Euro2016:lafêtegâchée parlechantagesocial

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Euro2016:lafêtegâchée parlechantagesocial
Shutterstock
Fiscalité Paris veut
davantage taxer les
logements vides // P. 3
L’ESSENTIEL
LES CRÉATIONS D’EMPLOIS
SE RENFORCENT
Le secteur marchand a créé
40.400 emplois au premier trimestre. Ce rythme paraît suffisant
pour absorber la hausse de la
population active et faire reculer le
chômage. // P. 2 ET L’ÉDITORIAL
D’ÉTIENNE LEFEBVRE P. 8
TRANSPARENCE FISCALE :
LA FRANCE POUSSE SES PIONS
Le Parlement a adopté jeudi
l’article de la loi Sapin 2 prévoyant un « reporting public »
pays par pays des entreprises,
disposition fustigée par le patronat. // P. 4
LE QUOTIDIEN DE L'ÉCONOMIE // VENDREDI 10, SAMEDI 11 JUIN 2016 // LESECHOS.FR
Euro 2016 :lafêtegâchée
parlechantagesocial
l La fin du conflit se profile à la SNCF, mais les pilotes d’Air France se mettent en grève.
l Hollande et Valls s’engagent à tout faire pour assurer le bon fonctionnement de l’Euro.
T
andis que le mouvement s’étiole à la SNCF, le durcissement de la CGT dans le secteur des déchets
et la grève des pilotes d’Air France, samedi, ne
vont pas contribuer à améliorer l’image de la France,
alors que près de 1 million d’étrangers sont attendus pour
assister aux matchs de l’Euro 2016, qui débute ce vendredi au Stade de France avec la rencontre France-Roumanie. François Hollande et Manuel Valls ont déclaré
ENTREPRISES
& MARCHÉS
BEAUTÉ : L’ORÉAL INVENTE
LES SERVICES DE DEMAIN
Le groupe met au point ses innovations dans son incubateur de
San Francisco. Il vise la génération des Millennials, influencée
par les réseaux sociaux. // P. 20
LE / ... ET MOI
/ CUL TUR E / STY
BUSINE SS STORY
Pour essayer d’optimiser l’accueil
des touristes ou les déplacements
des supporters, l’organisation a
travaillé cette année avec plusieurs
jeunes pousses. // P. 26 ET
NOS INFORMATIONS PP. 18-19
LA MAIF VIENT BOUSCULER
LES BANQUES
// P. 31
ENT. 4,20 €
DES 10 ET 11 JUIN
2016. NE PEUT ÊTRE
VENDU SÉPARÉM
se confie
d », la famille
s Échos Week-en
Réunie par « Le
+
SPÉCIAL ITALIE
EN « LES ÉCHOS »
AU N° 22 210 DU QUOTIDI
La loi Sapin 2 veut les interdire. En
pratique, il est pourtant difficile de
recouvrersacréancecontreunpays
étranger en saisissant des biens.
LES PEUGEOT
N° 35. SUPPLÉMENT
SAISIR LES BIENS D’UN ÉTAT,
UN SPORT DE HAUT NIVEAU
INTERNET
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Snapchat, le pér
de Facebook
ise,
Biennale de Ven
e »,
« Carbonara gat
…
trésors cachés
FORME
té
Les aliments san
de l’été
CARNET // P. 36
AFP
LLoyd Blankfein
Les confidences
du patron
de Goldman Sachs
Privéd’alliance avec BeIN,
Canal+ devrajouer en solo
L’Autorité de la concurrence a refusé
le projet d’accord entre Canal et BeIN.
SUR
Antilles-Réunion 3,20 €. Guyane-St Martin
4,20 €. Belgique 5,10 €. Espagne 3,50 €.
Grande-Bretagne 5£30. Grèce 3,20 €. Italie
3,50 € Luxembourg 3,00 €. Maroc 25 DH.
Suisse 9,30 FS. Tunisie 3,40 TND. Zone CFA
2.500 CFA.
Franck Fife/AFP
DOMINIQUE SEUX
DANS « LE DÉBAT ÉCO »
À 7H45
LE VENDREDI
108eANNÉE
40 PAGES
Les Peugeot
parlent
Les pistes pour
optimiser votre
pensionderetraite
EXCLUSIF
PATRIMOINE Comment toucher plus lorsque vous
serez à la retraite ? Comment faire pour atteindre le
taux plein ? Quels sont les trimestres supplémentaires dont vous pourriez bénéficier ? Toutes les
réponses et un focus sur le dispositif méconnu de la
retraite progressive. Il vous permet de travailler
moins en continuant à accumuler des droits dans
les mêmes conditions qu’un salarié à temps plein
avecunepertederevenuminime. // PAGES 37 À 39
TÉLÉVISION Canal+ devra se débrouiller seul. L’Autorité de la
concurrence a en effet dit non jeudi au projet d’accord de distribution exclusif que le groupe souhaitait conclure avec
BeIN Sports. Le groupe va maintenant devoir se réinventer une
nouvelle stratégie en solo. A ce stade, plusieurs pistes sont à
l’étude. Il devrait d’abord accentuer ses économies. Des questions sur son modèlevontensuite se poseràmoyenterme. Quant
à BeIN, il pourrait aller chercher d’autres fiancés. // PAGE 24
Ils sont venus à dix pour la photo de famille.
Miracle ou pas, trois « générations de Peugeot » ont
accepté de livrer leurs sentiments (et leurs visages)
aux « Echos Week-End ». Encore sous le choc
du « traumatisme » de 2014, qui a vu le clan perdre
sa mainmise sur PSA pour la première fois
de son histoire, les lointains descendants
de Robert et d’Armand Peugeot arrivent
désormais à un moment clef pour l’avenir de leur
dynastie. Doivent-ils réinvestir dans le groupe,
alors qu’une occasion se profile avec une possible
sortie totale ou partielle de l’Etat du capital ?
Et, si oui, à quel niveau ?
Ces deux questions taraudent tous les Peugeot,
qui tâchent d’y répondre en affichant une union
sacrée, malgré les différences de positions.
C’est que, depuis peu, la neuvième génération
Peugeot pointe le bout de son nez. Des jeunes
gens fiers de leur ADN, qui entendent bien faire
fructifier l’imposant héritage laissé
par leurs parents.
L’Autoritéde
la concurrence
veut 20 %de
notaires en plus
// LE GRAND ENTRETIEN P. 12
ISSN0153.4831
NUMÉRO 22210
// PAGES 16, 17
ET L’ÉDITORIAL DE DAVID BARROUX PAGE 8
Discrète, voire secrète,
la famille bicentenaire
se confie deux ans après
la crise chez PSA.
L’EURO EN MODE START-UP
L’assureur lance un agrégateur
de comptes bancaires. Il vise
l’équilibre d’ici à cinq ans et environ 500.000 utilisateurs. // P. 29
jeudi soir que tout serait mis en œuvre pour assurer le
bon fonctionnement de la compétition.
NOTARIAT Le gendarme de la
concurrence a présenté jeudi
ses propositions pour accroître
le nombre d’offices notariaux,
comme le prévoit la loi Macron.
Transmises aux ministres de la
Justice et de l’Economie, l’avis
prône l’installation de quelque
1.650 notaires libéraux supplémentairesenFranced’icià2018,
soit une augmentation de 20 %.
L’Autorité a défini une carte
d’installation pour les notaires,
divisée en 307 zones, dont 247
où elle estime utile de créer des
études supplémentaires.
Elle recommande notamment l’installation de 159 notaires en région parisienne, où les
besoins sont importants. La
Seine-Saint-Denis ne compte
que cinq professionnels libéraux pour 100.000 habitants,
alors que la moyenne nationale
est de 13 pour 100.000. Le
Conseil supérieur du notariat a
immédiatement dénoncé « une
proposition maximaliste déconnectée des réalités de terrain » et
en a appelé à la « sagesse » du
gouvernement à qui revient de
prendre une décision finale.
// PAGE 3
LaFrancea besoin
deplusd’inégalités
La chronique d’Eric Le Boucher
Taper sur les hauts revenus, comme le souhaitent certains députés, ne sert à rien. Il faut, au
contraire, mieux rémunérer les talents pour
les garder – ou les faire revenir. // PAGE 9
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02 //
Vendredi 10, samedi 11 juin 2016 Les Echos
FRANCE
Laguerre des gauches
(suite)
Lescréationsd’emplois vont
fairebaisser lechômage
l Le secteur marchand génère désormais 160.000 créations nettes sur 12 mois.
l C’est un peu plus que la hausse de la population active.
Les grèves qui vont perturber le début de l’Euro sont
la poursuite sur le terrain social de la lutte à mort
entre la majorité socialiste et la gauche radicale.
LE FAIT
DU JOUR
POLITIQUE
Stéphane
Dupont
Dessins Fabien Clairefond pour « Les Echos »
L
a CGT va-t-elle gâcher
le début de l’Euro
de football ? Même
s’il se défend d’avoir de telles
intentions, le syndicat
de Philippe Martinez est bien
parti pour. De la collecte des
déchets aux raffineries, des
intermittents du spectacle à la
SNCF, la centrale de Montreuil
poursuit les grèves et
les blocages, souvent de plus
en plus radicaux, pour obtenir
le retrait du projet de loi
El Khomri. Avec en ligne de
mire la mobilisation de mardi
prochain qu’elle espère
massive. Alors que toute
l’Europe a les yeux tournés
vers la France pour
les premiers matchs du
championnat, la CGT est bien
décidée à montrer le désaveu
dont fait l’objet le pouvoir
socialiste, à souligner le
divorce entre le chef de l’Etat
et le « peuple de gauche ». Bref
à faire en sorte que François
Hollande ne puisse tirer
aucun profit du lancement de
ce grand événement sportif.
Au risque de se mettre à dos
l’opinion qui supporte de plus
en plus mal ces mouvements
de protestation. Mais
qu’importe apparemment, les
relations entre les socialistes
et la gauche radicale ont
atteint un point de non-retour.
Rien ne doit être épargné au
président. Ce à quoi on assiste
en réalité c’est à la poursuite et
à l’amplification sur le terrain
social de la lutte à mort entre
les deux gauches. La gauche
contestataire accuse la gauche
de gouvernement
de « trahison » et veut la faire
payer. Sa figure de proue,
Jean-Luc Mélenchon, ne cesse
de dire que « Hollande,
c’est pire que Sarkozy »,
avec l’objectif affiché
de le devancer et de l’éliminer
à la présidentielle de 2017.
« Voter PS au second tour, en
bon “républicain de gauche”,
désormais, c’est fini »,
prévenait en début de semaine
dans « Libération » François
Ruffin, l’un des instigateurs
de Nuit debout. Pour cette
mouvance, l’adversaire
à abattre aujourd’hui semble
plus être la majorité que
la droite ou l’extrême droite.
Quitte à favoriser la victoire
des Républicains l’an
prochain, même si ceux-ci
proposent d’appliquer
dès leur retour au pouvoir
des réformes autrement plus
radicales que le projet de loi
El Khomri, notamment sur le
temps de travail. « Je n’accepte
pas tous ces procès en trahison
de la gauche, ces anathèmes,
ces querelles d’arrière-garde.
Ils ne font que nous affaiblir
collectivement », a averti,
mercredi soir, Manuel Valls.
Sans grand effet jusqu’à
présent.
@DupontEchos
en bref
Sarkozy veut « conserver » le statut
d’intermittent du spectacle
POLITIQUE — Nicolas Sarkozy, président des Républicains, a
affirmé jeudi qu’il voulait « garder le statut d’intermittent du spectacle », mais en luttant « contre les fraudes et les excès » d’un tel statut, lors d’une convention du parti sur la culture. Sans ce statut,
« beaucoup d’entreprises culturelles ne survivraient pas », a-t-il
dit. « En revanche, 1 milliard d’euros, ça n’a pas de sens », a-t-il
ajouté, en référence au rapport public de 2012 de la Cour des
comptes faisant état d’un « déficit chronique » de plus de 1 milliard du régime spécifique d’indemnisation des intermittents.
Les aubrystes préparent une
« rencontre » de la gauche à la fin de l’été
POLITIQUE — Martine Aubry et ses amis, très critiques sur la
politique gouvernementale, vont organiser à la fin de l’été « une
rencontre entre des personnalités de la gauche » pour « engager
un travail de fond » sans lien, assurent-ils, avec les prochaines
échéances politiques. La date et le lieu de cette réunion ne sont
pas encore arrêtés. Celle-ci pourrait se tenir à Montpellier les 23
et 24 août, soit juste avant l’université d’été du PS à Nantes, selon
le député PS François Lamy, « lieutenant » de la maire de Lille.
CONJONCTURE
Guillaume de Calignon
@gcalignon
La reprise commence à produire
ses effet sur le marché du travail.
Au premier trimestre, les secteurs
marchands ont créé
40.400 emplois en France, selon un
calcul effectué par l’Insee et publié
jeudi. Sur un an, 159.600 emplois
ont été créés dans ces secteurs, ce
qui correspond à une hausse de 1 %.
Depuis le printemps 2015, les entreprises créent des emplois dans
l’Hexagone. « L’économie française
commence à créer assez d’emplois
pourabsorberlahaussedelapopulation active », estime Mathieu Plane,
économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques
(OFCE). « Le chômage devrait donc
commencer à baisser », prévoit-il. La
population active progresse en effet
à un rythme d’environ 120.000 personnes chaque année, selon l’Insee.
Le gouvernement attend
190.000 créations d’emplois en
France en 2016, secteur public compris. Le chômage devrait donc reculer et toucher 9,5 % de la population
active à la fin de l’année contre 10 %
un an plus tôt, selon l’OFCE. « On
peut désormais parler de reprise
puisque les entreprises embauchent
et investissent en même temps »,
avance Mathieu Plane. Même si le
prix du pétrole est remonté au-dessusde50dollarslebarilcesderniers
jours, l’or noir affiche une baisse
depuis l’été 2014, favorable au pouvoir d’achat des ménages et aux
« On peut
désormais parler
de reprise puisque
les entreprises
embauchent
et investissent
en même temps. »
MATHIEU PLANE
Economiste à l’OFCE
entreprises consommatrices
d’hydrocarbures. Et le crédit
d’impôt pour la compétitivité et
l’emploi (Cice) tout comme le pacte
de responsabilité commencent à
porter leurs fruits. « Les politiques
d’offreontuncoûtàcourttermemais
ellespaientàmoyenterme.Leredressement des marges des entreprises et
donc de leur capacité financière se
traduit désormais par des créations
d’emplois, poursuit Mathieu Plane.
Sauf Brexit ou autre catastrophe, il
n’y a pas de raison pour que la reprise
déraille. »
L’industrie, seul point noir
Autre point positif, « en 2015, les
créations d’emplois étaient tirées par
l’intérim. Ce n’est pas le cas au premier trimestre 2016, ce qui est de bon
augure pour la reprise », souligne
Vladimir Passeron, chef du département de la conjoncture à l’Insee.
Sur les trois premiers mois de
l’année, les créations d’emplois ont
été particulièrement vigoureuses
dans le tertiaire. La construction ne
détruit plus d’emplois. C’est seulement la deuxième fois depuis le
troisième trimestre 2008 que ce
secteur, sinistré, affiche une création nette de postes en un trimestre.
En un peu plus de sept ans,
190.000 emplois ont été perdus.
Certes, la hausse est faible puisque
seuls800emploisontétécréésdans
la construction en trois mois. Mais
elle laisse espérer un retour à
meilleure fortune, avec la hausse
des permis de construire, dans ce
secteur. Ce qui, là encore, sera bénéfique à la croissance. La construction est un des points noirs qui ont
pesé sur le PIB ces dernières
années.
Il reste toutefois un secteur toujours en difficulté : l’industrie a
continué à perdre des emplois. Plus
de 8.000 ont été détruits au premier
trimestre. L’industrie française n’a
jamais créé d’emplois depuis la mi2001. Depuis cette date,
975.000 emplois y ont été détruits,
soit en moyenne 17.000 chaque trimestre.
(
L’éditorial
d’Etienne Lefebvre
Page 8
Ledynamisme dela
masse salarialesoulage
laSécurité sociale
Les cotisations devraient
s’avérer plus élevées que
prévu, grâce à la reprise
de l’emploi et à la hausse
des salaires.
Solveig Godeluck
@Solwii
Les entreprises ont desserré les cordons de la bourse pour gratifier
leurs employés. Au premier trimestre, la croissance de la masse salariale dans le secteur privé a été deux
fois plus forte que prévu, et deux
fois plus forte que durant la même
période de 2015, à +1,4 %, selon les
chiffres publiés jeudi par l’Agence
centrale des organismes de Sécurité sociale (Acoss). Ce sursaut
s’explique en partie par l’accroissement des effectifs de salariés
(+0,4 %). Mais il découle avant tout
de l’augmentation de 1,1 % du
salaire mensuel par tête.
Comment l’expliquer ? L’inflation, un repère au moment des
négociations salariales, devrait rester quasi nulle cette année (+0,1 %).
Pas de quoi inciter aux coups de
pouce. Pour Alain Gubian, directeur des statistiques à l’Acoss, les
entreprises ont choisi de desserrer
la contrainte salariale parce que la
croissance est de retour : « En
l’absence d’inflation, l’effet prix ne
joue plus, mais si le gâteau croît, tout
le monde peut en bénéficier. »
Reste à savoir de quoi est faite
cette hausse trimestrielle des salaires.S’agit-ild’augmentationspérennes ? Ou bien de primes ponctuelles ? Un peu des deux. « Les hausses
observées dans les institutions financières ou bien l’industrie pharmaceutique sont importantes, ce qui
incite à croire qu’il y a une bonne part
de primes », analyse Alain Gubian.
400 millions en plus
Au deuxième trimestre, la progression de la masse salariale sera probablement faible, par contrecoup,
car certaines primes saisonnières
ne reviendront pas. Mais quoi qu’il
en soit, « la dynamique de la masse
salariale est une bonne nouvelle
même si elle est faite pour partie de
primes », selon ce spécialiste.
Si cette amélioration se
confirme, la Sécurité sociale en profitera, via des rentrées supplémentaires de cotisations sociales. Au
premier trimestre, la croissance de
la masse salariale s’est établie à
+2,5 % en r ythme annuel. Un
rythme plus soutenu pour l’instant
que la prévision du gouvernement
pour l’année 2016, qui avait été
revue à la baisse au printemps de
+2,8 % à +2,3 %. Cette projection
paraît désormais prudente. Si la
reprise de l’emploi se confirme, elle
sera dépassée. Avec 0,2 point de
masse salariale supplémentaire
cette année, les recettes de la Sécurité sociale croîtraient de 400 millions d’euros.
+1,1 %
La hausse du salaire mensuel
par tête, dans le secteur privé
au premier trimestre.
Dans le secteur public, déjà, le
pronostic de progression de la
masse salariale a été revu à la
hausse de +1,1 % à +1,4 % au printemps, du fait de la revalorisation
du point d’indice. Cette hausse des
rému nérat i o ns va ent raî ner
145 millions d’euros de coûts supplémentaires pour la Sécurité
sociale, mais elle devrait aussi faire
rentrer plus de cotisations. La prévision de déficit du régime de base
de la Sécurité sociale et du Fonds
solidarité vieillesse vient d’être révisée à la baisse à 9,1 milliards d’euros
pour 2016. Elle pourrait faire l’objet
d’une nouvelle révision en ce sens
en septembre. n
FRANCE // 03
Les Echos Vendredi 10, samedi 11 juin 2016
LaVilledeParisdemandeàtaxer
pluslesrésidencessecondaires
FISCALITÉ
La Mairie pousse à
une forte hausse de
la surtaxe d’habitation
sur les résidences
secondaires.
Il lui faut convaincre
Bercy et le Parlement.
Matthieu Quiret
@MQuiret
La Mairie de Paris repart au combat
contre les logements vides. Au
Conseil de Paris la semaine prochaine, le groupe communiste va
demander une forte hausse des taux
de fiscalité des résidences secondaires et des logements vacants. Son
président, Nicolas Bonnet Oulaldj,
explique : « Il existe 100.000 logements vacants actuellement à Paris,
dont 40.000 ne sont même plus raccordés au réseau électrique. Et parmi
les 90.000 résidences secondaires,
beaucoup ne sont occupées que quelques jours par an. Ce n’est plus acceptable dans cette situation de crise du
logement. » En alourdissant la fiscalité de ces biens, les élus espèrent
pousser les propriétaires à remettre
leurs biens sur le marché de la location ou de la vente.
LesadjointsPSdelamaire,Julien
Bargeton (finances) et Bruno Julliard (premier adjoint), confirment
l’intérêt de l’exécutif pour une
hausse de cette recette. Plus précisément, l’élu communiste et spécialiste du logement Jacques Baudrier
propose de doubler la taxe d’habitation sur les résidences secondaires,
via le système de la surtaxe en
vigueurdepuis2015.Faceàlabaisse
des dotations, la Mairie de Paris
avait obtenu de Bercy d’introduire
dans le collectif budgétaire la possibilitépourlescommunessituéesen
zones tendues de majorer la surtaxe d’habitation sur les résidences
secondaires. Mais celle-ci avait été
limitée à 20 %, pas assez dissuasive
pour Jacques Baudrier. La Mairie
de Paris se tourne vers Bercy pour
la relever sensiblement (le groupe
communiste pousse même à un
quintuplement) dans le cadre du
projet de loi de finances 2017.
Les logements vacants visés
Sur les 1.200 communes éligibles,
une centaine ont actionné ce levier,
essentiellement des grandes villes
en banlieue parisienne, sur la Côte
basque, dans les Alpes et sur la Côte
d’Azur. Soit un bassin de 5 à 6 millions d’habitants. En 2015, Paris a
ainsi récolté 20 millions d’euros,
contre les 15 millions attendus, sans
toutefois déverrouiller le parc résidentiel visé. Du coup, l’élu propose
aussi d’augmenter très fortement la
taxe sur les logements vacants. Au
bout d’un an sans occupation, un
appartement est actuellement taxé
12,5 % de sa valeur locative cadastrale, puis 25 % la deuxième année
de vacance. Le conseiller de Paris
propose de porter ce taux à 200 % la
troisièmeannée.« Lefluxdeventeest
d’actuellement 30.000 logements par
an sur Paris, nous pensons possible
d’en provoquer 10.000 de plus. »
Cette double hausse fiscale aurait
le mérite pour la ville d’apporter de
précieuses recettes, via la part communale de la taxe d’habitation (la
taxe sur les logements vacants
revient à l’Etat) et via les frais de
notaire. « On peut espérer 130 millions d’euros de plus », selon Jacques
Baudrier. L’Association France
urbaine, qui représente les villes de
plus de 100.000 habitants, confirme
quedeplusenplusdemairessouhaitent agir contre les logements vides
et débattront d’ici à l’automne des
mécanismes possibles, comme une
hausse de l’assiette de la taxe foncière des résidences secondaires. n
Parmi les 90.000 résidences secondaires que compte Paris,
beaucoup ne sont occupées que quelques jours par an.
Photo Shutterstock
WELCOME TO OUR WORLD
BIENVENUE DANS NOTRE MONDE
AVENGER BANDIT
BREITLING.COM
L’Autoritéde laconcurrenceveut20 %de notaires enplus
NOTARIAT
L’Autorité a présenté
jeudi ses propositions
pour accroître
le nombre d’offices
notariaux, comme le
prévoit la loi Macron.
Claire Bauchart
@clairebauchart
C’est une petite bombe dans le
monde feutré du notariat. Dans un
avis présenté jeudi (et transmis
mercredi aux ministres Jean-Jacques Ur voas et Emmanuel
Macron), l’Autorité de la concurrence prône l’installation de quelque 1.650 notaires libéraux supplémentaires en France d’ici à 2018.
Soit 20 % de plus ! Il ne s’agit que
d’une proposition. « Les ministres
de la Justice et de l’Economie ne peuvent pas la changer. Soit ils l’adoptent,soitilsnousdemandentd’enformuler une nouvelle, a précisé Bruno
Lasserre, le président de l’Autorité.
Mais le gouvernement ne peut pas
modifier la carte. »
La carte, c’est celle des 247 zones
d’implantation libres, définies par
l’Autorité, sur la base des zones
d’emploi de l’Insee. Il s’agit d’optimi-
ser la localisation de l’offre notariale. « A travers le chiffre d’affaires
du secteur, on constate une répartition inégale avec des zones de forte
activité et d’autres où cette activité est
moindre », a exposé Thomas Piquereau, de l’Autorité. Le gendarme de
la concurrence recommande ainsi
l’installation de 159 notaires sur la
période 2016-2018 en région parisienne, où les besoins sont particulièrement criants, selon lui. La Seine-Saint-Denis compte seulement
cinq professionnels libéraux pour
100.000 habitants là où la moyenne
nationale est de 13 pour 100.000 et
que certaines zones, comme l’Aveyron, affichent un taux de 21 pour
100.000.
L’exception Alsace-Moselle
L’Autorité insiste sur la nécessité
d’ouvrir une profession aux débouchés particulièrement faibles,
commel’aprévulaloiMacronadopt é e l ’a n d e r n i e r. E n d i x a n s ,
12.000 notaires ont été diplômés,
pour seulement 60 créations d’offices (+1,42 %), indique -t-elle.
« L’essentiel des diplômés ne peut
donc se tourner que vers le salariat,
faute de perspectives », a renchéri
Bruno Lasserre. Une situation
conduisant à des écarts de rémunérationtrèsimportantsentrenotaires
libéraux et salariés. « En moyenne,
le revenu d’un notaire libéral est
de l’ordre de 230.000 euros par an »,
a indiqué Thomas Piquereau, précisant que dans 98 % des zones d’installation,lerevenuannuelmoyenest
supérieur à 100.000 euros par an.
Bruno Lasserre a rappelé que le
notariat n’avait pas tenu l’objectif
qu’il s’était lui-même fixé : compter
12.000 professionnels en 2015. Il en
dénombrait 9.868 l’an dernier, dont
1.243 salariés. « Nos projections restent en deçà des promesses du notariat », a pointé le président de
l’Autorité, anticipant les réactions
hostiles du Conseil supérieur du
notariat (CSN). Ce dernier n’a de fait
pas tardé à réagir : « L’Autorité a
voulu émettre une proposition maximaliste déconnectée des réalités du
terrain. Sans doute a-t-elle été trop
inspirée par son expérience en
matière de grandes surfaces commerciales. » Et le CSN d’en appeler
à la « sagesse du garde des Sceaux ».
Le président de l’Autorité a
insisté sur le fait que ces nouveaux
entrants pourront se démarquer de
leurs aînés installés en proposant
des délais plus courts, une
meilleure réactivité ainsi qu’une
communication plus efficace avec
leurs clients, grâce aux moyens
numériques permettant notammentunsuivientempsréeldesdossiers. Une nouvelle concurrence
Les chiffres clefs
1.650
NOTAIRES LIBÉRAUX
EN PLUS D’ICI À 2018
L’Autorité de la concurrence
prône ainsi une augmentation de 20 % du nombre
de professionnels.
247
ZONES OÙ IL SERAIT UTILE
DE CRÉER DES OFFICES
sur 307 zones du territoire
identifiées par l’Autorité.
qui, pour Bruno Lasserre, engendrera « qualité et innovation ».
Une proposition qui promet
donc, si elle est adoptée par les deux
ministres concernés, de rebattre les
cartes de la profession… sauf en
Alsace-Moselle, zone bénéficiant
d’un régime dérogatoire et d’un
droit local pour des raisons historiques. « On ne peut plus y créer d’offices, ce qui bénéficie aux notaires installés. Or, c’est là-bas que leurs
revenus sont les plus élevés », a précisé Bruno Lasserre. n
04 // FRANCE
Vendredi 10, samedi 11 juin 2016 Les Echos
ÉCONOMIE
L’article de la loi
Sapin 2 sur le « reporting public » des entreprises a été voté jeudi.
Les députés ont poursuivi jeudi
l’examen du projet de loi Sapin 2
surlatransparenceetlaluttecontre
la corruption. Avec, notamment,
l’examen très attendu de nombreux
amendements à l’article 45 bis
concernantlesobligationsdetransparence fiscale des entreprises. La
France va ainsi être l’un des premiers pays à adopter la publicité du
reporting « pays par pays », actuellement en discussion à Bruxelles,
contraignant les grandes entreprises à rendre publiques des données
stratégiques pour chacune de leurs
filiales. Réclamée par les ONG dans
le cadre de la lutte contre l’évasion
fiscale, cette mesure l’était aussi
par plusieurs députés de gauche.
« Nous voilà maintenant devant
un moment de vérité », a insisté le
député frondeur Pascal Cherki, en
ouvrant le débat. « Oui, on peut ressouder la gauche à un an de l’élection
présidentielle avec cette mesure », a
insisté l’écologiste Eric Alauzet.
Mais Michel Sapin a soutenu les
seuls amendements des députés
prévoyant que le principe du
« reporting » public se fasse « dans
Michel Sapin a soutenu les seuls amendements des députés
prévoyant que le principe du « reporting » public se fasse
« dans le cadre du projet de la directive ».
le cadre du projet de la directive
[européenne, NDLR] et soit soumis
à la condition que cette directive
soit adoptée ». Faute de quoi, la
censure du Conseil constitutionnel
serait quasi certaine.
Vifs débats
Si le patronat évite ainsi une mise
en œuvre anticipée – la directive
ne sera pas validée au niveau européen avant 2017 au mieux –, il
dénonce néanmoins cette démarche. D’autant que le Parlement a
fixé des seuils de chiffre d’affaires
Denis Allard/RÉA
Frédéric Schaeffer
@fr_schaeffer
des entreprises plus bas que dans la
directive à moyen terme, et un
amendement a élargi le périmètre
des pays soumis à cette transparence. Les entreprises dénoncent
tout autant la démarche de la directive européenne, en mettant en
avant le fait que la concurrence est
mondiale (Etats-Unis, Chine, etc.) et
qu’elle profiterait d’une telle norme
communautaire. Un « suicide économique », fustige l’Afep.
Avant cela, les articles défendus
par le ministre de l’Economie,
Emmanuel Macron ont suscité
des débats parfois tendus dans
l’hémicycle. Notamment l’article 43
assouplissant les règles concernant la qualification de certaines
professions (coiffeur, garagiste,
maçon, etc.), à l’origine d’une forte
inquiétude des artisans relayée
par des élus de droite et de gauche. L’article a été adopté, mais en
grande partie vidé de sa substance,
Emmanuel Macron ayant accepté
de supprimer l’alinéa 8 ouvrant une
dérogation à l’obligation de qualification pour certaines tâches
« dans l’objectif de retravailler sa
rédaction dans le cadre de la navette
parlementaire ». Les débats ont également été vifs concernant l’obligation du stage préalable à l’installation, moins assouplie que ne le
souhaitaitBercy.Cederniers’estégalement rallié à une solution de compromis concernant l’obligation d’un
double compte bancaire pour les
autoentrepreneurs qu’Emmanuel
Macron souhaitait voir supprimer.
Les députés avaient enfin précédemment voté, dans la nuit de mercredi à jeudi, l’encadrement des lobbies en les obligeant à s’enregistrer
dans un nouveau registre s’ils veulent rencontrer des membres de
l’exécutif (dont le président de la
République) ou des élus. Les députés ont aussi adopté la « convention
judiciaire d’intérêt public », une
alternative à la controversée transaction pénale pour faits de corruption. Ce dispositif permet aux entreprises de régler une sanction
financière plutôt que de subir une
condamnation pénale. n
Lesécoleshorscontrat etl’instruction
àdomiciledans leviseur de l’exécutif
ÉDUCATION
Cinq établissements
hors contrat vont
être fermés.
Marie-Christine Corbier
@mccorbier
Le sujet ne concerne que 58.000 élèves sur les 8 millions d’enfants de 6 à
16 ans en France, mais il relance un
débat passionnel autour delaliberté
d’enseignement. La ministre de
l’Education, Najat Vallaud-Belkacem, a annoncé jeudi vouloir renforcerlescontrôlesdesécoleshorscon-
trat et de l’instruction à domicile.
L’ouverture des écoles hors contrat
ne sera plus soumise à une simple
déclarationmaisàunrégimed’autorisation. « On ouvre aujourd’hui plus
facilement une école qu’un restaurant
ou un bar », justifie la ministre. Ce
nouveau régime est présenté après
une série d’inspections inopinées
menées dans une vingtaine d’établissements qui suscitaient des
inquiétudes ou n’avaient pas été
contrôlés depuis plusieurs années.
« Elles n’ont pas relevé de radicalisation à proprement parler, selon Najat
Vallaud-Belkacem, mais des lacunes
pédagogiques préoccupantes pour
huit de ces vingt établissements. » Au
moins cinq seront fermés « pour
protéger le droit à l’éducation des
enfants », a indiqué la ministre. Le
gouvernement compte aussi plus
contrôler l’instruction à domicile,
alorsqueseulsdeuxtiersdesenfants
concernés sont contrôlés. Ce sera le
travaildesinspecteurs,quipourront
s’appuyersurdesenseignantsvolontaires qui bénéficieront de décharges ou d’indemnités. Les enfants
seront contrôlés sur « les attendus de
fin de cycle », a précisé la ministre.
à calquer leur enseignement sur les
programmes officiels. L’Eglise de
France dénonce « une atteinte au
principe même de liberté constitutionnelle ». A droite, le député JeanFrédéric Poisson a lancé une pétition, tandis qu’Annie Genevard
accuse la ministre de vouloir « rouvrirlaguerrescolaire ».D’autresparlementaires LR, comme Eric Ciotti
ou Jacques Grosperrin, réclament
davantage de contrôle, rétorque
Najat Vallaud-Belkacem. La ministre entend légiférer par ordonnance
pour modifier le code de l’éducation
d’ici la rentrée 2017. Des amendements gouvernementaux au projet
de loi égalité et citoyenneté seront
déposés dans les prochains jours. n
« Guerre scolaire »
C’est là que le bât blesse, pour les
défenseurs de l’instruction à domicile – une pratique en hausse. Ils
redoutent que ces nouvelles vérificationsparcyclenelescontraignent
L’écologiepolitiqueplace sesderniers
espoirsdansune candidaturedeHulot
EELV ne veut pas être
tributaire de la décision
de Nicolas Hulot, qui
sera connue fin 2016.
Grégoire Poussielgue
@Poussielgue
Ira ou pas ? En début de semaine,
Nicolas Hulot a indiqué qu’il ferait
connaître en fin d’année sa décision
de se présenter, ou non, à la présidentielle. Le suspense entretenu par
l’ancien présentateur et producteur
d’« Ushuaïa »sèmeletroubleausein
de l’écologie politique et d’Europe
Ecologie Les Verts (EELV). Crédité
d’environ 10 % dans les sondages,
Nicolas Hulot est vu comme la seule
personnalité pouvant sortir l’écologie politique du marasme. Le seul à
pouvoir remettre EELV sur les rails
après les turbulences des derniers
mois. « Il est le mieux placé d’entre
nous, mais il ne faudrait pas qu’il
tarde trop pour se déclarer », plaide
le député ex-EELV Noël Mamère.
« Annus horribilis »
Entre le départ fracassant’ l’été
dernier’ des « pro-gouvernement »
(François de Rugy, Jean-Vincent
Placé, Barbara Pompili…), qui a
entériné le schisme au sein du parti,
le retour de certains d’entre eux au
gouvernement en février (notamment d’Emmanuelle Cosse), l’explosion du groupe écologiste à l’Assemblée en mai et les accusations
de harcèlement et d’agression
sexuelle visant Denis Baupin,
EELV a vécu une « annus horribilis ».Al’heureoùlesformationspolitiques se mettent en ordre de marche pour 2017, le parti écologiste
tented’aborddesortirlatêtedel’eau.
Kenzo Tribouillard/AFP
POLITIQUE
Nicolas Hulot est vu comme
la seule personnalité pouvant
sortir l’écologie politique
du marasme.
« Nousavonssubideschocsimportants et avons besoin de panser nos
plaies.Nousdevonsnoustournervers
l’extérieur et parler du fond », plaide
David Cormand, secrétaire national
par intérim d’EELV, qui devrait être
reconduit à cette fonction à l’issue
du congrès du parti, qui a lieu ce
week-end. Lui aussi plaide pour une
candidature Hulot, mais milite pour
que le parti puisse être prêt sans lui.
En coulisse, Cécile Duflot se prépare également, au cas où. Ce sera
de toute façon difficile. En difficulté financière, laminé aux dernières régionales, attaqué par le PS, qui
– dans la foulée de la COP21 – se
réclame de la « social-écologie »
et fait tout pour empêcher l’émergence d’une candidature écologiste,
toujours empoisonné par ses luttes
intestines (cinq motions se sont partagélessuffragesde6.000adhérents
pourlecongrès),EELVjouesasurvie
politique. Avec ou sans Hulot. n
Face à Sarkozy,
Juppé joue
la« solidité »
POLITIQUE
Il a dit
Alain Juppé inaugure dimanche la
nouvelle émission
politique de TF1.
Isabelle Ficek
@IsabelleFicek
Comment faire chuter Alain
Juppé de son Aventin sondagier ? Comment, pour l’intéressé lui-même, gérer la
course en tête et y rester ?
Ces deux questions ont agité
cette semaine, plus encore que
d’habitude peut-être, la guerre
des nerfs et des personnalités,
au moment où Nicolas Sarkozy
– sans être officiellement candidat à la primaire – mène ouvertement campagne. Et lâche ses
coups.« Faceàunmecdegauche
de soixante-douze ans, je ne peux
pas perdre à la primaire », a attaqué l’ancien chef de l’Etat, selon
des propos rapportés par « Le
Figaro ». Avant de railler, en
meeting mercredi soir puis sur
Europe 1 jeudi, lançant l’offensive sur l’identité nationale, le
concept d’« identité heureuse »
du maire de Bordeaux.
Avec l’identité, sujet sensible,
Nicolas Sarkozy espère tenir
la martingale pour prendre
l’ascendant sur son rival. Abîmer et troubler son image. Son
image, justement, son capital
sondages, Alain Juppé va les
défendre ce dimanche soir en
inaugurant la nouvelle émission politique de TF1, « Vie politique ». « Il est d’ailleurs très
significatif que la chaîne nous
l’ait proposée à nous », insiste
son entourage. L’occasion
L’ancien Premier
ministre table sur
un vote de « raison »
des Français.
pour l’ancien Premier ministre de faire la pédagogie de ses
propositions. L’occasion aussi
de répondre aux attaques, sans
pour autant donner l’impression d’y prêter trop d’importance. Sur le fond, « il ne renie
rien ; “l’identité heureuse”, c’est
un objectif qu’il se fixe », jure
un de ses soutiens. Mais Alain
Juppé ne veut « pas rentrer
dans la course à l’échalote de
Nicolas Sarkozy sur le sujet »,
confie un autre.
Alain Juppé n’entend rien
changer à sa stratégie et à son
calendrier. Le candidat, qui
effectue deux déplacements
par semaine, doit dévoiler d’ici
à l’été ses propositions sur la
santé, la famille, l’enseigne-
« La gravité de
la situation appelle
la solidité. On ne
sera pas dans
une campagne
marketing “demain
tout est possible”,
“yes we can”. »
JEAN-PIERRE RAFFARIN
Ex-Premier ministre
Eric Feferberg/AFP
Entreprises: leParlementpousse
à plusde transparencefiscale
ment supérieur et la culture.
Le quatrième et dernier livre
qu’il doit publier à la rentrée, un
ouvrage « très personnel » dans
lequel il abordera « l’histoire
de France, sa place dans le
monde, son rapport à la fonction
présidentielle […], apportera
une réponse claire et modérée à
la fois, sans instrumentaliser,
sans hystériser », prévient un
membre de son équipe. De quoi
« plaire aux Français, et notamment aux Français de droite »,
comme il l’avait fait – soulignet-on – avec ses précédents livres
sur le régalien et l’économie,
alors que les sarkozystes le
décrivaient en centriste mou.
Jouer les antithèses
Reste la question de l’« enthousiasme », sous lequel Alain
Juppé a voulu placer, en début
d’année, sa campagne. « Il y a
un rejet de Nicolas Sarkozy »,
reconnaît un sarkozyste, « mais
pas d’enthousiasme pour Alain
Juppé », insiste-t-il. Une faiblesse que son équipe essaie de
renverser, tout en jouant l’antithèse de Nicolas Sarkozy et de
François Hollande. « Sa campagne ne cherche pas à susciter des
tonnes d’enthousiasme, mais
veut convaincre par sa crédibilité, susciter une adhésion de
raison. Ses discours sont des discours de président, pas de marchand de foire », tacle un soutien. « Il est solide, ce n’est pas
une girouette, une rock star », a
souligné cette semaine Virginie
Calmels, son adjointe à la mairie de Bordeaux. « Il n’y a pas
d’engouement, ce qui est une
faiblesse pour consolider son
socle, mais il est le choix de la
sécurité. Et il peut tenir. Il est,
pour les Français, celui qui peut
empêcher le duel entre Nicolas
Sarkozy et François Hollande,
analyse Jérôme Fourquet à
l’Ifop. Ce n’est pas forcément glorieux, mais c’est efficace. » n
Entre Alain Juppé (à gauche) et Nicolas Sarkozy, la guerre
des personnalités a commencé. Photo Elodie Grégoire/RÉA
// 05
Les Echos Vendredi 10, samedi 11 juin 2016
MONDE
en
chiffres
ALLEMAGNE : EXCÉDENT
COMMERCIAL RECORD
CHINE : PAUSE DES PRIX
À LA CONSOMMATION
Sous le double effet
de la baisse des importations
(–0,2 %) et de la stabilité
des exportations, l’excédent
commercial ajusté des
variations saisonnières
a grimpé à 24 milliards
d’euros en avril après
23,7 milliards d’euros
(révisé) en mars, selon
les données publiées
par Destatis.
L’inflation en Chine a ralenti
en mai, du fait d’une baisse
de l’alimentation après
la forte hausse de l’hiver,
selon le Bureau national
des statistiques.
L’augmentation des prix à
la consommation, principale
jauge de l’inflation, s’est
établie en mai à 2 % sur
un an après avoir atteint
+2,3 % en avril.
12,23 %
L’INFLATION EN ÉGYPTE
BONDIT EN MAI
La hausse des prix
s’est emballée en Egypte
en mai dernier,
atteignant 12,23 % après
+9,51 % en avril.
Il s’agit de la plus forte
progression depuis
sept ans, selon la banque
centrale.
Législatives :l’Espagne
repart pour une
campagneindécise
ZONE EURO
Cécile Thibaud
— Correspondante à Madrid
Retour à la case élections. Les Espagnols sont invités aux urnes le
26 juin, six mois après les législatives de décembre qui ont débouché
sur une impasse électorale, faute
d’accord pour former une majorité
de gouvernement. La campagne
électorale qui s’ouvre aujourd’hui a
des airs de réchauffé. Les candidats
sont les mêmes et leurs programmes ont à peine varié, à quelques
virgules près. Mais, entre-temps,
chacunaapprisàmesurerlesforces
des concurrents. Les nouveaux partis ont pris place dans l’hémicycle et
les marathons de négociations, tentatives de pacte et invectives ont
laissé des traces. Les électeurs voteront au regard de ce qui s’est passé
ces derniers mois, signale l’experte
en analyse électorale Belén Barreiro, directrice de l’institut d’études sociologiques MyWord. Avec le
paradoxe, dit-elle, que « si les Espagnols applaudissent en principe la
politique de pactes et d’entente, les
enquêtes indiquent que ce sont justement les partis qui ont joué le jeu de
la négociation et des concessions qui
pourraient être pénalisés ».
Les socialistes du PSOE et les centristes de Ciudadanos, qui avaient
signé un éphémère « pacte progressiste et réformiste », voient leurs
perspectives de vote revues à la
baisse dans les derniers sondages.
Alors que la nouvelle alliance de
Podemos avec les communistes
d’Izquierda Unida, qui font liste
commune sous le label Unidos
Podemos (Unis nous pouvons),
devrait marquer la plus grande
avancée. La dernière enquête du
Centre d’études sociologiques (CIS),
publiée jeudi, lui attribue 25,6 %
d’intentions de vote, ce qui signifie
que la coalition passerait devant
le PSOE, à 21,2 %, et talonnerait le
Partipopulaire(PP),toujoursentête
avec 29,2 % des voix, tandis que Ciudadanos resterait quatrième avec
14,6 % des suffrages. Mais tout va se
jouer pendant la campagne, puisque l’enquête rappelle aussi qu’un
Espagnol sur trois n’a pas encore
décidé de son vote.
Convaincre les électeurs
Le candidat socialiste Pedro Sánchez enchaînera les meetings avec
la double mission de retrouver le
vote perdu et de conserver sa place
de premier parti de gauche. Il doit
pour cela convaincre ses électeurs
déçus par le pacte avec les centristes,perçucommeunvirageàdroite.
Face à lui, Pablo Iglesias, le leader
de Podemos, prépare ses flèches,
critiquantlasocial-démocratiequia
renoncé à être une alternative face
au libéralisme économique.
Du côté de Ciudadanos, le centriste Albert Rivera devrait pour sa
part rester sur sa ligne tempérée,
allié nécessaire pour un éventuel
gouvernement, conservateur ou
socialiste. Car tout indique que
le résultat des urnes devrait à
nouveau conduire à un Parlement
fragmenté et sans nette majorité,
de droite ou de gauche.
Donné favori, Mariano Rajoy va
essayer de consolider son avance.
Le président sortant a pour lui le fait
qu’il s’est tenu en retrait ces derniers
mois. Il s’apprête à repartir à la
pêche aux électeurs désenchantés
en se présentant comme le meilleur
rempart contre les extrémistes de
gauche, et table sur l’abstention à
gauche pour faire mécaniquement
monter son score. n
Gérard Julien/AFP
l La liste de Mariano Rajoy est toujours donnée en tête.
l Mais les derniers sondages signalent une poussée
de la coalition conduite par Podemos.
l Un électeur sur trois est encore indécis.
La nouvelle alliance du Podemos de Pablo Iglesias (à gauche) avec les communistes d’Izquierda Unida
(menés par Alberto Garzon, à droite) devrait marquer la plus grande avancée de la campagne.
Pendant ce temps-là, l’activité économique reste solide
Les bons chiffres de la
croissance n’empêchent
pas les comptes publics
de déraper.
Dirigée par un gouvernement qui
ne fait que gérer les affaires courantes depuis six mois, l’Espagne garde
malgré tout le cap de la croissance.
L’incertitude politique n’a pas semblé altérer la marche de l’économie
du pays, qui a affiché une hausse du
PIB de 3,5 % en 2015 et de 0,8 % au
premier trimestre 2016. Ce rythme
est porté par une meilleure compétitivité des entreprises espagnoles
qui ont augmenté leurs exportations (+4,2 % en 2015), et, surtout,
par le retour de la consommation
après des années de prudence.
C’est ainsi que la production
industrielle a augmenté de 2,7 % en
avril par rapport à 2015, dynamisée
par la production de biens d’équipements (+11,2 %), alors que le nombre
d’immatriculationsdevoituresneuves a bondi de 20,9 % en mai. Même
le secteur immobilier redresse la
barre après des années de paralysie, avec une hausse de 3,5 % des
prix dans les grandes villes en mai.
mes, le président sortant, Mariano
Rajoy, promet la création de 2 millions d’emplois durant les quatre
prochaines années s’il obtient un
second mandat.
Nouvelles baisses d’impôts
Ces bons chiffres n’ont pas évité à
l’Espagne d’être dans le collimateur de la Commission européenne
après le dérapage de ses comptes
publics, qui ont enregistré un déficit de 5,1 % de PIB en 2015, loin des
4,2 % prévus dans le cadre du pacte
de stabilité, tandis que la dette
publique vient de passer pour la
première fois le cap de 100 %.
« Nous sommes sur le bon chemin
mais il y a encore du travail à faire »,
assure Mariano Rajoy. La formule
est loin d’être rhétorique, car le prochain gouvernement devra faire
face à un ajustement de 8 milliards
sur dépenses publiques pour
redresser les comptes entre 2016
et 2017. Cette perspective n’a pas
empêché le ministre des Finances,
qui figure sur les listes de Mariano
Rajoy, de promettre de nouvelles baisses d’impôts...
— C. T. (à Madrid)
Cettereprisedel’activitéapermis
la création d’un million de postes
de travail en deux ans, même s’il
s’agit souvent d’emplois peu qualifiés et précaires, souvent saisonniers. Le chômage poursuit sa
décrue, mais continue de toucher
près de 21 % de la population active.
Sûr d’avoir engagé les bonnes réfor-
Privée de
gouvernement,
la Belgique avait
réduit son déficit
Entre le 22 avril 2010
et le 6 décembre 2011,
la Belgique resta 541 jours
sans gouvernement.
Un record, qui afflige les
commentateurs politiques,
mais pas les analystes économiques : le pays réduisit
alors son déficit public,
tombé de 4,6 % en 2010
à 3,6 % en 2011 ! La décentralisation du pouvoir en
Belgique n’y est pas étrangère : de nombreuses décisions sont prises au niveau
des régions ou des communautés et non au niveau
fédéral. Autre explication :
le gouvernement démissionnaire n’étant en charge
que des affaires courantes,
impossible pour les ministres d’engager alors
de nouvelles dépenses...
LaBCEintensifielapressionpour desréformesenzoneeuro
Mario Draghi s’alarme
des dangers qui
guettent une Europe
vieillissante.
Renaud Honoré
@r_honore
— Bureau de Bruxelles
Crier de plus en plus fort, jusqu’à
ce qu’on l’entende. Mario Draghi
s’est fait une nouvelle fois, jeudi, le
chantre de réformes en profondeur
à la fois de la gouvernance de la
zone euro mais aussi des économies nationales qui la composent,
mettant un peu plus la pression sur
des Etats membres plutôt sourds à
ces suppliques pour le moment.
« Il y a beaucoup de raisons politiques qui peuvent expliquer de retarder les réformes structurelles, mais
il y a peu d’arguments économiques
qui peuvent le justifier », a asséné
le président de la BCE, lors d’un colloque organisé à Bruxelles. Pour
marquer un peu plus les esprits, le
dirigeant italien a agité une menace
diffuse maintes fois évoquée par le
passé, mais qui va avoir des effets
très concrets très rapidement : le
vieillissement des Européens. « La
population active va commencer à
décroître lors de la prochaine décennie », a averti le dirigeant italien,
qui craint pour la croissance d’un
continent qui peine toujours à sortir de la crise qui a débuté en 2008.
Cela fait des mois que Mario
Draghi a quelques récriminations
contre les Etats européens, alors
que la stratégie non conventionnelle de la BCE peine à produire ses
effets. Cette politique très agressive n’a pas été aidée par le « tout
austérité » mené dans l’Union
jusqu’en 2014. « Le retour au potentiel de croissance aurait été plus
rapide avec une politique budgétaire
moins restrictive », a-t-il expliqué.
L’étreinte s’est desserrée, et le président de la BCE voudrait maintenant que les Européens redonnent
du tonus à leurs économies en
s’attaquant aux problèmes de productivité, seule façon de contrecarrer la réduction de la population active. Pour cela, il préconise
d’achever le marché intérieur pour
les services, et d’insister sur l’économie de la connaissance. Une recette
guère originale puisque prodiguée
en son temps par José Manuel Barroso – l’ancien président de la Commission–maisjamaismenéeàbien.
Dépasser le Pacte de stabilité
John Thys/AFP
EUROPE
Mario Draghi souhaite que les Européens redonnent du tonus
à leurs économies en s’attaquant aux problèmes de productivité.
Surtout, Mario Draghi met la zone
euro devant ses propres insuffisances. « Pour accélérer la réalisation de
notre potentiel économique, la façon
laplussimpleseraitdelevertoutesles
incertitudes », a-t-il pointé, critiquant le « coût qu’il y a à retarder la
réforme de la gouvernance de la zone
euro, qui est pourtant jugée nécessaire par tout le monde ».
Ce consensus pour sortir de
l’impasse révélée par la crise n’a
en effet débouché sur rien de
concret. Un rapport assez timoré,
publié il y a un an par les 5 présidents des institutions européennes, n’a provoqué aucune dynamique. Angela Merkel et François
Hollande promettent des initiatives depuis des mois, sans réelle
piste concrète. Pour François
Villeroy de Galhau, le gouverneur
de la Banque de France, présent
également au colloque bruxellois,
« il faut sortir du jeu non coopératif
en zone euro qui provoque la perte
de plusieurs millions d’emplois ».
Le dirigeant français a appelé à la
mise en place d’une vraie politique
économique coordonnée au niveau
européen. « Les règles sont nécessaires. Mais des règles sans institutions sont moins efficaces que des
institutions avec un mandat », a-t-il
expliqué, dans un appel explicite
à dépasser le Pacte de stabilité
et de croissance actuel. n
06 // MONDE
Vendredi 10, samedi 11 juin 2016 Les Echos
Baissesurprise des taux àSéoul,
quienvisage unerelance
l La banque centrale sud-coréenne a ramené son taux directeur à 1,25 %.
l Le ralentissement de la croissance accroit la pression sur le gouvernement.
ASIE
Yann Rousseau
[email protected]
— Correspondant à Tokyo
Décrivant, jeudi, la décision de la
banque centrale sud-coréenne
(BoK) d’abaisser son taux d’intérêt
à un niveau historiquement bas, le
gouverneur de l’institution, Lee
Ju-yeol, a évoqué le concept de
baisse « préemptive ». « Il existe
des risques considérables sur le chemin d’une croissance future », a
expliqué la banque dans le communiqué annonçant une réduction de 25 points de base de son
taux directeur pour le ramener à
seulement 1,25 %.
Très surpris par l’initiative, les
analystes avaient jusqu’ici pensé
que la banque centrale, qui avait
abaissé ses taux pour la dernière
fois il y a tout juste un an, attendrait le début du second semestre
pour agir. L’annonce d’une croissance de 0,5 %, en rythme trimestriel, sur les trois premiers mois de
l’année les avait plutôt agréablement surpris. « Mais pour être
juste, il faut reconnaître que l’économie a déjà commencé à montrer des
signes de détérioration. Et comme
les grands plans de restructuration
deviennent plus concrets, leur
impact négatif sur l’économie du
pays se fait lui aussi plus clair »,
expliquait jeudi soir, dans une note
à ses clients, Glenn Maguire, l’économiste en chef d’ANZ Bank en
Asie-Pacifique.
Le pays souffre de la déprime de
ses exportateurs, le grand moteur
traditionnel de sa croissance. Les
exportations du pays n’ont ainsi
cessé de diminuer chaque mois
depuis le début de 2015. En mai,
elles ont encore enregistré une
chute de 6 %, en glissement
annuel, du fait de la faiblesse des
commandes venues de Chine et
des autres pays émergents. Les
secteurs de l’acier, de la chimie et
de la construction navale sont particulièrement malmenés et redoutent des dizaines de milliers de
suppressions de postes. Un mouvement qui ne permet pas de véritable rebond de la consommation.
Les dépenses des ménages peinent
à décoller malgré les initiatives
originales du gouvernement.
L’exécutif avait notamment transformé le 6 mai dernier en une journée fériée afin de « créer » un
week-end de quatre jours, au
cours duquel la population aurait
été plus susceptible de dépenser.
Rallonge budgétaire
Avec cette baisse surprise qui doit,
en théorie, encourager les familles
et les entreprises à investir, la BoK
accroît la pression sur le gouvernement auquel de plus en plus
d’économistes demandent un
geste de soutien à l’activité. Pour
l’instant, l’exécutif s’en tient à sa
prévision de croissance très optimiste de 3,1 % sur l’ensemble de
2016. Mais il pourrait bientôt
admettre que la poussée sera
moins dynamique et en profiter
pour annoncer une rallonge budgétaire. L’Etat en a les moyens, tant
son niveau d’endettement est faible (l’équivalent de moins de 35 %
de son PIB).
Un soutien par la dépense publique permettrait de ne pas construire la relance sur les seuls
ménages. « La marge de manœuvre
de la BoK est limitée par la dette des
foyers », rappelle Glenn Maguire,
qui note que le gouverneur de l’institution a lui-même laissé entendre jeudi que le taux directeur de la
banque centrale sud-coréenne
approchait de sa « limite la plus
basse ».
Les chantiers navals Daewoo, à 60 kilomètres au sud de Busan. Photo Ed Jones /AFP
Lesgéants sud-coréens dela construction navale
viventla pire crisede leurhistoire
La crise qui touche les
chantiers navals contamine
le secteur bancaire. Séoul
est contraint d’intervenir.
C’est un contrat de taille moyenne.
Mais il est célébré. Mercredi, le
deuxième plus grand chantier
naval sud-coréen, Daewoo Shipbuilding & Maritime Engineering
(DSME), a annoncé qu’il venait de
remporter une commande de
580 millions de dollars portant sur
la construction de quatre navires
– deux méthaniers et deux pétroliers VLCC – auprès de filiales de
l’armateur grec Angelicoussis. Au
milieu des années 2000, la nouvelle n’aurait pas fait les gros titres
des médias sud-coréens. Les chantiers navals du pays remportaient
alors en moyenne plus de 100 commandes de navires par trimestre !
Les temps ont changé. Sur les
trois premiers mois de 2016, les
chantiers du pays n’ont signé au
total que 8 commandes. Et le contrat grec est le premier gagné cette
année par DSME.
Le groupe et ses deux principaux concurrents, les autres
géants sud-coréens Hyundai
Heavy Industries et Samsung
Heavy Industries, vivent la plus
grave crise de leur histoire. Leurs
grands clients ne passent presque
plus d’ordres. « Et les gigantesques
besoins de transport de marchandises et de matières premières qui
avaient suivi l’accession de la Chine
à l’OMC et porté la demande de cargos semblent aussi toucher à leur
fin », explique Dalibor Gogic d’IHS
Maritime & Trade. « Il n’y a même
plus de demandes de cotation pour
de nouveaux bateaux. Les chantiers
déserts deviennent une réalité »,
s’alarmaient en mars les dirigeants
des trois grands chantiers navals
sud-coréens. Ils ont investi de
manière fulgurante dans les
années fastes pour se retrouver
aux trois premiers rangs du mar-
ché mondial et résister à la concurrence des acteurs chinois.
