Exploration du système nerveux automome
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Exploration du système nerveux automome
Les explorations du système nerveux autonome : réponses cutanées sympathiques et tests cardiovasculaires. G. Amarenco, S. Sheikh Ismaël, P. Raibaut Service de Rééducation Neurologique et d’Explorations Périnéales Hôpital Rothschild, Assistance Publique Hôpitaux de Paris 1. Introduction Le contrôle neurologique de l’appareil vésico-sphinctérien est sous étroite dépendance du système nerveux autonome (SNA). L’équilibre vésico-sphinctérien est ainsi le fait d’une balance harmonieuse entre le système nerveux sympathique et le système nerveux parasympathique. Le contrôle somatique est plus réduit avec d’une part une médiation partielle des afférences sensitives et d’autre part une activation des voies motrices volontaires. Pourtant, la plupart des investigations électrophysiologiques périnéales, qui tentent de répondre aux questions diagnostiques, topographiques, étiologiques et pronostiques des troubles urinaires, ano-rectaux et génito-sexuels, n’explorent que le versant somatique de ces différentes voies afférentes et afférentes (cf chapitre précédent de C. Fowler et D. Vodusek). Ceci expliquent bien leur manque de sensibilité et de spécificité et partant leur presciption loin d’être systématique même dans la compréhension étiopathogénique des troubles. Les explorations manométriques quant à elles, et particulièrement la cystomanométrie, ont plus un intérêt physiopathologique que diagnostique ou topographique bien que parfois la typologie urodynamique puisse apporter quelques précisions étiologiques, évolutives et pronostiques. Parallèlement, et en raison de la forte implication du système nerveux autonome dans la régulation vésicale, un grand nombre de pathologies touchant en partie le système végétatif, peuvent s’accompagner ou se révéler par des troubles vésico-sphinctériens. Ces pathologies touchent en règle non seulement le contingent autonome à destinée périnéale mais aussi les différentes fibres involontaires et automatiques régissant le fonctionnement viscéral et tout particulièrement cardio-vasculaire. Ces dérèglements peuvent être primaires (maladies neurologiques avec atteinte du SNA comme les atrophies multisystématisées) ou secondaires (diabète, amylose, certains syndromes paranéoplasiques,…). On imagine même à l’heure actuelle des dysfonctionnements a minima du SNA, n’ayant qu’une traduction vésicale en terme de symptomatologie clinique (dysurie isolée de la femme, certains syndromes cliniques d’hyperactivité vésicale, …). A coté de l'analyse des symptômes cliniques, différents tests d’exploration cardiovasculaire du SNA, initialement décrits par Ewing (1) sont utilisés. Ces tests, basés sur l’étude des variations spontanées et provoquées de la fréquence cardiaque et de la pression artérielle (PA) ont bénéficié de la mise au point de méthodes d’enregistrement continu non invasives (2). Pour préciser les différents mécanismes et modalités de régulation cardiovasculaire du SNA, on dispose désormais d’outils mathématiques puissants permettant l’analyse de la variabilité de la fréquence cardiaque et de la pression artérielle (3,4). On dispose également de tests pharmacologiques permettant dans certains cas de préciser la localisation de la lésion. Enfin, les réponses cutanées végétatives permettent une autre approche, peu invasive, du contingent sympathique à destinée périnéale. 2. L’organisation fonctionnelle du système nerveux autonome L’organisation est un double système aux effets antagonistes, séparé en système sympathique noradrénergique (dorsolombaire) et système parasympathique cholinergique (cranio-sacré), dont la balance permet l’équilibre de nombreuses fonctions physiologiques comme l’appareil vésico-sphinctérien, anorectal ou genito-sexuel. L’hypothalamus et le thalamus jouent un rôle majeur dans l’intégration et la régulation des différentes informations végétatives. 