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[Restauration en entreprise] Mess de l’OTAN La carte de visite d’Ara La société de catering Aramark, qui détient près de 15% du marché belge, bichonne les assiettes de son tout nouveau client. L’OTAN s’impose comme le plus gros des 160 clients d’Aramark en Belgique et l’objectif est d’en faire la vitrine d’un savoir-faire. L es trois restaurants du siège de l’OTAN (Organisation du traité Atlantique Nord) à Bruxelles (Evere) représentent en moyenne 1.750 repas servis chaque jour. Tous les jours de la semaine à midi, quasiment toute l’année. Quand la société américaine de services, Aramark, l’a raflé début 2004 en remportant l’appel d’offres, elle a décroché la timbale. Son concurrent Sodexho, leader du secteur avec plus de la moitié des parts de marché, nourrissait les membres de l’institution internationale depuis 32 ans. Ce client important (3.500 personnes y travaille) constitue évidemment “une très Koen Flamez, district manager chez Aramark, a la responsabilité des trois lieux de restauration à l’OTAN. bonne carte de visite” souligne Koen Flamez, district manager. Surtout pour Aramark qui peut certes compter parmi sa clientèle des firmes prestigieuses telles qu’Electrabel ou Sidmar mais qui, reste derrière Sodexho et Eurest en terme de parts de marché du secteur de la restauration collective. Fabrication améliorée Comment Aramark a-t-il réussi son coup ? En ciblant les lieux de production des repas. “C’était la deuxième ou troisième fois qu’Aramark participait à l’appel d’offres. Cette fois, on s’est axé sur l’amélioration des lieux de production” explique le district manager. Différentes suggestions ont été faites afin de répondre aux standards de modernité, d’hygiène et de qualité et de mettre en œuvre la méthode de contrôle HACCP (Hazard Analysis Critical Control Points), “qui permet de réduire, voire d’éliminer ou de prévenir les dangers et risques liés à la fabrication des produits alimentaires”. Ainsi, les trois nouvelles chambres froides possèdent-elles deux accès distincts afin de respecter le principe d’hygiène élémentaire : un produit entrant n’emprunte jamais le chemin inverse. Comme la dissociation des circuits “propres” et “sales”, ce principe participe au respect strict de l’hygiène et la sécurité alimentaire par le personnel d’Aramark. Avec son arrivée, l’ensemble des lieux de stockage des produits alimentaires et des boissons, des lieux de préparation, de production et de nettoyage ont été repensés, rénovés et rééquipés. L’OTAN a pris en charge les investissements lourds tandis qu’Aramark a fait l’acquisition de nouveaux matériels de cuisson, petit matériel de cuisine et aussi couverts, vaisselles et verres. Des prix stables Les desserts sont faits maison à 90%. Le contrat, à durée indéterminée, conclu par Aramark est un contrat non subsidié qui implique de la part de la société qu’elle assume l’entière gestion de la restauration et du personnel et aussi les risques financiers liés à l’exploitation de l’activité. C’est dire si l’arrivée de l’OTAN dans le portefeuille de clientèle de la société de catering représente aussi un défi à relever. Il faut satisfaire un client qui vient au mess tous les jours et qui est, comme ailleurs, de plus en plus exigeant tant sur amark en Belgique la qualité de ce qu’il trouve dans son assiette que sur le montant du ticket qu’il va payer à la caisse. Selon Aramark, les prix n’ont pas été augmentés. “Le plat du jour commence à 3,19 euros”. Un second est proposé tous les jours au self service à 3,98 euros mais les membres de l’institution devront débourser 5,84 euros pour déguster la suggestion du chef, 3,72 euros pour le plat végétarien ou encore 5,57 euros pour le plat création du jour. A la cafétéria, le prix des sandwiches s’échelonne entre 1,52 euros et 3,49 euros selon qu’il est choisi frais mais déjà emballé ou qu’il est préparé devant soi. Au restaurant de direction, la truite meunière ou l’entrecôte maître d’hôtel ne dépassent pas 10 euros. Bien qu’il n’y ait pas de “modèle standard” comme le dit lui même le président d’Aramark, Olivier Bibot, il s’agit des prix pratiqués en restauration d’entreprise, très en dessous des tarifs affichés dans la restauration extérieure. Self shopping Si les cuisines ont été relookées, pour les quelque 3.500 membres travaillant au sein de l’institution de l’avenue Léopold III, le décor du self, de la cafétéria et du restaurant de direction n’a pas connu de transformation radicale. Le mobilier, les sols et les murs sont restés comme ils étaient. Un fleuriste garnit cependant les tables d’arrangements de fleurs artificielles. En revanche, dans la grande salle de restauration d’une capacité de 486 places, la partie self service a été totalement revue par l’architecte Frédéric Staquet. Aérée, lumineuse grâce aux spots suspendus et au revêtement pailleté au sol, elle a été