« Epidémie » redoutée
Pour survivre, ils travaillent maintenant sur des restructurations
brutales. « Mais ils ne peuvent pas
faire grand-chose seuls », modérait
récemment Trinh D. Nguyen de
Natixis. « Les chantiers navals cotés
en Bourse ont accumulé une dette de
34,5 milliards de dollars », rappelait l’analyste, qui explique que
cette détresse a contaminé d’autres
pans de l’économie sud-coréenne
et particulièrement le secteur bancaire, qui les a largement financés.
34,5
MILLIARDS DE DOLLARS
C’est le montant total de la
dette des groupes de chantiers
navals coréens cotés en Bourse.
Redoutant une « épidémie »,
l’Etat sud-coréen a annoncé cette
semaine la création d’un fonds de
11.000 milliards de wons, soit
9,1 milliards d’euros, pour alimenter les principales banques publiques, portant à coups de crédits les
chantiers. Ces sommes doivent
permettre d’aider les industriels à
rembourser leurs dettes mais aussi
à se restructurer. « Notre économie
ne peut pas combattre les difficultés
externes et domestiques qu’avec de
la politique publique. Il faut de la
réforme industrielle », a martelé,
mercredi, Yoo Il-ho, le vice-Premier ministre chargé de l’Economie, qui va superviser l’opération.
Lancé en juillet prochain, le
fond devrait théoriquement achever sa mission à la fin de 2017, à un
moment qui pourrait, selon les
ex p e r t s l e s p l u s o p t i m i s t e s ,
correspondre, à la reprise d’un
cycle mondial de commandes de
navires.
— Y. R.
Dessoldats français ausolen Syrie
contrel’organisation Etat islamique
PROCHE-ORIENT
Paris reconnaît
officiellement pour
la première fois
le déploiement
de commandos.
Yves Bourdillon
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Des forces spéciales françaises sont
actives en Syrie contre l’organisation Etat islamique (EI). Paris l’a
reconnu officiellement pour la première fois jeudi, alors qu’il démentait tout déploiement au sol jusqu’ici. Il est vrai que le jeu du
démenti est aussi vieux que la
guerre. L’état-major des armées a
souligné toutefois que les commandos français se contentent de
« conseiller » les rebelles lancés
dans une offensive sur la ville straté-
gique de Manbij, dans le nord-ouest
du pays, tenu par l’EI, sans préciser
leur nombre. Le ministre de la
Défense, Jean-Yves Le Drian, avait
déjà évoqué vendredi une mission
de conseil en Syrie, dont il reconnaissait qu’elle ne se déroulait vraisemblablement « pas dans un
bureau ».
Incontournable
Le déploiement de troupes au sol
pour repérer des cibles au profit
d’alliés locaux est incontournable,
estiment les spécialistes, car aucune
guerrenesegagnequ’avecl’aviation.
De tels déploiements sont toutefois
délicats vis-à-vis de l’opinion publiqueenraisondurisquedepertesou,
pis, de capture, c’est pourquoi ils
sont généralement secrets. L’aviation française mène des raids en
Syrie depuis septembre, mais bien
moins nombreux que son homologue américaine. Paris ne reconnaissait jusqu’ici la présence de troupes
au sol qu’au Kurdistan irakien, tout
en affirmant qu’elles aidaient seulement au repérage de cibles. La présence de soldats français en Syrie,
donc désormais officielle, s’intègre
dans un dispositif occidental qui
accentue la pression sur l’EI, deux
ans jour pour jour après sa brutale
expansion en Irak et en Syrie. L’aviation américaine appuie les FDS, une
alliance arabo-kurde, dont une brigade de 3.500 hommes a annoncé
jeudi contrôler tous les accès de
Manbij. Une ville cruciale puisqu’elle est la dernière par laquelle
l’EI peut s’approvisionner en armes
et combattants depuis la Turquie.
Washington, qui a longtemps
affirmé « no boots on the ground », a
aussi déployé des commandos de
« conseillers »,quicombattentbelet
bien aux côtés des Kurdes en Syrie,
puisque l’un d’entre eux a été tué par
un sniper. Des vidéos de soldats
s’exprimant avec un fort accent yankee aux côtés de combattants kur-
des ont même été diffusées sur
Internet. Des forces spéciales britanniquessontaussivraisemblablement en Syrie depuis des mois.
La prise de Manbij ouvrirait la
route de Raqqa, la capitale syrienne
de l’EI, ce qui déclencherait sans
doute une course de vitesse entre
rebelles soutenus par les Occidentaux et forces du régime appuyées
par l’armée russe. La prise de Raqqa
serait en effet prestigieuse... et un
revers terrible pour la propagande
de l’EI, qui s’appuie beaucoup sur sa
capacité à tenir un « califat » pour
recruter en Occident.
Sicetteoffensiveentenailleétranglel’EI,elleaugmenteaussilerisque
que des rebelles et des forces loyalistes, voire des commandos occidentauxetrussessetrouventfaceàface.
Aveclerisqued’incidents.Washington, qui dément se coordonner avec
Moscou,atoutefoissoulignéqueces
différentes unités étaient encore à
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08 //
Vendredi 10, samedi 11 juin 2016 Les Echos
idées&débats
SOMMAIRE
Le meilleur du Cercle
des Echos
La Chronique
Focus
Le Point de vue
Des robots et des jobs
La France a besoin de plus d’inégalités
Tintin au pays des banquiers
Augmenter le prix du gazole pour financer
nos infrastructures
LES ÉDITORIAUX
DES « ÉCHOS »
Sacrée FrenchTouch
Boll pour « Les Echos »
Les secrets del’attractivité
allemande
Par Jean-Philippe Lacour
— Correspondant à Francfort
En Allemagne, pratiquement pas
une semaine ne se passe sans qu’un
investisseur étranger se positionne
pour racheter un fleuron de l’industrie locale. A ce jeu, les acteurs français se sont montrés particulièrement actifs ces derniers temps, avec
les acquisitions en cours du fabricant d’embrayages FTE Automotive par Valeo, et de la marque de
couverts de table et de machines à
café WMF par le groupe SEB. Les
Chinois aussi s’intéressent à l’Allemagne et multiplient les achats, au
point de commencer à inquiéter
outre-Rhin.
Dernier exemple en date : l’intérêt manifesté par le fabricant
d’outils ménagers Midea pour
Kuka, une figure de proue de la
machine-outil allemande. A chaquefois,lesprixélevésproposéspar
les repreneurs potentiels témoignent de l’importance stratégique,
pour eux, de ces opérations. Et
démontre l’attractivité du « Standort Deutschland » – la place allemande – qui continue de faire bien
des envieux en Europe. Plusieurs
raisons à cela : il y a d’abord ce secteur industriel conquérant (il
dépasse encore 25 % du PIB), un
tissu de PME dynamiques, au sein
du fameux « Mittelstand », un système d’apprentissage dont l’efficacité n’est plus à prouver… Il semble
même que la crédibilité des managers allemands n’ait pas réellement
souffert des scandales survenus ces
derniers mois chez Volkswagen ou
Deutsche Bank. Si les entreprises
allemandes suscitent tant de
convoitises – du moins celles qui ne
sont pas aux mains d’intérêts familiaux –, c’est aussi que des automatismes industriels aux questions
environnementales, en passant par
les biens de consommation, la
palette de leurs activités ouvre des
perspectives intéressantes. S’il met
la main sur une PME allemande, un
investisseur acquiert très souvent
L’ANALYSE
DE LA
RÉDACTION
Les acquisitions
en série de « pépites »
du « Mittelstand »
en témoignent :
l’Allemagne
a conservé tout
son attrait pour
les investisseurs
étrangers. Un succès
qui s’explique par
les performances
de son industrie, l’état
de ses infrastructures
et la qualification
de ses salariés.
D
Les points à retenir
le cabinet EY,
•lesSelon
projets d’investissements
étrangers outre-Rhin sont
passés de 701 en 2013 à 946
l’an dernier.
Plusieurs raisons à cela :
il y a d’abord ce secteur
industriel conquérant,
un tissu de PME dynamiques
et un système d’apprentissage
dont l’efficacité n’est plus
à prouver…
S’il met la main
sur une PME allemande,
un investisseur acquiert très
souvent dans la foulée un
statut d’entreprise mondiale.
•
•
dans la foulée un statut d’entreprise
mondiale.Pourneciterqu’unexemple, le secteur de la machine-outil,
ce pilier de l’industrie allemande,
exporte 76 % de sa production.
L’accès à la technologie made in
Germany est pour tout investisseur
un critère prédominant. Les Allemands font du reste assaut de marketing pour faire reconnaître leur
savoir-faire. Chaque année à la foire
industrielle de Hanovre, premier
rendez-vous mondial du genre, la
première économie d’Europe montre qu’elle n’est pas seulement une
machineàdéposerdesbrevets.Ilya
cinq ans y était lancée l’alliance
« Industrie 4.0 », symbolisant le
nouvel âge des machines interconnectées. Une priorité à l’échelle
nationale mobilisant dans le même
élan politiques, patronat et monde
syndical.
Veillant à défendre les intérêts
de 3,8 millions de salariés dans la
métallurgie, le syndicat IG Metall
est associé au succès de la place
économique allemande, comme
cela vient d’être rappelé à l’occasion de son 125e anniversaire. Le
pacte pour l’exportation dans
l’industrie allemande, passé aprèsguerre avec le patronat et les responsables politiques, se perpétue à
travers l’« Industrie 4.0 ».
Des salariés bien formés et des
infrastructures globalement satisfaisantes ont également de quoi
séduire les investisseurs étrangers, qui choisissent l’Allemagne
pour y bâtir des unités de production, sièges administratifs et centres de recherche. Selon le cabinet
EY, les projets d’investissements
étrangers outre-Rhin sont passés
de 701 en 2013 à 870 en 2014, puis à
946 l’an dernier. Ainsi, Munich va
accueillir le centre européen
d’IBM p our la recherche sur
l’Internet des objets. Le géant américain de l’informatique prévoit un
i nve s t i s s e m e n t s u p é r i e u r à
2,5 milliards d’euros. La plus
grosse somme engagée en Europe
depuis vingt ans.
Il y a bien quelques ombres au
tableau. L’école de commerce
suisse IMD prétend même que
contrairement aux apparences,
l’Allemagne aurait perdu du terrain
sur le plan de l’attractivité. Selon
son classement des économies
mondiales, elle ne serait plus que la
12e place la plus recherchée, alors
qu’elle occupait le 6e rang il y a deux
ans. En cause, un système fiscal
trop complexe et au barème trop
élevé, ainsi que le niveau élevé des
charges sociales. Certains reprochent aussi à l’Allemagne d’être en
panne de grandes réformes. Le gros
du travail a certes été fait il y a dix
ans avec l’« Agenda 2010 » de l’exchancelier social-démocrate
GerhardSchröder,quialibéraliséle
marché du travail. Mais depuis lors,
rien d’ambitieux n’a été entrepris
A un an des élections législatives,
inutile d’attendre que de grands
chantiers soient lancés par le gouvernement de coalition d’Angela
Merkel. Celui-ci a pris, sous la pression du clan social-démocrate et
des syndicats, des initiatives qui
vont dans le sens inverse de la loi
El Khomri. Il est question de davantage réguler le secteur de l’intérim
et le système de contrats passés
entre entreprises et sous-traitants.
Il y a aussi cette propension allemande à se protéger de tout, avant
les autres. On se souvient qu’après
la catastrophe de Fukushima, Berlin avait décrété en un temps
record l’arrêt définitif de ses centrales nucléaires, au grand dam de
ses électriciens. Ce principe de précaution l’amène aujourd’hui à
militer de toutes ses forces contre
l’utilisation du glyphosate, ce pesticide controversé, soupçonné
d’avoir des effets nocifs sur la
santé. Les uns voient dans ces
« peurs » à répétition un frein pour
le business. Pour d’autres, cela renvoie au contraire l’image d’une
population soucieuse de son bienêtre et de son avenir. Ce qui peut
être aussi une raison d’investir
dans ce pays. n
Il y a deux French Touch. Il y a celle
de la France que le monde entier nous envie.
Et il y a celle qui fait rire à nos dépens le reste
de la planète. En 2010, lors de la Coupe
du monde de football en Afrique du Sud,
nos joueurs s’étaient illustrés en se mettant
en grève. Cette année, à l’aube d’un Euro 2016
tricolore, c’est un quarteron de syndicalistes
Par David
corporatistes qui va, une fois de plus,
Barroux
grandement contribuer à dégrader l’image
d’un pays qui n’a pas tant d’atouts que cela
Aforce
et qui aurait pu chercher à faire du tourisme
derepousser
l’une de ses véritables forces. Entre les pilotes
d’Air France, les cheminots de la SNCF,
les
indispensables les éboueurs parisiens, lâchés en cours
de route par les contrôleurs aériens, c’est
réformes,
bien une France qui n’a rien compris qui
cherche à prendre en otage un pays pour
lesexfaire avancer des causes bien égoïstes.
monopoles
Ceux qui bloquent les avions, les trains
publicsse
et les camions poubelles, ne défendent pas
condamnent. l’intérêt collectif. Ils ne font pas grève
par procuration pour le reste
de la population. Ils défendent leurs privilèges. Le premier
d’entre eux étant qu’alors que le reste de l’économie impacté
par la révolution numérique et la mondialisation a été obligé
de se remettre en cause en revenant parfois sur des avantages
sociaux que beaucoup croyaient définitivement acquis,
les preneurs d’otages d’aujourd’hui vivent dans une bulle
et refusent toute remise en cause sérieuse de leurs conditions
de travail. En perte de vitesse et de légitimité, la CGT a bien sûr
une lourde part de responsabilité. Mais il conviendrait également
de pointer l’influence néfaste de l’Etat actionnaire. Car le trait
d’union de cette France qui bloque est bien d’être pour tout
ou partie contrôlée par l’Etat ou les collectivités locales.
Or, les années et les crises qui passent le prouvent, une partie
au moins des salariés des entreprises publiques ou parapubliques
sont totalement coupés des réalités du marché. Inconscients
ou aveugles, ils pensent que leur avenir est assuré, qu’une grève
n’aura pas véritablement de conséquences, qu’au pire l’Etat
renflouera. Ils se sentent immortels et savent surtout
que la pression qu’ils exercent sur leurs dirigeants a toutes
les chances de payer dans la mesure où pour éteindre un incendie,
les gouvernants ont plus d’une fois acheté la paix sociale en tordant
le bras des dirigeants d’entreprises publiques. Mais à force
de repousser les indispensables réformes, les ex-monopoles
publics se condamnent. Une grève à Air France ou à la SNCF
a déjà beaucoup moins d’impact aujourd’hui qu’hier. EasyJet,
Emirates ou BlaBlaCar, eux, ne sont pas en grève. Car pendant que
cette France chloroformée par l’Etat reste à l’arrêt, la concurrence
avance. Plutôt que de chercher à sauver à tout prix des entreprises
prouvant leur incapacité à véritablement se réformer, l’Etat devrait
en tirer les conséquences. Il devrait vendre ses actions et laisser
ces entreprises seules face à leur destin. S’ils ressentaient
la véritable fragilité qui est la leur, les pilotes comme les cheminots
accepteraient peut-être plus de se remettre en cause.
(
Lire nos informations
Pages 16 et 17
Quandl’emploiva…
Par Etienne Lefebvre
L’embellieseconfirmesurlefrontdel’emploi.L’Inseeetl’Acoss,
quimesurentlesévolutionssurdeschampsunpeudifférents,
convergentsurdescréationsnettesd’environ160.000postes
surlesdouzederniersmois.Unrythmeinéditdepuis2008,grâce
notammentauBTP,revenuenfindanslevertaupremiertrimestre.
Aceniveaudecréationsd’emplois,lechômagepeutcommencer
àdiminuer.Unautreindicateurestsurveillédeprèsparle
gouvernement,celuidelamassesalariale,dontdépendengrande
partiel’évolutiondesrecettesdelaSécuritésociale.Or,lamasse
salarialeafaitunbondaupremiertrimestre,grâceauxcréations
d’emploismaisaussiàdessalairesdynamiques.Ilyauneffetprimes,
quineseretrouverapassurlestrimestressuivants,maisunechose
estsûre :lesprévisionsdugouvernementsurlesrentrées
decotisationssociales,souventtropoptimistesparlepassé,ont
désormaisdebonneschancesd’êtredépasséesenfind’année.
LesdépensesdelaSécuritésocialerestantmaîtrisées,ledéficit
durégimegénéralpourraittombersouslabarredes5milliards
d’eurosen2016,alorsqu’ilavaitflirtéavecles25milliardsen2010,
auplusfortdelacrise.Lecheminparcouruestappréciable,
etdevraitfaciliterleretourdudéficitversles3 %dePIB.
Ledynamismedelamassesalarialeconfirmeaussiquelepouvoir
d’achat,déjàenhaussesensibleen2015,devraitprogresseràvive
allurecetteannée,oùl’inflationestnulle.Cequisoutiendra
durablementlaconsommation.Maisilyaunreversdelamédaille :
endépitdelareprisedel’emploi,lesstatistiquesdel’Acossmontrent
quelapréférencepourlessalairesresteunespécificitédel’économie
française.Celaexpliquepourquoileredressementdelacompétitivité
prixestloind’êtreachevé,endépitdupactederesponsabilité.
(
Lire nos informations
Page 2
IDEES & DEBATS // 09
Les Echos Vendredi 10, samedi 11 juin 2016
opinions
LES ARTICLES LES PLUS LUS SUR LESECHOS.FR
1. Le tweet d’Elon Musk qui déplaçait des milliards de dollars
2. Comment sont rémunérés les patrons de Wall Street
3. Grève SNCF : le trafic reste perturbé
4. Vente de STX France : la pression s’accroît, le calendrier se précise
5. Bercy porte plainte après des révélations du « Canard enchaîné »
LE MEILLEUR DU
CERCLE DES ÉCHOS
DANS LA PRESSE
ÉTRANGÈRE
Des robots et desjobs
L’insoutenable colère
de l’être tchèque
Malgré un contexte de chômage massif,
les hommes ne devraient pas s’inquiéter
de la montée en puissance de la
robotisation, analyse notre contributeur
Vassili Joannidès de Lautour, professeur
à Grenoble Ecole de Management.
PHÉNOMÈNE HISTORIQUE
« Historiquement, à chaque vague de progrès
technologique, le capital s’est substitué
au travail à faible valeur ajoutée. Ce sont
essentiellement les activités répétitives et
standardisées qui ont fait l’objet de
remplacement par des machines. [...] A l’ère
de la troisième révolution industrielle,
des postes de travail de haute précision
se trouvent également concernés par
l’automatisation. »
DOMAINES DE POINTE « C’est ainsi qu’un
robot, en Australie, a pu opérer un patient
sur ordre d’un chirurgien. [...] Mais
également, on constate que des algorithmes
très puissants peuvent prendre en charge
de nombreuses activités comme le trading
à haute fréquence, le pilotage, mais aussi
l’analyse de solvabilité dans le monde
bancaire. »
NOUVEAUX MÉTIERS « Il est important
de souligner que ces machines et algorithmes
devront faire l’objet d’une conception en
amont et d’une maintenance au cours de leur
utilisation, sans même parler de leur recyclage
[...]. Des métiers hautement qualifiés devront
voir le jour, à mesure que les machines
remplaceront l’humain. »
NOUVEAU PROLÉTARIAT « Le grand
remplacement des postes de travail par
des machines [...] suscite des craintes. Une
crainte [...] est de voir le fossé entre métiers
à très forte valeur ajoutée économique et ceux
à valeur ajoutée sociale se creuser, ces derniers
pouvant forger le prolétariat du XXIe siècle. »
a
A lire en intégralité sur Le Cercle,
le site participatif des « Echos »
lesechos.fr/idees-debats/cercle
n’est plus « L’Insoutenable légèreté
•deCel’être
» de Milan Kundera. Mais
« l’insoutenable colère de l’être tchèque »,
selon « Politico ». « Jamais les Tchèques
n’ont été aussi en bonne santé, aussi
riches » et pourtant ils sont pessimistes,
écrit le journal. Alors que la croissance
de 4,2 % permet à ce pays d’enregistrer le
plus faible taux de chômage de l’Union
européenne (4,1 %) et que ni la crise
migratoire ni la perspective d’un Brexit
ne peuvent l’affecter, la République tchèque connaît « une crise d’identité », écrit
l’hebdomadaire bruxellois.
Et le paroxysme semble être atteint.
Les dirigeants à Prague ont demandé
qu’on appelle leur pays la Tchéquie. Un
parti anti-islam devrait remporter des
sièges lors des prochaines élections
régionales, alors que 0,1 % de la population se réclame de l’islam. Les ventes
d’armes sont en pleine progression. Et
lesdéputésveulentorganiserunréférendum sur l’Union européenne, le
« Tchexit ». « Le Premier ministre est faible.Leprésidentestfortmaissanspouvoir
constitutionnel. La classe politique est
divisée », affirme ainsi Jakub Klepal,
directeur de Forum 2000, organisateur
de conférences à Prague.
Certes l’hostilité à Bruxelles n’atteint
pas les niveaux de la Pologne ou de la
Hongrie, mais la « mélancolie » tchèque
fait perdre à l’Union européenne un
solide pilier. Parvenir à l’expliquer n’est
pas quelque chose de facile. Politico
recense quelques signes comme l’un des
derniers sondages, selon lequel 80 % des
Tchèques redoutent la montée de
l’islam. Etrangement le plus gros
bataillon d’immigrés est ukrainien. Ce
qui n’empêche pas le président Miloš
Zeman de dire que « l’intégration de la
communauté musulmane est pratiquementimpossible ».Lemondemarchesur
la tête... —J. H.-R.
LA REVUE
DU JOUR
La France a besoin
de plus d’inégalités
Ce n’est pas le 1 % le plus riche des Français qui a amélioré
la situation, mais les 10 % les plus pauvres qui ont vu la leur se dégrader.
Il faut donc améliorer les aides sociales et mieux rémunérer les talents.
LA
CHRONIQUE
d’Eric
Le Boucher
S
itôt assis dans son fauteuil à
l’Elysée, dès l’été 2012, François
Hollande découvre une réalité
totalementcontraire àsescroyancesles
plus installées, aux professions de foi de
son parti et à l’idéologie de tout son
camp : les entreprises françaises ne
gagnent pas assez d’argent. C’est le
contraire de ce que pense et dit toute la
gauche française, qui regarde la dérive
de la répartition salaires/profits dans le
monde et conclut que les bénéfices sont
trop gras. Qui se focalise sur « les milliards »duCAC40etrenforcesaconviction que ses membres en gagnent trop.
Que « l’argent est là » et qu’il suffit de le
prendre pour le redistribuer aux nécessiteux.
Toute l’explication du quinquennat
est dans cette découverte post-scrutin
faite à la lecture du rapport de Louis
Gallois : les marges réelles des entreprises n’ont cessé de diminuer depuis
quinze ans, elles sont nettement inférieures à celles des concurrents étrangers. Quant aux profits des géants du
CAC, ils proviennent pour une majorité
de leurs activités à l’étranger. La réalité
est là toute bête : les profits ne sont pas
mirifiques, ils sont trop maigres. Le
retour de l’économie française à l’investissement et l’emploi, à la bonne santé
naturelle, passe par un accroissement
desmarges,paruneéconomiedel’offre.
François Hollande s’engagera dans
cette voie à l’exact opposé de celle
annoncée.Choixéconomiquementiné-
vitable mais politiquement meurtrier.
La France lui sera redevable, mais il
ouvre une irréconciliable opposition au
sein de son parti et ses électeurs
embrouillés le lui reprocheront jusque
la fin.
En 2017, une autre erreur, très semblable,pointesonnezàproposnonplus
des entreprises mais des inégalités.
Comme il y a cinq ans, le débat politicomédiatique n’est en France que polémique :enflamméparlesprimesdeCarlos
Ghosn, le PDG de Renault-Nissan, qui
gagne 15 millions d’euros autant que
« mille salariés smicards », explosé par
des reportages sur les patrons de
« hedge fund » de Wall Street qui
engrangent plus de 1 milliard de dollars
par an. La tentation est trop irrésistible,
lesdéputésdegauchesonttentésdeplafonner les hauts revenus et la droite se
tient muette devant l’indignation populaire.
Pourtant on peut d’avance le prédire :
le futur président, quel qu’il soit, ne le
fera pas. Au contraire, il fera l’inverse.
Parce que le réalisme de 2017 l’amènera
cette fois à mener l’équivalent d’une
« politique de l’offre » pour les hautes
qualifications et ce qu’on nomme des
« talents ». Mais cette politique très
nécessaire sera aussi difficile à expliquer aux Français en 2017 que le hollandisme depuis 2012. Il faudra aller contre
l’opinioncouranteetcontreleblasonde
la République et avancer un point très
épineux : la France a besoin non pas de
plus d’égalités mais de plus d’inégalités.
Entendons-nous. Les chiffres montrent que la France est un pays plus inégalitaire qu’elle le croit. Avec un coefficient de Gini de 0,31 elle n’est qu’à la
moyenne de l’OCDE (0,32). Les 10 % les
plus riches gagnent 7,4 fois plus que les
10 % les plus pauvres, situation
médiane entre le 5,2 fois au Danemark
et le 9,6 fois aux Etats-Unis. En outre, les
Lecomplexe débat
féministe
LE THÈME Aucun sujet n’est plus
brûlant que celui des migrations,
mais aussi celui des femmes face
à la montée du religieux,
particulièrement l’islam, dans la
société française. « La gauche n’a
jamais été aussi soumise aux
injonctions religieuses », lance la
philosophe Elisabeth Badinter dans
la « Revue des Deux Mondes ». Sa
directrice, Valérie Toranian, en
introduisant ce numéro, trace les
contours du « vrai féminisme » :
celui qui défend les droits et les
libertés de toutes les femmes, sans
soumission idéologique et au-delà
des clivages gauche-droite. Au
passage, elle porte sa critique
contre le relativisme culturel, qui
« se veut ouvert et tolérant aux
cultures portées par des
communautés issues de
l’immigration ». Car ce qu’elle
souhaite avant tout est de ne pas
enfermer les gens dans leur groupe
ou leur culture d’origine. Le débat
n’est en tout cas pas terminé.
L’HISTOIRE Catherine Wihtol de
Wenden, directrice de recherche au
CNRS, replace, elle, la question de
l’immigration dans une perspective
historique. La France est ainsi le
Femmes, islam
et République.
Revue des Deux Mondes,
216 pages, 15 euros.
plus ancien pays d’immigration en
Europe, pour combler un déclin
démographique au XIXe siècle. En
1851, la France recensait
300.000 étrangers. Aujourd’hui,
d’après elle, les épisodes meurtriers
en France de 2015 liés au terrorisme
d’Al Qaida ou de Daech, ne
devraient pas affecter « la longévité
de l’expérience migratoire en
France ».
— J. H.-R.
La France paie mal. Elle doit faire revenir ses
chercheurs, ses médecins, ses créateurs, ses cadres
supérieurs, ses banquiers. L’Etat doit lui-même mieux
payer ses soldats, infirmiers comme généraux, et,
pour cela, ne pas stigmatiser les bulletins de paie
les plus hauts. Photo Shutterstock
inégalités hors revenus ne sont pas à
l’honneur du pays : le système éducatif
donne de plus en plus ses diplômes aux
enfants de diplômés, les régions pauvres accumulent les handicaps
d’emplois, de transports, de présence
des services publics. Sans parler des
handicaps immenses de sécurité ou
d’embauche des populations immigrées.
Surtout, après avoir longtemps été
stables, ce qui contraste avec la tendance mondiale, les inégalités se creusent en France depuis la crise de 2008.
Mais la cause n’est pas, comme ailleurs,
la montée hyperbolique de certains
revenus du 1 % : très hauts cadres dirigeants, créateurs d’entreprise, traders,
sportifs et autres superstars de la mon-
Les députés de gauche
sont tentés de plafonner
les hauts revenus et la
droite se tient muette.
La France doit faire
revenir ses chercheurs,
ses médecins, ses
créateurs, ses banquiers.
dialisation. Cette part du gâteau prise
par le 1 % est montée de 1981 à 2012 de
8 % à 20 % du revenu total avant impôts
auxEtats-Unis,de11 %à14 %enAllemagne et même de 4 % à 8 % en Suède.
Mais elle est restée stable à 8 % en
France (1).
Non. La cause de la croissance des
inégalités françaises ne vient pas du
haut, elle vient du bas, de la nette dégradation de la situation des plus faibles.
Les 10 % de personnes les plus pauvres
ont vu leurs revenus abaissés de 1 % par
anenmoyenne,selonl’OCDE.« Lepoids
de la crise porte presque exclusivement
sur les couches sociales défavorisées, avec
un taux de chômage qui dépasse les
20 % », notent Louis Maurin et Nina
Schmidt (2). La pauvreté stagne voire
remonte ces dernières années, en rupture avec sa tendance historique. Et la
situation des catégories les moins favorisées est très loin de s’améliorer,
comme le montre la hausse de 200.000,
soit +12,9 %, du nombre de titulaires du
RSA entre 2012 et 2014.
Ceconstatappelledesmesuresspécifiques fortes d’aides sociales, d’éducation, de logement, de transport. Mais
l’attraction et la conservation des
talents appellent aussi, en parallèle, à
une remise en cause générale de la politique de rémunération, de stimulation
et globalement du regard français sur
l’égalité. Il en est de la politique de la
toise comme de celle du rabot budgétaire : elles touchent la substance. La
France paie mal. Elle doit faire revenir
ses chercheurs, ses médecins, ses créateurs, ses cadres supérieurs, ses banquiers. L’Etat doit lui-même mieux
payer ses soldats, infirmiers comme
généraux, et, pour cela, ne pas stigmatiser les bulletins de paie le plus hauts. Au
contraire.Ilfautdeplusfortesetbonnes
inégalités, elles permettront la croissance qui donnera les moyens de combattre les mauvaises inégalités.
Eric Le Boucher est éditorialiste
aux « Echos ».
(1) OCDE rapport Income Inequality :
The Gap between rich and Poor,
15 décembre 2015.
(2) Observatoire des inégalités, 7 juin 2016.
10 // IDEES & DEBATS
Vendredi 10, samedi 11 juin 2016 Les Echos
focus
BONNES FEUILLES
Par Edouard Lederer
Un grand témoin nommé
Jacques de Larosière
L’ancien gouverneur de la Banque de France revient
sur cinquante ans de désordres financiers.
Une autobiographie en forme de grand
témoignage et d’avertissement. Né en 1929
– l’année de la plus dramatique crise financière du siècle –, Jacques de Larosière a
ensuite vécu au plus près les grandes déflagrations économiques, de la fin du système
de Bretton Woods à la chute du bloc soviétique. L’ancien patron du Trésor, du FMI,
gouverneur de la Banque de France puis
président de la Banque européenne pour la
reconstructionetledéveloppement(BERD)
avertit : les largesses actuelles des banquierscentrauxleplongent« dansunabîme
d’interrogations et de doutes ». Extraits.
La City, un village mondial où « l’amoralité assure l’égalité des chances ». Photo Mark Henley-Panos/Réa
Deux ans et demi durant, Joris Luyendijk a rencontré près de 200 acteurs
de la City. Il en a tiré un livre passionnant sur la culture des banquiers.
Tintin au pays des banquiers
LIVRES
acheteursd’êtrevigilants,pasàceuxqui
leur vendent des produits financiers.
Par Guillaume Maujean
« Revanche »
O
n devrait toujours confier à des
anthropologues le soin d’étudier les banquiers. Gillian Tett,
une rédactrice en chef du « Financial
Times »,s’étaitappuyéesursaformation
en anthropologie sociale (elle a travaillé
surlesrituelsdumariageauTadjikistan)
pour rédiger l’un des plus formidables
livres sur les origines de la crise des
« subprimes », « L’Or des fous ». Pour
comprendre le krach financier, Joris
Luyendijk, un journaliste et anthropologue néerlandais, a décidé à son tour de
s’immerger dans la City. En 2011, le
« Guardian » lui donne carte blanche
pour alimenter un blog sur le milieu des
banquiers d’affaires. Deux ans et demi
durant, il rencontre près de 200 personnes travaillant dans le quartier financier
de Londres pour recueillir leur témoignage. Toujours sous forme anonyme,
ce qui fait à la fois la limite de l’exercice
(impossible de vérifier l’authenticité de
leurrécit)etsagrandeforce(laparoleest
très libre). « Plongée en eau trouble » est
le récit passionnant de cette expérience.
Surdiplômés et polyglottes
Luyendijk est parti de rien pour réaliser
son enquête, adoptant la posture du
néophyte afin d’obliger les gens du
métier à employer un langage simple.
Les premiers contacts sont laborieux.
Le stress en tétanise plus d’un. Et puis,
peu à peu, les langues se délient, le jargon financier s’efface. Le succès du blog
aidant, les propositions de témoignages
affluent. Traders, DRH, responsables de
conformité, spécialistes des fusionsacquisitions… Ils se livrent tous pour
composer un tableau impressionniste
de ce qu’est devenu le cœur financier de
la planète. La City est d’abord un village
mondial : 40 % des banquiers d’affaires
sont nés hors du Royaume-Uni. Ses
membres sont surdiplômés et polyglottes. Les minorités ont leur place, car
« l’amoralité assure l’égalité des chances », selon ses interlocuteurs. Mais la
plupart des banquiers avouent être
Plongée en eau trouble.
Enquête explosive
chez les banquiers
Joris Luyendijk,
Plon, 268 pages, 17,90 euros.
modelés par le système, « happés par la
culture de leur entreprise ». Leurs revenus et leurs trains de vie les isolent, parfois même de leur propre famille. Mais
l’image des financiers cupides obsédés
parl’argent,commeleGordonGekkode
« Wall Street », ne résiste pas à la réalité.
Les témoins évoquent surtout un
monde ultracompétitif, régi par toute
une série de règles non écrites : le respect des dress codes, l’obsession des
hiérarchies,la loi du silence. Il a ses rites
de passage – les vagues de réductions
d’effectifs où cinq minutes peuvent suffire pour être mis à la porte, le jour de
l’annonce des bonus… « Pensez au “petit
soldat” de la mafia qui se fait serrer pour
la première fois par la police. Ce qui
compte, c’est la façon dont vous gérez ça.
Si, comme le jeune Ray Liotta dans “Les
Affranchis”, vous faites ça bien, vous
entrez dans la famille », affirme un
recruteur.Plusqu’unefamille,laCityest
un rassemblement de tribus, écrit
Luyendijk. Il y a les « neutres », ceux qui
ont l’œil pour repérer ce qui ne va pas
mais renoncent à s’attaquer au « système ». Les « maîtres de l’univers », qui
adorent la bagarre et vivent comme un
orgasme chaque contrat ou transaction
conclus. Les banquiers à œillères,
enfermés dans leur bulle. Ceux à sang
froid, qui s’efforcent d’éliminer toute
émotion de leur travail… La plupart ont
sciemment cessé de s’interroger sur ce
qui est bien ou mal. La règle dominante
est celle du « caveat emptor » : c’est aux
Au fil de son enquête, l’auteur découvre
à quel point la City est passée près du
précipice en 2008. Parce que ses différents corps fonctionnent en silos. Parce
que les régulateurs ont beaucoup
moins de moyens. Parce que la complexité a envahi les salles de marché.
Les analystes « quant » (ou quantitatifs,
les matheux qui définissent les modèles) ont pris le pouvoir. « C’est la revanche des boutonneux, l’intelligence qui
nous isolait des autres enfants dans la
cour de récréation nous apporte
aujourd’hui argent et statut social »,
lâche l’un deux. Une entreprise avait
publié un excellent rapport dans lequel
était écrit en page 5 : « Si vous arrachez
cette page et nous l’envoyez, vous recevrez
50 livres sterling. » Au bout du compte,
ils n’ont eu à verser que 250 livres… Les
mégabanques ne sont pas seulement
devenuestropgrossespourfairefaillite,
elles sont aussi trop grandes pour
comprendre ce qu’il s’y passe.
Pour détendre l’atmosphère, Joris
Luyendijk posait à tous ses témoins la
même question : et si vous étiez un animal ?Ilaeudroitau« chienquiaimeêtre
frappé », aux « loups qui travaillent en
bande », aux « babouins qui peuvent se
montrer agressifs mais sont sympas la
plupart du temps ». « Moi un animal ?
Mais je suis le gardien du zoo », a lancé le
responsable des contrôles d’une banque. Certaines interviews finissent par
ressembler à des séances de thérapie.
Un trader qui vient d’être viré confie :
« Je continue à croire que le milieu des
banques d’affaires n’est pas épouvantable.Ilneconvientpasàtoutlemonde,c’est
une évidence. Des recherches montrent
que la vie d’un animal sauvage est surtout
faite de souffrances : de stress, de peur, de
douleur. Mais les animaux domestiques
sont-ils plus heureux ? Je préfère être un
animal sauvage. » Comme le disait l’écrivain et ancien banquier Michael Lewis :
« Si vous voulez de la loyauté… achetezvous un cocker ! »
Guillaume Maujean est rédacteur
en chef aux « Echos »
Sur la fin du système
de Bretton Woods (1971)
« On a sous-estimé à l’époque la portée de
l’effondrement du système de Bretton Woods
[…]. Le flottement des monnaies a eu des conséquences délétères sur nos économies et,
plus généralement, sur nos sociétés. La fixité
des changes avait, en effet, le grand mérite
d’encourager les Etats à la discipline. […] On a
vu, à l’usage combien le flottement des monnaies a encouragé le laxisme budgétaire et
monétaire dont les effets cumulés nous écrasent aujourd’hui. »
Sur Margaret Thatcher, rencontrée
pendant les années FMI (1978-1987)
« Son sens de l’humour pouvait être décapant. Je me souviens d’une rencontre entre
dirigeants des nombreuses organisations
internationales qui étaient rattachées à
l’ONU […] Lors d’une session à Londres, nous
f û m e s re ç u s a u 1 0 D o w n i n g S t re e t .
Mme Thatcher s’enquit de l’objet de notre
réunion. Quand M. Kurt Waldheim, le secrétaire général, répondit que c’était pour “se
Cinquante ans
de crises
financières.
Par Jacques
de Larosière,
Editions
Odile Jacob,
288 pages,
22,90 euros.
coordonner”, elle explosa : “Vous devriez
avoir honte ! C’est travailler que vous devriez
faire, pas vous coordonner !” Elle demanda
alors quel était le rôle joué par M. Waldheim
dans ces réunions. Il commit l’erreur de
répondre : “Oh ! Vous savez, je ne suis qu’un
’primus inter pares’.” Mme Thatcher rétorqua : “On a voulu me faire croire aussi que
c’était là mon rôle. Mais je n’ai jamais retenu
de l’expression latine que le mot ’primus’.” »
Sur la crise financière de 2007-2008
« Les politiques monétaires d’aisance quantitative, mises en œuvre pour minimiser les
effets de la “grande récession”, pourtant née
d’un abus de l’endettement, plongent l’observateur que je suis dans un abîme d’interrogations et de doutes. L’endettement continue de
s’accroître à la faveur de la création massive
de liquidités à taux zéro et les taux de change
fluctuent à la faveur des différences de taux
entre monnaies et non des données fondamentales. Les mêmes causes produisant les
mêmes effets, on ne peut que craindre les prises de risque excessives et la formation de bulles d’actifs dont l’éclatement est toujours problématique. » n
Livres en bref
Pour une Afrique sans complexes
L’A f r i q u e n’e s t
•jamais
à l’abri des cli-
chés. Continent
perdu hier, voué aux
dictatures, aux catastrophes,àlafragmentation tribale ou au
sous-développement,
il porte aujourd’hui
les espoirs d’un nouvel eldorado, nourris par la forte croissance
économique de la plupart de ses pays et
l’explosion démographique qui pourrait
donner naissance à une imposante classe
moyenne consommatrice. « Les discours
actuels sur l’Afrique sont dominés par ce dou-
ble mouvement : la foi
en son futur radieux et
la consternation
devant un présent qui
Afrotopia.
semble chaotique »,
Par Felwine Sarr.
note l’auteur de ce
Editions
livre. Véritable acte de
Philippe Rey.
foi pour une troi151 pages. 15 euros. sième voie, il adjure
les dirigeants africains de ne pas s’engager dans la course à
l’accumulation de capital ou aux points de
PIB,maisaucontrairedes’extrairedelacompétition pour promouvoir un modèle de
développement plus durable. Une belle utopie, brillamment défendue. —D. Fo.
Ce qui fonde le libéralisme allemand
comprendre
•le Pour
chemin intellec-
tuel qui a conduit
Angela Merkel à faire
preuve d’une
extrême sévérité à
l’égard des Grecs et
d’une grande mansuétude face aux
migrants, il faut lire
ce livre. En adoptant cette attitude en apparence contradictoire, la chancelière allemande ne fait en réalité que mettre en actes
la philosophie qui sous-tend la politique de
son pays : l’ordolibéralisme. Ce principe,
qui, comme son nom l’indique, marie
l’ordre au libéralisme, considère que la
nécessaire liberté économique ne peut
Les
Ordolibéraux
Histoire d’un
libéralisme
à l’allemande.
s’épanouir que dans
le strict respect de la
loi. Comme l’a très
bien démontré
G a s p a r d Ko e n i g
Par Patricia
dans une récente
Commun. Editions c h r o n i q u e p a r u e
Les Belles Lettres.
dans « Les Echos »
416 pages, 35 euros. d u 0 9 / 0 9 / 2 0 1 5 ,
demander aux Grecs
de rembourser leurs dettes ou accueillir les
migrants n’est que l’application des traités
européens ratifiés par les pays membres.
Dans ce gros livre, les auteurs nous racontentl’histoiredecettedoctrineetnousmontrent comment elle a influé – et influe toujours – sur les décisions de la plus puissante
économie d’Europe. —D. Fo.
IDEES & DEBATS // 11
Les Echos Vendredi 10, samedi 11 juin 2016
opinions
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4. TMC : TF1 rachète les 20 % de parts de la principauté de Monaco
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LE POINT
DE VUE
de Philippe Duron
L
’écotaxe poids lourds et ses
rebondissements, depuis son
vote à l’unanimité par le Parlement en 2007 à son abandon en 2014, a
suscité de nombreuses réactions. Audelà de son principe écologique, ce dispositif avait également vocation à financerlesinvestissementsd’infrastructures
de transport, qu’ils soient dédiés aux
réseaux routier, ferroviaire ou fluvial.
Dix-huit mois après l’abandon de
cette écotaxe, qu’en est-il du financement de ces infrastructures ?
Les améliorations apportées par le
gouvernement à la politique de transport constituent de réels motifs de satisfaction. Ces orientations suivent des
priorités claires, qui s’inscrivent pleinement dans la ligne fixée par le président
de la République sur l’amélioration des
transports du quotidien. Ces orientations ont permis d’inscrire l’Agence de
financement des infrastructures de
transport dans une trajectoire financière plus saine. De surcroît, le gouvernement a mis en place une solution de
financement efficace pour remplacer
l’écotaxe poids lourds, en décidant une
augmentation de la TICPE et l’affectation de ce produit à l’AFITF. Cela a permis à l’Agence de financer l’intégralité
de ses dépenses d’intervention par des
taxes et recettes affectées, sans
qu’aucune subvention ne lui soit apportée comme c’était le cas depuis 2009.
Toutefois, certains signaux méritent
notre attention. D’une part, les indicateursde qualitédenos réseauxdetransport ont encore tendance à se dégrader
depuis une dizaine d’années, qu’il
LE POINT
DE VUE
de Jean-Baptiste de Froment
D
ans la démocratie des origines,
celle des Athéniens des Ve et
IVe siècles avant notre ère, les
citoyens exerçaient directementlepouvoir politique. Rassemblés, au minimum quarante fois par an, sur l’agora,
l’immense place qui occupait le centre
de la ville, ils y votaient les lois et le budget, décidaient de la paix ou de la
guerre,etdésignaient–essentiellement
par tirage au sort – les différents magistrats chargés d’exécuter leurs résolutions.
Le fonctionnement des démocraties
modernes,onlesait,estbiendifférent.Il
repose sur le principe de représentation : le peuple délègue à un petit nombre d’individus élus la responsabilité
d’exercerlepouvoir,ycomprislégislatif,
à sa place. De sorte que, pour reprendre
la formule frappante de Rousseau, il
n’est vraiment « libre » qu’une fois tous
les quatre ou cinq ans, le jour où il élit
ses représentants.
L’une des principales raisons invoquées pour justifier cette pratique, qu’on
pourrait dire dégradée, de la démocratie
estpurementmatérielle.Elletientaufait
que les peuples modernes sont devenus
trop nombreux pour pouvoir se réunir
enunmêmelieu,etàunmêmemoment,
afin de délibérer des affaires de la cité.
Mais la révolution numérique dans
laquelle nous sommes engagés est en
train de faire tomber un tel argument. Il
est désormais possible de reconstituer,
dans l’espace virtuel de l’Internet,
l’agora des premiers temps, et cela sans
la moindre limitation du nombre de
participants. Techniquement, plus rien
ne s’oppose – si ce n’est, pour quelques
annéesencore,l’insuffisantefamiliarité
Augmenter le prix du
gazole pour financer
nos infrastructures
s’agissedesinfrastructuresferroviaires,
mais aussi de la qualité de nos routes.
D’autre part, la capacité de financementpublicdesinvestissementsdansles
infrastructures de transport devient
insuffisante. Depuis 2007, ceux des conseils départementaux diminuent de
façon continue (–30 % sur la période).
Cela les conduit à remettre en question à
la fois leurs programmes directs, parmi
lesquels l’entretien et la modernisation
des routes dont ils ont la charge, et les
programmesportéspard’autrescollectivités territoriales, qu’ils subventionnent.
Les indicateurs
de qualité de nos réseaux
de transport ont encore
tendance à se dégrader.
Nous avons besoin
d’une hausse de crédits
de 600 millions d’euros.
Quant à l’Etat, malgré les efforts
d’affectation de recettes à l’AFITF, celle-ci n’a pas aujourd’hui les capacités
suffisantes pour faire face aux besoins
actuels et à ceux en cours de contractualisation, tels que le volet mobilité des
contrats de plan Etats-région 2015-2020
oule3e appelàprojetssurlestransports
collectifs. Il nous faut de surcroît prendre en compte les projets du Canal Seine-Nord Europe et du tunnel Lyon-Turin, qui généreront à partir de 2017 des
paiements importants, mais aussi les
besoins qui se profilent à la suite des
annonces récentes concernant l’A45 ou
encore le renouvellement des trains
d’équilibre du territoire.
Il nous faut donc dès maintenant
prendre la mesure de l’insuffisance de
ressources publiques pour les prochaines années. Compte tenu des engagements de l’AFITF et de ceux annoncés
par l’Etat, les besoins de financement
appellent une hausse des crédits accordés à l’Afitf de 600 millions d’euros.
C’est une progression importante,
mais qui est à notre portée. Compte
tenu de la poursuite de la convergence
de la fiscalité sur les carburants confirmée par le Premier ministre et dans un
contexte de prix bas des carburants, la
TICPE demeure un levier important
pour faire face à nos besoins de financement dans les trois années à venir. La
pleine affectation des centimes additionnelsdegazoleàl’AFITFainsiqu’une
augmentation de 2 centimes sur le
gazole et une diminution de 2 centimes
sur le super permettraient d’y parvenir.
Le caractère symétrique de cette
mesure permettrait de se placer à un
niveau de pression fiscale quasiment
constant, tout en ne dégradant pas le
positionnement de la France en termes
de prix par rapport à ses voisins européens. Nous avons aujourd’hui les
outils pour une politique ambitieuse en
matière d’infrastructures de transport.
A nous de les saisir !
Philippe Duron est président
de l’AFITF (Agence de financement des
infrastructures de transport de France).
Redonnons
toute sa place
à la démocratie directe
d’une fraction de la population avec les
nouveaux outils numériques, sans
oublier la persistance de certaines
« zones blanches » sur le territoire – à la
création d’un réseau social configuré
aux dimensions du corps électoral tout
entier, grâce auquel les citoyens, via un
compte personnel sécurisé,
prendraient part directement à la vie de
la Cité.
Créons un réseau social
aux dimensions du corps
électoral pour consulter
les citoyens.
Des réformes jusqu’ici
impensables
se révéleraient soudain
réalisables.
Il est étonnant que l’on ait si peu pris
la mesure encore de cette nouvelle possibilité. Partout ailleurs, dans les autres
domaines de la vie commune, la
« désintermédiation » fait rage : les
communautés de pairs (peer-to-peer)
et autres espaces collaboratifs se substituent aux hiérarchies anciennes. Seule
la sphère politique semble croire qu’elle
n’est pas concernée.
Bien entendu, il n’est pas question de
renoncer du jour au lendemain à nos
institutions qui, malgré tout, ont fait
leurs preuves, au profit d’une pseudorépublique digitale dans laquelle toutes
les questions, jusqu’aux plus épineuses,
seraient tranchées par le premier venu
cliquantsursonsmartphone.Ilestclair,
cependant, que le statu quo n’est pas
durable. La ligne de partage traditionnelle entre ce qui peut êtredéléguéà des
représentants et ce qui relève directement du pouvoir de chaque citoyen doit
être repensée.
Le spectacle, parfois contestable,
offert par des mouvements du type Nuit
debout pourrait apparaître comme une
objection de taille à une renaissance de
la démocratie directe. Mais c’est
l’inverse qui est vrai. C’est précisément
parce que nos institutions ne permettent pas de consulter facilement
l’ensemble des citoyens que de petites
minorités peuvent s’arroger le droit, en
occupant physiquement une place, de
parler au nom de tous.
Une pratique accrue de la démocratie directe pourrait être un facteur de
simplification et, même, permettre de
nombreux déblocages. C’est le pari que
nous faisons, à l’échelle locale, dans le
9e arrondissement, dans lequel nous
lançons, avec le maire Delphine Bürkli,
une application unique en son genre
(ParisNeuf)quipermettrad’engagerun
échange direct entre les habitants.
Plus généralement, il n’y aurait que
des avantages à ce que, pour régler les
problèmes statutaires et catégoriels qui
paralysent notre pays, en lieu et place
du stérile jeu de rôle actuellement
connu sous le nom de « dialogue
social », les intéressés soient directement consultés sur leur avenir. Des
réformes jusqu’alors impensables se
révéleraient soudain réalisables.
Jean-Baptiste de Froment est
conseiller de Paris et secrétaire
national Les Républicains.
La vie est plus
qu’une tranche de foot
L’ŒIL DU
PHILOSOPHE
par
Roger-Pol Droit
A
ujourd’hui, avec l’ouverture à Paris
de l’Euro 2016, une nouvelle
séquence est supposée s’ouvrir.
Place au jeu, aux enthousiasmes… On
devrait enfin, autour des Bleus, refaire la
fête, retrouver insouciance et cris de joie,
oublier les séquences précédentes, effacer
leurs séquelles. Il y eut les attentats, le pays
bouleversé, le temps du deuil. Ensuite, la loi
travail, le pays bloqué, le temps des affrontements.Enfinlescrues,lepaysnoyé,letemps
desinquiétudes.Voicivenirletempsdufoot,
delacompétition,lepaysréconcilié,hurlant
d’une seule voix « Allez les Bleus ! »… Evidemment, ce n’est qu’une illusion.
Car les rivières ne sont pas encore rentrées dans leur lit, ni les sinistrés dans le
leur. Manifestants et grévistes n’ont pas fini
dedéfiler,etcontinuentdegripperdesrouages de l’économie. Les procès liés aux attentats sont en cours, victimes et familles n’ont
pas fait leur deuil, ni réparé leurs vies. Les
menaces sur la sécurité demeurent intenses, focalisées cette fois autour des stades et,
surtout, des « Fan-zones ». Rappeler ces
vérités, ce n’est pas gâcher la fête, mais rester lucide. Notre tort est d’oublier cette évidence :laréalité n’est jamaisunesuccession
deséquencessechassantl’unel’autre.Lavie
ne peut se couper en tranches séparées et
disjointes. Dans les faits, tout se chevauche,
coexiste et s’entremêle, au grand dam des
communicants comme des chaînes d’information continue.
Car ce sont eux les premiers responsables de cette scénarisation trompeuse – pas
les seuls, cela va de soi, mais bien les principaux. Pour organiser la communication,
sportive ou politique, il faut renouveler le
récit, scander la rumeur, tenter de maîtriser
images, attentes et rêves. De même, pour
alimenter l’antenne jour et nuit, il est impératif d’élaborer des sortes de séries, avec
quelques épisodes. A chaque moment, un
grand sujet et un seul. Juste après, un autre.
Si d’aventure un ancien thème refait surface, c’est embêtant. Il semblera inconvenant, décalé. Règle implicite : les affaires
passées sont périmées, leur date limite de
consommation médiatique est dépassée.
Tout ce qui dure sort vite du champ de
l’actualité, pour tomber dans la rubrique
« rétrospectives ».
Le séquençage du réel n’est évidemment
pas limité aux seuls secteurs de la commu-
nication et des informations. Le phénomène est général, et en un sens inévitable.
Tout bonnement parce que la complexité et
la diversité du réel ne nous sont jamais
directement appréhendables. Impossible
d’embrasser tout ce qui arrive, tout le temps
et partout, dans sa symphonie, sa polyphonie, sa cacophonie. Pour comprendre, nous
devons toujours sélectionner, poser une
grille, retenir certains éléments, en masquer d’autres. Ainsi fonctionnent nos perceptions, nos analyses, nos connaissances,
notre mémoire. Et nos disciplines scientifiques – « sciences dures » ou « molles » –
coupent elles aussi la vie en tranches et ne
peuvent faire autrement.
La grande fête annoncée
ne fait oublier ni les grèves,
ni les inondations,
ni les attentats.
Contre l’illusion
d’une actualité découpée
séquence après séquence,
la continuité du réel est là.
Qu’on imagine un instant, par exemple,
un même match de foot vu par l’expert en
tactique de jeu ou le photographe sportif,
mais aussi par le médecin, le sociologue, le
psychologue, le physicien, le chimiste, etc.
– sans oublier le peintre, s’il rêve de succéder à Nicolas de Staël et sa quinzaine de toiles de 1962 « Les Footballeurs ». Chaque
point de vue fait saillir des éléments différents, néglige les données non pertinentes
pour son approche. Chacun, en fonction de
sa discipline, aura donc une « version » de
ce match, relative au prisme qui lui sert à
décrypter le réel.
Cette multiplication de perspectives est
impossible à supprimer. Mais on peut
réduire ses inconvénients. C’est la principale fonction de la philosophie, qui rappelle
constamment la complexité et la continuité
du réel. Contre les grilles de lecture spécialisées qui nous font oublier la diversité du
monde, la philosophie organise des systèmes d’alerte. Contre séquences et découpes,
elle construit liens et relations. A sa
manière, la philosophie organise des fissures dans les murs des visions du monde,
défait les clôtures des disciplines. Pas seulement pour le plaisir d’y faire circuler un peu
d’air, mais parce que c’est toujours en surmontant ces barrières que l’on peut entrevoir la complexité du réel. Derrière la tranche de foot, la vie continue.
Roger-Pol Droit est écrivain
et philosophe.
L'ACTUALITÉ
DES THINK TANKS
Protection sociale : un cocktail de réformes
IDÉE. Récent think tank spécialisé dans la réforme de la protection sociale de
l’entreprise, des salariés et des dirigeants, l’institut de la protection sociale
dégaine ses observations et propositions dans la perspective de l’élection
présidentielle. Aux candidats maintenant de se positionner sur un ensemble
de perspectives très argumentées allant de la réforme systémique des retraites
à la redéfinition globale d’une protection sociale adaptée à la révolution
numérique, en passant par la refonte de l’épargne salariale et du RSI.
INTÉRÊT. Réunissant non pas des experts académiques parfois éloignés des
réalités concrètes de la protection sociale telle que vécue à partir de
l’entreprise, mais des praticiens informés, ces considérations ont leur poids.
Et les idées méritent d’être entendues et discutées techniquement :
référendum sur les régimes spéciaux, départ à la retraite à soixante-cinq ans,
facilitation du cumul emploi retraite, extension de la réversion au pacs,
réécriture du Code de la sécurité sociale, fusion des parts patronale et
salariale des cotisations, regroupement du RSI et de la MSA. Il y en a pour tous
les goûts ! Dans des cocktails techniques et politiques naturellement corsés.
— Julien Damon
www.institut-de-la-protection-sociale.fr
12 //
Vendredi 10 et samedi 11 juin 2016 Les Echos
D
le grand entretien
Son parcours
Blankfein a fait l’essentiel de
•sa Lloyd
carrière au sein de la plus prestigieuse
des banques d’affaires de Wall Street.
des marchés financiers,
•surSpécialiste
lesquels il a commencé sa carrière
de banquier en 1982, il gagne
progressivement du galon jusqu’à devenir
patron de l’établissement en 2006
à la veille de la crise financière du siècle.
Alors même que Goldman est accusé
de tous les maux au plus fort de la crise,
il parvient à maintenir l’établissement
au sommet de la finance mondiale.
Ce qui lui vaut d’être aujourd’hui,
à soixante et un ans, l’un des seuls patrons
de banque à avoir survécu à la tempête.
Trump,
Brexit, Wall
Street : les
confidences
du patron
de Goldman
Sachs
•
D
Son actualité
toutes les grandes banques
•deComme
Wall Street, Goldman Sachs a dû
affronter depuis le début de l’année
les turbulences sur les marchés, la chute
des cours du pétrole, et les incertitudes
entourant le resserrement monétaire
de la banque centrale américaine.
Sur les trois premiers mois de l’année,
Goldman Sachs a vu son produit net
bancaire, équivalent du chiffre
d’affaires, reculer de 40 %, à 6,34 milliards.
La banque, qui emploie 6.000 personnes
à Londres, a donné plusieurs centaines
de milliers de livres pour financer
la campagne contre le Brexit.
