentes sur la ville de Strasbourg. 1998 Madame Odile REUMAUX est élue Présidente de l'Association, le Pasteur Jean CHAUMIEN, ayant souhaité être remplacé. 2000 La structure d'Accueil et d'Hébergement Provisoire pour Familles (AHPF) déboutées du droit d'asile fonctionne depuis le 1er décembre 2000. Elle s'adresse à des familles en situation de demande d'asile qui ont fait l'objet d'au moins 2 refus ou des rejets d'asile territorial lorsque les procédures d'appel sont en cours. 2001 Monsieur Michaël SCHMIDT est élu Président en septembre 2001. 2002 ouverture de la Résidence sociale (agréée en décembre 2003) Maison Relais ETAPE, le 10 octobre 2002, à Mundolsheim, dans l’ancien foyer des agents de conduite de la SNCF; réhabilité, elle accueille depuis 2007 vingt-quatre personnes en 22 logements en vue de favoriser leur autonomie. 3 2003 Le 1er janvier 2003, l'Association Horizon Amitié a obtenu l'agrément pour un Chantier d'Insertion baptisé "SOLIBAT" ; il accueille 25 personnes en Contrat Emploi Solidarité. Le chantier d'insertion propose comme support d'activité quatre situations de travail différentes : la mise en peinture et pose de papier peint, la manutention (déménagement et emménagement), l'enlèvement de tags et de graffitis, le nettoyage des locaux. Le Chantier d'Insertion "SOLIBAT" reprend les activités de l'ULP et du Chantier d'Insertion Millot tout en les développant. L'Association Horizon Amitié emménage son siège dans de nouveaux bureaux situés 36, rue du Général Offenstein à Strasbourg. 2005 Extension du Chantier d’Insertion "SOLIBAT" sur Erstein avec création de 10 postes en contrats aidés. Le chantier d'insertion propose comme support d'activité la mise en peinture et pose de papier peint et l’entretien de la voierie (Convention signée avec la Ville d’Erstein). Création du site Internet : horizon-amitie.com. 2007 Le PARSA fait progresser certains établissements comme l’A.H.P.F. et l’Accueil Koenigshoffen qui deviennent Hébergement de stabilisation ; l’Accueil Koenigshoffen passe de 21 à 35 places dont 21 en éclatées. L’Accueil Printemps, accueil de jour, voit par contre ses moyens amputés mais se voit offrir pour 2008 un nouveau départ avec un projet social largement remanié et orienté vers l’insertion ainsi que des nouveaux locaux pour début 2008. En mars, L'Association Horizon Amitié, après avoir été sollicitée et après un travail juridique préalable en 2006, devient majoritaire dans l’association du Breitenweg à Erstein afin de préserver la résidence pour personnes âgées gérée par celle-ci et pour créer Le Courlis dans une partie de ces locaux. 2008 L'Association Horizon Amitié s’engage dans un G.C.S.M.S à égalité avec l’A.R.P pour créer Le Courlis a Erstein qui a ouvert au public le 01/09/2008. Début mai, l’Accueil Printemps et l’Antenne RMI emménagent dans des locaux neufs au 8, rue du Rempart à Strasbourg. Fin octobre, le CHRS Millot emménage (provisoirement avant travaux) dans ses futurs locaux rue Thomas Mann à Hautepierre, après un périple de quelques mois au Foyer M.F.A. suite à l’incendie rue de Lübeck. À la même date, L'Association Horizon Amitié ouvre encore une nouvelle Maison Relais rue Thomas Mann. 2009 Les évènements majeurs : - L’Antenne RMI est rebaptisée R.S.Avenir en relation avec l’évolution des missions dans le cadre du R.S.A. - L’action de SOLIBAT s’étend avec la création de l’entité STI (Sous-traitance Industrielle) ; ceci implique de nouvelles activités (tri, recyclage des textiles, conditionnement,…) des nouveaux locaux adaptés rue Schertz et l’embauche d’un directeur I.A.E. - Les autres déménagements : Le CHRS Millot et la Maison Relais Thomas Mann ont définitivement emménagés dans les locaux réhabilités rue Thomas Mann fin octobre. L’Accueil Koenigshoffen emménage, provisoirement, rue de Lübeck en novembre dans l’espace laissé vacant par le CHRS Millot, dans l’attente des nouveaux locaux route des Romains. Création du Service Alternative pour accueillir et accompagner des personnes sous main de justice. 2010 Création du service Intermédiation Locative pour fournir l’accès au logement privé. 2011 : - Emménagement du Foyer Prechter, Action Neuhof et En Aval au 34 rue Thomann aux cotés des services du SARS / AHPF / FSL / Intermédiation Locative / HTA. - En mai ouverture du service HTA (Hébergement Temporaire en Appartement) qui est un accueil d’urgence pour des familles demandeurs d’asile en logement. - Espace 16 : Camping social pour des familles d’Europe de l’Est via des caravanes. 2013 : L’association a réorganisé certaines de ces activités : - Evolution du CHRS Millot et de l’Accueil Koenigshoffen vers 100 % d’hébergement en éclaté et nouveaux bureaux ; rendu les locaux 4, rue de Lübeck à la Ville de Strasbourg. - Déménagement de l’Accueil des Deux Rives dans les locaux plus adaptés de Thomas Mann. 4 L’ASSOCIATION Depuis plus de 38 ans, l’Association a pour principe de mettre en œuvre des actions adaptées qui prennent en compte les besoins réels des personnes en grande difficulté sociale, dans une logique de partenariat avec les pouvoirs publics et les autres associations. Plus que jamais, le but de l’Association Horizon Amitié est de faciliter aux personnes momentanément privées de travail, de toit ou de conditions de vie décente, leur insertion dans le société et la vie active, par tous moyens moraux et matériels, y compris la création d’entreprise d’insertion. L’Association vise ainsi tout particulièrement les personnes sortant d’établissements hospitaliers, des ex-détenus, les étrangers, les réfugiés politiques, les personnes en danger et tous ceux qui feront appel à elle, sans référence politique ou confessionnelle. (Article II des statuts) La raison d’être de l’Association est de pouvoir aider les usagers, et de pouvoir les rendre acteurs de leur réinsertion. Pour ce faire, la loi du 2 janvier 2002, fait le point sur les droits des usagers : Respect de la dignité de la personne, revaloriser et redonner confiance aux personnes accueillies. Droit à une vie familiale (la famille était scindée par le passé), favoriser l’émergence du lien social, en permettant à chaque personne de s’inscrire dans un réseau relationnel. Accès aux informations pour l’usager. Participation de la personne au projet de réinsertion, lui permettre d’avoir les moyens "d'exister" au lieu de seulement "survivre". Droit à une information sur ses droits fondamentaux, aider chaque personne à assumer au mieux ses responsabilités, dans le respect de ses droits et l’obligation de ses devoirs. Outils de la loi, maintenir des perspectives d’évolution pour toutes les personnes Livret d’accueil (modalité d’accueil), charte sur les droits et libertés de la personne, règle de fonctionnement, contrat de séjour. Conseil de Vie Sociale (vie du centre d’hébergement), projet de service, afin de redonner des espaces d’expression aux personnes, en leur permettant notamment de parler de leurs besoins et d’exprimer leurs différences. Les membres du Conseil D’Administration : Michaël SCHMIDT Président Laurent BONNORD Vice Président Jean Paul SCHNEIDER Trésorier Jean Michel ZIMMERMANN Secrétaire Horizon Amitié est une association à but non lucratif, régie par les lois en vigueur en matière d’association, notamment les articles 21 à 79 du Code Civil Local. Elle est enregistrée au registre des Associations du Tribunal d’Intance de Strasbourg, au Volume XXXIII-Fol n°78. Elle a été créée le 18/12/1973. Sa durée est illimitée. Aurore GARNIER Secrétaire Adjointe Jean CHAUMIEN Président Fondateur Membre d'Honneur Jean Marie CALYDON Membre André RODEGHIERO Membre 5 L’ASSOCIATION Les chiffres de l'association en 2013 40 ans d’activité 8 membres actifs au sein du Conseil d’Administration De 700 à 800 personnes bénéficiant d’un accompagnement social quotidien 20 établissements et actions spécifiques 3 CHRS 2 hébergement de stabilisation 1 hébergement demandeur d’asile 2 accueils de jour 2 maison relais 2 structures hivernales En aval Action Neuhof Accueil Des Deux Rives 2 services d’action sociale liée au logement 1 chantier d’insertion 1 Service Alternative - SPIP Espace 16 Fin 2013, 144 salariés travaillaient dans l’association. Nombre de places 37 places au CHRS Jean Millot 25 logements au CHRS SARS (80 personnes) 20 places au CHRS Prechter 35 places à l’Accueil Koenigshoffen 24 places à la Maison Relais l’Etape 22 places à la Maison Relais Thomas Mann 17 places à l’Accueil Des Deux Rives 16 logements à l’AHPF (60 personnes) 10 logements Action Neuhof 10 logements En Aval 6 places SPIP Espace 16 (environ 150 personnes) 80 à 100 personnes accueillies par jour à l’Accueil Printemps 141 personnes disposant d’une adresse postale à RSAvenir 13 logements à vocation sociale en zone rurale et 1 sur la CUS 45 postes de travail en contrats aidés sur la CUS au Chantier d’Insertion "SOLIBAT" 12 postes de travail en contrats aidés sur Erstein au Chantier d’Insertion "SOLIBAT" 37 mesures FSL 6 bailleurs sociaux partenaires réguliers de l’association Une dizaine de bailleurs privés accordent leur confiance à l’association 6 L’ASSOCIATION L'Association Horizon Amitié accueille ou assure l'accompagnement social pour plus de 550 personnes par jour; son budget est constitué de dotations financières et de subventions de l'Etat, des Collectivités Départementales et Locales (DDCS, DDE, la Ville de Strasbourg, la CUS, le Conseil Général, le PLIE-FSE, …) et de dons privés. Acheter un lot de 7 cartes ou une sérigraphie numérotée et signée par TOMI UNGERER créées spécialement pour les 30 ans de l'Association (modèle ci-dessous), faire des dons de meubles, d'habits, de livres ou d'argent ou tout simplement devenir bénévole ou membre, permet d'aider efficacement les nombreuses personnes en difficulté et d'élaborer de nouveaux projets en leur faveur. Il s’agit là d’un geste de solidarité envers les plus démunis que l'Association Horizon Amitié apprécie grandement. POINT DE VENTE : PRIX DE VENTE : HORIZON AMITIÉ SIÈGE ADMINISTRATIF 36 RUE DU GÉNÉRAL OFFENSTEIN 67100 STRASBOURG LE LOT DE 7 CARTES 12 EUROS LA SÉRIGRAPHIE NUMÉROTÉE ET SIGNÉE 80 EUROS 7 ORGANIGRAMME DE L’ASSOCIATION 8 —Maison Relais Thomas Mann Horaire d’ouverture : Du lundi au vendredi de9h00 à 17h00 6, rue du Dépôt 67450 MUNDOLSHEIM Tél : 03 88 18 18 28 Fax : 03 88 18 11 45 Mail : [email protected] SOLIBAT SIAE - ERSTEIN Mail : [email protected] Adresse Chef de service : M. Saïd DEBBIH Portable : 06 80 60 88 07 Mail : [email protected] 50, rue de Soultz - 67000 Strasbourg Tél : 03 88 44 20 25 Service « Hébergement - Bilan social Réorientation » Espace 16 2, rue d’Alger - 67000 STRASBOURG Chef de service : M. Philippe BERRIER Portable : 06 30 10 75 97 Mail : [email protected] Adresse CHRS Jean Millot Tél : 03 88 61 01 63 Fax : 03 88 30 24 59 Mail : [email protected] 16, rue du Rempart - 67000 STRASBOURG Tél/Fax : 03 88 27 37 45 Mail : [email protected] Chef de service : Mme Stefania ANGIONI Portable : 06 63 68 73 81 Chef de service : Mme Marie-Noëlle LORENTZ Portable : 06 76 57 64 06 Mail : [email protected] Directrice Adjointe : Mme Amina BOUCHRA Mail : [email protected] 8, rue du Rempart - 67000 STRASBOURG Tél : 03 88 61 01 66 Fax : 03 88 30 24 59 Mail : [email protected] —Accueil Koenigshoffen Chef de service : Mme Katia GUERACAGUE Mail : [email protected] —RSAvenir Tél : 03 88 60 43 45 Fax : 03 88 60 81 19 Mail : [email protected] Horaire d’ouverture : Du lundi au vendredi de 8h30 à 12h30 les après-midi sur rdv. Directrice Adjointe : Mme Amina BOUCHRA Portable : 06 79 81 26 21 Mail : [email protected] Adresse Horaire d’ouverture : Ouverture de 9h00 à 17h00 Du lundi au vendredi 34, rue Thomann - 67000 STRASBOURG Tél : 03 88 76 41 76 Fax : 03 88 22 20 87 —CHRS Prechter / En Aval / Action Neuhof Tél : 03 90 41 17 25 Fax : 03 88 22 20 87 Mail : [email protected] Mail : [email protected] Mail : [email protected] —CHRS SARS / AHPF / Service Alternative Mail : [email protected] —Accueil Printemps Tél : 03 88 32 06 32 Fax : 03 88 32 03 79 Mail : [email protected] 6, rue des Sœurs - 67150 ERSTEIN Tél/Fax : 03 88 98 81 65 Mail : [email protected] 34, rue Thomann - 67000 STRASBOURG Chef de service : Mme Stefania ANGIONI Tél : 03 88 76 41 76 Fax : 03 88 22 20 87 Portable : 06 63 68 73 81 Mail : [email protected] Maison Relais l’ETAPE 12, rue Thomas Mann - 67200 STRASBOURG Directrice Adjointe : Mme Amina BOUCHRA Portable : 06 79 81 26 21 Mail : [email protected] Adresse Adresse Mail : [email protected] Horaire d’ouverture : Ouvert 24H/24H — HTA —Intermédiation Locative Mail : [email protected] Mail : [email protected] Tél : 03 88 60 13 13 Fax : 03 88 60 19 17 Mail : [email protected] Accueil des Deux Rives — Horaire d’ouverture : Accueil de 9h00 à 17h00 Permanence 7j/7 de 8h00 à 22h00 Service FSL Directeur Général : M. Daniel BAUMGARTNER [email protected] Cadre Administratif : Mme Marie-Paz SEGURA [email protected] SOLIBAT SIAE - CUS 36, rue du Général Offenstein 67100 STRASBOURG Tél : 03 90 40 49 49 Fax : 03 88 79 98 01 2, rue d’Alger - 67000 Strasbourg Tél : 03 88 61 52 78 Fax : 03 88 34 33 85 Mail : [email protected] Directeur Adjoint : M. Jean-Marc RAYMOND PÔLE S.I.A.E LES STRUCTURES DE L’ASSOCIATION SIEGE ADMINISTRATIF Tél : 03 88 27 11 52 Fax : 03 88 60 19 17 Mail : [email protected] 9 SIEGE SOCIAL 36 rue du Général Offenstein 67100 STRASBOURG Tél : 03 90 40 49 49 Fax : 03 88 79 98 01 Mail : [email protected] 10 ORGANIGRAMME DU SIEGE 11 SIEGE SOCIAL Installé au 36, rue du Général Offenstein, le siège administratif peut être considéré comme le pouls des activités de l’Association Horizon Amitié. Doté d’outils modernes et adaptés à ses tâches, notamment en matière informatique, il est à même de répondre aux besoins administratifs, de gestion budgétaire et comptable et de gestion des ressources humaines (paye, contrats…). Ce cœur de gestion de l'association Horizon Amitié vaut plus que tout autre par la qualité et les compétences réunies au sein de cette équipe sur laquelle peut s’appuyer le Directeur et le Conseil d’Administration ; par lui transite pour un traitement adapté, en dehors de tout ce qui concerne la prise en charge quotidienne des publics dans nos établissements, toutes informations, documents et décisions assurant une bonne gestion interne et les relations externes avec nos financeurs et tous nos partenaires au niveau institutionnel. Il doit souvent répondre à des sollicitations diverses sans attendre, pour avant-hier, tout en préservant la pertinence et la qualité de la réponse à apporter. Il nous reste encore à rappeler, dans les grandes lignes, les activités spécifiques réparties en trois pôles : Ressources humaines, Secrétariat, Comptabilité. Pôle Ressources Humaines Le nombre de salariés et l’articulation entre la paye et tous les autres aspects de la gestion du personnel, du recrutement au départ du salarié, nous ont amené à choisir de traiter l’ensemble de la paye en interne ; de plus, afin de mieux épauler le Directeur, il nous fallait augmenter nos compétences en matière juridique, administrative et de gestion des personnes. Il fallait également coordonner les trois pôles administratifs. C’est la responsabilité exercée par Madame Marie-Paz SEGURA sur un poste de cadre administratif depuis 2005 ; elle est chargée de la réalisation des payes, du suivi administratif et juridique (contrats de travail…..) et de la coordination de l’équipe administrative en lien avec le Directeur ; Madame Marie-Paz SEGURA est secondée par Madame Corinne KERN-ZAHN dont le poste a pu être pérennisé grâce à la création d’une nouvelle Maison Relais. Le fait notable nous semble être le besoin de réactivité toujours plus important, notamment pour les nombreux CDD des contrats d’insertion de SOLIBAT, résultat de toutes les fluctuations de la politique d’insertion par l’emploi : un jour arrêt des embauches, un autre, quelques jours pour embaucher plusieurs salariés. Par ailleurs, la veille juridique est devenue un aspect primordial pour la fonction employeur qu’assure l’association Horizon Amitié pour le nombre important de salariés qu’elle emploie. 12 Pôle Secrétariat Le pôle secrétariat englobant des missions diverses et variées, est tenu depuis 2010 par Madame Laetitia SCHUTZ. Il assure l’accueil physique (salariés, fournisseurs….) et téléphonique pour le siège administratif et en particulier pour le directeur, son planning et prises de rendez-vous, la transmission des messages, les relations avec les financeurs et partenaires, les membres du Conseil d’Administration, la préparation des réunions, la mise au net des comptes-rendus…. Le secrétariat assure le traitement de tous les dossiers importants en lien avec le Directeur et le cadre administratif (conventions, budgets, statistiques, courriers….) ainsi que le courrier. Il assure également la centralisation des commandes et achats, le suivi des fournisseurs, le paiement des factures en lien avec la comptabilité ainsi que tous les contrats d’assurance et de maintenance, la gestion administrative des locaux (baux….). Plus ponctuellement, le secrétariat assure l’organisation des tâches administratives autour de la tenue de l’Assemblée Générale annuelle (convocations….) ainsi que du rapport d’activité annuel, travail oh combien important. Pôle Comptabilité La comptabilité est tenue par notre comptable Monsieur David STIEFEL tout au long de l’année. Pour faire face à l’accroissement de l’activité, Madame Pascale ZIMMERMANN renforce le pôle par son mi-temps depuis 2009 et Madame Aurélie LUDWIG a rejoint ce pôle dans le cadre d’un contrat aidé (emplois d’avenir) à temps plein pour une durée de 2 ans. La fonction de tuteur est assurée par Mme Marie-Paz SEGURA en lien avec la mission locale. Seule l’édition finale des bilans et comptes de résultat est réalisée par le Cabinet KMPG. Il est chargé de la comptabilisation régulière des écritures, de l’édition de situation par établissements en lien étroit avec le pôle Ressources Humaines, le Secrétariat et le Directeur. Le comptable prépare également les documents budgétaires (charges, produits, charges salariales….) entrant dans nos dossiers de demandes de financement. Le Cabinet SECAL assure la mission de Commissaire aux Comptes pour l’Association. Perspectives L’objectif général est de rester dans une dynamique constante d’amélioration du service administratif et du suivi financier alors que nous sommes de plus en plus sollicités par nos partenaires pour une collecte et transmission de données variables et hétéroclites dans des délais courts, ce qui nous fait brasser de plus en plus de "documents" malgré une informatisation de plus en plus poussée. 13 PÔLE ACCUEIL, HÉBERGEMENT ET INSERTION Les centres d’hébergement et de réinsertion sociale 14 CHRS SARS 34 rue Thomann 67000 STRASBOURG Tél : 03 88 76 41 76 Fax : 03 88 22 20 87 Mail : [email protected] 15 ORGANIGRAMME DU SARS 16 CHRS SARS Créé en 1978, le SARS accueille des familles connaissant de graves difficultés, mais suffisamment autonomes pour occuper un appartement individuel et dont la situation requiert une démarche d’accompagnement social personnalisé. Le service a une capacité d’accueil de 80 personnes. Les familles sont hébergées dans des appartements répartis sur l’ensemble du département du Bas Rhin. L’activité du SARS en chiffres Nous avons réalisé 31832 sur 29200 prévues soit un taux d’occupation au 31 décembre 2013 qui était à 109 %. Année Nombre de familles accueillies 2011 2012 33 Nombre de personnes accueillies 2013 32 28 100 125 Nombre de familles admises 13 12 5 Nombre de personnes admises 41 61 28 Nombre de familles sorties 13 13 10 41 46 1 3,4 2 4,8 4 4,5 20 mois 108% 17 mois 100% 22 mois 109% Nombre de personnes sorties Nb de glissement de bail Taille moyenne des familles Durée moyenne de séjour Taux d’occupation Aussi, malgré notre précaution de maintenir l’activité à un taux d’occupation de 100 % nous n’avons pas réussi à la faire stabiliser. Les raisons sont multiples. Mais il reste que la raison principale est l’accès à un logement qui corresponde aux besoins des familles. En effet, nous accueillons bien des familles nombreuses que nous accompagnons jusqu’à ce qu’elles soient prêtes à sortir, mais pour trouver un logement adapté à leur composition familiale cela s’avère de plus en plus difficile. Il est à rappeler que la taille moyenne des ménages accueillis au SARS est de presque 5 personnes (4,5) un chiffre qui reste important même s’il est stable par rapport à l’année dernière… cependant les ménages composés de 5 à 10 personnes susceptibles de loger dans un T5, T6 à T10 constituent 36 % des ménages accueillis. Il en est résulté un nombre croissant de familles prêtes à sortir ou censées quitter le service, et qui restent en attente d’un logement adapté. Cette attente peut aller de 6 mois à 1 an, voire plus. 17 L’autre difficulté reste aussi le refus par certains de nos usagers des propositions de glissement de bail et parfois des attributions de logements dans des quartiers réputés difficiles. En attente du logement rêvé ils sont très réticents à accepter la première proposition qui se présente. Pour d’autres familles par contre la difficulté est de préparer leur sortie. Une fois le logement attribué il faut encore réunir les moyens en électroménager et meubles, pour emménager dans le nouveau logement, ce qui pour certaines familles demande du temps mais aussi des moyens qu’elles n’ont pas toujours. Entrées et sorties et durée moyenne de séjour : Le SARS a admis 5 ménages un chiffre moins important par rapport aux années précédentes. Le nombre de personnes admises était de 28 personnes dont 3 naissances et 1 rapprochement familial. Le nombre des sorties était de 10 ménages. Soit 46 personnes dont 26 mineurs. Parmi ces sorties nous avons relevé un éloignement d’un jeune dans une famille d’accueil, un autre qui a quitté sa famille, et un parent incarcéré. Pour le reste des ménages nous comptons quatre attributions de logements et quatre glissements de bail. Une orientation vers le service AHPF, et un retour d’une jeune femme seule avec enfants dans sa famille. La durée de séjour des familles est variable selon leur typologie et leur capacité à se mobiliser sur leur projet de relogement. La durée moyenne de séjour cette année était de 22 mois, en augmentation par rapport aux années précédentes mais vu le nombre de relogements cela reste un taux acceptable. Situation de l’hébergement des ménages à l’entrée : Depuis 2010, les ménages sont tous orientés par le SIAO. Ils proviennent de divers dispositifs : urgence, stabilisation, plan hivernal, CADA après leur régularisation,… certaines familles étaient à la rue. Les plus représentées des familles accueillies restent néanmoins les familles expulsées de leur logement pour impayés de loyers : elles constituent 28 % de l’effectif. Les ménages qui étaient dans les accueils d’urgence ou hébergés par le 115 constituent 11%, le même pourcentage que les ménages ayant été hébergés dans le cadre du plan hivernal ou restés à la rue. Les autres nous viennent en partie de la stabilisation ou ont été hébergés par un tiers, respectivement 14% et 18%. 18 Situation (hébergement) des ménages SARS à l'entrée Stab, FJT, Intermed 115/urgence Plan Hivernal CADA Expulsion Rue, caravane, squat Tiers Nombre 4 3 3 2 8 3 5 Total 28 % 14% 11% 11% 7% 28% 11% 18% 100% L’âge des personnes accueillies : Selon l’âge, les tranches les plus représentées parmi les personnes adultes accueillies sont les 26-35 et 3655 ans avec 29 % de l’effectif. Parmi les mineurs les plus nombreux sont les 0-12 ans avec une représentation plus importante de la tranche d’âge des 6-12 ans qui est de 24%. Age des personnes accueillis au SARS Nombre % 56- 60 ans 3 2% 36-55 ans 17 14% 26-35 ans 19 15% 18-25 ans 14 11% 13-18 ans 15 11% 6-12 ans 29 24% 28 125 23% 100% 0-5ans Total Composition des ménages accueillis au SARS : Composition Nombre de ménages Nombre de personnes % C 1 2 3.5% C+1 2 6 7% C+2 6 24 21% C+3 4 20 15% C+4 3 18 11% C+8 1 10 3.5% FS+2 3 9 11% FS+3 5 20 18% FS+5 1 6 FS+6 1 7 3.5% HS+2 1 3 3.5% Total 28 125 100% 3.5% C : Couple ; FS : Femme seule ; HS : Homme seul Pour cette année le SARS a accueilli 125 personnes différentes (53 adultes et 72 enfants), soit 28 ménages. Les ménages les plus représentés sont en particulier les couples avec enfants avec 57%. Les familles monoparentales notamment les femmes seules avec enfants constituent 36%. Nous avons accueilli aussi un homme seul avec 2 enfants (soit 3,5 %) et un couple sans enfants (3,5 %). 19 L’accompagnement vers l’emploi Un des axes majeurs du projet individuel d’insertion. La proportion de personnes accompagnées vers l’emploi au SARS était de 41 % et parmi l’ensemble des personnes accueillies 39 % ont exercé un emploi au cours de l’année 2013. Les personnes accompagnées aux formations au SARS étaient de 20%. Enfin nous soulignerons qu’un cinquième des personnes en situation d’emploi l’ont été sous le statut d’entrepreneur. Cette situation concerne majoritairement des ressortissants roumains conditionnés par un accès restreint et règlementé au marché de l’emploi en France. Personnes ayant travaillé dans l'année dont En insertion dont entrepreneur Personnes accompagnées par le service en recherche d'emploi SARS 39% 28% 11% 41% 20% 7% Nb pers 18 5 2 19 9 3 Personnes Personnes en en cours formation de dans français l'année hors FLE Nos partenaires pour la formation et l’emploi sont Pôle Emploi ; Missions locales et Relais Emploi ; Cap emploi ; Entreprises d’insertion ; Organismes dispensant des cours de français prescrits ou non (A.N.E.F., C.P.C.V., Contact et Promotion, centres socio-culturels, etc….) L’accompagnement pour la gestion du budget Parmi nos missions est celle d’accueillir les familles et de les aider à retrouver leur autonomie et notamment face à la gestion de l’argent. Nous insistons sur l’idée de responsabiliser le public accueilli en demandant aux familles dont les ressources le permettent de payer une participation financière à l’hébergement. 20 Ce travail de priorisation de la participation à l’hébergement prend du temps : la plupart des familles n’ont jamais fait du loyer une priorité. Ils sont 29 % à avoir des dettes locatives, 11% à avoir une mesure de protection liée au budget (mises sous curatelles ou des Mesures d’Accompagnement Social Personnalisé avec Gestion (MASP)..), et 25 % qui ont des dossiers de surendettement en cours. Nous observons que 46 % des ménages ont des difficultés dans la gestion de leur budget. Des dettes de loyer qui s’accumulent, une surconsommation au-delà des moyens financiers possibles, ou une vie au jour le jour sans aucune prévision. A cela s’ajoutent, pour certains, des problèmes de dépendance (alcool, toxicomanie, jeux etc.) où il n’y plus ou très peu de maîtrise de soi et qui entraînent une incapacité à se restreindre financièrement. SARS Nombre ménages Ménage avec problème budgétaire Ménage avec dette locative Ménage avec mesure de protection liée au budget Ménage avec dossier de surendettement en cours 46% 29% 11% 25% 13 8 3 7 Nos partenaires sont : les Services de surendettement de la Banque de France, C.A.F., C.R.E.S.U.S., U.D.A.F., A.R.S.E.A., Services des impôts ; Associations caritatives (colis alimentaires et aides financières ponctuelles), R.S.Avenir. L’accompagnement aux soins Pour donner une idée de l’étendue des besoins d’accompagnement aux soins des ménages accueillis au SARS nous avons fait le choix de répertorier les problèmes de santé rencontrés en plusieurs catégories ; les problèmes physiques exprimés par les personnes, les handicaps physiques et/ou mentaux, les addictions exprimées par les personnes, les troubles psychiatriques diagnostiqués, les souffrances psychiques exprimées et les hospitalisations avec nuitées (hors naissances). Les problèmes de santé physiques exprimés : Sur les 125 personnes du S.A.R.S., 17 % expriment des troubles de santé physiques. Ces divers troubles physiques entraînent souvent un suivi médical important, une prise de traitement, voire des besoins en matériel médical peu ou pas du tout remboursé. Pour les personnes, ces troubles freinent parfois l’accès à l’emploi car ils entrainent des restrictions contraignantes (port de charges lourdes, station debout, ….) et requièrent quelques fois une Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé par la M.D.P.H. Les handicaps physiques et/ou mentaux : Certaines personnes présentent un handicap physique, mental ou les deux. Les ménages concernés représentent 3 % au S.A.R.S. Ces handicaps posent souvent un problème au niveau de l’hébergement et du relogement. En effet, les appartements proposés par le service ou les bailleurs lorsque les personnes sont sortantes, ne sont pas toujours adaptés aux problèmes d’handicaps rencontrés (appartements dans les étages sans ascenseur, passages des portes trop étroits pour les fauteuils roulants, accessibilité aux sanitaires, etc…). 21 Les troubles psychiatriques diagnostiqués : Seules 1% des personnes sont concernées au S.A.R.S. Les addictions exprimées : Les problèmes d’addiction ne sont pas toujours clairement exprimés par les personnes accompagnées. Elles tentent parfois de les cacher ou sont dans le déni de ces problèmes. Nous accompagnons pour des soins 3 % des ménages qui ont exprimé clairement un besoin d’accompagnement. Nous avons relevé que 3% des personnes au S.A.R.S. et 1% à l’A.H.P.F. expriment clairement leur addiction. Les troubles psychiatriques diagnostiqués : Seules 1% des personnes sont concernées au S.A.R.S. Les souffrances psychiques exprimées : Elles sont de 10 % au S.A.R.S. Ces souffrances ont une incidence sur la vie quotidienne des personnes et s’expriment sous différentes formes (dépression, anxiété, stress, insomnies, perte de l’estime de soi, etc…). Elles sont liées à des parcours de vie difficiles, des situations de rupture (séparations, divorce, perte d’un emploi ou du logement…). Accompagnement à l’accès aux droits et démarches administratives Situation du point de vue du séjour SARS Nombre de personne personnes personnes ayant personnes en ayant obtenu une demande de essuyé un réponse régularisation refus positive 9% 4% 8% 4 2 4 4 ménages sur 28 dont les enfants ne sont pas reconnus par la CAF L’ouverture de droits et les démarches administratives sont aussi une de nos principales missions. Au-delà des démarches habituelles pour l’accès au droit commun, nous avons été confrontés cette année au SARS à certaines situations de ménages qui avaient des récépissés les autorisant à travailler au moment de l’admission en CHRS mais qui ensuite ont été rattrapés par des procédures remettant en cause leur statut. Ils étaient 9 % a avoir été en demande de régularisation, et 4% ont essuyé un premier refus de régularisation. Nos partenaires pour les questions administratives, Centre administratif et mairies de quartier, Préfecture, O.F.I.I., Point Solidarité, Avocats, Associations de soutien aux demandeurs d’asile (C.A.S.A.S., CIMADE… 22 L’accompagnement et le soutien à la parentalité SARS Enfants Enfant bénéficiant d’une mesure A.E.D ou A.E.M.O 15 19% Enfants placés 4 5% Nombre de ménage s bénéficiant d’un soutien à la parentalité 11 39% L’admission dans notre CHRS est l’aboutissement d’un parcours difficile, caractérisé, selon les familles, par une enfance en institution, des ruptures familiales et conjugales, des conduites addictives, des périodes d’incarcération, de prostitution, de très grande pauvreté, d’absence d’insertion professionnelle ou un exil plus ou moins récent. C’est donc dans un contexte difficile et compliqué que naissent et grandissent les enfants des familles que nous accompagnons. Les visites à domicile sont pour nous un outil de travail indispensable, qui nous permet de connaître davantage les familles et d’observer les difficultés pour certains parents à maintenir un cadre sain et structurant pour leurs enfants. D’une manière générale, nos notions de danger ou de sécurité pour un enfant sont souvent en décalage avec les familles. En 2013, 15 familles bénéficiaient d’une Aide Educative à Domicile (AED) ou d’une Action Educative en Milieu Ouvert (AEMO) soit19% . L’AED se fait à la demande des parents alors que l’AEMO est une mesure judiciaire ordonnée par le Juge des Enfants. Le nombre d’enfants placés était de 4. Et le nombre de ménages bénéficiant d’un soutien à la parentalité étaient au nombre de 11 soit 39%. Selon les familles, il est plus ou moins facile d’aborder les difficultés éducatives. Certains parents inscrivent l’éducation dans un registre très privé, dans le but de préserver leur intimité familiale. D’autres n’ont pas les ressources psychologiques pour remettre en question l’éducation qu’ils donnent et inéluctablement celle qu’on leur a transmise. D’autres parlent spontanément de leurs difficultés éducatives : ils viennent clairement chercher de l’aide auprès de nous. Dans tous les cas nous cherchons à favoriser autant que possible le maintien des liens familiaux. Nos partenaires : S.P.M./S.P.E, Services de maternité et de pédiatrie ; P.M.I., pédiatres, médecins ; Crèches, multi-accueil, L.A.P.E., écoles ; Service social des hôpitaux, du secteur et des écoles ; C.M.S. et U.T.A.M.S. ACTIONS EN 2013 En 2013, nous avons mis à jour différents outils relatifs à la loi 2002-2 : Le projet d’établissement Le livret d’accueil Le contrat de séjour et le règlement de fonctionnement Par ailleurs l’équipe s’est bien investie pour créer un nouveau livret d’accueil pour le SARS et l’AHPF. Et le projet pédagogique a été réactualisé. 23 Groupe d’expression des usagers Face à l’absence de mobilisation de la part des personnes accueillies, notre service n’avait pas organisé de CVS depuis quelques années. Mais l’année 2013 fut pour l’équipe l’occasion de proposer à nouveau, comme la loi nous y oblige, un CVS sous forme de groupe d’expression des personnes accueillies. Nous avons proposé un « groupe d’expression des usagers ». Un CVS a eu lieu en décembre et invité l’ensemble des personnes prises en charge par nos deux services, 8 personnes sur 35 familles en décembre. Huit personnes ont répondu positivement à l’invitation et nous avons pu leur soumettre le règlement de fonctionnement actualisé qui a été validé à l’unanimité. Un compte-rendu de ce CVS de cette réunion a été rédigé et remis à toutes les familles des services SARS et AHPF. Les actions collectives Quelques manifestations ont pu être proposées aux familles de nos services : La journée de la femme le 07.03.2013 au centre Socio-Culturel Victor SCHOELCHER de Cronenbourg avec participation à l’atelier « relooking » proposé par REDECOM. Un pique-nique au château du Haut-Koenigsbourg le 31.01.2013. La participation au concert de Maurane le 21.11.2013 par le biais de notre adhé- sion à l’Association Tôt ou t’Art. La fête de Noël le 18.12.2013 sous forme de goûter avec l’intervention d’une conteuse professionnelle. La Formation de l’équipe Soucieuse de mettre à jour ses connaissances et d’en acquérir de nouvelles, notre équipe a participé à des séances d’information et des groupes de réflexion dans le cadre de la formation continue : Recyclage Sauveteur Secouriste au Travail « Lutte contre la précarité énergétique », CODELICO, « Loi relative aux soins psychiatriques sans consentement », CODELICO Rencontres thématiques à la BOBINE sur le thème de « l’accompagnement des parents en situation d’addiction» Formation à l’accompagnement des stagiaires. La supervision L’équipe des travailleurs sociaux bénéficie de séances mensuelles de supervision et d’analyse des pratiques avec une psychologue extérieure à l’association. 24 NOS PERSPECTIVES POUR 2014 Travailler sur l’accès à la culture, au sport et aux loisirs. Pour ce faire, nous allons développer davantage notre partenariat avec Tôt ou t’Art qui, par le biais de son site internet, nous permet d’accéder à une tarification très avantageuse pour notre public concernant de nombreux spectacles, concerts, opéras, manifestations sportives etc. Développer nos contacts avec les centres socio-culturels des quartiers où sont logés nos hébergés et les inciter à participer aux activités proposées. Tendre vers l’organisation régulière de réunions du groupe d’expression en mobilisant le plus grand nombre d’usagers pour la participation à ces groupes. Reprendre l’organisation d’ateliers cuisine qui ont bien fonctionnés par le passé en partenariat cette fois-ci- avec la banque alimentaire en mettant d’avantage l’accent sur l’équilibre alimentaire. Renforcer le réseau de partenariat avec les bailleurs sociaux en l’élargissant au plus grand nombre afin d’augmenter l’opportunité pour nos usagers d’accéder le plus rapidement possible à un logement autonome. Continuer le travail de partenariat avec le service de l’Accord Collectif Départemental en améliorant le suivi et l’échange sur les demandes. 25 CHRS JEAN MILLOT 2 rue d’Alger 67000 STRASBOURG Tél : 03 88 61 01 63 Fax : 03 88 30 24 59 Mail : [email protected] 26 ORGANIGRAMME DU CHRS JEAN MILLOT 27 JEAN MILLOT Le CHRS Millot est un Centre d’Hébergement et de Réinsertion Sociale ayant pour but d’héberger, en vue de leur insertion ou de leur réinsertion sociale et professionnelle, les personnes qui connaissent de graves difficultés, notamment de santé, économiques, familiales, de logement, d’insertion, en vue de les aider à accéder ou à retrouver leur autonomie personnelle et sociale. A la mi-septembre 2013, le CHRS Millot a vu son mode de fonctionnement changer. L’hébergement semi collectif, jusqu’alors scindé pour une part en collectif au 12, rue Thomas Mann, et d’autre part en appartement, est passé entièrement en appartement partagé, plaçant de fait les personnes en situation d’autonomie. La particularité du CHRS est de travailler avec des échéances temporelles marquées par la prise en charge. L’ensemble des points sur lequel nous devons travailler avec la personne est très vaste, certains peuvent n’avoir besoin d’agir que sur l’un ou l’autre de ces sujets, quand d’autres cumulent les difficultés. La temporalité de la prise en charge en sera donc différente. A ce moment là, le temps devient l’un de nos outils de travail, à utiliser avec précaution. Quand on parle de temps, on parle aussi de durée et de limite. Limite de temps d’hébergement, personnalisée, sur laquelle nous devons nous appuyer pour réaliser, au mieux pour la personne, l’accompagnement social global pour lequel nous sommes missionnés. Mais chaque parcours est différent, parce que chaque personne l’est aussi et que le temps de l’un n’est pas le temps de l’autre. Nous travaillons avec le temps certes, mais nous ne le maîtrisons pas et parfois il peut nous échapper. A nous de trouver des moments pour questionner à nouveau ce temps qui passe sans s’arrêter. Sachant que la manière la plus simple de ne pas le subir, c’est d’anticiper. 28 Le CHRS Jean Millot a accueilli 49 personnes, dont un couple, au cours de l’année 2013 pour un taux d’occupation de 90%. L’année 2012 ce taux était de 94%, la baisse étant directement liée à notre passage en tout éclaté à la mi-septembre. En effet, n’ayant pas eu notre quota optimum d’appartement dès le début de notre nouvelle installation, il en résulte une légère diminution des accueils. Tous nos accueils se font en lien direct avec le SIAO. Le comparatif du premier paramètre est le reflet des éléments précédents en ce qui concerne la baisse du nombre de journée d’hébergement, et le deuxième démontre une stabilité certaine avec une augmentation non représentative. Stabilité du pourcentage d’accueil des hommes (76% en 2012) et augmentation de celui des femmes (13% en 2012) sont les deux principales remarques de ce comparatif avec une très nette baisse de l’accueil de couple (11% en 2012). A 19%, nous sommes un peu au-delà du pourcentage de demande collectée par le SIAO qui se situe, pour les femmes isolées, autour de 15%. Durée de séjour des sortants 12% 0 à 15 jours 88% 15 j à 6 mois plus de 6 mois Les durées de séjour des sortants de l’année 2013 est en augmentation pour la tranche allant au-delà de 6mois. La tension sur le marché économique, précarisant un peu plus notre public, est sans doute directement liée à cet état de fait. Pour cette année, les sortants, au nombre de 26, représentent un total de 13 713 journées d’accueil pour un séjour moyen de 527 jours. Une dizaine de situations ayant assez largement dépassée les deux ans d’hébergement viennent grever cette statistique. 29 Durée du séjour La comparaison 2012 - 2013 met en exergue cet accroissement des durées d’accueil les plus longues. Si la conjoncture économique est susceptible d’apporter une explication majeure sur un plan professionnel, la multiplication des difficultés sociales et médicales (physiques et psychologiques), vient renforcer le symptôme. Orienter notre public vers le logement, également une de nos missions, reste une gageure tant le parc locatif est saturé et peu accessible au vu des revenus de nos hébergés. Situation d’hébergement avant l’entrée CHRS Particularité du CHRS Millot, le nombre identique d’entrée venant de la rue et de la prison. Si la première paraît plus logique, la seconde tient essentiellement au fait que bon nombre de glissement ont été opérés entre le CHRS et le Service Alternative, accueillant des Placements Extérieurs, d’une part, et d’autre part le SPIP Urgence. 30 Age des personnes accueillis Âge du public 8 16% 10 21% 18/25 26/45 31 63% 46/66 Si la tranche d’âge 26-45 ans constitue l’essentiel du public accueilli, les deux extrêmes sont au coude à coude, sachant que peu de nos hébergés ont un âge au-deçà de cinquante ans. 70% 60% 50% 40% 2012 30% 2013 Equilibre presque parfait entre ses deux années, hormis une légère baisse pour les plus âgés de nos hébergés. 20% 10% 0% 18 - 25 ans 4 8% 4 8% 4 8% 26 - 45 ans 46 - 66 ans Niveau scolaire 5 11% Primaire Collège 15 31% 16 34% Lycée Bac et + Illetré Autres Les niveaux sont partiellement représentatifs de la réalité, car les entrées en collège ou lycée en restent très souvent au stade de l’ébauche et les abandons scolaires précoces ne permettent pas d’aller au bout de ces cursus. Nous sommes à nouveau devant le constat d’une situation où le niveau d’études peu élevé et le manque de formation fragilisent encore un peu plus le public que nous accueillons et complexifient l’aspect professionnel de notre accompagnement. 31 Origine géographique 80% 60% 40% 20% 0% 2012 2013 Les chiffres restent les mêmes malgré la baisse du nombre de personnes accueillies. Ressources Ressources à l'entrée 3 6% 9 19% 6 12% 0 0% 5 10% Pôle emploi Salaire RSA 0 0% 26 53% Retraite AAH Sans revenus Le RSA est la principale source de revenus à l’entrée en CHRS, ceci étant en lien avec la tranche d’âge la plus représentée, celle des 26-45 ans. Les sans revenus représentent 1/5ème des arrivants, constitués de ceux qui, pour des raisons administratives, ne peuvent prétendre aux minimas sociaux et ceux trop désocialisés en rupture de ban. Pas de personnes bénéficiaires de la retraite car ce profil ne correspond pas aux critères d’accueil en CHRS. Les 18-25 ans, comme à chaque fois, composent l’essentiel du groupe des « sans revenus ». La participation financière à l’hébergement est de 15% des revenus de la personne. Le travail sur la gestion du budget est à reprendre régulièrement. Il est parfois difficile, ce travail, quand la personne ne nous laisse pas la possibilité de l’entreprendre avec elle. Effectivement, quand on aborde le sujet, les réticences sont nombreuses, surtout quand les revenus sont minimaux. Et, c’est le cas de l’ensemble de notre public. 