LES GABARIERS DE LA RANCE Musique et paroles de Théodore

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LES GABARIERS DE LA RANCE Musique et paroles de Théodore
LES GABARIERS DE LA RANCE 1
Musique et paroles de Théodore Botrel
1
Publié avec l'autorisation de M. Georges ONDET, Éditeur, 83, Faubourg St-Denis, Paris.
I
REFRAIN
Au cher pays de mon enfance,
Le fier pays de Duguesclin.
Là-bas sur les borts de la Rance,
Est le vieux bourg de Pleudihen :
Ses gabariers, chaque semaine,
Chargent de bois leurs vieux bateaux
Et puis la rance les entraîne
Entre ses verdoyants coteaux…
Voguez, voguez, belle gabare,
Voguez, voguez au gré du flot
De Pleudihen à Saint-Malo
C'est l’amour qui tient la barre
Quand on revient (bis)
De Saint-Malo
A Pleudihen !
REFRAIN
III
Voguez, voguez, belle gabare,
Voguez, voguez au gré du flot
De Pleudihen à Saint-Malo
C'est le vieux qui tient la barre
Quand on revient (bis)
De Saint-Malo
A Pleudihen !
Et voilà qu'un soir de tempête
Les pauvres gens rentraient chez eux
Lorsque le flot maudit les jette
Contre le rocher de Bizeux !...
Et, depuis lors, chaque Dimanche
Quand vient à sonner la Mi-Nuit
On voit une gabare blanche
Qui descend la Rance... sans bruit !
II
REFRAIN
Le plus beau marin de la Rance
Fut longtemps Jean-le-gabarier
Renommé pour son endurance
Au temps qu'il était morutier :
Les jours de Grand-Marché, les filles
Venaient lui dire: « Embarquez-nous ! »
Et l'on dit que les plus gentilles
Lui faisaient toutes les yeux doux !...
Voguez, voguez, blanche gabare,
Voguez, voguez au gré du flot
De Pleudihen à Saint-Malo :
C'est la Mort qui tient la barre
Quand on revient (bis)
De Saint-Malo
A Pleudihen !
Th. BOTREL
CHANSON DE BORD
L'AME DE LA BARQUE
Chanson de MISAINE,
sur l'air de Théodore BOTREL : " Les Gabariers de la Rance".
I
Debout, marins, mes camarades !
Je vais chanter l'Ame du Bord :
Cet ange qui du ciel s'évade,
Pour écarter de nous la mort.
Silence, enfants ! Que l'on écoute
Comment l'Ame, un jour, me sauva
Que nul ne parle, et nul ne doute,
L'Ame du Bord est toujours là !
(REFRAIN)
Rêvons, rêvons, marins mes frères...
Rêvons en paix à nos amours
L'Ame du Bord veille à nos jours !...
C'est un ange tutélaire,
Qui sur les flots,
Qui sur les flots,
Voltige autour
Des matelots...
II
C'était la nuit, loin des rivages,
Nous dormions tous, insouciants ;
Pour nous garder des abordages,
Notre fanal veillait, brillant...
Je rêvais à de folles choses :
(Ma douce glissait dans mes bras)...
Quand, soudain, sans aucune cause,
Un grand frisson me secoua...
(Refrain.)
III
Je m'éveille en un trouble étrange
Ma barque semblait ralinguer ;
Et j'entends comme une voix d'ange,
Du fond de la cale, commander :
« Arrive ! Arrive ! Arrive ! Arrive ! »
J'ai compris, je saute sur le pont
« Arrive ! Arrive ! Arrive! Arrive»
J'ai crié de tous mes poumons...
(Refrain)
IV
Presque aussitôt un brick énorme
Nous élonge, et fuit dans la nuit...
Et, en passant, l'un de ses hommes
Nous a crié : « Pauvres petits » !...
Notre cœur à tous, battait vite :
La mort avait passé si près !...