•
•
Les banques européennes
se plaignent souvent du fait qu’elles
sont soumises à une pression
réglementaire supérieure à ce que
vivent leurs homologues américaines.
Je ne le crois pas. Chaque système a ses
avantages et ses inconvénients. Quand je
regarde Goldman Sachs, nous exerçons de
toute façon notre activité de manière globale en nous soumettant aux réglementations de chaque pays.
Propos recueillis par
Ninon Renaud, Nicolas Barré,
Guillaume Maujean et François Vidal
Quel regard portez-vous sur la
situation économique en Europe ?
Dans le cycle de reprise économique,
l’Europe reste derrière les Etats-Unis. Elle
s’est mobilisée : elle a pris des mesures de
soutien à l’activité, ramené les taux d’intérêt
àdesniveauxtrèsbas.Maisilestvraique,au
cours des dernières années, les gens trouvaient toujours de bonnes raisons pour se
préoccuper de l’Europe : pas assez de croissance, trop d’incertitudes… Je ne dirais pas
que cela les paralysait, mais cela leur donnait des raisons de retarder leurs décisions
ou leurs investissements. Aujourd’hui, le
prochain référendum britannique fait
peser une grande incertitude sur l’Europe :
l’éventualité du Brexit peut avoir beaucoup
de ramifications. Nous serons soulagés
quand nous n’aurons plus à faire face à cette
incertitude.
La BCE en fait-elle trop ou pas assez
pour la croissance ?
Depuisquelquesannées,touteslesbanques
centrales ont dû prendre des décisions
agressives et parfois innovantes. Elles ont
fait tout ce qu’elles pouvaient pour rendre
les problèmes moins dramatiques, pour
que les Etats puissent retrouver plus facilement le chemin de la croissance. La BCE a
fait du bon boulot. Car il ne faut pas oublier
qu’en Europe, il n’y avait pas de précédent.
C’est la première génération d’une banque
centrale européenne. C’est la première fois
qu’une telle institution opérait dans un tel
contexte, devait asseoir son autorité dans
uncadre fédéraliste,etparfoismêmesebattre pour imposer ses décisions. Aux EtatsUnis, la Fed ou la Cour suprême existent
depuis des années. Elles ont construit leur
pouvoir avec le temps, l’expérience et la tradition.
Aux Etats-Unis, la Fed doit-elle
remonter ses taux d’intérêt, ou faire
encore preuve de patience ?
Je crois que si la Fed remontait ses taux, ce
serait bien reçu par les marchés. Car ce
serait une validation de la bonne santé de
l’économie américaine. Et ce, quels que
soient les derniers chiffres sur l’emploi.
L’économie s’améliore globalement aux
Etats-Unis, le chômage est faible et le marché du travail est en train de se resserrer. In
fine, il serait bon pour la confiance que la
Fed commence à relever progressivement
ses taux.
D’autant que des politiques monétaires trop accommodantes font monter
des risques de bulles financières…
Oui, c’est un risque effectivement. Les valorisations de certains actifs sont artificiellement soutenues, l’épargne n’est pas toujours bien allouée. Mais par définition, on
ne voit pas les bulles, on les découvre toujours ex post, une fois qu’elles ont éclaté.
Quand les taux auront remonté, cela aura
un impact sur certaines activités financières, le coût de la dette augmentera et pourrait mettre en risque certains emprunteurs
déjà trop endettés. Certains Etats pourraient se retrouver en difficulté, y compris
en Europe. Il y a toujours des risques associés aux remèdes. Mais y a-t-il une alternative ? Il faut toujours survivre à court terme
avant de penser au long terme ! Quand vous
avez une maladie ou un problème important à régler, vous ne pouvez mégoter sur la
cure. Il faut en passer par là, et il faut être
patient. Vous mettez toujours du temps à
récupérer – je peux en témoigner personnellement !
Avec un stock de dettes très important et un vieillissement de la population, croyez-vous que les économies
développées vont être confrontées à
une croissance durablement faible ?
Bloomberg
LLOYD BLANKFEIN
CEO de Goldman Sachs
Je ne suis pas spécialiste en la matière. Mais
jecroisauxcycles.Etjecroisquelesgensont
toujours tendance à extrapoler la situation
actuellecommesielledevaittoujoursdurer.
Ils ont tort. Mes parents qui ont connu les
années 1930 étaient convaincus qu’ils
vivraient durablement dans une ère de
dépression et de déflation. Moi qui ai connu
les années 1970, j’ai longtemps cru que
l’inflation galopante serait la règle. Mes
enfants pensent maintenant qu’ils vivront
dans un monde de faible croissance et de
déflation à la japonaise… Les cycles changent, peut-être pas toujours au rythme que
l’on souhaiterait, mais ils ne durent pas éternellement…
« Le discours populiste
anti-Wall Street qu’on
entend beaucoup ne reflète
pas le sentiment général. »
« Il serait bon pour
la confiance que la Fed
commence à relever
progressivement ses taux. »
La campagne présidentielle
américaine bat son plein. Wall Street
fait l’objet de nombreuses critiques,
de la part notamment de Bernie
Sanders chez les démocrates...
Je ne connais pas personnellement Bernie
Sanders. La seule chose que je peux vous
dire, c’est que nous venons tous les deux de
Brooklyn ! Wall Street est effectivement un
secteur très important de l’économie américaine. C’est normal que beaucoup y voient
un symbole. Mais je crois que le discours
populiste qu’on entend beaucoup dans
cette campagne ne reflète pas le sentiment
général.
Comment jugez-vous les deux
mandats de Barack Obama
pour Wall Street ?
La crise financière de 2008 a provoqué un
énorme traumatisme dans le pays. Il était
normal que cela conduise à des changements réglementaires et à un renforcement des contrôles. C’est le résultat de la
politique menée par Barack Obama et par
le Congrès aussi, puisqu’aux Etats-Unis il
n’y a pas un seul décideur, mais plusieurs. Il
est toutefois trop tôt pour dresser le bilan
de ce surcroît de réglementation qui a
entraîné un changement en profondeur du
système bancaire. Ce qui est sûr, c’est que
les banques n’ont jamais été aussi solides,
aussi fortement capitalisées, aussi peu
endettées et assises sur autant de coussins
de liquidités.
Quel impact le surcroît
de réglementation a-t-il eu
sur l’activité de Goldman ?
Nous nous sommes adaptés. Notre métier
nous impose de fonctionner dans un
monde donné avec des règles données. Le
nouvel environnement reflète des choix
politiques qui ne relèvent pas de la responsabilité des acteurs bancaires. Nous n’avons
pas à nous plaindre, juste à nous adapter. In
fine, ce sont les clients et les utilisateurs du
système bancaire qui doivent y trouver leur
compte.
Diriez-vous que le système financier
est aujourd’hui plus sûr qu’avant
la crise ?
Ça ne fait aucun doute pour les banques. Et
même si le pendant des évolutions réglementaires, c’est que la quantité de risques
accumulée dans le « shadow banking » [ la
finance non régulée, NDLR] a beaucoup
augmenté, le système financier dans son
ensemble est beaucoup plus sûr parce que
ces risques sont moins concentrés. Ils sont
distribués entre une multitude d’acteurs.
Une technologie comme la blockchain
peut-elle bouleverser l’activité
de Goldman Sachs, alors que vous
vous positionnez comme une société
technologique ?
Cette technologie permettant d’authentifier
des transactions de manière décentralisée,
elle peut avoir des conséquences sur toute
activité impliquant un tiers de confiance.
En l’occurrence, nous ne sommes pas dans
le métier des paiements ou de la compensation qui sont les plus ciblés. Plus globalement, les nombreuses innovations technologiques disruptives qui émergent
actuellement et les fintech qui s’en emparent représentent une opportunité de faire
notre métier plus vite, à moindre coût et
même d’ouvrir de nouveaux champs
d’expertise. Notre métier ne cesse d’évoluer,
mais il ne change jamais complètement.
Goldman Sachs reste avant tout une banque, mais quand je dis que nous sommes
une société technologique, cela signifie que
les technologies sont dans notre ADN. Elles
mobilisent d’ailleurs un tiers de nos équipes
et ce n’est pas nouveau.
Estimez-vous toujours
« faire le travail de Dieu » ?
Je crois que cette expression me poursuivra
longtemps ! L’activité centrale de Goldman
Sachs consiste à réunir du capital pour lancer de nouvelles entreprises ou en aider
d’autres à se développer pour, in fine, créer
des emplois. S’il existe une force supérieure
dans ce monde, elle apprécierait ce type
d’activité !
Quel est votre point de vue
sur la France ?
La France a créé des champions mondiaux
et bénéficie d’une main-d’œuvre très qualifiée. C’est aussi un marché important pour
nous, parmi les six premiers au plan mondial, et Paris a été la ville où nous avons
ouvert notre premier bureau en Europe
continentale en 1987. Il y a, bien sûr, des
défis et des problèmes à régler, mais le pays
peut s’appuyer sur des atouts réels, comme
la qualité de ses infrastructures, des talents
très nombreux et une position unique au
cœur de l’Europe, pour soutenir son attractivité. Nos prévisions sont positives pour la
France sur les prochains mois et nous estimons que la croissance du PIB en France
devrait être supérieure à celle de l’Allemagne pour 2017. Nous pronostiquons même
la victoire de la France à l’Euro 2016 ! n
Vendredi 10, samedi 11 juin 2016
Les Echos
,
Budget de l’Etat 2015 : 372,6 milliards d’euros // PIB 2014 : 2.132,4 milliards d’euros (à prix courants)
// Plafond Sécurité sociale : 3.218 euros/mois à partir du 01-01-2016 // SMIC horaire : 9,67 euros à
partir du 01-01-2016 // Capitalisation boursière de Paris : 1.196,9 milliards d’euros (au 06-01-2016)
// Indice des prix (base 100 en 1998) : 127,95 en décembre 2015 // Taux de base bancaire : 6,60 %
à partir du 15-10-2001 // Taux de chômage (BIT) : 10,2 % au 3e trimestre 2015 // Dette publique :
2.103,2 milliards d’euros (fin du 3e trimestre 2015)
Les chiffres
de l’économie
À L’ÉTRANGER
INONDATIONS POUR VALLS,
« QUELQUE CHOSE N’A PAS
FONCTIONNÉ » SUR L’A10
ALLEMAGNE TOLLÉ
PARLEMENTAIRE CONTRE
LE PRÉSIDENT TURC ERDOGAN
Manuel Valls a reconnu jeudi que
« quelque chose n’a[vait] pas fonctionné » sur l’autoroute A10 lors des
inondations qui ont touché le centre
de la France, en annonçant plusieurs
évaluations sur les infrastructures de
transports et les canaux. La réouverture totale de l’autoroute A10, dont
plusieurs tronçons ont été fermés à
la circulation la semaine dernière,
« est envisagée dans les prochains
jours », a annoncé jeudi la société
concessionnaire Vinci Autoroutes.
Les récents propos de Recep Tayyip
Erdogan sur des élus du Bundestag
d’origine turque passent mal. Qu’un
président puisse, au XXIe siècle, avoir
« des doutes sur leurs origines turques,
décrive leur sang comme corrompu, je
n’aurais pas cru ça possible », a dit le
président du Bundestag, Norbert
Lammert. Pour le président du Parlement européen, Martin Schulz, ses
attaques peuvent « endommager
durablement les relations » de la Turquie avec ses partenaires.
TERRORISME MOHAMED ABRINI
SERA LIVRÉ À LA FRANCE
MAIS « PAS DANS L’IMMÉDIAT »
LIBYE L’ÉTAU SE RESSERRE SUR
LA VILLE DE SYRTE, FIEF DE L’EI
La justice belge a approuvé jeudi le
principe d’une remise à la France du
Belge d’origine marocaine Mohamed
Abrini (photo), mis en cause dans les
attentats du 13 novembre à Paris.
Mais comme cet homme de trente et
un ans est soupçonné d’être impliqué
dans les attaques du 22 mars à Bruxelles, il ne sera pas livré « dans l’immédiat », selon le parquet fédéral.
JUSTICE UN SIXIÈME SUSPECT
ARRÊTÉ POUR LA VOITURE
DE POLICE INCENDIÉE
Un nouveau suspect a été arrêté mercredi soir à Paris dans l’enquête sur
l’attaque d’une voiture de police,
incendiée le 18 mai à Paris par des
manifestants alors que deux agents
étaient à l’intérieur. Il a été placé en
garde à vue. Cinq suspects proches de
la mouvance antifasciste sont déjà
mis en examen dans cette affaire.
MIGRANTS LA BELLE-MÈRE
DE SARKOZY VA ACCUEILLIR
DES RÉFUGIÉS SYRIENS
La belle-mère de Nicolas Sarkozy,
Marisa Bruni Tedeschi, va accueillir
des réfugiés syriens chez elle, a-t-elle
indiqué dans un entretien publié
jeudi par « Ici Paris ». La mère de
Carla Bruni a annoncé qu’elle allait
accueillir « avant l’été, trois Syriens.
Deux adultes et un enfant ». « J’ai de
la place », a souligné l’actrice et pianiste italienne âgée de quatre-vingtsix ans qui vient de publier son autobiographie, « Mes chères filles »
(Robert Laffont).
L’ultime hommage à MohamedAli à Louisville
L’armée libyenne a pris le contrôle
des accès maritimes de Syrte, fief de
l’organisation Etat islamique (EI) en
Libye, empêchant les djihadistes de
fuir par la mer face à l’offensive des
forces du gouvernement d’union
nationale, a déclaré jeudi un responsable. La ville est désormais encerclée
de toutes parts. Par ailleurs, les avions
de l’armée de l’air du gouvernement
d’union ont bombardé des positions
de l’EI dans le centre de la ville.
AFRIQUE DU SUD PEINE
DE PRISON CONFIRMÉE
POUR BOB HEWITT
De jeunes fans se recueillent devant une photo du célèbre boxeur Mohamed Ali dont les funérailles à Louisville (Kentucky),
savillenatale,sontprogramméessurdeuxjours.Lacérémoniefunérairederitemusulmans'estdérouléejeudiauFreedom
Hall, où Ali a livré un combat en novembre 1961. Quelque 15.000 personnes y étaient attendues.
CORRÈZE FRANÇOIS HOLLANDE
REND HOMMAGE AUX
« 99 PENDUS DE TULLE »
François Hollande est allé jeudi en
Corrèze pour rendre un hommage
aux « 99 pendus de Tulle » exécutés
par la division SS Das Reich le 9 juin
1944. Le chef de l’Etat, qui n’a jamais
dérogé à ce pèlerinage depuis 1987
et ses premiers pas politiques dans
son fief électoral corrézien, l’effectue
pour la cinquième et dernière fois au
cours de ce mandat présidentiel.
LA PHOTO DU JOUR
Photo : David Goldman/AP/Sipa
Gordon Harnols/AFP
Belga/Federal police/AFP
EN FRANCE
// 13
Bob Hewitt (photo), l’ex-champion de
tennis australo-sud-africain, va être
emprisonné en Afrique du Sud après
avoir perdu en appel jeudi dans une
affaire de viol sur des adolescentes qu’il avait entraînées dans les
années 1980 et 1990. Il a été condamné
en mai 2015 à six ans de prison. La
Cour suprême d’appel a estimé que
son âge (soixante-seize ans) « n’interdisait pas la peine de prison ».
LIBERIA L’ÉPIDÉMIE D’EBOLA
EST OFFICIELLEMENT TERMINÉE
La dernière résurgence d’Ebola au
Liberia, ultime pays encore touché
par l’épidémie qui a ravagé une partie
de l’Afrique de l’Ouest, est terminée,
ont annoncé jeudi le ministère libérien de la Santé et l’Organisation mondiale de la Santé. Le pays entame
maintenant une période de quatrevingt-dix jours de surveillance accrue,
pour s’assurer que tous les nouveaux
cas soient vite identifiés et contenus.
ÉTATS-UNIS BERNIE SANDERS
PRÊT À TRAVAILLER
AVEC HILLARY CLINTON
Bernie Sanders a annoncé, jeudi,
après avoir été reçu par Barack
Obama à la Maison-Blanche, qu’il
r e n c o n t r e r a i t s a r i va l e H i l l a r y
Clinton prochainement pour œuvrer
ensemble à la défaite du républicain
Donald Trump à la présidentielle du
8 novembre. Il a aussi confirmé qu’il
restait en lice pour les toutes dernières étapes des primaires démocrates.
ON EN PARLE À JÉRUSALEM
Liebermanconnaîtsonbaptêmedufeusécuritaire
Après une attaque terroriste à Tel-Aviv, le nouveau ministre de la Défense
doit faire ses preuves.
chocolat, faisant quatre morts
et une quinzaine de blessés.
L’attaque meurtrière s’est produite dans l’enceinte du marché Sarona, l’un des lieux les
plus populaires de la ville, composé de cafés ainsi que d’aires
de jeux pour enfants, et situé à
quelques encablures du quartier général de l’état-major de
l’armée israélienne.
Ce premier acte de terreur du
Ramadan fait figure de test
grandeur nature pour Avigdor
Lieberman, le nouveau ministre de la Défense. Dénué d’expérience militaire, contrairement à son prédécesseur,
Moshe Ya’alon, et connu pour
ses positions musclées, le leader du parti ultranationaliste
Israël notre maison a été investi
Nathalie Hamou
— Correspondante à Tel Aviv
C
ertains Israéliens commençaient à croire
que le cycle de violence
initié à l’automne était terminé.
Après quelque 140 attaques
palestiniennes au couteau ou à
l’armeàfeu,quiontcoûtélavieà
31 Israéliens, 4 étrangers, et
207 Palestiniens (dont plus de
130 assaillants), le pays semblait
connaîtreuneaccalmie.Maisce
calme relatif a volé en éclats.
Dans la soirée du mercredi
8 juin, en plein cœur de TelAviv, deux jeunes Palestiniens
originaires du village de Yatta
(au sud d’Hébron, en Cisjordanie) ont mitraillé les clients
attablés à la terrasse d’un bar à
AUJOURD’HUI
22
22
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Brest
Caen
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Rennes
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Tours
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Toulouse
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Troyes
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Bourges
qualifiée d’« acte héroïque » par
le chef politique du Hamas au
pouvoir à Gaza, et condamnée
par le président palestinien,
entraînera d’autres mesures
de nature à avoir une réelle
efficacité contre le phénomène
des « loups isolés ».
« La réaction des dirigeants
israéliens devrait se concentrer
sur l’achèvement de la barrière
de sécurité qui a prouvé son efficacité mais comporte des brèches en certains endroits comme
au sud d’Hébron, selon Barak
Ben-Zur, un ancien responsable du renseignement intérieur. Pour le reste, l’approche
pragmatique a jusqu’ici prévalu
au sein des gouvernements de
droite et il n’y a pas de raisons
que cela change. » n
LA MÉTÉO
23
Lille
22
Amiens
25
voilà moins de quinze jours.
« Nous n’allons pas nous contenter de lancer des paroles en
l’air », a-t-il réagi au lendemain
de l’attaque et juste avant de
rejoindre la réunion du cabinet de sécurité du gouvernement de Benyamin Netanyahu.
Israël a annoncé le déploiement de renforts militaires
autour d’Hébron. Les autorités ont surtout décidé de geler
les 83.000 permis d’entrées
qui venaient d’être délivrés aux
Palestiniens de Cisjordanie
à l’occasion du Ramadan,
notamment pour effectuer des
visites familiales. Lieberman
a ordonné également la confiscation des corps de Palestiniens
tués au cours d’attentats. Reste
à savoir si l’attaque, qui a été
15/26
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24
Bastia
25
Ajaccio
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lachainemeteo.com
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ZURICH
Vendredi 10, samedi 11 juin 2016
www.lesechos.fr
La municipalité
a passé des
partenariats pour
le développement
de deux applications
touristiques.
// P. 26
DEVISES EUR/GBP 0,783 EUR/JPY 1,2064 EUR/CHF 1,0914 GBP/USD 1,4451 USD/JPY 1,066 USD/CHF 0,9645 TAUX EONIA -0,333 LIFFE EURIBOR 3 MOIS -0,264 OAT 10 ANS 0,345 T-BONDS 10 ANS 1,6833
INDUSTRIE & SERVICES
MOUVEMENTS SOCIAUX
DERNIÈRE HEURE
Air France espère limiter l’impact
de la grève des pilotes.
Airbus achèveson désengagement
du capitalde DassaultAviation
// P. 16 À P. 18 ET L’ÉDITORIAL
DE DAVID BARROUX P. 8
DR
L’ORÉAL
Quand
les fournisseurs
d’énergie
offrent
des ampoules
LED
Véronique Le Billon
@VLeBillon
Le géant mondial invente
les services de demain pour doper
le marché de la beauté. // P. 20
FONCIA
Le gestionnaire de biens vendu
1,8 milliard d’euros à un duo
suisso-canadien. // P. 21
AUTOMOBILE
Dumping chinois : les industriels
du pneu se rebiffent. // P. 22
HIGH-TECH & MÉDIAS
TÉLÉVISION
Le groupe Airbus a annoncé jeudi soir avoir engagé la cession des 23,6 % qu’il détient encore dans Dassault. Photo Eric Piermont/AFP
Après le rejet de son alliance
avec BeIN, Canal+ va devoir faire
cavalier seul. // P. 25
Airbus a annoncé, jeudi,
la cession d’une troisième
et dernière tranche de
sa participation au capital
de Dassault Aviation.
INTERNET
Les gares françaises font
leur entrée dans Google Maps.
// P. 25
PME & RÉGIONS
AFP
Bruno Trévidic
[email protected]
CULTURE
Branle-bas de combat
aux Archives nationales. // P. 27
FINANCE & MARCHÉS
ASSURANCE
La Maif vient bousculer
les banques en lançant
son agrégateur. // P. 29
BANQUE
Ce que les établissements
attendent de la signature
électronique 2.0. // P. 30
Deux ans presque jour pour jour après la
décision de Tom Enders de vendre les
46,3 % de Dassault Aviation détenus par
l’ex-groupe EADS, Airbus Group est sur le
point d’achever son désengagement. Après
la vente de deux premières tranches, en
2014 et 2015, le groupe d’aéronautique et
défense a en effet annoncé jeudi soir avoir
engagé la cession des 23,6 % qu’il détient
encorechezlefabricantduRafaleetdesFalcon.Uneopérationrégléecommedupapier
à musique, qui aurait rapporté, au total,
quelque 5 milliards d’euros à Airbus. Et ce
en parfait accord avec l’actionnaire principal, le holding familial Dassault, qui en aura
profité pour renforcer encore son contrôle
sur l’entreprise familiale tout en augmentant sa valorisation. Et avec la bénédiction
de l’Etat français, qui s’est assuré de pouvoir
protéger les intérêts du pays chez les fabri-
cants du Rafale, sans bourse délier.
Comme pour la première tranche, en
décembre 2014, la vente des 23,6 % pour
1,7 milliard d’euros restants s’effectue à
travers un placement privé, réalisé pour
partie par un rachat d’actions par Dassault Aviation et, pour le reste, par
l’émission d’obligations convertibles. De
quoi permettre à Airbus de céder la totalité de ses parts, « tout en conservant une
exposition à la hausse sur les actions sousjacentes aux obligations », explique le
communiqué. « En cas d’échange de
l’intégralité des obligations ou d’exercice
de l’option de remboursement en actions,
Airbus Group ne détiendra plus aucune
action Dassault Aviation ni aucun droit de
vote », souligne Airbus Group.
Une longue histoire
C’est le point final d’une longue histoire
d’intérêts divergents et de consolidation
inachevée. Héritée de l’Aerospatiale cette
participation de 46,3 % dans Dassault Aviation aurait dû servir de base au regroupement des savoir-faire européens en matière
d’avions de combat. Mais la France ayant
finalement préféré continuer son cavalier
seul avec le Rafale, face à l’Eurofighter,
EADS s’était retrouvé, dès sa création, strictement cantonnée à un rôle d’actionnaire
dormant, voire de portage pour le compte
de l’Etat français, au tour de table de Dassault Aviation. Même le projet d’un drone
de combat européen n’avait pas permis de
ranimer la coopération entre Dassault et
EADS,
A son arrivée à la tête d’EADS, Tom
Enders, par ailleurs en recherche de liquidité pour financer le retrait des deux actionnaires de référence, Daimler et Lagardère,
en avait donc tiré les conséquences, en lançant le processus de vente. Pour le grand
bonheur de Serge Dassault, très désireux de
se débarrasser d’un actionnaire inutile doté
d’une minorité de blocage, et d’augmenter
le flottant de son groupe. La seule condition
était de trouver un accord permettant de
préserver les intérêts français, au cas où le
holding Dassault serait amené à changer de
mains.
Pour se prémunir d’une telle éventualité,
ce dernier a profité du désengagement
d’Airbus pour négocier une convention
avec GIMD. D’une durée de vingt ans, celle-ciapourprincipalobjetd’octroyeràl’Etat
un droit de préemption sur tout transfert de
titres Dassault Aviation par GIMD lui faisant franchir à la baisse le seuil de 40 % du
capital de l’avionneur. Et aussi sur tout
transfert de titres ultérieur en deçà de ce
seuil. n
INVESTISSEMENTS
Saisies des biens d’un Etat :
le parcours du combattant
des créanciers. // P. 31
BOURSE
Wall Street se rapproche
de son record historique.
// P. 32
LES ÉCHOS BUSINESS
CARNET // P. 36
Faut-il acheter avant de vendre ?
// P. 37 À P. 39
L’IMMOBILIER COTÉ
DANS
« LA CHRONIQUE
BOURSE »
À 12H ET 17H30
DU LUNDI AU VENDREDI
L’opération, in fine, reste
néanmoins financée
par la communauté
des consommateurs
d’essence ou d’électricité.
L’opération est cousine de celle
d’EDF lancée en début d’année avec le
ministère de l’Energie, pour un total
de 1 million d’ampoules économes.
L’offre de GEO PLC est toutefois plus
souple, chaque ménage éligible pouva n t d e m a n d e r j u s q u’à 3 p a c k s
d’ampoules, choisies entre plusieurs
modèles. Et les ménages au-dessus
du seuil de revenus permettant de
recouvrer des CEE précarité
pourront néanmoins acheter les
ampoules, à prix bonifié (30 euros les
dix). EDF a lui aussi mené plusieurs
opérations de ventes de LED à prix
réduit en magasin, dans le cadre de
partenariats avec des fabricants
(Philips, Osram...).
D’autres dispositifs
LES ÉCHOS PATRIMOINE
IMMOBILIER
SUR
D i x amp o u l es LED g rat u i t es en
quelques clics sur un site Internet
(mesampoulesgratuites.fr). GEO PLC,
une PME spécialisée dans les services
d’efficacité énergétique, a présenté
jeudi une opération qui devrait rapidement trouver son public : les 45 % de
ménages les plus modestes, que les
fournisseurs d’électricité ou de carburant (EDF, Engie, Total, Leclerc...)
doivent davantage inciter, depuis le
début de l’année, à réaliser des économies d’énergie (« Les Echos » du
30 décembre 2015).
Ces fournisseurs ont ainsi mandaté
GEO PLC pour remplir une partie de
leurs obligations d’économies d’énergie : la PME a passé une commande de
2 millions d’ampoules LED, très économes en électricité, au fabricant chinois
Tospo, et elle les distribuera en direct
chez les clients, permettant ainsi de
minimiser le coût. En échange, elle
récupérera auprès de l’administration
les certificats d’économies d’énergie
(CEE), attestant et mesurant les efforts
des fournisseurs d’énergie.
AU PROFIT DES COLLECTIVITÉS LOCALES
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[email protected]
L’opération, in fine, reste néanmoins
financée par la communauté des
consommateurs d’essence ou d’électricité, puisque la subvention apportée par
les fournisseurs d’énergie se retrouve
dans leurs coûts d’exploitation. Ce dispositif ne couvrira en outre qu’une toute
petite partie de leurs obligations. Les
fournisseurs d’énergie, qui doivent réaliser ces efforts d’économies depuis une
dizaine d’années, ont d’autres moyens
de les réaliser, par exemple en proposant des primes à l’achat d’équipements
vertueux ou en nouant des partenariats
pour réaliser des travaux d’isolation.
Après les ampoules gratuites, GEO PLC,
au capital duquel se trouve le groupe de
grande distribution Intermarché, a
d’autres projets dans ses cartons. Il veut
notamment lancer d’ici à deux mois un
dispositif du même genre pour la réalisation d’isolation des combles chez les
particuliers. n
Paris Enigme
Paris mise sur les start-up pour
bien accueillir l’Euro
16 //
Vendredi 10, samedi 11 juin 2016 Les Echos
INDUSTRIE
&SERVICES
à suivre
MOUVEMENTS SOCIAUX
AirFranceespère limiter
l’impactde la grève des pilotes
Elsa Dicharry/ »Les Echos »
l Selon la direction, de 70 à 80 % des vols seront maintenus samedi.
l Faute d’accord avec les syndicats, la direction table sur une faible mobilisation.
SNCF : après la décrue, la reprise
du trafic en Ile-de-France
reprendre sur la ligne C du RER, coupée depuis huit jours dans
Paris, entre Austerlitz, Javel et Henri Martin, suite à la crue de la
Seine. Du fait de la grève des cheminots, il n’y aura cependant
qu’un train sur deux en circulation. Jeudi, les équipes de la SNCF
s’affairaient pour réparer les derniers dégâts sur les installations et vérifier l’état des équipements électriques et des voies.
Sur la ligne D aussi, les trains pourront de nouveau circuler
entre Melun et Corbeil ce vendredi, mais à vitesse réduite.
Europcar acquiert un opérateur
espagnol de l’autopartage
Gilles Rolle/RÉA
FERROVIAIRE — Dès ce vendredi, la circulation des trains va
Malgré des concessions, l’écart entre les revendications des pilotes et les dernières propositions de la direction reste important.
Bruno Trévidic
[email protected]
TRANSPORT — Europcar, le numéro un européen de la location
de véhicules, a annoncé jeudi l’acquisition d’une entreprise espagnole d’autopartage, Bluemove, à travers sa filiale Ubeeqo spécialisée dans cette activité. Actif depuis 2011, Bluemove, rassemble « 47.000 clients enregistrés » à Madrid, Séville et Malaga, a
précisé Europcar. Le groupe, qui vient de lancer un emprunt obligataire de 125 millions d’euros pour financer sa croissance
externe, veut « devenir la référence de la mobilité urbaine ».
La perspective d’ouvrir le dimanche
encore repoussée pour Galeries Lafayette
DISTRIBUTION — Les Galeries Lafayette, qui attendaient une
décision de justice pouvant remettre en cause la validité du droit
d’opposition exercé par trois syndicats contre l’accord sur le travail dominical, vont devoir patienter, la justice ayant estimé
jeudi qu’il n’y avait pas urgence. Le SCID avait été assigné au TGI
en référé d’heure à heure par les Galeries Lafayette, qui contestent sa représentativité depuis qu’il s’est désaffilié de la CFDT.
Après trois jours de négociations
infructueuses entre les représentants des pilotes et la direction, Air
France se prépare à la grève, qui
débutera samedi et va se poursuivre
au moins jusqu’à mardi inclus. Le
PDG, Frédéric Gagey, l’a lui-même
reconnu jeudi après-midi, après le
rejet par le principal syndicat de
pilotes, SNPL, des dernières propositions de la direction. « Notre porte
reste ouverte mais, pour l’heure, la
prioritéestàlapréparationdelajournée de samedi », a-t-il expliqué.
Selon le dirigeant, la compagnie
devrait réussir à limiter les dégâts
durant cette première journée de
grève, avec 70 à 80 % des vols maintenus samedi. Des messages seront
envoyés aux passagers des vols
annulés au plus tard 24 heures
avant. « Nous porterons une attention particulière aux vols liés à
l’Euro », a précisé Frédéric Gagey.
Pour les jours suivants, tout
dépendra de la mobilisation des
pilotes.Mais,àencroireladirection,
cette mobilisation serait, pour
l’heure, assez faible. « Pour la jour-
née de samedi, nous n’avons enregistré que 25 % de grévistes », affirme le
PDGd’AirFrance.Or,laloiDiardfait
obligation aux personnels du transport aérien de déclarer leur intention au moins 48 heures avant le
début d’une grève. Les pilotes grévistes avaient donc jusqu’à jeudi
matin 5 heures pour transmettre
leur déclaration à la direction. Mais,
de son côté, le SNPL chiffre à « plus
de 50 % » le taux de grévistes.
Rapprochements
Du côté des pilotes comme de la
direction, on semble pourtant estimer que les négociations avaient
permis de rapprocher les points de
vue. « Il est bien regrettable que la
direction préfère préparer la grève,
plutôt que de poursuivre les négociations, estime un porte-parole du
SNPL. Nous étions proches de pouvoir aboutir à quelque chose, mais
nous avons le désagréable sentiment
que la direction est incapable de conclurepourdesquestionsdeprincipe».
La direction d’Air France assure,
elle, avoir fait des concessions pour
éviterleconflit,enacceptantnotamment de passer la majoration des
heures de nuit de 50 % à 45 %, au
lieu des 40 % annoncés initialement. Elle s’est également dite prête
à prolonger l’accord de périmètre,
arrivé à échéance fin mars, qui limitait les transferts d’activité vers Hop!
et les compagnies partenaires, et
même à discuter du plan de développement de Transavia, ainsi que
d’une possible revalorisation des
rémunérations de ses copilotes de
Transavia.
Cependant,l’écartentrelesrevendications des pilotes et les dernières
propositions de la direction reste
important, notamment au sujet de
la répartition de l’activité entre Air
France et KLM. Si cette question –
qui inquiète aux Pays-Bas (lire cidessous) – est considérée par la
direction comme « légitime et perti-
« Nous porterons
une attention
particulière aux vols
liés à l’Euro. »
FRÉDÉRIC GAGEY
PDG d’Air France
nente », selon les mots de Frédéric
Gagey, il reviendra au nouveau PDG
d’Air France-KLM, Jean-Marc
Janaillac, de trancher la question,
a-t-il souligné. Et manifestement,
syndicats et direction n’ont toujours
pas la même vision du problème.
Selon le SNPL, Air France aurait
besoin de 17 avions long-courriers
supplémentaires et d’au moins 2 %
de croissance par an sur les six prochaines années, pour retrouver un
niveau de répartition de l’activité
avec KLM conforme à l’accord de
2003, qui prévoit que les deux tiers
de l’activité du groupe soient effectués par Air France, contre un tiers
pour KLM. Mais, d’après les calculs
de la direction, un retour au niveau
de l’accord signé en 2003 nécessiterait d’augmenter de 23 % le nombre
d’heures de vol chez Air France et
d’ajouter 27 avions, pour un coût
estimé de 4 milliards d’euros. De
même, la demande du SPAF, de
revaloriserde11,33 %lessalairesdes
pilotes, représenterait un surcoût
de 111 millions d’euros par an, selon
le DRH, Gilles Gateau.
(
Lire l’éditorial de
David Barroux page 10
Aux Pays-Bas, l’exaspérationest àson comble
DU 1 9 M A RS A U 21 J U IN 201 6
OFFREZ-VOUS
2 PAIRES pour 320€
L’association néerlandaise
des pilotes fustige l’attitude
de ses homologues
d’Air France.
Didier Burg
— Correspondant à Amsterdam
*
NOUV ELLE S O UVERTURE S :
Lau sanne, C. Cial V é l iz y 2 , C . C ial Av enu e 83 Toulon
54 point s de v ente
E-SH OP
fi n s b u r y- s h o e s . c o m
*Voir conditions en magasin
Mo dèle Jer ico
Ligne Latina
Marron bi-matière
Telegraaf ». La Haye prend très au
sérieux ces informations, au point
que le ministre des Finances,
Jeroen Dijsselbloem, a pris contact
jeudi après-midi avec son homologue français à ce sujet.
LesgriefsdesNéerlandaisàl’encontre d’Air France s’accumulent à la
veille de la grève des pilotes français
( l i r e c i - d e s s u s) , e t a l o r s q u e
démarre l’Euro 2016. « La direction
d’Air France a perdu le contrôle de
l’entreprise face à une mutinerie »,
s’indigne l’association néerlandaise
des pilotes (VNV). Elle juge irresponsables les propos de Frédéric
Gagey, patron d’Air France, pour
avoir déclaré : « Les gens prendront
leur voiture ou le train si les pilotes
font grève. »
« Actions destructrices »
Les pilotes de la compagnie batave
pointent eux aussi l’attitude passive
de la direction parisienne pour
négocier avec leurs homologues
français. Quant au directeur général de KLM, il a déclaré devant des
salariésque« lesactionsrevendicatives du personnel français sont destructrices alors que le groupe vient,
Evolution du trafic positive
Après avoir réalisé un bon volant d’économies, KLM n’a aucune
envie de renflouer Air France. Photo Shutterstock
d’opérer un retour aux bénéfices
après des années de pertes ».
En avril dernier, l’annonce du
départ d’Alexandre de Juniac de
son poste de PDG du groupe Air
France-KLM pour rejoindre l’IATA,
l’association internationale du
transport aérien, avait déjà donné
lieu à des règlements de comptes de
la part des Néerlandais (« Les
Echos » du 6 avril). Propre à renforcer les tensions, la presse locale s’est
fait l’écho mercredi d’un projet des
Français de « détourner » des vols
de KLM vers Air France, ce qui priverait l’aéroport d’AmsterdamSchiphol d’une partie de son trafic.
Des vols de KLM vers le Mexique, le
Sri Lanka et Cuba seraient même
déjà visés, selon le quotidien « De
Car, après avoir réalisé un bon
volant d’économies – même si des
négociations avec les personnels au
sol sont toujours en cours –, KLM
n’a aucune envie de renflouer Air
France. D’autant que les efforts réalisés côté néerlandais portent leurs
fruits. Pour preuve, les derniers
chiffres sur l’évolution du trafic au
sein des deux compagnies en mai.
Là où Air France a vu le nombre de
ses passagers chuter de 0,3 %, KLM
atransporté3,7 %depassagerssupplémentaires.
Signé en juillet 2015 après huit
mois de négociations sans grève, un
accord a remis à plat les conditions
de travail des 2.800 pilotes de KLM.
Outre une augmentation des heures de vol et un gel des salaires sur
trois ans, les pilotes néerlandais ont
renoncé à des avantages de retraite
et accepté un recul de deux ans, à
58 ans, de l’âge de départ à la
retraite. n
INDUSTRIE & SERVICES // 17
Les Echos Vendredi 10, samedi 11 juin 2016
Cesconflitsqui ontprisenotage
l’Euro 2016etlaloitravail
Antoine Boudet
[email protected]
Myriam Chauvot
[email protected]
Lionel Steinmann
[email protected]
Si la majorité resserre les rangs
pour défendre la loi travail, l’exécutifpeineàéteindrelagrognesociale
contre le texte de la ministre du
Travail, Myriam El Khomri. Alors
que débute ce vendredi l’Euro de
football (lire pages 18-19), les mouvements sociaux restent nombreux, mais pour certains (comme
celui des pilotes d’Air France, lire
ci-contre) sans aucun rapport avec
la loi travail. Jeudi soir, l’exécutif
multipliait les déclarations rassurantes. « Soyez sûrs que les services
publics seront assurés. L’Etat prendra ses responsabilités », a ainsi
déclaré François Hollande à Tulle,
tandis que son Premier ministre,
Manuel Valls, a prévenu qu’il
n’excluait « aucune hypothèse »
pour acheminer les supporters
versleStadedeFrance,oùsedéroulera, vendredi soir, le match
d’ouverture de l’Euro 2016, FranceRoumanie.
• À LA SNCF, LA FIN
DE LA GRÈVE SE PROFILE
Après neuf jours de grève, la fin du
conflit se profile à la SNCF. Elle n’est
pas forcément visible dans les chiffres : avec 7,9 % de cheminots grévistes, selon la direction, la participation au mouvement était certes
en léger déclin jeudi, mais l’impact
sur le trafic reste toutefois important, du fait d’une forte mobilisa-
tion chez les contrôleurs et les conducteurs. En moyenne, 4 TGV
sur 5, 6 TER sur 10 et 1 train Intercités sur 2 ont circulé. Les perturbations sont également notables en
Ile-de-France, avec seulement 50 %
des Transilien sur les rails.
Et le mouvement va se poursuivre ce vendredi, malgré le début de
l’Euro.LedirigeantdelaSNCFpour
l’Ile-de-France a, pour cette raison,
demandé aux spectateurs du
matchd’ouvertureàParisdeserendre « le plus tôt possible » au Stade
de France, expliquant que la ligne
ne sera pas « en condition normale
de desserte ».
Mais les signes observés dans les
assemblées générales témoignent
d’une certaine lassitude. Selon
l’AFP, la grève a été revotée pour
24 heures dans toutes les gares ou
établissements franciliens (sauf
par les contrôleurs de la gare de
Lyon), à Marseille, Saint-Etienne,
B ourg-en-Bresse, Amiens ou
encore en Bretagne. Mais les scrutins ont été plus serrés que la veille,
comme à Nantes par exemple où
58 % des votants se sont prononcés
pour la reconduction, contre 95 %
la veille.
Surtout, la CGT, qui officiellement ne donne pas de mot d’ordre,
diffuserait selon plusieurs sources
dans les assemblées générales des
consignes de suspension de la
grève. Par ailleurs, les assemblées
générales des zones Paris Nord et
ParisSud-Est,quisontpourtantdes
bastions très syndiqués, ont, selon
SUD, revoté la grève pour vendredi,
jour de l’ouverture de l’Euro, et le
14 juin, pour soutenir la grande
Il a dit
« Je ne suis pas sûr
que bloquer
les supporters soit
la meilleure image
que l’on puisse
donner de la CGT. »
PHILIPPE MARTINEZ
Secrétaire général de la CGT
Photo Patrick Kovarik/AFP
manifestation nationale des opposants à la loi travail. Entre ces deux
dates, les cheminots vont « reprendre le travail ». Du coup, l’annonce
par les syndicats que les RER B et D,
qui desservent le Stade de France
seront « massivement en grève »
pour le match d’ouverture a des
airs d’un baroud d’honneur.
LA GRÈVE DES POUBELLES
•RECONDUITE
JUSQU’AU 14 JUIN
Pour la Fédération CGT des services publics, la place du projet de loi
travail est dans les poubelles et
pour l’y mettre, la grève des ordures se durcit. Certes, elle reste limitée au personnel des régies publiques, le secteur privé étant peu
touché. Mais en revanche, jeudi, la
grève s’est installée pour durer. « A
Ivry, où se trouve le principal garage
de bennes de Paris et le plus gros incinérateur de France, les éboueurs et
leschauffeursontvotécetaprès-midi
la reconduction de la grève jusqu’au
14 juin », souligne Christophe Couderc, secrétaire national de la CGTservices publics, interrogé par
« Les Echos ». Le syndicat a aussi
lancé un appel à la grève dans les
services de l’eau et du logement.
L’ultimatum est clair : « Seule la
décision d’ouvrir des négociations
sur le projet de loi travail permettrait
de suspendre le mouvement », indique le secrétaire national.
En attendant, l’incinérateur de
Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône)
est bloqué, comme toute la collecte
dans l’Ariège. Mais en ce jour
d’ouverturedel’Euro2016,c’estsurtout Paris, ville d’accueil du match
d’ouverture, qui est prise en otage.
Dans la capitale et sa petite couronne, la situation devient critique.
La majorité des centres de traitement et incinérateurs des déchets
restent bloqués. « Ivry, Saint-Ouen,
Issy-les-Moulineaux… les trois sont
bloqués », affirme Christophe Couderc. Seule victoire de la maire de
Paris, les forces de l’ordre (la BAC)
sont intervenues pour débloquer le
centre de tri de Romainville. Le secteur privé, qui assure la collecte
dans dix arrondissements (Derichebourg, Pizzorno et Veolia), a été
appelé au secours pour nettoyer les
dix autres, gérés par le service
public, où les poubelles débordent.
« Mais il y a des limites à notre capacité de substitution, qui est le nombre
de camions bennes que nous posséd o n s » , r e m a r q u e - t- o n c h e z
L’annonce par les syndicats que les RER B et D, qui desservent
le Stade de France seront « massivement en grève » pour le match
d’ouverture a des airs d’un baroud d’honneur. Photo Jean Ayissi/AFP
Pizzorno. Il reste une nuit pour
faire place nette. « Dans la nuit de
jeudi à vendredi, nous allons collecter non-stop, nos bennes vont refaire
une tournée de 23 h 30 à 5 heures du
matin après notre tournée contractuelle habituelle », témoigne Thomas Derichebourg, patron de la
filiale de collecte de déchets de
Derichebourg Polyurbaine, qui
était déjà intervenu mercredi dans
les très huppés 5e et 6e arrondissements. Malgré la course contre la
montre des opérateurs privés, Thomas Derichebourg prévient toutefois, comme Pizzorno : la collecte
ne pourra pas être exhaustive. Les
virées nocturnes des bennes ne suffiront pas à assurer un retour à la
normale. n
Dudébut àlafin, legouvernement auranaviguéàvue
Manuel Valls a sous-estimé
la capacité de résistance
des syndicats et le télescopage entre le calendrier
de la loi travail et celui
des négociations à la SNCF.
Leïla de Comarmond
@leiladeco
Tordre le bras au PDG de la SNCF
pour qu’il n’assouplisse pas l’organisation du temps de travail des
cheminots de la SNCF comme il le
souhaitait… Si quelqu’un avait dit à
Manuel Valls que son gouvernement en arriverait là pour éteindre
l’incendie provoqué par son projet
de réforme du Code du travail, le
Premier ministre l’aurait démenti
avec véhémence. Et pourtant, c’est
bien ce qui vient d’arriver et ce n’est
pas le fruit du hasard. Dans cette
affaire, l’exécutif ne peut pas renvoyer la responsabilité du conflit à
la seule CGT, fût-elle radicalisée. Il a
du début à la fin navigué à vue.
Signe d’une perte de culture
sociale chez certains socialistes,
Manuel Valls a sous-estimé la capacité de résistance des syndicats.
Sans doute persuadé qu’ils subissaient le même discrédit que les
partis politiques, le chef du gouvernement a pensé que leur pouvoir se
résumait à une capacité de nuisance et qu’il mettrait l’opinion de
son côté parce que l’idée d’une
réforme du Code du travail était
bien accueillie dans les sondages.
Le secrétaire d’Etat
aux Transports, Alain
Vidalies, a largement
démontré ses capacités
de démineur...
... et appliqué une bonne
vieille recette : dialoguer
et donner satisfaction
sur les revendications
catégorielles.
Puis, confronté à une opposition
de tous les syndicats, il a cru que
répondre aux demandes des réformistes et empêcher ainsi l’unité
syndicale casserait le mouvement.
Si cela en a limité l’ampleur, c’était
sans compter sur la poussée de fièvre qui a touché des secteurs clefs
de l’économie.
Les raffineries, où la CGT est très
puissante, ont ouvert le bal sectoriel sur la seule revendication du
retrait de la loi travail. L’exécutif a
géré le dossier avec doigté en évitantunaffrontementviolentetl’utilisation de l’arme, très contestée à
gauche, des réquisitions. Mais trois
autres dossiers sont venus se télescoper avec la loi travail ; des dossiers gérés par le secrétaire d’Etat
aux Transports, Alain Vidalies. Cet
avocat en droit du travail côté salariés, dont le nom a circulé à chaque
changement de ministre du Travail, connaît bien la matière
sociale… Et les syndicats. Il a largement démontré ces derniers jours
sescapacitésdedémineur,enappliquant une bonne vieille recette :
dialogueretdonnersatisfactionsur
les revendications catégorielles.
Cela lui a permis d’éteindre un à un
les incendies déjà allumés et d’en
éviter d’autres.
Le premier dossier, celui des routiers, a été réglé très vite : Alain
Confronté à une opposition de tous les syndicats, le Premier ministre, Manuel Valls, a pensé
que répondre aux demandes des réformistes casserait le mouvement. Photo Eric Feferberg/AFP
Vidaliesagarantilasurviedel’organisation du temps de travail au
niveau de la branche et non de
l’entreprise, l’inverse de ce que prévoit le projet de loi travail. Le
deuxième, celui des cheminots, a
fait plus de bruit. Le moins que l’on
puisse dire est que le secrétaire
d’EtatauxTransports,mandatépar
l’Elysée, a eu d’importantes marges
de manœuvre pour négocier avec
la CGT. Qu’elle signe ou non le compromisfinal,làn’estpaslaquestion,
mais force est de constater que les
assemblées générales de jeudi dessinent une fin du mouvement pour
le début de la semaine (lire ci-dessus). Les contrôleurs aériens, en
conflit depuis des mois, ont eux
aussi assez obtenu pour lever leur
préavis de grève. Difficile de dire si
l’Euro n’aurait pas suffi à leur faire
hausser le ton. Mais on peut penser
qu’ils ont sûrement plus gagné,
compte tenu du climat électrique.
Reste deux points noirs : les pilo-
tes d’Air France et les grèves chez
les éboueurs. Le premier est purement corporatiste. Pas le second, ce
qui le rend plus difficile à gérer,
d’autant que les grévistes ont en
ligne de mire l’objectif de tenir jusqu’à la manifestation nationale
contre la loi travail, qui doit avoir
lieu mardi dans la capitale. A SaintEtienne, un protocole de fin de conflit a néanmoins été signé, mais en
région parisienne, le blocage va
persister vendredi. n
18 // INDUSTRIE & SERVICES
Vendredi 10, samedi 11 juin 2016 Les Echos
SPORT
LesBleus entamentl’Euro
avecunblasonredoré
l L’équipe de France a retrouvé les faveurs du public et plaît à ses sponsors.
l Les Bleus restent un produit phare pour la fédération française.
EURO
2016
Christophe Palierse
[email protected]
« Ça va mieux » : la fameuse petite
phrase du président de la République colle plutôt bien à l’équipe de
France de football. Deux ans après
une Coupe du monde plutôt réussie
au Brésil, laquelle lui avait permis
de tourner la déplorable page du
naufrage sud-africain de 2010, elle
confirme même son rétablissement. Alors que les Bleus donnent
le coup d’envoi de l’Euro 2016 ce
vendredi soir en affrontant la Roumanie, nombre d’anciens grands
joueurs français et étrangers interrogés dans « L’Equipe » de jeudi en
font même les « favoris » de la compétition. Ils le sont aussi pour les
opérateurs de paris sportifs, qui
attendent beaucoup de cet Euro…
Un beau parcours des Tricolores
ne ferait qu’augmenter leur cote
d’amour auprès d’un public à nouveau séduit. Selon la dernière
enquête réalisée fin mai par TNS
Sofres pour l’« Observatoire du
foot »duPMU,53 %desFrançaisont
une « assez bonne » voire « très
bonne »imagedel’équipedeFrance,
soit une progression de 7 points par
rapport aux deux précédents sondages, sachant que cet observatoire est
actif depuis début mars.
Ce taux atteint même 81 % chez
ceux se déclarant « supporters » de
l’équipe de France, des fans toujours plus nombreux d’ailleurs :
51 % des Français interrogés par
TNS Sofres estiment l’être, une part
accrue de deux points par rapport
aux deux premiers sondages de
l’institut.Nonseulementl’imagede
l’équipe de France n’est pas affectée
par les affaires ou polémiques
extra-sportives qui l’environnent,
mais, encore, ses dernières victoires l’ont embellie.
du collectif. Le rôle d’un bon sélectionneur est d’obtenir un “mix”
entre résultats et attitude. Nous,
sponsors, nous n’interférons pas
dans le sportif mais nous voulons un
comportement exemplaire », souligne, de son côté, Nicole Derrien,
directrice de la communication et
sponsoring du Crédit Agricole, un
vieux partenaire de la Fédération
française de football (FFF), dont
elle souligne la « professionnalisation » dans ses relations avec les
sponsors. Un sujet crucial pour la
FFF dans la mesure où son financement dépend pour beaucoup des
Bleus.
L’équipe de France génère, en
effet, 64,8 millions d’euros de revenus – recettes commerciales, droits
TV… –, hors contrat avec l’équipementier Nike – soit 45,5 millions –
« L’esprit de la gagne »
64,8
« Le public fait la différence entre
l’individu et l’équipe, et encore plus
entre l’individu et le sponsor », rappelle Benoît Cornu, directeur de la
communication du PMU, l’un des
cinq partenaires majeurs de la
Fédération française de football
avec le Crédit Agricole, EDF, Nike et
Volkswagen. « Didier Deschamps a
apporté l’esprit de la gagne, le sens
MILLIONS D’EUROS
Ce que génère l’équipe
de France en revenus
(recettes commerciales,
droits TV…), hors contrat
avec l’équipementier Nike.
suruntotalderessourcesdelafédération de 212,9 millions pour la saison 2016-2017.
Visibilité
La FFF a toutefois de la visibilité sur
ses moyens avec notamment ses
partenariats commerciaux calés
sur le cycle de la Coupe du monde,
soit 2014-2018 pour les contrats en
cours. Surtout, le football, sport
numéro un en France, et les Bleus
restent des supports d’image particulièrement efficients. L’exemple de
KFC, un nouveau venu dans la maison FFF, est éclairant. Son directeur
général France, Frédéric Levacher,
qualifie de « décision stratégique » le
récent partenariat de l’enseigne de
restaurationrapide.Ilentiredéjàun
bilanpositif,évoquantun« accélérateur de proximité » pour cette marque « très américaine » en plein
développement.
Comme le relève le directeur
général de Havas Sports & Entertainment France, Gilles Portelle,
« un Euro positif profiterait au sport
en général et au football en particulier ». Même si, pointe Gilles
Dumas, le coprésident de Sportlab,
« le foot a perdu de sa toute-puissance du tout début des années
2000 ». n
Recordattendudans les parissportifs
Les opérateurs s’attendent
à une activité supérieure
à celles de l’Euro 2012
et du Mondial 2014.
La FDJ et le PMU ont un
différend avec Google.
L’Euro 2016 s’annonce particulièrement prometteur pour les opérateurs de paris sportifs. Le total des
mises attendu par les professionnels s’élève à au moins 150 millions
d’euros s’agissant des sites de paris
en ligne agréés, à comparer à
30,8 millions pour l’Euro 2012 et à
109 millions pour la Coupe du
monde de 2014.
Commelesoulignenéanmoinsla
directrice générale de Betclic Everest Group – le numéro un français
avec Betclic –, Isabelle Andrès, le
résultat final « va aussi dépendre du
parcours » de l’équipe de France,
qui fait office de favori numéro un
des opérateurs.
De son côté, la Française des Jeux
(FDJ), qui a le monopole pour la
prise de paris en réseau et réalise
l’essentiel de son activité avec ses
points de vente, table sur un cumul
d’au moins 200 millions avec ses
deux canaux, soit davantage, là
encore, que pour le Mondial brésilien 2014 (192 millions).
La FDJ, mais également le PMU,
entame, cependant, cet Euro avec
unpetitcailloudansleschaussures.
Comme vient de le rapporter « La
lettre de l’Expansion », le journal
« L’Equipe » a été récemment mis
en demeure par Google d’une éventuelle exclusion à compter du
10 juin de sa boutique virtuelle
d’applicationsAndroïddansl’hypothèse où serait maintenu le référencement de la FDJ et du PMU, deux
partenaires depuis fin 2015. A la
FDJ, pourtant partenaire de Google
– leur accord concerne essentiellement YouTube –, on ne cache pas
avoir « été surpris du caractère
péremptoire de Google, à quelques
jours d’un é vénement majeur
[l’Euro, NDLR] ». Même son de cloche au PMU.
Position dominante
Chez Google France, où « on ne
s’exprime pas sur les cas individuels », on rappelle que sa règle en
matière d’applications mobiles prohibe les jeux d’argent. Ce que ne fait
pas, en revanche, la régie publici-
taire du mastodonte de l’Internet,
Google AdWords… « C’est complètement hypocrite », lâche un protagoniste. En clair, Google, qui a prévenu
« L’Equipe » le 10 mai, privilégierait,
in fine, sa régie publicitaire fort
d’une position dominante. Une analysequelePMUfaitsienned’ailleurs
puisqu’ils’apprêteàsaisirletribunal
de commerce de Paris.
Sur le plan opérationnel, la FDJ
semble moins pénalisé. Elle profite
desonmonopole«endur».Elledispose également d’une possible
alternative avec son application
Parions Sport, qui permet de préparersonparietdelefinaliserenpoint
de vente. Egalement interrogé par
« Les Echos », « L’Equipe » ne fait
pas de commentaire à ce stade.
— C. P.
Campsde base:la
RoumanieàOrry-la-Ville
L’équipe des « Tricolorii »
s’est installée au Mont
Royal Chantilly, un prestigieux établissement
5 étoiles.
Guillaume Roussange
— Correspondant à Amiens
Pour le match d’ouverture de l’Euro
2016 de football, la France affrontera la Roumanie ce vendredi soir
au Stade de France. Certes, les
Bleus, donnés parmi les favoris de
cette compétition, ont de grandes
chances de l’emporter face aux
« Tricolorii », emmenés par le capitaine Vlad Chiriches. L’équipe
pourra toutefois compter sur le
soutien des supporters du maillot
jaune.
Plus de 150 d’entre eux, venus de
France mais aussi spécialement de
Roumanie, avaient d’ailleurs fait le
déplacement pour assister au
match d’entraînement public organiséle5juindernier,austademunicipal d’Orry-la-Ville, dans le sud de
l’Oise. Parmi les 66 sites proposés
par le comité d’organisation, la
Roumanie a choisi de résider au
Mont Royal Chantilly, un prestigieux établissement 5 étoiles, situé
aucœurdelaforêtdeChantilly,àLa
Chapelle-en-Serval. La délégation
roumaine, parmi les premières
arrivées en France, y a pris ses quartiers dimanche dernier.
Doté des équipements nécessaires à la préparation, comme un spa,
une piscine couverte ou une salle de
fitness, cet établissement présente
aussi l’intérêt d’être situé à une
demi-heure de l’aéroport Charlesde-Gaulle, guère plus du Stade de
France, et à moins de deux kilomètres du stade d’entraînement
d’Orry-la-Ville.
