FOOTBALL COUPE DU MONDE (demi
Transcription
FOOTBALL COUPE DU MONDE (demi
1 *61 ANNÉE - N 18 999 0,80 e o France métropolitaine Bleu Rouge Noir Jaune www.lequipe.fr Jeudi 6 juillet 2006 T 00106 - 706 - F: 0,80 E 3:HIKKLA=[UU]U^:?a@r@a@q@a; LE QUOTIDIEN DU SPORT ET DE L’AUTOMOBILE LE BUT DE LEUR VIE Huit ans après son triomphe de 1998, la France défiera l’Italie en finale de la Coupe du monde, dimanche à Berlin. Un penalty de Zidane (33e) et une défense de fer ont permis aux Bleus d’éliminer le Portugal (1-0) en demi-finales, hier à Munich. (Pages 2 à 14) L’ÉDITO N Bleu Rouge Noir Jaune Rouge L’ÉQUIPE semaine : ALLEMAGNE, 2 ; ANTILLES, LA RÉUNION, 1,3 ; AUTRICHE, 2 ; BELGIQUE, 1,5 ; ESPAGNE, 1,75 ; GRÈCE, 1,95 ; ITALIE, 1,7 ; LUXEMBOURG, 1,5 ; PAYS-BAS, 2 ; PORTUGAL CONT., 1,8 . Bleu Rouge CLAUDE DROUSSENT Jaune Bleu Jaune MUNICH. – À la 33e minute, Zinédine Zidane transforme le penalty provoqué par Thierry Henry. La France ouvre la marque et le Portugal ne s’en remettra pas. Voilà comment, huit ans plus tard et après bien des tumultes, les Bleus se prennent à rêver d’une deuxième couronne mondiale. La magie de 1998 est bel et bien de retour. (Photo Richard Martin) Noir Noir OUS avions simplement envie, comme eux en avaient et l’envie et la volonté la plus farouche, qu’ils aillent au bout de leur rêve, au bout de leur histoire. Les voilà donc en finale de la Coupe du monde, terminus du 9 juillet dont nous n’étions pas loin de penser il y a dix jours encore qu’il s’agissait d’une douce chimère. Mais les Bleus nous ont à nouveau surpris, hier soir, à Munich, en allant par la même occasion au bout d’eux-mêmes. Nous n’étions ni dans l’émotion de France-Espagne, ni dans le glamour de France-Brésil. Tout ce que l’on craignait de ce France-Portugal, fautes intentionnelles exceptées, s’est concrétisé. L’équipe de France a tout simplement remporté, tout en lucidité, tout en solidarité, qualités très… « italiennes », le grand combat annoncé de sa demi-finale, au bout de son match le plus crispant de la compétition, encore plus fermé qu’attendu. Cette quête, d’une extrême difficulté, ne valorise pas seulement le magnifique parcours accompli par les Bleus tout au long de l’édition 2006 de la plus grande des compétitions. Cette accession à une deuxième finale de Coupe du monde, huit ans après celle de 1998, légitime l’excellence d’une génération mais aussi de tout un football. La planète entière sait désormais que la France peut flamber lors d’une autre Coupe du monde que celle qu’elle joue à la maison, qu’elle n’a pas forcément besoin de sa réussite de l’Euro 2000 pour inspirer la crainte. Et, ce matin, nous pouvons aussi gommer la désillusion de 2002. Hier soir, sur la pelouse de Munich, la fierté des Bleus était légitime, sans doute la raison d’une émotion sincère. Il leur reste une finale à jouer, le dernier match de la carrière de Zinédine Zidane, à gagner bien entendu, car une finale perdue est une énorme souffrance. Mais, déjà, les Bleus peuvent être fiers de ce qu’ils ont accompli. 2 FOOTBALL Bleu Rouge Noir Jaune COUPE DU MONDE (demi-finales) – PORTUGAL - FRANCE : 0-1 Le film de la victoire 1 2 4 3 5 de notre envoyé spécial « MAINTENANT que votre objectif est atteint, ressentez-vous une grande fierté ? – On est fiers d’être en finale. J’ai toujours dit que l’objectif était le 9 juillet mais je n’ai jamais dit à quelle heure. 22 h 30, 23 heures. Une finale se dispute. Il faut la jouer mais il faut surtout la gagner. Le vrai objectif, c’est le 9 juillet mais à 23 h 30, après la durée du match. – Que pensez-vous de la performance de l’Italie contre l’Allemagne (2-0) ? – Il y a eu deux exploits lors de cette Coupe du monde. Celui de la France face au Brésil (1-0) et celui de l’Italie en demi-finale contre l’Allemagne, chez elle, à Dortmund. C’était un exploit, avec la manière en plus. Bravo, chapeau à cette équipe. Rendez-vous le 9 juillet à 21 heures (NDLR : en fait 20 heures). – Que pensez-vous de la tactique adoptée par le Portugal ? – Je ne commente pas les choix de l’adversaire. Ce n’est pas mon souci. Je veux seulement rendre hommage à cette équipe du Portugal. Elle nous a posé beaucoup de problèmes, elle a joué son va-tout jusqu’au bout. On a souffert mais il fallait des vainqueurs, et c’est nous. – Qu’est-ce qui vous a le plus plu dans cette demi-finale ? – Ce qui fait la qualité de cette équipe depuis longtemps : cette capacité à souffrir. Cette capacité à s’accrocher, à être solidaire et à tenir le choc. Sur la pelouse, on se disait parfois : “Quand on pourra jouer, on le fera mais en attendant, on tient bon”. Quand on voit les efforts réalisés, notamment par ceux qui sont devant, cela résume parfaitement l’état d’esprit de notre formation : l’envie de se battre. – Est-ce le match le plus dur sur le plan physique pour vos joueurs, qui semblaient fatigués ? – Je crois que oui. Mais c’est aussi en raison de l’adversaire, qui nous a posé énormément de problèmes. C’était éprouvant mais c’était aussi dû, pour les deux équipes, à la chaleur. Je le répète, je tiens à souligner la qualité de l’adversaire. – Quel est votre sentiment sur le prochain match de Zidane, qui sera son dernier en bleu ? – Là, vous pouvez le dire. C’est le dernier. Mais pour nous, ce n’est pas le dernier match de Zidane. C’est la finale de la Coupe du monde contre l’Italie. Lui aussi n’a pas envie de mélanger les choses. Ce n’est pas son jubilé, comme on l’avait annoncé il y a quelque temps, c’est la finale de la Coupe du monde. – Est-ce que les autres joueurs veulent encore plus la gagner parce qu’il mettra un terme à sa carrière ? – Peut-être, il y en a d’autres pour qui c’était ce soir le dernier match de cette Coupe du monde (NDLR : Saha sera suspendu dimanche). Si les joueurs pensent au dernier match de Zidane et qu’ils en font plus, tant mieux. Mais l’objectif, c’est de gagner la Coupe du monde. S’ils en font plus pour Lilian (Thuram), Makelele et tous ceux qui ont annoncé leur arrêt, tant mieux. – Qu’est-ce que Zidane aura apporté au football français ? – Il est champion du monde, il a sa photo sur le mur à Marseille. C’est une vraie star dans le bon sens, c’est-à-dire celui qui amène quelque chose à son équipe et qui permet au public français de rêver. Ce n’est pas d’aujourd’hui, cela dure depuis une dizaine d’années. – En septembre, vous disputerez au Stade de France (qualifications pour l’Euro 2008) la revanche de la finale de la Coupe du monde contre l’Italie. Serezvous toujours l’entraîneur des Bleus ? – Le 9 juillet, on dispute la finale. Après, du 15 juillet au 1er août, je pars en vacances. Je respirerai à nouveau par la suite. – Quel était votre match le plus dur, celui contre le Brésil ou celui contre le Portugal ? – Je pense que le plus dur à tous les niveaux était celui contre le Portugal. Ils nous ont posé plus de problèmes mais à des degrés différents. Le contexte, aussi, était différent. – Comment avez-vous vécu la pression ? – On n’y pense pas. Chaque match était éliminatoire. À part la Suisse, on pouvait rentrer chez nous tranquillement. Mais cela ne nous pose plus de problème. C’est l’essence même de la Coupe du monde. C’est le lot de tous les sélectionneurs. Il faut être capable de dépasser tout ça et de faire son travail avec le couteau sous la gorge. – Lors de ces deux demi-finales, le jeu a pris le pas sur l’enjeu. Imaginez-vous que ce sera le cas en finale ? – Je ne sais pas. Pour le moment, je savoure la satisfaction d’être en finale. Je me dis “on continue”. Ce qui va se passer contre l’Italie, je ne sais pas. Je n’ai pas complètement observé cette équipe. J’ai survolé ses matches. J’attends de revoir ses matches pour en parler plus précisément. Là, je suis dans la sérénité, pas dans la béatitude. – Trezeguet pourrait-il être l’arme fatale en finale ? – David et les onze autres, qui sont prêts à tout moment. La force de cette équipe, c’est justement tous ceux qui n’ont pas joué. Leur travail et leur soutien est fabuleux. Ils mettent la pression sur les autres en restant au top. C’est encore plus difficile que de faire les matches car il n’y a pas de retour de satisfaction. Je le répète : ce soir, nous sommes un groupe de 23. Et je félicite tous les joueurs. » JOËL DOMENIGHETTI Zinédine ZIDANE (au micro de Canal+) : « On ne peut pas rêver mieux pour une sortie. Moi et tous les autres, on est vraiment contents de pouvoir aller au bout. Maintenant qu’on y est, on va essayer de ramener la Coupe. Ce ne sera pas facile, même très difficile, mais on a les armes et on a tous envie de le faire. L’important maintenant, c’est de brandir encore une fois la Coupe. On est 23 pour ça. Je me souviens de pas mal de choses, donc on va aller au bout, j’espère. La pression du penalty, c’est de la bonne pression. Je me dis que si je marque, on mène, je ne pense qu’à ça. En seconde période, j’étais un peu fatigué. Il faut surtout se reposer, on a beaucoup donné ce soir, il faisait très chaud. On va se préparer de la même façon, on a trois jours pour ça et puis dimanche on sera bien pour aller le plus loin possible. Notre mot à nous, c’est qu’on doit tous mourir ensemble. Le plus important, c’est de ramener cette Coupe, ce serait magnifique pour tout le monde, ceux qui nous ont soutenu du début à la fin, pas ceux qui sont venus en cours de route. » Franck RIBÉRY : « Ce fut très difficile mais on a réussi à rester costauds jusqu’au bout. Pour l’instant, il m’est très difficile de réaliser qu’on se retrouve en finale de la Coupe du monde, je suis encore dans le match. On va maintenant se retrouver ensemble et fêter cette qualification mais en restant évidemment le plus concentrés possible car la finale nous attend dimanche. » – S. K. Éric ABIDAL : « L’objectif c’était le 9 juillet. Voilà on y est. On est heureux évidemment, mais le travail n’est pas encore fini. Est-ce qu’on a eu peur à la fin ? Non, nous n’avons pas eu peur de craquer. Mentalement, on est très costauds. On a regardé l’Italie hier (mardi), oui, et on savait qu’eux aussi seraient très costauds mentalement et avaient les joueurs pour faire la décision dans les fins de match. Maintenant, le travail reste à terminer. » – S. Ta. PAGE 2 C’est devenu une habitude. Sitôt la qualification en poche, les Bleus regagnent leur vestiaireen chantant et en mettant de lamusique.Sauf que, hier soir, leur joie s’est mélangée à la fatigue et à la reconcentration, suivant le mot d’ordre lancé par Lilian Thuram. Les Bleus sont déjà tournés vers l’Italie. MUNICH – de notre envoyé spécial « QUEL EST votre sentiment après cette victoire ? – C’est énorme. Il faut la savourer encore un peu, mais il ne faudrait pas non plus tomber dans l’euphorie. Là, nous sommes un peu calmes. On va fêter ça et vite penser à la finale. – L’ambiance était-elle la même dans le vestiaire ? – Oui, il y avait de la joie. Mais on a tout de suite senti qu’il nous fallait préparer ce match contre l’Italie. Pas mal d’entre nous jouent dans le Calcio. Ils ont déjà à coeur de battre les Italiens. – Était-il plus difficile de battre le Portugal que les Brésiliens ? – Oui, car si les Portugais ont autant de talent que les Brésiliens, ils disposent, en plus, de la rigueur et de l’organisation européenne, mais on s’est accroché et on est parvenu à démontrer notre valeur. – Vous êtes-vous surtout appuyé sur votre défense ? – Oui, car il s’agit de notre point fort. Quand on a un résultat, on s’y accroche. Ça a toujours été le cas dans cette Coupe du monde, sauf contre la Corée (1-1, 2e match). – Étiez-vous collectivement plus forts ce soir ? – On a livré un peu le même match contre l’Espagne, qui avait aussi un beau collectif et, face à ça, il faut savoir bien défendre, rester patient et ne pas s’affoler. – Que vous êtes-vous dit à la mitemps ? – Que nous n’étions plus qu’à qua- rante-cinq minutes du bonheur. On a aussi prononcé cette phrase qui est la nôtre : " On vit ensemble et on meurt ensemble " . – Aviez-vous peur de " mourir " dès le premier tour ? – Oui. Et c’est pour ça qu’on voulait absolument le passer, après, à partir des matches à élimination directe, on s’est dit qu’on ne voulait pas rentrer à la maison. Comme au début de cette compétition, on a continué à essayer d’être sérieux pour ne pas avoir de regrets. On est content de ce que nous avons déjà réussi. On savoure car on sait qu’on sera là jusqu’au 9 juillet, mais on ne veut pas finir sur une mauvaise note. – Que savez-vous de l’Italie ? – C’est une équipe qui ne s’affole jamais. Elle se révèle aussi très efficace devant et solide défensivement. – Avez-vous remarqué que cette finale opposera les deux meilleures défenses de la Coupe du monde ? – Ah oui, c’est vrai. Comme quoi, il n’y a pas de secret. J’espère que les Italiens auront encore le souvenir de la finale de l’Euro 2000 dans leur tête (2-1, but en or). – Espérez-vous jouer encore en blanc ? – C’est vrai que depuis les huitièmes de finale contre l’Espagne (3-1), cette couleur nous porte chance. On va tâcher de se montrer superstitieux en ne changeant pas de maillot jusqu’au bout. » BERNARD LIONS LA QUESTION D’HIER L’Italie gagnera-t-elle une quatrième Coupe du monde ? OUI ............................................................................................. 22 % NON ........................................................................................... 78 % (nombre de votants : 130 188) Selon le résultat de vos votes sur lequipe.fr et par SMS. JEUDI 6 JUILLET 2006 Bleu Rouge Noir Jaune Rouge MUNICH – FLORENT MALOUDA ne réalisait pas tout à fait hier qu’il était en finale de la Coupe du monde. Il veut maintenant la gagner. Lilian THURAM (au micro de TF 1) : « Des moments comme ça, c’est extraordinaire à vivre. Donner comme ça énormément de bonheur aux gens… Quand on a la chance de faire ce métier, il faut prendre du plaisir. Aujourd’hui, j’ai 34 ans, j’ai l’impression d’être un gosse de 10 ans qui regarde la Coupe du monde à la télé. Aujourd’hui, nous somme en finale. J’espère que la fête va continuer, mais j’ai vraiment trop de chance. Dès le départ on s’était fixé cet objectif, nous y sommes. Comme tout rêve, il faut que ça se termine bien, sinon ça restera un cauchemar. » Luiz Felipe SCOLARI (sélectionneur du Portugal) : « S’il existe des raisons pour que l’Amérique du Sud se sente honteuse, c’est à cause d’arbitrages de ce type. Nous avons tout tenté, mais nous n’avons pas réussi à vaincre. Mon futur ? Je n’ai encore rien défini. Je vais y penser, et ensuite parler avec le président. Pour l’instant, ce n’est pas le bon moment pour aborder cette question. » – R. D. Michel PLATINI (au micro de TF 1) : « En 1984, quand on a battu le Portugal à Marseille (en demi-finale de l’Euro, 3-2 a.p.), je me rappelle que les deux commentateurs avaient dit : “Qu’importe l’ivresse pourvu qu’on ait le flacon.” Alors voilà, aujourd’hui l’histoire se répète, formidable, on a gagné. Cela n’a pas été grandiose, on a souffert de la chaleur peut-être, ou de la fatigue, mais on est en finale. » Bleu Rouge « C’est énorme » RAYMOND DOMENECH estime que ce match a été le combat le plus difficile mené en Coupe du monde. William GALLAS (au micro de Canal +) : « C’est exceptionnel, on n’arrive pas à y croire. Ce n’était pas évident ce soir, mais le plus important était d’aller en finale, et on y est. On ne va pas s’arrêter là, ce serait dommage. Maintenant, ça ne va pas être évident contre les Italiens, mais on fera tout pour gagner. L’équipe italienne est bien en place, c’est vrai que s’ils marquent après ils défendent tous. Il faut les faire sortir et jouer à leur façon. » Luis FIGO (au micro de Canal +) : « Ce fut un match équilibré avec deux mi-temps complètement différentes. En première période, la France a eu le contrôle du ballon, même si elle n’a pas eu beaucoup d’occasions. Après la pause, c’est nous qui avons dominé et qui nous sommes créées le plus d’occasions de marquer. La différence, c’est que nous n’avons pas réussi, alors que la France a mis un but. Après, d’où je suis placé sur le terrain, je ne peux dire s’il y a faute ou pas sur le penalty. Les images télé doivent permettre de le dire… J’ai encore un match samedi avec la sélection portugaise, mais ce sera très probablement le dernier. J’ai trente-trois ans, et c’est le moment pour moi de me retirer et de passer à autre chose. » DECO : « Je pense qu’il y avait penalty sur Thierry Henry. Perdre en demi-finale, c’est une énorme frustration. Il va être très difficile de se remotiver pour le match pour la troisième place. Pour moi, le Mondial s’est terminé ce soir. » – S. K. Jaune Bleu Jaune « Le match le plus dur » ILS ONT DIT Noir Noir LE COUP D’ENVOI. – Luis Figo et Zinédine Zidane, les deux anciens coéquipiers du Real Madrid, les deux capitaines, s’embrassent juste avant le début de la rencontre. Derniers signes d’effusion avant le combat. (Photo 1) LE TOURNANT. – Ricardo Carvalho est parti à droite. Thierry Henry repart déjà à gauche. La jambe du défenseur portugais accroche le Français. Dans quelques secondes, l’arbitre sifflera le penalty. (Photo 2) LA TRANSFORMATION. – Figo et Ricardo Carvalho, au fond, déploient déjà leurs ailes. En vain : Zinédine Zidane ne manquera pas son penalty. (Photo 3) LA RÉSISTANCE. – Lilian Thuram et Patrick Vieira s’y mettent à deux pour contrer Fernando Meira. Le Portugal ne passera plus. (Photo 4) LA DÉLIVRANCE. – Willy Sagnol n’en croit pas ses yeux, mais Fabien Barthez n’a pas de doute, lui. Ça y est, la France est de nouveau en finale. (Photo 5) (Photos Stéphane Mantey et Richard Martin) 3 FOOTBALL Bleu Rouge Noir Jaune COUPE DU MONDE (demi-finales) PORTUGAL - FRANCE : 0-1 La force du destin Les Bleus disputeront, huit ans après, leur deuxième finale de Coupe du monde, le 9 juillet, à Berlin, face à l’Italie. Ils l’ont fait : en battant le Portugal (1-0) grâce à un penalty obtenu par Henry et transformé par Zidane, les Bleus ont accédé à leur rêve insensé d’une deuxième finale de Coupe du monde. Huit ans après leur victoire sur le Brésil (3-0) au Stade de France, ils rencontreront l’Italie en finale, dimanche, à Berlin. MUNICH – de notre envoyé spécial C’est sur une de ses percées que Deco a obligé Barthez à un bel arrêt au sol, Sagnol protégeant le ballon devant Pauleta (4e), et que Maniche a frôlé le cadre d’un tir flottant (9e). Car, faute de trouver Pauleta, les Portugais ont beaucoup tenté leur chance en dehors de la surface, par Figo (16e), Maniche (36e) ou Cristiano Ronaldo, contré par un Thuram énorme à la sortie d’un slalom étourdissant (39e). Sans afficher la même maîtrise des espaces, mais en montrant une solidarité sans faille, les Bleus ont alors tenu. Ils ont fait mieux, même, par une frappe écrasée de Malouda (1re), un dangereux centre d’Abidal (14e), un tir sans élan de Henry (28e). Dans ce match à la tension montante, qui voyait les deux bancs s’insulter copieusement au moindre contact L’HUMEUR douteux, il fallait ne pas être le premier à commettre la faute. Ou être le premier à la provoquer. Ce fut Henry, servi par Malouda dans un petit espace, et dont le crochet, dans la surface, cassa suffisamment les reins de Carvalho pour que le défenseur portugais heurte son tibia, pour un penalty comme une évidence. Face à Ricardo, le héros du genre, Zidane, qui avait manqué sa tentative dans le match de préparation contre la Chine (3-1), ne prit que deux pas d’élan et trouva le ras du poteau. Zidane, à 34 ans, aura marqué en demi-finale de Coupe du monde. Ce but d’avance était un trésor. Les Bleus allaient se recroqueviller dessus comme un seul homme, offrant leurs efforts de chaque instant à l’édification d’une forteresse collec- tive comme peu d’équipe française en auront bâtie dans un rendez-vous aussi brûlant. Cette équipe-là n’aurait pas perdu à Séville, en 1982. Crispant et fermé Dans cette seconde période crispante et fermée, un thème qu’elle avait elle-même choisi, elle contrôla bien mieux les approches portugaises, sans jamais avoir le ballon, et sans jamais parvenir à le garder. Ses lignes resserrées, ses manches retroussées pour le combat, elle fut essentiellement inquiétée lorsqu’elle perdit des ballons de relance brûlants. Elle aurait pu frapper d’entrée, par une action de Henry envoyant, du gauche, un ballon qui roula sous le gant de Ricardo avant de filer de peu en corner (48e), et encore par une P t g l Portugal Huitièmes de finale France France 0: 1 Ribéry 6 CC. RRonaldo Ronald ld 7 Riccardo Carva Carvalho a Maniiiche M h 5 6,55 6, P Pauleta a RRiicardo icardoo ic Deeco Pa 4 6 6 FFernando doo M Me Meira Da Cos Costa 6 5,5 Figo cap 5 cap., Miguel Miguel 4,5 , lui valut un carton jaune fatal : il ne jouera pas la finale à Berlin. Car la finale était là, toute proche. Il fallut passer, d’abord, par le détour d’une grosse trouille, lorsque Meira expédia au-dessus un ballon que Thuram, pour une fois, n’avait pu écarter dans un duel aérien (90e+ 2), lorsque Ricardo monta sur deux corners successifs, puis lorsque Saha mit Makelele dans l’embarras avant un dernier contre portugais signalé hors-jeu. M. Larrionda ne fit même pas reprendre le jeu. Si déchaînés après leur huitième de finale contre l’Espagne (3-1), si heureux après leur victoire sur le Brésil (1-0), les Bleus semblèrent presque fêter sagement l’apothéose. Ils ont tout gardé, peut-être, pour dimanche. VINCENT DULUC Le tableau finnal nall Demi-finale Nunoo Vale Valente 5 frappe flottante de Ribéry que Ricardo eut la chance de voir retomber sur lui (49e). Mais après cela, après une frappe en pivot de Pauleta qui aura été la seule occasion du Parisien d’exister dans cette demi-finale (53e), les Bleus fermèrent consciencieusement la maison. Il fallut, en fait, un coup franc lointain de Ronaldo à la trajectoire flottante, dangereusement relâché par Barthez dans une manière de manchette de volley, pour faire passer un frisson majuscule, mais Figo plaça sa tête à bout portant juste au-dessus de la barre (78e). Raymond Domenech était en train de procéder à son habituel coaching, remplaçant son trident offensif pour défendre avec plus de fraîcheur. Deux minutes après son entrée à la place de Henry, Saha s’emporta dans un tacle vif qui Sagnnol 65 6,5 Vieira Thur Th Thuram hu 7 Zidane 8,55 8,5 HHenryy cap., 6,5 65 6,5 Gallas Gal al s Makele Makelele 7 6,5 Malouda M 55 5,5 BBarth Barthe arthhez ez 7 Abidal Abida al 5,5 Quarts de finale ALLEMAGNE - Suède, 2-0 (samedi 24 juin, à Munich) ARGENTINE - Mexique, 2-1 a.p. (samedi 24 juin, à Leipzig) ALLEMAGNE - Argentine, 1-1 (vendredi 30 juin, à Berlin) 4-2 aux t.a.b. ITALIE - Australie, 1-0 (lundi 26 juin, à Kaiserslautern) Suisse - UKRAINE, 00-0 , (lundi 26 juin, à Cologne) 0-3 aux t.a.b ITALIE - Ukraine, 3-0 (vendredi 30 juin, à Hambourg) ANGLETERRE - Équateur, 1-0 (dimanche 25 juin, à Stuttgart) PORTUGAL - Pays-Bas, 1-0 (dimanche 25 juin, à Nuremberg) Angleterre - PORTUGAL, 0-0 (samedi 1er juillet, 1-3 aux t.a.b. à Gelsenkirchen) BRÉSIL - Ghana, 3-0 (mardi 27 juin, à Dortmund) Espagne g - FRANCE, 1-3 ((mardidi 27 jjuin, à Hanovre) Brésil - FRANCE, 0-1 (samedi 1er juillet, à Francfort) Demi-finales Finale Allemagne - ITALIE, 0-2 a.p. (mardi 4 juillet, à Dortmund) PORTUGAL - FRANCE : 0-1 (0-1) Temps chaud. Pelouse en excellent état. 66 000 spectateurs. Arbitre : M. Larrionda (URU). Remplacements. – 63e : Miguel par PAULO FERREIRA ; 68e : Pauleta par SIMAO ; 74e : Da Costa par HELDER POSTIGA. Non utilisés : Quim (g.), Paulo Santos (g.), Caneira, Ricardo Costa, Hugo Viana, Tiago, Boa Morte, Nuno Gomes. Entraîneur : L. F. Scolari. Absents : aucun. Suspendu : Petit. Suspendu au prochain match : Ricardo Carvalho. Remplacements. – 69e : Malouda par WILTORD ; 72e : Ribéry par GOVOU ; 85e : Henry par SAHA. Non utilisés : Coupet (g.), Landreau (g.), Boumsong, M. Silvestre, Chimbonda, Givet, Dhorasoo, A. Diarra, Trezeguet. Entraîneur : R. Domenech. Absents : aucun. Suspendus : aucun. Suspendu au prochain match : Saha. LE BUT 0-1 : ZIDANE (33e s.p.). – Trompé sur un crochet d’Henry, Ricardo Carvalho déséquilibre l’attaquant français dans la surface. Zidane transforme le penalty d’une frappe croisée de l’intérieur du droit à mi-hauteur. LES CARTONS 2 AVERTISSEMENTS. – Portugal : Ricardo Carvalho (82e, tacle par derrière sur Wiltord) ; France : Saha (87e, tacle dangereux sur Figo). JEUDI 6 JUILLET 2006 Portugal - FRANCE, 0-1 (hier, à Munich) ITALIE - FRANCE (dimanche 9 juillet, 20 heures, à Berlin) 3e place Allemagne - Portugal (samedi 8 juillet, 21 heures, à Stuttgart) LA QUESTION DU JOUR La France battra-t-elle l’Italie en finale de la Coupe du monde ? Pour voter, connectez-vous sur www.lequipe.fr entre 6 heures et 22 heures ou envoyez OUI ou NON par SMS au 61008 (0,34 euro + coût de un SMS). PAGE 3 Bleu Rouge Noir Jaune Rouge force qu’au cours des deux tours précédents, mais sans que l’on puisse attribuer cette différence à une baisse de leur niveau athlétique. C’est avant tout la qualité collective du Portugal qui leur aura posé un problème d’une difficulté supérieure. Alors, la première période aura été vivante, avec un flux et un reflux voulu par les Portugais. Mais au-delà d’un premier quart d’heure à leur avantage, ils n’ont pas mis l’équipe de France sous pression autrement que par les terribles remontées de balle de Cristiano Ronaldo. Les Anglais présents dans le stade ont eu beau l’accompagner de leurs sifflets, reliquat de l’expulsion de Rooney en quart de finale, le Mancunien aura fait des différences considérables par sa puissance et par ses dribbles. Bleu Rouge La France, presque à l’italienne, avec ses deux buts encaissés en six matches qui sont la moyenne d’un champion du monde, a fait perdre son titre à Scolari. Mais l’incroyable destin de cette génération s’est scellé dans la douleur et dans la difficulté, hier soir, à Munich, car personne ne l’avait autant fait souffrir, jusque là, que le Portugal, sa qualité technique, ses joueurs de percussion, son Cristiano Ronaldo, son absence de grand attaquant de pointe. Bien sûr, la demi-finale n’a pas délivré beaucoup d’autre spectacle qu’un étouffant suspens. Mais l’aventure est si belle… Ceux qui auront jugé comme une coquetterie la présentation du Portugal comme l’adversaire le plus difficile depuis le début de la compétition, auront jugé par eux-mêmes des raisons profondes de ce statut au cours d’une première période qui aura été, pour les Bleus, d’une complication immense. La capacité du Portugal à couper l’équipe française en deux, en occupant peu l’espace au milieu mais en remontant très vite le ballon sur les côtés, aura parfois mis les Bleus à la limite du déséquilibre. Ils ont eu du mal à ne pas être en danger, et du mal à être dangereux, ne dégageant pas tout à fait la même Jaune Bleu Jaune Et Henry provoqua le penalty MUNICH. – Zinédine Zidane s’est montré une nouvelle fois décisif hier soir après la faute de Ricardo Carvalho sur Thierry Henry : en tirant son penalty avec précision et fermeté, le capitaine des Bleus n’a pas laissé une seule chance à Ricardo. (Photo Alain de Martignac) Noir Noir LE DERNIER MATCH de la carrière de Zinédine Zidane sera une finale de la Coupe du monde. Le probable dernier match en équipe de France de Thuram, Barthez et Makelele sera une finale de la Coupe du monde. Car les Bleus sont en finale de la Coupe du monde et face à ce grand bonheur, à cet air d’apothéose pour la plus belle génération de l’histoire du football français, on sait à peine par où commencer. Par l’incroyable destin d’une équipe majoritairement trentenaire et s’approchant du crépuscule ? Par le basculement de ses lignes de force après sa sortie des poules ? Par le pari gagné de Raymond Domenech qui martelait depuis deux ans le rendez-vous du 9 juillet, à Berlin, et qui prendra place, dimanche soir, à partir de 20 heures, sur le banc de la finale ? Il faudrait juste commencer, peutêtre, par situer l’exploit : l’équipe de France aura disputé deux des trois dernières finales de la Coupe du monde. Huit ans après son triomphe sur le Brésil (3-0) au Stade de France, elle va disputer sa première finale de Coupe du monde en terre étrangère, contre l’Italie, qui ne l’a plus battue depuis 1978 à Mar del Plata (1-2), lors du Mondial argentin. Un FranceItalie, six ans après le dénouement invraisemblable de la finale de l’Euro 2000, à Rotterdam (2-1, b.e.o.), est une affaire de voisins, presque une affaire de famille face à tant de liens étroits. Ce sera une belle histoire à raconter, d’ici à dimanche, tandis que l’on soupèsera les conséquences du jour de récupération en moins des Bleus, lequel pourra être compensé par les 120 minutes jouées par les Italiens face à l’Allemagne (2-0), mardi, à Dortmund. L’autre belle histoire, ou presque, tient au miracle des cartons. Il n’a pas épargné Louis Saha, averti en fin de match pour un tacle fougueux, et qui sera cruellement privé de la finale. Mais les cinq titulaires menacés ont été épargnés, dans une demifinale pourtant provocante, comme prévu, mais parfaitement tenue par M. Larrionda. 4 FOOTBALL Bleu Rouge Noir Jaune COUPE DU MONDE (demi-finales) – PORTUGAL - FRANCE : 0-1 Thuram a tout cassé LES JOUEURS FRANÇAIS. – Pour sa 120e sélection, le défenseur a repoussé toutes les attaques portugaises dans un match impeccable. MUNICH – MAKELELE (6,5) : Plus en vue que Vieira en première période, il fut l’un des joueurs le plus souvent en possession du ballon, dont il fit une utilisation plutôt propre. Il a bien élargi le jeu sur Ribéry et trouvé Henry en point d’appui, mais la physionomie de la première période l’a moins mis en valeur que face au Brésil. Il s’exprima davantage après le repos, dans un match plus compact où son impact pesa plus. Tout en résistance et en compensation, il s’est beaucoup battu et a logiquement perdu quelques des ballons douteux sous la pression en fin de match. VIEIRA (7) : Même constat que Makelele : il dégagea moins cette impression de force en début de match. Les Portugais ayant joué sur plus de soixante mètres dans la longueur, il s’est rarement présenté en rempart. Plus attentif, plus prudent, et forcément plus neutre en première période, il a changé de registre après le repos, quand les Bleus ont joué dans leur camp. On retrouva le Vieira bagarreur et intransigeant, décisif dans la récupération. Lui aussi jouait avec l’épée de Damoclès d’une suspension mais a su compenser une prise de risque limitée par un placement judicieux. MALOUDA (5,5) : D’entrée dans le coup, il croisa trop son tir face à Ricardo (37e seconde) sur une ouverture de Thuram. C’était bien parti mais il eut du mal à rester sur ce rythme. Il a manqué de flair sur certains coups et trop cherché à temporiser. Sa présence défensive fut une nouvelle fois son point fort, mais on l’a peu vu en réussite. Il a tout de même réussi à être décisif en décalant Henry lorsque celui-ci obtient le penalty. Remplacé par WILTORD (69e) après un bilan que ce penalty renforce. Installé couloir gauche, Wiltord provoqua l’avertissement de Ricardo Carvalho (82e). RIBÉRY (6) : Dans un registre différent de Malouda, il a lui aussi connu un déchet important en première période sur ses rares ballons joués, comme d’habitude, sans retenue. Très impliqué dans son repli défensif, il aida nettement Sagnol à essayer de contrôler Cristiano Ronaldo… En seconde période, il fut plus présent en contre, lorsque les Bleus disposèrent de plus d’espaces. Un tir en aveugle bien repoussé par Ricardo (49e), une belle percée dans un mouvement dangereux avec Zidane et Henry. Bref, une seconde période plus tranchante avant son r emplacement par GOVOU (72e). ZIDANE (6,5) : A rarement pu exister et peser dans une première demiheure où les Français ont surtout regardé et attendu. En revanche, on l’avait rarement vu faire autant de de notre envoyé spécial Portugal g France 0: 1 Possession du ballon 56% 44 % Tirs cadrés 4 5 Tirs non cadrés 9 2 Arrêts du gardien g 3 4 Fautes commises 18 11 Corners obtenus 8 3 Hors-jeu 4 0 GARDIEN temps de jeu : Barthez 90’ DÉFENSEURS Sagnol g Thuram Gallas Abidal 90’ 90’ 90’ 90’ Vieira Makelele Malouda Zidane Ribéry Wiltord Govou 90’ 90’ 68’ 90’ 71’ 22’ 19’ Arrêts 48 4 84’ 6’ Interventions réussies ratées 7 Fautes 0 Duels Tirs Ballons touchés gagnés perdus cadrés non cadrés 46 39 38 60 11 16 10 19 2 2 0 6 0 0 0 0 0 0 0 0 Passes réussies 45 52 37 72 48 12 8 Ballons touchés ATTAQUANTS Henry Saha Ballons touchés Ballons touchés MILIEUX Source : LTD 36 6 33 35 30 55 30 7 3 4 9 3 7 7 1 1 Dribbles / éliminations réussis ratés 6 0 cadrés 5 1 non cadrés 0 0 0 1 1 0 0 Ballons récupérés 1 0 Subies 0 1 Fautes Commises Subies 0 1 0 2 Tirs ratées Commises 0 0 1 0 1 0 0 0 3 1 1 Fautes Commises Subies 1 2 0 0 0 1 0 1 1 0 3 1 1 0 Tirs Fautes cadrés non cadrés Commises Subies 3 0 0 0 GRAND JEU 2 2 3 0 LES JOUEURS PORTUGAIS. – À vingt et un ans, en dépit de sa tendance à simuler, la perle portugaise a livré une magnifique demi-finale. MUNICH – de notre envoyé spécial RICARDO (6) : décidément très fort dans l’exercice, il fut tout près de détourner le penalty de Zidane, excellemment tiré. Malheureusement pour lui, ce fut également le seul plongeon qu’il dut effectuer en première période. Son deuxième arrêt devant Henry (48e) offrit un précieux répit aux siens. Il a qualifié son équipe pour cette demi-finale, et est incontestablement la grande satisfaction portugaise de cette Coupe du monde. MIGUEL (4,5) : d’entrée, il a offert une occasion à Malouda en raison d’un placement plutôt aléatoire. Il a constamment souffert défensivement, n’a pas été exceptionnel offensivement. Et s’est blessé à la cheville au moment où il semblait refaire surface. Remplacé par PAULO FERREIRA (63e). FERNANDO MEIRA (6) : le seul nouveau de la bande portugaise a confirmé hier qu’il finissait fort une Coupe du monde débutée sur la pointe des crampons. Intransigeant au marquage, il est nettement plus sûr de lui dans ce qu’il tente depuis deux matches. RICARDO CARVALHO (5) : coupable d’une faute dans la surface sur Henry qui coûte très cher à son équipe. Il reste un excellent défenseur, a souvent gagné ses duels, mais ne plane plus comme lors de l’Euro 2004. Justement averti pour une faute à retardement sur Wiltord (82e). NUNO VALENTE (5) : pas toujours rassurant balle au pied, à l’image de cette relance facile envoyée en corner (7e). Il n’est pas le premier à souffrir devant Ribéry, mais il lui fallut du temps pour vraiment émerger. Et, comme par hasard, on le vit surtout après la sortie du Marseillais. DA COSTA (5,5) : son travail de filtre n’est pas très visible, mais il évite bien des tourments à une équipe où beaucoup d’éléments sont attirés vers l’avant. Très précieux dans le jeu aérien. Son manque de rythme, donc de vitesse, l’a parfois rattrapé. Suppléé par HELDER POSTIGA (74e), surtout utilisé dans les airs en fin de match. MANICHE (6,5) : encore deux frappes soudaines (9e, 36e) pour la pile électrique du milieu portugais, qui n’arrête jamais de courir, de demander, et ne rate presque rien. Il a eu peu d’occasions de surgir dans la surface française après le repos. Mais quelle activité ! DECO (6) : une frappe qui a mis Barthez en grande difficulté (4e), une facilité technique qui a souvent aéré le jeu. Son art de la passe est incomparable. Mais le Barcelonais a tout de même égaré quelques ballons, comme s’il était à la fois usé par sa longue saison barcelonaise et à la recherche de son rythme au bout d’une Coupe du monde où il n’aura joué qu’un match sur deux. FIGO (5) : c’est l’anti-Zidane. Plus le Mondial avance, plus il fait son âge. L’Interiste a souvent manqué de vitesse, et il a fini, après une vingtaine de minutes, par fuir l’emprise physique d’Abidal pour se réfugier dans le couloir gauche. Un bon tir du gauche (16e) quand même. En deuxième période, il a retrouvé son côté droit, où il a pesé sans créer de différence. Il a surtout placé au-dessus sa tête sur le coup franc de Ronaldo relâché par Barthez (77e). Un raté qui l’obligera à stopper sa carrière internationale sur une petite finale, pas la grande que disputera son ami Zidane. PAULETA (4) : le Parisien a touché plus de ballons que contre l’Angleterre. Mais il en a fait une médiocre utilisation. Il a retrouvé ses réflexes de L 1 une fois : lorsqu’il s’est retourné dans la surface pour frapper dans le petit filet (53e). Mais, à l’évidence, le doute l’a rattrapé. Relayé par SIMAO (68e), dont on pouvait attendre autre chose que de timides tentatives. C. RONALDO (7) : les sifflets imbéciles du stade l’ont survolté. Le Mancunien a réussi une première période de haute volée, au cours de laquelle il commit cependant quelques péchés de gourmandise et fut l’auteur de simulations répétées après la pause. Malgré ses constantes prises de risque, il ne perdit son premier ballon qu’à la 41e minute. Et gratifia le public de purs moments de classe, comme ce petit pont infligé à Sagnol (39e). À l’origine de la meilleure occasion portugaise de la seconde période, sur un coup franc supersonique (77e). Hier, le fantasque numéro 7 a rappelé qu’il pouvait être un immense artiste. BOISSON POUR LE SPORT RÉGIS DUPONT HIER Bleus express LA PHRASE « J’ai trente-quatre ans, mais j’ai l’impression d’être un môme de 10 ans. » De Lilian Thuram, après la demifinale Portugal-France. LE CHIFFRE 0 Comme le nombre de victoires du Portugal-France : 0-1 (Coupe du monde, demi-finales), à l’Allianz Arena de Munich (21 heures). Retour au camp de base par avion à l’issue de la rencontre. AUJOURD’HUI Conférence de presse de Raymond Domenech à la Rattenfänger Halle de Hameln à partir de 13 h 45. Décrassage en fin d’après-midi (probablement au camp de base). DEMAIN Entraînement au Weserbergland stadion de Hameln vers 11 heures (horaire et lieu sous réserve). Conférence de presse des joueurs à la Rattenfänger Halle de Hameln à partir de 13 h 45. Portugal sur la France en compétition officielle. LE CALENDRIER L’INFIRMERIE Dimanche 9 juillet, 20 heures : Italie-France (Coupe du monde, finale) au Stade olympique de Berlin. Néant. SUR GAGNEZ PEUT-ÊTRE VOS PLACES POUR LA FINALE DE LA COUPE DU MONDE DE LA FIFA 2006 EN ÉCOUTANT RTL AUJOURD’HUI ET DEMAIN PAGE 4 JEUDI 6 JUILLET 2006 Bleu Rouge Noir Jaune Rouge Les stats des Bleeus eus C. Ronaldo, talent trouble Bleu RÉGIS TESTELIN MUNICH. – Lilian Thuram semble ne pas y croire. Il a pourtant très largement contribué à la qualification de l’équipe de France. Il y a huit ans, il avait inscrit deux buts face à la Croatie en demi-finale. Hier, il a dégoûté tous les attaquants portugais. (Photo Stéphane Mantey) Jaune Rouge Jaune pressing défensif et se sacrifier pour l’équipe dans le harcèlement. Avec le ballon, il a surtout agité le côté gauche et s’est montré assez présent aux trente mètres portugais, où ses « secousses » ont semblé inquiéter l’adversaire. Surtout, sa première période se conclua par un penalty transformé dans le petit filet avec la fermeté et la précision qu’il fallait car Ricardo était tout près. En seconde période, on retrouva le Zidane conservateur et appliqué des matches de qualification, celui qui fit gagner au bloc les précieuses secondes pour se replacer et souffler. HENRY (6,5) : Beaucoup de présence dans cette demi-finale. Après avoir hésité à se jeter sur un bon centre d’Abidal (14e), il s’est bien débrouillé avec ses rares ballons. Utile en point d’appui pour ses milieux, disponible dans la profondeur et dangereux sur ses accélérations, il provoqua notamment le penalty sur Ricardo Carvalho et fit apprécier sa technique individuelle sur quelques petits numéros. Comme Zidane, il s’est surtout sacrifié pour la collectivité. Des kilomètres qui ne lui ont pas coupé les jambes sur certains contres, comme ce passage en force de la défense portugaise qu’il acheva d’une frappe repoussée par Ricardo (48e). Remplacé par SAHA (85e), averti bien loin de son but pour un tacle dangereux. Le seul Français privé de finale… Noir Bleu Noir BARTHEZ (7) : À l’exception d’un coup franc de Cristiano Ronaldo dont la trajectoire flottante l’a contraint à une dangereuse claquette (78e), il a été impeccable, et redoutable dans les dernières minutes. Au cours de la seule première période, il s’en est sorti avec autorité à cinq reprises : en repoussant d’entrée un tir vicieux de Deco (4e), en s’imposant sur plusieurs sorties aériennes comme en captant un tir de Figo (16e). Cette première période avait démontré sa propreté et quasiment lancé sa Coupe du monde. Un match de taulier. SAGNOL (6,5) : Confronté au plus dangereux des Portugais, l’excellent Cristiano Ronaldo, il avait décidé de l’attendre plutôt que se jeter. Sur l’ensemble, c’était la bonne stratégie, mais sur certains coups, forcément, le playboy est passé et a fait des différences. En phase offensive, il a été solide, multiplié les infiltrations et tenté de combiner avec Ribéry plus que d’habitude. Quelques ballons mal négociés dans la relance, mais il a réussi son match compte tenu de la répétition des efforts. Surtout, n’a pas pris d’avertissement. THURAM (8,5) : Un régal de travail défensif et d’autorité. Impérial dans ses trente derniers mètres, de la tête comme dans les pieds : on pense notamment à cette intervention au point de penalty devant Pauleta (10e). Il a confirmé sa montée en puissance en étant présent sur tous les coups. Il a coupé les trajectoires et dévia en corner une frappe dangereuse de Cristiano Ronaldo (39e). En seconde période, lorsque le ballon revint sans arrêt dans la surface, il s’est fait surprendre à peine une ou deux fois mais sortit les Bleus de nombreux mauvais pas. Tellement costaud quand ça chauffe. GALLAS (7) : Moins en vue que Thuram dans les un contre un, on l’a rarement vu au duel en première période, où il se consacra à un travail de placement et de relances. S’il fut moins « chaud », il perdit également très peu de duels dans un style très différent, moins heurté, plus soft. Toujours peu de fautes. ABIDAL (5,5) : Plutôt décevant dans l’ensemble en première