32 Les places SPIP Urgence Dans le cadre d’un partenariat avec le SPIP, le Foyer Millot gère 7 places d’accueils dénommées SPIP Urgence. Ces places sont subventionnées par le SPIP et à leur disposition toute l’année. Au courant 2013, nous avons accueillis 28 personnes, hommes exclusivement, représentant 1 854 journées. 23 personnes sont sorties pendant l’année, équivalent à 2 307 jours d’hébergement pour une durée moyenne de séjour de 100 journées. Orientation à la sortie 2 3 9% 13% 7 30% 3 2 13% 3 3 9% 13% 13% CHRS Millot Hébergement social Prison Tiers Durant un laps de temps assez court, environ 2 à 3 mois, nous essayons d’effectuer un accompagnement social global au mieux des intérêts des personnes que nous accueillons et surtout une orientation en prévision de la fin de mesure de placement. Quand la situation le permet, nous organisons un glissement vers le CHRS, mouvement représentant le tiers des sorties pour 2013. Les difficultés que nous rencontrons sont liées au temps dont nous bénéficions pour intervenir auprès de la personne. En effet, autant certaines situations peuvent trouver une issue rapide et satisfaisante à la fois pour la personne, le donneur d’ordre et nous-mêmes, d’autres, partant de très loin, ne nous permettent pas de construire un projet réalisable dans le temps imparti. D’où frustration pour ce même trio. L’accompagnement social Le CHRS Jean Millot a vu son mode de fonctionnement changé en passant au tout éclaté. Le changement n’a pas été vraiment radical, dans le sens où le CHRS Jean Millot accueillait déjà 25 personnes sur 30 sous cette forme. Néanmoins, si auparavant le collectif était utilisé comme un moyen de prendre la mesure du nouvel arrivant ou de récupérer une personne en train de perdre pied, cette fonction n’existe plus. Quatre à cinq mois plus tard, le constat est que nous observons que la plupart des accompagnements ne posent pas de difficultés particulières, néanmoins, certains suivis ne sont pas adaptés à ce type d’hébergement. Nous parlons là, également, de personnes en grande souffrance psychologique ou psychiatrique demandant une attention presque quotidienne ou de personnes très désocialisées dont les repères sont à reconstruire dans le cadre plus sécurisant d’un collectif. La nouvelle forme d’accompagnement, demandant plus de mobilité de la part des travailleurs sociaux, exige une certaine discipline afin de trouver le juste équilibre entre le travail au bureau et les visites à domicile. Mais il s’agit maintenant d’aller, un peu plus, à la rencontre et d’observer les personnes dans ce qui pourrait être leur futur. 33 L’accompagnement à la Santé Bénéficiant de l’intervention d’une infirmière à raison de deux jours par semaine, pour deux services depuis notre déménagement, une partie non négligeable de l’accompagnement, la santé, est ainsi prise en charge, en collaboration avec les travailleurs sociaux. Des rendez-vous sont pris par les personnes dans nos bureaux et des interventions directement dans les appartements sont organisées en fonction des besoins repérés. Chaque personne accueillie au CHRS Jean Millot est vue une première fois par l’infirmière, libre à la personne de donner suite ou pas. Néanmoins, en cas de refus d’accompagnement dans un premier temps, le référent devra, dans la continuité du suivi, tenter régulièrement de provoquer la rencontre. La mise en place d’intervention d’infirmiers libéraux dans les appartements préexistait à la nouvelle configuration du service sans que cela suscite de problèmes particuliers. La sensibilisation des personnes sur des thématiques de santé fait également partie de nos objectifs. Pour cela, un certain nombre de thèmes vont être évoqués avec eux afin de choisir les plus pertinents et les mieux adaptés. Ces actions seront coordonnées avec l’Accueil Koenigshoffen. D’autre part, nous profitons d’un espace, en cours de convivialité, qui devrait nous permettre d’engager des activités tel que l’éveil à une cuisine plus saine, de la relaxation ou simplement de prendre un café. L’accompagnement à l’emploi L’accès à l’emploi reste une des difficultés majeures de notre public pour toutes les raisons déjà exprimées tout au long de l’étude des différents graphiques qui parlent de notre travail. Niveau d’étude minimal, peu ou pas de formation, parfois même, pas d’envie de travailler, autant d’éléments qui ne favorisent pas l’insertion ou la réinsertion dans le travail. Nos partenaires privilégiés restent principalement les chantiers d’insertion ouverts à un public en quête d’apprentissage ou réapprentissage d’une activité salariée. Chantiers où six personnes ont pu démarrer des contrats, renouvelés à plusieurs reprises, dont un encore en cours, quatre n’ayant pas débouché sur le milieu ordinaire et un autre bien engagé auprès de la CUS. Quelque soit l’âge de notre public, nous pensons très souvent aussi en terme de formation avant de penser travail. Mais les personnes que nous accompagnons s’imaginent plus volontiers en travailleur salarié qu’en apprenant. A nous d’essayer de les convaincre. Pour d’autres, se projeter dans le travail passe d’abord par une reconquête de leur santé pour ensuite envisager une formation comme six personnes ont pu le faire au cours de l’année. Pour cinq personnes salariées à l’arrivée qui n’ont pas toutes réussi à conserver leur travail, cinq autres ont entamé une activité professionnelle toujours d’actualité. D’autre part, trois personnes ont enchaîné des missions intérim de manière irrégulière tout au long de l’année. Deux personnes ont également adhéré à notre proposition d’atelier de redynamisation avec plus ou moins de succès. Succès par contre pour un jeune homme accueillis avec sa mère, et qui a pu continuer ses études à l’université. 34 L’accompagnement à la sortie du CHRS Les items employés pour ce tableau sont les mêmes que ceux utilisés pour l’ALT : logement durable (bailleur social ou privé, y compris Résidence sociale et Maison relais), hébergement provisoire (CHRS, Urgence, Stabilisation), autres (rue, squat, prison, hôpital), Inconnu. La part importante, plus de la moitié, prise par la catégorie « autres » s’explique en partie par un retour assez fréquent en maison d’arrêt, des hospitalisations pour aggravation de pathologie et des sorties pour des problèmes de comportement. Les 1/5ème des sorties représentant l’item « inconnu », sont issus de départs volontaires ou d’exclusions pour non respect du règlement, ne nous donnant pas de nouvelles sur leur futur. Enfin, pour terminer sur une note positive, plus d’un quart des sortants bénéficient d’un « logement durable ». La diminution très nette du pourcentage de personnes percevant le RSA à leur sortie au bénéfice de ceux percevant des revenus issus du travail est le point positif essentiel de l’étude de ces paramètres. Les retraites sont inexistantes vu l’âge des personnes ne dépassant pas, pour le plus vieux, les cinquante cinq ans. 35 Confirmation sur ce diagramme de la remarque faite précédemment, baisse des revenus provenant du RSA et augmentation de ceux provenant du travail. Les trois quart des sortants bénéficient d’un revenu au moment de quitter la structure, pourcentage à peu près identique qu’à l’entrée. La différence dans cette comparaison vient du fait que 20% des revenus RSA à l’entrée, passe dans le pourcentage salaire à la sortie. Le bout du tunnel pour la plus grande partie de nos futurs sortants est l’accès au logement. Nombre de situations sur le point d’aboutir, sont freinées, pour ne pas dire bloquée, par la difficulté d’accéder à un logement. Un travail méthodique de mise en place des demandes, des relances, des sollicitations est nécessaire pour espérer une réussite néanmoins aléatoire, tout ceci conditionnant bien entendu les futures entrées. L’accompagnement à la culture et aux loisirs Les activités que nous avons pu mettre en place cette année sont essentiellement des activités type; randonnées dans les Vosges et atelier cuisine collectif. Toujours dans le domaine de l’alimentation, des ateliers cuisine ciblés sont régulièrement organisés dans les appartements. Hormis ceux-ci, l’aspect culturel des activités est plutôt bien représenté. Un atelier écriture est organisé de manière hebdomadaire et de nombreuses sorties telles que : Théâtre, Cinéma, Concert sont proposées tout au long de l’année de façon très régulières. Le conseil de vie sociale Des réunions rassemblant les hébergés ont régulièrement été organisées tout au long de l’année dans l’esprit des CVS. Ces rencontres collectives avec les hébergés nous permettent de faire passer certains messages et faire émerger des demandes ou envies. Deux parmi ces réunions ont été particulièrement importantes, d’une part celle concernant l’information sur le départ de M. RICQ et l’arrivée de Mme BOUCHRA, ainsi que celle informant du passage au tout éclaté du service. L’année à venir doit conforter le travail engagé dans la construction opérationnelle des CVS. 36 Supervision/GAP Un groupe d’analyse des pratiques, animé par une psychologue, a lieu une fois par mois, mutualisée avec l’Accueil Koenigshoffen. La nécessité d’un lieu tiers d’écoute n’est plus à démontrer pour des travailleurs sociaux confrontés à un public en souffrance et à une pratique en adaptation. Formation des salariés L’équipe n’a pas bénéficié de formation individuelle ou collective durant l’année. Partenariat Le Centre de jour en Santé Mentale où est basée l’Equipe Mobile Psychiatrie Précarité et le CMP Pinel, sont nos principaux partenaires en ce qui concerne l’accompagnement, psychologique ou psychiatrique, des personnes que nous accueillons. D’une part, ils interviennent par le biais d’une permanence auprès du public dans nos locaux et d’autre part, auprès de l’équipe lors d’une réunion mensuelle où sont évoqués nos suivis communs et les difficultés d’intervention que nous pouvons rencontrer. La Banque Alimentaire nous a accompagné jusqu’au bout de notre présence rue Thomas Mann en mettant à notre disposition une livraison hebdomadaire de produits de qualité correspondant à nos besoins. L’association Tôt ou T’Art, nous fait profiter de son réseau et est devenu notre principal partenaire au niveau culturel. Perspectives 2014 Nos axes de travail pour cette année 2014 : Améliorer l’accès à la culture, aux sports et aux loisirs en multipliant les propositions auprès de notre public et favorisant la participation en collaboration avec l’Accueil Koenigshoffen, Lancer un programme d’actions collectives sur la santé, l’alimentation, l’emploi,... Améliorer notre partenariat de manière concrète, Rechercher et proposer des formations collectives adaptées aux travailleurs sociaux en lien avec les besoins des services, Participer en interne à l’harmonisation des pratiques éducatives. 37 CHRS PRECHTER Et les actions NEUHOF et EN AVAL 34 rue Thomann 67000 STRASBOURG Tél : 03 90 41 17 25 Fax : 03 88 22 20 87 Mail : [email protected] 38 ORGANIGRAMME DU CHRS PRECHTER ET LES ACTIONS NEUHOF / EN AVAL 39 CHRS PRECHTER ET LES ACTIONS NEUHOF / EN AVAL CHRS Prechter : 20 places individuelles, jeunes de 18-25 ans orientés par le SIAO. Service En Aval : 10 ménages, sortants de CHRS de l’association. Action Neuhof : 10 ménages, bénéficiaires des minima sociaux orientés par le SIAO. Des différences existent entre le CHRS PRECHTER et les actions En Aval et Neuhof, notamment en ce qui concerne les durées de prise en charge et les contraintes liées à l’hébergement (participations, aides financières…). Cependant, l’équipe est porteuse d’une conception transversale du travail social avec une volonté de trouver des pratiques adaptées selon les parcours individuels. L’activité du CHRS PRECHTER en chiffres Le CHRS Prechter a accueilli 31 personnes cette année, un nombre stable par rapport à l’année dernière. Il a réalisé 7 716 nuitées sur 7 300 soit un taux d’occupation de 105 %. Malgré nos précautions pour éviter une suractivité, nos prévisions pour les sorties programmées n’ont pas étaient effectives. Ainsi un couple avec enfant qui devrait sortir en fin d’année a décliné une proposition de logement, ce qui nous a amené à reconduire sa prise en charge. Foyer Prechter Année 2011 2012 2013 Nombre de personnes accueillies 32 33 31 Nombre de personnes admises 10 16 11 Nombre de personnes sorties 15 13 11 L’âge moyen des personnes accueillies Durée moyenne de séjour 21 18 22 20 22 13 107% 94% 105% Taux d’occupation Nous avons admis 11 personnes cette année un peu moins que l’année dernière : 10 isolés et une naissance. Nous avons réalisé 11 sorties : 1 couple et 9 personnes seules. Parmi les sorties il y a eu : 1 relogement par attribution, 1 orientation vers le service EN AVAL, 1 personne qui est partie sans nous prévenir et 4 personnes sont retournées dans leurs familles. Parmi ces sorties, seules deux personnes avaient un emploi. Manquants parfois de repères, malmenés par les difficultés de notre société consacrant de plus en plus le chacun pour soi, certains se sentent trop jeunes ou pas assez outillés pour affronter la vie seul et paraissent tourner en rond avant de retrouver la famille qu’ils ont au départ tentée d’abandonner. Ils reprennent contact avec les parents soit après un apaisement des tensions familiales soit lorsqu’ils ont besoin un temps de s’appuyer sur la solidarité familiale. 40 La durée moyenne de séjour La durée moyenne de séjour est en diminution par rapport aux années précédentes, elle est de 13 mois et demi. De 2 à 3 mois 2 personnes De 4 à 6 mois 4 personnes De 7 à 1 an 2 personnes De 13 à un An et demi 3 personnes. Age moyen L‘âge moyen des personnes était de 22 ans, il n’a pas changé par rapport aux années précédentes. Les plus représentés sont les 18-20 ans avec 37 %, les 21-22 ans constituent 30 %, enfin les 24-26 ans représentent 33% des personnes. Composition familiale Les ménages accueillis sont, soit des hommes isolés, soit des femmes seules, soit des couples. Nous essayons de préserver un certain équilibre sachant que les ménages les plus représentés restent toujours les hommes seuls puisqu’ils sont les plus nombreux à nous solliciter pour une prise en charge. Ils constituent 60 % du public accueilli, les couples 20 % et les femmes seules 10 %. Les couples avec enfant restent une exception car c’est au cours du séjour que naissent ces enfants. Nombre de ménages Nombre de personnes 3 6 20% Homme seul 19 19 60% Femme seule 3 3 10% Couple avec enfants 1 3 10% 26 31 100% Composition familiale des ménages accueillis à Prechter. couples sans enfants Total % Situation (hébergement) des ménages à l'entrée Le tableau suivant montre qu’une proportion importante, soit 39 %, des personnes étaient hébergées dans un accueil temporaire (115 et/ou un accueil d’urgence), et 26 % provenaient de chez leurs familles/ parents (jeunes qui cherchaient à s’éloigner d’un milieu devenu insupportable, ou tout simplement avaient quitté leur famille et tentent de faire leur vie hors du cocon familial). 41 Situation (hébergement) des ménages Prechter à l'entrée 115/urgence Stabilisation Famille (Suite conflit familial/parents) Protection Judiciaire de la Jeunesse Foyer des jeunes majeurs. Tiers Centre pénitencier Hôpital Une naissance Total Nombre 12 3 8 1 1 3 1 1 1 31 % 39% 10% 26% 3% 3% 10% 3% 3% 3% 100% Ressources des ménages accueillis Le tableau suivant fait apparaître les éléments suivants : La majorité des personnes accueillies, soit 45%, sont sans ressources. 26 % ont des ressources issues de l’emploi, 10% sont au chômage, 6% sont en formation rémunérée. Les personnes ayant le RSA constituent 13 %, ce sont souvent des personnes qui, soit sont en couple avec un ayant droit ayant plus de 25 ans, soit ont un enfant. Ressources des ménages accueillis à Prechter RSA Salaire, ARE, ATA , AAH Sans ressources Formation (rémunérée) Chômage Total Nombre 4 8 14 2 3 31 % 13% 26% 45% 6% 10% 100% L’activité du CHRS PRECHTER en chiffres Le dispositif dénommé En Aval (Accompagnement Vers l’Autonomie Locative) est agréé pour 10 ménages et propose un hébergement en éclaté. Il est destiné à l’accompagnement de ménages logés « en amont » par une structure sociale d’hébergement, (CHRS, place de stabilisation …) qui ne nécessitent pas ou plus un accompagnement social dense hormis une aide pour accéder à l’autonomie locative. Les personnes accueillies doivent avoir les moyens d’assurer la charge et la responsabilité d’un bail locatif. Autrement dit, elles doivent pouvoir s’acquitter à frais réels des coûts locatifs relatifs à leur hébergement. Ce dispositif permet à la fois d’écourter la durée des séjours en CHRS ou en place de stabilisation et de fiabiliser la sortie du dispositif d’hébergement. Il est l’occasion pour les ménages qui y sont accompagnés d’expérimenter une autonomie accrue, et d’assumer les responsabilités et devoirs incombant à tous locataire. Selon les situations, l’accompagnement vers l’autonomie locative par le Service En Aval consiste, soit à mener la négociation de glissements de bail en faveur des ménages hébergés, soit à accompagner les ménages dans la recherche de logements autres que ceux dans lesquels ils sont hébergés. 42 L’activité du Service EN AVAL en chiffres Le service En Aval a accueilli 13 ménages différents soit 30 personnes. Un chiffre inférieur par rapport à l’année dernière mais qui reste important étant donné la capacité d’accueil du service qui est de 10 ménages. Les ménages proviennent notamment du CHRS Prechter (6 ménages), du SARS (2 ménages), de l’AHPF (2 ménages), de l’Action Neuhof (2 ménages) et du CHRS Millot(1 ménage). Le service En Aval a réalisé 7602 nuitées, avec un taux d’occupation de plus de 100% SERVICE EN AVAL Année 2011 2012 2013 Nombre de ménages accueillis 18 18 13 Nombre de ménages admis 6 7 7 Nombre de ménages sortis Durée moyenne de séjour 9 9 mois 11 9 mois 2 9 mois Taux d’occupation 100% 100% 100% Le service En Aval a admis 7 ménages un chiffre stable par rapport l’année dernière : 1 femme seule avec trois enfant, 1 couple avec cinq enfants, 3 hommes seuls et 2 femmes seules, soit au total seize personnes. Le service a réalisé la sortie de deux ménages un chiffre moins important par rapport aux deux années précédentes : 1 couple, et 1 femme seule avec trois enfants, soit 6 personnes. Les deux ménages ont été relogés suite à des attributions dans le parc social. La durée moyenne de séjour est restée stable par rapport aux années précédentes elle était cette année de 9 mois. L’activité du Service ACTION NEUHOF en chiffres L’Action Neuhof a vu le jour suite au mouvement des Enfants de Don Quichotte, en avril 2007. Nous disposons de 10 appartements F1 mis à disposition par CUS HABITAT dans le quartier du NEUHOF. Nous accueillons des hommes seuls ou des femmes seules. Il s’agit de personnes qui ont un long passé dans l’errance, cumulant des problèmes sociaux, économiques et de santé, qui, souvent, ont refusé les collectifs en raison de difficultés à supporter des contraintes, ou ont été refusées par d’autres structures en raison des problèmes de comportement. Avec ces personnes, les parcours de réinsertion sont généralement longs. Parce qu’assurer un toit, et savoir entretenir un logement souvent considéré comme une évidence, peut s’avérer difficile pour un public qui a un long passé à la rue : le refuge d’un logement révèle parfois l’impossible d’exister. Evidence de terrain qu'il faut sans cesse rappeler. Avec ce public il faut d’abord prendre le temps de faire désapprendre les codes de la survie à la rue, au squat, dans une entrée de l’immeuble avant de tenter de réinsérer dans ce qui est le logement. Cela s’oppose bien évidemment aux normes des prises en charges classiques. Pour chacun, la sortie vers un logement autonome reste un objectif à atteindre. 43 Nous avons accueilli 10 personnes différentes cette année à l’action Neuhof. Les femmes seules constituent 20% de l’ensemble des personnes accueillies. Nous avons réalisé 3558 nuitées sur 3650 soit un taux d’occupation de 97% en baisse par rapport à l’année dernière (99%), en raison de l’inoccupation d’un logement durant 3 mois à la suite d’un décès qui a nécessité un temps d’enquête pour retrouver la famille du défunt. L’âge moyen des personnes accueillies est de 44 ans : les plus représentées sont les 35-40 qui constituent 60% du public accueilli ; les 41-50 ans représentent 30% ; 10% ont plus de 60 ans. Le niveau scolaire ne dépasse pas le collège pour 80 % d’entre eux. Et 20 % ont un niveau secondaire. La quasi-totalité (90%) n’a d’autres ressources que le RSA. Pour les personnes accueillies, les souffrances physiques ou psychiques sont les plus préoccupantes, avant toute action de réinsertion socio professionnelle : 80 % souffrent d’une problématique d’addiction, 20% d’un trouble psychique ou d’une affection neurologique. Nous avons accompagné cette année trois personnes à des hospitalisations allant d’une semaine à un mois. Une personne a séjourné deux fois en cure de désintoxication. Et parce que ces personnes sont souvent dans le déni de la maladie ou la crainte des soins : l’accompagnement à la santé est chaotique… et certains, avec l’avance dans l’âge, ils voient leur état de santé nettement se détériorer. C’est avec ces éléments qu’il faudra compter pour aider chacun à reconstruire et organiser sa vie, à trouver un sens personnel sur lequel s’appuyer pour vivre avec les contraintes sociales que cela suppose, en société. N’oublions pas cependant que ces personnes portent malgré tout un potentiel d’énergie, de volonté de survivre…de quoi restaurer l’estime de soi et la confiance pour relancer une dynamique positive permettant d’espérer toujours un mieux être. L’accompagnement social Accompagner des jeunes de moins de 25 ans reste une mission complexe quand ces jeunes sont sans formation, sans emploi, sans ressources, non éligibles aux minima sociaux. Nous constatons la plupart du temps, que les personnes ont un faible niveau d’étude et une absence de qualification. Certes en matière d’insertion professionnelle, un certain nombres d’actions sont mises en œuvre pour lesquelles les jeunes sont considérés comme « public prioritaire » : formation en alternance, stages, contrat d’avenir…… Or sur le terrain, dans le cadre de l’accompagnement de ces personnes, on constate que les dispositifs d’insertion professionnelle mis en œuvre sont souvent pris dans les cultures du projet et du résultat, et ne prennent pas assez en compte les difficultés spécifiques des jeunes « désaffiliés », ayant du mal à définir un projet professionnel. Par ailleurs, les employeurs présentent des exigences peu présentes chez les jeunes en situation de précarité : en plus d’un diplôme ou une qualification, il faut aussi une sociabilité et une capacité d’adaptation aux contraintes de l’entreprise. Au regard de ce contexte, un nombre important de jeunes, en situation de rupture familiale et sociale, la mobilisation pour l’emploi est souvent longue. Ils disent vouloir « travailler » mais se sentent en même temps disqualifiés pour le marché de l’emploi. Ayant des niveaux de formation très faibles, ils se sentent souvent déphasés dans les formations proposées. Ils ont le sentiment de revivre les échecs scolaires passés et rejettent très rapidement les différentes formations. Le plus symptomatique chez certains ce sont souvent les retards aux rendez-vous, voire les absences et parfois ils ne se présentent même pas à une opportunité de formation ou d’emploi. 44 Dans un contexte économique contraint, ces difficultés sont parfois renforcées par des problématiques de santé, de justice, de surendettement, ou bien encore de ruptures familiales. Préexistants ou révélés pendant la prise en charge, ces problèmes viennent contrarier le projet initial et tendent à prendre le pas sur toute autre considération : l’entrée en CHRS offre une adresse ; et c’est parce que les personnes ont à nouveau une adresse, que les voilà rattrapées par la Justice, par des dettes, par un passé familial douloureux ou par un entourage dont ils avaient voulu se défaire. Notre accompagnement social se doit d’embrasser la complexité de ces situations et de ces parcours de vie riches et tumultueux. Si cette complexité rend incontournable l’émergence d’une relation de confiance, elle nécessite aussi de trouver des points d’appui extérieurs au CHRS. Travailler à construire un réseau susceptible d’apporter, sinon des solutions, du moins un soutien, qui facilitera la résorption des difficultés que la personne accueillie rencontre, participe pleinement de notre accompagnement social. Un médecin généraliste, un cabinet infirmier, une association d’aide à domicile, un psychiatre libéral, un centre médicopsychologique, un service de prévention du Conseil Général… Autant de professionnels avec lesquels nous sommes susceptibles de travailler et vers lesquels nous orientons les personnes. L’accompagnement vers l’emploi Le tableau fait apparaître des éléments concernant l’accompagnement à l’emploi et la formation dans les trois services. C’est avec les ménages accueillis à Prechter que l’accompagnement est le plus important tant pour la formation (10 ménages) que pour l’emploi (22 ménages). Au service En AVAL par contre les ménages sont en voie de sortie et l’essentiel de l’accompagnement a déjà été fait en amont. La plupart sont aux frais réels et sont en attente d’un glissement de bail ou d’une attribution. Un ménage a été accompagné pour une formation et trois pour un emploi. A l’action Neuhof, les personnes sont très éloignées de l’emploi, néanmoins nous avons accompagné une personne pour une formation cette année même si cette dernière n’est pas allée au bout du cursus. Deux personnes ont été accompagnées pour des démarches d’emploi en contrat aidé et en Intérim mais sans résultat. Nos partenaires : Pôle Emploi ; Missions locales et relais emploi ; Cap emploi ; Entreprises d’insertion… Accompagnement Formation % Emploi % En AVAL 1 4% 3 10% PRECHTER 10 32 % 22 70% Action Neuhof 1 10% 2 20% 45 Accompagnement pour la gestion du budget La gestion de l’argent est une difficulté pour une part importante de notre public. Les personnes sans ressources qui perçoivent une aide de subsistance nous sollicitent parce qu’elles n’arrivent pas à se projeter pour la semaine. C’est le cas de certains jeunes pour qui l’argent de l’aide de subsistance est souvent confondu avec l’argent de poche. Les personnes qui vivent des minimas sociaux ont par contre du mal à payer une participation et celles qui sont endettées évitent de nous en parler. S’engage tout un travail pour les sensibiliser sur la gestion de leur salaire ou ce qu’elles perçoivent comme aides mais en tenant compte du rapport de chacun aux institutions de l’aide sociale et à l’argent. Pour les personnes dont les ressources le permettent nous insistons sur l’idée qu’elles seront un jour locataires d’un logement et donc sur la nécessité de payer une participation à l’hébergement. Pour les jeunes, le sujet de l’argent est souvent l’occasion pour nous de les renseigner sur la valeur de l’argent et sur ce que l’on peut en priorité acheter avec. La plupart des jeunes accueillis rêvent d’avoir leur première carte bancaire pour s’acheter les grandes marques de vêtements de sport, de téléphone mobile, de jeux vidéo, …et notre travail est de les rappeler à chaque fois à la réalité. Pour les personnes qui ont été longtemps à la rue qui occupent pour la première fois un logement, ce travail prend parfois du temps car la plupart n’ont jamais fait du loyer une priorité. Accompagnement Budget % EN AVAL 6 20% PRECHTER 6 19% Action Neuhof 3 30% Nos partenaires : Service surendettement de la Banque de France ; C.R.E.S.U.S. ; U.D.A.F. ; RSAvenir,… Accompagnement aux soins L’accompagnement aux soins est une de nos préoccupations dans l’accompagnement des personnes. Certaines personnes arrivent dans nos services déjà bien fragilisées. D’autres, on découvre la problématique de santé au cours de leur séjour. Au service En AVAL 4 personnes ont été accompagnées pour des soins. A Prechter on dénombre 9 personnes. Et à l’Action Neuhof 8 personnes sur les 10 sont concernées. La gravité et le degré d’atteintes aussi bien physiques que psychiques sont observés chez les personnes accueillies à l’action Neuhof étant donné leur passé à la rue. Au CHRS Prechter par contre on dénombre plus de personnes avec des fragilités psychologiques. Si on s’accorde à dire que la santé est un bien précieux il faut quand même faire avec le déni de la maladie de certains, et le refus de se soigner pour d’autres qui sont des freins entravant le bon déroulement des soins. Accompagnement Santé % EN AVAL 4 13% PRECHTER 9 29% Action Neuhof 8 80% Nos partenaires : C.P.A.M. ; Mutuelles ; Assurances Equipe mobile de précarité (santé mentale) ; C.G. 67 (permanences et interventions infirmiers) ; 46 Accompagnement à la culture et aux loisirs En 2013, Nous avons participé au « Coup de Cœur Littéraire », évènement soutenu par le Conseil Général et organisé par l’ISSM, école de travail social de Mulhouse. Cette opération culturelle a pour objectif d’amener un public en fragilité vers le plaisir de la lecture et l’échange avec d’autres personnes sur des questions littéraires. Le thème choisi cette année était « le temps ». Les personnes hébergées qui ont participé se sont retrouvées à Mulhouse pour le lauréat du prix « coup de cœur ». Si aucune n’a reçu le prix, elles ont eu la satisfaction d’avoir lu les livres sélectionnés et ont été très contentes d’avoir participé à l’évènement. Il a également été proposé une sortie au château du Haut-Koenigsbourg afin de visiter une partie du patrimoine régional et historique. Comme les années précédentes, le CHRS Prechter a associé les usagers de l’Action Neuhof et du Service En Aval à la fête de fin d’année : une vingtaine de personnes se sont retrouvées autour d’un buffet dinatoire… après une initiation au patin à glace, à la patinoire de plein air à Riv’étoile installée durant la période de Noël. Pour certains, il s’agissait de leur premier essai sur des patins. ACTIONS EN 2013 Mise à jour des outils de travail de la loi de 2002-2 En 2013, nous avons mis à jour différents outils relatifs de la loi 2002-2./ : le contrat de séjour, le livret d’accueil et le règlement de fonctionnement Le projet pédagogique a été réactualisé en fonction des nouveaux outils et par rapport aux exigences des conventions avec les organismes de tutelles, et la nouvelle donne dans le secteur de l’aide sociale à l’hébergement Groupe d’expression Nous avons mis en place le premier groupe d’expression répondant aux critères du CVS (Conseil de Vie Sociale) ce mois de Décembre. Des invitations ont été faites à tous les hébergés mais les participants étaient peu nombreux. Vu le peu de participants le nouveau règlement de fonctionnement n’a pas été soumis au groupe d’expression pour validation. Une autre réunion est programmée pour 2014. Formation des salariés L’équipe a une certaine dynamique en termes de formation : outre la participation à des journées ponctuelles de formation et information (journées du CODELICO, journée mariages forcés, etc…), une salariée suit un cursus sur la psychanalyse, et une autre est inscrite au DEIS. 47 Séances de supervision L’ équipe bénéficie de séances mensuelles de supervision et d’analyse des pratiques avec une psychologue extérieure à l’association Perspectives 2014 Les perspectives pour 2014 sont la mise en place d’activités orientées vers la pratique sportive afin de répondre aux demandes des personnes hébergées, ainsi que la reconduite de l’évènement culturelle « Coup de cœur Littéraire » sur le thème de la Méditerranée. Sensibiliser les publics accueillis sur la participation aux actions collectives et sur les possibilités of- fertes en matière de loisirs et d’animations culturelles sur leurs lieux d’hébergement. Développer et organiser une meilleure prise en charge des problématiques de santé des personnes hébergées par la prévention et le dépistage en partenariat avec le secteur sanitaire et médicosocial. Porter une attention particulière à la participation des personnes accueillies et consacrer leurs droits notamment leur expression sur les services proposés. Mobiliser les usagers pour la participation au « groupe d’expression ». Après les premiers contacts de cette année nous prévoyons un partenariat avec la maison des adolescents. Spécialisée dans l’accueil et l’écoute des 12 -21 ans elle pourra nous être utile soit pour des orientations, ou de formation des professionnels à la prise en charge des difficultés des adolescents. 48 PÔLE ACCUEIL, HÉBERGEMENT ET INSERTION Les services de stabilisation 49 ACCUEIL DES DEUX RIVES 12 rue Thomas Mann 67200 STRASBOURG Tél : 03 88 60 13 13 Fax : 03 88 60 19 17 Mail : [email protected] 50 ORGANIGRAMME DE L’ACCUEIL DES DEUX 51 ACCUEIL DES DEUX RIVES L’Accueil des Deux Rives, se trouvait jusq’au 15 septembre 2013 au 4, rue de Lübeck Strasbourg date à laquelle il a déménagé au 12 rue Thomas Mann dans un bâtiment offrant toutes les conditions d’hygiène et de sécurité. Aussi la capacité d’accueil est passée de 15 à 17 personnes, le profil des personnes accueillies reste inchangé à savoir des personnes marquées par un long parcours et désocialisées depuis des années, vivants dans la précarité et l’exclusion. L’accueil des Deux rives s’adapte aux besoins des personnes sans domicile fixe en offrant une solution d’hébergement stable et non contrainte. Les personnes Les admissions en 2013 3 personnes admises au cours de l’année 2013 : 2 venant de l’EPSAN 1 venant du CHRS Millot 18 personnes accueillies au cours de l’année 2013. L’accueil des Deux Rives n’a pas connu de flux important durant l’année 2013, les personnes sont éloignées de l’accompagnement à un parcours résidentiel et n’ont pas la capacité d’intégrer d’autres dispositifs. Les seuls sorties sont celles pour un long séjour en milieu médical, les décès, les départs volontaires et l’exclusion de la structure pour des faits graves. Nous notons 4 fins de prise en charge au cours de l’année 2013 : 1 décès 1 exclusion 2 départs volontaires L’âge 52 Mesures de protection : 10 personnes Les revenus L’accompagnement des résidents Nous accueillons des personnes désocialisées ayant vécu de nombreuses années à la rue, des personnes précaires, abimées par la rue et l’exclusion, souffrant de pathologies physiques et psychiques et sujet à l’addiction. Avec ce profil de personne, l’accompagnement consiste à trouver un équilibre entre l’accompagnement au quotidien à une forme de ré socialisation progressive et de respecter le choix de vie des personnes. Le travail consiste à identifier les problématiques ; pour la majorité ce sont des problèmes d’addiction à l’alcool, des capacités physiques et mentales de plus en plus réduites, le manque d’hygiène pour des raisons d’incontinence….etc. Travailler dans ces conditions exige de l’équipe un niveau de tolérance important et d’axer l’accompagnement sur le quotidien et la santé. Informer et orienter Une part importante de l’accompagnement fait par le travailleur social est de les informer de leurs droits. En fonction des situations des orientations sont proposées mais pour la majorité des résidents, le travailleur social va accompagner physiquement. La plupart de ces accompagnements sont d’ordre administratif. Cependant, beaucoup de démarches administratives doivent être effectuées dans l’urgence, la perte de documents, l’absence de justificatifs au moment d’une demande nécessite, dans beaucoup de situations, une réactivité importante. Il peut arriver que la réponse puisse être différée mais la proximité des résidents avec les salariés a pour conséquence l’exigence d’une réponse rapide voire immédiate. La notion de temporalité n’est toujours pas admise par les résidents, l’accompagnement social qui leur est proposé doit tenir compte de ce facteur. 53 Ecouter et soutenir La relation de confiance qui s’établit de façon contractuelle entre les salariés et les résidents passe par l’écoute qui peut être proposée aux personnes accueillies. Les tâches collectives favorisent les espaces de discussions informelles permettant d’appréhender les problématiques sociales différemment. La prise en charge proposée implique tous les salariés : travailleur social, auxiliaires de vie, veilleur de nuit, l’infirmière, le chef de service qui sont amenés à créer du lien avec les résidents autrement que dans une relation duelle dans un bureau. Ce temps d’écoute, que le salarié et le résident partagent, permet de travailler la question de l’estime de soi par la reconnaissance de l’autre dans sa difficulté quelle qu’elle soit. Toutefois, certaines catégories de salariés ne sont pas formés à l’écoute et peuvent rencontrer des difficultés lors de certains échanges et ne savent pas quoi faire des informations qui leur sont données. L’alimentation L’organisation des repas s’inscrit dans un planning hebdomadaire pour les résidents où les différentes tâches à accomplir sont réparties équitablement. Les auxiliaires de vie , guident les personnes dans une approche respectueuse et conviviale dans l’implication quotidienne. Nous sommes attentifs à ce que chacun soit valorisé par sa participation, et de les aider à restaurer la confiance et l’estime en soi. Le planning c’est aussi un moyen de mesurer le niveau d’implication et d’autonomie de chacun, d’évaluer son évolution ou encore les freins rencontrés. Les temps des repas sont un espace d’apprentissage des règles d’hygiène et de la vie en collectivité. En fin d’année, l’équipe a réfléchi à la mise en place d’un outil de gestion hebdomadaire des menus afin de facilité la commande des aliments et la gestion des repas. Cet outil fait apparaître la composition détaillée et différenciée des menus de la semaine. L’effet de cet outil est positif, il apaise les tensions provoquées chez certains résidents insatisfaits par les menus servis et de ce fait, il tend à instaurer une ambiance plus sereine autour des repas. En 2013, nous avons organisé des repas festifs lors des anniversaires et des fêtes de fin d’année. 54 L’hygiène Dans le respect des bonnes pratiques professionnelles, les actions développées s’inscrivent dans une démarche de socialisation. L’objectif étant d’acquérir de l’assurance, de redonner à la personne les moyens de se respecter. L’accompagnement prend toute sa dimension dans ce « faire avec la personne »et non de faire à la place. C’est ainsi qu’il est possible de leur réapprendre tout ce qu’ils ont oublié lors de leur parcours de rue. Réapprendre à entretenir le lieu de vie ou se réapproprier l’hygiène corporelle ne sont pas des actes habituels et appellent à un accompagnement basé sur la répétition pour certains et jusqu’à l’accompagnement physique pour d’autres ( la douche, l’entretien de la chambre….). La laverie La laverie à l’accueil des deux rives, permet aux résidents de faire leur lessive tout en étant accompagnés par un salarié. Cet accompagnement est investit différemment selon les personnes accueillies. Certaines personnes autonomes sont en capacité de gérer elles même l’entretien de leurs effets personnels et une grande majorité non autonome a besoin d’être accompagnée. La question de l’hygiène n’est pas facile à aborder car elle relève de l’intime et on ne se sent pas toujours légitime à dire à une personne qu’elle n’est pas propre, que ses vêtements sentent mauvais… C’est pourquoi le lien qui se crée dans cet espace est important dans la relation à l’autre et le fait que ce soit un espace particulier et non pas un bureau, permet une relation différente tout en restant dans le cadre éducatif. L’accès aux soins Grace à la présence dans l’équipe d’une infirmière salariée, les résidents ont pu bénéficier de soins de proximité pour des pathologies diverses : pansements, injections, problèmes dermatologiques,… Ces interventions sont parfois nécessaires pour faire prendre conscience aux personnes la nécessité d’une prise en charge par un médecin ou un hôpital. Mais l’activité principale de l’infirmière est de garantir aux résidents un suivi médical en lien avec les partenaires santé et d’être à l’écoute des difficultés santé que rencontrent les résidents. Les pathologies rencontrées ont concernées 11 résidents. Chacun des onze résidents présentent des pathologies liées à des problèmes d’addiction à l’alcool pour neuf d’entre eux et pour deux des troubles psychiatriques chroniques. 55 Les actions mises en place par l’infirmière : Identification du médecin traitant référent Mise en place et suivi des traitements prescrits Les grilles AGGIR (évaluer l’autonomie) Les entretiens infirmiers Bilan des soins infirmiers : Soins infirmiers Préparation semainier Injection Vaccination Attelle Pédiluve (soins des pieds) Manucure Douche Toilette au lits Soins post-opératoire Soins plaies locaux Mesure paramètres vitaux Suivie du poids des résidents Glycémie sur sang capillaire insuline Entretient ou relation d’aide Nombre de résident pris en charge 1 3 11 2 10 10 2 1 4 8 9 11 2 1 11 Bilan d’accompagnement santé : Spécialiste des santé Nombres de résident pris en charges Médecin traitant Psychiatre Radiologue Dermatologue Dentiste laboratoire Gastro-entérologue Traumatologue 10 3 3 3 3 5 3 4 Cardiologues Angéiologue 2 2 56 Bilan des hospitalisation Hôpitaux Nombre de résidents hospitalisé Ch Brumath (Epsan ) 4 Ch Erstein 2 Urgence N.H.C 3 Médicale B H.U.S 2 Traumatologie C.H.U Hautepierre 3 Bilan synthèse santé Spécialiste de santé Nombre de résidents Médecin traitant 10 Ch Brumath (epsan) 1 Epsan (programme de soins HO) 1 Cmp Pinel 3 Cmp rue de Berne 2 Médical B HUS 1 L’infirmière désinfecte l’infirmerie et le matériel médical 1 fois par semaine. Vérification de la trousse de secours 1 fois par mois. Assiste à la réunion d’équipe tous les mardis La structure déplore le décès d’un résident au Urgences du N.H.C. A travers ces données, nous pouvons constater que les résidents de l’Accueil des Deux Rives sont devenus acteurs de leur santé. Au fil des jours qui passent, ils ont besoin d’être constamment accompagnés, tenant compte de la dégradation de leur état de santé. Il reste toujours une zone d’ombre, il faudra du temps, certes, à les amener vers la douche et à se réapproprier un bien être corporel. Projet santé 2014 L’infirmière souhaite mettre en place des animations ayant pour but la prévention (hygiène, équilibre alimentaire, prévention addiction, MST…) et la présence des résidents au sein de la structure dans un projet grand froid et canicule. Se soigner n’est pas un luxe mais une nécessité pour lutter contre l’exclusion sociale. Une année 2013 riche en changements, mais qui sont tous porteurs de prise de conscience qui nous amène à continuer à faire changer les mentalités. Les actions santé menées ont permis d’interpeler les résidents, de partager leurs idées, leur pratiques, leur sentiments. 57 Conseil de vie sociale Nous organisons régulièrement des rencontres collectives avec les résidents afin de faire passer certains messages et faire émerger des demandes ou envies. Supervision/GAP L’équipe bénéficie depuis maintenant 2 ans d’un accompagnement mensuel assuré par une psychologue . La nécessité d’un lieu tiers d’écoute n’est plus à démontrer pour des travailleurs sociaux confrontés à un public en souffrance. Partenariat Le CMP (Centre Médical Psychologique) rue de Berne et le Centre de jour en Santé Mentale où est basée le CMP Pinel et l’Equipe Mobile Psychiatrie Précarité, sont nos principaux partenaires en ce qui concerne l’accompagnement, psychologique ou psychiatrique, des personnes que nous accueillons. D’une part, ils interviennent par le biais d’une permanence auprès du public dans nos locaux et d’autre part, auprès de l’équipe lors d’une réunion mensuelle où sont évoqués nos suivis communs et les difficultés d’intervention que nous pouvons rencontrer. La Banque Alimentaire nous a assuré une livraison hebdomadaire de produits de qualité correspondant à nos besoins. SOLIBAT - des personnes en insertion professionnelle assurent l’entretien des communs et de certaines chambres. Perspectives 2014 Axes de travail pour cette année 2014 : Améliorer l’accès aux loisirs en multipliant les propositions. La mise en place d’actions collectives sur la santé, l’alimentation, l’hygiène. Rechercher et proposer des formations collectives adaptées aux travailleurs sociaux en lien avec les besoins du service. 