Aux couleurs de l’Euro
Pour l’occasion, celui-ci a fait l’objet
de quelques travaux assurés par la
Fédération française de football.
« L’installation est en bon état et n’a
pas nécessité de gros travaux. Elle a
justeétémiseauxcouleursdel’Euroet
Stade d’entraînement d’Orry-la-Ville. Pour l’occasion, il a fait
l’objet de quelques aménagements. Photo Kenzo Tribouillard / AFP
la pelouse a été aérée », témoigne
Henri Herry, maire (SE) d’Orry-laVille. Pour la petite commune de
3.500 habitants, l’arrivée des Roumains constitue un événement.
350invitationsontétéadresséesaux
clubssportifslocauxafindepermettre à leurs membres d’assister au
premier entraînement. Après avoir
vujouer,enjanvier2015,lematchdu
Variétés Club de France au bénéfice
de « Charlie Hebdo » et donc un des
premiers entraînements avant
l’Euro, la commune souhaiterait
mettre à profit sa situation géographique pour accueillir d’autres
matchs de préparation. « Un
deuxième hôtel 4 étoiles est en cours
de construction à proximité immédiate du site », souligne l’édile.
Celui-ci entend ainsi rentabiliser un
équipement dont les frais de fonctionnement avoisinent
200.000 euros par an pour la communauté de communes, dont la
moitié payée par Orry-la-Ville. n
Hollande rêve d’un « belévé
pour changer d’atmosphère
Sous pression, le chef
de l’Etat joue gros. S’il rêve
d’une victoire des Bleus,
il a surtout une obligation :
que l’Euro se déroule bien.
Pierre-Alain Furbury
@paFurbury
C’est le 24e homme de l’équipe de
France et ce n’est pas pour lui
déplaire. François Hollande en a
même le maillot, floqué à son nom
avec ce numéro. Féru de football, le
chef de l’Etat l’a obtenu dimanche
dernier des mains de Didier Deschamps et du capitaine Hugo Lloris, lorsqu’il est allé soutenir les
Bleus à Clairefontaine. « Le pays
peut être heureux avec vous alors que
nous vivons des difficultés […] Vous
êtes la France, toute la France », leur
a-t-il lancé, rappelant : « L’attente
est forte, l’ambition est élevée. »
Pour lui aussi. Comme le Onze tricolore, celui qu’une partie de ses
conseillers ont rebaptisé « Aimé
Jacquet » (l’entraîneur français lors
de la Coupe du monde de 1998 en
France, décrié jusqu’à la victoire
finale) joue une partie importante.
Non pas que le président, qui a
prévu d’assister à tous les matchs
du Onze tricolore et à la finale, croie
que l’Euro puisse le relancer dans
les sondages et changer, à lui seul,
la donne pour 2017. « Tabler sur la
compétition pour doper sa popularité, ça serait faire un pari risqué.
Digne de l’inversion de la courbe du
chômage ! » s’amuse un hollandais.
La victoire de la France en 1998 et
lors de l’Euro 2000 avait bien eu un
effet sur la cote de Jacques Chirac,
maisilavaitétédetrèscourtedurée.
« Ce n’est pas là-dessus que se joue
la crédibilité d’un président. Sinon
Tony Parker serait à l’Elysée », relève
un membre du gouvernement.
Le véritable enjeu est ailleurs.
Dans un contexte dominé par la
menace terroriste et les grèves
contre la loi travail, François Hollandemisesurce« belévénementqui
doit rassembler » pour redonner le
sourire « aux vieux coqs gaulois
dépressifs »(dixitundéputé)etinsufflerdanslepaysunpeudefiertéetde
confiance. Et favoriser, ce faisant,
ce « climat positif » qu’il peine à installer.Outrelesretombéeséconomiques, « la France qui gagne, même en
football, ça peut s’intégrer dans le discours du “ça va mieux’’ », explique un
secrétaire d’Etat, quand un ténor de
la majorité y voit un élément de
« luminothéraphie » pour « changer
d’atmosphère et sortir de l’hiver ».
« Un pays fier et rassuré, ça peut avoir
un impact », renchérit un hollandais, rêvant que les Français « rendent à César ce qui est à César ».
Entre « devoir et espoir »
L’essentiel pour François Hollande
est donc que la compétition ne soit
pas longtemps perturbée par le
conflit social et, surtout, se déroule
sans drame. « Il a un devoir : que
tout se passe bien. Et un espoir : que
ce soit une grande fête populaire »,
dit-on à l’Elysée, où l’on veut montrer quelaFrance estàlahauteurde
l’événement, malgré les difficultés.
Question d’image. C’est important
pour l’attractivité de l’Hexagone et
pour ne pas faire voler en éclats la
candidature de Paris pour les JO de
2024. Mais la situation est à ce point
tendue et son impopularité est telle
queleprésidentapeut-être,lui,plus
à perdre qu’à gagner. « Si ça se passe
bien, prévient un proche, les Français diront qu’on a fait notre boulot.
Sinon, ils nous le reprocheront. »
4
À NOTER
Depuis 2014, François Hollande
est conseillé sur les dossiers
sportifs par Nathalie Iannetta,
ancienne présentatrice d’une
émission de foot sur Canal+.
INDUSTRIE & SERVICES // 19
Les Echos Vendredi 10, samedi 11 juin 2016
Les taxispassentauvert
l De plus en plus de chauffeurs roulent en voiture hybride ou électrique.
l Pour l’instant, faute de concurrence, c’est surtout Toyota qui en profite.
MOBILITÉ
Julien Dupont-Calbo
@jdupontcalbo
nement »
e
Il a dit
Sur le coup, c’est Uber qui embraie
derrière la concurrence. Dans le
sillage des taxis, la firme de Travis
Kalanick vient de lancer un nouveau service à Paris. Baptisé « UberGREEN », celui-ci permet au client
de commander depuis son téléphone une voiture hybride ou électrique, pour le prix d’une course
haut de gamme. « On remarque sur
lesujetunecertaineémulation »,sourit Yann Ricordel, le patron des
Taxis Bleus. Sa société propose le
concept depuis 2008 (les « Taxis
Verts », forcément, 600 voitures,
dont une dizaine sont électriques),
tandis que G7 revendique une flotte
de 3.000 véhicules. « Mais, en ce
moment, les choses s’accélèrent »,
pointe-t-il.
Il suffit d’aller voir une station
pour se rendre compte du phénomène.L’airderien,taxisetVTCsemblent se mettre pour de bon à la voitureverte.Alesentendre,cen’estpas
tant une question de protection de la
planète que de conditions de travail… « Le soir, on n’a plus la tête en
vrac »,constateunchauffeurroulant
en véhicule hybride, soulagé et heureux de ne plus sentir les vapeurs de
carburant lui monter à la tête, de ne
plus subir les vibrations du moteur,
de ne plus entendre le bruit de la
mécanique toute la journée.
Et puis, ajoute notre chauffeur, il y
a la question de la facture et du carburant. « Cela coûte moins cher à
l’usage », calcule-t-il. C’est sûr, lui ne
reviendra pas à la voiture thermique.D’autantquelecadreréglementaire pousse les taxis et les VTC vers
des voitures moins polluantes. A
Paris,parexemple,ilspeuventbénéficier d’un solide coup de pouce
6.300
EUROS
Le coup de pouce versé pour
l’achat d’un véhicule électrique
par la ville de Paris, 4.000 euros
pour un hybride rechargeable.
« Nous devons
être à la hauteur
de ce grand événement. Tous les
regards vont être
tournés vers
nous. »
FRANÇOIS HOLLANDE
PhotoShutterstock
`
dossier
•« UnNotre
Euro bleu-blanc-
rouge »
sur lesechos.fr/dossier
Un diaporama
« Foot : les précédents
vainqueurs de l’Euro »
sur lesechos.fr/diaporama
Notre infographie
animée « L’Euro 2016
en chiffres » sur
lesechos.fr/lesechosplus/index
Une carte des stades
de l’Euro 2016 sur
lesechos.fr/lesechosplus/index
•
•
•
encore trop habitués à leur grande
berline haut de gamme », souffle
Yann Ricordel, qui multiplie les
séances d’essai avec les chauffeurs.
« Onattendavecimpatiencedesvéhicules électriques au bon prix, et avec
la bonne autonomie », dit-il.
En attente de nouveaux
modèles
Pour l’instant, l’offre est assez limitée. La ZOE de Renault est trop
petite pour embarquer des passagers avec leurs bagages, la Nissan
Leaf aussi. En attendant de nouveaux modèles (lire ci-dessous), les
quelque 57.000 chauffeurs français
TRANSPORT
Lionel Steinmann
@lionelSteinmann
Suspendu en juillet dernier, puis
définitivement enterré deux mois
plus tard, UberPOP continue d’alimenter la chronique judiciaire. Le
tribunal correctionnel de Paris a
condamné jeudi Uber France à
800.000 euros d’amende, dont
400.000 avec sursis, pour avoir
lancé ce service qui mettait en relation des clients avec des chauffeurs
amateurs, au volant de leur propre
véhicule. UberPOP avait déjà valu à
la filiale française du géant américain une amende de 150.000 euros
pour «pratique commerciale trompeuse».
La société jurait que son service
était du « covoiturage urbain », mais
les juges avaient vu dans cet argumentaire« uneparfaitemauvaisefoi
voulant s’essayer au zéro émission
se tournent surtout vers Toyota et
sa gamme de moteurs hybrides.
« Le mouvement s’est accéléré en
2012, avec l’arrivée de la Prius 7 places », note Arnaud Martinet, le responsable occasions et entreprises
France du géant japonais.
L’an dernier, Toyota a séduit
1.448 taxis, ceux-ci étant devenus
une cible pour le constructeur. « Ils
pèsent 10 % de nos ventes sociétés.
Poureux,nousavonsmisenplacedes
réceptions spécifiques dans notre
réseau, et nous avons aussi une
garantie spéciale de trois ans et
300.000kilomètres.Lestaxissontdes
rouleurs intensifs, et ils constituent
une belle vitrine pour nos produits »,
détaille Arnaud Martinet. L’autre
marque présente sur le créneau
naissant, c’est Tesla. Malgré le prix
(90.000 euros en moyenne), et un
réseau de recharge encore limité, on
compteraitenviron60taxisTeslaen
circulation dans l’Hexagone. Neuf
chez Taxis Verts, une petite quinzaine chez G7, une dizaine en banlieue parisienne et les autres dans le
sud de la France. « C’est rentable
pour un chauffeur si les clients sont
business et donnent des pourboires »,
juge Yann Ricordel, qui attend avec
impatience la Model 3. n
Les«black cabs »veulentfranchir laManche
Sous la houlette de Geely,
le fabricant des taxis
londoniens vise les onze
plus grandes villes d’Europe
avec un modèle électrique.
La nouvelle ferait frémir la moustacheetlabarbedeBlakeetMortimer.
Relancés par le chinois Geely, leur
nouveau propriétaire, les « black
cabs » londoniens entendent
s’implanter en Europe continentale
– avec un nouveau modèle 100 %
électrique en guise de fer de lance,
baptisé « TX5 ». L’état-major de la
London Taxi Company (LTC) est
venu à Paris jeudi pour présenter le
concept du futur modèle, rompant
avec les traditionnels moteurs Diesel, qui doit débarquer à Londres fin
2017. « A Paris, Milan ou Berlin, ce
sera plutôt pour début 2018, le temps
d’adapter le véhicule au volant à gauche », précise Peter Johansen, le président du constructeur.
Autonomie suffisante pour
l’aéroport de Roissy
Pour concrétiser son nouveau
plan, LTC dispose d’une enveloppe
de 381 millions d’euros. La moitié
pour la construction à Coventry
d’un centre R&D et d’un site
d’assemblage d’une capacité de
36.000 taxis par an. « Les machines
sont en train d’être installées »,
explique Peter Johansen. L’autre
moitié du budget est consacrée au
développement du TX5.
Le futur modèle 100 % électrique, TX5, devrait débarquer à Londres fin 2017, à Paris, Milan et Berlin
en 2018. Photo LTC
Dessiné à Barcelone dans le studio européen de Geely (qui possède
aussi Volvo), l’engin, robuste, doit
d i s p o s e r d ’u n s y s t è m e p o u r
accueillir les personnes handicapées et présenter une autonomie
suffisantepourunejournéedecourses. « Il n’y aura aucun souci pour
aller jusqu’à Roissy », promet
Michael Gordon, le directeur
commercial de la société. Au pis, la
voiture sera dotée d’un générateur
carburant à l’essence, ajoute-t-il.
Autant d’arguments qui devront,
espère ce dernier, suffire à convaincre les compagnies de taxis d’adopter le TX5. « Nous, on vit grâce aux
taxis depuis des décennies, nous
UberPOPunenouvelle fois
mis àl’amende
Le tribunal correctionnel a condamné Uber
pour son défunt
service de transport
entre particuliers.
+ SUR
LE WEB
municipal à l’achat d’un modèle
électrique (6.300 euros) ou hybride
rechargeable (4.000 euros). Et en ce
moment,lapréfectureestentrainde
recevoir les dossiers des candidats
voulant obtenir l’une des 80 licences
gratuites, mais non cessibles, réservées aux taxis électriques.
De même, à l’instar de Londres
ou d’Amsterdam, Paris passera
aussi un jour prochain à des zones
« basses émissions », où les
moteurs thermiques classiques
seront bannis, voire peut-être une
interdiction des véhicules diesel.
« Chez les chauffeurs, il y a ceux qui
ont essayé et adopté, et ceux qui sont
dissimulée derrière un discours qui
se veut progressiste ». Entre-temps,
une nouvelle procédure a été lancée
sur la base d’une disposition contenue dans la loi Thevenoud d’octobre 2014, qui visait précisément les
services de type UberPOP.
C’est en s’appuyant sur ce texte
que le tribunal a condamné Uber,
notamment pour « organisation
illégale d’un système de mise en relation avec des personnes se livrant au
transport routier de personnes à titre
onéreux » et « complicité d’exercice
illégal de l’activité d’exploitant de
taxi ».
En deçà des réquisitions
Les juges sont toutefois restés
en deçà des réquisitions, qui
demandaient 1 million d’euros
d’amende, ainsi qu’une interdiction
de gérer pendant cinq ans pour
Pierre-Dimitri Gore-Coty et Thibaud Simphal, les deux dirigeants
de la filiale. Ceux-ci ont finalement
été condamnés à 30.000 euros et
20.000 euros d’amende, dont la
moitié avec sursis. Un porte-parole
d’Uber France a néanmoins indiqué que la société allait faire appel
« immédiatement », ce qui aura
pour effet de suspendre l’applica-
« Cette décision
n’a pas d’impact
sur l’activité d’Uber
en France
aujourd’hui. »
UN PORTE -PAROLE
d’Uber France
tion de la peine. « Cette décision n’a
pas d’impact sur l’activité d’Uber en
Franceaujourd’hui »,a-t-il,enoutre,
déclaré.
Après UberPOP, ce sera au tour
de Heetch, une application au fonctionnement similaire, de passer
devant le tribunal correctionnel,
le 22 juin. Avec, à la clef, une interdiction potentielle.
4
À NOTER
L’interdiction d’UberPOP
en Allemagne a également été
confirmée par un tribunal
de Francfort jeudi.
savons proposer des véhicules correspondantàleursbesoins »,poursuit-il.
Chez LTC, soixante-dix ans au
compteur, c’est une nouvelle vie qui
semble donc avoir commencé il y a
trois ans, sous la houlette de Geely.
A l’époque, ce dernier n’avait eu qu’à
mettre une petite quinzaine de millions d’euros sur la table pour récupérer la marque… « Nous n’avions
pas le volume suffisant pour développer de nouveaux modèles. Désor-
mais, on a des fonds et, en plus, on
partage les savoir-faire, les technologies et les achats de composants avec
Volvo », se félicite Peter Johansen.
L’an dernier, LTC n’avait assemblé
qu’un peu moins de 3.000 véhicules, dont une moitié destinés à
l’export vers l’Asie et le MoyenOrient. Ainsi, à Bakou, en Azerbaïjan, les 1.000 « black cabs » en
circulation affichent une jolie couleur aubergine. — J. D.-C.
20 // INDUSTRIE & SERVICES
Vendredi 10, samedi 11 juin 2016 Les Echos
L’Oréal invente les services dedemain
pour doper lemarché dela beauté
l Le géant mondial met au point ses innovations dans son incubateur de San Francisco.
l Il vise la génération des Millennials, très influencée par les réseaux sociaux.
COSMÉTIQUE
Dominique Chapuis
[email protected]
— En Californie
Un fond de teint sur mesure :
adapté à son type de peau, avec
plus ou moins d’agents hydratants,
et la couleur désirée. Et, surtout,
f a b r i q u é s o u s l e s ye u x d e l a
cliente : c’est ce que propose
L’Oréal dans deux points de vente
aux Etats-Unis depuis octobre – il
faudra attendre 2017 pour le trouver en France. Dans ce grand
magasin de Los Angeles, Osato
vient tester ce nouveau produit
miracle. « Avec ma peau noire, j’utilisais deux fonds de teint pour avoir
une bonne couvrance. J’espère avoir
désormais un produit spécifique
adapté à mes besoins », explique la
jeune femme.
Son nom : Le Teint Particulier,
de Lancôme. Une technologie
révolutionnaire, selon L’Oréal, qui
permet en vingt minutes, après un
scanner passé sur la peau, de réaliser un produit personnalisé – l’une
des grandes tendances du marché
du cosmétique ces dernières
années. Cette mini-unité de production installée dans un magasin,
grande comme une grosse
machine à café, a une capacité de
700 millilitres. Mais avoir un fond
de teint customisé a un prix : il faut
compter 80 dollars (70 euros),
alors que le produit standard
tourne plutôt autour de 20 dollars.
Priorité au digital
Ce « process » a été mis au point par
l’incubateur de L’Oréal basé à San
Francisco, dans un nouveau quartier en plein développement. Loin
des loyers devenus trop chers de la
Silicon Valley. Le numéro un mondial des cosmétiques y a installé, fin
2012, une équipe qui invente non
pas les produits, mais les services
de demain. C’est grâce à eux que le
champion tricolore espère faire
monter ses ventes. Le digital est
l’une de ses priorités : il y consacre
déjà 25,5 % de ses dépenses en
médias. Et l’e-commerce n’en est
qu’undesnombreuxaspects.« Avec
le digital, les nouveaux consommateurs sont en quête d’une expérience.
C’est ce que nous devons créer ici »,
explique Guive Balooch, le responsable du pôle ingénieurs, biologistes, designers. Ce sont ces 25 scientifiques qui ont mis au point, en
2015, Makeup Genius pour L’Oréal
Paris. Une application numérique
qui permet de tester sur son visage
un maquillage virtuel en temps
réel,avantdepasser– oupas –commande. Vingt millions de téléchargements ont été effectués dans le
monde. L’effet sur les ventes ? « Il
est difficile à mesurer, indique le
scientifique. Car cette application
est aussi utilisée pour le fun. »
L’incubateur va bientôt lancer une
application destinée au vernis à
ongles, avec Nail Genius pour ses
marques L’Oréal Paris et Essie.
C’est aux Etats-Unis que ces nouveaux services sont d’abord testés.
Le marché de la beauté y est estimé
à 50 milliards de dollars, tiré par le
boom du maquillage. La génération des Millennials, surtout les jeunes de 18 à 25 ans, très influencés
par les réseaux sociaux, en est le
moteur. « Ce sont des “digital natives” nés avec une très forte culture
technologique, souligne Leila
Rochet-Podvin, du cabinet Cosmetics Inspiration & Création. Le phénomène des selfies a eu un effet
majeur sur cette industrie. Un jeune
Américainsurdeuxestprêtàpublier
son portrait sur Internet, et 91 % des
adolescents l’ont déjà fait. »
Nouvelles tendances
Le Teint Particulier de Lancôme,
grand comme une grosse
machine à café, produit un fond
de teint sur mesure. Photo L’Oréal
Ce qui a poussé les ventes de
maquillage, et même fait naître de
nouveaux segments de marché
comme le « contouring », des produits permettant de jouer sur
l’ombre et la lumière, pour réaliser
une photo proche de celle d’un studio. De nouvelles tendances issues
des réseaux sociaux et des blogueuses que tous les groupes de
cosmétiques veulent capturer.
En plus de son incubateur,
L’Oréal travaille avec Google,
incontournable : 45 milliards de
vidéos sur la beauté sont publiées
par an sur YouTube. Et 60 % des
gens se renseignent sur Internet
avant d’acheter un soin. Le géant
mondial fournit à L’Oréal des informations sur les tendances émergentes sur le Web, ce qui lui permet
de réagir rapidement. Au vu de son
succès, la série de 60 épisodes montésaveclablogueuseEnjoyPhoenix
pour Maybelline va être adaptée en
Allemagne. Et L’Oréal Paris va lancer un grand concours sur YouTube pour choisir les dix meilleurs
« followers beauté ».
Participera au Salon
Viva Technology, qui
se tiendra du 30 juin
au 3 juillet à Paris Expo.
NYX, la marque plébiscitée par les « digital natives »
ANNLEGALECH
annonces judiciaires & légales
Société Anonyme au capital de 26 641 695,20 €
ZA de Courtaboeuf, 12 avenue des Tropiques, 91940 Les ULIS
RCS Evry B382 096 451 – APE 5829A
TVA intracommunautaire FR 13382096451
AVIS DE CONVOCATION
Les actionnaires de la société PROLOGUE sont convoqués en Assemblée Générale
Mixte samedi 25 juin 2016 à 14h30 à la Villa Modigliani 13 rue Delambre, 75014
Paris.
Rectificatif à l’avis de réunion valant convocation paru dans le Bulletin des
Annonces Légales Obligatoires du 20 mai 2016, bulletin n°61
- Dans l’avis n°1602372, sur la quatrième résolution (comptes consolidés), est rectifié
le montant du résultat consolidé (part du groupe) de l’exercice qui est une perte nette
de « 3 073 751 € » et non de « 2 969 977 € ».
En outre l’ordre du jour est complété de la résolution suivante et ainsi modifié :
ASSEMBLEE GENERALE EXTRAORDINAIRE
Vingt-et-unième résolution (Réduction de capital motivée par des pertes d’un
montant de 16 651 059,50 € par voie de diminution de la valeur nominale des actions
de 0,80 € à 0,30 € – Modification corrélative des statuts - Ajustement des délégations
en vigueur suite à la réduction de capital motivée par des pertes)
L’Assemblée Générale, statuant aux conditions de quorum et de majorité requises
pour les Assemblées Générales Extraordinaires, après avoir entendu la lecture
du rapport du Conseil d’Administration et du rapport spécial du Commissaire
aux comptes, conformément aux dispositions de l’article L. 225-204 du Code de
commerce :
Après avoir constaté que :
– Les comptes sociaux de l’exercice clos le 31 décembre 2015, approuvés par la
présente Assemblée Générale font apparaître une perte de 1 697 533,46 € affectée
en totalité au compte « Report à nouveau » dont le solde ressort, après affectation
du résultat dudit exercice, à un montant négatif de 17 719 244,32 € ;
– Le capital social s’élève à 26 641 695,20 € et qu’il est divisé en 33 302 119 actions
ordinaires d’une valeur nominale de un 0,80 €,
Décide en conséquence de réduire, avec effet immédiat, le capital social à
concurrence d’un montant de 16 651 059,50 € par voie de diminution de la valeur
nominale des 33 302 119 actions ordinaires composant le capital qui est réduite de
0,80 € à 0,30 €, ramenant ainsi le capital social de 26 641 695,20 € à 9 990 635,70 € ;
Décide d’imputer le montant de cette réduction de capital ainsi décidée, soit la
somme de 16 651 059,50 € sur les pertes inscrites au compte « Report à nouveau »
dont le solde débiteur se trouve en conséquence ramené de 17 719 244,32 € à
1 068 184,82 € ;
L’Assemblée Générale, prend acte de ce que cette opération de réduction du capital
social étant motivée par des pertes, les créanciers ne disposent pas d’un droit
d’opposition ; en conséquence, cette opération de réduction du capital social motivée
par des pertes peut être réalisée immédiatement ;
L’Assemblée Générale constate que le capital social ainsi réduit s’élève à
9 990 635,70 € divisé en 33 302 119 actions ordinaires d’une valeur nominale de
0,30 € et procède en conséquence à la modification corrélative de l’article 6 des
statuts qui qui sera désormais rédigé comme suit :
« Le capital social est fixé à 9 990 635,70 € (neuf million neuf cent quatre-vingt-dix
mille six cent trente-cinq euros et soixante-dix centimes), divisé en 33 302 119 (trentetrois millions trois cent deux mille cent dix-neuf) actions de 0,30 € (trente centimes
d’euro) chacune, entièrement libérées.
Le capital peut être augmenté ou réduit dans les conditions prévues par la loi. »
En conséquence de ce qui précède et sous réserve de l’approbation de la présente
résolution, l’Assemblée Générale décide que pour l’ensemble des délégations
données lors de la présente Assemblée générale (résolutions n° 10 ; 12 à 15 ; et 20),
le montant nominal maximal des augmentations de capital autorisé dans chacune de
ces résolutions est réduit dans les mêmes proportions que la réduction de la valeur
nominale des actions autorisée en vertu de la présente résolution, et fera donc l’objet
d’ une division par 8/3.
ASSEMBLEE GENERALE ORDINAIRE ET EXTRAORDINAIRE
Vingt-deuxième résolution (pouvoirs pour formalités)
Les autres points de l’ordre du jour tel que publié dans le Bulletin des Annonces
Légales Obligatoires du 20 mai 2016, bulletin n°61, demeurent inchangés.
Les modalités de participation à l’assemblée générale ont été publiées dans
l’avis préalable de réunion paru au Bulletin des Annonces légales obligatoires
du 20 mai 2016 (bulletin n°61).
La ligne de référence est de 40 signes en corps minimal de 6 points didot.
Le calibrage de l’annonce est établi de filet à filet.
Les départements habilités sont 75, 77,78, 91, 92, 93, 94, 95 et 69.
LES ECHOS SOCIÉTÉS - LE PUBLICATEUR LÉGAL - LA VIE JUDICIAIRE
Cette marque américaine
accessible séduit les plus
jeunes, avec ses couleurs
vives et son modèle digital.
Lèvres bleues, cheveux violets.
Dans cette boutique de Los Angeles, Yasmine accueille avec un
large sourire de jeunes adolescentes émerveillées par son look.
Bienvenue chez NYX, la marque de
maquillage qui cartonne chez les
Millennials aux Etats-Unis, la
génération des 18-35 ans née avec
Internet. Lancée en 1999 par une
Coréenne en Californie, consciente du vide entre les marques
de prestige et les grands magasins,
la marque a misé sur la couleur.
Ses ventes ont commencé à décoller après qu’elle s’est tournée vers
les réseaux sociaux en 2008. Grâce
au Web, entre 2010 à 2015, son chiffre d’affaires a bondi de 78 %, à
200 millions d’euros.
NYXestundesrareslabelsàavoir
poussé aussi loin la digitalisation de
son modèle. Ses audiences explosent sur le Net, avec plus de 7 millions de followers sur Instagram et
plus de 1 million sur Facebook. « Les
réseaux sociaux sont au cœur de la
marque. Il y a une cocréation de nos
produits avec les blogueurs, et ils sont
aussiimpliquésdanslaréalisationde
contenus vidéo », souligne Nathalie
Kristo, chargée du marketing.
Autre avantage, leur prix. « NYX est
une marque de maquillage professionnel à prix accessible, et dans l’air
du temps », reprend la directrice,
soit en moyenne 10 dollars. Ce qui
explique son succès auprès des plus
jeunes : 83 % de ses clientes ont
entre 18 et 34 ans. Les moins de
18 ans pèsent environ 10 % de ses
ventes. « Elles sont connectées et
“addict” au maquillage », note
Nathalie Kristo. « Cet engouement
pour le make-up est fort outre-Atlan-
« NYX est
une marque
de maquillage
professionnel à prix
accessible, et dans
l’air du temps. »
NATHALIE KRISTO
Directrice de NYX
tique, car l’industrie américaine de la
beauté est très liée au cinéma », note
Leila Rochet-Podvin, du cabinet
Cosmetics Inspiration&Creation.
Créer le buzz
Mais paradoxalement, si c’est sur le
digital que les consommateurs
d é c o u v r e n t c e s n o u ve a u t é s ,
l’e-commerce n’est pas son princi-
pal réseau de vente. Ces lignes sont
toujours vendues dans des boutiques destinées aux maquilleurs
professionnels, mais aussi dans des
chaînes comme Ulta ou Sephora, et
des drugstores (Boots). Depuis son
rachat par L’Oréal en 2014, NYX a
commencé à ouvrir des boutiques.
En France, NYX compte deux
boutiques, à Marseille et à Toulouse, « où la population est jeune »,
avant « bientôt Paris ». Au total, son
réseau compte aujourd’hui
27 magasins, en Espagne, en Italie
et en République tchèque. Chaque
inauguration est annoncée douze
semaines plus tôt sur Internet, histoire de créer le buzz. Avec à la clef
des files monstres de jeunes filles
impatientes le jour de l’ouverture.
« On voit ce phénomène dans tous les
pays, cela veut dire que notre modèle
est basé sur une communauté globale », se réjouit la responsable.
— D. C.
Rémy Cointreau
retrouve des couleurs
SPIRITUEUX
L’alcoolier rebondit
après deux années
de recul et table sur de
la croissance en 2017.
Marie-Josée Cougard
@CougardMarie
Changement de climat chez Rémy
Cointreau. Après deux années de
résultats en baisse, le groupe de spiritueux a retrouvé le chemin de la
croissance au cours de l’exercice
2015-2016 clos fin mars. Son chiffre
d’affaires a augmenté de 8,9 %, à
1,05milliardd’euros,avecunemarge
opérationnelle courante de 17 % (en
hausse de 80 points de base). Le
résultat net part du groupe a progressé de 10,6 %, à 102,4 millions
d’euros.Une performance très supérieureauxattentesdesanalystes,qui
tablaient sur une croissance du
résultat courant deux fois moindre.
Et le groupe prévoit une nouvelle
amélioration de son activité au
cours de l’exercice 2016-2017.
Le retour à la croissance est dû à
« une consommation record de
cognac dans le monde et pour Rémy
Martin », ainsi qu’ « à son changement de polarité de la Chine vers les
Etats-Unis », selon François Heriard
Dubreuil, président du groupe. Le
coup de frein aux achats de cognac
en Chine il y a trois ans avait très fortement pénalisé Rémy Cointreau,
compte tenu du poids de l’empire du
Milieu dans son portefeuille.
Le groupe, dont le chiffre d’affaires en Chine est toujours mal
orienté, vise un retour à la croissance dans ce pays en 2017. En attendant, Rémy Cointreau a déplacé ses
efforts vers les Etats-Unis, où le
groupe a réalisé plus de 30 % de son
chiffre d’affaires et contrôle 17 % du
marché du cognac. Il y a perdu des
volumes en se retirant de la catégorie VS, mais il a gagné en chiffre
d’affaires grâce au VSOP et au XO,
pluschers.Cequileplaceennuméro
deux derrière Hennessy (LVMH). La
mode des alcools bruns est toujours
d’actualité aux Etats-Unis et le
cognac reste très apprécié dans les
cocktails. Rémy Cointreau y a lancé
la marque « 1738 », une qualité de
cognac intermédiaire entre le VSOP
et le XO à 60 dollars la bouteille.
Fidèle à ses objectifs, le groupe souhaite encore augmenter la part des
alcools haut de gamme (plus de
50 dollars la bouteille) dans son portefeuille, de 45 à 65 %. Cela concerne
aussi le whisky avec une marque
comme le Bruichladdich et le rhum
(Mount Gay).
Bars de nuit
et hôtels de luxe
Les performances 2015-2016 ont été
moins bonnes dans la branche des
liqueurs et autres spiritueux, où le
résultatopérationnelareculéde7%,
à 48,1 millions d’euros. La stratégie
de montée en gamme a « soutenu la
croissance de la division au deuxième
semestre, mais n’a pas complètement
compensé les facteurs macroéconomiques en Grèce et en Russie, qui ont
pesé sur la première partie de
l’année », précise le groupe. En
France, où les ventes de cognac sont
confidentielles, Rémy Cointreau a
confié la distribution exclusive des
marques Rémy Martin et du très
luxueux Louis XIII, ainsi que du
rhum Mount Gay à Bollinger Distribution. L’objectif est de gagner en
visibilité dans les bars de nuit, les
hôtels de luxe et chez les cavistes en
profitant de l’expertise de Bollinger
dansceréseau.Aterme,RémyCointreau espère relancer les ventes de
cognac en France.
L’action a retrouvé des couleurs
en Bourse avec un bond de près de
44%depuisseptembre.Letitreaclôturé en baisse de 3 % à 74,37 euros
jeudi à Paris.
(
Lire « Crible »
Page 40
INDUSTRIE & SERVICES // 21
Les Echos Vendredi 10, samedi 11 juin 2016
Le gestionnaire de biens Foncia vendu
1,8 milliard d’euros à un duo suisso-canadien
IMMOBILIER
Bridgepoint et Eurazeo
sont entrés en négociations exclusives avec le
suisse Partners Group
et le canadien CDPQ.
Foncia se voit valorisé plus de 13 fois
son Ebitda.
Anne Drif
@anndrif
A peine plus de deux mois. C’est le
temps qu’il aura fallu au premier
gestionnaire de biens français et
leader européen des services résidentiels Foncia pour perdre sa dernière « attache » française. Le holding d’investissement hexagonal
Eurazeo et le britannique Bridgepoint ont annoncé, jeudi, être
entrés en négociations exclusives
avec le fonds suisse Partners
Group et la Caisse de Dépôt et Placement du Québec (CDPQ) pour
leur céder le contrôle du gestionnaire de biens qu’ils avaient
racheté à la banque française BPCE
en 2011. Et ce, sans même attendre
la date officielle de remise des
offres de dernier tour, fixée au
20 juin. Le duo suisso-canadien,
donné favori (« Les Echos » du
3 juin), a pris de court son cofinaliste, le consortium formé par le
français Ardian allié à l’assureur
du Crédit Agricole, Predica, et le
canadien Onex.
Le repreneur hérite
de surcroît
d’un groupe
complètement remis
sur les rails
et consolidé
par acquisitions.
Un groupe inconnu
dans l’Hexagone
Les arguments de Partners Group,
inconnu dans l’Hexagone jusqu’à
cette opération d’envergure,
avaient, de fait, de quoi convaincre.
Selon nos informations, Foncia se
voit valorisé environ 1,8 milliard
d’euros, soit 13,6 fois son Ebitda
2015 (132 millions d’euros), contre
Le groupe devrait profiter de la reprise attendue du marché
de l’immobilier. Photo François Perri/RÉA
1 milliard cinq ans plus tôt. L’acquisition conseillée par Lazard est
financée par Natixis, la banque
d’investissement de BPCE qui connaît donc bien les fondamentaux
de Foncia.
Cela ne suffit cependant pas à
expliquer cette surenchère sur les
grands noms du « private equity »
(dont le plus grand gestionnaire
mondial Blackstone, le premier
fonds européen CVC et le canadien
PSP). C’est, en réalité, la résilience
sur le long terme et les performances de Foncia, y compris dans les
années déprimées du marché
en bref
&16
15
JUIN 2016 LYON
CENTRE
DE
CONGRÈS
Nucléaire : Toshiba profite en Bourse
d’un accord entre Delhi et Washington
ÉNERGIE — L’action du japonais Toshiba a gagné 4,95 % jeudi à
la Bourse de Tokyo, après un accord entre les Etats-Unis et l’Inde
en vue de la construction de six réacteurs nucléaires en Inde
par sa filiale américaine Westinghouse. Dans un communiqué
conjoint, le président américain Barack Obama et le Premier
ministre indien, Narendra Modi, ont salué « le début des travaux
préparatoires sur site en Inde pour six réacteurs AP1000 qui seront
construits par Westinghouse ». Le contrat définitif devrait être
signé d’ici à juin 2017. « Une fois achevé, le projet sera un des plus
importants de ce genre », selon la Maison-Blanche. Selon le quotidien économique Nikkei, Toshiba espère voir ses ventes grimper
dans l’activité nucléaire à 8,3 milliards d’euros d’ici à mars 2018,
soit un bond de 40 % par rapport à l’exercice 2015-2016.
immobilier, qui ont séduit les
investisseurs. « L’administration
de syndics et la gestion locative font
de Foncia un dossier très défensif qui
justifiait un niveau élevé de marque
d’intérêt », dit une source. « Le
groupe ne pourra que profiter d’une
reprise attendue du marché immobilier », note une autre.
Le repreneur hérite de surcroît
d’un groupe complètement remis
sur les rails et consolidé par acquisitions, y compris dans le digital.
Foncia a ainsi vu son Ebitda croître de 50 % et son chiffre d’affaires
de 17 % (696 millions d’euros)
depuis 2011. Un profil de risque qui
avait de quoi enflammer les plus
grands fonds de retraite, qui croulent sous les liquidités à investir,
en vue de garantir sur le long
terme les rendements de leurs
déposants. Et, de fait, sont moins
gourmands en termes de retour
financier que des purs fonds de
« private equity » et, donc, plus
généreux sur le prix. n
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Sanofi lance un plan mondial
d’actionnariat salarié
Mehdi Fedouach/AFP
PHARMACIE — Sanofi va
lancer un plan mondial
d’actionnariat salarié. Par
cette augmentation de
capital, le groupe souhaite
asso cier davantage ses
salariés au développement
futur et aux résultats de
l’entreprise. Le plan sera
déployé dans plus de
90 pays. Les souscripteurs
à l’offre devront conserver
les actions ou les parts de
FCP E c orresp ondant es
pendant une période
d’environ cinq ans.
Bien-être animal : un élevage
de Mâtines mis en liquidation
ŒUFS — Le tribunal de grande instance de Bourg-en-Bresse a
confirmé la liquidation judiciaire du poulailler industriel de Chaleins (Ain) dont les conditions d’élevage avaient été dénoncées
par l’association L214. Celle-ci montrait les poules déplumées,
une prolifération de poux, des accumulations de fientes. Il est
trop tôt pour savoir s’il y aura des repreneurs pour les actifs de
cette entreprise d’une vingtaine de salariés. Elle fournissait les
œufs vendus sous la marque Mâtines par le groupe agro-industriel Avril également producteur des huiles Lesieur et Puget. Des
associations de protection animale et des particuliers ont racheté
4.500 poules pondeuses sur les 200.000 de l’élevage. Celui-ci était
en très grande difficulté économique et le TGI de Bourg-enBresse avait déjà nommé un administrateur judiciaire en mars.
Benoît Jaubert remplace Régis Schultz
à la direction de Darty France
L’ÉVÉNEMENT N#1 DES CRÉATEURS, START UP
& DIRIGEANTS D’ENTREPRISES
DISTRIBUTION — Benoît Jaubert, actuel directeur commercial
de Darty France, prend les fonctions de directeur général du
groupe dans l’Hexagone à compter de ce vendredi, en remplacement de Régis Schultz, alors que le distributeur d’électroménager est en train d’être racheté par la FNAC, a annoncé jeudi le
groupe dans un communiqué. Régis Schultz avait pris la direction opérationnelle de Darty dans l’Hexagone en 2013. Il conservera ses fonctions de directeur général au sein du groupe et sera
désormais basé à Londres. Régis Schultz a été le principal artisan du redressement de Darty, au travers de ses plans « Nouvelle
Confiance » puis « 4D ».
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Un événement
22 // INDUSTRIE & SERVICES
Vendredi 10, samedi 11 juin 2016 Les Echos
mécénat
Dumpingchinois :les
industrielsdu pneuserebiffent
Art : la donation
Guerlainen tournée
AUTOMOBILE
La situation est de plus
en plus préoccupante
dans le poids lourd, où
l’avenir du rechapage
est en suspens.
DESSIN
Maxime Amiot
Maxamiot
Après avoir donné
1.200 dessins au Centre
Pompidou, Florence et Daniel
Guerlain font voyager
leur collection pour
qu’elle soit partagée
par le plus grand nombre.
durer plus longtemps. « C’est une
filière en péril », lançait jeudi Bruno
Muret, du Syndicat national du
caoutchouc et des polymères
(SNCP), à l’occasion d’une réunion
rare, car rassemblant l’ensemble
des industriels, distributeurs et
recycleurs du secteur. Avec les
imports chinois, le pneu « réparé »
européen se retrouve désormais
confronté à des gommes neuves
low cost vendues moins chères que
lui... Baisse des cours des matières
premières, surcapacité des usines
chinoises conjuguée au ralentissementdumarchénational,baissedu
yuan face à l’euro, ventes à perte...
Les pneus chinois bénéficient d’un
cocktail explosif, et peuvent séduire
des transporteurs à la santé fragile,
tentés de raisonner à court terme
même si la longévité du pneu chinois sera moins longue.
Question du recyclage
Les dégâts sont déjà importants : le
pneu rechapé ne détient plus que
39 % du marché du remplacement,
contre 48 % en 2012. Alors que la
filière emploie directement
13.000 salariés en Europe – 32.000
avec les emplois indirects –, les
conséquences sociales ne sont pas
neutres. Michelin (fermeture de
trois unités de rechapage en Allemagne, Italie et France à La Combaude près de Clermont-Ferrand),
Goodyear (fermeture de Wolverhampton), Marongoni... : en tout,
1.800 emplois ont déjà été détruits
depuis 2014. L’impact est aussi écologique, car les volumes chinois
sont autant de pneus à recycler,
alors que le rechapage, plus sobre,
permetd’enallongerladuréedevie.
Préoccupante dans le poids
lourd, la situation est également
tendue dans le tourisme. « Les
pneuschinoispeuventveniryséduire
des particuliers à faible budget »,
indique l’ETRMA. Et venir concurrencer les sous-marques « budget »
développées par les grands manufacturiers. Les professionnels
demandent un durcissement des
réglementations (éco-contribution,
étiquetage) qui pourrait freiner
l’essor chinois, moins technologique. Et certains espèrent des
actions antidumping de Bruxelles.
Mais pas trop fort, tant les grands
manufacturiers ont tous des intérêts importants en Chine... n
en bref
Martine Robert
@martiRD
Pas moins de 250 dessins,
parmi les 1.200 donnés par Florence et Daniel Guerlain au
Centre Pompidou, sont visibles
tout l’été au Kunsten Museum
de la cité balnéaire d’Aalborg au
Danemark. Ces œuvres sur
papier ont été sélectionnées par
la directrice, Gitte Orskou, qui a
choisi de leur consacrer un
étage entier de son musée. Une
aubaine pour le couple de collectionneurs : car le Kunsten,
considéré comme une des perlesdel’architecturescandinave,
a été fraîchement rénové et
agrandi moyennant 21 millions
d’euros ; il vise désormais les
200.000 visiteurs par an. « Il y a
souvent une méconnaissance du
public pour les œuvres sur
papier, c’est l’occasion de leur
montrer que le dessin est le premier geste de l’artiste », souligne
Gitte Orskou.
Le Danemark
entérine l’achat
de 27 F-35
DÉFENSE — Le Danemark a entériné jeudi l’acquisition de 27 avions de combat F-35 pour remplacer sa flotte vieillissante de F-16.
La livraison devrait s’étaler entre
2021 et 2026. Le gouvernement
danois avait déjà annoncé début
mai avoir retenu le F-35 de l’Américain Lockheed Martin, au détriment du Typhoon d’Eurofighter
et du F/A-18E/F Super Hornet de
Boeing. L’investissement, évalué
par Copenhague à 20 milliards de
couronnes (2,7 milliards
d’euros), a été approuvé jeudi par
la majorité des partis politiques
représentés au parlement. Le
Danemark devrait être le
onzième pays à opter pour le
F-35A, après les Etats-Unis, la
Grande-Bretagne, l’Australie, la
Turquie, l’Italie, la Norvège, les
Pays-Bas, Israël, la Corée du Sud
et le Japon.
Soupçon
de destruction
de preuves chez VW
AUTOMOBILE — La justice alle-
mande a ouvert une enquête pour
destruction de preuves et tentat i v e d ’e n t r a v e à l a j u s t i c e à
l’encontre d’un employé de Volkswagen, selon l’AFP et différents
médias allemands. La justice
soupçonne cette personne, qui
serait un juriste de haut rang,
d’avoir demandé à des collègues
d’ « effacer ou (de) dissimuler des
données » liées au scandale en
cours des moteurs diesel truqués,
ce qui « a été fait en partie », selon
une déclaration écrite du parquet. Les faits se seraient produits en août 2015, soit peu avant
que le scandale du diesel n’éclate
au grand jour, en septembre. Une
partie des données dissimulées
ont été depuis récupérées.
Bertrand Rindoff-Petroff Getty Images pour Guerlain
Ils étaient si discrets... Alors que les
sidérurgistes (Arcelor, Tata, Thyssenkrupp...) mènent depuis des
mois une guerre ouverte contre le
dumping chinois qui cisaille leurs
marges en Europe, leurs confrères
de l’industrie pneumatique restaient étonnamment silencieux.
Pourtant, ils subissent aussi de
plein fouet les importations de
pneus asiatiquesà bas coût, comme
le montrent les données 2015 fournies aux « Echos » par l’Association
européenne des manufacturiers
(ETRMA). L’an dernier, plus de
55millionsdepneuspourvéhicules
légers en provenance de Chine se
sont déversés sur le Vieux Continent, soit 20 % des ventes du marché, contre 9 % en 2007... Et le phénomèneestencoreplusmarquésur
le poids lourd, où les importations
de pneus asiatiques ont représenté
30 % du marché, contre 11 % en
2007.
C’est justement les pneus pour
camions qui préoccupent le plus les
professionnels. Et notamment
l’activité de rechapage, qui consiste
à changer la bande de roulement
d’un pneu poids lourd pour le faire
12 maisons, le couple de mécènes a d’abord organisé plus
d’une vingtaine d’expositions
jusqu’en 2004, créé des ateliers
animés par des artistes (lithographie, gravure, sculpture,
dessin…), organisé des conférencessurl’art.« Mais,à40kilomètres de Paris, il y avait beaucoup de monde aux vernissages
mais peu le reste du temps. Nous
avons réfléchi et décidé de créer
un prix du dessin contemporain.
Je suis architecte paysagiste de
formation et sensible au trait »,
souligne Daniel Guerlain. La
première récompense est
décernée en 2007. A partir de
2009, le prix devient annuel ; le
dixièmeseradoncdistribuél’an
prochain. Un comité de sélection averti retient 30 dossiers,
puis une « short-list ». Au
moment du Salon du dessin à
Paris, un jury de collectionneurs français et étrangers
choisit le lauréat, qui empoche
15.000 euros et voit l’une de ses
œuvres offerte au Centre Pompidou ; deux autres artistes
bénéficient d’une dotation de
5.000 euros. Pour le 10e anniversaire du prix, une exposition
des 30 lauréats sera proposée à
Beaubourg du 14 juin au 11 septembre 2017. Florence et Daniel
ont entraîné dans ce mécénat
AXA Art, Neuflize OBC, la maison Guerlain et Artcurial. Leur
fondation compte également
La fondation de Daniel, petit-fils du parfumeur qui inventa
Shalimar, et Florence Guerlain, est dotée d’un capital
de 850.000 euros.
L’accrochage de cette partie
de la donation Guerlain est
cette fois-ci très différent de
celui choisi l’an dernier par la
directrice du Nordiska
Akvarellmuseet de Skärhamn,
enSuède.« C’estd’ungrandintérêtpournousdevoirnotrecollection mise en valeur différemment selon les institutions »,
observe Florence Guerlain. La
donation, qui a déjà été exposée
aussi au musée des Beaux-Arts
de Libourne en 2014, partira
l’an prochain à la Reykjavik
National Gallery en Islande,
puis en 2019 à l’Albertina de
Vienne. Autant d’événements à
l’initiative de Jonas Storsve,
conser vateur au cabinet
d’art graphique du Centre
Pompidou.
Fondation créée
en janvier 1996
C’est en janvier 1996 que Florence et Daniel Guerlain (petitfils du parfumeur qui inventa
Shalimar) ont créé leur fondation du même nom, dotée d’un
capitalde850.000eurosetrapidement reconnue d’utilité
publique. Dans le fief des Guerlain, aux Mesnuls, dans les Yvelines, où la famille a eu jusqu’à
un cercle de 200 amis. Membres aussi de l’Adiaf (Association pour la diffusion de l’art
français), des Amis du Centre
Pompidou, du Louvre, ou de
l’Arop (Association pour le
rayonnement de l’Opéra de
Paris), ces mécènes ont choisi
en 2012 de donner l’essentiel de
leur collection personnelle de
dessins au Centre Pompidou,
« pour que celle-ci reste entière et
ne soit pas un jour dispersée »,
souligne Daniel Guerlain.
« Comme nous entretenons une
relation étroite depuis quinze
ans avec ce musée parisien, la
leur confier nous a semblé une
évidence, avec la certitude qu’elle
pourrait être vue par un grand
nombre », renchérit Florence.
Le couple de passionnés, qui a
déjàacquisdespiècesdeplusde
200 artistes d’une trentaine de
nationalités, continue d’acheter. Outre plusieurs centaines
de dessins encore en leur possession, ils possèdent aussi des
peintures et des sculptures.
Une chose est sûre. « Nous
ferons d’autres donations au
Centre Pompidou. C’est important pour nous que ces œuvres
entrent dans un grand
musée. » n
// 23
Les Echos Vendredi 10, samedi 11 juin 2016
avis financiers
RÉSULTATS ANNUELS CONSOLIDÉS 2015-16
(avril 2015– mars 2016)
Société anonyme au capital de 474 454 650 €
Siège social : 14-16, rue des Capucines 75002 Paris
R.C.S PARIS 592 014 476
BONNE PERFORMANCE ANNUELLE
Assemblée générale extraordinaire des actionnaires
le 29 juin 2016
résultat opérationnel courant : +6,1% en organique
résultat net: +10,6%
Au 31 mars 2016, Rémy Cointreau a réalisé un chiffre d’affaires de 1 050,7 M€, en
progression de 8,9% par rapport à l’exercice précédent. En organique, la croissance
est positive : +1,7% pour les marques du groupe et +0,3% au total. Sur l’année, la
zone EMEA (Europe, Middle East & Africa) affiche une belle progression, grâce à
la stratégie d’expansion du groupe en Afrique, et la zone Amériques bénéficie de
la croissance remarquable de nos marques dans un contexte favorable pour les
alcools bruns, en particulier aux Etats-Unis. Les pays d’Asie Pacifique enregistrent
une croissance significative sur le 2ème semestre.
Le résultat opérationnel courant s’élève à 178,4 M€, en progression organique de
6,1% (+14,4% en publié), conforme aux objectifs de croissance organique que le
groupe s’était fixé en juin 2015. La rentabilité opérationnelle s’est ainsi améliorée de
80bps à 17,0%. Ce gain s’explique par la performance de nos spiritueux d’exception
(> USD50) et l’optimisation de nos coûts de structure, qui ont ainsi permis une
hausse ciblée de nos investissements en communication.
Le résultat net consolidé part du groupe progresse de 10,6% à 102,4 M€.
Hors éléments non récurrents, le résultat net s’établit à 110,4 M€, en hausse de 16,7%.
Ces initiatives ont soutenu la croissance de la division au 2ème semestre, mais n’ont
pas complètement compensé les facteurs macro-économiques (Grèce et Russie)
et techniques qui ont pesé sur la 1ère partie de l’année. La performance annuelle
reste ainsi légèrement négative (-1,5% en organique).
Le résultat opérationnel courant atteint 48,1 M€ (-2,8% en organique), conséquence
du repli des ventes et de l’augmentation des dépenses de communication pour
soutenir les marques et initiatives créatives de l’année. La marge opérationnelle
courante s'établit à 17,6% contre 19,7% à fin mars 2015.
CHIFFRES CLÉS
RÉSULTATS CONSOLIDÉS
(millions €)
Chiffre d'affaires
965,1
8,9%
+0,3%
+6,1%
Résultat opérationnel courant
178,4
156,0
+14,4%
Marge opérationnelle courante
17,0%
16,2%
-
-
résultat net part du groupe
102,4
92,6
+10,6%
-1,4%
marge nette part du groupe
Résultat net hors éléments non récurrents
9,7%
110,4
9,6%
94,6
+16,7%
+5,0%
Marge nette hors éléments non récurrents
BPa part du groupe
10,5%
2,11
9,8%
1,91
+10,5%
-
BPa hors éléments non récurrents
2,27
1,95
+16,4%
-
ratio dette nette /EBiTDa
2,29
2,64
-
-
Mercredi 29 juin 2016 à 15 heures,
au Pavillon Cambon, 46 rue Cambon, 75001 Paris
L’avis de réunion, comportant l’ordre du jour et les projets de résolutions, a été
publié au Bulletin des annonces légales obligatoires (BALO) du 25 mai 2016.
L’avis de convocation est publié au BALO et dans le journal d’annonces
légales « Les Petites Affiches » du 10 juin 2016.
La Société adressera directement à tous les actionnaires les formulaires
de vote par correspondance et par procuration auxquels seront joints les
documents prévus par les dispositions légales et réglementaires applicables.
Les documents préparatoires à cette Assemblée, et notamment les
documents visés à l’article R. 225-83 du Code de commerce, sont tenus à
la disposition des actionnaires, conformément aux dispositions légales et
réglementaires applicables.
Sur demande écrite adressée au siège de la Société, par voie postale ou par
télécopie au 01 40 40 64 81, et jusqu’au cinquième jour inclusivement avant
l’Assemblée, soit le 24 juin 2016, tout actionnaire peut demander à la Société
de lui envoyer ces documents.
Ils peuvent aussi être consultés au siège de la société Gecina.
Les documents relatifs à cette Assemblée visés à l’article R. 225-73-1du
Code de commerce sont disponibles sur le site internet de la Société
(www.gecina.fr).
Marques Partenaires – Le repli du chiffre d’affaires est lié à la fin du contrat de distribution des marques de champagne
(Piper Heidsieck et Charles Heidsieck) aux Etats-Unis, alors que les ventes des
autres marques partenaires enregistrent une croissance à deux chiffres en zone
EMEA.
Le résultat opérationnel courant s’élève à 6,0 M€ (-22,9% en organique), et s’explique
par le recul du chiffre d’affaires de l’activité sur l’exercice.
Le résultat opérationnel courant s’élève à 178,4 M€, en progression organique de
6,1%. En publié (+14,4%), celui-ci intègre un effet de change positif de 12,9 M€, qui
résulte à la fois d’effets de conversion et de transaction (politique de couverture).
Le résultat opérationnel s’établit à 178,7 M€, après prise en compte d’un produit
net non-récurrent de 0,3 M€.
Le résultat financier est une charge de 27,3 M€, en réduction de 2,4 M€ sur l’année,
grâce à une réduction des frais liés à la dette financière brute et à un résultat de
change positif. La charge d’impôt s’élève à 44,1 M€ soit un taux effectif de 29,1%,
en augmentation par rapport au taux de mars 2015 (26,4%), qui avait bénéficié
d’un mix géographique favorable et d’éléments techniques positifs.
La quote-part du résultat des entreprises associées est une perte de 4,8 M€, qui
reflète essentiellement un ajustement de la valeur de la participation dans Dynasty
Fine Wines Ltd. Au 31 mars 2016, Dynasty n’avait toujours pas publié ses comptes
2012, 2013, 2014 et 2015. Au cours de l’exercice, Rémy Cointreau a procédé à une
nouvelle évaluation de sa participation, à la suite de laquelle une dépréciation de
3,7 M€ a été comptabilisée.
Le résultat net part du groupe est de 102,4 M€, en progression de 10,6%.
Hors éléments non récurrents (-8,0 M€), le résultat net part du groupe ressort à
110,4 M€, en hausse de 16,7% et la marge nette affiche une progression de 70 points
de base à 10,5%. Le résultat net par action (hors éléments non récurrents) s’établit
à 2,27€ (+16,4%).
La dette nette s’élève à 458,2 M€ au 31 mars 2016, en baisse de 8,4 M€ sur l’exercice,
grâce à une gestion performante du besoin en fond de roulement (hors achats
d’eaux-de-vie stratégiques). Ainsi, le ratio bancaire « dette nette/EBITDA » s’améliore
significativement à 2,29 à fin mars 2016 contre 2,64 à fin mars 2015.
Le retour sur capitaux employés (ROCE) s’établit à 17,3% au 31 mars 2016, en progression de 170bps sur l’exercice.
Un dividende de 1,60 euro par action (soit une hausse de 4,6%) sera proposé au
vote des actionnaires lors de l’assemblée générale du 26 juillet 2016. Le paiement
sera assorti d’une option en numéraire ou en actions pour la totalité du dividende
mis en distribution.
au 31 mars Au 31 mars
Variation
2016
2015
Publié
Publié
Publiée Organique *
1 050,7
Les actionnaires de la société Gecina sont invités à participer à l’Assemblée
Générale Extraordinaire qui se tiendra le :
(*) La croissance organique est calculée à devises et périmètre constants
Rémy Martin – Après deux années de repli, les ventes de la Maison Rémy Martin
se sont redressées sur l’année et enregistrent une croissance organique de 3,2%,
essentiellement portée par des performances soutenues aux Etats-Unis, en Afrique,
en Asie du Sud Est et au Japon.
La marque Rémy Martin a ainsi bénéficié de sa nouvelle plateforme globale de
communication « One Life / Live Them », et de la très forte progression de ses
marques 1738 Accord Royal aux Etats-Unis et Club en Asie. Louis XIII a, pour sa
part, profité du succès de sa campagne « 100 Years, the movie you will never see ».
Le résultat opérationnel courant s’élève à 139,7 M€, en croissance organique de
6,4%. La marge opérationnelle s’établit à 21,6%, en progression de 80 points de
base, les effets de mix et prix favorables, ainsi que l’optimisation des coûts de
structure de la division ayant largement compensé la hausse du coût des eaux-devie, et l’accélération des investissements en communication.