période, en dépit de quelques montées saignantes et d’un bon petit jeu avec Zidane. Mais, défensivement, ce ne fut pas ça : trop de fautes de concentration, trop de ballons perdus, trop d’espaces laissés dans son dos, trop d’anticipations intempestives. En seconde période, il connut moins de flottement et serra un peu plus les boulons. Les chifffres ffres ff du matcch ch 5 Bleu Rouge Noir Jaune Noir Jaune Rouge Rouge Bleu Rouge Bleu Jaune Bleu Jaune PAGE 5 Noir Noir JEUDI 6 JUILLET 2006 6 FOOTBALL Bleu Rouge Noir Jaune COUPE DU MONDE (demi-finales) – PORTUGAL - FRANCE : 0-1 C’était Monsieur Thuram UN HOMME DANS LE MATCH. – Huit ans après ses deux buts face à la Croatie en demi-finale en 1998, il a été époustouflant hier. MUNICH – de notre envoyé spécial MUNICH. – Cette image est un document : Lilian Thuram intervient irrégulièrement sur Cristiano Ronaldo. Ce sera sa seule faute commise pendant cette demi-finale. (Photo Alain de Martignac) Il y a le joueur Thuram, et puis il y a le leader Il y avait bien penalty À LA 32e MINUTE, Thierry Henry, sur une passe de Malouda, pénètre dans la surface de réparation et crochète avec l’extérieur du pied droit Carvalho, le prenant à contre-pied. Le défenseur portugais a le mauvais réflexe de lever son pied gauche qui touche le tibia droit de l’attaquant français. Légèrement déséquilibré, Thierry Henry lève les bras et tombe à terre. L’arbitre uruguayen sanctionne cette faute, bénigne mais incontestable, d’un penalty. En revanche, les multiples plongeons des attaquants portugais (Cristiano Ronaldo à deux reprises et Helder Postiga) dans la surface, essayant d’obtenir un penalty, auraient pu leur valoir un carton jaune pour simulation. SÉBASTIEN TARRAGO Un grand match défensif LE JEU. – L’équipe de France a su endiguer l’emprise portugaise en seconde période pour préserver l’avantage acquis en première. MUNICH – de notre envoyé spécial L’ÉQUIPE DE FRANCE a acquis le droit de disputer une deuxième finale de Coupe du monde en huit ans, en réalisant une énorme performance défensive. Il le fallait pour tenir tête à une équipe portugaise, dont les arguments offensifs étaient de très haut niveau, emmenés par Cristiano Ronaldo qui a constitué un monumental danger de tous les instants, puis décuplés en fin de match quand les Portugais sont passés en 4-2-4. Aussi âpre que la demi-finale de la veille entre l’Italie et l’Allemagne, celle d’hier a possédé moins de rythme et d’ampleur. La responsabilité en revient aux Français qui ont dû gérer l’emprise adverse, surtout en seconde période, et l’ont fait avec un grand esprit solidaire et une solidité d’ensemble qui restera comme une de ses caractéristiques de cet été 2006 allemand. ORGANIS ATION DE JEU DE DÉPART. – L’équipe de France a joué dans son dispositif désormais habituel en Coupe du monde, à savoir en 4-2-3-1. Avec Vieira et Makelele en position axiale devant la défense, Ribéry (à droite) et Malouda (à gauche) sur les côtés, Zidane en numéro 10 et Henry seul en pointe. Le Portugal a joué dans son organisation de base en 4-3-3. Da Costa est le milieu le plus défensif. Devant lui se situent Deco à droite et Maniche à gauche. Un cran plus haut, sur les ailes, Figo à droite et C. Ronaldo à gauche, et Pauleta avant-centre. ANIMATION DÉFENSIVE. – La position très haute des milieux portugais et leur qualité de passe dans les petits espaces ont posé des problèmes de bloc aux Français, pouvant se trouver en difficulté sur une simple passe. Mais la défense centrale a été très présente juste derrière pour intervenir sur les dernières transmissions ou les tentatives de passage balle au pied. Sur le côté gauche, il fut également difficile pour Abidal et Malouda de répondre aux combinaisons portugaises et au fait qu’on ne sait jamais si Figo va rester sur la ligne ou rentrer à l’intérieur. Au milieu, Zidane a effectué un très gros travail défensif, à la fois de harcèlement sur le premier relanceur, et de replacement. Ribéry a dû collaborer sans réserve avec Sagnol face à C. Ronaldo. Dans la seconde période, la France défendit en rangs très serrés. D’une certaine manière, la domination portugaise (59 % de possession du ballon) a accentué cette forte densité. En configuration défensive, les Portugais se sont parfois retrouvés dans une sorte de 4-1-5, Da Costa étant une sorte de libero derrière les autres milieux et les attaquants qui restaient dans une position haute et défendaient très bien collectivement, se permettant ainsi de récupérer vite le ballon. A N I M A T I O N O F FE N S I V E . – L’équipe de France a attaqué de façon moins coordonnée et collective que son adversaire. La première passe était difficile à réaliser face au premier rideau portugais. Des possibilités de remontée du ballon existaient sur les côtés, avec Sagnol en dribble à droite, et Abidal par ses engagements sur la gauche. En revanche, quand ils réussissaient à se mettre dans le sens du but et à provoquer balle au pied (Zidane, Henry, Ribéry, Malouda), il fut possible de perturber la défense. Dans la seconde partie, il n’y eut quasiment plus d’animation d’attaque, tant l’équipe de France passa de temps à défendre. Les Portugais ont attaqué de façon plus collective, mais souvent à partir de l’accélération provoquée par Ronaldo, balle au pied. Sa qualité de dribble et de vitesse lui a permis de trouver des solutions intérieurs, vers Maniche (dangereux sur les tirs de loin) ou Deco. À droite, Figo, moins en vitesse, plus en nuance, a lui aussi permis de développer des mouvements combinés, surtout avec Deco comme intérieur droit. CHANGEMENTS EN COURS DE MATCH. – Le premier changement est intervenu sur blessure de Miguel, remplacé par Ferreira. Après l’heure de jeu, Scolari a sorti Pauleta, l’a remplacé par Simao. La conséquence fut que C. Ronaldo est passé avant-centre. Quelques minutes plus tard, c’est deux avants-centres que Scolari a utilisés, en faisant entrer Helder Postiga. Le Portugal a terminé en 4-2-4. Pratiquement au même moment, comme souvent, Domenech est intervenu sur le flanc de son équipe, en remplaçant Malouda par Wiltord puis Ribéry par Govou, comme en quart de finale. Enfin, Saha entra comme avantcentre à la place de Henry. DIDIER BRAUN Saha privé de finale LE MATCH EN QUESTIONS. – Averti en fin de match, l’attaquant français sera suspendu face aux Italiens. POURQUOI LES BLEUS JOUAIENT-ILS ENCORE EN BLANC HIER SOIR ? Après le Togo, l’Espagne et le Brésil, la France jouait pour la quatrième fois en blanc, pour une raison bien simple : elle évoluait à l’extérieur. Le Portugal avait donc priorité pour porter ses couleurs traditionnelles. QUELS JOUEURS SERONT SUSPENDUS POUR LA FINALE ? Un seul, Louis Saha. Avant le coup d’envoi, six Français (Zidane, Ribéry, Vieira, Sagnol, Thuram et Saha) et cinq Portugais (Figo, Maniche, Nuno Valente, Ricardo Carvalho et Ricardo) étaient sous la menace d’une suspension. M. Larrionda ne sortit son premier avertissement qu’à la 82e minute, ce qui est un record dans cette Coupe du monde. Avant cela, le carton jaune le plus tardif avait été attribué lors de Suède-Angleterre (2-2), à la 76e minute. Celui d’hier fut adressé à l’encontre de Ricardo Carvalho, qui ne jouera pas le match pour la troisième place. Entré à la 85e minute de jeu à la place de Thierry Henry, Louis Saha fut averti deux minutes plus tard, sur son premier duel, après avoir taclé les pieds légèrement décollés sur Figo. DEPUIS QUAND LE PORTUGAL N’A-T-IL PLUS BATTU LA FRANCE ? Invaincue face au Portugal en compétition officielle, la France n’a plus perdu face aux Portugais depuis plus de trente ans. Il faut remonter à une défaite subie à domicile, en amical, le 26 avril 1975 à Colombes (0-2). À noter que c’est la troisième fois que la France élimine le Portugal au stade des demi-finales, après l’Euro 1984 (3-2, a.p.) et l’Euro 2000 (2-1, b.e.o.). QUELLE ÉTAIT L’AMBIANCE SUR LE TERRAIN ? Avant la demi-finale, on aurait pu craindre que le PAGE 6 match se déroule dans une atmosphère délétère. Durant les dix premières minutes, l’ambiance était plutôt tranquille entre les deux équipes. M. Larrionda a d’ailleurs sifflé son premier coup franc à la dixième minute de jeu seulement. Les choses empirèrent à la demi-heure, lorsque Domenech se leva de son banc pour protester contre une simulation de Ronaldo. Scolari et le banc portugais se levèrent du même coup pour prier le sélectionneur français de s’asseoir. Très remontés, Pauleta et les joueurs portugais réclamèrent également un coup franc alors que Miguel se blessait tout seul (57e). On assista alors à un festival du banc de touche portugais à chacune des simulations de leurs attaquants. POURQUOI CRISTIANO RONALDO ÉTAIT-IL SYSTÉMATIQUEMENT SIFFLÉ PAR LE PUBLIC ? En quart de finale face à l’Angleterre (0-0, 3-1 aux t.a.b.), Cristiano Ronaldo avait demandé et obtenu l’expulsion de Wayne Rooney, qui avait préalablement piétiné Ricardo Carvalho. Les tabloïds anglais s’emparèrent bien sûr de l’affaire pour faire du Portugais l’ennemi no 1 en Angleterre. Or, beaucoup de supporters anglais qui avaient déjà acheté leur billet pour la demi-finale étaient présents à Munich. Du coup, à chaque fois que l’attaquant de Manchester United toucha la balle, il fut copieusement sifflé. QUEL RECORD FABIEN BARTHEZ A-T-IL BATTU HIER SOIR ? Hier soir, Fabien Barthez est devenu le joueur français à avoir disputé le plus de matches en phase finale de Coupe du monde. Le gardien français a en effet joué contre le Portugal son 16e match en phase finale. C’est le record absolu pour un joueur français, devant Maxime Bossis (15 matches entre 1978 et 1986, 2 en 1978, 6 en 1982 et 7 en 1986). Lilian Thuram, lui, a rejoint Bossis à la deuxième place (15 matches entre 1998 et 2006). Juste derrière, on trouve Michel Platini, avec 14 matches (3 en 1978, 5 en 1982 et 6 en 1986) et Thierry Henry (14 matches aussi). Barthez a joué sept matches en 1998, trois en 2002 et six en 2006. Le joueur à avoir disputé le plus de matches de phase finale est l’Allemand Lothar Matthäus avec 25 matches (2 matches en 1982, 7 en 1986, 7 en 1990, 5 en 1994 et 4 en 1998). MONSIEUR LARRIONDA AVAIT-IL DÉJA ACCORDÉ UN PENALTY PENDANT CETTE PHASE FINALE ? Non. L’arbitre uruguayen avait déjà arbitré trois matches pendant la compétition (Angola - Portugal, 0-1, Italie - USA, 1-1 et Togo - France, 2-0) sans jamais siffler de penalty. Par contre, il avait jusqu’à hier soir distribué au moins quatre cartons par match, et était même allé jusqu’à sept cartons pendant Italie-USA (3 rouges et 4 jaunes). Hier soir, il a sérieusement abaissé sa moyenne, avec seulement deux cartons jaunes distribués. EN QUOI LA FINALE FRANCE-ITALIE EST-ELLE PARTICULIÈRE ? L’inédite finale entre l’Italie et la France, dimanche à Berlin, sera la première depuis 1978 à ne compter ni le Brésil, ni l’Allemagne. Au Mondial 1978, en Argentine, le pays hôte l’avait emporté en finale face aux Pays-Bas (3-1). Depuis, lors des six finales disputées, soit le Brésil (2 victoires depuis), soit l’Allemagne (ou la RFA) étaient présents. Avant 1978, toutes les finales depuis l’édition 1950 en Uruguay avaient au moins concernées la RFA (1954, 1966, 1974) ou le Brésil (1950, 1958, 1962, 1970). De plus, la finale de dimanche oppose deux équipes ayant encaissé très peu de buts (un pour l’Italie, et deux pour la France). JÉRÔME LE FAUCONNIER (avec M. Go) JEUDI 6 JUILLET 2006 Bleu Rouge Noir Jaune Rouge peu mou, et lorsque Zidane ouvrit le score, il le félicita brièvement et lui parla tactique. La rage de vaincre. Bleu tant de difficultés à entrer dans la partie, il alla encore taper son poing droit sur sa main gauche face à Abidal, quand le Lyonnais semblait un Jaune Jaune Rouge Il rentra au vestiaire les mains sur les hanches. Besoin de récupérer, sans doute. Il eut quinze minutes pour se régénérer, et eut même droit à un peu de rab sur le terrain. Le début de seconde période fut en effet moins soutenu que la première, les centres portugais se firent moins précis, et le joueur de la Juventus accompagna de son regard et de ses gestes protecteurs les tentatives lusitaniennes. Il fit tout de même deux petites approximations, si l’on peut dire, dans cette si belle soirée : il laissa d’abord Pauleta pivoter dans la surface et frapper dans le petit filet extérieur (53e), puis compensa un duel perdu face à Cristiano Ronaldo par un tirage de short (80e). Entre-temps, il avait à nouveau changé de registre. Ronaldo l’avait provoqué en duel sur le côté gauche, Thuram évita l’affrontement direct, resta à un mètre pour attendre le soutien, et contra le centre de l’attaquant de Manchester, enfermé (71e). Cette action initia une fin de rencontre brûlante, où l’on vit du Thuram partout, dans les airs, au sol, où il tacla en pleine surface Helder Postiga tout en obtenant la sortie de but (85e). Il fut encore magnifique lorsqu’il effectua une tête plongeante sur un nouveau centre vicieux (88e). Impossible de perdre ce match : au bout du temps additionnel, il monta jusqu’au milieu du terrain pour venir sévèrement vilipender Saha, coupable d’avoir perdu un ballon facile. Un peu plus tard, il tomba dans ses bras lorsque l’arbitre délivra les Bleus. Sa joie était pourtant restée bloquée en son for intérieur, il arrivait encore à râler auprès de ses coéquipiers. Une seule chose l’intéresse. On sait quoi. Il y a le joueur Thuram, et puis il y a Thuram le leader. Hier soir, on le vit aller conseiller Ribéry quand le jeune Marseillais éprouva Noir Bleu Noir SON SOURIRE, ses mimiques et l’autodérision qu’il avait exprimée lorsqu’il s’était présenté à la presse deux jours avant cette demi-finale avaient renvoyé l’image d’un homme heureux, d’un joueur réconcilié avec l’équipe de France et d’un footballeur apaisé et ambitieux. On avait senti en Lilian Thuram une force phénoménale et inexplicable. On devine, aujourd’hui, pourquoi il était impossible de se leurrer devant tant de bien-être. Hier soir, la prestation du défenseur de la Juventus Turin a été stupéfiante, bouleversante même, tant il se montra aérien, puissant, dévastateur. Huit ans après ses deux buts face à la Croatie, le défenseur des Bleus n’a pas poussé la « blague » jusqu’à marquer son… troisième but pour sa 120e sélection, record du genre en France. Mais, à trente-quatre ans et six mois, il a été prodigieux d’aisance. Face au Brésil, samedi, il avait déjà réalisé son meilleur match depuis son retour en équipe de France, l’été dernier. Cette fois, sa première période fut carrément immense, si proche de la perfection que cela semblait parfois invraisemblable. C’est comme si tous ses adversaires avaient voulu se mesurer à lui, comme si tous les ballons des Portugais qui arrivaient dans la zone décisive devaient conclure leur course dans ses pieds ou sur sa tête. La chance ou le hasard n’avaient rien à voir là-dedans, bien sûr. Sa première action, une ouverture de quarante mètres qui permit à Malouda de défier Ricardo (1re), avait bien laissé imaginer qu’il aurait aussi l’occasion de s’illustrer avec le ballon. Mais les minutes qui suivirent contredirent la thèse de manière spectaculaire. Il défendit sans cesse, avec hargne, tel un acrobate, parfois. Avant cette rencontre, il avait remporté 90,76 % de ses duels depuis le début de la Coupe du monde. La courbe de cette statistique ne s’est pas inversée dans la nuit de Munich : il a remporté 16 de ses 18 duels (88,9 %). Une interception sur une passe de Deco (6e), un sauvetage en déséquilibre devant Pauleta (10e), une belle compensation sur une nou- velle percée de Deco (29e), encore deux interceptions magnifiques sur des centres tendus à destination du joueur du PSG (37e et 38e) et le plus intense pour la fin : un contre in extremis devant Cristiano Ronaldo dont la frappe semblait implacable (39e). 7 Bleu Rouge Noir Jaune Noir Jaune Rouge Rouge Bleu Rouge Bleu Jaune Bleu Jaune PAGE 7 Noir Noir JEUDI 6 JUILLET 2006 8 FOOTBALL Bleu Rouge Noir Jaune COUPE DU MONDE (demi-finales) – PORTUGAL - FRANCE : 0-1 Finir à Berlin Zinédine Zidane a réussi son pari insensé : faire de la finale de la Coupe du monde son dernier match de football. ZINÉDINE ZIDANE vient de poser le ballon au point de penalty. Ce ballon, il s’en est saisi sans hésiter, après que Ricardo Carvalho, de Chelsea, eut fauché Thierry Henry, d’Arsenal. Un peu plus d’une demi-heure de jeu étouffante et étouffée. Et là, maintenant, tout peut basculer. Grâce à lui. À quoi pense-t-il, Zinédine Zidane ? Revoit-il son penalty manqué contre la Chine (2-0), en match de préparation, à Saint-Étienne ? Il avait glissé, le ballon avait filé au-dessus de la barre transversale. Revit-il les quatre minutes de palabres enfiévrées d’un autre FrancePortugal, d’une autre demi-finale, celle de l’Euro 2000 (2-1, b.e.o.) ? Là aussi, il s’était emparé immédiatement du ballon et il avait attendu que tout se calme un peu. Au fond, il pourrait répéter ses mots d’alors : « Dès que j’ai pris le ballon, je savais comment j’allais tirer. Une fois que je l’ai posé à terre, je ne me suis plus posé de questions. Il fallait que je le mette au fond. » C’était alors la 117e minute de jeu et ce but en or avait qualifié les Français. Mais là, il ne joue que depuis trente-trois minutes, il est en demi-finale de la Coupe du monde et cet instant, entre espoir et angoisse, semble durer éternellement. Zidane n’a pris que deux pas d’élan. C’est peu. Il frappe violemment. Le tir croisé du pied droit échappe de peu à la main droite de Ricardo, parti du bon côté : 1-0. Zidane revient vers son camp, le visage impénétrable. Il désigne son brassard de capitaine, telle une fierté. Il s’arrête, il regarde le ciel, il lève les deux bras, peut-être en hommage à Jean Varraud (1), son vieux maître, qui vient de le quitter. Aussitôt, Patrick Vieira et Claude Makelele se chargent de le ramener à la réalité. Ils lui parlent, ils s’encouragent, c’est un moment très fort. Dans le couloir, tout le monde l’attend Gagnées Gagné Gagn P d Perdues 8 2 COUPPE PE DE L’UEFA 1996 (finale retour) Borddeeaux a Bayern Baye eerrn rn Munich (ALL) : 11-33 (aller : 00-2) 2) LIGUE DES CHAMPIONS 1997 LIGUE Juvennt nttus Turin (ITA) Borussssia Dortmund (ALL) : 11-33 LIGUEE DES CHAMPIONS 1998 Juvennttus Turin (ITA) Real M Madrid (ESP) : 0-1 SUPERRRCOUPE D’ITALIE SUPE ITALIE 1998 J ntttus Turin - Lazio Rome : 11-22 Juven COUPPEE D’ESPAGNE 2002 Real M Madrid - La Corogne : 1-2 COUPPEE D’ESPAGNE 2004 R l Madrid Real M - Saragosse : 2-3 a.p. En Sélection 0 COUPE DU MONDE 1998 France - Bré B ésilil : 3-0 30 CHAMPIONNAT D’EUROPE EUROPE 20000 France - Italie : 2-1 b.e.o. 10 TOTAL MUNICH. – Comme un symbole, Zinédine Zidane écarte Deco de sa route. Sans ménagement. Le désormais ancien meneur du Real la voulait trop, cette finale, « sa » finale. (Photo Pierre Lahalle) CEUX QUI ONT JOUÉ DEUX FINALES Si le Brésilien Cafu reste le seul à avoir disputé trois finales de Coupe du monde (1994, 1998, 2002), nombreux sont ceux qui en ont joué deux. Après leur qualification obtenue hier soir, les Français Barthez,Zidane, Thuram et Vieira, déjà vainqueursde la finale 1998, devraient venir grossir la liste dimanche. – A. P. 16 BRÉSILIENS : Gilmar, D. Santos, N. Santos, Zito, Didi, Garrincha, Vava, Zagallo (1958 et 1962), Pelé (1958 et 1970), Taffarel, Aldaïr, Dunga, Bebeto (1994 et 1998), Roberto Carlos, Denilson, Ronaldo (1998 et 2002). 12 ALLEMANDS : Beckenbauer (1966 et 1974), Overath (1966 et 1974), Breitner (1974 et 1982), Schumacher,K-H. Förster, Briegel, Rummenigge(1982 et 1986), Littbarski (1982 et 1990), Matthäus, Brehme, Völler, Berthold (1986 et 1990). 8 NÉERLANDAIS: Jongbloed, Jansen, Suurbier, Haan, Krol, Neeskens, Rep, R. Van de Kerkhof (1974 et 1978). 3 ARGENTINS : Ruggeri, Burruchaga, Maradona (1986 et 1990). 2 ITALIENS : Meazza, Ferrari (1934 et 1938). 1 ITALO-ARGENTIN : Monti (Argentine 1930, Italie 1934). En gras, les années de victoire en finale. Trois joueurs seulement ont réalisé la performance de marquer dans deux finales : Pelé (Brésil 1958 et 1970), Vava (Brésil 1958 et 1962), Breitner (Allemagne 1974 et 1982). 6 En club COUPE INTERCONTINENTALE 19996 Juventus Turin (ITA) River Plate (ARG) : 11-00 SUPERCOUPE D’EUROPE 1996 PParis-SG Paris i SG Juventus Turin (ITA) : 1-6, 1--3 SUPERCOUPE D’ITALIE ITALIE 1997 Juventus Turin - Vicence : 33-00 SUPERCOUPE D’ESPAGNE 20011 Saragosse - Real Madrid : 11-11, 00-33 LIGUE DES CHAMPIONS 2002 Real Madrid (ESP) Leverkusen (ALL) : 22-11 SUPERCOUPE D’EUROPE 2002 Real Madrid (ESP) Feyenoord (HOL) : 33-11 COUPE INTERCONTINENTALE 20002 Real Madrid (ESP) Ol Olimpia AAsuncion (PAR) : 22-00 SUPERCOUPE D’ESPAGNE 20033 Majorque - Real Madrid : 2-1, 2-1 2 1, 00-33 En inscrivant son 30e but pour les Bleus (en 107 sélections), Zidane a rejoint Papin (54 sél.) et Fontaine (21 sél.) à la 4e place du classement des buteurs en équipe de France. Les trois premières places sont occupées par Platini (41 buts, en 72 sél.), Henry (36 buts en 84 sél.) et Trezeguet (32 buts en 65 sél.). Par ailleurs Zidane a rejoint Marius Tresor (21 brassards de capitaine) et le dépassera dimanche à l’occasion de la finale. Ce classement des brassards de capitaine a pour leader Didier Deschamps (54) qui devance Platini (50), Desailly (49), Marche (42), Amoros (29), Jean Djorkaeff (24) et donc, Zidane et Tresor, ex-aequo à la 7e place. – A.P. LE CINQUIÈME DE ZZ. – Zinédine Zidane a réussi hier son cinquième penalty avec les Bleus. Il avait marqué en sélection (déjà) contre le Portugal (2-1, but en or, en demi-finale du Championnat d’Europe, le 28 juin 2000), le Japon (5-0, en amical, le 24 mars 2001), Malte (6-0, en éliminatoires de l’Euro portugais, le 29 mars 2003) et l’Angleterre (2-1, lors du premier match de l’Euro portugais, le 13 juin 2004). Il restait cependant sur un échec puisque, victime d’une glissade, il avait tiré au-dessus du cadre contre la Chine (3-1) le 7 juin, lors du dernier match de préparation des Bleus pour cette Coupe du monde. 6 Zidda Zidane daane ne et mooi moi oi Chirac, Villepin, les députés, tous supporters Jacques Chirac a adressé hier soir ses « félicitations les plus chaleureuses et les plus admiratives » à l’équipe de France pour sa qualification et annoncé qu’il serait à Berlin dimanche pour apporter aux Bleus le soutien « enthousiaste de tous les Français. » Il a souligné que « face au Portugal, la France a démontré avec brio la force d’une équipe soudée dont la détermination sans faille a permis cette superbe victoire. » « Tous les Français sont particulièrement fiers ce soir et partagent avec les Bleus le bonheur de ce magnifique succès. » Le Premier ministre Dominique de Villepin a « tremblé » , lui, avec les supporteurs de l’équipe de France. « Mais c’est une équipe qui a la grâce, c’est une équipe qui va aller jusqu’au bout parce qu’elle est soutenue par tout un peuple, par tout un pays. » Enfin, au coup de sifflet final, une immense clameur a résonné dans les jardins de l’Assemblée nationale où députés de droite et de gauche ainsi que les fonctionnaires du Palais-Bourbon ont suivi fébrilement la demi-finale. « C’est la droite et c’est la gauche qui ont gagné. C’est donc la France », a crié le président de l’Assemblée nationale Jean-Louis Debré, les bras levés pour saluer la victoire des Bleus. Dans les jardins de l’Hôtel de Lassay, il avait convié députés et fonctionnaires de l’Assemblée à suivre sur grands écrans la rencontre. Un immense drapeau bleu-blanc-rouge avait été affiché. Certains arboraient le maillot bleu de l’équipe de France, le visage peint aux couleurs tricolores. Lamour : « On s’est fait un peu arroser » Chaque jour, un témoin ayant croisé la route de Zinédine Zidane évoque ses souvenirs. Aujourd’hui, LAURENT BLANC qui, avec lui, a beaucoup partagé. Et d’abord le même goût du silence. « Son silence peut être une force » « PARLER DU JOUEUR M’APPARAÎT une tâche démesurée. Je suis d’accord avec tout ce qui a été dit, se dit ou se dira sur lui. Et c’est encore insuffisant. Alors, je vais parler de l’homme. C’est vrai, pourquoi il me plaît, cet homme ? Certainement parce qu’on se ressemble un peu. Dès qu’on le côtoie, dès qu’on le connaît mieux, Zizou vous touche par son humanité. Il ne parle pas beaucoup non plus. Si on s’est toujours bien entendus, au point que se sont créées des affinités, c’est peut-être aussi parce que nous sommes des silencieux tous les deux. S’il parle peu, Zizou est un homme qui n’a pas besoin de beaucoup de mots pour faire comprendre l’essentiel. Son silence peut être une force. La victoire du 12 juillet 1998 acquise, nous sommes devenus des sortes de phénomènes. Tout le monde voulait nous voir, nous parler, partager quelque chose avec nous. C’était très sympa, mais… Il nous a fallu une journée, pas ILS ONT DIT plus, pour qu’on se regarde, Zizou et moi, pour qu’on se comprenne : il nous fallait fuir tout cela. On avait beaucoup donné. On voulait partager avec les nôtres. On s’est retrouvés à l’aéroport, lui et moi, avec femme et enfants. Zinédine Zidane est devenu infiniment plus qu’un joueur de football. Mais je suis certain qu’il est resté cet homme qui veut partager avec son cercle rapproché, avec ceux qu’il aime et ceux qui l’apprécient. J’adore ces mecs qui ne sont pas là pour profiter de quoi que ce soit, et surtout pas de leur statut. Ils sont humbles et cette humilité me plaît. C’est pour ça qu’on les aime et que je l’apprécie, lui. Au fait, j’ai croisé récemment sa femme et ses deux aînés, des lascars. Je peux vous dire que, dans un avenir assez proche, il y aura de nouveaux Zidane sur les terrains de football. La dynastie des Zidane ne fait que débuter. » – O. M. Jean-François LAMOUR (ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative, au micro de Canal +) : « On le savait, ç’a été un match très difficile. Les Portugais sont rudes. Ils ne nous ont pas laissé beaucoup d’espaces. Il a fallu ce penalty de Zidane, et ç’a été compliqué à la fin. Dans le vestiaire, l’émotion était intense. On s’est fait un peu arroser. On s’était donné rendez-vous le 9 juillet. On y est. Je serai à la finale, mais ce sont tous les Français qui soutiendront les Bleus. Le président sera présent. » Michel HIDALGO (ancien entraîneur des Bleus, au micro de RTL): « Même fatigués, les Français ont résisté ce soir. On a franchi la marche pour aller en finale. La marche qui reste maintenant paraît un peu vertigineuse quand on connaît l’esprit de compétition des Italiens, leur organisation. Mais quel grand pas ce soir pour une équipe qui est peut-être au crépuscule mais qui peut avoir un deuxième titre de champion du monde. » Gérard HOULLIER (entraîneur de Lyon, au micro de RTL): « Ce que j’ai aimé dans cette Coupe du monde, ce sont les anciens. Si vous faites le bilan : Vieira a été important contre l’Espagne, Makelele a été un diamant, une mine d’or, Zidane a été évident contre le Brésil, et aujourd’hui Thuram n’a, je crois, pas perdu un seul duel. Pour la finale, l’homme du jour peut être Thierry Henry. Ou Zizou sur un coup franc. » Emmanuel PETIT (au micro de RTL): « Pour la finale, il va falloir faire un gros match, parce que l’Italie a marqué dans tous ses matches de cette Coupe du monde. Elle a fini en trombe contre l’Allemagne. Mais elle doit faire une performance exceptionnelle si elle veut battre les Bleus. » Jean-Pierre PAPIN (au micro de RTL): « Etre meilleur que les Italiens, sur ce qu’on a vu, ce sera difficile. Ils ont un gardien en pleine bourre en ce moment. Mais les Bleus ont une organisation on ne peut plus parfaite. Les muscles vont vite récupérer en trois jours et le mental doit faire le reste. » Dominique DE VILLEPIN (Premier ministre, au micro de TF 1) : « C’est une équipe qui continue de nous faire rêver, même si ce soir on a tremblé. Cette équipe a la grâce, elle est portée par tout un peuple, tout un pays, avec beaucoup d’émotions et d’amour. Ce soir, ç’a été le match le plus difficile, mais notre équipe a utilisé toute sa sagesse, toute son expérience. Contre ces Portugais très rapides, il fallait tout le sang-froid de l’équipe de France. » Jack LANG (député PS du Pas-deCalais, au micro de RTL) : « J’ai suivi la rencontre dans un bistrot des Champs Elysées tenu par un ami. C’est un match qui nous a transporté. Je suis fier de Ribéry comme tous les Français, comme tous les Boulonnais, moi qui suis député de son quartier de Boulogne-sur-Mer. Les gens sont heureux, ce soir. C’est un moment rare de joie partagée. C’est un coup de bonheur inespéré. » Escalettes : « Une belle revanche » Le président de la Fédération française (FFF), Jean-Pierre Escalettes, a estimé hier que la qualification des Bleus pour la finale du Mondial constituait « la plus belle des revanches » pour le sélectionneur Raymond Domenech, critiqué avant le début de l’épreuve. « Il a souvent été critiqué, a-t-il déclaré. Mais on voit qu’il avait raison sur le fond. Parfois pas totalement sur la forme, mais le fond, c’est le plus important. Il a beaucoup souffert des critiques. Aller en finale, c’est un rêve de gamin. Ce groupe est remarquable. Ils (les joueurs) ne parlaient que de l’Italie dans le vestiaire » à la fin du match. Interrogé au sujet de la prolongation ou non de Domenech à son poste, Escalettes a répondu : « C’est complètement différent si on est éliminé ou si on va en finale. » « Poser la question, c’est y répondre », a-t-il ajouté. L’ÉVÈNEMENT DU JOUR SUR RTL 20H - ON REFAIT LE MATCH SPÉCIAL BLEUS 2 1 H - T O U T S U R L A V I C T O I R E D E L’ É Q U I P E D E F R A N C E a v e c G . H O U L L I E R , M . H I D A L G O , T. R O L A N D , E . P E T I T, J - P. P A P I N , P. G A R I B I A N … 6H45 - RTL MONDIAL AVEC 20H - LE CLUB FRANCE RTL AVEC Christian OLLIVIER Christophe PACAUD PAGE 8 JEUDI 6 JUILLET 2006 Bleu Rouge Noir Jaune Rouge Les finales de Zidaanee Zidane rejoint Papin et Fontaine Bleu Rouge Le quart d’heure de la mi-temps est passé très vite. Zinédine Zidane revient sur le terrain au pas de charge. Logiquement, le Portugal domine. Les Français jouent en contres, appuyés sur un formidable Thuram. 52e minute, Thierry Henry s’enfuit, c’est un sprinteur olympique et son tir croisé du pied gauche est un calvaire pour Ricardo. OLIVIER MARGOT (1) L’homme qui l’a découvert à Marseille et l’a fait entrer au centre de formation de l’AS Cannes. (2) Littéralement, l’avenue sous les tilleuls. Jaune Bleu Jaune L’artiste se mue en travailleur Au tour de Ribéry de frapper fort. Mais les Portugais sont meilleurs que les Brésiliens. Le siège commence. 55e minute, un coin de ciel bleu dans la nuit : immense contre-attaque de Ribéry, ballon à Zidane qui veut donner à Henry, passe ratée, l’un de ses premiers échecs. Il n’a plus l’euphorie athlétique des matches précédents, ni la magie technique du sommet personnel que fut la rencontre contre le Brésil. Alors, il se bat, il dégage de la tête un corner dangereux à la 70e minute. La suite est un combat pour la vie. Pour aller plus loin. Pour aller jusqu’à Berlin. Zidane n’est plus un artiste, il est un travailleur comme les copains. Parfois, on a l’impression que les deux équipes jouent sur une seule moitié de terrain, la française. Enfin, c’est fini. L’équipe de France et Zinédine Zidane sont en finale de la Coupe du monde une deuxième fois. C’est lui, « Ziz », qui a marqué le but de la victoire. Ils s’embrassent. Ils applaudissent les supporters français, en délire. Zidane échange son maillot avec Figo. Bientôt, il rejoindra Berlin. Pour son dernier match de football. Qui sera une finale de Coupe du monde. Une apothéose, un scénario idéal, que même un film hollywoodien n’aurait osé imaginer. À Berlin, Zinédine Zidane ne pourra pas aller voir l’Alexander Platz. Ni Unter den Linden (2), la célèbre avenue. Mais il passera pourtant son dernier été de footballeur sous les tilleuls. Noir Noir Un peu plus de deux heures auparavant, Zinédine Zidane était descendu du car des Bleus parmi les premiers, son sac sur l’épaule pour ne pas perdre de temps. La route est longue jusqu’au vestiaire, le temps d’un clin d’œil à la télé, le temps pour Dhorasoo de filmer ses potes, et même le cameraman. Comme d’habitude, Zidane est à un bout de la rangée. À sa droite, il a Fabien Barthez et Franck Ribéry. Sur le terrain, Scolari s’est approché de Domenech. Les deux entraîneurs parlent avec les mains, avec des rires, c’est sympa, presque fraternel. Ils se souhaitent bonne chance. Il en faudra. À l’échauffement, Zidane entre le premier. D’abord, des mouvements d’assouplissement tout seul. « Je suis trop vieux, maintenant, pour tirer dans des ballons à froid, comme les autres. » Barthez a commencé son échauffement depuis longtemps. De temps à autre, il sourit. Au-dessus de lui, un supporter habillé en Barthez est embrassé sur le front par un supporter déguisé en Chirac. Il est 20 h 28 quand Zidane parle une première fois pendant les étirements. Son visage ruisselle de sueur, les mots jaillissent comme de l’eau. Puis il échange des ballons avec Ribéry. Père et fils. À 20 h 38, Zinédine Zidane rentre au vestiaire le premier. Retrouver le calme. Trouver la concentration. Toucher son dernier maillot, peut-être. Respirer son dernier vestiaire, peut-être. Dans l’escalier, Patrick Vieira double tous les Portugais au pas de course. Un signe ? Thuram rentre le dernier. Il est allé mettre un ballon dans le but de la tête. Une demi-finale de Coupe du monde doit lui rappeler quelque chose. Les voilà qui attendent dans le couloir. Sagnol et Barthez plaisantent avec Da Costa, un ancien Monégasque, comme eux. Vieira discute avec Sagnol, c’est sérieux. Makelele et Ricardo Carvalho, ceux de Chelsea, s’enlacent. Pauleta salue les Français un par un. C’est Zidane qu’on attend. Le voici. Il sourit, il est comme à l’intérieur de lui. Il est prêt, ils sont tous avec lui, ses équipiers, ceux de la Castellane et ses parents, ceux de Kabylie peutêtre, tous ses amis et sans doute toute la France. La Marseillaise. Thuram en ferme les yeux. Figo et Zidane, les deux capitaines, échangent les fanions. C’est toute l’histoire récente du football qui défile, celle des Ballons d’Or, celle du Real Madrid, celle des France-Portugal. Match. 7e minute, Henry cherche Zidane, joliment, d’une talonnade. Mais, très vite, l’équipe de France est en difficulté, presque en apnée. Figo, et surtout Ronaldo sèment le trouble, sinon la terreur. Barthez est là, parfois du bout des doigts. Zidane semble errer, à la recherche de sa place et du ballon. À la 21e minute, on le voit s’élancer dans un pressing solitaire et désespéré, puis hurler, taper dans ses mains, rameuter ses troupes. Il faut bien ça. On pense à ses mots dans le film Zidane, un portrait du 21e siècle : « Parfois, quand on arrive sur le terrain, on a l’impression qu’on ne peut rien faire. Le scénario a déjà été écrit. » Juste après un festival technique mené par Ronaldo et Figo, ponctué de olé, Zinédine Zidane commence à jouer en déviation, en première intention, dans l’espoir d’accélérer le jeu. Enfin, c’est le penalty, celui qui change tout. Il est à une heure de sa deuxième finale de Coupe du monde. Le voici qui vient dérober un ballon à Deco. Cette finale, il la veut. 9 Bleu Rouge Noir Jaune Partenaire des Champions COMAREG S.A. au capital de 14 581 000 euros . Siège social : Imm. Le Danica 23, av.Georges Pompidou 69003 LYON - RCS LYON B068 502 376 - Montauban Tarn-et-Garonne XV Champion de France Pro D2 Accession Top14 Valenciennes F.C Champion de France Ligue 2 Accession Ligue 1 USAL Limoges Rugby Vice champion de France Fédéral 1 Accession Pro D2 Paris F.C Champion C.F.A Accession au National Rodez Aveyron Football Champion C.F.A Accession au National Rugby Club Annemasse 1er poule 3 Division d'Honneur Accession Fédéral 3 RC Cannes volley-ball féminin Champion de France Pro A Volley Vainqueur de la Coupe de France Vice champion d'Europe R A F RODEZAVEYRONFOOTBALL ASO Arménienne 1er Division d'Honneur Accession CFA 2 Annecy Hockey Club Champion de France D2 Accession D1 Besançon Basket Comté Doubs Champion Pro B Accession Pro A UJA Alfortville 1er DSR Accession Division d'Honneur ...et remercie l'ensemble des autres clubs partenaires qui ont participé aux différents championnats. JEUDI 6 JUILLET 2006 PAGE 9 Bleu Rouge Noir Jaune Rouge A.S Nancy-Lorraine Vainqueur Coupe de la Ligue Bleu Rouge Biarritz Olympique Pays Basque Champion de France Top14 Finaliste de la H Cup Jaune Bleu Jaune Olympique Lyonnais Champion de France Ligue 1 1/4 de finale Ligue des Champions Noir Noir ParuVendu félicite les clubs partenaires qui ont remporté un titre au cours de la saison 2005/2006... 10 FOOTBALL Bleu Rouge Noir Jaune COUPE DU MONDE (demi-finales) – PORTUGAL - FRANCE : 0-1 Joyeux et sereins Les Bleus ont célébré leur qualification avec mesure. Pour eux, la mission n’est pas terminée. MUNICH – de notre envoyé spécial « YOU’LL NEVER WALK alone », l’hymne du Liverpool FC, résonne dans un stade à moitié vide, mais les frissons sont presque aussi intenses qu’un soir d’hiver à Anfield. Le virage de supporters de l’équipe de France est un mur humain, tout bleu, évidemment, et il chante à pleins poumons, hurlant sa joie et sa fierté. Celle d’avoir vu les Bleus dominer le Portugal, malgré des arrêts de jeu aussi irrespirables qu’interminables. Mais une fois le coup de sifflet final, quelle délivrance ! Compagnons de surface, Fabien Barthez et Willy Sagnol tombent dans les bras l’un de l’autre, épuisés par les derniers assauts de Figo et de Cristiano Ronaldo. Devant son banc de touche, Raymond Domenech, ému, est vite entouré de son staff. Les embrassades sont franches mais empreintes d’une certaine retenue, sans débordement de joie outrancier. À quelques mètres de là, sur le pelouse, Sylvain Wiltord et Pascal Chimbonda sont allongés, ivres de bonheur. Hormis quelques gestes d’ éner vem ent d’un o u deux membres du staff, le Portugal est un beau perdant. Zinédine Zidane et Luis Figo échangent quelques mots, comme Pedro Pauleta et Fabien Barthez, dans le rond central. Des petits moments d’éternité STÉPHANE KOHLER PAGE 10 JEUDI 6 JUILLET 2006 Bleu Rouge Noir Jaune Rouge MUNICH. – Discrets au début de la compétition, les supporters français étaient en nombre à Munich, maillots bleus sur le dos et drapeaux tricolores au vent. Après quatre-vingt-dix minutes intenses, ils ont pu laisser éclater un bonheur immense : la France disputera dimanche la deuxième finale de Coupe du monde de son histoire. (Photos Richard Martin et Stéphane Mantey) Bleu Rouge MUNICH. – Lilian Thuram donne l’accolade à Pierre Mankowski, l’adjoint de Raymond Domenech, lequel félicite son défenseur central, auteur hier soir pour sa 120e sélection d’un match phénoménal : le symbole d’une communion qui n’est pas toujours allée de soi entre le staff et les joueurs de l’équipe de France. (Photo Alain de Martignac) MUNICH. – Willy Sagnol prend dans ses bras Thierry Henry. Le numéro 19 des Bleus a vécu une soirée de rêve hier : il s’est qualifié pour la finale de la Coupe du monde sur la pelouse du Bayern, où il est devenu, depuis six ans, l’une des idoles des supporters munichois. (Photo Stéphane Mantey) Jaune Bleu Jaune MUNICH. – En 1998, William Gallas avait vingt ans et venait de faire trois apparitions en D 1 pour sa première saison à Marseille. Huit ans plus tard, il a été l’un des acteurs les plus en vue de la nouvelle épopée bleue. De quoi remercier le ciel (en arrière-plan, Jean-Alain Boumsong, Pascal Chimbonda, Mickaël Landreau et Vikash Dhorasoo). (Photo Stéphane Mantey) Noir Noir Les Bleus se dirigent ensuite avec un étonnant calme vers « leur » virage, pour mordre à pleines dents dans une joie partagée, une communion renouvelée. Toujours prêt à montrer l’exemple, Patrick Vieira ouvre la voie, suivi de Florent Malouda et de Alou Diarra. Zidane, lui, est déjà parti savourer la qualification dans l’intimité des vestiaires, digne et mesuré dans la victoire. Pas de tour d’honneur ? Pas de plongeon de gamin sur la pelouse ? Non, la mission n’est pas terminée. Objectif Berlin le 9 juillet, avait prédit Mage Raymond. Le mage avait donc raison. Avec ses adjoints, il dresse une haie d’hon- neur, plus timide que face au Brésil, et les joueurs croulent sous les tapes amicales, les accolades et ces regards qui en disent si long. L’immense Lilian Thuram s’étreint avec le Dr Paclet, puis avec Domenech. Mais voilà Joe Dassin, si si, et ses Champs-Élysées, alors que les vrais sont sans doute déjà noirs de monde à cette heure-ci. Il est un peu moins de 23 heures à Munich comme à Paris, mais le temps s’arrête quand on sait vivre des petits moments d’éternité. William Gallas, Wiltord et l’inusable Franck Ribéry lancent la chorégraphie, on lève les bras de droite à gauche. Mais où est donc Gloria Gaynor ? Pas de panique, la la la la la la voilà, elle va survivre, on va survivre, et nous voilà revenu huit ans en arrière, un songe d’été bleu qui n’en finit pas de battre dans les cœurs et dans les têtes. Thierry Henry, qui vient de récupérer un drapeau tricolore, marche vers le banc, tête haute et visage impassible. À son tour il embrasse Domenech, puis s’arrête à l’entrée du tunnel. Ici l’attend Barthez, tranquillement assis sur une rambarde, comme s’il buvait l’apéro à une terrasse ombragée de l’Ariège. La prochaine tournée des Bleus, c’est peut-être pour dimanche. 