2. 1. Le système orthosympathique : Les fibres des neurones post-ganglionnaires, peu ou pas myélinisées permettent une large diffusion de la réponse sympathique. Les neuromédiateurs impliqués sont l’acétylcholine par les neurones préganglionnaires et la noradrénaline par les neurones postganglionnaires (à l’exception des glandes sudoripares et des fibres vasodilatatrices des muscles où le neuromédiateur est l’acétylcholine). La noradrénaline interagit avec de nombreux récepteurs subdivisés en deux familles : les récepteurs α- et β-adrénergiques. Au niveau cardiaque la stimulation des récepteurs β1-adrénergiques augmente la vitesse de conduction, la fréquence cardiaque, la contractilité et l’excitabilité du muscle. Au niveau vésical, la stimulation des récepteurs β relaxe le détrusor. Au niveau vasculaire, la stimulation des récepteurs α1-adrénergiques entraine une vasoconstriction, et celle des récepteurs β2 une vasodilatation. Au niveau urèthral, la stimulation des récepteurs α1-adrénergiques détermine une contraction sphinctérienne. 2.2. Le système parasympathique : Les fibres post-ganglionnaires sont de plus petite taille. L’acétylcholine est le principal neuromédiateur libéré au niveau pré-ganglionnaire et post-ganglionnaire et interagit avec des récepteurs nicotiniques ou muscariniques. Au niveau cardiaque, l’influence parasympathique s’exerce par l’intermédiaire du nerf vague ou pneumogastrique. Au repos, le tonus vagal prédomine et les variations de fréquence cardiaque sont très dépendantes de la modulation vagale. 2.3. L’arc baroréflexe Il permet la régulation à court terme de la PA par un système de bio-feedback. Les barorécepteurs artériels ou récepteurs du système haute pression sont situés au niveau de la bifurcation carotidienne (sinus carotidien) et de la crosse aortique. Il s’agit de mécanorécepteurs sensibles aux variations de distension de la paroi, dépendantes des variations de pression ; les récepteurs cardio-pulmonaires du système basse pression agissent en synergie avec les barorécepteurs artériels. La diminution de PA accompagnant par exemple la mise en l’orthostatisme entraine une diminution de la stimulation de ces mécanorécepteurs et une baisse de l’activité électrique des voies afférentes vers les centres du tronc cérébral. Il en découle une diminution du tonus vagal et une libération de l’activité des centres sympathiques. Ceci conduit à une augmentation de la fréquence et de la contraction cardiaques ainsi que des résistances périphériques totales, qui concourent à ramener la PA à son niveau initial. A l’inverse, toute augmentation de la PA induit de manière réflexe, une augmentation du tonus vagal et une diminution de l’activité sympathique aboutissant à une bradycardie et à une vasodilatation. 3. Les réponses cutanées sympathiques Les potentiels évoqués cutanés sympathiques (PECS) sont le fait d'une variation de résistance des tissus cutanés induite par la stimulation des glandes sudoripares, secondaire à l'activation des fibres non myélinisées de type C des nerfs sympathiques efférents qui innervent ces glandes (tableau 1). S'ils sont depuis quelques années utilisés dans l'enquête étiologique des troubles génito-sexuels (6,12,13,20), leur utilisation dans l'expertise diagnostique des autres troubles neuro-périnéaux (vésico-sphinctériens, ano-rectaux) est plus récente. 