Liqueurs & Spiritueux – La stratégie d’accélération de montée en gamme a également
été effective pour la division Liqueurs & Spiritueux en 2015-16 : dans le circuit du
Travel Retail, Cointreau a lancé avec succès Cointreau Blood Orange et Metaxa a
déployé Angels’ Treasure. Mount Gay Black Barrel continue de s’affirmer comme
l’un des leaders du segment des rhums haut-de-gamme dans ses nouveaux marchés
et Octomore a renforcé son offre avec le lancement de l’édition limitée 7.4 Virgin
Oak.
Le Conseil d’Administration
Contact : Laurent LE GOFF – Tél. : + 33 (0)1 40 40 62 69
Nicox SA
Société anonyme au capital de e 22 899 009
Siège social : Drakkar D - 2405 Route des
Dolines - 06560 VALBONNE Sophia-Antipolis
R.C.S. Grasse 403 942 642
N° Insee 403 942 642 00055
a convoqué ses actionnaires en Assemblée Générale
Ordinaire sur deuxième convocation et sur le même ordre du
jour le mardi 21 juin 2016 à 14 heures, dans les bureaux de
BuroClub – salle Colomb - Drakkar 2 - Bâtiment D - 2405 route
des Dolines - 06560 Valbonne Sophia Antipolis, le quorum
requis pour la délibération de l’Assemblée générale n’ayant
pas été atteint sur première convocation le 7 juin 2016.
Les informations visées aux articles L.225-115, R.225-81 et
R.225-83 du Code de commerce, notamment les formulaires
de vote par procuration ou correspondance, sont adressées
aux actionnaires sur simple demande écrite au siège social
de la Société. Ces documents sont également mis à la
disposition des actionnaires au siège social et sur le site
internet de la Société (www.nicox.com).
PERSPECTIVES 2016-17
Confiant dans sa stratégie d’accélération de montée en gamme, le groupe Rémy
Cointreau anticipe une croissance de son résultat opérationnel courant, à devises
et périmètre constants, au cours de l’exercice 2016-17.
www.remy-cointreau.com
la cote hebdomadaire des opcvm
Nom du fonds
Vocation
Valeur Unitaire
hors frais au Variation Variation Variation
en %
08.06.2016
%
en %
ou dernier depuis le en
1 an
3 ans
cours connu 31/12/15
Date Net en euros
Dernier
revenu
distribué
CARMIGNAC GESTION
24, place Vendôme - 75001 Paris - Tél. : 01.42.86.53.35
Contacts Clientèle Privée : Alexandre COMBES & Joël GRESSE
Contact Clientèle Institutionnelle : Jacques GERBI
Contact Distribution Externe : Ariane TARDIEU
Carmignac Emerging Patrimoine A EUR Acc (LU0592698954)
C
106,43
+ 4,11
- 1,91
+ 0,54
Performance
Depuis le
31/12/2015
Performance
1 an
Performance
3 ans
Federal Opportunité Equilibre (FR0010292920)
131,59
127,72
06/06/2016
- 2,94
3,52
12,90
Federal Croissance (FR0000987703)
64,57
63,59
07/06/2016
- 1,52
- 6,17
10,38
Federal APAL (FR0000987950)
279,36
280,82
07/06/2016
0,52
- 12,82
9,52
Federal Actions Ethiques (FR0000442949)
133,69
133,68
07/06/2016
- 0,01
2,18
45,99
FCP Actions Internationales
C
1110,86
- 1,48
- 11,88
+ 20,79
Carmignac Grande Europe A EUR Acc (LU0099161993)
SICAV Actions européennes (PEA)
C
169,35
- 0,94
- 12,55
+ 15,27
Carmignac Euro-Entrepreneurs A EUR Acc (FR0010149112)
FCP petites et moy. capital. europ.
C
283,48
- 3,65
- 12,40
+ 36,51
Carmignac Emergents A EUR Acc (FR0010149302)
FCP Actions pays émergents
C
787,39
- 0,16
- 6,87
+ 10,24
Carmignac Emerging Discovery A EUR Acc (LU0336083810)
SICAV P&M cap. pays émergents
C
1294,35
+ 3,32
- 3,19
+ 15,37
Carmignac Commodities A EUR Acc (LU0164455502)
SICAV Actions ressources naturelles
C
257,31
+ 7,03
- 12,76
- 0,66
Carmignac Patrimoine A EUR Acc (FR0010135103)
FCP Mixte diversifié international
C
625,06
+ 0,02
- 6,29
+ 12,75
Carmignac Euro-Patrimoine A EUR Acc (FR0010149179)
FCP Mixte diversifié européen
C
290,99
+ 1,55
- 11,35
- 3,79
Carmignac Investissement Latitude A EUR Acc (FR0010147603) FCP Mixte diversifié international
C
244,58
- 2,89
- 17,25
+ 3,18
Carmignac Profil Réactif 100 A EUR Acc (FR0010149211)
Fonds de fonds dynamique
C
175,74
- 3,42
- 19,72
- 0,31
Carmignac Profil Réactif 75 A EUR Acc (FR0010148999)
Fonds de fonds mixte dynamique
C
195,02
- 3,04
- 16,65
- 1,63
22, boulevard Malesherbes - 75008 Paris
Tél. : 01.42.89.00.00 - Fax : 01.42.89.62.29 - www.kblrichelieu.com
Contact Clientèle Privée : Christian DE WITT
Contact Clientèle Professionnelle : Marie FERNANDES
Carmignac Profil Réactif 50 A EUR Acc (FR0010149203)
Fonds de fonds mixte équilibré
C
163,36
- 2,06
- 12,75
- 1,69
Richelieu France (FR0007373469)
Carmignac Global Bond A EUR Acc (LU0336083497)
SICAV Obligations Internationales
C
1313,83
+ 2,69
+ 1,50
+ 16,81
Richelieu Spécial (FR0007045737)
Carmignac Sécurité A EUR Acc (FR0010149120)
FCP Obligations libellées en euros
C
1737,37
+ 1,29
+ 1,23
+ 5,71
Carmignac Capital Plus A EUR Acc (LU0336084032)
SICAV Monétaire dynamique
C
1148,61
- 0,60
- 2,52
+ 1,98
MSCI AC WORLD INDEX FREE depuis le 31/12/2015 : - 4,68 %
Date VL
FEDERAL FINANCE GESTION
Carmignac Investissement A EUR Acc (FR0010148981)
CAC 40 depuis le 31/12/2015 : - 4,06 %
Dernière VL
1 allée Louis Lichou - 29480 Le Relecq-Kerhuon
Service Relations Clientèle : N° Cristal 09.69.32.88.32 (appel non surtaxé)
[email protected]
www.federal-finance.fr
Cotations : 01.42.61.62.00
site Internet : www.carmignac.fr
SICAV Actions Internationales
VL au
31/12/2015
Nom du fonds
Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Elles ne sont pas constantes dans le temps. Les documents d’Information Clé pour l’Investisseur et les
prospectus des FCP sont disponibles sur le site www.federal-finance.fr
Date
Net
Val. Unit.
Hors frais au
07/06/16 ou
dernier cours
connu en
euros
Actions françaises, PEA
-
C
456,27
-2,77
-2,55
Actions françaises, PEA
-
C
194,56
-4,10
-7,47
Nom du fonds
Vocation
Dernier
revenu
distribué
KBL RICHELIEU GESTION
Variation Variation
en %
en %
depuis le 1 an
31/12/15* glissant
Richelieu Croissance PME (FR0010092197)
Actions françaises, PEA
-
C
188,52
0,99
7,12
Richelieu Family Small Cap (FR0011689330 )
Actions européennes, PEA
-
C
116,51
0,57
4,98
Richelieu Europe Quality (FR0000989410)
Actions européennes, PEA
-
C
156,55
-2,75
-2,52
Richelieu Flexible (FR0000029944)
Diversifié, PEA
-
C
540,32
-4,37
-9,38
Richelieu Harmonie 50 (FR0000986846)
Diversifié
-
C
157,54
-2,36
-3,16
Certains des fonds ci-dessus possèdent des parts de distribution et/ou des parts en autres devises.
Les fonds KBL Richelieu Gestion peuvent être directement achetés soit auprès de votre banquier habituel par simple instruction précisant le nombre de parts et le code ISIN, soit
La liste complète est disponible sur le site www.carmignac.fr
auprès du gérant ou du dépositaire.
24 //
Vendredi 10, samedi 11 juin 2016 Les Echos
HIGH-TECH
&MEDIAS
Selon CNBC, le groupe
américain aurait reçu plusieurs
offres de rachat pour ses
activités Internet, certaines
avoisinant les 5 milliards de
dollars. L’offre de l’opérateur
télécoms Verizon, qui dépasse
les 3 milliards de dollars, serait
ainsi l’une des offres reçues
les plus basses.
33
TF1 monte à 100 %
dans TMC
DR
DR
en
pixels
Yahoo! aurait
plusieurs offres
sur la table
Le groupe TF1 a racheté à la
principauté de Monaco ses 20 %
dans la chaîne TMC, en devenant
ainsi l’unique propriétaire.
TF1 ne débourse pas de cash :
la transaction se fera par un
échange d’actions, permettant
à Monaco de détenir 1,1 % du
capital de la filiale de Bouygues.
Le siège et les activités de TMC
restent basés à Monaco.
MILLIONS D’IDENTIFIANTS
Adresses e-mail, mots de
passe visibles en clair ou
encore noms d’utilisateurs...
Près de 33 millions d’identifiants utilisés pour se connecter à Twitter se trouveraient
actuellement en vente sur
le « dark Web », selon le site
spécialisé LeakedSource.
TÉLÉVISION
Aprèslerejet desonallianceavec BeIN,
Canal+devra faire cavalierseul
l L’Autorité de la concurrence a refusé le projet d’accord entre Canal et BeIN.
l Canal+, qui avait un discours alarmiste, va devoir trouver des économies.
à la porte d'Altice pour nouer un partenariat.
BeINpourrait chercher
d’autresfiancés
Marina Alcaraz
@marina_alcaraz
Canal+ devra se débrouiller seul.
L’Autorité de la concurrence a en
effet dit non jeudi au projet d’accord
de distribution exclusif que le
groupe souhaitait conclure avec
BeIN Sports. Dans un communiqué
laconique, le groupe indique qu’il
devra « travailler sur d’autres solutions pour faire cesser les pertes de
ses chaînes françaises ». S’il ne
devrait pas faire appel de cette décision qu’il regrette, le groupe va
maintenant devoir se réinventer
une nouvelle stratégie en solo.
A ce stade, plusieurs pistes sont à
l’étude. Le groupe devrait d’abord
accentuer ses économies. Même si
des plans sociaux d’envergure semblent exclus à court terme, il devra
selancerdansunechasseauxcoûts:
passage en revue des achats de programmes, rapatriement de certaines productions en interne, etc.
Parallèlement, il continuera sans
doute à pousser des offres conjointes avec BeIN mais de manière non
exclusive, comme c’est le cas avec
l'offre à 30 euros proposée à l’occasion de l’Euro... avec le risque de
favoriser la croissance d’un concurrent totalement indépendant.
L’enjeu est de taille. Sur fond
d’hémorragie des abonnés et
d’inflation des droits sportifs, Vincent Bolloré, le patron de Vivendi, la
maison mère de la chaîne, n’a cessé
d’agiter le chiffon rouge, menaçant
même de fermer Canal+ France, si
ses pertes n’étaient pas jugulées. Ses
principales chaînes en France
(Canal+, Canal Sport, etc.) devraient
essuyeruneperteopérationnellede
410 millions d’euros cette année. Si,
de l’avis de plusieurs analystes, le
discours a été trop alarmiste, la
décision de l’Autorité reste une
mauvaise nouvelle même si elle va
permettre au groupe de ne pas ver-
DÉCRYPTAGE // Le qatari pourrait frapper
L
Une phase de la rencontre de Ligue 1 PSG-Bordeaux, le 11 mai. La chaîne cryptée comptait
sur les audiences générées par le sport pour regonfler sa base d’abonnés. Photo Georges Gobet
ser plus de 300 millions par an à
BeIn. « Le groupe Canal est bien rentable et Vivendi va même acheter en
Italie des actifs en perte, souligne
Jean-Baptiste Sergeant, analyste
chez Mainfirst. Toutefois, il espérait
atteindre l’équilibre en 2018 pour
Canal+ France. Et, sans l’accord
BeIN, ça paraît irréaliste. »
Questions de modèle
Des questions sur son modèle vont,
ensuite, se poser à moyen terme :
faut-il garder du sport ou se concentrer sur la fiction ? Une question
d’autant plus aiguë que, dès la rentrée, il n’aura plus le prestigieux
championnat anglais, la Premier
League, acquis par SFR (Altice). Certes, Canal pourrait revenir avec un
nouveau partenariat avec BeIN l’an
prochain,mais«sûrementpassurles
bases actuelles », dit un proche du
dossier. En fait, l’avenir de Canal
dépendra pour beaucoup de la
revue que va réaliser l’Autorité de la
concurrence en 2017 et qui débutera
dès cet été. Car si l’antitrust a considéré qu’aujourd’hui, les conditions
n’étaient pas remplies pour lever
l’interdiction de distribution exclusivedechaînesportivepremiumqui
pèsesurCanal+,ildoitprocéderàun
réexamen d’ensemble en 2017. Les
interdictions imposées au groupe
en 2012 dans le cadre du rachat de
TPS, qui empêchent l’accord avec
BeIN, pourraient alors être assouplies, voire abrogées. « Nous sommes ouverts. On ne sait pas de quoi
l’avenir sera fait », a indiqué le président de l’Autorité Bruno Lasserre.
Pour justifier son refus, l’Autorité
a expliqué que « le marché n’avait
pas été suffisamment bouleversé
pour rendre caduque l’analyse de
2012 ». Certes, SFR s’est lancé sur le
marché des droits sportifs, mais
l’initiative est « encore isolée », a jugé
Bruno Lasserre, rappelant que le
groupe n’avait pas été candidat au
Top 14. « Le projet d’accord, dont
nous ne connaissions pas tout, comportaitunrisquedecollusiondansles
droits sportifs, car les deux acteurs
auraient détenu 80 % des droits sportifs et la Ligue de foot était inquiète »,
at-il ajouté. L’Autorité estime
avoir tendu des perches à Canal en
lui proposant d’assortir son projet
de conditions, en particulier sur la
gestion de la relation clients. Mais
Canal+ n’a pas donné suite. n
erefusdel’Autoritédelaconcurrence coupe les ailes de
B eIN Sports. Le groupe
qatari, arrivé en France en 2012, a su
convaincre les téléspectateurs français avec une offre moins chère que
Canal (14 euros) et lui voler des
abonnés (2,5 millions d’abonnés en
fin d’année dernière, et même 3 millions attendus avec l’Euro). Il a raflé
des droits majeurs, notamment
dans le sacro-saint football. C’est lui
qui diffusera, par exemple, tous les
matchs de l’Euro. Revers de la
médaille : il a dû payer cher pour
s’imposer dans l’Hexagone. Très
cher, même. Son déficit annuel
estiméseraitd’environ300millions
euros. Même si, comme l’a indiqué
à plusieurs reprises le président de
l’Autorité de la concurrence, Bruno
Lasserre, BeIN et Canal n’avaient
pas le même discours, ni les mêmes
réponses lors de l’examen de leur
partenariat, ils avaient un objectif
commun : réduire leurs pertes. Et
Canal+ était prêt à verser à BeIN de
300 à 400 millions par an, sur cinq
ans.
Cartes redistribuées
Après le refus de l’Autorité, BeIN est
contraint de chercher des plans B.
« Ils sont un peu dans une impasse »,
souligne un analyste. « Cette décision contraint BeIN Sports à envisager de nouvelles modalités pour sa
commercialisation, afin de pouvoir
pérenniser sa position de chaîne premium, indique le qatari dans un
communiqué. Cettedécisionfavorise
de fait les distributeurs qui ont
exprimé avec vigueur leur souhait de
continuer à pouvoir distribuer la
chaînedansleurspropresoffres.BeIN
ne doute pas qu’ils donneront des
preuves tangibles de leur intérêt pour
la chaîne en assurant effectivement à
celle-ci les moyens de continuer son
développement, et qu’ils mettront en
placeunestratégiededistributionefficace. »
De l’avis de plusieurs observateurs et analystes, il est fort possible
que BeIN n’attende pas de voir comment vont évoluer les injonctions
de Canal, en 2017. Autrement dit
que le « fiancé » parte avant de
savoir s’il aura l’autorisation de se
marier. « Rien dans la décision de
l’Autorité de la concurrence ne
l’empêche d’aller voir d’autres opérateurs télécoms pour tenter des partenariats », observe Jean-Baptiste
Sergeant, chez Mainfirst. Ca va forcément redistribuer les cartes dans
les années qui viennent », appuie un
opérateur.
Le groupe qatari,
qui a lourdement
investi pour s’imposer
en France, est
en quête d’un plan B.
BeIN pourrait par exemple aller
frapper à la porte d'Altice, qui vient
de lancer des chaînes sport, pour
tenter un partenariat. A condition
toutefois que celui-ci veuille bien lui
verser un gros chèque, ce qui n’est
pas gagné.
Certains spécialistes évoquent
aussi l’hypothèse d’une vente à
terme de BeIN, mais là aussi, la
perte du groupe limite l’intérêt et le
nombre d’acheteurs potentiels.
— M. A.
Lesdroits sportifs ontplus que doublé en Francedepuis2000
Outil de notoriété, vecteur
d’audience, notamment en
direction des plus jeunes, le
sport est incontournable
pour les grandes chaînes.
Les droits audiovisuels des compétitionssportivesdiffuséesenFrance
ontlittéralementflambécesdernières années. Ils ont ainsi atteint un
nouveau pic en 2015, à plus de
1,3 milliard d’euros, selon une étude
publiée par le Conseil supérieur de
l’audiovisuel, à quelques heures du
coup d’envoi de l’Euro. C’est près de
20 % de plus qu’en 2012, et plus du
double par rapport à 2000 (510 millions). Sans surprise, le foot représente la majorité des droits (plus de
1 milliard,dont608millionspourla
seule Ligue 1), soit dix fois plus que
le rugby (130 millions), selon le
pointage réalisé en mars.
Plusieurs facteurs expliquent
une telle inflation. D’abord, un ren-
forcement de la concurrence. De
plus en plus d’acteurs se sont lancés
sur le marché du sport. En témoigne
l’arrivée d’Altice, qui a raflé les droits
du très convoité championnat de
foot anglais, la Premier League.
Alors que, en 1995, 7 chaînes diffusaient du sport, elles sont
aujourd’hui 35 (dont 22 payantes) !
Cinq éditeurs se partagent l’essentiel
dumarchédesdroits(95 %) :Canal+,
BeIN Sports, Discovery (Eurosport),
France Télévisions et TF1. Corollaire, l’offre de sport a largement
augmenté : entre 2010 et 2015, le
volume horaire de diffusion du
sport a bondi de 80 %, porté par une
augmentationdel’offrepayanteetle
lancementdeL’Equipe21surlaTNT
gratuite en 2012.
Ensuite, les droits sont plus internationaux : ceux relatifs au sport
françaissonttombésàenviron60 %
de ce marché, à 1,3 milliard, contre
plusde75 %en2011.Cequifaitmon-
ter les prix : les droits de certaines
compétitions étrangères, comme la
Premier League, sont plus élevés.
Motivation d’abonnement
On comprend mieux pourquoi le
sport n’est pas toujours rentable
pour les chaînes. Mais elles continent d’en être fans. « Dans un univers
de fragmentation des audiences due
notamment à la multiplication du
nombre de chaînes et des supports, il
estdeplusenplusdifficilederéunirdes
millions de téléspectateurs devant leur
écran. Or, le sport en est capable, dit
Nathalie Sonnac, économiste, membre du CSA. C’est un outil de notoriété
très puissant. » Par exemple, 14 millions de téléspectateurs devraient
suivre la finale de l’Euro, et ce même
sans les Bleus, selon un sondage de
Dentsu Aegis Network. Six Français
sur dix devraient regarder la compétition,dont77 %endirectdevantleur
télévision, « ce qui montre l’appétence
pour le live, en dépit de la montée de
nouveaux usages (replay, Internet,
etc.) », souligne Isabelle Vignon,
directrice de l’expertise médias de
Dentsu Aegis. TF1 et M6 devraient
gagner en moyenne 3 points en part
d’audience sur la durée de la compétition, selon Dentsu Aegis. « Le sport
permet aussi d’accéder à un public
plus jeune, cible importante pour le
marché publicitaire, précise Isabelle
Vignon. Ainsi, 19 % des 15-24 ans suivrontl’Euro2016.Etlesportaffichedes
records de commentaires sur les
réseaux sociaux. » Du côté des chaînes payantes, le sport fait partie des
premières motivations d’abonnement. 15 % des Français envisagent
de souscrire un abonnement à une
chaînedesportàl’occasiondel’Euro.
BeIN, qui diffuse tous les matchs,
avait indiqué en septembre qu’il
pourrait passer le cap des 3 millions
de téléspectateurs en France à l’occasion de cette compétition. — M. A.
HIGH-TECH & MEDIAS // 25
Les Echos Vendredi 10, samedi 11 juin 2016
Les gares françaisesfont
leur entréedansGoogle Maps
INTERNET
La SNCF a conclu
un accord avec Google
pour numériser toutes
les gares françaises.
Bondde 85 %
des droits télévisés
de laBundesliga
La chaîne Sky reste
détentrice de la majorité
des lots, alors que
d’autres, comme
Eurosport et Amazon,
entrent en jeu.
Jean-Philippe Lacour
@bankfurt
— Correspondant à Francfort
Le foot allemand vit en pleine
inflation. Les 36 clubs des
championnats de première et
de deuxième division vont se
partager un total de 4,64 milliardsd’eurosdedroitstélévisuels
pour la retransmission des
matchs en direct des saisons
2017-2018à2020-2021,aannoncé
jeudi la fédération allemande
DFL.Représentantunemoyenne
de1,16milliardd’eurosparsaison,
les droits nationaux de la Bundesliga augmentent de 85 % par
rapport à la précédente période,
ce qui permet en la matière de
rattraper du terrain sur la ligue
anglaise et de passer pour le
moment devant les ligues italienne et espagnole, la France
étant plus distancée…
Amazon, nouveau venu
Le gagnant de l’enchère reste le
groupe de télévision payanteSky,
qui a dû néanmoins céder une
part plus grande des rencontres
pour lesquelles il avait jusqu’à
présent l’exclusivité du direct.
Cela résulte d’un appel d’offres
« transparent et ouvert », dit la
DFL. La fédération a dû appliquerlarèglenouvelledu« nosingle buyer » exigée par les autoritésdelaconcurrenceallemandes
et qui prévoit que les droits du
direct pour la télé, le Web et les
supportsmobilesnepeuventpas
être attribués à un seul acteur.
Dans le détail, Sky a obtenu la
« conférence du samedi » aprèsmidi qui comprend de 5 à
6 matchs, le match du samedi
soir et ceux du dimanche, voire
du lundi, ainsi que l’ensemble
des parties de la deuxième division. La chaîne contrôlée par le
groupe de Rupert Murdoch a en
revanche laissé échapper la
retransmission payante du
match d’ouverture du vendredi
soirauprofitd’Eurosport.Parmi
les nouveaux entrants figure la
chaîne britannique de contenus
Perform, aux mains du RussoAméricain Len Blavatnik, qui
obtient le droit de retransmettre
des résumés de matchs sur
Internet. Un domaine en partie
payant, dont l’ancien détenteur
était la chaîne allemande du
groupe Springer. Selon nos
informations, celle-ci a fait cette
fois une enchère insuffisante.
Autre nouveau venu, le géant de
l’e-commerce Amazon a obtenu
le droit de retransmission audio
des rencontres via une application mobile. Les deux chaînes
publiques allemandes vont continuer quant à elles à retransmettre gratuitement de larges
extraits des matchs en léger différé. La « Sportschau », diffusée
par la chaîne ARD samedi en
début de soirée, est l’émission
téléviséelaplusregardéedansle
pays. Cela explique pourquoi les
clubs peuvent compter sur
d’importantes recettes de sponsors à côté des droits TV.
Resteàrépartirlacagnottede
4,6 milliards entre les 36 clubs
allemands, ce qui promet une
foire d’empoigne dont l’ogre
Bayern Munich va chercher à
tirerlemeilleurparti.Demême,
on connaîtra sous peu le montant des droits étrangers de la
B u n d e s l i g a . L’e nve l o p p e
actuelle de 170 millions d’euros
par saison devrait augmenter
de plus de 100 %. La somme à
partager grimpera alors à
1,4milliardd’eurosparsaison. n
4,6
MILLIARDS D’EUROS
La cagnotte que devront
se partager les 36 clubs
de foot allemands de
première et deuxième
division de 2017 à 2021.
en bref
Sarkozy veut une « BBC à la française »
Philippe Lopez/AFP
TÉLÉVISION — Selon un docu-
ment cité par « Le Monde », le président du parti Les Républicains,
Nicolas Sarkozy, voudrait créer
« une BBC à la française », autrement dit un holding coiffant les
différents établissements de
l’audiovisuel public pour favoriser
entre eux les « synergies éditoriales
et industrielles ». Autre idée :
reprendre au CSA le pouvoir de
nomination des dirigeants de ces
groupes pour le confier aux commissions parlementaires, qui décideraient à la majorité qualifiée.
Les gares arrivent dans Google
Maps et StreetView. La SNCF et le
géant américain ont conclu un partenariat pour rendre disponibles
les gares françaises dans les logiciels 3D et de cartographie de Google. Avec la technologie « indoor
maps », les usagers pourront se
diriger à l’intérieur des gares, repérer magasins et restaurants, constituer leur trajet depuis un commercejusqu’àlavoiedutrain…Avec
StreetView, ils pourront visualiser
l’espace sur l’écran de leur téléphone, de leur tablette ou de leur
ordinateur, et se balader virtuellement dans la gare.
Dans l’immédiat, 33 gares — celles concernées par l’Euro de football
— sont disponibles. Elles ont été cartographiées et prises en photo pour
être présentes à la fois dans Google
Maps et dans StreetView. Avant la
fin de l’année, 130 nouvelles gares
seront ajoutées (les principales sur
l’ensemble du territoire). Et, en 2017,
ce sont toutes les gares (environ
3.000 en France) qui seront cartographiées et disponibles sur Google
Maps (mais pas toutes dans
RGA/RÉA, SNCF
Nicolas Rauline
@nrauline
Gare de Lyon, à Paris. A visiter sur Google Maps...
StreetView). « La cartographie prend
une place croissante dans les usages
de nos clients, mais aussi dans nos
outils industriels et pour nos équipes,
souligne Patrick Ropert, directeur
général de SNCF Gares & Connexions. Il est de notre responsabilité
de nous adapter. » Ce partenariat
avec Google n’est pas exclusif : la
SNCF discute avec les autres acteurs
du secteur pour des accords du
même genre. « Nous adaptons nos
investissements, nous allons là où se
trouvent les consommateurs, ajoute
Patrick Ropert. Mais nous sommes
dans une logique d’utilité, nous ne
mettrons pas de publicité,
par exemple. » La SNCF
voit aussi dans ce partenariat une opportunité pour que les
start-up et les développeurs s’emparent des données cartographiques
pour construire de nouveaux services.
Le wi-fi va suivre
Pour Google, ce partenariat constitue l’un des plus gros chantiers en
termes de numérisation de sites de
transport. A la différence des routes,
dont les données sont collectées par
les Google Cars, les gares sont
numérisées grâce à
untrolleyetun« back
trekker », un sac à dos
muni de 15 objectifs. SNCF Gares &
Connexions, direction autonome au
sein du groupe ferroviaire, ne
compte pas s’arrêter là. Elle prévoit
aussi d’augmenter la couverture
wi-fi de ses gares. Aujourd’hui, 130
d’entreellesdanstoutelaFrancedisposent d’un réseau gratuit. Cent
autres gares seront ajoutées d’ici à la
fin juin, essentiellement en Ile-deFrance. En janvier 2017, le plan prévoit une couverture wi-fi dans près
de 400 gares, sur tout le territoire. n
LesChamps-Elysées basculent
dansle wi-figratuit avecJCDecaux
5.000 personnes connectées simultanément et jusqu’à 35.000 personnes
mais, dans ce cas, la rapidité de la
connexionn’est pas lamême »,souligne Albert Asseraf.
TÉLÉCOMS
Le champion de
l’affichage finance le
wi-fi par la publicité.
Un accord pour quatre ans
Fabienne Schmitt
@FabienneSchmitt
Nouvelle diversification pour JCDecaux : le champion de l’affichage
publicitaire offre depuis jeudi du
wi-fi gratuit sur les Champs-Elysées. Il s’agit d’un modèle de wi-fi en
très haut débit. Le publicitaire a fait
appel à l’opérateur anglais Colt
pour déployer la fibre, à l’américain
Rukus pour installer 58 points
d’accès wi-fi, dont 56 sur les
19 colonnes Morris, dédiées à l’affichage publicitaire, qui ornent l’avenue des Champs-Elysées. Et au
fournisseur de services télécoms
Hub One pour piloter le service.
« La puissance, entre 30 et 120 mégabits de débit, est l’équivalent du wi-fi
connecté à la fibre. Il est prévu pour
Le groupe JCDecaux prend
à sa charge l’intégralité
des coûts de la mise en place
du wi-fi très haut débit sur
la célèbre avenue parisienne.
Photo Thomas Samson/AFP
A l’origine du projet, la Mairie
de Paris a lancé un appel à manifestation qui a reçu sept réponses
dont quatre opérateurs télécoms.
S eul Orange figure parmi les
« grands » telcos à avoir candidaté.
Bolloré a aussi répondu. Pour des
acteurs comme Bouygues Telecom,
SFR ou Free, le wi-fi est un concurrentquilimitelaconsommationdes
forfaits. L’accord signé entre JCDecaux et le comité des Champs-Elysées est valable quatre ans. C’est
JCDecaux qui prend en charge tous
lescoûtspourunmontantconfidentiel, mais qui selon un spécialiste
tournerait autour de 500.000 euros.
Logiquement,lepublicitaireachoisi
de baser son modèle économique
sur la publicité. En plus du réseau, il
lance un portail Internet vers lequel
Le pitch start-up
sur France Info
chaque samedi avec Jérôme Colombain
à 6h15 / 9h45
France Info partenaire de
est redirigée toute personne qui
active le wi-fi. Décliné en sept
langues, il accueille les publicités
des commerçants. JCDecaux
entend aussi monétiser les données
clients auprès de ces mêmes commerçants.
Pas facile de rentabiliser un wi-fi
par la publicité. D’ailleurs, JCDecaux se garde bien de donner des
prévisions en termes de retour sur
investissement. Pour décliner des
services, il faut que le client les
accepte. Exemple : il ne peut être
dirigé vers un magasin que s’il est
d’accord pour se géolocaliser.
Même chose pour recevoir des
offres : cela n’est possible qu’avec
l’accord du consommateur.
LaVilledeParis,elle,nedébourse
pas 1 centime. Au contraire, elle
gagne de l’argent en louant les bornes wi-fi exploitées par JCDecaux.
La Mairie aimerait d’ailleurs généraliser le wi-fi gratuit dans la ville
mais elle se heurte à l’opposition
des associations hostiles aux antennes en tout genre. n
26 //
Vendredi 10, samedi 11 juin 2016 Les Echos
START
UP
-
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L’APPLI
LE PRODUIT
Les soirs de match, les transports
publics peuvent rapidement devenir compliqués à gérer. La Métropole de Lyon, le Sytral et son délégataire Keolis se sont appuyés sur la start-up ForCity afin
de définir le schéma de desserte des 6 matchs
qui se dérouleront au Parc Olympique lyonnais. La jeune pousse locale s’appuie sur une
plate-forme de modélisation du futur des territoires via un système de simulation 3D de
jeux de données.
y
LE RDV
Uber met les bouchées doubles pour l’Euro.
Et compte bien surfer sur la grève des
conducteurs de la SNCF… La start-up étend
son service à Lens et Saint-Etienne, et propose des forfaits à prix fixe pour certains trajets types : Lille-Lens à
59 euros et Lyon-Saint-Etienne à 89 euros par exemple.
Les clients pourront également partager des courses
avec d’autres utilisateurs. Plus anecdotique, les véhicules visibles sur l’appli se pareront des couleurs de la
France les soirs où les Bleus joueront.
Café Digital reçoit Paylib
Cinq banques françaises se
sont alliées pour développer des moyens de paiement innovants. Après le portefeuille électronique, Paylib se lance dans le paiement
mobile et sans contact. « Le marché est
désormais mature, et les solutions sont
ultra-sécurisées », assure Philippe
Marquetty, président de la coentreprise. Retrouvez la vidéo sur
bit.ly/252z9nC
Fanzone transporte les supporters
l Ce service en ligne a été choisi par l’UEFA pour faciliter les trajets.
l La start-up israélienne a également signé un accord commercial avec la SNCF.
EURO
2016
MOBILITÉ
Nathalie Hamou
— Correspondante à Tel-Aviv
Dans les locaux de la jeune pousse
Fanzone, situés en banlieue de Tel-
Aviv, c’est « business as usual » à
l’approche du coup d’envoi de
l’Euro 2016. « Normal. Tout se passe
au niveau des serveurs », sourit Ori
Shilo, cofondateur du service en
ligne choisi par l’UEFA comme partenaire officiel pourfaciliter ledéplacementdessupporterslorsdel’Euro.
Un enjeu logistique de taille. Puisque
lors de cette édition, 24 équipes totaliseront 51 rencontres réparties dans
10 villes françaises, tandis que
2,5millionsdesupporterssontattendus dans les stades et 7 millions de
personnes dans les fan-zones.
« Jusqu’à présent, personne ne
s’est intéressé à la façon dont les supporters se rendent sur les lieux d’un
grandévénement,sportifoumusical,
et surtout de transformer ce trajet en
expérience conviviale », confie Ori
Shilo, ex-directeur général de la
Fédération israélienne de football.
Pour combler ce manque, il s’est
associé voilà deux ans avec Tomer
Kazaz, une ancienne recrue de
l’unité 8200, l’escouade des renseignements technologiques de
l’armée israélienne. Après un passage au sein de l’accélérateur de
Microsoft Ventures, leur société a
mis au point une plate-forme en
ligne qui met en relation les fans et
promeut le transport collaboratif.
Mixité des offres de mobilité
Comment la start-up est-elle parvenue à convaincre les dirigeants de
l’UEFA ? « Les relations professionnelles ont joué pour obtenir un accès
direct à l’organisation, précise Ori
Shilo, mais d’évidence c’est notre
capacitéàoffrirunservicesurmesure
pour l’utilisateur final qui a fait la différence. » Sa solution dédiée au
déplacementdesspectateursagrège
toutes les offres de mobilité – du
train au bus, covoiturage en passant
parlepartagedetaxi.Etrelielessupporters désirant partager un trajet
pour se rendre aux matchs.
Une certitude : opérant en marque blanche,Fanzone qui reste
identifiée sur l’appli officielle Fan
Guide de l’UEFA par la mention
« Fan centre est alimenté par Fanzone » joue gros. Si tout se passe
comme prévu, cette première collaboration pourrait être étendue à
d’autres compétitions de l’organisation. D’autant que dans la foulée de
cet accord, la start-up a également
officialisé un partenariat commercial avec la SNCF, transporteur
national officiel de l’Euro 2016.
L’opérateur français avait déjà
repéré la pépite voilà un an lors de
la conférence annuelle EcoMotion,
centrée sur le transport intelligent,
initiée par l’accélérateur israélien
Smart Transportation dans lequel
la SNCF a pris une participation.
De là à annoncer un investissement dans la jeune pousse, il y a un
pas. Pour autant, Fanzone veut se
donner les moyens de ses ambitions. Après avoir levé 6,2 millions
de dollars, la société, qui table cette
année sur un chiffre d’affaires de
1 million de dollars, espère concrétiser une série B dans les prochains
mois. Son objectif immédiat étant
de passer de la gestion de 100 événements en 2016… à près du triple
l’an prochain. n
Digifood
Gymlib
Footovision
Trois start-up françaises profitent de l’Euro 2016
Footovision analyse les data des joueurs
Avec l’Euro, les trois ingénieurs fondateurs de la start-up jouent gros.
Leur solution combine les données de faits de jeux et celles des
joueurs simplement à partir des images télé. TF1 a testé, mais c’est
« L’Equipe » qui les a retenus afin d’écrire des articles basés sur les
datas, selon un angle inédit. Incubée au Tremplin, Footovision vise
l’international et d’autres sports comme le baseball et le basket-ball
pour lesquels la jeune pousse a déjà effectué des essais concluants.
Gymlib promeut le sport auprès des journalistes
Les 4.000 journalistes étrangers accrédités pour l’Euro vont pouvoir découvrir une autre facette de la capitale. La Mairie leur offre
un passe pour accéder à une séance dans l’une des 250 salles
parisiennes partenaires de Gymlib, et tout autant en banlieue.
Plusieurs dizaines de journalistes étrangers ont déjà manifesté
leur intérêt pour cette opération, importante pour l’avenir de la
jeune pousse, qui cherche à s’internationaliser.
COMMUNIQUÉ
BNP PARIBAS ET 2SPARK :
UN (EN)JEU DE STRATÉGIE
Le monde change et BNP Paribas aussi. Pour que les équipes intègrent ces transformations
et s’y adaptent facilement, un dispositif original a été mis en place avec la startup 2Spark,
spécialiste unique de « l’appropriation des connaissances… en 1 minute par jour ! ».
Comment impliquer les équipes dans les transformations d’un groupe quand celui-ci emploie des
milliers voire des centaines de milliers de collaborateurs ? Pour relever ce challenge et engager durablement ses équipes, BNP Paribas a mis en place le
dispositif « La Minute Service » développé par la
startup 2Spark.
Chaque jour, les collaborateurs répondent, via la plateforme en ligne 2Spark, à une ou deux questions sur leur
activité : relation client, management… Un exercice
quotidien d’une minute, présenté de manière ludique et totalement en phase avec les nouveaux
usages numériques (fluidité,
rapidité, interactivité). « Nous
voulions utiliser une nouvelle
approche d’appropriation complètement différente des moyens
traditionnels. Nous souhaitions un
dispositif digital non-intrusif qui crée une relation et
une promesse de développement des connaissances
pour chacun de nos collaborateurs », déclare Valérie
Belhassen, Responsable Transformation et Développement des Connaissances de la banque de détail de
BNP Paribas.
Lancé en 2015, cet apprentissage progressif a conquis
75 % des 13 000 collaborateurs sollicités par la banque,
avec un taux de satisfaction de 95 %. Grâce à ses indicateurs, la plateforme 2Spark
mesure « les connaissances » des
collaborateurs (de manière anonyme) pour concentrer ses efforts
sur les thèmes non maîtrisés. Un
outil moderne et performant qui
renforce véritablement la culture
service de BNP Paribas.
LARA PAWLICZ,
CO-FONDATRICE DE 2SPARK
« BNP Paribas nous a accordé un niveau de confiance particulièrement inspirant.
2Spark touche la banque sur des sujets éminemment stratégiques
notamment la nouvelle relation client. »
Retrouvez 2SPARK sur le Lab BNP PARIBAS à Viva Technology,
du 30 juin au 2 juillet à Paris Expo Porte de Versailles.
Digifood restaure les spectateurs à leur siège
Manger et boire sans faire la queue. Digifood pourrait bien résoudre
plusieurs problèmes liés à la restauration dans les stades. Via son
appli, les spectateurs commandent à tout moment du match et sont
livrés à leur place en moins de trois minutes. Cette promesse a
convaincu l’UEFA, qui a déployé cette solution en marque blanche
sous le nom DeliverMe, avec l’appui de Coca-Cola, au Stade de
France et au Stade des Lumières, à Lyon.
Parismise surlesjeunes poussespour
mieuxaccueillirlesvisiteurs del’Euro
La municipalité a passé
des partenariats pour
le développement de deux
applications touristiques,
utilisant en partie
la réalité augmentée.
Nicolas Rauline
@nrauline
Paris profite de l’Euro pour renforcer son dispositif d’accueil
pour les touristes. Et, ne pouvant
tout développer elle-même, la
Ville a choisi de nouer des partenariats avec quelques start-up de
la French Tech. Ces jours-ci, deux
applications ont été lancées, à destination des visiteurs attendus
dans la capitale, ces prochaines
semaines. La première, Paris
Enigme, permet de découvrir
Paris de manière ludique, au travers de jeux. Une fois dans la rue,
l’utilisateur peut répondre à des
questionnaires, le long d’un parcours touristique. Face au Louvre,
il a accès à une vue en réalité augmentée représentant l’endroit tel
qu’il était au XVIe siècle et, face à
l’Opéra, il peut voir la place en
1780. L’application a été développée par la start-up Furet Company, basée à Issy-les-Moulineaux
et spécialisée dans le développe-
Paris Enigme permet de
découvrir Paris de manière
ludique. Photo Paris Enigme
ment de jeux, notamment en extérieur (chasses au trésor, jeux de
piste, jeux de rôle…)
Une ville laboratoire
Autre application lancée à l’occasion de l’Euro : Paris Explore, disponible sur iOS et Android et développée par la start-up toulousaine
Ubleam. Dans tout le quartier du
Marais,des« bleams »ontétédisposés. Il s’agit de petits logos signalétiques, sur la façade de bâtiments, sur
le nom d’une rue, ou sur la vitrine de
boutiques. En posant son téléphone
devant ces logos, l’utilisateur a accès
à des informations touristiques, en
texte, en images ou en réalité augmentée (histoire du bâtiment, anecdotes, etc.) « Nous avons coconstruit
ce projet avec la start-up, mais aussi
avec les commerçants du quartier, les
administrations, les associations,
souligne Marlène Tessier, cheffe de
la mission Partenariats et Tourisme
à la Direction de l’attractivité et de
l’emploi (DAE) de la Ville de Paris. Et
c’est d’autant plus intéressant pour
nousqu’ilestévolutif.Lecontenupeut
être enrichi, de nouveaux points
d’intérêt pourront être ajoutés. » Un
projet qui colle donc à la volonté de
la ville de devenir un « laboratoire à
ciel ouvert pour les start-up ».
Ailleurs, l’Euro n’a pas déclenché
autantdeprojetsdelapartdesvilles,
qui s’appuient en général sur leurs
propres services. Outre quelques
initiatives privées, on peut tout juste
citer le partenariat passé entre la
fédération des commerces de Nice
et la start-up suisse Kireego pour
développer une plate-forme de mise
enrelationentrelescommerçantset
les quelque 300.000 visiteurs attendus dans la fan-zone niçoise. Là,
comme à Paris, il s’agit de poser des
jalons pour développer par la suite
des offres plus globales. n
// 27
Les Echos Vendredi 10, samedi 11 juin 2016
PME
&REGIONS
Les producteurs de
moules manifestent
NDDL : le dossier
d’information
en ligne
PAYS DE LA LOIRE — Les pro-
d’information destiné à présenter le projet de Notre-Damedes-Landes avant la consultation
locale prévue le 26 juin a été mis
en ligne. La Commission nationale du débat public (CNDP)
autorité administrative indépendante, a été missionnée pour
présenter de « façon claire et
AFP
en
direct
PAYS DE LA LOIRE — Le dossier
ducteurs de moules, touchés par
un phénomène de surmortalité
allant jusqu’à 90 % pour certains,
se sont rassemblés à l’occasion
des Assises de la pêche. Une enveloppe de 4 millions d’euros a déjà
été annoncée par le gouvernement, mais il en manque 8, estime
le comité régional de la conchyliculture des Pays de la Loire.
objective le projet », a rappelé
le président de la Commission,
Christian Leyrit. Les électeurs
devront répondre à la question :
êtes-vous favorable au projet
de transfert de l’aéroport ? Au
total, 130 personnes impliquées
dans ce projet, responsables
politiques, économiques,
agricoles et associatifs ont été
auditionnés. Le document
renvoie vers douze sites Internet
d’organisations favorables
ou opposées au transfert.
Branle-bas de combat
aux Archives nationales
l Le site parisien, modernisé, accueillera 250 agents du ministère de la Culture.
l Le site de Fontainebleau semble voué à disparaître.
CULTURE
Laurence Albert
@L_Albert_
Trois ans après avoir inauguré le
bâtiment flambant neuf de Pierrefitte-sur-Seine, le gouvernement poursuit la réorganisation des Archives
nationales. Avec deux décisions ce
printemps : le réaménagement du
vaste site parisien – 2,5 hectares au
cœur du Marais –, désormais acté, et
la disparition probable du site de
Fontainebleau, qui devrait l’être
avant l’été. Un temps menacé, le
site parisien, où sont employés
200 agents des Archives nationales
et départementales, sera conforté en
accueillant250fonctionnairestransfuges du ministère de la Culture.
Pressé par Bercy de rationaliser
ses implantations immobilières, le
ministèredelaCulturevapasserde7
à 3 sites en vendant deux immeubles
rue des Pyramides et rue de Richelieu, dont les agents iront aux Archives. Un combat serré, mené par le
ministère, pour éviter de quitter
Paris pour Aubervilliers. La moitié
du fruit de la vente des locaux –
35 millions sur 80 – sera réinvesti
dansledéménagementetlaréhabilitation des Archives parisiennes.
« Une partie des lieux était sousemployée depuis le départ de
230 agents à Pierrefitte. Il fallait trouver une destination, mais ne pas s’en
tenirlà :nousavonsimaginéunprojet
patrimonial pour donner plus de visibilité à ces hôtels particuliers et ces jardins peu connus », explique Hervé
Lemoine, le directeur des Archives.
Mise aux normes
Davantage ouverts au public, les
locaux seront mis aux normes pour
prévenir les risques d’inondation.
Paris abrite en effet les fonds
anciens, d’autant plus difficiles à
conserver que certains se trouvent
dans les combles ou en sous-sol.
Les travaux s’achèveront en 2019.
AFontainebleau,onattendencore
la décision du ministère. Le site,
fermé depuis deux ans pour des raisons de sécurité – bâti sur de l’argile,
fissuré, il menace de s’écrouler –, ne
pourraitêtrerouvertquemoyennant
200 millions d’euros de travaux.
Bercy a pressé
le ministère
de la Culture
de rationaliser
ses implantations.
Il serait donc moins cher de le
détruire, dépolluer, et de déménanager les fonds à Pierrefitte où des
réserves foncières ont été prévues,
et où il sera possible, dès 2017, de
rajouter104kilomètresderayonnages. C’est du moins ce qu’en ont
d é d u i t l e s d i z a i n e s d ’é t u d e s
d’experts commandées sur le
sujet… « Nous avons mis de côté un
budget de 16 millions d’euros. Nous
avons un beau projet à Paris, il ne
faut pas que Fontainebleau reste au
bord de la route », martèle Hervé
Lemoine,ralliéluiaussiàcettesolution. Une rationalisation qui serait
une source appréciable d’économie. Car en période de disette budgétaire, les Archives, par nature
consommatrices d’espace et donc
de moyens, restent un casse-tête.
La ministre de la Culture, Audrey
Azoulay, va devoir affronter des
syndicats – CGT en tête – très
remontés et les 43 agents, qui ne le
sont pas moins – certains dorment
sur place depuis plusieurs jours. « Il
est temps de prendre une décision.
Mon souci sera le sort des agents,
mais aussi que l’Etat tienne ses engagements et n’abandonne pas ce bâtiment », indique le maire de Fontainebleau, Frédéric Valletoux. n
Rhône : deux collectivités
sous un même toit
E
n marge du polémique
chantier du musée
des Confluences, les nouvelles Archives du Rhône, ouvertes
en septembre 2014, ont vu le jour
dans une certaine discrétion,
propre sans doute à ces établissements feutrés. Et à un budget
maîtrisé de 46 millions d’euros,
dont 9 apportés par l’Etat.
La décision a été prise en 2005
d’installer dans un seul site fonctionnel les 35 kilomètres d’archives
conservées dans deux bâtiments
devenus trop étroits, ne répondant
plus aux normes de conservation
comme d’accueil du public
– 250 marches pour accéder à un
ancien couvent de Fourvière –
et sans protection anti-incendie.
Le lingot d’or de l’architecte
Bruno Dumetier respecte toutes
les normes d’hygrométrie, température, portes antifeu, accessibilité,
ergonomie des magasins – pas plus
haut que 2,50 m afin de prévenir
les accidents d’escabeau.
Les préparatifs ont pris dix ans :
récolement et reconditionnement
d’un cinquième des documents
dans des cartons neufs. Le déménagement, dix mois. Le nouveau
bâtiment dispose de 30 kilomètres
de rayonnages vides : « Cela nous
permet de voir à 20 ou 30 ans, guère
plus », estime le directeur Bruno
Galland. Le chantier a permis
une modernisation informatique
de l’institution (ordinateurs à tous
les postes de travail, nouveau
logiciel de consultation,
réservation des cotes sur Internet).
Compte tenu de la naissance
en 2015 de la Métropole de Lyon,
dotée des mêmes compétences
qu’un département, ces archives,
uniques en leur genre, sont « un
service unifié du Rhône et de la
Métropole, rattaché au département, mais financé à 75 % par
la Métropole », précise Bruno
Galland. Les deux collectivités ont
l’obligation de conserver leurs
propres archives et celles produites par les services de l’Etat sur
leur territoire. La principale source
de remplissage des armoires, mais
pas forcément les pages les plus
consultées !
— L. D.
Marseille accueille bibliothèque
et archives
Une nouvelle circulaire
vient encadrer les modalités de financement de l’Etat,
très présent dans la gestion
des archives locales.
D
epuis 2006, les archives des Bouches-du-Rhône ont une nouvelle
vocation : développer un réseau de lecture publique. Trop à l’étroit
en centre-ville, bibliothèque de prêt et archives départementales
ont été rassemblées dans le quartier portuaire. Dans un bâtiment unique
au geste contemporain, l’architecte Corinne Vezzoni a dédié 20 %
des 28.000 m2 de rayonnages à des réserves (466.000 ouvrages et plus
de 50.000 supports numériques) destinées aux 96 bibliothèques
du territoire. Le site ouvre également au public une salle d’actualité pour
y lire la presse, expose ses archives et accueille régulièrement des
conférences dans un auditorium de 200 places. Les chercheurs disposent
également de leur espace en retrait des publics pour se pencher sur
près de 45 kilomètres linéaires de rayonnages. Le site fait le plein avec près
de 13.000 visiteurs chaque année. — P. M.
Bordeaux bientôt à l’étroit ?
D
e l’ancien entrepôt
datant du Second
Empire, reconverti en archives,
il ne reste que les quatre
murs extérieurs.
Le nouvel ensemble,
inauguré en mars dernier,
a été conçu par l’agence
belge Robbrecht en
Daem, spécialiste de la
conversion de bâtiments
industriels en équipements culturels. Avec ses
8.800 m2, le lieu est plus
spacieux pour le stockage
et plus accueillant pour
le public. Les employés
disposent de bureaux
fonctionnels dans un
bâtiment construit de façon perpendiculaire. Un projet de 14,5 millions
d’euros indispensable puisque Bordeaux, est avec ses archives, dont
l’origine remonte à Alienor d’Aquitaine, l’un des trois premiers services
de France par le volume, la richesse et la diversité des fonds. Conséquence,
le bâtiment, rehaussé de deux niveaux supplémentaires, offre 18 kilomètres
de rangement qui pourraient se révéler insuffisants puisque 13 kilomètres
de rayonnages sont déjà occupés. Lancé il y a une dizaine d’années, le projet
de la ville est entre-temps devenu celui de la Métropole. — F. N.
Photo Photononstop-AFP
Les règles du jeu
changent pour les élus
DR
© Département du Rhône - Patrick Ageneau
L’espace, un enjeu crucial pour les archives locales
L’hôtel de Soubise, un des bâtiments emblématiques du site
des Archives nationales, dans le quartier du Marais.
En cette période de vaches maigres, c’est une bonne nouvelle
pour les collectivités locales,
dont certaines éprouvent désormais les plus grandes difficultés à
construire et entretenir leurs
a r c h i ve s . U n e c i r c u l a i r e d u
ministère de la Culture du
21 mars est venue redéfinir et
augmenter la part du financement étatique dans les travaux de
construction et d’entretien. L’Etat
pourra en effet régler entre 10 et
30 % de la facture contre moins
de 10 % aujourd’hui. Un signal
fort.
« Nous voulons montrer que
nous restons des partenaires, à la
fois sur le plan financier et en termes d’ingénierie. Nous savons que
les collectivités ont aujourd’hui
des difficultés pour construire et
entretenir leurs archives. C’est
pour elles un événement exceptionnel qui n’a lieu que tous les
trente ans, alors que nous avons de
notre côté une réelle expertise »,
assure Hervé Lemoine, le directeur des Archives nationales et
départementales.
La plupart des grandes collectivités (régions, départements…) ont
en effet leurs archives : en 2013, on
en recensait 800 (dont 670 communales) employant 5.000 personnes. Seules les communes de
moins de 20.000 habitants n’en ont
pas : les documents sont versés
aux fonds départementaux.
Ce foisonnement n’empêche
pas l’Etat d’être omniprésent
– malgré la décentralisation –
pour garder le contrôle scientifique et technique. La plupart des
archives départementales ont
ainsi une direction bicéphale, miEtat mi-département, et près de
250 agents d’Etat œuvrent dans
les départements. L’Etat en fait
même la contrepartie de son soutien financier… Lequel est devenu
absolument vital pour les collectivités, l’entretien des archives étant
de plus en plus dispendieux entre
le respect des normes, la numérisation, l’« open data »…
Recours au secteur privé
Les syndicats, de leur côté, estiment que l’Etat n’en fait pas
encore assez. « Les budgets de la
culture sont les premiers à être
rabotés. Il y a un désengagement de
l’Etat qui est d’autant moins
compréhensible que les archives
départementales abritent de nombreux documents de l’Etat »,
assure ainsi Wladimir Susanj, le
délégué général de la CGT-archives. Il estime par ailleurs que,
pour s’en sortir, les collectivités
n’ h é s i t e r o n t p a s n o n p l u s à
s’appuyer sur le secteur privé,
friand de ces sujets, associations
de généalogistes en tête.
— L. A.
« Nous savons
que les collectivités
ont aujourd’hui
des difficultés
pour construire
et entretenir
leurs archives. »
HERVÉ LEMOINE
Directeur des Archives
de France
28 // PME & REGIONS
Vendredi 10, samedi 11 juin 2016 Les Echos
28
AIN — Le tribunal de grande
française de cyclotourisme. Cette
dernière recense donc désormais
28 territoires ayant pris des mesures pour développer la pratique du
vélo, telles que des parcours pour
des promenades ou des grands
itinéraires européens.
AFP
TERRITOIRES LABELLISÉS « ÉCOTOURISTIQUES »
Guebwiller (Haut-Rhin), la communauté de communes de HauteCharente (Charente), la communauté d’agglomération de Flers
(Orne) et Guer Communauté (Morbihan) sont les quatre territoires
que vient de labelliser la Fédération
innovateurs
L’abattoir visé par
la L214 en liquidation
instance de Bourg-en-Bresse
a confirmé la liquidation judiciaire du poulailler industriel
de l’Ain, dont les conditions
d’élevage ont été dénoncées par
l’association L214. Ce poulailler
industriel du Gaec-du-Perrat,
à Chaleins, proche de Villefranche-sur-Saône, compte
une vingtaine de salariés.
Marseille démarre
la première ligne de bus
100 % électrique
chauffeur, avec un minimum de
1,50 euro. En fin de mois, Karos fait
les comptes. L’utilisateur passager
peutvoirsafactureréduitedesmontants qu’il a « gagnés » en étant conducteur, et inversement.
ÎLE-DE-FRANCE
La firme parisienne
a mis au point un
système de covoiturage domicile-travail.
L’INITIATIVE
RTM
Convaincre les entreprises
Il peut compléter les
réseaux de transports
en commun.
Dominique Malécot
@DMalecot
Réconcilier le transport en commun et la voiture individuelle. C’est
ce que propose Karos. Cette start-up
parisiennearéussiàmettreaupoint
une application de covoiturage
adaptée aux trajets domicile-travail
et aux déplacements dans les zones
peu ou mal desservies par les transports en commun. Un marché
auquel ont presque renoncé les
géantsdusecteur,carilesttroplocal
et donc complexe pour sa taille.
« L’idée est simple. Il suffit de
téléchargergratuitementnotreapplication, de la paramétrer et elle se
charge du reste », s’enthousiasme
Olivier Binet, directeur général et
cofondateur avec Tristan Croiset de
DR
Karos intègre la voiture particulière
au réseau de transports en commun
Les logiciels et les algorithmes mis au point par Karos
apprennent les habitudes et les besoins de mobilité du passager.
Photo Laurent Granguillot/RÉA
l’entreprise. Nourris aux mégadonnées ou Big Data, les logiciels et les
algorithmes mis au point par Karos
apprennent les habitudes et les
besoins de mobilité du passager.
L’application procède de la même
manière avec l’automobiliste qui
souhaite partager ses frais. « Le
salarié ou le visiteur peut ainsi choisir la veille de son trajet, régulier ou
non, entre plusieurs propositions de
chauffeurs allant exactement au
même endroit que lui à l’heure qui lui
convient », explique Olivier Binet.
Le système évite de tomber dans
les travers du covoiturage d’entreprise,quiaboutitviteàunsentiment
de dépendance entre le passager et
lechauffeur.Ilpermetaussid’êtreun
jourchauffeuretdejouerlepassager
le reste du temps. Le coût du kilomètre est évalué à 20 centimes. Comme
il s’agit de partager, le passager paye
10 centimes par kilomètre au
Le système a été étrenné à Grenoble
auprès des salariés de STMicroelectronics et du CEA notamment. Il
fonctionneaussi enIle-de-France et
à La Réunion pour Total. « Nous le
proposons aux entreprises soucieuses de réduire leur empreinte sur
l’environnement et nous souhaitons
maintenant le proposer aux collectivités locales », explique Olivier
Binet. Pour lui, il s’agit d’un réseau
de transport aussi fiable que les
autres et capable de compléter
l’offre des opérateurs traditionnels.