58 ACCUEIL KOENIGSHOFFEN 2 rue d’Alger 67000 STRASBOURG Tél : 03 88 61 01 66 Fax : 03 88 30 24 59 Mail : [email protected] 59 ORGANIGRAMME DE L’ACCUEIL KOENIGSHOFFEN 60 ACCUEIL KOENIGSHOFFEN Jusqu’au 16 septembre 2013 cette mission d’accueil s’effectuait d’une part en collectif, rue de Lübeck, et d’autre part en logement partagé. Depuis le 17 septembre 2013, les 35 places sont toutes réparties en appartements partagés, plaçant ainsi les personnes en situation d’autonomie relative. Ce changement de mode d’accompagnement est en partie lié au fait que le bâtiment de la rue de Lübeck ne correspondait plus aux normes de sécurité auxquelles les établissements accueillant du public doivent répondre. Le public accueilli relève du droit commun, le service assure l’accompagnement social des personnes hébergées, une orientation étant proposée, dans les meilleurs délais, vers un logement autonome. Notre travail consiste, dans un premier temps, à mettre les personnes à l’abri en leur proposant un lieu où se poser, puis d’entamer le suivi proprement dit en entrant dans une relation éducative à même de les conduire, à un moment donné, à prendre ou à reprendre leur indépendance. Ce travail de mise en confiance est un des défis de l’accompagnement car il propose à la fois des limites et demande de s’affranchir de certaines. Limites qui sont également un de nos outils de travail, tant les nôtres que celles des personnes que nous accueillons. Nous rencontrons, tous les jours des personnes prêtes ou pas à être accompagnées, mais, néanmoins, en demande. C’est de cette demande que nous devons partir pour construire le projet de la personne, avec elle, en tenant compte de ses aspirations. Un regard sur les chiffres L’Accueil Koenigshoffen a accueilli 61 personnes au cours de l’année 2013 pour un taux d’occupation de 87,6%. Ce taux proche de celui de l’année précédente (90%) s’explique par un meilleur taux de remplissage en début d’année et une baisse modérée en fin de période. Tout cela étant à relativiser du fait de notre réorganisation (passage au tout éclaté) à compter de miseptembre, qui a entraîné d’une part une baisse des accueils à partir de l’été dans le cadre de la préparation au déménagement et d’autre part le fait de ne pas avoir encore atteint notre maximum de place d’hébergement par manque d’appartements. Le pourcentage d’accueil des hommes est en baisse d’une année sur l’autre (83% en 2012). Baisse qui a bénéficié aux femmes, puisque celui-ci a doublé (10% en 2012). A 21%, nous sommes un peu au-delà du pourcentage de demande collectée par le SIAO qui se situe, pour les femmes isolées, autour de 15%. Nos admissions se sont faites via le SIAO, hormis un glissement en interne après information du SIAO. 61 Le comparatif du premier paramètre est le reflet des éléments précédents en ce qui concerne la baisse du nombre de journée d’hébergement, et le deuxième s’explique par un turn-over moins fréquent de notre public sur l’année. La durée de séjour Les durées de séjour de l’année 2013 marquent un net fléchissement pour les temps d’accueil de moins de 15 jours, dû en partie au passage en éclaté sur le dernier trimestre. En effet, une grande partie des problèmes de comportements constatés en collectif ne se repèrent que plus tard en appartement éclaté et d’autres personnes nous surprennent par leur capacité d’adaptation. Il est à noter que les séjours de moins de 15 jours sont essentiellement liés à la catégorie des 18-25 ans, tranche d’âge plus mobile, n’ayant pas encore épuisée toutes ses possibilités d’accueil familiales, amicales ou autres. L’augmentation très nette, plus du double, des temps d’accueil de plus de six mois est directement liée à la situation du marché de l’emploi que nous traversons actuellement et à la difficulté, pour des personnes manquant de qualification, à s’insérer dans ce paysage. D’autre part, la complexification des situations des personnes hébergées, notamment sur le plan de la santé, nous contraint à privilégier cet aspect en priorité, entraînant de fait une augmentation des temps d’accueil. Enfin, un autre aspect concerne le maintien des personnes en hébergement pour manque de possibilités d’orientation vers un logement en lien avec leurs capacités financières. 62 Situation à l’entrée La demande d’hébergement vient toujours signifier une fin de quelque chose ; fin d’un accueil provisoire tel le 115, fin d’occupation d’un appartement, fin de possibilité de sollicitation d’un soutien familial ou amical, fin d’un hébergement temporaire judiciaire, fin d’une hospitalisation car le système est saturé tout autant que le notre ou fin de s’envisager en tant que Près de la moitié de notre public vient de la « rue », donc sans logement ou hébergement pérennes au moment de la demande, l’autre moitié se répartissant entre plusieurs sortes d’entourage n’étant plus en mesure de répondre, à un moment donné, à la continuité de la prise en charge. Public : type et nombre Age du public Peu de variation en ce qui concerne l’âge du public pour l’année 2013 par rapport à 2012. Néanmoins, si la tranche 26 - 45 ans est toujours largement la plus représentée, l’augmentation sensible de la tranche 18 - 25 ans, représentant près d’1/3 de notre public, met en avant la difficulté que rencontre ces jeunes situés dans un entre-deux précaire sans minimum de ressources. Pour les plus âgés de nos hébergés, retraités potentiels, la situation n’est guère plus enviable que l’année passée, compte tenu du coût que représente une admission en maison de retraite et le manque de place en maison relais. 63 Niveau scolaire Près des 3/5ème de notre public ne va pas au-delà du collège et sont très souvent en échec scolaire avant la fin de ce cycle. Pour quelques-uns, ayant intégré une filière technologique à la sortie du collège, les études s’arrêtent bien souvent avant la concrétisation du CAP. Origine 80% 60% 40% 20% 0% 2012 2013 Les accueils de personnes originaires d’Europe (France y compris) et des Pays de l’Est sont en augmentation sensible à l’inverse de ceux venant d’Afrique. Mais sur l’année 2013, c’est plutôt une baisse de la population d’origine étrangère qui est constatée. Nous constatons également l’arrivée de personnes des pays d’Europe du sud chassées par la crise économique et en recherche de travail. Ressources à l’entrée Le RSA reste la principale source de revenus de notre public, talonné de près par celle issue du travail, cette dernière ne dépassant que très rarement le montant du SMIC. 64 Les 18-25 ans composent principalement les 10% sans revenus dont le bagage scolaire souvent très mince et l’expérience professionnelle inexistante ne permettent pas de se projeter idéalement dans le travail, le RSA devenant, à ce moment là, la seule perspective de revenu futur. 40% 35% 30% 25% 20% 15% 10% 5% 0% 2012 2013 En 2013, nous avons accueilli encore moins de personnes, qu’en 2012, percevant des indemnités Pôle Emploi, donc moins de personnes ayant travaillé récemment et plus de personnes ayant épuisé leurs droits, les revenus du travail n’évoluant favorablement que très légèrement. La comparaison d’une année sur l’autre confirme le fait que le RSA est la ressource primordiale de la majorité de nos hébergés. Les bénéficiaires de l’AAH sont nettement plus représentés que l’année précédente et ne couvrent que le champ des pathologies mentales, cette représentation étant significative du constat fait depuis quelques années, d’une augmentation des troubles psychiques dans notre public. Nous sollicitons une participation égale à 15% des revenus, pour ceux qui en ont. L’argent est peut-être un problème quand on en a trop, mais il en est autrement quand on en a pas ou très peu. Ce n’est plus un problème mais une problématique, et le leitmotiv devient : « Comment y remédier ? ». Le travail sur le budget est difficile, car le sujet est sensible. « C’est mon argent » entendons-nous fréquemment. Ce n’est pas parce qu’on manque d’argent, qu’on a moins d’envie. Un RSA ne permet de se projeter très loin dans la dépense futile et pourtant c’est souvent elle qui fait le plus plaisir. Et l’envie de se faire plaisir est aussi un argument de travail avec la personne. Et l’utiliser, peut provoquer la question de comment en gagner plus, et peutêtre en travaillant. 65 Les places 115 au collectif de l’accueil Koenigshoffen Parallèlement à son activité de stabilisation, l’Accueil Koenigshoffen, et ce jusqu’au mois d’août 2013, mettait à disposition du 115 hébergement d’urgence, les places disponibles dans le collectif situé rue de Lübeck. Dans ce cadre, l’Accueil Koenigshoffen a participé à la mise à l’abri de 178 personnes du 1er janvier au 31 août, pour un total de 949 nuitées et une moyenne de séjour de 5,6 en augmentation d’un point par rapport à l’année 2012. Ceci étant dû au fait que nous avons essayé de privilégier des temps d’accueil un peu longs quand cela était possible. Sexe Femmes 99 56% 79 44% Hommes Une nette augmentation de la population féminine a été constatée sur cette année et, bien sûr, à l’inverse une diminution de la population masculine, l’écart étant de 10%. Origine géographique 6% France Union européenne 17% 18% 3% Pays de l'Est Maghreb 7% Le graphique des origines géographiques reflète très nettement l’afflux important des populations en provenance des pays de l’est, puisqu’ils représentent à eux seuls la moitié du public ac- Afrique Noire 49% Autres Statut administratif 1% Droit commun 5% 18% 7% 69% Union européenne Demande d'asile Réfugiés Ce tableau est la concrétisation du tableau précédent, puisque les demandeurs d’asile sont principalement issus des personnes venant des pays de l’est. Régularisés 66 L’accompagnement social Quatre à cinq mois après la réorganisation du service, si la plupart des accompagnements ne posent pas de difficultés particulières, nous constatons que certains suivis ne sont pas adaptés à ce type d’hébergement. Nous parlons là de personnes en grande souffrance psychologique ou psychiatrique demandant une attention presque quotidienne ou de personnes très désocialisées dont les repères sont à reconstruire dans l’environnement plus rassurant d’un collectif. La nouvelle forme d’accompagnement, demandant plus de mobilité de la part des travailleurs sociaux, exige une certaine discipline afin de trouver le juste équilibre entre le travail au bureau et les visites à domicile. Mais il s’agit maintenant d’aller, un peu plus, à la rencontre et d’observer les personnes dans ce qui pourrait être leur futur. L’accompagnement à la Santé Bénéficiant d’une intervention infirmière à raison de deux jours par semaine, pour deux services depuis notre déménagement, la partie santé de l’accompagnement est ainsi prise en charge en collaboration avec les travailleurs sociaux. Des rendez-vous sont pris par les personnes dans nos bureaux et des interventions directement dans les appartements sont organisées en fonction des besoins repérés. Une première rencontre est organisé avec chaque hébergé entrant et l’infirmière, puis un suivi en coopération avec le référent de la personne. Une des craintes que nous avions lors du changement, portait sur la gestion des médicaments divers et variés qu’est amené à utiliser notre public. La mise en place, pour les plus fragiles, d’intervention d’infirmiers libéraux a permis d’apporter une réponse cohérente à ce problème. Pour les autres, cela a plutôt été considéré comme une prise de responsabilité supplémentaire. Sensibiliser les personnes sur des thématiques de santé fait également partie de nos objectifs. Pour cela, un certain nombre de thèmes vont être évoqués avec eux afin de choisir les plus pertinents et les mieux adaptés. D’autre part, nous profitons d’un espace, en cours de convivialité, qui devrait nous permettre d’engager des activités tel que l’éveil à une cuisine plus saine, de la relaxation ou simplement de prendre un café. L’accompagnement à l’accès à l’emploi L’accès à l’emploi reste une des difficultés majeures de notre public pour toutes les raisons déjà exprimées tout au long de l’étude des différents graphiques qui parlent de notre travail. Niveau d’étude minimal, peu ou pas de formation, parfois même, pas d’envie de travailler, autant d’éléments qui ne favorisent pas l’insertion ou la réinsertion dans le travail. 67 Nos partenaires privilégiés restent principalement les chantiers d’insertion ouverts à un public en quête d’apprentissage ou réapprentissage d’une activité salariée. Ainsi, quatre personnes ont pu commencer un travail sous cette forme, avec pour l’un d’eux une orientation en milieu ordinaire. Quelque soit l’âge de notre public, nous pensons très souvent aussi en terme de formation avant de penser travail. Mais les personnes que nous accompagnons s’imaginant plus volontiers en travailleur salarié qu’en apprenant, deux personnes seulement ont entamé des formations, pour l’un une FIMO (Formation Initiale Minimum Obligatoire), réussie, et pour l’autre dans la petite enfance, en cours. Un étudiant a retrouvé le chemin des études et une personne a bénéficié d’une EMT (Evaluation en Milieu du Travail). Certaines personnes, au nombre de trois, arrivées avec un travail l’ont conservé, d’autres, au nombre de cinq, ont entamé une activité salariale en cours de séjour et l’ont gardé à la sortie. Les personnes travaillant en intérim où sur six, trois travaillaient déjà dans le secteur et trois autres ont entamé une activité régulière dans le dit secteur. L’accompagnement à la sortie du CHRS L’aboutissement de la prise en charge pour la plus grande partie de nos futurs sortants est l’accès au logement. Nombre de situation sur le point d’aboutir à une fin heureuse, sont freinée, pour ne pas dire bloquée, par la difficulté d’accéder à un logement. Un travail méthodique de mise en place des demandes, des relances, des sollicitations est nécessaire pour espérer une réussite aléatoire. Réussite qui nous permet d’ouvrir la porte au suivant. Situation à la sortie Logement durable (bailleur social ou privé, y compris Résidence sociale et Maison Relais), Hébergement provisoire (CHRS, Urgence, Stabilisation), Autres (rue, squat, prison, hôpital), Inconnu. Les sorties vers le logement durable représente le tiers des sorties. En ce qui concerne l’élément « inconnu » venant en deuxième position, il s’agit de sorties volontaires de personnes qui ne nous informent pas de leur départ ou de fin de prise en charge pour problèmes de comportement. 68 Ressources à la sortie 2 6% 5 14% 1 3% 2 5% Pôle emploi Salaire 11 31% 2 5% 13 36% RSA Retraite AAH Sans revenus Autres 40% 30% 20% 10% 0% Ressources à l'entrée Ressources à la sortie Rien de fondamentalement différent entre l’entrée et la sortie, tout en relativisant cette comparaison puisque le premier item concerne l’ensemble des personnes accueillies sur l’année et le second uniquement les sortants. Sur ces derniers, comme évoqué précédemment, ce sont les jeunes de 18-25 ans qui partent dans les conditions les plus précaires et composent principalement le paramètre des sans revenus. Conseil de vie sociale Nous organisons régulièrement des rencontres collectives avec les hébergés afin de faire passer certains messages et faire émerger des demandes ou envies. Cette fin d’année, période de reconstruction du service ne nous a pas permis de mettre en place un CVS digne de ce nom, ce sera pour l’année 2014. L’accompagnement à la culture et aux loisirs Les activités que nous avons pu mettre en place cette année sont essentiellement des activités de loisirs type sortie en parc animalier, randonnée dans les Vosges, partie de pêche ou barbecue sur site rue de Lübeck. Parallèlement, des ateliers cuisine par appartement ont été organisés dès notre nouvelle installation faite. Hormis cela, un projet photo initié par un travailleur social de l’équipe, a été proposé aux hébergés et aux salariés. Il s’agissait de solliciter les personnes sur l’image de soi par le biais de séance photos à thème : un portrait, une photo dans un lieu choisi par la personne, une photo avec un objet choisi par la personne. 69 Et pour aller au bout de la démarche, l’organisation d’une exposition, intitulée « L’espace d’un temps », de ces photos a été programmée du 15 au 20 avril 2013 dans nos locaux rue de Lübeck, ainsi que lors de l’assemblée générale de l’association fin avril. La mise en place de ce projet s’est étalée sur les premiers mois de l’année. Le temps d’expliquer à chacun la démarche, d’obtenir l’adhésion, ou pas, des personnes intéressées, le temps de faire les photos dans les conditions définies précédemment, 17 personnes ont adhéré à ce projet. Quand, souvent pour notre public, le regard des autres est stigmatisant, accepter d’être pris en photo pour ensuite être exposé, est une prise de risque. Car d’observé, ils deviennent observateur d’eux-mêmes, et ce regard que les autres posent sur eux se concrétise par l’image. Autre projet mis en place, a été celui sollicitant la fibre écologique de notre public, en mettant en place les Ecocups. En effet, suite au constat d’un gâchis certain des gobelets plastiques utilisés tout au long de la journée, il a été décidé d’y remédier en mettant en place cette action de remplacement. Le travail éducatif fait par les travailleurs sociaux, a permis de faire comprendre le sens de la démarche. Supervision/GAP L’équipe bénéficie depuis maintenant 2 ans d’un accompagnement mensuel assuré par une psychologue. La nécessité d’un lieu tiers d’écoute n’est plus à démontrer pour des travailleurs sociaux confrontés à un public en souffrance. Formation Une salariée de l’équipe a participé à une formation d’une semaine, organisée par l’institut Psychasoc intitulé « Découverte de l’environnement – Une médiation éducative ». Partenariat Le CMP (Centre Médical Psychologique) rue de Berne et le Centre de jour en Santé Mentale où est basée le CMP Pinel et l’Equipe Mobile Psychiatrie Précarité, sont nos principaux partenaires en ce qui concerne l’accompagnement, psychologique ou psychiatrique, des personnes que nous accueillons. D’une part, ils interviennent par le biais d’une permanence auprès du public dans nos locaux et d’autre part, auprès de l’équipe lors d’une réunion mensuelle où sont évoqués nos suivis communs et les difficultés d’intervention que nous pouvons rencontrer. La Banque Alimentaire nous a accompagné jusqu’au bout de notre présence rue de Lübeck en assurant une livraison hebdomadaire de produits de qualité correspondant à nos besoins. Le Port Autonome de Strasbourg, propriétaire du terrain sur lequel est sis le bâtiment de la rue de Lübeck, a assuré tout au long de l’année l’entretien des espaces verts entourant la structure. 70 Perspectives 2014 Axes de travail pour cette année 2014 : Améliorer l’accès à la culture, aux sports et aux loisirs en multipliant les propositions auprès de no- tre public et favorisant la participation en collaboration avec le Foyer Millot, Lancer un programme d’actions collectives sur la santé, l’alimentation, l’emploi,... Améliorer notre panel partenarial de manière concrète, Rechercher et proposer des formations collectives adaptées aux travailleurs sociaux en lien avec les besoins des services, Participer en interne à l’harmonisation des pratiques éducatives. 71 AHPF (Accueil et Hébergement Provisoire pour Familles) 34 rue Thomann 67000 STRASBOURG Tél : 03 88 76 41 76 Fax : 03 88 22 20 87 Mail : [email protected] 72 ORGANIGRAMME DE L’AHPF 73 AHPF Ouvert en 2002 l’AHPF (Accueil et Hébergement Provisoire de Familles) est un service qui était destiné à l’accueil des familles déboutées de leur demande d’asile et en demande de régularisation auprès de la préfecture. A partir de 2005, suite au PARSA (Plan d’Accueil et de Réinsertion des Sans Abris) le service a été intégré au dispositif d’hébergement de stabilisation. A la demande de la DDCS le service de l’AHPF a surtout été sollicité pour héberger des familles ayant obtenu un titre de séjour et sortant de CADA (Centres d’Accueil pour Demandeurs d’Asile). Depuis 2008, avec la refondation du dispositif d’hébergement et d’accès au logement, le public accueilli s’est largement diversifié ; nous accueillons des familles récemment régularisées ainsi que des familles de droit commun. L’activité de l’AHPF en chiffres Nous avons réalisé 21593 sur 21900 à réaliser nuitées soit un taux d’occupation de 99 %, stable par rapport l’année dernière. La taille moyenne des ménages accueillis est de 4 personnes, un chiffre stable lui aussi. AHPF Année 2011 2012 2013 Nombre de ménages accueillis 22 22 18 Nombre de ménages admis 7 7 3 Nombre de ménages sortis 8 10 4 Nombre d’attribution de logements 5 4 2 3.7 15 mois 95% 4 16 mois 100% 4 18 mois 99% Taille moyenne de séjour Durée moyenne de séjour Taux d’occupation Entrées et sorties A l’AHPF nous avons admis 3 ménages soit 12 personnes dont 6 mineurs. Une famille composée de deux adultes et un enfant, une famille composée de deux adultes et 4 enfants, une femme seule avec un enfant et une réadmission après une incarcération. Il s’agit du père d’une famille déjà accueilli par le service. Le nombre de ménages admis est en diminution par rapport à l’année dernière. Le nombre de ménages sortis était de 4 ménages. Soit 16 personnes, un chiffre en baisse par rapport à l’année dernière. Parmi ces ménages 2 familles ont eu une attribution directe de logement. Une famille a bénéficié d’un glissement de bail. Une famille a été orientée vers le service en Aval et une personne a été incarcérée. 74 Parmi les ménages sortants un ménage avait un emploi en CDD , deux ménages ont créé leur propre entreprise (auto-entrepreneur) et un ménage avait le RSA. La diminution du nombre de ménages sortis s’explique d’une part par le manque de logements à coût raisonnable et adapté aux attentes de nos usagers et d’autre part par l’augmentation des difficultés d’insertion liées au statut des familles au regard de leur droit au séjour en France. Les personnes régularisées au titre de la santé ou à titre humanitaire n’ont souvent que des titres provisoires de séjour parfois ne les autorisant pas à travailler ce qui empêche de réunir les conditions pour déposer une demande de logement ou accéder aux prestations sociales ce qui a pour effet de retarder considérablement leur sortie du dispositif. La durée de séjour des familles est variable, de 6 mois à 22 mois. Elle était cette année de l’ordre de 18 mois en moyenne soit un an et demi. Un chiffre en augmentation sensible par rapport à l’année dernière. Ressources des ménages accueillis à l’AHPF Parmi les 18 ménages accueillis à l’AHPF seulement 5 ménages soit 28% ont des revenus provenant d’un emploi alors que 17 % bénéficient du RSA et plus de la moitié des ménages accueillis soit 55 % sont sans ressources. Ressources des ménages AHPF à l'entrée RSA Salaire, ARE Sans ressources Total Nombre 3 5 10 18 % 17% 28% 55% 100% Situation de l’hébergement des ménages à l’entrée Parmi les ménages accueillis à l’AHPF 50 % proviennent soit de l’accueil d’urgence, soit avaient fait un passage par le 115 ou étaient dans le dispositif du plan hivernal. Les ménages expulsés de leur logement étaient de l’ordre de 11%, ceux qui proviennent du CADA sont de l’ordre de 17%, pour le reste c’est la solidarité familiale ou l’entraide qui ont dû jouer. Ils étaient 22% à être hébergés par un tiers. Situation (hébergement) des ménages AHPF à l'entrée 115/urgence Plan Hivernal CADA Expulsion Tiers Total Nombre 7 2 3 2 4 18 % 39% 11% 17% 11% 22% 100% L’âge des personnes accueillies à l’AHPF Parmi les personnes adultes accueillies les plus représentées sont les 26-55 qui constituent 32% de l’effectif avec une représentativité plus importante des 36-55 ans avec à eux seuls 18%. Parmi les enfants nous constatons une représentativité plus importante des 0-5ans. Les enfants de 6-17 ans représentent 28 %. 75 Age des ménages accueillis à l'AHPF Nombre % 56- 60 ans 1 1% 36-55 ans 12 18% 26-35 ans 10 14% 18-25 ans 10 14% 0-5 ans 17 25% 6-12 ans 10 14% 13-17 ans 10 14% Total 70 100% Composition des ménages accueillis à l’AHPF L’AHPF a accueilli 18 familles différentes cette année soit 70 personnes. Le nombre des couples avec enfants était le plus important, 14 ménages soit 85 %. Le nombre de familles monoparentales était de 4 et constitue 15 % de l’effectif. Ces chiffres sont stables par rapport aux années précédentes. Composition Nombre de ménages Nombre De personnes C+1 4 12 C+2 6 24 C+3 1 5 C+4 2 12 C+5 1 7 FS+1 3 6 FS+3 1 4 Total 18 70 C : couple % 17% 34% 7% 17% 10% 9% 6% 100% Fs : Femme Seule L’accompagnement vers l’emploi Un des axes majeurs du projet individuel d’insertion. La proportion de personnes accompagnées vers l’emploi à l’AHPF était de 36% et parmi les personnes accueillies 45% ont exercé un emploi au cours de l’année 2013. Aucune personne n’a bénéficié de formation à l’AHPF. Ceci s’explique entre autre par leur statut administratif. L’exemple de l’apprentissage de la langue française illustre cette situation. Ainsi, les personnes s’inscrivent au cours dispensés dans les centres sociaux culturels en l’absence de droit d’inscription à des cours organisés par des organismes agréés. A cette réalité se rajoute qu’une partie non négligeable des personnes accueillies n’est pas bénéficiaire du RSA et n’est donc pas prioritaire parmi les publics éligibles aux contrats d’insertion. 76 L’absence de qualification est un autre élément qui handicape beaucoup notre public. La réalité d’un contexte économique de crise et d’un marché de l’emploi très tendu ne faisant qu’amplifier les difficultés que rencontrent les personnes dans leurs tentatives d’accès à un emploi Enfin nous soulignerons qu’un cinquième des personnes en situation d’emploi à l’AHPF l’ont été sous le statut d’entrepreneur. Cette situation concerne majoritairement des ressortissants roumains conditionnés par un accès restreint et règlementé au marché de l’emploi en France Nos partenaires pour la formation et l’emploi sont : Pôle Emploi ; Missions locales et Relais Emploi ; Cap emploi ; Entreprises d’insertion ; Organismes dispensant des cours de français prescrits ou non (A.N.E.F., C.P.C.V., Contact et Promotion, centres socio-culturels,…). AHPF Nombre de personnes Personnes ayant travaillé dans l'année Personnes accompagnées par le service Dont en recherche entrepreneur d'emploi Personnes en Personnes formation en cours dans de français l'année hors FLE dont en insertion 45% 13% 27% 36% 0% 18% 15 2 4 12 0 6 Nos partenaires pour la formation et l’emploi sont : Pôle Emploi ; Missions locales et Relais Emploi ; Cap emploi ; Entreprises d’insertion ; Organismes dispensant des cours de français prescrits ou non (A.N.E.F., C.P.C.V., Contact et Promotion, centres socioculturels,...). L’accompagnement pour la gestion du budget Parmi les missions du service de l’AHPF est celle d’accueillir les familles et de les aider à retrouver leur autonomie et notamment face à la gestion de l’argent. Ce travail se traduit par la priorisation du paiement de la participation à l’hébergement qui peut parfois prendre du temps avec certains ménages. Nous observons que 28 % des ménages ont des difficultés de gérer leur budget, 17 % ont des dettes locatives. Souvent, les personnes sont dans l’évitement du sujet de la dette et notre travail d’accompagnement est d’abord celui de l’acceptation de celle-ci en préambule aux futures démarches. S’en suit un long travail de recueil des informations et des documents nécessaires à la constitution du dossier de surendettement. Nous travaillons avec CRESUS dont les conseils avisés nous permettent de monter le dossier dans les meilleurs délais. Sachant que la plupart des ménages sont sans ressources en raison d’un statut administratif qui ne leur permettait pas de travailler le budget est réduit à l’aide de subsistance mensuelle dont ils bénéficient du service. Il est si insuffisant qu’il ne permet pas de répondre aux besoins de premières nécessités : alimentations, produits d’hygiène, couches etc. Les ressources précaires sont sources d’anxiété et nous sommes très régulièrement sollicités par les familles qui nous font part de leurs difficultés financières. Lorsque les personnes remplissent les conditions requises, nous nous appuyons sur les partenaires du caritatif, qui interviennent sous forme de colis alimentaire ou de bon d’achat alimentaire. 77 Ménage avec Problème budgétaire Ménage avec dette locative Ménage avec mesure de protection liée au budget 28% 17% 6% 6% 5 3 1 1 AHPF Nombre de ménages Ménage avec dossier de surendettement en cours Nos partenaires sont : les Service surendettement de la Banque de France, C.A.F., C.R.E.S.U.S., U.D.A.F., A.R.S.E.A., Services des impôts ; Associations caritatives (colis alimentaires et aides financières ponctuelles), R.S.Avenir. Accompagnement à l’accès aux droits et démarches administratives Situation du point de vue du séjour AHPF Personnes en demande de régularisation 24% Personnes ayant essuyé un refus 15% Personnes ayant obtenu une réponse positive 42% 9 ménages sur 18 dont les enfants ne sont pas reconnus par la CAF Les personnes concernées par une régularisation constituent 24% des personnes accueillies à l’AHPF et 42 % ont obtenu une réponse positive à leur demande de régularisation. Il reste que 15% des personnes accueillies ont essuyé un premier refus de régularisation. L’ouverture de droits et les démarches administratives restent notre principale pierre d’achoppement au relogement des familles hébergées par notre service. Les procédures complexes et longues – telle qu’une demande de régularisation – placent les familles dans une attente interminable et éprouvante. Nos déplacements et nos appels téléphoniques à la Préfecture ne font guère avancer le dossier, mais aident plutôt ces familles à prendre leur mal en patience et à se sentir soutenues dans leur attente. Fréquemment, les réponses négatives entrainent l’exploration d’autres voies – comme le recours devant le Tribunal Administratif – et il faut recommencer le dossier à zéro… Pendant tout ce temps, les voies classiques de la réinsertion restent inaccessibles. Sans papiers, pas de travail. Heureusement pour les personnes d’origine roumaine, le marché du travail s’est ouvert à eux le 1er janvier 2014. Elles peuvent à présent postuler aux emplois sans avoir besoin de titre de séjour ! La seconde phase, c’est l’ouverture de droits aux prestations familiales. Que faire pour une famille dont les deux adultes ont été régularisés et dont les enfants ne sont pas reconnus par la CAF (Caisse d’Allocations Familiales) Ils sont 9 sur les 18 ménages accueillis a avoir des enfants non reconnus par la CAF? Ce qui rend difficile le relogement des ménages dans ces conditions, une famille avec deux, trois, voire plus d’enfants qui n’entrent pas en compte dans le calcul de l’APL (l’Aide Personnalisée au Logement) ? Ce qui demande encore une procédure longue et complexe qui attend ces familles notamment pour celles qui doivent passer par la voie d’une procédure de regroupement familial… ! Nos partenaires pour les questions administratives, Centre administratif et mairies de quartier, Préfecture, O.F.I.I., Point Solidarité, Avocats, Associations de soutien aux demandeurs d’asile (C.A.S.A.S., CIMADE…). 78 L’accompagnement aux soins Pour donner une idée de l’étendue des besoins d’accompagnement aux soins à l’AHPF nous avons fait le choix de répertorier les problèmes de santé rencontrés en plusieurs catégories ; les problèmes physiques exprimés par les personnes, les handicaps physiques et/ou mentaux, les addictions exprimées par les personnes, les troubles psychiatriques diagnostiqués, les souffrances psychiques exprimées et les hospitalisations avec nuitées (hors naissances). Les problèmes de santé physiques exprimés : Sur les 70 personnes accueillies à l’AHPF, 21 % ont des problèmes de santé physique exprimés. Ces divers troubles physiques entraînent souvent un suivi médical important, une prise de traitement, voire des besoins en matériel médical peu ou pas du tout remboursé. Pour les personnes, ces troubles freinent parfois l’accès à l’emploi car ils entrainent des restrictions contraignantes (port de charges lourdes, station debout, ….) et requièrent quelques fois une Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé par la M.D.P.H. Les handicaps physiques et/ou mentaux : Certaines personnes présentent un handicap physique, mental ou les deux. Ils sont 7% des ménages accueillis à l’A.H.P.F. Ces handicaps posent souvent un problème au niveau de l’hébergement et du relogement. En effet, les appartements proposés par le service ou les bailleurs lorsque les personnes sont sortantes, ne sont pas toujours adaptés aux problèmes d’handicaps rencontrés (appartements dans les étages sans ascenseur, passages des portes trop étroits pour les fauteuils roulants, accessibilité aux sanitaires, etc…). Les addictions exprimées : Les problèmes d’addiction ne sont pas toujours clairement exprimés par les personnes accompagnées. Elles tentent parfois de les cacher ou sont dans le déni de ces problèmes. Nous avons relevé que 1% à l’A.H.P.F. expriment clairement leur addiction pour un accompagnement pour des soins. Les troubles psychiatriques diagnostiqués : Seules 1% des personnes sont concernées à l’A.H.P.F. Les souffrances psychiques exprimées : Ils sont 4% à l’A.H.P.F. Ces souffrances ont une incidence sur la vie quotidienne des personnes et s’expriment sous différentes formes (dépression, anxiété, stress, insomnies, perte de l’estime de soi,…). Elles sont liées à des parcours de vie difficiles semés d’embûches et pour beaucoup d’entre eux elles sont dues à des traumatismes vécus dans leur pays d’origine (guerres, persécutions, tortures), L’attente dans l’incertitude pour une régularisation administrative et aussi à l’origine d’une anxiété permanente. 79 L’accompagnement et le soutien à la parentalité Enfant bénéficiant d’une mesure A.E.D ou A.E.M.O Enfants placés Nombre de ménages bénéficiant d’un soutien à la parentalité AHPF 1 2 1 Enfants 3% 5% 6% La plupart des ménages sont arrivés récemment en France. C’est donc dans un contexte difficile et compliqué que naissent et grandissent les enfants des familles que nous accompagnons. Si le souhait d’intégration est présent chez toutes les familles, la question de l’éducation des enfants est parfois source de méfiance notamment par rapport à des enfants qui évoluent dans un contexte loin du pays d’origine. Les ménages sont dans la crainte qu’on remette en question l’éducation qu’ils donnent et celle qu’on leur a transmise. Ce qui rend parfois difficile le travail de soutien à la parentalité. Parfois nous travaillons à deux sur une situation afin de préserver un minimum de distance face aux réserves des familles. Dans les situations complexes, où il est question de sécurité des enfants, nous travaillons en partenariat avec la Service de Protection de l’enfance. D’autres parents par contre parlent spontanément de leurs difficultés éducatives : ils viennent clairement chercher de l’aide et de l’écoute auprès de nous. Ils nous sollicitent pour les accompagner à rencontrer un chef d’établissement scolaire, à régulariser un dossier de bourse,…. En 2013, 1 famille a bénéficié d’une Aide Educative à Domicile (AED). Le nombre d’enfants placés était de 2. Dans tous les cas difficultés parentales ou non dans l’éducation des enfants, nous cherchons à favoriser autant que possible le maintien des liens familiaux. Nos partenaires : S.P.M./S.P.E, Services de maternité et de pédiatrie ; P.M.I., pédiatres, médecins ; Crèches, multi-accueil, L.A.P.E., écoles ; Service social des hôpitaux, du secteur et des écoles ; C.M.S. et U.T.A.M.S. 80 PÔLE ACCUEIL, HÉBERGEMENT ET INSERTION L’hébergement des demandeurs d’asile 81 SERVICE HTA (Hébergement Temporaire Asile) 34 rue Thomann 67000 STRASBOURG Tél : 03 88 76 41 76 Fax : 03 88 22 20 87 Mail : [email protected] 82 ORGANIGRAMME SERVICE HTA 83 SERVICE HTA Le service d'Hébergement Temporaire Asile - HTA - de notre Association, propose 30 places d'hébergement d'urgence aux demandeurs d'asile. Nous accueillons aujourd'hui, majoritairement, des familles sollicitant la protection de la France pendant la période d'examen de cette demande. Ce sont des familles qui n'ont pas obtenu d'hébergement en Centre d'Accueil pour Demandeurs d'Asile. Nous avons réalisés en 2013 13 734 nuitées pour une durée moyenne 249,7 nuitées 16 personnes ont été accueillies durant l'année 2013 dont une naissance Le profil de toutes les personnes accompagnées en 2013 : 37 adultes et 18 enfants, en quatre catégories comme suit : Isolé(e)s Couple Sans enfant Couple avec enfant Familles monoparentales 2 14 pers (7 groupes*) 33 personnes (7 groupes) 6 personnes (3 groupes) * Groupes familiaux Les nationalités d’origine 25 20 15 10 5 groupes familiaux nbre de personnes 0 84 Les sorties 2013 18 personnes sont sorties en 2013 et orientées diversement vers : Orientations en nombre de personnes 10 8 6 4 2 0 procédure retour dublin pays d'origine 115 SARS* *SARS: Service d'Accueil et de Réinsertion Sociale L’accompagnement social L'accompagnement en faveur des personnes accueillies dans le service se découpe en 2 grands volets : l'accompagnement social global et l'accompagnement aux démarches juridiques. Les entretiens avec les personnes prises en charges ont été pour le moins hebdomadaires et pour le plus espacés de 15 jours. Ils se sont déroulés dans les lieux d'hébergement et le bureau plus propice aux entretiens administratifs. Les difficultés rencontrées dans le travail d’accompagnement Malgré les efforts continus et soucieux du meilleur-être des personnes accueillies, certaines difficultés demeurent mais nous poursuivons ces efforts pour tenter de les amoindrir tant que possible. La cohabitation dans les logements reste un point délicat quand les personnes sont soumises à diverses tensions et/ou fragilités psychologiques, dues, dans la majeure partie des cas, au statut de demandeur d'asile même. Ainsi, certaines cohabitations aboutissent à des conflits qui restent verbaux mais non moins violents. La fragilité psychologique de certaines personnes est due, entre autres raisons, au statut de demandeur d'asile avec les attentes quelquefois très longues d'une réponse attendue. Ces attentes génèrent dans certains cas des aggravations d'un état psychologique déjà fragilisé par les séparations (famille, pays, etc.) Nous observons la survenance de fragilités dites psychologiques peuvent, dans certains cas être liées au cumul de difficultés de formes différentes préexistantes à l'accueil et/ou rencontrées post-accueil , qu'elles soient financières; qu'elles génèrent une fragilisation des relations sociales et/ou intrafamiliales; qu'elles proviennent de difficultés à se faire comprendre ou de procédures longues, etc., les personnes en souffrance psychologique ont été en nombre en 2013 : nous avons constaté un accroissement des demandes et des besoins en suivis médicaux spécialisés Les maladies graves ou incurables dont souffrent les personnes sont, elles aussi, impactées par les tensions liés aux attentes des demandeurs d'asile. 