Euro2016:lafêtegâchée parlechantagesocial
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Euro2016:lafêtegâchée parlechantagesocial
Shutterstock Fiscalité Paris veut davantage taxer les logements vides // P. 3 L’ESSENTIEL LES CRÉATIONS D’EMPLOIS SE RENFORCENT Le secteur marchand a créé 40.400 emplois au premier trimestre. Ce rythme paraît suffisant pour absorber la hausse de la population active et faire reculer le chômage. // P. 2 ET L’ÉDITORIAL D’ÉTIENNE LEFEBVRE P. 8 TRANSPARENCE FISCALE : LA FRANCE POUSSE SES PIONS Le Parlement a adopté jeudi l’article de la loi Sapin 2 prévoyant un « reporting public » pays par pays des entreprises, disposition fustigée par le patronat. // P. 4 LE QUOTIDIEN DE L'ÉCONOMIE // VENDREDI 10, SAMEDI 11 JUIN 2016 // LESECHOS.FR Euro 2016 :lafêtegâchée parlechantagesocial l La fin du conflit se profile à la SNCF, mais les pilotes d’Air France se mettent en grève. l Hollande et Valls s’engagent à tout faire pour assurer le bon fonctionnement de l’Euro. T andis que le mouvement s’étiole à la SNCF, le durcissement de la CGT dans le secteur des déchets et la grève des pilotes d’Air France, samedi, ne vont pas contribuer à améliorer l’image de la France, alors que près de 1 million d’étrangers sont attendus pour assister aux matchs de l’Euro 2016, qui débute ce vendredi au Stade de France avec la rencontre France-Roumanie. François Hollande et Manuel Valls ont déclaré ENTREPRISES & MARCHÉS BEAUTÉ : L’ORÉAL INVENTE LES SERVICES DE DEMAIN Le groupe met au point ses innovations dans son incubateur de San Francisco. Il vise la génération des Millennials, influencée par les réseaux sociaux. // P. 20 LE / ... ET MOI / CUL TUR E / STY BUSINE SS STORY Pour essayer d’optimiser l’accueil des touristes ou les déplacements des supporters, l’organisation a travaillé cette année avec plusieurs jeunes pousses. // P. 26 ET NOS INFORMATIONS PP. 18-19 LA MAIF VIENT BOUSCULER LES BANQUES // P. 31 ENT. 4,20 € DES 10 ET 11 JUIN 2016. NE PEUT ÊTRE VENDU SÉPARÉM se confie d », la famille s Échos Week-en Réunie par « Le + SPÉCIAL ITALIE EN « LES ÉCHOS » AU N° 22 210 DU QUOTIDI La loi Sapin 2 veut les interdire. En pratique, il est pourtant difficile de recouvrersacréancecontreunpays étranger en saisissant des biens. LES PEUGEOT N° 35. SUPPLÉMENT SAISIR LES BIENS D’UN ÉTAT, UN SPORT DE HAUT NIVEAU INTERNET il jeune Snapchat, le pér de Facebook ise, Biennale de Ven e », « Carbonara gat … trésors cachés FORME té Les aliments san de l’été CARNET // P. 36 AFP LLoyd Blankfein Les confidences du patron de Goldman Sachs Privéd’alliance avec BeIN, Canal+ devrajouer en solo L’Autorité de la concurrence a refusé le projet d’accord entre Canal et BeIN. SUR Antilles-Réunion 3,20 €. Guyane-St Martin 4,20 €. Belgique 5,10 €. Espagne 3,50 €. Grande-Bretagne 5£30. Grèce 3,20 €. Italie 3,50 € Luxembourg 3,00 €. Maroc 25 DH. Suisse 9,30 FS. Tunisie 3,40 TND. Zone CFA 2.500 CFA. Franck Fife/AFP DOMINIQUE SEUX DANS « LE DÉBAT ÉCO » À 7H45 LE VENDREDI 108eANNÉE 40 PAGES Les Peugeot parlent Les pistes pour optimiser votre pensionderetraite EXCLUSIF PATRIMOINE Comment toucher plus lorsque vous serez à la retraite ? Comment faire pour atteindre le taux plein ? Quels sont les trimestres supplémentaires dont vous pourriez bénéficier ? Toutes les réponses et un focus sur le dispositif méconnu de la retraite progressive. Il vous permet de travailler moins en continuant à accumuler des droits dans les mêmes conditions qu’un salarié à temps plein avecunepertederevenuminime. // PAGES 37 À 39 TÉLÉVISION Canal+ devra se débrouiller seul. L’Autorité de la concurrence a en effet dit non jeudi au projet d’accord de distribution exclusif que le groupe souhaitait conclure avec BeIN Sports. Le groupe va maintenant devoir se réinventer une nouvelle stratégie en solo. A ce stade, plusieurs pistes sont à l’étude. Il devrait d’abord accentuer ses économies. Des questions sur son modèlevontensuite se poseràmoyenterme. Quant à BeIN, il pourrait aller chercher d’autres fiancés. // PAGE 24 Ils sont venus à dix pour la photo de famille. Miracle ou pas, trois « générations de Peugeot » ont accepté de livrer leurs sentiments (et leurs visages) aux « Echos Week-End ». Encore sous le choc du « traumatisme » de 2014, qui a vu le clan perdre sa mainmise sur PSA pour la première fois de son histoire, les lointains descendants de Robert et d’Armand Peugeot arrivent désormais à un moment clef pour l’avenir de leur dynastie. Doivent-ils réinvestir dans le groupe, alors qu’une occasion se profile avec une possible sortie totale ou partielle de l’Etat du capital ? Et, si oui, à quel niveau ? Ces deux questions taraudent tous les Peugeot, qui tâchent d’y répondre en affichant une union sacrée, malgré les différences de positions. C’est que, depuis peu, la neuvième génération Peugeot pointe le bout de son nez. Des jeunes gens fiers de leur ADN, qui entendent bien faire fructifier l’imposant héritage laissé par leurs parents. L’Autoritéde la concurrence veut 20 %de notaires en plus // LE GRAND ENTRETIEN P. 12 ISSN0153.4831 NUMÉRO 22210 // PAGES 16, 17 ET L’ÉDITORIAL DE DAVID BARROUX PAGE 8 Discrète, voire secrète, la famille bicentenaire se confie deux ans après la crise chez PSA. L’EURO EN MODE START-UP L’assureur lance un agrégateur de comptes bancaires. Il vise l’équilibre d’ici à cinq ans et environ 500.000 utilisateurs. // P. 29 jeudi soir que tout serait mis en œuvre pour assurer le bon fonctionnement de la compétition. NOTARIAT Le gendarme de la concurrence a présenté jeudi ses propositions pour accroître le nombre d’offices notariaux, comme le prévoit la loi Macron. Transmises aux ministres de la Justice et de l’Economie, l’avis prône l’installation de quelque 1.650 notaires libéraux supplémentairesenFranced’icià2018, soit une augmentation de 20 %. L’Autorité a défini une carte d’installation pour les notaires, divisée en 307 zones, dont 247 où elle estime utile de créer des études supplémentaires. Elle recommande notamment l’installation de 159 notaires en région parisienne, où les besoins sont importants. La Seine-Saint-Denis ne compte que cinq professionnels libéraux pour 100.000 habitants, alors que la moyenne nationale est de 13 pour 100.000. Le Conseil supérieur du notariat a immédiatement dénoncé « une proposition maximaliste déconnectée des réalités de terrain » et en a appelé à la « sagesse » du gouvernement à qui revient de prendre une décision finale. // PAGE 3 LaFrancea besoin deplusd’inégalités La chronique d’Eric Le Boucher Taper sur les hauts revenus, comme le souhaitent certains députés, ne sert à rien. Il faut, au contraire, mieux rémunérer les talents pour les garder – ou les faire revenir. // PAGE 9 IWC PILOT. #B _ORIGINAL . Grande Montre d’Aviateur, Réf. 5009 IWC Boutique Paris 3–5, rue de la Paix 75002 Paris | Tél. +33 1 58 18 14 98 | www.iwc.com * IWC. Etre original 02 // Vendredi 10, samedi 11 juin 2016 Les Echos FRANCE Laguerre des gauches (suite) Lescréationsd’emplois vont fairebaisser lechômage l Le secteur marchand génère désormais 160.000 créations nettes sur 12 mois. l C’est un peu plus que la hausse de la population active. Les grèves qui vont perturber le début de l’Euro sont la poursuite sur le terrain social de la lutte à mort entre la majorité socialiste et la gauche radicale. LE FAIT DU JOUR POLITIQUE Stéphane Dupont Dessins Fabien Clairefond pour « Les Echos » L a CGT va-t-elle gâcher le début de l’Euro de football ? Même s’il se défend d’avoir de telles intentions, le syndicat de Philippe Martinez est bien parti pour. De la collecte des déchets aux raffineries, des intermittents du spectacle à la SNCF, la centrale de Montreuil poursuit les grèves et les blocages, souvent de plus en plus radicaux, pour obtenir le retrait du projet de loi El Khomri. Avec en ligne de mire la mobilisation de mardi prochain qu’elle espère massive. Alors que toute l’Europe a les yeux tournés vers la France pour les premiers matchs du championnat, la CGT est bien décidée à montrer le désaveu dont fait l’objet le pouvoir socialiste, à souligner le divorce entre le chef de l’Etat et le « peuple de gauche ». Bref à faire en sorte que François Hollande ne puisse tirer aucun profit du lancement de ce grand événement sportif. Au risque de se mettre à dos l’opinion qui supporte de plus en plus mal ces mouvements de protestation. Mais qu’importe apparemment, les relations entre les socialistes et la gauche radicale ont atteint un point de non-retour. Rien ne doit être épargné au président. Ce à quoi on assiste en réalité c’est à la poursuite et à l’amplification sur le terrain social de la lutte à mort entre les deux gauches. La gauche contestataire accuse la gauche de gouvernement de « trahison » et veut la faire payer. Sa figure de proue, Jean-Luc Mélenchon, ne cesse de dire que « Hollande, c’est pire que Sarkozy », avec l’objectif affiché de le devancer et de l’éliminer à la présidentielle de 2017. « Voter PS au second tour, en bon “républicain de gauche”, désormais, c’est fini », prévenait en début de semaine dans « Libération » François Ruffin, l’un des instigateurs de Nuit debout. Pour cette mouvance, l’adversaire à abattre aujourd’hui semble plus être la majorité que la droite ou l’extrême droite. Quitte à favoriser la victoire des Républicains l’an prochain, même si ceux-ci proposent d’appliquer dès leur retour au pouvoir des réformes autrement plus radicales que le projet de loi El Khomri, notamment sur le temps de travail. « Je n’accepte pas tous ces procès en trahison de la gauche, ces anathèmes, ces querelles d’arrière-garde. Ils ne font que nous affaiblir collectivement », a averti, mercredi soir, Manuel Valls. Sans grand effet jusqu’à présent. @DupontEchos en bref Sarkozy veut « conserver » le statut d’intermittent du spectacle POLITIQUE — Nicolas Sarkozy, président des Républicains, a affirmé jeudi qu’il voulait « garder le statut d’intermittent du spectacle », mais en luttant « contre les fraudes et les excès » d’un tel statut, lors d’une convention du parti sur la culture. Sans ce statut, « beaucoup d’entreprises culturelles ne survivraient pas », a-t-il dit. « En revanche, 1 milliard d’euros, ça n’a pas de sens », a-t-il ajouté, en référence au rapport public de 2012 de la Cour des comptes faisant état d’un « déficit chronique » de plus de 1 milliard du régime spécifique d’indemnisation des intermittents. Les aubrystes préparent une « rencontre » de la gauche à la fin de l’été POLITIQUE — Martine Aubry et ses amis, très critiques sur la politique gouvernementale, vont organiser à la fin de l’été « une rencontre entre des personnalités de la gauche » pour « engager un travail de fond » sans lien, assurent-ils, avec les prochaines échéances politiques. La date et le lieu de cette réunion ne sont pas encore arrêtés. Celle-ci pourrait se tenir à Montpellier les 23 et 24 août, soit juste avant l’université d’été du PS à Nantes, selon le député PS François Lamy, « lieutenant » de la maire de Lille. CONJONCTURE Guillaume de Calignon @gcalignon La reprise commence à produire ses effet sur le marché du travail. Au premier trimestre, les secteurs marchands ont créé 40.400 emplois en France, selon un calcul effectué par l’Insee et publié jeudi. Sur un an, 159.600 emplois ont été créés dans ces secteurs, ce qui correspond à une hausse de 1 %. Depuis le printemps 2015, les entreprises créent des emplois dans l’Hexagone. « L’économie française commence à créer assez d’emplois pourabsorberlahaussedelapopulation active », estime Mathieu Plane, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). « Le chômage devrait donc commencer à baisser », prévoit-il. La population active progresse en effet à un rythme d’environ 120.000 personnes chaque année, selon l’Insee. Le gouvernement attend 190.000 créations d’emplois en France en 2016, secteur public compris. Le chômage devrait donc reculer et toucher 9,5 % de la population active à la fin de l’année contre 10 % un an plus tôt, selon l’OFCE. « On peut désormais parler de reprise puisque les entreprises embauchent et investissent en même temps », avance Mathieu Plane. Même si le prix du pétrole est remonté au-dessusde50dollarslebarilcesderniers jours, l’or noir affiche une baisse depuis l’été 2014, favorable au pouvoir d’achat des ménages et aux « On peut désormais parler de reprise puisque les entreprises embauchent et investissent en même temps. » MATHIEU PLANE Economiste à l’OFCE entreprises consommatrices d’hydrocarbures. Et le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (Cice) tout comme le pacte de responsabilité commencent à porter leurs fruits. « Les politiques d’offreontuncoûtàcourttermemais ellespaientàmoyenterme.Leredressement des marges des entreprises et donc de leur capacité financière se traduit désormais par des créations d’emplois, poursuit Mathieu Plane. Sauf Brexit ou autre catastrophe, il n’y a pas de raison pour que la reprise déraille. » L’industrie, seul point noir Autre point positif, « en 2015, les créations d’emplois étaient tirées par l’intérim. Ce n’est pas le cas au premier trimestre 2016, ce qui est de bon augure pour la reprise », souligne Vladimir Passeron, chef du département de la conjoncture à l’Insee. Sur les trois premiers mois de l’année, les créations d’emplois ont été particulièrement vigoureuses dans le tertiaire. La construction ne détruit plus d’emplois. C’est seulement la deuxième fois depuis le troisième trimestre 2008 que ce secteur, sinistré, affiche une création nette de postes en un trimestre. En un peu plus de sept ans, 190.000 emplois ont été perdus. Certes, la hausse est faible puisque seuls800emploisontétécréésdans la construction en trois mois. Mais elle laisse espérer un retour à meilleure fortune, avec la hausse des permis de construire, dans ce secteur. Ce qui, là encore, sera bénéfique à la croissance. La construction est un des points noirs qui ont pesé sur le PIB ces dernières années. Il reste toutefois un secteur toujours en difficulté : l’industrie a continué à perdre des emplois. Plus de 8.000 ont été détruits au premier trimestre. L’industrie française n’a jamais créé d’emplois depuis la mi2001. Depuis cette date, 975.000 emplois y ont été détruits, soit en moyenne 17.000 chaque trimestre. ( L’éditorial d’Etienne Lefebvre Page 8 Ledynamisme dela masse salarialesoulage laSécurité sociale Les cotisations devraient s’avérer plus élevées que prévu, grâce à la reprise de l’emploi et à la hausse des salaires. Solveig Godeluck @Solwii Les entreprises ont desserré les cordons de la bourse pour gratifier leurs employés. Au premier trimestre, la croissance de la masse salariale dans le secteur privé a été deux fois plus forte que prévu, et deux fois plus forte que durant la même période de 2015, à +1,4 %, selon les chiffres publiés jeudi par l’Agence centrale des organismes de Sécurité sociale (Acoss). Ce sursaut s’explique en partie par l’accroissement des effectifs de salariés (+0,4 %). Mais il découle avant tout de l’augmentation de 1,1 % du salaire mensuel par tête. Comment l’expliquer ? L’inflation, un repère au moment des négociations salariales, devrait rester quasi nulle cette année (+0,1 %). Pas de quoi inciter aux coups de pouce. Pour Alain Gubian, directeur des statistiques à l’Acoss, les entreprises ont choisi de desserrer la contrainte salariale parce que la croissance est de retour : « En l’absence d’inflation, l’effet prix ne joue plus, mais si le gâteau croît, tout le monde peut en bénéficier. » Reste à savoir de quoi est faite cette hausse trimestrielle des salaires.S’agit-ild’augmentationspérennes ? Ou bien de primes ponctuelles ? Un peu des deux. « Les hausses observées dans les institutions financières ou bien l’industrie pharmaceutique sont importantes, ce qui incite à croire qu’il y a une bonne part de primes », analyse Alain Gubian. 400 millions en plus Au deuxième trimestre, la progression de la masse salariale sera probablement faible, par contrecoup, car certaines primes saisonnières ne reviendront pas. Mais quoi qu’il en soit, « la dynamique de la masse salariale est une bonne nouvelle même si elle est faite pour partie de primes », selon ce spécialiste. Si cette amélioration se confirme, la Sécurité sociale en profitera, via des rentrées supplémentaires de cotisations sociales. Au premier trimestre, la croissance de la masse salariale s’est établie à +2,5 % en r ythme annuel. Un rythme plus soutenu pour l’instant que la prévision du gouvernement pour l’année 2016, qui avait été revue à la baisse au printemps de +2,8 % à +2,3 %. Cette projection paraît désormais prudente. Si la reprise de l’emploi se confirme, elle sera dépassée. Avec 0,2 point de masse salariale supplémentaire cette année, les recettes de la Sécurité sociale croîtraient de 400 millions d’euros. +1,1 % La hausse du salaire mensuel par tête, dans le secteur privé au premier trimestre. Dans le secteur public, déjà, le pronostic de progression de la masse salariale a été revu à la hausse de +1,1 % à +1,4 % au printemps, du fait de la revalorisation du point d’indice. Cette hausse des rému nérat i o ns va ent raî ner 145 millions d’euros de coûts supplémentaires pour la Sécurité sociale, mais elle devrait aussi faire rentrer plus de cotisations. La prévision de déficit du régime de base de la Sécurité sociale et du Fonds solidarité vieillesse vient d’être révisée à la baisse à 9,1 milliards d’euros pour 2016. Elle pourrait faire l’objet d’une nouvelle révision en ce sens en septembre. n FRANCE // 03 Les Echos Vendredi 10, samedi 11 juin 2016 LaVilledeParisdemandeàtaxer pluslesrésidencessecondaires FISCALITÉ La Mairie pousse à une forte hausse de la surtaxe d’habitation sur les résidences secondaires. Il lui faut convaincre Bercy et le Parlement. Matthieu Quiret @MQuiret La Mairie de Paris repart au combat contre les logements vides. Au Conseil de Paris la semaine prochaine, le groupe communiste va demander une forte hausse des taux de fiscalité des résidences secondaires et des logements vacants. Son président, Nicolas Bonnet Oulaldj, explique : « Il existe 100.000 logements vacants actuellement à Paris, dont 40.000 ne sont même plus raccordés au réseau électrique. Et parmi les 90.000 résidences secondaires, beaucoup ne sont occupées que quelques jours par an. Ce n’est plus acceptable dans cette situation de crise du logement. » En alourdissant la fiscalité de ces biens, les élus espèrent pousser les propriétaires à remettre leurs biens sur le marché de la location ou de la vente. LesadjointsPSdelamaire,Julien Bargeton (finances) et Bruno Julliard (premier adjoint), confirment l’intérêt de l’exécutif pour une hausse de cette recette. Plus précisément, l’élu communiste et spécialiste du logement Jacques Baudrier propose de doubler la taxe d’habitation sur les résidences secondaires, via le système de la surtaxe en vigueurdepuis2015.Faceàlabaisse des dotations, la Mairie de Paris avait obtenu de Bercy d’introduire dans le collectif budgétaire la possibilitépourlescommunessituéesen zones tendues de majorer la surtaxe d’habitation sur les résidences secondaires. Mais celle-ci avait été limitée à 20 %, pas assez dissuasive pour Jacques Baudrier. La Mairie de Paris se tourne vers Bercy pour la relever sensiblement (le groupe communiste pousse même à un quintuplement) dans le cadre du projet de loi de finances 2017. Les logements vacants visés Sur les 1.200 communes éligibles, une centaine ont actionné ce levier, essentiellement des grandes villes en banlieue parisienne, sur la Côte basque, dans les Alpes et sur la Côte d’Azur. Soit un bassin de 5 à 6 millions d’habitants. En 2015, Paris a ainsi récolté 20 millions d’euros, contre les 15 millions attendus, sans toutefois déverrouiller le parc résidentiel visé. Du coup, l’élu propose aussi d’augmenter très fortement la taxe sur les logements vacants. Au bout d’un an sans occupation, un appartement est actuellement taxé 12,5 % de sa valeur locative cadastrale, puis 25 % la deuxième année de vacance. Le conseiller de Paris propose de porter ce taux à 200 % la troisièmeannée.« Lefluxdeventeest d’actuellement 30.000 logements par an sur Paris, nous pensons possible d’en provoquer 10.000 de plus. » Cette double hausse fiscale aurait le mérite pour la ville d’apporter de précieuses recettes, via la part communale de la taxe d’habitation (la taxe sur les logements vacants revient à l’Etat) et via les frais de notaire. « On peut espérer 130 millions d’euros de plus », selon Jacques Baudrier. L’Association France urbaine, qui représente les villes de plus de 100.000 habitants, confirme quedeplusenplusdemairessouhaitent agir contre les logements vides et débattront d’ici à l’automne des mécanismes possibles, comme une hausse de l’assiette de la taxe foncière des résidences secondaires. n Parmi les 90.000 résidences secondaires que compte Paris, beaucoup ne sont occupées que quelques jours par an. Photo Shutterstock WELCOME TO OUR WORLD BIENVENUE DANS NOTRE MONDE AVENGER BANDIT BREITLING.COM L’Autoritéde laconcurrenceveut20 %de notaires enplus NOTARIAT L’Autorité a présenté jeudi ses propositions pour accroître le nombre d’offices notariaux, comme le prévoit la loi Macron. Claire Bauchart @clairebauchart C’est une petite bombe dans le monde feutré du notariat. Dans un avis présenté jeudi (et transmis mercredi aux ministres Jean-Jacques Ur voas et Emmanuel Macron), l’Autorité de la concurrence prône l’installation de quelque 1.650 notaires libéraux supplémentaires en France d’ici à 2018. Soit 20 % de plus ! Il ne s’agit que d’une proposition. « Les ministres de la Justice et de l’Economie ne peuvent pas la changer. Soit ils l’adoptent,soitilsnousdemandentd’enformuler une nouvelle, a précisé Bruno Lasserre, le président de l’Autorité. Mais le gouvernement ne peut pas modifier la carte. » La carte, c’est celle des 247 zones d’implantation libres, définies par l’Autorité, sur la base des zones d’emploi de l’Insee. Il s’agit d’optimi- ser la localisation de l’offre notariale. « A travers le chiffre d’affaires du secteur, on constate une répartition inégale avec des zones de forte activité et d’autres où cette activité est moindre », a exposé Thomas Piquereau, de l’Autorité. Le gendarme de la concurrence recommande ainsi l’installation de 159 notaires sur la période 2016-2018 en région parisienne, où les besoins sont particulièrement criants, selon lui. La Seine-Saint-Denis compte seulement cinq professionnels libéraux pour 100.000 habitants là où la moyenne nationale est de 13 pour 100.000 et que certaines zones, comme l’Aveyron, affichent un taux de 21 pour 100.000. L’exception Alsace-Moselle L’Autorité insiste sur la nécessité d’ouvrir une profession aux débouchés particulièrement faibles, commel’aprévulaloiMacronadopt é e l ’a n d e r n i e r. E n d i x a n s , 12.000 notaires ont été diplômés, pour seulement 60 créations d’offices (+1,42 %), indique -t-elle. « L’essentiel des diplômés ne peut donc se tourner que vers le salariat, faute de perspectives », a renchéri Bruno Lasserre. Une situation conduisant à des écarts de rémunérationtrèsimportantsentrenotaires libéraux et salariés. « En moyenne, le revenu d’un notaire libéral est de l’ordre de 230.000 euros par an », a indiqué Thomas Piquereau, précisant que dans 98 % des zones d’installation,lerevenuannuelmoyenest supérieur à 100.000 euros par an. Bruno Lasserre a rappelé que le notariat n’avait pas tenu l’objectif qu’il s’était lui-même fixé : compter 12.000 professionnels en 2015. Il en dénombrait 9.868 l’an dernier, dont 1.243 salariés. « Nos projections restent en deçà des promesses du notariat », a pointé le président de l’Autorité, anticipant les réactions hostiles du Conseil supérieur du notariat (CSN). Ce dernier n’a de fait pas tardé à réagir : « L’Autorité a voulu émettre une proposition maximaliste déconnectée des réalités du terrain. Sans doute a-t-elle été trop inspirée par son expérience en matière de grandes surfaces commerciales. » Et le CSN d’en appeler à la « sagesse du garde des Sceaux ». Le président de l’Autorité a insisté sur le fait que ces nouveaux entrants pourront se démarquer de leurs aînés installés en proposant des délais plus courts, une meilleure réactivité ainsi qu’une communication plus efficace avec leurs clients, grâce aux moyens numériques permettant notammentunsuivientempsréeldesdossiers. Une nouvelle concurrence Les chiffres clefs 1.650 NOTAIRES LIBÉRAUX EN PLUS D’ICI À 2018 L’Autorité de la concurrence prône ainsi une augmentation de 20 % du nombre de professionnels. 247 ZONES OÙ IL SERAIT UTILE DE CRÉER DES OFFICES sur 307 zones du territoire identifiées par l’Autorité. qui, pour Bruno Lasserre, engendrera « qualité et innovation ». Une proposition qui promet donc, si elle est adoptée par les deux ministres concernés, de rebattre les cartes de la profession… sauf en Alsace-Moselle, zone bénéficiant d’un régime dérogatoire et d’un droit local pour des raisons historiques. « On ne peut plus y créer d’offices, ce qui bénéficie aux notaires installés. Or, c’est là-bas que leurs revenus sont les plus élevés », a précisé Bruno Lasserre. n 04 // FRANCE Vendredi 10, samedi 11 juin 2016 Les Echos ÉCONOMIE L’article de la loi Sapin 2 sur le « reporting public » des entreprises a été voté jeudi. Les députés ont poursuivi jeudi l’examen du projet de loi Sapin 2 surlatransparenceetlaluttecontre la corruption. Avec, notamment, l’examen très attendu de nombreux amendements à l’article 45 bis concernantlesobligationsdetransparence fiscale des entreprises. La France va ainsi être l’un des premiers pays à adopter la publicité du reporting « pays par pays », actuellement en discussion à Bruxelles, contraignant les grandes entreprises à rendre publiques des données stratégiques pour chacune de leurs filiales. Réclamée par les ONG dans le cadre de la lutte contre l’évasion fiscale, cette mesure l’était aussi par plusieurs députés de gauche. « Nous voilà maintenant devant un moment de vérité », a insisté le député frondeur Pascal Cherki, en ouvrant le débat. « Oui, on peut ressouder la gauche à un an de l’élection présidentielle avec cette mesure », a insisté l’écologiste Eric Alauzet. Mais Michel Sapin a soutenu les seuls amendements des députés prévoyant que le principe du « reporting » public se fasse « dans Michel Sapin a soutenu les seuls amendements des députés prévoyant que le principe du « reporting » public se fasse « dans le cadre du projet de la directive ». le cadre du projet de la directive [européenne, NDLR] et soit soumis à la condition que cette directive soit adoptée ». Faute de quoi, la censure du Conseil constitutionnel serait quasi certaine. Vifs débats Si le patronat évite ainsi une mise en œuvre anticipée – la directive ne sera pas validée au niveau européen avant 2017 au mieux –, il dénonce néanmoins cette démarche. D’autant que le Parlement a fixé des seuils de chiffre d’affaires Denis Allard/RÉA Frédéric Schaeffer @fr_schaeffer des entreprises plus bas que dans la directive à moyen terme, et un amendement a élargi le périmètre des pays soumis à cette transparence. Les entreprises dénoncent tout autant la démarche de la directive européenne, en mettant en avant le fait que la concurrence est mondiale (Etats-Unis, Chine, etc.) et qu’elle profiterait d’une telle norme communautaire. Un « suicide économique », fustige l’Afep. Avant cela, les articles défendus par le ministre de l’Economie, Emmanuel Macron ont suscité des débats parfois tendus dans l’hémicycle. Notamment l’article 43 assouplissant les règles concernant la qualification de certaines professions (coiffeur, garagiste, maçon, etc.), à l’origine d’une forte inquiétude des artisans relayée par des élus de droite et de gauche. L’article a été adopté, mais en grande partie vidé de sa substance, Emmanuel Macron ayant accepté de supprimer l’alinéa 8 ouvrant une dérogation à l’obligation de qualification pour certaines tâches « dans l’objectif de retravailler sa rédaction dans le cadre de la navette parlementaire ». Les débats ont également été vifs concernant l’obligation du stage préalable à l’installation, moins assouplie que ne le souhaitaitBercy.Cederniers’estégalement rallié à une solution de compromis concernant l’obligation d’un double compte bancaire pour les autoentrepreneurs qu’Emmanuel Macron souhaitait voir supprimer. Les députés avaient enfin précédemment voté, dans la nuit de mercredi à jeudi, l’encadrement des lobbies en les obligeant à s’enregistrer dans un nouveau registre s’ils veulent rencontrer des membres de l’exécutif (dont le président de la République) ou des élus. Les députés ont aussi adopté la « convention judiciaire d’intérêt public », une alternative à la controversée transaction pénale pour faits de corruption. Ce dispositif permet aux entreprises de régler une sanction financière plutôt que de subir une condamnation pénale. n Lesécoleshorscontrat etl’instruction àdomiciledans leviseur de l’exécutif ÉDUCATION Cinq établissements hors contrat vont être fermés. Marie-Christine Corbier @mccorbier Le sujet ne concerne que 58.000 élèves sur les 8 millions d’enfants de 6 à 16 ans en France, mais il relance un débat passionnel autour delaliberté d’enseignement. La ministre de l’Education, Najat Vallaud-Belkacem, a annoncé jeudi vouloir renforcerlescontrôlesdesécoleshorscon- trat et de l’instruction à domicile. L’ouverture des écoles hors contrat ne sera plus soumise à une simple déclarationmaisàunrégimed’autorisation. « On ouvre aujourd’hui plus facilement une école qu’un restaurant ou un bar », justifie la ministre. Ce nouveau régime est présenté après une série d’inspections inopinées menées dans une vingtaine d’établissements qui suscitaient des inquiétudes ou n’avaient pas été contrôlés depuis plusieurs années. « Elles n’ont pas relevé de radicalisation à proprement parler, selon Najat Vallaud-Belkacem, mais des lacunes pédagogiques préoccupantes pour huit de ces vingt établissements. » Au moins cinq seront fermés « pour protéger le droit à l’éducation des enfants », a indiqué la ministre. Le gouvernement compte aussi plus contrôler l’instruction à domicile, alorsqueseulsdeuxtiersdesenfants concernés sont contrôlés. Ce sera le travaildesinspecteurs,quipourront s’appuyersurdesenseignantsvolontaires qui bénéficieront de décharges ou d’indemnités. Les enfants seront contrôlés sur « les attendus de fin de cycle », a précisé la ministre. à calquer leur enseignement sur les programmes officiels. L’Eglise de France dénonce « une atteinte au principe même de liberté constitutionnelle ». A droite, le député JeanFrédéric Poisson a lancé une pétition, tandis qu’Annie Genevard accuse la ministre de vouloir « rouvrirlaguerrescolaire ».D’autresparlementaires LR, comme Eric Ciotti ou Jacques Grosperrin, réclament davantage de contrôle, rétorque Najat Vallaud-Belkacem. La ministre entend légiférer par ordonnance pour modifier le code de l’éducation d’ici la rentrée 2017. Des amendements gouvernementaux au projet de loi égalité et citoyenneté seront déposés dans les prochains jours. n « Guerre scolaire » C’est là que le bât blesse, pour les défenseurs de l’instruction à domicile – une pratique en hausse. Ils redoutent que ces nouvelles vérificationsparcyclenelescontraignent L’écologiepolitiqueplace sesderniers espoirsdansune candidaturedeHulot EELV ne veut pas être tributaire de la décision de Nicolas Hulot, qui sera connue fin 2016. Grégoire Poussielgue @Poussielgue Ira ou pas ? En début de semaine, Nicolas Hulot a indiqué qu’il ferait connaître en fin d’année sa décision de se présenter, ou non, à la présidentielle. Le suspense entretenu par l’ancien présentateur et producteur d’« Ushuaïa »sèmeletroubleausein de l’écologie politique et d’Europe Ecologie Les Verts (EELV). Crédité d’environ 10 % dans les sondages, Nicolas Hulot est vu comme la seule personnalité pouvant sortir l’écologie politique du marasme. Le seul à pouvoir remettre EELV sur les rails après les turbulences des derniers mois. « Il est le mieux placé d’entre nous, mais il ne faudrait pas qu’il tarde trop pour se déclarer », plaide le député ex-EELV Noël Mamère. « Annus horribilis » Entre le départ fracassant’ l’été dernier’ des « pro-gouvernement » (François de Rugy, Jean-Vincent Placé, Barbara Pompili…), qui a entériné le schisme au sein du parti, le retour de certains d’entre eux au gouvernement en février (notamment d’Emmanuelle Cosse), l’explosion du groupe écologiste à l’Assemblée en mai et les accusations de harcèlement et d’agression sexuelle visant Denis Baupin, EELV a vécu une « annus horribilis ».Al’heureoùlesformationspolitiques se mettent en ordre de marche pour 2017, le parti écologiste tented’aborddesortirlatêtedel’eau. Kenzo Tribouillard/AFP POLITIQUE Nicolas Hulot est vu comme la seule personnalité pouvant sortir l’écologie politique du marasme. « Nousavonssubideschocsimportants et avons besoin de panser nos plaies.Nousdevonsnoustournervers l’extérieur et parler du fond », plaide David Cormand, secrétaire national par intérim d’EELV, qui devrait être reconduit à cette fonction à l’issue du congrès du parti, qui a lieu ce week-end. Lui aussi plaide pour une candidature Hulot, mais milite pour que le parti puisse être prêt sans lui. En coulisse, Cécile Duflot se prépare également, au cas où. Ce sera de toute façon difficile. En difficulté financière, laminé aux dernières régionales, attaqué par le PS, qui – dans la foulée de la COP21 – se réclame de la « social-écologie » et fait tout pour empêcher l’émergence d’une candidature écologiste, toujours empoisonné par ses luttes intestines (cinq motions se sont partagélessuffragesde6.000adhérents pourlecongrès),EELVjouesasurvie politique. Avec ou sans Hulot. n Face à Sarkozy, Juppé joue la« solidité » POLITIQUE Il a dit Alain Juppé inaugure dimanche la nouvelle émission politique de TF1. Isabelle Ficek @IsabelleFicek Comment faire chuter Alain Juppé de son Aventin sondagier ? Comment, pour l’intéressé lui-même, gérer la course en tête et y rester ? Ces deux questions ont agité cette semaine, plus encore que d’habitude peut-être, la guerre des nerfs et des personnalités, au moment où Nicolas Sarkozy – sans être officiellement candidat à la primaire – mène ouvertement campagne. Et lâche ses coups.« Faceàunmecdegauche de soixante-douze ans, je ne peux pas perdre à la primaire », a attaqué l’ancien chef de l’Etat, selon des propos rapportés par « Le Figaro ». Avant de railler, en meeting mercredi soir puis sur Europe 1 jeudi, lançant l’offensive sur l’identité nationale, le concept d’« identité heureuse » du maire de Bordeaux. Avec l’identité, sujet sensible, Nicolas Sarkozy espère tenir la martingale pour prendre l’ascendant sur son rival. Abîmer et troubler son image. Son image, justement, son capital sondages, Alain Juppé va les défendre ce dimanche soir en inaugurant la nouvelle émission politique de TF1, « Vie politique ». « Il est d’ailleurs très significatif que la chaîne nous l’ait proposée à nous », insiste son entourage. L’occasion L’ancien Premier ministre table sur un vote de « raison » des Français. pour l’ancien Premier ministre de faire la pédagogie de ses propositions. L’occasion aussi de répondre aux attaques, sans pour autant donner l’impression d’y prêter trop d’importance. Sur le fond, « il ne renie rien ; “l’identité heureuse”, c’est un objectif qu’il se fixe », jure un de ses soutiens. Mais Alain Juppé ne veut « pas rentrer dans la course à l’échalote de Nicolas Sarkozy sur le sujet », confie un autre. Alain Juppé n’entend rien changer à sa stratégie et à son calendrier. Le candidat, qui effectue deux déplacements par semaine, doit dévoiler d’ici à l’été ses propositions sur la santé, la famille, l’enseigne- « La gravité de la situation appelle la solidité. On ne sera pas dans une campagne marketing “demain tout est possible”, “yes we can”. » JEAN-PIERRE RAFFARIN Ex-Premier ministre Eric Feferberg/AFP Entreprises: leParlementpousse à plusde transparencefiscale ment supérieur et la culture. Le quatrième et dernier livre qu’il doit publier à la rentrée, un ouvrage « très personnel » dans lequel il abordera « l’histoire de France, sa place dans le monde, son rapport à la fonction présidentielle […], apportera une réponse claire et modérée à la fois, sans instrumentaliser, sans hystériser », prévient un membre de son équipe. De quoi « plaire aux Français, et notamment aux Français de droite », comme il l’avait fait – soulignet-on – avec ses précédents livres sur le régalien et l’économie, alors que les sarkozystes le décrivaient en centriste mou. Jouer les antithèses Reste la question de l’« enthousiasme », sous lequel Alain Juppé a voulu placer, en début d’année, sa campagne. « Il y a un rejet de Nicolas Sarkozy », reconnaît un sarkozyste, « mais pas d’enthousiasme pour Alain Juppé », insiste-t-il. Une faiblesse que son équipe essaie de renverser, tout en jouant l’antithèse de Nicolas Sarkozy et de François Hollande. « Sa campagne ne cherche pas à susciter des tonnes d’enthousiasme, mais veut convaincre par sa crédibilité, susciter une adhésion de raison. Ses discours sont des discours de président, pas de marchand de foire », tacle un soutien. « Il est solide, ce n’est pas une girouette, une rock star », a souligné cette semaine Virginie Calmels, son adjointe à la mairie de Bordeaux. « Il n’y a pas d’engouement, ce qui est une faiblesse pour consolider son socle, mais il est le choix de la sécurité. Et il peut tenir. Il est, pour les Français, celui qui peut empêcher le duel entre Nicolas Sarkozy et François Hollande, analyse Jérôme Fourquet à l’Ifop. Ce n’est pas forcément glorieux, mais c’est efficace. » n Entre Alain Juppé (à gauche) et Nicolas Sarkozy, la guerre des personnalités a commencé. Photo Elodie Grégoire/RÉA // 05 Les Echos Vendredi 10, samedi 11 juin 2016 MONDE en chiffres ALLEMAGNE : EXCÉDENT COMMERCIAL RECORD CHINE : PAUSE DES PRIX À LA CONSOMMATION Sous le double effet de la baisse des importations (–0,2 %) et de la stabilité des exportations, l’excédent commercial ajusté des variations saisonnières a grimpé à 24 milliards d’euros en avril après 23,7 milliards d’euros (révisé) en mars, selon les données publiées par Destatis. L’inflation en Chine a ralenti en mai, du fait d’une baisse de l’alimentation après la forte hausse de l’hiver, selon le Bureau national des statistiques. L’augmentation des prix à la consommation, principale jauge de l’inflation, s’est établie en mai à 2 % sur un an après avoir atteint +2,3 % en avril. 12,23 % L’INFLATION EN ÉGYPTE BONDIT EN MAI La hausse des prix s’est emballée en Egypte en mai dernier, atteignant 12,23 % après +9,51 % en avril. Il s’agit de la plus forte progression depuis sept ans, selon la banque centrale. Législatives :l’Espagne repart pour une campagneindécise ZONE EURO Cécile Thibaud — Correspondante à Madrid Retour à la case élections. Les Espagnols sont invités aux urnes le 26 juin, six mois après les législatives de décembre qui ont débouché sur une impasse électorale, faute d’accord pour former une majorité de gouvernement. La campagne électorale qui s’ouvre aujourd’hui a des airs de réchauffé. Les candidats sont les mêmes et leurs programmes ont à peine varié, à quelques virgules près. Mais, entre-temps, chacunaapprisàmesurerlesforces des concurrents. Les nouveaux partis ont pris place dans l’hémicycle et les marathons de négociations, tentatives de pacte et invectives ont laissé des traces. Les électeurs voteront au regard de ce qui s’est passé ces derniers mois, signale l’experte en analyse électorale Belén Barreiro, directrice de l’institut d’études sociologiques MyWord. Avec le paradoxe, dit-elle, que « si les Espagnols applaudissent en principe la politique de pactes et d’entente, les enquêtes indiquent que ce sont justement les partis qui ont joué le jeu de la négociation et des concessions qui pourraient être pénalisés ». Les socialistes du PSOE et les centristes de Ciudadanos, qui avaient signé un éphémère « pacte progressiste et réformiste », voient leurs perspectives de vote revues à la baisse dans les derniers sondages. Alors que la nouvelle alliance de Podemos avec les communistes d’Izquierda Unida, qui font liste commune sous le label Unidos Podemos (Unis nous pouvons), devrait marquer la plus grande avancée. La dernière enquête du Centre d’études sociologiques (CIS), publiée jeudi, lui attribue 25,6 % d’intentions de vote, ce qui signifie que la coalition passerait devant le PSOE, à 21,2 %, et talonnerait le Partipopulaire(PP),toujoursentête avec 29,2 % des voix, tandis que Ciudadanos resterait quatrième avec 14,6 % des suffrages. Mais tout va se jouer pendant la campagne, puisque l’enquête rappelle aussi qu’un Espagnol sur trois n’a pas encore décidé de son vote. Convaincre les électeurs Le candidat socialiste Pedro Sánchez enchaînera les meetings avec la double mission de retrouver le vote perdu et de conserver sa place de premier parti de gauche. Il doit pour cela convaincre ses électeurs déçus par le pacte avec les centristes,perçucommeunvirageàdroite. Face à lui, Pablo Iglesias, le leader de Podemos, prépare ses flèches, critiquantlasocial-démocratiequia renoncé à être une alternative face au libéralisme économique. Du côté de Ciudadanos, le centriste Albert Rivera devrait pour sa part rester sur sa ligne tempérée, allié nécessaire pour un éventuel gouvernement, conservateur ou socialiste. Car tout indique que le résultat des urnes devrait à nouveau conduire à un Parlement fragmenté et sans nette majorité, de droite ou de gauche. Donné favori, Mariano Rajoy va essayer de consolider son avance. Le président sortant a pour lui le fait qu’il s’est tenu en retrait ces derniers mois. Il s’apprête à repartir à la pêche aux électeurs désenchantés en se présentant comme le meilleur rempart contre les extrémistes de gauche, et table sur l’abstention à gauche pour faire mécaniquement monter son score. n Gérard Julien/AFP l La liste de Mariano Rajoy est toujours donnée en tête. l Mais les derniers sondages signalent une poussée de la coalition conduite par Podemos. l Un électeur sur trois est encore indécis. La nouvelle alliance du Podemos de Pablo Iglesias (à gauche) avec les communistes d’Izquierda Unida (menés par Alberto Garzon, à droite) devrait marquer la plus grande avancée de la campagne. Pendant ce temps-là, l’activité économique reste solide Les bons chiffres de la croissance n’empêchent pas les comptes publics de déraper. Dirigée par un gouvernement qui ne fait que gérer les affaires courantes depuis six mois, l’Espagne garde malgré tout le cap de la croissance. L’incertitude politique n’a pas semblé altérer la marche de l’économie du pays, qui a affiché une hausse du PIB de 3,5 % en 2015 et de 0,8 % au premier trimestre 2016. Ce rythme est porté par une meilleure compétitivité des entreprises espagnoles qui ont augmenté leurs exportations (+4,2 % en 2015), et, surtout, par le retour de la consommation après des années de prudence. C’est ainsi que la production industrielle a augmenté de 2,7 % en avril par rapport à 2015, dynamisée par la production de biens d’équipements (+11,2 %), alors que le nombre d’immatriculationsdevoituresneuves a bondi de 20,9 % en mai. Même le secteur immobilier redresse la barre après des années de paralysie, avec une hausse de 3,5 % des prix dans les grandes villes en mai. mes, le président sortant, Mariano Rajoy, promet la création de 2 millions d’emplois durant les quatre prochaines années s’il obtient un second mandat. Nouvelles baisses d’impôts Ces bons chiffres n’ont pas évité à l’Espagne d’être dans le collimateur de la Commission européenne après le dérapage de ses comptes publics, qui ont enregistré un déficit de 5,1 % de PIB en 2015, loin des 4,2 % prévus dans le cadre du pacte de stabilité, tandis que la dette publique vient de passer pour la première fois le cap de 100 %. « Nous sommes sur le bon chemin mais il y a encore du travail à faire », assure Mariano Rajoy. La formule est loin d’être rhétorique, car le prochain gouvernement devra faire face à un ajustement de 8 milliards sur dépenses publiques pour redresser les comptes entre 2016 et 2017. Cette perspective n’a pas empêché le ministre des Finances, qui figure sur les listes de Mariano Rajoy, de promettre de nouvelles baisses d’impôts... — C. T. (à Madrid) Cettereprisedel’activitéapermis la création d’un million de postes de travail en deux ans, même s’il s’agit souvent d’emplois peu qualifiés et précaires, souvent saisonniers. Le chômage poursuit sa décrue, mais continue de toucher près de 21 % de la population active. Sûr d’avoir engagé les bonnes réfor- Privée de gouvernement, la Belgique avait réduit son déficit Entre le 22 avril 2010 et le 6 décembre 2011, la Belgique resta 541 jours sans gouvernement. Un record, qui afflige les commentateurs politiques, mais pas les analystes économiques : le pays réduisit alors son déficit public, tombé de 4,6 % en 2010 à 3,6 % en 2011 ! La décentralisation du pouvoir en Belgique n’y est pas étrangère : de nombreuses décisions sont prises au niveau des régions ou des communautés et non au niveau fédéral. Autre explication : le gouvernement démissionnaire n’étant en charge que des affaires courantes, impossible pour les ministres d’engager alors de nouvelles dépenses... LaBCEintensifielapressionpour desréformesenzoneeuro Mario Draghi s’alarme des dangers qui guettent une Europe vieillissante. Renaud Honoré @r_honore — Bureau de Bruxelles Crier de plus en plus fort, jusqu’à ce qu’on l’entende. Mario Draghi s’est fait une nouvelle fois, jeudi, le chantre de réformes en profondeur à la fois de la gouvernance de la zone euro mais aussi des économies nationales qui la composent, mettant un peu plus la pression sur des Etats membres plutôt sourds à ces suppliques pour le moment. « Il y a beaucoup de raisons politiques qui peuvent expliquer de retarder les réformes structurelles, mais il y a peu d’arguments économiques qui peuvent le justifier », a asséné le président de la BCE, lors d’un colloque organisé à Bruxelles. Pour marquer un peu plus les esprits, le dirigeant italien a agité une menace diffuse maintes fois évoquée par le passé, mais qui va avoir des effets très concrets très rapidement : le vieillissement des Européens. « La population active va commencer à décroître lors de la prochaine décennie », a averti le dirigeant italien, qui craint pour la croissance d’un continent qui peine toujours à sortir de la crise qui a débuté en 2008. Cela fait des mois que Mario Draghi a quelques récriminations contre les Etats européens, alors que la stratégie non conventionnelle de la BCE peine à produire ses effets. Cette politique très agressive n’a pas été aidée par le « tout austérité » mené dans l’Union jusqu’en 2014. « Le retour au potentiel de croissance aurait été plus rapide avec une politique budgétaire moins restrictive », a-t-il expliqué. L’étreinte s’est desserrée, et le président de la BCE voudrait maintenant que les Européens redonnent du tonus à leurs économies en s’attaquant aux problèmes de productivité, seule façon de contrecarrer la réduction de la population active. Pour cela, il préconise d’achever le marché intérieur pour les services, et d’insister sur l’économie de la connaissance. Une recette guère originale puisque prodiguée en son temps par José Manuel Barroso – l’ancien président de la Commission–maisjamaismenéeàbien. Dépasser le Pacte de stabilité John Thys/AFP EUROPE Mario Draghi souhaite que les Européens redonnent du tonus à leurs économies en s’attaquant aux problèmes de productivité. Surtout, Mario Draghi met la zone euro devant ses propres insuffisances. « Pour accélérer la réalisation de notre potentiel économique, la façon laplussimpleseraitdelevertoutesles incertitudes », a-t-il pointé, critiquant le « coût qu’il y a à retarder la réforme de la gouvernance de la zone euro, qui est pourtant jugée nécessaire par tout le monde ». Ce consensus pour sortir de l’impasse révélée par la crise n’a en effet débouché sur rien de concret. Un rapport assez timoré, publié il y a un an par les 5 présidents des institutions européennes, n’a provoqué aucune dynamique. Angela Merkel et François Hollande promettent des initiatives depuis des mois, sans réelle piste concrète. Pour François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France, présent également au colloque bruxellois, « il faut sortir du jeu non coopératif en zone euro qui provoque la perte de plusieurs millions d’emplois ». Le dirigeant français a appelé à la mise en place d’une vraie politique économique coordonnée au niveau européen. « Les règles sont nécessaires. Mais des règles sans institutions sont moins efficaces que des institutions avec un mandat », a-t-il expliqué, dans un appel explicite à dépasser le Pacte de stabilité et de croissance actuel. n 06 // MONDE Vendredi 10, samedi 11 juin 2016 Les Echos Baissesurprise des taux àSéoul, quienvisage unerelance l La banque centrale sud-coréenne a ramené son taux directeur à 1,25 %. l Le ralentissement de la croissance accroit la pression sur le gouvernement. ASIE Yann Rousseau [email protected] — Correspondant à Tokyo Décrivant, jeudi, la décision de la banque centrale sud-coréenne (BoK) d’abaisser son taux d’intérêt à un niveau historiquement bas, le gouverneur de l’institution, Lee Ju-yeol, a évoqué le concept de baisse « préemptive ». « Il existe des risques considérables sur le chemin d’une croissance future », a expliqué la banque dans le communiqué annonçant une réduction de 25 points de base de son taux directeur pour le ramener à seulement 1,25 %. Très surpris par l’initiative, les analystes avaient jusqu’ici pensé que la banque centrale, qui avait abaissé ses taux pour la dernière fois il y a tout juste un an, attendrait le début du second semestre pour agir. L’annonce d’une croissance de 0,5 %, en rythme trimestriel, sur les trois premiers mois de l’année les avait plutôt agréablement surpris. « Mais pour être juste, il faut reconnaître que l’économie a déjà commencé à montrer des signes de détérioration. Et comme les grands plans de restructuration deviennent plus concrets, leur impact négatif sur l’économie du pays se fait lui aussi plus clair », expliquait jeudi soir, dans une note à ses clients, Glenn Maguire, l’économiste en chef d’ANZ Bank en Asie-Pacifique. Le pays souffre de la déprime de ses exportateurs, le grand moteur traditionnel de sa croissance. Les exportations du pays n’ont ainsi cessé de diminuer chaque mois depuis le début de 2015. En mai, elles ont encore enregistré une chute de 6 %, en glissement annuel, du fait de la faiblesse des commandes venues de Chine et des autres pays émergents. Les secteurs de l’acier, de la chimie et de la construction navale sont particulièrement malmenés et redoutent des dizaines de milliers de suppressions de postes. Un mouvement qui ne permet pas de véritable rebond de la consommation. Les dépenses des ménages peinent à décoller malgré les initiatives originales du gouvernement. L’exécutif avait notamment transformé le 6 mai dernier en une journée fériée afin de « créer » un week-end de quatre jours, au cours duquel la population aurait été plus susceptible de dépenser. Rallonge budgétaire Avec cette baisse surprise qui doit, en théorie, encourager les familles et les entreprises à investir, la BoK accroît la pression sur le gouvernement auquel de plus en plus d’économistes demandent un geste de soutien à l’activité. Pour l’instant, l’exécutif s’en tient à sa prévision de croissance très optimiste de 3,1 % sur l’ensemble de 2016. Mais il pourrait bientôt admettre que la poussée sera moins dynamique et en profiter pour annoncer une rallonge budgétaire. L’Etat en a les moyens, tant son niveau d’endettement est faible (l’équivalent de moins de 35 % de son PIB). Un soutien par la dépense publique permettrait de ne pas construire la relance sur les seuls ménages. « La marge de manœuvre de la BoK est limitée par la dette des foyers », rappelle Glenn Maguire, qui note que le gouverneur de l’institution a lui-même laissé entendre jeudi que le taux directeur de la banque centrale sud-coréenne approchait de sa « limite la plus basse ». Les chantiers navals Daewoo, à 60 kilomètres au sud de Busan. Photo Ed Jones /AFP Lesgéants sud-coréens dela construction navale viventla pire crisede leurhistoire La crise qui touche les chantiers navals contamine le secteur bancaire. Séoul est contraint d’intervenir. C’est un contrat de taille moyenne. Mais il est célébré. Mercredi, le deuxième plus grand chantier naval sud-coréen, Daewoo Shipbuilding & Maritime Engineering (DSME), a annoncé qu’il venait de remporter une commande de 580 millions de dollars portant sur la construction de quatre navires – deux méthaniers et deux pétroliers VLCC – auprès de filiales de l’armateur grec Angelicoussis. Au milieu des années 2000, la nouvelle n’aurait pas fait les gros titres des médias sud-coréens. Les chantiers navals du pays remportaient alors en moyenne plus de 100 commandes de navires par trimestre ! Les temps ont changé. Sur les trois premiers mois de 2016, les chantiers du pays n’ont signé au total que 8 commandes. Et le contrat grec est le premier gagné cette année par DSME. Le groupe et ses deux principaux concurrents, les autres géants sud-coréens Hyundai Heavy Industries et Samsung Heavy Industries, vivent la plus grave crise de leur histoire. Leurs grands clients ne passent presque plus d’ordres. « Et les gigantesques besoins de transport de marchandises et de matières premières qui avaient suivi l’accession de la Chine à l’OMC et porté la demande de cargos semblent aussi toucher à leur fin », explique Dalibor Gogic d’IHS Maritime & Trade. « Il n’y a même plus de demandes de cotation pour de nouveaux bateaux. Les chantiers déserts deviennent une réalité », s’alarmaient en mars les dirigeants des trois grands chantiers navals sud-coréens. Ils ont investi de manière fulgurante dans les années fastes pour se retrouver aux trois premiers rangs du mar- ché mondial et résister à la concurrence des acteurs chinois. « Epidémie » redoutée Pour survivre, ils travaillent maintenant sur des restructurations brutales. « Mais ils ne peuvent pas faire grand-chose seuls », modérait récemment Trinh D. Nguyen de Natixis. « Les chantiers navals cotés en Bourse ont accumulé une dette de 34,5 milliards de dollars », rappelait l’analyste, qui explique que cette détresse a contaminé d’autres pans de l’économie sud-coréenne et particulièrement le secteur bancaire, qui les a largement financés. 34,5 MILLIARDS DE DOLLARS C’est le montant total de la dette des groupes de chantiers navals coréens cotés en Bourse. Redoutant une « épidémie », l’Etat sud-coréen a annoncé cette semaine la création d’un fonds de 11.000 milliards de wons, soit 9,1 milliards d’euros, pour alimenter les principales banques publiques, portant à coups de crédits les chantiers. Ces sommes doivent permettre d’aider les industriels à rembourser leurs dettes mais aussi à se restructurer. « Notre économie ne peut pas combattre les difficultés externes et domestiques qu’avec de la politique publique. Il faut de la réforme industrielle », a martelé, mercredi, Yoo Il-ho, le vice-Premier ministre chargé de l’Economie, qui va superviser l’opération. Lancé en juillet prochain, le fond devrait théoriquement achever sa mission à la fin de 2017, à un moment qui pourrait, selon les ex p e r t s l e s p l u s o p t i m i s t e s , correspondre, à la reprise d’un cycle mondial de commandes de navires. — Y. R. Dessoldats français ausolen Syrie contrel’organisation Etat islamique PROCHE-ORIENT Paris reconnaît officiellement pour la première fois le déploiement de commandos. Yves Bourdillon @yvesbourdillon La Montre des Présidents. 