Selon le dirigeant, les entreprises
qui rémunèrent Karos pour ce
service trouvent qu’il crée du lien
social, augmente l’accessibilitié des
sites et permet de faire des économies de parkings. Fondé en 2014,
Karos est encore largement financé
par la BPI et des « business angels ».
La firme prépare une levée de fonds
pour la fin de l’année, avec l’espoir
de renforcer son effectif de 13 salariés, notamment en engageant des
commerciaux. n
Lancement : juin 2016
Constructeur : Irizar
Coût unitaire du bus i2e :
380.000 euros hors batteries
Autonomie : 240 kilomètres
Secteur : transport urbain
Paul Molga
@paulmolga
— Correspondant à Marseille
La Régie des Transports Marseillais vient de doubler la RATP
en mettant en service, cette
semaine, la première ligne de
bus 100 % électrique. Avec
plusieurs mois d’avance sur le
projetdeBluebusdugroupeBolloré, dont un seul exemplaire en
testàParis,aétéprésentéfinmai.
Le véhicule phocéen est de construction espagnole. Il est produit
par Irizar, qui équipe déjà les
transportsdeSanSebastiánetde
Barcelone. Marseille a mis le bus
i2e en test depuis un an sur la
ligne 82, la plus touristique de la
ville, où il a confirmé une auto-
Equipements industriels : Cerinnov
s’introduit en Bourse
Le spécialiste
des machines dédiées
à la céramique
veut lever 8 millions
d’euros.
Jean-Pierre Gourvest
— Correspondant à Limoges
Spécialiste de la céramique dans les
domaines de l’ingénierie, la robotique et autres équipements innovants pour l’industrie, Cerinnov
Group a lancé au début du mois son
introduction en Bourse. L’entreprise, fondée en 1997, compte deux
sites de production, le premier en
France – dans le pôle européen de la
céramique à Limoges, le second à
Denver aux Etats-Unis, où elle s’est
implantée en 1995. Elle ne fabrique
pas d’assiettes, mais est présente
dans les domaines de la numérisation avancée, du traitement
thermique des matériaux, dans les
procédés lasers et la décoration.
Elle est à la fois un bureau d’études,
un fournisseur clefs en main de systèmes et de process et un fournisseur de solutions techniques.
L’offre porte sur un maximum de
930.233 actions nouvelles, avec une
fourchette de prix indicative entre
7,31 et 9,89 euros par action. Le produit brut serait d’environ 8 millions
d’euros pour la totalité des actions
et sur la base du prix médian de la
fourchette (8,60 euros). Le public
détiendrait entre 27 et 33 % du capital en fonction du résultat de l’introduction en Bourse, les fondateurs
conservant entre 37 et 41 %.
11 brevets internationaux
C e r i n n ov G r o u p s e p r é sen t e
comme un des leaders mondiaux
de l’équipement en céramiques
techniques, évoluant dans les
secteurs allant de l’aéronautique à
la sécurité, du spatial au sanitaire.
Elle compte 74 salariés et réalise un
chiffre d’affaires 2015 de 9,8 millions d’euros (en augmentation de
7,8 % par rapport à 2014), dont 70 %
à l’export. Le carnet de commandes
est estimé à 11,2 millions d’euros
pour 2016. L’entreprise a notamment emporté un marché important en Thaïlande.
La société est la seule de son secteur à s’introduire sur le marché
Alternext. La souscription est
ouverte jusqu’au 14 juin 2016 et le
début des négociations du titre est
prévu pour le 20 juin prochain.
« Cette opération nous donnera les
moyens de nous développer sur des
nouveaux marchés de grande taille,
notamment en Asie », explique le
PDG Arnaud Hory. Le responsable
insiste sur le fait que l’activité
recherche a représenté 23 % du
chiffre d’affaires l’an dernier, ce qui
a permis à l’entreprise de déposer
sur ces cinq dernières années
11 brevets internationaux. n
HISTOIRES D’AVENIR, AVEC
© Pradeo
Saad, l’un des trois fondateurs et président de Pradeo.
Ce côté précurseur a été repéré par le célèbre cabinet
Gartner, aux Etats-Unis, qui a posiaonné Pradeo dans la
catégorie “Visionnaire” de son classement Magic Quadrant.
« Le marché américain est essenIel pour nous. Validant
notre niveau de technologie, ce classement nous a ouvert
des portes et nous comptons aujourd’hui parmi nos clients
et partenaires de grands comptes comme IBM, Sanofi ou
Samsung. » La société qui a vu son chiffre d’affaires croître
de 50% entre 2014 et 2015, a créé deux filiales l’an dernier,
à San Francisco et à Londres, ainsi qu’un bureau à Singapour
ce]e année. « Bpifrance prend des risques dans le domaine
du financement de l’innovaIon, de l’immatériel, et c’est ce
qui nous a permis de meGre au point notre technologie
avant même que la société n’existe officiellement. »
Entrepreneurs, Bpifrance vous soutient en prêt et capital, contactez Bpifrance de votre région : bpifrance.fr
LA LEVÉE DE FONDS
SYNTONY
Date de création : 2015
Président : Joël Korsakissok
Montant : 1 million d’euros
Effectif : 20 personnes
Secteur : géolocalisation
Laurent Marcaillou
— Correspondant à Toulouse
PRADEO : 7 LA SÉCURITÉ DE NOS OBJETS CONNECTÉS 6
Fondée en 2010 à Montpellier, la société Pradeo a développé
un ana-virus nouvelle généraaon, breveté sous le nom de
Trust Revealing. Ce moteur d’analyse décoraque les applicaaons
mobiles, puis révèle et bloque les acaons cachées qu’elles
exécutent à notre insu (récupéraaon de données diverses).
Plus de 1 340 000 applicaaons ont déjà été passées à la
loupe, parmi lesquelles 40,5% posaient problème, considérées
comme risquées ou au minimum intrusives.
La société, qui emploie 25 salariés, a reçu le prix La Tribune
Jeune Entrepreneur 2016 dans la catégorie “Numérique”.
Elle fait également parae du disposiaf Pass French Tech, le
cercle des champions de la high tech française. « Nous avons
très vite été dotés de subvenIons, ce qui nous a permis
d’augmenter notre avance technologique. Bpifrance a tenu
ce rôle clé dès le début et le Ient encore », explique Clément
Syntony installe
sa radionavigation dans
le métro de Stockholm
DR
HAUTE-VIENNE
Clément Saad, co-fondateur et
président de Pradeo.
nomie de 240 km pour une douzaine d’heures de service non
stop. En théorie, le Bluebus affiche les mêmes performances
pour une longueur identique de
12 mètres. Seule différence : le
bus de Bolloré récupère de
l’énergie en décélération.
AMarseille,c’estlaligne82de
l’hypercentre qui a été choisie
pour passer à l’électrique : six
buspropresassurentlarotation
entre le Vieux Port et le quartier
d’affaires Euroméditerranée.
Coût unitaire : environ
380.000 euros, hors batteries
louées 50.000 euros par an, soit
30 % de plus qu’un bus thermique pour une économie
d’énergie de 400 %. « Cette commande nous permet de préparer
notre migration vers ces technologies à partir de 2020, en
analysant concrètement leurs
conséquences en termes de maintenance, de sécurité, de formation et d’investissement dans la
transformation de nos ateliers
pour accueillir l’outillage et les
alimentations nécessaires »,
explique le directeur général
adjoint de la RTM, François
Agier.
La régie s’est engagée dans
un programme de R&D avec
EDF pour améliorer les procédés de recharge, qui demandent actuellement de 5 à 7 heures pour les 16 batteries
embarquées. Son dépôt permet
de prendre en charge les six bus
de la ligne, soit 1 % de son parc
de véhicules. n
Spin-off de la société d’ingénierie Silicom, Syntony vient de
lever 1 million d’euros auprès de
l’Irdi pour commercialiser ses
nouveaux systèmes de positionnement par satellite. Créée en
mai 2015 à Colomiers, près de
Toulouse, la start-up a ouvert en
mars une filiale aux Etats-Unis.
Son atout technologique : la
radionavigation logicielle qui
traite le signal de radiofréquence avec un logiciel au lieu
de le faire avec une puce électronique de réception GPS.
L’avantage est de pouvoir le
mettre à jour au lieu de changer le terminal quand les
signaux GPS sont modifiés, ce
qui est assez fréquent. L’inconvénient : le traitement du
signal consomme une grande
puissance de calcul. « Mais
nous avons optimisé le logiciel
pour diminuer la puissance
nécessaire et le faire tourner sur
un calculateur de smartphone », explique Joël Korsakissok, président de Syntony. Il
a signé plusieurs contrats avec
des filiales d’Airbus dans le
spatial et l’aéronautique militaire. La jeune entreprise
négocie aussi la vente de son
logiciel avec des constructeurs
de smartphones, car les modèles actuels ne sont pas équipés
pour recevoir le système européen Galileo, qui démarrera à
la fin 2016.
Aveccesavoir-faire,Syntonya
développéunesolutionderadionavigation dans les couloirs du
métro, où le GPS ne passe pas.
Au lieu d’utiliser le Wifi et le
Bluetooth comme d’autres, elle
reproduit le signal du GPS avec
ses émetteurs pour que les
smartphones le reconnaissent.
Son système Subwave localise
les appels d’urgence dans les
souterrains. En janvier, Syntony
a décroché un contrat de plus de
1 million d’euros pour l’installer
dans le métro de Stockholm et
est en discussion avancée avec
Singapour.« Grâceaumarchédu
métro, nous sommes partis pour
une croissance fulgurante »,
affirme le dirigeant, qui prévoit
unchiffred’affairesde3millions
d’euros en 2016. n
// 29
Les Echos Vendredi 10, samedi 11 juin 2016
FINANCE
&MARCHES
L’APPROCHE DU BREXIT FAIT
PLONGER LES TAUX ANGLAIS
A deux semaines du référendum
sur le maintien du Royaume-Uni
au sein de l’Union européenne,
les taux britanniques ont enregistré, jeudi, un plus bas historique.
Le rendement à 10 ans a touché
1,220 % en cours de séance avant
de clôturer à 1,242 %. Les investisseurs parient notamment sur le
fait qu’en cas de Brexit, la Banque
d’Angleterre mènera une politique monétaire accommodante.
les
indices
La Maif vient bousculer les banques
en lançant son agrégateur
l Le groupe mutualiste se lance
dans la « néobanque ».
l L’assureur vise l’équilibre en quatre
ou cinq ans et un taux de pénétration
d’environ 500.000 utilisateurs.
ASSURANCE
Laurent Thévenin
@laurentthevenin
LaMaifvalàoùonnel’attendaitpas.
L’assureur mutualiste a annoncé
jeudi le lancement d’un service
d’agrégation de comptes bancaires.
Il s’engouffre ainsi dans une brèche
ouverte par des start-up comme
LinxoouBankin’.Cemarchésemble
promis à un bel avenir avec l’entrée
en vigueur de la nouvelle directive
européenne sur les services de paiement (DSP2) en janvier 2018.
Baptisé « Nestor »
Avec ce service baptisé « Nestor » et
conçu sous marque blanche par
Linxo, la Maif est le premier assureur à lancer un agrégateur de
comptes bancaires. « Le digital
entraîne un abaissement généralisé
des barrières à l’entrée. Partant de ce
constat, nous sommes défensifs sur
notre cœur de métier, mais rien ne
nous interdit d’être offensifs sur des
métiers qui ne sont pas les nôtres »,
explique Pascal Demurger, directeur général du groupe d’assurances. La Maif se dit convaincue qu’il y
a de la place pour un modèle « dans
lequel une marque reconnue et inspirant confiance devient l’interlocutrice privilégiée de la relation bancaire et financière sans avoir à
intégrer dans son offre un compte
bancaire ».
Concrètement,lasolutionproposée par la Maif permettra aux utilisateurs de regrouper et de visualiser l’ensemble de leur patrimoine
bancaire(comptes,moyensdepaiement alternatifs comme PayPal,
assurance-vie, crédit, gestion patrimoniale ou épargne salariale) dans
un seul et même espace via un site
Internet ou une application. Elle
offrira aussi des outils d’anticipation budgétaire, de gestion de
découvert ou d’alerte. Au-delà, la
Maif envisage d’y greffer des fonctionnalités d’aide à la préparation
de projets ou de courtage de crédit.
« L’idée est d’aller vers des fonctionnalités de transaction », indique également Pascal Demurger. Avec
DSP2, il sera en effet possible de
DÉCRYPTAGE // Pourquoi les acteurs
de la finance s’allient avec des agrégateurs.
Garder lamain
sur larelation client
Véronique Chocron
@vechocron
Q
uelles banques françaises
ne discutent pas actuellement avec un agrégateur,
ces start-up qui fournissent à un
consommateur, via une application
mobile, une vue consolidée de
l’ensemble de ses comptes bancairesdanstouslesétablissementsoùil
est client ? Aucune. Qu’il s’agisse de
nouer un partenariat ou d’évaluer le
rôle que joueront ces fintech dans
les prochains mois, tous les établissements sont sur le pied de guerre.
Car tous veulent conserver le contrôle de la relation avec leur client.
« Fichier positif
à ciel ouvert »
Les plus sceptiques ont révisé leur
jugement avec l’adoption de la nouvelle directive sur les services de
paiement (DSP2), qui entérine l’existence des agrégateurs. Une fois le
texte européen entré en vigueur, en
janvier 2018, les banques auront en
effetl’obligationdetransmettreàces
nouveaux acteurs les informations
des comptes de leurs clients. « Avec
l’agrégation, les banques vont devoir
accepterquelaconcurrencevoitcequi
se passe chez elles, c’est-à-dire quels
sont les actifs financiers détenus par
leurs clients, mais elles vont aussi voir
chez les concurrents. Ce sera comme
un fichier positif à ciel ouvert, explique le responsable d’une banque en
ligne. Beaucoup vont donc se positionner sur le conseil : ils pourront
par exemple expliquer à leur client
multibancarisé que l’assurance-vie
souscrite dans la banque voisine est
beaucoup trop risquée. »
La disposition de la loi Macron
qui va favoriser la mobilité bancaire, effective en 2017, fait également office de catalyseur. « Le
schéma le plus probable est que le
client choisira son agrégateur dans la
banque qui lui fera les propositions
les plus pertinentes », explique un
banquier. De quoi faire bouger les
lignes. « Dans les douze à dix-huit
prochains mois qui suivront la loi de
mobilité bancaire, toutes les banques
proposeront un agrégateur à leurs
clients », pronostique-t-il.
Pour Linxo, l’agrégateur qui
domine le marché français sur le
créneau du BtoB, en proposant son
service à des banques, les perspectives sont donc prometteuses. Après
unepremièrecollaborationenmarque blanche avec la banque en ligne
Fortuneo, Crédit Mutuel Arkéa et le
Crédit Agricole sont entrés à son
capital. L’agrégateur a depuis signé
avec BforBank et HSBC France, et,
jeudi, avec Maif. Il serait désormais
sur le point de faire affaire avec LCL
et discute avec plusieurs caisses
régionales de la Banque verte. n
« Le digital entraîne
un abaissement
généralisé des
barrières à l’entrée.
Partant de ce constat,
nous sommes
défensifs sur notre
cœur de métier, mais
rien ne nous interdit
d’être offensifs sur
des métiers qui ne
sont pas les nôtres. »
PASCAL DEMURGER
Directeur général de la Maif
La solution proposée par la Maif permettra aux utilisateurs de regrouper et de visualiser l’ensemble de
leur patrimoine bancaire dans un seul et même espace via un site Internet ou une application. Photo RÉA
Plus de 300 millions d’euros
d’investissements dans le digital
La Maif met les grands moyens pour accomplir sa transformation digitale. Sur la durée de son plan 2015-2018,
« les investissements consacrés au digital stricto sensu sont
estimés à environ 200 millions d’euros », a indiqué jeudi
Pascal Demurger, le directeur général du groupe d’assurance. S’y ajoutent les 125 millions d’euros alloués à Maif
Avenir, la structure créée en 2015 pour investir dans
des start-up. Par ailleurs, les investissements consacrés
au plan de transformation des systèmes d’information
sont « gigantesques », avec un budget annuel de 100 à
120 millions d’euros.
faire sur un agrégateur des virementsd’uncompteàunautredirectement. Ce qui permettra donc aux
acteurs positionnés sur ce créneau
de s’immiscer davantage dans la
relation bancaire.
Testée à partir du 20 juin
Alors qu’il se pose donc en tiers de
confiance,l’assureuraffirmegarantir la plus parfaite étanchéité de
Nestor. « Nous ne rentrerons pas
dans l’espace des utilisateurs et nous
n’aurons donc pas accès à leur environnement bancaire », affirme-t-il.
Cette « néobanque » va être testée à partir du 20 juin auprès des
salariés et des militants de la Maif,
ainsi que de 500 sociétaires, avant
d’être ouvert au grand public en
novembre prochain. A côté d’un
socle de base gratuit, il proposera
une version premium payante, facturée « en dessous de 30 euros par
an, soit moins cher que les autres
agrégateurs ». La Maif vise l’équilibre pour Nestor en quatre ou cinq
ans avec l’objectif d’un taux de
pénétration d’environ 500.000 utilisateurs. n
Les assureurs européens àlatraînesur lesdevis
et lasouscriptionen ligne
Seuls 18 % des devis et 4 %
des ventes se font sur
Internet. Les assureurs
interrogés par Roland
Berger et l’Efma font
de l’amélioration
de l’expérience client
une priorité.
Les assureurs n’ont pas réussi à
aller aussi vite qu’ils le voulaient en
matière de digitalisation. D’après
une étude réalisée par le cabinet
Roland Berger et l’Efma auprès de
21 compagnies dans six pays européens, dont la France, seule une
infime partie des devis (18 %) et des
souscriptions (4 %) se fait
aujourd’hui sur Internet (fixe ou
mobile). C’est légèrement plus
qu’en 2012 (12 % des demandes de
cotation et 3 % des souscriptions),
mais beaucoup moins que les projections alors faites par les assureurs. A l’époque, ceux-ci pensaient qu’Internet représenterait
29 % des devis et 12 % des souscriptions à horizon 2016. « L’agence
reste toujours le point de contact
archimajoritaire, quelle que soit
l’étape du parcours client », souligne Mathieu Sébastien, partner
chez Roland Berger.
Plus de la moitié des assureurs
interrogés (56 %) déclarent que le
niveau de transformation digitale
de leur modèle de distribution a été
« limité » au cours des quatre dernières années. La faute, notamment, à « une capacité d’investissement limitée » en matière de
systèmes d’information et de marketing.Autre frein mis en avant : un
manque de compétences et
d’expertise, tant chez les assureurs
que chez leurs distributeurs.
Des efforts importants
Ces dernières années, « les assureurs ont toutefois fait des efforts
importants avec la mise en place de
dispositifs multi-accès. Mais on n’en
a pas encore vu les fruits », remarque Mathieu Sébastien. Ces dispositifs omnicanaux sont encore
relativement peu utilisés, par 42 %
des clients. A l’inverse, il reste
encore 58 % de clients « traditionnels », qui sont attachés à une relation en face à face avec un conseiller et n’utilisent jamais les
canaux digitaux.
« L’agence reste
toujours le point
de contact
archimajoritaire,
quelle que soit
l’étape du parcours
client. »
MATHIEU SÉBASTIEN
Partner chez Roland Berger
« Pour que le parcours client se
digitalise, il faut améliorer l’expérience client », estime Mathieu
Sébastien. Ce qui suppose, entre
autres, une parfaite fluidité entre
les différents modes d’accès dans
le suivi du dossier, explique-t-il.
Cela peut aussi passer par une
aide personnalisée (au moyen,
par exemple, d’assistants virtuels)
ou encore des outils de tarification rapides, permettant de don-
ner un tarif en dix questions ou
moins.
Les assureurs semblent avoir
bien conscience de cet enjeu, puisque la moitié d’entre eux font d’un
succès dans l’amélioration de
l’expérience client leur priorité
pour les quatre prochaines années.
A horizon 2020, ils espèrent atteindre 17 % de souscriptions sur Internet et 11 % via les smartphones.
— L. T.
100 CONSEILS
PRATIQUES
POUR VOS
PLACEMENTS
Demain chez
votre marchand
de journaux
30 // FINANCE & MARCHÉS
Vendredi 10, samedi 11 juin 2016 Les Echos
Cequelesbanquesattendent
delasignatureélectronique2.0
l Un nouveau règlement européen va simplifier la signature électronique.
l Les ventes à distance des banques et des fintech vont en bénéficier.
INNOVATION
Edouard Lederer
@EdouardLederer
Voilà une innovation attendue de
pied ferme par les banquiers traditionnels, comme par les jeunes
start-up de la finance. A partir du
1er juillet, un big bang silencieux va
affecter le monde – très technique,
mais stratégique – de la signature
de contrats en ligne. Ce jour-là
va entrer en vigueur un nouveau
cadre européen qui vise à simplifier la signature électronique et à
la rendre encore plus courante
qu’aujourd’hui.
Les financiers y voient plusieurs
intérêts : la vente à distance (sur
Internet ou par téléphone) se développe et les réseaux physiques
d’agences se réduisent. Il faut donc
ANNLEGALECH
annonces judiciaires & légales
RAPPEL
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
PRÉFET DE LA RÉGION D’ILE-DE-FRANCE
PRÉFET DE PARIS
PRÉFET DE SEINE-ET-MARNE
PRÉFET DE SEINE-SAINT-DENIS
AVIS D'ENQUETE PUBLIQUE
préalable à la déclaration d’utilité publique (DUP) modificative du projet
de liaison ferroviaire directe Charles-de-Gaulle Express (CDG Express) entre Paris (gare de l’Est)
et l’aéroport Paris Charles-de-Gaulle (gare CDG 2)
En exécution de l’arrêté de Messieurs les préfets de la région d’Ile-de-France, Préfet de Paris,
de la Seine-Saint-Denis et de la Seine-et-Marne, en date du 10 mai 2016 et en application des
dispositions du code de l’environnement, il sera procédé du mercredi 8 juin 2016 au mardi
12 juillet 2016 inclus, soit une durée de 35 jours consécutifs, à une enquête publique
préalable à la déclaration d’utilité publique (DUP) modificative du projet de réalisation de la
liaison ferroviaire directe Charles-de-Gaulle Express (CDG Express) entre Paris (gare de l’Est)
et l’aéroport Paris Charles-de-Gaulle (gare CDG 2), dossier présenté par l’Etat (Ministère de
l’environnement, de l’énergie et de la mer).
De plus, en tant que moyen de communication complémentaire, des observations,
propositions et contre-propositions pourront aussi être déposées, de manière
électronique, sur un registre dématérialisé du 8 juin 2016 à 9h au 12 juillet 2016 à 18h,
via le site Internet suivant : www.enquetepubliquecdgexpress.fr
L’Etat (Ministère de l’environnement, de l’énergie et de la mer) assure la maîtrise d’ouvrage du
projet. Pendant la durée de l’enquête publique, les demandes d’informations pourront être
adressées à : Monsieur le directeur du projet CDG Express, Ministère de l’environnement, de
l’énergie et de la mer – Direction générale des infrastructures, des transports et de la merCette enquête porte sur la déclaration d’utilité publique (DUP) modificative du projet. Elle a Direction des Services des Transports (DST/FCD), Tour Séquoia, 92055 La Défense.
donc pour objet de présenter au public les modifications substantielles apportées au projet
depuis la déclaration d’utilité publique de 2008, de recueillir les observations du public sur ces Cette enquête publique sera conduite par une commission d’enquête ainsi constituée :
modifications et de se prononcer sur l’utilité publique du projet au regard des modifications
apportées.Lepréfetdelarégiond’Ile-de-France,préfetdeParisaétédésignépourcoordonner Le président :
l’organisation de l’enquête publique et en centraliser les observations recueillies.
# .$2@?">! +75>0" =6+9&=* cadre supérieur dans le domaine des grands projets de
centrale thermique, (E.R).
L’enquête publique s’ouvrira le mercredi 8 juin 2016 à 9h
et se terminera le mardi 12 juillet 2016 à 18h
L’enquête préalable à la déclaration d’utilité publique se déroulera sur le territoire des
communes de Paris (10ème et 18ème arrondissements), Aubervilliers, Aulnay-sous-Bois,
Drancy, La Courneuve, Le Blanc-Mesnil, Le Bourget, Saint-Denis, Sevran, Tremblay-en-France,
Le Mesnil-Amelot, Mitry-Mory, Villeparisis et Villepinte et dans les services des préfectures
de Paris, de Seine-Saint-Denis (Bobigny et sous-préfectures du Raincy et de Saint-Denis)
et de Seine-et-Marne (Melun et sous-préfectures de Meaux et de Marne-la-Vallée-Torcy).
Les membres titulaires :
# .5054" :%7<?" )&-6:')6-8619/+* conseillère en ingénierie juridique et financière
auprès des collectivités territoriales;
# .$2@?">! /75?2 +9/=16/+* attaché de direction à E.D.F (E.R).
En cas d’empêchement de Monsieur Claude RICHER, la présidence de la commission
d’enquête sera assurée par Madame Sylvie DENIS-DINTILHAC, membre titulaire de la
commission.
Le dossier d’enquête préalable à la déclaration d’utilité publique modificative et les registres Le membre suppléant :
seront déposés dans les lieux d’enquête pendant 35 jours consécutifs, du mercredi 8 juin au
mardi 12 juillet 2016 inclus.
# .$2@?">! 3"52'(?"!!" ,&;/-/)6-* responsable management-gestion de crise, réseaux
des banques de détail.
Pendant toute cette période, un exemplaire du dossier d’enquête, établi En cas d’empêchement de l’un des membres titulaires, celui-ci sera remplacé par
conformément aux dispositions de l’article R.123-8 du code de l’environnement, M. Jean-Pierre ZEGANADIN, membre suppléant.
comprenant notamment l’étude d’impact et l’avis délibéré de l’autorité environnementale du 6 avril 2016, sera déposé et mis à la disposition du public dans les lieux d’enquête Pendantladuréedel’enquête,soitdumercredi8juinaumardi12juillet2016inclus,unmembre
indiqués ci-dessous, aux jours ouvrables et horaires habituels d’ouverture au public :
delacommissiond’enquêtesetiendraàladispositiondupublicpourrecevoirsesobservations
auxlieuxdepermanences,danslesmairiespré-citées,auxdatesetheuresindiquéesci-dessous:
Département de Paris :
DÉPARTEMENT DE PARIS
À la préfecture de la région d’Ile-de-France, Préfecture de Paris, siège de l’enquête, Direction régionale et interdépartementale de l’équipement et de l’aménagement (DRIEA) Unité
territoriale de Paris – Service utilité publique et équilibres territoriaux – Pôle urbanisme
d’utilité publique, 5 rue Leblanc, 75911 Paris cedex 15, ouverte tous les jours de 9h à 12h
et de 14h à 17h;
À la mairie du 10ème arrondissement, direction générale des services, bureau des affaires
générales, 72 rue du Faubourg Saint-Martin, 75475 Paris cedex 10;
À la mairie du 18ème arrondissement, direction générale des services, bureau des affaires
générales, 1 Place Jules Joffrin, 75877 Paris cedex 18.
PARIS MAIRIE 10ÈME
Jeudi 30 Juin 2016 de 16h30 à 19h30
PARIS MAIRIE 18ÈME
Jeudi 23 Juin 2016 de 16h30 à 19h30
Samedi 9 Juillet 2016 de 9h00 à 12h00
DÉPARTEMENT DE SEINE-ET-MARNE
AULNAY-SOUS-BOIS
Samedi 25 Juin 2016 de 9h00 à 12h00
DRANCY
Mardi 5 Juillet 2016 de 14h00 à 17h00
LA COURNEUVE
Samedi 2 Juillet 2016 de 9h00 à 12h00
LE BLANC-MESNIL
Jeudi 30 Juin 2016 de 14h00 à 17h00
LE BOURGET
Samedi 18 Juin 2016 de 8h45 à 11h45
SAINT-DENIS
Samedi 25 Juin 2016 de 9h00 à 12h00
SEVRAN
Lundi 11 Juillet 2016 de 14h00 à 17h00
TREMBLAY EN FRANCE
Samedi 11 Juin 2016 de 9h00 à 12h00
Lundi 27 Juin 2016 de 14h00 à 17h00
VILLEPINTE
Lundi 13 Juin 2016 de 14h00 à 17h00
LE MESNIL-AMELOT
Mercredi 6 Juillet 2016 de 14h00 à 17h00
À la préfecture de la Seine-Saint-Denis, direction du développement durable et des MITRY-MORY
collectivités locales, bureau de l’urbanisme et des affaires foncières, 1 esplanade Vendredi 10 Juin 2016 de 14h00 à 17h00
Jean Moulin, 93007 Bobigny;
Vendredi 1er Juillet 2016 de 14h00 à 17h00
À la sous-préfecture du Raincy, secrétariat général, 57 avenue Thiers, 93340 Le Raincy;
VILLEPARISIS
À la sous-préfecture de Saint-Denis, secrétariat général, 28-30 boulevard de la Commune Mardi 12 Juillet 2016 de 15h00 à 18h00
de Paris, 93200 Saint-Denis;
À la mairie d’Aubervilliers, direction de l’urbanisme service réglementation, 124, rue Henri
DÉPARTEMENT DE SEINE-SAINT-DENIS
Barbusse, 93300 Aubervilliers;
À la mairie d’Aulnay-sous-Bois, centre administratif, direction générale des services
techniques, 14/16 boulevard Félix Faure, 93600 Aulnay-sous-Bois;
AUBERVILLIERS
À la mairie et centre Administratif de Drancy, direction des services techniques, Samedi 18 Juin 2016 de 9h00 à 12h00
place de l’Hôtel de Ville, 93700 Drancy;
À la mairie de la Courneuve, direction générale, avenue de la République,
93120 La Courneuve;
Par ailleurs, compte tenu de la nature du projet, deux réunions d’information et d’échanges
À la mairie du Blanc-Mesnil, direction de l’urbanisme et de l’aménagement, service de avec le public seront organisées dans les lieux, aux dates et horaires indiqués ci-dessous :
l’urbanisme, 1 place Gabriel Péri, 93150 Le Blanc-Mesnil;
À la mairie du Bourget, direction de l’urbanisme, 65 avenue de la Division Leclerc,
93350 Le Bourget;
Commune
Lieu
Adresse
Date
9$!5?!"@
À la mairie de Saint-Denis, centre administratif, 2 place du Caquet, 93200 Saint-Denis;
À la mairie de Sevran, pôle urbain, 1 rue Henri Becquerel, 93270 Sevran;
PARIS
Cinéma le Louxor
170 boulevard Magenta, jeudi 16 juin 2016
20h30
À la mairie de Tremblay-en-France, direction des services techniques, division de
75010 Paris
l’urbanisme, 18 boulevard de l’Hôtel de Ville, 93290 Tremblay-en-France;
À la mairie de Villepinte, direction de l’urbanisme, service de l’urbanisme, place de l’Hôtel LE MESNIL- Hôtel Radisson Blu Rue de la Chapelle,
lundi 20 juin 2016
20h30
de Ville, 93420 Villepinte.
AMELOT
77990 Le Mesnil-Amelot
Département de la Seine-Saint-Denis :
Département de la Seine-et-Marne :
À la préfecture de la Seine-et-Marne, direction de la coordination des services de l’Etat,
pôle de pilotage des procédures d’utilité publique (bât.B), 12 rue des Saints Pères,
77000 Melun;
À la sous-préfecture de Meaux, bureau de l’animation et du développement des
territoires, 27 place de l’Europe, 77109 Meaux;
À la sous-préfecture de Marne-la-Vallée-Torcy, bureau des actions interministérielles et
des relations avec les collectivités locales, 7 rue Gérard Philippe,
77204 Marne-la-Vallée-Torcy;
À la mairie du Mesnil-Amelot, service de l’urbanisme, 2 rue Chapeau,
77990 Le Mesnil-Amelot;
À la mairie de Mitry-Mory, direction de l’aménagement et du développement durable,
11-13 rue Paul-Vaillant Couturier, 77290 Mitry-Mory;
À la mairie de Villeparisis, service du guichet unique, 32 rue de Ruzé, 77270 Villeparisis.
A l’issue de l’enquête, la commission d’enquête établira un rapport relatant son déroulement et consignera dans un document séparé ses conclusions motivées, en précisant
si elles sont favorables, favorables sous réserves ou défavorables au projet. Le président de la commission d’enquête transmettra, dans un délai de trente jours à compter
de la clôture de l’enquête, le dossier soumis à enquête accompagné des registres
d’enquête et des pièces annexées ainsi que son rapport et ses conclusions motivées
au préfet de la région d’Ile-de-France, préfet de Paris et simultanément une copie du
rapport et des conclusions motivées au président du tribunal administratif de Paris.
Toute personne physique ou morale intéressée pourra prendre connaissance du rapport et
des conclusions motivées de la commission d’enquête, pendant un an, à compter de la date
de clôture de l’enquête, à la préfecture de la région d’Ile de France, préfecture de Paris, et
dans les préfectures de Seine-Saint-Denis et de Seine-et-Marne ainsi que dans les mairies
des communes où s’est déroulée l’enquête.
Le dossier d’enquête publique sera également mis à disposition du public via le site
Internet dédié à l’adresse www.enquetepubliquecdgexpress.fr à la date d’ouverture de De même, ces documents seront consultables sur le site Internet de la préfecture de la
l’enquête publique.
région d’Ile de France, préfecture de Paris www.prefectures-regions.gouv.fr/ile-de-france.
Les observations, propositions et contre-propositions pourront également être adressées
par écrit à l’attention du président de la commission d’enquête, pendant toute la durée
de l’enquête, au siège de l’enquête, à la préfecture de la région d’Ile-de-France, préfecture
de Paris (Unité territoriale de l’équipement et de l’aménagement de Paris (UTEA) – Service
utilité publique et équilibres territoriaux, Pôle urbanisme d’utilité publique) à l’attention de
M. Claude RICHER, président de la commission d’enquête publique CDG Express,
5 rue Leblanc 75911 Paris cedex 15. Toutes ces observations adressées par courrier
seront annexées au registre d’enquête publique ouvert au siège de l’enquête et seront
consultables sur place pendant toute la durée de l’enquête.
Au terme de l’enquête publique, et dans un délai d’un an à compter de la clôture de
l’enquête, le préfet de la région d’Ile-de-France, préfet de Paris, le préfet de
Seine-Saint-Denis et le préfet de Seine-et-Marne pourront, le cas échéant, par arrêté
inter-préfectoral, prononcer la déclaration d’utilité publique modificative du projet,
conformément aux articles L.121-1 et suivants du code de l’expropriation pour cause
d’utilité publique, et l’urgence des travaux nécessaires à la réalisation de la liaison ferroviaire
directe Charles de Gaulle Express (CDG Express) conformément aux articles L.232-1 et R.2321 et suivants du code précité. Cet acte précisera le délai accordé pour réaliser les expropriations. La déclaration d’utilité publique modificative tiendra lieu de déclaration de projet.
La ligne de référence est de 40 signes en corps minimal de 6 points didot.
Le calibrage de l’annonce est établi de filet à filet.
Les départements habilités sont 75, 77,78, 91, 92, 93, 94, 95 et 69.
LES ECHOS SOCIÉTÉS - LE PUBLICATEUR LÉGAL - LA VIE JUDICIAIRE
assurer une parfaite fluidité des
process de souscription en ligne.
Autre avantage, comme tout texte
européen qui se respecte, le nouveau cadre crée des standards compatibles en Europe. Cela pourrait
faciliter pour une banque la vente
de produits et de services au-delà
de ses frontières domestiques.
Enfin, cette signature 2.0 permet de
faire des économies : le traitement
d’un contrat 100 % papier peut coûter entre 15 et 20 euros, contre 3
à 5 euros pour un dossier dématérialisé. En pratique, les clients ne
verront pas forcément leurs habitudes changer. Les principales
innovations apparaîtront en effet
en coulisses.
un de ces prestataires certifiés –
et le faire savoir – permettrait aux
jeunes start-up de la finance (voir
ci-dessous) de gagner en crédibilité
et de vaincre les éventuelles réticences du public.
Vaincre les réticences
du public
Dans ces conditions, le nombre
de signatures électroniques devrait
croître rapidement. Au point
d’inciter les banques à se lancer à
leur tour dans des services de
signature ? Elles soulignent déjà
volontiers jouer le rôle de « tiers de
confiance ». « Certaines ont proposé
des services de ce type par le passé
mais de façon assez ciblée, elles ne
sont pas très actives », relève Julien
Stern. « Ce n’est pas d’actualité, mais
nous ne nous interdisons rien »,
temporise un banquier français.
L’activité connaît en tout cas une
croissance rapide. Selon des estimations de marché, les acteurs
européens de la signature électronique – capables de certifier l’intégrité du contrat à signer et l’identité
du client – verraient leur chiffre
d’affaires annuel doubler à l’horizon 2020, pour dépasser le milliard
d’euros. n
« Une directive reconnaît déjà depuis
1999 la valeur légale de la signature
électronique mais imposait jusqu’à
présent un contrôle physique de
l’identité du signataire en face-àface. Le nouveau règlement prévoit
une identification à distance »,
détaille Julien Stern, directeur
général de l’éditeur français Cryptolog, qui gère la plate-forme Universign. Par ailleurs, l’utilisation
d’une carte à puce destinée à conserver l’identifiant numérique du
client n’est plus nécessaire, remplacée par le cloud (conservation de
données sur des serveurs externes). Autre innovation apportée
par le texte : les professionnels de
la signature électronique recevront
à partir de juillet un nouveau
label de « prestataire de service de
confiance » (PSCo). Travailler avec
Selon des estimations
de marché, les acteurs
européens de la
signature électronique
verraient leur chiffre
d’affaires annuel
doubler à l’horizon
2020, pour dépasser
le milliard d’euros.
Les fintech capitalisent
sur cette innovation
Rendre la souscription
d’un contrat totalement
fluide est l'un des objectifs
clefs des nouveaux acteurs
en ligne de la finance.
Leurs destins sont liés. Les spécialistes de la signature électronique
et les fintech – ces acteurs en ligne
qui ambitionnent de créer des services financiers plus simples
d’usage que ceux des banques traditionnelles – ont besoin les uns des
autres pour grandir. Les premiers
voient dans la finance un débouché
commercial naturel. Les seconds
font appel aux acteurs de la signature pour gagner en crédibilité et
en efficacité.
En témoigne l’expérience de
Yomoni, le « robo-advisor » français lancé l’an dernier. Cette plateforme de gestion privée vise, sur le
modèle de grands acteurs américains notamment, à automatiser à
l’extrême la gestion de l’épargne,
depuis la signature du contrat jusqu’à l’arbitrage au sein du portefeuille. « Les nouvelles technologies
permettent une gestion automatisée
à très bas coût », a expliqué jeudi
Laurent Girard, directeur des opérations de Yomoni, lors d’une conférence consacrée à la signature
électronique.
Procédures fastidieuses
L’un des postes clefs à améliorer,
dans une activité aussi régulée que
la gestion de portefeuilles, est forcément celui de la signature. Ce
besoin ne s’exprime pas uniquement au moment de la souscription initiale, mais aussi au cours de
la vie du contrat : ainsi tout nouveau versement, retrait, changement de profil d’investisseur nécessite une nouvelle signature, soit
environ sept signatures en
moyenne par contrat. « Une récente
Laurent Girard, directeur
des opérations de Yomoni,
le « robo-advisor » français.
Photo DR
étude relevait qu’en moyenne, les
acteurs de la gestion d’actifs devaient
consacrer chaque année 40 millions
de dollars aux procédures de KYC
[« know your customer », procédures visant à connaître son client en
amont de la signature, NDLR] et
qu’il fallait 24 jours pour ouvrir un
compte », a noté Laurent Girard. La
jeune entreprise veut rendre la
souscription plus fluide et éviter de
perdre des clients à cause de procédures fastidieuses. « Nous avons
atteint un taux de 84 % de réussite à
l’étape de la signature », relève le
jeune dirigeant. Autrement dit, la
déperdition de clients entre le
moment où ils reçoivent les documents à signer et leur retour à la
société de gestion n’est que de 16 %.
Un taux deux fois plus faible environ que pour une signature papier
classique.
— E. Le.
FINANCE & MARCHÉS // 31
Les Echos Vendredi 10, samedi 11 juin 2016
Saisiesdes biensd’un Etat : leparcours
ducombattant des créanciers
l Recouvrer des créances contre un Etat étranger est un exercice très encadré et difficile en France.
l Un article de la loi Sapin 2 vise à restreindre les marges des créanciers pour pratiquer des saisies.
INVESTISSEMENTS
Isabelle Couet
@icouet
Tout un symbole. En avril, un célèbre trois-mâts de la marine argentine a pris le large. Le « Libertad »,
quin’ajamaissibienportésonnom,
a entamé un long périple qui le
conduira jusqu’en Europe. Le président Macri ne pouvait pas manquer
l’événement. « Vous pouvez naviguer tranquilles », a-t-il lancé à
l’équipage. Une manière de rappeler qu’une page s’est tournée depuis
que l’Argentine a réglé sa dette aux
fonds « vautours ». Le navire, qui
étaittombéentrelesmainsdufonds
Elliott dans un port du Ghana en
2012, n’est plus menacé de saisie à
l’étranger.
Ce type d’actions spectaculaires,
lancées par des créanciers qui utilisent toutes les voies judiciaires pour
sefairepayer,défraierégulièrement
la chronique. Notamment en
France où ces affaires peuvent
engendrer de petites crises diplomatiques. Au cours des douze derniers mois, le Quai d’Orsay aurait
ainsi été obligé de notifier au
Kremlin plus de 200 actes liés à des
saisies à l’encontre d’actifs russes, à
la suite d’une décision condamnant
Moscou à indemniser les anciens
actionnaires de Ioukos. Terrain de
la nouvelle église orthodoxe près de
la tour Eiffel, participation de la
Russie dans la chaîne Euronews,
immeubles… La guérilla entre Moscouetlesex-actionnairesdugroupe
pétrolier s’est même invitée en
Guyane, où des fusées Soyouz sont
lancées depuis le centre spatial de
Kourou. Et le feuilleton n’est sans
Registres cadastraux,
fichier Ficoba, informations
de presse et Internet
fournissent une matière
première très riche.
Au cours des douze derniers mois, le Quai d’Orsay aurait été obligé de notifier au Kremlin plus de 200 actes liés à des saisies
à l’encontre d’actifs russes, dont le terrain de la nouvelle église orthodoxe près de la tour Eiffel. Photo Ria Novosti/AFP
doutepasterminé.L’année2015restera probablement dans les annales
du ministère des Affaires étrangères, ses équipes ayant aussi été
mobilisées sur le dossier argentin.
Car Elliott, le plus procédurier des
investisseurs, a relancé une série de
poursuites dans l’Hexagone pour
recouvrer sa créance sur l’Argentine(avantl’accordconcluavecBuenos Aires en début d’année). Il est
allé frapper à la porte de la Banque
de France, chez BNP Paribas, Total,
Air France-KLM et à la Coface. Le
« hedge fund » a aussi visé des
comptes bancaires officiels de
l’Argentine. Des manœuvres qui
ont mis en branle tout l’appareil
d’Etat (« Les Echos » du 19 janvier).
Ces opérations coup de poing ne
contribuent pas à rendre ces créanciers sympathiques aux yeux de
l’opinion. Mais ont-ils le choix, face
à des Etats qui refusent d’exécuter
des décisions de justice ?
Ambassade et résidence de
l’ambassadeur intouchables
En pratique, les saisies sont très
encadrées. L’huissier mandaté ne
doit pas commettre la moindre
erreur,souspeined’invaliderlaprocédure. « Notre but n’est pas de faire
dans le sensationnel », assure le
représentant d’une grosse étude de
la région parisienne. L’homme, qui
« Lavoiepour
effectuerdessaisies
estdéjàtrèsétroite »
La France veut renforcer
la protection des biens d’Etats
étrangers sur son sol. En
somme, limiter les possibilités
de saisies par des créanciers
impayés. Qu’en pensez-vous ?
En exigeant une autorisation préalable d’un juge avant de procéder à
des saisies, il va les rendre quasiment impossible. Or, tout le progrès
du droit international a consisté à
passer d’un régime des immunités
absolues des Etats – régime qui prévalait au début du XXe siècle – à un
régime où l’on reconnaît que les
Etats peuvent être tenus responsables face à une décision de justice.
Un équilibre a été trouvé, qui distin-
gue les activités commerciales d’un
Etat de ses activités souveraines et
diplomatiques. C’est la règle de fond
quelaconventiondesNationsunies
de 2004 a codifiée. Et la France a
joué un rôle important dans ces
avancées.
Mais le gouvernement assure
que le but de l’article 24
sur les saisies est de se mettre
en conformité avec le droit
international justement...
Ce n’est pas vrai, car la convention
des Nations unies ne prévoit pas
d’autorisation préalable d’un juge
avant de procéder à des saisies sur
tout type de biens, par exemple.
Cette obligation que l’article 24 veut
imposer va empêcher toutes les sai-
« La Russie veut nous
faire croire que ce sont
les autres Etats
qui violent le droit
international. »
siessurdesactifsquel’Etatétranger
peut rapidement déplacer : avions,
bateaux, sommes d’argent... Désormais, le créancier devra prouver a
priori que les biens existent et qu’ils
ne sont pas couverts par des immunités. Mais il ne peut pas le faire
sans avoir les informations qu’il
obtient justement en pratiquant
une saisie conservatoire. Je ne dis
pas qu’il ne faut aucun contrôle du
a une solide expérience dans ce
domaine, récuse l’image de « cowboy » qu’on lui colle souvent. « Le
monopole d’exécution des décisions
de justice dont nous bénéficions suppose que nous obéissions à un grand
nombre de règles. Nous sommes le
bras séculier du magistrat, notre responsabilité est engagée », assène-t-il.
Lorsqu’il se présente sur le lieu de la
saisie, il délivre un acte qui a été
passé au crible par les avocats du
créancier et qui ne doit être remis
qu’àunepersonnehabilitée.Etilsait
que si la saisie est manifestement
abusive, la partie adverse peut aller
devant un juge et la faire annuler en
urgence, tout en demandant des
INTERVIEW
EMMANUEL
GAILLARD
Avocat
DR
C
’est l’un des avocats français
les plus connus dans le
monde. Emmanuel
Gaillard est l’homme qui a fait
« tomber » la Russie. Le 28 juillet
2014, il a obtenu de la cour d’arbitrage de La Haye de condamner
l’Etat russe à payer 50 milliards de
dollars aux anciens actionnaires de
Ioukos, le groupe pétrolier exproprié par Moscou. Une condamnation qui restera dans les annales et
ce, malgré le verdict d’un tribunal
néerlandais de première instance,
qui, en avril dernier, a pour sa part
donnéraisonàlaRussie.Associédu
cabinet Shearman & Sterling et
professeur de droit, Emmanuel
Gaillard décrypte l’article 24 du
projet de loi Sapin 2 qui veut
restreindre les saisies pratiquées
contre des biens d’Etats étrangers.
Comment
pister des
actifsdans
lemonde
juge. Mais celui-ci doit se prononcer dans un second temps. Contrairement à ce qu’on essaie de nous
faire croire, la France n’est pas une
terre d’accueil pour l’exécution des
sentences contre des Etats. La voie
pour effectuer des saisies est déjà
très étroite dans notre pays.
Peut-on dire que la France est
actuellement en infraction ?
Peut-elle être poursuivie
par un Etat étranger ?
C’est l’argument que tente de faire
valoir la Russie. Dans les procédures de contestation des saisies, la
Russie n’a pas hésité à prétendre
que l’exécution des sentences
Ioukos en France s’analyserait en
une expropriation pour laquelle la
France pourrait voir sa responsabilité engagée. L’argument est
absurde et caractéristique de l’attitude de la Fédération de Russie, qui
se plaît à inverser les rôles. Mais la
Fédération de Russie est allée
encore plus loin. Dans une note verbale du 6 mars adressée à l’ambassade de France, le ministère des
Affaires étrangères russe indique
que des saisies dans l’Hexagone
seraient contraires à l’esprit et à la
lettredudroitinternationaletsouligne que Moscou répliquera contre
la France, ses citoyens et ses entités.
Le ministère russe insiste aussi
pour que l’ambassade de France
porte cette note à la connaissance
des tribunaux français. Cela
s’appelleunemenace.Onestdansle
règne de la force, pas du droit. La
Russie veut nous faire croire que ce
sont les autres Etats qui violent le
droit international.
Qui serait le plus pénalisé
par le nouveau dispositif
français selon vous ?
Ce sont les entreprises françaises
qui traitent avec des Etats étrangers, par exemple dans les secteurs
de l’énergie, des services aux collectivités, etc. Il y a un certain nombre
de procédures engagées actuellement. Or, plus on renforce l’immunité de ces Etats, plus on dévalue la
créance détenue par les entreprises. La possibilité d’exécuter la décision de justice – même si les entreprises hésitent beaucoup à
procéder à des saisies à l’encontre
des Etats – permet de limiter la
décote. C’est un point que le gouvernement ne doit pas ignorer.
Propos recueillis par I. Co.
a
Retrouvez l’intégralité de
cette interview sur lesechos.fr
dommages et intérêts. « Quand le
débiteur est un Etat, quatre types
d’actifs peuvent être ciblés : les avoirs
bancaires, les actifs immobiliers, les
redevances commerciales d’entreprises partenaires de cet Etat et les projets – comme la future construction
d’un centre culturel –étant rappelé
que les plans et croquis d’un architecte appartiennent le plus souvent
au client », décrypte Guy Lepage, de
La Française International. Pour les
comptes bancaires, l’huissier lance
une requête sur le fichier Ficoba
détenu par la Banque de France, qui
recense tous les comptes sur le sol
français. « Mais le résultat est assez
mauvais pour les comptes d’une
entité étrangère », tempère-t-il. Une
autre technique consiste alors à
fairedes« saisiesàl’aveugle » :surla
base d’une petite information, le
créancier tente sa chance auprès
d’une banque qui pourrait détenir
des comptes au nom de l’Etat en
question. Le secret bancaire ne peut
pas être opposé à un huissier qui
présente un titre exécutoire. Mais
les choses ne sont parfois pas si simples. D’ailleurs un avocat a porté
plainte contre la Société Générale,
qui avait tenté de s’opposer à une
procédure à l’encontre d’un de ses
clients. Et la banque a finalement
été condamnée.
Unecatégoriedebiensestabsolument intouchable : les immeubles
des ambassades et la résidence privée de l’ambassadeur. Problème :
des Etats apposeraient en urgence
des plaques diplomatiques sur des
bâtiments de droit commun. « On a
trouvé une maison à Deauville que la
Russie prétend être une résidence de
l’ambassadeur », pointe Emmanuel
Gaillard, avocat des ex-actionnaires
de Ioukos. Et ces tours de passepasse, par lesquels on déguise un
bien et parfois sa nature (commerciale) ne semblent pas rares. Saisir
les biens d’un Etat est donc un sport
de haut niveau. C’est d’ailleurs un
juriste qui a défendu des pays qui le
dit : « Face à un Etat, le créancier doit
forcément être agressif. » n
C’est parfois une maladresse qui va
enclencher la redoutable mécanique de la saisie pour le débiteur.
Ainsi, le fonds vautour Elliott a
réussi à mettre la main sur le navire
argentin « Libertad »auGhanatout
simplement parce que l’itinéraire
avait été publié sur un site Internet
officieldel’Argentine !Maisgénéralement, il faut éplucher de nombreux documents. Certaines sociétés informatiques proposent des
logiciels qui effectuent un travail de
repérage à partir de tous les documents publics mis sur Internet. Les
médias sont aussi une source. La
presse se fait l’écho des projets
d’expositions, de Salons ou autres
manifestations à l’étranger qui vont
donner lieu à des déplacements de
biens. Les visites présidentielles
font l’objet d’une attention particulière dans la mesure où l’avion du
chef de l’Etat peut être appréhendé
dans un pays. C’est d’ailleurs la raisonpourlaquelleCristinaKirchner,
l’ancienne présidente argentine,
n’utilisait pas toujours le sien pour
Même l’avion du chef
de l’Etat peut être
appréhendé.
ses déplacements. Il n’en reste pas
moins que les actifs diplomatiques,
militaires ou culturels sont généralement protégés et que des saisies à
leur encontre n’ont d’autre but que
d’utiliser la dissuasion.
En France, la première démarche d’un créancier est de s’intéresser aux comptes bancaires. Le
fichier central Ficoba, qui retrace
tout l’historique bancaire et doit
être demandé par un huissier, peut
livrer des informations intéressantes sur des versements d’argent qui
interviennent à des dates régulières. Cela peut permettre d’anticiper
un prochain virement. L’huissier
trouve aussi des renseignements
grâce aux matrices cadastrales : il
demande un état sur une adresse
pour savoir si le débiteur est propriétaire du lieu. « Les partenariats
commerciaux d’un pays avec une
entreprise sont sans doute les plus
faciles à découvrir, car ils sont souvent médiatisés », souligne
G u y L e p a g e , d e l a Fr a n ç a i s e
International.
Quid des agences d’intelligence
économique ? D’après plusieurs
intervenants, on peut tout à fait se
passer de ces « officines ». Le fonds
Elliott, champion toutes catégories
des procédures contre des Etats, a
sans doute développé une expertise
pointue en interne et avec ses
avocats. — I. Co.
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32 // FINANCE & MARCHÉS
Vendredi 10, samedi 11 juin 2016 Les Echos
Wall Streetse rapproche
de sonrecord historique
Plus embêtant, les ventes sont
aussi sur le reculoir, notamment
dans l’industrie, la technologie ou
lesservices.« Etantdonnéleralentissement de la demande mondiale et le
manque d’élan de la consommation
domestique aux Etats-Unis, la croissance des ventes devrait dépendre de
plusenplusdel’évolutiondudollar »,
estime la Société Générale. Si le
billet vert est en pause dans un contexte de baisse de ses taux obligataires (le taux à 10 ans est presque au
plus bas depuis janvier 2015), il
pourrait bien profiter des anticipations d’action de la Fed dans les prochaines semaines.
BOURSE
L’indice S&P 500 a
retrouvé les sommets,
aidé par le rebond
du pétrole et la
patience de la Réserve
fédérale.
Mais la dernière
marche est difficile
à franchir dans un
contexte économique
moins favorable.
Reculer pour mieux sauter ? Jeudi,
une nouvelle fois, l’indice S&P500 a
échoué à battre son record historique de 2.134 points. C’était le 20 mai
2015. Mais il s’en approche. Comme
il y a un an, Wall Street aretrouvéles
sommets, aidé par le rebond du
pétrole, l’accalmie sur le dollar et
par la patience sans cesse renouvelée de la Fed. Mais, comme en 2015,
Wall Street ne risque-t-il pas de connaître un été agité ? En août dernier,
l’indice S&P500 avait plongé de 11 %
en une semaine.
Tous les doutes sont permis.
D’abord parce que la croissance a
déçu au premier trimestre et que la
consommation piétine. Anton
Brender, chez Candriam, ne veut
pas désespérer :« L’économie américaine ne va pas aussi mal que le laissent penser les derniers chiffres de
l’emploi. » Mais il estime, pour que
la croissance se poursuive à un
rythme convenable, qu’« il faudra
que le pilier de la croissance tienne, à
savoir la consommation ».
Ilfaudranotammentquelesrevenusaugmententplusvitepourcompenser le ralentissement attendu
des créations d’emplois. « Compte
tenudelabaisseduchômage,lespres-
Scénario prudent
sions salariales devraient pouvoir
augmenter », selon lui. Didier SaintGeorges chez Carmignac se montre
plus circonspect : « La reprise des
prix de l’énergie et des loyers agit
comme une taxe sur la consommation. »
Ventes en berne
Les doutes touchent aussi la valorisation des entreprises américaines
après un bond de 312 % de l’indice
depuis 2009. Car les profits prennent la tangente. Ils ont reculé de
6,7 % en agrégé au premier trimes-
tre, selon la Société Générale qui
constate que « c’est la première fois
depuis 2009 que les entreprises américaines enregistrent quatre trimestres consécutifs de baisse des bénéfices ». Selon Goldman Sachs, la
hausse de 1 % du coût du travail se
traduirait par une baisse de 0,7 %
des bénéfices par action du
S&P500. La banque a d’ailleurs établi une liste des entreprises qui
pourraient être le plus pénalisé par
les pressions salariales, dont
Yahoo!, General Mills et Whole
Foods Market.
Des bénéfices orientés à la baisse,
des actions au plus haut, conséquence : les valorisations sont à un
niveau rarement vu depuis dix ans
avec un rapport cours/bénéfice de
près de 18 pour 2016 et de plus de 15
pour 2017 !
« A des niveaux que l’on observait
lorsque les taux d’intérêt réels étaient
bien plus élevés », souligne Morgan
Stanley qui, après trois années dans
le camp des « bull », reconnaît être
devenu plus prudent. Pour son scénario de base, il table sur un indice
S&P 500 à 2.050 points à la fin de
l’année.
Maistoutcelaneveutpasdireque
le S&P500 ne parviendra pas à battre son record, à court terme. Pour
les analystes graphiques de HSBC
notamment,ilnefautpasseprécipiter pour vendre, d’abord parce que
le secteur industriel montre des
signes d’amélioration ; ensuite
parce que les Gafa ont pris du retard
depuis le début de l’année. Apple,
Alphabet (ex-Google) et Microsoft,
les trois plus grosses capitalisations
du S&P500, sont en effet perdantes
depuis le 1er janvier. — P. Fay
Lesparlementaires refondentlerégime
dessanctionspour abusde marché
Le gendarme boursier
pourra proposer des
transactions pour des
abus de marché.
et entérine le processus d’aiguillage.
Avant tout, sur chaque affaire, les
deux autorités publiques devront se
concerter. L’AMF ne pourra plus
notifier de griefs sans en référer au
parquet. Et inversement. En cas de
désaccord, chacun pourra saisir le
procureur général près la cour
d’appel de Paris, qui arbitrera avec
une décisionqui ne pourra faire
l’objet d’aucun recours. Des délais
précis ont été fixés pour rendre ce
dispositif d’orientation des poursuites plus rapide et plus efficace.