3.1. Technique Les PECS sont systématiquement analysés aux membres supérieurs (recueil sur la paume), aux membres inférieurs (recueil sur la plante) et sur le périnée. L'électrode utilisée est une électrode cutanée, autocollante. Pour l'exploration des PESC périnéaux, l'électrode active négative est placée sur la face dorsale du pénis ou immédiatement en dehors des grandes lèvres chez la femme; l'électrode positive de référence est collée sur l'épine iliaque antérosupérieure droite. Pour les membres, l'électrode active est mise en place à la face plantaire ou palmaire, l'électrode de référence sur le dos de la main ou sur la face dorsale du pied. L'électrode de terre est dans tous les cas placée au poignet droit. L'activation des voies végétatives sympathiques périphériques est induite par une stimulation électrique du nerf médian à l'avant bras droit. D’autres stimuli peuvent être utilisés (sniff-test, click sonore) mais ne permettent pas de mesurer les latences des PECS. Une seule réponse est analysée, sans effectuer de moyennage. Entre chaque enregistrement du PESC, un délai de 30 secondes doit être respecté pour éviter le phénomène d'habituation (11,18). 5 stimuli successifs sont réalisés et la latence la plus courte retenue. L'amplitude de la réponse n’est pas étudiée, seule la présence ou non d'une réponse est prise en compte. L'étude est réalisée sur des patients confortablement installés, bien détendus, yeux ouverts, dans une atmosphère calme, de niveau sonore très bas et à température douce et constante. Tout stimulus extérieur brutal (bruit parasite tel que l'ouverture ou la fermeture inopinée d'une porte, la chute d'un objet, une conversation) susceptibles de faire apparaître une réponse cutanée végétative parasite, sont évités. L'ensemble des examens est réalisé sur un appareillage d'électromyographie potentiels évoqués. 3.2. Interprétation L'enregistrement électrophysiologique de l'activité des nerfs végétatifs périphériques est de connaissance ancienne (25). Les réponses cutanées enregistrées, (potentiels évoqués cutanés sympathiques: PECS) dont la terminologie a variée selon les époques et les auteurs (tableau II), sont le fait d'une variation de résistance des tissus cutanés induite par la stimulation des glandes sudoripares, secondaire à l'activation des fibres non myélinisées de type C des nerfs sympathiques efférents qui innervent ces glandes (10,14,15,16,17). Cette activation des voies végétatives sympathiques peut être induite par des stimuli "éveillant" divers telles les stimulations sonores et électriques. Les PECS permettent l'étude du système nerveux végétatif sympathique. Habituellement altérés dans les lésions axonales sévères, les PECS sont conservés au cours des neuropathies périphériques de type démyélinisant (21). Ils sont ainsi perturbés (absence de réponse) en cas de neuropathie diabétique (24), tout particulièrement en cas de dysrégulation végétative, sans que l'on puisse effectuer de corrélations avec un symptôme donné de dysautonomie. Il semble que seule l'abolition de la réponse soit un bon élément. En effet, même si la valeur des différentes latences est similaire selon les auteurs et parfaitement reproductible (9,11,18,21,22,23,26,28,29,30), il semble que la décharge des glandes sudoripares répondent à la loi du "tout ou rien" (26). Ainsi les fibres post-ganglionnaires touchées en cas de neuropathie périphérique, soit conduisent normalement l'influx, soit ne le conduisent pas du tout (26). La valeur de la latence (tableau 2) des réponses cutanées sympathiques n'est donc d'aucune aide diagnostique au cours des polyneuropathies (même expérimentales chez l'animal) pour juger de l'intégrité des fibres amyéliniques (19). En revanche, l'amplitude de la réponse a un intérêt potentiel (19,21,23,24,26). Si la latence mesure l'ensemble de la boucle réflexe (voie afférente des fibres myélinisées à conduction rapide, voie efférentes des fibres non myélinisées à conduction lente), l'amplitude serait le reflet de la densité des glandes sudoripares activables et donc permettrait une bonne appréciation de l'activité périphérique sympathique. Cependant nous avons vu l'extrème variabilité de l'amplitude de la réponse chez les sujets normaux (±50% pour Tzeng (26), ne permettant pas ainsi son utilisation en clinique. Seule l'abolition de la réponse peut donc être retenue en faveur d'une atteinte du système nerveux