50s Presidents’ Watch • 5200 € 6 avenue Franklin roosevelt 75008 Paris +33 (0)1 40 76 02 02 www.horloger-paris.com/vulcain 201 Boulevard saint Germain 75007 Paris +33 (0)1 45 48 36 52 www.adm-horloger.com Des forces spéciales françaises sont actives en Syrie contre l’organisation Etat islamique (EI). Paris l’a reconnu officiellement pour la première fois jeudi, alors qu’il démentait tout déploiement au sol jusqu’ici. Il est vrai que le jeu du démenti est aussi vieux que la guerre. L’état-major des armées a souligné toutefois que les commandos français se contentent de « conseiller » les rebelles lancés dans une offensive sur la ville straté- gique de Manbij, dans le nord-ouest du pays, tenu par l’EI, sans préciser leur nombre. Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, avait déjà évoqué vendredi une mission de conseil en Syrie, dont il reconnaissait qu’elle ne se déroulait vraisemblablement « pas dans un bureau ». Incontournable Le déploiement de troupes au sol pour repérer des cibles au profit d’alliés locaux est incontournable, estiment les spécialistes, car aucune guerrenesegagnequ’avecl’aviation. De tels déploiements sont toutefois délicats vis-à-vis de l’opinion publiqueenraisondurisquedepertesou, pis, de capture, c’est pourquoi ils sont généralement secrets. L’aviation française mène des raids en Syrie depuis septembre, mais bien moins nombreux que son homologue américaine. Paris ne reconnaissait jusqu’ici la présence de troupes au sol qu’au Kurdistan irakien, tout en affirmant qu’elles aidaient seulement au repérage de cibles. La présence de soldats français en Syrie, donc désormais officielle, s’intègre dans un dispositif occidental qui accentue la pression sur l’EI, deux ans jour pour jour après sa brutale expansion en Irak et en Syrie. L’aviation américaine appuie les FDS, une alliance arabo-kurde, dont une brigade de 3.500 hommes a annoncé jeudi contrôler tous les accès de Manbij. Une ville cruciale puisqu’elle est la dernière par laquelle l’EI peut s’approvisionner en armes et combattants depuis la Turquie. Washington, qui a longtemps affirmé « no boots on the ground », a aussi déployé des commandos de « conseillers »,quicombattentbelet bien aux côtés des Kurdes en Syrie, puisque l’un d’entre eux a été tué par un sniper. Des vidéos de soldats s’exprimant avec un fort accent yankee aux côtés de combattants kur- des ont même été diffusées sur Internet. Des forces spéciales britanniquessontaussivraisemblablement en Syrie depuis des mois. La prise de Manbij ouvrirait la route de Raqqa, la capitale syrienne de l’EI, ce qui déclencherait sans doute une course de vitesse entre rebelles soutenus par les Occidentaux et forces du régime appuyées par l’armée russe. La prise de Raqqa serait en effet prestigieuse... et un revers terrible pour la propagande de l’EI, qui s’appuie beaucoup sur sa capacité à tenir un « califat » pour recruter en Occident. Sicetteoffensiveentenailleétranglel’EI,elleaugmenteaussilerisque que des rebelles et des forces loyalistes, voire des commandos occidentauxetrussessetrouventfaceàface. Aveclerisqued’incidents.Washington, qui dément se coordonner avec Moscou,atoutefoissoulignéqueces différentes unités étaient encore à 100 kilomètres les unes des autres. n Je gère une multinationale. J’ai besoin d’être protégé. J’ai des milliers de collaborateurs dans des dizaines de bureaux aux quatre coins du monde. Je dois protéger mon équipe exceptionnelle, la réputation et les profits de ma société. Mon entreprise, mes employés et moi-même sommes confrontés à toutes sortes de risques. Je veux une protection spécifique et bénéficier d’une qualité de service qui s’appuie sur des décennies d’expérience dans l’assurance des grandes entreprises et de leurs ressources. Pas juste des garanties. Tout un savoir-faire. Pas juste assuré. Assuré par Chubb. Chubb. Insured. ©2016 Chubb. Garanties accordées par une ou plusieurs des compagnies. Certaines garanties ne peuvent pas être souscrites dans certains pays. Chubb®, son logo, Not just coverage. Craftsmanship.SM et toutes ses traductions, et Chubb. Insured.SM sont des marques protégées de Chubb. new.chubb.com SM 08 // Vendredi 10, samedi 11 juin 2016 Les Echos idées&débats SOMMAIRE Le meilleur du Cercle des Echos La Chronique Focus Le Point de vue Des robots et des jobs La France a besoin de plus d’inégalités Tintin au pays des banquiers Augmenter le prix du gazole pour financer nos infrastructures LES ÉDITORIAUX DES « ÉCHOS » Sacrée FrenchTouch Boll pour « Les Echos » Les secrets del’attractivité allemande Par Jean-Philippe Lacour — Correspondant à Francfort En Allemagne, pratiquement pas une semaine ne se passe sans qu’un investisseur étranger se positionne pour racheter un fleuron de l’industrie locale. A ce jeu, les acteurs français se sont montrés particulièrement actifs ces derniers temps, avec les acquisitions en cours du fabricant d’embrayages FTE Automotive par Valeo, et de la marque de couverts de table et de machines à café WMF par le groupe SEB. Les Chinois aussi s’intéressent à l’Allemagne et multiplient les achats, au point de commencer à inquiéter outre-Rhin. Dernier exemple en date : l’intérêt manifesté par le fabricant d’outils ménagers Midea pour Kuka, une figure de proue de la machine-outil allemande. A chaquefois,lesprixélevésproposéspar les repreneurs potentiels témoignent de l’importance stratégique, pour eux, de ces opérations. Et démontre l’attractivité du « Standort Deutschland » – la place allemande – qui continue de faire bien des envieux en Europe. Plusieurs raisons à cela : il y a d’abord ce secteur industriel conquérant (il dépasse encore 25 % du PIB), un tissu de PME dynamiques, au sein du fameux « Mittelstand », un système d’apprentissage dont l’efficacité n’est plus à prouver… Il semble même que la crédibilité des managers allemands n’ait pas réellement souffert des scandales survenus ces derniers mois chez Volkswagen ou Deutsche Bank. Si les entreprises allemandes suscitent tant de convoitises – du moins celles qui ne sont pas aux mains d’intérêts familiaux –, c’est aussi que des automatismes industriels aux questions environnementales, en passant par les biens de consommation, la palette de leurs activités ouvre des perspectives intéressantes. S’il met la main sur une PME allemande, un investisseur acquiert très souvent L’ANALYSE DE LA RÉDACTION Les acquisitions en série de « pépites » du « Mittelstand » en témoignent : l’Allemagne a conservé tout son attrait pour les investisseurs étrangers. Un succès qui s’explique par les performances de son industrie, l’état de ses infrastructures et la qualification de ses salariés. D Les points à retenir le cabinet EY, •lesSelon projets d’investissements étrangers outre-Rhin sont passés de 701 en 2013 à 946 l’an dernier. Plusieurs raisons à cela : il y a d’abord ce secteur industriel conquérant, un tissu de PME dynamiques et un système d’apprentissage dont l’efficacité n’est plus à prouver… S’il met la main sur une PME allemande, un investisseur acquiert très souvent dans la foulée un statut d’entreprise mondiale. • • dans la foulée un statut d’entreprise mondiale.Pourneciterqu’unexemple, le secteur de la machine-outil, ce pilier de l’industrie allemande, exporte 76 % de sa production. L’accès à la technologie made in Germany est pour tout investisseur un critère prédominant. Les Allemands font du reste assaut de marketing pour faire reconnaître leur savoir-faire. Chaque année à la foire industrielle de Hanovre, premier rendez-vous mondial du genre, la première économie d’Europe montre qu’elle n’est pas seulement une machineàdéposerdesbrevets.Ilya cinq ans y était lancée l’alliance « Industrie 4.0 », symbolisant le nouvel âge des machines interconnectées. Une priorité à l’échelle nationale mobilisant dans le même élan politiques, patronat et monde syndical. Veillant à défendre les intérêts de 3,8 millions de salariés dans la métallurgie, le syndicat IG Metall est associé au succès de la place économique allemande, comme cela vient d’être rappelé à l’occasion de son 125e anniversaire. Le pacte pour l’exportation dans l’industrie allemande, passé aprèsguerre avec le patronat et les responsables politiques, se perpétue à travers l’« Industrie 4.0 ». Des salariés bien formés et des infrastructures globalement satisfaisantes ont également de quoi séduire les investisseurs étrangers, qui choisissent l’Allemagne pour y bâtir des unités de production, sièges administratifs et centres de recherche. Selon le cabinet EY, les projets d’investissements étrangers outre-Rhin sont passés de 701 en 2013 à 870 en 2014, puis à 946 l’an dernier. Ainsi, Munich va accueillir le centre européen d’IBM p our la recherche sur l’Internet des objets. Le géant américain de l’informatique prévoit un i nve s t i s s e m e n t s u p é r i e u r à 2,5 milliards d’euros. La plus grosse somme engagée en Europe depuis vingt ans. Il y a bien quelques ombres au tableau. L’école de commerce suisse IMD prétend même que contrairement aux apparences, l’Allemagne aurait perdu du terrain sur le plan de l’attractivité. Selon son classement des économies mondiales, elle ne serait plus que la 12e place la plus recherchée, alors qu’elle occupait le 6e rang il y a deux ans. En cause, un système fiscal trop complexe et au barème trop élevé, ainsi que le niveau élevé des charges sociales. Certains reprochent aussi à l’Allemagne d’être en panne de grandes réformes. Le gros du travail a certes été fait il y a dix ans avec l’« Agenda 2010 » de l’exchancelier social-démocrate GerhardSchröder,quialibéraliséle marché du travail. Mais depuis lors, rien d’ambitieux n’a été entrepris A un an des élections législatives, inutile d’attendre que de grands chantiers soient lancés par le gouvernement de coalition d’Angela Merkel. Celui-ci a pris, sous la pression du clan social-démocrate et des syndicats, des initiatives qui vont dans le sens inverse de la loi El Khomri. Il est question de davantage réguler le secteur de l’intérim et le système de contrats passés entre entreprises et sous-traitants. Il y a aussi cette propension allemande à se protéger de tout, avant les autres. On se souvient qu’après la catastrophe de Fukushima, Berlin avait décrété en un temps record l’arrêt définitif de ses centrales nucléaires, au grand dam de ses électriciens. Ce principe de précaution l’amène aujourd’hui à militer de toutes ses forces contre l’utilisation du glyphosate, ce pesticide controversé, soupçonné d’avoir des effets nocifs sur la santé. Les uns voient dans ces « peurs » à répétition un frein pour le business. Pour d’autres, cela renvoie au contraire l’image d’une population soucieuse de son bienêtre et de son avenir. Ce qui peut être aussi une raison d’investir dans ce pays. n Il y a deux French Touch. Il y a celle de la France que le monde entier nous envie. Et il y a celle qui fait rire à nos dépens le reste de la planète. En 2010, lors de la Coupe du monde de football en Afrique du Sud, nos joueurs s’étaient illustrés en se mettant en grève. Cette année, à l’aube d’un Euro 2016 tricolore, c’est un quarteron de syndicalistes Par David corporatistes qui va, une fois de plus, Barroux grandement contribuer à dégrader l’image d’un pays qui n’a pas tant d’atouts que cela Aforce et qui aurait pu chercher à faire du tourisme derepousser l’une de ses véritables forces. Entre les pilotes d’Air France, les cheminots de la SNCF, les indispensables les éboueurs parisiens, lâchés en cours de route par les contrôleurs aériens, c’est réformes, bien une France qui n’a rien compris qui cherche à prendre en otage un pays pour lesexfaire avancer des causes bien égoïstes. monopoles Ceux qui bloquent les avions, les trains publicsse et les camions poubelles, ne défendent pas condamnent. l’intérêt collectif. Ils ne font pas grève par procuration pour le reste de la population. Ils défendent leurs privilèges. Le premier d’entre eux étant qu’alors que le reste de l’économie impacté par la révolution numérique et la mondialisation a été obligé de se remettre en cause en revenant parfois sur des avantages sociaux que beaucoup croyaient définitivement acquis, les preneurs d’otages d’aujourd’hui vivent dans une bulle et refusent toute remise en cause sérieuse de leurs conditions de travail. En perte de vitesse et de légitimité, la CGT a bien sûr une lourde part de responsabilité. Mais il conviendrait également de pointer l’influence néfaste de l’Etat actionnaire. Car le trait d’union de cette France qui bloque est bien d’être pour tout ou partie contrôlée par l’Etat ou les collectivités locales. Or, les années et les crises qui passent le prouvent, une partie au moins des salariés des entreprises publiques ou parapubliques sont totalement coupés des réalités du marché. Inconscients ou aveugles, ils pensent que leur avenir est assuré, qu’une grève n’aura pas véritablement de conséquences, qu’au pire l’Etat renflouera. Ils se sentent immortels et savent surtout que la pression qu’ils exercent sur leurs dirigeants a toutes les chances de payer dans la mesure où pour éteindre un incendie, les gouvernants ont plus d’une fois acheté la paix sociale en tordant le bras des dirigeants d’entreprises publiques. Mais à force de repousser les indispensables réformes, les ex-monopoles publics se condamnent. Une grève à Air France ou à la SNCF a déjà beaucoup moins d’impact aujourd’hui qu’hier. EasyJet, Emirates ou BlaBlaCar, eux, ne sont pas en grève. Car pendant que cette France chloroformée par l’Etat reste à l’arrêt, la concurrence avance. Plutôt que de chercher à sauver à tout prix des entreprises prouvant leur incapacité à véritablement se réformer, l’Etat devrait en tirer les conséquences. Il devrait vendre ses actions et laisser ces entreprises seules face à leur destin. S’ils ressentaient la véritable fragilité qui est la leur, les pilotes comme les cheminots accepteraient peut-être plus de se remettre en cause. ( Lire nos informations Pages 16 et 17 Quandl’emploiva… Par Etienne Lefebvre L’embellieseconfirmesurlefrontdel’emploi.L’Inseeetl’Acoss, quimesurentlesévolutionssurdeschampsunpeudifférents, convergentsurdescréationsnettesd’environ160.000postes surlesdouzederniersmois.Unrythmeinéditdepuis2008,grâce notammentauBTP,revenuenfindanslevertaupremiertrimestre. Aceniveaudecréationsd’emplois,lechômagepeutcommencer àdiminuer.Unautreindicateurestsurveillédeprèsparle gouvernement,celuidelamassesalariale,dontdépendengrande partiel’évolutiondesrecettesdelaSécuritésociale.Or,lamasse salarialeafaitunbondaupremiertrimestre,grâceauxcréations d’emploismaisaussiàdessalairesdynamiques.Ilyauneffetprimes, quineseretrouverapassurlestrimestressuivants,maisunechose estsûre :lesprévisionsdugouvernementsurlesrentrées decotisationssociales,souventtropoptimistesparlepassé,ont désormaisdebonneschancesd’êtredépasséesenfind’année. LesdépensesdelaSécuritésocialerestantmaîtrisées,ledéficit durégimegénéralpourraittombersouslabarredes5milliards d’eurosen2016,alorsqu’ilavaitflirtéavecles25milliardsen2010, auplusfortdelacrise.Lecheminparcouruestappréciable, etdevraitfaciliterleretourdudéficitversles3 %dePIB. Ledynamismedelamassesalarialeconfirmeaussiquelepouvoir d’achat,déjàenhaussesensibleen2015,devraitprogresseràvive allurecetteannée,oùl’inflationestnulle.Cequisoutiendra durablementlaconsommation.Maisilyaunreversdelamédaille : endépitdelareprisedel’emploi,lesstatistiquesdel’Acossmontrent quelapréférencepourlessalairesresteunespécificitédel’économie française.Celaexpliquepourquoileredressementdelacompétitivité prixestloind’êtreachevé,endépitdupactederesponsabilité. ( Lire nos informations Page 2 IDEES & DEBATS // 09 Les Echos Vendredi 10, samedi 11 juin 2016 opinions LES ARTICLES LES PLUS LUS SUR LESECHOS.FR 1. Le tweet d’Elon Musk qui déplaçait des milliards de dollars 2. Comment sont rémunérés les patrons de Wall Street 3. Grève SNCF : le trafic reste perturbé 4. Vente de STX France : la pression s’accroît, le calendrier se précise 5. Bercy porte plainte après des révélations du « Canard enchaîné » LE MEILLEUR DU CERCLE DES ÉCHOS DANS LA PRESSE ÉTRANGÈRE Des robots et desjobs L’insoutenable colère de l’être tchèque Malgré un contexte de chômage massif, les hommes ne devraient pas s’inquiéter de la montée en puissance de la robotisation, analyse notre contributeur Vassili Joannidès de Lautour, professeur à Grenoble Ecole de Management. PHÉNOMÈNE HISTORIQUE « Historiquement, à chaque vague de progrès technologique, le capital s’est substitué au travail à faible valeur ajoutée. Ce sont essentiellement les activités répétitives et standardisées qui ont fait l’objet de remplacement par des machines. [...] A l’ère de la troisième révolution industrielle, des postes de travail de haute précision se trouvent également concernés par l’automatisation. » DOMAINES DE POINTE « C’est ainsi qu’un robot, en Australie, a pu opérer un patient sur ordre d’un chirurgien. [...] Mais également, on constate que des algorithmes très puissants peuvent prendre en charge de nombreuses activités comme le trading à haute fréquence, le pilotage, mais aussi l’analyse de solvabilité dans le monde bancaire. » NOUVEAUX MÉTIERS « Il est important de souligner que ces machines et algorithmes devront faire l’objet d’une conception en amont et d’une maintenance au cours de leur utilisation, sans même parler de leur recyclage [...]. Des métiers hautement qualifiés devront voir le jour, à mesure que les machines remplaceront l’humain. » NOUVEAU PROLÉTARIAT « Le grand remplacement des postes de travail par des machines [...] suscite des craintes. Une crainte [...] est de voir le fossé entre métiers à très forte valeur ajoutée économique et ceux à valeur ajoutée sociale se creuser, ces derniers pouvant forger le prolétariat du XXIe siècle. » a A lire en intégralité sur Le Cercle, le site participatif des « Echos » lesechos.fr/idees-debats/cercle n’est plus « L’Insoutenable légèreté •deCel’être » de Milan Kundera. Mais « l’insoutenable colère de l’être tchèque », selon « Politico ». « Jamais les Tchèques n’ont été aussi en bonne santé, aussi riches » et pourtant ils sont pessimistes, écrit le journal. Alors que la croissance de 4,2 % permet à ce pays d’enregistrer le plus faible taux de chômage de l’Union européenne (4,1 %) et que ni la crise migratoire ni la perspective d’un Brexit ne peuvent l’affecter, la République tchèque connaît « une crise d’identité », écrit l’hebdomadaire bruxellois. Et le paroxysme semble être atteint. Les dirigeants à Prague ont demandé qu’on appelle leur pays la Tchéquie. Un parti anti-islam devrait remporter des sièges lors des prochaines élections régionales, alors que 0,1 % de la population se réclame de l’islam. Les ventes d’armes sont en pleine progression. Et lesdéputésveulentorganiserunréférendum sur l’Union européenne, le « Tchexit ». « Le Premier ministre est faible.Leprésidentestfortmaissanspouvoir constitutionnel. La classe politique est divisée », affirme ainsi Jakub Klepal, directeur de Forum 2000, organisateur de conférences à Prague. Certes l’hostilité à Bruxelles n’atteint pas les niveaux de la Pologne ou de la Hongrie, mais la « mélancolie » tchèque fait perdre à l’Union européenne un solide pilier. Parvenir à l’expliquer n’est pas quelque chose de facile. Politico recense quelques signes comme l’un des derniers sondages, selon lequel 80 % des Tchèques redoutent la montée de l’islam. Etrangement le plus gros bataillon d’immigrés est ukrainien. Ce qui n’empêche pas le président Miloš Zeman de dire que « l’intégration de la communauté musulmane est pratiquementimpossible ».Lemondemarchesur la tête... —J. H.-R. LA REVUE DU JOUR La France a besoin de plus d’inégalités Ce n’est pas le 1 % le plus riche des Français qui a amélioré la situation, mais les 10 % les plus pauvres qui ont vu la leur se dégrader. Il faut donc améliorer les aides sociales et mieux rémunérer les talents. LA CHRONIQUE d’Eric Le Boucher S itôt assis dans son fauteuil à l’Elysée, dès l’été 2012, François Hollande découvre une réalité totalementcontraire àsescroyancesles plus installées, aux professions de foi de son parti et à l’idéologie de tout son camp : les entreprises françaises ne gagnent pas assez d’argent. C’est le contraire de ce que pense et dit toute la gauche française, qui regarde la dérive de la répartition salaires/profits dans le monde et conclut que les bénéfices sont trop gras. Qui se focalise sur « les milliards »duCAC40etrenforcesaconviction que ses membres en gagnent trop. Que « l’argent est là » et qu’il suffit de le prendre pour le redistribuer aux nécessiteux. Toute l’explication du quinquennat est dans cette découverte post-scrutin faite à la lecture du rapport de Louis Gallois : les marges réelles des entreprises n’ont cessé de diminuer depuis quinze ans, elles sont nettement inférieures à celles des concurrents étrangers. Quant aux profits des géants du CAC, ils proviennent pour une majorité de leurs activités à l’étranger. La réalité est là toute bête : les profits ne sont pas mirifiques, ils sont trop maigres. Le retour de l’économie française à l’investissement et l’emploi, à la bonne santé naturelle, passe par un accroissement desmarges,paruneéconomiedel’offre. François Hollande s’engagera dans cette voie à l’exact opposé de celle annoncée.Choixéconomiquementiné- vitable mais politiquement meurtrier. La France lui sera redevable, mais il ouvre une irréconciliable opposition au sein de son parti et ses électeurs embrouillés le lui reprocheront jusque la fin. En 2017, une autre erreur, très semblable,pointesonnezàproposnonplus des entreprises mais des inégalités. Comme il y a cinq ans, le débat politicomédiatique n’est en France que polémique :enflamméparlesprimesdeCarlos Ghosn, le PDG de Renault-Nissan, qui gagne 15 millions d’euros autant que « mille salariés smicards », explosé par des reportages sur les patrons de « hedge fund » de Wall Street qui engrangent plus de 1 milliard de dollars par an. La tentation est trop irrésistible, lesdéputésdegauchesonttentésdeplafonner les hauts revenus et la droite se tient muette devant l’indignation populaire. Pourtant on peut d’avance le prédire : le futur président, quel qu’il soit, ne le fera pas. Au contraire, il fera l’inverse. Parce que le réalisme de 2017 l’amènera cette fois à mener l’équivalent d’une « politique de l’offre » pour les hautes qualifications et ce qu’on nomme des « talents ». Mais cette politique très nécessaire sera aussi difficile à expliquer aux Français en 2017 que le hollandisme depuis 2012. Il faudra aller contre l’opinioncouranteetcontreleblasonde la République et avancer un point très épineux : la France a besoin non pas de plus d’égalités mais de plus d’inégalités. Entendons-nous. Les chiffres montrent que la France est un pays plus inégalitaire qu’elle le croit. Avec un coefficient de Gini de 0,31 elle n’est qu’à la moyenne de l’OCDE (0,32). Les 10 % les plus riches gagnent 7,4 fois plus que les 10 % les plus pauvres, situation médiane entre le 5,2 fois au Danemark et le 9,6 fois aux Etats-Unis. En outre, les Lecomplexe débat féministe LE THÈME Aucun sujet n’est plus brûlant que celui des migrations, mais aussi celui des femmes face à la montée du religieux, particulièrement l’islam, dans la société française. « La gauche n’a jamais été aussi soumise aux injonctions religieuses », lance la philosophe Elisabeth Badinter dans la « Revue des Deux Mondes ». Sa directrice, Valérie Toranian, en introduisant ce numéro, trace les contours du « vrai féminisme » : celui qui défend les droits et les libertés de toutes les femmes, sans soumission idéologique et au-delà des clivages gauche-droite. Au passage, elle porte sa critique contre le relativisme culturel, qui « se veut ouvert et tolérant aux cultures portées par des communautés issues de l’immigration ». Car ce qu’elle souhaite avant tout est de ne pas enfermer les gens dans leur groupe ou leur culture d’origine. Le débat n’est en tout cas pas terminé. L’HISTOIRE Catherine Wihtol de Wenden, directrice de recherche au CNRS, replace, elle, la question de l’immigration dans une perspective historique. La France est ainsi le Femmes, islam et République. Revue des Deux Mondes, 216 pages, 15 euros. plus ancien pays d’immigration en Europe, pour combler un déclin démographique au XIXe siècle. En 1851, la France recensait 300.000 étrangers. Aujourd’hui, d’après elle, les épisodes meurtriers en France de 2015 liés au terrorisme d’Al Qaida ou de Daech, ne devraient pas affecter « la longévité de l’expérience migratoire en France ». — J. H.-R. La France paie mal. Elle doit faire revenir ses chercheurs, ses médecins, ses créateurs, ses cadres supérieurs, ses banquiers. L’Etat doit lui-même mieux payer ses soldats, infirmiers comme généraux, et, pour cela, ne pas stigmatiser les bulletins de paie les plus hauts. Photo Shutterstock inégalités hors revenus ne sont pas à l’honneur du pays : le système éducatif donne de plus en plus ses diplômes aux enfants de diplômés, les régions pauvres accumulent les handicaps d’emplois, de transports, de présence des services publics. Sans parler des handicaps immenses de sécurité ou d’embauche des populations immigrées. Surtout, après avoir longtemps été stables, ce qui contraste avec la tendance mondiale, les inégalités se creusent en France depuis la crise de 2008. Mais la cause n’est pas, comme ailleurs, la montée hyperbolique de certains revenus du 1 % : très hauts cadres dirigeants, créateurs d’entreprise, traders, sportifs et autres superstars de la mon- Les députés de gauche sont tentés de plafonner les hauts revenus et la droite se tient muette. La France doit faire revenir ses chercheurs, ses médecins, ses créateurs, ses banquiers. dialisation. Cette part du gâteau prise par le 1 % est montée de 1981 à 2012 de 8 % à 20 % du revenu total avant impôts auxEtats-Unis,de11 %à14 %enAllemagne et même de 4 % à 8 % en Suède. Mais elle est restée stable à 8 % en France (1). Non. La cause de la croissance des inégalités françaises ne vient pas du haut, elle vient du bas, de la nette dégradation de la situation des plus faibles. Les 10 % de personnes les plus pauvres ont vu leurs revenus abaissés de 1 % par anenmoyenne,selonl’OCDE.« Lepoids de la crise porte presque exclusivement sur les couches sociales défavorisées, avec un taux de chômage qui dépasse les 20 % », notent Louis Maurin et Nina Schmidt (2). La pauvreté stagne voire remonte ces dernières années, en rupture avec sa tendance historique. Et la situation des catégories les moins favorisées est très loin de s’améliorer, comme le montre la hausse de 200.000, soit +12,9 %, du nombre de titulaires du RSA entre 2012 et 2014. Ceconstatappelledesmesuresspécifiques fortes d’aides sociales, d’éducation, de logement, de transport. Mais l’attraction et la conservation des talents appellent aussi, en parallèle, à une remise en cause générale de la politique de rémunération, de stimulation et globalement du regard français sur l’égalité. Il en est de la politique de la toise comme de celle du rabot budgétaire : elles touchent la substance. La France paie mal. Elle doit faire revenir ses chercheurs, ses médecins, ses créateurs, ses cadres supérieurs, ses banquiers. L’Etat doit lui-même mieux payer ses soldats, infirmiers comme généraux, et, pour cela, ne pas stigmatiser les bulletins de paie le plus hauts. Au contraire.Ilfautdeplusfortesetbonnes inégalités, elles permettront la croissance qui donnera les moyens de combattre les mauvaises inégalités. Eric Le Boucher est éditorialiste aux « Echos ». (1) OCDE rapport Income Inequality : The Gap between rich and Poor, 15 décembre 2015. (2) Observatoire des inégalités, 7 juin 2016. 10 // IDEES & DEBATS Vendredi 10, samedi 11 juin 2016 Les Echos focus BONNES FEUILLES Par Edouard Lederer Un grand témoin nommé Jacques de Larosière L’ancien gouverneur de la Banque de France revient sur cinquante ans de désordres financiers. Une autobiographie en forme de grand témoignage et d’avertissement. Né en 1929 – l’année de la plus dramatique crise financière du siècle –, Jacques de Larosière a ensuite vécu au plus près les grandes déflagrations économiques, de la fin du système de Bretton Woods à la chute du bloc soviétique. L’ancien patron du Trésor, du FMI, gouverneur de la Banque de France puis président de la Banque européenne pour la reconstructionetledéveloppement(BERD) avertit : les largesses actuelles des banquierscentrauxleplongent« dansunabîme d’interrogations et de doutes ». Extraits. La City, un village mondial où « l’amoralité assure l’égalité des chances ». Photo Mark Henley-Panos/Réa Deux ans et demi durant, Joris Luyendijk a rencontré près de 200 acteurs de la City. Il en a tiré un livre passionnant sur la culture des banquiers. Tintin au pays des banquiers LIVRES acheteursd’êtrevigilants,pasàceuxqui leur vendent des produits financiers. Par Guillaume Maujean « Revanche » O n devrait toujours confier à des anthropologues le soin d’étudier les banquiers. Gillian Tett, une rédactrice en chef du « Financial Times »,s’étaitappuyéesursaformation en anthropologie sociale (elle a travaillé surlesrituelsdumariageauTadjikistan) pour rédiger l’un des plus formidables livres sur les origines de la crise des « subprimes », « L’Or des fous ». Pour comprendre le krach financier, Joris Luyendijk, un journaliste et anthropologue néerlandais, a décidé à son tour de s’immerger dans la City. En 2011, le « Guardian » lui donne carte blanche pour alimenter un blog sur le milieu des banquiers d’affaires. Deux ans et demi durant, il rencontre près de 200 personnes travaillant dans le quartier financier de Londres pour recueillir leur témoignage. Toujours sous forme anonyme, ce qui fait à la fois la limite de l’exercice (impossible de vérifier l’authenticité de leurrécit)etsagrandeforce(laparoleest très libre). « Plongée en eau trouble » est le récit passionnant de cette expérience. Surdiplômés et polyglottes Luyendijk est parti de rien pour réaliser son enquête, adoptant la posture du néophyte afin d’obliger les gens du métier à employer un langage simple. Les premiers contacts sont laborieux. Le stress en tétanise plus d’un. Et puis, peu à peu, les langues se délient, le jargon financier s’efface. Le succès du blog aidant, les propositions de témoignages affluent. Traders, DRH, responsables de conformité, spécialistes des fusionsacquisitions… Ils se livrent tous pour composer un tableau impressionniste de ce qu’est devenu le cœur financier de la planète. La City est d’abord un village mondial : 40 % des banquiers d’affaires sont nés hors du Royaume-Uni. Ses membres sont surdiplômés et polyglottes. Les minorités ont leur place, car « l’amoralité assure l’égalité des chances », selon ses interlocuteurs. Mais la plupart des banquiers avouent être Plongée en eau trouble. Enquête explosive chez les banquiers Joris Luyendijk, Plon, 268 pages, 17,90 euros. modelés par le système, « happés par la culture de leur entreprise ». Leurs revenus et leurs trains de vie les isolent, parfois même de leur propre famille. Mais l’image des financiers cupides obsédés parl’argent,commeleGordonGekkode « Wall Street », ne résiste pas à la réalité. Les témoins évoquent surtout un monde ultracompétitif, régi par toute une série de règles non écrites : le respect des dress codes, l’obsession des hiérarchies,la loi du silence. Il a ses rites de passage – les vagues de réductions d’effectifs où cinq minutes peuvent suffire pour être mis à la porte, le jour de l’annonce des bonus… « Pensez au “petit soldat” de la mafia qui se fait serrer pour la première fois par la police. Ce qui compte, c’est la façon dont vous gérez ça. Si, comme le jeune Ray Liotta dans “Les Affranchis”, vous faites ça bien, vous entrez dans la famille », affirme un recruteur.Plusqu’unefamille,laCityest un rassemblement de tribus, écrit Luyendijk. Il y a les « neutres », ceux qui ont l’œil pour repérer ce qui ne va pas mais renoncent à s’attaquer au « système ». Les « maîtres de l’univers », qui adorent la bagarre et vivent comme un orgasme chaque contrat ou transaction conclus. Les banquiers à œillères, enfermés dans leur bulle. Ceux à sang froid, qui s’efforcent d’éliminer toute émotion de leur travail… La plupart ont sciemment cessé de s’interroger sur ce qui est bien ou mal. La règle dominante est celle du « caveat emptor » : c’est aux Au fil de son enquête, l’auteur découvre à quel point la City est passée près du précipice en 2008. Parce que ses différents corps fonctionnent en silos. Parce que les régulateurs ont beaucoup moins de moyens. Parce que la complexité a envahi les salles de marché. Les analystes « quant » (ou quantitatifs, les matheux qui définissent les modèles) ont pris le pouvoir. « C’est la revanche des boutonneux, l’intelligence qui nous isolait des autres enfants dans la cour de récréation nous apporte aujourd’hui argent et statut social », lâche l’un deux. Une entreprise avait publié un excellent rapport dans lequel était écrit en page 5 : « Si vous arrachez cette page et nous l’envoyez, vous recevrez 50 livres sterling. » Au bout du compte, ils n’ont eu à verser que 250 livres… Les mégabanques ne sont pas seulement devenuestropgrossespourfairefaillite, elles sont aussi trop grandes pour comprendre ce qu’il s’y passe. Pour détendre l’atmosphère, Joris Luyendijk posait à tous ses témoins la même question : et si vous étiez un animal ?Ilaeudroitau« chienquiaimeêtre frappé », aux « loups qui travaillent en bande », aux « babouins qui peuvent se montrer agressifs mais sont sympas la plupart du temps ». « Moi un animal ? Mais je suis le gardien du zoo », a lancé le responsable des contrôles d’une banque. Certaines interviews finissent par ressembler à des séances de thérapie. Un trader qui vient d’être viré confie : « Je continue à croire que le milieu des banques d’affaires n’est pas épouvantable.Ilneconvientpasàtoutlemonde,c’est une évidence. Des recherches montrent que la vie d’un animal sauvage est surtout faite de souffrances : de stress, de peur, de douleur. Mais les animaux domestiques sont-ils plus heureux ? Je préfère être un animal sauvage. » Comme le disait l’écrivain et ancien banquier Michael Lewis : « Si vous voulez de la loyauté… achetezvous un cocker ! » Guillaume Maujean est rédacteur en chef aux « Echos » Sur la fin du système de Bretton Woods (1971) « On a sous-estimé à l’époque la portée de l’effondrement du système de Bretton Woods […]. Le flottement des monnaies a eu des conséquences délétères sur nos économies et, plus généralement, sur nos sociétés. La fixité des changes avait, en effet, le grand mérite d’encourager les Etats à la discipline. […] On a vu, à l’usage combien le flottement des monnaies a encouragé le laxisme budgétaire et monétaire dont les effets cumulés nous écrasent aujourd’hui. » Sur Margaret Thatcher, rencontrée pendant les années FMI (1978-1987) « Son sens de l’humour pouvait être décapant. Je me souviens d’une rencontre entre dirigeants des nombreuses organisations internationales qui étaient rattachées à l’ONU […] Lors d’une session à Londres, nous f û m e s re ç u s a u 1 0 D o w n i n g S t re e t . Mme Thatcher s’enquit de l’objet de notre réunion. Quand M. Kurt Waldheim, le secrétaire général, répondit que c’était pour “se Cinquante ans de crises financières. Par Jacques de Larosière, Editions Odile Jacob, 288 pages, 22,90 euros. coordonner”, elle explosa : “Vous devriez avoir honte ! C’est travailler que vous devriez faire, pas vous coordonner !” Elle demanda alors quel était le rôle joué par M. Waldheim dans ces réunions. Il commit l’erreur de répondre : “Oh ! Vous savez, je ne suis qu’un ’primus inter pares’.” Mme Thatcher rétorqua : “On a voulu me faire croire aussi que c’était là mon rôle. Mais je n’ai jamais retenu de l’expression latine que le mot ’primus’.” » Sur la crise financière de 2007-2008 « Les politiques monétaires d’aisance quantitative, mises en œuvre pour minimiser les effets de la “grande récession”, pourtant née d’un abus de l’endettement, plongent l’observateur que je suis dans un abîme d’interrogations et de doutes. L’endettement continue de s’accroître à la faveur de la création massive de liquidités à taux zéro et les taux de change fluctuent à la faveur des différences de taux entre monnaies et non des données fondamentales. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, on ne peut que craindre les prises de risque excessives et la formation de bulles d’actifs dont l’éclatement est toujours problématique. » n Livres en bref Pour une Afrique sans complexes L’A f r i q u e n’e s t •jamais à l’abri des cli- chés. Continent perdu hier, voué aux dictatures, aux catastrophes,àlafragmentation tribale ou au sous-développement, il porte aujourd’hui les espoirs d’un nouvel eldorado, nourris par la forte croissance économique de la plupart de ses pays et l’explosion démographique qui pourrait donner naissance à une imposante classe moyenne consommatrice. « Les discours actuels sur l’Afrique sont dominés par ce dou- ble mouvement : la foi en son futur radieux et la consternation devant un présent qui Afrotopia. semble chaotique », Par Felwine Sarr. note l’auteur de ce Editions livre. Véritable acte de Philippe Rey. foi pour une troi151 pages. 15 euros. sième voie, il adjure les dirigeants africains de ne pas s’engager dans la course à l’accumulation de capital ou aux points de PIB,maisaucontrairedes’extrairedelacompétition pour promouvoir un modèle de développement plus durable. Une belle utopie, brillamment défendue. —D. Fo. Ce qui fonde le libéralisme allemand comprendre •le Pour chemin intellec- tuel qui a conduit Angela Merkel à faire preuve d’une extrême sévérité à l’égard des Grecs et d’une grande mansuétude face aux migrants, il faut lire ce livre. En adoptant cette attitude en apparence contradictoire, la chancelière allemande ne fait en réalité que mettre en actes la philosophie qui sous-tend la politique de son pays : l’ordolibéralisme. Ce principe, qui, comme son nom l’indique, marie l’ordre au libéralisme, considère que la nécessaire liberté économique ne peut Les Ordolibéraux Histoire d’un libéralisme à l’allemande. s’épanouir que dans le strict respect de la loi. Comme l’a très bien démontré G a s p a r d Ko e n i g Par Patricia dans une récente Commun. Editions c h r o n i q u e p a r u e Les Belles Lettres. dans « Les Echos » 416 pages, 35 euros. d u 0 9 / 0 9 / 2 0 1 5 , demander aux Grecs de rembourser leurs dettes ou accueillir les migrants n’est que l’application des traités européens ratifiés par les pays membres. Dans ce gros livre, les auteurs nous racontentl’histoiredecettedoctrineetnousmontrent comment elle a influé – et influe toujours – sur les décisions de la plus puissante économie d’Europe. —D. Fo. IDEES & DEBATS // 11 Les Echos Vendredi 10, samedi 11 juin 2016 opinions LES ARTICLES LES PLUS PARTAGÉS SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX 1. Comment sont rémunérés les patrons de Wall Street 2. La mobilisation des jeunes favoriserait le vote « in » 3. La Suède interdit les M & M’s 4. TMC : TF1 rachète les 20 % de parts de la principauté de Monaco 5. Patrick Drahi a désormais les yeux tournés vers les Etats-Unis LE POINT DE VUE de Philippe Duron L ’écotaxe poids lourds et ses rebondissements, depuis son vote à l’unanimité par le Parlement en 2007 à son abandon en 2014, a suscité de nombreuses réactions. Audelà de son principe écologique, ce dispositif avait également vocation à financerlesinvestissementsd’infrastructures de transport, qu’ils soient dédiés aux réseaux routier, ferroviaire ou fluvial. Dix-huit mois après l’abandon de cette écotaxe, qu’en est-il du financement de ces infrastructures ? Les améliorations apportées par le gouvernement à la politique de transport constituent de réels motifs de satisfaction. Ces orientations suivent des priorités claires, qui s’inscrivent pleinement dans la ligne fixée par le président de la République sur l’amélioration des transports du quotidien. Ces orientations ont permis d’inscrire l’Agence de financement des infrastructures de transport dans une trajectoire financière plus saine. De surcroît, le gouvernement a mis en place une solution de financement efficace pour remplacer l’écotaxe poids lourds, en décidant une augmentation de la TICPE et l’affectation de ce produit à l’AFITF. Cela a permis à l’Agence de financer l’intégralité de ses dépenses d’intervention par des taxes et recettes affectées, sans qu’aucune subvention ne lui soit apportée comme c’était le cas depuis 2009. Toutefois, certains signaux méritent notre attention. D’une part, les indicateursde qualitédenos réseauxdetransport ont encore tendance à se dégrader depuis une dizaine d’années, qu’il LE POINT DE VUE de Jean-Baptiste de Froment D ans la démocratie des origines, celle des Athéniens des Ve et IVe siècles avant notre ère, les citoyens exerçaient directementlepouvoir politique. Rassemblés, au minimum quarante fois par an, sur l’agora, l’immense place qui occupait le centre de la ville, ils y votaient les lois et le budget, décidaient de la paix ou de la guerre,etdésignaient–essentiellement par tirage au sort – les différents magistrats chargés d’exécuter leurs résolutions. Le fonctionnement des démocraties modernes,onlesait,estbiendifférent.Il repose sur le principe de représentation : le peuple délègue à un petit nombre d’individus élus la responsabilité d’exercerlepouvoir,ycomprislégislatif, à sa place. De sorte que, pour reprendre la formule frappante de Rousseau, il n’est vraiment « libre » qu’une fois tous les quatre ou cinq ans, le jour où il élit ses représentants. L’une des principales raisons invoquées pour justifier cette pratique, qu’on pourrait dire dégradée, de la démocratie estpurementmatérielle.Elletientaufait que les peuples modernes sont devenus trop nombreux pour pouvoir se réunir enunmêmelieu,etàunmêmemoment, afin de délibérer des affaires de la cité. Mais la révolution numérique dans laquelle nous sommes engagés est en train de faire tomber un tel argument. Il est désormais possible de reconstituer, dans l’espace virtuel de l’Internet, l’agora des premiers temps, et cela sans la moindre limitation du nombre de participants. Techniquement, plus rien ne s’oppose – si ce n’est, pour quelques annéesencore,l’insuffisantefamiliarité Augmenter le prix du gazole pour financer nos infrastructures s’agissedesinfrastructuresferroviaires, mais aussi de la qualité de nos routes. D’autre part, la capacité de financementpublicdesinvestissementsdansles infrastructures de transport devient insuffisante. Depuis 2007, ceux des conseils départementaux diminuent de façon continue (–30 % sur la période). Cela les conduit à remettre en question à la fois leurs programmes directs, parmi lesquels l’entretien et la modernisation des routes dont ils ont la charge, et les programmesportéspard’autrescollectivités territoriales, qu’ils subventionnent. Les indicateurs de qualité de nos réseaux de transport ont encore tendance à se dégrader. Nous avons besoin d’une hausse de crédits de 600 millions d’euros. Quant à l’Etat, malgré les efforts d’affectation de recettes à l’AFITF, celle-ci n’a pas aujourd’hui les capacités suffisantes pour faire face aux besoins actuels et à ceux en cours de contractualisation, tels que le volet mobilité des contrats de plan Etats-région 2015-2020 oule3e appelàprojetssurlestransports collectifs. Il nous faut de surcroît prendre en compte les projets du Canal Seine-Nord Europe et du tunnel Lyon-Turin, qui généreront à partir de 2017 des paiements importants, mais aussi les besoins qui se profilent à la suite des annonces récentes concernant l’A45 ou encore le renouvellement des trains d’équilibre du territoire. Il nous faut donc dès maintenant prendre la mesure de l’insuffisance de ressources publiques pour les prochaines années. Compte tenu des engagements de l’AFITF et de ceux annoncés par l’Etat, les besoins de financement appellent une hausse des crédits accordés à l’Afitf de 600 millions d’euros. C’est une progression importante, mais qui est à notre portée. Compte tenu de la poursuite de la convergence de la fiscalité sur les carburants confirmée par le Premier ministre et dans un contexte de prix bas des carburants, la TICPE demeure un levier important pour faire face à nos besoins de financement dans les trois années à venir. La pleine affectation des centimes additionnelsdegazoleàl’AFITFainsiqu’une augmentation de 2 centimes sur le gazole et une diminution de 2 centimes sur le super permettraient d’y parvenir. Le caractère symétrique de cette mesure permettrait de se placer à un niveau de pression fiscale quasiment constant, tout en ne dégradant pas le positionnement de la France en termes de prix par rapport à ses voisins européens. Nous avons aujourd’hui les outils pour une politique ambitieuse en matière d’infrastructures de transport. A nous de les saisir ! Philippe Duron est président de l’AFITF (Agence de financement des infrastructures de transport de France). Redonnons toute sa place à la démocratie directe d’une fraction de la population avec les nouveaux outils numériques, sans oublier la persistance de certaines « zones blanches » sur le territoire – à la création d’un réseau social configuré aux dimensions du corps électoral tout entier, grâce auquel les citoyens, via un compte personnel sécurisé, prendraient part directement à la vie de la Cité. Créons un réseau social aux dimensions du corps électoral pour consulter les citoyens. Des réformes jusqu’ici impensables se révéleraient soudain réalisables. Il est étonnant que l’on ait si peu pris la mesure encore de cette nouvelle possibilité. Partout ailleurs, dans les autres domaines de la vie commune, la « désintermédiation » fait rage : les communautés de pairs (peer-to-peer) et autres espaces collaboratifs se substituent aux hiérarchies anciennes. Seule la sphère politique semble croire qu’elle n’est pas concernée. Bien entendu, il n’est pas question de renoncer du jour au lendemain à nos institutions qui, malgré tout, ont fait leurs preuves, au profit d’une pseudorépublique digitale dans laquelle toutes les questions, jusqu’aux plus épineuses, seraient tranchées par le premier venu cliquantsursonsmartphone.Ilestclair, cependant, que le statu quo n’est pas durable. La ligne de partage traditionnelle entre ce qui peut êtredéléguéà des représentants et ce qui relève directement du pouvoir de chaque citoyen doit être repensée. Le spectacle, parfois contestable, offert par des mouvements du type Nuit debout pourrait apparaître comme une objection de taille à une renaissance de la démocratie directe. Mais c’est l’inverse qui est vrai. C’est précisément parce que nos institutions ne permettent pas de consulter facilement l’ensemble des citoyens que de petites minorités peuvent s’arroger le droit, en occupant physiquement une place, de parler au nom de tous. Une pratique accrue de la démocratie directe pourrait être un facteur de simplification et, même, permettre de nombreux déblocages. C’est le pari que nous faisons, à l’échelle locale, dans le 9e arrondissement, dans lequel nous lançons, avec le maire Delphine Bürkli, une application unique en son genre (ParisNeuf)quipermettrad’engagerun échange direct entre les habitants. Plus généralement, il n’y aurait que des avantages à ce que, pour régler les problèmes statutaires et catégoriels qui paralysent notre pays, en lieu et place du stérile jeu de rôle actuellement connu sous le nom de « dialogue social », les intéressés soient directement consultés sur leur avenir. Des réformes jusqu’alors impensables se révéleraient soudain réalisables. Jean-Baptiste de Froment est conseiller de Paris et secrétaire national Les Républicains. La vie est plus qu’une tranche de foot L’ŒIL DU PHILOSOPHE par Roger-Pol Droit A ujourd’hui, avec l’ouverture à Paris de l’Euro 2016, une nouvelle séquence est supposée s’ouvrir. Place au jeu, aux enthousiasmes… On devrait enfin, autour des Bleus, refaire la fête, retrouver insouciance et cris de joie, oublier les séquences précédentes, effacer leurs séquelles. Il y eut les attentats, le pays bouleversé, le temps du deuil. Ensuite, la loi travail, le pays bloqué, le temps des affrontements.Enfinlescrues,lepaysnoyé,letemps desinquiétudes.Voicivenirletempsdufoot, delacompétition,lepaysréconcilié,hurlant d’une seule voix « Allez les Bleus ! »… Evidemment, ce n’est qu’une illusion. Car les rivières ne sont pas encore rentrées dans leur lit, ni les sinistrés dans le leur. Manifestants et grévistes n’ont pas fini dedéfiler,etcontinuentdegripperdesrouages de l’économie. Les procès liés aux attentats sont en cours, victimes et familles n’ont pas fait leur deuil, ni réparé leurs vies. Les menaces sur la sécurité demeurent intenses, focalisées cette fois autour des stades et, surtout, des « Fan-zones ». Rappeler ces vérités, ce n’est pas gâcher la fête, mais rester lucide. Notre tort est d’oublier cette évidence :laréalité n’est jamaisunesuccession deséquencessechassantl’unel’autre.Lavie ne peut se couper en tranches séparées et disjointes. Dans les faits, tout se chevauche, coexiste et s’entremêle, au grand dam des communicants comme des chaînes d’information continue. Car ce sont eux les premiers responsables de cette scénarisation trompeuse – pas les seuls, cela va de soi, mais bien les principaux. Pour organiser la communication, sportive ou politique, il faut renouveler le récit, scander la rumeur, tenter de maîtriser images, attentes et rêves. De même, pour alimenter l’antenne jour et nuit, il est impératif d’élaborer des sortes de séries, avec quelques épisodes. A chaque moment, un grand sujet et un seul. Juste après, un autre. Si d’aventure un ancien thème refait surface, c’est embêtant. Il semblera inconvenant, décalé. Règle implicite : les affaires passées sont périmées, leur date limite de consommation médiatique est dépassée. Tout ce qui dure sort vite du champ de l’actualité, pour tomber dans la rubrique « rétrospectives ». Le séquençage du réel n’est évidemment pas limité aux seuls secteurs de la commu- nication et des informations. Le phénomène est général, et en un sens inévitable. Tout bonnement parce que la complexité et la diversité du réel ne nous sont jamais directement appréhendables. Impossible d’embrasser tout ce qui arrive, tout le temps et partout, dans sa symphonie, sa polyphonie, sa cacophonie. Pour comprendre, nous devons toujours sélectionner, poser une grille, retenir certains éléments, en masquer d’autres. Ainsi fonctionnent nos perceptions, nos analyses, nos connaissances, notre mémoire. Et nos disciplines scientifiques – « sciences dures » ou « molles » – coupent elles aussi la vie en tranches et ne peuvent faire autrement. La grande fête annoncée ne fait oublier ni les grèves, ni les inondations, ni les attentats. Contre l’illusion d’une actualité découpée séquence après séquence, la continuité du réel est là. Qu’on imagine un instant, par exemple, un même match de foot vu par l’expert en tactique de jeu ou le photographe sportif, mais aussi par le médecin, le sociologue, le psychologue, le physicien, le chimiste, etc. – sans oublier le peintre, s’il rêve de succéder à Nicolas de Staël et sa quinzaine de toiles de 1962 « Les Footballeurs ». Chaque point de vue fait saillir des éléments différents, néglige les données non pertinentes pour son approche. Chacun, en fonction de sa discipline, aura donc une « version » de ce match, relative au prisme qui lui sert à décrypter le réel. Cette multiplication de perspectives est impossible à supprimer. Mais on peut réduire ses inconvénients. C’est la principale fonction de la philosophie, qui rappelle constamment la complexité et la continuité du réel. Contre les grilles de lecture spécialisées qui nous font oublier la diversité du monde, la philosophie organise des systèmes d’alerte. Contre séquences et découpes, elle construit liens et relations. A sa manière, la philosophie organise des fissures dans les murs des visions du monde, défait les clôtures des disciplines. Pas seulement pour le plaisir d’y faire circuler un peu d’air, mais parce que c’est toujours en surmontant ces barrières que l’on peut entrevoir la complexité du réel. Derrière la tranche de foot, la vie continue. Roger-Pol Droit est écrivain et philosophe. L'ACTUALITÉ DES THINK TANKS Protection sociale : un cocktail de réformes IDÉE. Récent think tank spécialisé dans la réforme de la protection sociale de l’entreprise, des salariés et des dirigeants, l’institut de la protection sociale dégaine ses observations et propositions dans la perspective de l’élection présidentielle. Aux candidats maintenant de se positionner sur un ensemble de perspectives très argumentées allant de la réforme systémique des retraites à la redéfinition globale d’une protection sociale adaptée à la révolution numérique, en passant par la refonte de l’épargne salariale et du RSI. INTÉRÊT. Réunissant non pas des experts académiques parfois éloignés des réalités concrètes de la protection sociale telle que vécue à partir de l’entreprise, mais des praticiens informés, ces considérations ont leur poids. Et les idées méritent d’être entendues et discutées techniquement : référendum sur les régimes spéciaux, départ à la retraite à soixante-cinq ans, facilitation du cumul emploi retraite, extension de la réversion au pacs, réécriture du Code de la sécurité sociale, fusion des parts patronale et salariale des cotisations, regroupement du RSI et de la MSA. Il y en a pour tous les goûts ! Dans des cocktails techniques et politiques naturellement corsés. — Julien Damon www.institut-de-la-protection-sociale.fr 12 // Vendredi 10 et samedi 11 juin 2016 Les Echos D le grand entretien Son parcours Blankfein a fait l’essentiel de •sa Lloyd carrière au sein de la plus prestigieuse des banques d’affaires de Wall Street. des marchés financiers, •surSpécialiste lesquels il a commencé sa carrière de banquier en 1982, il gagne progressivement du galon jusqu’à devenir patron de l’établissement en 2006 à la veille de la crise financière du siècle. Alors même que Goldman est accusé de tous les maux au plus fort de la crise, il parvient à maintenir l’établissement au sommet de la finance mondiale. Ce qui lui vaut d’être aujourd’hui, à soixante et un ans, l’un des seuls patrons de banque à avoir survécu à la tempête. Trump, Brexit, Wall Street : les confidences du patron de Goldman Sachs • D Son actualité toutes les grandes banques •deComme Wall Street, Goldman Sachs a dû affronter depuis le début de l’année les turbulences sur les marchés, la chute des cours du pétrole, et les incertitudes entourant le resserrement monétaire de la banque centrale américaine. Sur les trois premiers mois de l’année, Goldman Sachs a vu son produit net bancaire, équivalent du chiffre d’affaires, reculer de 40 %, à 6,34 milliards. La banque, qui emploie 6.000 personnes à Londres, a donné plusieurs centaines de milliers de livres pour financer la campagne contre le Brexit. • • Les banques européennes se plaignent souvent du fait qu’elles sont soumises à une pression réglementaire supérieure à ce que vivent leurs homologues américaines. Je ne le crois pas. Chaque système a ses avantages et ses inconvénients. Quand je regarde Goldman Sachs, nous exerçons de toute façon notre activité de manière globale en nous soumettant aux réglementations de chaque pays. Propos recueillis par Ninon Renaud, Nicolas Barré, Guillaume Maujean et François Vidal Quel regard portez-vous sur la situation économique en Europe ? Dans le cycle de reprise économique, l’Europe reste derrière les Etats-Unis. Elle s’est mobilisée : elle a pris des mesures de soutien à l’activité, ramené