11 FOOTBALL Bleu Rouge Noir Jaune COUPE DU MONDE (demi-finales) – PORTUGAL - FRANCE : 0-1 Emportés par la foule Du Parc des Princes aux Champs-Élysées, de Strasbourg à Brest et de Lille à Marseille, la France est descendue dans les rues, hier soir, pour célébrer les hommes de Domenech. Le Portugal, lui, a pleuré ses héros battus. CHAMPS-ÉLYSÉES – de notre envoyé spécial MARCHER LE LONG des ChampsÉlysées un soir de demi-finale des Bleus, c’est comme écouter le match à la radio. Sans voir les actions, on peut savoir ce qui se passe sur le terrain rien qu’avec le son. Des bars, des restaurants, des terrasses d’immeubles, les cris s’élèvent, résonnent, percent la nuit parisienne. Sans s’y connaître vraiment, il n’est pas bien difficile de deviner où en est l’équipe de France. Un immense cri de joie, tandis qu’une salle entière de restaurant se lève brusquement, et vous pouvez être sûr que Zidane vient de transformer son penalty. Un hurlement étouffé et, cette fois, c’est le Portugal qui est tout près de marquer. Pendant quatre-vingt-dix minutes, le cœur des Champs-Élysées ne bat que pour ce ballon, que supporters français et portugais espèrent voir le plus loin possible de leur but et, si possible, dans celui d’en face. Sur toute l’avenue, bien avant le coup d’envoi, tout le monde ne parlait déjà que du match. Alors pendant, ça devient une obsession... « À nous Berlin ! » de notre envoyé spécial « À MUNICH, ça paraît plus calme qu’ici ! », s’exclama l’un des milliers de supporters des Bleus installé dans le canapé géant du Parc des Princes, hier soir, quelques instants après le premier but libérateur de l’artiste Zidane, au goût de pili-pili. Il y eut une houle furieuse, à ce moment-là, dans une enceinte dont on loue toujours la formidable caisse de résonance, et qui était à moitié garnie, avec 95 % de supporters aux yeux bleus rivés sur trois écrans géants, deux déjà installés dans les virages, l’un posé pour l’occasion sur la pelouse. Une question fusa ( « Et ils sont où les Portugais ? »), un cri d’amour éclaira une nuit tombante que zébrèrent aussi des feux de Bengale (« Zizou, Zizou ! »), et puis s’enclenchèrent une ola et un défi qui n’effrayait personne : « Qui ne saute pas n’est pas Français ! » Les jambes des tribunes côté présidentielle, pas habituées à être « bougées » de la sorte, en flageolent encore. Dès 19 heures, on avait commencé de s’installer en famille ou entre potes, en ayant pris soin d’emporter un piquenique, avec drapeaux, tuniques bleues de toutes époques et joues maquillées pour les plus fervents. En attendant le coup d’envoi avec une impatience nerveuse, le public, plutôt juvénile, a pu s’extasier, en musique, sur les exploits DAVID FIOUX AGRESSION À CHARLÉTY. – Un spectateur a été blessé à l’arme blanche au stade Charléty, à Paris, où plus de 25 000 personnes ont suivi la demi-finale. L’homme, dont la gravité des blessures n’a pas été précisée, a été secouru près de la station du RER D par des pompiers, peu après 23 heures, et pris en charge par une équipe du Samu. – (AFP) PARC DES PRINCES. – Comme à son habitude, c’est encore Zizou qui a mis le feu. Et comble de bonheur pour les supporters parisiens, hier, les fumigènes avaient pu pénétrer dans le Parc. (Photo Jean-Louis Fel) passées de Zidane sous le maillot tricolore. Au moment de songer au match, à chacun sa théorie, son scénario, son pronostic, ses sensations. « 1-0 pour la France avec un but contre son camp de Pauleta, soutint avec originalité un père de famille. Ce sera plus dur que contre le Brésil, qui est venu avec ses Harlem Globe-trotters, pas avec une équipe de foot. Et j’ai peur que les Portugais s’efforcent de casser Zidane. » Le coup d’envoi approche, on essaie de se caser tant bien que mal quand la Marseillaise résonne après la rengaine de Gloria Gaynor, « I Will Survive » . L’hymne est repris debout et à tuetête. Après dix minutes de jeu, un spectateur se lève, tenaillé par un besoin pressant. Les Bleus sont bousculés. « Mais c’est comme dans un avion, se rassure-t-il. Il y a des turbulences. Mais ça va revenir. » Et puis l’adresse de Zidane passe par là, après le penalty sur Henry. La pause glisse sur les tubes de Johnny Hallyday (« Allumer le feu ! ») et de Madonna (« Hung up »). Retour à Munich, avec un Dominique de Villepin à l’écran, autant conspué que Cristiano Ronaldo. Qu’elle sera crispante, cette seconde période, avec beaucoup plus de cris aigus que rauques en écho, notamment sur la tête de Figo au bout du match. Mais les Bleus tiennent leur finale, et le coup de sifflet final se perd dans les pétards et le délire, qui va continuer dehors. JOHAN RIGAUD Le bonheur en berne À Lisbonne comme dans tout le pays, les Portugais ont pleuré, abandonnant leur joie aux quelques Français. LISBONNE – de notre envoyé spécial LA FAMEUSE MER DE PAILLE, l’estuaire du Tage, plus long des fleuves de la péninsule Ibérique, qui SAINT-MAUR (Val-de-Marne). – Commencée dans la joie, la soirée s’est terminée dans les pleurs pour cette jeune supportrice portugaise, qui s’était rendue hier au stade des Corneilles, à Saint-Maur, pour encourager la Selecçao. (Photo François Gille/L’Équipe) baigne Lisbonne, est restée à marée basse. Elle n’a pas déversé, la nuit dernière, cette marée humaine sur la capitale portugaise. Comme cela en était devenu une habitude depuis trois semaines. Au coup de sifflet final, sur les sept collines encerclant la ville, du parc des Expositions aux Amoreiras, des dizaines de milliers de personnes sont rentrées chez elles, laissant orphelines la place Marques de Pombal et l’avenue de la Libertade, lieux habituels des célébrations des plus belles victoires de la Selecçao. La soirée de l’ambassadeur Hier soir, les pleurs ont donc remplacé les chants, à l’image de cette tristesse qui avait enveloppé un pays, il y a deux ans, après une finale de l’Euro 2004 perdue à domicile contre la Grèce (0-1). Lisbonne, cette ville cosmopolite, capitale d’Europe la plus à l’ouest, avait pourtant une nouvelle fois vu se confondre, pour la cause nationale, supporters du Sporting et du Benfica. Une multitude d’écharpes, de maillots, de drapeaux aux couleurs verte et rouge, qui célèbrent la chute de la monarchie et la proclamation de la République (1910), étaient prêts à s’embrasser. Il s’agissait donc, cette fois, de fêter la chute de la maison bleue, après deux défaites frustrantes face au voisin, lors de demi-finales (déjà) si marquantes. Encore raté. Pour marquer l’événement, l’ambassade de France avait, elle, convié ses ressortissants – ils sont environ 5 000 à Lisbonne – à l’Institut franco-portugais. L’auditorium a accueilli près de cent cinquante personnes, des deux communautés. L’ambassadeur, Patrick Gautrat, était le maître discret de la cérémonie, précisant qu’il avait tenu à laisser le lieu « ouvert, pour que tout le monde puisse en profiter ». L’hymne portugais, le premier à être joué, fut repris par quelques voix et chaleureusement applaudi. Presque davantage que l’hymne français. L’ambiance fut ainsi partagée, au rythme des occasions, certains ayant d’ailleurs poussé le vice, ou la coquetterie, à arborer les tenues des deux pays… Les encouragements étaient moins JEUDI 6 JUILLET 2006 équilibrés un peu plus haut dans l’avenue Luis-Bivar. Le Bistrot parisien avait mis les petits plats portugais devant le grand écran, encadré par les deux drapeaux. Dans la salle, les supporters étaient à majorité… locale, les quelques « étrangers », certains en vacances prévues bien avant cette demi-finale, essayant, tant bien que mal, de se faire entendre. Le patron de l’établissement avouait avoir « le cœur portugais », sa nationalité. À la différence de sa femme, une Française qui s’époumonait d’ « Allez les Bleus ! », trouvant son plus bel écho à l’Institut franco-portugais, trois quarts d’heure plus tard, avec les traditionnels « On est, on est, on est en finale ! ». À Lisbonne, la nuit s’annonçait longue pour les Français comme pour les Portugais. Mais pas pour les mêmes raisons. FRANCK LE DORZE LISBONNE. – Ils étaient des milliers de supporters sur la place Marques de Pombal de Lisbonne, hier, prêts à communier avec leur équipe. Les prières des femmes implorant la vierge, un chapelet à la main, n’ont pas suffi et les joueurs de Luiz Felipe Scolari ont passé près d’une heure à courir après le but de Zidane. (Photo Nacho Dore/Reuters) PAGE 11 Bleu Rouge Noir Jaune Rouge PARC DES PRINCES – Bleu Rouge Le Parc allume le feu Jaune Bleu Jaune CHAMPS-ÉLYSÉES. – Comme c’est devenu une belle habitude depuis 1998, Paris s’est donné rendez-vous hier soir sur les Champs pour fêter la qualification des Français en finale. Qu’on se le dise, la vague bleue déferle à nouveau ! (Photo Pascal Rondeau) Noir Noir Ceux qui n’ont pas la chance d’avoir dégoté une place dans un café suivent la rencontre comme ils peuvent : à 20 mètres d’un écran de télévision, derrière une vitre et une cinquantaine de têtes qui dépassent. « On ne voit pas grand-chose, mais c’est mieux que rien. » Près des feux rouges, les passants se penchent aux fenêtres des voitures. Objectif : trouver un automobiliste qui écoute le match à la radio et puisse donner le score. « Ça a l’air chaud. Les Portugais poussent fort. » Entre les actions, le silence est impressionnant dans un quartier où l’agitation est permanente. Seuls quelques scooters qui tournent en rond en klaxonnant viennent troubler la concentration des supporters. Soudain, c’est l’explosion. Le but de Zizou a suffi, la France a gagné, les cris montent de partout. Tout le monde n’a alors qu’une phrase à la bouche : « Sur les Champs ! » Pris dans une vague que l’on ne peut contenir, les supporters s’engouffrent, escortés par quelques CRS. La circulation n’est plus possible depuis quelques minutes, la rue est à eux. Scènes de liesse. « Zizou est grand. » « On est en finale. » « À nous Berlin ! » Et des cris, toujours des cris, qu’on ne déchiffre pas mais qui font du bien. Dans la rue, bien sûr, il y a plus de bleu que de rouge. Mais si les Français exultent, une poignée de Portugais sont quand même venus. « Félicitations », lance l’un d’eux, en serrant plusieurs mains sur son passage, le sourire un peu forcé. Les supporters de tous bords s’apostrophent en pleine rue. On se prend en photo avec son voisin. La nuit s’enfonce dans une folie douce. Comme lors des derniers matches, la foule ne cesse d’affluer, tellement nombreuse qu’on se demande d’où elle peut bien venir. À partir des bouches de métro, les Champs-Élysées n’en finissent plus de se remplir. Et chacun espère : pourvu que ça ne soit pas la dernière fois. 12 FOOTBALL Bleu Rouge Noir Jaune COUPE DU MONDE Le grand derby bleu La finale opposera deux rivaux aux relations contrastées. Ce sera la 5e rencontre en Coupe du monde. L’Italie n’a plus gagné depuis 1978. MUNICH – de notre envoyé spécial LONGTEMPS, LE FOOTBALL français a nourri un lourd complexe vis-àvis de son voisin italien. Il était impressionné, admiratif (sauf de sa philosophie du jeu : gagner, toujours gagner…), envieux. La passion de son peuple était énorme à côté de l’indifférence de l’opinion française. Elle l’est toujours. Ses stades étaient des cathédrales, vus des chapelles des villes d’ici. Ses clubs (*) étaient des institutions et des entreprises quand ceux de France n’étaient encore que des associations à but non lucratif et aux racines bien faiblement ancrées dans le sol. Ses concours de pronostics, même, rendaient jaloux les sportifs français, mais ici, au nom des grands principes, on refusait de miser sur la performance humaine. Son palmarès ne cessait de s’allonger avec les trophées créés et dessinés par des Français, et la France se disait que les victoires devaient s’arrêter en haut des cols des Alpes. Ces montagnes semblaient vraiment séparer deux mondes différents. L’histoire de l’équipe d’Italie, toute de blanc vêtue, a commencé par un match contre la France. Et par un tonitruant 6-2 qui posait bien le problème. En fait, les relations francoitaliennes entre les Bleus de France et les Bleus (comme la maison de Savoie) d’Italie ont connu trois périodes d’inégale durée et aux bilans extraordinairement tranchés. La première, qui commence donc en 1910, est la plus courte. Elle couvre dix ans, parmi lesquels les quatre de Le bilan de la France contre l’Italie (32 matches) 7 17 défaites vivictoires 8 emmenés par Boniperti en 1951 ou, plus tard, propulsés par l’« oriùndo » brésilien Altafini (deux buts en 1962). Les Français pouvaient entrer dans une période faste, qui connaîtrait son apogée à la Coupe du monde 1958. Contre l’Italie, rien n’y faisait. Que les Français jouent en bleu, en blanc, en rouge, comme souvent après la guerre, la conclusion était la même. Piantoni, fils d’Italien, pouvait marquer en 1954, Vincent et Fontaine, héros de Suède, inscrire deux buts en 1958, l’Italie continuait sa série. Les années passèrent, les matches s’espacèrent. Les relations reprirent avec les années Platini. À Naples, au début de 1978, il marqua deux coups francs à Zoff, mais le second eut lieu parce que le premier avait été donné à retirer. Il y avait comme une promesse dans ce 2-2 obtenu par l’équipe d’Hidalgo : pour la première fois depuis 1912, la France ne revenait pas battue de son voyage en Italie. Mais, une fois encore, quand vint la compétition, les compétiteurs italiens firent encore la loi. À Mar del Plata, pour le premier match du Mundial 78, Lacombe marqua à la première minute. Mais l’Italie gagna le match (2-1). Cependant, à partir de là, on bascula dans la période moderne. Car, dès le match suivant, en 1982, la France gagna enfin. Platini, bientôt à la Juve, fut magistral. Bravo fêta sa première sélection d’un but. 2-0, soixante et un ans d’attente française prirent fin, un quart de siècle d’attente italienne commençait. À partir de 1982, tout change À partir de 1982, la France se met à ne plus perdre. Elle réalise un chefd’œuvre de maîtrise à Mexico en 1938 Trop fort, l’escadron noir 1986 La confirmation ORGANISÉE EN FRANCE, la troisième Coupe du monde se dispute exclusivement par matches éliminatoires. Vainqueurs des Belges en huitièmes de finale (3-1), les Tricolores ont la malchance de tomber en quarts sur le champion en titre, l’Italie. Un adversaire que, contre toute attente et grâce à un Laurent Di Lorto éblouissant dans sa cage, ils ont tenu en échec six mois plus tôt au Parc des Princes (0-0). Mais les Transalpins, même s’ils ont peiné en huitièmes pour vaincre la petite Norvège, à Marseille (2-1, a.p.), sont trop forts pour les Français, battus 1-3. À la pause, pourtant, le score n’est que de 1-1, Oscar Heisserer ayant répondu du tac au tac au but de l’ailier gauche Gino Colaussi. La Nazionale, toujours coachée par le journaliste Vittorio Pozzo (et vêtue de noir pour ce match de Colombes), n’a dans ses rangs que deux champions du monde de 1934, les inters Giovanni Ferrari et Giuseppe Meazza. Mais elle est plus forte encore que lors de son premier succès avec, entre autres, l’appoint d’un redoutable buteur, Silvio Piola, auteur de 5 buts dans la compétition dont 2 buts face aux Français, empêtrés dans le marquage individuel strict prôné par leur entraîneur, l’Anglais George Kimpton (le poste d’entraîneur est distinct de celui de sélectionneur, occupé par Georges Barreau). Si Edmond Delfour (troi- LA MALÉDICTION avait été vaincue le 23 février 1982 au Parc des Princes, lorsque les Bleus avaient enfin battu l’Italie (2-0) après plus de soixante et un ans de disette. Depuis la défaite de Mar del Plata (1978), les Français ont beaucoup progressé : héros malheureux du Mondial 1982 en Espagne, champions d’Europe deux ans plus tard, ils sont au nombre des favoris du Mondial mexicain de 1986, sous la conduite d’un Platini devenu l’un des tout meilleurs joueurs du monde (trois Ballons d’Or d’affilée en 1983, 1984 et 1985). Deuxièmes de leur poule, les joueurs d’Henri Michel héritent de l’Italie dès les huitièmes de finale et les éliminent sans discussion (2-0, buts de Platini et Stopyra) au cours d’un match qui constitue en quelque sorte une répétition de celui qui deviendra, au tour suivant, le « chef-d’œuvre de Guadalajara » face au Brésil (1-1, 4-3 aux t.a.b.). Le temps des complexes est bel et bien fini ! Les Bleus n’ont plus peur de la Nazionale qu’ils viennent de battre deux fois, sur le même score, en l’espace de six mois. Deux matches au cours desquels, comme dans celui qui les a précédés (2-2, le 8 février 1978 à Naples) « Platoche » a marqué et tenu un rôle déterminant. – A. P. Des Français qui planent sur le monde. Zidane qui n’a jamais perdu contre l’Italie, alors que Kopa a toujours perdu contre eux. Et les Italiens qui espèrent que, dimanche, le vent de l’histoire tournera. DIDIER BRAUN (*) Dans les tours de Coupes européennes par élimination directe, les équipes italiennes se sont qualifiées quarante fois, les françaises quatorze fois seulement. COUPE DU MONDE 1986 (huitièmes de finale) En 1938, en quarts de finale de la Coupe du monde en France, Silvio Piola (au fond à gauche) assomme les Français en inscrivant ici l’un de ses deux buts. Le gardien français, Laurent Di Lorto, à terre, est battu. (Photo L’Équipe) sième Coupe du monde, comme Mattler) égale à cette occasion le record de sélections de Jules Dewaquez (41), la France est logiquement éliminée par le tenant et futur champion. L’Italie bat, dans la foulée, un Brésil trop confiant (2-1), qui va laisser sa vedette Leonidas au repos en prévision de la finale, puis la Hongrie de Sarosi (4-2) lors du dernier acte. – A. P. FRANCE-ITALIE : 2-0 Stade olympique de Mexico. 71 449 spectateurs. Arbitre : M. Esposito (ARG). Buts : Platini (15e), Y. Stopyra (57e). FRANCE : Bats – Battiston, Ayache, Bossis, Amoros – Tigana, Fernandez (Tusseau 75e), Giresse, Platini (cap., Ferreri, 86e) – Y. Stopyra, Rocheteau. Sélectionneur : H. Michel. ITALIE : Galli – Scirea, Bergomi, Vierchowod, Cabrini – Bagni, Baresi (Di Gennaro, 46e), De Napoli, Conti – Altobelli, Galderisi (Vialli, 58e). Sélectionneur : E. Bearzot. Le huitième de finale de la Coupe du monde 1986 restera comme l’un des matches les plus aboutis des Bleus, qui ouvrent ici le score par Michel Platini après un quart d’heure de jeu. Cabrini et le portier italien Galli constatent les dégâts. (Photo Boutroux/Legros) 1998 Un brin de chance… COUPE DU MONDE 1938 (quarts de finale) FRANCE-ITALIE : 1-3 Stade de Colombes. 58 455 spectateurs. Arbitre : M. Baert (BEL). Buts. – FRANCE : Heisserer (8e) ; ITALIE : Colaussi (7e), Piola (52e, 72e). FRANCE : Di Lorto – Cazenave, Mattler (cap.) – Bastien, Jordan, Diagne – Aston, Heisserer, J. Nicolas, Delfour, Veinante. Sélectionneur : G. Barreau. ITALIE : Olivieri – Foni, Rava – Serantoni, Andreolo, Locatelli – Biavati, Meazza, Piola, Ferrari (cap.), Colaussi. Sélectionneur : V. Pozzo. 1978 Toujours la même histoire APRÈS DOUZE ANS d’absence, la France est enfin présente dans une phase finale de Coupe du monde. Et elle inscrit le premier but de la compétition, Allemands et Polonais s’étant séparés sur un 0-0 la veille dans le match d’ouverture. Un but (centre de Six, tête de Bernard 1986 pour éliminer le champion du monde italien en huitièmes de finale (2-0). Elle s’en va gagner à Naples en 1994, sur un but de Djorkaeff, pour la prise de fonctions d’Aimé Jacquet. Elle réussit à ne pas perdre lors du Tournoi de France de 1997 (2-2). Et surtout, bien sûr, il y a les deux sommets hitchcockiens de 1998 et de 2000, tirs au but pour l’un, but en or pour l’autre (voir ci-dessous). Des Italiens qui croient à la malédiction. Rouge 75 À partir de là, on entre dans un long tunnel, car après la victoire d’Anvers, la France va attendre une victoire pendant soixante et un ans ! De 1921 à 1978, les deux équipes se rencontrent dix-neuf fois. Bilan invraisemblable : quatorze victoires italiennes, aucune française, cinq nuls. Des générations de glorieux internationaux se seront cassé les dents sur la Nazionale. Mais les coriaces Rossetta, De Vecchi, Baloncieri des années 20, comme leurs successeurs Meazza, Ferrari, Schiavo, Piola, qui allaient remporter deux fois la Coupe du monde, en 1934 et en 1938, étaient une taille au-dessus. Le 7-0 de Turin en 1925, le 4-3 des Jeux Olympiques de 1928, le 5-0 de Bologne en 1931, où le jeune Giuseppe Meazza (qui donnera plus tard son nom au stade de San Siro) marqua trois buts, jalonnèrent douloureusement ce début de domination sans partage de l’Italie. Devenus à leur tour professionnels, les Français pensèrent se rapprocher de leurs glorieux voisins. En 1937, au Parc des Princes, ils réussirent à tenir le 0-0, grâce à un match devenu légendaire du gardien Laurent Di Lorto. Les Français croyaient que c’était bon signe, à quelques mois de la première Coupe du monde française. Mais, en juin 1938, la foule de Colombes déchanta rapidement. La Squadra, toute de noir vêtue, ne laissa pas l’ombre d’une chance aux Bleus. Piola fut intraitable. Il inscrivit deux des trois buts (3-1) qui menaient l’Italie vers son deuxième sacre mondial. Après la guerre, les leçons reprirent. Les maîtres changeaient. Ils étaient en majorité du grand Torino en 1948, Bleu Buts encaissés Soixante et un ans d’attente Jaune Rouge Jaune Buts marqués 44 Le but de Trezeguet, sur centre de Pires, à la 103e minute de la finale de l’Euro 2000 crucifie Toldo et Iuliano (à droite) et consacre l’équipe de France, championne du monde et d’Europe. Depuis cette folle nuit de Rotterdam, la France et l’Italie ne s’étaient plus retrouvées. (Photo L’Équipe) Noir Bleu Noir nuls la Première Guerre mondiale. Ce ne sont que sept matches, aux résultats contrastés pour un bilan équitable : trois victoires dans chaque camp et un nul. La France gagne deux fois consécutivement, en 1912 et en 1913, grâce à son buteur Maës, auteur d’un hat-trick à Turin (4-3) et marqueur unique à Saint-Ouen (1-0). Les Italiens remportent deux victoires un peu folles : le 6-2 de 1910 et un 9-4, à Milan, en 1920 ! Cette période s’achève lors des Jeux Olympiques de 1920 à Anvers, où la France élimine l’Italie (3-1), grâce à trois buts des vedettes de ce temps, Boyer, Paul Nicolas et Bard. Lacombe placée sur la gauche de Zoff) qui devient le plus rapide de l’histoire des Bleus (37e seconde). Mais pas celui de la compétition, contrairement à ce que l’on croit tout d’abord : on découvrira a posteriori que le Tchécoslovaque Vaclav Masek, en 1962, avait marqué face au Mexique (1-3) à la 15e seconde. Emmenés par Michel Platini, les joueurs d’Hidalgo laissent entrevoir des promesses dans ce match mais n’ont pas le réalisme de leurs adversaires. Ceux-ci marquent deux buts assez heureux, d’abord sur un tir renvoyé par Rio dans les pieds de Paolo Rossi puis sur un tir de Zaccarelli qui surprend Bertand-Demanes après être passé entre les jambes de Janvion. La France d’Hidalgo est encore en apprentissage et ne sortira pas de sa poule. Face aux Italiens, même lorsqu’ils jouent bien, les Français perdent. Et cela dure depuis cinquante-huit ans puisque le dernier succès tricolore (3-1) remonte aux Jeux Olympiques d’Anvers, en 1920. – A. P. COUPE DU MONDE 1978 (premier tour) 1978, Coupe du monde, 1er tour. Après avoir ouvert le score après trente-sept secondes de jeu par Bernard Lacombe, les Français vont se casser des dents sur la défense italienne, à l’image de Didier Six, qui vient ici s’empaler sur Scirea et Zoff sous le regard de Gentile. (Photo L’Équipe) ITALIE-FRANCE : 2-1 Parque Municipal de Mar del Plata. 42 373 spectateurs. Arbitre : M. Rainea (ROU). Buts. – ITALIE : Rossi (29e), Zaccarelli (54e) ; FRANCE : Lacombe (1re). ITALIE : Zoff – Gentile, Bellugi, Scirea, Cabrini – Causio, Tardelli, Benetti, Antognoni (Zaccarelli, 46e) – Rossi, Bettega. Selectionneur : E. Bearzot. FRANCE : Bertrand-Demanes – Janvion, Rio, Trésor, Bossis – Michel Platini, Guillou – Dalger, Lacombe (Berdoll, 75e), Six (Rouyer, 76e). Sélectionneur : M. Hidalgo. Quarts de finale de la Coupe du monde 1998. Le tir au but de l’Italien Di Biagio va s’écraser sur la transversale et expédier ainsi la France vers son destin de champion du monde. (Photo Pierre Lablatinière) SORTIS D’UNE POULE facile (Afrique du Sud, Arabie Saoudite, Danemark), les Bleus sont en quarts de finale de « leur » Coupe du monde, mais n’ont pas encore accompli d’exploit. Privés de Zidane, suspendu, ils ont même beaucoup souffert en huitièmes pour éliminer le Paraguay à la 114e minute (1-0, b.e.o.). Ce match contre l’Italie fait donc figure de premier vrai grand test. Il se joue sur un rien et, s’il bascule finalement en faveur des Bleus (qui jouent en blanc cet aprèsmidi-là), il aurait tout aussi bien pu pencher du côté des Italiens (0-0, a.p., 3-4 aux t.a.b.). Ne serait-ce qu’à cause de cette volée croisée du droit de Roberto Baggio qui vient frôler le montant du but de Barthez dans la prolongation… On en frémit encore. Mais les dieux du foot sont avec les Français et leur gardien, à la fois décontracté (on le voit rire avant la séance de tirs au but) et si concentré qu’on le verra repartir attendre dans son coin après le tir de Di Biagio sur sa transversale, alors PAGE 12 2000 Au bout du suspense CETTE FOIS, ce n’est plus la Coupe du monde mais la finale du Championnat d’Europe. Un Euro qui va permettre aux Bleus de confirmer leur titre mondial de la plus éclatante manière, écartant des adversaires de prestige comme la République tchèque (2-1), l’Espagne (2-1) et le Portugal (2-1, b.e.o.). L’Italie, en finale, subit le même sort et toujours sur le même score (2-1, b.e.o.). Mais de la plus cruelle des façons, après un dénouement aussi imprévisible et haletant que celui de la fameuse finale de Coupe d’Europe de 1999 entre Manchester United et le Bayern Munich (2-1) ou, plus tard, le France-Angleterre de l’Euro 2004 (2-1 avec deux buts de Zidane dans la dernière minute…). Les Italiens, eux aussi, ont accompli un superbe parcours dans cet Euro, gagnant leurs trois matches de poule face à la Turquie (2-1), la Belgique (2-0) et la Suède (2-1), avant d’éliminer la Roumanie en quarts (2-0) puis les Pays-Bas (0-0, 3-1 aux t.a.b.). Et, dans cette finale, ils mènent 1-0 grâce à un but de Delvecchio – qui semble bien suffire à stopper la série de victoires françaises –, alors que les arrêts de jeu touchent à leur fin. Mais ce n’est toujours pas pour cette fois : il reste une poignée de secondes à jouer quand Wiltord égalise sur un dégagement de Barthez dévié par Trezeguet ! Et dans la prolongation, ce même Trezeguet crucifie les Italiens en reprenant sans contrôle un centre en retrait de Pires qui, comme lui et Wiltord, était remplaçant au coup d’envoi… – A. P. EURO 2000 (finale) FRANCE - ITALIE : 2-1 (b.e.o.) Stade de Kuip à Rotterdam. 55 000 spectateurs. Arbitre : M. Frisk (SUE). Buts. – FRANCE : Wiltord (90e + 4), Trezeguet (103e) ; ITALIE : Delvecchio (55e). FRANCE : Barthez – Thuram, Blanc, Desailly, Lizarazu (Pires,86e) – Y. Djorkaeff (Trezeguet,76e), Vieira, Deschamps (cap.),Dugarry (Wiltord, 57e), Zidane – Henry. Sélectionneur : R. Lemerre. ITALIE : Toldo – Cannavaro, Nesta, Iuliano, Maldini (cap.) – Albertini, Di Biagio (Ambrosini, 66e), Fiore (Del Piero, 53e), Pessotto – Totti, Delvecchio (Montella, 86e). Sélectionneur : D. Zoff. que ce tir raté expédie la France en demi-finale ! Rien ne pourra plus arrêter Zizou et les siens, pas plus la Croatie (2-1) que le Brésil (3-0) sur la route du titre. Les Italiens, eux, comme les Tricolores naguère, continuent à se demander quand tout cela va enfin s’arrêter… – A. P. COUPE DU MONDE 1998 (quarts de finale) FRANCE - ITALIE : 0-0 (a.p.) (4-3 aux t.a.b.) Stade de France. 77 000 spectateurs. Arbitre : M. Dallas (ECO). FRANCE : Barthez – Thuram, Blanc, Desailly, Lizarazu – Y. Djorkaeff, Deschamps (cap.), Petit, Karembeu (Henry, 65e), Zidane – Guivarc’h (Trezeguet, 65e). Sélectionneur : A. Jacquet. ITALIE : Pagliuca – Bergomi, P. Maldini (cap.), Cannavaro, Costacurta – Pessotto (Di Livio, 93e), D. Baggio (Albertini, 52e), Di Biagio, Moriero – Del Piero (R. Baggio, 67e), Vieri. Sélectionneur : C. Maldini. Finale de l’Euro 2000. David Trezeguet, qui vient d’inscrire le but de la victoire en prolongations, est assailli par Deschamps, Djorkaeff, Anelka et Petit (en survêtement). La France est championne d’Europe. (Photo Didier Fèvre) JEUDI 6 JUILLET 2006 Bleu Rouge Noir Jaune 13 FOOTBALL Bleu Rouge Noir Jaune COUPE DU MONDE Lippi, coaching gagnant Cinq des onze buts italiens ont été marqués par autant de joueurs entrés en cours de jeu. Le sélectionneur italien a sa recette. DUISBOURG – de notre envoyé spécial Cannavaro : « Lippi pense à tout » Les Italiens ont appris les sanctions qui menacent leurs clubs, quelques heures avant leur intense demi-finale contre l’Allemagne. DUISBOURG – de notre envoyée spéciale Les statistiquees es des attaquantss italiens it li Les Italiens récupèrent Filippo Inzaghi 0 titula tittularisati arisation tion, ionn 1 entr entréée een jeu,, 31 minutes inutes de jeu, jeu je 1 but.t. Vincenzo Iaquinta Alberto Gilardino 3 titula tittularisations arisations ons, nss,s, 1 entr entréée en jeu, 3044 min minutes tes de jeu jeu, 1 bbut, but buut, 1 passe décisive. ii Alessandro Del Piero 0 titu titul itularis ula larisation, arisation s sation 0 titu titula tularis lar aarisation, risationn 3 entrées entr ess en jeu, eu, 3 entré tréeess en jeu, eu, 132 13 32 minutes es ddee jeu, 137 377 m minutes ut dee je jeu, Luca Toni 1 but. but u 1 bbut. ut. 4 titularisations, arisa ari arisatio sations, 1 entré nntrtrée en jeu, eu, 359 m 359 minutes inutes es de d jeu, jeu j 2 bu buts. LA PROLONGATION disputée face à l’Allemagne (2-0, a.p.), dans la chaleur, a fatigué les Italiens rentrés dans la nuit à Duisbourg. Beaucoup ont eu du mal à trouver le sommeil, et la grasse matinée a été quasi générale, hier matin, à l’hôtel Landhaus Milser, où séjourne le groupe italien. La journée, sans entraînement, a été consacrée à la récupération et à la vie de famille pour les joueurs qui avaient de la visite. Seuls Lippi et Cannavaro sont venus au stade de Duisbourg pour répondre aux questions de la presse. – C. Ru. LORSQUE SON COUP DE SIFFLET a mis fin à la demi-finale de mardi et envoyé l’Italie en finale (2-0 a.p.), M. Archundia a vu Marco Materazzi fondre sur lui. Le défenseur de l’Inter, transformé en joyeux fou hurlant, n’avait ni le temps, ni la lucidité pour chercher un de ses coéquipiers avant la première embrassade. La scène n’a pas échappé à son capitaine, Fabio Cannavaro, qui en a fait son « image de la demi-finale ». Une façon de dédramatiser une journée intense, parfait condensé de la schizophrénie actuelle du foot italien. Le matin de la rencontre la plus importante jouée par la sélection depuis la finale du mondiale de 1994, les joueurs avaient appris qu’au cours du procès pour fraude sportive concernant les clubs de treize d’entre eux, le procureur avait déjà donné son réquisitoire. Parmi les propositions faites aux juges, qui devraient annoncer les sanctions au lendemain de la finale de Berlin, une rétrogradation en Serie C (D 3) pour la Juventus, en Serie B (D 2) pour les autres (AC Milan, Lazio Rome, Fiorentina). Dans l’hôtel Renaissance de Bochum, où la délégation italienne s’était installée la veille, Marcello Lippi rassemblait son groupe et lui demandait une fois de plus de transformer les éléments contraires « en énergie positive ». Vexés par cette coïncidence judiciaire, les joueurs s’efforçaient de jouer l’indifférence. « On en a parlé deux minutes à table, entre nous, et puis on s’est concentrés sur ce qui comptait vraiment », assure Cannavaro. « O sole mio » dans le vestiaire Un peu avant 19 heures, le bus atteignait le bouillant Westfalenstadion (34 oC). Dans le vestiaire, les Italiens respectaient le rituel : tous en cercle, bras dessus, bras dessous, pour crier : « Italia, Italia ». « Avant le match, j’ai dit à mes coéquipiers de ne pas chercher à discuter avec l’arbitre, explique Cannavaro. Une finale, c’est plus important que tout le reste. » Le message est passé puisque personne ne sera suspendu pour ce dimanche à nul autre pareil. Buffon pensait aux tirs au but depuis le début de la prolongation. Les habituels tireurs aussi, en commençant par Del Piero, encore sur le banc à la fin du temps réglementaire. « Il va marquer le but décisif », annonçait Lippi en lançant le milieu de la Juve à la 104e minute. Ce fut en fait le deuxième. Celui de la délivrance était arrivé de l’inattendu Fabio Grosso, l’arrière gauche venu frapper sur la droite, l’homme timide qui s’était déchaîné tout le match et le payait en suant à grosses gouttes dans la touffeur de la zone réservée aux interviews. « Je ne sais pas quoi dire, avouait-il à chaque micro. Je suis heureux, vraiment heureux. » Au point d’entonner O sole mio dans le vestiaire avec ses coéquipiers et Romano Prodi, le président du Conseil italien, ravi de briller sur le terrain de son concurrent Silvio Berlusconi, vaincu aux dernières élections et grand amateur de chansons napolitaines. Dans les chœurs manquait la voix de Lippi, parti répondre aux télés, les lunettes embuées d’émotion. Le premier coup de fil était venu de son fils, Davide, agent mis en examen en Italie. Mais son discours ne laissait aucune place à la revanche. À l’inverse, Totti n’épargnait pas les journaux allemands qui avaient appelé au boycott de la pizza : « Demain, nous irons tous en manger une. » Et Del Piero soulignait que « les joueurs de la Juve avaient, pour la énième fois, démontré leur valeur sur le terrain ». C’était le premier match de ce Mondial auquel les cinq Turinois de la sélection participaient tous. En pensant à Gianluca Pessoto, à la femme duquel Cannavaro envoyait son premier texto de finaliste, avec l’espoir que son ancien coéquipier « puisse nous regarder dimanche ». De retour au camp de base de Duisburg dans la nuit, le groupe était accueilli par des milliers des supporters. Dîner festif et tout le monde au lit vers quatre heures. Tous sauf Lippi, « amoureux » de son équipe et trop impatient de revoir « la victoire la plus importante de ma carrière ». CÉLINE RUISSEL Allemagne, on t’aime Malgré son élimination en demi-finales, la Nationalmannschaft a réussi son pari de séduire le monde. BERLIN – de notre envoyé spécial « VOUS ÊTES QUAND MÊME des héros, nous pleurons avec vous », « Dommage les gars, vous avez combattu comme des champions du monde », « Ne pleurez pas, pour nous, vous êtes des héros », « La fin brutale d’un voyage de rêve », « Une victoire malgré la défaite » : ces titres, parus hier à la une ou en pages sportives de Bild, du Berliner Kurier ou de la très sérieuse Frankfurter Allgemeine, résument le double sentiment de déception et de fierté que ressent l’Allemagne après son élimination au bout de la nuit, mardi soir à Dortmund en demi-finale, face à l’Italie (0-2 a.p.). Ce fut une nuit de douleur pour le peuple allemand, partagé entre la frustration d’être passé si près de l’épreuve des tirs au but, dans laquelle son équipe nationale est imbattable, et le sentiment que celui qui sera à Berlin, dimanche, ne l’a pas volé. « L’expérience des Italiens a fait la différence », a reconnu Oliver Bierhoff, le manager de la sélection, hier matin. Jusqu’au bout, l’Allemagne se sera parée d’une belle dignité, acceptant la loi sportive, celle du plus fort, l’Italie en l’occurrence. Tout un pays a vibré : pour ce match, l’audience moyenne a été de 29,66 millions de téléspectateurs, un pic de 31,34 millions a été relevé durant la prolongation. Beaucoup ont pleuré en même temps que Klinsmann, Ballack et Odonkor, qui s’est effondré sur la pelouse au coup de sifflet final. La tristesse a donc été à la mesure de l’espoir immense que la Nationalmannschaft a levé au fil de son aventure mondiale, qui se terminera, samedi à Stuttgart, par la petite finale, pour une place sur le podium. « On n’a plus connu une telle liesse depuis la chute du Mur » Hier, la sélection est restée invisible. Elle a réintégré sa retraite du Schlosshotel de Berlin, à trois heures du matin. Les derniers joueurs et les entraîneurs n’ont pas regagné leurs chambres avant cinq heures. « Excusez-les d’être absents de la conférence de presse, a plaidé Harald Stenger, le responsable de la communication. Ils ont besoin de digérer cette élimination. » Une centaine de personnes ont attendu les joueurs, près de l’hôtel, en pleine nuit. Du monde entier, des témoignages de sympathie et de félicitations sont arrivés sur les courriers électroniques de l’hôtel et de la Fédération : « Nous avons dénombré 2 100 messages venus de seize pays aussi différents que les États-Unis, la France, l’Italie, la Suisse, Cuba, l’Iran ou le Vietnam », a précisé Harald Stenger. La jeune équipe d’Allemagne, la benjamine de l’épreuve, ne sera donc pas championne du monde mais elle a remporté une grande victoire : celle de la reconnaissance. Elle a forcé le monde à la regarder autrement, à se débarrasser des vieux préjugés. Le pari de Jürgen Klinsmann, l’homme qui a traversé toutes les tempêtes sans jamais dévier de sa route, est réussi. De son équipe, le sélectionneur voulait donner une image offensive, séduisante, moderne. Avec six joueurs (Huth, Jansen, Mertesacker, Schweinsteiger, Odonkor et Podolski) encore en âge de jouer en moins de 21 ans, Bierhoff l’a rappelé hier, la sélection germanique s’est installée dans la durée. « Si l’Italie nous a battus, c’est en raison de son expérience. Mais, aujourd’hui, avec dix joueurs de moins de 25 ans, une défense dont la moyenne était de 23 ans et demi, nous nous sommes hissés au niveau des meilleurs. Nous avons dominé la Suède et l’Argentine, échoué d’un rien contre l’Italie. Le temps joue pour nous. Déjà, l’Allemagne prend date pour les prochaines échéances, en 2008 et 2010 », a souligné le manager. Il faut bien sûr mesurer ces promesses à l’aune du poids personnel de Klinsmann, à sa vision des choses, aux bouleversements apportés dans la reconstitution du staff (préparateurs physiques américains, superviseur suisse, psychologue) et à un charisme qui a convaincu les plus sceptiques. Toute l’Allemagne réclame son maintien. Hier, devant le centre de congrès international de Berlin, de jeunes membres du KSK (Klinsmann Supporter Klub) distribuaient des tee-shirts sur lesquels on lisait « Klinsmann muss bleiben » (Klinsmann doit rester). La réponse ne dépend que de lui. Il restera, peutêtre, s’il garde les mains libres, si personne ne l’oblige, lui et sa famille, à venir habiter en Allemagne, et si quelques caciques de la Fédération sont bâillonnés. « Il symbolise le progrès. Ses méthodes font entrer le football allemand dans une ère moderne que les clubs de la Bundesliga suivront sans doute. Nous ferons tout pour qu’il reste », a martelé M. Gerhardt Mayer-Vorfelder, le président, mais plus pour longtemps, de la Fédération. C’est à son succes- seur, M. Theo Zwanziger, qu’échoient les négociations. Klinsmann a décidé de se donner du temps et sa décision sera mûrement réfléchie. Mais il se souviendra que, dans un vestiaire muet, les joueurs ont reçu, mardi soir, la visite de la chancelière Angela Merkel et du président Horst Köhler. « Cette équipe est entrée dans le cœur des Allemands », a déclaré celui-ci. « On n’a plus connu une telle liesse populaire depuis la chute du Mur », a ajouté Mayer-Vorfelder. Tout est dit. JEAN-MARC BUTTERLIN JÜRGEN KLINSMANN, le sélectionneur allemand, veut digérer l’élimination avant de parler de son avenir. « D’abord faire le vide » BERLIN – de notre envoyé spécial « BECKENBAUER en personne a souhaité que vous restiez à la tête de l’équipe d’Allemagne. Le public aussi vous réclame. Qu’allez-vous faire ? – Je n’en sais rien et, pour le moment, je ne me pose pas la question. Après une telle compétition, on doit d’abord faire le vide et le point avec soi-même. Dans les prochains jours, j’en parlerai avec ma femme et ma famille et je prendrai une décision à un moment ou à un autre. J’ai de toute façon demandé un délai de réflexion. Et si certains ont envie de faire un bilan, qu’ils le fassent. – Les deux dernières années ont-elle été à ce point usantes ? – Il s’est passé beaucoup de choses au cours JEUDI 6 JUILLET 2006 de ces deux années. Pendant tout ce temps, j’ai investi toute mon énergie et je n’ai pensé à rien d’autre qu’à l’objectif final que nous nous étions fixé. Ça me réjouit, aujourd’hui, de constater que je suis reconnu et que l’on respecte le travail qui a été fait. – Qu’avez-vous dit à vos joueurs pour essayer d’apaiser leur frustration ? – Que j’avais le plus grand respect pour ce qu’ils venaient de réaliser. Que j’étais fier de tout ce qu’ils avaient démontré. Cette équipelà est toujours allée au bout d’elle-même avec passion et envie. Mais les mots manquent, parfois, pour faire face à une aussi vive déception. La pilule est amère, il faut commencer par l’avaler. – En quoi les Italiens vous ont-ils été supérieurs ? – Ils ont sans doute fait preuve de plus de sang-froid et d’expérience que nous. À la fin du match, j’ai félicité Lippi et je lui ai dit que je croise les doigts pour la finale… – Quel est l’avenir de cette équipe qui est jeune et donc encore très perfectible ? – Cette équipe a un potentiel incroyable. Quand je vois son évolution en l’espace de sept semaines, je me dis qu’elle a tout l’avenir devant elle. On peut regarder devant nous avec optimisme. Au cours de cette Coupe du monde, beaucoup de joueurs se sont fait un nom. Désormais, les plus grands clubs s’intéressent à eux. – Le pays vous a aussi rendu hommage en s’identifiant complètement à votre façon d’être et de jouer. – Nous avons battu ou tenu tête aux meilleures équipes du monde et, par notre style de jeu, nous sommes devenus la fierté de tout un pays. Cette Coupe du monde est un énorme succès. Parce que nous avons presque réalisé notre rêve mais aussi parce que l’Allemagne a donné au monde une autre image d’ellemême. – Comment allez-vous aborder le match pour la troisième place, samedi à Stuttgart ? – Cela fait très mal de perdre une demi-finale de Coupe du monde dans les dernières secondes. Mais cette équipe a assez de ressources morales pour évacuer cet échec et pour s’en détacher. Nous allons tout faire pour la remettre d’aplomb et pour qu’elle puisse livrer un bon match. Elle mérite d’être superbement accueillie par le public… » – E. C. PAGE 13 Bleu Rouge Noir Jaune Rouge Une journée particulière Bleu Rouge DOMINIQUE ROUSSEAU DORTMUND. – À la fin de la rencontre, mardi, Marcello Lippi est tombé dans les bras d’Alessandro Del Piero, auteur du second but italien et entré en jeu un quart d’heure plus tôt. (Photo Alain de Martignac) Jaune Bleu Jaune Une philosophie approuvée par Fabio Cannavaro : « Cela nous a galvanisés de voir que Lippi nous envoyait un signal fort, celui de gagner avant la séance de tirs au but. Mais en même temps, il avait pensé à tout parce que Del Piero et Iaquinta étaient aussi entrés pour assurer au cours de cette séance. » L’entrée de Del Piero rappelle aussi la qualité de l’effectif italien dans le domaine offensif, sachant que Filippo Inzaghi, qui ne compte que trente et une minutes de jeu, est toujours prêt à bondir du banc comme un diable de sa boîte. À propos d’Alessandro Del Piero, Lippi disait ceci hier matin : « C’est évidemment un atout pour nous de pouvoir faire entrer en jeu un joueur de cette qualité. Surtout avec l’état d’esprit qui est le sien. Je le regardais sur le banc pendant le match et je voyais bien qu’il le vivait comme s’il avait été sur le terrain, avec la même détermination, le même enthousiasme que ceux qui jouaient. En voyant ça, quand il est entré, je me suis dit qu’il allait marquer, ce qu’il a fait. Je suis content pour lui, il fait partie des joueurs simples, au sens où ils ne se posent pas la question de leur présence sur le terrain ou sur le banc. » Son problème, désormais, est celui d’un sélectionneur riche. Dimanche, pour débuter la finale, il devra encore choisir lequel ou lesquels de ses cinq attaquants (Toni, Gilardino, Del Piero, Iaquinta et Inzaghi) il alignera au coup d’envoi. Et le casse-tête risque de se prolonger en défense. Barzagli, impeccable contre l’Ukraine, avait laissé sa place à Materazzi, de retour de suspension, mardi. Dimanche, le même Materazzi, impeccable face à l’Allemagne, devra-t-il à son tour céder son poste en défense centrale à Alessandro Nesta, si les médecins donnent leur feu vert ? Noir Noir LA VICTOIRE de l’Italie contre l’Allemagne (2-0 a.p.), mardi soir, a aussi été celle de l’expérience de Marcello Lippi aux dépens du novice Jürgen Klinsmann. Le sélectionneur allemand a fait du poste par poste en remplaçant Borowski, Schneider et Klose par Schweinsteiger, Odonkor et Neuville. Son homologue italien, lui, en a profité pour modifier l’équilibre de son équipe, partie d’un sage 4-4-1-1 pour passer en cours de rencontre à un audacieux 4-2-1-3, avec Totti en soutien de Iaquinta, Gilardino et Del Piero. Bingo pour Lippi et l’Italie avec un premier but de Grosso sur passe de Pirlo et un second de Del Piero (qui a succédé à Perrotta à la 85e minute) sur passe de Gilardino (entré à la place de Toni à la 74e). Sur les onze buts inscrits par les Italiens dans cette phase finale, cinq sont venus du banc : Iaquinta contre le Ghana (2-0), Materazzi et Inzaghi face à la République tchèque (2-0), Totti contre l’Australie (1-0), et enfin Del Piero contre l’Allemagne. À l’issue de la demi-finale, Marcello Lippi s’est attardé sur ses choix de remplacements : « Malgré notre domination technique et tactique, même si on ne s’était pas créé des occasions en quantité industrielle, le score était toujours nul. Plus le temps passait en fin de match et plus cela devenait une succession d’attaques de la part des deux équipes où tout pouvait se passer, sur un coup du sort. Notre défense ayant donné toutes les garanties de sécurité face aux mouvements offensifs allemands qui étaient de plus en plus désordonnés, j’ai estimé qu’il fallait changer quelque chose et essayer d’éviter la séance de tirs au but. C’est une loterie et il m’aurait paru injuste que notre emprise sur le match ne se soit pas traduite au score. J’ai donc fait entrer successivement Gilardino, Iaquinta et Del Piero, afin que notre supériorité en matière de possession du ballon nous permette d’être plus incisifs devant le but. Ça a marché. » Hier matin, à la conférence de presse, le sélectionneur a complété son analyse : « J’ai revu le match en rentrant à l’hôtel et cela a confirmé ma première impression. Nous avons été supérieurs aux Allemands dans tous les domaines, que ce soit dans la qualité des transmissions, le nombre de corners ou les tirs au but. On a touché deux fois les poteaux. Depuis deux ans que je suis à ce poste, je prône la même philosophie du jeu, et cela prouve que l’Italie est aujourd’hui injustement caricaturée lorsqu’on évoque le pays du catenaccio. » 14 FOOTBALL Bleu Rouge Noir Jaune COUPE DU MONDE Huitièmes de finale ALLEMAGNE - Suède : 2-0 ARGENTINE - Mexique : 2-1 ITALIE - Australie : 1-0 a.p. Samedi 24 juin, à Munich 0-3 aux t.a.b. Lundi 26 juin, à Kaiserslautern à Leipzig Suisse - UKRAINE : 0-0 ANGLETERRE - Équateur : 1-00 PORTUGAL - Pays-Bas : 1-00 ALLEMAGNE - Argentine : 1-1 4-2 aux t.a.b. ITALIE - Ukraine : 3-0 Vendredi 30 juin, à Berlin Vendredi 30 juin, à Hambourg Quarts de finale Espagne - FRANCE : 1-3 Mardi 27 juin, à Dortmund Mardi 27 juin, à Hanovre Dimanche 25 juin, à Nuremberg Dimanche 25 juin, à Stuttgart Lundi 26 juin, à Cologne BRÉSIL - Ghana : 3-0 Angleterre - PORTUGAL : 0-0 Brésil - FRANCE : 0-1 1-3 aux t.a.b. Samedi 1err juillet, à Gelsenkirchen Samedi 1err juillet, à Francfort Allemagne - ITALIE : 0-2 a.p. Portugal - FRANCE : 0-1 Mardi 4 juillet, à Dortmund Hier, à Munich Depuis les huitièmes de finale, les matches sont disputés selon un système d’élimination directe. En cas d’égalité à l’issue du temps réglementaire, les deux équipes disputent une prolongation de deux périodes de quinze minutes. Il n’y a ni but en or ni but en argent. Si le score est toujours nul à l’issue des prolongations, le vainqueur est désigné après une séance de tirs au but. Les joueurs expulsés au cours d’un match sont automatiquement suspendus au moins pour le match suivant. Les joueurs qui récoltent deux avertissements au cours de deux matches différents sont aussi automatiquement suspendus pour le match suivant. 