sympathique, tout en sachant que la présence d'une réponse ne préjuge pas de son intégrité. Rares sont les études consacrées aux PECS aux cours des troubles neuro-périnéaux (5,6,12,13,20). Les PECS ont été pour la première fois appliqués à l'exploration des troubles génito-sexuels par Ertekin en 1987 (12). Pour PARK et coll. (20), l'abolition du potentiel cutané végétatif enregistré sur la plante des pieds est bien corrélé à l'existence d'un trouble de l'éjaculation d'origine neurologique. L'enregistrement de la réponse végétative cutanée pénienne permet de juger en théorie, de l'intégrité des efférences périnéales sympathiques directement impliquées dans le contrôle des fonctions vésico-sphinctériennes, génitosexuelles et ano-rectales (5,6). Si l'abolition de la réponse cutanée peut alors signer une lésion des voies sympathiques, elle peut aussi être le témoin d'une neuropathie périphérique, par perturbation des voies afférentes de cette réponse (fibres larges myélinisées) en cas de stimulation électrique périphérique (21,27). La disparition du potentiel évoqué végétatif n'est donc pas pathognomonique d'une lésion des voies efférentes sympathiques et pour cette raison, de multiples sites d'enregistrement doivent être effectués, la disparition d'une seule réponse locale prennant alors tout son intérêt, plaidant en faveur d'une lésion de la seule voie efférente sympathique (13) et de l'étiologie neurogène du trouble sexuel. Il peut être de même interessant de varier la nature du stimulus (électrique, auditif, cognitif, ...). Si les PECS ont pu être étudiés au cours des troubles génito-sexuels, il n'existe cependant pas de telles études sur la perturbation éventuelle des potentiels évoqués cutanés sympathiques au cours des dysfonctionnements vésicaux. En théorie, toute lésion altérant le fonctionnement du système sympathique et partant de l'appareil vésico-sphinctérien, est susceptible de déterminer une altération des potentiels cutanés végétatifs périnéaux. 4. Les tests cardio-vasculaires d’exploration du SNA Ces tests, initialement décrits par Ewing (1), ont pour objectif d'apprécier la régulation cardiovasculaire par le SNA. Ils sont basés sur l'analyse d'enregistrements en continu de la fréquence cardiaque et de la pression artérielle digitale de façon non invasive par méthode photopléthymographique 4.1. Les modalités d’enregistrement des données. Un état de stabilité parfait du SNA doit être obtenu avant la réalisation de tout test cardiovasculaire. Les sujets doivent être au repos depuis au moins 20 min dans une pièce sombre, sans bruit. Les patients ne doivent pas être sous imprégnation médicamenteuse susceptible d’interférer avec l’enregistrement des paramétres végétatifs : anticholinergique, antidépresseur tricyclique, cholinomimétique, bétabloqueur, alphastimulant, alpha 1 bloqueur, alpha 2 agoniste (clonidine, prasozine, yohimbine). (31) 4.2. La recherche d’une hypotension orthostatique Le premier des tests végétatifs utilisé est une recherche d’hypotension orthostatique définie par une chute de la tension artérielle systolique d’au moins 20 mmHg et ou de la diastolique d’au moins 10 mmHg à 1 minute, 3 minutes et 5 minutes après le lever du patient.(2) L’épreuve d’orthostatismeactif induit d’abord une accélération de la FC dans les premières secondes suivant le passage à la position debout, pour atteindre un maximum vers la 15 eme seconde, qui laisse place secondairement à un ralentissement, maximal vers la 30 eme seconde. Le résultat est exprimé par le rapport de la FC maximale à la FC minimale. (32) L’hypotension orthostatique, strictement d’origine autonomique, est en relation avec une atteinte sympathique, ainsi qu’en témoigne une baisse des taux plasmatiques de noradrénaline. Au contraire, la variété hyperadrénergique de l’hypotension orthostatique est associée à une hypovolémie ou à une anémie, et non à une neuropathie autonome cardiovasculaire (NAC). Enfin, l’hypotension orthostatique ne peut être rattachée à la dysautonomie qu’après avoir écarté des facteurs iatrogènes, comme des diurétiques, des vasodilatateurs, des dérivés nitrés, des antidépresseurs tricycliques ou des phénothiazines, ou encore, dans quelques cas, le rôle propre de l’insuline (qui intervient par une vasodilatation périphérique et par une augmentation de la perméabilité capillaire responsable d’une hypovolémie). 