les taux d’intérêt àdesniveauxtrèsbas.Maisilestvraique,au cours des dernières années, les gens trouvaient toujours de bonnes raisons pour se préoccuper de l’Europe : pas assez de croissance, trop d’incertitudes… Je ne dirais pas que cela les paralysait, mais cela leur donnait des raisons de retarder leurs décisions ou leurs investissements. Aujourd’hui, le prochain référendum britannique fait peser une grande incertitude sur l’Europe : l’éventualité du Brexit peut avoir beaucoup de ramifications. Nous serons soulagés quand nous n’aurons plus à faire face à cette incertitude. La BCE en fait-elle trop ou pas assez pour la croissance ? Depuisquelquesannées,touteslesbanques centrales ont dû prendre des décisions agressives et parfois innovantes. Elles ont fait tout ce qu’elles pouvaient pour rendre les problèmes moins dramatiques, pour que les Etats puissent retrouver plus facilement le chemin de la croissance. La BCE a fait du bon boulot. Car il ne faut pas oublier qu’en Europe, il n’y avait pas de précédent. C’est la première génération d’une banque centrale européenne. C’est la première fois qu’une telle institution opérait dans un tel contexte, devait asseoir son autorité dans uncadre fédéraliste,etparfoismêmesebattre pour imposer ses décisions. Aux EtatsUnis, la Fed ou la Cour suprême existent depuis des années. Elles ont construit leur pouvoir avec le temps, l’expérience et la tradition. Aux Etats-Unis, la Fed doit-elle remonter ses taux d’intérêt, ou faire encore preuve de patience ? Je crois que si la Fed remontait ses taux, ce serait bien reçu par les marchés. Car ce serait une validation de la bonne santé de l’économie américaine. Et ce, quels que soient les derniers chiffres sur l’emploi. L’économie s’améliore globalement aux Etats-Unis, le chômage est faible et le marché du travail est en train de se resserrer. In fine, il serait bon pour la confiance que la Fed commence à relever progressivement ses taux. D’autant que des politiques monétaires trop accommodantes font monter des risques de bulles financières… Oui, c’est un risque effectivement. Les valorisations de certains actifs sont artificiellement soutenues, l’épargne n’est pas toujours bien allouée. Mais par définition, on ne voit pas les bulles, on les découvre toujours ex post, une fois qu’elles ont éclaté. Quand les taux auront remonté, cela aura un impact sur certaines activités financières, le coût de la dette augmentera et pourrait mettre en risque certains emprunteurs déjà trop endettés. Certains Etats pourraient se retrouver en difficulté, y compris en Europe. Il y a toujours des risques associés aux remèdes. Mais y a-t-il une alternative ? Il faut toujours survivre à court terme avant de penser au long terme ! Quand vous avez une maladie ou un problème important à régler, vous ne pouvez mégoter sur la cure. Il faut en passer par là, et il faut être patient. Vous mettez toujours du temps à récupérer – je peux en témoigner personnellement ! Avec un stock de dettes très important et un vieillissement de la population, croyez-vous que les économies développées vont être confrontées à une croissance durablement faible ? Bloomberg LLOYD BLANKFEIN CEO de Goldman Sachs Je ne suis pas spécialiste en la matière. Mais jecroisauxcycles.Etjecroisquelesgensont toujours tendance à extrapoler la situation actuellecommesielledevaittoujoursdurer. Ils ont tort. Mes parents qui ont connu les années 1930 étaient convaincus qu’ils vivraient durablement dans une ère de dépression et de déflation. Moi qui ai connu les années 1970, j’ai longtemps cru que l’inflation galopante serait la règle. Mes enfants pensent maintenant qu’ils vivront dans un monde de faible croissance et de déflation à la japonaise… Les cycles changent, peut-être pas toujours au rythme que l’on souhaiterait, mais ils ne durent pas éternellement… « Le discours populiste anti-Wall Street qu’on entend beaucoup ne reflète pas le sentiment général. » « Il serait bon pour la confiance que la Fed commence à relever progressivement ses taux. » La campagne présidentielle américaine bat son plein. Wall Street fait l’objet de nombreuses critiques, de la part notamment de Bernie Sanders chez les démocrates... Je ne connais pas personnellement Bernie Sanders. La seule chose que je peux vous dire, c’est que nous venons tous les deux de Brooklyn ! Wall Street est effectivement un secteur très important de l’économie américaine. C’est normal que beaucoup y voient un symbole. Mais je crois que le discours populiste qu’on entend beaucoup dans cette campagne ne reflète pas le sentiment général. Comment jugez-vous les deux mandats de Barack Obama pour Wall Street ? La crise financière de 2008 a provoqué un énorme traumatisme dans le pays. Il était normal que cela conduise à des changements réglementaires et à un renforcement des contrôles. C’est le résultat de la politique menée par Barack Obama et par le Congrès aussi, puisqu’aux Etats-Unis il n’y a pas un seul décideur, mais plusieurs. Il est toutefois trop tôt pour dresser le bilan de ce surcroît de réglementation qui a entraîné un changement en profondeur du système bancaire. Ce qui est sûr, c’est que les banques n’ont jamais été aussi solides, aussi fortement capitalisées, aussi peu endettées et assises sur autant de coussins de liquidités. Quel impact le surcroît de réglementation a-t-il eu sur l’activité de Goldman ? Nous nous sommes adaptés. Notre métier nous impose de fonctionner dans un monde donné avec des règles données. Le nouvel environnement reflète des choix politiques qui ne relèvent pas de la responsabilité des acteurs bancaires. Nous n’avons pas à nous plaindre, juste à nous adapter. In fine, ce sont les clients et les utilisateurs du système bancaire qui doivent y trouver leur compte. Diriez-vous que le système financier est aujourd’hui plus sûr qu’avant la crise ? Ça ne fait aucun doute pour les banques. Et même si le pendant des évolutions réglementaires, c’est que la quantité de risques accumulée dans le « shadow banking » [ la finance non régulée, NDLR] a beaucoup augmenté, le système financier dans son ensemble est beaucoup plus sûr parce que ces risques sont moins concentrés. Ils sont distribués entre une multitude d’acteurs. Une technologie comme la blockchain peut-elle bouleverser l’activité de Goldman Sachs, alors que vous vous positionnez comme une société technologique ? Cette technologie permettant d’authentifier des transactions de manière décentralisée, elle peut avoir des conséquences sur toute activité impliquant un tiers de confiance. En l’occurrence, nous ne sommes pas dans le métier des paiements ou de la compensation qui sont les plus ciblés. Plus globalement, les nombreuses innovations technologiques disruptives qui émergent actuellement et les fintech qui s’en emparent représentent une opportunité de faire notre métier plus vite, à moindre coût et même d’ouvrir de nouveaux champs d’expertise. Notre métier ne cesse d’évoluer, mais il ne change jamais complètement. Goldman Sachs reste avant tout une banque, mais quand je dis que nous sommes une société technologique, cela signifie que les technologies sont dans notre ADN. Elles mobilisent d’ailleurs un tiers de nos équipes et ce n’est pas nouveau. Estimez-vous toujours « faire le travail de Dieu » ? Je crois que cette expression me poursuivra longtemps ! L’activité centrale de Goldman Sachs consiste à réunir du capital pour lancer de nouvelles entreprises ou en aider d’autres à se développer pour, in fine, créer des emplois. S’il existe une force supérieure dans ce monde, elle apprécierait ce type d’activité ! Quel est votre point de vue sur la France ? La France a créé des champions mondiaux et bénéficie d’une main-d’œuvre très qualifiée. C’est aussi un marché important pour nous, parmi les six premiers au plan mondial, et Paris a été la ville où nous avons ouvert notre premier bureau en Europe continentale en 1987. Il y a, bien sûr, des défis et des problèmes à régler, mais le pays peut s’appuyer sur des atouts réels, comme la qualité de ses infrastructures, des talents très nombreux et une position unique au cœur de l’Europe, pour soutenir son attractivité. Nos prévisions sont positives pour la France sur les prochains mois et nous estimons que la croissance du PIB en France devrait être supérieure à celle de l’Allemagne pour 2017. Nous pronostiquons même la victoire de la France à l’Euro 2016 ! n Vendredi 10, samedi 11 juin 2016 Les Echos , Budget de l’Etat 2015 : 372,6 milliards d’euros // PIB 2014 : 2.132,4 milliards d’euros (à prix courants) // Plafond Sécurité sociale : 3.218 euros/mois à partir du 01-01-2016 // SMIC horaire : 9,67 euros à partir du 01-01-2016 // Capitalisation boursière de Paris : 1.196,9 milliards d’euros (au 06-01-2016) // Indice des prix (base 100 en 1998) : 127,95 en décembre 2015 // Taux de base bancaire : 6,60 % à partir du 15-10-2001 // Taux de chômage (BIT) : 10,2 % au 3e trimestre 2015 // Dette publique : 2.103,2 milliards d’euros (fin du 3e trimestre 2015) Les chiffres de l’économie À L’ÉTRANGER INONDATIONS POUR VALLS, « QUELQUE CHOSE N’A PAS FONCTIONNÉ » SUR L’A10 ALLEMAGNE TOLLÉ PARLEMENTAIRE CONTRE LE PRÉSIDENT TURC ERDOGAN Manuel Valls a reconnu jeudi que « quelque chose n’a[vait] pas fonctionné » sur l’autoroute A10 lors des inondations qui ont touché le centre de la France, en annonçant plusieurs évaluations sur les infrastructures de transports et les canaux. La réouverture totale de l’autoroute A10, dont plusieurs tronçons ont été fermés à la circulation la semaine dernière, « est envisagée dans les prochains jours », a annoncé jeudi la société concessionnaire Vinci Autoroutes. Les récents propos de Recep Tayyip Erdogan sur des élus du Bundestag d’origine turque passent mal. Qu’un président puisse, au XXIe siècle, avoir « des doutes sur leurs origines turques, décrive leur sang comme corrompu, je n’aurais pas cru ça possible », a dit le président du Bundestag, Norbert Lammert. Pour le président du Parlement européen, Martin Schulz, ses attaques peuvent « endommager durablement les relations » de la Turquie avec ses partenaires. TERRORISME MOHAMED ABRINI SERA LIVRÉ À LA FRANCE MAIS « PAS DANS L’IMMÉDIAT » LIBYE L’ÉTAU SE RESSERRE SUR LA VILLE DE SYRTE, FIEF DE L’EI La justice belge a approuvé jeudi le principe d’une remise à la France du Belge d’origine marocaine Mohamed Abrini (photo), mis en cause dans les attentats du 13 novembre à Paris. Mais comme cet homme de trente et un ans est soupçonné d’être impliqué dans les attaques du 22 mars à Bruxelles, il ne sera pas livré « dans l’immédiat », selon le parquet fédéral. JUSTICE UN SIXIÈME SUSPECT ARRÊTÉ POUR LA VOITURE DE POLICE INCENDIÉE Un nouveau suspect a été arrêté mercredi soir à Paris dans l’enquête sur l’attaque d’une voiture de police, incendiée le 18 mai à Paris par des manifestants alors que deux agents étaient à l’intérieur. Il a été placé en garde à vue. Cinq suspects proches de la mouvance antifasciste sont déjà mis en examen dans cette affaire. MIGRANTS LA BELLE-MÈRE DE SARKOZY VA ACCUEILLIR DES RÉFUGIÉS SYRIENS La belle-mère de Nicolas Sarkozy, Marisa Bruni Tedeschi, va accueillir des réfugiés syriens chez elle, a-t-elle indiqué dans un entretien publié jeudi par « Ici Paris ». La mère de Carla Bruni a annoncé qu’elle allait accueillir « avant l’été, trois Syriens. Deux adultes et un enfant ». « J’ai de la place », a souligné l’actrice et pianiste italienne âgée de quatre-vingtsix ans qui vient de publier son autobiographie, « Mes chères filles » (Robert Laffont). L’ultime hommage à MohamedAli à Louisville L’armée libyenne a pris le contrôle des accès maritimes de Syrte, fief de l’organisation Etat islamique (EI) en Libye, empêchant les djihadistes de fuir par la mer face à l’offensive des forces du gouvernement d’union nationale, a déclaré jeudi un responsable. La ville est désormais encerclée de toutes parts. Par ailleurs, les avions de l’armée de l’air du gouvernement d’union ont bombardé des positions de l’EI dans le centre de la ville. AFRIQUE DU SUD PEINE DE PRISON CONFIRMÉE POUR BOB HEWITT De jeunes fans se recueillent devant une photo du célèbre boxeur Mohamed Ali dont les funérailles à Louisville (Kentucky), savillenatale,sontprogramméessurdeuxjours.Lacérémoniefunérairederitemusulmans'estdérouléejeudiauFreedom Hall, où Ali a livré un combat en novembre 1961. Quelque 15.000 personnes y étaient attendues. CORRÈZE FRANÇOIS HOLLANDE REND HOMMAGE AUX « 99 PENDUS DE TULLE » François Hollande est allé jeudi en Corrèze pour rendre un hommage aux « 99 pendus de Tulle » exécutés par la division SS Das Reich le 9 juin 1944. Le chef de l’Etat, qui n’a jamais dérogé à ce pèlerinage depuis 1987 et ses premiers pas politiques dans son fief électoral corrézien, l’effectue pour la cinquième et dernière fois au cours de ce mandat présidentiel. LA PHOTO DU JOUR Photo : David Goldman/AP/Sipa Gordon Harnols/AFP Belga/Federal police/AFP EN FRANCE // 13 Bob Hewitt (photo), l’ex-champion de tennis australo-sud-africain, va être emprisonné en Afrique du Sud après avoir perdu en appel jeudi dans une affaire de viol sur des adolescentes qu’il avait entraînées dans les années 1980 et 1990. Il a été condamné en mai 2015 à six ans de prison. La Cour suprême d’appel a estimé que son âge (soixante-seize ans) « n’interdisait pas la peine de prison ». LIBERIA L’ÉPIDÉMIE D’EBOLA EST OFFICIELLEMENT TERMINÉE La dernière résurgence d’Ebola au Liberia, ultime pays encore touché par l’épidémie qui a ravagé une partie de l’Afrique de l’Ouest, est terminée, ont annoncé jeudi le ministère libérien de la Santé et l’Organisation mondiale de la Santé. Le pays entame maintenant une période de quatrevingt-dix jours de surveillance accrue, pour s’assurer que tous les nouveaux cas soient vite identifiés et contenus. ÉTATS-UNIS BERNIE SANDERS PRÊT À TRAVAILLER AVEC HILLARY CLINTON Bernie Sanders a annoncé, jeudi, après avoir été reçu par Barack Obama à la Maison-Blanche, qu’il r e n c o n t r e r a i t s a r i va l e H i l l a r y Clinton prochainement pour œuvrer ensemble à la défaite du républicain Donald Trump à la présidentielle du 8 novembre. Il a aussi confirmé qu’il restait en lice pour les toutes dernières étapes des primaires démocrates. ON EN PARLE À JÉRUSALEM Liebermanconnaîtsonbaptêmedufeusécuritaire Après une attaque terroriste à Tel-Aviv, le nouveau ministre de la Défense doit faire ses preuves. chocolat, faisant quatre morts et une quinzaine de blessés. L’attaque meurtrière s’est produite dans l’enceinte du marché Sarona, l’un des lieux les plus populaires de la ville, composé de cafés ainsi que d’aires de jeux pour enfants, et situé à quelques encablures du quartier général de l’état-major de l’armée israélienne. Ce premier acte de terreur du Ramadan fait figure de test grandeur nature pour Avigdor Lieberman, le nouveau ministre de la Défense. Dénué d’expérience militaire, contrairement à son prédécesseur, Moshe Ya’alon, et connu pour ses positions musclées, le leader du parti ultranationaliste Israël notre maison a été investi Nathalie Hamou — Correspondante à Tel Aviv C ertains Israéliens commençaient à croire que le cycle de violence initié à l’automne était terminé. Après quelque 140 attaques palestiniennes au couteau ou à l’armeàfeu,quiontcoûtélavieà 31 Israéliens, 4 étrangers, et 207 Palestiniens (dont plus de 130 assaillants), le pays semblait connaîtreuneaccalmie.Maisce calme relatif a volé en éclats. Dans la soirée du mercredi 8 juin, en plein cœur de TelAviv, deux jeunes Palestiniens originaires du village de Yatta (au sud d’Hébron, en Cisjordanie) ont mitraillé les clients attablés à la terrasse d’un bar à AUJOURD’HUI 22 22 18 Brest Caen Rouen 22 Rennes 22 Tours 24 Poitiers Paris 23 Orleans 24 Nantes 23 Limoges 23 Bordeaux 18 Bayonne 26 Brive avec 22 Reims 23 Dijon 25 ClermontFerrand 22 27 Perpignan Retrouvez la meilleure info météo sur TV - MOBILES - INTERNET SAMEDI 14/19 15/17 Belfort 19/25 13/20 26 Lyon 14/18 13/18 25 Grenoble DIMANCHE Marseille 26 12/19 12/21 25 Nice 26 Montpellier 15/21 14/19 24 Strasbourg 29 Avignon 27 Toulouse 15/22 23 Metz 22 22 Nancy Troyes 23 Bourges qualifiée d’« acte héroïque » par le chef politique du Hamas au pouvoir à Gaza, et condamnée par le président palestinien, entraînera d’autres mesures de nature à avoir une réelle efficacité contre le phénomène des « loups isolés ». « La réaction des dirigeants israéliens devrait se concentrer sur l’achèvement de la barrière de sécurité qui a prouvé son efficacité mais comporte des brèches en certains endroits comme au sud d’Hébron, selon Barak Ben-Zur, un ancien responsable du renseignement intérieur. Pour le reste, l’approche pragmatique a jusqu’ici prévalu au sein des gouvernements de droite et il n’y a pas de raisons que cela change. » n LA MÉTÉO 23 Lille 22 Amiens 25 voilà moins de quinze jours. « Nous n’allons pas nous contenter de lancer des paroles en l’air », a-t-il réagi au lendemain de l’attaque et juste avant de rejoindre la réunion du cabinet de sécurité du gouvernement de Benyamin Netanyahu. Israël a annoncé le déploiement de renforts militaires autour d’Hébron. Les autorités ont surtout décidé de geler les 83.000 permis d’entrées qui venaient d’être délivrés aux Palestiniens de Cisjordanie à l’occasion du Ramadan, notamment pour effectuer des visites familiales. Lieberman a ordonné également la confiscation des corps de Palestiniens tués au cours d’attentats. Reste à savoir si l’attaque, qui a été 15/26 15/17 24 Bastia 25 Ajaccio 14/18 15/19 14/20 18/21 21/26 LUNDI lachainemeteo.com AILLEURS AMSTERDAM CE JOUR 13/20 SAMEDI 13/20 DIMANCHE 16/20 ATHÈNES BERLIN 20/25 17/28 19/30 BRUXELLES 12/21 12/21 14/21 15/21 15/21 15/19 DUBAI 30/36 32/38 33/37 FRANCFORT 16/23 15/21 16/21 HONGKONG 28/29 28/29 28/29 ISTANBUL LONDRES 18/21 14/22 16/25 15/20 20/28 14/18 MADRID 19/28 17/29 18/32 MILAN 18/27 18/24 18/25 MOSCOU 6/17 8/15 10/13 NEW YORK RIO DE JANEIRO 14/24 18/21 17/26 20/20 17/22 18/20 SAN FRANCISCO 13/18 13/21 13/21 SHANGHAI 23/27 24/29 23/27 SINGAPOUR 29/32 30/31 29/31 SYDNEY 14/19 10/17 11/15 TOKYO 21/29 20/29 20/26 TORONTO 12/21 14/24 16/25 15/20 12/18 13/17 ZURICH Vendredi 10, samedi 11 juin 2016 www.lesechos.fr La municipalité a passé des partenariats pour le développement de deux applications touristiques. // P. 26 DEVISES EUR/GBP 0,783 EUR/JPY 1,2064 EUR/CHF 1,0914 GBP/USD 1,4451 USD/JPY 1,066 USD/CHF 0,9645 TAUX EONIA -0,333 LIFFE EURIBOR 3 MOIS -0,264 OAT 10 ANS 0,345 T-BONDS 10 ANS 1,6833 INDUSTRIE & SERVICES MOUVEMENTS SOCIAUX DERNIÈRE HEURE Air France espère limiter l’impact de la grève des pilotes. Airbus achèveson désengagement du capitalde DassaultAviation // P. 16 À P. 18 ET L’ÉDITORIAL DE DAVID BARROUX P. 8 DR L’ORÉAL Quand les fournisseurs d’énergie offrent des ampoules LED Véronique Le Billon @VLeBillon Le géant mondial invente les services de demain pour doper le marché de la beauté. // P. 20 FONCIA Le gestionnaire de biens vendu 1,8 milliard d’euros à un duo suisso-canadien. // P. 21 AUTOMOBILE Dumping chinois : les industriels du pneu se rebiffent. // P. 22 HIGH-TECH & MÉDIAS TÉLÉVISION Le groupe Airbus a annoncé jeudi soir avoir engagé la cession des 23,6 % qu’il détient encore dans Dassault. Photo Eric Piermont/AFP Après le rejet de son alliance avec BeIN, Canal+ va devoir faire cavalier seul. // P. 25 Airbus a annoncé, jeudi, la cession d’une troisième et dernière tranche de sa participation au capital de Dassault Aviation. INTERNET Les gares françaises font leur entrée dans Google Maps. // P. 25 PME & RÉGIONS AFP Bruno Trévidic [email protected] CULTURE Branle-bas de combat aux Archives nationales. // P. 27 FINANCE & MARCHÉS ASSURANCE La Maif vient bousculer les banques en lançant son agrégateur. // P. 29 BANQUE Ce que les établissements attendent de la signature électronique 2.0. // P. 30 Deux ans presque jour pour jour après la décision de Tom Enders de vendre les 46,3 % de Dassault Aviation détenus par l’ex-groupe EADS, Airbus Group est sur le point d’achever son désengagement. Après la vente de deux premières tranches, en 2014 et 2015, le groupe d’aéronautique et défense a en effet annoncé jeudi soir avoir engagé la cession des 23,6 % qu’il détient encorechezlefabricantduRafaleetdesFalcon.Uneopérationrégléecommedupapier à musique, qui aurait rapporté, au total, quelque 5 milliards d’euros à Airbus. Et ce en parfait accord avec l’actionnaire principal, le holding familial Dassault, qui en aura profité pour renforcer encore son contrôle sur l’entreprise familiale tout en augmentant sa valorisation. Et avec la bénédiction de l’Etat français, qui s’est assuré de pouvoir protéger les intérêts du pays chez les fabri- cants du Rafale, sans bourse délier. Comme pour la première tranche, en décembre 2014, la vente des 23,6 % pour 1,7 milliard d’euros restants s’effectue à travers un placement privé, réalisé pour partie par un rachat d’actions par Dassault Aviation et, pour le reste, par l’émission d’obligations convertibles. De quoi permettre à Airbus de céder la totalité de ses parts, « tout en conservant une exposition à la hausse sur les actions sousjacentes aux obligations », explique le communiqué. « En cas d’échange de l’intégralité des obligations ou d’exercice de l’option de remboursement en actions, Airbus Group ne détiendra plus aucune action Dassault Aviation ni aucun droit de vote », souligne Airbus Group. Une longue histoire C’est le point final d’une longue histoire d’intérêts divergents et de consolidation inachevée. Héritée de l’Aerospatiale cette participation de 46,3 % dans Dassault Aviation aurait dû servir de base au regroupement des savoir-faire européens en matière d’avions de combat. Mais la France ayant finalement préféré continuer son cavalier seul avec le Rafale, face à l’Eurofighter, EADS s’était retrouvé, dès sa création, strictement cantonnée à un rôle d’actionnaire dormant, voire de portage pour le compte de l’Etat français, au tour de table de Dassault Aviation. Même le projet d’un drone de combat européen n’avait pas permis de ranimer la coopération entre Dassault et EADS, A son arrivée à la tête d’EADS, Tom Enders, par ailleurs en recherche de liquidité pour financer le retrait des deux actionnaires de référence, Daimler et Lagardère, en avait donc tiré les conséquences, en lançant le processus de vente. Pour le grand bonheur de Serge Dassault, très désireux de se débarrasser d’un actionnaire inutile doté d’une minorité de blocage, et d’augmenter le flottant de son groupe. La seule condition était de trouver un accord permettant de préserver les intérêts français, au cas où le holding Dassault serait amené à changer de mains. Pour se prémunir d’une telle éventualité, ce dernier a profité du désengagement d’Airbus pour négocier une convention avec GIMD. D’une durée de vingt ans, celle-ciapourprincipalobjetd’octroyeràl’Etat un droit de préemption sur tout transfert de titres Dassault Aviation par GIMD lui faisant franchir à la baisse le seuil de 40 % du capital de l’avionneur. Et aussi sur tout transfert de titres ultérieur en deçà de ce seuil. n INVESTISSEMENTS Saisies des biens d’un Etat : le parcours du combattant des créanciers. // P. 31 BOURSE Wall Street se rapproche de son record historique. // P. 32 LES ÉCHOS BUSINESS CARNET // P. 36 Faut-il acheter avant de vendre ? // P. 37 À P. 39 L’IMMOBILIER COTÉ DANS « LA CHRONIQUE BOURSE » À 12H ET 17H30 DU LUNDI AU VENDREDI L’opération, in fine, reste néanmoins financée par la communauté des consommateurs d’essence ou d’électricité. L’opération est cousine de celle d’EDF lancée en début d’année avec le ministère de l’Energie, pour un total de 1 million d’ampoules économes. L’offre de GEO PLC est toutefois plus souple, chaque ménage éligible pouva n t d e m a n d e r j u s q u’à 3 p a c k s d’ampoules, choisies entre plusieurs modèles. Et les ménages au-dessus du seuil de revenus permettant de recouvrer des CEE précarité pourront néanmoins acheter les ampoules, à prix bonifié (30 euros les dix). EDF a lui aussi mené plusieurs opérations de ventes de LED à prix réduit en magasin, dans le cadre de partenariats avec des fabricants (Philips, Osram...). D’autres dispositifs LES ÉCHOS PATRIMOINE IMMOBILIER SUR D i x amp o u l es LED g rat u i t es en quelques clics sur un site Internet (mesampoulesgratuites.fr). GEO PLC, une PME spécialisée dans les services d’efficacité énergétique, a présenté jeudi une opération qui devrait rapidement trouver son public : les 45 % de ménages les plus modestes, que les fournisseurs d’électricité ou de carburant (EDF, Engie, Total, Leclerc...) doivent davantage inciter, depuis le début de l’année, à réaliser des économies d’énergie (« Les Echos » du 30 décembre 2015). Ces fournisseurs ont ainsi mandaté GEO PLC pour remplir une partie de leurs obligations d’économies d’énergie : la PME a passé une commande de 2 millions d’ampoules LED, très économes en électricité, au fabricant chinois Tospo, et elle les distribuera en direct chez les clients, permettant ainsi de minimiser le coût. En échange, elle récupérera auprès de l’administration les certificats d’économies d’énergie (CEE), attestant et mesurant les efforts des fournisseurs d’énergie. AU PROFIT DES COLLECTIVITÉS LOCALES www.uniti-habitat.fr CONTACT - INFORMATIONS : [email protected] L’opération, in fine, reste néanmoins financée par la communauté des consommateurs d’essence ou d’électricité, puisque la subvention apportée par les fournisseurs d’énergie se retrouve dans leurs coûts d’exploitation. Ce dispositif ne couvrira en outre qu’une toute petite partie de leurs obligations. Les fournisseurs d’énergie, qui doivent réaliser ces efforts d’économies depuis une dizaine d’années, ont d’autres moyens de les réaliser, par exemple en proposant des primes à l’achat d’équipements vertueux ou en nouant des partenariats pour réaliser des travaux d’isolation. Après les ampoules gratuites, GEO PLC, au capital duquel se trouve le groupe de grande distribution Intermarché, a d’autres projets dans ses cartons. Il veut notamment lancer d’ici à deux mois un dispositif du même genre pour la réalisation d’isolation des combles chez les particuliers. n Paris Enigme Paris mise sur les start-up pour bien accueillir l’Euro 16 // Vendredi 10, samedi 11 juin 2016 Les Echos INDUSTRIE &SERVICES à suivre MOUVEMENTS SOCIAUX AirFranceespère limiter l’impactde la grève des pilotes Elsa Dicharry/ »Les Echos » l Selon la direction, de 70 à 80 % des vols seront maintenus samedi. l Faute d’accord avec les syndicats, la direction table sur une faible mobilisation. SNCF : après la décrue, la reprise du trafic en Ile-de-France reprendre sur la ligne C du RER, coupée depuis huit jours dans Paris, entre Austerlitz, Javel et Henri Martin, suite à la crue de la Seine. Du fait de la grève des cheminots, il n’y aura cependant qu’un train sur deux en circulation. Jeudi, les équipes de la SNCF s’affairaient pour réparer les derniers dégâts sur les installations et vérifier l’état des équipements électriques et des voies. Sur la ligne D aussi, les trains pourront de nouveau circuler entre Melun et Corbeil ce vendredi, mais à vitesse réduite. Europcar acquiert un opérateur espagnol de l’autopartage Gilles Rolle/RÉA FERROVIAIRE — Dès ce vendredi, la circulation des trains va Malgré des concessions, l’écart entre les revendications des pilotes et les dernières propositions de la direction reste important. Bruno Trévidic [email protected] TRANSPORT — Europcar, le numéro un européen de la location de véhicules, a annoncé jeudi l’acquisition d’une entreprise espagnole d’autopartage, Bluemove, à travers sa filiale Ubeeqo spécialisée dans cette activité. Actif depuis 2011, Bluemove, rassemble « 47.000 clients enregistrés » à Madrid, Séville et Malaga, a précisé Europcar. Le groupe, qui vient de lancer un emprunt obligataire de 125 millions d’euros pour financer sa croissance externe, veut « devenir la référence de la mobilité urbaine ». La perspective d’ouvrir le dimanche encore repoussée pour Galeries Lafayette DISTRIBUTION — Les Galeries Lafayette, qui attendaient une décision de justice pouvant remettre en cause la validité du droit d’opposition exercé par trois syndicats contre l’accord sur le travail dominical, vont devoir patienter, la justice ayant estimé jeudi qu’il n’y avait pas urgence. Le SCID avait été assigné au TGI en référé d’heure à heure par les Galeries Lafayette, qui contestent sa représentativité depuis qu’il s’est désaffilié de la CFDT. Après trois jours de négociations infructueuses entre les représentants des pilotes et la direction, Air France se prépare à la grève, qui débutera samedi et va se poursuivre au moins jusqu’à mardi inclus. Le PDG, Frédéric Gagey, l’a lui-même reconnu jeudi après-midi, après le rejet par le principal syndicat de pilotes, SNPL, des dernières propositions de la direction. « Notre porte reste ouverte mais, pour l’heure, la prioritéestàlapréparationdelajournée de samedi », a-t-il expliqué. Selon le dirigeant, la compagnie devrait réussir à limiter les dégâts durant cette première journée de grève, avec 70 à 80 % des vols maintenus samedi. Des messages seront envoyés aux passagers des vols annulés au plus tard 24 heures avant. « Nous porterons une attention particulière aux vols liés à l’Euro », a précisé Frédéric Gagey. Pour les jours suivants, tout dépendra de la mobilisation des pilotes.Mais,àencroireladirection, cette mobilisation serait, pour l’heure, assez faible. « Pour la jour- née de samedi, nous n’avons enregistré que 25 % de grévistes », affirme le PDGd’AirFrance.Or,laloiDiardfait obligation aux personnels du transport aérien de déclarer leur intention au moins 48 heures avant le début d’une grève. Les pilotes grévistes avaient donc jusqu’à jeudi matin 5 heures pour transmettre leur déclaration à la direction. Mais, de son côté, le SNPL chiffre à « plus de 50 % » le taux de grévistes. Rapprochements Du côté des pilotes comme de la direction, on semble pourtant estimer que les négociations avaient permis de rapprocher les points de vue. « Il est bien regrettable que la direction préfère préparer la grève, plutôt que de poursuivre les négociations, estime un porte-parole du SNPL. Nous étions proches de pouvoir aboutir à quelque chose, mais nous avons le désagréable sentiment que la direction est incapable de conclurepourdesquestionsdeprincipe». La direction d’Air France assure, elle, avoir fait des concessions pour éviterleconflit,enacceptantnotamment de passer la majoration des heures de nuit de 50 % à 45 %, au lieu des 40 % annoncés initialement. Elle s’est également dite prête à prolonger l’accord de périmètre, arrivé à échéance fin mars, qui limitait les transferts d’activité vers Hop! et les compagnies partenaires, et même à discuter du plan de développement de Transavia, ainsi que d’une possible revalorisation des rémunérations de ses copilotes de Transavia. Cependant,l’écartentrelesrevendications des pilotes et les dernières propositions de la direction reste important, notamment au sujet de la répartition de l’activité entre Air France et KLM. Si cette question – qui inquiète aux Pays-Bas (lire cidessous) – est considérée par la direction comme « légitime et perti- « Nous porterons une attention particulière aux vols liés à l’Euro. » FRÉDÉRIC GAGEY PDG d’Air France nente », selon les mots de Frédéric Gagey, il reviendra au nouveau PDG d’Air France-KLM, Jean-Marc Janaillac, de trancher la question, a-t-il souligné. Et manifestement, syndicats et direction n’ont toujours pas la même vision du problème. Selon le SNPL, Air France aurait besoin de 17 avions long-courriers supplémentaires et d’au moins 2 % de croissance par an sur les six prochaines années, pour retrouver un niveau de répartition de l’activité avec KLM conforme à l’accord de 2003, qui prévoit que les deux tiers de l’activité du groupe soient effectués par Air France, contre un tiers pour KLM. Mais, d’après les calculs de la direction, un retour au niveau de l’accord signé en 2003 nécessiterait d’augmenter de 23 % le nombre d’heures de vol chez Air France et d’ajouter 27 avions, pour un coût estimé de 4 milliards d’euros. De même, la demande du SPAF, de revaloriserde11,33 %lessalairesdes pilotes, représenterait un surcoût de 111 millions d’euros par an, selon le DRH, Gilles Gateau. ( Lire l’éditorial de David Barroux page 10 Aux Pays-Bas, l’exaspérationest àson comble DU 1 9 M A RS A U 21 J U IN 201 6 OFFREZ-VOUS 2 PAIRES pour 320€ L’association néerlandaise des pilotes fustige l’attitude de ses homologues d’Air France. Didier Burg — Correspondant à Amsterdam * NOUV ELLE S O UVERTURE S : Lau sanne, C. Cial V é l iz y 2 , C . C ial Av enu e 83 Toulon 54 point s de v ente E-SH OP fi n s b u r y- s h o e s . c o m *Voir conditions en magasin Mo dèle Jer ico Ligne Latina Marron bi-matière Telegraaf ». La Haye prend très au sérieux ces informations, au point que le ministre des Finances, Jeroen Dijsselbloem, a pris contact jeudi après-midi avec son homologue français à ce sujet. LesgriefsdesNéerlandaisàl’encontre d’Air France s’accumulent à la veille de la grève des pilotes français ( l i r e c i - d e s s u s) , e t a l o r s q u e démarre l’Euro 2016. « La direction d’Air France a perdu le contrôle de l’entreprise face à une mutinerie », s’indigne l’association néerlandaise des pilotes (VNV). Elle juge irresponsables les propos de Frédéric Gagey, patron d’Air France, pour avoir déclaré : « Les gens prendront leur voiture ou le train si les pilotes font grève. » « Actions destructrices » Les pilotes de la compagnie batave pointent eux aussi l’attitude passive de la direction parisienne pour négocier avec leurs homologues français. Quant au directeur général de KLM, il a déclaré devant des salariésque« lesactionsrevendicatives du personnel français sont destructrices alors que le groupe vient, Evolution du trafic positive Après avoir réalisé un bon volant d’économies, KLM n’a aucune envie de renflouer Air France. Photo Shutterstock d’opérer un retour aux bénéfices après des années de pertes ». En avril dernier, l’annonce du départ d’Alexandre de Juniac de son poste de PDG du groupe Air France-KLM pour rejoindre l’IATA, l’association internationale du transport aérien, avait déjà donné lieu à des règlements de comptes de la part des Néerlandais (« Les Echos » du 6 avril). Propre à renforcer les tensions, la presse locale s’est fait l’écho mercredi d’un projet des Français de « détourner » des vols de KLM vers Air France, ce qui priverait l’aéroport d’AmsterdamSchiphol d’une partie de son trafic. Des vols de KLM vers le Mexique, le Sri Lanka et Cuba seraient même déjà visés, selon le quotidien « De Car, après avoir réalisé un bon volant d’économies – même si des négociations avec les personnels au sol sont toujours en cours –, KLM n’a aucune envie de renflouer Air France. D’autant que les efforts réalisés côté néerlandais portent leurs fruits. Pour preuve, les derniers chiffres sur l’évolution du trafic au sein des deux compagnies en mai. Là où Air France a vu le nombre de ses passagers chuter de 0,3 %, KLM atransporté3,7 %depassagerssupplémentaires. Signé en juillet 2015 après huit mois de négociations sans grève, un accord a remis à plat les conditions de travail des 2.800 pilotes de KLM. Outre une augmentation des heures de vol et un gel des salaires sur trois ans, les pilotes néerlandais ont renoncé à des avantages de retraite et accepté un recul de deux ans, à 58 ans, de l’âge de départ à la retraite. n INDUSTRIE & SERVICES // 17 Les Echos Vendredi 10, samedi 11 juin 2016 Cesconflitsqui ontprisenotage l’Euro 2016etlaloitravail Antoine Boudet [email protected] Myriam Chauvot [email protected] Lionel Steinmann [email protected] Si la majorité resserre les rangs pour défendre la loi travail, l’exécutifpeineàéteindrelagrognesociale contre le texte de la ministre du Travail, Myriam El Khomri. Alors que débute ce vendredi l’Euro de football (lire pages 18-19), les mouvements sociaux restent nombreux, mais pour certains (comme celui des pilotes d’Air France, lire ci-contre) sans aucun rapport avec la loi travail. Jeudi soir, l’exécutif multipliait les déclarations rassurantes. « Soyez sûrs que les services publics seront assurés. L’Etat prendra ses responsabilités », a ainsi déclaré François Hollande à Tulle, tandis que son Premier ministre, Manuel Valls, a prévenu qu’il n’excluait « aucune hypothèse » pour acheminer les supporters versleStadedeFrance,oùsedéroulera, vendredi soir, le match d’ouverture de l’Euro 2016, FranceRoumanie. • À LA SNCF, LA FIN DE LA GRÈVE SE PROFILE Après neuf jours de grève, la fin du conflit se profile à la SNCF. Elle n’est pas forcément visible dans les chiffres : avec 7,9 % de cheminots grévistes, selon la direction, la participation au mouvement était certes en léger déclin jeudi, mais l’impact sur le trafic reste toutefois important, du fait d’une forte mobilisa- tion chez les contrôleurs et les conducteurs. En moyenne, 4 TGV sur 5, 6 TER sur 10 et 1 train Intercités sur 2 ont circulé. Les perturbations sont également notables en Ile-de-France, avec seulement 50 % des Transilien sur les rails. Et le mouvement va se poursuivre ce vendredi, malgré le début de l’Euro.LedirigeantdelaSNCFpour l’Ile-de-France a, pour cette raison, demandé aux spectateurs du matchd’ouvertureàParisdeserendre « le plus tôt possible » au Stade de France, expliquant que la ligne ne sera pas « en condition normale de desserte ». Mais les signes observés dans les assemblées générales témoignent d’une certaine lassitude. Selon l’AFP, la grève a été revotée pour 24 heures dans toutes les gares ou établissements franciliens (sauf par les contrôleurs de la gare de Lyon), à Marseille, Saint-Etienne, B ourg-en-Bresse, Amiens ou encore en Bretagne. Mais les scrutins ont été plus serrés que la veille, comme à Nantes par exemple où 58 % des votants se sont prononcés pour la reconduction, contre 95 % la veille. Surtout, la CGT, qui officiellement ne donne pas de mot d’ordre, diffuserait selon plusieurs sources dans les assemblées générales des consignes de suspension de la grève. Par ailleurs, les assemblées générales des zones Paris Nord et ParisSud-Est,quisontpourtantdes bastions très syndiqués, ont, selon SUD, revoté la grève pour vendredi, jour de l’ouverture de l’Euro, et le 14 juin, pour soutenir la grande Il a dit « Je ne suis pas sûr que bloquer les supporters soit la meilleure image que l’on puisse donner de la CGT. » PHILIPPE MARTINEZ Secrétaire général de la CGT Photo Patrick Kovarik/AFP manifestation nationale des opposants à la loi travail. Entre ces deux dates, les cheminots vont « reprendre le travail ». Du coup, l’annonce par les syndicats que les RER B et D, qui desservent le Stade de France seront « massivement en grève » pour le match d’ouverture a des airs d’un baroud d’honneur. LA GRÈVE DES POUBELLES •RECONDUITE JUSQU’AU 14 JUIN Pour la Fédération CGT des services publics, la place du projet de loi travail est dans les poubelles et pour l’y mettre, la grève des ordures se durcit. Certes, elle reste limitée au personnel des régies publiques, le secteur privé étant peu touché. Mais en revanche, jeudi, la grève s’est installée pour durer. « A Ivry, où se trouve le principal garage de bennes de Paris et le plus gros incinérateur de France, les éboueurs et leschauffeursontvotécetaprès-midi la reconduction de la grève jusqu’au 14 juin », souligne Christophe Couderc, secrétaire national de la CGTservices publics, interrogé par « Les Echos ». Le syndicat a aussi lancé un appel à la grève dans les services de l’eau et du logement. L’ultimatum est clair : « Seule la décision d’ouvrir des négociations sur le projet de loi travail permettrait de suspendre le mouvement », indique le secrétaire national. En attendant, l’incinérateur de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) est bloqué, comme toute la collecte dans l’Ariège. Mais en ce jour d’ouverturedel’Euro2016,c’estsurtout Paris, ville d’accueil du match d’ouverture, qui est prise en otage. Dans la capitale et sa petite couronne, la situation devient critique. La majorité des centres de traitement et incinérateurs des déchets restent bloqués. « Ivry, Saint-Ouen, Issy-les-Moulineaux… les trois sont bloqués », affirme Christophe Couderc. Seule victoire de la maire de Paris, les forces de l’ordre (la BAC) sont intervenues pour débloquer le centre de tri de Romainville. Le secteur privé, qui assure la collecte dans dix arrondissements (Derichebourg, Pizzorno et Veolia), a été appelé au secours pour nettoyer les dix autres, gérés par le service public, où les poubelles débordent. « Mais il y a des limites à notre capacité de substitution, qui est le nombre de camions bennes que nous posséd o n s » , r e m a r q u e - t- o n c h e z L’annonce par les syndicats que les RER B et D, qui desservent le Stade de France seront « massivement en grève » pour le match d’ouverture a des airs d’un baroud d’honneur. Photo Jean Ayissi/AFP Pizzorno. Il reste une nuit pour faire place nette. « Dans la nuit de jeudi à vendredi, nous allons collecter non-stop, nos bennes vont refaire une tournée de 23 h 30 à 5 heures du matin après notre tournée contractuelle habituelle », témoigne Thomas Derichebourg, patron de la filiale de collecte de déchets de Derichebourg Polyurbaine, qui était déjà intervenu mercredi dans les très huppés 5e et 6e arrondissements. Malgré la course contre la montre des opérateurs privés, Thomas Derichebourg prévient toutefois, comme Pizzorno : la collecte ne pourra pas être exhaustive. Les virées nocturnes des bennes ne suffiront pas à assurer un retour à la normale. n Dudébut àlafin, legouvernement auranaviguéàvue Manuel Valls a sous-estimé la capacité de résistance des syndicats et le télescopage entre le calendrier de la loi travail et celui des négociations à la SNCF. Leïla de Comarmond @leiladeco Tordre le bras au PDG de la SNCF pour qu’il n’assouplisse pas l’organisation du temps de travail des cheminots de la SNCF comme il le souhaitait… Si quelqu’un avait dit à Manuel Valls que son gouvernement en arriverait là pour éteindre l’incendie provoqué par son projet de réforme du Code du travail, le Premier ministre l’aurait démenti avec véhémence. Et pourtant, c’est bien ce qui vient d’arriver et ce n’est pas le fruit du hasard. Dans cette affaire, l’exécutif ne peut pas renvoyer la responsabilité du conflit à la seule CGT, fût-elle radicalisée. Il a du début à la fin navigué à vue. Signe d’une perte de culture sociale chez certains socialistes, Manuel Valls a sous-estimé la capacité de résistance des syndicats. Sans doute persuadé qu’ils subissaient le même discrédit que les partis politiques, le chef du gouvernement a pensé que leur pouvoir se résumait à une capacité de nuisance et qu’il mettrait l’opinion de son côté parce que l’idée d’une réforme du Code du travail était bien accueillie dans les sondages. Le secrétaire d’Etat aux Transports, Alain Vidalies, a largement démontré ses capacités de démineur... ... et appliqué une bonne vieille recette : dialoguer et donner satisfaction sur les revendications catégorielles. Puis, confronté à une opposition de tous les syndicats, il a cru que répondre aux demandes des réformistes et empêcher ainsi l’unité syndicale casserait le mouvement. Si cela en a limité l’ampleur, c’était sans compter sur la poussée de fièvre qui a touché des secteurs clefs de l’économie. Les raffineries, où la CGT est très puissante, ont ouvert le bal sectoriel sur la seule revendication du retrait de la loi travail. L’exécutif a géré le dossier avec doigté en évitantunaffrontementviolentetl’utilisation de l’arme, très contestée à gauche, des réquisitions. Mais trois autres dossiers sont venus se télescoper avec la loi travail ; des dossiers gérés par le secrétaire d’Etat aux Transports, Alain Vidalies. Cet avocat en droit du travail côté salariés, dont le nom a circulé à chaque changement de ministre du Travail, connaît bien la matière sociale… Et les syndicats. Il a largement démontré ces derniers jours sescapacitésdedémineur,enappliquant une bonne vieille recette : dialogueretdonnersatisfactionsur les revendications catégorielles. Cela lui a permis d’éteindre un à un les incendies déjà allumés et d’en éviter d’autres. Le premier dossier, celui des routiers, a été réglé très vite : Alain Confronté à une opposition de tous les syndicats, le Premier ministre, Manuel Valls, a pensé que répondre aux demandes des réformistes casserait le mouvement. Photo Eric Feferberg/AFP Vidaliesagarantilasurviedel’organisation du temps de travail au niveau de la branche et non de l’entreprise, l’inverse de ce que prévoit le projet de loi travail. Le deuxième, celui des cheminots, a fait plus de bruit. Le moins que l’on puisse dire est que le secrétaire d’EtatauxTransports,mandatépar l’Elysée, a eu d’importantes marges de manœuvre pour négocier avec la CGT. Qu’elle signe ou non le compromisfinal,làn’estpaslaquestion, mais force est de constater que les assemblées générales de jeudi dessinent une fin du mouvement pour le début de la semaine (lire ci-dessus). Les contrôleurs aériens, en conflit depuis des mois, ont eux aussi assez obtenu pour lever leur préavis de grève. Difficile de dire si l’Euro n’aurait pas suffi à leur faire hausser le ton. Mais on peut penser qu’ils ont sûrement plus gagné, compte tenu du climat électrique. Reste deux points noirs : les pilo- tes d’Air France et les grèves chez les éboueurs. Le premier est purement corporatiste. Pas le second, ce qui le rend plus difficile à gérer, d’autant que les grévistes ont en ligne de mire l’objectif de tenir jusqu’à la manifestation nationale contre la loi travail, qui doit avoir lieu mardi dans la capitale. A SaintEtienne, un protocole de fin de conflit a néanmoins été signé, mais en région parisienne, le blocage va persister vendredi. n 18 // INDUSTRIE & SERVICES Vendredi 10, samedi 11 juin 2016 Les Echos SPORT LesBleus entamentl’Euro avecunblasonredoré l L’équipe de France a retrouvé les faveurs du public et plaît à ses sponsors. l Les Bleus restent un produit phare pour la fédération française. EURO 2016 Christophe Palierse [email protected] « Ça va mieux » : la fameuse petite phrase du président de la République colle plutôt bien à l’équipe de France de football. Deux ans après une Coupe du monde plutôt réussie au Brésil, laquelle lui avait permis de tourner la déplorable page du naufrage sud-africain de 2010, elle confirme même son rétablissement. Alors que les Bleus donnent le coup d’envoi de l’Euro 2016 ce vendredi soir en affrontant la Roumanie, nombre d’anciens grands joueurs français et étrangers interrogés dans « L’Equipe » de jeudi en font même les « favoris » de la compétition. Ils le sont aussi pour les opérateurs de paris sportifs, qui attendent beaucoup de cet Euro… Un beau parcours des Tricolores ne ferait qu’augmenter leur cote d’amour auprès d’un public à nouveau séduit. Selon la dernière enquête réalisée fin mai par TNS Sofres pour l’« Observatoire du foot »duPMU,53 %desFrançaisont une « assez bonne » voire « très bonne »imagedel’équipedeFrance, soit une progression de 7 points par rapport aux deux précédents sondages, sachant que cet observatoire est actif depuis début mars. Ce taux atteint même 81 % chez ceux se déclarant « supporters » de l’équipe de France, des fans toujours plus nombreux d’ailleurs : 51 % des Français interrogés par TNS Sofres estiment l’être, une part accrue de deux points par rapport aux deux premiers sondages de l’institut.Nonseulementl’imagede l’équipe de France n’est pas affectée par les affaires ou polémiques extra-sportives qui l’environnent, mais, encore, ses dernières victoires l’ont embellie. du collectif. Le rôle d’un bon sélectionneur est d’obtenir un “mix” entre résultats et attitude. Nous, sponsors, nous n’interférons pas dans le sportif mais nous voulons un comportement exemplaire », souligne, de son côté, Nicole Derrien, directrice de la communication et sponsoring du Crédit Agricole, un vieux partenaire de la Fédération française de football (FFF), dont elle souligne la « professionnalisation » dans ses relations avec les sponsors. Un sujet crucial pour la FFF dans la mesure où son financement dépend pour beaucoup des Bleus. L’équipe de France génère, en effet, 64,8 millions d’euros de revenus – recettes commerciales, droits TV… –, hors contrat avec l’équipementier Nike – soit 45,5 millions – « L’esprit de la gagne » 64,8 « Le public fait la différence entre l’individu et l’équipe, et encore plus entre l’individu et le sponsor », rappelle Benoît Cornu, directeur de la communication du PMU, l’un des cinq partenaires majeurs de la Fédération française de football avec le Crédit Agricole, EDF, Nike et Volkswagen. « Didier Deschamps a apporté l’esprit de la gagne, le sens MILLIONS D’EUROS Ce que génère l’équipe de France en revenus (recettes commerciales, droits TV…), hors contrat avec l’équipementier Nike. suruntotalderessourcesdelafédération de 212,9 millions pour la saison 2016-2017. Visibilité La FFF a toutefois de la visibilité sur ses moyens avec notamment ses partenariats commerciaux calés sur le cycle de la Coupe du monde, soit 2014-2018 pour les contrats en cours. Surtout, le football, sport numéro un en France, et les Bleus restent des supports d’image particulièrement efficients. L’exemple de KFC, un nouveau venu dans la maison FFF, est éclairant. Son directeur général France, Frédéric Levacher, qualifie de « décision stratégique » le récent partenariat de l’enseigne de restaurationrapide.Ilentiredéjàun bilanpositif,évoquantun« accélérateur de proximité » pour cette marque « très américaine » en plein développement. Comme le relève le directeur général de Havas Sports & Entertainment France, Gilles Portelle, « un Euro positif profiterait au sport en général et au football en particulier ». Même si, pointe Gilles Dumas, le coprésident de Sportlab, « le foot a perdu de sa toute-puissance du tout début des années 2000 ». n Recordattendudans les parissportifs Les opérateurs s’attendent à une activité supérieure à celles de l’Euro 2012 et du Mondial 2014. La FDJ et le PMU ont un différend avec Google. L’Euro 2016 s’annonce particulièrement prometteur pour les opérateurs de paris sportifs. Le total des mises attendu par les professionnels s’élève à au moins 150 millions d’euros s’agissant des sites de paris en ligne agréés, à comparer à 30,8 millions pour l’Euro 2012 et à 109 millions pour la Coupe du monde de 2014. Commelesoulignenéanmoinsla directrice générale de Betclic Everest Group – le numéro un français avec Betclic –, Isabelle Andrès, le résultat final « va aussi dépendre du parcours » de l’équipe de France, qui fait office de favori numéro un des opérateurs. De son côté, la Française des Jeux (FDJ), qui a le monopole pour la prise de paris en réseau et réalise l’essentiel de son activité avec ses points de vente, table sur un cumul d’au moins 200 millions avec ses deux canaux, soit davantage, là encore, que pour le Mondial brésilien 2014 (192 millions). La FDJ, mais également le PMU, entame, cependant, cet Euro avec unpetitcailloudansleschaussures. Comme vient de le rapporter « La lettre de l’Expansion », le journal « L’Equipe » a été récemment mis en demeure par Google d’une éventuelle exclusion à compter du 10 juin de sa boutique virtuelle d’applicationsAndroïddansl’hypothèse où serait maintenu le référencement de la FDJ et du PMU, deux partenaires depuis fin 2015. A la FDJ, pourtant partenaire de Google – leur accord concerne essentiellement YouTube –, on ne cache pas avoir « été surpris du caractère péremptoire de Google, à quelques jours d’un é vénement majeur [l’Euro, NDLR] ». Même son de cloche au PMU. Position dominante Chez Google France, où « on ne s’exprime pas sur les cas individuels », on rappelle que sa règle en matière d’applications mobiles prohibe les jeux d’argent. Ce que ne fait pas, en revanche, la régie publici- taire du mastodonte de l’Internet, Google AdWords… « C’est complètement hypocrite », lâche un protagoniste. En clair, Google, qui a prévenu « L’Equipe » le 10 mai, privilégierait, in fine, sa régie publicitaire fort d’une position dominante. Une analysequelePMUfaitsienned’ailleurs puisqu’ils’apprêteàsaisirletribunal de commerce de Paris. Sur le plan opérationnel, la FDJ semble moins pénalisé. Elle profite desonmonopole«endur».Elledispose également d’une possible alternative avec son application Parions Sport, qui permet de préparersonparietdelefinaliserenpoint de vente. Egalement interrogé par « Les Echos », « L’Equipe » ne fait pas de commentaire à ce stade. — C. P. Campsde base:la RoumanieàOrry-la-Ville L’équipe des « Tricolorii » s’est installée au Mont Royal Chantilly, un prestigieux établissement 5 étoiles. Guillaume Roussange — Correspondant à Amiens Pour le match d’ouverture de l’Euro 2016 de football, la France affrontera la Roumanie ce vendredi soir au Stade de France. Certes, les Bleus, donnés parmi les favoris de cette compétition, ont de grandes chances de l’emporter face aux « Tricolorii », emmenés par le capitaine Vlad Chiriches. L’équipe pourra toutefois compter sur le soutien des supporters du maillot jaune. Plus de 150 d’entre eux, venus de France mais aussi spécialement de Roumanie, avaient d’ailleurs fait le déplacement pour assister au match d’entraînement public organiséle5juindernier,austademunicipal d’Orry-la-Ville, dans le sud de l’Oise. Parmi les 66 sites proposés par le comité d’organisation, la Roumanie a choisi de résider au Mont Royal Chantilly, un prestigieux établissement 5 étoiles, situé aucœurdelaforêtdeChantilly,àLa Chapelle-en-Serval. La délégation roumaine, parmi les premières arrivées en France, y a pris ses quartiers dimanche dernier. Doté des équipements nécessaires à la préparation, comme un spa, une piscine couverte ou une salle de fitness, cet établissement présente aussi l’intérêt d’être situé à une demi-heure de l’aéroport Charlesde-Gaulle, guère plus du Stade de France, et à moins de deux kilomètres du stade d’entraînement d’Orry-la-Ville. Aux couleurs de l’Euro Pour l’occasion, celui-ci a fait l’objet de quelques travaux assurés par la Fédération française de football. « L’installation est en bon état et n’a pas nécessité de gros travaux. Elle a justeétémiseauxcouleursdel’Euroet Stade d’entraînement d’Orry-la-Ville. Pour l’occasion, il a fait l’objet de quelques aménagements. Photo Kenzo Tribouillard / AFP la pelouse a été aérée », témoigne Henri Herry, maire (SE) d’Orry-laVille. Pour la petite commune de 3.500 habitants, l’arrivée des Roumains constitue un événement. 