13 Le nombre de joueurs français et italiens qui étaient déjà là à Rotterdam, le 2 juillet 2000, lors de la finale de l’Euro France-Italie (2-1, b.e.o.) : Barthez, Thuram, Vieira, Zidane, Henry, Wiltord et Trezeguet côté français ; Cannavaro, Nesta, Totti, Del Piero, Inzaghi et Zambrotta côté italien. 3e place Allemagne - Portugal Finale Samedi 8 juillet, 21 heures, à Stuttgart « L’ambiance grandiose semble avoir un effet aphrodisiaque. » Du directeur du marketing de la société Durex, qui a annoncé hier une hausse de 32 % des ventes de préservatifs et de 11 % des lubrifiants en Allemagne. ITALIE - FRANCE Dimanche 9 juillet, 20 heures, à Berlin Premier tour A B ALLEMAGNE - COSTA RICA POLOGNE - ÉQUATEUR ALLEMAGNE - POLOGNE ÉQUATEUR - COSTA RICA ÉQUATEUR - ALLEMAGNE COSTA RICA - POLOGNE 4-2 0-2 1-0 3-0 0-3 1-2 ANGLETERRE - PARAGUAY TRINITÉ-ET-TOBAGO - SUÈDE ANGLETERRE - TRINITÉ-ET-TOBAGO SUÈDE - PARAGUAY SUÈDE - ANGLETERRE PARAGUAY - TRINITÉ-ET-TOBAGO Pts J. G. N. P. p.p c. Diff. 1 ALLEMAGNE 2 ÉQUATEUR 3 Pologne 4 Costa rica 9 6 3 0 3 3 3 3 3 2 1 0 0 0 0 0 0 1 2 3 8 5 2 3 2 3 4 9 +6 +2 -2 -6 C 1-0 0-0 2-0 1-0 2-2 2-0 ARGENTINE - CÔTE D’IVOIRE 2-1 SERBIE-MONTÉNÉGRO - PAYS-BAS 0-1 ARGENTINE - SERBIE-MONTÉNÉGRO 6-0 PAYS-BAS - CÔTE D’IVOIRE 2-1 PAYS-BAS - ARGENTINE 0-0 CÔTE D’IVOIRE - SERBIE-MONTÉNÉGRO 3-2 Pts J. G. N. P. p.p c. Diff. 1 ANGLETERRE 2 SUÈDE 3 Paraguay 4 Trinité-et-Tobago 7 5 3 1 3 3 3 3 2 1 1 0 1 2 0 1 0 0 2 2 5 3 2 0 2 2 2 4 +3 +1 0 -4 D MEXIQUE - IRAN ANGOLA - PORTUGAL MEXIQUE - ANGOLA PORTUGAL - IRAN PORTUGAL - MEXIQUE IRAN - ANGOLA Pts J. G. N. P. p.p c. Diff. 1 ARGENTINE 2 PAYS-BAS 3 Côte d’Ivoire 4 Serbie-Monténégro 7 7 3 0 3 3 3 3 2 2 1 0 1 1 0 0 0 0 2 3 8 3 5 2 1 +7 1 +2 6 -1 10 -8 E 3-1 0-1 0-0 2-0 2-1 1-1 ÉTATS-UNIS - RÉPUBLIQUE TCHÈQUE ITALIE - GHANA RÉPUBLIQUE TCHÈQUE - GHANA ITALIE - ÉTATS-UNIS RÉPUBLIQUE TCHÈQUE - ITALIE GHANA - ÉTATS-UNIS Pts J. G. N. P. p.p c. Diff. 1 PORTUGAL 2 MEXIQUE 3 Angola 4 Iran 9 4 2 1 3 3 3 3 3 1 0 0 0 1 2 1 0 1 1 2 5 4 1 2 1 3 2 6 0-3 2-0 0-2 1-1 0-2 2-1 7 6 3 1 3 3 3 3 2 2 1 0 1 0 0 1 0 1 2 2 5 4 3 2 1 3 4 6 +4 +1 -1 -4 G AUSTRALIE - JAPON BRÉSIL - CROATIE JAPON - CROATIE BRÉSIL - AUSTRALIE JAPON - BRESIL CROATIE - AUSTRALIE Pts J. G. N. P. p.p c. Diff. 1 ITALIE 2 GHANA 3 Rép. tchèque 4 États-Unis +4 +1 -1 -4 F 3-1 1-0 0-0 2-0 1-4 2-2 CORÉE DU SUD - TOGO FRANCE - SUISSE FRANCE - CORÉE DU SUD TOGO - SUISSE TOGO - FRANCE SUISSE - CORÉE DU SUD Pts J. G. N. P. p.p c. Diff. 1 BRÉSIL 2 AUSTRALIE 3 Croatie 4 Japon 9 4 2 1 3 3 3 3 3 1 0 0 0 1 2 1 0 1 1 2 7 5 2 2 1 5 3 7 +6 0 -1 -5 H 2-1 0-0 1-1 0-2 0-2 2-0 Pts J. G. N. P. p.p c. Diff. 1 SUISSE 2 FRANCE 3 Corée du Sud 4 Togo 7 5 4 0 3 3 3 3 2 1 1 0 1 2 1 0 0 0 1 3 4 3 3 1 0 1 4 6 +4 +2 -1 -5 Fête multinationale AGUEMOUNE (Algérie). – Hier, l’Algérie fêtait l’anniversaire de son indépendance. Mais dans le village natal des parents de Zinédine Zidane, près de Béjaïa (Kabylie, est d’Alger), même si on porte des couleurs différentes, tous ont pensé aux Bleus et à leur capitaine. (Photo Fayez Nureldine/AFP) 5 Trente-deux ans après, la Coupe du monde s’est réinstallée en Allemagne. Trente-deux pays y participent et, pendant trente-deux jours, nous vous conterons une histoire se rapportant à l’un d’eux. Nombre de votants : 7 756 MUNICH – de notre envoyé spécial Collection Automne Hiver 2006-07, disponible à partir de fin juillet Paris 6ème, 155 bd. Saint-Germain - Paris 8ème, 6 bd. Malesberbes Cannes - Saint-Tropez - Aix-en-Provence www.danielcremieux.com - Tél. 01 55 33 88 88. 0 1 2 2 8 5 3 2 1 4 6 7 +7 +1 -3 -5 LE MASQUE DE FABIO GROSSO, avant-hier, déchiré d’une grimace, les bras battant l’air, légèrement écartés et au bout desquels les poings venaient de se serrer, cette façon de s’enfuir, hurlant en direction d’une des lignes de touche, la tête secouée tel un panier à salade nous renvoyèrent dans l’instant près d’un quart de siècle en arrière. Un bonheur pareillement exprimé, quelque chose frisant folie et frénésie, on l’avait en effet déjà surpris au cours d’un match de Coupe du monde : à l’occasion de la finale disputée au stade SantiagoBernabeu de Madrid en 1982. Oui, le beau Fabio, quoiqu’un peu plus grand, nous évoqua, mardi, Marco Tardelli dans les secondes qui suivirent le but qu’il marqua au gardien allemand Harald « Toni » Schumacher, dans la capitale espagnole, un but portant le score à 2-0, autant dire l’Italie au paradis (1). L’étonnant de l’histoire est que de ces instants sublimes, forcément sublimes, Tardelli, lui, ne se souvient de rien. Croisé au Frankenstadion de Nuremberg dans l’heure qui précéda le premier match de la Nazionale dans cette Coupe du monde – c’était contre le Ghana (2-0) –, Marco nous confia que si, pour avoir tant de fois vu et revu la scène, il la connaît forcément, il est en revanche incapable de la revivre. « Ma mémoire l’a effacée, remarque-t-il. Je me souviens avoir vu le ballon entrer dans le but puis, ce doit être une ou deux minutes plus tard, être allongé avec un tas de gars sur moi. Entre les deux, c’est le trou noir. – Vous le regrettez ? – Je ne sais pas ; mais à chaque fois que j’évoque cela, j’éprouve un étrange sentiment. » BAISERS (Italie) Un malheur, car cela en est un d’avoir ainsi un instant de sa vie volé, Gianni Rivera en vécut un aussi. Comme pour Marco Tardelli, un match opposant l’Italie à l’Allemagne en est aussi la cause, une rencontre comptant pour la Coupe du monde, la responsable. Lors de l’ébouriffante demi-finale disputée à Mexico en 1970 (2), l’ancien capitaine du Milan AC inscrivit le but qui envoyait en finale les Azzurri. Si, de l’action proprement dite, on ne sait point ce que ce Monsieur en a retenu, de la suite, en revanche, on connaît à peu près tout. Autant pour s’en être, à l’époque et maintes fois depuis, régalé que pour avoir bien noté ce qu’un jour Gianni en a dit. Les faits, pour commencer : après avoir repris vic- PAGE 14 torieusement un centre de Roberto Boninsegna, à l’inverse de ses deux compatriotes que l’on vient d’évoquer, Rivera, lui, reste planté en plein milieu de la surface de réparation allemande, bras levés, la tête renversée. Le premier à lui sauter au cou, comme pour l’étrangler notez bien, fut « Gigi » Riva, lequel déposa dans le mouvement un goulu baiser sur la joue du Milanais. Riva n’avait pas encore terminé son affaire que surgit le jeune Boninsegna hypnotisé par l’autre joue : nouveau passionné bisou. Épuisés, éparpillés sur la pelouse, leurs huit camarades n’eurent pas la force, eux, de venir se mêler à l’orgie et attendirent plus tard pour des effusions moins ostentatoires. Des années après, Gianni Rivera a bien voulu alors avouer : « Quand “ Gigi ” et Roberto m’ont embrassé, j’ai eu l’impression de recevoir les baisers de Gina Lollobrigida et Sophia Loren. » Avant d’ajouter : « Le souci est qu’à chaque fois que j’y repense ce ne sont plus Gina et Sophia qui sont là. » Pour donner une idée de ce que cela doit être, imaginez la tête que fera Fabio Grosso lorsqu’on lui apprendra que Monica Belluci et Ornella Mutti n’étaient pas, elles non plus, à Dortmund mardi soir. PATRICK LEMOINE (1) Italie-RFA, 3-1. (2) Italie-RFA, 4-3 (a.p.). Spectacle sans intérêt Spectacle médiocre Spectacle moyen Spectacle agréable Spectacle très agréable Spectacle exceptionnel 1 : catastrophique 2 : très mauvais 3 : mauvais 4 : médiocre 5 : moyen 6 : assez bon 7 : bon 8 : très bon 9 : exceptionnel 10 : parfait N. B. : seuls les joueurs ayant joué au moins 45 minutes sont notés. Allemagne g - Italie (0-2 a.p.) DANIEL CREMIEUX 0 0 1 1 LA MÉTÉO ALLEMANDE 26 23 24 22 Marienfeld PORTUGAL Gelsenkirchen Duisbourgg ITALIE 25 Doortmund H b Hambourg 31 23 Hanovre Berlin ALLEMAGNE Aerze FRAN 23 19 Leipzig Cl Cologn 23 19 Nuremberg Kaisersla Stuttgartt 22 19 2 19 Les camps de base des demi-finalistes. JEUDI 6 JUILLET 2006 Bleu Rouge Noir Jaune Rouge Note maxi : 6 3,85 3 2 0 0 1. Totti (Italie), 4 passes. 2. S chwe i nst ei ger (Al le magn e) ; Riquelme (Argentine) ; Aloisi (Australie) ; Cafu (Brésil) ; E. Mendez (Équateur) ; Vieira (France) ; Pirlo (Italie) ; M. Mendez (Mexique) ; Figo (Portugal) ; Kalinitchenko (Ukraine) ; Jaziri (Tunisie), 2 passes. En italique, les joueurs et les pays éliminés. Les notes t du match t h tch d’avant-hier t hi Jo rnalistes JJournalistes li t de 3 3 3 3 Bleu « RIBÉRYP-HOP ». – Après un rap, un autre groupe de six pompiers de Boulogne-sur-mer, les Fra-Gueules, a composé et enregistré une chanson dédiée à Franck Ribéry, l’enfant du pays. « Parti de rien, devenu tout, à la force de ses mollets/Du chemin vert (quartier populaire de Boulogne) à la Canebière, stop la pétanque, place à Ti Franck ! » : le parcours du milieu offensif est exalté dans les couplets, tandis que le refrain érige le joueur en « successeur de Platini ». Les six pompiers ne pouvaient pas interpréter en direct leur hymne pour la demi-finale car certains étaient de service. RONALDO : PETITE OPÉRATION À UN GENOU. – Ronaldo compte subir une petite opération à un genou pendant ses vacances, a annoncé hier le médecin de l’équipe du Brésil, José Luis Runco, qui a précisé que l’attaquant brésilien du Real Madrid serait cependant disponible dès le début de la saison espagnole. Ronaldo souffre depuis huit mois d’une calcification à un tibia. « Maintenant que la Coupe du monde est terminée, il m’a dit qu’il profiterait des vacances pour se faire opérer, a précisé José Luis Runco. Il traîne ça depuis huit mois et il s’en plaint de temps en temps. Si c’est ce que je prévois, ce sera une opération rapide. » Internautes IInterna t tes t de 9 6 1 1 ESPAGNE UKRAINE Tunisie Arabie Saoudite Jaune Rouge Jaune SHAOLIN SOCCER. – Le stade de Berlin, qui accueillera la finale de la Coupe du monde, comptera dans ses rangs un spectateur aussi improbable qu’inattendu : le responsable des moines du temple shaolin Shi Yongxin, convié par le président de la FIFA. Bien loin de l’image délirante qu’avait véhiculée la comédie « Shaolin soccer », les moines Shaolin sont très peu portés sur la question du football. Shi Yongxin, qui a avoué n’avoir jamais regardé un match à la télévision, a toutefois déjà su déceler quelques traits communs avec le kung-fu. « Un joueur de football est averti ou renvoyé s’il commet une faute. La sportivité est hautement mise en valeur lors de la Coupe du monde, c’est la même chose en kung-fu », a-t-il expliqué. Pts J. G. N. P. p.p c. Diff. 1 2 3 4 Noir Bleu Noir Le président de la Fédération mexicaine a annoncé que Ricardo Antonio La Volpe va abandonner ses fonctions de sélectionneur, ajoutant qu’il voulait poursuivre sa carrière en Europe. Nommé en octobre 2002, La Volpe avait pour mission de conduire le Mexique en quarts de finale de la Coupe du monde mais son groupe n’a pu franchir le cap des huitièmes, battu par l’Argentine (1-2 a.p.). TEXAS POUR LA FRANCE. – Branlebas de combat hier au festival de Poupet en Vendée : Texas, le groupe de rock fan de l’équipe de France, souhaite absolument regarder le match avant d’entrer sur scène. Les organisateurs ont dû rapidement modifier leur programme, installant un écran géant en parallèle de la première partie du concert pour faire plaisir notamment à sa chanteuse, Sharleen Spiteri, qui a vécu en France. 4-0 2-2 0-4 3-1 0-1 1-0 1. Klose (Allemagne), 5 buts. 2. Podolski (Allemagne) ; Crespo, Maxi Rodriguez (Argentine) ; Ronaldo (Brésil) ; Fernando Torres, Villa (Espagne) ; Henry (France), 3 buts. 9. Gerrard (Angleterre) ; Cahill (Australie) ; Adriano (Brésil) ; Wanchope (Costa Rica) ; Aruna Dindane (Côte d’Ivoire) ; A. Delgado, C. Tenorio (Équateur) ; Vieira, Zidane (+ 1) (France) ; Toni (Italie) ; Bravo (Mexique) ; Bosacki (Pologne) ; Maniche (Portugal) ; Rosicky (République tchèque) ; Frei (Suisse) ; Chevtchenko (Ukraine), 2 buts. La Volpe en Europe ? BERLIN FAIT LA FÊTE. – La porte de Brandebourg va accueillir demain « la plus grande fête du football jamais organisée jusqu’à présent », dixit la FIFA. Un spectacle gratuit intitulé « Le football pour un monde meilleur – de l’Allemagne à l’Afrique du Sud » réunira, de 18 heures à minuit, des personnalités du football, de la politique ou de la chanson, autour d’un concert auquel participeront des stars allemandes, mais aussi Youssou N’Dour ou MC Solaar. Le secrétaire général des NationsUnies, Kofi Annan sera là, entouré du président de la République d’Afrique du Sud, Thabo Mbeki. Côté footballeurs, George Weah, Roger Milla et Abedi Pelé « feront un cadeau tout à fait spécial au public de Berlin », annonce encore le programme des festivités. – R. Po. ESPAGNE - UKRAINE TUNISIE - ARABIE SAOUDITE ARABIE SAOUDITE - UKRAINE ESPAGNE - TUNISIE ARABIE SAOUDITE - ESPAGNE UKRAINE - TUNISIE 15 Bleu Rouge Noir Jaune FOOTBALL JOURNAL DES TRANSFERTS Deschamps tout près de la Juve L’ex-entraîneur de Monaco apparaît comme le favori pour remplacer Fabio Capello. LA JUVENTUS TURIN n’a plus d’entraîneur et son avenir est suspendu aux décisions de la justice sportive italienne. Fabio Capello, qui a démissionné de son poste mardi, va en effet s’engager avec le Real Madrid (lire par ailleurs) alors que le procureur de la Fédération a requis une relégation en Serie C pour le champion d’Italie en titre, l’un des clubs les plus titrés du pays. Pendant ce temps-là, Didier Deschamps, qui a refusé l’offre de l’OM quelques semaines plus tôt, ne dissimule pas son envie de devenir le futur patron sportif de la Vieille Dame. Une condition apparaît cependant indispensable : il ne faudrait pas que la Juve, accusée d’avoir « mis au point un système afin de se voir favoriser » lors des matches de Championnat, soit aussi durement sanctionnée que le souhaitent les réquisitions. L’ancien champion du monde 1998 apparaît comme le favori à la succession de Fabio Capello, même si les pistes menant à l’ex-entraîneur du Milan AC, Alberto Zaccheroni, lui aussi sans club, et à l’ancien international italien Roberto Donadoni ne sont pas à négliger. Le poste intéresse sérieusement le Français qui a déjà rencontré les dirigeants turinois il y a quelques jours. Seulement, la tentation de Deschamps serait sans doute atténuée si les réquisitions du procureur de la Fédération italienne étaient satisfaites. En revanche, une rétrogradation en Serie B, l’équivalent de la Deuxième Division, ne le dissuaderait probablement pas (voir L’Equipe du 21 juin). Le précédent de 2004 L’histoire d’amour entre la Juventus et Didier Deschamps semble en effet suffisamment forte pour surmonter une telle sanction administrative. Il y a deux ans déjà, après l’épopée monégasque en Ligue des champions, Deschamps avait été contacté pour remplacer Marcello Lippi qui allait devenir le sélectionneur de l’Italie. La Juve restait sur une saison difficile. Elle était éliminée en huitièmes de finale de la Ligue des champions par La Corogne pendant que l’AC Milan remportait aisément un dix-septième Scudetto. L’ancien milieu de terrain bianconero (1994-1999) était alors devenu la priorité d’Umberto Agnelli, le patron du club de l’époque. Sous contrat avec l’ASM pour un an encore, Didier Deschamps était déjà très tenté. Les autres candidats – Prandelli, Del Neri –, étaient progressivement éliminés. Le vice-président turinois, Roberto Bettega, séjournait régulièrement en Principauté les week-ends de mai 2004 où il s’entretenait avec son ancien joueur. Un accord semblait alors sur le point d’être officialisé en dépit des exigences financières de l’entraîneur monégasque. En Italie, l’affaire était même entendue. Mais le prince Albert est intervenu pour convaincre Deschamps de prolonger son contrat. Et les arguments princiers furent suffisamment convaincants. Deschamps restait à Monaco et Capello s’engageait à la Juve. Mais, cette fois, le premier est au chômage et le second retourne au Real. Le Français semble bien décidé à saisir cette deuxième chance, et le scandale des matches truqués au centre duquel se trouve le club italien ne le rebute visiblement pas. Ce défi l’intéresse davantage que celui proposé par Saint-Étienne ou celui offert par l’OM en mai dernier, où les moyens mis à sa disposition par le club phocéen pour recruter étaient insuffisants à son goût. À Turin, si la Juve est reléguée, le nouvel entraîneur devra faire face à une fuite des cadres de l’équipe. Il serait en effet étonnant que Buffon, Trezeguet, Cannavaro, Zambrotta, Vieira ou Ibrahimovic fassent de vieux os dans ce club, aussi mythique soit-il. Deschamps, lui, se verrait bien lui redonner toutes ses couleurs. À condition de ne pas partir de trop loin. Didier Deschamps devrait remplacer Fabio Capello, parti au Real, à la tête de la Juve. À moins que le club ne soit relégué en Serie C. (Photo Pascal Allée/L’Équipe) PROGRAMME CHARGÉ POUR BORDEAUX.– Les Girondins connaissent désormais leur programme de préparation, qui va les faire voyager en Allemagne et au Portugal. Deux stages (du 8 au 13 juillet à Albertville et du 24 au 28 juillet à Billerbeck, en Allemagne) et cinq matches amicaux sont au menu. Début des oppositions le 6 à Lacanau contre Libourne Saint-Seurin (L2), suivies de Tottenham (à Albertville le 13), Benfica (à Lisbonne le 22), Schalke 04 (le 25 à Billerbeck) pour finir par les anciens coéquipiers de Johann Micoud, le Werder Brême (28 juillet) à Oldenburg. Tous les matches sont à 19 heures.- L. L. REAL MADRID : CHELSEA SE PLAINT À LA FIFA.– Le champion d’Angleterre va se plaindre à la FIFA du comportement du Real Madrid, qu’il accuse d’avoir approché de manière illégale son milieu néerlandais Arjen Robben. « Nous sommes au courant des déclarations de Ramon Calderon (nouveau président du club madrilène), a déclaré Peter Kenyon, président de Chelsea. Mais la situation de Robben ne pourrait pas être plus claire. Personne n’a été mandaté par le Real pour discuter avec nous, et pourtant Calderon dit qu’ils ont discuté avec lui. C’est pourquoi nous allons demander à la FIFA d’enquêter sur cette affaire. » AMICAUX.– À Saint-Divy, Lorient-Brest (L 2), 2-0. Buts : Diane (78e), Gignac (90e). À Perros-Guirec, Guingamp (L 2) - UNFP groupe Nord, 0-0. A Genlis, Dijon (L 2) - UNFP groupe Sud, 0-1. But : Laurent (52e) LYON OUVRIRA CONTRE NANTES LE 4 AOUT. – Le premier match de la saison 2006-2007 de Ligue 1 sera Nantes-Lyon, le vendredi 4 août. La rencontre sera retransmise sur Canal +. – E. M. DAMIEN DEGORRE C’EST DÉSORMAIS OFFICIEL. Hier à 17 h 30, Fabio Capello est arrivé dans la capitale espagnole pour signer un contrat de trois ans comme entraîneur du Real Madrid. C’est le club lui-même qui a communiqué une nouvelle que tout le monde attendait depuis la proclamation lundi dernier de l’identité du nouveau président. Ramon Calderon tient ainsi sa première promesse de candidat. À savoir faire venir l’Italien, un coach qui a déjà entraîné le Real lors de la saison 96-97 et qui a laissé un bon souvenir à Madrid en remportant la Liga avec un record de points à la clé. Juste après son arrivée, le technicien italien qui était jusque-là entraîneur de la Juventus Turin a déclaré : « Je suis très content de revenir au Real, et j’ai beaucoup d’espoir pour l’Italie qui s’est qualifiée pour la finale du Mondial. » Il en dira beaucoup plus aujourd’hui à 12 heures au cours de sa présentation officielle au stade Bernabeu, où il devrait être accueilli par Alfredo Di Stefa NICE : BALMONT RESTE. – Tenté par un départ, Lens et Toulouse étaient prêts à l’engager, Florent Balmont a trouvé un accord avec les dirigeants niçois pour rester au moins une année de plus sur la Côte d’Azur. Sous contrat jusqu’en 2009, il n’a pas prolongé son bail mais obtenu une revalorisation salariale. Par ailleurs, le staff technique met à no, le président d’honneur du club. Après, il donnera sa première conférence de presse. Auparavant, Capello aura visité les nouvelles installations du centre d’entraînement du club, bien meilleures qu’au cours de sa première expérience madrilène et aura fait le point avec Mijatovic, le nouveau directeur sportif du club, sur les nombreux transferts attendus avec impatience par les socios. Calderon doit là aussi tenir des promesses assez compliquées. Le joueur vedette attendu n’est autre que le Brésilien Kaka, le milieu de terrain brésilien âgé de vingt-quatre ans. Les Lyonnais Diarra et Abidal dans le viseur Les négociations avec le footballeur sont en très bonne voie mais son actuel club, l’AC Milan, ne semble pas décidé à le lâcher. Kaka est lié jusqu’en 2011. Même chose pour le milieu de terrain espagnol d’Arsenal Cesc Fabregas. Mijatovic est tombé d’accord avec le représentant du joueur pour un contrat de cinq ans, mais là aussi le club s’oppose à l’essai Grégory Béranger, bientôt vingt-cinq ans. Ce latéral gauche a été formé à l’OGCN avant d’évoluer deux saisons à Cannes (National) puis de rejoindre, l’été dernier, le Racing Ferrol (D 2 espagnole). – Ja. G. TOULOUSE UN ŒIL SUR PICHOT. – Contacté par Saint- TÉLÉVISION PÉTANQUE MAGAZINE MAGAZINE TENNIS TENNIS CYCLISME CYCLISME de notre envoyé spécial YOANN RIOU Eurosport 90 min Canal + Sport 355 min « World Cup Show ». La femme révoltée France 3 5 min ARTE. 22 h 25. Doc. Katharina Bullin, dopée pour la gloire du régime (2005). 52’. 20.10 MAGAZINE « Un jour sur le Tour ». 20.15 France 3 5 min MAGAZINE 14.00 20.15 Eurosport 30 min Rediff. à 14 h 15 Canal + CYCLISME 14.15 Canal + 265 min DOCUMENTAIRE Tournoi de Wimbledon. Demi-finales F. TENNIS 22.45 DOCUMENTAIRE 17.15 France 2 10 min France 2 85 min « Journal de la Coupe du monde ». Eurosport 15 min MAGAZINE 18.40 Canal + 95 min Sport + 75 min 23.00 « Chacun son Tour ». 17.25 À voir. 00.00 Eurosport 15 min ZAP Intéressant. 19.30 Tournoi de Wimbledon. Demi-finales F. Canal + Sport 105 min Circuit américain. Open de Lemont (USA). 1er jour. Rediff. demain à 7 h 45 Arte 52 min 22.25 GOLF Sport + 105 min Tournoi de Wimbledon. Demi-finales F. 22.25 Eurosport 165 min 17.15 « Vélo club ». Rediff. demain à 13 h 30 « Katharina Bullin, dopée pour la gloire du régime » de M. Welsch. Rediff. à 21 h 45 « Les Marches du Tour ». Eurosport 75 min France 2 170 min 14.30 Circuit européen. Open européen. 1er jour. À Straffan (IRL). 21.45 Tour de France 2006. 5e étape : Beauvais-Caen. 14.25 Tour de France 2006. 5e étape : Beauvais-Caen. GOLF TOUT LE SPORT 12.00 Tour de France 2006. 5e étape : Beauvais-Caen. « Le monde est foot ». Strasbourg (L 2), est à l’essai à Kaiserslautern, équipe allemande reléguée en D 2. Âgé de 22 ans, il avait été prêté la dernière saison à Gueugnon (L 2). LES RA NGERS VEULE NT BENDTNER. – À la recherche d’un avant-centre, les Glasgow Rangers ont demandé à Arsenal le prêt de l’international Espoirs danois Nicklas Bendtner, 18 ans, qui a participé au dernier Euro au Portugal. Par ailleurs, le milieu lyonnais Jérémy Clément, 21 ans, va s’engager demain pour trois ans. – D. D. JEFFERS SIGNE À BLACKBURN. – Francis Jeffers, l’attaquant de Charlton (25 ans), a signé un contrat de deux ans avec les Blackburn Rovers. Blackburn a pris une option pour une troisième année. MARCELINHO PROCHE DE PALMEIRAS. – Marcelinho, le milieu de terrain brésilien du Hertha Berlin, est en contact avec Palmeiras. L’ancien Marseillais joue en Allemagne depuis juillet 2001. Canal + Sport 50 min 19.55 France 3 50 min Demi-finales F. MAGAZINE GLOMBARD À L’ESSAI À CARDIFF. – L’attaquant nantais Luigi Glombard, 21 ans, est mis à l’essai à JOUR DE SPORT 10.50 Tournoi de Wimbledon. Demi-finales F. TENNIS Nicolas Douchez, l’actuelle doublure de Christophe Revault, qui a prolongé son contrat malgré un intérêt marseillais et qui pourrait perdre sa place au cas où Fabien Barthez redeviendrait toulousain. – G. D. « LA PEINE CONVENABLE QUI POURRAIT être prononcée contre la Juve serait la rétrogradation en Serie B, avec une pénalisation en points. » À 19 heures, hier, l’avocat du club bianconero, Cesare Zaccone, a officiellement annoncé que la Juventus accepterait une descente en Serie B, ce qu’elle n’a jamais vécu en cent neuf ans d’existence. Mardi, le procureur de la Fédération italienne (FIGC) avait requis la rétrogradation de la Juve dans un Championnat inférieur à la Serie B, c’est-à-dire au moins en Serie C 1 (troisième division), assortie d’une pénalisation de six points au début de la prochaine saison. Les paroles de son avocat équivalent à la reconnaissance par le club de sa culpabilité. L’avocat a tout de même plaidé que la Juve ne peut être reconnue comme responsable directe des délits commis, mais seulement comme responsable indirecte. « Parce que Moggi (ex-directeur général de la Vieille Dame) n’était pas le représentant légal du club », a lancé maître Zaccone, qui a expliqué qu’il n’y avait pas qu’un système Juve. « Il y en avait plusieurs, à Milan, à Rome, à Florence. Dans le foot, chacun défend ses propres intérêts. Les coups de fil de Moggi au corps arbitral avaient pour but de se défendre des autres groupes de pression. » L’avocat d’Antonio Giraudo, ex-administrateur délégué de la Juve, a aussi reconnu que son client n’avait pas toujours eu une attitude correcte. « Mais son comportement ne peut être considéré que comme une violation de règles déontologiques et non comme une fraude sportive, a lâché Luigi Chiappero. Appeler les officiels qui désignaient les arbitres ne peut être vu comme une fraude. Antonio Giraudo n’a jamais influé sur les décisions arbitrales prises sur le terrain. » Hier, Diego Della Valle et Claudio Lotito, respectivement patrons de la Fiorentina et de la Lazio (le procureur fédéral a requis la Serie B, avec quinze points de pénalisation pour ces deux clubs), se sont défendus avec véhémence. « Nous étions les victimes du système », ont-ils asséné. France 3 30 min « Total Coupe du monde ». TENNIS Étienne qui recherche un latéral droit, Stéphane Pichot est également sur les tablettes toulousaines. Âgé de 29 ans, il est lié à Paris jusqu’en juin 2007. Par ailleurs, les dirigeants de Bastia qui sont toujours à la recherche d’un gardien depuis le départ de Nicolas Penneteau auraient pris des renseignements sur 10.20 « Village départ ». MAGAZINE FRÉDÉRIC HERMEL Cardiff qui évolue en D 2 anglaise. – R. R., G. D. DI V AIO DOIT QUI TTER VALENCE. – Prêté la saison dernière à Monaco, Marco Di Vaio a retrouvé Valence, son club espagnol. Club qu’il doit quitter car Quique Sánchez Flores, son entraîneur, ne l’a pas emmené en stage aux PaysBas. Rufete, Kluivert, Fiore et Corradi sont dans le même cas que lui. La presse italienne a évoqué mardi l’existence, pour Di Vaio, d’un contact avec le Paris-SG. Il aurait été proposé aux dirigeants du club de la capitale. BEDENIK À IONIKOS. – Le gardien français Jean-François Bedenik qui évoluait à Neuchâtel Xamax a signé un contrat de trois ans avec Ionikos Le Pirée. Bedenik, 28 ans, a joué au Mans entre 2000 et 2004 avant de rejoindre Neuchâtel Xamax ces deux dernières saisons. MOULOUNGUI À L’ESSAI À KAISERSLAUTERN. – Éric Mouloungui, l’attaquant gabonais de ROME – LA SÉLECTION DE « L’ÉQUIPE » 45e Mondial « la Marseillaise ». 5e jour. MAGAZINE tout transfert. Les choses semblent aussi compliquées pour Arjen Robben, l’attaquant de Chelsea. Âgé de vingt-deux ans, il a été approché pour un contrat de quatre ans. Le club anglais n’a guère apprécié la méthode madrilène et compte saisir la FIFA. C’est Peter Kenyon, le directeur exécutif du club, qui l’assure sur le site Internet des Blues… L’Olympique Lyonnais est aussi concerné par ce « nouveau Real », car deux de ses joueurs intéressent grandement les dirigeants. Mamadou Diarra est l’un des objectifs principaux, mais Éric Abidal, vingt-six ans, pourrait être un digne remplaçant de Roberto Carlos sur le côté gauche. Le Brésilien aurait accepté une offre très intéressante de Chelsea. Tout devrait s’accélérer dans les prochains jours pour que l’on puisse connaître avec quelle équipe le Real va tenter de renouer avec le succès. À noter que la formation est un domaine que le nouveau président veut aussi renforcer. Il vient de nommer l’ancien joueur Michel entraîneur de l’équipe B et responsable des jeunes. Sport + 180 min 19.45 TPS Foot 75 min À ne pas rater. Les cases vertes correspondent aux retransmissions en direct. Ce soir 20 : 00 INFORMATION > LA GRANDE ÉDITION « TOTAL FOOT » Bernard Tapie sur le plateau d’Olivier Ménard > FOOTBALL JEUDI 6 JUILLET 2006 À QUARANTE-SEPT ANS, le corps de Katharina Bullin n’est qu’une plaie ; son quotidien, un calvaire. À l’écouter énumérer la litanie des opérations chirurgicales qu’elle a subies depuis vingt-cinq ans, on a du mal à imaginer que cette femme impotente, malgré des épaules de camionneur, fut un jour athlète de haut niveau. Et pourtant… En 1980, avec ses camarades volleyeuses, elle offrait l’argent olympique à l’Allemagne de l’Est aux Jeux de Moscou. « À ce moment-là, je croyais que j’étais la plus grande », confie-t-elle dans un sourire amer. Mais, de retour au pas, la chute est rude et le verdict médical sans appel : bousillée, son épaule doit être remplacée par une prothèse. Brisée, la carrière de sportive de haut niveau ; terminés, les honneurs de la patrie, soudain plus très reconnaissante. Katharina est bonne pour la casse. À vingt et un ans, dont plus de la moitié passée à s’esquinter le corps sur les parquets et la santé en dehors. En racontant sa triste histoire, l’ancienne athlète apporte un témoignage édifiant sur la réalité totalitaire de l’ancienne RDA, bien loin de ces films de propagande illustrant les vertus des « activités collectives (qui) soudent les sportifs sans les enchaîner » (sic). Des images champêtres qui prêteraient à sourire si les conséquences humaines n’avaient été aussi désastreuses. « Quand on commence à neuf ans et qu’on arrive en équipe nationale à seize ou dix-sept, comment voulez-vous qu’on se méfie de quoi que ce soit ?, interroge Katharina. On vit dans une bulle, tout est merveilleux : nous sommes les ambassadeurs de la grande RDA, nous sommes les plus grands. » Strictement encadrée, la petite fille sage fait aveuglément confiance à son entraîneur et aux médecins. Au centre de Kreischa, haut lieu du dopage où les meilleurs athlètes du pays étaient envoyés « en convalescence » (sic), elle se soumet au régime très particulier concocté par les Diafoirus est-allemands. Là, cobaye obéissant, elle avale les « chocolats » faits maison aux effets secondaires stupéfiants : « La barbe nous poussait, notre voix muait… » De ce remède viril, elle hérite du surnom « l’ours » et de performances athlétiques inouïes : « Je sautais beaucoup trop haut ! Quand je sautais pour contrer, l’adversaire smashait contre mes coudes et pas contre mes mains!» Aujourd’hui, la jeune naïve s’est muée en femme révoltée. Après la chute du mur de Berlin, elle s’est débarrassée de ses médailles – « ce n’était plus que de la camelote pour moi » – cédées à un collectionneur contre 500 DM (environ 250 ) pour solde de tout compte de son ancienne gloire frelatée : « Les seules choses qui me restent, ce sont les douleurs. » En guise de traitement, Katharina s’impose des séances de musculation rageuses pour retrouver un peu de sa forme physique volée. Elle veut surtout se battre pour, enfin, être reconnue comme une victime du régime est-allemand. Car, pour l’heure, ses perspectives se limitent à se faire poser une prothèse du genou qui lui permettrait d’atteindre 66 % d’invalidité et de pr étendre, ai n si , a u m in im um retraite… JOCELYN LERMUSIEAUX L’ÉQUIPE TV 6. Édition du matin. 10. Édition de la journée.20. La Grande Édition Total Foot, 1re partie (rediff. toutes les demi-heures jusqu’à 23 h). 23. La Grande Édition Total Foot, 2e partie (rediff. jusqu’à 6 h). INFOSPORT 6. La Matinale Foot. 10. Le Journal en continu, en direct d’Allemagne.18. Le Journal des Bleus. 23. Le Journal du Mondial. LE COIN DES RADIOS France Info. À .8 et à .38 de chaque heure, chronique sportive. 6.40 et 7.40 ,France Inter. Sports. 6.45 RTL. RTL Mondial. 7.15 RTL. Le Sacco Show. 7.40 Europe 1. Sports. 7.50. RTL. L’invité de RTL. Spécial PortugalFrance. 8.15.RTL. Le carnet de route de Laurent Jalabert. 8.20 RTL. Une-Deux. 8.30. RTL. Émission spéciale Portugal-France. 8.35. RMC. Boudin & Co : Didier Deschamps. 9. RTL. En direct avec les Bleus. 13. RMC. Les Grandes Gueules : Daniel Baal. 15. RMC. Intégrale Tour de France. 18. RMC. Intégrale RMC (La Dream Team). 18. Sud-Radio. Rugby & Compagnie. 18.30. RTL. Le club Jalabert. 18.53 RTL. RTL Mondial. 19. RMC. Spécial Tour de France. 20. RTL. On refait le match. 20. Europe 1. Le Club Europe 1 Mondial 2006. 21. RTL. Le Club France RTL avec l’Équipe. PAGE 15 Bleu Rouge Noir Jaune Rouge de notre correspondant La Juve acceptera la Serie B Bleu MADRID – FRÉDÉRIC DÉHU, le défenseur de l’Olympique de Marseille, a signé, hier, un contrat d’une saison en faveur de Levante, club proche de Valence qui vient d’accéder à la Première Division espagnole. Il a une option pour deux années supplémentaires. Âgé de trente-cinq ans, l’ancien international va donc retrouver la Liga, qu’il a fréquentée en 1999-2000 sous le maillot du FC Barcelone. Levante sera entraîné cette saison par Juan Ramon Lopez Caro, exentraîneur du Real Madrid, où il avait remplacé en décembre dernier le Brésilien Vanderlei Luxemburgo. Déhu va retrouver plusieurs anciens joueurs de L 1 : Laurent Courtois, Sylvain N’Diaye et Vladimir Manchev. Jaune Rouge Jaune Le technicien italien est arrivé hier en Espagne, où il a signé un contrat de trois ans. PROCÈS DU CALCIO Noir Bleu Noir Capello atterrit au Real Déhu à Levante 16 Bleu Rouge Noir Jaune CYCLISME Samedi 1err juillet Dimanche 2 juillet Étape 1 étape : Victoire Vict ire d’é d’étape ape : Prologue Victoire d’étape Casper Hushovd H shovd Lundi 3 juillet Étape Mardi 4 juillet Étape Victoire d’é d’étape ape : McEwen 2 Victo re d’é Victoire d étape : Kessler 3 H ncapi Hincapie p Hushovd ushovd Boonen Boone Hushovd crée la surprise : le sprinteur norvégien enlève le prologue pour moins d’une seconde devant Hincapie. Zabriskie prend la 3e place. Casper s’impose au sprint devant McEwen et Zabel. Hincapie s’empare du Maillot Jaune grâce aux deux secondes de bonifications récoltées lors du dernier sprint intermédiaire. McEwen remporte le sprint devant Boonen et Hushovd, qui a déchaussé. Mais le Norvégien reprend le Maillot Jaune à Hincapie grâce aux bonifications. Kessler attaque dans le Cauberg et gagne légèrement détaché devant un peloton d’une cinquantaine de coureurs. Boonen, 4 e, prend le Maillot Jaune juste avant l’entrée en Belgique. Strasbourg Strasbourg 7,1 km Strasbourg 184,5 km Strasbourg Obernai Esch-sur-Alzette Esch-sur-Alzette 228,5 km 216,5 km Hier Étape Aujourd’hui Aujourd ’hui Étape 4 Victoir d’étape Victoire étape : McEwen cEwen Demain Étape 5 Samedi 8 juillet 6 Étape Dimanche 9 juillet Étape 7 Lundi 10 juillet Repos Mardi 11 juillet Étape 8 9 Boon n Boonen McEwen anticipe et remporte le sprint avec plusieurs longueurs d’avance, battant nettement Galvez et Freire. Boonen, 4e, garde le Maillot Jaune. Valkenburg Huy 207 km c.l.m. individuel Beauvais Saint-Quentin Caen Lisieux 225 km Vitré Saint-Grégoire Saint-M Saint-MééenRennes le-Grand 52 km 189 km Lorient Dax Bordeaux 181 km 169,5 km Comme une impression… Robbie McEwen a encore gagné au sprint, et les schémas de course semblent redevenir plus conventionnels. Tom Boonen a toujours le Maillot Jaune, mais il n’a toujours pas gagné son étape. Il s’est nettement incliné face au jump de Robbie McEwen, vainqueur de sa dixième étape sur le Tour hier à Saint-Quentin. Sur un autre plan, le sentiment que « quelque chose a changé » dans le peloton commence à se diffuser. SAINT-QUENTIN – de notre envoyé spécial Des indices concordants Robbie McEwen a rempporté hier sa dixième étape du Tour de France. Il est le deuxièm me coureurr en activité le plus prolifique prolifiq surr lla Grande Boucle derrière Erik Zabel (12 étapes) et devant Jan Ullrich (7), Tom Boonen, Alessandro Petacchi, Erik Dekker et Jaan Kirsipuu (4). Tout cela reste, bien sûr, du domaine du subjectif, mais force est de constater aussi qu’il y a du mou dans les équipes de sprinteurs… Bien sûr, elles ne se sont pas affolées hier derrière les cinq gars de devant, il n’y avait pas vraiment de quoi. Mais tout de même, les Quick Step de Boonen et les Davitamon-Lotto de McEwen avaient pris la précaution de ne pas leur laisser trop de champ, moins de cinq minutes. Elles ont bien vu que le peloton mettait du temps à « rentrer » sur les échappés ces derniers jours. Surtout, pas moyen de mettre un train en marche. Dans l’approche finale, c’est plutôt un Lampre par-ci, du Liquigas par-là, et même si Tosatto (Quick Step) entra en scène à la flamme rouge, c’est un peu chacun pour soi. À ce jeu, Robbie McEwen est très fort. Il regrette bien sûr d’avoir perdu en route Fred Rodriguez (blessé mardi sur chute) mais il se débrouille très bien tout seul. Il adore aussi quand il y a une légère courbe comme celle d’hier à 180 mètres de la ligne d’arrivée en faux plat très prononcé. Il avait déjà gagné de cette manière, il y a deux ans, à Namur. À croire qu’il prend ce dernier tournant pour ligne de mire, comme une arrivée fictive. En tout cas, il anticipa hier largement son effort, se propulsa avec cinq ou six longueurs d’avance tout en conservant le jus nécessaire pour atteindre le but. C’est très nettement, presque détaché, que Robbie le kangourou a disposé des deux sprinteurs espagnols, Isaac Galvez et Oscar Freire, tandis que Tom Boonen passait la ligne en cinquième position (derrière Hushovd, déclassé par la suite), le poing rageur. Treizième (Strasbourg), deuxième (Esch), quatrième (Valkenburg) et finalement quatrième encore hier, Tom Boonen profite bien du Maillot Jaune, mais n’a toujours pas gagné son étape. SAINT-QUENTIN. – Formée dès le vingtième kilomètre, l’échappée de Mengin, Martinez, Coutouly, Lefèvre et Wiggins (masqué) n’a jamais compté plus de cinq minutes d’avance sur le peloton, qui a repris les derniers fuyards dans l’avant-dernier kilomètre. Avec, au bout, un nouveau succès au sprint. (Photo Bernard Papon) PHILIPPE BOUVET 54 INOPINÉS, TOUS APTES. – Cinquante-quatre coureurs ont subi un test sanguin inopiné, hier matin, avant le départ de l’étape à Huy. L’ensemble de l’effectif de six équipes d’Agritubel, Cofidis, Crédit Agricole, Discovery Channel, Saunier Duval et Française des Jeux s’est soumis à ce prélèvement diligenté par l’Union cycliste internationale. Tous les coureurs ont été déclarés aptes. Cette opération est la première depuis le départ de Strasbourg. LE FILM DE L’ÉTAPE Les baroudeurs Calme plat 4 e étape, H uy-Saint-Q uent in (207 km). 