85 Pour exemples : Une personne souffrant actuellement d'une maladie dégénérative grave, manque singulièrement de soins quotidiens nécessaires. Incapable de se lever, de manger, de se laver et de se déplacer seule , la situation de cette personne interroge l'association et l'équipe de travailleurs sociaux, démunies face au peu de réponses qu'il est possible d'apporter en matière de prise en charge médicale adaptée. Il est à noter qu'il a fallu de long mois de recherche de fonds pour obtenir un fauteuil roulant électrique pouvant lui permettre de se déplacer. Les possibilités d'une aide à domicile sont à l'étude mais nous essuyons jusqu'à présent les réponses négatives pour ce type d'aide. Que faire? Une femme a perdu son bébé et rattache cette perte à un mauvais suivi médical et a une situation d'attente insupportable, suivant ses propos. Pourtant, les temps d'écoute du corps médical n'ont pas manqué et l'assistante sociale de l'Etablissement hospitalier, s'est fortement engagée dans le suivi de cette situation. Aujourd'hui cette personne bénéficie d'un suivi psychologique à l'hôpital de Brumath où est également hospitalisé son mari. Les situations de fragilités dites psychologiques et/ou de détérioration de la santé physique, restent des prises en charges complexes. Dans certains cas, la non compréhension langagière complique l'avancée constructive dans les suivis. Il n'est guère simple de trouver un médecin spécialisé pratiquant la langue étrangère adaptée. Le recours aux interprètes s'avère donc précieux. Nous nous rapprochons des services spécialisés avec un suivi en ce domaine des personnes prises en charges dans notre service (rapports; synthèses; etc.) pour toutes les démarches d'accompagnement physique et autre, auprès des services médicaux. Sans oublier un travail d'écoute et d'aide dans l'expression des difficultés que les personnes rencontrent avec la maladie. Les cours de Français langue étrangère (FLE) L'apprentissage des bases de la langue française, est un volet important , preuve aussi de la considération que nous portons aux personnes prises en charge demandeuses de l'asile. Il s'est ouvert cette année 2013, au sein de nos locaux et aboutit à un triple constat : La méconnaissance de la langue française est un véritable handicap dans la vie quotidiennes des demandeurs d'asile alors même que ces derniers sont fortement en demande de cet apprentissage. Le recours aux professeurs bénévoles, par défaut : la rémunération des professeurs qui dispensent les cours de langue est freinée par un budget restreint. Aussi, la décision a été prise de créer un partenariat avec l'Association Agir ABCD, qui intervient déjà dans d'autres service d'Horizon Amitié et pour des thématiques différentes. Agir ABCD regroupe des retraités désireux de mettre leur disponibilité et leurs compétences au service de ceux qui en ont besoin. Une période d'observation ponctuée par des cours informels durant tout l'été, a abouti a une conclusion partagée avec le Président de l'Association Agir ABCD et les bénévoles intervenants. Cette période a permis à tous les acteurs participants (bénévoles, bénéficiaires, travailleurs sociaux, etc.) de tester le projet, de l'affiner en réajustant les moyens à mettre en œuvre par rapport aux besoins, de proposer et de mettre en commun les réflexions pour une mise en accord du cadre à donner pour la réalisation et la dispense de ces cours de FLE. 86 Dès septembre, un contrat d'engagement aux cours est établi pour une durée de 3 mois. Une feuille de présence accompagne ce contrat et est signée, à chaque cours, par les participants volontaires. En fonction du nombre de places disponibles et du niveau de langue atteint, les contrats peuvent faire l'objet d'un renouvellement pour un autre cycle de 3 mois. A la fin de la période d'apprentissage, une attestation de participation est délivrée par le professeur, à la demande de l'apprenant. Depuis le démarrage de ce projet, nous constatons des progrès certains et rapides du niveau d'expression de la langue française, ce, chez la plupart des participants. L'amélioration constatée n'est pas le résultat de l'apprentissage en tant que tel mais bien celui d'un lieu où l'exigence posée est celle de s'exprimer en français sans, toutefois, craindre le jugement ou la moquerie de l'autre. C'est le lieu où l'on se laisse aller, sans gêne, à cette expression, mais où l'erreur est admise puisqu'elle même formatrice. Les cours de français permettent avant tout de libérer la parole. Ils encouragent les personnes à s'exprimer en français et accélèrent, par conséquence, l'apprentissage de la langue. Le gain en assurance pour les personnes est incontestable. Le déroulement des cours s'est effectué les premiers mois au rythme d'un par semaine. L'enthousiasme des bénévoles d'Agir ABCD a largement contribué à la mise en place d'un deuxième cours hebdomadaire, depuis le mois d'octobre. Les demandeurs d'asile en souhaitent davantage et nous espérons une évolution en ce sens pour l'année 2014. L’accompagnement aux démarches d’ordre juridique Depuis le mois de mars 2013, le service d'Hébergement Temporaire d'Asile propose une aide aux démarches juridiques des demandeurs d'asile dans le cadre de sa mission d'accompagnement administratif. Pour assurer cette mission, un nouveau salarié embauché à temps partiel a rejoint l'équipe de l'HTA. Rendue obligatoire par une circulaire dans les missions du CADA, l'Association a souhaité que ce volet soit inclut dans notre service d'urgence avec pour objectif d'offrir aux personnes accueillies les meilleures chances d'obtenir le statut de réfugié. Plus concrètement, l'aide aux démarches juridiques consiste à accompagner et conseiller les personnes dans toutes les démarches liées au déroulement de la procédure de demande d'asile. Une première demande est adressée à l'OFPRA (Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides). En général, cette première demande a déjà fait l'objet d'un premier envoi avant la prise en charge des personnes par notre service. Néanmoins il est souvent nécessaire de compléter le dossier, notamment à l'aide de documents envoyés par les proches qui demeurent dans le pays d'origine. Ils représentent des preuves indispensables qui précisent et appuient le récit déjà existant. Le choix des informations et des documents importants transmis à l'OFPRA peuvent être déterminants et impliquent des explications du cadre juridique du statut du demandeur d'asile. Il est indispensable que les personnes effectuant une demande d'asile aient une bonne compréhension des textes qui régissent le statut de réfugié et en énumèrent les critères de reconnaissance. En cas de rejet de la demande par l'OFPRA, le droit au recours auprès de la CNDA (Cour Nationale du droit d'Asile), est donné aux personnes qui souhaitent poursuivre dans cette voie. 87 Dès lors, les personnes sont aidées dans la rédaction du document ainsi que dans toutes les démarches attenantes y compris celles de la mise en lien avec un avocat. L'aide juridique dispensée directement par le service d'HTA, permet d'offrir aux personnes demandeuses d'asile un suivi approfondi de leur situation et de leur dossier ; elle offre un temps de réactivité appréciable, pertinente et plus avantageuse, à plus d'un titre, que le recours à une aide extérieure à notre Association: les personnes prises en charges gagnent dans le domaine de la qualité d'accompagnement aux démarches de type juridique ; elles bénéficient également de la disponibilité du salarié responsable, attaché à cette mission, et qui en effectue le suivi au regard des recours aux Associations extérieures qui gèrent un nombre considérable de dossiers et pallient aux carences, notamment en terme de temps. L'avantage, non négligeable dont bénéficient les personnes prises en charge dans le service HTA, est la proposition conjuguée d'un accompagnement social et d'un accompagnement aux démarches juridiques qui se trouvent regroupés au sein d'un unique service d'accompagnement global des demandeurs d'Asile. Cet accouplement facilite la mise en lien des actions propres à chaque domaine, dans un lieu unique et une équipe unie dans un objectif commun de prise en charge des demandeurs d'asile. Les démarches sont simplifiées, la relation de confiance renforcée entre demandeurs d'asile et travailleurs sociaux par le seul fait de constat d'une étroite collaboration et de ses avantages qui donnent sens à l'aide apportée. L’accompagnement aux démarches financières Dix mois se sont écoulés depuis le démarrage de cette action. Nous soulignons l'adhésion enthousiaste des personnes accueillies au sein du service d'HTA et l'expression de leur soulagement d'avoir l'assurance d'un suivi intensif et continu de leur dossier de demande d'asile. Cependant, si les avantages de ce nouvel accompagnement sont indiscutables, celui-ci n'en reste pas moins limité par des moyens financiers insuffisants. En effet, l'accompagnement lié à cette mission nécessiterait des budgets plus conséquents quant à la nécessitée révélée en besoins d'interprétariat, de traduction de documents, etc. Pour cela, nous nous efforçons de développer d'autres idées d'accompagnement. Parmi celles-ci, émerge celle de la construction d'un réseau d'interprètes et de traducteurs bénévoles. Les partenaires du service HTA L'Association Migrations Santé Alsace (MSA) Agir ABCD: interventions des professeurs bénévoles pour les cours de Français Langue Etrangère. Le réseau de professionnels acteurs sociaux: Les assistants sociaux de secteur Les associations caritatives : banque alimentaire La PMI Les Etablissements hospitaliers Les Directeurs (trices) d'Etablissements scolaires 88 Les perspectives 2014 Au regard des expériences professionnelles de 2013, nous nous attacherons à faire vivre les projets existants, à nous pencher sur les possibilités des améliorations à apporter et à mettre en œuvre d'autres projets. Cela dans l'intérêt des personnes accueillies dans notre service et pour une lecture plus affinée de nos missions et des objectifs qui les soutiennent. L'assise des projets mis en œuvre : Renforcer les interventions en FLE en partenariat avec Agir ABCD ou rechercher et encourager d'autres bonnes volontés autour de cette action. Rechercher et construire un réseau d'interprètes bénévoles : nous savons ce projet difficile dans sa réalisation mais l'idée reste d'actualité. Organiser et proposer davantage d'actions collectives culturelles/de loisirs/éducatives en faveur des personnes prises en charge dans notre service. Améliorer nos outils de travail et de lecture de nos actions professionnelles afin de valoriser ces actions, de les faire concorder avec les attentes de nos partenaires ; de faciliter et d'améliorer le recueil de données statistiques pour permettre un gain de temps et une adaptation constante de notre travail en faveur du public accueilli et rester dynamique quant aux améliorations appropriées à apporter dans les axes de travail. Affinement des indicateurs d'activités : gagner en précision dans la description de nos interven- tions, en rapport avec les exigences actuelles en matière d'exigence de transparence pour les actions menées et les résultats obtenus, quand ceux-ci peuvent faire l'objet d'un écrit: l'écoute et les résultats obtenus par le temps qui lui est consacré est difficilement appréciable concrètement si ce n'est que par le seul indicateur temps même. Proposer des thèmes de travail en groupe pour une meilleure connaissance des problématiques rencontrées par les personnes accueillies et pour un travail d'accompagnement plus perspicace (groupes de travail à thèmes et/ou formations). Nous devons noter que toutes ces manifestations, écrites et non écrites, existantes ou à créer, se feront dans l'absolu respect des personnes suivies par notre service et avec le souci scrupuleux de faire valoir les règles de confidentialité réglementaires qui y sont attachées. 89 PÔLE ACCUEIL, HÉBERGEMENT ET INSERTION L’accompagnement des Roms 90 ESPACE 16 16 rue du Rempart 67000 STRASBOURG Tél / Fax : 03 88 27 37 45 Mail : [email protected] 91 ORGANIGRAMME DE L’ESPACE 16 92 ESPACE 16 Historique L'ESPACE 16, structure temporaire d'insertion pour des familles dites "Roms" originaires de Roumanie, a été créée le 26 octobre 2011. Cette structure d'insertion à caractère temporaire a vu le jour grâce à l'initiative et au financement de la Ville de Strasbourg qui a confié l'accompagnement social des personnes hébergées sur le site à l'Association Horizon Amitié. En janvier 2012, le site est étendu pour permettre l'accueil de 50 personnes supplémentaires de même origine. Cette extension à porté à 133 le nombre total des personnes accueillies sur le site qui se situe, géographiquement, des deux côtés de la rue du rempart. En moyenne, 133 personnes ont été accueillies sur le site de l'ESPACE 16 en 2013. Les personnes hébergées sur le site vivent dans les caravanes mises à disposition par la Ville de Strasbourg. Depuis le 1er janvier 2013, le marché européen du travail est entièrement ouvert aux ressortissants roumains et bulgares. Jusque là, les mesures transitoires restreignaient l'accès au travail pour les roumains. Celles-ci ramenaient à 150 les métiers dits "en tension" sur la liste des professions accessibles aux ressortissants de Roumanie, contre 280 actuellement. Par conséquent, peu de résultats en ce domaine étaient actés à l'Espace 16 en début d'année 2013. Plus concrètement à l'Espace 16, les perspectives de janvier 2014, ont provoqué un renforcement des accompagnements vers l'insertion professionnelle et l'insertion par le logement. Ces axes de travail, déjà entamés en 2012 et poursuivis en 2013, ont dégagé des résultats positifs grâce aux actions conjointes de la Ville de Strasbourg, de l'Association d'Horizon Amitié et des partenaires environnants. Les missions du service Accueil et hébergement des familles Roms originaires de Roumanie et en insertion Accompagnement social personnalisé et familial dans sa globalité Gestion du site au quotidien Actions éducatives et pédagogiques individuelles et collectives Une réunion hebdomadaire rassemble l'équipe de l'Espace 16 et est animée par la Chef de service embauchée en février 2013. Une réunion tous les 15 jours réunit les représentants de la Ville et l'équipe de l'Espace 16 : le COPIL. Une réunion du Comité technique est organisée mensuellement pour l'entretien technique et le suivi de travaux plus importants. Un Conseil de la Vie Sociale a lieu 1/mois et réuni les personnes accueillies sur le site, l'équipe de l'Espace 16 et les représentants de la Ville. Des réunions sont organisées régulièrement avec les partenaires engagés dans l'action menée dans le dispositif de l'Espace 16 : les chargés d'insertion professionnelle de la Ville de Strasbourg ; les partenaires de l'accompagnement à la santé ; les partenaires de l'accompagnement à la scolarité ; tous les autres partenaires. 93 Profil du public accueilli et données chiffrées Au 31/12/2013 - 128 personnes étaient présentes sur le site de l'ESPACE 16, hébergées dans 40 caravanes dont l'occupation a atteint les 100% en 2013. Les personnes accueillies se sont stabilisées. L'adhésion au dispositif proposé a nécessité un travail continu qui montre aujourd'hui des résultats très positifs. Les départs/retours se font dans le respect des règles de fonctionnement: pour répondre aux exigences d'insertion, le délai d'un mois d'absence est accordé aux personnes qui souhaitent retourner provisoirement dans leur pays d'origine pour diverses raisons (régularisation des papiers administratifs, visite aux familles, etc.). L'exigence de continuité de la scolarisation des enfants conditionne également les autorisations de départ. Caractéristiques du public accueilli à l’Espace 16 Population de l’Espace 16 par tranches d’âges 35 30 25 20 15 10 5 0 nombre de personnes La majorité des hommes et femmes adultes vivant sur le site ont entre 18 et 41 ans; 50 enfants sont en âge d'être scolarisés. de 0 à de 7 à de 17 de 26 de 41 60 6 ans 16 à 25 à 40 à 60 ans et ans ans ans ans plus Les compositions familiales dans le dispositif de l'Espace 16 Type de composition familiales ESPACE 16 "Initial" * En nombre En nombre de de compositions personnes ESPACE 16 "extension" * En nombre En nombre de de composipersonnes tions 3 9 Couple avec 1 enfant 8 24 Couple avec 2 enfants 3 16 4 16 Couple avec 3 enfants 2 10 2 10 Couple avec 4 enfants 1 6 1 6 Couple sans enfant 3 6 2 4 Couple + 1 homme 1 3 0 0 Femme seule 2 2 0 0 Homme seul 0 0 1 1 Femme seule avec 1 enfant majeur 2 4 0 0 Femme seule avec 2 enfants 1 3 1 3 Homme seul avec 1 enfant 1 2 0 0 Grands-parents avec 1 petit-fils 1 3 0 0 TOTAUX TOTAL DES PERSONNES SUR LE SITE 25 79 128 14 49 *La distinction écrite des sites dits "Initial" et " Extension" accommode la présentation du tableau et différencie les accueils faits en deux temps (2011-2012) mais il s'agit bien d'un même et unique site dit "ESPACE 16". 94 La majorité des familles sont composées de couples avec 1 ou 2 enfants; seules deux familles ont chacune 4 enfants ; les adultes isolés sont très minoritaires ; 5 familles sont monoparentales. Les conditions d’accueil sur le site A l'entrée dans le dispositif de l'Espace 16, les familles signent un contrat de séjour et un règlement de fonctionnement qui précisent les objectifs d'insertion et les règles qui régissent le vivre ensemble sur le site. La signature de ces documents vaut pour engagement. Ces documents ont fait l'objet d'une réécriture en janvier 2013, pour être adaptés en tenant compte des évolutions du dispositif, ce, en concertation avec l'ensemble des familles aux cours d'un CVS (Conseil de la Vie Sociale) exceptionnel. Une fin de prise en charge est signifiée et formalisée pour les personnes qui quittent le dispositif pour diverses raisons (accès au logement ; départ prolongé au delà des délais autorisés ; non respect du règlement ;.... Chaque caravane est destinée à accueillir une famille et est équipée d'un réfrigérateur, d'une pla- que de cuisson et de radiateurs convecteurs. Les sanitaires (toilettes, douches, lavabos), la buanderie (9 machines à laver le linge) et l'espace bacs à vaisselle sont mis à disposition en commun. Un bloc sanitaire spécifique est installé pour les personnes à mobilité réduite. Il est actuellement utilisé par 2 personnes présentant des problèmes de santé importants qui nécessitent des conditions d'hygiène adaptées. Un algéco sert à diverses activités éducatives (aides aux devoirs, jeux de société, etc.), aux réunions organisées par les familles accueillies et aux différentes fêtes organisées par celles-ci (anniversaires; fêtes traditionnelles, fêtes de fin d'année, ...). Un planning est établi pour distribuer les tours de rôle des familles chargées de l'entretien du site. La chef de service et les travailleurs sociaux occupent un bureau aménagé sur le site dit de "l'extension" et un algéco-bureau sur le site dit "Initial. Le partenariat entre la ville et l’Espace 16 Le projet à dimension locale de l'Espace 16, enrichi aujourd'hui de son expérience, reste un projet inédit et un exemple d'insertion des Roms en France, même si des expériences ressemblantes sont menées dans d'autres grandes villes (Nantes, Lille, entre autres). Le Comité de Suivi Social s'est réuni tous les 15 jours en 2013. Il est animé composé des membres représentants de la Ville de Strasbourg et de ceux de l'Association Horizon Amitié (dont l'équipe éducative de l'Espace 16). Son rôle est essentiellement pédagogique et il est un lieu de prises de décisions. Il permet, entre autres : le co-pilotage des actions, de poser et mettre à l'étude les avancées du travail d'accompagnement, de repérer les besoins, les difficultés et les problématiques rencontrées sur le terrain de prendre les décisions, après concertation collégiale, servant un suivi cohérent des personnes prises en charge sur le site. 95 En 2013 - 10 réunions du CVS (dont 2 extraordinaires) ont été organisées. Le comité de suivi technique et les services techniques qui le regroupe s'est réuni 1/mois jusqu'à la réalisation des nouveaux sanitaires implantés sur le site dit de l'Extension. Les toilettes, douches, machines à laver et bacs à vaisselle et à mains ont été inaugurés en octobre 2013. Cette installation était vivement attendue par tous. Après avoir réalisé les travaux les réunions se sont distancées. Aujourd'hui, devant les problèmes techniques rencontrés dus, principalement au vieillissement du matériel (caravane, installation sanitaire initiale,…) nous amènent à repenser la nécessité des réunions, espacées mais régulières, de ce comité. Le CVS (Conseil de la Vie Sociale) En 2013, 10 réunions du CVS (dont 2 extraordinaires) ont été organisées. Le CVS est un organe indispensable de la pratique professionnelle sur le terrain et un lieu d'expression précieux pour les personnes hébergées sur le site. Ce lieu de réunion et d'expression est largement investi (en général par au moins un représentant par famille) ; les sujets qui y sont abordés sont divers et sont proposés par les personne hébergées ellesmêmes/l'équipe des travailleurs sociaux et les représentants de la Ville de Strasbourg. Les points abordés concernent, entre autres, le règlement de fonctionnement, l'affectation des locaux collectifs, l'entretien du site ou encore les projets d'animation, de fêtes et de séjours. La surveillance La société POLYGARD met en service deux agents de sécurité sur le site entre 16h00 et 8 h00. Ces agents ont pour mission de sécuriser le site et de transmettre toute information nécessaire à la continuité des interventions et du travail social. La légitimité du site de l'Espace 16 et le succès du dispositif amènent de nombreuses personnes de l'extérieur soit par curiosité, soit pour rendre visite aux amis et/ou à la famille. Ces allées et venues provoquent quelquefois des événements indésirables dont la gestion est délicate. Le site de l'Espace 16 n'a pas été pensé comme un lieu fermé aux personnes venant de l'extérieur et nous louons cette position mais cette ouverture à ses inconvénients et nécessite une vigilance continue. Les hébergements illicites sont repris par l'équipe des travailleurs sociaux aux moyens : d'entretiens avec la Chef de service, d'avertissements en cas de non respect des règles en matière d'hébergement, d'expulsion immédiate de toute personne causant des troubles graves sur le site (y compris les personnes faisant partie du dispositif). Un contrôle des caravanes est effectué 1/mois par l'équipe des travailleurs sociaux accompagnée du gardien présent. 96 Le travail d’accompagnement et la gestion de la vie quotidienne L'accompagnement social global aux actes de la gestion de la vie au quotidien sur le site est une part importante du travail accompli par les travailleurs sociaux sur le site. Si en 2013 le fonctionnement général du site est bien compris par les personnes qui y habitent ce travail se renouvelle et évolue en fonction des départs et des arrivées. L'accompagnement social consiste, parmi d'autres missions, à assurer la gestion des actes quotidiens et éducatifs par : Les entretiens individuels et/ou collectifs réguliers L'aide aux tâches administratives; l'accompagnement dans les administrations si nécessaires Suivi des actes juridiques Veiller à la fréquentation régulière des enfants dans les Etablissements scolaires Organiser et faire respecter l'entretien des lieux communs et personnels par un suivi constant Rappeler les règles de fonctionnement Réguler la cohabitation et les modes de cohabitation: les tensions relationnelles entre les habi- tants du site Proposer des actions collectives éducatives Les travailleurs sociaux ont souvent fait face à des cas d'urgence (conflits entre personnes, urgences médicales ; ...) et/ou de mise en risque de leur propre personne : un travailleur social a été agressé verbalement et physiquement au cours de l'année. Une plainte a été déposée et toutes les mesures d'interdictions nécessaires ont été prises. De nombreuses interventions ont eu lieu à plusieurs reprises cette année pour des faits plus ou moins graves. Une permanence hebdomadaire, mise en place en cours d'année - le mardi ou le mercredi de 14h à 15h 30 - cette permanence est ouverte à tous chacun peut y être reçu, écouté et/ou convoqué en cas de problème particulier, notamment en cas de faits signifiant le non respect des règles établies sur le site. La scolarisation La scolarisation est restée l'un des volets les plus importants du travail d'accompagnement effectué au cours de l'année 2013. Cet axe de travail prioritaire de l'équipe éducative a visé le renforcer les actions déjà menées en 2011 puis 2012. C'est un travail des plus soutenus dans le suivi des enfants de l'Espace 16 et qui nécessite une vigilance et un investissement constant de l'équipe. Ne "jamais lâcher" pourrait être la devise de cette prise en charge très spécifique : le souhait des parents de scolariser leurs enfants est bien réel mais il se heurte à d'autres nécessités premières, mises au premier plan par les parents. Des progrès certains sont à constater en 2013 : les parents ne semblent plus considérer l'école comme un lieu inconnu, étranger, pas forcément formateur pour leurs enfants qui ont été à "l'école - nécessaire - de la débrouillardise". Leurs craintes se sont en grande partie effacées. Ce travail continu d'accompagnement a finalement porté ses fruits, puisque tous les enfants en âge d'être scolarisés à l'école primaire ont été inscrits en 2013 et les journées d'absentéismes sont en nette diminution par rapport à l'année 2012. Les inscriptions dans les collèges pour les plus grands se sont déroulées avec succès et il est à constater de la part de l'équipe de l'Espace 16 et de celle des enseignants, une réelle volonté de garder des liens étroits dans l'intérêt des enfants qui fréquentent les classes de collège. 97 Pour cela, un travail de fond a été déployé. Des liens plus réguliers et plus étroits avec les enseignants, les Directeurs d'établissements scolaires et l'engagement des parents sont bénéfiques à tout point de vue. La rentrée scolaire de 2013 a été un moment fort en émotions : les actions de rencontre avec tous les Directeurs des Ecoles primaires et collège a nécessité un investissement et une mobilisation conséquents tant en temps qu'en moyens. Parents; représentants du corps enseignant et travailleurs sociaux ont travaillé dans le même objectif: rendre l'école attractive et en faire émerger l'intérêt primordial pour une meilleure insertion. Le soutien scolaire à l'Espace 16 est dispensé par 2 bénévoles d'Agir ABCD. C'est un moment précieux pour les enfants en grande difficulté scolaire à l'école primaire. Le temps accordé est de 3h/semaine, le mercredi matin. Les enfants sont inscrits à la cantine ce qui permet de favoriser la fréquentation de l'école sur la journée. Un point fort de l'année est à noter : au mois d'octobre 2013 un souhait de rencontre parents/ enseignants a amené pas moins d'une cinquantaine d'enseignants à l'Espace 16. La réquisition de la salle de l'ESPACE BAYARD a été nécessaire pour permettre à tous de se réunir. L'inspecteur Général d'Académie a fait le déplacement et les élus de la Ville ont participé aux présentations et aux échanges. Cette réunion a été proposée à l'initiative de l'équipe de l'Espace 16 et organisée conjointement avec Stéphanie Paul du CASNAV. 98 L’accompagnement aux loisirs et à la culture en 2013 Un week-end au "Bruckert" dans les Vosges : 14 personnes, adultes et enfants, ont bénéficié de cette escapade. Un groupe de travail réunissant enseignants, sociologue et travailleurs sociaux autour des diffi- cultés rencontrées dans les parcours scolaires (à l'école Ste Aurélie). La création d'un imagier en langue romanech et française verra le jour prochainement et sera le fruit d'une collaboration multi-partenariale. De nombreuses sorties culturelles et de loisirs ont émaillé cette année 2013 : cinéma, bowling, activités sportives, piscine, ballades et découvertes de la nature,… L'organisation des fêtes qui rythment l'année est d'importance. La fête de Pâques et les fêtes de fin d'année restent des moments précieux de rassemblement et de joies partagées. Leur succès se vérifient à chaque fois et les participants sont de plus en plus nombreux. Elles réunissent souvent les personnes hébergées sur le site, les travailleurs sociaux, les partenaires de toutes horizons et les représentants élus de la Ville. Sans oublier les fêtes de culture roumaine tout autant appréciées. En 2013 les fêtes d'été et de fin d'année ont été des réussites à tout point de vue et de bout en bout. 99 L'accès à l'emploi et au logement L'accès à l'emploi et au logement : un travail de longue haleine, des résultats espérés et attendus pour 2014. Les restrictions imposées législativement à l'accès à l'emploi pour les ressortissants roumains n'ont permis, que quelques avancées timides , mais non négligeables, au début de l'année 2013, en matière d'insertion professionnelle: 2 personnes ont obtenu un Contrat Unique d'Insertion en entreprise d'insertion (parmi les employeurs, "Les jardins de la Montagne Verte et Emmaüs) La fin de l'année 2013 a été plus fructueuse dans ce domaine d'insertion: 9 personnes étaient embauchées, très majoritairement en CUI. Solibat, entreprise d'insertion d'Horizon Amitié a compté parmi les différents employeurs engagés. Depuis 2011 l'équipe de l'Espace 16 a eu à cœur de s'emparer pleinement du travail d'accompagnement vers l'emploi et vers celui de l'accès au logement, ce malgré les nombreuses restrictions, souvent décourageantes pour les intéressés mêmes et génératrices de sentiments d'impuissance face aux divers freins : écueils administratifs et législatifs. Malgré tout, l'acharnement donné à cet axe de travail par l'équipe de l'Espace 16 a permis de compter 2 embauches à la mi-année 2013, fruit d'un travail sans relâche et d'une participation active des personnes directement concernées. En juillet 2013, l'équipe de la Ville chargée de l'insertion professionnelle des Roms, au cœur de " la mission Roms" de la Ville de Strasbourg a accompli un travail important dan la visée de l'accès à l'emploi. Des cours de FLE ont été dispensés et une centaine de candidats sélectionnés pour en bénéficier ont été reçus individuellement, dans ce cadre. 3 cycles de 3 mois de prise en charge des candidats ont été programmés jusqu'en 2014. En lien avec l'équipe de l'Espace 16 un travail d'accompagnement vers ces inscriptions, de part et d'autre des intervenants, a permis de faire émerger les besoins en apprentissage de la langue française et des études de compétences professionnelles pour l'accès à l'emploi ont fait l'objet d'entretiens multiples. Les apprentissages des fondamentaux de la langue française ont été mis en en lien avec les besoins de recherche d'emploi. 3 intervenantes chargées d'insertion ont été embauchées par la Ville pour entreprendre un suivi de l'accompagnement vers l'emploi des bénéficiaires du dispositif de l'Espace et de ceux des personnes vivant sur les camps dits "illicites" aux alentours. A l'Espace 16, 9 personnes étaient engagées dans l' emploi à la fin de l'année 2013 et en janvier 2014 nous totalisons 10 personnes embauchées, grâce à la mobilisation de tous. D'autres personnes ont bénéficié de formations et/ou de stages préalablement nécessaires aux éventuelles embauches, pour tester les capacités de compréhension de consignes plus ou moins simples, d'assiduité au poste et d'intérêt pour le travail à accomplir. Sorties du dispositif en 2013 1 famille a pu accéder au logement privé par sa propre initiative, à la fin de l'année 2013. L'emploi des parents et l'ouverture des droits communs (ex : aux allocations familiales et RSA) a permis cet accès attendu aujourd'hui par tous les bénéficiaires du dispositif de l'Espace 16. L'Espace 16 est pensé aujourd'hui comme un véritable lieu temporaire d'insertion qui permettra aux uns et aux autres de se préparer à une insertion réussie, tant que possible. L'accès à l'emploi conditionnera fortement l'accès au logement, même si les ressources minimales pourront désormais être attribuées à partir de janvier 2014 à un certain nombre ressortissants roumains, comme pour tout autre ressortissant européen. Donc, deux axes de travail qui modifient les pratiques professionnelles déployées jusque là. 100 Ces 2 axes de travail indissociables pour la visée d'insertion globale, génèrent depuis la fin de l'année 2013 des tâches administratives multipliées (mise à jour des CV, aide à la rédaction des lettres de motivation, rapports sociaux en direction des bailleurs sociaux, montage de dossiers, multiplication des entretiens et des réunions partenariales,...) et des accompagnements spécifiques dans ces deux grands champs d'insertion qui s'ouvrent pour l'année 2014. Les demandes et les attentes sont fortes de la part des personnes accompagnées sur le site. Des freins à ces insertions subsistent encore : la compréhension de la langue française écrite et parlée est l'écueil principal à l'accès à l'emploi. Les besoins en dispense de cours de FLE sont désormais indispensables. Avec les représentants de la Ville de Strasbourg, nous cherchons aujourd'hui à répondre à cette exigence. L'accès au logement prendra sans doute du temps mais les représentants de la Ville et l'équipe de l'Espace 16 sont déjà mobilisés pour étudier avec les responsables bailleurs sociaux les possibilités d'accès. Les partenaires engagés dans le dispositif L'ACCOMPAGNEMENT SOCIAL GLOBAL - La Ville de Strasbourg, financeur et partenaire dans les actions visant, entre autres, à l'insertion sociale, professionnelle, locative : Le Conseil Général : pour les aides accordées ponctuellement (AFASE, aides à la précarité) Les assistantes sociales de secteur. LA SANTE - Médecins du Monde continue les campagnes de suivis des soins, de vaccinations et de préventions des soins dentaires, par des interventions régulières, - La PMI (Protection Maternelle et Infantile) pour l'accompagnement et le suivi des soins au bénéfice des jeunes mères et à leurs enfants âgés de 0 à 3 ans, - La Boussole pour le suivi des soins et la délivrance de médicaments. LES APPORTS ALIMENTAIRES ET VESTIMENTAIRES - Les Associations caritatives Restos du cœur, La Banque Alimentaire, La Croix Rouge, les Bébés du cœur, l'Armée du Salut. LA SCOLARISATION - L'Education Nationale par la voie des Directeurs d'Etablissements scolaires (collèges et écoles primaires) - Agir ABCD pour l'aide aux devoirs dispensées par 2 enseignantes retraitées bénévoles - Le CASNAV (Centre Académique pour la Scolarisation des élèves Nouvellement Arrivés et des élèves issus de familles itinérantes et de voyageurs). LES PROJETS EDUCATIFS CULTURELS ET DE LOISIRS - Papier Gâchette : située rue du rempart cette association est composée d'artistes d'horizons diverses qui proposent des activités aux enfants de l'Espace autour de projets éducatifs définis préalablement - Changer d'R : interventions de bénévoles pour les sorties culturelles et/ou de loisirs en faveur des enfants de l'Espace 16. Autres partenaires Le réseau de professionnels intervenant dans le champ de l'insertion professionnelle : SOLIBAT, Emmaüs, Les Jardins de la Montagne Verte et autres employeurs : pour l'insertion pro- fessionnelle, La mission locale pour l'accompagnement professionnel. 101 Perspectives 2014 De riches projets sont en préparation pour l'année 2014 : La création d'un livre imagier en langue romanech et française Renforcer les interventions des bénévoles pour l'aide aux devoirs Un projet "Cinéma" est en réflexion d'Horizon Amitié et des bénéficiaires de l'Espace 16 : il consiste à montrer par 3 ou 4 projections/an un autre visage Un séjour éducatif dans la nature (Chalet du Hohneck) pour les adolescents de l'Espace 16 Renforcer les liens et les coordinations avec les partenaires existants et ceux à venir Réorganisation des fêtes qui rythment l'année : chaque année, les thèmes et les moyens déployés diffèrent et s'enrichissent de nouvelles idées : l'année 2014 n'échappera pas à nos nouvelles réflexions pour en garantir le succès. Conclusion 2014 verra donc s'accroître le travail d'accompagnement vers les accès à l'emploi et au logement. Pour ceux qui y accéderont la question du maintien dans ces insertions nécessiteront sans doute encore des accompagnements et suivis, spécifiques et pertinents. La scolarisation continue d'être pensée comme le socle d'une insertion réussie et le travail en ce sens sera poursuivi. Les différents projets en cours, dont, entre autres, l'imagier traduit en 3 langues et l'aide aux devoirs, verront leurs conclusions en 2014 et engageront d'autres projets dans leurs sillons. L'accès aux soins reste un pôle d'accompagnement primordial et les suivis globaux des familles nécessiteront encore de repenser les interventions professionnelles pour les personnes bénéficiaires présentes et celles à venir. 102 PÔLE ACCUEIL, HÉBERGEMENT ET INSERTION L’insertion par le logement 103 INTERMEDIATION LOCATIVE 34 rue Thomann 67000 STRASBOURG Tél : 03 88 76 41 76 Fax : 03 88 22 20 87 Mail : [email protected] 104 ORGANIGRAMME DE L’INTERMEDIATION LOCATIVE 105 INTERMEDIATION LOCATIVE Evolution du dispositif du service de 2012 à 2013 De l'année 2012 nous retenons une année charnière offrant le recul nécessaire pour les réajustements des pratiques professionnelles et de leur adaptation aux problématiques rencontrées par le public ciblé pour l'entrée dans le dispositif de l'Intermédiation locative sur le territoire de la Ville de Strasbourg et ses environs. Nous observons une meilleure maîtrise du fonctionnement même de ce dispositif qui permet d'affiner les accompagnements, d'étoffer le réseau de professionnels participant aux suivis des bénéficiaires et d'améliorer les prises en charge dans tous les domaines de l'accompagnement social et des problématiques rencontrées qui touchent tous les âges et toutes les formes de composition familiale . Nous enregistrons un total de 15 sorties positives du dispositif dont 8 glissements de baux; 4 relogements dans le parc privé et 4 relogements en parc social. Donc, une augmentation générale des sorties que nous qualifions de positives et une légère augmentation des baux glissants pour 2013 par rapport à l’année 2012. Nous en concluons l’hypothèse d’une amélioration tant dans l'accompagnement social global que dans de la maîtrise du dispositif même. Quelques difficultés demeurent et concernent un nombre restreint de situations qui nous interrogent par le cumul des problématiques rencontrées et les améliorations qui restent à apporter pour anticiper davantage sur l'étude des situations en risque d'échec, cela au regard des objectifs fixés par l'Intermédiation Locative, en réorientant de manière préventive si nécessaire. Dans l'ensemble nous gardons un constat positif des accompagnements effectués et nous appuyons sur les conclusions positives et réussies dans l'accès au logement autonome sous ses diverses formes Constats pour l’année 2013 Nous constatons des résultats positifs plutôt encourageants mais faisons également état de quelques difficultés : Total de journées de prise en charge pour les personnes sorties du dispositif au cours de l’année 2013 : 21 428 jours Total de journées de prise en charge concernant les personnes présentes au 31/12/ 2013 (non sorties du dispositif) : 17 259 jours Le service compte : 23 entrées et 29 sorties pour l’année 2013. 106 Composition familiale des ménages en chiffres Le public est majoritairement composé de personnes isolées. Il comprend pour l’année 2013 - 47 hommes, 11 femmes et 8 enfants, dont 4 couples et 8 familles. Constats positifs Pour l'accompagnement social global Le suivi des bénéficiaires de l'Intermédiation Locative : la mise en œuvre d'indicateurs d'activités et du projet personnalisé améliore sensiblement la prise en charge et le suivi des personnes accompagnées. Les entretiens réguliers avec la Chef de service permettent de reprendre des situations complexes et d'établir de nouvelles orientations de l'intervention de l'accompagnement social. Aide au versement de la caution. Ces aides ne sont pas systématisées et leur nécessité est débattue en équipe sur la base des observations rapportées par chacun. Les aides accordées sont dans certains cas un soutien indispensable, particulièrement au moment de l'installation. Aide à l'installation dans le logement : en fin d'année 2013 nous avons entièrement équipé 2 logements en appareillage électroménager neuf (dans le cas du glissement de bail nous offrons la possibilité au bénéficiaire de racheter le matériel installé à un prix dévalué). Nous équipons également les logements du mobilier nécessaire à l'installation (lits, matelas, meubles de rangement, produits de nettoyage,...). Aides non facturées au sous-locataire pour les interventions d'entretien du logement qu'elles relèvent de la maintenance ou des réparations et/ou remises en état plus conséquentes (sauf en cas de dégradations volontaires). Aides financières ponctuelles en cas de difficulté et après avoir écarté d'autres relais possibles; celles-ci font l'objet de proposition de remboursement. Toutes ces aides offrent la possibilité d'un démarrage positif à l'entrée dans le dispositif et un équilibre bénéfique dans les moments plus difficiles, même si nous constatons des demandes d'aide en augmentation. Des sorties en baux glissant en augmentation Nous constatons une augmentation continue des sorties en baux glissants. L'année 2013 en compte 8. 107 Pour les logements 2012 CUS Hors Total en % CUS 24 0 24 45 % 18 0 18 34 % Studios T1 2013 CUS Hors Total CUS 16 0 16 18 2 20 en % 37 % 45 % T2 T3 T4 7 2 0 1 1 0 8 3 0 15 % 6 % 0 % 4 3 0 1 0 0 5 3 0 12 % 6 % 0 % Maison Total logements 0 51 0 2 0 53 0 % 100 % 0 41 0 3 0 44 0 % 100 % 100% 50% 2012 studios T1 T2 T3 T4 maison 0% 2013 2012 2013 En 2013 le nombre de logements en captation est en baisse par rapport à l’année 2012. Cela s’explique par un nombre en baisse conséquente des candidatures présentées aux commissions de l’Intermédiation Locative durant l’année 2013. Les types de logements sont majoritairement des studios ou T1 : La mobilisation du parc privé est très satisfaisante; les recherches sur les sites des petites annonces portent leurs fruits; peu de propriétaires particuliers montrent des réticences après présentation du dispositif et les échanges aboutissent concrètement dans la majorité des cas. Suivis des logements : l'entreprise d'insertion SOLIBAT est une structure interne de l'Association Horizon Amitié qui nous permet d'être réactif dans les interventions tant dans le domaine de la maintenance des logements (réparations, petits travaux, déménagements, installations, pannes diverses, changements de serrures;...) que celui des interventions plus spécialisées (peinture, carrelage, remise en l'état d'après état des lieux,...) Attributions de logements à l'initiative des propriétaires : durant l'année 2013 nous comptons 9 logements confiés à la gestion de l'Association par les propriétaires et ce, partant de leur propre initiative. Ceci montre que le dispositif est aujourd'hui plus largement connu et apprécié. Un élargissement géographique pour la prospection des logements, en particulier pour les logements de 2 à 2/3 pièces dont le coût est plus élevé en zone centrale et CUS; nous n'hésitons plus à élargir nos recherches au-delà de la CUS quand la demande est spécifiée dans cette direction. Une moyenne en baisse des logements captés pour 2013 que nous expliquons par une diminution des candidatures lors des commissions d'attribution en particulier durant les dernières commissions. 108 Difficultés rencontrées Elles concernent l'accompagnement social global et le suivi des logements. La gestion budgétaire reste un axe de travail important dans l'accompagnement global. Pour certaines situations les problématiques rencontrées dans tous les domaines peuvent se révéler complexes dès le départ ou survenir durant la période de prise en charge. Dans l'accompagnement social Maladies psychiques, fragilités psychologiques : Les problématiques d'ordre psychologique ren- contrées par les personnes accompagnées se révèlent, dans de nombreux cas, plus handicapantes que décrit initialement dans les rapports sociaux; elles sont en constante augmentation et présentent, dans certaines situations, des freins non négligeables à l'accès autonome au logement. A cela s'ajoute la difficulté pour les travailleurs sociaux d'amener les personnes en souffrance psychologique vers les structures adaptées et/ou les médecins spécialisés. Malgré tout, cette problématique n'écarte pas les candidats de l'inscription dans le dispositif auquel ils peuvent prétendre très légitimement, et, le plus souvent, les personnes qui connaissent des difficultés psychiques ou psychiatriques peuvent vivre en complète autonomie et accéder au glissement de bail sans difficulté particulière. Une augmentation des impayés de loyers : L'accompagnement à la gestion budgétaire reste un axe de travail principal pour un public en précarité qui rencontre des problématiques diverses venant influer la tenue budgétaire des revenus souvent faibles. A ce jour les impayés de loyer concernent 5 à 6 situations dans notre service jugées complexes par leur présentation et qui, pour certaines, présentent un cumul de problématiques non dissociables des difficultés financières. Des dettes locatives en augmentation : les dettes locatives élevées touchent principalement 5 si- tuations pour lesquelles il apparaît difficile de rééquilibrer le montant des sommes dues, même dans le cas d'un accord pour l'épurement de la dette. En 2013, nous observons 11 situations de prises en charges longues et complexes. Augmentation des charges locatives : Nous sommes vigilants à l'augmentation des demandes d'ai- de en matière de consommations énergétiques et à leur conséquente augmentation dans certains cas, en renforçant le travail d'éducation à la consommation d'énergie par le projet de mise en place des ateliers collectifs d'information dans ce domaine. Une augmentation des demandes pour les personnes en âge avancé comme pour les personnes en jeune âge, isolées, en couple et en couple avec enfant. Dans les logements Le temps de prospection des logements se fait avec la personne bénéficiaire engagée dans le dispositifen cas de non disponibilité de logement à proposer dans l'immédiat. Jusque là il était donné aux bénéficiaires du dispositif, la possibilité du choix ce qui avait pour conséquence de prolonger la période d'inscription dans le dispositif de celle de l'entrée effective dans le logement. La conséquence directe étant un retard pris dans l'accompagnement social global des personnes et de leurs difficultés : une prise en charge se faisant au plus tôt et dans un contexte plus sécurisé d'installation locative est préférable à plus d'un titre. L'objectif est donc de réduire la période d'écart entre inscription dans le dispositif et entrée dans le logement, tout en évitant un phénomène de précipitation dans la captation des logements et en restant au plus près des attentes de nos bénéficiaires. Donc, une prospection plus fine dans la recherche de logements est exigée. 