350invitationsontétéadresséesaux clubssportifslocauxafindepermettre à leurs membres d’assister au premier entraînement. Après avoir vujouer,enjanvier2015,lematchdu Variétés Club de France au bénéfice de « Charlie Hebdo » et donc un des premiers entraînements avant l’Euro, la commune souhaiterait mettre à profit sa situation géographique pour accueillir d’autres matchs de préparation. « Un deuxième hôtel 4 étoiles est en cours de construction à proximité immédiate du site », souligne l’édile. Celui-ci entend ainsi rentabiliser un équipement dont les frais de fonctionnement avoisinent 200.000 euros par an pour la communauté de communes, dont la moitié payée par Orry-la-Ville. n Hollande rêve d’un « belévé pour changer d’atmosphère Sous pression, le chef de l’Etat joue gros. S’il rêve d’une victoire des Bleus, il a surtout une obligation : que l’Euro se déroule bien. Pierre-Alain Furbury @paFurbury C’est le 24e homme de l’équipe de France et ce n’est pas pour lui déplaire. François Hollande en a même le maillot, floqué à son nom avec ce numéro. Féru de football, le chef de l’Etat l’a obtenu dimanche dernier des mains de Didier Deschamps et du capitaine Hugo Lloris, lorsqu’il est allé soutenir les Bleus à Clairefontaine. « Le pays peut être heureux avec vous alors que nous vivons des difficultés […] Vous êtes la France, toute la France », leur a-t-il lancé, rappelant : « L’attente est forte, l’ambition est élevée. » Pour lui aussi. Comme le Onze tricolore, celui qu’une partie de ses conseillers ont rebaptisé « Aimé Jacquet » (l’entraîneur français lors de la Coupe du monde de 1998 en France, décrié jusqu’à la victoire finale) joue une partie importante. Non pas que le président, qui a prévu d’assister à tous les matchs du Onze tricolore et à la finale, croie que l’Euro puisse le relancer dans les sondages et changer, à lui seul, la donne pour 2017. « Tabler sur la compétition pour doper sa popularité, ça serait faire un pari risqué. Digne de l’inversion de la courbe du chômage ! » s’amuse un hollandais. La victoire de la France en 1998 et lors de l’Euro 2000 avait bien eu un effet sur la cote de Jacques Chirac, maisilavaitétédetrèscourtedurée. « Ce n’est pas là-dessus que se joue la crédibilité d’un président. Sinon Tony Parker serait à l’Elysée », relève un membre du gouvernement. Le véritable enjeu est ailleurs. Dans un contexte dominé par la menace terroriste et les grèves contre la loi travail, François Hollandemisesurce« belévénementqui doit rassembler » pour redonner le sourire « aux vieux coqs gaulois dépressifs »(dixitundéputé)etinsufflerdanslepaysunpeudefiertéetde confiance. Et favoriser, ce faisant, ce « climat positif » qu’il peine à installer.Outrelesretombéeséconomiques, « la France qui gagne, même en football, ça peut s’intégrer dans le discours du “ça va mieux’’ », explique un secrétaire d’Etat, quand un ténor de la majorité y voit un élément de « luminothéraphie » pour « changer d’atmosphère et sortir de l’hiver ». « Un pays fier et rassuré, ça peut avoir un impact », renchérit un hollandais, rêvant que les Français « rendent à César ce qui est à César ». Entre « devoir et espoir » L’essentiel pour François Hollande est donc que la compétition ne soit pas longtemps perturbée par le conflit social et, surtout, se déroule sans drame. « Il a un devoir : que tout se passe bien. Et un espoir : que ce soit une grande fête populaire », dit-on à l’Elysée, où l’on veut montrer quelaFrance estàlahauteurde l’événement, malgré les difficultés. Question d’image. C’est important pour l’attractivité de l’Hexagone et pour ne pas faire voler en éclats la candidature de Paris pour les JO de 2024. Mais la situation est à ce point tendue et son impopularité est telle queleprésidentapeut-être,lui,plus à perdre qu’à gagner. « Si ça se passe bien, prévient un proche, les Français diront qu’on a fait notre boulot. Sinon, ils nous le reprocheront. » 4 À NOTER Depuis 2014, François Hollande est conseillé sur les dossiers sportifs par Nathalie Iannetta, ancienne présentatrice d’une émission de foot sur Canal+. INDUSTRIE & SERVICES // 19 Les Echos Vendredi 10, samedi 11 juin 2016 Les taxispassentauvert l De plus en plus de chauffeurs roulent en voiture hybride ou électrique. l Pour l’instant, faute de concurrence, c’est surtout Toyota qui en profite. MOBILITÉ Julien Dupont-Calbo @jdupontcalbo nement » e Il a dit Sur le coup, c’est Uber qui embraie derrière la concurrence. Dans le sillage des taxis, la firme de Travis Kalanick vient de lancer un nouveau service à Paris. Baptisé « UberGREEN », celui-ci permet au client de commander depuis son téléphone une voiture hybride ou électrique, pour le prix d’une course haut de gamme. « On remarque sur lesujetunecertaineémulation »,sourit Yann Ricordel, le patron des Taxis Bleus. Sa société propose le concept depuis 2008 (les « Taxis Verts », forcément, 600 voitures, dont une dizaine sont électriques), tandis que G7 revendique une flotte de 3.000 véhicules. « Mais, en ce moment, les choses s’accélèrent », pointe-t-il. Il suffit d’aller voir une station pour se rendre compte du phénomène.L’airderien,taxisetVTCsemblent se mettre pour de bon à la voitureverte.Alesentendre,cen’estpas tant une question de protection de la planète que de conditions de travail… « Le soir, on n’a plus la tête en vrac »,constateunchauffeurroulant en véhicule hybride, soulagé et heureux de ne plus sentir les vapeurs de carburant lui monter à la tête, de ne plus subir les vibrations du moteur, de ne plus entendre le bruit de la mécanique toute la journée. Et puis, ajoute notre chauffeur, il y a la question de la facture et du carburant. « Cela coûte moins cher à l’usage », calcule-t-il. C’est sûr, lui ne reviendra pas à la voiture thermique.D’autantquelecadreréglementaire pousse les taxis et les VTC vers des voitures moins polluantes. A Paris,parexemple,ilspeuventbénéficier d’un solide coup de pouce 6.300 EUROS Le coup de pouce versé pour l’achat d’un véhicule électrique par la ville de Paris, 4.000 euros pour un hybride rechargeable. « Nous devons être à la hauteur de ce grand événement. Tous les regards vont être tournés vers nous. » FRANÇOIS HOLLANDE PhotoShutterstock ` dossier •« UnNotre Euro bleu-blanc- rouge » sur lesechos.fr/dossier Un diaporama « Foot : les précédents vainqueurs de l’Euro » sur lesechos.fr/diaporama Notre infographie animée « L’Euro 2016 en chiffres » sur lesechos.fr/lesechosplus/index Une carte des stades de l’Euro 2016 sur lesechos.fr/lesechosplus/index • • • encore trop habitués à leur grande berline haut de gamme », souffle Yann Ricordel, qui multiplie les séances d’essai avec les chauffeurs. « Onattendavecimpatiencedesvéhicules électriques au bon prix, et avec la bonne autonomie », dit-il. En attente de nouveaux modèles Pour l’instant, l’offre est assez limitée. La ZOE de Renault est trop petite pour embarquer des passagers avec leurs bagages, la Nissan Leaf aussi. En attendant de nouveaux modèles (lire ci-dessous), les quelque 57.000 chauffeurs français TRANSPORT Lionel Steinmann @lionelSteinmann Suspendu en juillet dernier, puis définitivement enterré deux mois plus tard, UberPOP continue d’alimenter la chronique judiciaire. Le tribunal correctionnel de Paris a condamné jeudi Uber France à 800.000 euros d’amende, dont 400.000 avec sursis, pour avoir lancé ce service qui mettait en relation des clients avec des chauffeurs amateurs, au volant de leur propre véhicule. UberPOP avait déjà valu à la filiale française du géant américain une amende de 150.000 euros pour «pratique commerciale trompeuse». La société jurait que son service était du « covoiturage urbain », mais les juges avaient vu dans cet argumentaire« uneparfaitemauvaisefoi voulant s’essayer au zéro émission se tournent surtout vers Toyota et sa gamme de moteurs hybrides. « Le mouvement s’est accéléré en 2012, avec l’arrivée de la Prius 7 places », note Arnaud Martinet, le responsable occasions et entreprises France du géant japonais. L’an dernier, Toyota a séduit 1.448 taxis, ceux-ci étant devenus une cible pour le constructeur. « Ils pèsent 10 % de nos ventes sociétés. Poureux,nousavonsmisenplacedes réceptions spécifiques dans notre réseau, et nous avons aussi une garantie spéciale de trois ans et 300.000kilomètres.Lestaxissontdes rouleurs intensifs, et ils constituent une belle vitrine pour nos produits », détaille Arnaud Martinet. L’autre marque présente sur le créneau naissant, c’est Tesla. Malgré le prix (90.000 euros en moyenne), et un réseau de recharge encore limité, on compteraitenviron60taxisTeslaen circulation dans l’Hexagone. Neuf chez Taxis Verts, une petite quinzaine chez G7, une dizaine en banlieue parisienne et les autres dans le sud de la France. « C’est rentable pour un chauffeur si les clients sont business et donnent des pourboires », juge Yann Ricordel, qui attend avec impatience la Model 3. n Les«black cabs »veulentfranchir laManche Sous la houlette de Geely, le fabricant des taxis londoniens vise les onze plus grandes villes d’Europe avec un modèle électrique. La nouvelle ferait frémir la moustacheetlabarbedeBlakeetMortimer. Relancés par le chinois Geely, leur nouveau propriétaire, les « black cabs » londoniens entendent s’implanter en Europe continentale – avec un nouveau modèle 100 % électrique en guise de fer de lance, baptisé « TX5 ». L’état-major de la London Taxi Company (LTC) est venu à Paris jeudi pour présenter le concept du futur modèle, rompant avec les traditionnels moteurs Diesel, qui doit débarquer à Londres fin 2017. « A Paris, Milan ou Berlin, ce sera plutôt pour début 2018, le temps d’adapter le véhicule au volant à gauche », précise Peter Johansen, le président du constructeur. Autonomie suffisante pour l’aéroport de Roissy Pour concrétiser son nouveau plan, LTC dispose d’une enveloppe de 381 millions d’euros. La moitié pour la construction à Coventry d’un centre R&D et d’un site d’assemblage d’une capacité de 36.000 taxis par an. « Les machines sont en train d’être installées », explique Peter Johansen. L’autre moitié du budget est consacrée au développement du TX5. Le futur modèle 100 % électrique, TX5, devrait débarquer à Londres fin 2017, à Paris, Milan et Berlin en 2018. Photo LTC Dessiné à Barcelone dans le studio européen de Geely (qui possède aussi Volvo), l’engin, robuste, doit d i s p o s e r d ’u n s y s t è m e p o u r accueillir les personnes handicapées et présenter une autonomie suffisantepourunejournéedecourses. « Il n’y aura aucun souci pour aller jusqu’à Roissy », promet Michael Gordon, le directeur commercial de la société. Au pis, la voiture sera dotée d’un générateur carburant à l’essence, ajoute-t-il. Autant d’arguments qui devront, espère ce dernier, suffire à convaincre les compagnies de taxis d’adopter le TX5. « Nous, on vit grâce aux taxis depuis des décennies, nous UberPOPunenouvelle fois mis àl’amende Le tribunal correctionnel a condamné Uber pour son défunt service de transport entre particuliers. + SUR LE WEB municipal à l’achat d’un modèle électrique (6.300 euros) ou hybride rechargeable (4.000 euros). Et en ce moment,lapréfectureestentrainde recevoir les dossiers des candidats voulant obtenir l’une des 80 licences gratuites, mais non cessibles, réservées aux taxis électriques. De même, à l’instar de Londres ou d’Amsterdam, Paris passera aussi un jour prochain à des zones « basses émissions », où les moteurs thermiques classiques seront bannis, voire peut-être une interdiction des véhicules diesel. « Chez les chauffeurs, il y a ceux qui ont essayé et adopté, et ceux qui sont dissimulée derrière un discours qui se veut progressiste ». Entre-temps, une nouvelle procédure a été lancée sur la base d’une disposition contenue dans la loi Thevenoud d’octobre 2014, qui visait précisément les services de type UberPOP. C’est en s’appuyant sur ce texte que le tribunal a condamné Uber, notamment pour « organisation illégale d’un système de mise en relation avec des personnes se livrant au transport routier de personnes à titre onéreux » et « complicité d’exercice illégal de l’activité d’exploitant de taxi ». En deçà des réquisitions Les juges sont toutefois restés en deçà des réquisitions, qui demandaient 1 million d’euros d’amende, ainsi qu’une interdiction de gérer pendant cinq ans pour Pierre-Dimitri Gore-Coty et Thibaud Simphal, les deux dirigeants de la filiale. Ceux-ci ont finalement été condamnés à 30.000 euros et 20.000 euros d’amende, dont la moitié avec sursis. Un porte-parole d’Uber France a néanmoins indiqué que la société allait faire appel « immédiatement », ce qui aura pour effet de suspendre l’applica- « Cette décision n’a pas d’impact sur l’activité d’Uber en France aujourd’hui. » UN PORTE -PAROLE d’Uber France tion de la peine. « Cette décision n’a pas d’impact sur l’activité d’Uber en Franceaujourd’hui »,a-t-il,enoutre, déclaré. Après UberPOP, ce sera au tour de Heetch, une application au fonctionnement similaire, de passer devant le tribunal correctionnel, le 22 juin. Avec, à la clef, une interdiction potentielle. 4 À NOTER L’interdiction d’UberPOP en Allemagne a également été confirmée par un tribunal de Francfort jeudi. savons proposer des véhicules correspondantàleursbesoins »,poursuit-il. Chez LTC, soixante-dix ans au compteur, c’est une nouvelle vie qui semble donc avoir commencé il y a trois ans, sous la houlette de Geely. A l’époque, ce dernier n’avait eu qu’à mettre une petite quinzaine de millions d’euros sur la table pour récupérer la marque… « Nous n’avions pas le volume suffisant pour développer de nouveaux modèles. Désor- mais, on a des fonds et, en plus, on partage les savoir-faire, les technologies et les achats de composants avec Volvo », se félicite Peter Johansen. L’an dernier, LTC n’avait assemblé qu’un peu moins de 3.000 véhicules, dont une moitié destinés à l’export vers l’Asie et le MoyenOrient. Ainsi, à Bakou, en Azerbaïjan, les 1.000 « black cabs » en circulation affichent une jolie couleur aubergine. — J. D.-C. 20 // INDUSTRIE & SERVICES Vendredi 10, samedi 11 juin 2016 Les Echos L’Oréal invente les services dedemain pour doper lemarché dela beauté l Le géant mondial met au point ses innovations dans son incubateur de San Francisco. l Il vise la génération des Millennials, très influencée par les réseaux sociaux. COSMÉTIQUE Dominique Chapuis [email protected] — En Californie Un fond de teint sur mesure : adapté à son type de peau, avec plus ou moins d’agents hydratants, et la couleur désirée. Et, surtout, f a b r i q u é s o u s l e s ye u x d e l a cliente : c’est ce que propose L’Oréal dans deux points de vente aux Etats-Unis depuis octobre – il faudra attendre 2017 pour le trouver en France. Dans ce grand magasin de Los Angeles, Osato vient tester ce nouveau produit miracle. « Avec ma peau noire, j’utilisais deux fonds de teint pour avoir une bonne couvrance. J’espère avoir désormais un produit spécifique adapté à mes besoins », explique la jeune femme. Son nom : Le Teint Particulier, de Lancôme. Une technologie révolutionnaire, selon L’Oréal, qui permet en vingt minutes, après un scanner passé sur la peau, de réaliser un produit personnalisé – l’une des grandes tendances du marché du cosmétique ces dernières années. Cette mini-unité de production installée dans un magasin, grande comme une grosse machine à café, a une capacité de 700 millilitres. Mais avoir un fond de teint customisé a un prix : il faut compter 80 dollars (70 euros), alors que le produit standard tourne plutôt autour de 20 dollars. Priorité au digital Ce « process » a été mis au point par l’incubateur de L’Oréal basé à San Francisco, dans un nouveau quartier en plein développement. Loin des loyers devenus trop chers de la Silicon Valley. Le numéro un mondial des cosmétiques y a installé, fin 2012, une équipe qui invente non pas les produits, mais les services de demain. C’est grâce à eux que le champion tricolore espère faire monter ses ventes. Le digital est l’une de ses priorités : il y consacre déjà 25,5 % de ses dépenses en médias. Et l’e-commerce n’en est qu’undesnombreuxaspects.« Avec le digital, les nouveaux consommateurs sont en quête d’une expérience. C’est ce que nous devons créer ici », explique Guive Balooch, le responsable du pôle ingénieurs, biologistes, designers. Ce sont ces 25 scientifiques qui ont mis au point, en 2015, Makeup Genius pour L’Oréal Paris. Une application numérique qui permet de tester sur son visage un maquillage virtuel en temps réel,avantdepasser– oupas –commande. Vingt millions de téléchargements ont été effectués dans le monde. L’effet sur les ventes ? « Il est difficile à mesurer, indique le scientifique. Car cette application est aussi utilisée pour le fun. » L’incubateur va bientôt lancer une application destinée au vernis à ongles, avec Nail Genius pour ses marques L’Oréal Paris et Essie. C’est aux Etats-Unis que ces nouveaux services sont d’abord testés. Le marché de la beauté y est estimé à 50 milliards de dollars, tiré par le boom du maquillage. La génération des Millennials, surtout les jeunes de 18 à 25 ans, très influencés par les réseaux sociaux, en est le moteur. « Ce sont des “digital natives” nés avec une très forte culture technologique, souligne Leila Rochet-Podvin, du cabinet Cosmetics Inspiration & Création. Le phénomène des selfies a eu un effet majeur sur cette industrie. Un jeune Américainsurdeuxestprêtàpublier son portrait sur Internet, et 91 % des adolescents l’ont déjà fait. » Nouvelles tendances Le Teint Particulier de Lancôme, grand comme une grosse machine à café, produit un fond de teint sur mesure. Photo L’Oréal Ce qui a poussé les ventes de maquillage, et même fait naître de nouveaux segments de marché comme le « contouring », des produits permettant de jouer sur l’ombre et la lumière, pour réaliser une photo proche de celle d’un studio. De nouvelles tendances issues des réseaux sociaux et des blogueuses que tous les groupes de cosmétiques veulent capturer. En plus de son incubateur, L’Oréal travaille avec Google, incontournable : 45 milliards de vidéos sur la beauté sont publiées par an sur YouTube. Et 60 % des gens se renseignent sur Internet avant d’acheter un soin. Le géant mondial fournit à L’Oréal des informations sur les tendances émergentes sur le Web, ce qui lui permet de réagir rapidement. Au vu de son succès, la série de 60 épisodes montésaveclablogueuseEnjoyPhoenix pour Maybelline va être adaptée en Allemagne. Et L’Oréal Paris va lancer un grand concours sur YouTube pour choisir les dix meilleurs « followers beauté ». Participera au Salon Viva Technology, qui se tiendra du 30 juin au 3 juillet à Paris Expo. NYX, la marque plébiscitée par les « digital natives » ANNLEGALECH annonces judiciaires & légales Société Anonyme au capital de 26 641 695,20 € ZA de Courtaboeuf, 12 avenue des Tropiques, 91940 Les ULIS RCS Evry B382 096 451 – APE 5829A TVA intracommunautaire FR 13382096451 AVIS DE CONVOCATION Les actionnaires de la société PROLOGUE sont convoqués en Assemblée Générale Mixte samedi 25 juin 2016 à 14h30 à la Villa Modigliani 13 rue Delambre, 75014 Paris. Rectificatif à l’avis de réunion valant convocation paru dans le Bulletin des Annonces Légales Obligatoires du 20 mai 2016, bulletin n°61 - Dans l’avis n°1602372, sur la quatrième résolution (comptes consolidés), est rectifié le montant du résultat consolidé (part du groupe) de l’exercice qui est une perte nette de « 3 073 751 € » et non de « 2 969 977 € ». En outre l’ordre du jour est complété de la résolution suivante et ainsi modifié : ASSEMBLEE GENERALE EXTRAORDINAIRE Vingt-et-unième résolution (Réduction de capital motivée par des pertes d’un montant de 16 651 059,50 € par voie de diminution de la valeur nominale des actions de 0,80 € à 0,30 € – Modification corrélative des statuts - Ajustement des délégations en vigueur suite à la réduction de capital motivée par des pertes) L’Assemblée Générale, statuant aux conditions de quorum et de majorité requises pour les Assemblées Générales Extraordinaires, après avoir entendu la lecture du rapport du Conseil d’Administration et du rapport spécial du Commissaire aux comptes, conformément aux dispositions de l’article L. 225-204 du Code de commerce : Après avoir constaté que : – Les comptes sociaux de l’exercice clos le 31 décembre 2015, approuvés par la présente Assemblée Générale font apparaître une perte de 1 697 533,46 € affectée en totalité au compte « Report à nouveau » dont le solde ressort, après affectation du résultat dudit exercice, à un montant négatif de 17 719 244,32 € ; – Le capital social s’élève à 26 641 695,20 € et qu’il est divisé en 33 302 119 actions ordinaires d’une valeur nominale de un 0,80 €, Décide en conséquence de réduire, avec effet immédiat, le capital social à concurrence d’un montant de 16 651 059,50 € par voie de diminution de la valeur nominale des 33 302 119 actions ordinaires composant le capital qui est réduite de 0,80 € à 0,30 €, ramenant ainsi le capital social de 26 641 695,20 € à 9 990 635,70 € ; Décide d’imputer le montant de cette réduction de capital ainsi décidée, soit la somme de 16 651 059,50 € sur les pertes inscrites au compte « Report à nouveau » dont le solde débiteur se trouve en conséquence ramené de 17 719 244,32 € à 1 068 184,82 € ; L’Assemblée Générale, prend acte de ce que cette opération de réduction du capital social étant motivée par des pertes, les créanciers ne disposent pas d’un droit d’opposition ; en conséquence, cette opération de réduction du capital social motivée par des pertes peut être réalisée immédiatement ; L’Assemblée Générale constate que le capital social ainsi réduit s’élève à 9 990 635,70 € divisé en 33 302 119 actions ordinaires d’une valeur nominale de 0,30 € et procède en conséquence à la modification corrélative de l’article 6 des statuts qui qui sera désormais rédigé comme suit : « Le capital social est fixé à 9 990 635,70 € (neuf million neuf cent quatre-vingt-dix mille six cent trente-cinq euros et soixante-dix centimes), divisé en 33 302 119 (trentetrois millions trois cent deux mille cent dix-neuf) actions de 0,30 € (trente centimes d’euro) chacune, entièrement libérées. Le capital peut être augmenté ou réduit dans les conditions prévues par la loi. » En conséquence de ce qui précède et sous réserve de l’approbation de la présente résolution, l’Assemblée Générale décide que pour l’ensemble des délégations données lors de la présente Assemblée générale (résolutions n° 10 ; 12 à 15 ; et 20), le montant nominal maximal des augmentations de capital autorisé dans chacune de ces résolutions est réduit dans les mêmes proportions que la réduction de la valeur nominale des actions autorisée en vertu de la présente résolution, et fera donc l’objet d’ une division par 8/3. ASSEMBLEE GENERALE ORDINAIRE ET EXTRAORDINAIRE Vingt-deuxième résolution (pouvoirs pour formalités) Les autres points de l’ordre du jour tel que publié dans le Bulletin des Annonces Légales Obligatoires du 20 mai 2016, bulletin n°61, demeurent inchangés. Les modalités de participation à l’assemblée générale ont été publiées dans l’avis préalable de réunion paru au Bulletin des Annonces légales obligatoires du 20 mai 2016 (bulletin n°61). La ligne de référence est de 40 signes en corps minimal de 6 points didot. Le calibrage de l’annonce est établi de filet à filet. Les départements habilités sont 75, 77,78, 91, 92, 93, 94, 95 et 69. LES ECHOS SOCIÉTÉS - LE PUBLICATEUR LÉGAL - LA VIE JUDICIAIRE Cette marque américaine accessible séduit les plus jeunes, avec ses couleurs vives et son modèle digital. Lèvres bleues, cheveux violets. Dans cette boutique de Los Angeles, Yasmine accueille avec un large sourire de jeunes adolescentes émerveillées par son look. Bienvenue chez NYX, la marque de maquillage qui cartonne chez les Millennials aux Etats-Unis, la génération des 18-35 ans née avec Internet. Lancée en 1999 par une Coréenne en Californie, consciente du vide entre les marques de prestige et les grands magasins, la marque a misé sur la couleur. Ses ventes ont commencé à décoller après qu’elle s’est tournée vers les réseaux sociaux en 2008. Grâce au Web, entre 2010 à 2015, son chiffre d’affaires a bondi de 78 %, à 200 millions d’euros. NYXestundesrareslabelsàavoir poussé aussi loin la digitalisation de son modèle. Ses audiences explosent sur le Net, avec plus de 7 millions de followers sur Instagram et plus de 1 million sur Facebook. « Les réseaux sociaux sont au cœur de la marque. Il y a une cocréation de nos produits avec les blogueurs, et ils sont aussiimpliquésdanslaréalisationde contenus vidéo », souligne Nathalie Kristo, chargée du marketing. Autre avantage, leur prix. « NYX est une marque de maquillage professionnel à prix accessible, et dans l’air du temps », reprend la directrice, soit en moyenne 10 dollars. Ce qui explique son succès auprès des plus jeunes : 83 % de ses clientes ont entre 18 et 34 ans. Les moins de 18 ans pèsent environ 10 % de ses ventes. « Elles sont connectées et “addict” au maquillage », note Nathalie Kristo. « Cet engouement pour le make-up est fort outre-Atlan- « NYX est une marque de maquillage professionnel à prix accessible, et dans l’air du temps. » NATHALIE KRISTO Directrice de NYX tique, car l’industrie américaine de la beauté est très liée au cinéma », note Leila Rochet-Podvin, du cabinet Cosmetics Inspiration&Creation. Créer le buzz Mais paradoxalement, si c’est sur le digital que les consommateurs d é c o u v r e n t c e s n o u ve a u t é s , l’e-commerce n’est pas son princi- pal réseau de vente. Ces lignes sont toujours vendues dans des boutiques destinées aux maquilleurs professionnels, mais aussi dans des chaînes comme Ulta ou Sephora, et des drugstores (Boots). Depuis son rachat par L’Oréal en 2014, NYX a commencé à ouvrir des boutiques. En France, NYX compte deux boutiques, à Marseille et à Toulouse, « où la population est jeune », avant « bientôt Paris ». Au total, son réseau compte aujourd’hui 27 magasins, en Espagne, en Italie et en République tchèque. Chaque inauguration est annoncée douze semaines plus tôt sur Internet, histoire de créer le buzz. Avec à la clef des files monstres de jeunes filles impatientes le jour de l’ouverture. « On voit ce phénomène dans tous les pays, cela veut dire que notre modèle est basé sur une communauté globale », se réjouit la responsable. — D. C. Rémy Cointreau retrouve des couleurs SPIRITUEUX L’alcoolier rebondit après deux années de recul et table sur de la croissance en 2017. Marie-Josée Cougard @CougardMarie Changement de climat chez Rémy Cointreau. Après deux années de résultats en baisse, le groupe de spiritueux a retrouvé le chemin de la croissance au cours de l’exercice 2015-2016 clos fin mars. Son chiffre d’affaires a augmenté de 8,9 %, à 1,05milliardd’euros,avecunemarge opérationnelle courante de 17 % (en hausse de 80 points de base). Le résultat net part du groupe a progressé de 10,6 %, à 102,4 millions d’euros.Une performance très supérieureauxattentesdesanalystes,qui tablaient sur une croissance du résultat courant deux fois moindre. Et le groupe prévoit une nouvelle amélioration de son activité au cours de l’exercice 2016-2017. Le retour à la croissance est dû à « une consommation record de cognac dans le monde et pour Rémy Martin », ainsi qu’ « à son changement de polarité de la Chine vers les Etats-Unis », selon François Heriard Dubreuil, président du groupe. Le coup de frein aux achats de cognac en Chine il y a trois ans avait très fortement pénalisé Rémy Cointreau, compte tenu du poids de l’empire du Milieu dans son portefeuille. Le groupe, dont le chiffre d’affaires en Chine est toujours mal orienté, vise un retour à la croissance dans ce pays en 2017. En attendant, Rémy Cointreau a déplacé ses efforts vers les Etats-Unis, où le groupe a réalisé plus de 30 % de son chiffre d’affaires et contrôle 17 % du marché du cognac. Il y a perdu des volumes en se retirant de la catégorie VS, mais il a gagné en chiffre d’affaires grâce au VSOP et au XO, pluschers.Cequileplaceennuméro deux derrière Hennessy (LVMH). La mode des alcools bruns est toujours d’actualité aux Etats-Unis et le cognac reste très apprécié dans les cocktails. Rémy Cointreau y a lancé la marque « 1738 », une qualité de cognac intermédiaire entre le VSOP et le XO à 60 dollars la bouteille. Fidèle à ses objectifs, le groupe souhaite encore augmenter la part des alcools haut de gamme (plus de 50 dollars la bouteille) dans son portefeuille, de 45 à 65 %. Cela concerne aussi le whisky avec une marque comme le Bruichladdich et le rhum (Mount Gay). Bars de nuit et hôtels de luxe Les performances 2015-2016 ont été moins bonnes dans la branche des liqueurs et autres spiritueux, où le résultatopérationnelareculéde7%, à 48,1 millions d’euros. La stratégie de montée en gamme a « soutenu la croissance de la division au deuxième semestre, mais n’a pas complètement compensé les facteurs macroéconomiques en Grèce et en Russie, qui ont pesé sur la première partie de l’année », précise le groupe. En France, où les ventes de cognac sont confidentielles, Rémy Cointreau a confié la distribution exclusive des marques Rémy Martin et du très luxueux Louis XIII, ainsi que du rhum Mount Gay à Bollinger Distribution. L’objectif est de gagner en visibilité dans les bars de nuit, les hôtels de luxe et chez les cavistes en profitant de l’expertise de Bollinger dansceréseau.Aterme,RémyCointreau espère relancer les ventes de cognac en France. L’action a retrouvé des couleurs en Bourse avec un bond de près de 44%depuisseptembre.Letitreaclôturé en baisse de 3 % à 74,37 euros jeudi à Paris. ( Lire « Crible » Page 40 INDUSTRIE & SERVICES // 21 Les Echos Vendredi 10, samedi 11 juin 2016 Le gestionnaire de biens Foncia vendu 1,8 milliard d’euros à un duo suisso-canadien IMMOBILIER Bridgepoint et Eurazeo sont entrés en négociations exclusives avec le suisse Partners Group et le canadien CDPQ. Foncia se voit valorisé plus de 13 fois son Ebitda. Anne Drif @anndrif A peine plus de deux mois. C’est le temps qu’il aura fallu au premier gestionnaire de biens français et leader européen des services résidentiels Foncia pour perdre sa dernière « attache » française. Le holding d’investissement hexagonal Eurazeo et le britannique Bridgepoint ont annoncé, jeudi, être entrés en négociations exclusives avec le fonds suisse Partners Group et la Caisse de Dépôt et Placement du Québec (CDPQ) pour leur céder le contrôle du gestionnaire de biens qu’ils avaient racheté à la banque française BPCE en 2011. Et ce, sans même attendre la date officielle de remise des offres de dernier tour, fixée au 20 juin. Le duo suisso-canadien, donné favori (« Les Echos » du 3 juin), a pris de court son cofinaliste, le consortium formé par le français Ardian allié à l’assureur du Crédit Agricole, Predica, et le canadien Onex. Le repreneur hérite de surcroît d’un groupe complètement remis sur les rails et consolidé par acquisitions. Un groupe inconnu dans l’Hexagone Les arguments de Partners Group, inconnu dans l’Hexagone jusqu’à cette opération d’envergure, avaient, de fait, de quoi convaincre. Selon nos informations, Foncia se voit valorisé environ 1,8 milliard d’euros, soit 13,6 fois son Ebitda 2015 (132 millions d’euros), contre Le groupe devrait profiter de la reprise attendue du marché de l’immobilier. Photo François Perri/RÉA 1 milliard cinq ans plus tôt. L’acquisition conseillée par Lazard est financée par Natixis, la banque d’investissement de BPCE qui connaît donc bien les fondamentaux de Foncia. Cela ne suffit cependant pas à expliquer cette surenchère sur les grands noms du « private equity » (dont le plus grand gestionnaire mondial Blackstone, le premier fonds européen CVC et le canadien PSP). C’est, en réalité, la résilience sur le long terme et les performances de Foncia, y compris dans les années déprimées du marché en bref &16 15 JUIN 2016 LYON CENTRE DE CONGRÈS Nucléaire : Toshiba profite en Bourse d’un accord entre Delhi et Washington ÉNERGIE — L’action du japonais Toshiba a gagné 4,95 % jeudi à la Bourse de Tokyo, après un accord entre les Etats-Unis et l’Inde en vue de la construction de six réacteurs nucléaires en Inde par sa filiale américaine Westinghouse. Dans un communiqué conjoint, le président américain Barack Obama et le Premier ministre indien, Narendra Modi, ont salué « le début des travaux préparatoires sur site en Inde pour six réacteurs AP1000 qui seront construits par Westinghouse ». Le contrat définitif devrait être signé d’ici à juin 2017. « Une fois achevé, le projet sera un des plus importants de ce genre », selon la Maison-Blanche. Selon le quotidien économique Nikkei, Toshiba espère voir ses ventes grimper dans l’activité nucléaire à 8,3 milliards d’euros d’ici à mars 2018, soit un bond de 40 % par rapport à l’exercice 2015-2016. immobilier, qui ont séduit les investisseurs. « L’administration de syndics et la gestion locative font de Foncia un dossier très défensif qui justifiait un niveau élevé de marque d’intérêt », dit une source. « Le groupe ne pourra que profiter d’une reprise attendue du marché immobilier », note une autre. Le repreneur hérite de surcroît d’un groupe complètement remis sur les rails et consolidé par acquisitions, y compris dans le digital. Foncia a ainsi vu son Ebitda croître de 50 % et son chiffre d’affaires de 17 % (696 millions d’euros) depuis 2011. Un profil de risque qui avait de quoi enflammer les plus grands fonds de retraite, qui croulent sous les liquidités à investir, en vue de garantir sur le long terme les rendements de leurs déposants. Et, de fait, sont moins gourmands en termes de retour financier que des purs fonds de « private equity » et, donc, plus généreux sur le prix. n ADOPTEZ LE DIGITAL POUR DÉVELOPPER VOTRE ENTREPRISE ! Sanofi lance un plan mondial d’actionnariat salarié Mehdi Fedouach/AFP PHARMACIE — Sanofi va lancer un plan mondial d’actionnariat salarié. Par cette augmentation de capital, le groupe souhaite asso cier davantage ses salariés au développement futur et aux résultats de l’entreprise. Le plan sera déployé dans plus de 90 pays. Les souscripteurs à l’offre devront conserver les actions ou les parts de FCP E c orresp ondant es pendant une période d’environ cinq ans. Bien-être animal : un élevage de Mâtines mis en liquidation ŒUFS — Le tribunal de grande instance de Bourg-en-Bresse a confirmé la liquidation judiciaire du poulailler industriel de Chaleins (Ain) dont les conditions d’élevage avaient été dénoncées par l’association L214. Celle-ci montrait les poules déplumées, une prolifération de poux, des accumulations de fientes. Il est trop tôt pour savoir s’il y aura des repreneurs pour les actifs de cette entreprise d’une vingtaine de salariés. Elle fournissait les œufs vendus sous la marque Mâtines par le groupe agro-industriel Avril également producteur des huiles Lesieur et Puget. Des associations de protection animale et des particuliers ont racheté 4.500 poules pondeuses sur les 200.000 de l’élevage. Celui-ci était en très grande difficulté économique et le TGI de Bourg-enBresse avait déjà nommé un administrateur judiciaire en mars. Benoît Jaubert remplace Régis Schultz à la direction de Darty France L’ÉVÉNEMENT N#1 DES CRÉATEURS, START UP & DIRIGEANTS D’ENTREPRISES DISTRIBUTION — Benoît Jaubert, actuel directeur commercial de Darty France, prend les fonctions de directeur général du groupe dans l’Hexagone à compter de ce vendredi, en remplacement de Régis Schultz, alors que le distributeur d’électroménager est en train d’être racheté par la FNAC, a annoncé jeudi le groupe dans un communiqué. Régis Schultz avait pris la direction opérationnelle de Darty dans l’Hexagone en 2013. Il conservera ses fonctions de directeur général au sein du groupe et sera désormais basé à Londres. Régis Schultz a été le principal artisan du redressement de Darty, au travers de ses plans « Nouvelle Confiance » puis « 4D ». Inscription gratuite > salondesentrepreneurs.com Code invitation > 1ech Un événement 22 // INDUSTRIE & SERVICES Vendredi 10, samedi 11 juin 2016 Les Echos mécénat Dumpingchinois :les industrielsdu pneuserebiffent Art : la donation Guerlainen tournée AUTOMOBILE La situation est de plus en plus préoccupante dans le poids lourd, où l’avenir du rechapage est en suspens. DESSIN Maxime Amiot Maxamiot Après avoir donné 1.200 dessins au Centre Pompidou, Florence et Daniel Guerlain font voyager leur collection pour qu’elle soit partagée par le plus grand nombre. durer plus longtemps. « C’est une filière en péril », lançait jeudi Bruno Muret, du Syndicat national du caoutchouc et des polymères (SNCP), à l’occasion d’une réunion rare, car rassemblant l’ensemble des industriels, distributeurs et recycleurs du secteur. Avec les imports chinois, le pneu « réparé » européen se retrouve désormais confronté à des gommes neuves low cost vendues moins chères que lui... Baisse des cours des matières premières, surcapacité des usines chinoises conjuguée au ralentissementdumarchénational,baissedu yuan face à l’euro, ventes à perte... Les pneus chinois bénéficient d’un cocktail explosif, et peuvent séduire des transporteurs à la santé fragile, tentés de raisonner à court terme même si la longévité du pneu chinois sera moins longue. Question du recyclage Les dégâts sont déjà importants : le pneu rechapé ne détient plus que 39 % du marché du remplacement, contre 48 % en 2012. Alors que la filière emploie directement 13.000 salariés en Europe – 32.000 avec les emplois indirects –, les conséquences sociales ne sont pas neutres. Michelin (fermeture de trois unités de rechapage en Allemagne, Italie et France à La Combaude près de Clermont-Ferrand), Goodyear (fermeture de Wolverhampton), Marongoni... : en tout, 1.800 emplois ont déjà été détruits depuis 2014. L’impact est aussi écologique, car les volumes chinois sont autant de pneus à recycler, alors que le rechapage, plus sobre, permetd’enallongerladuréedevie. Préoccupante dans le poids lourd, la situation est également tendue dans le tourisme. « Les pneuschinoispeuventveniryséduire des particuliers à faible budget », indique l’ETRMA. Et venir concurrencer les sous-marques « budget » développées par les grands manufacturiers. Les professionnels demandent un durcissement des réglementations (éco-contribution, étiquetage) qui pourrait freiner l’essor chinois, moins technologique. Et certains espèrent des actions antidumping de Bruxelles. Mais pas trop fort, tant les grands manufacturiers ont tous des intérêts importants en Chine... n en bref Martine Robert @martiRD Pas moins de 250 dessins, parmi les 1.200 donnés par Florence et Daniel Guerlain au Centre Pompidou, sont visibles tout l’été au Kunsten Museum de la cité balnéaire d’Aalborg au Danemark. Ces œuvres sur papier ont été sélectionnées par la directrice, Gitte Orskou, qui a choisi de leur consacrer un étage entier de son musée. Une aubaine pour le couple de collectionneurs : car le Kunsten, considéré comme une des perlesdel’architecturescandinave, a été fraîchement rénové et agrandi moyennant 21 millions d’euros ; il vise désormais les 200.000 visiteurs par an. « Il y a souvent une méconnaissance du public pour les œuvres sur papier, c’est l’occasion de leur montrer que le dessin est le premier geste de l’artiste », souligne Gitte Orskou. Le Danemark entérine l’achat de 27 F-35 DÉFENSE — Le Danemark a entériné jeudi l’acquisition de 27 avions de combat F-35 pour remplacer sa flotte vieillissante de F-16. La livraison devrait s’étaler entre 2021 et 2026. Le gouvernement danois avait déjà annoncé début mai avoir retenu le F-35 de l’Américain Lockheed Martin, au détriment du Typhoon d’Eurofighter et du F/A-18E/F Super Hornet de Boeing. L’investissement, évalué par Copenhague à 20 milliards de couronnes (2,7 milliards d’euros), a été approuvé jeudi par la majorité des partis politiques représentés au parlement. Le Danemark devrait être le onzième pays à opter pour le F-35A, après les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, l’Australie, la Turquie, l’Italie, la Norvège, les Pays-Bas, Israël, la Corée du Sud et le Japon. Soupçon de destruction de preuves chez VW AUTOMOBILE — La justice alle- mande a ouvert une enquête pour destruction de preuves et tentat i v e d ’e n t r a v e à l a j u s t i c e à l’encontre d’un employé de Volkswagen, selon l’AFP et différents médias allemands. La justice soupçonne cette personne, qui serait un juriste de haut rang, d’avoir demandé à des collègues d’ « effacer ou (de) dissimuler des données » liées au scandale en cours des moteurs diesel truqués, ce qui « a été fait en partie », selon une déclaration écrite du parquet. Les faits se seraient produits en août 2015, soit peu avant que le scandale du diesel n’éclate au grand jour, en septembre. Une partie des données dissimulées ont été depuis récupérées. Bertrand Rindoff-Petroff Getty Images pour Guerlain Ils étaient si discrets... Alors que les sidérurgistes (Arcelor, Tata, Thyssenkrupp...) mènent depuis des mois une guerre ouverte contre le dumping chinois qui cisaille leurs marges en Europe, leurs confrères de l’industrie pneumatique restaient étonnamment silencieux. Pourtant, ils subissent aussi de plein fouet les importations de pneus asiatiquesà bas coût, comme le montrent les données 2015 fournies aux « Echos » par l’Association européenne des manufacturiers (ETRMA). L’an dernier, plus de 55millionsdepneuspourvéhicules légers en provenance de Chine se sont déversés sur le Vieux Continent, soit 20 % des ventes du marché, contre 9 % en 2007... Et le phénomèneestencoreplusmarquésur le poids lourd, où les importations de pneus asiatiques ont représenté 30 % du marché, contre 11 % en 2007. C’est justement les pneus pour camions qui préoccupent le plus les professionnels. Et notamment l’activité de rechapage, qui consiste à changer la bande de roulement d’un pneu poids lourd pour le faire 12 maisons, le couple de mécènes a d’abord organisé plus d’une vingtaine d’expositions jusqu’en 2004, créé des ateliers animés par des artistes (lithographie, gravure, sculpture, dessin…), organisé des conférencessurl’art.« Mais,à40kilomètres de Paris, il y avait beaucoup de monde aux vernissages mais peu le reste du temps. Nous avons réfléchi et décidé de créer un prix du dessin contemporain. Je suis architecte paysagiste de formation et sensible au trait », souligne Daniel Guerlain. La première récompense est décernée en 2007. A partir de 2009, le prix devient annuel ; le dixièmeseradoncdistribuél’an prochain. Un comité de sélection averti retient 30 dossiers, puis une « short-list ». Au moment du Salon du dessin à Paris, un jury de collectionneurs français et étrangers choisit le lauréat, qui empoche 15.000 euros et voit l’une de ses œuvres offerte au Centre Pompidou ; deux autres artistes bénéficient d’une dotation de 5.000 euros. Pour le 10e anniversaire du prix, une exposition des 30 lauréats sera proposée à Beaubourg du 14 juin au 11 septembre 2017. Florence et Daniel ont entraîné dans ce mécénat AXA Art, Neuflize OBC, la maison Guerlain et Artcurial. Leur fondation compte également La fondation de Daniel, petit-fils du parfumeur qui inventa Shalimar, et Florence Guerlain, est dotée d’un capital de 850.000 euros. L’accrochage de cette partie de la donation Guerlain est cette fois-ci très différent de celui choisi l’an dernier par la directrice du Nordiska Akvarellmuseet de Skärhamn, enSuède.« C’estd’ungrandintérêtpournousdevoirnotrecollection mise en valeur différemment selon les institutions », observe Florence Guerlain. La donation, qui a déjà été exposée aussi au musée des Beaux-Arts de Libourne en 2014, partira l’an prochain à la Reykjavik National Gallery en Islande, puis en 2019 à l’Albertina de Vienne. Autant d’événements à l’initiative de Jonas Storsve, conser vateur au cabinet d’art graphique du Centre Pompidou. Fondation créée en janvier 1996 C’est en janvier 1996 que Florence et Daniel Guerlain (petitfils du parfumeur qui inventa Shalimar) ont créé leur fondation du même nom, dotée d’un capitalde850.000eurosetrapidement reconnue d’utilité publique. Dans le fief des Guerlain, aux Mesnuls, dans les Yvelines, où la famille a eu jusqu’à un cercle de 200 amis. Membres aussi de l’Adiaf (Association pour la diffusion de l’art français), des Amis du Centre Pompidou, du Louvre, ou de l’Arop (Association pour le rayonnement de l’Opéra de Paris), ces mécènes ont choisi en 2012 de donner l’essentiel de leur collection personnelle de dessins au Centre Pompidou, « pour que celle-ci reste entière et ne soit pas un jour dispersée », souligne Daniel Guerlain. « Comme nous entretenons une relation étroite depuis quinze ans avec ce musée parisien, la leur confier nous a semblé une évidence, avec la certitude qu’elle pourrait être vue par un grand nombre », renchérit Florence. Le couple de passionnés, qui a déjàacquisdespiècesdeplusde 200 artistes d’une trentaine de nationalités, continue d’acheter. Outre plusieurs centaines de dessins encore en leur possession, ils possèdent aussi des peintures et des sculptures. Une chose est sûre. « Nous ferons d’autres donations au Centre Pompidou. C’est important pour nous que ces œuvres entrent dans un grand musée. » n // 23 Les Echos Vendredi 10, samedi 11 juin 2016 avis financiers RÉSULTATS ANNUELS CONSOLIDÉS 2015-16 (avril 2015– mars 2016) Société anonyme au capital de 474 454 650 € Siège social : 14-16, rue des Capucines 75002 Paris R.C.S PARIS 592 014 476 BONNE PERFORMANCE ANNUELLE Assemblée générale extraordinaire des actionnaires le 29 juin 2016 résultat opérationnel courant : +6,1% en organique résultat net: +10,6% Au 31 mars 2016, Rémy Cointreau a réalisé un chiffre d’affaires de 1 050,7 M€, en progression de 8,9% par rapport à l’exercice précédent. En organique, la croissance est positive : +1,7% pour les marques du groupe et +0,3% au total. Sur l’année, la zone EMEA (Europe, Middle East & Africa) affiche une belle progression, grâce à la stratégie d’expansion du groupe en Afrique, et la zone Amériques bénéficie de la croissance remarquable de nos marques dans un contexte favorable pour les alcools bruns, en particulier aux Etats-Unis. Les pays d’Asie Pacifique enregistrent une croissance significative sur le 2ème semestre. Le résultat opérationnel courant s’élève à 178,4 M€, en progression organique de 6,1% (+14,4% en publié), conforme aux objectifs de croissance organique que le groupe s’était fixé en juin 2015. La rentabilité opérationnelle s’est ainsi améliorée de 80bps à 17,0%. Ce gain s’explique par la performance de nos spiritueux d’exception (> USD50) et l’optimisation de nos coûts de structure, qui ont ainsi permis une hausse ciblée de nos investissements en communication. Le résultat net consolidé part du groupe progresse de 10,6% à 102,4 M€. Hors éléments non récurrents, le résultat net s’établit à 110,4 M€, en hausse de 16,7%. Ces initiatives ont soutenu la croissance de la division au 2ème semestre, mais n’ont pas complètement compensé les facteurs macro-économiques (Grèce et Russie) et techniques qui ont pesé sur la 1ère partie de l’année. La performance annuelle reste ainsi légèrement négative (-1,5% en organique). Le résultat opérationnel courant atteint 48,1 M€ (-2,8% en organique), conséquence du repli des ventes et de l’augmentation des dépenses de communication pour soutenir les marques et initiatives créatives de l’année. La marge opérationnelle courante s'établit à 17,6% contre 19,7% à fin mars 2015. CHIFFRES CLÉS RÉSULTATS CONSOLIDÉS (millions €) Chiffre d'affaires 965,1 8,9% +0,3% +6,1% Résultat opérationnel courant 178,4 156,0 +14,4% Marge opérationnelle courante 17,0% 16,2% - - résultat net part du groupe 102,4 92,6 +10,6% -1,4% marge nette part du groupe Résultat net hors éléments non récurrents 9,7% 110,4 9,6% 94,6 +16,7% +5,0% Marge nette hors éléments non récurrents BPa part du groupe 10,5% 2,11 9,8% 1,91 +10,5% - BPa hors éléments non récurrents 2,27 1,95 +16,4% - ratio dette nette /EBiTDa 2,29 2,64 - - Mercredi 29 juin 2016 à 15 heures, au Pavillon Cambon, 46 rue Cambon, 75001 Paris L’avis de réunion, comportant l’ordre du jour et les projets de résolutions, a été publié au Bulletin des annonces légales obligatoires (BALO) du 25 mai 2016. L’avis de convocation est publié au BALO et dans le journal d’annonces légales « Les Petites Affiches » du 10 juin 2016. La Société adressera directement à tous les actionnaires les formulaires de vote par correspondance et par procuration auxquels seront joints les documents prévus par les dispositions légales et réglementaires applicables. Les documents préparatoires à cette Assemblée, et notamment les documents visés à l’article R. 225-83 du Code de commerce, sont tenus à la disposition des actionnaires, conformément aux dispositions légales et réglementaires applicables. Sur demande écrite adressée au siège de la Société, par voie postale ou par télécopie au 01 40 40 64 81, et jusqu’au cinquième jour inclusivement avant l’Assemblée, soit le 24 juin 2016, tout actionnaire peut demander à la Société de lui envoyer ces documents. Ils peuvent aussi être consultés au siège de la société Gecina. Les documents relatifs à cette Assemblée visés à l’article R. 225-73-1du Code de commerce sont disponibles sur le site internet de la Société (www.gecina.fr). Marques Partenaires – Le repli du chiffre d’affaires est lié à la fin du contrat de distribution des marques de champagne (Piper Heidsieck et Charles Heidsieck) aux Etats-Unis, alors que les ventes des autres marques partenaires enregistrent une croissance à deux chiffres en zone EMEA. Le résultat opérationnel courant s’élève à 6,0 M€ (-22,9% en organique), et s’explique par le recul du chiffre d’affaires de l’activité sur l’exercice. Le résultat opérationnel courant s’élève à 178,4 M€, en progression organique de 6,1%. En publié (+14,4%), celui-ci intègre un effet de change positif de 12,9 M€, qui résulte à la fois d’effets de conversion et de transaction (politique de couverture). Le résultat opérationnel s’établit à 178,7 M€, après prise en compte d’un produit net non-récurrent de 0,3 M€. Le résultat financier est une charge de 27,3 M€, en réduction de 2,4 M€ sur l’année, grâce à une réduction des frais liés à la dette financière brute et à un résultat de change positif. La charge d’impôt s’élève à 44,1 M€ soit un taux effectif de 29,1%, en augmentation par rapport au taux de mars 2015 (26,4%), qui avait bénéficié d’un mix géographique favorable et d’éléments techniques positifs. La quote-part du résultat des entreprises associées est une perte de 4,8 M€, qui reflète essentiellement un ajustement de la valeur de la participation dans Dynasty Fine Wines Ltd. Au 31 mars 2016, Dynasty n’avait toujours pas publié ses comptes 2012, 2013, 2014 et 2015. Au cours de l’exercice, Rémy Cointreau a procédé à une nouvelle évaluation de sa participation, à la suite de laquelle une dépréciation de 3,7 M€ a été comptabilisée. Le résultat net part du groupe est de 102,4 M€, en progression de 10,6%. Hors éléments non récurrents (-8,0 M€), le résultat net part du groupe ressort à 110,4 M€, en hausse de 16,7% et la marge nette affiche une progression de 70 points de base à 10,5%. Le résultat net par action (hors éléments non récurrents) s’établit à 2,27€ (+16,4%). La dette nette s’élève à 458,2 M€ au 31 mars 2016, en baisse de 8,4 M€ sur l’exercice, grâce à une gestion performante du besoin en fond de roulement (hors achats d’eaux-de-vie stratégiques). Ainsi, le ratio bancaire « dette nette/EBITDA » s’améliore significativement à 2,29 à fin mars 2016 contre 2,64 à fin mars 2015. Le retour sur capitaux employés (ROCE) s’établit à 17,3% au 31 mars 2016, en progression de 170bps sur l’exercice. Un dividende de 1,60 euro par action (soit une hausse de 4,6%) sera proposé au vote des actionnaires lors de l’assemblée générale du 26 juillet 2016. Le paiement sera assorti d’une option en numéraire ou en actions pour la totalité du dividende mis en distribution. au 31 mars Au 31 mars Variation 2016 2015 Publié Publié Publiée Organique * 1 050,7 Les actionnaires de la société Gecina sont invités à participer à l’Assemblée Générale Extraordinaire qui se tiendra le : (*) La croissance organique est calculée à devises et périmètre constants Rémy Martin – Après deux années de repli, les ventes de la Maison Rémy Martin se sont redressées sur l’année et enregistrent une croissance organique de 3,2%, essentiellement portée par des performances soutenues aux Etats-Unis, en Afrique, en Asie du Sud Est et au Japon. La marque Rémy Martin a ainsi bénéficié de sa nouvelle plateforme globale de communication « One Life / Live Them », et de la très forte progression de ses marques 1738 Accord Royal aux Etats-Unis et Club en Asie. Louis XIII a, pour sa part, profité du succès de sa campagne « 100 Years, the movie you will never see ». Le résultat opérationnel courant s’élève à 139,7 M€, en croissance organique de 6,4%. La marge opérationnelle s’établit à 21,6%, en progression de 80 points de base, les effets de mix et prix favorables, ainsi que l’optimisation des coûts de structure de la division ayant largement compensé la hausse du coût des eaux-devie, et l’accélération des investissements en communication. Liqueurs & Spiritueux – La stratégie d’accélération de montée en gamme a également été effective pour la division Liqueurs & Spiritueux en 2015-16 : dans le circuit du Travel Retail, Cointreau a lancé avec succès Cointreau Blood Orange et Metaxa a déployé Angels’ Treasure. Mount Gay Black Barrel continue de s’affirmer comme l’un des leaders du segment des rhums haut-de-gamme dans ses nouveaux marchés et Octomore a renforcé son offre avec le lancement de l’édition limitée 7.4 Virgin Oak. Le Conseil d’Administration Contact : Laurent LE GOFF – Tél. : + 33 (0)1 40 40 62 69 Nicox SA Société anonyme au capital de e 22 899 009 Siège social : Drakkar D - 2405 Route des Dolines - 06560 VALBONNE Sophia-Antipolis R.C.S. Grasse 403 942 642 N° Insee 403 942 642 00055 a convoqué ses actionnaires en Assemblée Générale Ordinaire sur deuxième convocation et sur le même ordre du jour le mardi 21 juin 2016 à 14 heures, dans les bureaux de BuroClub – salle Colomb - Drakkar 2 - Bâtiment D - 2405 route des Dolines - 06560 Valbonne Sophia Antipolis, le quorum requis pour la délibération de l’Assemblée générale n’ayant pas été atteint sur première convocation le 7 juin 2016. Les informations visées aux articles L.225-115, R.225-81 et R.225-83 du Code de commerce, notamment les formulaires de vote par procuration ou correspondance, sont adressées aux actionnaires sur simple demande écrite au siège social de la Société. Ces documents sont également mis à la disposition des actionnaires au siège social et sur le site internet de la Société (www.nicox.com). PERSPECTIVES 2016-17 Confiant dans sa stratégie d’accélération de montée en gamme, le groupe Rémy Cointreau anticipe une croissance de son résultat opérationnel courant, à devises et périmètre constants, au cours de l’exercice 2016-17. www.remy-cointreau.com la cote hebdomadaire des opcvm Nom du fonds Vocation Valeur Unitaire hors frais au Variation Variation Variation en % 08.06.2016 % en % ou dernier depuis le en 1 an 3 ans cours connu 31/12/15 Date Net en euros Dernier revenu distribué CARMIGNAC GESTION 24, place Vendôme - 75001 Paris - Tél. : 01.42.86.53.35 Contacts Clientèle Privée : Alexandre COMBES & Joël GRESSE Contact Clientèle Institutionnelle : Jacques GERBI Contact Distribution Externe : Ariane TARDIEU Carmignac Emerging Patrimoine A EUR Acc (LU0592698954) C 106,43 + 4,11 - 1,91 + 0,54 Performance Depuis le 31/12/2015 Performance 1 an Performance 3 ans Federal Opportunité Equilibre (FR0010292920) 131,59 127,72 06/06/2016 - 2,94 3,52 12,90 Federal Croissance (FR0000987703) 64,57 63,59 07/06/2016 - 1,52 - 6,17 10,38 Federal APAL (FR0000987950) 279,36 280,82 07/06/2016 0,52 - 12,82 9,52 Federal Actions Ethiques (FR0000442949) 133,69 133,68 07/06/2016 - 0,01 2,18 45,99 FCP Actions Internationales C 1110,86 - 1,48 - 11,88 + 20,79 Carmignac Grande Europe A EUR Acc (LU0099161993) SICAV Actions européennes (PEA) C 169,35 - 0,94 - 12,55 + 15,27 Carmignac Euro-Entrepreneurs A EUR Acc (FR0010149112) FCP petites et moy. capital. europ. C 283,48 - 3,65 - 12,40 + 36,51 Carmignac Emergents A EUR Acc (FR0010149302) FCP Actions pays émergents C 787,39 - 0,16 - 6,87 + 10,24 Carmignac Emerging Discovery A EUR Acc (LU0336083810) SICAV P&M cap. pays émergents C 1294,35 + 3,32 - 3,19 + 15,37 Carmignac Commodities A EUR Acc (LU0164455502) SICAV Actions ressources naturelles C 257,31 + 7,03 - 12,76 - 0,66 Carmignac Patrimoine A EUR Acc (FR0010135103) FCP Mixte diversifié international C 625,06 + 0,02 - 6,29 + 12,75 Carmignac Euro-Patrimoine A EUR Acc (FR0010149179) FCP Mixte diversifié européen C 290,99 + 1,55 - 11,35 - 3,79 Carmignac Investissement Latitude A EUR Acc (FR0010147603) FCP Mixte diversifié international C 244,58 - 2,89 - 17,25 + 3,18 Carmignac Profil Réactif 100 A EUR Acc (FR0010149211) Fonds de fonds dynamique C 175,74 - 3,42 - 19,72 - 0,31 Carmignac Profil Réactif 75 A EUR Acc (FR0010148999) Fonds de fonds mixte dynamique C 195,02 - 3,04 - 16,65 - 1,63 22, boulevard Malesherbes - 75008 Paris Tél. : 01.42.89.00.00 - Fax : 01.42.89.62.29 - www.kblrichelieu.com Contact Clientèle Privée : Christian DE WITT Contact Clientèle Professionnelle : Marie FERNANDES Carmignac Profil Réactif 50 A EUR Acc (FR0010149203) Fonds de fonds mixte équilibré C 163,36 - 2,06 - 12,75 - 1,69 Richelieu France (FR0007373469) Carmignac Global Bond A EUR Acc (LU0336083497) SICAV Obligations Internationales C 1313,83 + 2,69 + 1,50 + 16,81 Richelieu Spécial (FR0007045737) Carmignac Sécurité A EUR Acc (FR0010149120) FCP Obligations libellées en euros C 1737,37 + 1,29 + 1,23 + 5,71 Carmignac Capital Plus A EUR Acc (LU0336084032) SICAV Monétaire dynamique C 1148,61 - 0,60 - 2,52 + 1,98 MSCI AC WORLD INDEX FREE depuis le 31/12/2015 : - 4,68 % Date VL FEDERAL FINANCE GESTION Carmignac Investissement A EUR Acc (FR0010148981) CAC 40 depuis le 31/12/2015 : - 4,06 % Dernière VL 1 allée Louis Lichou - 29480 Le Relecq-Kerhuon Service Relations Clientèle : N° Cristal 09.69.32.88.32 (appel non surtaxé) [email protected] www.federal-finance.fr Cotations : 01.42.61.62.00 site Internet : www.carmignac.fr SICAV Actions Internationales VL au 31/12/2015 Nom du fonds Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Elles ne sont pas constantes dans le temps. Les documents d’Information Clé pour l’Investisseur et les prospectus des FCP sont disponibles sur le site www.federal-finance.fr Date Net Val. Unit. Hors frais au 07/06/16 ou dernier cours connu en euros Actions françaises, PEA - C 456,27 -2,77 -2,55 Actions françaises, PEA - C 194,56 -4,10 -7,47 Nom du fonds Vocation Dernier revenu distribué KBL RICHELIEU GESTION Variation Variation en % en % depuis le 1 an 31/12/15* glissant Richelieu Croissance PME (FR0010092197) Actions françaises, PEA - C 188,52 0,99 7,12 Richelieu Family Small Cap (FR0011689330 ) Actions européennes, PEA - C 116,51 0,57 4,98 Richelieu Europe Quality (FR0000989410) Actions européennes, PEA - C 156,55 -2,75 -2,52 Richelieu Flexible (FR0000029944) Diversifié, PEA - C 540,32 -4,37 -9,38 Richelieu Harmonie 50 (FR0000986846) Diversifié - C 157,54 -2,36 -3,16 Certains des fonds ci-dessus possèdent des parts de distribution et/ou des parts en autres devises. Les fonds KBL Richelieu Gestion peuvent être directement achetés soit auprès de votre banquier habituel par simple instruction précisant le nombre de parts et le code ISIN, soit La liste complète est disponible sur le site www.carmignac.fr auprès du gérant ou du dépositaire. 