4.3. Le test au froid (cold pressor test) Il explore également le système nerveux sympathique. Il consiste à plonger la main du sujet pendant une minute dans une eau à 4°C et à observer les réponses tensionnelles sur le bras controlatéral. En situation physiologique, il y a mise en jeu du système nerveux sympathique et réponse vasopressive. L’absence d’augmentation de la tension artérielle systolique sur le bras controlatéral, après une minute d’immersion de la main dans l’eau froide, est considérée comme anormale. La réponse s’effectue par les voies des fibres afférentes thermoalgiques et des fibres efférentes sympathiques vasoconstrictives. (2) 4.4. L’épreuve de Valsalva Chez le sujet normal, la manœuvre de Valsalva induit une modification tensionnelle et de la fréquence cardiaque qui peut être absente en cas de neuropathie végétative. Le rapport de Valsalva étudie les modifications du rythme cardiaque et reflète l’intégrité vagale et des barorécepteurs. Au cours de la mesure, l’augmentation de la pression intrathoraccique s’associe à une tachycardie due à une inhibition vagale induite par la baisse de la pression artérielle. Après l’arrêt de l’effort, il se produit une bradycardie réflexe par stimulation vagale. La variabilité de l’espace RR est étudiée par enregistrement électrocardiographique continu au décours d’une manœuvre de Valsalva pour laquelle on demande au patient, en position assise, d’exsuffler dans une seringue reliée à un sphygomanométre. L’exsuflation doit être suffisamment importante pour que l’aiguille du sphygomanométre soit bloquée sur la valeur de 40 mmHg. Pendant 15 secondes. L’enregistrement électrocardiographique continue, permet de déterminer la fréquence cardiaque et la valeur des espaces RR pendant toute la manœuvre. Le ratio Valsalva (RR le plus long avant la manœuvre sur RR le plus court après la manœuvre) doit être supérieur à 1.10. (2) Au cours de la phase active se produit une accélération cardiaque. Lorsque le Valsalva est relâché, la FC ralentit. Le rapport de Valsalva est égal au rapport FC maximale/FC minimale. Il est préférable de répéter le test trois fois et d’établir la moyenne des trois résultats. Il faut rappeler que cette épreuve ne doit pas être réalisée chez les patients ayant une rétinopathie diabétique sévère, car il existe un risque potentiel d’induire une hémorragie rétinienne. Il est à noter que cette technique est dépendante de nombreuses variables : age, sexe, position du sujet, diverses médications, durée de l’effort, pression expiratoire, volume inspiratoire. 4.5. L’épreuve de de ventilations amples dirigées Une arythmie sinusale d’origine respiratoire est physiologique et dépends de l’activité vagale : celle ci diminue lors de la stimulation des récepteurs pulmonaires par l’étirement. La variabilité de l’espace RR est étudiée par enregistrement électrocardiographique continu au décours d’une manœuvre de ventilations amples dirigées, pour laquelle on demande à la patiente de réaliser une succession d’inspirations et d’expirations profondes de 5 secondes chacune et ce pendant une minute. Le patient doit être assis, détendu. L’enregistrement électrocardiographique permet de déterminer les variations de fréquence cardiaque et l’espace RR avec un ratio RR (moyenne des espaces RR expiratoires sur moyenne des espaces RR inspiratoires) qui doit être supérieur à 1.2. (la variation du pouls doit être supérieure à 15 battements/min). Une valeur moyenne