172 partants. MARTINEZ LANCE L’ÉCHAPPÉE. – Le début de course est très calme. Aucune attaque à signaler dans la première dizaine de kilomètres. Pineau (Bouygues Telecom) profite de la première côte, km 13, pour consolider son maillot de meilleur grimpeur. Martinez (Discovery Channel) sort du peloton au km 18,5. Il est pris en chasse par Wiggins (Cofidis), Mengin (Française des Jeux), Lefèvre (Bouygues Telecom), Coutouly (Agritubel). Les cinq coureurs se regroupent à compter du km 20. Le peloton roule à allure régulière sous la conduite de l’équipe Quick Step du Maillot Jaune Boonen. L’écart atteint 2’10’’, km 25, 3’10’’ au km 40 alors que 38,1 km ont été couverts dans la première heure. PAGE 16 Martinez et Lefèvre sont repris par le peloton. Attaque de Martinez. km 18,5 , Wiggins, Mengin, Lefèvre et Coutouly se joignent à l’échappée. km 20 km 205,5 , Martinez, Lefèvre et Coutouly restent seuls en tête. McEwen remporte le sprint en costaud. km 207 Coutouly lâche prise à son tour. km 204 km 195 A SOUS LES CINQ MINUTES. – L’avance des cinq hommes de tête prend un peu plus d’ampleur mais demeure stationnée sous les cinq minutes. L’écart descend lorsque Davitamon-Lotto se joint aux Quick Step en tête du peloton. L’écart tombe à 2’, km 172, 1’30’’ à 25 km de l’arrivée. McEWEN AU SPRINT. – Le peloton se rapproche progressivement, et le groupe d’échappés se scinde à 12 km du but, laissant Martinez, Lefèvre et Coutouly en tête alors que Wiggins et Mengin sont décrochés. À 10 km de l’arrivée, ces trois coureurs conservent environ 30 secondes sur le peloton. Lefèvre insiste une nouvelle fois à 3 km de la ligne, et seul Martinez peut réagir alors que Cou- touly disparaît. Le peloton reprend Lefèvre et Martinez dans l’avantdernier kilomètre. Le sprint est inévitable, et Robbie McEwen (Dvl) anticipe à l’amorce d’une légère courbe à 200 mètres de la ligne. Il s’assure plusieurs longueurs d’avance et l’emporte nettement. Tom Boonen (Quick Step), 5e, conserve le Maillot Jaune. – Ph. Bo. Les coureurs ayant cumulé le plus de kilomètres en tête de la course lors de la 4e étape. Martinez Lefèvre Coutouly Mengin Wiggins 186 185 184 175 175 km km km km km Les coureurs ayant cumulé le plus de kilomètres en tête du Tour après 4 étapes. U. Etxebarria De La Fuente Arrieta Hernandez Martinez Lefèvre 338 214 197 187 186 185 Ce classement est effectué par la rédaction de . km km km km km km JEUDI 6 JUILLET 2006 Bleu Rouge Noir Jaune Rouge 1 10 Du mou chez les sprinteurs Bleu Rouge Le chiffre du jour j CLASSEMENTS 4e ÉTAPE Huy - Saint-Quentin 1. McEwen (AUS, Dvl), les 207 km en 4 h 59’50’’ (moy. : 41,423 km/h) 2. Galvez (ESP, Cei) 3. Freire (ESP, Rab) 4. Boonen (BEL, Qsi) 5. Kopp (ALL, Gst) 6. Bennati (ITA, Lam) 7. Ventoso (ESP, Sdv) 8. Albasini (SUI, Liq) 9. Eisel (AUT, Fdj) 10. Casper (Cof) 11. Rogers (AUS, Tmo) 12. Geslin (Btl) 13. Hincapie (USA, Dsc) 14. Brochard (Btl) […] 17. Popovych (UKR, Dsc) 22. Landis (USA, Pho) 41. Evans (AUS, Dvl) 45. Moreau (A2r) 55. Leipheimer (USA, Gst) 60. Savoldelli (ITA, Dsc) 76. Menchov (RUS, Tab) 88. Cunego (ITA, Lam) 95. Simoni (ITA, Sdv) 148. Hushovd (NOR, CA), t.m.t. GÉNÉRAL 1. Boonen (BEL, Qsi), 19 h 52’ 13’’ 2. Rogers (AUS, Tmo), à 1’’ 3. Hincapie (USA, Dsc), à 5’’ 4. Hushovd (NOR, CA), à 7’’ 5. Martinez (ESP, Dsc), à 10’’ 6. McEwen (AUS, Dvl), à 12’’ 7. Savoldelli (ITA, Dsc), à 15’’ 8. Bennati (ITA, Lam), m.t. 9. Landis (USA, Pho), à 16’’ 10. Karpets (RUS, Cei), à 17’’ […] 13. Evans (AUS, Dvl), à 20’’ 14. Moreau (A2r), m.t. 21. Dessel (A2r), à 25’’ 24. Popovych (UKR, Dsc), à 27’’ 26. Vaugrenard (Fdj), à 28’’ 27. Leipheimer (USA, Gst), m.t. 32. Simoni (ITA, Sdv), à 32’’ 33. Menchov (RUS, Rab), à 33’’ 75. Cunego (ITA, Lam), à 1’ Jaune Bleu Jaune Tout de même, on peut s’appuyer sur quelques indices concordants pour en déduire que « quelque chose a changé », semble-t-il, pour l’instant. Premier élément, la moyenne horaire. D’accord, cela ne prouve rien de manière formelle, mais tout de même, on est restés jusqu’ici sous les 45 de moyenne (44,2 km/heure pour l’étape la plus rapide gagnée par Jimmy Casper à Strasbourg). Au même stade de la course l’an dernier, pas une étape n’avait été disputée à moins de 46 km/h, même si l’on veut bien considérer que la traversée d’ouest en est proposée en 2005 est somme toute plus commode que les terrains visités jusqu’ici. Deuxième indice, probablement plus significatif. Là où, depuis quelques années, cela démarrait sur les chapeaux de roues au mépris du mal aux pattes matinal, la première heure de course est cette année beaucoup moins folle. On se souvient de ces démarrages qui se succédaient par dizaines, entraînant le peloton autour du cinquante à l’heure, parfois même un peu plus, avant que l’échappée ne puisse s’en aller. C’est tout différent cette année. Dans l’étape de Valkenburg, 45 kilomètres avaient été parcourus dans la première heure, alors que le relief n’était pas spécialement marqué et déjà, l’échappée (Voigt, Pineau, Laurent, Etxebarria, Arrieta) comptait pas loin des trois minutes d’avance sur le peloton qui avançait donc sur des bases modérées. Le même schéma s’est reproduit hier midi, 38,1 kilomètres couverts dans la première heure, avec une seule bosse pour obstacle, et l’échappée qui avait déjà bien pris le large avec déjà ses trois minutes. Cela part rudement moins vite que d’habitude, c’est pour le moment une évidence. Au hasard des groupes d’échappés, on ne peut pas non plus ne pas avoir remarqué comme un léger rééquilibrage des forces. Si l’on prend pour exemple l’étape de mardi, en direction de Valkenburg, un coureur comme Christophe Laurent, certes en progrès sensibles cette saison, fut tout surpris – agréablement – de supporter la comparaison avec certains coureurs de réputation internationale dans un final très difficile. Noir Noir LE RETOUR AU PAYS s’est accompagné hier du retour au calme. Pas de coude à coude effréné dans la chasse aux « bonifs », de toute façon piquées au passage par l’échappée du jour, lancée de bonne heure par Egoï Martinez et qui s’est achevée à l’entrée de Saint-Quentin pour l’Espagnol de Discovery Channel et Laurent Lefèvre, le plus insistant parmi les attaquants. Pas trop de bobos non plus, même si le NéoZélandais Julian Dean est un peu danger public, et tomba finalement tout seul pour avoir voulu regarder aux premières loges le sprint qu’il venait de lancer en faveur de Thor Hushovd. On ne peut pas tout faire. L’étape qui ramenait le Tour depuis la Belgique jusqu’en Picardie s’est inscrite dans la pure tradition des étapes de plaine. Une longue échappée de cinq coureurs, dans laquelle figuraient trois Français, avec Laurent Lefèvre (Bouygues Telecom) qui passait chez lui dans l’Avesnois en fête pour le dernier Tour de JeanMarie Leblanc, mais aussi Christophe Mengin (Française des Jeux) et Cédric Coutouly, l’Agritubel de service (après Christophe Laurent la veille), sans compter une autre équipe française représentée (Cofidis) avec l’Anglais Bradley Wiggins. À la sortie, un sprint massif, le troisième sur les quatre étapes en ligne disputées depuis Strasbourg (seul Kessler a échappé au peloton dans l’étape du Cauberg), et la deuxième victoire pour Robbie McEwen (après Esch-sur-Alzette). Sa dixième au total sur le Tour. Cette journée pour pas grand-chose, avant de mettre aujourd’hui le cap à l’Ouest, permet de jeter un petit regard en arrière, sur la vie du peloton depuis le départ de ce Tour qui a renvoyé la plupart de ses favoris dans leurs foyers (Basso, Ullrich, Vinokourov, Mancebo) avant même que ça commence. « Ça saute aux yeux », remarquait Raymond Poulidor, hier matin au départ, avec ce bon sens qui le caractérise. De quoi parlait-il ? Très clairement, il est temps d’évoquer les effets visibles de cette lutte, qui est menée pied à pied contre le dopage. Attention ! Surtout, pas de précipitation, et encore moins de conclusions définitives. Loin de nous, par conséquent, l’idée de céder à l’angélisme, et prenons bien garde de ne pas nous laisser dire ce que nous aurions trop envie d’entendre… 17 Bleu Rouge Noir Jaune CYCLISME Mercredi 12 juillet Étape Jeudi 13 juillet Étape Vendredi 14 juillet Étape Samedi 15 juillet Étape Dimanche 16 juillet Étape Lundi 17 juillet 10 11 13 12 Gap Luchon Étape Vendredi 21 juillet Étape Samedi 22 juillet Étape Dimanche 23 juillet Étape 15 17 19 16 18 la Toussuire l’Alpe-d’Huez Gap Montélimar Saint-Jeande-Maurienne Morzine Morzine Mâcon Carcassonne Béziers 206,5 km Étape Mercredi 19 juillet Étape Jeudi 20 juillet Le Bourgd’Oisans Pau 190,5 km Mardi 18 juillet 14 Val d’Aran Pla-de-Beret Tarbes Cambo-les-Bains Repos 211,5 km 230 km c.l.m. individuel Montceaules-Mines Le Creusot Montélimar 180,5 km 187 km 182 km 200,5 km 197 km 20 ParisChampsÉlysées Sceaux Antony 57 km 154,5 km McEwen se distingue L’Australien, en remportant sa deuxième victoire au sprint, s’est placé un cran au-dessus de ses adversaires. SAINT-QUENTIN – de notre envoyée spéciale Les sprinteurs Les coureurs ayant obtenu des points après un sprint massif lors de la 4e étape. Les coureurs ayant cumulé le plus de points après 4 étapes. McEwen Boonen Casper Rogers Bennati SAINT-QUENTIN. – Robbie McEwen n’a pas attendu les derniers mètres pour s’imposer. Anticipant à 200 mètres de la ligne, l’Australien a creusé un écart impressionnant sur les autres sprinteurs (de gauche à droite, Freire, Galvez, Boonen, Hushovd et Kopp) pour remporter sa deuxième victoire d’étape sur ce Tour et s’emparer du maillot vert. (Photo Jérôme Prévost) tembre, en Europe avec l’équipe nationale amateurs. Notre entraîneur était un Allemand de l’Est, Heiko Salzwedel, qui était venu en Australie après la chute du mur de Berlin. On logeait en ex-Allemagne de l’Est ou en Autriche, près d’Innsbruck. Surtout, on courait beaucoup car l’équipe avait un budget minuscule et quand on est engagé sur une course, on a le logement et la nourriture gratuits. Je gagnais beaucoup de sprints, même contre des professionnels. En 1994, après ma victoire dans la première étape du Tour de l’Avenir, Aubervilliers et Collstrop m’ont proposé mon premier contrat pro. J’ai dit non, c’était trop tôt. Dans ma tête, si je refaisais BBouygues T Telecom 26 ans, né le 2 janvier 1980. 1,76 m ; 71 kg. Professionnel depuis 2002. 5e participation (87 e en 2002, 71e en 2003, 27 e en 2004, 43 e en 2005). une bonne saison amateurs, j’avais des chances d’avoir une vraie belle offre d’une grosse équipe. » Engagé par Rabobank, il s’adapte très vite, malgré le contraste avec la Gold Coast, à la vie à Brakel, un village flamand posé sur la route du Tour des Flandres. « Un soigneur belge m’avait loué un appartement là-bas. Je ne parlais que l’anglais et, pour me familiariser avec la langue – quand je l’ai entendue pour la première fois, je me suis dit : “C’est quoi ce truc ?” –, je lisais tous les sous-titres des films qui, en Belgique, sont toujours diffusés en version originale. Aujourd’hui, je vis toujours à Brakel et je parle couramment le flamand. On me dit même que j’ai un bon accent. » Son passage dans la formation néerlandaise n’est pas une réussite. « J’étais livré à moi-même. On ne mettait personne à ma disposition. Si je gagnais, c’était bien, sinon, tant pis pour moi. C’est pour ça qu’aujourd’hui, on dit encore de moi que je n’ai pas besoin d’un train. Mais ce n’est pas tout à fait exact. J’ai besoin d’aide, mais je fonctionne de façon moins conventionnelle que les grands sprinteurs comme Petacchi ou Cipollini. » Passé en 2002 chez Lotto, il trouve son bonheur. Sur le Tour de France, deux coureurs sont réellement mis à sa disposition. L’an dernier, c’était Rodriguez et Van Bon ; cette année, Chaque jour, un Français dévoile un aspect du Tour, du cyclisme ou de sa vie de coureur. Aujourd’hui, Jérôme Pineau raconte l’émotion d’arriver sur ses terres, paré du maillot à pois. ILS ONT DIT « Envoyer un signe à ma famille » SAINT-QUENTIN – de notre envoyée spéciale « DEPUIS LE DÉBUT DU TOUR, j’avais prévu de me distinguer le jour de l’arrivée à Caen. Je suis né en Normandie, une partie de ma famille vit là-bas et, quelques jours avant le départ de Strasbourg, j’ai perdu un oncle dont j’étais vraiment très proche. Mon frère Sébastien, qui est aussi sur le Tour de France (il est assistant de l’équipe Bouygues Telecom) et tous mes parents se sont rendus aux obsèques mais moi, je n’ai pas pu. Elles avaient lieu l’avant-veille du départ. Ça a été difficile d’être loin d’eux, dans un tel moment, car je suis très famille. En fait, ça m’a fendu le cœur. Alors, mardi, quand je me suis échappé, je pensais à lui dans chaque bosse. C’est pour lui que je pédalais, que je ne laissais personne d’autre prendre les points du classement des grimpeurs. Je ne sais pas ce qui se passe quand on meurt. Pourtant, j’imagine qu’il m’a vu, qu’il était là, quelque part. Pour moi, avoir réussi à décrocher ce maillot à pois et arriver à Caen avec aujourd’hui, c’est une manière d’être présent, d’envoyer un signe à ma famille, à ma tante surtout. J’espère, même si ce n’est pas grand-chose, que ça lui amènera un tout petit peu de soleil. En plus, ce maillot, c’est celui dont je rêvais quand j’étais môme. C’est sûrement celui qui plaît le plus aux enfants. Il se voit bien au cœur du peloton. Il symbolise le panache et il est original. Malgré ses gros ronds rouges, je l’appelais le maillot à petits pois. Bien sûr, le porter un jour ou deux, sans le ramener jusqu’à Paris, ce n’est rien du tout, dans l’histoire du cyclisme, et pourtant, dans l’instant, cela représente beaucoup. Pour la première fois, je suis monté sur le podium du Tour, j’ai été félicité par Bernard Hinault et j’ai pu constater que la mise en scène de ce moment était encore plus gigantesque que ce que je croyais. Derrière le podium, on est conduit de journaliste en journaliste, on doit parler aux télés, aux radios, signer des maillots. On est félicité de toute part. Il y a encore un an ou deux, j’aurais pu me laisser aller là-dedans, me prendre pour la petite vedette. À un moment, je me suis peut-être pris pour plus fort que j’étais… L’an dernier, je suis arrivé sur le Tour avec de grandes ambitions et j’ai pris une grosse claque. Ça m’a calmé. Du coup, j’apprécie énormément d’avoir ce maillot. Sur le Tour, j’ai compris que tout est bon à prendre, la moindre occasion doit être saisie. Si, arrivé à Paris, je n’ai rien gagné, j’aurais au moins eu ça. Quelque part, dans mes armoires, il y aura toujours un maillot à pois. Et c’est bon pour l’équipe aussi. Notre but, ces jours-ci, au départ des étapes, c’est de défendre le maillot. Cela entraîne tout le monde dans une spirale positive : quelque part, on agit sur la course. Dans les têtes, c’est très important. » DOMINIQUE ISSARTEL 25 10 10 10 8 pts pts pts pts pts Galvez, Freire et Zabel, 5 ; Hushovd, 4 ; Paolini, 2. Ce classement est effectué par la rédaction de . Rodriguez et Steegmans. « Dans cette équipe, on accepte que je dirige mes saisons comme je veux. J’y suis bien et j’ai resigné jusque fin 2008. » Aujourd’hui, il est en course pour remporter un troisième maillot vert mais il sait entretenir le suspense : « Tout peut arriver très vite. Aujourd’hui (hier), Hushovd a été déclassé, comme moi l’an dernier, et ça me donne un petit avantage. Mais il ne faut pas oublier que, même si je suis le sprinteur le plus explosif de tous, je peux être battu. Comme tout le monde, sinon, ce serait un sport ennuyeux. » DOMINIQUE ISSARTEL Lefèvre : « J’ai eu la chair de poule » Laurent LEFÈVRE (Bouygues Telecom, 70e m.t.) : « J’étais sur mes routes et j’ai eu la chair de poule pendant toute la journée. À un moment, je suis passé devant mon fan-club, les mecs voulaient m’offrir une bière mais je n’ai pas pu m’arrêter ! Sinon, que dire ? Qu’il a manqué deux kilomètres, comme souvent, mais qu’il ne faut pas se décourager. On est toujours un peu frustré lorsque l’on ne gagne pas après une longue échappée. Mais je n’ai aucun regret : c’est toujours le peloton qui décide du sort des échappées. » Cédric COUTOULY (Agritubel, 170e à 2’25’’) : « Les efforts longs, je connais bien, je suis ce qu’on appelle un baroudeur. Mais c’est la première fois que je fais le Tour de France et là, quand on s’échappe, ce n’est pas du tout pareil que sur d’autres courses. Le monde au bord des routes, par exemple, qui nous encourage. Au début, je ne pensais pas que l’échappée irait au bout, mais les jambes étaient là et je suis parti. À la fin, je commençais à y croire. L’écart ne descendait pas sous la minute dans les vingt-cinq derniers kilomètres. J’ai attaqué sur la fin, mais les jambes ont fini par manquer. Et les équipes de sprinteurs sont parfaitement réglées. Bien sûr, j’aurais préféré que ça aille au bout pour voir ce que ça fait. Mais il reste des étapes et il se pourrait que je retente le coup. » Christophe MENGIN (Française des Jeux, 162e, à 52’’) : « C’était une étape réservée aux sprinteurs mais quand j’ai vu Egoi Martinez attaquer, j’ai suivi, on ne sait jamais. C’est toujours bien d’être JEUDI 6 JUILLET 2006 devant, et puis ça a remonté le moral de l’équipe après la journée noire de mardi. On s’est bien entendus dans l’échappée mais comme le peloton ne nous a jamais laissé plus de cinq minutes, je savais qu’on allait se faire rattraper. C’est dommage que certains aient attaqué à la fin, on avait plus de chances de résister au retour du peloton à cinq qu’à deux ou trois. » Iban MAYO (ESP, Euskaltel, 101e, m.t.) : « C’est la deuxième peur en deux jours mais heureusement qu’il n’y a pas de mal. Cette première semaine du Tour est toujours difficile à aborder et j’ai hâte de me retrouver sur d’autres terrains. » Jérôme PINEAU (Bouygues Telecom, 139e, m.t.): « J’ai encore marqué des points. C’est l’essentiel. J’espère avoir mon maillot à pois sur les épaules jusqu’aux Pyrénées. Je regrette pour Laurent (Lefèvre) qui a été formidable sans obtenir une juste récompense. Mais il a fait un grand numéro. » PAGE 17 Bleu Rouge Noir Jaune Rouge pts pts pts pts pt Bleu Rouge 10 5 3 2 1 Jaune Bleu Jaune McEwen Galvez Freire Boonen Kopp Les sous-titres des films pour apprendre le flamand Jérôme PINEAU Noir Noir ROBBIE McEWEN ne se lasse pas de raconter ses sprints. Passant de sa langue natale, l’australien, à sa langue d’adoption, le flamand, sans la moindre difficulté ; trouvant, après chacune de ses victoires, la formule qui fait mouche. « Aujourd’hui, j’avais un train mais pas de bus ! », a-t-il lâché hier en riant quand Marc Sergeant, le manager de la formation belge, lui a annoncé que l’énorme pullman qui véhicule les Davitamon-Lotto de l’hôtel au départ, puis de l’arrivée à l’hôtel, était tombé en panne, à dix kilomètres de la ligne. Ensuite, l’Australien a décortiqué son sprint, sa dixième victoire sur le Tour de France, la dédiant à son fidèle poisson-pilote, l’Américain Fred Rodriguez, éliminé la veille suite à une lourde chute. « Je pensais que sans lui, ça allait être difficile mais je n’aurais pas pu trouver meilleur remplaçant. » Hier, c’est le jeune Gert Steegmans, vingt-cinq ans, vainqueur au printemps d’une étape du Tour de Belgique en battant Boonen au sprint, qui a eu la charge d’emmener son aîné dans le final. « D’ordinaire, poursuit McEwen, son boulot est d’emmener Fred devant, dans le dernier kilomètre. Là, je lui ai demandé de rester avec moi, de me piloter jusqu’à l’avant et de placer son accélération 450 mètres avant la ligne. Gert va à une vitesse incroyable, c’est un vrai TGV ! À 200 mètres du but, il ne me restait plus qu’à foncer, seul, sans me retourner. En revoyant les images, j’ai réalisé que personne n’avait pu me suivre, j’ai même été surpris que mes adversaires soient si loin derrière. » À trente-quatre ans, Robbie McEwen est un des personnages les plus intéressants du peloton et sa parole est sensée. Hier, suite aux propos tenus par le docteur Fuentes assurant que des footballeurs et des tennismen comptaient aussi parmi ses clients (voir par 20), il ne s’est pas réjoui de la nouvelle : « Non, ça ne me rend pas heureux d’entendre ça. Qu’il y ait des footballeurs ou d’autres sportifs ne justifie en aucune manière l’implication de tous ces cyclistes. Maintenant, si la justice a dévoilé le nom des seuls cyclistes et pas des autres, je demande : pourquoi ? Pourquoi ne pas tout dire dès le début ? » Quand on discute avec l’Australien, on s’aperçoit que son intelligence tactique, celle qui l’amène à remporter des sprints comme surgi de nulle part, trouve ses racines dans sa façon de gérer sa carrière. Débarqué en Europe pour la première fois il y a douze ans, il a beaucoup observé et réfléchi. « En 1994 et 1995, on passait six mois de l’année, d’avril à sep- Robbie McEWEN (Australie) Trente-quatre ans, né le 24 juin 1972, à Brisbane (AUS). 1,71 m ; 67 kg. Professionnel depuis 1996. Ses équipes : Rabobank (1996-1999) ; Farm Frites (2000) ; Domo (2001) ; Lotto (2002) ; LottoDomo (2003-2004) ; Davitamon-Lotto (depuis 2005). Ses principales victoires : 10 étapes du Tour de France (2 en 2006 ; 3 en 2005, 2 en 2004, 2 en 2002, 1 en 1999) ; 10 étapes du Giro (2 en 2002, 1 en 2003, 1 en 2004, 3 en 2005, 3 en 2006) ; Championnat d’Australie 2002 et 2005 ; Étoile de Bessèges2002 (+ 1 étape) ; Paris-Bruxelles 2002 ; À Travers les Flandres 2003 ; 4 étapesdu Tour de Suisse (1 en 2003, 2 en 2004, 1 en 2005) ; 2 étapes de Paris-Nice 2002 ; 1 étape du Tour Méditerranéen 2001 ; maillot vert du Tour de France 2002 et 2004. Sa principale place d’honneur : 2e du Championnat du monde 2002. 18 Bleu Rouge Noir Jaune CYCLISME CLASSEMENT GÉNÉRAL 1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8. 9. 10. 11. 12. 13. 14. 15. 16. 17. 18. 19. 20. 21. 22. 23. 24. 25. 26. 27. 28. 29. Boonen (QSI) ........................ 19 h 52'13'' Rogers (TMO) ......................... 0 h 0' 1'' Hincapie (DSC) ....................... 0 h 0' 5'' Hushovd (C.A) ......................... 0 h 0' 7'' Martinez (DSC) ....................... 0 h 0'10'' McEwen (DVL) ........................ 0 h 0'12'' Savoldelli (DSC) ...................... 0 h 0'15'' Bennati (LAM) ......................... 0 h 0'15'' Landis (PHO) ........................... 0 h 0'16'' Karpets (CEI) ........................... 0 h 0'17'' Honchar (TMO) ....................... 0 h 0'17'' Kessler (TMO) ......................... 0 h 0'17'' Evans (DVL) ............................. 0 h 0'20'' Moreau (A2R) ........................ 0 h 0'20'' Millar (SDV) ............................. 0 h 0'21'' Sinkewitz (TMO) ..................... 0 h 0'23'' Zabriskie (CSC) ....................... 0 h 0'23'' Klöden (TMO) .......................... 0 h 0'24'' Fothen (GST) ........................... 0 h 0'25'' Freire (RAB) ............................ 0 h 0'25'' Dessel (A2R) .......................... 0 h 0'25'' Julich (CSC) ............................ 0 h 0'25'' Mazzoleni (TMO) ..................... 0 h 0'26'' Popovych (DSC) ...................... 0 h 0'27'' Vandevelde (CSC) ................... 0 h 0'28'' Vaugrenard (FDJ) ................ 0 h 0'28'' Leipheimer (GST) ................... 0 h 0'28'' Bénéteau (BTL) .................... 0 h 0'29'' Bruseghin (LAM) .................... 0 h 0'30'' 30. 31. 32. 33. 34. 35. 36. 37. 38. 39. 40. 41. 42. 43. 44. 45. 46. 47. 48. 49. 50. 51. 52. 53. 54. 55. 56. 57. 58. 59. HIER, 4e ÉTAPE : Huy - Saint-Quentin (207 km) (moyenne du vainqueur : 41,423 km/h) Azevedo (DSC) ........................ Zubeldia (EUS) ........................ Simoni (SDV) ........................... Menchov (RAB) ....................... Pereiro (CEI) ............................ Sastre (CSC) ............................ Grabsch (PHO) ........................ Zabel (MRM) ........................... Gilbert (FDJ) ........................... Ballan (LAM) ............................ Zandio (CEI) ............................ Garzelli (LIQ) ............................ Rous (BTL) .............................. Boogerd (RAB) ........................ Lövkvist (FDJ) ......................... Lefèvre (BTL) ......................... Brochard (BTL) ..................... Jalabert (PHO) ...................... Celestino (MRM) ..................... Merckx (PHO) .......................... Rubiera (DSC) ......................... Vila (LAM) ................................ Astarloza (A2R) ....................... Eisel (FDJ) ............................... Botcharov (C.A) ...................... Halgand (C.A) ........................ Ricco (SDV) ............................. Valjavec (LAM) ........................ Brandt (DVL) ........................... Noval (DSC) ............................. 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0'31'' 0'32'' 0'32'' 0'33'' 0'33'' 0'33'' 0'33'' 0'33'' 0'36'' 0'37'' 0'38'' 0'38'' 0'41'' 0'41'' 0'42'' 0'42'' 0'42'' 0'43'' 0'44'' 0'44'' 0'45'' 0'45'' 0'45'' 0'45'' 0'46'' 0'47'' 0'48'' 0'48'' 0'49'' 0'49'' 60. 61. 62. 63. 64. 65. 66. 67. 68. 69. 70. 71. 72. 73. 74. 75. 76. 77. 78. 79. 80. 81. 82. 83. 84. 85. 86. 87. 88. 89. Landaluze (EUS) ..................... Rujano (QSI) ............................ Totschnig (GST) ...................... Mayo (EUS) .............................. Schleck (CSC) ......................... Caucchioli (C.A) ...................... Moreni (COF) ........................... Commesso (LAM) ................... Paolini (LIQ) ............................. Casar (FDJ) ............................ Vasseur (QSI) ........................ Martin Perdiguero (PHO) ...... Padrnos (DSC) ........................ Camano (EUS) ........................ Calzati (A2R) .......................... Cunego (LAM) ......................... Grivko (MRM) .......................... Mercado (AGR) ....................... Parra (COF) ............................. Salmon (AGR) ........................ Geslin (BTL) ........................... Canada (SDV) .......................... Gerrans (A2R) ......................... Kopp (GST) .............................. Rasmussen (RAB) .................. Chavanel (COF) ..................... Guerini (TMO) .......................... Voeckler (BTL) ...................... Iglinskiy (MRM) ...................... Gonzalo (AGR) ......................... 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0'50'' 0'50'' 0'50'' 0'51'' 0'52'' 0'53'' 0'53'' 0'53'' 0'55'' 0'56'' 0'56'' 0'57'' 0'57'' 0'58'' 0'58'' 1' 0'' 1' 0'' 1' 1'' 1' 1'' 1' 3'' 1' 3'' 1' 3'' 1' 3'' 1' 3'' 1' 7'' 1' 7'' 1' 7'' 1'16'' 1'16'' 1'17'' 90. 91. 92. 93. 94. 95. 96. 97. 98. 99. 100. 101. 102. 103. 104. 105. 106. 107. 108. 109. 110. 111. 112. 113. 114. 115. 116. 117. 118. 119. Weening (RAB) ....................... Flecha (RAB) ........................... Duenas (AGR) .......................... Knees (MRM) .......................... Aerts (DVL) .............................. Rinero (SDV) .......................... Tiralongo (LAM) ...................... Lang (GST) .............................. Voigt (CSC) .............................. Albasini (LIQ) ........................... Scholz (GST) ............................ Moerenhout (PHO) ................. Zberg (GST) ............................. Fédrigo (BTL) ........................ Velo (MRM) .............................. Verdugo (EUS) ........................ Moncoutié (COF).................. Lopez Garcia (EUS) ................ Goubert (A2R) ....................... Ventoso (SDV) ......................... Arrieta (A2R) ........................... Sprick (BTL) .......................... Verbrugghe (COF) .................. Dean (C.A) ................................ Sacchi (MRM) ......................... Moos (PHO) ............................. Quinziato (LIQ) ........................ Laurent (AGR) ........................ Calcagni (LIQ) ......................... Hunter (PHO) ........................... 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 1'20'' 1'22'' 1'23'' 1'25'' 1'26'' 1'31'' 1'34'' 1'35'' 1'39'' 1'51'' 1'54'' 1'58'' 2' 1'' 2'13'' 2'15'' 2'16'' 2'17'' 2'17'' 2'20'' 2'20'' 2'23'' 2'24'' 2'31'' 2'36'' 3' 0'' 3' 6'' 3' 7'' 3' 7'' 3'36'' 3'40'' 120. 121. 122. 123. 124. 125. 126. 127. 128. 129. 130. 131. 132. 133. 134. 135. 136. 137. 138. 139. 140. 141. 142. 143. 144. 145. 146. 147. 148. 149. Gomez Marchante (SDV)....... Plouhinec (AGR) ................... Garcia Acosta (CEI) ................ Dumoulin (A2R) .................... Garate (QSI) ............................ Wrölich (GST) .......................... Wegmann (GST) ..................... Pineau (BTL) .......................... Calvente (AGR) ........................ Ekimov (DSC) .......................... Schröder (MRM) ..................... Hinault (C.A) .......................... Tankink (QSI) .......................... Posthuma (RAB) ..................... Larsson (FDJ) ......................... Martinez (AGR) ....................... De Jongh (QSI) ....................... Lobato (SDV) ........................... Le Mével (C.A)....................... Mengin (FDJ) ........................ Da Cruz (FDJ) ........................ Etxebarria (EUS) ..................... Galvez (CEI) ............................. Horner (DVL) ........................... Pena (PHO) .............................. Brard (CEI) ............................. Lombardi (CSC) ...................... Arroyo (CEI) ............................. Isasi (EUS) ............................... Coutouly (AGR) ..................... 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 0h 3'43'' 3'44'' 3'48'' 3'52'' 3'52'' 3'58'' 4' 5'' 4'29'' 4'53'' 4'55'' 5'21'' 5'23'' 6' 6'' 6' 6'' 6'12'' 6'17'' 6'33'' 6'35'' 6'37'' 7'19'' 7'34'' 7'38'' 8'13'' 8'22'' 8'23'' 8'35'' 8'48'' 8'49'' 8'50'' 9'52'' 150. 151. 152. 153. 154. 155. 156. 157. 158. 159. 160. 161. 162. 163. 164. 165. 166. 167. 168. 169. 170. 171. 172. Grabsch (MRM) ...................... Tosatto (QSI) ........................... Van Summeren (DVL) ............ De Groot (RAB) ....................... Coyot (COF) ............................ O'Grady (CSC) ......................... Steegmans (DVL).................... De La Fuente (SDV)................ Mugerli (LIQ) ........................... Wiggins (COF) ......................... Portal (CEI) ............................ Righi (LAM) .............................. Augé (COF) ............................. Cretskens (QSI) ....................... Carlström (LIQ) ....................... Vansevenant (DVL) ................. Engoulvent (C.A) .................. Joly (FDJ) ............................... Charteau (C.A) ...................... Casper (COF) ......................... Hernandez (EUS) .................... Pozzato (QSI) ........................... Backstedt (LIQ) ....................... 0 h 9'59'' 0 h 10'28'' 0 h 10'33'' 0 h 10'46'' 0 h 11'40'' 0 h 11'41'' 0 h 12'29'' 0 h 12'35'' 0 h 12'41'' 0 h 12'48'' 0 h 13' 2'' 0 h 13'24'' 0 h 16'47'' 0 h 17'24'' 0 h 17'47'' 0 h 20'32'' 0 h 22' 4'' 0 h 22' 6'' 0 h 22'52'' 0 h 24'21'' 0 h 27'55'' 0 h 28'45'' 0 h 29' 9'' SPRINTS INTERMÉDIAIRES Beaumont (km 103) : 1. Martinez, 6 pts ; 2. Lefèvre, 4 ; 3. Coutouly, 2. Sains-du-Nord (km 135,5) : 1. Martinez, 6 pts ; 2. Mengin, 4 ; 3. Lefèvre, 2. Bernot (km 188) : 1. Martinez, 6 pts ; 2. Lefèvre, 4 ; 3. Mengin, 2. COLS ET CÔTES Côte de Peu d’Eau (km 13) : 1. Pineau, 4 pts ; 2. De La Fuente, 3 ; 3. Wegmann, 2 ; 4. Fédrigo, 1. Côte de Falaën : 1. Lefèvre, 3 pts ; 2. Martinez, 2 ; 3. Coutouly, 1. BONIFICATIONS À L’ARRIVÉE 1. McEwen, 20’’ ; 2. Galvez, 12’’ ; 3. Freire, 8’’. PRIX DE LA COMBATIVITÉ Martinez. Classements annexes Aujourd’hui Étape t 5 Arnaud COYOT Aujourd’hui TV France 2 : à partir de 14 h 25 Eurosport : à partir de 14 h 30 Météo 20˚ Averses probable Vents d’ouest et de sud-ouest (20 km/h). Arrivée Elle est jugée boulevard Guillou. Les temps réels sont pris sur la ligne d’arrivée. L’arrivée est prévue vers 17 heures. rir us rcou cour À pa Par 225 0 224 1 217.5 7.5 214.5 10.5 200 25 Bonifications Arrivée + 20, 12 et 8 secondes aux trois premiers coureurs classés. S Sprint + 6, 4 et 2 secondes aux trois premiers coureurs classés. Beauva va vais Caen 4 S 15 m • PONT-L'ÉVÊQUE S 145 m • CÔTE DU BOULAY 116 m • CÔTE DU BUQUET 219 m • LES ANDELYS 234 m MONT-DES-FOURCHES Heures de passage à 46 à 42 km/h km/h 104 109 108 104 95.5 90.5 84.5 79 69 66 65.5 117 121 129.5 134.5 140.5 146 156 159 159.5 60.5 54.5 50 44 44 37.5 33 21 18 6 4.5 0 164.5 170.5 175 181 181 187.5 192 204 207 219 220.5 225 Rouge 10,5 66,5 109 134,5 140,5 EURE SEINE-MARITIME EURE OISE 159 14:11 14:17 14:24 14:31 14:28 14:33 14:44 14:50 14:58 15:05 15:18 15:22 15:23 14:42 14:48 15:00 15:07 15:16 15:24 15:38 15:42 15:43 4 S 4 15:30 15:37 15:43 15:51 15:51 16:00 16:05 16:21 16:25 16:41 16:43 16:48 15:50 15:59 16:05 16:14 16:14 16:23 16:29 16:46 16:51 17:08 17:10 17:16 S ssnn t 175 R Jaune 225 km 12:34 12:59 13:06 13:07 13:20 13:30 13:51 13:51 13:58 4 Le dernier kilomètre u ue 0 km 12:31 12:54 13:00 13:01 13:13 13:22 13:41 13:41 13:47 B evvaar CALVADOS s--GG Bd. d es B alad as Montagne (aux points) 1. 2. 3. 4. 5. PINEAU (Btl) De La Fuente (Sdv) Wegmann (Gst) Hernandez (Eus) Etxebarria (Eus) 21 17 14 10 7 6. Arrieta (A2r) Laurent (Agr) Voigt (Csc) 9. Lefèvre (Btl) 10. Kessler (Tmo) 6 6 6 5 4 ÉQUIPES ÉTAPE GÉNÉRAL 1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8. 9. 10. 11. 12. 13. 14. 15. 16. 17. 18. 19. 20. 1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8. 9. 10. 11. 12. 13. 14. 15. 16. 17. 18. 19. 20. DAVITAMON - LOTTO ........... 14 h 59'30'' COFIDIS ....................................... 0 h 0' 0'' DISCOVERY CHANNEL ............ 0 h 0' 0'' LIQUIGAS - BIANCHI ............... 0 h 0' 0'' FRANÇAISE DES JEUX ........... 0 h 0' 0'' SAUNIER DUVAL - PRODIR .... 0 h 0' 0'' LAMPRE-FONDITAL ................ 0 h 0' 0'' T-MOBILE .................................. 0 h 0' 0'' PHONAK ...................................... 0 h 0' 0'' BOUYGUES TELECOM ............ 0 h 0' 0'' GEROLSTEINER ........................ 0 h 0' 0'' QUICK STEP - INNERGETIC ... 0 h 0' 0'' CAISSE D'ÉPARGNE-ÎLES BAL. .. 0 h 0' 0'' CRÉDIT AGRICOLE .................. 0 h 0' 0'' TEAM CSC ................................. 0 h 0' 0'' TEAM MILRAM .......................... 0 h 0' 0'' AGRITUBEL ............................... 0 h 0' 0'' RABOBANK ................................ 0 h 0' 0'' EUSKALTEL ............................... 0 h 0' 0'' AG2R PRÉVOYANCE ................ 0 h 0' 0'' DISCOVERY CHANNEL ........ 59 h 37'25'' TEAM CSC ............................... 0 h 0' 1'' T-MOBILE ................................. 0 h 0' 2'' CAISSE D'ÉPARGNE-ÎLES BAL. . 0 h 0' 7'' GEROLSTEINER ....................... 0 h 0'18'' PHONAK ................................... 0 h 0'26'' LAMPRE-FONDITAL ............... 0 h 0'37'' SAUNIER DUVAL - PRODIR . 0 h 0'42'' RABOBANK .............................. 0 h 0'42'' CRÉDIT AGRICOLE ................ 0 h 0'43'' AG2R PRÉVOYANCE .............. 0 h 0'44'' FRANÇAISE DES JEUX ......... 0 h 1' 3'' BOUYGUES TELECOM .......... 0 h 1'10'' DAVITAMON - LOTTO ........... 0 h 1'12'' QUICK STEP - INNERGETIC . 0 h 1'15'' EUSKALTEL .............................. 0 h 1'27'' TEAM MILRAM ........................ 0 h 1'28'' COFIDIS .................................... 0 h 1'40'' LIQUIGAS - BIANCHI ............. 0 h 1'56'' AGRITUBEL .............................. 0 h 1'59'' ILS RESTENT EN COURSE DISCOVERY CHANNEL (USA) Directeurs sportifs : Johan Bruyneel et Dirk Demol. 1 José AZEVEDO (POR) 2 Viatcheslav EKIMOV (RUS) 3 George HINCAPIE (USA) 4 Egoi MARTINEZ (ESP) 5 Benjamin NOVAL (ESP) 6 Pavel PADRNOS (RTC) 7 Yaroslav POPOVYCH (UKR) 8 José Luis RUBIERA (ESP) 9 Paolo SAVOLDELLI (ITA) TEAM CSC (DAN) Directeurs sportifs : Bjarne Riis et Alain Gallopin. 11 Bobby JULICH (USA) 12 Giovanni LOMBARDI (ITA) 13 Stuart O’GRADY (AUS) 14 Carlos SASTRE (ESP) 15 Frank SCHLECK (LUX) 16 Christian VANDEVELDE (USA) 17 Jens VOIGT (ALL) 18 David ZABRISKIE (USA) T-MOBILE (ALL) Directeurs sportifs : Olaf Ludwig et Valerio Piva. 21 Andreas KLÖDEN (ALL) 22 Giuseppe GUERINI (ITA) 23 Serhiy HONCHAR (UKR) 24 Matthias KESSLER (ALL) 25 Eddy MAZZOLENI (ITA) 26 Michael ROGERS (AUS) 27 Patrik SINKEWITZ (ALL) AG2R PRÉVOYANCE (FRA) Directeurs sportifs : Vincent Lavenu et Julien Jurdie. 31 Christophe MOREAU (FRA) 32 José Luis ARRIETA (ESP) 33 Mikel ASTARLOZA (ESP) 34 Sylvain CALZATI (FRA) 35 Cyril DESSEL (FRA) 36 Samuel DUMOULIN (FRA) 37 Simon GERRANS (AUS) 38 Stéphane GOUBERT (FRA) GEROLSTEINER (ALL) Directeurs sportifs : Ha n s - M i c h a e l H o l c ze r et Christian Henn. 41 Levi LEIPHEIMER (USA) 42 Markus FOTHEN (ALL)* 43 David KOPP (ALL) 44 Sebastian LANG (ALL) 45 Ronny SCHOLZ (SUI) 46 Georg TOTSCHNIG (AUT) 47 Fabian WEGMANN (ALL) 48 Peter WRÖLICH (AUT) 49 Beat ZBERG (SUI) RABOBANK (HOL) Directeurs sportifs : Erik Breukink et Frans Maassen. 51 Denis MENCHOV (RUS) 52 Michael BOOGERD (HOL) 53 Bram DE GROOT (HOL) 54 Erik DEKKER (HOL) (ab., 3e) 55 Juan Antonio FLECHA (ESP) 56 Oscar FREIRE (ESP) 57 Joost POSTHUMA (HOL)* 58 Michael RASMUSSEN (DAN) 59 Pieter WEENING (HOL)* DAVITAMON-LOTTO (BEL) Directeurs sportifs : Herman Frison et Hendrik Redant. 61 Cadel EVANS (AUS) 62 Mario AERTS (BEL) 63 Christophe BRANDT (BEL) 64 Chris HORNER (USA) 65 Robbie MCEWEN (AUS) 66 Fred RODRIGUEZ (USA) (ab., 3e) 67 Gert STEEGMANS (BEL) 68 Wim VANSEVENANT (BEL) 69 Johan VAN SUMMEREN (BEL)* PHONAK (SUI) Directeurs sportifs : John Lelangue et Jacques Michaud. 71 Floyd LANDIS (USA) 72 Bert GRABSCH (ALL) 73 Robert HUNTER (AFS) 74 Nicolas JALABERT (FRA) 75 Miguel Angel MARTIN PERDIGUERO (ESP) Partenaire du Vainqueur d’étape 76 Axel MERCKX (BEL) 77 Koos MOERENHOUT (HOL) 78 Alexandre MOOS (SUI) 79 Victor Hugo PENA (COL) LAMPRE-FONDITAL (ITA) Directeurs sportifs : Guido et Fabrizio Bontempi. 81 Damiano CUNEGO (ITA)* 82 Alessandro BALLAN (ITA) 83 Daniele BENNATI (ITA) 84 Marzio BRUSEGHIN (ITA) 85 Salvatore COMMESSO (ITA) 86 Daniele RIGHI (ITA) 87 Paolo TIRALONGO (ITA) 88 Tadej VALJAVEC (SLV) 89 Patxi VILA (ESP) C AI S SE D ’É P A RG N E - ÎL ES BALÉARES (ESP) Directeurs sportifs : José Luis Jaimerena et Eusebio Unzue. 91 Alejandro VALVERDE (ESP) (ab., 3e) 92 David ARROYO (ESP) 93 Florent BRARD (FRA) 94 Isaac GALVEZ (ESP) 95 Vicente GARCIA ACOSTA (ESP) 96 Vladimir KARPETS (RUS) 97 Oscar PEREIRO (ESP) 98 Nicolas PORTAL (FRA) 99 Xabier ZANDIO (ESP) 115 Jimmy ENGOULVENT (FRA) 116 Patrice HALGAND (FRA) 117 Sébastien HINAULT (FRA) 118 Thor HUSHOVD (NOR) 119 Christophe LE MÉVEL (FRA) QUICK STEP - INNERGETIC (BEL) EUSKALTEL (ESP) Directeurs sportifs : Wilfried Peeters et Luca Guercilena. 101 Tom BOONEN (BEL) 102 Wilfried CRETSKENS (BEL) 103 Steven DE JONGH (HOL) 104 Juan Manuel GARATE (ESP) 105 Filippo POZZATTO (ITA)* 106 José RUJANO (VEN)* 107 Bram TANKINK (HOL) 108 Matteo TOSATTO (ITA) 109 Cédric VASSEUR (FRA) Directeurs sportifs : Julian Gorospe et Gorka Gerrikagoitia. 121 Iban MAYO (ESP) 122 Iker CAMANO (ESP) 123 Unai ETXEBARRIA (ESP) 124 Aitor HERNANDEZ (ESP)* 125 Inaki ISASI (ESP) 126 Inigo LANDALUZE (ESP) 127 David LOPEZ GARCIA (ESP)* 128 Gorka VERDUGO (ESP) 129 Haimar ZUBELDIA (ESP) CRÉDIT AGRICOLE (FRA) Directeurs sportifs : Roger Legeay et Serge Beucherie. 111 Pietro CAUCCHIOLI (ITA) 112 Alexandre BOTCHAROV (RUS) 113 Anthony CHARTEAU (FRA) 114 Julian DEAN (NZL) COFIDIS (FRA) Directeurs sportifs : Francis Van Londersele et Alain Delœil. 