24 // Vendredi 10, samedi 11 juin 2016 Les Echos HIGH-TECH &MEDIAS Selon CNBC, le groupe américain aurait reçu plusieurs offres de rachat pour ses activités Internet, certaines avoisinant les 5 milliards de dollars. L’offre de l’opérateur télécoms Verizon, qui dépasse les 3 milliards de dollars, serait ainsi l’une des offres reçues les plus basses. 33 TF1 monte à 100 % dans TMC DR DR en pixels Yahoo! aurait plusieurs offres sur la table Le groupe TF1 a racheté à la principauté de Monaco ses 20 % dans la chaîne TMC, en devenant ainsi l’unique propriétaire. TF1 ne débourse pas de cash : la transaction se fera par un échange d’actions, permettant à Monaco de détenir 1,1 % du capital de la filiale de Bouygues. Le siège et les activités de TMC restent basés à Monaco. MILLIONS D’IDENTIFIANTS Adresses e-mail, mots de passe visibles en clair ou encore noms d’utilisateurs... Près de 33 millions d’identifiants utilisés pour se connecter à Twitter se trouveraient actuellement en vente sur le « dark Web », selon le site spécialisé LeakedSource. TÉLÉVISION Aprèslerejet desonallianceavec BeIN, Canal+devra faire cavalierseul l L’Autorité de la concurrence a refusé le projet d’accord entre Canal et BeIN. l Canal+, qui avait un discours alarmiste, va devoir trouver des économies. à la porte d'Altice pour nouer un partenariat. BeINpourrait chercher d’autresfiancés Marina Alcaraz @marina_alcaraz Canal+ devra se débrouiller seul. L’Autorité de la concurrence a en effet dit non jeudi au projet d’accord de distribution exclusif que le groupe souhaitait conclure avec BeIN Sports. Dans un communiqué laconique, le groupe indique qu’il devra « travailler sur d’autres solutions pour faire cesser les pertes de ses chaînes françaises ». S’il ne devrait pas faire appel de cette décision qu’il regrette, le groupe va maintenant devoir se réinventer une nouvelle stratégie en solo. A ce stade, plusieurs pistes sont à l’étude. Le groupe devrait d’abord accentuer ses économies. Même si des plans sociaux d’envergure semblent exclus à court terme, il devra selancerdansunechasseauxcoûts: passage en revue des achats de programmes, rapatriement de certaines productions en interne, etc. Parallèlement, il continuera sans doute à pousser des offres conjointes avec BeIN mais de manière non exclusive, comme c’est le cas avec l'offre à 30 euros proposée à l’occasion de l’Euro... avec le risque de favoriser la croissance d’un concurrent totalement indépendant. L’enjeu est de taille. Sur fond d’hémorragie des abonnés et d’inflation des droits sportifs, Vincent Bolloré, le patron de Vivendi, la maison mère de la chaîne, n’a cessé d’agiter le chiffon rouge, menaçant même de fermer Canal+ France, si ses pertes n’étaient pas jugulées. Ses principales chaînes en France (Canal+, Canal Sport, etc.) devraient essuyeruneperteopérationnellede 410 millions d’euros cette année. Si, de l’avis de plusieurs analystes, le discours a été trop alarmiste, la décision de l’Autorité reste une mauvaise nouvelle même si elle va permettre au groupe de ne pas ver- DÉCRYPTAGE // Le qatari pourrait frapper L Une phase de la rencontre de Ligue 1 PSG-Bordeaux, le 11 mai. La chaîne cryptée comptait sur les audiences générées par le sport pour regonfler sa base d’abonnés. Photo Georges Gobet ser plus de 300 millions par an à BeIn. « Le groupe Canal est bien rentable et Vivendi va même acheter en Italie des actifs en perte, souligne Jean-Baptiste Sergeant, analyste chez Mainfirst. Toutefois, il espérait atteindre l’équilibre en 2018 pour Canal+ France. Et, sans l’accord BeIN, ça paraît irréaliste. » Questions de modèle Des questions sur son modèle vont, ensuite, se poser à moyen terme : faut-il garder du sport ou se concentrer sur la fiction ? Une question d’autant plus aiguë que, dès la rentrée, il n’aura plus le prestigieux championnat anglais, la Premier League, acquis par SFR (Altice). Certes, Canal pourrait revenir avec un nouveau partenariat avec BeIN l’an prochain,mais«sûrementpassurles bases actuelles », dit un proche du dossier. En fait, l’avenir de Canal dépendra pour beaucoup de la revue que va réaliser l’Autorité de la concurrence en 2017 et qui débutera dès cet été. Car si l’antitrust a considéré qu’aujourd’hui, les conditions n’étaient pas remplies pour lever l’interdiction de distribution exclusivedechaînesportivepremiumqui pèsesurCanal+,ildoitprocéderàun réexamen d’ensemble en 2017. Les interdictions imposées au groupe en 2012 dans le cadre du rachat de TPS, qui empêchent l’accord avec BeIN, pourraient alors être assouplies, voire abrogées. « Nous sommes ouverts. On ne sait pas de quoi l’avenir sera fait », a indiqué le président de l’Autorité Bruno Lasserre. Pour justifier son refus, l’Autorité a expliqué que « le marché n’avait pas été suffisamment bouleversé pour rendre caduque l’analyse de 2012 ». Certes, SFR s’est lancé sur le marché des droits sportifs, mais l’initiative est « encore isolée », a jugé Bruno Lasserre, rappelant que le groupe n’avait pas été candidat au Top 14. « Le projet d’accord, dont nous ne connaissions pas tout, comportaitunrisquedecollusiondansles droits sportifs, car les deux acteurs auraient détenu 80 % des droits sportifs et la Ligue de foot était inquiète », at-il ajouté. L’Autorité estime avoir tendu des perches à Canal en lui proposant d’assortir son projet de conditions, en particulier sur la gestion de la relation clients. Mais Canal+ n’a pas donné suite. n erefusdel’Autoritédelaconcurrence coupe les ailes de B eIN Sports. Le groupe qatari, arrivé en France en 2012, a su convaincre les téléspectateurs français avec une offre moins chère que Canal (14 euros) et lui voler des abonnés (2,5 millions d’abonnés en fin d’année dernière, et même 3 millions attendus avec l’Euro). Il a raflé des droits majeurs, notamment dans le sacro-saint football. C’est lui qui diffusera, par exemple, tous les matchs de l’Euro. Revers de la médaille : il a dû payer cher pour s’imposer dans l’Hexagone. Très cher, même. Son déficit annuel estiméseraitd’environ300millions euros. Même si, comme l’a indiqué à plusieurs reprises le président de l’Autorité de la concurrence, Bruno Lasserre, BeIN et Canal n’avaient pas le même discours, ni les mêmes réponses lors de l’examen de leur partenariat, ils avaient un objectif commun : réduire leurs pertes. Et Canal+ était prêt à verser à BeIN de 300 à 400 millions par an, sur cinq ans. Cartes redistribuées Après le refus de l’Autorité, BeIN est contraint de chercher des plans B. « Ils sont un peu dans une impasse », souligne un analyste. « Cette décision contraint BeIN Sports à envisager de nouvelles modalités pour sa commercialisation, afin de pouvoir pérenniser sa position de chaîne premium, indique le qatari dans un communiqué. Cettedécisionfavorise de fait les distributeurs qui ont exprimé avec vigueur leur souhait de continuer à pouvoir distribuer la chaînedansleurspropresoffres.BeIN ne doute pas qu’ils donneront des preuves tangibles de leur intérêt pour la chaîne en assurant effectivement à celle-ci les moyens de continuer son développement, et qu’ils mettront en placeunestratégiededistributionefficace. » De l’avis de plusieurs observateurs et analystes, il est fort possible que BeIN n’attende pas de voir comment vont évoluer les injonctions de Canal, en 2017. Autrement dit que le « fiancé » parte avant de savoir s’il aura l’autorisation de se marier. « Rien dans la décision de l’Autorité de la concurrence ne l’empêche d’aller voir d’autres opérateurs télécoms pour tenter des partenariats », observe Jean-Baptiste Sergeant, chez Mainfirst. Ca va forcément redistribuer les cartes dans les années qui viennent », appuie un opérateur. Le groupe qatari, qui a lourdement investi pour s’imposer en France, est en quête d’un plan B. BeIN pourrait par exemple aller frapper à la porte d'Altice, qui vient de lancer des chaînes sport, pour tenter un partenariat. A condition toutefois que celui-ci veuille bien lui verser un gros chèque, ce qui n’est pas gagné. Certains spécialistes évoquent aussi l’hypothèse d’une vente à terme de BeIN, mais là aussi, la perte du groupe limite l’intérêt et le nombre d’acheteurs potentiels. — M. A. Lesdroits sportifs ontplus que doublé en Francedepuis2000 Outil de notoriété, vecteur d’audience, notamment en direction des plus jeunes, le sport est incontournable pour les grandes chaînes. Les droits audiovisuels des compétitionssportivesdiffuséesenFrance ontlittéralementflambécesdernières années. Ils ont ainsi atteint un nouveau pic en 2015, à plus de 1,3 milliard d’euros, selon une étude publiée par le Conseil supérieur de l’audiovisuel, à quelques heures du coup d’envoi de l’Euro. C’est près de 20 % de plus qu’en 2012, et plus du double par rapport à 2000 (510 millions). Sans surprise, le foot représente la majorité des droits (plus de 1 milliard,dont608millionspourla seule Ligue 1), soit dix fois plus que le rugby (130 millions), selon le pointage réalisé en mars. Plusieurs facteurs expliquent une telle inflation. D’abord, un ren- forcement de la concurrence. De plus en plus d’acteurs se sont lancés sur le marché du sport. En témoigne l’arrivée d’Altice, qui a raflé les droits du très convoité championnat de foot anglais, la Premier League. Alors que, en 1995, 7 chaînes diffusaient du sport, elles sont aujourd’hui 35 (dont 22 payantes) ! Cinq éditeurs se partagent l’essentiel dumarchédesdroits(95 %) :Canal+, BeIN Sports, Discovery (Eurosport), France Télévisions et TF1. Corollaire, l’offre de sport a largement augmenté : entre 2010 et 2015, le volume horaire de diffusion du sport a bondi de 80 %, porté par une augmentationdel’offrepayanteetle lancementdeL’Equipe21surlaTNT gratuite en 2012. Ensuite, les droits sont plus internationaux : ceux relatifs au sport françaissonttombésàenviron60 % de ce marché, à 1,3 milliard, contre plusde75 %en2011.Cequifaitmon- ter les prix : les droits de certaines compétitions étrangères, comme la Premier League, sont plus élevés. Motivation d’abonnement On comprend mieux pourquoi le sport n’est pas toujours rentable pour les chaînes. Mais elles continent d’en être fans. « Dans un univers de fragmentation des audiences due notamment à la multiplication du nombre de chaînes et des supports, il estdeplusenplusdifficilederéunirdes millions de téléspectateurs devant leur écran. Or, le sport en est capable, dit Nathalie Sonnac, économiste, membre du CSA. C’est un outil de notoriété très puissant. » Par exemple, 14 millions de téléspectateurs devraient suivre la finale de l’Euro, et ce même sans les Bleus, selon un sondage de Dentsu Aegis Network. Six Français sur dix devraient regarder la compétition,dont77 %endirectdevantleur télévision, « ce qui montre l’appétence pour le live, en dépit de la montée de nouveaux usages (replay, Internet, etc.) », souligne Isabelle Vignon, directrice de l’expertise médias de Dentsu Aegis. TF1 et M6 devraient gagner en moyenne 3 points en part d’audience sur la durée de la compétition, selon Dentsu Aegis. « Le sport permet aussi d’accéder à un public plus jeune, cible importante pour le marché publicitaire, précise Isabelle Vignon. Ainsi, 19 % des 15-24 ans suivrontl’Euro2016.Etlesportaffichedes records de commentaires sur les réseaux sociaux. » Du côté des chaînes payantes, le sport fait partie des premières motivations d’abonnement. 15 % des Français envisagent de souscrire un abonnement à une chaînedesportàl’occasiondel’Euro. BeIN, qui diffuse tous les matchs, avait indiqué en septembre qu’il pourrait passer le cap des 3 millions de téléspectateurs en France à l’occasion de cette compétition. — M. A. HIGH-TECH & MEDIAS // 25 Les Echos Vendredi 10, samedi 11 juin 2016 Les gares françaisesfont leur entréedansGoogle Maps INTERNET La SNCF a conclu un accord avec Google pour numériser toutes les gares françaises. Bondde 85 % des droits télévisés de laBundesliga La chaîne Sky reste détentrice de la majorité des lots, alors que d’autres, comme Eurosport et Amazon, entrent en jeu. Jean-Philippe Lacour @bankfurt — Correspondant à Francfort Le foot allemand vit en pleine inflation. Les 36 clubs des championnats de première et de deuxième division vont se partager un total de 4,64 milliardsd’eurosdedroitstélévisuels pour la retransmission des matchs en direct des saisons 2017-2018à2020-2021,aannoncé jeudi la fédération allemande DFL.Représentantunemoyenne de1,16milliardd’eurosparsaison, les droits nationaux de la Bundesliga augmentent de 85 % par rapport à la précédente période, ce qui permet en la matière de rattraper du terrain sur la ligue anglaise et de passer pour le moment devant les ligues italienne et espagnole, la France étant plus distancée… Amazon, nouveau venu Le gagnant de l’enchère reste le groupe de télévision payanteSky, qui a dû néanmoins céder une part plus grande des rencontres pour lesquelles il avait jusqu’à présent l’exclusivité du direct. Cela résulte d’un appel d’offres « transparent et ouvert », dit la DFL. La fédération a dû appliquerlarèglenouvelledu« nosingle buyer » exigée par les autoritésdelaconcurrenceallemandes et qui prévoit que les droits du direct pour la télé, le Web et les supportsmobilesnepeuventpas être attribués à un seul acteur. Dans le détail, Sky a obtenu la « conférence du samedi » aprèsmidi qui comprend de 5 à 6 matchs, le match du samedi soir et ceux du dimanche, voire du lundi, ainsi que l’ensemble des parties de la deuxième division. La chaîne contrôlée par le groupe de Rupert Murdoch a en revanche laissé échapper la retransmission payante du match d’ouverture du vendredi soirauprofitd’Eurosport.Parmi les nouveaux entrants figure la chaîne britannique de contenus Perform, aux mains du RussoAméricain Len Blavatnik, qui obtient le droit de retransmettre des résumés de matchs sur Internet. Un domaine en partie payant, dont l’ancien détenteur était la chaîne allemande du groupe Springer. Selon nos informations, celle-ci a fait cette fois une enchère insuffisante. Autre nouveau venu, le géant de l’e-commerce Amazon a obtenu le droit de retransmission audio des rencontres via une application mobile. Les deux chaînes publiques allemandes vont continuer quant à elles à retransmettre gratuitement de larges extraits des matchs en léger différé. La « Sportschau », diffusée par la chaîne ARD samedi en début de soirée, est l’émission téléviséelaplusregardéedansle pays. Cela explique pourquoi les clubs peuvent compter sur d’importantes recettes de sponsors à côté des droits TV. Resteàrépartirlacagnottede 4,6 milliards entre les 36 clubs allemands, ce qui promet une foire d’empoigne dont l’ogre Bayern Munich va chercher à tirerlemeilleurparti.Demême, on connaîtra sous peu le montant des droits étrangers de la B u n d e s l i g a . L’e nve l o p p e actuelle de 170 millions d’euros par saison devrait augmenter de plus de 100 %. La somme à partager grimpera alors à 1,4milliardd’eurosparsaison. n 4,6 MILLIARDS D’EUROS La cagnotte que devront se partager les 36 clubs de foot allemands de première et deuxième division de 2017 à 2021. en bref Sarkozy veut une « BBC à la française » Philippe Lopez/AFP TÉLÉVISION — Selon un docu- ment cité par « Le Monde », le président du parti Les Républicains, Nicolas Sarkozy, voudrait créer « une BBC à la française », autrement dit un holding coiffant les différents établissements de l’audiovisuel public pour favoriser entre eux les « synergies éditoriales et industrielles ». Autre idée : reprendre au CSA le pouvoir de nomination des dirigeants de ces groupes pour le confier aux commissions parlementaires, qui décideraient à la majorité qualifiée. Les gares arrivent dans Google Maps et StreetView. La SNCF et le géant américain ont conclu un partenariat pour rendre disponibles les gares françaises dans les logiciels 3D et de cartographie de Google. Avec la technologie « indoor maps », les usagers pourront se diriger à l’intérieur des gares, repérer magasins et restaurants, constituer leur trajet depuis un commercejusqu’àlavoiedutrain…Avec StreetView, ils pourront visualiser l’espace sur l’écran de leur téléphone, de leur tablette ou de leur ordinateur, et se balader virtuellement dans la gare. Dans l’immédiat, 33 gares — celles concernées par l’Euro de football — sont disponibles. Elles ont été cartographiées et prises en photo pour être présentes à la fois dans Google Maps et dans StreetView. Avant la fin de l’année, 130 nouvelles gares seront ajoutées (les principales sur l’ensemble du territoire). Et, en 2017, ce sont toutes les gares (environ 3.000 en France) qui seront cartographiées et disponibles sur Google Maps (mais pas toutes dans RGA/RÉA, SNCF Nicolas Rauline @nrauline Gare de Lyon, à Paris. A visiter sur Google Maps... StreetView). « La cartographie prend une place croissante dans les usages de nos clients, mais aussi dans nos outils industriels et pour nos équipes, souligne Patrick Ropert, directeur général de SNCF Gares & Connexions. Il est de notre responsabilité de nous adapter. » Ce partenariat avec Google n’est pas exclusif : la SNCF discute avec les autres acteurs du secteur pour des accords du même genre. « Nous adaptons nos investissements, nous allons là où se trouvent les consommateurs, ajoute Patrick Ropert. Mais nous sommes dans une logique d’utilité, nous ne mettrons pas de publicité, par exemple. » La SNCF voit aussi dans ce partenariat une opportunité pour que les start-up et les développeurs s’emparent des données cartographiques pour construire de nouveaux services. Le wi-fi va suivre Pour Google, ce partenariat constitue l’un des plus gros chantiers en termes de numérisation de sites de transport. A la différence des routes, dont les données sont collectées par les Google Cars, les gares sont numérisées grâce à untrolleyetun« back trekker », un sac à dos muni de 15 objectifs. SNCF Gares & Connexions, direction autonome au sein du groupe ferroviaire, ne compte pas s’arrêter là. Elle prévoit aussi d’augmenter la couverture wi-fi de ses gares. Aujourd’hui, 130 d’entreellesdanstoutelaFrancedisposent d’un réseau gratuit. Cent autres gares seront ajoutées d’ici à la fin juin, essentiellement en Ile-deFrance. En janvier 2017, le plan prévoit une couverture wi-fi dans près de 400 gares, sur tout le territoire. n LesChamps-Elysées basculent dansle wi-figratuit avecJCDecaux 5.000 personnes connectées simultanément et jusqu’à 35.000 personnes mais, dans ce cas, la rapidité de la connexionn’est pas lamême »,souligne Albert Asseraf. TÉLÉCOMS Le champion de l’affichage finance le wi-fi par la publicité. Un accord pour quatre ans Fabienne Schmitt @FabienneSchmitt Nouvelle diversification pour JCDecaux : le champion de l’affichage publicitaire offre depuis jeudi du wi-fi gratuit sur les Champs-Elysées. Il s’agit d’un modèle de wi-fi en très haut débit. Le publicitaire a fait appel à l’opérateur anglais Colt pour déployer la fibre, à l’américain Rukus pour installer 58 points d’accès wi-fi, dont 56 sur les 19 colonnes Morris, dédiées à l’affichage publicitaire, qui ornent l’avenue des Champs-Elysées. Et au fournisseur de services télécoms Hub One pour piloter le service. « La puissance, entre 30 et 120 mégabits de débit, est l’équivalent du wi-fi connecté à la fibre. Il est prévu pour Le groupe JCDecaux prend à sa charge l’intégralité des coûts de la mise en place du wi-fi très haut débit sur la célèbre avenue parisienne. Photo Thomas Samson/AFP A l’origine du projet, la Mairie de Paris a lancé un appel à manifestation qui a reçu sept réponses dont quatre opérateurs télécoms. S eul Orange figure parmi les « grands » telcos à avoir candidaté. Bolloré a aussi répondu. Pour des acteurs comme Bouygues Telecom, SFR ou Free, le wi-fi est un concurrentquilimitelaconsommationdes forfaits. L’accord signé entre JCDecaux et le comité des Champs-Elysées est valable quatre ans. C’est JCDecaux qui prend en charge tous lescoûtspourunmontantconfidentiel, mais qui selon un spécialiste tournerait autour de 500.000 euros. Logiquement,lepublicitaireachoisi de baser son modèle économique sur la publicité. En plus du réseau, il lance un portail Internet vers lequel Le pitch start-up sur France Info chaque samedi avec Jérôme Colombain à 6h15 / 9h45 France Info partenaire de est redirigée toute personne qui active le wi-fi. Décliné en sept langues, il accueille les publicités des commerçants. JCDecaux entend aussi monétiser les données clients auprès de ces mêmes commerçants. Pas facile de rentabiliser un wi-fi par la publicité. D’ailleurs, JCDecaux se garde bien de donner des prévisions en termes de retour sur investissement. Pour décliner des services, il faut que le client les accepte. Exemple : il ne peut être dirigé vers un magasin que s’il est d’accord pour se géolocaliser. Même chose pour recevoir des offres : cela n’est possible qu’avec l’accord du consommateur. LaVilledeParis,elle,nedébourse pas 1 centime. Au contraire, elle gagne de l’argent en louant les bornes wi-fi exploitées par JCDecaux. La Mairie aimerait d’ailleurs généraliser le wi-fi gratuit dans la ville mais elle se heurte à l’opposition des associations hostiles aux antennes en tout genre. n 26 // Vendredi 10, samedi 11 juin 2016 Les Echos START UP - Z L’APPLI LE PRODUIT Les soirs de match, les transports publics peuvent rapidement devenir compliqués à gérer. La Métropole de Lyon, le Sytral et son délégataire Keolis se sont appuyés sur la start-up ForCity afin de définir le schéma de desserte des 6 matchs qui se dérouleront au Parc Olympique lyonnais. La jeune pousse locale s’appuie sur une plate-forme de modélisation du futur des territoires via un système de simulation 3D de jeux de données. y LE RDV Uber met les bouchées doubles pour l’Euro. Et compte bien surfer sur la grève des conducteurs de la SNCF… La start-up étend son service à Lens et Saint-Etienne, et propose des forfaits à prix fixe pour certains trajets types : Lille-Lens à 59 euros et Lyon-Saint-Etienne à 89 euros par exemple. Les clients pourront également partager des courses avec d’autres utilisateurs. Plus anecdotique, les véhicules visibles sur l’appli se pareront des couleurs de la France les soirs où les Bleus joueront. Café Digital reçoit Paylib Cinq banques françaises se sont alliées pour développer des moyens de paiement innovants. Après le portefeuille électronique, Paylib se lance dans le paiement mobile et sans contact. « Le marché est désormais mature, et les solutions sont ultra-sécurisées », assure Philippe Marquetty, président de la coentreprise. Retrouvez la vidéo sur bit.ly/252z9nC Fanzone transporte les supporters l Ce service en ligne a été choisi par l’UEFA pour faciliter les trajets. l La start-up israélienne a également signé un accord commercial avec la SNCF. EURO 2016 MOBILITÉ Nathalie Hamou — Correspondante à Tel-Aviv Dans les locaux de la jeune pousse Fanzone, situés en banlieue de Tel- Aviv, c’est « business as usual » à l’approche du coup d’envoi de l’Euro 2016. « Normal. Tout se passe au niveau des serveurs », sourit Ori Shilo, cofondateur du service en ligne choisi par l’UEFA comme partenaire officiel pourfaciliter ledéplacementdessupporterslorsdel’Euro. Un enjeu logistique de taille. Puisque lors de cette édition, 24 équipes totaliseront 51 rencontres réparties dans 10 villes françaises, tandis que 2,5millionsdesupporterssontattendus dans les stades et 7 millions de personnes dans les fan-zones. « Jusqu’à présent, personne ne s’est intéressé à la façon dont les supporters se rendent sur les lieux d’un grandévénement,sportifoumusical, et surtout de transformer ce trajet en expérience conviviale », confie Ori Shilo, ex-directeur général de la Fédération israélienne de football. Pour combler ce manque, il s’est associé voilà deux ans avec Tomer Kazaz, une ancienne recrue de l’unité 8200, l’escouade des renseignements technologiques de l’armée israélienne. Après un passage au sein de l’accélérateur de Microsoft Ventures, leur société a mis au point une plate-forme en ligne qui met en relation les fans et promeut le transport collaboratif. Mixité des offres de mobilité Comment la start-up est-elle parvenue à convaincre les dirigeants de l’UEFA ? « Les relations professionnelles ont joué pour obtenir un accès direct à l’organisation, précise Ori Shilo, mais d’évidence c’est notre capacitéàoffrirunservicesurmesure pour l’utilisateur final qui a fait la différence. » Sa solution dédiée au déplacementdesspectateursagrège toutes les offres de mobilité – du train au bus, covoiturage en passant parlepartagedetaxi.Etrelielessupporters désirant partager un trajet pour se rendre aux matchs. Une certitude : opérant en marque blanche,Fanzone qui reste identifiée sur l’appli officielle Fan Guide de l’UEFA par la mention « Fan centre est alimenté par Fanzone » joue gros. Si tout se passe comme prévu, cette première collaboration pourrait être étendue à d’autres compétitions de l’organisation. D’autant que dans la foulée de cet accord, la start-up a également officialisé un partenariat commercial avec la SNCF, transporteur national officiel de l’Euro 2016. L’opérateur français avait déjà repéré la pépite voilà un an lors de la conférence annuelle EcoMotion, centrée sur le transport intelligent, initiée par l’accélérateur israélien Smart Transportation dans lequel la SNCF a pris une participation. De là à annoncer un investissement dans la jeune pousse, il y a un pas. Pour autant, Fanzone veut se donner les moyens de ses ambitions. Après avoir levé 6,2 millions de dollars, la société, qui table cette année sur un chiffre d’affaires de 1 million de dollars, espère concrétiser une série B dans les prochains mois. Son objectif immédiat étant de passer de la gestion de 100 événements en 2016… à près du triple l’an prochain. n Digifood Gymlib Footovision Trois start-up françaises profitent de l’Euro 2016 Footovision analyse les data des joueurs Avec l’Euro, les trois ingénieurs fondateurs de la start-up jouent gros. Leur solution combine les données de faits de jeux et celles des joueurs simplement à partir des images télé. TF1 a testé, mais c’est « L’Equipe » qui les a retenus afin d’écrire des articles basés sur les datas, selon un angle inédit. Incubée au Tremplin, Footovision vise l’international et d’autres sports comme le baseball et le basket-ball pour lesquels la jeune pousse a déjà effectué des essais concluants. Gymlib promeut le sport auprès des journalistes Les 4.000 journalistes étrangers accrédités pour l’Euro vont pouvoir découvrir une autre facette de la capitale. La Mairie leur offre un passe pour accéder à une séance dans l’une des 250 salles parisiennes partenaires de Gymlib, et tout autant en banlieue. Plusieurs dizaines de journalistes étrangers ont déjà manifesté leur intérêt pour cette opération, importante pour l’avenir de la jeune pousse, qui cherche à s’internationaliser. COMMUNIQUÉ BNP PARIBAS ET 2SPARK : UN (EN)JEU DE STRATÉGIE Le monde change et BNP Paribas aussi. Pour que les équipes intègrent ces transformations et s’y adaptent facilement, un dispositif original a été mis en place avec la startup 2Spark, spécialiste unique de « l’appropriation des connaissances… en 1 minute par jour ! ». Comment impliquer les équipes dans les transformations d’un groupe quand celui-ci emploie des milliers voire des centaines de milliers de collaborateurs ? Pour relever ce challenge et engager durablement ses équipes, BNP Paribas a mis en place le dispositif « La Minute Service » développé par la startup 2Spark. Chaque jour, les collaborateurs répondent, via la plateforme en ligne 2Spark, à une ou deux questions sur leur activité : relation client, management… Un exercice quotidien d’une minute, présenté de manière ludique et totalement en phase avec les nouveaux usages numériques (fluidité, rapidité, interactivité). « Nous voulions utiliser une nouvelle approche d’appropriation complètement différente des moyens traditionnels. Nous souhaitions un dispositif digital non-intrusif qui crée une relation et une promesse de développement des connaissances pour chacun de nos collaborateurs », déclare Valérie Belhassen, Responsable Transformation et Développement des Connaissances de la banque de détail de BNP Paribas. Lancé en 2015, cet apprentissage progressif a conquis 75 % des 13 000 collaborateurs sollicités par la banque, avec un taux de satisfaction de 95 %. Grâce à ses indicateurs, la plateforme 2Spark mesure « les connaissances » des collaborateurs (de manière anonyme) pour concentrer ses efforts sur les thèmes non maîtrisés. Un outil moderne et performant qui renforce véritablement la culture service de BNP Paribas. LARA PAWLICZ, CO-FONDATRICE DE 2SPARK « BNP Paribas nous a accordé un niveau de confiance particulièrement inspirant. 2Spark touche la banque sur des sujets éminemment stratégiques notamment la nouvelle relation client. » Retrouvez 2SPARK sur le Lab BNP PARIBAS à Viva Technology, du 30 juin au 2 juillet à Paris Expo Porte de Versailles. Digifood restaure les spectateurs à leur siège Manger et boire sans faire la queue. Digifood pourrait bien résoudre plusieurs problèmes liés à la restauration dans les stades. Via son appli, les spectateurs commandent à tout moment du match et sont livrés à leur place en moins de trois minutes. Cette promesse a convaincu l’UEFA, qui a déployé cette solution en marque blanche sous le nom DeliverMe, avec l’appui de Coca-Cola, au Stade de France et au Stade des Lumières, à Lyon. Parismise surlesjeunes poussespour mieuxaccueillirlesvisiteurs del’Euro La municipalité a passé des partenariats pour le développement de deux applications touristiques, utilisant en partie la réalité augmentée. Nicolas Rauline @nrauline Paris profite de l’Euro pour renforcer son dispositif d’accueil pour les touristes. Et, ne pouvant tout développer elle-même, la Ville a choisi de nouer des partenariats avec quelques start-up de la French Tech. Ces jours-ci, deux applications ont été lancées, à destination des visiteurs attendus dans la capitale, ces prochaines semaines. La première, Paris Enigme, permet de découvrir Paris de manière ludique, au travers de jeux. Une fois dans la rue, l’utilisateur peut répondre à des questionnaires, le long d’un parcours touristique. Face au Louvre, il a accès à une vue en réalité augmentée représentant l’endroit tel qu’il était au XVIe siècle et, face à l’Opéra, il peut voir la place en 1780. L’application a été développée par la start-up Furet Company, basée à Issy-les-Moulineaux et spécialisée dans le développe- Paris Enigme permet de découvrir Paris de manière ludique. Photo Paris Enigme ment de jeux, notamment en extérieur (chasses au trésor, jeux de piste, jeux de rôle…) Une ville laboratoire Autre application lancée à l’occasion de l’Euro : Paris Explore, disponible sur iOS et Android et développée par la start-up toulousaine Ubleam. Dans tout le quartier du Marais,des« bleams »ontétédisposés. Il s’agit de petits logos signalétiques, sur la façade de bâtiments, sur le nom d’une rue, ou sur la vitrine de boutiques. En posant son téléphone devant ces logos, l’utilisateur a accès à des informations touristiques, en texte, en images ou en réalité augmentée (histoire du bâtiment, anecdotes, etc.) « Nous avons coconstruit ce projet avec la start-up, mais aussi avec les commerçants du quartier, les administrations, les associations, souligne Marlène Tessier, cheffe de la mission Partenariats et Tourisme à la Direction de l’attractivité et de l’emploi (DAE) de la Ville de Paris. Et c’est d’autant plus intéressant pour nousqu’ilestévolutif.Lecontenupeut être enrichi, de nouveaux points d’intérêt pourront être ajoutés. » Un projet qui colle donc à la volonté de la ville de devenir un « laboratoire à ciel ouvert pour les start-up ». Ailleurs, l’Euro n’a pas déclenché autantdeprojetsdelapartdesvilles, qui s’appuient en général sur leurs propres services. Outre quelques initiatives privées, on peut tout juste citer le partenariat passé entre la fédération des commerces de Nice et la start-up suisse Kireego pour développer une plate-forme de mise enrelationentrelescommerçantset les quelque 300.000 visiteurs attendus dans la fan-zone niçoise. Là, comme à Paris, il s’agit de poser des jalons pour développer par la suite des offres plus globales. n // 27 Les Echos Vendredi 10, samedi 11 juin 2016 PME ®IONS Les producteurs de moules manifestent NDDL : le dossier d’information en ligne PAYS DE LA LOIRE — Les pro- d’information destiné à présenter le projet de Notre-Damedes-Landes avant la consultation locale prévue le 26 juin a été mis en ligne. La Commission nationale du débat public (CNDP) autorité administrative indépendante, a été missionnée pour présenter de « façon claire et AFP en direct PAYS DE LA LOIRE — Le dossier ducteurs de moules, touchés par un phénomène de surmortalité allant jusqu’à 90 % pour certains, se sont rassemblés à l’occasion des Assises de la pêche. Une enveloppe de 4 millions d’euros a déjà été annoncée par le gouvernement, mais il en manque 8, estime le comité régional de la conchyliculture des Pays de la Loire. objective le projet », a rappelé le président de la Commission, Christian Leyrit. Les électeurs devront répondre à la question : êtes-vous favorable au projet de transfert de l’aéroport ? Au total, 130 personnes impliquées dans ce projet, responsables politiques, économiques, agricoles et associatifs ont été auditionnés. Le document renvoie vers douze sites Internet d’organisations favorables ou opposées au transfert. Branle-bas de combat aux Archives nationales l Le site parisien, modernisé, accueillera 250 agents du ministère de la Culture. l Le site de Fontainebleau semble voué à disparaître. CULTURE Laurence Albert @L_Albert_ Trois ans après avoir inauguré le bâtiment flambant neuf de Pierrefitte-sur-Seine, le gouvernement poursuit la réorganisation des Archives nationales. Avec deux décisions ce printemps : le réaménagement du vaste site parisien – 2,5 hectares au cœur du Marais –, désormais acté, et la disparition probable du site de Fontainebleau, qui devrait l’être avant l’été. Un temps menacé, le site parisien, où sont employés 200 agents des Archives nationales et départementales, sera conforté en accueillant250fonctionnairestransfuges du ministère de la Culture. Pressé par Bercy de rationaliser ses implantations immobilières, le ministèredelaCulturevapasserde7 à 3 sites en vendant deux immeubles rue des Pyramides et rue de Richelieu, dont les agents iront aux Archives. Un combat serré, mené par le ministère, pour éviter de quitter Paris pour Aubervilliers. La moitié du fruit de la vente des locaux – 35 millions sur 80 – sera réinvesti dansledéménagementetlaréhabilitation des Archives parisiennes. « Une partie des lieux était sousemployée depuis le départ de 230 agents à Pierrefitte. Il fallait trouver une destination, mais ne pas s’en tenirlà :nousavonsimaginéunprojet patrimonial pour donner plus de visibilité à ces hôtels particuliers et ces jardins peu connus », explique Hervé Lemoine, le directeur des Archives. Mise aux normes Davantage ouverts au public, les locaux seront mis aux normes pour prévenir les risques d’inondation. Paris abrite en effet les fonds anciens, d’autant plus difficiles à conserver que certains se trouvent dans les combles ou en sous-sol. Les travaux s’achèveront en 2019. AFontainebleau,onattendencore la décision du ministère. Le site, fermé depuis deux ans pour des raisons de sécurité – bâti sur de l’argile, fissuré, il menace de s’écrouler –, ne pourraitêtrerouvertquemoyennant 200 millions d’euros de travaux. Bercy a pressé le ministère de la Culture de rationaliser ses implantations. Il serait donc moins cher de le détruire, dépolluer, et de déménanager les fonds à Pierrefitte où des réserves foncières ont été prévues, et où il sera possible, dès 2017, de rajouter104kilomètresderayonnages. C’est du moins ce qu’en ont d é d u i t l e s d i z a i n e s d ’é t u d e s d’experts commandées sur le sujet… « Nous avons mis de côté un budget de 16 millions d’euros. Nous avons un beau projet à Paris, il ne faut pas que Fontainebleau reste au bord de la route », martèle Hervé Lemoine,ralliéluiaussiàcettesolution. Une rationalisation qui serait une source appréciable d’économie. Car en période de disette budgétaire, les Archives, par nature consommatrices d’espace et donc de moyens, restent un casse-tête. La ministre de la Culture, Audrey Azoulay, va devoir affronter des syndicats – CGT en tête – très remontés et les 43 agents, qui ne le sont pas moins – certains dorment sur place depuis plusieurs jours. « Il est temps de prendre une décision. Mon souci sera le sort des agents, mais aussi que l’Etat tienne ses engagements et n’abandonne pas ce bâtiment », indique le maire de Fontainebleau, Frédéric Valletoux. n Rhône : deux collectivités sous un même toit E n marge du polémique chantier du musée des Confluences, les nouvelles Archives du Rhône, ouvertes en septembre 2014, ont vu le jour dans une certaine discrétion, propre sans doute à ces établissements feutrés. Et à un budget maîtrisé de 46 millions d’euros, dont 9 apportés par l’Etat. La décision a été prise en 2005 d’installer dans un seul site fonctionnel les 35 kilomètres d’archives conservées dans deux bâtiments devenus trop étroits, ne répondant plus aux normes de conservation comme d’accueil du public – 250 marches pour accéder à un ancien couvent de Fourvière – et sans protection anti-incendie. Le lingot d’or de l’architecte Bruno Dumetier respecte toutes les normes d’hygrométrie, température, portes antifeu, accessibilité, ergonomie des magasins – pas plus haut que 2,50 m afin de prévenir les accidents d’escabeau. Les préparatifs ont pris dix ans : récolement et reconditionnement d’un cinquième des documents dans des cartons neufs. Le déménagement, dix mois. Le nouveau bâtiment dispose de 30 kilomètres de rayonnages vides : « Cela nous permet de voir à 20 ou 30 ans, guère plus », estime le directeur Bruno Galland. Le chantier a permis une modernisation informatique de l’institution (ordinateurs à tous les postes de travail, nouveau logiciel de consultation, réservation des cotes sur Internet). Compte tenu de la naissance en 2015 de la Métropole de Lyon, dotée des mêmes compétences qu’un département, ces archives, uniques en leur genre, sont « un service unifié du Rhône et de la Métropole, rattaché au département, mais financé à 75 % par la Métropole », précise Bruno Galland. Les deux collectivités ont l’obligation de conserver leurs propres archives et celles produites par les services de l’Etat sur leur territoire. La principale source de remplissage des armoires, mais pas forcément les pages les plus consultées ! — L. D. Marseille accueille bibliothèque et archives Une nouvelle circulaire vient encadrer les modalités de financement de l’Etat, très présent dans la gestion des archives locales. D epuis 2006, les archives des Bouches-du-Rhône ont une nouvelle vocation : développer un réseau de lecture publique. Trop à l’étroit en centre-ville, bibliothèque de prêt et archives départementales ont été rassemblées dans le quartier portuaire. Dans un bâtiment unique au geste contemporain, l’architecte Corinne Vezzoni a dédié 20 % des 28.000 m2 de rayonnages à des réserves (466.000 ouvrages et plus de 50.000 supports numériques) destinées aux 96 bibliothèques du territoire. Le site ouvre également au public une salle d’actualité pour y lire la presse, expose ses archives et accueille régulièrement des conférences dans un auditorium de 200 places. Les chercheurs disposent également de leur espace en retrait des publics pour se pencher sur près de 45 kilomètres linéaires de rayonnages. Le site fait le plein avec près de 13.000 visiteurs chaque année. — P. M. Bordeaux bientôt à l’étroit ? D e l’ancien entrepôt datant du Second Empire, reconverti en archives, il ne reste que les quatre murs extérieurs. Le nouvel ensemble, inauguré en mars dernier, a été conçu par l’agence belge Robbrecht en Daem, spécialiste de la conversion de bâtiments industriels en équipements culturels. Avec ses 8.800 m2, le lieu est plus spacieux pour le stockage et plus accueillant pour le public. Les employés disposent de bureaux fonctionnels dans un bâtiment construit de façon perpendiculaire. Un projet de 14,5 millions d’euros indispensable puisque Bordeaux, est avec ses archives, dont l’origine remonte à Alienor d’Aquitaine, l’un des trois premiers services de France par le volume, la richesse et la diversité des fonds. Conséquence, le bâtiment, rehaussé de deux niveaux supplémentaires, offre 18 kilomètres de rangement qui pourraient se révéler insuffisants puisque 13 kilomètres de rayonnages sont déjà occupés. Lancé il y a une dizaine d’années, le projet de la ville est entre-temps devenu celui de la Métropole. — F. N. Photo Photononstop-AFP Les règles du jeu changent pour les élus DR © Département du Rhône - Patrick Ageneau L’espace, un enjeu crucial pour les archives locales L’hôtel de Soubise, un des bâtiments emblématiques du site des Archives nationales, dans le quartier du Marais. En cette période de vaches maigres, c’est une bonne nouvelle pour les collectivités locales, dont certaines éprouvent désormais les plus grandes difficultés à construire et entretenir leurs a r c h i ve s . U n e c i r c u l a i r e d u ministère de la Culture du 21 mars est venue redéfinir et augmenter la part du financement étatique dans les travaux de construction et d’entretien. L’Etat pourra en effet régler entre 10 et 30 % de la facture contre moins de 10 % aujourd’hui. Un signal fort. « Nous voulons montrer que nous restons des partenaires, à la fois sur le plan financier et en termes d’ingénierie. Nous savons que les collectivités ont aujourd’hui des difficultés pour construire et entretenir leurs archives. C’est pour elles un événement exceptionnel qui n’a lieu que tous les trente ans, alors que nous avons de notre côté une réelle expertise », assure Hervé Lemoine, le directeur des Archives nationales et départementales. La plupart des grandes collectivités (régions, départements…) ont en effet leurs archives : en 2013, on en recensait 800 (dont 670 communales) employant 5.000 personnes. Seules les communes de moins de 20.000 habitants n’en ont pas : les documents sont versés aux fonds départementaux. Ce foisonnement n’empêche pas l’Etat d’être omniprésent – malgré la décentralisation – pour garder le contrôle scientifique et technique. La plupart des archives départementales ont ainsi une direction bicéphale, miEtat mi-département, et près de 250 agents d’Etat œuvrent dans les départements. L’Etat en fait même la contrepartie de son soutien financier… Lequel est devenu absolument vital pour les collectivités, l’entretien des archives étant de plus en plus dispendieux entre le respect des normes, la numérisation, l’« open data »… Recours au secteur privé Les syndicats, de leur côté, estiment que l’Etat n’en fait pas encore assez. « Les budgets de la culture sont les premiers à être rabotés. Il y a un désengagement de l’Etat qui est d’autant moins compréhensible que les archives départementales abritent de nombreux documents de l’Etat », assure ainsi Wladimir Susanj, le délégué général de la CGT-archives. Il estime par ailleurs que, pour s’en sortir, les collectivités n’ h é s i t e r o n t p a s n o n p l u s à s’appuyer sur le secteur privé, friand de ces sujets, associations de généalogistes en tête. — L. A. « Nous savons que les collectivités ont aujourd’hui des difficultés pour construire et entretenir leurs archives. » HERVÉ LEMOINE Directeur des Archives de France 28 // PME & REGIONS Vendredi 10, samedi 11 juin 2016 Les Echos 28 AIN — Le tribunal de grande française de cyclotourisme. Cette dernière recense donc désormais 28 territoires ayant pris des mesures pour développer la pratique du vélo, telles que des parcours pour des promenades ou des grands itinéraires européens. AFP TERRITOIRES LABELLISÉS « ÉCOTOURISTIQUES » Guebwiller (Haut-Rhin), la communauté de communes de HauteCharente (Charente), la communauté d’agglomération de Flers (Orne) et Guer Communauté (Morbihan) sont les quatre territoires que vient de labelliser la Fédération innovateurs L’abattoir visé par la L214 en liquidation instance de Bourg-en-Bresse a confirmé la liquidation judiciaire du poulailler industriel de l’Ain, dont les conditions d’élevage ont été dénoncées par l’association L214. Ce poulailler industriel du Gaec-du-Perrat, à Chaleins, proche de Villefranche-sur-Saône, compte une vingtaine de salariés. Marseille démarre la première ligne de bus 100 % électrique chauffeur, avec un minimum de 1,50 euro. En fin de mois, Karos fait les comptes. L’utilisateur passager peutvoirsafactureréduitedesmontants qu’il a « gagnés » en étant conducteur, et inversement. ÎLE-DE-FRANCE La firme parisienne a mis au point un système de covoiturage domicile-travail. L’INITIATIVE RTM Convaincre les entreprises Il peut compléter les réseaux de transports en commun. Dominique Malécot @DMalecot Réconcilier le transport en commun et la voiture individuelle. C’est ce que propose Karos. Cette start-up parisiennearéussiàmettreaupoint une application de covoiturage adaptée aux trajets domicile-travail et aux déplacements dans les zones peu ou mal desservies par les transports en commun. Un marché auquel ont presque renoncé les géantsdusecteur,carilesttroplocal et donc complexe pour sa taille. « L’idée est simple. Il suffit de téléchargergratuitementnotreapplication, de la paramétrer et elle se charge du reste », s’enthousiasme Olivier Binet, directeur général et cofondateur avec Tristan Croiset de DR Karos intègre la voiture particulière au réseau de transports en commun Les logiciels et les algorithmes mis au point par Karos apprennent les habitudes et les besoins de mobilité du passager. Photo Laurent Granguillot/RÉA l’entreprise. Nourris aux mégadonnées ou Big Data, les logiciels et les algorithmes mis au point par Karos apprennent les habitudes et les besoins de mobilité du passager. L’application procède de la même manière avec l’automobiliste qui souhaite partager ses frais. « Le salarié ou le visiteur peut ainsi choisir la veille de son trajet, régulier ou non, entre plusieurs propositions de chauffeurs allant exactement au même endroit que lui à l’heure qui lui convient », explique Olivier Binet. Le système évite de tomber dans les travers du covoiturage d’entreprise,quiaboutitviteàunsentiment de dépendance entre le passager et lechauffeur.Ilpermetaussid’êtreun jourchauffeuretdejouerlepassager le reste du temps. Le coût du kilomètre est évalué à 20 centimes. Comme il s’agit de partager, le passager paye 10 centimes par kilomètre au Le système a été étrenné à Grenoble auprès des salariés de STMicroelectronics et du CEA notamment. Il fonctionneaussi enIle-de-France et à La Réunion pour Total. « Nous le proposons aux entreprises soucieuses de réduire leur empreinte sur l’environnement et nous souhaitons maintenant le proposer aux collectivités locales », explique Olivier Binet. Pour lui, il s’agit d’un réseau de transport aussi fiable que les autres et capable de compléter l’offre des opérateurs traditionnels. Selon le dirigeant, les entreprises qui rémunèrent Karos pour ce service trouvent qu’il crée du lien social, augmente l’accessibilitié des sites et permet de faire des économies de parkings. Fondé en 2014, Karos est encore largement financé par la BPI et des « business angels ». La firme prépare une levée de fonds pour la fin de l’année, avec l’espoir de renforcer son effectif de 13 salariés, notamment en engageant des commerciaux. n Lancement : juin 2016 Constructeur : Irizar Coût unitaire du bus i2e : 380.000 euros hors batteries Autonomie : 240 kilomètres Secteur : transport urbain Paul Molga @paulmolga — Correspondant à Marseille La Régie des Transports Marseillais vient de doubler la RATP en mettant en service, cette semaine, la première ligne de bus 100 % électrique. Avec plusieurs mois d’avance sur le projetdeBluebusdugroupeBolloré, dont un seul exemplaire en testàParis,aétéprésentéfinmai. Le véhicule phocéen est de construction espagnole. Il est produit par Irizar, qui équipe déjà les transportsdeSanSebastiánetde Barcelone. Marseille a mis le bus i2e en test depuis un an sur la ligne 82, la plus touristique de la ville, où il a confirmé une auto- Equipements industriels : Cerinnov s’introduit en Bourse Le spécialiste des machines dédiées à la céramique veut lever 8 millions d’euros. Jean-Pierre Gourvest — Correspondant à Limoges Spécialiste de la céramique dans les domaines de l’ingénierie, la robotique et autres équipements innovants pour l’industrie, Cerinnov Group a lancé au début du mois son introduction en Bourse. L’entreprise, fondée en 1997, compte deux sites de production, le premier en France – dans le pôle européen de la céramique à Limoges, le second à Denver aux Etats-Unis, où elle s’est implantée en 1995. Elle ne fabrique pas d’assiettes, mais est présente dans les domaines de la numérisation avancée, du traitement thermique des matériaux, dans les procédés lasers et la décoration. Elle est à la fois un bureau d’études, un fournisseur clefs en main de systèmes et de process et un fournisseur de solutions techniques. L’offre porte sur un maximum de 930.233 actions nouvelles, avec une fourchette de prix indicative entre 7,31 et 9,89 euros par action. Le produit brut serait d’environ 8 millions d’euros pour la totalité des actions et sur la base du prix médian de la fourchette (8,60 euros). Le public détiendrait entre 27 et 33 % du capital en fonction du résultat de l’introduction en Bourse, les fondateurs conservant entre 37 et 41 %. 11 brevets internationaux C e r i n n ov G r o u p s e p r é sen t e comme un des leaders mondiaux de l’équipement en céramiques techniques, évoluant dans les secteurs allant de l’aéronautique à la sécurité, du spatial au sanitaire. Elle compte 74 salariés et réalise un chiffre d’affaires 2015 de 9,8 millions d’euros (en augmentation de 7,8 % par rapport à 2014), dont 70 % à l’export. Le carnet de commandes est estimé à 11,2 millions d’euros pour 2016. L’entreprise a notamment emporté un marché important en Thaïlande. La société est la seule de son secteur à s’introduire sur le marché Alternext. La souscription est ouverte jusqu’au 14 juin 2016 et le début des négociations du titre est prévu pour le 20 juin prochain. « Cette opération nous donnera les moyens de nous développer sur des nouveaux marchés de grande taille, notamment en Asie », explique le PDG Arnaud Hory. Le responsable insiste sur le fait que l’activité recherche a représenté 23 % du chiffre d’affaires l’an dernier, ce qui a permis à l’entreprise de déposer sur ces cinq dernières années 11 brevets internationaux. n HISTOIRES D’AVENIR, AVEC © Pradeo Saad, l’un des trois fondateurs et président de Pradeo. Ce côté précurseur a été repéré par le célèbre cabinet Gartner, aux Etats-Unis, qui a posiaonné Pradeo dans la catégorie “Visionnaire” de son classement Magic Quadrant. « Le marché américain est essenIel pour nous. Validant notre niveau de technologie, ce classement nous a ouvert des portes et nous comptons aujourd’hui parmi nos clients et partenaires de grands comptes comme IBM, Sanofi ou Samsung. » La société qui a vu son chiffre d’affaires croître de 50% entre 2014 et 2015, a créé deux filiales l’an dernier, à San Francisco et à Londres, ainsi qu’un bureau à Singapour ce]e année. « Bpifrance prend des risques dans le domaine du financement de l’innovaIon, de l’immatériel, et c’est ce qui nous a permis de meGre au point notre technologie avant même que la société n’existe officiellement. » Entrepreneurs, Bpifrance vous soutient en prêt et capital, contactez Bpifrance de votre région : bpifrance.fr LA LEVÉE DE FONDS SYNTONY Date de création : 2015 Président : Joël Korsakissok Montant : 1 million d’euros Effectif : 20 personnes Secteur : géolocalisation Laurent Marcaillou — Correspondant à Toulouse PRADEO : 7 LA SÉCURITÉ DE NOS OBJETS CONNECTÉS 6 Fondée en 2010 à Montpellier, la société Pradeo a développé un ana-virus nouvelle généraaon, breveté sous le nom de Trust Revealing. Ce moteur d’analyse décoraque les applicaaons mobiles, puis révèle et bloque les acaons cachées qu’elles exécutent à notre insu (récupéraaon de données diverses). Plus de 1 340 000 applicaaons ont déjà été passées à la loupe, parmi lesquelles 40,5% posaient problème, considérées comme risquées ou au minimum intrusives. La société, qui emploie 25 salariés, a reçu le prix La Tribune Jeune Entrepreneur 2016 dans la catégorie “Numérique”. Elle fait également parae du disposiaf Pass French Tech, le cercle des champions de la high tech française. « Nous avons très vite été dotés de subvenIons, ce qui nous a permis d’augmenter notre avance technologique. Bpifrance a tenu ce rôle clé dès le début et le Ient encore », explique Clément Syntony installe sa radionavigation dans le métro de Stockholm DR HAUTE-VIENNE Clément Saad, co-fondateur et président de Pradeo. nomie de 240 km pour une douzaine d’heures de service non stop. En théorie, le Bluebus affiche les mêmes performances pour une longueur identique de 12 mètres. Seule différence : le bus de Bolloré récupère de l’énergie en décélération. AMarseille,c’estlaligne82de l’hypercentre qui a été choisie pour passer à l’électrique : six buspropresassurentlarotation entre le Vieux Port et le quartier d’affaires Euroméditerranée. Coût unitaire : environ 380.000 euros, hors batteries louées 50.000 euros par an, soit 30 % de plus qu’un bus thermique pour une économie d’énergie de 400 %. « Cette commande nous permet de préparer notre migration vers ces technologies à partir de 2020, en analysant concrètement leurs conséquences en termes de maintenance, de sécurité, de formation et d’investissement dans la transformation de nos ateliers pour accueillir l’outillage et les alimentations nécessaires », explique le directeur général adjoint de la RTM, François Agier. La régie s’est engagée dans un programme de R&D avec EDF pour améliorer les procédés de recharge, qui demandent actuellement de 5 à 7 heures pour les 16 batteries embarquées. Son dépôt permet de prendre en charge les six bus de la ligne, soit 1 % de son parc de véhicules. n Spin-off de la société d’ingénierie Silicom, Syntony vient de lever 1 million d’euros auprès de l’Irdi pour commercialiser ses nouveaux systèmes de positionnement par satellite. Créée en mai 2015 à Colomiers, près de Toulouse, la start-up a ouvert en mars une filiale aux Etats-Unis. Son atout technologique : la radionavigation logicielle qui traite le signal de radiofréquence avec un logiciel au lieu de le faire avec une puce électronique de réception GPS. L’avantage est de pouvoir le mettre à jour au lieu de changer le terminal quand les signaux GPS sont modifiés, ce qui est assez fréquent. L’inconvénient : le traitement du signal consomme une grande puissance de calcul. « Mais nous avons optimisé le logiciel pour diminuer la puissance nécessaire et le faire tourner sur un calculateur de smartphone », explique Joël Korsakissok, président de Syntony. Il a signé plusieurs contrats avec des filiales d’Airbus dans le spatial et l’aéronautique militaire. La jeune entreprise négocie aussi la vente de son logiciel avec des constructeurs de smartphones, car les modèles actuels ne sont pas équipés pour recevoir le système européen Galileo, qui démarrera à la fin 2016. Aveccesavoir-faire,Syntonya développéunesolutionderadionavigation dans les couloirs du métro, où le GPS ne passe pas. Au lieu d’utiliser le Wifi et le Bluetooth comme d’autres, elle reproduit le signal du GPS avec ses émetteurs pour que les smartphones le reconnaissent. Son système Subwave localise les appels d’urgence dans les souterrains. En janvier, Syntony a décroché un contrat de plus de 1 million d’euros pour l’installer dans le métro de Stockholm et est en discussion avancée avec Singapour.