Oui, sans sa barre mise au vent, d' suite,
Le brick, en plein, nous abordait !...
(Refrain)
V
Amis, que notre cœur en fête,
Chante la Providence du Bord
Dans les périls, dans les tempêtes,
Elle sauva tant de gâs d'Arvor !
Et quand la nuit, ou bien la brume,
Vient multiplier les dangers,
Prions suivant notre coutume :
Méritons d'être protégés...
(Refrain)
MISAINE.
LETTRE A MA FANCHETTE
Chanson de MISAINE,
sur l'air de Th. BOTREL « Le Mouchoir Rouge de Cholet. »
Cette chanson, lancée depuis 6 mois par les phonographes des « Abris du .Marin », a déjà grand
succès; nous recommandons cet air aux amateurs de chansons sentimentales...
I
Si tu savais, ô mignonnette,
Comme je pense à toi souvent !
Chaque nuit, dedans ma couchette,
Que je, t'aime, ma Fanchette !
Ecoute un peu ton Petit Jean :
Son cœur bat fort en t'écrivant !
II
En mars, te souviens-tu, pauvrette,
Du dernier adieu si troublant,
Du 'dernier baiser en cachette !…
Nous reverrons-nous, Fanchette ?...
Donne courage au petit Jean :
Son cœur est triste en t'écrivant...
III
J'aime ma fière goélette
Qui monte si bien dans le vent ;
Mais combien plus, toi, ma Doucette
Je t’adore, ô ma Fanchette !!!…
Il t'aime tant, ton petit Jean…
Son cœur bondit en t'écrivant...
IV
L'autre nuit, l'âme tout inquiète
Je te voyais te promenant
Au bras d’un autre... Ô ma brunette !
M'aimes-tu toujours, Franchette ?...
Garde ton cœur au petit Jean :
Sa main tremble en te l'écrivant...
V
Mardi, c'était grande tempête
Le navire « engagea » souvent...
Moi, je luttais, le cœur en fête
Je pensais à toi, Fanchette...
Il fut hardi, ton petit Jean
Son cœur est fier en t'écrivant...
VI
Si je mourais, pauvre fillette,
Va, ne me pleure pas longtemps
Là-Haut j'aurais la joie parfaite...
Mais toi, vite, ma Fanchette
Tu chercherais un autre jean...
Mon cœur l'ordonne…en frissonnant.
VII
Adieu !…Il faut qu'on se soumette :
Le marin vit au gré des vents,
Vaillance au cœur, amour en tête !...
Et maintenant, ma Fanchette,
Réponds vite à ton petit Jean !
Je t'aime, t'aime, follement !,..
MISAINE.
Bravo, Matelot ! ! !
Paroles de TAILLEVENT ;
sur l'air de la célèbre valse « Frou-Frou »,
éditée par Albert Petit, 11, rue d'Enghien, à Paris 2.
2
Musique publiée avec l'autorisation de l'éditeur.
I
Doux et vaillant marin pêcheur,
Brave enfant des côtes bretonnes,
D’où vient donc ta joyeuse humeur,
Ton courage qui nous étonne ?
Chantons en chœur ce gai refrain
Consolant comme une prière
Qui contient ton secret bon frère.
C’est bien le vrai chant du marin
REFRAIN
Sur l'eau Mat'lot,
La peine est plus légère,
Sur l'eau Mat'lot,
L'on oublie ses misères...
Sur l'eau Mat'lot,.
Liberté toute entière !...
Bravo, Mat'lot
Tu es le Roi des flots !....
II
Il fait tout calme sur la mer,
Les gros avirons taillent, taillent...
Raidissant ses muscles de fer,
Chaque homme rudement travaille...
Mais enfin la brise à son tour
Se lève, fraîchit et adonne...
Et le marin, joyeux, fredonne
En rentrant l'aviron si lourd
III
Gros temps : la mer creuse et mugit,
Les rafales fouettent plus lourdes...