est établie à partir de trois cycles respiratoires. L’absence de ces variations physiologiques de la fréquence cardiaque lors des mouvements respiratoires, est le témoin d’une atteinte du système parasympathique. (2) L’épreuve de respiration profonde doit être effectuée en demandant au patient de s’adapter préalablement à ce type de respiration. Le sujet doit réaliser en décubitus six cycles respiratoires profonds en une minute. La fréquence cardiaque (FC) maximale est atteinte en inspiration (I) et la FC minimale en expiration (E). Le résultat est exprimé par le rapport I/E. Il est à noter que cette technique est dépendante de nombreuses variables : age, fréquence respiratoire, méthodes d’analyse, hypocapnie, activité sympathique, position du sujet, salicylates et autres médications, profondeur de la respiration, obésité. 4.6. Contraction isométrique de l'avant-bras (Hand grip) La réponse pressive (sous dépendance sympathique) est étudiée lors d'une épreuve de contraction isométrique de l'avant-bras à 30% de la force maximale (dynamomètre maintenu dans la main) et ce pendant 5 minutes. Sont calculées les variations des pressions artérielles systolique et diastolique en fin de test. Cette contraction soutenue entraine une augmentation de la pression artérielle et de la fréquence cardiaque. Chez le sujet normal, la pression artérielle diastolique doit augmenter de 10mm Hg. Ce test permet d’explorer les fibres de petit calibre de la voie éfférente sympathique de l’arc réflexe. 4.7. Réponse cardiaque àl’orthostatisme (rapport30/15) Lors du passage en orthostatisme, la PA systolique n’est pas modifiée (chute inférieure ) à 10 mmHg) alors que la diastolique augmente. L’activité vagale diminue mais l’activité parasympathique est accrue dans les muscles.Les résistances périphériques et le tonus veineux augmentent. Chez le sujet normal, la mise en orthostatisme détermine une tachycardie maximale vers le 15eme battement puis une bradychardie vers le 30eme battement. La tachycardie réflexe, d’origine vagale, est abolie par l’atropine et non influencée par les beta bloquants. Cette manœuvre étudie le rapport 30/15 (rapport de l’intervalle RR pris aux environs du 30eme battement après un lever actif sur celui pris aux environs du 15eme battement). L’augmentation du poul varie selon l’age de 11 à 29 battements/min et le rapport 30/15 doit être supérieur à 1,04. En cas d’atteinte parasympathique, la fréquence cardiaque augmente peu ou pas en orthostatisme (2). Selon les critères d’Ewing on retient le diagnostic de dysautonomie si deux tests au moins sont perturbés. (1) 5. Analyse de la variabilité à court terme de la fréquence cardiaque et de la pression artérielle 5.1. Les fluctuations à court terme de la pression et de la fréquence cardiaque Même au repos les signaux de FC et de PA varient en permanence sous l’influence modulatrice du SNA. Les variations de FC et de PA peuvent être simultanées et varier soit dans le même sens principalement sous l’effet d’une activation sympathique, soit le plus souvent en sens inverse suggérant la mise en jeu du baroréflexe. FC et PA présentent des variations en fonction de l’activité, de la posture et des émotions. Ainsi sur des enregistrements de quelques minutes en conditions stationnaires, la fréquence cardiaque et la pression artérielle décrivent des oscillations de périodes et de déterminismes différents. Différents types d’analyses mathématiques du signal peuvent être utilisées pour apprécier cette variabilité de la PA et de la FC. Les analyses dans le domaine temporel se basent sur l’analyse statistique des variations de l’intervalle RR (écart-type, variance). Associées à des représentations géométriques au cours du temps sur des enregistrements ECG de courte ou de longue durée (Holter ECG sur 24 H), elles permettent le calcul d’indices divers sous dominance ortho ou parasympathique. Les techniques d’analyses