« Grâceaumarchédu métro, nous sommes partis pour une croissance fulgurante », affirme le dirigeant, qui prévoit unchiffred’affairesde3millions d’euros en 2016. n // 29 Les Echos Vendredi 10, samedi 11 juin 2016 FINANCE &MARCHES L’APPROCHE DU BREXIT FAIT PLONGER LES TAUX ANGLAIS A deux semaines du référendum sur le maintien du Royaume-Uni au sein de l’Union européenne, les taux britanniques ont enregistré, jeudi, un plus bas historique. Le rendement à 10 ans a touché 1,220 % en cours de séance avant de clôturer à 1,242 %. Les investisseurs parient notamment sur le fait qu’en cas de Brexit, la Banque d’Angleterre mènera une politique monétaire accommodante. les indices La Maif vient bousculer les banques en lançant son agrégateur l Le groupe mutualiste se lance dans la « néobanque ». l L’assureur vise l’équilibre en quatre ou cinq ans et un taux de pénétration d’environ 500.000 utilisateurs. ASSURANCE Laurent Thévenin @laurentthevenin LaMaifvalàoùonnel’attendaitpas. L’assureur mutualiste a annoncé jeudi le lancement d’un service d’agrégation de comptes bancaires. Il s’engouffre ainsi dans une brèche ouverte par des start-up comme LinxoouBankin’.Cemarchésemble promis à un bel avenir avec l’entrée en vigueur de la nouvelle directive européenne sur les services de paiement (DSP2) en janvier 2018. Baptisé « Nestor » Avec ce service baptisé « Nestor » et conçu sous marque blanche par Linxo, la Maif est le premier assureur à lancer un agrégateur de comptes bancaires. « Le digital entraîne un abaissement généralisé des barrières à l’entrée. Partant de ce constat, nous sommes défensifs sur notre cœur de métier, mais rien ne nous interdit d’être offensifs sur des métiers qui ne sont pas les nôtres », explique Pascal Demurger, directeur général du groupe d’assurances. La Maif se dit convaincue qu’il y a de la place pour un modèle « dans lequel une marque reconnue et inspirant confiance devient l’interlocutrice privilégiée de la relation bancaire et financière sans avoir à intégrer dans son offre un compte bancaire ». Concrètement,lasolutionproposée par la Maif permettra aux utilisateurs de regrouper et de visualiser l’ensemble de leur patrimoine bancaire(comptes,moyensdepaiement alternatifs comme PayPal, assurance-vie, crédit, gestion patrimoniale ou épargne salariale) dans un seul et même espace via un site Internet ou une application. Elle offrira aussi des outils d’anticipation budgétaire, de gestion de découvert ou d’alerte. Au-delà, la Maif envisage d’y greffer des fonctionnalités d’aide à la préparation de projets ou de courtage de crédit. « L’idée est d’aller vers des fonctionnalités de transaction », indique également Pascal Demurger. Avec DSP2, il sera en effet possible de DÉCRYPTAGE // Pourquoi les acteurs de la finance s’allient avec des agrégateurs. Garder lamain sur larelation client Véronique Chocron @vechocron Q uelles banques françaises ne discutent pas actuellement avec un agrégateur, ces start-up qui fournissent à un consommateur, via une application mobile, une vue consolidée de l’ensemble de ses comptes bancairesdanstouslesétablissementsoùil est client ? Aucune. Qu’il s’agisse de nouer un partenariat ou d’évaluer le rôle que joueront ces fintech dans les prochains mois, tous les établissements sont sur le pied de guerre. Car tous veulent conserver le contrôle de la relation avec leur client. « Fichier positif à ciel ouvert » Les plus sceptiques ont révisé leur jugement avec l’adoption de la nouvelle directive sur les services de paiement (DSP2), qui entérine l’existence des agrégateurs. Une fois le texte européen entré en vigueur, en janvier 2018, les banques auront en effetl’obligationdetransmettreàces nouveaux acteurs les informations des comptes de leurs clients. « Avec l’agrégation, les banques vont devoir accepterquelaconcurrencevoitcequi se passe chez elles, c’est-à-dire quels sont les actifs financiers détenus par leurs clients, mais elles vont aussi voir chez les concurrents. Ce sera comme un fichier positif à ciel ouvert, explique le responsable d’une banque en ligne. Beaucoup vont donc se positionner sur le conseil : ils pourront par exemple expliquer à leur client multibancarisé que l’assurance-vie souscrite dans la banque voisine est beaucoup trop risquée. » La disposition de la loi Macron qui va favoriser la mobilité bancaire, effective en 2017, fait également office de catalyseur. « Le schéma le plus probable est que le client choisira son agrégateur dans la banque qui lui fera les propositions les plus pertinentes », explique un banquier. De quoi faire bouger les lignes. « Dans les douze à dix-huit prochains mois qui suivront la loi de mobilité bancaire, toutes les banques proposeront un agrégateur à leurs clients », pronostique-t-il. Pour Linxo, l’agrégateur qui domine le marché français sur le créneau du BtoB, en proposant son service à des banques, les perspectives sont donc prometteuses. Après unepremièrecollaborationenmarque blanche avec la banque en ligne Fortuneo, Crédit Mutuel Arkéa et le Crédit Agricole sont entrés à son capital. L’agrégateur a depuis signé avec BforBank et HSBC France, et, jeudi, avec Maif. Il serait désormais sur le point de faire affaire avec LCL et discute avec plusieurs caisses régionales de la Banque verte. n « Le digital entraîne un abaissement généralisé des barrières à l’entrée. Partant de ce constat, nous sommes défensifs sur notre cœur de métier, mais rien ne nous interdit d’être offensifs sur des métiers qui ne sont pas les nôtres. » PASCAL DEMURGER Directeur général de la Maif La solution proposée par la Maif permettra aux utilisateurs de regrouper et de visualiser l’ensemble de leur patrimoine bancaire dans un seul et même espace via un site Internet ou une application. Photo RÉA Plus de 300 millions d’euros d’investissements dans le digital La Maif met les grands moyens pour accomplir sa transformation digitale. Sur la durée de son plan 2015-2018, « les investissements consacrés au digital stricto sensu sont estimés à environ 200 millions d’euros », a indiqué jeudi Pascal Demurger, le directeur général du groupe d’assurance. S’y ajoutent les 125 millions d’euros alloués à Maif Avenir, la structure créée en 2015 pour investir dans des start-up. Par ailleurs, les investissements consacrés au plan de transformation des systèmes d’information sont « gigantesques », avec un budget annuel de 100 à 120 millions d’euros. faire sur un agrégateur des virementsd’uncompteàunautredirectement. Ce qui permettra donc aux acteurs positionnés sur ce créneau de s’immiscer davantage dans la relation bancaire. Testée à partir du 20 juin Alors qu’il se pose donc en tiers de confiance,l’assureuraffirmegarantir la plus parfaite étanchéité de Nestor. « Nous ne rentrerons pas dans l’espace des utilisateurs et nous n’aurons donc pas accès à leur environnement bancaire », affirme-t-il. Cette « néobanque » va être testée à partir du 20 juin auprès des salariés et des militants de la Maif, ainsi que de 500 sociétaires, avant d’être ouvert au grand public en novembre prochain. A côté d’un socle de base gratuit, il proposera une version premium payante, facturée « en dessous de 30 euros par an, soit moins cher que les autres agrégateurs ». La Maif vise l’équilibre pour Nestor en quatre ou cinq ans avec l’objectif d’un taux de pénétration d’environ 500.000 utilisateurs. n Les assureurs européens àlatraînesur lesdevis et lasouscriptionen ligne Seuls 18 % des devis et 4 % des ventes se font sur Internet. Les assureurs interrogés par Roland Berger et l’Efma font de l’amélioration de l’expérience client une priorité. Les assureurs n’ont pas réussi à aller aussi vite qu’ils le voulaient en matière de digitalisation. D’après une étude réalisée par le cabinet Roland Berger et l’Efma auprès de 21 compagnies dans six pays européens, dont la France, seule une infime partie des devis (18 %) et des souscriptions (4 %) se fait aujourd’hui sur Internet (fixe ou mobile). C’est légèrement plus qu’en 2012 (12 % des demandes de cotation et 3 % des souscriptions), mais beaucoup moins que les projections alors faites par les assureurs. A l’époque, ceux-ci pensaient qu’Internet représenterait 29 % des devis et 12 % des souscriptions à horizon 2016. « L’agence reste toujours le point de contact archimajoritaire, quelle que soit l’étape du parcours client », souligne Mathieu Sébastien, partner chez Roland Berger. Plus de la moitié des assureurs interrogés (56 %) déclarent que le niveau de transformation digitale de leur modèle de distribution a été « limité » au cours des quatre dernières années. La faute, notamment, à « une capacité d’investissement limitée » en matière de systèmes d’information et de marketing.Autre frein mis en avant : un manque de compétences et d’expertise, tant chez les assureurs que chez leurs distributeurs. Des efforts importants Ces dernières années, « les assureurs ont toutefois fait des efforts importants avec la mise en place de dispositifs multi-accès. Mais on n’en a pas encore vu les fruits », remarque Mathieu Sébastien. Ces dispositifs omnicanaux sont encore relativement peu utilisés, par 42 % des clients. A l’inverse, il reste encore 58 % de clients « traditionnels », qui sont attachés à une relation en face à face avec un conseiller et n’utilisent jamais les canaux digitaux. « L’agence reste toujours le point de contact archimajoritaire, quelle que soit l’étape du parcours client. » MATHIEU SÉBASTIEN Partner chez Roland Berger « Pour que le parcours client se digitalise, il faut améliorer l’expérience client », estime Mathieu Sébastien. Ce qui suppose, entre autres, une parfaite fluidité entre les différents modes d’accès dans le suivi du dossier, explique-t-il. Cela peut aussi passer par une aide personnalisée (au moyen, par exemple, d’assistants virtuels) ou encore des outils de tarification rapides, permettant de don- ner un tarif en dix questions ou moins. Les assureurs semblent avoir bien conscience de cet enjeu, puisque la moitié d’entre eux font d’un succès dans l’amélioration de l’expérience client leur priorité pour les quatre prochaines années. A horizon 2020, ils espèrent atteindre 17 % de souscriptions sur Internet et 11 % via les smartphones. — L. T. 100 CONSEILS PRATIQUES POUR VOS PLACEMENTS Demain chez votre marchand de journaux 30 // FINANCE & MARCHÉS Vendredi 10, samedi 11 juin 2016 Les Echos Cequelesbanquesattendent delasignatureélectronique2.0 l Un nouveau règlement européen va simplifier la signature électronique. l Les ventes à distance des banques et des fintech vont en bénéficier. INNOVATION Edouard Lederer @EdouardLederer Voilà une innovation attendue de pied ferme par les banquiers traditionnels, comme par les jeunes start-up de la finance. A partir du 1er juillet, un big bang silencieux va affecter le monde – très technique, mais stratégique – de la signature de contrats en ligne. Ce jour-là va entrer en vigueur un nouveau cadre européen qui vise à simplifier la signature électronique et à la rendre encore plus courante qu’aujourd’hui. Les financiers y voient plusieurs intérêts : la vente à distance (sur Internet ou par téléphone) se développe et les réseaux physiques d’agences se réduisent. Il faut donc ANNLEGALECH annonces judiciaires & légales RAPPEL RÉPUBLIQUE FRANÇAISE PRÉFET DE LA RÉGION D’ILE-DE-FRANCE PRÉFET DE PARIS PRÉFET DE SEINE-ET-MARNE PRÉFET DE SEINE-SAINT-DENIS AVIS D'ENQUETE PUBLIQUE préalable à la déclaration d’utilité publique (DUP) modificative du projet de liaison ferroviaire directe Charles-de-Gaulle Express (CDG Express) entre Paris (gare de l’Est) et l’aéroport Paris Charles-de-Gaulle (gare CDG 2) En exécution de l’arrêté de Messieurs les préfets de la région d’Ile-de-France, Préfet de Paris, de la Seine-Saint-Denis et de la Seine-et-Marne, en date du 10 mai 2016 et en application des dispositions du code de l’environnement, il sera procédé du mercredi 8 juin 2016 au mardi 12 juillet 2016 inclus, soit une durée de 35 jours consécutifs, à une enquête publique préalable à la déclaration d’utilité publique (DUP) modificative du projet de réalisation de la liaison ferroviaire directe Charles-de-Gaulle Express (CDG Express) entre Paris (gare de l’Est) et l’aéroport Paris Charles-de-Gaulle (gare CDG 2), dossier présenté par l’Etat (Ministère de l’environnement, de l’énergie et de la mer). De plus, en tant que moyen de communication complémentaire, des observations, propositions et contre-propositions pourront aussi être déposées, de manière électronique, sur un registre dématérialisé du 8 juin 2016 à 9h au 12 juillet 2016 à 18h, via le site Internet suivant : www.enquetepubliquecdgexpress.fr L’Etat (Ministère de l’environnement, de l’énergie et de la mer) assure la maîtrise d’ouvrage du projet. Pendant la durée de l’enquête publique, les demandes d’informations pourront être adressées à : Monsieur le directeur du projet CDG Express, Ministère de l’environnement, de l’énergie et de la mer – Direction générale des infrastructures, des transports et de la merCette enquête porte sur la déclaration d’utilité publique (DUP) modificative du projet. Elle a Direction des Services des Transports (DST/FCD), Tour Séquoia, 92055 La Défense. donc pour objet de présenter au public les modifications substantielles apportées au projet depuis la déclaration d’utilité publique de 2008, de recueillir les observations du public sur ces Cette enquête publique sera conduite par une commission d’enquête ainsi constituée : modifications et de se prononcer sur l’utilité publique du projet au regard des modifications apportées.Lepréfetdelarégiond’Ile-de-France,préfetdeParisaétédésignépourcoordonner Le président : l’organisation de l’enquête publique et en centraliser les observations recueillies. # .$2@?">! +75>0" =6+9&=* cadre supérieur dans le domaine des grands projets de centrale thermique, (E.R). L’enquête publique s’ouvrira le mercredi 8 juin 2016 à 9h et se terminera le mardi 12 juillet 2016 à 18h L’enquête préalable à la déclaration d’utilité publique se déroulera sur le territoire des communes de Paris (10ème et 18ème arrondissements), Aubervilliers, Aulnay-sous-Bois, Drancy, La Courneuve, Le Blanc-Mesnil, Le Bourget, Saint-Denis, Sevran, Tremblay-en-France, Le Mesnil-Amelot, Mitry-Mory, Villeparisis et Villepinte et dans les services des préfectures de Paris, de Seine-Saint-Denis (Bobigny et sous-préfectures du Raincy et de Saint-Denis) et de Seine-et-Marne (Melun et sous-préfectures de Meaux et de Marne-la-Vallée-Torcy). Les membres titulaires : # .5054" :%7<?" )&-6:')6-8619/+* conseillère en ingénierie juridique et financière auprès des collectivités territoriales; # .$2@?">! /75?2 +9/=16/+* attaché de direction à E.D.F (E.R). En cas d’empêchement de Monsieur Claude RICHER, la présidence de la commission d’enquête sera assurée par Madame Sylvie DENIS-DINTILHAC, membre titulaire de la commission. Le dossier d’enquête préalable à la déclaration d’utilité publique modificative et les registres Le membre suppléant : seront déposés dans les lieux d’enquête pendant 35 jours consécutifs, du mercredi 8 juin au mardi 12 juillet 2016 inclus. # .$2@?">! 3"52'(?"!!" ,&;/-/)6-* responsable management-gestion de crise, réseaux des banques de détail. Pendant toute cette période, un exemplaire du dossier d’enquête, établi En cas d’empêchement de l’un des membres titulaires, celui-ci sera remplacé par conformément aux dispositions de l’article R.123-8 du code de l’environnement, M. Jean-Pierre ZEGANADIN, membre suppléant. comprenant notamment l’étude d’impact et l’avis délibéré de l’autorité environnementale du 6 avril 2016, sera déposé et mis à la disposition du public dans les lieux d’enquête Pendantladuréedel’enquête,soitdumercredi8juinaumardi12juillet2016inclus,unmembre indiqués ci-dessous, aux jours ouvrables et horaires habituels d’ouverture au public : delacommissiond’enquêtesetiendraàladispositiondupublicpourrecevoirsesobservations auxlieuxdepermanences,danslesmairiespré-citées,auxdatesetheuresindiquéesci-dessous: Département de Paris : DÉPARTEMENT DE PARIS À la préfecture de la région d’Ile-de-France, Préfecture de Paris, siège de l’enquête, Direction régionale et interdépartementale de l’équipement et de l’aménagement (DRIEA) Unité territoriale de Paris – Service utilité publique et équilibres territoriaux – Pôle urbanisme d’utilité publique, 5 rue Leblanc, 75911 Paris cedex 15, ouverte tous les jours de 9h à 12h et de 14h à 17h; À la mairie du 10ème arrondissement, direction générale des services, bureau des affaires générales, 72 rue du Faubourg Saint-Martin, 75475 Paris cedex 10; À la mairie du 18ème arrondissement, direction générale des services, bureau des affaires générales, 1 Place Jules Joffrin, 75877 Paris cedex 18. PARIS MAIRIE 10ÈME Jeudi 30 Juin 2016 de 16h30 à 19h30 PARIS MAIRIE 18ÈME Jeudi 23 Juin 2016 de 16h30 à 19h30 Samedi 9 Juillet 2016 de 9h00 à 12h00 DÉPARTEMENT DE SEINE-ET-MARNE AULNAY-SOUS-BOIS Samedi 25 Juin 2016 de 9h00 à 12h00 DRANCY Mardi 5 Juillet 2016 de 14h00 à 17h00 LA COURNEUVE Samedi 2 Juillet 2016 de 9h00 à 12h00 LE BLANC-MESNIL Jeudi 30 Juin 2016 de 14h00 à 17h00 LE BOURGET Samedi 18 Juin 2016 de 8h45 à 11h45 SAINT-DENIS Samedi 25 Juin 2016 de 9h00 à 12h00 SEVRAN Lundi 11 Juillet 2016 de 14h00 à 17h00 TREMBLAY EN FRANCE Samedi 11 Juin 2016 de 9h00 à 12h00 Lundi 27 Juin 2016 de 14h00 à 17h00 VILLEPINTE Lundi 13 Juin 2016 de 14h00 à 17h00 LE MESNIL-AMELOT Mercredi 6 Juillet 2016 de 14h00 à 17h00 À la préfecture de la Seine-Saint-Denis, direction du développement durable et des MITRY-MORY collectivités locales, bureau de l’urbanisme et des affaires foncières, 1 esplanade Vendredi 10 Juin 2016 de 14h00 à 17h00 Jean Moulin, 93007 Bobigny; Vendredi 1er Juillet 2016 de 14h00 à 17h00 À la sous-préfecture du Raincy, secrétariat général, 57 avenue Thiers, 93340 Le Raincy; VILLEPARISIS À la sous-préfecture de Saint-Denis, secrétariat général, 28-30 boulevard de la Commune Mardi 12 Juillet 2016 de 15h00 à 18h00 de Paris, 93200 Saint-Denis; À la mairie d’Aubervilliers, direction de l’urbanisme service réglementation, 124, rue Henri DÉPARTEMENT DE SEINE-SAINT-DENIS Barbusse, 93300 Aubervilliers; À la mairie d’Aulnay-sous-Bois, centre administratif, direction générale des services techniques, 14/16 boulevard Félix Faure, 93600 Aulnay-sous-Bois; AUBERVILLIERS À la mairie et centre Administratif de Drancy, direction des services techniques, Samedi 18 Juin 2016 de 9h00 à 12h00 place de l’Hôtel de Ville, 93700 Drancy; À la mairie de la Courneuve, direction générale, avenue de la République, 93120 La Courneuve; Par ailleurs, compte tenu de la nature du projet, deux réunions d’information et d’échanges À la mairie du Blanc-Mesnil, direction de l’urbanisme et de l’aménagement, service de avec le public seront organisées dans les lieux, aux dates et horaires indiqués ci-dessous : l’urbanisme, 1 place Gabriel Péri, 93150 Le Blanc-Mesnil; À la mairie du Bourget, direction de l’urbanisme, 65 avenue de la Division Leclerc, 93350 Le Bourget; Commune Lieu Adresse Date 9$!5?!"@ À la mairie de Saint-Denis, centre administratif, 2 place du Caquet, 93200 Saint-Denis; À la mairie de Sevran, pôle urbain, 1 rue Henri Becquerel, 93270 Sevran; PARIS Cinéma le Louxor 170 boulevard Magenta, jeudi 16 juin 2016 20h30 À la mairie de Tremblay-en-France, direction des services techniques, division de 75010 Paris l’urbanisme, 18 boulevard de l’Hôtel de Ville, 93290 Tremblay-en-France; À la mairie de Villepinte, direction de l’urbanisme, service de l’urbanisme, place de l’Hôtel LE MESNIL- Hôtel Radisson Blu Rue de la Chapelle, lundi 20 juin 2016 20h30 de Ville, 93420 Villepinte. AMELOT 77990 Le Mesnil-Amelot Département de la Seine-Saint-Denis : Département de la Seine-et-Marne : À la préfecture de la Seine-et-Marne, direction de la coordination des services de l’Etat, pôle de pilotage des procédures d’utilité publique (bât.B), 12 rue des Saints Pères, 77000 Melun; À la sous-préfecture de Meaux, bureau de l’animation et du développement des territoires, 27 place de l’Europe, 77109 Meaux; À la sous-préfecture de Marne-la-Vallée-Torcy, bureau des actions interministérielles et des relations avec les collectivités locales, 7 rue Gérard Philippe, 77204 Marne-la-Vallée-Torcy; À la mairie du Mesnil-Amelot, service de l’urbanisme, 2 rue Chapeau, 77990 Le Mesnil-Amelot; À la mairie de Mitry-Mory, direction de l’aménagement et du développement durable, 11-13 rue Paul-Vaillant Couturier, 77290 Mitry-Mory; À la mairie de Villeparisis, service du guichet unique, 32 rue de Ruzé, 77270 Villeparisis. A l’issue de l’enquête, la commission d’enquête établira un rapport relatant son déroulement et consignera dans un document séparé ses conclusions motivées, en précisant si elles sont favorables, favorables sous réserves ou défavorables au projet. Le président de la commission d’enquête transmettra, dans un délai de trente jours à compter de la clôture de l’enquête, le dossier soumis à enquête accompagné des registres d’enquête et des pièces annexées ainsi que son rapport et ses conclusions motivées au préfet de la région d’Ile-de-France, préfet de Paris et simultanément une copie du rapport et des conclusions motivées au président du tribunal administratif de Paris. Toute personne physique ou morale intéressée pourra prendre connaissance du rapport et des conclusions motivées de la commission d’enquête, pendant un an, à compter de la date de clôture de l’enquête, à la préfecture de la région d’Ile de France, préfecture de Paris, et dans les préfectures de Seine-Saint-Denis et de Seine-et-Marne ainsi que dans les mairies des communes où s’est déroulée l’enquête. Le dossier d’enquête publique sera également mis à disposition du public via le site Internet dédié à l’adresse www.enquetepubliquecdgexpress.fr à la date d’ouverture de De même, ces documents seront consultables sur le site Internet de la préfecture de la l’enquête publique. région d’Ile de France, préfecture de Paris www.prefectures-regions.gouv.fr/ile-de-france. Les observations, propositions et contre-propositions pourront également être adressées par écrit à l’attention du président de la commission d’enquête, pendant toute la durée de l’enquête, au siège de l’enquête, à la préfecture de la région d’Ile-de-France, préfecture de Paris (Unité territoriale de l’équipement et de l’aménagement de Paris (UTEA) – Service utilité publique et équilibres territoriaux, Pôle urbanisme d’utilité publique) à l’attention de M. Claude RICHER, président de la commission d’enquête publique CDG Express, 5 rue Leblanc 75911 Paris cedex 15. Toutes ces observations adressées par courrier seront annexées au registre d’enquête publique ouvert au siège de l’enquête et seront consultables sur place pendant toute la durée de l’enquête. Au terme de l’enquête publique, et dans un délai d’un an à compter de la clôture de l’enquête, le préfet de la région d’Ile-de-France, préfet de Paris, le préfet de Seine-Saint-Denis et le préfet de Seine-et-Marne pourront, le cas échéant, par arrêté inter-préfectoral, prononcer la déclaration d’utilité publique modificative du projet, conformément aux articles L.121-1 et suivants du code de l’expropriation pour cause d’utilité publique, et l’urgence des travaux nécessaires à la réalisation de la liaison ferroviaire directe Charles de Gaulle Express (CDG Express) conformément aux articles L.232-1 et R.2321 et suivants du code précité. Cet acte précisera le délai accordé pour réaliser les expropriations. La déclaration d’utilité publique modificative tiendra lieu de déclaration de projet. La ligne de référence est de 40 signes en corps minimal de 6 points didot. Le calibrage de l’annonce est établi de filet à filet. Les départements habilités sont 75, 77,78, 91, 92, 93, 94, 95 et 69. LES ECHOS SOCIÉTÉS - LE PUBLICATEUR LÉGAL - LA VIE JUDICIAIRE assurer une parfaite fluidité des process de souscription en ligne. Autre avantage, comme tout texte européen qui se respecte, le nouveau cadre crée des standards compatibles en Europe. Cela pourrait faciliter pour une banque la vente de produits et de services au-delà de ses frontières domestiques. Enfin, cette signature 2.0 permet de faire des économies : le traitement d’un contrat 100 % papier peut coûter entre 15 et 20 euros, contre 3 à 5 euros pour un dossier dématérialisé. En pratique, les clients ne verront pas forcément leurs habitudes changer. Les principales innovations apparaîtront en effet en coulisses. un de ces prestataires certifiés – et le faire savoir – permettrait aux jeunes start-up de la finance (voir ci-dessous) de gagner en crédibilité et de vaincre les éventuelles réticences du public. Vaincre les réticences du public Dans ces conditions, le nombre de signatures électroniques devrait croître rapidement. Au point d’inciter les banques à se lancer à leur tour dans des services de signature ? Elles soulignent déjà volontiers jouer le rôle de « tiers de confiance ». « Certaines ont proposé des services de ce type par le passé mais de façon assez ciblée, elles ne sont pas très actives », relève Julien Stern. « Ce n’est pas d’actualité, mais nous ne nous interdisons rien », temporise un banquier français. L’activité connaît en tout cas une croissance rapide. Selon des estimations de marché, les acteurs européens de la signature électronique – capables de certifier l’intégrité du contrat à signer et l’identité du client – verraient leur chiffre d’affaires annuel doubler à l’horizon 2020, pour dépasser le milliard d’euros. n « Une directive reconnaît déjà depuis 1999 la valeur légale de la signature électronique mais imposait jusqu’à présent un contrôle physique de l’identité du signataire en face-àface. Le nouveau règlement prévoit une identification à distance », détaille Julien Stern, directeur général de l’éditeur français Cryptolog, qui gère la plate-forme Universign. Par ailleurs, l’utilisation d’une carte à puce destinée à conserver l’identifiant numérique du client n’est plus nécessaire, remplacée par le cloud (conservation de données sur des serveurs externes). Autre innovation apportée par le texte : les professionnels de la signature électronique recevront à partir de juillet un nouveau label de « prestataire de service de confiance » (PSCo). Travailler avec Selon des estimations de marché, les acteurs européens de la signature électronique verraient leur chiffre d’affaires annuel doubler à l’horizon 2020, pour dépasser le milliard d’euros. Les fintech capitalisent sur cette innovation Rendre la souscription d’un contrat totalement fluide est l'un des objectifs clefs des nouveaux acteurs en ligne de la finance. Leurs destins sont liés. Les spécialistes de la signature électronique et les fintech – ces acteurs en ligne qui ambitionnent de créer des services financiers plus simples d’usage que ceux des banques traditionnelles – ont besoin les uns des autres pour grandir. Les premiers voient dans la finance un débouché commercial naturel. Les seconds font appel aux acteurs de la signature pour gagner en crédibilité et en efficacité. En témoigne l’expérience de Yomoni, le « robo-advisor » français lancé l’an dernier. Cette plateforme de gestion privée vise, sur le modèle de grands acteurs américains notamment, à automatiser à l’extrême la gestion de l’épargne, depuis la signature du contrat jusqu’à l’arbitrage au sein du portefeuille. « Les nouvelles technologies permettent une gestion automatisée à très bas coût », a expliqué jeudi Laurent Girard, directeur des opérations de Yomoni, lors d’une conférence consacrée à la signature électronique. Procédures fastidieuses L’un des postes clefs à améliorer, dans une activité aussi régulée que la gestion de portefeuilles, est forcément celui de la signature. Ce besoin ne s’exprime pas uniquement au moment de la souscription initiale, mais aussi au cours de la vie du contrat : ainsi tout nouveau versement, retrait, changement de profil d’investisseur nécessite une nouvelle signature, soit environ sept signatures en moyenne par contrat. « Une récente Laurent Girard, directeur des opérations de Yomoni, le « robo-advisor » français. Photo DR étude relevait qu’en moyenne, les acteurs de la gestion d’actifs devaient consacrer chaque année 40 millions de dollars aux procédures de KYC [« know your customer », procédures visant à connaître son client en amont de la signature, NDLR] et qu’il fallait 24 jours pour ouvrir un compte », a noté Laurent Girard. La jeune entreprise veut rendre la souscription plus fluide et éviter de perdre des clients à cause de procédures fastidieuses. « Nous avons atteint un taux de 84 % de réussite à l’étape de la signature », relève le jeune dirigeant. Autrement dit, la déperdition de clients entre le moment où ils reçoivent les documents à signer et leur retour à la société de gestion n’est que de 16 %. Un taux deux fois plus faible environ que pour une signature papier classique. — E. Le. FINANCE & MARCHÉS // 31 Les Echos Vendredi 10, samedi 11 juin 2016 Saisiesdes biensd’un Etat : leparcours ducombattant des créanciers l Recouvrer des créances contre un Etat étranger est un exercice très encadré et difficile en France. l Un article de la loi Sapin 2 vise à restreindre les marges des créanciers pour pratiquer des saisies. INVESTISSEMENTS Isabelle Couet @icouet Tout un symbole. En avril, un célèbre trois-mâts de la marine argentine a pris le large. Le « Libertad », quin’ajamaissibienportésonnom, a entamé un long périple qui le conduira jusqu’en Europe. Le président Macri ne pouvait pas manquer l’événement. « Vous pouvez naviguer tranquilles », a-t-il lancé à l’équipage. Une manière de rappeler qu’une page s’est tournée depuis que l’Argentine a réglé sa dette aux fonds « vautours ». Le navire, qui étaittombéentrelesmainsdufonds Elliott dans un port du Ghana en 2012, n’est plus menacé de saisie à l’étranger. Ce type d’actions spectaculaires, lancées par des créanciers qui utilisent toutes les voies judiciaires pour sefairepayer,défraierégulièrement la chronique. Notamment en France où ces affaires peuvent engendrer de petites crises diplomatiques. Au cours des douze derniers mois, le Quai d’Orsay aurait ainsi été obligé de notifier au Kremlin plus de 200 actes liés à des saisies à l’encontre d’actifs russes, à la suite d’une décision condamnant Moscou à indemniser les anciens actionnaires de Ioukos. Terrain de la nouvelle église orthodoxe près de la tour Eiffel, participation de la Russie dans la chaîne Euronews, immeubles… La guérilla entre Moscouetlesex-actionnairesdugroupe pétrolier s’est même invitée en Guyane, où des fusées Soyouz sont lancées depuis le centre spatial de Kourou. Et le feuilleton n’est sans Registres cadastraux, fichier Ficoba, informations de presse et Internet fournissent une matière première très riche. Au cours des douze derniers mois, le Quai d’Orsay aurait été obligé de notifier au Kremlin plus de 200 actes liés à des saisies à l’encontre d’actifs russes, dont le terrain de la nouvelle église orthodoxe près de la tour Eiffel. Photo Ria Novosti/AFP doutepasterminé.L’année2015restera probablement dans les annales du ministère des Affaires étrangères, ses équipes ayant aussi été mobilisées sur le dossier argentin. Car Elliott, le plus procédurier des investisseurs, a relancé une série de poursuites dans l’Hexagone pour recouvrer sa créance sur l’Argentine(avantl’accordconcluavecBuenos Aires en début d’année). Il est allé frapper à la porte de la Banque de France, chez BNP Paribas, Total, Air France-KLM et à la Coface. Le « hedge fund » a aussi visé des comptes bancaires officiels de l’Argentine. Des manœuvres qui ont mis en branle tout l’appareil d’Etat (« Les Echos » du 19 janvier). Ces opérations coup de poing ne contribuent pas à rendre ces créanciers sympathiques aux yeux de l’opinion. Mais ont-ils le choix, face à des Etats qui refusent d’exécuter des décisions de justice ? Ambassade et résidence de l’ambassadeur intouchables En pratique, les saisies sont très encadrées. L’huissier mandaté ne doit pas commettre la moindre erreur,souspeined’invaliderlaprocédure. « Notre but n’est pas de faire dans le sensationnel », assure le représentant d’une grosse étude de la région parisienne. L’homme, qui « Lavoiepour effectuerdessaisies estdéjàtrèsétroite » La France veut renforcer la protection des biens d’Etats étrangers sur son sol. En somme, limiter les possibilités de saisies par des créanciers impayés. Qu’en pensez-vous ? En exigeant une autorisation préalable d’un juge avant de procéder à des saisies, il va les rendre quasiment impossible. Or, tout le progrès du droit international a consisté à passer d’un régime des immunités absolues des Etats – régime qui prévalait au début du XXe siècle – à un régime où l’on reconnaît que les Etats peuvent être tenus responsables face à une décision de justice. Un équilibre a été trouvé, qui distin- gue les activités commerciales d’un Etat de ses activités souveraines et diplomatiques. C’est la règle de fond quelaconventiondesNationsunies de 2004 a codifiée. Et la France a joué un rôle important dans ces avancées. Mais le gouvernement assure que le but de l’article 24 sur les saisies est de se mettre en conformité avec le droit international justement... Ce n’est pas vrai, car la convention des Nations unies ne prévoit pas d’autorisation préalable d’un juge avant de procéder à des saisies sur tout type de biens, par exemple. Cette obligation que l’article 24 veut imposer va empêcher toutes les sai- « La Russie veut nous faire croire que ce sont les autres Etats qui violent le droit international. » siessurdesactifsquel’Etatétranger peut rapidement déplacer : avions, bateaux, sommes d’argent... Désormais, le créancier devra prouver a priori que les biens existent et qu’ils ne sont pas couverts par des immunités. Mais il ne peut pas le faire sans avoir les informations qu’il obtient justement en pratiquant une saisie conservatoire. Je ne dis pas qu’il ne faut aucun contrôle du a une solide expérience dans ce domaine, récuse l’image de « cowboy » qu’on lui colle souvent. « Le monopole d’exécution des décisions de justice dont nous bénéficions suppose que nous obéissions à un grand nombre de règles. Nous sommes le bras séculier du magistrat, notre responsabilité est engagée », assène-t-il. Lorsqu’il se présente sur le lieu de la saisie, il délivre un acte qui a été passé au crible par les avocats du créancier et qui ne doit être remis qu’àunepersonnehabilitée.Etilsait que si la saisie est manifestement abusive, la partie adverse peut aller devant un juge et la faire annuler en urgence, tout en demandant des INTERVIEW EMMANUEL GAILLARD Avocat DR C ’est l’un des avocats français les plus connus dans le monde. Emmanuel Gaillard est l’homme qui a fait « tomber » la Russie. Le 28 juillet 2014, il a obtenu de la cour d’arbitrage de La Haye de condamner l’Etat russe à payer 50 milliards de dollars aux anciens actionnaires de Ioukos, le groupe pétrolier exproprié par Moscou. Une condamnation qui restera dans les annales et ce, malgré le verdict d’un tribunal néerlandais de première instance, qui, en avril dernier, a pour sa part donnéraisonàlaRussie.Associédu cabinet Shearman & Sterling et professeur de droit, Emmanuel Gaillard décrypte l’article 24 du projet de loi Sapin 2 qui veut restreindre les saisies pratiquées contre des biens d’Etats étrangers. Comment pister des actifsdans lemonde juge. Mais celui-ci doit se prononcer dans un second temps. Contrairement à ce qu’on essaie de nous faire croire, la France n’est pas une terre d’accueil pour l’exécution des sentences contre des Etats. La voie pour effectuer des saisies est déjà très étroite dans notre pays. Peut-on dire que la France est actuellement en infraction ? Peut-elle être poursuivie par un Etat étranger ? C’est l’argument que tente de faire valoir la Russie. Dans les procédures de contestation des saisies, la Russie n’a pas hésité à prétendre que l’exécution des sentences Ioukos en France s’analyserait en une expropriation pour laquelle la France pourrait voir sa responsabilité engagée. L’argument est absurde et caractéristique de l’attitude de la Fédération de Russie, qui se plaît à inverser les rôles. Mais la Fédération de Russie est allée encore plus loin. Dans une note verbale du 6 mars adressée à l’ambassade de France, le ministère des Affaires étrangères russe indique que des saisies dans l’Hexagone seraient contraires à l’esprit et à la lettredudroitinternationaletsouligne que Moscou répliquera contre la France, ses citoyens et ses entités. Le ministère russe insiste aussi pour que l’ambassade de France porte cette note à la connaissance des tribunaux français. Cela s’appelleunemenace.Onestdansle règne de la force, pas du droit. La Russie veut nous faire croire que ce sont les autres Etats qui violent le droit international. Qui serait le plus pénalisé par le nouveau dispositif français selon vous ? Ce sont les entreprises françaises qui traitent avec des Etats étrangers, par exemple dans les secteurs de l’énergie, des services aux collectivités, etc. Il y a un certain nombre de procédures engagées actuellement. Or, plus on renforce l’immunité de ces Etats, plus on dévalue la créance détenue par les entreprises. La possibilité d’exécuter la décision de justice – même si les entreprises hésitent beaucoup à procéder à des saisies à l’encontre des Etats – permet de limiter la décote. C’est un point que le gouvernement ne doit pas ignorer. Propos recueillis par I. Co. a Retrouvez l’intégralité de cette interview sur lesechos.fr dommages et intérêts. « Quand le débiteur est un Etat, quatre types d’actifs peuvent être ciblés : les avoirs bancaires, les actifs immobiliers, les redevances commerciales d’entreprises partenaires de cet Etat et les projets – comme la future construction d’un centre culturel –étant rappelé que les plans et croquis d’un architecte appartiennent le plus souvent au client », décrypte Guy Lepage, de La Française International. Pour les comptes bancaires, l’huissier lance une requête sur le fichier Ficoba détenu par la Banque de France, qui recense tous les comptes sur le sol français. « Mais le résultat est assez mauvais pour les comptes d’une entité étrangère », tempère-t-il. Une autre technique consiste alors à fairedes« saisiesàl’aveugle » :surla base d’une petite information, le créancier tente sa chance auprès d’une banque qui pourrait détenir des comptes au nom de l’Etat en question. Le secret bancaire ne peut pas être opposé à un huissier qui présente un titre exécutoire. Mais les choses ne sont parfois pas si simples. D’ailleurs un avocat a porté plainte contre la Société Générale, qui avait tenté de s’opposer à une procédure à l’encontre d’un de ses clients. Et la banque a finalement été condamnée. Unecatégoriedebiensestabsolument intouchable : les immeubles des ambassades et la résidence privée de l’ambassadeur. Problème : des Etats apposeraient en urgence des plaques diplomatiques sur des bâtiments de droit commun. « On a trouvé une maison à Deauville que la Russie prétend être une résidence de l’ambassadeur », pointe Emmanuel Gaillard, avocat des ex-actionnaires de Ioukos. Et ces tours de passepasse, par lesquels on déguise un bien et parfois sa nature (commerciale) ne semblent pas rares. Saisir les biens d’un Etat est donc un sport de haut niveau. C’est d’ailleurs un juriste qui a défendu des pays qui le dit : « Face à un Etat, le créancier doit forcément être agressif. » n C’est parfois une maladresse qui va enclencher la redoutable mécanique de la saisie pour le débiteur. Ainsi, le fonds vautour Elliott a réussi à mettre la main sur le navire argentin « Libertad »auGhanatout simplement parce que l’itinéraire avait été publié sur un site Internet officieldel’Argentine !Maisgénéralement, il faut éplucher de nombreux documents. Certaines sociétés informatiques proposent des logiciels qui effectuent un travail de repérage à partir de tous les documents publics mis sur Internet. Les médias sont aussi une source. La presse se fait l’écho des projets d’expositions, de Salons ou autres manifestations à l’étranger qui vont donner lieu à des déplacements de biens. Les visites présidentielles font l’objet d’une attention particulière dans la mesure où l’avion du chef de l’Etat peut être appréhendé dans un pays. C’est d’ailleurs la raisonpourlaquelleCristinaKirchner, l’ancienne présidente argentine, n’utilisait pas toujours le sien pour Même l’avion du chef de l’Etat peut être appréhendé. ses déplacements. Il n’en reste pas moins que les actifs diplomatiques, militaires ou culturels sont généralement protégés et que des saisies à leur encontre n’ont d’autre but que d’utiliser la dissuasion. En France, la première démarche d’un créancier est de s’intéresser aux comptes bancaires. Le fichier central Ficoba, qui retrace tout l’historique bancaire et doit être demandé par un huissier, peut livrer des informations intéressantes sur des versements d’argent qui interviennent à des dates régulières. Cela peut permettre d’anticiper un prochain virement. L’huissier trouve aussi des renseignements grâce aux matrices cadastrales : il demande un état sur une adresse pour savoir si le débiteur est propriétaire du lieu. « Les partenariats commerciaux d’un pays avec une entreprise sont sans doute les plus faciles à découvrir, car ils sont souvent médiatisés », souligne G u y L e p a g e , d e l a Fr a n ç a i s e International. Quid des agences d’intelligence économique ? D’après plusieurs intervenants, on peut tout à fait se passer de ces « officines ». Le fonds Elliott, champion toutes catégories des procédures contre des Etats, a sans doute développé une expertise pointue en interne et avec ses avocats. — I. Co. LES ECHOS n PUBLISHING Concepteur des communications éditoriales de votre marque Avec Les Echos Publishing, proposez votre propre magazine d’actualités professionnelles à vos clients www.lesechos-publishing.fr Un service proposé par Les Echos Solutions 32 // FINANCE & MARCHÉS Vendredi 10, samedi 11 juin 2016 Les Echos Wall Streetse rapproche de sonrecord historique Plus embêtant, les ventes sont aussi sur le reculoir, notamment dans l’industrie, la technologie ou lesservices.« Etantdonnéleralentissement de la demande mondiale et le manque d’élan de la consommation domestique aux Etats-Unis, la croissance des ventes devrait dépendre de plusenplusdel’évolutiondudollar », estime la Société Générale. Si le billet vert est en pause dans un contexte de baisse de ses taux obligataires (le taux à 10 ans est presque au plus bas depuis janvier 2015), il pourrait bien profiter des anticipations d’action de la Fed dans les prochaines semaines. BOURSE L’indice S&P 500 a retrouvé les sommets, aidé par le rebond du pétrole et la patience de la Réserve fédérale. Mais la dernière marche est difficile à franchir dans un contexte économique moins favorable. Reculer pour mieux sauter ? Jeudi, une nouvelle fois, l’indice S&P500 a échoué à battre son record historique de 2.134 points. C’était le 20 mai 2015. Mais il s’en approche. Comme il y a un an, Wall Street aretrouvéles sommets, aidé par le rebond du pétrole, l’accalmie sur le dollar et par la patience sans cesse renouvelée de la Fed. Mais, comme en 2015, Wall Street ne risque-t-il pas de connaître un été agité ? En août dernier, l’indice S&P500 avait plongé de 11 % en une semaine. Tous les doutes sont permis. D’abord parce que la croissance a déçu au premier trimestre et que la consommation piétine. Anton Brender, chez Candriam, ne veut pas désespérer :« L’économie américaine ne va pas aussi mal que le laissent penser les derniers chiffres de l’emploi. » Mais il estime, pour que la croissance se poursuive à un rythme convenable, qu’« il faudra que le pilier de la croissance tienne, à savoir la consommation ». Ilfaudranotammentquelesrevenusaugmententplusvitepourcompenser le ralentissement attendu des créations d’emplois. « Compte tenudelabaisseduchômage,lespres- Scénario prudent sions salariales devraient pouvoir augmenter », selon lui. Didier SaintGeorges chez Carmignac se montre plus circonspect : « La reprise des prix de l’énergie et des loyers agit comme une taxe sur la consommation. » Ventes en berne Les doutes touchent aussi la valorisation des entreprises américaines après un bond de 312 % de l’indice depuis 2009. Car les profits prennent la tangente. Ils ont reculé de 6,7 % en agrégé au premier trimes- tre, selon la Société Générale qui constate que « c’est la première fois depuis 2009 que les entreprises américaines enregistrent quatre trimestres consécutifs de baisse des bénéfices ». Selon Goldman Sachs, la hausse de 1 % du coût du travail se traduirait par une baisse de 0,7 % des bénéfices par action du S&P500. La banque a d’ailleurs établi une liste des entreprises qui pourraient être le plus pénalisé par les pressions salariales, dont Yahoo!, General Mills et Whole Foods Market. Des bénéfices orientés à la baisse, des actions au plus haut, conséquence : les valorisations sont à un niveau rarement vu depuis dix ans avec un rapport cours/bénéfice de près de 18 pour 2016 et de plus de 15 pour 2017 ! « A des niveaux que l’on observait lorsque les taux d’intérêt réels étaient bien plus élevés », souligne Morgan Stanley qui, après trois années dans le camp des « bull », reconnaît être devenu plus prudent. Pour son scénario de base, il table sur un indice S&P 500 à 2.050 points à la fin de l’année. Maistoutcelaneveutpasdireque le S&P500 ne parviendra pas à battre son record, à court terme. Pour les analystes graphiques de HSBC notamment,ilnefautpasseprécipiter pour vendre, d’abord parce que le secteur industriel montre des signes d’amélioration ; ensuite parce que les Gafa ont pris du retard depuis le début de l’année. Apple, Alphabet (ex-Google) et Microsoft, les trois plus grosses capitalisations du S&P500, sont en effet perdantes depuis le 1er janvier. — P. Fay Lesparlementaires refondentlerégime dessanctionspour abusde marché Le gendarme boursier pourra proposer des transactions pour des abus de marché. et entérine le processus d’aiguillage. Avant tout, sur chaque affaire, les deux autorités publiques devront se concerter. L’AMF ne pourra plus notifier de griefs sans en référer au parquet. Et inversement. En cas de désaccord, chacun pourra saisir le procureur général près la cour d’appel de Paris, qui arbitrera avec une décisionqui ne pourra faire l’objet d’aucun recours. Des délais précis ont été fixés pour rendre ce dispositif d’orientation des poursuites plus rapide et plus efficace. Laurence Boisseau @boisseaul Circonstance agravante en bande organisée RÉGLEMENTATION Le texte prévoit une peine de 5 ans de prison et une sanction de 100 millions d’euros. C’est la fin d’une course contre la montre qui a démarré il y a un an et demi. Sommés par le Conseil constitutionnel de réécrire un nouveau texte avant le 1er septembre 2016, députés et sénateurs ont adopté le 8 juin une proposition de loi pour réformer le système français de répression des infractions boursières. Ils ont tiré les conséquences d’une décision rendue par les sages delaruedeMontpensiermettantun terme aux doubles poursuites autorisées alors par le parquet (devant le juge pénal) et par le gendarme boursier(devantlacommissiondessanctions de l’AMF). Et ce, au nom du principe du « non bis in idem » (nul ne peut être poursuivi ou puni pénalementàraisondesmêmesfaits).Ily avait urgence à légiférer : en cas de retard, les abus de marché (délit d’initié, diffusion d’une fausse information, manipulation de cours) auraient été privés de base légale. Comme prévu, dès lors qu’il a été acquis qu’aucune des deux procédures ne serait abandonnée, le texte organise la répartition des dossiers « Tout le monde s’est focalisé sur cette questiond’aiguillageparleprocureur général. Ce n’est pas le plus important. Le vrai changement, en revanche, c’est l’obligation de n’avoir plus qu’une seule procédure. Cela signifie forcément un sacrifice. Si l’AMF poursuit, il n’y aura pas de peine de prison possible. Si c’est le pénal, le risque est que le dossier ne s’enlise car la procédure est complexe et le résultat juridiqueplusaléatoire.Cequiestprimordial, c’est notre capacité à nous Le législateur a décidé que L’AMF ne pourra plus notifier de griefs sans en référer au parquet. Photo AFP Des conseillers en investissement financier lourdement sanctionnés L’AMF a infligé un total de 700.000 euros d’amende à Global Patrimoine Investissement, dont le nom commercial est Legendre Patrimoine, et à Kalys Investissements, pour des manquements lors de la commercialisation de produits financiers liés aux énergies renouvelables. Il leur est reproché, entre autres, « une information aux clients qui n’aurait pas été exacte, claire et non trompeuse » et une absence d’information claire sur les frais et commissions. Ces sociétés étaient, selon le gendarme boursier, soumises aux règles professionnelles applicables aux CIF, conseillers en investissement financier, qu’elles n’ont pas respectées. mettre d’accord pour que la répression des abus de marché soit efficace dans l’intérêt général », commente Gérard Rameix, président de l’AMF. La loi augmente le montant des peines encourues devant un juge pénal. Pour garantir la proportionnalité des peines, la sanction pourra aller pour les personnes physiques jusqu’à 100 millions d’euros voire jusqu’au décuple du montant de l’avantageretirédudélitetunepeine de prison de 5 ans. Auparavant, les peines étaient de 1,5 million d’euros et de 2 ans de prison. De son côté, le gendarme boursier pourra prononcer des sanctions pécuniaires pour les personnes morales allant jusqu’à 15 % du chiffre d’affaires. Le texte crée aussi, pour les délits boursiers, une circonstance aggravante de bande organisée. Dans ce cas, la peine de prison est portée à 10 ans et les moyens d’enquête sont renforcés (avec notamment des interceptions téléphoniques). Enfin, dernière nouveauté : pour assurer un parallèle avec la procédure pénale, où une comparution avec reconnaissance préalable de culpabilité existe, la composition administrative (procédure que l’AMF peut proposer aux mis en cause, permettant une transaction financière) devient possible pour les auteursd’abusdemarché.Cetteprocédure était limitée aux manquements à des obligations professionnelles, « nous n’en ferons pas un usage immodéré. Ce sera surtout réservé à de petites affaires, comme des franchissements de seuil ou des initiés sur de petits montants. Mais cela nous permettra de faire l’économie des moyens requis par une procédure de sanction », explique Gérard Rameix. n LA SÉANCE DU 9 JUIN 2016 La Boursede Paristombe près des 4.400points Bourse de Paris a connu •uneLaséance de baisse marquée jeudi, à –0,97 %. L’indice CAC 40 est même passé à trois reprises sous la barre symbolique des 4.400 points, avant de clôturer à 4.405,61 points. Cette mauvaise performance s’explique notamment par un fort climat d’incertitude qui a refroidi les investisseurs. Plusieurs événements importants doivent se tenir dans les prochains jours, dont le référendumsurleBrexit,quiauralieule 23 juin, mais également la réunion de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine, mercredi. De plus, l’absence d’indicateurs économiques majeurs a largement contribué au manque de direction claire du marché. Seules cinq valeurs ont terminé dans le vert, à l’instar de Klépierre,quisignelaplusforte hausse (+0,95 %), devant Publicis (+0,92 %). Le groupe publicitaire, qui a bénéficié d’une note positive de JP Morgan, devance Capgemini (+0,65 %). Technip, à l’inverse, enregistre la plus mauvaise performance de l’indice (–3,57 %) sous l’effet de prisesdebénéficeetd’unebaisse des cours de l’or noir qui a également pénalisé Total (–1,21 %). Vivendi, pour sa part, a perdu 2,31 %, après le refus de l’Autorité de la concurrence d’autoriser le partenariat entre Canal+ et BeIN Sports. En dehors du CAC 40, Neopost a pris la tête du SBF 120, en hausse de 3,18 %. Après sa forte baisse(–7,23 %)delaveille,Ingenico a repris 2,08 %, et s’adjuge la deuxième place, Edenred se classant troisième (+1,26 %). Apicilauradoublé de taille entre2011et2016 ASSURANCE Le groupe de protection sociale va dépasser les 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires à fin 2016. En 2015, son chiffre d’affaires a progressé de 24 %, à 1,6 milliard d’euros. Laurent Thévenin @laurentthevenin Changement d'échelle pour Apicil. Sur la période de son plan stratégique 2011-2016, le cinquième groupe de protection sociale français aura plus quedoublésonchiffred’affaires en assurances. Alors qu’il s’élevait à 1 milliard d’euros en 2011, celui-ci devrait dépasser les 2 milliards d’euros à la fin de cette année, annonce Philippe Barret, son directeur général. Ce qui est « en ligne avec notre business plan d’origine », souligne-t-il. Le groupe lyonnais aura notamment grandi sous l’effet des acquisitions successives des activités de Skandia en France et au Luxembourg en 2015, puis de Legal & General France (plus de 600 millions d’euros de chiffre d’affaires en santé-prévoyanceetenépargne l’andernier).Rebaptisée« Gresham », cette dernière entité est consolidée dans les comptes à partir du 1er janvier 2016. Pour 2015, Apicil a publié jeudi un chiffre d’affaires en hausse de 24 %, à 1,64 milliard d’euros, rééditant la performance de 2014. Avec Skandia, le chiffre d’affaires en épargne a bondi de 74 %, tandis que la part des unités de compte dans l’encours est passée de 19,1 % à 33,4 %. Le groupe indique avoir fait mieux que le marché en santé (+6,8 %) comme en prévoyance (+ 2,9 %). Améliore la rentabilité La baisse des taux d’intérêt, qui vient renchérir les provisions pour les arrêts de travail et les rentes, a pesé sur son résultat net, en retrait de 4 %, à 38,6 millions d’euros. Si les fonds propres d’Apicil ont augmenté de 3,7 %l’andernier,à943millions d’euros, sa rentabilité sur fonds propress’est effritée,passantde 4,6 % en 2014 à 4,2 % en 2015. « L’ambition est d’améliorer cet indicateur pour le faire tendre vers 7 % », souligne Philippe Barret. Pour s’adapter au nouvel environnement prudentiel de Solvabilité II, Apicil s’apprête à créer cette année une société de groupe assurantiel de protection sociale (Sgaps). Cette structure doit rassembler Apicil Prévoyance, ses filiales (Apicil Assurances, Skandia, Gresham) ainsi que les mutuelles Micils, Intégrance et Miel Mutuelle. Deux autres mutuelles, MBTP Sud-Est et MBTP Nord,« devraientaussirejoindre ce périmètre au 1er janvier 2017 », indique Philippe Barret. Apicil confirme par ailleurs avoir été sollicité par l’institution de prévoyance B2V Prévoyance qui rencontre « certaines difficultés » et y avoir « répondu favorablement ». 