Laurence Boisseau
@boisseaul
Circonstance agravante
en bande organisée
RÉGLEMENTATION
Le texte prévoit une
peine de 5 ans de
prison et une sanction
de 100 millions
d’euros.
C’est la fin d’une course contre la
montre qui a démarré il y a un an et
demi. Sommés par le Conseil constitutionnel de réécrire un nouveau
texte avant le 1er septembre 2016,
députés et sénateurs ont adopté le
8 juin une proposition de loi pour
réformer le système français de
répression des infractions boursières. Ils ont tiré les conséquences
d’une décision rendue par les sages
delaruedeMontpensiermettantun
terme aux doubles poursuites autorisées alors par le parquet (devant le
juge pénal) et par le gendarme boursier(devantlacommissiondessanctions de l’AMF). Et ce, au nom du
principe du « non bis in idem » (nul
ne peut être poursuivi ou puni pénalementàraisondesmêmesfaits).Ily
avait urgence à légiférer : en cas de
retard, les abus de marché (délit
d’initié, diffusion d’une fausse information, manipulation de cours)
auraient été privés de base légale.
Comme prévu, dès lors qu’il a été
acquis qu’aucune des deux procédures ne serait abandonnée, le texte
organise la répartition des dossiers
« Tout le monde s’est focalisé sur cette
questiond’aiguillageparleprocureur
général. Ce n’est pas le plus important. Le vrai changement, en revanche, c’est l’obligation de n’avoir plus
qu’une seule procédure. Cela signifie
forcément un sacrifice. Si l’AMF
poursuit, il n’y aura pas de peine de
prison possible. Si c’est le pénal, le risque est que le dossier ne s’enlise car la
procédure est complexe et le résultat
juridiqueplusaléatoire.Cequiestprimordial, c’est notre capacité à nous
Le législateur a décidé que
L’AMF ne pourra plus notifier
de griefs sans en référer
au parquet. Photo AFP
Des conseillers en investissement
financier lourdement sanctionnés
L’AMF a infligé un total de 700.000 euros d’amende à Global
Patrimoine Investissement, dont le nom commercial est
Legendre Patrimoine, et à Kalys Investissements, pour des
manquements lors de la commercialisation de produits financiers liés aux énergies renouvelables. Il leur est reproché, entre autres, « une information aux clients qui n’aurait
pas été exacte, claire et non trompeuse » et une absence d’information claire sur les frais et commissions. Ces sociétés
étaient, selon le gendarme boursier, soumises aux règles
professionnelles applicables aux CIF, conseillers en investissement financier, qu’elles n’ont pas respectées.
mettre d’accord pour que la répression des abus de marché soit efficace
dans l’intérêt général », commente
Gérard Rameix, président de l’AMF.
La loi augmente le montant des
peines encourues devant un juge
pénal. Pour garantir la proportionnalité des peines, la sanction pourra
aller pour les personnes physiques
jusqu’à 100 millions d’euros voire
jusqu’au décuple du montant de
l’avantageretirédudélitetunepeine
de prison de 5 ans. Auparavant, les
peines étaient de 1,5 million d’euros
et de 2 ans de prison. De son côté, le
gendarme boursier pourra prononcer des sanctions pécuniaires pour
les personnes morales allant jusqu’à
15 % du chiffre d’affaires.
Le texte crée aussi, pour les délits
boursiers, une circonstance aggravante de bande organisée. Dans ce
cas, la peine de prison est portée à
10 ans et les moyens d’enquête sont
renforcés (avec notamment des
interceptions téléphoniques).
Enfin, dernière nouveauté : pour
assurer un parallèle avec la procédure pénale, où une comparution
avec reconnaissance préalable de
culpabilité existe, la composition
administrative (procédure que
l’AMF peut proposer aux mis en
cause, permettant une transaction
financière) devient possible pour les
auteursd’abusdemarché.Cetteprocédure était limitée aux manquements à des obligations professionnelles, « nous n’en ferons pas un
usage immodéré. Ce sera surtout
réservé à de petites affaires, comme
des franchissements de seuil ou des
initiés sur de petits montants. Mais
cela nous permettra de faire l’économie des moyens requis par une procédure de sanction », explique Gérard
Rameix. n
LA SÉANCE DU 9 JUIN 2016
La Boursede
Paristombe
près des
4.400points
Bourse de Paris a connu
•uneLaséance
de baisse marquée
jeudi, à –0,97 %. L’indice CAC 40
est même passé à trois reprises
sous la barre symbolique des
4.400 points, avant de clôturer à
4.405,61 points.
Cette mauvaise performance
s’explique notamment par un
fort climat d’incertitude qui a
refroidi les investisseurs. Plusieurs événements importants
doivent se tenir dans les prochains jours, dont le référendumsurleBrexit,quiauralieule
23 juin, mais également la réunion de politique monétaire de
la Réserve fédérale américaine,
mercredi. De plus, l’absence
d’indicateurs économiques
majeurs a largement contribué
au manque de direction claire
du marché.
Seules cinq valeurs ont terminé dans le vert, à l’instar de
Klépierre,quisignelaplusforte
hausse (+0,95 %), devant Publicis (+0,92 %). Le groupe publicitaire, qui a bénéficié d’une note
positive de JP Morgan, devance
Capgemini (+0,65 %). Technip,
à l’inverse, enregistre la plus
mauvaise performance de
l’indice (–3,57 %) sous l’effet de
prisesdebénéficeetd’unebaisse
des cours de l’or noir qui a également pénalisé Total (–1,21 %).
Vivendi, pour sa part, a perdu
2,31 %, après le refus de l’Autorité de la concurrence d’autoriser le partenariat entre Canal+
et BeIN Sports.
En dehors du CAC 40, Neopost a pris la tête du SBF 120, en
hausse de 3,18 %. Après sa forte
baisse(–7,23 %)delaveille,Ingenico a repris 2,08 %, et s’adjuge
la deuxième place, Edenred se
classant troisième (+1,26 %).
Apicilauradoublé de
taille entre2011et2016
ASSURANCE
Le groupe de
protection sociale
va dépasser les
2 milliards d’euros
de chiffre d’affaires
à fin 2016.
En 2015, son chiffre
d’affaires a progressé de 24 %, à
1,6 milliard d’euros.
Laurent Thévenin
@laurentthevenin
Changement d'échelle pour
Apicil. Sur la période de son
plan stratégique 2011-2016, le
cinquième groupe de protection sociale français aura plus
quedoublésonchiffred’affaires
en assurances. Alors qu’il s’élevait à 1 milliard d’euros en 2011,
celui-ci devrait dépasser les
2 milliards d’euros à la fin de
cette année, annonce Philippe
Barret, son directeur général.
Ce qui est « en ligne avec notre
business plan d’origine », souligne-t-il. Le groupe lyonnais
aura notamment grandi sous
l’effet des acquisitions successives des activités de Skandia en
France et au Luxembourg en
2015, puis de Legal & General
France (plus de 600 millions
d’euros de chiffre d’affaires en
santé-prévoyanceetenépargne
l’andernier).Rebaptisée« Gresham », cette dernière entité est
consolidée dans les comptes à
partir du 1er janvier 2016.
Pour 2015, Apicil a publié
jeudi un chiffre d’affaires en
hausse de 24 %, à 1,64 milliard
d’euros, rééditant la performance de 2014. Avec Skandia, le
chiffre d’affaires en épargne a
bondi de 74 %, tandis que la
part des unités de compte dans
l’encours est passée de 19,1 % à
33,4 %. Le groupe indique avoir
fait mieux que le marché en
santé (+6,8 %) comme en prévoyance (+ 2,9 %).
Améliore la rentabilité
La baisse des taux d’intérêt, qui
vient renchérir les provisions
pour les arrêts de travail et les
rentes, a pesé sur son résultat
net, en retrait de 4 %, à 38,6 millions d’euros. Si les fonds propres d’Apicil ont augmenté de
3,7 %l’andernier,à943millions
d’euros, sa rentabilité sur fonds
propress’est effritée,passantde
4,6 % en 2014 à 4,2 % en 2015.
« L’ambition est d’améliorer cet
indicateur pour le faire tendre
vers 7 % », souligne Philippe
Barret.
Pour s’adapter au nouvel
environnement prudentiel de
Solvabilité II, Apicil s’apprête à
créer cette année une société de
groupe assurantiel de protection sociale (Sgaps). Cette structure doit rassembler Apicil Prévoyance, ses filiales (Apicil
Assurances, Skandia, Gresham) ainsi que les mutuelles
Micils, Intégrance et Miel
Mutuelle. Deux autres mutuelles, MBTP Sud-Est et MBTP
Nord,« devraientaussirejoindre
ce périmètre au 1er janvier 2017 »,
indique Philippe Barret. Apicil
confirme par ailleurs avoir été
sollicité par l’institution de prévoyance B2V Prévoyance qui
rencontre « certaines difficultés » et y avoir « répondu favorablement ».
4
À NOTER
La collecte en retraite complémentaire Agirc-Arcco est
restée stable en 2015, à près
de 1,5 milliard d’euros.
// 33
Les Echos Vendredi 10, samedi 11 juin 2016
fusions // acquisitions // cessions // partenariats // reprises
VOUS SOUHAITEZ PARAÎTRE DANS CETTE RUBRIQUE // [email protected]
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ENTREPRISES COMMERCIALES & INDUSTRIELLES
ENTREPRISE EN REDRESSEMENT JUDICIAIRE CHERCHE REPRENEUR
Activité :
Implantation géographique :
Chiffre d’affaires :
Menuiserie aluminium, métallerie, serrurerie
Région Rhône-Alpes
31/03/2014 = 5 592 K€
31/03/2015 = 4 427 K€
31/03/2016 = 3 294 K€
Nombre de salariés :
30
Carnet de commandes fermes : 1,7 M€ dont 1 M€ à réaliser
à compter de septembre 2016
Dossier adresse contre engagement de confidentialité
Date limite dépôt des offres : 12/07/2016
Contact : Maître Rémi SAINT-PIERRE, Administrateur Judiciaire
228 Rue Paul Gidon – 73000 CHAMBERY
Email : [email protected] – Tél. : 04.79.70.86.74 – Fax : 04.79.85.34.82
SCP Pascale CHANEL - Elodie BAYLE
Vend fonds de commerce
de chaudronnerie industrielle
à LUDRES (54)
C.A au 31/12/2014 (12 mois) : 3.269 K€ - Salariés : 18
Immobilisations au 31/12/2014 : 128 K€
$+(% 1!0!(% '% '&,-( '%) .##*%) '% *%,*!)% /"&%
au 09/09/2016
Maître Guy PIERRAT - Administrateur Judiciaire
APPEL D’OFFRES DE REPRISE DANS LE CADRE D’UNE
PROCEDURE DE REDRESSEMENT JUDICIAIRE
(Articles L. 642-22 du livre VI du Code de commerce)
Activité : Aide à domicile - Secteur géographique : Loiret (Orléans)
Effectif actuel : 180 salariés - CA au 31.12.2015 : 4 428 007,26 Euros
Date ultime de dépôt des offres : 30 juin 2016
L’accès au dossier de présentation sera autorisé après régularisation d’un
engagement de confidentialité et remise d’une présentation succincte du
candidat à la reprise.
Les candidats intéressés sont invités à se manifester auprès de :
Maître Guy PIERRAT, 24 rue de Chanzy, CS 20299, 28008 CHARTRES Cedex
Tél : 02.37.88.04.88 - Fax : 02.37.91.05.38 - Mail : [email protected]
N.B : Les dossiers de reprise ne seront communiqués que sur présentation écrite
à 12h00 à l’Etude
Dossier de reprise à demander à l’Etude uniquement en LRAR :
153 Rue André Bisiaux - 54320 MAXEVILLE
Siège social : SAINT DENIS (93200)
Activité : Autres activités de nettoyage des bâtiments et nettoyage industriel
Effectif : 30 salariés - C.A. 2015 : 462 K€
à l’égard de laquelle une procédure de redressement judiciaire a été ouverte par le
Tribunal de Commerce de BOBIGNY par jugement en date du 2 février 2016.
Maître Frédéric BRUNET, Administrateur Judiciaire,
demeurant à MEAUX (77100) 1, Allée Jacques Prévert
Tél : 01.60.24.41.34 - Fax : 01.60.24.82.74 - Email : [email protected]
Invite tout candidat intéressé par la reprise de cette société à lui adresser
une offre de rachat conformément aux dispositions de l’Article L.642-1 et
suivants du Code de Commerce, au plus tard le 28 Juin 2016 à 15h00
Activité : Fabrication d’équipements d’irradiation médicale, d’équipements électromédicaux
et électrothérapeutiques
CA HT : Au 31.03.2013 : 296 399 € - Au 31.03.2014 : 355 032 € - Au 31.03.2015 : 417 126 €
Effectif : 4 salariés
Les offres de reprise doivent être déposées auprès de l’Administrateur Judiciaire au plus tard le
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KN8ORL H <GKN04N.R H P40NJ/ H 6R/O<IR/ H :N6<J H :4-0P4NJ H 30R,NLLR H LGKN04N.R H P0N84-0.
>\F!?N>FJ!&HVN<LV*HH*N<AG=*!\N[9A*;XNYFA= ,* YALH.*NWF?!*ANR* QLH?NPLH=*?NP*9*A?N8A\GLH?N7LA!? Y\LH,A!HN7LA!? RL YLV*==*N5*HH*?N5F;*HN3F;A?N1*A?L!\\*?
Entreprise industrielle en Seine-et-Marne
• Activité : transformation camions et bus au GNV et tout électrique,
ingénierie associée, SAV et PR .
Filiale : activités de services et systèmes sécurité grues mobiles.
• CA HT 2015 : 20,2 M€ dont 13,8 M€ pour l’activité de transformation
gaz et électrique.
• Effectif : 117 salariés (dont 43 sur la filiale).
Partenariats stratégiques avec des clients grands comptes et des
fournisseurs
Les offres tendant au maintien de tout ou partie de l’activité de l’entreprise
devront être soumises avant le 01/07/2016 à 12 heures.
Une data room virtuelle est mise en place.
L’accès à cette data room peut être obtenu sur demande écrite motivée justifiant
d’une capacité financière, industrielle ou commerciale adaptée, et après signature
d’un engagement de confidentialité à l’adresse suivante : [email protected]
Me Carole Martinez
35-37, avenue Sainte-Foy – CS 90043
92522 Neuilly-sur-Seine Cedex
www.bcm-aj.com
Contact : Barbara Elye
Tél. : +33 (0)1 47 24 40 13
Fax : +33 (0)1 47 21 35 05
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reelié) à l’administrateur judiciairree. L’accès à une data rooom
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sera autorisé après régularisation d’un engagement
"B %$&1"B&<;46;<)- =;>&4<:?B ": ?(>6B'B&< "B "4<4 ?$$'- et d’une !?)=B&<44<<;;$& =:%%;&%<B ": %4&";"4< # 64 ?B!?;=B+
9)@)?B&%B # ?4!!B6B? ;'!)?4<;7B'B&< * 5/ 2/0,
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Y LES MOULINEAUX)
Effectif : 2 salariés, outre l’exploitant et sa compagne
La date limite de dépôt des offres de reprise est fixée au lundi 4 juillet 2016 à 17h00.
Les tiers sont invités à reemettre leur offre (conforme à l’article L. 642-2 du code de commerrce)
c en 6 exemplairrees (dont 1 non
relié) à l’administrateur judiciaire.
e L’accès à une data room
o électronique sera autorisé après régularisation d’un engagement
"B %$&1"B&<;46;<) B< ": ?(>6B'B&< "B 64 "4<4 ?$$' ainsi que la remise d’une !?)=B&<4<;$& =:%%;&%<B ": %4&";"4< # 64 ?B!?;=B+
9)@)?B&%B # ?4!!B6B? ;'!)?4<;;7B'B&< * 5/ 2/3.
Les candidats intéressés sont invités à se manifester par télécopie ou e-mail auprès de :
Maître Hélène BOURBOULOUX – SELARL FHB – Administrateurs judiciaires associés
Tour
o CB 21, 16 place de l’Iris – 92040 Paris La Défense Cedex - www.fhbx.eu
Fax : 01 40 97 02 33 / e-mail : [email protected]
!
Emmanuel Hess
Hélène Bourbouloux
Jean-François Blanc
CONCILIATION
PRÉ-PACK CESSION
Article L.611-7 alinéa 1er du Code de Commerce
Gaël Couturier
Cécile Dür
Nathalie Leboucher
Contact : Thomas ORGEOLET
Tél : 04 50 45 88 08
Fax : 04 50 51 85 04
[email protected]
Entreprise créée en 1959
Activité : réalisation de travaux de menuiserie et d’agencement d’intérieur sur mesure,
notamment RIE, hall d’accueil, bureaux et restaurants
Clients : portefeuille d’environ 20 clients, principalement grands comptes
Chifffre
f d’afffaires
f
au 31/12/2015 (exercice clos) : 1 304 002 €
Locaux : atelier et hangar de 1 365 m2 sur un terrain de 1 660 m2
Aspects sociaux : 9 salariés dont 5 menuisiers
0R8OR08OR 6R 8<J6N6<./ < L< 0R30N/R
RJ.0R30N/R RJ LN1-N6<.N4J M-6N8N<N0R
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APPEL D’OFFRES DE REPRISE
SOCIETE AYANT UNE ACTIVITE DE FABRICATION ET
DE COMMERCIALISATION DE PRODUITS ET DISPOSITIFS MEDICAUX
CESSION D’ENTREPRISE
APPEL D’OFFRE DE CESSION PARTIELLE
MATIPIER (fonds de commerce de travail à façon de tiges de chaussures de série)
Siège social fixé à MAZIERES SUR MAUGE (49280)
Effectif : 10 salariés
Chiffre d’affaires au 31 décembre 2015 (12 mois) : 280 K€ hors taxes
Chiffre d’affaires à ce jour : 19 K€ hors taxes mensuel
Ce fonds est exploité par la société CENTRE PARAMEDICAL DU PIED - PRODUCTION,
laquelle bénéficie d’une procédure de sauvegarde a été ouverte
par jugement en date du 18 Novembre 2015,
SELARL BARONNIE - LANGET, prise en la personne de Maître Gilles BARONNIE,
Administrateur Judiciaire, sise à NOGENT SUR MARNE (94130) - 14 Rue du Viaduc Tél. : 01 48 71 86 76 · Fax : 01 48 71 84 40, Courriel : [email protected] /
[email protected], invite tout candidat intéressé par la reprise de cette Société
à lui adresser une offre de cession conformément aux dispositions des Articles L. 631·13 et
L. 642-2 II du Code de commerce, au plus tard,
le Jeudi 30 Juin 20I6 à 12 Heures 00, en son Etude
Robert Louis MEYNET
Administrateur judiciaire
Administrateurs Judiciaires Associés
Gaël Couturier
Cécile Dür
Nathalie Leboucher
RECHERCHE DE REPRENEURS
2 structures associatives ADMR de Seine Maritime
Recherche candidats à la reprise
Activité : Fabrication et pose de menuiseries extérieures aluminium
Localisation : Lorient
Effectifs : 36 salariés – CA : 4644 K€
Savoir-faire reconnu et notoriété forte sur les prestations
en menuiseries aluminium.
Chantiers significatifs sur les marchés publics.
Prestations en murs-rideaux et ensembles portes et fenêtres
sur des collèges, lycées, hôpitaux (CHR), EHPAD,
bâtiments publics, administrations.
Equipe atelier : 13 personnes / Equipe de pose : 9 personnes /
Equipe technique et administration : 14 personnes
Inventaire en cours par le Commissaire-Priseur
FEDERA
ATION
T
DEP
PAR
A TEMENTALE DES ASSOCIA
ATIONS
T
ADMR
de Seine Maritime
Structure support à l’ensemble des associations, départementale (ADAD)
et locales affiliées ADMR du département 76.
Soutien technique du service à domicile, travaux administratifs
et comptables pour le compte des associations.
Basée à Montville (76)
Effffectif au 31 mai 2016 : 112 CDI (soit 106 ETP) et 17 CDD de remplacement
Produits d’exploitation 2015 : 19 454 K€
ASSOCIA
AT
TION DEP
PA
AR
RT
TEMENTALE ADMR DE L’AIDE A DOMICILE –
ADAD
Service d’aide à domicile avec interventions sur l’ensemble
du département de Seine Maritime.
Efffectif
f
au 31 mai 2016 : 1242 CDI (soit 712 ETP) et 104 CDD (soit 50 ETP)
Produits d’exploitation 2015 : 22 976 K€
Accès donné à une data room électronique après signature d’un engagement de confidentialité,
et justification de la capacité financière et de l’intérêt à déposer une offre de reprise.
La date limite de dépôt des offres de reprise est fixée au 8 juillet 2016 à 14 h
Date limite de dépôt des offres : Mardi 28 Juin 2016 à 12h
Les tiers sont invités à remettre leur offre (conforme à l’article L. 642-2 du code de commerrce)
ce
c en
5 exemplaires (dont 1 non relié) à l’administrateur judiciaire. L’accès à une data rooom électrronique
o
sera
autorisé au candidat sur demande écrite contenant présentation succincte du candidat à la reprise, après
8:=<;1%4<;$& "B =$& ;"B&<;<)- "B =4 %4!4%;<) )%$&$';A:B B< $!)?4<;$&&B66B à intervenir dans un tel dossier
et après régularisation d’un B&>4
>4>B'B&< "B %$&1"B&<;46;<) B< 64 =;>&
&4<:?B ":
: ?(>6B'B&<+
Plan de cession des actifs conformément aux dispositions de l’article L.642-1 et suivants du Code de Commerce
Réception des offres : A.J.I.R.E. - Administrateurs Judiciaires - Maître Erwan Merly
Bureau de Rennes, A.J.I.R.E., 6, cours Raphaël Binet - 35065 RENNES CX Tél. : 02 99 67 84 90 - Fax : 02 99 30 50 10 - [email protected]
Les candidats intéressés sont invités à se manifester par télécopie ou e-mail auprès de :
!
Maître Cécile DUR – SELARL FHB – administrateurs judiciaires associés
17, rue du Port – 27400 Louviers - www.fhbx.eu
Fax : 02 32 61 45 35 / e-mail : [email protected]
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34 // FINANCE & MARCHES
euronext
Vendredi 10, samedi 11 juin 2016 Les Echos
séAncE du 09 - 06 - 2016
CaC 40 : 4405,61 (-0,97 %) neXt 20 : 9229,84 (-0,74 %)
CaC larGe 60 : 4861,61 (-0,95 %)
CaC all-tradaBle : 3428,36 (-0,89 %)
Date De ProroGation : 27 Juin
CAC 40
srD suite
Valeurs mnémo / info /
ost
isin / Devise / Date Détach. / Div
accor (ac) R
a
fr0000120404
air liQuiDe (ai) R
27/04/16 0,5
a
fr0000120073
23/05/16 2,6
a
airBus GrouP (air) R
nl0000235190
02/05/16 1,11
arcelormittal (mtp)
a
lu0323134006
aXa (cs) R
08/05/15 0,17
a
fr0000120628
06/05/16 1,1
BnP PariBas (bnp) R
a
fr0000131104
BouYGues (en) R
02/06/16 2,31
a
fr0000120503
26/04/16 1,6
caP-Gemini (cap) R
a
fr0000125338
30/05/16 1,35
carreFour (ca) R
a
fr0000120172
23/05/16 0,7
creDit aGricole (aca) R
a
fr0000045072
Danone (bn) R
27/05/16 0,6
a
fr0000120644
enGie (enGi) R
05/05/16 1,6
a
fr0010208488
05/05/16 0,5
essilor international (ei) R a
fr0000121667
KerinG (Ker) R
17/05/16 1,11
a
fr0000121485
KlePierre (li) R
04/05/16 2,5
a
fr0000121964
l.V.m.H. (mc) R
22/04/16 1,7
a
fr0000121014
19/04/16 2,2
laFarGeHolcim (lhn)
a
ch0012214059
leGranD (lr) R
17/05/16 1,5
a
fr0010307819
l'oréal (or) R
31/05/16 1,15
a
fr0000120321
micHelin (ml) R
29/04/16 3,1
a
fr0000121261
A : indicateur acompte, solde ou total du dividende. BPA : bénfice par action. PER : price earning ratio. les plus hauts et plus bas ajustés sont sur l’année
civile. les valeurs classées par ordre alphabétique sont regroupées en trois classes de capitalisation signalées par les lettres a pour les capitalisations
supérieures à 1 milliard d’euros, B pour les capitalisations comprises entre 1 milliard d’euros et 150 millions d’euros et c pour les capitalisations inférieures
à 150 millions d’euros. L : valeurs de l’indice cacnext20. R : valeurs de l’indice caclarge60. G : valeurs de l’indice cacmid60. g : valeurs de l’indice
cacsmall. les bénéfices par action : source facset Jcf estimates. mise en ligne intégrale des informations réglementées sur www.lesechos-comfi.fr
17/05/16 2,85
ouv
vol.
nb titres
39,065
1693706
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clot
+ haut
+ bas
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38,19
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53,68
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21,455
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45,765
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28,56
28,21
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88,6
86,92
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24,43
23,89
8,451
8,661
8,419
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14,385
14,16
118,4
119,15
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154,15
154,85
153,1
42,14
42,35
41,495
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145,15
39,815
40,76
39,755
49,595
50,02
49,495
166,85
168,3
166,15
92,13
93
91,86
% Veil
% mois
% 52 s.
- 2,83
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- 19,73
- 0,72
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- 5,8
% an
bpa
+ haut an per
+ bas an rDt
- 3,07
41,25
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-0,6
5,438
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- 15,95
24,82
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5,19
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52
37
5,04
- 22,62
38,595
28,21
5,66
+ 2,37
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1,54
- 10,32
26,74
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10,84
7,591
7,1
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16,19
12,96
3,49
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102,1
0,94
- 2,41
167,85
138,65
1,62
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130,75
1,51
- 14,89
46,28
30,33
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- 4,99
51,74
41,54
2,32
+ 7,44
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142,65
1,86
+ 4,81
97,59
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3,09
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ost
isin / Devise / Date Détach. / Div
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a
fi0009000681
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a
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06/06/16 0,61
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fr0000124711
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a
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fr0013176526
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fr0000124141
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ViVenDi (viv) R
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a
fr0000127771
26/04/16 1
ouv
vol.
nb titres
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15,46
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732976
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860170
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157.132.025
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1395848
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1436405
594.230.418
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6891439
1.368.620.842
srD
Valeurs mnémo / info /
ost
isin / Date Détach. coupon / Div
aB science (ab) g
% Veil
% mois
% 52 s.
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- 0,02
- 27,02
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- 0,41
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+ 25,91
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% an
bpa
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- 22,88
6,987
4,523
- 1,74
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- 8
108,85
92,2
1,01
- 15,64
15,98
11,71
+ 1,61
66,72
49,945 2,57
- 14,1
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66,15
3,02
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4,05
+ 6,75
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1,93
- 18,15
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16,255
6,15
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ouv
vol.
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50,19
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65,52
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16,605
16,255
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bpa
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16,25
16,07
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0,56
0,53
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107,2
106,45
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16,3
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6,864
6,91
6,797
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30,8
30,2
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17,4
17,01
22,1
22,345
22,025
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10,59
10,48
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181,5
178
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56,4
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12,84
12,68
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42,74
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23,25
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1,7
1,74
1,61
4,007
4,059
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10,37
10,2
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5,4
5,29
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0,13
0,11
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9,405
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119,7
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117,7
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117,5
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71,56
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23,53
23,3
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0,5
0,51
0,5
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26,29
26
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61,5
61,3
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+50
0,14
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0,06
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+ 52,11
45,1
Valeurs mnémo / info /
ost
isin / Date Détach. coupon / Div
ouv
vol.
nb titres
clot
% Veil % an
bpa
+ haut % mois + haut an per
+ bas % 52 s. + bas an rDt
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34
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34
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c 9,87
10,01
75972
10,01
fr0000130692
9,76
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cHristian Dior (cDi)
a 150,45
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cic (cc)
a 167
167,25
action a
135
167,3
fr0005025004
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166,4
cie Du camBoDGe (cbDG)
a
/030616
fr0000060501
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3,05
1,79
1,64
2,32
5,33
1,78
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2,66
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1,37
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1,86
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elis (elis) G
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7163
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fr0000121121
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c 3,48
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26/05/15 0,15 62.491.281
3,41
euroFins cereP (alecr)
100,05
100,05
3
100,05
fr0012413771
252.237
100,05
euroFins scientiFic (erf) G
a 340,25
340,9
7882
341,4
fr0000038259
29/06/15 1,12 15.384.354
336,55
eurosic (ersc)
a 40,46
41
442
41,06
fr0000038200
26/04/16 2,2 29.652.786
40,46
eurotunnel (GrouPe) (Get) LR a 11,275
11,29
1865039
11,39
fr0010533075
24/05/16 0,22 550.000.000
11,23
eutelsat com. (etl) LR
a 16,245
16,18
936739
16,31
fr0010221234
16/11/15 1,09 232.774.635
15,935
FaiVeleY transPort (leY) g
B 89,51
90,5
2747
91,32
fr0000053142
01/10/15 0,9 14.614.152
89,51
Faurecia (eo) G
a 35,025
34,495
566454
35,165
fr0000121147
01/06/16 0,65 137.882.901
34,375
FFP (ffp) g
a 69,6
68,5
2716
69,6
fr0000064784
11/05/16 1,6 25.072.589
68
Fin. oDet (oDet)
a 792,1
783,7
63
792,1
fr0000062234
15/06/15 1 6.585.990
780,05
Foncière Des réGions (fDr) G a 81,74
81,75
eX-Ds 02/03/15
52107
82
fr0000064578
16/05/16 4,3 67.752.283
81,19
Foncière DéV. loG. (fDl)
B 7,31
7,28
31
7,31
fr0000030181
18/05/16 0,65 67.873.454
7,28
Foncière lYonnaise (flY)
a 49,9
50
1321
50
fr0000033409
28/04/16 1,05 46.528.974
49,4
Fonciere Paris siic (fDpa) g
B 140,6
140,67
nom.
7771
141,5
fr0000034431
18/05/16 9 10.291.637
140,5
- 2,86
35,3
32,59
+ 11,22
10,01
7,33
- 4,53
172,05
140,8
- 7,34
183,75
152,7
- 5,65
- 0,48 9950
- 9,75 6301
- 1,85 + 19,45
+ 5,02 15,365
+ 1,02 10,515
+ 0,68 - 4,9
+3
142,4
+ 2,06 126,5
+ 0,31 - 15,39
- 1,53 1146,5
- 19,1 880
- 0,36 - 7,12
- 0,72 73,42
+ 0,37 63,5
+ 0,28 - 12,69
+ 8,15 66,66
+ 22,54 38,69
- 0,71 - 24,49
-10,09
3,333
- 16,73
2,25
- 1,21 + 34,33
+ 5,66 46,4
+ 87,5
29,6
- 1,26 + 62,95
+34,4
32,15
+141,92 16,1
- 29,63
- 9,52
0,28
- 26,92
0,18
- 5,29
+ 4,38
5,63
- 69,76
4,25
+ 1,26 - 1,12
+ 1,77 19,05
- 24,85 13,215
- 0,73 - 14,44
+ 1,26 13,46
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9,13
- 1,1 + 10,7
- 3,32 70,17
+ 29,95 55,65
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- 0,83 17,8
- 10,76 13,955
+ 1,67 - 14,46
+ 6,51 52,2
- 16,11
36,55
- 0,51 - 11,94
- 6,01 91,22
- 16,66 70,5
- 0,09 - 4,67
- 1,96 60,429
+ 1,5
46,643
- 3,88
+ 0,81
1,31
- 6,77
1,17
- 0,87 + 25,83
+ 2,4
4
+ 46,35
2,65
- 5,61
+ 0,04 104,95
+ 4,2
95
- 0,51 + 5,92
+ 6,13 351,8
+ 27,68 271,25
+ 1,34 + 7,05
+ 1,11
44,75
+ 3,02 37,45
- 0,04 - 1,48
+ 1,3
11,75
- 14,31
8,844
- 0,49 - 41,38
-40,54 30,275
- 46,37 15,935
+ 0,56 - 5,22
- 3,14 95,99
+ 42,7
87
- 1,99 - 6,8
- 1,84 37,37
- 11,34 26,635
- 1,38 + 0,74
+ 2,19 69,89
- 6,16 47,5
- 1,79 - 17,92
- 6,7 960
- 26,07 749
+ 0,31 - 0,91
- 1,02 85,17
+ 7,28 68,93
- 0,41 - 6,43
- 8,08
8,02
- 3,7
7,18
+ 0,2 + 14,13
+ 1,01 52
+ 17,1
41,955
+ 0,04 + 26,98
- 2,87 154,88
+ 26,44 101,41
+ 4,62
+ 1,62
+ 7,75
+ 47,64
- 0,93
- 1,48
- 16,54
- 0,09
- 4,32
- 12,2
2,38
3
0,9
5,08
0,66
5,18
4,07
1,25
0,69
2
0,67
0,48
12,18
2,43
4,56
2,28
2,1
6
4,16
4,4
0,39
1,95
6,74
0,99
1,88
2,34
0,13
Valeurs françaIses
Valeurs mnémo / info /
ouv
clot
ost
vol.
+ haut
isin / Devise / Date Détach. / Div nb titres
+ bas
FromaGeries Bel (fbel)
a 521,1
503
333
521,1
fr0000121857
18/05/16 9 6.872.335
503
Futuren (ftrn)
c 0,7
0,71
n/P reGr.
497751
0,71
fr0011284991
186.040.717
0,7
GameloFt (Gft) G
B 7,99
7,99
27400
8
fr0000079600
87.067.522
7,99
GameloFt (Gftt)
B
/010616
eX D oP 25/5/16
fr0013140910
87.051.522
Geci international (Gecp)
c 0,19
0,18
36450
0,19
fr0000079634
01/10/01 0,1 33.941.720
0,18
Gecina (Gfc) G
a 128,15
130,3
78452
130,75
fr0010040865
07/03/16 2,5 63.260.620
128,15
54,57
54,41
Gemalto (Gto) L
321729
54,59
nl0000400653
24/05/16 0,4 89.122.209
53,5
GFi inFormatiQue (Gfi) g
B 8,5
8,51
8,51
215313
fr0004038099
01/07/15 0,1 65.980.266
8,5
B 16,4
16,3
Gl eVents (Glo) g
3561
16,4
fr0000066672
30/05/16 0,6 22.653.920
16,22
GrouPe crit (cen) g
B 56,8
56,79
2485
57
fr0000036675
25/06/15 0,31 11.250.000
56,63
c 0,94
0,94
GrouPe Flo (flo) g
22450
0,95
fr0004076891
08/07/14 0,06 40.271.427
0,92
GrouPe PartoucHe (parp)
36
35,4
reGr.
1499
36
fr0012612646
9.681.560
34,2
Haulotte GrouP (piG)
B 15,45
15,34
5282
15,45
fr0000066755
30/05/16 0,22 31.259.734
15,27
HaVas (hav) G
a 7,626
7,587
281650
7,626
fr0000121881
17/05/16 0,15 417.421.897
7,437
Hermès international (rms) LRa 334,95
331,1
59143
334,95
fr0000052292
02/06/16 1,85 105.569.412
328,9
Hi-meDia (him)
c 5,66
5,58
6204
5,8
fr0012821890
2.959.558
5,5
HuBwoo (hbW) g
c 0,16
0,15
549
0,16
fr0004052561
136.345.527
0,15
icaDe (icaD) G
a 65,74
66,89
71440
67,13
fr0000035081
27/05/16 3,73 74.111.186
65,74
iliaD (ilD) LR
a 188,5
187,15
124348
188,6
fr0004035913
23/06/15 0,39 58.708.906
186,55
a 64,12
63,4
imerYs (nK) G
50251
64,12
fr0000120859
10/05/16 1,75 79.572.491
63,08
inGenico GrouP (inG) LR
a 101,3
102,85
413405
103,7
fr0000125346
06/05/16 1,3 61.493.241
101,15
B 12,28
12,33
innate PHarma (iph) g
81694
12,46
fr0010331421
53.840.654
12,27
inter ParFums (itp) g
B 23,88
23,9
5918
23,95
fr0004024222
27/04/16 0,5 32.111.968
23,71
a 57,01
56,87
iPsen (ipn) G
48675
57,16
fr0010259150
02/06/16 0,85 83.249.682
56,84
JacQuet metal serVice (JcQ) g B 13,35
13,265
9986
13,4
fr0000033904
01/07/15 0,77 24.028.438
13,15
a 35,5
35,46
JcDecauX (Dec) G
82973
35,745
fr0000077919
24/05/16 0,56 212.303.763
35,275
KauFman & BroaD (Kof)
B 36,7
36,47
4813
36,8
fr0004007813
20/04/16 2 20.837.039
36,06
Korian (Kori)
a 29,8
29,585
61135
29,805
fr0010386334
01/07/15 0,6 79.468.673
29,47
laGarDère (mmb) G
a 21,01
20,8
475585
21,01
fr0000130213
06/05/16 1,3 131.133.286
20,635
latecoere (lat) g
c 3,78
3,67
eX Ds 27/8/15
102936
3,78
fr0000032278
29/06/07 0,75 94.043.676
3,63
laurent-Perrier (lpe)
B 70,4
70
7185
70,41
fr0006864484
16/07/15 1 5.945.861
70
le Bélier (beli) g
c 38,71
39,12
1151
39,15
fr0000072399
07/06/16 0,8 6.582.120
38,71
lectra (lss)
B 14,18
14
5502
14,18
fr0000065484
04/05/16 0,3 30.938.845
14
lisi (fii) g
a 24,6
24,55
1977
24,6
fr0000050353
05/05/16 0,39 54.023.875
24,465
a 16,405
16,23
m6-métroPole tV (mmt) G
84124
16,425
fr0000053225
18/05/16 0,85 126.414.248
16,21
maisons France conF. (mfc) g B 42,59
43,86
2105
43,86
fr0004159473
07/06/16 0,64 6.937.593
42,59
B 15,58
15,7
manitou (mtu) g
367
15,7
fr0000038606
10/06/15 0,35 39.551.949
15,58
marie BrizarD w & s (mbWs)
B 17,45
17,25
51166
17,7
fr0000060873
27/09/07 0,5 28.286.154
17,07
mauna Kea (mKea)
c2
1,98
50449
2,01
fr0010609263
16.176.707
1,96
mercialYs (merY) G
a 20,095
20,185
116343
20,38
fr0010241638
22/04/16 0,57 92.049.169
20,01
B 14
13,81
mersen (mrn) g
10539
14,02
fr0000039620
02/07/15 0,5 20.635.952
13,81
metaBolic eXPlorer (meteX) g c 2,01
1,99
94740
2,03
fr0004177046
23.261.500
1,99
natiXis (Kn) LR
a 4,28
4,208
3857565
4,293
fr0000120685
27/05/16 0,35 3.129.085.133
4,2
natureX (nrX) g
B 75,75
76,54
1497
76,54
fr0000054694
03/07/14 0,1 9.247.228
75,75
netGem (ntG) g
c 2,18
2,2
16376
2,2
fr0004154060
17/06/15 0,15 41.212.222
2,17
neXans (neX) G
a 43,28
42,8
128417
43,3
fr0000044448
17/05/13 0,5 42.615.205
42,485
neXitY (nXi) G
a 47,18
47,16
116838
47,305
fr0010112524
03/06/16 2,2 54.783.017
46,82
nicoX (coX)
B 12,085
11,905
reGr. 03/12/15
141019
12,1
fr0013018124
22.869.669
11,705
norBert Dentr. (GnD) g
a 202,05
202,05
110
203
fr0000052870
29/05/15 1,8 9.836.241
202
nrJ GrouP (nrG) g
B 9,5
9,34
8410
9,5
fr0000121691
15/05/12 0,3 78.417.846
9,33
numericaBle-sFr (num) G
28,24
27,67
136755
28,36
fr0011594233
18/12/15 5,7 438.245.303
27,59
B8
8,14
oeneo (sbt) g
32539
8,14
fr0000052680
31/07/15 0,12 61.563.075
7,98
onXeo (onXeo) g
B 3,2
3,13
29182
3,2
fr0010095596
41.470.860
3,11
a 72,9
72,98
orPéa (orp) G
118465
73,17
fr0000184798
08/07/15 0,8 60.273.691
72,11
Parrot (parro) g
B 15,26
14,9
45566
15,26
fr0004038263
30.100.939
14,68
25,02
24,98
PHarmaGest int. (pha)
DiV 5 04/08/15
1610
25,07
fr0012882389
15.174.125
24,93
Pierre & Vacances (vac) g
B 39,5
39,15
3699
39,83
fr0000073041
19/03/12 0,7 9.801.723
39,02
Plastic omnium (pom) G
a 30,32
29,92
148936
30,37
fr0000124570
10/05/16 0,41 152.476.720
29,83
recYleX sa (rX)
c 2,13
2,14
18572
2,2
fr0000120388
04/07/90 0,61 24.110.982
2,13
% Veil % an
bpa
% mois + haut an per
% 52 s. + bas an rDt
- 10,18 + 15,13
+ 2,67 577
+ 64,91 405
1,79
+ 1,43 + 20,34
+10,94
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La cote a changé.
Vous pouvez retrouver
les Bourses internationales
sur http://investir.lesechos.fr
6,87
FINANCE & MARCHES // 35
Les Echos Vendredi 10, samedi 11 juin 2016
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robertet sa
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LA BOURSE
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0,80
0,80
0,71
0,71
0,71
0,71
0,71
0,78
0,78
0,78
0,78
0,78
0,73
0,73
0,73
0,73
0,73
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
MaTières preMières
MéTaux non Ferreux
MéTaux sTraTégiQues
paris
OR (euros cPror/*cours hebdo)
09/06
08/06
COURS PriMe Prec.
lingot
35100
0
35100
10 florins
217,9
2,61
212,5
5 dollars*
310
17,45
310
10 dollars
625
18,39
615
20 dollars
1220
15,51
1176
5 roubles*
0
-100
0
50 pesos
1337,75 1,63
1337
latine
204
0,1
203
napoleon
205
0,59
208,1
1/2 napoleon* 116,9
14,73
116,9
souverain eli i* 268,9
4,66
268,9
souverain
270,5
5,28
262,9
1/2 souverain* 138,5
7,81
137
suisse
207,8
1,97
205,1
tunisienne*
207
1,57
204,5
mark*
255
1,47
257,9
krugerrand
1170
7,17
1159
lingotin 500grs 17900
1,99
18100
lingotin 250grs 9020
2,79
9050
lingotin 100grs 3670
4,56
3650
argent c3e (euro Par kilo) (csFaNMP)
579,87
568,21
cuivre (girm):
Londres
(eN dollars)
palladium (euro Par kilo) (csFaNMP)
Fix1
15 609
15 779
Fix2
15 791
16 033
platine (euro Par kilo) (csFaNMP)
Fix1
28 277
28 475
Fix2
28 203
28 679
18,15 - 0,82
96
31,48 - 0,06
169 + 0,6
36,87 - 0,83
30,04 + 0,47
2,55 + 0,39
132,3 + 0,08
1
316
2064
4849
3
155
29,6 + 0,34
2604
40,42 - 0,27
17,95
19 + 2,15
2453
547
48972
49,35 - 0,3
648
3,42 - 2,84 1527242
4,98 - 1,58
4562
2,17
1
0,49 + 4,26 848146
7,72 - 5,04
954
30,99 - 0,16
1524
1,7 + 1,19
13147
20,87 + 0,1
4893
19,09
20,8
19
valeur
tff groupg
thermocompactg
tipiak
tivoly
tonna elect.
toupargel groupe
txcellg
u10g
ulric de varens
unibel
union fin. fr. bque g
utig
valtech
verneuil part.
vêt'affairesg
vetoquinolg
viadeog
videlio (ex:iec)
viel et cieg
virbac g
visiodentg
voltalia
worldlineG
xilam animationg
ymagisg
Zublin immo.g
MéTaux précieux
palladium (eN dollars Par oNce Troy)
558
556
248
0,05
879,99
isin
fr0000071904
fr0004037182
fr0000066482
fr0000060949
fr0000064388
fr0000039240
fr0010127662
fr0000079147
fr0000079980
fr0000054215
fr0000034548
fr0000074197
fr0011505163
fr0000062465
fr0000077158
fr0004186856
fr0010325241
fr0000066680
fr0000050049
fr0000031577
fr0000065765
fr0011995588
fr0011981968
fr0004034072
fr0011471291
fr0010298901
bce
taux pret marginal 0.25 %
taux repO (refi)
0.00 %
taux depOt
-0.40 %
royaume uni taux jour le jour
0.45 %
taux de base
0.50 %
usa
taux jour le jour
0.35 %
fOnds federaux
0.50 %
2 ans
0.83 %
10 ans
1.68 %
japon
boj tokyo
-0.05 %
taux JOur le JOur
-0.15 %
taux repO (refi)
0.00 %
10 ans
-0.15 %
52222
256
6051
3433
477
1220
36164
1,83
écart vol
79446
4972
528
1001
taux en %
27,37 - 2,63
13,63 + 0,07
10,55 - 2,22
3,4 - 3,68
6
- 0,66
13,2 - 0,38
2,57 + 1,18
1,94
clôt
0,73
1,78
13,62 - 0,22
1,63 + 0,62
principaux taux directeurs
pays
London BuLLion MarKeT
09/06
08/06
argent (eN ceNTs Par oz)
Fixage
1 708
1 697
19,1
13,62
1,63
changes : cours au comptant
11722
89
2295
199
279873
143
51,03
+bs
0,72
1,77
us6918295014
us7181721090
us7427181091
lu0934195610
us9098831004
ch0008175645
ga0000121459
us91912e1055
bmg9887p1068
actions
françaises
euronexT hors srd suite
Taux eT changes
1,56 + 1,3
53,1
34,5 - 0,23
5,81 + 0,17
1,3 + 0,78
290
2,33
actions
françaises
euronexT hors srd suite
or (eN dollars Par oz)
Fix
1 264
1 263
platine (eN dollars Par oNce Troy)
1 007
992
neW YorK
argent (eN ceNTs Par oNce)
seTTleMeNT
09/06
JuiN 16
17,08
Juil. 16
17,23
sePT. 16
17,29
déc. 16
17,36
JaNv. 17
17,36
or (eN dollars Par oNce)
seTTleMeNT
seTTleMeNT
08/06
17,05
17,06
17,09
17,14
17,14
seTTleMeNT
09/06
JuiN 16
1269,4
aouT 16
1272,3
déc. 16
1278,2
Fév. 17
1280
aouT 17
1280
platine (eN dollars Par oNce)
seTTleMeNT
JuiN 16
Juil. 16
ocT. 16
JaNv. 17
avr. 17
09/06
997,6
1003,6
1006,3
1008,6
1009,3
08/06
1261,3
1265,5
1270,6
1272
1272
seTTleMeNT
08/06
989,2
1011,9
1015,3
1015,8
965
caThodes : 4196 a coMPTer du 09/06/
autres demi produits cuivreux :
base cuivre
490,14 dePuis le 09/06
base laMiNé laiToN 1 TiTre 421,59 dePuis le 09/06
base laMiNé laiToN 70/30 427,82 dePuis le 09/06
base laMiNé laiToN 85/15
458,97 dePuis le 09/06
base laMiNé broNze 94/6
576,3 dePuis le 09/06
base laMiNé broNze 94/4
547,57 dePuis le 09/06
London MeTaL exchange
09/06
08/06
alliage d`alumin. (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
1525-1535
1550-1560
13940
1525-1535
1550-1560
13980
aluminium (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
1595,5-1596
1606-1607
2488325
1540-1541
1551-1551,5
2494975
cuivre (en $ par tonne)
cash
3 Mois
sTocks
4590-4590,5
4600-4605
207300
4588-4589
4593-4595
196225
etain (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
17145-17150
17050-17100
6730
16970-16975
16900-16950
6720
ice
(eN gbP Par MWh)
clôTure
09/06
base
30,06
PoiNTe
33,12
ice futures
(eN gbP Par MWh)
8555-8565
8615-8620
396498
plomb (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
1732,5-1733
1737-1739
185400
1726,5-1727
1732-1734
185425
Zinc (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
2048-2049
2053,5-2054,5
382150
2023,5-2024
2024-2026
379075
neW YorK
cuivre (en cents par lb)
seTTleMeNT seTTleMeNT
Juil. 16
aouT 17
sePT. 16
déc. 16
09/06
2,03
2,05
2,03
2,04
08/06
2,07
2,15
2,07
2,08
vol
56938
29
9701
2458
base JuN 16
base dec 16
PoiNTe JuN 16
PoiNTe Jul 16
09/06
33,95
43,79
38,32
39,71
KuaLa LuMpur
seTTleMeNT seTTleMeNT
Jou r
09/06
17050
08/06
16850
vol
clôTure
08/06
32,33
0
33,48
0
vol
338046
170887
vol
Juil. 16
aouT 16
sePT. 16
ocT. 16
ocT. 16
258,5
235,5
singapour
gasoliNe 97
gas oil
Fuel oil (180)
Fuel oil (380)
64,05
60,36
260,5
251
62,05
59,86
255,5
244,5
éMission co2
nymex emissions (eN euros Par ToNNe)
clôTure
clôTure
clôTure
clôTure
08/06
51,23
51,85
52,3
52,68
52,68
09/06
5,73
clôTure
28,25
28,25
28,25
28,25
vol
gaz naTureL
clôTure
JuiN 16
Juil. 16
aouT 16
clôTure
vol
08/06
1,92
2,46
2,54
clôTure
08/06
14,63
vol
vol
7109
295
42
5
5
seTTleMeNT seTTleMeNT
09/06
Juil 2016 14,41
aouT 2016 14,77
sePT 2016 14,89
08/06
14,65
14,9
15,14
08/06
65,54
66,7
66,32
clôTure
clôTure
vol
09/06
08/06
Juil. 16
2259
2251
sePT. 16
2249
2241
déc. 16
2202
2193
Mai 17
2146
2136
Juil. 17
2140
2129
new york (eN $ Par ToNNe)
2786
5732
1999
437
95
Juil. 16
sePT. 16
déc. 16
Mars 17
Juil. 17
09/06
3116
3097
3077
3053
3032
08/06
3112
3094
3072
3047
3031
vol
5467
12593
3618
1333
143
seTTleMeNT seTTleMeNT
09/06
292,7
301,7
304
08/06
292,9
301,6
304
seTTleMeNT seTTleMeNT
vol
09/06
08/06
JuiN 16
178
177,25
aouT 16 186,5
187
Nov. 16
176,25
177,5
mais à chicago (eN ceNTs Par
boisseau)
seTTleMeNT seTTleMeNT
vol
seTTleMeNT seTTleMeNT
vol
09/06
08/06
Juil. 16
11,33
11,39
sePT. 16
11,6
11,77
Nov. 16
11,86
12,35
avoine à chicago
(eN ceNTs Par boisseau)
FreT MariTiMe
clôTure
vol
09/06
08/06
Juil. 16
1693
1700
7303
sePT. 16
1720
1728
9269
Nov. 16
1738
1745
2888
JaNv. 17 1738
1745
2888
Mars 17 1738
1745
2888
new york-arabica (en cents par lb)
seTTleMeNT seTTleMeNT
vol
11797
33
988
Juil. 16
déc. 16
Mai 17
Juil. 17
09/06
137,1
141,4
145,75
147,3
08/06
139,25
143,8
147,75
149,3
vol
42563
9315
709
255
vol
seTTleMeNT seTTleMeNT
Jou r
09/06
08/06
112,45
115,7
vol
112.45
vol
817
158
378
seTTleMeNT seTTleMeNT
09/06
107
110
123,55
vol
08/06
107
111
123
334
balTic dry iNdex : 610
le 08/06//16
balTic PaNaMax iNdex : 540
le 08/06//16
balTic caPesize iNdex : 973
le 08/06//16
balTic suPraMax iNdex : 564
le 08/06//16
balTic dirTy iNTerN. TaNker :741
le 08/06//16
balTic cleaN iNTerN. TaNker :479
le 08/06//16
indices
rJ crb
new york (coNT. No2 - eN ceNTs Par lb)
792
539
42
seTTleMeNT seTTleMeNT
londres-robusta (en $ par tonne)
clôTure
681
483
09/06
08/06
Juil. 16
426,75
429
144851
déc. 16
432,75
434,5
76196
Mars 17 438
439,25
7016
riZ à chicago (eN ceNTs Par lb)
vol
jus d’orange
chicago (eN $ Par 1000 bdFT)
vol
Mai 16
Juil. 16
Nov. 16
Bois
Juil. 16
sePT. 16
Nov. 16
68111
57223
17501
6995
5373
seTTleMeNT seTTleMeNT
09/06
08/06
Juil. 16
510,38
519,5
249
sePT. 16
522
530,5
10
déc. 16
538,5
548,25
13
mais à paris (eN euros Par ToNNe)
caFé
new york (cont. n°2 - cents par lb)
seTTleMeNT seTTleMeNT
08/06
19,68
19,71
19,78
19
18,35
vol
Prix indicatif de l'organisation internationale du
café (cents us/livre) :
Prix composé : 130.2
Moyenne quinze derniers jours : 205.461
coTon
09/06
65,07
65,88
65,89
09/06
19,63
19,68
19,72
18,99
18,38
vol
seTTleMeNT seTTleMeNT
09/06
08/06
sePT. 16
170,5
171,75
8861
déc. 16
176
176,75
14469
Mars 17 180,25
180,75
1344
blé à chicago (eN ceNTs Par boisseau)
vol
iNdice coTlook a : 74,85, le 09/06//16
Juil. 16
Oct. 16
Mars 17
Juil. 16
ocT. 16
Mars 17
Mai 17
Juil. 17
clôTure
blé de meunerie n°2 à paris
(eN euros Par ToNNe)
09/06
08/06
Juil. 16
204,75
205
sePT. 16
215,5
218,25
déc. 16
227,5
229
blé fourrager à londres
(eN £ Par ToNNe)
powernext gas futures
vol
clôTure
seTTleMeNT seTTleMeNT
nymex ( eN $ Par MbTu)
09/06
0
2,6
2,67
vol
3135
1640
331
703
110
cacao
seTTleMeNT seTTleMeNT
08/06
clôTure
Prix indicatif de l'organisation internationale du
cacao (dollars/tonne) : le 07/06/
Prix indicatif : 3168,92
londres (eN £ Par ToNNe)
uraniuM
09/06
clôTure
09/06
08/06
aouT 16 528,4
528,7
ocT. 16
527,5
528,3
déc. 16
527
527,6
Mars 17 526,1
526,8
Mai 17
517,4
515,8
new york (eN ceNTs Par lb)
vol
08/06
5,73
uranium nymex (en $ par lb)
clôTure
09/06
08/06
JuiN 16
459,75
468,75
26436
aouT 16 462,5
470,5
50734
Nov. 16
472
478,5
5245
Mars 17 480,5
485,25
1686
Juil. 17
491
490,5
104
new york nymex wti (eN $ Par baril)
09/06
50,63
51,28
51,73
52,25
52,25
260,5
238
sPoT
céréaLes
19,56 cts/lb
londres (eN dollars Par ToNNe)
450,5
fuel
Fuel oil (hs 180)
Fuel oil (hs 380)
09/06
Nord da 14,2
09/06
08/06
Jour
51,96
52,7
Juil. 16
49,69
49,68
aouT 16 51,96
52,7
156826
londres-gaZole (eN $ Par ToNNe)
clôTure
sucre
london daily price:
powernext gas spot
londres-brent (eN $ Par baril)
clôTure
etain (en dollars par tonne)
clôTure
08/06
30,06
33,12
produiTs péTroLiers
clôTure
produiTs péTroLiers
rotterdam
(barges - Fob) (eN $ Par ToNNe)
gas oil 0.1% sul.
456
JuiN 16
aouT 16
éLecTriciTé
clôTure
8820-8825
8870-8880
395514
08/06
antimoine 99,65% (par tonne)
6100
6100
bismuth 99,99% (par lb)
4,3
4,3
cadmium 99,95% (par lb)
0,68
0,68
cobalt (cathodes) 99,80% (par lb)
10,9
10,9
eponge de titane 99,60% (par kg)
7,95
7,95
ferro manganese (hc) (par tonne)
635
635
ferro molybdene (par kg)
20,25
20,25
germanium (par kg)
1200
1200
selenium 99,50% (par lb)
6,25
6,25
silicium (par tonne)
1650
1650
nickel (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
09/06
09/06
08/06
196,14
196,66
reuTers coM. 2380,09
2363,98
Moodys coM. 5343,86
5335,31
or iNdusTriel 35891
35685
lMex
2239,4
2270,7
36 // FINANCE & MARCHÉS
Vendredi 10, samedi 11 juin 2016 Les Echos
CODE ISIN
DéSIGNATION
DES VALEURS
VAL. UNIT DATE
HORS FRAIS DE LA
EN EUROS** VALOR.
DERNIER
DIVIDENDE NET
EN EUROS**
MONT. DATE
DéSIGNATION
DES VALEURS
LU0280430660 PICTET-CLEAN ENERGY
Mirabaud Asset Management
Tél. +41 58 816 20 20
www.mirabaud.com
[email protected]
LU0130728842 PICTET-EMERGING EUROPE
LU0689230778 MIR. - CONV BONDS EUR A EUR
133,45 09/06
LU0301152442 ÖKOWORLD KLIMA EUR
49,08 09/06
LU0928190510 MIR. - CONV.BONDS GLB A USD
111,7 09/06
LU0061928585 ÖKOWORLD ÖKOVIS.CL. EUR
145,21 09/06
LU0187024954 MIR. - EQ ASIA EX JAP A
171,41 09/06
LU1308314605 MIR. - EQ EUR. EX-UK S&M D GBP
114,63 09/06
LU0800193780 MIR. - EQ GLB EMRG MKT A USD
90,28 08/06
LU1008513852 MIR. - EQ GLOBAL FOCUS A USD
97,61 09/06
LU0334003224 MIR. - EQ PAN EUR A CAP
116,97 09/06
FR0010106450 OPTIGEST MONDE
DI 161,29 08/06
LU0787970960 MIR. - EQ SPAIN A EUR
24,67 09/06
FR0010236760 OPTIGEST EUROPE
111,75 08/06
LU0636969866 MIR. - EQ SWISS SM&MID A
CODE ISIN
OPTIGESTION
39, avenue Pierre 1er de Serbie
75008 PARIS
Standard : +33 1 73 11 00 00
Internet : www.optigestion.com
343,45 09/06
DERNIER
DIVIDENDE NET
EN EUROS**
MONT. DATE
CODE ISIN
DéSIGNATION
DES VALEURS
VAL. UNIT DATE
HORS FRAIS DE LA
EN EUROS** VALOR.