109 Axes de travail améliorés en 2013 Les aides accordées viennent rééquilibrer des situations périodiquement difficiles Elles sont suivies par les intervenants sociaux dès les premiers signes de difficulté et ont pour objectif d'éviter une dégradation de la situation. Davantage de coordination entre nos services et ceux de la DDCS. Les récentes demandes de don- nées statistiques plus précises ont mis en exergue la nécessité d'un travail en commun. Nous en apprécions les apports et avons repensé des outils de travail servant les intérêts communs (ex : fiches d'indicateurs d'activités correspondantes aux demandes et affinées). Présentation du dispositif de l'Intermédiation locative auprès des CMS et autres associations et/ou organismes habilités de l'aide sociale; cette année les interventions visant à une meilleure connaissance du dispositif de l'IL, seront multipliées; la chef de service a pour mission de communiquer les informations auprès des institutions et présenter le dispositif pour viser à des orientations plus conformes aux objectifs de l'Intermédiation locative. Communiquer le fonctionnement du dispositif en interne : la Chef de service de l’Intermédiation Locative a présenté aux différents cadres et travailleurs sociaux des différentes structures d'Horizon Amitié, le dispositif de l'Intermédiation Locative afin d'optimiser les orientations et mieux comprendre les enjeux dudit dispositif. Cette information se poursuit dans nos services. Information régulière auprès des propriétaires : Nous avons été sensibilisés par les propriétaires qui ont exprimé, pour certains, le regret d'un manque d'information sur les changements qui s'opèrent dans leurs logements : ex. changement d'occupants du logement; l'entretien des lieux d'habitation. Aussi, en 2013 nous avons considéré ces observations et apporté une nette amélioration de la communication en direction des propriétaires et soulevé la nécessité d'un droit d'information en leur faveur. Ce droit à l'information, éthique plus que juridique, a pour objectif d'installer une relation de confiance entre les propriétaires et les intervenants de l'Association. Un accompagnement renforcé renforcement des suivis (visites à domicile et entretiens au bureau) des personnes dans les premiers mois de prise en charge en cas d'observation de difficultés spécifiques et/ou importantes. La mise en place du projet individualisé : une trame de projet individualisé a été travaillée pour préciser les objectifs fixés dans l'accompagnement avec la personne accompagnée . Ce P.I. renseigne les problématiques repérées; les objectifs fixés; les hypothèses de travail et les moyens mis en œuvre pour parvenir à concrétiser au mieux le projet du bénéficiaire. Il est projeté de formaliser le P.I. après une période d'observation de 2 à 3 mois. Le projet sera ponctué par un bilan intermédiaire permettant son évaluation après 6 mois de prise en charge. Le bilan complet est prévu après 1 an de suivi. Toutes les parties s'engagent dans le projet. Le projet individualisé doit être un outil de repérage des difficultés surgissant en cours de parcours; c'est pour nous un outil d'évaluation précieux, notamment dans les décisions de réorientation. Création de fiches d'indicateurs d'activités professionnelles pour l'amélioration du recueil de données statistiques et des pratiques professionnelles. Intervention de la Chef de service dans les logements et entretien individuel avec les personnes accompagnées 1/an pour chaque bénéficiaire. 110 Nos partenaires Nos financeurs (La DDCS, le Conseil Général), partenaires incontournables. Les commissions de la DDCS dédiées aux études des situations présentées pour les candidats à l'Intermédiation Locative, sont un lieu précieux pour les échanges et les observations émanant des membres qui les composent. Nous citons également entre autres partenaires, Pour l'accompagnement social global Ithaque : plusieurs bénéficiaires de l'IL sont suivis en parallèle par cette association chargée du suivi des personnes dépendantes; des liens et des entretiens réguliers communs permettent des avancées sur les situations particulièrement complexes. Tôt ou T’art : nous avons créé un partenariat avec cette association qui permet de bénéficier d'entrées à prix bas dans les lieux culturels et/ou de loisirs. Les associations caritatives pour les aides ponctuelles : nous dirigeons les personnes se trouvant en difficulté financière ponctuelle vers ces associations pour les dons alimentaires. Les Assistantes de Services Sociaux des hôpitaux psychiatriques : l'accompagnement à la santé est une partie importante des missions des T.S. Les liens avec les ASS sont un précieux soutien dans l'évaluation des besoins et des axes de travail à adapter selon ces mêmes besoins. Assistantes sociales de secteur : les bénéficiaires de l'Intermédiation Locative sont dirigés vers les assistantes sociales du secteur pour toutes les aides complémentaires: renouvellement du RSA; continuation des suivis des personnes notamment après sortie du dispositif... Les partenaires inter-association : SOLIBAT (Entreprise d'insertion) CHRS, RSAvenir, Accueil Printemps, Service Alternative, Accueil des Deux Rives,… partenaires directs permettant, si besoin est, de travailler ensemble les réorientations des bénéficiaires. Pour la captation et l'entretien des logements Les agences immobilières y compris celles à vocation sociale. Les propriétaires nous considérons ces derniers comme de véritables partenaires et non seulement comme de simples bailleurs. SOLIBAT (Entreprise d'insertion) : partenaire interinstitutionnel. Le service de maintenance d'Horizon Amitié : partenaire interinstitutionnel. Emmaüs pour l'achat du mobilier nécessaire à l'installation et au cours de l'occupation. 111 PERSPECTIVES POUR 2014 Les axes d’amélioration pour le suivi des personnes accompagnées Une évaluation et ajustement du budget alloué aux aides en fonction des besoins à prioriser au regard des situations et pour une évaluation desdits besoins : une fiche de travail indicatrice des demandes d'aide, de leurs motifs et de l'évaluation de la situation par le Chef de service est déjà employée par les T.S et validée ou invalidée par la chef de service. Affinement des outils de travail : recueil de données amélioré et optimisé en fonction des besoins statistiques. Création d'un CVS (Conseil de la Vie Sociale) et élections de représentants des usagers, au bénéfice des usagers pouvant permettre de mieux cerner les difficultés rencontrées tant dans le domaine social en général que dans celui des suivis des logements. Le premier CVS aura lieu en mars 2014 et évoluera au rythme d'1 CVS par trimestre, entrecoupé par les rencontres avec les représentants élus. Une enquête de qualité établie en direction des bénéficiaires de l'Intermédiation Locative dans la perspective d'améliorer leur suivi. Un groupe de travail à thème, animé par la chef de service est en projet pour cette année pour permettre aux travailleurs sociaux d'exprimer leurs observations dans les différents domaines de prise en charge; ce groupe de travail a pour objectif de réduire les risques de "décrochage" de l'objectif fixé par le dispositif et d'apporter des améliorations adaptées à l'évolution des situations. Renforcement des liens partenariaux : il s'agit de travailler au maintien des liens en étoffant le réseau environnant des partenaires pour une coordination des actions menées en faveur des personnes accompagnées. Nous sommes également soucieux d'apporter une information plus étayée et davantage affinée en direction de ces partenaires, professionnels habilités à évaluer les situations. Anticipation des demandes de logements auprès des bailleurs sociaux au cours de la prise en charge. Actions collectives diversifiées et adaptées aux besoins : mise en place d'ateliers d'éducation à la gestion budgétaire locative avec la participation d'intervenants professionnels. Mais aussi des actions collectives sorties culturelles et/ou de loisirs. Renforcement des liens avec les partenaires Renforcement des liens partenariaux : il s'agit de travailler au maintien des liens en étoffant le réseau environnant des partenaires pour une coordination des actions menées en faveur des personnes accompagnées avec nos partenaires, professionnels habilités à évaluer les situations. Sécuriser les relations bailleurs/locataires/sous-locataires, visant à réagir avec pertinence et éviter les blocages qui desservent chaque partie. Un accompagnement social renforcé en lien avec les partenaires pour chaque situation présentant des risques certains de mise en échec - repérés dès le début de la prise en charge - des objectifs fixés pour une issue favorable. 112 Nous constatons que notre recherche d'équilibre pour l'aboutissement des objectifs fixés du dispositif d'Intermédiation Locative, nous amène à adapter continuellement nos pratiques professionnelles dans trois grands domaines d'interventions : les besoins des ménages concernés, le type de logement à proposer et les réponses à apporter aux difficultés rencontrées dans l'accompagnement social global. Cette structure, à trois composantes, s'est révélée pour nombre de situations déséquilibrée dès lors que l'une de ses 3 caractéristiques s'est trouvée fragilisée. Nous porterons une attention particulière à cette nécessité d'adéquation entre 3 pôles qu'il nous revient de consolider. Dans ce but, nous réadaptons nos outils de travail. De manière théorique, nous réalisons que ce dispositif requiert, de la part des personnes accompagnées, une autonomie avancée. Le public accueilli dans notre service présente visiblement des profils souvent diversifiés et distincts les uns des autres; les besoins en terme d'accompagnement social exigent tout autant de variabilités, donc une évaluation continue de nos pratiques professionnelles. Nous concentrons nos efforts à une présentation élargie et plus affinée en direction des partenaires sociaux et des institutions qui orientent le public vers l'Intermédiation Locative, pour viser à réduire l'écart entre les rapports d'évaluation des situations et la réalité même de ces situations. Nos engagements actuels recentrent le travail d'accompagnement pour viser une amélioration de nos pratiques professionnelles et leur adéquation avec les attentes du dispositif d'Intermédiation Locative. Ceci nécessitera un réajustement constant de nos pratiques pour correspondre aux besoins repérés, ce, dans l'intérêt des bénéficiaires de notre service. Fête de Noël 2013 113 A.S.L.L. (L’Accompagnement Social Lié au Logement) 34 rue Thomann 67000 STRASBOURG Tél : 03 88 76 41 76 Fax : 03 88 22 20 87 Mail : [email protected] 114 ORGANIGRAMME DU SERVICE A.S.L.L. 115 A.S.L.L. Le service d’Accompagnement Social Lié au Logement assure la mise en œuvre de mesures d’accompagnement, déléguées par le Fonds de Solidarité Logement (FSL) du Conseil Général. Le Conseil Général est ainsi le maître d’ouvrage de l’ASLL par le FSL. L’accompagnement social s’adresse à toute personne entrant dans le dispositif du Plan Départemental d’Action pour le Logement des Personnes Défavorisées (P.D.A.L.P.D.) et rencontrant des difficultés pour accéder ou pour se maintenir dans un logement. Les principes des accompagnements sociaux liés aux logements précisent (op.cit. annexes du fonds de solidarité pour le logement, édition 2014), que « dans le cadre de l’organisation territorialisée du FSL, les UTAMS sont en charge, pour ce qui concerne les situations relevant de leur territoires de compétence, de la prescription des accompagnements sociaux classiques liés au logement, des enquêtes et des bilansdiagnostics auprès des associations habilitées par le Président du Conseil Général du Bas-Rhin » L’Association Horizon Amitié est habilitée, à ce titre, et effectue ses missions en accord avec le règlement intérieur du FSL et le respect de la charte guidant l’accompagnement social lié au logement, indiquée dans le P.D.A.L.A.P.D. 2012-2014 et précisant 5 axes d’intervention stratégiques visant « à adapter et coordonner les modes d’intervention possibles concernant notamment : Le public relevant de la loi du 5 mars 2007 sur le droit au logement opposable (DALO). Le public défini comme prioritaire au regard de l’accord collectif départemental (ACD), pour accéder à un logement social réservé relevant soit de l’Etat, soit de la CUS, soit du Département. Les personnes en procédure d’expulsion locative. Les ménages de plus en plus nombreux confrontés aux problèmes de précarité énergétique. Les jeunes défavorisés, les personnes bénéficiant du RSA ou les majeurs protégés bénéficiant d’une mesure d’accompagnement spécifique. La nouvelle Charte s’inscrit pleinement dans la logique du développement des actions préventives ». Rappel des missions et cadre de l’action de l’accompagnement Si l’Accompagnement Social Lié au Logement n’a pas pour objectif de traiter l’ensemble des difficultés sociales du bénéficiaire, il n’en reste pas moins que les travailleurs sociaux de notre service s’accordent sur la nécessité d’une approche globale de la situation et des problématiques autres, pour mieux comprendre la problématique plus spécifique rencontrée dans le domaine du logement. En effet, la connaissance et la considération des difficultés sociales environnantes apportent une réponse plus adaptée et pertinente. Pour cela, un travail de liens avec les partenaires des services de la polyvalence de secteur est indispensable. Les travailleurs sociaux de l’équipe d’ASLL établissent des contacts réguliers avec les partenaires (rencontres de réunions d’informations, entretiens téléphoniques,...) pour accompagner et aider au mieux les ménages en difficulté dans la recherche de solutions. Plus généralement, la mesure d’accompagnement implique un travail en partenariat avec tous les travailleurs sociaux intervenant pour le ménage. 116 L’Accompagnement Social Lié au Logement fait l’objet d’une contractualisation tripartite entre le propriétaire, l’accompagnateur social et le bénéficiaire de la mesure. Cette contractualisation engage la volonté de chacune des parties pour mettre en œuvre un accompagnement pertinent et construire des objectifs précis visant la recherche de solutions. L’accompagnement social est l’un des volets essentiels du FSL ; il est limité dans le temps et doit faire l’objet d’évaluation en cours et en fin de mesure. C’est un accompagnement complémentaire aux diverses actions menées par les autres travailleurs sociaux, quelle que soit leur origine institutionnelle. Pour les travailleurs sociaux de l’Association, l’ASLL se concrétise par une relation d’aide, d’écoute, de soutien, qui s’appuie sur des objectifs fixés. L’accompagnement spécialisé s’inscrit également dans une dynamique de relation d’aide qui vise de manière constante l’autonomie et la recherche de responsabilisation des personnes accompagnées. L’ASLL vise deux objectifs majeurs Les mesures d’accès au logement : un accompagnement pour lever les entraves qui se présentent dans ce parcours qui vise la facilitation de cette visée. Les « mesures de maintien dans les lieux »; les « mesures de mise en jeu du cautionnement »; « procédure de saisine CAF » : un travail axé sur la prévention des risques d’expulsion. La mesure d’accès au logement Elle a pour objectif d’accompagner la personne à l’entrée dans le logement, et ce jusqu’au gain par le bénéficiaire de la mesure d’une autonomie complète dans la gestion locative. Dans tous les cas, le travail d’accompagnement des travailleurs sociaux consiste à guider les bénéficiaires des mesures dans, entre autres aides, l’aide à la constitution de dossiers; la tenue de la comptabilité du ménage et les prévisions de budget mensuel et annuel; l’aide à la réflexion sur les priorités budgétaires; le travail autour de la maîtrise des énergies; la mise en place d’un plan d’apurement. La mesure de maintien dans les lieux (saisine CAF – Mise en jeu du cautionnement – SDAPL) Un travail global consistant à entamer des démarches sociales plus « généralistes » est nécessaire au moment où une famille est confrontée à des impayés de loyer. Il s’agit de stabiliser au plus tôt la situation. Ainsi, les démarches relatives à : La reprise du paiement du loyer : la mise en jeu du cautionnement du FSL la mise en place d’un plan d’apurement de la dette la régularisation des droits à l’aide au logement l’établissement d’un bilan budgétaire une éventuelle demande d’intervention financière auprès du FSL le soutien à la compréhension des documents administratifs … 117 Sont autant de démarches possibles liées spécifiquement au logement; mais d’autres démarches sont des objectifs aidants à la stabilisation des situations : les objectifs peuvent s’envisager également sous la forme de : la saisine de la commission de surendettement ou la réactualisation de ce dernier si besoin la demande de protection juridique l’orientation dans le domaine de la recherche d’emploi le relogement … Les enquêtes assignations ou expulsions Les enquêtes assignations visent à informer le juge de la situation locative et administrative du locataire et à lui apporter les éclairages nécessaires quant aux possibilités de régularisation des impayés locatifs. Le juge saisi par le bailleur d’une demande d’expulsion statue dans un délai de deux mois : ce délai est mis à profit pour établir un diagnostic de la situation sociale du ménage afin de présenter au Juge les éléments d’information qui peuvent être utiles à sa décision. Ce délai doit également favoriser tant que possible la résolution des difficultés rencontrées par le locataire. A cet effet, les travailleurs sociaux de notre service sont bien informés des dispositifs existants qui peuvent être mobilisés et des procédures qui y sont afférées. L’enquête faisant suite à une demande d’expulsion vise également à informer le Préfet et le Souspréfet de la situation sociale d’un ménage dont le bail est résilié et à l’encontre duquel le concours de la force publique a été sollicité. Aussi, les enquêtes sont des mesures à caractère très particulier puisqu’elles sont, d’une part, portées à la connaissance du Juge et du Préfet et, d’autre part, elles exigent une rapide réactivité en raison de leurs délais très courts et impératifs. Evolution de l’activité ASLL à Horizon Amitié Les ASLL sont financés à la mesure. La charte de l’accompagnement social 2012-2014 définit le nombre de mesures. Le Département décide de la durée de l’ASLL par période de 6 mois renouvelable deux fois, soit 18 mois maximum. (une prolongation exceptionnelle peut être accordée). Données chiffrées sur l’activité Nature et nombre des mesures déléguées en 2013 Type de la mesure déléguée BD Enquête Total Accès 24 24 ASLL simple 2 2 MJC 4 4 Maintien Saisine CAF 41 41 Assignation 49 49 90 120 Total général 30 118 Evolution du nombre de mesures depuis 2005 Type de Bilan 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 Bilan Diagnostic 142 75 94 65 79 46 68 30 50 30 Bilan Intermédiaire 51 49 44 48 53 55 46 39 22 40 Bilan de fin de mesure 42 47 64 48 52 48 46 45 25 40 Enquêtes 0 0 36 43 51 83 64 84 57 90 235 171 237 204 235 232 224 198 154 200 TOTAL Difficultés rencontrées et observations des évolutions générales des personnes accompagnées L’association Horizon Amitié s’engage à mettre en œuvre tous les moyens adéquats pour le suivi des personnes en difficulté dans le cadre de l’ASLL et recherche de façon continuelle à améliorer les actions d’intervention en direction des ménages suivis dans le cadre du PDALPD en adaptant les pratiques professionnelles dans le respect des missions qui lui sont confiées par le Conseil Général. En 2013 nous enregistrons une augmentation des mesures et une baisse conséquente des aides accordées par le FSL. Les travailleurs sociaux sont attachés à la notion d’un ASLL fondé sur une démarche volontaire et recherchent nécessairement l’adhésion des personnes accompagnées dans ce cadre. La dégradation générale de certaines situations rend, toutefois, cette notion de participation volontaire et d’adhésion, difficile. Nous constatons un nombre croissant de situations dont les dettes locatives sont exorbitantes. Il en est de même pour le domaine de précarité énergétique et les installations de compteurs «Libergy» permettant de couvrir la consommation nécessaire, sont insuffisants. Par exemple, pour le chauffage. Jusqu’en 2012 le FSL prenait en compte une aide d’un montant de 500 €. En 2013 cette aide est réduite de moitié. Il est également plus compliqué aujourd’hui d’obtenir des aides financières de la Ville. La dégradation des situations n’est pas seulement économique : les personnes souffrant de fragilités psychologiques sont en constante augmentation. Les travailleurs sociaux sont confrontés à des situations relevant souvent de problèmes psychologiques (voire de pathologies psychiatriques) qui apparaissent et/ou s’aggravent avec les diverses complications environnementales qu’elles soient d’ordre financier ou d’ordre social, l’un influant souvent sur l’autre. Ainsi, l’accompagnement social lié au logement, nécessite pour certaines situations des aides renforcées que les travailleurs sociaux dans le cadre de leurs suivis s’appliquent à guider au mieux dans les objectifs fixés pour des issues concluantes en faveur et dans l’intérêt des bénéficiaires des mesures en adaptant les outils à leur disposition pour des orientations pertinentes. 119 Le rôle majeur des enquêtes et bilans diagnostic Comme l’année précédente, nous tenons à rappeler le rôle majeur que jouent les enquêtes et bilans diagnostics dans le repérage des personnes en difficulté. Ce sont de précieuses mesures d’investigation qui permettent un premier contact avec les personnes en grande difficulté locative avec un dispositif d’aide sociale. La perte d’emploi et/ou une rupture familiale, la maladie, entre autres difficultés, restent souvent des événements à l’origine de la dégradation sociale et financière des ménages concernés. Ces personnes sont rarement coutumières du recours à l’aide sociale en général et préfèrent « s’en sortir seules ». Devant les difficultés qui s’accroissent une forme de déni ou, pour le moins d’évitement, est leur choix de repli. Pour ces personnes l’aide des intervenants sociaux est perçue comme une intrusion. Le travail de ces derniers n’en est pas moins poursuivi. L’année 2012 a été une année de réorganisation du FSL avec la mise en place de la territorialisation du FSL. L’année 2013 reste une année d’observation des conséquences de ce changement sur l’activité du FSL. L’année 2014 verra une organisation interne au FSL qui tient compte des observations faites sur le terrain et avec les partenaires professionnels pour adapter leurs outils et pratiques professionnels au service de la démarche d’ASLL. Une baisse générale de 5% des subventions pour l’année à venir n’est pas un point rassurant mais l’Association Horizon Amitié et les travailleurs sociaux du service d’ASLL continueront de s’attacher aux valeurs qui guident leur action sociale dans le cadre et le respect des missions qui leur ont été confiées. L’équipe de l’association Horizon Amitié chargée de l’ASLL tient à faire remarquer la continuité de la qualité des relations, des échanges et des soutiens avec les professionnels partenaires environnants et en particulier avec les intervenants sociaux du Conseil Général et leurs responsables. 120 GESTION LOCATIVE ADAPTÉE 36 rue du Général Offenstein 67100 STRASBOURG Tél : 03 90 40 49 49 Fax : 03 88 79 98 01 Mail : [email protected] 121 GESTION LOCATIVE ADAPTÉE Ce service ne s’adresse qu’à des familles avec des revenus peu élevés ou à des familles dont la précarité de l’emploi n’apporte pas assez de garanties pour obtenir un logement chez un bailleur. Les familles ne bénéficient pas d’un accompagnement social mais nous leur proposons une assistance à la gestion locative à savoir : présentation de l’appartement et du quartier (service de proximité, assistante sociale de secteur, commerces…), aide à l’aménagement : rappel des procédures pour l’ouverture des compteurs, sensibilisation aux aides possibles (prêt CAF et aide FSL) et aux droits et devoirs du locataire (respect des voisins, tour de nettoyage, travaux afférents au bailleur…) En cas de difficultés particulières, nous contactons le travailleur social chargé de l’accompagnement si une mesure FSL est en cours ou le cas échéant, le travailleur social de secteur. L'immeuble à Hochfelden : 5, rue de La Gendarmerie Un peu d’histoire Dans la continuité de son action envers un public précaire, l’Association Horizon Amitié achète, en 1993 un immeuble situé 5, rue de la Gendarmerie à HOCHFELDEN. Elle rénove le bâtiment et crée 13 logements à caractère social répondant ainsi à l’absence de logements sociaux en zone rurale. Cette opération doit sa réalisation à la volonté de différents partenaires : L’association Horizon Amitié, propriétaire bailleur, maître d’ouvrage de l’opération de réhabilitation et gestionnaire de cet immeuble, l’Etat et l’ANAH, ainsi que l’engagement des collecteurs du 1% logement. Le Département et la Commune de Hochfelden comme garants des emprunts contractés. Action sociale en zone rurale : Pour ces 13 logements, 2 studios et 11 deux pièces, l’association assure un soutien social aux locataires dans le cadre d’un partenariat avec la commune d’Hochfelden. Le conventionnement de l’immeuble ouvre droit aux APL pour une large majorité des occupants, ce qui permet des loyers résiduels bien faibles. La location des logements se fait en lien avec le Mairie d’Hochfelden et privilégie des personnes du secteur, sans que cela soit exclusif. Par ailleurs, l’immeuble a également connu une dégradation de la toiture (du aux intempéries et à l’âge, la réhabilitation de la toiture de l’époque n’ayant conduit qu’à réparer la toiture et non à la remplacer) avec des dégâts des eaux. Ceci a conduit à l’impossibilité de louer certains logements. L’association Horizon Amitié a mené une étude approfondie avec un architecte qui a rendu ses conclusions; l’association fait le choix du remplacement des zingueries, de la réparation de la maçonnerie du colombage et de la démolition de l’appentis avec réalisation d’un local poubelle, la mise aux normes de toute l’installation électrique de l’immeuble et l’installation des détecteurs de fumée. Les travaux se feront en 2014. 122 L'appartement à Strasbourg : 22 rue La Broque Historique du projet C'est dans le cadre des activités du SARS que l’association est devenue locataire de cet appartement le 8 janvier 1979. L’appartement est situé dans le quartier de la gare au 22 rue de La Broque. Il est bien desservi par les transports en commun (proche de la ligne du tram) et du centre ville ainsi que des grands centres administratifs (CPAM, CAF, etc...) et des bureaux du SARS. Ce quartier a conservé de nombreux petits commerces de proximité (épicerie, boulangerie, tabac…). C’est pourquoi l’association a décidé de racheter ce logement lorsque son propriétaire l’a mis en vente en décembre 2000. Il est loué à des familles stabilisées mais ayant toujours de faibles ressources. Actuellement, une famille sortie du SARS est locataire de ce logement. 123 PÔLE ACCUEIL, HÉBERGEMENT ET INSERTION L’action en partenariat Avec le SPIP 124 SERVICE ALTERNATIVE 12 rue Thomas Mann 67200 STRASBOURG Tél : 03 88 60 82 44 Fax : 03 88 60 19 17 Mail : [email protected] 125 ORGANIGRAMME DU SERVICE ALTERNATIVE 126 SERVICE ALTERNATIVE L’aménagement de peine : Le placement extérieur Le placement extérieur est une alternative à l’incarcération. Il s’agit ici de permettre à des détenus de bénéficier, en milieu ouvert, d’un aménagement de leur peine par le biais d’un accompagnement social adapté. Cette mesure permet également à des usagers devant être incarcérés d’éviter la prison en bénéficiant de ce même accompagnement. Le placement extérieur est prononcé par le Juge d’Application de peines (JAP) et les usagers en bénéficiant doivent répondre à certaines obligations (horaires, justification des démarches d’insertion, obligation de soins). Tous les usagers accueillis en mesure de placement extérieur sont mis sous écrou. Bien que cette mesure soit contraignante et fortement réglementée, elle s’appuie sur la libre-adhésion des usagers puisqu’elle se fait toujours à leur initiative, qu’ils soient détenus ou non. Une mesure de placement extérieur a pour but de permettre la construction d’un projet d’insertion, l’enjeu final étant d’éviter la récidive, ainsi que la reconquête de leur liberté et de leurs droits. Chaque usager a un référent identifié dès son arrivée. Jusqu’à l’aboutissement de l’admission d’un usager en Placement Extérieur, en moyenne 3 mois sont nécessaires pour faire aboutir la demande du détenu. Le Service « Alternative » Le Service Alternative accueille des personnes en demande d’un aménagement de peine (Placement à l’Extérieur). Il s’agit bien souvent de personnes désocialisées, éloignées de l’emploi et dont la santé nécessite une importante prise en charge. Le service accompagne ces personnes dans la réalisation de leur projet d’insertion fixé dans le cadre de la mesure de placement extérieur. Durant l’année 2013, nous avons hébergé et accompagné 41 personnes en mesure de placement extérieur, soit 4 388 journées. La mise en œuvre d’un placement extérieur Dans un premier temps, nous réceptionnons les courriers des détenus qui sollicitent un entretien de préadmission au placement extérieur. Suite à ça, nous contactons les conseillers d’insertion et de probation (CIP) pour fixer une date d’entretien en fonction des commissions d’applications des peines (CAP) et nous leur envoyons la convocation. Il faut savoir qu’en moyenne un détenu sur trois arrive à obtenir une permission de sortie pour venir à l’entretien de pré-admission. L’entretien de pré-admission se déroule majoritairement au Service Alternative avec un membre de l’équipe éducative, mais il arrive que nous nous rendions dans les centres de détention pour rencontrer les détenus lorsqu’ils n’ont pu obtenir d’autorisation de sortie. 127 L’ensemble des entretiens se déroulent de la même façon. Après un rappel des modalités du placement extérieur, nous revenons sur les raisons de l’incarcération du détenu, le projet pendant la mesure de placement et la situation globale (sociale, santé, logement, administrative…). A l’issu de cet entretien, le travailleur social élabore une « fiche navette », qui retranscrit le contenu de l’échange, destiné au conseiller d’insertion et de probation et au juge d’application des peines. Parallèlement à ça, un retour téléphonique est effectué au CIP du détenu, pour fixer une date d’admission au service « Alternative ». Lorsque le détenu arrive dans notre structure, il est accueilli par le travailleur social référent, qui va l’accompagner tout au long de la mesure de placement extérieur. Lors de cette première rencontre, le référent l’informe et lui fait signer le règlement intérieur de la structure, revoit le jugement ainsi que les obligations dont il est redevable et lui fixe un premier entretien les jours qui suivent, afin de commencer l’accompagnement social. Ensuite, le référent s’occupe d’installer la personne dans la chambre de l’appartement qui a été choisie au préalable lors de la réunion d’équipe. Un état des lieux d’entrée est effectué, ainsi que la remise des clés et la mise en place d’une caution « clé ». Le Service Alternative proposait deux types d’hébergement jusqu’au 14 Septembre 2013 : une chambre en collectif (5 chambres) situées rue Thomas Mann ou une chambre dans un appartement en co hébergement. Dès le mois de Septembre, le Service Alternative a connu une réorganisation de son fonctionnement. Les chambres dans le collectif ont été supprimées et le mode d’accueil est devenu exclusivement un hébergement en appartement éclaté. Eléments statistiques En 2013, nous avons accueilli uniquement des hommes. Durée des séjours La durée moyenne d’aménagement de peine est de quatre mois. 5 usagers ont bénéficié d’un placement extérieur de moins de 4 mois 25 usagers ont bénéficié d’un placement extérieur de 4 à 7 mois 11 usagers ont bénéficié d’un placement extérieur supérieur à 7 mois 4 mois 4 à 7 mois Supérieur à 7 mois Nous avons priorisé les placements extérieurs d’une durée de 4 à 7 mois, pour nous permettre de travailler au mieux le projet de réinsertion, sachant qu’on estime à deux mois l’accompagnement à la recherche de logement. 128 Répartition par tranche d’âge 12 usagers âgés de moins de 25 ans Moins de 25 ans 21 usagers âgés de 25 à 35 ans 25 à 35 ans 6 usagers âgés de 35 à 50 ans 35 à 50 ans 2 usagers âgés de plus de 50 ans Plus de 50 ans Situation familiale 16 personnes étaient parent et pour certains en demande d’accompagnement concernant leurs droits parentaux, la recherche d’un lieu pour accueillir leurs enfants ou l’organisation de loisirs. Si la personne le souhaite et lorsque la situation le permet, nous travaillons avec les familles. L’accompagnement social Au début de la prise en charge, nous effectuons un premier entretien où nous construisons avec la personne placée la base du projet individuel, qui évoluera au fil de la mesure de placement extérieur. Parallèlement à ça, la personne bénéficiera d’un accompagnement avec un conseiller d’insertion et de probation du S.P.I.P. du Bas-Rhin. Ce double accompagnement permet à l’usager d’avoir un cadre social effectué par l’équipe éducative du service Alternative et d’un cadre judiciaire par le conseiller d’insertion et de probation. Régulièrement l’équipe éducative est en contact avec les CIP référents du S.P.I.P, pour les informer de l’évolution du parcours de la personne placée. Lors d’incidents (non respect des obligations, violences…), les référents SPIP sont nos premiers interlocuteurs afin d’informer les Juges d’Application des peines. Ces derniers peuvent convoquer l’usager et même révoquer la mesure de placement extérieur. Le travail social s’articule par des entretiens réguliers au bureau et une visite à domicile une fois par semaine. Les visites à domicile permettent d’observer la manière dont les personnes s’approprient l’espace de vie, d’évaluer leur autonomie afin de les accompagner dans la recherche de logement. L’hébergement en logement place la personne le plus proche de la réalité et de l’autogestion en appartement, notamment lorsqu’une orientation vers le parc privé, est souhaitée à la sortie. Les personnes n’étant pas assez autonomes sont orientées, à l’issu de leur placement extérieur, vers un C.H.R.S ou une place de stabilisation d’horizon amitié selon les disponibilités. Accompagnement à la santé Pour mener à bien les objectifs formulés par la personne et souvent sur la base d’obligation énoncée du jugement, l’équipe éducative du Service Alternative s’appuie sur un certain nombre de partenaires santé, en lien avec les problématiques rencontrées. Dans le cadre des obligations de soins, l’équipe travaille à articuler cette obligation et l’importance de la prise de conscience de la nécessité du soin. 129 Problématiques de santé repérées En 2013, 33 personnes étaient concernées par des mesures d’obligation de soins : 23 personnes présentaient des conduites d’addiction. 8 présentaient des problématiques psychiatriques. 2 souffraient de maladies chroniques et avaient besoin de la mise en place d’un suivi de soins spécialisés. Problematiques de santé conduites addictives 6% 26% 68% problématiques psychiatriques maladies chroniques Problematiques de santé obligations de soins 20% 80% pas d'obligations de soins Nos partenaires santé Dans le cadre de notre accompagnement à la santé nous avons travaillé avec les partenaires suivants : ITHAQUE : l’équipe soignante est un centre de ressources précieux pour le Service Alternative et nous aide à développer des pratiques et des messages de prévention des risques. Certains membres de l’équipe ont participé aux conférences organisées par Ithaque. Association de Lutte contre les Toximanies : Les usagers sont adressés à ALT pour débuter ou remettre en place un suivi psychologique. L’équipe éducative a tendance à orienter les usagers les plus jeunes vers ALT. CMP rue de berne : hôpital de jour. CPAM : L’équipe bénéficie d’une interlocutrice particulière chargée de résoudre les situations urgentes que connaissent les sortants de prison à l’issue de leur période d’incarcération. La boussole. La pharmacie Balzac du quartier d’Hautepierre. Le CDAG : dépistage Les services d’Hépato-gastroentérologie du NHC. L’UCSA de la maison d’arrêt de Strasbourg / SMPR Centre hospitalier d’Erstein (unité d’addictologie). Centre hospitalier de Brumath. 130 Accompagnement à l’insertion professionnelle La totalité des personnes placées avaient l’obligation de s’inscrire dans une démarche d’insertion professionnelle. Beaucoup d’entre elles ont pu bénéficier dans les centres de détention, de formations qualifiantes. Niveau d’études 18 personnes ne possédaient aucune qualification professionnelle et n’avaient pas eu d’activités professionnelles depuis plus de deux ans. 19 personnes avaient une formation de niveau V. 4 personnes avaient un niveau baccalauréat. Niveau d'étude 10% 44% 46% aucune qualification et sans activités professionnelles depuis plus de 2 ans formation niveau V Types d’emplois exercés Pour permettre l’accès à l’emploi, nous tentons d’évaluer la viabilité du projet et nous accompagnons les personnes dans l’élaboration de leur CV et leur lettre de motivation. Tenons compte du projet individuel, nous les accompagnons à la formation professionnelle, à la remise à niveau, vers les agences d’intérim, les chantiers d’insertion,... 5 personnes étaient en contrat intérimaire de moyenne durée. 2 ont bénéficié d’un contrat en CDD. 4 ont pu bénéficier des ateliers de redynamisation lorsqu’ils étaient trop éloignés de l’emploi. 2 ont suivi une formation de remise à niveau. 22 étaient en recherche d’emploi. contrat intérimaire 5 ont travaillé en chantier d’insertion. de moyenne durée CDD Ateliers de redynamisation formation de remise à niveau recherche d'emploi chantier d'insertion 131 Nos partenaires formation et emploi Le travail d’accompagnement vers l’emploi et la formation est effectué par l’équipe du Service Alternative qui s’appuie sur les partenaires suivants : Le relais emploi et les missions locales Le pôle emploi Le GRETA Savoirs et compétences Entraide le relais et autres ateliers de redynamisation Le PADEP L’AFPA L’E2C Les chantiers d’insertions : Auport’Unes, EMMAUS, EMI-inter, idées intérims, les jardins de la montagne verte. Accompagnement à l’accès au logement Type de Logement ou de situation à l’issue du placement au Service Alternative : Selon leur parcours de vie, nous tentons d’orienter les personnes en fonction de leur projet et degré d’autonomie. Orientation autres CHRS/Stabilisation : 3 Retour au domicile : 14 Accès appartements privés : 1 Retour incarcération : 13 En cours de PE : 10 Accompagnement à l’accès au sport et aux loisirs Afin de créer des moments conviviaux et d’échanges, l’équipe des travailleurs sociaux organise ponctuellement des activités sportives et culturelles. Les activités peuvent être collectives ou bien individuelles et sont effectuées de manière à ce que chaque participant y trouve son compte. Néanmoins, la difficulté est de mobiliser les usagers. Par conséquent les travailleurs sociaux tentent de créer l’envie à se dépasser. Projet « Bol d’air » Cette année, l’équipe des travailleurs sociaux a pu encadrer un groupe de trois étudiants du DEUST « Sport et Intervention Sociale » de l’Université de Strasbourg, (faculté des Sciences du sport). Les étudiants ont élaboré un projet autour du thème de la nature, qui avait pour objectifs de sensibiliser les usagers aux activités physiques et sportives, renforcer les liens sociaux et la revalorisation de soi. Ils ont sélectionné trois activités : la randonnée, l’Accrobranche et des activités multi sport en plein air. 132 Le projet s’est déroulé en deux temps : La première journée : Une randonnée au Kreuzweg le matin, puis l’après midi de l’accrobranche. La deuxième journée : Multi-sport au Lac Achard et baignade suivi d’un barbecue. Après avoir effectué une réunion d’information, afin de mobiliser les personnes, les étudiants ont proposé d’organiser leur projet sur un week-end du mois de juin. Le samedi matin nous nous sommes rendus au site du Kreuzweg pour effectuer une randonnée d’une heure et demie. L’activité fut très appréciée par les personnes. Après être monté jusqu’à la cascade du Kreuzweg, les étudiants ont organisé un pique-nique rythmé par des petites activités ludiques et sportives. Ces différents temps ont permis aux étudiants d’entrer en contact avec les participants et de s’imprégner d’une posture professionnelle. Cette activité a sollicité chez les personnes de l’entraide ainsi que du dépassement de soi. 133 Le lendemain l’ensemble du groupe était présent pour participer aux activités multi-sport et aussi au barbecue. Ce week-end a permis de créer une bonne cohésion de groupe et de faire appel à de l’entraide et du dépassement de soi. L’ensemble des participants a apprécié les activités proposées par les étudiants. Ce « bol d’air » leur a permis de s’aérer l’esprit et d’oublier pendant ce temps leurs préoccupations. Activité Roller Chaque année au mois d’Avril, des étudiants de l’Université de Strasbourg, en DEUST « Sport adapté », interviennent sur la structure. Ils nous proposent trois séances de roller et trottinette, encadrées par une éducatrice de la structure, deux moniteurs brevet d’état et les étudiants. Ce rendez-vous est très apprécié des usagers, car il permet pour certain d’évaluer leur niveau d’une année à l’autre et pour les autres de découvrir l’activité. Partenaires Sport Solidarité insertion Université de Strasbourg, Faculté des Sciences du Sport Deust « Sport adapté » Université de Strasbourg, Faculté des Sciences du Sport Deust « Sport et intervention Sociale ». Groupe d’expression des usagers Dans le cadre de la loi du 2 janvier 2002 rénovant l’action sociale et médico-sociale, chaque établissement doit mettre en place un conseil de vie social (CVS) permettant de développer les droits fondamentaux des usagers. Le Service Alternative a tenté de mettre en place un CVS. Mais suite à l’important turn over des usagers, nous avons préféré constituer un groupe d’expression des usagers. Ce temps d’échange permet aux personnes de s’exprimer sur les difficultés qu’elles peuvent rencontrer tout au long de la mesure de placement extérieur, de faire remonter à l’équipe des dysfonctionnements du service ainsi que de proposer des idées de sorties et loisirs. 