4 À NOTER La collecte en retraite complémentaire Agirc-Arcco est restée stable en 2015, à près de 1,5 milliard d’euros. // 33 Les Echos Vendredi 10, samedi 11 juin 2016 fusions // acquisitions // cessions // partenariats // reprises VOUS SOUHAITEZ PARAÎTRE DANS CETTE RUBRIQUE // [email protected] SARAH MEDARD 01 49 53 67 82 – SYLVAIN BASSOULS 01 49 53 67 18 ENTREPRISES COMMERCIALES & INDUSTRIELLES ENTREPRISE EN REDRESSEMENT JUDICIAIRE CHERCHE REPRENEUR Activité : Implantation géographique : Chiffre d’affaires : Menuiserie aluminium, métallerie, serrurerie Région Rhône-Alpes 31/03/2014 = 5 592 K€ 31/03/2015 = 4 427 K€ 31/03/2016 = 3 294 K€ Nombre de salariés : 30 Carnet de commandes fermes : 1,7 M€ dont 1 M€ à réaliser à compter de septembre 2016 Dossier adresse contre engagement de confidentialité Date limite dépôt des offres : 12/07/2016 Contact : Maître Rémi SAINT-PIERRE, Administrateur Judiciaire 228 Rue Paul Gidon – 73000 CHAMBERY Email : [email protected] – Tél. : 04.79.70.86.74 – Fax : 04.79.85.34.82 SCP Pascale CHANEL - Elodie BAYLE Vend fonds de commerce de chaudronnerie industrielle à LUDRES (54) C.A au 31/12/2014 (12 mois) : 3.269 K€ - Salariés : 18 Immobilisations au 31/12/2014 : 128 K€ $+(% 1!0!(% '% '&,-( '%) .##*%) '% *%,*!)% /"&% au 09/09/2016 Maître Guy PIERRAT - Administrateur Judiciaire APPEL D’OFFRES DE REPRISE DANS LE CADRE D’UNE PROCEDURE DE REDRESSEMENT JUDICIAIRE (Articles L. 642-22 du livre VI du Code de commerce) Activité : Aide à domicile - Secteur géographique : Loiret (Orléans) Effectif actuel : 180 salariés - CA au 31.12.2015 : 4 428 007,26 Euros Date ultime de dépôt des offres : 30 juin 2016 L’accès au dossier de présentation sera autorisé après régularisation d’un engagement de confidentialité et remise d’une présentation succincte du candidat à la reprise. Les candidats intéressés sont invités à se manifester auprès de : Maître Guy PIERRAT, 24 rue de Chanzy, CS 20299, 28008 CHARTRES Cedex Tél : 02.37.88.04.88 - Fax : 02.37.91.05.38 - Mail : [email protected] N.B : Les dossiers de reprise ne seront communiqués que sur présentation écrite à 12h00 à l’Etude Dossier de reprise à demander à l’Etude uniquement en LRAR : 153 Rue André Bisiaux - 54320 MAXEVILLE Siège social : SAINT DENIS (93200) Activité : Autres activités de nettoyage des bâtiments et nettoyage industriel Effectif : 30 salariés - C.A. 2015 : 462 K€ à l’égard de laquelle une procédure de redressement judiciaire a été ouverte par le Tribunal de Commerce de BOBIGNY par jugement en date du 2 février 2016. Maître Frédéric BRUNET, Administrateur Judiciaire, demeurant à MEAUX (77100) 1, Allée Jacques Prévert Tél : 01.60.24.41.34 - Fax : 01.60.24.82.74 - Email : [email protected] Invite tout candidat intéressé par la reprise de cette société à lui adresser une offre de rachat conformément aux dispositions de l’Article L.642-1 et suivants du Code de Commerce, au plus tard le 28 Juin 2016 à 15h00 Activité : Fabrication d’équipements d’irradiation médicale, d’équipements électromédicaux et électrothérapeutiques CA HT : Au 31.03.2013 : 296 399 € - Au 31.03.2014 : 355 032 € - Au 31.03.2015 : 417 126 € Effectif : 4 salariés Les offres de reprise doivent être déposées auprès de l’Administrateur Judiciaire au plus tard le 22 JUIN 2016 A 17H Robert Louis Meynet 39, Avenue du Parmelan 74000 Annecy www.etude-meynet.com Emmanuel Hess Hélène Bourbouloux Jean-François Blanc KE!9=& Q=EB*U KN8ORL % >!? A;* ,* \L >LAA* +"KKK 38254 <8P3@<3 ] YAG,GA!. >R@P<U@5: 3*\] K- )" -K )" 'K YLX] K- )" %% -" -_ =F;A?BL^L??F.!*?M(A ZZZML^L,L=LAFFIM.FI 2H* ,L=L AFFI G\*.=AFH!C;* $GJ*A&G* ?;A HF=A* ?!=* ZZZML^L,L=LAFFIM(A ?*AL L..*??!J\* LDAE? L..*D=L=!FH ,6;H *H&L&*I*H= ,* .FH(!,*H=!L\!=GM 6E9& S!C!9& (& (A>@9 (&; @%%=&; T S*;,! +K S;!H -K/% # /-$ KN8ORL H <GKN04N.R H P40NJ/ H 6R/O<IR/ H :N6<J H :4-0P4NJ H 30R,NLLR H LGKN04N.R H P0N84-0. >\F!?N>FJ!&HVN<LV*HH*N<AG=*!\N[9A*;XNYFA= ,* YALH.*NWF?!*ANR* QLH?NPLH=*?NP*9*A?N8A\GLH?N7LA!? Y\LH,A!HN7LA!? RL YLV*==*N5*HH*?N5F;*HN3F;A?N1*A?L!\\*? Entreprise industrielle en Seine-et-Marne • Activité : transformation camions et bus au GNV et tout électrique, ingénierie associée, SAV et PR . Filiale : activités de services et systèmes sécurité grues mobiles. • CA HT 2015 : 20,2 M€ dont 13,8 M€ pour l’activité de transformation gaz et électrique. • Effectif : 117 salariés (dont 43 sur la filiale). Partenariats stratégiques avec des clients grands comptes et des fournisseurs Les offres tendant au maintien de tout ou partie de l’activité de l’entreprise devront être soumises avant le 01/07/2016 à 12 heures. Une data room virtuelle est mise en place. L’accès à cette data room peut être obtenu sur demande écrite motivée justifiant d’une capacité financière, industrielle ou commerciale adaptée, et après signature d’un engagement de confidentialité à l’adresse suivante : [email protected] Me Carole Martinez 35-37, avenue Sainte-Foy – CS 90043 92522 Neuilly-sur-Seine Cedex www.bcm-aj.com Contact : Barbara Elye Tél. : +33 (0)1 47 24 40 13 Fax : +33 (0)1 47 21 35 05 [email protected] RECHERCHE DE REPRENEURS BIAC menuiserie - agencement La date limite de dépôt des offres est fixée au lundi 4 juillet 2016 à 17 heures. Les tiers sont invités à reemettrre leur offrre (conforme à l’article l’arti L. 642-2 du code de commerrce) c en 6 exemplaires (dont 1 non reelié) à l’administrateur judiciairree. L’accès à une data rooom m électrronique o sera autorisé après régularisation d’un engagement "B %$&1"B&<;46;<)- =;>&4<:?B ": ?(>6B'B&< "B "4<4 ?$$'- et d’une !?)=B&<44<<;;$& =:%%;&%<B ": %4&";"4< # 64 ?B!?;=B+ 9)@)?B&%B # ?4!!B6B? ;'!)?4<;7B'B&< * 5/ 2/0, Les candidats intéressés sont invités à se manifester par télécopie ou e-mail auprès de : Maître Hélène BOURBOULOUX – SELARL FHB – Administrateurs judiciaires associés Tour o CB 21, 16 place de l’Iris – 92040 Paris La Défense Cedex Fax : 01 40 97 02 33 / e-mail : [email protected] ! Emmanuel Hess Hélène Bourbouloux Jean-François Blanc Gaël Couturier Cécile Dür Nathalie Leboucher RECHERCHE DE REPRENEURS Boulangerie traditionnelle située à Issy-les-Moulineaux (92) Redressement judiciaire du 10 février 2016 Chifffre d’affffaires au 31/12/2015 (exercice clos) : 305 255 € Locaux : boutique, laboratoire et logement attenant (75 avenue Victor Cresson, n, ISSY Y LES MOULINEAUX) Effectif : 2 salariés, outre l’exploitant et sa compagne La date limite de dépôt des offres de reprise est fixée au lundi 4 juillet 2016 à 17h00. Les tiers sont invités à reemettre leur offre (conforme à l’article L. 642-2 du code de commerrce) c en 6 exemplairrees (dont 1 non relié) à l’administrateur judiciaire. e L’accès à une data room o électronique sera autorisé après régularisation d’un engagement "B %$&1"B&<;46;<) B< ": ?(>6B'B&< "B 64 "4<4 ?$$' ainsi que la remise d’une !?)=B&<4<;$& =:%%;&%<B ": %4&";"4< # 64 ?B!?;=B+ 9)@)?B&%B # ?4!!B6B? ;'!)?4<;;7B'B&< * 5/ 2/3. Les candidats intéressés sont invités à se manifester par télécopie ou e-mail auprès de : Maître Hélène BOURBOULOUX – SELARL FHB – Administrateurs judiciaires associés Tour o CB 21, 16 place de l’Iris – 92040 Paris La Défense Cedex - www.fhbx.eu Fax : 01 40 97 02 33 / e-mail : [email protected] ! Emmanuel Hess Hélène Bourbouloux Jean-François Blanc CONCILIATION PRÉ-PACK CESSION Article L.611-7 alinéa 1er du Code de Commerce Gaël Couturier Cécile Dür Nathalie Leboucher Contact : Thomas ORGEOLET Tél : 04 50 45 88 08 Fax : 04 50 51 85 04 [email protected] Entreprise créée en 1959 Activité : réalisation de travaux de menuiserie et d’agencement d’intérieur sur mesure, notamment RIE, hall d’accueil, bureaux et restaurants Clients : portefeuille d’environ 20 clients, principalement grands comptes Chifffre f d’afffaires f au 31/12/2015 (exercice clos) : 1 304 002 € Locaux : atelier et hangar de 1 365 m2 sur un terrain de 1 660 m2 Aspects sociaux : 9 salariés dont 5 menuisiers 0R8OR08OR 6R 8<J6N6<./ < L< 0R30N/R RJ.0R30N/R RJ LN1-N6<.N4J M-6N8N<N0R <*9!5!9A T @&*H.*I*H=O (LJA!.L=!FHO !H?=L\\L=!FH *= 9*H=* ,* IFJ!\!*A ,* \LJFAL=F!A*? 8#!%%=& (2E%%E!=&; E7 '+F+)F)D+$ T " K0 R%%&*9!% T %+ L@*ES!;E9!@B T TH,A*N*=NRF!A* 8S!&B9?S& ] 7A!9G*? ] WALH, \LJFAL=F!A*? .F?IG=!C;*?O L&AFL\!I*H=L!A*?O .$!I!C;*? *= D$LAIL.*;=!C;*?O <F\\*.=!9!=G? ] G=LJ\!??*I*H=? ?.F\L!A*?O ;H!9*A?!=G?O \LJFAL=F!A*? ,* A*.$*A.$* :L=* R!C;!,L=!FH S;,!.!L!A* L9*. DF;A?;!=* ,6L.=!9!=G ] +/ IL! -K/% APPEL D’OFFRES DE REPRISE SOCIETE AYANT UNE ACTIVITE DE FABRICATION ET DE COMMERCIALISATION DE PRODUITS ET DISPOSITIFS MEDICAUX CESSION D’ENTREPRISE APPEL D’OFFRE DE CESSION PARTIELLE MATIPIER (fonds de commerce de travail à façon de tiges de chaussures de série) Siège social fixé à MAZIERES SUR MAUGE (49280) Effectif : 10 salariés Chiffre d’affaires au 31 décembre 2015 (12 mois) : 280 K€ hors taxes Chiffre d’affaires à ce jour : 19 K€ hors taxes mensuel Ce fonds est exploité par la société CENTRE PARAMEDICAL DU PIED - PRODUCTION, laquelle bénéficie d’une procédure de sauvegarde a été ouverte par jugement en date du 18 Novembre 2015, SELARL BARONNIE - LANGET, prise en la personne de Maître Gilles BARONNIE, Administrateur Judiciaire, sise à NOGENT SUR MARNE (94130) - 14 Rue du Viaduc Tél. : 01 48 71 86 76 · Fax : 01 48 71 84 40, Courriel : [email protected] / [email protected], invite tout candidat intéressé par la reprise de cette Société à lui adresser une offre de cession conformément aux dispositions des Articles L. 631·13 et L. 642-2 II du Code de commerce, au plus tard, le Jeudi 30 Juin 20I6 à 12 Heures 00, en son Etude Robert Louis MEYNET Administrateur judiciaire Administrateurs Judiciaires Associés Gaël Couturier Cécile Dür Nathalie Leboucher RECHERCHE DE REPRENEURS 2 structures associatives ADMR de Seine Maritime Recherche candidats à la reprise Activité : Fabrication et pose de menuiseries extérieures aluminium Localisation : Lorient Effectifs : 36 salariés – CA : 4644 K€ Savoir-faire reconnu et notoriété forte sur les prestations en menuiseries aluminium. Chantiers significatifs sur les marchés publics. Prestations en murs-rideaux et ensembles portes et fenêtres sur des collèges, lycées, hôpitaux (CHR), EHPAD, bâtiments publics, administrations. Equipe atelier : 13 personnes / Equipe de pose : 9 personnes / Equipe technique et administration : 14 personnes Inventaire en cours par le Commissaire-Priseur FEDERA ATION T DEP PAR A TEMENTALE DES ASSOCIA ATIONS T ADMR de Seine Maritime Structure support à l’ensemble des associations, départementale (ADAD) et locales affiliées ADMR du département 76. Soutien technique du service à domicile, travaux administratifs et comptables pour le compte des associations. Basée à Montville (76) Effffectif au 31 mai 2016 : 112 CDI (soit 106 ETP) et 17 CDD de remplacement Produits d’exploitation 2015 : 19 454 K€ ASSOCIA AT TION DEP PA AR RT TEMENTALE ADMR DE L’AIDE A DOMICILE – ADAD Service d’aide à domicile avec interventions sur l’ensemble du département de Seine Maritime. Efffectif f au 31 mai 2016 : 1242 CDI (soit 712 ETP) et 104 CDD (soit 50 ETP) Produits d’exploitation 2015 : 22 976 K€ Accès donné à une data room électronique après signature d’un engagement de confidentialité, et justification de la capacité financière et de l’intérêt à déposer une offre de reprise. La date limite de dépôt des offres de reprise est fixée au 8 juillet 2016 à 14 h Date limite de dépôt des offres : Mardi 28 Juin 2016 à 12h Les tiers sont invités à remettre leur offre (conforme à l’article L. 642-2 du code de commerrce) ce c en 5 exemplaires (dont 1 non relié) à l’administrateur judiciaire. L’accès à une data rooom électrronique o sera autorisé au candidat sur demande écrite contenant présentation succincte du candidat à la reprise, après 8:=<;1%4<;$& "B =$& ;"B&<;<)- "B =4 %4!4%;<) )%$&$';A:B B< $!)?4<;$&&B66B à intervenir dans un tel dossier et après régularisation d’un B&>4 >4>B'B&< "B %$&1"B&<;46;<) B< 64 =;>& &4<:?B ": : ?(>6B'B&<+ Plan de cession des actifs conformément aux dispositions de l’article L.642-1 et suivants du Code de Commerce Réception des offres : A.J.I.R.E. - Administrateurs Judiciaires - Maître Erwan Merly Bureau de Rennes, A.J.I.R.E., 6, cours Raphaël Binet - 35065 RENNES CX Tél. : 02 99 67 84 90 - Fax : 02 99 30 50 10 - [email protected] Les candidats intéressés sont invités à se manifester par télécopie ou e-mail auprès de : ! Maître Cécile DUR – SELARL FHB – administrateurs judiciaires associés 17, rue du Port – 27400 Louviers - www.fhbx.eu Fax : 02 32 61 45 35 / e-mail : [email protected] RETROUVEZ UNE SÉLECTION D’ANNONCES SUR : reprise-entreprise.lesechos.fr ABONNEZ-VOUS MAINTENANT AUX ECHOS. abonnement.lesechos.fr 34 // FINANCE & MARCHES euronext Vendredi 10, samedi 11 juin 2016 Les Echos séAncE du 09 - 06 - 2016 CaC 40 : 4405,61 (-0,97 %) neXt 20 : 9229,84 (-0,74 %) CaC larGe 60 : 4861,61 (-0,95 %) CaC all-tradaBle : 3428,36 (-0,89 %) Date De ProroGation : 27 Juin CAC 40 srD suite Valeurs mnémo / info / ost isin / Devise / Date Détach. / Div accor (ac) R a fr0000120404 air liQuiDe (ai) R 27/04/16 0,5 a fr0000120073 23/05/16 2,6 a airBus GrouP (air) R nl0000235190 02/05/16 1,11 arcelormittal (mtp) a lu0323134006 aXa (cs) R 08/05/15 0,17 a fr0000120628 06/05/16 1,1 BnP PariBas (bnp) R a fr0000131104 BouYGues (en) R 02/06/16 2,31 a fr0000120503 26/04/16 1,6 caP-Gemini (cap) R a fr0000125338 30/05/16 1,35 carreFour (ca) R a fr0000120172 23/05/16 0,7 creDit aGricole (aca) R a fr0000045072 Danone (bn) R 27/05/16 0,6 a fr0000120644 enGie (enGi) R 05/05/16 1,6 a fr0010208488 05/05/16 0,5 essilor international (ei) R a fr0000121667 KerinG (Ker) R 17/05/16 1,11 a fr0000121485 KlePierre (li) R 04/05/16 2,5 a fr0000121964 l.V.m.H. (mc) R 22/04/16 1,7 a fr0000121014 19/04/16 2,2 laFarGeHolcim (lhn) a ch0012214059 leGranD (lr) R 17/05/16 1,5 a fr0010307819 l'oréal (or) R 31/05/16 1,15 a fr0000120321 micHelin (ml) R 29/04/16 3,1 a fr0000121261 A : indicateur acompte, solde ou total du dividende. BPA : bénfice par action. PER : price earning ratio. les plus hauts et plus bas ajustés sont sur l’année civile. les valeurs classées par ordre alphabétique sont regroupées en trois classes de capitalisation signalées par les lettres a pour les capitalisations supérieures à 1 milliard d’euros, B pour les capitalisations comprises entre 1 milliard d’euros et 150 millions d’euros et c pour les capitalisations inférieures à 150 millions d’euros. L : valeurs de l’indice cacnext20. R : valeurs de l’indice caclarge60. G : valeurs de l’indice cacmid60. g : valeurs de l’indice cacsmall. les bénéfices par action : source facset Jcf estimates. mise en ligne intégrale des informations réglementées sur www.lesechos-comfi.fr 17/05/16 2,85 ouv vol. nb titres 39,065 1693706 237.472.441 94,26 953829 344.408.005 53,51 1468365 778.198.822 4,999 24703002 3.065.710.869 21,43 4218148 2.428.976.468 46,235 3133275 1.246.426.036 28,5 638072 345.197.092 87,85 686600 172.181.500 24,4 2888879 738.470.794 8,642 7823108 2.639.326.957 63,07 768976 655.892.000 14,32 8709402 2.435.285.011 117,95 370005 216.477.934 154,05 192185 126.279.322 41,625 666781 314.356.063 147,25 465588 507.110.610 40,65 199864 606.909.080 49,835 441580 266.992.861 168,05 452339 562.983.348 92,91 420970 182.022.219 clot + haut + bas 38,775 39,165 38,19 94,11 94,63 93,76 53,4 53,68 53,01 4,77 5,069 4,705 21,205 21,455 21,165 45,875 46,375 45,765 28,28 28,56 28,21 87,63 88,6 86,92 23,9 24,43 23,89 8,451 8,661 8,419 62,79 63,17 62,54 14,31 14,385 14,16 118,4 119,15 117,45 154,15 154,85 153,1 42,14 42,35 41,495 145,75 147,5 145,15 39,815 40,76 39,755 49,595 50,02 49,495 166,85 168,3 166,15 92,13 93 91,86 % Veil % mois % 52 s. - 2,83 + 0,62 - 19,73 - 0,72 - 1,23 - 16,86 - 0,39 - 1,8 - 9,41 - 2,25 +17,06 - 38,15 - 1,65 + 2,59 - 4,29 - 1,14 + 3,91 - 15,66 - 1,1 - 1,33 - 17,37 + 0,66 + 8,01 + 12,74 - 1,87 - 0,62 - 19,81 - 2,31 - 6,24 - 36,12 - 0,54 + 2,85 + 3,84 + 7,59 - 17,12 + 0,25 + 2,96 + 11,44 - 0,32 + 5,95 + 0,16 + 0,95 + 1,51 + 7,93 - 1,22 + 0,14 - 6,06 - 2,39 + 2,05 - 0,51 + 1,19 - 1,99 - 1,04 + 4,05 + 1,31 - 1,36 +2 - 5,8 % an bpa + haut an per + bas an rDt - 3,07 41,25 29,96 2,58 - 9,2 106,65 90,77 2,76 - 13,87 63,45 49,96 2,43 + 57,2 -0,6 5,438 2,017 - 15,95 24,82 18,8 5,19 - 12,17 52 37 5,04 - 22,62 38,595 28,21 5,66 + 2,37 88,73 67,7 1,54 - 10,32 26,74 22,255 2,93 - 22,33 10,84 7,591 7,1 + 0,82 65,78 57,49 2,55 - 12,34 16,19 12,96 3,49 + 2,91 120,05 102,1 0,94 - 2,41 167,85 138,65 1,62 + 2,81 43,37 35,605 + 0,59 163,45 130,75 1,51 - 14,89 46,28 30,33 3,77 - 4,99 51,74 41,54 2,32 + 7,44 169,95 142,65 1,86 + 4,81 97,59 77,4 3,09 Valeurs mnémo / info / ost isin / Devise / Date Détach. / Div noKia (noKia) a fi0009000681 oranGe (ora) R a fr0000133308 07/12/15 0,2 a PernoD-ricarD (ri) R fr0000120693 PeuGeot (uG) R 16/11/15 0,98 a fr0000121501 02/06/11 1,1 PuBlicis GrouPe (pub) R a fr0000130577 renault (rno) R 03/06/16 1,6 a fr0000131906 saFran (saf) R 13/05/16 2,4 a fr0000073272 23/05/16 0,78 saint-GoBain (sGo) R a fr0000125007 sanoFi (san) R 06/06/16 1,24 a fr0000120578 10/05/16 2,93 scHneiDer electric (su) R a fr0000121972 05/05/16 2 société Générale (Gle) R a fr0000130809 soDeXo (sW) R 25/05/16 2 a fr0000121220 solVaY (solb) 08/02/16 2,2 a be0003470755 tecHniP (tec) R 13/05/16 1,42 a fr0000131708 total (fp) R 04/05/16 2 a fr0000120271 06/06/16 0,61 uniBail-roDamco (ul) fr0000124711 23/03/16 4,85 Valeo (fr) a DiV 3 06/06/16 fr0013176526 Veolia enV. (vie) R a fr0000124141 Vinci (DG) R 02/05/16 0,73 a fr0000125486 ViVenDi (viv) R 26/04/16 1,27 a fr0000127771 26/04/16 1 ouv vol. nb titres 5,042 1459716 3.992.863.716 15,46 6570367 2.660.056.599 97,39 361268 265.421.592 13,905 2305495 808.615.449 62,1 732976 222.984.388 81,36 670190 295.722.284 61,12 860170 417.029.585 39,365 1540057 549.959.351 72,63 1669885 1.286.838.650 56,71 1211574 588.757.922 34,805 3179573 807.650.827 94,33 221245 157.132.025 90,01 243376 105.876.416 51,87 1041876 122.192.640 43,14 4510242 2.454.029.976 242,25 232311 99.075.603 45,985 849612 238.387.620 20,47 1395848 563.364.823 66,16 1436405 594.230.418 16,56 6891439 1.368.620.842 srD Valeurs mnémo / info / ost isin / Date Détach. coupon / Div aB science (ab) g % Veil % mois % 52 s. - 0,06 - 0,02 - 27,02 - 1,97 + 4,53 + 12,25 - 0,92 + 0,19 - 8,22 - 1,62 + 2,24 - 23,46 + 0,92 - 2,39 - 9,31 - 2,37 - 1,31 - 14,13 - 0,57 + 3,95 - 0,08 - 0,52 + 2,11 - 6,57 - 0,41 + 0,75 - 17,64 - 1,09 + 4,22 - 15,01 - 2,1 + 3,87 - 18,94 - 0,97 + 4,31 + 4,03 - 1,27 + 0,28 - 22,57 - 3,57 + 8,52 - 15,23 - 1,21 + 1,82 - 2,8 - 0,66 + 1,3 + 7,12 - 1,32 + 0,22 - 4,44 - 0,41 + 1,74 + 12,59 - 0,54 + 2,93 + 25,91 - 2,31 - 4,04 - 31,82 % an bpa + haut an per + bas an rDt - 22,88 6,987 4,523 - 1,74 16,67 14,025 1,31 - 8 108,85 92,2 1,01 - 15,64 15,98 11,71 + 1,61 66,72 49,945 2,57 - 14,1 91,52 66,15 3,02 - 3,74 63,64 48,865 1,28 - 1,71 41,175 31,47 3,17 - 7,95 79,13 66,44 4,05 + 6,75 59,81 45,315 3,56 - 19,65 42,04 26,61 5,85 + 4,16 96,57 81,75 2,34 - 9,46 98,39 70,52 + 9,74 54,36 35,11 3,99 + 3,83 45,225 35,21 1,42 + 3,01 252,95 212,05 - 4,17 47,233 33,883 6,59 - 6,33 22,67 19,09 3,56 + 11,24 68,29 55,91 1,93 - 18,15 20,315 16,255 6,15 Valeurs françaIses ouv vol. nb titres B 16,11 30385 36.341.806 B 6,58 86560 fr0004040608 17/12/15 0,2 56.733.410 acantHe DeV. (acan) g c 0,56 243504 fr0000064602 17/08/15 0,27 147.125.260 aéroPorts De Paris (aDp) G a 107,05 32873 fr0010340141 31/05/16 1,91 98.960.602 aFFine re (iml) g c 16,25 3230 fr0000036105 04/05/16 1 10.056.071 air France-Klm (af) G a 6,873 2266364 fr0000031122 14/07/08 0,58 300.219.278 aKKa tecHnoloGies (aKa) g B 30,8 1454 fr0004180537 02/07/15 0,5 20.277.690 alPes (cie Des ) (cDa) g B 17,39 18329 fr0000053324 15/03/16 0,4 24.317.726 alstom (alo) LR a 22,24 628794 fr0010220475 04/07/13 0,84 219.127.044 altamir (lta) g B 10,5 18703 fr0000053837 25/05/16 0,56 36.512.301 altarea (alta) g a 180,95 2058 fr0000033219 19/04/16 11 13.527.259 alten (ate) G a 56,01 54914 fr0000071946 27/05/16 1 33.665.775 altran tecHnoloGies (alt) G a 12,84 109074 fr0000034639 09/05/16 0,19 175.800.265 amunDi (amun) G a 42,5 20484 fr0004125920 17/05/16 2,05 167.245.237 anF immoBilier (anf) g B 23,25 676 fr0000063091 06/06/16 1,24 19.009.271 aPril GrouP (apr) B 11,86 12629 fr0004037125 05/05/16 0,26 40.904.135 arcHos (JXr) g c 1,62 440713 fr0000182479 31.284.957 areVa (areva) a 4,003 10176 fr0011027143 383.204.852 arKema (aKe) L a 71,79 285368 fr0010313833 09/06/16 1,9 75.470.173 artPrice.com (prc) g c 10,35 5334 fr0000074783 6.651.515 assYstem (asY) g B 23,82 5253 fr0000074148 31/05/16 0,8 22.218.216 atos oriGin (ato) LR a 80,89 166339 fr0000051732 02/06/16 1,1 103.760.443 aurea (aure) c 5,29 1065 fr0000039232 29/06/15 0,1 11.990.468 aVanQuest (avQ) g c 0,12 eX-Ds 13/05/15 6800672 fr0004026714 375.222.555 aVenir telecom (avt) g c 0,07 eX-Ds 09/03/15 66086 fr0000066052 21/10/11 0,05 110.501.888 aXwaY soFtware (aXW) g B 20,98 17964 fr0011040500 01/07/15 0,4 20.798.431 Bénéteau (ben) a 9,5 26984 fr0000035164 03/02/16 0,06 82.789.840 Bic (bb) G a 119,65 87295 fr0000120966 30/05/16 5,9 47.934.132 BiomérieuX (bim) G a 118,1 16159 fr0010096479 07/06/16 1 39.453.740 Boiron (boi) g a 72,9 2045 fr0000061129 01/06/16 1,5 19.441.713 Bolloré (bol) G a 3,2 1759091 fr0000039299 08/06/16 0,04 2.895.000.442 BonDuelle (bon) g B 23,5 2817 fr0000063935 06/01/16 0,43 32.000.000 Bureau Veritas (bvi) L a 19,675 687973 fr0006174348 19/05/16 0,51 442.000.000 casino (co) LR a 54,26 378273 fr0000125585 17/05/16 3,12 113.197.686 catana GrouP (catG) g c 0,5 7370 fr0010193052 26.382.454 ceGeDim (cGm) g B 26 205 fr0000053506 01/07/11 1 13.997.173 ceGiD GrouP (cGD) g B 61,46 5060 fr0000124703 11/05/16 1,25 9.233.057 fr0010557264 aBc arBitraGe (abca) g clot + haut + bas 5,028 5,063 4,963 15,215 15,47 15,195 96,78 97,39 96,35 13,67 13,91 13,595 62,37 63,02 61,99 79,57 81,43 79,5 61 61,23 60,39 39,17 39,39 38,85 72,35 72,77 71,96 56,11 56,73 55,91 34,205 34,84 34,175 93,89 94,46 93,45 89,12 90,05 88,99 50,19 51,89 50,19 42,845 43,26 42,4 241,45 242,5 240,2 45,535 45,995 45,1 20,48 20,565 20,325 65,79 66,16 65,52 16,255 16,605 16,255 clot % Veil % an bpa + haut % mois + haut an per + bas % 52 s. + bas an rDt 16,07 16,25 16,07 6,55 6,63 6,5 0,54 0,56 0,53 106,6 107,2 106,45 16,27 16,3 16,21 6,864 6,91 6,797 30,49 30,8 30,2 17,26 17,4 17,01 22,1 22,345 22,025 10,5 10,59 10,48 178,75 181,5 178 56,15 56,4 54,6 12,68 12,84 12,68 42,74 42,74 42,21 23,2 23,25 23,02 11,79 11,87 11,7 1,7 1,74 1,61 4,007 4,059 3,981 71,38 72,03 70,35 10,2 10,37 10,2 23,58 23,82 23,55 80,47 80,89 80,1 5,4 5,4 5,29 0,12 0,13 0,11 0,05 0,07 0,05 21,5 21,5 20,95 9,405 9,51 9,405 119 119,7 117,75 117,7 118,3 117,5 71,56 72,9 71,56 3,165 3,22 3,157 23,3 23,53 23,3 19,875 19,955 19,625 53,22 54,35 53,22 0,5 0,51 0,5 26,15 26,29 26 61,3 61,5 61,3 + 0,06 + 31,4 - 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(am) a 988,95 970 1748 988,95 fr0000121725 30/05/16 12,1 9.122.538 969 Dassault sYstèmes (DsY) LR a 68,67 68,52 DiV 2 16/07/14 208546 68,92 fr0000130650 02/06/16 0,47 256.963.980 68,28 DBV tecHnoloGies (Dbv) G B 58 58 33525 58,5 fr0010417345 24.103.749 57,51 DericHeBourG (DbG) g B 2,521 2,504 78549 2,554 fr0000053381 16/02/16 0,05 168.082.030 2,5 DeVoteam (Dvt) g c 45,6 45 2866 45,63 fr0000073793 30/06/15 0,3 8.196.149 45 Dir. enerGie (Dir) 31,8 31,45 12719 31,8 fr0004191674 05/06/15 0,15 40.792.965 31 Dms (DGm) g c 0,19 0,19 73155 0,2 fr0000063224 155.812.003 0,18 DnXcorP (DnX) g c 5,1 5,01 220 5,1 fr0010436584 07/07/15 0,52 2.834.575 5,01 eDenreD (eDen) G a 17,025 17,255 868791 17,395 fr0010908533 12/05/16 0,84 230.862.034 16,865 eDF (eDf) LR a 11,635 11,615 1548000 11,85 fr0010242511 06/06/16 0,53 1.920.139.027 11,615 eiFFaGe (fGr) G a 66,38 65,9 214663 66,38 fr0000130452 17/05/16 1,5 98.082.265 65,71 elis (elis) G a 16,84 16,635 50470 16,895 fr0012435121 06/06/16 0,35 114.006.167 16,6 esso (es) g B 42,79 42,07 7163 43,69 fr0000120669 08/07/13 2 12.854.578 41,5 euler Hermes GP (ele) G a 78,41 78,01 14264 78,8 fr0004254035 27/05/16 4,68 42.641.635 77,67 eurazeo (rf) G a 57,61 57,65 69728 57,97 fr0000121121 17/05/16 2,4 73.665.278 57,5 euro DisneY (eDl) g B 1,24 1,24 eX-Ds 19/01/15 15709 1,25 fr0010540740 783.364.900 1,24 euro ressources (eur) c 3,48 3,41 3906 3,48 fr0000054678 26/05/15 0,15 62.491.281 3,41 euroFins cereP (alecr) 100,05 100,05 3 100,05 fr0012413771 252.237 100,05 euroFins scientiFic (erf) G a 340,25 340,9 7882 341,4 fr0000038259 29/06/15 1,12 15.384.354 336,55 eurosic (ersc) a 40,46 41 442 41,06 fr0000038200 26/04/16 2,2 29.652.786 40,46 eurotunnel (GrouPe) (Get) LR a 11,275 11,29 1865039 11,39 fr0010533075 24/05/16 0,22 550.000.000 11,23 eutelsat com. (etl) LR a 16,245 16,18 936739 16,31 fr0010221234 16/11/15 1,09 232.774.635 15,935 FaiVeleY transPort (leY) g B 89,51 90,5 2747 91,32 fr0000053142 01/10/15 0,9 14.614.152 89,51 Faurecia (eo) G a 35,025 34,495 566454 35,165 fr0000121147 01/06/16 0,65 137.882.901 34,375 FFP (ffp) g a 69,6 68,5 2716 69,6 fr0000064784 11/05/16 1,6 25.072.589 68 Fin. oDet (oDet) a 792,1 783,7 63 792,1 fr0000062234 15/06/15 1 6.585.990 780,05 Foncière Des réGions (fDr) G a 81,74 81,75 eX-Ds 02/03/15 52107 82 fr0000064578 16/05/16 4,3 67.752.283 81,19 Foncière DéV. loG. (fDl) B 7,31 7,28 31 7,31 fr0000030181 18/05/16 0,65 67.873.454 7,28 Foncière lYonnaise (flY) a 49,9 50 1321 50 fr0000033409 28/04/16 1,05 46.528.974 49,4 Fonciere Paris siic (fDpa) g B 140,6 140,67 nom. 7771 141,5 fr0000034431 18/05/16 9 10.291.637 140,5 - 2,86 35,3 32,59 + 11,22 10,01 7,33 - 4,53 172,05 140,8 - 7,34 183,75 152,7 - 5,65 - 0,48 9950 - 9,75 6301 - 1,85 + 19,45 + 5,02 15,365 + 1,02 10,515 + 0,68 - 4,9 +3 142,4 + 2,06 126,5 + 0,31 - 15,39 - 1,53 1146,5 - 19,1 880 - 0,36 - 7,12 - 0,72 73,42 + 0,37 63,5 + 0,28 - 12,69 + 8,15 66,66 + 22,54 38,69 - 0,71 - 24,49 -10,09 3,333 - 16,73 2,25 - 1,21 + 34,33 + 5,66 46,4 + 87,5 29,6 - 1,26 + 62,95 +34,4 32,15 +141,92 16,1 - 29,63 - 9,52 0,28 - 26,92 0,18 - 5,29 + 4,38 5,63 - 69,76 4,25 + 1,26 - 1,12 + 1,77 19,05 - 24,85 13,215 - 0,73 - 14,44 + 1,26 13,46 - 43,83 9,13 - 1,1 + 10,7 - 3,32 70,17 + 29,95 55,65 - 1,57 + 9,15 - 0,83 17,8 - 10,76 13,955 + 1,67 - 14,46 + 6,51 52,2 - 16,11 36,55 - 0,51 - 11,94 - 6,01 91,22 - 16,66 70,5 - 0,09 - 4,67 - 1,96 60,429 + 1,5 46,643 - 3,88 + 0,81 1,31 - 6,77 1,17 - 0,87 + 25,83 + 2,4 4 + 46,35 2,65 - 5,61 + 0,04 104,95 + 4,2 95 - 0,51 + 5,92 + 6,13 351,8 + 27,68 271,25 + 1,34 + 7,05 + 1,11 44,75 + 3,02 37,45 - 0,04 - 1,48 + 1,3 11,75 - 14,31 8,844 - 0,49 - 41,38 -40,54 30,275 - 46,37 15,935 + 0,56 - 5,22 - 3,14 95,99 + 42,7 87 - 1,99 - 6,8 - 1,84 37,37 - 11,34 26,635 - 1,38 + 0,74 + 2,19 69,89 - 6,16 47,5 - 1,79 - 17,92 - 6,7 960 - 26,07 749 + 0,31 - 0,91 - 1,02 85,17 + 7,28 68,93 - 0,41 - 6,43 - 8,08 8,02 - 3,7 7,18 + 0,2 + 14,13 + 1,01 52 + 17,1 41,955 + 0,04 + 26,98 - 2,87 154,88 + 26,44 101,41 + 4,62 + 1,62 + 7,75 + 47,64 - 0,93 - 1,48 - 16,54 - 0,09 - 4,32 - 12,2 2,38 3 0,9 5,08 0,66 5,18 4,07 1,25 0,69 2 0,67 0,48 12,18 2,43 4,56 2,28 2,1 6 4,16 4,4 0,39 1,95 6,74 0,99 1,88 2,34 0,13 Valeurs françaIses Valeurs mnémo / info / ouv clot ost vol. + haut isin / Devise / Date Détach. / Div nb titres + bas FromaGeries Bel (fbel) a 521,1 503 333 521,1 fr0000121857 18/05/16 9 6.872.335 503 Futuren (ftrn) c 0,7 0,71 n/P reGr. 497751 0,71 fr0011284991 186.040.717 0,7 GameloFt (Gft) G B 7,99 7,99 27400 8 fr0000079600 87.067.522 7,99 GameloFt (Gftt) B /010616 eX D oP 25/5/16 fr0013140910 87.051.522 Geci international (Gecp) c 0,19 0,18 36450 0,19 fr0000079634 01/10/01 0,1 33.941.720 0,18 Gecina (Gfc) G a 128,15 130,3 78452 130,75 fr0010040865 07/03/16 2,5 63.260.620 128,15 54,57 54,41 Gemalto (Gto) L 321729 54,59 nl0000400653 24/05/16 0,4 89.122.209 53,5 GFi inFormatiQue (Gfi) g B 8,5 8,51 8,51 215313 fr0004038099 01/07/15 0,1 65.980.266 8,5 B 16,4 16,3 Gl eVents (Glo) g 3561 16,4 fr0000066672 30/05/16 0,6 22.653.920 16,22 GrouPe crit (cen) g B 56,8 56,79 2485 57 fr0000036675 25/06/15 0,31 11.250.000 56,63 c 0,94 0,94 GrouPe Flo (flo) g 22450 0,95 fr0004076891 08/07/14 0,06 40.271.427 0,92 GrouPe PartoucHe (parp) 36 35,4 reGr. 1499 36 fr0012612646 9.681.560 34,2 Haulotte GrouP (piG) B 15,45 15,34 5282 15,45 fr0000066755 30/05/16 0,22 31.259.734 15,27 HaVas (hav) G a 7,626 7,587 281650 7,626 fr0000121881 17/05/16 0,15 417.421.897 7,437 Hermès international (rms) LRa 334,95 331,1 59143 334,95 fr0000052292 02/06/16 1,85 105.569.412 328,9 Hi-meDia (him) c 5,66 5,58 6204 5,8 fr0012821890 2.959.558 5,5 HuBwoo (hbW) g c 0,16 0,15 549 0,16 fr0004052561 136.345.527 0,15 icaDe (icaD) G a 65,74 66,89 71440 67,13 fr0000035081 27/05/16 3,73 74.111.186 65,74 iliaD (ilD) LR a 188,5 187,15 124348 188,6 fr0004035913 23/06/15 0,39 58.708.906 186,55 a 64,12 63,4 imerYs (nK) G 50251 64,12 fr0000120859 10/05/16 1,75 79.572.491 63,08 inGenico GrouP (inG) LR a 101,3 102,85 413405 103,7 fr0000125346 06/05/16 1,3 61.493.241 101,15 B 12,28 12,33 innate PHarma (iph) g 81694 12,46 fr0010331421 53.840.654 12,27 inter ParFums (itp) g B 23,88 23,9 5918 23,95 fr0004024222 27/04/16 0,5 32.111.968 23,71 a 57,01 56,87 iPsen (ipn) G 48675 57,16 fr0010259150 02/06/16 0,85 83.249.682 56,84 JacQuet metal serVice (JcQ) g B 13,35 13,265 9986 13,4 fr0000033904 01/07/15 0,77 24.028.438 13,15 a 35,5 35,46 JcDecauX (Dec) G 82973 35,745 fr0000077919 24/05/16 0,56 212.303.763 35,275 KauFman & BroaD (Kof) B 36,7 36,47 4813 36,8 fr0004007813 20/04/16 2 20.837.039 36,06 Korian (Kori) a 29,8 29,585 61135 29,805 fr0010386334 01/07/15 0,6 79.468.673 29,47 laGarDère (mmb) G a 21,01 20,8 475585 21,01 fr0000130213 06/05/16 1,3 131.133.286 20,635 latecoere (lat) g c 3,78 3,67 eX Ds 27/8/15 102936 3,78 fr0000032278 29/06/07 0,75 94.043.676 3,63 laurent-Perrier (lpe) B 70,4 70 7185 70,41 fr0006864484 16/07/15 1 5.945.861 70 le Bélier (beli) g c 38,71 39,12 1151 39,15 fr0000072399 07/06/16 0,8 6.582.120 38,71 lectra (lss) B 14,18 14 5502 14,18 fr0000065484 04/05/16 0,3 30.938.845 14 lisi (fii) g a 24,6 24,55 1977 24,6 fr0000050353 05/05/16 0,39 54.023.875 24,465 a 16,405 16,23 m6-métroPole tV (mmt) G 84124 16,425 fr0000053225 18/05/16 0,85 126.414.248 16,21 maisons France conF. (mfc) g B 42,59 43,86 2105 43,86 fr0004159473 07/06/16 0,64 6.937.593 42,59 B 15,58 15,7 manitou (mtu) g 367 15,7 fr0000038606 10/06/15 0,35 39.551.949 15,58 marie BrizarD w & s (mbWs) B 17,45 17,25 51166 17,7 fr0000060873 27/09/07 0,5 28.286.154 17,07 mauna Kea (mKea) c2 1,98 50449 2,01 fr0010609263 16.176.707 1,96 mercialYs (merY) G a 20,095 20,185 116343 20,38 fr0010241638 22/04/16 0,57 92.049.169 20,01 B 14 13,81 mersen (mrn) g 10539 14,02 fr0000039620 02/07/15 0,5 20.635.952 13,81 metaBolic eXPlorer (meteX) g c 2,01 1,99 94740 2,03 fr0004177046 23.261.500 1,99 natiXis (Kn) LR a 4,28 4,208 3857565 4,293 fr0000120685 27/05/16 0,35 3.129.085.133 4,2 natureX (nrX) g B 75,75 76,54 1497 76,54 fr0000054694 03/07/14 0,1 9.247.228 75,75 netGem (ntG) g c 2,18 2,2 16376 2,2 fr0004154060 17/06/15 0,15 41.212.222 2,17 neXans (neX) G a 43,28 42,8 128417 43,3 fr0000044448 17/05/13 0,5 42.615.205 42,485 neXitY (nXi) G a 47,18 47,16 116838 47,305 fr0010112524 03/06/16 2,2 54.783.017 46,82 nicoX (coX) B 12,085 11,905 reGr. 03/12/15 141019 12,1 fr0013018124 22.869.669 11,705 norBert Dentr. (GnD) g a 202,05 202,05 110 203 fr0000052870 29/05/15 1,8 9.836.241 202 nrJ GrouP (nrG) g B 9,5 9,34 8410 9,5 fr0000121691 15/05/12 0,3 78.417.846 9,33 numericaBle-sFr (num) G 28,24 27,67 136755 28,36 fr0011594233 18/12/15 5,7 438.245.303 27,59 B8 8,14 oeneo (sbt) g 32539 8,14 fr0000052680 31/07/15 0,12 61.563.075 7,98 onXeo (onXeo) g B 3,2 3,13 29182 3,2 fr0010095596 41.470.860 3,11 a 72,9 72,98 orPéa (orp) G 118465 73,17 fr0000184798 08/07/15 0,8 60.273.691 72,11 Parrot (parro) g B 15,26 14,9 45566 15,26 fr0004038263 30.100.939 14,68 25,02 24,98 PHarmaGest int. (pha) DiV 5 04/08/15 1610 25,07 fr0012882389 15.174.125 24,93 Pierre & Vacances (vac) g B 39,5 39,15 3699 39,83 fr0000073041 19/03/12 0,7 9.801.723 39,02 Plastic omnium (pom) G a 30,32 29,92 148936 30,37 fr0000124570 10/05/16 0,41 152.476.720 29,83 recYleX sa (rX) c 2,13 2,14 18572 2,2 fr0000120388 04/07/90 0,61 24.110.982 2,13 % Veil % an bpa % mois + haut an per % 52 s. + bas an rDt - 10,18 + 15,13 + 2,67 577 + 64,91 405 1,79 + 1,43 + 20,34 +10,94 0,71 + 4,41 0,48 - 0,13 + 31,85 + 8,86 8,08 + 97,28 4,55 - 0,13 8,23 7,98 - 5,26 - 89,94 0,44 - 89,94 0,15 + 0,97 + 16,24 + 2,52 131,75 + 13,6 104,6 - 0,26 - 1,56 - 3,1 66,87 - 30,33 50,15 + 0,12 + 2,28 + 0,35 8,53 + 40,89 7,94 1,18 - 0,31 - 2,1 - 5,23 17,88 - 12,83 14,08 3,68 - 0,02 - 0,26 - 2,84 59,76 + 29,81 43,2 0,55 - 2,08 - 58,59 -29,85 2,29 - 62,4 0,92 - 1,67 + 52,52 + 8,42 36,3 + 97,21 23,21 - 0,65 + 10,68 +13,21 16,01 - 6,35 12,53 1,43 + 1,2 - 2,19 + 5,19 7,739 + 1,7 6,47 1,98 - 0,54 + 6,21 + 3,97 335 - 4,26 281,2 0,56 - 2,79 + 24,55 -11,85 8,78 + 13,18 3,61 - 6,25 - 11,76 0,17 + 7,14 0,14 + 1,04 + 8,06 - 2,26 69,92 - 1,4 58,33 - 0,72 - 14,93 - 3,68 238,1 - 9,28 185,25 0,21 - 1,68 - 1,58 + 1,86 65 - 6,7 50,38 2,76 + 2,08 - 11,72 + 0,29 115,65 - 7,47 86,4 1,26 - 0,32 - 8,94 + 3,53 14,83 - 11,23 9,21 + 0,13 + 5,29 + 2,8 24,6 - 7,49 19,56 2,09 - 0,42 - 6,77 + 7,55 61,17 + 18,75 45,305 1,5 - 0,79 - 7,24 + 4,86 14,3 - 26,87 10,02 5,81 - 0,39 + 0,45 - 9,87 39,78 - 4,78 30,925 1,58 - 0,6 + 31,19 + 9,88 38 + 27,96 27,1 5,48 - 0,59 - 12,16 + 5,85 33,6 - 4,72 22,84 2,03 - 0,98 - 24,39 - 5,78 27,27 - 20,81 20,625 6,25 - 3,17 - 10,92 + 7,31 4,1 - 22,06 3,06 - 0,57 - 15,66 - 6,67 83,2 - 16,76 69 1,43 + 0,85 + 23,6 - 2,93 41,99 + 25,71 27,24 2,05 - 0,85 + 15,7 + 0,07 14,7 + 10,24 10,76 2,14 - 0,2 - 1,6 + 0,1 25,39 - 6,58 19,04 1,59 - 1,58 + 2,46 - 2,23 16,955 - 6,56 13,375 5,24 + 2,98 + 9,65 + 4,45 44 + 18,57 37,1 1,46 - 0,51 + 11,35 + 4,18 16,6 - 4,91 13,02 2,23 - 1,15 - 14,6 + 3,98 20,44 - 1,99 14,93 - 0,5 - 35,5 - 5,71 3,07 - 54,9 1,9 + 0,52 + 8,32 + 2,91 20,97 - 2,04 17,43 - 1,36 - 18,76 + 7,22 17,15 - 39,24 11,09 3,62 - 1 - 24,33 - 7,87 2,99 - 55,48 1,69 - 1,87 - 19,34 - 4,06 5,255 - 35,18 3,813 8,32 + 0,71 + 7,2 - 1,87 79,85 + 29,51 64,06 + 0,92 + 0,92 + 0,46 2,35 - 0,45 1,99 6,82 - 1,62 + 27 + 1,12 47,365 + 24,84 28,8 - 0,29 + 15,57 + 1,77 50,15 + 29,79 37,27 4,67 - 2,02 + 30,68 +36,18 13 - 82,54 6,32 - 0,44 - 2,3 - 0,47 209 - 7,23 199 0,89 - 1,68 - 5,37 + 4,01 10 + 27,07 8,67 - 2,55 - 17,4 + 0,75 39,22 - 42,33 25,57 20,6 + 1,75 + 8,53 + 5,85 8,14 + 37,27 6,2 - 1,26 - 16,53 - 1,88 3,77 - 40,15 2,39 + 0,11 - 1,08 - 0,57 77,2 + 14,28 64,08 1,1 - 3 - 44,79 - 8,42 26,58 - 31,65 13,51 - 0,16 + 17,17 + 3,14 26 - 2,42 19,95 - 0,84 + 32,94 +18,64 41,98 + 22,54 26,42 - 2,08 + 2,01 + 4,74 31,3 + 19,16 25,02 1,37 + 0,94 - 35,93 - 4,46 3,88 + 6,47 1,78 srD suite Valeurs françaIses Valeurs mnémo / info / ouv ost vol. isin / Devise / Date Détach. / Div nb titres rémY cointreau (rco) G a 76,4 195540 fr0000130395 05/08/15 1,53 48.735.014 reXel (rXl) G a 13,28 861309 fr0010451203 03/06/15 0,75 302.215.263 ruBis (rui) G a 72,6 eX-Ds 21/05/15 92609 fr0000121253 08/06/15 2,05 43.296.921 saFt (saft) G B 36,6 45689 fr0010208165 20/05/16 0,85 25.514.100 sartorius steD. Bio. (Dim) a 60,63 DiV 6 le 10/05/16 42052 fr0013154002 92.180.190 saVencia (bh) B 55 4625 fr0000120107 16/05/16 1 14.032.930 scor (scr) LR a 29,08 325540 fr0010411983 28/04/16 1,5 191.980.457 seB (sK) G a 114,35 98119 fr0000121709 24/05/16 1,54 50.169.049 sécHé enV. (schp) g B 31,9 1086 fr0000039109 09/06/15 0,95 7.857.732 seQuana (seQ) c 2,62 96814 fr0011352590 65.183.351 sHowroomPriVé (srp) g B 19,4 54883 fr0013006558 32.804.103 siPH (siph) g B 32,75 796 fr0000036857 20/06/14 0,98 5.060.790 soitec (soi) g B 0,52 eX-Ds 13/05/16 1414929 fr0004025062 370.358.235 solocal GPe (local) g B 3,174 reGr. 1P30 252586 fr0012938884 38.876.564 somFY sa (so) a 327,05 21 fr0000120495 01/06/16 5,7 7.400.000 soPra steria GP (sop) a 115,7 17441 fr0000050809 06/07/15 1,9 20.446.723 sPie (spie) G a 17,85 74835 fr0012757854 27/05/16 0,5 150.000.000 st DuPont (Dpt) g c 0,15 66138 fr0000054199 16/09/14 0 524.279.556 stentYs (stnt) g c 2,77 268479 fr0010949404 17.802.190 suez enVironnement (sev) LR a 15 782566 fr0010613471 10/05/16 0,65 544.401.246 sworD GrouP (sWp) g B 22,7 11814 fr0004180578 04/05/16 1,02 9.414.965 sYnerGie (sDG) g B 26,99 4109 fr0000032658 18/06/15 0,4 24.362.000 tarKett (tKtt) g 31 22946 fr0004188670 06/07/15 0,38 63.722.696 tecHnicolor (tch) G a 6,205 703252 fr0010918292 24/05/16 0,06 411.987.199 telePerFormance (rcf) G a 78,63 58594 fr0000051807 16/05/16 1,2 57.201.690 tessi (tes) g B 139 361 fr0004529147 30/06/15 2 2.797.678 tF1 (tfi) G a 11,22 240522 fr0000054900 22/04/16 0,8 210.652.743 tHales (ho) LR a 75,8 296145 fr0000121329 30/05/16 1,01 211.044.034 tHermaDor GrouPe (thep) g B 80,7 261 fr0000061111 07/04/16 3,2 4.499.267 touaX (toup) g c 11,37 671 fr0000033003 30/12/14 0,5 5.883.773 tour eiFFel (eiff) B 57,48 2736 fr0000036816 26/06/15 3 9.463.747 transGène (tnG) B 2,98 51238 fr0005175080 38.545.397 triGano (tri) g B 52,49 8563 fr0005691656 13/01/16 0,7 19.336.269 uBisoFt entertainment (ubi) G a 33,155 190244 fr0000054470 111.218.465 Vallourec (vK) G a 3,84 9214687 fr0000120354 04/06/15 0,81 383.072.484 ValneVa (vla) g B 2,55 176851 fr0004056851 74.698.099 Vicat (vct) G a 56,5 26697 fr0000031775 10/05/16 1,5 44.900.000 Vilmorin & cie (rin) G a 60 3095 fr0000052516 15/12/15 1,57 20.833.902 VirBac (virp) g a 169,7 6471 fr0000031577 26/06/15 1,9 8.458.000 VranKen-PommerY m. (vrap) B 24,36 1169 fr0000062796 13/07/15 1 8.937.085 wenDel (mf) G a 101,9 79802 fr0000121204 06/06/16 2,15 48.007.880 zoDiac aerosPace (Zc) LR a 21,44 1020899 fr0000125684 20/01/16 0,32 289.978.983 clot + haut + bas 74,19 76,63 73,04 13,155 13,28 13,005 72,44 72,78 71,55 36,56 36,64 36,56 61,33 61,66 60,25 56,1 56,1 54,99 28,865 29,205 28,785 112,05 114,5 111,15 32,2 32,2 31,9 2,54 2,62 2,52 19 19,49 18,9 33,04 34,25 32,68 0,53 0,53 0,51 3,245 3,335 3,154 327 328,95 327 116,45 117,35 114,4 17,93 17,935 17,73 0,15 0,15 0,14 2,71 2,83 2,7 14,93 15,02 14,885 22,8 22,9 22,7 26,99 27 26,85 30,325 31 29,82 6,121 6,221 6,051 79 79,25 78,55 139,39 139,39 138,65 11,245 11,375 11,13 75,11 75,93 74,89 80,62 80,7 80,19 11,54 11,54 11,37 57,5 57,5 57,46 2,9 2,98 2,87 51,9 52,49 51,61 33,3 33,365 32,75 3,557 3,84 3,494 2,52 2,57 2,5 56,44 57,24 56,11 59,89 60,3 59,8 170,1 174,15 166,3 24,01 24,36 24,01 101,95 102 101 20,88 21,44 20,735 % Veil % an bpa % mois + haut an per % 52 s. + bas an rDt - 3,34 + 12,39 + 1,35 77,5 + 16,69 58,1 2,06 - 0,79 + 7,13 + 2,37 14,08 - 13,08 8,31 5,7 + 0,21 + 3,59 + 2,43 74,7 + 16,74 59 2,83 - 0,14 + 30,15 +38,48 38 - 4,19 21,8 1,4 + 1,24 + 4,13 +16,05 66,008 + 56,89 50,183 + 1,98 - 6,08 - 3,36 59,73 - 11,09 53 1,78 - 0,91 - 16,36 - 3,35 34,06 - 6,93 27,66 5,2 - 2,01 + 18,45 +14,54 116,5 + 42,21 79,9 1,37 + 0,97 + 11,03 + 4,55 32,98 - 0,16 23,83 2,95 - 2,31 - 37,59 - 2,31 4,04 - 33,85 2,41 - 1,09 - 4,95 + 4,45 21,85 - 2,56 16,15 + 0,89 + 27,03 - 9,7 37,99 - 8,8 24,52 + 1,92 + 3,18 - 2,88 0,62 - 17,45 0,385 + 1,53 - 52,63 -29,49 6,995 - 60,18 2,862 - 0,61 - 6,3 + 1,87 345 + 24,1 290,05 1,74 + 0,65 + 7,53 + 1,26 119,65 + 46,57 85,6 1,63 + 0,06 + 5,84 + 3,05 18,18 + 8,67 14,4 2,79 - 6,25 - 6,25 0,17 - 21,05 0,11 + 0,74 - 44,71 - 1,81 5,162 - 50,11 2,34 - 0,7 - 13,5 - 7,55 17,465 - 11,6 14,355 4,35 + 0,44 - 6,17 + 0,4 25,3 + 12,43 21,8 5,26 - 0,04 + 1,5 + 3,13 27 + 25,59 20,17 1,48 - 2,49 + 5,35 + 4,32 31,92 + 41,71 20,55 1,25 - 1,62 - 18,17 + 7,07 7,541 + 5,76 4,81 0,98 + 0,2 + 1,94 + 2,56 80,46 + 25,02 68,5 1,52 + 0,35 + 9,57 - 0,95 164,5 + 46,82 124,36 1,44 + 0,31 + 9,71 +10,25 11,985 - 25,36 8,907 7,11 - 1,37 + 8,7 - 1,42 79,23 + 35,95 59,77 1,35 - 0,1 - 7,33 + 4,47 91,85 + 0,84 75,58 3,97 + 1,5 + 15,4 +30,69 11,81 - 23,07 7,45 + 0,05 + 6,48 + 1,81 57,5 + 12,66 48,19 - 0,69 + 14,62 + 2,47 4,4 - 42,69 2,47 - 0,52 - 7,82 + 2,41 61,97 + 63,88 48 1,35 + 0,62 + 24,86 +26,02 33,88 +112,78 18,6 - 5,4 - 30,85 + 3,76 5,051 - 71,59 1,917 - 0,79 - 33,68 -24,32 3,79 - 36,68 2,49 - 0,05 + 1,99 - 3,06 61,23 - 8,51 45,42 2,66 - 0,18 - 9,53 - 2,63 67,45 - 20,15 59,52 2,62 + 0,83 - 22,61 +15,44 223,8 - 21,86 144,1 1,12 - 0,29 - 14,25 - 0,37 27,99 - 15,61 22,51 4,17 - 0,05 - 6,98 - 1,83 109 - 7,74 78,14 2,11 - 2,66 - 4,98 + 8,21 22,43 - 34,52 14,08 1,53 Autres Valeurs de la Zone euro Gemalto (Gto) L 54,57 321729 24/05/16 0,4 89.122.209 19 1186171 lu0088087324 25/04/16 1,11 311.427.239 stmicroelectronics (stm) LR a 5,381 1421944 nl0000226223 usD 21/03/16 0,09 910.970.920 nl0000400653 ses (sesG) LR 54,41 54,59 53,5 18,93 19,055 18,68 5,316 5,386 5,22 - 0,26 - 1,56 - 3,1 66,87 - 30,33 50,15 - 0,45 - 25,98 -21,78 26,64 - 39,67 18,68 - 1,25 - 13,99 +12,94 6,5 - 29,08 4,485 VAleurs Zone InternatIonale General electric (Gne) 26,69 26,7 5154 26,7 usD 25/02/16 0,2 9.195.657.000 26,49 5,65 5,67 23655 5,72 Gb0005405286 usD 19/05/16 0,1 19.812.531.971 5,64 laFarGeHolcim ltD (lhn) a 40,65 39,815 eX-Da 09/09/15 199864 40,76 ch0012214059 chf 17/05/16 1,5 606.909.080 39,755 maroc telecom (iam) 11,25 11,18 4492 11,33 ma0000011488 maD 24/05/16 5,41 879.095.340 11,18 rusal Plc (rusal) /070616 reG. s us9098832093 usD 27/10/15 0,02 1.636.363.646 scHlumBerGer (slb) a 70,59 70,2 4662 70,83 an8068571086 usD 27/05/16 0,5 1.434.212.164 70,18 stallerGenes Greer (staGr) a 25 24,7 2711 25 Gb00bZ21rf93 19.765.553 24,7 us3696041033 HsBc (hsb) a - 6,61 + 1,37 28,56 + 10,33 24,08 - 0,35 - 22,96 + 4,42 7,21 - 31,52 5,13 - 2,39 - 14,89 + 2,05 46,28 30,33 - 0,27 + 8,12 - 9,47 12,44 + 9,07 10,2 + 4,09 - 2,33 6,98 - 44,03 4,58 - 0,03 + 8 +10,05 72,55 - 12,03 54,95 - 22,69 + 0,82 34,2 - 49,07 23,31 La cote a changé. Vous pouvez retrouver les Bourses internationales sur http://investir.lesechos.fr 6,87 FINANCE & MARCHES // 35 Les Echos Vendredi 10, samedi 11 juin 2016 euronext//taux&changes//matières premières actions françaises euronexT hors srd isin valeur ouv +ht +bs fr0000076887 a.s.t. groupeg c 3,7 3,73 3,65 fr0012333284 abivaxg b 10,25 10,25 9,82 fr0000076861 acteosg c 1,14 1,14 1,1 fr0000076655 actia groupg c 5,51 5,51 5,39 be0974269012 ad capital fr0000062978 adl partnerg c 15,89 15,94 15,69 fr0011184241 adociag b 57,37 58,1 55,14 fr0004152874 advenisg c 2,62 2,65 2,62 fr0000053043 advini c 34,4 34,4 34,4 fr0000044612 afone c 7,84 7,85 7,65 fr0000130007 alcatel-lucentR a 3,43 3,46 3,43 fr0000062804 alpha mos c 0,47 0,47 0,45 fr0000039216 altareit b 173 173 173 fr0011051598 amoebag c 26,01 28,3 25,1 fr0012789667 amplitude surg.g 3,41 3,45 3,41 fr0010481960 argang b 21,99 22,15 21,85 fr0012185536 artea c fr0000063323 artea c fr0000076952 artois a fr0011980077 ask c 1,2 1,23 1,18 fr0010478248 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musée grévin nanobiotixg neopostG neuronesg nsc groupe oeneog ol groupeg orapig orchestra-pre. orege parefg paris. de chauf. passat patrimoine & com pcas g pixium visiong plastic omniumG plastivaloireg poujoulat poxelg precia g prismaflexg prologueg psb indust. quantelg quotium tech. radiall rallye recylex riberg robertet sa robertet sa robertet sa rothschild & co s.a.m.s.e. sabeton salvepar scbsmg selectirente sergeferrari group signaux girod sii smtpcg soc. fr. casinos sodifrance soditech ing. sofibus soft computingg sogeclairg solucom spir com.g sqli stefg store elect.g supersonic im.g tayninh technofan terreis ouv +ht c 0,73 0,73 1,79 1,8 c c c 13,65 13,73 c 1,63 1,63 c b 19,3 19,38 a 21,05 21,91 b 19 19,05 c b 8 8,14 c 2,8 2,8 c 7,49 7,49 c 84,98 84,98 3,52 3,6 c 57,26 57,5 b 87,01 87,01 c 5,35 5,35 b 22,19 22,2 c 10,79 10,86 c 8 8,05 a 30,32 30,37 c 85,11 86,51 c 34,5 34,5 c 13,1 13,67 c 137 142,75 c 8,44 8,44 c 1,12 1,13 c 45,78 45,9 c 3,91 3,91 c b a 16,2 16,54 c 2,13 2,2 c 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dexia euronext fedon mainstay medical montea cva nokia rentabiliweb gpg robeco nv rolinco abbvie agta record bras. ouest afr. brass. cameroun caterpillar inc. cfoa coca cola enter. darty plc diageo lilly and co ford motor cy forestière eq. geneuro hexcel infosys merck and co inc 54,3 52,21 118,5 118,5 + 0,42 51 2,15 - 1,38 23,65 - 1,05 5 414 10,18 - 0,49 3803 51,4 + 1,44 715 67,6 2,56 45,57 c 2,15 23,7 2,15 23,71 2,15 23,65 c b 10,23 10,23 10,18 51,4 50,6 c 50,64 1 708,4 67,5 12 1000 39,2 27,6 eur eur usd gbp chf sek dkk jpy cad usd 1 1,1321 0,7833 1,092 9,2586 7,4357 1,2064 1,4417 gbp chf 0,8833 1,2767 1 1,4455 0,6918 1 0,9644 1,3941 8,1777 11,8204 6,5677 9,4932 1,0657 154,0288 1,2733 1,8406 0,9158 1,037 0,7173 1 8,4797 6,8102 110,505 1,3203 sek dkk 0,108 0,1223 0,0846 0,1179 1 0,8032 13,0307 0,1557 0,1345 0,1523 0,1053 0,1468 1,2451 1 0,1623 19,3884 jpy (100) cad 0,8289 0,9384 0,6492 0,9049 0,0767 6,1632 1 1,1953 0,6936 0,7853 0,5433 0,7574 6,4221 5,1577 0,8366 1 09-06-2016 Zone euro 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croisés 09-06-2016 39,26 +bs INVESTIR 10 GRANDES VALEURS 52,21 19,91 c a 139,99 140 4,28 4,28 c 0,04 0,05 0,35 0,36 13,84 13,84 1,17 1,17 10,83 10,83 4,89 4,94 11,05 11,12 33,86 34,05 0,03 0,03 0,14 0,14 21,59 21,59 47,68 47,85 24,8 24,99 14,78 14,9 3,86 3,86 0,94 0,95 10,3 10,42 1,12 1,12 41,9 - 0,86 9421 5,028- 0,06 1459716 8,25 - 1,2 18790 31,48 - 0,19 5027 29,78 - 0,17 2093 b 52,21 52,21 c b 118,5 118,5 59,13 ouv 42,59 42,59 41,6 a 5,042 5,063 4,963 c 8,4 8,5 8,25 31,48 31,48 31,48 29,78 29,78 29,78 15,85 VaLeurs Zone internationale us00287y1091 ch0008853209 sn0008626971 cm0000035113 us1491231015 sn0000033192 us19122t1097 gb0033040113 gb0002374006 us5324571083 us3453708600 ci0000053161 ch0308403085 us4282911084 us4567881085 us58933y1055 2800 1153 422 valeur 35,655 - 1,57 249690 0,65 900 47,55 - 7,22 57229 4,56 + 1,11 1069 18,03 + 0,73 1862 35,995+ 1,02 121571 14,14 1 a 36,35 0,65 c 50,9 a 4,51 c 18,3 a 35,67 c 14,14 0,44 + 2,33 89,25 + 0,51 72,8 + 0,43 acheter-louer.fr agrogeneration ales groupe auplata biocorp biophytis carbio carmat césarg cybergung delfingeng environnement sa groupe guillin heurtey petrochem hiolle industries hybrigenics kerlink leadmedia group millet innovation ober piscines desjoyaux rougier g siparex crois.g theradiag umanisg 36,435 35,315 0,65 0,65 51,2 46,85 4,56 4,51 18,3 17,67 35,995 35,225 14,14 14,14 1,03 0,43 88,96 72,49 isin fr0010493510 fr0010641449 fr0000054652 fr0010397760 fr0012788065 fr0012816825 fr0011648716 fr0010907956 fr0010540997 fr0004031839 fr0000054132 fr0010278762 fr0012819381 fr0010343186 fr0000077562 fr0004153930 fr0013156007 fr0011053636 fr0010304402 fr0010330613 fr0000061608 fr0000037640 fr0000061582 fr0004197747 fr0010949388 c c 1,42 1,42 1,28 b 36,98 37,2 36,15 c 1,7 1,7 1,6 c 1,42 1,42 1,42 c 3,39 3,44 3,38 a169,7 174,15 166,3 c 2,12 2,32 2,12 b 9,05 9,05 8,95 a 26,575 26,66 26,39 c 3,33 3,33 3,11 9,51 9,55 9,47 c 0,59 0,59 0,59 c 0,43 0,44 89,09 89,5 72,49 72,9 aLTernexT (sélection) auTres valeurs de la Zone euro lu0569974404 it0001389631 be0974260896 nl0010949392 be0974290224 nl0006294274 it0001210050 ie00bjys1g50 be0003853703 fi0009000681 be0946620946 nl0000289783 nl0000289817 oxis international philip morris int. procter & gamble rorento cdh rusal plc televerbier total gabon vale sa Zci limited 6 mois allemagne 100,25 portugal -0,25 france -0,06 espagne -0,13 italie -0,14 2 ans 5 ans 7 ans 10 ans -0,54 0,74 0,08 0,42 0,48 -0,46 2,36 0,23 0,84 0,33 -0,29 2,68 0,28 1,02 1,09 0,06 2,85 0,29 1,30 1,30 euromts indice FraNce 1-3 aNs 5-7 aNs 10-15 aNs Plus 15 aNs Plus 25 aNs eMTxi-be 242,39 -0.03 233,74 3.74 172,42 0.33 172,08 10.01 235,95 0.01 230,64 2.29 287,75 0.42 270,44 5.96 341,65 0.43 304,48 11.73 355,19 0.66 307,00 14.94 236,10 0.17 227,37 3.66 var % 31/12 var % cours a TerMe de l’euro contre les principales devises usd gbp chf sek dkk jpy (100) cad 1,1320 1,1321 0,7832 0,7834 1,0916 1,0922 9,2521 9,2650 7,4336 7,4378 120,6100 120,6600 1,4412 1,4422 -0,0004 -0,0006 0,0008 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(euro Par kilo) (csFaNMP) 579,87 568,21 cuivre (girm): Londres (eN dollars) palladium (euro Par kilo) (csFaNMP) Fix1 15 609 15 779 Fix2 15 791 16 033 platine (euro Par kilo) (csFaNMP) Fix1 28 277 28 475 Fix2 28 203 28 679 18,15 - 0,82 96 31,48 - 0,06 169 + 0,6 36,87 - 0,83 30,04 + 0,47 2,55 + 0,39 132,3 + 0,08 1 316 2064 4849 3 155 29,6 + 0,34 2604 40,42 - 0,27 17,95 19 + 2,15 2453 547 48972 49,35 - 0,3 648 3,42 - 2,84 1527242 4,98 - 1,58 4562 2,17 1 0,49 + 4,26 848146 7,72 - 5,04 954 30,99 - 0,16 1524 1,7 + 1,19 13147 20,87 + 0,1 4893 19,09 20,8 19 valeur tff groupg thermocompactg tipiak tivoly tonna elect. toupargel groupe txcellg u10g ulric de varens unibel union fin. fr. bque g utig valtech verneuil part. vêt'affairesg vetoquinolg viadeog videlio (ex:iec) viel et cieg virbac g visiodentg voltalia worldlineG xilam animationg ymagisg Zublin immo.g MéTaux précieux palladium (eN dollars Par oNce Troy) 558 556 248 0,05 879,99 isin fr0000071904 fr0004037182 fr0000066482 fr0000060949 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us6918295014 us7181721090 us7427181091 lu0934195610 us9098831004 ch0008175645 ga0000121459 us91912e1055 bmg9887p1068 actions françaises euronexT hors srd suite Taux eT changes 1,56 + 1,3 53,1 34,5 - 0,23 5,81 + 0,17 1,3 + 0,78 290 2,33 actions françaises euronexT hors srd suite or (eN dollars Par oz) Fix 1 264 1 263 platine (eN dollars Par oNce Troy) 1 007 992 neW YorK argent (eN ceNTs Par oNce) seTTleMeNT 09/06 JuiN 16 17,08 Juil. 16 17,23 sePT. 16 17,29 déc. 16 17,36 JaNv. 17 17,36 or (eN dollars Par oNce) seTTleMeNT seTTleMeNT 08/06 17,05 17,06 17,09 17,14 17,14 seTTleMeNT 09/06 JuiN 16 1269,4 aouT 16 1272,3 déc. 16 1278,2 Fév. 17 1280 aouT 17 1280 platine (eN dollars Par oNce) seTTleMeNT JuiN 16 Juil. 16 ocT. 16 JaNv. 17 avr. 17 09/06 997,6 1003,6 1006,3 1008,6 1009,3 08/06 1261,3 1265,5 1270,6 1272 1272 seTTleMeNT 08/06 989,2 1011,9 1015,3 1015,8 965 caThodes : 4196 a coMPTer du 09/06/ autres demi produits cuivreux : base cuivre 490,14 dePuis le 09/06 base laMiNé laiToN 1 TiTre 421,59 dePuis le 09/06 base laMiNé laiToN 70/30 427,82 dePuis le 09/06 base laMiNé laiToN 85/15 458,97 dePuis le 09/06 base laMiNé broNze 94/6 576,3 dePuis le 09/06 base laMiNé broNze 94/4 547,57 dePuis le 09/06 London MeTaL exchange 09/06 08/06 alliage d`alumin. (en $ par tonne) cash 3 Mois vol. 1525-1535 1550-1560 13940 1525-1535 1550-1560 13980 aluminium (en $ par tonne) cash 3 Mois vol. 1595,5-1596 1606-1607 2488325 1540-1541 1551-1551,5 2494975 cuivre (en $ par tonne) cash 3 Mois sTocks 4590-4590,5 4600-4605 207300 4588-4589 4593-4595 196225 etain (en $ par tonne) cash 3 Mois vol. 17145-17150 17050-17100 6730 16970-16975 16900-16950 6720 ice (eN gbP Par MWh) clôTure 09/06 base 30,06 PoiNTe 33,12 ice futures (eN gbP Par MWh) 8555-8565 8615-8620 396498 plomb (en $ par tonne) cash 3 Mois vol. 1732,5-1733 1737-1739 185400 1726,5-1727 1732-1734 185425 Zinc (en $ par tonne) cash 3 Mois vol. 2048-2049 2053,5-2054,5 382150 2023,5-2024 2024-2026 379075 neW YorK cuivre (en cents par lb) seTTleMeNT seTTleMeNT Juil. 16 aouT 17 sePT. 16 déc. 16 09/06 2,03 2,05 2,03 2,04 08/06 2,07 2,15 2,07 2,08 vol 56938 29 9701 2458 base JuN 16 base dec 16 PoiNTe JuN 16 PoiNTe Jul 16 09/06 33,95 43,79 38,32 39,71 KuaLa LuMpur seTTleMeNT seTTleMeNT Jou r 09/06 17050 08/06 16850 vol clôTure 08/06 32,33 0 33,48 0 vol 338046 170887 vol Juil. 16 aouT 16 sePT. 16 ocT. 16 ocT. 16 258,5 235,5 singapour gasoliNe 97 gas oil Fuel oil (180) Fuel oil (380) 64,05 60,36 260,5 251 62,05 59,86 255,5 244,5 éMission co2 nymex emissions (eN euros Par ToNNe) clôTure clôTure clôTure clôTure 08/06 51,23 51,85 52,3 52,68 52,68 09/06 5,73 clôTure 28,25 28,25 28,25 28,25 vol gaz naTureL clôTure JuiN 16 Juil. 16 aouT 16 clôTure vol 08/06 1,92 2,46 2,54 clôTure 08/06 14,63 vol vol 7109 295 42 5 5 seTTleMeNT seTTleMeNT 09/06 Juil 2016 14,41 aouT 2016 14,77 sePT 2016 14,89 08/06 14,65 14,9 15,14 08/06 65,54 66,7 66,32 clôTure clôTure vol 09/06 08/06 Juil. 16 2259 2251 sePT. 16 2249 2241 déc. 16 2202 2193 Mai 17 2146 2136 Juil. 17 2140 2129 new york (eN $ Par ToNNe) 2786 5732 1999 437 95 Juil. 16 sePT. 16 déc. 16 Mars 17 Juil. 17 09/06 3116 3097 3077 3053 3032 08/06 3112 3094 3072 3047 3031 vol 5467 12593 3618 1333 143 seTTleMeNT seTTleMeNT 09/06 292,7 301,7 304 08/06 292,9 301,6 304 seTTleMeNT seTTleMeNT vol 09/06 08/06 JuiN 16 178 177,25 aouT 16 186,5 187 Nov. 16 176,25 177,5 mais à chicago (eN ceNTs Par boisseau) seTTleMeNT seTTleMeNT vol seTTleMeNT seTTleMeNT vol 09/06 08/06 Juil. 16 11,33 11,39 sePT. 16 11,6 11,77 Nov. 16 11,86 12,35 avoine à chicago (eN ceNTs Par boisseau) FreT MariTiMe clôTure vol 09/06 08/06 Juil. 16 1693 1700 7303 sePT. 16 1720 1728 9269 Nov. 16 1738 1745 2888 JaNv. 17 1738 1745 2888 Mars 17 1738 1745 2888 new york-arabica (en cents par lb) seTTleMeNT seTTleMeNT vol 11797 33 988 Juil. 16 déc. 16 Mai 17 Juil. 17 09/06 137,1 141,4 145,75 147,3 08/06 139,25 143,8 147,75 149,3 vol 42563 9315 709 255 vol seTTleMeNT seTTleMeNT Jou r 09/06 08/06 112,45 115,7 vol 112.45 vol 817 158 378 seTTleMeNT seTTleMeNT 09/06 107 110 123,55 vol 08/06 107 111 123 334 balTic dry iNdex : 610 le 08/06//16 balTic PaNaMax iNdex : 540 le 08/06//16 balTic caPesize iNdex : 973 le 08/06//16 balTic suPraMax iNdex : 564 le 08/06//16 balTic dirTy iNTerN. TaNker :741 le 08/06//16 balTic cleaN iNTerN. TaNker :479 le 08/06//16 indices rJ crb new york (coNT. No2 - eN ceNTs Par lb) 792 539 42 seTTleMeNT seTTleMeNT londres-robusta (en $ par tonne) clôTure 681 483 09/06 08/06 Juil. 16 426,75 429 144851 déc. 16 432,75 434,5 76196 Mars 17 438 439,25 7016 riZ à chicago (eN ceNTs Par lb) vol jus d’orange chicago (eN $ Par 1000 bdFT) vol Mai 16 Juil. 16 Nov. 16 Bois Juil. 16 sePT. 16 Nov. 16 68111 57223 17501 6995 5373 seTTleMeNT seTTleMeNT 09/06 08/06 Juil. 16 510,38 519,5 249 sePT. 16 522 530,5 10 déc. 16 538,5 548,25 13 mais à paris (eN euros Par ToNNe) caFé new york (cont. n°2 - cents par lb) seTTleMeNT seTTleMeNT 08/06 19,68 19,71 19,78 19 18,35 vol Prix indicatif de l'organisation internationale du café (cents us/livre) : Prix composé : 130.2 Moyenne quinze derniers jours : 205.461 coTon 