conçue comme un espace free flow “où l’on se promène en se servant”. Chaque comptoir est surmonté d’un panneau indiquant sur fond coloré de fruits et légumes frais ce qu’il propose : dessert, fromages, création du jour, grillades…etc. Toute cette nouvelle signalétique a été réalisée par la firme “Twee for Vijf”. L’accent a été mis sur la cuisine spectacle avec la création de grandes ouvertures sur les cuisines et aussi l’introduction du Pasta Bar où les pâtes sont cuites devant le client. Pour concevoir les nouveaux lieux, les responsables des restaurants de l’OTAN sont allés pêcher des idées dans les autres implantations d’Aramark au Luxembourg et en Allemagne. Ils ont notamment ramené de Francfort la présentation des menus et des tarifs dans un panneau sur pied reprenant la même signalétique qu’au self. Autre grande nouveauté : l’emplacement des quatre caisses enregistreuses. Elles se trouvent désormais tout de suite à la sortie du self et non plus à la sortie de la grande salle comme c’était le cas avant. Le nouveau système permet ainsi de limiter les impayés. En fait, l’ensemble du circuit emprunté par le client a été réorganisé. En entrant dans la salle, il s’arrête devant une table sur laquelle sont présentés les divers mets du jour, puis il entre dans le self, prend un plateau, fait son shopping culinaire et paye. Il va ensuite s’attabler, mange et enlève son plateau qu’il dépose sur un comptoir près de la sortie. Ce système permet aussi de gérer les flux massifs durant l’heure de table comprise entre 11h30 et 14h30 et de limiter les files d’attente. Mais il demeure toujours des embouteillages mal supportés par la clientèle. En témoigne le livre de remarques sur lequel un mécontent demande le retour à l’ancien système… qui permettait au moins de faire la file le ventre plein! Clients satisfaits Globalement, depuis la reprise en mai 2004, la clientèle se montre satisfaite si l’on en juge par les sondages régulièrement effectués par Aramark. Il en résulte que 87% se disent ainsi satisfaits à très satisfaits. “Pour un public international, de plusieurs confessions, c’est un très bon chiffre, commente Koen Flamez. Même si on est en dessous du chiffre national d’Aramark, qui est de 92%.” La fréquentation du self donne également satisfaction puisqu’elle s’élève à 55%. Ces bons résultats sont à attribuer à la qualité de l’assiette et ce qu’elle contient, selon M. Flamez. A la tête de la batterie de cuisiniers et de commis, la société a placé un nouveau chef, Stéphane Verhaegen. A 37 ans, il possède déjà une solide expérience dans la restauration classique, qui lui a notamment permis de côtoyer Claude Dupont, et la restauration collective. Si sa marge de manoeuvre est bridée par le cahier des charges imposé par l’OTAN prévoyant par exemple que tous les produits doivent exclusivement provenir des pays membres, le chef possède un luxe : “carte blanche” en matière de création. Il passe beaucoup de temps à préparer des menus variés, sachant qu’un même plat ne peut plus revenir au menu avant un délai de huit semaines. Qu’il s’agisse de mets végétariens, d’assiettes froides ou de plat du jour, ses préparations fleurent bons les voyages : jambalaya de poulet au curcuma et au gingembre, mezze, ou espadon grillé à la sicilienne. Les saveurs du terroir sont aussi à la carte avec par exemple le chicon farci stoemp de carottes ou les oiseaux sans tête potée brabançonne. “Il y a aussi la façon de travailler, précise le manager des lieux. On fait un maximum nous-même sur place. Par exemple, 90% des desserts sont faits maison” Le chef a même placé au Salade Bar des huiles parfumées au miel et au piment. 1.750 clients par jour Le but est de faire progresser le chiffre d’affaires. “L’objectif est d’atteindre 1.750 clients par jour au self,” détaille le manager qui devra, tout comme le chef des cuisines, faire preuve de créativité à l’avenir, car la salle du mess n’est pas extensible et la clientèle potentielle ne dépasse pas les 3.000 personnes. Koen Flamez compte stabiliser la fréquentation en misant sur la motivation du personnel “en lui laissant la liberté d’agir et en lui donnant les moyens.” Il dit aussi avoir encore quelques flèches dans son carquois. “Nous allons développer les journées à thème au self pour casser l’habitude de tous les jours. Nous avons déjà eu la’ route des épices’ qui a plu. Nous aimerions avoir un contact avec les différentes délégations pour les impliquer dans ces journées.” Sachant que l’organisation compte pas moins d’une trentaine de pays, il y a de quoi diversifier les thèmes culinaires ! L’objectif majeur reste de faire du restaurant de l’OTAN le restaurant de référence d’Aramark en Belgique. Estelle Aubert ■ Aménagement Générique Architecte : Frédéric Staquet, Rucalpein, 8 2610 Wilrijk Entrepreneur : Driesen, Stuifzandstraat 36 3900 Overpelt Installateur de cuisine: Metos, Gentsesteenweg 9300 Aalst