131 David MONCOUTIÉ (FRA) 132 Stéphane AUGÉ (FRA) 133 Jimmy CASPER (FRA) LE MAILLOT BLANC À POIS ROUGES Partenaire du Maillot Jaune Récompense chaque soir le coureur qui a gagné le plus de points au classement général du Meilleur Grimpeur. Ces points sont attribués aux sommets des cols et côtes du parcours. Partenaire du Maillot Vert Jérôme PINEAU (BOUYGUES TELECOM) Partenaire du Maillot Blanc à Pois Rouges Partenaire du Maillot Blanc a reçu le Maillot Blanc à Pois Rouges parrainé par : Supermarché Champion Classement par équipes Prix de la Combativité 134 Sylvain CHAVANEL (FRA) 135 Arnaud COYOT (FRA) 136 Cristian MORENI (ITA) 137 Ivan PARRA (COL) 138 Rik VERBRUGGHE (BEL) 139 Bradley WIGGINS (GBR) SAUNIER DUVAL - PRODIR (ESP) Directeurs sportifs : Joxean Fernandez et Sabino Angoitia. 141 Gilberto SIMONI (ITA) 142 David CANADA (ESP) 143 David DE LA FUENTE (ESP)* 144 José Angel GOMEZ MARCHANTE (ESP) 145 Ruben LOBATO (ESP) 146 David MILLAR (GBR) 147 Riccardo RICCO (ITA)* 148 Christophe RINERO (FRA) 149 Francisco VENTOSO (ESP)* FRANÇAISE DES JEUX (FRA) Directeurs sportifs : Marc Madiot et Martial Gayant. 151 Sandy CASAR (FRA) 152 Carlos DA CRUZ (FRA) 153 Bernhard EISEL (AUT)* 154 Philippe GILBERT (BEL)* 155 Sébastien JOLY (FRA) 156 Gustav LARSSON (SUE) 157 Thomas LÖVKVIST (SUE)* 158 Christophe MENGIN (FRA) 159 Benoît VAUGRENARD (FRA)* LIQUIGAS-BIANCHI (ITA) Directeurs sportifs : Mario Scirea et Stefano Zanatta. 161 Danilo DI LUCA (ITA) (n.p., 2e) 162 Michael ALBASINI (SUI) 163 Magnus BACKSTEDT (SUE) 164 Patrick CALCAGNI (ITA) 165 Kjell CARLSTRÖM (FIN) 166 Stefano GARZELLI (ITA) 167 Matej MUGERLI (SLV)* 168 Luca PAOLINI (ITA) 169 Manuel QUINZIATO (ITA) BOUYGUES TELECOM (FRA) Directeurs sportifs : Jean-René B erna u de au et Chr is t ian Guiberteau. 171 Thomas VOECKLER (FRA) 172 Walter BÉNÉTEAU (FRA) 173 Laurent BROCHARD (FRA) 174 Pierrick FÉDRIGO (FRA) 175 Anthony GESLIN (FRA) 176 Laurent LEFÈVRE (FRA) 177 Jérôme PINEAU (FRA) 178 Didier ROUS (FRA) 179 Matthieu SPRICK (FRA)* TEAM MILRAM (ITA) Directeurs sportifs : Vittorio Algeri et Jan Schaffrath. 181 Erik ZABEL (ALL) 182 Mirko CELESTINO (ITA) 183 Ralf GRABSCH (ALL) 184 Andriy GRIVKO (UKR)* 185 Maxim IGLINSKIY (KAZ)* 186 Christian KNEES (ALL)* 187 Fabio SACCHI (ITA) 188 Björn SCHRÖDER (ALL) 189 Marco VELO (ITA) AGRITUBEL (FRA) Directeurs sportifs : Emmanuel Hubert et Denis Leproux. 191 Juan Miguel MERCADO (ESP) 192 Manuel CALVENTE (ESP) 193 Cédric COUTOULY (FRA) 194 Moises DUENAS (ESP)* 195 Eduardo GONZALO (ESP)* 196 Christophe LAURENT (FRA) 197 Alberto MARTINEZ (ESP) 198 Samuel PLOUHINEC (FRA) 199 Benoît SALMON (FRA) (*) Coureurs nés après le 1er janvier 1981, en lice pour le maillot blanc de meilleur jeune. PAGE 18 JEUDI 6 JUILLET 2006 Bleu Rouge Noir Jaune Rouge 121 116 S 11:55 11:56 12:06 12:10 12:31 Bleu 27.5 45 49.5 50.5 59.5 66.5 81.5 81.5 86 4 11:55 11:56 12:05 12:09 12:28 1. FOTHEN (Gst) en 19h 52’38’’ à 3’’ 2. Vaugrenard (Fdj) à 11’’ 3. Gilbert (Fdj) à 17’’ 4. Lövkvist (Fdj) à 20’’ 5. Eisel (Fdj) à 23’’ 6. Riccò (Sdv) à 25’’ 7. Rujano (Qsi) à 35’’ 8. Cunego (Lam) à 35’’ Grivko (Mrm) à 51’’ 10. Iglinskiy (Mrm) 100 89 86 80 62 59 57 53 51 51 1. McEWEN (Dvl) 2. Boonen (Qsi) 3. Bennati (Lam) 4. Freire (Rab) 5. Hushovd (CA) 6. Zabel (Mrm) 7. Paolini (Liq) 8. Eisel (Fdj) 9. Casper (Cof) Rogers (Tmo) 4 h 59'50'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0' 0'' 0 h 0'26'' 0 h 0'26'' 0 h 0'27'' 0 h 0'29'' 0 h 0'36'' 0 h 0'36'' 0 h 0'36'' 0 h 0'36'' 0 h 0'36'' 0 h 0'36'' 0 h 0'42'' 0 h 0'52'' 0 h 0'52'' 0 h 0'52'' 0 h 0'52'' 0 h 1' 3'' 0 h 1'10'' 0 h 0' 0'' 0 h 2'11'' 0 h 2'21'' 0 h 0' 0'' 0 h 2'25'' 0 h 2'54'' 0 h 3' 6'' Jaune CAEN A 9m 197.5 180 175.5 174.5 165.5 158.5 143.5 143.5 139 225 km OISE (60) ( ) Beauvais Aux Marais Auneuil Mont des Fouurches T i Chââteau Trie-Ch t EURE (27) ( ) Gisors (D.981-D.15b-D.14b-D.10) Les Thilliers-en-Vexin (D.181-N.14-D.181) Carrefour D.181-D.9 D.9 Fontenay-en-Vexin Harquency (D.9-D.125) D.125 Les Andelys (D.125-D.135) Carrefour D.135-N.15 N.15 Heudebouville (N.15-N.155) Louviers (N.155-D.313) SEINE-MARITIME (76) Elbeuf-sur-Seine Côte du Buquet EURE (27) Bourgtheroulde (D.313-N.138) N.138 Carrefour N.138-D.124 Le Bec-Hellouin Côte de Saint-Grégoire-du-Vièvre Saint-Georges-du-Vièvre Lieurey (D.137-D.810) Cormeilles (D.810-D.96) D.96 Côte du Boulay Le Boulay CALVADOS (14) Blangy-le-Château (D.98a-D.51) D.280a Carrefour D.280a-D.48 D.48 Pont-L’Évêque (D.48-N.175-D.118) D.118 Carrefour D.118-D.58 D.58 Beaumont-en-Auge (D.58-D.118) D.27 Les Forges La Croix-d’Heuland Varaville (D.27-D.513) D.513 La Grigelée Mondeville (D.513-D.34) D.34 Caen (entrée) Caen Meilleur jeune (au temps) McEwen (DVL) ............... Galvez (CEI) .................... Freire (RAB).................... Boonen (QSI) .................. Kopp (GST) ..................... Bennati (LAM) ................ Ventoso (SDV) ................ Albasini (LIQ) .................. Eisel (FDJ) ...................... Casper (COF) ................ Rogers (TMO) ................. Geslin (BTL) .................. Hincapie (DSC)............... Brochard (BTL) ............ Coyot (COF) ................... Garzelli (LIQ)................... Popovych (DSC) ............. Klöden (TMO) ................. Steegmans (DVL)........... Botcharov (C.A).............. Bruseghin (LAM)............ Landis (PHO) .................. Gonzalo (AGR) ................ Jalabert (PHO) ............. Rubiera (DSC) ................ Velo (MRM)..................... Lövkvist (FDJ) ................ Gilbert (FDJ)................... Moreni (COF) .................. Gomez Marchante (SDV) .... Millar (SDV) .................... Fothen (GST) .................. Paolini (LIQ).................... Sastre (CSC) ................... Horner (DVL)................... Schleck (CSC) ................ Zubeldia (EUS) ............... Isasi (EUS) ...................... Julich (CSC) ................... Padrnos (DSC)................ Evans (DVL) .................... Grabsch (PHO) ............... Iglinskiy (MRM).............. Laurent (AGR)............... Moreau (A2R)............... Celestino (MRM)............ Pereiro (CEI)................... Rujano (QSI) ................... De Jongh (QSI).............. Grivko (MRM) ................. Mazzoleni (TMO) ............ Sinkewitz (TMO) ............ Vila (LAM) ....................... Martinez (DSC)............... Leipheimer (GST) .......... Ekimov (DSC) ................. Noval (DSC) .................... Zandio (CEI).................... Salmon (AGR) ............... Savoldelli (DSC) ............. Mercado (AGR) .............. Plouhinec (AGR) .......... Martin Perdiguero (PHO).... Aerts (DVL) ..................... Bénéteau (BTL)............ Totschnig (GST) ............. Mugerli (LIQ) .................. Flecha (RAB) .................. Dessel (A2R) ................. Lefèvre (BTL)................ Chavanel (COF) ............ Rous (BTL)..................... Guerini (TMO)................. Weening (RAB) .............. Azevedo (DSC)................ Menchov (RAB) .............. Pena (PHO) ..................... Commesso (LAM) .......... Valjavec (LAM) ............... Honchar (TMO) .............. Moos (PHO) .................... Posthuma (RAB) ............ Caucchioli (C.A) ............. Rinero (SDV) ................. Calcagni (LIQ) ................ Tiralongo (LAM) ............. Astarloza (A2R) .............. Cunego (LAM) ................ Camano (EUS)................ Vandevelde (CSC).......... Halgand (C.A) ............... Portal (CEI).................... Merckx (PHO)................. Boogerd (RAB) ............... Simoni (SDV) .................. Lang (GST)...................... Ricco (SDV) .................... Canada (SDV) ................. Pozzato (QSI).................. Duenas (AGR)................. Mayo (EUS)..................... Etxebarria (EUS)............ Lombardi (CSC) ............. Da Cruz (FDJ) .............. Fédrigo (BTL)................ Sacchi (MRM) ................ Knees (MRM) ................. Karpets (CEI).................. Rasmussen (RAB).......... Parra (COF)..................... Van Summeren (DVL)...... Vaugrenard (FDJ) ....... Kessler (TMO) ................ Martinez (AGR)............... Dumoulin (A2R) ........... Voigt (CSC) ..................... O'Grady (CSC) ................ Larsson (FDJ)................. Brard (CEI) .................... Zabriskie (CSC) .............. Moerenhout (PHO) ........ Engoulvent (C.A).......... Calzati (A2R)................. Lobato (SDV) .................. Goubert (A2R) .............. Arroyo (CEI) .................... Gerrans (A2R) ................ Verdugo (EUS)................ Scholz (GST)................... Arrieta (A2R) .................. Le Mével (C.A) ............. Voeckler (BTL) ............. Schröder (MRM) ............ Brandt (DVL)................... Vasseur (QSI)................ Calvente (AGR)............... Zberg (GST) .................... Pineau (BTL) ................. Casar (FDJ) ................... Wegmann (GST) ............ Ballan (LAM)................... Lopez Garcia (EUS)....... Augé (COF) .................... De La Fuente (SDV)...... Moncoutié (COF)......... Verbrugghe (COF).......... Landaluze (EUS) ............ Hushovd (C.A) ................ Grabsch (MRM).............. Sprick (BTL).................. Garcia Acosta (CEI)....... Quinziato (LIQ) ............... Cretskens (QSI).............. Tosatto (QSI) .................. Garate (QSI).................... Tankink (QSI) ................. De Groot (RAB).............. Wrölich (GST)................. Charteau (C.A) ............. Backstedt (LIQ).............. Carlström (LIQ) .............. Mengin (FDJ) ............... Hunter (PHO).................. Vansevenant (DVL) ........ Hinault (C.A) ................. Zabel (MRM)................... Righi (LAM)..................... Joly (FDJ) ...................... Dean (C.A)....................... Coutouly (AGR)............. Wiggins (COF) ................ Hernandez (EUS) ........... Noir Bleu Noir BEAUVAIS D 75 m 4 153 m • CÔTE DE ST.-GRÉGOIRE 4 S 148 m • ST.-GEORGES-DU-VIÈVRE 4 Par points aire Cofidis « L’horizon est très, très loin » « Je vis à 6 kilomètres de Beauvais et, pour mon premier Tour de France, j’imagine que ça va être un instant magique de partir de là-bas, au milieu de tous mes proches. Même si je devrai me forcer à faire abstraction de la « folie du Tour », à ne pas être trop ébloui. L’étape sera réservée aux sprinteurs même si le relief devient un peu plus vallonné une centaine de kilomètres après le départ. En tout cas, pour les routes que je connais, c’est très plat. Il y a des champs à perte de vue et l’horizon est très, très loin... » Départ Départ caravane : 9 h 55 Rassemblement de départ : rue Desgroux Signature : de 10 h 30 à 11 h 30 Appel : 11 h 35 Départ fictif : 11 h 40 Départ réel lancé : 11 h 55, sur D.981 soit à 5,6 km du lieu de rassemblement. Beaauvais - Caen 1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8. 9. 10. 11. 12. 13. 14. 15. 16. 17. 18. 19. 20. 21. 22. 23. 24. 25. 26. 27. 28. 29. 30. 31. 32. 33. 34. 35. 36. 37. 38. 39. 40. 41. 42. 43. 44. 45. 46. 47. 48. 49. 50. 51. 52. 53. 54. 55. 56. 57. 58. 59. 60. 61. 62. 63. 64. 65. 66. 67. 68. 69. 70. 71. 72. 73. 74. 75. 76. 77. 78. 79. 80. 81. 82. 83. 84. 85. 86. 87. 88. 89. 90. 91. 92. 93. 94. 95. 96. 97. 98. 99. 100. 101. 102. 103. 104. 105. 106. 107. 108. 109. 110. 111. 112. 113. 114. 115. 116. 117. 118. 119. 120. 121. 122. 123. 124. 125. 126. 127. 128. 129. 130. 131. 132. 133. 134. 135. 136. 137. 138. 139. 140. 141. 142. 143. 144. 145. 146. 147. 148. 149. 150. 151. 152. 153. 154. 155. 156. 157. 158. 159. 160. 161. 162. 163. 164. 165. 166. 167. 168. 169. 170. 171. 172. 19 Bleu Rouge Noir Jaune CYCLISME HIER EN IMAGES 17 h 06 Boonen n’y arrive pas Le champion du monde a une nouvelle fois échoué au sprint, hier. Il avait du mal à cacher sa colère. SAINT-QUENTIN – de notre envoyé spécial SAINT-QUENTIN. – Comme la veille vers Valkenburg, Iban Mayo (au centre) se fait une belle frayeur à quinze kilomètres de l’arrivée. Retardé par un accrochage, le leader des Euskaltel change de vélo avant d’être ramené au train par quatre de ses coéquipiers, sans dommage au classement. (Photo Fred Mons) 17 h 17 TOM BOONEN SE SENT décidément bien seul à l’approche des sprints. Il doit se contenter d’observer son rival Robbie McEwen, qui se balade de rang en rang, bien emmené par son poisson-pilote, Gert Steegmans. Ses équipiers à lui, Matteo Tosatto, handicapé depuis sa chute lors de la deuxième étape, et Filippo Pozzato, convalescent, n’ont toujours pas réussi à le déposer comme il le faut, pour lancer son sprint. Le résultat est sans appel, le champion du monde a toujours son compteur bloqué à zéro depuis le départ. Tom Boonen, le regard noir des mauvais jours, ne pouvait que constater son impuissance, hier après-midi, après la ligne. « Je suis très fâché, expliqua-t-il. C’était encore un sprint lourd. Steven (De Jongh) m’avait bien emmené, mais au moment où je me lançais, j’ai vu Steegmans me passer sur la droite avec McEwen dans sa roue. Le plus rageant, c’est que je savais que ça se passerait comme ça. Je n’ai pas pu les suivre car, devant moi, Wrölich m’a bouché le passage. Le temps que je me relance et c’était déjà foutu. » Plus tard, il avouera que « les sprints sont très serrés sur ce Tour », contrairement à ce qu’il avait peutêtre imaginé au départ de Strasbourg. « Le niveau entre chaque sprinteur se joue dans un mouchoir de poche, une seule erreur ne pardonne pas. » Son unique satisfaction restait ce Maillot Jaune qu’il gardait pour la deuxième journée d’affilée. Mais pour un gagneur comme lui, la pilule avait du mal à passer. presse, ne se lassait pas de revoir sur les écrans de télévision les images de ce nouveau sprint raté. Il ne cherchait aucune excuse. « Dans un sprint, il y a toujours un juste milieu pour lancer son effort. Il faut à la fois ne pas être trop tôt mais aussi savoir anticiper. Tom était en dixième position quand McEwen a anticipé. Il a, à ce moment-là, deux dents de moins et, sur L’accélération, il met tout de suite deux vélos dans la vue de Tom. J’avais pourtant expliqué qu’avec le vent de dos et le dernier virage à cent cinquante mètres, il fallait être très vigilant. » Les sprints ne sont pas toujours des cas d’école où tout peut s’expliquer. Patrick Lefévère en convenait, même si la crevaison d’Erik Zabel à cinq kilomètres du but avait, selon lui, « peut-être perturbé l’organisation du sprint. Mais c’est aussi le cas depuis le début du Tour, où on sent que l’absence de Petacchi et de son équipe a changé la donne ». Sans équipes de sprinteurs, sans ce fameux train de la Fassa Bortolo qui faisait fureur jusqu’à l’an dernier, la différence est de plus en plus palpable. Tom Boonen est le premier concerné car son équipe, sur ce Tour de France, n’a pas été conçue à son service exclusif. L’arrivée du petit grimpeur José Rujano, au 1er juin, a ouvert d’autres perspectives à l’équipe belge, qui joue désormais sur deux tableaux. Pour autant, hier soir, le champion du monde avait bien du mal à s’expliquer ce qui ne collait pas. « Je ne suis pas qu’un simple sprinteur, répétat-il, je n’ai pas toujours besoin d’une équipe complète pour m’emmener un sprint. Parfois, il n’y a rien à comprendre, il faut donc savoir laisser reposer la passion et surtout la colère qu’on peut ressentir sur une ligne d’arrivée. Le sprint d’aujourd’hui (hier) était pourtant limpide, il n’y a eu aucun problème dans son déroulement. Mais la chance ne me sourit pas, voilà tout. » S’il avait admis, le premier jour, avoir commis des erreurs, le lendemain, c’est le déchaussage de Hushovd qui l’avait gêné, sans oublier qu’avant-hier, à Valkenburg, une crevaison à cinq kilomètres de la ligne l’avait obligé à finir son sprint pratiquement à plat. « Sur ce Tour, il se passe tous les jours quelque chose d’inhabituel. Mais au bout d’un moment, tout va rentrer dans l’ordre. » PHILIPPE LE GARS Une équipe pas à son service exclusif son grand gabarit (cadre taille L, manivelles alu de 177,5 mm, potence de 140 mm, cintre de 46 cm, selle large), Boonen est équipé d’un cadre (translink), sur lequel la tige de selle est remplacée par un tube vertical plus long. Par ailleurs, ses roues sont différentes de la dotation officielle (Fulcrum) de Quick Step. Il s’agit de Campagnolo, plus légères (jantes moins hautes et moyeux en carbone, au lieu de l’alu). Poids total : 7,4 kilos. Enfin, cette petite astuce : pour empêcher tout mouvement latéral de l’avant du pied et prévenir le déchaussage en plein sprint, ses pédales présentent une encoche, dans laquelle les cales des chaussures, munies d’une languette, viennent se loger. PROFESSEUR CASTEROT avec Livrés à eux-mêmes Depuis le début du Tour, les sprinteurs semblent désorganisés. SAINT-QUENTIN – de notre envoyé spécial OUBLIÉ LE TRAIN-TRAIN DES SPRINTS. Il faut dire qu’il n’y a plus de train du tout. Alessandro Petacchi manque – le sprinteur italien s’est blessé au Giro – et tout est débridé. À la lumière des premiers sprints massifs de ce Tour 2006, ces beaux ordonnancements, qui ont fait la fierté successivement de la Saeco de Cipollini, puis de la Fassa Bortolo (et de la Milram) de Petacchi, appartiennent au passé. Illustration parfaite dès la première étape, à Strasbourg, où Jimmy Casper a profité des atermoiements des uns et des autres. « Il y a eu un cafouillage, chacun voulait se régler le premier jour, ce qui est un peu normal, commente le sprinteur de Cofidis. Boonen a été lâché très tôt, c’était surprenant. Il y a eu un petit temps mort. J’ai giclé de l’arrière. Le vent était légèrement défavorable. Et ce sont des sprints que j’aime. Mais le fait que le train habituel de Petacchi ne soit pas là est une donnée essentielle. Les sprints ne sont pas emmenés de la même manière. » Daniele Bennati, la flèche de la Lampre, qui dispute son premier Tour de France, emploie cette expression : « C’est la roulette russe. Cela ne ressemble à rien de ce que je connais, au Giro notamment, explique-t-il. Je ressens une grande nervosité, parfois même de l’agressivité. ça part dans tous les sens. Ce n’est pas linéaire. » Autrement dit, en l’absence d’organisation, c’est la foire d’empoigne à tous les coups. Une victoire dans le Tour de France est à ce prix. Hushovd déclassé Hier, par exemple, Hushovd a tellement serré Eisel le long des balustrades que l’Autrichien de la Française des Jeux a bien cru qu’il allait prendre la voie de dérivation des voitures de directeurs sportifs, aux deux cents mètres. « Hushovd a pris des risques insensés », confiait Eisel à l’arrivée. Sans rancune. Le Norvégien du Crédit Agricole (4e à l’origine) a tout de même été déclassé pour sprint irrégulier. « Il n’y avait pas d’agressivité dans ce sprint, je ne vois pas du tout quelle faute j’aurais commise », commentait Hushovd. « Il y a quand même eu un relais à la main entre Steegmans et McEwen », remarquait pour sa part Michel Laurent, directeur sportif adjoint du Crédit Agricole. Personne ne régente rien et chacun se débrouille comme il peut. Les plus en jambes « filochent », selon le jargon. Et les analyses diffèrent, selon le niveau de confiance. « Aujourd’hui (hier), le sprint était lancé relativement vite. Au dernier kilomètre notamment. Moi, je trouve que ça ressemblait à un sprint habituel du Tour. Ça roulait très vite. D’habitude, je cherche à tout prix à m’économiser dans les derniers kilomètres. Maintenant, grâce à ma victoire, je n’ai plus peur, je prends l’initiative. Pour le placement, je reprends beaucoup de plaisir. J’ai du feeling. Je me trouve au bon endroit, au bon moment. Je n’ai pas peur de prendre des risques. » À ce petit jeu, McEwen reste le roi. JÉRÉMIE ARBONA EN DIRECT DU PELOTON 17 h 21 Casar souffre mais tient Ressentant toujours les séquelles de sa chute de mardi au pied du Cauberg (après visionnage de l’étape par les commissaires, il a été crédité du temps du troisième groupe arrivé à 22’’ de Kessler), Casar a réussi à finir hier avec le peloton. Il courait avec un long pansement au bras droit et une cicatrice au genou gauche. « Je n’ai pas envie d’arrêter. Je saurai au bout de dix kilomètres », confiait-il hier matin. Finalement, c’est passé. « Ç’a été, mieux que je le pensais. Mais je suis courbaturé de partout, surtout aux ischios, expliquait-il à l’arrivée. C’est un peu galère en ce moment. J’espère que ça va s’améliorer dans les trois jours. Pour faire la course, ça va être difficile. Il y a toujours une douleur qui est derrière, qu’on n’arrive pas à enlever. » Des courbatures aussi pour le Belge Gilbert, qui avait chuté dans l’étape de mardi en même temps que Valverde. Pendant le sprint, Eisel a failli prendre une balustrade. Quant à Joly, touché au coccyx, il a encore fait appel à la voiture médicale et a terminé à 2’21’’ de McEwen. LIQUIGAS RABOBANK Backstedt, qui a beaucoup souffert de la chaleur lors des premières étapes, retrouve petit à petit la forme. Paolini n’a obtenu que la 33e place hier, le premier des Liquigas étant le Suisse Albasini (8e). Le directeur sportif Eric Breukink a déclaré garder toute sa confiance, pour les jours à venir, envers Freire, en dépit d’un nouvel échec hier (3e). Néanmoins, la stratégie reste tournée vers la possibilité d’une échappée.Ce n’est qu’en cas de regroupement que Flecha doit se mettre au service de son compatriote dans les dix derniers kilomètres. Plaies à la jambe droite pour Weening. CRÉDIT AGRICOLE Déclassé pour sprint irrégulier, Hushovd ne se sent pas encore à 100 % et a toujours mal à l’estomac. Son poisson pilote Dean est tombé dans l’emballage final. Il s’en sort avec des contusions et des brûlures sur tout le côté droit, du mollet au coude. Rien de cassé. Il devrait repartir. Casper (10e) est heureux de retrouver ses sensations de début de carrière : pas de peur, envie de combattre dans les sprints. Wiggins n’avait jamais fait une telle échappée et a découvert qu’il était capable d’un très long effort. Le constructeur Scott a livré une édition spéciale de ses vélos pour le Tour. Celui de Millar est décoré avec la Tour Eiffel et le nom des villes étapes. Son nom apparaît sur le cadre dans la typographie propre au journal L’Équipe. De même, Simoni roule sur un vélo rose où son nom est inscrit dans le caractère de La Gazzetta dello Sport, journal organisateur du Giro. Petit clin d’œil. DAVITAMON-LOTTO MILRAM Après les déboiresde la veille (abandon de Rodriguez et blessure de Horner, qui va mieux), c’était la fête avec la 2e victoire de McEwen. Sentiments partagés pour Vittorio Algeri, qui s’estime rassuré par les premières étapes.Ses hommes s’appliquentà régenter les sprints avec le soutien des Davita- COFIDIS Robbie McEwen est bien le meilleur sprinteur de ce début de Tour. Une nouvelle fois impérial, l’Australien (au centre) ne laisse aucune chance à Isaac Galvez, Tom Boonen et Thor Hushovd (de gauche à droite). Le Norvégien sera même déclassé pour sprint irrégulier et laisse donc McEwen se détacher au classement du maillot vert. (Photo Jean-Christian Biville) SAUNIER DUVAL JEUDI 6 JUILLET 2006 mon, mais la chance ne veut toujours pas sourire à Zabel. régional de Picardie au titre de premier coureur français classé au général. LAMPRE T-MOBILE Nouvel échec pour Bennati, qui termine sixième sans avoir pu se mesurer à McEwen. « Je n’ai rien à regretter, a déclaré l’Italien, à l’heure actuelle, il n’y a rien à faire contre l’Australien. » Klöden, victime de la chute qui a causé l’abandon de Valverde mardi, a eu du mal à tenir sa place dans le peloton. L’Allemand souffre du fessier mais espère que les douleurs vont s’estomper. TEAM CSC QUICK STEP-INNERGETIC O’Grady, victime la veille d’une lourde chute, a non seulement terminé l’étape mais ses douleurs se sont atténuées. « On ne pou vai t e sp ér er m ie ux po u r aujourd’hui », relève Alain Gallopin qui n’attend rien de ses coureurs avant le chrono de Rennes, où Zabriskie recherchera la victoire. Pozzato, souffrant de troubles digestifs depuis le début du Tour, a retrouvé des couleurs hier. L’Italien, quoique affaibli, a pu aider Boonen pour le sprint, même s’il ne lui pas été d’un grand secours. PHONAK Petite alerte pour Landis, qui a crevé en cours d’étape. Hier matin, le premier ministre belge est monté dans le bus pour saluer Axel Merckx, très touché par ces honneurs. EUSKALTEL Mayo s’est fait une nouvelle grosse frayeur après un accrochage, à une quinzaine de kilomètres de l’arrivée. Landaluze lui ayant immédiatement donné son vélo, il a pu rejoindre le peloton au bout de quelques kilomètres, attendu par tous ses coéquipiers. CAISSE D’ÉPARGNE-ÎLES BALÉARES BOUYGUES TELECOM Pineau conforte son maillot à pois, Lefèvre a fait une très belle échappée qui n’a pas entamé ses forces. Bénéteau, lui, a écopé d’une amende de 200 francs suisses pour s’être « chamaillé » avec De la Fuente en course. Ils se sont mutuellement poussés après le premier sprint de la journée lancé pour ramasser les points des grimpeurs. Les commissaires n’ont pas apprécié. GEROLSTEINER L’Allemand Kopp a souffert de maux d’estomac. « Avec cette chaleur, il boit beaucoup, mais trop de boissons énergétiques sucrées. Il ferait mieux de boire de l’eauminérale Gerolsteiner,ce serait meilleur pour lui, et ça ferait plaisir au sponsor », s’amusait son directeur sportif Hans-Michael Holczer. Galvez, deuxième de l’étape, a dû mettre pied à terre dans un accrochage collectif à 15 kilomètres de l’arrivée. Il est reparti seul et a dû batailler pendant 6 kilomètres avant de réintégrer le peloton. Garcia Acosta, également impliqué dans l’accrochage, a laissé une vingtaine de secondes à l’arrivée. AGRITUBEL AG2R PRÉVOYANCE DISCOVERY CHANNEL Moreau recevra ce matin au départ un trophée symbolique remis par le maire de Beauvais et par le président du conseil La formation américaine ne souhaite pas communiquer d’informations sur ses coureurs à L’Équipe. L’Espagnol Calvente, qui avait été impliqué dans la même chute que celle de Casar mardi, ressentait encore une douleur à un genou (il a heurté le guidon), hier, à l’arrivée. De la glace et quelques manipulations d’ostéopathie devraient contribuer à son rétablissement. Mercredi 5 juillet 2006 4ème étape : Huy > Saint-Quentin Le combatif du jour Egoi MARTINEZ (DISCOVERY CHANNEL) Sur le Tour de France, il n’y a pas d’étapes pour tout le monde. Il faut donc savoir provoquer la chance, quitte à travailler (souvent) pour rien. Equipier hors pair en montagne, Egoi Martinez n’en est pas moins un redoutable rouleur. Un coureur complet, comme en atteste sa victoire sur le Criterium International en 2003. C’est donc avec l’espoir de pouvoir lever les bras sur la ligne d’arrivée de Saint-Quentin qu’il a choisi de fausser compagnie au peloton au km 18. © A.S.O - Crédit photographe Bruno Bade FRANÇAISE DES JEUX Poisson pilote de Thor Hushovd, Julian Dean vient à peine de lancer le sprint final qu’il se retrouve à terre. Le NéoZélandais, qui se relèvera sans gros bobos, doit laisser son leader se débrouiller seul aux avant-postes. (Photo Fred Mons) BRANDT, partenaire du Prix de la Combativité Deux kilomètres plus loin, l’Espagnol de l’équipe Discovery Channel bénéficiait du soutien de quatre compagnons de route. Et malgré les efforts des coéquipiers de Tom Boonen pour maintenir un écart stable en-dessous de cinq minutes, la petite bande progresse. Le retour du peloton est toutefois inéluctable : à 15 km de l’arrivée, ils n’ont plus qu’une minute d’avance. Martinez a été le premier à attaquer dans la matinée. Il est le dernier à se rendre, avec Laurent Lefèvre, à 2 km de la ligne. LE JURY Bernard Hinault Laurent Jalabert (France Télévisions) Christian Prudhomme (A.S.O) Jean-François Pescheux (A.S.O) Jean Montois (A.F.P) Henri Sannier (France Télévisions) Philippe Bouvet (L’Equipe) Christian Olivier (RTL) PAGE 19 Bleu Rouge Noir Jaune Rouge ILS PORTENT les numéros 1/300 et 2/300 : les deux nouveaux vélos Time que le Maillot Jaune Tom Boonen utilise depuis le départ du Tour, ses septième et huitième montures depuis le début de la saison. Ce sont les deux premiers d’une série limitée à trois cents exemplaires, appelée « VXRS Ulteam World Champion ». Reconnaissable au premier coup d’œil par sa couleur blanche et ses logos arc-enciel, le cadre tout carbone, pièce maîtresse de l’ensemble, fabriqué à la main à Charancieu (une petite commune de l’Isère, près de Grenoble), a été renforcé afin de supporter la puissance du champion du monde. D’une part, la section et la géométrie des bases – les deux tubes reliant la boîte de pédalier aux pattes arrière – ont été modifiées ; d’autre part, des couches de carbone ont été ajoutées aux endroits stratégiques, notamment au niveau des raccords de tubes (gain de rigidité de 30 %). Pour compenser le poids supplémentaire du matériel dû à Bleu Plume pour poids lourd Jaune Rouge Jaune 17 h 20 SAINT-QUENTIN. – Et encore un sprint manqué pour Tom Boonen, soutenu ici à l’arrivée par l’assistant de l’équipe Quick Step, Dirk Nachtergaele ! Déçu et rageur, le Belge compte bien prendre sa revanche rapidement. (Photo Fred Mons) Noir Bleu Noir Échappé depuis le début de l’après-midi, Laurent Lefèvre (à gauche) tente un ultime assaut à trois bornes du but, suivi par le seul Egoi Martinez. Mais ils seront finalement absorbés par le peloton peu avant la flamme rouge. (Photo Bernard Papon) « C’est lourd à porter, rageait-il. Ce maillot de champion du monde et ce Maillot Jaune me mettent la pression, et cette victoire d’étape qui n’arrive toujours pas en rajoute encore plus. Ce soir, je vais être content de me coucher, de ne plus entendre hurler dans les oreilles le nom de Boonen, comme aujourd’hui (hier) sur les routes en Belgique. » Patrick Lefévère, posté sur la ligne d’arrivée dans le stand réservé à la 20 Bleu Rouge Noir Jaune CYCLISME « Comme un mari cocu » PATRICK LEFÉVÈRE, le président de l’AIGCP, digère mal les conséquences de l’affaire Saiz. Patrick Lefévère, le successeur de Manolo Saiz à la tête de l’association des groupes sportifs (AIGCP), ne doute pas de l’effort des équipes pour lutter contre le dopage. Et croit toujours au Pro Tour tel qu’il est mis en place par l’Union cycliste internationale. SAINT-QUENTIN – de notre envoyée spéciale « Q UE LQUE S JO UR S après l’exclusion de grands favoris du Tour, comment réagissezvous ? – Le grand choc, je l’ai eu il y a un mois, quand l’affaire a commencé. Dès que j’ai appris que Manolo (Saiz) était dans le coup, j’ai su que ce serait très grave. J’avais parlé des rumeurs qui couraient sur l’Espagne, avec des gens de l’UCI, à Madrid, l’an passé. Ils soupçonnaient des coureurs, mais ce n’était pas évident à prouver. Et moi, j’espérais que notre sport pourrait éliminer ces gens sans la justice comme en 1998. – Comment le cyclisme auraitil pu les éliminer ? – En montrant son unité, comme avec cette décision d’exclure nousmêmes nos coureurs avant le Tour. Je pense que 5 % à 7 % des coureurs trichent encore. On doit désormais être aussi capables de se dire, entre nous, lors d’un transfert de coureur : “Attention, vous voulez ce gars, mais nous, on le laisse s’en aller parce qu’il y a un doute.” – Sa uf qu ’ à l ’o rig i ne d e l’affaire espagnole, on retrouve un manager, et non des moindres… – Parmi nous, quelqu’un trichait. Manolo Saiz, tout le monde sait qu’il était passionné, maniaque. Il s’occupait de tout dans son équipe. Il a perdu les pédales, il voulait tellement gagner le Tour, à n’importe quel prix peut-être… « Ne pas jeter 10 millions d’euros sur la route » Patrick LEFÉVÈRE (Belgique) 51 ans, né le 6 janvier 1955 à Moorslede. Professionnel de 1976 à 1979 Ses é quipes : Ebo-Cinzia (1976-1977), Marc-Zeecentrale (1978-1979). Ses victoires : 1 étape de la Vuelta 1978 ; Kuurne-Bruxelles-Kuurne 1978 ; 1 étape du Tour de Valence 1976 ; 1 étape des Trois Jours de La Panne 1976 ; Circuit de la Frontière 1979. Manager depuis 2001 Ses équipes : Marc (1979-1980), Capri Sonne (1981-1982), Lotto (1985-1987), TVM (1988), Domex (1989), Weinmann (1990-1991), GBMG (1992-1994), Mapei (1995-2000), Domo (2001-2002), QuickStep depuis 2003. NOUS AUTRES SUIVEURS sommes bon public, voire naïfs, comme la ménagère de moins de cinquante ans quand elle en avait dix-huit à l’époque où le commissaire Bourrel frappait poing contre paume en s’exclamant : « Bon sang, mais c’est bien sûr ! » Car finalement, ce Tour ronronne gentiment comme une série policière bien rodée. C’est chaque fois ou presque la même chose. Une échappée s’en va, l’écart grandit, l’arrivée se rapproche. On calcule, on suppute, on se prend à y croire, mais, comme dans les Cinq Dernières Minutes, le peloton surgit tel Bourrel et rend, au sprint, une justice forcément expéditive. Pour tromper ce scénario couru d’avance, et après une escale nocturne à Liège où le « chemin Simenon » revisite les lieux chers à un autre commissaire célèbre, il nous vint l’idée d’enquêter sur la mystérieuse disparition d’un coureur pourtant fameux : le régional de l’étape. Cela tombait d’autant mieux que le Tour revenant hier à domicile, Maigret nous indiquait par là que, sur la route de SaintQuentin, l’Homme du Picardie devait être notre polar de chevet. En ne chipotant pas trop sur les limites de la région, du sud du nord, au bas de l’Aisne, le respect des anciens commandait de les honorer en premier. Saluons donc, avec mention d’origine en titre de noblesse, Jean Stablinski, d’Aulnoy-lès-Valenciennes, vainqueur notamment de cinq étapes du Tour entre 1957 et 1967 ; José Catieau, de Saint-Quentin, Maillot Jaune du Tour 1973, Hubert Mathis, de Soissons, vainqueur d’étape Rouge n’aurait-elle pas dû arrêter ses compétitions après le scandale des matches truqués ? On parle toujours de nous, mais nous sommes les moins hypocrites de tous les sports. Nous, on a eu beaucoup de courage la semaine dernière. – Vous parlez de courage, mais l’influence grandissante de vos sponsors via le Pro Tour vous laisse aussi peu de marge ? – C’est vrai qu’il y a plus de pression de nos sponsors. C’est normal. Il y a plus de visibilité, d’argent qui tourne. Ils songent à leur image. En Spécialité régionale de notre envoyé spécial Bleu SAINT-QUENTIN. – Patrick Lefévère, patron des groupes sportifs et manager général de la Quick Step, affirme que le cyclisme « a eu beaucoup de courage la semaine dernière », même s’il estime que « 5 à 7 % des coureurs trichent encore ». (Photo Fred Mons) cela, la décision de T-Mobile de suspendre Ullrich immédiatement m’a facilité les choses, la semaine dernière, par rapport aux autres équipes. – Comment jugez-vous l’attitude du CPA (l’association des coureurs) ces derniers jours ? – La demande de réintégration de certains coureurs, ce n’était pas très malin, comme le boycott du Championnat d’Espagne. Soyons sérieux. Ceux qui sont honnêtes ont fait la grève avec ceux qui ont trahi. – Aujourd’hui, vous vous sen- tez sur la même longueur d’onde que l’UCI ? – L’opinion publique a pensé que l’UCI était très faible dans son comportement. Moi aussi, au début de l’affaire, je me suis dit : “Mais où sont-ils ? Il y a une crise et je ne les vois pas.” Sauf que l’UCI a un règlement gros comme la Bible. Les coureurs peuvent lui faire des procès, lui réclamer des dommages et intérêts par défaut de procédure. Là, c’est nous les employeurs, qui avons renvoyé les coureurs à la maison, individuellement. – Mais vous teniez à ce que ce soit l’UCI qui livre publiquement les noms ? – On l’a presque obligé à le faire. Elle devait quand même prendre ses responsabilités. – Si Astana avait refusé de quitter le Tour, certaines équipes très engagées sur l’éthique, not amment en France, auraient pu boycotter le départ ? – Certaines équipes ne doivent pas exagérer, elles ont même la mémoire courte. Le Code éthique date du 1er janvier 2005. J’en ai marre d’entendre certains parler de cyclisme à deux vitesses ou trois vitesses même. Maintenant que certains sont à la maison, si les Français ne font pas de résultats, on va dire que tout le monde n’est pas à la maison ? On ne doit pas exagérer. La France a ses problèmes, comme tous les pays ont des problèmes. – Sur le peloton du Tour, on ne peut pas dire que tout va très bien ? – Non. Le Tour est parti, on essaye d’oublier le plus vite possible ce qui s’est passé, il faut laisser le juge en Espagne faire son boulot. S’il y a encore des tricheurs dans le peloton, j’espère qu’ils seront découverts dans les plus brefs délais. – Et si une équipe domine effrontément la course, cela ne suscitera-t-il pas de nouveau un certain trouble ? – Si on va dans le Tour avec cet esprit-là, alors il vaut mieux remonter dans nos bus, rentrer chez nous et arrêter le Tour. » des traitements, ou si je ne l’ai pas fait moi-même, je leur en ai recommandé. Je parle là de traitements pour aider à la récupération, ou pour améliorer le rendement sportif. » Mardi, le secrétaire d’État aux Sports espagnol avait pourtant affirmé qu’aucun nom de footballeurs ou de tennismen ne figurait dans le fameux rapport. Par ailleurs, la sœur de Fuentes, elle-même médecin de l’équipe Communauté de Valence, a été entendue mardi soir pendant plus de deux heures par la Guardia Civil. Son nom est apparu auprès de celui de Tyler Hamilton dans les fichiers saisis. Elle lui aurait prescrit une cure d’EPO. Elle est ressorti libre mais devrait être entendue prochainement par le juge. Enfin, le coureur Ruben Plaza, dont l’équipe Communauté de Valence a été récusée par le Tour et qui figure comme treize de ses coéquipiers dans le rapport de la Guardia Civil, a remporté hier au Portugal la première étape du Trophée Joachim Agostinho. Sa formation n’étant pas soumise au code éthique du Pro Tour, c’est à l’Union cycliste internationale de décider si ses membres peuvent courir. – J. Ba et M. M. ROMINGER AVEC ASTANA. – Tony Rominger devrait être la saison prochaine le manager de la formation kazakhe Astana. Le Suisse, qui gérait jusqu’ici les affaires d’Alexandre Vinokourov et d’Andrey Kashechkin, prendrait les rênes de l’équipe après avoir aidé aux négociations de rachat des parts de Manolo Saiz et Pablo Anton dans la société Active Bay, qui détient toujours la licence Pro Tour. Rominger était ainsi avant-hier à Madrid en compagnie du vice-président de la Fédération kazakhe de cyclisme Nikolay Proskurin et de l’ambassadeur du Kazakhstan en Espagne pour réaliser la transaction. L’ancien champion suisse remplacerait Manolo Saiz, écarté de toute fonction, mais serait aussi chargé de réorganiser totalement la formation autour de son leader Alexandre Vinokourov. Reste à connaître la décision de la commission des licences sur le transfert du précieux sésame. – M. M et P. L. G. VALVERDE OPÉRÉ. – Alejandro Valverde, victime d’une fracture de la clavicule droite mardi lors de l’étape de Valkenburg, a été opéré hier soir à la clinique de La Vega à Murcie. Le coureur de la Caisse d’Épargne-Îles Baléares espère pouvoir reprendre l’entraînement dans deux semaines et surtout être présent le 26 août au départ du Tour d’Espagne, où il n’était initialement pas prévu. – M. M. TOUR D’AUTRICHE (2.1, 3-9 juillet). – 3e étape, Salzbourg-Kitzbüheler Horn : 1. Pfannberger (AUT, Elk Aus), les 196 km en 4 h 56’42’’ (moy : 39, 64 km/h) ; 2. Danielson (USA, Discovery Channel), à 52’’ ; 3. Trampush (AUT, Team Wiesenhof), à 1’2’’ ; 4. Rohregger (AUT, Elk Aus), à 1’11’’ ; 5. Pidgornyy (UKR, Tenax), à 1’52’’ ; … 11. Vogondy (Crédit Agricole), à 4’8’’ ; 15. Talabardon (CA), à 4’31’’ ; 29. Pauriol (CA), à 6’55’’. Classement général : 1. Pfannberger (AUT, Elk Aus), en 12 h 44’8’ ; 2. Danielson (USA, Discovery Channel), à 56’’ ; 3. Trampush (AUT, Team Wiesenhof), à 1’8’’ ; 4. Rohregger (AUT, Elk Aus), à 1’21’’ ; 5. Pidgornyy (UKR, Tenax), à 2’2’’ ; 12. Vogondy (Crédit Agricole), à 4’18’’ ; 16. Talabardon (CA), à 4’41’’ ; 28. Pauriol (CA), à 7’5’’. AUJOURD’HUI. – 4e étape : KitzbühelPrägaten (182 km). TROPHÉE JOAQUIM AGOSTINHO (2.1 [POR], 5-9 juillet). – 1re étape, Runa-Praia Santa Cruz : 1. Plaza (ESP, Communauté de Valence), les 160, 9 km en 4 h 10’32’’ ; 2. Torrent (ESP, Vina MagnaCropu), à 1’’ ; 3. Benitez (ESP, Grupo Nicolas Mateos), m.t. ; … 33. Valentin (Cofidis), à 7’’. Classement général : 1. Plaza (ESP, Communauté de Valence), en 4 h 10’22’’ ; 2. Torrent (ESP, Vina Magna-Corpu), à 5’’ ; 3. Benitez (ESP, Grupo Nicolas Mateos), à 7’’ ; 4. Sutton (AUS, Cofidis), à 8’’ ; … 36. Valentin (Cof), à 17’’. AUJOURD’HUI. – 2e étape : Manrique Do Intendente-Lourinha (166 km). FRÉDÉRIQUE GALAMETZ RÉSULTATS SAINT-QUENTIN – Jaune Rouge Jaune huit mois d’existence, nous avons prouvé la force de notre code éthique. – L’UCI ne semble pas hostile à l’idée que Vinokourov et son sponsor kazakh Astana récupèrent immédiatement la licence Pro Tour d’Active Bay ? – Je comprends qu’on ne jette pas 10 millions d’euros sur la route. On ne peut pas effacer comme ça une équipe, sauf si le dossier judiciaire prouve que tout était organisé. Mais si Vinokourov a l’argent, un sponsor et les moyens d’éliminer tous les gens malades, pourquoi ne pas lui donner la licence ? Si, sur trente coureurs, il y a dix innocents après l’enquête, pourquoi ces coureurs ne pourraient-ils pas rester ? De toute façon, ce n’est pas à nous de décider, mais à l’UCI. – On ne manquera pas d’évoquer, une fois de plus, de petits arrangements entre amis ? – Non, pour moi, à ce moment-là, ce n’est plus la même équipe. Et le but du Pro Tour, c’est qu’il y ait vingt licences. On a toujours dit que si un nouveau sponsor se présente, qu’il est capable d’acheter la licence de quelqu’un d’autre, il peut le faire. – Vous venez de dire qu’il ne faut pas jeter 10 millions d’ e ur os s ur l a ro u t e. L e cyclisme n’est-il pas devenu prisonnier de son business ? – Si nous sommes prisonniers du business, que dire des autres sports ? De la F 1, du football ? L’Italie a trahi tout le football, aujourd’hui, elle est en finale de la Coupe du monde. Si tout le monde n’était pas si hypocrite, l’Italie aurait-elle eu sa place ? La Belgique Noir Bleu Noir – Saiz était aussi très impliqué dans le Pro Tour, la rédaction de son Code. Cela brouille un peu plus votre image ? – Oui, il a été pendant sept ans notre président, l’un des cocréateurs du Pro Tour. Tout le monde n’aimait pas toujours