09/06 65,07 65,88 65,89 09/06 19,63 19,68 19,72 18,99 18,38 vol seTTleMeNT seTTleMeNT 09/06 08/06 sePT. 16 170,5 171,75 8861 déc. 16 176 176,75 14469 Mars 17 180,25 180,75 1344 blé à chicago (eN ceNTs Par boisseau) vol iNdice coTlook a : 74,85, le 09/06//16 Juil. 16 Oct. 16 Mars 17 Juil. 16 ocT. 16 Mars 17 Mai 17 Juil. 17 clôTure blé de meunerie n°2 à paris (eN euros Par ToNNe) 09/06 08/06 Juil. 16 204,75 205 sePT. 16 215,5 218,25 déc. 16 227,5 229 blé fourrager à londres (eN £ Par ToNNe) powernext gas futures vol clôTure seTTleMeNT seTTleMeNT nymex ( eN $ Par MbTu) 09/06 0 2,6 2,67 vol 3135 1640 331 703 110 cacao seTTleMeNT seTTleMeNT 08/06 clôTure Prix indicatif de l'organisation internationale du cacao (dollars/tonne) : le 07/06/ Prix indicatif : 3168,92 londres (eN £ Par ToNNe) uraniuM 09/06 clôTure 09/06 08/06 aouT 16 528,4 528,7 ocT. 16 527,5 528,3 déc. 16 527 527,6 Mars 17 526,1 526,8 Mai 17 517,4 515,8 new york (eN ceNTs Par lb) vol 08/06 5,73 uranium nymex (en $ par lb) clôTure 09/06 08/06 JuiN 16 459,75 468,75 26436 aouT 16 462,5 470,5 50734 Nov. 16 472 478,5 5245 Mars 17 480,5 485,25 1686 Juil. 17 491 490,5 104 new york nymex wti (eN $ Par baril) 09/06 50,63 51,28 51,73 52,25 52,25 260,5 238 sPoT céréaLes 19,56 cts/lb londres (eN dollars Par ToNNe) 450,5 fuel Fuel oil (hs 180) Fuel oil (hs 380) 09/06 Nord da 14,2 09/06 08/06 Jour 51,96 52,7 Juil. 16 49,69 49,68 aouT 16 51,96 52,7 156826 londres-gaZole (eN $ Par ToNNe) clôTure sucre london daily price: powernext gas spot londres-brent (eN $ Par baril) clôTure etain (en dollars par tonne) clôTure 08/06 30,06 33,12 produiTs péTroLiers clôTure produiTs péTroLiers rotterdam (barges - Fob) (eN $ Par ToNNe) gas oil 0.1% sul. 456 JuiN 16 aouT 16 éLecTriciTé clôTure 8820-8825 8870-8880 395514 08/06 antimoine 99,65% (par tonne) 6100 6100 bismuth 99,99% (par lb) 4,3 4,3 cadmium 99,95% (par lb) 0,68 0,68 cobalt (cathodes) 99,80% (par lb) 10,9 10,9 eponge de titane 99,60% (par kg) 7,95 7,95 ferro manganese (hc) (par tonne) 635 635 ferro molybdene (par kg) 20,25 20,25 germanium (par kg) 1200 1200 selenium 99,50% (par lb) 6,25 6,25 silicium (par tonne) 1650 1650 nickel (en $ par tonne) cash 3 Mois vol. 09/06 09/06 08/06 196,14 196,66 reuTers coM. 2380,09 2363,98 Moodys coM. 5343,86 5335,31 or iNdusTriel 35891 35685 lMex 2239,4 2270,7 36 // FINANCE & MARCHÉS Vendredi 10, samedi 11 juin 2016 Les Echos CODE ISIN DéSIGNATION DES VALEURS VAL. UNIT DATE HORS FRAIS DE LA EN EUROS** VALOR. DERNIER DIVIDENDE NET EN EUROS** MONT. DATE DéSIGNATION DES VALEURS LU0280430660 PICTET-CLEAN ENERGY Mirabaud Asset Management Tél. +41 58 816 20 20 www.mirabaud.com [email protected] LU0130728842 PICTET-EMERGING EUROPE LU0689230778 MIR. - CONV BONDS EUR A EUR 133,45 09/06 LU0301152442 ÖKOWORLD KLIMA EUR 49,08 09/06 LU0928190510 MIR. - CONV.BONDS GLB A USD 111,7 09/06 LU0061928585 ÖKOWORLD ÖKOVIS.CL. EUR 145,21 09/06 LU0187024954 MIR. - EQ ASIA EX JAP A 171,41 09/06 LU1308314605 MIR. - EQ EUR. EX-UK S&M D GBP 114,63 09/06 LU0800193780 MIR. - EQ GLB EMRG MKT A USD 90,28 08/06 LU1008513852 MIR. - EQ GLOBAL FOCUS A USD 97,61 09/06 LU0334003224 MIR. - EQ PAN EUR A CAP 116,97 09/06 FR0010106450 OPTIGEST MONDE DI 161,29 08/06 LU0787970960 MIR. - EQ SPAIN A EUR 24,67 09/06 FR0010236760 OPTIGEST EUROPE 111,75 08/06 LU0636969866 MIR. - EQ SWISS SM&MID A CODE ISIN OPTIGESTION 39, avenue Pierre 1er de Serbie 75008 PARIS Standard : +33 1 73 11 00 00 Internet : www.optigestion.com 343,45 09/06 DERNIER DIVIDENDE NET EN EUROS** MONT. DATE CODE ISIN DéSIGNATION DES VALEURS VAL. UNIT DATE HORS FRAIS DE LA EN EUROS** VALOR. DERNIER DIVIDENDE NET EN EUROS** MONT. DATE 73,88 09/06 276,99 09/06 LU0255798109 PICTET-EMERG LC DEBT 159,54 09/06 LU0130729220 PICTET-EMERGING MKTS 453,38 08/06 LU0128490280 PICTET-EUR BONDS 548,41 09/06 LU0935268721 RAM (L) SF EM MKT CORE EQ 82,25 08/06 LU0704154292 RAM (L) SF EM MKT EQ 149,44 08/06 LU0375629556 RAM (L) SF EUROPEAN EQ 378,18 08/06 LU0128470845 PICTET-EUR CORP. BONDS 193,51 09/06 LU0167158327 PICTET-EUR SMT BONDS 134,15 09/06 LU0130731986 PICTET-EUROPEAN EQ. SEL. 557,68 09/06 LU0144509717 PICTET-EUROPEAN SUST. EQ. 227,55 09/06 LU1048876350 RAM (L) SF GB SHLDR YLD EQ 103,11 08/06 LU0128467544 PICTET-GLOBAL EMERG.DEBT 353,84 09/06 LU0705072691 RAM (L) SF L/S EM MKT EQ 118,94 03/06 LU0168449691 PICTET-GREATER CHINA 391,36 08/06 LU0188501257 PICTET-HEALTH 243,91 09/06 LU0705071701 RAM (L) SF L/S EUROPEAN EQ 139,59 03/06 LU0375630729 RAM (L) SF NORTH AM EQ 242,81 08/06 LU1074511459 RAM (L) TF CONV EUROPE 142,93 08/06 LU0419186167 RAM (L) TF GB BD TOT RET 142,48 08/06 LU0935723782 RAM (L) TF II ASIA BD TOT RET 130,98 07/06 LU0070964530 PICTET-INDIAN EQ. Pictet Asset Management 34, avenue de Messine 75008 Paris Tél. : 01 56 88 71 00 www.pictetfunds.fr VAL. UNIT DATE HORS FRAIS DE LA EN EUROS** VALOR. CLASSIFICATION DERNIER DIVIDENDE NET EN EUROS** MONT. DATE CLASSIFICATION VAL. UNIT DATE HORS FRAIS DE LA EN EUROS** VALOR. CLASSIFICATION DéSIGNATION DES VALEURS CODE ISIN CLASSIFICATION sicav//fcp 407,39 09/06 LU1008513340 MIR. - GLB EQ HIGH INC A USD 99,35 09/06 LU0862027272 MIR. - GLB HIGH YLD BDS A USD 111,21 09/06 LU1256186930 MIR. - GLB INV GRA BDS A EUR 103,63 09/06 LU0963986202 MIR. - GLB STRAT BOND A USD 107,4 09/06 LU0155303323 PICTET-ASIAN EQ. JAPAN 187,3 08/06 LU0256840108 PICTET-US EQ. SEL 182,57 09/06 LU1308307815 MIR. - US SH. TERM CRD FD A USD 101,53 09/06 LU0090689299 PICTET-BIOTECH 610,49 09/06 LU0104884860 PICTET-WATER 259,83 09/06 LU0176900511 PICTET-JAPANESE EQ. SEL. LU0256846139 PICTET-SECURITY LU0130732364 PICTET-SMALL CAP EUR. 11446,17 09/06 193,4 09/06 1022,65 09/06 Valeur unitaire hors frais : valeur de la part ou de l’action hors droits d’entrée ou de sortie éventuels. Les SICAV éligibles au PEA sont signalées par un astérisque *. Le pictogramme P indique la cotation d’un FCP. Classification des OPCVM : actions françaises (AF), actions de la zone EURO (AE), actions internationales (AI), monétaires EURO (ME), monétaires à vocation internationale (MI), obligations et autres titres de créances libellés en EURO (OE), obligations et autres titres de créances internationaux (OI), sicav luxembourgeoises (LX), diversifiés (DI), garantis ou assortis d’une protection (GP). ** : en euros ou dans la devise indiquée dans la colonne «DéSIGnAtIOn DES VALEURS». carnet fr PORTRAIT par Léa Delpont — Correspondante à Lyon DR Christian Missirian, le moine-soldat du TUBA « Quand on s’intéresse à l’innovation, au numérique et à la vie des gens, c’est naturel de s’occuper du TUBA », déclare son nouveau président, Christian Missirian. Le TUBA, pour « tube à essai » de l’urbanité, met à la disposition de près de 200 start-up le Big Data de la métropole de Lyon et de dix grandes entreprises adhérentes pour créer et tester de nouveaux services aux citoyens. Il y a quelques jours, Christian Missirian, directeur commerce de la région Auvergne-Rhône-AlpeschezEDF,asuccédéàPhilippe Lagrange, de Veolia, à la tête de ce lieu expérimental qui regroupe à Lyon tout l’écosystème de la ville intelligente – collectivités, chercheurs, industriels et jeunes entrepreneurs geeks. « Christian, qui fait partie des grands employeurs de la région, a la culture du service publicetdelasolidarité »,estimePascalJacquesson, directeur général de Keolis, délégataire des transports publics lyonnais. Les deux hommes comptent parmi les cofondateurs du TUBA en 2014 mais, aussi, il y a un mois, du « 107 » : un autre laboratoire d’« open innovation », dans l’entrepreneuriat social et solidaire, cette fois. Pour Christian Missirian – soixante ans à l’état civil, dix de moins au jugé –, « tout cela s’inscrit dans la droite ligne d’une carrière guidée ENTREPRISES XEROX Patrice Vidal est nommé country general manager de Xerox Belgique-Luxembourg et general manager de la branche BeLux de la division LEO (Large Enterprises Organisation). Patrice Vidal, cinquante et un ans, diplômé de l’Esia de Paris, a rejoint Xerox en 1990 en tant qu’ingénieur informatique avant d’occuper dès par l’envie d’imaginer, d’inventer ». Tête dans les épaules, léger sourire aux lèvres, il affirme « que la curiosité n’est pas une question d’âge : ça ne me passe pas » ! En 1981, au sortir de l’Ecole nationale supérieure d’électricité et de mécanique, il démarre sa carrière dans la sidérurgie au département R&D d’Usinor, dans l’Est, loin de Marseille, sa ville natale. Un baptême du feu qui forge son tempérament professionnel en acier trempé. Il entre un an plus tard chez EDF, qu’il ne quittera plus. Durant quinze ans, à la Direction des études et recherches, il s’intéresse « moins à l’électricité qu’aux bénéfices qu’elle peut apporter à ses utilisateurs ». Compteurs Linky et chocolat En 2004, avec l’arrivée de Pierre Gadonneix à la présidence, il est appelé dans l’état-major commeconseiller.Sesdomaines :lecommerce, la distribution et, bien sûr, les activités nouvelles, son inclination naturelle – outre le chocolat noir, qui l’a aidé à gérer le stress de ces quatre années. En 2008, il retourne à l’opérationnel, à la Direction commerce en Auvergne-RhôneAlpes (deuxième plus grosse région d’EDF et première en production). Alors que l’ouverture 1993 des fonctions commerciales. En 2002, il a été promu directeur commercial de la division Xerox Global Services France (XGS), puis, en 2008, directeur du programme Global Accounts & Alliances de Xerox Europe. En 2010 il a été nommé general manager de la division XGS pour les pays scandinaves. Depuis 2011, il était general manager des divisions LEO et GDO (Global Document Outsourcing), membre du comité de direction de Xerox France. à la concurrence vient de s’achever, Christian Missirian est convaincu qu’il faut « s’ouvrir aux autres entreprises. Aujourd’hui, la connaissance est atomisée : il faut la fédérer. » La connaissance, une obsession chez ce haut cadre posé, sérieux et attentif, résolument discret, redoutablement efficace. Il navigue entre érudition et nouvelles technologies, arpentant, durant ses vacances, les monastères arméniens et les grandes bibliothèques. Persuadé de la force de l’expérimentation pour capter les aspirations des citoyens et des entreprises, il profite, en 2012, de l’installation des 170.000 premiers compteurs Linky dans l’agglomération lyonnaise, pilote sur ce programme, pour lancer Smart Electric Lyon. Le consortium réunit 21 industriels et équipementiers (Legrand, Schneider, Philips, Panasonic, Orange, SFR, etc.), unis pour faire fructifier l’avalanche d’informations fournies par ces nouveauxéquipements.Undémonstrateuràgrande échelle de nouvelles solutions numériques, avec une dimension technologique, sociologique, et une vocation environnementale contre le gaspillage d’énergie. Dans le même temps, ce travailleuracharné– « 12heuresparjour, 6jourssur 7auminimum »,confieunecollaboratrice –crée le concours Energie Intelligente, qui a déjà aidé cinquantestart-up.« L’ampoulen’apasétéinventée par des fabricants de bougie, tacle Christian Missirian. Les ruptures viennent de l’extérieur. » Et de citer Thomas Jefferson : « Plus je travaille, plus la chance me sourit. » Sa philosophie de l’innovation rejoint sa passion pour le jardinage. L’« Eloge de la plante », de Francis Hallé, sa bible, à la main, ce « toqué » de génétique végétale explique ce qui le rapproche du jardinier : « la capacité de se projeter à partir de simples graines ; l’humilité et une forme de résilience quand la nature est contre vous et qu’il faut recommencer l’année suivante, c’est l’expérience de l’échec, dit-il, et la générosité : on innove pour les autres, de même que quand les fleurs et les légumes ont bien poussé, il ne reste plus qu’à les offrir ». n PRICEMINISTER-RAKUTEN Cédric Dufour Fabien Versavau entrent au comité exécutif de PriceMinister-Rakuten en qualité de directeur général adjoint, chargé des fonctions support, et directeur général adjoint, chargé des ventes, du marketing et de la communication. Cédric Dufour, quarante-quatre ans, diplômé de l’ESC Rouen (Neoma), a débuté, en 1995, chez KPMG Audit. Il a été nommé direc- teur administratif et financier de Jennyfer en 1999, puis directeur général adjoint administration et finance, et membre du directoire de Roche Bobois en 2005. Depuis cinq ans, il était directeur financier de la FNAC en Espagne et membre du comité exécutif. Fabien Versavau, quarante ans, titulaire d’un master en management ESC Clermont-Ferrand et d’un MBA de l’Essec et de Mannheim Business School, a démarré chez Ford en 1998 avant de rejoin- dre Renault. Il est devenu, en 2 0 0 2 , m a n a g e r c h e z We ave , avant d’être nommé directeur du développement Europe pour LeGuide.com en 2006 et chez SNCF Voyages International en 2009. Depuis 2011, il était directeur marketing digital du « Figaro » et, en parallèle, directeur général de Ticketac.com. KAUFMAN & BROAD Chrystèle MarchandBacchetta est nommée directrice marketing et communication de Kaufman & Broad. Elle sera membre du comité de direction. Chrystèle Marchand-Bacchetta, quarante-neuf ans, diplômée de l ’u n i v e r s i t é d e B e s a n ç o n , a d’abord été directrice de clientèle dans des agences conseil. Elle est devenue directrice de la communication chez Minamour Int. Group, Une Journée en France, puis a créé le cabinet de consulting Comanaging. En 2003, elle a intégré Cogedim en tant que directrice de la communication et du marketing, avant d’être directrice générale adjointe et d’entrer, en 2010, au comité de direction. ASSOCIATION PROFESSIONNELLE EUROPEAN SPAS ASSOCIATION Thierry Dubois devient le nouveau président de l’Espa pour un mandat de quatre ans. Il est le premier Français à cette fonction. Thierry Dubois, soixante-sept ans, diplômé de l’Essca et de l’Institut de contrôle de gestion (ICG), est, depuis 2014, président du conseil de surveillance des Thermes de Saujon. Il a été directeur de la clinique psychiatrique Villa du Parc de Saujon et gérant de la clinique psychiatrique Hippocrate de Saujon, avant de rejoindre les Thermes de Saujon en 1990, d’abord en qualité de directeur général, puis en tant que président du directoire de 1998 à 2014. Il est, par ailleurs, président du CNETh (Conseil national des é t a b l i s s e m e n t s t h e r m a u x) depuis 2009. M Retrouvez chaque lundi les personnalités business de la semaine dans notre cahier « Les Echos Business » ILS SONT NÉS UN 10 JUIN Carlo Ancelotti, entraîneur de football, 57 ans. Nicole Bricq, ex-ministre, sénatrice de Seine-et-Marne, 69 ans. Bruno Cotte, magistrat, 71 ans. Marc Fumaroli, historien et académicien, 84 ans. Samia Ghali, maire du 8e secteur de Marseille, sénatrice des Bouches-du-Rhône, 48 ans. Marc Genot, ex-président de la Fondation pour l’enfance, 79 ans. Charles-Marie Jottras, ex-président du groupe Daniel Féau, 65 ans. Alain Kouck, président d’Editis Holding, 70 ans. Madeleine de Suède, princesse, 34 ans. François Morel, comédien, 57 ans. Philip Mountbatten, duc d’Edimbourg, époux de la reine Elizabeth II d’Angleterre, 95 ans. Vincent Perez, acteur, 52 ans. Laurent Petitgirard, musicien, 66 ans. Pascal Riché, cofondateur de Rue89, 54 ans. Loïc Tassel, vice-président Gillette EMEA et Inde, 49 ans. , Envoyez vos nominations à [email protected] SUR CHAQUE SEMAINE DANS « L’ÉCONOMIE EN QUESTIONS » LE SAMEDI À 12H00 VENDREDI 10 ET SAMEDI 11 JUIN 2016 PATRIMOINE.LESECHOS.FR/ avec LOGEMENT // Dans un environnement où transactions et prix repartent à la hausse, peut-on se permettre désormais d’acheter – plus grand, par exemple – avant de vendre ? Explications. Anne-Sophie Vion @AnnesophieVION V ous êtes déjà propriétaire et vous souhaitez changer de logement. Qu’il s’agisse de vendre pour vous agrandir, de plus en plus pertinent avec la baisse des taux (voir ci-contre), ou pour acheter plus petit, ou encore pour vous installer dans une autre ville, vous serez confronté à une opération d’achat-revente immobilière. Celle-ci n’est en effet pas si simple. Dans quel ordre devrez-vous procéder ? Que vous décidiez d’acheter ou de vendre en premier, chaque solution présente un certain nombre d’atouts et d’inconvénients. Dans un contexte où le marché immobilier se reprend, les délais de vente se raccourcissent, les taux des crédits sont au plus bas et les prix repartent à la hausse dans certaines zones, pouvez-vous désormais vous permettre d’acheter avant de vendre, ce qui vous évitera toute une série de désagréments ? Des risques atténués De mise dans un marché baissier et tendu, la carte de la prudence, celle qui consisterait à vendre avant d ’a c h e t e r, s ’ i m p o s e m o i n s aujourd’hui. « Profitant du niveau exceptionnellement attractif des tauxd’intérêt,lemarchés’estfluidifié au premier trimestre au point que les propriétaires achètent avant de vendre », observent les notaires de Paris-Ile-de-France, dans une conférence du 26 mai dernier. Alors qu’ils étaient encore, en mars, près des trois quarts à conseiller, pour une opération d’achat-revente, de vendre en premier un bien avant d’en racheter un autre, les notaires interrogés dans le cadre du baromètre du site Immonot.com (qui sonde un panel de notaires répartis sur toute la France) sont désormais 50 % à préconiser d’acheter avant de vendre. Estimant,pourlamoitiéd’entreeux, « que la baisse des prix n’est plus d’actualité », ils argumentent : « Avec des conditions de crédit particulièrement favorables, se porter acquéreur d’un autre bien avant de revendre le sien devient une attitude peu risquée, voire bénéfique lorsque deshaussesdesprixsontattendues. » Eviter la case location et le double déménagement Acheter avant de vendre offre des avantages non négligeables. Vous n’êtes pas forcé de passer par la case location, dont le coût peut s’avérer DR Immobilier :faut-ilacheter avantde vendre ? dissuasif, et vous économisez un déménagement ou un garde-meuble. Vous bénéficiez de temps pour prévoir d’éventuels travaux d’aménagement et de décoration de votre future résidence. Surtout, cette décision peut être motivée par le plaisir de ne pas passer à côté de la maison ou de l’appartement « coup de cœur ». Cependant, si vous achetez en premier, la règle d’or demeure de ne pas surestimer le prix de l’habitation que vous vendez et de bien jauger le marché, en particulier si vous devez souscrire un crédit relais (voir ci-dessous). Dans toute opération d’achat-revente, la question clef est celle de la valeur réelle des biens, laquelle détermine tout le montage. Il est recommandé de faire estimer le logement à vendre par plusieurs professionnels, et en même temps de tester le marché sur lequel vous êtes acheteur. Ce qui vous permettra de valider votre budget d’achat. LA CHRONIQUE DU FISCALISTE — PIERRE CARCELERO Avocat, CMS Bureau Francis Lefebvre Usufruitier de parts sociales : l’imputation desdéficits est contestée Vendre en premier Si vous êtes allergique à l’idée d’un prêt relais ou que vous ne pouvez payer votre nouvelle acquisition sans crédit, commencer par la vente de votre résidence vous épargnera un risque majeur : celui de ne pas trouver d’acheteur dans les délais et de devoir supporter la charge de deux logements en même temps. De plus, comme souvent dans une opération de rachatrevente, on rachète pour plus grand, vous êtes donc en mesure de déterminer le budget précis dont vous disposez pour votre nouvelle acquisition. Attention, pour ne prendre aucun risque (comme le désistement de l’acheteur), il est conseillé de signer le compromis de vente du logement que vous achetez après avoir signé l’acte de vente du bien vendu. Cependant, en choisissant de vendre avant d’acheter, vous pouvez vous retrouver pendant plusieurs mois sans logement. Pour contourner les contraintes psychologiques et financières de la location et de deux déménagements, « il est judicieux d’obtenir un délai plus long que les trois mois usuels entre la signature du compromisetcelledel’actedeventeauprèsde votre acheteur. Ce qui permet de racheter durant cette période allongée et, idéalement, de faire coïncider les deux actes notariaux le même jour », conseille Sandrine Allonier, responsable des relations banques chez Vousfinancer.com. n Créditrelais :cequ’il fautsavoir Sorte de passerelle entre achat et revente, le crédit relais est parfois incontournable. Il doit être manié avec précaution. Si vous êtes engagé dans l’achat-revente d’un bien et que vous n’avez pas encore vendu le précédent, le recours au crédit (ou prêt) relais peut être une solution. Cette formule n’a certes toujours pas bonne presse : « Nous déconseillons le crédit relais, très risqué et très angoissant », avertissent d’une même voix Iris Tang et Laurent Chevalier, directeurs d’agence chez Emile Garcin, respectivement pour Paris rive droite et Toulouse. Et pourtant la formule est pratique et moins chère qu’imaginé (les taux peuvent atteindre moins de 1 % actuellement). Mais elle n’est pas sans risque et nécessite un certain nombre de précautions. En accordant un crédit relais, au QUAND JE DÉCOUVRE QUE MON BANQUIER ME CACHE DES CHOSES maximum de deux ans, la banque octroie une avance sur le prix de la résidence actuelle qui n’a pas été vendue. Cependant, elle se prend une marge de sécurité en ne tenant pascomptedelatotalitédelavaleur du bien à vendre. « Les banques n’acceptent definancerque70à80 % maximum de la valeur estimée, ou 90 % en cas de compromis de vente signé », précise Sandrine Allonier chez Vousfinancer.com. Pour estimer le prix du logement mis en vente, les banques vous demanderont en général trois expertises d’agent immobilier ou de notaire. Elles font parfois intervenir leurs propres spécialistes. Dans tous les cas de figure, vous devrezveilleràprendrel’estimation la moins optimiste comme base de calcul du prêt relais. Ce qui vous offre une marge de sécurité supplémentairesilebienadumalàsevendre. Attention, cette valeur est ellemême diminuée du montant du capital éventuellement encore dû lorsqu’un crédit a été souscrit pour son achat. Dès lors, si le montant prêté est insuffisant pour boucler votre plan de financement, vous pouvez opter pour les prêts dits « achat-revente » ou « relais-rachat », qui incluent le rachat du capital restant dû sur le crédit en cours lié au bien à vendre et le financement du nouveau bien. Ces montages sont distribués depuis plusieurs années par de grandes banques, comme BNP Paribas, Crédit Agricole, les Caisses d’Epargne ou La Banque Postale. En lissant l’ensemble des crédits via un seul prêt, ces prêts vous aident à réduire l’endettement et à favoriser l’acceptation du dossier. — A.-S. V. a Retrouver les mécanismes des prêts « achat-revente » sur lesechos.fr/patrimoine. Laloiprévoitquel’associéd’une société de personnes est imposé sur la quote-part correspondant à ses droits dans les « bénéfices » de cette société et qu’il en est de même pour l’usufruitier. Cependant, selon l’administration, ce dernier ne peut pas déduire d’éventuels déficits au motif que l’imputation reviendrait au nu-propriétaire. Cette interprétation a été approuvée par la cour administrative d’appel de Bordeaux qui a jugé, le 15 mars 2016, que le terme de « bénéfices » exclurait la prise en considération par un usufruitier des déficits. Cette solution peut surprendre à la lecture de la loi (article 8 du CGI), le même terme de « bénéfices », étant utilisé pour le plein propriétaire comme pour l’usufruitier. Le renvoi par la cour aux travaux parlementaires n’est pas davantage convaincant : le législateur souhaitait que l’usufruitier soit imposé sur les bénéfices sociaux au motif qu’il dispose du droit d’appréhender les bénéfices sociaux. Or, les éventuelles pertes – qui grèvent en principe les bénéfices qu’il peut percevoir – devraient être prises en compte de manière symétrique. Espérons que le Conseil d’Etat, qui vient d’être saisi d’un recours, retiendra une solution plus cohérente. En tout état de cause, cette décision renforce l’intérêt de prévoir dans les statuts des sociétés concernées les modalités de répartition des résultats sociaux (bénéfices et déficits) qui, régulièrement publiées, sont en principe opposables à l’administration fiscale. n Une offre transparente. Des tarifs nets et précis. G é ra n t d ’ é p a r g n e WWW.YOMONI.FR 38 // FINANCE & MARCHÉS RETRAITE – 6,75 % FONDS ACTIONS ROYAUME-UNI GRANDES CAPS Les craintes liées à une sortie du Royaume-Uni de l’Union Le baromètre des fonds européenne font reculer devise et marchés boursiers britanniques. Les fonds dédiés aux valeurs anglaises perdent 6,75 % depuis début 2016. + 5,55 % FONDS ACTIONS GRÈCE En recul de 13,01 % sur un an, les fonds axés sur la Bourse d’Athènes, se redressent, en hausse de 5,55 % depuis début 2016. Les marchés financiers anticipent la poursuite de l’aide financière promise à la Grèce à l’été 2015. Morningstar 8 juin 2016 Vendredi 10, samedi 11 juin 2016 Les Echos Se préoccuper de ses futurs droits à la retraite et chercher à les optimiser est une nécessité. Différentes stratégies peuvent être mises en œuvre, à l’âge du départ à la retraite ou, mieux encore, de nombreuses années avant. Lespistes pour augmenterses droits A u-delà des instruments d’épargne retraite individuelle que chacun peut choisir pour se constituer un complément de revenus, il existe aussi des leviers sur lesquels il est possible d’agir pour préserver ou valoriser au mieux ses futures pensions. D’abord, il est impératif de faire valoir ses droits à la retraite à taux plein, c’est-à-dire taux maximum de 50 %. Pour cela, il faut réunir à 62 ans (âge légal désormais en vigueur pour toutes les personnes nées en 1955 ou après, hors dispositifs de retraite anticipée) une certaine durée d’assurance, exprimée en nombre de trimestres : 166 au minimum si vous êtes né entre 1955 et 1957 inclus, 167 pour les générations 1958 à 1960 inclus, et ainsi de suite jusqu’à 172 trimestres – soit 43 années – si vous êtes né à partir de 1973. Or, cette addition n’est pas toujours facile à faire : les personnes entrées tard sur le marché du travail du fait de longues études, d’une recherche d’emploi prolongée par exemple, ou ayant connu différentes interruptions de carrière volontaires (éducation des enfants) ou non (chômage non indemnisé) sont très vite pénalisées. Comment ? Par une décote (1,25 % ou 0,625 point de moins par trimestre manquant pour les salariés du privé, du secteur agricole, les indépendants et les professionnels libéraux notamment), qui vient amputer leur pension de base, et par un coefficient d’abattement (différent selon les régimes, l’âge à la liquidation et le nombre de trimestres manquants) qui vient rogner leur pension complémentaire ! Pourleseulrégimegénéral,8,3 % des salariés ayant fait valoir leurs droits directs en 2014, sur un total de 635.715, ont ainsi été confrontés à la décote selon la dernière étude de la DREES, avec un manque à gagner important, puisque de 12,5 trimestres en moyenne. 1 VISER L’ÂGE DU TAUX PLEIN AUTOMATIQUE Pournepassubirunetellesanction, surtout si le nombre de trimestres manquants est important, une des solutions consiste à travailler jusqu’à l’âge auquel vous atteindrez automatiquement ce fameux taux plein : celui-ci est actuellement fixé à 67 ans. Votre pension de base sera alors bien calculée au taux maximal de 50 %, sans aucune décote, quelle que soit votre durée d’assurance effective. Elle n’en sera pas moins proratisée si vous n’avez pas réussi à engranger le nombre de trimestres requis pour votre génération : par exemple, si vous comptez 160 trimestres alors qu’il vous en faut 166, votre pension vous sera versée à hauteur de 96 % (160/166) et non de 100 %. 2 TRAVAILLER APRÈS LE TAUX PLEIN POUR LES MAJORATIONS Si vous avez atteint le taux plein à l’âge légal ou quelques mois après, rien ne vous empêche par ailleurs de continuer à travailler : vous allez ainsi « surcoter ». Cette stratégie est doublementpayante :ellemajorera d’une part votre pension de base, soit de 1,25 % par trimestre civil cotisé en plus si vous êtes salarié, indépendant ou industriel notamment, soit de 0,75 % si vous êtes professionnellibéral.D’autrepart,vous engrangerez des points en plus dans vos régimes complémentaires, ce qui se traduira par de meilleurs montants. A partir de 2019, pour tous les salariés du privé etdusecteuragricolenésen1957ou après, cette démarche sera d’ailleurs indispensable pour éviter l’abattement de 10 % prévu durant trois ans sur les retraites complémentaires Arrco et Agirc (amenées à être unifiées) si celles-ci sont liquidées dès l’âge du taux plein, comme cela est souvent le cas aujourd’hui. Pour Frédéric Roullier, directeur retraite du groupe Humanis, même si cette mesure apparaît contraignante, « ses effets cumulatifs sont non négligeables. Selon les cas de figure, le surplus de pension global pourrait être de l’ordre de 8 %, et cela de façon viagère ». 3 ACCROÎTRE SON QUOTA DE TRIMESTRES PAR DES RACHATS Enfin, si vous souhaitez faire valoir vos droits dès 62 ans et à taux plein (hors dispositifs de départs anticipés) et s’il vous manque quelques trimestres pour cela, vous pouvez avoir intérêt à examiner de près les versements pour la retraite ou « rachats ». Cette dépense, c’est un avantage, est intégralement déductible de vos revenus imposables, sachant que le déficit éventuellement créé peut être reporté les années suivantes. Les « rachats Fillon » (12 trimestres maximum, sous certaines conditions) sont les plus connus, mais les plus chers aussi : un salarié ou un indépendant dont le revenu annuel brut est supérieur au PASS (soit 38.616 euros pour 2016) doit par exemple débourser 3.973 euros à 55 ans et 4.367 euros à 60 ans par trimestre pour le seul rachat du taux de calcul de la pension de base (permettant de diminuer voire d’annuler la décote). « Il est donc essentiel d’étudier en amont la rentabilité de cette opéra- Lacourse auxtrimestres A quelques années de la liquidation de vos droits, il est utile de vous exercer à un sport très particulier : la course aux trimestres de retraite. Si les trimestres de retraite sont en général tous validés, quelque-uns peuvent ne pas être reportés, donc ne pas apparaître sur votre RIS (relevé de situation individuelle, téléchargeable à tout moment sur lesitedevotrerégimedebase),alors qu’en les ajoutant à ceux dont vous disposez déjà, vous pourrez peutêtre partir à taux plein dès l’âge légal, et non plusieurs mois après. l Pour service national. Outre leservicemilitaireproprementditet le volontariat international de plus de 6 mois, les périodes accomplies en tant qu’objecteur de conscience comptent aussi. A chaque fois, 90 jours d’incorporation permettent de valider un trimestre. Mais si le service national a eu lieu à cheval sur 2 années, et s’il a duré 361 jours, un 5e trimestre peut être affecté à l’une des deux années concernées, dans la mesure où seuls 3 trimestres sont validés cette année-là. l Pour enfants. Ils’agiticid’une majoration de durée d’assurance égale à 8 trimestres par enfant né (ou adopté) avant janvier 2010 et éduqué. Ce bonus est attribué aux mères uniquement (à ne pas confondre avec la majoration de pension pour 3 enfants et plus, également accordée aux pères). Pour les enfants nés après 2010, les 4 trimestres pour éducation peuvent être, sous certaines conditions, répartis entre les parents. Les parents ayant élevé un enfant, dont le taux d’incapacité permanente est d’un moins 80 %, bénéficient d’une seconde majoration, de 8 trimestres maximum par enfant. l Pour chômage indemnisé. Tous les 50 jours civils d’indemnisation donnent lieu à la validation d’un trimestre de retraite (dans la limite de 4 par an). Lorsque l’indemnisation cesse, 4 trimestres maximum sont en principe attribués également. l Pour chômage non indemnisé. Si cette période suit immédiatement une période d’indemnisation, 4 trimestres par an peuvent être validés (6 trimestres par an s’il s’agit d’une première période de chômage ayant eu lieu après 2011). Les personnes n’ayant jamais été indemnisées (commerçant qui dépose son bilan par exemple) peuvent,ellesaussi,maisunefoisseulement au cours de leur carrière, bénéficier de 4 trimestres de retraite pour les périodes avant 2011 et de 6 trimestres de retraite maximum pour celles validées après. l Po u r c r é a t i o n d ’e n t r e prise. Les chômeurs créateurs ou repreneurs d’entreprise, qui bénéficient de l’ACCRE, peuvent valider jusqu’à 4 trimestres de retraite, même si leurs revenus sont faibles ou inexistants cette année-là. l Po u r ex p a t r i a t i o n . Les périodes effectuées à l’étranger avant avril 1983 (et hors conventions avec la France) peuvent être reconnues équivalentes et donner lieu, sous certaines conditions, à validation de trimestres, dans la limite de 4 par an. l Pour détention provisoire. Tous les 50 jours civils de détention provisoire (s’ils ne s’imputent pas sur la durée de la condamnation) donnent lieu à la validation d’un trimestre de retraite, dans la limite de 4 par an. — R. P. Sus aux idées fausses Attention, il n’y a aucune acquisition de droits supplémentaires si vous : l exercez deux activités : salarié et consultant par exemple. Tous régimes confondus, quels que soient les revenus, on acquiert 4 trimestres par an, pas plus. l travaillez après avoir fait valoir vos pensions. Depuis le 1er janvier 2015, tous régimes confondus, les cotisations versées dans le cadre du cumul emploi retraite sont improductives de nouveaux droits. l partez en congé personnel. En l’absence de rémunération, donc de cotisations vieillesse, aucun trimestre n’est à attendre de ce côté-là. tion, en regard de tous les régimes, note Frédéric Barrel, directeur technique de Neovia Expertise Retraite, pour qu’idéalement, elle soit amortie en huit ans. » Lesprofessionnelslibéraux(sous réserve que la CNAVPL ait été leur premier régime de base d’affiliation à l’issue de leurs études) bénéficient pour leur part d’un tarif avantageux : 2.503 euros et 2.789 euros respectivement, soit 40 % de moins environ ! Dans cet esprit, les indépendants (y compris ceux qui exercent aujourd’hui sous un autre statut, mais depuis moins d’un an) doivent, eux aussi, se pencher dans les six ans qui suivent chacune de leurs années incomplètes au RSI, sur les rachats Madelin. En 2016, il leur est par exemple possible de racheter les trimestres manquants jusqu’à l’année 2009 incluse. Ces trimestres ont une particularité : ils sont peu chers, donc rentables plus vite. Par exemple, un commerçant doit débourser entre 350 euros et 1.000 euros le trimestre selon ses revenus, s’il a entre 55 ans et 60 ans. Les personnes ayant été apprenties entre juillet 1972 et décembre 2013 (rachat possible de 4 trimestres si leurs années d’apprentissage sont incomplètes) bénéficient, elles aussi, d’un tarif de rachat avantageux et forfaitaire : Les chiffres clefs Commenttravailler moinsenfindecarrière EUROS BRUT Montant moyen mensuel de la pension de retraite de droit direct, tous régimes confondus, en 2014. La formule est réservée aux salariés qui ne sont pas au forfait jours. 1.322 39 % DE MOINS POUR LES FEMMES Différence entre la pension moyenne de droit direct d’une femme (1.007 euros, tous régimes confondus) et celle d’un homme (1.660 euros, tous régimes confondus) en 2014. Il y a dix ans, cet écart était de 45 %. Source : ministère des Affaires sociales et de la santé. Les salariés dont le contrat de travail ne comporte pas de forfait jours ont de la chance : ils peuvent diminuer leur temps de travail, percevoir une partie de leurs pensions de retraite par anticipation, mais surtout cotiser sur la base d’un temps plein… Le tout grâce à la « retraite progressive » ! Pour pouvoir y prétendre, un salarié (mais aussi un indépendant ou un agent non titulaire de la fonction publique) doit totaliser au moins 150 trimestres retraite (tous les trimestres comptent), avoir 2 ans de moins que l’âge légal applicable à sa génération (soit 60 ans s’il est né à partir de 1955) et obtenir l’aval de son employeur pour effectuer un temps partiel (80 % maximum et 40 % minimum d’un temps plein), ce qui n’est pas, dans certains cas, une mince affaire. Le jeu en vaut largement la chandelle, pour plusieurs raisons. La première c’est qu’il peut 1.278 euros par trimestre en 2016. Enfin, même si cette dépense semble inutile, car d’application trop lointaine ou incertaine, les jeunes ont la possibilité de racheter jusqu’à 4 trimestres d’années d’études s’ils effectuent cette opération dans les dix ans qui suivent l’obtention de leur diplôme. Ce type de rachat coûte peu compte tenu de l’âge auquel il est effectué. Il bénéficie en plus d’un abattement forfaitaire de 400 eurossilejeune est aujourd’hui professionnel libéral (hors avocats), 440 euros s’il est fonctionnaire, ou 670 euros s’il est salarié ou indépendant. — Roselyne Poznanski travailler moins en fin de carrière, toutenayantlapossibilitédecotiser à l’assurance-vieillesse sur la base d’un temps plein : il ne perd alors aucun trimestre, ni aucun point, sous réserve tout de même de l’accord de son employeur ! La seconde, c’est que ce dispositif permettra de contourner sans difficultés l’abattement temporaire de 10 % qui sera mis en place en 2019 sur les retraites complémentaires Arrco et Agirc pour toutes les personnes qui feront liquider leurs droits dès leur âge de taux plein, et non quatre trimestres plus tard. Ce dispositif n’est d’ailleurs pas limité dans le temps : les carrières courtes ont de fait intérêt à l’utiliser pour parvenir en souplesse jusqu’à l’âge du taux plein automatique (67 ans pour toutes les générations nées en 1955 ou après), voire au-delà. Enfin, la partie de rémunération à laquelle le salarié renonce lors de son passage à temps partiel est compensée pour partie par la pension de retraite progressive qui lui est versée : son pouvoir d’achat est donc moins affecté qu’il y paraît. — R. P. MARCHÉ DE L’ART DR en bref LE STREET ART EN VEDETTE CHEZ DROUOT TABLEAUX ANCIENS ET DU XIXE CHEZ SOTHEBY’S Une vente dédiée à l’art contemporain urbain se tient chez Drouot le lundi 27 juin prochain. Elle mettra à l’honneur des artistes comme Shepard Fairey, Swoon, Miss Tic, Blek Le Rat, Banksy, Daze, Futura et Speedy Graphito. Sotheby’s vend, le 16 juin, des tableaux et dessins anciens et du XIXe siècle. A noter, deux belles représentations anthropomorphes emblématiques du printemps et de l’été par un disciple de Guiseppe Arcimboldo. Sotheby’s FINANCE & MARCHÉS // 39 Les Echos Vendredi 10, samedi 11 juin 2016 Paris :la grande tradition japonaise auxenchères Le 21 juin, la collection historique d’art japonais d’une dynastie d’experts parisiens, les Portier, est dispersée à Drouot. J ’envieauxJaponaisl’extrême netteté qu’ont toutes choses chez eux. Ils font une figure en quelques traits sûrs avec la même aisance comme si c’était aussi simple que de boutonner son gilet. » L’immense Van Gogh, qui confiait en 1888 son admiration de la civilisation japonaise, n’avait évidemment jamais fait le voyage jusque dans cet archipel lointain. S’il le connaissait, c’était seulement grâce à ce qu’on appelle l’«ukiyo-e», qu’on traduit par « image du monde flottant »,cesestampesdel’époqueEdo (1603-1868), qui reproduisent avec une extrême stylisation le monde des cabarets et du théâtre, la vie quotidienne à Edo (ancien nom de Tokyodutempsoùlavilleétaitcapitale de l’Empire) ou des paysages. Au t o u r n a n t d u X I X e e t d u XX e siècle, avant même que le Japon ne s’intéresse de nouveau à la production d’estampes anciennes locales, la France, ses artistes, ses collectionneurs et ses marchands se prirent de passion pour ce mode d’expression. L’estampe japonaise eut une influence fondamentale sur le mode de représentation moderne, de Van Gogh à Monet qui en faisaient des citations directes sur leurs toiles. Paris, ancienne plate-forme du négoce d’estampes Les écrivains, les frères Goncourt, leaders du goût dans ce qui était encore la capitale mondiale de la culture, défendirent avec talent la discipline et Paris devint la plateforme internationale du négoce dans le domaine. Nous proposant un voyage dans le temps, l’étude de commissairespriseurs Beaussant-Lefèvre en collaboration avec Christie’s disperse à l’hôtel Drouot le 21 juin ce qui reste d’une collection du début du XXe siècle. Elle appartient en indivision à la famille Portier, dont Thierry est aujourd’hui encore expert en art asiatique. Son père, Guy, son grand-père, André, mais encore son arrière-grand-père, Henri, étaient déjà experts ou passionnés d’art japonais. La mémoire familiale, en la personne de Thierry Portier, raconte que l’arrière-grandpère fréquentait d’autres aficionados tels que les artistes ToulouseLautrec et Claude Monet ou la tragédienne Sarah Bernhardt. L’ensemble, estimé 400.000 euros, est composé de 90 lots, dont le plus précieux con- ` • siste en dix estampes japonaises. Ce marché, qui attire désormais principalement des Américains et des Japonais, est devenu extrêmement technique et pointilleux. A Paris, une galerie dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés, Tanakaya, est la spécialiste française depuis 1988. Des cotes en baisse Tamio Ikeda, son directeur, estime que le domaine n’a plus rien à voir avec les goûts du début du XXe siècle : « Les pièces les plus rares continuent à nourrir une forte demande, mais les collectionneurs sont extrêmement exigeants quant à l’état de conservation des pièces. De manière générale, les cotes ont baissé. » Il d o n n e l ’exe m p l e d ’u n e b e l l e estampe de Tōshūsai Sharaku, un mystérieux artiste actif seulement entre 1794 et 1795, connu pour ses représentations des acteurs du kabuki. « Un beau Sharaku, qui valait 300.000 euros au début des années 2000, vaut désormais 100.000 euros. En revanche, Hokusai (1760-1849), célèbre pour ses “36 vues du mont Fuji”, a vu dans le même temps ses prix monter régulièrement et jusqu’à doubler pour une estampe estimée il y a quinze ans à 50.000 euros. » Des œuvres rares L’expert de Christie’s, Géraldine Lenain, insiste sur l’extrême rareté de huit des dix estampes proposées à Drouot. Le portrait de l’acteur Segawa Tomisaburô, connu pour ses interprétations de rôles féminins dans le théâtre kabuki et représenté par Sharaku, est estimé 50.000 euros. « Chaque année dans le monde, deux estampes de Sharaku à peine apparaissent sur le marché », estime-t-elle. Elle cite aussi « L’Amour caché » de Kitagawa Utamaro (1753-1806), célèbrepoursesportraitsdefemme, qui représente ici un personnage gracieux à la coiffure savante dont chaque mèche de cheveux est gravée avec soin. « Cette estampe n’est connue que dans deux collections, appartenant respectivement au musée Guimet à Paris et au Tokyo National Museum. » La précieuse feuille est estimée 80.000 euros. Des ustensiles à partir de 400 euros Le catalogue contient aussi un ensemble important d’ustensiles anciens nécessaires à la très codi- SUR LE WEB Immobilier Les prix grimpent encore en France grâce à la baisse des taux. Mais, à Paris, attentats, grèves et intempéries pourraient mettre à mal la reprise. Euro 2016 Et si les footballeurs européens achetaient un bien en France, quel serait leur pouvoir d’achat ? Une simulation théorique de Coldwell Banker France et de Vousfinancer.com. Logement Portait-robot de l’acheteur en 2016, selon une étude du Crédit Foncier à retrouver sur lesechos.fr/patrimoine. • • fiée cérémonie du thé au Japon. Un univers de spécialistes qui intéresse aussi, selon Géraldine Lenain, de plus en plus les collectionneurs de design. Des pots à thé, des bols en grès datés du XVIIe au XIXe siècle, estimés à partir de 400 euros. L’expert de Christie’s raconte que plusieurs collectionneurs japonais doivent faire spécialement le voyage pour participer à la vente Portier. Un fait rare dans le marché de l’art. Depuis les années 1990, à l’exception récente du businessman de Tokyo Yusaku Maesawa, qui achetait en un soir chez Christie’s à New York, en mai dernier, pour 81 millions de dollars d’art contemporain, le Japon n’est plus une puissance importante dans la consommation d’art. Il est en effet massivement remplacé par la Chine. — Judith Benhamou-Huet Cette estampe de Tōshūsai Sharaku, un mystérieux artiste actif seulement entre 1794 et 1795, est connue sous le nom de « La Chemise rouge ». L’acteur Ichikawa Omezô I y est représenté dans le rôle du serviteur Ippei. La pièce intitulée « La Noble Dame amoureuse, aux rênes colorées », a été jouée au théâtre Kawarasaki en mai 1794. www.beaussant-lefevre.com Photo Laurent Legendre/ Studio Sebert Vendredi 10, samedi 11 juin 2016 ` SUR LE WEB WWW.LESECHOS.FR + L'INVITÉ DES ECHOS Renault Très grosse omission Vivendi ne peut plus éviter une réflexion sur le modèle économique de Canal+. TALISMAN « Les Echos » AVEC LucPoignantMembredu syndicatUnitéSGPpolice-FO LA SÉCURISATION DES FAN-ZONES « Nous attendons 92.000 personnes dans la fan-zone parisienne. Ce sont 92.000 personnes “parquées” dans le sens sécuritaire du terme, puisque tout le monde ne peut pas rentrer et toute sortie est définitive. Ce sera ouvert pratiquement douze heures, donc on a le temps d’arriver. Si ces personnes étaient réparties à Paris, ce serait autour des écrans géants ou des cafés qui vont rediffuser les matchs : c’est insécurisable. Il est plus sécurisant d’avoir des gens à un endroit précis que de les répartir sur un territoire beaucoup trop large tel que Paris. » LA FATIGUE DES POLICIERS « Ça fait plus d’un an et demi que nous sommes à flux tendu. Ça posait des problèmes de vie privée, maintenant on en arrive à l’humain, c’est-à-dire qu’il faut comprendre que derrière chaque uniforme il y a un homme. Là, mes collègues sont plus qu'épuisés, ils sont usés jusqu’à la corde. Le travail sera fait correctement, mais il faudrait à un moment que chacun puisse prendre un peu de repos. Je comprends que le fait que mes collègues soient fatigués puisse être préoccupant, néanmoins ils sont professionnels, ils ont l'habitude. » LA MENACE TERRORISTE « Il y a une chose qui est évidente : la menace terroriste n’a jamais été aussi présente. C’est la raison pour laquelle tous les services de renseignements sont complètement mobilisés. Nous essayons de tendre au maximum vers une sécurité parfaite, tout en sachant quand même que la sécurité absolue n’existe pas. » Interview réalisée par Pascal Pogam a L'intégralité de l'émission sur lesechos.fr/invitedesechos « Telcos » : 1, diffuseurs audiovisuels : 0. Le premier match de l’Euro 2016, perdu par Canal+ et Be IN Sport, se jouait avant tout contre les opérateurs de télécoms et les nouveaux entrants sur le terrain télévisuel tel Netflix. En mettant son veto à une distribution exclusive de la chaîne qatarie par la fille de Vivendi, le gendarme de l’antitrust s’est refusé à siffler les seconds, bien qu’ils ne jouent pas selon les mêmes règles compliquées du PAF qui s’imposent au plus gros financeur du cinéma tricolore. Ce n’est pas cependant cette dimension-là qu’ont retenue les investisseurs, tant Vincent Bolloré, le patron de Vivendi, a fait ces derniers mois d’un feu vert une question de survie des chaînes françaises de Canal+ en perte. Bruno Lasserre, le président de l’Autorité de la concurrence, n’est pourtant pas le seul à penser que l’accord avec Be IN n’aurait pas suffi à redresser la barre : atteindre l’équilibre dans trois ans impliquerait de regagner 15 % d’abonnés supplémentaires, calcule la banque Barclays, qui n’y croit pas. Si plus de 3 milliards d’euros ont été puisés dans les coffres profonds de Vivendi pour investir dans Telecom Italia, que Vincent Bolloré considère comme seulement « complémentaire » du cœur de métier des contenus, mettre sur la table six fois moins pour empêcher Be IN de rafler des droits sportifs vitaux aurait évité de précipiter la lancinante réflexion sur le modèle économique de la télévision payante. Même une « Très Grosse Emission » n’arrivera pas à réparer cette omission. Goodyear 22 Guerlain 22 Gymlib 26 Ingenico 32 Irizar 28 JCDecaux 25 Karos 28 Kaufman & Broad 36 Klépierre 32 KLM 16 L’Oréal 20 Maif 30 Marongoni 22 Michelin 22 Neopost 32 PriceMinister-Rakuten 36 INDEX DES AVIS FINANCIERS Gecina 23 Nicox 23 Rémy Cointreau 23 EDITORIALISTES Cécile Cornudet, Jacques Hubert-Rodier, Eric Le Boucher, Jean-Francis Pécresse, Jean-Marc Vittori, Sabine Delanglade, Laurent Flallo, Sylvie Ramadier (Le Crible) LES ECHOS WEEK-END DIRECTEUR DE LA RÉDACTION Henri Gibier DIRECTEUR DÉLÉGUÉ DE LA RÉDACTION Laurent Guez RÉDACTEURS EN CHEF Gilles Denis et Karl de Meyer DIRECTRICE ARTISTIQUE Cécile Texeraud SÉRIE LIMITÉE RÉDACTRICE EN CHEF Frédérique Dedet DIR. ARTISTIQUE ADJOINT Lucas Mathieu DIRECTRICE DÉLÉGUÉE MARKETING DIGITAL ET DIFFUSION Sophie Gourmelen DIRECTEUR STRATÉGIE ET COMMUNICATION Fabrice Février PUBLICITÉ Les Echosmédias Tél. : 01 49 53 65 65. 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Toute reproduction, même partielle, est interdite sans l’autorisation expresse de l’éditeur (loi du 11 mars 1957) Ce numéro comporte un 3e cahier de 10 pages « Les Echos Sociétés » Rémy Cointreau a traversé la crise du cognac sans rien perdre de son éclat boursier. « C’est lorsque le puits est à sec que l’on connaît la valeur de l’eau. » Le proverbe anglais a été découvert de ce côté-ci de la Manche par les actionnaires de Rémy Cointreau il y a trois ans quand les gosiers chinois se sont mis à piquer sous l’effet de l’amère potion anticorruption administrée par leur président, Xi Jinping. En spécialiste de l’autre ballon rond, celui qui permet de savourer tous les arômes d’un cognac, le propriétaire de Rémy Martin a fait preuve d’un excellent jeu de jambes pour traverser une crise que l’exercice 2015-2016, se soldant par un rebond de 16,7 % du bénéfice net ajusté, a mise définitivement derrière lui. En témoigne la croissance organique des ventes de cognac, passée du gros rouge d’avril-juin 2015 (–6,7 %) à la robe d’une hausse de 12,3 % de janvier à mars 2016. La directrice générale depuis deux ans, Valérie Chapoulaud-Floquet, a repositionné ce pied, le plus rentable et lui apportant les trois quarts de ses profits, sur le sol américain en vendant de plus en plus de flacons à plus de 50 dollars. Et a puisé une force complémentaire dans son autre appui, celui des liqueurs comme Cointreau. Le groupe et son nectar vedette sont certes encore loin de leurs pics de marge opérationnelle de 2012-2013 (soit respectivement 20,6 % et 30,1 %). Mais en Bourse, ces buts encaissés de façon inattendue pour un acteur censé habituellement jouer en défense n’ont rien enlevé à l’éclat du titre. Sa baisse d’un quart par rapport aux sommets de 2013 est parallèle à celle du résultat d’exploitation courant. Le flacon a changé, mais l’ivresse, la plus chère du secteur (30 fois le résultat attendu), est restée. EN VUE Les Echos est une publication du PRINCIPAL ASSOCIÉ UFIPAR (LVMH) PRÉSIDENT-DIRECTEUR GÉNÉRAL Francis Morel DIRECTEUR GÉNÉRAL DÉLÉGUÉ Christophe Victor DIRECTEUR DÉLÉGUÉ Bernard Villeneuve DIRECTEUR DE LA RÉDACTION Nicolas Barré DIRECTEURS DÉLÉGUÉS DE LA RÉDACTION Dominique Seux et François Vidal RÉDACTEURS EN CHEF David Barroux (Entreprises) Laura Berny (Numérique) Daniel Fortin (Magazine, Opinions, Innovation) Muriel Jasor (Les Echos Business) Arnaud Le Gal (Opérations spéciales) Etienne Lefebvre (France et International) Clémence Lemaistre (Numérique) Guillaume Maujean (Finance-Marchés) Pascal Pogam (Enquêtes) RÉDACTEUR EN CHEF TECHNIQUE Didier Boileau DIRECTEUR DE CRÉATION Fabien Laborde DIRECTRICE ARTISTIQUE ADJOINTE Marion Brisson Ballon rond Eurazeo soutient l’allure de la rotation de portefeuille. Publicis 32 Rémy Cointreau 20 Rtm 28 Silicom 28 Syntony 28 Technip 32 TF1 24 Tospo 15 Ubleam 26 Vivendi 32 Xerox 36 DIRECTEUR DE LA PUBLICATION & PRÉSIDENT DE LA SAS LES ECHOS Francis Morel Edité par Les Echos, SAS au capital de 794.240 euros RCS 582 071 437 16, rue du 4-Septembre, 75112 Paris Cedex 02 Tél. : 01 49 53 65 65. Fax : 01 49 53 68 00 www.lessechos.fr ÉDITRICE Bérénice Lajouanie ÉDITRICE DÉLÉGUÉE Capucine Marraud des Grottes DIRECTEUR DES DÉVELOPPEMENTS ÉDITORIAUX DU PÔLE LES ECHOS Henri Gibier « Le temps n’a pas la même allure pour tout le monde. » Même si ce n’est pas Einstein qui l’a dit, mais Shakespeare, les grosses têtes des investisseurs en capital en savent quelque chose. Car il n’est pas toujours facile de faire rentrer le temps des entreprises dans la durée de la profession. Eurazeo peut donc se féliciter de se préparer à sortir de Foncia, vu l’entrée en négociations exclusives avec Partners Group, au bout des cinq ans standard. La loi Alur votée après la reprise n’aura pas facilité la tâche du poids lourd des services immobiliers en France, racheté à BPCE, mais son excédent brut d’exploitation (Ebitda) a continué de progresser l’an dernier. Lui appliquer le même multiple qu’en 2011 aurait déjà donné une valeur d’entreprise supérieure à 1,6 milliard d’euros, 60 % de plus qu’en 2011, et l’expansion des valorisations devrait permettre de passer à 1,8 milliard, rien d’une sortie par la petite porte même si les 2 milliards n’ont pas été atteints, car la transaction se glisse dans la bonne fenêtre. L’abondance persistante des capitaux en quête de placements ne se dément pas et la remontée accélérée des prix de l’or noir ces dernières semaines a remonté le moral général, même si de nombreuses pythies boursières redoutent un phénomène de correction pour le principal indice américain revenu au sommet. L’action Eurazeo vient pour sa part de renouer avec ses derniers records, en date de novembre dernier. Ni la Bourse de Paris ni le benchmark européen de référence ne peuvent en dire autant. Comme quoi la rotation du portefeuille à bon rythme – signalée aussi par le récent désengagement partiel d’Elis – demeure le meilleur antidote contre les décotes boursières des sociétés holdings. Planquinquennal LES ENTREPRISES CITÉES Air France 16 Airbus 15 Apicil 32 BeIN 24 Canal+ 24, 32 Capgemini 32 Cerinnov Group 28 Dassault Aviation 15 Digifood 26 Edenred 32 EDF 15 Elliott 31 Fanzone 26 Foncia 21 Footovision 26 Furet Company 26 Geo PLC 15 crible G Hugo Lloris rèves, manifs, espérons qu’il existe encore en France quelqu’un capable d’arrêter quelque chose, et que cet homme soit Hugo Lloris.Hugo,c’estunpaysauborddelacrise denerfsquivousledemande.Arrêtezles ballons roumains ! Comme matchs, on aimerait voir autre chose que des touristesquishootentdansdespoubelles.Bien quesonpiedfortsoitlegauche,Hugoest, a priori, l’homme de la situation. Ce n’est pas un bavard, on le dit « taiseux », il ne faut donc pas attendre de lui le moindre pronostic : « On peut toujours parler avant, ou même pendant, c’est à la fin qu’on le saura. » Entre Lloris et La Palice, il n’y a même pas un petit pont. De toute façon,deHugo,onn’attendpasdesphrases, juste des frappes, et son CV parle pour lui. Le match d’ouverture de l’Euro, France-Roumanie au Stade de France, sera, à 29 ans, sa 76e sélection chez les Bleus, il est aussi leur capitaine depuis 2010. Père banquier, mère avocate, gardien, c’est son truc. Dès l’âge de six ans, il voulaitêtregoal.C’estàcepostequ’ilaété champion d’Europe des moins de 19 ans en 2005 et a remporté le tournoi de Toulon en 2006 avec l’équipe de France des moinsde20ans.Ilapassécinqansàl’OL avant d’être vendu 15 millions à Tottenham par les Lyonnais. Côté loisirs, lorsque « Libé » a fait son portrait, il venait delireunMarcLévy,confiaitqu’ilaimait écouter de la « house ». C’est bien normal pour un portier. Cette saison, le gardien des cages est en forme, 13 rencontres de Premier League sans encaisser de but. Son entraîneur dit de lui qu’il est un des trois meilleurs gardiens du monde. Mais attention ! « Au banquet du bonheur, bien peu sont conviés », dixit Victor Hugo. Lloris. ( Lire nos informations Page 18