DERNIER
DIVIDENDE NET
EN EUROS**
MONT.
DATE
73,88 09/06
276,99 09/06
LU0255798109 PICTET-EMERG LC DEBT
159,54 09/06
LU0130729220 PICTET-EMERGING MKTS
453,38 08/06
LU0128490280 PICTET-EUR BONDS
548,41 09/06
LU0935268721 RAM (L) SF EM MKT CORE EQ
82,25 08/06
LU0704154292 RAM (L) SF EM MKT EQ
149,44 08/06
LU0375629556 RAM (L) SF EUROPEAN EQ
378,18 08/06
LU0128470845 PICTET-EUR CORP. BONDS
193,51 09/06
LU0167158327 PICTET-EUR SMT BONDS
134,15 09/06
LU0130731986 PICTET-EUROPEAN EQ. SEL.
557,68 09/06
LU0144509717 PICTET-EUROPEAN SUST. EQ.
227,55 09/06
LU1048876350 RAM (L) SF GB SHLDR YLD EQ
103,11 08/06
LU0128467544 PICTET-GLOBAL EMERG.DEBT
353,84 09/06
LU0705072691 RAM (L) SF L/S EM MKT EQ
118,94 03/06
LU0168449691 PICTET-GREATER CHINA
391,36 08/06
LU0188501257 PICTET-HEALTH
243,91 09/06
LU0705071701 RAM (L) SF L/S EUROPEAN EQ
139,59 03/06
LU0375630729 RAM (L) SF NORTH AM EQ
242,81 08/06
LU1074511459 RAM (L) TF CONV EUROPE
142,93 08/06
LU0419186167 RAM (L) TF GB BD TOT RET
142,48 08/06
LU0935723782 RAM (L) TF II ASIA BD TOT RET
130,98 07/06
LU0070964530 PICTET-INDIAN EQ.
Pictet Asset Management
34, avenue de Messine 75008 Paris
Tél. : 01 56 88 71 00
www.pictetfunds.fr
VAL. UNIT DATE
HORS FRAIS DE LA
EN EUROS** VALOR.
CLASSIFICATION
DERNIER
DIVIDENDE NET
EN EUROS**
MONT. DATE
CLASSIFICATION
VAL. UNIT DATE
HORS FRAIS DE LA
EN EUROS** VALOR.
CLASSIFICATION
DéSIGNATION
DES VALEURS
CODE ISIN
CLASSIFICATION
sicav//fcp
407,39 09/06
LU1008513340 MIR. - GLB EQ HIGH INC A USD
99,35 09/06
LU0862027272 MIR. - GLB HIGH YLD BDS A USD
111,21 09/06
LU1256186930 MIR. - GLB INV GRA BDS A EUR
103,63 09/06
LU0963986202 MIR. - GLB STRAT BOND A USD
107,4 09/06
LU0155303323 PICTET-ASIAN EQ. JAPAN
187,3 08/06
LU0256840108 PICTET-US EQ. SEL
182,57 09/06
LU1308307815 MIR. - US SH. TERM CRD FD A USD
101,53 09/06
LU0090689299 PICTET-BIOTECH
610,49 09/06
LU0104884860 PICTET-WATER
259,83 09/06
LU0176900511 PICTET-JAPANESE EQ. SEL.
LU0256846139 PICTET-SECURITY
LU0130732364 PICTET-SMALL CAP EUR.
11446,17 09/06
193,4 09/06
1022,65 09/06
Valeur unitaire hors frais : valeur de la part ou de l’action hors droits d’entrée ou de sortie éventuels. Les SICAV éligibles au PEA sont signalées par un astérisque *. Le pictogramme P indique la cotation d’un FCP. Classification des OPCVM : actions françaises (AF), actions de la zone EURO (AE), actions internationales (AI), monétaires EURO (ME), monétaires à vocation internationale (MI), obligations et autres titres de créances libellés en EURO (OE), obligations et autres titres de créances internationaux (OI),
sicav luxembourgeoises (LX), diversifiés (DI), garantis ou assortis d’une protection (GP). ** : en euros ou dans la devise indiquée dans la colonne «DéSIGnAtIOn DES VALEURS».
carnet
fr
PORTRAIT
par Léa Delpont
— Correspondante à Lyon
DR
Christian
Missirian,
le moine-soldat
du TUBA
« Quand on s’intéresse à l’innovation, au numérique et à la vie des gens, c’est naturel de s’occuper du
TUBA », déclare son nouveau président, Christian Missirian. Le TUBA, pour « tube à essai » de
l’urbanité, met à la disposition de près de
200 start-up le Big Data de la métropole de Lyon
et de dix grandes entreprises adhérentes pour
créer et tester de nouveaux services aux
citoyens. Il y a quelques jours, Christian Missirian, directeur commerce de la région Auvergne-Rhône-AlpeschezEDF,asuccédéàPhilippe
Lagrange, de Veolia, à la tête de ce lieu expérimental qui regroupe à Lyon tout l’écosystème de
la ville intelligente – collectivités, chercheurs,
industriels et jeunes entrepreneurs geeks.
« Christian, qui fait partie des grands
employeurs de la région, a la culture du service
publicetdelasolidarité »,estimePascalJacquesson, directeur général de Keolis, délégataire des
transports publics lyonnais. Les deux hommes
comptent parmi les cofondateurs du TUBA en
2014 mais, aussi, il y a un mois, du « 107 » : un
autre laboratoire d’« open innovation », dans
l’entrepreneuriat social et solidaire, cette fois.
Pour Christian Missirian – soixante ans à
l’état civil, dix de moins au jugé –, « tout cela
s’inscrit dans la droite ligne d’une carrière guidée
ENTREPRISES
XEROX
Patrice Vidal
est nommé country general
manager de Xerox
Belgique-Luxembourg
et general manager de la branche
BeLux de la division LEO (Large
Enterprises Organisation).
Patrice Vidal, cinquante et un ans,
diplômé de l’Esia de Paris, a rejoint
Xerox en 1990 en tant qu’ingénieur
informatique avant d’occuper dès
par l’envie d’imaginer, d’inventer ». Tête dans les
épaules, léger sourire aux lèvres, il affirme « que
la curiosité n’est pas une question d’âge : ça ne me
passe pas » !
En 1981, au sortir de l’Ecole nationale supérieure d’électricité et de mécanique, il démarre
sa carrière dans la sidérurgie au département
R&D d’Usinor, dans l’Est, loin de Marseille, sa
ville natale. Un baptême du feu qui forge son
tempérament professionnel en acier trempé. Il
entre un an plus tard chez EDF, qu’il ne quittera
plus. Durant quinze ans, à la Direction des études et recherches, il s’intéresse « moins à l’électricité qu’aux bénéfices qu’elle peut apporter à ses
utilisateurs ».
Compteurs Linky et chocolat
En 2004, avec l’arrivée de Pierre Gadonneix à la
présidence, il est appelé dans l’état-major
commeconseiller.Sesdomaines :lecommerce,
la distribution et, bien sûr, les activités nouvelles, son inclination naturelle – outre le chocolat
noir, qui l’a aidé à gérer le stress de ces quatre
années. En 2008, il retourne à l’opérationnel, à
la Direction commerce en Auvergne-RhôneAlpes (deuxième plus grosse région d’EDF et
première en production). Alors que l’ouverture
1993 des fonctions commerciales.
En 2002, il a été promu directeur
commercial de la division Xerox
Global Services France (XGS),
puis, en 2008, directeur du programme Global Accounts &
Alliances de Xerox Europe. En
2010 il a été nommé general manager de la division XGS pour les
pays scandinaves. Depuis 2011, il
était general manager des divisions LEO et GDO (Global Document Outsourcing), membre du
comité de direction de Xerox
France.
à la concurrence vient de s’achever, Christian
Missirian est convaincu qu’il faut « s’ouvrir aux
autres entreprises. Aujourd’hui, la connaissance
est atomisée : il faut la fédérer. »
La connaissance, une obsession chez ce haut
cadre posé, sérieux et attentif, résolument discret, redoutablement efficace. Il navigue entre
érudition et nouvelles technologies, arpentant,
durant ses vacances, les monastères arméniens
et les grandes bibliothèques.
Persuadé de la force de l’expérimentation
pour capter les aspirations des citoyens et des
entreprises, il profite, en 2012, de l’installation
des 170.000 premiers compteurs Linky dans
l’agglomération lyonnaise, pilote sur ce programme, pour lancer Smart Electric Lyon. Le
consortium réunit 21 industriels et équipementiers (Legrand, Schneider, Philips, Panasonic,
Orange, SFR, etc.), unis pour faire fructifier l’avalanche d’informations fournies par ces nouveauxéquipements.Undémonstrateuràgrande
échelle de nouvelles solutions numériques, avec
une dimension technologique, sociologique, et
une vocation environnementale contre le gaspillage d’énergie. Dans le même temps, ce travailleuracharné– « 12heuresparjour, 6jourssur
7auminimum »,confieunecollaboratrice –crée
le concours Energie Intelligente, qui a déjà aidé
cinquantestart-up.« L’ampoulen’apasétéinventée par des fabricants de bougie, tacle Christian
Missirian. Les ruptures viennent de l’extérieur. »
Et de citer Thomas Jefferson : « Plus je travaille,
plus la chance me sourit. »
Sa philosophie de l’innovation rejoint sa passion pour le jardinage. L’« Eloge de la plante »,
de Francis Hallé, sa bible, à la main, ce « toqué »
de génétique végétale explique ce qui le rapproche du jardinier : « la capacité de se projeter à
partir de simples graines ; l’humilité et une forme
de résilience quand la nature est contre vous et
qu’il faut recommencer l’année suivante, c’est
l’expérience de l’échec, dit-il, et la générosité : on
innove pour les autres, de même que quand les
fleurs et les légumes ont bien poussé, il ne reste
plus qu’à les offrir ». n
PRICEMINISTER-RAKUTEN
Cédric Dufour
Fabien Versavau
entrent au comité exécutif
de PriceMinister-Rakuten
en qualité de directeur général
adjoint, chargé des fonctions
support, et directeur général
adjoint, chargé des ventes, du
marketing et de la communication.
Cédric Dufour, quarante-quatre
ans, diplômé de l’ESC Rouen
(Neoma), a débuté, en 1995, chez
KPMG Audit. Il a été nommé direc-
teur administratif et financier de
Jennyfer en 1999, puis directeur
général adjoint administration et
finance, et membre du directoire
de Roche Bobois en 2005. Depuis
cinq ans, il était directeur financier de la FNAC en Espagne et
membre du comité exécutif.
Fabien Versavau, quarante ans,
titulaire d’un master en management ESC Clermont-Ferrand et
d’un MBA de l’Essec et de Mannheim Business School, a démarré
chez Ford en 1998 avant de rejoin-
dre Renault. Il est devenu, en
2 0 0 2 , m a n a g e r c h e z We ave ,
avant d’être nommé directeur du
développement Europe pour
LeGuide.com en 2006 et chez
SNCF Voyages International en
2009. Depuis 2011, il était directeur marketing digital du
« Figaro » et, en parallèle, directeur général de Ticketac.com.
KAUFMAN & BROAD
Chrystèle MarchandBacchetta
est nommée directrice marketing
et communication de Kaufman &
Broad. Elle sera membre
du comité de direction.
Chrystèle Marchand-Bacchetta,
quarante-neuf ans, diplômée de
l ’u n i v e r s i t é d e B e s a n ç o n , a
d’abord été directrice de clientèle
dans des agences conseil. Elle est
devenue directrice de la communication chez Minamour Int.
Group, Une Journée en France,
puis a créé le cabinet de consulting Comanaging. En 2003, elle a
intégré Cogedim en tant que
directrice de la communication et
du marketing, avant d’être directrice générale adjointe et d’entrer,
en 2010, au comité de direction.
ASSOCIATION
PROFESSIONNELLE
EUROPEAN SPAS ASSOCIATION
Thierry Dubois
devient le nouveau président
de l’Espa pour un mandat
de quatre ans. Il est le premier
Français à cette fonction.
Thierry Dubois, soixante-sept
ans, diplômé de l’Essca et de l’Institut de contrôle de gestion (ICG),
est, depuis 2014, président du
conseil de surveillance des Thermes de Saujon. Il a été directeur
de la clinique psychiatrique Villa
du Parc de Saujon et gérant de la
clinique psychiatrique Hippocrate de Saujon, avant de rejoindre les Thermes de Saujon en
1990, d’abord en qualité de directeur général, puis en tant que président du directoire de 1998 à
2014. Il est, par ailleurs, président
du CNETh (Conseil national des
é t a b l i s s e m e n t s t h e r m a u x)
depuis 2009.
M
Retrouvez chaque lundi
les personnalités business
de la semaine dans notre cahier
« Les Echos Business »
ILS SONT NÉS
UN 10 JUIN
Carlo Ancelotti, entraîneur
de football, 57 ans.
Nicole Bricq, ex-ministre,
sénatrice de Seine-et-Marne,
69 ans.
Bruno Cotte, magistrat, 71 ans.
Marc Fumaroli, historien
et académicien, 84 ans.
Samia Ghali, maire du
8e secteur de Marseille, sénatrice
des Bouches-du-Rhône, 48 ans.
Marc Genot, ex-président de la
Fondation pour l’enfance, 79 ans.
Charles-Marie Jottras,
ex-président du groupe
Daniel Féau, 65 ans.
Alain Kouck, président d’Editis
Holding, 70 ans.
Madeleine de Suède,
princesse, 34 ans.
François Morel, comédien,
57 ans.
Philip Mountbatten, duc
d’Edimbourg, époux de la reine
Elizabeth II d’Angleterre, 95 ans.
Vincent Perez, acteur, 52 ans.
Laurent Petitgirard, musicien,
66 ans.
Pascal Riché, cofondateur
de Rue89, 54 ans.
Loïc Tassel, vice-président
Gillette EMEA et Inde, 49 ans.
, Envoyez vos nominations à
[email protected]
SUR
CHAQUE SEMAINE DANS
« L’ÉCONOMIE EN QUESTIONS »
LE SAMEDI À 12H00
VENDREDI 10 ET SAMEDI 11 JUIN 2016
PATRIMOINE.LESECHOS.FR/
avec
LOGEMENT // Dans un environnement où transactions et prix repartent à la hausse, peut-on
se permettre désormais d’acheter – plus grand, par exemple – avant de vendre ? Explications.
Anne-Sophie Vion
@AnnesophieVION
V
ous êtes déjà propriétaire
et vous souhaitez changer
de logement. Qu’il s’agisse
de vendre pour vous agrandir, de
plus en plus pertinent avec la baisse
des taux (voir ci-contre), ou pour
acheter plus petit, ou encore pour
vous installer dans une autre ville,
vous serez confronté à une opération d’achat-revente immobilière.
Celle-ci n’est en effet pas si simple.
Dans quel ordre devrez-vous procéder ? Que vous décidiez d’acheter
ou de vendre en premier, chaque
solution présente un certain nombre d’atouts et d’inconvénients.
Dans un contexte où le marché
immobilier se reprend, les délais de
vente se raccourcissent, les taux des
crédits sont au plus bas et les prix
repartent à la hausse dans certaines
zones, pouvez-vous désormais
vous permettre d’acheter avant de
vendre, ce qui vous évitera toute
une série de désagréments ?
Des risques atténués
De mise dans un marché baissier
et tendu, la carte de la prudence,
celle qui consisterait à vendre avant
d ’a c h e t e r, s ’ i m p o s e m o i n s
aujourd’hui. « Profitant du niveau
exceptionnellement attractif des
tauxd’intérêt,lemarchés’estfluidifié
au premier trimestre au point que
les propriétaires achètent avant de
vendre », observent les notaires de
Paris-Ile-de-France, dans une
conférence du 26 mai dernier.
Alors qu’ils étaient encore, en
mars, près des trois quarts à
conseiller, pour une opération
d’achat-revente, de vendre en premier un bien avant d’en racheter un
autre, les notaires interrogés dans le
cadre du baromètre du site Immonot.com (qui sonde un panel de
notaires répartis sur toute la
France) sont désormais 50 % à préconiser d’acheter avant de vendre.
Estimant,pourlamoitiéd’entreeux,
« que la baisse des prix n’est plus
d’actualité », ils argumentent :
« Avec des conditions de crédit particulièrement favorables, se porter
acquéreur d’un autre bien avant de
revendre le sien devient une attitude
peu risquée, voire bénéfique lorsque
deshaussesdesprixsontattendues. »
Eviter la case location et
le double déménagement
Acheter avant de vendre offre des
avantages non négligeables. Vous
n’êtes pas forcé de passer par la case
location, dont le coût peut s’avérer
DR
Immobilier :faut-ilacheter
avantde vendre ?
dissuasif, et vous économisez un
déménagement ou un garde-meuble. Vous bénéficiez de temps pour
prévoir d’éventuels travaux d’aménagement et de décoration de votre
future résidence. Surtout, cette
décision peut être motivée par le
plaisir de ne pas passer à côté de la
maison ou de l’appartement « coup
de cœur ».
Cependant, si vous achetez en
premier, la règle d’or demeure de ne
pas surestimer le prix de l’habitation que vous vendez et de bien jauger le marché, en particulier si vous
devez souscrire un crédit relais
(voir ci-dessous). Dans toute opération d’achat-revente, la question
clef est celle de la valeur réelle des
biens, laquelle détermine tout le
montage. Il est recommandé de
faire estimer le logement à vendre
par plusieurs professionnels, et en
même temps de tester le marché
sur lequel vous êtes acheteur. Ce qui
vous permettra de valider votre
budget d’achat.
LA CHRONIQUE
DU FISCALISTE
— PIERRE CARCELERO
Avocat, CMS Bureau
Francis Lefebvre
Usufruitier
de parts sociales :
l’imputation
desdéficits
est contestée
Vendre en premier
Si vous êtes allergique à l’idée d’un
prêt relais ou que vous ne pouvez
payer votre nouvelle acquisition
sans crédit, commencer par la
vente de votre résidence vous épargnera un risque majeur : celui de ne
pas trouver d’acheteur dans les
délais et de devoir supporter la
charge de deux logements en
même temps. De plus, comme souvent dans une opération de rachatrevente, on rachète pour plus
grand, vous êtes donc en mesure de
déterminer le budget précis dont
vous disposez pour votre nouvelle
acquisition.
Attention, pour ne prendre
aucun risque (comme le désistement de l’acheteur), il est conseillé
de signer le compromis de vente du
logement que vous achetez après
avoir signé l’acte de vente du bien
vendu. Cependant, en choisissant
de vendre avant d’acheter, vous
pouvez vous retrouver pendant
plusieurs mois sans logement.
Pour contourner les contraintes
psychologiques et financières de la
location et de deux déménagements, « il est judicieux d’obtenir un
délai plus long que les trois mois
usuels entre la signature du compromisetcelledel’actedeventeauprèsde
votre acheteur. Ce qui permet de
racheter durant cette période allongée et, idéalement, de faire coïncider
les deux actes notariaux le même
jour », conseille Sandrine Allonier,
responsable des relations banques
chez Vousfinancer.com. n
Créditrelais :cequ’il fautsavoir
Sorte de passerelle entre
achat et revente, le crédit
relais est parfois incontournable. Il doit être manié
avec précaution.
Si vous êtes engagé dans l’achat-revente d’un bien et que vous n’avez
pas encore vendu le précédent, le
recours au crédit (ou prêt) relais
peut être une solution. Cette formule n’a certes toujours pas bonne
presse : « Nous déconseillons le crédit relais, très risqué et très angoissant », avertissent d’une même voix
Iris Tang et Laurent Chevalier,
directeurs d’agence chez Emile
Garcin, respectivement pour Paris
rive droite et Toulouse. Et pourtant
la formule est pratique et moins
chère qu’imaginé (les taux peuvent
atteindre moins de 1 % actuellement). Mais elle n’est pas sans risque et nécessite un certain nombre
de précautions.
En accordant un crédit relais, au
QUAND JE DÉCOUVRE
QUE MON BANQUIER
ME CACHE DES CHOSES
maximum de deux ans, la banque
octroie une avance sur le prix de la
résidence actuelle qui n’a pas été
vendue. Cependant, elle se prend
une marge de sécurité en ne tenant
pascomptedelatotalitédelavaleur
du bien à vendre. « Les banques
n’acceptent definancerque70à80 %
maximum de la valeur estimée, ou
90 % en cas de compromis de vente
signé », précise Sandrine Allonier
chez Vousfinancer.com. Pour estimer le prix du logement mis en
vente, les banques vous demanderont en général trois expertises
d’agent immobilier ou de notaire.
Elles font parfois intervenir leurs
propres spécialistes.
Dans tous les cas de figure, vous
devrezveilleràprendrel’estimation
la moins optimiste comme base de
calcul du prêt relais. Ce qui vous
offre une marge de sécurité supplémentairesilebienadumalàsevendre. Attention, cette valeur est ellemême diminuée du montant du
capital éventuellement encore dû
lorsqu’un crédit a été souscrit pour
son achat.
Dès lors, si le montant prêté est
insuffisant pour boucler votre plan
de financement, vous pouvez opter
pour les prêts dits « achat-revente »
ou « relais-rachat », qui incluent le
rachat du capital restant dû sur le
crédit en cours lié au bien à vendre
et le financement du nouveau bien.
Ces montages sont distribués
depuis plusieurs années par de
grandes banques, comme BNP
Paribas, Crédit Agricole, les Caisses
d’Epargne ou La Banque Postale.
En lissant l’ensemble des crédits via
un seul prêt, ces prêts vous aident à
réduire l’endettement et à favoriser
l’acceptation du dossier. — A.-S. V.
a
Retrouver les mécanismes
des prêts « achat-revente »
sur lesechos.fr/patrimoine.
Laloiprévoitquel’associéd’une
société de personnes est
imposé sur la quote-part correspondant à ses droits dans les
« bénéfices » de cette société et
qu’il en est de même pour l’usufruitier. Cependant, selon
l’administration, ce dernier ne
peut pas déduire d’éventuels
déficits au motif que l’imputation reviendrait au nu-propriétaire. Cette interprétation a été
approuvée par la cour administrative d’appel de Bordeaux qui
a jugé, le 15 mars 2016, que le
terme de « bénéfices » exclurait
la prise en considération par un
usufruitier des déficits.
Cette solution peut surprendre à la lecture de la loi (article 8
du CGI), le même terme de
« bénéfices », étant utilisé pour
le plein propriétaire comme
pour l’usufruitier.
Le renvoi par la cour aux travaux parlementaires n’est pas
davantage convaincant : le
législateur souhaitait que l’usufruitier soit imposé sur les
bénéfices sociaux au motif qu’il
dispose du droit d’appréhender
les bénéfices sociaux. Or, les
éventuelles pertes – qui grèvent
en principe les bénéfices qu’il
peut percevoir – devraient être
prises en compte de manière
symétrique.
Espérons que le Conseil
d’Etat, qui vient d’être saisi d’un
recours, retiendra une solution
plus cohérente. En tout état de
cause, cette décision renforce
l’intérêt de prévoir dans les statuts des sociétés concernées les
modalités de répartition des
résultats sociaux (bénéfices et
déficits) qui, régulièrement
publiées, sont en principe
opposables à l’administration
fiscale. n
Une offre transparente.
Des tarifs nets et précis.
G é ra n t d ’ é p a r g n e
WWW.YOMONI.FR
38 // FINANCE & MARCHÉS
RETRAITE
– 6,75 %
FONDS ACTIONS
ROYAUME-UNI
GRANDES CAPS
Les craintes liées à une sortie
du Royaume-Uni de l’Union
Le baromètre
des fonds
européenne font reculer devise et marchés boursiers britanniques. Les fonds dédiés
aux valeurs anglaises perdent
6,75 % depuis début 2016.
+ 5,55 %
FONDS ACTIONS GRÈCE
En recul de 13,01 % sur un an,
les fonds axés sur la Bourse
d’Athènes, se redressent,
en hausse de 5,55 % depuis
début 2016. Les marchés
financiers anticipent la poursuite de l’aide financière promise à la Grèce à l’été 2015.
Morningstar 8 juin 2016
Vendredi 10, samedi 11 juin 2016 Les Echos
Se préoccuper de ses futurs droits à la retraite et chercher à les optimiser est une nécessité. Différentes stratégies
peuvent être mises en œuvre, à l’âge du départ à la retraite ou, mieux encore, de nombreuses années avant.
Lespistes pour
augmenterses droits
A
u-delà des instruments
d’épargne retraite individuelle que chacun peut
choisir pour se constituer un complément de revenus, il existe aussi
des leviers sur lesquels il est possible d’agir pour préserver ou valoriser au mieux ses futures pensions.
D’abord, il est impératif de faire
valoir ses droits à la retraite à taux
plein, c’est-à-dire taux maximum
de 50 %. Pour cela, il faut réunir à
62 ans (âge légal désormais en
vigueur pour toutes les personnes
nées en 1955 ou après, hors dispositifs de retraite anticipée) une certaine durée d’assurance, exprimée
en nombre de trimestres : 166 au
minimum si vous êtes né entre 1955
et 1957 inclus, 167 pour les générations 1958 à 1960 inclus, et ainsi de
suite jusqu’à 172 trimestres – soit
43 années – si vous êtes né à partir
de 1973.
Or, cette addition n’est pas toujours facile à faire : les personnes
entrées tard sur le marché du travail du fait de longues études, d’une
recherche d’emploi prolongée par
exemple, ou ayant connu différentes interruptions de carrière volontaires (éducation des enfants) ou
non (chômage non indemnisé) sont
très vite pénalisées. Comment ? Par
une décote (1,25 % ou 0,625 point de
moins par trimestre manquant
pour les salariés du privé, du secteur agricole, les indépendants et
les professionnels libéraux notamment), qui vient amputer leur pension de base, et par un coefficient
d’abattement (différent selon les
régimes, l’âge à la liquidation et le
nombre de trimestres manquants)
qui vient rogner leur pension
complémentaire !
Pourleseulrégimegénéral,8,3 %
des salariés ayant fait valoir leurs
droits directs en 2014, sur un total
de 635.715, ont ainsi été confrontés
à la décote selon la dernière étude
de la DREES, avec un manque à
gagner important, puisque de
12,5 trimestres en moyenne.
1
VISER L’ÂGE DU TAUX
PLEIN AUTOMATIQUE
Pournepassubirunetellesanction,
surtout si le nombre de trimestres
manquants est important, une des
solutions consiste à travailler jusqu’à l’âge auquel vous atteindrez
automatiquement ce fameux taux
plein : celui-ci est actuellement fixé
à 67 ans. Votre pension de base sera
alors bien calculée au taux maximal de 50 %, sans aucune décote,
quelle que soit votre durée d’assurance effective. Elle n’en sera pas
moins proratisée si vous n’avez pas
réussi à engranger le nombre de trimestres requis pour votre génération : par exemple, si vous comptez
160 trimestres alors qu’il vous en
faut 166, votre pension vous sera
versée à hauteur de 96 % (160/166)
et non de 100 %.
2 TRAVAILLER APRÈS
LE TAUX PLEIN POUR
LES MAJORATIONS
Si vous avez atteint le taux plein à
l’âge légal ou quelques mois après,
rien ne vous empêche par ailleurs
de continuer à travailler : vous allez
ainsi « surcoter ». Cette stratégie est
doublementpayante :ellemajorera
d’une part votre pension de base,
soit de 1,25 % par trimestre civil
cotisé en plus si vous êtes salarié,
indépendant ou industriel notamment, soit de 0,75 % si vous êtes professionnellibéral.D’autrepart,vous
engrangerez des points en plus
dans vos régimes complémentaires, ce qui se traduira par de
meilleurs montants. A partir de
2019, pour tous les salariés du privé
etdusecteuragricolenésen1957ou
après, cette démarche sera
d’ailleurs indispensable pour éviter
l’abattement de 10 % prévu durant
trois ans sur les retraites complémentaires Arrco et Agirc (amenées
à être unifiées) si celles-ci sont liquidées dès l’âge du taux plein, comme
cela est souvent le cas aujourd’hui.
Pour Frédéric Roullier, directeur
retraite du groupe Humanis, même
si cette mesure apparaît contraignante, « ses effets cumulatifs sont
non négligeables. Selon les cas de
figure, le surplus de pension global
pourrait être de l’ordre de 8 %, et cela
de façon viagère ».
3 ACCROÎTRE SON QUOTA
DE TRIMESTRES
PAR DES RACHATS
Enfin, si vous souhaitez faire valoir
vos droits dès 62 ans et à taux plein
(hors dispositifs de départs anticipés) et s’il vous manque quelques
trimestres pour cela, vous pouvez
avoir intérêt à examiner de près les
versements pour la retraite ou
« rachats ». Cette dépense, c’est un
avantage, est intégralement déductible de vos revenus imposables,
sachant que le déficit éventuellement créé peut être reporté les
années suivantes.
Les « rachats Fillon » (12 trimestres maximum, sous certaines
conditions) sont les plus connus,
mais les plus chers aussi : un salarié
ou un indépendant dont le revenu
annuel brut est supérieur au PASS
(soit 38.616 euros pour 2016) doit
par exemple débourser 3.973 euros
à 55 ans et 4.367 euros à 60 ans par
trimestre pour le seul rachat du
taux de calcul de la pension de base
(permettant de diminuer voire
d’annuler la décote).
« Il est donc essentiel d’étudier en
amont la rentabilité de cette opéra-
Lacourse auxtrimestres
A quelques années de la
liquidation de vos droits,
il est utile de vous exercer
à un sport très particulier :
la course aux trimestres de
retraite.
Si les trimestres de retraite sont en
général tous validés, quelque-uns
peuvent ne pas être reportés, donc
ne pas apparaître sur votre RIS
(relevé de situation individuelle,
téléchargeable à tout moment sur
lesitedevotrerégimedebase),alors
qu’en les ajoutant à ceux dont vous
disposez déjà, vous pourrez peutêtre partir à taux plein dès l’âge
légal, et non plusieurs mois après.
l Pour service national. Outre
leservicemilitaireproprementditet
le volontariat international de plus
de 6 mois, les périodes accomplies
en tant qu’objecteur de conscience
comptent aussi. A chaque fois,
90 jours d’incorporation permettent de valider un trimestre. Mais si
le service national a eu lieu à cheval
sur 2 années, et s’il a duré 361 jours,
un 5e trimestre peut être affecté à
l’une des deux années concernées,
dans la mesure où seuls 3 trimestres
sont validés cette année-là.
l Pour enfants. Ils’agiticid’une
majoration de durée d’assurance
égale à 8 trimestres par enfant né
(ou adopté) avant janvier 2010 et
éduqué. Ce bonus est attribué aux
mères uniquement (à ne pas
confondre avec la majoration de
pension pour 3 enfants et plus, également accordée aux pères). Pour
les enfants nés après 2010, les 4 trimestres pour éducation peuvent
être, sous certaines conditions,
répartis entre les parents. Les
parents ayant élevé un enfant, dont
le taux d’incapacité permanente est
d’un moins 80 %, bénéficient d’une
seconde majoration, de 8 trimestres maximum par enfant.
l Pour chômage indemnisé.
Tous les 50 jours civils d’indemnisation donnent lieu à la validation
d’un trimestre de retraite (dans la
limite de 4 par an). Lorsque
l’indemnisation cesse, 4 trimestres
maximum sont en principe attribués également.
l Pour chômage non indemnisé. Si cette période suit immédiatement une période d’indemnisation, 4 trimestres par an peuvent
être validés (6 trimestres par an s’il
s’agit d’une première période de
chômage ayant eu lieu après 2011).
Les personnes n’ayant jamais été
indemnisées (commerçant qui
dépose son bilan par exemple) peuvent,ellesaussi,maisunefoisseulement au cours de leur carrière,
bénéficier de 4 trimestres de
retraite pour les périodes avant 2011
et de 6 trimestres de retraite maximum pour celles validées après.
l Po u r c r é a t i o n d ’e n t r e prise. Les chômeurs créateurs ou
repreneurs d’entreprise, qui bénéficient de l’ACCRE, peuvent valider
jusqu’à 4 trimestres de retraite,
même si leurs revenus sont faibles
ou inexistants cette année-là.
l Po u r ex p a t r i a t i o n . Les
périodes effectuées à l’étranger
avant avril 1983 (et hors conventions avec la France) peuvent être
reconnues équivalentes et donner
lieu, sous certaines conditions, à
validation de trimestres, dans la
limite de 4 par an.
l Pour détention provisoire.
Tous les 50 jours civils de détention
provisoire (s’ils ne s’imputent pas
sur la durée de la condamnation)
donnent lieu à la validation d’un trimestre de retraite, dans la limite de
4 par an. — R. P.
Sus aux idées
fausses
Attention, il n’y a aucune
acquisition de droits
supplémentaires
si vous :
l exercez deux activités :
salarié et consultant par
exemple. Tous régimes
confondus, quels que
soient les revenus,
on acquiert 4 trimestres
par an, pas plus.
l travaillez après avoir fait
valoir vos pensions. Depuis
le 1er janvier 2015, tous régimes confondus, les cotisations versées dans le cadre
du cumul emploi retraite
sont improductives
de nouveaux droits.
l partez en congé
personnel. En l’absence
de rémunération, donc
de cotisations vieillesse,
aucun trimestre n’est
à attendre de ce côté-là.
tion, en regard de tous les régimes,
note Frédéric Barrel, directeur
technique de Neovia Expertise
Retraite, pour qu’idéalement, elle
soit amortie en huit ans. »
Lesprofessionnelslibéraux(sous
réserve que la CNAVPL ait été leur
premier régime de base d’affiliation
à l’issue de leurs études) bénéficient
pour leur part d’un tarif avantageux : 2.503 euros et 2.789 euros
respectivement, soit 40 % de moins
environ ! Dans cet esprit, les indépendants (y compris ceux qui exercent aujourd’hui sous un autre statut, mais depuis moins d’un an)
doivent, eux aussi, se pencher dans
les six ans qui suivent chacune de
leurs années incomplètes au RSI,
sur les rachats Madelin. En 2016, il
leur est par exemple possible de
racheter les trimestres manquants
jusqu’à l’année 2009 incluse. Ces trimestres ont une particularité : ils
sont peu chers, donc rentables plus
vite. Par exemple, un commerçant
doit débourser entre 350 euros et
1.000 euros le trimestre selon ses
revenus, s’il a entre 55 ans et 60 ans.
Les personnes ayant été apprenties entre juillet 1972 et décembre 2013 (rachat possible de 4 trimestres si leurs années
d’apprentissage sont incomplètes)
bénéficient, elles aussi, d’un tarif de
rachat avantageux et forfaitaire :
Les chiffres clefs
Commenttravailler
moinsenfindecarrière
EUROS BRUT
Montant moyen mensuel
de la pension de retraite de
droit direct, tous régimes
confondus, en 2014.
La formule est réservée
aux salariés qui ne sont pas
au forfait jours.
1.322
39 %
DE MOINS
POUR LES FEMMES
Différence entre la pension
moyenne de droit direct
d’une femme (1.007 euros,
tous régimes confondus)
et celle d’un homme
(1.660 euros, tous régimes
confondus) en 2014.
Il y a dix ans, cet écart était
de 45 %.
Source : ministère des Affaires sociales et de la santé.
Les salariés dont le contrat de
travail ne comporte pas de forfait
jours ont de la chance : ils peuvent
diminuer leur temps de travail, percevoir une partie de leurs pensions
de retraite par anticipation, mais
surtout cotiser sur la base d’un
temps plein… Le tout grâce à la
« retraite progressive » !
Pour pouvoir y prétendre, un
salarié (mais aussi un indépendant
ou un agent non titulaire de la
fonction publique) doit totaliser
au moins 150 trimestres retraite
(tous les trimestres comptent),
avoir 2 ans de moins que l’âge légal
applicable à sa génération (soit
60 ans s’il est né à partir de 1955) et
obtenir l’aval de son employeur
pour effectuer un temps partiel
(80 % maximum et 40 % minimum
d’un temps plein), ce qui n’est pas,
dans certains cas, une mince
affaire. Le jeu en vaut largement la
chandelle, pour plusieurs raisons.
La première c’est qu’il peut
1.278 euros par trimestre en 2016.
Enfin, même si cette dépense semble inutile, car d’application trop
lointaine ou incertaine, les jeunes
ont la possibilité de racheter jusqu’à
4 trimestres d’années d’études s’ils
effectuent cette opération dans les
dix ans qui suivent l’obtention de
leur diplôme. Ce type de rachat
coûte peu compte tenu de l’âge
auquel il est effectué. Il bénéficie en
plus d’un abattement forfaitaire de
400 eurossilejeune est aujourd’hui
professionnel libéral (hors avocats), 440 euros s’il est fonctionnaire, ou 670 euros s’il est salarié ou
indépendant.
— Roselyne Poznanski
travailler moins en fin de carrière,
toutenayantlapossibilitédecotiser
à l’assurance-vieillesse sur la base
d’un temps plein : il ne perd alors
aucun trimestre, ni aucun point,
sous réserve tout de même de
l’accord de son employeur !
La seconde, c’est que ce dispositif
permettra de contourner sans difficultés l’abattement temporaire de
10 % qui sera mis en place en 2019
sur les retraites complémentaires
Arrco et Agirc pour toutes les personnes qui feront liquider leurs
droits dès leur âge de taux plein, et
non quatre trimestres plus tard. Ce
dispositif n’est d’ailleurs pas limité
dans le temps : les carrières courtes
ont de fait intérêt à l’utiliser pour
parvenir en souplesse jusqu’à l’âge
du taux plein automatique (67 ans
pour toutes les générations nées en
1955 ou après), voire au-delà. Enfin,
la partie de rémunération à laquelle
le salarié renonce lors de son passage à temps partiel est compensée
pour partie par la pension de
retraite progressive qui lui est versée : son pouvoir d’achat est donc
moins affecté qu’il y paraît. — R. P.
MARCHÉ DE L’ART
DR
en bref
LE STREET ART
EN VEDETTE CHEZ DROUOT
TABLEAUX ANCIENS
ET DU XIXE CHEZ SOTHEBY’S
Une vente dédiée à l’art contemporain urbain se tient chez Drouot
le lundi 27 juin prochain. Elle
mettra à l’honneur des artistes
comme Shepard Fairey, Swoon,
Miss Tic, Blek Le Rat, Banksy,
Daze, Futura et Speedy Graphito.
Sotheby’s vend, le 16 juin, des
tableaux et dessins anciens et du
XIXe siècle. A noter, deux belles
représentations anthropomorphes emblématiques du printemps et de l’été par un disciple
de Guiseppe Arcimboldo.
Sotheby’s
FINANCE & MARCHÉS // 39
Les Echos Vendredi 10, samedi 11 juin 2016
Paris :la grande
tradition japonaise
auxenchères
Le 21 juin, la collection historique
d’art japonais d’une dynastie
d’experts parisiens, les Portier,
est dispersée à Drouot.
J
’envieauxJaponaisl’extrême
netteté qu’ont toutes choses
chez eux. Ils font une figure
en quelques traits sûrs avec la
même aisance comme si c’était aussi
simple que de boutonner son gilet. »
L’immense Van Gogh, qui confiait
en 1888 son admiration de la civilisation japonaise, n’avait évidemment jamais fait le voyage jusque
dans cet archipel lointain. S’il le
connaissait, c’était seulement grâce
à ce qu’on appelle l’«ukiyo-e», qu’on
traduit par « image du monde flottant »,cesestampesdel’époqueEdo
(1603-1868), qui reproduisent avec
une extrême stylisation le monde
des cabarets et du théâtre, la vie
quotidienne à Edo (ancien nom de
Tokyodutempsoùlavilleétaitcapitale de l’Empire) ou des paysages.
Au t o u r n a n t d u X I X e e t d u
XX e siècle, avant même que le
Japon ne s’intéresse de nouveau à la
production d’estampes anciennes
locales, la France, ses artistes, ses
collectionneurs et ses marchands
se prirent de passion pour ce mode
d’expression. L’estampe japonaise
eut une influence fondamentale
sur le mode de représentation
moderne, de Van Gogh à Monet qui
en faisaient des citations directes
sur leurs toiles.
Paris, ancienne plate-forme
du négoce d’estampes
Les écrivains, les frères Goncourt,
leaders du goût dans ce qui était
encore la capitale mondiale de la
culture, défendirent avec talent la
discipline et Paris devint la plateforme internationale du négoce
dans le domaine.
Nous proposant un voyage dans
le temps, l’étude de commissairespriseurs Beaussant-Lefèvre en collaboration avec Christie’s disperse
à l’hôtel Drouot le 21 juin ce qui
reste d’une collection du début du
XXe siècle. Elle appartient en indivision à la famille Portier, dont
Thierry est aujourd’hui encore
expert en art asiatique. Son père,
Guy, son grand-père, André, mais
encore son arrière-grand-père,
Henri, étaient déjà experts ou passionnés d’art japonais. La mémoire
familiale, en la personne de Thierry
Portier, raconte que l’arrière-grandpère fréquentait d’autres aficionados tels que les artistes ToulouseLautrec et Claude Monet ou la
tragédienne Sarah Bernhardt.
L’ensemble, estimé
400.000 euros, est composé de
90 lots, dont le plus précieux con-
`
•
siste en dix estampes japonaises.
Ce marché, qui attire désormais
principalement des Américains
et des Japonais, est devenu extrêmement technique et pointilleux. A
Paris, une galerie dans le quartier
de Saint-Germain-des-Prés, Tanakaya, est la spécialiste française
depuis 1988.
Des cotes en baisse
Tamio Ikeda, son directeur, estime
que le domaine n’a plus rien à voir
avec les goûts du début du XXe siècle : « Les pièces les plus rares continuent à nourrir une forte demande,
mais les collectionneurs sont extrêmement exigeants quant à l’état de
conservation des pièces. De manière
générale, les cotes ont baissé. » Il
d o n n e l ’exe m p l e d ’u n e b e l l e
estampe de Tōshūsai Sharaku, un
mystérieux artiste actif seulement
entre 1794 et 1795, connu pour ses
représentations des acteurs du
kabuki. « Un beau Sharaku, qui
valait 300.000 euros au début des
années 2000, vaut désormais
100.000 euros. En revanche, Hokusai (1760-1849), célèbre pour ses
“36 vues du mont Fuji”, a vu dans
le même temps ses prix monter
régulièrement et jusqu’à doubler
pour une estampe estimée il y a
quinze ans à 50.000 euros. »
Des œuvres rares
L’expert de Christie’s, Géraldine
Lenain, insiste sur l’extrême rareté
de huit des dix estampes proposées
à Drouot. Le portrait de l’acteur
Segawa Tomisaburô, connu pour
ses interprétations de rôles féminins dans le théâtre kabuki et représenté par Sharaku, est estimé
50.000 euros. « Chaque année
dans le monde, deux estampes de
Sharaku à peine apparaissent sur le
marché », estime-t-elle.
Elle cite aussi « L’Amour caché »
de Kitagawa Utamaro (1753-1806),
célèbrepoursesportraitsdefemme,
qui représente ici un personnage
gracieux à la coiffure savante dont
chaque mèche de cheveux est gravée avec soin. « Cette estampe n’est
connue que dans deux collections,
appartenant respectivement au
musée Guimet à Paris et au Tokyo
National Museum. » La précieuse
feuille est estimée 80.000 euros.
Des ustensiles
à partir de 400 euros
Le catalogue contient aussi un
ensemble important d’ustensiles
anciens nécessaires à la très codi-
SUR
LE WEB
Immobilier Les prix grimpent encore en France grâce
à la baisse des taux. Mais, à Paris, attentats, grèves et intempéries
pourraient mettre à mal la reprise.
Euro 2016 Et si les footballeurs européens achetaient
un bien en France, quel serait leur pouvoir d’achat ? Une simulation théorique de Coldwell Banker France et de Vousfinancer.com.
Logement Portait-robot de l’acheteur en 2016, selon une
étude du Crédit Foncier à retrouver sur lesechos.fr/patrimoine.
•
•
fiée cérémonie du thé au Japon. Un
univers de spécialistes qui intéresse
aussi, selon Géraldine Lenain, de
plus en plus les collectionneurs de
design. Des pots à thé, des bols en
grès datés du XVIIe au XIXe siècle,
estimés à partir de 400 euros.
L’expert de Christie’s raconte que
plusieurs collectionneurs japonais
doivent faire spécialement le
voyage pour participer à la vente
Portier. Un fait rare dans le marché
de l’art. Depuis les années 1990,
à l’exception récente du businessman de Tokyo Yusaku Maesawa,
qui achetait en un soir chez Christie’s à New York, en mai dernier,
pour 81 millions de dollars d’art
contemporain, le Japon n’est plus
une puissance importante dans
la consommation d’art. Il est en
effet massivement remplacé par la
Chine.
— Judith Benhamou-Huet
Cette estampe de
Tōshūsai Sharaku, un
mystérieux artiste actif
seulement entre 1794
et 1795, est connue sous
le nom de « La Chemise
rouge ». L’acteur
Ichikawa Omezô I y est
représenté dans le rôle
du serviteur Ippei.
La pièce intitulée
« La Noble Dame
amoureuse, aux rênes
colorées », a été jouée
au théâtre Kawarasaki
en mai 1794.
www.beaussant-lefevre.com
Photo Laurent Legendre/
Studio Sebert
Vendredi 10, samedi 11 juin 2016
` SUR LE WEB WWW.LESECHOS.FR
+ L'INVITÉ
DES ECHOS
Renault
Très grosse omission
Vivendi ne peut plus éviter une réflexion
sur le modèle économique de Canal+.
TALISMAN
« Les Echos »
AVEC
LucPoignantMembredu
syndicatUnitéSGPpolice-FO
LA SÉCURISATION DES FAN-ZONES « Nous attendons
92.000 personnes dans la fan-zone parisienne. Ce sont
92.000 personnes “parquées” dans le sens sécuritaire du terme, puisque tout le monde ne peut pas rentrer et toute sortie
est définitive. Ce sera ouvert pratiquement douze heures,
donc on a le temps d’arriver. Si ces personnes étaient réparties à Paris, ce serait autour des écrans géants ou des cafés
qui vont rediffuser les matchs : c’est insécurisable. Il est plus
sécurisant d’avoir des gens à un endroit précis que de les répartir sur un territoire beaucoup trop large tel que Paris. »
LA FATIGUE DES POLICIERS « Ça fait plus d’un an et demi
que nous sommes à flux tendu. Ça posait des problèmes de
vie privée, maintenant on en arrive à l’humain, c’est-à-dire
qu’il faut comprendre que derrière chaque uniforme il y a
un homme. Là, mes collègues sont plus qu'épuisés, ils sont
usés jusqu’à la corde. Le travail sera fait correctement, mais
il faudrait à un moment que chacun puisse prendre un peu
de repos. Je comprends que le fait que mes collègues soient
fatigués puisse être préoccupant, néanmoins ils sont professionnels, ils ont l'habitude. »
LA MENACE TERRORISTE « Il y a une chose qui est évidente : la menace terroriste n’a jamais été aussi présente. C’est la
raison pour laquelle tous les services de renseignements
sont complètement mobilisés. Nous essayons de tendre au
maximum vers une sécurité parfaite, tout en sachant
quand même que la sécurité absolue n’existe pas. »
Interview réalisée par Pascal Pogam
a L'intégralité de l'émission sur lesechos.fr/invitedesechos
« Telcos » : 1, diffuseurs audiovisuels : 0. Le premier match de l’Euro 2016,
perdu par Canal+ et Be IN Sport, se jouait avant tout contre les opérateurs de
télécoms et les nouveaux entrants sur le terrain télévisuel tel Netflix. En
mettant son veto à une distribution exclusive de la chaîne qatarie par la fille
de Vivendi, le gendarme de l’antitrust s’est refusé à siffler les seconds, bien
qu’ils ne jouent pas selon les mêmes règles compliquées du PAF qui s’imposent au plus gros financeur du cinéma tricolore. Ce n’est pas cependant cette
dimension-là qu’ont retenue les investisseurs, tant Vincent Bolloré, le patron de Vivendi, a fait ces derniers mois d’un feu vert une question de survie
des chaînes françaises de Canal+ en perte. Bruno Lasserre, le président de
l’Autorité de la concurrence, n’est pourtant pas le seul à penser que l’accord
avec Be IN n’aurait pas suffi à redresser la barre : atteindre l’équilibre dans
trois ans impliquerait de regagner 15 % d’abonnés supplémentaires, calcule
la banque Barclays, qui n’y croit pas. Si plus de 3 milliards d’euros ont été
puisés dans les coffres profonds de Vivendi pour investir dans Telecom Italia, que Vincent Bolloré considère comme seulement « complémentaire » du
cœur de métier des contenus, mettre sur la table six fois moins pour empêcher Be IN de rafler des droits sportifs vitaux aurait évité de précipiter la lancinante réflexion sur le modèle économique de la télévision payante. Même
une « Très Grosse Emission » n’arrivera pas à réparer cette omission.
Goodyear 22
Guerlain 22
Gymlib 26
Ingenico 32
Irizar 28
JCDecaux 25
Karos 28
Kaufman & Broad 36
Klépierre 32
KLM 16
L’Oréal 20
Maif 30
Marongoni 22
Michelin 22
Neopost 32
PriceMinister-Rakuten
36
INDEX DES AVIS
FINANCIERS
Gecina 23
Nicox 23
Rémy Cointreau 23
EDITORIALISTES Cécile Cornudet,
Jacques Hubert-Rodier, Eric Le Boucher,
Jean-Francis Pécresse, Jean-Marc Vittori,
Sabine Delanglade, Laurent Flallo,
Sylvie Ramadier (Le Crible)
LES ECHOS WEEK-END
DIRECTEUR DE LA RÉDACTION Henri Gibier
DIRECTEUR DÉLÉGUÉ DE LA RÉDACTION
Laurent Guez
RÉDACTEURS EN CHEF Gilles Denis
et Karl de Meyer
DIRECTRICE ARTISTIQUE Cécile Texeraud
SÉRIE LIMITÉE
RÉDACTRICE EN CHEF Frédérique Dedet
DIR. ARTISTIQUE ADJOINT Lucas Mathieu
DIRECTRICE DÉLÉGUÉE MARKETING DIGITAL ET DIFFUSION Sophie Gourmelen
DIRECTEUR STRATÉGIE ET COMMUNICATION Fabrice Février
PUBLICITÉ Les Echosmédias Tél. : 01 49 53 65 65. Fax : 01 49 53 68 22
PRÉSIDENT Daniel Saada
DIRECTRICE GÉNÉRALE Cécile Colomb
DIRECTRICE PUBLICITÉ FINANCIÈRE Florence Bordiau-Hardouin
DIRECTEUR COMMERCIAL B to B Nicolas Danard
DIRECTRICE COMMERCIALE PÔLE LIFESTYLE Anne-Valérie Oesterlé
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Tél. : 01 70 37 61 36. Fax : 01 55 56 70 38 du lundi au vendredi de 9 h à 18 h
IMPRESSION L’Imprimerie (Tremblay-en-France),
Montpellier (Midi Libre), Ste-Marie de La Réunion (RotOcéan).
TIRAGE DU 9 JUIN 2016 : 115.810 exemplaires
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Ce numéro comporte un 3e cahier de 10 pages « Les Echos Sociétés »
Rémy Cointreau a traversé la crise du cognac
sans rien perdre de son éclat boursier.
« C’est lorsque le puits est à sec que l’on connaît la valeur de l’eau. » Le proverbe anglais a été découvert de ce côté-ci de la Manche par les actionnaires de
Rémy Cointreau il y a trois ans quand les gosiers chinois se sont mis à piquer sous l’effet de l’amère potion anticorruption administrée par leur président, Xi Jinping. En spécialiste de l’autre ballon rond, celui qui permet de
savourer tous les arômes d’un cognac, le propriétaire de Rémy Martin a fait
preuve d’un excellent jeu de jambes pour traverser une crise que l’exercice
2015-2016, se soldant par un rebond de 16,7 % du bénéfice net ajusté, a mise
définitivement derrière lui. En témoigne la croissance organique des ventes
de cognac, passée du gros rouge d’avril-juin 2015 (–6,7 %) à la robe d’une
hausse de 12,3 % de janvier à mars 2016. La directrice générale depuis deux
ans, Valérie Chapoulaud-Floquet, a repositionné ce pied, le plus rentable et
lui apportant les trois quarts de ses profits, sur le sol américain en vendant
de plus en plus de flacons à plus de 50 dollars. Et a puisé une force complémentaire dans son autre appui, celui des liqueurs comme Cointreau. Le
groupe et son nectar vedette sont certes encore loin de leurs pics de marge
opérationnelle de 2012-2013 (soit respectivement 20,6 % et 30,1 %). Mais en
Bourse, ces buts encaissés de façon inattendue pour un acteur censé habituellement jouer en défense n’ont rien enlevé à l’éclat du titre. Sa baisse d’un
quart par rapport aux sommets de 2013 est parallèle à celle du résultat d’exploitation courant. Le flacon a changé, mais l’ivresse, la plus chère du secteur (30 fois le résultat attendu), est restée.
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Ballon rond
Eurazeo soutient l’allure de la rotation
de portefeuille.
Publicis 32
Rémy Cointreau 20
Rtm 28
Silicom 28
Syntony 28
Technip 32
TF1 24
Tospo 15
Ubleam 26
Vivendi 32
Xerox 36
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« Le temps n’a pas la même allure pour tout le monde. » Même si ce n’est pas
Einstein qui l’a dit, mais Shakespeare, les grosses têtes des investisseurs
en capital en savent quelque chose. Car il n’est pas toujours facile de faire
rentrer le temps des entreprises dans la durée de la profession. Eurazeo
peut donc se féliciter de se préparer à sortir de Foncia, vu l’entrée en négociations exclusives avec Partners Group, au bout des cinq ans standard. La
loi Alur votée après la reprise n’aura pas facilité la tâche du poids lourd des
services immobiliers en France, racheté à BPCE, mais son excédent brut
d’exploitation (Ebitda) a continué de progresser l’an dernier. Lui appliquer
le même multiple qu’en 2011 aurait déjà donné une valeur d’entreprise supérieure à 1,6 milliard d’euros, 60 % de plus qu’en 2011, et l’expansion des valorisations devrait permettre de passer à 1,8 milliard, rien d’une sortie par la
petite porte même si les 2 milliards n’ont pas été atteints, car la transaction
se glisse dans la bonne fenêtre. L’abondance persistante des capitaux en
quête de placements ne se dément pas et la remontée accélérée des prix
de l’or noir ces dernières semaines a remonté le moral général, même si
de nombreuses pythies boursières redoutent un phénomène de correction
pour le principal indice américain revenu au sommet. L’action Eurazeo
vient pour sa part de renouer avec ses derniers records, en date de novembre dernier. Ni la Bourse de Paris ni le benchmark européen de référence ne
peuvent en dire autant. Comme quoi la rotation du portefeuille à bon rythme – signalée aussi par le récent désengagement partiel d’Elis – demeure le
meilleur antidote contre les décotes boursières des sociétés holdings.
Planquinquennal
LES ENTREPRISES CITÉES
Air France 16
Airbus 15
Apicil 32
BeIN 24
Canal+ 24, 32
Capgemini 32
Cerinnov Group 28
Dassault Aviation 15
Digifood 26
Edenred 32
EDF 15
Elliott 31
Fanzone 26
Foncia 21
Footovision 26
Furet Company 26
Geo PLC 15
crible
G
Hugo Lloris
rèves, manifs, espérons qu’il
existe encore en France quelqu’un capable d’arrêter quelque
chose, et que cet homme soit Hugo Lloris.Hugo,c’estunpaysauborddelacrise
denerfsquivousledemande.Arrêtezles
ballons roumains ! Comme matchs, on
aimerait voir autre chose que des touristesquishootentdansdespoubelles.Bien
quesonpiedfortsoitlegauche,Hugoest,
a priori, l’homme de la situation. Ce n’est
pas un bavard, on le dit « taiseux », il ne
faut donc pas attendre de lui le moindre
pronostic : « On peut toujours parler
avant, ou même pendant, c’est à la fin
qu’on le saura. » Entre Lloris et La Palice,
il n’y a même pas un petit pont. De toute
façon,deHugo,onn’attendpasdesphrases, juste des frappes, et son CV parle
pour lui. Le match d’ouverture de l’Euro,
France-Roumanie au Stade de France,
sera, à 29 ans, sa 76e sélection chez les
Bleus, il est aussi leur capitaine depuis
2010. Père banquier, mère avocate, gardien, c’est son truc. Dès l’âge de six ans, il
voulaitêtregoal.C’estàcepostequ’ilaété
champion d’Europe des moins de 19 ans
en 2005 et a remporté le tournoi de Toulon en 2006 avec l’équipe de France des
moinsde20ans.Ilapassécinqansàl’OL
avant d’être vendu 15 millions à Tottenham par les Lyonnais. Côté loisirs, lorsque « Libé » a fait son portrait, il venait
delireunMarcLévy,confiaitqu’ilaimait
écouter de la « house ». C’est bien normal pour un portier. Cette saison, le gardien des cages est en forme, 13 rencontres de Premier League sans encaisser
de but. Son entraîneur dit de lui qu’il est
un des trois meilleurs gardiens du
monde. Mais attention ! « Au banquet
du bonheur, bien peu sont conviés »,
dixit Victor Hugo. Lloris.
(
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