A bord, l'embrun gèle et transit...
Partout brisent des lames sourdes...
Le marin-pêcheur calme et fort,
Soutient l'effrayante bataille
Il chante, en narguant la mitraille,
Quand le coup de mer crève à bord.
(Refrain)
IV
Puis, quelquefois, à la maison,
Plus dur que le gros temps du large,
Souffle une tempête... en jupon
C'est Madame qui se décharge ! ! !...
Allons, pardonnez ‘cor’ une fois
Au pauvre gâs qui se désole...
Et toi, marin, plus de paroles,
Mais chante bien vite, tout bas :
(Refrain)
V
Et, lorsque dans le vieux lit-clos,
Ou bien sur cette mer trompeuse,
Vient le moment du grand repos
(La mort tragique, ou douloureuse,)
Le marin prie Dieu sans effroi
Car un breton croit et espère...
Il murmure à l'heure dernière
Mon Dieu.. je t'aimais.. sauve-moi !..
DERNIER REFRAIN
Là Haut
Mat'lot,
Plus aucune misère...
Là Haut
Mat'lot,
La vie heureuse et fière...
Là Haut
Mat'lot,
Le juste Dieu t'espère...
Bravo !
Mat'lot
Tu seras Roi, Là-Haut.
TAILLEVENT.
GOMPRENAN KET !
Paroles de Th. Botrel, sur le vieil air breton « An hini goz ».
I
LE FILS. - Après vingt ans passés en France,
Me voici de retour chez nous ;
Voici ma mère qui s'avance
Maman, me reconnaissez-vous ?
LA MERE - Gomprenan ket…etc.
Ar gallek :
Preguet, Preguet
Brezonnek !
II
LE FILS. - Vingt ans, j'ai connu la misère
Là-bas, en pays étranger,
L'avenir sera plus prospère,
C'est pourquoi je viens vous chercher !
LA MÈRE. - Gomprenan ket... etc.
III
LE FILS. - Nous allons aujourd'hui, j'espère,
Etre un peu tertous réunis ;
Comment vous portez-vous, ma mère ?
Et les parents ? Et les amis ?
LA MÈRE.- Gomprenan ket... etc.
IV
LE FILS. - Pour l'Angelus, de proche en proche,
Les cloches vont à l’unisson...
On a donc changé notre cloche ?
Je n'en reconnais plus le son !
LA MÈRE. - Gomprenan ket... etc.
V
LE FILS. - Ah! voici notre vieux calvaire,
Vous priez ?... Moi je ne sais plus...
Las ! pourquoi ce regard sévère
Que vient de me lancer Jésus ?
LA MÈRE. - Gomprenan ket... etc.
VI
LE FILS. - Comment va la petite Yvonne
Que j'adorais au temps jadis ?
Vit-elle encore, la mignonne ?
Ou bien est-elle au Paradis ?
LA MÈRE. - Gomprenan ket... etc.
VII
LE FILS. - Mais voici notre vieille ferme
Si pauvre de la base au toit !
Qu'est ce donc ? Sa porte se ferme !
Ne veut-elle donc plus de moi ?
LA. MÈRE. - Gomprenan ket... etc.
VIII
LE FILS. – Hélas ! mon Dieu, qu'allons nous faire ?
Qu'allons nous devenir, hélas ?
Le gâs ne comprend plus sa mère,
La mère n'entend plus son gâs
LA MÈRE. - Gomprenan ket... etc.
IX
LE FILS. - Adieu, Bretagne ! Adieu, ma mère !
Je vous fais d'éternels adieux
J'ai perdu le bonheur sur terre
Avec le parler des aïeux :
ENSEMBLE
La mère,
Gomprenan l.et
Ar Gallek ;
Preguet, preguet
Brezonnek !
Le fils,
Restons, restons
Au pays
Restons Bretons,
Mes amis !