fréquentielles permettent de détecter les différentes oscillations périodiques composant un tracé de FC ou de PA et qui interviennent chacun à une fréquence différente. On utilise principalement la Transformée de Fourier Rapide (Fast Fourier Transform ou FFT). Dans l’analyse spectrale, les signaux de fréquence cardiaque et de pression sanguine artérielle peuvent être décomposés en une bande de basses fréquences (40-150 mHz), et une bande de hautes fréquences (150-400 mHz). Pour la fréquence cardiaque, les basses fréquences dépendent à la fois de la modulation sympathique et parasympathique alors que les hautes fréquences sont repésentatives de l’activité vagale (33,34,35). Pour la pression artérielle, la bande de basses fréquences reflète l’influence orthosympathique et la bande de hautes fréquences dépend essentiellement des variations d’origine mécanique liées aux fluctuations de la pression intra-thoracique. 6. Dosage des catécholamines Les taux plasmatiques de catécholamines et surtout de noradrénaline reflètent indirectement le niveau de fonctionnement de la voie orthosympathique efférente. Ce dosage est utile pour le diagnostic de dysautonomie lorsqu’il ne montre pas d’augmentation des taux de noradrénaline lors d’une épreuve d’orthostatisme (normalement il existe une augmentation d’au moins 50%). L’analyse des résultats au repos permet parfois de distinguer les lésions post-ganglionnaires (taux effondrés) des lésions pré-ganglionnaires (taux normaux ou élevés). 7. Tests pharmacologiques cardio-vasculaires De très nombreux tests pharmacologiques sont disponibles pour l’étude du SNA au niveau cardio-vasculaire. 7.1.Test à la Yohimbine La yohimbine est un antagoniste peu sélectif des récepteurs α2-adrénergiques. Le blocage des récepteurs α2-adrénergiques présynaptiques et centraux détermine une activation de la voie efférente orthosympathique et augmente la libération de noradrénaline. L'action pharmacologique de la yohimbine étant essentiellement présynaptique, ce test, par l'intermédiaire des dosages de catécholamines, permet de distinguer les lésions du système sympathique siégeant au niveau central et au niveau post-ganglionnaire. 7.2.Test à la clonidine : La clonidine est un agoniste α2-adrénergique. Elle augmente la sécrétion de l’hormone de croissance (GH) par action sur l’hypothalamus. L’augmentation de GH induite par la clonidine est conservée au cours de dysautonomies caractérisées par une lésion périphérique (maladie de Parkinson, « pure autonomic failure ») alors qu’elle est abolie en cas d’atrophie multisystématisée (36). Références : 1) Ewing DJ, Campbell IW et al. Assessment of cardiovascular effects in diabetic autonomic neuropathy and prognostic implications. Ann Int Med 1980 ; 92 : 308-311. 2) Low PA, Pfeifer MA . Standardization of autonomic function. In Clinical Autonomic Disorders, 2nd edition, Ed PA Low, Lippincott-Raven, 1997: 287-295. 3) Karemaker J. Analysis of blood pressure and heart rate variability : theoretical considerations. In Clinical Autonomic Disorders, 2nd edition, Ed PA Low, Lippincott-Raven, 1997 a : 309-322. 4) Novak V, Novak P, Low PA. 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TERMINOLOGIE FRANCAISE TERMINOLOGIE ANGLO-SAXONE potentiel évoqué cutané sympathique evoked reflex sympathetic response réponse cutanée sympathique sympathetic skin response potentiel végétatif peripheral autonomic surface potential réponse électrodermique electrodermal reflex, activity, response réflexe psycho-galvanique psychogalvanic reflex Tableau 1 : Terminologies employées pour désigner les Réponses cutanées sympathiques. PE ∑ main PE ∑ plante PE ∑ périnée (moyenne) (moyenne) (moyenne) Normaux 1,568 sec. 1,875 sec. 1,685 sec. (N=18) ± 0,050 ± 0,110 ± 0,220 Tableau 2 : Etude des latences des potentiels cutanés sympathiques périnéaux, palmaires et plantaires chez 18 sujets témoins (Amarenco et Col, Rev Neurophysiologie 1994)