134 PÔLE ACCUEIL, HÉBERGEMENT ET INSERTION Les Maisons Relais 135 MAISON RELAIS THOMAS MANN 12 rue Thomas Mann 67200 STRASBOURG Tél : 03 88 27 11 52 Fax : 03 88 60 19 17 Mail : [email protected] 136 ORGANIGRAMME DE LA MAISON RELAIS THOMAS MANN 137 MAISON RELAIS THOMAS MANN La Maison Relais Thomas Mann a ouvert ses portes en novembre 2008. Elle fonctionne avec deux autres structures sur un même site et bénéficie d’une présence continuelle d’hôtes ou de travailleurs sociaux, nuit et jour et 365 jours par an. Elle accueille pour une durée illimitée des personnes souffrant d’un handicap psychique et/ ou physique, d’une exclusion sociale lourde. Elle propose des logements pour couples, personnes seules qui ne peuvent pas ou plus habiter dans un logement autonome. Elle permet aux résidents de se poser, de s’occuper de leur santé et d’améliorer leur estime de soi. Les hôtes travaillent un week-end sur quatre. Capacité d’accueil : Type de logement Nombre T1 Bis T1 Bis adapté pour personnes à mobilité réduite T2 Studio 12 2 2 2 L’établissement peut accueillir jusqu’à 21 personnes dans 18 logements meublés : Durant l’année 2013 le taux d’occupation était de 85.45%. Cela s’explique par : Difficulté pour la famille de libérer le logement rapidement. La commission d’admission a été repoussée. Le nouveau résident n’a intégré son logement qu’à partir du premier février. Suite à un décès, le logement pour couple (2 places) est occupé par une seule personne. Suite à une séparation, le logement pour couple (2 places) est occupé par une seule personne. Eléments statistiques de l’année 2013 19 personnes étaient présentes au cours de l’année et 18 personnes au 31 décembre 2013. Les données suivantes sont exprimées en nombre de personnes. Homme Femme 14 05 Total 19 138 Nombre de personnes par tranche d’âge Types de ressources La durée des séjours La durée du séjour est illimitée dans le temps. On constate qu’en 2013, la durée de séjour des résidents est en majorité entre 4 et 5 ans. En effet, c’est en 2009 que nous avons accueilli le plus grand nombre de résidents, suite à la réhabilitation de l’immeuble rue Thomas Mann. 139 Suivi locatif et démarches administratives L’organisation de la commission d’admission a consisté à : Informer les partenaires qu’une place est vacante. Réceptionner les rapports sociaux : tri, contact et prise de rendez-vous. Accueil du candidat et de son référent social : présentation de la Maison Relais et de son règlement intérieur, prise de candidature, puis visite des locaux. Organisation de la commission d’admission. Prise de rendez-vous avec les partenaires faisant partis de la commission : DDCS, Conseil Général, FSL, CCAS, CMS, le chef de service et les hôtes de la Maison Relais et depuis fin 2012 le SIAO. Commission d’admission : sélection d’un candidat et mise sur liste d’attente d’un ou deux autres. Compte-rendu à faire et à envoyer aux partenaires. L’accueil de la nouvelle résidente a consisté à : Nettoyer et équiper le logement (kit vaisselle, kit nettoyage, linge de maison,...). Signer la convention, le règlement intérieur et l’état des lieux. Instruire les dossiers de demande APL et FSL (caution et premier loyer). Fournir une attestation d’assurance logement. S’assurer de la bonne ouverture de tous les droits avec le travailleur social référent. Les démarches et l’accompagnement administratif ont consisté à : Aider à remplir différents formulaires (déclarations trimestrielles, renouvellement MDPH, CMU, carte Badgéo, mutuelles complémentaires, assurance logement, demande de retraite...). Accompagner pour faire refaire la carte d’identité, carte de séjour, carte vitale, carte Badgéo,... Travailler en partenariat (orienter les résidents vers leur référent social, leur tuteur,...). Mettre en place un tableau récapitulatif qui nous permet de visualiser de façon synthétique les informations utiles : dates de validité de leurs papiers, afin de pouvoir les informer à temps pour les réactualiser ou les renouveler (CMU, pension invalidité, demande MDPH, carte d’identité, carte de séjour, carte de bus, assurance logement...). Le suivi locatif consiste à : Rencontrer le comptable de l’association Horizon Amitié, pour mettre en commun, échanger et régler les problèmes en instance tant au niveau du suivi locatif qu’au niveau des remboursements d’avances de frais (sorties, repas...). Envoyer en fin d’année un courrier aux résidents et à leurs tuteurs pour les informer de l’augmentation annuelle de la redevance. Télé-déclarer à la CAF les nouveaux montants de la redevance. Informer, en début d’année, les résidents et leurs tuteurs par courrier du montant trop perçu ou à payer, nous y joignons un chèque ou un échéancier et un tableau récapitulatif annuel. Gérer la caisse (5 résidents règlent leur redevance en espèces). 140 Diverses démarches ont consisté à : Accueil d’une stagiaire TISF, pour une durée de 9 mois. Participer à la supervision de 1h30, une fois par mois. Accompagnements sociaux éducatifs Santé Accompagnements sociaux éducatifs Durant l’année 2013, l’accompagnement vers le soin a été lourd : - Deux hospitalisations pour maladies graves. - Quatre hospitalisations en psychiatrie ont été nécessaires et renouvelées à plusieurs reprises dans l’année. - Deux hospitalisations en ambulatoire pour soins dentaires. Nous avons continué à travailler et à accompagner certains résidents pour qu’ils poursuivent leurs soins dentaires et respectent les RDV médicaux afin que la prise en charge médical soit efficace. En 2013, la prise des médicaments se faisait dans l’infirmerie par l’infirmière du CHRS Jean Millot. Une proposition de vaccination gratuite pour les résidents et les hôtes a été organisée par l’infirmière de la structure. Plusieurs résidents se sont mis à jour dans leurs vaccinations obligatoires et se sont fait vacciner contre la grippe. Accompagner les résidents les plus fragiles, en situation de handicap à leurs rendez-vous médicaux fait partie de notre quotidien. Ils remettent en cause constamment l’utilité de leur traitement ; nous sommes donc amener à les convaincre et à insister sur l’importance de celui-ci. Pour assurer un accompagnement pérenne et plus sûr nous avons mis en place un réel travail de partenariat avec le CMP (Centre Médico-Psychologique). Celui-ci se charge de nous contacter pour nous signaler tout manquement. De plus, des synthèses sont réalisées 2 à 3 fois par an au sujet des résidents suivis en CMP. Afin de faire le point et d’échanger différentes informations qui nous permettent de nous repositionner et d’ajuster leur projet de vie. Hygiène dans les logements Nous avons constaté et observé que plusieurs résidents avaient besoin d’un accompagnement au quotidien pour faire leur ménage et entretenir leur linge. Certains ont beaucoup de mal à s’organiser où tout simplement sont dans l’incapacité, à certaines périodes, d’entretenir leur linge et leur logement (problème de santé physique et psychique). Un accompagnement a été mis en place pour aider certains à ranger, nettoyer et entretenir leur logement. Nous leurs avons appris comment utiliser les produits d’entretien, le lave linge, sèche linge...Sans réussir pour autant à les amener vers une plus grande autonomie. 141 C’est pourquoi, à la fin de l’année 2012, pour les personnes les moins autonomes, nous avons mis en place un partenariat avec l’entreprise SOLIBAT (Entreprise d’Insertion par l’activité économique) : des interventions ont été organisées pour qu’un nettoyage complet de certains logements soit fait et qu’un passage régulier soit mis en place pour le nettoyage des sols. Pour la plupart l’entretien du logement se fait par les résidents eux-mêmes. Nous visitons deux fois par mois les logements afin d’inciter les résidents à maintenir leur lieu de vie en bon état d’hygiène. L’équilibre et l’hygiène alimentaire Depuis plusieurs années nous constatons que les résidents ne mangent pas régulièrement. Certains ne prennent qu’un repas par jour. Cependant, plusieurs résidents partagent leur repas et sont très solidaires. Depuis 2012, tous les mercredis matin, nous partageons un petit déjeuner. Les repas (barbecue, repas de fêtes de fin d’année,...) qui ont été organisés par les hôtes de la Maison Relais ou par l’ensemble des travailleurs sociaux du site, ont permis des échanges, des moments de partages entre les différents services. Ces moments conviviaux, nous ont permis d’aborder à plusieurs reprises l’équilibre alimentaire, mais aussi l’hygiène alimentaire et les règles qu’il faut respecter pour pouvoir consommer sans danger les aliments. Nous comptons avec l’aide de supports (DVD, plaquettes…) du centre régional de documentation 18 rue Seyboth pour aborder et approfondir ces sujets. 4 ateliers cuisine animés par la banque alimentaire ont eu lieu en 2013 avec la participation des résidents. Réunion du conseil de vie social C.V.S. Nous avons organisé des élections du Conseil de Vie Social CVS le 20 juin 2013. Une fois par mois un Conseil de Vie Sociale est tenu pour aborder les divers problèmes rencontrés, parler des projets et activités que les résidents souhaitent organiser durant le mois et faire le point sur chaque logement. Lien social La Maison Relais Thomas Mann rencontre des difficultés à organiser et à impliquer la majorité des résidents dans une dynamique de groupe. L’espace vie qui est mis à leur disposition est peu investi, cependant nous y organisons régulièrement des réunions, petits déjeuners et repas. Nous travaillons avec les résidents qui ont rompu le lien familial et social avec leurs familles et la société, afin de leur donner l’envie de reprendre contact avec eux et aussi consolidé les liens existants. En 2013 nous avons pu accompagner deux résidents à leurs rendez-vous de rencontre parent-enfants et assuré l’accueil des enfants au sein de la maison relais pour maintenir un contact et un lien familial. 142 Un résident qui a coupé le lien physique avec sa mère depuis plus de 10 ans a accepté d’aller la voir dans le Nord de la France. Soutien à la parentalité Le soutien à la parentalité est une de nos missions. Nous accompagnons deux de nos résidents, à maintenir les liens avec leurs enfants et à ce que les rencontres se passent dans les meilleures conditions possibles. Les visites sont libres, mais nous souhaitons cependant, qu’un des hôtes soient présents dans les locaux. Un vrai travail de partenariat est mis en place avec différents professionnels puisque nous sommes conviés à participer à des synthèses annuelles au service de la protection de l’enfance et nous rencontrons deux fois par an en moyenne une Assistante Sociale de l’AEMO (Action Educative en Milieu Ouvert) pour échanger sur le comportement d’un des enfants et sur son suivi scolaire (en présence du père). Enfin, nous accompagnons ce père au tribunal pour le renouvellement AEMO. Activités Les activités représentent une échappatoire pour les résidents. Il s’agit de moment « d’évasion » aux problèmes et soucis du quotidien. Ainsi nous avons mis en place différentes activités en tenant compte de leurs difficultés de santé et leur problème financier. Nous avons organisé différentes sorties et activités durant l’année 2013. Activité interne à la résidence Durant l’année 2013 nous avons organisé plusieurs activités au sein de l’établissement, des repas collectifs avec les deux publics des deux autres structures : barbecue, petit déjeuner, soirée cinéma, journée de sensibilisation des économies d’énergie, repas de noël. Activité extérieur Nous avons organisé des activités communes avec les deux autres structures le CHRS Millot et le service Alternative. Durant l’année 2013, les activités étaient variées : activités culturelles, sportives, sorties diverses et vacances. Séjour au Sablons L’activité la plus marquante en 2013 était les vacances d’été dans le sud. Pour les résidents c’était l’évènement de l’année, car tout le monde attendait avec impatience les préparatifs et le départ en vacances. Nous avons commencé en mars 2013 à prospecter et préparer le projet pour le soumettre à la direction et aux résidents. 143 Ensuite nous avons organisé une réunion avec les résidents afin de choisir une destination et de trouver un camping dans le sud de la France. Les résidents ont fait le choix de partir dans l’Hérault à côté de Bézier au camping les Sablons. Le camping continuait à proposer les activités estivales intéressantes et se trouvait à 100m de la plage, durant le mois de septembre 2014. Nous avons demandé aux résidents de cotiser chaque mois pour pouvoir payer leurs vacances. Pour les personnes sous tutelle nous avons envoyé par courrier le coût total des vacances le règlement a été fait en une fois. Nous avons mis en place un planning hebdomadaire d’activités et sorties avec les résidents, proposé par le camping et par nous même. Une semaine pleine d’évènements, de découvertes et d’échanges. Les activités proposées ont été en lien avec le projet pédagogique. Capacité à vivre « ensemble », à gérer les tâches quotidiennes, à mutualiser les « savoir faire » et à partager les moments de détente. Perspectives Nous souhaiterions que l’année 2014, nous permette de redynamiser le groupe en accueillant les nouveaux arrivants dans de bonnes conditions qui permettraient de les intégrer facilement au reste du groupe. Rester sur une dynamique de groupe pour les activités et les sorties. Prendre contact avec d’autres Maisons relais et échanger avec eux sur nos pratiques professionnelles. Réactualiser notre projet d’établissement pour l’adapter à la situation actuelle. Finaliser le livret d’accueil pour 2014. Améliorer le document écrit « projet de vie » et l’utiliser. Travailler le projet vacance pour l’été 2014 avec les résidents. Programmer des activités avec la Maison Relais l’ETAPE et prévoir des partenariats avec d’autres Maisons Relais de la région. Renforcer le partenariat avec l’association Tôt ou T’Art. 144 MAISON RELAIS L’ETAPE 6 rue du Dépôt 67450 STRASBOURG Tél : 03 88 18 18 28 Fax : 03 88 18 11 45 Mail : [email protected] 145 ORGANIGRAMME DE LA MAISON RELAIS L’ETAPE 146 MAISON RELAIS L’ETAPE La Maison Relais l’ETAPE est située à Mundolsheim. La capacité d’accueil de la maison est de 24 places déclinées en 20 studios pour personnes seules et deux studios couple. Les personnes hébergées bénéficient d’un logement pérenne sans condition de durée. Vu la pérennité du logement dans les Maisons Relais, les départs sont moins fréquents. C’est ainsi que le taux d’occupation au cours de l’année 2013 est de 91%. Ce type de logement proche du droit commun permet aux personnes de trouver un équilibre et de construire de nouveaux projets de vie mais aussi d’avoir une certaine autonomie tout en bénéficiant de la sécurité du collectif. Les différents espaces collectifs sont : cuisine/salle à manger/bibliothèque, salon avec télévision, laverie, jardin, …) permettant à ses résidents d'avoir des activités communes. La Maison Relais offre un cadre convivial favorisant l’intégration de ces personnes et leur mieux-être. Sa taille permet à la fois : A l’hôte de porter une attention personnalisée à chaque résident, De maintenir des relations régulières entre les rési- dents, D’adapter un rythme et des habitudes de vie collec- tive, De faire accepter les règles de vie commune, De permettre d’acquérir une insertion dans l’envi- ronnement (notamment le voisinage). Les hôtes n’ont pas vocation à assumer un accompagnement social. Ils sont présents pour entretenir le lien avec les différents partenaires connus. Ils sont le premier lien social des locataires. Ils tiennent un rôle d’animation, de gestion de la vie quotidienne (travail sur l’hygiène, l’alimentation, la santé, les courses …) et favorisent également la cohésion au sein de la collectivité. Dans le projet d’une Maison Relais, les résidents ne doivent pas être dépendants d’un accompagnement social dit lourd. Cependant, le profil de certains résidents met en évidence un manque d’autonomie important. Dans ces cas, les travailleurs sociaux ne peuvent se limiter aux aides sur les actes de la vie quotidienne. L’accompagnement social est alors plus vaste et adapté en fonction des besoins du résident. Le soutien à la parentalité est une partie de l’accompagnement effectué dans la maison par les travailleurs sociaux. Ce soutien consiste à l’accompagnement du parent aux visites médiatisées des appartements ou des lieux de rencontre mis en place par le Conseil Général. Outre le fait que le parent puisse consolider petit à petit des liens entre son/ses enfant(s), cet accompagnement permet de parler à chaud de la teneur des rencontres, de pouvoir expliquer au parent les propos de l’enfant, de pouvoir prendre un certain recul. D’une manière générale le travail social se décline en une aide aux formalités administratives des résidents, et en un accompagnement au retour progressif à une certaine autonomie. Nous avons effectué un certain nombre de démarches concernant des difficultés à déposer un dossier complet à la MDPH pour qu’un résident puisse bénéficier de son allocation adulte handicapé. 147 Des mois de travail ont été nécessaires pour obtenir des rendez-vous qui ne s’annulent pas à la dernière minute, pour que le dossier soit enfin complet, pour que les différents partenaires se mettent d’accord. Concernant les autres démarches administratives, il a été question de CMU (C), de RSA, d’APL, le tout en lien avec l’assistante sociale de secteur, la CPAM et la CAF, partenariats essentiels. La vie dans la Maison Relais Un espace de vie est à leur disposition, ce qui leur permet de prendre part à une vie sociale en partageant diverses activités. Certains résidents, par le biais de leur tuteur, ont une enveloppe mensuelle prévue pour les diverses activités. Nous n’attachons pas une grande importance au nombre de personnes présentes à une activité. Nous privilégions la qualité de la relation au nombre de personnes présentes. Ces moments se font avec la présence ou non d’un des deux travailleurs sociaux de la maison. D’autres résidents assurent l’entretien extérieur de la maison, en assurant par exemple la tonte de la pelouse, le ramassage des feuilles et le déneigement. Les différentes activités proposées dans la maison ou à l’extérieur sont programmées lors du CVS (conseil de vie social). Ce rendez-vous incontournable dans la vie de la maison permet aussi de donner la parole aux résidents ; c’est un moment d’échanges forts et de régulation nécessaire. Public accueilli L’ETAPE accueille des femmes et des hommes seuls ainsi que des couples sans enfant. Ces personnes peuvent difficilement accéder à un logement dit de droit commun ou s'y maintenir en raison de leur difficulté à s'y intégrer. Leur situation ne justifie pas non plus leur présence dans un centre d'hébergement ni dans une structure médicale spécialisée, ni un accompagnement social lourd. Le RSA et l’AAH sont les principales ressources du public accueilli avec des mesures de tutelle et de curatelle pour cinquante pour cent d’entre eux. Deux résidents sont en CDI dans la restauration, un autre travaille dans un chantier d’insertion ; un autre en recherche active d’emploi. La moyenne d’âge pour les cinq femmes hébergées est de 44.8 ans. Celle des dix-huit hommes est de 51 ans. La majeure partie des résidents de l’Etape ont vécu dans la rue. Ils souffrent d’isolement, mais aussi de problématiques psychologiques. Sept d’entre eux sont pris en charge par les CMP de l’EPSAN et trois autres consultent directement aux hôpitaux de Brumath et d’Erstein. Une dernière personne est suivie par son médecin généraliste et le rencontre tous les mois. Etant donné que les locataires s’installent de manière durable, cela leur permet une reconstruction dans des conditions apaisantes. Mais cela leur permet également de mettre en place des projets plus concrets (reprise de contact avec la famille, bénévolat, formations diverses, emploi…). Une des personnes a trouvé un emploi et désire à présent pouvoir s’installer dans un appartement de droit commun. Elle souhaite accueillir ses enfants pendant les week-ends. 148 Profil du public 149 Santé Bien que les personnes accueillies au sein de la Maison Relais soient stabilisées, aucunes continuent à bénéficier d’un suivi médical dû à leurs problématiques santé. Le travailleur social a un rôle d’accompagnement qui consiste non seulement d’être présent mais aussi d’être à l’écoute et d’orienter si besoin. Nous entretenons une étroite collaboration avec les partenaires comme l’EPSAN, CMP, Goutte de Lait, Udaf, ATA,…Ce travail en réseau que nous effectuons avec ces derniers permet qu’il y ait une cohérence dans la prise en charge du résident. Le Foyer Millot bénéficie d’un programme de vaccination ainsi que d’un car de radiographie des poumons pour leurs résidents. Le tout mis en place à titre gratuit par le Conseil Général. Nous nous joindrons à eux en janvier 2014 pour profiter des mêmes avantages. Un de nos résidents a continué à suivre le programme mis en place par le conseil général. Une fois par an, il réalise une radiologie des poumons. Nous n’avons pas pu bénéficier du programme de vaccination car l’information nous est venu trop tard, le temps d’informer et de faire adhérer les résidents. Le Décès d’un résident a accéléré la prise de conscience chez beaucoup d’entre eux. Certains prennent l’initiative de prendre rendez-vous chez leur médecin traitant. Nous sommes vigilants sur les prises de ces rendez-vous en ce qui concerne les plus fragiles ; nous veillons à ce qu’il n’y ait pas d’interruption dans le suivi médical. Après plusieurs semaines d’abstinence, un des résidents a recommencé à consommer de l’alcool. Son état de santé s’est dégradé. Il a émis le souhait d’être pris en charge à Châteauwalk, se rend chez un addictologue une fois par semaine et participe à un groupe de parole. Il dit commencer « à voir le bout du tunnel ». Dans le même ordre d’idée, un résident est hospitalisé à Brumath tous les week-ends à sa demande et bénéficie d’une visite à domicile d’un infirmier. Un de nos résidents souffrait d’une maladie grave et nous avons dû joindre sa famille qu’il n’avait pas vue depuis trente ans. Nous encourageons les résidents à reprendre contact avec leur famille. Perspective 2014 : Nous continuerons à tenter de faire adhérer les résidents à une démarche de soins qui est une des bases de l’accompagnement. En tenant compte des urgences et des limites de chacun. Lien social Maintenir le lien social est l’une des priorités du travailleur social au sein de la Maison Relais. Ainsi, nous avons effectué un travail quotidien avec les différents partenaires de secteur (assistantes sociales, banque alimentaire, médecin généraliste, pédicure…), les mandataires judiciaires ainsi que les différents lieux de soin des résidents (CMP, Hôpitaux de Brumath et d’Erstein…). Notre mission a été de transmettre les informations entre les différents partenaires pour une meilleure prise en charge de la personne accompagnée avec son accord. Notre objectif est de maintenir les différents liens avec ces partenaires mais aussi d’en tisser de nouveaux en cas de besoin. Etant donné que les journées à la Maison Relais sont ponctuées par les activités animées par les travailleurs sociaux, tous les mois nous organisons un conseil de vie social qui nous permet de mettre en place ces activités, de voir et d’échanger avec les résidents moins présents. C’est souvent l’occasion pour les résidents de présenter leurs doléances ou de soumettre les difficultés qu’ils rencontrent et qu’ils n’auraient pas pu discuter avec les travailleurs sociaux. La plupart y participe de manière dynamique ; nous encourageons les résidents à une entraide, à un respect mutuel. 150 Hygiène dans les logements Après s’être rendu à l’évidence que certains résidents avaient besoin d’un accompagnement dans l’entretien de leur appartement, il a été mis en place une visite annuelle. Ceci dans le but de déterminer les besoins spécifiques de chacun d’entre eux, le cas échéant de mettre en place l’accompagnement adéquat. Equilibre et hygiène alimentaire Les travailleurs sociaux, après observations, se sont rendus compte que certains résidents n’arrivaient pas non seulement à manger régulièrement mais aussi n’accordaient pas beaucoup d’importance à leur alimentation pour des raisons diverses (certains ne savent pas cuisiner, d’autres n’arrivent pas à gérer leur budget). Un travail a été entrepris dans ce sens comme le portage des repas par ABRAPA. Ainsi ils mangent régulièrement et équilibrés Beaucoup de résidents ont eu des parcours de vie difficiles. Ils souffrent de pathologies lourdes et doivent bénéficier d’un suivi et peuvent continuer à prendre leurs médicaments, par l’intermédiaire des infirmiers libéraux. Suivi locatif et démarches administratives Au-delà des différentes tâches qui incombent aux travailleurs sociaux au quotidien, ceux-ci doivent : Informer les partenaires des places disponibles, Etudier les rapports sociaux (tri et prise de rendez-vous), Organiser la commission d’admission, Envoyer des invitations aux partenaires faisant partis de la commission : DDCS, Conseil Général, FSL, CCAS, CMS et le SIAO, Sélectionner et concevoir une liste d’attente lors de la commission, le ou les nouveaux arrivants, Rendre compte de la commission et l’envoyer aux différents partenaires, Contribuer à l’accueil du futur résident avec son référent social, à la visite la présentation de la Maison Relais et à l’entretien. L’accueil du nouveau résident consiste à : Après la libération d’un logement, un état des lieux est fait. Il peut s’avérer qu’il y ait des travaux de réaménagement à faire, achat de linge de maison, ustensile de cuisine etc. Ces travaux sont effectués par Solibat qui intervient également une fois par semaine pour venir en aide aux résidents qui ne sont pas en capacité d’entretenir seuls leurs logements. Equipement du logement Les studios sont loués meublés (vaisselle, kit nettoyage, linge de maison). La convention d’occupation, le règlement d’intérieur et l’état des lieux sont faits à l’admission du candidat. Lors de l’admission du résident, celui-ci doit souscrire une assurance logement et nous fournir l’attestation. 151 Le suivi locatif de la Maison Relais Pour le bon fonctionnement de la structure, un suivi locatif est fait en lien avec le comptable de l’association (gérer un trop perçu d’APL,…). De même, nous devons tenir informé par courrier les résidents et leurs tuteurs de l’augmentation ou diminution annuelle de la redevance afin qu’ils puissent apporter des modifications à la banque. Diverses démarches Dans notre travail, il nous arrive d’accueillir un(e) stagiaire pour une période d’un mois. Nous avons effectué au cours de cette même année une formation en Excel. Nous avons été invitées à parler à un journaliste de notre pratique professionnelle. Il nous arrive aussi d’instruire les dossiers de demande APL et FSL(le FSL doit être mis en place par son référent). A la demande du résident, nous pouvons l’aider et l’accompagner dans ses démarches administratives. Ainsi nous remplissons différentes formulaires (déclarations trimestrielles, renouvellement de la CMUC, la carte badgéo, mutuelles complémentaires,...). Les projets réalisés en 2013 Séjour : La braderie de Lille Chaque année nous organisons à L’ETAPE un séjour d’une semaine ou deux pour permettre aux résidents de découvrir un nouvel environnement. Le séjour a eu lieu le 1er septembre 2013. Nous avons été logés dans une auberge à Lille. Les résidents ont été placés par groupe et par affinités de deux à trois dans les chambres. Le trajet De part la distance entre Strasbourg et Lille, nous avons décidé de faire un trajet direct avec des temps de pause. A notre arrivée sur le site, les résidents ont été répartis dans 4 chambres. 152 La visite de la Braderie de Lille Les vacances permettent à nos résidents de rompre leur isolement et leur routine et faire partie des personnes « partant en vacances ». L’objectif principal de ce projet est d’entretenir la dynamique de « maison », en mettant en avant la capacité des résidents à faire preuve d’autonomie dans un cadre différent. Ils doivent s’adapter aux conditions d’une auberge de jeunesse en sachant que le public est jeune. Nous avons profité pour travailler sur la valorisation de la personne en les laissant prendre les responsabilités sur le déroulement des taches quotidiennes et à proposer les activités pendant le séjour. Différentes Sorties Au cours de l’année, en plus des séjours organisés par les travailleurs sociaux, différentes sorties sont prévues selon les circonstances. Comme nous l’avons dit précédemment les résidents et les travailleurs sociaux proposent pendant le CVS les activités qui seront validées pour le mois. Sorties estivales Pendant les vacances d’été, l’ETAPE organise régulièrement des sorties extérieures avec les résidents. Ainsi, nous avons pu apprécier un spectacle de cirque au Port du Rhin. Des marches ont été organisées mais aussi des pique-niques au bord de l’eau. Nous avons également assisté à un festival de danses folkloriques international à Haguenau. Moment qui a enchanté les résidents présents. Foire Européenne Cette année, le Viêtnam était à l’honneur et les résidents ont souhaité pouvoir découvrir ce pays et quelques éléments de sa culture. Sortie au marché de noël Chaque année la sortie pour le marché de noël est incontournable. Cette année nous nous sommes donc rendus aux marchés de Strasbourg où nous avons passé une belle journée au cœur de la magie de Noël. 153 Repas de Noël des résidents Le repas a été réfléchi par les résidents et les travailleurs sociaux et la décision a été de manger au restaurant à l’unanimité. Beaucoup d’entre eux sont en rupture familiale; nous essayons de recréer un esprit de famille au sein de la Maison Relais en sachant que les fêtes de fin d’année sont un moment difficile, voire douloureux pour la majorité ; le fait de pouvoir partager ce repas ensemble a rendu le moment convivial, chaleureux et agréable. Projet séjour 2014 Le projet de séjour de 2014 sera sans doute en Ardèche au mois de juin 2014. Une première réunion d’échanges sur ce sujet sera proposée aux résidents début de l’année 2014. Hommage L’année 2013 a été très difficile. L’hospitalisation de M. B, un ancien de la Maison Relais a été un coup dur. Il a souffert d’une grave maladie et il nous a quitté. Il laisse le souvenir de quelqu’un qui s’est battu jusqu’au bout. Il a retrouvé ses enfants au bout de 30 ans. Ils ont pu accompagner leur père dans ses derniers jours. Il est décédé le 23 mai 2013. Il a été enterré auprès des siens. Sortie Résidents M. C. est parti de la Maison Relais parce qu’il a trouvé une compagne. M. M. était marié et vivait dans la Maison Relais avec sa femme. Après avoir repris contact avec sa famille nourricière, il a préféré retourner vivre auprès d’eux. Madame est toujours ici et elle s’y sent très bien. Conclusion L’équipe éducative de la Maison Relais à continuer à pérenniser la dynamique collective de la maison, en continuant un travail relationnel permanent avec les résidents. Les accompagnements de proximités et d’aide au retour à l’autonomie ont été également un axe de travail important en 2013. Ces principaux objectifs seront maintenus en 2014 ; ils sont et resteront au cœur du projet de la Maison Relais. Les différents liens existants avec les partenaires institutionnels ou non comme la commune de Mundolsheim, le monde associatif, continueront à être entretenus. Une ambiance conviviale, familiale habite la Maison Relais l’ETAPE. Cet état d’esprit est une passerelle idéale pour réaliser les objectifs définis et assurer au mieux la mission sociale de la structure. C’est cette dynamique que l’équipe éducative continuera à développer. 154 PÔLE ACCUEIL, HÉBERGEMENT ET INSERTION L’ESPACE BAYARD 155 ACCUEIL PRINTEMPS 8 rue du Rempart 67000 STRASBOURG Tél : 03 88 32 06 32 Fax : 03 88 32 47 58 Mail : [email protected] 156 ORGANIGRAMME DE L’ACCUEIL PRINTEMPS 157 ACCUEIL PRINTEMPS Le service Accueil Printemps est installé dans le bâtiment de l’Espace Bayard au 8, rue du Rempart avec RSAvenir, autre service de l’association. L’Accueil Printemps est un accueil de jour destiné à toute personne en difficulté, sans logement, en hébergement précaire, isolée, sans ressources… Il s’agit d’un espace ouvert le plus largement possible afin de ne pas exclure les personnes les plus en marge. Nous accueillons de façon inconditionnelle, dans la limite du respect de notre règlement de fonctionnement, minimaliste et accessible. Les personnes qui se rendent à l’Accueil sont orientées soit par des partenaires, les équipes de maraude ou de prévention, soit elles viennent d’elles-mêmes, informées par le « bouche à oreille ». Lieu de rencontre, de convivialité, de lien social et de ressources, notre service vise à permettre aux personnes les plus déstructurées de se confronter à un cadre resocialisant, à favoriser l’expression de leurs manques, de leurs besoins, des difficultés rencontrées, et à inciter à l’émergence d’un désir d’insertion, d’un désir de prendre « soin de soi ». Le climat de confiance que nous tentons d’instaurer au sein de la salle collective et la qualité de l’accueil que nous nous efforçons de maintenir, favorise la demande d’entretien individuel avec un travailleur social de la part du public. Les personnes peuvent alors énoncer leur situation dans un cadre sécurisant et déculpabilisant. Nous tenons à remercier chaleureusement Monsieur Albert Mann, notre ancien bénévole, qui a choisi de prendre sa « retraite » après de nombreuses années à l’Accueil Printemps. Son investissement et sa fidélité auprès du public restera dans nos mémoires. Un bâtiment, deux services La proximité avec le service RSAvenir, avec qui nous partageons les locaux, simplifie considérablement les orientations de notre public en vue de l’établissement d’une domiciliation (selon les critères agréés), et d’une contractualisation pour le RSA. Les personnes n’ont plus à traverser la ville pour ouvrir droits à ces prestations. De même, RSAvenir peut nous orienter les personnes qui ne relèvent pas ou plus d’elle, tout en permettant au public un relais dans la foulée assuré par l’Accueil Printemps. Enfin, comme à chaque période hivernale depuis notre installation dans ces locaux, l’Espace Bayard devient la Structure Bayard de Nuit, de 22h à 7h du matin, du 1er novembre au 30 avril, pour une action de mise à l’abri de personnes sans solution d’hébergement, sur orientation du 115. 158 Profil du public accompagné à l’Accueil Printemps Parmi les personnes fréquentant l’accueil de jour, nous distinguons : Celles qui viennent régulièrement et nous sollicitent pour l’accès aux douches, à la laverie, pour des demandes d’aides diverses… Celles qui viennent régulièrement, restent discrètes, et ne nous sollicitent pas : Sur les dizaines de personnes fréquentant l’accueil à chaque tranche d’ouverture, un certain nombre d’entre elles sont « des habituées » mais qui ne sollicitent pas d’aide. Parmi elles, nous comptons des personnes étrangères (demandeurs d’asile, déboutés, ou originaires des pays de l’Est) qui utilisent le lieu comme mise à l’abri, quelques bénéficiaires de l’AAH, du RSA, et/ ou des personnes disposant d’un logement mais venant chercher ici du lien social, (lire le journal, jouer au ping-pong, participer à une activité…). Dès que l’activité et l’affluence nous offrent une accalmie, nous essayons d’aborder ces personnes, tour à tour, pour les connaître et découvrir si elles ont des besoins non parlés. Les personnes qui fréquentent l’Accueil Printemps par « cycles » après un épisode difficile dans leur vie comme une rupture, une incarcération, une perte d’emploi, ou suite à un problème spécifique à résoudre… ou encore, de retour après une période d’errance passée dans une autre ville ou un voyage à l’étranger. Les personnes de passage, pour une ou quelques fois. Les informations suivantes concernent le public reçu en entretiens, pour lequel nous disposons d’éléments concrets. Les personnes qui fréquentent l’accueil de jour sans faire l’objet d’entretiens ne sont pas représentées dans ces données. Au cours de l’année 2013, nous avons démarré ou poursuivi une action sociale pour 355 personnes, dans le cadre d’entretiens individuels. Année Nombre de personnes bénéficiaires d’une action sociale 2011 2012 2013 228 287 355 159 L’augmentation de près d’un tiers connue en 2013 s’explique en partie par les sollicitations concernant le calcul de quotient familial, suite à la mise en place du tarif solidaire pour les transports en commun strasbourgeois. Mais elle provient également d’une augmentation du nombre de personnes en difficulté présentes à Strasbourg. Ce public est constitué de 79 % d’hommes contre seulement 21 % de femmes. Ce chiffre stable d’une année sur l’autre témoigne du fait que notre structure continue d’être majoritairement fréquentée par la gente masculine. Comme explication, nous avancerions que les femmes seraient peut-être moins nombreuses que les hommes à se trouver à la rue, à Strasbourg, et que ces dernières fréquenteraient prioritairement les structures pour femmes, notamment en raison d’un sentiment d’insécurité pouvant exister dans les lieux mixtes. Bien que le nombre de personnes reçues en entretien soit de plus en plus important, il ne relate toujours pas avec exactitude la réalité de la charge de travail. En effet, un certain nombre de demandes sont directement traitées au comptoir de l’accueil, lors des moments d’affluence, afin de désengorger les bureaux, et ces dernières ne sont pas comptabilisées au même titre que les personnes reçues en entretien. Forte représentation à nouveau en 2013 de nouvelles personnes qui du jour au lendemain, se mettent à fréquenter l’accueil de jour, parfois quotidiennement. (+ 10% par rapport à 2012). Nous pouvons dire, de toutes ces personnes, qu’elles semblent principalement rechercher un lien social, une mise à l’abri, des services d’hygiène et d’information. Elles sollicitent les travailleurs sociaux pour des demandes très ponctuelles (vestiaire, alimentation, douches…). Parmi ces personnes nous comptons une large majorité de ressortissants des pays de l’Est (Roumains, Bulgares, Hongrois…), une forte augmentation de fréquentation de la part de familles déboutées, mais également des Français venant d’autres régions, et qui se retrouvent à Strasbourg, au terme d’un parcours d’errance… Une proportion notable de ces Français en errance présente des signes de souffrance psychique. Notre travail d’approche peut être rendu difficile par le comportement fuyant voire méfiant de certains d’entre eux. C’est au fil du temps qu’un lien de confiance peut commencer à se créer, et peut-être aboutir à un début d’accompagnement. 160 Pour l’ensemble de ces personnes, parvenir à ouvrir une domiciliation postale, premier impératif dans un parcours, relève aujourd’hui du défi en raison de la saturation de cette prestation à Strasbourg. Une absence de domiciliation empêche toute ouverture de droit, ainsi que l’accès à une couverture santé et à l’emploi. Cela retarde le début de l’accompagnement et maintient les personnes dans l’aide humanitaire. Cette année, nous avons constaté une baisse de fréquentation de la part des personnes connues et « habituées » du lieu. En dehors d’une explication liée à quelques décès parmi ces personnes ainsi qu’à quelques solutions obtenues en matière d’hébergement ou de logement, nous pensons que l’arrivée massive de nouveaux publics étrangers et la charge de travail qui en résulte pour les travailleurs sociaux sollicités pour les courriers d’orientation, a pu décourager ces personnes qui fréquentaient le lieu avant tout pour le lien social. Notons que ces évolutions observées dans notre public amènent régulièrement des tensions et des propos racistes entre Français et non Français, chacun pensant que « l’autre est mieux pris en charge par la société ». Age 18 à 25 ans 26 à 35 ans 36 à 45 ans 46 à 55 ans 56 à 65 ans + de 65 ans TOTAL 44 143 81 47 29 11 355 Nous observons un certain rajeunissement dans l’âge du public : la majorité des personnes accompagnées se situant aujourd’hui entre 26 et 45 ans (la moyenne habituelle se situant entre 30 et 50 ans). 161 Origine géographique Nous comptons au total 22 nationalités différentes représentées au sein du public accompagné en 2013. Il apparaît une certaine stabilité dans la répartition des origines géographiques lorsque l’on compare les chiffres de 2012 à ceux de 2013. A noter toutefois, une augmentation de 10% pour les ressortissants européens cette année encore. Pour comparaison, en 2010, nous comptions 30% de Français, 36% de ressortissants européens, 30% de ressortissants hors CEE, 4% non renseigné. Le public français a diminué de plus de moitié en 3 ans, largement compensé par l’importance du public européen qui représente aujourd’hui la moitié des personnes accueillies. Il arrive que des demandeurs d’asile s’adressent à notre accueil de jour. Nous nous assurons toujours qu’ils ont bien été orientés à la PADA (Plateforme d’Accueil pour Demandeurs d’Asile) et nous les orientons pour leurs différents besoins le temps qu’ils soient pris en charge par le dispositif asile. Pour les personnes en situation régulière du point du vue du séjour (CEE), il n’y avait toujours aucune perspective d’évolution en France sur le plan de l’insertion et de l’emploi en 2013*. Elles ont le droit d’être sur le territoire, mais sans droit en matière d’aide sociale. Solliciter des aides caritatives demeure alors l’unique recours. Pour ces personnes, notre travail se limite donc à les accueillir sans rien pouvoir engager de plus que des demandes d’aide auprès des partenaires caritatifs. Ce constat nous amène à re-questionner nos missions. En effet, le peu de perspectives qu’ont ces personnes a pour conséquence que notre travail au quotidien a sensiblement changé. Il se limite bien souvent à rédiger des lettres d’orientations, les unes après les autres, sans grande possibilité de communication avec la personne qui se trouve face à nous (barrage de la langue et absence de moyens spécifiques dans le budget du service pour financer un interprète) et sans qu’aucune autre demande n’émerge, faute de « possibles ». Aujourd’hui nous nous sentons démunis face à ces situations et les questions « quel sens donner à nos pratiques », « où placer le travail éducatif » sont récurrentes. * La fin des mesures transitoires pour la Roumanie et la Bulgarie n’est devenue effective qu’en janvier 2014 162 Situation au regard de l’hébergement Ces chiffres témoignent que près de 90% du public suivi aujourd’hui à l’Accueil Printemps se trouve dans une situation de grande précarité par rapport à l’hébergement (à la rue, hébergement d’urgence, chez un tiers, abri de fortune,…), contre 77% en 2012. Nous ne constatons dans nos données aucun hébergement d’insertion (CHRS, stabilisation…), probablement dû au fait d’une part, que la majorité des personnes accueillies aujourd’hui n’y a pas accès de par son statut (hors droit commun) et d’autre part, en raison du délai d’attente pour accéder à un hébergement d’insertion lorsque l’on peut en relever statutairement. Enfin, les personnes hébergées en CHRS ou en stabilisation bénéficiant d’un accompagnement social, d’un toit, d’un certain lien social, et de différentes prestations, elles présentent peu de raisons a priori de fréquenter un accueil de jour. Situation au regard des ressources Force est de constater que la grande majorité des personnes accompagnées aujourd’hui, soit 80%, se trouve sans ressources (contre 59% en 2012 et 55% en 2011). Cela correspond au changement de notre public, composé aujourd’hui majoritairement de personnes hors droit commun (CEE), alors qu’auparavant un certain équilibre persistait entre Français, ressortissants CEE, et ressortissants hors CEE. Cela explique que les demandes d’aides adressées au caritatif aient encore doublé d’une année sur l’autre. 