son style, mais nous, nous étions plus proches ces derniers temps. Je n’imaginais pas tout cela, je me sens aujourd’hui comme un mari cocu. – L’UCI et le Tour se sont tournés vers vous pour récuser les coureurs du Tour, dans la stricte application du Code éthique… – (Il coupe.) Non, nous n’avons pas eu de pression d’ASO ou de l’UCI. Il y a un mois, nous avions déjà demandé officiellement à Manolo de se retirer du cyclisme alors qu’il se disait innocent. Tout le monde savait que les noms allaient sortir, nous devions alors prendre la décision nousmêmes, c’était juste. Au bout de dix- Fuentes parle en 1976 à Tulle ; Martial Gayant, de Chauny, vainqueur en 1987 à Chaumeil ; et encore Francis Moreau, de Saint-Quentin lui aussi, champion du monde de poursuite en 1991. Tout cela pour dire que le vélo, dans le coin, n’est pas seulement un sport de facteur. Le sillage des échappés du jour s’étirant parmi de frais pâturages au long des berges de Meuse et de Sambre, on se félicita de voir parmi eux un coureur d’Agritubel, Cédric Coutouly, dans une opportune tentative qui détourna visiblement le bétail de son habituelle rumination ferroviaire pour venir voir passer le Tour. Surtout, il y avait dans le lot le régional espéré, Laurent Lefèvre, de Bouygues Telecom, mais surtout de Grand-Fayt. Laurent avoua avoir eu envie de boire une bière avec les copains en passant à quelques kilomètres de sa maison, mais, pour ce sympathique garçon qui eut la chair de poule en voyant sa famille l’applaudir, ce n’était pas, si près d’Avesnes, un jour à faire une boulette. « Je vous salue Jean-Marie… » L’antienne s’élevant peu après du public, on comprit que le parcours honorait un autre régional de l’étape, un saint patron du Tour nommé Leblanc, qui fut, lui, prié de stopper au Val-Joly pour boire un coup ! Puis vint la Thiérache, sa verdeur, et toujours des vaches, y compris de gigantesques specimen faits de balles de paille : des animaux empaillés, en quelque sorte. Le peloton profita de cette diversion pour se planter en épouvantail dans des Champs qui, pour être saint-quentinois, n’en sont pas moins Élysées. On comprendra qu’afin d’éviter toute confusion, l’Australien Robbie McEwen – pas vraiment un gars du coin – préféra s’y imposer une première fois. LA CHRONIQUE BERNARD CHEVALIER Depuis le déclenchement de l’opération Puerto, fin mai, Eufemiano Fuentes avait refusé de s’exprimer publiquement. Dans la nuit de mardi à mercredi, le médecin soupçonné d’être au cœur d’un trafic de produits dopants est sorti de son silence. Pendant dix minutes, en direct sur la radio espagnole Cadena Ser, il a livré son sentiment sur les récents rebondissements. Évoquant la liste des cinquante cyclistes professionnels figurant dans le rapport de la Guardia Civil, Fuentes affirme : « Ce que je sais, c’est qu’il manque beaucoup de noms de coureurs. Tous ceux cités ne sont pas forcément concernés (par l’affaire), et tous les sportifs avec qui j’ai collaboré n’ont pas été cités. Il y a des noms que je ne connais même pas. Et d’autres noms ne sont pas sortis, dont certains sont sur le Tour ou participent à d’autres compétitions sportives. » Sans donner de noms car il est « tenu au secret professionnel », le médecin ajoute avoir également « travaillé » avec des sportifs d’autres disciplines telles que « le tennis, l’athlétisme et le football », notamment « des équipes de Première et de Deuxième Divisions du Championnat espagnol ». « Je leur ai administré PAGE 20 DEKKER VEUT CONTINUER. – Victime d’une chute sérieuse mardi dans l’étape de Valkenburg, Erik Dekker a pu quitter l’hôpital de Verviers dans la matinée d’hier et regagner son domicile. Le Néerlandais souffre de ses plaies au visage et de ses blessures buccales (dents cassées). Il du mal à parler mais son état de santé n’inspire pas d’inquiétude. Il a d’ailleurs émis l’intention de ne pas s’arrêter là, même s’il était prévu qu’il mette un terme à sa carrière en fin de saison, à trente-cinq ans. « J’ai toujours dit à mes enfants qu’il fallait se battre jusqu’au bout », a-t-il déclaré. Il envisage donc de disputer l’Eneco Tour (16-23 août). BODROGI RENONCE AU RECORD DE L’HEURE. – Laszlo Bodrogi (Crédit Agricole), vingt-neuf ans, qui envisageait de s’attaquer au record de l’heure (49,700 km par le Tchèque Ondrej Sosenka depuis le 19 juillet 2005) entre le 12 et le 14 septembre sur le vélodrome de Bordeaux, a finalement renoncé. « On préfère qu’il consacre deuxième partie de la saison à la route », a expliqué son manager général, Roger Legeay. JEUDI 6 JUILLET 2006 Bleu Rouge Noir Jaune 21 Bleu Rouge Noir Jaune ATHLÉTISME « Je serai un vrai champion » ASAFA POWELL dit pouvoir améliorer le record du monde dès samedi à Paris, et s’affirmer l’an prochain avec un titre mondial. Arrivéhier matinàParisd’Italie,oùilestbasél’été, pourparticiper à la conférence de presse du meeting Golden League de samedi prochain au Stade de France, le corecordman du monde jamaïquain du 100 m (9’’77 avec Justin Gatlin) s’est livré avec sa décontraction habituelle. Histoire de renouer le fil d’une conversation entamée en Jamaïque, où le jeune homme timide et discret était devenu bavard… « DEPUIS QUE VOUS partagez le record du monde avec Justin Gatlin, vous dites-vous encore : “Je suis l’homme le plus rapide du monde ?” – Bien sûr, personne ne peut m’empêcher de le faire. Et j’entends le prouver sur tous les stades ! L’an dernier, j’ai couru en 9’’77 ; cette année, Justin (Gatlin) a couru en 9’’77, mais je l’ai refait moi aussi et j’ai l’intention de le faire encore. Ce record, je veux l’avoir pour moi tout seul et je vais l’avoir pour moi tout seul ! – Si vous comparez vos deux courses records, laquelle vous semble meilleure ? – Celle de Gateshead (le 11 juin 2006) : j’étais beaucoup plus relâché, plus facile qu’à Athènes (le 14 juin 2005). Pourtant, je n’ai pas tenu jusqu’au bout, je me suis un peu désuni parce que je n’avais aucune idée du chrono que j’étais en train de faire et Gateshead n’avait pas la réputation d’être une piste rapide. Mais je ne le ferai plus : c’est une mauvaise habitude de couper son effort. À Paris, je vais essayer pour la première fois d’être à cent pour cent du début à la fin de la course. Il y a une bonne piste, les tribunes seront bien remplies et j’ai l’intention d’aller vite. Je peux battre le record du monde. Si j’y arrive, je ne serai pas surpris, je serai très heureux. – Après vos 19’’90 des Championnats de Jamaïque, allezvous courir un autre 200 m cette année ? – J’ai toujours su que je pouvais courir en 19’’9, alors je ne vais pas trop m’exciter sur ce chrono, je préfère me concentrer sur le 100 m. Si je me sens bien, je tenterai le doublé dans les grands Championnats. – À Londres, le 28 juillet, vous allez donc vous aligner sur 100 m… – Je ne suis pas encore sûr de courir à Londres… – Mais alors, allez-vous affronter Gatlin cette année ? – Je ne sais pas quand cela va arriver, mais je suis sûr que ça va arriver. – Il semble que vous vous évitiez… – Je n’évite personne, je participe à tous les meetings inscrits à mon programme et je cours contre n’importe qui. – Et Gatlin, il vous évite ? – Peut-être… – Quel est votre plus grand objectif cette année, battre Gatlin ou battre le record du monde ? – Cette année, la meilleure chose qui puisse m’arriver est de battre le record. – Vous êtes arrivés aujourd’hui (hier) et le meeting a lieu samedi. Qu’allez-vous faire, entretemps, visiter Paris ? – Je ne sais pas, je vais peut-être aller me balader… Je ne connais pas Paris, je n’ai jamais vu la tour Eiffel. En 2003, j’étais venu ici pour les Championnats du monde, mais j’ai seulement fait un peu de shopping. – Quand on naît dans le petit village d’Orangefield et qu’ensuite on se met à parcourir le monde, qu’est-ce qu’on apprend ? – J’ai appris à rester humble, à poursuivre mes rêves. Mais en dépit de tous les endroits que j’ai vus, j’aime la Jamaïque. Chaque fois que je la quitte, je meurs d’envie d’y revenir, j’y suis tellement bien… – Il y a des gros clichés sur la Jamaïque, qu’on résume aux joints et au reggae. Êtes-vous en train de changer tout cela ? – Je change les choses à ma façon, pas avec la musique, sur la piste ! De toute façon, en matière de musique, j’écoute un peu de tout. Même si, quand je suis rentré en Jamaïque après le record du monde d’Athènes, le Premier ministre m’a offert l’intégrale de Bob Marley ! En tous cas, je suis ravi de pouvoir opérer ce changement dans les mentalités et aussi que les Jamaïquains puissent suivre mes traces. Je me sens vraiment bien à l’idée de pouvoir être un exemple. Quand j’ai battu le record du monde, '' Je ne m’entends pas bien avec les Américains, ils sont trop arrogants – Oui, mais il faudrait pour cela faire la course parfaite. – Bailey avait toujours envie de battre les Américains, comme vous… – Je ne m’entends pas bien avec les Américains, ils sont toujours trop arrogants, ils veulent toujours être les meilleurs. Ce sont mes principaux adversaires, alors pourquoi ne pas vouloir les battre ? J’en ai toujours envie et j’ai bien l’intention de continuer. – Quand vous étiez petit et que vous faisiez des jeux avec vos quatre frères, aviez-vous déjà cette envie de gagner ? – Oh oui ! Mais quand on jouait avec C’EST UN SCOOP, Julien Pillet est heureux. Il l’avoue et l’a même montré en sortant vainqueur de son quart de finale face au Bélarusse Dmitri Lapkès (15-13). Certes, le sabreur de Strasbourg n’a pas fait le tour de la salle d’Izmir en courant partout – ce n’est pas son genre –, mais ses tapes viriles dans les mains des gens du banc étaient significatives. « Je suis ravi de monter sur le podium, glisse Julien Pillet. Cela faisait un petit moment que ça ne m’était plus arrivé. Quatre années, en fait, qui s’expliquent par des péripéties de la vie, une blessure ou une saison où je m’entraîne moins en raison de mes études… Cette victoire en quarts, c’est un peu une délivrance. C’est une chose de faire des résultats en Coupe du Monde, mais de pouvoir les matérialiser par une médaille en Championnat, c’est important. » À vingt-huit ans, le prof de sport n’avait plus connu pareil honneur en solitaire depuis 2002 et sa médaille d’argent aux Mondiaux de Lisbonne. 2001-2002, c’était la grande époque Pillet, avec ses attaques cinglantes et ses fentes impressionnantes. Alors au sommet, le garçon avait touché beaucoup d’argent : à deux reprises aux Mondiaux et une fois aux Championnat d’Europe 2001. Depuis, il s’était perdu même s’il estime encore avoir été « volé » aux JO d’Athènes (11e). Seules les compétitions par équipes lui J’ai peur des seringues ou d’aller chez le docteur ; ça m’effraie ont permis dans l’intervalle d’étoffer un palmarès aujourd’hui riche de douze récompenses internationales. Dernier rescapé de la génération en or du sabre français, la première à avoir été sacrée championne olympique en 2004, Julien Pillet a sûrement connu son plus gros mal-être l’an passé aux Mondiaux, où il a souvent assisté depuis le banc à l’épreuve par équipes, couronnée par une troisième place. Au retour de Leipzig, le sabreur s’est appliqué à modifier certains comportements. Sans cela, il aurait pu être débordé par une jeunesse de plus en plus performante (Lopez, 6e hier). « Je suis redevenu un champion » Le changement est passé par le dialogue avec les deux entraîneurs, JeanPhilippe Daurelle et son adjoint Hervé Charron, et la médiation de Michel Sicard, le DTN. « Après les Jeux, il y avait eu le changement d’entraîneur (Daurelle remplaçant Peeters avec qui Pillet, marchant beaucoup aux sensations, avait établi une relation de confiance). Il me manquait alors des repères. Maintenant, avec mon expérience et de nouveaux renseignements pris par rapport aux coaches, c’est plus facile pour moi. » Charron, sur la chaise du coach hier, précise : « Julien est un gars intelligent et, avec JeanPhilippe Daurelle, nous lui avons dit que nous étions là pour qu’il revienne à son meilleur niveau. Qu’il retrouve son standing. » '' – Devez-vous beaucoup à votre éducation ? – Certainement. Mes parents m’ont élevé à l’église. Dans mon enfance, je les ai vu travailler dur. J’ai écouté tout ce qu’ils me disaient et je les ai imités : je me suis beaucoup entraîné pour obtenir ce que j’ai aujourd’hui. Ce sont vraiment des personnes formidables. Quand je vois un sourire sur leur visage, ça me rend heureux et plus rapide sur la piste. Je souhaite à tout enfant d’avoir des parents comme cela. Je crois que le monde serait bien meilleur… » SOPHIE TUTKOVICS Asafa POWELL Jamaïque Vingt-trois ans ; né le 11 novembre 1982, à Sainte-Catherine (JAM). 1,88 m ; 87 kg. Entraîneur : Stephen Francis. Palmarès : JO : 5e (100 m, 2004) ; forfait en finale (200 m, 2004). CM : éliminé en quarts de finale (100 m, 2003). Jeux du Commonwealth : 1er (100 m, 2006). Records. – 100 m : 9’’77 (2005, 2006, RM). 200 m : 19’’90 (2006). Salle. – 60 m : 6’’56 (2004). BOSLAK BLESSÉE AUX CHEVILLES. – Les douleurs ressenties aux chevilles par Vanessa Boslak depuis près d’un mois se sont intensifiées ces derniers jours. « Ça me fait vraiment mal et, du coup, il n’y a pas beaucoup d’intensité à l’entraînement », explique celle qui a porté son record de France à 4,70 m la semaine dernière. Hier après-midi, une IRM a révélé un œdème osseux à la jambe gauche et un épanchement intra-articulaire entre le tibia et l’astragale aux deux chevilles. Boslak participera tout de même aux meetings de Paris (samedi) et Lausanne (mardi). À son retour, elle se fera retirer le liquide de cet épanchement et sera au repos quatre à cinq jours. – C. B. SKOTNIK AU REPOS. – La sauteuse en hauteur Mélanie Skotnik (1,92 m cette saison), qui se plaignait de douleurs au genou depuis début juin, a passé hier une arthroscopie à la clinique des Lilas. L’examen a révélé la présence d’un fragment d’os qui se balade dans l’articulation. Philippe Deymier, le médecin fédéral, lui a conseillé huit jours de repos complet. Franck Chevallier, le DTN, l’a d’ores et déjà dispensée de Championnats de France (20-22 juillet à Nancy). La décision définitive sur sa présence aux Championnats d’Europe à Göteborg (7-13 août) interviendra le 24 juillet. – H. G. « Z » SÉLECTIONNÉ POUR GÖTEBORG. – Il y aura bien une équipe de France masculine et féminine engagée en Coupe d’Europe de marathon (classement des trois meilleurs athlètes par pays) lors du marathon des Championnats d’Europe à Göteborg. Chez les hommes, la sélection française sera composée de David Ramard, Hakim Bagy et Benoît Zwierzchiewski. Ce dernier, corecordman d’Europe de la distance (2 h 6’36’’ en 2003) a été dispensé par le DTN du test sur « semi » qu’il devait effectuer le week-end dernier. El-Hassan Lahssini (inflammation du tendon d’Achille) est, lui, très pessimiste sur sa participation. Chez les femmes, Zahia Dahmani n’a toujours pas choisi entre 10 000 m et marathon et Corinne Raux se remet d’une blessure musculaire. Fatima Yvelain, Carmen Olivares et Elena Fetizon sont en revanche partantes certaines. – H. G. LAUSANNE DIT NON À POWELL. – Jacky Delapierre, l’organisateur du meeting de Lausanne (mardi prochain), a renoncé hier à engager Asafa Powell, qui voulait affronter Justin Gatlin sur les bords du Léman. « Je l’ai fait par respect pour Gatlin, avec qui on s’est entendus il y a plus d’un mois », explique Delapierre. L’étrange requête du clan Powell, qui ne souhaiterait pas que la rencontre ait lieu à Londres le 28 juillet, était donc trop tardive. – N. H. RUGBY CHAMPIONNATS D’EUROPE Absent des podiums individuels en grand Championnat depuis 2002, le sabreur de Strasbourg s’est offert hier en Turquie une médaille de bronze. de notre envoyée spéciale été entaché de tant de scandales ou de suspicions de dopage ces dernières années ? – Non, parce que les gens me suspecteront toujours de dopage… Il faut juste chasser cela de son esprit parce que je sais moi que je ne me dope pas et beaucoup de monde autour de moi le sait aussi. La Jamaïque n’a pas un trop mauvais passé en ce qui concerne le dopage, il y a eu s e u l e m e n t quelques cas. Je crois qu’en Jamaïque on a peur de la drogue. J’ai personnellement peur des seringues, par exemple, ou d’aller chez le docteur, ça m’effraie… – Vous n’avez jamais fumé un joint ? – Non, jamais ! – Auriez-vous pu être pasteur, comme vos deux parents ? – Non, je suis trop timide. Je ne suis pas très bavard, je suis même surpris par tout ce que je peux vous raconter ! Et je ne suis pas vraiment sûr d’arriver un jour à me débarrasser de cette timidité, même si je n’ai que vingt-trois ans. Deuxième au classement final de la Coupe du monde 2006 avec trois podiums, le Français se rapproche de ses meilleures années. « Je pense que je suis redevenu un champion, en tout cas quelqu’un de très fort, capable de faire souvent de grosses performances, lâche-t-il sans rougir. Il y aura toujours du travail pour arriver tout en haut mais je vois aujourd’hui toutes les transformations réalisées en un an. » Le DTN acquiesce : « Entre les Mondiaux 2005 et ces Europe, c’est le jour et la nuit. Je suis content de voir Julien là, à cette place. À sa place. Il est redevenu entreprenant. Mais il commet encore des fautes tactiques et stratégiques. » En demi-finale, face au champion du monde 2003, l’Ukrainien Vladimir Lukachenko, battu ensuite en finale par le Russe Iakimenko, Pillet aurait sûrement gagné à reculer dans sa partie de piste, à ne pas s’évertuer dans des attaques trop courtes, tombant dans le vide (11-15). Alors que, hier, les jeunes épéistes tricolores ont rapidement rangé leurs armes (Audrey Descouts, la meilleure d’entre elles, sortie en huitièmes de finale par l’Italienne Möllhausen), ce rendez-vous européen récompense donc pour l’instant des Français très expérimentés. Brice Guyart le fleurettiste ou Julien Pillet le sabreur, des champions aux parcours très différents mais venus chercher un regain de confiance dans une grande échéance. ANNE LADOUCE RÉSULTATS CHAMPIONNATS D’EUROPE (Izmir [TUR], 4-9 juillet). – HOMMES. Sabre. 16es de finale (tableau des Français) : Pillet-Bauer (ALL), 15-12 ; Anstett-Palasz (POL), 15-13 ; Apithy-Kraus (ALL), 15-7 ; Lopez-Tarantino (ITA), 15-14. 8es de finale (tableau des Français) : Pillet-Anstett, 15-12 ; Lukachenko (UKR)-Apithy, 15-9 ; Lopez-Limbach (ALL), 15-14. 1/4 de finale : Pillet Lapkès (BLR), 15-13 ; Lukachenko (UKR)-Pozdniakov (RUS), 15-13 ; Zalomir (ROU)-Boïko (UKR), 15-13 ; Iakimenko (RUS)-Lopez, 15-14. Demi-fin. : Lukachenko (UKR)-Pillet, 15-11 ; Iakimenko (RUS)Zalomir (ROU), 15-14. Finale : Iakimenko (RUS)-Lukachenko (UKR), 15-11. Class. des Bleus : 3. Pillet ; 6. Lopez ; 12. Anstett ; 14. Apithy. Fleuret. Finale : Bissdorf (ALL)Kruse (GBR), 15-7. FEMMES. Epée. 32es de finale (tableau des Françaises) : Heidemann (ALL)-BaradjiDuchêne, 14-13 ; Soiron-Stoyanova (BUL), 15-2 ; Descouts-Partala (UKR), 15-11 ; Piekarska (POL)-Colignon, 15-10. 16es de finale (tableau des Françaises) : Sivkova (RUS)-Soiron, 15-10 ; Descouts-Tol (HOL), 13-12. 8es de finale (tableau de la Française) : Möllhausen (ITA)-Descouts, 15-12. 1/4 de finale : Bokel (ALL)-Duplitzer (ALL), 15-12 ; Ermakova (RUS)-Bacioiu (ROU), 15-11 ; Kazimirchuk (UKR)-Möllhausen (ITA), 15-10 ; Logounova (RUS)-Maceseanu (ROU), 13-12. Demi-finales : Bokel (ALL)-Bacioiu (ROU), 15-8 ; Logounova (RUS)-Kazimirchuk (UKR), 14-13. Finale : Bokel (ALL)-Logounova (RUS), 11-10. Class. des Françaises : 16. Descouts ; 20. Soiron ; 34. Colignon ; 48. Baradji-Duchêne. AUJOURD’HUI. – À Izmir (TUR), fleuret HOMMES puis sabre FEMMES par équipes, demi-finales puis finale à partir de 17 heures (16 heures, heure française). Équipes de France. – HOMMES. Fleuret : Coutant, B. Guyart, Joubert, Koenig. FEMMES. Sabre : Touya, Perrus, Argiolas, Mary. Championnats d’Europe 2005 : – HOMMES. Fleuret : 1. Italie ; 2. Russie ; 3. France (Attelly, Jault, Marcilloux, Joubert). FEMMES. Sabre : 1. France (Perrus, Touya, Bérengier, Vignaux) ; 2. Russie ; 3. Ukraine. JEUDI 6 JUILLET 2006 Umaga huit matches au plus L’arrivée du Néo-Zélandais à Toulon est soumise à condition : rentrer au pays dés janvier 2007. LE CENTRE all black Tana Umaga (33 ans) a obtenu hier sa lettre de sortie de la Fédération néo-zélandaise, avec qui il est en contrat, pour pouvoir jouer avec Toulon à la fin de l’année le Championnat de Pro D 2. Mais cette lettre de sortie est claire : Tana Umaga devra rejoindre les Wellington Hurricanes, son équipe dans le Super 14 le 8 janvier 2007, pour la reprise de l’entraînement. Steve Lancaster, le responsable des contrats professionnels de la NZRU, a accepté la demande d’Umaga pour une raison : « À cause de son palmarès exemplaire pendant plus d’une décennie avec les All Blacks, les Hurricanes et Wellington, et parce qu’il s’est engagé à terminer sa carrière de joueur en Nouvelle-Zélande. » Umaga, qui devrait arriver vers le 25 octobre, à la fin du Championnat des provinces néo-zélandais (NPC) qu’il disputera avec Wellington, ne pourra donc disputer que deux mois du championnat de Pro D 2 avec le RC Toulon, soit huit matches au maximum entre la 8e journée, programmée le 27 octobre, et la quinzième, qui se disputera le 6 ou le 7 janvier. « Je n’ai jamais eu l’intention de m’expatrier et de jouer à l’étranger à plein temps, a déclaré l’ancien capitaine all black. Avec mon épouse, notre intention a toujours été d’élever nos enfants en NouvelleZélande. Mais grâce à la proposition de Toulon nous avons la grande c h a n ce d e p o u v o i r v o y a g e r ensemble et de vivre à l’étranger sans bouleversement majeur dans notre vie. C’est une expérience qui nous fera beaucoup de bien à la fois financièrement et du point de vue du style de vie et j’attends ça avec impatience. » Une aventure facilitée par le fait que ses enfants seront en vacances scolaires en novembre et décembre. Mourad Boudjellal, le coprésident de Toulon n’a jamais caché qu’il espérait que la « pige » d’Umaga pourrait se prolonger jusqu’au mois de juin. Hier, il affirmait : « On va tout faire pour que Tana ait envie de rester jusqu’à la fin de la saison, quitte à le faire signer un an de plus. Quand il sera là, on sera en position de force. Après si la Fédération veut le bloquer, elle le bloquera. » Avant de signaler que le contrat d’Umaga courait jusqu’en mai 2007, ce qui est un peu étrange puisque dans ce cas, l’ancien capitaine des Blacks serait en double contrat, et qu’il s’est engagé à respecter celui avec la Fédération néo-zélandaise, qui court jusqu’à l’automne 2007. TOP 14 : CALENDRIER REPOUSSÉ. – Le calendrier du Top 14, qui débutera les 18 et 19 août, ne sera connu qu’en début de semaine prochaine. Initialement, il devait être dévoilé ce jeudi 6, mais son élaboration prend plus de temps que prévu. L’assemblée générale de la Ligue qui se tiendra vendredi à Hendaye devrait permettre les derniers ajustements, et notamment de placer les dates en début de saison où il faudra jouer tous les cinq jours. ALBI : CINQ RECRUES ÉTRANGÈRES. – Le club tarnais qui jouera dans le Top 14 la saison prochaine met à profit les dix jours supplémentaires accordés aux clubs promus pour compléter son recrutement. Ainsi le SC Albi vient de faire signer le demi de mêlée international canadien Martin Williams (30 ans) en provenance du Stade Français. Avec lui les Albigeois ont fait signé l’ouvreur sud-africain des Golden Cats André Hough (23 ans), le pilier droit tonguien Kisi Pulu (28 ans) de Coventry, le deuxième-ligne néo-zélandais des Sharks Daniel Seleni Farani (29 ans) ainsi que l’ailier sud-africain Egon Ryan Seconds (26 ans), pour un contrat de un an. RECTIFICATIF. – Contrairement à ce que nous avons annoncé dans notre édition d’hier, ce n’est pas le demi d’ouverture australien de l’Écosse Dan Parks qui a signé à Perpignan. Il s’agit du troisième-ligne gallois Richard Parks (28 ans, 4 sélections, 1,89 m, 104 kilos). Sa dernière sélection remonte à 2003 contre l’Écosse. EN JUILLET, TENTEZ UN CADRAGE DÉBORDEMENT SUR WWW.RUGBYHEBDO.FR PAGE 21 Bleu Rouge Noir Jaune Rouge '' Pillet, quatre ans après IZMIR – (TUR) des potes, j’aimais que ce soit mes frères qui gagnent. Je crois que c’est familial : on a toujours voulu gagner chez nous. – Qu’est-ce qui est le plus important pour vous : un record du monde, un titre olympique ou un titre mondial ? – Ça ne me dérangerait pas de tout avoir… Mais maintenant que j’ai ce record, le prochain objectif, c’est le titre mondial. Quand j’aurai les deux, alors, seulement, je serai un vrai champion. Pour le moment, ce record du monde est une réalisation majeure et je peux le partager avec mon entraîneur, ma famille, mes amis et surtout avec la Jamaïque, parce que j’ai fait ça pour eux. Pour prouver aussi au monde entier que je suis le meilleur et qu’il est humainement possible de courir en 9’’77 sans prendre quoi que ce soit. Je crois que j’ai montré aux athlètes qu’on peut être rapide sans se doper. – Pensez-vous devoir partir en croisade parce que le sprint a Bleu Rouge Jaune C’est le chrono moyen d’Asafa Powell à l’occasion des meetings européens lors des trois dernières saisons (en 10 finales de 2004 à 2006). Le record du stade de France est lui détenu par Maurice Greene en 9’’96 depuis 2001. Jaune STADE DE FRANCE. – Pour ses retrouvailles avec Paris et le Stade de France, où il n’a plus couru depuis sa disqualification pour faux départ en quarts de finale des Mondiaux 2003, Asafa Powell dit qu’un nouveau record du monde ne le surprendrait pas. (Photo Jean-Louis Fel) Noir Bleu Noir ESCRIME '' les crimes ont baissé pendant quelque temps parce que les gens ont découvert qu’il n’y avait pas que la violence qui pouvait les aider dans la vie. Ils ont réalisé qu’ils pouvaient faire d’autres choses, qu’on pouvait réussir avec le foot, en construisant des maisons ou en pratiquant l’athlétisme. Il faut vraiment que les Jamaïquains réfléchissent à cela au lieu de se battre entre eux. – Vous rappelez-vous de la première fois que vous avez couru ? – C’est difficile car j’étais vraiment tout petit. Mais je me souviens qu’avec mes frères on courait sur la petite côte qu’il y a devant la maison. En tous cas, la première fois que j’ai vraiment aimé ça, c’était en 2001 ! Avant ce n’était pas trop mon truc. Même si mon frère Donovan (finaliste des Mondiaux en salle 1999 sur 60 m) était rapide et avait de bons résultats, je ne m’intéressais pas vraiment à l’athlétisme. À l’époque, j’aimais le football, je jouais attaquant au lycée, j’étais fan de Zidane, Beckham et Totti. – Mais vous regardiez l’athlétisme à la télévision ? – Seulement pour les Jeux Olympiques. J’ai vraiment été très marqué par la finale du 100 m, à Atlanta, en 1996. Je n’oublierai jamais l’élimination de Linford Christie (le Britannique d’origine jamaïquaine fut exclu de la finale après deux faux départs)… C’était mon idole, j’aimais sa façon de courir, sa technique et aussi son comportement, son calme. Et je n’oublierai pas non plus la victoire de Donovan Bailey (Canadien d’origine jamaïquaine également), probablement mon meilleur souvenir ! – Bailey dit justement que vous pouvez courir en 9’’6 . C’est possible ? 22 Bleu Rouge Noir Jaune TENNIS WIMBLEDON (Grand Chelem, gazon) Quel exemple à suivre ! Le numéro 1 masculin, Roger Federer, éblouissant, a montré la voie à Amélie Mauresmo, qui joue aujourd’hui en demi-finale. Vainqueur de Mario Ancic (6-4, 6-4, 6-4), le Suisse a atteint sans perdre un set sa neuvième demi-finale d’affilée en Grand Chelem. Il affrontera Jonas Björkman. Marcos Baghdatis, vainqueur de Lleyton Hewitt (6-1, 5-7, 7-6, 6-2), ne connaît pas encore son adversaire. Aujourd’hui, demi-finales dames : MauresmoSharapova, Henin-Clijsters. LONDRES – battue dans leurs deux confrontations précédentes lors des deux derniers Masters. Bien peu flexible, la Russe avait connu de grosses difficultés face aux variations d’effet de la Française. Malgré quelques progrès en la matière, elle est encore particulièrement vulnérable sur les balles très basses. Coup droit ou coup tordu ? Sur un terrain qui favorise le slice et le jeu au filet, Amélie Mauresmo partirait clairement favorite, si elle n’avait connu dans ses deux derniers tours des sautes de rendement trou- blantes. Mardi, contre Anastasia Myskina, son coup droit se transforma ainsi en coup tordu pendant un set. Pareils errements contre l’autre Russe seraient punis par une défaite irrémédiable. M||e Sharapova n’a pas comme seul point commun avec un marteau piqueur son niveau de bruit (102 dB mesurés sur le court), mais aussi son pouvoir de démolition. En cas d’échec, il ne lui resterait plus qu’à souhaiter celui de Kim Clijsters contre Justine Henin dans l’autre demi-finale qui lui permettrait au moins de conserver son numéro 1 pour quelques semaines. Celui de Roger Federer paraît autre- ment plus solide, malgré les efforts récents de Rafael Nadal, contraint au chômage hier par les averses orageuses qui perturbèrent le programme. Hier, le Suisse était censé affronter l’homme le plus dangereux pour lui sur gazon en la personne de Mario Ancic. Après avoir escamoté sans effort apparent des joueurs du calibre de Gasquet, Henman et Berdych, il a revêtu ses plus beaux atours, non seulement sa veste d’apparat mais aussi son jeu le plus brillant. Après un épisode initial de quatre jeux, interrompu une heure et demie par une première averse, il profita, au retour sur le court, d’une baisse du Croate au service pour réussir son premier break. Ensuite, l’esprit et le bras libérés, il ne se laissa troubler ni par une deuxième averse ni par l’intrusion de deux faux joueurs sur le court, multipliant retours et passings gagnants contre cet adversaire assez brave pour repartir inlassablement à l’assaut. Pendant l’heure et quart qui suivit, il produisit ainsi une des performances les plus formidables d’une carrière qui en compte déjà bon nombre. Car, loin de mal jouer, Ancic le mettait au défi de réussir les coups les plus improbables. Et point après point, frappe après frappe, le Suisse répon- dait sans faiblir. Seule l’abnégation du Croate lui valut de réussir enfin un break dans le troisième set, mais il en avait déjà deux de retard. Baghdatis comme à Melbourne Dans la forme actuelle du Suisse, on imagine mal comment il pourrait être menacé en demi-finale par Jonas Björkman qui, à trente-quatre ans, a gagné hier son troisième match en cinq sets du tournoi (7-6, 4-6, 6-7, 7-6, 6-4) contre un Radek Stepanek couvé du regard par Martina Hingis. Le Suédois a même sauvé une balle de match dans le tie-break du quatrième set en montant au filet, après que le Tchèque eut commis trois doubles fautes alors qu’il servait pour le match à 5-4. L’autre demi-finale pourrait être celle de la jeunesse triomphante si Rafael Nadal prend aujourd’hui le meilleur sur Jarkko Nieminen. Car Marcos Baghdatis a causé, hier, une surprise de taille en dominant Lleyton Hewitt en quatre sets sur le central où l’Australien fut le dernier vainqueur d’un titre avant l’ère Federer. Profitant d’un départ léthargique de son aîné, le Chypriote mena 6-1, 3-0, 40-30, avant que Hewitt ne montre les dents. Petit à petit, ce der- de notre envoyé spécial En minutes, la durée du match de double gagné par Knowles et Nestor sur Perry et Aspelin, soit 6 h 9’. Il s’agit du plus long match de l’histoire de Wimbledon, simples et doubles confondus. Mais le plus long match de l’histoire du tennis jamais enregistré reste le fameux ClémentSantoro de Roland-Garros 2004 : 6 h 20’. PROGRAMME À partir de 13 heures (14 heures, heure française) COURT CENTRAL HENIN (BEL) - CLIJSTERS (BEL) MAURESMO - SHARAPOVA (RUS) COURT No 1 NADAL (ESP) - NIEMINEN (FIN) Mahut garde la main… Mahut Ancic 7 4 14 8 6 10 15 3 5 22 2 DDjjokovic (S (SEM E , 339) ANCIC (CRO, RO 10) NALBANDIAN (ARG, 3) STEPANEK (RTC, 13) Bracciali (ITA, 54) BLAKE (USA, 7) HEWITT (AUS, 9) GONZALEZ (CHL, 11) GROSJEAN (26) RODDICK (USA, 5) LJUBICIC (CRO, 4) NIEMINEN (FIN, 18) Fish (USA, 86) NADAL (ESP, 2) Henman – Oui, et pas mal de fois ! (Rires.) Vous savez, si vous êtes étonné, je le suis aussi. Ce n’est pas ordinaire de passer systématiquement un joueur comme Ancic quand il est au filet. Tout marche bien depuis le début du tournoi : je sers bien, je retourne bien, mes passing shots sont exceptionnels. C’est d’ailleurs dans ce domaine que je m’étonne le plus. – Que ressent-on sur le court qu and on évolu e à par eil niveau ? – On a l’impression de contrôler la situation. C’est comme si on jouait à domicile. On joue chaque coup sans avoir peur de le rater. C’est exactement le sentiment que j’ai eu aujourd’hui (hier). – Si vous étiez votre propre examinateur, quelle note vous donneriez-vous ? – Dix. (Il sourit.) Dix sur dix. – Quand avez-vous eu le sentiment que ça collait parfaitement entre vous et Wimbledon ? – Après mon premier titre ici, en 2003. Avant, j’aimais bien venir ici, mais j’avais quand même perdu trois fois au premier tour. Sans doute que ça a tourné lors de la demi-finale contre Andy (Roddick) en 2003. Ce match m’a ouvert la porte. – Michael Stich a raconté que, durant l’une des interruptions, il vous a vu regarder la télé où John McEnroe n’arrêtait pas de faire votre éloge… Qu’avezvous ressenti ? – Oui, il a dit que je battrais la moitié des joueurs avec un bandeau sur les yeux… C’était bizarre parce que je n’étais pas le seul devant l’écran. Tout le monde regardait la télé et écoutait… Mais l’ambiance est plutôt amusante dans les vestiaires de Wimbledo n. O n pla isa nte bea ucoup. Évidemment, quand j’entends des trucs pareils, j’ai plutôt envie de faire moi-même les commentaires plutôt que de charger quelqu’un d’autre de le faire. – Puisqu’on en est au stade des plaisanteries : certains joueurs suggèrent que vous jouiez Mahut (77) : : Youzhny (RUS, 41) : Wawrinka (SUI, (SUI 67) : VERDASCO (ESP, 30) : FERRERO (ESP, 28) : Björkman (SUE, 59) : Mirnyi (BLR, 53) : O. ROCHUS (BEL, 29) : FERRER (ESP, 19) : BAGHDATIS (CHY, 16) : Murray (GBR, 44) : TURSUNOV (RUS, 31) : Kohlschreiber (ALL, 88) : Labadze (GEO, 166, q.) : AGASSI (USA, 20) : 27 25 désormais avec votre veste, pour leur laisser une petite chance de gagner… – Peut-être que je peux essayer. Mais plutôt une autre fois. Ce n’est pas le moment de plaisanter quand on est en demie de Wimbledon. – Vous n’avez pas encore perdu un set. Pensez-vous pouvoir aller au bout en réussissant cet exploit ? – Pas vraiment. Évidemment, quel que soit mon adversaire, je partirai largement favori de la demi-finale. Cela ne veut pas dire que ce ne sera pas un match piège. On est à Wimbledon, on est en demi-finales, on n’a aucune envie de sous-estimer qui que ce soit. Mais si je réalise la même performance que face à Ancic, je ne me vois pas perdre. – Vous savez qui est le dernier Björkman n’en revient pas Mario ANCIC (battu par Roger Federer, 6-4, 6-4, 6-4) : « Je ne sais pas quoi dire… J’ai réussi des coups incroyables, comme si je les exécutais au tableau noir, j’ai fait exactement ce que j’avais à faire et j’ai vu filer des passing-shots ou des coups gagnants venus de nulle part… Il y a même un passing que je n’ai pas vu passer ! J’estime avoir joué du grand tennis, je me suis battu jusqu’au bout, j’ai sans cesse cherché des solutions, mais il n’y avait rien à faire. On s’était affronté en quart de finale à Roland-Garros et je peux vous assurer qu’il était en bien meilleure forme aujourd’hui (hier). Je ne regrette pas un point de ce match. J’ai tout donné. Mais, en face, il y avait Roger… » – V. C. FEDERER, 6-3, 7-6 (7-2), 6-4 BERDYCH, 2-6, 7-5, 7-6 (9-7), 4-6, 8-6 Djokovic, 4-6, 6-2, 6-3, 6-3 ANCIC, 7-6 ANCIC 7 6 (7-5), (7-5) (7 5) 6-7 6 7 (5-7) (5-7), (5 7) 6-1 6-1, 6 1 666-3 VERDASCO, 7-6 (11-9), 7-6 (11-9), 6-2 STEPANEK, 5-7, 6-7 (4-7), 6-4, 6-2, 11-9 Björkman, 7-5, 6-2, 6-1 Mirnyi, 6-4, 3-6, 4-6, 6-1, 6-0 HEWITT, 6-1, 6-4, 6-4 FERRER, 4-6, 2-6, 6-2, 6-3, 6-4 BAGHDATIS, 4-6, 6-4, 6-4, 6-1 Murray, 7-6 (7-4), 6-4, 6-4 TURSUNOV, 5-7, 4-6, 6-1, 7-6 (8-6), 6-2 NIEMINEN, 1-6, 6-2, 6-3, 7-6 (7-4) Labadze, 6-2, ab. NADAL, 7-6 (7-5), 6-2, 6-4 1/4 1/2 Fin. STEPANEK, 6-7 (4-7), 6-3, 4-6, 6-4, 6-2 Björkman, 6-3, 7-6 (8-6), 4-6, 2-6, 6-3 HEWITT, 6-4, 6-4, 4-6, 7-5 Les chiffres du match Premiers services Federer Ancic 57 % 57 % Breaks réussis éu / balles de break Federer Ancic 4/7 1/3 Points au filet ggagnés Federer Ancic 70 % 50 % 19/27 28/56 Fautes directes Federer Ancic 17 13 Coups gagnants Federer Ancic 1 14 9 6 4 16 FEDERER FEDERER, 6-4, 6-4, 6-4 Björkman, 7-6 (7-3), 4-6, 6-7 (5-7), 7-6 (9-7), 6-4 BAGHDATIS, BAGHDATIS, 6-3, 6-4, 7-6 (7-2) 6-1, 5-7, 7-6 (7-5), 6-2 VINCENT COGNET 35 24 BBjörkman 7 4 6 7 6 Stepanek 6 6 7 6 4 LONDRES – de notre envoyé spécial QUELLE MIMIQUE INATTENDUE ! À la fin de son match, Jonas Björkman se fit une auto-accolade en faisant face aux tribunes pour dire au public : « Je veux tous vous embrasser. » Cette joie faisait plaisir à voir de la part d’un vétéran qui en a pourtant vu d’autres. Enfin, pas beaucoup d’autres en ce qui concerne les demi-finales de Grand Chelem. C’est la deuxième fois que l’ancien numéro 4 mondial parvient à ce stade (après l’US Open 1997). Mardi, après son huitième de finale victorieux en double (il est aussi qualifié pour les huitièmes du double mixte), il confiait : « À mon âge, on peut relativiser. Victoire ou défaite, je sais que je rentrerai tranquille à la maison pour retrouver ma famille. J’ai d’autres choses dans la vie que le tennis. Ce n’est pas comme tous ces jeunes qui n’ont que ça en tête. » Mais hier, au sortir de son marathon Dimanche 9 juillet 15 heures (14 heures, heure locale) NIEMINEN, 7-5, 6-4, 6-7 (2-7), 6-7 (6-8), 9-7 NADAL, 6-3, 7-6 (7-4), 6-3 7 31 12 15 3 5 10 2 (entre parenthèses, la nationalité et le classement ATP ; q. : qualifié) MAURESMO (1) M MAURESM SAFINA SA A (RRU RUS US, 177) MYSKINA MY Y (RRUS R S, 111)) V. WILLIAMS MS (USA (USA, 12) SHARAPOVA (RUS, 4) PENNETTA (ITA, 19) Bammer (AUT, 47) DEMENTIEVA (RUS, 8) DULKO (ARG, 31) HINGIS (SUI, 15) HANTUCHOVA (SLQ, 18) HENIN (BEL, 3) KUZNETSOVA (RUS, 6) VAIDISOVA (RTC, 13) Tanasugarn (THA, 164, q.) CLIJSTERS (BEL, 2) 1/4 Pratt (AUS, 1366, q.) : MAURESMO MAURESMO,, 6-1, 6-2 MAURESMO, 6-3, 6-3 6-4 : IVANOVIC, 3-6, 7-6 (7-3), 6-1 6-1 19 IVANOVIC (SEM, 22) 2 MEDINA GARRIGUUES (ESPP, 27) : MYSKINA, 6-3, 6-4 23 (SEM, 29) : JANKOVIC JANKOVIC,, 7-6 7 6 (10 ((10-8) 8), 8)), 44-66, 6, 6-4 6-44 26 JANKOVIC (SEM 25 18 21 30 27 BBaghdatis 6 5 7 6 Hewitt 1 7 6 2 contre Stepanek (4 h 3’), l’ancien avait retrouvé un enthousiasme de junior. « C’est un rêve, avoua-t-il au micro de la BBC. Je n’arrive pas à y croire. Franchement, je ne pensais pas que j’avais encore en moi une demi-finale de Grand Chelem. À la fin du match, sur le court, j’étais tellement heureux que j’aurais voulu embrasser tout le monde. » L’issue était d’autant plus heureuse que le match avait été douloureux. Breaké dans le quatrième set et mené deux manches à une, le Suédois semblait se diriger vers la sortie. « Ç’a été un moment difficile, mais j’ai trouvé les ressources pour m’accrocher. » Puis ce fut un tie-break éprouvant où il dut effacer une balle de match. Le journaliste britannique fit un parallèle entre le tie-break et les tirs au but du football. « Dieu merci, j’ai pu en marquer quelques-uns. » Mais, désormais, se dresse devant lui un gardien de but hors pair : « Federer est le meilleur joueur du monde et peut-être de tous les temps. C’est un numéro 1 mondial parfait sur le court et en dehors du court. Je vais essayer de profiter de ce moment unique. » – P. Co. 1/8 Frazier (USA, 80) : Peng Shuai (CHN, 46) : Perry (USA, 62) : LIKHOVTSEVA (RUS, 26) : Brémond (129, q.) : SUGIYAMA (JAP, 21) : SREBOTNIK (SLV, 25) : CHAKVETADZE (RUS, 34) : LI NA (CHN, 30) : Sprem (CRO, 69) : Radwanska (POL, 217, w.c.) : : Zheng Jie (CHN, 37) SHARAPOVA, 6-3, 6-2 PENNETTA, 6-2, 6-3 Perry, 7-5, 6-3 DEMENTIEVA, 7-5, 6-3 Brémond, 7-6 (8-6), 5-7, 7-5 SUGIYAMA, 7-5, 3-6, 6-4 HANTUCHOVA, 6-4, 7-6 (7-2) HENIN, 6-2, 6-3 LI NA, 3-6, 6-2, 6-3 VAIDISOVA, 7-5, 7-5 Radwanska, 6-3, 6-2 CLIJSTERS, 6-3, 6-2 MYSKINA 6-4 MYSKINA, 6 4, 77-66 (7 (7-5) 5) 6 Baghdatis y croit En battant Stepanek, le Suédois s’est offert une demi-finale de Grand Chelem à trente-quatre ans. SIMPLE SIM P FEM MM M MESS FEDERER 6-3, FEDERER, 6-3 6-3, 6-3 6-4 ANCIC 6-4, ANCIC, 6-4 4-6, 4-6 4-6 4-6, 7-5 7-5, 6-3 joueur à avoir gagné le tournoi sans perdre un set ? – (Il se concentre et réfléchit.) Je sais que Pete Sampras ne l’a jamais fait… Alors, je dirais Borg. C’est ça ? Alors, parfait ! » 7 NAVRATILOVA NE JOUERA PLUS EN 2007. – À près de quarante ans, Martina Navratilova, qui dispute toujours beaucoup de doubles, a annoncé qu’elle raccrocherait définitivement à la fin de la saison. Gênée ces derniers temps par une blessure au genou, l’Américaine n’a pas encore décidé quel serait son dernier tournoi. LONDRES. – Mario Ancic n’est pas encore revenu de tout ce que lui a fait Roger Federer hier. Éclaboussant de talent, le Suisse (ci-dessus) s’est qualifié pour sa neuvième demi-finale de suite en Grand Chelem ! (Photo Jean-Marc Pochat) 19 HAAS (ALL, 24) 26 23 18 1100 Gasquet q 1/8 28 24 1122 Berdych y SIMPLE SIM P HOM HOMME M S FEDERER E (SSUI S , 11) 1 FE BERDYCH E ((RRTCC, 14) 13 BE 1133 MARCOS BAGHDATIS, tombeur de Hewitt, n’exclut pas d’atteindre à nouveau une finale de Grand Chelem avec cette fois une issue heureuse : « Pourquoi pas ? Je suis en demies d’un Grand Chelem. À ce niveau, n’importe qui peut battre n’importe qui. C’est ce que je pense, en tout cas. » Pourtant, penser qu’on peut battre quelqu’un, ça peut vous mettre en difficulté. « Dans le deuxième set, je me suis mis à trop penser. J’avais un set d’avance et deux breaks. Tout d’un coup, je me suis dit : je suis en quarts de finale d’un Grand Chelem et je suis en train de battre facilement Hewitt. Qu’est-ce qui se passe ? Je me suis mis à perdre mes jeux de service. J’étais en train de coincer. Heureusement, j’ai réussi à traverser cette crise. Ç’a été une belle réaction. » Avant de penser à Federer et une éventuelle revanche de la finale de l’Open d’Australie, il y a une demi-finale. « D’abord, il y a Nadal, répondit-il avant de rectifier ce lapsus, enfin, je veux dire Nadal ou Nieminen. Qu’importe. La confiance est là. Je me suis prouvé que mon jeu était tout à fait adapté au gazon. Je le répète, tout est possible. » – P. Co. 1/2 Fin. MAURESMO MAURESMO, 6-1, 3-6, 6-3 SHARAPOVA, 7-6 (7-5), 3-6, 6-3 DEMENTIEVA, 6-2, 6-0 SHARAPOVA, 6-1, 6-4 Brémond, 7-6 (13-11), 6-3 HENIN, 6-3, 6-1 HENIN, 6-4, 6-4 Samedi 8 juillet 15 heures (14 heures, heure locale) LI NA, 4-6, 6-1, 6-3 CLIJSTERS, 6-2, 6-2 CLIJSTERS, 6-4, 7-5 (entre parenthèses, la nationalité et le classement WTA ; q. : qualifiée ; w.c. : wild card) PAGE 22 JEUDI 6 JUILLET 2006 Bleu Rouge Noir Jaune Rouge Après cinq matches dans ce Wimbledon 2006, Roger Federer n’a toujours pas perdu un set. Voici le classement de ses adversaires selon le nombre de jeux qu’ils ont réussi à lui ravir. Bleu « EST-CE votre meilleur match à Wimbledon cette année ? – Chaque adversaire est différent, mais il y a eu des moments où je jouais si bien que c’en était incroyable. D’habitude, ces coupures dues à la pluie brisent le rythme mais, aujourd’hui, on aurait dit que c’était le contraire : je jouais encore mieux ! Je suis très, très heureux de ma performance. – La météo vous a gêné ? – La veille, on m’avait déjà dit qu’il allait pleuvoir. La nuit dernière, l’orage m’a réveillé. Donc, ce matin, je n’étais pas étonné qu’il pleuve. Quand j’ai quitté la maison à 10 h 30, ça s’était éclairci et je savais que le match aurait lieu. J’espérais juste qu’il n’y aurait pas cinq ou six interruptions. Là, avec deux, je n’ai pas eu à me plaindre. – Vous dites parfois que vous vous étonnez vous-même sur le court. Ç’a été le cas aujourd’hui (hier) ? 3669 369 Jaune Rouge Jaune de notre envoyé spécial « Le secret de mon éternelle jeunesse, c’est beaucoup d’anti-inflammatoires ! » De Jonas Björkman, trente-quatre ans, après sa qualification en cinq sets pour les demi-finales. iffre ROGER FEDERER se donnait lui-même la note maximale après son extraordinaire démonstration contre Mario Ancic. LONDRES – La phrase Le ch « Dix sur dix » Federer 6 6 6 Ancic 4 4 4 « PHILIPPE BOUIN Noir Bleu Noir UN NUMERO 1 peut-il en inspirer un autre ? On ne peut que le souhaiter au lendemain du nouveau récital de Roger Federer contre Mario Ancic (6-4, 6-4, 6-4), en ce jour où Amélie Mauresmo affronte Maria Sharapova pour une place en finale. Toujours placée, jamais gagnante à Wimbledon, Amélie Mauresmo s’est glissée en demi-finale cette année dans la plus grande discrétion, malgré son dossard no 1, malgré ses trois demi-finales précédentes. Rarement citée dans les pronostics publiés en début de tournoi par la presse britannique, ou même dans ceux des anciennes célébrités des courts reclassées à la BBC, mentionnée tout juste comme une outsider à surveiller, elle souffre ici d’une réputation de joueuse talentueuse mais fragile. Des trois apparitions de la Française en demi-finales en 2002, 2004 et 2005, les observateurs retiennent la qualité de son jeu, mais aussi son incapacité à forcer le destin. On ne peut tout à fait leur donner tort. Surclassée en 2002 par Serena Williams, Amélie Mauresmo avait produit un tout autre tennis en 2003 contre la même adversaire. Au point de gagner le premier set au tie-break et de mener 3-1 au deuxième. Rageuse, l’Américaine avait alors cassé une raquette pour évacuer sa colère ; hypertendue, Mauresmo s’était, elle, cassé le dos, récoltant au bout du compte une défaite en trois sets. L’an passé, exilée sur le court no 1 à cause de la pluie, elle avait encore mené 7-6, 4-1 contre Lindsay Davenport avant de laisser son adversaire reprendre le match à son compte, sans plus montrer le moindre signe d’agressivité, comme inhibée par l’enjeu et par son adversaire. En ces deux occasions, la personnalité de ses adversaires, deux grosses frappeuses qui l’avaient auparavant dominée à plusieurs reprises, avait autant pesé que les circonstances. Dotée d’un jeu similaire à ceux de Serena et de Davenport, gagnante du tournoi 2004, Maria Sharapova représente une menace du même calibre, à une différence notable cependant : Amélie Mauresmo l’a nier rogna l’avance de son cadet qui montrait des signes de nervosité évidents. Mais, une fois revenu à un set partout, il sembla caler devant le talent offensif d’un garçon qui n’en finit plus d’épater son monde : finaliste à l’Open d’Australie, le voilà demi-finaliste à Wimbledon. Où s’arrêtera-t-il ? 23 Bleu Rouge Noir Jaune TENNIS WIMBLEDON (Grand Chelem, gazon) Mauresmo en sol majeur C’est sur gazon que la Française, opposée aujourd’hui à Sharapova pour une place en finale, exploite au mieux son potentiel. de notre envoyé spécial C’EST LA QUATRIÈME fois de suite, après 2002, 2004 et 2005, qu’Amélie Mauresmo vient à Wimbledon pour décrocher une place en demi-finales. Sans des côtes fêlées et un moral dans les chaussettes, qui la poussèrent à ne pas jouer à Londres en 2003, elle aurait pu réussir une passe de cinq exceptionnelle. Toujours est-il que la marche suivante s’est, à ce jour, dérobée à chaque fois sous ses pieds. Opposée aujourd’hui à Maria Sharapova, qui a triomphé sur le gazon britannique en 2004, mais qui n’a jamais battu la Française, Amélie Mauresmo pourra s’appuyer sur de nombreux atouts pour enfin atteindre la finale dans le temple du tennis. Elle a déjà souvent démontré qu’elle « sentait » bien le gazon. Pourquoi son jeu y est-il plus efficace que sur les autres surfaces ? C’est ce que nous avons demandé à Loïc Courteau, son entraîneur (voir aussi infographie). LE SERVICE. – « Le gazon est la surface sur laquelle son service a la meilleur efficacité. Pourquoi ? Parce qu’elle sert la plupart de ses premières balles à plat et que la vitesse de la balle comme le rebond bas rendent les retours difficiles à négocier. Amélie ne donne quasiment plus de “ kick ” pour ménager son dos, elle le fait juste un peu en seconde balle pour varier. Mais c’est sur ses prem i è r e s b a l l e s ( u n s e r vi c e à FACE-À-FACE MAURESMO - SHARAPOVA : 2-0 2004 : Masters (Los Angeles), indoor, poule, MAURESMO, 7-5, 6-4 2005 : Masters (Los Angeles), indoor, demi-finale, MAURESMO, 7-6 (7-1), 6-3 HENIN-CLIJSTERS : 11-10 (dont 2-1 sur gazon) 2001 : `s-Hertogenbosch, finale, HENIN, 6-4, 3-6, 6-3 2003 : `s-Hertogenbosch, finale, CLIJSTERS, 6-7 (4-7), 3-0 ab. 2006 : Eastbourne, demi-finale, HENIN, 6-3, 5-7, 6-1 192,6 km/h cette semaine !) qu’elle fait la différence et on remarquera qu’en moyenne elle passe beaucoup plus de premières balles sur gazon que sur les autres surfaces (62,4 % dans le tournoi à ce jour) parce que, comme elle suit la plupart du temps au filet, son lancer de balle, un peu plus vers l’avant, est bien réglé. Sur les autres surfaces, lorsqu’elle veut frapper fort sans suivre sa balle au filet, son lancer est beaucoup plus approximatif. Enfin, du côté droit, son service slicé et croisé trouve aussi toute son efficacité. » LE FOND DE COURT. – « Son revers slicé qui est déjà gênant sur pas mal de surfaces, parce que peu de filles l’utilisent, est encore plus efficace sur gazon puisque la balle rebondit très peu. En fond de court, le slice de revers est son arme numéro une. Son revers naturel à plat est aussi gênant, car il avance vite alors que son revers lifté perd de son efficacité, car au lieu de gicler comme sur les autres surfaces, il rebondit à bonne hauteur et ne gêne personne. Donc, Amélie utilise beaucoup plus le revers slicé sur gazon que sur les autres surfaces, car il faut rappeler que c’est le coup le plus naturel pour enchaîner avec une montée au filet, et même si son approche n’est pas parfaite, le passing n’est pas évident à tirer pour l’adversaire là où, sur terre ou sur dur, elle serait en danger. Son meilleur coup droit, celui qu’elle joue très profond et lifté sur les autres surfaces, elle ne peut pas l’utiliser sur gazon, elle ne peut pas non plus s’appuyer pareillement sur la balle du fait du rebond bas et irrégulier. Ces inconvénients sont contrebalancés par le fait que les échanges sont plus courts et qu’elle se laisse rarement embarquer dans de longs échanges sur son coup droit où elle risque de faire la faute. En fait, ce qu’elle doit faire, c’est, comme en revers, jouer un coup droit offensif qui lui permette de l’emmener vers l’avant. » ALAIN DEFLASSIEUX CHAMPIONNATS DE FRANCE CIBLES 25-50 M. – Hier, à Moulins, dans l’Allier, à l’occasion de la première journée du rendez-vous national, Stéphanie Tirode (Montgeron) s’est imposée en finale du pistolet 25 m avec 582 points (781,8 après finale) devant Nadine Lempegnat (Lons), 576 (779,6), et Brigitte Roy (Libourne), 575 (778,7). DEMAIN : finales pistolet (50 m) et carabine 60 balles couché (50 m) HOMMES ; finale carabine 3 × 20 (50 m) FEMMES. Fondateur : Jacques GODDET Direction, administration, rédaction, ventes et publicité commerciale : 4, rue Rouget-de-Lisle, 92793 Issy-lesMoulineaux Cedex 9. Tél. : 01-40-93-20-20 Télex 631.653. CCP Paris 9.427.90-C. S.A. INTRA-PRESSE Capital : 2.150.620 . Durée : 99 ans. Principal associé : S.A. Éditions P. AMAURY. Président du Conseil d’administration : Marie-Odile AMAURY. S.N.C. L’EQUIPE Capital : 50 000 . Durée : 99 ans du 12 avril 1985. Siège social : 4, rue Rouget-de-Lisle, 92793 Issy-lesMoulineaux Cedex 9. Gérant : Christophe CHENUT. Principal associé : S.A. INTRA-PRESSE. Directeur général, Directeur de la publication : Christophe CHENUT Directeur des rédactions : Claude DROUSSENT Directeur de la rédaction du quotidien : Michel DALLONI VENTE : Tél : 01-40-93-20-05 Allemagne, 2 ; Andorre, 1 ; Antilles, la Réunion, 1,30 ; Autriche, 2 ; Belgique, 1,50 ; Canada, 2,75 CAD ; Côte d’Ivoire, 1 400 CFA ; Danemark, 15 DKK ; Espagne, 1,75 ; États-Unis, 2,5 $ ; Gabon, 1 400 CFA ; Grande-Bretagne, 1,30 £ ; Grèce, 1,95 ; Italie, 1,70 ; Luxembourg, 1,50 ; Maroc, 10 MAD ; Pays-Bas, 2 ; Portugal, 1,8 ; Sénégal, 1 400 CFA ; Suisse, 2,30 FS ; Tunisie, 1,40 DIN. ABONNEMENTS : Tél. : 01-55-56-70-60. 22, rue René Boulanger, 75472 Paris Cedex 10. France Métropolitaine, lundi à samedi, 6 mois : 154,5 ; 1 an : 309 . Lundi à dimanche, 6 mois : 179,10 ; 1 an : 358,20 . ÉTRANGER : nous consulter. Modifications : joindre dernière bande. Publicité commerciale : MANCHETTE SPORTS, Tél. : 01-40-93-24-99. Petites annonces : 25, av. Michelet, 93408 St-Ouen Cedex. Tél. : 01-40-10-52-15. Commission paritaire no 1207I82523 ISSN 0153-1069. SE Tirage du Mercredi 5 juillet 2006 : 792 482 exemplaires « Dès qu’il s’agit d’aller vers l’avant, il est très bon, mais quand elle reste en fond de court il est moins précis parce qu’Amélie a tendance à ne pas trop fléchir sur ses appuis ni à couper les trajectoires. Mais comme les échanges ne sont pas très longs, elle arrive quand même à se débrouiller grâce à son coup d’œil. Cependant, comparé aux autres surfaces, j’estime que son jeu de jambes en fond de court n’est pas moins bon sur gazon. » Sharapova, deux ans après Adversaire d’Amélie Mauresmo, la Russe rêve d’une deuxième victoire à Wimbledon. de notre envoyé spécial CET APRÈS-MIDI, pour la sixième fois de sa carrière, Maria Sharapova disputera une demi-finale de Grand Chelem. Pas mal pour une jeune fille de dix-neuf ans, à une période où la concurrence au plus haut niveau n’a jamais été aussi intense sur le circuit féminin. Pourtant, si la performance d’ensemble de Sharapova est remarquable et s’accompagne cette semaine encore de moult photos et commentaires dans les journaux anglais, on peut se demander si elle est encore capable de rééditer sa victoire de 2004 à Wimbledon, CANOË-KAYAK lorsque, à dix-sept ans, elle avait surpris tout le monde en s’imposant face à Lindsay Davenport en demi-finale puis à Serena Williams en finale. Cette victoire était supposée en précéder bien d’autres, mais, depuis, les portes des tournois du Grand Chelem se sont refermées à cinq reprises sous son nez en demi-finales. Grosse travailleuse Il faut dire que, une fois l’effet de surprise de Wimbledon dissipé, Maria Sharapova est certes vite devenue une adversaire crainte et respectée par tout le monde, mais ces marques de considération se sont accompa- gnées d’une détermination sans compassion de la part de ses concurrentes directes. Le fait de ne plus disputer la moindre finale de Grand Chelem n’a pas empêché la Russe de s’emparer pour une brève période (sept semaines) de la première place mondiale durant l’été 2005, de remporter sept nouveaux titres sur le circuit WTA (dont le Masters 2004), ni de devenir la joueuse la plus recherchée des sponsors. Sa jeunesse, sa plastique et sa soif de notoriété en on fait le porte-drapeau de nombreuses marques de produits de luxe, sans parler de sa présence aux côtés de quelques-uns des plus fameux top models au COURSE EN LIGNE – CHAMPIONNATS D’EUROPE Test grandeur nature LE NIVEAU D’ENSEMBLE est bon. Il progresse même, puisque les bateaux longs, baromètres traditionnels de la discipline, entrent régulièrement dans les finales. Manque simplement à l’équipe de France de course en ligne la performance de pointe qui, comme l’an dernier lorsque le bronze mondial était venu récompenser le travail et le talent d’Anne-Laure Viard et Marie Delattre, en K 2 1 000 m, attire le projecteur. « Nous allons à Racice pour confirmer cette médaille », annonce Christophe Rouffet, le patron des Bleus. Racice, au cœur de la République tchèque, où les sélectionnés auront peaufiné ces derniers jours leur forme et leurs automatismes lors d’un stage final en vue des Championnats d’ E ur o pe , q u i y c om m e nc e n t aujourd’hui. Le staff cherche encore ses meilleures compositions de bateaux à mi-chemin de l’olympiade. « Nous terminons cette année le travail d’intégration, nous partirons à la chasse aux quotas pour Pékin l’été prochain », explique le boss. Signe de cette quête de certitudes, le K 2 masculin, qui associera, sur les trois distances, trois jeunes pagayeurs différents au solide Philippe Colin. Mais pas son ancien partenaire Bâbak AmirTahmasseb, particulièrement saignant à l’entraînement et qui reste à la tête d’un K 4 où revient Olivier Boukpeti : « On verra si on pourra aller plus vite qu’à la Coupe du monde de Duisbourg (9e sur 500 m et 8e sur 1 000 m, fin les sponsors ou les photos de mode, ce sont des occupations réservées aux semaines de repos. » Professionnelle jusqu’au bout des ongles, grosse travailleuse, Sharapova fait tout ce qu’elle peut pour ajouter d’autres grands titres à son palmarès, malgré deux blessures qui l’ont perturbée depuis un an, au pectoral droit puis à la cheville droite. Aujourd’hui, face à Amélie Mauresmo, elle essayera d’oublier sa victoire de 2004 en entrant sur le Centre Court : « Je ne peux pas me laisser aller à me remettre ce souvenir en tête si je veux accrocher un deuxième titre ici. » – A. D. monde dans le numéro spécial maillots de bains de notre confrère Sports Illustrated, vendu à plus de 60 millions d’exemplaires. Entourée en permanence par son père Youri, son sparring-partner Michael Joyce, son préparateur physique et son agent, Maria Sharapova n’a cependant jamais oublié que le tennis passait avant tout le reste, comme elle le répétait encore mardi après sa victoire en quart de finale sur Elena Dementieva. « Je n’ai aucune hésitation sur mes priorités. Le tennis vient en numéro 1 et rien ne peut entraver mon programme de tournois et mes entraînements. Le reste, que ce soit les opérations avec BOXE CHANGEMENT POUR MORMECK. – L’Américain Damon Reed étant souffrant, Jean-Marc Mormeck affrontera finalement le Texan Sebastian Hill (35 ans, 10 victoires, dont 6 avant la limite, 1 nul, 12 défaites), samedi à Saint Louis (Missouri). En provenance de Miami, l’ex-champion du monde français des lourds-légers est arrivé avant-hier à Saint Louis. Logé dans un grand hôtel (à deux cents mètres du Savvis Center où il combattra samedi), il s’y est entraîné hier. Le matin, il a couru sur un tapis roulant avant, l’aprèsmidi, de travailler sur le ring aménagé dans un salon. Bien évidemment, en compagnie de son entraîneur américain Al Bonani et de ses amis Stéphane Groussard et Serge Attali, il a ensuite suivi France-Portugal sur une chaîne américaine. Ce midi, il assistera à la conférence de presse au Savvis Center. Et le centre-ville, où il loge, ne comptant que des immeubles de bureaux et des bâtiments administratifs, il ne devrait s’offrir aucune visite, d’autant que l’énorme chaleur n’incite pas à se promener. – A.-A. F. TRABANT POSITIF. – L’Allemand Michel Trabant, ancien champion d’Europe des welters et actuel tenant du titre de l’Union européenne (28 ans, 43 victoires, 2 défaites), a été contrôlé positif (la nature du produit n’a pas été révélé) au terme de son dernier succès le 6 mai dernier à Düsseldorf contre son compatriote Cattikas. Trabant a même avoué sa faute devant la commission allemande de boxe : « Michel Trabant a confirmé qu’il a pris des produits interdits », a déclaré le président de cette commission. La sanction devrait tomber dans les prochains jours. Profitez de l’été pour découvrir l’univers Albatros Of f r e é t é 2 0 0 6 4 Bâbak Amir-Tahmasseb, particulièrement saignant à l’entraînement, reste à la tête du K 4. (Photo Richard Martin) mai), dit le champion du monde monoplace 2001. Difficile de se fixer une ambition tant que les essais ne sont pas terminés ! » Mais ce sont là les derniers, grandeur nature, avant le grand objectif de la saison, les Mondiaux de Szeged (Hongrie), du 24 au 27 août. – P. Laf. PROGRAMME AUJOURD’HUI. – Qualifications 1 000 m (à partir de 9 heures) et 500 m (à partir de 15 heures). DEMAIN. – Demi-finales1 000 m (à partir de 9 heures) et 500 m (à partir de 15 heures). SAMEDI. – Finales 1 000 m (à partir de 9 h 40) et qualifications 200 m (à partir de 14 heures). DIMANCHE. – Finales 500 m (à partir de 10 heures) et 200 m (à partir de 13 h 45). L’équipe de France.– HOMMES.K 1 : Jouve (200 et 1 000 m), Carré (500 m) ; K 2 : Colin-Lecrubier(200 m), Colin-Jouve(500 m), Colin-Carré (1 000 m) ; K 4 : Amir-Tahmasseb - Carré-Marcaud-Boukpeti (200 m), Amir-Tahmasseb - Lecrubier-MarcaudBoukpeti (500 et 1 000 m) ; C 1 : Hémonic (200 et 1 000 m), Goubel (500 m) ; C 2 : Beugnet-Goubel (200 et 1 000 m). FEMMES. K 1 : Viard (200 m), Marie (500 m), Delattre (1 000 m) ; K 2 : Viard-Delattre (500 m). VOLLEY-BALL RUETTE AVEC LES BLEUS. – Quatorze joueurs ont été retenus pour disputerles deux matches amicaux face aux Pays-Bas (8 et 9 juillet) qui serviront de préparation à la Ligue mondiale. Parmi eux figure le pointu d’origine canadienne, Sébastien Ruette, qui revient de deux ans de suspension de matches internationaux pour avoir choisi l’équipe de France alors qu’il avait déjà joué pour le Canada. Il devrait faire ses débuts avec les Bleus samedi, à Vichy. LA SÉLECTION. – Passeurs : Le Marrec (1,90 m, 29 ans) ; Pujol (1,84 m, 21 ans). Centraux : Kieffer (2 m, 26 ans) ; Hardy-Dessources (1,97 m, 23 ans) ; Monneraye (2,09 m, 25 ans) ; Montméat (1,96 m, 28 ans). Pointus : Ruette (2,01 m, 29 ans) ; Castard (1,95 m, 23 ans). Réceptionneursattaquants : Kilama (1,83 m, 23 ans) ; Antiga (2 m, 30 ans). Attaquants-réceptionneurs : Granvorka (1,95 m, 29 ans) ; Samica (1,96 m, 24 ans). Libéros : Exiga (1,76 m, 24 ans) ; Henno (1,88 m, 29 ans). BASKET NANCY : LINEHAN A SIGNÉ. – John Linehan (1,75 m, 28 ans), ancien meneur de Strasbourg et du PBR, meilleur défenseur de Pro A, s’est effectivement engagé avec Nancy, finaliste du dernier Championnat. L’affaire ne faisait déjà plus de doute hier, mais il manquait encore une signature. Sous contrat avec Strasbourg jusqu’en 2007, le joueur a fait jouer sa clause libératoire. MONNET À ÉVREUX. – L’intérieur de Dijon, Jérôme Monnet (2,06 m, 30 ans) a signé un contrat de trois ans avec Évreux. À Dijon depuis 2001, Monnet, à qui il restait un an de contrat à Dijon, s’était vu signifier par son entraîneur et ses dirigeants qu’ils ne le retiendraient pas s’il recevait une proposition intéressante. Avant de s’engager à Évreux, Monnet avait été contacté par Bourg-en-Bresse, son club formateur. green fees 120 E LE QU EL DE S À UT ILI SE R SU R N’ IM PO RT ER T AU 30 AOÛ T - PAS OFF RE VAL ABL E DU 1 JUI LLE € 4 PA RC OU RS AL BATR OS S DÉC OUV ERT E DIS PON IBL E À L’AC CUE IL DES GOL FS 4 PARCOURS D’EXCEPTION AUTOUR DE PARIS (60) Tél : 03 44 25 61 11 Tél : 01 39 08 13 70 (77) Tél : 01 64 38 03 07 (78) Tél : 01 30 41 31 81 (78) CHALON : DIARRA RESTE, DONDON S’EN VA. – Très courtisé, Mamoutou Diarra (1,98 m, 26 ans) n’a pas fait jouer sa clause libératoire qui expirait hier et sera donc encore chalonnais la saison prochaine. En revanche, Stéphane Dondon va quitter le club, où il était arrivé en 2004. Par ailleurs, Chalon a recruté le meneur Xavier Corosine (1,84 m, 21 ans) qui évoluait l’an dernier au PBR. SPAHIJA AU MACCABI. – L’entraîneur croate Neven Spahija (43 ans), sera le remplaçant de Pini Gershon, parti à l’Olympiakos après avoir conduit Tel-Aviv à deux titres européens (2004 et 2005) et une finale (2006). Spahija entraînait l’équipe lituanienne de Vilnius la saison dernière. Il a coaché l’équipe nationale croate de 2003 à 2005. NICE SE RENFORCE. – Le Cavigal Nice, qui a perdu beaucoup d’éléments importants à l’intersaison, a reçu le renfort de la Croate Tina Lelas (1,95 m), venue de La Seu d’Urgell (ESP), et de la Slovaque Viera Libicova (1,91 m), qui opérait en Hongrie la saison passée. MONDIAL : L’AUSTRALIE PRIVÉE DE NIELSEN. – L’Australie sera privée de son intérieur Matt Nielsen (2,08 m, 28 ans). Nielsen avait pourtant rejoint les « Boomers » pour la préparation. Mais des problèmes avec son contrat d’assurance ont poussé la Fédération australienne à se passer du joueur qui évolue à Vilnius, en Lituanie, où il a resigné pour trois ans. JEUDI 6 JUILLET 2006 R E N S E I G N E M E N T S : 0 1 3 9 0 8 1 3 7 0 - C O N TA C T @ C L U B - A L B AT R O S . C O M - W W W . C L U B - A L B AT R O S . C O M PAGE 23 Bleu Rouge Noir Jaune Rouge TIR Le jeu de jambes Bleu Rouge O PE N D ’H Y DER A B AD . – Comme attendu, la Française Isabelle Stoehr (numéro 19 mondiale et tête de série no 14) s’est tranquillement qualifiée, hier, à Hyderabad, en Inde, pour le deuxième tour de l’épreuve. Victorieuse (9-0, 9-0, abandon) de l’Australienne Amelia Pittock (n o 28), elle affrontera aujourd’hui l’Anglaise Jenny Duncalf (no 6). « Lorsqu’elle arrive à Wimbledon, Amélie se sent tout de suite bien bien, elle est contente, donc le mental est bon. Mais comme elle est capable de bien jouer sur toutes les surfaces, on ne peut pas dire que son mental soit systématiquement meilleur qu’ailleurs lorsqu’elle joue sur gazon. » Jaune Bleu Jaune SQUASH « Amélie est plus efficacee sur herbe qu’ailleurs pour la bonne raison que, que m mêême si sa vvolée n’est pas parfaite, elle est difficile à remettre, que ce soit une volée court croisée ou juste posée. Là où l’adversaire aurait le temps de la reprendre sur terre ou sur dur, sur herbe, c’est hyper difficile surtout dans le tennis féminin où les filles ne sont pas très à l’aise sur les courses vers l’avant. En plus, Amélie a une très bonne volée en coup droit comme en revers et ce coup devient donc d’autant plus efficace. » LONDRES – COMME À L’OPEN d’Australie en janvier, comme à Roland-Garros en juin, Justine Henin et Kim Clijsters sont au rendez-vous des demi-finales du troisième tournoi du Grand Chelem de l’année. Et comme à Paris il y a un mois, les voici de nouveau face à face. Il s’agit de leur 22e duel puisque, après Roland-Garros (qui était le 20e), les deux Belges s’étaient retrouvées sur le gazon d’Eastbourne. Au compteur, c’est maintenant Henin qui mène onze victoires à dix. Cette dernière rêve d’ailleurs d’une victoire à Wimbledon, qui lui permettrait de devenir la septième joueuse de l’ère Open à avoir remporté les quatre tournois du Grand Chelem (*). Finaliste en 2001, demi-finaliste en 2002 et en 2003, Henin partira avec un léger avantage sur sa compatriote de par la plus grande variété de son jeu et la facilité avec laquelle elle s’installe au filet pour abréger les échanges. – A. D. (*) Avec les prestigieuses Margaret Court, Billie Jean King, Chris Evert, Martina Navratilova, Steffi Graf et Serena Williams. L’’analyse ysse de Looïc oïc ïc Co Courtte teaau u Le mental Noir Noir 22, v’là les Belges ! La volée Photo : Jean-Marc Pochat LONDRES – 24 Bleu Rouge Noir Jaune Noir Jaune Rouge Rouge Bleu Rouge Bleu Jaune Bleu Jaune JEUDI 6 JUILLET 2006 Noir Noir PAGE 24 25 Bleu Rouge Noir Jaune BATEAUX RECORD DE L’ATLANTIQUE Record en vue pour Peyron En dépit d’un problème de safran, le maxi-catamaran « Orange II » devrait battre le chrono de Fossett aujourd’hui. SOUDAIN la vitesse moyenne tombe à moins de 23 nœuds. Puis flirte avec les 20 nœuds quelques heures plus tard. Si de tels chiffres restent inaccessibles pour la majorité des voiliers de la planète, venant d’Orange II, ces chiffres interpellent, suscitent l’inquiétude. Surtout quand on sait que le maxi-catamaran a tenu une moyenne de plus de 30 nœuds depuis son départ de New York dimanche dernier. Alors, hier matin, jusqu’à la réception du mail d’explication de Bruno Peyron, le doute ou tout au moins l’interrogation s’insinuait dans les esprits quant aux raisons de ce ralentissement. « Nous avons décidé de lever le pied, trop casse-gueule avec nos safrans en vrac », indiquait le skipper, faisant référence aux dommages subis par le safran bâbord lors d’un choc avec un objet flottant non identifié dans la nuit de lundi à mardi.« On s’interdit de dépasser 30 nœuds, ajoutait-il ensuite à la vacation. Le safran est comme croqué sur 50 centimètres. Il nous emmène le bateau à gauche avec une force incroyable. Si on lâche la barre, il empanne tout de suite. Ça peut devenir dangereux. » nait malgré tout une allure de croisière plus conforme à ses capacités, à 25-26 nœ uds. Avec plus de 280 milles d’avance sur le tableau de marche du record de Steve Fossett (4 j. 17 h 28’ 6’’) à quelque 550 milles de l’arrivée au large du cap Lizard, Peyron et ses hommes disposaient hier soir à 18 heures d’une bonne marge de manœuvre. Et ce même si, traditionnellement sur ce parcours mythique, les conditions météo devraient s’affaiblir dans la dernière ligne droite. « Nous devrions avoir 15 à 17 nœuds de vent pour l’arrivée, ce qui permet quand même de faire 20 nœuds de vitesse, précisait le skipper. Par contre, on parlait hier de gagner un peu au nord pour faire un À bout de souffle LE HAVRE – de notre envoyé spécial ATLANTIQUE NORD. – Bruno Peyron garde un œil sur l’arrivée mais même si le vent faiblit, même si un de ses safrans l’handicape, le skipper d’ « Orange II » est optimiste : sauf incident de dernière minute, le record devrait aujourd’hui être battu. (photo Epron/Orange) AUTOMOBILE ESSAIS F 1 (Jerez [ESP], 4-7 juillet). – De la Rosa (ESP, McLaren-Mercedes) 1’17’’785 (116 tours) ; Kovalainen (FIN, Renault), 1’18’’050 (115) ; Alonso (ESP, Renault), 1’18’’120 (97) ; Davidson (GBR, Honda), 1’18’’223 (110) ; Wurz (AUT, Williams-Cosworth), 1’18’’539 (103) ; Kubica (POL, BMW-Sauber), 1’18’’608 (67) ; Zonta (BRE, Toyota), 1’18’’793 (99) ; Paffett (GBR, McLaren-Mercedes), 1’18’’892 (88) ; Panis (Toyota), 1’19’’059 (85) ; Barrichello (BRE, Honda), 1’19’’386 (96) ; Doornbos (HOL, Red Bull-Ferrari), 1’19’’592 (32) ; Vettel (ALL, BMW-Sauber), 1’19’’594 (82). WTCC : MULLER N’A PAS APPRÉCIÉ CURITIBA. – À l’inverse des Bleus, le Brésil n’a pas réussi à Yvan Muller. Coleader du Championnat avant l’étape brésilienne, le Français en est reparti à la 5e place, avec 11 points de retard sur Priaulx. Une déception, mais l’essentiel était ailleurs, pour le pilote Seat qui s’est classé 12e et 13e des deux courses : « Quand nous avons découvert le circuit, nous avons compris que ce n’était pas un endroit pour y organiser une épreuve d’un Championnat du monde de la FIA : il n’y a pas assez de dégagements pour sortir sans dommages, cette piste est dangereuse. » Loïc Führer (Ville de Genève-Carrefour Prévention), en s’imposant hier soir à 21 h 15 au terme de l’étape Dieppe - Le Havre, s’est emparé de la tête du classement général du Tour de France au détriment de Jean-Pierre Nicol (Île-de-France), qui est maintenant quatrième derrière Michael Aveline (Côtes-d’Armor) et Dimitri Deruelle (Défi Partagé-Marseille). CHAMPIONNATS D’EUROPE JUNIORS Une relève ambitieuse Les Français envisagent tous de se glisser en finale des Championnats d’Europe juniors, cette semaine à Palma de Majorque. AVEC LAURE MANAUDOU en chef de file, à dix-neuf ans seulement, la natation française n’en est pas encore à guetter sa relève avec impatience. C’est donc sans la pression de devoir grandir avant l’heure que l’équipe de France juniors se lance aujourd’hui dans ses Championnats d’Europe à Palma de Majorque. L’an dernier à Budapest, avec sept médailles, dont trois en or (Camille Muffat sur 200 m 4 nages, Lise Soule sur 100 m papillon et le relais féminin 4 × 100 m 4 nages), les Bleuets avaient terminé sixièmes au classement des nations. En Espagne, jusqu’à dimanche, leurs ambitions sont du même ordre, et, pour tous, l’objectif fixé par le responsable de la sélection, Pierre Andraca, se résume ainsi : « Ils sont en apprentissage de la compétition internationale et doivent réaliser leurs meilleures performances cette semaine. » Ce qui signifie, pour les dix-huit qualifiés à titre individuel, une place en finale au vu des minima réalisés lors des Championnats de France… à condition de renouveler ces chronos dès les séries du matin et de ne pas se montrer impressionnés par l’événement. Déjà présent l’an dernier, Anthony Pannier (Braud Saint-Louis), dix-sept ans, est l’un des hommes forts de la sélection. Réelle chance de p o d i u m sa m e d i s u r 1 5 0 0 m (15’29’’41), au même titre chez les garçons que le relais 4 × 200 m, il devra également confirmer son potentiel sur 400 m et 400 m 4 nages. « Il semble au-dessus, souligne Andraca, mais j’attends la compétition comme révélateur, parce que, jusqu’à présent, il n’a pas été très performant dans les compétitions internationales. À lui de jouer et de se mettre en évidence hors des compétitions nationales. » Chez les filles, Lise Soule (Auch), seize ans, entraînée au pôle France de FontRomeu et triple médaillée à Budapest en 2005, est une nouvelle fois attendue dès demain sur 50 m et 100 m papillon. La Grenobloise Natacha Mauz, Ophélie-Cyriell Étienne (Molsheim Mutzig) et Reine-Victoria Weber (Nouméa) pourraient également se distinguer. Études ou natation ? Au-delà de leurs chronos, tous sont précédés de la réputation flatteuse de la natation française. « Aux Jeux, Manaudou, Metella et Duboscq ont permis de voir que les choses sont possibles en France, analyse Andraca. Avant, le meilleur nageur français était plutôt dans les quinze premiers mondiaux. Maintenant, les références se situent dans les cinq meilleurs. Ils grandissent dans ce milieu et ça leur donne des ambitions légitimes. » Mais il n’y a pas que dans l’eau que Laure Manaudou a ouvert une voie. Si la plupart des nageurs présents à Palma de Majorque sont encore lycéens, ils devront négocier au mieux le carrefour qui les attend prochainement : études ou natation ? Leur entraîneur prévient : « Ceux qui envisagent de grandes études, ce n’est même pas la peine de penser faire de la natation de haut niveau. C’était possible il y a une dizaine d’années, aujourd’hui on s’aperçoit qu’il faut à la fois du talent et du travail avec beaucoup de consistance. De ce point de vue aussi, Manaudou a une influence. Il y a des jeunes filles qui se disent “Elle se fait 600 000 euros par an. S’il faut faire 25 bornes par jour, j’arrête les études.” C’est un peu gênant en termes pédagogiques. La vie ne s’arrête pas à la natation et, derrière Laure, ceux qui gagnent leur vie arrivent plutôt à survivre. Mais on ne peut pas empêcher les jeunes de rêver. » Surtout pas à l’aube de ces Championnats d’Europe juniors, suivis, pour certaines des qualifiées (Étienne, Hédin, Muller, Soule, Weber…), de la toute première édition des Championnats du monde juniors à Rio (23-27 août). PASCAL GLO PROGRAMME AUJOURD’HUI.– À Palma de Majorque (Espagne) : séries à 9 h30. Finales à 17 h 30 : 200 m HOMMES, 200 m papillon FEMMES, 400 m 4 nages H et F, 50 m dos H, 50 m brasse F, relais 4 × 100 m H, relais 4 × 200 m F. Équipe de France. – HOMMES : Béraud (Antibes), Chesnel (Rouen), Delafont (Saint-Germain-en-Laye), Guillon (Saint-Germain-en-Laye), Hustache (Antibes), Leprêtre (Dunkerque), Munier (Melun), Pannier (Braud Saint-Louis), Peinado (Denain), Peter (Obernai), Rondan (Nogent), Sudrie (Lille). FEMMES : Castel (Bordeaux), Étienne (Molsheim Mutzig), Garruchet (Tarbes), Hédin (Sarreguemines), Marqueton (Châteauroux), Mauz (Grenoble), Muller (Sarreguemines), Soule (Auch), Weber (Nouméa). Complètement foot 327 787 709 RCS Paris – Illustrations : PéoLéo – avec Cortal Consors et Yahoo! www.complementfoot.fr Inscrivez-vous vite pour bénéficier d’un Livret € à 6 % + 80 €* €* + 80 Pendant la Coupe du Monde de la FIFA 2006, Cortal Consors offre 80 €* en plus des 6 % pendant 3 mois à tout nouveau client ouvrant un Livret € avant le 26 juillet 2006. Une fois inscrit, vous recevrez régulièrement par SMS des informations sur les matchs. www.completementfoot.fr JEUDI 6 JUILLET 2006 *Offres soumises à conditions, vous pouvez également vous renseigner sur le site www.completementfoot.fr PAGE 25 Bleu Rouge Noir Jaune Rouge 19-21 janvier : Monte-Carlo ; 9-11 février : Suède ; 16-18 février : Norvège ; 9-11 mars : Mexique ; 30 mars-1er avril : Portugal ; 4-6 mai : Argentine ; 18-20 mai : Sardaigne ; 1-3 juin : Grèce ; 3-5 août : Finlande ; 17-19 août : Allemagne ; 31 août-2 septembre : Nouvelle-Zélande ; 5-7 octobre : Corse ; 12-14 octobre : Espagne ; 26-28 octobre : Japon ; 16-18 novembre : Irlande ; 30 novembre-2 décembre : GrandeBretagne. F 1 : BRIDGESTONE, MANUFACTURIER UNIQUE. – Sans surprise, c’est le japonais Bridgestone qui a été retenu par la FIA pour être le manufacturier officiel et unique du Championnat du monde de F 1 pour les saisons 2008 à 2010. Il le sera avec une année d’avance, puisque, dès l’an prochain, suite au retrait de Michelin, il sera de fait le fournisseur exclusif du plateau. Führer en tête Bleu LE CALENDRIER 2007 RALLYE : SORDO REMPLACE PONS. – Alors que Xevi Pons était, depuis le début de l’année, l’équipier de Sébastien Loeb au sein de l’équipe Kronos Citroën, en charge, à son côté, de marquer des points constructeurs, ce sera Dani Sordo qui sera « nominé » lors des deux prochains rallyes, Allemagne (11-13 août) et Finlande (18-20 août). Jusqu’ici, le jeune Espagnol conduisait la troisième Xsara, « privée », de Kronos Citroën, marquant seulement des points pour son propre compte. Ce choix a été dicté par la relative faiblesse des résultats de Pons, un handicap dans le cadre de la lutte contre Ford pour le titre constructeurs (Kronos Citroën compte 15 points d’avance), et par la qualité des résultats de Sordo. « Dani a fait une bonne première moitié de saison, analyse Marc Van Dalen, le patron de Kronos, qui précise que cette décision a été prise en accord avec Guy Fréquelin. Et même si le titre constructeurs n’était pas un objectif véritable en début d’année, nous voulons maintenant essayer de rester en tête. » À noter, toutefois, que Sordo, probable équipier de Loeb sur les C 4 WRC officielles en 2007, aura le handicap, en Allemagne et en Finlande, de disposer d’une Xsara 2006 : il bénéficiait jusqu’ici d’une voiture 2005 plus performante, en différentiels actifs. Mais à propos des six rallyes qui resteront ensuite à courir, Van Dalen dit être « optimiste sur le fait que Dani puisse continuer à être nominé ». – D. B. DIDIER PIRON Jaune Rouge Jaune BFGOODRICH DANS L’EXPECTATIVE. – La volonté de la FIA d’imposer en 2008 un manufacturier unique en Mondial des rallyes suscite une réaction prudente chez BFGoodrich. « Il est un peu tôt pour la commenter mais, dans un contexte général, il est clair que BFGoodrich souhaite continuer », explique Aimé Chatard, responsable du programme rallye. Le passage de Michelin à BFGoodrich, l’intersaison dernière, fait en effet partie d’un plan « sur trois à cinq ans visant à promouvoir » la marque américaine en Europe. À ce stade, et si rien n’indique encore que Pirelli continuera bien en 2007, BFGoodrich souhaite « écarter le phénomène monomarque » et précise que c’est maintenant au groupe de travail rallye de « définir le contexte de cette proposition, avec échéance fixée à l’automne ». Par ailleurs, Aimé Chatard souligne que l’interdiction prévue de la mousse anticrevaison nécessiterait, techniquement, « un temps d’adaptation » que ne permettrait peut-être que difficilement l’échéance du 1er janvier 2008. – D. B. cette fois, sans apparaître au classement final. Dans cette perspective, 3, 2 et 1 points de bonus seraient accordés, chaque jour, aux trois concurrents globalement les plus rapides au sein de chacune des trois étapes, un pilote victorieux après avoir dominé de bout en bout son sujet pouvant désormais espérer marquer 19 points (3 + 3 + 3 + 10). Parmi les autres décisions, la fin du parc d’assistance unique, validant le choix du Monte-Carlo de retourner en Ardèche, l’interdiction de rouler en liaison sur « moins de quatre roues » (ce que Loeb, entre autres, fut contraint de faire en juin à l’Acropole avant de se classer 2e), la confirmation de l’Australien Morrie Chandler au poste de président de la commission WRC et le passage, à compter de 2008, comme en F 1, au manufacturier de pneus unique, avec, à cette échéance, interdiction des mousses anticrevaison. – D. B. leaders actuels au classement général : Loic Führer (Ville-de-Genève-Carrefour-Prévention) et Jean-Pierre Nicol (Île-de-France). En écopant d’une pénalité de 20 % sur cette manche après avoir coupé la ligne de départ prématurément à deux reprises, Nicol devrait rétrograder dans la hiérarchie avant la régate prévue aujourd’hui à midi devant le port du Havre. Noir Bleu Noir Si le calendrier reste finalement inchangé, l’attribution des points fera sa révolution dès 2007. Portugal et l’Irlande. S’il y aura une coupure de deux mois pendant l’été, l’intersaison 2007-2008 sera fort courte, puisque le dernier de ces seize rallyes est programmé en décembre. Outre ce choix de ne rien changer, et tout en laissant la porte ouverte à une augmentation du nombre de rallyes en 2007 (en incluant, par exemple, la Jordanie), le Conseil mondial a émis deux propositions pour réduire les coûts, à finaliser lors de sa prochaine réunion : un nombre de moteurs encore réduit par saison, répondant en plus à une seule spécification, et une limitation des essais privés. Le principe, depuis longtemps jugé inique, du Superally disparaîtra, remplacé par une formule elle aussi à finaliser. Elle continuera de permettre aux concurrents ayant abandonné de repartir pour espérer grappiller quelques points, mais, LES JOURS se suivent et, hélas, se ressemblent depuis le départ samedi dernier de Dunkerque du Tour de France à la voile. Une nouvelle fois, le vent n’était pas au rendez-vous lors de l’étape Dieppe-Le Havre (56 milles) qui s’est élancé hier matin. Il aura fallu attendre le milieu de l’après-midi pour qu’une légère brise thermique propulse enfin la flotte des trente et un Mumm 30 vers le cap d’Antifer encore distant de douze milles du but. À 19 heures, les premiers bateaux naviguaient au près entre 5 et 6 nœuds de moyenne en longeant la côte normande et n’étaient pas attendus avant le début de la soirée sur la ligne d’arrivée. Au dernier pointage, les amateurs de Côtes-d’Armor emmené par Mickaël Aveline devançaient les deux NATATION RALLYE Le Mondial change de pistes CONTRE TOUTE ATTENTE, le Conseil mondial de la FIA n’a pas validé, hier, le principe d’un changement majeur concernant le calendrier du Championnat du monde des rallyes, sur lequel semblait pourtant s’être accordée la commission WRC, en charge de proposer les futurs règlements de la discipline. L’idée consistait, pour se démarquer de la F 1, à bâtir chaque saison de compétition à cheval sur deux années calendaires. Ainsi, après un Championnat 2007 atypique allant de janvier à mai, le principe serait-il pour de bon entré en vigueur à compter de celui de 2008, qui se serait donc étendu d’août 2007 à mai 2008. Fut-ce jugé trop compliqué ? Le format calendaire a été reconduit, pour la prochaine saison, sur seize rallyes. L’Australie, la Turquie et Chypre sortent, remplacés par la Norvège, le PASCAL SIDOINE TOUR DE FRANCE À LA VOILE « Il vaut mieux gérer qu’attaquer » La plus grande vigilance régnait donc à bord du multicoque géant, où le mot d’ordre était de préserver le matériel afin de ne pas mettre en péril cette traversée express de l’Atlantique. Il faudra juste, comme le disait le détenteur du Trophée Jules-Verne, revenir « une autre fois pour passer tout à fond. C’est con, mais dans ces cas-là, il vaut mieux gérer qu’attaquer. C’est dommage car c’était encore une journée à faire des moyennes supérieures à celles du début…» Dans l’après-midi, Orange II repre- petit empannage et finir avec un angle plus fermé pour garder de la vitesse, en fait, nous empannerons le plus tard possible pour ne pas accélérer la détérioration du safran. » Prudent mais serein, le Baulois tablait sur une ETA (heure estimée d’arrivée) vers 18-19 heures aujourd’hui. Il améliorerait alors le record de PlayStation d’une dizaine d’heures. « Mais on sait bien que ce genre de prévision est à prendre avec beaucoup de précautions, prévenaitil avec humour. Car si on casse les deux safrans cet après-midi, on n’arrivera pas cette semaine et vous viendrez nous chercher car on n’a pas pris les avirons ! » 26 Bleu Rouge Noir Jaune Rouge Jaune Bleu Rouge Noir Jaune Bleu Jaune Rouge Noir Noir Bleu