163 L’accompagnement social L’accueil Selon les mois, nous accueillons en moyenne entre 60 et 90 personnes par matinée ou jour d’accueil, parfois avec des pointes allant jusqu’à 120 personnes/jour au cours de la période hivernale. Nous demandons aux personnes d’émarger la fiche de passage (lorsqu’elles sollicitent un gobelet permettant d’accéder ensuite en libre service aux boissons chaudes). Cela nous permet d’indiquer un minimum de 18 793 passages en 2013, contre 19 222 passages en 2012 et 18 078 passages en 2011. Ces chiffres, bien que stables, ne reflètent pas le nombre réel de personnes puisqu’un certain nombre d’entre elles ne prennent pas de boisson ou refusent d’émarger. Nous comptabilisons une moyenne de 9 à 15 entretiens par demi-journée d’accueil, réalisés par les Travailleurs Sociaux. Le nombre d’entretiens a donc augmenté, mais leur durée a diminué en raison de la file d’attente. La priorité est centrée autour des prestations répondant aux besoins primaires (manger, dormir, se vêtir…), et nous disposons de ce fait de moins de temps pour mener un travail d’accompagnement. Nombre de passages 2012 2013 différence Janvier Février Mars Avril Mai Juin Juillet Août Septembre Octobre Novembre Décembre 1 676 1 804 1 746 1 412 1 213 1 600 1 803 1 601 1 534 1 820 1 696 1 317 1 502 1 293 1 626 1 479 1 443 1 595 1 757 1 603 1 998 1 864 1 496 1 137 -174 -511 -120 67 230 -5 -46 2 464 44 -200 -180 Total 19 222 18 793 -429 164 Fluctuation dans la fréquentation en 2013 Contrairement aux années précédentes, le début d’année 2013 ne témoigne pas d’une affluence particulière. Nous observons même un creux pour le mois de février, qui affiche la fréquentation mensuelle la plus faible pour 2013. Nous observons une augmentation aussi nette que soudaine en mars, que nous n’expliquons pas particulièrement. Une stabilité d’avril à juin avec une fréquentation dans la moyenne, et contre toute attente, une importante augmentation en période estivale de juillet à août (peut être liée à la fermeture estivale d’autres accueils de jour, ou à la forte température certains jours), fréquentation qui atteindra son sommet en septembre et octobre. Paradoxalement, comme ce fut déjà le cas en 2012, décembre 2013 est le mois où la fréquentation a été la moins importante de l’année. Ce chiffre peut être lié à notre fermeture les jours fériés ainsi qu’à notre effectif réduit en période de vacances de fin d’année. Enfin, il est à noter que le public est quasi toujours plus nombreux le matin que l’après-midi. La salle de l’accueil est vaste et offre des espaces délimités : espace canapés, espace ping-pong, espace tables, espace ordinateurs publics, espace comptoir… Cet aménagement permet de pacifier les rapports entre les personnes accueillies et favorise l’isolement pour celles qui souhaitent se reposer voire dormir. Néanmoins, le volume de la salle entraîne une fréquentation importante qu’il faut gérer. Les différents espaces peuvent amener un peu d’intimité et limiter la promiscuité, certes, mais ils peuvent en parallèle devenir des enjeux de « territoire » et amener des rivalités et tensions que nous devons surveiller, cadrer et réguler. En hiver, beaucoup de gens viennent ici en journée pour dormir sur les canapés, signe d’une absence d’hébergement ou d’hébergement non propice au repos la nuit. L’occupation des canapés par ces derniers peut engendrer par moments quelques tensions. Il nous arrive finalement assez peu d’avoir à mettre en œuvre des sanctions d’exclusions ou encore, d’avoir recours aux forces de l’ordre, malgré le nombre important de personnes accueillies, leurs différences, les barrières de la langue, les problématiques des uns et des autres et un rapport à la règle tourmenté pour certains. Même si l’année a été ponctuée par quelques moments de tensions soit en raison d’agressions verbales, d’insultes ou de menaces envers le personnel, soit de bagarres entre les usagers, l’ambiance au sein de notre accueil est en général propice aux échanges respectueux et sereins entre l’équipe et les usagers. 165 La permanence sociale Le premier entretien Le premier entretien est l’amorce d’un travail de compréhension, de diagnostic et d’éclaircissement de la situation des personnes, pour cerner ses besoins et savoir de quel dispositif elle peut relever, afin de lui venir en aide et de travailler à l’ouverture de ses droits. Au cours du premier entretien, nous vérifions si la personne est déjà suivie par un autre service social (service RSA, foyer d’hébergement, Centre Médico Social, association spécialisée, organisme de tutelle,…). Si c’est le cas, nous prenons contact avec le référent extérieur pour faire le point et voir s’il y a lieu de se partager des tâches dans l’accompagnement de la personne. Notre structure n’ayant pas vocation à mener des accompagnements dans la durée, nous tentons dans un premier temps de comprendre pourquoi la personne nous sollicite alors qu’elle dispose déjà d’un suivi social. Parfois, plusieurs entretiens sont nécessaires pour que la confiance se crée et que nous puissions comprendre et évaluer sa situation. D’autres fois, le premier entretien restera le seul : la personne ayant obtenu réponse à sa demande d’aide (ou non, selon la situation), elle peut choisir de ne plus revenir. Il arrive également que nous lancions les démarches souhaitées par la personne, dans l’urgence et l’immédiateté que semble nécessiter sa situation, qui resteront stériles parce qu’elle n’a pas donné suite ou n’est plus venue. Les orientations Nous effectuons un travail de médiation, de reprise de confiance ou de remobilisation entre la personne et son référent initial. Nous voyons alors s’il y a lieu de se répartir des actions d’accompagnement, dans l’éventualité où le référent initial ne disposerait pas de moyens ou de disponibilité pour répondre aux besoins de l’usager. Lorsque la personne ne dispose pas encore d’un quelconque référent extérieur, nous l’orientons vers les services adaptés après diagnostic de ses droits, de ses besoins et de ses demandes. Quand la personne est en rupture ou ne relève d’aucun dispositif (situation d’errance, de rupture de liens, personnes sans abri et/ou étrangers sans droits) nous devenons référents pour accompagner la demande d’hébergement, de soins, les démarches administratives, et prescripteurs pour répondre aux besoins premiers via les associations caritatives, jusqu’à la mise en place d’un relais fonctionnel. Nature des demandes émanant du public accueilli Les demandes d’aides et d’orientation sont toujours très importantes, surtout en période hivernale. En situation de grande affluence, l’équipe fait de son mieux pour répondre un peu à chaque demande, parer à l’urgence, tenter de différer ce qui peut l’être, orienter dès que possible. 166 L’accès à l’hygiène : la prestation douches et machines à laver Etre un lieu d’accueil, d’orientation et de mise à l’abri pour personnes sans domicile fixe et ainsi se situer en première ligne face à la précarité, nous oblige à prendre en compte les besoins primaires de notre public en de tenter d’y répondre. Au-delà des différents services de communication, d’orientation et d’information mis à disposition par notre structure, de nos missions de retissage du lien social, d’écoute et de soutien, il nous apparaît primordial de proposer également des services d’hygiène aux personnes les plus exclues qui souvent n’y ont plus ou difficilement accès. L’utilisation des douches se fait sans contrepartie financière. Les personnes y accèdent dès l’ouverture, selon l’ordre d’arrivée, après inscription auprès du travailleur social chargé de l’accueil. Nous disposons d’une douche hommes et d’une douche femmes, accessibles aux personnes à mobilité réduite, et ne pouvons malheureusement répondre qu’à une dizaine de douches par jour. Ainsi devonsnous refuser chaque jour l’accès aux douches à de nombreuses personnes par manque de possibilité horaire et de réserve d’eau chaude. Pour l’utilisation des machines à laver, nous demandons une participation financière de 1 euro par machine à verser lors de l’inscription, tout en se réservant la possibilité de laisser la prestation gratuite lorsque la situation l’exige (absence totale de ressources). Le délai moyen d’attente pour un rendez-vous d’accès à une machine à laver est passé d’une semaine les années précédentes, à deux à trois semaines en 2013. Nous posons de ce fait le constat d’un grand manque local dans la proposition de prestation douches et laverie pour le public que nous accueillons et parmi lequel une partie n’a pas forcément la ressource d’aller jusqu’aux bains municipaux. L’aide pour les besoins primaires Notre travail en accueil de jour consiste de plus en plus à orienter les personnes vers les partenaires caritatifs, après avoir diagnostiqué leur situation et les besoins rencontrés. En 2013, nous avons adressé 1479 demandes d’aides (contre 813 en 2012 et 355 demandes en 2011), à divers organismes tels que Caritas, le Centre Social Protestant, l’Armée du Salut, la Croix-Rouge, le Secours Populaire, les Restos du Cœur, les 7 Pains, … Les courriers de demande d’aide ont porté sur : - le secours alimentaire = 60% - le secours financier = 24% - le secours vestimentaire = 16% Le nombre d’orientations cette année a quasiment doublé , après avoir déjà doublé l’année d’avant. Cela dénote des besoins d’aide de plus en plus importants pour un public sans ressources. Les demandes d’orientation pour le calcul du quotient familial (en vue de se faire établir la carte Badgeo pour le transport) se sont multipliées en 2013 et nous avons également été confrontés à un accroissement des demandes pour un chauffage d’appoint, ces dernières émanant essentiellement de personnes vivant en caravane. Cette année encore nous remercions fortement nos partenaires caritatifs pour leur engagement et leur disponibilité. 167 Nous relevons toujours beaucoup de demandes de vestiaire (vêtements, linge de corps, chaussures…). En dehors de l’absence de ressources, nous expliquons aussi cela par l’absence d’hébergement stable que connaît notre public, qui n’ayant pas de lieu pour « poser » ses affaires, peut décider de s’en séparer pour ne pas avoir à les porter toute la journée, d’un lieu d’accueil à un lieu de restauration, à un lieu d’accueil, à un lieu d’abri ou d’hébergement d’urgence. Cette année encore, nous déplorons l’absence de bagagerie à Strasbourg qui oblige les personnes à garder le strict minimum de leurs affaires personnelles, et à se charger de « sacs de voyage » au volume et au poids insupportables. Grâce à l’initiative autogérée de l’association «La maison Mimir », rue Prechter, nous avions néanmoins la possibilité d’orienter quelques personnes vers leur point de bagagerie, mais il est saturé aujourd’hui. L’accompagnement à l’hébergement et au logement Notre action dans ce domaine a concerné en 2013 : L’aide aux personnes pour appeler et/ou appuyer leur demande au 115, des dossiers SIAO pour des orientations vers la stabilisation, les CHRS, les maison-relais, des orientations vers l’intermédiation locative, les chalets « Les Berges de l’Ain », le BAL, des dossiers d’inscription auprès des bailleurs sociaux, des dossiers DALO et DAHO, des demandes FSL, des aides à la recherche de logement dans le parc privé, des aides au déménagement pour des personnes se relogeant… Nous notons une nouvelle augmentation en 2013 du nombre de personnes qui ont recours à une mise à l’abri précaire de type tente, caravane, cabane, squat ou voiture. Nous accueillons quotidiennement des personnes contraintes de dormir dehors, qui tentent de se reposer un peu sur les canapés durant nos ouvertures, et que nous voyons s’épuiser physiquement et psychologiquement jour après jour. Parmi elles, certaines font encore le 115 dans l’espoir d’obtenir occasionnellement une place pour quelques nuits, mais la plupart ne le tente même plus, par dépit et renoncement, malgré nos encouragements. L’accompagnement à la recherche d’emploi Du fait du changement progressif du public, nous ne travaillons quasiment plus le domaine de l’accès à l’emploi, en dehors d’une aide dans la rédaction de CV et de lettres de motivation. L’accompagnement à l’ouverture et/ou au maintien des droits Qu’il s’agisse de montage de dossiers ASSEDIC, de dossier de demande d’AAH (Allocation Adulte Handicapé), d’orientation vers un service RSA, de dossiers de demandes FSL, APL, CMU, AME,…, notre action sur le plan administratif porte souvent sur l’aide à l’ouverture de droits, ou sur toute démarche pouvant la faciliter (démarches ou médiation auprès de la Préfecture, des Ambassades, des Consulats, ou auprès d’ex employeurs, des avocats, des tribunaux...). En 2013, nous avons réalisé 45 attestations de présence de plus de trois mois (en se basant sur nos fiches de passage) contre 53 en 2012 et 30 environ en 2011, principalement pour des demandes d’AME (ressortissants européens). A contrario des années passées, nous n’avons quasiment plus été sollicités pour des attestations visant l’Aide au Retour au Pays versé par l’OFII, dont la somme a été largement réduite. 168 L’accompagnement santé L’action de l’infirmière L’infirmière intervenant à l’Accueil Printemps est présente le lundi et jeudi de 9h à 12h30 et de 13h30 à 17h, soit 14h/semaine. De mai à octobre 2013, dans le cadre d’une réorganisation au sein du GCSMS, nous avons bénéficié d’une augmentation d’heures pour notre structure, ce qui lui a permis d’être présente 21h/semaine. Elle a ainsi pu rencontrer et accompagner encore davantage de personnes. Cette expérience a démontré que l’étendue des besoins de notre public nécessiterait bel et bien un temps de présence renforcé de l’infirmière, sur l’année. L’infirmière apporte un support technique centré sur la santé pour les travailleurs sociaux. Orientation d’usagers de l’Accueil Printemps et de RSAvenir, par les travailleurs sociaux, vers l’infirmière. Travail en lien avec les travailleurs sociaux d’autres structures, lorsque l’usager a un suivi extérieur. Visites de structures partenaires. Répartition des actes réalisés par l’infirmière en 2013 Nombre de personnes vues en consultation infirmière Hommes : 446 Femmes : 27 (contre 284 en 2012, soit une augmentation d’environ 80%) (contre 12 en 2012, soit une augmentation d’environ 60%) Personnes ayant bénéficié de l’action Personnes fréquentant l’Accueil Printemps, soit sans domicile fixe/ soit hébergées en foyer/ soit vivant en studio/ soit hébergées par des tiers. Personnes suivies par RSAvenir. 169 Moyenne d’âge 20-40 ans, quelques personnes de plus de 60 ans. Difficultés rencontrées par l’infirmière La barrière de la langue : nette augmentation du public étranger avec lequel la communication est presque impossible. Il faut passer par un tiers (ami, compatriote) qui peut assurer le rôle de traducteur. Le manque de continuité : beaucoup de personnes ne sont que de passage, ce qui ne permet pas la mise en place d’un suivi. Problèmes de santé rencontrés Addictions, douleurs diverses, petits soins, pathologies psychiatriques… Actions Individuelles santé menées en 2013 Consultation infirmière individuelle, avec création d’un dossier infirmier : 104 personnes Consultation informelle à l’accueil : non comptabilisable Ecoute : Le rôle de l’infirmière à l’accueil Printemps consiste bien souvent à écouter les usagers. Beaucoup de personnes viennent déposer leur mal de vivre, leur difficulté au quotidien. Leur accorder du temps, de la confiance, constitue le socle essentiel pour leur prise en charge santé dans l’avenir. Entretiens téléphoniques Parmi les personnes suivies, certaines n’ont parfois pas l’énergie pour passer voir l’infirmière à l’Accueil Printemps, et saisissent l’opportunité d’avoir un entretien téléphonique avec elle, pour déposer leur souffrance, leur besoin d’écoute. Orientations Vers les différents partenaires énumérés en amont. La demande de prise de rendez-vous médicaux est fréquente. En 2013, quelques personnes ont été orientées vers les urgences gynécologiques, SOS main. Un appel au SAMU a dû être passé pour une crise d’épilepsie dans la salle. Education à la santé Mise en place d’un support de documentation santé dans la salle d’accueil, à côté du bureau infir- mier. Une sensibilisation individuelle est faite lors de la consultation infirmière. Accès à l’information sur la santé, à la prévention, et mise à disposition de préservatifs. Sensibilisation sur l’observance d’un traitement médicamenteux. 170 Accompagnement physique Accompagnement d’une dame pour un premier entretien à GALA, en vue d’une admission en logement thérapeutique. Accompagnement d’un usager à l’Hôpital de jour de Haguenau. Plusieurs visites à l’hôpital de Hautepierre dans le service de réanimation et de soins intensifs, au service de Rééducation d’Illkirch, pour des personnes suivies à l’Accueil Printemps. Soins Les usagers viennent surtout pour des problèmes de petite plaie, des phlyctènes dues aux chaussures, irritation de la peau due au froid, échardes, brulures légères, écharde. Actions Collectives santé menées en 2013 Intervention du camion de dépistage de la tuberculose Le 25/11/2013 : 24 radios ont été réalisées au sein du public. Participation à 3 sorties organisées par l’Accueil Printemps Ces sorties permettent à l’infirmière de rencontrer les usagers dans un autre contexte, de libérer la parole, de créer ou renforcer le lien, de repérer une problématique, de mettre en place un projet de soin. Il s’agit de moments privilégiés favorisant la qualité relationnelle entre le public et l’infirmière, mais également avec les travailleurs sociaux, où l’intervention de l’infirmière peut s’avérer fort utile : aide à la gestion d’une crise d’une personne souffrant de pathologie psychiatrique, prise en charge d’une personne souffrant de déshydratation, lors de sorties réalisées en 2013. Autres actions Utilisation par l’infirmière de ses compétences en Technique de Libération des Emotions, pour une quinzaine de personnes en 2013 qui ont ressenti un sentiment d’apaisement immédiat. Mise en place d’une collaboration en addiction avec différents partenaires : ALT, Centre de postcure Château Walk, l’hôpital de jour à Château-Walk, l’Association à l’Aide. Les permanences santé La permanence infirmière psychiatrique de l’Equipe Mobile de Psychiatrie et Précarité, EMPP, se tient une fois par semaine à destination du public, et en soutien aux équipes. Cette permanence permet de : Faciliter l’orientation et le suivi des personnes en grande précarité Améliorer l’offre de soins en ambulatoire et l’hospitalisation à temps partiel Assurer la continuité des soins et les relais entre les temps d’hospitalisations et les projets de suivi en dehors de l’hôpital Mais aussi de : Assurer la coordination avec les différents réseaux existants Soutenir les professionnels de terrain Informer, sensibiliser, former les acteurs sociaux aux pathologies psychiatriques. 171 La permanence psychologue La permanence est assurée par une psychologue de l’EMPP une matinée par semaine. Elle reçoit les personnes accueillies qui souhaitent la rencontrer spontanément, ainsi que celles que les équipes lui orientent. Il s’agit là de créer une « amorce » vers une démarche personnelle de thérapie. Ces rencontres ont déjà pu aboutir à des prises en charge au Centre Médico Psychologique. Nous bénéficions également de temps d’échange avec le psychiatre de l’EMPP lors de rencontres dans nos locaux tous les deux mois environ. Ce moment constitue pour l’équipe une opportunité pour aborder les situations inquiétantes des personnes que nous accueillons, et pour travailler ensemble des pistes d’accompagnement permettant d’amener ces personnes vers le soin. C’est au travers d’exposés de situations et de réflexion collective que le praticien partage avec nous quelques éléments théoriques tout en nous guidant sur un plan «pratique». Ce partenariat multiple et renforcé nous permet de nous sentir moins démunis face à l’augmentation de la souffrance mentale, au sein de notre public. La permanence mensuelle de l’association « A l’aide » Compte tenu de la fréquence des situations d’addiction au sein du public que nous accueillons et de la nécessité d’un accompagnement spécifique pour les personnes souffrant de cette problématique, nous nous sommes rapprochés il y a près de 5 ans de l’association « A l’Aide » (Aide, soutien et accompagnement des personnes malades alcooliques et de leur entourage). Dans le cadre d’une permanence bimensuelle à l’Espace Bayard, un addictologue et alcoologue rencontre les personnes qui souhaitent parler de leurs difficultés avec tout produit, et/ou faire le point en vue d’une démarche de soins. Le fait que l’intervenant vienne à la rencontre des usagers dans nos locaux a permis à certains d’entamer une démarche de soin qu’ils n’auraient peut être pas effectuées s’ils avaient dans un premier temps dû se déplacer dans les locaux de l’association « A l’Aide ». Les permanences ont lieu chaque 2ème et 4ème vendredi matin du mois à l’Espace Bayard. L’accès à la culture et aux loisirs à l’Accueil Printemps L’accès à la culture contribue à l’insertion sociale des personnes. Les personnes en situation d’exclusion ne peuvent pas accéder facilement aux animations culturelles et artistiques proposées sur Strasbourg, ne serait ce qu’en raison du coût des manifestations. Par le biais de notre partenariat avec l’association « Tôt ou t’Art », nous pouvons proposer différentes opportunités et participer ainsi à un égal accès à la culture pour tous. Cette année, nous pouvons faire part d’une adhésion plus importante qu’à l’accoutumée aux sorties culturelles proposées par Tôt ou t’Art, avec un intérêt prononcé pour les places de cinéma (Tôt ou t’Art a élargi sa palette de cinéma) et les places pour des matchs de foot. L’équipe regrette de ne pas avoir pu animer d’atelier d’expression artistique cette année, par manque de temps, en raison de l’augmentation des sollicitations du public et du petit effectif dont nous disposons pour faire fonctionner le lieu. 172 En 2013, nous avons organisé quelques sorties pour le public de l’Accueil Printemps, ouvertes au public de RSAvenir : Journées « randonnée et pique nique » Juin 2013 : Sortie au Lac Blanc, Juillet 2013 : Sortie au Champ du feu, Aout 2013 : Sortie Réserve naturelle de la Sauer à Munchhausen, avec visite commentée de la Mai- son de la Nature, Octobre 2013 : Sortie Fort de Schoenenbourg (ligne Maginot), avec visite commentée. Après-midi ballades Aout 2013 : Sortie château du Pourtalès, visite des sculptures contemporaines, Septembre 2013 : Ballade urbaine, visite d’œuvres contemporaines dans différents lieux de la ville dans le cadre de la Biennale Internationale du Verre, Septembre 2013 : Visite de l’exposition Artistique au Conseil Général (Art Africain, art moderne), Octobre 2013 : Visite de l’atelier de l’artiste Strasbourgeois Eric Meyer dans le quartier du Port du Rhin. Toute l’équipe de l’Accueil Printemps remercie la Ville de Strasbourg pour la mise à disposition « du bus », agrémenté par la sympathie et la bonne humeur dont fait preuve son chauffeur. Nous tenons également à remercier la Banque Alimentaire qui contribue à la confection des pique niques que nous emportons lors de ces sorties, et qui nous fournit toute l’année des denrées nous permettant de proposer boissons chaudes et gouters à nos usagers. Nous avons participé, comme chaque année, à la collecte de la Banque Alimentaire accompagné d’un habitué de l’Accueil Printemps. 173 La fête de fin d’année Comme chaque année, les équipes de l’Espace Bayard ont offert un moment festif et gourmand au public, mi-décembre, nous avons fait appel à l’artiste jongleur « Le Rat dit Noir », ainsi qu’au groupe de musique du monde « Lubenica ». Ces animations, toujours appréciées du public, ont été agrémentées d’un buffet concocté par nos soins ave l’aide de quelques volontaires parmi les habitués. Le partenariat Une bonne connaissance du réseau et une implication des partenaires facilitent notre travail, car il permet de travailler en complémentarité et non pas en « doublon ». Dans tous les cas, le travail en réseau permet de rendre les dispositifs existants plus opérants et facilite le retour à l’insertion sociale des personnes. 174 C’est dans ce sens que nous travaillons à une meilleure articulation avec nos partenaires : Service des actions de prévention sanitaire avec l’intervention du camion Unité Mobile de Dépista ge de la Tuberculose, CIRRD (documentation- matériel pédagogique-préservatifs), Espace Régional de Santé (documentation- préservatifs), Service de vaccination de la Ville - contact infirmier pour l’organisation de séance de vaccination, Boussole/Médecin du Monde, Médecins généralistes/spécialistes, MGEN (bilan de santé), Dentistes : Clinique dentaire de l’Hôpital civil, Caisse primaire d’assurance maladie, rue de Genève, Espace mutualiste, rue de Londres, CDAG (Centre de Dépistage Anonyme et Gratuit), Centre de Dépistage et Diagnostic des Infections Sexuellement Transmissibles, du sida et des hépatites, rue de Sarrelouis, Centre de dépistage : Nouvel Hôpital Civil, Centre de soin de suite et de réadaptation Château Walk , Hôpital de Haguenau ou Saverne pour mise en place d’un sevrage, SOS Médecins, Partenaires infirmiers dans les autres structures (CAHM, Accueil des 2 Rives, Cité Relais), Partenaires travailleurs sociaux d’autres structures (référents extérieurs), GALA, Escale Saint-Vincent,… Les équipes de rue Ainsi, l’Equipe Municipale de Rue participe une fois par mois à notre réunion d’équipe afin d’assurer les transmissions et de coordonner nos actions. Cette réunion est également ouverte à l’équipe de prévention de ViLaJe. En dehors de ce temps de réunion, le passage régulier des éducateurs de rue au sein de notre structure permet les échanges et le repérage des personnes qui se trouveraient dans la salle. Ces visites présentent également l’avantage que le public puisse identifier les acteurs de rue comme étant nos partenaires. Cela facilite une certaine familiarisation, entre eux, ce qui est un atout lorsque les éducateurs retrouvent ensuite ces personnes dans la rue et vont les aborder. Les Restos du Cœur Comptent parmi nos partenaires les plus incontournables et le plus sollicité, et se trouvent être - de plus - nos quasi voisins. Nous échangeons régulièrement avec eux au sujet de personnes que nous accueillons en commun, ou pour se donner des nouvelles de celles que ne fréquentent plus l’une ou l’autre de nos structures. 175 Le partenariat avec le SIAO Nous rencontrons chaque mois l’équipe du SIAO pour faire le point sur les situations communiquées, les réactualiser, préciser les besoins, et définir ensemble des priorisations. C’est en fonction de ces éléments que le SIAO oriente ensuite les candidatures vers les services d’hébergement pressentis. Pour signaler les personnes à la rue qui ne peuvent relever d’une demande d’hébergement d’insertion (personnes hors droit commun), nous utilisons depuis fin 2013 le formulaire de signalement mis en place par le SIAO. Même si cette démarche ne permet pas de solutionner l’absence de solution d’hébergement pour ces personnes, qu’elles fassent ou non le 115 pour de l’hébergement d’urgence, elle permet néanmoins de participer à un recensement du public à la rue. Les rencontres des accueils de jour Les rencontres entre accueils de jour (Accueil Printemps, Accueil du CAHM, Accueil d’Entraide le Relais, le Point Accueil Solidarité SNCF, Accueil d’Ithaque, Centre d’Accueil et de Soins Sainte-Catherine, Accueil de Femmes de Parole, Accueil de l’Etage, Accueil SOS Femmes Solidarité…) initiées par notre accueil de jour en 2009 se poursuivent, à raison d’une rencontre environ tous les deux mois. Il s’agit d’un temps où les travailleurs sociaux des différents accueils de jour peuvent échanger sur les actualités de leur structure (mises en commun d’informations et d’observations), leurs pratiques, les problématiques repérées, et où sont abordées les situations communes. Les réunions Veille Sociale Nous participons également à la réunion « veille sociale » organisée mensuellement par la Ville de Strasbourg à l’attention des accueils de jour, qui permet aux responsables de structures et aux travailleurs sociaux présents d’avoir un temps d’échange sur l’activité des accueils de jour mais également sur les besoins des publics accueillis et notamment ceux qui ne sont aujourd’hui peu ou pas satisfaits. L’objectif à terme est de recenser et quantifier ces besoins afin de pouvoir disposer d’éléments concrets à l’attention de nos financeurs. La participation à l’«Enquête Flash» Dans ce cadre, l’Accueil Printemps a participé au travail d’enquête mené sur le terrain à l’aide de l’outil « Enquête Flash », élaboré par le cabinet Compas pour la Ville de Strasbourg, et proposé ensuite aux autres accueils de jour du territoire. Cela a consisté, durant quelques jours au printemps 2013, à observer et interroger le public présent dans nos structures pour renseigner différents items comme leur profil, la situation vis-à-vis de l’hébergement, la santé, les addictions, les ressources, la demande exprimée, les prestations recherchées dans les accueils de jour etc… Le groupe participant à la réunion « veille sociale » a ensuite travaillé sur les résultats de cette enquête dans une perspective de diagnostic partagé relatif aux besoins sociaux des personnes à la rue. Enfin, et puisque nos missions nécessitent un réseau partenarial fort, dynamique et diversifié, nous entretenons le lien au quotidien avec des partenaires de tous domaines : la santé, le logement, l’hébergement, l’administratif, la justice, l’insertion professionnelle, la culture et les loisirs, la formation… Enfin, et puisque nos missions nécessitent un réseau partenarial fort, dynamique et diversifié, nous entretenons le lien au quotidien avec des partenaires de tous domaines : la santé, le logement, l’hébergement, l’administratif, la justice, l’insertion professionnelle, la culture et les loisirs, la formation… 176 Les autres actions L’atelier Coiffure Un atelier coiffure s’est déroulé à l’Accueil Printemps en décembre 2013, à l’initiative d’une stagiaire monitrice-éducatrice, anciennement coiffeuse. Elle a ainsi régulièrement reçu des personnes de notre public, certains après midi, pour couper et coiffer leurs cheveux. Cette démarche ponctuelle, qui a participé à la restauration de l’image de soi et procuré mieux-être et plaisir aux bénéficiaires, pourra être prolongée par des orientations vers l’association « Le Parcours », avec laquelle nous bénéficions d’une convention depuis fin 2013. Les cours de français Compte tenu du changement de notre public (augmentation des personnes venues de l’étranger) et des problèmes posés par la barrière de la langue, nous avons prospecté pour mettre en place des cours de français au sein de notre structure. C’est par le biais de l’association « AGIRabcd », avec laquelle nous bénéficions d’une convention depuis fin 2013, que des séances de français vont se dérouler à l’Accueil Printemps à partir de janvier 2014. Animé par deux bénévoles, ces cours s’adressent aux étrangers hors droit commun, grand débutants et débutants en français, qui ne peuvent bénéficier des cours dispensés par les organismes habituels. Ces séances sont hebdomadaires et peuvent accueillir entre 10 et 15 participants. Opération 1 000 Radios C’est avec un grand plaisir que l’Accueil Printemps a répondu à l’appel de l’association « les Enfants du Canal » pour participer à l’opération 1 000 Radios en décembre 2013. Cette association, basée à Paris, met en place une distribution de postes radios pour les personnes sansabri dans une trentaine de villes, à l’occasion des fêtes de Noël. Partant du constat que les personnes à la rue sont, au moment des fêtes, dans une situation d’isolement extrême, et que certaines refusent de se rendre dans les centres et accueils à leur disposition, l’objectif de cette distribution de radio est bel et bien de rompre cet isolement, source importante de souffrance. La radio crée du lien. En effet, plus que de la musique, des événements sportifs et culturels, ou de l’information, la radio tient compagnie, elle apporte une présence. 177 De plus, l’originalité de ces radios est qu’elles fonctionnent à l’aide d’une dynamo et de l’énergie solaire, et qu’elles possèdent une lampe permettant un petit éclairage. L’Accueil Printemps a ainsi été destinataire d’une cinquantaine de postes de radios à remettre aux personnes vivant dans la rue qui fréquentent notre accueil. Les bénéficiaires se sont dits touchés par la démarche et très heureux de ce présent qui va désormais les accompagner au quotidien. Ce projet bénéficie notamment du soutien financier et moral de la Fondation Abbé Pierre, de la Fondation de France, RTL et de GFC construction. La formation continue des salariés En 2013, les salariés ont pu participer à diverses formations extérieures portant sur des thèmes diversifiés (collectivement ou individuellement), par exemple : Colloque Ville et Santé Mentale (CHR) Cycle d’informations portant sur les addictions (La Bobine) Réunion d’information sur les violences faites aux femmes (NID) Colloque Avancées pharmacologiques et utilisations thérapeutiques des Cannabinoïdes (Action Sida Ville et UFCM) Prendre en compte les troubles psychiatriques dans le secteur social (FSMTS) Diverses informations organisées par le CODELICO dont certaines permettaient la visite de structures et une information sur leurs dispositifs. L’équipe bénéficie d’une supervision mensuelle, assurée par une psychologue extérieure à l’association. L’accueil des stagiaires Soucieux de participer à la construction professionnelle des futurs acteurs de notre secteur, nous avons accueilli plusieurs stagiaires infirmiers, ainsi que des stagiaires en travail social (formation Educateur Spécialisé, Assistants de Service Social, Moniteur-Educateur…). Perspectives 2014 L’année 2013 aura confirmé les tendances déjà relevées ces dernières années, à savoir : Une très nette augmentation de la présence de personnes étrangères, majoritairement ressortis- santes de la CEE. Un accroissement des situations d’extrême misère au sein du public accueilli. Une explosion des demandes d’aides pour répondre aux besoins premiers, alors que le caritatif se trouvait déjà saturé. L’absence de perspectives d’insertion et d’hébergement pour un large public ne relevant pas du droit commun. De très importants manques locaux en terme de prestations basiques pour les personnes sans do- micile fixe, telles que l’hébergement d’urgence, la domiciliation, l’accès à l’hygiène (douches, laverie), l’absence de bagagerie, l’alimentation, les possibilités de traduction pour les personnes étrangères… 178 Le public fréquentant l’Accueil Printemps aura profondément changé au cours de ces cinq dernières années : les personnes « vieillissantes » à la rue, Françaises ou présentes en France depuis de longues années, se font plus rares, en raison de décès ou de solution d’hébergement enfin obtenue. Les personnes, relativement jeunes, bénéficiant notamment de minima sociaux, qui pouvaient présenter des problématiques d’addiction et /ou de justice, et qui fréquentaient régulièrement notre structure, ne viennent plus pour la plupart. Les personnes de droit commun, mal logées et/ou isolées, qu’on comptait parmi nos habitués en recherche de lien social se font très rares désormais aussi. Ce public a progressivement été remplacé par des personnes étrangères ne relevant pas du droit commun, des personnes et des familles déboutées, des personnes bénéficiant de titres de séjour courts qui accèdent difficilement à l’insertion et restent sans ressources, des Français provenant d’autres régions qui viennent tenter leur chance à Strasbourg, ou encore, les personnes en errance souffrant de pathologies mentale qui parviennent néanmoins à investir notre accueil de jour, du jour au lendemain… Mais l’année passée a également vu le partenariat s’enrichir et poursuivre ses efforts pour une meilleure articulation et davantage d’opérationnalité : Le lien avec le SIAO s’est renforcé, même s’il nécessite toujours des ajustements. Nos travailleurs sociaux ont intégré dans leurs pratiques la communication régulière avec le SIAO au sujet des situations des personnes orientées. Le lien avec le 115 a été repensé et retravaillé, suite à sa réorganisation en fin d’année. La participation des différents accueils de jour à la première Enquête Flash réalisée au printemps, sur proposition de la Ville de Strasbourg, ou encore le travail mené en Réunion de Coordination Accueils de Jour, font sens pour nous et nous nous réjouissons des effets que pourront avoir ces rapprochements. La mobilisation des différents acteurs de notre environnement semble bien enclenchée, et nous espérons que cela permettra une prise en compte -effective- des problématiques rencontrées par notre public. Dans le cadre des axes d’amélioration dégagés par notre évaluation interne en 2012, nous avons pu, en 2013, réactualiser le livret d’accueil, favoriser l’expression du public, améliorer son information. Les axes prévus pour 2014 concernent la reconduite d’une enquête de satisfaction du public, la mise en place de nouveaux ateliers pour le public, ainsi que l’amélioration des conditions d’accueil (travaux extérieurs et intérieurs, protection acoustique, renforcement des mesures d’hygiène et de propreté des locaux). Nous regrettons de ne pas avoir réellement pu mener d’ateliers l’an passé pour le public, faute de disponibilités des travailleurs sociaux sur-sollicités par les personnes accueillies. Nous tenterons d’y remédier en 2014, si l’activité nous le permet, mais l’accès à des cours de français dans nos murs, pour le public, constitue déjà pour nous une réponse qui était très attendue. De même, le nouveau partenariat établi avec l’association « Le Parcours », favorisera pour l’équipe l’accompagnement vers un mieux-être des personnes que nous accueillons. Ou tout du moins pourrons-nous tenter avec elles de les décider à s’accorder une petite pause « esthétique » dans leur quotidien éprouvant. Enfin, soucieuse de rester force de proposition certes, mais également actrice d’une meilleure prise en compte des besoins du public, l’équipe de l’Accueil Printemps va mener en 2014 une réflexion sur les prestations supplémentaires que nous pourrions développer au sein de l’accueil de jour : nous allons particulièrement étudier la piste d’une demande d’agrément pour la domiciliation postale (prestation saturée à Strasbourg), ainsi que la mise en place de permanences de traductions pour le public étranger (prestation absente encore à l’heure actuelle dans les accueils de jour à Strasbourg). 179 RSAVENIR 8 rue du Rempart 67000 STRASBOURG Tél : 03 88 60 43 45 Fax : 03 88 60 81 19 Mail : [email protected] 180 ORGANIGRAMME DU SERVICE RSAVENIR 181 RSAVENIR Le service RSAvenir est installé dans le bâtiment de l’Espace Bayard au 8, rue du Rempart avec l’Accueil Printemps, autre service de l’association. RSAvenir dispose d’un agrément pour instruire des demandes de RSA et mener l’accompagnement social d’environ 150 bénéficiaires. La service a pour mission le suivi de la personne sans domicile fixe. Cette spécificité a rapidement induit la mise en place de services complémentaires, indispensables pour les personnes en situation d’exclusion, privées de logement ou d’hébergement, en situation de fragilité et de grande difficulté : La domiciliation postale, Le reversement fractionné de l’allocation RSA pour certaines personnes, La permanence d’accueil Lorsque les personnes viennent chercher leur courrier en dehors d’un rendez-vous avec le référent, nous recensons leur passage à l’accueil de RSAvenir. La fréquence des passages est stable sur l’année 2013 (avec 2 729 passages) ainsi que par rapport à l’année d’avant (2 668 passages en 2012). Nous constatons qu’il n’y a pas eu de diminutions de passages au cours de la période estivale, contrairement aux années précédentes, ainsi qu’une légère augmentation à l’approche de l’hiver. Fréquentation de la permanence d’accueil en 2013 La domiciliation postale à RSAvenir RSAvenir est agréé pour établir une domiciliation postale au bénéfice des personnes sans domicile fixe qui viennent solliciter un accompagnement lié au RSA. Si cette prestation permet le contact régulier avec le public et facilite le lien social ainsi que l’accompagnement, sa gestion occupe concrètement un mi-temps à elle-seule. 182 Au 31/12/13, 110 personnes sont domiciliées à RSAvenir 96 sont bénéficiaires du RSA et sont sans domicile fixe. 14 personnes ne bénéficient que du service de la domiciliation, avant ou après une perception du RSA (par exemple en vue de se faire refaire une carte d’identité ou d’anciens suivis nouvellement bénéficiaires de l’AAH, ou disposant de ressources supérieures, ou encore des personnes ayant fait l’objet d’un refus d’ouverture de droit au RSA). Nous avons domicilié 66 nouvelles personnes en 2013. Le reversement fractionné du RSA Le reversement fractionné du RSA consiste, en accord avec la personne, à recevoir cette allocation sur un compte de l’association et de la restituer au bénéficiaire de manière fractionnée, tout au long du mois. En règle générale, les personnes entrent dans ce dispositif sur suggestion du travailleur social référent mais cela peut également se faire sur demande de la personne. Son fonctionnement offre un accès librement consenti par le bénéficiaire qui peut y mettre fin à tout moment sur présentation d’un RIB à la CAF. Un contrat est établi entre la personne, son référent RSA et le travailleur social chargé du reversement. Suite à ce contrat, le budget est établi (charges, dettes, ressources) afin de définir ensemble le montant et la fréquence du reversement. Il est organisé chaque lundi et vendredi matins. Le travailleur social chargé du reversement paye les factures des usagers par chèques bancaires (loyer, charges locatives, dettes, etc.), permettant ainsi le maintien d'une certaine intégration sociale. Par exemple, lorsqu’une personne est incarcérée pour une courte durée et que de ce fait son RSA peut encore être perçu, le système du reversement nous permettant de régler ses charges mensuelles, elle peut retrouver son logement à la sortie. En 2013, 22 personnes ont pu bénéficier du reversement fractionné du RSA mais ce service pourrait s’étendre, de par ses caractéristiques, à un plus grand nombre de personnes si un poste spécifique était financé. Sur 22 personnes, 7 sont entrées dans le dispositif en 2013 3 en avaient déjà bénéficié les années précédentes et l’ont réintégré : 1 personne a préféré percevoir son Allocation Adulte Handicapé sur notre compte au vu de sa situation sociale, en attendant une décision concernant sa demande de protection juridique. 1 personne a repris le reversement après une réintégration au sein du dispositif RSA. 1 personne en avait bénéficié par le passé mais la fin du reversement avait été décidée communément par le bénéficiaire et notre service. Depuis qu’elle bénéficie à nouveau de cette prestation, elle y adhère pleinement et s’implique davantage dans l’accompagnement social. Le reversement a permis d’instaurer et de maintenir le lien tout en créant une relation de confiance. 2 personnes en importante difficulté budgétaire ne souhaitaient pas adhérer à une quelconque aide de gestion budgétaire malgré les dettes cumulées dans leur foyer d’hébergement. La remise en cause de leur hébergement les a amenés à adhérer au reversement malgré leurs réticences. Cette expérience se déroule positivement aujourd’hui dans la mesure où elles se disent satisfaites du service et en réalisent l’intérêt. 2 personnes y ont adhéré pour difficultés budgétaires. 183 Sorties du dispositif 8 personnes sont sorties du reversement en 2013 : 4 personnes qui ont obtenu une mesure de protection juridique, 1 personne qui est sortie du dispositif pour raison administrative (défaut de déclaration trimestrielle), 1 personne qui a fait le choix d’arrêter le reversement dans le but de devenir autonome financièrement, 1 personne qui est décédée, 1 personne qui a changé de service d’accompagnement RSA. Points forts de l’année Obtention de mesures de protection juridique pour des personnes bénéficiant du reversement depuis longtemps. Adhésion de certaines personnes réfractaires vis-à-vis du principe du reversement, dans un premier temps. Actuellement, deux demi-journées sont consacrées uniquement au reversement de l'allocation et une demie journée supplémentaire doit l’être pour la gestion de l’administratif (chèques, retranscription des bordereaux de la CAF sur les carnets personnels du public, retranscription des carnets sur celui du compte de l'association, etc.). Autrement dit, le travailleur social chargé du reversement y travaille une douzaine d'heures par semaine. De ce fait, il accompagne moins de personnes dans le cadre du RSA, ce qui est compensé par les autres travailleurs sociaux afin de rester dans la moyenne fixée par le cahier des charges élaboré par le Conseil Général. Cette prestation est unique en Alsace. Si elle faisait l’objet d’une reconnaissance budgétaire de la part des financeurs, nous pourrions davantage la développer au sein de notre service. En effet, nous estimons, qu’en moyenne, une cinquantaine de personnes suivies par RSAvenir gagnerait à bénéficier du reversement = une reconnaissance équivalente à un ¾ ETP serait nécessaire pour gérer le reversement pour ce nombre. Profil du public accompagné. 220 personnes ont été accompagnées par notre service en 2013, soit 5% de plus que l’année d’avant. Année 2013 2012 2011 Nombre de personnes accompagnées 220 208 209 Au 31/12/13, 143 personnes étaient en situation de contractualisation avec RSAvenir (contre 131 au 31/12/12 et 129 au 31/12/11). 184 Situation familiale des personnes au 31/12/2013 Couples Femmes Hommes 3 18 119 Situation détaillée Âge du public au 31/12/13 La proportion des moins de 30 ans est la plus représentée à RSAvenir mais elle n’est pas visible sur le graphique en raison de la tranche réduite 25-29 ans qui correspond à l’âge du début de perception du RSA pour les personnes sans enfants (les autres tranches comptant pour 10 années). Le public se situant dans la tranche d’âge 40-49 ans est également fortement représenté. Cette année nous avons comptabilisé 3 jeunes de moins de 25 ans bénéficiaires du RSA du fait de leur situation de parents (un couple et une jeune femme). 185 Instructions RSA réalisées en 2013 Sur 87 nouvelles instructions de dossiers en 2013, 64 ont concerné des bénéficiaires déjà présents dans le dispositif (transfert, mutation ou 2ème demande) avec une forte proportion de transferts en provenance d’autres services instructeurs ainsi que de mutations. Les situations qui échappent aux statistiques Cette année nous avons recensé 17 personnes venues débuter un suivi à RSAvenir avec pour objectif l’ouverture des droits au RSA mais qui ne sont pas allées au bout de la démarche engagée et ne sont plus revenues au bout de quelques rendez vous. Sorties du dispositif en 2013 Nous comptabilisons 78 sorties du dispositif en 2013 contre 77 en 2012, dont 60% de sorties positives : Les personnes ont obtenu l’AAH, ou démarré une activité professionnelle, ou encore intégré un logement (ce qui entraîne leur transfert de suivi RSA vers le secteur). Les chiffres sont très similaires à ceux de l’année précédente. Si l’AAH, allocation d’un montant supérieur à celui du RSA, permet à la personne de mieux subvenir à ses besoins financiers, paradoxalement, elle ne permet pas toujours de répondre aux autres besoins des personnes évoluant dans la précarité. Déjà fragilisées par leur pathologie, la fin d’un accompagnement social soutenu dans le cadre du RSA et l’impossibilité de continuer à bénéficier de la CMU complémentaire (ressources au-dessus du plafond) peuvent être déstabilisants pour certaines personnes. En 2013, nous avons connu 3 décès parmi les personnes accompagnées (un Monsieur âgé d’une soixante d’années décédé des suites d’un cancer, et deux Messieurs trentenaires souffrant d’addiction). 186 Transfert de bureau instructeur Les 25 personnes transférées vers un autre bureau instructeur se répartissent comme suit : Les sorties « transfert de bureau instructeur » sont stables et correspondent soit à une réorientation vers Pôle Emploi, soit vers une autre association, soit vers le secteur. Nous notons une augmentation des réorientations vers le CCAS ou d’autres associations, en 2013, qui correspondent à des demandes de changement de référent de notre part, ou à la reprise du suivi RSA par ces associations au moment où les personnes que nous suivions obtiennent un hébergement dans leur structure. En parallèle, les réorientations vers le secteur ont diminué de près de moitié cette année, ce qui peut s’expliquer par une baisse du nombre de personnes parvenues à se reloger. Durée de présence dans le dispositif En 2013, nous comptons une majorité de bénéficiaires présents dans le dispositif depuis moins d’un an, soit 69 personnes, contre 61 en 2012 et 44 en 2011. Au niveau du profil du public, nous pouvons distinguer 3 différents groupes au vu des chiffres recensés : Un groupe « nouveaux bénéficiaires » présents dans le dispositif depuis moins de 2 ans (68%). Il s’agit de personnes connaissant un accident de parcours, qui gardent une capacité de rebond, bien qu’étant sans domicile fixe. Les personnes résistent encore face à leur situation difficile, car elles la considèrent comme temporaire, et elles ne présentent généralement pas (encore) de problème de santé. Un groupe de bénéficiaires présents dans le dispositif depuis 2 à 5 ans (21%). Il s’agit de personnes commençant à témoigner d’une certaine ancienneté dans le dispositif et qui, de ce fait, sont confrontées aux difficultés et à la précarité depuis un certain temps. La santé se dégrade et les personnes se trouvent de plus en plus éloignées de l’emploi et de l’insertion. Le sentiment d’échec et de honte, la stigmatisation qu’elles ressentent, les entraînent vers une désocialisation grandissante. Le mal-être augmente et nous entrons dans un cercle vicieux extrêmement complexe à briser. Lorsque les pathologies sont multiples, il est difficile de prioriser le traitement de l’une par rapport à l’autre. 187 Un dernier groupe regroupant les bénéficiaires présents dans le dispositif depuis plus de 5 ans (11%), qui concernent les personnes les plus fragilisées, les plus éloignées de l’insertion, sur une voie ou déjà en situation de clochardisation. Dans notre public, 10 personnes présentaient encore cette réalité de clochardisation au 31/12/13. Il s’agit évidemment de personnes avec lesquelles le sujet de la santé reste extrêmement difficile à aborder. En rupture de soins en général, elles n’acceptent pas l’idée de renouer le contact avec le domaine médical, malgré notre travail quotidien dans ce sens. De même, il nous est souvent très difficile de les amener vers la reconnaissance de leur handicap lorsqu’elles en ont un, en vue de constituer un dossier à la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées). Ces personnes sont suivies par notre service depuis de nombreuses années. Nous nous sommes bien sûr interrogés sur la pertinence de les orienter vers un autre opérateur, afin de marquer une rupture, de susciter peut-être une nouvelle dynamique, mais il semble que pour elles, RSAvenir reste le dernier point d’ancrage et de lien social… Il pourrait être fragilisant de le leur soustraire. Aussi, pour ces personnes, la seule possibilité de sortie du dispositif que nous entrevoyons consistera à percevoir l’Allocation de Solidarité aux Personnes Agées (Revenu Minimum Vieillesse), le temps venu. Néanmoins, nous assistons quelques fois à des « déclics » chez ces personnes très marginalisées et abimées, qui peuvent permettre de faire soudainement évoluer leur situation. En 2013, l’une ou l’autre de ces personnes a pu accéder à des structures spécifiques et adaptées telles que les « Berges de l’AIN » ou l’« Accueil des 2Rives », point de départ d’une stabilisation possible dans leur parcours et leur santé. L’accompagnement social Notre service propose un accompagnement à un public sans domicile fixe dans le cadre du parcours d’autonomie sociale. Les axes de travail sont l’insertion sociale, l’accès au logement et la santé. Lorsque la personne accompagnée est prête à s’engager dans un projet professionnel, nous sollicitons, la plupart du temps, son transfert vers un opérateur RSA dont l’accompagnement à l’emploi est la compétence. Les démarches administratives sont multiples. Elles interviennent soit en amont de la demande de RSA, lorsque la domiciliation postale est ouverte et que la personne a besoin d’une carte d’identité par exemple, soit au fur et à mesure de l’accompagnement en fonction de la situation et des besoins de la personne accompagnée. Lorsque la situation le nécessite, nous accompagnons physiquement les personnes. Nous exerçons nos missions par le biais d’entretiens, de visites à domicile ou auprès de partenaires, d’accompagnements physiques, de réunions (d’équipe, thématique, collective avec l’Accueil Printemps, de synthèse…). Pour 2013, nous recensons : 1 344 entretiens sur rendez vous (dont 1/3 non honoré) 61 rendez-vous partenariaux ou réunions de synthèse, des visites à domicile, à l’hôpital, des accompagnements physiques… 188 L’accompagnement à la santé Dans le domaine de la santé, nous distinguons trois grands types de pathologie : l’addiction, les troubles psychiques et les affections d’ordre physique qui concernent une partie du public que nous accompagnons. L’état de santé des personnes doit être pris en compte dans l’accompagnement que nous proposons afin que celui-ci soit adapté autant que possible à leurs capacités. Le cumul de pathologies est très fréquent. La santé psychique 17% des personnes sont atteintes de sévères troubles psychiques (soit 38 personnes/220). Mais nous estimons qu’au moins 1/3 du public présente une souffrance mentale. En règle générale, il est assez complexe d'amener les personnes au soin. Les orientations directes en interne via les permanences de l’infirmière psychiatrique et de la psychologue de l'Equipe Mobile de Psychiatrie et Précarité (EMPP) nous offrent des possibilités de proximité très intéressantes pour les personnes que nous accompagnons, mais il reste très difficile de les amener aux soins lorsqu’elles refusent cette nécessité. La permanence infirmière psychiatrique de l’Equipe Mobile de Psychiatrie et Précarité, EMPP, se tient une fois par semaine à destination du public, et en soutien aux équipes. Cette permanence permet de : Faciliter l’orientation et le suivi des personnes en grande précarité Améliorer l’offre de soins en ambulatoire et l’hospitalisation à temps partiel Assurer la continuité des soins et les relais entre les temps d’hospitalisations et les projets de suivi en dehors de l’hôpital. Mais aussi de : Assurer la coordination avec les différents réseaux existants Soutenir les professionnels de terrain Informer, sensibiliser, former les acteurs sociaux aux pathologies psychiatriques. La permanence psychologue, assurée par une psychologue de l’EMPP. Elle reçoit les personnes accueillies qui souhaitent la rencontrer spontanément, ainsi que celles que les équipes lui orientent. Il s’agit là de créer une « amorce » vers une démarche personnelle de thérapie. Ces rencontres ont déjà pu déboucher sur une prise en charge en Centre Médico Psychologique. Nous bénéficions également de temps d’échange avec le psychiatre de l’EMPP lors de rencontres dans nos locaux tous les deux mois environ. Ce moment constitue pour l’équipe une riche opportunité pour aborder les situations inquiétantes des personnes que nous accueillons, et pour travailler ensemble les pistes d’accompagnement permettant d’amener ces personnes vers le soin. C’est au travers d’exposés de situations et de réflexion collective que le praticien partage avec nous quelques éléments théoriques tout en nous guidant sur un plan «pratique». Ce partenariat multiple et renforcé nous permet de nous sentir moins démunis face à l’augmentation de la souffrance mentale, au sein de notre public. En 2013, 1 hospitalisation à la demande d’un tiers a pu être réalisée, 15 personnes ont bénéficié d’un suivi CMP. Nous avons dénombré 16 hospitalisations en service psychiatrique. 189 L’addiction 20% des personnes souffrent d’addiction (soit 46 personnes/220). Comme la maladie psychique, l’addiction demande un long travail où la relation de confiance est indispensable. D’autant plus qu’elle peut s’accompagner d’une maladie psychiatrique. La permanence mensuelle de l’association « A l’aide » : compte tenu de la fréquence des situations d’addiction au sein du public que nous accueillons et de la nécessité d’un accompagnement spécifique pour les personnes souffrant de cette problématique, nous nous sommes rapprochés de l’association «A l’Aide» (Aide, soutien et accompagnement des personnes malades alcooliques et de leur entourage). Dans le cadre d’une permanence bimensuelle à l’Espace Bayard, un addictologue et alcoologue rencontre les personnes qui souhaitent parler de leurs difficultés avec tout produit, et/ou faire le point en vue d’une démarche de soins. Il mène un travail considérable de revalorisation de la personne, notamment par le biais de l’entretien motivationnel. Le fait que l’intervenant vienne à la rencontre des usagers dans nos locaux a permis à certain d’entamer une démarche de soin qu’ils n’auraient peut être pas effectué s’ils avaient dans un premier temps dû se déplacer dans les locaux de l’association « A l’Aide ». Les permanences ont lieu chaque 2ème et 4ème vendredi matin du mois à l’Espace Bayard. La santé physique 13% des personnes souffrent de pathologie physique (soit 28 personnes/220), conséquence de longues années d’errance, de consommation de produits licites ou illicites ou encore de la vie dans la rue, le tout parfois cumulé. Les demandes ou renouvellement CMU occupent, de fait, une part importante des démarches administratives que nous effectuons avec les personnes. Contrairement à l’addiction et aux troubles psychiques, les maux physiques sont plus souvent pris en charge. Ceci peut s’expliquer par le fait que le rapport au corps et à la douleur physique est beaucoup plus concret, la notion de survie pouvant entrer en jeu. Le mode de vie et les besoins fondamentaux de la personne peuvent également présenter une source de motivation supplémentaire. Les permanences de l’infirmière du GCSMS à l’Accueil Printemps nous permettent des orientations de proximité vers une personne ressource pour toutes ces questions qui dépassent bien souvent nos compétences. 190 L’accompagnement pour l’accès à un hébergement ou un Logement Situation des personnes sans domicile fixe au 31/12/2013 Nous constatons que pour les personnes sans solution de logement, une majorité (la moitié au 31/12/13) trouve recours auprès d’un tiers. Cette situation n’est jamais idéale : l’hébergement peut s’arrêter du jour au lendemain, et la personne se retrouve alors à la rue, ou encore, il peut arriver que les rapports avec le tiers soient tendus et placent la personne en insécurité, notamment les femmes. Un faible pourcentage de personnes sans domicile fixe parvient à obtenir un hébergement d’urgence auprès du 115 (6%). Pour tenter de répondre aux demandes d’hébergement des personnes, nous sollicitons le 115 avec elles pour une solution dans le cadre de l’urgence et le SIAO pour une demande d’hébergement plus longue. Nous avons accompagné 47 personnes dans leur tentative d’obtention d’un hébergement d’urgence par le 115, et comptabilisons 68 personnes qui n’ont pas voulu passer par le 115. L’hébergement est pour la plupart une étape incontournable avant l’accès à un logement. Partenariat avec le SIAO En 2013, nous avons instruit 59 demandes d’hébergement via le SIAO qui se sont concrétisées par 33 réponses positives. Nous rencontrons chaque mois l’équipe du SIAO pour faire le point sur les situations communiquées, les réactualiser, préciser les besoins, et définir ensemble des priorisations. C’est en fonction de ces éléments que le SIAO oriente ensuite les candidatures vers les services d’hébergement pressentis. Orientations vers un hébergement 2013 Hébergement Demandes SIAO 59 CIR 2 Escale Saint Vincent 1 Résidences sociales 8 (SIAO) Intermédiation 5 Locative Résultats 33 0 1 4 3 191 Logement Demandes Résultats HLM (+ACD) 59 5 DALO 8 1 Privé 11 7 BAL 28 9 ADOMA 20 6 En 2013, nous avons accompagné 126 démarches de demande/recherche de logement, pour 28 relogements effectifs, soit un taux de réussite de relogement de 22%. Nous avons instruit 15 demandes auprès du FSL (Fond Solidarité Logement), pour lesquelles 8 ont abouti favorablement Cette année nos orientations vers les résidences sociales ADOMA ont davantage abouti que celles de l’an passé. Nous espérons que cette tendance va encore s’affirmer, car ce type de structures peut réellement constituer un relogement adapté pour une partie de notre public. Parmi les partenaires avec lesquels nous travaillons régulièrement sans l’intermédiaire du SIAO, nous pouvons citer l’Intermédiation Locative et le Bureau d’Aide au Logement (BAL) qui permettent la recherche de logement dans le parc privé. L’accompagnement pour la recherche d’un emploi Nous avons abordé en amont l’orientation vers un opérateur RSA dont la compétence est l’accompagnement à l’emploi lorsque les personnes sont suffisamment « stabilisées » pour envisager une recherche de travail. Pour autant, nous proposons un certains nombre de démarches aux personnes en attendant un transfert ou lorsqu’il est opportun de préserver le lien tissé. L’accompagnement va alors porter sur la rédaction d’un CV, d’une lettre de motivation, les réponses à des offres d’emploi, l’inscription à Pôle Emploi et dans les agences intérim ou la candidature à une formation. Nous mettons à la disposition des personnes les offres EDOI (contrats aidés en chantier ou entreprise d’insertion) et assurons la mise en relation avec les chantiers/entreprises et Pôle Emploi ensuite. Il nous arrive d’orienter des bénéficiaires vers l’Atelier CV du CIDFF. Nous orientons également une partie des personnes vers les Ateliers de Redynamisation qui proposent un accompagnement personnalisé pour un retour vers l’emploi par le biais de différentes activités. Nous travaillons très bien avec ces partenaires, dont l’intervention est très adaptée pour une partie de notre public. La recherche de financement par le biais du Conseil Général, d’organismes proposant des microcrédits (pour faciliter les déplacements professionnels ou dans le cas de création d’entreprise), de l’APRE (Aide Personnalisée de Retour à l’Emploi) fait également partie de nos actions auprès des usagers. 192 L’accompagnement dans les démarches juridiques Parmi nos démarches d’accompagnement, certaines portent sur les actions de justice. Du fait de l’intérêt que suscite souvent notre éclairage sur la situation sociale de la personne, nous sommes amenés à travailler avec les interlocuteurs suivants : le Service de Probation et d’Insertion Pénitentiaire (SPIP), le Juge d’Application des Peines (JAP), les avocats. L’une des peines parfois attribuée à nos bénéficiaires porte sur le Travail d’Intérêt Général (TIG). Dans nombre de cas, l’attente par l’usager de la mise en place d’un Travail d’Intérêt Général vient freiner les démarches de réinsertion. La personne peut difficilement s’engager dans des démarches de réinsertion à moyen terme, ne sachant pas quand la Justice lui demandera d’effectuer cet aménagement de peine. Généralement nos actions consistent à accompagner l’usager devant le JAP, et dans sa demande d’aide juridictionnelle, à rédiger des rapports sociaux à destination de l’avocat ou du juge, ou à mettre en place un échéancier concernant des amendes décidées par le Juge. Au final ces actions concernent un nombre limité de personnes mais s’avèrent nécessaires dans la mesure où les usagers se trouvent fort démunis face aux instances judiciaires. En effet, se posent des problèmes de compréhension de la situation et du sens des accusations portées. En tant que travailleur sociaux, nous pouvons aider les personnes à se préparer à leur audience et donner du sens au jugement par notre travail éducatif. De plus, les personnes se retrouvent souvent seules dans ces circonstances, ce qui rend l’évènement encore plus angoissant. Notre présence aux audiences peut donc faire office de soutien. En 2013, à notre connaissance, 8 incarcérations ont concerné notre public. Exemple de suivi social réalisé à RSAvenir Situation de Monsieur L. Nous suivons Monsieur L. (37 ans) dans le cadre du RSA depuis septembre 2009. Il nous avait été orienté par un CHRS Strasbourgeois pour une instruction RSA. Monsieur L. a été hébergé par ce CHRS jusqu’au 13 mars 2010, date à laquelle une fin de prise en charge a été décidée d’un commun accord entre le Foyer et Monsieur. Accueilli par des tiers pendant de longs mois, son projet était de trouver un logement autonome afin de se stabiliser et de mener à bien ses démarches. Nous l’avons orienté afin qu’il bénéficie d’un accompagnement par le Bureau d’Aide au Logement (le BAL), ce qui lui a permis d’intégrer un logement dans le privé, à Strasbourg, en juin 2011. Suite à la mise en vente de l’appartement, le propriétaire a indiqué à Monsieur L. que le bail prendrait fin en juillet 2014. Nous avons renforcé notre partenariat avec le BAL afin de le reloger dans les meilleures conditions avant cette échéance. Dès décembre 2013, il a pu être relogé via un glissement de bail dans un studio. Dans l’intervalle, il est apparu que sa situation financière nécessitait une prise en charge budgétaire, Monsieur ayant d’ailleurs déjà fait l’objet d’un dossier de surendettement, et refusant toute demande de protection juridique. Monsieur L. a accepté de bénéficier du reversement fractionné du RSA (service que nous proposons aux personnes ayant besoin d’une aide budgétaire) à partir d’avril 2013. Depuis cette date, il adhère d’autant plus à l’accompagnement social proposé, qu’il est rencontré chaque semaine par sa référente, personne en charge du reversement. 193 Les problèmes de santé psychique que Monsieur L. connaît l’ont empêché d’envisager une quelconque activité professionnelle et les priorités de l’accompagnement restaient l’accès et la poursuite des soins. Plusieurs rencontres avec l’infirmière psychiatrique intervenant dans nos structures ont ainsi permis d’organiser une Hospitalisation à la Demande d’un Tiers (HDT). Parallèlement, Monsieur L. a dû faire face à des dépenses importantes liées au renouvellement de son passeport et de son titre de séjour. Il devait pour ce faire se rendre à l’Ambassade de son pays d’origine, à Paris, et assumer des timbres fiscaux ; la poursuite du versement RSA était conditionnée par ces documents. Au vu des problématiques de Monsieur, il a fallu organiser le voyage dans ses moindres détails (achat des billets de train, itinéraires des transports pour se rendre à l’ambassade, plan de la ville, coordonnées téléphoniques et adresse des institutions, de notre association…). En ce qui concerne sa situation familiale, des démarches judiciaires ont été initiées afin qu’il puisse revoir ses trois jeunes enfants qu’il n’a pas vu depuis plus de 2 ans, vivant à Bordeaux avec leur mère. Une mise en place de visites médiatisées a été sollicitée auprès du Juge des Enfants, les visites à l’amiable n’étant pas respectées par la mère. Bien que l’accompagnement social de Monsieur ait été soutenu en 2013, il s’annonce également intensif en 2014, notamment en termes de maintien du lien (avec lui, ses enfants et les différents intervenants médico-sociaux) et de maintien du soin, toujours fragile. L’accès à la culture et aux loisirs Les personnes que nous accompagnons à RSAvenir ont pu profiter, comme chaque année, des activités, des sorties et de la fête de fin d’année, organisées par l’équipe de l’Accueil Printemps pour nos publics, potentiellement communs. Les difficultés rencontrées en 2013 Le handicap linguistique Nous notons une augmentation de personnes d’origine étrangère, réfugiés statutaires bénéficiaires du RSA. Nous rencontrons régulièrement des difficultés de communication liées au fait que ces personnes ne maitrisent pas le français, bien que présentes en France depuis plusieurs années. Les contrats prévoient tous une orientation vers des cours de français. Il nous est bien souvent difficile de dissocier ce qui relève du refus d’apprendre le français par manque d’adhésion au contrat, ou de l’impossibilité de s’inscrire dans l’apprentissage de la langue en raison de traumatismes et/ou souffrances liés à l’asile. Ce constat nous amène à réfléchir à la nécessité d’acquérir de nouvelles compétences ou du moins connaissances, par le biais d’une formation collective par exemple. Nous ressentons de plus en plus le besoin de recourir ponctuellement à un traducteur soit en début de suivi afin de permettre une bonne compréhension du contrat, soit lorsque l’accompagnement « bloque » en raison d’incompréhension mutuelle des attentes et des possibilités des uns et des autres. Or notre service ne dispose pas d’un budget permettant de solliciter des traducteurs. 194 La formation des salariés En 2013, les salariés ont pu participer à diverses formations extérieures portant sur des thèmes diversifiés (collectivement ou individuellement), par exemple : Informations CODELICO (FSL, dispositif logement) Dispositif Aides Sociales (Ville de Strasbourg) Journée de la Solidarité (Ville de Strasbourg) Journée de la violence faites aux femmes (Ville de Strasbourg) Formation Addictions (La Bobine) Atelier de travail pour une meilleure prise en charge des personnes SDF (FNARS). Ils ont également pu visiter quelques partenaires, tels qu’Ithaque, Château Walk, l’Unité Mères Nourrissons du NHC. La supervision L’équipe bénéficie d’une supervision mensuelle un GAP, animé par une psychologue. L’accueil des stagiaires Soucieux de participer au cheminement professionnel des futurs acteurs, nous avons accueilli cette année deux stagiaires BTS ESF, ainsi qu’un stagiaire Conseiller en Insertion et Probation. Perspectives 2014 L’année 2013 à RSAvenir s’est plutôt inscrite dans une continuité par rapport à l’année précédente, sans grands changements notables. L’activité est soutenue mais stable, le public nombreux et généralement très demandeur de lien. Nous pointons un nombre important de personnes au RSA provenant d’autres régions et venant tenter leur chance à Strasbourg. Si la mobilité géographique demeure un droit, elle n’en est pas pour autant garantie dans la réalité des faits. Parvenir à obtenir une domiciliation pour ces personnes relève de l’exploit, il en est de même pour une place en hébergement d’urgence. Ces personnes viennent généralement solliciter notre service après un parcours de refus éprouvant. Cela appelle un autre point, régulièrement relevé, qui concerne les manques locaux en terme de prestations basiques pour les personnes sans domicile fixe, telles que l’hébergement d’urgence, la domiciliation, l’accès à l’hygiène (douches, laverie), l’absence de bagagerie, l’alimentation, les possibilités de traduction pour les personnes étrangères… Nous mettrons également l’accent sur la prégnance des personnes souffrant de pathologies mentales qui nous inquiète toujours autant. Leurs perspectives de soin et d’insertion restent très difficiles à imaginer et encore plus à mettre en œuvre. Les axes prévus pour 2014 concernent la fin de la réactualisation du projet d’établissement, la reconduite de l’enquête de satisfaction du public, ainsi que l’amélioration des conditions d’accueil (travaux extérieurs et intérieurs, protection acoustique, renforcement des mesures d’hygiène et de propreté des locaux) En 2014, l’équipe pourra s’appuyer sur un nouveau partenariat établi avec l’association « Le Parcours », pour favoriser l’accompagnement vers un mieux-être des personnes que nous accueillons. Ou tout du moins pourrons-nous tenter avec elles de les décider à s’accorder une petite pause « esthétique » dans leur quotidien éprouvant. 195 BAYARD DE NUIT 8 rue du Rempart 67000 STRASBOURG Tél : 06 74 26 43 31 Mail : [email protected] 196 ORGANIGRAMME DE BAYARD DE NUIT 197 BAYARD DE NUIT Dans le cadre de la mise à l’abri 2013/2014, l’association Horizon Amitié s’est investit, pour la sixième année consécutive, dans la mise à l’abri de 30 personnes dans les locaux de l’Accueil Printemps, situés au 8 rue du Rempart Strasbourg. L’ouverture a eu lieu le 1er novembre 2013 pour une période de 6 mois, comme l'année précédente, la fermeture de cette action est prévue pour le 1er mai 2014. Nous assurons une mise à l’abri, à toute personne qui a été orientée par le 115, de 22 heures à 7 heures du matin. Les mises à l’abri se font uniquement par le biais du 115. Bien que les conditions de mise à l’abri soient sommaires et offrent moins de confort qu’un d’hébergement, cette année nous avons amélioré nos conditions d'accueil en proposant des lits pliables aux usagers ainsi que des draps housse et des sacs de couchage contrairement aux autres années. Le public accueilli Le profil n’a pas changé il s’agit de personnes en errance, les grands marginaux, des demandeurs d’asile, des personnes caractérisées par des maladies mentales et qui semblent plus demandeurs de ce type d’hébergement qui permet plus de liberté car la marge de tolérance est beaucoup plus importante (souplesse des horaires, état d’ébriété, hygiène corporelle et il n’y a pas d’obligation d’entamer un parcours d’insertion socioprofessionnelle). Les retours des personnes et du 115 confirment et démontrent l’importance et l’utilité d’une telle action qui accueille des usagers sans aucune condition et répond ainsi à l’impératif d’une mise à l’abri inconditionnelle. Le recul dans le temps permet de constater qu’il n’y a pas de problème particulier dans l'utilisation des lieux. En effet, aucun incident sur le lieu d’accueil et les alentours et aucune dégradation des locaux et du matériel n’ont été signalés à ce jour. De même, l'utilisation des lieux par 2 équipes différentes, une de jour et une de nuit, n'a pas d'incidence sur le travail de l'une ni de l'autre. Bayard de nuit en chiffre Pour la période du 1er novembre 2013 au 31 décembre 2013, le 115 nous a orienté 1 617 personnes. En sachant que certaines de ces personnes ont été accueillies à plusieurs reprises à des intervalles réguliers, cet effectif de 1617 personnes correspond en réalité à environ 400 personnes. En tout, nous avons réalisé 1 433 nuitées. Soit un taux d’orientation de 92.05% et un taux de remplissage de 79.61 % 198 Qui sont les personnes qui fréquentent Bayard de Nuit ? Concernant la période allant du 1er novembre 2013 au 31 décembre 2014, soit 2 mois d’ouverture, on constate une grande diversité des publics accueillis : Demandeurs d'asile, Grands exclus, connus depuis plusieurs années par les services sociaux de la ville, Des personnes de passage n’ayant pas d’attache à Strasbourg, un nombre croissant de personnes souffrant de problèmes psychiques, Des jeunes et des personnes âgées, Des usagers refusant la stabilisation et tout accompagnement social, Des primo arrivant, Des personnes déboutées de la demande d’asile. La situation administrative des 640 usagers DC - UE : 9,37 % Demandeur d’asile : 49,06 % Demandeur débouté : 5 % Droit commun : 22,3 % Autres : 14,27 % Orientation Bayard de Nuit à partir du 1er novembre Bayard de Nuit dispose d'une capacité d'accueil de 30 places maximum. Le public mis à l'abri est majoritairement des hommes. Les couples et les femmes sont accueillis de manière ponctuelle lorsqu'il n'existe aucune autre solution d'hébergement. Les animaux ne sont pas acceptés. Les personnes à mobilité réduite ne sont que très peu orientées chez nous. Durée de l’orientation Bayard de Nuit dispose de 20 places pour accueillir les personnes pendant 3 ou 4 nuits. Du mardi soir au jeudi soir et du vendredi soir au lundi soir. Objectifs Un minimum de trois jours permet aux travailleurs sociaux de Bayard de Nuit de prendre contact avec les personnes mises à l’abri, de les informer et de les orienter vers les structures en journée qui peuvent leur venir en aide (accueil de jour, travailleur social, etc). Un minimum de trois jours permet aux personnes mises à l’abri de trouver d’autres solutions ou s’ils relèvent durablement de l’urgence d’appeler la ligne 115 pour trouver éventuellement et en fonction des places disponibles un hébergement plus adapté et pérenne. Bayard de nuit dispose aussi de 10 places pour accueillir les personnes pour une nuit. 5 à 7 places sur orientation des maraudes. 3 à 5 places sur orientation SIAO Urgence. 199 La procédure d’orientation 18h00 : Le SIAO Urgence débute l’attribution de 20 à 25 places par téléphone (appels au numéro 115). 20h00 : Début des maraudes. Une maraude chaque jour. La maraude du CCAS et de Médecin du monde partent avec un maximum de 10 places de Bayard de nuit, la maraude des Restos du cœur et de la Croix rouge française avec 5 places de Bayard de Nuit. Avant 21h45 : Le SIAO Urgence faxe à Bayard de Nuit les noms des personnes orientées. Les personnes orientées doivent se présenter avant 22h30. La liste se compose de 20 personnes lorsque l’équipe de maraude de service est le CCAS ou Médecin du monde. La liste se compose de 25 personnes lorsque l’équipe de maraude de service est les Restos du cœur ou la Croix rouge Française 67. Le lendemain : Bayard de Nuit faxe à la veille sociale, à Fritz Kiener et à la DDCS un bilan de la nuit (troubles, incidents) ainsi que la liste des personnes qui se sont réellement présentés. La Banque Alimentaire La Banque Alimentaire est un partenaire très important : ses dons nous permettent de proposer chaque soir aux usagers une collation et des boissons chaudes. Notre action en tant que lieu d’accueil la nuit Temps d’échange : Nous constatons que l’expérience de la nuit est très différente de celle du jour professionnellement et humainement parlant, en ce sens que la nuit, des confidences se font, le temps est comme arrêté, oublié, il y a alors tout le temps pour l’échange et l’écoute de l’autre. On a le temps de privilégier la personne qui cherche la parole, l’échange et le soutien, car on voit bien qu’avec les personnes qui vivent à l’extérieur au quotidien et qui sont confrontées à une autre réalité, il faut surtout travailler la nuit pour espérer obtenir un résultat le jour. C’est cet ensemble d’éléments qui fait la richesse du travail du travailleur social. Le temps de la nuit est fondamentalement différent du travail de jour car on constate et observe des comportements différents : les personnes sont de passage la journée mais la nuit, elles passent la nuit avec nous dans le même espace et on voit comment elles s’approprient l’espace et comment elles se comportent avec les autres. Sécurité des personnes Prévention des conflits et des situations à risques Sensibilisation aux questions d’hygiène et de santé en milieu collectif et encouragement à entamer des démarches de soins. Repérage des besoins et orientation des personnes, Travail de lien social 200 On voit également des personnes en errance qui ne fréquentaient plus les structures traditionnelles et qui semblent avoir retrouvé une place et une réponse adaptée à leur demande de mise à l’abri : elles trouvent une forme d’attache en ce lieu qui les accueillent tels qu’elles arrivent et ne leur demande qu’une seule contrainte celle de respecter les lieux et les autres personnes. Cette présentation n'est qu'un bilan de mi-parcours. Mais nous pouvons déjà souligner que Bayard de Nuit est une alternative indispensable avant une prise en charge traditionnelle. Nous répondons à un besoin vital en période hivernale et assurons la sécurité des personnes. Nous pensons également que cette forme d’hébergement est complémentaire voire fondamentale car elle se trouve en première ligne de la lutte contre l’exclusion. C’est pourquoi l’accès à ce dispositif doit être et rester inconditionnel afin que chaque personne puisse avoir droit à une mise à l’abri et ce, quels que soient son origine, son sexe, sa religion et surtout son histoire personnelle. En effet, il nous arrive d'accueillir des personnes exclues des autres structures d'hébergement classique en pleine nuit et la légitimité de notre action n'est plus à mettre en question car il est reconnu par tous les acteurs sociaux que notre service répond à un besoin de mise à l'abri les personnes les plus précaires. Cette action doit évoluer et être pérennisée de manière à rester ouverte toute l'année afin qu’elle ne débouche pas à la fin de la période hivernale à la remise à la rue des personnes. C’est dès la mise à l’abri que se dessine le parcours de réinsertion sociale de la personne : il est confronté à la réalité de ses demandes et de ses implications en terme d’investissement personnel dans son parcours vers l’autonomie, qui doit être adapté au cas par cas et doit s’inscrire dans la durée. 201 PÔLE DE L’INSERTION PAR L’ACTIVITÉ ECONOMIQUE 202 SOLIBAT 2 rue d’Alger 67000 STRASBOURG Tél : 03 88 61 52 78 Fax : 03 88 34 33 85 Mail : [email protected] 203 ORGANIGRAMME DE SOLIBAT CUS ET ERSTEIN 204 ORGANIGRAMME DE L’EQUIPE DE MAINTENANCE 205 SOLIBAT Introduction Après une année 2012 fortement déficitaire, il s’agissait de réagir et de se décharger des activités produisant à perte. Nous avons donc étudié chaque activité et mis en place les actions nécessaires. En parallèle, le changement s’est opéré sur deux autres axes qui sont premièrement un déménagement au 1er Janvier 2013 afin de diminuer les charges fixes ainsi qu’en second point, la suppression du poste de directeur. Le résultat 2013 devrait neutraliser une grande partie du déficit avec pour objectif de le neutraliser totalement en 2014 et de conforter ces résultats en 2015. En termes d’accompagnement, nous récoltons les fruits de la scission en deux pôles : les techniques de recherche d’emploi (TRE) et la formation. La production Nous avons mis en place en 2013 un suivi du C.A. global et par activité ce qui permettra de suivre l’évolution de notre C.A. en 2014. Résultats 2013 Nous avons la répartition suivante : 206 Répartition pour Erstein : Répartition pour la CUS : Analyse des productions La voirie Nous sommes sur une activité sans marge. En effet, nous sommes encore sur un chiffrage qui date de 2004 alors que les contrats aidés étaient totalement pris en charge. Depuis notre coût de main d’œuvre existe et nous sommes dans une opération en limite de rentabilité. Cette activité est sous forme d’appel d’offres avec peu de marge de négociation. J’aurai une attention toute particulière en 2014 sur cette activité, car nous aurons à répondre à un nouvel appel d’offre. Cotillons d’Alsace Cette sous-traitance, après une analyse des coûts, ne s’avère absolument pas rentable. Ainsi nous avons fait le choix de stopper cette activité en fin septembre. 207 Le nettoyage Nous avons eu une perte importante avec la fermeture du site de la rue de Lübeck. De plus, nos recherches de nouveaux chantiers sont vaines car les contraintes horaires ne sont pas compatibles avec notre fonctionnement. Toutefois, nous persistons dans notre recherche car il s’agit d’une activité fiable et rentable. Le second œuvre en bâtiment Il s’agit d’une activité également fiable et rentable. Le seul souci est la prospection qui nécessite de gros efforts. Pour cela, nous avons réalisé 2 plaquettes en annexe afin de prospecter auprès des collectivités et agences. Nous espérons en voir les effets en 2014 et 2015. La collecte Cette activité en limite de rentabilité s’est développé en 2013 ce qui a permis de la maintenir. Elle sera l’objet de surveillance en 2014 avec comme objectif de croître en collecte de 60%. Le partage de la zone de Strasbourg CUS restera un élément décisif. 208 SOLIBAT Erstein Nous avons une activité stable qui devrait nous permettre d’être à l’équilibre en 2013. Nous profiterons des plaquettes pour prospecter aux alentours d’Erstein. Le partenariat avec la ville d’Erstein est au mieux. Notre public La typologie Le sexe Nous avons une baisse de présence chez les femmes suite à l’arrêt de l’activité « Sous-traitance ». Actuellement, seule l’activité « Nettoyage des locaux » nous permet de répondre favorablement à cette catégorie. Age des salariés Nous avons constaté en 2013, une augmentation de candidatures chez les séniors et les moins de 26 ans. Nous devons réguler les recrutements pour garder une homogénéité dans la pyramide des âges. L’intérêt des séniors (outre leur sortie positive en retraite), est de stabiliser l’équipe de par leur expérience et leur valeur du travail. Nous nous appuyons souvent sur eux pour créer un relais entre l’encadrement technique et l’équipe de production. 209 Le niveau d’étude Nous restons avec un public qui a été en rupture scolaire ou ont atteint le CAP pour les mieux lotis. L’érudition défaillante contribue à la difficulté pour le salarié d’avoir la capacité de se projeter dans un parcours d’insertion. Répartition CG/État La répartition est de 50% pour les CG. Bien que priorisant le critère RSA socle, nombre de candidature n’en relève pas. Aussi, les moins de 26 ans et les plus de 50 ans, sont le plus souvent État. Les RSA, inscrits ou non au Pôle Emploi, sont toujours dans une longue période sans emploi pour de multiples raisons (enfants, santé, incarcération, primo-entrant,…). Les sorties (Erstein et CUS confondus) État au 31/12/2013 : CUS ERS TOTAL 84 22 106 personnes ayant travaillé dans nos ateliers en 2013 40 8 44 14 58 personnes présentes au 31/12/2013 41 11 52 personnes entrées en 2013 48 personnes sorties en 2013 210 Type de sorties Depuis que nous avons scindé les TRE et la formation, nous sommes beaucoup plus réactifs, ce qui se ressent en terme de sorties notamment pour les formations. SOLIBAT CUS Sur les 40 sorties enregistrées en 2013, nous avons : 1 personne en CDI 9 personnes en CDD 3 personnes en formation qualifiante 1 départ en retraite Soit 14 sorties positives 35% de sorties positives Nous sommes très satisfaits de ce résultat au regard de 2011 (7%) et de 2012 (6%). SOLIBAT ERSTEIN Sur les 9 sorties enregistrées en 2013, nous avons : 1 personne en CDD 2 départs en retraite 3 personnes en Demandeur d’emplois 3 personnes sans nouvelle Soit 3 sorties positives 33% de sorties positives Résultats plus mitigés dus à la nécessité d’une mobilité géographique. 211 Constats 2013 Après un démarrage difficile, l’année se termine avec un sentiment de chemin parcouru vers une stabilisation. La mise en place de suivi des chiffres d’affaires par activité nous permettra de suivre l’évolution sur l’année 2014. De plus, en terme d’accompagnement, nous avons la satisfaction d’améliorer considérablement nos sorties positives notamment sur la CUS. Perspectives 2014 Pour la production, la prospection est l’axe principal d’amélioration ainsi que le suivi de la collecte et de la voirie sur la CUS. Il s’agit d’assurer un cumul de chiffre d’affaire permettant à SOLIBAT de retrouver l’équilibre. Pour l’accompagnement, nous nous fixons comme objectif de développer la reconnaissance des compétences acquises au sein du chantier. En parallèle, nous finaliserons la mise en place des TRE en formation collective pour les salariés concernés. Nous avons également pour 2014, le passage en aide aux postes pour les contrats aidés. À compter du 1er juillet 2014, nous recruterons sous la forme de CDDI en substitution au CUI-CAE. Nous évaluerons alors les conséquences financières. 212